• Le déni des #persécutions génocidaires des « #Nomades »

    Le dernier interné « nomade » des #camps français a été libéré il y a presque 80 ans. Pourtant, il n’existe pas de décompte exact des victimes « nomades » de la #Seconde_Guerre_mondiale en France, ni de #mémorial nominatif exhaustif. Le site internet collaboratif NOMadeS, mis en ligne le 6 décembre 2024, se donne pour mission de combler cette lacune. Pourquoi aura-t-il fallu attendre huit décennies avant qu’une telle initiative ne soit lancée ?
    Les « Nomades » étaient, selon la loi du 16 juillet 1912, « des “#roulottiers” n’ayant ni domicile, ni résidence, ni patrie, la plupart #vagabonds, présentant le caractère ethnique particulier aux #romanichels, #bohémiens, #tziganes, #gitanos[1] ».

    Cette #loi_raciale contraignait les #Roms, les #Manouches, les #Sinti, les #Gitans, les #Yéniches et les #Voyageurs à détenir un #carnet_anthropométrique devant être visé à chaque départ et arrivée dans un lieu. Entre 1939 et 1946, les personnes que l’administration française fit entrer dans la catégorie de « Nomades » furent interdites de circulation, assignées à résidence, internées dans des camps, et certaines d’entre elles furent déportées.

    Avant même l’occupation de la France par les nazis, le dernier gouvernement de la Troisième République décréta le 6 avril 1940 l’#assignation_à_résidence des « Nomades » : ces derniers furent contraints de rejoindre une #résidence_forcée ou un camp. Prétextant que ces « Nomades » représentaient un danger pour la sécurité du pays, la #Troisième_République en état de guerre leur appliqua des mesures qui n’auraient jamais été prises en temps de paix, mais qui s’inscrivaient parfaitement dans la continuité des politiques anti-nomades d’avant-guerre.

    Le 4 octobre 1940, les Allemands ordonnèrent l’internement des « #Zigeuner [tsiganes] » en France. L’administration française traduisit « Zigeuner » par « Nomades » et appliqua aux « Nomades » les lois raciales nazies. Les personnes classées comme « Nomades » furent alors regroupées dans une soixantaine de camps sur l’ensemble du territoire métropolitain, tant en zone libre qu’en zone occupée.

    À la fin de la guerre, la Libération ne signifia pas la liberté pour les « Nomades » : ils demeurèrent en effet assignés à résidence et internés jusqu’en juillet 1946, date à laquelle la #liberté_de_circulation leur fut rendue sous condition. Ils devaient toujours être munis de leur carnet anthropométrique. La loi de 1912, au titre de laquelle les persécutions génocidaires de la Seconde Guerre mondiale furent commises sur le territoire français, ne fut pas abrogée, mais appliquée avec sévérité jusqu’en janvier 1969. La catégorie administrative de « Nomades » céda alors la place à celle de « #gens_du_voyage » et de nouvelles mesures discriminatoires furent adoptées à leur encontre.

    L’occultation de la persécution des « Nomades » (1944-1970)

    En 1948, le ministère de la Santé publique et de la Population mena une vaste enquête sur les « Nomades ». Les résultats montrent que plus d’un tiers des services départementaux interrogés savaient assez précisément ce qu’avaient subi les « Nomades » de leur département pendant la guerre : il fut question des #camps_d’internement, des conditions dramatiques de l’assignation à résidence, de #massacres et d’engagement dans la résistance. Ces enquêtes font également état de l’#antitsiganisme de beaucoup de hauts fonctionnaires de l’époque : on y lit entre autres que les mesures anti-nomades de la guerre n’étaient pas indignes, mais qu’au contraire, elles avaient permis d’expérimenter des mesures de #socialisation.

    Cette enquête de 1948 permet de comprendre que ces persécutions n’ont pas été « oubliées », mais qu’elles ont été délibérément occultées par l’administration française. Lorsqu’en 1949 est créée une Commission interministérielle pour l’étude des populations d’origine nomade, ses membres ne furent pas choisis au hasard : il s’agissait de personnes qui avaient déjà été en charge des questions relatives aux « Nomades », pour certaines d’entre elles pendant la guerre. Ainsi y retrouve-t-on #Georges_Romieu, ancien sous-directeur de la Police nationale à Vichy, qui avait été chargé de la création des camps d’internement pour « Nomades » en zone libre.

    Il n’est donc pas très étonnant que les survivants des persécutions aient eu beaucoup de mal à faire reconnaître ce qu’ils venaient de subir. Alors même qu’en 1948, deux lois établirent le cadre juridique des #réparations des #préjudices subis par les victimes de la Seconde Guerre mondiale, le régime d’#indemnisation mis en place posa de nombreux problèmes aux victimes « nomades ». L’obstacle principal résidait dans le fait qu’une reconnaissance des persécutions des « Nomades » comme victimes de #persécutions_raciales remettait en cause l’idée que la catégorie « Nomade » n’était qu’un #classement_administratif des populations itinérantes et non une catégorie raciale discriminante. Le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre ne voulait pas que l’internement des « Nomades » puisse être considéré comme un internement sur critères raciaux.

    Ainsi, entre 1948 et 1955, les premiers dossiers de « Nomades » présentés au ministère des Anciens Combattants ne furent pas ceux des internés des camps français, encore moins des assignés à résidence, mais ceux des rescapés de la déportation afin d’obtenir le titre de « #déporté_politique ». Même pour ces derniers, l’administration manifesta un antitsiganisme explicite. Dans le dossier d’une femme rom française pourtant décédée dans les camps nazis, on peut y lire l’avis défavorable suivant : « Laissé à l’avis de la commission nationale, la matérialité de la déportation à Auschwitz n’étant pas établie. Les témoins (gitans comme le demandeur) signent tout ce qu’on leur présente. »

    Dans les années 1960, quelques dizaines d’anciens internés « Nomades » demandèrent l’obtention du statut d’interné politique. Les premiers dossiers furent rejetés : l’administration refusait de reconnaître que les camps dans lesquels les « Nomades » avaient été internés étaient des camps d’internement. Pour ceux qui arrivaient à prouver qu’ils avaient bel et bien été internés dans des camps reconnus comme tels, par exemple celui de #Rivesaltes, l’administration rejetait leur demande en arguant que leur état de santé ne pouvait pas être imputé au mauvais traitement dans les camps mais à leur mauvaise hygiène de vie.

    Devant ces refus systématiques de reconnaître la persécution des « Nomades », certaines personnes s’insurgèrent : les premiers concernés d’abord sans n’être aucunement entendus, puis des personnalités issues de l’action sociale comme, par exemple le #père_Fleury. Ce dernier avait été un témoin direct de l’internement et de la déportation depuis le camp de Poitiers où il avait exercé la fonction d’aumônier. Il contacta à plusieurs reprises le ministère des Anciens Combattants pour se plaindre du fait que les attestations qu’il rédigeait pour les anciens internés dans le but d’obtenir une reconnaissance n’étaient pas prises en compte. En 1963, les fonctionnaires de ce ministère lui répondirent que les demandes d’obtention du #statut d’interné politique faites par des « Nomades » n’aboutissaient pas faute d’archives et qu’il fallait qu’une enquête soit menée sur les conditions de vie des « Nomades » pendant la guerre.

    Le père Fleury mit alors en place une équipe qui aurait dû recenser, partout en France, les victimes et les lieux de persécution. Mais le président de la Commission interministérielle pour l’étude des populations d’origine nomade, le conseiller d’État Pierre Join-Lambert s’opposa à l’entreprise. C’est à peu près au même moment que celui-ci répondit également à l’ambassadeur d’Allemagne fédéral qu’il n’y avait pas lieu d’indemniser les « #Tziganes_français ». La position de Join-Lambert était claire : aucune #persécution_raciale n’avait eu lieu en France où les « Tsiganes » étaient demeurés libres.

    Cependant, à la fin des années 1960, devant la profusion des demandes d’obtention du statut d’internés politique de la part de « Nomades », le ministère des Anciens Combattants mena une enquête auprès des préfectures pour savoir si elles possédaient de la documentation sur « les conditions d’incarcération des Tsiganes et Gitans arrêtés sous l’Occupation ». Si certaines préfectures renvoyèrent des archives très parcellaires, certaines donnèrent sciemment de fausses informations. Le préfet du Loiret écrivit ainsi que, dans le camp de #Jargeau (l’un des plus grands camps d’internement de « Nomades » sur le territoire métropolitain), « les nomades internés pouvaient bénéficier d’une certaine liberté grâce à la clémence et à la compréhension de l’autorité administrative française ». En fait, les internés étaient forcés de travailler à l’extérieur des camps.

    Premières #commémorations, premières recherches universitaires (1980-2000)

    Pour répondre à l’occultation publique de leurs persécutions, des survivants roms, manouches, sinti, yéniches, gitans et voyageurs s’organisèrent pour rappeler leur histoire.

    À partir des années 1980, plusieurs associations et collectifs d’internés se formèrent dans le but de faire reconnaître ce qui doit être nommé par son nom, un génocide : on peut citer l’association nationale des victimes et des familles de victimes tziganes de France, présidée par un ancien interné, #Jean-Louis_Bauer, ou encore le Comité de recherche pour la mémoire du génocide des Tsiganes français avec à sa tête #Pierre_Young. Quelques manifestations eurent lieu : on peut rappeler celle qui eut lieu sur le pont de l’Alma à Paris, en 1980, lors de laquelle plusieurs dizaines de Roms et survivants de la déportation manifestèrent avec des pancartes : « 47 membres de ma famille sont morts en camps nazis pour eux je porte le Z ». Mais aucune action n’eut l’ampleur de celles du mouvement rom et sinti allemand qui enchaîna, à la même époque, grèves de la faim et occupation des bâtiments pour demander la reconnaissance du génocide des Roms et des Sinti.

    Cependant, la création de ces associations françaises coïncida avec le début des recherches historiques sur l’internement des « Nomades » en France, qui ne furent pas le fait d’historiens universitaires mais d’historiens locaux et d’étudiants. Jacques Sigot, instituteur à Montreuil-Bellay, se donna pour mission de faire l’histoire du camp de cette ville où avaient été internés plus de 1800 « Nomades » pendant la guerre. Rapidement, il fut rejoint dans ses recherches par d’anciens internés qui appartenaient, pour certains, à des associations mémorielles. Ainsi, paru en 1983, Un camp pour les Tsiganes et les autres… #Montreuil-Bellay 1940-1945. Plusieurs mémoires d’étudiants firent suite à cette publication pionnière : en 1984 sur le camp de #Saliers, en 1986 sur le camp de #Rennes et en 1988 sur le camp de #Jargeau.

    Les premières #plaques_commémoratives furent posées dans un rapport d’opposition à des autorités locales peu soucieuses de réparation. En 1985, Jean-Louis Bauer, ancien interné « nomade » et #Félicia_Combaud, ancienne internée juive réunirent leurs forces pour que soit inauguré une #stèle sur le site du camp de #Poitiers où ils avaient été privés de liberté. En 1988, le même Jean-Louis Bauer accompagné de l’instituteur Jacques Sigot et d’autres survivants imposèrent à la mairie de Montreuil-Bellay une stèle sur le site du camp. En 1991, grâce aux efforts et à la persévérance de Jean-Louis Bauer et après quatre années d’opposition, le conseil municipal de la commune accepta la pose d’une plaque sur le site de l’ancien camp de Jargeau.

    En 1992, sous cette pression, le Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre, le Secrétariat général de l’Intégration et la Fondation pour la Mémoire de la Déportation demandèrent à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) de mener une recherche intitulée : « Les Tsiganes de France 1939-1946. Contrôle et exclusion ». L’historien Denis Peschanski en fut nommé le responsable scientifique et, sous sa direction parut deux ans plus tard un rapport de 120 pages.

    Ce rapport apportait la preuve formelle de l’internement des « Nomades », mais certaines de ses conclusions étaient à l’opposé de ce dont témoignaient les survivants : il concluait en effet que la politique que les Allemands avaient mise en œuvre en France à l’égard des « Nomades » ne répondait pas à une volonté exterminatrice, en d’autres termes que les persécutions françaises n’étaient pas de nature génocidaire. De plus, le rapport ne dénombrait que 3 000 internés « tsiganes » dans les camps français : un chiffre bas qui ne manqua pas de rassurer les pouvoirs publics et de rendre encore les survivants encore plus méfiants vis-à-vis de l’histoire officielle.

    Popularisation de l’histoire des « Nomades » et premières reconnaissances nationales (2000-2020)

    Au début du XXIe siècle, les anciens internés « nomades » qui étaient adultes au moment de la guerre n’étaient plus très nombreux. La question de la préservation de leur mémoire se posait, alors même que les universitaires n’avaient pas cherché à collecter leurs paroles et les survivants n’avaient pas toujours trouvé les moyens de laisser de témoignages pérennes derrière eux.

    Les initiatives visant à préserver cette mémoire furent d’abord le fait de rencontres entre journalistes, artistes et survivants : en 2001, le photographe Mathieu Pernot documenta l’internement dans le camp de Saliers ; en 2003 et 2009, Raphaël Pillosio réalisa deux documentaires sur la persécution des « Nomades » ; en 2011, la journaliste Isabelle Ligner publia le témoignage de #Raymond_Gurême, interné avec sa famille successivement dans les camps de #Darnétal et de #Linas-Monthléry, dont il s’évada avant de rejoindre la Résistance.

    Les années 2000 popularisèrent l’histoire des « Nomades » à travers des bandes dessinées, des films ou, encore, des romans. Le 18 juillet 2010, Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, mentionna pour la première fois l’internement des « Tsiganes » dans un discours officiel. Cette reconnaissance partielle fut aussitôt anéantie par des propos du président de la République, Nicolas Sarkozy associant les « gens du voyage » et les « Roms » à des délinquants. L’été 2010 vient rappeler que la reconnaissance des persécutions passées était épineuse tant que des discriminations avaient encore cours.

    En 2016, alors que la plupart des descendants d’internés et d’assignés à résidence « Nomades » étaient toujours soumis à un régime administratif de ségrégation, celui de la loi du 3 janvier 1969 les classant comme « gens du voyage », il fut décidé que le président de la République, François Hollande, se rendrait sur le site du camp de Montreuil-Bellay. Une cérémonie, qui eut lieu le 29 octobre 2016, fut préparée dans le plus grand secret : jusqu’au dernier moment, la présence du résident fut incertaine. Les survivants et leurs enfants invités étaient moins nombreux que les travailleurs sociaux et les membres d’associations ayant vocation à s’occuper des « gens du voyage » et aucun survivant ne témoigna. François Hollande déclara : « La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa #responsabilité est grande dans ce drame. » La souffrance ne fut pas qualifiée et la question du #génocide soigneusement évitée.

    Le Conseil d’État rejeta en septembre 2020 la demande de deux associations de Voyageurs et de forains d’ouvrir le régime d’indemnisation des victimes de spoliation du fait des lois antisémites aux victimes des lois antitsiganes. Il déclara que les « Tsiganes » n’avaient pas « fait l’objet d’une politique d’extermination systématique ». Si le Parlement européen a reconnu le génocide des Roms et des Sinti en 2015 et a invité les États membres à faire de même, la France de 2024 n’a toujours pas suivi cette recommandation.
    Résistances et liste mémorielle

    À partir de 2014, les descendants de « Nomades » et des Roms et Sinti persécutés par les nazis et les régimes collaborateurs changèrent de stratégie : ce n’était pas seulement en tant que victimes qu’ils voulaient se faire reconnaître, mais aussi en tant que résistants. Le mouvement européen du 16 mai (#romaniresistance), rappelant l’insurrection des internés du Zigeunerlager [camp de Tsiganes] d’Auschwitz-Birkenau quand des SS vinrent pour les conduire aux chambres à gaz, se propagea. Il réunit tous les ans la jeunesse romani et voyageuse européenne à l’appel de l’ancien interné français Raymond Gurême : « Jamais à genoux, toujours debout ! »

    La base de données « NOMadeS : Mur des noms des internés et assignés à résidence en tant que “Nomades” en France (1939-1946) » propose d’établir collaborativement une #liste aussi exhaustive que possible des internés et des assignés à résidence en tant que « Nomades » en France entre 1939 et 1946. Soutenue par plusieurs associations de descendants d’internés, elle servira d’appui à de nouvelles revendications mémorielles. Peut-être aussi à une demande de reconnaissance par la France du génocide des Manouches, des Roms, des Voyageurs, des Gitans, des Sinti et des Yéniches.

    https://aoc.media/analyse/2024/12/18/le-deni-des-persecutions-genocidaires-des-nomades

    #persécution #encampement #France #histoire #déni #internement #déportation #travail_forcé #reconnaissance

    • Mémorial des Nomades et Forains de France

      Le Mémorial des Nomades de France, sous le parrainage de Niki Lorier, œuvre pour une reconnaissance pleine et entière par la France de sa responsabilité dans l’internement et la déportation des Nomades de France entre 1914 et 1946,

      Il collecte les témoignages des survivants.

      Il propose des interventions en milieu scolaire et du matériel pédagogique sur le CNRD.

      Il réalise des partenariats avec des institutions mémorielles (Mémorial de la Shoah, Mémorial du camp d’Argelès, Mémorial du Camp de Rivesaltes) et des associations dans la réalisation d’expositions, de sites internets…

      Un comité scientifique a été mis en place en 2018.

      Il dispose d’un fond documentaire, et d’archives privées.

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      #Manifeste :

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE a été crée en 2016 en réaction à l’annonce par la Dihal que le discours du président de la République sur le site du camp de Montreuil-Bellay constituerait une reconnaissance officielle de la France. Pour nous, cette démarche est trompeuse et purement déclarative. Nous souhaitons que la reconnaissance des persécutions contre le monde du Voyage par les différents gouvernements entre 1912 et 1969 passe par la voie législative, sur le modèle de la journée de commémoration nationale de la Shoah votée par le parlement en 2000, suivie le 10 mai 2001, par l’adoption de la « loi Taubira », qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Rappelons que depuis 2015, le Parlement européen a fixé par un vote solennel au 2 août la date de la « Journée européenne de commémoration du génocide des Roms », journée non appliquée en France.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE demande l’application pleine et entière de la loi Gayssot de 1990, notamment dans l’Éducation Nationale. Sur tous les manuels d’histoires utilisés en France, seulement 5 mentionnent le génocide des Zigeuner par les Nazis, pas un ne fait mention des persécutions subies du fait des autorités françaises sous les différents gouvernements de la Troisième République, de « Vichy », du GPRF, ou de la IVe République. Nous sommes parfaitement conscients de la difficulté pour l’État, de reconnaître une situation encore en vigueur aujourd’hui par un procédé d’encampement généralisé de la catégorie administrative des dits « gens du voyage » dans le cadre des « lois Besson » de 1990 et 2000.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE, demande que l’habitat caravane soit reconnu comme un logement de plein droit, ouvrant un accès aux droits communs qui leurs sont déniés aux Voyageurs et Voyageuses, l’État se mettant enfin en conformité avec l’article premier de la Constitution de 1958.

      ▼ Le MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE demande la dissolution de la Commission Nationale des Gens du Voyage, dernier organisme post-colonial d’État, qui organise la ségrégation territoriale des différents ethnies constituant le monde du Voyage en France, par le biais de l’application des lois Besson et l’abandon de celle-ci, garantissant la liberté de circulation pour tous et son corollaire, le droit de stationnement, dans des lieux décents, ne mettant pas en danger la santé et la sécurité des intéressés. Les textes existent, il suffit de s’y conformer. Le Conseil constitutionnel considère que la liberté de circulation est protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (il l’a notamment rappelé dans la décision du 5 août 2021). A ce titre la loi Égalité et Citoyenneté de 2017 a abrogé les carnets de circulation. Nous considérons que l’application de l’avis du Conseil Constitutionnel est incomplète, les dites « aires d’accueil » ou « de grands passages » servant justement à contrôler la circulation des Voyageurs sur le territoire métropolitain. C’est le seul moyen de mettre fin au dernier racisme systémique d’État.

      ▼ Le travail de recherche et de restitution historique du MÉMORIAL DES NOMADES DE FRANCE tend en ce sens.

      https://memorialdesnomadesdefrance.fr

  • Le #massacre_de_Thiaroye

    1er décembre 1944, camp de Thiaroye, en périphérie de Dakar. Des #tirailleurs_sénégalais, faits prisonniers par les Allemands lors de la guerre et récemment rapatriés, réclament le paiement de leur solde. Un droit qui leur était promis depuis des mois. La réponse est sanglante et d’une #violence inouïe : des centaines d’entre eux sont rassemblés sur une esplanade du camp, froidement mitraillés puis jetés dans des fosses communes.

    Pourtant, dès le lendemain, les autorités coloniales et militaires prétexteront une #rébellion_armée des tirailleurs et feront état de trente-cinq morts. Entre #mensonge_d’État et #fraude_scientifique, l’historienne #Armelle_Mabon mène depuis dix ans un véritable combat pour réhabiliter ces hommes et les faire reconnaître comme victimes d’un #crime_d’État.

    À l’heure des #commémorations pour les quatre-vingts ans de ce #massacre, ce livre est d’autant plus nécessaire que la France s’obstine à refuser de regarder en face l’héritage raciste de la colonisation.

    https://www.lepassagerclandestin.fr/catalogue/essais/le-massacre-de-thiaroye
    #colonialisme #colonisation #Sénégal #France #colonialisme_français #réhabilitation #histoire #crime_d'Etat #racisme #héritage #mémoire #livre

    ping @cede @karine4

  • Commémoration du 6 juin 1944 : non à l’union sacrée !
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2023/06/07/commemoration-du-6-juin-1944-non-lunion-sacree_699576.html

    [...] La raison de la Deuxième Guerre mondiale a été l’évolution des rapports de force entre impérialistes et l’impasse économique générale, pas la volonté ou la folie individuelle de tel ou tel dictateur. La liberté que les Alliés se vantent d’avoir défendue était avant tout la liberté des esclavagistes britannique et français de conserver leurs empires coloniaux convoités par l’Allemagne et le Japon. Elle n’était ni pour les Algériens, ni pour les Indiens, ni pour tant d’autres qui ont été tout juste bons à servir de chair à canon et à qui la fin de la guerre n’a apporté que la prolongation de leur servitude. Elle n’était pas non plus pour les ouvriers et les petites gens allemands ou japonais, ceux des nœuds ferroviaires en France, ceux de Lorient ou du Havre, condamnés à périr sous les bombes. Ce n’est pas pour cet enjeu que des dizaines de millions de personnes sont mortes, sous tous les uniformes ou sans uniforme et sous toutes les latitudes.

    La liberté a été, en revanche, pleine, entière et rentable pour les capitaux américains qui, après toutes ces horreurs, ont pu dominer le monde sans partage. La fin des combats fut évidemment un soulagement, comme le fut la libération des prisonniers et des survivants des camps de la mort. Mais ce fut pour ouvrir une période où la poursuite de la domination de l’impérialisme allait sans cesse produire de nouvelles guerres.

    Le combat pour la liberté est tout aussi faussement invoqué, par les mêmes et pour les mêmes raisons, à propos de l’Ukraine. Là encore, la liberté pour laquelle les armées s’affrontent dans l’Est de l’Europe est celle de l’impérialisme exploiteur, américain en premier lieu, des oligarques voleurs ukrainiens contre celle de leurs homologues russes. Pour les peuples, des deux côtés du front, il n’est question que de dictature et de sacrifices.

    Les historiens du futur diront peut-être que le troisième conflit mondial a débuté avec la guerre d’Ukraine et pour une raison similaire aux deux premiers, l’impasse du système de domination capitaliste. Manifestement, les gouvernements et les états-majors des pays impérialistes s’y préparent. Les budgets militaires explosent, la préparation politique, militariste et patriotique est en cours et les #commémorations_du_débarquement s’inscrivent dans ce contexte.

    Sous quelque forme qu’elle se déroule, quels que soient les camps en présence et les prétextes invoqués, cette guerre sera une guerre contre les travailleurs. Écarter tout danger de guerre nécessiterait de mettre à bas le #capitalisme. Ce n’est certes pas un combat facile, mais s’y préparer nécessite de refuser toute union sacrée derrière la bourgeoisie, pour le passé en dénonçant ses mensonges, pour le présent en refusant de marcher au pas, pour le futur en se préparant à retourner contre elle les armes qu’elles aura distribuées.

    #Deuxième_Guerre_mondiale #Troisième_Guerre_mondiale #impérialisme #guerre_en_Ukraine #propagande #union_sacrée

  • Une nouvelle chaire UNESCO en #toponymie_inclusive

    Une équipe internationale, dirigée par l’UNIGE, va travailler sur les questions de #nominations_des_lieux à l’échelle mondiale, en se penchant notamment sur les questions de #genre, de visibilité des #minorités et de #développement_durable.

    Comment les lieux sont-ils nommés dans le monde ? Par qui ? Avec quels enjeux politiques, culturels, sociaux, mémoriels ? Pour répondre à ces questions, une nouvelle chaire UNESCO en toponymie inclusive voit le jour à l’Université de Genève (UNIGE) : « #Dénommer_le_Monde ». Les objectifs ? Rendre visible cette problématique –qui prend actuellement de plus en plus d’ampleur–, en expliquer les mécanismes, créer un espace de dialogue entre les académiques, la société civile et les opérateurs publics et privés, et inventorier de bonnes pratiques et recommandations en la matière. En effet, de ce qui semble n’être qu’une sous-branche de la linguistique découlent de nombreuses problématiques comme la question du genre, la visibilité des minorités, les #langues et #savoirs_autochtones et le rapport à la #colonisation. Durant les quatre prochaines années, l’UNIGE initiera un fonctionnement en Réseaux de partenaires autour de cette chaire, particulièrement avec l’Afrique et l’Europe pour les réseaux académiques, et avec des organisations internationales.

    La toponymie classique est l’étude de l’origine des noms de lieux et de leur évolution à travers le temps. « La toponymie permet la reconstitution archéologique du peuplement et du rapport à l’environnement dans le passé, précise Frédéric Giraut, professeur à la Faculté des sciences de la société de l’UNIGE et directeur de la chaire UNESCO en toponymie inclusive. Encore récemment, des archéologues allemands ont découvert un indicateur de lieu en haute Égypte, qui date de 4000 ans AV.-JC ! »

    Des enjeux de genre et de visibilité des minorités

    Toutefois la toponymie n’est pas que la simple explication et utilisation des #noms_de_lieux. Des enjeux importants découlent de l’étude de sa production contemporaine qui détermine la #visibilité de certaines #mémoires et symboliques dans l’#espace_public, la #signalétique, la #cartographie et les #adresses. « On parle de toponymie inclusive, car la question du genre, de par la sous-représentation des femmes dans le marquage de l’espace public, est patente, tout comme celle des minorités peut l’être dans le marquage de l’espace en général, que cela soit en Occident ou dans les pays au passé colonial », relève Frédéric Giraut. Les recherches menées par les collaborateurs/trices de la chaire UNESCO vont donc s’axer sur la représentation des différentes mémoires, des cultures, des visions du social et de l’espace en favorisant le débat entre les académiques, la société civile et les opérateurs via l’organisation de forums. « Nous allons également traiter les questions de #commémorations et de revendications controversées en analysant les termes des débats, dans leurs dimensions historiques, sociales et éthiques », annonce le chercheur genevois. La chaire va donc s’intéresser aux questions liées aux #mémoires_collectives et à leurs contradictions éventuelles. Dans quelles conditions le nom est-il consensuel ou conflictuel ? Différentes mémoires peuvent-elles être présentes simultanément et comment ? Ces questions se retrouvent dans des contextes et à des échelles très différentes, et relèvent du choix et de la reconnaissance des langues et des références historiques, culturelles et politiques.

    #Toponymie_officielle contre #toponymie_vernaculaire

    Autre problématique soulevée par la chaire UNESCO en toponymie inclusive : l’#adressage. « Dans les pays dits en développement, principalement, des quartiers entiers de villes sont construits indépendamment d’une autorité officielle, qui tente a posteriori d’organiser ces ‘villes informelles’ par un système de repérage fondé sur les numérotations de parcelles et de noms de rues », explique Frédéric Giraut. Mais cette logique se heurte à une organisation vernaculaire qui elle, emploie ses propres noms de repères vécus dans la vie de tous les jours, créant des tensions entre les politiques publiques et les habitant-es des quartiers et multipliant les systèmes antagoniques.

    De manière plus générale, s’interroger sur les politiques officielles sera l’occasion d’analyser quels noms sont retenus et pourquoi, notamment vis-à-vis de la #marchandisation de certains noms de lieux, vendu ou loué, ou du #marketing_territorial. Il s’agit d’aller de l’observation du processus contemporain de la nomination à l’analyse rétrospective grâce à des sources de nature diverses qui relèvent de la cartographie, des archives, de la presse ou des systèmes d’information géographique.

    Le glissement de la toponymie cartographiée du public au privé

    Qui dit toponymie, dit cartographie. « Assurée par les autorités étatiques, d’abord militaires puis civiles, la cartographie de détails a vu des acteurs privés, comme le géant Google ou les entreprises de #GPS embarqués, s’instaurer comme références majeures pour les utilisateurs », relève Frédéric Giraut. A cela s’ajoute la cartographie participative, qui permet à tout un chacun de contribuer à la cartographie de détail du monde, notamment grâce à OpenStreetMap. Ces différents #systèmes_d’information_géographique constituent autant de cartographies du monde, parfois en contradiction. « L’intérêt de ces cartes ‘non-officielles’, mais dont les usages sont généralisés, est qu’elles permettent de faire jaillir des #quartiers_informels, invisibles sur les cartes étatiques, promouvant des toponymies vernaculaires et alternatives », s’enthousiasme le géographe.

    Un partenariat international

    Pour traiter ces problématiques, un consortium académique sera mobilisé en démarrant par la formalisation d’un réseau existant à deux échelles : mondiale d’une part, en fédérant les spécialistes et leurs équipes situés sur tous les continents ainsi que les Organisations internationales intéressées, et africaine d’autre part, avec le lancement d’un observatoire de la néotoponymie africaine (soit la nomination de nouveaux objets géographiques) qui inclut une plate-forme d’échanges avec les praticien-nes et les expert-es. Le programme de la chaire comportera également la réalisation d’un manuel double édition français et anglais et d’un cours en ligne intitulé “Dénommer le Monde”.

    Le choix de la candidature de l’UNIGE pour une nouvelle chaire UNESCO a pour but de valider l’affirmation de ce champ émergent, dont les thématiques culturelles, patrimoniales et de développement sont en adéquation avec les thèmes fondateurs de l’organisation internationale. De même, les orientations de la chaire sont en adéquation avec plusieurs des priorités de l’UNESCO, notamment les questions de genre, le partenariat académique et technique Nord-Sud, particulièrement avec l’Afrique, et enfin la prise en compte des aspects culturels, notamment les savoirs autochtones et vernaculaires, dans les initiatives de développement durable.

    https://www.unige.ch/communication/communiques/2021/une-nouvelle-chaire-unesco-en-toponymie-inclusive
    #toponymie #chaire_UNESCO #université_de_Genève #toponymie_politique

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  • #LRPR. Le retour du #délit_d’entrave dans les #universités et autres immondices législatives

    UPDATE 1/2/2021 : L’#amendement#1255 (délit d’entrave) a été déclaré recevable par les services de l’Assemblée. Il sera donc bien discuté, quelque part entre demain soir et jeudi-vendredi selon la vitesse d’avancement des débats. Compte tenu du nombre d’amendements, leur discussion va aller très vite : il y a un réel danger qu’il soit adopté.

    Et c’est reparti pour un tour. Ce lundi 1er février à partir de 16h, l’Assemblée nationale commence la discussion en hémicycle du projet de loi confortant le respect des principes républicains (LRPR), tel qu’il a été amendé après plusieurs semaines de débats en commission.

    Academia a déjà lancé l’alerte sur le fait qu’il existe un vrai risque pour que l’enseignement supérieur et la recherche soient directement intégrés dans ce texte, qui est un grand fourre-tout liberticide, articulé autour de l’idée d’une lutte finale, qui serait actuellement en cours, entre la République, d’un côté, et « l’idéologie séparatiste », de l’autre côté.

    Rappelons que quelques universitaires poussent fort en ce sens, en particulier du côté de Vigilance Universités et de l’ « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » tout récemment créé en partenariat avec Le Point. Pour la droite et l’extrême droite parlementaires, ces collectifs possédant leur rond de serviette au Point sont du pain-béni : ils seraient la preuve d’un appel à l’aide, qui proviendrait des tréfonds d’une communauté universitaire terrorisée par les ayatollahs américanisés du genre, de la race, de l’islamisme, du décolonialisme, de l’intersectionnalité (nous ne caricaturons pas : nous en sommes à ce niveau de discours, désormais…), pour que le législateur intervienne dans ces territoires perdus de la République que seraient devenues les universités.

    C’est pourquoi de nombreux amendements concernant l’ESR avaient été déposés il y a trois semaines par les Républicains. Jusqu’ici, toutes ces tentatives ont lamentablement échoué : clairement, la majorité gouvernementale ne souhaite pas rouvrir un front du côté des universités, même si, dans le même temps, certains députés de premier plan de la République en marche donnent crédit au discours – forgé, rappelons-le, dans les rangs de l’extrême droite – selon lequel il existerait dans les universités une

    « montée inquiétante de l’idéologie portant le racialisme, portant le séparatisme racial, portant l’indigénisme, le décolonialisme » (Eric Poulliat, rapporteur de la loi).

    Il était évidemment naïf de croire qu’on s’en tiendrait là, tout comme il est naïf de penser qu’on viendra à bout de ces idées en les ignorant, comme semblent le croire un certain nombre de chefs d’établissements d’enseignement supérieur. De façon peu surprenante, une nouvelle vague d’amendements concernant l’ESR a été déposée ces tout derniers jours. Très rapide tour d’horizon à chaud, avant examen, nous l’espérons, plus approfondi.

    Le nouveau délit d’entrave

    On remarquera d’abord que le « délit d’entrave » de la loi de programmation de la recherche tente de faire son grand retour, après sa censure par le Conseil constitutionnel le 21 décembre dernier1, ce qui était à craindre, puisque le Conseil constitutionnel avait fait le choix de ne pas le censurer sur le fond, mais pour de simples raisons de procédure parlementaire. C’est le sens de l’amendement n° 1255 des députés Benassaya et Therry, qui proposent d’ajouter l’alinéa suivant à l’article 431-1 du code pénal :

    « Le fait d’entraver ou de tenter d’entraver, par des pressions ou des insultes sur les enseignants universitaires, l’exercice des missions de service public de l’enseignement supérieur est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. »

    C’est exactement ce contre quoi la communauté universitaire s’était élevée pendant les débats sur la LPR : une grande pénalisation de l’enseignement supérieur à partir d’une infraction largement indéfinie et permettant l’intervention des forces de police à l’intérieur des campus sans autorisation des présidences d’université, et ce, au nom, nous dit l’exposé sommaire de l’amendement, de « la libre expression et l’indépendance des enseignants-chercheurs ». « Entrave », par la voie de « pressions », à « l’exercice des missions de service public de l’enseignement supérieur » : les blocages sont évidemment concernés, mais plus généralement toute forme de chahut dans les établissements, qu’il s’agisse d’un débat un peu animé ou d’un conseil d’administration interrompu2
    L’interdiction du voile à l’université

    Cinq amendements des Républicains (les n° 20, 203, 878, 1152 et 1613) et un du Rassemblement national (le n° 1645) concernent le port du voile à l’université, en dépit du net rejet des précédentes tentatives de la mi-janvier. On ne reviendra pas à nouveau sur ce point : donner suite à une telle proposition, alors que nous sommes en présence d’étudiant·es majeur·es et responsables, c’est, d’abord, ouvrir grand la porte à la restriction générale des convictions dans l’espace public ; c’est, ensuite, restreindre de manière considérable le droit d’accès à l’enseignement supérieur ; c’est, enfin, porter une atteinte forte aux libertés académiques, dont, rappelons-le, les étudiant·es sont aussi titulaires au titre des « franchises universitaires » qui leur accordent une liberté d’expression particulièrement protégée dans les campus.

    Hors ces deux séries d’amendements, on retrouve par ailleurs toutes les mesures dont l’introduction avait déjà été tentée en commission par les Républicains. Citons pêle-mêle :

    L’obligation de remise dans les six mois d’un rapport sur « les dérives idéologiques dans les établissements d’enseignement supérieur » (amendements n° 138, 756 et 1831), dans la lignée de la demande, en novembre dernier, d’une mission d’information sur le sujet par les députés Aubert et Abad.
    Une succession de mesures néo-vichystes, telles que l’obligation pour chaque établissement d’enseignement supérieur de « propose[r] à l’ensemble des étudiants de participer aux commémorations nationales et veille[r] à ce qu’il soit organisé, sur le temps universitaire, la lecture du message du chef de l’État et du ministre chargé des anciens combattants » (amendement n° 2085) ou l’organisation dans ces mêmes établissements, « à chaque rentrée scolaire », d’« un serment à la Constitution et au drapeau pour l’ensemble de la communauté éducative, des élèves et des étudiants » (amendement n° 2078).
    La mise en place, à la demande de la quasi-intégralité des députés Les Républicains, d’ « enquêtes administratives » avant tout recrutement dans l’éducation nationale et l’enseignement supérieur, afin d’identifier celle ou celui qui « adhérerait manifestement à des thèses antirépublicaines » (amendements n° 793 et 1454).
    La subordination des subventions aux projets étudiants « à la participation des représentants des associations sollicitant ces aides aux formations sur la prévention et la lutte contre le séparatisme que leur établissement d’enseignement supérieur organise annuellement » (amendement n° 1174).
    La possibilité de mettre en place, autour d’un « référent laïcité », « un comité de sûreté en relation permanente avec le responsable de l’administration, de la collectivité ou de l’établissement public dont il dépend afin de l’assister dans ses missions » (amendement n° 1169), parce que, nous explique l’exposé sommaire, les universités sont « particulièrement prises au dépourvu face au séparatisme qui s’attaque à elle ».

    On signalera en outre l’amendement n° 2300, qui vient, cette fois, des rangs centristes et qui témoigne d’une volonté d’une véritable reprise en main des universités par l’État : il est proposé d’étendre le pouvoir dont disposent aujourd’hui les recteurs de suspendre les décisions des universités à toutes les décisions qui leur paraissent contraires « au principe de neutralité du service public ».

    Il y aurait tellement à dire encore : nous nous en tiendrons là en ce dernier dimanche de janvier 2021.

    Ajoutons pourtant, au titre de ce premier panorama, que certains députés proposent d’étendre aux syndicats le pouvoir de dissolution des associations, en visant directement le syndicat Sud Education 93 (amendement n° 1923). Et on aura compris que nous nous trouvons à un vrai tournant : toutes les barrières sont en train de tomber. Elles sont en train de tomber non pas du côté de groupuscules extrémistes, mais au sein de partis dits « de gouvernement », appelés à exercer le pouvoir d’État à plus ou moins brève échéance et qui sont intimement persuadés, désormais, que les universités sont devenues anti-républicaines.

    Cela ne sort pas de nulle part. Une poignée de collègues irresponsables — moins d’une centaine sur une population d’enseignant∙es-chercheurs et chercheuses de plus de 100 000 personnes — attise le feu, en coulisses et publiquement, et ce depuis le 30 mars 2018 au moins, à force de manifestes de 100, d’appel des 76 et autres observatoires tout aussi ridicules les uns que les autres, et autres procédés diffamatoires, qui servent parfaitement leur objet : mettre en danger les jeunes collègues entrant à l’université.

    Terminons donc par ces mots du professeur Bernard Rougier (Université Paris-3 Sorbonne Nouvelle), dialoguant avec une subtilité toute scientifique avec le ministre de l’intérieur dans le Figaro du vendredi 29 janvier 2021 :

    « Il existe, dans le monde académique en particulier, une mise en circulation des thématiques racialistes et indigénistes à travers des programmes de recherches, des colloques, des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR) etc. Si les financements publics privilégient, par effet de mode et de mimétisme anglo-saxon, des thématiques autour d’un « racisme d’État » de nature systémique et organique, on offre une légitimation au discours islamiste qui s’est spécialisé, lui, dans la lutte contre la prétendue « islamophobie d’État ». Ce que l’action publique condamne d’un côté, elle le légitime en laissant faire de l’autre, ce qui pointe le risque d’une certaine schizophrénie ».

    https://academia.hypotheses.org/30564

    #facs #France #recevabilité #loi_confortant_le_respect_des_principes_républicains #principes_républicains #séparatisme #idéologie_séparatiste #décolonialisme #indigénisme #séparatisme_racial #Benassaya #Therry #ESR #enseignement_supérieur #entrave #liberté_d'expression #blocages #voile #franchises_universitaires #dérives_idéologiques #commémorations_nationales #serment #drapeau #enquêtes_administratives #lutte_contre_le_séparatisme #référent_laïcité #comité_de_sûreté #neutralité #neutralité_du_service_public #racisme_d'Etat

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    Ajouté à ce fil de discussion :
    https://seenthis.net/messages/884291

  • Dakar et Nairobi : la question des noms de rue mise en perspective, du pré au postcolonial
    https://neotopo.hypotheses.org/3221

    Dans le contexte actuel de retour sur les commémorations publiques et de leur éventuelle remise en cause pour leur caractère raciste en lien avec la colonisation, deux spécialistes mettent en perspective les politiques et...

    #African_Neotoponymy_Observatory_in_Network #ExploreNeotopo #Neotopo_vous_signale

    • Nairobi’s street names reveal what those in power want to remember, or forget

      The recent global events of civil and political unrest that started in the US have brought to the fore the complex dynamics of urban memorialisation. The protests have, in some places, led to renewed scrutiny of certain urban symbols such as commemorative statues – what they represent and how they are perceived and interpreted.

      Unlike monuments and statues, place names (toponyms) are intangible, and less imposing, but nevertheless, an indispensable part of the urban symbolic landscape. Their inscription, erasure and re-inscription is highly political.

      In a study of toponymy in Nairobi, Kenya, my colleague and I analysed how streets got their names. It’s important to examine this as street naming and renaming allows us to remember and forget events and people in history. It also articulates what values exist in pursuit of political or national interests.

      We explain how street names are imbued with symbolic references of power structures within a society. During the period of British rule (1895–1963), toponymy was used as an exercise of power – it reflected British control. Soon after Kenya gained independence, streets were renamed as a way to renounce the colonial regime and its ideology.

      But today, Kenyans are starting to question the naming of important public spaces after a few individuals, their families and political affiliates – the ‘political dynasties’.
      https://twitter.com/alaminkimathi/status/1228275553414807554?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      In 1964, after Kenya had gained independence, a street naming subcommittee was formed under the town planning committee of Nairobi’s city council. This subcommittee came up with names or received suggestions from the public. There was then a vetting process and proposals were eventually sent to the Minister of Local Government for approval. Since then, different laws have been established to guide the naming and numbering of streets and properties, but the process has remained very much the same.

      Looking forward, the government should consider honouring other people who have contributed to the growth of Kenya as a country – for instance its athletes, academicians and artistes.

      It would also be important to point out how gender exclusive the street names are. For a long time, there was only one street named after a woman – Mama Ngina Street, Mzee Jomo Kenyatta’s wife. And later, after much lobbying, a street was named after Wangari Maathai, the 2004 Nobel Peace Prize winner. And in 2017, after the death of the firstborn daughter of Jomo Kenyatta, Margaret Wambui Kenyatta, Mugumo Road in Lavington was quietly renamed after her.

      How streets are named, or renamed, serves as an important indicator of the values of a society – and what those in power might want to remember, or forget.
      A colonial city

      The vital role of street toponymy in Nairobi emerged at the inception of the city, at the beginning of the 20th Century.

      Street names were used by the British colonisers to remove the indigenous identity of the previously marshy plain, known as Enkare Nyirobi (a place of cool waters), to create a new idyllic British city. Names such as Victoria Street, Coronation Avenue, Kingsway, Queensway and Elizabeth Way marked the modernising city to celebrate the British monarchy.

      In addition, names such as Whitehouse Road and Preston Road were named after railway officials. George Whitehouse, for instance, was the chief engineer of the Kenya-Uganda Railway. This is because Nairobi started as a railway depot.

      Other streets were named after administrative and political leaders of the time such as Hardinge, Elliot, and Sadler, all of whom were commissioners of the British East Africa Protectorate.

      Leading settler farmers and business people also had their names imprinted on the landscape. They included: Grogan Road after Sir Ewart Grogan – a pioneer businessman, and Delamere Avenue, after Lord Delamere – a pioneer settler farmer.

      Apart from the British and European street names, there were a few Indian names such as Bazaar Street and Jevanjee Street. This is because of the large Indian community in Kenya, many of whom originally came to Kenya as railway workers. “Bazaar” refers to a business area or market, while Jevanjee was a prominent Indian businessman in early Nairobi who owned the first newspaper company – The East African Standard.

      What was starkly missing were African street names during that period. This was a clear indication of the political and social dynamics of the time that put the European first, the Indian second and the African third.
      Decolonising and Africanising

      There was a shift at Kenya’s independence, in 1963. The city’s streets were redefined as symbols of nationalism and pan-Africanism. The process was not devoid of challenges. There were inconsistencies – for instance in terms of ethnic representation – owing to the diverse interests that needed to be accommodated. It was an enormous task for the new government.

      Generally, under the new government, street names acted as sites for the restitution of justice (for those that suffered under British rule) and symbols of memory, ethnic diversity and unity.

      The renaming of the streets happened in waves. The first was in 1964, with Delamere Avenue (which cuts the central business district into two) being changed to Kenyatta Avenue, after the first president of Kenya – Jomo Kenyatta. Hardinge Street was changed to Kimathi Avenue after the leader of the Mau Mau Movement – Dedan Kimathi.

      The streets were often renamed after the political elite, a good number of whom came from the Kikuyu community, such as Kenyatta Avenue, Koinange Street, James Gichuru and Harry Thuku Road.

      There’s a lot of political consideration that goes into street renaming too. For instance, in 1969, a street was named after Tom Mboya, a popular Minister who was assassinated that same year. Some called for Government Road (along which he was assassinated) to be named after him, others proposed St. Austin’s Road, along which he lived. Both options were rejected by the government, Government Road being too central and St. Austin’s being too peripheral. Victoria Street was the compromise. Government Road was later renamed to Moi Avenue and St. Austin’s Road to James Gichuru Road.

      In independent Kenya the purpose of the toponymic changes was twofold: to erase names of the colonisers who were deemed as imposters and to celebrate the new heroes: Kenya’s political leaders and freedom fighters. The latter, such as Dedan Kimathi being celebrated superficially by the new political bourgeoisie.

      Additionally, in the spirit of pan-Africanism, other African leaders such as Kwame Nkrumah, Albert Luthuli and Julius Nyerere were celebrated through street names. Beyond the African continent, leaders who fought for black liberation and civil rights in America, such as Ralph Bunche and William Du Bois were also honoured.
      The future of street naming

      Nairobi’s street names are like a small history lesson. The County Government should consider putting up signs that tell people their former names, to show how the city has evolved over time.

      More must also be done to ensure these spaces celebrate future heroes. There is a need to enforce the Kenya Information and Communications (Numbering) Regulations 2010 and the establishment of a National Addressing System as proposed by the Communications Authority of Kenya in 2016. In addition, a national body for dealing with place names, similar to the South African Geographical Names Council, should be instituted.

      Finally, public participation should be an integral part of the street naming process, because people are the primary producers and users of names.

      https://theconversation.com/nairobis-street-names-reveal-what-those-in-power-want-to-remember-o

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      Sénégal : « Les populations n’utilisent pas les noms coloniaux des rues »

      Au Sénégal, sur l’île Gorée, au large de Dakar, la « place de l’Europe » devient désormais « la place de la Liberté et de la Dignité Humaine ». Une décision prise par le conseil municipal de ce site symbolique de la mémoire de l’esclavage et de la traite des Noirs. De son côté, le maire de la commune du Plateau, dans le centre-ville de Dakar, a proposé récemment de lancer une réflexion sur les noms des rues hérités de la colonisation. Michel Ben Arrous est géographe et chercheur. Il a co-écrit l’an dernier avec Liora Bigon une étude de l’IFAN, l’institut fondamental d’Afrique noire, « Les noms de rues à Dakar. Héritages (pré) coloniaux et temps présent ».

      RFI : Est-ce que vous êtes surpris par la relance de ce débat sur les noms de rue à Dakar dans le sillage du décès de George Floyd aux États-Unis ?

      Michel Ben Arrous : Pas vraiment, dans la mesure où c’est un débat qui ressurgit régulièrement dans la presse sénégalaise ou dans les médias sociaux. Ce qui est remarquable par contre, c’est justement le contexte et le télescopage de logiques assez différentes aux États-Unis, au Sénégal, en France ou ailleurs.

      Ce débat n’est pas nouveau, en quoi les noms des rues, cette toponymie coloniale est-elle symboliqu ?

      Les noms eux-mêmes, évidemment il y a un tas de noms coloniaux qui vont glorifier des administrateurs, des généraux, des militaires, tout ce qu’on veut… Mais l’ensemble de ces noms remplit quand même une fonction de prise de possession de Dakar. Ils sont concentrés dans une zone qui s’appelle « Le Plateau » qui reçoit une petite population française colonisatrice. Et on ne trouve ces noms-là qu’au Plateau qui représente à l’heure actuelle 3% de la population. La Médina qui a été créée dans le sillage de l’épidémie de peste de 1914 reçoit des numéros. Donc, les noms vont distinguer la ville coloniale de cette Médina qui, elle, est forcément mise à part dans la ville puisqu’elle n’est pas nommée. Et si l’on sort ensuite du Plateau, de la Médina et qu’on va vers la ville actuelle, la plupart des rues ne sont pas nommées du tout. L’objectif visé, c’est évidemment de faire œuvre idéologique : on va glorifier la France, on va glorifier ses serviteurs. Mais rien n’indique que cette visée idéologique fonctionne. Avant les colonisateurs , il y avait des villages qui ont été détruits, des villages lébous qui ont conservé leurs noms. Et les noms eux-mêmes se sont répartis dans la ville. Et on va retrouver ces noms-là , Soumbédioune, Kaye, Thann… à d’autres endroits de la ville. Ce sont ces noms-là que les populations continuent à utiliser. Ils n’utilisent pas les noms de rue coloniaux.

      À Dakar, certaines rues ont déjà changé de nom depuis l’indépendance. Comment est-ce que cela a évolué ? Quelles ont été les politiques des autorités successive ?

      Les premiers changements de nom ont eu lieu sous Senghor [Léopold Sédar Senghor, président de la République du Sénégal de 1960 à 1980]. La place Protet a été rebaptisée « place de l’Indépendance ». Gambetta a été rebaptisé « Lamine Gueye ». En même temps, il n’y a pas forcément volonté de rupture puisque [William] Ponty qui est un gouverneur colonial a été remplacé par [George] Pompidou, par ce même Senghor. Les premières renominations fortes ont été faites sous Abdou Diouf [président de 1981 à 2000] et se sont poursuivies sous [Abdoulaye] Wade [2000-2012] et à l’heure actuelle. Mais la chose la plus remarquable, ce n’est pas tellement le nom des rues qui changent, c’est qui a le pouvoir de nommer, qui a le pouvoir de changer ? Sous Senghor, tout se passer par décret présidentiel. Avec Diouf et avec Wade, on a une décentralisation qui commence et ce pouvoir de nommer ou de renommer est désormais dévolu aux communes. Et à l’heure actuelle, ce qu’on voit, c’est une revendication, je ne sais pas si on peut dire populaire parce qu’il faudrait voir dans quelles mesures elle est véritablement populaire, mais une revendication par le bas de pouvoir aussi intervenir dans cette question du nom des rues.

      Il y a une figure qui cristallise particulièrement, c’est celle de Faidherbe, ancien gouverneur de Saint-Louis. Il y a sa statue, un pont à son nom. Que pensez-vous de ces appels à déboulonner cette statue ?

      Faidherbe est d’abord un point de fixation dans un débat qui est beaucoup plus large. La question de fond, c’est le modèle commémoratif. On parle de Faidherbe, mais on pourrait parler de Jules Ferry. La rue Jules Ferry à Dakar, ce Jules Ferry qui était à la Chambre des députés parlait d’un « devoir de colonisation des races supérieures sur les races inférieure ». Ce nom de ferry est peut-être au moins significatif que celui de Faidherbe. On peut aller beaucoup plus loin. On a gardé les plaques bleues, les lettres blanches sur un fond bleu. C’est aussi une présence coloniale qui reste dans la ville. Ce qui est drôle à Dakar, c’est que l’une des rues qui ne pose absolument pas problème, c’est l’avenue de la République. On la conçoit tous comme la République sénégalaise alors que cette avenue de la République, c’était très clairement au moment de la nomination de la IIIe République française, qui était la République colonialiste par excellence.

      À titre de comparaison, comment cela a évolué dans d’autres pays du continent ?

      En sciences sociales, on a l’habitude de comparer Dakar à Nairobi, la capitale du Kenya étant le modèle absolu de décolonisation des noms de rue. Ce qu’on remarque, si on rentre dans le détail, c’est qu’effectivement tous les noms qui célébraient la colonisation britannique ont disparu, mais ils ont été remplacés à l’époque de [Jomo] Kenyatta [1894–1978] par des noms qui célébraient son propre parti politique, ses propres amis politiques et qui négligeaient totalement d’autres courants de la société kenyane. Dans un contexte différent, en Algérie, la plupart des noms de rue ont été remplacés dans un arabe très pur qui permettait aussi de passer sous silence la composante berbère de la population. Et ce que l’on remarque à l’heure actuelle, c’est que les jeunes générations sont celles qui utilisent le moins les noms officiels. Donc, il ne suffit pas de changer les noms si on reprend la même logique pour régler les problèmes. A côté de ça, au Maroc, on va trouver des plaques qui donnent des anciens noms et des plaques, juste en dessous ou au-dessus, qui donnent les nouveaux noms et qui coexistent sans que pratiquement personne ne les utilise d’ailleurs. À Dakar, quand je vais chez moi, je ne vais pas donner le numéro de la rue que personne ne connait. Je ne le sais même pas, c’est « AAB » quelque chose. Si je dis à un chauffeur de taxi de m’emmener là-bas il ne comprendra pas. Si je lui dis : amenez-moi à Amitié 2, c’est un nom de quartier. Et ça, c’est un point de repère qui est utilisé. Mais ces noms de rue curieusement polarisent un débat, fort, alors qu’ils sont relativement peu utilisés. Il y a ceux qui veulent déboulonner, il y a ceux qui veulent remplacer, il y a ceux qui veulent expliquer. Mais tout cela revient au fond à se poser la questio : à quoi veut-on que servent les noms de rue ? À quoi veut-on que servent les statues ?

      http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200629-s%C3%A9n%C3%A9gal-les-populations-n-utilisent-pas-les-noms-rues-colonia

      #Dakar #Sénégal #Nairobi #noms_de_rue #toponymie #commémorations #post-colonial #décolonial

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  • « Le 11 novembre, la Grande Guerre, la victoire de la France et la défaite des Français » Bruno Adrie - 6 Novembre 2018 - Librairie Tropiques
    http://www.librairie-tropiques.fr/2018/11/la-defaite-des-francais.html

    On peut comprendre que des esprits patriotes se sentent aujourd’hui blessés par la décision prise par un certain président français de ne pas offusquer l’Allemagne lors des célébrations du 11 novembre. On comprend aisément que cette décision soit une preuve de plus de la soumission des élites françaises aux élites allemandes.

    Mais, il me semble que cantonner le problème à ce niveau n’a pas se sens et ne rend pas compte de ce que fut la « Grande Guerre ».

    Car, indépendamment des marques de soumission de l’élite française et de ses commis-voyageurs politiques aujourd’hui, la victoire française de 1918 n’a jamais été une victoire du peuple français mais sa défaite. Les dynasties bourgeoises qui en 1914 avaient le pouvoir notamment via leur laquais Poincaré ont voulu la guerre et tout fait pour l’obtenir. Cette guerre n’a été que le conflit entre deux bourgeoisies industrielles impérialistes se combattant pour le partage du monde. Le patriotisme n’a rien eu à voir là-dedans. Il n’a été, comme souvent dans la bouche des politiciens de droite que le prétexte à faire passer un bain de sang pour un acte de justice.

    Et on les a vus, les profiteurs de guerre soutenus par l’État, devenir les profiteurs de paix en se faisant attribuer à bas prix les biens allemands mis sous séquestre en Alsace et en Lorraine. On les a vus refuser de payer l’impôt (comme toujours) obligeant l’État a exiger d’improbables réparations jamais acceptées outre Rhin ni outre Atlantique compte tenu des investissement US en Allemagne qui ne devaient pas rapporter à la France. Non, décidément, que la France ait choisi, aujourd’hui comme en 40 (et même avant), de se soumettre à l’Allemagne ne fait pas de doute, mais les trémolos droitistes et militaristes ne prennent pas et ne servent pas la vérité.

    La « Grande Guerre » ne fut « grande » que par l’injuste et trop grand sacrifice de millions d’innocents tournés « en saucisson de bataille » par des profiteurs qui n’ont pas hésité à leur voler la paix après leur avoir volé la peau et les os.

    « Nous avons donné tout sans exiger de reçu » a écrit Georges Bernanos dans Les enfants humiliés. Il est grand temps de relire toute la série des Écrits de combats de ce grand mystique attelé comme une bourrique fiévreuse et têtue au lourd chariot de la Vérité.

    https://www.youtube.com/watch?v=ZFxvRTyeZMg

    #histoire, #politique #premiere_guerre_mondiale #commemorations #guerre_aux_pauvres #France #profiteurs #défaites #Georges_Bernanos #france #guerre #armée #armée_française

  • Dossier 1968, une embellie en mai
    https://www.monde-diplomatique.fr/dossier/mai68

    (Toutes les archives sont en accès libre.)

    La France est un pays paralysé, les banques ne fonctionnent plus, les pompes à essence sont vides. Qu’était #Mai_68 ? Une révolte étudiante contre les hiérarchies, une libération festive des mœurs, certes. Mais aussi et d’abord la plus grande grève d’ouvriers et d’employés de l’histoire de France, en écho aux grands mouvements de solidarité avec les peuples du tiers-monde, et avant tout avec le peuple vietnamien. À l’occasion du quarantième anniversaire du mouvement, Laurent Bonelli remarquait que « contrairement aux commémorations de 1988 et 1998, encore dominées par la célébration de leaders étudiants, celle de 2008 laisse une place bien plus importante aux masses d’anonymes qui ont inscrit l’événement dans l’histoire et aux raisons pour lesquelles elles l’ont fait. » Ainsi « la mémoire des millions de grévistes qui paralysèrent le pays retrouve enfin une place dans le débat. » Que reste-t-il à dire, écrire ou montrer aujourd’hui ? Pour le cinquantenaire, hors de toute frénésie éditoriale, Le Monde diplomatique invite à une plongée dans ses archives.

  • Depuis 1980, aucun attentat de réfugié ou des nationalités visées par Trump !
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3011

    L’ONU a officiellement a Donald Trump de reculer sur son décret de refouler à l’entrée aux Etats-Unis les ressortissants des 7 pays musulmans nommément désignés. Cette dénonciation peut encaisser une fin de recevoir, l’arrogance du nouveau locataire de Maison Blanche ne peut être contenu. Le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, a qualifié cette décision de contraire aux droits humains. Deux institutions de l’ONU, l’Organisation internationale pour les (...)

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  • L’inexorable marche de la théocratie en Turquie
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2951

    L’arrivée du président Erdogan à la tête de la Turquie est un approfondissement de l’autoritarisme. Afin de dévier les nombreux scandales de corruption qui ont entaché le premier ministre et le président, la répression est quotidienne. Les journalistes sont soumis à la pression où menaces, agressions physiques, attaques mortelles, poursuites judiciaires et emprisonnements sont incessants. L’enquête sur une livraison secrète d’armes par les services secrets turcs aux islamo-terroristes syriens fut (...)

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  • Des ONG exigent du conseil de sécurité de sévir contre Israël pour ses colonies en Cisjordanie
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2933

    Face à la multiplication incessante des colonies en #Palestine, les soutiens de l’Etat hébreu doutent, plus que par le passé, de la crédibilité qu’un quelconque processus de paix israélo-palestinien puisse être tenu. Les diplomaties internationales ont beau essayer espérer, sans des sanctions fermes, comme le boycott généralisé et fortement appuyé par les pays occidentaux, il n’y a pas de solution à ce conflit dans un Moyen-Orient complètement déstabilisé. Concrètement, les soutiens au colonialisme (...)

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  • Bentalha sous l’équinoxe du passage de l’AIS au GIA...
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2915

    L’équinoxe automnal de 1997 a été un jour d’horreur en Algérie. C’était la fin de l’AIS et le passage au GIA, pour bien contextualiser ce fait qui reste le plus macabre de la “décennie noire”. Oublier une telle transition d’une nébuleuse à une autre, c’est surtout nier la liquidation des récalcitrants de l’organisation mère, par de plus virulents natifs psychopathes... Perpétré, dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997, par un groupe dont les armes démangeaient, ce qui est communément désigné par le “massacre (...)

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  • Hadj 2016 : guerre sectaire sur fond de carnages répétés
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2904

    Dans la guerre ouverte de l’Islam sectaire, les conflits ne manquent pas. On énumérera parmi les clivages visibles les « Ibadites » de Ghardaïa en Algérie, persécutés par les malikites. Il y a d’autres situations où les musulmans en bloc sont rejetés, comme en Birmanie, ou avec un degré moindre dans les pays occidentaux. Mais, c’est bien la mésentente chiites et sunnites, interne à cette religion, qui tient le haut du pavé d’une la belligérance ouverte, impliquant des Etats et de puissantes organisations (...)

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  • Des projets de coup d’état contre Mahmoud Abbas fomentés en Iran
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2876

    De vieilles traditions, le Fatah, principale organisation au sein de l’OLP et dans les institutions palestiniennes, recevait et aidait les mouvements de libération du Monde. La résistance iranienne bénéficie de considération des démocrates à travers le Monde. C’est dans cette optique que le chef de l’Etat palestinien a cru nécessaire, et par fidélité à ses principes, de rencontrer les représentants des opposants iraniens. Ces positions contre les dictatures sont abandonnées par des pays comme (...)

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  • Quand se réveillent les caméras du Sahara Occidental...
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2841

    Depuis le début de l’année 2016, la question du Sahara occidental colonisé par le Maroc est revenue au devant de la scène diplomatique africaine et mondiale. En entrée de ce sujet, nous tenons à être insistants sur le rapport du pays voisin, l’Algérie. Ce dernier est dans une situation de problème chez deux voisins et n’a rien à voir dans ce conflit. L’Algérie se trouve dans l’obligation d’accueillir à Tindouf quelque 30% de la population sahraouie fuyant le nouvel occupant. Dernièrement la colère du (...)

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  • 1er mai 2016, dédié aux travailleurs de Saudi Binladin Group
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2820

    Le Saudi Binladin Group (en abrégé en SBG) n’est pas une simple boîte de constructions. Elle est gigantesque et son chiffre d’affaire tourne principalement dans l’aménagement des lieux saints de l’islam. Ce qui est une grande hypocrisie, quand les bénéfices ont été utilisés par Oussama... Créée en 1931, soit 5 ans la proclamation du royaume à sa tête la famille des Ibn-Saoud, son siège est à Djeddah. Elle aussi a participé à la construction de 25 aéroports aussi bien au Moyen-Orient que dans le reste du (...)

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  • Les prisonniers américains vieillissent, boom dans la courbe des âges
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2749

    C’est aussi le modèle de société dont la dangerosité se doit à moult délinquances que sont les Etats-Unis, au point d’avoir la plus forte population incarcérée avec 2,2 millions de personnes. 698 sur 100.000 américains sont détenus, alors qu’en 1972 il y avait 161. Ce qui est aujourd’hui le second taux au Monde, après le minuscule pays des Seychelles, où ils sont 799 pour la même centaine de milliers. USA : record de prisonniers par Populi-Scoop L’analyse sociologique qu’il faut remonter est (...)

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  • L’Iran en phase finale de levée de l’embargo des occidentaux
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2716

    L’Iran continue de se débarrasser de l’embargo que lui infligeaient les Etats-Unis et l’ensemble des grandes économies d’Europe, pour le contrôle de son programme nucléaire. Un peu plus de 100 milliards de dollars sont bloqués dans des banques étrangères, notamment des pays occidentaux, sont sur le point d’être mis à la disposition des iraniens, d’une part. De l’autre, le dégèle diplomatique avec l’ONU, l’Europe et les Etats-Unis a fait de grands pas… Arrestation de marins américains par L’iran par (...)

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  • Exécutions en Arabie Saoudite et légitimité de l’ONU ?
    https://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2709

    Le réveil du sectarisme en islam, voire sa fortune viciée, ne s’est jamais autant accompli, que depuis l’avènement de la secte des frères musulmans lors des années 30, du siècle dernier en Egypte. Puis largement propagé par l’épouvantable islamisme qui a pour débouchement dialectique le terrorisme, les sectes partent en guerre dans une religion d’où la paix est extirpée par le Wahhabisme salafiste. Exécution du dignitaire chiite saoudien "Nimr... par Populi-Scoop Le terrorisme islamiste a été conçu (...)

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  • Exécutions en Arabie Saoudite et légitimité de l’ONU ?
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2709

    Le réveil du sectarisme en islam, voire sa fortune viciée, ne s’est jamais autant accompli, que depuis l’avènement de la secte des frères musulmans lors des années 30, du siècle dernier en Egypte. Puis largement propagé par l’épouvantable islamisme qui a pour débouchement dialectique le terrorisme, les sectes partent en guerre dans une religion d’où la paix est extirpée par le Wahhabisme salafiste. Exécution du dignitaire chiite saoudien "Nimr... par Populi-Scoop Le terrorisme islamiste a été conçu (...)

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  • Premières femmes dans les 3èmes élections locales en Arabie Saoudite
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2679

    3èmes élections locales, la 1ère date de 2005, dans l’existence du royaume saoudien. L’ultraconservatrice monarchie n’a pas de constitution légiférée mais est régie par le coran. Ce vote des assemblées de base aura lieu le 12 décembre prochain. Quelques modestes changements ont eu lieu aussi ces dernières années, notamment la désignation par le Roi Abdallah de 30 femmes au Majlis Al-Choura, le Conseil Consultatif composé de 150 membres. L’ouverture actuelle, est une première : des femmes votent et sont (...)

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  • Prévisible « désislamisation » de personnes persécutées
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2626

    L’islam reste la religion qui reçoit plus de convertis, mais aussi elle est celle qui en perd. Lassés de l’aspect d’une existence dangereuse infligée aux populations... La violence que le terrorisme de certains musulmans imposent à leurs sociétés, ne laisse pas indifférent les concernés. Beaucoup ne le disent pas, faute de se faire lyncher, les musulmans qui se convertissent au christianisme n’a jamais été si fréquent, depuis d’existe la pseudo-idéologie appelée « islamisme ». Notamment chez les (...)

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  • Protestation en faveur des droits des immigrés en Autriche.
    https://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2622

    Défilé spontané des jeunes de Vienne, la capitale autrichienne, le lundi 31 août en soutien avec les réfugiés. Ils étaient de tous âges et même des familles avec des enfants, mais bien des couleurs juvéniles dominaient le cortège. Les peuples européens sont choqués par le matraquage, sur le déferlement humain venant du sud, alors que la solidarité ne trouve pas encore priorité... Nous avons relaté in POPULI-SCOOP, le fait horrible de la découverte de 71 corps de réfugiés entamés par la décomposition dans un (...)

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