• Comment la raréfaction des terres menace la matrilinéarité dans le #Meghalaya (Inde)
    https://lvsl.fr/comment-la-rarefaction-des-terres-menace-la-matrilinearite-dans-le-meghalaya-in

    C’est un fait bien documenté : la colonisation européenne a modifié en profondeur les structures économiques et la répartition des ressources des pays colonisés. L’expansion de l’économie de marché qui s’en est suivie n’a fait qu’accroître les inégalités et accélérer la destruction des ressources naturelles. Les conséquences de l’épuisement des matières premières sur les traditions locales sont en revanche moins connues. Dans le Nord-Est de l’Inde, où l’organisation sociale est intimement liée aux ressources, la raréfaction de celles-ci instaure un climat de méfiance vis-à-vis des femmes - principales détentrices des biens économiques – et des étrangers, soupçonnés de déposséder les locaux de leurs terres. La matrilinéarité, structure familiale favorable aux femmes, s’en trouve (…)

    #Société #Féminisme_et_lutte_des_classes #Enclosures #Inde #matrilinéarité

  • Une étude expérimentale menée sur 10 ans montre le potentiel de systèmes de production agricoles sans #pesticides

    Cultiver sans pesticides est faisable techniquement et économiquement, sous certaines conditions. La mise en œuvre de ces systèmes de production suppose notamment une diversification des successions culturales, des filières de commercialisation adaptées, et une valorisation économique des produits issus de ces systèmes. Ce sont les résultats d’une étude menée durant 10 ans sur 9 systèmes de cultures (grande culture et polyculture-élevage) conçus en lien avec des conseillers agricoles et des agriculteurs au sein d’unités expérimentales. Coordonnée par #INRAE et impliquant l’école d’ingénieurs de Purpan et le Cirad, cette étude est publiée dans Plant Disease.

    L’utilisation généralisée et répétée des pesticides a des impacts importants sur la contamination des milieux (sol, eau, atmosphère), la #santé_humaine et la #biodiversité, et présente un #coût_économique non négligeable pour la société, y compris les agriculteurs. Peut-on se passer de pesticides en #grandes_cultures, avec quels niveaux de #rendement et avec quelle #viabilité_économique ? Après 10 années de recherche, le réseau expérimental #Rés0Pest, coordonné par INRAE, et impliquant l’école d’ingénieurs de Purpan et le Cirad, présente ses résultats.

    Rés0pest, mis en place en 2012 dans le cadre d’un appel à projets Ecophyto Dephy Expe, s’est appuyé sur 9 systèmes de culture originaux sans utilisation de pesticides, mais avec un recours possible au travail du sol et aux #engrais_de_synthèse. Ceux-ci ont été imaginés lors d’ateliers de co-conception associant des conseillers agricoles, des agriculteurs et des scientifiques, sur 9 sites localisés dans l’Hexagone et couvrant une large gamme de conditions pédoclimatiques et de contextes socio-économiques (5 systèmes de grande culture et 4 systèmes en polyculture-élevage incluant des prairies temporaires), au sein du réseau d’unités expérimentales d’INRAE, des laboratoires à ciel ouvert gérés par des ingénieurs et techniciens de l’institut.

    L’objectif ? N’utiliser aucun pesticide, tout en diminuant au maximum les #stress_biotiques (causés par des ravageurs, champignons et des plantes adventices), avec des rotations plus ou moins longues sur 5 à 9 ans. La réussite des systèmes testés repose sur les principes de la protection agroécologique des cultures qui s’articule autour de 3 piliers :

    – la #prophylaxie (gestion des résidus infectés ; utilisation de semences saines ; nettoyage du matériel agricole par exemple)
    – la valorisation de la #biodiversité_végétale (successions culturales longues et diversifiées avec des familles de cultures et des périodes de semis diversifiées ; cultures associées, mélanges variétaux, notamment)
    – l’amélioration ou la préservation de la santé du sol (arrêt des pesticides, implantation de cultures intermédiaires, limitation du travail du sol sans toutefois interdire le labour par exemple).

    À noter que l’usage des engrais minéraux est resté possible dans ces systèmes de culture.

    Le rendement des différents systèmes de culture a été mesuré. La comparaison de ces résultats avec des données Agreste1, à l’échelle de contextes régionaux comparables, indique que les systèmes conventionnels sans pesticides enregistrent des #rendements le plus souvent en deçà des systèmes conventionnels avec protection chimique, tout en pouvant, dans certaines situations, atteindre des niveaux équivalents, voire supérieurs. Les dommages aux cultures causés par les #maladies et les #ravageurs au sein du réseau n’ont pas augmenté de manière significative au fil du temps. Cependant, la gestion des plantes adventices reste un défi majeur dans certaines situations, notamment la gestion des rumex2 dans les prairies temporaires. Il est important de souligner que la maîtrise technique des adventices s’est améliorée au cours du temps au sein du réseau, ce qui est essentiel compte tenu des conséquences que peut avoir une mauvaise gestion ponctuelle des adventices sur le long-terme, en contribuant à l’enrichissement du stock semencier des parcelles. La gestion des adventices a nécessité dans certains cas le recours au labour, une pratique non conforme aux principes de l’agriculture de conservation des sols.

    Sur les 10 années étudiées, les 4 systèmes de grande culture en agriculture conventionnelle (Auzeville, Bretenière, Estrées-Mons et Grignon) pour lesquels les #performances :économiques ont pu être quantifiées ont généré une marge nette satisfaisante, qui pourrait conduire dans 20 % des cas à un revenu entre 1 et 2 SMIC, dans 45 % des cas entre 2 et 3 SMIC et dans 35 % des cas plus de 3 SMIC mensuels.

    Ces résultats montrent que des systèmes de grande culture conventionnels sans pesticides peuvent être productifs, techniquement et économiquement réalisables. Leur mise en œuvre suppose toutefois une diversification des #successions_culturales, des filières de #commercialisation adaptées et une #valorisation_économique des produits issus de ces systèmes. Pour cela, des #politiques_publiques adaptées sont nécessaires pour soutenir la massification de leur adoption. Ces résultats permettent également d’alimenter les réflexions européennes3 pour accélérer la #transition_agroécologique.

    Ces analyses de performances agronomiques, économiques, environnementales et sociales se poursuivent avec le projet 0phyto, lancé en 2025, qui s’appuie sur les avancées de Rés0pest et s’ouvre à l’#agriculture_biologique, en intégrant des données de l’Itab sur des systèmes de culture en agriculture biologique.

    –-

    1. Statistique publique de l’agriculture, de l’alimentation, de la forêt et de la pêche.
    2. Adventices vivaces particulièrement problématiques pour les systèmes cultivés.
    3. Les résultats de Rés0pest alimenteront les réflexions dans le cadre de l’alliance européenne « Towards a Chemical Pesticide-Free Agriculture » qui implique 34 instituts de recherche provenant de 20 pays européens.

    https://www.inrae.fr/actualites/etude-experimentale-menee-10-ans-montre-potentiel-systemes-production-agricole
    #alternative

    • Pesticide-free agriculture: Is a third way possible besides organic and conventional agriculture?

      Pesticides are widely used in agriculture to protect crops from animal pests, diseases, and weeds, helping to maintain yields under diverse production conditions. However, their widespread and repeated use has led to environmental contamination, biodiversity loss, and growing concerns about human health. While Integrated Pest Management (IPM) and organic farming have sought to reduce pesticide dependency, both approaches still permit pesticide use, and their adoption remains limited due to technical and economic constraints. In this context, we explore the feasibility of a third way: pesticide-free agriculture based on agroecological crop protection (ACP) principles. Drawing from the Rés0Pest experimental network launched in France in 2012, we present ten years of results from nine sites covering a range of pedo-climatic conditions and socio-economic contexts. Rés0Pest implemented cropping systems that excluded all pesticide use, including seed treatments, while maintaining synthetic fertilizer inputs. The systems were co-designed through participatory methods, following a system experiment approach that evaluates the effects of a combination of cropping practices and their interactions on cropping system performance over the long term. Results showed that in pesticide-free systems, it is possible to achieve yields comparable to conventional and higher than organic systems and, in some cases, generate higher net farm income. Pest and pathogen crop damage did not significantly increase over time, although weed management remained a key challenge. These findings suggest that technically and economically viable pesticide-free arable systems are possible under certain conditions, and that new solutions are needed to support their adoption across a wider range of contexts. We discuss implications for research, farming, and policy, and emphasize the need for adaptive experimentation and systemic performance assessment to support agroecological transitions.

      https://doi.org/10.1094/PDIS-09-25-1839-FE

    • Produire de grandes cultures en #agroécologie de manière rentable, c’est possible

      Depuis vingt-cinq ans, l’Inrae teste en #conditions_réelles des alternatives à l’agriculture conventionnelle sur huit hectares à #Versailles, dans les Yvelines. Une expérience riche en enseignements.

      Peut-on nourrir la France en réduisant notre utilisation de pesticides et d’#engrais_azotés ? Pour répondre à cette question, les chercheurs peuvent utiliser plusieurs méthodes. L’une d’entre elles consiste à tester différentes #techniques_agricoles en conditions réelles sur de grandes cultures et à étudier leurs évolutions sur le temps long.

      C’est ce qu’il se passe dans l’une des stations expérimentales de l’Inrae depuis vingt-cinq ans, et les résultats agronomiques et économiques de cette #expérimentation donnent de nombreuses raisons de se réjouir.

      Un essai système d’une durée de vingt-cinq ans

      Le dispositif expérimental #La_Cage, mis en place en 1998 à Versailles (Yvelines) sur une parcelle de huit hectares, compare ainsi sur le long terme quatre systèmes de culture cohérents et représentatifs des grandes cultures sans élevage :

      - un système productif conduit en agriculture conventionnelle ;

      - un système à bas niveau d’intrants (faible utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais azotés) ;

      - un système en agriculture biologique ;

      – un système sous couvert végétal.

      Dans ce dernier cas de figure, des plantes sont semées entre deux cultures afin de protéger le sol lorsqu’il resterait nu. Ces couverts végétaux sont utilisés pour tâcher de limiter l’érosion, d’améliorer la fertilité et la structure des sols, de favoriser la biodiversité et de réduire le développement des mauvaises herbes.

      Cette façon de faire de l’agriculture implique une réduction du travail du sol notamment des opérations mécaniques réalisées pour préparer la terre avant les cultures. Cette réduction permettrait notamment de préserver la structure et la biodiversité des sols, de limiter l’érosion, de diminuer les émissions liées à l’usage des machines agricoles et de favoriser la séquestration du carbone dans les sols.

      Conçu pour anticiper des enjeux comme la réduction des pesticides ou l’amélioration du bilan carbone, ce dispositif de La Cage permet de tester et d’ajuster des pratiques innovantes en fonction des objectifs et de l’évolution des connaissances.

      Chaque système combine différents leviers techniques (rotation des cultures, travail du sol, fertilisation, etc.) qui interagissent entre eux : par exemple, la stratégie de fertilisation dépend de la densité de semis choisie, car une densité plus élevée entraîne une compétition accrue entre plantes et modifie leurs besoins en nutriments.

      L’agriculture biologique mise, elle, sur les légumineuses pour compenser l’absence d’engrais azotés, car celles-ci (pois, trèfle, luzerne, féverole, etc.) fixent naturellement l’azote de l’air ce qui permet d’enrichir les sols en azote pour les cultures suivantes.
      Quelles performances agronomiques des systèmes expérimentaux de La Cage ?

      Les rendements des principales espèces cultivées, notamment blé, maïs, colza et pois, ont ainsi été mesurés chaque année, offrant une série temporelle robuste pour comparer la productivité des systèmes contrastés.

      Dans les systèmes avec bas niveau d’intrants, sous couvert végétal et en agriculture biologique, les séries de rendements montrent généralement une variabilité plus élevée et des niveaux moyens de rendement inférieurs au système productif (Cf. Figure 1). Par contre, les marges peuvent être importantes et surpasser nettement le système productif. C’est notamment le cas avec l’agriculture biologique, car le prix de vente du blé bio est en règle générale nettement plus élevé que le conventionnel.

      Dans le système sous couvert végétal, la restitution au sol des résidus de culture (tiges, feuilles mortes, racines) (https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/26395940.2021.1948354) et des couverts végétaux contribue à la fertilité des sols. Cependant, ces restitutions influencent également la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures suivantes, ce qui peut entraîner des variations interannuelles des rendements.

      Dans les systèmes biologiques et sous couvert végétal, l’introduction de légumineuses permet de capter l’azote atmosphérique, un élément essentiel à la croissance des plantes, modérant ainsi partiellement les déficits d’apport d’engrais azotés (https://www.frontiersin.org/journals/plant-science/articles/10.3389/fpls.2016.01700/full).

      Par ailleurs, les systèmes sous couvert permanent sans travail du sol montrent des effets positifs sur la structure du sol, notamment par l’amélioration de la stabilité des agrégats et l’augmentation de la porosité, favorisant ainsi l’infiltration de l’eau et l’activité biologique du sol. Ces bénéfices doivent être mis en balance avec des défis techniques comme la gestion des couverts, qui sont en compétition pour l’eau et les nutriments avec les cultures principales et le défaut de maîtrise des mauvaises herbes (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S037842900900166X).

      Globalement, l’analyse agronomique et économique de La Cage confirme que certains systèmes de culture diversifiés peuvent atteindre des niveaux de rentabilité équivalents au système productif, sur la culture du blé et à l’échelle de la rotation, tout en améliorant certains aspects de durabilité. Ces résultats illustrent aussi l’importance de considérer des séries longues de données pour intégrer la variabilité climatique et les effets cumulatifs des pratiques de gestion, la restitution des résidus de culture au sol et la dynamique des cultures successives.

      Mais qu’en est-il de ces maladies qui peuvent ravager les cultures et qui restent encore souvent les bêtes noires des agriculteurs ? Considérant, par exemple, la septoriose du blé, nos résultats montrent les limites des systèmes productifs très vulnérables dès que l’on n’utilise plus de pesticides.

      La gestion des maladies

      La septoriose du blé est une maladie fréquente qui dépend fortement du climat. Sa gestion repose sur différents leviers (choix variétal, pratiques culturales, fongicides). Les systèmes productifs très dépendants des traitements sont les plus touchés lorsque l’on retire l’usage des pesticides. Des systèmes, comme le semis sous couvert, limitent mieux la maladie, car il permet aux microorganismes (bactéries, champignons, faune du sol) de rentrer en compétition avec les agents pathogènes ou de limiter leur développement. Ainsi, réduire les pesticides n’entraîne pas forcément plus de maladies, à condition d’adapter les pratiques. Globalement, c’est la cohérence du système agricole dans son ensemble qui permet une gestion durable des maladies.

      Notre étude confirme également d’autres bénéfices aux pratiques agroécologiques. Le premier concerne le carbone qui est stocké dans les sols agricoles et qui représente aujourd’hui un enjeu majeur pour l’atténuation du changement climatique.
      Quel bilan carbone ?

      De fait, une partie non négligeable du carbone séquestré par les plantes lors de la photosynthèse finit dans le sol par l’intermédiaire des racines. Les résidus de culture aériens (tiges, feuilles mortes…) constituent un autre apport en carbone dans les sols. Mais selon les techniques agricoles utilisées, la pérennité de ce stock de carbone peut fluctuer.

      Le carbone stocké dans le sol est un des déterminants majeurs de sa fertilité, qu’elle soit physique (maintien de la structure), chimique (fourniture de nutriments) ou biologique (ressource pour les organismes vivants).

      En l’absence d’apports d’effluents organiques issus de l’élevage, le bilan carbone d’un système de culture découle seulement du niveau des entrées et des pertes à l’échelle de la parcelle. Les entrées correspondent donc aux résidus (aériens et souterrains) des cultures et des couverts végétaux. Les pertes correspondent à la minéralisation des matières organiques du sol sous l’action des microorganismes qui peuplent la terre, la décomposent et la transforment en éléments minéraux.

      Les systèmes de culture de La Cage présentent des dynamiques contrastées d’apports de carbone au sol (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0167880916303760), étroitement liées à la productivité des cultures, à la place des légumineuses et des couverts végétaux.

      Plus les rendements sont élevés, plus il y a des résidus de culture restitués au sol. C’est donc le système productif qui produit le plus de résidus riches en carbone. Toutefois, cette réalité est compensée dans les systèmes ayant des couverts végétaux. Dans le système sous couvert, les apports totaux de carbone sont au final estimés à un niveau supérieur à celui des autres systèmes, grâce à l’apport de ces couverts. Au final, le stock de carbone augmente dans le temps dans le système en agriculture biologique et encore plus dans le système sous couvert végétal, alors qu’il reste stable dans les deux autres systèmes.
      Quels effets sur la biodiversité du sol ?

      Au-delà de la gestion des maladies et de l’apport en carbone des sols, notre étude met également en évidence un autre bénéfice majeur des pratiques agroécologiques : leur effet positif sur la biodiversité du sol.

      La biodiversité du sol comprend une multitude de taxons de taille extrêmement variable et qui remplisse des fonctions diverses. Les vers de terre qui constituent l’essentiel de la macrofaune du sol sont les plus souvent étudiés et sont considérés comme des acteurs majeurs du fonctionnement du sol compte tenu de leur rôle de fouisseur et transformateur de la matière organique. Les pratiques agricoles, en particulier le travail du sol, l’apport de matière organique et l’usage de pesticides, sont de longue date reconnues comme ayant un impact majeur dans le maintien de ces populations.

      Le système sous couvert végétal, sans travail du sol, se distingue par des abondances et biomasses nettement plus élevées de vers de terre anéciques et épigés (https://link.springer.com/article/10.1051/agro/2008069), de trois à sept fois supérieures à celles observées dans les systèmes productif et biologique avec du travail du sol, et ce, seulement une dizaine d’années après l’implantation de l’essai. Cette augmentation s’accompagne également d’une diversité en espèces de vers de terre.

      En agriculture biologique, l’augmentation des populations de vers de terre est plus lente. Mais après plus de quinze ans de conduite, ce système peut héberger entre 1,5 et 2,3 fois plus de vers de terre que le système productif (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0929139314003473), selon les variations interannuelles liées au climat.

      Par ailleurs, les changements de pratiques agricoles mettent souvent plusieurs années à se traduire par des modifications significatives des communautés de vers de terre. Ces résultats soulignent l’importance des dispositifs expérimentaux de long terme pour évaluer de manière robuste l’impact des systèmes de culture sur la biodiversité des sols.
      Que retenir ?

      Les essais systèmes sont des outils clés pour tester et évaluer des solutions agroécologiques. Sur le long terme, ils montrent qu’il est possible de produire avec moins de pesticides, d’azote et d’énergie, tout en assurant une marge économique pour l’agriculteur, un stockage de carbone et l’accroissement de la biodiversité dans les sols.

      Le dispositif évolue pour répondre à ces enjeux qui se posent aujourd’hui à l’agriculture et en lien avec la demande sociétale : produire sans apport d’azote, sans travail du sol, aller vers une agriculture sans pesticides, concilier production et biodiversité. Des nouveaux systèmes abordant ces thématiques sont en cours de conception avec la profession agricole.

      https://theconversation.com/produire-de-grandes-cultures-en-agroecologie-de-maniere-rentable-ce

    • La Cage (UMR Agronomie)

      Observatoire d’évaluation des performances et des impacts de quatre systèmes de culture (conventionnel, bas niveau d’intrants, biologique et sans travail du sol). Suivi des niveaux de production, des performances économiques, des émissions de GES, de la dynamique des organismes du sol...

      https://www.pluginlabs-universiteparissaclay.fr/fiche/la-cage-umr-agronomie
      #agronomie

  • Peter Pan & Wendy Is Another Lifeless Disney Remake
    https://jacobin.com/2023/05/peter-pan-wendy-disney-remake-pop-feminism-film-review
    Je n’ai pas su développer un sentiment d’attachement pour les personnages de Peter Pan avant d’atteindre l’age adulte alors que je lisais les histoires de J. M. Barrie pendant ma jeunesse. Pour moi il leur manquais la cruauté et l’esprit humain des contes Grimm comme le degré d’abstraction froide d’Andersen ou la grandeur romantique de Wilhelm Hauff. La machine de transformation d’histoires inventée par les businessmen de nos temps modernes a resolu mon problème de jeunesse en confondant ces récits dans une sauce du type ketchup qui peut accompagner tous les plats culturels.

    Là les entreprises Disney se lancent dans une énième tentative d’incorporer les histoires pour enfants paradigmatiques des époques passées en convertissant Peter Pan et Wendy dans de la barbe à papa-maman-diverse-toutes-couleurs-confendues et trop sucrée. Plus les médias mutinationals avancent dans l’art du storytelling adapté aux besoins de l’impérialisme culturel anglo-saxon moins de contradictions humaines éternelles entre riches et pauvres, enfants et exploiteurs adultes survivent le grand filtre de leurs machines de commercialisation.

    Il est temps de lancer une campagne de retour au sources pour faire face à la castration des contes du royaume de l’magination.

    2.5.2023 By Eileen Jones - These insipid Disney live-action remakes of their own animated films are now a blight on civilization. Especially considering that Walt Disney himself built his empire by taking bloody-minded old European fairy tales and making them blander and more sanitized for a wimpier generation. People used to complain about how defanged they all were — imagine that! Now old Disney animated classics like Pinocchio, Bambi, Dumbo, and Sleeping Beauty seem daring, almost ferocious. Such tragic sorrows! Such scary villains! So much death and evildoing!

    But with the new live-action retreads of recent years, where does that put us on the bland-wimp scale? Off the charts, I’d say.

    I thought the latest one turning up on Disney+, Peter Pan & Wendy, might be better than the usual run — after all, the much-respected auteur David Lowery (The Green Knight, Ain’t Them Bodies Saints) cowrote and directed this one. And, with Lowery’s touch, it features perhaps a slightly richer color scheme and prettier images overall.

    But I should’ve known nobody could take on Disney. (Look out, Ron DeSantis!) Building a monstrous capitalist conglomerate doesn’t make you nice and respectful of individual filmmakers. You work for Disney, so you’ll do it the Disney way.

    So Peter Pan & Wendy is a big toothless bore, with gestures toward contemporary mores in the forms of a highly diverse cast plus girls playing Lost Boys. Wendy (Ever Anderson) protests upon meeting them, “But you’re not all boys!” and gets the stroppy answer, “So what?”

    And since this is the 2020s, Wendy herself has to be imbued with action-packed girl power and do sword-fighting and rescue the others instead of waiting to be rescued. Tiger Lily (Alyssa Wapanatahk, a member of the Bigstone Cree Nation) is now treated with what is presumably greater respect as a vaguely Native American character who appears to be a member of some unnamed American Plains tribe, which makes no sense — there’s no dodging the way Scottish-born writer J. M. Barrie treated “Indians” as fantasy figures for British children on a continuum with pirates and mermaids and fairies. Why not cut out Barrie’s Tiger Lily and her tribe altogether, but keep the mermaids, instead of the other way around in this mermaid-free adaptation? Who knows?
    Yara Shahidi as Tinkerbell. (Disney+)

    Anyway, Tiger Lilly also has to be portrayed as assertive and independent, rescuing Peter Pan (Alexander Molony) instead of the other way around. As for the other major female characters of the triumvirate surrounding Peter, Tinkerbell is played by a black actor (Yara Shahidi of Black-ish and Grown-ish), but more importantly, she’s entirely reconceived as a character. The miniature minx of the Barrie original as well as Disney’s first adaptation, who adores Peter and hates Wendy for usurping Peter’s attentions — even doing her best to murder Wendy as soon as she arrives — is now a sweet, helpful, pathetic little simp who befriends Wendy. Why? Because Wendy realizes that Tinkerbell has been denied her voice. Her voice is so tiny no one can hear it, actually. But Peter asserts that he knows what she’s saying and speaks for her, inaccurately. Only Wendy learns to hear Tinkerbell speak.

    Okay, so can we now drop forevermore the whole exhausted she’s-been-denied-her-voice narrative trope in films seeking feminist cred?

    It would be nice, too, if this were the last ever attempt to revive old material by doing Psych 101 backstories explaining how well-known characters got to be the way they are. Peter Pan and Captain Hook (Jude Law) are given the most lugubrious intertwined histories possible, because how could we possibly understand why they fight all the time, if we don’t know about their past traumas?

    Easy. By imagining vivid characters in all their details and contradictions, and not coming up with pat, reductive explanations for everything they do.

    Law, the only name actor in the cast, is talented but too contained to play the flamboyant, slashing Captain Hook, who’s also comically self-pitying, needy, and reliant on his motherly first mate, Smee (Jim Gaffigan). If you recall, Smee’s first duty is to protect the terrified Captain from the endless pursuit of the enormous crocodile that hungers for the Captain after eating Hook’s hand (cut off by Peter Pan in one of their many fights). Luckily the crocodile also swallowed an alarm clock, and the ticking sound always announces his approach. Lowery does almost nothing with that lovely plot detail.

    But you know how these kinds of movies go. Endless lesson learning, like the worst of Victorian kids’ literature. Peter has to learn he needs his friends to help him and to apologize when he’s hurt someone. Wendy has to learn that she’s actually ready to grow up and go to boarding school or whatever horrible thing her upper-class Brit parents (played by Molly Parker and Alan Tudyk) have in store for her. Hook has to learn why he hates Peter Pan, even if he can’t ever get past it. Everybody’s learning and affirming and casting loving looks at everyone else all over the Neverland map.

    It’s dreary as hell.

    Too bad, because there were real possibilities in imagining a new Peter Pan film. In the versions I’ve seen, nobody’s ever really gone for the weirder, creepier, colder-hearted Pan envisioned by Barrie. Here’s a description from his 1911 novel Peter and Wendy, which was based on his hit 1904 play, Peter Pan, or the Boy Who Wouldn’t Grow Up:

    He was a lovely boy, clad in skeleton leaves and the juices that ooze out of trees but the most entrancing thing about him was that he had all his first teeth. When he saw she was a grownup, he gnashed the little pearls at her.

    The famed “androgyny” of the character we know, from the tradition of having slight, diminutive adult female actors such as Maude Adams, Jean Arthur, and Mary Martin play Peter Pan on the stage. But the feral qualities Barrie described, in combination with the physical beauty — the pearly-teeth snarl — never seem to get portrayed. Generally, since the squeaky-clean Disney animated Peter Pan (1953), live-action versions feature an ordinary boy, perhaps with slightly elfin facial features, stuck into a green tunic and green hat with a scarlet feather. The same thing happens in Peter Pan & Wendy.

    In these adaptations, Peter is shown to be, at worst, a bit of a jerk. But his real strangeness, the result of his perpetual childhood, living outside of time, is his amnesia and his cold selfishness. Once Wendy leaves Neverland, he forgets her, and of course he repudiates her entirely once she’s a grown-up. When he returns to her house, it’s to take her daughter Jane to Neverland to live with him and the Lost Boys as their temporary “mother.” And then a generation later, he comes to take Jane’s daughter Margaret.

    But then, Barrie’s whole attitude toward children was not like ours, and obviously his attitudes toward gender roles are bizarre as hell to us. He wrote, in the final line of the original Peter and Wendy novel describing this cycle:

    When Margaret grows up she will have a daughter, who is to be Peter’s mother in turn; and thus it will go on, so long as children are gay and innocent and heartless.

    Heartless is a word that really stops you, as one that’s never applied to children now. But portraying it in Peter Pan’s case, as part of the essence of childhood, would at least have made for a bold and interesting change. Instead, we get another pointless remake so Disney can grub up a few more bucks repurposing its vast holdings.

    #enfants #culture #contes #impérialisme #commercialisation

  • En bio, les agriculteurs européens peuvent désormais choisir leurs semences
    https://theconversation.com/en-bio-les-agriculteurs-europeens-peuvent-desormais-choisir-leurs-s

    Depuis le 1er janvier 2022, une nouvelle réglementation européenne s’applique pour les producteurs en agriculture biologique. Elle concerne différentes dimensions de la production (bien-être animal, harmonisation des exigences pour les produits importés), mais surtout de nouvelles mesures favorables à la production de nouvelles catégories de semences adaptées à l’agriculture biologique, grâce à l’autorisation de leur commercialisation.

    Cette disposition ouvre une brèche dans le monde de la semence industrielle qui a contribué à la construction de nos paysages agricoles et de notre système alimentaire, fondés sur l’homogénéité des cultures et la stabilité des variétés. Cet idéal de la variété, rendu obligatoire pour la mise en marché de semences au milieu du siècle dernier, est enfin détrôné grâce à la nouvelle réglementation qui redonne sa place à la diversité nécessaire au bon fonctionnement des écosystèmes.

    Beaucoup plus qu’un symbole, cette évolution offre désormais la possibilité de mise en cohérence de la semence avec les principes de l’agriculture biologique.

  • «Come le masse intortano lo Stato, lo Stato intorta le masse. Un segno inequivocabile della metamorfosi della Cina negli ultimi trent’anni da economia pianificata a economia di mercato è la passione delle amministrazioni locali per le aste. Per esempio, si indicono aste pubbliche per ribattezzare strade, ponti, piazze, ma anche condomini e palazzoni. La società che si aggiudica l’asta con la proposta più alta avrà diritto a scegliere la nuova denominazione. Nel 2006, in una città hanno deciso di mettere all’asta i nomi delle vie di un quartiere, perciò l’amministrazione locale ha pubblicato la documentazione necessaria, non prevedendo di scatenare l’accesa contestazione della popolazione. Qualcuno ha protestato: ’Se vendete i nomi, come facciamo a ritrovare la strada?’. Un altro ha fatto del sarcasmo: ’Non finirà che abiteremo nel quartiere Fuyanjie? E da oggi sulle lettere per gli amici che inidirizzo scriveremo? Via Naobaijin?^. Il Fuyanjie è una lozione germicida, specifica per le lavande vaginali, mentre il Naobaijin è un medicale per via orale, che pare combatta l’insonnia. La cosa esilarante è che ci sono stati cittadini che hanno proposto di mettere in vendita anche il nome della città, meglio se alla Coca-Cola Company in modo tale che si sarebbe chiamata Coca-Cola City.

    L’amministrazione si è giustificata così: ’La commercializzazione delle denominazioni stradali non è che una semplice proposta e, per il momento, non siamo ancora passati alla fase di realizzazione, pertanto le preoccupazioni avanzate dai cittadini non hanno ragione di essere. Se in futuro si procederà formalmente alla sua attuazione, si agirà conformemente alla normativa vigente e le società non potranno gestire la cosa in maniera selvaggia’.
    Alla fine, sotto la pressione dell’opinione pubblica, l’asta non ha avuto un seguito, anche se i funzionari locali, ogni volta che venivano in argomento, ne parlavano molto favorevolmente, sottolineando che ormai si era nell’economia di mercato, facendo operazioni commerciali. Negli ultimi anni, ’operazione commerciale’ è l’intercalare preferito dei funzionari locali e, a volte, persino la loro leva per intortare i cittadini.»

    source: Yu Hua, La Cina in dieci parole , Feltrinelli, 2012, pp.218-219

    #Chine #commercialisation #privatisation #noms_de_rue #toponymie #enchères #économie_de_marché

  • La rose kenyane face aux nouveaux défis de la mondialisation

    Le secteur des roses coupées est une composante majeure de l’insertion du Kenya dans la mondialisation des échanges. Cette production intensive sous serre, née de l’investissement de capitaux étrangers, tente de s’adapter aux évolutions récentes de l’économie globale et de tirer parti des nouvelles opportunités qu’offre ce marché. Les recompositions productives à l’œuvre concernent en premier lieu la diversification variétale et la montée en gamme de la production du cluster kenyan. Elles révèlent également de nouvelles interactions entre les producteurs et les obtenteurs. Par ailleurs, ce modèle productif fondé sur l’#exportation doit aujourd’hui faire face à de nouveaux défis en lien avec l’affirmation, au sein des principaux pays importateurs, d’un #capitalisme_d’attention centré sur les problématiques éthiques et environnementales. Ce contexte incite les producteurs kenyans à réduire leur dépendance historique vis-à-vis de l’#Europe et en particulier des #Pays-Bas en misant sur de nouvelles modalités de mise en marché et en diversifiant leurs débouchés commerciaux.

    https://journals.openedition.org/belgeo/54897

    #rose #fleur #Kenya #mondialisation #globalisation #ressources_pédagogiques #éthique #commerce

    • Une lecture géographique du voyage de la rose kenyane : de l’éclatement de la chaîne d’approvisionnement aux innovations logistiques

      La #rosiculture et sa #commercialisation à l’échelle internationale stimulent l’#innovation_logistique et révèlent des #interdépendances anciennes entre #floriculture, #transport et #logistique. L’objectif de cet article est de montrer, à travers la chaîne d’approvisionnement de la rose coupée commercialisée en Europe, que les exigences de la filière induisent des bouleversements et des innovations dans la chaîne logistique associée. Celles-ci ont un caractère profondément spatial qui justifie une analyse géographique de l’évolution de la chaîne d’approvisionnement : les imbrications entre floriculture et logistique produisent des effets de proximité puis de distance, de changement d’échelle, mais également des effets de concentration spatiale, de géophagie, de fluidité, ou encore d’imperméabilité. Ces recompositions spatiales se lisent à la fois à l’échelle de la chaîne d’approvisionnement dans son intégralité, des serres aux marchés de consommation, qu’à celle des lieux, des nœuds qui la composent : le pack house à la ferme, l’#aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi ou encore le complexe logistique articulé entre l’aéroport d’#Amsterdam-Schiphol et les enchères de #Royal_Flora_Holland à Aalsmeer.

      https://journals.openedition.org/belgeo/54992

  • L’accès aux soins fond, la médecine sombre et le système de santé se fragmente
    On ne mesure pas suffisamment les conséquences désastreuses de la commercialisation des soins de santé.
    https://www.lalibre.be/debats/opinions/2021/08/29/lacces-aux-soins-fond-la-medecine-sombre-et-le-systeme-de-sante-se-fragmente

    Si les priorités des journalistes et des chercheurs ne devaient se fonder que sur un critère, ce serait l’importance de la souffrance et de la mortalité que l’information recherchée permettrait d’éviter. Et si, avec ce critère à l’esprit, il est un sujet qui, à côté du climat, mérite toute notre attention, c’est bien la perte d’accès aux soins de santé de qualité professionnelle ici et ailleurs.
    https://www.lalibre.be/resizer/ryvmNHOMrPeLJt7rbEmv5_NbnBI=/768x512/filters:focal(558.5x353:568.5x343)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/OXX7OYPDDBHRBGJNITEQOJYSDE.jpg
    Pour s’en convaincre, il faut savoir que dans les années 80, en Allemagne de l’Est, 50 à 60% de l’amélioration de la mortalité était liée à des maladies vulnérables aux soins de santé https://www.demogr.mpg.de/publications/files/1257_1042711497_1_Avoid-Germ-Poland.pdf. . Et même si la mortalité évitable est aujourd’hui plus proche de 30% (1), il y a dans le monde près de 60 millions de décès et donc, au bas mot, 20 millions de morts évitables chaque année. Aucun autre facteur pris isolément n’a un tel impact sur notre vie et notre mort. Le manque d’accès aux soins tue quatre fois plus que le changement climatique (5 millions/an), (2) et tout indique que cette préséance risque de se prolonger.

    Les conséquences de la commercialisation
    D’autant qu’une lame de fond balaie les systèmes de santé et accroît la mortalité évitable : la commercialisation des soins, la privatisation des services de santé et surtout celle de la gestion des fonds de la sécurité sociale. Après les États-Unis et les pays en développement, la vague est aux portes de l’Europe. Déjà, la Suisse et la Hollande ont rendu obligatoire l’assurance santé contractée auprès d’un assureur privé. Et ailleurs, leur part dans les dépenses de santé ne cesse de croître - sans qu’aucune base scientifique solide n’étaie cette politique. Au contraire, on peut penser qu’après que les assurances aient été privatisées, l’accès aux soins se réduise ; les dépenses de santé flambent ; l’éthique professionnelle se détériore ; et la pratique de la médecine se déprofessionnalise. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0020731419847113

    Les stratégies de privatisation des soins ont été rodées au Chili, en Colombie, en Suisse et aux Pays-Bas. Les Etats réduisent les dépenses de santé tant qu’ils gèrent la sécurité sociale, ce qui la rend inacceptable aux patients et aux praticiens. Puis, après la privatisation, le ciel est leur limite. La quantité d’argent qui peut ainsi changer de main est gigantesque, puisque les dépenses de santé frôlent les 18% de PIB aux États-Unis (où le marché des assurances de santé est mûr) contre une moyenne de 10% dans les pays de l’OCDE.

    Les conséquences pratiques et théoriques de la commercialisation des soins méritent qu’on s’y attarde :

    – Avec la réduction de l’accès aux soins, la mortalité évitable augmente, mais aussi les migrations internationales.

    – La coopération internationale a sa part de responsabilité dans cette situation, elle qui a supprimé la coopération médicale pour que dans les services publics des pays en développement, on ne délivre que des programmes de santé publique, à l’exclusion des soins médicaux individuels, qui sont laissés au secteur privé. Au passage, avec ces partenariats public-privé, la coopération a créé une gigantesque bureaucratie – 120 « Global Health Initiatives », une par maladie/problème de santé - qui s’étend de Washington, Genève ou Bruxelles au plus petit village africain – sans que les Objectifs du Millénaire, malgré leur ambition très limitée, aient été atteints en Afrique.

    – Les facultés de médecine ont longtemps transmis aux étudiants une culture professionnelle et elles cherchaient, sans toujours y parvenir, à personnaliser la formation du médecin. Mais le paradigme de la formation technique - le transfert de compétences - s’est substitué à l’éducation et a desséché la formation des médecins.

    – Les politiques de privatisation segmentent les systèmes de santé avec des services pour les riches et d’autres pour les pauvres, et elles entravent la coordination clinique.

    – L’incidence des intérêts privés en recherche médicale dans les universités publiques n’a cessé de se développer. C’est pour cela que le secteur privé ne souhaite pas la privatisation de ces universités : parce qu’elles travaillent déjà pour lui. La recherche médicale s’y est donc centrée sur la relation patient / maladie / environnement / technologie, en oubliant la pratique médicale.

    – La plupart des responsables identifient la gestion de la santé au management à finalité commerciale et industrielle, alors que la pratique éthique de la médecine et les services publics justifient une gestion à finalité sociale et professionnelle, pour autant que les services publics soient destinés à garantir le droit à la santé - l’accès de tous aux soins de qualité professionnelle, dans un système universel.

    Trois forces nécessaires
    Comment résister au rouleau compresseur des banques assurances ? Si les partis politiques sont sensibles aux sirènes du lobbying des banques assurances, trois forces pourraient s’allier pour imposer l’examen politique du fondement scientifique de la privatisation des assurances de santé.

    Ce sont d’abord les organisations généralistes de patients, telles que les mutuelles, et les associations de professionnels de la santé qui pourraient ensemble définir une politique de santé dont la portée symbolique permettrait de défier les partis. Cependant, il faudrait que leurs négociations recourent à des critères scientifiques pour s’assurer que les exigences et objectifs de chaque partie reflètent bien les intérêts des patients et des professionnels.

    Puis il y a les acteurs économiques qui n’investissent pas dans les assurances de santé, et surtout ceux qui investissent hors du secteur de la santé, qui devraient pouvoir être convaincus de ce qu’ils n’ont rien à gagner de la privatisation des assurances de santé puisque plusieurs points de PIB pourraient ainsi changer de main.

    En définitive, la réalisation du droit à la santé conditionne la justice sociale, mais aussi la santé économique de l’Europe. En outre, la politique de coopération internationale des États européens devraient refléter les principes humanistes qui continuent, mais pour combien de temps encore, à inspirer chez eux la mission de la sécurité sociale et des services de santé. Sans prise de conscience collective, la commercialisation des soins de santé continuera à avancer de manière larvée, puis de plus en plus rapidement – et la sécurité sociale si chèrement acquise en Europe disparaîtra, tout comme la pratique éthique de la médecine et l’autonomie professionnelle des médecins.

    (1) Nolte E, McKee M. “Variations in amenable mortality trends in 16 high-income nations.” Health Policy 2011 ;103(1):47-52.
    (2) Qi Zhao, Yuming Guo, Tingting Ye, et al. Global, regional, and national burden of mortality associated with non-optimal ambient temperatures from 2000 to 2019 : a three-stage modelling study. Lancet Planet Health 2021 ; 5 : e415–25

    Une carte blanche de Jean-Pierre Unger, Prof. Em. Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, Département de Santé Publique, Visiting Professor, Health and Society Institute, University of Newcastle. (https://jeanpierreunger.be)

    #santé #soins #médecine #médecins #mortalité #commercialisation des soins #privatisation #assurance #sécurité_sociale #assurance_santé #public-privé #bureaucratie #technologie #management #banques_assurances

    • L’incidence des intérêts privés en recherche médicale dans les universités publiques n’a cessé de se développer. C’est pour cela que le secteur privé ne souhaite pas la privatisation de ces universités : parce qu’elles travaillent déjà pour lui.

  • The space tourism we were promised is finally here—sort of | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2021/02/03/1017255/space-tourism-finally-here-sort-of-spacex-inspiration4/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    SpaceX weathered through the onset of the covid-19 pandemic last year to become the first private company to launch astronauts into space using a commercial spacecraft.

    It’s poised to build on that success with another huge milestone before 2021 is over. On Monday, the company announced plans to launch the first “all-civilian” mission into orbit by the end of the year. Called Inspiration4, the mission will take billionaire Jared Isaacman, a trained pilot and the CEO of digital payments company Shift4Payments, plus three others into low Earth orbit via a Crew Dragon vehicle for two to four days, possibly longer.

    Inspiration4 includes a charity element: Isaacman (the sole buyer of the mission and its “commander”) has donated $100 million to St. Jude Children’s Research Hospital, in Memphis, and is attempting to raise at least $100 million more from public donors. One seat is going to a “St. Jude ambassador” that’s already been chosen. But the two others are still up for grabs: one will be raffled off to someone who donates at least $10 to St. Jude, while the other will be a business entrepreneur chosen through a competition held by Shift4Payments.
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    “This is an important milestone towards enabling access to space for everyone,” SpaceX CEO Elon Musk told reporters on Monday. “It is only through missions like this that we’re able to bring the cost down over time and make space accessible to all."

    Inspiration4 marks SpaceX’s fourth scheduled private mission in the next few years. The other three include a collaboration with Axiom Space to use Crew Dragon to take four people for an eight-day stay aboard the International Space Station (now scheduled for no earlier than January 2022); another Crew Dragon mission into orbit later that year for four private citizens through tourism company Space Adventures; and Japanese billionaire Yusaku Maezawa’s #dearMoon mission around the moon in 2023 for himself plus seven to 10 others aboard the Starship spacecraft.

    SpaceX has never really billed itself as a space tourism company as aggressively as Blue Origin and Virgin Galactic have. While Crew Dragon goes all the way into low-Earth orbit, Virgin Galactic’s SpaceShipTwo and Blue Origin’s New Shepard vehicles just go into suborbital space, offering a taste of microgravity and a view of the Earth from high above for just a few minutes—but for way less money. And yet, in building a business that goes even farther, with higher launch costs and the need for more powerful rockets, SpaceX already has four more private missions on the books than any other company does.

    When Crew Dragon first took NASA astronauts into space last year, one of the biggest questions to come up was whether customers outside NASA would actually be interested in going.

    “A lot of people believe there is a market for space tourism,” says Howard McCurdy, a space policy expert at American University in Washington, DC. “But right now it’s at the very high end. As transportation capabilities improve, the hope is that the costs will come down. That begs the question of whether or not you can sustain a new space company on space tourism alone. I think that’s questionable.”

    So why has SpaceX’s expansion into the private mission scene gone so well so far? Part of it must be that it’s such an attractive brand to partner with at the moment. But even if a market does not materialize soon to make private missions a profitable venture, SpaceX doesn’t need to be concerned. It has plenty of other ways to make money.

    “I’m not sure Elon Musk cares much if he makes money through this business,” says McCurdy. “But he’s very good at leveraging and financing his operations.” SpaceX launches satellites for government and commercial customers around the world; it’s got contracts with NASA for taking cargo and astronauts alike to the space station; it’s ramping up progress with building out the Starlink constellation and should start offering internet services to customers some time this year.

    “It really reduces your risk when you can have multiple sources of revenue and business for an undertaking that’s based upon the single leap of rockets and space technologies,” says McCurdy. “The market for space tourism is not large enough to sustain a commercial space company. When combined with government contracts, private investments, and foreign sales it starts to become sustainable.”

    Space tourism, especially to low-Earth orbit, will still remain incredibly expensive for the foreseeable future. And that underscores the issue of equity. “If we’re going into space, who’s the ‘we’?” asks McCurdy. “Is it just the top 1% of the top 1%?”

    The lottery concept addresses this to some extent and offers opportunities to ordinary people, but it won’t be enough on its own. Space tourism, and the rest of the space industry, still needs a sustainable model that can invite more people to participate.

    For now, SpaceX appears to be leading the drive to popularize space tourism. And competitors don’t necessarily need to emulate SpaceX’s business model precisely in order to catch up. Robert Goehlich, a German-based space tourism expert at Embry-Riddle Aeronautical University, notes that space tourism itself is already multifaceted, encompassing suborbital flights, orbital flights, space station flights, space hotel flights, and moon flights. The market for one, such as cheaper suborbital flights, is not necessarily faced with the same constraints as the others.

    Still, there is no question this could be the year private missions become a reality. “We’ve waited a long time for space tourism,” says McCurdy. “We’re going to get a chance this year to see if it works as expected.”

    #Espace #Commercialisation #Tourisme #Enclosures

  • Bourrage de crâne de nos enfants, Najat Belkacem, et l’état ont décidé d’éduquer nos enfants aux théories du complot, par le biais du Decodex, et les médias appartenant aux quelques milliardaires :
    http://www.les-crises.fr/bien-sur-et-maintenant-leducation-nationale-recommande-le-decodex/#comment-429198
    https://prezi.com/yemc9jtk4v9t/lenseignant-face-aux-theories-du-complot

    le « benêt » du blog de « Conspiracy Watch » est fier de décider qui est sur la ligne politique et qui ne l’est pas. Nous sommes parents et devons alerter les autres de ce qui se trame. Un accord avec l’Education Nationale et les lobbyistes médiatiques veulant censurer l’opinion.en décidant a la place des enfants, parents ce qui est juste ou pas. ..

  • Ces data-brokers qui font commerce de nos données personnelles | L’Atelier : Accelerating Innovation
    http://www.atelier.net/trends/articles/data-brokers-commerce-de-nos-donnees-personnelles_445345

    Faisant commerce de nos données personnelles, les sociétés de data brokers sont l’objet de tous les fantasmes. Pourtant il est nécessaire, à l’heure du tout numérique, de saisir les implications économiques, sociétales et humaines de ce business fleurissant, dont on ne sait finalement pas grand-chose.

    #données_personnelles #commercialisation #data_brokers

  • L’usure du monde : #Critique de la déraison touristique Broché – 12 septembre 2014

    La puissance d’enchantement de l’#industrie_touristique repose sur sa capacité à faire oublier son caractère précisément industriel, par conséquent soumis aux règles d’un #productivisme et d’un #consumérisme sans frontières. Afin d’étendre le marché, la massification du #désir_touristique s’appuie sur la diffusion d’un puissant #imaginaire dans lequel la #mobilité est devenue le #modèle comportemental dominant. On a vendu partout l’#évasion" et créé des infrastructures dédiées à cet effet, sans voir que ce processus de #commercialisation détruisait la #dimension_symbolique du #voyage. Au service de la consommation du monde, le tourisme suppose non seulement une sensibilité particulière, mais aussi une réalité organisée autour de lieux modélisés selon des principes gestionnaires. Désinvesti de son territoire d’origine, le touriste nourrit l’espoir confus de trouver #ailleurs ce qui lui manque chez lui : le goût de vivre une existence conviviale sur un territoire encore chargé de sens et de vie. Mais par sa présence même, il détruit ce qu’il est venu chercher.

    http://www.amazon.fr/Lusure-monde-Critique-d%C3%A9raison-touristique/dp/291583086X
    #tourisme #livre
    cc @reka

  • La gare Cornavin fait la part belle aux commerces

    http://www.lecourrier.ch/120299/la_gare_cornavin_fait_la_part_belle_aux_commerces

    AMÉNAGEMENT • Dès ce matin, la gare de Genève offre au public ses nouveautés, qui vont d’une allée centrale moderne à une extension des horaires d’ouverture des magasins.

    Après quatre ans de travaux, le « mall » ouvrira ses portes au public aujourd’hui. C’est ainsi qu’Olivier Fargeon, responsable Grandes Gares Ouest des CFF, appelle la nouvelle allée centrale de la gare Cornavin. Parsemée de douze nouveaux magasins et fast-foods, elle abrite également le centre de vente CFF, offrant 1900 m2 d’espace supplémentaire pour une gare « rénovée et modernisée ».

    –—

    My station is rich
    http://www.lecourrier.ch/120302/my_station_is_rich

    My station is rich
    JEUDI 24 AVRIL 2014
    Christiane PasteurPostez un commentaire

    Le « mall », le « business point » et le « lounge CFF » constituent quelques-uns des attributs hautement désirables dévoilés hier par la nouvelle gare Cornavin ; c’est tellement plus moderne en anglais. Outre faire ses commissions, le voyageur, parce qu’il est toujours pressé, pourra bientôt se faire livrer des fleurs, déposer son costume pour la teinturerie ou recharger son ordinateur grâce à des consignes dernier cri. Le tout dans un cadre architectural à la fois clinquant et hygiénique qui transforme radicalement notre imaginaire social de la gare.
    A Genève comme ailleurs, les gares changent de vocation. De lieux de passages, elles se transforment en centres commerciaux à forte valeur ajoutée. Pas pour le confort des passagers, qui chercheraient en vain un banc pour s’asseoir, un buffet pour se restaurer, des toilettes gratuites, voire un moment de répit dans une vie chahutée. Pas non plus pour les petits commerçants qui ne sont guère en mesure de s’acquitter des loyers exorbitants exigés.
    Mais pour le plus grand profit des grandes enseignes, nationales ou internationales, qui bénéficient ici d’une législation hors normes pour leurs affaires : des horaires extrêmement flexibles, et ce 365 jours par an, des étudiants considérés comme des salariés de seconde zone et corvéables à merci les week-ends et jours fériés, et enfin une clientèle captive dont le temps consacré au déplacement entre le lieu de travail et le logement ne cesse de s’allonger. A titre d’exemple, la Migros de la gare de Zurich est la plus rentable du groupe. A la gare Cornavin, le géant orange vise un chiffre d’affaires de 12 millions de francs. Rien que pour les huit premiers mois d’exploitation.

    #dfs #espace_public #espace_privé #duty_free_shop #gares #commerces #commercialisation

  • L’Italie veut désarmer son #David
    http://fr.myeurop.info/2014/03/11/italie-veut-desarmer-son-david-13350

    myeurop

    Un marchand d’armes américain fait sa promo en transformant le David de #Michel-Ange en Rambo : sur une pub, la célèbre #sculpture brandit un énorme fusil de très gros calibre. Les Italiens, furieux, disent halte-là et appellent au désarmement immédiat de la statue.

    Qu’on se le dise, David est un pacifiste ! C’est la semonce faite par l’Italie à une entreprise américaine qui a osé prétendre le contraire. lire la (...)

    #REVUE_DU_WEB #Insolites #Italie #art #commercialisation #Détournement #Droits #musée #publicité

  • Thousands of scientific papers uploaded to the Pirate Bay — Tech News and Analysis
    http://gigaom.com/2011/07/21/pirate-bay-jstor

    The torrent consists of documents from the Philosophical Transactions of the Royal Society, the copyright to which has long since expired. However, the only way to access these documents until now has been via JSTOR, as Maxwell explains in a long and eloquent text on the Pirate Bay, with individual articles costing as much as $19.

    #publication #science #commercialisation