• La révolution commence-t-elle par le local ? Expérimentations communales et dilemmes stratégiques, Mouvements 2020/1 (n° 101). 180 pages
    http://mouvements.info/edito/vive-les-communes

    Ensemble, créons l’assemblée des assemblées, la Commune des communes. C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition », appelait l’assemblée des Gilets jaunes de Commercy les 26 et 27 jan­vier 2019. Faire de la #commune un foyer d’action directe : le mot d’ordre n’est pas nouveau, mais les pratiques qui s’en réclament connaissent aujourd’hui un nouvel élan. Aux XIXe et XXe siècles déjà, ces pra­tiques de combats anticapitalistes et démocratiques « par le bas » avaient ouvert des cycles d’expérimentations et de controverses : municipalisme ouvrier, utopies communautaires cabétiennes, expériences fouriéristes, communautés de travail, etc. Ces pratiques prolifèrent de nouveau aujourd’hui, sans toutefois toujours se connaître et dialoguer : l’investissement des ronds-points par les Gilets jaunes, qui réinventent les formes de solidarité locales du mouvement ouvrier en créant leurs maisons du peuple, leurs bourses du travail et leurs assemblées ; les pro­jets de prise du « pouvoir municipal » par des listes citoyennes ; les politiques engagées par les élu.es locales et locaux qui rompent avec le néolibéralisme en remunicipalisant les services publics de l’eau ou des transports ; l’occupation de bâtiments par des collectifs qui prennent en charge des biens communs comme à Naples ou Barcelone ; les luttes des habitant.es des quartiers populaires qui combattent la violence d’Etat, réclament l’égalité des droits et construisent des rapports de force directs pour changer leur vie. Du mouvement zapatiste au Chiapas au confédéralisme démocratique du Rojava, des luttes précurseures contre l’exploitation du gaz de schiste en Algérie aux « municipalités du change­ment » à Madrid, de la ZAD à Commercy en passant par Saillans, un espoir de transformation sociale « par le bas » se fait jour ces dernières années. Le lieu où l’on vit, qu’il s’agisse d’un village ou du quartier d’une ville, devient l’espace possible d’une réappropriation populaire de l’autonomie, tant politique que sociale, et le domaine d’expression de résistances à des logiques nationales et supranationales (néolibéralisme, réchauffement climatique, avancée des fascismes).

    Ces expériences, qui mettent toutes en avant les enjeux de proximité et de réac­tivation des liens communautaires, ne sont pas sans poser des problèmes à la gauche, tant cet imaginaire politique a historiquement été exclu du logiciel pro­gressiste. À Mouvements, nous pensons qu’elles fournissent au contraire de puissants leviers de réflexion programmatique et stratégique. Dans le prolonge­ment des dossiers que la revue a récemment consacrés à la réinvention de la lutte contre la finance, au community organizing, aux révoltes sexuelles ou encore au syndicalisme transnational, ce numéro propose un panorama de pratiques mili­tantes locales, communalistes, municipalistes, qui nous semblent devoir inspi­rer le renouvellement de la gauche. À l’aube des élections municipales de 2020, Mouvements dresse un état des lieux critique de ces expérimentations foison­nantes et hétérogènes, afin de dégager des pistes d’émancipation collective et de régénération de la gauche.

    Les questions ne manquent pas. La première est directement liée à l’actualité politique et sociale et semble interroger l’enjeu tactique : un mouvement tel que les Gilets jaunes peut-il trouver un débouché politique dans l’espace local ? Faut-il présenter des « listes jaunes » aux élections ? Quelle alliance avec les can­didatures de gauche ? À ces enjeux tactiques, nous préférons ceux plus straté­giques permettant d’élargir la question : les aspirations à la justice sociale et à la démocratie directe qui se sont exprimées dans ce mouvement gagneraient – elles à se penser et se pratiquer à l’échelle locale ? La réponse n’a rien d’évidente, et divise encore celles et ceux qui revendiquent le port d’un gilet jaune. Si le local peut se présenter comme l’espace du prolongement des luttes et solidari­tés nouvelles inventées sur les ronds-points, des craintes classiques et légitimes apparaissent rapidement. Ne risque-t-on pas de lâcher la proie pour l’ombre, en s’investissant localement au lieu de peser sur les rapports de force nationaux et internationaux ? Doit-on penser la prise de pouvoir local par les Gilets jaunes comme l’occasion d’expérimenter in situ un autre monde possible, fait de radi­calité démocratique et de refonte des liens sociaux, où comme une scène parmi d’autres d’une lutte politique qui passe autant par une réorientation des insti­tutions que par leur destruction ? Le projet d’une fédération des « communes libres » a-t-il une chance d’exister face aux logiques de recentralisation et d’in­ternationalisation du pouvoir d’État et du capital, et de la financiarisation de l’économie ? Dans le cas des Gilets jaunes, la répression policière, le coût person­nel de l’engagement et le mépris médiatique rendent difficile, voire impossible, de mener tous les combats à la fois, et ces questions stratégiques deviennent cruciales.

    La seconde question s’énonce depuis les perspectives de plus long terme por­tées par les mouvements sociaux souhaitant réinvestir l’échelle municipale pour changer le monde : faut-il envisager un réformisme local ou une révolution com­munaliste ?

    #communalisme

  • Ouvertures | Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/ouvertures

    ... Or voilà : le capitalisme n’est pas « sport ». Que sa proposition soit merdique pour la majorité de la population, le cas échéant pour la planète ou l’univers entier, il s’en contre-tape : c’est la sienne, et ça lui semble une raison tout à fait suffisante pour la maintenir. Envers et contre tout s’il le faut. En conséquence, il regroupera ses forces pour écrabouiller tout ce qui montrera quelque chance de s’y opposer — et qui ne serait pas prêt à se défendre avec les moyens adéquats. Inutile de dire que toute proposition communiste, quelle que soit sa variante, fera l’objet de la plus grande attention, et d’un traitement spécial, quand bien même elle rallierait une vaste majorité électorale.

    Voilà donc la seule hypothèse raisonnable dont il faut partir : le capitalisme ne cohabitera pas avec ce qui peut le nier victorieusement, ni ne contemplera passivement sa progressive sortie de la scène de l’histoire. Nous nous trouvons donc à devoir distinguer deux formes de la transition : la « petite » et la « grande ». La « petite » est une transition depuis le capitalisme, la « grande » hors et contre. La « petite » transition croit pouvoir commencer au-dedans, s’y installer comme un germe qui va croître par son dynamisme spontané, pour finir par emporter le morceau. C’est typiquement ce qu’envisage Bookchin quand il imagine d’abord des ilots municipalistes isolés, puis qui vont pousser des synapses et former une série d’archipels, lesquels par croissance continue finiront par percoler à l’échelle de l’ensemble — et ça sera gagné ! C’est, formellement parlant, la même dynamique que Bernard Friot a en tête, réglée dans son cas par l’unique paramètre du taux de cotisation sociale que, par victoires successives, on va graduellement pousser — et à 100 %, ce sera fait.

    Là-contre, l’hypothèse raisonnable dit ceci : rien de tout ça n’arrivera. De transition, il n’y aura que la « grande », ou pas de transition du tout. Bien sûr il est de la prime importance de nous activer déjà de l’intérieur pour faire notre pelote : vertu préparatrice des vacuoles de possible qui, dès maintenant, se donnent vie localement. Mais en sachant qu’à un moment, c’est en passant par le dehors qu’il faudra renverser tout le dedans — à l’intérieur duquel, en fait, il y a trop peu de possible. Le grand possible, c’est le dehors : c’est ça l’idée en matière de transition...

    • Pas encore lu l’article de Lordon, mais pour mémoire, le point de vue de Bookchin :

      Ce que Bookchin nommait « vider l’État » mérite alors toute notre attention : une insurrection frontale, estimait-il, est condamnée à l’échec au regard des effectifs répressifs en présence. Il faut donc, par le patient processus communaliste, saper « matériellement et moralement » l’ensemble des institutions étatiques afin, le jour venu, de provoquer sa chute « sans trop de difficultés ». « Que le peuple dispose ou non du pouvoir repose finalement sur la question de savoir s’il dispose d’armes », assurait Bookchin, liant ainsi, fidèle à son inspiration grecque, la démocratie populaire à l’autodéfense. En 1995, dans From urbanization to cities, il en précisait les contours : « [U]ne garde civile composée de patrouilles tournantes, à des fins de police, et des contingents militaires bien entraînés pour répondre aux menaces extérieures. »

      https://www.revue-ballast.fr/le-moment-communaliste

      #écologie_sociale #écologie_politique #communalisme

    • Pour l’instant, historiquement, les expériences d’autonomie (matérielle ET politique) existantes n’ont toujours pu se faire que parce que la population de tout un territoire donné avait des armes et a pris le contrôle de ce territoire : zapatistes, Rojava, Espagne 36… Sans accès pérenne à la terre, en s’assurant de ne pouvoir en être chassé, et donc en ayant le temps de mettre en place une vie différente, peu de choses possibles… Tierra y libertad…

      Sinon ça fait les ZAD : des cailloux contre des chars, ça tient quelques temps tant que l’État décide pas d’envoyer les chars, et une fois ce choix entériné, c’est fini.

      Évidemment la stratégie ne peut être la même partout suivant la géographie et la situation (les zapatistes ont mis 20 ans entiers à préparer le soulèvement en cachette, et ont pu défendre un territoire car montagneux, par ex). C’est forcément totalement différent en France de 2020. Il ne va pas y avoir tout d’un coup une partie significative (et pour l’émancipation) de la population qui va accéder à des armes… En tout cas il faut des terres, de très nombreuses terres, pas un lopin de potager pour 10, pour avoir de l’autonomie politique (pas d’autonomie politique sans autonomie matérielle, cf l’article de Reporterre sur les quelques conflits qui ont un peu amélioré les choses, parce que les gens pouvaient vivre des mois sans leur salaire).

    • Ce qui est aussi le discours de Georges Orwell avec la constitutions de groupe de "home guards" constitués pendant la deuxième guerre mondiale pour contrer la menace d’invasion allemande.
      "En quelques semaines, un million d’hommes se portent volontaires pour former une milice populaire, la home guard. Encadrée par des officiers de réserve, elle est entraînée au maniement d’armes légères et se prépare à une possible guerre de guérilla.

      Ancien milicien antifasciste en Espagne, Orwell appelle alors les militants anticapitalistes de toutes nuances à s’engager dans la home guard. Il estime que le capitalisme britannique, au bord d’un écroulement moral, a pris un grand risque en créant cette force armée, car elle pourrait lui échapper et devenir révolutionnaire. Aussi, dans l’hebdomadaire de gauche Tribune fustige-t-il les militants communistes ou socialistes qui restent « à l’extérieur en disant : c’est du fascisme ». Pour Orwell, leur acuité politique est limitée par des culs-de-bouteille idéologiques : ils peuvent bien « répéter : “des armes pour les travailleurs”, ils sont incapables de mettre un fusil entre les mains des travailleurs ; la home guard le peut et le fait ». Et de résumer sa pensée : « Nous vivons une période étrange de l’histoire où le révolutionnaire doit être un patriote, et le patriote un révolutionnaire. »"

  • Bertrand Louart, À écouter certains écolos, on a l’impression que les machines nous tombent du ciel !, 2020
    https://sniadecki.wordpress.com/2020/05/14/louart-itw-casaux

    Interview de @tranbert par Nicolas Casaux

    Nicolas Casaux : Je me suis entretenu avec Bertrand Louart, auteur, notamment, de Les êtres vivants ne sont pas des machines (éd. La Lenteur, 2018), animateur de l’émission Racine de Moins Un sur Radio Zinzine, rédacteur du bulletin de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle Notes & Morceaux choisis (éd. La Lenteur), contributeur au blog de critique du scientisme Et vous n’avez encore rien vu…, et membre de la coopérative européenne Longo maï où il est menuisier-ébeniste.

    #critique_techno #anti-industriel #écologie #démocratie #acier #production #machine-outil #communalisme

  • Notes anthropologiques (LI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-LI

    Traité sur l’apparence (VI)
    Le naturalisme et la pensée scientifique

    La pensée dite objective (ou pensée positive, ou pensée scientifique) en scellant d’une manière définitive la séparation entre le sujet pensant et son environnement perçu comme non humain se présente comme l’aboutissement de la pensée religieuse. Elle en marque l’accomplissement. Elle entérine la fin de la pensée religieuse, non parce qu’elle en serait la véritable critique, mais parce qu’elle en est l’achèvement, le point final : la séparation entre l’humain et l’au-delà de l’humain dont nous entretenait la pensée religieuse a atteint son aboutissement, l’au-delà de l’humain est tout bonnement le non-humain. Et le non-humain, celui qui n’entre pas comme sujet dans une relation entre sujets, dans une relation subjective, n’a que l’apparence d’un être humain, il est dieu ou esclave. Le marchand est un esclave qui a choisi d’être un dieu, ou, du moins, qui a vu dans l’argent, le dieu tout-puissant à servir. L’au-delà du sujet n’est pas un dieu ou un esprit comme on le croyait communément sans trop réfléchir à la question, mais l’objet, il est l’apparence qui rend l’humain hors de portée (comme l’esclave n’offre que l’apparence de l’humain), qui rend le soi hors d’atteinte, qui rend le soi inaccessible, comme le voulait Kant avec juste raison. (...)

    #anthropologie #idéologie #science #religion #subjectivité #communalisme #Dumézil #esprits #morts #Kenneth_Rexroth #Maître_Eckhart

  • Unité et différences dans les insurrections de France et du Chili

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Unite-et-differences-dans-les-insurrections-de-France-et-du-Chili

    Lettre de Raoul Vaneigem aux insurgées et aux insurgés du Chili, pour faire suite à une demande de précision sur la notion de « bien public » (31 janvier 2020), suivie de « Réponse et nouvelles du Chili ».

    La France a occupé et continue d’occuper dans l’imaginaire des révolutions une place particulière. Elle est le pays où pour la première fois dans l’histoire une révolution a brisé l’immobilisme et l’obscurantisme qu’imposait la prépondérance d’une économie essentiellement fondée sur l’agriculture. Sa victoire n’a pas signifié le triomphe de la liberté, elle a seulement marqué la victoire d’une économie de libre-échange qui, très vite, a étouffé les aspirations à une vraie liberté.

    La vraie liberté, c’est la liberté vécue. Les philosophes des Lumières en avaient pris conscience. Les Diderot, d’Holbach, Rousseau, Voltaire en avaient gravé l’évidence dans la mémoire universelle, et avant eux les principaux penseurs de la Renaissance, Montaigne, La Boétie, Rabelais, Castellion (à qui l’on doit le propos « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme »).

    Bien que présente dans nombre de pays d’Europe, la lutte pour la liberté revêt en France une singulière acuité. Dès les XIe et XIIe siècles les insurrections communalistes se multiplient et s’intensifient. Elles ont pour but de libérer les villes de l’autorité tyrannique de la classe aristocratique, dont les revenus viennent principalement des paysans, des serfs qui travaillent leurs terres. (...)

    #Vaneigem #insurrections #unité #différences #bien_public #France #Chili #Gilets_jaunes #communalisme #révolution #Mai68 #émancipation #totalitarisme #Résistance #acquis #autogestion #radicalité #liberté

  • https://delivronsnous.home.blog/2019/11/25/murray-bookchin

    Je souligne l’adjectif social en matière écologique pour introduire un autre concept clef : aucun des principaux problèmes écologiques auxquels nous nous affrontons aujourd’hui ne pourra être résolu sans un changement social profond

    Portrait de Murray Bookchin, penseur libertaire de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire.

    #bookchin #murraybookchin #ecologie #changement_climatique #anarchie #anarchisme #communalisme #écologiesociale #municipalismelibertaire

  • Suite mexicaine (IV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Suite-mexicaine-IV

    La guerre sociale au Mexique
    Deuxième partie : les comuneros d’Unión Hidalgo partent en guerre contre EDF

    À Unión Hidalgo, dans l’isthme de Tehuantepec, ce sont les anciens comuneros, parfois accompagnés de leurs petites-filles, qui s’immiscent dans une consultation publique concernant la rente par l’entreprise française EDF de plus de 4 000 hectares de terres communales pour y construire des éoliennes. Les petits propriétaires, qui se sont emparés des terres et qui espèrent recevoir sous forme de rente un prix à leur vilénie, ainsi que les autorités municipales, fédérales et nationales cherchent par tous les moyens à faire taire ces anciens qui perturbent leur jeu souverain de larrons en foire. Ces anciens comuneros représentent, dans ces temps de l’individualisme, de l’argent et du goût pour le profit, la conscience morale d’un autre temps (ou d’un autre monde ?), quand ce qui était important et comptait réellement était la vie sociale elle-même, la sociabilité de chacun, le rapport à l’autre. Cette résistance à ce qui est trop souvent perçu comme la loi inéluctable du progrès a une longue histoire et cette histoire est celle de la lutte de la société contre ce qui lui est contraire, c’est l’histoire de la société attaquée dans ce qu’elle a d’essentiel : la vie en commun, qui s’est construite autour d’un bien commun, qui comprend la terre, l’eau, l’air, les ressources de l’environnement, c’est le territoire. (...)

    #Mexique #Oaxaca #EDF #éoliennes_industrielles #peuples_originaires #biens_communaux #propriétaires #communalisme

  • Kurdistan révolutionnaire et communalisme
    Rencontres à Bure du 9 au 11 mars

    https://lavoiedujaguar.net/Kurdistan-revolutionnaire-et-communalisme-Rencontres-a-Bure-du-9-au-

    Depuis 2015 et la résistance des forces armées kurdes aux assauts de Daech à Kobané au Rojava (Syrie), la situation dans les différentes régions du Kurdistan a acquis une visibilité internationale nouvelle. Des centaines d’internationalistes (militant·e·s de gauche, anarchistes… ou pas) sont parti·e·s rejoindre les différents bataillons internationaux ou les projets de la société civile qui se développent au Rojava. Depuis 2012, dans le nord de la Syrie, se développe une expérience de transformation sociale de grande ampleur basée notamment sur les communes locales, le développement de coopératives et un modèle féministe, multiethnique et multiconfessionnel…

    Depuis le 20 janvier 2018, le Rojava est à nouveau attaqué, cette fois directement par l’armée de l’État turc (accompagnée de brigades islamistes supplétives), où Erdogan bâtit depuis quelques années les fondations d’une dictature implacable. Le canton d’Afrine, enserré à l’extrême ouest entre le régime d’Assad et l’armée turque, est à nouveau sous le feu des bombes. Partout en France et dans le monde des manifestations de soutien ont lieu. (...)

    #Bure #rencontres #Kurdistan #Rojava #Afrine #Syrie #Murray_Bookchin #communalisme #résistance #solidarité

  • Dilar Dirik • Le Rojava : oser imaginer
    Demandons-nous : qu’est-ce que le #Rojava veut dire dans l’histoire, pour le présent et le passé ? Qu’est-ce qui fait que les idées deviennent des actes ? Qu’est-ce que veut dire le Rojava en cette époque de révolutions détournées et critiquées ? Tout ceci est bien abstrait, j’en ai conscience, mais laissez moi vous emmener en voyage. Ne vous inquiétez pas, c’est pour la recherche !
    http://www.kedistan.net/2017/09/11/dilar-dirik-rojava-oser-imaginer
    #communalisme

  • La Commune

    Pierre Kropotkine

    http://lavoiedujaguar.net/La-Commune

    Quand nous disons que la révolution sociale doit se faire par l’affranchissement des Communes, et que ce sont les Communes, absolument indépendantes, affranchies de la tutelle de l’État, qui pourront seules nous donner le milieu nécessaire à la révolution et le moyen de l’accomplir, on nous reproche de vouloir rappeler à la vie une forme de la société qui s’est déjà survécu, qui a fait son temps. « Mais, la Commune — nous dit-on — est un fait d’autrefois ! En cherchant à détruire l’État et à mettre à sa place les Communes libres, vous tournez vos regards vers le passé : vous voulez nous ramener en plein Moyen Âge, rallumer les guerres antiques entre elles, et détruire les unités nationales, si péniblement conquises dans le cours de l’histoire ! »

    Eh bien, examinons cette critique. (...)

    #communalisme #anarchisme #MoyenÂge #révolution

  • Être ouragans

    LundiMatin

    http://lavoiedujaguar.net/Etre-ouragans

    Drôle de titre. Deux déclarations semblent l’avoir inspiré. D’abord celle-ci, rapportée dans la préface : « Soyons un tourbillon de vents dans le monde pour qu’ils nous rendent en vie nos disparus. Soyons une vague et emportons ces monstres, noyons-les, ces scélérats qui nous ont fait tant de mal. » (p. 15) Ces mots sont ceux d’un parent de disparu d’Ayotzinapa (massacre des étudiants d’une école normale rurale perpétré par les « forces de l’ordre » dans l’État du Guerrero, au Mexique, fin septembre 2014). Puis celle-là, qui provient d’une intervention de Kiko, délégué du peuple taïno, de l’île de Borikén, ancien nom de Porto Rico, lors de la rencontre des peuples du continent dit américain initiée par les zapatistes, à Vícam (État de Sonora, Mexique) en 2007 (...)

    #note-lecture #Mexique #peuples-indigènes #capitalisme #système-marchand #résistance #communalisme

  • Entretien de Murray Bookchin avec Janet Biehl en 1996
    sur le municipalisme libertaire

    http://lavoiedujaguar.net/Entretien-de-Murray-Bookchin-avec

    Burlington, Vermont (États-Unis), le 12 novembre 1996.

    Murray, un de vos critiques anarchistes a pris votre mot d’ordre « démocratiser la république et radicaliser la démocratie » et, en un certain sens, il l’a scindé en deux. Il vous accuse de vouloir seulement démocratiser la république, omettant de dire que vous voulez aussi radicaliser la démocratie. Pouvez-vous expliquer le sens de ce mot d’ordre ?

    Actuellement, dans la plupart des États-nations républicains, les libertés civiques qui existent au sein des cités et des villes ont été obtenues au prix de luttes ardues, livrées il y a longtemps par différents mouvements populaires. Bien des cités, il est vrai, n’ont pas de libertés civiques. Mais celles qui en ont les ont obtenues d’abord et avant tout grâce aux combats des parties opprimées de la population — contre les aristocrates qui prétendaient que ces cités faisaient partie de leur propre État ou qui tentaient de les incorporer dans les États qu’ils essayaient de former. (...)

    #anarchisme #communalisme

  • L’imaginaire de la Commune

    Franz Himmelbauer

    Kristin Ross
    L’Imaginaire de la Commune
    traduit de l’anglais (États-Unis) par Étienne Dobenesque
    La fabrique éditions, Paris, 2015, 186 pages

    William Morris, Élisée Reclus, Pierre Kropotkine : ce ne sont pas les premiers noms qui viennent à l’esprit s’agissant de la Commune de Paris. S’ils tiennent dans ce livre un rôle important, c’est que pour Kristin Ross la Commune déborde l’espace-temps qui lui est habituellement attribué, les soixante-douze jours écoulés et les fortifications sur lesquelles elle a combattu.

    On attribue d’ordinaire à la Commune de Paris une durée de soixante-douze jours — du 18 mars 1871, lorsque des Parisiennes et Parisiens de Montmartre empêchèrent la réquisition des canons de la ville par les troupes d’Adolphe Thiers, à la sinistre « Semaine sanglante » au cours de laquelle ces mêmes troupes assouvirent la soif de vengeance de la bourgeoisie française en massacrant les insurgé•e•s. (...)

    #essai #lecture #Commune #luxe-communal #communisme-anarchiste #Internationale #communalisme #imaginaire

  • « À Oaxaca il n’y a pas de défaite ! »

    David Venegas Reyes

    http://lavoiedujaguar.net/A-Oaxaca-il-n-y-a-pas-de-defaite

    Première partie d’un entretien de LundiMatin avec David « el Alebrije », une des plus jeunes figures du soulèvement de la ville d’Oaxaca (Mexique) en 2006, ex-prisonnier politique, membre du conseil de l’APPO (Assemblée populaire des peuples de l’Oaxaca) et d’un groupe créé à la suite du mouvement, Voix d’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté (Vocal).

    Quelques éléments de contexte. Vingt et un ans après le soulèvement zapatiste au Chiapas, huit ans après la « Commune d’Oaxaca », les mouvements pour « l’autonomie et la liberté », indigènes ou non, ne cessent de se démultiplier face à la corruption et l’incurie des partis politiques et des institutions mexicaines, courroies de transmission de la politique étrangère étasunienne et hypocrite paravent des grandes familles de narcotrafiquants. L’État mexicain et ses mafias, qui gouvernent de plus en plus au-dessus d’un volcan, et le savent, multiplient les stratégies retorses pour maintenir leur hégémonie, entre terreur et équilibrisme législatif. C’est ainsi qu’un même pays qui détenait jusqu’à récemment le triste record du nombre de morts violentes sur dix ans, et qui a fait des « disparitions » à caractère politique une spécialité, compte aussi certaines des dispositions législatives les plus osées d’Amérique latine en terme de reconnaissance du droit à l’autodétermination des peuples indigènes. (...)

    #Mexique #autonomie #luttes #communalisme

  • MURRAY BOOKCHIN Le #municipalisme libertaire - Une nouvelle #Politique communale ?
    http://populaction.com/murray-bookchin-le-municipalisme-libertaire-une-nouvelle-politique-comm

    Extraits de From Urbanization to Cities (Londres, Cassell, 1995).

    Traduit par Jean Vogel pour la revue Articulations Annotations :

    Les exemples soviétique et nazi du Parti/État ont représenté l’extension logique du parti fonctionnant à l’intérieur de l’État. Et de fait, tout parti a ses racines dans l’État et non dans la citoyenneté. Le parti traditionnel est accroché à l’État comme un vêtement à un mannequin. Aussi varié que puisse être le (...)

    #:Murray_Bookchin #communalisme #Alternatives #autogestion #Démocratie #démocratie_directe #localisme #démocratie_locale #Economie #Capitalisme #Etat #Révolution #citoyenneté #culture #'paedia #cyber-démocratie #référendum #individu #Partis_politique

  • Kongra Gel. Le Confédéralisme Démocratique.
    http://apa.online.free.fr/imprimersans.php3?id_article=671&nom_site=Agence%20Presse%20Associative%20%28APA%29&url_site=http://apa.online.free.fr

    Annotations :

    1. La révolution agricole de l’écosystème de Zagros fut à l’origine d’une civilisation qui s’est perpétuée et qui a évolué jusqu’au 19° siècle, date de la seconde grande révolution, la révolution industrielle, qui va jouer un rôle prépondérant à la naissance de l’#Etat-Nation. A la fin du 20e siècle, l’Etat-Nation est devenu le plus grand obstacle au développement de la démocratie et des libertés. (...)

    #-Kurdistan #luttes #Alternatives #.appel #:Abudllah_Ocalan #-2005 #démocratie_directe #communalisme #fédéralisme #localisme

  • Le mouvement Kurde des assemblées locales : le confédéralisme démocratique comme projet politique transnational
    http://populaction.com/le-mouvement-kurde-des-assemblees-locales-le-confederalisme-democratiqu

    Annotations :

    Jusqu’aux années 1980 la société kurde était complètement patriarcale. Il n’y avait pas de droits des femmes ni de groupes féministes, pas même parmi les Kurdes Alévis, très libéraux. La dynamique la plus importante pour renverser les structures patriarcales vint du Mouvement de Libération du Kurdistan (ndrl : the Kurdish freedom movement). Et sans la participation des femmes, le mouvement n’aurait jamais pu acquérir un soutien populaire (...)

    #-Kurdistan #démocratie_directe #luttes #Alternatives #communalisme #_Muray_Bookchin #_Abdullah_Ocalan #autogestion