• Face aux bétonneurs, eul’Commune d’Saint-Sauveur !
    https://chez.renart.info/?Face-aux-betonneurs-eul-Commune-d-Saint-Sauveur

    Nous nous sommes invités tels des gueux à la soirée électorale d’Aubry ce dimanche 28 juin. Organisée au branchouille café L’Hirondelle, détenu par trois architectes en vue sur la métropole, le quatrième mandat d’Aubry se place donc sous le signe du béton [1]. Nous lui avons offert quelques fleurs de carotte sauvage coupées sur la friche et essayé d’entamer une conversation : « Nous en reparlerons quand vous aurez dessaoulé », nous a-t-elle répondu, observatrice. 24 heures plus tard, nous y voilà : face aux bétonneurs et à la défaite d’EELV, la Commune de Saint-Sauveur sera la véritable opposition écologiste à la nouvelle mandature.

    Imaginez la scène. Une ambiance un peu pince-fesses de soirée électorale victorieuse mais pas trop. Un décor « indus » type galerie berlinoise des années 1980. Des bières « craft » (artisanales), un camion-boucherie « vintage », et un « corner de street food » asiatique. Martine Aubry tenant le premier rôle entourée de ses courtisans. Six fricheux bourrés sortant d’un concert mythique du groupe La rue qui t’emmerde , débarquant en guenilles et bottes crottées, attirant à eux une dizaine de regards de merlans horrifiés. Le comédien Gilles Defacque qui croit s’en sortir par une pirouette en nous sortant son nez de clown. Oui, la scène était pathétique. On en rigole encore.

    C’est par où la fête ?
    Avec 69 % d’abstention à Lille et un écart de 227 voix entre Aubry (PS) et Baly (EELV), l’ambiance était assez éloignée des bacchanales. Rendez vous compte : avec 15 389 voix obtenues face à deux candidats, Aubry en récolte encore moins qu’au premier tour de 2014 face à huit opposants (19 422). Sur 120 000 électeurs, Aubry obtient donc la majorité des sièges, les mains libérées de toute alliance, grâce à la confiance de 12,3 % de Lilloises et Lillois.

    Comme à chaque élection, les explications vont bon train sur le taux d’abstention record. Et vas-y que je te parle huit secondes de démocratie malade. Et vas-y que je mets en cause le coronavirus, la crise économique qui vient, le beau temps, l’alignement des planètes, etc. Nous qui ne prétendons pas à la science politologique, nous remarquerons simplement qu’à Lille, pour la première fois, le second tour des élections opposait trois candidats issus de la même majorité municipale. Avec ou sans nez rouge, les élections avaient des allures de mauvais cirque.

    EELV ou la défaite de l’écologie
    Europe-Écologie a gardé Grenoble et remporté Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Annecy, Poitiers et Colombes. Comment diantre ont-ils fait pour ne pas remporter Lille, alors qu’avec la friche Saint-Sauveur l’élection leur était portée sur un plateau ? En deux ans, P.A.R.C., Fête la friche et nous-mêmes avons inscrit au centre du débat municipal le manque d’espaces verts, la pollution de l’air, l’arrogance des grues et du béton, la mauvaise santé des habitants et des habitations, qui frappent ici plus qu’ailleurs en France. Disons-le ainsi : si le débat avait tourné autour de « La Sécurité », EELV était dans la merde. Comment ont-ils perdu une élection faite pour eux, portée par la friche, les manifs pour le climat, les arrêtés de sécheresse, les soixante pics de pollution par an, la crise sanitaire du coronavirus ?

    Les écologistes sont entrés sur la scène électorale dans les années 1970/1980 en prétendant « faire de la politique autrement ». Ce qui nécessitait une rupture plus conséquente que de se rendre au conseil municipal en vélo ou à l’Assemblée nationale en jeans-baskets. Les écologistes lillois ont gardé jusqu’au dernier moment la possibilité d’une alliance avec Aubry, entortillant leurs vues sur Saint-Sauveur autour d’une basse stratégie politicienne qui s’est avérée perdante.

    Il ne suffit pas, en politique, et de surcroît dans les quartiers populaires https://www.lavoixdunord.fr/771402/article/2020-06-29/municipales-lille-quartier-par-quartier-ou-et-comment-martine-aubry-sau où Aubry garde sa base électorale, de faire montre de compétence, de technicité, de bien connaître ses « dossiers ». Les électeurs ne votent pas pour des fonctionnaires aptes à la gestion. Quand de surcroît on sort de la majorité, les slogans « Pour changer », « L’écologie maintenant » ou « Vivre Lille » résonnent d’un creux abyssal qui ne peut émouvoir (et encore !) que quelques cadres sup’ de la fonction publique territoriale.

    Et maintenant eul’Commune d’Saint-Sauveur !
    L’écologie ne devrait pas avoir besoin de l’épithète « populaire » pour l’être réellement. Les écolos et Martine Aubry doivent comprendre qu’un grand parc à Saint-Sauveur est une question de justice sociale. Les habitants de Lambersart et Vauban ont déjà celui de la Citadelle et des logements a priori plus spacieux qu’ailleurs. Venir mettre sur Saint-Sauveur des créateurs, des startuppers et des designers (même venus d’une prétendue « Économie sociale et solidaire », même aussi cools que les clients de L’Hirondelle), c’est encore mépriser ces Lillois qui manquent d’espace comme de boulot.

    Ce qui a été fait sur la friche, que ce soit en l’animant ou par l’action judiciaire, c’est-à-dire la mise à l’arrêt d’une promotion immobilière jusqu’alors triomphante, les écologistes d’EELV l’ont manqué par deux fois : la première fois comme élus de la majorité, la seconde comme candidats d’opposition. Aujourd’hui, nous sommes l’écologie à Lille. Une commune sur Saint-Sauveur se construit déjà avec celles et ceux qui souhaitent se réapproprier vraiment la décision publique pour qu’enfin ce ne soit plus les aménageurs qui décident de l’usage d’un lieu, mais pour que ce soit les usagers qui décident de leur aménagement ; pour que ce ne soit plus les élus qui imposent des activités économiques hors-sol, mais pour que celles-ci émanent du territoire et de ses animateurs.

    Tomjo

    Illustration de Modeste Ricahrd
    
Photo de "Fête la friche"

    Notes
    [1] L’Hirondelle appartient aux patrons du cabinet O Architecture, coupables de bétonner les fleurs de L’îlot Pépinière. Ils ont aussi à leur palmarès la réhabilitation d’une partie de Fives-Cail Babcock et la construction de 235 logements sur la zone de L’Union à Roubaix.

    #Lille #Saint_Sauveur #Elections_Municipales #Elections #Démocratie #martine_aubry #PS #EELV #Ecoligie #Immobilier #Spéculation #spéculation_immobilière #béton #Gueux #politique #promotion_immobilière #destruction #communs #commune

  • La révolution commence-t-elle par le local ? Expérimentations communales et dilemmes stratégiques, Mouvements 2020/1 (n° 101). 180 pages
    http://mouvements.info/edito/vive-les-communes

    Ensemble, créons l’assemblée des assemblées, la Commune des communes. C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition », appelait l’assemblée des Gilets jaunes de Commercy les 26 et 27 jan­vier 2019. Faire de la #commune un foyer d’action directe : le mot d’ordre n’est pas nouveau, mais les pratiques qui s’en réclament connaissent aujourd’hui un nouvel élan. Aux XIXe et XXe siècles déjà, ces pra­tiques de combats anticapitalistes et démocratiques « par le bas » avaient ouvert des cycles d’expérimentations et de controverses : municipalisme ouvrier, utopies communautaires cabétiennes, expériences fouriéristes, communautés de travail, etc. Ces pratiques prolifèrent de nouveau aujourd’hui, sans toutefois toujours se connaître et dialoguer : l’investissement des ronds-points par les Gilets jaunes, qui réinventent les formes de solidarité locales du mouvement ouvrier en créant leurs maisons du peuple, leurs bourses du travail et leurs assemblées ; les pro­jets de prise du « pouvoir municipal » par des listes citoyennes ; les politiques engagées par les élu.es locales et locaux qui rompent avec le néolibéralisme en remunicipalisant les services publics de l’eau ou des transports ; l’occupation de bâtiments par des collectifs qui prennent en charge des biens communs comme à Naples ou Barcelone ; les luttes des habitant.es des quartiers populaires qui combattent la violence d’Etat, réclament l’égalité des droits et construisent des rapports de force directs pour changer leur vie. Du mouvement zapatiste au Chiapas au confédéralisme démocratique du Rojava, des luttes précurseures contre l’exploitation du gaz de schiste en Algérie aux « municipalités du change­ment » à Madrid, de la ZAD à Commercy en passant par Saillans, un espoir de transformation sociale « par le bas » se fait jour ces dernières années. Le lieu où l’on vit, qu’il s’agisse d’un village ou du quartier d’une ville, devient l’espace possible d’une réappropriation populaire de l’autonomie, tant politique que sociale, et le domaine d’expression de résistances à des logiques nationales et supranationales (néolibéralisme, réchauffement climatique, avancée des fascismes).

    Ces expériences, qui mettent toutes en avant les enjeux de proximité et de réac­tivation des liens communautaires, ne sont pas sans poser des problèmes à la gauche, tant cet imaginaire politique a historiquement été exclu du logiciel pro­gressiste. À Mouvements, nous pensons qu’elles fournissent au contraire de puissants leviers de réflexion programmatique et stratégique. Dans le prolonge­ment des dossiers que la revue a récemment consacrés à la réinvention de la lutte contre la finance, au community organizing, aux révoltes sexuelles ou encore au syndicalisme transnational, ce numéro propose un panorama de pratiques mili­tantes locales, communalistes, municipalistes, qui nous semblent devoir inspi­rer le renouvellement de la gauche. À l’aube des élections municipales de 2020, Mouvements dresse un état des lieux critique de ces expérimentations foison­nantes et hétérogènes, afin de dégager des pistes d’émancipation collective et de régénération de la gauche.

    Les questions ne manquent pas. La première est directement liée à l’actualité politique et sociale et semble interroger l’enjeu tactique : un mouvement tel que les Gilets jaunes peut-il trouver un débouché politique dans l’espace local ? Faut-il présenter des « listes jaunes » aux élections ? Quelle alliance avec les can­didatures de gauche ? À ces enjeux tactiques, nous préférons ceux plus straté­giques permettant d’élargir la question : les aspirations à la justice sociale et à la démocratie directe qui se sont exprimées dans ce mouvement gagneraient – elles à se penser et se pratiquer à l’échelle locale ? La réponse n’a rien d’évidente, et divise encore celles et ceux qui revendiquent le port d’un gilet jaune. Si le local peut se présenter comme l’espace du prolongement des luttes et solidari­tés nouvelles inventées sur les ronds-points, des craintes classiques et légitimes apparaissent rapidement. Ne risque-t-on pas de lâcher la proie pour l’ombre, en s’investissant localement au lieu de peser sur les rapports de force nationaux et internationaux ? Doit-on penser la prise de pouvoir local par les Gilets jaunes comme l’occasion d’expérimenter in situ un autre monde possible, fait de radi­calité démocratique et de refonte des liens sociaux, où comme une scène parmi d’autres d’une lutte politique qui passe autant par une réorientation des insti­tutions que par leur destruction ? Le projet d’une fédération des « communes libres » a-t-il une chance d’exister face aux logiques de recentralisation et d’in­ternationalisation du pouvoir d’État et du capital, et de la financiarisation de l’économie ? Dans le cas des Gilets jaunes, la répression policière, le coût person­nel de l’engagement et le mépris médiatique rendent difficile, voire impossible, de mener tous les combats à la fois, et ces questions stratégiques deviennent cruciales.

    La seconde question s’énonce depuis les perspectives de plus long terme por­tées par les mouvements sociaux souhaitant réinvestir l’échelle municipale pour changer le monde : faut-il envisager un réformisme local ou une révolution com­munaliste ?

    #communalisme

  • Marges de #Marx
    https://laviedesidees.fr/Marges-de-Marx.html

    À propos de : Kolja Lindner et les Éditions de l’Asymétrie, Le dernier Marx, Toulouse, Éditions de l’Asymétrie. Dans ses derniers textes, Marx rompt avec la #Philosophie de l’histoire, et s’intéresse de près à d’autres formes d’exploitation : la domination coloniale, mais aussi l’émancipation des femmes ou la préservation de la nature.

    #colonialisme #environnement
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200610_marx.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200610_marx.docx

    • Au-delà du marxisme

      Le résultat le plus éclatant de ces recherches, c’est la rupture qu’y opère Marx avec la philosophie de l’histoire progressiste et eurocentrée qui se dégage encore d’un texte tel que la « Préface » à la Contribution à la critique de l’économie politique. Ce texte projette en effet sur toutes les sociétés un modèle de développement occidental dans lequel les modes de production (« asiatique, antique, féodal, bourgeois ») s’enchaînent en même temps que s’accroissent les forces productives et se succèdent comme autant d’étapes nécessaires vers le communisme. Par contraste, les notes sur Morgan ou Kovaleski, dans lesquelles Marx souligne la vitalité des « sociétés gentilices » (organisées en clans), témoignent d’une nette reconnaissance de la pluralité historique, c’est-à-dire de l’existence de trajectoires de développement hétérogènes quant à leurs rythmes et à leurs directions. Mais c’est surtout le cas de la commune russe qui pousse Marx sur la voie d’une nouvelle conception de l’histoire, indissociablement multilinéaire et connectée.

      Au principe de cette percée théorique, on trouve le problème politique suivant : la commune rurale peut-elle servir de point d’appui à un développement spécifiquement russe vers le communisme, comme le pensent les populistes, ou est-elle amenée à disparaître face à l’expansion du capitalisme, comme le soutiennent les marxistes ? Dans sa réponse à Zassoulitch, Marx se range du côté des populistes, mais attire leur attention sur le « dualisme inhérent à la ‘‘commune agricole’’ ». D’un côté, elle se caractérise par la permanence de formes d’appropriation collective de la terre. De l’autre elle est travaillée par l’émergence de la propriété privée. Or, l’issue du conflit qui oppose ces deux tendances ne saurait être déduite, ni d’une loi historique générale, ni d’une causalité économique unilinéaire. Elle dépend à la fois de l’énergie politique que parviendra à déployer la paysannerie et du « milieu historique » dans lequel la commune est plongée, c’est-à-dire de sa contemporanéité avec le capitalisme occidental et le mouvement ouvrier. Ainsi, s’il y a bien pour le dernier Marx une tendance dominante dans l’histoire, celle qu’incarne l’expansion mondiale du capital, celui-ci ne s’impose pas de manière uniforme et implacable à l’ensemble de la planète. Les formations sociales qu’il rencontre sur sa route lui résistent et se réinventent à son contact, de sorte que le changement historique répond à ce que Lindner appelle une « contingence structurée ».

      De la prise en compte de ces rencontres entre différentes trajectoires historiques, il résulte une transformation de la critique marxienne. Cette critique ne porte en effet plus seulement sur l’exploitation salariale, mais aussi sur la domination coloniale. Or, dans la mesure où le colonialisme tend à dissoudre les rapports égalitaires qui règnent selon Marx dans les sociétés non-capitalistes, il n’est pas étonnant de le voir souligner la position relativement privilégiée qu’occuperaient les femmes dans ces sociétés, ce qui le mène à s’exprimer en faveur de l’abolition de la famille moderne. Et cet élargissement de la critique à la domination coloniale et masculine entraîne à son tour une transformation de la méthode de la critique. À lire conjointement l’introduction générale de Kolja Lindner et l’essai d’Urs Lindner sur les échos de la Commune de Paris dans la pensée de Marx, il semble en effet que celui-ci se soit réconcilié à la fin de sa vie avec la réflexion normative. Comme si, conscient de l’intersection des formes de domination et de la pluralisation des acteurs.trices historiques qu’elle entraîne (le prolétariat, mais aussi la paysannerie, les femmes et les colonisé.es), il se risquait enfin à dire ce que le communisme doit être : une société décentralisée et profondément égalitaire, non seulement du point de vue de l’accès aux moyens de production et aux produits du travail, mais aussi au niveau des processus collectifs de décision. Sur le plan de la philosophie politique, Marx s’affirmerait donc comme un théoricien de la « démocratie radicale ». Une démocratie qu’il ne se contente cependant pas de défendre sur le plan des principes, mais dont il relève la diffusion dans l’espace et la permanence dans le temps : des villages Iroquois aux faubourgs parisiens, de l’Inde précoloniale aux communautés formées par les paysan.es russes. D’où la conclusion saisissante des brouillons de la « Lettre à Zassoulitch », où le communisme apparaît comme « un retour des sociétés modernes au type archaïque de la propriété commune ».

      #propriété_privée #propriété_commune #commune #communisme

    • Marx et les marges du monde, Alain Greshhttps://blog.mondediplo.net/2011-08-08-Marx-et-les-marges-du-monde

      Certainement, Marx n’était pas un philosophe de la différence au sens post-moderne du terme, car la critique d’une entité supérieure, le capital, était au centre de son entreprise intellectuelle. Mais cette centralité ne signifiait pas l’exclusivité. La théorie sociale du Marx de la maturité tournait autour du concept de “totalité” qui n’offrait pas seulement l’avantage de laisser une grande place aux particularités et aux différences, mais aussi, dans certains cas, faisait de ces particularités – race, ethnie, ou nationalité – des éléments déterminants de la totalité. Kevin B. Anderson.

      #Différence #Totalité

  • Il a photographié la Commune de Paris : Bruno Braquehais premier photo-reporter de l’Histoire de France
    https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/photographie/il-a-photographie-la-commune-de-paris-bruno-braquehais-premier-photo-re

    L’ami des Communards
    Né sourd en 1823 à Dieppe, Bruno Braquehais a développé son regard. La Commune est un épisode à part dans sa carrière de photographe, sa démarche est davantage un acte de solidarité envers les fédérés que commerciale. Il ne vend aucun de ses clichés, il photographie gratuitement les Communards qui posent fièrement devant son appareil. Ses photos seront connues après l’événement, car à l’époque les journaux publient des gravures pour illustrer les articles. Aujourd’hui, les photos de Bruno Braquehais figurent dans tous nos livres d’Histoire.

    #Photographie #Domaine_public #Commune_Paris

  • Il a photographié la Commune de Paris : Bruno Braquehais premier photo-reporter de l’Histoire de France
    Par Odile Morain – Mis à jour le 17/04/2018
    https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/photographie/il-a-photographie-la-commune-de-paris-bruno-braquehais-premier-photo-re

    Ce photographe dieppois, sourd muet, a réalisé cent quarante clichés sur l’épisode insurrectionnel de la commune en 1871. Vingt-huit d’entre eux, issus des collections du Musée de Seine-Saint-Denis, sont présentés à la médiathèque de Dieppe (Seine maritime) jusqu’au 22 avril 2018.

    #Commune_de_Paris

  • Plus jamais un Mexique sans nous ?

    Yásnaya Elena Aguilar Gil

    https://lavoiedujaguar.net/Plus-jamais-un-Mexique-sans-nous-I

    Un fleuve

    Le nom d’un fleuve qui naît sur le plateau tibétain, passe par l’Inde et traverse le Pakistan raconte une histoire troublante. Son nom, Indo en espagnol, vient d’une langue ancienne réservée aux métiers et aux écritures sacrées de l’hindouisme. Du sanskrit « Sindhu », le mot est devenu en persan « Hindush », en grec « Indos », puis en latin « Indus », et enfin est passé à l’espagnol sous la forme « Indo ». Du nom de ce fleuve dérive aussi celui de la région que nous connaissons comme l’Inde, et, plus tard, du fait d’une histoire de confusions géographiques trop bien connue, l’appellation « indio » a fini par être utilisée pour désigner les membres d’un ensemble de peuples qui habitaient le continent américain à l’arrivée des colonisateurs européens. Le vieux nom d’un fleuve, mentionné dans le plus ancien texte de l’Inde, a également acquis sous de tout autres latitudes une connotation nettement méprisante. Je pense à ce fleuve quand, à bord d’un taxi, j’entends le chauffeur lancer des jurons à une personne qui manque de causer une collision, un chapelet d’insultes qui se termine par un retentissant « ¡indio ! ». (...)

    #Mexique #peuples_originaires #Mapuche #Pedro_Cayuqueo #État-nation #langues #peuples #Oaxaca #autonomie #Chili #communes #justice #santé #éducation #autogouvernement

  • La #participation, l’une des clefs des #municipales
    https://www.banquedesterritoires.fr/la-participation-lune-des-clefs-des-municipales

    Moins de deux Français sur trois se sont déplacés pour voter lors des deux derniers scrutins municipaux. A cette tendance de fond s’ajoutent cette année la grogne sociale autour de la réforme des retraites et la crise du coronavirus, qui occultent la campagne et peuvent peser sur la participation.
    En 1983, 78,42% des électeurs se sont déplacés au premier tour. En 2014, ils n’étaient plus que 63,55%, soit trois points de moins qu’en 2008. L’#abstention avait alors atteint un niveau record pour ce type de scrutin à 36,45% et pourrait grimper encore cette année.

    #élections #citoyenneté #pauvreté #politique #communes #jeunesse

  • Pour la Commune

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-la-Commune

    Une insurrection populaire gagne le monde. Elle se propage à un nombre croissant de pays. En dépit des différences de conditions, de motivations, de cultures, de mentalités, tous présentent un point commun : le peuple ne veut plus d’un gouvernement qui prétend lui imposer sa présence et son autorité. C’est la lutte de ceux du bas contre ceux du haut.

    Nous sommes dans l’équilibre instable du statu quo. Le pouvoir oppressif campe sur ses positions, il refuse de céder d’un pouce. Il craint un basculement de la situation. Ce basculement est à la portée du soulèvement populaire qui nargue l’État et, avec la fermeté d’une juste colère, affirme sa détermination de poursuivre sans relâche son combat.

    Au premier abord, le statu quo joue en faveur de l’État et de ses commanditaires. L’intransigeance des gouvernants vise à vulgariser dans l’opinion l’image d’une forteresse inamovible que rien ne réussira à ébranler. Leur propagande agite le spectre du désespoir qui hante toujours la mémoire des révoltes perdues. Ils misent sur la fatigue, ils comptent sur l’amer « à quoi bon » pour renvoyer les insurgés à la niche. Nos ennemis se trompent deux fois ! (...)

    #Vaneigem #Commune #État #existence #conditions #audace #référendum #mesure #vie #générosité #femme #territoire #unité #désobéissance

  • Le rapport public annuel 2020 | Cour des comptes
    https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-rapport-public-annuel-2020

    Introduit par une courte rétrospective des travaux des juridictions financières en 2019, le rapport public annuel 2020 de la #Cour_des_comptes comprend 22 chapitres, répartis en deux parties, mettant l’accent sur les services rendus au travers des politiques publiques.
    La première partie comporte 13 chapitres sur la situation d’ensemble des finances publiques à fin janvier 2020, les politiques et la gestion publiques, ainsi que sur l’action publique dans les territoires. La deuxième partie est consacrée, pour la première fois, à une thématique transversale : le #numérique au service de la transformation de l’#action_publique, à travers 9 enquêtes. Une troisième partie se concentre spécifiquement sur le suivi des recommandations des juridictions financières. Enfin, un nouveau rapport d’activité présente les actions, les résultats et les moyens des juridictions financières en 2019.

    https://www.banquedesterritoires.fr/localtis-25-fevrier-2020

    #finances_publiques #APL #logement #santé #insuffisance_rénale_chronique #navire #sécurité #drones_militaires #aéroports #desserte_aéroportuaire #Bretagne #restauration_collective #communes #abattoirs_publics #Corse #Poste #courrier #éco-organismes #recyclage #école_polytechnique #retraite_complémentaire #Agirc_Arrco #dématérialisation #titres_d'identité #Pôle_emploi #santé #logement_social

  • Tout commence ici et maintenant

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Tout-commence-ici-et-maintenant

    À celles et ceux de Commercy,

    Jusqu’à présent le capitalisme n’a vacillé qu’en raison de ses crises de développement interne, de ses flux de croissance et de décroissance. Il a progressé de faillite en faillite. Jamais nous n’avons réussi à le faire tomber, si ce n’est en de très brèves occasions où le peuple a pris en main sa propre destinée.

    Ce n’est pas jouer les prophètes que de l’affirmer : nous sommes entrés dans une ère où la conjoncture historique est favorable à l’essor du devenir humain, à la renaissance d’une vie ivre de liberté.

    C’en est assez des murs de lamentations ! Trop d’hymnes funèbres minent en sourdine le discours anticapitaliste et lui donnent un arrière-fond de défaite.

    Je ne nie pas l’intérêt d’observatoires du désastre. Le répertoire des luttes s’inscrit dans la volonté de briser la mondialisation financière et d’instaurer une internationale du genre humain. Je souhaite seulement que viennent s’y ajouter les avancées expérimentales, les projets de vie, les apports scientifiques dont la poésie individuelle et collective jalonne trop discrètement ses territoires. (...)

    #Vaneigem #Commercy #Commune #capitalisme #devenir_humain #internationale #poésie #subjectivité #insurrection #terre #finance #État #autodéfense #auto-organisation #zapatistes #EZLN #Rojava #autoconstruction #permaculture #école #Gilets_jaunes

  • Un géographe mondialement reconnu dont la vie, les idées et l’œuvre tranchent avec celles de la plupart des intellectuels, universitaires ou non, de son époque #ÉliséeReclus #géographie #anarchie #CommunedeParis #biographie

    https://sms.hypotheses.org/22158

    Au fil des dernières années, les chercheurs francophones et internationaux ont redécouvert des figures de géographes et de militants libertaires comme Élisée Reclus et ses amis et collaborateurs Pierre Kropotkine et Léon Metchnikoff. Les travaux de ces géographes continuent de faire l’objet de recherches et de nourrir des débats d’actualité. Ce regain d’intérêt prend tout son sens à la lumière du portrait de Reclus que l’on dresse ici.

    À vrai dire, la figure d’Élisée Reclus est atypique et tranche singulièrement avec celles de la plupart des intellectuels, universitaires ou non, de son époque. Sa vie et son parcours tant politique que scientifique rappellent davantage le roman d’aventure que la biographie « classique » d’un intellectuel. Et ses travaux, scientifiquement reconnus de son vivant, n’ont pas seulement dégagé de nouvelles pistes pour la géographie. Ils ont laissé des traces durables dans la discipline, mais aussi au-delà du champ académique et intellectuel (...)

  • Les Moblots de l’année terrible - Partage Noir
    https://www.partage-noir.fr/les-moblots-de-l-annee-terrible

    Telles deux locomotives lancées l’une contre l’autre sur une voie unique, la France et la Prusse vont se livrer, à la fin des années 1860, à une délirante guerre des effectifs. Tirage au sort et remplacement des conscrits fortunés assurent à l’armée impériale son contingent de recrues parisiennes, pour cinq ans. Les autres, les « bons numéros », sont versés dans une Garde Mobile qui, du siège de Paris à la Commune, s’étiolera au rythme des querelles politiques du temps.

    #Histoire #Commune #BD

  • En el Pozo #Maria_Louisa

    CONTEXTE : A la mine de #Langreo (Asturies), exploitée depuis le XVIIIe s., un accident dans le puits (pozo) Maria Luisa tue 4 mineurs. Le survivant prend à témoin #Maruxiña (poupée des Asturies à l’effigie de Sainte Barbe, patronne des mineurs et/ou sa femme ?)…. La chanson évoque les #grèves et #révoltes des #mineurs asturiens en #1934 : quinze à trente mille ouvriers armés prennent le contrôle d’une grande partie de la région, y instaurent une #commune, et y créent des #comités_révolutionnaires. L’envoi des troupes et le bombardement des zones minières mettront fin à la révolte, faisant plus de mille morts en deux semaines… Triste prélude à Guernica.

    –-

    En el pozo Maria Luisa tra la la la
    Murieron cuatro mineros
    Mira, mira Maruxiña , mira
    Mira como vengo yo!

    Traigo la camisa roja tra la la la…
    De sangre de un compañero
    Mira, mira Maruxiña, mira
    Mira como vengo yo!

    Traigo la cabeza rota tra la la la…
    Que me la rompio un barreno
    Mira, mira Maruxiña, mira
    Mira como vengo yo!

    Me cago en los capataces tra la la la …
    Accionistas y esquiroles
    Mira, mira Maruxiña , mira
    Mira como vengo yo!

    Mañana son los entierros, …
    De esos pobres compañeros
    Mira, mira Maruxiña, mira
    Mira como vengo yo!

    (Santa Bárbara bendita,
    tranlaralará, tranlará, tranlará.
    patrona de los mineros.
    Mira, mira Maruxiña, mira
    mira como vengo yo.)

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=101&v=doI4mk1-uN0&feature=emb_logo

    #musique_et_travail #mines #décès #morts #chanson #accident #Espagne #histoire

    ping @albertocampiphoto @sinehebdo

  • Entretien téléphonique avec #Lougar, depuis la #Commune_Internationaliste à #Derik, nord-est du #Rojava. Organisation, position, activités, projet et aspirations de la #Commune_libre et considération sur l’agression turque, ses enjeux et la résistance qui a cours.

    http://libradio.org/wp-content/uploads/2019/10/CommInternationaliste_Master.mp3

    #Syrie #Kurdistan #guerre #conflit #Kurdes #Turquie

  • La commune est à nous ! Comprendre le #municipalisme en 8 étapes en ligne

    Nous affirmons que la #commune appartient à ses habitants et qu’il est nécessaire de la reconquérir pour la gérer différemment (#féminisation, #collégialité, #bienveillance …). C’est ça le municipalisme !

    « La commune est à nous ! », accessible en ligne, répond à vos questions en 8 étapes pour comprendre la #radicalité_démocratique et construire une nouvelle #éthique_politique. Quelles sont les clés pour ouvrir collectivement les portes d’une #municipalité ? Quelles expériences existent déjà, quels sont leurs succès, leurs difficultés ? Quelles méthodes utiliser pour inclure les habitants ? Comment animer une #assemblée_citoyenne et parvenir à une décision portée par tous ?

    Les modules

    Au cours de 8 modules répartis sur 6 semaines vous aurez l’occasion de traiter des sujets des plus politiques aux plus pratiques :

    Module 1 : Présentation du MOOC et de son fonctionnement
    Module 2 : Qu’est-ce que le municipalisme et quelle est son histoire ?
    Module 3 : Quelles sont les étincelles qui amènent au municipalisme, le terreau favorable et les différentes stratégies de mobilisation qui en résultent ?
    Module 4 : Comment se préparer à des candidatures électorales et nouer des alliances sociales et politiques ?
    Module 5 : Sur quels principes, valeurs et processus reconstruire la confiance en la #démocratie et les institutions dans sa commune ?
    Module 6 : Que signifie organiser un système démocratique PAR, POUR et AVEC les gens ?
    Module 7 : Quelles #politiques_publiques et quels résultats pour répondre aux enjeux sociaux, écologiques et démocratiques ?
    Module 8 : Comment trouver des marges de manœuvre et des stratégies pour peser sur les échelles de décision supra locales ?

    Ces sujets seront portés par des habitants qui portent ces expériences et des spécialistes. Vous aurez la possibilité d’interagir avec eux ainsi qu’avec les participants-es lors des webinaires et des rencontres locales, et aurez à votre disposition de nombreuses ressources.

    https://la-commune-est-a-nous.commonspolis.org
    #mooc #cours
    ping @karine4 @nepthys

  • « Le mouvement des gilets jaunes a permis à beaucoup d’inventer une parole politique », Laurent Jeanpierre
    https://www.liberation.fr/debats/2019/08/23/laurent-jeanpierre-le-mouvement-des-gilets-jaunes-a-permis-a-beaucoup-d-i

    Si on raisonne à l’échelle du mouvement, il faut distinguer deux moments : une phase ascendante à partir de novembre 2018, puis une phase de déclin qui débute avec la destruction des abris sur les ronds-points fin janvier 2019. Dans la première période, on observe un des effets quasi miraculeux du mouvement : des divisions très ancrées dans les imaginaires, entre « ceux qui bossent » et « ceux qui ne foutent rien », s’estompent (elles reviendront lors du déclin du mouvement).

    #Gilets_jaunes #subjectivité #reproduction

    • « In girum », de Laurent Jeanpierre : situer les « gilets jaunes » ?, Jean Birnbaum
      https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/08/29/in-girum-de-laurent-jeanpierre-situer-les-gilets-jaunes_5504038_3260.html

      Dans un essai captivant « In girum », le professeur de science politique et intellectuel de gauche tente de cerner la « révolte des ronds-points », en se laissant ébranler par elle.

      Des « gilets jaunes » au « rond point des Gaulois », à Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme), le 15 décembre 2018. THIERRY ZOCCOLAN/AFP

      Si l’essai de Laurent Jeanpierre émeut d’emblée, c’est qu’il assume la fragilité qui donne force à ce genre : méditant le mouvement des « gilets jaunes », l’auteur « essaye » pour de bon, et proclame la nécessité d’un humble tâtonnement. Ici, la modestie requise est à la fois scientifique et politique. Laurent Jeanpierre dit en substance : comme professeur de science politique mais aussi comme intellectuel de gauche, je suis l’héritier de modèles qui menacent d’écraser la nouveauté des actions vécues sous le poids d’une spéculation vétuste ; voilà pourquoi je ne prétends pas énoncer la « vérité cachée » de la rébellion jaune, je souhaiterais simplement me « laisser ébranler » par elle.

      Cette révolte a ruiné les certitudes des docteurs en insurrection
      De fait, l’ensemble de l’ouvrage, rédigé d’une plume sensible, se déplie au conditionnel. Son auteur rappelle d’abord les traits spécifiques de cette révolte : en rupture avec les légitimités traditionnelles, apparemment privée de cohérence idéologique et de débouchés politiques, obtenant par l’émeute ce que les défilés syndicaux étaient impuissants à conquérir, elle a ruiné les certitudes des docteurs en insurrection, militants de gauche comme chercheurs en sciences sociales.

      Les uns et les autres vacillent devant les ronds-points ? Oui, parce que leur culture commune demeure ancrée dans une certaine période, celle du capitalisme fordiste. A l’époque, le mouvement ouvrier formait l’archétype de tout combat émancipateur ; l’usine se tenait au centre des ­conflits ; les syndicats comptaient ; et même la sociologie. Quiconque a lu Alain Touraine, entre autres, sait que ce monde-là est entré en crise depuis des lustres. Mais Jeanpierre montre bien que le « moment jaune » marque son cruel enterrement.

      Au point d’ouvrir un nouveau cycle de luttes ? Laurent Jeanpierre se garde de toute réponse trop assurée. Mais il suggère une hypothèse. Par-delà leur diversité générationnelle et sociale, avance-t-il, les « gilets jaunes » auraient en commun d’être des « entravés », dont la mobilité spatiale ne recoupe plus aucune mobilité sociale ; sur les ronds-points, ils et elles auraient voulu rebâtir un lieu de vie, des espaces de rencontre et de solidarité ; sans rêver de révolution anticapitaliste, les « gilets jaunes » appelleraient donc de leurs vœux « le réencastrement de l’économie dans les réseaux de solidarité effectifs, plutôt que dans le marché, et au service des individus ». Conclusion : leur action viendrait essentiellement conforter une « relocalisation de la politique », à rebours de l’élan internationaliste qui avait animé, au tournant des années 2000, la galaxie « altermondialiste ». Afin d’étayer cette hypothèse, Laurent Jeanpierre situe la révolte des ronds-points dans une constellation planétaire « d’utopies politiques locales », dont il décrit avec finesse les succès et les impasses : zadisme, mouvement des « places » grecques, kibboutzim israéliens, révolte au Chiapas, « mairies rebelles » de Catalogne…

      Cette façon de prendre recul et hauteur produit des effets ambivalents. D’une part, elle permet à Laurent Jeanpierre de signer les pages les plus passionnantes de son livre. Mais, d’autre part, elle en ­exhibe la contradiction intime, celle qu’endure tout théoricien de l’émancipation confronté à un mouvement social, et désireux de dévoiler sa signification. A l’origine de ce bref essai, on s’en souvient, il y a le refus des jugements surplombants. En cela, Laurent Jeanpierre se place dans le sillage d’une certaine pensée anarchiste : pure dissidence des âmes et des corps, la révolte se passerait d’explication.

      Psychanalyste malgré lui

      Mais on ne se refait pas. Le savant a la mémoire longue et l’esprit conquérant. Si bien qu’au fil des pages Laurent Jeanpierre prête aux révoltés des ronds-points telle ambition « inconsciente », telle intention « qui leur échappe ». Sous sa plume, on voit alors resurgir ce maudit lexique de la « vérité cachée » dont il prétendait s’affranchir. Psychanalyste malgré lui, il évoque même les « tendances conservatrices ou néofascistes qui ont traversé le mouvement ».

      Ce point est mentionné à plusieurs reprises, comme en passant. L’approfondir aurait ­permis de « se laisser ébranler » jusqu’au bout en posant les questions suivantes : est-il possible de refuser, comme Laurent Jeanpierre le fait, la disqualification globale du mouvement par ceux qui le réduisent à ces « tendances néofascistes », tout en interrogeant le sens de ces pulsions ? Alors que d’autres mobilisations, au cours des dernières décennies, avaient aussi imposé un nouveau répertoire d’action collective (happenings d’Act Up, occupations par les sans-papiers, coordinations infirmières, forums altermondialistes…), comment expliquer qu’aucune d’entre elles n’ait jamais été suspectée d’une quelconque « tendance néofasciste » ? S’il y a là une singularité, se pourrait-il que la mobilisation des « gilets jaunes », loin de s’inscrire dans l’histoire des gauches et des luttes d’émancipation, ait eu pour vocation de rompre avec la tradition du mouvement ouvrier, voire d’en finir avec elle ?

      « In girum. Les leçons politiques des ronds-points », de #Laurent_Jeanpierre, La Découverte, « Cahiers libres », 192 p., 12 €.

      #livre #révolte #insurrection #émeute #militants #capitalisme-fordiste #usine #Mouvement_ouvrier #entravés #rupture #utopies_politiques_locales #néofasciste (tendance)

    • In Girum - Les leçons politiques des ronds-points, Laurent Jeanpierre, extrait
      https://books.google.fr/books?id=uAaqDwAAQBAJ&pg=PT10&source=kp_read_button&redir_esc=y#v=onepa

      « ... la politique en trouve pas sa consistance dans les discours et n’est pas avant tout une affaire d’opinion, de revendications, de programmes. »

      #entravés #espoirs_périphériques #reproduction #communes
      @monolecte @parpaing @kaparia @cie813 @vanderling @mona @recriweb et aux autres, bien sûr.

    • Rencontre avec l’auteur ce soir vendredi 6 septembre 2019.

      « La Librairie Petite Egypte (35 Rue des Petits Carreaux, 75002 Paris, Métro Sentier) me fait l’amabilité de m’inviter à présenter l’essai que je viens de publier aux Éditions La Découverte (In Girum. Les leçons politiques des ronds-points).
      J’en présenterai quelques aspects sous forme de dialogue à partir de 19 heures. La discussion sera suivie d’un pot amical. »

  • Lille : Inauguration du Beffroi de Saint-Sauveur en photos elnorpadcado - 6 Mai 2019
    https://www.elnorpadcado.fr/Inauguration-du-Beffroi-de-Saint-Sauveur-en-photos

    Nous occupons illégalement le Belvédère de la friche Saint-Sauveur pour barrer la route aux intérêts coalisés des beffrois de la Chambre de commerce et de la mairie de Lille. Notre Gourbi fut la première pierre de cette installation. Fait de bric, de broc et d’envies communes, il ressemble à ce que pourrait être une ville à l’image de ses habitants, modeste et créative. Aujourd’hui nous inaugurons le Beffroi de Saint-Sauveur. Comme vous le verrez, sa petitesse est rendue majestueuse par son insolence.

     ?

    L’histoire raconte que Pierre Mauroy et quelques grands patrons réconcilièrent leurs beffrois respectifs dans les années 1980. Vous comprendrez, à la vue du parti pris esthétique de notre beffroi, mais aussi de son orientation, que nous entendons bien écorner le consensus économique.

    Le premier beffroi lillois fut érigé à la fin du XIII° siècle au dessus de la halle échevinale, l’ancêtre de la mairie situé à l’emplacement de l’actuelle rue Faidherbe. Il fut démonté en 1601 et il faut attendre 1826 pour que le nouvel hôtel de ville situé au Palais Rihour érige le sien. Il sera lui aussi démoli en 1857. En 1921, la Chambre de commerce érige son beffroi, haut de 76 m. Puis vient en 1932 celui du nouvel hôtel de ville, culminant à 104 m de haut. Ces deux beffrois ont vocation à montrer la puissance de leurs propriétaires, celle des affaires, de l’industrie, de la politique, ici synonymes. Le phare du Beffroi de l’hôtel de ville n’a-t-il pas vocation à faire rayonner la municipalité, et par là marquer sa puissance ?

    Une autre histoire des beffrois, moins grandiloquente, aurait pourtant pu s’écrire. Les beffrois étaient érigés des Flandres jusqu’en Picardie pour des raisons de défense des villes, ou plutôt des Communes . Avant d’être une simple subdivision administrative, la commune fut longtemps le symbole de l’émancipation du tiers-état face aux pouvoirs féodal et royal. Au XI° siècle, une aspiration à l’amitié collective traverse les bourgs de Picardie et du nord de la France qui se concrétise dans cette Commune. Elle s’inspire de la gestion collective des pâtures, cheptels et récoltes des communes villageoises qu’on rencontre encore dans toute l’Europe, et de Kabylie jusqu’en Inde. Derrière les enceintes fortifiées du forum , les communeux échappent au pouvoir du castrum et à ses rapports vassaliques. « Tous ceux qui appartiennent à l’amitié de la ville, proclame la Charte communale d’Aire (-sur-la-Lys) en 1188, ont promis et confirmé, par la foi et le serment, qu’ils s’aideraient l’un l’autre comme des frères, en ce qui est utile et honnête ». Les Chartes communales établissent les règles d’administration des bourgs et sont un serment entre égaux. La commune est une société de secours mutuel, une caisse d’obsèques et d’entraide qui finance à l’occasion ripailles et beuveries.

    Mais le développement du commerce agricole et surtout des draperies, véritables proto-industries capitalistes, fait émerger aux XII° et XIII° siècles une nouvelle classe dirigeante. En Flandre surtout, les guildes de marchands accaparent le pouvoir communal et installent leur domination. La Charte communale lilloise de 1235 accordée par la comtesse Jeanne de Flandre prévoit le renouvellement des échevins pour éviter l’installation d’une oligarchie marchande – mais en vain. Toujours est-il que cette charte durera 600 ans jusqu’à la Révolution française, période pendant laquelle l’idée de Commune regagne en vigueur. Le gouvernement révolutionnaire de 1789 se nomme « Commune intérimaire ». Une « Commune insurrectionnelle » lui fait concurrence deux ans plus tard, emmenée par les sans-culottes et la Conjuration des Égaux du Picard Gracchus Babeuf. Enfin, l’idée de Commune ressurgira en 1871 à Paris avant d’être écrasée par les Versaillais.

    Une histoire collective et fraternelle des communes et de leurs beffrois a donc existé. Nous trouvons aujourd’hui dans celle-ci de quoi défendre la friche Saint-Sauveur et réinventer la ville jusqu’au démantèlement de tout ce qui la rend littéralement invivable, à commencer sûrement par Euralille. Quand l’histoire nous écrase, celle écrite par les marchands de ville, ses directeurs de conscience et de travaux, voici peut-être le dernier geste de résistance à notre portée :

    Merde au consensus économique ! Vive la Commune de Saint-Sauveur ! Et vive son Beffroi !
    Lille, le 4 mai 2019.

    #Lille #Beffroi #commune #Euralille #PS #pierre_mauroy #martine_aubry #occupation

  • L’incendie de Notre-Dame repose - aussi - la question du #patrimoine_religieux des #communes
    https://www.banquedesterritoires.fr/lincendie-de-notre-dame-repose-aussi-la-question-du-patrimoine-

    Alors que le conseil des ministres du 24 avril a validé le projet de loi pour la #restauration et la #conservation de la cathédrale de Notre-Dame de Paris en instituant une souscription nationale, des débats passionnants réinterrogent la relation des #collectivités_territoriales avec leur patrimoine religieux. Débat autour de l’entretien, de l’insuffisance du financement des communes, de l’écart Paris-province... et l’on prend soudain conscience qu’une bonne partie des opérations financées par le #Loto du patrimoine sont des monuments religieux.

    #fondation_du_patrimoine #loi_de_1905

  • Petites scènes de débâcle en attendant l’implosion

    Daniel Denevert, Le Communard

    https://lavoiedujaguar.net/Petites-scenes-de-debacle-en-attendant-l-implosion

    Ce texte, paru dans Le Communard à l’automne 2011, est reproduit dans le livre de Daniel Denevert Dérider le désert (éditions La Grange Batelière, 2018), un recueil de critiques, souvent jubilatoires, parfois féroces, qui retrace des souvenirs de luttes et de dissidences des années cinquante à aujourd’hui, de Paris, et sa banlieue, au plateau de Millevaches.

    Au regard de l’histoire où se joue le sort des humains, toute bonne idée n’atteint son point d’efficience que lorsqu’elle est collectivement portée, au moment où elle emporte la conviction intime de chacun des protagonistes. Les peuples d’Oaxaca le savent et savent consacrer le temps qu’il faut à la construction la plus élaborée possible du consensus. L’une des tâches qui se présenteront à ces prochaines expériences d’assemblées, que la multiplication et la fréquence des convulsions du système rendent hautement prédictibles, sera de parvenir à penser et à formaliser un tant soit peu leur propre fonctionnement. Ce n’est ni une sorte d’idéal à atteindre, moins encore une question formelle de principe, mais un enjeu stratégique aux conséquences décisives.

    Derrière la figure de l’assemblée, dont la durée de vie ne fait que s’inscrire temporairement dans le cours d’une situation, se profile celle plus ambitieuse encore de la Commune qui aspire à se ressaisir de l’ensemble des conditions de vie pour chaque communauté donnée. (...)

    #2011 #sécheresse #Millevaches #Fukushima #démocratie #peuple #écologie #banlieues #Commune #Oaxaca #communisme

  • Commune hospitalière ?

    Une commune hospitalière est une commune qui, par le vote d’une motion, s’engage à améliorer l’information et l’accueil des personnes migrantes, quel que soit leur statut.

    Elle facilite les démarches pour tous les migrants. Les demandeurs d’asile, donc, mais aussi les autres personnes en situation parfois plus précaire encore, comme les sans papiers.

    Elle s’engage à minima à deux niveaux : sensibiliser sa population aux questions migratoires, et améliorer concrètement l’accueil des migrants dans le respect des droits.

    Une commune hospitalière s’engage, à son échelle, pour une politique migratoire basée sur l’#hospitalité, le respect des #droits_humains et les valeurs de #solidarité.

    https://www.communehospitaliere.be
    #commune_hospitalière #villes-refuge #asile #migrations #réfugiés #Belgique #sensibilisation #information #accueil

    métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

  • BIS communes nouvelles 2019_9 - bis_130_2.pdf
    https://www.collectivites-locales.gouv.fr/files/files/statistiques/brochures/bis_130_2.pdf

    Entre 2010 et 2019, 2 508 #communes se sont regroupées pour créer 774 #communes_ nouvelles. Ces créations se sont fortement accélérées depuis 2016. En conséquence, au 1er janvier 2019, on compte 34 970 communes en France, soit 5 % de moins qu’au 1er janvier 2010. Ces 774 communes nouvelles sont plus nombreuses dans le quart Nord-Ouest de la France et plus particulièrement dans le Calvados, l’Eure, le Maine-et-Loire et la Manche. Elles sont plus peuplées que la moyenne des communes françaises.

    #collectivités_territoriales #géographie_administrative

  • Inventions civiques, par Philippe Person (Le Monde diplomatique, février 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/PERSON/59536

    L’organisation de la #Commune — paralysée par la « peur de faire peur », sans chef clairement désigné par crainte de voir émerger un pouvoir personnel — et de sa garde nationale désole Guillemin : « La vérité qu’il faut dire, qu’il serait coupable de dissimuler, la tragique vérité est que tout se déroula dans une #anarchie sans nom. » Dès lors, l’issue est inévitable, et la relation de la « semaine sanglante » est un morceau d’anthologie, qui montre ce dont peuvent être capables les « #gens_de_biens » — avec un « s » à « biens ».