• 150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris

    Présentation du Cercle Léon Trotsky (vidéo) https://www.lutte-ouvriere.org/player/155827 / https://www.youtube.com/watch?v=uKSE_-sZrV8


    Le texte intégral de la conférence https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/150-ans-apres-lactualite-de-la-commune-de-paris-de-1871-155999.html

    Sommaire :

    #Marx et la Commune

    Aux origines de la Commune
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    – La révolution de #1848
    – Les transformations du second Empire
    – Le prolétariat se développe et s’organise
    – Socialistes, blanquistes, proudhoniens
    – L’#Association_internationale_des_travailleurs (#AIT)
    – De la guerre contre la Prusse à la proclamation de la République

    Du 4 septembre 1870 au 18 mars 1871  : La République bourgeoise
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    – Le gouvernement de la Défense nationale
    – La Garde nationale  : le prolétariat en armes
    – Agitation politique à Paris et en province
    – L’Assemblée des monarchistes contre Paris
    – Le Comité central de la #Garde_nationale, embryon de pouvoir ouvrier  ?

    Le #18_mars  : le pouvoir aux mains des Parisiens
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    – La Commune  : première ébauche d’un #État_ouvrier
    – Le #Comité_central se met en retrait
    – Fallait-il marcher sur Versailles  ?
    – Les élus de la Commune
    – Le rôle des #femmes dans la Commune
    – Travailleurs de tous les pays, unissons-nous  !
    #Démocratie_prolétarienne contre #démocratie_bourgeoise
    – Les répercussions de la Commune en #province
    – La première attaque des versaillais et le décret sur les otages

    L’œuvre de la Commune
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    – Des mesures pour les travailleurs et pour reprendre en main la production
    – Contre la misère  : remise des échéances, le mont-de-piété, l’assistance publique
    – Égalité et #éducation pour tous  !
    – La Banque de France et le respect de la légalité

    La #Commune_de_Paris, devenue symbole de la lutte des classes entre le #prolétariat et la #bourgeoisie
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    – La #Semaine_sanglante
    – La haine de classe de la bourgeoisie
    – Le drapeau rouge des travailleurs
    – «  Que nos défaites nous apprennent à vaincre  !  » (J-B Clément)
    – Conclusion


  • Une gravure représentant l’écrasement du fort d’Issy, tirée du film d’animation de Raphaël Meyssan, Les Damnés de la Commune.
    Cineteve

    La Commune, grande oubliée du cinéma

    Il existe plein de films sur Jeanne d’Arc ou la Révolution. Mais sur les mois de mars à mai 1871, étonnamment, presque rien, hormis quelques films et documentaires singuliers. Un vide que vient en partie combler “Les Damnés de la Commune”, superbe film d’animation de Raphaël Meyssan à voir sur arte.tv.

    « J’entreprends de conter l’année épouvantable/ Et voilà que j’hésite, accoudé sur ma table/ Faut-il aller plus loin ? dois-je continuer ? »… Ainsi Victor Hugo introduit-il L’Année terrible, son recueil de poèmes consacré aux événements de 1871. Terrible, la déroute du second Empire devant l’armée prussienne, qui aboutit à une capitulation totale et à la chute du régime. Terrible, surtout, le massacre de ceux qui entendaient résister, dans tous les domaines et par tous les moyens, au nouvel ordre conservateur qui surgissait de cette guerre. En deux mois d’existence, de mars à mai 1871, la Commune de Paris (mais aussi de plusieurs villes de province) a rêvé de démocratie, d’égalité sociale et de partage, avant d’être anéantie dans le sang par les « versaillais », ceux qui allaient fonder la IIIe République, d’Adolphe Thiers à Jules Ferry. Aux vainqueurs, le droit d’écrire l’Histoire, d’étouffer la légende, d’en atténuer les enseignements et la complexité.

    Cent cinquante ans plus tard, cette révolution avortée hante pourtant bien des livres, elle a été chantée, racontée, étudiée. Certains de ses héros, telle Louise Michel, ont accédé à la postérité. Mais le cinéma est resté étrangement timide, lui qui naquit en 1895, seulement vingt-quatre ans plus tard. Alors que d’autres épisodes majeurs de l’Histoire – et de l’imaginaire collectif – ont été largement représentés (du cas Jeanne d’Arc à la Révolution en 1789, entre autres), les événement de 1871 ont eu bien du mal à imprégner la pellicule. Même si, avec sa dimension tragique, ses idéaux, ses convulsions, ses personnages saillants, son unité de temps et de lieu (Paris assiégé, enfermé dans l’étau de ses « fortifs »), la Commune est pourtant terriblement cinégénique.

    Pas d’épopées à gros budget

    Des films existent, bien sûr. Depuis L’Émeute sur la barricade, le tout premier (durée : quatre minutes), réalisé par Alice Guy en 1906, on en a compté (sauf erreur) un peu moins d’une quarantaine, documentaires et fictions, grand et petit écrans, toutes origines confondues. Ils existent, mais il faut les chercher. Très peu d’entre eux ont marqué l’histoire du cinéma. Aucun n’appartient à la catégorie des épopées à gros budget qui auraient pu toucher un large public. En tout cas, pas en France. Comme si plusieurs générations de producteurs influents s’étaient posé la même question que Victor Hugo au début de L’Année terrible. « Faut-il aller plus loin ? dois-je continuer ? » Manifestement, la réponse était non. Et le cinéma populaire est resté… sinon « versaillais », du moins indifférent.

    Dans les premières décennies du XXe siècle, ceux qui se sont emparés du sujet l’ont fait d’abord pour des raisons politiques. À commencer par La Commune, d’Armand Guerra, en 1914, reconstitution produite par la société de production coopérative Le Cinéma du Peuple, qui entendait redonner ses lettres de noblesse et sa légitimité historique à la classe ouvrière. Le film s’achève d’ailleurs, de manière très touchante, par une séquence documentaire montrant face caméra un groupe d’anciens combattants, authentiques survivants de la Commune, tels que Zéphirin Camélinat, Jean Allemane, Nathalie Lemel.

    Dans les années 1920, c’est surtout le cinéma soviétique qui s’intéresse à la période. Cette fois, l’Histoire est « écrite » par des vainqueurs, ceux de 1917, qui voient dans la Commune le laboratoire et la matrice de leur propre révolution, avec par exemple un chef-d’œuvre comme La Nouvelle Babylone, de Grigori Kozintsev, qui retrace les événements à travers le parcours d’une vendeuse de grand magasin, ou encore La Pipe du communard, de Constantin Mardjanov, inspiré du livre de Karl Marx, La Guerre civile en France.

    Chant de bataille pour la mémoire

    Enjeu idéologique pour ceux qui l’utilisent, la Commune le reste aussi pour ceux qu’elle horripile… En 1951, La Commune de Paris, documentaire de Robert Ménégoz qui présente le moment historique comme une « première ébauche de la dictature du prolétariat » fut interdit par la censure jusqu’en 1956 pour cause de... « considérations fallacieuses et insultantes à l’égard de Mr Thiers ». C’est dire si la Commune reste un chant de bataille pour la mémoire, mais aussi le lieu symbolique où s’affrontent les adversaires du moment. Dans les années 1920, il s’agit de justifier la révolution d’Octobre. Dans les années 1950, de s’opposer à la société capitaliste et bourgeoise, avec toute la puissance du Parti communiste de l’époque. Et dans les années 1970, alors que fleurissent à nouveau quelques films (parmi lesquels La Semaine sanglante, de Joël Farges, en 1976, Rossel et la Commune de Paris, de Serge Moati, et La Barricade du point du jour, de René Richon, en 1977…), il est autant question de célébrer le centenaire de l’insurrection que de faire écho aux barricades encore récentes de Mai 68.

    Du téléfilm L’Année terrible , de Claude Santelli, en 1985, au « décor » historique du Festin de Babette (l’héroïne est une communarde exilée au Danemark), de Gabriel Axel, en 1987, ou encore 1871, du Britannique Ken McMullen, en 1990, le sujet réapparaît ensuite ça et là, avant de retrouver une force singulière grâce à un autre Anglais, le cinéaste militant Peter Watkins. La Commune (Paris, 1871) , diffusée en 2000 sur Arte en version longue (cinq heures quarante-cinq), puis en version « courte » (trois heures trente, tout de même), sept ans plus tard, dans les salles de cinéma, est sans doute l’une des expériences les plus importantes et les plus libres jamais inspirées par l’événement. Volontairement anachronique (la « télé » versaillaise, sorte d’ORTF ultraconservatrice, s’y oppose au désordre libertaire de la « chaîne pirate » des communards), ce film fleuve expérimental, réalisé à Montreuil avec deux cents comédiens, interroge frontalement le présent, de l’influence des médias à l’avenir des luttes sociales. Plus que son déroulement exact, c’est l’esprit de la Commune, dans ses élans comme dans ses contradictions, mais aussi dans sa modernité, qui souffle au cinéaste cette brûlante œuvre-pamphlet. « J’espère , confiait-il en 2000 au Monde diplomatique, que La Commune sera un outil d’apprentissage pouvant aider à disséquer et à mettre en cause les conventions du cinéma et de la télévision. »

    Depuis, si l’on excepte le téléfilm Louise Michel , de Solveig Anspach, en 2008, on n’avait pas vraiment revisité les barricades. Et il aura fallu attendre ce 23 mars, sur Arte, pour découvrir un autre superbe coup d’audace : Les Damnés de la Commune , le film d’animation de Raphaël Meyssan, adapté se son roman graphique du même nom (éd. Delcourt, 2017-2019), entièrement réalisé à partir de gravures d’époque. L’occasion de constater, encore une fois, que les meilleurs films sur la Commune sont ceux qui, comme elle, veulent bousculer l’ordre établi, changer les règles. Et dire, comme Victor Hugo dans L’Année terrible : « N’importe. Poursuivons. L’histoire en a besoin /Ce siècle est à la barre et je suis son témoin. »

    Cécile Mury

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=p2v7U9E3NnU&feature=emb_logo

    https://vimeo.com/26026952

    #Commune_de_Paris

    https://seenthis.net/messages/633169

  • Les damnés de la commune - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/094482-000-A/les-damnes-de-la-commune
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/094482-000-A/1920x1080?ts=1615896604&text=true

    À l’occasion des 150 ans de la #Commune, #Raphaël_Meyssan nous plonge au cœur de cette révolution singulière, grâce à un étonnant dispositif esthétique. Construite autour de gravures d’époque, une adaptation virtuose de son roman graphique éponyme.

    #Commune_de_Paris

    • 18 mars 1871, barricade de la rue de Flandre, tenue par les insurgés. Anonyme/Paris Musées

      Longtemps, la Commune de Paris a été l’étendard de la seule gauche de la gauche. Mais les nouvelles générations d’historiens et artistes s’enflamment pour l’épisode révolutionnaire de 1871. Quelque chose a donc changé ?

      Un anniversaire, ce n’est pas le Grand Soir. Mais tout de même, ils les attendaient, ces 150 ans. L’association des Amies et amis de la Commune et sa petite sœur, créée pour l’occasion, Faisons vivre la Commune !, préparaient depuis plus de deux ans une célébration en fanfare de ce qu’ils tiennent pour la référence politique suprême.

      Dans un appel soutenu par une centaine d’artistes, d’universitaires, d’éditeurs ou de syndicats, ils annonçaient vouloir créer « un temps fort, tout à la fois du souvenir de cet épisode émancipateur, mais aussi des luttes actuelles qui en forment l’écho démultiplié ». Las, le contexte sanitaire les oblige à revoir leur « saison communarde » : seulement une partie de la cinquantaine de conférences, projections, spectacles vivants et expositions initialement prévus pourra avoir lieu (programme ici).

      Un riche programme qui accompagne, à gauche, un regain d’intérêt pour la Commune, événement pourtant méconnu du grand public. Alors que le Parti communiste, auquel elle fut longtemps liée, n’a cessé de s’affaiblir, l’association des Amies et amis – créée en 1882 par des communards de retour d’exil et du bagne – compte aujourd’hui plus d’adhérents qu’il y a vingt ans. « C’est en partie lié à l’évolution de la gauche, pense Marc Plocki, cofondateur de Faisons vivre la Commune ! Avec l’entre-soi, le sectarisme, le manque de renouvellement des chefs, les gens sont à la recherche d’autres solutions collectives, et la Commune en offre de nombreuses. »
      Abonné Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle Quentin Deluermoz Quentin Deluermoz

      Entre le 18 mars et le 28 mai 1871, dans une France à genoux face à la Prusse, la capitale meurtrie et affamée s’est soulevée et affranchie d’une IIIe République encore balbutiante mais déjà aux mains des monarchistes, majoritaires à l’Assemblée. D’un même élan, les Parisiens « dissolvent l’État et le capital », selon la formule de l’essayiste américaine Kristin Ross : la population s’autoreprésente de manière démocratique et directe, puis se réapproprie les moyens de production, en renversant les règles de propriété et de commerce.
      “Toutes les révolutions, les insurrections socialistes du XXe siècle se sont voulues filles de l’insurrection parisienne de 1871.” Jacques Rougerie, historien.

      C’est toute la vie que l’on change alors, et pas seulement celle des travailleurs. L’école laïque, gratuite et obligatoire est instaurée, tout comme la séparation de l’Église et de l’État, la liberté d’association, la suspension des loyers ou un droit au travail pour les femmes. Le philosophe marxiste Henri Lefebvre parle en 1965 de cette expérience politique et sociale inédite et intense, liquidée dans le sang par les troupes d’Adolphe Thiers, comme d’un moment unique de « révolution totale ». « Toutes les révolutions, les insurrections socialistes du XXe siècle se sont voulues, de quelque manière, filles de l’insurrection parisienne de 1871 », écrit l’historien Jacques Rougerie, grand spécialiste de la période.

      Muée en légende qui stimule les imaginaires, la Commune de Paris est avant tout un sujet d’études scientifique, intellectuel et politique. Une bibliographie établie en 2006 par Robert Le Quillec évaluait à cinq mille le nombre de publications qui lui étaient consacrées, auxquelles viennent s’ajouter plusieurs dizaines de nouveaux ouvrages prévus pour ses 150 ans. L’immense disproportion entre sa puissance historique et sa dimension réelle interroge depuis longtemps les universitaires : la Commune de Paris n’aura duré que soixante-douze jours et n’eut guère le temps d’appliquer son programme révolutionnaire.
      Des membres des Amies et amis de la Commune devant le mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise.

      Des membres des Amies et amis de la Commune devant le mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise.

      Stéphane Lavoué/Pasco pour Télérama

      Un début d’explication se trouve déjà chez Karl Marx, qui écrit quelques jours à peine après la répression de l’insurrection que l’importance de la Commune de Paris ne tient pas à ses idées ou à ses réalisations, mais à sa simple « existence en acte ». De la même manière, pour son camarade Friedrich Engels, alors qu’elle n’avait pas de projet prédéfini, la Commune a mis sur pied une philosophie de la liberté supérieure à la Déclaration d’indépendance des États-Unis ou à la Déclaration des droits de l’homme… parce qu’elle était concrète.

      En imaginant une « République universelle » qui réfléchit tout autant à l’union des peuples, à la place des femmes ou à celle de la nature et de l’art, la Commune joue un rôle déterminant dans l’évolution de la pensée de Marx et Lénine et influence des courants aussi divers que le communisme anarchiste, l’écosocialisme, le féminisme, le municipalisme libertaire… Si sa mémoire est plurielle, elle est aussi conflictuelle, rappelle l’historien Éric Fournier (La Commune n’est pas morte, éd. Libertalia) – même l’extrême droite s’en est saisie.

      Après le centenaire de 1971, « le désenchantement politique, l’affaiblissement des utopies illustré par l’effondrement du communisme et la capitulation de la social-démocratie face au néolibéralisme » avaient rendu fantomatique la présence de l’épopée parisienne dans les luttes, poursuit-il. Mais depuis les années 2010, elle résonne à nouveau chez ceux qui, comme la plus célèbre des communardes, Louise Michel, ont « hâte de s’échapper du vieux monde ».
      Ménilmontant Football Club 1871

      « La Commune n’est pas morte », lit-on régulièrement, ici sur une banderole de manifestation, là tagué sur un mur, oscillant entre le vœu et le constat. En 2016, les participants parisiens de Nuit debout ont multiplié les évocations de 1871, allant jusqu’à rebaptiser la place de la République « place de la Commune » et à placer sur la statue de Marianne le drapeau rouge des fédérés.

      Et le mouvement des Gilets jaunes ne s’en est pas tenu à l’évocation de 1789 (considérée par les communards comme une révolution bourgeoise), arborant, sur ses vestes fluo et les cabanes de ses ronds-points, quelques « Vive la Commune ». Lors d’occupations étudiantes, il n’est pas rare non plus que lycées et universités se rebaptisent en l’honneur de 1871, malgré le caractère non obligatoire de son enseignement dans les programmes scolaires.

      La puissante aura dont bénéficie encore l’épopée parisienne irrigue l’imaginaire de nombreuses communautés distinctes et dissemblables. À Ménilmontant, l’un des derniers quartiers encore en partie populaires de Paris, à quelques pas du cimetière du Père-Lachaise où furent fusillés les derniers communards, il était possible, avant la crise sanitaire, de voir en concert un groupe de metal baptisé La Commune. Ou de boire une bière avec les joueurs du Ménilmontant Football Club 1871.

      « Un aspect qui caractérise ce renouveau mémoriel est la force de la mémoire culturelle, souligne l’historien Jean-Louis Robert dans le récent ouvrage collectif La Commune de 1871. Une relecture (éd. Créaphis). Dans les récentes années, le nombre de jeunes troupes qui ont écrit, monté, joué des pièces de théâtre évoquant la Commune est considérable. Elle fournit un réservoir scénique qui trouve un nouvel écho. » Son caractère épique en fait le thème d’un jeu de plateau créé par des passionnés : dans Red Flag Over Paris, deux joueurs s’opposent pour prendre le contrôle de la ville, des institutions ou de l’opinion, à l’aide de cartes à l’effigie, selon que vous vous situez d’un côté ou de l’autre de la barricade, du ministre Jules Favre, de la révolutionnaire Louise Michel ou de Victor Hugo.
      “La détérioration du marché du travail et l’accroissement des inégalités font que le monde des communards nous est en réalité bien plus proche que celui de nos parents”, Kristin Ross, historienne.

      Et que dire des déclinaisons littéraires : faisant suite au Cri du peuple, œuvre phare de Jean Vautrin puis de Jacques Tardi, auteurs et autrices trop nombreux pour être tous cités la réinventent sous forme de roman, polar, bande dessinée, livre jeunesse, uchronie… « La Commune n’a connu qu’un printemps éphémère, riche en potentialités, qui autorise tous les investissements, toutes les spéculations, justifie Jean-Guillaume Lanuque, professeur d’histoire et membre du collectif de recherche Dissidences. Elle n’a pas eu le temps de décevoir, contrairement à la révolution russe, ou même à la Révolution française, qui a fini par accoucher d’un Napoléon. De quoi alimenter une énergie utopique mobilisatrice. »
      Toulouse, 17 mars 2019. Des Gilets jaunes, alliés à la Marche pour le climat, se réclament des communards.

      Toulouse, 17 mars 2019. Des Gilets jaunes, alliés
      à la Marche pour le climat, se réclament des communards.

      Alain Pitton/NurPhoto

      Avec la maison d’édition La Clef d’argent, il a lancé un appel à textes de science-fiction, fantastique et fantasy autour de l’événement pour son 150e anniversaire. S’engouffrer dans la porte qu’a entrouverte la Commune avant d’être violemment refermée, c’est inventer un autre monde.

      Mais pourquoi un tel regain d’intérêt dans une société qui n’a plus beaucoup à voir avec le xixe siècle ? La détérioration du marché du travail et l’accroissement des inégalités font « que le monde des communards nous est en réalité bien plus proche que celui de nos parents », assure Kristin Ross dans L’Imaginaire de la Commune (éd. La Fabrique). « Il est normal que ceux qui veulent expérimenter des manières de vivre différemment, dans une économie capitaliste florissante bien que ravagée par la crise, puissent trouver intéressantes les discussions qui occupaient la Commune. »
      “La Commune rappelle, à l’ère des gouvernances mondialisées qui nourrissent l’idée qu’il n’y a pas d’alternative, la pluralité des formes possibles du politique.” Quentin Deluermoz, historien.

      Si elle reste synonyme de lutte sociale, elle fait désormais davantage écho à la souveraineté populaire qu’aux mouvements ouvriers auxquels elle a longtemps été associée, remarque l’historien Quentin Deluermoz dans son dernier ouvrage (Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au xixe siècle, de Quentin Deluermoz, éd. du Seuil.). « La Commune rappelle, à l’ère des gouvernances mondialisées qui nourrissent l’idée qu’il n’y a pas d’alternative, la pluralité des formes possibles du politique », écrit-il. Et comme l’imagination communarde inscrivait son autonomie locale « dans un horizon internationaliste » et que « la charge affective » du mot « commune » déborde « tout contenu sémantique précis », poursuit Kristin Ross, elle peut s’étendre non seulement dans le temps… mais aussi dans l’espace.

      Loin d’être cantonnée à la Russie léniniste et à la Chine maoïste, la Commune est mobilisée à l’international, du Rojava en Syrie à Oaxaca au Mexique, du mouvement Occupy aux États-Unis à celui des Indignés en Espagne, où elle est, selon Quentin Deluermoz, « associée à l’idée d’occupation urbaine, d’opposition locale au global, de la pratique horizontale de délibération et à la référence aux communs ». Le lien est parfois flottant, mais la Commune est mythe d’espoir là où il vient à manquer.

      En France, 498 voies et 190 établissements scolaires portent le nom de Louise Michel, portée candidate à la panthéonisation, tandis que les communards ont été réhabilités par l’Assemblée nationale en 2016. La Mairie de Paris elle-même a prévu une série d’hommages pour les 150 ans. La Commune serait-elle devenue consensuelle ? « Il y a peut-être un consensus si on parle seulement de son histoire, répond Marc Plocki. Beaucoup moins si on parle de ses idées. C’est pourquoi l’essentiel pour nous n’est pas tant de commémorer le souvenir que de remettre la politique au centre des discussions. »

      L’historien Éric Fournier voit dans cette institutionnalisation du souvenir « une volonté d’instrumentaliser une référence de radicalité au profit d’un mol imaginaire unanimiste ». Une analyse partagée par sa consœur Ludivine Bantigny dans son nouvel ouvrage La Commune au présent. Une correspondance par-delà le temps (éd. La Découverte) : « La distance dans le temps ou l’espace émousse le tranchant des engagements et l’acuité même de l’Histoire : comme si on n’y voyait plus bien, comme si tout était lissé, policé. Quand c’est loin, tout est pardonné — et réapproprié. Quand c’est loin, les révolutions, c’est très bien. »

      C’est même, dans la société du spectacle, plutôt lucratif : la Commune de Paris, c’est aussi depuis 2009 une marque de créateurs qui « revendique les valeurs humanistes de la révolte populaire de 1871 » en commercialisant des chemises à 160 euros dans les grands magasins parisiens. Commune partout, révolution nulle part ?

      18 mars 1871, barricade de la rue de Flandre, tenue par les insurgés. Anonyme/Paris Musées

  • Des images communes
    https://lundi.am/Des-images-communes

    Nous sommes à quelques jours du retour par la navette parlementaire de la proposition de loi sur la Sécurité Globale, en première lecture devant le Sénat. Son fameux article 24 sur l’enregistrement et la diffusion d’images captant les forces de l’ordre a fait couler beaucoup d’encre.

    Ironie de l’Histoire, les dispositions les plus polémiques de cette loi pourraient être réécrites par l’opposition, un siècle et demi, jour pour jour après qu’Adolphe Thiers et son gouvernement aient envoyé de nuit, la troupe commandée par le général Lecomte s’emparer des canons de la Garde nationale sur la butte Montmartre.

    L’article propose une réflexion sur la place de la photographie dans l’identification des participant.es à la Commune mais aussi son usage dans la guerre psychologique livrée entre Communard.es et Versaillais.es ainsi que sa résonance aussi bien dans l’écriture des mythes fondateurs de la République que dans notre propre imaginaire commun.

    #insurrection #Commune_de_Paris #police #photographies #images #surveillance #contrôle

  • Roger Martelli : « La Commune de Paris est un bien commun que la République se doit de célébrer »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/28/roger-martelli-la-commune-de-paris-est-un-bien-commun-que-la-republique-se-d

    Alors qu’au Conseil de Paris les élus de droite se sont opposés à la célébration des 150 ans de la Commune, l’historien rappelle, dans une tribune au « Monde », l’importance du « premier pouvoir » qui s’est appuyé sur des valeurs démocratiques et sociales « qui n’ont pas pris une ride ».

    Tribune. Le 3 février, au Conseil de Paris, la droite parisienne a lancé un tollé contre les commémorations prévues pour les 150 ans de la Commune de Paris. Engluée dans son passé, elle persiste à dire que célébrer cet anniversaire revient à glorifier « les événements les plus violents de la Commune ».

    De quoi s’agit-il, en fait ? Le 18 mars 1871, les bataillons de la garde nationale – qui participent depuis septembre 1870 à la défense de Paris [contre l’armée prussienne qui l’encercle] – s’emparent du pouvoir dans une capitale désertée par les autorités. Quelques jours plus tard, des élections désignent, à 40 % des électeurs inscrits, une majorité de républicains parmi les plus à gauche de cette période troublée. La nouvelle assemblée élue va se réunir régulièrement pendant cinquante-quatre jours : quarante-huit d’entre eux ont été occupés par la guerre civile, la plus brutale qu’ait connue Paris depuis les guerres de religion.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Légende noire » contre « légende rouge » : la difficile commémoration des 150 ans de la Commune de Paris

    Pendant cette brève période, en même temps qu’elle fait la guerre, la Commune remet en marche les administrations, fait fonctionner les services publics, organise le ravitaillement et les soins aux blessés, assure la sécurité dans les rues. Dans l’esprit de la « République démocratique et sociale » que la révolution de 1848 a promue avant elle, elle met en application ce que ses responsables ont annoncé. Elle confirme le moratoire des loyers dus pendant une partie du siège de Paris, décide la restitution partielle des objets déposés au mont-de-piété, réquisitionne les logements abandonnés par leurs propriétaires après le 18 mars. Elle procède de même pour les ateliers abandonnés, dont elle veut confier la gestion aux travailleurs eux-mêmes. Elle soumet les marchés publics à des contraintes sociales strictes.
    Une autre conception du « vivre-ensemble »

    Elle ne fait pas que de la redistribution sociale. Elle proclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat, abolit le système injuste de conscription militaire alors en vigueur, accepte qu’on brûle la guillotine devant la mairie du 11e arrondissement. Elle met en place un enseignement primaire et professionnel laïque et gratuit, ouvre l’enseignement professionnel aux filles, commence à mettre en cause l’ordre traditionnel de la famille. Elle cherche à changer en profondeur le rapport entre électeurs et élus, prévoit la révocabilité des élus et organise la consultation des citoyens et citoyennes pour préparer les décisions de l’assemblée communale.

    Sans doctrine figée, sans même un programme achevé, la Commune a fait en quelques semaines ce que la République mettra bien du temps à décider. Elle a ouvert la voie à une autre conception du « vivre-ensemble », fondée sur l’égalité et la solidarité. Elle a enfin esquissé la possibilité d’une démocratie moins étroitement représentative, plus directement citoyenne. En bref, elle a voulu mettre concrètement en œuvre ce « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » dont le président américain Lincoln avait annoncé l’avènement quelques années plus tôt [le 19 novembre 1863, lors du discours prononcé à Gettysburg].
    La République a perdu du temps

    Bien sûr, la Commune n’a souvent fait que désigner une part du chemin et peu de ses décisions ont eu le temps d’être réellement appliquées. Bien sûr encore, les conditions de la guerre civile l’ont poussée à des décisions cruelles, qui ont été d’ailleurs bien loin de faire l’unanimité dans les rangs communards (décret stipulant que « toutes personnes prévenues de complicité avec le gouvernement de Versailles (…) seront les otages du peuple de Paris », suppression de journaux…). Mais, en noyant dans le sang l’expérience du printemps 1871, en recouvrant son souvenir du voile opaque et persistant de l’oubli, il n’est pas exagéré de penser que la République a perdu du temps.

    « Le Paris de 1871 a connu un type de gouvernement populaire et même ouvrier, comme il n’y en a jamais eu en France auparavant, et comme il n’y en aura plus jusqu’à ce jour »

    Faire de la Commune un modèle qu’il suffirait de recopier n’a pas grand sens. Notre société a changé, l’époque n’est plus la même et bien des expériences ont suivi celle de la Commune qu’il nous faut bien méditer aujourd’hui. Il reste toutefois que le Paris de 1871 a connu un type de gouvernement populaire et même ouvrier, comme il n’y en a jamais eu en France auparavant et comme il n’y en aura plus jusqu’à ce jour. Il reste que la Commune est le premier pouvoir qui ait mis au centre de son action des valeurs démocratiques et sociales qui n’ont pas pris une ride depuis 1871.

    Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale a adopté une résolution réhabilitant enfin les victimes de la « semaine sanglante » [qui a vu la répression des communards entre le 21 et le 28 mai 1871]. Elle ajoutait vouloir que « soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par la Commune ». Elle souhaitait « que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté ». Le temps est venu de mettre en application cette résolution.
    Lire aussi L’Assemblée réhabilite les communards victimes de la répression

    La droite parisienne s’inscrit, sans vergogne, dans la lignée du journaliste anticommunard Maxime Du Camp [1822-1894], qui justifiait la barbarie gouvernementale de la « semaine sanglante » par la nécessité d’exterminer « la postérité de Caïn ». Ce climat de guerre civile ne devrait plus être de mise de nos jours. Dans notre société déchirée, il est plus que jamais dérisoire de mettre en avant la centaine de malheureux otages exécutés pendant la Commune pour mieux occulter les milliers, voire dizaines de milliers, de communards et communardes massacrés sans pitié en mai 1871.

    La République se doit de commémorer la Commune de Paris de 1871. Nul n’est tenu, en son âme et conscience, de la « célébrer ». Mais, à l’inverse, rien ne sert de délégitimer celles et ceux qui entendent le faire, sans renoncer pour autant à l’exercice de la critique. Leur nombre est considérable et leur diversité est à l’image de ce que fut la Commune : une expérience inédite, des actes innovants et une multitude de possibles à peine suggérés. Cette diversité est une richesse. Encore faut-il qu’elle ne fasse pas oublier que la Commune est… un bien commun, qui mérite que l’on se retrouve pour crier ensemble, encore et toujours, le beau cri du « Vive la Commune ! ».

    Roger Martelli est historien et coprésident de l’association Les Amies et amis de la Commune de Paris 1871.

    Roger Martelli(Historien)

    #Commune_Paris #Démocratie

  • Il a photographié la Commune de Paris : Bruno Braquehais premier photo-reporter de l’Histoire de France
    Par Odile Morain – Mis à jour le 17/04/2018
    https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/photographie/il-a-photographie-la-commune-de-paris-bruno-braquehais-premier-photo-re

    Ce photographe dieppois, sourd muet, a réalisé cent quarante clichés sur l’épisode insurrectionnel de la commune en 1871. Vingt-huit d’entre eux, issus des collections du Musée de Seine-Saint-Denis, sont présentés à la médiathèque de Dieppe (Seine maritime) jusqu’au 22 avril 2018.

    #Commune_de_Paris

  • Philémon, vieux de la vieille, de Lucien Descaves

    Michèle Audin

    https://lavoiedujaguar.net/Philemon-vieux-de-la-vieille-de-Lucien-Descaves

    C’est un roman. Il est paru en 1913.

    L’auteur, Lucien Descaves (1861-1949), écrivain (bien sûr), collectionneur, dans la mouvance libertaire, un des membres fondateurs de l’Académie Goncourt si vous voulez une référence plus convenable.

    Dans son œuvre, il y a deux romans « sur » la Commune, La Colonne et Philémon.

    Philémon n’est pas un roman de cape et d’épée, le personnage principal ne s’appelle pas Philémon, le roman ne « se passe » pas pendant la Commune et d’ailleurs, d’une certaine façon, il ne « se passe » pas.

    Dans Philémon dit « je » un narrateur plus ou moins confondu avec l’auteur. Il observe ses voisins, accumule des indices de ce qu’ils sont, ces indices s’assemblent, comme une « image dans le tapis », pour acquérir du sens, et le roman devient un roman historique, « sur » la Commune. (...)

    #littérature #histoire #Commune_de_Paris #Lucien_Descaves #réédition #Amédée_Dunois #Paule_Minck

  • La #passion_du_monde

    « La Passion du Monde » anime le parcours et l’oeuvre de Elisée Reclus, géographe et anarchiste français (1830-1905). Le film de #Nicolas_Eprendre fait le portrait d’une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction. Les photographies de Nadar nous transmettent un regard plein de bonhomie et d’acuité. La voix de Carlo Brandt donne vie à des pages qui mêlent poésie et humour, pensée scientifique et politique. Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographes), dressent tour à tour la figure d’un homme qui nous est proche,et dont les analyses font échos aux nôtres en ce début de 21 siècle.

    https://rutube.ru/video/ce25efad21e1675e31526834fc641d87
    #Reclus #Elisée_Reclus #géographie #anarchisme #géographie_anarchiste #film #documentaire #votation #droit_de_suffrage #obéissance #vote #trahison #suffrage #agir #ruisseau #eau #Terre #géographie #Kenneth_White #marche #marche_méditative #fleuves #frontière #commune_de_Paris #Bakunine #Fédération_jurasienne #exil #Lugano #anarchisme #esclavage #Suisse #cartographie #Charles_Perron #paysage #justice #droit

    Reprise de cette citation de Reclus sur les #frontières :

    Frontières = « lignes artificielles imposées par la violence, la guerre, l’astuce des Rois et sanctionnées par la couardise des peuples... »

    Extrait de L’homme et la terre (vers min.45) :

    « L’homme vraiment civilisé aide la terre au lieu de s’acharner brutalement contre elle. Il apprend, aussi, comme artiste. A donné au #paysage qui l’entoure plus de charme, de grâce, ou de majesté. Devenu la conscience de la Terre, l’homme digne de sa mission assume par cela-même une part de responsabilité dans l’#harmonie et la #beauté de la #nature environnante. »

    Kenneth White, min. 47’22 :

    « Le mot #monde a chez lui un sens autre que socio-politique. En général, quand on dit le monde aujourd’hui, ça veut dire le monde socio-politique. Chez lui ça veut dire ’un espace où vivre pleinement’. C’est un sens très ancien du monde. (...) Sa géographie universelle c’est d’un côté un panorama puissant et poétique de la Terre, mais c’est aussi une idée du monde. Il a une idée, une conception du monde. (...) »

    Kenneth White cite Reclus, tiré d’une lettre à un ami vers la fin de sa vie :

    « Vous me dites que mon poème n’est pas réalisable, que c’est un rêve. Ou bien nous pouvons réaliser ce rêve pour la société toute entière. Dans ce cas, travaillons avec énergie. Ou bien nous ne pouvons le réaliser que pour un petit nombre, et dans ce cas là, travaillons encore et toujours ».

    ping @reka

    • Toutes ces frontières ne sont que des lignes artificielles imposées par la violence, la guerre, l’astuce des rois… Elisée Reclus (1868)

      Les gouvernants, les dirigeants, les « décideurs » organisent aujourd’hui la distinction, le tri, le choix entre des individus qui subissent de plein fouet les horreurs, qu’elles soient la conséquence des guerres, ou celle de conditions sociales et économiques désastreuses, du Capitalisme qui submerge la planète, des États qui font « survivre » leurs peuples sous le joug, etc.

      Le vocabulaire sert aujourd’hui à légitimer un distinguo totalement arbitraire et « amoral » entre réfugiés et migrants, attribuant aux premiers un condescendant intérêt car ceux-là fuient les horreurs de la guerre et aux seconds un mépris non dissimulé, car eux ne fuient leurs pays d’origine que pour des raisons économiques et/ou sociales : la pauvreté et la misère dans lesquelles leurs Etats et leurs patronats les ont plongés ! Pourtant c’est un fait : les mêmes causes, partout, produisent les mêmes effets !

      Les guerres et les armements profitent en premier lieu aux capitalistes qui en font un commerce juteux pendant que les peuples, toujours en premières lignes, en payent le prix fort. Les frontières qui servent de paravents aux turpitudes nationalistes et aux exactions des Etats quand ceux-ci se permettent d’imposer à leurs peuples les pires des conditions d’existence… Les classes dirigeantes qui ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts au détriment de leurs congénères dès lors que c’est le portefeuille qui leur sert de référent « patriotique ». Et, au bout du bout, à côté de la question préoccupante de l’afflux de réfugié-e-s qui s’éloignent de ces terres de mort et de malheur, c’est les discours de haine, de racisme, de xénophobie qui servent d’exutoire dans une ambiance de fascisme, ici cocardier.

      Pour nous anarchistes, à côté des réponses immédiates concernant l’accueil et la prise en charge des réfugié-e-s, réponses à caractère uniquement humanitaire, nous devons faire valoir que les causes des guerres et les multitudes de morts et de malheurs qui les accompagnent, que tout cela est la conséquence directe des systèmes inégalitaires qui régissent l’Humanité : Capitalisme, profits, divisions de la société en classes, Etats qui usurpent le pouvoir des peuples, frontières qui séparent les individus, les divisent, les opposent et nient l’Humanité.

      Ni patrie, ni frontières !
      Pour le communisme libertaire, l’internationalisme
      la solidarité, la liberté de circulation et le fédéralisme !!!

      http://infosetanalyseslibertaires.org/index.php/2016/03/18/toutes-ces-frontieres-ne-sont-que-des-lignes-artificiell

    • Élisée Reclus, la passion du monde

      Le film de Nicolas Eprendre fait le portrait d’une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction. Les photographies de Nadar nous transmettent un regard plein de bonhommie et d’acuité. La voix de Carlo Brandt donne vie à des pages qui mêlent poésie et humour, pensée scientifique et politique. Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographe), dressent tour à tour la figure d’un homme qui nous est proche, et dont les analyses font échos aux nôtres en ce début de 21è siècle.



      http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/37082_1

  • Élisée Reclus, vivre entre égaux
    https://www.revue-ballast.fr/elisee-reclus-vivre-entre-egaux

    La vie d’Élisée Reclus ne saurait s’entendre sans le siècle qui fut le sien, celui du grand basculement, de la pile électrique, de la locomotive, de la dynamite et du morse, ce siècle qui vit la France, pays agraire, s’industrialiser et se couvrir de machines ; siècle, donc, de la bourgeoisie triomphante et de l’organisation du mouvement ouvrier. Né un jour de mars 1830 en Gironde, au sein d’une famille ardemment protestante et sous l’égide d’un père pasteur, Reclus grandit sous la monarchie de Juillet, s’emballa pour la révolution ratée de 1848 puis participa à la Commune de Paris. Tour à tour — ou plutôt en même temps — voyageur, géographe, militant anarchiste et communiste, partisan végétarien de la cause animale, critique de la domination coloniale, défenseur de « la liberté de [l]a femme » comme critère définitif de ce qu’est la tyrannie et précurseur écologiste, Reclus est l’homme de ce qu’il nommait la « lutte méthodique et sûre contre l’oppression ». Une boussole, en somme. ☰ Par Roméo Bondon

    #Elysée_Reclus #anarchisme #anarcho-communisme #géographie #Commune_de_Paris #commune

  • L’écrasement de la Commune | Histoire et analyse d’images et oeuvres

    https://www.histoire-image.org/fr/etudes/ecrasement-commune
    L’écrasement de la Commune

    Proclamée en mars 1871 dans la capitale assiégée par les troupes allemandes, la #Commune_de_Paris est une tentative de gouvernement populaire autonome. Réfugié à Versailles, Thiers entend terrasser cette « République de Paris ». Le 21 mai 1871, les troupes versaillaises conduites par les généraux Mac Mahon et Galliffet entrent dans la ville pour la reprendre aux insurgés. C’est le début de la « Semaine sanglante ».

    #histoire

  • La Commune toujours à recommencer selon Jean Chérasse alias #Vingtras
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/130418/la-commune-toujours-recommencer-selon-jean-cherasse-alias-vingtras

    Dans Les 72 Immortelles, #Jean_A._Chérasse, qui tient blog à Mediapart sous le pseudonyme de Vingtras, retrace les heures chaudes de la #Commune_de_Paris, « née dans la fête, noyée dans le sang ». Compte-rendu de ce viatique politique...

    #Culture-Idées #Henri_Guillemin

    • C’est un projet que j’ai commencé il y a six ans et pour lequel j’ai utilisé Seenthis comme bloc-note. Quand j’ai commencé mes recherches dans les archives sur mon voisin communard, j’ai pris des notes que j’ai souvent mises en ligne ici. Le thème qui les rassemblait était #a_la_recherche_de_lavalette. Et c’est ce thème qui est devenu le titre de ce premier livre.

      (Hum, oui... J’ai commencé il y a longtemps et j’avais prévu de ne faire qu’un seul livre... mais j’ai tellement de matière que j’ai écrit cette première partie de près de 150 pages et que deux autres vont suivre... Je suis loin d’avoir terminé !)

      #les_damnes_de_la_commune #a_la_recherche_de_lavalette #commune_de_paris #commune_de_paris_de_1871 #bande_dessinée #bd #roman_graphique #livre

    • Je l’ai acheté tout à l’heure et dévoré dans la foulée ! J’ai beaucoup aimé le travail sur les images, le rythme que tu donnes à ces gravures, en recomposant une maquette très dynamique, très BD. Est-ce que tu peux en parler ? J’ai aussi bien aimé l’histoire du petit Maspero.

    • Je l’offre autour de moi pour les fêtes de fin d’année :-) J’ai adoré.

      L’Histoire de la Commune de Paris devrait faire l’objet de semaines entières de cours au Collège et au Lycée, parce que cette période est un condensé de tout ce qu’un pouvoir illégitime peut faire pour s’accrocher et gérer son peuple à la façon d’une ferme de « 1000 vaches »...

      Trop souvent, on enseigne les deux guerres mondiales en omettant d’évoquer la guerre de 1870... quel point aveugle, quel parti pris sidérant !

    • Merci @fil ! Merci @biggrizzly ! Ça fait très plaisir.

      J’ai utilisé une multitude de gravures de l’époque, mais je ne pouvais évidemment pas faire comme une BD normale dans laquelle on voit le personnage principal revenir de case en case. Je n’ai en effet aucune gravure de mes personnages principaux. De temps en temps, j’ai pu le faire, comme dans la planche avec Napoléon III. Mais généralement, il fallait trouver d’autres idées.

      Certains auteurs conçoivent leurs planches avec un « gaufrier » : des cases régulières à l’intérieur desquelles ils concentrent toute leur attention de dessinateurs. D’autres jouent également avec la forme des cases pour construire une narration. C’est cette option que j’ai choisie. Cela m’a permis à la fois de raconter des chose directement avec la forme de certaines cases et de jouer sur les rythmes de l’histoire.

      J’ai fait une page pour expliquer comment j’ai travaillé les planches, avec plusieurs exemples :
      http://www.meyssan.com/a10

      Ceci dit, je pense que le plus important, ce n’est pas la case, ou le dessin dans la case, mais la narration. C’est elle qui, tout d’un coup, donne du sens à une case ou à un dessin.

      Je cherche des images qui peuvent se prêter au jeu de ce que je veux raconter. Mais lorsque je n’en trouve pas vraiment, cela peut quand même fonctionner si elles s’inscrivent dans une grande narration. Alors, l’image, quelle qu’elle soit, prend du sens. Et si elle est différente de ce qu’on attendait (moins figurative), alors ce sens s’enrichit.

      C’est ce que je trouve le plus intéressant : notre capacité à créer du sens, à faire des liens entre des choses apparemment sans rapport, notre imagination infinie.

      Le petit passage sur François Maspero est dans cette veine. J’imagine des liens, je crée des rapprochements, je montre une continuité. Avant, il semblait ne pas y en avoir. Pourtant, une fois que c’est raconté, cela parait évident.

      François Maspero dit être resté dans son cœur cet enfant de douze ans et demi, profondément marqué par l’arrestation de ses parents par la Gestapo. Le petit crieur de journaux qu’il s’était donné pour symbole de sa maison d’édition a douze ans et demi (n’est-ce pas évident ?). Il aura toujours cet âge, à travers les époques, de livre en livre, des éditions Maspero aux éditions La Découverte...

      Ici, il y a une image, une seule, et toute un histoire.

      Le livre fonctionne parce qu’il raconte une histoire et qu’on a envie d’y croire.

    • Comment sais-tu @colporteur si @raphael est LE graphiste du réseau voltaire, sur le site du réseau il y a juste une référence à un de ses bouquin qui date de 1997 : « Raphaël Meyssan est graphiste et auteur de bande dessinée » ? ¨Être le fils ou la fille de machin machine ne veut rien dire, moi je n’ai pas les mêmes idées que mes parents.

    • S’agit évidemment pas de dire que la filiation supposerait accord (moi aussi j’ai un père, moins grave quand même heureusement).
      J’ai lu ça là :
      https://twitter.com/LibertaliaLivre/status/944963443890819072
      [edit Twist devenu indisponible depuis...]
      Il a écrit un article en 1997 pour le réseau Voltaire
      http://www.voltairenet.org/auteur14.html?lang=fr
      Il cite ce « réseau » parmi ses « références »
      http://www.editorial-design.org

      Nous utilisons la puissance d’Internet et celle de l’imprimé pour mener des campagnes de « marketing viral » mobilisant les internautes/lecteurs. Plusieurs de ces campagnes ont connu un important succès. L’une d’elles a été étudiée par les spécialistes d’image et de situation de crise de grandes entreprises [?]. Deux autres ont fait l’objet de très nombreuses reprises dans les médias internationaux.

      Je n’en sais pas plus mais ayant manqué offrir l’album, je me demande ce qu’il en est de la fiabilité de seenthis. Ne sommes nous pas ici supposés ne pas avaler ou recommander n’importe quoi ?

    • @colporteur : la BD dont on parle n’évoque ni les petits gris, ni le grand Satan. Quant à son auteur, je ne trouve pas d’écrits sur SeenThis où il expliquerait que Poutine est l’avenir de l’Homme... Par contre, quand je relis ses posts sur SeenThis et découvre les dates de ces posts, j’admire qu’on puisse passer autant de temps sur une œuvre dessinée.

    • Logique circulaire :

      – si je ne cite le réseau Voltaire pour parler de cette bande dessinée (pas plus que Fil et BigGrizzly), alors qu’on sait tout de même qui est Raphaël, c’est bien parce qu’on pense qu’il s’agit d’un boulot remarquable et que rigoureusement rien dans son contenu n’a de rapport avec le RV. C’est une information qui n’est pas pertinente pour parler de l’ouvrage et qui, à l’inverse, fera illico dévier la discussion – alors que, encore une fois, ce serait injuste par rapport au boulot effectué par Raphaël. (Ainsi tu débarques illico avec un hashtag « Extrême-droite », histoire d’être certain d’enterrer son boulot.)

      – de la même façon, si autant de gens écrivent dans les journaux que cette BD est remarquable et que sa façon d’aborder la Commune est très pertinente, peut-être est-ce parce que c’est une BD remarquable qui aborde le sujet de manière pertinente. Et non par défaut d’information sur l’identité de son auteur. (Et à l’inverse, avec un auteur portant ce nom, peut-être tout de même que, si la BD avait contenu quelques signes troublants, ils auraient percuté.)

      – toujours sur ce mode de pensée circulaire (i.e. paranoïaque) : on est sur l’internet, et aucun de nous n’est tombé de la dernière pluie. « Bien se garder de dire un mot », sur un réseau social, ça n’a aucun sens, parce qu’on sait bien qu’il y aura toujours une gentille andouille pour nous rappeler les élégances. Je n’oublie pas qu’on m’a un jour rétorqué ici que Chomsky était le précurseur du confusionnisme ; alors quand je conseille une BD de Raphaël Meyssan, je n’ai aucun doute sur le fait qu’une bonne âme viendra exposer le secret des choses qu’on nous cache (ne serait-ce que parce que c’est ce qui est arrivé à chaque fois ces dernières semaines sur Twitter et Youtube). Alors m’accuser au motif que « je me garde bien de dire un mot » alors que je sais comment fonctionne un réseau social, ça n’a de sens que dans une logique circulaire (i.e. il est mal intentionné parce qu’il est mal intentionné).

      – même topo pour son flux Seenthis (l’un des premiers ici). Dans un autre fil de discussion, tu le trouves tellement insupportable que tu le compares à un troll facho qui sévit ici en pourrissant chaque discussion qu’il peut avec de détestables petits messages provocateurs. Or, Raphaël, lui, de ce que j’en vois, interviens ici essentiellement sur des sujets techniques/graphiques, ou sans rapport avec les thèmes de Voltaire, sans jamais référencer quiconque de hum-hum, et il intervient systématique sur un ton mesuré et poli. Donc pour faire valoir ton point de vue, tu excuses le comportement systématiquement trollesque d’un provocateur faf en dénonçant ad hominem quelqu’un dont le comportement sur Seenthis est difficilement critiquable. Et tu t’autorises à mettre des hashtags « #confusionisme » pour ça ?

    • N’ai parlé ni « petits gris, ni grand Satan » (je sais pas ce que c’est mais merci pour la diversion...), ni « comparé à un troll facho » mais reposé ailleurs sur une page concernant le fonctionnement et les usages sur seenthis
      https://seenthis.net/messages/653239#message654798
      ma question, posée en des termes des plus objectifs, car personne ne répondait ici :

      On se demande ici quoi faire d’un troll, mais comment se fait-il que seenthis puisse accueillir, relayer et faire relayer le graphiste du réseau Voltaire Raphaël Meyssan depuis 2011 sans que personne ne bronche ?


      C’est de vous, c’est de seenthis que je parle, de ceux du « ’on sait tout de même qui est Raphaël » et qui n’en tiennent aucun compte, le taise (ça c’est très très poli, mais pour le moins injuste pour qui lit vos posts), de ceux qui n’accordent aucune importance et aucune signification au fait qu’il taffe pour ce « réseau ».
      Oui, je n’ai nulle part évoqué la qualité de la bd mais le fait est que, trop confiant, j’avais taggué ce post, recommandé ce livre et manqué l’acheter pour offrir alors que j’ai pas une thune et ne veux pas contribuer au revenu d’un stipendié de tels réseaux. Je me suis fait avoir. Voilà ce qui me fâche.

      Je me fous des intentions mais je ne vois pas ce qui empêchait de dire "bien qu’il ai la mauvaise idée de travailler pour le « réseau chose, R.M montre avec cet album très bon ceci et cela » ou toute autre formule ne reposant pas sur l’omission d’un tel fait.

      Illusion certainement, un petit quelque chose de #seenthis_c'est_bon_mangez_en parce qu’ici les choses sont supposées dites, recoupées à plusieurs depuis des avis, des sources et des connaissances différentes. Les réseaux « sociaux » c’est pourri, et même cet endroit qui parait exceptionnel n’échapperait pas à la règle. Voilà ce qui me fâche.

      #consommation_culturelle #complaisance

      edit mes post semblent contribuer à faire connaître davantage cette bd ici. une suggestion : l’emprunter en bibliothèque, l’acheter d’occase, cela ne génère pas de droits d’auteur.

    • @colporteur : Je ne lis pas le Réseau Voltaire et n’ai pas d’opinion particulière sur ces gens : je n’ai jamais pris le temps de m’en faire une. Je n’étais pas au courant à propos d’un lien éventuel entre l’auteur de cette BD et le Réseau Voltaire. Je note l’information, merci de nous avoir fait part de tes recherches. Tu juges qu’il faut l’ostraciser. Je n’ai pas ta capacité à juger aussi directement et crument.

    • @biggrizzly je ne sais si il faut ostraciser R.M., tout ce que je sais c’est qu’il m’aura fallut un mois pour savoir qu’il taffait pour le réseau Voltaire puis qu’il est le fils de T.M (pourtant pas rare d’être en désaccord politique avec son père). Je n’ai pas fait de recherche, la mauvaise nouvelle m’est tombée dessus. C’est après que j’ai du chercher. Le lien n’est pas « éventuel », il est revendiqué sur le site pro de R.M.
      http://www.editorial-design.org
      Connaisseur ou pas, tu as taggué ici même un seen relayant ce « réseau » (bd Voltaire) dont je découvre aujourd’hui l’existence
      https://seenthis.net/messages/596310
      Laissons de coté tous les perdus qui cherchent des causes et des raisons, tous ceux que l’impuissance conduit à adopter des analyses qui puissent tenir lieu de vérité, d’explication, tous ceux que la toute puissance des manipulateurs... rassurent, laissons de côté ce qui fait le succès du complotisme.
      Le propre des complotistes organisés ce n’est pas seulement de dénoncer des complots imaginaires mais de comploter et manipuler.
      Je ne suis pas en mesure de retracer le parcours de ces gens depuis que leur regroupement existe. Je sais en revanche que ce sont des complotistes et des manipulateurs, de mémoire, cela apparaissait d’ailleurs déjà avant le 11 septembre 2001, y compris dans la façon de jouer sur l’anti-impérialisme pour appâter des « gens de gauche ». Puis T.M s’est fait connaitre en publiant « La grande imposture » selon lequel les attentats du 11 septembre ont été perpétrés par une une dissidence terroriste au coeur de l’appareil militaire américain. La notice wikipedia ne dit que peu de l’avant 2001, ce qui exonère les « gens de gauche » qui ont marché dans la combine promotionnelle de ce qui n’était d’abord aune lettre d’information vendue très cher sous prétexte d’infos relevant pour ainsi dire du secret défense.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Réseau_Voltaire
      Depuis les choses sont devenues fort claires, si on peu dire ainsi d’un tel panier de crabes, et leur style, leur façon de brouiller les cartes sur l’héritage révolutionnaire ou « le social » aura inspiré Soral comme le FN.
      Thierry Meyssan et les théories du complot - La horde
      http://lahorde.samizdat.net/2015/02/06/thierry-meyssan-et-les-theories-du-complot
      Les impostures du Réseau Voltaire
      https://www.politis.fr/articles/2015/02/les-impostures-du-reseau-voltaire-29938

      Une source « autochtone »...
      Pourquoi Réseau Voltaire France ?
      http://www.alain-benajam.com/article-pourquoi-reseau-voltaire-france-112029740.html

      [2007] Le bureau du Réseau Voltaire s’installa à Damas, puis à Beyrouth, puis de nouveau à Damas et nous dispersâmes les serveurs de par le monde. Le Réseau Voltaire devint (...) un réseau de presse international avec échange d’articles.

      Et je lis parmi les références de R.M sur son propre site qu’il a aussi travaillé pour Syria Alghad (Syrie), organe dont je ne sais rien si ce n’est qu’il est syrien, pays qui ne brille pas particulièrement je crois pour le pluralisme, de sa presse comme de toute sphère de la vie sociale, politique et culturelle.

      Il me semble que @raphael Meyssan serait bien mieux placé que je ne le suis pour répondre à ces questions.

    • T’es juste en train de nous faire chier avec le Réseau Voltaire de Thierry, alors qu’on parle d’une BD de Raphaël, sur laquelle il bosse depuis des années, dont il a posté la recension de ses recherches au fur et à mesure sur Seenthis, et qui vient par exemple de recevoir une revue enthousiaste dans l’Huma, par un des historiens spécialistes de la commune, Jean-Louis Robert :
      https://www.humanite.fr/bande-dessinee-le-paris-graphique-de-la-commune-647426
      Historien que je vois dans les remerciements de la BD, pour avoir relu le contenu avant publication. Encore un qui, apparemment, fait la part des choses et n’a pas trouvé que ça aurait été une bonne idée d’expliquer dans le journal que c’est un bon livre à condition de se boucher le nez (puisque c’est bien à cela que tu veux que j’arrive).

      Ton nouveau message semble confondre Réseau Voltaire et Boulevard Voltaire. Quant au terme « relayé », est-ce que tu as pigé que Davduf avait tenu ici un compte « L’infiltré » référençant toutes ses sources pour son « serious game » à propos du (« contre le ») Front national aux dernières présidentielles ?

      Quant à ton histoire de complotistes (“organisés” en “regroupement”) qui complotent et manipulent, là je pense que tu viens de nous pondre le plus chouette paradoxe de la semaine. (Je suppose que ce complot-là n’est pas imaginaire.)

      Je note la mention « la façon de jouer sur l’anti-impérialisme pour appâter des “gens de gauche” », idée d’une telle idiotie que je n’arrive toujours pas à comprendre comment elle parvient à, justement, convaincre des gens politiquement engagés. Ça semble une des foutaises dans l’air du temps, un temps où il n’existerait pas grand chose avant les indignations obligées du Web et les recherches Google à charge (où tout ce qu’on semble savoir de Chomsky, c’est la lettre sur Faurisson, où l’antisionisme c’est l’antisémitisme, et l’anti-impérialisme un attrape-gogo complotiste).

      On va arrêter là cette « discussion », tu iras poster tes hashtags insultants ailleurs si tu veux bien.

    • Raphael Meyssan, recherche google.
      Résultats de la recherche en 0,21 secondes.
      Troisième occurrence de la première page de résultats
      « Raphaël Meyssan [Réseau Voltaire]
      Fonction policière et Institutions européennes-28 juillet 1997 ».
      Dans le genre complotiste j’ai déjà vu mieux.
      Il en est, pour certains, de la pureté en politique comme de la pureté de la race.
      Bravo colporteur (ironie pour les mal comprenants).

    • Michèle Audin qui, pour moi est une référence,recommande à la recherche de Lavalette , le premier volume des damnés de la commune avec un lien direct vers le site des éditions Delcourt.

      un beau « roman graphique », ou livre d’images…dont l’auteur, Raphaël Meyssan, n’a dessiné aucune : ce ne sont que des « citations » (graphiques), des illustrations d’époque. Grâce auxquelles il raconte sa recherche d’un membre du Comité central de la garde nationale, #Lavalette, dont, au début, il ne connaît même pas le prénom, mais dont il sait qu’il a vécu dans l’immeuble de Belleville où lui, #Raphaël_Meyssan, habite aujourd’hui. Les lecteurs de Comme une rivière bleue se douteront que j’ai apprécié, en particulier, les aspects « géographiques » de cette recherche. De même, c’est une excellente idée de cadeau !

      https://macommunedeparis.com/2017/12/16/vient-de-paraitre
      Pour celleux qui n’aimeraient pas la #BD de @raphael Michèle Audin propose une liste très fournie sur son blog :
      https://macommunedeparis.com/liste-de-livres
      et bien plus encore...

    • Sans parler de hashtags insultants, je ne serais pas aussi catégorique dans un sens comme dans l’autre (le mec mou). Et ça n’a vraiment rien à voir avec la filiation de qui que ce soit. Vraiment peu importe les noms.

      (Et @unagi à aucun moment @colporteur n’a parlé de contribution au site, mais d’être le graphiste d’une organisation pas super cool, et de continuer de le revendiquer. Donc ne mélangez pas les arguments, ça n’a rien à voir.)

      Je veux dire, prenons un exemple fictif. Imaginons qu’une super BD sorte sur 1789 vu du côté du peuple ou sur la révolte des Canuts, ou je ne sais quoi. Et que l’auteur soit « le graphiste d’E&R », ou « le graphiste de dieudo.com », et que ce n’est pas un vieux travail caché du passé mais qu’il continue de le lister sur son site pro. C’est bien de l’avoir en tête non ? C’est sensiblement pareil pour le RV.

      Après, le contenu propre à la BD peut être très très bien, mais c’est compréhensible que certaines personnes, suivant leurs opinions politiques, n’aient pas envie de donner de l’argent une fois qu’elles savent ce détail. Ça n’a pas forcément à être le cas de tout le monde, personne ne parle d’interdire quoi que ce soit, mais je comprends tout à fait la réflexion (et encore plus quand on n’a vraiment pas beaucoup d’argent et qu’on choisit avec soin ce qu’on achète ! ce qui est mon cas aussi) que des gens soient contents de savoir cette info et n’aient pas envie de donner de l’argent à une personne qu’elles ne trouvent pas correct, même si elle a publié une œuvre super.

      On peut parfaitement trouver un livre génial, un album de musique magnifique, une peinture très belle, mais ne pas avoir envie de financer son auteur⋅ice si on a des reproches à lui faire. Je ne vois pas trop ce qu’il y a de compliqué à comprendre là-dedans.

      (Quant à tenter d’argumenter contre le fait que le RV fasse partie de la mouvance complotiste et soit bien plus que tendancieux… euh.)

    • Tu continues de propager une argumentation d’homme de paille en faisant dire des choses qui n’ont jamais été dites. Comme je le dis précédemment, il n’y a strictement aucun rapport avec la filiation et les noms. On parle d’être le graphiste d’un organisme précis, et de continuer de le revendiquer, sans que ce soit une scorie du passé. Je veux dire, s’il y a 15 ans tu avais fait le site internet de Dieudonné et que tu avais changé d’opinion entre temps, tu continuerais de le revendiquer là en 2017 ?
      (Oui c’est à mettre au même niveau, la comparaison n’est ni hasardeuse, ni exagérée. On parle d’une organisation qui a produit un communiqué il n’y a encore pas si longtemps, parfaitement publique, pour défendre le « Shoananas » de l’autre.)

      Je comprends que trop bien le dilemme de choisir à qui on donne ses rares sous quand on n’en a pas beaucoup, et de n’être pas content si on s’aperçoit qu’on les donne à des gens à qui on ne voulait pas.

      Pour moi cette BD a l’air très bien depuis le début, et je prévois (prévoyais ? je ne sais pas encore) de l’offrir à mon père pour son anniv.

      Mais se mettre à argumenter pour dire que le Réseau Voltaire serait recommandable… sérieusement ? Really ? On ne parlait pas de ça au départ et tu veux vraiment partir là dedans ? C’est finalement pire que ce qui était reproché au départ du débat (ce qui était reproché était de masquer plus ou moins cette information, au moins pour que les gens choisissent d’acheter ou pas en connaissance de cause).

    • J’avoue que souligner seulement d’un malgré sa filiation ou quelque chose du genre eu suffit à renseigner un minima, mais certainement pas s’absoudre avec un on le sait tous . J’estime que les nouveau·x venu·es sont en droit de connaitre cette info, de faire leurs propres recherches et de juger par eux même…
      #liberté_d'expression

    • @touti : oui, et c’est pour cela que je n’ai pas réagi au premier message de Colporteur (malgré les hashtags), puisque justement il donnait une info qui lui semblait pertinente. Puis je considère qu’il se monte le chou tout seul, s’indignant bruyamment qu’une information qu’il venait de donner n’avait pas été donnée (ce qui était la teneur de mon premier message : c’est le principe prévu d’un réseau social comme Seenthis), et qu’on tolérait n’importe qui ici et notre crédibilité-tout-ça (toujours sur le ton de l’indignation instantanée et formatée, et l’immédiate défiance pour les gens qu’il fréquente ici).

      (Et, non, je n’ai pas écrit « on le sait tous » ; j’ai dit que Fil et moi – et donc, désolé, pas BigGrizzly – avons recommandé initialement cette BD en connaissant la situation de Raphaël (le même « on » dans la seconde partie de la phrase désigne : « on pense qu’il s’agit d’un boulot remarquable », ce n’est donc évidemment pas un « on » générique). Je reconnais tout à fait que ça peut se discuter, j’ai donné mes arguments, mais comme les hashtags initiaux et les messages successifs contenaient illico le jugement de valeur final – « confusionnisme », « extrême-droite », « relayer », « comploter et manipuler » –, et Colporteur persistant à confondre Raphaël avec son père et les dérives du RV – que, dois-je vraiment le faire remarquer ? je n’utilise ni ne conseille jamais comme source ou référence dans mon propre flux –, il n’y a pas tellement de place à la discussion.)

    • Pour ma part j’étais en vacances et j’en ai profité pour suivre vos échanges avec une certaine distance.

      Je n’ai pas employé l’expression « notre Raphaël » et je ne m’y associe pas, pas plus qu’aux autres commentaires de @nidal d’ailleurs.

      Ma réponse personnelle est d’expliciter ma démarche : j’ai trouvé le bouquin à la librairie de Vendôme où Raphaël était venu le présenter et m’avait invité (j’avais raté sa présentation). J’ai jeté un œil, puis acheté et lu, et je l’ai trouvé étonnamment touchant et réussi. Dans la foulée, je me suis adressé à son auteur et à ce propos, sans me dire que ça allait être lu par d’autres comme une prescription d’achat.

      @colporteur je peux comprendre que tu estimes qu’il s’agit d’une faiblesse voire d’une faute politique de ma part, dont acte. Y voir une opération de réhabilitation confusionniste du RV me paraît un peu survolté — et en tout cas, si opération il y avait, elle a bien capoté ;)

      Il m’arrive de faire des erreurs d’appréciation, en étant parfois trop sectaire, ou à l’inverse (et je crois plus souvent) en accordant trop facilement le bénéfice du doute. Le rappel à l’ordre de @colporteur et la remarque de @touti sont dans ce sens bienvenues. Mais je ne suis ni l’avocat ni le procureur au procès de @raphael, qui s’exprimera s’il en a envie sur sa position actuelle. Amusant tout de même que personne ne lui pose directement la question, et si jamais il était en train d’essayer de sortir du système RV, je crois qu’il peut mesurer combien ça ne va pas être facile.

      Puisque @colporteur tu dis que cet épisode te laisse un doute sur « seenthis » dans son ensemble, je réitère quand même ceci : seenthis n’est largement plus notre créature ni à @arno ni à moi : ça fait plusieurs mois qu’un collectif de gestion essaie de se mettre en place et qu’on a ôté les mains du volant. Je pense que tu trouveras sans peine comment t’impliquer dans ce collectif et j’espère que tu en auras envie.

      J’espère que vous regarderez mes messages avec plus de circonspection désormais. Vu le nombre de trucs que je recense sur seenthis et ailleurs, j’espère aussi que vous ne me tiendrez pas responsable de l’ensemble des turpitudes de chacun·e de leurs auteur·es, que je ne précise que rarement, même quand j’en ai connaissance et que c’est dans le sujet. Je suis tout à fait prêt à en discuter, au cas par cas ou de manière globale, mais ce n’est en général pas parce que je trouve quelque chose intéressant à noter/conserver/commenter que je valide la source, l’auteurice et l’ensemble de son œuvre, et je ne compte pas m’imposer l’obligation ni d’avoir ni de donner un avis sur tout et tout le monde.

      Mais je retiens la leçon : un train peut en cacher un autre.

  • Démolir le Sacré-Cœur ou honorer les morts de la Commune ? - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/02/28/demolir-le-sacre-coeur-ou-honorer-les-morts-de-la-commune_1551465

    Le Sacré-Cœur reste terriblement associé à la Semaine sanglante. La quoi ? Vous n’êtes pas le seul, lecteur, à l’avoir oubliée. […] le massacre des communards par l’armée versaillaise, du 21 au 28 mai 1871 […] entre 6 000 et 20 000 morts. Deux ans plus tard, l’Assemblée nationale ne trouve rien de mieux à voter que l’édification d’une église à Montmartre, là même où on a tué.

    Au moins, aussi loufoque que sérieuse, l’idée […] aura eu le mérite de faire reparler de la Commune et d’ouvrir un débat occulté. Elle démontre par l’absurde l’invisibilisation de ce qu’a vécu Paris : un rêve social et un massacre de masse.

    #Commune_de_Paris #Sacré-Cœur #Semaine_Sanglante