• Territori di vita e comunità

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=xTMEfQQkxXs&t=25s

    Cosa sono i “domini collettivi”? Ce lo spiegano #Marta_Villa, antropologa, e #Mauro_Iob, giurista.

    I Domini collettivi: “donne e uomini che in carne ed ossa, poggiando i piedi sulla terra – generatrice di risorse e non risorsa da reddito – si prendono cura del proprio territorio di vita” (cfr. ICCA Consortium 2023) con una forma di governo del territorio che nelle #Terre_Alte sembra mossa da una solidarietà cosciente, messa in atto dall’intera comunità.

    Marta Villa, antropologa culturale e Mauro Iob, giurista, da tempo insieme stanno conducendo una ricerca interdisciplinare di antropologia e giurisprudenza pubbliche e applicate su questi aspetti.

    Le Terre Alte funzionano da laboratorio vivente: le comunità delle aree interne dove sono presenti i #Domini_collettivi, questo altro modo di possedere, attraverso le loro azioni quotidiane aumentano la biodiversità del patrimonio agro-silvo-pastorale.

    Tuttavia proprio per questa loro posizione sono spesso attaccate sia da lobby private sia dal potere pubblico: in Italia dal 2017 c’è una legge di attuazione della Costituzione (art. 2, 9, 42.2 e 43) che riconosce e tutela i Domini collettivi.

    Questa legge può essere invocata per la salvaguardia del territorio anche da singoli cittadini e per questo è studiata anche da altri Paesi europei per cercare di emularla.

    Accanto ad una riflessione introduttiva e teorica verranno presentati numerosi casi che permettono di comprendere meglio quello che succede nei Domini collettivi: le collettività stanno mettendo in atto alternative per contrastare gli effetti della crisi climatica, che è crisi globale, crisi del pensiero e delle relazioni.

    ▻https://festivalgeografie.it/territori-di-vita-e-comunita
    #territoire_de_vie #commons #communs #montagne #solidarité #communauté #biodiversité

  • #UPLOAD² : le #Solarpunk pour toutes et tous
    ▻https://framablog.org/2026/10/02/upload%c2%b2-le-solarpunk-pour-toutes-et-tous

    Poursuivant le travail entrepris depuis plusieurs années au sein des ateliers solarpunk, Framasoft s’associe une nouvelle fois à l’Université de Technologie de Compiègne, Sorbonne Universités et le chaton Picasoft pour une session en distanciel : upload². Proposé comme une formation à … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Enjeux_du_numérique #atelier #communs #écriture #fiction #low-tech #SF #UTC

  • Parution : Alternatives & Luttes
    ▻https://framablog.org/2026/09/08/parution-alternatives-luttes

    Un livre pour raconter une aventure collective, mais surtout pour transmettre des expériences, nourrir d’autres initiatives et contribuer à faire émerger de nouvelles formes de #coopération. Comment rendre visibles les alternatives sociales et écologiques ? Comment construire des outils numériques au … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Des_Livres_en_Communs #Alternative #collectif #des_livres_en_communs #LSD #solidarité

  • Les cités-jardins, une #utopie habitée

    Les cités-jardins, qu’est-ce que c’est ?

    Ce sont des ensembles de #logements_populaires alliant les avantages de la ville et de la campagne : une #utopie_urbaine et sociale venue d’Angleterre qui s’est concrétisée en France dans la première moitié du xxe siècle.

    Aujourd’hui, cent ans après leur création, que sont devenues ces utopies habitées ?

    Grâce aux témoignages d’habitantes et d’habitants mis en images par seize artistes au sein de douze cités-jardins d’Île-de-France, découvrez leurs histoires...

    ▻https://www.editionselytis.com/product-page/les-cit%C3%A9s-jardins-une-utopie-habit%C3%A9e

    #cité-jardins #BD #bande-dessinée #bande_dessinée #Ebenezer_Howard #propriété #citoyenneté #organisation_collective #logement #Henri_Sellier #Berthe_Leymarie #architecture #espace_public #mixité_sociale #classes_populaires #communs #Suresnes #Moulin_de_Senlis #Blumenthal #Stains #Gennevilliers #Dents_de_Scie #Mitry-Mory #Briques_Rouges #Orgemont #Champigny-sur-Marne #Poudrerie #Eguiller #livre #urbanisme

  • « La plus belle loi jamais faite » menacée par les lobbies des industries polluantes
    ▻https://reporterre.net/Mines-chimie-agro-industrie-l-offensive-massive-des-lobbies-europeens-co

    Se pencher sur les lois et institutions qui encadrent les usages de l’eau relève souvent de la gageure. Mais, derrière l’empilement de textes et de normes, une référence semble indépassable : la directive-cadre européenne sur l’eau (DCE), adoptée en 2000. Ce texte fondamental invite les États membres de l’Union européenne à gérer la ressource au niveau des bassins-versants hydrographiques, interdit toute dégradation des eaux et fixe des objectifs pour leur retour à un bon état écologique et chimique.

    Il est aujourd’hui attaqué par les industries polluantes, le secteur minier en tête, et sa révision à venir inquiète de nombreuses organisations environnementales, qui craignent que les freins à la pollution de l’eau soient assouplis.

    #guerres_de_l'eau #accaparement #communs #ressources_vitales

  • Un mois pour explorer les archives visionscarto.net 2025 – 2026

    Nous profitons de l’été pendant lequel nous sommes un peu moins actives et actifs pour proposer un petit voyage quotidien au cœur de la « bibliothèque » de la plateforme collective de visionscarto.net

    Après que Cristina Del Biaggio nous ait rappelé (une fois de plus) les effets tragiques de la fermeture des frontières européennes aux voyageureuses migrant·es, C’est Vincent Capdepuy qui s’interroge et nous invite à le faire avec lui : Qu’est-ce que "faire Monde" et est-il encore possible de penser un "monde en commun" ?

    Jour 2 :
    Faire de la Terre un Monde : géohistoire d’une destinée sans illusion
    ►https://www.visionscarto.net/faire-de-la-terre-un-monde
    #mondialisation #communs #géopolitique #géohistoire

    par Vincent Capdepuy

    Nous avons fabriqué un Monde sans être sûrs de le vouloir. C’est désormais lui qui nous fabrique. Nous nous sommes découverts humanité, mais entre pluralité irréconciliée, mondialismes concurrents et défis planétaires, comment encore penser – et désirer – un Monde commun ? [...] la mondialisation a produit un espace global extraordinairement intégré, un système Terre profondément altéré, et un projet de Monde saturé d’attentes, de contradictions et de désenchantements.


    Les routes commerciales mondiales reliant les civilisations de l’Antiquité, Ferdinand Fried, Le tournant de l’économie mondiale, 1942.

  • Transiscope, au-delà de la carte
    ▻https://framablog.org/2026/07/31/transiscope-au-dela-de-la-carte

    Résultat d’une écriture collective, Transiscope : Cartographier pour coopérer est un #Livre issu du projet Des Livres en Commun et dont la sortie est prévue le 8 septembre 2026. Il retrace une décennie d’expérimentations techniques et humaines visant à rendre visibles … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Des_Livres_en_Communs #Militantisme #Alternatiba #alternatives #des_livres_en_communs #Publication

  • Metamòrfosi : Redonner vie aux biens confisqués à la mafia

    Le livre Metamòrfosi (métamorphose) décrit comment les bâtiments confisqués à la mafia sont transformés pour continuer d’exister dans une nouvelle réalité juridique et esthétique. « Personne ne peut confisquer l’espoir », tel est le titre de l’une des contributions de l’ouvrage : l’espoir s’inscrit dans les projets architecturaux décrits dans l’ouvrage, dans la transformation de la matière pour que la beauté reprenne ses droits sur la laideur.

    visionscarto.net propose une immersion dans une sélection de mots, images et cartes de ce livre, qui aborde un instrument juridique puissant : une loi qui, depuis 30 ans en Italie, permet de rendre à la communauté les biens qui lui ont été enlevés par la criminalité organisée.

    ▻https://www.visionscarto.net/metamorfosi
    #biens_confisqués #mafia #Italie #architecture #beauté #laideur #livre #transformation #urbanisme #esthétique #confiscation #communs #biens_communs

    via @visionscarto

  • Towards a Commons of Urban Microclimates: Thermal Communities in Berlin

    The climate crisis is the most urgent planetary threat and presents specific challenges for urban planning and governance. European cities are particularly affected by rising temperatures, and there is a growing necessity to adapt them to warming summer conditions while retaining their capacity to withstand cold winters (IPCC 2022). This project argues that access to microclimatic commons and ‘thermal communities’ – a new concept that will be used to define informal communities constructed around thermal conditions – are important and overlooked elements driving both city-led responses and bottom-up initiatives that form part of climate adaptation. The project combines theoretical and ethnographic methods to examine the Heat Network (Netzwerk der Wärme), a municipal initiative for public heated spaces launched in Berlin during the energy crisis of winter 2022, as a case study. The Network, which included over 400 facilities, provided warm public spaces for residents who could not afford to heat their homes and led to the foundation of a civil-society crisis association (Krisenstab der Zivilgesellschaft Berlin) which aims to strengthen the city’s resilience to the climate crisis. While research on microclimates usually focuses exclusively on exteriors, this project highlights the continuity between indoor and outdoor spaces (Roesler 2022) and focuses on interior microclimates. Based on this case study, the project suggests that access to shared comfortable microclimates should be guaranteed to all, and especially to vulnerable residents, who are often most affected by the changing climate conditions (Saverino et all 2021, Hsu et all 2021, Li 2018). By considering microclimates as commons, departing from the idea of the urban commons as a collective practice and social relation rather than a resource (Harvey 2012, Federici 2019), the project demonstrates the crucial role of thermal communities in equitable urban climate adaptation processes.

    ▻https://cmb.hu-berlin.de/events/thermal-communities-in-times-of-climate-crisis-a-berlin-case-study

    #Berlin #chaleur #canicule #villes #urbanisme #micro-climat_urbain #communautés_thermiques #microclimatic_commons #communs_micro-climatiques #communs #commun #adaptation #changement_climatique #Netzwerk_der_Wärme

    voir aussi:
    Rifugi climatici a Napoli: dalla mappatura civica alla rete cittadina
    ▻https://seenthis.net/messages/1181883

  • Un tracteur en Commun et le Cas du Perroquet Fou II.- Ils ne vont pas y arriver. « Enlace Zapatista
    ▻https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2026/07/14/un-tracteur-en-commun-et-le-cas-du-perroquet-fou-ii-ils-ne-

    « Mais la terre, c’est pour produire », a-t-il rétorqué. Un des compas, se rappelant les longues discussions, les débats et les disputes dans les assemblées zapatistes, est intervenu et a dit : « Oui, mais une chose est produire pour le marché et une autre produire pour la vie. La terre du Commun, c’est pour la vie, pas pour faire du profit. »

    « Alors », ont-ils demandé, « si la terre n’est à personne, vous, vous êtes quoi ? »

    « Des Gardiens », avons-nous répondu. Un autre compa a ajouté : « Et des Gardiennes ». Un autre encore : « Et des Gardien·nes ».

    Il ont pris congé. Ils ont dit qu’ils avaient compris mais qu’ils allaient consulter la Bible de leur religion pour voir si cette chose du Commun n’allait pas à l’encontre de la parole de Dieu.

    […]

    Je crois que j’ai dit une fois que les zapatistes, nous ne cherchions pas comment être heureux mais comment être malheureux. Comme c’est notre façon de faire de nous imposer de nouveaux défis, des travaux, des changements inattendus la veille, la critique impitoyable en interne, les insomnies, les douleurs d’estomac (avec ou sans tamale cru), les inquiétudes, les longues discussions, les chutes et les relèvements. Et je comprends alors que le problème, notre problème, c’est que nous essayons de vivre ce dont nous rêvons. Et ça nous va bien ainsi.

    –*-

    Les rêves restent des rêves tant qu’ils ne sont pas semés dans la réalité. Il s’ensuivra alors un long chemin accidenté, plein de faux pas, de déboires, avec plus de descentes que de montées. Et bien sûr la présence immanquable des personnes qui opinent que pas comme ça, pas encore, qu’on ne va pas y arriver, que c’est impossible. Le progressisme de salon a toujours exigé obéissance et subordination dans son renoncement quotidien.

    #EZLN #zapatistes #communs #Cuba

  • #UPLOAD dans un recueil de nouvelles #Solarpunk
    ▻https://framablog.org/2026/07/06/upload-dans-un-recueil-de-nouvelles-solarpunk

    Cela fait plusieurs années que Framasoft participe à des ateliers d’écriture solarpunk dans le cadre d’une Activité Pédagogique d’Intersemestre à l’Université de Technologie de Compiègne (voir l’annonce originelle publiée en 2024). À chaque fin de session, les étudiantes et étudiants … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Enjeux_du_numérique #atelier #communs #écriture #étudiant⋅es #fiction #low-tech #manifeste #SF #StéphaneCrozat #Universite #UTC

  • La #lutte pour la #baignade ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et #pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des #cours_d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du #canal_Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des #usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    Lorsque j’ai appris, l’année dernière, que des travaux étaient en cours pour rendre la Seine baignable, je m’en suis tout de suite réjoui : enfin, les Parisiens.es allaient pouvoir profiter pleinement de leur ville, sans être contraints de fuir vers la campagne pendant l’été ni de subir une chaleur devenue insupportable.

    Je viens de Copenhague et, pour moi, il allait de soi qu’un tel projet était non seulement souhaitable, mais qu’il méritait d’être défendu. J’ai pourtant vite déchanté. Parmi mes ami.es parisiens — je n’en connais pas un seul qui ne se réclame pas de la gauche radicale — la réaction allait de l’indifférence la plus complète à une franche #hostilité.

    À une époque, j’ai habité à #Vienne, une ville qui a su se réapproprier son rapport à l’eau (y compris grâce à d’immenses projets d’aménagement des cours d’eau dont je ne suis pas capable d’évaluer les conséquences écologiques) — et où le Danube fait désormais partie intégrante de la #vie_urbaine. Dès le printemps, on s’y retrouve pour se baigner, profiter des berges, faire des barbecues, se promener à vélo ou simplement lire un livre à l’ombre des arbres, au bord de l’eau.

    C’est l’un des éléments qui font de Vienne une ville si agréable à vivre. Pour ce que valent ce genre de classements, elle a été élue de nombreuses reprises ville la plus agréable du monde, au coude à coude avec Copenhague. Qu’ont en commun ces deux villes ? Peut-être une forme de social-démocratie de la baignade (et du logement). L’histoire de la Vienne rouge est fascinante, y compris dans ses échecs. Et le fait est qu’elle reste une des rares capitales européennes où la vie populaire est encore agréable, voire même possible.

    Une partie du Danube (le #Donaukanal) restait interdite à la baignade officiellement, bien que parfaitement praticable. Il y a donc eu un mouvement (plus ou moins) populaire pour que l’accès à cette zone soit libéré, que son usage redevienne commun. Le même genre de mouvement existe aujourd’hui à #Berlin, qui organise des manifs en mode natation dans la #Spree et pour réclamer le droit de pouvoir se baigner et revendiquer le nettoyage de l’eau. Ce dernier point est essentiel : pourquoi l’eau est-elle devenue impropre à la baignade ? Qui est responsable de sa #pollution ?

    Revendiquer la #dépollution des cours d’eau est, à mes yeux, une revendication profondément anticapitaliste. Ce sont les entreprises qui dégradent la #qualité_de_l’eau ; c’est l’agriculture industrielle qui produit la pollution ; ce sont, plus largement, les formes contemporaines d’exploitation de la nature qui nous privent de ce que Dieu (sive Natura) nous a donné.

    Que l’eau soit devenue impropre à la baignade est un phénomène historiquement très récent. Pendant des millénaires, les êtres humains se sont baignés dans les rivières, les lacs et les fleuves dont l’eau était également potable. L’eau était une source de vie, pas une menace permanente pour la santé.

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris (qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    Je tombe sur ce panneau un dimanche en pleine canicule : les berges sont vides, il n’y a plus personne si ce n’est quelques rares individus de-ci de-là. Les baigneurs ont été remplacés par des des panneaux omniprésents : BAIGNADE INTERDITE. Eux, par contre, suivent tout le trajet de canal, de Bastille jusqu’à Meaux. La Marne aussi, sur de longues portions, demeure interdite à celles et ceux qui souhaiteraient simplement s’y rafraîchir.

    Le Maire a d’ailleurs trouvé judicieux d’installer une plage artificielle sans le moindre arbre et donc sans la moindre ombre, uniquement accessible au début du mois de juillet et à la condition d’être muni d’un bracelet fourni par ses services municipaux (en échange d’un justificatif de domicile). Pour celles et ceux qui ne résident pas sur la commune, ce sera payant. Il existe une règle au Danemark : aucune plage ne peut être privatisée, l’accès y est libre et gratuit pour toutes et tous (ce que recouvre le concept de plage est néanmoins questionnable). Lorsqu’on écoute M. le Maire de Meaux, on s’aperçoit qu’il parle comme ses panneaux : BAIGNADE INTERDITE – DANGER DE MORT – COURANTS FORTS. Et c’est un peu comme l’enfant qui crie au loup. S’il fallait croire aux panneaux, n’importe quelle baignoire représenterait un danger de mort ; et ce serait factuellement vrai mais intenable au quotidien.

    Mais d’où vient cette hyper-biopolitisation du paysage français ? Et comment expliquer qu’elle soit si largement acceptée ? La mairie de #Meaux, encore, est allée jusqu’à réaliser une vidéo dans laquelle est mise en scène la (fausse) noyade d’un jeune homme. Il s’agit d’effrayer. Mais pourquoi personne n’a pensé à faire une vidéo pédagogique pour expliquer comment se baigner en sécurité et prévenir les noyades ? C’est en tous cas ce qui se fait au Danemark, royaume de la social-démocratie parfaitement en phase avec toutes les nécessités biopolitiques. Et c’est aussi ce que font les militants de la baignade viennois eux-mêmes : la mise en partage de connaissance et de savoir-faire d’en-bas. Each one teach one. Les autorités françaises ont-elles trop lu Foucault ? Ou est-ce la gauche qu’il l’a trop peu lu pour ne pas se rendre compte que la vie était déjà bien assez régulée, surveillées, construite, défaite, contrôlée et colonisée par les autorités ?

    À mesure que l’on remonte vers le nord de l’Europe, certaines évidences françaises deviennent plus difficiles à comprendre. Les parcs y sont par exemple rarement fermés la nuit. Il est exceptionnel qu’il soit interdit d’y fumer. Et il est plus rare encore que l’accès à un lac, à une rivière ou à un rivage soit interdit. Pendant ces derniers jours de canicule à Paris les parcs sont d’ailleurs restés exceptionnellement ouverts, mais qui a pris cette décision ? Qui décrète quand il y a une crise et quelles sont les mesures à prendre ? Dans la tradition marxiste, les situations de crises ont toujours été interprétés comme des possibilités d’une autre politique. Ce que cette canicule a démontré se rapproche pourtant plus de la pensée de Carl Schmitt : le souverain est celui qui peut décréter l’état d’exception (et la gauche reste à la ramasse).

    Que dire des drones de police qui surveillent certaines zones pourtant parfaitement praticables afin de repérer, verbaliser et réprimer ceux qui osent mettre la tête dans l’eau. Dans quel monde est-il devenu subversif de plonger dans une rivière lorsqu’il fait quarante degrés ? Peut-être faut-il voir ici un rapprochement possible entre Foucault et Adorno : Die Verwaltete Welt, le monde administré, mais avec un accent sur Walt, peut-être, de Gewalt, la #violence : on peut même parler de vergewaltigte Welt, le monde violé, le #droit_au_monde usurpé, dérobé, aliéné, dont on nous a dépossédé.

    Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

    La gauche française s’accommode-t-elle réellement de cet état de fait ? Je n’ai en tous cas jamais entendu parler de la moindre #manifestation ou même pétition qui conteste cette mise sous tutelle autoritaire et cette fermeture généralisée des espaces communs (et aquatiques). Ce que j’ai vu par contre, c’est la spontanéité littéralement anarchiste, avec laquelle les jeunes et les immigrés (donc le prolétariat) emmerdent ce quadrillage de l’espace de public.

    À chaque fois que je me suis baigné à Paris (et il y a des endroits vraiment super !), je me suis toujours retrouvé en compagnie d’arabes, de bengalis, de jeunes mais presque jamais ou beaucoup plus rarement avec des français. Y compris celles et ceux que l’on croise en manifestation ou à la fac, voire à des présentations des livres très radicaux dans des librairies très radicales elles-aussi.

    La blanchité empêche-t-elle la baignade ? Est-ce la peur des coups de soleil ? Ou est-ce que la gauche blanche parisienne a les moyens d’échapper à la ville en se réfugiant dans une petite maison familiale à la campagne, en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau plus propre qu’à Paris ? Je pose la question.

    Mais peut-être que la baignade ne fait juste plus partie de la #culture parisienne (un « juste plus » très récent j’en suis sûr). Et c’est un drôle de paradoxe : l’oubli de l’histoire est devenu une évidence culturelle. Ce que les enfants et les immigrés viennent mettre au jour c’est à la fois l’#oubli (d’une culture passée. Comme disait Nietzsche, il faut savoir oublier pour savoir vivre) et le #souvenir (de cette dimension normale de la vie humaine qui consiste à profiter de l’eau quand il fait chaud). J’ai plusieurs fois invité des parisiens à venir se baigner avec moi et ils ont toujours été ravis de m’avoir accompagné. Mais c’est tout de même étrange qu’il revienne à un danois de leur enseigner une façon si simple et évidente de profiter de leur propre ville.

    Quand bien même la baignade ne ferait plus partie de la culture parisienne, comment s’expliquer cette #résistance diffuse aux projets d’aménagements des cours d’eau ? On se souvient de l’appel à déféquer dans la Seine avant l’inauguration des baignades parisiennes par Anne Hidalgo, l’initiative était drôle. Mais est-ce la meilleure manière de se rapporter à un projet qui pourrait contenir une telle possibilité populaire ?

    Bien sûr, il faudrait commencer par le canal de l’Ourcq qui est probablement déjà assez propre, sauf que nous n’en savons rien. À Vienne ou à Copenhague, la qualité de l’eau est analysée quotidiennement et ces informations sont facilement accessible à tous. Ici, personne ne sait de quoi il en retourne, on préfère se fier aux panneaux de la mairie : INTERDICTION DE SE BAIGNER – RISQUE DE NOYADE - DANGER DE MORT. Même si à quelques brasses de là, tel Maire fait cadeau d’une petite plage payant de merde qui ne s’avère pas si dangereuse et dont l’eau n’est a priori pas trop impropre.

    Avec un peu d’ambition, on pourrait aussi envisager de transformer le quai Bercy en un gigantesque parc urbain de baignade plutôt que cette autoroute moche, polluante et bruyante dédiée à l’industrie du ciment. Une sorte de Donauinsel ou de Central Park traversé par la Seine. Pourquoi pas ?

    J’ai le sentiment qu’il s’agit ici moins d’un manque d’#imagination_politique (bien réel évidemment) que d’une #résistance. Par-delà ou en-deçà des petits privilèges de certains (ceux qui peuvent aller se mettre au frais avec leur famille ou leurs amis), j’ai parfois l’impression que les parisiens veulent souffrir. Normalement, quand on est danois, plus on va vers le sud, plus on prend la mesure de son protestantisme et d’une vie clivée entre temps de travail et temps de loisir.

    En France, comme plus généralement dans le sud de l’Europe (désolé pour cette géo-analyse globale un peu rapide), cette division et compartimentation de la vie est généralement moins stricte. Ici on prend le temps de déjeuner ensemble plutôt que chacun dans son coin replié sur son ordinateur et son tupperware, on répond à ses messages sur Whatsapp pendant son temps de travail et c’est une bénédiction si l’on peut rentrer un peu plus tôt chez soi ou sortir voir des amis. La vie n’est pas strictement séparée entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. pas chacune individuellement avec son petit truc ramené depuis chez eux replié sur leur ordinateur : ou on s’en fout du fait qu’on est censé être au travail et on regarde son smartphone quand même, on ferme le magasin un peu plus tôt, on invite des amies à venir, on ne partage pas la vie strictement entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. Mais : il y a au moins un endroit où ce partage se fait, c’est entre la campagne et la ville.

    Il y a deux semaines, je proposais à une amie de passer chez un glacier. Elle m’a répondu que non, ça n’existe pas à Paris. Quand je lui ai la demandé, si les Français ne mangeaient pas de glace quand il fait chaud, elle m’a répondu « Si si ! – à la campagne ». Selon elle, il existe belle et bien des glaciers mais juste pas à Paris. La séparation de la vie est entretenue : pas dans le quotidien, mais par les saisons (Est-ce que cela pose des problèmes ? Oui : pour ceux qui ne sont pas capables de mener leur vie de saisonniers bien à l’aise à la Proust).

    Il faut quand même que je le dise : il est quand même assez cocasse que l’on puisse trouver des glaces pas chères partout à Vienne (un peu plus cher au Danemark, mais quand même accessibles aux ouvriers en sueur), alors qu’il y fait beaucoup moins chaud. Faut-il encore y voir l’un des mirages de la social-démocratie ? Oui, peut-être. Copenhague et Vienne sont devenues des villes agréables l’été, ce qu’elles n’ont toujours pas été.

    Il y a une dizaine d’année, Copenhague a été élue meilleure ville où se baigner du monde (par un autre sondage à la con mais le résultat n’est pas faux). Pourtant, le détroit qui sépare la Suède de Copenhague, Øresund, a longtemps été appelé Pløresund (littéralement, le détroit au liquide dégueulasse). Pendant des années, les déchets et pollutions industriels et agricoles s’y déversaient, jusqu’à ce que cela soit pris au sérieux, s’arrête : et là, une nouvelle ville est apparue.

    Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Paris ? M’est avis que c’est plutôt que l’on ne veut pas faire pareil et que cette absence totale de projets d’aménagement radical de la ville laisse le champ libre aux politiques social-démocrates autant qu’aux propriétaires industriels.

    Cet abandon de la ville vient peut-être de l’idée selon laquelle il faudrait déserter la métropole, lutter contre elle. On peut paraphraser Adorno : pendant que les gauchistes font la révolution dans leur commune près d’un lac quelque part au milieu de la campagne, le PS et les capitalistes ont géré la plus grande ville l’Union européenne. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la ville est un fait, bien réel, des millions de gens y vivent, y sont coincés, y souffrent. Et ce sont eux qui, faute d’un projet politique plus large, prennent l’initiative spontané d’en altérer la géographie imposée. Je ne dis pas qu’il nous faudrait embrasser le destin métropolitain mais que nous ne pouvons pas y laisser le champ libre aux forces réactionnaires.

    Reprenons les coordonnées du problème : s’il existe bien une logique capitaliste et industrielle de destruction des communs (de l’eau, de la possibilité de se baigner, de l’enclosure), une social-démocratie de la baignade (Vienne, Copenhague et très partiellement Paris), et une anarchie populaire et spontanée, non-blanche, de la baignade sauvage en ville ; alors à quoi pourrait ressembler une politique communiste de la baignade urbaine ?

    Une anecdote pour finir. L’été dernier à Copenhague, au bord d’un ponton depuis lequel tout le monde plonge comme il est possible de le faire partout en ville, je discutais avec deux vieilles femmes prolétaires. Je leur ai demandé de me raconter comment, selon elles, la ville avait changé. Elles m’ont répondu que ce n’était pas possible de comparer tant la ville d’aujourd’hui n’était en fait plus la même. Et vraiment pour le mieux.

    Une dernière anecdote pour vraiment conclure cette fois. À #Berne en Suisse, l’#Aar qui traverse la ville est utilisé au quotidien comme un transport commun. Grâce au courant, les habitants se jettent à l’eau avec un sac imperméable et vont au cinéma, au boulot ou n’importe où ailleurs. Une sorte de RER aquatique jamais bondé et toujours frais.

    Paris peut donc mieux faire, à commencer par sa gauche radicale. C’est désormais un fait accompli, la canicule comme le rapport de force populaire ont permis de faire rouvrir le canal Saint-Martin. Cette #réappropriation de l’#espace_public a fait de la place pour de nouvelles manières de vivre, il n’est donc pas trop tard pour en faire un projet politique commun (et ne pas le laisser aux forces réactionnaires et ennemies). Il nous faut nourrir et déployer une vraie politique communiste de la baignade et de l’usage des biens communs et naturels pour tous.

    En attendant la prochaine canicule, puis la suivante et encore celle d’après…

    ►https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade
    #urbanisme #villes #chaleur #canicule #France #répression #surveillance #interdiction #géographie_culturelle

    voir aussi (@rastapopoulos) :
    ▻https://seenthis.net/messages/1179924

    • J’aime « allemandsret » le droit de monsieur tout le monde.

      Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

      #nature #baignade #liberté #communs

  • Quand est-ce qu’on interdit les #lunettes connectées ?
    ▻https://framablog.org/2026/06/15/quand-est-ce-quon-interdit-les-lunettes-connectees

    Bon. On pensait être débarrassés de ces saletés suite au flop des #Google Glass, mais visiblement, ça revient à la mode. Alors faisons le point… Quand est-ce qu’on interdit les #lunettes_connectées ? 💡 Aujourd’hui, on s’attaque à un gros morceau : … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #dystopie #Facebook #GAFAM #Google_Glass #Meta #Surveillance

  • L’eau, source de vie, précieux #commun

    #Somhack_Limphakdy est enseignante-chercheuse en philosophie du #droit. Elle se préoccupe – entre autres – de la théorie des communs et plus spécifiquement de la question de la #renouvelabilité de la ressource en eau. Elle répond à nos questions sur l’hydrologie, l’état de l’eau en France et l’importance de la gestion de cette ressource.

    Du droit à l’hydrologie : rencontrez Somhack Limphakdy

    Somhack Limphakdy : “Je suis philosophe du droit et j’ai beaucoup travaillé sur la question des Communs – comment le droit peut être une outil et un levier de préservation, voire de restauration des Communs. Plus spécifiquement, je me suis préoccupée de la question de la renouvelabilité de la ressource en eau.

    À l’origine, je suis pénaliste. J’ai travaillé sur le Tribunal pénal international (TPIY) qui s’est occupé de la situation de l’ex-Yougoslavie où s’est tenu le dernier génocide du XXe siècle sur le sol européen. Mon prisme d’analyse est le suivant : comment faire pour prévenir les conflits et les guerres ?

    En Occident, nous travaillons généralement sur le curatif – beaucoup plus que sur le préventif. Je suis d’origine asiatique : la question de la prévention – notamment en termes de santé – est centrale dans cette culture depuis plusieurs millénaires !

    C’est en travaillant sur ce sujet du TPIY que la question de l’eau est rapidement apparue. Elle s’avère vite incontournable vu qu’elle innerve tous les pans de la vie humaine : hygiène, alimentation (agriculture, transformation) mais aussi énergie, aménagement du territoire, transport…

    Hydrologie : la science dédiée à la gestion de l’eau

    L’hydrologie est une science complexe qui s’intéresse au(x) cycle(s) de l’eau, c’est-à-dire aux échanges entre l’atmosphère, la surface terrestre et son sous-sol. Les hydrologues sont des ingénieurs qui permettent de garantir une arrivée d’eau potable sur un territoire et de traiter les eaux usées avant restitution dans le milieu naturel. L’hydrologie est communément utilisée sur les questions d’#aménagement_du_territoire.

    Focus sur la gestion de l’eau en France

    Les hydrologues pensent en bassins versants – la surface qui reçoit les eaux qui circulent vers un même cours d’eau ou vers une même nappe d’eau souterraine ; ils conçoivent donc la gestion de l’eau depuis la source jusqu’à son embouchure.

    En France, il y a six grands fleuves qui se pensent en interconnexion. Nous avons donc six agences de l’eau qui ont pour missions d’aider collectivités, industriels, agriculteurs, associations de pêche, de protection de la nature et de consommateurs dans le financement, l’accompagnement et la valorisation de leurs projets et initiatives pour agir sur la santé, le cadre de vie, la préservation de la ressource en eau et la biodiversité.

    Il y a également des comités de bassin où siègent plusieurs parties prenantes, dont des particuliers.

    Les problématiques liées à la gestion de l’eau varient selon les territoires : cela dépend de leur géographie. En montagne par exemple, il y a généralement un fort taux de précipitation ; en été, la fonte des neiges éternelles et des glaciers restitue de l’eau ; c’est un terrain sur lequel il y a donc de nombreux ruissellements. En plaine, en revanche, il y a des espaces – comme le long du Rhin où l’on trouve l’une des plus grandes nappes phréatiques de France et d’Europe – où l’eau est accessible plus directement de façon affleurante à la surface du sol. On ne gère donc pas cette ressource de la même façon en fonction du territoire sur laquelle on habite.

    L’accès à l’eau est indispensable, encore faut-il que sa qualité soit préservée

    La qualité de l’eau est une dimension fondamentale. Évidemment, on parle beaucoup de sécheresse – ou d’inondation – parce que les dernières années ont mis en exergue la tension autour de la quantité d’eau disponible et de sa disponibilité dans le temps.

    Mais la qualité de l’eau n’est pas moins importante : elle a un impact considérable sur l’environnement et la santé humaine. Nous avons de plus en plus de problèmes liés à des polluants – les perturbateurs endocriniens – qui peuvent provoquer des cancers et des maladies incurables. Et qui pire est, certains de ces produits sont éternels : nous sommes dans l’incapacité de les traiter (tels que les polychlorures qui sont présents aujourd’hui dans l’eau potable). Sans compter les pluies acides qui abîment nos bâtis ou les écosystèmes naturels.

    Rapide historique de la gestion de l’eau sur notre territoire

    Pendant longtemps, nous avions des régies strictement publiques, historiquement gérées par des municipalités. Et puis, des “géants” de l’eau ont émergé, encadrés par trois lois majeures, celles de 1964, 1992, et 2006.

    Contrairement aux régies publiques, il a pu arriver aux régies privées de tirer profit de leur activité. En fonction du sérieux de leur gestion ou de la qualité de l’eau à la source, les Français ne sont pas égaux en termes d’accessibilité de l’eau ; le prix peut ainsi varier d’un facteur allant de 1 à 7 !

    De fait, ces régies privées ne favorisent pas toujours une gestion adéquate : en cas de fuite, la ressource est dilapidée sans gêne, les régies faisant payer aux usagers ce gaspillage lié à leur mauvaise gestion des canalisations. Mécanisme économique clairement contre-productif…

    Voilà pourquoi beaucoup de mairies sont revenues sur la délégation à un acteur privé de la gestion de cette ressource vitale qu’est l’eau, ce qui est une excellente nouvelle.

    Le(s) cycle(s) de l’eau

    Le cycle de l’eau est généralement enseigné à l’école. La macrostructure du cycle hydrologique est la suivante : évaporation, condensation, précipitations et ruissellement (sous-terrain et dans les fleuves). Mais il existe d’autres microcycles. Par exemple, le microcycle artificiel qui nous fait prélever l’eau dans la nappe phréatique, que nous restituons, une fois l’eau usée passée par des stations d’épuration.

    Les systèmes naturels créent également des microcycles. Ainsi, par exemple, les forêts sont en capacité d’”appeler” la pluie et donc de maintenir une partie de l’eau plus longtemps sur un territoire, grâce à ce que l’on appelle les “rivières volantes“.

    L’eau, cette ressource rare et précieuse

    Seulement 2 % de l’eau disponible sur Terre est de l’eau douce. Tout le reste de l’eau disponible n’est pas directement consommable par les humains. L’eau douce inclue l’eau courante, celle des lacs et des rivières, des nappes phréatiques, des neiges éternelles, de la banquise… Au final, l’eau accessible à l’homme ne représente que 10 à 15 % de ces 2,5 % d’eau douce.

    Ces chiffres permettent de comprendre à quel point cette ressource est précieuse et rare…

    Les communs : source d’inspiration pour bien gérer l’eau

    Les travaux d’Elinor Ostrom, politologue et économiste américaine qui a reçu un prix Nobel en 2009 pour sa réflexion sur les communs, sont une belle source d’inspiration. Elle définit les communs comme un dispositif pensé simultanément sur un triptyque : la ressource, la communauté et les parties prenantes qui en bénéficient et les règles et modalités de gouvernance autour de cette ressource.

    Ce dispositif permet donc de prendre soin des personnes tout en prenant en compte l’impact environnemental et le renouvellement de la ressource. Ce fonctionnement est particulièrement intéressant car il tient compte des intérêts de chaque partie prenante selon son activité – habitants, personnes qui vivent de cette ressource, industriels, agriculteurs, collectivités territoriales, État…

    Comment se saisir de la question de l’eau ?

    Il est parfois difficile de savoir ce que l’on peut faire, concrètement, pour préserver la ressource en haut, à une échelle individuelle.

    Il y a la réponse évidente qui consiste à éviter le gaspillage.

    Mais d’autres possibilités s’offrent aux particuliers : en France, les associations protectrices de l’environnement sont déjà parties prenantes des comités de bassin, mais il manque encore de citoyens pour s’y investir et veiller de près à cette précieuse ressource. Nous sommes trop peu informés et ne connaissons pas tous les dispositifs existants ; c’est pourtant une étape essentielle. Renseignez-vous auprès de votre Agence de l’Eau locale pour mieux comprendre la complexité de ces enjeux.

    Il ne faut pas hésiter une seconde à participer à la reconstruction écologique de notre monde : la tâche est immense ! Et mettre en place des règles d’usage appropriées servira à construire les conditions de la paix sur le moyen et long terme…

    Engageons-nous et participons à la création d’un futur désirable !”

    ▻https://www.ecologiehumaine.eu/leau-source-de-vie-precieux-commun
    #eau #communs #gestion_de_l'eau

  • Archipellisation #Solarpunk
    ▻https://framablog.org/2026/06/04/archipellisation-solarpunk

    Framasoft, #UPLOAD et solarpunk Depuis 2024, Framasoft participe à l’animation d’ateliers d’écriture solarpunk à l’Université de Technologie de Compiègne pour imaginer un monde #low-tech en 2042 autour de la future UPLOAD de Compiègne. L’action se déroule sur le territoire de … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Enjeux_du_numérique #atelier #communs #écriture #étudiant⋅es #fiction #manifeste #SF #StéphaneCrozat #Universite #UTC

  • Reprendre, démanteler, communiser
    ▻https://communaux.cc/2023/05/reprendredemanteler-communiser

    Éléments pour une politique terrestre des soulèvements. « Seul un basculement radical — un soulèvement — pourrait permettre d’enrayer le réchauffement climatique et la 6ème extinction massive des espèces déjà en cours. Au fond, nous le savons, il ne nous reste aujourd’hui plus d’autre voie que de mettre toutes nos forces dans la bataille pour enrayer le désastre en cours, et abattre le système économique dévorant qui l’engendre. »

    #Articles #Tribunes #communaux #communs #démanteler_les_réseaux #écologie #faire_commune #sabotages #terres_urbaines

  • Du #droit_de_déambuler, #Sarah_Vanuxem, Geoffroy Mathieu – Éditions Wildproject

    ▻https://wildproject.org/livres/du-droit-de-deambuler

    Quiconque tente aujourd’hui de traverser la Méditerranée ou même de voyager #à_pied, #à_vélo ou à cheval le constatera : le territoire se ferme, tant sous l’effet de son aménagement physique que de la loi.

    Ce mouvement s’inscrit dans une tendance multiséculaire. Depuis l’aube de la modernité, a été mise en place une interdiction progressive du droit de #vagabonder et de subsister librement sur le territoire.

    D’un point de vue #écologique et #éthique, il est pourtant vital de retrouver un monde poreux et traversable, tant pour les humains que pour les autres êtres vivants.

    La notion même du droit – le nomos grec –, qui renvoie à une #espace de #pâturage, a été interprétée à l’époque moderne comme #enclos. Mais il est tout aussi légitime de le concevoir comme #espace_partagé, #commun.

    Sous l’égide du dieu Hermès, ce recueil libre nous emmène dans les bourgs et campagnes médiévaux, sur le GR2013 à Marseille, à la villa Borghese à Rome – en écho à un essai photographique de Geoffroy Mathieu.

    #domination_de_l'espace #espace_&_inégalités #communs

  • Développer l’ingénierie participative par le recours aux savoirs des #communs fonciers
    ▻https://metropolitiques.eu/Developper-l-ingenierie-participative-par-le-recours-aux-savoirs-des

    Les #communes_rurales expriment de longue date un besoin d’ingénierie pour les aider dans la gestion de leur territoire. Face à l’inadéquation des réponses de l’État, l’idée de recourir à l’expérience collective de gestion des communs fonciers ouvre de nouvelles perspectives. L’ingénierie territoriale est définie comme l’ensemble des savoirs professionnels dont ont besoin les collectivités et les acteurs locaux pour conduire le développement ou l’aménagement durable des territoires. Elle #Essais

    / communs, #ingénierie_territoriale, #participation, communes rurales, #ANCT

    ▻https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-lerique.pdf

  • Attention à l’économie de l’attention
    ▻https://framablog.org/2026/02/17/attention-a-leconomie-de-lattention

    Parce que les phénomènes d’addiction aux médias sociaux ne sont pas apparus spontanément mais ont savamment été mis en place par les GAFAM, et qu’il faudrait sans doute que ça se sache un peu plus… Attention à l’économie de l’attention … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #G.A.F.A.M. #Capitalisme #capitalisme_de_surveillance #Economie #Publicité #Smartphone #Surveillance

  • #Josep_Rafanell_i_Orra : « Hériter d’un monde complètement en #ruine »

    Contre la #dépossession de nos rapports au monde qu’accélère le libéral-fascisme contemporain, le psychologue et écrivain propose de retisser des formes communales par la pratique d’#enquêtes, et dans l’espoir de nourrir de futurs #soulèvements.

    Son livre Fragmenter le monde (Divergences) (▻https://www.editionsdivergences.com/livre/fragmenter-le-monde), sorti en 2017 après les grandes mobilisations contre la loi « travail », avait réussi à tenir en une même proposition la #colère contre le #contrôle des chômeuses et chômeurs, les occupations contre les projets d’infrastructures et l’éloge de véritables politiques de #soin.

    Depuis lors, le psychologue et écrivain Josep Rafanell i Orra n’a cessé de défendre une approche sensible et politique des #communs. À distance du sens mou et galvaudé que prend parfois ce mot, il voit dans leurs formes auto-organisées et émancipatrices la promesse d’une #résistance et d’une #protection contre les #violences du #capitalisme.

    Auteur de plusieurs ouvrages (En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté aux éditions La Découverte ; Petit Traité de cosmo-anarchisme chez Divergences), il a aussi animé Les Communaux, collectif d’enquêtes autour des #hospitalités et des pratiques du soin. Il participe aujourd’hui à la création de la revue À bas bruit (▻https://abasbruit.org) qui veut donner à voir et à entendre « des formes d’#entraide, d’attention à la #vulnérabilité, du soin porté aux milieux de vie, des #luttes et des résistances contre l’#atomisation et ses fusions identitaires ».

    Dans cet entretien, il analyse certains traits du #libéral-fascisme contemporain et défend la pratique d’enquêtes comme manière de témoigner de formes d’#entraide mais aussi de contribuer à la création de nouveaux #liens et #alliances.

    Mediapart : Que vous apprennent les pratiques de soin envers les personnes vulnérables, migrant·es à la rue, mineur·es isolé·es, personnes souffrant de troubles psychiques, en situation de dépendance, etc. ?

    Josep Rafanel i Orra : Disons que le soin ne se résume pas à s’occuper des personnes vulnérables. C’est aussi prendre en compte la vulnérabilité de l’instauration de #mondes_relationnels. C’est-à-dire porter notre attention à la précarité des milieux à partir desquels peuvent avoir lieu des rencontres de soin.

    Lors d’une intervention dans un foyer d’aide médicalisée, j’ai été très ému de voir des personnes aux corps atteints par des maladies neurodégénératives ou par des formes d’autisme très chronicisées, qui semblaient imperméables à des modalités relationnelles. Des corps assignés à un statut d’anormalité dans des institutions, elles-mêmes invisibilisées, souvent à la lisière des villes.

    Face à ces personnes, vous devez aiguiser vos perceptions, vous mettre dans la disposition de presque anticiper des émergences relationnelles, de vous en saisir pour vous embarquer dans leurs modes d’existence si singuliers. C’est de la question de l’animation des rapports entre les êtres qu’il s’agit, en désertant des liens déjà déterminés, prescrits, dans lesquels nous enferment les institutions.

    Quels liens faites-vous entre ce que vous avez observé et la montée des discours identitaires et xénophobes ?

    Le #fascisme qui est déjà là n’est pas le fascisme historique qu’on a connu – cela a déjà été dit maintes fois –, avec les formes canoniques du rassemblement fusionnel autour du « grand leader », des foules au pas de l’oie sur le Reichstag. Il faut plutôt parler de « libéral-fascisme ».

    Celui-ci est lié à des dispositifs de pouvoir qui s’enracinent dans la tradition libérale, qui depuis longtemps conduisent à une expérience d’atomisation. En somme à une défaite de la #communauté. Songeons aux mondes paysans dont [l’écrivain et médecin italien – ndlr] Carlo Levi, par exemple, décrivait l’extermination culturelle juste après la Seconde Guerre mondiale dans son magnifique Le Christ s’est arrêté à Eboli. La disparition du monde paysan, c’est la fin d’un univers composé de rapports entre des humains mais aussi avec des êtres-autres. Il s’agit là de #cosmologies_génératives de la communauté loin des logiques de la reproduction sociale.

    Comment définissez-vous le libéral-fascisme ?

    La défaite des communautés qui étaient capables de composer des mondes disparates. Une sorte d’esseulement qui nous enferme dans un état de préoccupation, qui est aussi un emprisonnement dans nous-même et qui appelle à des #fusions_identitaires.

    Bien sûr, c’est là le terreau du Rassemblement national, mais pas seulement. Ces fusions identitaires se manifestent de façon chaotique. Si dans les années 1930, le fascisme avait capturé les classes sociales – en neutralisant leurs divisons –, aujourd’hui, on est dans de nouvelles coordonnées : dans le délitement et l’implosion du « sujet » de classe, de son identité. C’est la marchandise qui exerce son hypnotisme tyrannique sur les masses d’atomisés, y compris, et surtout, au travers de la #marchandisation_de_soi dans notre âge des réseaux : la #surexposition_de_soi comme condition d’existence.

    Le libéral-fascisme, qui se traduit par une atomisation qui fait masse, fabrique des individus qui ne peuvent se reconnaître que dans le semblable, pour lesquels tout ce qui est étranger devient une intrusion. D’où la #haine universelle du migrant, celui qui nous ramène toujours à la #différence.

    Donc atomisation et monde hyperconnecté ne sont en rien incompatibles : être présent au monde, c’est se soumettre à des #régimes_de_représentation qui absentent du monde. Il n’est pas étonnant que ça conduise à des formes insensées de #prédation : il faut détruire ce qui diffère, ce qui pourrait nous faire différer.

    Donc le libéral-fascisme naît de la défaite des #communautés. Celles-ci subsistaient même dans les #classes_sociales, et cela malgré la violence de leur formation. Avec des liens d’entraide, de #solidarités, de formes d’#hospitalité... Dans le chaos de la #désaffiliation_sociale, il ne semble rester que la fusion identitaire renforcée par les régimes universels des #connexions.

    Comment conjurer ces périls ?

    Dans les ruines où nous vivons – ruines du « social », de ses institutions, des scènes du politique, des anciens projets de l’émancipation – d’autres choses deviennent possibles qui ne sont pas de l’ordre de la répétition. Je suis malgré tout optimiste.

    Est-ce qu’il faut précipiter l’écroulement ? Ou est-ce qu’il faut trouver des manières d’hériter de ce monde ruiné ? Les deux en même temps. Malgré l’exaltation que l’on peut éprouver lors de processus insurrectionnels, que je partage, force est de constater qu’il y a trop de #souffrances. Nous pouvons nous demander comment hériter de ce qui amortissait la #brutalité_capitaliste.

    Je parle ici de ces institutions (hôpital, psychiatrie, école, travail social, etc.) qui nous permettent encore d’avoir prise sur la vulnérabilité des mondes ordinaires qui ont vécu la destruction d’un #contrat_social. Celui qui voulait que l’inscription de nos projets de vie dans l’économie (avec son lot d’exploitations, de destructions des milieux de vie donnant malgré tout lieu à des luttes et des résistances) avait comme contrepartie la garantie d’une appartenance au monde social.

    C’est-à-dire ?

    J’ai beaucoup travaillé en Seine-Saint-Denis, notamment dans des dispositifs médico-sociaux, psychiatriques, assistenciels... C’est là où les plus précaires, les plus vulnérables échouent. C’est là où des gens parfois survivent. C’est là où ils parviennent à refabriquer de nouveaux modes d’existence, malgré la déliquescence des institutions, et malgré les contraintes qu’elles imposent.

    J’en arrive alors à quelque chose d’essentiel : à une certaine conception de l’enquête. Elle est tout à la fois témoignage, intervention pour rendre visible l’invisible mais encore contribution à la création de nouveaux liens et à des alliances.

    Je pense à celles et ceux qui font exister des pratiques d’hospitalité avec des migrants à la rue, ou qui soignent et résistent aux pratiques de ségrégation dans un hôpital psychiatrique, ou qui tentent de réparer ou instaurer de nouveaux liens dans un service de protection de l’enfance parfaitement ignoré, ou qui font exister des mutualisations et des formes d’entraide dans une association de quartier. Je pense à toutes celles et ceux qui défont les frontières des institutions pour introduire un « dehors » imprévisible qui permet de sortir de l’asphyxie identitaire.

    L’enquête peut être alors définie ainsi : faire exister ce qui me fait à mon tour exister, autrement. D’où vient celui qui enquête ? Qu’est-ce qui l’autorise à aller voir ce que les autres font ? Aller dans un « ailleurs », c’est pouvoir faire retour, quelque part. Et pouvoir raconter. Tâche infinie de la traduction. Et alors on cesse d’être un « témoin modeste », neutre, nous met en garde #Donna_Haraway [philosophe états-unienne – ndlr]. On est un itinérant, un passeur. Et d’autres le sont pour nous. Et c’est alors qu’on retisse des formes communales, des arrière-paysages invisibilisés. Dans l’actuel régime de visibilité de la dystopie qui nous aveugle, ces arrière-paysages peuvent nourrir les futurs soulèvements.

    Pour finir, je voudrais ajouter quelque chose aussi qui est pour moi de la plus grande importance : c’est de ne pas se laisser tétaniser par la catégorie de la #domination. La domination entraîne fatalement la quête d’une reconnaissance : celle que vous accorderont vos maîtres, avec des hiérarchies entre les dominés. Je préfère parler plutôt de luttes contre la #dépossession de nos rapports au monde. La dépossession ouvre toujours à la possibilité de formes de #réappropriation qui dépendent, non pas de la nostalgie d’un monde perdu, mais de notre actualité. Bref, qui ouvre à de nouvelles créations.

    On pourrait conclure avec la belle idée de Tim Ingold [anthropologue britannique, à lire dans un prochain épisode – ndlr] : il nous faut pouvoir laisser en héritage le passé à venir.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/291225/josep-rafanell-i-orra-heriter-d-un-monde-completement-en-ruine
    #ruines

  • La planète vit désormais « au-delà de ses moyens » en eau, alerte un rapport de l’ONU | ONU Info
    ▻https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158256

    Prendre une douche, boire au robinet, arroser un champ. Dans une large partie du monde, ces gestes quotidiens reposent désormais sur une ressource qui ne se renouvelle plus : l’eau. Un nouveau rapport de l’ONU décrit ce basculement et affirme que la planète est entrée dans une « ère de faillite hydrique mondiale ».

    Le diagnostic est brutal et revendiqué comme tel. « Ce n’est pas pour tuer l’espoir, mais pour encourager l’action », a expliqué mardi Kaveh Madani, le directeur de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, l’agence à l’origine de l’étude. « Nous devons reconnaître honnêtement l’échec d’aujourd’hui pour rendre possible le demain ».

    #eau #ressources #accaparement #communs #pénuries