• [rencontre] Ne pas démolir est une stratégie
    https://www.arcenreve.eu/rencontre/ne-pas-detruire-est-une-strategie

    L’exposition commun s’est clôturée par une conférence-manifeste de Christophe Hutin, Renaud Epstein et Jean-Philippe Vassal contre les rénovations urbaines qui détruisent systématiquement les logements afin de rénover le parc locatif social.

    Le raisonnement inhérent à cette pratique, privilégiée par les bailleurs sociaux pour modifier la composition démographique des grands ensembles, a été dénoncé en présence de représentants d’associations de résidents menacés d’expulsion.

    https://www.youtube.com/watch?v=86R-UucVk3U

    #logement #grands_ensembles #HLM #démolition #communs #arc_en_rêve #architecture #Renaud_Epstein

  • From instrumentalization to commoning: A critical review of participation in urban nature-based solutions
    https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/frsc.2022.917607

    Nature-based solutions (NBS) are becoming a widely recognized approach to urban sustainability. Most of the literature and policy handbooks on the topic emphasize the importance of participation in some form but interpretations and levels of commitment vary. While the mainstream discourse often presents NBS as a set of win-win solutions for urban sustainability, there is a tendency to romanticize both nature and participatory planning processes in the institutional language and practices of NBS. In this paper, we review critical perspectives on the mainstream NBS discourse. Then we bring scholarship concerning the relationship between cities, nature and social change into conversation with scholarship on commoning, to outline an approach for rethinking the democratic and (...)

  • Corse : L’Accademia di u cumunu pour une écologie territoriale | Corse Matin
    https://www.corsematin.com/articles/corse-laccademia-di-u-cumunu-pour-une-ecologie-territoriale-133387

    Par : Noël Kruslin
    Publié le : 08 novembre 2022 à 20:05
    Dans : Société
    Le sculpteur Toni Casalonga est l’un des membres fondateurs de l’Accademia di u cumunu.
    Le sculpteur Toni Casalonga est l’un des membres fondateurs de l’Accademia di u cumunu.
    Christina Buffa
    Un site au cœur de la châtaigneraie peut devenir l’un des champs d’action de l’Accademia, dès l’instant où une ressource est en danger, et qu’un collectif veut se réapproprier « un commun ».
    Un site au cœur de la châtaigneraie peut devenir l’un des champs d’action de l’Accademia, dès l’instant où une ressource est en danger, et qu’un collectif veut se réapproprier « un commun ».
    Archives Michel Luccioni
    « Aujourd’hui, les rêveurs sont ceux qui croient encore à un progrès qui nous a conduits dans le mur », estime Jean-Michel Sorba.
    « Aujourd’hui, les rêveurs sont ceux qui croient encore à un progrès qui nous a conduits dans le mur », estime Jean-Michel Sorba.
    Jeannot Filippi
    Le sculpteur Toni Casalonga est l’un des membres fondateurs de l’Accademia di u cumunu.
    Le sculpteur Toni Casalonga est l’un des membres fondateurs de l’Accademia di u cumunu.
    Christina Buffa
    Un site au cœur de la châtaigneraie peut devenir l’un des champs d’action de l’Accademia, dès l’instant où une ressource est en danger, et qu’un collectif veut se réapproprier « un commun ».
    Un site au cœur de la châtaigneraie peut devenir l’un des champs d’action de l’Accademia, dès l’instant où une ressource est en danger, et qu’un collectif veut se réapproprier « un commun ».
    Archives Michel Luccioni

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    Alertée par ce que la crise écologique laisse entrevoir, une vingtaine de personnes mise sur un nouveau collectif pour installer l’idée d’une écologie territoriale qui passe par la réhabilitation des « communs » en tant que ressources et communautés d’usages. Une utopie… Assumée

    La dernière actualité de Tavignanu Vivu avait déjà dévoilé quelque peu la démarche. Celle d’un autre collectif calé sur les mêmes convictions, mais soucieux d’élever la réflexion au-delà de la seule échelle locale. La revue numérique Robba vient de publier le manifeste qui porte l’Accademia di u cumunu sur les fonts baptismaux. Un texte qui, en guise de titre, pose deux questions. « E avà, chi femu ? Comment habiter la Corse différemment ? »

    Évoquant un été 2022 révélateur des vulnérabilités de l’île, les épisodes climatiques inédits, soulignant « des logiques mortifères qui associent un tourisme irraisonné, une urbanisation démesurée et un consumérisme effréné, nous mènent au bord de l’effondrement ». Dès lors, pour l’Accademia nouvellement créée, « un moment d’introspection s’impose aux politiques comme aux habitants de la terre de Corse. Il nous appartient de penser et de mettre en pratique un autre projet de société ».

    Mais qui sont ceux qui prônent une telle remise en question ? Militants, acteurs associatifs et culturels, citoyens plus ou moins connus, d’aucuns ont figuré sur la liste conduite par Agnès Simonpietri aux dernières élections territoriales. Une démarche qui portait l’estampille écologiste malheureusement vue par le petit bout de la lorgnette. « C’était la liste écolo, celle des hurluberlus », regrette Jean-Michel Sorba qui considère qu’il importe aujourd’hui de dépasser ce qui ne doit plus être une limite.

    Chercheur à l’Inrae, celui qui se fait le premier porte-parole de l’Accademia parle avec conviction. « Nous voulons faire comprendre qu’il y a un combat à mener qui n’est pas seulement celui des météorologues, des écologistes, encore moins des rêveurs. Il ne faut plus parler aujourd’hui de changement climatique, mais de crise écologique et de ses conséquences : l’impact sur la biodiversité, notre rapport au vivant, à la production, à la prédation, à l’économie extractive. »
    LIRE AUSSI. Droits de la nature : Tavignanu Vivu veut éclairer le débat

    Pour Jean-Michel Sorba, le défi de l’Accademia est clair : « Pour susciter la prise de conscience, il faut donner des prises collectives aux citoyens, des prises matérielles et individuelles. Il y a beaucoup de communication, dans le contexte qui est le nôtre, sur ce que nous pouvons faire comme effort individuel. En revanche, les prises collectives pour s’ordonner, se mettre en marche, elles n’existent pas vraiment. Nos représentants politiques n’en ont pas, le marché n’y arrive pas car il repose beaucoup trop sur cette économie extractive, et l’État est défaillant. L’idée, c’est de donner ces prises aux populations, et la formule gagnante est celle des collectifs citoyens pour mettre en place ce que l’on veut mettre à partir d’une approche territoriale de l’écologie. »

    L’Accademia s’appuie d’abord sur le savoir de référence en la matière. L’œuvre du sociologue Bruno Latour sur cette notion d’écologie territoriale, la pensée de l’économiste américaine Elinor Ostrom qui a théorisé les « communs », cette fameuse prise que le nouveau collectif veut faire valoir comme la force de frappe de sa pensée sur le terrain. Qu’est-ce qu’un commun, justement ? À distinguer d’un « bien commun » comme l’eau quand on parle d’une ressource dont on a besoin pour vivre. Le commun, en revanche, est un cours d’eau. « C’est une ressource, explique Jean-Michel Sorba, une communauté d’usagers avec une gouvernance qui définit des règles d’usage. Cette réflexion ferait d’ailleurs sourire nos grands-parents car ils ont connu les communs. Un four de village, u circulu, u furestu en tant que système d’utilisation de la châtaigneraie, n’étaient pas des systèmes dépourvus de régulation. »

    Lui aussi membre de l’Accademia, Toni Casalonga considère l’intérêt d’un regard sélectif sur cet héritage. « Il faut savoir faire le tri dans l’héritage qui est le nôtre en Corse, et se réapproprier ce qu’il nous a laissé d’intéressant. »
    LIRE AUSSI. Record de sécheresse enregistré à l’aéroport de Bastia
    De l’espace forestier qui n’a plus d’usage à... la langue corse

    Après avoir travaillé à sa mise en place pendant un peu moins d’un an, organisé un premier atelier public lors du dernier rendez-vous de Tavignanu Vivu à Aleria, l’Accademia di u cumunu a listé un certain nombre de « communs » qui, partout en Corse, pourraient devenir les instruments du point de bascule. Un espace forestier de 1 000 hectares dans le Sud, où il n’y a plus d’usages ni de gestion, est au cœur des préoccupations, mais l’approche dépasse l’écologie telle qu’on l’entend trop souvent, et peut s’étendre à l’espace urbain. « Nous nous intéressons à un quartier d’Ajaccio où les habitants se dotent d’un approvisionnement énergétique original et local, confie Jean-Michel Sorba, mais aussi à la langue corse qui est un commun. Notre mission, au-delà de l’identification des communs, c’est d’accompagner des groupes porteurs d’actions, notamment en posant un récit, à savoir s’entendre sur un narratif pour dire quels sont les problèmes et se projeter sur les solutions. »

    Toni Casalonga veut y croire, eu égard à son inébranlable foi en la citoyenneté. « Quel est le rôle du citoyen ? Voter pour ou voter contre, mais il a quand même bien d’autres choses à faire, notamment créer des espaces de contribution qui voient fleurir la pensée. »

    L’Accademia di u cumunu est bien née. Ses fondateurs savent que parvenir au « point de bascule » sera un tour de force. Ils assument la part d’utopie, « car en temps de crise, si on n’en a pas, on en crève », tout en anticipant l’offensive des incontournables détracteurs. « Les rêveurs, aujourd’hui, estime Jean-Michel Sorba, ce sont ceux qui croient encore que l’on peut vivre dans ce progrès totalement suspendu qui ne prend pas en compte nos ressources, et qui nous a conduits dans le mur. »

    #Communs #Corse

  • Composer un monde en commun. Une théologie politique de l’#anthropocène

    Comment relever les extraordinaires défis que nous lancent les #crises induites par la #destruction de notre #habitat planétaire ? Faut-il réviser le concept même de #propriété_privée ? Remettre en cause la #souveraineté des #États-nations ? Comment construire ensemble les #institutions_internationales qui permettraient de prendre soin de nos #communs_globaux que sont le climat mais aussi la #biodiversité, la #santé, les #cultures et jusqu’à la #démocratie ?

    Car c’est elle qui, aujourd’hui, est menacée par notre refus d’inscrire des limites à la toute-puissance de la #personnalité_juridique, des techniques extractivistes et de la #marchandisation du monde. Où trouverons-nous les ressources politiques, culturelles et spirituelles pour inventer ces limites et en faire une chance plutôt qu’une insupportable privation de liberté ?

    Un tel projet exige de refonder l’#utopie des #Lumières. Et pour cela, de puiser à la source du #christianisme, qui constitue l’une de ses matrices historiques. Il implique donc une révision de la manière dont le christianisme se comprend lui-même : expérience stylistique du retrait d’un Dieu qui s’efface pour nous ouvrir à un horizon démocratique qu’il nous revient d’imaginer ensemble ? Ou #religion d’un Christ glorieux qui légitimerait une souveraineté politique autoritaire, carnivore, phallocratique et colonialiste ? Telles sont quelques-unes questions que pose ce livre.

    Apprendre à y répondre participe peut-être de ce que les traditions bibliques nomment la sainteté.

    https://www.seuil.com/ouvrage/composer-un-monde-en-commun-gael-giraud/9782021474404

    #livre #Gaël_Giraud #communs #commons #Etat-nation #extractivisme #colonialisme #autoritarisme

  • Quand la terre se fait entendre en ville
    https://metropolitiques.eu/Quand-la-terre-se-fait-entendre-en-ville.html

    Donner la parole à la terre, voilà ce que propose Flaminia Paddeu dans un ouvrage passionnant. Elle part à la rencontre de celles et ceux qui cultivent en ville et redonnent au vivant une place centrale dans nos environnements urbains. Sous les pavés, la terre propose de nouveaux récits d’agricultures urbaines à travers un voyage transatlantique passionnant. À coups de bêche, de grelinette, de matières grises, de collectifs, de vivants humains et non humains, le livre dessine de nouveaux sillons #Commentaires

    / #agriculture_urbaine, #métabolisme, #foncier, #communs, #droit_à_la_ville, #habitants, #résistance

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-bertrais.pdf

  • « Il faut avancer avec les communs numériques », selon le sociologue Gilles ­Jeannot
    https://www.lagazettedescommunes.com/804670/%e2%80%89il-faut-avancer-avec-les-communs-numeriques%e2%80%89-

    ­

    Waze, ­Citymapper, ­Doctolib, ­Airbnb… Au regard de la démultiplication d’applications entrant dans notre quotidien, les chercheurs ­Gilles ­Jeannot, ingénieur des travaux publics de l’Etat et sociologue à l’Ecole des ponts et chaussées, et ­Simon ­Cottin-Marx, sociologue, se sont penchés dans leur ouvrage « La Privatisation numérique, déstabilisation et réinvention du service public » (éd. Raisons d’agir, mars 2022), sur ce qu’ils considèrent être de nouvelles formes de privatisation permises par le biais du numérique et qui passent le plus souvent inaperçues.

    Au-delà des formes plus classiques telles que la délégation de service public, ou, à l’échelon local, au travers du marché des villes intelligentes et des safe cities, leur pendant dédié à la ­sécurité urbaine, le numérique marque l’arrivée d’acteurs privés de type « plateforme ». Ils interfèrent avec l’intervention publique et bouleversent la hiérarchie entre intérêts individuels et intérêt général : les nouvelles mobilités et leur cohorte de trottinettes en free floating dans l’espace public, le logement avec Airbnb, l’accès à la vaccination par Doctolib…

    Les auteurs analysent la manière dont les pouvoirs publics réagissent à ce mouvement « qui ne doit pas être repoussé », par exemple, en tentant de mettre en place une offre ­concurrente, de réguler les activités selon des approches plus ou moins rigides ou de ­constituer un service public local de la donnée, même s’ils se trouvent « trop souvent démunis » face à un processus de fond. Les deux sociologues esquissent enfin une possible troisième voie que constituerait la coproduction de communs numériques, de la part de citoyens ordinaires ou de fonctionnaires militants, afin de participer à une réinvention du service public.
    Comment la privatisation numérique se traduit-elle à l’échelle des collectivités ?

    Une nouvelle forme de recompo­sition du partage public-privé, que nous appelons « privatisation numérique », est ouverte par le numérique. Nous sommes partis d’un étonnement face aux applications portées par des acteurs en dehors des services publics mais qui, par leur action, ont à voir avec eux. Cette privatisation numérique s’actualise avant tout sur le fait urbain : ­Uber, ­Waze, etc. ­Waze sert l’intérêt de celui qui l’utilise, sans tenir compte de la politique des villes en matière de hiérarchisation de l’usage des voiries, ce qui peut générer des tensions. Des collectivités ont souhaité collaborer avec la plateforme, comme ­Metz ou ­Versailles, d’autres ont essayé de passer par les bénévoles qui recensent la typologie des voiries… Il y a aussi eu des réponses non numériques comme l’ajout de feux rouges ou la création d’impasses artificielles pour rendre plus difficilement ­circulables certaines voies secondaires !

    Ainsi, si, à l’échelon national, la tendance est à encourager voire à faciliter les activités des plateformes, à l’échelon local, les réactions peuvent être plus vives, sans doute en raison d’une possible aggravation des inégalités territoriales. Par exemple, le périurbain est laissé en déshérence, certaines villes aimeraient avoir des mobilités partagées, et le privé n’y va pas. C’est le vieux mécanisme selon lequel le public vient combler les trous laissés par le privé, comme pour le déploiement de la fibre, avec des zones rurales jugées non rentables et où, après intervention publique, les habitants pourront regarder Netflix, sans contrepartie fiscale de celui-ci…
    A l’échelon local, vous évoquez le marché des villes intelligentes et des safe cities…

    C’est un volet plus « classique », dont IBM avait ouvert la voie avec ses « smarter cities ». Il y a aussi le cas historique de la ville de ­Nice, avec son centre de contrôle porté par cette entreprise. Aujourd’hui, les offres se reconstituent plutôt autour de plusieurs grands opérateurs, qui ont des délégataires de service public, et des acteurs du numérique, Capgemini, des filiales d’EDF et des start-up… Le modèle est plutôt celui d’­OnDijon ou d’­Angers, avec des conglomérats. Pour le cas de la safe city, certains acteurs externes au monde urbain traditionnel peuvent toutefois s’implanter en raison de compétences spécifiques, comme Thales. Du côté des villes, il peut aussi être commode pour elles, sur des sujets jugés sensibles ou délicats, de confier la gestion à des acteurs privés : par exemple, la filiale Moovia de Vinci, qui fait de la reconnaissance automatique de stationnement irrégulier. Les villes qui ne mettent pas en avant un aspect ­sécuritaire peuvent tout de même faire réaliser certaines fonctions par ce biais.
    Vous soulignez aussi l’enjeu de l’intégration des datas…

    Oui, car certains acteurs comme la­ ­Fédération nationale des collectivités concédantes et régies ou la Caisse des dépôts plaident pour une donnée territoriale et un service public de la donnée, au risque sinon que les entreprises se chargent d’intégrer les données pour les revendre aux villes. La question des ­compétences en interne est cruciale pour la maîtrise de ces données.

    De son côté, l’Etat tente de simplifier la mise en relation de grands systèmes informatiques publics et a poussé le slogan de « l’Etat plateforme ». Si l’idée que des acteurs externes à l’­Etat pourraient produire des services en s’appuyant sur l’open data n’a pas réellement fonctionné, des start-up d’Etat ont proposé des solutions créatives de simplification. C’est notamment le cas par le biais des API, applications qui permettent de faciliter les échanges de données entre administrations. Il est essentiel aussi de poursuivre l’intégration de l’ensemble des systèmes informatiques.
    Selon vous, les plateformes offrent un défi positif. Croyez-vous en l’avenir des communs numériques ?

    Les offres des plateformes fonctionnent, les usagers les trouvent efficaces, il serait vain de vouloir repousser ce mouvement de fond. Les interfaces numériques ­publiques doivent s’approprier la familiarité et la simplicité permises par ces applis. Nous croyons aussi à la réalité sociale des communs numériques, une interpellation à prendre au sérieux. Ils peuvent être portés par des collectifs de citoyens mais aussi par des fonctionnaires militants : dans les collectivités, c’est le cas de l’Adullact (Association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités territoriales), qui offre une alternative à des applis métier privées, cette concurrence étant une forme efficace de régulation.

    Il faut faire converger les collecti­vités, qui doivent accepter de se laisser questionner et renoncer à une position centrale, et les citoyens, parfois porteurs de critiques fortes, mais dont les projets de communs ne disposent pas des moyens adéquats et qui peuvent avoir du mal à réaliser que les services publics ne sont pas contraires à leur propre finalité. Collectivités et militants des communs doivent apprendre à collaborer. Un partenariat, qui n’a hélas pas fonctionné, était le projet d’une base adresse nationale porté par l’IGN, La Poste et Open Street Map, une appli pratique pour savoir où se trouve une personne avec une adresse donnée. Les défenseurs des communs rêvent d’une troisième voie entre l’Etat et le marché, nous proposons l’idée d’un partenariat public-commun.

    #Communs #Communs_numériques #Villes

  • Opinion | The Final Frontier Soon May No Longer Belong to All of Us - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/07/28/opinion/russia-us-outer-space.html

    The Russian government has said that it will‌ withdraw from the International Space Station‌ “after 2024.” Instead of choosing multilateral cooperation, it plans to build its own station and send cosmonauts there to continue space research and exploration.

    Russia’s announcement sounds ominous — particularly given its invasion of Ukraine — but ‌this move, part of a broader trend away from multilateralism in international space law, is but one recent signal of the fraying of international space cooperation. Another was the Artemis Accords, a legal framework designed to potentially regulate future commercial activities in outer space, which was created under the Trump‌ administration and upheld by the Biden ‌‌administration. Such actions threaten multilateralism beyond Earth and portend a future where space may no longer belong, equally, to all people.

    A number of U.N. treaties‌‌ regulate outer space, and ‌strong legal norms ‌bolster those global rules. The foundational agreement is the Outer Space Treaty of 1967, which lays out ‌‌the principles that govern outer space, the moon and other celestial bodies. Signed in the middle of the Cold War, the treaty was a symbol of the triumph of science over politics: States could cooperate in space, even as the prospect of mutual destruction loomed on Earth.

    The symbolic value of the treaty is obvious: Nationality recedes into the background when astronauts are floating in space. But beyond that, it has created standards and practices to prevent environmental contamination of the moon and other celestial bodies. It promotes data sharing, including about the many objects, like satellites and spacecraft, launched into space, which helps to avoid collisions. And its codified norms of the common heritage of mankind, peaceful use and scientific cooperation help preserve multilateralism in the face of states’ derogations.

    But the looming prospect of the commercialization of space has begun to test the limits of international space law. In 2020, NASA, alone, created the Artemis Accords, which challenge the foundational multilateral principles of ‌prior space agreements. These are rules primarily drafted by the United States that other countries are now adopting. This is not collaborative multilateral rule making but rather the export of U.S. laws abroad to a coalition of the willing.

    The accords take the legal form of a series of bilateral treaties with 21 foreign nations, including Australia, Canada, Japan, the U.A.E. and Britain. This is not simply a relic of the antiglobalist rhetoric and policies of the Trump administration. Just two weeks ago, ‌ Saudi Arabia‌ signed the Artemis Accords, during President Biden’s visit.

    Moreover, the accords open up the possibility of mining the moon or other celestial bodies for resources. They create “safety zones” where states may extract resources, though the document states that these activities must be undertaken in accordance with the ‌Outer Space Treaty. Legal experts point out that these provisions could violate the principle of nonappropriation, which prohibits countries from declaring parts of space as their sovereign territory. Others suggest that it is important to get in front of the changing technological landscap‌e, arguing that when mining the moon becomes possible, there should already be rules in place to regulate such activities‌. Failure to do so could result in a ‌‌crisis similar to that around seabed mining‌‌, which is poised to begin even though U.N. rules have yet to be finalized.

    In the end, Russia’s withdrawal from the International Space Station‌ is but one piece of a larger set of fluid issues in space governance. ‌Russia and the United States — powerful, spacefaring states — have taken steps that challenge existing rules and norms. Russia alone cannot dismantle the collective efforts to maintain space as a peaceful zone of scientific research and exploration, but the current system is in trouble and is likely to be replaced with U.S.-made regulations that allow for the future commercialization of space. That future is the real threat to multilateralism and to humanity’s rights to the final frontier.

    #Espace #Communs

  • L’étage principal d’une fusée chinoise va retomber sur Terre de manière incontrôlée
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/07/29/l-etage-principal-d-une-fusee-chinoise-va-retomber-sur-terre-de-maniere-inco

    C’est de nouveau le cas avec le lanceur parti le 24 juillet qui, selon les estimations, pourrait retomber sur Terre entre la soirée du samedi 30 juillet et les premières heures du dimanche 31. Ceci dit, une marge d’erreur assez importante, d’une quinzaine d’heures, subsiste car il s’avère difficile de modéliser avec précision le comportement de l’étage principal de cette fusée, un cylindre de 33 mètres de longueur pesant plus de 20 tonnes.

    Trois choses sont certaines : cet étage va retomber ; certains de ses éléments, qui ne se consumeront pas intégralement lors de la rentrée dans l’atmosphère, atteindront le sol ; cela se passera entre le 41e parallèle nord (la latitude de Madrid ou de Naples en Europe) et le 41e parallèle sud qui passe au sud de l’Afrique. Aucun risque pour la France métropolitaine donc, mais cette très vaste zone, qui contient le sud de l’Europe, une immense partie de l’Amérique, tout le continent africain, le sud de l’Asie et la quasi-intégralité de l’Australie, regroupe tout de même 88 % de la population mondiale…

    Plus puissant lanceur chinois, puisqu’il est capable de mettre 25 tonnes sur orbite basse, la Longue Marche dans sa version 5B ne suit pas ce scénario tout simplement parce qu’elle ne compte qu’un seul étage et pas deux (contrairement à la version 5 tout court). Pour remplir sa mission, cet étage principal monte donc à plus de 250 kilomètres d’altitude et se retrouve, de ce fait, lui-même satellisé pendant quelques jours.

    Cela n’empêche pas d’évaluer les risques qu’entraînent ces rentrées incontrôlées. Dans une étude publiée le 11 juillet par Nature Astronomy et qui tombe, si l’on peut dire, à pic, des chercheurs canadiens rappellent tout d’abord que les Chinois ne sont pas les seuls à laisser choir sur Terre des engins spatiaux puisque, en 2016, deux réservoirs appartenant au second étage d’une Falcon-9 de SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, étaient arrivés au sol en Indonésie.

    Ces scientifiques soulignent que, lors des lancements, beaucoup d’éléments plus ou moins gros restent dans l’espace pendant un temps plus ou moins long et créent des dangers lors de leur retombée, soit pour les populations au sol, soit pour les avions de ligne. Selon l’étude, si les pratiques actuelles devaient se poursuivre, elles auraient « une probabilité de 10 % de faire une ou plusieurs victimes sur une décennie ». Les auteurs constatent aussi que les risques d’accident sont plus importants aux faibles latitudes, c’est-à-dire sur le territoire de pays qui… ne lancent pas de fusées.

    Pierre Barthélémy

    #Espace #Communs

  • Ennui, infox et encyclopédie : un auteur chinois révèle la supercherie
    https://actualitte.com/article/106979/insolite/ennui-infox-et-encyclopedie-un-auteur-chinois-revele-la-supercherie

    « C’est l’Ennui ! - l’oeil chargé d’un pleur involontaire, Il rêve d’échafauds en fumant son houka. Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat. » Zhemao, femme au foyer chinoise, ne peut qu’abonder dans le sens de l’auteur des Petits poèmes en prose. Baudelaire conseillait d’être toujours ivre, afin de survivre à ce fardeau : de travail, de vin ou peu importe. La méthode de Zhemao, son nom d’utilisatrice, fut de produire sur l’encyclopédie Wikipédia des infox historiques...

    Publié le : 18/07/2022 à 16:15
    Hocine Bouhadjera

    Sa spécialité : falsifier l’histoire de la Grande Russie. Afin de franchir le contrôle des contenus publiés sur la version chinoise de la plateforme, la dame se faisait passer pour une universitaire, fille d’un diplomate chinois en poste en Russie, mariée à un Russe. Elle se targuait notamment de détenir un doctorat en Histoire mondiale de l’Université d’État de Moscou : prestige et légitimité.

    Récemment, elle avait partagé une pétition que son mari aurait signée pour protester contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie... En outre, elle utilisait quatre comptes alternatifs, afin de soutenir son escroquerie. En réalité, Zhemao ne parle ni anglais ni russe, et est une femme au foyer avec seulement un diplôme d’études secondaires.

    Une mine (d’informations) pas comme les autres

    En juin de cette année, le romancier chinois Yifan, tombe, dans ses recherches pour nourrir un futur texte, sur un article dédié à la mine d’argent de Kashin. Cette mine, découverte par des paysans russes en 1344 selon l’entrée, aurait été exploitée grâce au soutien de plus de 40.000 esclaves et affranchis. Outre cette dimension informative, le papier s’appliquait à décrire la composition géologique du sol, la structure de la mine et même le processus de raffinage...

    En réalité, tout n’était que le fruit de l’imagination de cette utilisatrice connue sous le nom de Zhemao. Les livres cités n’existaient tout simplement pas, quand les références en langue russe utilisées n’évoquaient pas ce que la Chinoise leur faisait dire. En tout, Yifan découvre 206 articles publiés à partir de 2019, certains sur des conflits entre anciens États slaves fantaisistes, souvent caractérisés par la richesse des détails exposés. 300 entrées auxquelles Zhemao avait apporté sa touche ont ensuite été étudiées par un groupe de wikipédiens et de bénévoles.

    « Le contenu qu’elle a écrit est de haute qualité et les entrées étaient interconnectées, créant un système qui se tenait en lui-même », explique John Yip, grand contributeur de Wikipédia, à VICE World News. Et d’ajouter : « Ses papiers semblaient complets, avec des citations appropriées, mais certaines étaient inventées, tandis que d’autres avaient des numéros de pages qui ne correspondaient pas ».

    Ce dernier conclut : « Zhemao a inventé une nouvelle façon de saper Wikipédia. » En effet, mêlant les faits à la fiction, la Chinoise a remis en cause les capacités de la plateforme participative à vérifier les informations et à repousser les acteurs malveillants du site.

    #Wikipédia #Enclosure #Communs

  • Le rapport sur les communs numériques : un levier essentiel pour la souveraineté européenne - Communiqué de presse conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique (24.06.22) - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
    https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-numerique/actualites-et-evenements/article/le-rapport-sur-les-communs-numeriques-un-levier-essentiel-pour-la-so

    À l’occasion de l’Assemblée numérique co-organisée à Toulouse les 21 et 22 juin par la présidence française du Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne, le rapport sur les communs numériques, initié par la France lors de la conférence « Construire la souveraineté numérique de l’Europe » organisée les 7 et 8 février derniers a été présenté aux participants.

    Les « communs numériques » sont produits par une communauté selon des règles définies par elle-même, comme par exemple Wikipédia, Linux ou OpenStreetMap. En s’appuyant sur l’intelligence collective, la mise en réseau des connaissances et la collaboration internationale, les communs numériques remettent en cause les stratégies d’enfermement poursuivies par certains gouvernements et grands fournisseurs de services numériques. Au cœur de la chaîne de valeur numérique, ils apportent davantage de sécurité et sont moteurs d’innovation. Le renforcement des communs numériques constitue ainsi un levier essentiel de souveraineté pour l’Union européenne et l’ensemble des États.

    Le rapport résulte du travail mené par 19 États membres (l’Allemagne, la Belgique, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, la Slovénie, la Suède) et la Commission européenne. Les auteurs de ce rapport, réunis à huit reprises depuis février, ont largement consulté les experts européens de la société civile en la matière. Ces échanges ont permis d’aborder l’ensemble des enjeux liés aux communs numériques, notamment les bonnes pratiques en matière de soutien aux communs numériques et à l’écosystème « open source », afin d’élaborer des recommandations aux États membres et à la Commission européenne.

    Le rapport a formulé quatre propositions clés :

    1. la création d’un guichet unique européen pour orienter les communautés vers les financements et aides publiques adéquats ;
    2. le lancement d’un appel à projet pour déployer rapidement une aide financière aux communs les plus stratégiques ;
    3. la création d’une fondation européenne pour les communs numériques, avec une gouvernance partagée entre les États, la Commission européenne et les communautés des communs numériques ;
    4. la mise en place du principe « communs numériques par défaut » dans le développement des outils numériques des administrations publiques.

    La présidence française du Conseil de l’Union appelle à veiller à la pérennité des communs numériques, briques de notre souveraineté numérique européenne et outils au service d’une transformation numérique ouverte, transparente et participative.

    #Communs_numériques

  • Usbek & Rica - Un rover de la NASA découvre un déchet humain sur Mars
    https://usbeketrica.com/fr/article/on-a-pollue-la-terre-on-a-pollue-l-espace-maintenant-on-pollue-mars-un-

    Cette couverture n’est pas le seul débris qui s’est vu larguer par la navette lors de sa descente en février 2021. Un bouclier thermique, un parachute supersonique et une grue aérienne propulsée par une fusée ont subi le même sort, rapporte le média Mashable. En avril, l’hélicoptère Ingenuity – premier engin à avoir effectué un vol sur une autre planète – avait même photographié l’épave d’un parachute orange et blanc recouvert de poussière, la couverture protectrice qui stockait le parachute ainsi que la coque dorsale, retrouvée en morceaux après un plongeon à 125 km/h.

    Si la pollution spatiale a particulièrement fait parler d’elle ces dernières années, les premiers « déchets » abandonnés sur sol extraterrestre datent pourtant des années 1970, lors des premières explorations sur la Lune. Au terme du mythique programme Apollo de la NASA, achevé en 1972, les six équipes d’astronautes ont laissé derrière elles des objets en tout genre : des modules lunaires aux véhicules électriques en passant par des sismomètres, des pelles ainsi que les caméras grâce auxquelles des millions de personnes ont pu admirer les premiers pas sur la Lune depuis leur télévision. Ces objets sont restés là pour une raison : le poids limité des modules de transports spatiaux. « Plus ils en jetaient, plus ils pouvaient ramener de pierres [sur Terre] », explique Stan Starr, directeur adjoint du projet Apollo, à la NASA.

    Problème : ces débris laissés dans l’espace peuvent contaminer des corps planétaires vierges de toute trace humaine, selon l’organisme américain. Pourtant, les États sont tenus de protéger les planètes extraterrestres, rappelle Benjamin Bastida Virgili : « Parmi ces règles, les pays doivent par exemple aseptiser tous les outils spatiaux afin de ne pas apporter de bactéries sur des sols étrangers et potentiellement implanter une vie non-endémique ».

    Face à cette surcharge orbitale, l’ESA a lancé une mission de « nettoyage de l’espace », visant à retirer plusieurs engins spatiaux hors d’usage et à prévenir la création démesurée de nouveaux débris. « On est en train de développer toutes les technologies en vue de cette première mission qui devrait être lancée en 2025, pour enlever un débris vieux de dix ou quinze ans », avance Benjamin Bastida Virgili, qui prend part au projet « Clean Space ».

    Outre ces missions sauvetage, nombreux sont les scientifiques à demander une juridiction de l’espace plus contraignante. C’est notamment le cas de la professeure d’astronomie à l’Université de San Francisco, Aparna Venkatesan, qui a affirmé lors d’un événement organisé par le Musée américain d’histoire naturelle, le mois dernier, que la mise en place de protections contre la pollution de l’environnement spatial nécessiterait de définir l’espace comme un patrimoine commun de la civilisation humaine.

    #Espace #Communs #Pollution

  • Elinor Ostrom : une économiste pour le XXIe siècle | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/eloi-laurent/elinor-ostrom-une-economiste-xxie-siecle/00103648

    Il apparaît de plus en plus clairement que l’enjeu économique majeur de notre siècle est la réinvention de la coopération sociale en vue d’accomplir la transition écologique. Il y a dix ans presque jour pour jour disparaissait Elinor Ostrom, dont les travaux foisonnants ont éclairé cet enjeu d’une puissante lumière d’espoir.

    A partir de ses observations de terrain, Ostrom va s’attacher à définir les grands principes, au nombre de onze, d’une gestion soutenable des ressources communes (pages 37-38).

    Expériences de laboratoire, travail de terrain, dispositifs empiriques, cadre théorique : Lin Ostrom jongle, à pied d’œuvre dans son Atelier de l’université de l’Indiana, avec les méthodes et les approches, entre science politique, psychologie sociale et études environnementales pour renouveler en profondeur la discipline économique et nous transmettre une formidable leçon d’espoir quant à la poursuite de l’aventure humaine sur la planète.

    Oui, l’intelligence collective humaine peut tout, à condition de comprendre que la technologie d’avenir dans laquelle nous excellons est l’innovation sociale. Lin résume le sens de ses travaux ainsi :

    « Concevoir des institutions pour contraindre (ou inciter) des individus parfaitement égoïstes à parvenir à de meilleurs résultats du fait de leurs interactions sociales a été l’objectif majeur assigné aux gouvernements par les chercheurs au cours du dernier demi-siècle. »

    « De substantielles recherches empiriques me conduisent à affirmer que l’objectif central des politiques publiques devrait plutôt être de faciliter le développement d’institutions qui font ressortir ce qu’il y a de meilleur chez les humains, estime-t-elle. Nous devons nous demander comment des institutions polycentriques variées peuvent décourager ou favoriser l’innovation, l’apprentissage, l’adaptation, la fiabilité, la coopération pour parvenir à des situations plus équitables et soutenables à des échelles multiples. »

    #Elinor_Ostrom #Communs

  • Dans un village du Morbihan, les vagues sont bien gardées
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/dans-un-village-du-morbihan-les-vagues-sont-bien-gardees-7009885.php

    Le littoral s’érode. Mais les vagues subissent, elles aussi, les conséquences de la surexploitation humaine, jusqu’à parfois disparaître. À Saint-Pierre-Quiberon, un projet de réserve participe du changement de perspective vis-à-vis de la nature.
    Protéger les vagues, comme on protège des rivières, des forêts, des espèces fragilisées par l’action humaine. En février, le conseil municipal de Saint-Pierre-Quiberon, dans le Morbihan, a voté la création de la première « réserve de vagues » en France : un périmètre préservé de toute intervention humaine, pour sauver « la biodiversité des vagues, afin qu’elles ne disparaissent pas des paysages de la côte sauvage ».

    On les croit invincibles, éternelles ? Les vagues subissent, elles aussi, les ravages de la surexploitation du vivant. Telle celle de Mundaka, au Pays basque espagnol, la « meilleure vague européenne » dixit les surfeurs, évanouie en 2003 après une opération de dragage de sable.

    Le projet français de réserve est né sous l’impulsion d’un surfeur justement, le breton Erwan Simon, cofondateur de l’association France Hydrodiversité. Après tout, qui saurait mieux jauger et comprendre les vagues… Jour après jour, et de saison en saison, le surfeur évalue les combinaisons des marées, du vent, de la houle ; il observe chaque remous, il s’y connecte. Il sait, aussi, que les vagues et les éléments naturels (notamment le sable) co-construisent le littoral, que les uns ne peuvent vivre sans les autres (hommes y compris !) dans ce monde aux multiples perspectives – les diverses « voix » de la Terre.
    Y prêter attention, en prendre soin, dialoguer avec les vagues, la houle, le sable : le changement de perspective proposé par cette réserve de vagues n’a rien d’anecdotique. Ce qui s’y joue participe d’un immense basculement culturel en marche, à l’écoute de ce que nous disent les sciences, les surfeurs et les autres « gardiens » de la Terre. Où il s’agit de donner la priorité à la vie, et aux générations futures.

    #Communs #Non-humains #Vagues #Littoral

  • Les tiers-lieux (Innovation sociale et prospective) par Valérie Peugeot | MOOC Digital Paris
    https://moocdigital.paris/cours/innovation-sociale-prospective/tiers-lieux

    Un MOOC sur l’innovation numérique et les communs, avec la participation de Valérie Peugeot. 6 séquences d’une dizaine de minutes.

    Valérie Peugeot donne d’abord une définition générale de l’innovation sociale. C’est une réponse face à un besoin qui n’est apporté ni par l’État ni par le marché, et va être proposée par un collectif de citoyens sous différentes formes. Ce qui l’intéresse, c’est ce que cela peut apporter en termes de créativité. « Je considère cela comme un terreau dans lequel on va pouvoir puiser de l’imagination, renouveler nos idées et manières de voir le monde pour trouver de nouvelles réponses ». Elle répertorie 2 500 tiers-lieux en France, et ils seront bientôt 3 000. C’est là qu’on trouve « cette imagination fertile pour faire vivre les territoires autrement ». Elle décrit différents types d’initiatives et la pluralité des activités qui y sont développées. Elle s’interroge : comment passer du local à une plus grande échelle ?

    Valérie Peugeot

    Chercheuse au sein d’Orange Labs et présidente de l’association Vecam, Valérie Peugeot a rejoint le collège des commissaires de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) en avril 2016, où elle a la charge du secteur de la santé. De 2013 à 2015, elle a été vice-présidente du Conseil National du Numérique. Au sein du laboratoire de sciences sociales et humaines d’Orange Labs, les recherches de Valérie Peugeot portent sur les dispositifs numériques de contribution citoyenne dans la ville, la sobriété numérique ou encore l’inclusion numérique. Elle est également directrice pédagogique de l’Executive master « Digital humanities » à Sciences po Paris. En tant que présidente de l’association Vecam, Valérie Peugeot a notamment œuvré à la diffusion de la pensée et des pratiques des communs en France. Attachée au monde de l’ESS (économie sociale et solidaire), elle est membre du Conseil d’administration de la Fondation du Crédit coopératif. Elle est co-auteur avec Serge Abiteboul de l’ouvrage Terra Data - Qu’allons-nous faire des données numériques ? (Editions Le Pommier, 2017).

    #Communs #Valérie_Peugeot #Innovation_sociale #Données_personnelles #Tiers_Lieux

  • Canada Now Willing to Punish Crimes Committed on the Moon
    https://gizmodo.com/canada-crimes-committed-on-the-moon-1848859299

    More than 50 years ago, Apollo astronauts left 96 bags of their own waste on the surface of the Moon. But they didn’t exactly fear getting hit with a fine for littering, as space—the Moon included—has been a largely lawless region. Canadian law makers are hoping to change that.

    Canada amended its criminal code on Thursday to allow for the prosecution of crimes committed by Canadian astronauts during trips to the Moon or on the lunar surface itself. Foreign astronauts who threaten the life or security of a Canadian astronaut can also be punished by Canadian law, according to broadcaster CBC.

    Canada’s criminal code had already included crimes committed by its astronauts aboard the International Space Station as punishable by law. But the recent amendment now accounts for the Canadian Space Agency’s participation in the upcoming Artemis program, through which NASA intends on sending people back to the Moon’s surface later this decade, and possibly as early as 2025.

    The Artemis 2 mission, in which a crewed Orion capsule will travel to the Moon and back without landing, will include a Canadian astronaut. Canada is also contributing a robotic arm to the Lunar Gateway, a planned outpost in orbit around the Moon. The European Space Agency, as well as Japan’s Aerospace Exploration Agency, are also taking part in the Artemis program.

    As these international collaborations take shape in the midst of an evolving industry, it has become more crucial to reconsider the laws currently in place when it comes to governing space. As it stands, space is loosely governed by the Outer Space Treaty of 1967, which was penned in light of the space race between the U.S. and the Soviet Union. The treaty hasn’t been updated since, and article six of the Outer Space Treaty states that nations will supervise the activities of their citizens in space.

    #Espace #Communs #Loi #Traité_espace

  • Web 3.0 : Internet peut-il redevenir un bien commun ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-meilleur-des-mondes/le-meilleur-des-mondes-du-vendredi-29-avril-2022


    À l’heure où l’homme le plus riche du monde s’est offert le réseau social Twitter et alors que le parlement européen s’échine à encadrer le fonctionnement des plateformes avec des textes comme le DSA, quel sera l’avenir du web ? Le web 3.0 pourrait-il être un web des communs ?

    #Web #Internet #Podcast #Communs

  • Knowledge Practices within and beyond Sharing and Commoning Urban Initiatives
    https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/frsc.2022.767365

    Within the context of neoliberal cities, with growing levels of housing commodification and space competition, sharing and commoning urban initiatives, within the larger framework of urban social movements, are shaping tactics of contestation. To what extent they represent sustainable efforts to urban commons governance remains largely unexplored. This paper aims therefore to contribute to better understand how practices of solidarity can be maintained beyond their first productive phase and in particular the engagement of social movement and initiatives actors in the production and maintenance of shared spatial resources. To do that, we focus on knowledge practices as a key factor to ensure sustainability of actions within and beyond urban initiatives that engage with and practice (...)

  • Dans le Morbihan, la première « réserve de vagues » de France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/13/dans-le-morbihan-la-premiere-reserve-de-vagues-de-france_6121892_3244.html

    La commune de Saint-Pierre-Quiberon reconnaît les vagues de la côte sauvage comme « un patrimoine unique et une ressource naturelle, sportive, socio-économique et culturelle » et veut les protéger.

    Mais les vagues seront-elles toujours là, inchangées, dans dix ans ? Cinquante ans ? Cent ans ? Etaient-elles d’ailleurs les mêmes il y a dix, cinquante ou cent ans ? « C’est un angle mort des politiques et des recherches environnementales, explique Grégoire Touron-Gardic, chercheur spécialisé dans les aires marines protégées à l’université de Portsmouth (Royaume-Uni). Les vagues ne sont pas du vivant, donc pas préservées au nom de la biodiversité, et sans existence juridique. Et, pourtant, elles sont du mouvant, apportent de l’oxygène et des sédiments pour la faune et la flore, s’inscrivent dans une culture, une économie, créent une attractivité. » Et, surtout, elles sont « uniques à ce territoire », précise le surfeur Erwan Simon, soulignant que « chaque vague a son identité, son ADN ».

    Ensemble, avec le géologue breton Frédéric Habasque, ils ont créé l’association France Hydrodiversité pour valoriser ce « bien commun méconnu », et ont porté devant le conseil municipal de la ville de Saint-Pierre-Quiberon leur idée : la création de la première « réserve de vagues » en France. Un « projet pilote », validé en février par la commune, dont l’objectif est de « préserver et promouvoir la richesse et la qualité des vagues ».

    Ce projet inédit « montre l’évolution des mentalités en matière d’environnement et la prise d’initiative des citoyens », souligne François Mandin, enseignant chercheur au Centre de droit maritime et océanique de l’université de Nantes. « Si, aujourd’hui, cette réserve n’a aucune base légale, elle peut lancer la discussion et, en cas d’acceptation sociale large, ouvrir la voie à une forme de reconnaissance d’existence pour les vagues », explique le spécialiste.

    Un besoin d’autant plus urgent pour France Hydrodiversité qu’il existe aussi « toutes les menaces que nous ne sommes pas encore capables de mesurer », rappelle le chercheur Grégoire Touron-Gardic. « Outre la pénurie de sable qui risque de s’accentuer, il y a évidemment l’inconnu des effets du réchauffement climatique sur les vagues », abonde l’océanographe Bruno Castelle. Le changement climatique fait en effet grimper la température et le niveau des océans, et intensifie les épisodes de vent fort et de houle.

    A Quiberon, pourtant classé Natura 2000 et labellisé depuis 2018 par le ministère de la transition écologique comme Grand Site de France, la conscience de cette fragilité « est derrière toute notre action politique et notre philosophie collective », explique l’édile Stéphanie Doyen. A quelques kilomètres de sa mairie, le trait de côte de l’isthme de Penthièvre, seule attache terrestre au continent, se fait grignoter chaque année par l’océan. Par grandes marées, la langue de roches et de sable ne fait plus que 22 mètres de large. « Ici, plus qu’ailleurs, on sait ce qu’on risque de perdre en ne protégeant pas ce qu’on a », conclut l’élue.

    #Communs #Nature #Vagues #Non-humains

  • Russia’s Ukraine invasion has escalated a brewing battle over space - Los Angeles Times
    https://www.latimes.com/politics/story/2022-04-11/russias-invasion-of-ukraine-has-also-made-it-a-pariah-in-space
    https://ca-times.brightspotcdn.com/dims4/default/93aad60/2147483647/strip/true/crop/3360x1764+0+64/resize/1200x630!/quality/90/?url=https%3A%2F%2Fcalifornia-times-brightspot.s3.amazonaws.

    Space has long been a barometer of the U.S.-Russia relationship. Cold War competition pushed Moscow and Washington toward new human feats in the 1960s, including the U.S. moon landing in 1969. Anxiety over President Reagan’s “Star Wars” defensive weapons program drove arms negotiations in the 1980s that presaged the end of the Soviet Union.

    The 1998 space station agreement — which also includes the European Union, Japan and Canada — signaled a new era of shared advancement in the post-Cold War period. For more than two decades, the jointly operated station has been spinning around Earth.

    That space détente was waning long before Russia invaded Ukraine in February, and the U.S. and its allies targeted Moscow’s space industry in a raft of economic sanctions. For two decades, Russian President Vladimir Putin has pushed for an aggressive expansion of his country’s space weapons program.

    American officials have alleged, starting in 2009, that the Kremlin was developing anti-satellite missiles and more recently an anti-satellite mobile laser.

    Russia launched what it described as an inspector satellite in 2017, prompting deep skepticism from American officials over what they labeled the craft’s “abnormal behavior,” suggesting it may also have a military use. Two years later, Russia placed a satellite within close range of a U.S. spy satellite, prompting concerns of an unintentional confrontation between the two military powers.

    In November, Russia tested a missile that struck a satellite and blasted it into more than 1,500 large pieces of debris, any chunk of which could doom manned and unmanned commercial and military spacecraft, including the crew of the space station, which was forced to take shelter.

    The U.S. and its allies sharply criticized Russia over the test, with Vice President Kamala Harris calling it an “irresponsible act [that] endangered the satellites of other nations as well as the astronauts on the International Space Station.”

    Meanwhile, the Trump and Biden administrations have ratcheted up efforts to counter competition from Russia and China in space. This was underscored by Trump’s decision to start a new branch of the military, the Space Force.

    The new military branch is one of his few legacies that Biden has embraced, with the White House submitting a recent budget request of $24.5 billion for the Space Force, a bump of about 40% over the prior year. That’s almost as much as the $26 billion Biden requested for NASA, which predates Space Force by more than 60 years.

    Those lingering tensions have complicated attempts to rewrite international rules on space debris, and the invasion of Ukraine has led U.S. officials to put on ice any direct talks between Washington and Moscow over space-related issues.

    “We see no need for those discussions while they are in conflict with the Ukrainians,” Eric Desautels, acting deputy assistant secretary of State for emerging security challenges and defense policy, said in a recent interview hosted by the National Security Space Assn., a nonprofit that encourages cooperation between government and industry.

    Desautels said that Russia and China would like a future treaty that constrains the U.S. from placing space-based missile defenses in orbit. One of the biggest stumbling blocks is defining defensive weapons versus those with offensive capabilities. The U.S. argues that commercial actors could be caught up in more restrictive rules, even if their work lacks a military intent.

    Complicating potential negotiations are a raft of economic sanctions imposed on Russia over the Ukraine war. The U.S. has taken intentional aim at the Russian space industry, with Biden vowing on the day of the invasion that U.S. sanctions were designed, in part, at degrading “their aerospace industry, including their space program.”

    The economic crackdown against Russia has prompted a series of threats from its space officials. The head of Russia’s space program, Dmitry Rogozin, tweeted on April 2 in Russian that “the restoration of normal relations between partners in the International Space Station and other joint projects is possible only with the complete and unconditional lifting of illegal sanctions.”

    Even before the Ukraine invasion, Moscow had indicated that it may leave the partnership in the next few years — citing safety concerns with aging metal — as it signs new agreements with China on space exploration and lunar research. The station, which has also become a rental hub for billionaire space tourists, is set to retire by 2030.

    Zhanna Malekos Smith, a senior associate with the Center for Strategic and International Studies, said Russia has created “strategic fog” with its mixed signals over the space station pact. But she pointed to signs of hope, including the March 30 return from the station of American astronaut Mark Vande Hei, who traveled back to Kazakhstan with two cosmonauts — Pyotr Dubrov and Anton Shkaplerov — in a Russian capsule.

    When Shkaplerov handed control of the station to astronaut Thomas Marshburn a day earlier, he said that whatever problems existed on Earth — “in orbit, we are like one crew.”

    West, the researcher with Project Ploughshares, said the invasion of Ukraine has accelerated and reframed many of the conversations around the militarization of space, including the interplay between civilian and government interests. Satellites, in particular, connect so much of the modern world while helping militaries coordinate troop movements and pinpoint missile strikes.

    It’s a dramatic change in mindset compared with a ground war, where “you’re either in a war zone or you’re not,” she said.

    She pointed out that other countries, including Australia, the United Kingdom, France, India, China, Russia and Japan, have moved toward creating more formalized space commands, like Space Force, a recognition that the battlefield has shifted.

    They are all coming to the conclusion that space is not just for exploration. It’s also a new front line.

    #Espace #Communs #Militarisation

  • Community and Commons (Urban Concepts)
    https://urbanpolitical.podigee.io/50-community_commons

    In this first episode of the Urban Concept series, Louis Volont (MIT, Boston) and Thijs Lijster (University of Groningen) discuss with Talja Blokland (Humboldt University, Berlin) the concepts of community and commons and consider implications for urban research and action. The series introduces key urban concepts and reflects on their relevance in the fields of theory, research and politics.

    #urban,political,community,commons,concepts,research,politics,Esposito,Ostrom
    https://main.podigee-cdn.net/media/podcast_13964_urban_political_pdcst_episode_717748_community_and_c

  • Dreaming of Suitcases in Space - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/03/07/technology/inversion-suitcases-space.html

    La folie de détruire l’espace comme commun. Encore un exemple de l’imbécilité qui consiste à mettre les modèles économiques avant les besoins humains et la protection de l’espace et de la planète et ses habitants.

    If Inversion is successful, it’s possible to imagine hundreds or thousands of containers floating around space for up to five years — like some (really) distant storage lockers.

    The company’s founders imagine the capsules could store artificial organs that are delivered to an operating room within a few hours or serve as mobile field hospitals floating in orbit that would be dispatched to remote areas of the planet. And one day, a shortcut through space could allow for unimaginably fast deliveries — like delivering a New York pizza to San Francisco in 45 minutes.

    Inversion’s founders think what seems like a pipe dream may become more realistic as launch costs drop from current prices, which start at $1 million (and increase depending on weight) to share space on a SpaceX rocket. Inversion declined to offer an estimate of how much its capsules will cost.

    “The big obstacle that everyone in the sector is trying to overcome is that at current costs, there just isn’t that much demand to do much in space,” said Matthew C. Weinzierl, a professor at Harvard Business School who has published research about the economic potential of space.

    For decades, people have imagined living and working in space as an extension of life on Earth. That vision seemed like a Hollywood fantasy until an influx of private rocket companies greatly reduced the costs of getting to space, making commercial activity beyond Earth more feasible.

    #Bande_de_tarés #Espace #Communs #Hubris

  • Translocal Mobilization of Housing Commons. The Example of the German Mietshäuser Syndikat
    https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/frsc.2022.759332

    We are currently observing an international trend toward the establishment of non-profit-oriented, collaborative, and self-managed housing models. In this respect, knowledge concerning commoning has been circulating globally with initiatives mutually interacting. This is also true for the Mietshäuser Syndikat, which by now comprises some 171 permanently decommodified houses in Germany and has been transferred to the legal spaces of several neighboring states (Austria, France, Netherlands, and Czech Republic). Against this background, this paper addresses the question of how housing commons such as the Syndikat circulate translocally and what role spatial learning processes and network dynamics play in that regard. Conceptually, the study refers to the spatialities of social movements. (...)

  • « Me voilà intégré à une équipe fantôme » : les extraits d’un récit d’infiltration dans l’équipe de Zemmour
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/17/me-voila-integre-a-une-equipe-fantome-les-extraits-d-un-recit-d-infiltration

    Je viens de rejoindre un nouveau groupe de travail nommé « WikiZédia ». J’avais repéré cette initiative début octobre [2021], sur le canal Telegram « Groupe de discussion », ouvert à 1 400 personnes. Un membre proposait de « Contribuer à Zemmour & Wikipédia : ajouter du contenu qui concerne Zemmour, compléter et rectifier si nécessaire. = > contacter @Choucroutegourmande ».

    Je contacte @Choucroutegourmande, le 10 novembre, lui signifie mon envie de contribuer, et me voilà intégré à WikiZédia. Une fois de plus, personne ne vérifie mon identité. Et là, c’est vertigineux : j’ai désormais accès à des stratégies et à des tactiques officieuses, non assumées publiquement.

    Gabriel ajoute ce qu’il a appris de son expérience : « Je le déplore, mais il est quasiment impossible de procéder à des ajouts qui paraissent partisans sans s’appuyer sur des articles de presse “mainstream” (malheureusement…). Il faut donc la jouer assez finement. D’ailleurs, à mes débuts, j’ai fait l’objet de sanctions (blocages) pour des modifications trop engagées. » (…)

    La page « consignes » rappelle les priorités : « Mettre à jour les pages “CSA” ; “Face à l’info” ; page “Liste des épisodes Face à l’info” ». Et créer ainsi, au sein de Wikipédia, une myriade de nouveaux liens concernant de près ou de loin Eric Zemmour. Ça a l’air compliqué, mais c’est pourtant très simple. Il s’agit d’un lobbying numérique qui s’évertue à contourner les règles imposées par Wikipédia.

    Je sollicite Jules, l’administrateur de Wikipédia avec qui je suis entré en contact [Jules, sans aucun lien avec l’équipe Zemmour, aide l’auteur à repérer les manœuvres de celle-ci sur Wikipédia], pour obtenir plus d’informations sur Gabriel, alias « Cheep ». Pour rappel, dans la discussion de la cellule WikiZédia, Gabriel s’est présenté comme « chargé de la page Wikipédia d’Eric Zemmour ». Jules se montre tout de suite choqué quand il apprend que « Cheep » fait partie de la cellule WikiZédia. Car « Cheep » n’est pas n’importe qui dans la communauté des « wikipédiens » : d’après les statistiques fournies par l’encyclopédie en ligne, il totalise, depuis 2006, près de 169 000 contributions, ce qui en fait le 64e contributeur de Wikipédia en langue française. Il s’agit donc d’un utilisateur extrêmement expérimenté, que la communauté nomme « Autopatrolled 35 », c’est-à-dire dont les modifications sur les pages sont considérées comme vérifiées automatiquement.
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    Le 3 décembre 2021, à 00 h 05, Gabriel- « Cheep » intervient sur la page Wikipédia consacrée à Eric Zemmour. Il ajoute des portraits photo du maréchal Pétain et de Pierre Laval, chef du gouvernement sous le régime de Vichy. Sous les photos, « Cheep » rédige la légende suivante : « Philippe Pétain et Pierre Laval, dont la responsabilité dans la Shoah en France est sujette à débat. » Une affirmation totalement fausse.

    (…) Un autre utilisateur de Wikipédia (dont le pseudo est « Lefringant ») annule une première fois la modification mensongère de Gabriel- « Cheep », une minute seulement après sa publication. A 00 h 10, « Cheep » revient à la charge en indiquant « Images appropriées ». « Lefringant » annule de nouveau la modification en commentant : « L’image peut-être, la légende absolument pas ». « Cheep » passe en force en disant : « Il suffit de lire l’article sur Laval. » « Lefringant » annule de nouveau. Une administratrice de Wikipédia (dont le pseudo est « Bédévore ») intervient pour stopper la « guerre d’édition ». Elle immobilise cette page pendant vingt-quatre heures, sans la légende de « Cheep ».

    Le lendemain, plusieurs contributeurs expérimentés reprochent à Gabriel- « Cheep » ses modifications contraires à la neutralité de point de vue, l’un des principes fondateurs de Wikipédia. Un administrateur propose un blocage d’une semaine pour « Cheep ». Pour se défendre, « Cheep » demande à ce que l’on suppose sa bonne foi, autre règle fondamentale sur Wikipédia. Il écrit : « Pas de procès d’intention. Il s’agit de l’article consacré à Zemmour, donc il me semblait relativement évident que la légende concernait son avis sur le sujet. » En tant que contributeur expérimenté, il sait pourtant que sa légende ne présentait nullement un point de vue, mais une affirmation générale. Son ancienneté le sauve, il n’est pas bloqué. Sa modification est néanmoins masquée pour « contenu illégal ».

    #Wikipédia #Zemour #Faschosphère #Communs #Enclosures