• Wikipédia fête les 20 ans d’une belle et exigeante utopie
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/01/14/wikipedia-fete-les-20-ans-d-une-belle-et-exigeante-utopie_6066271_4408996.ht

    La relative neutralité de l’encyclopédie en ligne écrite par les internautes doit beaucoup au tout petit noyau de ses contributeurs les plus actifs, dominés par des hommes attirés par le savoir.

    A cette époque, le dictionnaire était encore roi, et Internet encore en voie de démocratisation. Le 15 janvier 2001, une curieuse encyclopédie apparaît en ligne. Créée aux Etats-Unis par l’homme d’affaires Jimmy Wales et un jeune diplômé en philosophie, Larry Sanger, elle est accessible gratuitement et écrite par des bénévoles. On y trouve à ses débuts des articles sur l’histoire de la Bible, le naturalisme éthique, ou les Backstreet Boys.

    Wikipédia est accueillie fraîchement. « Beaucoup de gens pensaient qu’il était déraisonnable de confier son écriture à n’importe qui », se souvient Dominique Cardon, directeur du médialab de Sciences Po. Le cofondateur de Wikipédia partage cet avis lorsqu’il quitte le navire, au début de 2003 : Larry Sanger se dit fatigué par les « trolls » et les « anarchistes » qui y sévissent. Il part fonder Citizendium, une encyclopédie contributive pilotée par des experts.

    Wikipédia est désormais le quatrième site le plus visité en France

    Vingt ans plus tard, Citizendium est moribonde, mais Wikipédia est désormais le quatrième site le plus visité en France, non loin derrière Google, Facebook et YouTube. Grâce aux smartphones, l’encyclopédie est accessible partout, à tout moment : l’utopie californienne, qui autorise n’importe qui à contribuer au savoir, et fonctionne sans actionnaires, est toujours debout.

    Son corpus d’articles est devenu presque cent fois plus fourni que celui de l’Encyclopædia Universalis. Pour Dominique Cardon, Wikipédia a « élargi le domaine du savoir, touchant des thèmes auparavant négligés, comme les personnages de Pokémon. Les regards ont énormément changé. Il y a toujours des poches de résistance, mais Wikipédia est désormais accepté jusque dans l’éducation nationale, où il est devenu un outil pédagogique ».

    #Wikipédia #Communs

  • Des Figures en Commun(s) : Une aventure libre et partagée !
    https://cultinfo.hypotheses.org/565

    Et si, à notre tour, et sans nier l’attractivité bien compréhensible qu’opèrent sur eux certaines figures des grandes plateformes du web, on leur proposait de faire connaissance avec d’autres figures de référence ? Des figures qui oeuvrent, par des actions individuelles et collectives, pour une autre vision du monde, de l’information et de la connaissance.

    #communs #EMI

  • Il était une fois Wikipedia - 20 ans d’encyclopédie en ligne -
    https://www.arte.tv/fr/videos/093704-000-A/il-etait-une-fois-wikipedia
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/093704-000-A/940x530?text=true

    Vingt ans après sa création, comment l’encyclopédie a-t-elle évolué ? Est-elle devenue plus conservatrice ou plus radicale ? Est-ce un projet à visée véritablement planétaire ou un outil qui produit des savoirs « eurocentrés » ?

    #vidéo #wikipédia #communs

  • Comment une petite société #coopérative tente de changer radicalement le monde paysan - Basta !
    https://www.bastamag.net/la-premiere-SCOP-en-agriculture-ferme-Beletre-Indre-et-Loire-transmettre-u

    Voilà quatre ans que la ferme de Belêtre, en Indre-et-Loire, a initié le mouvement des petites coopératives (Scop) en agriculture. L’enjeu : limiter l’endettement, se rémunérer pour son travail et non sur son capital, améliorer la protection sociale et faciliter la transmission.

    À Dolus-le-Sec, en Indre-et-Loire, la coopérative paysanne de Belêtre est l’une des premières fermes françaises à avoir adopté, en novembre 2016, le statut de société coopérative de production (Scop). « Quand on a cherché à s’installer en agriculture tous les cinq, ce qui motivait notre projet agricole était avant tout politique, explique Mathieu Lersteau, l’un des cinq cofondateurs. Dans ce projet, il y avait quelque chose d’assez tranché sur le rapport au capital et la volonté de participer à un mouvement de transformation sociale. »

    #communs #projets_participatifs

  • Métropole de Lyon : la gestion de l’eau potable redeviendra publique en 2023
    https://www.bfmtv.com/economie/metropole-de-lyon-la-gestion-de-l-eau-potable-redeviendra-publique-en-2023_AD

    Promesse de campagne des écologistes, la métropole de Lyon va reprendre la main sur la gestion de son eau potable. La nouvelle majorité métropolitaine lance le chantier : une régie publique sera chargée, dès le 1er janvier 2023, de produire et de distribuer les 245.000 m3 d’eau nécessaires chaque jour à l’agglomération et à ses 1,2 million d’habitants. Ce marché de 88 millions d’euros annuels échappe au groupe Veolia qui assure l’exploitation du réseau depuis 2015, dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) qui arrive à échéance en décembre 2022. [...]

    L’objectif : une meilleure « préservation de la ressource », et non une baisse des tarifs, assurent les écologistes lyonnais. « Il n’y aura pas de changement tarifaire, dans un premier temps du moins, à l’exception d’une tarification sociale et solidaire ayant pour objectif que les premiers mètres cubes soient gratuits pour les plus précaires », a indiqué Bruno Bernard. Les bénéfices dégagés devraient servir, selon la municipalité, à intensifier la lutte contre les fuites du réseau ou à engager des actions pour réduire l’usage des pesticides par les agriculteurs proches du site de captage.

    #eau #communs

  • Face au Covid, l’efficacité des réseaux autogérés de soignants, plus réactifs que le gouvernement - Basta !
    https://www.bastamag.net/Medecine-de-ville-deuxieme-vague-generalistes-infirmieres-liberales-pharma

    Pour organiser ces tournées spéciales d’infirmières et de médecins généralistes, ces soignants se sont appuyés sur leur communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Expérimentées sur le terrain depuis une quinzaine d’années, et formalisées par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les CPTS réunissent des médecins, infirmières, sages-femmes, kinésiologues ou podologues qui décident de se regrouper pour partager leur savoirs et mutualiser leurs moyens. Il en existe plusieurs centaines en France, certaines très actives, d’autres moins.
    Je lis, j’aime, je vous soutiens

    Leurs objectifs : faciliter l’accès aux soins et mieux organiser la prévention. « Pour nous, la santé ne se réduit pas à la prise en charge par les médecins, explique Sophie Dubois, pharmacienne, et directrice de la CPTS du 13ème arrondissement de Paris. Nous travaillons donc avec le secteur médico-social. » Pendant le confinement, tous les soirs, un médecin et un infirmier étaient présents pour faire le tour des Ehpad, assurer une présence médicale et intervenir au niveau des soins palliatifs. « On a aussi organisé des tournées sur le centre d’hébergement d’urgence qui abrite des personnes sans domicile, cite Sophie Dubois. Un médecin et une médiatrice en santé [chargée d’accompagner des personnes qui sont confrontés à des obstacles dans l’accès aux soins] y faisaient une vacation une fois par semaine, des infirmiers trois fois par semaine. »

    Une auto-organisation très efficace

    « Être en hyper local, au sein d’un territoire que l’on connaît, c’est vraiment garant d’efficacité, insiste Sophie Dubois. Cela nous a été tellement utile pour trouver du matériel, et notamment des équipements de protection, qui manquaient partout. » Habituée à travailler avec la mairie, la CPTS du 13ème arrondissement a récupéré les kits d’hygiène des cantines, inutiles puisque les écoles étaient fermées. « Nous avons aussi pu nous servir des kits prévus pour les élections et qui n’avaient pas été utilisés. 5000 masques FFP2 ont par ailleurs été récupérés à la Bibliothèque nationale de France [située dans le même arrondissement]. Enfin, des toiles ont été achetées chez un fournisseur agricole et confiées à des couturières du quartier pour fabriquer des sur-blouses. » Avoir ce matériel a permis de protéger les soignants, et de garder des lieux de soins ouverts.

    La réactivité des communautés autogérées de soignants a permis d’offrir une continuité de soins à des patients qui auraient, sans cela, été laissés de côté

    De nombreux centres Covid ont été créés partout en France, souvent en collaboration avec les collectivités locales. Partout l’auto-organisation s’est révélée efficace. « Le terrain a été plus rapide que les institutions », résume Claire Beltramo. « Le fait de nous connaître nous a rendus très réactifs, ajoute Sophie Dubois. Nous sommes habitués à tenir compte les uns des autres. Il y a eu beaucoup de solidarité. » Dans de nombreux endroits, l’accueil des patients a été géré bénévolement par des kinés, sages-femmes ou podologues – autant de soignants souvent impliqués dans des CPTS mais dont l’activité était très réduite, voire nulle, en raison de la crise. Cette réactivité a permis d’offrir une continuité de soins à des patients qui auraient, sans cela, été laissés de côté.

    Pour la CPTS du 20ème de Paris, ce travail invisible est « un scandale que l’on peut chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros ». Dans leur analyse de cette première vague, les soignants « de ville » insistent sur le fait qu’ils ne pourront pas s’engager à une telle hauteur pour la deuxième vague qui a débuté en octobre. D’autant que certains d’entre eux ont payé un lourd tribut lors du premier pic de contamination : 20 % des médecins et 40 % des infirmières sont tombés malades dès les premières semaines.

    Pour cette deuxième vague de l’épidémie de Covid, les pratiques restent encore trop « hospitalo-centrées » et la parole des médecins généralistes largement ignorée

    « Globalement les soignants "de ville" ne sont pas totalement tenus à l’écart comme lors de la première vague où le discours était d’appeler le Samu en cas de symptômes », note Sophie Bauer, vice-présidente de la fédération des CTPS. Mais les pratiques restent trop « hospitalo-centrées » dit-on parmi les soignants. La parole des médecins généralistes est toujours largement ignorée, alors qu’ils ont tiré la sonnette d’alarme dès la fin du mois d’août sur l’aggravation de la situation. « Les ARS étaient entièrement concentrées sur le dépistage, on ne pouvait parler de rien d’autre, déplore Claire Beltramo. On aurait pu réfléchir ensemble à l’organisation des sorties d’hôpital, qui ne vont pas tarder à arriver. On l’a fait de notre côté, bien sûr. Mais on aurait aimé le faire en lien avec les institutions. On a quand même fait nos preuves, pendant la première vague. »

    #Santé_publique #Médecine_ville #Auto-organisation #Autogestion #Communs

  • Microbes could be used to extract metals and minerals from space rocks | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2020/11/10/1011935/microbes-extract-metals-minerals-space-rocks-mining/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    Donc, si je comprends bien, on va envoyer des bactéries dans l’espace pour extraire les terres rares des roches spatiales, et permettre de rapporter moins lourd sur Terre.
    Mais bon, cela veut dire qu’on enverra des bactéries dans des endroits inhabités. Quand je pense qu’on s’est offusqué de l’envoi de tardigrades sur la Lune par une équipe israélienne.
    Encore un commun qui va disparaître sous la pression d el’économie expansive.

    New experiments on the International Space Station suggest that future space miners could use bacteria to acquire valuable resources.
    by

    Neel V. Patel archive page

    November 10, 2020
    psyche asteroid
    An illustration of asteroid Psyche, thought to be primarily made of metals.ASU/Peter Rubin

    A species of bacteria can successfully pull out rare Earth elements from rocks, even in microgravity environments, a study on the International Space Station has found. The new findings, published in Nature Communications today, suggest a new way we could one day use microbes to mine for valuable metals and minerals off Earth.

    Why bacteria: Single-celled organisms have evolved over time on Earth to extract nutrients and other essential compounds from rocks through specialized chemical reactions. These bacterial processes are harnessed to extract about 20% of the world’s copper and gold for human use. The scientists wanted to know if they worked in microgravity too.

    The findings: BioRock was a series of 36 experiments that took place on the space station. An international team of scientists built what they call “biomining reactors”—tiny containers the size of matchboxes that contain small slices of basalt rock (igneous rock that’s usually found at or near the surface of Earth, and is quite common on the moon and Mars) submerged in a solution of bacteria.

    Up on the ISS those bacteria were exposed to different gravity simulations (microgravity, Mars gravity, and Earth gravity) as they munched on the rocks for about three weeks, while researchers measured the rare Earth elements released from that activity. Of the three bacteria species studied, one—Sphingomonas desiccabilis—was capable of extracting elements like neodymium, cerium, and lanthanum about as effectively in lower-gravity environments as they do on Earth.

    So what: Microbes won’t replace standard mining technology if we ever mine for resources in space, but they could definitely speed things up. The team behind BioRock suggests that microbes could help accelerate mining on extraterrestrial bodies by as much as 400%, helping to separate metal powders and valuable minerals from other useful elements like oxygen. The fact that they seem able to withstand microgravity suggests these microbes could be a potentially cheap way to extract resources to make life in space more sustainable—and enable lengthy journeys and settlements on distant worlds.

    #Espace #Terres_rares #Bactéries #Espace #Communs

  • NASA will pay for moon rocks excavated by private companies | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2020/09/10/1008310/nasa-pay-moon-rocks-lunar-samples-excavated-private-companies/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    Any commercial mission that can prove it has collected lunar samples stands to make up to $25,000.
    by

    Neel V. Patel

    NASA announced today that it was seeking proposals from private companies interested in collecting samples from the moon and making them available for purchase by the agency.

    The news: As part of the new initiative, one or more companies will launch a mission to the moon and collect between 50 and 500 grams of lunar regolith from the surface. If they can store the sample in a proper container and send pictures and data to NASA to prove the sample has been collected and can be brought to Earth safely, NASA will pay that company between $15,000 and $25,000.

    The company would receive 10% of its payment after its bid is selected by NASA, 10% after the mission launches, and the remaining 80% upon delivering the materials to NASA. The agency has yet to determine exactly how it will retrieve the sample, but the exchange would be expected to happen “in place” on the moon itself—meaning any participating company is only obligated to figure out how to get to the moon. NASA would retain sole ownership of the material upon transfer.

    NEWS: @NASA is buying lunar soil from a commercial provider! It’s time to establish the regulatory certainty to extract and trade space resources. More: https://t.co/B1F5bS6pEy pic.twitter.com/oWuGHnB8ev
    — Jim Bridenstine (@JimBridenstine) September 10, 2020

    The samples could be from anywhere on the surface of the moon, and could possess any rock, dust, or ice materials. The agency wants to complete these exchanges before 2024.

    What’s in it for NASA: There’s an extremely high demand for lunar material among scientists. Nearly all the lunar material currently in NASA’s possession was collected during the Apollo program. While the initiative itself will only bring a small amount to Earth compared with the hundreds of kilograms gathered during Apollo, this could be the first step in establishing a new pipeline for lunar samples, in which NASA buys from the private sector instead of devoting resources to building and launching missions for that purpose.

    In a blog post published today, NASA administrator Jim Bridenstine said the new initiative is part of the agency’s larger goal with the Artemis program to bolster private-sector participation in space exploration. The agency is already working with several launch providers under its Commercial Lunar Payload Services (CLPS) program to deliver nearly two dozen scientific and technological payloads to the moon in the run-up to a crewed landing by the end of 2024. The 2024 landing itself is slated to utilize hardware built by private companies, most notably the lunar lander for taking humans to the surface.
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    What’s in it for the company: $25,000 is paltry compensation for such a mission, so any companies that participate won’t be in this for money. Instead, it’s an incentive to test out new technologies, including those that could be later used to extract resources like water ice from the moon. The mission outlined in today’s announcement will only involve collecting and storing material from the surface, but that’s still something no private company has done before.

    Legal questions: Lastly, many of America’s larger lunar ambitions focus on establishing a moon mining industry and developing a marketplace that allows excavated resources to be bought and sold by different parties. Bridenstine alludes to these plans in his blog post, referencing President Trump’s April 2020 executive order that encourages the recovery and use of resources in outer space. That order was a follow-up to a law passed in 2015 outlining America’s position that US companies are allowed to own and sell resources they’ve extracted from extraterrestrial bodies. There’s still debate as to whether such policies conflict with the 1967 UN Outer Space Treaty.

    #Lune #Communs #Enclosure #Traité_espace #NASA

  • The Elusive Peril of Space Junk | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2020/09/28/the-elusive-peril-of-space-junk

    In the fourteen billion years between the big bang and the autumn of 1957, space was pristine. Then came Objects No. 1 and 2 in the NORAD catalogue: Sputnik 1—a polished orb of aluminum alloy with four long prongs—and the rocket that the Soviet Union had used to launch it, ushering in the space age. Sputnik circled the planet in an elliptical orbit, but at an altitude so low that atmospheric drag brought it down within three months. The following year, NASA launched Object No. 4, Vanguard 1, farther out into space, but then lost contact with it. Adrift since 1964, it still circles the planet. At the apex of the Cold War, Sputnik and Vanguard were triumphant emblems of a bold future. Today, they are emblems of junk.

    Since 1957, humanity has placed nearly ten thousand satellites into the sky. All but twenty-seven hundred are now defunct or destroyed. Collectively, they cost billions of dollars, but they were launched with the understanding that they were cheaper to abandon than to sustain. Some, like Sputnik, have burned up. Thousands, like Vanguard, will stay in orbit for decades or centuries, careering around the planet as ballistic garbage: a hazard to astronauts and unmanned spacecraft alike.

    These satellites are joined by thousands of spent rocket bodies and countless smaller items—space flotsam created by wear or collision or explosions: things like bolts and other bits of metal. There are odder specimens, too. Object No. 43205 is a functional Tesla Roadster (with a mannequin driver) that Elon Musk launched in 2018. A company called Celestis fires capsules loaded with human remains into orbit, where they will stay for nearly two and a half centuries. (The ashes of Gene Roddenberry, the creator of “Star Trek,” were sent aloft in Object No. 24779.) For years, Space Shuttles emptied their septic systems during missions: astronaut urine, instantly transformed into glimmering snowflake clouds, is reputed to be among the more beautiful visions in space. In 2007, a shuttle jettisoned a fourteen-thousand-pound tank of ammonia. (It later burned up over the South Pacific.) Astronauts, too, have accidentally let objects fall into orbit during space walks: a camera, a spatula, a glove, a mirror, a bag filled with a hundred thousand dollars’ worth of tools.

    Small or large, personal or industrial—retrieving anything from space is immensely difficult, and has been done on just a handful of occasions. The military tracks about twenty-six thousand artifacts orbiting Earth, but its catalogue recognizes only objects larger than ten centimetres; the total number is much greater. By one estimate, there are a hundred million bits of debris that are a millimetre in size, a hundred trillion as small as a micron. We live in a corona of trash.

    #Espace #Débris_spatiaux #Pollution #Communs

  • Routes nationales : « La privatisation d’une partie de l’espace public constitue une régression politique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/21/routes-nationales-la-privatisation-d-une-partie-de-l-espace-public-constitue

    Tribune. Ça s’est passé au creux de l’été. Le 14 août, a été publié au Journal officiel, un décret du premier ministre, « relatif au classement de certaines sections de routes dans la catégorie des autoroutes », comme nous l’apprend Le Monde du 19 septembre dans l’article « La loi autorise la privatisation de kilomètres de nationales ».

    De quoi s’agit-il ? Tout simplement, de privatiser des parties de routes nationales. Il s’agit, somme toute, d’étendre à des routes nationales le régime de concession des autoroutes au secteur privé, à des entreprises, ce qui contribue à réduire encore un peu l’emprise de l’Etat sur la circulation dans notre pays. Sans doute importe-t-il de s’interroger sur la signification de cette mesure nouvelle concernant la circulation dans notre pays.

    D’abord, ne nous trompons pas : il s’agit d’une forme nouvelle de régression sociale. Tout se passe ainsi comme si nous revenions, une fois de plus, aux institutions de l’Ancien Régime, aux logiques d’aménagement de l’espace qui dominaient notre pays avant la Révolution de 1789. En privatisant certaines sections de routes nationales, l’exécutif fait revenir notre pays au régime de circulation qui prévalait avant l’émergence des idées et des projets révolutionnaires du XVIIIe siècle, en quelque sorte, finalement avant l’apparition de ce que l’on a appelé la philosophie des Lumières.

    L’espace public est une figure qui a deux significations.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Qui est Meridiam, l’allié de Veolia dans la bataille de Suez ?

    La première, celle que l’on connaît bien depuis que Jürgen Habermas a publié L’Espace public en 1962, où le philosophe désigne ainsi l’espace du débat public, l’espace dans lequel les idées et les engagements sont librement formulés, débattus, confrontés les uns aux autres, dans l’éveil d’une vie politique réelle.
    Au final également, une régression économique

    Mais il existe une autre signification de l’espace public, celle que l’on pourrait désigner comme ce qui le fonde : sa dimension proprement spatiale. Ce que l’on appelle l’espace public désigne l’espace du peuple, l’espace dans lequel le peuple se retrouve. Ce que les Romains désignaient comme l’ager publicus était un espace qui n’appartenait à personne, et où tout le monde pouvait travailler la terre, en particulier un espace qui était dévolu aux cultures destinées à la population pour les éventuelles périodes de famine.

    #Espace_public #Routes_nationales #Automobile #Privatisation #Communs

  • Une Histoire du logiciel libre - Polémix et la voix off
    https://polemixetlavoixoff.com/emission-une-histoire-du-logiciel-libre

    Alors comme ça, Big Brother veut nous coller de la 5G partout ?

    Une Histoire du logiciel libre. Une heure avec Philippe Rivière, spécialiste d’internet et journaliste au Monde Diplomatique.

    Où l’on verra le rapport que l’on peut faire entre le chanteur et militant politique Woody Guthrie … et internet…

    Première diffusion : Novembre 2012.

    http://polemix.dooz.org/HistoireDuLogicielLibre.mp3

    #internet #libre #communs #logiciel #informatique #libertés #audio

  • L’espace proche subit une « pollution » par les trop nombreux déchets générés par une multitude d’objets en orbite autour de la Terre. Devenu très tôt un enjeu militaire mais aussi commercial, il convient désormais de « dépolluer » cet espace de tous ses déchets.
    Serait-ce une nouvelle illustration de la Tragédie des #communs ?

    Quatre scénarios pour endiguer le problème des débris spatiaux
    https://theconversation.com/quatre-scenarios-pour-endiguer-le-probleme-des-debris-spatiaux-1458

    « Clear sky with a chance of satellite debris… », déclare le Dr. Ryan Stone dans le film Gravity. Quelques minutes plus tard, sa navette spatiale est heurtée de plein fouet par un nuage de débris spatiaux généré par un tir de missile antisatellite.

    Le scénario catastrophe du blockbuster américain s’inspire d’un problème bien réel qui préoccupe la communauté spatiale : celui des débris spatiaux, qui a été identifié dès les années 1960, avec l’analyse des capsules des premières expéditions. Il faut néanmoins attendre les années 1980 pour prouver scientifiquement la menace qu’ils font peser sur l’écosystème spatial.

    #espace #méta-problème #débris_spatiaux

  • Pour une fiducie de données à la RAMQ | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/585113/pour-une-fiducie-de-donnees-a-la-ramq

    Anne-Sophie Hulin et Antoine Cossé

    Respectivement docteure en droit, chercheuse sur les fiducies de données, Centre Paul-André-Crépeau de droit privé et comparé (Université McGill) et directeur d’investissement en intelligence artificielle
    1 septembre 2020
    Idées

    Idées

    Alors que le ministre Fitzgibbon faisait allusion il y a plusieurs jours à la « mine d’or » que pourraient représenter les données RAMQ, Québec solidaire, par la voix de Vincent Marrissal, redoute plutôt le coup de grisou en lui reprochant de « jouer aux allumettes dans la poudrière des renseignements personnels ». Et pour les citoyennes et les citoyens, versés ou non dans les allégories minières, y a-t-il à espérer ou à craindre ? Mais, surtout, existe-t-il des avenues pour réconcilier ces oppositions quand vient le sujet des données personnelles et de leur utilisation par des tiers ?

    Le débat sur l’utilisation des données RAMQ bat son plein à l’Assemblée nationale et l’opposition prévoit de faire monter au créneau tous les experts de cybersécurité et d’éthique, la Protectrice du citoyen, la Commission d’accès à l’information et d’autres experts de la RAMQ.

    Exploitation commerciale

    Le devenir des données personnelles occupe de nouveau les devants de la scène, cette fois sur un autre volet délicat qui touche l’individu : la description détaillée de sa situation de santé. Si les données personnelles n’ont pas été spoliées, à l’instar des affaires récentes liées à Desjardins ou à Capital One, c’est l’admissibilité de leur cession à des fins d’exploitation commerciale qui attire tous les regards aujourd’hui.

    Car, une fois les données vendues, la question de leur devenir et de la maîtrise sur leur exploitation future se pose. Si les perspectives économiques et le bénéfice pour la recherche médicale (et le patient, en fin de compte) ont pu être avancés, la garantie d’un usage encadré et approprié par les entreprises pharmaceutiques et leurs partenaires est-elle possible ? Quels principes de gouvernance et d’administration communs seront appliqués dans l’exploitation, la modélisation, voire peut-être la vente ultérieure de ces données ? Quels mécanismes de contrôle auront alors le gouvernement et, surtout, les citoyennes et les citoyens sur leurs usages multiples ?

    Ces différentes craintes sont bien réelles au regard des nombreuses voix qui s’élèvent sur le sujet et qui, pour certaines, pointent vers les carences du droit. En effet, les principaux outils en place pour la gouvernance et l’administration des données se résument au consentement de l’utilisateur, que l’on sait limité, et aux politiques internes des compagnies privées, inspirées de cadres de référence éthiques.

    Le Québec comme le Canada planchent actuellement, il est vrai, sur une révision du cadre juridique relatif à la protection des données personnelles (le projet de loi 64, notamment) afin de rénover la règle du consentement éclairé, devenue obsolète dans un monde gouverné par l’échange de données massives. Quant à l’éthique, elle nous offre également des pistes de solutions intéressantes. Toutefois, son manque de juridicité et l’éclectisme de son contenu en limitent tant la portée que l’efficacité.

    Il importe de rappeler que les données personnelles ne sauraient être des biens ordinaires circulant librement sur le marché, compte tenu des informations délicates sur les personnes qu’elles sont à même de révéler. C’est pourquoi l’éventualité d’une cession des données personnelles, même anonymes, fait l’objet de tant de critiques si elle est sans gage de protection pour les individus. Nous vivons une époque de nouveaux paradigmes technologiques qui doit nécessairement s’accompagner de réflexions innovantes et audacieuses pour faire avancer le débat. Dans ce contexte, la recherche d’une solution juridique qui allie protection et circulation maîtrisée des données personnelles s’impose donc.

    De ce point de vue, la fiducie de données est une alternative à considérer sérieusement. En effet, cet outil juridique, traditionnellement plus connu des gestionnaires de patrimoine, permet une gestion finalisée de certains biens. Au titre de la fiducie, des biens (ou des données) sont administrés dans un but précis, mission dont le fiduciaire doit rendre compte. La détention et l’utilisation des données correspondraient donc à une finalité précise et seraient surtout sujettes à surveillance.

    L’usage par des tiers

    Par l’instauration d’une fiducie de données, il deviendrait alors aisé de définir les modalités selon lesquelles les données personnelles relatives à la santé des patients pourront être collectées, utilisées, cédées ou encore détruites. Cet outil permettrait également de délimiter, mais aussi de contraindre l’usage fait des données personnelles par des tiers, ici, les groupes pharmaceutiques. En d’autres termes, dans cette affaire RAMQ, pour remettre en avant l’intérêt du patient, tout n’est donc qu’une question de finalité… et des outils pour l’encadrer !

    Si la fiducie de données est un outil juridique émergent qu’il convient d’étudier davantage, celle-ci offre véritablement la perspective d’une gestion des données personnelles pour laquelle toutes et tous y trouveraient leur compte.

    Vie_privée #Donnéeq_santé #Communs

  • Je ne comprends pas la « critique de la valeur »
    Retour sur la critique du travail

    Louis de Colmar

    https://lavoiedujaguar.net/Je-ne-comprends-pas-la-critique-de-la-valeur-Retour-sur-la-critique-

    Le mouvement de la critique de la valeur, à partir d’une perception qui me semble pertinente et stimulante de la réalité immédiate (le travail et le capital ne peuvent pas être dissociés dans la définition historique du capitalisme, et sa critique doit englober au même titre le travail et le capital), comporte cependant, à mon avis, un biais de perspective : il postule une définition ontologique du capitalisme, en passe d’être entièrement réalisée sous nos yeux, et dont les prémices auraient dès le départ été présentes. L’essentiel de ses travaux peut ainsi se lire comme une tentative de reconstruire à travers une « archéologie régressive » la mise au jour de cette ontologie : c’est tout le sens de l’exhumation d’un Marx « ésotérique » dans l’œuvre « exotérique » de Marx. C’est la même tentative que l’on retrouve dans le livre de Jappe (La Société autophage) ou dans celui de Hemmens (Ne travaillez jamais).

    Dans le cas de Hemmens, on se trouve face à une tentative de comprendre les critiques du travail formulées par Fourier, Lafargue, les surréalistes ou les situationnistes, à travers les limites spécifiques dans leurs approches face à cette ontologie originelle du capitalisme, qu’ils n’étaient pas en mesure de percevoir « correctement ». Dans le cas de Jappe, son travail était plus ambitieux, puisqu’il souhaitait fonder cette ontologie dans une confrontation critique avec les philosophes de la modernité, mais avec la même optique inversée.

    Or, ce qu’il s’agit à mon sens de mettre en avant, ce ne sont pas des insuffisances voire des erreurs de ces critiques ou philosophes par rapport à un référentiel présent, mais se servir de ce décalage perceptible entre ces auteurs d’hier et la réalité actuelle pour comprendre la transformation « qualitative » qui a eu lieu (« qualitative » au sens de non linéaire, non cumulative). La compréhension du présent devient ainsi un moment de la compréhension et de l’intelligibilité éventuelle de ce décalage (« éventuelle » car elle n’est pas aboutie, ni définitive). (...)

    #critique_du_travail #Anselm_Jappe #capitalisme #Marx #communs

  • Cravirola - Jérémie Lefranc / Une expérimentation politique alliant vie et travail / Jérémie Lefranc - Éditions du commun
    https://www.editionsducommun.org/collections/all/products/cravirola-jeremie-lefranc

    La coopérative Cravirola a marqué toutes les personnes qui l’ont côtoyée et plus largement les milieux militants du début des années 2000. Ses membres se sont posé comme enjeu politique de vivre et travailler autrement et ont choisi comme moyen la coopérative, la paysannerie et la ruralité. Jérémie Lefranc nous livre ici son expérience au sein de cette communauté de vie et de travail. Nous suivons sur dix années la vie quotidienne d’un collectif, rythmée par les activités, les chantiers, les relations en interne comme au voisinage en passant par les questions financières et les choix stratégiques. L’auteur nous embarque dans un récit ancré dans une réalité qui nous est tout autant familière que singulière.

    Ayant été en contact avec ce collectif plusieurs années de suite avec toujours autant de bonheur que de questions, je relaie. Témoignage précieux d’une expérience non moins précieuse.

    #collectif #autogestion #scop #coopérative #travail #communs #commune

  • « Construire une santé en commun devient un impératif moral, éthique et démocratique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/29/construire-une-sante-en-commun-devient-un-imperatif-moral-ethique-et-democra

    « Construire une santé en commun devient un impératif moral, éthique et démocratique »
    Tribune

    Jean-Francois Alesandrini - ancien directeur des affaires publiques à DNDi

    Benjamin Coriat - professeur émérite de sciences économiques

    Stéphanie Leyronas - chargée de recherche à l’Agence française de développement

    Le coronavirus oblige à repenser les problématiques de la marchandisation de la santé. Et à permettre ainsi aux plus démunis d’accéder aux traitements et à un futur vaccin, soulignent trois chercheurs.

    Publié le 29 juillet 2020 à 02h51 -
    Une volontaire reçoit une injection contre le Covid-19 produite par la société chinoise Sinovac Biotech, à Sao Paulo (Brésil), le 21 juillet.
    Une volontaire reçoit une injection contre le Covid-19 produite par la société chinoise Sinovac Biotech, à Sao Paulo (Brésil), le 21 juillet. HANDOUT / AFP

    Tribune. La crise sanitaire mondiale a révélé, fin janvier, les défaillances du système de l’innovation médicale et de l’accès aux produits de santé pour tous : ni vaccins développés, ni traitements validés, ni diagnostics disponibles pour lutter contre une pandémie dont les scénarios les plus sombres annonçaient plusieurs millions de morts. Devant des opinions inquiètes, la plupart des gouvernements européens et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont fixé un nouveau cap : un accès équitable aux futurs traitements.

    Bien que désordonnée, la discussion actuelle revitalise des idées débattues par quelques experts depuis des années sur tout un ensemble de problématiques liées à l’accès aux produits de santé : la marchandisation du domaine de la santé, les brevets, les prix pratiqués, l’opacité des coûts de la recherche, la générosité de l’industrie pharmaceutique auprès de ses actionnaires, ou encore les capacités limitées d’innovation et l’accès restreint aux produits de la science des pays à bas revenus.
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    L’idée sur laquelle reposent les déclarations universalistes et progressistes, faites depuis le début de la crise, est celle de prix abordables des produits développés, voire de leur gratuité pour les plus vulnérables. Assistons-nous ainsi à une révolution dans le domaine de la santé, tirée par les milliards d’argent public, mais aussi philanthropique, mobilisés en urgence pour la recherche et le développement ? Le lancement de la Garantie de marché Gavi, lors du sommet mondial sur la vaccination, le 4 juin 2020, et les 3,8 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros) levés en quelques jours pour la recherche sur les vaccins contre le Covid-19 (AMC Covax) pourraient le laisser croire.

    Fortes divergences

    La concrétisation de ces intentions révèle toutefois de fortes divergences. Dans leur communiqué en date du 26 mars, les dirigeants du G20 évoquent des « prix abordables » pour les médicaments, les vaccins et les diagnostics développés.

    Les dirigeants d’Unitaid précisent que les entreprises doivent renoncer à leurs licences en faveur d’une structure qui garantirait la production de traitements à des prix abordables. Les organisations non gouvernementales en général, comme Médecins sans frontières (MSF), plaident pour qu’aucun brevet ne soit déposé ni qu’aucun profit ne soit réalisé par les industriels. D’autres exigent, à l’instar de Wellcome Trust, aujourd’hui un financeur incontournable en faveur de la santé publique mondiale, que le vaccin soit considéré comme un bien public mondial et mis à disposition gratuitement.
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    Ainsi, à situation exceptionnelle, mesures extraordinaires. Mais derrière les intentions affichées, il est à craindre des lendemains moins solidaires et décevants pour les tenants d’un monde sans brevets et de l’accès aux produits de santé pour tous. Les industriels restent réticents à faire des concessions sur les droits que leur confèrent leurs brevets, qu’ils considèrent comme « un puissant incitatif au développement de la recherche », et les gouvernements ne semblent guère enclins à définir de nouvelles règles du jeu.

    L’Europe et les Etats-Unis ont déjà préempté des volumes conséquents de vaccins avec les industriels, faisant poindre l’émergence d’un « nationalisme vaccinal »

    Prenons l’initiative Covax : elle offre des caractéristiques intéressantes sur les questions de distribution et d’accès. Le dispositif prévoit, en 2021, une production de 2,5 milliards de doses à travers un système s’apparentant à une centrale d’achat auquel les pays contribueront. Toutefois, si des quotas de vaccins seront réservés pour le personnel soignant, pouvant aller jusqu’à 20 % de couverture vaccinale pour les pays contributeurs, les petits Etats risquent de passer à la trappe. Avec la garantie d’achat d’un certain volume de nouveaux vaccins avant même leur homologation, les fabricants sont ainsi incités à investir sans tarder dans leurs capacités de production.

    Cette incitation est nécessaire, car si un médicament possède en général une durée de vie longue du fait de consommations répétées dans le temps, le vaccin n’est administré qu’un nombre de fois limité. Dès lors, le coût de la recherche ne peut être couvert que sur l’administration d’un très grand nombre de doses.

    On peut penser que cette économie particulière offre la garantie d’un accès plus équitable aux vaccins développés. Mais l’Europe et les Etats-Unis ont déjà préempté des volumes conséquents pour leur marché à travers des accords bilatéraux avec les industriels, faisant poindre l’émergence d’un « nationalisme vaccinal ». Si un ou des produits venaient sur le marché dans quelques mois, il sera important de regarder, dans les faits, la réalité des promesses faites.
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    Le statu quo qui banalise le médicament et le vaccin comme des marchandises ordinaires ne peut plus être de mise. La crise du Covid-19 a certes ouvert des brèches mais, pour l’heure, le débat se cristallise entre les défenseurs de la propriété intellectuelle et ceux qui plaident en faveur d’une économie de la santé sans brevets. Entre ces deux pôles, des initiatives diverses nous montrent un autre chemin.
    Propriété intellectuelle

    Portées directement par des scientifiques, des médecins ou des experts de la santé publique, elles innovent sur le champ de la propriété intellectuelle, qui n’est plus traitée comme « absolue » et « exclusive », mais comme partagée et inclusive. Elles s’inscrivent dans la lignée des travaux sur les communs dont la politiste américaine Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009, a formulé les fondamentaux. La propriété est conçue comme un « faisceau de droits » dont les attributs peuvent être distribués et partagés. Dans cette conception, le titulaire du droit d’aliéner un bien ou d’en faire commerce peut être contraint par le respect des droits d’accès et d’usage définis et protégés.

    Ce principe transposé au cas des médicaments – et notamment ceux qui ont trait aux traitements des épidémies et pandémies – bouleverse la donne en permettant de dépasser une forme binaire de la pensée et de l’action (pour ou contre le brevet).

    La question qui se pose alors est celle des droits à protéger et des accords à passer en ce sens entre les acteurs, du patient au producteur, en passant par les médecins prescripteurs. Sans le revendiquer, plusieurs pratiques dans le champ de la santé amorcent des approches tournées vers l’accès et pourraient, sous certaines conditions, être renforcées dans une logique de communs.
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    Il s’agit par exemple du recours à la licence obligatoire, principe qui s’impose aux signataires de l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Adpic). Voie encore sous-utilisée, elle installe un droit d’accès aux traitements, par-delà les droits conférés au détenteur du brevet. Le 17 mars, le Chili a déclaré que la pandémie de Covid-19 justifiait l’application d’une telle mesure. D’autres pays ont suivi : Israël (19 mars), l’Equateur (20 mars), le Canada (25 mars) et l’Allemagne (27 mars).

    Un système plus vertueux

    La pratique de prix différenciés, voire de commercialisation à prix coûtants, est une autre piste. Dans les années 2000, la stratégie « no profit, no loss » (« aucun profit, aucune perte ») de Sanofi a ainsi permis la mise sur le marché d’un antipaludéen à moins de 1 dollar pour les adultes. Autre exemple : le laboratoire Abbott fait varier les prix du Liponavir/Ritonavir, médicament contre le VIH-sida et aujourd’hui testé dans les essais cliniques contre le Covid-19, d’une échelle de 1 à 10 selon plusieurs critères tels que la pression des Etats et de la société civile, l’existence de centrales d’achat ou la présence de compétiteurs potentiels.

    Si, dans l’état actuel des choses, les laboratoires restent « maîtres des rabais » qu’ils proposent et qu’ils utilisent finalement comme des armes marketing, un système plus vertueux pourrait objectiver et codifier ces différenciations de prix sur la base des besoins des patients et des systèmes de santé en place.
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    C’est ce que permettent, par exemple, des accords de licences conclus par des organisations comme la fondation Drugs for Neglected Diseases Initiative (DNDi) avec les grands laboratoires pharmaceutiques. Aux termes de ces accords, l’industriel détenteur d’une molécule potentiellement intéressante contre telle ou telle maladie accorde des droits non exclusifs sur une molécule à DNDi pour toutes les applications qui résulteraient de la recherche conduite pour cette maladie.

    Ces modèles reposent sur le partage des connaissances, la diminution des coûts de la recherche et la mise sur le marché de produits sans brevet, accessibles à tous. Ils restent expérimentaux et fragiles mais, après quinze ans d’existence, ces initiatives ne peuvent plus être ignorées. C’est fort de cette expérience que DNDi a impulsé, le 3 avril, la formation d’une Coalition pour la recherche clinique sur le Covid-19 en vue de développer une recherche sur le virus dédiée aux pays du Sud.

    Revoir les règles

    On pourrait citer aussi les plates-formes de brevets, qui offrent la possibilité aux industriels de partager, sur une base volontaire, tout ou partie de la propriété intellectuelle : en témoigne la mise en place récente par l’OMS de l’accélérateur technologique Covid- Technology Access Pool (C-TAP), plate-forme pour laquelle huit produits pour le traitement du Covid-19 sont sous essais cliniques.

    Révélatrice des inégalités sociales à travers le monde et des insuffisances des structures publiques de soins, le Covid-19 bouscule l’ordonnancement de la recherche en matière de santé publique. Elle appelle à des outils appropriés, au bénéfice du plus grand nombre, et d’abord des plus fragiles.

    Revoir les règles du jeu pour construire une santé en commun devient un impératif moral, éthique, et même démocratique. En sortant du diktat de la propriété intellectuelle exclusive, des initiatives nous montrent la voie.

    Jean-Francois Alesandrini, ancien directeur des affaires publiques à DNDi (Initiative médicaments pour les maladies négligées). Benjamin Coriat, professeur émérite de sciences économiques à l’université Sorbonne Paris-Nord. Stéphanie Leyronas, chargée de recherche à l’Agence française de développement

    #Communs #Médicament #Santé_publique

    PS : Tiens, tiens, Jean-François Alessandrini était un des auteurs du premier livre publié par C&F éditions ( Pouvoir savoir , en 2005) et Benjamin Coriat dans une des dernières publications ( Discours de Stockholm par Elinor Ostrom, 2020, dont il a rédigé la préface).

  • Droit à l’eau : 10 ans après, où en est-on ? - France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand
    https://www.france-libertes.org/fr/droit-a-leau-10-ans-apres-ou-en-est-on

    Retour sur cette victoire en demi-teinte

    Le 28 juillet 2010, l’Assemblée Générale des Nations Unies reconnaissait le droit à l’eau et à l’assainissement comme un droit humain. C’est le résultat d’une longue bataille à laquelle la Fondation a pris part dès la fin des années 1990. L’ONU reconnait ainsi la centralité de l’eau dans la réalisation d’autres droits. Depuis, ce droit est régulièrement invoqué par des citoyens et collectifs pour exiger un accès à l’eau adéquat.

    Toutefois, dix ans après sa proclamation, ce droit est loin d’être garanti pour tous. Un tiers de la population mondiale ne jouit pas d’un accès digne à l’eau. En France le droit à l’eau n’est pas une réalité pour tous, notamment pour les populations migrantes, sans abris ou encore en Outre-mer. Accaparement, pollution, surexploitation ou encore privatisation de l’eau sont au cœur de nombreuses luttes des mouvements sociaux dans le monde. On le comprend, la question de l’eau est, comme le dit Sylvie Paquerot, membre du Conseil d’Administration de la Fondation Danielle Mitterrand « illustrative de la bataille politique fondamentale qui lie droits humains et enjeux écologiques ». La gestion actuelle de l’eau, fondée sur une approche économique, utilitariste et extractiviste provoque la destruction du vivant et créé des inégalités d’accès fortes.

    Face à cette situation alarmante, le droit à l’eau tel que reconnu par l’ONU en 2010 reste un outil fragile pour faire changer les choses. En effet, la définition du droit à l’eau travaillée par les experts onusiens ces dernières années ne permet pas la sortie de la logique économique et prédatrice de l’eau alors même que c’était la demande sous-jacente forte des acteurs investis dans cette bataille. Comme l’explique Sylvie Paquerot dans la vidéo ci-dessous « On a gagné la reconnaissance du droit à l’eau dans les termes acceptables par le système existant ».

    Les facteurs bloquant le droit à l’eau : de la nécessité d’une approche systémique et radicale

    La perception de l’eau appréhendée uniquement comme ressource à gérer par la logique marchande est le cœur du problème de la non-effectivité du droit à l’eau. Dans cette logique, le marché fixe la limite d’utilisation à la capacité de payer et au retour sur investissement attendu et pas à la capacité de l’eau à se régénérer. Cette logique conduit à un épuisement de l’eau de bonne qualité, à des personnes privées d’eau du fait de la priorité des usages industriels et agricoles sur les usages vitaux ou encore à une négation du droit à l’eau pour les personnes qui n’ont pas les moyens de payer. La logique économique de rentabilité sur le court terme est incompatible avec la protection sur le long terme. Les projets extractifs et de marchandisation, basés sur une vision utilitariste du vivant bouleversent durablement le cycle hydrologique.

    De cette façon, mettre l’accent sur le seul problème de l’accès à l’eau potable pour la consommation humaine ne suffit pas. L’enjeu est situé dans la globalité, l’eau, par sa centralité, lie des éléments environnementaux, sociaux, politiques, culturels et nécessite une vision décloisonnée. Une approche systémique et radicale est nécessaire pour penser les problématiques de l’eau. Depuis l’eau des glaciers, en passant par l’évaporation des végétaux, l’environnement local des usages, cette approche implique de nous questionner sur nos façons d’habiter la Terre et de “faire société. Le droit à l’eau nécessite de se poser la question du statut de l’eau, de la gouvernance mais aussi des droits de l’eau.

    #Eau #Communs #Biens_communs #Droit_à_l_eau #France_Libertés

  • « Citoyens, citoyennes, résistons, semons des graines » : une révolution potagère à Tours
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2020/07/24/citoyens-citoyennes-resistons-semons-des-graines-une-revolution-potagere-a-t

    PortraitJardins secrets (1/5). Un collectif de jardiniers tourangeaux réinvestit les parcelles délaissées de la ville pour y faire du maraîchage sauvage et solidaire. Portrait de Pauline Jallais, l’une de ses militantes pro-autonomie alimentaire.

    Elle arrive au lieu de rendez-vous sur son vélo hollandais équipé de deux porte-bébés, yeux verts et large sourire. La « jardinière masquée » circule donc à visage découvert. A 34 ans, la Tourangelle Pauline Jallais est l’un des membres de ce collectif de maraîchers improvisés qui, chaque semaine, se retrouvent pour planter et entretenir des fruits et légumes dans les espaces délaissés de la ville de Tours.

    L’idée est née pendant le confinement. Mélanie Bresson, une couturière professionnelle de la région, s’est lancée dans la fabrication de protections en tissu. Très vite, une armée de petites mains la rejoint pour coudre et distribuer gratuitement plus de 60 000 exemplaires en Touraine. « A cette occasion, on a vu qu’il y avait aussi une urgence alimentaire car beaucoup de bénévoles rencontraient des difficultés pour se nourrir », explique Pauline Jallais, proche des « couturières masquées du Centre-Val de Loire ».

    Grâce aux réseaux sociaux, et au relais de militants, comme l’aventurier écolo tourangeau Baptiste Dubanchet (qui s’est fait connaître en traversant l’Atlantique en pédalo en se nourrissant de restes et d’invendus), un petit groupe de jardiniers décide sans autorisation municipale d’investir un bout de parcelle en friche dans le quartier Lakanal-Strasbourg, à proximité du centre de Tours. « Planter des comestibles dans la ville était une façon de faire prendre conscience de la nécessité de se réapproprier notre alimentation en produisant là où les gens vivent. » Le masque est l’accessoire de l’époque : après les couturières, va pour les jardinières ainsi nommées.
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    Néophytes et passionnés

    Quelques semis de radis plus tard, le mouvement a essaimé dans cinq quartiers de la ville et plus d’une soixantaine de femmes et d’hommes se retrouvent régulièrement pour manier la bêche et le râteau.

    « Tout le monde peut participer. Il y a des gens qui se connaissent et d’autres qui viennent par hasard ou par curiosité. Cela crée du lien », assure Pauline Jallais. Les plants et graines proviennent de dons de maraîchers ou de particuliers. « Nous savons bien que l’on ne va pas nourrir une ville avec nos plantations, mais c’est une manière de montrer que l’on peut faire différemment, en mettant à disposition de tous une nourriture plus locale. »

    #Communs #Jardins_partagés #Agriculture_urbaine #Tours

    • @hlc, il commence à y avoir une petite littérature sociologique sur la lutte des classes au jardin, des études sur les usages différenciés que les gens font des jardins partagés selon leur statut économique (et leur accès à de la bouffe bio), dans lesquelles on apprend que oui, la petite bourgeoisie s’amuse. D’autre part, l’engouement des classes dirigeantes pour l’agriculture urbaine permet de jeter un voile pudique sur l’artificialisation des sols en cours dans les périphéries des métropoles. Comme tu dis, c’est compliqué.

      Les jardins partagés franciliens
      https://journals.openedition.org/gc/4916

      Alors que la plupart des travaux s’appuient sur l’idée que les lieux d’agri­culture urbaine contribuent à la justice sociale en tant qu’espaces d’éman­­cipation et de remise en cause des rapports de domination (Eizenberg, 2012 ; Purcell & Tyman, 2015), d’aucuns les analysent comme vecteurs d’injustices sociales prenant part à ce titre au modèle néolibéral de la fabrique urbaine (Allen & Guthman, 2006 ; Ernwein, 2015, Reynolds, 2015).

      Le terme de « justice environne­mentale » est d’ail­leurs absent des discours politi­ques français. Certains auteurs évoquent à ce propos la volonté d’une dépolitisation de l’environ­nement, envisagé comme forcément positif et donc consensuel (Blanchon, Moreau & Veyret, 2009). Si l’on s’intéresse ensuite à la diversité des participants ; les collectifs d’usagers des jardins partagés franciliens appa­rais­sent relativement mixtes malgré la domi­nation des classes moyennes et supérieures ainsi que la surrepré­sentation de la tranche d’âge 40-59 ans, des femmes et des blancs (Demailly, 2014a). Les dimensions ethnico-culturelles n’ont toutefois pas fait l’objet d’investi­gations approfondies en France. Le dernier point est relatif à la participation au processus politique, que Marion Young qualifie de « justice inclusive » (Young, 1990). Si les usagers participent à la gestion au quoti­dien des jardins partagés, ce qui favorise une autonomie certaine des associations, leur rôle en termes de décision reste modeste ; les municipalités en tant que propriétaires du foncier en conservent l’attribut (Demailly, 2014b). Au vu de ces constats, compte tenu de la faible mobilisation de ce terme et du fait que certaines dimensions aient fait l’objet de travaux anté­rieurs, nous avons choisi d’interroger dans cet article les jardins partagés comme de potentiels éléments d’une transition environne­men­tale plutôt que comme des compo­sants d’une justice environnementale.

  • L’agricoltura civica funziona. E batte coronavirus e modello intensivo

    L’approccio «alternativo» risolve molti limiti delle coltivazioni industriali ed è più resiliente nelle crisi. L’università di Firenze rivela: dove si pratica, i contagi calano del 60%

    Cosa ci vuole per uscire dalla crisi economica e sociale che l’emergenza sanitaria da coronavirus (Covid-19 o SARS-CoV-2, se preferite) ci sta imponendo? Una buona agricoltura multifunzionale, che si basa su legami di prossimità, solidarietà e sostenibilità, per esempio. Un’agricoltura lontana dal modello intensivo, industrializzato e standardizzato prediletto dalla grande distribuzione organizzata (la rete dei supermercati, per intenderci).

    La notizia positiva è che questa agricoltura esiste già. Potremmo chiamarla complessivamente agricoltura civica, anche se la formula – come ogni definizione – non riesce a essere esaustiva di un fenomeno articolato. Anche perché stiamo parlando di ciò che sembra un sistema di agricolture, a cui concorrono strumenti di supporto reciproco tra agricoltori e consumatori, e stili di consumo consapevole, abbracciando tante anime della cosiddetta economia civile. A vario titolo vi rientrano, infatti, le cooperative agricole e i soggetti dell’agricoltura sociale o le esperienze di CSA (community-supported agricolture); ne sono un pilastro i gruppi di acquisto solidale (i GAS) e le reti che li alimentano. Ma possono contribuirvi anche le poco note associazioni fondiarie.

    La notizia migliore ad ogni modo è un’altra. Guardando alla resistenza dell’agricoltura civica dimostrata durante le restrizioni imposte dalla pandemia, pensando alla fantomatica fase 2 e a un ipotetico rilancio economico territoriale, auspicando infine l’affermarsi di un modello di sviluppo sostenibile, questa agricoltura offre ottime garanzie – anche sanitarie e ambientali – e soluzioni replicabili.
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    Coronavirus: più contagi dove prevale l’agricoltura intensiva

    Ad oggi, ovviamente, l’aspetto che preoccupa di più è quello della diffusione dell”epidemia. Ecco perché risulta ancora più interessante un studio recente della Scuola di agraria dell’Università di Firenze che, in proposito, ha preso in esame quattro tipologie di aree coltivate. Il risultato? Una minor incidenza media di contagi all’area dove si pratica un modello di agricoltura tradizionale, quindi assai distante da quella industriale, ad esempio.

    «Considerato il dato medio nazionale della diffusione del coronavirus, pari a 47 casi ogni 100 kmq, nelle aree ad agricoltura intensiva l’intensità del contagio sale a 94 casi ogni 100 kmq, mentre nelle aree ad agricoltura non intensiva il dato scende a 32 casi ogni 100 kmq» spiega Mauro Agnoletti, coordinatore del gruppo di ricerca dell’ateneo toscano.

    La rilevazione punta particolarmente l’obiettivo sulla Pianura Padana, dove si concentra il 61% delle aree ad agricoltura intensiva del Paese, con il 70% dei casi di Covid-19: «nelle aree della Pianura Padana ad agricoltura intensiva si registrano 138 casi ogni 100 kmq, mentre in quelle ad agricoltura non intensiva la media scende a 90 casi ogni 100 kmq». Insomma “balla” un 53% in più di contagi a sfavore delle prime.

    Lo studio non indaga le cause specifiche di questa dinamica. Registra tuttavia che «le aree a media e bassa intensità energetica, dove sono concentrate il 68% delle superfici protette italiane, risultano invece meno colpite dal coronavirus SARS-CoV-2. Queste aree sono distribuite soprattutto nelle zone medio collinari, montane alpine ed appenniniche, caratterizzate da risorse paesaggistiche, naturalistiche ma anche culturali, storiche e produzioni tipiche legate a criteri qualitativi più che quantitativi». Tutte informazioni che potrebbero rivelarsi utili per la ricostruzione che ci aspetta.
    Gas e reti dell’economia solidale: resilienti e vicini

    Di fronte al rischio contagio, insomma, i territori segnati dalla piccola agricoltura tradizionale, e talvolta marginale, si comportano bene. E forse questo ha qualcosa a che fare con le intenzioni di consumo che, dai tempi del Covid-19, potrebbero confermarsi per il futuro.

    Del resto, Michele Russo del consorzio siciliano Le galline felici, realtà storica di quella che è oggi la Rete italiana dell’economia solidale (Ries), sostiene che «questa distanza forzata sta avvicinando le persone».

    Mentre l’economia solidale ragiona sulla pandemia pensando al futuro, rafforza le proprie peculiarità (rapidità di adattamento, relazione con l’utenza) sviluppando servizi, qualcosa accade anche a livello individuale. Si consolida, infatti, la consapevolezza che rifornirsi localmente e direttamente dai produttori garantisce un minore passaggio di mani della merce, confortando sul piano della salute. Questo pensiero, superando i limiti consueti della comunità che frequenta storicamente gli incontri della RIES e alimenta i GAS, spinge «anche quelli meno interessati all’etica» a puntare su produzione e distribuzione di prossimità dei beni alimentari.

    Stando ai produttori, insomma, un numero maggiore di persone riconosce il vantaggio di un sistema che promuove da sempre biologico, coltivazione rispettosa di clima e paesaggio, legalità nei rapporti di lavoro. Un sistema che unisce contadini e consumatori in una forma di sostegno sempre più reciproco, producendo impatti economici di rilievo sul territorio.

    Il consorzio Le Galline felici, per esempio, dà lavoro a 45 dipendenti e raduna 40 aziende agricole per un giro d’affari di circa 3 milioni e mezzo di euro l’anno. E di ciò traggono beneficio circa 500 persone direttamente, oltre alle piccole botteghe che vi si riforniscono, e le migliaia di famiglie che, in Italia e all’estero (soprattutto in Francia, Belgio e Lussemburgo), utilizzano i GAS affiliati per acquistare cibo.

    L’economia civile passa per cooperative e agricoltura sociale

    E se i soggetti dell’economia solidale, sostenitori di uno sviluppo sostenibile e perciò meno compromesso con la pandemia, sono parte di quell’agricoltura civica multifunzionale di cui stiamo trattando, di certo lo sono anche le cooperative del settore agroalimentare. Lo stesso vale per chi fa agricoltura sociale, che spesso rientra anche formalmente nella cooperazione, e affianca la produzione agricola (30% minimo del fatturato) con attività di welfare (inserimento lavorativo di soggetti svantaggiati, assistenza e cura delle persone, servizi educativi).

    Mondi ricchi di professionalità e di peso economico e occupazionale, che in questa fase non sono immuni dai contraccolpi delle restrizioni anti-coronavirus, ma si dimostrano, come già dopo il crollo del 2008, resilienti. «Il vantaggio competitivo di una parte del Terzo settore, cioè della cooperazione, è fatto che vive di stipendio» osserva Giuliano Ciano, portavoce del Forum nazionale dell’agricoltura sociale. «Questo si evidenzia specialmente nei momenti di crisi. Il secondo vantaggio è che il Terzo settoree chi fa assistenza alle persone, inclusa l’agricoltura sociale, in un momento di crisi è capace di mutare, e riesce a trovare sbocchi di natura differente dal punto di vista economico ma anche a modificare le proprie attività».

    Associando agricoltura e servizi socio-educativi, pur tra centinaia di persone oggi in cassa integrazione, le oltre 700 realtà economiche riconosciute per legge nell’agricoltura sociale, per ora, si reinventano e reggono. Ed è fondamentale anche pensando alla cooperazione agricola in generale, dal momento che, stando al Rapporto 2017 dell’Osservatorio della cooperazione agricola italiana, le circa 4700 cooperative agricole italiane registravano 35 miliardi di euro di fatturato (8,9 miliardi per il solo comparto ortofrutta).
    CSA e associazioni fondiarie: l’agricoltura si fa più civile

    Ma le modalità dell’agricoltura “alternativa” non sono finite qui. Ce ne sono almeno un altro paio. Innanzitutto le associazioni fondiarie, riconosciute nel 2016 dal Piemonte, prima tra le regioni italiane. Ancora poco diffuse, a causa della giovane età, le associazioni fondiarie consentono a gruppi di cittadini di acquisire “in prestito” dai proprietari micro-appezzamenti e terreni agricoli incolti o abbandonati, lavorarli e ripristinarli nel rispetto di obblighi paesaggistici, col vantaggio non secondario di prevenire i rischi idrogeologici e gli incendi.

    Ci sono poi le CSA, ovvero le comunità di agricoltori supportate dai cittadini, altra forma di sostegno biunivoco tra chi coltiva e chi consuma. Si tratta di un fenomeno di rilievo internazionale ma non sono ancora molte le community-supported agriculture italiane. Tra le principali ci sono senz’altro Arvaia, a Bologna, la romana Semi di comunità e Cumpanatico Sud in Campania.

    In generale si tratta di cooperative agricole nelle quali soci lavoratori e fruitori partecipano alle attività in campo e fuori, prefinanziando le produzioni orticole. Tuttavia, tra le CSA possiamo incontrare iniziative guidate dai contadini e altre in cui l’impresa è gestita direttamente dalla comunità attraverso la cooperazione. Troviamo accordi tra produttori e comunità, dove quest’ultima garantisce un approvvigionamento a lungo termine, e vere imprese agricole di comunità, che vendono i loro prodotti anche a chi socio non è.

    https://valori.it/agricoltura-civica-coronavirus

    #agriculture_civique #agriculture #crise #crise #résilience #coronavirus #agriculture_intensive #alternative #agriculture_multifonctionnelle #agriculture_biologique #économie_civile #crise_sanitaire #crise_économique #crise_sociale #confinement #contagions #amap #plaine #montagne #galline_felici

    • Définition de #agriculture_civique sur wiki :

      Con il termine agricoltura civica (o civile) si fa riferimento ad un modello economico che pur mantenendo come finalità dell’attività la coltivazione di piante e l’allevamento di animali a fini alimentari, contestualmente persegue il bene comune che, secondo i principi dell’economia civile[1], è il risultato di tutti i livelli di benessere dei singoli individui di una collettività. Per questa ragione, l’agricoltura civica si fonda sul coinvolgimento delle comunità locali e dei cittadini, abbraccia sistemi di produzione e di commercializzazione innovativi, e rappresenta una visione della società fondata su pratiche sociali, economiche e ambientali sostenibili, sull’etica, sul senso di responsabilità, sulla reciprocità. Per tali caratteristiche gli impatti dell’agricoltura civica devono essere valutati attraverso moltiplicatori di tipo ambientale e sociale, oltre che economico.
      L’agricoltura civica fa riferimento a modelli di produzione agricola di piccola/media scala fortemente integrati nel sistema locale, alle comunità di persone ed alle risorse naturali della località. Le pratiche di agricoltura civica consentono di assicurare ai cittadini, oltre al cibo, infrastrutture vitali indispensabili per la vita quotidiana, siano esse di tipo naturale (paesaggi, gestione delle risorse naturali, biodiversità) o sociale (conoscenza del mondo agricolo e rurale, identità e vitalità delle comunità, benessere delle persone, servizi socio-educativi ed assistenziali).
      Le forme di agricoltura civica trovano traduzione concreta nelle pratiche di #community-supported_agriculture #CSA (in italiano, agricoltura sostenuta dalla comunità), dei gruppi di acquisto solidale (#GAS), nelle forme di agricoltura sociale[2][3][4] praticate dalle aziende agricole e dal mondo della cooperazione sociale, nei community gardens (in italiano, giardini condivisi), nella didattica aziendale e nella produzione di servizi alla persona, nelle forme di vendita diretta, in quelle pratiche di qualità economica, ambientale e sociale, che non si esauriscono in uno scambio mercantile, bensì, mantengono al loro interno valori di relazione durevoli e continuativi[5][6].
      Le pratiche di agricoltura civica coesistono con quelle proprie dell’agricoltura convenzionale ed assicurano risorse indispensabili per qualità della vita nei sistemi locali. Anche per questo la pianificazione territoriale guarda con progressivo interesse al modo in cui leggere le pratiche di agricoltura civica ed inserirle negli strumenti di piano.
      Il termine “#civic_agriculture” venne utilizzato per la prima volta da T.A. Lyson nel 1999 durante il Meeting Annuale della Rural Sociology Society[7].

      https://it.wikipedia.org/wiki/Agricoltura_civica
      #agriculture_sociale #commons #biens_communs #communs

    • Coronavirus, agricoltura tradizionale come modello per ripartire Lo studio dell’Università di Firenze

      Nel contesto della attuale emergenza, anche le componenti scientifiche e gli organi di governo del territorio rurale cercano di dare il loro rapporto alla migliore comprensione del fenomeno COVID-19 e alla definizione degli indirizzi post emergenza. In questo contesto, è nata l’idea di svolgere un’indagine congiunta fra l’Osservatorio Nazionale del Paesaggio Rurale (ONPR) del Ministero delle Politiche Agricole e il laboratorio CULTAB, della Scuola di Agraria dell’Università di Firenze riguardo la diffusione dei contagi del Covid-19. L’indagine aveva l’intenzione di valutare la diffusione del virus nelle diverse zone rurali italiane, classificate in base alla intensità delle attività agricole, cercando di individuare la possibile correlazione fra i contagi e il diverso livello di sviluppo socioeconomico e il tipo di agricoltura praticata. Si intendeva usare un approccio diverso rispetto alla classificazione dei dati sui contagi per regione, valutando il numero dei contagi in base al modello di sviluppo rurale. L’analisi si colloca in un periodo particolarmente importante anche perché la discussione sul nuovo budget della UE ha contribuito a rimandare la partenza della nuova politica agricola comunitaria (PAC), offrendo la possibilità di reindirizzare le strategie e le azioni finanziate dalla PAC in vista della fase post emergenza.


      https://www.landscapeunifi.it/2020/04/15/coronavirus-agricoltura-tradizionale-come-modello-per-ripartire-lo-st
      #cartographie #visualisation

  • Un décret scélérat autorise la destruction des moulins, canaux, étangs et plans d’eau sur simple formalité, sans étude d’impact ni enquête publique ! hydrauxois.org
    http://www.hydrauxois.org/2020/07/un-decret-scelerat-autorise-la.html

    Détruire une chaussée de moulin, assécher un bief, un canal ou un étang, effacer un plan d’eau, changer le lit de la rivière : tout cela est désormais possible sur simple déclaration et non autorisation comme avant. C’est-à-dire sans étude d’impact environnemental et social, sans enquête publique, sans information des citoyens. Par un décret et un arrêté venant de paraître au journal officiel, la technostructure de l’eau met bas les masques : en guise de "continuité apaisée" à laquelle ont pu croire quelques naïfs, c’est le blanc-seing à la destruction facilitée et accélérée des héritages de nos rivières. Provocation pour les amoureux du petit patrimoine des bassins, mais aussi erreur majeure sur le rôle écologique de ces milieux en eau d’origine anthropique, lesquels méritent une protection accrue et non une facilitation de leur destruction par des apprentis-sorciers obéissant à des modes sous-informées. Hydrauxois a demandé à ses conseils de travailler à une double riposte : requête en annulation de ces textes et formulaire simplifié de plainte pénale de terrain, qui permettra à tout citoyen ou association d’attaquer les chantiers qui détruisent la ressource et les milieux en eau.

    Le décret n°2020-828 du 30 juin 2020 modifiant la nomenclature et la procédure en matière de police de l’eau vient de paraître au journal officiel. https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/6/30/TREL1910642D/jo/texte

    Il est complété par un arrêté du 30 juin 2020 définissant les travaux de restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques relevant de la rubrique 3.3.5.0 de la nomenclature annexée à l’article R. 214-1 du code de l’environnement, aussi paru au journal officiel. https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2020/6/30/TREL2011759A/jo/texte

    Le premier texte crée un nouveau type de travaux en rivière, tenant à la _ "restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques".
    « 3.3.5.0. Travaux , définis par un arrêté du ministre chargé de l’environnement, ayant uniquement pour objet la restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques , y compris les ouvrages nécessaires à cet objectif (D).« Cette rubrique est exclusive de l’application des autres rubriques de la présente nomenclature.« Ne sont pas soumis à cette rubrique les travaux n’atteignant pas les seuils des autres rubriques de la présente nomenclature. » _
    En clair, tous les travaux de restauration morphologique et de continuité écologique entrent désormais dans la catégorie des simples déclarations (D) et non des autorisations. Cela sans limite d’impact même si des milliers de mètres linéaires de rivière et canaux ou des milliers de mètres carrés de plans d’eau sont affectés.

    L’arrêté donne la mesure de tout ce qui est concerné :
    Arasement ou dérasement d’ouvrage en lit mineur  ;
    2° Désendiguement ;
    Déplacement du lit mineur pour améliorer la fonctionnalité du cours d’eau ou rétablissement du cours d’eau dans son lit d’origine  ;
    4° Restauration de zones humides ;
    5° Mise en dérivation ou suppression d’étangs existants  ;
    6° Remodelage fonctionnel ou revégétalisation de berges ;
    7° Reméandrage ou remodelage hydromorphologique ;
    8° Recharge sédimentaire du lit mineur ;
    9° Remise à ciel ouvert de cours d’eau couverts ;
    10° Restauration de zones naturelles d’expansion des crues ;
    11° Opération de restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques prévue dans l’un des documents de gestion suivants, approuvés par l’autorité administrative  :
    a) Un schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) visé à l’article L. 212-1 du code de l’environnement ;
    b) Un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) visé à l’article L. 212-3 du code de l’environnement ;
    c) Un document d’objectifs de site Natura 2000 (DOCOB) visé à l’article L. 414-2 du code de l’environnement ;
    d) Une charte de parc naturel régional visée à l’article L. 333-1 du code de l’environnement ;
    e) Une charte de parc national visée à l’article L. 331-3 du code de l’environnement ;
    f) Un plan de gestion de réserve naturelle nationale, régionale ou de Corse, visé respectivement aux articles R. 332-22, R. 332-43, R. 332-60 du code de l’environnement ;
    g) Un plan d’action quinquennal d’un conservatoire d’espace naturel, visé aux articles D. 414-30 et D. 414-31 du code de l’environnement ;
    h) Un plan de gestion des risques d’inondation (PGRI) visé à l’article L. 566-7 du code de l’environnement ;
    i) Une stratégie locale de gestion des risques d’inondation (SLGRI) visée à l’article L. 566-8 du code de l’environnement ;
    12° Opération de restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques prévue dans un plan de gestion de site du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres dans le cadre de sa mission de politique foncière ayant pour objets la sauvegarde du littoral, le respect des équilibres écologiques et la préservation des sites naturels tels qu’énoncés à l’article L. 322-1 susvisé.

    C’est donc une machine de guerre pour tuer la démocratie des rivières et des bassins versants, faciliter la destruction de tous les milieux aquatiques façonnés par l’humain au cours de l’histoire (biefs, canaux, étangs, plans d’eau), destruction qui sera réduite à une simple formalité interne aux administrations, sans lien au public.

    Nous avions mis en garde voici un an ( http://www.hydrauxois.org/2019/05/alerte-ladministration-veut-desormais.html- , lors de la courte enquête publique sur ce projet de décret. Mais rien n’y a fait, malgré les nombreuses oppositions exprimées lors de cette enquête.

    La fin du régime d’autorisation sous prétexte de "restauration de fonctionnalités naturelles" signifie ainsi pour les collectifs et associations impliqués sur la continuité écologique, et pour les citoyens en général :

    quasi-impossibilité d’être informés des projets (la déclaration est un simple courrier sans publicité à la DDT-M), 
    absence d’étude des impacts riverains / usages / environnement, 
    fin de l’enquête publique qui permettait aux citoyens de s’exprimer (en général, contre les casses) et aux associations de préparer des recours contentieux éventuels contre l’arrêté d’autorisation
    possibilité de casser "à la chaîne" pour les maîtres d’ouvrage de type syndicats de rivière ou fédérations de pêche.
    Face à ce danger majeur de régression du droit des riverains et du droit de l’environnement, l’association Hydrauxois :
    • a immédiatement mandaté son conseil juridique pour une analyse du texte en vue d’une requête en annulation,
    • demande aux parties prenantes du processus dit de "continuité écologique apaisée" de tirer les conséquences de cette provocation sur des soi-disant "concertations" dont le résultat est une déclaration de guerre aux ouvrages et aux milieux que ces parties prenantes sont censées défendre,
    • appelle l’ensemble des associations, collectifs et syndicats à non seulement exprimer leur indignation aux parlementaires et à la ministre de l’écologie, mais aussi à organiser sur chaque terrain la réponse militante et judiciaire que méritent les dérives des fonctionnaires de l’eau.

    Alors que le processus d’autorisation et d’enquête publique est justement une procédure d’organisation de la démocratie consultative et délibérative, leur suppression aura pour conséquence une insécurité pour tout le monde  : les plaintes seront des démarches individuelles et imprévisibles, les services publics à l’origine de ces troubles dans la vie des riverains ne seront évidemment pas tranquillisés dans l’exercice de leurs fonctions. Quant à la continuité des rivières, elle sera plus que jamais synonyme de violence institutionnelle, de dogme sans preuve de bénéfices, d’absurdité anti-écologique et anti-sociale.

    Nous allons travailler à un guide simplifié de dépôt de plainte pénale pour destruction de milieux et mise en danger des tiers par changement d’écoulement, qui permettra d’ouvrir rapidement des instructions contre tous les projets refusant de faire des études complètes d’impacts sur les milieux et les tiers.

    #destruction #EnMarche #émmanuel_macron #décret #Bâtiments_de_France #éolien #patrimoine #moulins #environnements #communs #biotopes #eau #agriculture #france #environnement #écologie #privatisation #catastrophe

    • Case reports study of the first five patients COVID-19 treated with remdesivir in France. Physicians weekly, Jul 6, 2020
      The severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2) has been identified as responsible for the #COVID-19 outbreak worldwide.

      Data on treatment are scare and parallels are made between SARS-CoV-2 and other coronavirus.

      Remdesivir is a broad spectrum antiviral with efficient in vitro activity against SARS-CoV-2 and controversial evidence of clinical improvement in severe COVID-19 patients.

      We aimed to describe the clinical outcome and virological monitoring of the first five COVID-19 patients admitted in ICU for severe pneumonia related to SARS-CoV-2 and treated with remdesivir in the University hospital of Bichat, Paris, France.

      SARS-CoV-2 RT-qPCR in blood plasma, lower and upper respiratory tract were monitored. Among the five treated patients, two needed mechanical ventilation and one high flow cannula oxygen .

      A significant decrease in SARS-CoV-2 viral load from upper respiratory tract was observed in most cases but two died with active SARS-CoV-2 replication in the lower respiratory tract.

      Plasma samples were positive for SARS-CoV-2 in only one patient.

      #Remdesivir was interrupted for side effects among four patients, including 2 ALT elevations (3 to 5 N) and 2 renal failures requiring renal replacement.

      This case series of five COVID-19 patients requiring ICU for a respiratory distress and treated with remdesivir, highlights the complexity of remdesivir use in such critically ill patients.
      Copyright © 2020. Published by Elsevier Ltd.

  • Les Etats-Unis posent leurs règles pour l’exploitation de la Lune
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/07/07/les-etats-unis-posent-leurs-regles-pour-l-exploitation-de-la-lune_6045417_16

    Excellent article de Pierre barthélémy qui mntre bien la lente marche pour l’enclosure de l’espace. C’est-à-dire empêcher l’espace de rester un commun de toute l’humanité et y imposer les règles de propriété, d’’extraction et même de délimitations territoriales sources de risques guerriers qui ont cours sur Terre. L’expansion de la « civilisation marchande, spectaculaire et guerrière » en route.

    EnquêteDonald Trump a donné le coup d’envoi de la « ruée vers l’or lunaire » au printemps, bousculant le statu quo international du droit spatial en arguant vouloir le moderniser.

    Apparue au plus fort de la pandémie de Covid-19, l’affaire est passée au second plan, voire inaperçue. Pourtant, au printemps, les Etats-Unis ont, en deux temps, bousculé le vieux consensus international sur l’exploitation et l’appropriation des ressources « extraterrestres », celles que l’on pourra tirer de la Lune et, à plus long terme, des astéroïdes.

    Premier temps, le 6 avril. Ce jour-là, Donald Trump signe un décret présidentiel visant à « encourager le soutien international pour la récupération et l’utilisation des ressources spatiales ». Qu’y a-t-il derrière cette formulation abstraite ? Le texte commence par dresser le constat que « l’incertitude concernant le droit de récupérer et d’utiliser les ressources spatiales, y compris l’extension du droit à la récupération et à l’utilisation commerciales des ressources lunaires, a découragé certaines entités commerciales de participer à cette entreprise ».

    Donald Trump décide donc de clarifier les choses en affirmant que « les Américains devraient avoir le droit de s’engager dans l’exploration commerciale, la récupération et l’utilisation des ressources dans l’espace extra-atmosphérique, conformément au droit applicable. L’espace extra-atmosphérique est un domaine de l’activité humaine unique sur le plan juridique et physique, et les Etats-Unis ne le considèrent pas comme un bien commun mondial ».
    Lire aussi La NASA rappelle ses objectifs : des astronautes sur la Lune en 2024, puis sur Mars en 2033

    Pour dire les choses de manière triviale, le locataire de la Maison Blanche donne, du haut de son poste de numéro un de la première puissance mondiale, le coup d’envoi de la ruée vers « l’or lunaire » – sachant que, dans un premier temps au moins, la plus importante des ressources de notre satellite sera l’eau, pour en extraire de l’hydrogène et de l’oxygène, fort utiles pour le Lunar Orbital Platform-Gateway (LOP-G), la station spatiale que les Etats-Unis veulent mettre en orbite autour de la Lune d’ici à quelques années. A condition de pouvoir faire le voyage, tout un chacun aurait donc le droit de s’accaparer les ressources de Séléné.
    Primauté aux accords bilatéraux ?

    Le deuxième étage de cette « fusée » sur l’exploitation de la Lune est mis à feu quelques semaines plus tard par Jim Bridenstine, l’administrateur de la NASA. Le 15 mai, ce dernier présente une liste de dix grands principes pour un avenir dans l’espace « sûr, pacifique et prospère », qui doivent sous-tendre une série d’accords bilatéraux que l’agence spatiale américaine est chargée de négocier avec ses partenaires internationaux.

    La plupart de ces principes ne sont pas nouveaux : ils font déjà partie de la pratique et découlent du traité de l’espace de 1967, un texte élaboré sous l’égide de l’ONU, qui a posé les fondements juridiques de l’exploration spatiale. On retrouve ainsi l’idée que l’espace est un lieu de paix et de coopération entre nations et que les pays se doivent mutuelle assistance en cas de danger pour les astronautes.
    Donald Trump assistant au décollage de la fusée SpaceX vers la Station spatiale internationale, le 30 mai, à Cap Canaveral, en Floride.
    Donald Trump assistant au décollage de la fusée SpaceX vers la Station spatiale internationale, le 30 mai, à Cap Canaveral, en Floride. ALEX BRANDON / AP

    Certaines déclarations de vertu ont une coloration plus technique. Le texte de la NASA met ainsi en avant la notion d’« interopérabilité », c’est-à-dire l’idée que les matériels utilisés par les uns et les autres soient compatibles entre eux et répondent à des standards. Il est aussi demandé à ceux qui signeraient ces accords dits Artemis (du nom du programme lunaire américain de retour sur la Lune) d’enregistrer tous les objets envoyés dans l’espace, de renforcer l’action contre la prolifération des débris spatiaux en orbite autour de la Terre et de partager les données recueillies par les sondes scientifiques.

    Tout cela est bel et bon, mais deux des principes énoncés par Jim Bridenstine viennent bousculer le statu quo du droit spatial en voulant le moderniser.

    Le traité de l’espace a en effet été rédigé à une époque où aucun humain n’avait encore posé le pied sur un autre corps du Système solaire. Comme le fait remarquer Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste des questions spatiales, « depuis plusieurs années, le département d’Etat américain fait passer l’idée générale selon laquelle le droit doit s’adapter aux nouvelles technologies », maintenant qu’Homo sapiens s’apprête à retourner sur la Lune et envisage notre satellite comme un avant-poste pour le voyage vers Mars.
    Premier pas vers la « propriété des terrains »

    Premier point abordé, l’appropriation des ressources lunaires par ceux qui les exploiteront. Le traité de 1967 étant relativement vague à ce sujet, les choses ont été précisées dans un second texte signé à l’ONU en 1979, l’accord régissant les activités des Etats sur la Lune et les autres corps célestes, plus connu sous le nom de traité sur la Lune.

    Son article 11 prévoit notamment que « la Lune et ses ressources naturelles constituent le patrimoine commun de l’humanité » et que « la surface et le sous-sol de la Lune ne peuvent être la propriété d’Etats, d’organisations internationales intergouvernementales ou non gouvernementales, d’organisations nationales, qu’elles aient ou non la personnalité morale, ou de personnes physiques ». Le texte va plus loin, en disant qu’en cas d’exploitation il faut « ménager une répartition équitable entre tous les Etats parties des avantages qui en résulteront, une attention spéciale étant accordée aux intérêts et aux besoins des pays en développement, ainsi qu’aux efforts des pays qui ont contribué, soit directement, soit indirectement, à l’exploration de la Lune ». Bref, partager.
    La trace du premier pas de Buzz Aldrin sur la Lune, lors de la mission d’Apollo-11, le 20 juillet 1969.
    La trace du premier pas de Buzz Aldrin sur la Lune, lors de la mission d’Apollo-11, le 20 juillet 1969. NASA

    La France a signé cet accord mais ne l’a jamais ratifié, pas plus qu’aucune grande puissance spatiale actuelle. Chef du service juridique de l’Agence spatiale européenne, Marco Ferrazzani constate que « le traité sur la Lune est de moins en moins pris en compte. Le président américain le dit clairement dans son décret du 6 avril. L’idée d’instaurer un régime partagé et multilatéral de la Lune comme cela existe pour l’Antarctique est rejetée ». Pour ce qui est des futures ressources extraites de notre satellite, « certains juristes américains établissent l’analogie avec le droit de la mer, explique Xavier Pasco : dans les eaux internationales, la mer n’est à personne, mais le poisson appartient à celui qui le pêche ».

    « Aller dans l’espace de façon plus routinière conduit à s’y projeter dans une logique presque territoriale », souligne Xavier Pasco

    Le second point sensible des accords Artemis est de nature territoriale. Dans la présentation de Jim Bridenstine, il est fait état de « zones de sécurité » entourant les installations lunaires des uns et des autres, zones qui seraient établies pour « prévenir des interférences nuisibles ». « En clair, cela signifie qu’on est installé, qu’on a ses investissements sur la surface de la Lune et qu’on veut être tranquille dans son périmètre, traduit, sous couvert d’anonymat, un spécialiste des politiques spatiales. C’est avant tout un positionnement géopolitique des Etats-Unis vis-à-vis de certaines puissances, mais cela peut aussi être vu comme un premier pas vers la propriété des terrains. » Un droit de propriété qui est fermement exclu en théorie. Pour sa part, Marco Ferrazzani reste prudent : « Ma méthode de juriste, c’est de lire les textes. Pour l’instant, on n’a qu’une annonce de la NASA avec des principes généraux sans plus de détails. Il faudra décliner ces principes dans de vraies dispositions juridiques pour savoir ce que la notion de zone de sécurité recouvre. »

    « On voit émerger aux Etats-Unis une vision de l’espace qui est presque géographique, analyse Xavier Pasco. Aller dans l’espace de façon plus routinière fait gonfler la surface et l’environnement terrestres. Cela conduit à s’y projeter dans une logique presque territoriale et on y a besoin d’une protection parce que le spatial est considéré comme une infrastructure d’intérêt vital. » Cette vision est déjà clairement à l’œuvre pour les satellites artificiels, ajoute le directeur de la FRS : « Les Américains estiment que si quelqu’un s’approche trop de leurs satellites, il est hostile. Cette idée pourrait d’ailleurs devenir la règle pour les grands pays spatiaux. Le projet d’établir des zones de sécurité sur la Lune semble prolonger cette logique. »
    Combinaison et vêtements conçus pour les cosmonautes soviétiques sur le projet USA/URSS Apollo-Soyouz, au centre de formation de la Cité de l’Espace, près de Moscou, en 2017.
    Combinaison et vêtements conçus pour les cosmonautes soviétiques sur le projet USA/URSS Apollo-Soyouz, au centre de formation de la Cité de l’Espace, près de Moscou, en 2017. NASA

    Il en est un qui n’a pas du tout apprécié le concept de zone de sécurité : Dmitri Rogozine, le directeur général de Roscosmos (l’agence spatiale russe), pas spécialement réputé pour faire dans la dentelle. Dans un Tweet publié une semaine avant que ne soit dévoilée officiellement la philosophie des accords Artemis, il comparait les plans lunaires des Etats-Unis à « une invasion », évoquant les interventions militaires américaines des années 2000 en Afghanistan et en Irak… Le 25 mai, à peine plus calme, il déclarait à l’agence de presse russe TASS : « Nous n’accepterons en aucun cas les tentatives de privatisation de la Lune. C’est illégal, c’est contraire au droit international. »
    La Chine exclue des accords

    Contrairement au traité de l’espace de 1967, élaboré sous l’ombrelle onusienne, les futurs accords Artemis ne seront pas empreints de multilatéralisme, lequel n’est pas du tout en odeur de sainteté à la Maison Blanche.

    « Alors que les Russes et les Chinois veulent promouvoir des traités internationaux juridiquement contraignants, les Américains préfèrent des arrangements politiques mettant en place une espèce de club dont les membres adhèrent à leur vision », explique Xavier Pasco. En signant toute une série d’accords bilatéraux avec des « like-minded countries » (des pays qui ont des vues similaires), ils envisagent une structure en roue de vélo dont ils constitueraient le moyeu et leurs alliés les rayons.

    La Chine sera de facto exclue de ces accords Artemis. En effet, depuis 2011, pour prévenir tout transfert de technologie avec l’empire du Milieu, le Congrès américain a interdit à la NASA « d’élaborer, de concevoir, de planifier, de promulguer, de mettre en œuvre ou d’exécuter une politique, un programme, un ordre ou un contrat bilatéral de quelque nature que ce soit » avec la Chine, à moins d’y être expressément autorisée par une loi.

    La situation est plus floue pour la Russie : celle-ci est partenaire des Etats-Unis depuis une vingtaine d’années dans la Station spatiale internationale (ISS) et elle est a priori désireuse de poursuivre la collaboration en participant à la construction du Lunar Orbital Platform-Gateway. Moscou pourrait donc en théorie se voir proposer de signer les accords Artemis, bien que les déclarations récentes de Dmitri Rogozine ne soient guère encourageantes sur le résultat d’éventuelles négociations.

    « Les États-Unis sont les chefs d’orchestre de toute l’activité d’exploration du Système solaire »

    Quid de l’Europe ? S’alignera-t-elle sur cette nouvelle vision du droit spatial ? « Les Etats-Unis conduisent vraiment le jeu dans l’approche intellectuelle et juridique de ce que doit être l’occupation de l’espace, souligne Xavier Pasco. Ils donnent le “la”, ils sont les chefs d’orchestre de toute l’activité d’exploration du Système solaire. Pour eux, les choses doivent se faire à leur manière et, pour l’instant, je ne note pas de réaction particulière de la part des Européens. » Ceux-ci sont d’ailleurs déjà bien engagés, via l’Agence spatiale européenne, dans le LOP-G.

    Directeur de la programmation, de l’international et de la qualité au Centre national d’études spatiales (CNES), Jean-Pascal Le Franc rappelle que « l’objectif à terme est de poser un Européen ou une Européenne sur le sol lunaire, et cela ne se fera qu’avec les Etats-Unis. Les Américains sont clairement leaders dans cette nouvelle aventure et nous avons intérêt à en être partie prenante, avec les Canadiens et les Japonais. Nous suivrons le mouvement, sauf si cela heurte des principes auxquels nous ne voulons pas déroger… » La France a été officiellement contactée par les Etats-Unis au sujet des accords Artemis. Les discussions juridiques vont pouvoir commencer.

    Pierre Barthélémy

    #Espace #Communs #Enclosure

  • Les communs à l’école - Pratiques pédagogiques et postures : de l’impossible aux possibles | À l’école du partage
    https://ecole-partage.fr/blogposts/communs-impossible-aux-possibles

    Nous avons souhaité un webinaire ouvert sous forme de discussion sur la base de questions préalablement identifiées. En effet, nous avons été amenées à préparer cet échange dans un temps fort d’incertitude sur nos fonctions alors que nous sortions tout juste du confinement et que nos établissements respectifs commençaient tout juste à ouvrir leurs portes. Il nous paraissait intéressant de questionner ce qui nous animait avant cette crise sanitaire et voir ce qui restait fondamental à nos yeux. Le format discussion offrait ainsi, plutôt que des réponses toutes faites, la possibilité de poser des questions nouvelles que la crise aurait fait émerger. A la fin du mois de mai, la vision du CDI ou de nos classes était complètement floue. Que serait notre métier dans les prochains mois/prochaines années ? Le CDI était fermé, la classe d’ULIS ne pouvait pas rouvrir… Les conditions mêmes de notre métier d’enseignantes étaient remises en question. Tout, ou presque, nous semblait impossible. Mais plus les jours passaient plus des “possibles” émergeaient. Et c’est cette posture-là d’accueil, de contact retrouvé avec les élèves que nous souhaitions partager lors de cette session en ligne. Nous nous sommes dit que plutôt que de chercher une vision et d’être créatives dans un contexte dont nous ne voulions pas, nous gagnerions à repérer ce qui manquait le plus. Nous avons eu à cœur de reprendre le contact avec les classes, les élèves pour nous projeter et réactiver un imaginaire possible de ce qu’allaient être nos espaces de classes et nos CDI.

    Les fondamentaux sur lesquels nous ancrons notre enseignement ont été empêchés et malmenés par le protocole sanitaire et le confinement, tout au moins dans l’espace commun qui est l’école. Le travail à distance a mis en lumière tous les implicites de nos postures : observer, expliquer, aider, verbaliser, encourager ...Nous nous sommes retrouvées dans une situation d’enseignement dégradée qui nous a mené à de grandes frustrations. Nous voulons retrouver le cœur de notre métier d’enseignante : comment faire pour que les élèves apprennent et s’émancipent dans une école où le « faire société » est essentiel. Une école qui porte des savoirs et des dispositifs qui articulent la formation individuelle et la perspective collective. Nous interrogeons les pratiques sociales du vivre et faire ensemble, socle selon nous d’une école des communs.

    Comment faire groupe, et par conséquent faire société, quand élèves et enseignants sont séparés physiquement, ou quand le corps de l’élève est assigné à une table, à une place, à un point sur la cours “Je me sens comme un i sur ce point “ nous dit Elias en ce lundi matin de reprise.

    La question de l’inclusion a été elle aussi profondément mise à mal et a semblé disparaître au profit des gestes barrières. L’inclusion des élèves en situation de handicap bénéficiant du dispositif ULIS dans un groupe-classe n’est plus envisageable puisque le protocole sanitaire empêche tout mélange des groupes. Nous vivons un temps de suspension de l’inclusion. En prendre conscience, c’est déjà agir pour redonner du mouvement.

    La richesse de ce qui a été partagé reflète combien les élèves ont appris de ces temps informels hors les murs du collège : aide au devoir d’un petit frère ou petite sœur, pâtisserie et cuisine, apprentissage d’un instrument de musique, d’une nouvelle langue, s’occuper à plein temps de son animal favori, répertorier les plantes de sa rue ou de son jardin, partager de nouvelles musiques, fabriquer des objets, réparer sa trottinette.

    Comment ne pas en tenir compte lorsqu’ils retournent à l’école ? Nous défendons une posture pédagogique qui sait tout à la fois prendre en compte les savoirs émergents et numériques, prendre en compte les savoirs non formels et s’appuyer sur les savoirs fondamentaux.

    La continuité pédagogique offerte pendant le confinement n’a été en ce sens que partielle. De fait elle a privé les enfants de tout ce qui permettait de renforcer ces dimensions collectives. Quelques initiatives de travail coopératif ont sans doute pu porter leur fruit et être bénéfiques, en renforçant l’autonomie de chacun, mais selon nous rien n’est venu remplacer le sens premier de l’école qui est de faire société. Des élèves soulignent combien l’entraide a pu leur manquer pendant ces longues semaines “ça m’a manqué de pouvoir aider les autres” nous dit Chanelle. L’école reste un lieu fort de sociabilité et les élèves eu même ont été renforcés dans ce sentiment : “on me vole mes années collège” nous dit cette élève de 3e.

    #Education #Communs #Hélène_Mulot #Corinne_Laval #Pédagogie #Confinement

  • « La crise du Covid-19 a remis au premier plan les obligations du commun »
    https://www.marianne.net/economie/la-crise-du-covid-19-remis-au-premier-plan-les-obligations-du-commun

    Patrick Pharo est chercheur en sociologie morale. Il vient de publier « Eloge des communs », un essai où il cherche à renouer avec les idéaux émancipateurs du libéralisme et du socialisme.

    D’après Patrick Pharo, « l’érosion, depuis un demi-siècle, des obligations qui découlent de l’appartenance à une communauté humaine, dont le maintien en particulier de l’intégrité des biens naturels et de l’accès aux bien indispensables à l’existence libre de n’importe quel individu » est préjudiciable, tant socialement qu’écologiquement. C’est pour cela qu’il entend renouer avec les aspects émancipateurs du socialisme et du libéralisme, en prônant la communauté de certains biens. Rencontre.

    Marianne : Que sont « les communs » ?

    Patrick Pharo : Les communs sont une vieille notion du droit romain qui désignait les choses communes (res communes) telles que l’air, l’océan, les rivières..., utilisables à volonté mais « indisponibles », c’est-à-dire soustraites au commerce et à l’appropriation privée. Elles s’opposaient aux choses qu’on avait le droit de s’approprier lorsqu’elles n’appartiennent encore à personne (res nullius) comme l’eau des puits ou des lacs, la terre, les fruits sauvages, le gibier ou les ressources naturelles. Sous l’ancien régime, les communs renvoyaient plutôt à des droits d’usage sur des biens communs tels que les terres communales, mais aussi sur certains biens privés, par exemple les pâtures d’après moisson, le bois de chauffage ou de construction, le glanage...

    Cette nouvelle vision des communs a suscité au contraire un véritable engouement chez des chercheurs de toute obédience

    La notion a resurgi il y a un demi-siècle, sous la plume d’un écologiste malthusien, Garrett Hardin, qui montrait que l’usage intensif d’une ressource limitée comme par exemple un pâturage par un nombre croissant d’éleveurs, aboutit inévitablement à l’épuisement de la ressource et à la ruine des exploitants. La conclusion qu’il tirait de cette « tragédie des communs », c’est qu’il fallait soit étatiser, soit privatiser les communs, avec néanmoins chez lui une préférence pour la privatisation. Ce à quoi l’économiste libérale Elinor Ostrom, une des rares femmes à avoir obtenu un prix Nobel, répondit un peu plus tard, en s’appuyant sur de multiples études relatives à la gestion des pêches, des forêts, des moyens d’irrigation... partout dans le monde, que les communs n’étaient jamais mieux gérés que par les utilisateurs de la ressource commune, qu’ils soient ou non propriétaires. Son idée d’"auto-gouvernance" permettait de dépasser les visions étroites de la propriété privée ou de l’étatisation, tout en redonnant aux communs leur véritable sens de ressources à utiliser collectivement dans les conditions les plus équitables.

    A une époque où les idées communistes, voire socialistes, ont perdu toute attractivité auprès des électeurs des pays démocratiques, cette nouvelle vision des communs a suscité au contraire un véritable engouement chez des chercheurs de toute obédience en économie et en sciences politiques, ainsi qu’auprès de tous ceux qui cherchent désespérément une alternative pratique à la catastrophe écologique annoncée et au pillage des ressources naturelles et humaines par les formes les plus gloutonnes du capitalisme tardif.

    Les services publics sont une partie constitutive des communs qui, malheureusement, n’a cessé d’être grignotée depuis un demi-siècle par ce qu’on appelle le « néo-libéralisme » et, plus précisément, par le tournant néo-conservateur des années 80, dont je rappelle dans mon livre la philosophie profonde. Les théories du juste marché (Hayek...) et les philosophies libertariennes (Nozick...) apparues en réaction aux plans keynésiens et à la poussée des idées socialistes d’après-guerre, ont rejeté catégoriquement les obligations du commun, inhérentes au sens étymologique de dette commune (cum munus). Le commun fut ainsi évacué au profit d’une conception étroite et sacralisée du marché régulateur et de la propriété privée comme propriété de soi-même, de son corps et de son travail. Ce qui excluait, en-dehors de la police et de la justice, toute participation contributive à la communauté humaine et assimilait à un travail forcé le devoir de payer des impôts à des fins redistributives.

    La crise du Covid-19 a remis au premier plan les obligations du commun, par rapport à la santé mais aussi au climat et à l’environnement, qui sont des biens communs par excellence.

    Les conditions du confinement, avec l’essor du télétravail ou la multiplication des groupes Whatsapp pour maintenir le lien social, n’ont fait qu’accentuer la dépendance collective à des outils numériques qui, par le confort et les récompenses qu’ils apportent, poussent toujours plus loin l’intrusion dans la vie intime en exploitant des profils personnels établis par des logiciels d’Intelligence artificielle. De plus en plus surveillée et influencée par des intérêts privés, la vie intime pourrait d’ailleurs l’être aussi par des puissances publiques tentées de s’inspirer du système chinois de « crédit social » de récompense et de punition des citoyens suivant la note attribuée à partir de multiples capteurs. Les traceurs numériques à des fins antiterroristes ou sanitaires pourraient, s’y on n’y prend garde, en être un avant-goût.

    Ce que la philosophie des communs oppose aux dérives addictives et inquisitrices du capitalisme, ce n’est ni l’étatisation, ni même la propriété commune de tous les biens, et encore moins l’abolition de la propriété privée, qui est un droit explicitement reconnu par la Déclaration de 1789. C’est avant tout la protection et l’extension de la part des biens qui devraient échapper à l’appropriation et l’exploitation privée : éducation, recherche, santé, eau, énergie, réseaux numériques, territoires, voies de circulation, patrimoine, revenu d’existence..., et faire l’objet d’une gestion commune par des instances cogérées, c’est-à-dire au fond démocratiques. Certains biens, comme par exemple les entreprises ou les réseaux numériques, sont des biens privés, et néanmoins ils engagent une participation commune significative qui requiert un droit de regard des parties prenantes sur leur fonctionnement et leur évolution.

    C’est seulement la crise écologique contemporaine qui a mis une limite à cette croyance, en révélant le caractère épuisable des ressources naturelles, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle approche des ressources communes, conçues comme biens à ménager et à protéger, mais aussi à partager et à redistribuer. C’est là que se situe l’une des voies les plus prometteuses de développement du commun, avec aujourd’hui l’engouffrement d’un nombre toujours plus grand d’habitants dans la recherche de nouvelles pratiques de consommation, de production ou de voisinage. On est proche ici du modèle de rétablissement (recovery) des Narcotiques et Alcooliques Anonymes qui savent que, pour sortir d’une dépendance addictive, il faut d’abord reconnaître la part de son propre désir dans la situation et faire confiance à la communauté locale de ceux qui subissent la même pathologie.

    C’est le même genre d’approche qui devrait prévaloir face aux nouvelles « enclosures numériques », c’est-à-dire l’appropriation marchande ou à des fins de contrôle politique des nouvelles technologies numériques. Celles-ci sont en train de fabriquer une nouvelle société « scopique », qui voit tout et à qui rien n’échappe, en rupture non seulement avec les anciennes sociétés d’interconnaissance dans l’espace public, mais aussi avec les sociétés modernes où les publicités ne s’affichaient que sur les murs des villes ou dans les émissions radios. Ce sont désormais les murs de chaque vie intime qui sont occupés par des dispositifs numériques personnalisés, dont les ciblages, actualités, intrusions et harcèlements sont de plus en plus envahissants. La réappropriation des communs numériques pour échapper à des finalités toujours plus opaques est une des urgences du retour au commun.

    #Communs #Politique_des_communs

  • [RÉSOLU] Un pas de plus dans #Contributopia
    https://framablog.org/2020/06/27/resolu-un-pas-de-plus-dans-contributopia

    Pour accompagner vers le Libre les organisations qui agissent pour l’Économie Sociale et Solidaire, il fallait davantage qu’un guide. Il fallait un outil évolutif, un outil que ces organisations puissent modifier, tronquer, bidouiller, bref s’approprier les contenus pour mieux les … Lire la suite­­

    #Communs #Dégooglisons_Internet #Libertés_Numériques #Migration #Association #associations #cemea #Fiches #Framabook #logiciel_libre