company:depuis

  • Palantir a secrètement mis en place un programme de prédiction des crimes à La Nouvelle-Orléans
    https://www.stuffi.fr/palantir-programme-prediction-crimes-nouvelle-orleans

    Depuis 2012, la société privée Palantir travaille aux côtés de la police de La Nouvelle-Orléans afin de mettre en place un programme de prédiction du crime. Les élus de la ville n’étaient pas au courant. Bienvenue dans Minority Report. Palantir à la rescousse après Katrina Pour rappel, Palantir Technologies est une société américaine spécialisée dans l’analyse et la science des données. Co-fondé en 2004 par l’entrepreneur Peter Thiel, l’entreprise travaille aux côtés de bon nombre d’agences du renseignement (...)

    #DGSI #Palantir #algorithme #réseaux #criminalité #sécuritaire #surveillance #MinorityReport #NSA #CIA (...)

    ##criminalité ##FBI

  • 14 Editorial - Analyses

    Comment Imerys se fournit en talc au pays des talibans
    Le groupe français, spécialiste mondial des minéraux industriels, s’approvisionne en Afghanistan dans une zone disputée par l’insurrection, finançant ainsi la guerre civile

    Etre un acteur responsable, c’est préparer l’avenir ", revendique avec fierté le groupe français Imerys sur son site Internet. Pour ce spécialiste des minéraux industriels, leader mondial du secteur avec un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards d’euros en 2015, l’avenir se prépare aussi en sécurisant ses approvisionnements. Présent dans plus de 50 pays, Imerys omet toutefois d’en mentionner un : l’Afghanistan.
    Une enquête menée par Le Monde révèle que ce spécialiste des minéraux industriels, coté en Bourse et contrôlé par le milliardaire belge Albert Frère - associé à la famille canadienne Desmarais -, s’approvisionne en talc, à travers un intermédiaire pakistanais, à Nangarhar, une province de l’est de l’Afghanistan en proie à une insurrection -armée des talibans et de l’organisation Etat islamique. L’extraction minière y constitue l’une des principales sources de financement des insurgés.
    Tout commence en 2011. Cette année-là, le groupe français, qui cherche à élargir son portefeuille de minéraux, rachète au géant Rio Tinto le français Luzenac, l’un des leaders mondiaux de la production de talc, pour 232 millions d’euros. Jean-François Robert, alors directeur à Toulouse des ressources de ce producteur, voit dans cette acquisition une aubaine. Lui qui plaidait sans succès auprès de Rio Tinto pour mettre en place une chaîne d’approvisionnement en Afghanistan va enfin être entendu. Il connaît bien le -Pakistan, pour y avoir effectué trois séjours entre juillet 2008 et mars 2009. A l’époque, tous les producteurs cherchent une alternative à la Chine. Depuis que la demande intérieure du géant asiatique a décollé, le minerai blanc n’est plus disponible à l’exportation, ou alors à un coût élevé et d’une piètre qualité.
    A son retour du Pakistan, Jean-François -Robert tente de convaincre Rio Tinto d’y nouer des partenariats. Rio Tinto Minerals, qui s’approvisionne déjà en talc afghan en -petites quantités, tergiverse. C’est finalement Imerys qui, après avoir racheté Luzenac, -décide de franchir le pas en 2011.
    Région " extrêmement dangereuse "
    Le groupe français explique avoir pris cette décision sur la base d’un rapport commandité en 2010 par Rio Tinto Minerals à un cabinet dont il ne souhaite pas dévoiler le nom. " L’objet de l’étude consistait à vérifier que la chaîne de fourniture de talc depuis l’Afghanistan respectait les règles internationales et les règles éthiques de Rio Tinto. Ses conclusions ont été positives sur tous ces aspects ", affirme Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys.
    Cette même année, d’autres rapports rendus publics s’alarment pourtant de la dégradation de la situation dans la province de -Nangarhar, où se situent les mines. " Au début de 2011, un nombre croissant d’incidents ont été signalés à Nangarhar ", note la même année l’organisation indépendante norvégienne Landinfo dans une étude, qui relève que la -région est " extrêmement dangereuse ". Le district de Khogyani, où Imerys a l’intention de se fournir en talc, y est décrit comme une " zone disputée, contrôlée ni par les autorités ni par les insurgés ".
    Malgré le durcissement du conflit avec les -talibans, Imerys autorise donc Jean-François Robert à mettre en place une chaîne d’approvisionnement en talc afghan, via le Pakistan. Les concentrations massives d’un talc de -qualité satisfaisante, et pouvant donner lieu à une extraction commerciale, sont rares dans le monde. Dans le sud de l’Afghanistan, elles sont d’une qualité exceptionnelle. Le pays -regorge d’un talc très prisé, notamment par les constructeurs automobiles. Ils en consomment en moyenne 13 kg par véhicule, notamment pour la fabrication de tableaux de bord ou de pare-chocs - le minerai contribue à la -rigidité du plastique en réduisant son poids.
    L’industrie automobile est prête à payer le surcoût lié au transport depuis l’autre bout de la planète. Le talc sert aussi d’agent d’enrobage des comprimés dans l’industrie pharmaceutique, à la fabrication du papier, de la céramique, de la peinture... et du maquillage. Imerys précise qu’il " procure de la douceur aux poudres corporelles, un aspect soyeux au maquillage et (...) augmente la douceur des savons tout en réduisant le coût de leurs formulations ". Un talc " tout en douceur " acheté dans une région en guerre.
    Pour mettre la main sur ce minerai, Imerys souhaite rester discret. Un approvisionnement dans le sud de l’Afghanistan risquerait de mettre à mal son image d’" entreprise responsable ", d’autant que la France est engagée à ce moment-là, au côté des troupes de l’OTAN, dans un conflit où elle perdra 86 de ses -soldats, selon le décompte du site Internet indépendant Icasualties.org. Imerys choisit donc de passer par un intermédiaire pakistanais. North West Minerals, une entreprise dirigée par deux frères, apparaît comme le partenaire idéal. Un document interne à Imerys, consulté par Le Monde, précise que l’un des deux frères est un ancien fonctionnaire dans une zone tribale du Pakistan, l’autre un officier de l’armée pakistanaise à la retraite - leur père ayant été attaché militaire à l’ambassade du Pakistan aux Etats-Unis.
    Ces relations étroites avec l’armée pakistanaise sont cruciales pour assurer le transport du talc de l’Afghanistan vers le Pakistan, dans des zones fortement militarisées. " La famille appartient à la communauté pachtoune des Parachinar, très bien introduite auprès des autorités locales ", ajoute le document. Ce qui lui permet d’entretenir des liens étroits avec des propriétaires de mines issus de la même communauté, de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan. Pour rassurer les dirigeants d’Imerys sur la possibilité d’un partenariat, il est précisé que les deux frères ont reçu une " éducation occidentale " et qu’" ils parlent bien anglais ".
    North West Minerals loue à partir d’octobre 2011 un entrepôt à Karachi pour stocker et trier le talc d’Imerys. Mais, très rapidement, le groupe français ne se contente pas d’en acheter. Il propose de verser 1,5 million de dollars (1,4 million d’euros) à son partenaire pour augmenter et améliorer sa production. " Ce n’était pas un prêt, mais plutôt une avance sur paiement, remboursable à travers une remise sur chaque tonne qui nous est livrée, sans limitation de durée ", reconnaît Vincent Gouley, d’Imerys. Et Imerys déduit sur chaque tonne, achetée entre 205 et 249 dollars, une somme d’environ 10 dollars.
    Un accord est signé en juillet 2013. Le premier versement de 500 000 dollars est effectué le 20 août 2013, suivi d’un second, puis d’un troisième, du même montant, quelques mois plus tard. Imerys donne des consignes claires sur les investissements : la construction d’une plate-forme de tri à Peshawar et d’une plate-forme logistique à Karachi. Mois après mois, Jean-François Robert, qui a refusé de répondre aux questions du Monde, tient scrupuleusement les comptes, vérifie que chaque dépense est bien engagée, de l’achat des machines à l’acquisition de terrains. Sur un tableau Excel, il vérifie qu’à chaque dépense effectuée par North West Minerals, " le travail est effectué comme prévu dans le plan ". Puis, dans la colonne " preuves ", il mentionne " les visites de sites avec photos " ou encore " les factures payées au fournisseur ".
    Les ventes de talc afghan à destination d’Imerys, dans ses usines aux Etats-Unis et en Europe, passent de 20 000 tonnes en 2012 à 39 000 tonnes en 2014.
    Conditions de travail spartiates
    Imerys va encore plus loin. A plusieurs reprises, ses employés se rendent à Peshawar, la ville pakistanaise la plus proche de la frontière afghane, pour rencontrer les propriétaires des mines afghanes. Il s’agit de leur donner des conseils sur les techniques d’extraction, et accessoirement sur les procédures de sécurité pour éviter que des ouvriers ne meurent -ensevelis dans des mines. Aucun employé d’Imerys ne peut se rendre sur place, pour des raisons de sécurité évidentes. Mais les photos qui accompagnent les présentationsPowerPoint faites à la direction du groupe français suggèrent des conditions de travail spartiates. Des hommes creusent le flanc des montagnes à coups de barres de fer, ou à l’aide de pelleteuses sur les sites plus importants. D’autres cassent les roches à l’aide de marteaux-piqueurs, chaussés de sandales. Parfois les roches de talc sont transportées à dos de mulet.
    L’un des fournisseurs afghans d’Imerys, à travers North West Minerals, s’appelle Dost Mohammad, " l’un des plus influents producteurs de la région ", comme l’explique un mémo interne rédigé en 2015 par Imerys. A la tête de l’entreprise Shamshir Zamir Ltd, il possède des mines à ciel ouvert dans le petit district de Khogyani, qui comprend " seize petits villages très pauvres ", note l’entreprise française. Un district qui est surtout en guerre, et où l’organisation Etat islamique fait une première incursion en septembre 2015. Dès 2011, un attentat-suicide tue des habitants sur un marché et une école est incendiée.
    En août 2013, de violents combats opposent les forces de l’armée afghane aux talibans, faisant des dizaines de morts. Qu’importe, le problème d’Imerys n’est pas la guerre mais la qualité du minerai.
    Le spécialiste des minéraux industriels sélectionne lui-même les mines afghanes où il souhaite s’approvisionner, en testant la pureté de leurs échantillons. L’une des mines évaluées se situe à " Kapisa, près de la base militaire française ". Elle sera retenue par Imerys Talc. La qualité, rien que la qualité. Et, pour garantir le meilleur produit à ses clients, l’entreprise va mettre en place une procédure de contrôle très particulière. Sur chaque bloc de talc arrivé d’Afghanistan, des techniciens doivent prélever des échantillons et les envoyer, de Peshawar à Toulouse, pour rejeter ceux qui contiennent des traces d’amiante, cancérigènes. Un point sur lequel de nombreuses entreprises de cosmétiques, qui vendent de la poudre pour bébé, sont intransigeantes.
    En 2014, Imerys Talc suggère même de former dans son laboratoire de Toulouse un technicien pakistanais. Sur les cartes de l’entreprise, seules les ressources en talc " blanc cristal ", le plus noble et plus pur de tous, sont mentionnées. North West Minerals a mis à disposition de Dost Mohammad plusieurs -camions et du matériel pour qu’il puisse -extraire le talc et l’acheminer de l’autre côté de la frontière. Jean-François Robert note tout, dessine même sur une carte les routes empruntées par les camions depuis la mine afghane jusqu’à la ville pakistanaise de -Peshawar en passant par Jalalabad et le poste-frontière de Torkham.
    Imerys consolide sa chaîne d’approvi-sionnement alors qu’au même moment les rapports d’organisations internationales se multiplient pour alerter sur l’aggravation du conflit au Nangarhar et la mainmise des -talibans sur les ressources minières. " Selon les autorités afghanes, les talibans ont pris le contrôle d’importantes opérations minières dans la province de Nangarhar. L’extraction de talc semble particulièrement préoccupante ", met en garde l’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions de l’ONU, dans un rapport public soumis au Conseil de sécurité en août 2015.
    En octobre 2016, la situation est loin de s’améliorer. Le même comité précise au Conseil de sécurité que les talibans " extorquent de l’argent aux exploitations minières qui opèrent avec la licence du gouvernement ". Ashfaq -Bangash, l’un des dirigeants de North West Minerals, admet tout juste qu’" il faut payer des taxes à la tribu locale et au village, en plus de celle versée au gouvernement ", sans davantage de précisions.
    " Le talc coûte entre 40 et 60 dollars la tonne lorsqu’il sort de la mine afghane, et 150 dollars quand il arrive dans l’entrepôt de North West Minerals, de l’autre côté de la frontière. Entre les deux, entre 50 et 100 dollars partent dans les taxes officielles, les transports... et dans la nature ", explique au Monde une source bien informée de la chaîne d’approvisionnement à la frontière afghane. Une partie de l’argent est en fait détournée par des fonctionnaires corrompus et par les insurgés.
    Les talibans ou les groupes qui se revendiquent de l’organisation Etat islamique prélèvent des sommes en espèces à la sortie des mines, et parfois des " taxes de transport " sur la route reliant Jalalabad au poste-frontière de Torkham, la seule menant vers le Pakistan. Les sommes prélevées sont impossibles à chiffrer. Le groupe français, dont les achats de talc afghan représentent entre 1 % et 3 % de l’approvisionnement global selon les années, précise que ce ne sont que des " approvisionnements d’appoint ".
    Du point de vue des talibans afghans, l’argent tiré de l’extraction minière, qui concerne également le marbre, le fer, les terres rares, le lithium ou encore les pierres précieuses, n’a rien de négligeable, puisque cette activité constitue, d’après l’ONU, leur deuxième source de financement. Pour les militants de l’organisation Etat islamique, qui ont banni la culture de l’opium et de la marijuana dans les districts qu’ils contrôlent, ces revenus tirés de l’extraction minière sont même cruciaux.
    Un rapport rédigé en février 2016 par le centre d’études Afghanistan Research and Evaluation Unit (AREU) à partir d’informations collectées dans la province de Nan-garhar donne de précieuses informations sur le financement des insurgés. Presque rien ne leur échappe : de l’opium à la dîme pré-levée sur les récoltes en passant par les ventes de peaux de bêtes.
    " Le principal interlocuteur de notre partenaire North West pour son approvisionnement en talc d’origine afghane est le gouvernement lui-même, qui exerce un contrôle étroit sur la -filière locale d’extraction de talc ", explique Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys. Les propriétaires de mines afghanes ont en effet fourni leurs licences à North West Minerals, ainsi qu’à Imerys. Mais que valent-elles ?
    Celle de Dost Mohammad existe bien, dans les registres du ministère afghan des ressources minérales, mais elle ne prévoit l’exploitation que de 5 000 tonnes par an, un chiffre dérisoire par rapport à la réalité. " De nombreux propriétaires de mines sous-évaluent la production pour payer le minimum de royalties. Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? ", remarque Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier.
    L’" usine de la poudre blanche "
    Selon l’étude menée par l’AREU, les représentants du gouvernement ne peuvent pas s’aventurer au-delà des chefs-lieux de district ou des principaux axes routiers de Nangarhar, et sont considérés par la population comme agissant " au service de leurs propres intérêts " :" Ils sont perçus par une large partie de la population rurale comme incapables d’assurer le leadership requis, la sécurité ou le soutien économique. "
    " L’industrie minière, légale et illégale, est gangrenée par la corruption à Nangarhar ", renchérit Asadullah Zemarai, de l’organi-sation afghane de lutte contre la corruption Integrity Watch Afghanistan. Selon ce chercheur, des pots-de-vin sont prélevés sur l’extraction et le transport des minerais vers le Pakistan et reversés à des députés, des membres du conseil de la province, des représentants des ministères afghans du commerce et des ressources minières.
    En quelques années, Imerys a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement complexe, qui s’étend des mines d’Afghanistan jusqu’à ses usines en Europe ou aux Etats-Unis. Dans la zone industrielle du port de Qasim, à Karachi, l’entrepôt par lequel transite le talc d’Imerys n’est signalé par aucune pancarte. Il est connu là-bas sous le nom de l’" usine de la poudre blanche ". Des hommes et des femmes trient le minerai à mains nues, parfois sous un soleil de plomb.
    Employés à la journée, ils sont payés 4,50 euros pour dix ou douze heures de travail. L’usine ferme parfois ses portes pendant des semaines, lorsque les approvisionnements cessent. " Aucun enfant ne travaille ici, témoigne au Monde un ouvrier de la -plate-forme logistique de North West Minerals à Karachi. Le seul problème, c’est que nous n’avons ni gants ni aucune protection pour notre travail, et rien pour nous soigner en cas d’accident. "
    La direction d’Imerys a exprimé une fois ses craintes quant à la chaîne d’approvisionnement mise en place. C’était pour s’inquiéter de l’utilisation des fonds versés à North West Minerals. Dans un courrier daté du 10 avril 2014, Jean-François Robert évoque une réunion qui s’est tenue à Dubaï entre les responsables de North West Minerals et -Daniel Moncino, membre du conseil exécutif du groupe et adjoint de Gilles Michel, le PDG d’Imerys. Daniel Moncino a, selon le courrier consulté par Le Monde, mis en doute l’" utilité " de l’entrepôt de Karachi. L’entreprise française missionne en 2014 le cabinet d’audit Mazars, basé au Pakistan, pour passer au peigne fin les comptes de North West Minerals, qui en est sorti blanchi.
    Pourquoi le leader mondial des minéraux industriels a-t-il pris le risque de s’approvisionner dans une région en guerre, alors qu’il se targue d’être une " entreprise responsable " ? En 2016, les insurgés exerçaient un contrôle dans au moins 37 % des districts d’Afghanistan, une superficie qui n’a jamais été aussi vaste depuis 2001. Près de 11 500 civils ont été tués ou blessés cette même année, dont un tiers d’enfants, selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan.
    " Investissement responsable "
    Le " code d’éthique et de conduite des affaires " d’Imerys consacre pourtant un chapitre aux droits de l’homme, où il est écrit : " Quel que soit l’endroit où nous nous trouvons, nous cherchons à nous assurer que la présence d’Imerys encourage des relations saines et qu’elle évite les conflits civils. " Et plus loin : " en fonction de la gravité des actes commis par un administrateur, cadre dirigeant ou employé d’Imerys, et dans le respect du droit local applicable, Imerys prendra les mesures nécessaires, pouvant aller jusqu’au licenciement, afin de sanctionner les comportements répréhensibles et décourager tout nouvel acte similaire de la part d’un administrateur, cadre dirigeant ou employé du groupe ".
    Dans son rapport d’activité de 2015, Imerys affirme n’exploiter " aucun site en lien avec des minerais alimentant les conflits ". Il y est même précisé que le directeur de l’innovation est chargé de la conformité des " activités d’achat et de la chaîne d’approvisionnement " aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme...
    Ces engagements permettent à l’action Imerys d’être présente dans de nombreux indices dits d’" investissement responsable ", tels Ethibel Excellence Europe, qui regroupe des sociétés pionnières en termes de responsabilité sociale d’entreprise. Dans son dernier rapport d’activité, publié en mars 2016, Imerys indique être présent dans d’autres indices, tels le FTSE4Good Index Series, le MSCI Global Sustainability Index, le STOXX Global ESG Leaders Index ou encore l’indice Gaia mis en place par EthiFinance.
    En 2011, Arielle Malard de Rothschild a été nommée au conseil d’administration -d’Imerys. La gérante de la banque Rothschild & Cie est aussi la vice-présidente de l’ONG Care International, dont le bureau de Kaboul a essuyé une attaque des talibans en septembre 2016. Est-elle au courant qu’Imerys s’approvisionne en talc afghan ? Arielle Malard de Rothschild a refusé de répondre à nos questions.
    " Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des « minerais de conflit » dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde. Pourquoi l’Union européenne laisse-t-elle ses entreprises en acheter en Afghanistan ? C’est incompréhensible ", estime Javed Noorani.
    Malgré les avertissements de nombreuses organisations internationales, dont l’ONU, Imerys continue d’acheter du talc de Nangarhar. Il affirme n’avoir " aucune présence en Afghanistan, ni aucun lien avec les sociétés exploitantes dans la région ".
    Julien Bouissou
    La réponse d’Imerys
    L’achat de talc afghan enfreint-il le " code d’éthique et de conduite des -affaires " d’Imerys, qui s’attache à " défendre les droits de l’homme tels qu’ils sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ", dans la conduite de ses opérations à travers le monde ? " Tout l’Afghanistan n’est pas en guerre, répond Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys, et nous ne disposons d’aucune information indiquant que le talc acheté est issu d’une mine sous contrôle taliban. " Imerys précise qu’elle ne participe qu’indirectement à la sélection des mines afghanes, en choisissant les qualités de talc parmi les échantillons rapportés par son partenaire pakistanais North West Minerals. " C’est notre seul partenaire, précise Vincent Gouley, et il est choisi avec précaution. " Imerys vérifie notamment que les paiements ne sont pas effectués en espèces et qu’aucun intervenant dans sa chaîne d’approvisionnement ne figure sur " les black lists internationales ", ou contrevienne à une réglementation internationale.
    #reponse_absurd #culpabilite #Afghanistan #ei

  • Comment une entreprise française se fournit en talc au pays des talibans

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/02/13/un-talc-tout-en-douceur-dans-la-guerre-des-talibans_5078682_3216.html

    Le français Imerys s’approvisionne en Afghanistan dans une zone occupée par les insurgés, finançant ainsi la guerre civile.

    « Etre un acteur responsable, c’est préparer l’avenir », revendique avec fierté le groupe français Imerys sur son site Internet. Pour ce spécialiste des minéraux industriels, leader mondial du secteur avec un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards d’euros en 2015, l’avenir se prépare aussi en sécurisant ses approvisionnements. Présent dans plus de 50 pays, Imerys omet toutefois d’en mentionner un : l’Afghanistan.
    Une enquête menée par Le Monde révèle que ce spécialiste des minéraux industriels, coté en Bourse et contrôlé par le milliardaire belge Albert Frère – associé à la famille canadienne Desmarais –, s’approvisionne en talc, à travers un intermédiaire pakistanais, à Nangarhar, une province de l’est de l’Afghanistan en proie à une insurrection armée des talibans et de l’organisation Etat islamique. L’extraction minière y constitue l’une des principales sources de financement des insurgés.

    Tout commence en 2011. Cette année-là, le groupe français, qui cherche à élargir son portefeuille de minéraux, rachète au géant Rio Tinto le français Luzenac, l’un des leaders mondiaux de la production de talc, pour 232 millions d’euros. Jean-François Robert, alors directeur à Toulouse des ressources de ce producteur, voit dans cette acquisition une aubaine. Lui qui plaidait sans succès auprès de Rio Tinto pour mettre en place une chaîne d’approvisionnement en Afghanistan va enfin être entendu. Il connaît bien le Pakistan, pour y avoir effectué trois séjours entre juillet 2008 et mars 2009. A l’époque, tous les producteurs cherchent une alternative à la Chine. Depuis que la demande intérieure du géant asiatique a décollé, le minerai blanc n’est plus disponible à l’exportation, ou alors à un coût élevé et d’une piètre qualité.

    A son retour du Pakistan, Jean-François Robert tente de convaincre Rio Tinto d’y nouer des partenariats. Rio Tinto Minerals, qui s’approvisionne déjà en talc afghan en petites quantités, tergiverse. C’est finalement Imerys qui, après avoir racheté Luzenac, décide de franchir le pas en 2011.

    Talc très prisé

    Le groupe français explique avoir pris cette décision sur la base d’un rapport commandité en 2010 par Rio Tinto Minerals à un cabinet dont il ne souhaite pas dévoiler le nom. « L’objet de l’étude consistait à vérifier que la chaîne de fourniture de talc depuis l’Afghanistan respectait les règles internationales et les règles éthiques de Rio Tinto. Ses conclusions ont été positives sur tous ces aspects », affirme Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys.

    Cette même année, d’autres rapports rendus publics s’alarment pourtant de la dégradation de la situation dans la province de Nangarhar, où se situent les mines. « Au début de 2011, un nombre croissant d’incidents ont été signalés à Nangarhar », note la même année l’organisation indépendante norvégienne Landinfo dans une étude, qui relève que la région est « extrêmement dangereuse ». Le district de Khogyani, où Imerys a l’intention de se fournir en talc, y est décrit comme une « zone disputée, contrôlée ni par les autorités ni par les insurgés ».

    Malgré le durcissement du conflit avec les talibans, Imerys autorise donc Jean-François Robert à mettre en place une chaîne d’approvisionnement en talc afghan, via le Pakistan. Les concentrations massives d’un talc de qualité satisfaisante, et pouvant donner lieu à une extraction commerciale, sont rares dans le monde. Au sud de l’Afghanistan, elles sont d’une qualité exceptionnelle. Le pays regorge d’un talc très prisé, notamment par les constructeurs automobiles. Ils en consomment en moyenne 13 kg par véhicule, notamment pour la fabrication de tableaux de bord ou de pare-chocs – le minerai contribue à la rigidité du plastique en réduisant son poids.
    L’industrie automobile est prête à payer le surcoût lié au transport depuis l’autre bout de la planète. Le talc sert aussi d’agent d’enrobage des comprimés dans l’industrie pharmaceutique, à la fabrication du papier, de la céramique, de la peinture… et du maquillage. Imerys précise qu’il « procure de la douceur aux poudres corporelles, un aspect soyeux au maquillage et (...) augmente la douceur des savons tout en réduisant le coût de leurs formulations ». Un talc tout en « douceur » acheté dans une région en guerre.


    Tri du talc Afghan, acheté par Imerys, dans un entrepôt de Karachi. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’Imerys en novembre 2011.

    Production augmentée

    Pour mettre la main sur ce minerai, Imerys souhaite rester discret. Un approvisionnement dans le sud de l’Afghanistan risquerait de mettre à mal son image d’« entreprise responsable », d’autant que la France est engagée à ce moment-là, au côté des troupes de l’OTAN, dans un conflit où elle perdra 86 de ses soldats, selon le décompte du site Internet indépendant Icasualties.org. Imerys choisit donc de passer par un intermédiaire pakistanais. North West Minerals, une entreprise dirigée par deux frères, apparaît comme le partenaire idéal. Un document interne à Imerys, consulté par Le Monde, précise que l’un des deux frères est un ancien fonctionnaire dans une zone tribale du Pakistan, l’autre un officier de l’armée pakistanaise à la retraite – leur père ayant été attaché militaire à l’ambassade du Pakistan aux Etats-Unis.

    Ces relations étroites avec l’armée pakistanaise sont cruciales pour assurer le transport du talc de l’Afghanistan vers le Pakistan, dans des zones fortement militarisées. « La famille appartient à la communauté pachtoune des Parachinar, très bien introduite auprès des autorités locales », ajoute le document. Qui lui permet d’entretenir des liens étroits avec des propriétaires de mines issus de la même communauté, de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan. Pour rassurer les dirigeants d’Imerys sur la possibilité d’un partenariat, il est précisé que les deux frères ont reçu une « éducation occidentale » et qu’« ils parlent bien anglais ».

    North West Minerals loue à partir d’octobre 2011 un entrepôt à Karachi pour stocker et trier le talc d’Imerys. Mais, très rapidement, le groupe français ne se contente pas d’en acheter. Il propose de verser 1,5 million de dollars (1,4 million d’euros) à son partenaire pour augmenter et améliorer sa production. « Ce n’était pas un prêt, mais plutôt une avance sur paiement, remboursable à travers une remise sur chaque tonne qui nous est livrée, sans limitation de durée », reconnaît Vincent Gouley, d’Imerys. Et Imerys déduit sur chaque tonne, achetée entre 205 et 249 dollars, une somme d’environ 10 dollars.

    Un accord est signé en juillet 2013. Le premier versement de 500 000 dollars est effectué le 20 août 2013, suivi d’un second, puis d’un troisième, du même montant, quelques mois plus tard. Imerys donne des consignes claires sur les investissements : la construction d’une plate-forme de tri à Peshawar et d’une plate-forme logistique à Karachi. Mois après mois, Jean-François Robert, qui a refusé de répondre aux questions du Monde, tient scrupuleusement les comptes, vérifie que chaque dépense est bien engagée, de l’achat des machines à l’acquisition de terrains. Sur un tableau Excel, il vérifie qu’à chaque dépense effectuée par North West Minerals « le travail est effectué comme prévu dans le plan ». Puis, dans la colonne « preuves », il mentionne « les visites de sites avec photos » ou encore « les factures payées au fournisseur ».

    Les ventes de talc afghan à destination d’Imerys, dans ses usines aux Etats-Unis et en Europe, passent de 20 000 tonnes en 2012 à 39 000 tonnes en 2014.

    Rien que la qualité

    Imerys va encore plus loin. A plusieurs reprises, ses employés se rendent à Peshawar, la ville pakistanaise la plus proche de la frontière afghane, pour rencontrer les propriétaires des mines afghanes. Il s’agit de leur donner des conseils sur les techniques d’extraction, et accessoirement sur les procédures de sécurité pour éviter que des ouvriers ne meurent ensevelis dans des mines. Aucun employé d’Imerys ne peut se rendre sur place, pour des raisons de sécurité évidentes. Mais les photos qui accompagnent les présentations PowerPoint faites à la direction du groupe français suggèrent des conditions de travail spartiates. Des hommes creusent le flanc des montagnes à coups de barres de fer, ou à l’aide de pelleteuses sur les sites plus importants. D’autres cassent les roches à l’aide de marteaux-piqueurs, chaussés de sandales. Parfois les roches de talc sont transportées à dos de mulet.


    Tri du talc Afghan, acheté par Imerys, dans un entrepôt de Karachi. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’ Imerys en novembre 2011.

    L’un des fournisseurs afghans d’Imerys, à travers North West Minerals, s’appelle Dost Mohammad, « l’un des plus influents producteurs de la région », comme l’explique un mémo interne rédigé en 2015 par Imerys. A la tête de l’entreprise Shamshir Zamir Ltd, il possède des mines à ciel ouvert dans le petit district de Khogyani, qui comprend « seize petits villages très pauvres », note l’entreprise française. Un district qui est surtout en guerre, et où l’organisation Etat islamique fait une première incursion en septembre 2015. Dès 2011, un attentat-suicide tue des habitants sur un marché et une école est incendiée.
    En août 2013, de violents combats opposent les forces de l’armée afghane aux talibans, faisant des dizaines de morts. Qu’importe, le problème d’Imerys n’est pas la guerre mais la qualité du minerai.

    Le spécialiste des minéraux industriels sélectionne lui-même les mines afghanes où il souhaite s’approvisionner, en testant la pureté de leurs échantillons. L’une des mines évaluées se situe à « Kapisa, près de la base militaire française ». Elle sera retenue par Imerys Talc. La qualité, rien que la qualité. Et, pour garantir le meilleur produit à ses clients, l’entreprise va mettre en place une procédure de contrôle très particulière. Sur chaque bloc de talc arrivé d’Afghanistan, des techniciens doivent prélever des échantillons et les envoyer, de Peshawar à Toulouse, pour rejeter ceux qui contiennent des traces d’amiante, cancérigènes. Un point sur lequel de nombreuses entreprises de cosmétiques, qui vendent de la poudre pour bébé, sont intransigeantes.

    Argent détourné

    En 2014, Imerys Talc suggère même de former dans son laboratoire de Toulouse un technicien pakistanais. Sur les cartes de l’entreprise, seules les ressources en talc « blanc cristal », le plus noble et plus pur de tous, sont mentionnées. North West Minerals a mis à disposition de Dost Mohammad plusieurs camions et du matériel pour qu’il puisse extraire le talc et l’acheminer de l’autre côté de la frontière. Jean-François Robert note tout, dessine même sur une carte les routes empruntées par les camions depuis la mine afghane jusqu’à la ville pakistanaise de Peshawar en passant par Jalalabad et le poste-frontière de Torkham.

    Imerys consolide sa chaîne d‘approvisionnement alors qu’au même moment les rapports d’organisations internationales se multiplient pour alerter sur l’aggravation du conflit au Nangarhar et la mainmise des talibans sur les ressources minières. « Selon les autorités afghanes, les talibans ont pris le contrôle d’importantes opérations minières dans la province de Nangarhar. L’extraction de talc semble particulièrement préoccupante », met en garde l’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions de l’ONU, dans un rapport public soumis au Conseil de sécurité en août 2015.

    En octobre 2016, la situation est loin de s’améliorer. Le même comité précise au Conseil de sécurité que les talibans « extorquent de l’argent aux exploitations minières qui opèrent avec la licence du gouvernement ». Ashfaq Bangash, l’un des dirigeants de North West Minerals, admet tout juste qu’« il faut payer des taxes à la tribu locale et au village, en plus de celle versée au gouvernement », sans davantage de précisions.

    « Le talc coûte entre 40 et 60 dollars la tonne lorsqu’il sort de la mine afghane, et 150 dollars quand il arrive dans l’entrepôt de North West Minerals, de l’autre côté de la frontière. Entre les deux, entre 50 et 100 dollars partent dans les taxes officielles, les transports… et dans la nature », explique au Monde une source bien informée de la chaîne d’approvisionnement à la frontière afghane. Une partie de l’argent est en fait détournée par des fonctionnaires corrompus et par les insurgés.


    Une mine de talc à Nangarhar, la province à l’est de l’Afghanistan d’où provient le talc acheté par Imerys. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’Imerys en novembre 2011.

    « Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? »

    Les talibans ou les groupes qui se revendiquent de l’organisation Etat islamique prélèvent des sommes, en espèces, à la sortie des mines, et parfois des « taxes de transport » sur la route reliant Jalalabad au poste-frontière de Torkham, la seule menant vers le Pakistan. Les sommes prélevées sont impossibles à chiffrer. Le groupe français, dont les achats de talc afghan représentent entre 1 % et 3 % de l’approvisionnement global selon les années, précise que ce ne sont que des « approvisionnements d’appoint ».

    Du point de vue des talibans afghans, l’argent tiré de l’extraction minière, qui concerne également le marbre, le fer, les terres rares, le lithium ou encore les pierres précieuses, n’a rien de négligeable, puisque cette activité constitue, d’après l’ONU, leur deuxième source de financement. Pour les militants de l’organisation Etat islamique, qui ont banni la culture de l’opium et de la marijuana dans les districts qu’ils contrôlent, ces revenus tirés de l’extraction minière sont même cruciaux.

    Un rapport rédigé en février 2016 par le centre d’études Afghanistan Research and Evaluation Unit (AREU) à partir d’informations collectées dans la province de Nangarhar donne de précieuses informations sur le financement des insurgés. Presque rien ne leur échappe : de l’opium à la dîme prélevée sur les récoltes en passant par les ventes de peaux de bêtes.

    « Le principal interlocuteur de notre partenaire North West pour son approvisionnement en talc d’origine afghane est le gouvernement lui-même, qui exerce un contrôle étroit sur la filière locale d’extraction de talc », explique Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys. Les propriétaires de mines afghanes ont en effet fourni leurs licences à North West Minerals, ainsi qu’à Imerys. Mais que valent-elles ?
    Celle de Dost Mohammad existe bien, dans les registres du ministère afghan des ressources minérales, mais elle ne prévoit l’exploitation que de 5 000 tonnes par an, un chiffre dérisoire par rapport à la réalité. « De nombreux propriétaires de mines sous-évaluent la production pour payer le minimum de royalties. Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? », remarque Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier.

    Pots-de-vin

    Selon l’étude menée par l’AREU, les représentants du gouvernement ne peuvent pas s’aventurer au-delà des chefs-lieux de district ou des principaux axes routiers de Nangarhar, et sont considérés par la population comme agissant « au service de leurs propres intérêts » : « Ils sont perçus par une large partie de la population rurale comme incapables d’assurer le leadership requis, la sécurité ou le soutien économique. »

    « L’industrie minière, légale et illégale, est gangrenée par la corruption à Nangarhar », renchérit Asadullah Zemarai, de l’organisation afghane de lutte contre la corruption Integrity Watch Afghanistan (IWA). Selon ce chercheur, des pots-de-vin sont prélevés sur l’extraction et le transport des minerais vers le Pakistan et reversés à des députés, des membres du conseil de la province, des représentants des ministères afghans du commerce et des ressources minières.

    En quelques années, Imerys a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement complexe, qui s’étend des mines d’Afghanistan jusqu’à ses usines en Europe ou aux Etats-Unis. Dans la zone industrielle du port de Qasim, à Karachi, l’entrepôt par lequel transite le talc d’Imerys n’est signalé par aucune pancarte. Il est connu là-bas sous le nom de l’« usine de la poudre blanche ». Des hommes et des femmes trient le minerai à mains nues, parfois sous un soleil de plomb.
    Employés à la journée, ils sont payés 4,50 euros pour dix ou douze heures de travail. L’usine ferme parfois ses portes pendant des semaines, lorsque les approvisionnements cessent. « Aucun enfant ne travaille ici, témoigne au Monde un ouvrier de la plate-forme logistique de North Western Minerals à Karachi. Le seul problème, c’est que nous n’avons ni gants ni aucune protection pour notre travail, et rien pour nous soigner en cas d’accident. »

    La direction d’Imerys a exprimé une fois ses craintes quant à la chaîne d’approvisionnement mise en place. C’était pour s’inquiéter de l’utilisation des fonds versés à North West Minerals. Dans un courrier daté du 10 avril 2014, Jean-François Robert évoque une réunion qui s’est tenue à Dubaï entre les responsables de North West Minerals et Daniel Moncino, membre du conseil exécutif du groupe et adjoint de Gilles Michel, le PDG d’Imerys. Daniel Moncino a, selon le courrier consulté par Le Monde, mis en doute l’« utilité » de l’entrepôt de Karachi. L’entreprise française missionne en 2014 le cabinet d’audit Mazars, basé au Pakistan, pour passer au peigne fin les comptes de North West Minerals, qui en est sorti blanchi.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection »

    Pourquoi le leader mondial des minéraux industriels a-t-il pris le risque de s’approvisionner dans une région en guerre, alors qu’il se targue d’être une « entreprise responsable » ? En 2016, les insurgés exerçaient un contrôle dans au moins 37 % des districts d’Afghanistan, une superficie qui n’a jamais été aussi vaste depuis 2001. Près de 11 500 civils ont été tués ou blessés cette même année, dont un tiers d’enfants, selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan.

    Le « code d’éthique et de conduite des affaires » d’Imerys consacre pourtant un chapitre aux droits de l’homme, où il est écrit : « Quel que soit l’endroit où nous nous trouvons, nous cherchons à nous assurer que la présence d’Imerys encourage des relations saines et qu’elle évite les conflits civils. » Et plus loin : « en fonction de la gravité des actes commis par un administrateur, cadre dirigeant ou employé d’Imerys, et dans le respect du droit local applicable, Imerys prendra les mesures nécessaires, pouvant aller jusqu’au licenciement, afin de sanctionner les comportements répréhensibles et décourager tout nouvel acte similaire de la part d’un administrateur, cadre dirigeant ou employé du groupe ».

    Dans son rapport d’activité de 2015, Imerys affirme n’exploiter « aucun site en lien avec des minerais alimentant les conflits ». Il y est même précisé que le directeur de l’innovation est chargé de la conformité des « activités d’achat et de la chaîne d’approvisionnement » aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme…

    Ces engagements permettent à l’action Imerys d’être présente dans de nombreux indices dits d’« investissement responsable », tels Ethibel Excellence Europe, qui regroupe des sociétés pionnières en termes de responsabilité sociale d’entreprise. Dans son dernier rapport d’activité, publié en mars 2016, Imerys indique être présent dans d’autres indices, tels le FTSE4Good Index Series, le MSCI Global Sustainability Index, le STOXX Global ESG Leaders Index ou encore l’indice Gaia mis en place par EthiFinance.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des “minerais de conflit” dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde »

    Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier
    En 2011, Arielle Malard de Rothschild a été nommée au conseil d’administration d’Imerys. La gérante de la banque Rothschild & Cie est aussi la vice-présidente de l’ONG Care International, dont le bureau de Kaboul a essuyé une attaque des talibans en septembre 2016. Est-elle au courant qu’Imerys s’approvisionne en talc afghan ? Arielle Malard de Rothschild a refusé de répondre à nos questions.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des “minerais de conflit” dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde. Pourquoi l’Union européenne laisse-t-elle ses entreprises en acheter en Afghanistan ? C’est incompréhensible », estime Javed Noorani.

    Malgré les avertissements de nombreuses organisations internationales, dont l’ONU, Imerys continue d’acheter du talc de Nangarhar. Il affirme n’avoir « aucune présence en Afghanistan, ni aucun lien avec les sociétés exploitantes dans la région ».

    • Ce serait bien d’arrêter de mettre des liens vers le site du Monde , le site qui se targue de gérer la vérité vrai avec #Décodex.

      L’index de la vérité officielle privatiséee.
      Le monde, l’organe officiel du néolibéralisme français, le site qui est choqué par les « journaux » de gauche et qui les signale. Exemple Fakir.

      Ne plus publier de liens vers cette feuille de choux européiste , c’est frapper ses propriétaires milliardaires au portefeuille.

      Avant de publier quelque chose, faire une recherche afin de voir s’il n’y a pas un lien vers un autre site.
      Merci

  • Frontexit | Une agence de garde-côtes et de gardes-frontières européenne. Inquiétudes sur le mandat de la « nouvelle Frontex »
    http://asile.ch/2016/04/27/frontexit-une-agence-de-garde-cotes-et-de-gardes-frontieres-europeenne-inquiet

    Depuis 2004, l’agence Frontex qui coordonne la gestion du contrôle aux frontières extérieures de l’Union européenne (UE), a vu ses compétences augmenter de façon constante, sans contrôle indépendant sur ses activités et sans mise en responsabilité en cas de violation des droits : déploiement de contingents d’action rapide (2007), administration du système de surveillance des frontières […]

  • Female Poisoners Who Killed With Arsenic | Mental Floss
    http://mentalfloss.com/article/72351/12-female-poisoners-who-killed-arsenic

    Over the past few centuries, arsenic poisoning has been a particularly popular way to kill someone. It’s odorless, tasteless, and builds up in the human body. A large dose will kill someone in hours, while a steady, small dose will cause someone to become ill and appear to die from natural causes. The poison used to be extremely difficult to detect after death, until James Marsh developed a reliable test in 1832. Even after that, only the victims of suspicious deaths were tested—so many arsenic killers tallied up multiple victims before being caught.

    #historicisation #femmes_criminelles #empoisonneuses

    • 1. GIULIA TOFANA

      Giulia Tofana was a poison-maker in 17th-century Italy. Some sources attribute the invention of the mysterious poison called Aqua Tofana to her, but there are earlier mentions of the “inheritance potion.” (Others attribute the development of Aqua Tofana to Teofania di Adamo, who was executed in 1633 and might have been Giulia Tofana’s mother.) At any rate, both women made and sold the concoction, which included a base of arsenic with some other ingredients, most likely lead and belladonna. Just a few drops could kill a person. At the time, many women had so little status and power that their only means of breaking away from a bad marriage was death, and there was no shortage of women who wanted to keep that option in a small bottle on their dressing tables. As many as 600 people may have died as a result of Tofana’s business over an 18-year period. Eventually, one of her customers was caught, which led to an investigation. Tofana was executed for her activities, along with her daughter and several other accomplices, in 1659.


    • Nigsael via Wikimedia Commons // Public Domain

      2. AMY ARCHER-GILLIGAN

      Amy Archer-Gilligan ran a nursing home in Connecticut from 1907 to 1917. When her first husband and business partner James Archer died in 1910, Archer-Gilligan was the beneficiary of a substantial recently-purchased life insurance policy. She married Michael Gilligan in 1913. Three months later, he was dead. Meanwhile, too many people were dying in the nursing home, particularly those who had recently paid for their care with a lump sum. A complaint from a relative led to a newspaper and police investigation, which led to exhumations. Her second husband and several patients tested positive for arsenic. Archer-Gilligan was tried on only one count of murder and found guilty in 1917. She was sentenced to death, but a new trial was granted to determine whether Archer-Gilligan was insane. That trial led to a life sentence, but she was later sent to a mental institution where she lived until her death in 1962. Archer-Gilligan’s number of victims could be anywhere between five and 48. Her story is thought to have inspired the play Arsenic and Old Lace.

    • https://familysearch.org/patron/v2/TH-303-40053-140-24/thumb200s.jpg?ctx=ArtCtxPublic

      3. BERTHA GIFFORD

      Bertha Gifford was born in the 1870s in the town of Morse Mill, Missouri. She married a man named Graham, but when she took up with Gene Gifford, her husband died of a mysterious ailment. She and Gifford married and moved to Catawissa, Missouri, where Bertha became known as a Good Samaritan. She often took care of sick people in her community, going to their homes and cooking for them. She built a reputation as an excellent cook, and she also made home remedies. Quite a few children died under her care, but children, especially sick children, often died from one disease or another in those days. Older people died, too. But in 1917, two healthy, middle-aged men died. Sherman Pounds died at the Gifford’s home, and later hired hand Jim Ogle died after a dispute over pay with the Giffords. Pounds’ three-year-old granddaughter also died while staying with Bertha Gifford in 1922, and seven-year-old Irene Stuhlfelder died under Gifford’s care in 1923. In 1925, Ethel Schamel, two of her sons, and another relative all died within a few months, again under Gifford’s care. Farm hand Ed Brinley died in 1927. Finally, growing rumors of Gifford’s involvement in all those deaths brought an investigation. The bodies of Ed Brinley and the Schamel brothers were exhumed and found to contain large amounts of arsenic. It came out that Bertha Gifford had purchased a lot of arsenic over the years to poison barn rats. She went to trial for two murders in 1928, and was found criminally insane. She was committed to a state mental hospital, where she died in 1951.

    • 4. MARY ANN GEERING

      Wellcome Images // CC BY 4.0

      Mary Ann Geering was born in 1800 and lived in Guestling, East Sussex, UK, in 1846 when her husband Richard Geering inherited £20. That was a lot of money back then, but not enough to induce murder plans in most people. Two years later, Richard died after a painful illness of five days. His death was attributed to heart disease. Four months passed, and Geering’s 21-year-old son George died. A few weeks later in 1849, 26-year-old son James also died from a painful illness of just a few days. A third son, 18-year-old Benjamin, fell ill shortly afterward on Easter Sunday. This time, doctors removed the patient from the home, and Benjamin recovered. His doctors raised an alarm, and Mary Ann Geering’s husband and two dead sons were exhumed. The bodies were full of arsenic. Geering was arrested and her three younger children were taken to a poorhouse. She confessed during her trial, and was hanged in 1849.

    • 5. BLANCHE TAYLOR MOORE

      Blanche Taylor Moore married her first husband James Taylor in 1952 when she was 19 years old. She jumped into marriage to escape her abusive father, an alcoholic minister named P.D. Kiser. Kiser died in 1966 of heart failure, although arsenic was later found in his body. Taylor himself died in 1973 after a mysterious illness. Blanche had been carrying on an affair with her co-worker Raymond Reid for years, and they began dating openly after her husband’s death. Reid, however, died in 1986.

      Blanche then was able to openly date another man she had been seeing secretly, the Reverend Dwight Moore. The two married in 1989. Immediately after returning from their honeymoon, Rev. Moore was admitted to a hospital. Suspicious doctors found he had been poisoned with arsenic. Dwight Moore survived with treatment, but has suffered lingering health effects. The bodies of James Taylor and Raymond Reid were exhumed; both showed high levels of arsenic. Blanche Moore was arrested and tried in 1990 for the murder of Raymond Reid. She was found guilty and sentenced to death. Moore is on Death Row and continues to profess her innocence. A made-for-television movie about her case was aired in 1993, in which Elizabeth Montgomery played the role of Moore. Incidentally, there is no truth to the rumor that Moore requested a live kitten for her last meal. Now 82, she is still on Death Row.

    • 6. JUDY BUENOANO

      Florida Department of Corrections via Wikimedia Commons // Public Domain

      Judias Buenoano was an abused child and already had a son when she married Air Force officer James Goodyear in 1962. The couple had two more children and settled in Florida. Goodyear served in Vietnam, but died of a mysterious malady three months after coming home to his wife in 1971. Buenoano collected on three life insurance policies. A couple of months later, she collected on another policy when her home burned (another insured home burned a few years later). By 1973 Buenoano had a new lover, Bobby Joe Morris. She and her children moved to Colorado with Morris in 1977, but he died of a mysterious malady in 1978. Again, Buenoano collected on several insurance policies.

      Back in Florida by 1979, Buenoano’s adult son Michael visited his mother and suffered base metal poisoning, which left him disabled but alive. He drowned in 1980 while on a canoeing trip with his mother, and Buenoano again collected on three life insurance policies. She dated a man named John Gentry and took out a life insurance policy on him. He was hospitalized with a mysterious malady, but survived, only to return to the hospital when his car exploded in 1983. Gentry cooperated with investigating police, telling them of the vitamins Buenoano gave him before his earlier illness. The “vitamins” contained paraformaldehyde and arsenic. Gentry also found out that Buenoano had told her friends that Gentry had a terminal illness (he did not). The bodies of James Goodyear and Bobby Joe Morris were exhumed and found to contain high levels of arsenic. In 1984, Judias Buenoano was sentenced to life for the murder of her son, and in 1985, she received a death sentence for the murder of James Goodyear. Buenoano was executed in Florida in 1998.

    • 7. VELMA BARFIELD

      Screenshot via YouTube

      Margie Velma Bullard Barfield was not home when a house fire killed her first husband Thomas Burke in 1969 in North Carolina. Another fire soon afterwards destroyed what was left of the home. She married Jennings Barfield in 1970, but he died in 1971. Barfield moved in with her parents, but her father died of cancer and her mother died in 1974 of a mysterious illness. A boyfriend also died in a car accident.

      Barfield moved in with Dollie and Montgomery Edwards in 1976, working as a nurse for the elderly couple. They both died in 1977. The next elderly man in her care, John Henry Lee, also died in 1977. Barfield then moved in with her boyfriend Stuart Taylor, who soon died of a mysterious illness. Taylor’s autopsy showing the presence of arsenic, and a tip from Barfield’s sister led to her arrest. Jennings Barfield’s body was exhumed and also found to contain arsenic. The widow eventually confessed to several murders. In 1978, Velma Barfield was convicted of the murder of Stuart Taylor and in 1984 became the first woman in the US executed by lethal injection.

    • 8. NANNIE DOSS

      Serial killer Nancy Hazle later became known as Nannie Doss and was also referred to in the press as “the Giggling Granny” because of her bizarre behavior. In 1921, when she was only 16 years old, she married Charlie Braggs. They produced four daughters. The two middle daughters died under mysterious circumstances in 1927, and Braggs left Doss. She met Frank Harrelson through a lonely hearts column and married him in either 1929, 1937, or 1945 (accounts vary). He died from ingesting rat poison in 1945. Meanwhile, two of Doss’ grandchildren died under mysterious circumstances. Doss married her third husband, Arlie Lanning, in 1947. He died in 1952 of heart failure, although he had no history of heart problems. Soon after, their home burned. The house had been willed to Lanning’s sister, but the insurance beneficiary was Doss. Soon after, Lanning’s mother and Doss’ sister died.

      Husband number four was Richard Morton, whom Doss married in 1952. During that marriage, Doss’ father died and her mother came to live with her. The arrangement did not last long, as Louisa Hazle died within a few days of her arrival in 1953. Richard Morton died three months later. Nannie Doss immediately began looking for another husband, and married her fifth, Sam Doss, in 1953. Within a couple of months, he was hospitalized with a mysterious illness, but survived and was sent home on October 5th, only to die later that night. Sam Doss’ suspicious doctor ordered an autopsy and found (you guessed it) arsenic. Nannie was finally arrested, and she confessed to murdering all four deceased husbands, a mother-in-law, her own mother, her sister, and a grandson. She pleaded guilty to the murder of Sam Doss and was sentenced to life. She died in prison in 1965.

    • 9. ANNA MARIE HAHN

      The Cincinnati Enquirer via Wikimedia Commons // Public Domain

      Anna Marie Hahn was the first woman to die in Ohio’s electric chair and only the second woman executed by the state. She immigrated from Germany in 1929. After divorcing her second husband, Hahn began working as a private live-in nurse for elderly German men in Cincinnati. Her patients tended to die and leave their fortunes to Hahn, which helped pay for her gambling habit. The string of unusual deaths ended in 1937, when police found a suspicious amount of arsenic in George Obendoerfer’s body. An investigation revealed a string of unusual deaths among Hahn’s patients, and a survivor who caught her trying to poison him. Hahn was convicted of one murder, that of Jacob Wagner, in 1937. She was executed in 1938.

    • 10. DAISY DE MELKER

      Daisy Louisa de Melker was the second woman ever to be hanged for her crimes in South Africa. She married Alfred Cowle in 1909. Four of their five children died in infancy. Cowle died in 1923, and left de Melker a substantial inheritance. Three years later, de Melker married Robert Sproat, who died in 1927 after a painful illness that resembled Cowle’s. De Melker once again collected a fortune in inheritance.

      In 1931, Daisy married Sydney Clarence de Melker, a plumber, as her previous husbands had been. In 1932, de Melker’s 20-year old son Rhodes Cowle died after drinking coffee his mother had prepared. William Sproat, the brother of de Melker’s second husband, became suspicious and demanded an investigation. Rhodes Cowle’s body was found to contain arsenic. James Webster, a man who had become sick after drinking some of Cowle’s coffee but survived, also tested positive for arsenic. William Cowle and Robert Sproat, de Melker’s first and second husbands, were exhumed and strychnine was found in the decomposed tissues. De Melker was charged with three murders but found guilty of only one, that of her son. She was hanged in December of 1932.

    • 11. MARY ANN COTTON

      \the ledgeand via Wikimedia Commons // Public Domain

      Mary Ann Cotton had three husbands and at least 10 children who died of ambiguous gastric illnesses between 1852 and 1872. The third of her four husbands survived, and her 13th and last child was born as she awaited trial. Several stepchildren and lovers also died of the same symptoms, but Cotton avoided suspicion by constantly moving to different towns around England. The first sign of trouble for Cotton came in 1872, when she predicted the death of her apparently healthy young stepson Charles Edward Cotton to an official. When Charles Edward Cotton died suddenly a few days later, Cotton’s first errand was to collect on his life insurance. Told that she needed a death certificate, Cotton went to the child’s doctor, who refused to sign until a formal inquest was held. An examination of the body found evidence of arsenic. Two other bodies from the family were exhumed and were also found to contain arsenic. Mary Ann Cotton was found guilty of the death of her stepson and was promptly hanged. Her story was made into a nursery rhyme.

      Mary Ann Cotton,
      Dead and forgotten
      She lies in her bed,
      With her eyes wide open
      Sing, sing, oh, what can I sing,
      Mary Ann Cotton is tied up with string
      Where, where? Up in the air
      Sellin’ black puddens a penny a pair.

    • 12. TILLIE KLIMEK

      Public Domain

      Chicago resident Tillie Klimek had a reputation as a psychic. She began predicting the deaths of neighborhood dogs with startling accuracy. In 1914 she predicted the death of her husband, John Mitkiewitz. Astonishingly, Mitkiewitz died three weeks later. Klimek collected his life insurance money and went to a matchmaker. Her second husband, John Ruskowski, died only three months later, just as Klimek predicted. Husband number three, Frank Kupczyk, lasted only a few years before he died. Klimek also foresaw the death of a neighbor woman who raised suspicions about Klimek’s husbands. Klimek predicted the death of three children belonging to a family she had trouble with as well—and sure enough, the children all died. The widow remarried to Anton Klimek, husband number four, in 1921. Soon after a new life insurance policy went into effect, family members visited the Klimek home and found Anton sick in bed. When his stomach was pumped, the food Klimek has eaten was found to contain arsenic. Tillie was arrested and confessed to the attempted murder of Anton Klimek. She was sentenced to life imprisonment, and the deaths of her other suspected victims were not investigated. Her sentence carried the stipulation that Klimek was never to be allowed to cook for other prison inmates.

    • 13. MARIE BESNARD
      Getty Images

      Marie Joséphine Philippine Davaillaud was called the “Queen of Poisoners” in France, although she was never convicted. Her first husband, a cousin, died of tuberculosis in 1927. Besnard married Léon Besnard the next year. The couple moved in with Léon’s parents, who both died separately within months. Léon’s sister, who shared in the inheritance, died soon after. Marie Besnard’s father also died during the period. Two boarders (a married couple) also died and left the Besnards their estate. Several other relatives who died named the Besnards as their heirs, including Marie’s mother. Both Besnards, by now very wealthy, took lovers into their home. Léon became suspicious that his wife was trying to kill him, and said so to his paramour. He died in 1947. Marie Besnard, who inherited all the accumulated wealth, was finally a suspect. Léon’s body tested positive for arsenic. Other bodies were exhumed, tested for arsenic poisoning, and Besnard was finally charged with 13 counts of murder. Her first trial in 1952 included eleven murders, but ended in a mistrial. The second trial in 1954 also was declared a mistrial. Besnard was acquitted during her third trial in 1961, and died in 1980.

    • 14 - Violette Nozière

      L’une des plus célèbres empoisonneuses des annales judiciaires françaises était bourguignonne. Accusée de parricide en 1934, elle sera réhabilitée trente ans plus tard.

      Bien étrange personnalité qu’était Violette Nozière. Depuis sa condamnation à la peine capitale en octobre 1934, bon nombre de chroniqueurs judiciaires, biographes, historiens et réalisateurs se sont penchés sur son cas, avec d’ailleurs plus ou moins de réussite. Pour tous néanmoins, une question demeure : qu’est-ce qui a bien pu pousser une jeune fille d’à peine 18 ans et visiblement inoffensive, à attenter à la vie de ses parents ?

      Pour justifier son crime elle tentera de charger son père, l’accusant d’incestes répétés. Jugée crédible par certains, les enquêteurs finiront par abandonner cette piste. Ont-ils fait fausse route ? Plus de quatre-vingts ans après les faits, le mystère reste encore bien épais.

      http://www.gazetteinfo.fr/2015/02/24/redecouvrez-violette-noziere-la

    • 17 - Groupe de femmes hongroises qui tuèrent plus de 100 maris.


      http://unknownmisandry.blogspot.fr/2011/07/full-text-susi-olah-was-slewing-fly.html
      –-----
      SERIAL KILLERS in the 1929 Tisza Valley (Nagyrev) case

      Maria Aszendi (3 murders)
      Christine Chordas (3 murders) executed
      Julia Dari (3 murders)
      Julia Fazekas (scores of murders) suicide
      Juliana Foeldvary (3 murders)
      Maria Kardos (3 murders) executed
      Julianne Lipka (scores of murders)
      Suzi Olah (scores of murders) suicide
      Mrs. Louis Oser (3 murders)
      Frau Palinka (7 murders)
      Julia Sijj (7 murders)
      Esther Szabo (multiple murders, including 2 family members) executed
      Maria Varga (3 murders)
      –----

      J’avais découvert cette histoire via le film Hic que je conseil.
      http://www.humanite.fr/node/292362

      Sérieux comme un pape, le générique de ce Hic, sous-titré De crimes en crimes, nous apprend que l’histoire est tirée de faits réels. Le dossier remis à la presse le confirme, qui comporte une bibliographie incitant à lire les textes fondamentaux, en hongrois et en anglais, consacrés aux meurtres de Tiszazug. Faute de s’adonner à ce plaisir rare, peu de bibliothèques de quartier disposant d’un exemplaire de Tiszazug ; kisérlet a gyilkossagi ügyek tarsadalomtörténeti, on se contente du dit dossier qui résume en nous apprenant l’existence de Susanna Fazekas, empoisonneuse à gages qui « était sage-femme et sans doute un peu faiseuses d’anges. Elle buvait comme un homme à la taverne des hommes, ce qui contribua nettement à sa réputation d’asociale. Et surtout elle fut guérisseuse, exerçant ses multiples talents à soigner les animaux comme les hommes par les plantes. Jusqu’au moment où, passant d’un genre à l’autre, la bonne dame de Nagyrev, gros village de la région de Tiszazug, décida d’enrichir sa palette ». Cela se déroulait en 1912 et au-delà, la brave dame devait être de gauche car elle faisait payer au prorata des revenus du client (ou, plus simplement, elle tirait le maximum de chacun) et on lui prête au moins deux mille vies prématurément interrompues. Peut-être Raffarin pourrait-il mettre sur le dos du clone de Susanna Fazekas son imprévoyance du mois d’août. Cela arrangerait bien du monde.

    • 18 - Locuste


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Locuste_%28empoisonneuse%29

      Locuste était une empoisonneuse de la Rome antique, au premier siècle ap. J.-C.

      On raconte que Locuste buvait un peu de poison chaque jour, devenant ainsi immunisée contre n’importe quelle sorte de poisons inventés par les hommes de son temps.

    • 19 - Agrippine

      Julia Agrippina dite Agrippine la Jeune (née le 6 novembre 15 ap. J.-C. à Ara Ubiorum - morte assassinée dans sa villa de Baule près de Baies sur ordre de Néron entre le 19 et le 23 mars 59) est la sœur de Caligula, empereur de 37 à 41, l’épouse de Claude, empereur de 41 à 54, et la mère de Néron, empereur de 54 à 68.

      Elle est en outre la descendante directe d’Auguste, empereur de 27 av. J.-C. à 14, et petite-nièce et petite-fille adoptive de Tibère, empereur de 14 à 37.

      Petite-fille d’Agrippa et également petite-fille de Drusus, Agrippine la Jeune est la fille de Germanicus, tous trois généraux romains ayant commandé en Germanie Inférieure.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Agrippine_la_Jeune

    • Le lien fournis pour le cas 17(les hongroises) est assez pourris et plein de fausses infos issus des sources sensationnalistes de l’époque. Ca semble être un site à tendance masculinistes, il y a tout de même beaucoup de doc sur la criminalité des femmes.

      Ici la fiche wikipédia sur cette bande organisé d’empoisonneuses
      https://en.wikipedia.org/wiki/Angel_Makers_of_Nagyr%C3%A9v

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      Il y a un docu sur ces crimes ; The Angelmakers de Astrid Bussink, 2005.
      http://www.docuart.hu/dokumentum-film/the-angelmakers/index.php
      http://archivescinereel.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=2778
      https://www.scottishdocinstitute.com/films/the-angel-makers
      https://filmcommission.nl/productions/the-angelmakers

      ici un extrait de 4 minutes http://archive.dokweb.net/en/east-silver/completed-films/the-angelmakers-1539

      –—

      Je découvre que la Hongrie aurais connu beaucoup d’"épidémies" d’empoisonnements au XIX et début XX. Vu la source il faut que j’en cherche d’autres.

      http://unknownmisandry.blogspot.fr/search/label/Husband-Killing%20Syndicates
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      http://unknownmisandry.blogspot.fr/2011/09/coroner-hanuschs-husband-killing.html

      ici une collection de veuves noires : http://unknownmisandry.blogspot.fr/2011/09/black-widow-serial-killers.html

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      un concert, cabaret sur les faiseuses d’anges mais ca semble dédié aux serial killeuses en général
      https://www.youtube.com/watch?v=TIToVLXwhwg

  • CADTM - L’évolution des politiques de la #Banque_mondiale
    http://cadtm.org/L-evolution-des-politiques-de-la
    ... et leur rôle dans les #accaparements_de_terres

    Depuis 2014, la Banque mondiale est fortement contestée par la société civile par le biais de la campagne « Our Land Our Business » - notamment en raison des classements « Doing Business » et « Enabling the Business of Agriculture » - pour son rôle dans les accaparements de terre à l’échelle mondiale et la promotion du modèle agro-industriel au détriment des paysan-ne-s des pays du Sud.

    Site de la campagne #OurLandOurBusiness
    > http://ourlandourbusiness.org

  • Une page spécifique dédiée à Game of Thrones sur le site de Courrier international (et un compte twitter...)
    http://www.courrierinternational.com/game_of_thrones

    Depuis que la chaîne américaine HBO l’a adaptée pour le petit écran, l’œuvre de George R. R. Martin est devenue un phénomène culturel mondial. La série (en français, Le Trône de fer) sert de métaphore pour commenter ici la donne politique, là le jeu diplomatique. Il était naturel, dans ces conditions, que Courrier international s’empare du sujet. Et vous livre le meilleur des articles parus dans la presse étrangère.

    #GOT

  • Desertec et Medgrid : « nouveau colonialisme solaire » ?
    http://survie.org/billets-d-afrique/2012/218-novembre-2012/article/desertec-et-medgrid-nouveau

    Depuis 2009, un groupe de financiers et d’industriels, mené par le premier réassureur mondial, l’allemand Munich Re, a entamé le projet Desertec pour exploiter l’énergie solaire et éolienne du Sahara et alimenter l’Europe en électricité. Rêve ou cauchemar ?

    @rezo #wikileaks #énergie #Mali #gifiles #cablegate

  • Aftenposten, le 10 septembre 2012
    Haro sur le vin, les spiritueux et les parfums dans les aéroports : Un bénéfice de plus d’un million de Nok par jour !

    Deux entreprises exercent un quasi-monopole sur "les duty free shop" dans les aéroports norvégiens. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles sont bien nanties...

    Par Carl Alfred Dahl et jeanette Sjøberg

    90 pour cent de l’argent que nous dépensons dans les magasins "duty free" revient au groupe Travel Retail Norway (TRN), dirigé par Terje Stykket.

    Depuis que la société a repris l’exploitation de presque toutes les boutiques "duty free" en Norvège en 2005, elle a fait un bénéfice total de près de 1,5 milliards de NoK (210 millions d’euros). Terje Stykket est propriétaire de 25 % des parts de l’entreprise : Il est la 153e personne la plus riche de Norvège, selon la liste Kapital 2010 des 400 personnes les plus riches du pays. Sa fortune est estimée à 1,1 milliards de NoK (152 millions d’euros).

    Le reste est détenu par la société allemande Heinemann KG à hauteur de 50 pour cent, et qui fournit également des produits à ces boutiques hors taxes, et le Norgesgruppen pour 25 pour cent Spar, Joker, Kiwi, Meny, Ultra, Deli de Luca, etc...).

    En 2011, TRN a fait un profit de 3,8 milliards de NoK (530 millions d’euros), en hausse de 13 pour cent par rapport à l’année précédente. Le bénéfice avant impôt était de 316 millions de Nok (45 millions d’Euros), soit une augmentation de 17 pour cent.

    L’argent provient de six boutiques hors taxes situées à Oslo Gardermoen, Trondheim, Bergen, Stavanger et Kristiansand, et deux deux magasins situés dans les terminaux domestiques à l’aéroport d’Oslo Gardemoen et Værnes.

    Håkon Fjeld-Hansen , un des directeurs de TRN, explique : « y a une forte augmentation dans les ventes de bouteilles de vin en particulier. Les passagers n’achètent pas forcément plus, mais des marchandises beaucoup plus chère. On voit que les gens aiment faire des emplettes. l’alcool représente la plus grande part du chiffre d’affaires dans les aéroports. » Les norvégiens se permettent de faire dans un aérogare ce qu’ils ne feraient jamais dans la vie courante, chez eux, ou en ville : boire une bière ou !un grand verre de vin à 6:00 du matin ! or, dans les aérogares, ils font la queue devant les bars en attendant qu’ils ouvrent...

    Airport Retail Norway (ARN) est la deuxième entreprise la plus importante spécialisée dans la vente en franchise de droits. Elle exploite aussi des boutiques hors taxes à l’aéroport de Moss Rygge et Sandefjord Torp, en plus de magasins de vêtements dans quatre aéroports.

    Ses bénéfices ont atteints en 2011 530 millions de NiK (74 millions d’euros), soit plus de 15 pour cent par rapport à l’année précédente. Cela s’est traduit par un bénéfice avant impôt de 56 millions de Nok (8 millions d’euros), soit une augmentation de 45 pour cent par rapport à 2010.

    ARN appartient Jotunfjell Partners, dirigée par les investisseurs norvégiens Kristoffer Olsen et Hans Kristian Melbye. Kristoffer Olsen : "nous avons noté une forte augmentation des ventes en particulier à l’aéroport de Rygge où la compagnie Ryanair a considérablement renforcé sa présence"

    Les deux sociétés TRN et ARN font à elles seules, avec huit magasins, un bénéfice annuel de 372 millions de Nok (52 millions d’euros) soit plus d’un million de Nok par jour (140 000 euros)
    En plus de ces huit boutiques, Avinor gère quelques autres boutiques hors taxes Avinor dans les aéroports de Tromsø, Bodø, Haugesund et Molde.

    Le rapport annuel d’Avinor pour l’année 2011 ne dit rien sur le montant des recettes de ces magasins. Le poste « Revenus » indique simplement 495 millions de NoK (69 millions d’euros), mais cela inclut également la vente d’autres biens et services.

    Source :

    « Håver inn på vin, sprit og parfyme på flyplassene »
    http://www.aftenposten.no/okonomi/Haver-inn-pa-vin_-sprit-og-parfyme-pa-flyplassene-6986005.html

    #dfs #duty-free-shop #espace-public #espace-privé #aéroport #commerce-hors-taxe #norvège #oslo

  • Les vulnérables : La démocratie contre les pauvres liens socio, le portail francophone des sciences sociales
    http://www.liens-socio.org/article.php3?id_article=6363

    Depuis le début des années 1980, les démocraties et les organisations internationales ont modifié leur approche des populations défavorisées, revenant sur plus de deux siècles de développement et de mise en œuvre des idées progressistes de promotion sociale et d’accès à la citoyenneté. La notion de vulnérabilité est la pierre angulaire de ce changement. Désormais la guerre est déclarée non plus à la pauvreté mais aux pauvres, enrôlés dans ce combat contre eux-mêmes. Ils font l’objet de la vigilance des savants, de la sollicitude des experts et d’une surveillance continue des acteurs publics et ne sont plus traités comme des citoyens malheureux ou mal intégrés mais comme des incapables. Cet ouvrage revient d’abord sur les fondements de cette révolution conceptuelle. Une archéologie des termes permet de comprendre comment ils se sont généralisés dans les discours publics depuis la fin du dernier millénaire. Puis il étudie les instruments de ce nouveau gouvernement des pauvres qui les cou

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