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  • Guyana rechazó la versión de Arreaza sobre los barcos de ExxonMobil
    http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/guyana-rechazo-version-arreaza-sobre-los-barcos-exxonmobil_266206

    Enième incident de frontière entre Venezuela et Guyana : le 23/12/2018, une frégate vénézuélienne interrompt les opérations de prospection sismique d’un navire opérant sur une concession du Guyana à ExxonMobil.

    La nota divulgada por Jorge Arreaza aseguraba que los capitanes interceptados aseguraron disponer de un permiso de Guyana para operar en dicho espacio marítimo

    El ministro de Relaciones Exteriores de Guyana, Carl Greenidge, rechazó hoy la versión de Venezuela según la cual el Ejecutivo de Georgetown autorizó la incursión en aguas del país bolivariano de buques de exploración sísmica de la compañía ExxonMobil.

    Greenidge reiteró durante un acto público en Georgetown que los barcos noruegos contratados por ExxonMobil fueron interceptados por la Armada venezolana y rechazó la afirmación de la Cancillería de que estuvieran operando en sus aguas territoriales.

    El jefe de la diplomacia de Guyana calificó además de absurdas las palabras de la vicepresidenta de Venezuela, Delcy Rodríguez, sobre una supuesta incursión en aguas territoriales del país sudamericano.

    La Cancillería informó el pasado 23 de diciembre de que la Armada Nacional Bolivariana divisó en aguas jurisdiccionales de Venezuela dos embarcaciones, una con bandera de Bahamas y otra de Trinidad y Tobago, contratadas por la petrolera ExxonMobil.

    La nota divulgada por Jorge Arreaza aseguraba que los capitanes interceptados aseguraron disponer de un permiso de Guyana para operar en dicho espacio marítimo.

    Greenidge dijo que tras repasar lo que describen los medios de comunicación de Venezuela y las conversaciones con los capitanes las coordenadas descritas dejan claro que estaban dentro de la ZEE (Zona Económica Exclusiva) de Guyana.

    Matizó, en concreto, sobre la embarcación Ramford Tetys que fue interceptada en la ZEE y en la plataforma continental de Guyana a una distancia aproximada de 140 kilómetros desde el punto más cercano a la línea equidistante provisional con Venezuela y unos 250 kilómetros desde Punta Playa, el punto más occidental en la frontera terrestre.

    El ministro de Relaciones Exteriores dijo que Guyana no tiene nada de qué preocuparse y que su país está dispuesto a volver reiterar hasta dónde llega su territorio nacional.

    Greenidge sostuvo además que su gobierno está satisfecho con el progreso del caso ante la Corte Internacional de Justicia (CIJ).

    #Esequibo

    • Exxon Mobil Continues Drilling Offshore Guyana Despite Venezuela Incident | Exploration & Production
      https://www.epmag.com/exxon-mobil-continues-drilling-offshore-guyana-despite-venezuela-incident-172

      Exxon Mobil Corp. said Dec. 26 its oil drilling and development activities offshore Guyana were unaffected despite neighboring Venezuela’s navy stopping two seismic survey vessels the company had hired.

      The closest of 10 oil finds Exxon Mobil has made off Guyana’s coast is 110 km (68 miles) away from the northwest part of the Stabroek block, where the navy halted seismic data collection on Dec. 22, the company said. Each country’s government says the incident took place in its territorial waters.

      Exploration and development drilling is continuing in the southeast area of the #Stabroek Block,” the company said in a statement. Exxon Mobil did not say whether the two vessels, owned by Norway’s Petroleum Geo-Services ASA (PGS), planned to continue their survey or return to the area where the incident occurred.

      There were two PGS ships involved in the confrontation, the Ramform Tethys and Delta Monarch, Bard Stenberg, a PGS senior vice president, said Dec. 24.

      A couple hours later we learned that the Venezuelan navy had withdrawn from the area,” Stenberg added.


  • La république des « Fils de… » (1re partie) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/07/29/la-republique-des-fils-de-1re-partie

    Frasques, voracité, prédation, succession… Rejetons conçus dans le dos de la République égalitaire, les enfants terribles de la nomenklatura sont les nouveaux seigneurs de cette« Algérie de papa », la version bâtarde de l’« Etat algérien restauré ». Pour désigner les fils de généraux et hauts gradés de l’armée, des services de sécurité, ministres, pontes de la haute administration…, l’humour populaire est intarissable de génie créatif : ouled al qiada, meqla, qaloi, chouaker, ouled douk douk, qemqoum, les rejetons des pontes font valoir chaque jour leur droit de cuissage sur les ressources du pays. De Toufik Benjedid à Saïd Bouteflika, de Adel Gaïd à Sid Ali Mediene, de Abdelmoumen Khalifa à Farid Bedjaoui, de Rym et Farès Sellal à Amine Zerhouni, de Réda Habour à Khaled Tebboune, des fils de Meziane au fils Ould Kaddour, des fille et fils de Saadani au fils Ould Abbès, de Mehdi Remaoun à Lamine Ouyahia, de Amel Bouchouareb à Khaldoun et Sina Khelil…, des échantillons représentatifs de la caste de compradores et de fabricants d’hégémonie qui réécrit l’histoire d’un « seul héros, le pouvoir ». Plongée dans les dessous putrides de la reproduction en marche de la classe des dirigeants.

    Ils sont dans l’import-import (60 milliards de factures d’importation), dans l’immobilier (?), dans les « services » (12 milliards/an), dans la com’ et l’événementiel, les bureaux d’études, le consulting, les centres commerciaux et grandes surfaces, le catering, le contrôle et concessions automobiles, les franchises, les sociétés de gardiennage et de sécurité, 7 milliards de dollars que se partagent quelques sociétés appartenant à des généraux à la retraite et/ou en activité, comme celle d’un des fils de Gaïd Salah, Adel, et à des personnalités du gouvernement et de la haute administration, à l’image de Vigie Plus, société à 50 000 agents, apparentée au fils de l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Aucun créneau juteux, aucune opportunité d’affaires, aucun business florissant n’échappe à leur appétit vorace.

    Shootés à l’argent public, addicts aux privilèges et rente de « l’Etat pompeur », les « fils de » ont un « couloir vert » dans les ports, les tapis rouges des salons d’honneur, occupent des postes (fictifs de préférence, mais rémunérés en devises) dans les grandes compagnies (Air Algérie, Sonatrach…), postés dans les grandes capitales mondiales. Ils sont dans la diplomatie, dans les agences et organismes internationaux. Ils ont des ports secs pour cocaïne pure (fils du général Hamel) et quincaillerie de luxe, des flottes (navires de la Cnan rachetés en partie par Réda Habour).

    Ils sont dans le négoce des matières premières (Sina Khelil…), dans la distribution, souvent en situation de monopole (Mouloud Djebbar, fils du général M’henna Djebbar), « bien nés » et as du trafic d’influence, ils ont les clés des coffres-forts de l’Etat social, dépecés, en bandes organisées, lors des soirées banquet. D’affriolantes saisons algériennes pour une jet-set fâchée avec le Projet national et le principe d’égalité des chances.

    Boucherie du peuple vs caudillo du régime

    Kouba. « Marché des 13 salopards ». « La boucherie du peuple ». Il porte bien son nom, le très « modeste » magasin de Kamel « Le Boucher », gros sous-traitant présumé des cartels de la cocaïne, scellé depuis plus d’un mois. L’homme aux 701 kg de coke a entraîné dans sa chute spectaculaire deux caudillos du régime : Abdelghani Hamel et Menad Nouba, tout puissants patrons de la police et de la gendarmerie.

    Au ministère de la Défense, gros client de la viande importée par « le Boucher », deux généraux-majors, Boudouaour Boudjemaa, le directeur des finances, et Mokdad Benziane, directeur du personnel du MDN, sont éjectés, « admis à la retraite ». Le menu fretin (26 inculpés-1, le fils de l’ex-Premier ministre Tebboune) est envoyé au cachot. L’Algérie, ses attributs de pouvoir, ses autorités régaliennes, flirte dangereusement avec narco-Etat.

    Dans le Vieux Kouba, c’est encore la consternation. La colère. De l’incompréhension aussi. « Kouba, ce sont toutes ces personnalités qui ont fait l’histoire. De Ferhat Abbas qui y a vécu (en résidence surveillée) au colonel Mohamedi Saïd, de Cheikh Soltani à Ali Benhadj et j’en passe. Mais des ”cavés” comme ça, on en avait pas. » Yazid, spécimen de cette petite bourgeoisie de Kouba qui se sent « salie » par l’érection dans son paysage de ce sulfureux personnage. « Ce berani (étranger) qui a débarqué ici presque avec son seul vélo et qui s’achètera, en un temps record, pas moins de 26 villas. »

    A Alger, les gendarmes de la section de recherches ont mis au jour 22 promotions immobilières, dont les appartements de standing sont cédés à des hauts fonctionnaires de l’Etat. « L’homme aurait juré de raser toute la ville et de ne laisser au peuple de Kouba que l’Hôtel de la mairie pour ses papiers d’identité. » Au chemin Calvaire, dans le bas Kouba, il aurait offert quelque 130 milliards pour s’adjuger un djenane de 6000 m2. « La famille, une grande famille de militants nationalistes qui y résidait depuis plusieurs générations, voulait préserver la valeur patrimoniale de la résidence.

    Le Boucher ne voulait rien savoir. ”Dites-moi plutôt combien elle fait en longueur, combien en largueur et combien vous en voulez !” » Le Boucher a, selon ce riverain, mis tout le monde dans sa poche, « distribuant des cadeaux et liasses de billets par-ci, des kilos de viande par-là, offrant une voiture au commissaire, de petits pécules pour les fonctionnaires des mairies, de la daïra et de la wilaya et même des omra aux fidèles de la mosquée ».

    Le « gueux » quadra, fils d’un boucher venu de sa « gueuse » province de Palestro (Lakhdaria), s’est blanchi sous le harnais du pouvoir et de ses camorra. Sa résidence à Kouba, située en face du commissariat de police (qui n’a rien vu) ; les bureaux de ses sociétés à La Croix et à Aïn Naâdja ne désemplissaient pas de visiteurs de haut rang qui lui mangeaient avidement dans la main. « Les magistrats sont en train de compiler les écoutes téléphoniques et quelque 3 ans de vidéo-surveillance », rapporte la journaliste Salima Tlemçani, qui enquête sur l’affaire.

    Des enregistrements « compromettants pour la longue liste de personnalités civiles et militaires qui y apparaissent ». 30 ans après le scandale impliquant un des fils du président Chadli – en association avec un roturier du quartier La Montagne (Bourrouba) – dans la ruine d’une banque publique, l’affaire dite « Testosa » – du nom de la célèbre Ferrari Testarossa – a fait des « petits ». Beaucoup de « petits ».

    La patri Mohand Aziri e pour les riches, le patriotisme pour les pauvres

    Portrait d’un fils de… De l’élevage ovin dans les Hauts-Plateaux à la technologie de pointe, Lotfi Nezar est un entrepreneur aussi polyvalent que coriace. « Il est impitoyable en affaires », témoigne HKM*, un employé de SLC (Smart Link Communication), la « petite » boîte familiale devenue grande (plus de 150 employés), nichée au chemin Gadouche (Ben Aknoun) sur le domaine d’une ancienne coopérative militaire.

    PDG de la société, Lotfi, l’aîné, y est actionnaire au même titre que sa fratrie et son généralisme paternel, aussi président de son conseil d’administration. Pionniers dans la technologie wimax (solution internet haut débit par ondes hertziennes), les fils du général affichaient un carnet de commandes plein.

    Ses abonnés clients allant des ministères de la Défense, de la Santé, de l’Enseignement supérieur aux compagnies pétrolières (Becker, Schlumberger, Sonatrach…), les banques (BNP Paris Bas…), Alstom, Peugeot. « Une véritable machine à cash dont une partie des revenus générés est perçue en devise, en Espagne, notamment », décrit la gorge profonde. Le pouvoir, la réputation du père, le général Khaled Nezzar (sauveur de la République ou fossoyeur de son peuple, c’est

    selon), parmi les premiers promus sous Chadli au grade d’officier général, a fait exploser littéralement le plan de charge de la SPA, créée en 1997. « Aujourd’hui, les affaires tournent de moins en moins bien. A cause de la concurrence soutenue par deux autres fournisseurs de services, Anwar Net et Icosnet, tout aussi puissants et adossés à des pontes mais surtout à cause des déboires de la famille avec le clan présidentiel. » Le général a dû, selon la même source, rembourser quelque 40 milliards de crédits alors que d’autres ont vu leurs ardoises effacées. La patrie pour les riches, le patriotisme pour les pauvres.

    « Hna fi hna, el barani yasamhna »

    Déclinaison locale de « Entrepreneurs de progrès », la devise chère au FCE, le cercle des bonnes affaires sis à El Mouradia, au fond d’une impasse, rue Sylvain Fourastier, du nom du maire de Bir Mourad Raïs dans les années 1940. C’est ici, dans la proximité charnelle du pouvoir et de l’argent, à quelques centaines de mètres du Palais présidentiel, que se trouve la fine fleur du CAC 40 algérien, les Kouninef, Bairi, Mazouz, Benabdeslam, Benamar, Tahkout et consorts, empires biberonnés aux marchés publics.

    « 150 millions pour réserver sa place à la table du Premier ministre. » H. Imad*, témoin ulcéré par les turpitudes de cette business class « made in bladi », jeune loup de la finance, a été dans le staff de Ali Haddad, le président du Forum des chefs d’entreprise, le FCE. « Self made man » comme sait en « fabriquer » à la chaîne le cercle présidentiel, le patron du groupe ETRHB, petite société de BTP fondée en 1997, est propulsé, 20 ans après, à la tête d’un empire engrangeant quelque 400 millions de dollars de revenus annuel (Forbes). « Rebrab ? C’est rien. Mon chiffre d’affaires à moi, c’est 5 à 6 fois plus », se vanterait Ali Haddad.

    Le groupe Cevital, propriété d’Issad Rebrab, affiche un chiffre d’affaires de 3,5 milliards de dollars. Agence parapublique orientée vers la captation des contrats publics, le FCE possède sa version « fils de ». Jil FCE, ce pouls de jeunes entrepreneurs connectés aux centres de décisions. Comme Allégories, la boîte de com’ et événementiel, drivée par le tandem Lourari/Marhoun Rougab, fils de Mohamed Rougab, secrétaire particulier du président Bouteflika.

    C’est Allégorie qui, le 3 décembre 2016, a organisé, pour le compte du FCE, le Forum africain d’investissements et d’affaires au Centre international de conférences (CIC) et qui a tourné au fiasco. Ce jour-là, le gouvernement Sellal, arguant les « entorses au protocole », se retira, sous les regards médusés de centaines d’invités étrangers. « Tout n’a pas été dit sur cette affaire du CIC, raconte Imad. Il y avait une forme de mise en scène, puisque le gouvernement était la veille en possession du programme des interventions et aurait pu décliner sa participation. »

    Les enjeux se superposaient, selon lui. Dans les coulisses du CIC, aux manettes, ce fut Saïd Bouteflika, tout puissant frère et conseiller plénipotentiaire du Président. « Il fallait à la fois happer le destin de Lamamra, le MAE qui était présidentiable, saper l’autorité du gouvernement au profit d’un patronat paraissant tout puissant, et troisio, renverser la table des négociations des contrats qui s’amorçaient dans la salle (…). »

    Jeunesse dorée, jeunesse offshore

    De SwissLeaks à Panama Papers, une orgie à coups de centaines de millions de dollars. Les listings des propriétaires algériens de comptes dans les banques suisses (HSBC) et de sociétés offshore au Panama renseignent sur la fraude à grande échelle et sur les pratiques des faunes au pouvoir. Le scandale planétaire des Panama Papers est aussi celui de cette caste d’Algériens dont les fortunes mal acquises transhument à travers les paradis fiscaux, lavées, blanchies, « réinvesties ».

    Des Îles Vierges britanniques au Panama, des îles Caïman à la République suisse, de la Barbade à Maurice, de Hong Kong à Dubaï, la toute nouvelle plaque tournante du blanchiment de l’argent algérien. Aux Emirats, une société offshore, c’est 30 000 dollars de capital avec droit de succession garanti pour les ayants droit en cas de décès du propriétaire.

    Dans les Panama Papers, les Algériens y sont souvent en famille : les Khelil (Chakib), père, épouse et fils, les Sellal (père et fille), les Bouchouareb, les Habour, les Chadli, les frères Bedjaoui, les Zerhouni – entre autres cités –, paraissant en qualité de propriétaires, bénéficiaires et/ou ayants droit de sociétés offshore. Journaliste d’investigation, membre du réseau ICIJ – le Consortium international des journalistes d’investigation qui révéla le scandale Panama Papers –, Lyès Hallas a eu accès à certains documents fuités de la société fiduciaire panaméenne Mossack Fonseca.

    Ne se distinguant ni par des « compétences reconnues » ni par un « savoir-faire particulier », les « fils de », observe le journaliste, excellent par contre dans la « fructification des carnets d’adresses » de leurs parents, dans la mise en relation d’affaires d’entreprises étrangères intéressées par le marché algérien. Ils sont dans « l’intermédiation internationale ».

    Farid Bedjaoui, neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, est de ceux-là. « Ce ne sont certainement pas les 75 000 dollars canadiens de revenus annuels générés par son ancienne société de négoce qui ont permis à Bedjaoui de s’offrir des tableaux de Salvador Dali ou des biens immobiliers à Montréal et à New York, mais, les placements de Sonatrach.

    Pourquoi n’a-t-il pas pu décrocher la gestion des portefeuilles de BP ou ExxonMobil, génie en placements financiers qu’il est ? » Impliqué dans les affaires Saipem, Sonatrach, SNC Lavalin (suit une longue liste), Farid Bedjaoui passe pour celui qui sait ouvrir les portes blindées des décideurs algériens, sécurisant, via un système de commissions/rétro-commissions, les gros contrats de compagnies étrangères.

    « Le drame de ce pays est que son élite dirigeante n’imagine pas son avenir, l’avenir de ses enfants, en Algérie. Son principal souci est de trouver des alternatives pour financer l’éducation, les soins ou s’offrir une douce retraite à l’étranger, parce que les salaires perçus ne sont pas en mesure de prendre en charge son train de vie. Comment un Pdg de Sonatrach qui touche 300 000 DA de salaire mensuel pourrait s’acheter une résidence à Neuilly-sur-Seine ? »

    Les Gated communities du Mont Sidi Yaya

    Mont Sidi Yaya… Hydra. Le « Beverly Hills » algérois, une houma branchée au grille-pain et à la compteuse à billets, n’a rien d’un quartier pour ouled bouchia. Gosses de riches, gosses de maqla (pontes) et résidus du lumpenprolétariat s’y côtoient intimement dans ce lit d’oued (oued Hydra) où la jet-set s’est offert, par flots d’argent ininterrompus, son quartier de « luxe »…

    Enfant de la cité Sellier, populace suspendue aux flancs des Crêtes, Nadir a vu le quartier se transfigurer. En seulement quelques années d’économie de bazar. « Vous voyez ce pâté de villas, désigne-t-il de la main. Elles appartiennent toutes à des généraux. Le terrain sur lequel elles sont construites devait accueillir à l’origine une coopérative pour enseignants. » Banques étrangères, restaurants sélects, magasins de grandes marques, Sidi Yahia est le quartier des affranchis du pouvoir et des franchises qui prolifèrent.

    Malgré les nombreux interdits dressés par la Banque d’Algérie qui proscrit le transfert des royalties au franchiseur (la maison mère détentrice de la marque). Comment s’y prennent-elles ? « D’abord, elles appartiennent toutes à de hauts responsables et/ou à leurs enfants, ensuite, elles contournent les obstacles de la BA en gonflant le prix d’achat ou en transférant les devises sous le prétexte de l’assistance technique. »

    Tout autour du quartier chic, des résidences gardées. Un phénomène urbanistique en pleine expansion. Des Gated Communities où gent aisée et gent du pouvoir s’inventent un « entre-soi », loin des masses qui menacent. Safar Zitoun Madani, spécialiste en sociologie urbaine, ne hurle pas au loin pour autant. Les Gated Communities sont un phénomène « universel ». De la Chine « communiste » à l’Afrique du Sud, du Maroc aux Etats de l’Amérique latine. Une tendance mondiale. L’implantation de ces bunkers hautement sécurisés renseigne toutefois sur les inégalités qui s’accroissent dans un pays. Des inégalités qui ne sont pas toujours justifiées d’un point de vue économique.

    Des « inégalités un peu honteuses » et un « enrichissement pas très transparent ». « Dans le cas algérien, dit le sociologue, il faut un peu le relativiser. Car ce qui le caractérise, c’est qu’avant l’indépendance, nos villes étaient extrêmement inégalitaires du point de vue de la répartition des populations dans l’espace. Il y avait d’un côté les quartiers européens, les quartiers mixtes et les quartiers musulmans où résidaient la majorité des Algériens.

    A l’indépendance, cette structure ségrégationniste, inégalitaire, a complètement explosé. Nos villes se sont mélangées, des populations d’origines modeste, moyenne, ont occupé des habitations situées dans les quartiers européens. Aujourd’hui, ce que l’on constate, c’est que les élites, notamment celles qui disposent des ressources, ne se retrouvent plus dans ce mélange. Alors, elles inventent des espaces d’entre-soi.

    On revient, en quelque sorte, contre l’absence de ségrégation, et par des formes inédites, à une nouvelle façon de ségréguer, de se séparer des autres. » Loin du Fahs algérois, la proche campagne d’Alger, naguère prisée par les bourgeoisies coloniales, ottomane et française, les quartiers de l’ancienne plaine de la capitale sont en plein dans le processus de « gentrification », mot désignant ces quartiers de la noblesse anglaise qui étaient à l’origine des quartiers populaires d’origine sociale modeste.

    Les opérations de relogement, de résorption de l’habitat précaire, menées au pas de charge, sur fond de spéculation foncière, immobilière, vident le Vieil Alger de sa population, au profit d’une autre. « Ce sont des processus sociologiques très courants. Ces quartiers, pour des raisons pratiques, leurs positions dans la ville, la présence d’opportunités, attirent une clientèle qui prend une coloration sociale bien particulière (…).

    Progressivement donc, il y a un remplacement de population. » Dans ce processus, précise le spécialiste, l’Etat n’y est pour rien : « Il n’y a pas de volonté derrière, pas de deus ex machina, pour délimiter les quartiers des riches des quartiers pauvres. Ce sont des processus objectifs. » Dans le plan d’urbanisme d’Alger, explique-t-il, qui n’est pas « ségrégatif », la volonté de vider les quartiers populaires n’y est pas.

    « Même si derrière un certain vocabulaire très technique, il y a la possibilité de comprendre que telle zone, par exemple, est destinée à une population fortunée. Mais il n’y a pas de volonté de déloger les gens du centre-ville, les populations pauvres et modestes pour la périphérie. Dans les plans, il n’y a rien de cela, dans la pratique, avec les opérations de relogement en cours. Effectivement, pour certains bidonvilles du centre-ville d’Alger, les populations sont relogées en périphérie. Est-ce qu’il y a une volonté de déportation de ces populations ? (…) »                                                                                                    Mohand Aziri                                                                                                                                                               https://www.elwatan.com/edition/actualite/la-republique-des-fils-de-1re-partie-28-07-2018


  • Comment les professionnels de l’évasion fiscale noyautent les institutions européennes
    https://www.bastamag.net/a-paraitre-le-10-07-Comment-PWC-et-les-Big-Four-noyautent-les-politiques

    Imaginez que la Commission européenne commande des études à Philip Morris pour concevoir ses politiques de lutte contre le tabac, ou que des anciens employés des entreprises pétrolières Total, Chevron ou ExxonMobil soient chargés de décider des meilleures mesures pour lutter contre le changement climatique, après avoir consulté leurs anciens collègues via des groupes d’experts et des rendez-vous de lobbying. Les instances européennes sont réputées pour être un paradis des lobbyistes, mais peut-être pas (...)

    En bref

    / #Europe, Quel avenir pour la construction européenne ?, #Paradis_fiscaux

    #Quel_avenir_pour_la_construction_européenne_ ?
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/tax-avoidance-industry-lobby-low-res.pdf
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/tax-avoidance-industry-lobby-summary-fr-3.pdf


  • The Greatest Crimes Against Humanity Are Perpetrated by People Just Doing Their Jobs
    https://truthout.org/articles/the-careerists

    The greatest crimes of human history are made possible by the most colorless human beings. They are the careerists. The bureaucrats. The cynics. They do the little chores that make vast, complicated systems of exploitation and death a reality. They collect and read the personal data gathered on tens of millions of us by the security and surveillance state. They keep the accounts of ExxonMobil, BP and Goldman Sachs. They build or pilot aerial drones. They work in corporate advertising and public relations. They issue the forms. They process the papers. They deny food stamps to some and unemployment benefits or medical coverage to others. They enforce the laws and the regulations. And they do not ask questions.

    Good. Evil. These words do not mean anything to them. They are beyond morality. They are there to make corporate systems function. If insurance companies abandon tens of millions of sick to suffer and die, so be it. If banks and sheriff departments toss families out of their homes, so be it. If financial firms rob citizens of their savings, so be it. If the government shuts down schools and libraries, so be it. If the military murders children in Pakistan or Afghanistan, so be it. If commodity speculators drive up the cost of rice and corn and wheat so that they are unaffordable for hundreds of millions of poor across the planet, so be it. If Congress and the courts strip citizens of basic civil liberties, so be it. If the fossil fuel industry turns the earth into a broiler of greenhouse gases that doom us, so be it. They serve the system. The god of profit and exploitation. The most dangerous force in the industrialized world does not come from those who wield radical creeds, whether Islamic radicalism or Christian fundamentalism, but from legions of faceless bureaucrats who claw their way up layered corporate and governmental machines. They serve any system that meets their pathetic quota of needs.

    These systems managers believe nothing. They have no loyalty. They are rootless. They do not think beyond their tiny, insignificant roles. They are blind and deaf. They are, at least regarding the great ideas and patterns of human civilization and history, utterly illiterate. And we churn them out of universities. Lawyers. Technocrats. Business majors. Financial managers. IT specialists. Consultants. Petroleum engineers. “Positive psychologists.” Communications majors. Cadets. Sales representatives. Computer programmers. Men and women who know no history, know no ideas. They live and think in an intellectual vacuum, a world of stultifying minutia. They are T.S. Eliot’s “the hollow men,” “the stuffed men.” “Shape without form, shade without colour,” the poet wrote. “Paralysed force, gesture without motion.”

    It was the careerists who made possible the genocides, from the extermination of Native Americans to the Turkish slaughter of the Armenians to the Nazi Holocaust to Stalin’s liquidations. They were the ones who kept the trains running. They filled out the forms and presided over the property confiscations. They rationed the food while children starved. They manufactured the guns. They ran the prisons. They enforced travel bans, confiscated passports, seized bank accounts and carried out segregation. They enforced the law. They did their jobs.

    Political and military careerists, backed by war profiteers, have led us into useless wars, including World War I, Vietnam, Iraq and Afghanistan. And millions followed them. Duty. Honor. Country. Carnivals of death. They sacrifice us all. In the futile battles of Verdun and the Somme in World War I, 1.8 million on both sides were killed, wounded or never found. In July of 1917 British Field Marshal Douglas Haig, despite the seas of dead, doomed even more in the mud of Passchendaele. By November, when it was clear his promised breakthrough at Passchendaele had failed, he jettisoned the initial goal—as we did in Iraq when it turned out there were no weapons of mass destruction and in Afghanistan when al-Qaida left the country—and opted for a simple war of attrition. Haig “won” if more Germans than allied troops died. Death as score card. Passchendaele took 600,000 more lives on both sides of the line before it ended. It is not a new story. Generals are almost always buffoons. Soldiers followed John the Blind, who had lost his eyesight a decade earlier, to resounding defeat at the Battle of Crécy in 1337 during the Hundred Years War. We discover that leaders are mediocrities only when it is too late.

    #politique #pouvoir #carrièrisme


  • Top Climate Scientist: Humans Will Go Extinct if We Don’t Fix Climate Change by 2023
    https://gritpost.com/humans-extinct-climate-change

    In a recent speech at the University of Chicago, James Anderson — a professor of atmospheric chemistry at Harvard University — warned that climate change is drastically pushing Earth back to the Eocene Epoch from 33 million BCE, when there was no ice on either pole. Anderson says current #pollution levels have already catastrophically depleted atmospheric #ozone levels, which absorb 98 percent of #ultraviolet rays, to levels not seen in 12 million years.

    Anderson’s assessment of humanity’s timeline for action is likely accurate, given that his diagnosis and discovery of Antarctica’s ozone holes led to the Montreal Protocol of 1987. Anderson’s research was recognized by the United Nations in September of 1997. He subsequently received the United Nations Vienna Convention Award for Protection of the Ozone Layer in 2005, and has been recognized by numerous universities and academic bodies for his research.

    #climat #extinction

    • The good news is there are a relatively small amount of culprits responsible for the vast majority of carbon emissions, meaning governments know who to focus on. As Grit Post reported in July of 2017, more than half of all carbon emissions between 1988 and 2016 can be traced back to just 25 fossil fuel giants around the world. 10 of those 25 top emitters are American companies, meaning the onus is largely on the United States to rein in major polluters like ConocoPhillips, ExxonMobil, Chevron, and Marathon Oil. Other offenders include Chinese companies extracting and burning coal, and Russian oil conglomerates like Rosneft, Gazprom, and Lukoil.

      However, the bad news for humanity is that as long as Donald Trump is President of the United States, swift action to combat climate change seems unlikely prior to 2020, given that Trump pulled out of the Paris Climate Accords and refuses to even acknowledge the threat of climate change despite warnings from U.S. government agencies like the Department of Homeland Security and the Department of Defense.


  • ExxonMobil gas project a disaster for Papua New Guinea’s people - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2018/05/04/pngp-m04.html

    ExxonMobil gas project a disaster for Papua New Guinea’s people
    By John Braddock
    4 May 2018

    The massive $US19 billion ExxonMobil-led liquid natural gas (LNG) project in the Hela region of Papua New Guinea (PNG) has failed to deliver a promised economic boom for the country, a non-government organisation report has found.

    #papouasie_nouvelle_guinée #énergie #gaz #résistance #pollution #environnement


  • Donald Trump limoge son chef de la diplomatie, Rex Tillerson et le remplace par l’ex-chef de la CIA — RT en français
    https://francais.rt.com/international/48664-donald-trump-ecarte-son-chef-diplomatie-rex-tillerson

    En outre, le chef d’Etat américain a évoqué des désaccords avec Rex Tillerson, notamment sur l’Iran. « Nous nous entendions bien mais nous avions des désaccords », a lancé Donald Trump depuis les jardins de la Maison Blanche, en partance pour la Californie. « Quand vous regardez l’accord sur le nucléaire iranien, je pensais qu’il était horrible, il pensait qu’il était OK », a-t-il expliqué.

    L’ex-secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, quant à lui, n’aurait pas parlé à Donald Trump avant son limogeage et ignorerait les raisons pour lesquelles il a été écarté et remplacé par le patron de la CIA Mike Pompeo, selon un responsable de la Maison blanche cité par l’AFP.

    (...)

    Les relations entre Donald Trump et Rex Tillerson étaient par ailleurs réputées tendues et la perspective d’une démission de l’ex-patron du géant pétrolier ExxonMobil faisait l’objet de spéculations récurrentes depuis plusieurs mois.

    Début octobre, la chaîne NBC News attestait également que Rex Tillerson avait qualifié le président américain de « débile » à la fin d’une réunion au Pentagone.

    #usa #diplomatie


  • Tensions entre Chypre et la Turquie au sujet de l’exploration gazière
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/02/11/tensions-entre-chypre-et-la-turquie-au-sujet-de-l-exploration-gaziere_525521

    L’incident pourrait encore compliquer la résolution du problème chypriote. Chypre a estimé, dimanche 11 février, que la Turquie, qui occupe la partie nord de l’île, avait violé « le droit international » en bloquant un navire italien parti explorer du gaz dans les eaux de l’île méditerranéenne.

    Le grand groupe italien de l’énergie ENI a indiqué à l’agence de presse chypriote que des navires de la marine turque avaient donné l’ordre à l’un de ses bateaux de s’arrêter en raison « d’activités militaires » dans ce secteur. Il faisait route vers le bloc 3 de la Zone économique exclusive (ZEE) de Chypre, à l’est de l’île divisée, en vue de commencer l’exploration de cette zone.
    […]
    Chypre, qui a lancé des opérations de forage il y a plus de sept ans au large de ses côtes, a annoncé jeudi la découverte d’importantes réserves de gaz au bloc 6, au sud-ouest du bloc 3, par le groupe ENI et le français Total. L’an dernier, ExxonMobil et Qatar Petroleum ont signé un contrat de licence avec Nicosie pour explorer le bloc 10, situé près du champ gazier égyptien « Zohr », où d’immenses réserves de gaz ont été découvertes.

    Il y a un peu plus de 3 ans, incident au même endroit : un bateau turc prospectait sur cette zone
    https://seenthis.net/messages/307986
    (avec carte des « blocs » d’exploration)

    • Standoff on High Seas as Cyprus Accuses Turkey of Blocking Exploratory Drillship in Eastern Mediterranean – gCaptain
      http://gcaptain.com/standoff-on-high-seas-as-cyprus-accuses-turkey-of-blocking-exploratory-dri


      The Saipem 12000 drillship

      A spokesman for Eni said on Sunday the Saipem 12000 drill ship had been heading from a location southwest of Cyprus towards an area southeast of the island on Friday when it was stopped by Turkish military ships and told not to continue because of military activities in the destination area.
      […]
      A spokesman for the Italian foreign ministry confirmed that Turkish authorities were not allowing the ship to proceed towards its destination.

      Italy is following the matter “at the highest level through its diplomats in Nicosia and Ankara … and following all possible diplomatic steps to resolve the question,” the spokesman said.

      A spokesperson for Italy’s state-controlled Eni said the ship, which was travelling after reporting a natural gas discovery in another prospect within Cypriot maritime boundaries on Feb. 8, would remain stationary until the issue was resolved.

      “The vessel has prudently executed the orders and will remain in position pending an evolution of the situation,” the spokesperson said.

      The ship was heading to Block 3 of Cyprus’s exclusive economic zone, ENI said.

      Turkey’s ministry of foreign affairs, in a statement on Sunday did not make any mention of obstructing the Eni ship but said exploration of Block 3 was a unilateral move by Greek Cypriots that violated the sovereign rights of Turkish Cypriots on the ethnically-split island and Greek Cypriots were jeopardising security and stability in the region.

      Position du Saipem 12000 sur MarineTraffic à l’instant (le point bleu clair au centre, à l’arrêt) il n’est pas encore entré dans le Bloc 3.

    • Cyprus accuses Turkey of blocking ship again in gas exploration standoff
      https://www.reuters.com/article/us-cyprus-natgas-turkey/cyprus-accuses-turkey-of-blocking-ship-again-in-gas-exploration-standoff-id

      Cyprus accused Turkey on Friday of threatening to use force against a drillship chartered by Italy’s Eni, in a standoff over hydrocarbons rights in the eastern Mediterranean.

      There was no immediate reaction from Turkey, which has vowed to prevent Greek Cypriots from exploring for oil or gas around the ethnically-split island. Turkey says some areas of Cyprus’s offshore maritime zone fall under its jurisdiction.

      On Feb. 9, the Turkish navy on maneuvers in the Mediterranean stopped the Saipem 12000 vessel on its way to drill for gas in the waters off Cyprus, triggering a diplomatic standoff that has underscored tensions in the region over competing claims for offshore resources.


  • #Climat : #New_York assigne en justice cinq géants pétroliers
    https://www.romandie.com/news/Climat-New-York-assigne-en-justice-cinq-geants-petroliers/879503.rom

    Climat : New York assigne en justice cinq géants pétroliers

    New York - La ville de New York a assigné en justice cinq groupes pétroliers géants pour leur rôle présumé dans le changement climatique, et annoncé son intention de se débarrasser de quelque 5 milliards d’investissements dans des sociétés actives dans les #énergies_fossiles.

    Le maire démocrate, Bill de Blasio, a annoncé mercredi que la première ville américaine avait saisi la justice fédérale contre cinq géants pétroliers - BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil et Shell - pour leur responsabilité supposée dans le changement climatique.

    [...]

    Les dommages éventuellement alloués par la justice contribueraient au financement des mesures prises par la ville pour lutter contre les conséquences du changement climatique, a annoncé la municipalité, qui a déjà lancé un programme d’investissement de 20 milliards de dollars.

    « ExxonMobil accueille favorablement toute tentative de répondre au changement climatique », a réagi ExxonMobil à l’AFP. « Ce type d’action en justice, (...) contre une industrie qui propose des produits sur lesquels nous nous reposons tous pour faire fonctionner l’économie et vivre au quotidien, n’en est pas une. »

    Chevron a dénoncé une action « sans fondement factuel ou juridique », qui « ne fera rien pour répondre à la grave question du changement climatique », tandis que Shell soulignait que le réchauffement devait être traité « par des politiques gouvernementales raisonnables et le changement culturel », « pas par les tribunaux ».



  • Tillerson is working with China and Russia — very, very quietly - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/opinions/tillerson-is-working-with-china-and-russia--very-very-quietly/2017/09/07/1aed4970-9416-11e7-89fa-bb822a46da5b_story.html

    Secretary of State Rex Tillerson has often been the silent man in the Trump foreign policy team. But out of the spotlight, he appears to be crafting a broad strategy aimed at working with China to resolve the North Korea crisis and with Russia to stabilize Syria and Ukraine.

    The Tillerson approach focuses on personal diplomacy, in direct contacts with Chinese and Russian leaders, and through private channels to North Korea. His core strategic assumption is that if the United States can subtly manage its relations with Chinese President Xi Jinping and Russian President Vladimir Putin — and allow those leaders to take credit for successes — complex regional problems can be solved effectively.

    Tillerson appears unfazed by criticism that he has been a poor communicator and by recent talk of discord with President Trump. His attitude isn’t exactly “take this job and shove it,” but as a former ExxonMobil chief executive, he doesn’t need to make money or Washington friends — and he clearly thinks he has more urgent obligations than dealing with the press.

    Tillerson appears to have preserved a working relationship with Trump despite pointedly separating himself from the president’s controversial comments after the Charlottesville unrest. Although Trump didn’t initially like Tillerson’s statement, it’s said he was ultimately comfortable with it.

    The North Korea crisis is the best example of Tillerson’s diplomacy. For all the bombast of Trump’s tweets, the core of U.S. policy has been an effort to work jointly with China to reverse the North Korean nuclear buildup through negotiations. Tillerson has signaled that the United States is ready for direct talks with Kim Jong Un’s regime — perhaps soon, if Kim shows restraint. Tillerson wants China standing behind Kim at the negotiating table, with its hands figuratively at Kim’s throat.

    Despite Pyongyang’s hyper-belligerent rhetoric, its representatives have conveyed interest in negotiations, querying details of U.S. positions. But Kim’s actions have been erratic and confusing: When it appeared that the North Koreans wanted credit for not launching missiles toward Guam, Tillerson offered such a public statement. Bizarrely, North Korea followed with three more weapons tests, in a reckless rebuff.

    Some analysts see North Korea’s race to test missiles and bombs as an effort to prepare the strongest possible bargaining position before negotiations. Tillerson seems to be betting that China can force such talks by imposing an oil embargo against Pyongyang. U.S. officials hope Xi will make this move unilaterally, demonstrating strong leadership publicly, rather than waiting for the United States to insert the embargo proposal in a new U.N. Security Council resolution.

    Tillerson signaled his seriousness about Korea talks during a March visit to the Demilitarized Zone. He pointed to a table at a U.N. office there and remarked, “Maybe we’ll use this again,” if negotiations begin.

    The Sino-American strategic dialogue about North Korea has been far more extensive than either country acknowledges. They’ve discussed joint efforts to stabilize the Korean Peninsula, including Chinese actions to secure nuclear weapons if the regime collapses.

    The big idea driving Tillerson’s China policy is that the fundamentals of the relationship have changed as China has grown more powerful and assertive. The message to Beijing is that Xi’s actions in defusing the North Korea crisis will shape U.S.-China relations for the next half-century.

    Tillerson continues to work the Russia file, even amid new Russia sanctions. He has known Putin since 1999 and views him as a predictable, if sometimes bullying, leader. Even with the relationship in the dumps, Tillerson believes he’s making some quiet progress on Ukraine and Syria.

    On Ukraine, Tillerson supports Russia’s proposal to send U.N. peacekeepers to police what Putin claims are Ukrainian President Petro Poroshenko’s assaults on Russian-backed forces in eastern Ukraine. The addition of U.N. monitors would help implement the Minsk agreement, even if Putin gets the credit and Poroshenko the blame.

    On Syria, Tillerson has warned Putin that the real danger to Russian interests is increasing Iranian power there, especially as Bashar al-Assad’s regime regains control of Deir al-Zour in eastern Syria. To counter the Iranians, Tillerson supports a quick move by the U.S.-backed Syrian Democratic Forces to capture the lower Euphrates Valley.

    Trump’s boisterous, sometimes belligerent manner and Tillerson’s reticence are an unlikely combination, and many observers have doubted the relationship can last. But Tillerson seems to roll with the punches — and tweets. When Trump makes a disruptive comment, Tillerson seems to treat it as part of the policy landscape — and ponder how to use it to advantage.

    Tillerson may be the least public chief diplomat in modern U.S. history, but that’s apparently by choice. By Washington standards, he’s strangely uninterested in taking the credit.


  • Environmental Crisis Unfolding in Houston as Oil & Chemical Industry Spew Toxic Pollutants into Air | Democracy Now!
    https://www.democracynow.org/2017/8/30/environmental_crisis_unfolding_in_houston_as


    #pollution

    As fallout from Hurricane Harvey in Texas and Louisiana continues, at least 30 people have died and more than 17,000 people are in shelters. Hundreds of thousands are under evacuation orders, and all past U.S. rainfall records have been shattered. In Texas, a third of Harris County—which encompasses Houston—is currently underwater. Houston officials have imposed a mandatory curfew between midnight and 5 a.m. ExxonMobil says Harvey has damaged at least two of its refineries, causing thousands of pounds of chemicals to be released into the air. Residents in Crosby, Texas, are being evacuated amid concerns a chemical factory damaged by Harvey could explode. We speak with Bryan Parras, organizer with the Sierra Club’s Beyond Dirty Fuels campaign and the group Texas Environmental Justice Advocacy Services (t.e.j.a.s.).


  • Changement climatique : le double discours d’Exxon Mobil

    http://www.lemonde.fr/climat/article/2017/08/24/changement-climatique-le-double-discours-d-exxon-mobil_5175970_1652612.html

    Dès 1979, le pétrolier connaissait les effets des énergies fossiles, mais prétendait le contraire vis-à-vis du grand public

    Le document a beau dater de 1979, il n’a rien à envier aux textes les plus anxiogènes publiés aujourd’hui sur le changement climatique : « Au rythme actuel de leur combustion, les ressources fossiles provoqueront des effets environnementaux dramatiques avant 2050. » Qui produisait ce genre de littérature voilà près de quatre décennies, dix ans avant la création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ?

    Ce n’est ni une organisation écologiste, ni un gouvernement, ni une agence des Nations unies, mais les scientifiques du pétrolier Exxon – célèbre pour avoir financé, des années durant, le mouvement climatosceptique américain. Le texte en question n’était pas destiné à être rendu public : il fait partie des dizaines de documents internes de l’entreprise révélés en 2015 par le site InsideClimate News et le Los Angeles Times, montrant que les cadres de la société avaient une connaissance fine du risque climatique dès le début des années 1980.

    Dans une étude publiée mercredi 23 août par la revue Environmental Research Letters, Geoffrey Supran et Naomi Oreskes, deux historiens des sciences de l’université Harvard (Cambridge), ont comparé ces documents confidentiels – ainsi que d’autres textes rédigés par des chercheurs d’Exxon pour des colloques ou des revues savantes – à ceux que le pétrolier destinait au grand public sur le réchauffement. Ils ont ainsi étudié plus de 150 documents scientifiques produits entre 1977 et 2014 par Exxon, Mobil ou ExxonMobil – le fruit de la fusion des deux entreprises en 1998 – et les publirédactionnels publiés par ces sociétés dans le New York Times au cours de la même période.

    Publi-rédactionnel publié par la société Mobil en 1996 dans le New York Times.

    Selon les auteurs, « en tenant compte des expressions de doute raisonnable, 83 % des articles scientifiques et 80 % des documents internes [de l’entreprise] reconnaissent que le changement climatique est réel et causé par l’homme, contre seulement 12 % de ses publirédactionnels, dont 81 % expriment au contraire des doutes » sur la réalité du phénomène ou sur sa cause anthropique. « Etant donné cette divergence, nous concluons qu’ExxonMobil a trompé le public », ajoutent les auteurs.

    Le double langage est parfois saisissant. Ainsi, en 1982, un document interne d’Exxon, faisant état des débats en cours dans la communauté scientifique sur le sujet, indique : « Notre meilleure estimation est que le doublement de la concentration atmosphérique actuelle [de CO2] pourrait élever la température moyenne d’environ 1,3 °C à 3,1 °C. » Or, en 1997, alors que le réchauffement anthropique n’est déjà plus une simple projection mais une réalité mesurable, Mobil fait paraître un communiqué assurant, entre autres : « Les scientifiques ne peuvent pas prédire avec certitude si les températures augmenteront, ni de combien, ni où les changements se produiront. »

    Publi-rédactionnel publié en mars 2000 par la société Exxon Mobil, dans le New York Times.

    Dans les années 1990 et 2000, ExxonMobil s’offre avec régularité ces publi-informations, évoquant systématiquement la science climatique comme « incertaine », trop en tout cas pour justifier des mesures. « Il ne faut pas mettre la charrue politique avant les bœufs scientifiques », argumentait l’un de ces textes.

    Pour ExxonMobil, jamais des travaux d’histoire des sciences n’ont eu un enjeu aussi considérable. En effet, la révélation des documents internes du pétrolier a déclenché en 2015 l’ouverture de plusieurs enquêtes aux Etats-Unis. L’agence fédérale de contrôle des marchés financiers, de même que l’Etat de New York, cherche à savoir si l’entreprise a délibérément trompé les investisseurs en leur cachant certaines informations dont elle avait connaissance. D’autres plaintes ont été récemment déposées, en particulier par des communautés touchées par l’élévation du niveau de la mer, estimant que le pétrolier a contribué à dissimuler la réalité des risques climatiques.

    Pour sa défense, ExxonMobil a mis en ligne, voilà plus d’un an, une série de documents scientifiques produits par ses propres chercheurs, arguant que la compagnie avait au contraire contribué à la connaissance du climat. « Nous ne contestons pas cela, mais il y a très peu de monde qui dispose d’un accès à la littérature scientifique et très peu disposant des compétences pour comprendre cette littérature, rétorque Geoffrey Supran. Au contraire, les publirédactionnels étaient destinés à toucher des millions de personnes et manifestaient la volonté de l’entreprise de maintenir le public et les responsables politiques dans l’ignorance des résultats de la science. » ExxonMobil n’a pas donné suite aux sollicitations du Monde.



  • Just 100 companies responsible for 71% of global emissions [since 1988], study says
    https://www.theguardian.com/sustainable-business/2017/jul/10/100-fossil-fuel-companies-investors-responsible-71-global-emissions-cdp

    The report found that more than half of global industrial emissions since 1988 – the year the Intergovernmental Panel on Climate Change was established – can be traced to just 25 corporate and state-owned entities. The scale of historical emissions associated with these fossil fuel producers is large enough to have contributed significantly to climate change, according to the report.

    [...] A fifth of global industrial greenhouse gas emissions are backed by public investment, according to the report. “That puts a significant responsibility on those investors to engage with carbon majors and urge them to disclose climate risk,” says Faria.

    #climat #carbone

    Top 100 producers and their cumulative 1988-2015 greenhouse gas emissions:
    1. China (Coal) 14.3%
    2. Saudi Arabian Oil Company (Aramco) 4.5%
    3. Gazprom OAO 3.9%
    4. National Iranian Oil Co 2.3%
    5. ExxonMobil Corp 2.0%
    6. Coal India 1.9%
    7. Petroleos Mexicanos (Pemex) 1.9%
    8. Russia (Coal) 1.9%
    9. Royal Dutch Shell PLC 1.7%
    10. China National Petroleum Corp (CNPC) 1.6%
    11. BP PLC 1.5%
    12. Chevron Corp 1.3%

    voir aussi https://seenthis.net/messages/198774


  • La mort de la République, par Chris Hedges Truthdig, Chris Hedges, 21-05-2017 - Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr
    https://www.les-crises.fr/la-mort-de-la-republique-par-chris-hedges

    Dans la Rome antique, l’État profond, dominé par une armée surdimensionnée et une oligarchie corrompue qui rappelle les États-Unis de 2017, décida de faire étrangler le vaniteux et stupide empereur Commode dans son bain en 192. Mais cette décision ne mit pas un terme au chaos grandissant ni au déclin rapide de l’empire romain.

    Commode, comme un certain nombre d’autres empereurs romains tardifs, et comme le président Trump, était incompétent et consumé par sa propre vanité. Il fit faire d’innombrables statues de lui-même en Hercule et trouvait peu d’intérêt à gouverner. Il utilisa son poste de chef de l’État pour devenir la star d’une mise en scène permanente de lui-même. Il lutta victorieusement comme gladiateur dans l’arène dans des combats arrangés. Le pouvoir, pour Commode comme pour Trump, était principalement destiné à répondre à son narcissisme sans fond, à son hédonisme et à son appétit de richesse. Il a vendu des offices publics afin que des équivalents d’époque de Betsy DeVos et Steve Mnuchin pussent orchestrer une vaste kleptocratie.

    Commode fut remplacé par le réformateur Pertinax, le Bernie Sanders de l’époque, qui tenta en vain de freiner le pouvoir des gardes prétoriennes, l’ancienne version du complexe militaro-industriel. Cette tentative vit Pertinax être assassiné par les gardes prétoriennes après seulement trois mois au pouvoir. Les gardes mirent ensuite aux enchères au plus offrant la charge d’empereur. L’empereur suivant, Didius Julianus, dura 66 jours. Il y aurait cinq empereurs durant l’année 193, celle qui suivit l’assassinat de Commode. Trump et notre empire en décomposition ont des précédents historiques sinistres. Si l’État profond remplace Trump, dont l’ineptie et l’imbécillité sont embarrassantes pour l’empire, cette action ne rétablira pas plus notre démocratie que remplacer Commode n’a restauré la démocratie à Rome. Notre république est morte.

    Les sociétés autrefois ouvertes et ayant des traditions démocratiques sont une proie facile pour les ennemis de la démocratie. Ces démagogues respectent les idéaux, les rituels, les pratiques et les formes patriotiques de l’ancien système politique démocratique tout en le démantelant. Lorsque l’empereur romain Auguste, qui se nommait lui-même le « premier des citoyens », neutralisa l’ancienne république, il prit soin d’en maintenir les formes. Lénine et les bolcheviks ont fait de même quand ils ont mis la main sur les soviets autonomes pour les écraser. Même les nazis et les staliniens ont prétendu gouverner des États démocratiques. Thomas Paine a écrit que le gouvernement despotique est un champignon issu d’une société civile corrompue. C’est ce qui est arrivé à ces anciennes démocraties. C’est ce qui nous est arrivé.

    Nos droits constitutionnels – procédure régulière, habeas corpus, respect de la vie privée, procès équitable, liberté de ne pas être exploité, élections justes et dissidence permise – nous ont été retirés par décision judiciaire. Ces droits n’existent plus que par leur nom. La grande déconnexion entre les valeurs présumées de l’État et la réalité rend absurde le discours politique.

    Des sociétés, en cannibalisant le budget fédéral, s’engagent légalement à exploiter et à piller. Il est impossible de voter contre les intérêts de Goldman Sachs ou d’ExxonMobil. Les industries pharmaceutiques et d’assurance peuvent retenir en otage des enfants malades alors que les parents de ceux-ci font faillite en essayant de sauver leurs fils ou leurs filles. Ceux qui sont accablés par le remboursement de prêts étudiants ne peuvent jamais effacer la dette en se déclarant en faillite. Dans de nombreux États, ceux qui tentent de faire connaître les conditions de vie dans les vastes fermes industrielles où des animaux malades sont entreposés pour l’abattage peuvent être accusés d’infraction pénale. Des sociétés pratiquent légalement le boycott fiscal. Des entreprises ont orchestré des accords de libre-échange qui détruisent les petits agriculteurs et les petites entreprises, et désindustrialisent le pays. Les syndicats et les organismes gouvernementaux conçus pour protéger le public de la contamination de l’air, de l’eau et des aliments, ainsi que des créanciers et prêteurs usuriers, ont été désarmés. La Cour suprême, dans une inversion de droits digne de George Orwell, définit la contribution illimitée des entreprises aux campagnes électorales, comme le droit d’interpeller le gouvernement ou comme une forme de liberté de parole. Une grande partie de la presse, qui appartient à de grandes entreprises, sert de chambre d’écho aux élites. Des sociétés privées ou publiques ont été vendues à de grandes entreprises qui font grimper les taux et refusent leurs services aux pauvres. Le système éducatif est lentement privatisé et transformé en une espèce de formation professionnelle.

    Les salaires stagnent ou baissent. Le chômage et le sous-emploi – masqués par des statistiques falsifiées – ont poussé la moitié du pays dans la pauvreté chronique. Les services sociaux sont supprimés au nom de l’austérité. La culture et les arts ont été remplacés par la marchandisation du sexe, des divertissements banals et des images de violence. Les infrastructures, négligées et sous-financées, s’effondrent. Les faillites, les saisies, les arrestations, les pénuries alimentaires et les maladies non traitées qui mènent à une mort prématurée, accablent une sous-classe harcelée. Les désespérés fuient dans une économie souterraine dominée par la drogue, la criminalité et la traite des êtres humains. L’État, plutôt que de s’attaquer à la misère économique, militarise les services de police et les habilite à utiliser la force létale contre des civils non armés. Il remplit les prisons avec 2,3 millions de citoyens, dont seul un petit pourcentage est passé en procès. Un million de prisonniers travaillent pour des entreprises à l’intérieur des prisons, tels des esclaves modernes.

    Les amendements à la Constitution visant à protéger le citoyen de la tyrannie n’ont plus aucun sens. Le Quatrième amendement, par exemple, se lit comme suit : « Le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé, et aucun mandat ne sera délivré, si ce n’est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou affirmation, ni sans qu’il décrive particulièrement le lieu à fouiller et les personnes ou les choses à saisir ». La réalité est que nos appels téléphoniques, courriels, textos et dossiers financiers, judiciaires et médicaux, ainsi que tous les sites Web que nous visitons tout autant que nos voyages physiques, sont suivis, enregistrés et stockés à perpétuité dans les banques informatiques du gouvernement.

    L’État torture, non seulement dans les sites noirs tels que la base aérienne de Bagram en Afghanistan ou à Guantanamo Bay, mais aussi dans les installations supermax ADX [administratif maximum], comme celle de Florence, Colorado, où les détenus souffrent de crises psychologiques suite à des isolements en cellule prolongés. Les prisonniers, bien qu’ils soient citoyens, endurent une surveillance électronique 24 heures sur 24 et l’enfermement 23 heures par jour. Ils subissent une privation sensorielle extrême. Ils endurent des coups. Ils doivent se doucher et aller à la salle de bains sous caméra. Ils ne peuvent écrire qu’une lettre par semaine à un seul parent et ne peuvent pas utiliser plus de trois feuilles de papier. Souvent, ils n’ont aucun accès à l’air frais et prennent leur unique heure quotidienne de loisir dans une énorme cage qui ressemble à un moulin pour hamsters.
    L’État utilise des « mesures administratives spéciales », connues sous le nom de SAM, pour dépouiller les prisonniers de leurs droits judiciaires. Les SAM limitent la communication des prisonniers avec le monde extérieur. Elles mettent fin aux appels, aux lettres et aux visites avec n’importe qui, sauf les avocats, et limitent considérablement le contact avec les membres de la famille. Les prisonniers sous SAM ne sont pas autorisés à voir la plupart des éléments de preuve contre eux en raison d’une disposition légale appelée la Loi sur les Procédures d’Information Classifiée, ou CIPA. La CIPA, qui a commencé sous l’administration Reagan, permet de classifier les éléments de preuve dans un procès et de les cacher à ceux qui sont poursuivis. Vous pouvez être jugé et condamné, comme Joseph K. dans « Le procès » de Franz Kafka, sans jamais voir la preuve utilisée pour vous déclarer coupable. Sous SAM, il est contraire à la loi d’avoir un contact avec un détenu – y compris pour son avocat – en vue de parler de sa condition physique et psychologique.

    Et lorsque les prisonniers sont libérés, ils ont perdu le droit de vote, reçoivent une aide publique et sont accablés d’amendes qui, si elles ne sont pas payées, les renvoient derrière les barreaux. Ils font l’objet d’enquêtes arbitraires et d’arrestations. Ils passent le reste de leur vie marginalisés, membres d’une vaste caste criminelle.

    Le pouvoir exécutif s’est habilité lui-même à assassiner des citoyens américains. Il peut appeler l’armée dans les rues pour apaiser les troubles civils en vertu de l’article 1021 de la Loi sur l’autorisation de la défense nationale, qui a mis fin à l’interdiction pour les militaires d’agir en tant que force de police intérieure. Le pouvoir exécutif peut ordonner aux militaires d’arrêter les citoyens américains considérés comme des terroristes ou associés à des terroristes. C’est ce qu’on appelle l’« interprétation extraordinaire ». Les personnes détenues par l’armée peuvent se voir refuser les droits de procédure et d’habeas corpus et être détenues indéfiniment dans les installations militaires. Les militants et les dissidents, dont les droits étaient jadis protégés par le Premier amendement, peuvent faire l’objet d’une incarcération indéfinie.

    Les déclarations, les croyances et les associations protégées par la Constitution sont criminalisées. L’État s’est donné le pouvoir de détenir et de poursuivre les gens non pour ce qu’ils ont fait, ni même pour ce qu’ils avaient l’intention de faire, mais pour avoir des croyances religieuses ou politiques que l’État juge séditieuses. La première cible a été les musulmans fondamentalistes, mais ils ne seront pas les derniers.

    Les formes extérieures de la participation à la démocratie – le vote, les partis politiques concurrents, le contrôle judiciaire et la législation – ne sont plus que du théâtre sans signification. Celui qui vit sous surveillance constante, qui est susceptible d’être détenu n’importe où à n’importe quel moment, dont les conversations, les messages, les réunions, les tendances et les habitudes sont enregistrés, entreposés et analysés, qui est impuissant face à l’exploitation par les entreprises, peut bien être décrit comme libre : la relation entre l’État et le citoyen surveillé constamment est celle du maître avec l’esclave. Et ces chaînes ne seront pas éliminées si Trump l’est.

    #Etat #USA #Démocratie #Constitution #République #Chris_Hedges #société


    • Avec les deux versions de la folle #nuit_torride du 24 mai

      There are at least two narratives for how we got here. If you believe the government of Qatar, the official Qatar News Agency was hacked on May 24 and a fake news story was transmitted quoting Emir Tamim bin Hamad al-Thani as saying, “There is no reason behind Arabs’ hostility to Iran.” The allegedly false report reaffirmed Qatar’s support for the Muslim Brotherhood and its Palestinian offshoot, Hamas, as well as claiming Doha’s relations with Israel were good.

      The government-influenced media in Saudi Arabia and the United Arab Emirates, meanwhile, adopted an alternative narrative, treating the news story as true and responding quickly with a burst of outrage. The emir’s comments were endlessly repeated and, to the anger of Doha, internet access to Qatari media was blocked so that the official denial could not be read.

      There is a possibility that the initial hacking was orchestrated by Tehran, which was annoyed by the anti-Iran posture of the May 20-21 summit in Riyadh, when President Donald Trump met King Salman bin Abdul-Aziz Al Saud Salman and representatives of dozens of Muslim states.

    • Washington can play an important role in defusing this potentially explosive situation. U.S. officials may believe that Qatar was being less than evenhanded in its balancing act between the United States and Iran — but a drawn-out conflict between Riyadh and Doha, or a struggle that pushes Qatar into Tehran’s arms, would benefit no one. In this respect, Secretary of State Rex Tillerson is arguably well-placed. ExxonMobil, where he was CEO before joining the U.S. government, is the biggest foreign player in Qatar’s energy sector, so he presumably knows the main decision-makers well.

    • Crise du Golfe : le Qatar a-t-il été piégé par les Emirats arabes unis ?
      http://www.latribune.fr/economie/international/crise-du-golfe-le-qatar-a-t-il-ete-piege-par-les-emirats-arabes-unis-74414

      Les Emirats arabes unis seraient à l’origine d’une cyberattaque visant les réseaux sociaux et les sites du gouvernement qatari fin mai, assurent plusieurs membres des renseignements américains interrogés par le Washington Post. Ces plateformes ont affiché de fausses déclarations attribuées à l’émir qatari, cheikh Tamin ben Hamad Khalifa Al-Thani, dans lesquelles il faisait l’éloge du Hamas et surtout de l’Iran, l’ennemi juré des pays du Golfe.

      L’opération s’est déroulée le 24 mai, soit peu de temps après la tournée du président américain Donald Trump dans les pays du Golfe. A cette occasion, l’Arabie saoudite et ses alliés n’ont pas manqué de rappeler qu’ils considéraient l’Iran comme un «  facteur de déstabilisation  » dans la région en raison de son «  interventionnisme  » dans plusieurs pays notamment la Syrie, l’Irak et le Yémen. Dans son discours à Riyad le 21 mai, Donald Trump a fait part du même diagnostic, appelant «  toutes les nations de conscience » à « travailler ensemble pour isoler l’Iran  ».

      Citant ces fausses déclarations de l’émir du Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont interdit les médias qataris, puis imposé des sanctions diplomatiques dès le 5 juin. Doha a déjà averti ses voisins que ses plateformes avaient été piratées. Les Qataris ont d’ailleurs ouvert une enquête, toujours en cours, et n’ont pour l’instant désigné aucun coupable. De son côté, Abou Dabi réfute toute tentative de cyberattaque suite à l’article du Washington Post.

      Ces révélations surviennent alors que, depuis plusieurs mois, des e-mails hackés de l’ambassadeur des Emirats arabes unis à Washington et publiés par l’organisation pro-qatari GlobalLeaks, démontraient la détermination d’Abou Dabi de rallier les Etats-Unis à sa cause dans sa querelle avec Doha.


  • Les nouvelles découvertes de pétrole se sont effondrées en 2016

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/04/27/les-nouvelles-decouvertes-de-petrole-se-sont-effondrees-en-2016_5118793_3234

    Les compagnies pétrolières n’ont mis à jour que 2,4 milliards de barils l’an dernier, loin des 15 milliards en moyenne de la période 2000-2015.

    La réponse de l’agence est clairement que le déséquilibre du marché approche. Pour M. Birol, la pénurie d’or noir – et donc une forte remontée des cours – se profile dès 2020. Cette analyse est partagée par Khaled Al-Faleh, le ministre saoudien du pétrole.

    En revanche, Rex W. Tillerson n’affichait pas un tel pessimisme quand il était PDG d’ExxonMobil, avant de devenir secrétaire d’Etat du président américain Donald Trump. « Ne pariez jamais contre la créativité et la ténacité de ce segment de notre industrie », prévenait-il en octobre 2016, à Londres, devant la conférence Oil & Money, vantant les facultés d’adaptation des compagnies exploitant les huiles de schiste.

    Mais on ne voit pas d’où viendront les barils manquants. Dans les gisements conventionnels arrivés à maturité, la déplétion naturelle est en effet de 5 % par an si l’on n’y investit pas pour en maintenir au moins le niveau de production. Et il faudra répondre à une hausse de la consommation, qui devrait être en moyenne de 1,2 million de barils par jour au cours des cinq prochaines années, estime l’AIE. Pour l’heure, les conditions sont réunies pour qu’apparaissent de fortes tensions sur la demande et les prix à l’horizon 2020.


  • Kenneth Roth : Aux Etats-Unis, « il sera de plus en plus difficile de rendre audible le message de la vérité »
    http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2017/03/10/kenneth-roth-aux-etats-unis-il-sera-de-plus-en-plus-difficile-de-ren

    Les institutions américaines peuvent-elles être un contre-pouvoir efficace ?

    Les checks and balances [l’équilibre des pouvoirs] ont bien fonctionné dans le cas du travel ban, mais je reste très inquiet. Qu’en sera-t-il à l’avenir, face à d’autres initiatives de cette administration ? Aussi efficaces que soient les institutions, nous nous trouvons dans une situation inédite, face à un président qui ne montre pas la moindre considération pour les normes de base de la gouvernance démocratique. Il pourfend publiquement le système d’équilibre des pouvoirs qui l’empêche de faire ce qu’il veut. Le Congrès, où les républicains sont majoritaires, n’est pas prêt, du moins pour le moment, à jouer ce rôle de contre-pouvoir. Il y a quelques velléités : on l’a vu lors des auditions du nouveau secrétaire d’Etat, Rex Tillerson [ex-PDG d’ExxonMobil], qui a passé sa vie à négocier des « accords » avec des dictateurs pour extraire du pétrole. Il n’a été confirmé dans ses nouvelles fonctions, par le Sénat, que d’une très courte majorité.

    Le plus préoccupant est le refus de Donald Trump d’accepter la réalité, ainsi que sa propension à tordre les faits dans le sens qui l’arrange. Il est tellement prolifique dans ses mensonges que la presse, je le crains, n’arrive plus à le suivre afin de rétablir la vérité, même si les grands médias se sont engagés dans une vérification des faits (fact checking) sans précédent, réagissant en temps réels aux affabulations présidentielles.

    En tant qu’organisation de défense des droits humains, nous travaillons depuis longtemps sur les Etats-Unis. Il y a eu des jours difficiles par le passé, notamment pendant l’administration de George W. Bush. Mais cela s’annonce bien pire. Le président Bush reconnaissait l’existence d’un certain nombre de principes en matière de droits de l’homme, même s’il faisait tout pour les contourner. Pour Donald Trump, ces principes n’existent même pas et il ne voit pas en quoi ils pourraient concerner le travail de l’exécutif.

    #post-truth #droits_humains #Trump

    • Ancien magistrat, l’Américain Kenneth Roth est directeur exécutif de l’ONG internationale de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch, depuis 1993.

      Comment jugez-vous les débuts de la présidence Trump ?

      Certains ont dit « attendons de voir ». Mon approche n’est pas celle du wait and see. Sa campagne était à ce point marquée par la xénophobie, que tout était déjà clair : il s’agissait de rendre acceptable l’inacceptable. Même si Donald Trump n’avait pas été élu, cette démagogie aurait quand même créé d’immenses dégâts. Aujourd’hui, il gouverne comme il a mené campagne. Mais au-delà de ses déclarations fracassantes et de ses multiples Tweet, Trump n’a pas fait grand-chose.
      Ce qu’il a fait de pire, outre le travel ban [l’interdiction d’entrée sur le territoire des ressortissants de sept pays musulmans], ce sont des nominations telle que celle de l’ex-général Michael Flynn comme conseiller à la sécurité nationale – même si celui-ci a dû depuis démissionner.

      Steve Bannon, le « conseiller stratégique » du président, est toujours en fonction, qui essaie d’influencer Trump avec sa vision extrémiste de suprémaciste blanc. Le travel ban a certes été bloqué par la justice, mais cette mesure absurde, prise sans considération pour ses terribles conséquences humaines, est révélatrice du style Trump. Ce président cherche plus un effet symbolique qu’à combattre efficacement le terrorisme. Aucun des ressortissants des pays visés n’a été responsable de la moindre attaque meurtrière sur le sol américain ces dernières décennies. La nouvelle mouture du décret signé cette semaine répond de fait aux obstacles juridiques que soulevait la version initiale, mais sur le principe, rien ne change. Trump assimile toujours la nationalité d’une personne originaire de certains pays à majorité musulmane à une menace terroriste, bien que cela ne corresponde en rien à la réalité aux Etats-Unis.

      Les institutions américaines peuvent-elles être un contre-pouvoir efficace ?

      Les checks and balances [l’équilibre des pouvoirs] ont bien fonctionné dans le cas du travel ban, mais je reste très inquiet. Qu’en sera-t-il à l’avenir, face à d’autres initiatives de cette administration ? Aussi efficaces que soient les institutions, nous nous trouvons dans une situation inédite, face à un président qui ne montre pas la moindre considération pour les normes de base de la gouvernance démocratique. Il pourfend publiquement le système d’équilibre des pouvoirs qui l’empêche de faire ce qu’il veut. Le Congrès, où les républicains sont majoritaires, n’est pas prêt, du moins pour le moment, à jouer ce rôle de contre-pouvoir. Il y a quelques velléités : on l’a vu lors des auditions du nouveau secrétaire d’Etat, Rex Tillerson [ex-PDG d’ExxonMobil], qui a passé sa vie à négocier des « accords » avec des dictateurs pour extraire du pétrole. Il n’a été confirmé dans ses nouvelles fonctions, par le Sénat, que d’une très courte majorité.

      Les risques de dérives sont donc réels ?



      Le plus préoccupant est le refus de Donald Trump d’accepter la réalité, ainsi que sa propension à tordre les faits dans le sens qui l’arrange. Il est tellement prolifique dans ses mensonges que la presse, je le crains, n’arrive plus à le suivre afin de rétablir la vérité, même si les grands médias se sont engagés dans une vérification des faits (fact checking) sans précédent, réagissant en temps réels aux affabulations présidentielles.
      En tant qu’organisation de défense des droits humains, nous travaillons depuis longtemps sur les Etats-Unis. Il y a eu des jours difficiles par le passé, notamment pendant l’administration de George W. Bush. Mais cela s’annonce bien pire. Le président Bush reconnaissait l’existence d’un certain nombre de principes en matière de droits de l’homme, même s’il faisait tout pour les contourner. Pour Donald Trump, ces principes n’existent même pas et il ne voit pas en quoi ils pourraient concerner le travail de l’exécutif.

      Comment bloquer cette évolution ?

      Il y a eu de grandes manifestations contre le travel ban, mais une telle mobilisation sera difficile à tenir dans la durée. Car aux Etats-unis, cette tradition de descendre dans la rue n’existe pas comme en France. La seule chose à laquelle Trump pourrait être sensible est la pression de l’opinion, à travers les médias et les réseaux sociaux. Il est très peu sûr de lui et tient à son image publique. C’est un véritable « media addict ». Si la presse continue son travail éthique, elle pourra marquer des points. Mais cela ne sera pas simple. Il y a en effet un abîme entre les partisans de Donald Trump, qui croient à ses mensonges, et ses adversaires mobilisés vent debout contre tout ce qu’il peut dire ou faire. Dans un tel contexte, très polarisé, avec 40 % de l’opinion pro-Trump et un pourcentage équivalent d’anti-Trump, rendre audible le message de la vérité sera de plus en plus difficile, car les uns et les autres ne veulent entendre que ce qui correspond à leurs convictions. Il reste ces 20 % d’Américains qui n’ont pas de certitudes arrêtées et qu’il est encore possible de persuader en leur montrant les faits et en rappelant les principes fondamentaux de notre démocratie.

      Selon vous, l’Europe et la France sont-elles menacées d’une dérive similaire ?

      Quand on me dit, en France, que Marine Le Pen ne pourra jamais gagner, je réponds : on disait la même chose pour Trump ! Ce qui m’inquiète, c’est que le phénomène est beaucoup plus général. Nous assistons au même phénomène avec Geert Wilders aux Pays-Bas, Viktor Orban en Hongrie, Jaroslaw Kaczynski en Pologne et dans toute l’Europe. Ces mouvements populistes prétendent parler au nom du peuple et poussent vers la droite extrême les classes défavorisées. Cela est vrai des deux côtés de l’Atlantique, malgré de réelles différences.

      L’islamophobie des populistes européen n’est pas dominante dans le discours populiste américain, même si Trump joue sur cette corde. Ses électeurs se sentent plus concernés par la présence de la main-d’œuvre immigrée mexicaine, que par la menace d’une attaque terroriste. En Europe, les deux vont ensemble parce que beaucoup de migrants sont musulmans. En outre, il y a aussi une crainte de changements culturels. Pour les populistes, cette triple peur se focalise sur la même cible. La question de l’islam est prépondérante en Europe. Des gens comme Wilders utilisent des valeurs libérales, en prenant la défense des droits des femmes ou des gays, pour dénoncer la menace qu’il est censé représenter.

      Aux Etats-Unis, cette appréhension des changements culturels est moins forte. Mais le simple fait qu’un Afro-Américain ait pu devenir président des Etats-Unis représentait déjà un anathème pour ces courants populistes. Il y a un conservatisme culturel derrière le populisme de Trump.

      Le président Donald Trump à la Maison Blanche, le 31 janvier.
      Quels pays européens vous inquiètent le plus ?

      La Hongrie et la Pologne sont déjà sur le chemin de ce que l’on appelle ces « démocraties non libérales », où sont mis danger les principes de l’équilibre des pouvoirs. La réaction des institutions européennes a été pitoyable en ce qui concerne la Hongrie. Elles ont mieux réagi dans le cas de la Pologne quand le gouvernement [du Parti Droit et justice, PiS, droite conservatrice] a pris le contrôle du Tribunal constitutionnel. L’Union européenne (UE) a su imposer des standards des droits de l’homme pour les nouveaux entrants. Mais, maintenant que le populisme se déploie à l’intérieur même de l’Union, elle doit mieux défendre ses valeurs parmi ses Etats membres.

      Au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, le rôle de garant des valeurs universelles du trio Etats-Unis, Royaume-Uni, France ne vous semble-t-il pas menacé ?

      Le manque de leadership pour défendre les droits de l’homme dans le monde m’inquiète. Trump n’a envoyé son premier Tweet sur le sujet que tardivement, et sur le Venezuela ! Le Royaume-Uni a pratiquement déserté l’arène internationale : Theresa May veut quitter la Cour européenne des droits de l’homme et son ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, ne se préoccupe pas de cette thématique. [La chancelière allemande] Angela Merkel a été très courageuse lors de la crise des réfugiés. Elle a été forte face à la Russie, mais moins ferme à l’égard du président turc, Recep Tayyip Erdogan, car elle dépend de lui pour la lutte contre les passeurs.

      Mais on peut faire beaucoup avec des coalitions d’Etats, même quand les grandes puissances sont à la traîne. La campagne internationale contre les mines (lancée par HRW et cinq autres ONG), qui a remporté le prix Nobel de la paix [en 1997], avait été menée contre la volonté des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine, grâce à une coalition de soixante gouvernements. En décembre 2016, a été mis en place un mécanisme d’enquête sur les crimes de guerre en Syrie en passant par l’Assemblée générale des Nations unies, pour circonvenir le veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité. Les deux pays qui ont été à l’initiative de ce texte sont le Canada et le Liechtenstein. Il a été voté par 105 voix pour – dont la France et le Royaume-Uni – et seulement 15 contre. On peut donc agir sans les superpuissances. Des coalitions de petits gouvernements peuvent changer le monde.

      Craignez-vous un rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine ?

      Vladimir Poutine aimerait revenir à un monde où les gouvernements discutent les uns avec les autres de la marche du monde, sans ingérence dans leurs affaires intérieures et sans chercher à savoir comment les peuples sont traités. Il ne veut surtout pas entendre parler de la destruction du pluralisme en Russie. Mais les standards internationaux et les institutions ont évolué. La façon dont un gouvernement traite sa population est devenue une préoccupation internationale depuis la seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis ont joué un rôle déterminant dans cette évolution. Poutine n’aime pas ça, Trump non plus. Au nom de son credo America first, il ne veut pas qu’on se mêle de ses affaires. Cela pose des problèmes au sein de son propre parti, car cela touche aux fondements de la diplomatie américaine. Les relations internationales, le soutien des alliés, la défense des droits ne font pas partie de l’univers d’un magnat de l’immobilier. Nous allons devoir l’éduquer.


  • Comment Suez a financé l’équipe de transition de Donald Trump
    http://multinationales.org/Comment-Suez-a-finance-l-equipe-de-transition-de-Donald-Trump

    L’équipe qui a géré la transition présidentielle aux #États-Unis pour le compte de Donald Trump vient de rendre publique, comme la loi américaine le lui oblige, la liste des donateurs. On y retrouve une ribambelle de milliardaires et de multinationales comme Microsoft, ExxonMobil, Amazon ou Pepsi. Y figurent aussi, de manière plus inattendue, des entreprises françaises. Soit directement comme Suez, soit par le biais des associations professionnelles auxquelles elles appartiennent. « Trump for (...)

    Actualités

    / États-Unis, #Suez_environnement, #Lobbying, #influence, #privatisation, #normes_et_régulations

    « https://www.documentcloud.org/documents/3473823-Trump-for-America-Inc-Presidential-Transition.html#document/p1 »
    « http://www.huffingtonpost.com/donald-cohen/trumps-infrastructure-pla_b_13515360.html »


  • Les découvertes de pétrole dans le monde s’effondrent

    http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211812826554-les-decouvertes-de-petrole-dans-le-monde-seffondrent-2066328.

    Année après année, le constat se répète depuis 2013 : les compagnies pétrolières trouvent de moins en moins de pétrole et de gaz . Selon les premières estimations publiées par le cabinet Wood Mackenzie, les volumes d’hydrocarbures conventionnels découverts sont tombées à 11,6 milliards de barils équivalent pétrole en 2016. Soit une baisse de 25 % par rapport à ceux de l’année précédente (ré-estimés à 15,5 milliards de barils), pour un nombre de découvertes en chute d’environ 40 % en un an, a calculé l’IFP EN dans son rapport annuel sur le sujet qui vient d’être publié. Un niveau très faible comparé à ceux atteints en 2005 (59 milliards de barils) ou en 2010 (42,8 milliards).

    Ces estimations s’entendent toutefois hors gaz et pétrole de schiste, qui pourraient nuancer le constat : l’an dernier, c’est dans ce domaine qu’a été effectué la plus grosse découverte au Texas, par la société Apache, avec 15 milliards de barils dont 3 de pétrole (Alpine High). Toute une série d’annonces dans la région ont conduit l’US Geological Survey à réévaluer en novembre ses estimations des réserves dans la formation de Wolfcamp (qui fait partie du Permian, au Texas), à 20 milliards de barils de pétrole.

    Dans le conventionnel, « aucune découverte d’importance comparable à celle de Zohr en 2015, au large de l’Egypte, n’a été réalisée en 2016. Et ce, malgré quelques réels succès, notamment en Alaska et en Afrique de l’Ouest », commentent les experts de l’IFP EN. L’an dernier, la plus grosse découverte conventionnelle a été effectué par la petite compagnie spécialisée dans l’exploration Caelus Energy, dans le nord de l’Alaska (North Slope), avec 1,8 milliard de barils récupérables. La société Kosmos a découvert des gisements gaziers géants au large du Sénégal (Guembeul et Teranga), tandis qu’ExxonMobil a trouvé un champ pétrolifère important au large du Nigeria (Owowo), associé à d’autres compagnies dont Total.


  • Exxon’s Rex Tillerson and the rise of Big Oil in American politics
    https://theconversation.com/exxons-rex-tillerson-and-the-rise-of-big-oil-in-american-politics-7

    “How Big Oil Bought the White House and Tried to Steal the Country” is the subtitle of a book that tells the story of a presidential election in which a candidate allowed money from big oil companies to help him win office and then rewarded them with plum appointments in his cabinet.

    With President-elect Donald Trump picking former ExxonMobil CEO Rex Tillerson as secretary of state, one might think the book is an early exposé of the presidential election of 2016.

    Instead, it’s from “The Teapot Dome Scandal,” a book that tells the story of a corruption scandal that rocked the term of President Warren G. Harding’s administration in the 1920s.

    #Etats-Unis #corruption


  • Trump nomme Tillerson : prémices d’une contre-révolution énergétique mondiale ?

    La nomination du PDG d’ExxonMobil au poste de secrétaire d’Etat est une prise de pouvoir sans précédent des intérêts privés sur l’appareil d’État. Promoteur d’un désolant « humanitaire des énergies fossiles », Tillerson veut reléguer l’urgence climatique au second plan et re-légitimer les multinationales du secteur. Plutôt que chercher notre salut en Chine ou dans la main invisible des marchés, n’est-il pas temps d’exiger une séparation ferme entre l’Etat et les lobbys fossiles ?

    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/161216/trump-nomme-tillerson-premices-dune-contre-revolution-energetique-mo

    #Trump #Transition #Tillerson #Climat #EnergiesFossiles


  • ExxonMobil, Goldman Sachs et compagnie : les intérêts privés investissent l’administration américaine
    https://www.crashdebug.fr/international/12834-exxonmobil-goldman-sachs-et-compagnie-les-interets-prives-investiss

    Désolé je bosse sur le SEO du site donc je n’ai pas trop le temps de creuser l’actualité aussi je pioche dans la Revue de presse de ce matin.

    Bonne soirée.

    f.

    Donald Trump

    Donald Trump vient de choisir son secrétaire d’État, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères : ce sera Rex Tillerson, patron de la firme pétrolière ExxonMobil. Sa nomination intervient après celle du numéro deux de la banque Goldman Sachs, Gary Cohn, au poste de conseiller économique de la Maison blanche. Rex Tillerson est le troisième ancien cadre de la banque à rejoindre l’administration Trump, après Steven Mnuchin, directeur de fonds spéculatifs, nommé au Trésor, et Steve Bannon, animateur du site d’extrême-droite Breitbart, lui aussi passé par Goldman Sachs.

    Parmi les ministres que s’est choisi le nouveau président (...)

    http://www.rollingstone.com/politics/features/trumps-epa-pick-is-the-fossil-fuel-industrys-con-man-w454716
    http://www.motherjones.com/politics/2016/11/education-secretary-betsy-devos-vouchers-michigan-trump
    https://www.thenation.com/article/trumps-transition-team-is-dirty-and-its-dark


  • ExxonMobil, Goldman Sachs et compagnie : les intérêts privés investissent l’administration américaine
    http://www.bastamag.net/ExxonMobil-Goldman-Sachs-et-compagnie-les-interets-prives-investissent-l

    Donald Trump vient de choisir son secrétaire d’État, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères : ce sera Rex Tillerson, patron de la firme pétrolière ExxonMobil. Sa nomination intervient après celle du numéro deux de la banque Goldman Sachs, Gary Cohn, au poste de conseiller économique de la Maison blanche. Rex Tillerson est le troisième ancien cadre de la banque à rejoindre l’administration Trump, après Steven Mnuchin, directeur de fonds spéculatifs, nommé au Trésor, et Steve Bannon, animateur du (...)

    En bref

    / #Climat, #Multinationales, #Finance, #Conservateurs, #Droites_extrêmes, #Amériques