company:ipsos

  • Aïda et l’éternelle faute des femmes

    C’est un prénom d’emprunt qui pourrait bien devenir un symbole. Rapportée par le Maine libre jeudi, l’histoire d’#Aïda a suscité une vague d’indignation jusqu’au secrétariat d’Etat de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Victime de violences conjugales régulières, Aïda, 30 ans aujourd’hui, est paraplégique depuis ce soir d’août 2013, lorsque son mari l’a poussée par la fenêtre du deuxième étage. Ce soir-là, les policiers interviennent au domicile du couple pour une altercation entre le compagnon de la jeune femme et l’un de ses amis. Il est conseillé à Aïda de quitter cet appartement, ce qu’elle fait dans la nuit. Elle alerte le Samu social et quelques amis. En vain. Et il est trop tard pour prendre un train et rallier Alençon où elle a de la famille. Alors, faute de solution d’hébergement, elle retourne chez elle.

    Son compagnon la brutalise et finit par la défenestrer. Il écope pour cela de 15 ans de prison. La cour d’assises fixe en outre la provision pour l’indemnisation de la victime à 90 000 euros. Et c’est là que tout se corse : les avocats de la jeune femme saisissent la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi) pour que l’Etat, via le Fonds de garantie des victimes (FGTI), verse cette provision. Mais l’organisme ne propose qu’une indemnisation partielle, estimant qu’Aïda a commis une faute civile en retournant à son domicile. Les conseils de la jeune femme contestent cette décision et en appellent à la Civi. Même réponse : arguant d’un partage de responsabilité, elle propose 67 500 euros en février dernier. Un appel sera examiné en mai. L’outrage ne réside pas tant dans la somme (intégralement réglée à Aïda) que dans l’argumentaire avancé. Interpellé sur Twitter, le fonds de garantie a souligné que « la loi prévoit que la victime qui contribue, par sa faute, à son dommage peut voir son droit à l’indemnisation réduit ». « Par sa faute » ? Cette position n’est pas sans rappeler une question absurde sans cesse renvoyée aux victimes : pourquoi ne pas quitter ce bourreau ? La poser, c’est d’abord faire abstraction des mécanismes à l’œuvre dans l’immense majorité des cas de violences conjugales : emprise psychologique, isolement, perte de confiance en soi, honte…

    C’est surtout culpabiliser une fois de plus la victime d’un processus de domination sexiste profondément ancré qui conduit à banaliser bien des violences dont les femmes sont la cible première. Combien de victimes de viol se voient questionner sur leur attitude ou leur tenue vestimentaire ? En mars 2016, un sondage réalisé par l’Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie montrait qu’il se trouve encore 27 % des Français pour juger qu’une femme victime de viol est en partie responsable de ce qui lui arrive si elle a flirté, s’est montrée séductrice ou a accepté de se rendre chez un inconnu. Depuis, certes, il y a eu #MeToo. Mais le cas d’Aïda prouve que la honte n’a pas forcément changé de camp.


    https://www.liberation.fr/france/2019/01/04/aida-et-l-eternelle-faute-des-femmes_1701105
    #femmes #viol #viols #responsabilité #culpabilisation #domination #violence_sexuelle #sexisme #domination_masculine #tenue_vestimentaire #habits


  • « #Gilets_jaunes » : une #enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395

    Une équipe de 70 #universitaires mobilisée
    Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes ». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les « gilets jaunes ».

    Le 21 octobre, Priscillia Ludosky crée une pétition en ligne « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! ». Rapidement et massivement diffusée sur les réseaux sociaux, relayée par les médias, la pétition atteint 200 000 signataires en quelques jours, et plus de 1 million aujourd’hui.

    Une journée d’action est prévue le 17 novembre, avec pour mots d’ordre la baisse des taxes et du prix des carburants. Cette mobilisation est préparée de manière décentralisée et autonome par des groupes locaux et nationaux, qui s’organisent notamment sur la plate-forme Facebook. Le 17 novembre, ce sont plus de 280 000 personnes, vêtues d’un gilet jaune, qui participent à cette mobilisation dans la France entière, principalement à travers des actions de blocage des routes, au niveau des ronds-points ou péages. A Paris, une manifestation a lieu sur les Champs-Elysées et certains manifestants tentent de se rendre au palais de l’Elysée, avant d’être bloqués par la police. Dans les jours qui suivent cette journée de mobilisation, les blocages continuent et d’autres journées de manifestations sont lancées pour les samedis suivants.

    Au lendemain du 17 novembre, des chercheuses du Centre Emile-Durkheim (Bordeaux) lancent un appel à participation auprès de la communauté des chercheurs et chercheuses en science politique pour comprendre le mouvement. Le collectif compte aujourd’hui près de 70 personnes, qui sont des enseignants-chercheurs, des chercheurs au #CNRS et à l’#INRA, des docteurs sans poste, des étudiantes et étudiants. #Sociologues, #politistes et #géographes travaillent ensemble sur la base du volontariat.

    L’ampleur du mouvement et la rapidité avec laquelle il s’est constitué, en dehors des organisations syndicales et des partis, tout comme ses modes d’action et ses mots d’ordre interpellent. Qui sont les « gilets jaunes » ? Que souhaitent-ils ? Assiste-t-on à un renouvellement profond des modalités de la protestation et de la politique ? Faut-il y voir un retour de formes traditionnelles de révoltes populaires ? Comment un tel mouvement est-il susceptible d’évoluer dans le temps et comment comprendre sa portée ?

    166 #questionnaires analysés
    L’objectif de l’enquête « gilets jaunes » est de récolter des données pour saisir sociologiquement ce mouvement. Il s’agit de comprendre sa complexité, sa composition et son évolution, de recueillir les revendications de ses participants et participantes et de mesurer la variété de ses modalités d’organisation et de mobilisation. Des groupes de travail se sont mis en place à partir de différentes méthodes : observation sur le terrain, analyse lexicométrique des réseaux sociaux, questionnaires, entretiens, cartographie. Parallèlement à ce questionnaire, une équipe de géographes mène une enquête complémentaire en Normandie. Les données sont toujours en cours de décryptage. Les premiers résultats présentés ici sont basés spécifiquement sur l’analyse des questionnaires administrés dans les manifestations, sur les ronds-points et aux péages.

    • Nous partons du terrain pour établir nos résultats. La parole des personnes et leurs attentes sont au cœur de l’enquête, notre objectif a été de les récolter et de les restituer le plus fidèlement possible. Les données sont traitées selon des méthodologies croisées qui rendent compte du mouvement d’une manière plus approfondie et complexe qu’un seul point de vue ne permet de le faire.

      L’équipe « questionnaires » se compose de 13 personnes basées à Bordeaux et sa région, Marseille, Caen et sa région, Rennes, Montpellier, Grenoble et sa région. Pour cette enquête, nous avons décidé de nous concentrer sur les personnes actives dans le mouvement, ayant participé au moins à une manifestation ou un blocage, et avons pu analyser jusqu’ici 166 questionnaires diffusés les 24 novembre et 1er décembre. L’enquête est toujours en cours et se poursuivra dans les semaines qui viennent. Nous avons choisi de mener des entretiens en face à face, démarche qui permet de recueillir des témoignages plus riches, plus précis et plus longs que la passation de questionnaires indirecte ou en ligne. Le questionnaire compte en tout 28 questions, 5 d’entre elles sont ouvertes, et nous avons en outre pris soin de noter les commentaires sur l’ensemble des questions posées. Concernant les sujets abordés, 15 questions portent sur les motivations des participants, les réformes souhaitées, les modes d’action privilégiés et leur rapport au politique ; les 13 dernières portent sur le profil sociodémographique des personnes mobilisées.

      Les questionnaires ont été majoritairement administrés par les enquêteurs. Le temps requis à recueillir les réponses varie d’une dizaine de minutes à quarante minutes. L’administration de questionnaires en manifestation est un exercice délicat en raison de la mobilité et, dans ce contexte particulier, de l’incertitude sur le parcours du cortège et des dispositifs de maintien de l’ordre. Cette recherche est réalisée sans fonds spécifiques et n’a été rendue possible que par le travail de nombreuses et nombreux collègues, étudiantes et étudiants volontaires.

    • S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
      Les résultats, encore très provisoires, présentés ici s’appuient sur l’analyse de 166 questionnaires distribués auprès des participants aux actions sur les ronds-points et aux péages, ou lors des manifestations ayant eu lieu les 24 et 1er décembre, par une équipe d’une dizaine de chercheurs et d’étudiants. Le questionnaire a été élaboré de manière à recueillir des informations détaillées et précises sur les participants.

      • Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres
      Certaines catégories apparaissent comme particulièrement surreprésentées au sein des « gilets jaunes » qui nous ont répondu. C’est le cas des employés, qui constituent 33 % des participants (soit 45 % des actifs présents, contre 27 % de la population active française). Ils sont plus de deux fois plus nombreux que les ouvriers, qui représentent 14 % des participants. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont également particulièrement nombreux : 10,5 % des participants (14 % des actifs présents, contre 6,5 % de la population active française).
      A l’inverse, les professions intermédiaires et les cadres sont peu représentés : les premiers comptent pour 10 % des participants (13 % des actifs présents, contre 26 % de la population active française) ; les seconds sont à peine 5 % des participants (7 % des actifs présents, contre 18 % de la population active française) dans les cortèges et blocages qui ont eu lieu entre le 24 novembre et le 1er décembre. Un quart des participants au mouvement des « gilets jaunes « appartiennent à la catégorie « inactifs » ; pour la majeure partie, il s’agit de retraités.

    • • Des manifestants « d’âge moyen »
      Les « gilets jaunes » participant à l’enquête ont en moyenne 45 ans, un peu plus que l’âge moyen de la population française, qui s’élève à 41,4 ans. Les classes d’âge les plus mobilisées sont les 35-49 ans (27,2 %), puis les 50-64 ans (26,6 %) et les 25-34 ans. Les 18-24 ans représentent 6,2 % des participants ; les plus de 65 ans, 17,3 %.
      • Un mouvement mixte
      Les hommes (54 %) sont un peu plus nombreux que les femmes (45 %). Cependant, la forte proportion de femmes, appartenant souvent aux classes populaires, une catégorie sociale traditionnellement peu mobilisée politiquement, est un fait notable. On y lit une propension de femmes à manifester identique à celle que nous avons observée dans les cortèges des 24 novembre et 1er décembre. Un écart comparable (55 % d’hommes, 44 % de femmes parmi les répondants) était observé dans le questionnaire administré dans la Manif pour tous du 16 octobre 2016.
      Les femmes ont toujours manifesté, comme le montrent de nombreux travaux historiques. Elles sont en revanche ici plus visibles. A cela plusieurs raisons : sans porte-parole officiel, représentants syndicaux et politiques, qui sont habituellement des hommes, et en absence de structures, les médias sont contraints de tourner le regard vers les participantes et participants « ordinaires ». La forte dimension sociale du conflit et la centralité des revendications sur les conditions matérielles d’existence dans le mouvement social participent à la visibilité des femmes.
      • Une surreprésentation des bacheliers et des titulaires de CAP et BEP
      Quelque 20 % des personnes interrogées sont diplômées du supérieur (contre 27 % de la population générale, données Insee 2014) ; 5 % des participants ont un bac + 4 et au-delà, tandis que les deux niveaux de diplôme les plus représentés sont les détenteurs de BEP et CAP, qui sont 35 % (contre 24 % dans la population générale), et les bacheliers (29,3 % des répondants, contre 16,5 % de la population générale). Seuls 15,4 % des participants ont un diplôme inférieur au brevet (31,4 % de la population générale). Toutefois, le 8 décembre, nous avons reçu davantage de réponses de la part de personnes ayant un diplôme de master ou équivalent. Se dessine ainsi une population de participants ayant des niveaux de qualification intermédiaires.
      • Des mobilisés aux revenus modestes
      Quelque 55 % des répondants nous déclarent être imposables (une proportion presque identique à la population générale) et 85 % indiquent posséder une voiture. Le revenu médian du foyer déclaré représente 1 700 euros par mois, soit environ 30 % de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages (enquête « Revenus fiscaux et sociaux » 2015 de l’Insee). Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes. Ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10 % d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre 519 euros pour les 10 % des ménages français les plus pauvres).
      • Des primo-manifestants en nombre et des modes d’action variés
      Pour presque la moitié des répondants (47 %), le mouvement des « gilets jaunes » constitue leur première mobilisation. Seuls 44 % ont déjà participé à une grève. Il s’agit donc de participants peu rompus à l’action collective. Aux questions posées sur les formes d’action collective que la personne serait prête à accomplir ou à laquelle elle a déjà participé, la manifestation est le mode d’action le plus plébiscité (81 %), suivi par la pétition (69,4 % d’entre eux déclarent en avoir déjà signé une). Presque 9 participants sur 10 rejettent les modes d’action impliquant des violences aux biens, mais 58,8 % d’entre eux se déclarent par exemple prêts à occuper un bâtiment administratif. La moitié exclut également l’idée d’aller manifester à Paris, les répondants évoquant des raisons économiques, la violence et la nécessité de rester visible en province pour justifier ce choix. Sur le consentement à l’impôt, seuls 5 % des participants déclarent avoir déjà refusé de payer l’impôt, tandis que 58,4 % l’excluent complètement comme moyen d’action. Des analyses séparées ont d’ailleurs relevé très peu de différences entre les réponses des hommes et des femmes.
      • Un rejet des organisations représentatives traditionnelles et des orientations politiques atypiques
      Notre enquête confirme également le large rejet des organisations représentatives traditionnelles : 64 % considèrent que les syndicats n’ont pas leur place dans le mouvement, 81 % pensent de même pour tous les partis politiques.
      Ce rapport de distance ou de méfiance à l’égard du système de représentation institué se retrouve lorsque les répondants sont invités à se situer sur l’échelle gauche-droite. La réponse dominante consiste à se déclarer comme apolitique, ou « ni de droite ni de gauche » (33 %). En revanche, parmi ceux qui se positionnent, 15 % se situent à l’extrême gauche, contre 5,4 % à l’extrême droite ; 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite et, surtout, seulement 6 % au centre. En comparaison, un sondage conduit par Ipsos en avril montrait que 22 % des Français rejettent le clivage gauche-droite, quand 32 % se situent à gauche et 39 % à droite. Cette grande diversité du rapport au politique est un élément majeur de la singularité du mouvement.

    • • Les motivations : pour le pouvoir d’achat et contre une politique favorable aux riches
      Pour les répondants, il s’agit moins d’une révolte contre une taxe en particulier, ou pour la défense de l’usage de la voiture, qu’une révolte contre un système fiscal et de redistribution jugé inique. Une révolte contre les inégalités, mais aussi contre une parole politique qui les méprise et les infériorise symboliquement. Il s’agit à la fois de défendre leur pouvoir d’achat et leur accès à un standard de vie (notamment les loisirs, de plus en plus inaccessibles) et d’une exigence de respect à leur égard et de reconnaissance de leur dignité de la part du personnel politique (gouvernement et président de la République).

      Nous avons invité les participants à s’exprimer sur leurs motivations à travers une question ouverte en début du questionnaire (« Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui ? »). Un pouvoir d’achat trop faible est le premier motif évoqué (plus de la moitié des répondants). Plusieurs personnes se plaignent de ne plus pouvoir s’offrir le moindre plaisir (« J’ai la vingtaine et j’ai pas une thune. Si je veux sortir, je dois me mettre à découvert »). Des mères de famille nous font part de leurs fins de mois difficiles (« J’aimerais bien que mes enfants puissent avoir à manger dans leurs assiettes, et pas que des patates les deux dernières semaines du mois »), qui entraînent parfois des difficultés de logement, dont ont témoigné aussi bien des jeunes étudiants (« Je n’ai pas les moyens de me loger, je vis dans la dépendance d’une amie ») que cette mère de famille (« Nous étions obligés de descendre dans le Sud pour vivre chez ma belle-mère »).
      Suit, dans la liste des motivations, le fardeau fiscal trop important (69 répondants, dont 18 qui pointent explicitement le prix élevé du carburant). Près d’un sur cinq déclare être là pour protester contre le gouvernement actuel et demande la démission d’Emmanuel Macron, évoquant l’« arrogance » de l’exécutif. Les termes de « monarchie », d’« oligarchie » ou de « dictature » reviennent pour souligner son caractère illégitime. On voit poindre le 24 novembre, puis se confirmer le 1er décembre, la demande de réformes institutionnelles. Un dixième des enquêtés demandent des réformes institutionnelles. Cette tendance semble accentuée chez les participantes et participants aux cortèges du 8 décembre.
      Une deuxième question ouverte portait sur les mesures que le gouvernement devrait prendre pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». La réponse la plus fréquente est sans surprise une baisse des taxes et impôts, évoquée spontanément par un tiers des répondants. Pour 48 enquêtés, des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont également nécessaires. Parmi eux, 28 personnes demandent une augmentation du smic, voire des salaires en général, 14 une augmentation générale du pouvoir d’achat, 8 une augmentation des retraites. Des demandes de reditsribution des richesses reviennent dans les réponses de 36 participants : 19 demandent spontanément la réintroduction de l’ISF, 5 une répartition plus juste des impôts.

      « Une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales »

      Plus d’un cinquième des répondants demandent d’ailleurs tout simplement que le gouvernement écoute les citoyens, « qu’il se mette à [leur] place ». Il s’agit ainsi d’une des préoccupations principales des personnes rencontrées. Enfin, une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales. Ainsi, 26 personnes ont déclaré que des réformes institutionnelles importantes seront nécessaires pour qu’elles puissent considérer que le mouvement est un succès : 18 en demandant des changements parfois fondamentaux (par exemple, en réclamant une « réforme totale de l’Etat », « un autre système politique »), 8 en demandant la fin des privilèges des parlementaires et 4 en se disant convaincus de la nécessité d’une VIe République.
      Il est à noter que seulement 2 des 166 personnes interrogées ont mentionné la gestion de l’immigration dans leurs réponses aux deux questions présentées. Cela invite à reconsidérer les analyses qui font du mouvement une émanation de l’extrême droite.

      « Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent comme étant une plus grande justice sociale et la demande d’écoute de la part du pouvoir »

      Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent donc comme étant une plus grande justice sociale (qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics) et la demande d’écoute de la part du pouvoir. Au contraire, les revendications nationalistes, liées notamment à l’identité ou à l’immigration, sont très marginales, démentant l’idée d’un mouvement qui serait noyauté par les électeurs ou les militants du Rassemblement national. Comme le souligne le sociologue Alexis Spire, auteur de Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat (Seuil, 312 pages, 22 euros), c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation.

      En résumé, cette révolte est bien celle du « peuple » – comme se revendiquent nombre de personnes interrogées – au sens des classes populaires et des « petites » classes moyennes, celle des revenus modestes. Dès lors, plusieurs éléments font des « gilets jaunes » une contestation singulière par rapport aux mouvements sociaux des dernières décennies. Outre son ampleur, la forte présence des employés, des personnes peu diplômées, des primo-manifestants et, surtout, la diversité des rapports au politique et des préférences partisanes déclarées font des ronds-points et des péages des lieux de rencontre d’une France peu habituée à prendre les places publiques et la parole, mais aussi des lieux d’échange et de construction de collectifs aux formes rarement vues dans les mobilisations.

      Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA �Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X �Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier �Tinette Schnatterer, centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS


  • Des Français de plus en plus préoccupés par les questions environnementales
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/11/13/une-opinion-de-plus-en-plus-sensibilisee-aux-questions-environnementales_538

    A quelques mois des européennes, l’enjeu écologique est en passe de devenir la préoccupation numéro un des électeurs, devant l’emploi ou le pouvoir d’achat.

    « Ça bascule. » L’expression pour parler de la conscience écologique des Français est devenue un leitmotiv ces derniers mois. Qu’ils soient sondeurs, responsables d’associations environnementales ou sociologues, tous constatent que « quelque chose est en train de se passer », même si aucune étude d’ampleur n’est venue encore mesurer ce mouvement d’opinion. « Depuis l’été, l’enjeu écologique remonte vite et fort dans les préoccupations quotidiennes », explique le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier.

    Parmi les sujets de préoccupation des Français, le défi climatique est en train de devenir numéro un, devant le pouvoir d’achat ou l’emploi, observe le spécialiste des sondages. « Chez les moins de 35 ans, les CSP + et ceux vivant dans les centres urbains, c’est net et ça continue de monter. Pour ceux-là, c’est devenu un enjeu prioritaire et c’est nouveau », ajoute M. Teinturier.

    C’est aussi l’analyse du directeur du département opinion de l’IFOP, Jérôme Fourquet. « Tous nos indicateurs montrent que, pour la population urbaine et diplômée, la problématique environnementale est devenue cardinale. Il y a quelques années, la conscience du changement climatique progressait, mais les Français avaient le sentiment d’avoir encore quelques années devant eux. Ce n’est plus le cas, ils ont compris que cela se joue maintenant », assure-t-il.
    « Le gouvernement n’est pas à la hauteur »

    A la fin de l’été, la démission du gouvernement de Nicolas Hulot, qui multipliait les mises en garde contre une « tragédie annoncée », a provoqué un choc et touché bien au-delà des cercles écologistes. L’été caniculaire, les incendies dans le sud de l’Europe et les récentes inondations ont également marqué les esprits. Les appels des scientifiques pour la planète et le dernier rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont légitimé un peu plus la nécessité de changer de mode de production et de consommation.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Européennes : Macron redoute une fuite de ses électeurs vers les écologistes
    Par ailleurs, de nombreuses initiatives citoyennes ont pris le relais. Les vidéos des youtubeurs expliquant les conséquences d’une hausse de température ont connu un succès immédiat – plus de sept millions de vues. Le 8 septembre et le 13 octobre, les deux marches pour le climat ont rassemblé en France des dizaines de milliers de personnes dans 80 villes et villages. Cette mobilisation inédite a surtout été portée par un public jeune, primo-manifestant, mais radical dans ses attentes.

    Un constat corroboré par les associations. « Sur le terrain, on est passé d’une pratique individuelle, locale, à un engagement collectif. Le dérèglement climatique est devenu pour beaucoup la boussole pour évaluer les politiques », souligne le porte-parole climat d’Attac, Maxime Combes. Le site « Il est encore temps », mis en place après l’appel des youtubeurs, a vu ainsi affluer 160 000 inscriptions de citoyens désireux de s’investir concrètement. « On est clairement sorti du stade où on sentait les gens écrasés par l’ampleur de l’enjeu. Il y a une envie d’agir collectivement sans attendre les politiques », renchérit Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org.

    Non encore publiée, une enquête sur la composition des participants aux marches pour le climat, coordonnée par le sociologue Yann Le Lann, maître de conférences à l’université de Lille, vient corroborer ce constat. « Alors qu’on a largement présenté les défilés comme apolitiques ou du moins consensuels, notre enquête montre que ceux qui étaient dans la rue, pour la moitié des moins de 35 ans, ont une conscience très claire des ruptures à opérer et ne se contentent pas des petits pas. Même les électeurs d’Emmanuel Macron rencontrés, minoritaires, estiment que le gouvernement n’est pas à la hauteur », note M. Le Lann.

    Les spécialistes de l’opinion et les responsables associatifs observent toutefois que ce sentiment d’urgence n’est pas unanime. Les études d’opinion indiquent en effet que les catégories populaires et peu diplômées restent davantage préoccupées par le pouvoir d’achat. « L’enjeu environnemental passe après l’urgence quotidienne », résume Brice Teinturier, qui note néanmoins une sensibilité aux questions environnementales accrue chez ces catégories de la population.


  • Quand le « manger mieux » creuse la fracture alimentaire | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/169200/alimentation-manger-mieux-philosophie-individualisme-inegalites-classes

    Auprès des participantes et participants, elle a constaté un effet pervers des appels à consommer bio : « Avec le débat sur le bio et les pesticides, certaines personnes utilisent cette information selon laquelle les fruits et légumes peuvent contribuer à l’apport de contaminants pour ne plus en acheter et ne plus en donner à leurs enfants. On marche un peu sur la tête. On a oublié de dire que manger des fruits et légumes qui ne sont pas bios, c’est mieux que de ne pas en manger du tout, ou en quantité trop faible. »

    Les prix élevés du bio –79% plus cher que le conventionnel pour un panier de fruits et légumes, selon une étude de 2017 de l’UFC-Que choisir– rebutent les ménages au budget serré, d’autant plus lorsqu’ils sont touchés par la précarité alimentaire, qui concerne une personne sur cinq en France, d’après un récent baromètre Ipsos-Secours populaire.

    Christophe Brusset n’en est que trop conscient : « Je viens d’un milieu ouvrier et pauvre, je sais ce que c’est que de jongler avec les fins de mois. J’ai connu ça toute ma jeunesse. » C’est pourquoi son « guide », présenté dans Et maintenant, on mange quoi ?, s’attache à montrer la voie vers les produits les « moins pires » en supermarché, sans augmenter le montant du ticket de caisse. Hors de question pour lui de « culpabiliser » les consommateurs et consommatrices : « C’est l’industrie qui est coupable, ce ne sont pas les clients. »

    #égologie #alimentation


  • Baromètre Ipsos-SPF 2018, une #intensification de la #pauvreté | Secours populaire
    https://www.secourspopulaire.fr/barometre-ipsos-spf-2018

    L’intensification de la pauvreté en France en 2018 poursuit une tendance inquiétante. Plus d’un tiers des Français y a été confronté comme les chiffres du nouveau baromètre Ipsos-SPF le montrent et ils sont nombreux à redouter l’avenir difficile réservé à leurs enfants.

    En gros, les #inégalités se creusent !

    Et surtout, elles deviennent irréversibles, ce qui signifie que la stratification en #classes_sociales se fixe en #castes bien étanches

    La mobilité sociale marque le pas dans les pays de l’OCDE. OCDE. Juin 2018
    http://ses.ens-lyon.fr/actualites/rapports-etudes-et-4-pages/la-mobilite-sociale-marque-le-pas-dans-les-pays-de-locde-ocde-juin-2018

    Alors que les inégalités de revenu se creusent depuis les années 90, la mobilité sociale marque le pas : les personnes situées au bas de l’échelle sont désormais moins nombreuses à grimper les échelons, tandis que les plus riches conservent, dans une large mesure, leurs privilèges. Or les effets d’une telle situation sur le plan économique, social et politique sont très dommageables, selon un nouveau rapport publié par l’OCDE. L’étude « A Broken Social Elevator ? How to Promote Social Mobility » montre que, compte tenu des niveaux actuels d’inégalités et de mobilité intergénérationnelle sur l’échelle des revenus, au moins cinq générations (ou 150 ans) pourraient être nécessaires, en moyenne dans les pays de l’OCDE, pour que les enfants de familles modestes parviennent à se hisser au niveau du revenu moyen (voir le graphique ci-dessous). Dans les pays nordiques, cela pourrait prendre deux à trois générations seulement, tandis que dans certaines économies émergentes, ce processus pourrait se dérouler sur neuf générations ou plus. Un enfant sur trois dont le père a des revenus modestes percevra lui aussi de faibles revenus ; pour les deux autres tiers, la mobilité ascendante sur l’échelle des revenus se limitera souvent à l’échelon voisin.

    Cinq générations, c’est la moyenne : en France, c’est six (PDF - en) : http://www.oecd.org/france/social-mobility-2018-FRA-EN.pdf


  • Pauvreté : un Français sur cinq a du mal à se nourrir sainement
    https://www.bastamag.net/Pauvrete-un-Francais-sur-cinq-a-du-mal-a-se-nourrir-sainement

    La pauvreté s’intensifie en France. Face aux restrictions que s’imposent les familles en difficulté, l’alimentation apparaît comme la variable d’ajustement. C’est ce que montrent les chiffres du dernier baromètre d’Ipsos et du Secours Populaire, alors qu’Emmanuel Macron doit dévoiler ce 13 septembre sa « stratégie » de lutte contre la pauvreté. 21 % des Français déclarent ainsi avoir du mal à se procurer une alimentation saine pour assurer trois repas par jour. Selon le Secours populaire, l’ajustement se fait (...)

    En bref

    / #Inégalités, #Fractures_sociales, #Classes_populaires



  • Les principales chaînes mondiales d’information en continu, par Cécile Marin (@mdiplo, avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/chaines-info

    FBI, DOJ Eye Russian Media Outlets as ’Foreign Agents’
    http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&task=view&id=31&Itemid=74&jumival=19989

    Alyona Minkovski : (…) I used to work for #RT. I hosted a show at RT America. And they all exist under this kind of umbrella structure of Russian government-funded media organizations. Sputnik and RT both have offices in DC. Sputnik now has an FM station that they’ve taken over. RT America, the DC, New York, Miami bureau, they have their own programing that’s different from what RT International does, that airs just in the United States. (…) So I think that something like this raises a lot of questions because there are a lot of good people who are trying to do good journalism at those organizations, and there’s a lot of questionable journalism at those organizations, too. But whether or not you should use a World War II era law that makes these entities register as foreign agents, I think should make us ask a lot questions because then there’s a certain precedent being set because normally that’s not actually enforced from what I understand here in the United States. When Russia actually kicked out a lot of NGOs because they had a same foreign entity law that was passed, human rights organizations widely criticized it.

    RT trouble le concert de l’information internationale, par Maxime Audinet
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/AUDINET/57379

    Fort de 2 100 employés et disposant de bureaux dans 19 pays, le groupe s’est développé grâce aux moyens importants mis à sa disposition par l’État russe. Selon un sondage de l’institut Ipsos conduit en novembre 2015 dans 38 pays, ses chaînes sont regardées par 70 millions de personnes chaque semaine ; une audience qui se situe derrière celle du service international de la British Broadcasting Corporation (BBC), mais devant celle de la Deutsche Welle et de France 24. Avec respectivement 8 et 36 millions de téléspectateurs hebdomadaires, RT est en outre la cinquième chaîne internationale la plus regardée aux États-Unis et en Europe, ses cibles prioritaires. Depuis son lancement, son budget a décuplé, passant de 29 à 290 millions d’euros — près d’un quart des dotations publiques accordées aux médias. RT s’est adaptée rapidement à la promotion des contenus sur Internet, en utilisant massivement les technologies numériques virales (retransmission vidéo en direct, images à 360 degrés). Le groupe a ouvert de multiples comptes sur les réseaux sociaux, ainsi que sur YouTube, où il se présente comme la première source d’information du monde, avec 4,5 millions d’abonnés toutes chaînes confondues.

    #médias #information #télévision


  • Survey: One-third of Americans Support Boycotting Israel
    But 62 percent of Americans and 50 percent of Brits think BDS is a modern form of anti-Semitism, Ipsos poll shows.

    Haaretz May 30, 2016 6:50 PM
    read more: http://www.haaretz.com/israel-news/1.722327
    http://www.haaretz.com/israel-news/1.722327

    One-third of Americans support the movement for boycott, divestment and sanctions against Israel, as do 40 percent of Britons, states a survey conducted by the Ipsos global market research and public opinion firm, Channel 2 News reported on Monday.
    At the same time, a larger number of people - 62 percent of Americans and half of Britons - consider the BDS movement to be a modern form of anti-Semitism.
    The poll sampled 1,100 people in the United States on their views about Israel, and a similar poll was conducted in Britain.
    The poll implies that the BDS movement, on campuses in particular and elsewhere, is having a real effect on public opinion.
    The Democratic Party may now be on the verge of a major fight on the issue too. Last week, U.S. presidential candidate Bernie Sanders appointed three critics of Israel to help draft the party’s platform ahead of the convention in Philadelphia. Hillary Clinton and Democratic National Committee Chairwoman Rep. Debbie Wasserman Schultz appointed supporters of Israel to the committee drafting the Democratic platform.


  • Daily chart: The weight of the world | The Economist

    http://www.economist.com/blogs/graphicdetail/2016/01/daily-chart-3

    WO-THIRDS of Americans are overweight, but they underestimate the scale of the problem. The average guess from Americans responding to an Ipsos MORI poll in December estimated the portly population at just 50%. Britain is not much different, where 62% of people are over the recommended healthy weight; most think the population is slimmer, guessing that only 44% are too heavy. France, Germany and other European countries are similarly mistaken. But the biggest gaps between perception and reality are in Middle Eastern countries, such as Israel and Saudi Arabia (see chart). In general, women make better guesses than men but in India and Saudi Arabia, the outliers, men are slightly more accurate.

    Concerns that the tubby tally is increasing excessively have led to actions to tackle obesity, specifically in children. The World Health Organisation held the first meeting of the Commission on Ending Childhood Obesity in 2014, recognising the link between obesity while young and non-communicable diseases, such as diabetes, musculoskeletal disorders and cardiovascular disease in adult life. The number of children aged 0-5 years-old who were overweight rose by a third worldwide between 1990-2013. This is forecast to soar by another 70% by 2025 if nothing is done. In England a comprehensive programme measuring children’s weight, launched in 2006, provides clear evidence of the problem there. Among children aged five in 2007, 9.6% were obese; by age 11 the proportion had jumped to 19.1%. In her annual report last month England’s chief medical officer focussed on the importance of perinatal diet and health of mothers as a key focus in tackling obesity from pre-birth through to adulthood.

    #santé #obésité


  • Revealed: the gap between what you know about your country and the reality | Society | The Guardian
    http://www.theguardian.com/society/datablog/2015/dec/02/revealed-gap-between-your-knowledge-reality

    Immigration

    What percentage of your country’s population do you

    think are immigrants (i.e. not born in your country)?

    In 30 of 32 countries where this question was asked, participants believe there are more immigrants living in the country than there are. The greatest differences in public perception and reality are in Argentina, Brazil and South Africa, where the proportion of migrants was overstated by at least 25 percentage points.

    In the US, public perception is that one-third of the population were born elsewhere, whereas only 14% actually are. In France, Germany, the Netherlands and the UK, people assume the proportion of immigrants is about twice the actual level. In Italy, where according to the UN 9% of the population were born elsewhere, participants estimate it to be almost three times that.

    When it comes to household wealth held by the wealthiest 1%, the figures show that perceptions vary hugely depending on the country where the question is asked.

    Britons are most likely to overstate the amount of wealth held by the wealthiest in society: they believe that 59% of the total household wealth is held by the top percentile, but Credit Suisse estimates it is 23%.

    Conversely, Russians are most likely to underestimate the proportion of total household wealth in the hands of the country’s richest. Russians estimate that 53% of household wealth is held by the richest 1%, while the true figure is 70%.

    People in most countries overestimate the proportion of people who are atheist, agnostic or do not identify with a religion. Indians think one-third of the population fit into this category, but Pew Research Centre puts the actual level at less than 0.1%.

    There is a similar gap in perception among Mexicans, who estimate that 35% of the population are unaffiliated to any religion, when the real figure is 5%.

    Britons think almost half of people (45%) consider themselves atheist, agnostic or unaffiliated to any religion. In reality, just a quarter of people identify as such.

    Only two countries – Japan and South Korea – underestimate the proportion of people unaffiliated to a religion.

    People in a smaller group of countries were asked to estimate to what scale young people aged 25 to 34 were still living with their parents. The mean answer given by Britons is 43%, which compares with the actual 14% who lived with their parents in 2013. This is the biggest perception gap in any of the 14 countries where this question was posed.

    In Spain, where 40% of 25- to 34-year-olds still lived with their parents in 2014, the public believe almost two-thirds remain at home. Similarly, French people’s estimate is 36%, which is far higher than the actual 11%.

    Participants were asked about the level of female representation in national parliaments. Countries with a relatively high proportion of female politicians tend to underestimate how many women are in their respective parliaments. In Sweden, where 44% of parliamentarians are women, the public put the figure at 38%. The perception gap is even wider in Mexico, where 42% are female but the public perception is 26%.

    Russians, on the other hand, significantly overestimate the proportion of women in parliament: the public perception is 31%, whereas the true figure is 14%.

    Overall, the country that was most accurate in its perceptions across the issues raised was South Korea, followed by Ireland and Poland. Mexico, India and Brazil were the most inaccurate nations. Britain ranked mid-table in 16th place, while the US was fifth.

    Methodology: Ipsos Mori conducted 25,556 online interviews between 1-16 October in 33 countries: Argentina, Australia, Belgium, Brazil, Canada, Chile, China, Colombia, France, Germany, Great Britain, Hungary, India, Ireland, Israel, Italy, Japan, Mexico, Montenegro, the Netherlands, New Zealand, Norway, Peru, Poland, Russia, Saudi Arabia, Serbia, South Africa, South Korea, Spain, Sweden, Turkey and the US. About 1,000-plus individuals were surveyed in Australia, Brazil, Canada, China, France, Germany, Great Britain, Ireland, Italy, Japan, Serbia, Spain, Montenegro, the Netherlands, Norway, Sweden, and the US. About 500-plus individuals were surveyed in the remaining countries. Data is weighted to match the profile of the population. The “actual” data for each question is taken from a variety of verified sources for each question and country – a full list of sources/links can be found here.
    More blogposts
    Topics

    Obesity Immigration and asylum Religion Women British identity and society

    Save for later


  • First results from major longitudinal survey on attitudes to immigration

    In a unique survey, Ipsos MORI will be interviewing a longitudinal panel of participants on their attitudes to immigration throughout and after the election campaign. This will provide a much more detailed understanding of how and why views change.

    For the first wave we have also interviewed an unusually large sample of the public (over 4,500), which allows us to look at smaller sub-groups, including followers of all key parties and those who have switched parties since the last election.

    https://www.ipsos-mori.com/researchpublications/researcharchive/3559/First-results-from-major-longitudinal-survey-on-attitudes-to-immigration

    #statistiques #migration #attitude #enquête #opinion


  • Republicans see Obama as bigger threat than Putin and Assad, says poll | US news | The Guardian
    http://www.theguardian.com/us-news/2015/mar/30/republicans-see-obama-as-bigger-threat-than-putin-and-assad-says-poll

    A Reuters/Ipsos online poll this month asked 2,809 Americans to rate how much of a threat a list of countries, organisations and individuals posed to the United States on a scale of 1 to 5, with one being no threat and 5 being an imminent threat.

    The poll showed 34% of Republicans ranked Obama as an imminent threat, ahead of Putin (25%), who has been accused of aggression in the Ukraine, and Assad (23%). Western governments have alleged that Assad used chlorine gas and barrel bombs on his own citizens.

    Given the level of polarisation in American politics the results are not that surprising, said Barry Glassner, a sociologist and author of “The Culture of Fear: Why Americans are afraid of the wrong things.

    There tends to be a lot of demonising of the person who is in the office,” Glassner said, adding that “fear mongering” by the Republican and Democratic parties would be a mainstay of the US 2016 presidential campaign.

    The TV media here, and American politics, very much trade on fears,” he said.

    The Ipsos survey, done between March 16 and March 24, included 1,083 Democrats and 1,059 Republicans.

    Twenty-seven percent of Republicans saw the Democratic Party as an imminent threat to the United States, and 22% of Democrats deemed Republicans to be an imminent threat.

    People who were polled were most concerned about threats related to potential terror attacks. Islamic State militants were rated an imminent threat by 58% of respondents, and al Qaeda by 43%. North Korean Leader Kim Jong Un was viewed as a threat by 34%, and Iran’s Ayatollah Ali Khamenei by 27%.

    Cyber attacks were viewed as an imminent threat by 39%, and drug trafficking was seen as an imminent threat by a third of the respondents.

    Democrats were more concerned about climate change than Republicans, with 33% of Democrats rating global warming an imminent threat. Among Republicans, 27 percent said climate change was not a threat at all.

    The data was weighted to reflect the U.S. population and has a credibility interval, a measure of accuracy, of plus or minus 2.1 percentage points for all adults (3.4 points for Democrats and 3.4 points for Republicans.)


  • The UKIP effect

    FOR the first time since April 2008, race relations and immigration has pipped the economy in Ipsos MORI’s issues index as the biggest concern facing Britons today. Mentioned by two fifths (39%) of the public—an increase of five percentage points since May—this probably reflects the media fracas surrounding these issues leading up to the local and European elections. The economy has slipped to second place with a third (33%) mentioning it. In June 2013, 50% of people cited the economy as the most important issue.

    12% of Britons say Europe is the most important issue—the highest share in nine years. That suggests Britons are paying attention to the row over the candidacy of ex-Luxembourg PM Jean-Claude Juncker as European Commission president. This is bad news for David Cameron, who loudly opposes his candidacy, and who looks almost certain to lose over the issue.

    http://www.economist.com/blogs/blighty/2014/06/economist-ipsos-mori-issues-index?fsrc=scn/tw/te/bl/ed/ukipeffect

    #préoccupations #migration #économie #infographie #UK #Angleterre #graphique


  • Are the British really learning to love the EU? – Telegraph Blogs
    http://blogs.telegraph.co.uk/finance/matspersson/100027291/the-british-people-becoming-less-keen-on-leaving-the-eu

    A new Ipsos MORI poll shows that 54 per cent of Brits would vote to stay in the EU if a referendum were held today, versus 37 per cent who would vote to leave. This is a big shift. In September 2011, the comparable figures were 49 per cent in favour of leaving versus 41 per cent in favour of staying in (see graph). Other polls over the past few months have shown a similar trend.

    There’s a paradox here, Brits are more inclined to say they would vote to remain in the EU at exactly the point when Ukip looks set to win the European elections and Nigel Farage has wiped the floor with Nick Clegg in the In/Out debates. What’s going on? Well, there are number of potential reasons why people are becoming less keen on leaving the EU specifically:

    The economy is doing better, meaning the Tories are doing better and that may have a positive effect on attitudes to Cameron’s EU reform stance (though such a feel-good factor can work both ways in Europe).
    As an In/Out choice is potentially getting closer, and with Europe in the news, people now have to start thinking about what that means. The stakes are getting higher. There’s a life for the UK outside the EU, but Better Off Outers have yet to set out a credible alternative (“Norway”, “Switzerland” or the “Anglosphere” simply aren’t good enough). That credibility gap isn’t lost on people (or business).
    As others have argued, while Farage is effective at maximising the Ukip vote, his message and rhetoric, including the overwhelmingly negative focus on immigration, may be a turn-off for supporters of a UK exit.
    This is exacerbated by the predicted wave of uncontrolled immigration from Romania and Bulgaria – which dominated the headlines in late 2013 – not materialising......

    #david-cameron,
    #EU-referendum,
    #EU-reform,
    #euroscepticism,
    #eurozone-crisis
    #Farage-Paradox
    #In/Out-referendum
    #Nigel-Farage
    #public-opinion


  • Obama Constituency Overwhelmingly Supports War with Syria | Dissident Voice
    http://dissidentvoice.org/2013/08/obama-constituency-overwhelmingly-supports-war-with-syria-2

    #satire

    Despite a Reuters/Ipsos poll showing that only 9% of Americans support military intervention in Syria, the White House today assured the public that a more recent and reliable poll leaves no doubt that the President’s constituency favors war.

    The poll was conducted by Defense Industries Systems Information, Inc. (DIS Information). It shows that 99.9% prefer increased U.S. military intervention. The poll has a .1% margin of error. DIS Information spokesperson Lyon Daly spoke to this reporter about the polling methodology and findings.

    Lyon Daly: We use the same scientific polling methods as Reuters/Ipsos, but our job is to come up with results that support what our clients and the President want to hear without compromising quality. It’s very similar to the way the press provides facts without informing the public, and we even provide many such facts.”

    Barb Weir: How do you do this and still maintain methodological integrity?”

    LD: The Reuters/lpsos poll used all Americans as its base, whereas we used all constituents. Elected officials are much more likely to listen to their constituents than to random Americans.

    BW: Who are these constituents? Can you provide us with a few subjects to interview?

    LD: Of course. Here is a short list, and we can provide more, if you like:

    General Atomics
    Jabhat al-Nusra Friends of al-Qaeda
    Halliburton Company
    The American Israel Public Affairs Committee (AIPAC)
    Kellogg, Brown and Root, Inc.
    Saudi Arabian King Abdullah Bin Abdulaziz al-Saud
    Northrop Grumman Corporation
    Qatar Emir Tamim bin Hamad al-Thani

    BW: But Mr. Daly, these are corporations, the Israel lobby, a terrorist organization and Arab monarchs!

    LD: Of course, Ms. Weir. As I told you, we polled the President’s constituency, not the American public.


  • Snowden, traitre ou héros ? Réponse : NSP…

    Reuters/IPSOS Poll: One in 3 Americans say man who leaked NSA secrets is a ’patriot’ | News | GMA News Online
    http://www.gmanetwork.com/news/story/312633/news/world/reuters-ipsos-poll-one-in-3-americans-say-man-who-leaked-nsa-secrets-is-

    Roughly one in three Americans say the former security contractor who leaked details of top-secret U.S. surveillance activity is a patriot and should not be prosecuted, according to a Reuters/Ipsos poll released on Wednesday.
     
    Some 23 percent of those surveyed said former National Security Agency contractor Edward Snowden is a traitor while 31 percent said he is a patriot. Another 46 percent said they did not know.


  • Exclusif : si on menace les salariés de misère, ils préfèrent la pauvreté !
    Emploi : les salariés prêts à des concessions
    http://www.lefigaro.fr/emploi/2012/11/09/09005-20121109ARTFIG00687-emploi-les-salaries-prets-a-des-concessions.php?m

    Les salariés sont prêts à des concessions sur les salaires et le temps de travail pour échapper à des suppressions de postes, selon l’Observatoire social de l’entreprise, réalisé par Ipsos-Logica Business Consulting, en partenariat avec Le Figaro et BFM.

    • Preuve que les mentalités évoluent...
      La crise a le mérite de créer une belle cohésion sociale. Quelle abnégation..

      Dans quelques mois, on aura droit à un nouveau sondage qui nous montrera que pour atténuer le manque de compétitivité de leur boite et éviter le chômage, une part non négligeable de salariés sera prêt au bénévolat...
      La France aura enfin une main d’oeuvre flexible, motivée et surtout très low-cost, gage d’une économie moderne...