company:lehman brothers


  • Débat : « Sommes-nous à l’aube d’une crise financière majeure ? » - 28 minutes (ARTE)
    https://www.crashdebug.fr/diversifion/15208-debat-sommes-nous-a-l-aube-d-une-crise-financiere-majeure-28-minute

    Source(s) : Youtube.com via Contributeur anonyme

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Le marché européen des produits dérivés dépasse 660.000 milliards d’euros

    Crashdebug.fr : Le casse du siècle : l’énorme fraude fiscale à 55 milliards d’euros des « Cum Ex »

    Crashdebug.fr : Politique et Éco n°187 - TV Libertés 15 octobre 2018 - Pierre Jovanovic : Europe, faux monnayage et vol en bande organisée

    Crashdebug.fr : Olivier Delamarche, Ce que nous ne voulons pas savoir...

    Crashdebug.fr : Exclusif. Philippe Béchade en OFF sur la Deutsche Bank : « C’est Lehman Brothers au cube ! » (Contributeur anonyme)

    Crashdebug.fr : Les gangsters de la finance (Arte) Crashdebug.fr : P. Jovanovic - L. Fendt : La revue de presse (Septembre 2018)

    Crashdebug.fr : Olivier Delamarche : « L’Italie (...)


  • « CumEx Files » : l’histoire secrète du casse du siècle
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/18/cumex-files-l-histoire-secrete-du-casse-du-siecle_5371029_5345421.html

    Cinquante-cinq milliards d’euros ont été subtilisés en 15 ans à plusieurs Etats européens par des financiers opérant en bande organisée sur les marchés. Une enquête du « Monde », associé à dix-huit médias européens.

    https://youtu.be/aPXomQaSMxU

    La crise… Partout, en ce mois de juin 2011, la crise s’écrit, se crie, se propage. Les dizaines de milliards d’euros injectés pour secourir les banques après le krach de 2008 ont achevé d’asphyxier des pays surendettés. L’Europe est au bord du gouffre, l’euro attaqué, la Grèce coule. Mais, au moins, les chefs d’Etat peuvent-ils se satisfaire d’avoir fait bon usage de l’argent public, pour préserver le secteur bancaire, poumon de l’économie.

    Loin du tumulte du monde, en ce même été 2011, à Bonn, en Allemagne, au fond d’un petit bureau gris de l’administration, une inspectrice des impôts lit et relit un drôle de courrier qu’elle ne se résout pas à classer. C’est une demande de remboursement d’impôts adressée au fisc par un fonds de pension, comme il en arrive tous les jours à l’Office fédéral des impôts pour les acheteurs d’actions cotées en Bourse.

    Mais cette demande-là l’intrigue. Le fonds réclame beaucoup d’argent, pour un très grand nombre d’achats et de ventes d’actions effectués dans des temps record, autour du jour, justement, où ces actions libèrent leurs dividendes. Il a fallu investir des dizaines de milliards pour ces transactions, alors que cette caisse de retraite n’a qu’un seul bénéficiaire. Un Américain, dont le domicile, dans un quartier ultrarésidentiel du New Jersey, lui sert de siège social. Bien loin de Wall Street, donc. Comment peut-elle brasser autant d’argent ?

    Comme il y en a pour près de 54 millions d’euros, la jeune femme décide d’y regarder de plus près. Elle se plonge dans le monde opaque des transactions boursières, auquel elle ne connaît rien. Et, au lieu des millions escomptés, adresse au fonds une longue liste de questions. Sans savoir qu’elle est, à elle seule, sur le point de mettre au jour le plus grand scandale fiscal de toute l’histoire en Allemagne : entre 7 milliards et 12 milliards d’euros subtilisés en sept ans entre 2005 et 2012.

    Il ne s’agit pas d’une simple fraude à l’impôt, mais d’un vol, commis dans les caisses de l’Etat au préjudice des contribuables, par une bande organisée de fonds de placement, de banques, de courtiers et d’avocats. Le casse du siècle, en somme, monté par des délinquants en col très blanc, et baptisé « CumEx » (en latin : avec ou sans… dividendes).

    Le cerveau, un ancien du fisc

    Comme dans toutes les bonnes histoires de fraude à grande échelle, il faut un cerveau. Il est ici allemand, fils de pasteur, et s’appelle Hanno Berger. C’est un ancien haut fonctionnaire du fisc de Francfort, et, à ce titre, contrôleur de la Bourse et des banques, tôt reconverti en fiscaliste. Un avocat brillant et si bien informé qu’il se voit rapidement courtisé par les millionnaires avides de ficelles fiscales.

    Or, après des années à repousser les limites de l’optimisation fiscale, il s’ennuie un peu. C’est alors qu’en 2006 ou 2007, il identifie le filon du siècle. La finance s’apprête alors à connaître sa crise la plus violente depuis 1929, mais elle baigne encore dans l’argent facile et la spéculation. Hanno Berger a repéré une façon de gagner gros, très vite : utiliser les crédits d’impôts qui résultent du versement des dividendes d’actions cotées en Bourse. Ces remboursements sont normalement réservés à certaines catégories d’investisseurs qui ont, bien entendu, acquitté au préalable leur impôt sur les dividendes. Mais le fiscaliste va s’en affranchir, en profitant de tous les stratagèmes qu’offrent les marchés financiers.

    « Au fond, c’est toujours le contribuable qui paie la facture »

    Le procédé n’est pas nouveau et avait été repéré dès les années 1990 par les contrôleurs du ministère de l’économie. Mais il n’a jamais été « industrialisé ». Surtout, alors que le législateur pensait avoir mis fin aux fraudes grâce à une loi ad hoc en 2007, Berger le génial fiscaliste a identifié une faille. Son plan est simple, même s’il passe par des techniques compliquées : mettre au point des montages où les actions changent de main si vite, d’un intervenant à un autre et d’un pays à l’autre, qu’il est difficile de savoir, à un instant « T », qui détient quoi et combien.

    Ainsi, l’impôt payé une seule fois pourra être récupéré plusieurs fois. Parfois même, l’impôt sera récupéré sans avoir été payé. Les montages seront si complexes que le fisc n’y verra que du feu. Poussée à grande vitesse, la machine des crédits d’impôts va devenir une vraie machine à cash. « Et, au fond, c’est toujours le contribuable du pays concerné qui paie la facture », reconnaît aujourd’hui un ancien disciple du maître à penser.

    Martingale en poche, Hanno Berger ne met pas longtemps à recruter des volontaires dans sa clientèle de banques et de grandes fortunes. Ce n’est pas du vol, leur répète-t-il avec aplomb, d’autant qu’à première vue, il ne s’agit que d’une variante de l’arbitrage de dividendes, une stratégie d’optimisation fiscale fondée sur des méthodes similaires d’échanges rapides d’actions. C’est tout au plus une excroissance d’un business pratiqué depuis des années par toutes les grandes banques de la planète.

    En coulisses, la fête continue

    Petit à petit, ce commerce se structure, les équipes s’étoffent. Hanno Berger bouscule les nouvelles recrues : « Ceux qui seraient tentés de penser qu’il y aura moins de crèches ou d’écoles maternelles construites en Allemagne à cause de notre business n’ont rien à faire ici ! »

    Les grands noms de la finance se laissent convaincre : banques internationales prestigieuses, fonds d’investissement ou de pension américains, courtiers de renom, avocats en vue… Des établissements aussi réputés que Goldman Sachs ou BNP Paribas prêtent main-forte à de petites « maisons » privées, comme la banque suisse J. Safra Sarasin, bien connue des grandes fortunes.

    La crise qui se profile dès la mi-2007, puis plonge le monde dans la tourmente après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, semble même les encourager à jouer contre les deniers publics.

    La finance mondiale, pour avoir trop spéculé, se découvre pourtant rongée de l’intérieur par des produits financiers toxiques. Les Etats sont appelés à son secours, ils consacrent des plans de sauvetage géants au secteur bancaire, en prêts ou en injections en capital. Les banques font acte de contrition, promettent de renoncer aux activités spéculatives pour se recentrer sur le financement de l’économie réelle… Officiellement, la fête est finie.

    Mais, en coulisses, les agapes continuent. Les témoins de ces années-là évoquent luxe, filles et cocaïne devant les enquêteurs et les médias partenaires du Monde. Autour d’Hanno Berger, un noyau dur de spécialistes se structure. Ces derniers évoluent entre la City de Londres et Francfort. Ils ont créé leurs propres boutiques financières dès 2008, pour gagner en discrétion et toucher le jackpot. C’est avec eux que traitent les banques et les fonds.

    Leur repaire : un restaurant indien ultrachic de Londres, The Cinnamon Club, qui, jadis, abrita l’ancienne bibliothèque de Westminster. C’est là, entre deux coupes de champagne, que se discutent les montages, les règles de partage des gains et les consignes de sécurité. La confidentialité est impérative, toutes les traces sont scrupuleusement effacées : à chaque opération nouvelle, un téléphone neuf est utilisé.

    Dans le premier cercle se trouve Paul Mora, un ancien de la banque allemande HVB, qui a fondé la société Ballance Capital avec un transfuge de la Deutsche Bank. Il y a aussi Sanjay Shah, qui a appris le métier chez Merrill Lynch et propose les services de son fonds spéculatif, Solo Capital. Il est l’heureux propriétaire d’un yacht de luxe, qu’il a baptisé… Cum-Ex. Ou Neil Anand, qui a quitté JP Morgan pour la société de gestion Duet, et Darren Thorpe qui a fait de la petite banque australienne Macquarie un géant du CumEx. Enfin, bien sûr, Hanno Berger lui-même, qui finit par fonder son propre cabinet, BSK.

    A l’assaut d’autres coffres-forts

    En 2009, la crise financière se mue en crise de l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) déverse des tonnes de liquidités pour maintenir la zone euro à flot, mais le business du CumEx continue à prospérer. De nombreux fonds sont ainsi créés pour acheter et vendre des actions autour du jour du versement des dividendes. Ils se servent dans les caisses de l’Etat allemand et se partagent le pactole avec les grandes banques – qui prennent soin de rester en retrait.

    Alors que, sous leurs yeux, l’Europe prend l’eau, une cinquantaine de banques participent à ces schémas frauduleux. En vérité, il s’agit de l’investissement parfait, avec un niveau de risque zéro, car indépendant des fluctuations du marché. Ces opérations génèrent des centaines de millions d’euros, alors qu’elles n’ont aucune finalité économique – sinon d’instaurer un droit de tirage permanent sur le fisc.

    La France aurait pu être un terrain de choix, mais Hanno Berger s’y est cassé les dents.

    Le filon est si juteux que le système s’exporte, pour fracturer d’autres coffres-forts fiscaux. A lui seul, le trader Sanjay Shah dérobe au Danemark 1,4 milliard d’euros, entre 2012 et 2015. Il a organisé, entre-temps, de grands concerts de Prince, de Snoop Dogg et de Ricky Martin avec sa fondation philanthropique. D’autres membres du groupe ont gagné des centaines de millions, en reproduisant l’arnaque en Autriche, en Suisse, en Norvège et en Belgique.

    La France aurait pu être un terrain de choix, mais Hanno Berger s’y est cassé les dents. Dès 2007, il avait pourtant missionné cinq prestigieux cabinets d’avocats parisiens pour tenter de trouver la faille. En vain. Contrairement à ses voisins, l’Hexagone n’utilise plus, depuis 2005, le système des avoirs fiscaux, qui permet de tromper le fisc en réclamant des remboursements multiples. La fraude n’y est plus possible, même si l’optimisation fiscale des dividendes y prospère.

    Game over

    Lorsque l’existence de la manœuvre s’ébruite en Allemagne, le ministère des finances tente de réformer le système. « Big problem, game over », écrit un disciple d’Hanno Berger. Une fois encore, les financiers trouvent la parade, en utilisant des fonds de pension américains dissimulés derrière des sociétés à Gibraltar. Ils engrangent encore quelques milliards avant que l’inspectrice des impôts de Bonn ne les mette définitivement hors jeu, en 2011.

    L’Allemagne ouvre alors enfin les yeux sur le gigantesque hold-up dont elle a été victime. Les députés votent en urgence une réforme qui interdit le « CumEx » à compter du 1er janvier 2012. Ils installent une commission parlementaire, tandis qu’aux quatre coins du pays, des enquêtes pénales sont ouvertes.

    La plupart des braqueurs ont fui, certains sont signalés en Suisse ou à Dubaï. Mais en 2017, les langues se sont déliées. Certains escrocs ont commencé à parler, et les premières mises en examen tombent en mai 2018, dont celles d’Hanno Berger et Paul Mora. Les premiers procès devraient avoir lieu début 2019. Les banques, elles, risquent des poursuites au civil, ne pouvant en droit allemand être poursuivies au pénal en temps que personnes morales.

    L’Allemagne sait ce qu’elle doit à celle qui a fait vaciller le château de cartes, un jour de juin, il y a huit ans. La jeune inspectrice des impôts de Bonn, que n’ont découragée ni les bataillons d’avocats ni les menaces de poursuites, préfère rester anonyme. « Je ne suis pas une héroïne. J’ai juste fait mon travail », dit-elle.


  • Inside #Lehman_Brothers. Une enquête inédite sur la chute d’une banque au-dessus de tout soupçon

    Dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, #Jennifer_Deschamps met en lumière les mécanismes de sa chute. Une enquête rigoureuse, étayée par le témoignage de lanceurs d’alerte.

    Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers est officiellement déclarée en faillite. Lâchée par le gouvernement et sans repreneur, la vénérable banque d’investissement, fondée à New York en 1850, disparaît en laissant à ses créanciers une dette de plusieurs centaines de milliards de dollars. Lancée depuis plusieurs années dans une course folle au profit, cette grande institution financière, dirigée par Richard Fuld, a développé des prêts hypothécaires à risques, rapidement devenus emprunts toxiques. Accordés à des ménages modestes voire sans revenus, ces subprimes ont permis à des centaines de milliers d’Américains de devenir propriétaires de leur logement. Mais en 2007, lorsque la bulle immobilière éclate, la remontée de taux d’intérêts gonfle les traites que les emprunteurs ne peuvent plus rembourser. Une vague de saisies s’abat sur les États-Unis, et notamment sur la Californie…

    Autopsie méthodique
    Spécialisée dans les produits financiers, Lehman Brothers a voulu « faire de l’argent par tous les moyens ». Naviguant en « zone grise » – là où, au minimum, tout ce qui n’est pas illégal peut être considéré comme légal –, la banque et ses filiales ont maquillé les bilans, poussé les équipes commerciales à truquer leurs dossiers pour atteindre des objectifs de plus en plus exigeants, et engranger des dollars par milliards. Le tout grâce à la complicité, l’incompétence ou l’aveuglement des organismes de contrôle et des agences de notation. Pour raconter, dix ans plus tard, un cataclysme dont les répercussions ont ébranlé les places boursières et les économies du monde entier, Jennifer Deschamps se place à hauteur d’hommes. Enrichie d’archives, son enquête, documentée et rigoureuse, réunit les témoignages inédits d’anciens collaborateurs de Lehman, qui ont tous eu un accès privilégié aux mécanismes délirants ayant mené au désastre : trois ex-employées de la BNC, une filiale spécialisée dans les prêts immobiliers, et « lanceuses d’alerte » (Linda Weekes, Sylvia Vega-Sutfin et Cheryl McNeil), et leur avocat (Gary Gwilliam) ; un ancien vice-président de Lehman (Matthew Lee), licencié après avoir refusé de cautionner une manœuvre comptable frauduleuse ; un ancien juriste de la banque (Oliver Budde) ainsi que l’ancien procureur de l’Illinois (Anton Valukas), mandaté en 2008 par le gouvernement américain pour enquêter sur les causes de la faillite. Autopsie méthodique d’un système malade, Inside Lehman Brothers se fait aussi mise en garde contre une déflagration qui pourrait bien, dans un futur proche, se rééditer.


    https://www.arte.tv/fr/videos/080155-000-A/inside-lehman-brothers
    #banque #finance #économie #subprimes #marché_immobilier #cupidité #argent #fraude #effondrement #crise_financière #prêts_hypothécaires #film #documentaire #Wall_Street #bulle_immobilière #lanceurs_d'alerte #culture_du_silence #travail #burn-out #faillite #banques_d'investissement #limites_juridiques #légalité #illégalité #courtiers #Richard_Fuld #harcèlement_sexuel #intimidation #femmes #BNC #SDF #sans-abris #Repo_105 #prêts_alternatifs #prêts_non-conventionnels


  • Olivier Delamarche, Ce que nous ne voulons pas savoir...
    https://www.crashdebug.fr/diversifion/15150-olivier-delamarche-ce-que-nous-ne-voulons-pas-savoir

    J’ai trouvé la prestation d’Olivier Delamarche très pédagogique, car ce n’est pas évident, de ré-expliquer les même choses, 50.000 fois, en restant zen.... ; ) aussi la synthèse est bonne, et cela peut réellement éclairer les gens. Je conseille donc à tout le monde cette intervention.

    Amicalement,

    L’Amourfou.

    Source : Youtube.com

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Exclusif. Philippe Béchade en OFF sur la Deutsche Bank : « C’est Lehman Brothers au cube ! » (Contributeur anonyme)

    Crashdebug.fr : P. Jovanovic - L. Fendt : La revue de presse (Septembre 2018)

    Crashdebug.fr : Olivier Delamarche : « L’Italie prépare sa sortie de l’euro »

    Crashdebug.fr : BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale lancent avec 13 autres multinationales une plateforme blockchain commune (...)

    #En_vedette #Divers


  • [RussEurope-en-Exil] Lehman Brothers, 10 ans après, par Jacques Sapir
    https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-lehman-brothers-10-ans-apres-par-jacques-sapir

    Le dixième anniversaire de la « crise des subprimes » suscite un intérêt renouvelé pour ce qui se passa alors, les causes immédiates comme les causes profondes de cette crise. Cette crise n’était pas inattendue, du moins pour certains. A la suite d’une présentation faite dans le séminaire Franco-Russe de juin 2006, nous avions décidé […]


  • Signe d’un nouveau rapprochement, les deux Corées annoncent un premier "client privé pour un voyage autour de la Lune
    SpaceX ouvre une ambassade commune

    Plan pauvreté, le « loup de Wall Street » est-il de retour ?
    Dix ans après la chute de Macron : il y a chez Lehman Brothers cette idée de demander beaucoup à ceux qui ont peu.

    Ce que j’avais d’abord lu de cette manière

    Plan pauvrerté, le « coup de Wall Street » est-il de retour ?
    Dix ans après la chute de Lehman Brothers : il y a chez Macron cette idée de demander beaucoup à ceux qui sont peu"

    Selon Donald Trump, Marine Le Pen sait quelle n’accédera jamais à l’Elysée
    Philippot ne croit pas que l’ouragan Maria ait fait 3000 morts à Porto Rico

    Ce qui peut se lire de sept autres manières différents dont celles-ci

    Selon Philippot, Donald Trump sait qu’il naccèdera jamais à l’Elysée
    Marine Le Pen ne croit pas que l’ouragan Maria ait fait 3000 morts à Porto Rico

    ou encore

    Selon Marine Le Pen, Donald Trump sait qu’il naccèdera jamais à l’Elysée
    Philippot ne croit pas que l’ouragan Maria ait fait 3000 morts à Porto Rico

    et, donc, ainsi de suite

    Une vidéo montre le choc des dirigeants de Google après que l’ouragan Maria a fait 3000 morts à Porto Rico.
    Donald Trump ne croit pas à après l’élection de Donald Trump

    Appel à la grève à la Martinique et la Guadeloupe
    La tempête Isaac arrive sur Ouest-France à l’anonce d’un projet de réorganisation

    Fraude fiscale : des prix de plus en plus élevés et difficiles à justifier
    Nouveaux Iphones : Manafort a conclu un accord avec le procureur Mueller

    Au procès Méric, le jury en garde à vue
    Huit militants d’Attac et EELV face à deux questions cruciales

    Non, Le vote contre la Hongrie n’autorise pas les usagers à refuser les compteurs Linky
    La justice risque de « renforcer les convictions des anti-UE »

    #de_la_dyslexie_creative


  • Exclusif. Philippe Béchade en OFF sur la Deutsche Bank : « c’est Lehman Brothers au cube ! » (Contributeur anonyme)
    https://www.crashdebug.fr/diversifion/15105-exclusif-philippe-bechade-en-off-sur-la-deutsche-bank-c-est-lehman-

    Tiens comme on parlait des banques, ça tombe bien.... ; ) Merci à notre Contributeur anonyme, si vous voulez creuser le sujet plus largement (pour savoir à quelle sauce vous allez être mangé....), je pointe cette excellente interview de Philippe Béchade, plus les habituelles informations complémentaires en bas d’article (et notamment l’interview de Pierre Jovanovic cet été)

    Source(s) : Youtube.com via Contributeur anonyme

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Moment détente « Les Guignols : génération Goldman Sachs »

    Crashdebug.fr : Commerzbank et Deutsche Bank risquent ne plus faire partie du gotha des entreprises cotées

    Crashdebug.fr : Politique et Éco - TV Libertés 1er août 2018 - Pierre Jovanovic : Les arnaques bancaires de l’été

    Crashdebug.fr : Trichet juge la situation (...)


  • Trichet juge la situation financière mondiale « aussi dangereuse » qu’en 2007-2008
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15091-trichet-juge-la-situation-financiere-mondiale-aussi-dangereuse-qu-e

    L’accélération de l’endettement des pays émergents "rend aujourd’hui l’ensemble du système financier mondial au moins aussi vulnérable sinon plus qu’en 2008", estime celui qui fut de 2003 à 2011 à la tête de la Banque centrale européenne (BCE).

    Jean-Claude Trichet était aux premières loges il y a dix ans de ce cataclysme financier. AFP

    La situation financière actuelle ? "Aussi dangereuse" qu’au moment de la chute de la banque américaine Lehman Brothers en septembre 2008, estime l’ex-président de la BCE Jean-Claude Trichet, aux premières loges il y a dix ans de ce cataclysme financier. "Il est maintenant admis que le surendettement massif des économies avancées a été un facteur essentiel dans le déclenchement de la crise financière mondiale des (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises


  • #PasAvecNotreArgent : reprenons le contrôle sur la #Finance et sur notre avenir
    https://www.bastamag.net/PasAvecNotreArgent-prenons-le-controle-sur-la-finance-et-sur-notre-avenir

    A l’occasion des 10 ans de la faillite de Lehman Brothers, point d’orgue de la crise financière, la coalition européenne #10YearsOn regroupant plus de 60 organisations, appellent à prendre le contrôle sur la finance. Elles prévoient de cibler, le 15 septembre 2018, les plus grandes banques privées et les institutions publiques qui continuent à investir massivement dans les énergies du passé, à financer des industries toxiques et à pratiquer l’évasion fiscale. Basta ! relaie leur appel. « Le 15 (...)

    ça bouge !

    / #Altermondialisme, Finance

    #ça_bouge_ !


  • Dix ans après, la petite fête des anciens de Lehman fait polémique à Londres Charles Gautier - 20 Aout 2018 - Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/societes/2018/08/20/20005-20180820ARTFIG00229-dix-ans-apres-la-petite-fete-des-anciens-de-lehma

    Pour se retrouver dix ans après, ils avaient décidé de prendre discrètement un verre le 15 septembre dans un club londonien. C’était sans compter avec le site Financial News qui a eu vent de l’événement.

    Subprimes, emprunts toxiques, faillite retentissante… À l’évocation du nom de Lehman Brothers, les visages, généralement, s’assombrissent. En 2008, des dizaines de milliards de dollars ont été injectés dans le système bancaire pour éviter son implosion définitive. Pour les anciens de Lehman, tout cela n’est plus qu’un mauvais souvenir à peine entretenu par le filmMargin Callde Jeffrey C. Chandor (2011).


    Pour se retrouver dix ans après, ils avaient décidé de prendre discrètement un verre le 15 septembre dans un club londonien, The Conduit. C’était sans compter avec le site Internet Financial News qui a eu vent de l’événement grâce à un courriel destiné aux « Lehman brothers and sisters » (sic), sur le thème : « Quoi de mieux pour fêter le dixième anniversaire que de rassembler tout le monde encore une fois. »

    Fête « écœurante »
    . . . . .
    #finance #banques #capitalisme #dette #lehman_brothers #banksters #lehman #crise_financière #crise-financière


  • World Bank Unfairly Influenced Its Own Competitiveness Rankings - WSJ
    https://www.wsj.com/articles/world-bank-unfairly-influenced-its-own-competitiveness-rankings-1515797620

    The World Bank repeatedly changed the methodology of one of its flagship economic reports over several years in ways it now says were unfair and misleading.

    The World Bank’s chief economist, Paul Romer, told The Wall Street Journal on Friday he would correct and recalculate national rankings of business competitiveness in the report called “#Doing_Business” going back at least four years.

    The revisions could be particularly relevant to Chile, whose standings have been volatile in recent years—and potentially tainted by political motivations of World Bank staff, Mr. Romer said.

    The report is one of the most visible World Bank initiatives, ranking countries around the world by the competitiveness of their business environment. Countries compete against each other to improve their standings, and the report draws extensive international media coverage.
    […]
    I want to make a personal apology to Chile, and to any other country where we conveyed the wrong impression,” Mr. Romer said. The problems with the report, he said, were “my fault because we did not make things clear enough.” Mr. Romer said the World Bank is beginning the process of correcting the past reports and republishing what the rankings would have been without the methodology changes. He said he couldn’t defend “the integrity” of the process that led to the methodology changes.

    Chile’s overall ranking has fluctuated between 25th and 57th since 2006. During that period, the presidency of Chile has alternated between Ms. Bachelet, of Chile’s socialist party, and Sebastián Piñera, a conservative. Under Ms. Bachelet, Chile’s ranking consistently deteriorated, while it consistently climbed under Mr. Piñera.

    Recalculating the numbers could show significant changes to other countries as well.

    • Info arrivée via Sergio Coronado, député des Français d’Amérique latine dans la législature précédente qui possède également la nationalité chilienne…

      Je n’ai plus accès au WSJ (paywall) mais toujours au journal chilien qui reprenait l’info (et qui m’y avait conduit). Mais on a déjà trouvé le lampiste à qui imputer ces magouilles. Parce que les changements de méthodologie, hein, ça reste quand même super-sérieux.

      El Banco Mundial perjudicó los números de Chile durante el Gobierno de Bachelet - Cooperativa.cl
      http://www.cooperativa.cl/noticias/economia/competitividad/imagen-pais/el-banco-mundial-perjudico-los-numeros-de-chile-en-los-gobiernos-de-bachelet/2018-01-13/110242.html

      El Wall Street Journal apuntó a la figura del economista boliviano Augusto López-Claros.

      Augusto López-Claros, de nacionalidad boliviana (La Paz, 1955), es director de Indicadores Globales y Análisis del Banco Mundial, el departamento responsable del informe «Doing Business» y otros estudios internacionales de evaluación comparativa.

      De acuerdo a la biografía de su página web, anteriormente fue economista jefe y director del Programa de Competitividad Global en el Foro Económico Mundial (FMI) en Ginebra (desde el año 2003), donde también fue editor del Global Competitiveness Report (Reporte de Competitivad Global), la publicación principal del fórum, así como otros estudios económicos regionales.

      Como precisa la plataforma Thinking Heads, antes de unirse al Foro, López-Claro trabajó durante varios años en el sector financiero, ejerciendo durante cinco años como director ejecutivo y economista internacional superior en Londres en la firma Lehman Brothers International, cuya quiebra en 2008 incendió los mercados y aceleró la crisis mundial.

      De acuerdo a su página web, López-Claros se desempeñó como profesor de Economía en la Universidad de Chile y recibió un diploma en Estadística Matemática de la Universidad de Cambridge, Reino Unido, y un Doctorado en Economía de la Universidad de Duke, Estados Unidos


  • The Handmaid’s Tale : battez-vous pour votre droit, celui de faire la fête - Média Animation asbl
    https://media-animation.be/The-Handmaid-s-Tale-battez-vous-pour-votre-droit-celui-de-faire-la-f

    La nostalgie anticipée du présent

    Il est paradoxal de constater que la dimension politique de la série est en réalité son plus grand argument de vente. Sur la page Facebook animée par le site Hulu, chaque publication est accompagnée de phrases aussi inspirantes que ambiguës, invitant autant à la révolte qu’à la consommation (« il est temps de se réveiller - les nouveaux épisodes sont en ligne » ; « Existe-t-il un endroit où nous pourrions être en sécurité ? - Encore deux jours [avant les nouveaux épisodes] » ; « Il faut s’en aller - Nouveaux épisodes dans trois jours »).

    Et si les personnages lèvent le poing à l’écran, le casting semble lui décidé à garder ses mains dans ses poches, refusant par exemple que la série soit étiquetée comme féministe, allant jusqu’à déclarer que « une histoire qui présente un personnage féminin émancipé n’est pas forcément féministe. Il s’agit juste de l’histoire d’une femme, pas de propagande féministe ». Quid de la question raciale ? Alors que dans le roman original, Gilead est tenue par des suprémacistes blancs, la série n’aborde pas explicitement le sujet. Un choix qui semble peu réaliste puisque, comme le fait remarquer la journaliste Soraya Nadia McDonald, il est difficile d’imaginer que, dans un univers régi par autant de règles, une femme blanche issue de la bourgeoisie puisse adopter l’enfant métisse d’une servante noire sans susciter nulle réaction.

    Si l’univers des servantes est bien cauchemardesque, « l’avant » semble idéalisé : une société post-raciale où être une lesbienne noire n’est source d’aucune tension, il s’agit de toute évidence de science-fiction. Et si, sous ses apparences de révolutionnaire, The Handmaid’s Tale était en réalité une série conservatrice ? Certes, elle use d’images symboliques pour nous faire comprendre que nous vivons, en ce moment, la fin d’une ère. Mais le message qu’elle induit à première vue est qu’il s’agit de quelque chose de regrettable, nous mettant en garde contre la menace de nos libertés individuelles et le spectre d’un état trop puissant. Offred semble en effet avant tout nostalgique du frappucino qu’elle s’offrait après son footing. C’est une autre servante - noire - qui l’interpelle alors qu’elle sent naître en elle l’âme d’une résistante : « [Avant,] je me faisais baiser dans la rue pour pouvoir acheter de l’oxy et un happy meal. Je suis clean maintenant, je dors à l’abri chaque soir et des gens sont gentils avec moi. Ils sont gentils et je veux que ça continue. » [4] Offred déglutit en réalisant que ses idéaux révolutionnaires eux-même relèvent d’un privilège bourgeois, renvoyant le spectateur à un paradoxe inhérent au genre : si nous vivions réellement dans un monde apocalyptique, nous ne jouirions probablement pas du luxe de regarder une série télévisée, tranquillement installés dans notre canapé et c’est justement parce que l’anticipation repose sur la cristallisation de nos craintes qu’elle se révèle, d’un point de vue industriel, aussi rentable.

    Les femmes sont sommées de quitter leur bureau : la fin d’un monde, tout comme l’a été la faillite de la banque Lehman Brothers ?

    Cela ne veut pas dire que nous devrions nous contenter du monde - imparfait - dans lequel nous vivons, mais qu’il est nécessaire de mieux le représenter, afin d’identifier les véritables raisons pour lesquels il serait bon de s’insurger. L’univers de The Handmaid’s Tale ressemble étrangement au nôtre mais comme l’indique la journaliste Angela Nagle, si le taux de fertilité est aujourd’hui en baisse, ce n’est pas pour des raisons écologiques mais bien parce que la maternité est une aventure qui n’a rien d’enviable : période de repos trop courte, soins infantiles coûteux, sans compter que les femmes, en plus de se dédier à leur carrière professionnelle, continuent à assumer l’essentiel du travail domestique, se soumettant à davantage de stress et de problèmes de santé sans qu’aucune reconnaissance sociale ne leur soit accordée. La récente crise économique a par ailleurs contraint beaucoup de jeunes adultes à vivre chez leurs parents et la dette estudiantine a explosé, faisant passer de fait au second plan l’idée de fonder une famille. Dépeindre les protestations contemporaines comme un simple combat pour la conservation des acquis se fait au risque de ne pas dénoncer les inégalités et injustices sociales que génèrent nos systèmes économiques et politiques contemporains, terreau des colères qui ont notamment permis à Donald Trump et aux populismes de tous bords d’accéder aux Maisons Blanches de ce monde.


  • 10 ans après la chute de Lehman Brothers et la crise mondiale qui s’ensuivit, les banques n’ont changé qu’à la marge. Petit inventaire non exhaustif des activités toxiques, loin de du financement de l’économie réelle. En 2012, la Commission européenne entame un premier bilan du coût du sauvetage des banques suite à la crise de 2008. 4 500 milliards d’euros de #fonds_publics ont été mis à disposition des banques dans toute l’Union et dès 2009, les établissements français avaient renoué avec le profit en affichant 11 milliards d’euros de bénéfice.

    « Notre ville a contracté un #emprunt_toxique et cela peut encore nous coûter plusieurs millions d’euros », raconte Sébastien Meurand, maire de Saint-Leu la Forêt. Comme dans près de 1 500 collectivités publiques, le piège des emprunts toxiques s’est durablement refermé sur la petite ville du Val-d’Oise.

    Les cinq plus grandes banques françaises ont déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfice dans les #paradis_fiscaux en 2015. Pour les vingt premières banques européennes, un #euro sur quatre échappe à l’impôt.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/faites-sauter-les-banques-14-banque-toxique


    La crise bancaire s’est traduit in fine par une crise économique et social majeure dont les banques sont en grande partie responsable.
    #banque #hold_up #documentaire


  • #Christiane_Taubira : « Le mythe français de l’égalité, un mythe noble, empêche de revenir sur le crime de l’esclavage » - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/10/06/christiane-taubira-le-mythe-francais-de-l-egalite-un-mythe-noble-empeche-

    A l’occasion de la sortie du nouvel essai de l’Américain Ta-Nehisi Coates, « le Procès de l’Amérique », l’ex-garde des Sceaux, qui en a signé la préface, revient sur la question des réparations matérielles ou éthiques. Comme les Etats-Unis, la France doit s’interroger sur son histoire esclavagiste et coloniale qui abîme encore notre présent.

    #esclavage #racisme #xénophobie #états-unis

    • semi #paywall alors :

      Christiane Taubira : « Le mythe français de l’égalité, un mythe noble, empêche de revenir sur le crime de l’esclavage »
      Sonya Faure et Catherine Calvet, Libération le 6 octobre 2017
      http://www.liberation.fr/debats/2017/10/06/christiane-taubira-le-mythe-francais-de-l-egalite-un-mythe-noble-empeche-

      A l’occasion de la sortie du nouvel essai de l’Américain Ta-Nehisi Coates, « le Procès de l’Amérique », l’ex-garde des Sceaux, qui en a signé la préface, revient sur la question des réparations matérielles ou éthiques. Comme les Etats-Unis, la France doit s’interroger sur son histoire esclavagiste et coloniale qui abîme encore notre présent.

      Après le succès d’Une colère noire (Autrement, 2016), l’écrivain et journaliste américain Ta-Nehisi Coates publie un nouvel essai, le Procès de l’Amérique. « Il est temps de laver notre linge sale en public »,écrit-il. Il est temps pour les Etats-Unis de se poser la question des réparations de l’esclavage et de la ségrégation. Dans son livre, Coates décrit précisément comment « le pillage d’hier a rendu le pillage d’aujourd’hui plus efficace » : les Etats-Unis ont bien une dette envers la communauté noire. Initiatrice de la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité, Christiane Taubira a signé la préface du Procès de l’Amérique. Nulle réparation matérielle n’effacera un crime si grand que l’esclavage ou la colonisation, prévient l’ancienne garde des Sceaux. Mais la France a elle aussi un devoir : permettre un débat rationnel et serein sur notre passé commun, dont les traces continuent de fragiliser le présent.

      Qu’est-ce qui, dans le livre de Ta-Nehisi Coates, vous a convaincue de le préfacer ?

      Avant tout, ce croisement inédit entre d’une part, la souffrance des gens, leurs combats, leurs désillusions, et d’autre part, le décryptage précis des dispositifs qui vont pénétrer des vies pour les démolir : Coates parvient à entremêler le savant et l’émotionnel. Le Procès de l’Amérique montre par quels mécanismes « la kleptomanie d’Etat », comme il l’écrit, a continué après la fin de l’esclavage, après même la ségrégation. Comment le pillage de la force de travail des Africains-Américains laisse encore des traces.

      Une colère noire a connu un grand succès en France. Nous scandalisons-nous de la situation américaine pour mieux s’aveugler sur la nôtre ?

      Je suis absolument persuadée qu’en France, des personnes sont capables, sans arrière-pensée ni calcul, d’avoir une vraie curiosité pour la société américaine. C’est à nous de nous appuyer sur ce que décrit Coates pour rappeler que la France aussi fut une puissance esclavagiste, dans des conditions très différentes des Etats-Unis. Aurait-elle échappé à toutes les séquelles de ce passé ? Non.

      La France aussi se serait livrée à « une épouvantable entreprise de brigandage d’Etat », comme vous le dites des Etats-Unis ?

      La traite négrière, l’esclavage, la colonisation : c’est du brigandage. Partout, l’appareil d’Etat s’est donné le droit d’émettre des règles violentes et inégalitaires. C’est l’Etat qui a organisé le commerce, créé les compagnies de monopoles et les comptoirs le long des côtes [qui, dès le XVIIe siècle, ont été un pilier de la colonisation, ndlr]. C’est l’Etat qui a décidé du régime fiscal avantageux, accordé des licences de navigation aux compagnies maritimes qui profitaient de la traite, c’est même l’Etat qui percevait une dîme sur le nombre d’esclaves baptisés. Oui, c’est un brigandage établi. Pourtant, chaque fois que ressurgit la question des réparations, le débat provoque une hystérie sans nom.

      Mais au fond, que signifie « réparer » de tels crimes ?

      La réparation n’est pas que matérielle. Elle est politique et éthique. Quel sens cela a-t-il de vivre ensemble et de faire comme si le passé n’avait laissé aucune trace ? C’est un non-sens. Il faut avoir du courage, dépasser des préoccupations immédiates. C’est une parole mesquine que celle qui décide que puisque cela me dérange, il n’y a pas lieu d’en débattre. Les aspects matériels que les réparations pourraient entraîner sont bien peu de chose. Car le crime de l’esclavage est irréparable. On ne répare pas les vies qui se sont achevées au fond de l’Atlantique ou de l’océan Indien. On ne répare pas ces enfants vendus séparément de leurs parents. La question est plutôt de savoir si nous sommes capables d’affronter le passé et d’en voir toutes les survivances dans le présent. Celles qui aujourd’hui cassent les relations dans la société, celles qui obstruent le regard que l’on pose sur l’autre. Abordons ainsi la question des réparations, et normalement la frayeur et l’hystérie devraient disparaître.

      Sommes-nous prêts ?

      Je ne sais pas si c’est possible mais c’est indispensable. Peut-on comprendre notre rapport aux banlieues sans regarder le passé ? Non. Sinon on est dans le fait divers, dans l’incident, l’inexplicable. Or tout est parfaitement explicable : cette incompréhension, ces rancœurs enfouies, cette peur qui pousse à réagir n’importe comment… Tout cela a un lien organique.

      Ce débat-là, les Etats-Unis le mènent plus que nous…

      L’urgence paraît plus forte aux Etats-Unis car les traces physiques et matérielles de l’esclavage sont là, sous les yeux de tous. La ségrégation n’est pas si ancienne. Dans un discours absolument sublime, à l’université de Cambridge en 1965, l’écrivain James Baldwin explique que la prospérité de l’Amérique repose sur sa sueur. Il dit « ma sueur », il ne dit pas la sueur de ses ancêtres. « My sweat, my free labour. » Ma sueur, mon travail gratuit. Il reste une mémoire vive sur la façon dont la loi organisait la domination, l’oppression, la séparation. Il reste une mémoire vive sur la tolérance de l’Etat, sa complaisance envers les crimes et les lynchages de Noirs. Il suffit qu’une parole « autorisée » soit suffisamment permissive, comme celle de M. Trump, pour que certains se lâchent à nouveau, comme à Charlottesville cet été. En France, poser la question des réparations demande un plus grand volontarisme car on peut faire semblant d’oublier que les colonies étaient des terres d’esclavage. On peut se glorifier de l’égalité avec « nos compatriotes d’outre-mer » - un terme toujours prononcé avec un trémolo dans la voix, un surcroît d’empathie, une espèce de démonstration impudique. Mais au quotidien, ces compatriotes d’outre-mer font l’expérience d’une citoyenneté différente. Et l’ancien empire colonial est de plus en plus visible sur le sol français, dans nos banlieues. On peut toujours tenter de fuir. Sauf qu’on est rattrapé par le passé. Je dis délibérément « on ». Car ou bien nous portons cela tous ensemble, ou bien nous faisons les mariolles : si je descends d’esclaves, vous descendez des maîtres, et nous n’aurons plus qu’à régler nos comptes. Je pense que c’est une impasse. Nous devons porter ensemble une histoire qui nous rattrape.

      Le 21 mai 2001, vous avez fait voter une loi dont le premier article reconnaît que la traite négrière et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité…

      Et quelle violence nous avons alors subie ! Le sujet reste extrêmement sensible. Le mythe français et républicain de l’égalité - un mythe noble, à préserver bien sûr ! - empêche ce retour sur le passé esclavagiste et colonial. Je me souviens d’une émission de radio où un président d’association me reprochait de salir la France : « La France n’est pas esclavagiste, elle a aboli l’esclavage ! » hurlait-il. Oui, la France a aboli l’esclavage qu’elle pratiquait ! Le déni est partout, jusqu’aux autorités publiques qui ont célébré le cent cinquantenaire de la deuxième abolition de l’esclavage… sans rappeler qu’il y en avait eu une première en 1794. Parce qu’il aurait alors fallu dire qui avait rétabli l’esclavage dans les colonies françaises : le grand Napoléon. En France, on commémore l’abolition de l’esclavage, mais l’esclavage, on ne connaît pas ! Imposer que la journée du 10 mai devienne une journée en mémoire des traites, de l’esclavage et de l’abolition a été un combat. A quoi sert cette prudence inutile ? Quand vous construisez une société sur de la dissimulation, la rage enfle par en dessous. Dans le Procès de l’Amérique, Ta-Nehisi Coates dit qu’il est temps, aussi, « d’en finir avec la culpabilité blanche ». Débattre du passé est émancipateur. C’est ce qu’a très bien compris la ville de Nantes, qui fait la lumière sur son passé de ville du commerce triangulaire.

      Cette mémoire à vif, on en a eu un nouvel exemple avec la polémique sur les noms de rues et les monuments. Faut-il déboulonner les statues de Colbert ?

      Au pays qui se prétend le cœur des Lumières, sur ces sujets-là, la raison disparaît ! Il ne reste que l’affectif ! Pourquoi ne pourrait-on réfléchir au rôle de Colbert dans la rédaction du Code noir ? Ce qui ne veut pas dire que Colbert n’était que cela. Mais débattons ! Il ne s’agit pas de faire la chasse à d’éventuels coupables survivants, il n’y en a plus. Même les personnes qui portent le nom de grandes familles d’armateurs négriers ou esclavagistes ne sont pas concernées - mais si elles veulent nous ouvrir leurs archives, elles sont les bienvenues. Sans doute aurions-nous dû être capables de faire retomber la pression, de débattre, peut-être avec passion, mais de débattre. Oui, il faut, dans l’espace public, des rues et des bâtiments au nom de Nègres marrons, ces résistants qui, au péril de leur vie, décidaient de quitter la plantation et le régime esclavagiste. Le Code noir stipulait qu’à la première évasion, si vous étiez repris, on vous coupait l’oreille. La deuxième fois, on vous coupait le jarret. La troisième, vous étiez mis à mort. Qui énonçait cela ? La législation officielle. C’était le code de Colbert, dont l’article 1er chassait les Juifs !

      Au-delà du débat et de la reconnaissance officielle, quelles formes plus concrètes pourraient prendre les réparations ?

      Nous devons être prêts à regarder en face toutes les conséquences qui découlent, aujourd’hui, de ce passé. Des banques américaines, comme Lehman Brothers ou Morgan Chase, ont dû reconnaître qu’elles avaient possédé des esclaves ou accordé des prêts à des maîtres, dont la garantie était le cheptel d’esclaves. Certaines ont décidé de consacrer 5 millions de dollars - peu de chose par rapport à leur fortune - à des bourses pour des Africains-Américains. Quelle serait la dette de la France à l’égard des descendants d’esclaves ou des ressortissants des empires ? Si c’est insurmontable, on le dira. Mais l’essentiel aura été de s’y pencher. L’Etat étant profondément impliqué, il doit aussi pouvoir réparer par le biais, par exemple, de politiques publiques bien identifiées. Cette monstruosité économique qu’était l’esclavage a aussi produit une créativité culturelle phénoménale. Pourquoi ne pas consacrer des budgets à la mise en valeur des langues créoles, nées de la nécessité, en territoire esclavagiste, de se comprendre entre maîtres et esclaves ou entre esclaves venus de régions différentes d’Afrique ? Financer des études sur les expressions picturales, la littérature orale, les traces archéologiques, la toponymie, la pharmacopée de plantes que les esclaves ont développée pour se soigner ? Mettre en lumière tout ce patrimoine qui montre que cette période ne fut pas seulement une longue et interminable nuit de souffrance et de violence.

      LE PROCÈS DE L’AMÉRIQUE de TA-NEHISI COATES Ed. Autrement, 96pp., 12€.


  • A qui profitent les « ampoules gratuites  ? | « LES VREGENS
    https://cafemusique.wordpress.com/2017/09/29/a-qui-profitent-les-ampoules-gratuites

    Quand on connaît le prix des nouvelles ampoules « à économie d’énergie » (qui à l’expérience, ne durent guère plus longtemps que les bonnes vieilles ampoules à filament), forcément, ça interpelle. Et je me méfie toujours de ceux qui veulent me faire des cadeaux. Dans notre monde, je n’y crois pas. Comme on dit par chez moi, « Cadeau, il est mort »…


  • Dérégulation financière : 24 milliards d’économies... sur le dos du consommateur
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/deregulation-financiere-24-milliards-d-economies-sur-le-dos-du-consommateu

    « La croissance pour tous, le renflouement public pour personne » : c’est le slogan du projet de loi de réforme de la réglementation bancaire aux Etats-Unis, le Financial Choice Act. Ce texte, qui a été adopté jeudi par la Chambre des Représentants, ouvre la voie à un démantèlement des mesures mises en place après la crise des subprimes et la chute de Lehman Brothers. Plus particulièrement dans le viseur, la loi Dodd-Frank, votée en 2010 par les Démocrates et honnie par les Républicains, qui la présentent comme un carcan terriblement coûteux.
    […]
    Il supprime le Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB), également créé par Dodd-Frank : le Bureau serait rebaptisé l’Agence du respect de la loi de consommation, avec des pouvoirs amoindris, alors qu’il a joué un rôle essentiel notamment dans la récente affaire des " comptes fantômes " de Wells Fargo, rassemblant les plaintes des utilisateurs abusés dans sa base de données. Depuis sa création, le CFPB aurait permis à 29 millions de consommateurs américains de récupérer au total près de 12 milliards de dollars d’institutions financières peu scrupuleuses.
    […]
    Le texte revient aussi sur la fameuse « règle Volcker » qui interdit aux banques les activités de trading pour compte propre, afin d’éviter les situations de conflits d’intérêts dans lesquelles des établissements conseilleraient leurs clients et spéculeraient en sens inverse sur les marchés. Une règle qui avait pourtant été assouplie par amendement en autorisant jusqu’à un certain seuil des activités spéculatives par les banques de dépôt et a souvent été contournée, par Goldman Sachs par exemple. Les multiples exemptions l’ont rendu plus ou moins inopérante.


  • « La cinquième bulle » : un petit lexique de la #Silicon_Valley | Stuart Grabler, Le Monde, 26/10/2016 (manque #disruption)
    http://lemonde.fr/idees/article/2016/10/26/la-cinquieme-bulle-un-petit-lexique-de-la-silicon-valley_5020607_3232.html

    La crise des sociétés d’investissements immobiliers cotées (Real Estate Investment Trust, REIT) de 1974-1975 aux Etats-Unis fut la première de l’après-guerre. Chacune des décennies suivantes connut sa bulle, et son krach.

    Dans les années 1980, les razzias de corporate raiders (les « prédateurs d’entreprise ») gonflaient la LBO bubble (bulle des OPA à effet de levier), la vente de junk bonds (obligations pourries) finançait le rachat de poids lourds de la cote. Cette vogue prit fin lors du krach d’octobre 1987, emportant dans son sillage les Caisses d’épargne américaines (Savings & Loans) précarisées par la surenchère hypothécaire.

    La décennie suivante vit l’essor de la bulle Internet (dotcom bubble). Porté par les start-up et les stock options, l’indice Nasdaq de valeurs technologiques toucha un plus haut en mars 2000... avant de perdre 78 % en trente et un mois.

    Pendant ce temps, la quatrième bulle, celle des subprimes (crédits hypothécaires immobiliers), se formait déjà. A la différence des précédentes, hautement médiatisées, celle-ci se développait dans un huis clos financier où se titrisaient à coups d’algorithmes des prêts hypothécaires accordés à des clients peu solvables. Quand, dans la foulée de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers en 2008, la bulle éclata, elle faillit entraîner toute la planète finance.

    Et ce n’est pas fini, puisque la cinquième bulle, dont l’épicentre est la Silicon Valley, enfle à vue d’œil. En voici une brève description, à travers un petit lexique de la novlangue anglo-saxonne de rigueur.

    Unicorn (licorne) : jeune pousse technologique valorisée au moins 1 milliard de dollars, sur la base du placement initial de ses backers.

    Backer (soutien) : investisseur pionnier dans une unicorn en herbe. Au tout début, un projet plus ou moins ingénieux suffira pour le séduire. Une fois opérationnelle, l’entreprise mettra les bouchées doubles pour accroître le nombre de ses utilisateurs/clients, décuplant ainsi sa capacité à réussir des tours de table supplémentaires. Stratégie en conformité parfaite avec Metcalfe’s Law.

    Metcalfe’s Law (la loi de [Robert] Metcalfe) : une augmentation arithmétique des utilisateurs d’un réseau suscite une croissance exponentielle de son utilité et, par extrapolation comptable, de sa cote. Rouage-clé de cet engrenage vertueux : le giveaway.

    Giveaway (cadeau) : service dispensé sans contrepartie, ou article vendu à prix coûtant, dans le but d’appâter clients ou utilisateurs. C’est le seul but qui vaille à ce stade précoce ; de sorte que les unicorns en devenir sont souvent dépourvues d’un vrai business model.

    Business model (mode opérationnel) : censé transformer un service gratuit en pièces sonnantes et trébuchantes, il se présente généralement comme une plate-forme où des internautes (Facebook, Twitter), passagers (Uber), voyageurs (Airbnb), auditeurs (Spotify, Deezer) ou prêteurs (LendingClub) sont mis en relation avec des annonceurs, chauffeurs, logeurs, maisons de disques ou emprunteurs. Exception : des unicorns industrielles (Tesla, GoPro) emploient un modèle plus classique. Certaines unicorns (Snapchat, Magic Leap) cherchent toujours le leur, ce qui les empêche de monetize leur activité.

    Monetize (monétiser) : à ne pas confondre avec « rentabiliser » ! Car on a beau traduire son activité en chiffre d’affaires, celui-ci n’est pas synonyme de profits. Hors Facebook, exception qui confirme la règle, peu d’unicorns sont véritablement rentables. Naguère surnommée « la nouvelle Facebook », Twitter s’enfonce toujours dans le rouge. Déficitaire de 470 millions de dollars en 2014 et de 1,27 milliard au premier semestre 2016, Uber est champion de la perte opérationnelle. Montent également au podium Airbnb et Tesla. En Europe, le suédois Spotify, le français Deezer et l’allemand Rocket ne sont pas en reste. Conséquence inéluctable de ces flots d’encre rouge : un énorme cash burn.

    Cash burn (consumation de liquidités) : carburant d’une croissance déficitaire, ces fonds partent en fumée. UberChina, avant de jeter l’éponge face à son rival chinois, perdait 1 milliard par an. Dans l’attente de son rachat par Tesla, Solar City (panneaux solaires) brûle 6 dollars pour chaque dollar de revenu. Heureusement, il existe un moyen d’éteindre le feu : le cash out.

    Cash out (décaissement) : exercice qui, conjugué à une levée de fonds, permet aux fondateurs, aux backers et aux dirigeants dotés de stock options de monétiser, moyennant dilution, leurs parts. Pour ce faire, lancer une IPO (introduction en Bourse) était le parcours indiqué. Mais, échaudés par les unicorns s’envolant lors de l’IPO pour plonger ensuite en dessous de la mise à prix, les investisseurs boudent et les IPO se tarissent. Faute d’une IPO, l’unicorn enchaînera les tours de table, sollicitant, contre participation, de l’argent frais, dont une partie finira dans la poche des ayants droit. Sinon, elle pourra se vendre à un géant technologique craignant que la start-up ne l’éclipse un jour (Google/YouTube, Facebook/Instagram), ou alléché par d’éventuelles synergies (Microsoft/LinkedIn), ou cédant au chantage de la start-up qui, vendant à perte sans payer de TVA, lui soutire des parts de marché (Walmart/Jet.com). Mais pour optimiser sa cash-out stratégie, rien ne vaut le creative accounting.

    Creative accounting (comptabilité créatrice) : quitte à publier des résultats conformes aux normes comptables, une unicorn peut aussi communiquer sur une version enjolivée non conforme. Ainsi, Lending Club avait annoncé des bénéfices de 56,8 millions de dollars... et une perte de 5 millions selon les normes. Manipulation qui n’abusera que les initiés imbus de la crédulité symptomatique d’un Ponzi scheme.

    Ponzi scheme (pyramide de Ponzi) : locution apte à qualifier la cinquième bulle, où la haute technologie est mise au service non pas d’une rentabilité pourvoyeuse d’emplois, mais de l’élaboration d’expédients permettant le cash out avant le souffle fatidique du krach...

    • La haute technologie n’était déjà plus pourvoyeuse d’emplois dès la première bulle évoquée, mais il est vrai que cela devient de plus en plus évident avec chaque nouvelle étape

      cf. https://seenthis.net/messages/541433#message549597 et https://seenthis.net/messages/541433#message550356

      Comment expliquer alors la (très) forte valorisation des GAFAM ? Justement par le fait qu’ils opèrent dans la phase renversée du capitalisme où la création de valeur a été remplacée par sa simulation comme moteur de l’économie (y compris « réelle »). Leur valorisation n’est pas le reflet de leur capacité à produire de la valeur, mais à être des « porteurs d’espoirs » pour la production de titres financiers. Cette production doit toujours en effet avoir un point de référence dans « l’économie réelle » (Un indice quelconque corrélé à un espoir de production de valeur et projeté dans le futur). Dans le cas des plateformes numériques, ce point de référence, c’est l’accumulation permanente de données dont tous les acteurs de la sphère financière s’accorde à dire qu’elles sont les ressources pour de futures activités marchandes. Certes, ces activités seront marchandes, mais la quantité de valeur qu’elles produiront sera toujours décevante et il faudra donc se projeter encore dans de nouvelles simulations...


  • Faut-il avoir peur de la finance de l’ombre ?

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/08/faut-il-avoir-peur-de-la-finance-de-l-ombre_5059493_3234.html

    Fonds d’investissement et assureurs empruntent et prêtent sans être soumis au même contrôle prudentiel que les banques. Cette finance parallèle fait-elle courir un risque ?

    Dix ans, déjà. La planète s’apprête à « fêter » en 2017 le dixième anniversaire de l’explosion de la bulle des subprimes, dont l’économie mondiale peine toujours à se relever. Depuis, gouvernements et autorités financières n’ont qu’une obsession : éviter une récidive. Les JP Morgan, Deutsche Bank ou BNP Paribas sont surveillés d’aussi près qu’un opéré du cœur en salle de réanimation. Des capteurs sont posés à chaque recoin de leur bilan afin de mesurer d’éventuelles tensions sur la liquidité, carences en fonds propres et poussées de fièvre sur les portefeuilles de risques.

    Le système financier en est-il plus sûr qu’auparavant ? Même pas. « Les risques globaux qui menacent la stabilité sont probablement aussi élevés que par le passé », analyse sans illusion un rapport publié le 16 novembre 2016 par le Groupe des Trente, très chic cénacle d’éminents anciens banquiers centraux ou régulateurs. Certes, les banques sont plus solides, mais il y a « une crainte que la menace sur la stabilité financière se soit déplacée des banques vers le “shadow banking” », pointe le cercle de réflexion.

    Cette « finance de l’ombre », ou finance parallèle, rappelle la célèbre publicité des années 1980 pour un soda « doré comme l’alcool », dont le « nom sonne comme un nom d’alcool », mais qui n’en est pas. Ces banques « Canada Dry » n’ont rien de secrètes. Ce sont des assureurs, des hedge funds, des fonds communs de créances ou encore des fonds monétaires, autant d’entités qui peuvent emprunter et prêter de l’argent, comme le feraient des banques, mais qui n’en sont pas et ne sont donc pas soumises au même contrôle prudentiel.



    Un rouage indispensable

    La palette est large et hétérogène. Cela va de Lendix, la plate-forme de financement participatif qui a octroyé 46 millions d’euros de prêts à des PME en 2016, à BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs mondial, qui gérait plus de 5 100 milliards de dollars (4 827 milliards d’euros) au 30 septembre 2016, soit près de deux fois le PIB de la France ! En novembre 2015, le Conseil de stabilité financière – une instance basée à Bâle et chargée par le G20 de renforcer la solidité du système financier mondial – indiquait que cette finance de l’ombre, susceptible de « faire peser un risque sur la stabilité financière », atteignait 36 000 milliards de dollars en 2014, deux fois le premier PIB mondial, celui des Etats-Unis.

    Attention, toutefois, à ne pas sombrer dans la caricature. Au début du mois d’octobre 2016, les téléspectateurs de L’Emission politique, sur France 2, avaient eu la surprise de voir Jérôme Kerviel – le tradeur condamné pour une fraude ayant coûté près de 5 milliards d’euros à la Société générale – interpeller le candidat à la primaire de la droite, Alain Juppé, en ces termes : « Il n’y a aucune réglementation sur les techniques du shadow banking. »

    C’est faux. « Nous n’avons rien d’un électron libre », s’agace Thibault de Saint Priest, associé gérant du groupe financier Acofi, qui a collecté 2,3 milliards d’euros auprès d’investisseurs institutionnels pour distribuer des prêts. « Nous obéissons à une réglementation draconienne. En tant que société de gestion de portefeuilles, nous sommes extrêmement surveillés, à la fois par nos investisseurs et par l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui contrôlent la compétence de nos équipes ou la qualité de nos systèmes. »

    Il ne faut pas l’oublier non plus, cette finance non bancaire constitue un rouage indispensable à l’économie, au moment où les établissements de crédit traditionnels, de plus en plus contraints par la réglementation prudentielle, affalent leur bilan et sont réticents à prêter aux entreprises. La politique monétaire ultra-accommodante menée par les banques centrales accentue le mouvement de transfert : dans un environnement de taux nuls, voire négatifs, les fonds de pension et assureurs raffolent des produits de dette d’entreprises, qui offrent encore de beaux rendements.

    C’est bien tout le paradoxe, les remèdes de la crise ont accentué le poids du shadow banking, qui avait pourtant été désigné comme le principal vecteur de contagion lors de la crise des subprimes. Le terme, inventé en 2007 par Paul McCulley, un économiste de Pimco, ciblait alors un circuit de financement très précis, celui du marché immobilier américain. Dans cette grande usine dans laquelle des prêts hypothécaires consentis aux ménages étaient recyclés en instruments financiers complexes, quasiment toute la chaîne de transformation échappait à la vigilance des régulateurs.

    Les experts avaient bien identifié la montée inquiétante d’instruments comme les dérivés de crédit, mais, faute de transparence, beaucoup pensaient qu’ils favorisaient une dispersion des risques, façon puzzle. Dès lors, si un défaut venait à se matérialiser, jugeaient ces optimistes, cela ­toucherait certes un grand nombre d’acteurs financiers, mais faiblement, et personne n’en mourrait…

    Cela ne s’est pas passé ainsi. D’abord, parce que le risque final s’est avéré beaucoup plus concentré que prévu sur certains acteurs, comme Bear Stearns ou Lehman Brothers. Ensuite parce que la vague de défaillances a provoqué, par effet domino, une crise de confiance aiguë qui a gelé le fonctionnement même des échanges entre banques. « S’il y a une leçon à retenir de la crise, c’est la vitesse à laquelle les apporteurs de crédit à court terme retirent leurs financements », a rappelé Daniel Tarullo, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine.

    Recensement des acteurs systémiques

    Bonne nouvelle, « les formes de crédit qui ont joué un rôle complexe en 2007 ont presque disparu », souligne Adair Turner, l’ancien patron du régulateur financier britannique, qui a piloté ces travaux du Groupe des Trente. On ne devrait plus entendre parler des CDO (Collateralized Debt Obligations) et autres monstruosités qui ont contaminé les bilans des banques du monde entier. Les nouvelles formes d’intermédiation apparaissent moins risquées.

    La mauvaise nouvelle, c’est que d’autres poches de risques ont surgi.

    L’une des grandes préoccupations des experts porte sur la montée en puissance de la finance parallèle en Chine. Les entreprises des pays émergents ont emprunté à tour de bras, souvent en dollars, en court-circuitant les banques, souvent avec leur complicité. Que se passera-t-il quand les taux remonteront ? Dès 2010, le G20 réuni à Séoul demandait au Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, FSB) de s’attaquer aux risques qui se développent en dehors du système bancaire. « Le G20 des ministres des finances veut progresser vers une régulation plus stricte des marchés financiers, en particulier concernant le shadow banking », a de nouveau plaidé l’Allemagne, qui a pris, le 1er décembre 2016, la présidence tournante du G20.



    L’un des grands chantiers en cours vise à recenser les acteurs systémiques – dont une éventuelle défaillance serait de nature à entraîner un chaos planétaire par effet domino. Objectif : leur imposer des contraintes strictes de capital ou de reporting. Chacun garde en tête cette fameuse réunion d’urgence du 23 septembre 1998, dans le bureau du gouverneur de la Fed de New York. Les patrons des grandes banques d’investissement avaient été sommés de voler au secours du hedge fund LTCM, dont la faillite avait de grandes chances de provoquer un krach sur les marchés obligataires.

    Les grands assureurs ont bataillé dur pour y échapper mais le Conseil de stabilité financière a fini par établir une liste de 9 compagnies systémiques, où figure le français Axa. Les gérants d’actifs, en revanche, comme BlackRock, ont réussi à convaincre le bras armé du G20 qu’ils n’avaient pas besoin de renforcer leur capital, puisque le risque final de leurs portefeuilles est porté par les investisseurs.
    Le Conseil, toutefois, a émis en juin une liste de recommandations visant à renforcer notamment la liquidité de ces institutions. Les discussions sont loin d’être achevées avec les gérants d’actifs. Mais ceux-ci ne sont pas les seuls dans le collimateur. De façon ironique, BlackRock a d’ailleurs enjoint le FSB de s’intéresser de près à la solidité toute relative des chambres de compensation, acteurs essentiels pour le bon fonctionnement des marchés.

    Réglementation ou assouplissement

    En parallèle, les autorités financières américaines et européennes cherchent à réglementer activité par activité. En octobre, les Etats-Unis ont ainsi réformé les règles du jeu des fonds monétaires – qui représentent 2 700 milliards de dollars. En Europe, la nouvelle réglementation Marchés financiers et infrastructures (MIF 2) doit entrer en vigueur en janvier 2018. « Alors que MIF 1 n’imposait la transparence que sur les quelques milliers d’actions admises aux négociations sur un marché réglementé européen (environ 6 000), MIF 2 étend cette exigence à des centaines de milliers d’instruments financiers, en particulier obligataires et dérivés », indique l’AMF.

    Les écarts de liquidité sont surveillés comme le lait sur le feu. Est-il raisonnable pour des fonds d’offrir aux épargnants la possibilité de retirer à tout moment leurs capitaux, quand des mois sont souvent nécessaires, par exemple, pour vendre un immeuble ? Un début de panique a touché le Royaume-Uni, début juillet 2016, après le vote du Brexit, lorsque des grands acteurs de la gestion ont suspendu les rachats de parts dans leurs fonds consacrés à l’immobilier commercial britannique, en raison d’un « manque de liquidité immédiate ». L’affaire en est restée là. Mais en août 2007, l’assèchement soudain du marché secondaire des CDO avait incité BNP Paribas à geler les retraits sur trois de ses sicav monétaires, dont les portefeuilles regorgeaient de ces produits toxiques. Cette décision avait sonné officiellement le début de la crise financière…

    Bref, la route s’annonce longue et difficile. La volonté affichée par Donald Trump, dès son élection en novembre à la présidence des Etats-Unis, d’assouplir la loi Dodd-Frank a fait l’effet d’une douche froide. Cette réglementation votée en 2010, sous l’impulsion des démocrates, visait notamment à réduire les liens entre la finance parallèle et les banques, afin d’éviter que l’une ne contamine l’autre, comme ce fut le cas en 2007-2008.

    Sachant que les Etats-Unis représentent 40 % du shadow banking, cette position du président élu pourrait bien sonner le glas de la coopération mondiale en matière de régulation financière. Dans la foulée, les Européens et les Japonais ont fait bloc pour empêcher le Comité de Bâle, le régulateur bancaire international, de resserrer encore le carcan prudentiel imposé aux banques. Sur fond de guerre économique, aucune juridiction n’a envie de handicaper son propre système financier si les autres lâchent la bride. Ce n’est pourtant pas le moment de baisser la garde. Faute de quoi, la finance de l’ombre pourrait bien, à nouveau, faire trembler le monde.

    • Oui il faut avoir peur car c’est une ultime crise qui a déjà provoqué deux guerres mondiales la FED et les banquiers ont bien mis le pied à l’étrier aux Mussolini, Hitler, et autres petits dictateurs aussi aux Usa ou le fascisme est latent (Opération Paper-clips) les marchés décident souvent à la place des peuples a quelle sauce ils doivent être dévorés. N’oublions pas qu’en Europe de l’est des partis proto-fascistes ou fascistes sont installé au plus haut du pouvoir ...Exemple l’Ukraine avec le « maidan » défendu comme « révolution » mais en vérité une révolution provoquée avec l’aide de Georges Soros et CANVAS le milliardaire Kolomoisky se plaint alors qu’il a du sang sur les mains : https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/221216/igor-kolomoisky-ils-ont-fini-par-m-avoir Non le pauvre gars a tués des miliers d’ukrainiens, escroqué le FMI et autres banques centrale et il se plaint. Attention si vous pensez que c’est faux ce que je dis écrit je peux aussi vous fournir des preuves ...


  • Hanjin Fall Is Lehman Moment for Shipping, Seaspan CEO Says - Bloomberg
    http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-09-13/hanjin-s-fall-is-lehman-moment-for-shipping-seaspan-ceo-says

    The fall of South Korea’s biggest container line Hanjin Shipping Co. is similar to the 2008 collapse of Lehman Brothers Holdings Inc. and has materially impacted the shipping industry, Seaspan Corp. Chief Executive Officer Gerry Wang said.
    […]
    The South Korean government estimates Hanjin Shipping needs at least 600 billion won [530 million USD] to cover unpaid costs like fuel and cargo handling.
    […]
    At the end of the day, the [shipping] industry has been money losing,” Wang said. “For like any industry, for long term, it’s just not sustainable.


  • Post-#Brexit global equity loss of over $2 trillion worst ever: S&P | Reuters
    http://www.reuters.com/article/us-britain-eu-stocks-idUSKCN0ZC12G

    The $2.08 trillion wiped off global equity markets on Friday after Britain voted to leave the European Union was the biggest daily loss ever, trumping the Lehman Brothers bankruptcy during the 2008 financial crisis and the Black Monday stock market crash of 1987, according to Standard & Poor’s Dow Jones Indices.


  • Lehman Brothers : les véritables dessous d’une faillite
    http://www.alterecoplus.fr/economie/lehman-brothers-les-veritables-dessous-dune-faillite-201603180700-00003

    Lehman Brothers a fait faillite car elle a pris trop de risques, c’est entendu. Mais cela n’a été possible que par des magouilles comptables, la destruction du contrôle des risques et l’utilisation de paradis fiscaux et réglementaires. Qui sont les trois véritables sources de la panique bancaire mondiale de la fin 2008.

    #banksters #acheter_les_lois


  • Ireland’s Recovery Has Nothing to Do With Austerity
    Voters headed to the polls this Friday should take heed: The Celtic Tiger got its groove back despite — not because of — the EU and IMF’s advice.

    By Philippe Legrain
    February 24, 2016

    Ireland’s Recovery Has Nothing to Do With Austerity
    After years of crisis, austerity, and wage cuts, Ireland’s economy grew by 7 percent last year, faster than China’s. With a general election on Feb. 26, the governing coalition has been quick to claim credit for this turnaround, as have policymakers in Berlin and Brussels who celebrate Ireland as the poster child of the harsh medicine they prescribed in the country’s financial assistance program. “See,” they say to Greeks and others, “if you do what you’re told, it works.” But while Ireland’s economic recovery is impressive, it has happened despite the European Union and International Monetary Fund’s policies that the government faithfully followed, not because of them.

    Understanding Ireland’s present requires first understanding its recent past. Twenty-five years ago, Ireland was the poorest country in northern Europe. Yet by the eve of the financial crisis, it had leapt to being among the richest. Thanks to growth rates matching Asia’s dynamic economies, it was dubbed the “Celtic Tiger.” That remarkable economic progress was based on attracting foreign investment, notably from American firms, with its attractive business climate, including its low corporate taxes and skilled workforce. That foreign investment, in turn, fueled an export boom. But the years before the crisis also saw the emergence of a huge property bubble, financed by reckless bank lending, which ended in an almighty bust after 2007.

    Given the size of the bubble, the bust was bound to be painful. But government policy made matters much worse. In late September 2008, in the turmoil following the collapse of Lehman Brothers, the previous Fianna Fail administration extended a two-year government guarantee to all the creditors of Ireland’s busted banks. In effect, this put taxpayers on the hook for the banks’ astronomical losses. By late 2010, when the government finally saw sense and sought not to extend the guarantee, it was strong-armed into bailing out banks’ creditors anyway by eurozone policymakers. In an outrageous abuse of power, the then president of the European Central Bank, Jean-Claude Trichet, threatened, in effect, to force Ireland out of the eurozone should it not comply.

    The upshot was that Irish taxpayers were lumbered with some 64 billion euros in bank debt — around 14,000 euros ($15,400) per person. They were forced to bail out the German, French, and British banks and other foreign bondholders who had financed Ireland’s bubble. And Ireland was pushed into the clutches of the EU and the IMF. Over the next three years, they imposed huge budget and wage cuts as a condition for lending the Irish government 67.5 billion euros, primarily to bail out the foreign creditors of bust Irish banks.

    The current Fine Gael-Labour Party coalition, which took office in March 2011, cannot be blamed for that. But it can be criticized for failing to fight in Ireland’s corner in Brussels, naively relying instead, to no avail, on other eurozone governments’ goodwill to deliver justice on the bank debt. Moreover, the present government cannot claim credit for the recovery. This was primarily due to a combination of Ireland’s underlying strengths and more favorable external factors, rather than the EU-prescribed policies that it has followed.

    For sure, the government needed to tighten its belt once the tax revenues from the property bubble had vanished. But the pace and scale of austerity were unduly harsh, not least because of the bank bailouts. Moreover, the government’s Germanic drive to bolster exports by driving down wages was misconceived. Lower wages made Ireland’s huge debts, both private and public, harder to bear. They depressed domestic demand further, pushing up unemployment. And slashing wages was based on a false premise. While Irish civil servants enjoyed bumper pay raises in the bubble era, wages in the export sector never got out of line with productivity. And since Ireland competes on the basis of its increasingly high-tech business clusters, not its low wages, wage cuts were not a sensible road to growth.

    Why, then, has the Celtic Tiger rebounded? In part, because the economies of Ireland’s two biggest export markets, Britain and the United States, have recovered, so export-led growth has resumed. A weaker euro has also helped. Above all, as research by Aidan Regan of University College Dublin shows, many of the export sectors in which the dynamic Irish economy increasingly specializes — notably biotech, pharmaceuticals, and business and computer services — have boomed. And they boosted output and employment while raising wages, not slashing them.

    A note of caution is due. Part of the recovery is an accounting fiction due to U.S. tech and other firms allocating profits to Ireland for tax purposes; the only benefit Ireland derives from this profit shifting is the low taxes charged on it. Nor is the economy out of the woods yet. While unemployment has fallen sharply, it is still 8.9 percent, and many talented young people have emigrated. Overall wages remain depressed. The government still ran a budget deficit of some 1.7 percent of GDP last year. And the Irish economy is acutely vulnerable to a slowdown in the United States or a bursting of what some think is a tech bubble.

    Still, it remains nonsense that the EU policies that the Fine Gael-Labour Party government faithfully followed triggered recovery. Nor is it true that economies with very different structures and an unbearable burden of government debt, such as Greece, could emulate Ireland’s success if only they followed instructions.

    Ireland now needs a clean broom. Fianna Fail and Fine Gael have alternated in governing the country since just after its independence nearly a century ago. Their differences derive from their stances in the post-independence civil war, rather than from ideology. Since neither has proved competent, alternatives are needed.

    Regrettably, the search for alternatives has often led down blind alleys in other European countries. Greece’s radical-left government has so far failed to obtain debt relief from its EU creditors and is not confronting the oligarchs and special interests that also hold the economy back. The racism and protectionism of the likes of Marine Le Pen’s National Front in France would be a disaster.

    But disenchanted Irish voters are rallying to mostly reasonable independents and new parties that reflect a variety of views from conservative to social democratic. Together, the upstarts are polling 29 percent, ahead of both Fine Gael and Fianna Fail. Irish people can confidently reject the old establishment parties that have mismanaged the country in recent years and embrace positive change.

    #irlande #crise_bancaire #crise_financière


  • Les ex-traders de la City au banc des accusés

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/13/les-ex-traders-de-la-city-au-banc-des-accuses_4864801_3234.html

    Au commencement était la crise financière de 2007 à 2009. Dans un premier temps, il a fallu parer au plus pressé et sauver le système bancaire d’un effondrement généralisé. Puis l’heure réglementaire est arrivée : les banques ont dû renforcer leurs fonds propres et leurs liquidités, tandis que les régulateurs haussaient le ton et multipliaient les amendes d’un montant toujours plus lourd. Depuis quelques mois, une troisième période s’est ouverte : celle de la justice.

    A Londres, le petit tribunal de Southwark, près de la City, voit défiler depuis quelques mois les procès d’anciens traders. Dans ce bâtiment en briques marron, avec sa moquette usée et l’acoustique désastreuse de ses salles d’audience, le monde de la haute finance entre en collision avec la vie de tous les jours. Des jurés qui n’ont jamais mis les pieds dans une salle de marché doivent trancher, dans des dossiers très techniques : les traders étaient-ils coupables ? En filigrane, c’est toute la crise financière qui est disséquée.

    La grande affaire du moment concerne le Libor. En août 2015, Tom Hayes, un ancien courtier d’UBS et de Citigroup, a été condamné pour avoir manipulé ce taux d’intérêt, qui sert de référence dans les prêts interbancaires, une activité qui traite pour 350 000 milliards de dollars (310 000 milliards d’euros) de produits financiers à travers le monde. La sentence fut lourde : quatorze années de prison, ramenées à onze ans en appel. Le 27 janvier 2016, six de ses supposés complices, qui travaillaient pour des maisons de courtage, ont en revanche été blanchis. Non coupables,ont
    tranché les jurés.

    Le régulateur montre les dents

    Lundi 15 février, devait s’ouvrir le troisième procès du Libor, où six traders de Barclays étaient appelés à comparaître. Mais il a été reporté à avril, après que la banque a soumis des centaines de milliers de pages de documentation supplémentaire.
    Parallèlement, les procédures préliminaires ont commencé dans l’affaire de l’Euribor, un taux similaire au Libor mais déterminé à Bruxelles plutôt qu’à Londres. Onze traders sont sur le banc des accusés, dont trois Français. Le plus gros procès pour délit d’initié jamais jugé est aussi en cours : depuis un mois, cinq hommes comparaissent, dont un ancien directeur de Deutsche Bank. Enfin, la justice doit bientôt trancher sur l’extradition vers les Etats-Unis d’un jeune trader, qui travaillait seul depuis le pavillon de banlieue londonienne de ses parents, et qui est accusé par les autorités américaines d’avoir causé le « flash crash », cette soudaine et inexpliquée chute de la Bourse de New York survenue le 6 mai 2010 – en l’espace de dix minutes, le Dow Jones avait perdu 900 points avant d’en regagner 600. Le rapport entre tous ces procès ?

    Le régulateur a décidé de montrer les dents. A Londres, après la crise, la Financial Services Authority (FSA) a été accusée à juste titre de n’avoir rien vu venir. Elle a été supprimée et remplacée par la Financial Conduct Authority (FCA), beaucoup plus agressive. Son action sur les délits d’initiés le prouve. Jusqu’en 2008, jamais la FSA n’avait lancé de poursuites judiciaires pour ce délit. Depuis, vingt-sept condamnations ont été obtenues. S’il s’agissait initialement de petites escroqueries, les affaires ont pris de l’importance, jusqu’à l’actuel procès en cours, qui concerne d’anciens gros poissons de la City.

    Un coup à jouer sur le Libor

    Le Bureau britannique des fraudes (Serious Fraud Office, SFO) a aussi durci son jeu. Quand il en a pris la direction en 2012, David Green a estimé qu’il avait un coup à jouer sur le Libor. Son prédécesseur estimait que ce scandale de manipulation d’un taux ne relevait pas d’une procédure criminelle mais du régulateur. Lui en a décidé autrement, voulant prouver que le SFO pouvait mener à bien des dossiers complexes et spectaculaires. « Nous devons nous attaquer aux cas qui mettent à mal la réputation de la City et en particulier à ceux qui ont un fort élément d’intérêt public », confiait-il en 2013.
    Les procédures judiciaires étant lentes, les procès ne déferlent que maintenant. La condamnation de Tom Hayes dans le scandale du Libor représente jusqu’à présent le principal « scalp » obtenu par les autorités. « Le message est clair : le SFO est capable de punir sévèrement le crime financier à la City », relève Leila Gaafar, avocate au cabinet WilmerHale.

    Avec cependant un malaise : traîne-t-on les bons coupables face à la justice ? « Il existe de bonnes raisons de poursuivre ces gens, qui semblent avoir franchi une ligne rouge. Mais sont-ils responsables de la crise financière ? Absolument pas », dit Peter Hahn, professeur à la Cass Business School, et ancien conseiller de la Banque d’Angleterre sur les risques bancaires. Le Libor est un taux important, parce qu’il sert de référence à des produits aussi divers que les prêts immobiliers ou des produits dérivés. Mais il n’a rien à voir avec les prêts subprimes américains. Aucune banque n’a jamais fait faillite à cause de sa manipulation.

    Selon M. Hahn, l’absence de gros poissons dans ces procès est aussi frappante. « La plus grande omission est le manque de dirigeants seniors », précise-t-il. Comme souvent, seuls les traders, excessivement bien payés mais sans responsabilité hiérarchique, sont inquiétés.

    Stupeur
    M. Hayes n’avait que 26 ans quand il a été recruté par UBS à Tokyo. « Ce jeune diplômé [il avait alors cinq ans d’expérience] rejoint un segment de la banque qui n’est d’habitude pas très profitable et il se met à gagner des centaines de millions pour UBS. Il reçoit de gros bonus. Et personne ne s’est demandé comment il faisait ? », s’agace M. Hahn.

    Son procès a depuis démontré qu’il avait mis en place un système d’entente avec d’autres traders de banques rivales et de maisons de courtage pour manipuler le Libor au niveau qu’il souhaitait.
    « Soit les dirigeants d’UBS n’ont pas posé de questions, et il faut se demander s’ils méritent d’être banquiers, continue M. Hahn. Soit ils ont posé des questions, et il faut se demander pourquoi ils n’ont pas averti les autorités. »

    Reste que la condamnation à onze ans de prison ferme de M. Hayes est bien réelle. La sentence a provoqué la stupeur parmi les dizaines de traders en attente de jugement dans le même dossier et dans l’Euribor. En marge d’un des procès, l’un d’entre eux témoignait au Monde, sous réserve d’anonymat : « Cette condamnation a été un énorme coup de bambou. J’ai toujours cru que la justice saurait faire la part des choses. Mais je m’aperçois que, face à un jury, on passe juste pour des salauds qui ont gagné des millions. »

    « On fait de nous des boucs émissaires », a déclaré Noel Cryan, l’un des courtiers blanchis dans l’affaire du Libor, à la sortie de son procès. Lui comme ses anciens confrères ont le sentiment de payer pour l’ensemble de la crise financière. Henry Blaxland, leur avocat, exhortait d’ailleurs le jury pendant le procès : « N’utilisez pas cette
    opportunité pour exprimer votre désapprobation du système bancaire en général. » Pour lui, il s’agissait d’un « procès-spectacle. » Les jurés l’ont entendu et ont jugé ses clients non coupables.

    Loupe déformante

    Parler de bouc émissaire pour tous les traders du Libor serait aller un peu loin : personne ne les a obligés à s’entendre entre eux. A l’époque, certains engrangeaient des bonus qui se comptaient en dizaines de millions d’euros. Pas vraiment le pauvre orphelin sans défense...
    Néanmoins, selon les traders, l’accusation de manipulation des marchés, qui remonte pour l’essentiel à avant la crise, revient à revoir l’histoire avec une loupe déformante. A l’époque, les acteurs du marché se parlaient entre eux couramment. Tout le monde le faisait et personne ne s’en cachait. Sur leurs ordinateurs, entre les courbes des marchés et les dernières statistiques économiques, se trouvaient des forums de discussions électroniques où ils passaient leur temps à échanger. « C’était la fabrique même du marché, confie un ex-trader, qui est poursuivi. Jamais je n’ai pensé que je faisais quelque chose d’illégal. »

    Cela ne rend pas forcément la pratique licite. Mais alors, l’ensemble des traders du Libor devraient être condamnés et leur hiérarchie avec eux. D’autant qu’au plus fort de la crise, la manipulation est remontée au plus haut niveau, y compris dans les banques centrales.
    C’était à l’automne 2008, juste après la faillite de Lehman Brothers. Le niveau du Libor était utilisé pour évaluer la santé financière de chaque banque. Si un établissement soumettait un taux haut, cela indiquait que les autres refusaient de lui prêter de l’argent. Pour éviter la panique, les taux ont donc été artificiellement baissés, avec l’approbation – au moins tacite – des dirigeants. Même la Banque d’Angleterre s’en est mêlée. Le 29 octobre 2008, Paul Tucker, alors son vice-gouverneur, a téléphoné à Bob Diamond, le directeur général de Barclays. Juste après, le niveau de Libor de la banque a baissé. Pour l’Euribor, les autorités de la Banque de France auraient ordonné aux établissements tricolores de faire de même. Mais ni M. Tucker, ni M. Diamond, ni les dirigeants de la Banque de France ne font face à la justice.


  • What I Learned from Losing $200 Million - Issue 31: Stress
    http://nautil.us/issue/31/stress/what-i-learned-from-losing-200-million

    I’d lost almost $200 million in October. November wasn’t looking any better. It was 2008, after the Lehman Brothers bankruptcy. myself recently, on the bank’s website. My first reaction was that it seemed almost farcically fashioned to “fight the last war”: The Dow drops by about half, U.S. GDP dips around 5 percent, unemployment spikes to 10 percent—basically it’s the aftermath of 2008 all over again. It doesn’t account for other potential calamities, like a breakup of the Euro, for example, or an emerging market crisis, or hyperinflation, or shock-induced feedback effects like the ones I faced with fuel. There’s also the inconvenient fact that both Fannie Mae and Freddie Mac were stress tested regularly by their regulator, and declared well capitalized—right up until they failed in 2008. (...)