company:renault

  • Les GM&S attaquent PSA et Renault en justice
    https://nantes.indymedia.org/articles/43479

    Vies brisées, carrières cassées, souffrance des familles, conséquences psychologiques, la liste des reproches des anciens salariés de GM&S à l’encontre des deux clients de leur usine est longue. Mi-octobre, ils ont obtenu l’invalidation du plan social ayant conduit à la liquidation de l’équipementier automobile et sa reprise en septembre 2017 par l’entreprise LSI. Cette semaine, ils sollicitent des compensations financières.

    #luttes #salariales #23 #creuse #luttes,salariales


  • Les « sonacos » ou la #grève_des_loyers des résidents des foyers #Sonacotra Odysséo
    http://odysseo.generiques.org/actualites/p14/les-sonacos-ou-la-greve-des-loyers-des-residents-des-foyers-sona

    Annotations :

    Le mouvement de #lutte des résidents des foyers Sonacotra s’inscrit dans un mouvement plus général de mobilisation des travailleurs immigrés qui revendiquent de meilleures conditions de travail et de logement et combattent le durcissement des conditions de séjour des étrangers en France dans les années 1970 : grèves dans les usines, comme à Renault ou Pennaroya, de 1971 à 1975 ; grèves de la faim pour obtenir des papiers de décembre 1972 à l’automne 1973, mobilisation contre les circulaires Marcellin-Fontanet qui conditionnent l’autorisation de séjour en France à la détention d’un emploi. A partir de 1975, une « grève des loyers » débute au foyer Romain-Rolland de (...)

    #immigration #-1970~ #-France


  • Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française René Naba - /oumma.com
    https://oumma.com/deconstruction-des-mythes-fondateurs-de-la-grandeur-francaiseune-lecture-frac
    http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deconstruction-des-mythes-fondateurs-de-la-grandeur-francaise

    Une lecture fractale de l’Histoire de France : Réponse à Bruno Gollnisch, Philippe Val, Philippe Douste Blazy et Nicolas Sarkozy

    La scène se passait en juin 1998, il n’y a pas si longtemps, huit ans environ à peine, un mois avant la grande communion multicolore du Mondial, la première victoire de la France bariolée dans le championnat du Monde de Football : Bruno Gollnisch, le successeur potentiel du dirigeant du Front National Jean Marie Le Pen, exhibait, au terme d’une conférence de presse, un attaché-case, dont il révélait le code secret de verrouillage comme un trophée de guerre (1).

    Le code secret par définition doit demeurer secret. Il se conserve comme une sainte relique. Pour M.Gollnisch, cela n’est évidemment pas le cas : le secret est public surtout lorsqu’il s’agit de stigmatiser, surtout lorsqu’il s’agit de glaner un succès à bon compte. Chacun a les satisfactions intellectuelles de son niveau d’éducation.

    Ménageant ses effets, il déclame en public sa combinaison magique de trois chiffres, l’égrenant lentement 7-3-2 dans un mouvement jouissif libérateur. 732. l’effet est assuré. 732, #Poitiers. La victoire controversée de #Charles_Martel sur les troupes arabes d’Abdel Rahman.

    Cela se passait donc en 1998 et #Gollnisch prenait pour référence un événement datant de 1266 ans. 1266 ans de rumination historique. Sans doute la marque manifeste du zèle d’un néophyte. 1266 ans de rumination pour ce Français de la troisième génération, comme l’on désigne en France les petits fils d’immigrés, en l’occurrence un petit fils d’immigrés allemands.


    Correspondant de guerre sur les théâtres d’opérations extérieurs du territoire métropolitain, l’exhibition impudique de Bruno Gollnisch, la passivité des #journalistes présents devant sa vaine et vaniteuse démonstration ont opéré comme un déclic en moi me propulsant dans une navigation sidérante dans le tréfonds de la conscience française, dont je souhaite vous livrer les conclusions sans appétence polémique particulière, dans le droit fil de la thématique de ce colloque « D’une rive à l’autre, Ecrire l’Histoire, Décoloniser les Esprits ».

    L’exercice ne relève ni de la démagogie, ni d’un populisme de bon aloi, de bonne guerre il est vrai, dans ce genre de démonstration. Il vise à apporter une contribution à la clarification sémantique et psychologique du débat post-colonial par le pistage des non-dits de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français.

    Ni populisme, ni démagogie, ni dénigrement non plus. Mais l’application de l’analyse de contenu à de constats qui s’ils sont lapidaires ne sont nullement sommaires ni rudimentaires.

    Une thérapie par électrochocs en somme. Un voyage révélateur des présupposés d’un peuple, des ressorts psychologiques d’une nation et de la complexion mentale de ses dirigeants.

    Embarquons nous donc pour ce voyage de #déconstruction des mythes fondateurs de la #grandeur_française avec un grand merci pour Bruno Gollnisch d’en avoir été, involontairement, l’élément déclencheur.
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    Le Panache français ou le mythe de la grandeur
    Le propos n’est pas anodin. Il correspond à une réalité indéniable : la dernière grande victoire militaire française remonte à deux siècles. Oui deux siècles exactement. #Austerlitz. Certes il y eut #Valmy et le Pont d’Arcole. Puis Austerlitz. Le panache français en somme. Puis. Plus rien….drôle de panache. Ce fut ensuite Waterloo (1815), face aux Anglais, Sedan (1870), face aux Allemands, Fachoda (1898), qui brisa net l’accès de la France aux sources du Nil, au Soudan. Soit près d‘un siècle de désastres militaires ininterrompus, compensés, il est vrai, par les conquêtes coloniales notamment l’#Algérie. A croire que les expéditions coloniales sont d’utiles palliatifs aux désastres nationaux et par transposition au débat contemporain, les immigrés d’indispensables dérivatifs aux difficultés internes.

    #VERDUN 1916 et Rethondes I (l’armistice du 11 novembre 1918), cent ans après Waterloo refermeront la parenthèse néfaste. Mais là, les Français ne sont pas seuls. Ils ne peuvent plus revendiquer la victoire à leur bénéfice exclusif. C’est une « victoire alliée » qu’ils devront partager avec leurs alliés britanniques et américains mais aussi avec les nouveaux venus de la scène internationale : les #Basanés. 550.449 soldats de l’Outre mer dont 173.000 Algériens, soit 20 pour cent des effectifs et 10 pour cent de la population du pays participeront à l’effort de guerre de la France. 78.116 #ultramarins tomberont sur le champ d’honneur, soit l’équivalent de la totalité de la population de #Vitrolles et d’#Orange prises ensemble, les deux fiefs de l‘extrême droite française contemporaine.

    La pensée peut paraître sacrilège mais elle correspond, là aussi, à la réalité : Verdun est à ce titre autant une victoire française qu’une victoire arabe et africaine. Certes la « chair à canon » était présentée comme étant de peu de valeur face à la qualité des stratèges du Haut commandement. Mais le fait est là aussi démontré : Après Verdun beaucoup avaient cru naïvement que la France s’était réconciliée avec la victoire. Et bien non. 1940 et #Rethondes Bis (la capitulation de #Montoire du 21 juin 1940) apporteront la preuve du contraire. #Monte_Cassino (1944) lavera l’honneur français mais la plus grande victoire française de la Deuxième Guerre mondiale est une victoire mixte : Cent mille (100.000) soldats alliés, contre 60.000 Allemands, ainsi que 4000 ressortissants du #Maghreb auront payé de leur vie cette victoire. 4.000 originaires du Maghreb sur 6.300 tués dans les rangs français, soit les 2/3 des effectifs. Monte Cassino est donc tout autant une victoire alliée, qu’une victoire française, arabe et africaine.

    Le schéma est identique en ce qui concerne le domaine naval. Le dernier fait d’armes français -controversé tout de même- remonte à #Aboukir (1799). Puis ce fut au tour de Trafalgar (1805), Toulon (1942), le Charles de Gaulle et son hélice manquante durant la guerre d’Afghanistan (2001), la première guerre du XXI me siècle, enfin les pérégrinations de l’ancien joyau de la flotte française, le Clemenceau, en 2005. On aurait rêvé meilleur traitement à De Gaulle et à Clemenceau, tout de même deux personnages considérables de l’Histoire de France.

    Victorieuse avec ses anciens colonisés, la France retrouvera le chemin de la défaite lorsqu’elle se dressera contre eux. Carbonisée à #Dien_Bien_Phu (1954) contre le Vietnam, première victoire d’un pays du tiers monde sur un pays occidental, ainsi qu’en Algérie (1954-1962).
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    Le tryptique républicain (#Liberté, #Egalité, #Fraternité), le mythe fondateur de l’exception française.
    A) La liberté : 
La Colonisation est la négation de la Liberté. La #Colonisation n’est pas, loin s’en faut, « la mise en valeur des richesses d’un pays transformé en #colonie » selon la plus récente définition du dictionnaire « Le Petit Robert » Edition -2007

    La liberté et La colonisation sont proprement antinomiques. Car la colonisation est l’exploitation d’un pays, la spoliation de ses richesses, l’asservissement de sa population au bénéfice d’une #Métropole dont elle est, en fait, un marché captif, le réservoir de ses matières premières et le déversoir de son surplus démographique, de sa main d’œuvre et de sa surpopulation, le volant régulateur du chômage et de l’inflation dans les sociétés occidentales.

    Contraire aux idéaux de Liberté, d’Egalité et de fraternité, les principes fondateurs de la Révolution Française, la colonisation est le fossoyeur de l’#idéal_républicain. Elle l’aura été quand bien même d’illustres figures françaises, telles Léon Blum, la conscience morale du socialisme, auront voulu – déjà- en célébrer les bienfaits comme un devoir de faire accéder à la civilisation les peuples primitifs (2).

    Par transposition au débat contemporain, la rhétorique de #Léon_Blum est comparable à celle de la nouvelle conscience de la nouvelle gauche française, le philosophe #André_Glucksman, présentant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 comme une contribution occidentale à l’instauration de la démocratie en terre arabe et non comme la mainmise américaine sur les gisements pétroliers de ce pays. « Le fardeau de l’homme blanc », théorisé par l’anglais Kipling, est un alibi commode, le thème récurrent à toutes les équipées prédatrices du monde occidental.
    B ) L’Egalité : 
L’exception française est une singularité : Premier pays à avoir institutionnalisé la terreur comme mode de gouvernement, avec Maximilien de Robespierre, sous la Révolution française (1794), la France sera aussi le premier pays à inaugurer la #piraterie_aérienne, en 1955, avec le déroutement de l’avion des chefs historiques du mouvement indépendantiste algérien Ahmad Ben Bella, Mohamad Khider, Mohamad Boudiaf et Krim Belkacem), donnant ainsi l’exemple aux militants du tiers-monde en lutte pour leur indépendance.

    La récidive dans la singularité est aussi un trait de l’exception française : En effet, ce pays jacobin, égalisateur et égalitaire se singularisera, aussi, en étant le seul pays au monde à avoir officialisé le « #gobino-darwinisme juridique », à avoir codifié en Droit « la théorie de l’inégalité des #races », une codification opérée sans discernement, pour promouvoir non l’égalité, mais la #ségrégation.

    La « Patrie des Droits de L’Homme » et des compilations juridiques modernes -le code civil et le code pénal- est aussi le pays de la codification discriminatoire, le pays de la codification de l’abomination : le pays du« #Code_Noir » de l’esclavage, sous la Monarchie, du « Code de l’#indigénat » en Algérie, sous la République, qu’il mettra en pratique avec les « expositions ethnologiques », ces « #zoos_humains » (3) dressés pour ancrer dans l’imaginaire collectif des peuples du tiers monde l’idée d’une infériorité durable des « peuples de couleur », et, par contrecoup, la supériorité de la race blanche comme si le blanc n’était pas une couleur, même si elle est immaculée, ce qui est loin d’être le cas.

    Un chiffre suffit à démontrer l’inanité de ce principe d’égalité : Trois membres du dernier gouvernement de l’ère chiraquienne présidé par Dominique De #Villepin (2005) ont été affectés à la mise en œuvre de ce principe dans ses diverses déclinaisons : la cohésion sociale (Jean Louis Borloo), la promotion de l’égalité des chances entre Français de souche et Français naturalisés (Azouz Begag) enfin la parité Hommes-femmes (Catherine Vautrin).

    Ce principe d’égalité est pourtant l’un des principes fondateurs de la République, entériné comme bien commun de la nation depuis deux siècles. Que n’a-t-on songé à le mettre en œuvre auparavant ? A croire que la laïcité ce concept unique au monde ne s’est forgé que pour servir de cache-misère à un #chauvinisme récurrent de la société française.

    Les hochets offerts épisodiquement non aux plus méritants mais aux plus dociles, en guise de lot de consolation, loin d’atténuer cette politique discriminatoire, en soulignent la parfaite contradiction avec le message universaliste de la France. Ils l’exposent à de douloureux retours de bâtons.

    C) Fraternité : Le #Bougnoule, la marque de stigmatisation absolue, le symbole de l’ingratitude absolue.
    La fraternisation sur les champs de bataille a bien eu lieu mais la fraternité jamais. Jamais pays au monde n’a autant été redevable de sa liberté aux peuples basanés et pourtant jamais pays au monde n’a autant compulsivement réprimé ses alliés coloniaux, dont il a été lourdement redevable de sa survie en tant que grande nation. De Fraternité point, mais en guise de substitut, la stigmatisation, la #discrimination et la #répression à profusion.

    Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à #Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de #Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à #Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

    ((A noter qu’en Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population #Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -#Canada, #Australie, #Nouvelle Zélande, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’#Inde et du #Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (#Indochine, Algérie).

    « Bougnoule » tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante-mortem.
    La revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul, apporte l’#alcool »- le breuvage galvanisateur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs.

    Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXme siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux #Nord-Africains. Synonyme de #bicot et de #raton » (4). Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », #arabo-berbères et #négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par « #ratonnade » une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

    Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse, d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral…….Une revanche posthume du bougnoule, en quelque sorte.
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    La France du triptyque républicain : une vision ethniciste face au phénomène exogène.
    L’affirmation peut paraître péremptoire, n’y voyons aucune malice, mais correspond néanmoins à la réalité historique : Le clivage communautaire a préexisté en France dans l’esprit des autorités et des citoyens du pays d’accueil bien avant qu’il ne prenne corps dans l’esprit des migrants.

    Par transposition du schéma colonial à l’espace métropolitain, l’immigré en France a longtemps été perçu comme un indigène, ce qui faisait paradoxalement de l’immigré, l’indigène de celui qui est étymologiquement l’indigène (5), une main-d’oeuvre relevant de la #domesticité de convenance, dont l’expatriation assurait sa subsistance et l’obligeait par voie de conséquence à un devoir de gratitude envers le pays hôte.

    D’extraction modeste, affecté à des taches subalternes et pénibles de surcroît non valorisantes, l’immigré, parqué en marge des villes, était par définition et par destination un être en marge de la société, un élément #marginal et non une composante de la société française. Il n’avait de ce fait ni droit de cité, ni droit de regard, ni a fortiori droit de parole.

    L’immigré a été d’autant plus occulté qu’il deviendra durant les années 1950-1970 responsable de tous les maux diplomatiques et économiques français : du désastre de Dien Bien Phu, en 1954, à la Guerre d’Algérie, à l’expédition franco-britannique de Suez contre le symbole du nationalisme arabe Nasser, en 1956, à l’affrontement de Bizerte et la décolonisation de l’Afrique, en 1960, à la 3ème guerre israélo-arabe de juin 1967, à la première crise pétrolière, en 1973, autant d’événements qui ont fini par diaboliser l’immigré notamment “#arabo-musulman” dans le regard du français.

    Dans le domaine de l’imaginaire et le champ de la production intellectuelle, l’arabe représentait alors par compensation “le mal absolu” identifié dans le langage courant par cette rodomontade musculatoire : “le bougnoule à qui l’on doit faire suer le burnous”.

    Par un faux effet d’optique, la France se donnera l’illusion de venger ses avatars d’Algérie et, par un philosémitisme actif, l’illusion de sa rédemption, substituant une arabophobie à une judéophobie, en somme une injustice à une autre injustice, feignant par là même d’ignorer que l’injustice ne se combat pas par une autre #injustice.

    Symptomatique de cet état de fait, le #harki, celui-là même qui dans le schéma mental français devait représenter le bon arabe ou le bon immigré puisqu’il s’était rangé de son côté, c’est à dire du bon côté, sera gommé de la conscience nationale et dissimulé dans les recoins arides du pays, dans une démarche symbolique destinée à refouler ce « déchet du colonialisme » dans le tréfonds de la conscience.

    La crispation identitaire française remonte, en fait, sur le plan national, aux premières vagues d’immigration de l’ensemble arabo-musulman, principalement du Maghreb, le ponant du monde arabe, plus précisément à la Première Guerre Mondiale (1914-1918). Avec 1,4 millions de morts, 900 000 invalides, la France déplorera la perte de 11 pour cent de sa population active du fait du premier conflit mondial, à laquelle il conviendrait d’ajouter les dégâts économiques : 4,2 millions d’hectares ravagés, 295 000 maisons détruites, 500 000 endommagés, 4.800 km de voies ferrées et 58.000 km de routes à restaurer et 22 900 usines à reconstruire et 330 millions de m3 de tranchées à combler.

    Les premiers travailleurs immigrés, des #Kabyles, arriveront en France dès 1904 par petits groupes, mais la Première Guerre Mondiale provoquera un effet d’accélérateur entraînant un recours massif aux « travailleurs coloniaux » auxquels se superposeront les renforts des champs de bataille comptabilisés sous une autre rubrique.

    L’indigène lointain cède la place à l’immigré de proximité. De curiosité exotique que l’on exhibe dans les zoos humains pour glorifier l’action coloniale française, le mélanoderme deviendra progressivement une donnée permanente du paysage humain de la vie quotidienne métropolitaine, sa présence vécue comme une contrainte, exacerbée par la différenciation des modes de vie entre immigrés et métropolitains, les fluctuations économiques et les incertitudes politiques du pays d’accueil

    Paradoxalement, dans la période de l’entre-deux guerres (1918-1938), la France va favoriser la mise en place d’une « République Xénophobe » (6), matrice de l’idéologie vichyste et de la « préférence nationale », alors que son besoin en main d’oeuvre est criant. Bien que contribuant à sortir la France de son champ de ruine, les travailleurs immigrés seront tenus en suspicion, pistés au sein d’un grand « fichier central ».

    Soumis pour l’obtention de la carte de séjour à une taxation équivalant parfois à un demi mois de salaire, source de revenus complémentaire pour l’Etat français, ils seront de surcroît perçus comme porteurs d’un triple péril : péril économique pour leurs concurrents français, péril sanitaire pour la population française dans la mesure où l’étranger particulièrement les Asiatiques, les Africains et les Maghrébins étaient présumés porteurs de maladies, péril sécuritaire pour l’Etat français.

    Près de deux cent mille « #travailleurs_coloniaux » (200 000) seront ainsi importés d’Afrique du Nord et du continent noir par de véritables corporations négrières, telle la « Société générale de l’immigration » (#SGI), afin de pallier la main d’oeuvre française principalement dans le bâtiment et l’industrie textile en remplacement des soldats français partis au front. Dans la cohorte de travailleurs immigrés, venus d’abord principalement d’Italie et de Pologne, les Maghrébins feront l’objet d’une attention spéciale de la part des pouvoirs publics.

    Un « Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains chargé de la répression des crimes et des délits » est constitué le 31 mars 1925. Un bureau spécial rien que pour les Maghrébins, précurseur du « service des #questions_juives » que le pouvoir vichyste mettra en place en 1940 pour la surveillance des nationaux français de « race ou de confession juive » durant la Seconde Guerre mondiale.
    ((NDLR Citation de l’article de la juriste Danièle Lochak « La race, une catégorie juridique ? »
    (http://www.anti-rev.org/textes/Lochak92a ) :
    « la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs dispose : “Est regardé comme juif pour l’application de la présente loi toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif”. Cette définition, qui laisse en suspens la question de savoir comment sera déterminée l’appartenance des grands-parents à la race juive, sera remplacée, dans la loi du 2 juin 1941, par une définition plus explicite : “Est regardé comme juif :

    1° celui ou celle appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu d’au moins trois grands-parents de #race juive, ou de deux seulement si son conjoint est lui-même issu de deux grands-parents de race juive. Est regardé comme étant de race juive le grand-parent ayant appartenu à la religion juive ;

    2° celui ou celle qui appartient à la religion juive et qui est issu de deux grands-parents de race juive”. »

    L’intitulé de l’office en dit long quant à l’opinion du gouvernement français et de ses intention à l’égard des « indigènes » d’Afrique du Nord. Le phénomène ira en s’amplifiant avec la Deuxième Guerre Mondiale et les trente glorieuses années de l’après-guerre (1945-1975) qui suivirent la reconstruction de l’Europe, où le besoin de « chairs à canon » et d’une main d’oeuvre abondante à bas prix provoqueront un nouveau flux migratoire égal en importance au précédent.

    Luxe de raffinement, le recrutement s’opérait selon des critères d’affinités géographiques au point de constituer de véritables couples migratoires en particulier entre Renault et l’embauche kabyle, charbonnages de France et les travailleurs du sud marocain, de même qu’en Allemagne, Wolkswagen et les immigrés turcs.

    A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, les travailleurs coloniaux faisaient même l’objet d’une #notation en fonction de leur nationalité et de leur race (7) avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance notamment au sein des Algériens où les Kabyles bénéficiaient d’un préjugé plus favorable que les autres composantes de la population algérienne. Le Kabyle était invariablement noté 5/20, l’arabe 4/20 et l’Indochinois 3/20. Ho Chi Minh témoin de cette humiliante notation ethnique lors de son séjour parisien, se vengera trente ans plus tard en infligeant à son ancien maître l’une des plus humiliantes défaites militaires du monde occidental, la défaite de Dien Bien Phu en 1954.

    Muettes, les blessures de l’histoire ne cicatrisent jamais.
    La France s’affiche volontiers révolutionnaire mais se révèle, en fait, profondément conservatrice. La France du triptyque républicain a eu un comportement liberticide avec la colonisation, ethniciste dans sa politique migratoire, un comportement sociocide dans sa structuration socio-culturelle et démographique.
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    Le mythe de la politique arabe de la France
    Philipe Val, le directeur conformiste de l’hebdomadaire faussement anarchiste Charlie Hebdo, impute la collaboration vichyste anti-juive à « la politique arabe de la France ». Ce mémorialiste des temps modernes qui se vit en rival contemporain du cardinal de RETZ, s’imagine, par ce raccourci non pas audacieux mais hasardeux, exonérer la France de l’#antisémitisme récurrent de la société française.

    Sauf à prêter aux Arabes une capacité d’anticipation d’une hardiesse rare confinant à un machiavélisme suprême, en vue de soudoyer l’Etat-Major français pour le conduire à faire condamner pour « haute trahison » un officier français de confession juive, le Capitaine Alfred Dreyfus, ou encore à gangrener le haut commandement politico-militaire français en vue de savourer le désastre de 1940, l’antisémitisme en France a préexisté à la présence arabe et musulmane en France.

    Le plus grand déferlement d’Arabes et de Musulmans en France est survenu à l’occasion de la Deuxième Guerre Mondiale, non pour l’appât du gain -« pour manger le pain des Français »-, mais bien pour libérer avec d’autres le pays du joug nazi, pour aider à la défense d’un pays que ses habitants n’ont pas su, pas pu ou pas voulu défendre… C’est-à-dire près de cinquante ans après l’affaire Dreyfus et dans la foulée de la capitulation de Montoire.

    Et, que je sache, le « Bureau des affaires juives », a eu pour précurseur immédiat « le Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains » dont la création, en 1925, n’a pas suscité la moindre protestation des Français sans doute trop occupés à l’époque à magnifier leur supériorité dans l’admiration des « zoos humains »

    La thèse de Philipe Val ne résiste pas à une analyse un tant soit peu sérieuse. Mais qui a jamais soutenu que Philippe Val était un analyste ? Sérieux de surcroît ? Elle participe néanmoins d’une falsification de l’Histoire, d’un sournois travail de révisionnisme anti-arabe.

    Une politique se juge sur la durée. A l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, se révèle être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. Qu’on en juge. L’histoire en est témoin.

    La contribution des Arabes à l’effort de guerre français en 1914-1918 pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine a été franche et massive. Sans contrepartie. La France, en retour, vingt ans après cette contribution, a témoigné de sa gratitude à sa façon…… en amputant la #Syrie du district d’Alexandrette (1939) pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première guerre mondiale.

    Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, la France, récidiviste, carbonisera la première manifestation autonomiste des Algériens, à Sétif, le jour même de la victoire alliée, le 9 mai 1945, une répression qui apparaîtra rétrospectivement comme une aberration de l’esprit sans doute unique dans l’histoire du monde, dont les effets se font encore sentir de nos jours.

    Dix ans plus tard, en 1956, de concert avec Israël et la Grande Bretagne, la France se livre à une « expédition punitive » contre le chef de file du nationalisme arabe, Nasser, coupable d’avoir voulu récupérer son unique richesse nationale « le Canal de Suez ». Curieux attelage que cette « équipée de Suez » entre les rescapés du génocide hitlérien (les Israéliens) et l’un de leur ancien bourreau, la France, qui fut sous Vichy l’anti-chambre des camps de la mort.

    Curieux attelage pour quel combat ? Contre qui ? Des Arabes, ceux-là mêmes qui furent abondamment sollicités durant la deuxième guerre mondiale pour vaincre le régime nazi, c’est-à-dire l’occupant des Français et le bourreau des Israéliens. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme élaborée de l’exception française, on aurait rêvé meilleure expression de la gratitude.

    Très concrètement, la politique arabe de la France a consisté, historiquement, en une opération de restauration de la souveraineté nationale dans les centres de décision du pouvoir politique français, après la guerre de juin 1967, par la rupture de la relation fusionnelle qui existait qui, au mépris de l’intérêt national, entre services français et israéliens.

    Bon nombre d’entre vous se rappellent peut-être le chef de la mission d’achat militaire israélienne en France disposait, à l’époque, non pas à l’ambassade israélienne, mais au sein même du ministère français des armées, d’un bureau jouxtant celui du directeur de cabinet du ministre, une proximité sans précédent même dans les pays colonisés.

    Bon nombre d’entre vous gardent peut être présent à l’esprit l’implication des services israéliens et français dans l’enlèvement du chef charismatique de l’opposition marocaine #Mehdi_Ben_Barka, en 1965, en plein jour, en plein Paris, ou encore le vol des cinq vedettes de Cherbourg par les Israéliens (Décembre 1969), la plus concrète manifestation sinon de la connivence du moins de la passivité des services français à l’égard des coups de main israéliens.

    L’ouverture de la France vers les pays arabes, en 1967, au terme d’une rupture de onze ans consécutive à l’expédition de Suez, lui a valu un regain de prestige après deux décennies de déboires militaires en Indochine et en Algérie, la conquête des marchés pétroliers, notamment l’#Irak, l’ancienne chasse gardée des Anglais, la percée majeure de la diplomatie gaulliste de la seconde moitié du XXme siècle, ainsi que de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite,

    L’illustration patente de la disparité de traitement entre Français et Arabes est la première crise de l’#énergie en 1973. A cette date, la France est officiellement le partenaire privilégié du Monde arabe, officiellement épargnée par le boycottage pétrolier anti-occidental, le principal bénéficiaire du boom pétrolier, le principal bénéficiaire des contrats pétro-monarchiques, mais les Français se cramponnent à une xénophobie lancinante, crispés sur un comportement guidé par une psychorigidité nourrie d’une nostalgie de grandeur.

    Tout le monde garde présent à l’esprit les traits d’humour d’une époque où les Français exultaient de compenser leur absence de ressources naturelles par une prétendue supériorité intellectuelle, affichant leur fierté de ne “pas avoir de pétrole mais des idées”, formule qui peut se décrypter de la façon suivante : “pas d’essence, mais la quintessence de l’esprit”, humour que sous-tendait une #arabophobie ambiante dans une période où les arabo-musulmans étaient cloués au pilori pour avoir osé frigorifier les Français avec leur crise de l’énergie.

    Le renchérissement du coût du pétrole était vécu comme un crime de lèse-majesté, alors qu’il s’agissait d’un problème de rajustement des prix du brut, longtemps outrageusement favorables aux économies occidentales.

    La contradiction entre l’ouverture pan-arabe de la diplomatie française et la crispation identitaire de l’opinion française posait déjà à l’époque le problème de la mise en cohérence de la politique française à l’égard du fait arabo-musulman.

    L’universalisme français a pratiqué à destination du monde arabo-musulman une « politique des minorités », contraire à ses principes fondateurs, institutionnalisant et instrumentalisant le confessionalisme et le communautarisme, se servant des Maronites (au Levant) et des Kabyles (au Ponant) comme levier à une re-christianisation de la rive méridionale de la Méditerranée, interdisant aux Algériens sur le sol même de leur patrie, l’usage de leur langue nationale, infligeant à ce pays un dégât plus important que les ravages de 130 ans de la colonisation, le dommage de l’esprit,— l’acculturation—, dont les effets corrosifs et pernicieux se font encore sentir de nos jours et qui expliquent pour une large part les crises cycliques entre les deux pays.

    La politique arabe de la France c’est cela aussi. Muettes et douloureuses, les blessures de la mémoire ne cicatrisent jamais.
    .
    La France : Aimez- là ou quittez-là ou le mythe de l’excellence française
    Ce mot d’ordre n’a même pas le mérite de l’originalité. IL a été emprunté à #Ronald_Reagan, le président Rambo des Etats-Unis de la décennie 1980 (1980-1988) qui entendait par cette formule neutraliser les critiques contre l’aventurisme américain dans la période post Vietnam (1975-1980).

    Empruntée à Reagan en vue de son application électoraliste en France par le dirigeant de la droite traditionaliste #Philippe_de_Villiers, reprise et amplifiée par…#Nicolas_Sarkozy, ce « Français de la deuxième génération » selon la dénomination en vigueur en France pour les citoyens originaires du tiers monde.

    Le clonage de l’Amérique n’est pas la marque de l’originalité.

    Les basanés de France sont là et bien là. Durablement ancrés dans le paysage politique et social français. Eux dont « le rôle positif » n’a jamais été célébré avec solennité, sinon que d’une manière, incidente quand il n’a pas été plus simplement nié ou controversé.

    En France, non pas leur pays d’accueil, mais leur pays d’élection.

    Déterminés à défendre la haute idée que la France veut donner d’elle-même au Monde.

    A combattre tous ceux qui fragilisent l’économie par une gestion hasardeuse, tous ceux qui discréditent la politique par une connivence sulfureuse,

    Tous ceux qui polluent l’image de la France, à coups d’emplois fictifs et de responsabilité fictive, de rétro-commissions et de frais de bouche, de délits d’initiés et d’abus de biens sociaux

    Ces messieurs des frégates de Taiwan et de Clearstream,
    Du Crédit Lyonnais et de la Compagnie Générale des Eaux,
    D’Elf Aquitaine et d’EADS,
    D’Executive Life et de Pechiney American-Can
    Des marchés d’Ile de France et de HLM de Paris, de la MNEF et d’Urba-Gracco,
    Ceux qui dévalorisent leur justice à coups d’affaires d’#Outreaux, d’écoutes téléphoniques illégales, de tri sélectif et de « #charters de la honte »
    Qui dévalorisent leurs nationaux à coups de bougnoule et de ratonnades, de racaille et de Karcher.

    Contre la « France d’en bas » qui gouverne le pays, la France des basses manoeuvres et des bas calculs, des « zones de non droit et de passe-droits », des nominations de complaisance et des appartements de fonction, la France qui refuse de donner un coup de pouce au SMIC, qui « cristallise », c’est-à-dire, fige à sa portion congrue, les retraites des anciens combattants « basanés » de l’armée française, mais qui relève de 70 pour cent le salaires des ministres nantis, qui gorge de « stock options et de parachutes dorés » les gérants en déconfiture, tels ceux de Vinci et de Carrefour, qui recycle la forfaiture dans l’honorabilité, propulsant au Conseil d’Etat, le temple de la vertu républicaine, en guise de rétribution pour services rendus dans la diversion de la justice, tel ministre de la justice, passé dans l’histoire comme le plus célèbre intercepteur d’hélicoptères des annales judiciaires internationales.

    En un mot contre cette posture du mépris et de l’irresponsabilité la singulière théorie du fusible à la française » qui exonère le responsable de toute responsabilité par une sorte de privilège anti-démocratique tirant sa justification dans une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française.

    Contre la criminalisation du politique, cet état de fait symptomatique de la France contemporaine illustré particulièrement par la présidence Chirac, dont la double mandature (1995-2000), douze ans, aura été polluée par de retentissants scandales politico-financiers en rapport avec l’argent illicite, sans pour autant que soit discrédité le chef de l’état français -le parangon de la « fracture sociale », de « l’état modeste » et d’un « siècle de l’Ethique », réélu en dépit des dérives autoritaro-mercantiles de son magistère.

    Le président Chirac précisément et non son prédécesseur François Mitterrand, en application de l’aveu d’un spécialiste du brigandage politique, Jean Montaldo, un chiraquien désabusé qui soutient, paroles d’expert, que « de Mitterrand à Chirac nous sommes passés du stade artisanal au stade industriel », dans le domaine de la corruption (8).

    N’y voyez aucune interférence électoraliste ou partisane : L’histoire d’aujourd’hui est la mémoire de demain et il importe d’être vigoureux dans la dénonciation des dérives contemporaines pour prévenir de douloureuses réminiscences de la mémoire future.

    « Le casier judiciaire de la République » présente ainsi l’édifiant bilan suivant : Neuf cent (900) élus mis en examen soit pour #délinquance financière, soit pour atteintes aux biens et aux personnes y compris les crimes sexuels. Ce bilan porte sur la décennie 1990-2000. Gageons que le bilan de la présente décennie est en passe d’être identique.

    La « #tolérance_zéro » à l’égard de la criminalité en col blanc se devrait d’être pourtant un impératif catégorique de l’ordre républicain en vertu du principe de l’exemplarité de l’Etat.

    La capitulation de Sedan face à l’Allemagne en 1870-71 a donné naissance à la III me République, la capitulation de Montoire (9) face à Hitler en 1940 à la IV me République (1946), celle de Dien Bien Phu et d’Algérie en 1955, à la V me République (1958), avec leurs cortèges de grandes institutions : Sedan à la création de « sciences po », l’Institut des Etudes Politiques de Paris et Montoire à la fondation de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration (1945). Le pays des « Grandes Ecoles », des concours pépinières des élites, des scribes et des clercs, -cinq millions de fonctionnaires en France en l’an 2.000, le plus fort contingent de l’Union européenne, soit 20 pour cent de la population active- ne tolère pas de retour sur son passé. Il ne conçoit que les perspectives d’avenir. Jamais de rétrospectives, ni d’introspection. toujours des prospectives. Une fuite en avant ?

    Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat s’impose tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil, en guise de mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre l’amnésie sur les « crimes de bureau » de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XX me siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

    Cette dérive a été sanctionnée d’ailleurs lors de la première consultation populaire à l’échelon national du XXI me siècle. « Une des plus grandes bévues démocratiques de l’histoire contemporaine de la France », selon l’expression de l’écrivain indo britannique Salman Rushdie, la présidentielle de 2002 qui avait mis aux prises un « superfacho » et un « supermenteur », -selon la formule en vigueur à l’époque-, révélera aux Français et au Monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé par les élites depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (1945), au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation #postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane. Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde auraient dû pourtant banaliser la présence des « basanés » sur le sol français, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration conférer à l’Islam

    le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’#Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.

    Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la #Conférence_Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

    L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91) ou encore la guerre d’Afghanistan (2001-2002), la guerre d’Irak et la guerre du Liban (2006).

    Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses.
    Facteur d’intermédiation socioculturelle, les bougnoules des temps anciens, #sauvageons des temps modernes, paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à devenir de véritables « passeurs de la #Francophonie », l’avant-garde de « l’arabofrancophonie culturelle » (10) que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.

    A l’entame du IIIème millénaire, la « patrie de la mémoire courte » souffre d’évidence d’un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d’une grave crise d’identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l’apport culturel de l’immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l’ambition de la France de faire de la Francophonie, l’élément fédérateur d’une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l’hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.
    .
    Conclusion
    Cinq ans après la bourrasque lepéniste aux présidentielles françaises de 2002, alors que la France s’apprête, en 2007, à se choisir un nouveau président, il m’a paru salutaire de pointer les incohérences françaises. De démystifier le discours politique officiel, et, au delà du clivage droite-gauche de la classe politique française, de recentrer le débat sur le fait migratoire en mettant l’imaginaire français à l’épreuve des faits historiques et de la réalité quotidienne nationale en vue d’apporter ma contribution à la mutation post-coloniale de la France.

    L’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est antinomique d’une culture de l’#impunité et de l’#amnésie, une culture érigée en un #dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

    Mes remerciements renouvelés vont donc en premier lieu à Bruno Gollnisch, Philippe Val, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy, initiateur, en tant que député de Toulouse, du projet de loi controversé sur le « rôle positif » de la colonisation, ainsi que naturellement à Nicolas Sarkozy, pour leur inestimable contribution à la remise en ordre de ma formation universitaire, un exercice qui m’a permis de prendre conscience du « rôle positif » de la colonisation….. des Colonies par rapport à la Métropole et des colonisés à l’égard de leurs colonisateurs-oppresseurs.

    Merci aussi aux organisateurs de ce colloque qui m’ont donné la possibilité devant un auditoire savant, patient ( et indulgent à mon égard ), de procéder à une « déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française », pour le plus grand bénéfice du débat public contradictoire et de la recherche universitaire.

    Notes
    1) Contribution de l’auteur au colloque de SEPTEMES-LES-VALLONS 6- 7 OCTOBRE 2006, organisé par Festival TransMediterranée (fmed@wanadoo.fr) sur le thème « D’UNE RIVE A L’AUTRE, ECRIRE L’HISTOIRE, DECOLONISER LES MEMOIRES »
    2 Léon Blum invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française ». « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture », écrira-t-il dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1925) cf « Quand Tocqueville légitimait les boucheries » par Olivier le Cour Grandmaison et « une histoire coloniale refoulée » par Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel- Dossier général sous le thème « Les impasses du débat sur la torture en Algérie »-Le Monde Diplomatique juin 2001. Alexis de Tocqueville légitimera les boucheries considérant « le fait de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants, comme des nécessités fâcheuses auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ». De son côté, Jules Ferry soutiendra dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895 qu’ « il y a pour les races supérieures un droit par ce qu’il y a un devoir pour elle. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».
    3) « Zoos humains, de la Vénus Hottentote aux Reality Show » Ed. La Découverte Mars 2002, ouvrage réalisé sous la direction d’un collectif d’historiens et d’anthropologues membres de l’Association connaissance de l’Afrique contemporaine (Achac-Paris),Nicolas Bancel (historien, Université Paris XI), Pascal Blanchard (historien, chercheur CNRS), Gilles Boetsch (anthropologue, Directeur de recherche au CNRS), Eric Deroo (cinéaste, chercheur associé au CNRS) et Sandrine Lemaire (historienne, Institut européen de Florence). De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques seront donnés au jardin d’acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris de 1878 et de 1889 dont le clou pour celle de 1889 étaient aussi bien l’inauguration de la Tour Eiffel que la visite d’un « village nègre ». Suivront les expositions de Lyon (1894), les deux expositions coloniales de Marseille (1906 et 1922), enfin les grandes expositions de Paris de 1900 (diorama sur Madagascar, 50 millions de spectateurs) et de 1931 dont le commissaire général n’était autre que le Maréchal Lyautey. cf. « Le spectacle ordinaire des zoos humains » et « 1931. Tous à l’Expo » par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Manière de voir N°58 Juillet Août 2001, op cité.
    4 Dictionnaire Le Petit Robert 1996.
    5 « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » René Naba-Editons l’Harmattan-2002
    6 « La République Xénophobe, 1917-1939 de la machine d’Etat au « crime de bureau », les révélations des archives » de Jean Pierre Deschodt et François Huguenin Editions JC Lattès septembre 2001.
    7 « Une théorie raciale des valeurs ? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre » par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in « L’invention des populations », ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob).
    8 Jean Montaldo, auteur de deux ouvrages sur la corruption présidentielle : « Chirac et les 40 menteurs » Albin Michel 2006, « Mitterrand et les 40 voleurs » Albin Michel.
    9 l’armistice a été signé le 22 juin 1940 symboliquement à Rethondes au même endroit, dans le même wagon, que l’armistice du 11 novembre 1918. Toutefois l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Si l’armistice constituait une cessation des hostilités, la rencontre de Montoire a représenté dans l’ordre symbolique le voyage à Canossa de Pétain et constitué en fait une capitulation dans la mesure où Pétain a cautionné la collaboration avec le régime nazi quand bien même l’Allemagne reniant ses promesses avait annexé l’Alsace-lorraine, août 1940.
    10 « Arabo-francophonie culturelle : l’expression a été forgée en 1995-1996 par Stellio Farangis, ancien secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie.


  • #Les_Mohamed

    #Jérôme_Ruillier nous fait (re)découvrir l’#histoire de l’#immigration maghrébine à travers des témoignages poignants (en trois parties : les pères, les mères, les enfants), qui rendent compte de la quête d’identité et des effets au quotidien du racisme.

    – Comme il y a un après Maus d’Art Spiegelman qui a révolutionné les consciences, il y aura désormais un après Les Mohamed
    – Une réflexion sur la France d’aujourd’hui, ses évolutions, son métissage, ses peurs, ses nouvelles revendications d’égalité et de justice sociale
    – Un regard d’auteur courageux dans lequel Ruillier n’hésite pas à se mettre en scène avec ses propres doutes, ses interrogations


    http://editions-sarbacane.com/les-mohamed
    #BD #livre #migrations #Algérie #guerre_d'Algérie #France #accords_d'Evian #travailleurs_immigrés #enracinement #contingents #OS #ouvriers_spécialisés #boucs_émissaires #colonialisme #colonialisme #regroupement_familial #solitude #Renault #industrie_automobile #île_Seguin #chaîne_de_montage #syndicat #alphabétisation #analphabétisme #indifférence #retraite #aide_au_retour #nationalité #citoyenneté #second@s #Algérie #Maroc #Douai #Houillère #extractivisme #charbon #mines #Sagenorpa #logement #baraquements #baraques #travail #accidents_de_travail #souffrance #solitude #Givors #guerre_d'Algérie #loi_Stoléru #identité #ZUP #foyer #foyer_de_célibataires #Montfermeil #violence_domestique #sexualité #liberté #arabophobie #discriminations #racisme #xénophobie #mariage_forcé #alphabétisation #cours_d'alphabétisation #cité_de_transit #barbelé #frontières_urbaines #frontières_intra-urbaines #brigade_spéciale #HLM #Nanterre #bidonville #voile #aide_au_retour #17_octobre #police #violences_policières #marche_des_beurs #résistance


  • Égypte des armes françaises au cœur de la répression - Amnesty International France
    https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/france-egypte-aux-armes-policiers-egyptiens

    Des véhicules blindés et des munitions fournis par la France sont au cœur de la répression sanglante des manifestations en 2013. Nos équipes ont enquêté.

    Des centaines de véhicules blindés, des navires de guerre, des machines à produire des munitions et même le fleuron de la production militaire française, l’avion de chasse Rafale. Nul inventaire à la Prévert, mais l’impressionnante liste des armes vendues par la France à l’Égypte depuis 2012. Montant global, selon l’estimation du rapport publié ce mardi 16 octobre : plus de quatre milliards d’euros d’armes françaises livrées à l’armée égyptienne entre 2012 et 2017.
    Officiellement. Car dans les faits une partie des véhicules blindés a en réalité été livrée aux forces du ministère de l’Intérieur, ou détournée vers elles, ces mêmes forces de police chargées de la féroce répression des manifestions.

    #Egypte #armes #répression #massacres #Sissi #Renault


  • Les voitures Renault équipées de Google : le coup de gueule du PDG de Qwant

    https://www.lejdd.fr/Economie/les-voitures-renault-equipees-de-google-le-coup-de-gueule-du-pdg-de-qwant-3777

    « Google est maître dans l’art de dévorer tout ce qu’il touche. » Eric Leandri, PDG du moteur de recherche européen Qwant, n’est pas tendre quand il évoque le géant américain du web. Dans une tribune au JDD, il se dit surpris et déçu du nouveau partenariat entre Renault et Google. Le constructeur français a annoncé que l’ensemble de ses futures voitures, ainsi que celles de ses alliés Nissan et Mitsubishi, seront bientôt équipées en standard de l’écosystème d’applications Google. Un choix qui « pourrait bien se révéler tragique pour Renault », selon Eric Léandri qui avait choisi de boycotter le Salon de l’Auto cette année.

    #gros_jaloux


  • Le quotidien intenable des routiers, nouveaux forçats de l’industrie automobile européenne
    https://www.bastamag.net/Le-quotidien-intenable-des-routiers-nouveaux-forcats-de-l-industrie-automo

    Renault, Volkswagen, Jaguar, Fiat… Derrière les carrosseries rutilantes qui sortent des usines des géants européens de l’automobile, se cache une réalité moins reluisante : celle des #Conditions_de_travail des dizaines de milliers de chauffeurs qui livrent chaque jour les constructeurs. Les journalistes d’Investigate #Europe ont enquêté, du Portugal à la Norvège, auprès d’une centaine de chauffeurs de quatorze nationalités différentes, d’élus européens, de syndicats, de constructeurs. Partout, le constat (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Syndicalisme, Europe, #Transformer_le_travail, #Enquêtes, Conditions de travail, #Ma_vie_au_travail, #Multinationales, (...)

    #Transports



  • Être pauvre (2/4) : Pauvres des champs, les oubliés | La série documentaire
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-24-pauvres-des-champs-les-oublies

    Nous nous rendons en Limousin, une zone particulièrement concernée par cette pauvreté hors des radars. Au fil des témoignages recueillis, nous abordons les questions cruciales de l’isolement géographique, de la dévitalisation des territoires, du repli social et des spécificités de la pauvreté dans un village ou en campagne. Durée : 55 min. Source : France Culture

    http://rf.proxycast.org/1481506433081024512/10177-18.09.2018-ITEMA_21814321-0.mp3

    • Autres émissions de cette série sur la #pauvreté :

      – « Pauvreté : comment sortir de la honte ? »
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-14-pauvrete-comment-sortir-de-la-honte

      Avec 800 euros et deux enfants qu’elle élève seule, Grace estime qu’il faut entrer dans les détails de sa vie de pauvre : l’absence de frigo, les privations quotidiennes, le sentiment de honte.

      (...) A l’origine de cet épisode, il y a une étude menée à l’université d’Oxford. Elle porte sur l’universalité du sentiment de honte qui accompagne la pauvreté. "La honte est une des causes de la pauvreté", décrit le prix Nobel d’économie Amartya Sen.

      "La lutte contre la pauvreté est vaine si elle ne prend pas en compte la restauration de l’estime de soi", nous explique Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart-Monde dans cet épisode. "Il y a l’idée que les pauvres profiteraient du système mais derrière il y a aussi "qu’est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cette situation ?, donc une question de culpabilité"

      Nous donnerons à entendre ce constat, grâce à des récits de vie. Nous nous rendons également dans un centre d’accueil pour femmes situé à Paris, où les bénéficiaires participent régulièrement à des ateliers « beauté », quand le superficiel devient essentiel.

      http://rf.proxycast.org/1481137535789834240/10177-17.09.2018-ITEMA_21812838-0.mp3

      – « Quand les ouvriers s’appauvrissent »
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-34-quand-les-ouvriers-sappauvrissent

      En 1992, l’usine textile De Fursac, installée à La Souterraine, dans la Creuse, délocalisait sa production en Pologne.

      "Il y a eu des centaines de licenciements, alors que les carnets de commande étaient pleins." Maryse Mathivet, ancienne salariée des ressources humaines de De Fursac

      25 ans plus tard, l’histoire se répète avec le plan social visant GM&S, l’un des fleurons industriels de la ville. Dans cet épisode, les témoignages des protagonistes de cette histoire collective se répondent. Souvent, des familles ont été touchées par les deux plans sociaux.

      "On a aidé Renault à se sortir de la Mouise, parce qu’à une époque ils étaient très mal, donc on a demandé aux français de les soutenir, avec de l’argent public et aujourd’hui ils délocalisent." Alain, ex-salarié de GM&S

      C’est l’histoire d’une ville qui s’appauvrit et expérimente, comme le décrit le maire de la Souterraine, « une catastrophe économique » : l’apparition du chômage, le surgissement de la précarité, l’affaiblissement du mouvement ouvrier et le déclin d’une ville.

      http://rf.proxycast.org/1481872184161869824/10177-19.09.2018-ITEMA_21815822-0.mp3

      – « Vivre à l’écart des pauvres »
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/etre-pauvre-44-vivre-a-lecart-des-pauvres

      La France est le pays d’un étonnant paradoxe : les prélèvements obligatoires y sont les plus élevés d’Europe, ce qui limite plus qu’ailleurs les inégalités de revenu. Mais la ségrégation socio-spatiale y est particulièrement dynamique. En d’autres termes, le modèle social Français préserve (un peu) des inégalités, mais on ne se mélange pas. Cet épisode raconte comment #riches et pauvres vivent de plus en plus éloignés.

      « Dans les Yvelines, il y a une quarantaine de kilomètres de communes contigues très riches (plus riches que le 7ème, 8ème et 16ème arrondissement), c’est une population qui vit en vase clos et ne rencontre jamais de pauvre. » Jérôme Fourquet, sociologue

      Guidé notamment par le géographe et politologue Jérôme Fourquet, cet épisode raconte la géographie d’un territoire champion de la ségrégation socio-spatiale, le département des Yvelines.

      « Il y a une solidarité locale, au niveau de la ville, entre des pauvres et des très pauvres. » Catherine Arenou, maire de Chantelou-les-vignes

      Nous passons par Saint-Germain en Laye ou Fourqueux, où les habitants déclarent un revenu moyen supérieur à 90 000 euros par an, pour finir à Trappes ou Chanteloup les Vignes, où l’on gagne en moyenne cinq fois moins bien sa vie.

      #ruralité #France_Culture #audio #radio


  • Tu vas être ministre, toi aussi – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/16/tu-vas-etre-ministre-toi-aussi

    Eh bien sûr, pourquoi pas toi ? Tant que ceux qui ont en mains toutes nos trajectoires, destins, prospectives et avenirs ne sont pas bien lotis au plan des triomphes et des victoires. Sinon, pourquoi, toi et tes amis, tes copines, tes espiègles acolytes, tes retraités médisez à longueur de chicha, le lycée, la rue, la plage, les cortèges officiels ? Tu crois déjà pouvoir améliorer les choses. Tu penses que l’être est une façon de pouvoir comprendre tes multiples populations, tes différents administrés ? C’est ainsi, en cette position que tu vas t’en éloigner. Tu n’auras plus d’amitié en zappant ton original entourage au profit d’un nouvel aréopage. Tu seras un grand intérêt chez ceux qui savent te cajoler et une victime chez ceux qui t’aiment.

    Toi aussi tu sauras faire charpenter tes discours et arborer devant chaque caméra un sourire et une mine te montrant trop sérieux ou peu imbu de ta personne. Au début tu dicteras tes propos et les feras transcrire pour les débiter avec verve et appétit, puis au fil des tribunes et des podiums, tu diras n’importe quoi, tu liras avec emphase et insensibilité ce que l’on voudrait que tu dises. Tu sais, mon fils, mon frère, les idées à ce niveau-là s’effilochent quand elles se trouvent confrontées à la réalité, le temps se rétrécit lorsqu’il est poursuivi par les promesses. Ne promets rien. Ne prends pas pour amour ton décret de nomination, car tous les décrets sont appelés à s’enterrer dans le même journal officiel qui avait fait naître le premier. Le seul décret valide est celui de ta conscience et de tes premières ardeurs, le gène et la matrice. Ne dit-on pas que le fil d’or, contrairement à celui d’un autre métal abrupt, s’amincit, ne se corrompt pas et ne se rompt jamais ? De mon temps, mes ministres à moi étaient tous des symboles, des cœurs fortement algériens. Estampillés comme des labels de bonne sève et d’authentiques produits, mes ministres à moi décidaient et savaient seuls le quand, le comment et le pourquoi de le faire. Ni l’indécision permanente ni l’hésitation ne les hantaient. Un oui ou un non était toujours là comme une sentence sans recul ni tergiversation. Ils n’étaient pas des binationaux, ni jouissaient d’une carte tricolore pour une résidence sur les berges du Rhône ou de la Seine. Le transfert d’argent à l’étranger ne pouvait permettre aux douanes de saisir des millions et des millions de devises. S’il se faisait, il s’exécutait par un truchement d’un expatrié juste pour l’acquisition d’une Renault 16 TX ou quelques fringues griffées. L’agenda téléphonique des ministres de mon temps ne supportait pas autant d’entrepreneurs, de promoteurs, d’industriels et d’importateurs ou de chiffres roses. Il y avait le contact révolutionnaire de poètes, de journalistes, de moudjahidines, de condamnés à mort. « Rien n’est comparable à la qualité d’un ministre qui arrive si ce n’est le défaut d’un ministre qui part ». Il est de ces ministres qui s’efforcent de croire faire mieux que les autres et se leurrent de se découvrir en des rédempteurs de torts. Le suivant va donner l’apparence d’être le meilleur et sera vite rattrapé par son remplaçant qui aura à son tour ce terrible et traître sentiment d’être aussi le meilleur. Et ainsi dans la suite du cycle rotatif qui persiste, la grande valse va se poursuivre avec ou sans toi. En fait, ne cherche pas à te caser dans l’un de ces critères que tu crois prédominants dans le choix du futur ministrable. Tu ne sauras jamais les cerner. Ils n’existent pas.                                                          Publié par El-Yazid Dib                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         http://www.lequotidien-oran.com/?news=5266276


  • Métaux rares : la transition énergétique a bonnes mines
    https://www.alternatives-economiques.fr/metaux-rares-transition-energetique-a-bonnes-mines/00084085

    Le quasi-monopole chinois sur l’exploitation des #terres_rares et d’autres #métaux_rares est un problème réel. Dans La Guerre des métaux rares (Editions les liens qui libèrent), largement cité par la presse, le journaliste Guillaume Pitron sonne l’alarme. Hélas il en tire des conclusions hâtives – et abusives – sur la transition énergétique et numérique.

    La fabrication des panneaux solaires produirait « énormément » de CO2. C’est faux : en moyenne 30 g de CO2 par kWh produit par les panneaux neufs, et cela diminue encore à mesure des progrès techniques. Contre environ 1 kilo pour l’électricité du charbon, un demi-kilo pour celle du gaz.

    Les éoliennes consommeraient « plus de matières premières que les énergies classiques ». Faux également. Combustibles compris, les centrales électriques à gaz ou charbon en consomment bien davantage. Il faut, bien sûr, regarder la fabrication des unes et des autres, mais ne pas oublier l’essentiel : le problème des émissions des combustibles fossiles.

    La voiture électrique consommerait autant d’énergie primaire qu’un véhicule diesel. Presque vrai aujourd’hui, parce que l’essentiel de notre électricité vient de centrales thermiques. Faux demain, dans la perspective de la transition énergétique, alors que croît la part des énergies hydraulique, éolienne et photovoltaïque dans le mix électrique.

    J’ai en tout cas trouvé son enquête sur la voiture électrique dans le @mdiplo d’août très convaincante, mais cette tribune d’un analyste à l’Agence internationale de l’énergie me fait douter.
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/PITRON/58979


  • Une belle #voiture attire t-elle les #femmes, oui ou non ?
    https://www.hommesdinfluence.com/articles/seduction-avance/15733_une-belle-voiture-attire-t-elle-les-femmes.html
    #sexisme #virilisme #condescendance
    À l’origine de la trouvaille de cet article, le fait qu’il est terriblement impossible de trouver des analyses de voitures qui ne soient pas uniquement construites par des hommes, pour des hommes et selon un imaginaire de puissance. Les testeurs de bagnoles sont pratiquement toujours des mecs avec des préoccupations de mecs. Quant aux quelques femmes qui se hasardent dans ce bastion masculin, elles le font en clamant toutes les deux lignes qu’elles aiment la puissance et les grosses cylindrées.
    Du coup, ça chouine toujours autour des voitures conçues pour être économiques, ce qui est très très chiant.

    Qu’est-ce qu’une voiture pour une femme, et quel sens a le mot conduire ?

    Si l’automobile, à l’instar de la marque Aston Martin et d’autres, est d’abord l’invention de garçons de (très) bonne famille à la recherche d’un cocktail addictif de compétition (course), de vitesse (puissance) et de sensations (châssis, pilotage), pour l’immense majorité des femmes de la classe moyenne le terme « voiture » n’a jamais fait résonner aucune de ces trois cases, et va plutôt chercher du côté du fonctionnel, c’est à dire du pratique.

    Une appartenance ma foi difficilement contestable, et dont découle également leur notion de conduite, qu’elles assimilent de façon indifférenciée à

    survivre aux embouteillages en ville et dénicher des places de parking au nez et à la barbe des autres
    emmener les enfants au karaté et/ou à la GRS (Guillaume et les enfants, à table !)
    le cas échéant, des trajets plus longs lors de visites à la famille, trajets bien entendus réalisés exclusivement sur l’autoroute

    Soit la panoplie intégrale des trajets, situations et conditions ne présentant strictement aucun intérêt pour quiconque aime (vraiment) conduire, l’essence du plaisir de conduite consistant à rouler à vitesse soutenue dans une automobile conçue pour cela (pas un Renault Modus couleur « oeuf brouillé » avec des pare-soleil Winnie l’ourson sur toutes les fenêtres), sur des routes semi-désertiques dessinant comme des circuits au milieu de paysages majestueux, et où l’on s’appliquera à prendre de belles trajectoires.

    Plus belles routes pour conduire une belle voiture

    De ces observations éternellement renouvelées, nous pouvons donc déduire que la notion de conduite, pour la majorité des femmes, est totalement dénuée du plaisir du pilotage, et donc relégué à la notion de « contrainte pour la liberté » (la liberté de se déplacer sans solliciter des hommes), autrement dit « un mal pour un bien ».


  • Le blues de Cunégonde ou le népotisme dans la chanson française... Jeannot LE CENDENT - 11 Aout 2018 - LGS
    https://www.legrandsoir.info/le-blues-de-cunegonde-ou-le-nepotisme-dans-la-chanson-francaise.html

    La censure ? Bien sûr qu’elle existe dans le domaine de la chanson, de la musique et plus que jamais !
    1) Elle est dictée et basée sur les forces de l’argent, le népotisme et ses cohortes de pistonnages multiples ( les relations /ou pas en lien et appartenance à ses origines sociales, fils ou filles à papa ou les enfants de la baballe, le bon goût / le mauvais goût, ce qui est bien / ce qui ne l’est pas, ce qui est tendance / ou pas, à la mode / ou ringard, etc ... ). Bref, le capitalisme dans sa version la plus putréfiante : l’ultralibéralisme, avec un plus socialo-bobo : les « aides » aux associations génétiquement compatibles ( c’est-à-dire qui ont toutes une incroyable et très similaire vision artistico-culturelle ) qui sous le prétexte d’un rééquilibrage en faveur de la jeunesse, de la création etc., enfoncent encore plus le clou à droite dans la gorge de ceux qui n’ont pas l’esthétique du moment ou de convenance. (un des "monuments" en matière d’hypocrisie sélective et du bon goût temporel, institutionnalisé, ex : le festival de Bourges )

    Pour pouvoir être écouté quand tu fais de la musique il faut être entendu , si cela n’est pas le cas, tu crèves. La musique qui est distribuée / écoutée en France n’a rien à voir avec ce qui est crée réellement dans l’hexagone. Il faut faire un tour dans les centaines de studios de répétitions de notre pays pour s’en faire une idée. Je vous y encourage si, bien évidemment, le cœur vous en dit, et pas que dans la région parisienne.


    2) Bon, pour les personnes qui croient que le talent émerge toujours quoi qu’il arrive, cela revient à penser que les délocalisations sont dues au manque de talent des ouvriers et employés français et que oui ! Madame ! Moi, je vous le dis, les ouvriers chinois ont vraiment un immense talent car eux aux moins ils vendent leurs produits partout dans le monde.

    C’est bien du talent ça ? !

    Et le talent en fait, c’est quoi cette chose étrange ? Qui en a ou n’en a pas ? Qui en décide ? Des experts ? Est-ce un jury ? Des juges ? Et qui juge les juges et experts, sur leurs compétences en matière de talent ?

    Bla-bla-bla, la doctrine du fameux talent n’est qu’un faire-valoir pour exécuter artistiquement les gens du peuple et au contraire encenser les personnes de la classe dominante.

    C’est simple, regardez les chanteurs/chanteuses, dans une large majorité de quel milieu nous arrivent-ils ?

    3) Ah, oui ! Mais enfin, il y a des exceptions : regardez untel ou untel, leurs parents étaient des ouvriers et même qu’en plus, ils étaient émigrés ; alors vous voyez bien qu’ il y a égalité des chances dans la chanson.

    Ah bon ? Alors ( le peuple, cet étrange inconnu ) les plus nombreux doivent se satisfaire des miettes nommées exceptions, bien vue pour l’égalité de la déveine et la soumission d’un peuple. Mais pour l’égalité de ce même peuple devant la vie, zéro pointé.

    Et oui maman, tout pour les mêmes que dalle pour les autres, l’argent va à l’argent, l’air est connu les paroles aussi, c’est la rengaine du capitalisme.

    4) Qui, en toute logique, peut penser que la musique, les chansons que nous écoutons arrivent à nos oreilles par magie, apportées par le vent ?

    Et bien, non ! comme pour n’importe quel produit il y a tout un réseau pour arriver jusqu’au consommateur (hou la la ! On dit amateur de musique, amoureux de l’art et de la mélodie). Et dans cette entreprise « musicale » il y a les mêmes problèmes que dans le reste de la société industrielle sauf que chut...Silence .... Il faut faire rêver le bon peuple, tout doit rester caché, tabou, pour que les artistes reconnus nous éclairent de leur magnificence. Alors que dans leur immense majorité les artisans musiciens, les faiseurs de chansons issus du peuple ou plus exactement du prolétariat sont des précaires ; aux chômages, aux RSA ou font un autre travail pour vivre et survivre, comme un prolétaire « ordinaire ».

    5) La question est quand les ouvriers de PSA ,Renault, Arcelormittal, Michelin et tant d’autres... Avec 1000 raisons, sont en grève, ils font venir qui dans un concert de soutien ? ( Cela serait relativement facile de donner des noms mais bon !). Des têtes d’affiches plus ou moins reconnues par le système capitaliste qu’ils combattent et les spolie.

    Mais pas les fils ou les filles de leurs voisins ou de leurs collègues de boulot qui jouent dans un groupe de Punkhardcoretrashbluesrock / chansons pourtant sympa et cool ayant les même difficultés économiques qu’eux (le chanteur est au chômage, la batteuse au RSA, le guitariste est intérimaire, etc ...) qui composent des chansons qui reflètent leurs vies, leurs perceptions du monde, celles de leurs amis, de leurs parents (ouvriers, employés).

    Étonnant, n’est ce pas ?

    La solidarité de classe devrait émaner ou si cela est trop demander, au moins se manifester dans le « fameux » peuple de gauche et pourtant....Rien à foutre ?...Ou j’écoute ma téloche et regarde ma radio ?...

    Mais bon comme le dit mon voisin, s’ils ne passent pas à la TV c’est qu’ils sont mauvais, comme lui aussi d’ailleurs, puisqu’il est au chômage depuis que les Chinois font de bien meilleures TV que lui...

    Une question très basique, Les français aiment-ils la musique populaire autant que les Anglais ou les Cubains ?

    Jeannot LE CENDENT


  • « Mon codétenu est mort dans mes bras »
    https://oip.org/temoignage/mon-codetenu-est-mort-dans-mes-bras

    Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, avril 2018. Kevin* meurt subitement dans sa cellule, dans les bras de Kilian*, son codétenu. Récemment libéré, Kilian raconte la dégradation rapide de l’état de son ami, le mépris des surveillants face à la gravité de la situation, mais aussi la pauvreté de sa propre prise en charge après le décès. Source : Observatoire International des Prisons

    • http://lenvolee.net/morts-a-fleury-lettre-ouverte-dun-prisonnier-de-la-plus-grande-prison-deur

      Alerte dans les prisons françaises : les prisonniers et prisonnières meurent dans l’indifférence totale de l’Etat.

      Madame, Monsieur,
      Je vous écris ce jour pour vous alerter sur les conditions dramatiques de détention dans notre pays. Dans de trop nombreux établissements et en particulier à #Fleury-Mérogis pour mon cas, les conditions de détentions, bien au-delà de la simple privation de liberté, sont plus que jamais assimilables à de la #torture physique et psychologique. Ce n’est plus seulement un simple fait de #surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation de 180 %, la capacité d’accueil de cette maison arrêt est dépassée depuis longtemps, comme dans tant d’autres #Prisons_Françaises.

      Dans cette société qui joue à guichet fermé dans ses prisons, les activités sont remplacées par des cachets. Surtout tout dépend de la volonté de la direction, qui choisit pour nous : soit la réinsertion, soit la sur-condamnation. Ici, ce n’est pas la réinsertion qui est visée, nous vivons l’absence de justice dans un endroit qui est pourtant censé la rendre. La prison punit plus qu’elle ne devrait par certains comportements de l’administration, et par les surveillants et surveillantes, dont le comportement et les paroles sont totalement déplacés. Quelques soit les pires injustices qu’elle produise, la prison a toujours raison aux yeux des juges et de la société.

      Quant à l’application des peines et la détention qui en découle, on a l’impression que la machine est bloquée, qu’elle se trouve à l’arrêt. Alors qu’un JAP devrait répondre à une demande d’aménagement de peine dans les 4 mois, ici, c’est plutôt 8 à 12 mois… Que dire, aussi, des délais d’attente des transferts pour rapprochement familial…

      Comment imaginer que l’on devienne meilleur en nous torturant alors même que nous allons tous sortir un jour de vos prisons. Soit on est cassé à vie et plus bon à rien. Soit, on est encore pire qu’avant et endurci à cause de la haine que l’on nous a injectée par le non respect de l’état de droit.

      Les événements tragiques survenus ces dernières semaines auraient dû mobiliser et interpeller les plus hautes autorités. 11 personnes sont mortes à Fleury : 8 prisonniers l’ont été annoncé dans la presse. Pour les 3 autres (un albanais, une femme turc et son mari quelques jours plus tard) c’est silence radio. Est ce parce qu’ils ne sont pas ressortissant que ces morts n’ont pas été dévoilées ?

      Aujourd’hui je dénonce le traumatisme de certains prisonniers, qui le 08/06/2018 ont vécu le pire moment de leur vie, quand un surveillant chef s’est rendu coupable d’avoir demandé à un prisonnier de détacher un autre prisonnier qui s’était pendu quelques heures plus tôt. Où est passé le protocole à ce moment là ?

      C’est l’administration pénitentiaire qui a tué cet homme avec ses violences physiques, psychologiques et ses négligences.
      Quand la justice va-t-elle se saisir de ces « suicides » ? La justice sera-t-elle assez lente pour laisser l’administration masquer toutes les preuves ?

      Pour faire simple, les détenus vont mal au sein de cette #administration_pénitentiaire ! Aujourd’hui, je m’expose à une multitude de sanctions, mais ne rien dire me rendrait complice, alors je préfère ne pas rester qu’un délinquant qui subit, mais aussi qui dénonce.

      Je dénoncerai toujours ce que nous subissons mais la liste est extrêmement longue !

      Cordialement, un prisonnier de Fleury-Mérogis.

    • @aude_v

      LA BELLE À JOËLLE
      Mis à jour le :15 mars 2006. Auteur : Marius Frehel.

      #Joëlle_Aubron s’est fait définitivement la belle ce 1er mars, quelques jours après la date anniversaire de l’arrestation, en 1987, des quatre d’Action Directe. Elle avait quarante-six ans. Condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans, pour avoir « fumé » Georges Besse, maître d’oeuvre du nucléaire en France, personnage pivot de l’obscur contentieux Eurodif avec l’Iran, PDG de Renault et champion du dégraissage (34 000 licenciements chez Péchiney et 25 000 chez Renault) et le général Audran, responsable des ventes d’armes françaises à l’étranger, elle a passé dix-sept ans derrière les barreaux, dont plusieurs années d’isolement total. AD prétendait « ralentir [la] marche de la recomposition bourgeoise et aggraver ses contradictions internes, et ainsi l’affaiblir dans la guerre des classes ». Joëlle le rappelait peu de temps après sa sortie : « Nous appartenons à une longue histoire et nous fûmes nombreux à penser, à compter sur un élan qui finalement ne vint pas. Notre hypothèse a échoué. C’est clair. » On la savait ce coup-ci condamnée par la maladie. Une tumeur au cerveau lui fit bénéficier d’une suspension de peine en juin 2004 pour raison de santé (loi Kouchner).

      On appréciera le cynisme de Pascal Clément, ministre de la Justice à deux vitesses : « Quand j’entends que d’anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés, alors qu’ils étaient, disait-on, à l’article de la mort… Cela m’est insupportable. Les malades, même atteints d’une affection grave mais qui ne sont pas au “seuil de la mort”, n’ont pas à bénéficier de cette loi. » Joëlle aura résisté plus longtemps que ce qu’avait prévu l’État, et sans repentir. Elle plaisantait souvent sur la maladie, histoire que l’inéluctabilité du mal n’affecte pas trop son entourage. Elle était toujours speed, mordante dans la discussion et à jamais « communiste révolutionnaire ». Il semblerait d’ailleurs que la lutte des classes, qui passait ces derniers temps pour désuète, soit remis en selle par ceux-là mêmes qui décrétèrent sa fin. La révolution blanche de l’ultra-libéralisme est en marche et son offensive dévastatrice s’accompagne d’un contrôle social accru, au nom du tout-sécuritaire. Cette réponse des gouvernants à la misère grandissante incite les plus perspicaces à inventer des formes de résistance toujours renouvelées.

      Article publié dans le n° 32 de CQFD,@cqfd mars 2006.
      http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article949&var_recherche=Jo%EBll%20Aubron

    • Ouaif, les prisons sont le lieu idéal pour bénéficier des soins d’une fin de vie, comme chacun·e sait... Prière donc de se montrer à l’article de la mort pour sortir en avoir des décents, et bizarrement l’appréciation à ce sujet change que vous soyez puissant ou misérable. Eh bien ces deux ans de Joëll Aubron sont deux ans que les ministres de merde dont on a oublié le nom n’auront pas eus.

      #santé_en_prison, plus globalement



  • Confrontée à la pollution et aux mensonges des industriels, la société civile allemande déclare la guerre au diesel
    https://www.bastamag.net/Confrontee-a-la-pollution-et-aux-mensonges-des-industriels-la-societe-civi

    L’affaire du « dieselgate » a révélé comment le grand constructeur automobile allemand Volkswagen a truqué ses moteurs pour en masquer les émissions polluantes réelles. Le scandale a ensuite touché d’autres fabricants, dont les français Renault et PSA. Dans le même temps, des municipalités et des associations allemandes tentent de protéger comme elles le peuvent la population de la pollution automobile. Suite à des actions en justice, des mesures d’interdiction des véhicules diesel les plus polluants ont (...)

    #Résister

    / #Europe, #Menaces_sur_la_santé_publique, Pollutions , #Multinationales, A la une

    #Pollutions_


  • Revue de presse du jour comprenant l’actualité nationale et internationale de ce samedi 16 juin 2018 (Maj)
    https://www.crashdebug.fr/revue-de-presse/14971-revue-de-presse-du-jour-comprenant-l-actualite-nationale-et-interna

    Bonjour chèr(e)s ami(e)s samedi, enfin.... je récupère ma petite femme pour 48h, avec le temps les problèmes se règle aussi, bref, enfin à mon niveau personnel, par ce que pour le reste je ne serait pas aussi optimiste, cependant ce matin une nouvelle m’a fait plaisir, c’est que Renault annonce rester en Iran, c’est un signal fort dont je me félicite, pour le reste Spartou à mis à jour sa partie de la Revue de presse aussi vous la trouverez sous la mienne, je vous souhaite donc un super week-end, profitez de vos proches et faites comme moi, lâchez un peut votre ordinateur. ; ))))

    En attendant voici notre Revue de presse, et comme toujours en complément la Defcon-Room (actualisée 24h/24 et 7j/7) vous tend les bras tout au long de la journée.

    Bonne lecture, bonne journée, et merci de (...)


  • « Trop de pognon » dans les aides sociales ? La face cachée du non-recours | Elvire Bornand
    https://theconversation.com/trop-de-pognon-dans-les-aides-sociales-la-face-cachee-du-non-recour

    La pauvreté n’est pas le résultat de l’oisiveté d’une partie fainéante et irresponsable de notre population. C’est le résultat de mécanismes structurels liés à la précarisation du droit du travail, au durcissement des conditions d’indemnisation du chômage et à la déconnexion entre marché de la formation et marché du travail. Le défi auquel fait face l’action publique n’est pas, en définitive, celui des méfaits de l’assistance mais celui du non-recours aux droits et aux services. Source : The Conversation

    • La non-demande, c’est le fait de renoncer à faire valoir les droits auxquels on peut prétendre par découragement ou par peur des effets induits par la demande d’aide, notamment. Mais il existe d’autres cas plus spécifiques : les personnes âgées craignent que les aides versées soient reprises sur leur succession, privant ainsi leurs enfants d’héritage. Quant à la complexité des démarches, une enquête conduite en Loire-Atlantique a montré que percevoir le RSA-activité était quasiment une activité en soi, nécessitant de nombreux envois de courriers et des déplacements à chaque évolution de situation…

    • Je me souviens d’un ami qui travaillait à la Caf il y a quelques années et qui m’avait expliqué que sur l’ensemble des contrôles qui étaient déclenchés par la Caf il y avait beaucoup plus de situations où les gens ne touchaient pas les aides auxquelles ils avaient droit que de situations où ils touchaient plus que ce qu’ils devaient. Et le montant était également beaucoup plus important. Pas de chiffre vu que c’était une conversation générale et je ne sais pas si c’est toujours le cas mais ça fait réfléchir.
      Dernier exemple en date : avant quand on avait peu d’argent on avait une réduction sur l’abonnement électricité et/ou gaz et maintenant avec leur connerie de chèque énergie, faut faire la démarche. Généralement je fais mes démarches à temps et là je ne l’ai toujours pas fait, et apparemment je suis loin d’être la seule vu que j’ai reçu un coup de fil d’un gars pour expliquer comment procéder et ils appellent tout le monde m’a t’il dit parce que c’est à la traîne.

    • « On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens sont quand même pauvres. On n’en sort pas. Les gens qui naissent pauvres, ils restent pauvres. Ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir ! »
      https://www.alternatives-economiques.fr/modele-social-francais-bel-bien-efficace/00085070

      http://www.lesrequinsmarteaux.com/album/macron-l%E2%80%99amour-fou?ajax=1&xnav=160&ynav=184&postitvisibl
      #Willem #Macronite_aigüe

    • Quand Macron fait poster une vidéo pour soustraire 7 milliards d’euros aux pauvres.
      https://www.humanite.fr/quand-macron-fait-poster-une-video-pour-soustraire-7-milliards-deuros-aux-p

      En choisissant de mettre en ligne une vidéo dans laquelle il « déplore » qu’on « met un pognon de dingue dans les minima sociaux » pour conclure que « les gens sont quand même pauvres », le président de la République occulte le processus qui produit une pauvreté de masse en France. Cette pauvreté résulte pour beaucoup des délocalisations de productions sur fond de dumping social et fiscal dans l’Union européenne et au delà. Et en même temps qu’il occulte cette réalité, Macron justifie les rémunérations sans limites que s’octroient les plus riches.

    • @vanderling Merci !

      A Montpellier, devant les mutualistes, Emmanuel Macron a dit la même chose avec d’autres mots. Evoquant les droits sociaux dans ce pays, il a déclaré : « Tous les jours, nombre de nos concitoyens constatent que l’universalité est mitée d’exceptions, de disparités, d’impasses, des situations ou les droits promis ne sont pas des droits réels. Nous vivons dans un pays où la promesse républicaine est souvent déçue car nous avons maintenu les droits formels qui souvent n’existent que sur le papier, c’est ça l’indignation française contemporaine. Pourtant nous consacrons toujours davantage de notre richesse à la protection sociale ».

      Dans ce même discours de Montpellier, Emmanuel Macron a défendu les riches en ces termes : « Je n’ai pas l’impression que quand redresse l’économie on soit contre le modèle social. Mettre un plafond à la réussite n’a jamais réglé le problème de l’exclusion ». Ces propos méritent un arrêt sur image sur la cas personnel d’Emmanuel Macron. En 2011, à la banque Rothschild son salaire annuel atteignait la coquette somme de 403.600€ à quoi se sont ajoutés 291.000€ de dividendes et 706.300€ de « bénéfices industriels » pour avoir négocié une transaction entre le groupe américain Pfizer et le groupe suisse Nestlé.
      Chez Rothschild, le salaire de Macron était proche de 100 fois le SMIC

      Peut-on considérer que cette somme annuelle de 1.400.900€, proche de 100 fois le SMIC mensuel, soit la juste rémunération d’un cadre bancaire au regard du salaire moyen perçu par les salariés du secteur bancaire ? A chacun de se faire une idée. Mais, quand des travailleurs productifs perdent leur emploi du fait des délocalisations de chaînes de production dans les pays à bas coûts de main d’œuvre, Emmanuel Macron n’affiche que du mépris à leur égard. Le jour où Marine Le Pen est allée, dans une stratégie de pêche aux voix, à la rencontre des salariés de Whirlpool, Emmanuel Macron s’y est aussi précipité pour dire à ces salariés qu’il ne pouvait rien contre la fermeture de leur usine. Il s’agissait pourtant d’un transfert de production dans un pays membre de l’Union européenne, la Pologne, où le salaire moyen est trois fois plus bas qu’en France. C’est parce que l’Europe permet de telles distorsions de concurrence sur fond de dumping social, fiscal et environnemental que le taux de chômage est élevé en France, que les salaires sont souvent bloqués à des niveaux très bas pour tenter de conserver des emplois, que la précarité et le temps partiel gagnent du terrain, ce qui augmente le nombre des ayant droit aux minima sociaux que le président Macron veut remettre en cause aujourd’hui, conduisant les pauvres à être encore plus pauvres.

      « Au lieu de foutre le bordel » , disait-il le 5 octobre 2017

      On n’oubliera pas non plus les propos insultant tenus par Emmanuel Macron le 5 octobre 2017 contre les salariés de GM§S à La Souterraine dans la Creuse. Ce jour là, ils cherchaient à le rencontrer lors d’un déplacement en Corrèze pour lui faire prendre conscience du fait que les principaux donneurs d’ordres de leur employeur, à savoir Renault et Peugeot-Citroën, décidaient de la fermeture de cette entreprise de sous-traitance en réduisant leur commandes de pièces aux profit des mêmes pièces importées. Macron refusa de le rencontrer et déclara que ces gens feraient mieux de voir s’il y avait « des postes à pourvoir » à 120 kilomètres de chez eux, « au lieu de foutre le bordel ».

      Dans ces deux cas, comme dans des milliers d’autres depuis plusieurs décennies, le quintuple bilan de cette politique de délocalisations est le suivant : nous avons moins d’emplois productifs en France, nous avons une balance commerciale dont le déficit augmente, le bilan carbone global de produits importés est plus élevé que s’ils étaient produits en France, la précarité de l’emploi ne cesse d’augmenter dans le pays, ce qui augmente aussi le nombre des ayant droit aux minima sociaux.

      Voilà comment « on met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » pour autant. Mais aujourd’hui, le premier coupable dans cette affaire est le président de la République. C’est pour nier sa responsabilité qu’il a posté cette vidéo qui vise à justifier 7 milliards d’euros d’économies sur le dos de ses concitoyens les plus pauvres .

      Gérard Le Puill
      Journaliste et auteur

    • Mercredi 13 juin, le Canard Enchaîné révèle que Brigitte Macron et Emmanuel Macron ont commandé un nouveau service de table pour le Palais de l’Elysée. Les contribuables français vont devoir payer 500 000 euros !

      Article du Canard Enchaîné, page 2 :

      « La douloureuse devrait atteindre, voire dépasser, le demi-million d’euros, au vu des tarifs courants affichés par la manufacture de Sèvres (dont les comptes sont juste à l’équilibre). Soit 400 euros pièce pour les assiettes les plus simples, et à partir de 500 euros pièce pour les modèles contemporains. A ces prix-là, ce sont les comptables publics qui ne se sentent pas bien dans leurs assiettes. »


  • 1968, année du dragon | M Le magazine du Monde | 18/05/2018
    https://lemonde.fr/m-actu/article/2018/05/18/1968-l-annee-du-dragon_5301160_4497186.html

    Sur la pointe nord de l’île de Puteaux, des dizaines d’ouvriers en rang exécutent des gestes précis et simultanés. Leurs mains fendent l’air. Leurs jambes frappent un adversaire invisible. Bâtons longs, manches de pioche et sabres jonchent le sol, prêts à servir pour les prochains exercices. À leur tête, un petit homme sec et tout en muscles, Nguyen Duc Moc, organise cette chorégraphie menaçante.

    Nous sommes à la fin des années 1950. Entre deux bras de Seine, dans cet Ouest parisien pas encore toisé par la skyline de la Défense, se forme un curieux groupe de combattants, qui se réunit régulièrement sous le regard des passants médusés : la fédération de Vô Vietnam.

    Moc, ouvrier spécialisé à l’usine Renault-Billancourt, fait les choses bien. Il se rend en préfecture, le 15 novembre 1957, où des fonctionnaires indifférents enregistrent les statuts de son #association d’#art_martial, présentée comme un espace de promotion artistique et culturelle. Le Vô, discipline aux influences chinoises du Nord-Vietnam, se pratique à Hanoï depuis des lustres. Mais chaque maître invente son style. Celui de Moc sera le Son Long Quyên Thuât – les techniques de combat de la montagne du dragon.

    #arts_martiaux #politique


  • "C’est de l’#intimidation" : à 75 ans, #Léopold_Jacquens va connaître son sixième procès en huit ans pour avoir aidé une femme sans-papiers

    Il préfère en plaisanter. « Le Havre, Rouen, Caen, Amiens... J’ai l’impression de faire le tour de France des tribunaux », ironise Léopold Jacquens. A 75 ans, ce retraité de l’usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime), va connaître le 4 juin son sixième procès devant la cour d’appel d’Amiens (Somme). Depuis 2011, ce « #délinquant_solidaire », comme il se surnomme, est poursuivi pour avoir fourni une attestation d’hébergement à une femme sans-papiers, afin qu’elle puisse demander un titre de séjour.


    #solidarité #délit_de_solidarité #sans-papiers #procès #asile #migrations #réfugiés #France #délinquants_solidaires


  • #Dieselgate : Daimler à son tour soupçonné d’une fraude massive
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/02/dieselgate-daimler-a-son-tour-soupconne-d-une-fraude-massive_5308613_3234.ht

    Le diesel, encore. Près de trois ans après le déclenchement du scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen, c’est au tour de Daimler de sentir le vent du boulet. Le constructeur de Stuttgart, qui clame depuis 2015 n’avoir jamais manipulé ses moteurs, pourrait être entraîné dans une crise considérable. Depuis plusieurs jours, le groupe subit la pression conjuguée de la justice et du ministère des transports qui le soupçonnent d’avoir installé sur ses moteurs diesel des systèmes de dépollution illégaux sur plusieurs centaines de milliers de véhicules.

    Vendredi 1er juin, de nouvelles révélations ont précisé l’ampleur de la menace qui pèse sur Daimler. Selon les informations du magazine Der Spiegel, le ministre des transports Andreas Scheuer a menacé le PDG de Daimler, Dieter Zetsche, d’une amende de 3,75 milliards d’euros lors de leur entrevue du lundi 28 mai. Le patron venait s’expliquer sur les accusations qui pèsent sur son groupe : le ministre soupçonne le constructeur d’avoir installé des systèmes de dépollution illégaux sur 750 000 véhicules de la marque Mercedes. Daimler risque 5 000 euros d’amende par véhicule.

    Le 24 mai, le KBA, l’autorité de contrôle des véhicules à moteur, avait déjà ordonné le rappel obligatoire de 23 000 camionnettes de la marque Vito, où il a officiellement constaté la présence d’un système illégal de désactivation du dispositif antipollution. Une première pour Daimler, qui n’avait jusqu’ici jamais été confronté à un rappel obligatoire dans le scandale du diesel. Pour l’instant, le constructeur conteste formellement ces accusations et a annoncé son intention de se défendre en justice contre le KBA dans l’affaire Vito, a confirmé au Monde un porte-parole du groupe. Il a obtenu un délai de deux semaines pour s’expliquer sur ces irrégularités.

    Mais l’étau se resserre dangereusement. Car le parquet de Stuttgart mène lui aussi son enquête depuis plusieurs mois. Vendredi 1er juin, le quotidien Süddeutsche Zeitung a révélé que le procureur avait étendu ses investigations sur les moteurs du groupe soupçonnés de non-conformité.

    L’affaire, très délicate pour Daimler, pourrait prendre une dimension franco-allemande. Car, selon cette même source, les moteurs mis en cause par le KBA sur les Vito, des modèles de 1,6 l de norme Euro 6, n’ont pas été construits par Daimler. Ils ont été livrés par Renault sur la base des accords de coopération conclus entre les deux constructeurs depuis 2010. Le français fournit des moteurs pour les classes A, B et C, capables d’émettre « moins de 100 g de CO2 par kilomètre » précise Renault.

    Cette performance CO2 se fait-elle au prix d’un dépassement illégal des émissions d’oxyde d’azote ? Le journal allemand rappelle que Renault est accusé, par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), d’avoir mis en place des stratégies visant à frauder sur les émissions de ses moteurs lors des tests d’homologation. Renault se refuse officiellement à tout commentaire sur un sujet « qui concerne Daimler. »


  • Nguyen Duc Moc incarne un petit bout de la grande histoire de la fièvre de Mai 68

    http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/05/18/1968-l-annee-du-dragon_5301160_4497186.html

    Militant communiste vietnamien, Nguyen Duc Moc était ouvrier à l’usine Renault-Billancourt. C’était aussi un maître du Vô, l’art martial de son pays natal. Le club qu’il fonde en 1957 formera une partie de la gauche radicale qui se révoltera en Mai 68.

    Sur la pointe nord de l’île de Puteaux, des dizaines d’ouvriers en rang exécutent des gestes précis et simultanés. Leurs mains fendent l’air. Leurs jambes frappent un adversaire invisible. Bâtons longs, manches de pioche et sabres jonchent le sol, prêts à servir pour les prochains exercices. À leur tête, un petit homme sec et tout en muscles, Nguyen Duc Moc, organise cette chorégraphie menaçante.

    Nous sommes à la fin des années 1950. Entre deux bras de Seine, dans cet Ouest parisien pas encore toisé par la skyline de la Défense, se forme un curieux groupe de combattants, qui se réunit régulièrement sous le regard des passants médusés : la fédération de Vô Vietnam.

    Moc, ouvrier spécialisé à l’usine Renault-Billancourt, fait les choses bien. Il se rend en préfecture, le 15 novembre 1957, où des fonctionnaires indifférents enregistrent les statuts de son association d’art martial, présentée comme un espace de promotion artistique et culturelle. Le Vô, discipline aux influences chinoises du Nord-Vietnam, se pratique à Hanoï depuis des lustres. Mais chaque maître invente son style. Celui de Moc sera le Son Long Quyên Thuât – les techniques de combat de la montagne du dragon.


    Maoïstes, trotskistes… Dans son club fondé en 1957, le maître pro-Vietcong Nguyen Duc Moc accueille toutes les chapelles. Maoïstes, trotskistes… Dans son club fondé en 1957, le maître pro-Vietcong Nguyen Duc Moc accueille toutes les chapelles.

    Cet ancien tirailleur indochinois est arrivé à l’usine en 1948, alors âgé d’une trentaine d’années. C’est un révolté parmi les révoltés, dans ce creuset des luttes ouvrières. Il a transité dans les camps de travailleurs du sud de la France, avec 30 000 de ses compatriotes enrôlés de force en juin 1940 pour soutenir l’effort de guerre. Mais il n’a jamais rompu le lien avec sa terre d’origine. Il milite discrètement en faveur d’Hô Chi Minh, son grand homme.

    Rouge écarlate

    En 1955, quand éclate la guerre entre le nord du Vietnam, sous influence communiste, et le sud, soutenu par les Occidentaux, il a choisi son camp depuis longtemps, et il est rouge écarlate. Il n’aime pas les tièdes. Puisqu’il ne peut pas participer la guerre sur place, il la mènera en France, par la propagande ou en faisant le coup de poing si la situation l’exige. Il se prépare à ferrailler, à grands coups de moulinets dans les airs.

    À cette époque, nul ne sait encore que le conflit vietnamien indignera la jeunesse et que ses morts, embrasés au napalm, paveront la route vers Mai 68, cette grande synthèse de toutes les luttes, politiques, sociétales et ouvrières. Et si tout le monde se souvient aujourd’hui de « Dany le rouge », avec sa tignasse et sa rhétorique flamboyantes, de ses camarades bourgeois encanaillés de Gay-Lussac, plus personne ne se rappelle Moc. Il incarne pourtant un petit bout de la grande histoire de la fièvre de cet été de barricades, loin des micros mais au plus près des combats. Certains de ses élèves, recrutés dans le foisonnement des groupuscules, ont mené la vie dure aux forces de l’ordre. Et ils ont participé, petites mèches incandescentes, de la radicalité de ces années-là.


    Une démonstration du maître (à gauche) au début des années 1960 à l’occasion d’un rassemblement d’anciens travailleurs « indochinois ».

    En 1957, Mai 68 est encore loin, mais Moc affûte déjà les esprits rebelles. Il installe vite sa jeune fédération cour des Petites-Écuries, au cœur de la capitale, dans le 10e arrondissement. À l’entrée, des éponges rougies par le sang des pugilistes flottent dans un seau d’eau. Le décor est posé et séduit les énervés. L’air fleure bon la transpiration. Le bouche-à-oreille fonctionne, et la population qui fréquente la salle gonfle d’année en année.

    Moc fait des émules. ­Ghislaine ­Kalman est de ceux-là. En 1966, elle a 19 ans et elle milite au Mouvement communiste français marxiste-­léniniste. Des maoïstes, qui ont troqué la Bible de leurs parents contre le Petit Livre rouge du Grand Timonier. Avec tout le service d’ordre – le « SO », comme on disait alors – de ce groupuscule, elle devient une Vô sinh, une pratiquante du Vô Vietnam. Cette année-là, des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues, à travers le monde, choquées par les images des bombardements américains.

    En France, la mobilisation s’organise. La galaxie des mouvements communistes avance désunie, comme souvent, les différentes chapelles radicales se livrant une féroce concurrence. Les trotskistes créent les Comités Vietnam national. Les maoïstes leurs répondent avec les Comités Vietnam de base. À chacun ses coups de force, ses raids et ses descentes. Tous goûtent aux poings américains de l’extrême droite et aux matraques en bois de la police. Ils doivent s’aguerrir. Et Moc n’est pas sectaire. Il accueille tout le monde.

    « On voulait apprendre le combat. Un ami militant nous a dit : “J’ai un superfilon”… Le lendemain, toute notre cellule était au Vô », se souvient Ghislaine. Les partisans d’Hô Chi Minh tentent de fédérer toutes les bonnes volontés et organisent discrètement la lutte, en restant au second plan. « On était étrangers en territoire ennemi, explique un dirigeant de l’Union générale des Vietnamiens de France (UGVF) qui chapeautait les associations vietnamiennes pro-Nord en France. Le mot d’ordre était : aucun Vietnamien en première ligne. »


    Dans la salle Oquinarenne, après chaque cours, Moc fait asseoir les Vô sinhs sur le sol de bois chauffé par l’entraînement. Pendant quelques minutes, ce fils de paysans-­combattants du Nord-Vietnam endoctrine les jeunes venus s’encanailler. Il raconte ses légendes. Son oncle, explique-t-il, décapita naguère sa propre fille, soupçonnée d’avoir donné des informations aux colons français. Vraies ou non, les anecdotes galvanisent ces esprits rebelles. Il les envoie vendre des magazines de propagande sur les marchés, distribuer des tracts, faire des démonstrations… Les Vô sinhs français deviennent les hommes-sandwichs de la cause vietnamienne et la fédération un lieu d’influence qui compte des adeptes dans tous les groupuscules de gauche.

    Bras armé du Nord-Vietnam

    Chaque semaine, sur sa Lambretta grise, maître Moc se rend rue Le Verrier, dans le 6e arrondissement. Au rapport. Un bâtiment de brique rouge abrite ce que les Vietnamiens pro-Nord appellent déjà l’« ambassade » : la représentation informelle de la République démocratique du Vietnam (RDV). Elle ne deviendra en réalité une ambassade qu’en 1975, avec la victoire communiste.

    En entrant, Moc s’incline religieusement devant le portrait d’Hô Chi Minh, puis s’installe dans un bureau face à des hommes en costume. Ils discutent sécurité et stratégie. « Il participait à l’organisation technique de la sécurité, pour les déplacements de personnalités politiques, les rassemblements ou les démonstrations, se souvient un dirigeant de l’UGVF. Moc ne passait pas par les associations de la diaspora. Il était directement rattaché à l’ambassade. »

    Il est un bras armé du régime, à 10 000 kilomètres d’Hanoï. « On escortait les fonds récoltés lors des quêtes jusqu’à l’“ambassade” », se souvient Gérard Dijoux, l’un des plus anciens Vô sinhs français. Enfoncé dans son fauteuil, au cœur d’un village breton, l’octogénaire retraité de l’usine Renault-Billancourt se plaint de ses jambes qui ne le portent plus. À l’époque, il était vif. Ses coups faisaient mal. Le militant trotskiste était un as des manifs. Comme tous ceux que Moc a sélectionnés et spécifiquement entraînés, Gérard a appris deux ou trois trucs utiles dans la rue : analyser une situation, marcher à contresens, dissimuler une matraque dans une baguette de pain, des boules de métal dans la couture de sa ceinture…


    Le 1er-Mai 1968, les luttes sont prêtes à converger. Le 1er-Mai 1968, les luttes sont prêtes à converger. UPI/AFP

    Lorsque les émeutes de Mai 68 éclatent dans le quartier latin, les hommes de l’« ambassade » et maître Moc mettent pourtant du temps à comprendre ce qu’il se passe. Ils ont préparé le terrain, à leur façon, mais l’événement leur échappe. Il n’arrive pas au bon moment. L’offensive du Têt, lancée en janvier 1968, a fait mettre un genou à terre aux Américains. Et l’heure est aux négociations, dans la plus grande discrétion.

    Nguyen Thi Binh, l’une des têtes pensantes des Vietcongs, s’installe à Paris pour préparer la paix avec Washington, qui sera conclue cinq ans plus tard. Elle en profite, d’ailleurs, pour assister à une démonstration cour des Petites-Écuries. C’est Malek Larbi, un ouvrier algérien costaud, au sourire comme un soleil, qui s’y colle. Mais les zélotes d’Hô Chi Minh sont embarrassés par tous ces cris de liberté entonnés par la jeunesse, qui pense plus à la libération sexuelle qu’à promouvoir l’idéal communiste et la victoire de tonton Hô…

    Rattraper le coup de 68

    Il leur faut rattraper le coup. Surfer sur la vague. Dès l’automne 1968, l’« ambassade » impose à la fédération de Vô un recrutement plus massif parmi les désœuvrés de Mai, qui n’ont pas envie que la fête s’arrête. Le système de cooptation est abandonné. Les élèves de confiance deviennent moniteurs et enseignent à leur tour dans de nouvelles salles à Boulogne-Billancourt, Neuilly-sur-Seine, Châtenay-Malabry… Gérard Dijoux s’occupe d’Issy-les-Moulineaux. Les élèves affluent. Les 500 pratiquants d’avant 1968 montent à plus de 3 000, au milieu des années 1970.

    Les renseignements généraux finissent par comprendre que la fédération de monsieur Moc n’a pas grand-chose à voir avec un petit club de sport associatif. Fin 1969, le maître est convoqué dans un commissariat parisien, sommé de s’expliquer. Le général de Gaulle a laissé la place à Pompidou, mais la France se rappelle qu’elle est un pays d’ordre, qui veut en finir avec « la chienlit ».


    Gérard Dijoux, alors trésorier de la fédération de Vô Vietnam, tient la caisse lors d’un rassemblement de pratiquants en 1973 à La Faute-sur-Mer. À côté de lui, Marianne Fabre du MLF, et, dans la voiture, Philippe Bertec, qui créera plus tard sa propre école. Gérard Dijoux, alors trésorier de la fédération de Vô Vietnam, tient la caisse lors d’un rassemblement de pratiquants en 1973 à La Faute-sur-Mer. À côté de lui, Marianne Fabre du MLF, et, dans la voiture, Philippe Bertec, qui créera plus tard sa propre école. ARCHIVES PERSONNELLES

    La fiche des RG rédigée à l’époque raconte cette entrevue. Face à l’inspecteur, Moc joue les naïfs. Il ne fait pas mystère de sa proximité avec les Vietcongs – comment le pourrait-il ? – mais s’étonne d’apprendre que des ­gauchistes ont infiltré ses cours. Ce sont des « intrusions nuisibles à l’­idéologie de la République démocratique du Vietnam », clame-t-il. Il promet de faire le ménage. Pour rassurer les autorités, il fait venir Nguyen Trong Dac au poste de secrétaire général. Un communiste bien connu des services de police.

    Avec les cocos, les vrais, au moins, les autorités savent qu’elles peuvent faire de la politique à la papa. Discuter. Négocier. Mais ça ne suffit pas. Un arrêté ministériel du 18 février 1971 ordonne la fermeture de la salle de Neuilly-sur-Seine, considérée comme « un foyer de propagande et d’apprentissage au combat (…) d’éléments gauchistes ». Le rapport des RG consigne des pages entières de noms de Vô sinhs français. Parmi cette « racaille agitatrice », on retrouve de futurs chercheurs – historiens, psychologues, médecins, diplomates et même un haut fonctionnaire, aujourd’hui proche de Nicolas Dupont-Aignan…

    Les Brigades rouges alléchées

    Nous voilà en 1973. L’intervention américain au Vietnam prend fin, en janvier, avec les accords de Paris. Les combattants de Moc ont gagné la bataille mais s’agitent encore. L’été est chaud. L’air est irrespirable, dans cette vieille guimbarde qui file en direction de la frontière italienne. Un petit groupe parti de Paris se rend à Novi Velia, au sud de Naples. Il est attendu par des jeunes hommes intrigants. Ensemble, ils s’enfoncent dans une forêt, à flanc de montagne, jusqu’à un grand campement.

    À peine leurs tentes installées, les Français reçoivent des instructions. Aucune sortie n’est autorisée sans escorte. En cas de descente de la police, ils doivent suivre un homme désigné. « Ils étaient armés et se réclamaient des Brigades rouges. Ils disaient préparer le renversement du gouvernement, se souvient un participant que nous appellerons « Pierre ». Ils étaient très sympas, mais on était pris au piège. »

    Les Italiens donnent à « Pierre » un petit pin’s avec une kalachnikov noire sur fond rouge, signe amical d’appartenance. Pendant trois semaines, « nous avons formé des moniteurs italiens à des techniques létales, puis nous sommes rentrés à Paris ». « Pierre » reprend le travail quand deux personnes l’accostent à la sortie de son usine. « Ils voulaient que je redescende en Italie pour les former pendant un an. J’ai refusé. » Il a vite compris que ces gens-là n’étaient pas des tendres.

    Il se souvient, comme si c’était hier, du bruit des coups de feu, dans un couloir de la station de métro Châtelet-Les Halles. Il a couru comme un dératé. Il a pris ça pour un avertissement sans frais. « Je me suis dit que c’était pour me faire taire, parce que je pouvais les reconnaître. » Les Brigades rouges – 80 morts à leur actif – n’aiment pas les témoins. Terrorisé, il boucle ses valises et déménage en province, où il vit encore. « Pierre » arrête subitement le Vô. Mais il garde le pin’s.

    À l’époque, cet épisode laisse Moc perplexe. Il refuse d’admettre que c’est peut-être allé un peu loin, qu’il a été dépassé par l’ardeur de certains… Ce sont les Vô sinhs de Vive la révolution, un groupe maoïste créé sur les décombres des mouvements de Mai 68, qui lui ont ramené les Italiens. Dès 1970, des camarades de Lotta continua ont ouvert une salle de Vô à Milan. Moc leur a rendu visite un an plus tard. Mais, après l’épisode de Nova Velia, il refuse d’ouvrir une salle à Turin. La guérilla, c’est bien, mais sa cause, c’est le Vietnam. Il a fini son grand œuvre. En 1975, le dernier GI quitte son pays. La victoire communiste est totale, le Vietnam est réunifié. La fédération se retrouve vidée de sa substance militante.

    Retrouvailles des anciens combattants

    Cinquante ans plus tard – dont vingt-cinq à pratiquer le Vô –, Ghislaine Kalman est devenue une sage-femme libérale, chic et coquette. Un carré court impeccable, elle arpente la capitale avec un gros sac à dos plein de matériels pour ses patientes. Elle a « changé de bord politique », mais s’amuse de revoir ses camarades du Vô.

    Une rencontre a eu lieu le 6 mai. Yves ­Corboz, ancien maoïste, a repris contact. Professeur de physique à la retraite, le septuagénaire l’a invitée a une cérémonie en l’honneur du maître, dans une pagode de la banlieue parisienne. Il a rameuté tous les anciens. Gérard Dijoux n’a pas pu venir. ­Christian, le beau-fils de Moc, Vô sinh des premières heures, a préféré s’abstenir. Moc l’a élevé à la dure. Avant ses 10 ans, Christian et sa petite sœur devaient faire chaque jour en sortant de l’école des démonstrations devant l’usine Renault et racoler les ouvriers. À 68 ans, il garde un souvenir mitigé d’un beau-père violent, mort en 2009, qu’il n’arrive pas à détester.

    Moc n’était pas un tendre. Yves aussi en a fait les frais. Il passe beaucoup de temps à recoller les morceaux d’une histoire qui a marqué sa vie. Depuis 1966, il n’a jamais cessé de s’entraîner. Il a géré une salle, et même le secrétariat général de la fédération, mais ça s’est mal fini : « Je me suis fait expulser en 1979, raconte-t-il, quand j’ai demandé un fonctionnement plus horizontal. » La culture vietcong s’accommode mal des pudeurs démocrates…


    La carte de moniteur de l’ancien maoïste Yves ­Corboz. La carte de moniteur de l’ancien maoïste Yves ­Corboz. ARCHIVES PERSONNELLES

    « Qu’est-ce qu’on était naïfs ! », ne cesse-t-il de répéter, sa masse de cheveux bouclés toujours vissée sur le haut de la tête. Assis face à lui, dans un café populaire parisien, Malek Larbi s’en amuse. Lui ne militait pas vraiment. Il était là pour le sport. Malek a ouvert une branche de Vô à Alger, en 1973, devenue l’une des plus grandes succursales du monde.

    Peu avant la mort du sulfureux maître, la relève des Vô sinhs a réussi à arracher pour lui aux autorités vietnamiennes une médaille de l’ordre de la résistance de première classe. Moyennant finance, ils l’ont fait enterrer dans son village. C’est ainsi. Vu d’Hanoï, Moc était un combattant de la diaspora, sans grande légitimité comparé à ceux morts au front.

    Le Vô Vietnam a désormais sa fédération internationale, installée à Lausanne, en Suisse. Terrain neutre. Elle revendique une dizaine de milliers de pratiquants, un chiffre impossible à vérifier. Elle voudrait sa place dans la vitrine officielle des arts martiaux vietnamiens. Cinquante ans après, elle est toujours aussi dépendante des autorités communistes.



  • Iran. « Pas acceptable » que les États-Unis soient le « gendarme » de la planète
    https://www.crashdebug.fr/international/14867-iran-pas-acceptable-que-les-etats-unis-soient-le-gendarme-de-la-pla

    J’espère que ce petit épisode sur l’Iran permettra au commun des mortels d’entrevoir la dictature sans partage qu’exerce les États-unis sur la France et sur le monde… (vidéo ci-dessous)

    Il faut dire que quand on consacre 700 Milliards de dollars par an à son armé ont a quelques arguments...

    Selon Bruno Le Maire, il n’est « pas acceptable » que les États-Unis se placent en « gendarme économique de la planète » après la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions visant l’Iran.

    Jugeant que le retrait américain de l’accord nucléaire est « une erreur » pour la sécurité internationale, mais aussi du point de vue économique, Bruno Le Maire a observé que cette décision aurait des « conséquences » pour les entreprises françaises, telles que Total, Sanofi, Renault ou encore Peugeot. « En deux ans, la France a (...)

    • Trump : La couche de fange la plus épaisse Paul Jorion
      https://www.pauljorion.com/blog/2018/05/09/trump-la-couche-de-fange-la-plus-epaisse

      Quand on s’attribue généreusement l’image de celui qui asséchera le bourbier, qui drainera le marécage (« To Drain the Swamp »), le risque que l’on court, c’est que quelqu’un découvre que c’est dans votre propre jardin que la couche de fange est en réalité la plus épaisse.

      Le président #Trump a accepté de courir ce risque et il en récolte aujourd’hui les fruits amers.

      Mercredi de la semaine dernière, le 2 mai, Rudolph Giuliani, ancien maire de New York et candidat malheureux à l’investiture du Parti républicain aux élections présidentielles de 2008, qui venait de rejoindre l’équipe d’avocats de Trump, jetait un pavé dans la mare : « Non, les 130.000 $ de prix du silence versés à l’actrice porno #Stormy_Daniels ne constituaient pas une infraction au financement de la campagne présidentielle : ils avaient été remboursés par #Trump lui-même, par l’intermédiaire de son avocat Michael Cohen, grâce à des versements mensuels d’un montant de 35.000 dollars ».

      Or on apprend aujourd’hui dans un document versé au dossier par l’avocat de Daniels (de son vrai nom Stephanie Clifford), le très haut en couleurs Michael Avenatti (il a couru entre autres les 24 heures du Mans), que d’autres – et en particulier, la compagnie #AT&T – alimentaient par des versements du même ordre de grandeur le compte de Essential Consultants, la coquille créée par Cohen dans l’état du #Delaware, fameux pour son moins-disant juridique, moins de quinze jours avant le premier versement à Clifford.

      La justification des 200.000 $ versés par AT&T : « Obtenir des lumières (insights) quant au fonctionnement de la nouvelle administration », par le truchement de quelqu’un fort bien placé pour connaître ce type d’information : nul autre que l’avocat de Trump lui-même. Aucun rapport donc entre ce versement et l’approbation que la firme cherche à obtenir en ce moment dans sa tentative de prise de contrôle de #Time_Warner_Inc. d’un montant de 85 milliards de dollars, tentative bloquée depuis novembre de l’année dernière par le ministère de la Justice dans le cadre de l’application des lois anti-trust (une décision est attendue le 12 juin). Le principal souci pour les deux cocontractants est sans doute aujourd’hui que le vin au fond du pot ne noie la chandelle dont on espérait la lumière !

      Et AT&T n’était pas seule à verser, entre la fin de l’année dernière et le début de celle-ci, des fonds considérables à l’avocat de Trump. On compte aussi la firme coréenne #Korea_Aerospace_Industries qui s’efforce en ce moment, en concurrence avec l’Américain #Lockheed_Martin, d’obtenir un contrat juteux d’avions de chasse d’essai pour l’US Air Force. Il y avait aussi la firme pharmaceutique suisse #Novartis, qui n’a pas hésité à verser à Essential Consultants, en douze tranches, 1,2 millions de dollars, à l’époque où les paiements dits « de M. Trump » remboursaient son avocat de sa généreuse avance (dont il a affirmé lui, de manière un peu pitoyable, qu’elle était alimentée par une ligne de crédit dont son logement servait de collatéral) .

      Mais ce n’est pas tout : les généreux #donateurs de l’avocat de M. Trump, à l’époque où il s’efforçait de gérer la cupidité d’amantes – ou s’affirmant telles – importunes du Président, comptaient aussi le fonds Columbus Nova, essentiellement financé par l’#oligarque_russe #Viktor_Vekselberg et géré par son cousin #Andrew_Intrater, lequel a offert 250.000 $ comme contribution personnelle au financement de l’inauguration officielle de M. Trump.

      Or Vekselberg est déjà l’objet de sanctions imposées début avril par Robert Mueller dans le cadre de son enquête sur une éventuelle collusion entre la campagne de Trump et la Russie, comme l’interdiction pour lui de se rendre aux États-Unis ou d’y ouvrir un compte en banque. La raison pour laquelle Vekselberg était sanctionné était loin d’être claire à l’époque car il était question surtout d’interférences russes avec la campagne électorale par le biais de la diffusion de propagande populiste, suprématiste, etc. sur les réseaux sociaux.

      Et ceci signifie que ce que nous découvrons aujourd’hui du fait de la diligence d’Avenatti, l’avocat de Stormy Daniels, la commission Mueller le sait déjà depuis le 6 avril, jour où ces sanctions furent prises à l’égard de « sept oligarques russes et douze compagnies dont ils sont les propriétaires ou qu’ils contrôlent, dix-sept fonctionnaires de haut rang du gouvernement russe, ainsi qu’une firme d’État de commerce d’armement et une banque russe, sa filiale. »

      Et l’on comprend mieux du coup a posteriori l’affolement de Trump le 9 avril quand la totalité des dossiers de son avocat Michael Cohen furent saisis dans un raid du #FBI, conjointement chez lui, dans le bureau qu’il occupait dans une firme d’avocats qui rompit immédiatement ses relations avec lui, ainsi que dans la chambre qu’il occupait dans un hôtel durant la rénovation de son domicile.

      La conclusion à tirer, c’est que pour des versements comme des peccadilles du genre 130.000 $ pour faire taire des empêcheurs ou empêcheuses de danser en rond du type Stormy Daniels, les candidats se bousculaient en réalité au portillon, allant d’#oligarques russes à des compagnies américaines à la tête de conglomérats internationaux comme AT&T, et que les #pots-de-vin tombaient comme à #Gravelotte (4,4 millions de dollars versés à Essential Consultants selon le New York Times).

      Ce que les tribulations de tous ces généreux #corrupteurs et #corrompus suggèrent, c’est que tout pays se révèle peut-être une république bananière aussitôt que l’on s’intéresse à la partie immergée de l’iceberg, la différence entre les cas flagrants et les autres n’étant qu’au niveau de la gestion des apparences.

      Quoi qu’il en soit, l’assèchement du bourbier, le « Du balai », ce n’est donc pas Trump qui s’en occupe en réalité, c’est Robert Mueller, et le bourbier s’assèche de jour en jour de lui-même, sans que Mueller doive même dire quoi que ce soit. Et avec un peu de chance, Trump disparaîtra du paysage avant même que celui-ci ne dépose ses conclusions.

      On comprend mieux dans ce contexte l’empressement de Trump ces jours-ci à mettre en application les propositions les plus décervelées de son programme, du genre de sa dénonciation hier du traité avec l’#Iran : l’étau se resserre pour lui, et le temps presse toujours davantage. « J’aurai au moins honoré mes promesses de campagne ! », se dit-il sans doute. Et s’il se retrouve en prison, il aura au moins la satisfaction de ne pas avoir trahi sa base. Laquelle exultera, nul n’en doute, et le portera en triomphe, à sa sortie de Sing-Sing dans quelques dizaines d’années.


  • Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai : Alors que la mouvance autonome n’a jamais été aussi nombreuse dans la rue depuis deux ans, la casse a été, dans les faits, limitée, Julia Pascual, Le Monde, 03.05.2018
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/05/02/maintien-de-l-ordre-ce-que-dit-le-1er-mai_5293535_1653578.html

    Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai
    La présence d’un millier de black blocs dans le défilé parisien a relancé le débat sur l’efficacité des forces de sécurité. Mais la casse a été, dans les faits, limitée.

    Il a seulement fallu quelques instants pour que la mayonnaise politique monte. Quelques tweets à la viralité instantanée tandis que la manifestation parisienne du 1er-Mai voyait surgir des centaines de black blocs, manifestants vêtus de noir prêts à affronter les forces de l’ordre, à casser des vitrines à coups de marteaux et de burins, à incendier, là un concessionnaire Renault, ici un restaurant McDonald’s.

    « Insupportables violences contre la manifestation du 1er-Mai. Sans doute des bandes d’extrême droite », lance, contre toute vraisemblance, le leadeur de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, dans l’après-midi. « Faillite de l’Etat régalien », condamne le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez. « Inacceptable saccage de Paris par les milices d’extrême gauche, galvanisées par le laxisme du pouvoir », enfonce peu après la présidente du Front national (FN) Marine Le Pen. « On a laissé casser et saccager Paris, ce sont des images inédites depuis Mai-68 », n’hésite pas à trancher, là aussi contre toute vraisemblance, le député (LR) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.

    Le débat est lancé sur le maintien de l’ordre, matière éminemment inflammable en France. Et il va occulter la véritable dimension politique de ce 1er-Mai.

    « Le dispositif n’a pas été assez cadenassé »

    Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, exige des « explications » et des « mesures » du ministre de l’intérieur [Gérard Collomb] et du préfet de police, ce dernier dépêchant une conférence de presse dès 18 h 30. Il est rejoint une heure plus tard par M. Collomb.

    Pressé d’éteindre la polémique qui enfle, le ministre promet des « poursuites » et des « condamnations » à l’encontre des fauteurs de trouble. En déplacement en Australie, le président de la République Emmanuel Macron tweete et, à son tour, « condamne avec une absolue fermeté les violences ».

    Mais l’incendie ne s’éteint pas. L’engrenage est lancé et, sans tarder, les syndicats de police viennent l’alimenter. L’UNSA-Police, troisième syndicat de gardiens de la paix, dénonce mercredi soir la « gestion des casseurs » et fustige l’attentisme du préfet de police : « On a dû attendre l’incendie du McDo pour que les consignes d’intervenir soient données… Le dispositif n’a pas été assez cadenassé », déclare David Michaux, responsable UNSA-CRS.

    « La question est de savoir si l’on est prêts à durcir les doctrines d’emploi en matière de maintien de l’ordre et à en assumer les conséquences », soumet à son tour David Le Bars, du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).

    Le maintien de l’ordre a-t-il failli en ce 1er mai, première journée internationale des travailleurs de l’ère Macron ?

    Un bilan humain particulièrement faible

    Paradoxalement, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été aussi efficace. Face à 14 500 manifestants qui se sont désolidarisés du cortège syndical et ont pris la tête de la manifestation parisienne, face aux 1 200 black blocs qui ont progressivement émergé au milieu d’eux, la préfecture de police a déroulé un dispositif au point.

    Les forces de l’ordre se sont tenues à distance, pour ne pas constituer d’abcès de fixation et pour priver les plus déterminés de leur adversaire emblématique.

    Une fois les premières dégradations commises, le cortège de tête a été enserré par les forces de l’ordre, appuyées par les lanceurs d’eau que la préfecture de police, il y a peu encore, rechignait à employer dans la capitale, pour des raisons politiques qui renvoient à la mauvaise gestion d’une manifestation d’infirmières… en 1991.

    Pris en tenaille, le cortège de tête a été, mardi, rapidement stoppé dans sa progression. Quelque 200 personnes ont été interpellées. De cette masse considérable, combien seront traduits devant un tribunal correctionnel ? Difficile à évaluer tant il est compliqué d’identifier des responsabilités individuelles et pénales. Mercredi matin, une centaine d’entre eux avaient été placés en garde à vue.

    Quant au bilan matériel et humain de la manifestation, il apparaît particulièrement faible avec quatre blessés légers, dont un CRS, et une trentaine de commerces dégradés dont deux incendiés. Alors que la mouvance autonome n’a jamais été aussi nombreuse dans la rue depuis deux ans, la casse a été, dans les faits, limitée.

    Un défi à l’ordre politique

    La comparaison avec le 1er mai 2017 est saisissante : six membres des forces de l’ordre avaient été blessés – dont deux grièvement – ainsi que 168 manifestants, selon les équipes des « street medics », bénévoles qui prodiguent les premiers soins aux manifestants blessés.

    La préfecture de police semble avoir trouvé un modus operandi qui permet un minimum de dégâts. Ce qui est la clef de voûte du maintien de l’ordre « à la française ». Pendant la loi travail, qui a vu la résurgence de la mouvance autonome et son ascension en tête de cortège, les autorités ont tâtonné, semblant vouloir allier une gestion classique de la foule avec la volonté d’aller au contact, pour interpeller davantage de ces manifestants violents et indisciplinés qu’elles n’avaient pas l’habitude de gérer. Une stratégie périlleuse, tant le contact en manifestation est toujours générateur de risques : celui d’attiser les tensions, de provoquer l’affrontement, d’occasionner des blessés de part et d’autre.

    La polémique sur le maintien de l’ordre continue de prospérer politiquement. Mercredi, les députés du FN ont annoncé qu’ils demanderaient une commission d’enquête sur la sécurité du 1er mai à Paris, emboîtant le pas au premier secrétaire du PS, Olivier Faure qui, lui aussi, a demandé une commission d’enquête pour identifier les responsabilités dans « la chaîne de commandement » des forces de l’ordre.

    Ce faisant, chacun occulte la véritable teneur de ce 1er-Mai parisien. En réunissant 14 500 personnes, dont 1 200 black blocs, le cortège de tête n’a jamais autant semblé défier l’ordre politique. Car, en allant si nombreux au-devant du cortège syndical – qui comptait lui 20 000 personnes –, c’est bien de celui-là qu’il se détourne et se distancie.

    En plein mouvement contre la loi travail, au printemps 2016, le 1er-Mai avait réuni « 300 individus violents », d’après la préfecture de police. Un an plus tard, les forces de l’ordre comptaient dans la manifestation parisienne environ 800 personnes en tête de cortège, parmi lesquelles 150 black blocs.

    Le cortège autonome du 1er mai 2018 n’a, dans un passé proche, aucun précédent. Alors que M. Macron va souffler sa première bougie à la tête de l’Etat, cinquante ans après Mai-68, c’est un coup de semonce à méditer.

    #police #maintien_de_l'ordre

    • L’immonde des puissants et du maintien de l’ordre !
      Deux autres analyses :

      Le black blockisme comme nouvelle esthétique d’un monde en décomposition
      http://traversedesombres.unblog.fr/2018/05/03/le-black-blockisme-comme-nouvelle-esthetique-dun-monde-en-d

      Les accessoires les plus prisées sont le petit marteau (le gros, trop encombrant, sied mal au sac à dos) et le cocktail molotov ; les cibles sont précises : distributeurs bancaires, agence de voyages, assureurs. Pour prendre le dernier exemple en date : il s’agissait d’un Mac Do , multinationale détestant le versement d’impôts, adepte du monologue social et de surcroit ouvert un premier mai. Je répète : il s’agissait d’un Mac Do, multinationale détestant le versement d’impôts, adepte du monologue social et ouvert le premier mai. Des souvenirs émergent de ma mémoire de vieux con : je crois que José Bové pacifiquement bien sûr, avait démonté un Mac Do, il y a quelques années mais ce n’était pas du tout pareil...

      Il faut reconnaitre la capacité de ce mouvement à aider les chaines d’information continue à remplir leurs grilles de programme. C’est, en quelque sorte, une boite de production bénévole qui permet jusqu’à l’écœurement des retransmissions sur l’écrasement d’un burger, la combustion d’une grue, en direct, en différé, en arrière-plan. BFM Télé, LCI, Cnews, quand ils sont en panne de crimes affreux d’adolescentes violées, se jettent comme des hyènes sur ces images. Si les Blacblocks créaient leur agence, ils feraient fortune.

      En creux, ce mouvement interroge l’émiettement du corps social en marges croissantes et l’irritabilité en face d’un pouvoir qui se pose dans des évidences et des rétrécissements coupables comme par exemple la nation entreprise, la voix lactée managériale, la médiocrité et l’inculture érigées en religion.

    • Ce qui s’est passé le 1er mai est probablement une allégorie prémonitoire car la colère sociale est en train de gagner toutes les couches de la population et ce n’est pas le sourire commercial de l’intransigeant Emmanuel Macron qui pourra désamorcer une révolution qui s’annonce...
      Les ahurissantes réactions des grands medias, celles des « commentateurs de commentaires » et l’incompréhension incompréhensible de Jean-Luc Mélenchon, m’ont déterminé à préciser mon point de vue.

      Il est bien évident que la violence qui a explosé au nez des CRS et des Gendarmes mobiles n’est pas fortuite : elle est la réaction logique à la violence sociale du pouvoir bourgeois et à sa farouche volonté de saccager la plupart des conquêtes prolétariennes acquises difficilement et souvent au prix du sang, tout au long de notre histoire.

      Il est également évident que les jeunes vêtus de noir et le visage dissimulé par des capuches ou des cagoules ne sont pas des « voyous » ou des « bandits » qui se défoulent en cassant pour casser, afin d’aller piller les magasins...

      Il est aussi évident que ces groupes n’ont guère connu que les ères Sarkozy et Hollande, c’est à dire des moments de mise en coupe réglée de l’Etat ou bien d’une absurde compromission du pouvoir dit « socialiste » avec le patronat le plus pervers et le plus sournois que nous ayons connu !

      Pour eux, l’Etat est l’adversaire à combattre, ainsi que les signes extérieurs ostensibles du capitalisme tout puissant.

      Il est enfin malheureusement évident que toute une jeunesse a pris acte de l’impuissance des syndicats, de leurs mortelles divisions, et de la balkanisation absolue des forces de gauche...dont le fleuron « insoumis » en est réduit à faire de la figuration comme les hallebardiers dans les opérettes du Chatelet.

      Dans ces conditions, l’occasion présentée par ce 1er Mai (fête du travail) a semblé opportune pour indiquer aux exploités, aux bernés, aux humiliés, aux exclus, la voie à suivre ...avec une démonstration sur le lieu même du défilé pour rien, d’un échantillon de l’action révolutionnaire, dont la nécessité commence à apparaître de plus en plus nettement.

      On n’a pas pris la Bastille avec des simagrées.

      https://blogs.mediapart.fr/vingtras/blog/030518/black-blog