• Racial Capitalism within Public Health: How Occupational Settings Drive COVID-19 Disparities | American Journal of Epidemiology | Oxford Academic
    https://academic.oup.com/aje/article/doi/10.1093/aje/kwaa126/5866668

    In the U.S., White adults have better average lung function and worse hearing than Black adults. Both impaired lung function and hearing are criteria for Worker’s compensation, which is ultimately paid by industry.

    Compensation for respiratory injury is determined using a race-specific algorithm. For hearing, there is no race adjustment.

    Selective use of race-specific algorithms for workers’ compensation reduces industries’ liability for worker health, illustrating racial capitalism operating within public health.

    Widespread and unexamined belief in inherent physiological inferiority of Black Americans perpetuates systems that limit industry payouts for workplace injuries. We see a parallel in the epidemiology of COVID-19 disparities. We tell stories of industries implicated in the outbreak and review how they exemplify racial capitalism. We call on public health professionals to: critically evaluate who is served and neglected by data analysis; and center structural determinants of health in etiological evaluation.

    #compensation #biais #racisme

  • Lettre d’Italie au temps du #Coronavirus

    La propagation du coronavirus est un scénario jamais vu auparavant. Bien que certains gouvernements continuent de sous-estimer la gravité de la menace (les États-Unis en particulier), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a maintenant officiellement déclaré la COVID-19 comme une pandémie, et de plus en plus de gouvernements commencent à prendre conscience de l’ampleur de la menace.

    L’Italie est aujourd’hui le deuxième pays le plus touché après la Chine, avec plus de 17 000 cas confirmés et plus de 1 200 décès, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. L’Italie peut donc être considérée comme un scénario de test pour déterminer comment le virus pourrait affecter d’autres États du Nord. La situation évolue très rapidement, créant beaucoup de confusion, mais nous avons pensé qu’il serait utile de partager quelques brèves réflexions sur certains aspects de cette crise : l’attitude de l’État face à la propagation du virus ; les mesures gouvernementales ; les luttes sociales qui en découlent ; la manière dont nous nous organisons dans ces circonstances.

    Le COVID-19 est un nouveau virus et les experts ont mis du temps à se mettre d’accord sur la manière de l’affronter. Cette confusion, associée à la rapidité et à la facilité avec lesquelles des informations non vérifiées peuvent être diffusées dans le monde d’aujourd’hui, a fait que les conseils et analyses variés et souvent contradictoires ont abondé. Jusqu’à il y a une semaine, certaines personnalités, y compris des politiciens, la définissaient comme une mauvaise grippe ne touchant que les personnes âgées ayant des problèmes médicaux préexistants. Cependant, la gravité du COVID-19 est maintenant devenue évidente pour tout le monde en Italie. Et il a mis à genoux le système national de santé italien. Cela s’explique par trois raisons principales : le virus se propage efficacement et rapidement ; lorsque les gens tombent gravement malades, ils ont besoin de semaines de soins intensifs ; les coupes et les mesures d’austérité des gouvernements successifs ont érodé l’efficacité d’un système de santé publique qui sinon aurait pu bien mieux s’en sortir. Bien que les soins de santé dans certaines régions du Nord soient, à bien des égards, parmi les meilleurs selon les normes européennes, le fait que le système soit géré au niveau régional signifie qu’il existe d’énormes disparités internes. Jusqu’à présent, il a été reconnu que le seul outil efficace pour contenir la contagion est de limiter les contacts entre les personnes. C’est pourquoi les pays touchés ont décidé de verrouiller certaines zones ou, dans le cas de l’Italie, l’ensemble du pays.

    Les différentes réactions au virus dans les différents États du monde reflèteront l’équilibre des forces sociales dans ce pays. Dans le cas de l’Italie, le gouvernement a pris des mesures drastiques, bien qu’il aurait pu faire beaucoup plus et plus tôt, et bien qu’il faille faire encore davantage. Il a notamment cherché à équilibrer la contradiction entre la menace croissante pour la santé publique et les intérêts du capital, ce qui a donné lieu à une réponse confuse, donnant trop souvent la priorité à la seconde et mettant les personnes en danger.

    L’approche de l’Italie face à la crise

    Le 4 mars, l’Italie a déclaré une fermeture dans les zones du nord les plus touchées, interdisant tout déplacement inutile. Les détails du décret ont été divulgués à la presse avant que le gouvernement n’ait pu faire l’annonce officielle, ce qui a provoqué l’afflux de centaines de personnes dans les gares, qui espéraient prendre un train pour se rendre en dehors des zones rouges. De nombreuses personnes ont voyagé à travers le pays cette nuit-là, atténuant l’effet des mesures de sécurité puisqu’ils emmenaient potentiellement le virus dans de nouvelles régions.

    Le 9 mars, ce décret a ensuite été étendu à l’ensemble du pays. Tous les rassemblements publics ont été interdits, les bars sont obligés de fermer à 18 heures, tous les voyages non essentiels sont interdits et toute personne voyageant doit avoir avec elle un formulaire détaillant les raisons de son déplacement. La fermeture des écoles et des universités a été prolongée jusqu’au 3 avril.

    Dans la soirée du 11 mars, le gouvernement a annoncé la fermeture de tous les commerces non essentiels. Les magasins d’alimentation, les pharmacies, les bureaux de poste, les marchands de journaux, les stations d’essence restent ouverts. Cependant, en réponse à la pression de la Confindustria (l’union des employeurs italiens), de nombreuses activités productives ne sont pas incluses dans ce nouveau décret. Cela signifie que les ouvrier.e.s d’usines, les travailleurs.ses des centres d’appel, les travailleurs.ses du secteur de la logistique sont toujours obligé.e.s de se rendre au travail.

    Ce dernier décret a créé une situation où les gens sont interdits de se rassembler ou de se promener dans les espaces publics (sauf en cas de nécessité) et sont obligé.e.s de rester chez eux.elles, alors qu’une partie importante des travailleuses.eurs est encore entassée dans des usines produisant des biens non essentiels ou offrant des services non essentiels.

    De nombreux rapports ont fait état de conditions de travail dangereuses dans les entrepôts et les usines. Le 9 mars, les travailleurs.euses de l’usine FIAT de Pomigliano, dans le sud de l’Italie, ont fait une grève sauvage pour protester contre le manque de mesures de sécurité. Les travailleurs.euses de la logistique d’un hub de Bartolini à Caorso dans le Nord, et d’un entrepôt de TNT à Caserta ont fait de même. Au moment de la rédaction du présent rapport, des rapports de grève arrivent toutes les heures, touchant les principaux sites de production du pays (pour plus de détails, voir en italien : https://poterealpopolo.org/coronavirus-sciopero-ovunque). Le plus grand syndicat de base USB a appelé à une grève de 32 heures de tous les secteurs non essentiels, et les principales centrales syndicales doivent rencontrer le premier ministre.

    Les prisons italiennes sont un autre point de mire. Le système pénitentiaire italien est depuis longtemps en crise. Des installations obsolètes et un grave surpeuplement font que les prisons italiennes sont en violation perpétuelle des réglementations en vigueur. Dans ces conditions, les restrictions imposées par le gouvernement (interdiction de visites, limitation des appels aux familles et des permis de travail jusqu’au 31 mai, entre autres) ont déclenché des révoltes dans les prisons de tout le pays. Treize personnes sont mortes au cours de ces révoltes dans des circonstances qui ne sont toujours pas claires. Il semblerait qu’un gardien ait été testé positif à Vicence, et les familles témoignent de la crainte des détenu.e.s qui ont un accès limité à l’information et aux conseils. S’il est vrai qu’« On peut juger du degré de civilisation d’une société en entrant dans ses prisons » (Dostoïevski), l’Italie ne se porte pas bien.

    Le gouvernement doit maintenant annoncer un ensemble de mesures économiques. Il paraitrait que ces mesures pourraient inclure des interruptions de remboursement de prêts ou des factures des services de première nécessité ainsi et des extensions des indemnités de chômage, mais il reste à voir si une aide sera apportée aux travailleurs.ses indépendant.e.s, aux travailleuses.rs ayant un contrat « zéro heures » ou qui travaillent au noir. Le gouvernement a débloqué 25 milliards d’euros pour des mesures extraordinaires en réponse au coronavirus, mais avec l’économie italienne au bord de l’effondrement, il est difficile d’imaginer qu’une telle somme puisse faire une vraie différence. L’UE avait montré quelques signes de flexibilité dans son approche, mais le 12 mars, la BCE a renoncé à apporter davantage de soutien, faisant s’envoler les taux d’intérêts et le « spread ». L’économie mondiale se dirige vers une récession majeure, et l’Italie sera plus durement touchée que la plupart des autres pays.

    Coronavirus et entre-aide, que pouvons-nous faire pour nous soutenir mutuellement ?

    Lorsque la crise frappe une société inégalitaire, ce sont toujours les personnes vulnérables qui souffrent le plus : les personnes âgées, les travailleuses.rs, les migrant.e.s, les femmes, les personnes souffrant de maladies préexistantes. En tant qu’activistes de Potere al Popolo, nous essayons de trouver des moyens de briser l’isolement et d’établir des relations de soutien mutuel et de solidarité entre les communautés.

    Dans de nombreuses villes, nous avons mis en place un système d’aide mutuelle pour les personnes ayant besoin de soutien pour les tâches quotidiennes, comme faire les courses pour les produits de première nécessité (dans le respect stricte des conditions de sécurité).

    Nous avons également créé une ligne téléphonique nationale pour fournir des conseils juridiques aux travailleurs.ses touché.e.s par la crise. Cette ligne a été mise en service il y a quelques jours seulement, mais nous avons déjà reçu plus de 70 appels de travailleuses.rs qui sont contraint.e.s de travailler dans des conditions dangereuses, qui ont été licencié.e.s ou qui travaillent au noir et qui, à ce titre, risquent d’être exclu.e.s des plans de soutien du gouvernement en cas de crise. Avec les informations recueillies lors de ces appels, nous sommes en mesure, en tant qu’organisation, de planifier les mesures à prendre et de formuler des demandes aux employeurs.ses et au gouvernement. Tous les appels à la ligne d’assistance sont d’abord pris par un petit groupe de professionnel.le.s juridiques bénévoles, puis les coordonnées des appelants sont transmises aux bénévoles dans leur localité pour un soutien suivi.

    Jusqu’à présent, nous avons identifié trois domaines clés d’intervention. Le premier est le secteur de la logistique. Nous avons été en contact avec des magasiniers d’Amazon qui nous ont dit qu’ils.elles travaillent plus que d’habitude en raison de l’augmentation de la demande (les gens commandent à domicile plutôt que d’aller dans les magasins) et dans des conditions qui ne respectent pas les mesures de sécurité prescrites. Le second est celui des centres d’appel. Les entreprises qui gèrent des centres d’appel ont été réticentes à autoriser les travailleurs.ses à travailler à domicile en raison de l’augmentation des coûts liés à l’acquisition de la technologie nécessaire, de sorte que les travailleuses.rs continuent à travailler dans des bureaux exigus. Dans les deux cas, nous avons demandé à des avocats d’envoyer un avertissement formel aux employeurs en question pour exiger que des mesures de sécurité soient mises en œuvre et que tous les travailleurs.ses soient exempté.e.s d’heures supplémentaires.

    Le troisième est celui des garanties pour les travailleurs.ses saisonniers. Ces travailleuses.rs sont très nombreux.ses en Italie, notamment dans l’agriculture et le tourisme, mais aussi dans les usines. Le travail saisonnier est une forme de travail précaire car l’employeur.se n’est pas obligé.e d’embaucher les mêmes travailleurs.ses chaque année. Toutefois, les travailleuses.rs saisonniers ont accès aux allocations de chômage (les allocations de chômage ne sont pas universellement accessibles en Italie). Nous avons écrit au gouvernement et au département de la sécurité sociale pour demander que les travailleurs.ses saisonniers qui ne seront pas réemployés cette année en raison de la crise se voient accorder des indemnités pour toute cette période de chômage prolongée.

    Au-delà de ces cas spécifiques, qui sont des exemples d’actions concrètes qui peuvent être prises, nous demandons au gouvernement de garantir les salaires de toutes les personnes concernées, y compris les indépendant.e.s, les personnes travaillant sans contrat légal, les travailleurs.ses du spectacle. Nous demandons que toute personne qui a perdu son emploi puisse bénéficier d’allocations de chômage, que toute personne incapable de payer ses factures, son loyer ou son hypothèque puisse bénéficier d’une amnistie.

    Nous demandons également que toutes les activités de production non nécessaires soient arrêtées (avec des travailleurs.es en congé payé).

    Enfin, nous exigeons que l’État investisse massivement dans les services de santé, recrute davantage de travailleuses.rs de la santé sur des contrats à durée indéterminée et place la production de médicaments et d’équipements de santé sous contrôle public. Nous demandons au gouvernement de renoncer à l’austérité et de lever le pacte fiscal de l’UE. L’Italie est actuellement confrontée à une grave crise économique. Seul un changement complet de paradigme, avec des investissements publics énormes dans l’économie, les services publics et la création d’emplois, nous sauvera des pires effets de cette catastrophe.

    Notre réponse à la crise a donc été triple : s’organiser au sein de nos communautés pour répondre aux besoins immédiats ; soutenir les luttes des travailleurs.ses sur le terrain (y compris par des conseils juridiques) ; formuler des demandes politiques plus larges à l’égard de l’État. Nous pensons que la seule façon de sortir de cette catastrophe est de renforcer notre capacité d’action collective et de coordination. Par conséquent, aux organisations progressistes qui observent de loin les événements en Italie, nous conseillons de commencer à s’organiser, d’élever des revendications pour protéger la santé et la sécurité de vos communautés.

    https://poterealpopolo.org/lettre-ditalie-au-temps-du-coronavirus
    #covid-19 #covid_19 #Italie #gravité #système_de_santé #santé_publique #austérité #distanciation_sociale #santé_publique #usines #entrepôts #conditions_de_travail #prisons #grève #économie #soutien_mutuel #solidarité #logistique #centres_d'appel #travailleurs_saisonniers #saisonniers #travail_saisonnier #salaires #compensation #chômage

  • Entre expulsion et retour volontaire, la frontière est fine

    Une nouvelle sémantique s’est construite au sein de l’Union européenne : celle du « retour volontaire » des migrants irréguliers. Découvrez sur le blog « Dialogues économiques » l’analyse du politologue #Jean-Pierre_Cassarino, qui travaille depuis de longues années sur la #migration_de_retour et met en garde contre l’utilisation abusive du terme « #retour » dans le discours politique.

    À l’heure des fake news et des décodex, les mots prennent des tournures ambivalentes. Langue de bois et autres artefacts langagiers construisent, au-delà des mots, des murs. Des murs qui n’ont plus d’oreilles et brouillent notre compréhension. Derrière cet appel incessant au « retour », résonnent les mots de Patrick Chamoiseau : « Ils organisent le fait que l’on n’arrive jamais1 ».

    Contrôles aux frontières, centres de détention, identification par empreintes digitales ou encore quotas d’expulsions ont fleuri dans tous les pays européens. Ces dispositifs ont germé sur le terreau fertile des discours sur le « retour » des migrants, diffusés dans les États membres et au sein de l’Union européenne.

    Avec la première vague migratoire venue des Balkans, cette nouvelle terminologie s’est affirmée au cours des années 1990 au point de devenir hégémonique aujourd’hui. Basée sur la dichotomie entre « #retour_volontaire » et « #retour_forcé », elle a été accréditée par l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM). Elle prend corps dans divers mécanismes comme « l’#aide_au_retour_volontaire » en France qui propose aux migrants irréguliers de retourner dans leur pays moyennant #compensation_financière.

    À travers une multitude d’entretiens réalisés en Algérie, au Maroc et en Tunisie avec des migrants expulsés ou ayant décidé de rentrer de leur propre chef, Jean-Pierre Cassarino, enseignant au Collège d’Europe et titulaire de la Chaire « Études migratoires » à l’IMéRA (Marseille), en résidence à l’IMéRA et enseignant au Collège d’Europe (Varsovie) revient sur l’utilisation trompeuse de ces catégories.

    La #novlangue du retour forcé/retour volontaire

    Dans 1984, George Orwell construisait une véritable novlangue où toutes les nuances étaient supprimées au profit de dichotomies qui annihilent la réflexion sur la complexité d’une situation. C’est oui, c’est non ; c’est blanc, c’est noir ; c’est simple. Toute connotation péjorative est supprimée et remplacée par la négation des concepts positifs. Le « mauvais » devient « non-bon ». Dans le livre d’Orwell, cette pensée binaire nie la critique vis-à-vis de l’État et tue dans l’œuf tout débat.

    Aujourd’hui, les instances internationales et européennes produisent un #discours_dichotomique où le retour volontaire se distingue du retour forcé. En 2005, le Conseil de l’Europe, écrit dans ses « Vingt principes directeurs sur le retour forcé » : « Le retour volontaire est préférable au retour forcé et présente beaucoup moins de #risques d’atteintes aux #droits_de_l’homme. C’est pourquoi il est recommandé aux pays d’accueil de l’encourager, notamment en accordant aux personnes à éloigner un délai suffisant pour qu’elles se conforment de leur plein gré à la décision d’éloignement et quittent le territoire national, en leur offrant une #aide_matérielle telle que des #primes ou la prise en charge des frais de transport, en leur fournissant des informations détaillées dans une langue qui leur est compréhensible sur les programmes existants de retour volontaire, en particulier ceux de l’Organisation internationale des migrations (OIM)2. »

    Pour Jean-Pierre Cassarino, la #coercition s’applique pourtant dans les deux cas. L’Allemagne par exemple, considère l’Afghanistan comme un pays sûr. Elle a signé un accord avec ce dernier pour le « retour » volontaire et forcé des Afghans en situation irrégulière. Mais « les migrants qui ont été expulsés d’#Allemagne ont été forcés d’accepter le retour volontaire », explique Jean-Pierre Cassarino. Un des interrogés afghans témoigne ainsi : « On m’a demandé de signer et j’étais en détention, je ne voulais plus rester enfermé, j’avais peur ». Dans ce cas, parler de « retour volontaire » affirme un aspect positif. C’est un mécanisme politique plus facilement accepté par le public.

    Pour l’OIM, le retour volontaire concerne la personne qui signe une #déclaration dans laquelle elle accepte de retourner dans son pays. Dans ce cas et en règle générale, on lui offre le billet de retour. À l’inverse, dans le cas du retour forcé, la personne est contrainte, par ordre de la préfecture, de quitter le territoire. Elle est souvent accompagnée d’une #escorte de #rapatriement qui est coûteuse pour le gouvernement. Le retour volontaire n’est pas qu’une question sémantique, c’est aussi une question financière. On estime entre 10 000 et 15 000 euros une #reconduite_forcée à la frontière contre 2 000 à 4 000 pour un retour volontaire3. Dans tous les cas, dans cette dichotomie, la décision individuelle du migrant compte de moins en moins.

    Que se cache-t-il derrière le mot retour ?

    Peut-on utiliser le même mot pour un #migrant_rapatrié dans un pays en guerre, pour celui qui est renvoyé parce qu’illicite et pour celui qui décide, de sa propre initiative, de revenir au pays ? Difficile de nier l’aspect pluriel du retour migratoire.

    Jean-Pierre Cassarino explique comment la terminologie du « retour » s’assimile à l’#expulsion, par #manipulation_politique. Il se réfère à Albert Camus. Dans L’homme révolté, Camus plaide pour la #clarté_terminologique, parce qu’il ne faut pas « pactiser avec la propagande ». « Si une personne est expulsée de son pays elle n’est pas ‘retournée’ au pays. Les chercheurs travaillent de fait sur l’expulsion quand ils parlent de retour. »

    « Éjecté volontaire » ou « déplacé poétique », écrit l’écrivain Patrick Chamoiseau pour faire contrepoids.

    Retour pour le développement ?

    L’ampleur qu’a pu prendre « le retour » dans les instances internationales repose aussi sur la promotion du #développement dans les pays d’origine. Jean-Pierre Cassarino et son équipe de chercheurs ont interrogé 700 migrants tunisiens de retour en questionnant l’influence de l’expérience migratoire sur l’#entreprenariat. En mars 2014, un partenariat avait été signé entre la Tunisie et l’Union européenne pour faciliter l’acquisition de #compétences aux jeunes Tunisiens afin de leur permettre, une fois rentrés, de « développer des activités économiques rentables ».

    Qu’en est-il dans les faits ? Les migrants qui se sont insérés facilement dans le marché du travail avaient achevé leur séjour migratoire par eux-mêmes en affirmant leur souhait de revenir au pays. Qu’ils aient fini leurs études, qu’ils veuillent créer leur entreprise ou qu’ils aient atteint leurs objectifs en France, tous ont pu réunir les opportunités, le temps et les ressources nécessaires pour construire un projet de retour. Ici le « retour volontaire » prend tout son sens. Jean-Pierre Cassarino parle de cycle migratoire « complet ».

    Mais tous les migrants n’ont pas eu cette chance. La décision relève parfois d’un choix par défaut. Une socialisation difficile, des problèmes familiaux ou la précarité peuvent pousser la personne à rentrer à contrecœur. Pire, l’expérience migratoire peut être brutalement interrompue par une obligation à quitter le territoire. Pour ces migrants qui ne peuvent achever leur cycle (qu’il soit incomplet ou interrompu), de sérieuses difficultés se présentent sur la route du retour. Ils ont beaucoup plus de mal à s’insérer dans le monde professionnel.

    En approchant le retour par la complétude des #cycles_migratoires, Jean Pierre Cassarino montre qu’il n’y a pas qu’une façon de revenir et que la durée du séjour a des conséquences sur le développement dans le pays d’origine. C’est un appel à repenser les usages politiques et sémantiques du « retour » ; à remettre en question des notions qui s’inscrivent dans les inconscients collectifs. C’est un rappel à ce que Václav Havel écrit dans Quelques mots sur la parole : « Et voilà justement de quelle manière diabolique les mots peuvent nous trahir, si nous ne faisons pas constamment preuve de prudence en les utilisant ».

    Références :
    – Cassarino, Jean-Pierre (2014) « A Reappraisal of the EU’s Expanding Readmission System », The International Spectator : Italian Journal of International Affairs, 49:4, p. 130-145.
    – Cassarino, Jean-Pierre (2015) « Relire le lien entre migration de retour et entrepreneuriat, à la lumière de l’exemple tunisien », Méditerranée, n° 124, p. 67-72.

    https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/dialogues-economiques-leco-a-portee-de-main/entre-expulsion-et-retour-volontaire-la
    #expulsion #retour_volontaire #mots #sémantique #vocabulaire #migrations #asile #réfugiés #dichotomie #prix #coût

    Autres mots, @sinehebdo ?
    #migration_de_retour
    #migrant_rapatrié
    « #éjecté_volontaire »
    « #déplacé_poétique »

    ping @_kg_ @karine4

  • Allègements décidés par le législateur : les compensations aux collectivités se réduisent comme peau de chagrin
    https://www.banquedesterritoires.fr/allegements-decides-par-le-legislateur-les-compensations-aux-co

    Les #compensations versées par l’État aux #collectivités_territoriales pour les #exonérations d’#impôts_locaux décidées par la loi dépassent, cette année, les 2 milliards d’euros. Cette coquette somme est pourtant loin de couvrir le manque à gagner que le secteur public local a à déplorer. Un rapport de Bercy, auquel Localtis a eu accès, fait le point.

    #finances_locales

  • How Europe Could Blunt U.S. Iran Sanctions Without Washington Lifting A Finger – Foreign Policy
    https://foreignpolicy.com/2018/12/03/how-europe-can-blunt-u-s-iran-sanctions-without-washington-raising-a-

    It has been nearly seven months since the United States withdrew from the Iran nuclear deal. As sanctions begin to bite, Iranian companies are laying off employees, and Iranian households are facing renewed hardships. Iran has exercised remarkable patience while it waits for Europe to devise its #special_purpose_vehicle (#SPV), a new entity intended to help Iran blunt the impact of U.S. secondary sanctions by making it possible for companies to trade with Iran, despite the fact that most international banks refuse to process payments to and from the country.

    The SPV will do so by offering a “#compensation” service. By overseeing a ledger of payments related to exports and imports between Europe and Iran, the SPV will be able to coordinate payments so that a European exporter of goods to Iran can get paid by a European importer of goods from Iran, eliminating the need for cross-border transactions. The SPV simply coordinates payments so that exporters can be paid from funds outside of Iran while importers can be paid by funds within Iran.

    Compensation is a solution that companies have been using informally for years—the proposed mechanism is feasible. But time is running out to get the SPV up and running. Ali Akbar Salehi, the head of Iran’s atomic energy agency, recently warned that “the period of patience for our people is getting more limited.

    Europe’s SPV could be launched in the nick of time. France and Germany will likely formally establish the entity in January. But many critics believe the SPV will have a negligible impact on Iran’s economy, not least because it is unlikely that the mechanism will be used to facilitate European purchases of Iranian oil.

  • « Le #tourisme est une industrie de la #compensation »

    Le sociologue #Rodolphe_Christin a produit un corpus critique dézinguant l’industrie touristique. Après L’Usure du monde (éditions L’échappée), son pamphlet Manuel de l’#antitourisme (éditions Écosociété) s’offre une peau neuve avec une réédition revue et augmentée. Entretien.


    http://cqfd-journal.org/spip.php?page=pages_mobiles&squelette_mobile=mobile/article&id_article=2344
    #livre

    #Manuel de l’antitourisme

    Le tourisme est la première industrie mondiale, même s’il est pratiqué par seulement 3,5 % de la population… Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l’avènement des congés payés, ont intégré « un devoir d’ailleurs et de loisirs ». Mais qui n’a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs ? Qui n’a jamais ramené de vacances le sentiment de l’absurde ? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde : ni la pollution qu’elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu’elle vient niveler et encore moins la conscience de l’Autre qu’elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme ? Rodolphe Christin nous invite à retrouver l’essence du voyage : préférer le chemin à la destination, et « disparaître » plutôt qu’apparaître partout.


    https://ecosociete.org/livres/manuel-de-l-antitourisme
    #industrie_touristique

  • « Le tourisme est une industrie de la compensation » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Le-tourisme-est-une-industrie-de

    À l’origine, il s’agit quand même d’une conquête sociale, celle de 1936 et des congés payés. Comment la machine se grippe-t-elle par la suite ?

    « Effectivement, il y a à partir de 1936 cette visée supposément émancipatrice consistant à libérer – provisoirement – le travailleur grâce à l’acquisition du droit aux congés payés. Bien entendu, c’est un leurre : ces congés payés restent dépendants du travail et du salariat. Plus qu’une libération, il s’agit d’un aménagement de peine. Une question s’est cependant posée : comment occuper ce temps libéré de manière à ne pas laisser s’installer le vice et la débauche qui, comme chacun le sait, se nourrissent de l’oisiveté ? Associations, syndicats et diverses organisations ont proposé des activités et des séjours pour meubler un temps, au final, de moins en moins ’’ libre ’’. Dans la foulée des congés payés naît ainsi le tourisme social. Une démarche d’éducation populaire guidée par l’idée de découvrir l’autre et le monde. Mais, avec l’efficacité qu’on lui connaît, le capitalisme a pris en main cette tendance qui s’est rapidement avérée rentable. Depuis, la demande touristique n’a cessé de croître dans un assentiment général.

    Résultat : nous avons basculé dans l’industrie ’’ décomplexée ’’ du tourisme de masse. Celle-ci a largement organisé les territoires à des fins mercantiles. Le tourisme n’a plus comme finalité la recherche de la diversité mais celle du divertissement. Il tend à transformer des régions entières en zones commerciales à ciel ouvert. Pour les territoires non dotés de capital touristique, on implante des espaces créés de toutes pièces – centres de vacances, parcs à thèmes ou zones de loisirs. Autant d’univers artificiels dédiés à l’accueil des vacanciers. »

    #tourisme #congés_payés #dromomanie

    • On s’en fout, on n’est pas chez nous !

      Cela pourrait résumer pas mal de l’esprit vacances. En tout cas, je l’ai souvent entendu en zone touristique, quand les gens se lâchent. Après 11 mois à courber l’échine, bouffer des couleuvres et traverser dans les clous, ils pensent que pendant les vacances, tout est permis : « Ben oui, moi, j’ai payé, moi » ! Les vacances deviennent alors le lieu des réglements de compte sociaux : « Je sers les autres toute l’année, à mon tour d’être servi », en reproduisant tous les comportements les plus haïssables qu’ils ont eu à supporter tout au long de l’année.
      Mais je pense que la goujaterie n’est rendue possible que par l’éloignement de son lieu de vie. Dans un endroit où l’on ne connaît personne et où personne ne nous connaît. Ce qui assure précisément de l’impunité sociale : on peut se comporter en gros blaireau, puisque finalement, les gens qui comptent, la famille, les amis, les collègues, n’en sauront rien.
      Et c’est ainsi que les touristes sont généralement mal vus dans leur lieu de villégiature et qu’ils ne sont pas reçus très aimablement : « manière on s’en fout s’ils ne reviennent pas ces blaireaux, l’année prochaine ! »

      https://blog.monolecte.fr/2006/07/30/turista

  • Developers deserve endorsement deals, too
    https://hackernoon.com/developers-deserve-endorsement-deals-too-602f048771c?source=rss----3a814

    They cut the lights.That 90s stadium jam blares over the intercom.The office mascot starts break-dancing in the conference room.“And now…..leading today’s daily standup……..it’s the backend developer in the corner with all those bobbleheads and weird sci-fi characters on his desk!!!!”That’s what it’s like when you go to work, right? Well, it should be.I was talking with a good friend recently and he mentioned that developers were a lot like athletes. We have marketable skills, amazing potential, and it seems we are in very high demand. Maybe we don’t appear on as many cereal boxes and highlight reels, but the glory is there all the same.It seems everywhere you read, companies are scrambling to fill their positions. It’s nothing new, really. For the last few decades, software has shaped our daily (...)

    #development #professional-development #compensation #testimonials #endorsement-deals

  • Drôles de news | Australie : 46 millions d’euros pour mauvais traitements en détention
    https://asile.ch/2017/11/10/droles-de-news-australie-46-millions-deuros-mauvais-traitements-detention

    Un juge australien a approuvé le 6 septembre le versement de l’équivalent de 46 millions d’euros à 2000 demandeurs d’asile détenus ou ayant été détenus par le gouvernement australien sur l’île de Manus, en Papouasie- Nouvelle-Guinée, entre 2012 et 2016, en guise de compensation pour les mauvais traitements subis. Cette class action, menée par un […]

  • Ryanair backs down over passenger rights for cancellations - BBC News

    http://www.bbc.com/news/business-41445663

    Avis de gros temps pour Ryanair et peut-être les limites du modèle brutalissime sur lequel fonctionne - comme son nom l’indique si bien - le hard discount ou low cost.

    Ryanair has bowed to regulator demands and spelled out more options on offer to passengers affected by its planned flight disruption.

    It has avoided possible legal action by emailing those affected by more than 20,000 flight cancellations.

    On its site, Ryanair acknowledges it is required to offer those on cancelled flights full refunds or comparable tickets on rival carriers.

    Civil Aviation Authority boss Andrew Haines said Ryanair had “capitulated”.

    Earlier this week, Mr Andrew Haines said he was “furious” the airline had not been complying with the law by failing to offer to re-route passengers on rival airlines.

  • Tanzania Demands Compensation from Germany for #Maji_Maji Rebellion Atrocities

    Tanzanian lawmakers are demanding compensation from Germany for atrocities committed by German soldiers at the start of the 20th century during the Maji Maji rebellion.


    https://face2faceafrica.com/article/maji-maji-rebellion
    #compensation #colonialisme #histoire #Allemagne #Tanzanie
    via @reka

  • Le numéro de #mobile remplacera l’Iban bancaire en Europe en 2018 – EurActiv.fr
    http://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/le-numero-de-mobile-remplacera-liban-bancaire-en-europe-en-2018


    Je dois avouer ne pas très bien comprendre ce paragraphe précis. Et surtout ses implications concrètes

    Et pour accélérer le règlement interbancaire, la BCE propose de faire évoluer la plate-forme européenne de traitement des #paiements Target2, utilisée par les banques centrales et commerciales, vers du règlement en temps réel, de l’ordre de 25 secondes, sans risque de crédit, ce qui éviterait aux banques d’immobiliser du #capital en garantie. La BCE craint en effet que les chambres de #compensation ne deviennent des « silos nationaux » et n’aient pas cette portée paneuropéenne. Une consultation publique sera lancée ce lundi et la décision prise en juin prochain : le dénouement en temps réel serait opérationnel en 2018.

    Par ailleurs, je ne vois nulle part de mention sur la #sécurité des transactions…
    #banksters

  • A Notre-Dame des Landes et ailleurs l’aviation veut torpiller l’Accord sur le climat

    Au moment même où l’Union européenne ratifiait l’Accord de Paris, le secteur de l’aviation obtenait la garantie de pouvoir poursuivre sa croissance illimitée sans tenir compte de l’impératif climatique. Cette croissance du secteur est agitée comme la raison d’être de la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes alors qu’elle saborde les objectifs de l’Accord de Paris.

    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/081016/notre-dame-des-landes-et-ailleurs-laviation-veut-torpiller-laccord-s

    #AccorddeParis #Climat #compensation_carbone #Cop21 #COP22 #ICAO #Montréal #Notre-Dame_des_Landes #OACI

  • Israël et l’UE seraient engagés dans des négociations pour rétablir leurs liens
    10 février 2016
    http://fr.timesofisrael.com/israel-et-lue-seraient-engages-dans-des-negociations-pour-retablir

    (...)Alors que des officiels de l’UE ont été cités déclarant que les directives d’étiquetage ne serait pas retirées, des sources ont parlé d’une concession non spécifiée que l’UE pourrait accorder à Israël en compensation .

    Les discussions auraient pu être proposées quand Netanyahu et la chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, se sont rencontrés au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le mois dernier.

    Les négociations auraient été lancées dans les deux dernières semaines, y compris pendant une visite en Israël la semaine dernière, qui n’a pas été rendue publique, de Helga Schmid, secrétaire générale adjointe du services des Affaires étrangères du département des affaires publiques de l’UE, et première conseillère politique de Mogherini, qui a rencontré Dore Gold, le directeur général du ministère des Affaires étrangères et des officiels du conseil de sécurité nationale d’Israël, parmi d’autres agences gouvernementales.

    #compensation

  • Le Sénat va-t-il confier la protection de la biodiversité à des banques ?

    Le projet de loi relatif à la biodiversité arrive au Sénat ce mardi 19 janvier. Les enjeux sont multiples. L’un d’entre eux concerne ce qui est appelé les "réserves d’actifs naturels". Les associations demandent la suppression de toute référence aux « réserves d’actifs naturels », ces banques d’un nouveau genre qui font du blé en prétendant préserver la biodiversité. Seront-elles entendues ?

    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/190116/le-senat-va-t-il-confier-la-protection-de-la-biodiversite-des-banque

    #biobanques #biodiversité #CDC-Biodiversité #compensation #détruire #financiarisation #loi #protection #Sénat

  • Plusieurs articles de presse (liens ci dessous) mentionnent le projet de la maire de #Calais de construire un #parc_d'attraction appelé « #Heroic_Land » à 3 km du campement de migrants pour « redorer » l’image de la ville. Valls a annoncé que le gouvernement donnera 50 millions d’euros à la ville de Calais en tant que ’#compensation' pour le préjudice causé par les flux migratoires, à investir dans des projets comme celui ci. Ce projet est scandaleux et indécent dans la situation actuelle…Les liens ci dessous jettent un doute sur les financements de ce projet...

    L’organisation d’un débat public demandé par certains députés n’a d’ailleurs pas été jugé nécessaire.

    http://www.marianne.net/parc-attractions-roue-libre-100237735.html
    http://www.nordlittoral.fr/accueil/migrants-valls-accorde-50-millions-a-calais-ia0b0n253859
    http://www.nordlittoral.fr/accueil/herios-land-encore-une-drole-d-affaire-ia0b0n256702
    –-> reçu via la mailing-list Migreurop
    #asile #campement #migrations #réfugiés

  • Une base de données recense 46.000 anciens propriétaires d’esclaves en Grande Bretagne - Slate

    http://www.slate.fr/story/104327/base-donnees-anciens-proprietaires-esclaves-grande-bretagne

    Lorsque l’esclavage a été aboli dans les colonies britanniques en 1833, 46.000 Britanniques étaient propriétaires d’esclaves, selon le décompte de deux professeurs de l’University College London. Dans la base de données mise en ligne par les historiens, on retrouve notamment des ancêtres du premier ministre David Cameron, de l’acteur Benedict Cumberbatch et de l’écrivain George Orwell, rapporte The Guardian.

    Les archives utilisées viennent du Comité sur la compensation des propriétaires d’esclaves (Slave Compensation Commission), qui a mis en oeuvre le dédommagement financier de tous ces esclavagistes ayant perdu leurs biens, c’est-à-dire les 800.000 Africains qui ont été libéré à l’abolition. En tout, les propriétaires ont reçu 20 millions de livres de l’époque, soit un équivalent de 16 milliards de livres actuelles... Cette somme représentait 40% des dépenses du gouvernement en 1834 ! Il s’agit du deuxième plus gros sauvetage financier de l’histoire du pays, après le renflouement des banques en 2009.

    Pour chaque propriétaire, la base de données en ligne permet de savoir combien d’esclaves il avait, où ces esclaves travaillaient, ainsi que le montant de la compensation financière reçue après l’abolition. Les esclaves eux, n’ont pas reçu de dédommagements. Au contraire, ils ont été forcés de travailler gratuitement pour leurs anciens maîtres 45 heures par semaine pendant quatre ans après l’abolition.
    Les archives dont ces informations sont tirées n’étaient pas secrètes, mais ce n’est qu’en 2010 que les historiens Catherine Hall et Nick Draper ont commencé à les analyser.

    Dans le Guardian, l’historien David Olusoga, qui a réalisé un documentaire sur ces propriétaires d’esclaves, rappelle qu’en Grande Bretagne, l’histoire de l’esclavage est souvent passée sous silence (...)

    l’une des surprises révélées par la base de données est que posséder des esclaves n’était pas seulement réservé à l’élite. De nombreux membres des classes moyennes avaient aussi quelques esclaves. Ils ne possédaient pas de terre mais louaient leurs esclaves aux propriétaires terriens.

  • #Cuba souhaite récupérer #Guantanamo : Washington refuse | #Amérique_latine
    http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201507/20/01-4886900-cuba-souhaite-recuperer-guantanamo-washington-refuse.php

    [Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno] Rodriguez, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse commune à Washington avec son homologue américain John Kerry, a dit que La Havane voulait aller de l’avant.

    Mais il a insisté sur le fait que « lever complètement l’embargo et la restitution du territoire occupé illégalement de Guantanamo, ainsi que le respect de la souveraineté de Cuba et des #compensations pour le peuple cubain pour les dommages humains et économiques » étaient des points « cruciaux pour avancer vers une normalisation » des relations entre les deux pays.

    M. Kerry a répondu que l’administration de Barack Obama souhaitait voir « rapidement » la levée de l’embargo imposé à l’île des Caraïbes depuis 1962. Mais il a noté que, « pour le moment, il n’y a pas d’intention de notre part d’altérer le traité de location » de Guantanamo Bay, qui abrite la prison militaire du même nom.

    #Etats-Unis