• La Coordination des collectifs de solidarité avec #Pınar_Selek 2000 - 2021

    2000 ........ 2020 ........
    Chère Pınar,
    Il y 20 ans, tu sortais enfin de prison, après deux ans d’enfermement et de tortures.
    20 ans plus tard, la géopolitique de la Turquie est bouleversée...
    Mais ton procès et les menaces contre toi continuent.
    Toi, tu continues tes luttes, comme tu l’avais promis en sortant de prison.
    Nous, nous continuons à tes cotés.
    Merci à toutes les personnalités qui ont accepté de joindre leur voix à la nôtre dans ce film pour te le dire.

    La Coordination des collectifs de solidarité avec Pınar Selek.

    https://www.youtube.com/watch?v=U24A7FiPxAc


    #Pinar_Selek #procès #droit_à_la_vie #torture #Turquie #prison #emprisonnement #lutte #témoignage #solidarité #solidarité_internationale #justice (!) #résistance #haine #arbitraire #arbitraire_du_pouvoir #répression_judiciaire #expliquer_c'est_excuser #terrorisme #Etat_de_droit #minorités #kurdes #islamisme #déradicalisation #évangélisation_de_l'islamisme #AKP #armée #processus_du_28_février #re-radicalisation #complotisme #conspirationnisme #nationalisme_turc #étatisation #Erdogan #stock_cognitif #amis_de_2071 #ennemis_de_2071 #2071 #pétitions #espoir
    #film #film_documentaire

    ping @isskein @cede @karine4

    • Pinar Selek et la faillite de l’état de droit en Turquie

      Plus de vingt ans ont passé depuis sa sortie de prison. Pinar Selek, toujours menacée d’une condamnation à perpétuité par le pouvoir turc, poursuit ses luttes en France et en Europe. Un film témoigne aujourd’hui des multiples combats de l’écrivaine et sociologue. L’histoire de Pinar Selek est devenue une part de l’Histoire de la Turquie. Et de la nôtre.

      La Coordination des collectifs de solidarité avec Pinar Selek (https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/160917/la-coordination-des-collectifs-de-solidarite-avec-pinar-selek-est-ne) diffuse un petit film sur l’écrivaine et sociologue. Ce film est important. Ute Müller en est la réalisatrice. Le film s’ouvre par les phrases fortes de l’écrivaine et journaliste Karin Karakasli : « Vous ne pouvez pas vous empêcher de répéter le nom de la personne que vous aimez comme un mantra », dit-elle. L’amie de Pinar la nomme ainsi : « la personne qui est mon honneur, ma fierté et mon bonheur ». Elle définit le procès de Pinar Selek de manière cinglante et précise : « Une violation du droit à la vie, un meurtre légal et une torture psychologique ». Tout est dit par la bouche de Karin Karakasli, qui prend soin de rappeler les faits de cette persécution invraisemblable.

      L’économiste et politologue Ahmet Insel souligne ensuite à quel point l’histoire de Pinar Selek est exemplaire de « l’arbitraire du pouvoir exercé par une répression judiciaire » et de « la faillite de d’état de droit en Turquie ». S’il rappelle que Pinar a été condamnée au moyen de preuves totalement inventées, c’est aussi pour observer une évolution de la répression politique en Turquie : le pouvoir accuse désormais ses opposants de terrorisme et les enferme sans avoir besoin de la moindre preuve. Suivent cinq autres témoignages et analyses, qu’il faut écouter attentivement, tous aussi importants les uns que les autres : celui de Umit Metin, Coordinateur général de l’ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), ceux de l’historien Hamit Bozarslan et du juriste Yériché Gorizian, celui de la journaliste Naz Oke et enfin les propos de Stéphanie, membre du Collectif de solidarité de la ville de Lyon.

      Parmi tous ces témoignages, il y a une phrase de Karin Karakasli qui résonne très fort et restera dans nos mémoires : « Vivre dans une Turquie où Pinar ne peut revenir, ne diffère pas d’une condamnation à vivre dans une prison en plein air ». Il faut en finir avec les prisons de pierre et les prisons en plein air. Pinar Selek, qui tient un blog sur Mediapart, invente des cerfs-volants qui traversent les frontières. Un jour les membres de ses collectifs de solidarité feront avec elle le voyage jusqu’à La Maison du Bosphore, où ils retrouveront Rafi, le joueur de Doudouk, cet instrument qui symbolise dans le roman de l’écrivaine la fraternité entre les kurdes, les arméniens et les turcs.

      Pascal Maillard,

      Membre de la Coordination des collectifs de solidarité

      https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/270421/pinar-selek-et-la-faillite-de-letat-de-droit-en-turquie

  • Enlèvement de Mia : des matériaux chimiques et des ouvrages anarchistes saisis au domicile perquisitionné
    https://www.bfmtv.com/police-justice/enlevement-de-mia-des-materiaux-chimiques-et-des-ouvrages-anarchistes-saisis-

    Les trois individus, soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement de la fillette, sont connus de la DGSI pour leur appartenance à la mouvance anarchiste , complotiste et proche de l’ultra-droite , a-t-on aussi appris de sources concordantes. Une mouvance dont l’un des objectifs serait d’un jour « faire tomber la République ».

    Les anars de droite ont du déboucheur de cana dans leurs placards, du bicarbonate dans la cuisine et des livres dans leurs bibliothèques ! :-D

    • Bfm ta gueule. Enlèvement d’une fillette dans les Vosges : en garde à vue, ses ravisseurs désignent la mère
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/04/16/enlevement-d-une-fillette-dans-les-vosges-en-garde-a-vue-ses-ravisseurs-desi

      Quatre hommes de la mouvance survivaliste ont été placés en garde à vue à la suite du rapt, le 13 avril, de Mia Montemaggi, 8 ans. Une information judiciaire pour « enlèvement de mineure de moins de 15 ans en bande organisée » doit être ouverte.

      (...) la fillette et sa mère restent introuvables pour le moment. (...) considérés par la justice comme les ravisseurs de Mia. Placés en garde à vue, [trois interpellés] ont expliqué que Lola Montemaggi, la mère de l’enfant, les a sollicités sur Internet « pour récupérer Mia, dont elle s’estimait injustement séparée ».

      Depuis le 11 janvier et la décision d’un juge des enfants, la mère ne disposait que de deux droits de visite par mois, en présence d’un tiers. Mercredi, le procureur d’Epinal avait précisé que la mère avait tenu des « propos suicidaires » devant sa fille. Lors de son audition devant le juge des enfants, début janvier, a indiqué M. Heitz, elle avançait avoir « pour projet de partir en camping-car avec sa fille, dans le but de passer, je la cite, “en dessous des radars de la société” ». Agée de 28 ans, la jeune femme partageait sur son compte Facebook des vidéos et des articles complotistes dénonçant « le nouvel ordre mondial sataniste » ou le « coronacircus ». La fillette était hébergée chez sa grand-mère, dans un petit village des Vosges, Les Poulières, à une centaine de kilomètres de la frontière allemande.

      Documents à en-tête du ministère de la justice

      Mardi en fin de matinée, la grand-mère voit débarquer deux hommes, se présentant comme des professionnels du Service territorial éducatif de milieu ouvert (Stemo). Ils lui montrent des documents à en-tête du ministère de la justice. Lui expliquent qu’ils veulent conduire Mia pour un rendez-vous avec sa mère. Dans un véhicule Volkswagen, un chauffeur attend devant le domicile, pour transporter la fillette. Une fois sa petite-fille partie, la grand-mère, intriguée, appelle le Stemo, et découvre qu’on lui a menti. Elle avertit immédiatement la gendarmerie.

      Le dispositif « Alerte enlèvement » permet alors de faire remonter des dizaines de témoignages très rapidement. Au moins deux témoins ont ainsi vu le véhicule Volkswagen sur un parking aux côtés d’une Citroën C15, mardi, quelques heures après le rapt. L’un d’entre eux a pu fournir la plaque d’immatriculation de la Citroën.

      Des informations cruciales puisque la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a pu faire le rapprochement entre cette plaque d’immatriculation et un véhicule déjà repéré dans le cadre d’une de ses enquêtes.

      Dès mercredi soir, deux suspects ont été interpellés à leurs domiciles respectifs. Le premier, un homme âgé de 58 ans, vit dans le nord de Paris. Chez lui a été retrouvé le script d’un discours à tenir pour se faire passer pour un éducateur. Se présentant comme un résistant « à la barbarie de ce système », il s’est dit « fier » de ce qu’il qualifie d’« exfiltration » de la fillette, « à la manière d’Arsène Lupin », a indiqué le procureur.
      Au domicile du deuxième homme, âgé de 23 ans et interpellé en Seine-et-Marne, les enquêteurs ont découvert des « éléments pouvant servir à la constitution d’explosifs », mais le magistrat s’est voulu prudent à ce stade, tout en précisant que ce volet de l’affaire, sur lequel enquêtait la DGSI, est géré par le Parquet national antiterroriste.

      #Survivalisme et #complotisme

      Une source judiciaire ajoute au Monde qu’aucun explosif n’a été trouvé : seulement de la poudre, sans plus de précision, et une recette, dont il reste à déterminer si elles avaient pour but de servir à la confection d’explosifs. Selon cette même source, le profil des individus s’apparente à un mélange de survivalisme et de complotisme.

      Deux autres hommes ont également été interpellés jeudi. Les quatre personnes gardées à vue n’ont pas d’antécédents judiciaires. Aucun n’a donné d’éléments sur l’endroit où se trouveraient la mère et sa fille, a indiqué le procureur d’Epina

      Edit fafs ? le proc dit « c’est plus compliqué » https://seenthis.net/messages/911598

    • Derrière l’affaire Mia, la peur des « abus sataniques » ? | Slate.fr
      http://www.slate.fr/story/207899/enlevement-mia-abus-sataniques-theorie-complot-remy-daillet-qanon-satanisme-pe

      En parcourant le profil Facebook de Lola Montemaggi, on voit qu’elle semble aussi perméable à ce discours. L’année dernière, elle partageait des photos sur lesquelles sont inscrits des messages relatant ces théories : « Les abus sataniques sur les enfants ? Ils ne feraient jamais ça ! Cela infeste notre société –dans le monde entier. » Elle publie également une autre image pour mettre en garde contre des enlèvements d’enfants institutionnalisés. « Les services sociaux et les agences de “protection” de l’enfance soustraient un nombre incroyable d’enfants –en augmentation constante– des soins de leurs parents affectueux en se servant d’excuses ridicules et honteuses. » Accolant à cette publication, un très mystérieux : « Je vous laisse deviner pourquoi... »

      Cette hantise d’un réseau pédophile mondial que les élites dissimuleraient rapprochent Rémy Daillet et Lola Montemaggi du mouvement américain QAnon. Sur Telegram, les partisans de Rémy Daillet ont longtemps montré leur intérêt pour Q, un compte du forum 4chan, qui estime que les États-Unis sont sous la coupe d’un « État profond » composé de satanistes et de pédophiles. Rémy Daillet va même jusqu’à présenter l’école comme un futur « vivier de réseaux p », dans une vidéo qui a été depuis supprimée. Sur le site depuis lequel il appelle à l’insurrection, le putschiste expose sa vision globale : « Dans 5 ou 10 ans, le contrôle de l’individu sera achevé. Et vous ferez sans doute une manif contre la pédophilie pour tous ; après tout, s’ils sont consentants, ce serait “fasciste de s’y opposer”. Glissage inexorable. »

  • La crise de la vérité

    Johannes Vogele

    https://lavoiedujaguar.net/La-crise-de-la-verite

    http://www.palim-psao.fr/2021/04/la-crise-de-la-verite-par-johannes-vogele.html#_ftnref3

    L’action ne se passe nulle part, c’est-à-dire dans le monde réel. L’année 2020 n’a pas seulement été celle de la redécouverte de la pandémie, mais aussi un grand festival de théories du complot, dans toutes leurs diversités et sensibilités. Non pas que ces formes d’interprétation de la réalité soient nouvelles ; elles s’inscrivent dans une longue histoire, ont certainement une préhistoire et sans doute de l’avenir.

    À une époque où l’idée même de vérité est déjà bien abîmée, où les explications, les promesses et autres prévisions de la part des « sources autorisées » ont du plomb dans l’aile et où l’idée de l’avenir est devenue une question de croyance, le marché aux récits « alternatifs » est devenu florissant. Puisque la vérité sortant de la bouche des politiques, des économistes et des scientifiques a perdu le statut de la parole de l’oracle, il s’agit de chercher ailleurs et, surprise, l’offre dépasse tous les espoirs. De l’autre côté, l’on s’offusque : la démocratie, la science sont attaquées et comme un seul homme, nous devons les protéger à nos corps défendant. La critique si nécessaire de freedom and democracy, de l’idéologie et de la pratique dominantes, éveille aujourd’hui le soupçon de conspiration contre la sécurité de l’État et de la société. Et nous voilà enfermé·e·s à nouveau dans la binarité caractérisant toute la modernité capitaliste : démocratie ou dictature, Bien ou Mal, les Lumières ou l’obscurité. Ce texte tente de comprendre sur quel terrain commun ces ennemi·e·s juré·e·s se placent et si une critique dialectique peut — sinon en finir tout de suite — au moins déstabiliser des formes de pensée se croyant indépassables. (...)

    #crise #vérité #complotisme #conspiration #mystification #capitalisme #racisme #antisémitisme #sorcières #pogroms #Thomas_Mann #QAnon

  • La fabrique européenne de la race (17e-20e siècles)

    Dans quelle galère sommes-nous allé•es pointer notre nez en nous lançant dans ces réflexions sur la race ? Complaisance à l’air du temps saturé de références au racisme, à la #racialisation des lectures du social, diront certain•es. Nécessaire effort épistémologique pour contribuer à donner du champ pour penser et déconstruire les représentations qui sous-tendent les violences racistes, pensons-nous.

    Moment saturé, on ne peut guère penser mieux… ou pire. Évidemment, nous n’avions pas anticipé l’ampleur des mobilisations contre les #violences_racistes de cet été aux États-Unis, mais nous connaissons leur enracinement dans la longue durée, l’acuité récente des mobilisations, que ce soit « #black_lives_matter » aux États-Unis ou les #mobilisations contre les #violences_policières qui accablent les plus vulnérables en France. L’enracinement aussi des #représentations_racialisées, structurant les fonctionnements sociaux à l’échelle du globe aujourd’hui, d’une façon qui apparaît de plus en plus insupportable en regard des proclamations solennelles d’#égalité_universelle du genre humain. Nous connaissons aussi l’extrême #violence qui cherche à discréditer les #protestations et la #révolte de celles et ceux qui s’expriment comme #minorité victime en tant que telle de #discriminations de races, accusé•es ici de « #terrorisme », là de « #communautarisme », de « #séparatisme », de vouloir dans tous les cas de figure mettre à mal « la » république1. Nous connaissons, associé à cet #antiracisme, l’accusation de #complot dit « #décolonial » ou « postcolonial », qui tente de faire des spécialistes des #colonisations, des #décolonisations et des #rapports_sociaux_racisés des vecteurs de menaces pour l’#unité_nationale, armant le mécontentement des militant•es2. Les propos haineux de celles et ceux qui dénoncent la #haine ne sont plus à lister : chaque jour apporte son lot de jugements aussi méprisants que menaçants. Nous ne donnerons pas de noms. Ils ont suffisamment de porte-voix. Jusqu’à la présidence de la République.

    3L’histoire vise à prendre du champ. Elle n’est pas hors sol, ni hors temps, nous savons cela aussi et tout dossier que nous construisons nous rappelle que nous faisons l’histoire d’une histoire.

    Chaque dossier d’une revue a aussi son histoire, plus ou moins longue, plus ou moins collective. Dans ce Mot de la rédaction, en septembre 2020, introduction d’un numéro polarisé sur « l’invention de la race », nous nous autorisons un peu d’auto-histoire. Les Cahiers cheminent depuis des années avec le souci de croiser l’analyse des différentes formes de domination et des outils théoriques comme politiques qui permettent leur mise en œuvre. Avant que le terme d’« #intersectionnalité » ne fasse vraiment sa place dans les études historiennes en France, l’#histoire_critique a signifié pour le collectif de rédaction des Cahiers la nécessité d’aborder les questions de l’#exploitation, de la #domination dans toutes leurs dimensions socio-économiques, symboliques, dont celles enracinées dans les appartenances de sexe, de genre, dans les #appartenances_de_race. Une recherche dans les numéros mis en ligne montre que le mot « race » apparaît dans plus d’une centaine de publications des Cahiers depuis 2000, exprimant le travail de #visibilisation de cet invisible de la #pensée_universaliste. Les dossiers ont traité d’esclavage, d’histoire coloniale, d’histoire de l’Afrique, d’histoire des États-Unis, de l’importance aussi des corps comme marqueurs d’identité : de multiples façons, nous avons fait lire une histoire dans laquelle le racisme, plus ou moins construit politiquement, légitimé idéologiquement, est un des moteurs des fonctionnements sociaux3. Pourtant, le terme d’ « intersectionnalité » apparaît peu et tard dans les Cahiers. Pour un concept proposé par Kimberlé Crenshaw dans les années 1990, nous mesurons aujourd’hui les distances réelles entre des cultures historiennes, et plus globalement sociopolitiques, entre monde anglophone et francophone, pour dire vite4. Effet d’écarts réels des fonctionnements sociaux, effets de la rareté des échanges, des voyages, des traductions comme le rappelait Catherine Coquery-Vidrovitch dans un entretien récent à propos des travaux des africanistes5, effet aussi des constructions idéologiques marquées profondément par un contexte de guerre froide, qui mettent à distance la société des États-Unis comme un autre irréductible. Nous mesurons le décalage entre nos usages des concepts et leur élaboration, souvent dans les luttes de 1968 et des années qui ont suivi. Aux États-Unis, mais aussi en France6. Ce n’est pas le lieu d’évoquer la formidable énergie de la pensée des années 1970, mais la créativité conceptuelle de ces années, notamment à travers l’anthropologie et la sociologie, est progressivement réinvestie dans les travaux historiens au fur et à mesure que les origines socioculturelles des historiens et historiennes se diversifient. L’internationalisation de nos références aux Cahiers s’est développée aussi, pas seulement du côté de l’Afrique, mais du chaudron étatsunien aussi. En 2005, nous avons pris l’initiative d’un dossier sur « L’Histoire de #France vue des États-Unis », dans lequel nous avons traduit et publié un auteur, trop rare en français, Tyler Stovall, alors professeur à l’université de Berkeley : bon connaisseur de l’histoire de France, il développait une analyse de l’historiographie française et de son difficile rapport à la race7. Ce regard extérieur, venant des États-Unis et critique de la tradition universaliste française, avait fait discuter. Le présent dossier s’inscrit donc dans un cheminement, qui est aussi celui de la société française, et dans une cohérence. Ce n’était pas un hasard si en 2017, nous avions répondu à l’interpellation des organisateurs des Rendez-vous de l’histoire de Blois, « Eurêka, inventer, découvrir, innover » en proposant une table ronde intitulée « Inventer la race ». Coordonnée par les deux responsables du présent dossier, David Hamelin et Sébastien Jahan, déjà auteurs de dossiers sur la question coloniale, cette table ronde avait fait salle comble, ce qui nous avait d’emblée convaincus de l’utilité de répondre une attente en préparant un dossier spécifique8. Le présent dossier est le fruit d’un travail qui, au cours de trois années, s’est avéré plus complexe que nous ne l’avions envisagé. Le propos a été précisé, se polarisant sur ce que nous avions voulu montrer dès la table-ronde de 2017 : le racisme tel que nous l’entendons aujourd’hui, basé sur des caractéristiques physiologiques, notamment la couleur de l’épiderme, n’a pas toujours existé. Il s’agit bien d’une « #invention », associée à l’expansion des Européens à travers le monde à l’époque moderne, par laquelle ils justifient leur #domination, mais associée aussi à une conception en termes de #développement, de #progrès de l’histoire humaine. Les historien•nes rassemblée•es ici montrent bien comment le racisme est enkysté dans la #modernité, notamment dans le développement des sciences du 19e siècle, et sa passion pour les #classifications. Histoire relativement courte donc, que celle de ce processus de #racialisation qui advient avec la grande idée neuve de l’égalité naturelle des humains. Pensées entées l’une dans l’autre et en même temps immédiatement en conflit, comme en témoignent des écrits dès le 17e siècle et, parmi d’autres actes, les créations des « #sociétés_des_amis_des_noirs » au 18e siècle. Conflit en cours encore aujourd’hui, avec une acuité renouvelée qui doit moins surprendre que la persistance des réalités de l’#inégalité.

    5Ce numéro 146 tisse de bien d’autres manières ce socle de notre présent. En proposant une synthèse documentée et ambitieuse des travaux en cours sur les renouvellements du projet social portés pour son temps et pour le nôtre par la révolution de 1848, conçue par Jérôme Lamy. En publiant une défense de l’#écriture_inclusive par Éliane Viennot et la présentation de son inscription dans le long combat des femmes par Héloïse Morel9. En suivant les analyses de la nouveauté des aspirations politiques qui s’expriment dans les « #têtes_de_cortège » étudiées par Hugo Melchior. En rappelant à travers expositions, films, romans de l’actualité, les violences de l’exploitation capitaliste du travail, les répressions féroces des forces socialistes, socialisantes, taxées de communistes en contexte de guerre froide, dans « les Cahiers recommandent ». En retrouvant Jack London et ses si suggestives évocations des appartenances de classes à travers le film « Martin Eden » de Pietro Marcello, et bien d’autres évocations, à travers livres, films, expositions, de ce social agi, modelé, remodelé par les luttes, les contradictions, plus ou moins explicites ou sourdes, plus ou moins violentes, qui font pour nous l’histoire vivante. Nouvelle étape de l’exploration du neuf inépuisable des configurations sociales (de) chaque numéro. Le prochain sera consacré à la fois à la puissance de l’Église catholique et aux normes sexuelles. Le suivant à un retour sur l’histoire du Parti communiste dans les moments où il fut neuf, il y a cent ans. À la suite, dans les méandres de ce social toujours en tension, inépuisable source de distance et de volonté de savoir. Pour tenter ensemble de maîtriser les fantômes du passé.

    https://journals.openedition.org/chrhc/14393

    #histoire #race #Europe #revue #racisme

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  • La fabrique de l’ignorance | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=6IGVqsnxCE0&list=WL&index=15

    Comment, des ravages du tabac au déni du changement climatique, on instrumentalise la science pour démentir... la science. Une vertigineuse investigation dans les trous noirs de la recherche et de l’information.

    Pourquoi a-t-il fallu des décennies pour admettre officiellement que le tabac était dangereux pour la santé ? Comment expliquer qu’une part importante de la population croie toujours que les activités humaines sont sans conséquence sur le changement climatique ? Les pesticides néonicotinoïdes sont-ils vraiment responsables de la surmortalité des abeilles ? Pourquoi la reconnaissance du bisphénol A comme perturbateur endocrinien n’a-t-elle motivé que de timides interdictions ? Au travers de ces « cas d’école » qui, des laboratoires aux réseaux sociaux, résultent tous de batailles planifiées à coups de millions de dollars et d’euros, cette enquête à cheval entre l’Europe et les États-Unis dévoile les contours d’une offensive méconnue, pourtant lancée dès les années 1950, quand la recherche révèle que le tabac constitue un facteur de cancer et d’accidents cardiovasculaires. Pour contrer une vérité dérangeante, car susceptible d’entraîner une réglementation accrue au prix de lourdes pertes financières, l’industrie imagine alors en secret une forme particulière de désinformation, qui se généralise aujourd’hui : susciter, en finançant, entre autres, abondamment des études scientifiques concurrentes, un épais nuage de doute qui alimente les controverses et égare les opinions publiques.

    Agnotologie
    Cette instrumentalisation de la science à des fins mensongères a généré une nouvelle discipline de la recherche : l’agnotologie, littéralement, science de la « production d’ignorance ». Outre quelques-uns de ses représentants reconnus, dont l’historienne américaine des sciences Naomi Oreskes, cette investigation donne la parole à des acteurs de premier plan du combat entre « bonne » et « mauvaise » science, dont les passionnants « découvreurs » des méfaits du bisphénol A. Elle expose ainsi les mécanismes cachés qui contribuent à retarder, parfois de plusieurs décennies, des décisions vitales, comme le trucage des protocoles, voire la fabrication ad hoc de rats transgéniques pour garantir les résultats souhaités. Elle explique enfin, au plus près de la recherche, pourquoi nos sociétés dites « de l’information » s’accommodent si bien de l’inertie collective qui, dans le doute, favorise le business as usual et la consommation sans frein.

    La fabrique de l’ignorance
    Reportage de Franck Cuvelier et Pascal Vasselin (France, 2020, 1h37mn)
    #cigarette#complot#5g

  • Face au Covid-19, raisonner et agir en militant ouvrier | Revue Lutte de classe n°214 - mars 2021

    Dans de nombreuses entreprises, des travailleurs expriment leur méfiance envers les #vaccins anti-Covid, reprenant parfois des thèses complotistes. Bien sûr, cette méfiance peut s’expliquer par les conditions dans lesquelles ces vaccins ont été fabriqués, la concurrence entre trusts pharmaceutiques, ou par les différents scandales sanitaires de ces dernières années, comme celui du Mediator...

    – Quelques positionnements militants dans l’histoire du #mouvement_ouvrier
    – Ne pas raisonner en réformistes
    – Sur la question de la discipline

    #complotisme #marxisme #covid-19

  • QAnon, anti-vaccin : ils traduisent les théories du complot américaines en français
    https://www.numerama.com/politique/691165-qanon-anti-vaccin-ils-traduisent-les-theories-du-complot-americaine

    Cela fait presque deux ans que nous avons signalé ce phénomène, mais il se produit encore aujourd’hui. Les membres de la famille royale européenne organisent encore des parties de chasse à l‘homme où des adolescents sont violés et tués, et où les organes sexuels sont accrochés aux murs comme trophées. » La phrase d’accroche de la vidéo « Les Familles Royales Chassent Les Enfants Littéralement » résume crûment les 17 minutes de théories du complot qui vont suivre.

    Rumble, MeWe, Minds : bienvenue dans l’alt-tech, les réseaux sociaux de l’extrême droite et la complosphère
    https://www.numerama.com/politique/697839-rumble-mewe-minds-bienvenue-dans-lalt-tech-les-reseaux-sociaux-de-l

    La montée en puissance des discours d’extrême droite et des complotistes français est aidée par des #réseaux_sociaux d’un genre particulier : l’alt-tech. Sur ceux-ci, il n’y a pas de censure, ni de modération. Ils sont de plus en plus nombreux à les rejoindre, créant un #internet parallèle.

    C’est facile de se moquer par #Berth
    http://berth.canalblog.com/archives/2021/03/11/38849279.html


    #néonazis #Qanon #complotistes #suprémacistes

    • Can’t Get You Out of My Head (2021) - Part 1: Bloodshed on Wolf Mountain

      https://www.youtube.com/watch?v=MHFrhIAj0ME

      Adam Curtis Documentary

      We are living through strange days. Across Britain, Europe and America societies have become split and polarised. There is anger at the inequality and the ever growing corruption - and a widespread distrust of the elites. Into this has come the pandemic that has brutally dramatised those divisions. But despite the chaos, there is a paralysis - a sense that no one knows how to escape from this.

      Can’t Get You Out of My Head tells how we got to this place. And why both those in power - and we - find it so difficult to move on. At its heart is the strange story of what happened when people’s inner feelings got mixed up with power in the age of individualism. How the hopes and dreams and uncertainties inside people’s minds met the decaying forces of old power in Britain, America, Russia and China. What resulted was a block not just in the society - but also inside our own heads - that stops us imagining anything else than this.

      #racisme #complotisme #psychologie
      #culture_de_masse #colonialisme
      #réductionisme #désillusion #contrôle #violence
      #Royaume_uni #Europe #États_unis
      #Chine

      #documentaire

  • « Ceci n’est pas un complot »…
    L’exploitation politicienne d’une “crise sanitaire”

    Pendant 9 mois, le réalisateur Bernard Crutzen a observé ce que des médias belges disent – ou taisent – à propos du Covid. Avec, pour résultat, un documentaire qui dérange. Celui-ci peut être visionné gratuitement via le lien repris à la fin de cet article.

    https://vimeo.com/504845318

    Initialement, l’avant-première mondiale du film était programmée pour la 11e édition du Tournai Ramdam Festival dont on sait qu’elle a, comme tant d’autres activités, été, elle aussi, sacrifiée sur l’autel des mesures imposées dans le cadre de la crise sanitaire.

    La sortie sur grand écran se fera attendre mais tout un chacun peut désormais visionner le docu sur la Toile, via les plateformes Youtube ou Vimeo. Il serait dommage de s’en priver car la qualité de la réalisation est à la hauteur du travail déployé durant 36 semaines par le journaliste-réalisateur.

    Le verviétois Bernard Crutzen connaît bien la ville de Tournai pour avoir étudié à l’IHECS, alors que l’école avait encore ses quartiers à Ramegnies-Chin. Il y effectua deux années entrecoupées, de 1981 à 1982, par sa participation à la Course autour du monde qui l’amena à découvrir de nouveaux horizons et à s’ouvrir à d’autres cultures.

    Comme beaucoup d’Ihecsiens à l’époque, c’est dans la Cité du Doudou qu’il a terminé ses études.
    Depuis, il n’arrête plus de tourner, autour du monde toujours, mais aussi avec sa caméra qui reste son moyen d’expression de prédilection. Il a réalisé un nombre assez impressionnant de films et documentaires dont l’un d’entre eux – « Malaria Business » – avait été présenté lors d’un précédent Ramdam Festival à Tournai, il y a quatre ans.

    L’idée de son dernier documentaire lui est venue alors qu’il projetait d’aller rendre visite à ses parents fin mars, lorsque la pandémie était déjà à la une de tous les médias. Sa maman lui avait adressé u
    n message l’incitant à renoncer à son projet de l’emmener, elle et son mari, faire le tour du quartier à pied car « cela pourrait être dangereux et… incivique ».
    « Incivique, un mot qu’elle a dû entendre à la télé… » , pensa Bernard. Celui-ci s’est aussi inquiété de constater à quel point son père – médecin à la retraite – perdait tout sens critique face au matraquage médiatique opéré par la télévision. Il décida alors d’écrire une lettre ouverte à ses amis et connaissances journalistes. C’est suite à la réponse de l’un d’eux, ironisant sur un possible complot, qu’il s’intéressa à la manière dont certains médias disqualifient toute pensée critique en la qualifiant de complotiste.

    Durant 9 mois, il a observé la manière dont des médias belges francophones « racontent » la crise du Covid : ce qu’ils disent, comment ils le disent, mais aussi ce qu’ils taisent. Des silences que met en exergue le réalisateur dans ce documentaire entièrement financé sur fonds propres mais aussi grâce à une opération de crowdfunding lancée en octobre et à laquelle ont répondu plus de 1480 contributeurs.

    « À travers ce film, je voudrais donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas, ou plus, explique Bernard Crutzen. Ouvrir le débat sur les plateaux et dans les rédactions. Interpeller les juristes sur les entorses à l’état de droit. Réveiller nos élus pour remettre de la démocratie là où je ne constate plus qu’autoritarisme, menaces, chantage. J’aimerais aussi partager cette inquiétude, trop lourde à porter seul : le coronavirus ne serait qu’un écran de fumée qui masque une crise beaucoup plus systémique, à laquelle les gouvernements nous préparent sous couvert de crise sanitaire. »

    Le réalisateur n’hésite pas à tendre le micro à des personnalités qui, parce qu’elles ont osé ouvrir le débat en tenant des propos (trop) différents des discours officiels, ont été purement et simplement écartées des antennes. Bernard Crutzen a également retrouvé le papa de « la plus jeune victime du Covid en Belgique ». Un père qui, dans le documentaire, explique, de quoi est réellement décédé son enfant…

    Bernard Crutzen ne cherche pas à convaincre et ne verse pas non plus dans les thèses « complotistes ». À l’issue de 9 mois d’observation, et d’investigation, il s’interroge et nous invite, si nous en sommes encore capables, à faire de même. ..

    Ceci n’est pas un complot produit par la srl ZISTOIRES est diffusé sur Vimeo et YouTube : https://linktr.ee/CNPC_2020

    #complot #complotisme #théorie_du_complot #politique #censure #médias
    #covid-19 #coronavirus #santé #sante #confinement #quarantaine #pandémie

  • De quel feu brûlait l’incendiaire du Reichstag ? à lire in extenso dans la revue Jef Klak (n°7). - 3 février 2021 « Pense-bête
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=8186

    En 2003, nous avions rassemblé, annoté et présenté, en amicale complicité avec Charles Reeve, des carnet de voyage, des articles dans un journal de chômeurs et le procès-verbal d’interrogatoire de Marinus Van der Lubbe dans un livre Carnets de route de l’incendiaire du Reichstag (Verticales). Les fake news concernant l’incendiaire du Reichstag ayant la vie dure depuis 1933, surtout en France, j’ai pensé qu’il était utile de refaire le point.

    « Le soir du 27 février 1933, vers 21h30, un certain Marinus van der Lubbe, chômeur néerlandais de 24 ans, est arrêté à l’intérieur du Reichstag en flammes. Ancien membre du parti communiste hollandais, il revendique aussitôt cet acte de « protestation », perpétré en solitaire, contre un édifice « symbolique ». Soixante-dix sept ans après les faits, la consultation de quelques manuels d’histoire en ligne donne le ton : « Hitler fait incendier le Reichstag en février 1933 par un garçon manipulé par les Nazis. Celui-ci se déclare communiste, ce dont Hitler prend prétexte pour interdire le Parti communiste et arrêter ses dirigeants et ses 4 000 permanents. » (Maxicours.com) ou « Les nazis prennent prétexte de l’incendie du Reichstag, attribué abusivement à un déséquilibré, membre du parti communiste, pour interdire ce dernier et abolir les libertés civiles. » (Lelivrescolaire.fr). Ainsi le jeune incendiaire du parlement berlinois passe-t-il encore, en France surtout, pour un « manipulé », un « déséquilibré », voire un « exalté un peu simple d’esprit, très probablement à l’instigation des nazis » ( Le Petit Robert des noms propres ), comme si, selon de mauvaises habitudes policières, il suffisait de se demander à qui profite le crime pour éclaircir le cours de l’Histoire.

    #Marinus_Van_der_Lubbe #Reichstag #histoire #propagande

    • De très longue date, le #complotisme a été une arme de guerre psychologique pour la conquête et la pérennisation du pouvoir, un théâtre d’ombres agitant duperies et impostures pour mieux masquer des rivalités entre frères ennemis despotiques. D’où la méfiance qu’on doit garder envers son resurgissement actuel, sous la forme d’une antidote miracle face à l’intox des médias et aux camouflages stratégiques des managers privés ou publics. Sous prétexte d’offrir un ersatz de lucidité suspicieuse à l’égard des agissements des occultes des puissants, la recherche d’une explication simpliste – à qui profite le crime ? – et l’illumination censée en éclairer la cause – une machination mondialisée, sans contradictions internes ni origines multifactorielles – fait passer l’esprit critique du côté d’une aveuglante pulsion paranoïaque, loin des chemins de traverse de toute subversion.

  • Un journalisme naufragé | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/fabfaber/blog/280121/un-journalisme-naufrage

    Ce mercredi 27 janvier, Aude Lancelin recevait sur sa web-TV, dans une émission intitulée « Pourquoi censurer la parole sur le Covid ? », le Dr #Louis_Fouché, médecin webo-médiatique (Youtube, FranceSoir, CNews, SudRadio, RT...) pro-hydroxychloroquine et résistant auto-proclamé au « déferlement totalitaire » du Gouvernement.

     Quasi-monologue de 2h30, cet entretien illustre le naufrage navrant de ce journalisme sans rigueur que l’on retrouve à tous les niveaux de la sphère médiatique. De BFMTV...à QG donc, la même incompétence, la même paresse intellectuelle conduisent au même résultat : un degré zéro de l’analyse (scientifique, sociale, politique...) qui se dissimule mal derrière une « liberté de parole » idéalisée, et le plus souvent exploitée dans le seul espoir d’augmenter son audience.

     Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois avoir l’honnêteté de dire ceci : j’ai toujours trouvé Aude Lancelin piètre intervieweuse. Ses questions imprécises ou balbutiantes (souvent interminables) et ses relances pataudes se contentent le plus souvent de laisser ses interlocuteurs (l’intellectuel est essentiellement masculin chez Aude Lancelin...) dérouler tranquillement leurs argumentaires.
    Reconnaissons-lui néanmoins le « talent » de choisir des invités qui, pour la majorité d’entre eux, maîtrisent les sujets sur lesquels ils sont invités à débattre. Ce qui distingue très nettement QG de BFMTV, quand même...
    En revanche, avec un personnage comme Louis Fouché, la carence journalistique de Aude Lancelin va se révéler plus que problématique...

     Reconnaissons-le, Louis Fouché est un orateur habile. Il a le verbiage facile et ses logorrhées laissent peu de place à l’interruption. Surtout, sachant dans quel « écosystème » médiatique il se trouve, il s’applique à distiller consciencieusement le lexique idoine. Et tout y passe : « néolibéralisme », « démocratie », « résistance citoyenne », « déferlement totalitaire », « activisme », « environnement », « ZAD », « éco-lieux », « monnaie libre », « dette », « partage du pouvoir », « RIC », « citoyens constituants », « municipalisme libertaire », « transhumanisme technolibéral géré par des mondialistes », « contrat social »... Il coche scrupuleusement toutes les cases. Evidemment, rien n’est jamais défini, ni explicité, mais cela permet de mettre en confiance son auditoire, qu’il suppose sensible à ce lexique « de gauche ». Et en effet, A.Lancelin sera, tout au long de l’émission, dans un état d’apathie cognitive totale, et il suffit à L.Fouché de citer A.Damasio, pour qu’un petit rictus de satisfaction apparaisse sur le visage de la journaliste, signe que l’anesthésie opère : après tout, s’il cite Socrate, A.Damasio ou H.Arendt, il ne peut pas être bien mauvais, le bougre...

     C’est dans la seconde partie que l’invité va laisser remonter à la surface la nature de l’idéologie décousue, confuse et pour le moins inquiétante qui est la sienne. Il faut dire qu’il est assuré de l’absolue magnanimité d’A.Lancelin à son égard qui déclare (à 1h30min37) "vos prises de paroles (sont) audacieuses et courageuses !" (même l’intéressé semble gêné par tant de flagornerie) et pousuit "D.Raoult est un « infectiologue extrêmement connu (sic), le Dr Perrone est un chef de service qui est très populaire (re-sic). L’un est sous le coup d’une enquête, l’autre a été démis de ses fonctions : il y a une intimidation énorme contre le corps médical qui se rebelle et qui est comme vous hétérodoxe. »
    Lorsque l’on connait les manquements patents à la déontologie scientifique dont ont fait preuve l’un et l’autre, on est sidéré par cette indulgence et ce manque total de recul journalistique !

    #Reinfo_covid

    • le post mediapart du FabFaber conclu avec ça :

      Le macronisme, et le capitalisme dont il [Fouché ?] est l’un des serviles portiers, peuvent être sereins avec des « adversaires » de cet acabit.

      (je zappe les 3 dernières phrases de sa conclusion)

      alors je dis pas que j’ai tout vu ni tout compris du phénomène Fouché, mais là, je vois pas bien sur quoi il se base pour écrire un truc pareil ; on a pas dû voir les même vidéos, ou alors les bandes son étaient différentes. De ce que j’ai entendu dans les vidéos de Fouché que j’ai vues, le mec est clairement, explicitement, anti-Macron et anti-capitaliste ; le traiter de servile portier me semble tout simplement contraire aux faits et un brin ridicule ; à mon avis, le FabFaber donne dans la crypto-parano exacerbée.

    • ah oui, #merci :-) @simplicissimus ; je rajoute un ? dans mon texte :-p

      ceci-dit, le FabFaber fait quand même un procès à charge du méchant Fouché ; du bashing légèrement biaisé à mon avis ; de ce que je vois, Fouché est le porte parole du collectif reinfocovid, il fait son job de porter la parole de ce groupe ; de ce que j’ai vu, eux se bougent, se sont regroupés, et se tapent la vraie vie de l’opposition concrète au macronisme ; c’est pas comme écrire un post dans son petit blog de médiapart dans son coin.

    • et sinon, pour finir le trollage anti-anti-raoult-fouché-et-leurs-amis, je suis tombé sur cette vidéo de mi-octobre publiée par l’IHU (dont je ne savais pas qu’ils avaient monté et publicisé un conseil scientifique alternatif) :

      https://www.youtube.com/watch?v=bBvcf89ngkg

      Bien évidemment, si on sait lire entre les lignes, ce Mr Laurent Mucchielli est clairement un dangereux manipulateur à la solde de l’IHU, y a qu’a voir comme il sait parler et comme il défend l’indéfendable dans une « démonstration » objectivement pseudo-scientifique de sociologue « de gauche » aux amitiés douteuses :-P

    • C’est juste un confusionniste complotiste qui sait employer un vocabulaire « de gauche » ou « critique » pour séduire et brouiller les cartes, comme le firent Doriot, Soral et Dieudonné avant lui. Il suffit d’entendre en fin d’entretien comment il justifie sa tolérance pour les fascistes au sein de leur reopen (un nom qui signe excellemment la démarche) pour en avoir la confirmation.

      Pour ce qui est de l’état du journalisme, Lancelin fournit un indice de plus du degré de complaisance qui prévaut. Toute la presse vient à la suite de l’Agence Falsification Permanente de reprendre sans guillemets l’expression « pro-migrant » à propos du politicien tué par le néo nazi allemand qui vient d’être jugé.

      #complotisme.

    • Muchielli ? ! Il a publié sur son blog chez mediapart un article de Touboul pronant une "remise en cause"
      https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/230121/crise-du-coronavirus-l-urgence-d-une-remise-en-cause,

      Déni : " agent infectieux, certes contagieux (...) dont la létalité n’excède pas celle de la grippe" Laquelle de grippe ? celle de 1918 - 1920 ? ! ? Ça nous laisse de la marge du coup. Et ça ne nous dit rien d’autre que "tout le pouvoir au virus !

      Fatalisme : « La maitrise de l’échange, il faut le reconnaitre , appartient bel et bien au coronavirus qui nous impose son tempo et peut seul décider la fin de partie".

      Face à un phénomène d’une telle ampleur, le toubib bardé de titres (beaucoup d’autorité pour stimuler la soumission) plaide pour la "liberté de prescrire" comme les patrons plaident pour la liberté d’entreprendre, et ne prend même pas la peine d’éviter des mensonges plus gros que le Medef avant de nous enjoindre de manière répétée à "respecter les méthodes traditionnelles" (l’enterrement des victimes ?) face à un virus qui comme aucun avant lui s’est diffusé à l’échelle mondiale très rapidement.

      La technique est toujours la même, dire que l’on combat la doxa et entrelarder un baratin délétère de quelques évidences partagées.

      " La vie doit reprendre ses droits dans notre pays, toute latitude étant restituée à l’activité socio-économique" . C’est un point de vue "de gauche" ou c’est macrono compatible ?
      C’est un discours libéral qui nous est adressé, c’est la défense d’une politique qui a pour nom économie et qui est la politique du capital.

      Tout ce que défend l’article c’est le laisser-faire. "Protéger les plus vulnérables en attendant", c’est ce qu’ils font déjà d’eux mêmes, et ce n’est pas ça qui les empêchera d’être contaminés car ils ne vivent pas en vase clos, qu’ils sont eux aussi des animaux sociaux.

      "L’individu retrouvant quant à lui dans son quotidien les ingrédients qui le motivent et le structurent. En somme une existence libre, sans peur et ouverte sur l’avenir." Qu’est-ce qu’un tel propos peut bien signifier d’autre qu’une réconciliation avec le capitalisme, son individu, sa société de concurrence ? Qu’il faut comme Raoult être climatosceptique ? propager le déni des effets radicalement destructeurs du capitalocène ? Qu’il faut être courageux façon viril Rambo et assaillants du Capitole, peu importe les faiblards pas assez doués pour le survivalisme ?

    • Et pourtant quand Aude Lancelin intransigeante qualifiait le Blog La Sociale , de « lieu de fermentation fascisante désormais bien répertorié » (suite aux propos de Denis Collin) et ensuite en y associant Jacques Cotta lui refuse l’animation d’une émission au Média sur « l’Italie, la péninsule des paradoxes »
      Il finira par donner sa démission...
      http://la-sociale.viabloga.com/news/les-raisons-de-mon-depart-du-media

      Aude Lancelin m’indique que « le Média ne sera jamais le lieu pour amorcer l’union du souverainisme de gauche et du populisme de droite ». Elle fait donc siens les éléments de langage commun à la presse main-stream, à la macronie, et à la plupart des représentants de la « gauche ». Voilà qui m’interpelle directement. Si cela n’était dérisoire, je me contenterais de demander si je me retrouve ipso facto rangé parmi « les souverainistes de gauche » ou parmi les « populistes de droite ». En réalité, l’important est ailleurs. Il m’est juste indiqué par cette simple formulation qu’un sujet où pourraient être tenus des propos qui par hypothèse ne rentreraient pas dans les normes de la nouvelle responsable du média, qui ne colleraient pas à sa vision idéologique, à ses positions, indépendamment de l’intérêt et de l’importance journalistique, n’a pas à être abordé. Le Média passe ainsi « d’organe de presse » rigoureux qui demande l’analyse et les échanges de points de vue, parfois contradictoires, à un simple lieu de propagande. Mais pour qui et au compte de qui ?

      Etrange de devoir rappeler ici qu’une pratique rigoureuse de notre profession, notamment au sein d’un média qui a affirmé l’ambition de donner une information différente, qui en a fait son identité, qui s’en est revendiqué, nécessite de ne pas se limiter à traiter ce qui nous est confortable et rassurant, mais de partir des faits, de la vie, de la réalité pour l’exposer, tenter de lui donner sens, permettre de l’appréhender, de comprendre. Un projet de presse sérieux nécessite la pluralité, l’opposition, la diversité, l’ouverture, la synthèse. Telle était du moins l’ambition du magazine DLGL dans ses tentatives répétées de quitter l’entre-soi, d’accueillir des points de vue différents, sans langue de bois ni complaisance.

      https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/131018/jacques-cotta-quitte-le-media-il-devient-un-simple-lieu-de-propagand

      Encore un journaliste, et non des moindres, qui quitte le Média. Jacques Cotta s’en explique. Il met en cause, principalement, l’autoritarisme, le refus de tout dialogue, de l’actuelle direction, qui a prétendu lui interdire, sans même en discuter avec lui, de réaliser un reportage sur l’Italie. Des méthodes effarantes...

    • @olaf tu n’étais peut-être pas encore là au premier confinement, mais nous avons ici plein de ressources et commentaires sur la non-science de Mucchielli (et le fait qu’il commente en dehors de son champ de compétence) et sur ses liens d’amitié avec la famille Raoult (le fils Raoult fait partie de son labo, c’est pas juste quelqu’un qui donne un avis externe quoi, sisi la famille).

      À commencer donc par celui-là, de la toujours rigoureuse Odile Fillod :
      https://seenthis.net/messages/850833
      ou plus récemment :
      https://seenthis.net/messages/886430

      https://seenthis.net/tag/laurent_mucchielli

      quand à tout ce qui commence par « reinfo » c’est suspect de base… non pas qu’il ne faille pas écouter (et vérifier ensuite), mais c’est forcément suspect de base, c’est littéralement le terme majeur de toute la complosphère depuis des années (et sans faire de godwin hein, pas forcément les complotistes de droite, le mot « reinfo » est employé par toute la mouvance complotiste, de l’extrême droite ou pas).

    • #Reinfo_covid : proposition thérapeutique pour soigner la Covid-19 en phase précoce (santé libre), sur touiteur

      Loin des injonctions de l’État, la Coordination Santé Libre (réunissant des milliers de médecins sans conflits d’intérêts) a mis au point un PROTOCOLE DE SOINS CONTRE LA COVID 19 EN PHASE PRÉCOCE...Femme travaillant dans le secteur de la santéHomme travaillant dans le secteur de la santé

      Nathan Peiffer-Smadja sur touiteur

      https://twitter.com/nathanpsmad/status/1356710128964300805

      L’anticoagulation curative peut entraîner des hémorragies sévères et est probablement inutile

      L’oxygène à domicile n’est pas recommandé à la phase d’aggravation de la maladie, il est nécessaire de consulter et d’être orienté vers un service d’hospitalisation.

      Je ne parle même pas des vitaminothérapies, zinc ou autres thérapies bidons.

      (...) c’est vraiment surfer sur la détresse des gens en leur donnant de faux espoirs, en refoulant leur camelote ET, et c’est de loin le pire, en les mettant en DANGER.

      Post vérité partout, #santé_publique nulle part du gouvernement à France soir en passant par Santé libre et ce Fouché de Reinfo covid ?

  • Vers un reconfinement « hybride » ? La nouvelle piste du gouvernement pour faire face au Covid-19 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2021/01/29/covid-19-le-gouvernement-sur-la-piste-dun-reconfinement-hybride-9340516.ph

    L’exécutif semble se tourner vers un reconfinement « hybride ».

    Et vous, êtes-vous hybride ou tout électrique ?

    Tu vois coco, le confinement, c’est pour les tarlouzes... Nous on est des durs, on va faire un truc super smart, pas comme ces tapettes de Slovaquie ou de Nouvelle Zélande (ou les chintoks qui nous disent pas tout) et on va leur prouver qu’on peut faire autrement, et qu’on va pas se laisser emmerder par quelques morts...

    • Ah quel affreux verbiage que cet article.

      « Rééquilibrer en faveur des jeunes, c’est bien l’idée »

      Alors ça c’est typiquement le genre d’élément de langage préchié, qui ne veut rigoureusement rien dire, mais qu’on va en bouffer nuit et jours à l’annonce du nouveau confinement.

      Le gouvernement se penche également sur la piste d’un allongement des vacances de février pour les écoliers, les lycéens et les collégiens.

      Ça j’ai déjà dit que c’était aussi une saloperie : fermer les écoles et laisser les parents se démerder avec les niards, alors qu’il n’y a rigoureusement aucun des moyens habituels d’occuper les gamins pendant des vacances, c’est pas des vacances du tout. C’est juste fermer les écoles, à la charge des parents, « à moindre frais » (comme dit explicitement dans un article précédent).

      Et pour conclure sur :

      Les autorités françaises ont encore quelques petits jours pour se décider.

      Selon qui, selon quels critères ? On écrase un A340 tous les jours, mais le gouvernement te fait savoir qu’il a encore « quelques petits jours pour se décider… ».

    • Et gros biais cognitif, initialement mon cerveau m’a fait croire que c’était écrit :

      Les autorités françaises ont encore quelques petits fours pour se décider.

      Comme dans Au départ d’une sous-préfete, champagne, petits fours et 60 invités sans masques
      https://www.rtl.fr/actu/politique/au-depart-d-une-sous-prefete-champagne-petits-fours-et-60-invites-sans-masques-7

      Une soixantaine de personnes étaient présentes et ont retiré leur masque, au moins pour manger et boire, même si des participants ont assuré que toutes les règles sanitaires avaient été respectées.

    • Et quand autour de toi, on te dit que les profs, ils ne savent pas encore comment ça va se passer à la rentrée, et que tu leurs réponds que bon, ça ne fait qu’un an qu’on sait que ça va durer au bas mot 2 ans, et que nos planificateurs ne sont toujours pas capables de nous dire comment ça va se passer dans 15 jours... et que tu termines par : c’est quand même de sacrés incapables ! On te répond, plein d’empathie pour ces gens bien qui nous dirigent, que le confinement, ils n’osent pas parce qu’ils ont peur des émeutes et de devoir faire intervenir les militaires. Et quand tu leur réponds que les émeutes, ça fait déjà quelques années qu’elles sont matées comme si elles étaient militarisées, tu passes encore pour le gars jamais content qui n’est pas au fait de la dure réalité de l’exercice du pouvoir.

    • naaaan, mais vous comprendez pas, c’est disruptRif, le confinement hybride ©®

      ça permet de sauver un pognon de dingue, et en même temps, tu te tiens sage

    • Et cette consultation des différents « acteurs sociaux » ? Le rôle de l’assemblée nationale dans tout ce merdier puant ? C’est quoi ? Faire oui-oui avec la tête comme de bons chiens-chiens ? (Je pense aux petites imitations canines munies d’une tête mobile et qui ornaient les plages arrière des bagnoles dans les années 70).

    • Il ne s’agit pas d’une poignée d’immenses magasins, mais des grands centres commerciaux. Je suppose qu’à Montpellier ça signifie la fermeture d’Odysseum et de Polygone.

      Ça va être la fête du slip, aujourd’hui, dernière chance d’acheter des trucs de marque en solde. (C’était déjà port-nawak la semaine dernière, aujourd’hui je pense que ça va être spectaculaire.) Quelqu’un a d’ailleurs ricané « Vous allez voir “l’effet soldes”…).

  • Complotisme en général et pandémie en particulier | Théorie communiste
    http://blogtc.communisation.net/?p=268

    Le com­plo­tisme ne serait pas un sys­tème de réponses avec ses déter­mi­na­tions sociales propres mais une simple réac­tion jus­ti­fiée néga­ti­ve­ment. Cela ne peut suf­fire, il faut sai­sir la nature de la « réac­tion » posi­ti­ve­ment comme un sys­tème de réponses adé­quat à ce qui le pro­voque.
    Le com­plo­tisme appa­rait alors comme une contes­ta­tion de l’ordre domi­nant, presque comme une lutte de classe. Mais il n’en est rien. De même que l’antisémitisme était le socia­lisme des imbé­ciles, le com­plo­tisme est la lutte des classes des experts en exper­tises qui ne se situent pas n’importe où, ni dans la société, ni dans l’éventail politico-idéologique.
    La « réponse com­plo­tiste » veut exac­te­ment le même monde, le même Etat, mais débar­ras­sés de la « caste » : il se « figure le monde sans elle ». Il s’agit seule­ment de conser­ver tous les élé­ments de cette société en les sous­trayant aux pra­tiques de ces indi­vi­dus « mal­veillants » et « mani­pu­la­teurs » qui les per­ver­tissent et les cor­rompent. Un vrai sala­riat, une vraie édu­ca­tion, une vraie poli­tique de santé, une vraie démo­cra­tie, une vraie infor­ma­tion, une vraie agri­cul­ture, une vraie consom­ma­tion, une vraie éco­no­mie, un vrai Etat.
    Le com­plo­tisme cri­tique tout, en dési­rant que ce qui existe devienne « vrai ». Mais en conce­vant son objet comme « face obs­cure » et détour­ne­ment démo­niaque, cette cri­tique fait de cet objet un simple acci­dent de ce même monde. Elle affirme par là ne sou­hai­ter que la pour­suite du monde tel qu’il est. Le tout de ce qui existe pour­rait être si beau s’il n’était pas mani­pulé, détourné. La classe domi­nante, sa repro­duc­tion, ses pra­tiques, la pour­suite de ses inté­rêts, la pro­duc­tion idéo­lo­gique ne sont plus le pro­duit natu­rel de tous les rap­ports sociaux que le com­plo­tiste veut conser­ver, mais le fait d’une bande de mal­frats cher­chant à nous prendre pour des imbé­ciles. Le com­plo­tiste est un malin et on ne la lui fait pas, il est expert en tout. Il est remar­quable de consta­ter (il y a eu quelques études là-dessus) que le com­plo­tisme affecte en pre­mier lieu une classe moyenne diplô­mée, celle qui aime son « esprit cri­tique », s’en vante et le porte par­tout en ban­dou­lière. Pour ceux qui vivent quo­ti­dien­ne­ment toutes les humi­lia­tions et la misère des rap­ports sociaux capi­ta­listes, les « com­plots » visant à asser­vir notre liberté à nous contrô­ler n’ont guère de sens. Il faut aimer ce monde pour ne pas vou­loir qu’il nous mente.

    #complotisme

    • Pour le com­plo­tiste, répon­dant par là à la pen­sée spon­ta­née, [les organes de l’appareil d’Etat] sont neutres et non, dans leur exis­tence même et leur forme, ceux d’une dic­ta­ture de classe. En consé­quence, s’ils ne fonc­tionnent pas « comme ils devraient », comme un « ser­vice public », comme un « bien com­mun », c’est qu’ils sont pré­emp­tés, détour­nés et per­ver­tis par une clique, une caste. Le com­plo­tiste est le citoyen idéal.

      Repo­sant sur cette concep­tion « natu­relle » de l’Etat, le com­plo­tisme n’est pas la « psy­cho­pa­tho­lo­gie de quelques éga­rés », il est le « symp­tôme néces­saire de la dépos­ses­sion poli­tique » et de la « confis­ca­tion du débat public ». Il répond à la « mono­po­li­sa­tion de la parole légi­time » par les « repré­sen­tants » assis­tés des « experts », toute cri­tique devient une aber­ra­tion men­tale immé­dia­te­ment dis­qua­li­fiée comme « com­plo­tiste ». Il est vrai que si le com­plo­tisme est devenu le nou­vel indice du cré­tin, c’est qu’il est le nou­veau lieu com­mun de la bêtise jour­na­lis­tique et de nom­breux phi­lo­sophes et socio­logues qui se gardent tout de même d’épingler un pré­sident de la Répu­blique sou­te­nant que les Gilets Jaunes sont le résul­tat d’une manœuvre mos­co­vite (Le Point février 2019).

    • Hebdo #97 : crise sanitaire, démocratie et « complotisme » – il y a déjà bien assez à faire avec le réel

      Les « conspirationnismes » – sans amalgamer doutes légitimes et affabulations organisées – méritent mieux que des disqualifications moralisatrices. Ils doivent être étudiés à la racine des crises sanitaire et politique qu’ils révèlent, et c’est là le regard que posent nos contributeurs sur ces dévoiements dogmatiques de l’esprit critique, mais aussi sur le risque de dépolitisation massive qu’ils représentent. Capitalisme planétaire insatiable, mensonges d’État : nul besoin de grands complots pour avoir du pain sur la planche.

      https://blogs.mediapart.fr/edition/lhebdo-du-club/article/210121/hebdo-97-crise-sanitaire-democratie-et-complotisme-il-y-deja-bien-as

    • En discutant avec des tennants du complotisme j’ai remarqué qu’ils croient tous en un principe du bien et du mal absolu qui se combattent et sont théistes. Je parle au masculin car j’ai pas rencontré ni discuté avec des femmes complotistes jusqu’ici.

    • Dans ma famille très proche, et depuis quasiment le tout début de la crise, femme comme la plupart des membres de son réseau, du moins ce que j’en perçois. Pas vraiment théiste à ce que je sache. Pas du tout gênées par les personnalités des promoteurs phares du réseau francophone.

      Surtout, ce qui me frappe, c’est le nombre de gens, des deux sexes, qui posent, naïvement ou pseudo-naïvement, les « bonnes questions » dont les « mauvaises réponses » font basculer du côté obscur. Et souvent, lesdites questions s’enchainent autour du schéma obscur.Pour sonder ou, peut-être, ne pas se dévoiler.

  • Les fous et les sages – réflexions sur la fin de la présidence Trump, Jacques Rancière
    https://aoc.media/opinion/2021/01/13/les-fous-et-les-sages-reflexions-sur-la-fin-de-la-presidence-trump

    Après l’assaut du Capitole, on peut s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les voient comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

    Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ?

    Certains voudraient encore s’accrocher à la vieille planche de salut : ceux qui ne veulent pas reconnaître les faits seraient des ignorants mal informés ou des esprits crédules trompés par des fake news. C’est l’idylle classique d’un bon peuple qui se laisse prendre par simplicité d’esprit et auquel il faudrait seulement apprendre à s’informer sur les faits et à les juger avec un esprit critique. Mais comment croire encore à cette fable de la naïveté populaire quand on vit dans un monde où les moyens d’information, les moyens de vérifier l’information et les commentaires qui « décryptent » toute information abondent et surabondent à la disposition de tous ?

    Il faut bien alors renverser l’argument : si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Et l’intelligence, c’est bien connu, consiste à se méfier des faits et à se demander à quoi sert cette énorme masse d’information déversée sur nous chaque jour. À quoi la réponse se propose tout naturellement que c’est bien évidemment pour tromper le monde, car ce qui s’étale à la vue de tous est généralement là pour couvrir la vérité, qu’il faut savoir découvrir cachée sous l’apparence fallacieuse des faits donnés.

    La force de cette réponse est de satisfaire en même temps les plus fanatiques et les plus sceptiques. Un des traits remarquables de la nouvelle extrême droite, c’est la place qu’y tiennent les théories conspirationnistes et négationnistes. Celles-ci présentent des aspects délirants, comme la théorie du grand complot international des pédophiles. Mais ce délire n’est en dernier ressort que la forme extrême d’un type de rationalité qui est généralement valorisé dans nos sociétés : celui qui commande de voir en tout fait particulier la conséquence d’un ordre global et de le replacer dans l’enchaînement d’ensemble qui l’explique et qui le montre au final bien différent de ce qu’il semblait être d’abord.

    La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme ». Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

    On sait que ce principe d’explication de tout fait par l’ensemble de ses connexions se lit aussi à l’envers : il est toujours possible de nier un fait en invoquant l’absence d’un lien dans la chaîne des conditions qui le rendent possible. C’est ainsi, on le sait, que des intellectuels marxistes radicaux ont nié l’existence des chambres à gaz nazies parce qu’il était impossible de déduire leur nécessité de la logique d’ensemble du système capitaliste. Et aujourd’hui encore des intellectuels subtils ont vu dans le coronavirus une fable inventée par nos gouvernements pour mieux nous contrôler.

    Les théories complotistes et négationnistes relèvent d’une logique qui n’est pas réservée aux esprits simples et aux cerveaux malades. Leurs formes extrêmes témoignent de la part de déraison et de superstition présente au cœur de la forme de rationalité dominante dans nos sociétés et dans les modes de pensée qui en interprètent le fonctionnement. La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme » mis en cause par les graves esprits qui s’imaginent être les gardiens de l’universalité rationnelle. Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

    On dira qu’il ne suffit pas d’avoir les armes intellectuelles qui permettent de tout nier. Il faut encore le vouloir. C’est tout à fait juste. Mais il faut bien voir en quoi consiste cette volonté ou plutôt cet affect qui porte à croire ou à ne pas croire.

    Il est peu probable que les soixante-quinze millions d’électeurs qui ont apporté leur suffrage à Trump soient autant de cerveaux faibles convaincus par ses discours et par les fausses informations qu’ils véhiculent. Ils ne croient pas au sens où ils tiendraient pour vrai ce qu’il dit. Ils croient au sens où ils sont heureux d’entendre ce qu’ils entendent : un plaisir qui peut, tous les quatre ou cinq ans, s’exprimer par un bulletin de vote, mais qui s’exprime bien plus simplement tous les jours par un simple like. Et ceux qui colportent les fausses informations ne sont ni des naïfs qui les imaginent vraies ni des cyniques qui les savent fausses. Ce sont simplement des gens qui ont envie que ce soit comme ça, envie de voir, de penser, de sentir et de vivre dans la communauté sensible que tissent ces paroles.

    Comment penser cette communauté et cette envie ? C’est là que guette une autre notion produite par la paresse satisfaite, celle de populisme. Celle-ci n’invoque plus un peuple bon et naïf, mais, à l’inverse, un peuple frustré et envieux, prêt à suivre celui qui sait incarner ses rancœurs et en désigner la cause.

    Trump, nous dit-on volontiers, est le représentant de tous les petits Blancs en détresse et en colère : les laissés-pour-compte des transformation économiques et sociétales, qui ont perdu leur emploi avec la désindustrialisation et leurs repères identitaires avec les nouvelles formes de vie et de culture, ceux qui se sentent abandonnés par les élites politiques lointaines et méprisés par les élites diplômées. La chanson n’est pas nouvelle : c’est déjà ainsi que le chômage servait dans les années 1930 d’explication au nazisme et ressert indéfiniment pour expliquer toute poussée de l’extrême droite dans nos pays. Mais comment croire sérieusement que les soixante-quinze millions d’électeurs de Trump répondent à ce profil de victimes de la crise, du chômage et du déclassement ? Il faut alors renoncer à la seconde planche de salut du confort intellectuel, la seconde figure du peuple traditionnellement chargée du rôle de l’acteur irrationnel : ce peuple frustré et brutal qui fait pendant au peuple bon et naïf.

    Il faut, plus profondément, mettre en question cette forme de rationalité pseudo-savante qui s’attache à faire des formes d’expression politiques du sujet-peuple des traits appartenant à telle ou telle couche sociale en ascension ou en déclin. Le peuple politique n’est pas l’expression d’un peuple sociologique qui lui préexisterait. Il est une création spécifique : le produit d’un certain nombre d’institutions, de procédures, de formes d’action, mais aussi de mots, de phrases, d’images et de représentations qui n’expriment pas les sentiments du peuple mais créent un certain peuple, en lui créant un régime spécifique d’affects.

    La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité.

    Le peuple de Trump n’est pas l’expression de couches sociales en difficulté et à la recherche d’un protecteur. C’est d’abord le peuple produit par une institution spécifique où beaucoup s’entêtent à voir l’expression suprême de la démocratie : celle qui établit un rapport immédiat et réciproque entre un individu censé incarner le pouvoir de tous et un collectif d’individus censé se reconnaître en lui. C’est ensuite le peuple construit par une forme particulière d’adresse, cette adresse personnalisée permise par les technologies nouvelles de la communication, où le leader parle tous les jours à chacun et à tous, à la fois comme homme public et comme homme privé, utilisant les mêmes formes de communication qui permettent à chacun et à tous de dire quotidiennement ce qu’ils ont dans la tête ou sur le cœur.

    C’est enfin le peuple construit par le système spécifique d’affects que Donald Trump a entretenu à travers ce système de communication : un système d’affects qui n’est destiné à aucune classe particulière et qui ne joue pas sur la frustration mais au contraire sur la satisfaction de sa condition, non pas sur le sentiment de l’inégalité à réparer mais sur celui du privilège à maintenir contre tous ceux qui voudraient y attenter.

    La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité, celle qui permet également aux riches et aux pauvres de se trouver une multitude d’inférieurs sur lesquels ils doivent à tout prix conserver leur supériorité. Il y a en effet toujours une supériorité à laquelle on peut participer : supériorité des hommes sur les femmes, des femmes blanches sur les femmes de couleur, des travailleurs sur les chômeurs, de ceux qui travaillent dans les métiers d’avenir sur les autres, de ceux qui ont une bonne assurance sur ceux qui dépendent de la solidarité publique, des autochtones sur les migrants, des nationaux sur les étrangers et des citoyens de la nation-mère de la démocratie sur le reste de l’humanité.

    La coprésence, dans le Capitole occupé par les nervis trumpistes, du drapeau des treize États fondateurs et du drapeau du Sud esclavagiste illustre assez bien ce singulier montage qui fait de l’égalité une preuve suprême d’inégalité et de la pursuit of happiness un affect haineux. Mais, pas plus qu’à une couche sociale particulière, cette identification du pouvoir de tous à la collection innombrable des supériorités et des haines n’est assimilable à l’ethos d’une nation particulière. Nous savons le rôle qu’a tenu ici l’opposition entre la France travailleuse et la France assistée, entre ceux qui vont de l’avant et ceux qui restent crispés sur les systèmes de protection sociale archaïques, ou entre les citoyens du pays des Lumières et des droits de l’homme et les populations arriérées et fanatiques qui menacent son intégrité. Et nous pouvons voir tous les jours sur Internet la haine de toute forme d’égalité ressassée jusqu’à plus soif par les commentaires des lecteurs de journaux.

    De même que l’entêtement à nier n’est pas la marque des esprits arriérés mais une variante de la rationalité dominante, la culture de la haine n’est pas le fait de couches sociales déshéritées mais un produit du fonctionnement de nos institutions. Elle est une manière de faire-peuple, une manière de créer un peuple qui appartient à la logique inégalitaire. Il y a près de deux cent ans que le penseur de l’émancipation intellectuelle, Joseph Jacotot, avait montré la façon dont la déraison inégalitaire faisait tourner une société où tout inférieur était à même de se trouver un inférieur et de jouir de sa supériorité sur lui. Il y a seulement un quart de siècle, j’avais, pour mon compte, suggéré que l’identification de la démocratie au consensus produisait, à la place du peuple déclaré archaïque de la division sociale, un peuple bien plus archaïque fondé sur les seuls affects de la haine et de l’exclusion.

    Plutôt qu’au confort de l’indignation ou de la dérision, les événements qui ont marqué la fin de la présidence de Donald Trump devraient nous inciter à un examen un peu plus approfondi des formes de pensée que nous appelons rationnelles et des formes de communauté que nous appelons démocratiques.

    #Capitole #Trump #peuple #complotisme #égalité #passion_de_l'inégalité

  • Qu’est-ce que « Bas les masques », ce nouveau média qui entend fournir une « information déconfinée » ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/12/18/qu-est-ce-que-bas-les-masques-ce-nouveau-media-qui-entend-fournir-une-inf

    Le site se présente comme un « média indépendant pour une information libre et objective sur la crise sanitaire ». Il mise sur des figures connues des « rassuristes », comme Laurent Toubiana ou Jean-François Toussaint. En coulisses, on retrouve Stéphane Simon, qui a lancé « Polony TV », « Goldnadel TV » ou encore le média « Front populaire » de Michel Onfray.

    « Dans un contexte très particulier, en plein deuxième confinement, il est devenu urgent de proposer un autre regard sur l’actualité. » Voilà l’ambition de « Bas les masques », site né fin novembre 2020 (et qui n’a rien à voir avec le collectif du même nom crée par des soignants en mars 2020). Le nouveau média se présente comme « indépendant » et entend proposer « une information libre et objective sur la crise sanitaire que nous traversons ». Comme FranceSoir, « Bas les masques » vise un public sceptique quant à la gravité de l’épidémie, et/ou critique vis-à-vis de la gestion de cette dernière par les autorités.

    #covi-19 #intox #complotisme

  • ÉPIDÉMIE TERMINÉE !

    L’épidémie est terminée en France, mais les médias disent le contraire et la propagande terrorisante est plus active que jamais.
     
    L’imagination au pouvoir : pendant la vague de mars, c’était le décompte journalier morbide des morts, puis en octobre des « cas » ( sur tests non fiables avec 97 % de faux positifs ) et actuellement faute de malades et même de testés positifs, on agite le « variant » anglais dont rien ne prouve la dangerosité ! Nos dirigeants acceptent l’idée, enfin, que les virus mutent, comme le pr Raoult l’a expliqué à la France entière depuis des mois. Si à chaque mutant c’est la panique, notre économie sera morte dans l’année, comme de fait le plan Davos le souhaite et l’organise depuis des années sous le prétexte de cette pseudo peste qui n’a pas tué plus que bien d’autres grippes des années passées.
     
    LE SCÉNARIO ACTUEL

    Depuis plusieurs semaines, le gouvernement et les médias complices agitent à nouveau la peur pour faire accepter des couvre-feux, sans aucun intérêt sanitaire réel[1]. Ils prétendent que le Covid19 revient plus méchant que jamais, revigoré par une mutation anglaise ou sud-africaine[2]. Ils affichent pour nous convaincre un nombre croissant de « cas » PCR positif dont même l’OMS reconnaît la non-fiabilité [3] [4] [5] et les inconvénients[6]. Or les « cas » ne sont majoritairement ni des malades, ni des contagieux, ni des porteurs de virus et ne témoignent donc pas de la réalité de l’épidémie, mais principalement du nombre de tests réalisés et du nombre de séances d’amplifications pratiquées.

    Une épidémie ne se mesure qu’au nombre de malades, individus qui souffrent de symptômes et qui consultent leur médecin pour un diagnostic ou un traitement.
     
    LE RÉSEAU SENTINELLE

    Le réseau Sentinelle est un réseau de recherche et de veille sanitaire en soins de premiers recours en France métropolitaine. Créé en novembre 1984, il est développé sous la tutelle conjointe de l’Institut national de la santé, de la recherche médicale et de Sorbonne Université. Il fédère plus de de 1400 médecins de ville, généralistes et pédiatres. C’est lui qui permet de suivre chaque année les épidémies de bronchiolite, grippe, gastro entérite, rougeole et rhume et leurs virulences. Cette année, il a étendu la surveillance des maladies contagieuses habituelles au Covid19. Ses données sont plus pertinentes que celles de Santé Publique France qui publie principalement les données hospitalières et dépend du ministre qui veille à ce que ses publications ne gênent pas sa propagande terrorisante.

    Car ce qui différencie le Covid19 des épidémies précédentes n’est ni sa virulence, ni sa mortalité, mais le traitement médiatique qui lui est réservé. Lors des épidémies sévères précédentes, le ministère rassurait la population.

    Depuis le début de la crise actuelle, le ministère et les médias s’efforcent au contraire de paniquer la population afin de faire accepter des mesures pseudo-sanitaires qui n’ont jamais démontré qu’elles pouvaient être utiles, et dont chacun mesure chaque jour la nocivité tant sur la santé globale que sur l’économie, les chômeurs, les salariés précaires, les pauvres, les cafés -restaurants, le monde de la culture et du sport, les petits commerçants.

    Les jeunes adultes sont les premières victimes au profit des grandes chaînes, des GAFA et des super riches, sans que ces mesures ne permettent de sauver nos vieillards poussés également au syndrome de glissement par abandon de la vie qui mérite d’être vécue (entourée des siens, des amis etc..) aidés de plus vers la mort par le Rivotril des décrets de mars et octobre, à injecter en cas de problème respiratoire et de « suspicion » de covid.

    Les traitements précoces qui résoudraient facilement la grande majorité de ces épisodes infectieux sont toujours interdits contre toute logique sanitaire, qui manifestement n’est pas l’objectif. Les médias continuent à ancrer dans les cerveaux des téléspectateurs qu’il n’existe par de traitement, mensonge énorme répété par les ministres et l’argument d’autorité est tragique. Pourtant la mortalité très basse des pays qui utilisent le traitement Raoult, l’ivermectine ou l’artémisine depuis de début de l’épidémie sont des preuves scientifiques bien établies que nos gouvernants ne veulent pas reconnaitre. Le but est évidement de prolonger la crise et la ruine de la classe moyenne et de nous faire consommer du remdesivir, puis les vaccins géniques non testés sur plus de deux mois, et leurs risques majeurs.

    L’ÉPIDÉMIE EST VRAIMENT TERMINÉE

    Réseau sentinelle : où sont les malades Covid19 en fin d’année 2020 ?

    Depuis début septembre2020, 543 patients présentant une Infection Virale Aigue (IRA) ont été vus en consultation de médecine générale et de pédiatrie et ont été prélevés dans le cadre de la surveillance Sentinelle, prélèvements essentiellement nasopharyngés testés pour différents virus respiratoires, dont le SARS-CoV-2 (COVID-19) et les virus grippaux.
    En semaine 52 : aucun n’était positif au SARS-CoV-2 (COVID-19) (0/17 testés) En semaine 53 : aucun prélèvement ne s’est révélé positif au SARS-CoV-2 (COVID- 19) parmi les échantillons prélevés, et 17 patients présentant une IRA vus en consultation 23,1%) étaient positifs au hRV (virus du rhume).

    Cette absence confirmée de malade de Covid19 en consultation de ville dure depuis la semaine 47. Ces données permettent d’estimer qu’en fin d’année 2020, le taux d’incidence des cas d’infections respiratoires aigües dus au SARS-CoV-2 (COVID-19) vus en médecine générale était inférieur à 14 cas pour 100 000 habitants[7], représentant moins de 9 097 nouveaux cas de COVID-19 ayant consulté un médecin généraliste. Cette estimation est stable par rapport aux semaines précédentes.

    La quasi-disparition des malades Covid19 est aussi observée par SOS médecins et aux urgences des hôpitaux. Cette quasi-absence de malades Covid19 vus en médecine générale et en pédiatrie, par SOS médecins et aux urgences hospitalières dément les propos alarmistes du ministère basés sur des tests majoritairement réalisés en dépistage sur des asymptomatiques, qui ne sont ni malades, ni porteurs de virus entiers, ni contagieux. Si l’épidémie était encore active, les médecins généralistes devraient voir de nombreux malades covid19 ; or ils n’en voient plus.
     
    Alors pourquoi cette désinformation gouvernementale permanente ?

    On ne trouve pas d’autre explication que la volonté de prolonger la panique dans la population et l’état d’urgence indéfiniment pour justifier des mesures prétendument sanitaires, alors que rien ne prouve qu’elles puissent avoir le moindre impact sur la propagation d’une éventuelle épidémie.

    La finalité de cette propagande mensongère est vraisemblablement de réaliser le programme de Davos bien détaillé dans le livre de Schwab en supprimant, entre autres, 75% des restaurants indépendants par le maintien des confinements et interdictions de travailler jusqu’en décembre 2021 précisément prévu par le rapport 9 de Ferguson, dont toutes les prédictions se sont révélées fausses [8] ,[9] mais que le gouvernement suit à la lettre.
    Les prophéties sont là pour conditionner la population naive et non pour aider à la sécurité sanitaire. Le déroulement de la gestion de l’épidémie le démontre jour après jour.

    SORTIR DE L’EMPRISE DU GOUVERNEMENT SUR LA POPULATION

    Que peuvent faire les innombrables victimes de ces mesures aberrantes ?

    Cesser d’avoir peur d’un virus qui rend actuellement beaucoup moins de gens malades que les rhumes saisonniers.

    Cesser d’être dupe de la propagande des médias et des promesses gouvernementales : indemnisations et réouvertures prochaines toujours prévues dans 15 jours et toujours reportées à cause de « cas » dont le nombre augmente toujours juste avant une décision pour la justifier (alors qu’elle a été prise en réalité bien longtemps auparavant). Le but de cette politique est de pousser à la faillite un maximum d’établissements pour que les chaînes puissent accaparer le marché.

    Expliquer autour de soi que pratiquer des tests PCR quand on est en bonne santé ne sert à rien, ni pour celui qui les subit[10] , ni pour ses proches[11] mais contribue uniquement à alimenter la propagande gouvernementale pour prolonger l’état d’urgence et les fermetures.

    STOP TESTS !

    Rappeler à tous les résultats catastrophiques de la politique sanitaire française suivie jusque-là et qui nous a placés, avec les pays qui confinent durement, dans le top 5 européen des plus fortes mortalités Covid19.

    STOP POLITIQUE MORTIFÈRE !

    Informer ses élus, maires, députés en leur montrant les données de ce réseau Sentinelle qui montre que l’épidémie est derrière nous, leur rappelant que la prolongation des restrictions tue l’économie, obère l’avenir des jeunes[12] et menace à terme la vie de plusieurs dizaines de milliers de français, sans protéger réellement qui que ce soit.

    Porter plainte en justice contre les responsables de ces mesures pour faire indemniser à leur juste valeur les préjudices subis. Que les responsables paient !

    Manifester pacifiquement pour le respect de nos libertés fondamentales : liberté de travailler, liberté de circuler, liberté d’exprimer ses opinions, liberté de prier, d’aller au restaurant, au théâtre ou au musée, à la faculté, dans les bars ou en discothèque etc. Sans masque, qui n’est que témoin de la soumission que nous impose les dirigeants soumis à l’OMS, sauf en quelques pays plus respectueux de leurs peuples comme la Finlande, l’Islande, la Suède[13], la Norvège[14], la Biélorussie.

    LIBERTÉ !

    Gérard Delépine, le 13 janvier 2021
    https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/reseau-sentinelle-sos-medecins-urgences-ne-voient-plus-de-covid19-stop-co

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    [1] Aucun essai randomisé, ni aucune étude historique n’accrédite l’efficacité du couvre-feu contre une épidémie qui brime surtout les jeunes alors que les seuls qu’il faut protéger sont les séniors déjà malades.

    [2] Coronavirus : pourquoi le variant sud-africain inquiète les scientifiques ? les chercheurs n’ont pas constaté une hausse de la mortalité directement liée à ce variant.

    [3] OMS Avis d’information de l’OMS pour les utilisateurs ivd 15 12 2020 https://www.who.int/news/item/14-12-2020-who-information-notice-for-ivd-users

    [4] Cour d’appel de Lisbonne du 26-08-2020 : Au vu des preuves scientifiques actuelles, ce test ne permet pas à lui seul de déterminer, au-delà de tout doute raisonnable, qu’une telle positivité correspond, en fait, à l’infection d’une personne par le virus SRAS-CoV-2,

    [5] Recommandation du l’agence sanitaire galloise du 20 juillet 2020 : The performance of the existing RT-PCR is isunsuited to the non-targeted screening of asymptomatic individuals, les tests PCR ne sont pas adaptés au dépistage global, non ciblé d’individus asymptomatiques https://gov.wales/technical-advisory-cell-principles-using-rt-pcr-test-detect-sars-cov-2

    [6]E Surkova, V Nikolayevskyy, F Drobniewsk False-positive COVID-19 results : hidden problems and costs www.thelancet.com/respiratory Vol 8 December 2020 https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30453-7/fulltext

    [7] Pour la grippe saisonnière on parle d’épidémie lorsque l’incidence atteint 150 à 200/100000

    [8] N Delépine LES DESSOUS DU RAPPORT CLASSÉ SECRET DÉFENSE DE FERGUSON ET LE CONFINEMENT Economie matin28 4 2020 http://www.economiematin.fr/news-rapport-confinement-ferguson-secret-critique-decision-politique-d

    [9] N Delépine Ferguson ment grossièrement et le journal Nature le publie France Soir 11 1 2021 https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/ferguson-ment-grossierement-et-le-journal-nature-le-publie

    [10] Puisque les cas positifs ne sont pas traités

    [11]L’étude chinoise récente montre que sur 410 cas asymptomatiques recensés après dépistage de près de 10 millions de chinois, aucun n’a fait de maladie, aucun n’excrétait de virus et aucun n’a contaminé ses contacts

    [12] D’après l’OMS : les jeunes sont touchés de façon disproportionnée par les conséquences à long terme des mesures sanitaires : l’interruption de la scolarité, l’incertitude économique, la perte ou le manque de possibilités d’emploi, les effets sur la santé physique et mentale et les traumatismes causés par la violence domestique. Par exemple, des troubles anxieux provoqués par la COVID-19 ont été détectés chez près de 90 % des jeunes, plus d’un milliard d’élèves dans presque tous les pays ont été touchés par la fermeture des écoles et un jeune sur six dans le monde a perdu son emploi pendant la pandémie.

    [13] Qui vient seulement de recommander le masque dans les transports publics

    [14] Qui n’impose le masque que dans les transports publics bondés

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  • Des foules de partisans de Trump convergent vers Washington | La Presse
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2021-01-06/des-foules-de-partisans-de-trump-convergent-vers-washington.php

    Bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les #États-Unis se massaient sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d’éventuels débordements.

    Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera « folle », a-t-il prévenu.

    Il doit prendre la parole devant ses troupes à 11 h depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison-Blanche, et devrait répéter les accusations de fraudes qu’il martèle depuis deux mois sans en apporter la preuve.

  • Opinion | When the World Seems Like One Big Conspiracy - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/11/20/opinion/sunday/global-cabal-conspiracy-theories.html

    Understanding the structure of global cabal theories can shed light on their allure — and their inherent falsehood.

    Conspiracy theories come in all shapes and sizes, but perhaps the most common form is the global cabal theory. A recent survey of 26,000 people in 25 countries asked respondents whether they believe there is “a single group of people who secretly control events and rule the world together.

    Thirty-seven percent of Americans replied that this is “definitely or probably true.” So did 45 percent of Italians, 55 percent of Spaniards and 78 percent of Nigerians.

    Conspiracy theories, of course, weren’t invented by QAnon; they’ve been around for thousands of years. Some of them have even had a huge impact on history. Take Nazism, for example. We normally don’t think about Nazism as a conspiracy theory. Since it managed to take over an entire country and launch World War II, we usually consider Nazism an “ideology,” albeit an evil one.

    But at its heart, Nazism was a global cabal theory based on this anti-Semitic lie: “A cabal of Jewish financiers secretly dominates the world and are plotting to destroy the Aryan race. They engineered the Bolshevik Revolution, run Western democracies, and control the media and the banks. Only Hitler has managed to see through all their nefarious tricks — and only he can stop them and save humanity.

    Understanding the common structure of such global cabal theories can explain both their attractiveness — and their inherent falsehood.

    The Structure
    Global cabal theories argue that underneath the myriad events we see on the surface of the world lurks a single sinister group. The identity of this group may change: Some believe the world is secretly ruled by Freemasons, witches or Satanists; others think it’s aliens, reptilian lizard people or sundry other cliques.

    But the basic structure remains the same: The group controls almost everything that happens, while simultaneously concealing this control.

    Global cabal theories take particular delight in uniting opposites. Thus the Nazi conspiracy theory said that on the surface, communism and capitalism look like irreconcilable enemies, right? Wrong! That’s exactly what the Jewish cabal wants you to think! And you might think that the Bush family and the Clinton family are sworn rivals, but they’re just putting on a show — behind closed doors, they all go to the same Tupperware parties.

    From these premises, a working theory of the world emerges. Events in the news are a cunningly designed smoke screen aimed at deceiving us, and the famous leaders that distract our attention are mere puppets in the hands of the real rulers.

    The Lure
    Global cabal theories are able to attract large followings in part because they offer a single, straightforward explanation to countless complicated processes. Our lives are repeatedly rocked by wars, revolutions, crises and pandemics. But if I believe some kind of global cabal theory, I enjoy the comforting feeling that I do understand everything.

    The war in Syria? I don’t need to study Middle Eastern history to comprehend what’s happening there. It’s part of the big conspiracy. The development of 5G technology? I don’t need to do any research on the physics of radio waves. It’s the conspiracy. The Covid-19 pandemic? It has nothing to do with ecosystems, bats and viruses. It’s obviously part of the conspiracy.

    The skeleton key of global cabal theory unlocks all the world’s mysteries and offers me entree into an exclusive circle — the group of people who understand. It makes me smarter and wiser than the average person and even elevates me above the intellectual elite and the ruling class: professors, journalists, politicians. I see what they overlook — or what they try to conceal.

    The Flaw
    Global cabal theories suffer from the same basic flaw: They assume that history is very simple. The key premise of global cabal theories is that it is relatively easy to manipulate the world. A small group of people can understand, predict and control everything, from wars to technological revolutions to pandemics.

    Particularly remarkable is this group’s ability to see 10 moves ahead on the global board game. When they release a virus somewhere, they can predict not only how it will spread through the world, but also how it will affect the global economy a year later. When they unleash a political revolution, they can control its course. When they start a war, they know how it will end.

    But of course, the world is much more complicated. Consider the American invasion of Iraq, for example. In 2003, the world’s sole superpower invaded a medium-size Middle Eastern country, claiming it wanted to eliminate the country’s weapons of mass destruction and end Saddam Hussein’s regime. Some suspected that it also wouldn’t have minded the chance to gain hegemony over the region and dominate the vital Iraqi oil fields. In pursuit of its goals, the United States deployed the best army in the world and spent trillions of dollars.

    Fast forward a few years, and what were the results of this tremendous effort? A complete debacle. There were no weapons of mass destruction, and the country was plunged into chaos. The big winner of the war was actually Iran, which became the dominant power in the region.

    So should we conclude that George W. Bush and Donald Rumsfeld were actually undercover Iranian moles, executing a devilishly clever Iranian plot? Not at all. Instead, the conclusion is that it is incredibly difficult to predict and control human affairs.

    You don’t need to invade a Middle Eastern country to learn this lesson. Whether you’ve served on a school board or local council, or merely tried to organize a surprise birthday party for your mom, you probably know how difficult it is to control humans. You make a plan, and it backfires. You try to keep something a secret, and the next day everybody is talking about it. You conspire with a trusted friend, and at the crucial moment he stabs you in the back.

    Global cabal theories ask us to believe that while it is very difficult to predict and control the actions of 1,000 or even 100 humans, it is surprisingly easy to puppet master nearly eight billion.

    The Reality
    There are, of course, many real conspiracies in the world. Individuals, corporations, organizations, churches, factions and governments are constantly hatching and pursuing various plots. But that is precisely what makes it so hard to predict and control the world in its entirety.

    In the 1930s, the Soviet Union really was conspiring to ignite communist revolutions throughout the world; capitalist banks were employing all kinds of dodgy strategies; the Roosevelt administration was planning to re-engineer American society in the New Deal; and the Zionist movement pursued its plan to establish a homeland in Palestine. But these and countless other plans often collided, and there wasn’t a single group of people running the whole show.

    Today, too, you are probably the target of many conspiracies. Your co-workers may be plotting to turn the boss against you. A big pharmaceutical corporation may be bribing your doctor to give you harmful opioids. Another big corporation may be pressuring politicians to block environmental regulations and allow it to pollute the air you breathe. Some tech giant may be busy hacking your private data. A political party may be gerrymandering election districts in your state. A foreign government may be trying to foment extremism in your country. These could all be real conspiracies, but they are not part of a single global plot.
    Sometimes a corporation, a political party or a dictatorship does manage to gather a significant part of all the world’s power into its hands. But when such a thing happens, it’s almost impossible to keep it hush-hush. With great power comes great publicity.

    Indeed, in many cases great publicity is a prerequisite for gaining great power. Lenin, for example, would never have won power in Russia by avoiding the public gaze. And Stalin at first was much fonder of scheming behind closed doors, but by the time he monopolized power in the Soviet Union, his portrait was hanging in every office, school and home from the Baltic to the Pacific. Stalin’s power depended on this personality cult. The idea that Lenin and Stalin were just a front for the real behind-the-scenes rulers contradicts all historical evidence.

    Realizing that no single cabal can secretly control the entire world is not just accurate — it is also empowering. It means that you can identify the competing factions in our world, and ally yourself with some groups against others. That’s what real politics is all about.

    Yuval Noah Harari is a historian and the author of “Sapiens: A Graphic History.

  • To exhausted healthcare workers like me, Covid conspiracies are a kick in the teeth | NHS | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/jan/01/healthcare-workers-covid-conspiracies-coronavirus-deniers
    https://i.guim.co.uk/img/media/296b142d97e072dc5216306f839ec04b3e74ec7e/0_10_3500_2101/master/3500.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    We are nearly a year into the pandemic, yet widespread denial of the pathogen and the crisis still persists. The hard objective truths are undeniable: millions infected globally, hundreds of thousands dead and a lightning-quick scientific breakthrough with vaccines now beginning to be rolled out around the world.

    For most healthcare workers, life is split into two: the outward reality we share with our family and friends (the Instagram fodder of home-cooked meals and time with loved ones), and the peculiar and often traumatic inner world of working in healthcare, where supposedly once-in-a-lifetime events such as births, deaths and life-changing illness occur daily.

    Right now, this second world feels darker, more chaotic and uncertain. Covid is ripping through hospitals at an unprecedented rate, while an exhausted workforce, already running on fumes not from “just another winter surge”, but due to a second wave of Covid cases worse than the first, attempts to battle it. For us, the objective truth is undeniable: patients are desperately sick. Patients who often decline quickly and suddenly, needing intensive care, ventilation and specialist support.

    And yet in the outer world, our social media and even newspapers amplify a different “truth”. That there is no major emergency, that it’s misdiagnosis or global hysteria, which every major country, and their established academic and medical bodies, has inexplicably and simultaneously fallen prey to. Perhaps it was too much to ask that the brief period of trusting and listening to experts during the early days of the first spike might last through the winter.

    These two worlds are difficult for healthcare workers to reconcile.

    Perhaps most confusingly: “It’s just like every winter for the NHS.” Firstly, winter in this country for the health service is no garden of delights. It is an ever-worsening pandemonium resulting from an underfunded, understaffed and under-resourced health service grinding on, fuelled by the goodwill of its workers. That being said, now that we face a virus that can cause such rapid deterioration on top of our annual cataclysm, and can so utterly overwhelm intensive care departments, we are indeed facing an altogether worse proposition. On Wednesday alone, 981 people died of Covid.

    The virus has returned in full and terrifying force. But public goodwill seems not to have done so to the same degree as in spring. The attacks from Covid deniers are a kick in the teeth. Their claims cause outrage among staff exhausted by shifts, only to have their lived experience, their sacrifice and their suffering, and the suffering of the patients in front of them, denied.

    #Covid-19 #Santé_publique #Personnel_santé #Complotisme

  • ComploTziTzimitl, Fistaille made in Toylettes hors série, 2019
    https://www.youtube.com/watch?v=d7haNVX1sxI

    Le doute, ouais, c’est bien. Savoir s’en servir c’est mieux
    Parfois on l’voit venir de loin, et, parfois, ça pique les yeux
    y’en a toujours qui tiquent et rarement moins qui le crient, mais,
    C’est pas toujours les plus critiques qui te parlent de son esprit

    Et t’as tout dans l’internet, quoi qu’on veuille nous cacher
    pour peu qu’on force l’intérêt et qu’on laisse l’oeil chercher
    on s’en sort abasourdit mais on a compris l’essentiel :
    la vérité, ça se dit sur du Clint Mansell

    n’est-ce pas ? Et l’assommage laisse a voir
    que parfois, finalement, croire, c’est moins chronophage que savoir
    Jolie, merveilleuse, ouais, soit. Mais pas seulement ;
    La théorie d’la terre creuse, est plate, et inversement

    c’est parfois tellement ridicule dans les délires lunaires
    que ça ferait passer de vraies magouilles pour des égarements similaires.
    Mais gare aux simulacres, à ce qu’il y a derrière, et qui te l’amène
    gare aux écarts, ainsi, de l’art de discerner le vrai de la merde

    ça complote, ça pense à tout
    quand ils se passe des choses, on sait ce qui se cache dessous.
    Complot. Complots partout.
    Qu’importe la question qu’on se pose, de toute façon, c’est la réponse à tout

    ça te dit qu’tu fais pas ce que tu veux. Que c’est peut-être même pas toi qui agit
    qu’en fait, t’es manipulé. Que c’est pas toi qui contrôle tes beuj’
    te dit que ça va t’ouvrir les yeux sans faire dans l’idéologie
    Mais quand faut citer des banquiers, bon, ça choisit que des feujes mais

    ça te place au dessus des moutons. Parce que, le mouton, il sait pas
    et se savoir au dessus de ces cons, c’est bon pour l’estime de soi
    et puis ça te confère une mission : leur amener la lumière
    comme voulaient le faire, il y a quelques temps, les illuminés de Bavière

    entre Dyson a clique et site clairement militants
    ça graille sans mastiquer puis ça se gerbe entre les dents
    ça fait peur si c’est ça « douter ». Entre 2 pages de pubs
    les chercheurs de vérité se font promoteurs de certitudes
    [...]

    Les juifs, illuminatis, les chemtrails ou les hommes crabes
    on se kiffe à s’imaginer de bonnes scènes et de bonnes fables
    on nique la vérité, de la culpabilité se défausse
    si tout n’est que fruit de la volonté de types qui bouffent des gosses

    Et qui s’éclairent à la bougie sur la face caché de la lune
    et que si tu osais bouger c’est qu’en fait ils l’auraient voulu
    mais au fond tu sais que toutes ces conneries ne servent qu’a te masquer
    le fait que ton véritable ennemie, en fait, il ne s’est jamais planqué

    que tu nages en pleine apathie, t’y conforte, et perdure
    et ouais, pourquoi jouer la partie si elle est déjà perdu ?
    Faut croire que parfois ça arrange de croire qu’on ne pourrait
    de toute façon, rien pour que ça change et ce, même si on le voulait

    et puis, dans le fond, c’est rassurant de croire que quelqu’un tient les rennes
    que c’est juste parce qu’il est méchant qu’il nous envoi dans le mur
    qu’on y est pour rien, finalement. Que ce n’est qu’une volonté malsaine
    et que c’est pas ce vers quoi on tend, nous. Mais est-ce qu’on en est sûr ?
    [..]

    dans le cadre d’une collab’ avec TziTzimitl de la chaîne Esprit Critique, chaîne que tu dois absolument aller voir !!!
    La vidéo est là :

    Complotisme VS complots feat. H-Tône - #TraitdEsprit 6
    https://www.youtube.com/watch?v=W-dObaJss10

    #pédagogie contre feu, avec du « Gramski » dedans :)

    #complotisme #sceptiques #scepticisme #flow #rap

  • Let’s put the straw man of pandemic denial out of his misery - STAT
    https://www.statnews.com/2020/12/23/put-straw-man-pandemic-denial-out-of-its-misery

    The obsession with denialism isn’t just inaccurate. It’s corrosive for at least three reasons. First, it needlessly alienates the interested public with false accusations. Second, by conflating reasonable dissent with unreasonable misinformation, it stifles debate, even about issues that genuinely warrant discussion . Third, the myth of denial deflects blame from the policy failures of politicians, who use it to claim they’ve done all they could, leaving only the denialists (and cheesecake eaters) to blame.

    #complotisme #délétère #idiots_utiles

  • Mes parents, ces complotistes
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/mes-parents-ces-complotistes


    Leurs parents sont #complotistes. Camille et Emma ne le sont pas ou, libérés de leur emprise, ne le sont plus. Ils témoignent des mécanismes qui les ont éloigné de leurs parents et de dialogues presque impossibles avec, au centre, le coronavirus qui a mis en lumière un certain nombre de théories.

    #extrême_droite #famille

  • « Croire à la science ou pas est devenu une question éminemment politique, sans doute celle qui va décider de l’avenir du monde » - Eva Illouz
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/10/eva-illouz-croire-a-la-science-ou-pas-est-devenu-une-question-eminemment-pol

    La sociologue Eva Illouz retrace l’histoire du complotisme et analyse les causes profondes de l’importance qu’il a prise cette dernière décennie, jusqu’à remettre en question « le pari que les démocraties ont fait sur la liberté d’expression et sur la force de la vérité ».

    Tribune. Un habitant de l’Etat du Montana récemment interviewé par National Public Radio (NPR), réseau américain de radiodiffusion de service public, s’exprimait ainsi : « Ce sont des mensonges. Il y a beaucoup de preuves que la “pandémie” due au coronavirus est liée à la Chine communiste. Ils sont en train d’essayer d’imposer le marxisme communiste dans notre pays. »

    Dans ces quelques phrases se trouvent résumées presque toutes les caractéristiques de la pensée complotiste : déni de la réalité telle qu’elle est établie par le consensus scientifique ou politique ; perception de la présence malfaisante d’une entité étrangère au sein du pays (ici, la Chine) ; affirmation que cette entité manipule la réalité, répand des mensonges et a pour but ultime le contrôle de la nation ; conviction que cette entité est d’autant plus puissante qu’elle est secrète et invisible.

    Chimère cohérente et argumentée

    La théorie du complot a donc ici une vocation justicière : elle se propose de dénoncer les manipulations et les mensonges proférés par des autorités (sanitaires, médiatiques, économiques, politiques) et de dévoiler une réalité cachée, celle du vrai pouvoir. Ce récit vise à mettre au jour le pouvoir mondial d’un groupe (les juifs ; la finance internationale) ou d’une personne (les Clinton ; George Soros ; Bill Gates) qui menace la nation ou le peuple : le complotisme se veut donc un contre-pouvoir. Dans ce sens, il a une affinité à la fois avec l’extrême gauche, qui dénonce le pouvoir insidieux des élites, et l’extrême droite, qui défend la nation assiégée.

    Même si le complotisme est une forme de pensée magique ou d’hallucination collective, il ne ressort pas du mensonge : il est au contraire une parole de conviction et relève de l’ignorance. L’historien des sciences Robert Proctor et le linguiste Iain Boal ont proposé, sous le nom d’« agnotologie », d’étudier l’ignorance comme fait social. Le complotisme en fait partie, mais avec une nuance importante. Si l’ignorance se définit par l’absence d’un savoir (par exemple 62 % d’Américains interrogés ne pouvaient pas nommer les trois branches du gouvernement de leur pays), le complotisme se présente au contraire comme un savoir privilégié, une chimère cohérente et argumentée.

    Plus réservée aux religions

    En tant que telle, la pensée complotiste n’est pas nouvelle. L’antijudaïsme médiéval prenait lui aussi la forme de grands délires complotistes, imaginant par exemple que les juifs buvaient le sang des enfants chrétiens pour préparer la matza , le pain azyme consommé à Pâques (le mot « cabale » est un exemple de cet imaginaire à la fois complotiste et antijuif). Mais la pensée complotiste moderne n’est plus réservée aux religions ; elle est en passe de devenir un des discours centraux de notre espace public. En 2014, NPR révélait que la moitié des Américains croyaient au moins en une théorie complotiste. Plus récemment, il est apparu que 70 % de l’électorat républicain pense que les élections ont été frauduleuses. Le groupe QAnon, qui n’a pas été désavoué par Donald Trump et compte même parmi ses plus fidèles adhérents, diffuse l’idée qu’un culte satanique de pédophiles contrôle le monde. L’annonce finale de la victoire de Joe Biden a été vue par le président et son équipe comme un vaste complot fomenté par les démocrates, les industries pharmaceutiques, la Fondation Clinton et le milliardaire George Soros. Cela aura des incidences graves sur la perception de la légitimité du président élu.

    Le complotisme est en passe de dissoudre l’une des dimensions constitutives de la démocratie, à savoir la tension entre croyances fausses et croyances vraies, entre opinion du peuple et opinion des élites expertes. La liberté d’expression avancée par la doctrine libérale de John Stuart Mill envisageait une telle friction mais considérait avec confiance que la vérité saurait prévaloir. Le pari que les démocraties ont fait sur la liberté d’expression et sur la force de la vérité est désormais remis en question.

    La riposte au complotisme est particulièrement difficile parce que ce dernier s’appuie sur des éléments légitimes de la pensée actuelle et s’engouffre dans les brèches des épistémologies contemporaines. La pandémie due au Covid-19 a montré de façon éclatante que la fragilité de la démocratie commence par son épistémologie.

    Le complotisme contemporain prend la forme du doute critique, remettant en question le pouvoir politique et l’autorité des experts. Douter de l’autorité était l’injonction glorieuse des Lumières, mais celle-ci se voit dévoyée dans les théories qui construisent le monde comme une vaste toile d’intérêts cachés. Dans une lettre à Arnold Ruge écrite en 1843, Marx appelait à « la critique impitoyable de tout ce qui existe, impitoyable en ce sens qu’elle n’a ni peur des résultats auxquels elle aboutit ni de conflit avec les pouvoirs en place ». Douter de toute autorité établie, voir le monde comme une vaste toile d’intérêts cachés est en effet une constante de la pensée complotiste contemporaine, qui ne croit ni aux procédures de comptage de voix, ni aux principes de virologie, ni aux méthodes scientifiques de certification des médicaments ou au réchauffement climatique. La seule vérité est celle de l’intérêt de ceux à qui le savoir profite.

    Comme l’a écrit Luc Boltanski dans une étude remarquable ( Enigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes , Gallimard, 2012), le complotisme s’intensifie avec la naissance de l’Etat moderne et avec l’incertitude qui l’accompagne sur la nature du pouvoir politique : qui au juste nous gouverne est la question posée par le complotisme. Est-ce l’Etat, les compagnies de pétrole, les industries pharmaceutiques, les milliardaires ou bien une coalition secrète entre tous ces acteurs ? Comme le sociologue, le complotiste cherche à révéler la réalité des intérêts cachés et se veut donc être une intelligence critique. « A une réalité de surface, apparente mais sans doute illusoire, bien qu’elle ait un statut officiel, s’oppose une réalité profonde, cachée, menaçante, officieuse, mais bien plus réelle », nous dit Luc Boltanski.

    « Imagination paranoïaque »

    Cette façon critique d’interroger le monde aboutit à ce que l’historien de la littérature John Farrell appelle une « imagination paranoïaque », qui est, selon lui, une des grandes figures de la modernité. Pour Farrell, l’individu moderne perd progressivement de son pouvoir sur son environnement et perçoit le monde comme indifférent ou même hostile à ses besoins, d’où l’émergence du doute systématique. Le résultat, nous dit-il, est qu’il n’est plus possible de trouver une autorité épistémique ou morale.

    C’est d’autant plus le cas qu’un pan entier de la pensée philosophique du XXe siècle a eu pour but de remettre en question la notion de vérité et le bien-fondé – moral et épistémique – de la recherche de la vérité. Des générations entières formées au foucaldisme ont appris que le savoir était une technique de pouvoir et sont devenues des virtuoses de la suspicion – malgré le désaveu de Michel Foucault pour toute méthodologie de la suspicion. Il avait éludé la question de l’intérêt, mais sa philosophie eut pour effet de faire de la science, au sein même de la communauté scientifique, une question de croyance, position intellectuelle qui ne pouvait que légitimer en retour le camp des non-croyants. Cette remise en question du savoir officiel s’est manifestée avec acuité pendant la crise sanitaire qui a exposé le spectacle des désaccords scientifiques, de la fragilité du consensus scientifique et du caractère construit de ses vérités.

    Subjectivation de la vérité

    La critique du pouvoir, de l’autorité experte et de la science s’est adossée à un autre phénomène, lui aussi central à la culture du doute : le subjectivisme ou l’idée que chacun a le droit de définir sa vérité. Porter atteinte à la vision du réel tel que chacun le définit est devenu une atteinte à la personne elle-même. Cette subjectivation de la vérité a été le résultat conjugué du psychologisme, qui octroie à l’individu la légitimité de ses émotions et de ses interprétations du monde, et des valeurs du pluralisme et de la tolérance, apanage des démocraties qui se doivent de respecter les individus et leurs visions du monde, aussi idiosyncratiques soient-elles. Toutes ces perspectives – du doute, de la critique systématique, de la défiance des autorités, du respect de l’intériorité des individus — ont été centrales à la mise en place et au déploiement de la culture démocratique.

    Mais il y a une raison finale, non moins importante, à la montée du complotisme : la démocratie s’est révélée être un régime politique profondément divisé entre sa propre théâtralisation, la mise en scène d’elle-même sous le regard incessant des médias, et une forme cachée, voire souterraine, d’actions politiques faites de compromis, de quid pro quo, d’intérêts financiers, d’ambitions personnelles et de pressions exercées sur l’appareil de l’Etat par des organisations qui veulent rester dans l’ombre.

    Parce que le régime démocratique présuppose l’intérêt général et la transparence, tout écart de ces normes crée une méfiance profonde vis-à-vis du pouvoir. Jamais les représentants des institutions démocratiques n’ont été en crise et n’ont autant souffert du manque de confiance de la part des citoyens dans une grande partie du monde démocratique.

    Par le biais des grands médias, la vie politique est désormais ponctuée par des scandales qui semblent révéler les rouages et machinations sordides du pouvoir : le Watergate a montré que Richard Nixon avait enfreint la Constitution en espionnant le parti rival et en tentant de faire disparaître les preuves de son crime ; le scandale de l’Iran-Contra avait mis au jour le fait que Ronald Reagan vendait en secret des armes à l’Iran de Khomeiny, malgré l’embargo officiel, pour reverser l’argent des ventes à ceux qui combattaient le régime sandiniste au Nicaragua. Les armes de destruction massive au nom desquelles la guerre en Irak avait été engagée se sont avérées inexistantes. Sous les feux de la rampe, la vie politique démocratique s’est révélée dans toute la splendeur de ses mensonges et ses intrigues. Le roman et les films d’espionnage, les séries télévisées à audience internationale comme House of Cards ou Borgen, sont venus s’ajouter à ce nouvel imaginaire, pointant vers une réalité cachée d’un monde politique essentiellement corrompu par l’argent et le pouvoir.

    Image dégradée de la politique

    Le conspirationniste représente une anomie épistémique qui reflète la perception de l’anomie du monde politique. Il se nourrit donc de la dégradation réelle de l’image de la politique et des politiciens, d’un climat intellectuel qui a attaqué sans relâche la notion d’autorité épistémique, et du subjectivisme qui donne à l’individu tout pouvoir de définir sa propre réalité.

    Dans ce sens, le complotisme est un non-savoir – ou une forme organisée d’ignorance qui se veut être plus intelligente que le « système ». C’est la raison pour laquelle certains ont avancé que le complotisme est le fait d’individus aliénés qui ne se sentent pas représentés par les institutions.

    Le complotisme de cette dernière décennie signale une transformation inédite de la démocratie : l’alignement des camps politiques autour des questions du savoir et de l’autorité épistémique. Pendant la crise sanitaire, les camps républicain et démocrate ont été profondément divisés, précisément sur le bien-fondé de l’autorité médicale. Les résultats des élections avaient commencé par donner une victoire à M. Trump mais ont changé quand on a commencé le comptage des voix par courrier, c’est-à-dire les voix de ceux qui ne se sont pas rendus aux urnes parce qu’ils croyaient dans l’autorité des experts sanitaires.
    Historiquement, le complotisme a existé autant à droite qu’à gauche, mais récemment il est devenu essentiellement l’arme idéologique de l’extrême droite. Cela est dû au fait que pour les populistes, les autorités médicales et scientifiques sont désormais des élites tout court, des groupes dont la parole compte autant que la leur. C’est aussi dû aux énormes efforts de la classe industrielle alliée à la droite et de l’extrême droite pour nier le réchauffement climatique, efforts qui ont nécessité le rejet même de la science. Croire ou pas à la science est devenu une question éminemment politique, sans doute celle qui va décider de l’avenir du monde. L’épistémologie est désormais au cœur de notre démocratie et de son avenir.

    Eva Illouz est directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses recherches portent notamment sur la sociologie des émotions et de la culture. Elle a rédigé plusieurs essais, parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme (Seuil, 2006), Pourquoi l’amour fait mal (Seuil, 2012), Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, coécrit avec Edgar Cabanas (Premier Parallèle, 2018), et Les Marchandises émotionnelles (Premier Parallèle, 2019).

    #Lumières #critique #complotisme #démocratie #science #élites

    • On reste pour le moins sur sa faim. Ce texte comporte des éléments mais au regard de ce que l’on trouve de plus fin et éclairant dans le travail habituel de Illouz sur les subjectivités, il y a de quoi être déçu : de dire que la science est affaire de croyance (et pas d’examen) ; d’amalgamer la pensée critique (ici la citation de Marx) au complotisme alors que celle-ci est dans le droit fil de la tradition philosophique, et en particulier de Hegel, lorsqu’elle prétend « dévoiler » des mécanismes sous jacents du « fonctionnement » de la société (les rapports sociaux, la propriété privée) ; d’oser résumer les fafs au nationalisme alors même que les divers mouvements fascistes se sont toujours présentés peu ou prou comme « révolutionnaires » et dénonçaient férocement des élites dont seul un chef digne de nom pourrait venir à bout ; de nous ressortir l’équation parfaitement bourgeoise (politiquement) qui fait de la démocratie une affaire d’"intérêt général" (inexistant, purement idéologique).
      Tout se passe comme si faute d’avoir bricolé une méthode adéquate à son objet (inédit pour elle ?) elle en était réduite à employer des grosses catégories (démocratie, intérêt général). Pas facile de passer d’un terrain (l’intime, les relations, les subjectivités) à un autre.

    • Douter de l’autorité était l’injonction glorieuse des Lumières, mais celle-ci se voit dévoyée dans les théories qui construisent le monde comme une vaste toile d’intérêts cachés.

      Mon précédent commentaire était trop négatif, excusez. Cette tribune d’Illouz contribue à éclairer le renversement contre-révolutionnaire (un de plus) qui fait le complotisme (la sociologie de l’intérêt n’a pas d’intérêt, disait l’autre).

  • Sommes-nous aux portes de la nuit ? | Alain Bertho
    http://www.regards.fr/monde/article/sommes-nous-aux-portes-de-la-nuit

    « Il y a quelque chose qui me sautait aux yeux, mais je n’arrive toujours pas à le voir ». Tels le narrateur de En attendant les barbares de J.M. Cotzee, nous voici retranchés dans une forteresse nationale, menacés par un danger insaisissable. Nous avons du mal à comprendre que la barbarie ne vient pas du dehors mais qu’elle ronge de l’intérieur une société travaillée par la peur. Source : Regards

    • Quand s’écroule un imaginaire politique moderne fait de sens de l’histoire, de confiance dans l’avenir prométhéen de l’humanité et d’espoir de justice et de libération, quand les inégalités explosent, comment s’étonner que la #religion qu’elle soit évangélique, musulmane ou autre, devienne souvent le langage passionnel de la révolte des plus démunis ? Comment s’étonner que triomphent des imaginaires religieux jusque dans les choix politiques ? Le pouvoir de Bolsonaro ou d’Erdogan, l’enracinement durable du Trumpisme en sont des manifestations aussi éclatantes que le pouvoir de nuisance de Daesh.

      Quand l’avenir de l’humanité est en question, que la raison ne maîtrise plus l’histoire, comment s’étonner que fleurissent les complotismes les plus divers, réunis dans la recherche passionnelle du coupable et la peur de l’autre. Aucune culture nationale n’échappe à cette tourmente. Car nul n’a besoin d’être religieux pour être intolérant et/ou complotiste. La France, piégée par ce que Jacob Rogozinski nomme « l’aveuglement des Lumières » , voit son héritage de liberté de pensée être transformé en instrument d’anathème, sa laïcité se muer en intolérance, sa liberté intellectuelle être menacée au nom d’une « liberté d’expression » bien singulière.

      #complotisme