• Complotisme en général et pandémie en particulier | Théorie communiste
    http://blogtc.communisation.net/?p=268

    Le com­plo­tisme ne serait pas un sys­tème de réponses avec ses déter­mi­na­tions sociales propres mais une simple réac­tion jus­ti­fiée néga­ti­ve­ment. Cela ne peut suf­fire, il faut sai­sir la nature de la « réac­tion » posi­ti­ve­ment comme un sys­tème de réponses adé­quat à ce qui le pro­voque.
    Le com­plo­tisme appa­rait alors comme une contes­ta­tion de l’ordre domi­nant, presque comme une lutte de classe. Mais il n’en est rien. De même que l’antisémitisme était le socia­lisme des imbé­ciles, le com­plo­tisme est la lutte des classes des experts en exper­tises qui ne se situent pas n’importe où, ni dans la société, ni dans l’éventail politico-idéologique.
    La « réponse com­plo­tiste » veut exac­te­ment le même monde, le même Etat, mais débar­ras­sés de la « caste » : il se « figure le monde sans elle ». Il s’agit seule­ment de conser­ver tous les élé­ments de cette société en les sous­trayant aux pra­tiques de ces indi­vi­dus « mal­veillants » et « mani­pu­la­teurs » qui les per­ver­tissent et les cor­rompent. Un vrai sala­riat, une vraie édu­ca­tion, une vraie poli­tique de santé, une vraie démo­cra­tie, une vraie infor­ma­tion, une vraie agri­cul­ture, une vraie consom­ma­tion, une vraie éco­no­mie, un vrai Etat.
    Le com­plo­tisme cri­tique tout, en dési­rant que ce qui existe devienne « vrai ». Mais en conce­vant son objet comme « face obs­cure » et détour­ne­ment démo­niaque, cette cri­tique fait de cet objet un simple acci­dent de ce même monde. Elle affirme par là ne sou­hai­ter que la pour­suite du monde tel qu’il est. Le tout de ce qui existe pour­rait être si beau s’il n’était pas mani­pulé, détourné. La classe domi­nante, sa repro­duc­tion, ses pra­tiques, la pour­suite de ses inté­rêts, la pro­duc­tion idéo­lo­gique ne sont plus le pro­duit natu­rel de tous les rap­ports sociaux que le com­plo­tiste veut conser­ver, mais le fait d’une bande de mal­frats cher­chant à nous prendre pour des imbé­ciles. Le com­plo­tiste est un malin et on ne la lui fait pas, il est expert en tout. Il est remar­quable de consta­ter (il y a eu quelques études là-dessus) que le com­plo­tisme affecte en pre­mier lieu une classe moyenne diplô­mée, celle qui aime son « esprit cri­tique », s’en vante et le porte par­tout en ban­dou­lière. Pour ceux qui vivent quo­ti­dien­ne­ment toutes les humi­lia­tions et la misère des rap­ports sociaux capi­ta­listes, les « com­plots » visant à asser­vir notre liberté à nous contrô­ler n’ont guère de sens. Il faut aimer ce monde pour ne pas vou­loir qu’il nous mente.

    #complotisme

    • Pour le com­plo­tiste, répon­dant par là à la pen­sée spon­ta­née, [les organes de l’appareil d’Etat] sont neutres et non, dans leur exis­tence même et leur forme, ceux d’une dic­ta­ture de classe. En consé­quence, s’ils ne fonc­tionnent pas « comme ils devraient », comme un « ser­vice public », comme un « bien com­mun », c’est qu’ils sont pré­emp­tés, détour­nés et per­ver­tis par une clique, une caste. Le com­plo­tiste est le citoyen idéal.

      Repo­sant sur cette concep­tion « natu­relle » de l’Etat, le com­plo­tisme n’est pas la « psy­cho­pa­tho­lo­gie de quelques éga­rés », il est le « symp­tôme néces­saire de la dépos­ses­sion poli­tique » et de la « confis­ca­tion du débat public ». Il répond à la « mono­po­li­sa­tion de la parole légi­time » par les « repré­sen­tants » assis­tés des « experts », toute cri­tique devient une aber­ra­tion men­tale immé­dia­te­ment dis­qua­li­fiée comme « com­plo­tiste ». Il est vrai que si le com­plo­tisme est devenu le nou­vel indice du cré­tin, c’est qu’il est le nou­veau lieu com­mun de la bêtise jour­na­lis­tique et de nom­breux phi­lo­sophes et socio­logues qui se gardent tout de même d’épingler un pré­sident de la Répu­blique sou­te­nant que les Gilets Jaunes sont le résul­tat d’une manœuvre mos­co­vite (Le Point février 2019).

    • Hebdo #97 : crise sanitaire, démocratie et « complotisme » – il y a déjà bien assez à faire avec le réel

      Les « conspirationnismes » – sans amalgamer doutes légitimes et affabulations organisées – méritent mieux que des disqualifications moralisatrices. Ils doivent être étudiés à la racine des crises sanitaire et politique qu’ils révèlent, et c’est là le regard que posent nos contributeurs sur ces dévoiements dogmatiques de l’esprit critique, mais aussi sur le risque de dépolitisation massive qu’ils représentent. Capitalisme planétaire insatiable, mensonges d’État : nul besoin de grands complots pour avoir du pain sur la planche.

      https://blogs.mediapart.fr/edition/lhebdo-du-club/article/210121/hebdo-97-crise-sanitaire-democratie-et-complotisme-il-y-deja-bien-as

    • En discutant avec des tennants du complotisme j’ai remarqué qu’ils croient tous en un principe du bien et du mal absolu qui se combattent et sont théistes. Je parle au masculin car j’ai pas rencontré ni discuté avec des femmes complotistes jusqu’ici.

    • Dans ma famille très proche, et depuis quasiment le tout début de la crise, femme comme la plupart des membres de son réseau, du moins ce que j’en perçois. Pas vraiment théiste à ce que je sache. Pas du tout gênées par les personnalités des promoteurs phares du réseau francophone.

      Surtout, ce qui me frappe, c’est le nombre de gens, des deux sexes, qui posent, naïvement ou pseudo-naïvement, les « bonnes questions » dont les « mauvaises réponses » font basculer du côté obscur. Et souvent, lesdites questions s’enchainent autour du schéma obscur.Pour sonder ou, peut-être, ne pas se dévoiler.

  • Les fous et les sages – réflexions sur la fin de la présidence Trump, Jacques Rancière
    https://aoc.media/opinion/2021/01/13/les-fous-et-les-sages-reflexions-sur-la-fin-de-la-presidence-trump

    Après l’assaut du Capitole, on peut s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les voient comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

    Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ?

    Certains voudraient encore s’accrocher à la vieille planche de salut : ceux qui ne veulent pas reconnaître les faits seraient des ignorants mal informés ou des esprits crédules trompés par des fake news. C’est l’idylle classique d’un bon peuple qui se laisse prendre par simplicité d’esprit et auquel il faudrait seulement apprendre à s’informer sur les faits et à les juger avec un esprit critique. Mais comment croire encore à cette fable de la naïveté populaire quand on vit dans un monde où les moyens d’information, les moyens de vérifier l’information et les commentaires qui « décryptent » toute information abondent et surabondent à la disposition de tous ?

    Il faut bien alors renverser l’argument : si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Et l’intelligence, c’est bien connu, consiste à se méfier des faits et à se demander à quoi sert cette énorme masse d’information déversée sur nous chaque jour. À quoi la réponse se propose tout naturellement que c’est bien évidemment pour tromper le monde, car ce qui s’étale à la vue de tous est généralement là pour couvrir la vérité, qu’il faut savoir découvrir cachée sous l’apparence fallacieuse des faits donnés.

    La force de cette réponse est de satisfaire en même temps les plus fanatiques et les plus sceptiques. Un des traits remarquables de la nouvelle extrême droite, c’est la place qu’y tiennent les théories conspirationnistes et négationnistes. Celles-ci présentent des aspects délirants, comme la théorie du grand complot international des pédophiles. Mais ce délire n’est en dernier ressort que la forme extrême d’un type de rationalité qui est généralement valorisé dans nos sociétés : celui qui commande de voir en tout fait particulier la conséquence d’un ordre global et de le replacer dans l’enchaînement d’ensemble qui l’explique et qui le montre au final bien différent de ce qu’il semblait être d’abord.

    La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme ». Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

    On sait que ce principe d’explication de tout fait par l’ensemble de ses connexions se lit aussi à l’envers : il est toujours possible de nier un fait en invoquant l’absence d’un lien dans la chaîne des conditions qui le rendent possible. C’est ainsi, on le sait, que des intellectuels marxistes radicaux ont nié l’existence des chambres à gaz nazies parce qu’il était impossible de déduire leur nécessité de la logique d’ensemble du système capitaliste. Et aujourd’hui encore des intellectuels subtils ont vu dans le coronavirus une fable inventée par nos gouvernements pour mieux nous contrôler.

    Les théories complotistes et négationnistes relèvent d’une logique qui n’est pas réservée aux esprits simples et aux cerveaux malades. Leurs formes extrêmes témoignent de la part de déraison et de superstition présente au cœur de la forme de rationalité dominante dans nos sociétés et dans les modes de pensée qui en interprètent le fonctionnement. La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme » mis en cause par les graves esprits qui s’imaginent être les gardiens de l’universalité rationnelle. Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

    On dira qu’il ne suffit pas d’avoir les armes intellectuelles qui permettent de tout nier. Il faut encore le vouloir. C’est tout à fait juste. Mais il faut bien voir en quoi consiste cette volonté ou plutôt cet affect qui porte à croire ou à ne pas croire.

    Il est peu probable que les soixante-quinze millions d’électeurs qui ont apporté leur suffrage à Trump soient autant de cerveaux faibles convaincus par ses discours et par les fausses informations qu’ils véhiculent. Ils ne croient pas au sens où ils tiendraient pour vrai ce qu’il dit. Ils croient au sens où ils sont heureux d’entendre ce qu’ils entendent : un plaisir qui peut, tous les quatre ou cinq ans, s’exprimer par un bulletin de vote, mais qui s’exprime bien plus simplement tous les jours par un simple like. Et ceux qui colportent les fausses informations ne sont ni des naïfs qui les imaginent vraies ni des cyniques qui les savent fausses. Ce sont simplement des gens qui ont envie que ce soit comme ça, envie de voir, de penser, de sentir et de vivre dans la communauté sensible que tissent ces paroles.

    Comment penser cette communauté et cette envie ? C’est là que guette une autre notion produite par la paresse satisfaite, celle de populisme. Celle-ci n’invoque plus un peuple bon et naïf, mais, à l’inverse, un peuple frustré et envieux, prêt à suivre celui qui sait incarner ses rancœurs et en désigner la cause.

    Trump, nous dit-on volontiers, est le représentant de tous les petits Blancs en détresse et en colère : les laissés-pour-compte des transformation économiques et sociétales, qui ont perdu leur emploi avec la désindustrialisation et leurs repères identitaires avec les nouvelles formes de vie et de culture, ceux qui se sentent abandonnés par les élites politiques lointaines et méprisés par les élites diplômées. La chanson n’est pas nouvelle : c’est déjà ainsi que le chômage servait dans les années 1930 d’explication au nazisme et ressert indéfiniment pour expliquer toute poussée de l’extrême droite dans nos pays. Mais comment croire sérieusement que les soixante-quinze millions d’électeurs de Trump répondent à ce profil de victimes de la crise, du chômage et du déclassement ? Il faut alors renoncer à la seconde planche de salut du confort intellectuel, la seconde figure du peuple traditionnellement chargée du rôle de l’acteur irrationnel : ce peuple frustré et brutal qui fait pendant au peuple bon et naïf.

    Il faut, plus profondément, mettre en question cette forme de rationalité pseudo-savante qui s’attache à faire des formes d’expression politiques du sujet-peuple des traits appartenant à telle ou telle couche sociale en ascension ou en déclin. Le peuple politique n’est pas l’expression d’un peuple sociologique qui lui préexisterait. Il est une création spécifique : le produit d’un certain nombre d’institutions, de procédures, de formes d’action, mais aussi de mots, de phrases, d’images et de représentations qui n’expriment pas les sentiments du peuple mais créent un certain peuple, en lui créant un régime spécifique d’affects.

    La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité.

    Le peuple de Trump n’est pas l’expression de couches sociales en difficulté et à la recherche d’un protecteur. C’est d’abord le peuple produit par une institution spécifique où beaucoup s’entêtent à voir l’expression suprême de la démocratie : celle qui établit un rapport immédiat et réciproque entre un individu censé incarner le pouvoir de tous et un collectif d’individus censé se reconnaître en lui. C’est ensuite le peuple construit par une forme particulière d’adresse, cette adresse personnalisée permise par les technologies nouvelles de la communication, où le leader parle tous les jours à chacun et à tous, à la fois comme homme public et comme homme privé, utilisant les mêmes formes de communication qui permettent à chacun et à tous de dire quotidiennement ce qu’ils ont dans la tête ou sur le cœur.

    C’est enfin le peuple construit par le système spécifique d’affects que Donald Trump a entretenu à travers ce système de communication : un système d’affects qui n’est destiné à aucune classe particulière et qui ne joue pas sur la frustration mais au contraire sur la satisfaction de sa condition, non pas sur le sentiment de l’inégalité à réparer mais sur celui du privilège à maintenir contre tous ceux qui voudraient y attenter.

    La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité, celle qui permet également aux riches et aux pauvres de se trouver une multitude d’inférieurs sur lesquels ils doivent à tout prix conserver leur supériorité. Il y a en effet toujours une supériorité à laquelle on peut participer : supériorité des hommes sur les femmes, des femmes blanches sur les femmes de couleur, des travailleurs sur les chômeurs, de ceux qui travaillent dans les métiers d’avenir sur les autres, de ceux qui ont une bonne assurance sur ceux qui dépendent de la solidarité publique, des autochtones sur les migrants, des nationaux sur les étrangers et des citoyens de la nation-mère de la démocratie sur le reste de l’humanité.

    La coprésence, dans le Capitole occupé par les nervis trumpistes, du drapeau des treize États fondateurs et du drapeau du Sud esclavagiste illustre assez bien ce singulier montage qui fait de l’égalité une preuve suprême d’inégalité et de la pursuit of happiness un affect haineux. Mais, pas plus qu’à une couche sociale particulière, cette identification du pouvoir de tous à la collection innombrable des supériorités et des haines n’est assimilable à l’ethos d’une nation particulière. Nous savons le rôle qu’a tenu ici l’opposition entre la France travailleuse et la France assistée, entre ceux qui vont de l’avant et ceux qui restent crispés sur les systèmes de protection sociale archaïques, ou entre les citoyens du pays des Lumières et des droits de l’homme et les populations arriérées et fanatiques qui menacent son intégrité. Et nous pouvons voir tous les jours sur Internet la haine de toute forme d’égalité ressassée jusqu’à plus soif par les commentaires des lecteurs de journaux.

    De même que l’entêtement à nier n’est pas la marque des esprits arriérés mais une variante de la rationalité dominante, la culture de la haine n’est pas le fait de couches sociales déshéritées mais un produit du fonctionnement de nos institutions. Elle est une manière de faire-peuple, une manière de créer un peuple qui appartient à la logique inégalitaire. Il y a près de deux cent ans que le penseur de l’émancipation intellectuelle, Joseph Jacotot, avait montré la façon dont la déraison inégalitaire faisait tourner une société où tout inférieur était à même de se trouver un inférieur et de jouir de sa supériorité sur lui. Il y a seulement un quart de siècle, j’avais, pour mon compte, suggéré que l’identification de la démocratie au consensus produisait, à la place du peuple déclaré archaïque de la division sociale, un peuple bien plus archaïque fondé sur les seuls affects de la haine et de l’exclusion.

    Plutôt qu’au confort de l’indignation ou de la dérision, les événements qui ont marqué la fin de la présidence de Donald Trump devraient nous inciter à un examen un peu plus approfondi des formes de pensée que nous appelons rationnelles et des formes de communauté que nous appelons démocratiques.

    #Capitole #Trump #peuple #complotisme #égalité #passion_de_l'inégalité

  • Qu’est-ce que « Bas les masques », ce nouveau média qui entend fournir une « information déconfinée » ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/12/18/qu-est-ce-que-bas-les-masques-ce-nouveau-media-qui-entend-fournir-une-inf

    Le site se présente comme un « média indépendant pour une information libre et objective sur la crise sanitaire ». Il mise sur des figures connues des « rassuristes », comme Laurent Toubiana ou Jean-François Toussaint. En coulisses, on retrouve Stéphane Simon, qui a lancé « Polony TV », « Goldnadel TV » ou encore le média « Front populaire » de Michel Onfray.

    « Dans un contexte très particulier, en plein deuxième confinement, il est devenu urgent de proposer un autre regard sur l’actualité. » Voilà l’ambition de « Bas les masques », site né fin novembre 2020 (et qui n’a rien à voir avec le collectif du même nom crée par des soignants en mars 2020). Le nouveau média se présente comme « indépendant » et entend proposer « une information libre et objective sur la crise sanitaire que nous traversons ». Comme FranceSoir, « Bas les masques » vise un public sceptique quant à la gravité de l’épidémie, et/ou critique vis-à-vis de la gestion de cette dernière par les autorités.

    #covi-19 #intox #complotisme

  • Opinion | When the World Seems Like One Big Conspiracy - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/11/20/opinion/sunday/global-cabal-conspiracy-theories.html

    Understanding the structure of global cabal theories can shed light on their allure — and their inherent falsehood.

    Conspiracy theories come in all shapes and sizes, but perhaps the most common form is the global cabal theory. A recent survey of 26,000 people in 25 countries asked respondents whether they believe there is “a single group of people who secretly control events and rule the world together.

    Thirty-seven percent of Americans replied that this is “definitely or probably true.” So did 45 percent of Italians, 55 percent of Spaniards and 78 percent of Nigerians.

    Conspiracy theories, of course, weren’t invented by QAnon; they’ve been around for thousands of years. Some of them have even had a huge impact on history. Take Nazism, for example. We normally don’t think about Nazism as a conspiracy theory. Since it managed to take over an entire country and launch World War II, we usually consider Nazism an “ideology,” albeit an evil one.

    But at its heart, Nazism was a global cabal theory based on this anti-Semitic lie: “A cabal of Jewish financiers secretly dominates the world and are plotting to destroy the Aryan race. They engineered the Bolshevik Revolution, run Western democracies, and control the media and the banks. Only Hitler has managed to see through all their nefarious tricks — and only he can stop them and save humanity.

    Understanding the common structure of such global cabal theories can explain both their attractiveness — and their inherent falsehood.

    The Structure
    Global cabal theories argue that underneath the myriad events we see on the surface of the world lurks a single sinister group. The identity of this group may change: Some believe the world is secretly ruled by Freemasons, witches or Satanists; others think it’s aliens, reptilian lizard people or sundry other cliques.

    But the basic structure remains the same: The group controls almost everything that happens, while simultaneously concealing this control.

    Global cabal theories take particular delight in uniting opposites. Thus the Nazi conspiracy theory said that on the surface, communism and capitalism look like irreconcilable enemies, right? Wrong! That’s exactly what the Jewish cabal wants you to think! And you might think that the Bush family and the Clinton family are sworn rivals, but they’re just putting on a show — behind closed doors, they all go to the same Tupperware parties.

    From these premises, a working theory of the world emerges. Events in the news are a cunningly designed smoke screen aimed at deceiving us, and the famous leaders that distract our attention are mere puppets in the hands of the real rulers.

    The Lure
    Global cabal theories are able to attract large followings in part because they offer a single, straightforward explanation to countless complicated processes. Our lives are repeatedly rocked by wars, revolutions, crises and pandemics. But if I believe some kind of global cabal theory, I enjoy the comforting feeling that I do understand everything.

    The war in Syria? I don’t need to study Middle Eastern history to comprehend what’s happening there. It’s part of the big conspiracy. The development of 5G technology? I don’t need to do any research on the physics of radio waves. It’s the conspiracy. The Covid-19 pandemic? It has nothing to do with ecosystems, bats and viruses. It’s obviously part of the conspiracy.

    The skeleton key of global cabal theory unlocks all the world’s mysteries and offers me entree into an exclusive circle — the group of people who understand. It makes me smarter and wiser than the average person and even elevates me above the intellectual elite and the ruling class: professors, journalists, politicians. I see what they overlook — or what they try to conceal.

    The Flaw
    Global cabal theories suffer from the same basic flaw: They assume that history is very simple. The key premise of global cabal theories is that it is relatively easy to manipulate the world. A small group of people can understand, predict and control everything, from wars to technological revolutions to pandemics.

    Particularly remarkable is this group’s ability to see 10 moves ahead on the global board game. When they release a virus somewhere, they can predict not only how it will spread through the world, but also how it will affect the global economy a year later. When they unleash a political revolution, they can control its course. When they start a war, they know how it will end.

    But of course, the world is much more complicated. Consider the American invasion of Iraq, for example. In 2003, the world’s sole superpower invaded a medium-size Middle Eastern country, claiming it wanted to eliminate the country’s weapons of mass destruction and end Saddam Hussein’s regime. Some suspected that it also wouldn’t have minded the chance to gain hegemony over the region and dominate the vital Iraqi oil fields. In pursuit of its goals, the United States deployed the best army in the world and spent trillions of dollars.

    Fast forward a few years, and what were the results of this tremendous effort? A complete debacle. There were no weapons of mass destruction, and the country was plunged into chaos. The big winner of the war was actually Iran, which became the dominant power in the region.

    So should we conclude that George W. Bush and Donald Rumsfeld were actually undercover Iranian moles, executing a devilishly clever Iranian plot? Not at all. Instead, the conclusion is that it is incredibly difficult to predict and control human affairs.

    You don’t need to invade a Middle Eastern country to learn this lesson. Whether you’ve served on a school board or local council, or merely tried to organize a surprise birthday party for your mom, you probably know how difficult it is to control humans. You make a plan, and it backfires. You try to keep something a secret, and the next day everybody is talking about it. You conspire with a trusted friend, and at the crucial moment he stabs you in the back.

    Global cabal theories ask us to believe that while it is very difficult to predict and control the actions of 1,000 or even 100 humans, it is surprisingly easy to puppet master nearly eight billion.

    The Reality
    There are, of course, many real conspiracies in the world. Individuals, corporations, organizations, churches, factions and governments are constantly hatching and pursuing various plots. But that is precisely what makes it so hard to predict and control the world in its entirety.

    In the 1930s, the Soviet Union really was conspiring to ignite communist revolutions throughout the world; capitalist banks were employing all kinds of dodgy strategies; the Roosevelt administration was planning to re-engineer American society in the New Deal; and the Zionist movement pursued its plan to establish a homeland in Palestine. But these and countless other plans often collided, and there wasn’t a single group of people running the whole show.

    Today, too, you are probably the target of many conspiracies. Your co-workers may be plotting to turn the boss against you. A big pharmaceutical corporation may be bribing your doctor to give you harmful opioids. Another big corporation may be pressuring politicians to block environmental regulations and allow it to pollute the air you breathe. Some tech giant may be busy hacking your private data. A political party may be gerrymandering election districts in your state. A foreign government may be trying to foment extremism in your country. These could all be real conspiracies, but they are not part of a single global plot.
    Sometimes a corporation, a political party or a dictatorship does manage to gather a significant part of all the world’s power into its hands. But when such a thing happens, it’s almost impossible to keep it hush-hush. With great power comes great publicity.

    Indeed, in many cases great publicity is a prerequisite for gaining great power. Lenin, for example, would never have won power in Russia by avoiding the public gaze. And Stalin at first was much fonder of scheming behind closed doors, but by the time he monopolized power in the Soviet Union, his portrait was hanging in every office, school and home from the Baltic to the Pacific. Stalin’s power depended on this personality cult. The idea that Lenin and Stalin were just a front for the real behind-the-scenes rulers contradicts all historical evidence.

    Realizing that no single cabal can secretly control the entire world is not just accurate — it is also empowering. It means that you can identify the competing factions in our world, and ally yourself with some groups against others. That’s what real politics is all about.

    Yuval Noah Harari is a historian and the author of “Sapiens: A Graphic History.

  • To exhausted healthcare workers like me, Covid conspiracies are a kick in the teeth | NHS | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/jan/01/healthcare-workers-covid-conspiracies-coronavirus-deniers
    https://i.guim.co.uk/img/media/296b142d97e072dc5216306f839ec04b3e74ec7e/0_10_3500_2101/master/3500.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    We are nearly a year into the pandemic, yet widespread denial of the pathogen and the crisis still persists. The hard objective truths are undeniable: millions infected globally, hundreds of thousands dead and a lightning-quick scientific breakthrough with vaccines now beginning to be rolled out around the world.

    For most healthcare workers, life is split into two: the outward reality we share with our family and friends (the Instagram fodder of home-cooked meals and time with loved ones), and the peculiar and often traumatic inner world of working in healthcare, where supposedly once-in-a-lifetime events such as births, deaths and life-changing illness occur daily.

    Right now, this second world feels darker, more chaotic and uncertain. Covid is ripping through hospitals at an unprecedented rate, while an exhausted workforce, already running on fumes not from “just another winter surge”, but due to a second wave of Covid cases worse than the first, attempts to battle it. For us, the objective truth is undeniable: patients are desperately sick. Patients who often decline quickly and suddenly, needing intensive care, ventilation and specialist support.

    And yet in the outer world, our social media and even newspapers amplify a different “truth”. That there is no major emergency, that it’s misdiagnosis or global hysteria, which every major country, and their established academic and medical bodies, has inexplicably and simultaneously fallen prey to. Perhaps it was too much to ask that the brief period of trusting and listening to experts during the early days of the first spike might last through the winter.

    These two worlds are difficult for healthcare workers to reconcile.

    Perhaps most confusingly: “It’s just like every winter for the NHS.” Firstly, winter in this country for the health service is no garden of delights. It is an ever-worsening pandemonium resulting from an underfunded, understaffed and under-resourced health service grinding on, fuelled by the goodwill of its workers. That being said, now that we face a virus that can cause such rapid deterioration on top of our annual cataclysm, and can so utterly overwhelm intensive care departments, we are indeed facing an altogether worse proposition. On Wednesday alone, 981 people died of Covid.

    The virus has returned in full and terrifying force. But public goodwill seems not to have done so to the same degree as in spring. The attacks from Covid deniers are a kick in the teeth. Their claims cause outrage among staff exhausted by shifts, only to have their lived experience, their sacrifice and their suffering, and the suffering of the patients in front of them, denied.

    #Covid-19 #Santé_publique #Personnel_santé #Complotisme

  • ComploTziTzimitl, Fistaille made in Toylettes hors série, 2019
    https://www.youtube.com/watch?v=d7haNVX1sxI

    Le doute, ouais, c’est bien. Savoir s’en servir c’est mieux
    Parfois on l’voit venir de loin, et, parfois, ça pique les yeux
    y’en a toujours qui tiquent et rarement moins qui le crient, mais,
    C’est pas toujours les plus critiques qui te parlent de son esprit

    Et t’as tout dans l’internet, quoi qu’on veuille nous cacher
    pour peu qu’on force l’intérêt et qu’on laisse l’oeil chercher
    on s’en sort abasourdit mais on a compris l’essentiel :
    la vérité, ça se dit sur du Clint Mansell

    n’est-ce pas ? Et l’assommage laisse a voir
    que parfois, finalement, croire, c’est moins chronophage que savoir
    Jolie, merveilleuse, ouais, soit. Mais pas seulement ;
    La théorie d’la terre creuse, est plate, et inversement

    c’est parfois tellement ridicule dans les délires lunaires
    que ça ferait passer de vraies magouilles pour des égarements similaires.
    Mais gare aux simulacres, à ce qu’il y a derrière, et qui te l’amène
    gare aux écarts, ainsi, de l’art de discerner le vrai de la merde

    ça complote, ça pense à tout
    quand ils se passe des choses, on sait ce qui se cache dessous.
    Complot. Complots partout.
    Qu’importe la question qu’on se pose, de toute façon, c’est la réponse à tout

    ça te dit qu’tu fais pas ce que tu veux. Que c’est peut-être même pas toi qui agit
    qu’en fait, t’es manipulé. Que c’est pas toi qui contrôle tes beuj’
    te dit que ça va t’ouvrir les yeux sans faire dans l’idéologie
    Mais quand faut citer des banquiers, bon, ça choisit que des feujes mais

    ça te place au dessus des moutons. Parce que, le mouton, il sait pas
    et se savoir au dessus de ces cons, c’est bon pour l’estime de soi
    et puis ça te confère une mission : leur amener la lumière
    comme voulaient le faire, il y a quelques temps, les illuminés de Bavière

    entre Dyson a clique et site clairement militants
    ça graille sans mastiquer puis ça se gerbe entre les dents
    ça fait peur si c’est ça « douter ». Entre 2 pages de pubs
    les chercheurs de vérité se font promoteurs de certitudes
    [...]

    Les juifs, illuminatis, les chemtrails ou les hommes crabes
    on se kiffe à s’imaginer de bonnes scènes et de bonnes fables
    on nique la vérité, de la culpabilité se défausse
    si tout n’est que fruit de la volonté de types qui bouffent des gosses

    Et qui s’éclairent à la bougie sur la face caché de la lune
    et que si tu osais bouger c’est qu’en fait ils l’auraient voulu
    mais au fond tu sais que toutes ces conneries ne servent qu’a te masquer
    le fait que ton véritable ennemie, en fait, il ne s’est jamais planqué

    que tu nages en pleine apathie, t’y conforte, et perdure
    et ouais, pourquoi jouer la partie si elle est déjà perdu ?
    Faut croire que parfois ça arrange de croire qu’on ne pourrait
    de toute façon, rien pour que ça change et ce, même si on le voulait

    et puis, dans le fond, c’est rassurant de croire que quelqu’un tient les rennes
    que c’est juste parce qu’il est méchant qu’il nous envoi dans le mur
    qu’on y est pour rien, finalement. Que ce n’est qu’une volonté malsaine
    et que c’est pas ce vers quoi on tend, nous. Mais est-ce qu’on en est sûr ?
    [..]

    dans le cadre d’une collab’ avec TziTzimitl de la chaîne Esprit Critique, chaîne que tu dois absolument aller voir !!!
    La vidéo est là :

    Complotisme VS complots feat. H-Tône - #TraitdEsprit 6
    https://www.youtube.com/watch?v=W-dObaJss10

    #pédagogie contre feu, avec du « Gramski » dedans :)

    #complotisme #sceptiques #scepticisme #flow #rap

  • Let’s put the straw man of pandemic denial out of his misery - STAT
    https://www.statnews.com/2020/12/23/put-straw-man-pandemic-denial-out-of-its-misery

    The obsession with denialism isn’t just inaccurate. It’s corrosive for at least three reasons. First, it needlessly alienates the interested public with false accusations. Second, by conflating reasonable dissent with unreasonable misinformation, it stifles debate, even about issues that genuinely warrant discussion . Third, the myth of denial deflects blame from the policy failures of politicians, who use it to claim they’ve done all they could, leaving only the denialists (and cheesecake eaters) to blame.

    #complotisme #délétère #idiots_utiles

  • Mes parents, ces complotistes
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/mes-parents-ces-complotistes

    Leurs parents sont #complotistes. Camille et Emma ne le sont pas ou, libérés de leur emprise, ne le sont plus. Ils témoignent des mécanismes qui les ont éloigné de leurs parents et de dialogues presque impossibles avec, au centre, le coronavirus qui a mis en lumière un certain nombre de théories.

    #extrême_droite #famille

  • « Croire à la science ou pas est devenu une question éminemment politique, sans doute celle qui va décider de l’avenir du monde » - Eva Illouz
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/10/eva-illouz-croire-a-la-science-ou-pas-est-devenu-une-question-eminemment-pol

    La sociologue Eva Illouz retrace l’histoire du complotisme et analyse les causes profondes de l’importance qu’il a prise cette dernière décennie, jusqu’à remettre en question « le pari que les démocraties ont fait sur la liberté d’expression et sur la force de la vérité ».

    Tribune. Un habitant de l’Etat du Montana récemment interviewé par National Public Radio (NPR), réseau américain de radiodiffusion de service public, s’exprimait ainsi : « Ce sont des mensonges. Il y a beaucoup de preuves que la “pandémie” due au coronavirus est liée à la Chine communiste. Ils sont en train d’essayer d’imposer le marxisme communiste dans notre pays. »

    Dans ces quelques phrases se trouvent résumées presque toutes les caractéristiques de la pensée complotiste : déni de la réalité telle qu’elle est établie par le consensus scientifique ou politique ; perception de la présence malfaisante d’une entité étrangère au sein du pays (ici, la Chine) ; affirmation que cette entité manipule la réalité, répand des mensonges et a pour but ultime le contrôle de la nation ; conviction que cette entité est d’autant plus puissante qu’elle est secrète et invisible.

    Chimère cohérente et argumentée

    La théorie du complot a donc ici une vocation justicière : elle se propose de dénoncer les manipulations et les mensonges proférés par des autorités (sanitaires, médiatiques, économiques, politiques) et de dévoiler une réalité cachée, celle du vrai pouvoir. Ce récit vise à mettre au jour le pouvoir mondial d’un groupe (les juifs ; la finance internationale) ou d’une personne (les Clinton ; George Soros ; Bill Gates) qui menace la nation ou le peuple : le complotisme se veut donc un contre-pouvoir. Dans ce sens, il a une affinité à la fois avec l’extrême gauche, qui dénonce le pouvoir insidieux des élites, et l’extrême droite, qui défend la nation assiégée.

    Même si le complotisme est une forme de pensée magique ou d’hallucination collective, il ne ressort pas du mensonge : il est au contraire une parole de conviction et relève de l’ignorance. L’historien des sciences Robert Proctor et le linguiste Iain Boal ont proposé, sous le nom d’« agnotologie », d’étudier l’ignorance comme fait social. Le complotisme en fait partie, mais avec une nuance importante. Si l’ignorance se définit par l’absence d’un savoir (par exemple 62 % d’Américains interrogés ne pouvaient pas nommer les trois branches du gouvernement de leur pays), le complotisme se présente au contraire comme un savoir privilégié, une chimère cohérente et argumentée.

    Plus réservée aux religions

    En tant que telle, la pensée complotiste n’est pas nouvelle. L’antijudaïsme médiéval prenait lui aussi la forme de grands délires complotistes, imaginant par exemple que les juifs buvaient le sang des enfants chrétiens pour préparer la matza , le pain azyme consommé à Pâques (le mot « cabale » est un exemple de cet imaginaire à la fois complotiste et antijuif). Mais la pensée complotiste moderne n’est plus réservée aux religions ; elle est en passe de devenir un des discours centraux de notre espace public. En 2014, NPR révélait que la moitié des Américains croyaient au moins en une théorie complotiste. Plus récemment, il est apparu que 70 % de l’électorat républicain pense que les élections ont été frauduleuses. Le groupe QAnon, qui n’a pas été désavoué par Donald Trump et compte même parmi ses plus fidèles adhérents, diffuse l’idée qu’un culte satanique de pédophiles contrôle le monde. L’annonce finale de la victoire de Joe Biden a été vue par le président et son équipe comme un vaste complot fomenté par les démocrates, les industries pharmaceutiques, la Fondation Clinton et le milliardaire George Soros. Cela aura des incidences graves sur la perception de la légitimité du président élu.

    Le complotisme est en passe de dissoudre l’une des dimensions constitutives de la démocratie, à savoir la tension entre croyances fausses et croyances vraies, entre opinion du peuple et opinion des élites expertes. La liberté d’expression avancée par la doctrine libérale de John Stuart Mill envisageait une telle friction mais considérait avec confiance que la vérité saurait prévaloir. Le pari que les démocraties ont fait sur la liberté d’expression et sur la force de la vérité est désormais remis en question.

    La riposte au complotisme est particulièrement difficile parce que ce dernier s’appuie sur des éléments légitimes de la pensée actuelle et s’engouffre dans les brèches des épistémologies contemporaines. La pandémie due au Covid-19 a montré de façon éclatante que la fragilité de la démocratie commence par son épistémologie.

    Le complotisme contemporain prend la forme du doute critique, remettant en question le pouvoir politique et l’autorité des experts. Douter de l’autorité était l’injonction glorieuse des Lumières, mais celle-ci se voit dévoyée dans les théories qui construisent le monde comme une vaste toile d’intérêts cachés. Dans une lettre à Arnold Ruge écrite en 1843, Marx appelait à « la critique impitoyable de tout ce qui existe, impitoyable en ce sens qu’elle n’a ni peur des résultats auxquels elle aboutit ni de conflit avec les pouvoirs en place ». Douter de toute autorité établie, voir le monde comme une vaste toile d’intérêts cachés est en effet une constante de la pensée complotiste contemporaine, qui ne croit ni aux procédures de comptage de voix, ni aux principes de virologie, ni aux méthodes scientifiques de certification des médicaments ou au réchauffement climatique. La seule vérité est celle de l’intérêt de ceux à qui le savoir profite.

    Comme l’a écrit Luc Boltanski dans une étude remarquable ( Enigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes , Gallimard, 2012), le complotisme s’intensifie avec la naissance de l’Etat moderne et avec l’incertitude qui l’accompagne sur la nature du pouvoir politique : qui au juste nous gouverne est la question posée par le complotisme. Est-ce l’Etat, les compagnies de pétrole, les industries pharmaceutiques, les milliardaires ou bien une coalition secrète entre tous ces acteurs ? Comme le sociologue, le complotiste cherche à révéler la réalité des intérêts cachés et se veut donc être une intelligence critique. « A une réalité de surface, apparente mais sans doute illusoire, bien qu’elle ait un statut officiel, s’oppose une réalité profonde, cachée, menaçante, officieuse, mais bien plus réelle », nous dit Luc Boltanski.

    « Imagination paranoïaque »

    Cette façon critique d’interroger le monde aboutit à ce que l’historien de la littérature John Farrell appelle une « imagination paranoïaque », qui est, selon lui, une des grandes figures de la modernité. Pour Farrell, l’individu moderne perd progressivement de son pouvoir sur son environnement et perçoit le monde comme indifférent ou même hostile à ses besoins, d’où l’émergence du doute systématique. Le résultat, nous dit-il, est qu’il n’est plus possible de trouver une autorité épistémique ou morale.

    C’est d’autant plus le cas qu’un pan entier de la pensée philosophique du XXe siècle a eu pour but de remettre en question la notion de vérité et le bien-fondé – moral et épistémique – de la recherche de la vérité. Des générations entières formées au foucaldisme ont appris que le savoir était une technique de pouvoir et sont devenues des virtuoses de la suspicion – malgré le désaveu de Michel Foucault pour toute méthodologie de la suspicion. Il avait éludé la question de l’intérêt, mais sa philosophie eut pour effet de faire de la science, au sein même de la communauté scientifique, une question de croyance, position intellectuelle qui ne pouvait que légitimer en retour le camp des non-croyants. Cette remise en question du savoir officiel s’est manifestée avec acuité pendant la crise sanitaire qui a exposé le spectacle des désaccords scientifiques, de la fragilité du consensus scientifique et du caractère construit de ses vérités.

    Subjectivation de la vérité

    La critique du pouvoir, de l’autorité experte et de la science s’est adossée à un autre phénomène, lui aussi central à la culture du doute : le subjectivisme ou l’idée que chacun a le droit de définir sa vérité. Porter atteinte à la vision du réel tel que chacun le définit est devenu une atteinte à la personne elle-même. Cette subjectivation de la vérité a été le résultat conjugué du psychologisme, qui octroie à l’individu la légitimité de ses émotions et de ses interprétations du monde, et des valeurs du pluralisme et de la tolérance, apanage des démocraties qui se doivent de respecter les individus et leurs visions du monde, aussi idiosyncratiques soient-elles. Toutes ces perspectives – du doute, de la critique systématique, de la défiance des autorités, du respect de l’intériorité des individus — ont été centrales à la mise en place et au déploiement de la culture démocratique.

    Mais il y a une raison finale, non moins importante, à la montée du complotisme : la démocratie s’est révélée être un régime politique profondément divisé entre sa propre théâtralisation, la mise en scène d’elle-même sous le regard incessant des médias, et une forme cachée, voire souterraine, d’actions politiques faites de compromis, de quid pro quo, d’intérêts financiers, d’ambitions personnelles et de pressions exercées sur l’appareil de l’Etat par des organisations qui veulent rester dans l’ombre.

    Parce que le régime démocratique présuppose l’intérêt général et la transparence, tout écart de ces normes crée une méfiance profonde vis-à-vis du pouvoir. Jamais les représentants des institutions démocratiques n’ont été en crise et n’ont autant souffert du manque de confiance de la part des citoyens dans une grande partie du monde démocratique.

    Par le biais des grands médias, la vie politique est désormais ponctuée par des scandales qui semblent révéler les rouages et machinations sordides du pouvoir : le Watergate a montré que Richard Nixon avait enfreint la Constitution en espionnant le parti rival et en tentant de faire disparaître les preuves de son crime ; le scandale de l’Iran-Contra avait mis au jour le fait que Ronald Reagan vendait en secret des armes à l’Iran de Khomeiny, malgré l’embargo officiel, pour reverser l’argent des ventes à ceux qui combattaient le régime sandiniste au Nicaragua. Les armes de destruction massive au nom desquelles la guerre en Irak avait été engagée se sont avérées inexistantes. Sous les feux de la rampe, la vie politique démocratique s’est révélée dans toute la splendeur de ses mensonges et ses intrigues. Le roman et les films d’espionnage, les séries télévisées à audience internationale comme House of Cards ou Borgen, sont venus s’ajouter à ce nouvel imaginaire, pointant vers une réalité cachée d’un monde politique essentiellement corrompu par l’argent et le pouvoir.

    Image dégradée de la politique

    Le conspirationniste représente une anomie épistémique qui reflète la perception de l’anomie du monde politique. Il se nourrit donc de la dégradation réelle de l’image de la politique et des politiciens, d’un climat intellectuel qui a attaqué sans relâche la notion d’autorité épistémique, et du subjectivisme qui donne à l’individu tout pouvoir de définir sa propre réalité.

    Dans ce sens, le complotisme est un non-savoir – ou une forme organisée d’ignorance qui se veut être plus intelligente que le « système ». C’est la raison pour laquelle certains ont avancé que le complotisme est le fait d’individus aliénés qui ne se sentent pas représentés par les institutions.

    Le complotisme de cette dernière décennie signale une transformation inédite de la démocratie : l’alignement des camps politiques autour des questions du savoir et de l’autorité épistémique. Pendant la crise sanitaire, les camps républicain et démocrate ont été profondément divisés, précisément sur le bien-fondé de l’autorité médicale. Les résultats des élections avaient commencé par donner une victoire à M. Trump mais ont changé quand on a commencé le comptage des voix par courrier, c’est-à-dire les voix de ceux qui ne se sont pas rendus aux urnes parce qu’ils croyaient dans l’autorité des experts sanitaires.
    Historiquement, le complotisme a existé autant à droite qu’à gauche, mais récemment il est devenu essentiellement l’arme idéologique de l’extrême droite. Cela est dû au fait que pour les populistes, les autorités médicales et scientifiques sont désormais des élites tout court, des groupes dont la parole compte autant que la leur. C’est aussi dû aux énormes efforts de la classe industrielle alliée à la droite et de l’extrême droite pour nier le réchauffement climatique, efforts qui ont nécessité le rejet même de la science. Croire ou pas à la science est devenu une question éminemment politique, sans doute celle qui va décider de l’avenir du monde. L’épistémologie est désormais au cœur de notre démocratie et de son avenir.

    Eva Illouz est directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses recherches portent notamment sur la sociologie des émotions et de la culture. Elle a rédigé plusieurs essais, parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme (Seuil, 2006), Pourquoi l’amour fait mal (Seuil, 2012), Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, coécrit avec Edgar Cabanas (Premier Parallèle, 2018), et Les Marchandises émotionnelles (Premier Parallèle, 2019).

    #Lumières #critique #complotisme #démocratie #science #élites

    • On reste pour le moins sur sa faim. Ce texte comporte des éléments mais au regard de ce que l’on trouve de plus fin et éclairant dans le travail habituel de Illouz sur les subjectivités, il y a de quoi être déçu : de dire que la science est affaire de croyance (et pas d’examen) ; d’amalgamer la pensée critique (ici la citation de Marx) au complotisme alors que celle-ci est dans le droit fil de la tradition philosophique, et en particulier de Hegel, lorsqu’elle prétend « dévoiler » des mécanismes sous jacents du « fonctionnement » de la société (les rapports sociaux, la propriété privée) ; d’oser résumer les fafs au nationalisme alors même que les divers mouvements fascistes se sont toujours présentés peu ou prou comme « révolutionnaires » et dénonçaient férocement des élites dont seul un chef digne de nom pourrait venir à bout ; de nous ressortir l’équation parfaitement bourgeoise (politiquement) qui fait de la démocratie une affaire d’"intérêt général" (inexistant, purement idéologique).
      Tout se passe comme si faute d’avoir bricolé une méthode adéquate à son objet (inédit pour elle ?) elle en était réduite à employer des grosses catégories (démocratie, intérêt général). Pas facile de passer d’un terrain (l’intime, les relations, les subjectivités) à un autre.

    • Douter de l’autorité était l’injonction glorieuse des Lumières, mais celle-ci se voit dévoyée dans les théories qui construisent le monde comme une vaste toile d’intérêts cachés.

      Mon précédent commentaire était trop négatif, excusez. Cette tribune d’Illouz contribue à éclairer le renversement contre-révolutionnaire (un de plus) qui fait le complotisme (la sociologie de l’intérêt n’a pas d’intérêt, disait l’autre).

  • Sommes-nous aux portes de la nuit ? | Alain Bertho
    http://www.regards.fr/monde/article/sommes-nous-aux-portes-de-la-nuit

    « Il y a quelque chose qui me sautait aux yeux, mais je n’arrive toujours pas à le voir ». Tels le narrateur de En attendant les barbares de J.M. Cotzee, nous voici retranchés dans une forteresse nationale, menacés par un danger insaisissable. Nous avons du mal à comprendre que la barbarie ne vient pas du dehors mais qu’elle ronge de l’intérieur une société travaillée par la peur. Source : Regards

    • Quand s’écroule un imaginaire politique moderne fait de sens de l’histoire, de confiance dans l’avenir prométhéen de l’humanité et d’espoir de justice et de libération, quand les inégalités explosent, comment s’étonner que la #religion qu’elle soit évangélique, musulmane ou autre, devienne souvent le langage passionnel de la révolte des plus démunis ? Comment s’étonner que triomphent des imaginaires religieux jusque dans les choix politiques ? Le pouvoir de Bolsonaro ou d’Erdogan, l’enracinement durable du Trumpisme en sont des manifestations aussi éclatantes que le pouvoir de nuisance de Daesh.

      Quand l’avenir de l’humanité est en question, que la raison ne maîtrise plus l’histoire, comment s’étonner que fleurissent les complotismes les plus divers, réunis dans la recherche passionnelle du coupable et la peur de l’autre. Aucune culture nationale n’échappe à cette tourmente. Car nul n’a besoin d’être religieux pour être intolérant et/ou complotiste. La France, piégée par ce que Jacob Rogozinski nomme « l’aveuglement des Lumières » , voit son héritage de liberté de pensée être transformé en instrument d’anathème, sa laïcité se muer en intolérance, sa liberté intellectuelle être menacée au nom d’une « liberté d’expression » bien singulière.

      #complotisme

  • Coronavirus : En Allemagne, les bastions d’extrême droite sont les zones les plus touchées
    https://www.20minutes.fr/monde/2928107-20201209-coronavirus-allemagne-bastions-extreme-droite-zones-plus-


    Manifestants de l’AFD en Allemagne. — Action Press/Shutterstock/SIPA

    EPIDEMIE « Il pourrait y avoir des facteurs qui expliquent les résultats élevés de l’AfD et en même temps des valeurs d’incidence élevées », sans que cette corrélation soit le seul facteur explicatif, nuance un chercheur

    Coïncidence ou corrélation ? Les zones les plus touchées en Allemagne par la deuxième vague de la pandémie sont des bastions de l’extrême droite, opposés aux restrictions et sensibles aux thèses complotistes.

    « Il est frappant de constater que les régions les plus touchées sont celles où le vote AfD a été le plus élevé » lors du dernier scrutin législatif de 2017, résume le commissaire du gouvernement aux anciens Länder de l’Est, Marco Wanderwitz, lui-même originaire de Saxe.

    #anti-masques #masques

    • À peine une bonne nouvelle, une faible consolation, ce pourquoi j’ai posté. Ça peut pas marcher partout (serais curieux que l’on cherche ce genre de données ici) et quoi qu’il arrive il en restera plein. Et puis l’infection fasciste a d’innombrables agents.
      Mais c’est encore un (quasi) argument pour les relâchés de la réduction des risques ("mais alors... le masque et des précautions ont de l’intérêt ?), pour faire qu’ils se formulent par eux-mêmes qu’il suffit pas de faire comme les fafs pour triompher du virus plutôt que de les « accuser » (ou d’en avoir l’air) de les avoir rejoint sur ce terrain (ce qu’il n’est pas toujours utile de dire...). En tout cas je vais envoyer cette info à quelques proches que je veux pas laisser tomber ou perdre malgré ce désaccord aussi radical que dramatique, en espérant que ça fasse son chemin.
      Mauvais pour la #santé, le #complotisme est une faiblesse intellectuelle (une altération de l’intelligence collective coproduite par des éduqués++). Sauf de nécessaires exceptions, c’est pas sur le mode du procès individuel que ça va reculer.
      Chez les gilets jaunes, c’était très présent avant de refluer dans et par la lutte, avant de revenir en force dans la défaite et ses suites. Plus la domination est forte (avec l’impossibilité d’obtenir des victoires partielles significatives), et faute de perspective, la désignation de responsables omnipotents ne peut que marcher. Que faire pour priver de sol et d’air le complotisme ? C’est une question qu’elle est pas vite répondue.

    • „Querdenker“-Chef mit Corona auf der Intensivstation!
      https://www.berliner-kurier.de/politik-wirtschaft/querdenken-demonstrant-mit-covid-19-auf-intensivstation-beatmet-li.1

      Seit Monaten gehen Demonstranten auf „Querdenker“-Demos gegen die Corona-Maßnahmen auf die Straße, tragen dabei keine Masken, halten keinen Abstand. Doch das Virus erwischt auch jene, die nicht einmal an seine Existenz glauben.

      Einer der Organisatoren der Leipziger „Querdenken“-Demonstration im November ist acht Tage später wegen einer Covid-Erkrankung auf der Intensivstation einer Leipziger Klinik künstlich beatmet worden. Das sagte der Direktor der Leipziger Uniklinik, Christoph Josten, nach Angaben der Leipziger Volkszeitung (LVZ) am Freitagnachmittag auf einer Pressekonferenz.

      Die Zeitung zitiert den Mediziner mit den Worten: „Einer der bekannten ‚Querdenker‘, der in Leipzig demonstriert hat, wurde acht Tage später intubiert.“ Er hatte sich offenbar mit dem Coronavirus infiziert. „Das Virus nimmt keine Rücksicht auf die Menschen, egal wer sie sind“, warnte Josten eindringlich davor, sich nicht an Abstands- und Hygieneregeln zu halten.

      Auch bei einem zweiten Teilnehmer an Groß-Demos gegen die Corona-Maßnahmen hat das Coronavirus gnadenlos zugeschlagen. Ein AfD-Stadtrat aus Böhlen (Landkreis Leipzig) verstarb jetzt an einer Covid-19-Erkrankung. Er hatte sich im November an Protestaktionen in Berlin und Leipzig beteiligt und war kurz darauf an Corona erkrankt.

      Die Demo am 7. November in Leipzig hatte bundesweit für Schlagzeilen gesorgt. Rund 20.000 Menschen aus ganz Deutschland hatten gegen die Corona-Maßnahmen der Bundesregierung protestiert. Größtenteils hielten sich die Demonstranten nicht an die Maskenpflicht und beachteten keine Abstände. Doch als die Polizei den Protestzug deshalb auflösen wollte, widersetzten sich Demonstranten. Als die Masse versuchte, einen Gang über den Leipziger Ring zu erzwingen, ließ die Polizei die Menschen am Ende ziehen.

      Eine für Sonnabend geplante „Querdenken“-Demo in Dresden wurde verboten.

      Voir aussi
      https://seenthis.net/messages/890515

      #AfD

  • IL FAUT PROTÉGER LES ENFANTS !

    Dr. Louis Fouché le 5/12/20 à Marseille devant l’IHU :

    « Les médecins eux-mêmes commencent à se révolter : aller vacciner les personnes âgées en EPAD, vous êtes fous ! »
    "On est pas les esclaves des multinationales !"
    « On nous emmène vers la tyrannie. »
    "Les gens qui nous emmènent dans le labyrinthe, au motif de protéger la vie, ils nous tuent à petit feu..."
    « L’humain il n’est pas fait pour être bien rangé, il est fait au contraire pour foutre le bordel. »
    "Les deux qui sont en charge de la modélisation, qui ont dit qu’il y aura 400 000 morts et qu’on va tous crever, sont dans toutes les commissions, sur la vaccination, ils sont au conseil scientifique... Il y a profondément quelque chose de pourrit dans toutes les instances qui nous dirigent, de vrais conflits d’intérêts à tous les étages. C’est à nous de reprendre le pouvoir !"
    « Il s’agit de péter le labyrinthe et de sortir par une autre porte. »

    https://youtu.be/6z-z9kIld0s

  • Hold-up sur l’anticapitalisme - La Hutte des Classes
    http://cdarmangeat.blogspot.com/2020/11/hold-up-sur-lanticapitalisme.html

    Ce texte a été rédigé collectivement par des signataires se réclamant des idées du mouvement ouvrier révolutionnaire afin de fournir des arguments pour contrer la vague de complotisme qui monte progressivement dans bien des milieux, et qui affecte aussi malheureusement le nôtre.
    Il couvre un vaste ensemble de thèmes afin de fournir une vue d’ensemble et une logique à opposer aux complotistes et à leurs raisonnements, et ne peut donc pas entrer dans les détails de tout ce qui est évoqué.

    Deux symptômes majeurs d’une situation dégradée
    #Didier_Raoult et le populisme scientifique
    – Le film Hold Up

    Le #complotisme, un type de théorie toujours réactionnaire
    – Les germes de la situation actuelle dans nos milieux :
    – La dérive emblématique d’une sociologue
    – Science et lobbys
    – La critique des médias
    – En guise de conclusion

    #marxisme #Monique_Pinçon-Charlot

  • Paniques anticomplotistes
    par Frédéric Lordon, 25 novembre 2020
    https://blog.mondediplo.net/paniques-anticomplotistes

    Félix Vallotton. - « Paysage de ruines et d’incendies », 1915.

    Si Hold-up n’avait pas existé, les anticomplotistes l’auraient inventé. C’est le produit parfait, le bloc de complotisme-étalon en platine iridié, déposé au Pavillon de Breteuil à Sèvres. De très belles trouvailles, des intervenants dont certains ont passé le 38e parallèle comme des chefs : une bénédiction. Altérée cependant parce que, certes, on est content d’avoir raison et d’être la rationalité incarnée, mais quand même l’époque est sombre et on rit moins. La Terre plate et la Lune creuse, on veut bien, ça c’est vraiment drôle, mais QAnon beaucoup moins, ça fait de la politique, le cas échéant ça prend des armes ; aux fusils près et du train où vont les choses on pourrait bientôt avoir les mêmes à la maison. D’ailleurs, on commence à les avoir. Pour l’heure il n’est question que de masques et de vaccins, ce qui n’est déjà pas rien, mais on sent bien que tous les autres sujets sont candidats. Ce qu’on sent bien également, c’est le degré auquel le camp de la raison se voit lui-même démuni, et légèrement inquiet devant sa difficulté à élaborer des stratégies antidotes. Disons-le tout de suite, dans la disposition qui est la sienne, il n’est pas près d’en trouver la première.

    Le torrent de commentaires qu’a immédiatement suscité la diffusion du documentaire est sans doute le premier signe qui trahit la fébrilité — du temps a passé depuis le mépris et les ricanements. Si encore il n’y avait que la quantité. Mais il faut voir la « qualité ». C’est peut-être là le trait le plus caractéristique de l’épisode « Hold-up » que toutes les réactions médiatiques ou expertes suscitée par le documentaire ne font que reconduire les causes qui l’ont rendu possible. Les fortes analyses reprises à peu près partout ont d’abord fait assaut de savoirs professionnels par des professionnels : « la musique » — inquiétante (la musique complotiste est toujours inquiétante), le format « interviews d’experts sur fond sombre » (le complotisme est sombre), « le montage » (le montage… monte ?). C’est-à-dire, en fait, les ficelles ordinaires, et grossières, de tous les reportages de M6, TF1, LCI, BFM, France 2, etc. Et c’est bien parce que l’habitude de la bouillie de pensée a été installée de très longue date par ces formats médiatiques que les spectateurs de documentaires complotistes ne souffrent d’aucun dépaysement, se trouvent d’emblée en terrain formel connu, parfaitement réceptifs… et auront du mal à comprendre que ce qui est standard professionnel ici devienne honteuse manipulation là.

    • La chute de la Maison Média

      C’est que l’autorité des paroles institutionnelles n’a pas été effondrée du dehors par quelque choc exogène adverse : elle s’est auto-effondrée, sous le poids de tous ses manquements. À commencer par le mensonge des institutions de pouvoir. Les institutions de pouvoir mentent. Mediator : Servier ment. Dépakine : Sanofi ment. Bridgestone : Bridgetsone ment. 20 milliards de CICE pour créer un million d’emplois : le Medef ment. Mais aussi : Lubrizol, les pouvoirs publics mentent ; nucléaire, tout est sûr : les nucléocrates mentent. Loi de programmation de la recherche : Vidal ment (mais à un point extravagant). Violences policières, alors là, la fête : procureurs, préfecture, IGPN, ministres, président de la République, tout le monde ment, et avec une obscénité resplendissante qui ajoute beaucoup. Covid : hors-concours.

      Le capitalisme néolibéral a déchaîné les intérêts les plus puissants, or là où les intérêts croissent, la vérité trépasse. C’est qu’il faut bien accommoder la contradiction entre des politiques publiques forcenées et l’effet qu’elles font aux gens. Or pour combler ce genre d’écart, quand on a décidé de ne pas toucher aux causes de l’écart, il n’y a que le secours des mots. Alors on arrose généreusement avec du discours. Au début on fait de la « pédagogie », on « décrypte ». Et puis quand le décryptage ne marche plus, il ne reste plus qu’à mentir — à soutenir que ce qui est n’est pas (« la police républicaine ne se cagoule pas, elle agit à visage découvert »), ou que ce qui n’est pas est (on ferme des lits pour améliorer l’accueil des malades). Quand il n’est pas pure et simple répression, le néolibéralisme finissant n’est plus qu’une piscine de mensonge. Nous baignons là-dedans. C’est devenu une habitude, et en même temps on ne s’y habitue pas. Vient forcément le moment où l’autorité de la parole institutionnelle s’effondre parce que l’écart entre ce qu’elle dit et ce que les gens expérimentent n’est plus soutenable d’aucune manière.

      #complotisme

    • L’État a-t-il le monopole du complotisme légitime ?
      https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/041220/l-etat-t-il-le-monopole-du-complotisme-legitime

      Quand la dénonciation inquisitoriale du « coupable » prend le pas sur l’analyse structurelle des responsabilités, le complotisme s’installe. Quand l’État s’en arroge le monopole et la légitimité et fait de « l’islamisme » la matrice de tous les dangers, on bascule dans la police de la pensée, on organise le déni du réel, on nous enferme dans un récit paranoïaque qui dévaste la politique.

      Est-il complotiste de se demander à quoi sert le complotisme ? « Disqualifier pour mieux dominer » proposait Frédéric Lordon dans un article de 2017 : « en haut, des gens responsables se soucient du rationnel, du possible, du raisonnable, tandis que ceux d’en bas, constamment ingrats, imputent à leurs dirigeants une série de malveillances. » Or les puissants sont les premiers usagers du complot « tantôt comploteurs, tantôt complotistes » dans les stratégies de pouvoir qui les animent au quotidien.

      De fait, la dénonciation du complot entretient un rapport ancien avec la politique, avec la contestation de l’ordre existant comme avec son maintien. Au printemps 1775, la flambée du cours des grains et la disette suscitent des rumeurs contre les « accapareurs » et les « monopolisateurs ». Des dizaines d’émeutes éclatent contre la spéculation supposée. Complotisme ou lucidité face à la libéralisation du commerce entamée par Turgot ?[1] Quinze ans plus tard, les révolutionnaires n’auront de cesse de lutter contre le « complot aristocratique ». Avaient-ils complètement tort ? A l’inverse, la dénonciation du « complot maçonnique » et du « complot juif » qui a traversé les deux siècles modernes a fonctionné comme la désignation contre-révolutionnaire de boucs émissaires à la vindicte populaire...

      #complotisme

  • La fabrique du complot | Documentation
    http://disciplines.ac-toulouse.fr/documentation/la-fabrique-du-complot

    Cette séquence de 6 heures fait l’objet d’une co-animation Documentation/SES dans le cadre du cours d’Enseignement Moral et Civique en classe de Première (axe 1 du programme), mais elle pourrait très bien venir étoffer l’enseignement de spécialité Histoire-Géographie, Géopolitique, Sciences Politiques de Première dont le thème 4 prévoit d’aborder les théories du complot à l’heure d’internet.

    #EMI #EMC #séance #complotisme

  • Un « Hold Up » de notre capacité d’agir : sur le film de Pierre Barnérias – Eunomia
    https://eunomia.media/2020/11/20/hold-up-de-notre-capacite-dagir

    #Neoclectic a totalement raison : le complotisme est le dernier allié des pouvoirs.

    La semaine passée a été marquée par la publication sur les réseaux sociaux de Hold Up, un film présenté par ses concepteurs comme un documentaire sur la crise du Covid 19 et sa gestion politique, notamment en France. Mélangeant images d’actualité, interviews et paroles d’anonymes, Hold Up a très vite rencontré un public massif parmi tous.tes les « antisystèmes » du pays, ce qui est somme toute logique dans notre période de sidération et de vide critique. Problème : le contenu du film délivre une lecture falsifiée et conspirationniste de la crise sanitaire, appelant avant tout à l’émotion et invisibilisant les sujets les plus urgents. Explications.

    « Il est abject, ce documentaire, Hold Up. Il exploite avec une rare perfection la détresse, la tristesse, les fantasmes et la peur des gens en superposant des images-choc et en leur racontant n’importe quoi. Sans rire, c’est extrêmement bien fait et extrêmement pervers. Et c’est assez flippant pour couper toute envie de se battre. Voilà un bâton entouré de fils barbelés. Une toile d’araignée bien utile pour occulter un danger bien réel : la crise économique qui arrivera après la pandémie et la politique d’austérité qui en découlera. Ce film porte bien son nom : c’est un hold-up de l’esprit critique. Rendez-nous Marx ! »

    Il est alors difficile, en tant que non-spécialiste, de démêler le vrai du faux, d’autant que la Macronie s’est faite elle-même experte en confusion, mixant allègrement propagande politique et discours scientifique depuis le début de la gestion de cette épidémie. Il en ressort une impression de chaos. Toutes ces images enchaînées font l’effet d’une drogue sur le cerveau, elles ne vont nulle part, n’expliquent rien mais fascinent, et finalement annihilent le sens critique. On se sent très vite démuni face à cette grosse machine qu’on nous présente, sorte de rouleau-compresseur que rien ne peut arrêter. De ce fait, nombreux.ses sont celles et ceux qui, après avoir vu Hold Up, tentent d’en sauver les meubles, c’est-à-dire d’affirmer que « tout n’y est pas à jeter ». Le problème de cette posture, c’est qu’elle oublie que le mélange du vrai et du faux ne peut produire que du faux. Or, mentir est dangereux, même si le but avoué est de faire se lever les foules. Surtout avec une conclusion annonçant l’arrivée d’un « gouvernement mondial », topos répandu de l’extrême droite antisémite converti dans la bouche de Marine Le Pen en « mondialisme ».

    Lorsqu’on doute de la crédibilité d’une source, le premier réflexe à mobiliser est de se demander qui parle et dans quel but. Pierre Barnérias, Nicolas Réoutsky et Christophe Cossé, les trois producteurs de Hold Up, on ainsi un CV pour le moins intrigant. Le premier est un journaliste proche de la Manif Pour Tous ayant réalisé plusieurs documentaires bidonnés, dont l’un (M et le 3ème secret, 2014) traite d’un complot mondial (encore un !) animé par les communistes et les francs-maçons.

    Il partage avec le second, Nicolas Réoutsky, une passion pour les expériences de mort imminente. Quant à Christophe Cossé, il est connu dans le civil pour être « maître praticien » en Hypnose Ericksonienne et en Programmation Neuro Linguistique (PNL). A priori, rien ne disposait ces trois hommes à s’adonner à l’épidémiologie, encore moins à la critique sociale. Hold Up ne vient pas de nulle part : pour le comprendre, il est nécessaire de replacer ce document dans le temps long. Dès le début de la pandémie de Covid 19, des voix se sont faites entendre pour remettre en question la véracité de la pandémie.

    Dans de nombreux médias, on a pu voir des journalistes, mais aussi des politiciens, des personnalités affirmer que le Covid 19 n’était qu’une « grippette » ou affirmer leur scepticisme quant à son existence. Sans connaître la suite et sans être spécialiste, ces doutes étaient de l’ordre du raisonnable. Or, à la mi-mars, après des gesticulations inconséquentes du gouvernement français, nous avons été confinés pour deux mois. Pour certains.nes, le confinement s’est déroulé sans trop de difficultés, mais pour d’autres, notamment celles et ceux qui n’ont pas l’habitude d’être mis au repos forcé si longtemps, il s’est vite transformé en calvaire. Je pense que des idéologues représentant un groupe d’intérêts particuliers s’en sont rendu compte très tôt et se sont engouffrés dans la brèche de la peur et du déni massifs qui se sont installés durant ces mois de solitude confinée.

    Toute crise débouche sur des situations de flottement intellectuel favorables à l’irruption de ce type d’énergumènes qui semblent apporter des réponses neuves et simples à des problématiques complexes. La popularité nouvelle de ces quatre beaux-parleurs a entraîné dans son sillage l’irruption dans le débat public de toute une horde d’ « alternatifs » plus ou moins sérieux résolus à mettre à bas la pensée rationnelle et les acquis originels de la médecine occidentale. De la défiance anti-laboratoire (légitime, au vu des nombreux scandales sanitaires comme celui du Mediator ou de la Dépakine), nous sommes alors rapidement passés à une défiance plus générale contre les médecins puis les soignant.tes, accusés de prendre part à des mensonges sanitaires comme s’il s’agissait d’un groupe homogène partageant les mêmes intérêts.

    On oublie les oppressions réelles, déjà existantes, la souffrance au travail, les licenciements, la pauvreté, les inégalités qui s’accroissent. Passées à la moulinette du « complot mondial », celles-ci passent pour quantité négligeable, elles paraissent secondaires, presque normales. On oublie que nous plongeons dans une crise économique effroyable qui a déjà causé la paupérisation d’un million de personnes en un an en Franceet des cas de détresse psychologique chez la moitié des travailleurs.euses du pays. On oublie la politique d’austérité qui s’en suivra, avec certainement de nouvelles attaques contre notre modèle social en lambeau, encore une fois contre les plus faibles. On oublie que désormais, occuper un bâtiment universitaire sera passible d’une peine de prison, que publier une photo non-floutée d’un flic ne sera plus possible pour un journaliste, que des réflexes d’obéissance absurdes sont en train d’être intériorisés par les populations subissant la gestion catastrophique de cette crise sanitaire avec un stress soutenu. On oublie que le lien social s’étiole, que le capitalisme s’étend, et avec lui les dominations sociales, patriarcales, raciales, écologiques et sexuelles. Et on oublie surtout de parler des solutions qu’il nous reste pour affronter cet avenir. Nous nous laissons paralyser, et nous en oublions nos principes, jusqu’à glisser vers des chemins que nous n’aurions jamais dû emprunter.

    Pour terminer, je pose une question qu’adorent poser ceux et celles que l’on appelle les conspirationnistes : à qui profite le crime ? Dans le cas de Hold Up, la réponse paraît désormais évidente : au gouvernement sur le court terme, et sur le long terme à des forces militantes qui ne sont pas les nôtres. Des personnes se lèvent aujourd’hui pour mettre à bas la pensée rationnelle en exploitant ses failles. Des forces issues du monde du privé, tout à fait compatibles avec le macronisme et ses vérités alternatives, qui pourraient tout à fait souscrire à une politique d’austérité, du moment que celle-ci s’attaquerait au régime de Sécurité Sociale et déboucherait sur une médecine à deux vitesses dans le cadre de laquelle ils pourraient se lancer dans de nouveaux marchés. Toute crise provoque du brouillard, surtout lorsque la défiance est au plus haut. Les exemples historiques sont nombreux. Pour rappel, les sociaux-démocrates de la République de Weimar avaient été si infâmes qu’ils ont permis à l’une des pires dictatures de l’Histoire de s’installer dans les années 30, après avoir écrasé les marxistes allemands et dans un bouillonnement intellectuel européen réactionnaire intense qu’on a appelé le fascisme. Camarades marxistes, anarchistes et révolutionnaires, nous n’avons désormais plus le droit à l’erreur et sommes placés face à une responsabilité écrasante. Grève, blocages, occupations, désobéissance civile : il devient urgent de nous ressaisir de tous les moyens de lutte à notre disposition. Vite, car il est minuit moins une.

    #Complotisme #Extrême-Droite #Hold_up

  • Hold-up sur l’anticapitalisme
    http://cdarmangeat.blogspot.com/2020/11/hold-up-sur-lanticapitalisme.html

    Avertissement   : Ce texte a été rédigé collectivement par des signataires se réclamant des idées du mouvement ouvrier révolutionnaire afin de fournir des arguments pour contrer la vague de complotisme qui monte progressivement dans bien des milieux, et qui affecte aussi malheureusement le nôtre.
    Il couvre un vaste ensemble de thèmes afin de fournir une vue d’ensemble et une logique à opposer aux complotistes et à leurs raisonnements, et ne peut donc pas entrer dans les détails de tout ce qui est évoqué

    Deux symptômes majeurs d’une situation dégradée
    #Didier_Raoult et le populisme scientifique
    – Le film Hold Up
    Le #complotisme, un type de théorie toujours réactionnaire
    Les germes de la situation actuelle dans nos milieux

    – La dérive emblématique d’une sociologue
    – Science et lobbys
    – La critique des médias
    En guise de conclusion

    • Dans un tweet du 13 novembre MPC s’excuse de l’emploi du mot «  holocauste  » (qu’elle avait pourtant déjà utilisé à de nombreuses reprises) sans rien remettre en question du fond de la réflexion, dont l’aspect problématique ne se limite pas à la présence de ce terme. La comparaison avec le régime nazi est non seulement outrancière, mais relève également du complotisme et du #négationnisme. Mettre sur un pied d’égalité l’extermination théorisée et industrialisée des juifs et des tziganes par les nazis avec le réchauffement climatique et/ou les morts (directs et indirects) du covid-19, c’est affirmer que les dirigeants capitalistes auraient théorisé et volontairement mis au point un système industriel visant à l’extermination de plus de trois milliards de personnes. Et, comme ceci est, de toute évidence, une pure affabulation (raison pour laquelle elle n’apporte aucune preuve à cela dans ses différents écrits), la comparaison revient donc à nier la spécificité et l’ampleur des véritables génocides de l’Histoire  : des millions d’hommes, femmes et enfants persécutés et exterminés pour ce qu’ils étaient.

      #Monique_Pinçon-Charlot

  • Documentaire Hold-Up : anticomplotisme et complotisme passent à côté de l’essentiel
    https://ricochets.cc/Documentaire-Hold-Up-anticomplotisme-et-complotisme-passent-a-cote-de-l-es

    Quelques analyses sur le fond et sur les faits

    vendredi 13 novembre 2020, par Camille Pierrette.

    Ce documentaire occupe tous les médias, alors essayons d’y voir un peu plus clair en abordant le sujet sous d’autres angles avec une analyse intéressante ci-dessous.
    Puis quelques remarques persos, et pour finir une autre analyse critique, plus classique et plus concentrée sur les faits.

    Pour voir ce documentaire Hold-Up et vous faire une idée par vous même, vous pourrez le voir en intégralité sur le site officiel du film.
    Voici aussi une bande annonce de Hold-Up :
    Hold-Up Bande-annonce - film documentaire
    par Thana TV
    HOLD UP ou COMME D’HABITUDE, L’ANTICOMPLOTISME ET LE COMPLOTISME PASSENT À CÔTÉ DE L’ESSENTIEL

    Quelques remarques griffonnées à la va-vite, avec l’aide de Simone Weil. Et aussi de Jaime Semprun (L’Abîme se repeuple, 1996) :

    « La domestication par la peur ne manque pas de réalités effrayantes à mettre en images ; ni d’images effrayantes dont fabriquer la réalité. Ainsi s’installe, jour après jour, d’épidémies mystérieuses en régressions meurtrières, un monde imprévisible où la vérité est sans valeur, inutile à quoi que ce soit. Dégoûtés de toute croyance, et finalement de leur incrédulité même, les hommes harcelés par la peur et qui ne s’éprouvent plus que comme les objets de processus opaques se jettent, pour satisfaire leur besoin de croire à l’existence d’une explication cohérente à ce monde incompréhensible, sur les interprétations les plus bizarres et les plus détraquées : révisionnismes en tout genre, fictions paranoïaques et révélations apocalyptiques. […] Le soupçon de manipulation générale est alors un ultime refuge, une façon commode de ne pas faire face à l’irrationalité totale de la décadence, en lui prêtant une rationalité secrète. »

    Le complot, ça marche ; c’est apparemment un nouveau filon capitaliste. C’est rassurant de se dire qu’on tient l’explication, qu’on comprend, qu’on sait, que tout ce qui se passe relève d’un plan, qu’on n’est pas juste perdus, égarés dans les flots tempétueux, incontrôlés, incontrôlables, dépourvus de sens, d’une civilisation qui, depuis longtemps déjà, n’est plus qu’un insondable maelstrom. Même chose, donc, en ce qui concerne l’anticomplotisme.

    Le documentaire Hold Up de Pierre Barnerias pose autant problème dans le fond que dans la forme — la musique dramatique, par exemple, permet à peu de frais de passer des banalités ou des fabulations pour d’incroyables révélations. On pourrait passer un certain temps à lister les erreurs factuelles et les mensonges qu’il colporte. Divers médias grand public ont déjà commencé à le faire (liens ci-après). Rappelons-en deux :

    1. Le documentaire suggère qu’étant donné que Bill Gates et les Rockefeller prévoyaient l’avènement d’une pandémie depuis plusieurs années, alors ils sont sans doute coupables de l’avoir provoquée. Mais d’innombrables scientifiques et aussi des écrivains et toutes sortes de gens nous avertissent à ce sujet depuis déjà des années ! Pas seulement Bill Gates et les Rockefeller, loin de là. Les pandémies accompagnent depuis déjà des siècles le développement de la civilisation. Ainsi que le souligne un article récemment publié sur le site de la célèbre chaîne états-unienne History : « Plus les humains devinrent civilisés, construisant des villes, établissant des routes commerciales entre elles, et menant des guerres les uns contre les autres, plus des pandémies devinrent probables. » Dans un récent article intitulé « Ce qu’il faut savoir sur les principales épidémies et pandémies », René Noto, président d’honneur de la SFMC (Société Française de Médecine de Catastrophe), explique : « L’histoire des civilisations connues par les fouilles archéologiques montre à l’évidence l’existence de maladies infectieuses et cette histoire est jalonnée par ces risques infectieux sans pour autant que l’on puisse avoir des informations précises sur le contexte épidémique de l’époque. » Il y en a déjà eu de nombreuses au cours de l’histoire de la civilisation, il y en aura d’autres. Rien d’étonnant. D’autant plus que la civilisation de notre temps est mondialisée, dotée de transports à grande vitesse, bien plus populeuse que celles du passé, etc.

    2. Il affirme que les zoonoses sont rares, ce qui est évidemment faux. « Les estimations varient, mais sur les mille quatre cents organismes pathogènes connus affectant l’être humain, entre huit cents et neuf cents sont des “zoonoses”, c’est-à-dire des infections issues d’hôtes non humains. » (James C. Scott, Homo Domesticus). Choléra, variole, oreillons, rougeole, grippe, varicelle et peut-être aussi paludisme, sont, entre autres, des zoonoses.

    Outre des erreurs factuelles et des mensonges purs et durs, le documentaire affirme des choses discutables, sinon douteuses, par exemple en évoquant divers complots et/ou phénomènes de corruption dans plusieurs secteurs industriels (le secteur pharmaceutique, notamment). Le problème étant qu’il ne s’agit pas tant de corruption ou de complots que du fonctionnement normal et logique du système capitaliste — impératif du profit et règne de l’intérêt financier. Lequel s’apparente, de bien des manières, à « une élite qui comploterait contre les citoyens et notamment contre les pauvres », quoi qu’en pense France Culture (d’où ces magnats de la Silicon Valley plaçant leurs enfants dans des écoles sans technologie tandis qu’ils encouragent l’État à fournir des tablettes à tous les autres enfants, à rendre l’école toujours plus numérique, virtuelle). Cette incompréhension du fonctionnement élémentaire du capitalisme amène les anticomplotistes à nier la réalité — des intérêts divergents, voire opposés, entre classes sociales — autant que les complotistes à la méconnaître. L’absence d’une démocratie véritable et l’existence de classes, d’une structure sociale hiérarchique, implique depuis des siècles l’existence de maîtres et d’esclaves, et ainsi « l’état perpétuel de guerre dans lequel tout maître est vis-à-vis de ses esclaves » (Pierre Samuel du Pont de Nemours en 1771, qui en savait quelque chose, dont le fils créera par la suite la société DuPont, aujourd’hui l’un des plus grands groupes industriels de chimie du monde).

    Complotistes et anticomplotistes ont également en commun — outre de prétendre détenir la Vérité scientifique — de ne jamais souligner une des seules choses dont nous sommes à peu près sûrs, à savoir, comme le formulait Simone Weil (Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale), que :
    « L’obstacle qui apparaît le premier est constitué par la complexité et l’étendue de ce monde auquel nous avons affaire, complexité et étendue qui dépassent infiniment la portée de notre esprit. Les difficultés de la vie réelle ne constituent pas des problèmes à notre mesure ; […] [l]es termes d’oppresseurs et d’opprimés, la notion de classes, tout cela est bien près de perdre toute signification, tant sont évidentes l’impuissance et l’angoisse de tous les hommes devant la machine sociale, devenue une machine à briser les cœurs, à écraser les esprits, une machine à fabriquer de l’inconscience, de la sottise, de la corruption, de la veulerie, et surtout du vertige. La cause de ce douloureux état de choses est bien claire. Nous vivons dans un monde où rien n’est à la mesure de l’homme ; il y a une disproportion monstrueuse entre le corps de l’homme, l’esprit de l’homme et les choses qui constituent actuellement les éléments de la vie humaine ; tout est déséquilibre. »

    Ainsi, l’étendue de la division du travail et de la spécialisation qui sont au fondement de la civilisation industrielle font de « la science […] un monopole, non pas à cause d’une mauvaise organisation de l’instruction publique, mais par sa nature même ; les profanes n’ont accès qu’aux résultats, non aux méthodes, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent que croire et non assimiler. »

    Par exemple :
    « Les mathématiques constituent à elles seules un ensemble trop vaste et trop complexe pour pouvoir être embrassé par un esprit ; à plus forte raison le tout formé par les mathématiques et les sciences de la nature ; à plus forte raison le tout formé par la science et ses applications ; et d’autre part tout est trop étroitement lié pour que la pensée puisse véritablement saisir des notions partielles. Or tout ce que l’individu devient impuissant à dominer, la collectivité s’en empare. »

    Dans une telle configuration sociale, la démocratie est inexistante et impossible, les antagonismes de classe sont inéluctables, le pouvoir est entre les mains de l’inertie de la machine technocapitaliste, qui ne peut être ni contrôlée ni réformée. Les dominants ne peuvent que faire la guerre aux pauvres. Et le système la guerre au monde entier. Il est absurde d’espérer contrôler (qui plus est, démocratiquement) ce qui n’est plus depuis longtemps déjà à la mesure de l’être humain — des mégalopoles gigantesques, des États-nations pires encore, de vastes et même internationales divisions et spécialisations du travail nécessaires aux techniques/technologies les plus élémentaires sur lesquelles repose toute la société industrielle, l’existence technologique moderne.

    Il est très dommage que le documentaire mélange des réactions et remarques légitimes (hostilité envers les nouvelles technologies déployées de manière parfaitement antidémocratique, à l’image de tout le reste) à des affirmations ridicules (« on a trouvé le coupable de la covid19 »). Il est aussi dommage que les anticomplotistes s’empressent de conchier tous les complotistes, de les traiter de tous les noms, de les dénigrer avec parfois un mépris de classe abject (je ne sais plus quel média de masse propose en lien un thread Twitter d’une personne affirmant que les complotistes sont des gens « moyens » (ne possédant pas de diplôme supérieur d’éducation, etc.) frustrés et idiots).

    Je ne sais pas d’où sort le SARS-COV-2, je ne sais pas si l’hydroxychloroquine fonctionne ou non pour le guérir, je ne sais pas si le port du masque est dans l’ensemble une bonne chose ou non, je ne sais pas s’il est utile ou non, et je m’en fous un peu. Ce « monde incompréhensible », avec ses « processus opaques », son « irrationalité totale », dont « les difficultés […] ne constituent pas des problèmes à notre mesure », ce « chaos planétaire qui, littéralement, défie la description » (Jaime Semprun), est inhumain, ne peut être qu’inhumain. Il est absurde autant qu’inutile d’essayer de le réformer, d’en faire autre chose. Pour l’essentiel, il est à détruire — au plus vite, afin d’endiguer sa destruction du monde naturel et son écrasement de l’humanité, afin d’éviter qu’il ne finisse par nous détruire.
    « Toute cette évolution, par l’invraisemblable dépendance qu’elle organise, est venue renforcer la cohésion de la mégamachine, ce qui la rend encore plus irréformable que naguère et fait plus que jamais apparaître l’option révolutionnaire comme la seule raisonnable. » (La Lampe hors de l’horloge).

    Il se pourrait que le seul moyen de retrouver la mesure — des sociétés à taille humaine, des technologies contrôlables par de telles sociétés (« des formes d’organisation techniques et sociales plus simples, plus à la portée de la maîtrise et compréhension de chacun ») — soit de précipiter l’effondrement de la machine, malgré tout ce que cela implique.

    QUELQUES ARTICLES QUI LISTENT LES MENSONGES DU DOCUMENTAIRE (je hais les médias de masse ; de plein de manières, ils font partie des entités les plus nuisibles du moment, les plus responsables du désastre, de sa continuation, leurs critiques du documentaire sont toujours teintées d’un anticomplotisme qui correspond à une défense du statu quo, ou à une négation de problèmes bien réels, ou à un mépris grossier des imbéciles qui font le peuple d’en bas qui ne comprend rien à la Réalité Vraie, à la Science et à la Civilisation ; cela étant, ils relèvent pertinemment certains mensonges du documentaire Hold Up) :

    https://factuel.afp.com/non-la-famille-rothschild-na-pas-brevete-des-tests-de-depistage-du-covi
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/covid-19-4-fake-news-majeures-presentes-dans-le-documentaire-complo
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/11/12/covid-19-les-contre-verites-de-hold-up-le-documentaire-a-succes-qui-pretend-
    https://www.liberation.fr/france/2020/11/12/dix-contre-verites-vehiculees-par-hold-up_1805434
    https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-labos-masques-et-domination-du-monde-on-decrypte-hold-up-le-docu

    (post de Nicolas Casaux)

    REMARQUES PERSOS

    Deux questions pièges :

    1. Est-ce que je suis complotiste si je dis que si tous les gros médias se sont autant jetés sur ce documentaire pour le démonter, c’est peut-être bien qu’il comporte certains éléments critiques dérangeants la civilisation industrielle et donc l’ordre en place qui sied tant aux puissants ? ;-)

    2. Est-ce que le fait que pratiquement tout le monde, de la droite à la gauche, répète avec entrain, et parfois conviction, que la France est une démocratie, alors que tout démontre que c’est faux depuis longtemps (et que c’est encore plus faux aujourd’hui qu’hier), relève du complot, du mensonge, de la "fake news", de la manipulation, ou de l’auto-aveuglement volontaire ? ;-)

    Voir aussi cet article de 2017 de Lordon :
    – Le complotisme de l’anticomplotisme - L’image est familière : en haut, des gens responsables se soucient du rationnel, du possible, du raisonnable, tandis que ceux d’en bas, constamment ingrats, imputent à leurs dirigeants une série de malveillances. Mais l’obsession du complot ne relève-t-elle pas plutôt des strates les plus élevées de la société ? Les journalistes reprenant les idées du pouvoir privilégient eux aussi cette hantise.

    Dans la grande soupe de la civilisation industrielle, il semble que tout se mélange, les individus et les masses ne maîtrisent et ne comprennent plus rien, les dominants non plus, et la plupart des puissants se contentent de surfer opportunément sur les vagues produites par l’un ou l’autre bout du monstre, de se tenir au bon endroit dans les hautes strates de la méga-Machine en mimant l’air de tenir les commandes ?

    Peu importe les complots ou leur absence, car on sait bien que, dans tous les cas, le pire virus est celui de la civilisation industrielle, de son capitalisme et de son étatisme. Un système qui n’est pas sorti de la cuisse de Jupiter ni de l’anus de Bill Gates.

    Pour continuer à aider à faire le tri entre le bon grain et l’ivrai à propos du documentaire Hold-up, il existe aussi cette analyse factuelle :

    ===

    Analyse trouvée sur Facebook, de Loïc Steffan :

    J’ai regardé le documentaire Hold-Up. Le moins que l’on puisse dire c’est que celui-ci me semble complètement problématique.

    Mon analyse est très très longue. Parce que ce film est bien foutu et qu’il fallait débunker. C’est vraiment dommage parce qu’il y avait un super documentaire à faire avec tout l’argent récolté. Parce que la gestion de la crise actuelle est vraiment problématique. Notamment sur les injonctions paradoxales et le changement de stratégie de lutte qui pose problème. Il aurait pu faire un truc sans concession sur les libertés fondamentales juridiques et la gestion ératique de nos dirigeants.

    Mais, il y a des éléments extrêmement dérangeants dans la forme et le fond. J’y reviendrai.

    Si je suis gentil on peut y voir le symptôme d’une perte totale de confiance de la population envers les institutions, la science et le système. Il peut être lu comme révélateur des zones de tensions qui parcours la société. On peut sans conteste avancer qu’il donne à voir l’émergence d’une suite au mouvement des gilets jaunes. Une exaspération profonde qui n’aura besoin que de n’importe quelle étincelle pour s’embraser et qui peut dégénérer. Le raisonnement est totalement bancale.

    Mais comme c’est plutôt bien fait, il y a aussi des interrogations légitimes et factuellement vraies mélangées à des données pour le moins farfelues qu’il faut débunker. Ces gens sont malins. Mélanger le vrai et le faux est toujours plus efficace. Le problème c’est que ça prend du temps à débunker. J’ai passé 5 h à le visionner et à prendre des notes pour faire des vérifications.

    Le film est servi par une excellente maîtrise du montage, de l’émotion et des musiques tour à tour glaçantes, apaisantes, etc.

    Il va fonctionner (c’est déjà le cas) parce qu’il rentre en résonnance avec l’hypothèse de la scission des hyper riches et de la classe dominante que l’on retrouve chez les Pinçon-Charlot (elle est interviewée) et dans les écrits de Branco ou de Kempf.

    Le documentaire a récolté 182 000 € alors qu’il avait besoin de 20 000 €. 5200 contributeurs ont montré de l’intérêt. Témoignage « On est derrière vous ! Merci de véhiculer une réalité bien différente du lavage de cerveau qui tourne en boucle sur les écrans. En espérant que cela pourra aider le peuple à ouvrir les yeux. ».

    Toute vérité qui n’émane pas d’un média classique est préférée. Du coup on peut faire gober à peu près ce que l’on veut, du moment que c’est présenté comme rejeté par les grands médias.

    Personnellement je sais que les puissants sont capables du pire, des pires horreurs et du pire cynisme. Tout le monde le sait. Mais je sais aussi que le rasoir d’Ockham suffit souvent a expliquer beaucoup de chose. Ne pas chercher un grand complot quand la concupiscence, l’intérêt et l’impréparation suffisent à expliquer la situation. Ce qui est présenté comme un vaste complot mondial induirait que des millions de fonctionnaires, de personnels diplomatiques et autres ont fermé les yeux. Improbable statistiquement

    Mais c’est probablement à cause de la défiance généralisée que ce documentaire fait écho auprès de tant de monde. Pour autant, il n’est pas construit de manière honnête et procède par insinuation. comme dit un ami « Il n’y a que l’histoire qui pourra essayer d’apporter un regard assez objectif de notre époque. Le réalisateur est là pour faire du bruit et non pas pour créer un futur souhaitable et désirable. »

    Le pitch est assez simple et bien complotiste : le virus a été fabriqué par l’homme. il aurait été fabriqué par l’institut Pasteur. Il aurait envoyé à Wuhan pendant les Jeux Olympiques militaires en octobre dernier. Il n’est pas si dangereux mais des lois d’exception, des mensonges à répétition sont là pour terroriser les gens, pour leur faire accepter l’inacceptable et pour préparer le Grand Reset. On a déposé des brevets sur des vaccins et des tests avant l’épidémie et Big Pharma veut se faire des centaines de millions de dollars sur notre dos. C’est pour ça que l’hydrochloroquine du bon professeur Raoult a été interdite. Les transhumanistes sont derrière tous ça avec les libertariens. Les scientifiques, les chefs d’entreprises milliardaires et les chefs d’états préparent la dématérialisation totale de la monnaie pour asservir les hommes. Ils veulent se débarrasser des pauvres de la planète. Le déploiement de la 5 G, la course au vaccin contribuent à cette logique. Le seul qui ne rentrait pas dans la combine, c’est Trump. La palme à la fin du documentaire quand une profiler psycho-morphologue nous fait des portraits à deux balles de certains dirigeants ou scientifiques. Rien que ça.

    Le problème est qu’il est parsemé de propos nécessaires à un débat public éclairé pour noyer le poisson. Qu’est-ce que Régis de Castelnau est allé faire dans cette galère ? Ensuite on a tous les acteurs habituels de la contestation. Mais il y a un déséquilibre complet entre les faits et les opinions qui sont totalement mélangés.

    Commençons par les éléments nécessaires à un débat public et que j’aurai aimé voir correctement traités :

    Le questionnement sur les tests RT-PCR est légitime. Effectivement à 30 cycles de réplication, on a des résultats pour le moins farfelus. Il aurait été nécessaire de valider un protocole à 20 cycles maximum pour que la fiabilité soit réelle et que la charge virale détectée soit significative. Par contre le chiffre de 95 % de faux positifs est totalement faux. J’ai cherché un moment et on est plutôt dans la proportion inverse.

    Le questionnement sur les masques et les effets induits, l’est aussi. On nous montre longuement les ratés et les mensonges de la communication gouvernementale. Mais cela est traité de manière problématique. Le montage surtout. Répétition, musique qui va bien pour insister sur le complot hourdi par les puissants. On nous met des images d’infections cutanées bien dégueulasses pour nous faire réagir. On ne nous présente que les inconvénients et les ratés. Un argument totalement débile est utilisé. Regardez, le protocole sur les masques passe de 2 pages à 5 puis à 12 pages. Oui et alors ? Au vu de la polémique il est normal que l’OMS ait apporté des précisions. Rien sur l’aérosolisation et la protection même imparfaite qu’apporte le masque.

    Le questionnement sur les lois d’exceptions votées pendant la pandémie. C’est probablement la partie la moins pourrie et la moins à jeter de tout le documentaire. Effectivement la restriction des libertés est extrêmement problématiques. Les même décisions auraient dues être obtenues par la voie normale et à notre organisation actuelle. On a presque recréé un article 16 bis de la constitution qui n’a pas les même garde-fous. Dans ce cadre la rhétorique de la guerre est problématique. Mais le questionnement sur la montée des régimes autoritaires et des restrictions de liberté et des régimes de plus en plus illibéraux pose question.

    Le problème du Lancet Gate, cette étude bidonnée qui est passée dans une des revues les plus prestigieuses du monde, interroge. Effectivement la science nécessite la vérité. Mais l’affirmation (source à l’appui) que 50 % des études médicales sont fausses pose question. Il y a tout un tas d’affirmations dangereuses. La médecine n’est pas une science (sic). Big Pharma va se faire des centaines de milliards de dollars. J’ai vérifié. Au mieux une dizaine de milliards.

    Le marché des médicaments, c’est environ 1000 milliards de dollars dans le monde et quand on a enlevé les molécules les plus prescrites (aspirine, antalgiques, anti-allergiques, etc.) on mesure le peu de sérieux de l’affirmation. J’ai cherché l’affirmation que 2 milliards de personnes avaient pris de l’hydrochloriquine. Je cherche encore. C’est un fake. Le vocabulaire aussi est problématique. Criminel, terroriste, assassins sont les termes utilisés pour désigner tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la thèse avancée par le documentaire. De manière subtile bien entendu. Il n’y a aucune réflexion sur les processus de validation des articles dans le monde académique.

    Le problème de la Direction Générale de la Santé, des ARS et des hôpitaux de proximité aurait pu être intéressant. Mais c’est traité sur le mode complotiste. Uniquement des pourris (sauf eux bien entendu), des conflits d’intérêts, etc. Pas de traitement de la question. Juste des accusations invérifiables pour la plupart.

    Le problème des effets psychologiques du confinement, des faillites aurait mérité un traitement digne de ce nom. Mais là aussi les chiffres sont farfelus. Pour 10 vies épargnées on aura 10 000 vies sacrifiés à terme. Sic. Il sort d’où ce chiffre ? Il est calculé comment ? Il n’est pas là pour nous faire peur ? Je croyais que le documentaire cherchait à nous montrer que la peur est mauvaise conseillère.

    Le côté « aveugle » du confinement n’est pas traité. On aurait pu avoir des réflexions sur les stratégies possibles face à une pandémie. Mais on a juste droit à la tarte à la crème de la Suède.

    L’explosion des inégalités face à la crise et des faillites probable n’est pas traité ou mal. On nous parle que de la sécessions des élites et des 0.1 % soigneusement mis en scène. de On apprend juste que le déficit de la sécurité sociale passe de 6 milliards à 44 milliards. Or ce chiffre n’est pas mis en perspective. les dépenses de la Sécurité sociale en 2020 devaient s’établir à 528,8 milliards d’euros. Un déficit de 44 milliards d’euros, comme prédit ne représentait donc que 8% des dépenses prévues. Ce n’est pas insurmontable. La question du financement de l’hôpital n’est pas traité. En gros, il n’y a pas d’éléments vraiment intéressant. Il y avait une vraie critique de la politique actuelle de Macron à faire.

    Passons à ce qui franchement pose problème (et pas qu’un peu vous allez voir)

    Des chiffres tout pourris. A un moment (j’ai sursauté) on annonce 12 000 viols d’enfants par jour. Heureusement qu’il dénonce le gouvernement qui cherche à nous faire peur parce que là c’est glaçant. C’est le passage sur les effets collatéraux du confinement. Je suis allé vérifier. Les pires chiffres (l’association refuse d’expliquer comment elle les construit et du coup il y a polémique) parle de 150 000 viols par an. En réalité il y a 7000 plaintes par an. Mais même 150 000 ça fait 400 par jour et c’est déjà énorme. Mais d’où sort ce 12 000. J’y vois un lien caché avec les thèses Qanon sur la supposée pédocriminalité des élites. Il y aurait du y avoir un traitement sérieux parce qu’effectivement le confinement exacerbe les tensions familiales.

    A un moment, un type sérieux explique que sur le Diamond Princess il y a eut 7 morts sur 700 infectés, soit 1% de mortalité. C’est intéressant car sur le Diamond Princess on a testé tout le monde, donc on a eut aussi tous les assymptomatiques. Mais il dit ensuite que ces calculs étendus aux Royaume Unis ne feraient que 55 000 morts ! Soucis. Il y a 56 millions d’habitants. Avec une imunité collective obtenue avec 60 % de contaminés ça fait au moins 300 000 morts. Alors d’où viennent ces chiffre. Sur le Diamond princess 20% de la population du bâteau a été touché, alors admettons que 20 % de la population anglaise soit touchée et appliquons le même ratio de mortalité.. ça fait quand même 112 000 morts, soit deux fois plus que ce que scientifique avance. Bref...

    Une autre surprise du film consiste à dire sans cesse qu’il n’y aura pas de seconde vague... alors que certains pays sont déjà.. à la troisième (Iran et Etats Unis par exemple).

    Un autre argument du film également est de comparer les morts de la covid avec ceux de la tuberculose, une des 10 plus grandes cause de mortalité dans le monde par maladie. le point de vue est d’affirmer qu’on s’excite sur la covid mais pas sur la tuberculose. Ce postulat est déjà faux car on lutte sans cesse contre cette maladie de part le monde. Sa dynamique est différente. D’une part le flux est régulier et on a des antibiotiques pour lutter car c’est d’origine bactérienne Mais comparons les chiffres : Il y a 10 millions de tuberculeux dans le monde et 1,2 millions sont morts en 2019 , ce qui fait une mortalité de 1,2%. Pour la covid on est actuellement à 1,27 millions ! Soit plus que la tuberculose en 2019 mais..MAIS en ayant confiné massivement un peu partout... parce qu’on n’a pas de traitement qui fasse l’unanimité.

    L’allusion bien conspirationnsite. Le gouvernement (sous entendu Macron) a donné 666 millions à la presse (c’est signé sic) et tout émane des 3 grandes agences (AFP, Reuter, AP). Quoi vous n’avez compris ? Un bonne vieille allusion au chiffre du diable et de la bête dans l’Apocalypse. L’air de rien comme cela en passant.

    Un témoignage anonyme (voix masquée et toute la mise en scène qui va bien) pour nous parler du grand complot du gouvernement. Un truc bien machiavélique et complotiste. Là je me suis dit que le mec avait passé trop de temps sur les sites Qanon. On ne voit aucune note. Aucun élément qui permet de croire le type. On doit le croire sur parole.

    Le problème des dépôts de brevet. On ne les voient pas. On nous les montre de loin. L’appellation Covid est générique aux coronavirus. Les coronavirus constituent une famille de virus (très nombreux) dont certains peuvent infecter les humains, entraînant le plus souvent des symptômes bénins de type rhume. Néanmoins, trois épidémies mortelles sont déjà survenues au 21e siècle, dont celle en cours. Un petit tour sur le site de l’Inserm et d’autres sites scientifiques permet de débunker assez facilement le truc.

    Rien sur les zoonoses, ce passage des virus des animaux aux humains. Il faut comprendre les zoonoses car en détruisant les habitats on rapproche les animaux sauvages des humains et donc la probabilité des épidémies.

    Le virus trafiqué par l’homme. Les manipulations génétiques laissent des traces. Les ciseaux génétiques de type CRISPR-Cas9 sont connus et très dangereux mais ces manipulations sont repérables. Elles sont repérables pour ce que j’ai compris. Seul deux ou trois scientifiques auraient vu ces traces ? Tous les scientifiques du monde sont des vendus et des tenants du grand complot ? Il n’y aura qu’une poignée de scientifique honnête pour dénoncer ? C’est statistiquement improbable.

    Le portrait de Anthony Fauci. C’est furtif. On lit rapidement qu’il est considéré comme l’homme le plus corrompu du monde par l’association veterans today. Comme ça. L’air de rien. Une vérification rapide permet de voir (conspiracy watch) qu’il s’agit d’un groupe complotiste. Ils affirment que le 11 septembre aux USA a été organisé par les services secrets Israéliens et ils relaient tout un tas de fake d’extrême droite. Il a de chouettes références le réalisateur.

    L’ode à Trump seul garant de la liberté mondiale et rassurant quand ses médecins alarmaient les populations et pour le moins lunaire ;

    Les scénario de la CIA et de Rockefeller (pas choisi au hasard parce que c’est un signe à l’extrême droite racialiste et antisémite) qui prévoient une pandémie. C’est un exercice classique et connu. Saxo Bank est connu pour ses « outrageous predictions ». Toutes les grandes institutions font ça. Il s’agit d’imaginer le pire et d’imaginer des réponses possibles. Tout les spécialistes de catastrophes font ce genre de scénarios. Ce n’est pas un hasard si la CIA et Rockefeller sont cités. Ca permet de rameuter certaines sphères contestataires.

    Les experts mobilisés sont aussi questionnables. Tous les acteurs français ont nié la deuxième vague et ont un dent contre le "système" dont ils font partie (tout comme moi d’ailleurs).
    Pour les experts étrangers, lorsqu’on va sur google voir le profil d’une dizaine d’entre eux. Résultat consternant : Experts auto proclamés, Directeurs de recherche virés , candidat de Forza Italia... On voit clairement d’où ça parle.

    Pour l’origine du vaccin, on ne peut rien affirmer aujourd’hui. Zoonose ou échappé d’un labo P4 et trafiqué par des scientifiques, on le saura plus tard. Privilégier l’une des hypothèse est un biais. Par ailleurs la façon dont les labos P4 (plus haut niveau de sécurité) est problématique. J’ai conscience que certains jouent aux apprentis sorciers mais on ne peut pas affirmer l’intentionalité de la pandémie si on n’a pas de preuves.

    Le traitement de Bill Gate. Je ne prends pas Bill Gate pour un grand philanthrope mais je pense qu’il est sincère dans sa réflexion vaccinale. Même si on peut ne pas partager son impérialisme de grand riche américain qui veut sauver le monde, le traitement coche toutes les cases du complotisme. Ils n’ont pas osé le faire directement mais comme ils parlent de la 5G à la fin et qu’il existe une théorie du complot qui dit que les vaccins contiendraient des puces informatiques pour nous tracer, on voit bien ce que l’on essaie d’induire.

    Les données présentées posent problème. Tout est montré de manière statique de manière à ce que cela induise l’idée qu’il n’y a pas de deuxième vague. Rien sur le décalage entre les contaminations (mal évaluées à cause des tests qui ont trop de cycles, je l’ai déjà expliqué) et la létalité quelques temps après. Rien sur les modèles prospectifs. Un mensonge sur l’affirmation de Macron. Quand il dit que l’immunité collective aurait pour conséquence 400 000 morts, il s’appuie sur un modèle publié dans la revue Nature Reviews Immunology par Arnaud Fontanet et Simon Caucherez, épidémiologistes à l’Institut Pasteur. Il ne repose pas sur rien comme ils l’affirment.

    L’impression générale est que rien n’est sourcé. Les faits, les opinions, les accusations sans preuves s’enchaînent au milieu d’éléments justes et de dénonciation de véritables problèmes qui mériteraient un véritable traitement. Mais ce confusionisme (qui est aussi celui de nos dirigeants au passage qui ont tendance à tout mélanger et à noyer le poisson) est délétère. On reste mal à l’aise sur la fin avec les interventions d’Atali ou de Laurent Alexandre. Qu’Atali ait poussé Macron en l’annonçant président, c’est normal, ils sont intimes. Il croyait à son poulain. Qu’Atali annonce un gouvernement mondial, c’est aussi normal. Il est persuadé que c’est la solution. Mais quand on connaît la politique, la géopolitique et les rapports de force mondiaux, cela paraît bien improbable. Pareil pour la monnaie électronique. Surtout quand le troc et l’achat d’occasion se développent. Il se passera ce qui s’est toujours passé dans de telle occasions. Les gens inventeront des monnaies de substitution.

    Tout au long du documentaire, est instillée l’idée que toutes les données qu’on nous sert à longueur de temps dans les médias sont truquées mensongères et que la vérité n’existe pas (la médecine n’est pas une science (SIC) par exemple). Elle est toujours manipulée par quelqu’un. Le plus drôle c’est qu’ils le font en utilisant des chiffres. Cocasse. En gros c’est à géométrie variable. Je ne suis pas dupe que les données sont toujours des constructions intellectuelles qui répondent à des logiques sociales sous-jacentes. Mais si on ne cherche pas à travailler sur des faits, c’est le règne des fakenews et de la post-vérité.

    Au final ce documentaire est une occasion manquée. il sombre dans les pires clichés et est même dangereux parce qu’il est bien monté et qu’il atteindra sa cible. Toutes les personnes dont la colère (parfois à juste titre d’ailleurs) est immense et qui rejettent le monde actuel et sont près à suivre des leaders qui dénoncent cet état de fait (pour le meilleur et pour le pire ?). La fin du documentaire où une psychologue explique littéralement que tous les dirigeants sont quasiment des psychopathes est glaçante. Oui il y a un paquet de gens "problématique". J’ai un peu fréquenté ce milieu. Mais il y a aussi des personnes attachantes et sincères dans leur engagement. Le tous pourris fait toujours le jeu des extrêmes.

    Les divers point Godwin aussi. Alors qu’il y a vraiment un danger de régime autoritaire et non libéraux en cette période troublée on aurait aimé une analyse qui tiennent la route sur ces tentations autoritaires. La gestion de Macron de l’autorité est problématique. Mais on peut la traiter autrement que le mode choisi par le documentaire.

    Il n’y a que très peu de réflexion sur les arbitrages risques bénéfices pourtant cruciaux dans la période actuelle. C’est un documentaire à charge. Dangereux parce qu’il exploite toutes les ficelles de la colère. Musique, cadrage et plans sont au service d’un projet franchement peu recommandable.

    Bon vous l’aurez compris. Si vous n’avez pas adhéré au documentaire, c’est que vous êtes un mouton endoctriné par le système.

    #hold-up #covid #complotisme #capitalisme

  • Besoin de ressources sur le documentaire "Hold Up" ?

    Il y a une personne de la team sceptique avait commencé à rassembler des ressources disponibles ici : https://docs.google.com/document/d/1UU2Gp_YH4NnJ2tRYPD1-pFli-F7TM1PtO_Ll95J2LQI suite à quoi nous avons lancé un pad collectif qui, depuis, s’est étoffé et continue à l’être : https://frama.link/Debunk-HoldUp (à diffuser avec parcimonie)
    et il y a #CaptainFact qui propose une vérification collective enrichie là https://captainfact.io/videos/4Y7d (je suis persuadée que c’est le genre d’outils qu’on a besoin de développer)

    En attendant, je dois avouer que je fais un peu le yoyo sur le sujet parce que lire ça et là que les gens sont stupides de relayer ça, bah, même si j’ai des ras-le-bol très très fort, ça me va pas comme réponse, ou plutôt, ça me rend encore plus triste et pessimiste. Je ne peux m’empêcher de penser à l’électorat de Trump, qu’on moque plus facilement qu’il est à distance, en sachant que dans le même temps la France est en train de faire pire dans certains domaines. Il me semble que ne pas entendre les besoins auxquels ce film répond, c’est passer à côté de ce qu’il nous faut pour faire "société" et pousser les biens communs et non individualités malmenées par des décrets qui nous maintiennent dans l’impuissance. Je suis persuadée, années après années, que le plus important est l’accessibilité aux informations et savoirs mais je suis aussi de plus en plus convaincue que la solution pour mieux passer les crises passe par rétablir plein de liens d’entraide dans notre voisinage immédiat...
    Mille douceurs sur tous vos univers et sur vos bulles nécessaires 💚

    Loi de Brandolini : « La quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire. »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Brandolini

    Avant de partir piocher dans les données, une première question à se poser est peut-être "Pourquoi vouloir changer l’opinion des gens sur Hold-up ?" afin de mieux répondre à la question "Comment changer l’opinion d’une personne sur Hold-up ?" Pour ça, le visionnage de la nouvelle vidéo de Hygiène Mentale peut être salutaire ;)
    https://www.youtube.com/watch?v=VnbhrwNXry0

    Et donc, pour ce qui est déjà listé :

    Précisions / mises au point d’intervenant-e-s

    Philippe Douste-Blazy s’explique et se désolidarise du documentaire
    https://twitter.com/pdousteblazy/status/1326623595502718978 +archive : https://archive.vn/Vn91s
    Interview RTL : “Hold-Up” : Douste-Blazy “scandalisé” par le documentaire où il apparaît : https://www.rtl.fr/actu/politique/hold-up-douste-blazy-scandalise-par-le-documentaire-ou-il-apparait-7800921675 )
    Explication plus complète sur BFMTV : “Hold-Up” : “scandalisé”, Douste-Blazy demande à être retiré du documentaire aux relents complotistes : https://www.bfmtv.com/sante/hold-up-scandalise-douste-blazy-demande-a-etre-retire-du-documentaire-aux-rel

    Monique Pinçon-Charlot explique comment elle a été trompée à la fois sur le sujet mais aussi sur la coupe qui a été faite dans ses propos. Elle présente aussi ses excuse pour l’allusion inappropriée à l’holocauste. Elle refuse d’être associée à la promotion du film :
    https://twitter.com/PINCON_CHARL0T/status/1327309067879141377 +archive : https://archive.vn/EfkkO

    Analyses, critiques et désinfox disponibles

    Sur Twitter :
    –Thread debunk et analyse, de @C19Federation (collectif Covid 19 Fédération, centre d’information sur le coronavirus) :
    https://twitter.com/C19Federation/status/1326595799858475009 +archive : https://archive.vn/SmBVG

    –Thread debunk, de @Tristanmf :
    https://twitter.com/tristanmf/status/1326510738966532096 +archive : https://archive.vn/9GSdJ

    –Thread debunk, de @VictorBoissel
    https://twitter.com/VictorBoissel/status/1326797394269401088 +archive : https://archive.vn/XomKt

    –Thread debunk, de @lucifer_le_vrai
    https://twitter.com/lucifer_le_vrai/status/1325967852332077062 +archive : https://archive.vn/s0l4S

    –Courtes vidéos de @Gollumilluminat

    le Diamond Princess prédit-il 55 000 morts pour la Grande Bretagne ?

    https://twitter.com/Gollumilluminat/status/1326844683440582658

    "L’OMS a interdit les autopsies" ?

    https://twitter.com/Gollumilluminat/status/1326882895781355526

    "les médecins touchent plus d’argent lorsqu’ils dénoncent des cas contact" ?

    https://twitter.com/Gollumilluminat/status/1326876315018989569

    –Thread debunk de @AnasseKazib, belles mises en évidence d’incohérences dans le film.
    https://twitter.com/AnasseKazib/status/1326995516354334731 + archive : https://archive.vn/sM5QK

    –Thread de @medmedfr qui regroupe aussi divers thread, articles et debunk :
    https://twitter.com/medmedfr/status/1326606239300775941 +archive : https://archive.vn/FSIEG

    –Thread Alexandre Boucherot, COE de Ulule, sur la récolte d’argent pour Hold Up sur la plateforme :
    https://twitter.com/cemonsieur/status/1326873749531074560 +archive : https://archive.vn/0R48k
    → Il y explique que l’intégralité de la commission perçue va aller à une association de défense de l’information : https://community.ulule.com/topics/politique-de-moderation-que-fait-ulule-si-un-projet-contrevient-a-s

    Sur Facebook :
    –Post de Jean-Loic Le Quellec, notamment sur les invités du film :
    https://www.facebook.com/jeanloic.lequellec/posts/3798547896845205 +archive : https://archive.vn/dzRzx

    –Post de Dany Nuremberg, notamment sur les invités du film et l’HCQ :
    https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=10223237673481214&id=1565238776 +archive : https://archive.vn/s3xtd

    –Alerte du collectif Covid19 (centre d’information sur le coronavirus) :
    https://facebook.com/Covid19.Federation/photos/a.109195057395696/194108348904366 +archive : https://archive.vn/1MiLc

    –Post analyse de Loïc Steffan, Professeur agrégé Éco-gestion, à l’Institut National Universitaire Champollion :
    https://www.facebook.com/loic.steffan/posts/10221632402871394 +archive : https://archive.vn/iJQxy

    –Courtes vidéos de Pierre Ratbb identiques à celles de @Gollumilluminat sur twitter :

    le Diamond Princess prédit-il 55 000 morts pour la Grande Bretagne ?

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1251684621880487&id=100011168831576

    "L’OMS a interdit les autopsies" ?

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1251791825203100&id=100011168831576

    "les médecins touchent plus d’argent lorsqu’ils dénoncent des cas contact" ?

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1251773601871589&id=100011168831576

    Sur Youtube :
    –Courtes vidéos par Le Moment Neuneu :

    le Diamond Princess prédit-il 55 000 morts pour la Grande Bretagne ?

    https://www.youtube.com/watch?v=2A6Bo-swumQ

    "L’OMS a interdit les autopsies" ?

    https://www.youtube.com/watch?v=8f6LxmG3GCo

    "les médecins touchent plus d’argent lorsqu’ils dénoncent des cas contact" ?

    https://www.youtube.com/watch?v=CauCCT3L1pw

    Sur Internet :

    Très très gros boulot de Débunkage du documentaire Hold-up : analyse personnelle et semi-collaborative par Thibaut P. & Christophe P. avec timing précis et au format CC-BY-NC-SA : https://hackmd.io/Vxh9X6C8RIyh0zRPcgh_BA?view +archive : https://archive.vn/yo9do

    –Captain Fact : travail d’analyse collectif minutieux point par point des membres de CaptainFact :
    https://captainfact.io/videos/4Y7d

    –Travail d’analyse minutieux point par point du collectif Fédération Covid19 (centre d’information sur le coronavirus)
    https://spark.adobe.com/page/xiBTzlo8ML8Hv

    Fiche Conspiracy Watch en cours de réalisation : https://www.conspiracywatch.info/hold-up

    Instant critique : HOLD-UP, la comédie fiction de Pierre Barnérias
    https://instantcritique.fr/divertissement/hold-up-la-comedie-fiction-de-pierre-barnerias

    Médias scientifiques & spécialisés

    Sciences et avenir : Covid-19 : 4 "fake news" majeures présentes dans le documentaire complotiste "Hold-Up"
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/covid-19-4-fake-news-majeures-presentes-dans-le-documentaire-complo

    "Le virus a particulièrement sévi du 15 mars au 15 avril, période où nous étions tous confinés grâce à une mesure historique censée ne pas faire apparaître cette courbe" (à 8’05’’)

    RT-PCR : "l’ARS ne communique pas sur le nombre de cycles" (à 8’54’’)

    "On a interdit les autopsies à cause d’une instruction de l’OMS" (39’16’’)

    "Jusqu’à maintenant, les virus venant du monde animal ont du mal à se transmettre d’Homme à Homme" (entre 1h39’ et 1h50’)

    Différents médias mainstreams :

    –Article de ChekNews (payant) :
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/11/11/que-sait-on-du-documentaire-hold-up-qui-denonce-une-manipulation-mondiale
    @medmedfr l’a rendu public ici : https://twitter.com/medmedfr/status/1326606239300775941
    et en version libre là : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/que-sait-on-du-documentaire-c2-abhold-up-c2-bb-qui-d-c3-a9nonce-une-c2-abmanipulation-c2-bb-mondiale-sur-le-covid-19/ar-BB1aUrx1

    Articles cités (Libé ou autres) dans le débunk de Checknews :

    18 mars : Le brevet du Covid-19 par l’institut Pasteur : https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/18/non-le-covid-19-n-a-pas-ete-invente-par-l-institut-pasteur_1782209

    25 mars : Pourquoi un billet de blog de pro Raoult a disparu du blog Médiapart : https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/25/mediapart-a-t-il-supprime-un-billet-de-blog-favorable-au-professeur-raoul

    13 avril : Pas de déploiement “sauvage” de la 5G pendant le confinement : https://www.liberation.fr/checknews/2020/04/13/le-gouvernement-a-t-il-generalise-la-5g-pendant-le-confinement_1785045

    15 avril : L’OMS et les recommandations de port du masque : https://www.liberation.fr/checknews/2020/04/15/pourquoi-l-oms-ne-recommande-t-elle-pas-le-port-du-masque-a-toute-la-popu

    27 avril : Véran pris en flagrant déli de mensonge sur le port du masque : https://www.liberation.fr/france/2020/04/27/masques-comment-le-gouvernement-a-menti-pour-dissimuler-le-fiasco_1786585

    2 juin : Les critiques de l’étude du Lancet : https://www.liberation.fr/checknews/2020/06/02/pourquoi-l-etude-du-lancet-sur-l-hydroxychloroquine-est-elle-sous-le-feu-

    21 septembre : Le mythe de la prime décès Covid versée aux hopitaux : https://www.liberation.fr/checknews/2020/09/21/non-les-hopitaux-ne-touchent-pas-une-prime-de-5-000-euros-par-deces-du-au

    4 octobre : 5 arguments des “rassuristes” passés au crible : https://www.liberation.fr/france/2020/10/04/cinq-arguments-des-rassuristes-passes-au-crible_1801400

    13 octobre : Analyse de l’association Bon Sens et de ses membres : https://www.liberation.fr/checknews/2020/10/13/qu-est-ce-que-l-association-bonsens-cofondee-par-la-deputee-martine-wonne

    Sur Christian Perronne :

    2016 : Raoult clashe les docteurs complotistes prétendant que Lyme est une maladie créée par les nazis (dont Perronne fait partie) : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/christian-perronne-avec-didier-raoult-on-a-de-l-estime-mutuelle_2130142.htm

    19 juin : Létalité du Covid-19 : 19% en France contre 6% aux USA selon Perronne ? https://www.liberation.fr/checknews/2020/06/19/est-il-vrai-que-la-letalite-du-covid-en-france-a-ete-de-19-contre-6-aux-e

    8 juillet : Perronne défend le protocole Raoult : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/christian-perronne-avec-didier-raoult-on-a-de-l-estime-mutuelle_2130142.htm

    Sur les élections US :

    4 novembre : Pourquoi le nombre de voix démocrates dans le Michigan et le Wisconsin a soudainement augmenté : https://www.liberation.fr/checknews/2020/11/04/pourquoi-le-nombre-de-voix-democrates-dans-le-michigan-et-le-wisconsin-a-

    5 novembre : Pas plus de votants que d’inscrits dans le Michigan : https://www.liberation.fr/checknews/2020/11/05/non-il-n-y-a-pas-eu-plus-de-votants-que-d-inscrits-dans-le-wisconsin_1804

    10 novembre : Pourquoi France Soir n’est plus un journal : https://www.liberation.fr/checknews/2020/11/10/francesoir-ceci-n-est-plus-un-journal_1803644

    Les Décodeurs : Covid-19 : les contre-vérités de « Hold-up », documentaire à succès qui prétend dévoiler la face cachée de l’épidémie : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/11/12/covid-19-les-contre-verites-de-hold-up-le-documentaire-a-succes-qui-pretend-

    RTBF.be : Le coronavirus, fruit d’une "manipulation mondiale" ? "Hold-Up", un docu soutenu par des milliers de contributeurs
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_le-coronavirus-fruit-d-une-manipulation-mondiale-hold-up-un-docu-soutenu

    Le Parisien : Covid-19 : labos, masques et domination du monde… on décrypte « Hold Up », le docu qui agite les complotistes
    https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-labos-masques-et-domination-du-monde-on-decrypte-hold-up-le-docu

    France Info : Covid-19 : “Hold-up”, le documentaire qui dénonce un “complot mondial”, fait polémique : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-et-complot-mondial-le-documentaire-hold-up-fait-polemique_4178

    – RTL :
    "Comment le documentaire "Hold up" est devenu une affaire politique ?" : chronique de Jean-Mathieu Pernin
    https://www.youtube.com/watch?v=Ge5qEf_FW7Q


    à retrouver en article ici https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/comment-le-documentaire-hold-up-est-devenu-une-affaire-politique-7800922012

    "Hold Up : le piège redoutable des théories du complot" : edito

    https://www.youtube.com/watch?v=6yS8C0ZuXL4


    à retrouver en article ici : https://www.rtl.fr/actu/politique/hold-up-le-piege-redoutable-des-theories-du-complot-7800921922
    – Europe 1 : de 3’28 à 5’36, avec intervention de Tristan Mendès
    https://www.youtube.com/watch?v=yZveTRGAn4g

    BFMTV (article un peu brouillon mais qui a l’avantage de lister la plupart des autres publications et de comprendre pourquoi Philippe Douste-Blazy dit s’être fait pièger) : TOUT COMPRENDRE - “Hold-up”, le documentaire aux relents complotistes qui veut dénoncer les “mensonges” sur le Covid-19 : https://www.bfmtv.com/societe/tout-comprendre-hold-up-le-documentaire-aux-relents-complotistes-qui-veut-den

    lien vers le doc hors "promotion" : https://hdstreaming.ch/movies/hold-up-retour-sur-un-chaos

  • Covid19 Fédération sur Twitter :
    🔷🔹Appel à une grande vigilance 🔹🔷 Hold Up, un monument de désinformation ?
    https://twitter.com/C19Federation/status/1326595799858475009

    👉 Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont envahis de teasers préparant la sortie d’un documentaire « choc », Hold Up. Ce film (long de 2h40 ! ) prétend révéler un véritable scandale dans la gestion de l’épidémie de Covid19 sur fond de corruption.

    Après son visionnage, nous – le collectif Covid 19 Fédération – avons décidé d’en faire une analyse détaillée tant les “informations” qu’il véhicule sont trompeuses, dangereuses ; en fait, totalement irresponsables._

    […]

    il nous semble que c’est faire preuve de la plus grande irresponsabilité que de diffuser, maintenant - en pleine crise, et sans aucun recul - , un tel “documentaire.

    • J’ai tenté de le regarder, mais j’avoue que sans parler du fond rien que le montage est effarant avec un nombre élevé de coupures rapides mêlées à un fond musical flippant. Et surtout à un moment entendre un médecin dire que « nous avons été bombardé » ça m’a fait bondir et je n’ai plus supporté de poursuivre le visionnage. Non, il n’y a pas eu de bombardement, il faut arrêter les âneries ! Il me semble plus qu’inutile si on souhaite faire comprendre ce qui se passe d’utiliser des termes faux et anxiogènes, j’aimerai voir une analyse de cette crise dans des termes intelligents pas un truc qui surfe sur le #complotisme pour faire de l’audience. D’autant que les questions à se poser réellement ne manquent pas.

    • @reka, le lien gratuit vimeo a été supprimé. Ce qui m’ennuie c’est que c’est une jeune militante qui me l’a envoyé alors que nous avions déjà discuté (je croyais suffisamment clairement) de l’absurdité de ces thèses. Je discute beaucoup, c’est l’unique moyen d’action que j’ai gardé pour interroger poursuivre et ancrer une pensée politique libératrice, reprendre la parole et les mots, parler encore et encore et déconstruire en questionnant et cela dans divers milieux et surtout sans à priori avec qui et où. Et je suis très inquiète des dérives que j’entends ou vois (comme ce film) qui amalgament n’importe quoi pour les déverser dans des cerveaux perméables à cette bouillie sous des dehors révolutionnaires. Comme si la réflexion et l’organisation de la pensée commençaient à être salement atteintes dans leur fondement même.

    • pour l’instant, l’analyse la plus complète et ettayée que j’ai trouvée est celle de Loïc Steffan : Loïc Steffan :
      https://www.facebook.com/loic.steffan/posts/10221632402871394 (archive hors FB : https://archive.vn/iJQxy )
      Et il y a la possibilité de participer à un fact check collectif chez captainfact : https://captainfact.io/videos/4Y7d
      Deux liens qui sont parmi d’autre sur la tentative de mise en commun des ressources dont il est question ici https://seenthis.net/messages/886194 comme le signale @jeanmarie (merci !)
      #HoldUp

    • Quelques sources sur le producteur et le réalisateur

      Le 6 novembre, France soir publie une longue interview via visioconférence cf YT nommée debriefing de Christophe Cossé, producteur du film « Hold-Up » où l’on se tutoie entre potes journalistes.
      #rance_soir

      Quant au réalisateur Pierre Barnérias il a réalisé M et le 3e Secret film documentaire sorti en 2014 au cinéma

      Ce film documentaire de 110 minutes est une enquête sur les apparitions de la Vierge Marie et plus particulièrement celle de Fatima en 1917 ou elle révéla 3 secrets à des enfants. Deux furent révélés et se produisirent mais le troisième qui devait être divulgué à une certaine date, ne le fut que bien plus tard.

      #tout_va_bien

    • Pour rappel, cela fait plus d’un an que France soir n’a plus aucun journaliste du tout, n’est officiellement plus une « entreprise de presse », et qu’il s’agit uniquement depuis lors d’un « site d’actus/blog » tenu juste par le propriétaire du nom. Et c’est assez dégueu parce que plein de gens continuent de relayer ça comme s’il s’agissait « d’articles de journal », fût-ce un journal de mauvaise qualité, alors que c’est pire c’en n’est même plus un du tout.

    • Une problématique un peu différente du debuking omniprésent :

      Après quelques journées à ruminer les échanges lus sur des forums de déminage consacré à un récent nanar complotiste sur la covid-19, que je ne citerai pas sur ma page pour ne pas lui donner davantage de publicité encore (il en a reçu bien assez à mon goût), j’envisage sérieusement de me lancer dans l’analyse du discours complotiste, sous un angle linguistique / psycholinguistique / sociolinguistique, me disant qu’il y a là une vraie question d’utilité publique à laquelle il est urgent de s’atteler.

      Je suis frappé des récurrences dans le discours complotiste en général (avec son lot de sophismes caractérisés : inversion de la charge de la preuve, homme de paille / caricature, amalgame...), et m’interroge sur la façon dont une science de la structure du discours ou de l’argumentation, disons, pourrait en rendre compte.

      Ce discours se développe souvent en retrait de tout raisonnement contradictoire - ainsi ce film très clairement complotiste, comme beaucoup de productions de ce type, loin de mettre en dialogue des thèses contradictoires, se présente comme un réquisitoire à charge (ce qui est le contraire par essence de tout raisonnement analytique, scientifique - au sens large - ou non d’ailleurs), et n’envisage pas un instant de prendre au sérieux la validité d’une proposition contraire à son credo.

      « L ’évidence interprétative », est un autre trait saillant des discours complotistes : il s’agit de feindre ne pas imposer de relations entre prémisses et conclusions (’tirez-en vos propres conclusions’ est une autre antienne complotiste), tout en créant les conditions nécessaires (orientation argumentative au sens de Ducrot 1981, par ex.) à l’émergence d’un ensemble limité de propositions-conclusions bien orientées. Cet aspect là serait aisé à saisir dans une théorie formelle du discours.

      Cette « évidence interprétative » est bien sûr consubstantielle à l’idée, pour le complotiste, du caractère acquis de ses croyances et de l’abondance des « preuves » afférentes, et donc, du rejet de la charge de la preuve. Tout ceci rend particulièrement difficile le dialogue contradictoire avec le complotiste, puisqu’il est un peu une monade (au sens leibnizien) aux portes et fenêtres fermées, inaccessible à la raison d’autrui, à l’inter-subjectivité critique. Et lui donne le sentiment de sa toute-puissance intellectuelle. Ce n’est, bien sûr, que l’illusion d’une « pensée » renfermée sur elle-même et ses biais cognitifs qui sont autant de forteresses impénétrables. La psycholinguistique expérimentale est une autre porte d’entrée dans l’étude du discours complotiste, à cet égard.

      Le champ n’est pas vide, loin s’en faut (Le Caroff & Foulot, Nicolas, Zaragella & Annoni, etc.), mais une approche formelle / quantitative / expérimentale, peu représentée dans ce que j’ai pu trouver, me semble à même d’apporter des éclairages nouveaux. Qu’en pensez-vous ?

      vu sur FB https://www.facebook.com/patrick.caudal/posts/10158836027124525

  • Covid-19 : « Le déni face à la réalité sanitaire, conséquence directe d’années de désinformation en ligne », Marie Peltier
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/04/covid-19-le-deni-face-a-la-realite-sanitaire-consequence-directe-d-annees-de

    La frilosité des gouvernements à imposer de strictes mesures sanitaires ne tient pas seulement à leur souci pour l’économie. Elle s’explique aussi par leurs concessions au sentiment croissant de défiance envers toute parole d’autorité, juge Marie Peltier, spécialiste du complotisme

    Tribune. Le président Emmanuel Macron, le mercredi 28 octobre, puis le premier ministre, Jean Castex, le jeudi 29, ont annoncé un confinement partiel et limité dans le temps. Cette réaction timide face à la gravité du pic actuel de la pandémie de #Covid-19 est à l’image de celle des gouvernements des autres pays européens. Depuis maintenant plusieurs semaines, les professionnels des soins de santé tirent la sonnette d’alarme sur le fait que nous courons collectivement à la catastrophe. Face à cela, le politique réagit par des mesures disparates et incohérentes, ce qui nourrit un sentiment d’absurdité déjà bien ancré chez les citoyens. Comment lutter contre le #complotisme et la #désinformation dans un contexte où le pouvoir politique lui-même est parfois hésitant devant la propagation d’arguments de moins en moins scientifiques et rationnels ?

    Depuis le début de la première vague de Covid-19, une évidence s’impose : la crise du récit collectif est plus que jamais palpable. Il semble que nous peinions chaque jour un peu plus à tenir un positionnement collectif et cohérent face à cette pandémie dont nous n’aurions pu imaginer, il y a quelques années encore, qu’elle pourrait nous frapper. Cette composante traumatique est essentielle à rappeler : nous oublions facilement que cette pandémie constitue un événement bouleversant, qui perturbe en profondeur notre rapport à autrui et au monde, et notre confiance en l’avenir.

    Sur cette perte de repères, le #conspirationnisme contemporain – qui a gagné depuis vingt ans énormément de terrain au sein de nos sociétés – joue pour beaucoup le rôle de « kit clés en main » : il propose des réponses préfabriquées, à la portée de tous, à des interrogations et des angoisses éminemment politiques et, plus encore, existentielles. Les phrases toutes faites qui circulent actuellement sur l’opportunité ou non du port du masque, sur la prétendue « immunité collective », sur la supposée « exagération » de la situation, sont en fait le fruit d’années de discours idéologiques qui ont progressivement fait du complotisme un réflexe mainstream, se répandant à des degrés divers et dans des milieux variés.

    Opérations de communication ubuesques

    C’est une grave erreur d’analyse de penser que le politique est immunisé contre ce type de réflexe. C’est une erreur tout aussi grossière de penser qu’il combat le conspirationnisme en faisant des « concessions » à cette sémantique et à cet imaginaire politique. Or, ce que nous observons, c’est que les frontières entre le positionnement conspirationniste et la parole qui prétend lui faire face sont de plus en plus poreuses. Aujourd’hui, la frilosité des gouvernements européens à imposer un nouveau confinement complet et d’une durée suffisante pour infléchir la courbe pandémique ne s’explique pas seulement par leur préoccupation pour les économies nationales, pour l’éducation ou pour la santé mentale de leurs concitoyens. Elle s’ancre également dans la défiance envers la parole d’autorité (dont la parole scientifique) qui a aujourd’hui gagné tout l’espace public.

    On assiste ainsi à des opérations de communication de plus en plus ubuesques de la part de nos dirigeants politiques Tout se passe comme si ces responsables voulaient à tout prix ménager la chèvre et le chou : concéder certaines choses aux scientifiques et aux médecins, sans toutefois risquer de trop brusquer celles et ceux qui adhèrent en tout ou partie à des discours dits « alternatifs » remettant en question la gravité de la pandémie. Au risque d’hôpitaux saturés, de morts supplémentaires et, plus largement, de la non-protection des soignants et des personnes les plus fragiles au sein de nos sociétés.
    Cette situation est consécutive à une longue séquence politique, qui s’est ouverte au début des années 2000 et qui a profité du « tout réseaux sociaux » caractéristique des années 2010. Cette séquence fut marquée par une confusion idéologique grandissante et par des postulats complotistes de plus en plus banalisés dans la sphère publique. Ces postulats, loin d’être le fait de quelques ignorants ou « égarés », sont aujourd’hui l’arrière-fond d’une sémantique largement partagée.

    Combat pour les faits

    Le #déni face à la réalité sanitaire est une conséquence directe d’années de désinformation, spécialement en ligne, qui ont rendu possible un fait terriblement inquiétant : nous ne sommes plus capables de faire face collectivement à une menace directe et imminente pour la vie et la santé de nos concitoyens. Perdus dans nos postures et notre certitude de faire preuve d’« esprit critique », nous permettons en réalité à des discours de propagande hostiles à l’émancipation et à la démocratie de prendre le pas sur la santé publique et, donc, sur notre possibilité même de vivre en société à court et à long terme.

    Le conspirationnisme est moins que jamais un problème de personnes non éduquées : il est aujourd’hui une arme politique qui est en train d’affaiblir durablement nos sociétés. Nous l’avons vu ailleurs dans le monde : cet imaginaire de la défiance peut aujourd’hui porter au pouvoir des dirigeants réactionnaires, égotiques, mythomanes et irresponsables. Ce combat pour les faits est aussi un combat pour la défense d’une vision et d’une certaine idée de la société : une société où nous ne laissons pas triompher des effets de posture ; une société à laquelle nous faisons suffisamment confiance pour lui permettre de nous protéger.

  • Une connaissance me fait part de ce qu’il lui arrive. Sa vieille mère alzheimer, 90 ans passés, était hospitalisée pour un souci de santé. L’hôpital lui demande de la récupérer. On lui précise qu’elle a chopé le covid depuis. Il se trouve qu’il est sous traitement pour un cancer. Et il doit donc trouver un endroit où mettre sa mère, afin que la chambre d’hôpital soit réaffecté à des patients Covid.

    Il m’indique que son fils et sa fille sont aussi Covid+.

    Il m’indique avoir des connaissances qui l’ont chopé aussi. Un mort, récemment.

    Il me précise que le centre anti-cancer du coin a décalé toutes les opérations prévues ce mois-ci.

    Hier, j’étais avec des proches ne portant pas le masque et demandant, arrivant dans la pièce où nous étions tous ensemble, pourquoi la fenêtre était ouverte. Ils me rendent fous. Ils sont tous dans la cible du virus, jeunes retraités, et complètement inconscients de ce qu’il se passe.

    • Ce ne sont pas des boites à cons. C’est à mon avis une campagne orchestrée et volontaire (complotiiiiiiisme). Je parlais de Blachier comme d’un gars en service commandé, à la façon d’Odoxa pour les sondages bidons.
      https://seenthis.net/messages/883088#message883128

      Il y a trop de portes ouvertes trop facilement à des gugusses sans CV permettant de justifier leurs invitations systématiques sur les grands réseaux. C’est trop facile de parler de « buzz » et de « putaclic »...

      Trop de signes convergent à mon sens vers une offensive concertée de guerre de l’information.

      Et nous sommes face à une entreprise d’eugénisme à grande échelle. Si la Chine va gagner la première bataille contre le virus, l’Occident fait le calcul de gagner la bataille du 4ème âge et du poids des retraités et de leurs retraites par répartition pour le reste du XXIème siècle.

      Ça paraît énorme de se dire que des cerveaux humains ont pu fomenter un plan aussi infecte. Et pourtant, que de signaux convergents...

    • Tu poses la question de l’intentionalité. Et elle est tentante. Ecouter 30 secondes Ciotti, Darmanin, et tous leurs clones... et évidemment, que tu penses #idiocratie. Mais... Ils ne sont pas seuls. Il y a plein d’autres personnes autour.

      Pourquoi ne parle-t-on plus de #Gladio ? Hein ? Pourquoi ? Les réseaux de ce type n’ont-ils vraiment plus de raisons de continuer à exister ?

    • Je cite Gladio par commodité, on ne connait pas le nom des autres réseaux. Mais plutôt qu’à la stratégie de la tension (quoi que), je pense plus volontiers à ces journalistes allemands payés par les services secrets américains, à ces réseaux d’associations, financées par la NED, etc.

      Nous avons nous aussi « nos » propres façons de financer les gens qui parlent comme « on » le souhaite, le MEDEF sait faire le nécessaire, en dirigeant les flux financiers vers telle ou telle société.

      Par exemple, je me répète, que Blachier puisse prétendre diriger une super boutique de prévision de l’épidémie sans s’être cassé la gueule irrémédiablement suite à toutes ses contre-vérités du printemps et de l’été, ça me laisse pantois, un petit peu à la façon dont ces instituts de sondage imposent les thématiques à partir d’hypothèses de candidatures que personne n’avait évoquées jusqu’alors, ou à la façon dont ils se vautrent dans leurs prévisions sans que jamais ils ne fassent faillite.

      Que les journaux nationaux, d’ailleurs, ne fassent jamais faillite, alors même que leur gestion désastreuse leur fait perdre leur lectorat est un autre signe qui devrait interroger.

      #complotisme ! et j’assume :-)

    • En fait, vu le bordel (je lis à l’instant que le couvre-feu était terminé en IDF, mais qu’il pourrait être rétablit, mais qu’en fait non, ce qui a été dit à la télé y-a une heure n’est pas vraiment ce qui doit être compris), c’est impressionnant, on se demande vraiment si ce ne sont pas authentiquement des gens qui sont totalement dépassés par la situation. Et si les journalistes, à force de purges économiques, ne sont pas authentiquement devenus incapables de choisir leurs interlocuteurs. C’est peut-être bien cela. Pas de réseaux secrets de type CIA et NED qui financent un flux d’informations alternatives, afin d’appuyer une campagne de soutien au laisser-faire face à la pandémie (à la façon dont on a appris que Trump était au courant de l’importance de la pandémie, mais qu’il a volontairement laissé faire, pour ne pas prendre les mesures de blocage nécessaires des flux humains, et quand un Président d’empire décide cela, il ne se contente pas de juste faire de la rétention d’informations, il a plusieurs dizaines de services sous ses ordres... services dont les ramifications remontent jusqu’aux Young leaders européens... #complotiiiiisme, le revoilà !).

    • En fait, vu le bordel (je lis à l’instant que le couvre-feu était terminé en IDF, mais qu’il pourrait être rétablit, mais qu’en fait non, ce qui a été dit à la télé y-a une heure n’est pas vraiment ce qui doit être compris), c’est impressionnant, on se demande vraiment si ce ne sont pas authentiquement des gens qui sont totalement dépassés par la situation. Et si les journalistes, à force de purges économiques, ne sont pas authentiquement devenus incapables de choisir leurs interlocuteurs. C’est peut-être bien cela. Pas de réseaux secrets de type CIA et NED qui financent un flux d’informations alternatives, afin d’appuyer une campagne de soutien au laisser-faire face à la pandémie (à la façon dont on a appris que Trump était au courant de l’importance de la pandémie, mais qu’il a volontairement laissé faire, pour ne pas prendre les mesures de blocage nécessaires des flux humains, et quand un Président d’empire décide cela, il ne se contente pas de juste faire de la rétention d’informations, il a plusieurs dizaines de services sous ses ordres... services dont les ramifications remontent jusqu’aux Young leaders européens... #complotiiiiisme, le revoilà !).

  • Au cœur de la complosphère — Heidi news
    https://heidi-f385.kxcdn.com/photos/92a19c3c-f4d0-4d66-b554-3b3f54f8239c
    https://www.heidi.news/explorations/au-coeur-de-la-complosphere/sortir-de-la-matrice-mode-d-emploi

    À Genève et en Suisse romande, les théories conspirationnistes autour de la crise sanitaire font converger un nombre conséquent de luttes et de mouvances, certaines radicales. Heidi.news et Léman Bleu ont enquêté auprès des figures de proue romandes.

    Vidéo de 20min: https://www.lemanbleu.ch/fr/News/Enquete-au-coeur-de-la-complosphere-romande.html

    via https://hostux.social/@SillobreMVC/104943743939483878

    #conspiration #complotisme