• Le profil type du « complotiste » ? Un jeune gueux qui ne vote pas pour Macron 7 Février 2019 Frustration _
    https://www.frustrationlarevue.fr/le-profil-type-du-complotiste-un-jeune-gueux-qui-ne-vote-pas-pour

    Voici l’incroyable conclusion qui ressort du dernier sondage pondu par l’inénarrable Rudy Reichstag, directeur de l’officine pro-gouvernementale de l’observatoire du conspirationnisme, créé en 2007, Conspiracy Watch. Un an après un premier sondage déjà extrêmement perfectible et orienté, voilà qu’ils en remettent une couche en précisant cette fois que, o surprise, les gueux ainsi que les jeunes seraient les plus touchés par le conspirationnisme. C’est dire qu’un tel sondage tombe à point nommé, où les tentatives de-crédibilisations d’un mouvement des gilets jaunes composés de tartufes complotistes à la Maxime Nicolle font bondir les bourgeoisies de droite comme de gauche de leur siège doré.

    “Les seniors sont moins concernés. Mais tout ça est corrélé au niveau de diplôme (les diplômés du supérieurs sont moins poreux que ceux qui n’ont pas ou que le Bac), au niveau de vie (plus on fait partie des défavorisés, plus on adhère à ce types de contenus)”, explique ainsi ce cher Rudy Reichstag sur France inter .

    Faire du complotisme une affaire de classe est évidemment une manière de désigner et de dénigrer des imbéciles à remettre dans le droit chemin de la Vérité à coup d’éducation aux médias infantilisant et de fact-checking pour se racheter une crédibilité maintes fois perdues et, par conséquent, à contenir ou retenir toute remise en question de l’ordre économique sociale et politique existant. C’est que le complotisme de l’Elysée, comme le décrit si bien Frédéric Lordon dans son dernier billet , qui consiste à fantasmer sur des gilets jaunes soit disant contrôlés par l’affreuse main russe afin de se déresponsabiliser n’est nullement décrit dans ce sondage, comme celui des anti-complotistes complotistes souvent macronistes. Hélas, l’auto-analyse, ça n’est pas pour tout de suite non plus. Car en effet il ressort également de cette « enquête » une résistance au complotisme chez les Français qui ont voté Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, mais que l’électorat de Jean Luc Mélenchon, de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont Aignan sont d’avantage sensibles aux théories conspis. Diantre ! 

    Et s’il y a bien un naïf pour se laisser berner par ce genre de sondage, c’est le journaliste qui, par un mimétisme navrant, s’embourbe dans la brèche à recracher bêtement des conclusions à peine exagérées. « Le fléau du complotisme en France : une menace pour notre démocratie », titre le quotidien régional La Dépêche, « Sondage sur le complotisme : 4 enseignements à tirer », s’inquiète le JDD. Pourtant, il leur fallait seulement cinq petites minutes afin de questionner par téléphone Rudy Reichstag sur sa méthodologie douteuse : quels sont les échantillons ? Sont-ils réellement représentatifs ? Quel est le degré de réponses « trolls » ? Pourquoi ces catégories ? Les réponses sont-elles suffisamment nuancées ? Certains journalistes, décidément en roue libre, n’hésitent pas à conclure, comme sur France inter : « Une enquête qui montre une nouvelle fois que les Français sont de plus en plus perméables aux théories complotistes et notamment les jeunes adultes » (3).

    Ils leur suffisaient également pour certains de dix petites minutes supplémentaires afin d’interroger les nombreux raccourcis surprenants qui sont une nouvelle fois effectués ici, c’est-à-dire mettre au même niveau la croyance en la terre plate et le fait que ministère de la Santé soit de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins, qui relève plus d’une défiance générale envers les institutions qui mériterait d’être interrogée plutôt que blâmée.

    Cette confiance aveugle de ces journalistes envers cette enquête sans l’once d’esprit et de recul critique est, elle aussi, très inquiétante. Le sondage ne mérite aucune contre-expertise, ce qu’ils appellent en rédaction ou en école de journalisme le fameux « contre-pied », imposé une fois sur deux en fonction de leur « idéologie » non assumée, lorsque c’est par exemple trop « militant », mais rarement dans ce genre de cas présent. Vivement les analyses incroyablement fines de spécialistes et de chercheurs/euses en tout genre, de Marie Peltier en passant par Tristan Mendes France, qui étaient étonnement bien silencieux lorsque des journalistes accusaient des gilets jaunes d’avoir foutu le feu à des voitures devant le siège du quotidien Le Parisien.

    En parallèle de ce qui semble bien être un véritable naufrage journalistique ridiculement cocasse, le journaliste Vincent Glad explique la raison pour laquelle selon lui les journalistes ont tardé à parler des violences policières lors des manifestations des gilets jaunes : « Au début, je ne voulais pas y croire, je me disais que ce n’était pas possible. Le gouvernement ne pouvait pas sciemment demander à sa police de tirer à coup de lanceur de balle de défense sur la tête des manifestants. J’ai l’impression que j’ai été victime de l’habitus journalistique qui fait qu’on se méfie toujours de toute théorie du complot, qu’on est toujours trop mesuré, trop lent avant de s’indigner. Je me disais « ce n’est pas possible, l’État ne peut pas faire ça, ça ne peut être que des bavures isolées ». Tout est dit.

    #libération #enfumage #complotisme #Vérité #journaliste #journalisme #fake_news #croyance #vaccins #oligarchie #rudy_reichstag #vincent_glad


  • Le complotiste de l’Élysée par Frédéric Lordon (les blogs du diplo 2/02/2019)
    https://blog.mondediplo.net/le-complotiste-de-l-elysee

    On peut tenir pour l’un des symptômes les plus caractéristiques des crises organiques l’emballement des événements, et la survenue à haute fréquence de faits ou de déclarations parfaitement renversants. En moins de 24 heures, nous aurons eu les enregistrements Benalla, aussitôt enchaînés avec une rafale de propos à demi-« off » signés Macron, et la mesure du dérèglement général est donnée à ceci que, dans la compétition des deux, c’est Benalla qui fait figure de gnome. En fait, on n’arrive plus à suivre.

    Il le faut pourtant, car tout est magnifique. Macron en « off », c’est chatoyant. C’est qu’il est l’époque en personne, son plus haut point de réalisation : managérial, ignorant de tout ce qui n’est pas sa classe, le racisme social jusque dans la moelle des os, le mépris en toute innocence, et surtout l’absence complète de limite, de censure, de reprise de soi. C’est une compulsion venue de trop loin : dans l’instant même où il annonce sa propre réforme et jure de faire désormais « très attention » à ses « petites phrases », il se scandalise que le premier « Jojo avec un gilet jaune » ait « le même statut qu’un ministre ou un député » — « les petites phrases, j’arrête quand je veux », d’ailleurs « je commence demain ». Et c’est cet individu dont les « analystes » des grands médias se demandent « dans quelle mesure il tiendra compte des résultats du grand débat »… Mais peu importe, c’est tellement beau qu’on en reste émerveillé. Même une fiction à petit budget n’oserait pas se donner un personnage aussi énorme, aussi « cogné » — mais c’est sans doute le propre de cette époque que la fiction, même débridée, peine à se tenir au niveau de la réalité.


  • Réaction à l’article du Point, pointé ici …https://seenthis.net/messages/756905 par @gjpvernant
    Macron : « Éric Drouet est un produit médiatique » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-229061
    … et en particulier, au chapeau de l’article :

    Le président de la République appelle les médias à se ressaisir et décortique l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets jaunes.

    Le " plan d’action " délirant de Macron n’est que la mise en musique de l’analyse faite pour la Fondation Jean Jaurès par Roman Bornstein

    Plongée dans les comptes Facebook des "gilets jaunes"
    https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plongee-dans-les-comptes-facebook-des-gilets-jaunes.html

    EXCLUSIF. Pour la Fondation Jean-Jaurès, le journaliste Roman Bornstein s’est plongé à étudier les comptes Facebook de nombreux « gilets jaunes ». Edifiant.

    ou, ici, l’original, découpé en chapitres

    En immersion numérique avec les « Gilets Jaunes »
    https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-numerique-avec-les-gilets-jaunes

    Comment une pétition en ligne et un appel Facebook, semblables aux milliers d’autres qui naissent et meurent chaque jour dans l’anonymat des réseaux sociaux et l’indifférence des médias, ont-ils pu aboutir en quelques semaines à la constitution d’un mouvement en fonction duquel l’ensemble des acteurs du jeu démocratique sont désormais contraints de définir leur ligne politique et éditoriale ? Le journaliste Roman Bornstein se livre à une analyse inédite.

    Le texte se focalise sur les outils numériques employés par les " Gilets Jaunes ". En véritable #intellectuel_organique, Roman Bornstein décline, vus du pouvoir, les thèmes " classiques ", sur le nouvel algorithme de FaceBook, les bulles cognitives, puis le rôle des médias traditionnels, rappelant d’ailleurs que si le démarrage du mouvement s’est appuyé sur l’outil FB, le véritable coup d’accélérateur a été donné par le passage de quelques GJ à BFMTV, acquérant à l’occasion un statut de leaders, car visibles. Puis, il remonte leurs affinités avec l’extrême-droite.

    De cette trame découlent la totalité des axes évoqués par E. Macron : contrôle des réseaux et des médias (" hiérarchisation de l’information ",…)

    Cette approche " théorique ", E. Macron et le groupe autour de lui la connaissent sans doute plutôt bien, ayant eux-mêmes utilisé les mêmes ficelles, particulièrement les médias, dans leur raid pour conquérir le pouvoir. Il y a d’ailleurs, un côté " c’est pas du jeu ! " à leurs réactions quand ces mécanismes actionnés par d’autres jouent contre eux. E. Macron, visiblement de plus en plus paniqué, sans prises sur le déroulement de la crise et voyant son pouvoir menacé, y ajoute l’indémodable et centenaire " main de Moscou " actualisée en usine à trolls. Notons que l’argument, le fameux #décorticage (!) se dispense du moindre élément de commencement d’indice et vient quelque peu télescoper celui de " la faute à FB " : à quel moment VVP ou ses sbires ont-ils acquis (ou hacké…) les données de FB ? Dans la même veine, par une (fausse) preuve par association, E. Macron nous ressort la " #russosphère " de l’inénarrable " étude " sur l’affaire Benalla pondue par #EU_Disinfolab (tiens, d’ailleurs, il est où, N. Vanderbielst, dont les mots exacts étaient l’écosystème russophile ?) Il est assez cocasse de voir le président invoquer une " information " parfaitement #bidon au profit de la #hiérarchie_de_la_parole,…

    Dans ce texte (de commande ?) et dans les déclarations de Macron, pas un mot de la multidécennale crise de la représentation, pas une analyse socioéconomique du mouvement (rien sur l’accroissement des inégalités au profit des " #premiers_de_cordée ", rien sur une Europe du capital (ou de la finance) partant à l’assaut de l’Europe du travail,…) Juste une focalisation sur les dynamiques des médias et des réseaux.

    Et pourtant, 4 mois auparavant, cette même Fondation Jean Jaurès sortait un texte, tout aussi repris par l’Obs qu’ils pourraient lire (peut-être, même, relire ? en tous cas en intégrer le sens) :

    Vers un exil fiscal de l’intérieur : comment Macron favorise la " #sécession_des_riches "
    https://www.nouvelobs.com/economie/20180919.OBS2596/vers-un-exil-fiscal-de-l-interieur-comment-macron-favorise-la-secession-d

    Les mesures d’allégement de la fiscalité du capital, entrées en vigueur le 1er janvier dernier, ne sont-elles qu’une gigantesque niche fiscale ? Ces mesures, qui profitent aux 400.000 ménages les plus riches de France, sont la plus forte baisse d’impôts jamais accordée aux « 1% », dénonce ce jeudi 20 septembre une note de la Fondation Jean-Jaurès dont « l’Obs » publie ci-dessous des extraits en exclusivité. Le texte montre comment cette réforme va mécaniquement accentuer la concentration des revenus et des patrimoines aux mains des ménages du haut de l’échelle, pour un impact sur l’investissement et l’emploi plus qu’incertain.

    Dont le chapeau, relu à la lumière des événements ultérieurs, se révèle prémonitoire : la sécession des riches, vue de l’autre bord, est devenue une révolte des pauvres (on en revient à Agrippa Menenius,…, https://seenthis.net/messages/753604) le président Macron ayant réactivé un front de la lutte des classes chère à Warren Buffet.


  • « Je ne fais que poser des questions ». La Crise épistémologique, le doute systématique et leurs conséquences politiques – Fragments sur les Temps Présents
    https://tempspresents.com/2018/06/15/je-ne-fais-que-poser-des-questions-la-crise-epistemologique-le-doute-

    C’est dans ce contexte propice que la « foire aux illuminés » caractéristique de l’ère du complotisme accueille toujours plus d’exposants et de visiteurs, et que les activités de propagande, désinformation et subversion conduites par des puissances étrangères ou groupes terroristes hostiles rencontrent un succès croissant en proliférant sur le terreau favorable de la « démocratie des crédules ».

    Toutes ces tendances ne sont pas nouvelles, mais leur convergence au cours des dernières années a désormais des conséquences politiques notables : en premier lieu des transformations du jeu électoral dans nombre de pays, mais aussi une mutation de la tonalité du débat politique : des acteurs majeurs tels que le président des Etats-Unis ou des candidats à l’élection présidentielle française tiennent par exemple des propos d’une violence croissante à l’égard des médias (les percevant comme une faction hostile et non pas comme l’écho de la diversité des opinions publiques). Une forte créativité sémantique a été déployée pour tenter de définir cette nouvelle ère : « post-vérité », « faits alternatifs », « fausses nouvelles », « infox », mélangeant parfois des phénomènes de nature différente sous le même vocable.

    La ligne directrice qui donne un air de parenté à des phénomènes et des thèmes très divers avance que notre époque est fondamentalement marquée par une crise épistémologique. Plusieurs auteurs ont déjà accusé le post-modernisme, qui postule l’impossibilité de l’établissement d’une vérité universelle, d’être responsable du relativisme contemporain. Je voudrais ici plutôt montrer que cette crise épistémologique prend la forme de l’entrelacement dans l’espace public des versions abâtardies de trois approches épistémologiques parfaitement respectables par ailleurs : le doute cartésien, les relations entre pouvoir et savoir analysées par Foucault, et le déconstructionnisme inspiré de Derrida. Deux de ces auteurs sont certes post-modernes, mais le problème tient plus à leur mauvaise compréhension qu’au post-modernisme lui-même (Descartes n’étant de toute façon par définition pas post-moderne). Nous employons volontairement le terme « abâtardies » plutôt que « vulgarisées » : la vulgarisation est une activité noble consistant à transmettre et diffuser largement les résultats de la recherche scientifique dans des formats appropriés au plus grand nombre, là où la crise épistémologique provient d’une compréhension partielle et biaisée des trois approches mentionnées.

    Identifier et tenter de résoudre cette crise épistémologique est un enjeu politique majeur pour le fonctionnement de nos démocraties.

    • Mi figue mi raisin, plein de réflexions intéressantes sur la vraie manière de douter scientifiquement sans tomber dans le complotisme, mais en évacuant un peu (beaucoup) rapidement les critiques sociales, les critiques sur la production de l’information (tout en concédant qu’il y a quelques problèmes, mais je parle de la critique radicale sur la collusion sociologique entre les journalistes, et les gens de pouvoir) et les critiques sur la production scientifique.

      Par une personne faisant évidemment partie du monde de la recherche (et il prédit le genre de critique qui suit) et qui défend un peu son pré carré d’expertise. Tout en étant intéressant, ça fait un peu « on voudrait la même chose, la même organisation sociale, mais avec des experts, des technocrates, un peu plus vertueux » (demande quelque peu courante et ancienne).

      #critique #doute_méthodique #complotisme #information #journalisme #science #recherche


  • Les deux visages de Etienne Chouard, chantre du référendum d’initiative citoyenne, Adrien Sénécat, Les Déconants,de L’imMonde
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/21/les-deux-visages-d-etienne-chouard-chantre-du-referendum-d-initiative-citoye

    Ancienne figure du « non » au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, cet enseignant est à la fois loué pour son travail sur la démocratie citoyenne et critiqué pour certaines de ses positions.[...]

    Désormais, on trouve des élus pour soutenir sa grande idée, de la gauche radicale à l’extrême droite. Et même le gouvernement lui entrouvre la porte. « Je ne vois pas comment on peut être contre son principe », acquiesçait ainsi Edouard Philippe dans un entretien aux Echos, lundi 17 décembre. Le lendemain, le député de La France insoumise (LFI) François Ruffin lui a rendu un vibrant hommage à l’Assemblée nationale : « Le référendum d’initiative citoyenne a fleuri. Oh, il n’a pas fleuri par hasard. Il a fleuri parce que des hommes de conviction – nommons-les, Etienne Chouard et ses amis – ont semé, ont arrosé depuis des années. »

    Seulement voilà, le cas #Chouard divise. Vibrant défenseur de la démocratie citoyenne et chantre du « non » au référendum français de 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe pour certains, l’auteur du « Blog du plan C » (pour Constitution) est décrié par d’autres, qui dénoncent sa complaisance avec des théoriciens d’#extrême_droite, voire des conspirationnistes. « Je suis évidemment en phase avec la proposition pour le RIC, mais j’avoue [que] je n’aurais pas pris en modèle Etienne Chouard, a écrit sur Twitter la députée Clémentine Autain. Mais sans doute suis-je trop sensible aux dérives rouge-brun… »

    En 2014, il qualifiait Alain Soral de « résistant »
    L’intéressé s’en souviendra peut-être. Comme il se souvient de l’auteur de ces lignes, qui l’avait déjà interrogé en 2014 pour L’Express. « J’ai plein de warnings allumés. Je ne sais pas pourquoi vous faites ça, mais vous n’êtes pas honnête », nous a-t-il lâché d’emblée lorsque nous l’avons appelé, jeudi 20 décembre. Il y a quatre ans, déjà, l’enseignant se débattait face à des accusations de proximité avec l’extrême droite. Notamment parce qu’il avait côtoyé l’idéologue d’extrême droite et judéophobe revendiqué Alain Soral, ainsi que des membres de son association, Egalité et Réconciliation.

    Etienne Chouard nous avait fait cette confidence : « Mon curseur politique est simple, c’est celui de la révolution. Celui qui soutient le peuple qui veut se soulever contre ses maîtres est à gauche. A droite, il y a la défense des privilèges. » Il poursuivait : « Pour moi, Alain Soral est à gauche parce qu’il se bat contre les privilèges. C’est un résistant. » Une déclaration parmi d’autres qui lui a valu de nombreuses critiques, l’amenant à se déjuger en partie dans un article sur son blog par la suite. Ce qu’il n’a jamais digéré depuis.

    « Vous me cognez dessus pour décrédibiliser l’initiative »

    Reconnaissons-le d’emblée : le promoteur du référendum d’initiative citoyenne est probablement sincère lorsqu’il écrit qu’il ne veut pas plus de la « dictature éclairée » prônée par #Alain_Soral que « de n’importe quelle dictature, évidemment ». Il l’est aussi sans doute lorsqu’il revendique une certaine ouverture d’esprit. En revanche, affirmer qu’il ignorait la propension du même Soral à tenir des propos homophobes, antisémites (ce pour quoi il a été condamné à plusieurs reprises) ou tout simplement injurieux peut interpeller : soit Etienne Chouard était mal renseigné, soit il a relégué ces considérations au second plan.

    Malgré des « désaccords », qu’il a détaillés sur son site, en 2013, François Ruffin estime désormais que « Chouard a mis fin à ses étranges liens » avec des personnalités d’extrême droite, écrivant sur Twitter qu’il se refuse à « traiter les hommes en pestiférés ». Etienne Chouard, quant à lui, s’estime victime d’une cabale : « On m’accuse publiquement sans me donner la parole. J’ai prononcé des millions de phrases et vous m’attaquez en boucle sur trois phrases ! » Bref, « c’est cousu de fil blanc. Vous m’associez au référendum d’initiative citoyenne et vous me cognez dessus pour décrédibiliser l’initiative », estime-t-il.

    Références conspirationnistes et théories douteuses

    A écouter l’enseignant et ses soutiens, les critiques à son égard n’émaneraient que de personnes malveillantes se focalisant sur un ou deux détails. Les références douteuses sont pourtant récurrentes sur son site et sa page Facebook.

    Parmi elles, on trouve #Thierry_Meyssan, qui défend des théories conspirationnistes sur le 11-Septembre, refusant d’en attribuer la responsabilité aux terroristes d’Al-Qaida. Etienne Chouard a, à plusieurs reprises, salué « le sérieux de son travail » et « la finesse de ses analyses ». « Je ne comprends pas pourquoi vous m’emmenez sur ce sujet-là, nous rétorque-t-il. Thierry Meyssan, je l’ai rencontré il y a longtemps, il est calme… Qu’est-ce que ça peut faire ? » Qu’il s’agisse d’un homme qui a pu diffuser des théories conspirationnistes sur la base d’éléments erronés n’est, selon lui, pas si grave : « Il se trompe ? Et alors ? C’est criminel ? »

    Dans la même veine, le « Blog du plan C » a diffusé plusieurs analyses signées par Paul Craig Roberts, un Américain qui a notamment accusé le gouvernement américain d’avoir orchestré l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo en 2015.

    Sur le fond, Etienne Chouard a aussi repris à son compte plusieurs théories douteuses. Il a ainsi reproduit un appel du militant écologiste Stéphane Lhomme à résister contre les « mouchards Big Brother » des compteurs électriques Linky – sur la base d’affirmations exagérées, voire farfelues. Autre mythe qu’il a repris à son compte : le fait que la loi « Pompidou-Giscard-Rothschild » de 1973 aurait créé la dette française. L’intéressé reconnaît désormais aujourd’hui que cette présentation des faits était erronée, sans remettre en cause l’interprétation qu’il en tire.

    En cela, l’univers d’Etienne Chouard est comparable à celui de Maxime Nicolle, alias « Fly Rider ». Ce porte-parole des « #gilets_jaunes », prolixe sur Facebook, s’est autant illustré par ses revendications démocratiques, comme le référendum d’initiative citoyenne, que par des affirmations douteuses, comme lorsqu’il a repris des théories d’extrême droite sur le « pacte de Marrakech » de l’Organisation des Nations unies sur les #migrations. Les deux hommes se sont d’ailleurs rencontrés récemment.

    Les journalistes ? Des « traîtres », des « kapos »

    Toutes ces références douteuses et théories sont-elles des errements isolés ? Ou le symptôme d’une pensée qui vire au « rouge-brun », comme l’estime Clémentine Autain ? Une chose est sûre : dans l’esprit d’Etienne Chouard, « nous ne sommes pas en démocratie ». Le suffrage universel est défaillant car il « donne le pouvoir aux meilleurs menteurs, donc on a affaire à des professionnels, les meilleurs, les champions du mensonge », affirmait-il sur Russia Today, le 10 décembre. A l’arrivée, les « 1 % qui se gavent » sortiraient toujours vainqueurs de cette mascarade dont l’issue est prévue d’avance.
    « Les élus détestent ceux qui contestent l’élection. Je me trompe peut-être, mais je conteste la procédure de l’élection, nous explique-t-il. J’estime que les citoyens devraient voter eux-mêmes leurs lois, ce n’est pas fasciste de dire ça. »

    Ce sombre tableau est à l’origine de tous les combats du professeur. Le « non » au traité constitutionnel européen de 2005, le tirage au sort des élus, le référendum d’initiative citoyenne… A ses yeux, le RIC est d’autant plus nécessaire qu’il est la manière la plus sûre de pouvoir renverser la table à la faveur d’un vote sur la sortie de l’Union européenne. Fervent partisan d’un « Frexit », Etienne Chouard a de longue date affiché sa sympathie à l’égard de l’eurosceptique britannique Nigel Farage, qu’il dépeignait dès 2011 en « remarquable résistant à la tyrannie mondialiste ».

    Là encore, notre remarque l’irrite : « Vous allez me traquer jusqu’à ce que je sois mort ? Enfin, c’est fou ça, vraiment… Vous vous rendez compte, c’est incroyable. C’est du #racisme [sic,ndc] . Ça veut dire quoi ? (…). Vous me réduisez à une parole dite un jour. Tous les jours je me bagarre pour émanciper les peuples ! »

    François Asselineau, « le seul vrai résistant »

    Côté français, « j’aime bien Jean-Luc Mélenchon et François Asselineau », assurait-il en mars 2017 dans une vidéo publiée sur YouTube. Et surtout le second, car c’est « le seul qui dise que la priorité absolue c’est de sortir de ce truc-là [l’Union européenne] ». Le champion du « #Frexit » a été boudé par les médias traditionnels, sur ordre du « système », selon lui. Cela légitime, à ses yeux, une dénonciation radicale, voire outrancière, des médias :

    « C’est pas des journalistes, c’est juste des traîtres, comme les kapos au moment de la guerre. Les kapos, c’étaient des juifs qui acceptaient de maltraiter leurs frères juifs pour être moins maltraités. (…) Eh ben les journalistes qui cachent Asselineau, qui le taisent, qui ne lui donnent pas la parole, c’est comme des kapos. [Ce sont] des gens qui font le jeu du système de domination en cachant le seul vrai résistant. »

    Ne verse-t-il pas dans l’outrance quand il se livre à des comparaisons de ce type ? « Pourquoi ?, rétorque-t-il. Oui, c’est sûrement excessif de dire “kapos”, mais en même temps il y a quelque chose de désespérant dans la complicité de beaucoup de journalistes par rapport au système de domination. Excusez la victime, excusez l’opprimé de crier trop fort ou de griffer trop fort pour résister aux gens qui la violent, qui la maltraitent. Vous n’avez pas l’impression de chercher la petite bête ? »

    Tous les journaux traditionnels sont coupables à ses yeux d’appartenir aux « milliardaires ». Alors parmi les rares antennes qu’il juge audibles, on trouve la chaîne financée par le pouvoir russe RT France (ex-Russia Today) – un « service public de résistance ». Cette aversion à l’égard des médias traditionnels peut aussi expliquer la propension du nouveau parrain des « gilets jaunes » à consulter des sources « alternatives », y compris les plus douteuses.

    #conspirationisme #complotisme #confusionisme

    • Au passage, le Monde fait passer le message autour des opposant-e-s à Linky :

      Sur le fond, Etienne Chouard a aussi repris à son compte plusieurs théories douteuses. Il a ainsi reproduit un appel du militant écologiste Stéphane Lhomme à résister contre les « mouchards Big Brother » des compteurs électriques Linky – sur la base d’affirmations exagérées, voire farfelues.


  • Les gilets jaunes fichés « J » et « C ». Théophraste R. - 13 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/les-gilets-jaunes-fiches-j-et-c.html

    Questions de José Espinosa, collaborateur du Grand Soir.
- « Comment se fait-il que les manifestants gilets jaunes soient fouillés et que des terroristes connus de la police se promènent librement avec une arme dans la poche ? Comment est-il possible qu’après l’attentat, le coupable s’échappe malgré les caméras vidéos qui pullulent dans la ville de Strasbourg ? Comment une personne fichée, surveillée, connue, peut-elle sortir des radars policiers ? ».

    C’est vrai ça ! Et : 
- Comment se fait-il que la perquisition du matin chez ce délinquant multirécidiviste ait été un échec ? Elle n’a donc pas été faite par 100 policiers comme chez Jean-Luc Mélenchon, au Parti de gauche, à la France Insoumise ?

    – Comment se fait-il qu’un gilet jaune non violent ait du mal à entrer sur les Champs-Elysées, à prendre le train, mais qu’un délinquant, poursuivi depuis le matin, puisse déambuler armé dans un marché de noël ?

    – Comment se fait-il qu’il n’était pas « marqué à la culotte » , tandis que toute une équipe suivait Julien Coupat pour l’arrêter, Coupat qui n’a pas été condamné 27 fois pour des faits de droit commun, ni inscrit au Fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), ni fiché S, (« Sûreté de l’Etat »), lui ?

    – Comment se fait-il que les pouvoirs publics aient prétendu que les marchés de Noël étaient sécurisés alors qu’à Strasbourg se promenait un assassin en puissance, qui a connu la prison en Suisse, en Allemagne, en France, radicalisé depuis 2015, chez qui les gendarmes ont trouvé le matin même une grenade défensive, une arme de calibre 22 long rifle et des munitions ?

    J’ai encore des questions qui commencent par « Comment se fait-il » , mais je sais bien que si je les pose je serai fiché « C » (complotiste) . Donc, motus, et oubliez ce que vous venez de lire.

    Théophraste R. « Faites demi-tour avec prudence » (conseil de mon GPS trouilloumétrique).

    #Strasbourg #caméras #terroristes #terrorisme #police #gendarmerie #surveillance #complotisme #Giletsjaunes



  • Nouvelle rumeur mensongère sur des cours d’éducation sexuelle à l’école (Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/08/28/nouvelle-rumeur-mensongere-sur-des-cours-d-education-sexuelle-a-l-ecole_5346

    Une publication alarmiste, partagée des milliers de fois sur Facebook, a affirmé, à tort, dévoiler le contenu de séances d’éducation sexuelle.

    Jusqu’à 25% d’élèves absent·e·s en ce jour de rentrée : l’absentéisme habituel, les billets-retour-décalés-donc-moins-chers et surtout… cette rumeur insensée qui revient avec un impact nouveau. Des parents qui viennent mettre sous le nez des enseignant·e·s des vidéos complotistes, des familles avec qui nous avons de bons rapports d’habitude qui viennent, inquiètes vérifier que tout cela est faux, des familles qui évoquent au téléphone leur refus de remettre leur enfant à l’école dans de telles conditions et l’existence de consignes de boycott de la rentrée issues des réseaux sociaux.
    Les bras me tombent.

    #éducation #médias #réseaux_sociaux #complotisme #éducation_sexuelle #théorie_du_genre #bulshiterie

    • Tout cela est très logique étant donné la perte de confiance totale des parents des quartiers populaires vis à vis de l’école et la plupart du temps ils ont raison de s’en méfier vu le traitement discriminatoire que le système scolaire inflige à leurs enfants. C’est le cœur du problème !

    • Il me semble que cela est révélateur de plusieurs choses :
      1. La sensibilité persistante et clivante des thématiques autour de ce que les mouvements réactionnaires appellent « éducation sexuelle ». Derrière cette dénonciation récurrente d’outils pornographiques fantasmées, c’est bien l’éducation à l’égalité filles-garçons, au genre, à la sensibilisation aux violences faites aux femmes/filles qui est visée. Ainsi que les mouvements qui portent cette éducation.
      2. Les gens (de toutes classes sociales et de tous niveaux d’éducation) sont prêts à croire n’importe quoi en abdiquant tout esprit critique si ça va dans le sens de leurs peurs, de leurs angoisses, de leurs phobies. Et les réseaux sociaux en sont un terribles accélérateurs.
      3. Il y a une perte de confiance totale des familles, y compris celles qui sont au quotidien en relation avec les équipes éducatives, dans l’Institution scolaire. L’École, en tant qu’Institution, est tellement éloignée, tellement « contre » certaines populations, tellement stigmatisante ou perçue comme un outil oppressif et de contrôle que finalement il est envisageable que dans cette « boîte noire » des enseignant·e·s malveillant·e·s donnent des cours de masturbation à des gamins de 6 ans à l’aide de matériel pornographique… ce qui donne la mesure de l’éloignement de l’École et des populations dans certains quartiers, à l’heure où le ministre décline dans tous les médias son slogan de « l’École de la confiance ».

      Si sur ce dernier point, je rejoins @ninachani, je nuancerais par quelques interrogations.
      – Dans le quartier, il y a des communautés musulmanes de plusieurs origines, elles ont été réceptives à cette rumeur de manière assez différenciées et je me demande quelles sont les dynamiques spécifiques à l’œuvre.
      – Des familles avec qui nous avons des rapports de confiance, avec qui nous avons partager notre volonté d’ouvrir l’école, qui connaissent la teneur des interventions sur l’égalité filles/garçons ont quand même été inquiétées par cette rumeur.
      – Le fait que la question pornographique nous est en quelque sorte retournée puisque certaines des familles les plus véhémentes aujourd’hui sont aussi celles que nous avons pu interroger dans le passé sur l’accès de leurs garçons à du matériel pornographique ou sur des attitudes problématiques envers des filles.

    • @heautontimoroumenos Sur les différences de réaction au sein des différentes communautés, je soupçonne un rapport différent des parents eux-mêmes à l’école selon leur propre trajectoire.
      Dans mon quartier, ça ne concerne pas seulement les communautés musulmanes mais plutôt les noirs et les arabes et dans les noirs il y a beaucoup de chrétiens : les pauvres, non blancs, victimes de relégation en quelque sorte.
      Enfin, sur le rapport aux questions de genre, comment ne pas faire le lien avec l’instrumentalisation d’une pseudo politique féministe qui a pour cible unique les hommes de ces communautés. Moi j’en viens à me dire que c’est très bien joué de la part du pouvoir parce que ça diabolise ces hommes par rapport aux hommes blancs et donc ça les érige en repoussoir vis à vis des femmes blanches, et en même temps ça décrédibilise totalement le féminisme auprès de la majorité des femmes des communautés noires et arabes.
      Bingo sur tous les plans !


  • Tous dans le book bloc : avec le roman, contre la théorie du complot ! - Humaginaire.net
    http://www.humaginaire.net/post/Tous-dans-le-book-bloc-%3A-avec-le-roman-contre-la-th%C3%A9orie-du-comp

    "C’est à la fois un personnage virtuel (« Q ») et la théorie du complot (QAnon) qui a le vent en poupe dans les milieux trumpistes fanatiques. L’intox démarre à l’automne dernier quand, sur les sites de la sphère conspirationniste, de premiers messages signés « Q » apparaissent. D’après la légende, l’émetteur - individu ou collectif - a choisi cette lettre pour exprimer son degré d’accréditation aux secrets d’Etat, une manière de prouver, selon ses adeptes, qu’il se trouve dans le premier cercle du pouvoir à la Maison Blanche. Ses partisans publient des photos censées attester de sa présence aux côtés de Donald Trump dans l’avion présidentiel Air Force One.

    (...)

    Comme toujours, avec les théories du complot, tout apporte de l’eau au moulin à paroles plus délirantes les unes que les autres. Mais cette fois, un grain de sable est peut-être en train de se glisser dans les rouages. Avec sa publicité désormais mondiale - les adeptes commencent à être recrutés au Canada et sans doute en Europe -, « Q » a attiré l’attention, hors de son terrain de chasse. Quelques lecteurs ont désormais repéré les emprunts - à fronts renversés, certes, mais tout de même - à une œuvre romanesque parue à la fin des années 1990 en Italie, tout comme aux pratiques de détournement et de guérilla communicationnelle conduites par ses auteurs. Pour les Wu Ming, auteurs de Q, sous le pseudonyme de Luther Blissett, les analogies ne sont pas toutes des coïncidences, évidemment : l’émetteur des messages porte le même nom ; dans QAnon, tout renvoie à des réseaux pédophiles ou satanistes, alors que les Italiens ont, eux, tourné en dérision les emballements médiatiques sur le sujet en organisant des canulars extrêmement sophistiqués il y a une vingtaine d’années. Tout en récusant l’idée d’une farce qu’ils auraient eux-mêmes fomentée aujourd’hui, ils sont déterminés à venir répandre, contre le venin de QAnon, le contre-poison d’une littérature autrement plus riche et stimulante."

    #complotisme #littérature #altermondialisme #Italie #Etats-Unis


  • GAFA-la-gaffe ?
    http://www.dedefensa.org/article/gafa-la-gaffe

    GAFA-la-gaffe ?

    09 août 2018 – Certes, ils ont frappé, – et cela va continuer, car lorsque les crétins friqués ont commencé à produire leur sottise infamantes, c’est comme une diarrhée, plus rien ne les arrête plus... (C’est même à ça qu’on les reconnaît.) L’affaire est en train de nous confirmer pour la nième fois que la transformation des sapienscourants en zombieSystème se fait par l’équation américanisme + fric. En effet, je tiens pour évident et absolument convainquant le jugement que l’action de censure lancée par les GAFA & le reste sur consignes du DeepState représente une action tactique extrêmement visible dans ses buts illégaux, et dont l’effet stratégique se révèlera rapidement catastrophique.

    L’opération de censure gigantesque qui est en cours se déroule dans la plus complète hypocrisie juridique (...)


  • Je crois qu’il se passe quelque chose d’important par ici :
    https://twitter.com/jack/status/1026984242893357056
    Pas seulement parce que le patron de twitter explique pourquoi #twitter ne va pas clôturer le compte de #Alex_Jones ni de #Infowars, contrairement à la plupart des autres réseaux sociaux, mais parce qu’il réaffirme le besoin de confronter les opinions et surtout de contrer les fausses informations de manière visible, chose que peut se permettre un twitter où les commentaires sont beaucoup plus lus qu’ailleurs...

    If we succumb and simply react to outside pressure, rather than straightforward principles we enforce (and evolve) impartially regardless of political viewpoints, we become a service that’s constructed by our personal views that can swing in any direction. That’s not us.
    Accounts like Jones’ can often sensationalize issues and spread unsubstantiated rumors, so it’s critical journalists document, validate, and refute such information directly so people can form their own opinions. This is what serves the public conversation best.

    Je suis tombée là dessus grâce à un tweet de #Olivier_Tesquet qui fait un article super complet pour telerama sur la descente aux enfers des #GAFAM de Alex Jones :

    La “Big Tech” à l’épreuve du roi des conspirationnistes

    En privant Alex Jones, conspirationniste en chef de l’extrême-droite américaine, de ses comptes Facebook, Spotify ou Youtube, les géants de l’Internet prennent le risque d’ouvrir un débat sur la privatisation de la liberté d’expression.

    https://www.telerama.fr/medias/la-big-tech-a-lepreuve-du-roi-des-conspirationnistes,n5756062.php

    #liberte_d_expression #conspirationnisme #complotisme #extreme_droite ...


    • Quelques autres, y avait pas assez de place.

      « Effet K »

      Le cinéaste soviétique Lev Koulechov (1899-1970) « prit un jour un gros plan de [l’acteur Ivan] Mosjoukine impassible, et le projeta précédé d’abord d’une assiette de potage, ensuite d’une jeune femme morte dans son cercueil et enfin d’un enfant jouant avec un ourson de peluche. On s’aperçut d’abord que Mosjoukine avait l’air de regarder l’assiette, la jeune femme et l’enfant, et ensuite qu’il regardait l’assiette d’un air pensif, la femme avec douleur, l’enfant avec un lumineux sourire, et le public fut émerveillé par la variété de ses expressions, alors qu’en réalité la même vue avait servi trois fois et qu’elle était remarquablement inexpressive. Le sens d’une image dépend donc de celles qui la précèdent dans le film, et leur succession crée une réalité nouvelle qui n’est pas la simple somme des éléments employés. »

      Maurice Merleau-Ponty, Sens et non-sens, Gallimard, Paris, 1996, sur l’« effet K », ou « effet Koulechov ».

      Nobel

      « Quiconque a lu un magazine économique ces dernières années ne peut ignorer l’existence d’investisseurs qui, anticipant une crise monétaire, non seulement déplacent des capitaux mais aussi, autant par opportunisme que par jeu, pèsent de tout leur poids pour déclencher cette crise. Ces nouveaux acteurs n’ont pas encore de nom bien défini : je propose le terme “Soroi”. »

      Le prix Nobel d’économie américain Paul Krugman, The Accidental Theorist, 1998.

      De Charles H. Fort…

      « Ce sont les structures mêmes de la connaissance qu’il faut revoir. Charles Hoyt Fort sent frémir en lui de nombreuses théories qui ont toutes les ailes de l’Ange du Bizarre. Il voit la Science comme une voiture très civilisée lancée sur une autostrade. Mais de chaque côté de cette merveilleuse piste bitume et néon s’étend un pays sauvage, plein de prodiges et de mystères. Stop ! Prospectez aussi le pays en largeur ! Déroutez-vous ! Zigzaguez ! »

      Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, Gallimard, 1960, p. 191.

      … à l’« effet Fort »

      « Ce millefeuille argumentatif caractérise de plus en plus fréquemment les produits frelatés qui peuvent s’échanger sur le marché cognitif contemporain. Le succès d’un roman comme le Da Vinci Code et le trouble qu’il a jeté dans certains esprits sont la conséquence d’une démonstration fondée sur des éléments faux mais plausibles pour un non-spécialiste et suffisamment nombreux pour créer un effet Fort. Quoique romanesque, ce récit s’inspirait d’essais ayant déjà connus un certain succès public et prétendant, eux, défendre des thèses qui ne devaient rien à la fiction. »

      Gérald Bronner, La démocratie des crédules, PUF, 2013, p. 93

      Petit peuple

      Dans Passport to Magonia (1969), l’astronome et informaticien Jacques Vallée rapproche les récits de rencontres avec les pilotes de soucoupes volantes des récits du folklore fantastique sur le « petit peuple » (lutins, farfadets et gobelins). Dans Le Collège invisible (1975), il imagine que le phénomène organise lui-même son propre camouflage et fonctionne comme un système de contrôle sur l’espèce humaine.

      Passeport

      « Bien davantage que l’égarement de quelques simples d’esprit, habiter le monde violent des dominants, monde de menaces, de coups et de parades, est le plus sûr passeport pour le complotisme. »

      Frédéric Lordon, « Le complotisme de l’anticomplotisme », @mdiplo, octobre 2017.


  • Les théories du #complot et les thèmes conspirationnistes ont pignon sur rue sur les #réseaux et dans les #débats sociaux... Des chercheurs tentent de mieux #comprendre ce besoin d’aller chercher si la « vérité est ailleurs ».

    https://sms.hypotheses.org/5838

    #complotisme, #complot, #conspiration, #conspirationnisme, #sociologie, #réseaux_sociaux, #dénoncer, #dénonciation, #illuminati, #attentat, #11_09, #manipulation, #politique


  • Jared Kushner’s Real-Estate Firm Sought Money Directly From Qatar Government Weeks Before Blockade
    https://theintercept.com/2018/03/02/jared-kushner-real-estate-qatar-blockade

    The real estate firm tied to the family of presidential son-in-law and top White House adviser Jared Kushner made a direct pitch to Qatar’s minister of finance in April 2017 in an attempt to secure investment in a critically distressed asset in the company’s portfolio, according to two sources. At the previously unreported meeting, Jared Kushner’s father Charles, who runs Kushner Companies, and Qatari Finance Minister Ali Sharif Al Emadi discussed financing for the Kushners’ signature 666 Fifth Avenue property in New York City.

    En prime
    https://www.nbcnews.com/politics/white-house/mueller-team-asking-if-kushner-foreign-business-ties-influenced-trump-n8526

    Mueller team asking if Kushner foreign business ties influenced Trump policy

    by Carol E. Lee, Julia Ainsley and Robert Windrem

    WASHINGTON — Federal investigators are scrutinizing whether any of Jared Kushner’s business discussions with foreigners during the presidential transition later shaped White House policies in ways designed to either benefit or retaliate against those he spoke with, according to witnesses and other people familiar with the investigation.

    Special counsel Robert Mueller’s team has asked witnesses about Kushner’s efforts to secure financing for his family’s real estate properties, focusing specifically on his discussions during the transition with individuals from Qatar and Turkey, as well as Russia, China and the United Arab Emirates, according to witnesses who have been interviewed as part of the investigation into possible collusion between Russia and the Trump campaign to sway the 2016 election.

    #nuit_torride ou encore "#complotisme_autorisé


  • La post-vérité, tombeau incertain des démocraties
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/030318/la-post-verite-tombeau-incertain-des-democraties

    L’élection de Trump a suscité maints commentaires sur la déstabilisation démocratique provoquée par l’activisme numérique des artisans de la post-vérité et des #théories_du_complot. Le colloque organisé à l’occasion des dix ans de La #Vie_des_Idées a éclairé la question, tout en révélant des divergences politiques et intellectuelles fortes sur le sujet.

    #Culture-Idées #complotisme #démocratie #Gérald_Bronner #Pierre_Rosanvallon #post-vérité


  • Pour poursuivre une veille déjà bien fournie sur seenthis concernant la #synthèse_vocale et la #synthèse_vidéo (assistées par « #intelligence_artificielle ») : « Du porno aux fausses informations, l’intelligence artificielle manipule désormais la vidéo », une compilation des derniers développements en la matière :
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/02/04/du-porno-aux-fausses-informations-l-intelligence-artificielle-manipule-desor

    Des vidéos intégrant des visages de célébrités dans des films X pullulent en ligne à cause d’un programme accessible à tous et qui pose question au-delà de la pornographie.

    De fait, au-delà de l’exemple emblématique du #porno (voir à ce propos https://motherboard.vice.com/en_us/article/gydydm/gal-gadot-fake-ai-porn), c’est toute la manière de produire et de recevoir des informations qui s’en trouve modifiée. La polémique autour des #fake_news n’est que la partie émergée de l’iceberg, la remise en question du rapport aux #médias (et je ne parle pas ici des seuls organismes institués, mais des supports eux-mêmes) se montrant bien plus profonde.

    La chose se trouve d’ailleurs abordée de façon systématiquement catastrophiste (cela entre en collision frontale notamment avec le #droit_à_l'image et peut servir à alimenter le #complotisme), mais elle pourrait avoir un impact positif sur le développement de la #critique_des_médias et la façon de penser le lien entre #vie_privée et #réseaux_sociaux.

    L’approche catastrophiste n’est pas anodine : elle sert un discours de légitimation plus général (symptomatique, à cet égard, que Le Monde, par ailleurs propriétaire du tragico-comique #Decodex, consacre un tel article à la question). Si les médias s’emparent de cette nouveauté, c’est pour brandir une sacro-sainte ligne de démarcation entre les #vraies_infos (labellisées par eux-mêmes) et les fausses. En réalité, leurs « vraies infos », la façon dont ils les fabriquent et les mettent en scène, est tout aussi construite que celle de la synthèse par IA.

    L’on découvre notamment dans ce papier que le #DeepFake devient un genre en soi sur Reddit et Youtube, avec un grand jeu pour mettre #Nicolas_Cage dans plein de films :

    https://www.youtube.com/watch?v=2jp4M1cIJ5A

    Et l’on constate également qu’#Obama est devenu une sorte de mètre-étalon du #vrai-faux discours : on estime qu’il est honnête (c’est-à-dire on se fait une représentation de lui comme portant un discours clair et franc), donc il peut servir de base à un #détournement, contrairement à Trump :

    https://www.youtube.com/watch?v=dw6Zj2FDuzA

    Les deux avaient néanmoins été mis en vedette par #Lyrebird :

    https://soundcloud.com/user-535691776/dialog

    #falsification #leurre #faux-semblant

    • Un (comme d’habitude) très intéressant article d’Olivier Ertzscheid sur la question, même si je ne partage pas entièrement son analyse :
      http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2018/02/face-swap-echange-visage.html

      Il note notamment ceci :

      Au-delà du côté blague de ces détournements, quelque chose d’absolument fondamental est aujourd’hui en train de se jouer derrière l’ensemble de ces technologies de l’artefact. Quoi ? Ceci :

      – il ne peut y avoir de société sans documents ayant valeur de preuve ;
      – et il ne peut y avoir de valeur de preuve sans intégrité documentaire.

      Ce qui n’a pas empêché, cependant, que dans des cultures fondées principalement sur l’oral, le dessin ou l’écriture manuscrite, des #faux aient été construits de toutes pièces depuis des siècles. Il est d’ailleurs à peu près certain qu’une partie de notre histoire est basée sur des faux qui n’ont jamais pu être démentis.

      Ce que ces technologies d’interversion de visage (#face_swap) remettent surtout en question, c’est l’illusion, depuis la fin du XIXème et surtout le XXème siècle, que l’enregistrement vidéo et sonore, puis le numérique, offrent de telles preuves. Pourtant, un bon montage analogique permettait déjà de faire des merveilles en matière de faux discours, comme le montre le fameux Reagan speaks for himself de #Douglas_Khan en 1980 :

      https://www.youtube.com/watch?v=AvhBQoSQgUQ


      Bref, c’est une remise en question de techniques et de paradigmes juridiques récents voire très récents à l’échelle historique.

      Il précise ensuite :

      Mashable revient également sur ce phénomène qu’il baptise « DeepFakes », les qualifiant de « dernière crise morale de l’internet » (« A guide to ’Deepkakes », the internet latest moral crisis")

      Crise morale, je ne sais pas trop, mais situation de catastrophe imminente, cela me semble à peu près certain.

      La crise morale ou le sentiment de catastrophe me semblent venir de ce que la technologie a immédiatement été accaparée et diffusée par un milieu spécifique (un groupe sur Reddit) dans un objectif sexiste et diffamatoire (changer les visages dans des films pornos). Le problème de fond, en l’occurrence, c’est le #sexisme et la #misogynie, pas la technologie elle-même. Ce qui n’empêche pas que la technologie restera certainement très marquée par cette origine, et que cela influe sur ses usages.

      #audio

    • Et d’ici quelques dizaines années, nous vivrons avec des hologrammes, saluer son voisin factice, reconstituer des proches, discuter avec Marilyn, demander à Obama de ne pas oublier de ramener du pain.

    • Si les #dystopies se réalisaient de façon aussi spectaculaire que dans les oeuvres de science-fiction, elles en deviendraient comiques ! Mais elles s’insinuent ailleurs, dans les relations entre les gens, la façon de percevoir le monde, les habitudes, les comportements, le renouvellement des normes...

      De mon côté, j’attends avec impatience le premier #docu_fiction sonore qui détournera des voix de personnalités. La Guerre des mondes version XXIème siècle, histoire de continuer à nous affûter les oreilles et l’esprit.

    • Je ne partage complétement les avis, même si je suis dans l’ensemble franchement d’accord.

      Il est d’ailleurs à peu près certain qu’une partie de notre histoire est basée sur des faux qui n’ont jamais pu être démentis.

      Au delà du faux qui circule sans être démenti, il y a déjà tous les faux qu’on véhicule sans savoir qu’ils le sont. Merci les idées reçues et autres sens commun.

      Le problème de fond, en l’occurrence, c’est le #sexisme et la #misogynie, pas la technologie elle-même.

      C’est là que je digresse complétement. La technologie est elle-même un problème de fond. Ce qui ne nuance en aucun cas la force du sexisme et de la misogynie. J’oserais même avancé que la technologie est sexiste et misogyne car depuis toujours souffrant d’une reconnaissance, voir d’une acceptation, uniquement masculine. On y conjugue pouvoir et fierté et nous voilà en plein délire technologiste. Bref, le « présent ».
      Croire enfin qu’on arrivera à dévier le tir, avec toutes les ramifications et autres groundation sensées soutenir la science de son propre poids, est pure folie. J’ajouterai même que la technologie est une application capitaliste de la science : on trouve un truc qu’à l’air pas bête, on l’industrialise pour du profit, on surprend le badaud par l’artifice de l’automatisation - et on cache les coûts.

      Mais il y a de l’espoir, on peut arrêter la machination scientiste et dénoncer les abus de reconnaissance, ou abus de savoir, comme ici :
      BA or DA ? Decoding syllables to show the limits of AI
      https://www.unige.ch/communication/communiques/en/2018/cdp180131

      Sinon, pour revenir à l’atmosphère plus détendu des derniers commentaires, je rappellerai Le grand détournement.

    • Au delà du faux qui circule sans être démenti, il y a déjà tous les faux qu’on véhicule sans savoir qu’ils le sont. Merci les idées reçues et autres sens commun.

      Oui, tout à fait. Des idées reçues peuvent d’ailleurs trouver leur origine, oubliée, dans des assertions biaisées ou propagandistes entrées dans le « roman national ».

      J’oserais même avancé que la technologie est sexiste et misogyne car depuis toujours souffrant d’une reconnaissance, voir d’une acceptation, uniquement masculine.

      L’idée est intéressante, mais je pense que cela est en partie lié au fait que les femmes ont été sciemment effacées de cette histoire. En réalité, elles y ont contribué et y contribuent toujours aujourd’hui. Voir notamment cette petite série :
      https://seenthis.net/messages/662038
      ou cette longue pile de bouquins :
      https://seenthis.net/messages/654254
      Après, je n’ai pas enquêté sur comment et par qui ont été conçus ces logiciels spécifiques de synthèse audio et vidéo. Il y aurait des choses à creuser de ce côté-là, pour comprendre les logiques à l’oeuvre, la généalogie, les financements, les applications autres que ludiques (ou pseudo-ludiques)... Cela donnerait certainement quelques éclaircissements sur la raison pour laquelle ils sont à ce point liés à des usages sexistes dès leur émergence.

      J’ajouterai même que la technologie est une application capitaliste de la science : on trouve un truc qu’à l’air pas bête, on l’industrialise pour du profit, on surprend le badaud par l’artifice de l’automatisation - et on cache les coûts.

      Je suis d’accord. J’aurais dû nuancer : l’approche catastrophiste m’agaçant, j’en ai pris le contrepied. Mais il est on ne peut plus fondé de critiquer cette technologie en tant que telle, par exemple parce qu’elle est non seulement irrespectueuse de la vie privée, mais parfaitement dispensable. La passion de trouver l’emporte de fait régulièrement sur toute considération éthique ou, plus souvent encore, toute notion d’intérêt public. Je retiens l’expression d’ "abus de savoir" .

      J’avais oublié ce film ! Merci pour le rappel et la rigolade au nouveau visionnage !

      https://www.youtube.com/watch?v=l44WKAtZLjI

      Je rêve que quelqu’un·e fasse un film où se confronteraient toutes les figures de justiciers renfrognés, de héros solitaires et glorieux (Colombo, Maigret, Derrick, Poirot, Marlowe, Burma, les #grands_hommes incarnés par Eastwood ou Wayne, etc., etc.). Je crois qu’on s’amuserait beaucoup.

    • L’idée est intéressante, mais je pense que cela est en partie lié au fait que les femmes ont été sciemment effacées de cette histoire. En réalité, elles y ont contribué et y contribuent toujours aujourd’hui.

      Complétement, et c’est là la diode que je cherchais à allumer : les femmes ont été rares dans l’histoire de l’informatique. Il faudrait que je précise : dans l’histoire racontée de l’informatique, dans la représentation imaginaire qui est produite par l’écrasante majorité règnant en maître sur domaine - tous des hommes. Des femmes, les scribes effacent les noms (ou tentent de le faire) et tu fais vraiment bien de venir rattaché ces posts ! L’industrie du logiciel et autres techies tiennent haut le flambeau en matière de discrimination de genre et le défendent dur.

      Merci pour le petit remember youtube. Et bon courage dans ton projet cinéma !!!

    • Sur le sexisme dans la technologie, voir notamment cet article du... Figaro Madame, repéré par @etraces : « Poupées sexuelles, assistantes… Les femmes robots vont-elles s’émanciper un jour ? »
      http://madame.lefigaro.fr/business/femmes-robots-poupee-sexuelle-assistante-miroir-manque-egalite-mixit

      « Les milieux de la recherche technologique sont des milieux où il y a très peu de femmes. Ainsi, le rôle de robots, leur apparence, leurs comportements sont également décidés par des hommes. Il y a un risque de reproduire nos stéréotypes dans la technologie. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui la plus plupart des robots femmes sont soit des robots sexuels, soit des assistantes ou des standardistes », explique Laurence DeVillers, professeure à l’université Paris-Sorbonne et chercheuse au Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur (Limsi) du CNRS.

      Le véritable danger de l’intelligence artificielle selon Aurélie Jean, Ph.D. scientifique numéricienne et entrepreneuse et CTO/CIO et cofondatrice de la start-up MixR à Los Angeles, sont ces biais algorithmiques. « Nous transférons nos réflexes comportementaux sur nos échantillons de recherche. Cela est amplifié à mesure que l’algorithme s’entraîne. » Ce phénomène entraîne une discrimination technologique car il exclut une partie de la population qui est mal représentée du fait que certains critères ont été omis par les concepteurs. Par exemple, en 2016, Joy Buolamwini, une chercheuse afro-américaine du laboratoire américain MIT, n’a pas été reconnue lorsqu’elle testait le premier système de reconnaissance faciale car la machine n’avait été programmée qu’à partir de personnes à la peau claires...

      Selon Laurence De Villers, il est urgent de rétablir de la mixité et de revoir nos critères de sélection. « Il existe aujourd’hui beaucoup de femmes chercheuses en intelligence artificielle, mais on ne leur donne pas assez la parole. »




  • La Russie a utilisé 150.000 comptes Twitter pour s’immiscer dans le référendum sur le Brexit - Business Insider France

    http://www.businessinsider.fr/russie-utilise-twitter-pour-influencer-brexit

    Finalement, j’aime bien l’idée que la Russie ait compris comment faire la pluie et le beau temps sur l’essentiel de la politique mondiale.

    De nouvelles informations sont les « preuves les plus significatives jusqu’à présent » que des comptes Twitter russes auraient influé sur le référendum du Brexit.
    Plus de 150.000 comptes Twitter basés en Russie ont tweeté à propos du Brexit pendant la campagne du référendum, d’après une enquête.
    Theresa May a dit au président russe Vladimir Poutine que le Royaume-Uni « sait » ce que fait la Russie.

    Des comptes Twitter basés en Russie ont posté 45.000 tweets à propos du Brexit en l’espace de 48 heures pendant le référendum l’année dernière sur la sortie de l’UE, d’après les résultats d’une enquête établie par le Times.

    Des data scientists de l’Université de Swansea et l’Université de Californie à Berkeley ont découvert que plus de 150.000 comptes basés en Russie ont posté du contenu en rapport avec le Brexit dans les jours précédant le jour du vote le 23 juin 2016.

    • Le chef du National Cyber Security Centre, Ciaran Martin, confirmera aujourd’hui que la Russie a hacké le réseau électrique britannique et que ses agents ont tenté de pénétrer les services de télécommunications anglais, comme BT.

      On pense que les hackers russes ont réussi à détourner le réseau électrique britannique cet été et auraient voulu le laisser inactif, ce qui aurait perturbé le réseau plus tard [† cf. infra].

      Il est prévu que Martin dise : "Je ne peux pas entrer dans les détails concernant les services de renseignements.

      « Mais je peux confirmer que l’ingérence de la Russie, constatée par le National Cyber Security Centre au cours de l’année passée, a inclut des attaques sur les secteurs britanniques des médias, télécommunication et de l’énergie. »

      † comprendre : y aurait laisser un dispositif dormant pouvant être activé ultérieurement.

    • Ce que j’adore, dans cette affaire, c’est que toutes les baltringues journalo-pseudo-intellos qui veulent « lutter contre la théorie du complot » croient dur comme fer au grand méchant complot russe.
      D’ailleurs, moi aussi je suis un troll du Kremlin, j’attends mon chèque de Poutine pour finir le mois. #complotisme


  • Simonnet Danielle on Twitter : « Attention, prétendre que Macron a été fabriqué par les 9 milliardaires qui tiennent 90% des médias pour défendre les intérêts du Medef et des lobbys sera dorénavant considéré comme du #Complotisme . Le site hébergeant ce type de propos sera censuré. #FakeNews ? »
    https://mobile.twitter.com/Simonnet2/status/950634401544720384

    La méchanceté des réactions et leur nombre sont impressionnants. Toute une armée.


  • Mathieu Rigouste‏
    @MathieuRigouste

    #Complotisme
    Les gens sont cons, ils croient qu’on leur a menti sur le financement de la campagne Sarko, sur l’amiante, la colonisation, le sang contaminé, l’égalité femmes-hommes, le Rwanda, les emplois fictifs, la justice sociale, les irlandais de Vincennes, les armes de Sadam, l’affaire Adama Traore, la guerre d’Algérie, la couleur de peau de Jesus, l’honnêteté de Fillon, le bar de Sevran interdit aux femmes, les diamants de Bokassa, les bébés de l’hopital de Benghazi, les ventes d’armes, le nucléaire, la neutralité de la justice, l’égalité des chances, la culpabilité de Dreyfus, le ruissellement et la main invisible, les frégates de Taïwan, la caisse noire de l’UIMM, les armes de la ZAD, la mission civilisatrice, le trou de la sécu, la casse de l’hôpital Necker, l’uranium au Niger, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes


  • Le Président Jupi-Taire invente la Censure Libérale, par Jacques-Marie Bourget
    https://www.les-crises.fr/le-president-jupi-taire-invente-la-censure-liberale-par-jacques-marie-bou

    Avez-vous entendu Deloire protester contre la disparition de « Afrique Asie », un mensuel spécialisé dans l’actualité internationale, un journal d’une qualité rare ? Non. Il devait être en RTT. Ce journal historique, fondé par Simon Malley, a été le compagnon de lutte de tous les mouvements de décolonisation de la planète. Ce n’est pas rien. Comme par hasard l’état français a commandé un interminable contrôle fiscal contre « Afrique Asie », enquête ridicule au sein d’un journal militant. Mais qui s’est achevée par une amende de 150 000 euros. Majed Nehme, le directeur-héros de cette aventure, a donc été obligé de fermer ce journal exemplaire. Voilà les dernières nouvelles du monde libre, où les français ne parlent plus aux français.

    • https://www.agenceecofin.com/revue-de-presse/2510-51470-la-seconde-mort-du-magazine-afrique-asie

      Militant à la plume acérée, Simon Malley n’a pas que des amis. Il est momentanément expulsé de France en 1980, accusé de nuire, par ses propos, « aux intérêts de la France dans des Etats ayant avec elle des relations diplomatiques normales », selon les propos du ministre de l’Intérieur de l’époque, Christian Bonnet, en réponse à une question à l’Assemblée nationale de Laurent Fabius. En 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, Simon Malley peut revenir et poursuivre l’aventure éditoriale d’Afrique-Asie.

      En décembre 2005, le journal dépose le bilan, ciblé depuis des années par un contrôle fiscal politique. Simon Malley portera plainte contre l’administration fiscale, contestant auprès du tribunal administratif les conclusions de cette enquête à charge qui aboutira à la liquidation de la société Afriasial qui exploitait le titre. Le tribunal lui donnera raison, mais à titre posthume, puisque le fondateur historique du titre est décédé le 7 septembre 2006, un an après avoir été contraint de déposer le bilan.

      Majed Nehmé (photo) – rédacteur en chef d’Afrique-Asie depuis dix-sept ans – prend, avec quelques anciens du journal, l’initiative de relancer le titre qui sera exploité par une nouvelle société, la Sarl Afriam. Progressiste franco-syrien, ce grand connaisseur du monde arabe – intellectuel tous terrains – améliore la qualité éditoriale, l’expertise, le réseau des correspondants et des collaborateurs. Afrique-Asie est régulièrement diffusé dans une cinquantaine de pays. Parallèlement à la version papier, il est possible de consulter le magazine en ligne, augmenté par des papiers et reportages qu’on ne lit nul par ailleurs.

      En effet – sous la direction de Majed Nehmé – la qualité et la spécificité du titre ne cessent de s’améliorer, tranchant singulièrement avec la descente aux enfers de la presse parisienne mainstream. Pour les habituels « chiens de garde », une telle liberté est insupportable : Afrique-Asie, qui est régulièrement cité et repris par la presse internationale, mais systématiquement exclu et censuré par la plupart des revues de presse dans l’Hexagone, notamment par celle de Radio France Internationale (RFI), radio publique censée être spécialisée en affaires africaines… Sans parler de Mme Ockrent-Kouchner et de ses étranges Affaires étrangères sur France-Culture…

    • Et incidemment :

      En guise de travaux pratiques je livre à nos lecteurs l’expérience vécue par la grande et courageuse historienne Annie Lacroix-Riz – professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII. Au prétexte qu’elle est l’une des seules à s’opposer à la cohorte placée sous la férule de Gérard Courtois, un communiste très repenti qui passe ses heures à expier son passé, et qui est devenu le guide suprême en matière de marche arrière historique, Lacroix-Riz, avec son sac à vérités, est devenu l’ennemi numéro 1. Comme la dame est imbattable, tant elle est documentée, face à elle il faut fuir ou annuler tout débat. D’autant que la spécialité de l’historienne est brûlante : la collaboration sous toutes ses formes, liens entre nazis et Vatican, construction de l’Europe sous la dictée américaine…Elle a même découvert que, pendant la période nazie, le Zyklon B avait été, pour partie, produit dans des usines françaises…

      Un jour c’est France 2 qui la convoque pour évoquer André Bettencourt, un homme trop actif sous Vichy. L’historienne racle ses fonds, prend de son temps et répond aux questions du documentariste. Quelques heures avant la diffusion du « sujet » elle reçoit un SMS « Désolé, mais faute de place votre témoignage a été coupé ». Ah ça alors c’est vrai, la lutte des places est un phénomène connu !

      En 2016 c’est une certaine Juliette Dubois qui, sur RMC TV, se passionne pour une tranche d’histoire « 1939-1945 la face cachée du Vatican ». Lacroix-Riz est incontournable, elle est ici assise dans son jardin. La naïve historienne sort ses archives les plus explosives et attend le passage de la questionneuse… qui, comme Godot, ne viendra jamais. Le dernier acte de censure est aussi lié à ce documentaire de RMC, un conte de fée qui donne la part belle aux hommes de Dieu. Cette fois, le film étant diffusé par la RTBF la télé belge, Lacroix-Riz est convoquée à Bruxelles « pour un débat ». On lui envoie des billets de train…Et, magie habituelle, sans que les TGV de Guillaume Pépy y soient pour quelque chose, l’historienne qui dérange ne se dérange pas : elle est décommandée. Si je mets en avant l’exemple de Lacroix-Riz c’est que la dame, même sans le relais des médias officiels, a une certaine capacité d’alerter un petit réseau. Mais quid des inconnus, des isolés, qui se font moucher dès qu’ils évoquent des sujets touchant à la « contre pensée ». Quid d’un chercheur qui n’embouche pas, pour ses travaux, la bonne trompette, l’écrivain qui n’écrit pas les bons livres ?

    • Obsessions complotistes, obsessions anticomplotistes

      On comprend sans peine que Libération et Le Monde , mais parmi tant d’autres, se soient fait une joie de l’étude Fondation Jean-Jaurès-Ifop sur les tendances complotistes de la population. Les deux principales écuries à Décodeurs n’allaient tout de même pas laisser passer ce caviar d’une justification en quelque sorte ontologique. Ni la presse en général manquer une occasion de réaffirmer que le monopole de l’information vraie comme de la pensée juste lui appartient. On notera au passage comme est bien conçue cette « étude », qui accole les 75 % de la population manifestant une défiance envers les médias avec le reste de la benne à complotistes, l’idée étant de suggérer, comme il se doit, que douter des médias et battre la campagne conspirationniste, c’est tout un. À l’évidence, ce qu’on pourra maintenant appeler le « massif du pouvoir », attaqué de toutes parts, n’est plus capable, pour se maintenir dans son monopole de la direction générale, de trouver d’autre solution que… la disqualification de la population même : elle est économiquement illettrée, politiquement errante, et d’une crédulité vicieuse.

      On sait donc maintenant avec une certitude scientifique au moins égale à celle de l’institut Ifop que le massif du pouvoir a perdu tout moyen de comprendre ce qui lui arrive – état de stupidité qui fait pressentir les conditions dans lesquelles, incapable de la moindre rectification de trajectoire, il finira : mal (car il finira bien un jour). Il a notamment perdu les moyens de comprendre ce qui se joue avec l’inflammation conspirationniste – dont il reste à prouver, tous effets de loupe des réseaux sociaux mis à part, qu’elle a effectivement crû. C’est que Rudy Reichstadt et la Fondation Jean Jaurès se seraient sans doute empressés de comptabiliser comme complotistes les « satellites détraquant la météo » qui faisaient les beaux jours des comptoirs des années 60 – et les satellites étaient russes !

      Que la pensée publique erre dans le mouvement naturel de faire sens de ce qui lui arrive, c’est un fait dont la nouveauté historique demanderait à être beaucoup discutée. Que, par un effet paradoxal, l’ampleur des élucubrations ait crû à proportion de l’élévation du niveau général d’étude, c’est-à-dire du nombre des gens s’estimant autorisés à « avoir des idées » sur le cours du monde, et à les dire, maintenant même à les publier, c’est probablement une piste plus robuste. Que l’obstination des pouvoirs à confisquer la conduite des affaires publiques en en dissimulant à peu près tout des gouvernés, fouette la production populaire des conjectures, qui plus est dans un contexte d’illégitimité croissante des gouvernants, et avec nécessairement la croissance, là encore simplement proportionnelle, de sa part égarée, ce serait aussi une piste à creuser. Mais on comprend que ni Le Monde ni Libération n’en aient la moindre envie. Quant à la cabane de jardin de la rue de Solférino (la Fondation Jean Jaurès) il y a beau temps qu’elle a perdu le dernier outil qui lui permettrait de creuser quoi que ce soit.
      Frédéric Lordon

      https://blog.mondediplo.net/2018-01-08-Macron-decodeur-en-chef


  • Tiens, Annie Lacroix-Riz aussi. Après avoir découvert qu’un participant au réseau Voltaire était apprécié ici au point que sous couvert de bd, de spip ou que sais-je, cette participation soit passé sous silence (parce qu’on « connait sa situation »...), je découvre qu’il y a des seenthisiens qui « aiment bien » (sic) Annie Lacroix-Riz. Décidément le complotisme bénéficie ici d’une étonnante indulgence. Sauf qu’il n’est nul besoin des théorie de ALR pour savoir que dès 1933 une bonne part de la classe dominante française préférait Hitler à quoi que ce soit de populaire, et pas non plus besoin des livres de ALR pour comprendre la défaite française face à l’Allemagne nazie.
    La notice wikipedia est certes orientée (le fils de Louis Renault fait de l’histoire y ais-je appris...), mais elle donne des infos sur le personnage, et renvoie à des avis d’historiens.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Lacroix-Riz

    Annie Lacroix-Riz à la conférence Axis for Peace 2005 organisée par le Réseau Voltaire (leurs réus ont l’air bien moins suivies que leurs articles) :


    Les pages qui suivent comportent plusieurs réfutations factuelles décisives des assertions d’ARL. Elles soulignent une absence totale de critique des sources sur lesquelles elle se fonde (extrême droite et police) pour étayer sa thèse.

    Lecture critique du Choix de la Défaite, d’Annie Lacroix-Riz.
    https://forum.hardware.fr/hfr/Discussions/Arts-Lecture/lecture-critique-lacroix-sujet_97717_1.htm

    #anticapitalisme_acéphale => #complotisme
    #stalino_nationalisme #falsification #histoire_tronquée #vision_policière_de_l'histoire #Annie_Lacroix-Riz #çarenifle

    • Ta façon de faire fait limite intimidation, style sites sur le confusionnisme. Si tu veux apporter des précisions sur le pedigree de quelqu’un cité ici, libre à toi. Libre aux autres de ne donner que les détails connexes qui semblent pertinents au sujet ou à l’oeuvre traitée

    • Merci de résumer à une question de "pédigrée", @nicolasm mais il est plus essentiellement question d’une escroquerie intellectuelle au service de positions politiques parfaitement contradictoires avec toute visée émancipatrice. Désolé de te le dire mais tu noies le poisson en parlant du « connexe ». Ci-dessus, il est très directement question d’un livre à succès (publié plusieurs fois par Armand Colin), Le Choix de la Défaite et des incohérences radicales qu’il contient et qui jugent son auteur tout autant qu’elles hypothèquent l’intelligence de l’histoire et des rapports sociaux.
      En tant que "commissaire politique" (merci @unagi pour le nom d’oiseau, BHL aurait pas mieux dit), l’examen des arguments et positions de cette prof aux thèses en vogue dans une gauche décomposée ( et débile au point de gober l’appât de supposées critique du capitalisme, on peut multiplier les exemples, plus ou moins nocifs, il y a 10 ans, certains « aimaient bien » Onffray) me paraît nécessaire.
      Rassurez vous, à supposer que j’en ai le goût, je n’ai et n’aurait pas le pouvoir d’envoyer ARL au goulag ou de décider de son interdiction professionnelle.
      En revanche, que l’on puisse prendre une seconde au sérieux une ARL pour qui les massacres de Katyn ont été commis par les nazis, Milosevic fut un dirigeant émérite et la grande Serbie un objectif politique légitime, le CNR un modèle d’union nationale à prolonger en toutes circonstances (comme c’est historien…), les chevenementistes, Asselineau, Cheminade et le RV des interlocuteurs de premier plan et les aveux des accusés des procès de Moscou quant à leur participation à un "complot hitléro-trostskistes", une preuve de l’existence de celui-ci est proprement ahurissant. Et si les éléments que je propose ci dessus ne sont finalement d’aucune utilité, il faudra bien que je m’en accommode.

      Il m’est arrivé de poster ici en en sachant pas assez sur ce que je postais, puis, grâce à d’autres intervenants, d’en apprendre ensuite assez pour savoir que mes sources étaient insuffisantes, voire saumâtres. Pourtant, l’échange et la collaboration, la confrontation depuis des matériaux - sans exiger d’accord politique strict ou de style homogène- comme support d’une intelligence collective ne garanti en rien la qualité des positions, analyse et infos présentes ici. Il y a non seulement du très faible mais aussi du nocif qui a droit de cité de façon acritique (cf. ARL). Ne serait-ce que l’omerta sur l’activité dans le RV d’un intervenant sur seenthis a montré que j’ai surestimé ce réseau social, trop voulu croire sans doute trouver sur le net un espace libre, commun.

      Comme disait Hérodote, l’indifférence est le poids mort de l’histoire. On me fera pas gober des analyses staliniennes, ni même tolérer leur présence en silence.

      #confusion

    • Ah mais je ne sais toujours pas pourquoi la participation de RM au RV est passée sous silence ici
      https://seenthis.net/messages/655358
      ayant du chercher, mes questions restant sans réponse si ce n’est un « on connait sa situation », j’ai vu que RM est aussi contributeur spip alors que je suis malheureusement réduit aux conjectures sur les raisons de ce silence. J’aurais préféré apprendre que RM s’était clairement dissocié du RV et n’y participais plus, ce happy end n’a pas eu lieu.

    • Merci pour ces infos @colporteur perso je ne connais pas le réseau voltaire et c’est l’intérêt de seenthis de permettre l’accès à des infos comme celles que tu met ici. Ca serais plus juste que tu le fasse sans accusé tout seenthis de complotisme ou complaisance avec l’extrême droite.
      L’extrème droite utilise certaines idées qui sont venues de la gauche (c’est a mon avis les seuls « idées » dont illes sont capables).
      Pour le féminisme que je connais mieux, il m’arrive souvent de faire cette veille sur le site matricien.org que beaucoup de gens, y compris féministes convaincus utilisent sans savoir que cette source est masculiniste. A part quant la personne est clairement masculiniste (et là je mâche pas mes mots), je part du principe que cette source est utilisé par ignorance et je fournis l’info. Sachant cela libre à chacun·e de laisser cette source, la retiré, chercher une autre source, ne rien faire (j’ai deja signalé l’info c’est ca qui est important).

    • Merci @parpaing, je me sens moins seul :)
      @mad_meg, content aussi que les petites fouilles sur le RV puisse t’être de quelque utilité...
      Je me demande combien d’abonnés et lesquels distillent du bullshit conspi, et à quel point c’est volontaire mais je n’accuse « tout seenthis » de rien. J’ai pointé des difficultés quant à des éléments référencés ici (qu’en est-il de Raphael Meyssan ? en quoi le RV et Annie Riz-Lacroix ne sont pas fiables mais nuisibles à la réflexion) et dit que trouver de telles références présentées ici sans critique diminuait ma confiance dans le fonctionnement de seenthis. La coopération collective, le croisement des sources et avis sont bien moins efficaces qu’imaginé et escompté par moi. Sans doute ais-je pour partie rêvé seenthis comme un espace exempt de diverses turpitudes, je me suis gouré.
      Lacroix Riz, par exemple est citée ici depuis longtemps et je n’ai rien vu qui mette en cause ses assertions. Je n’ai ni le goût ni le temps de jouer les accusateurs mais en revanche j’ai besoin d’un minimum de fiabilité des sources, des positions et je n’oublie pas que les états et les dominants n’ont pas le monopole de l’intox, des théories captieuses et mensongères (ce qu’a trop bien montré par le passé le succès des thèses négationnistes à propos de l’extermination des juifs par les nazis).

    • La perfection n’existe pas, je voie pas pourquoi seenthis devrait etre parfait, pure, immaculé, irréprochable, infallible... alors que le concept meme d’infallibilité est impossible.
      Si tu diminue ta confiance en seenthis c’est très bien. Il y a pas à avoir de confiance aveugle en qui ou quoique ce soit.


  • Histoire de la théorie du complot extraterrestre
    https://tempspresents.com/2018/01/04/histoire-de-la-theorie-du-complot-extraterrestre

    D’abord bénin, le conspirationnisme ufologique désirait à l’origine prouver que les extraterrestres existaient et que certains États étaient en contact, d’une façon ou d’une autre, avec eux. Il se radicalise ensuite dans les années 1980, se nourrissant du fait que certains scientifiques chargés de démontrer l’inexistence des extraterrestres ont changé de camp. L’exemple le plus frappant est le cas de l’Américain J. Allen Hynek qui fut le directeur du département d’astronomie de la Northwestern University et, surtout, durant, vingt ans, l’expert de l’armée pour ces questions avant de devenir l’avocat de l’existence de la vie extraterrestre. Célèbre aux États-Unis, il devint même un personnage apparaissant dans le film de Steven Spielberg, la Rencontre du troisième type (titre original : Close Encounters of the Third Kind), sorti en salle en 1977.

    En France, le conspirationnisme est présent dans les milieux ufologiques dès le début des années 1950, mais il ne deviendra prégnant qu’après la création du GEPAN (Groupe d’Études des Phénomènes Aéro-spatiaux Non-identifiés) en mai 1977. Cet organe officiel est accusé par les ufologues de participer au complot, d’être une sorte de Projet Condon à la française, car il dépendait du CNES (Centre National d’Études Spatiales). D’abord diffusée par une partie relativement marginalisée de l’ufologie, représentée par Jimmy Guieu12, l’idée que le GEPAN cache des choses est souvent défendue à partir du milieu des années 1980. Les ufologues doutent de la volonté du Cnes de faire la lumière sur le dossier OVNI. La suspicion s’installe alors, encouragée par son remplacement par le SEPRA (Service d’Études des Phénomènes des Rentrées Atmosphériques).

    Selon le courant conspirationniste de l’ufologie américaine, le gouvernement américain, l’ONU ainsi que les gouvernements européens, dont français, auraient fait alliance avec des extraterrestres dans le but d’asservir la Terre et de leur fournir des cobayes humains. Allant dans le même sens, l’inénarrable Jimmy Guieu a pu affirmer sans rire que les « Disparus de Mourmelon », affaire criminelle tristement célèbre, étaient des cobayes fournis par l’armée française aux extraterrestres implantés en France et non des victimes de l’adjudant Chanal. Enfin, il existerait, selon ces conspirationnistes, un gouvernement fantôme, extraterrestre, dirigeant les gouvernements nationaux. Jimmy Guieu l’appelle le Majestic 12 ou MJ 12 tandis que Jean Sider, un autre ufologue français de tendance conspirationniste puisant aux mêmes sources américaines, tentait de faire la généalogie de ce « gouvernement » en donnant une série de noms de structures se succédant les unes aux autres : Authority 10/2 ; Authority 10/5 ; Groupe 54/12 ; Comité 303 ; Comité 40 ; Committee on Foreign Intelligence ou CFI13.

    Ces structures peuvent être considérées comme une nouvelle synarchie : c’est un gouvernement secret, celui des EBEs, qui s’est allié aux gouvernements et aux élites technocratiques. Ce complotisme a été popularisé aux États-Unis vers la fin des années 1980 par deux auteurs : John Lear et William Cooper (1943-2001)14. Lear et Cooper ont puisé les bases de leurs discours conspirationnistes dans les publications d’autres ufologues, en particulier chez l’ufologue conspirationniste William Moore, l’« enquêteur » qui déterré l’« affaire de Roswell » et qui a diffusé les pseudo-documents du MJ 12. Ils ont aussi été influencés par les thèses conspirationnistes de Keyhoe et Scully, à l’origine de la théorie de la « conspiration du silence ».

    Mais, surtout, les deux ont amené dans l’ufologie un discours extrémiste de droite, aux relents antisémites.


  • Unfiltered Fervor : The Rush to Get Off the Water Grid - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/12/29/dining/raw-water-unfiltered.html

    La méfiance de certains Etats-uniens envers l’#eau du robinet et l’eau de source mise en bouteille rapportée au seul #complotisme, sans jamais aborder la réelle #pollution de ladite eau.

    https://seenthis.net/messages/650539
    https://seenthis.net/messages/624783

    Par ailleurs l’intérêt de la Silicon Valley pour l’"eau naturelle non traitée", abordée ici comme une des explications de l’engouement croissant pour cette eau, ne pourrait-il pas expliquer en partie la négligence des autorités quant à l’état de l’eau théoriquement potable ?
    #Etats-Unis