• « Nathan, dis bonjour au truc »
    https://mailchi.mp/slate/il-se-passe-un-truc-532461

    Or depuis le mois de mai, la polémique monte aux États-Unis : faut-il forcer les #enfants à dire « s’il vous plaît » aux assistants virtuels ? Des parents ont commencé à s’inquiéter du fait d’entendre leurs enfants dire : « Alexa, éteins la lumière… gros caca ». Eh oui, si vous avez six ans, comment résister à la possibilité de donner un ordre à une voix d’adulte, un adulte qui ne pourra jamais vous punir ? Du coup, foison d’interviews de pédopsys se demandant si ces enfants ne vont pas donner des ordres à de vrais adultes et insistant sur la nécessité de leur inculquer de bonnes manières, qu’importe l’interlocuteur.

    (...) Mais devant les inquiétudes des parents américains, les fabricants d’#enceintes_connectées n’ont pas exactement pris le chemin de rappeler que leur produit était plus proche du grille-pain que de la grande sœur. Ils ont ajouté des fonctions. L’enceinte d’Amazon félicite les enfants qui parlent poliment, pour « encourager les bons comportements ». Et sur celle de Google, on peut activer un mode « mot magique » pour qu’elle ne réponde pas en cas d’oubli de formule de politesse.

    Parce que les #robots, eux, en plus de t’écouter et de transmettre tes données en permanence, te coupent sans cesse la parole, t’empêchent de tenir la moindre conversation suivie et répondent à tes requêtes ce qui arrange les intérêts de leurs fabricants, mais attention ! sans jamais oublier la #politesse :
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-29-juin-2018

    "Média Global", "média global", "média global" : les patronnes de France Télévisions et de Radio France n’ont plus que le numérique à la bouche. Mais nous, attention, attention, il y aurait bien un truc qui permettrait au son de damer le pion à l’image. Le truc, le bidule, le machin s’appelle un assistant vocal. C’est tout nouveau, ça entre dans nos maisons. Ça ressemble à des enceintes qui parlent et qui répondent à nos questions. Notre présidente l’a dit : « les assistants vocaux sont l’avenir de la radio ». Qu’à cela ne tienne, j’en ai donc invité deux sur mon plateau. Mesdames et messieurs, #Alexa et #Siri vont ainsi donner leur première [commentaire personnel : qui doit en fait bien être leur millième] interview au micro.

    http://rf.proxycast.org/1451323796697915392/13938-29.06.2018-ITEMA_21728082-3.mp3

    Et puis, ce qui ne semble pas perturber le moins du monde ces parents, c’est, à travers cette même #assistance_vocale,

    1. d’alimenter chez les gamin·es le goût de se faire servir
    https://seenthis.net/messages/685330
    (antique #morale bourgeoise : il faut être courtois·e avec les domestiques)

    et 2. de les éduquer à coup de publicité déguisée
    https://seenthis.net/messages/673788

    On a les problèmes éthiques qu’on veut bien avoir en somme.

    #France_Inter #audio #radio #comportementalisme

    • Ah mais moi non plus je n’en vois pas l’intérêt - ou plutôt j’en vois tout le désintérêt. Mais nonobstant nos choix individuels, cette « daube », précisément, est en train de modifier la façon de faire de la radio, d’habiter, de rechercher des informations, de concevoir sa vie privée et d’autres choses plus profondes encore, difficiles à évaluer, comme le rapport aux autres, au temps, à l’intériorité...

    • #bigshit
      #soumission

      La france a déjà commencé à imposer la phase3 du programme (après l’aspect ludique devenu indispensable, voici les pompes dans le cul) depuis une dizaine d’années (avec l’aide de la FCPE) les parents ont obligation de se connecter au carnet et notes en ligne tandis que leurs enfants sont fichés également sur base élève dès 6 ans, s’habituent à la cantine à la biométrie, pointent à l’entrée du collège dans des tourniquets verrouillés avec une carte numérique nommée pudiquement carte jeune. Carte multi services flicage en sus qui sert dans les librairies ayant acheter le dispositif parents pauvres à mieux les dresser et à leur interdire de dépenser l’argent octroyé autrement que pour les livres. Carte servant aussi aux transports, à enregistrer tout déplacement et au cinéma, sports etc si des fois l’aspect pratique vous avait échappé et que vous refusiez cette dite carte, hasbeen vous serez traité.
      Parent, tu ne veux pas passer par internet, tu es puni, tu ne reçois pas les notes en temps et heure et les professeurs sont capables de te refuser un rendez-vous sous prétexte qu’il suffit de regarder les résultats sur internet. Quant au gamin, les bons parents sont censés suivre ses retards, absences, notes et devoirs sans l’en avertir. Tandis que les professeurs bien dressés (plusieurs directeurs et directrices mis à pied pour avoir refusé l’informatisation) inscrivent avec ferveur les nouveaux arrivants, les nouveaux faits et gestes des enfants.
      Et tout le monde est très occupé à remplir ces formalités administratives numériques, à soupeser, évaluer et fliquer les enfants, bref à leur apprendre le profond mépris et l’angoisse perpétuelle du contrôle dans lequel la société les maintient pour leur bien et surtout l’égalité, très importante dans l’armée. L’éducation ? hein quoi ? pourquoi ? où ça ?
      #bigshit

    • La question n’est pas d’être intéressé·e ou indifférent·e. Perso, lorsque je me plonge dans ce genre de dossier (bien documenté soit dit en passant donc merci @intempestive) c’est un sentiment d’effroi que j’éprouve. C’est quand même surprenant que l’on fasse la promotion de toutes ces assistances dotées d’intelligence « artificielle » et de « mémoire » mais qui n’ont pas de souvenirs hormis ceux des personnes aux manettes. Après, nos élites dirigeantes auront beau jeu de dénoncer la « société de l’assistanat ». Mais la dictature des algorithmes a de beaux jours devant elle du moment que ça génère du cash ...

      Parent, tu ne veux pas passer par internet, tu es puni, tu ne reçois pas les notes en temps et heure et les professeurs sont capables de te refuser un rendez-vous sous prétexte qu’il suffit de regarder les résultats sur internet.

      et de surcroît lorsque tu dénonces cette contrainte imposée aux familles, certains croient bon d’ajouter que ces « mauvais » parents pénalisent leurs enfants en ne leur offrant pas les meilleures chances de réussite.

      Et tout le monde est très occupé à remplir ces formalités administratives numériques, à soupeser, évaluer et fliquer les enfants, bref à leur apprendre le profond mépris et l’angoisse perpétuelle du contrôle dans lequel la société les maintient pour leur bien et surtout l’égalité, très importante dans l’armée. L’éducation ? hein quoi ? pourquoi ? où ça ?

      Dès les premières évaluations en CE2, au vu du temps que ça prend en passage d’épreuves, (surtout lorsque tu as une classe à tous les cours : j’ai testé, prise de tête garantie pour gérer ta classe pendant une bonne semaine), plus le travail de « codage des items » et leurs saisies-transmissions sur le serveur dédié, j’ai senti la dérive : passer plus de temps à renseigner des livrets d’évaluations qu’à préparer sa classe pour au final ne plus voir ses élèves que sous l’aspect de graphes statistiques.

    • merci @aude_v

      Le LSUN impose parallèlement l’évaluation par compétences. Pour Nancy, « ce changement est considérable. Ce qui compte avec les compétences, c’est d’évaluer la capacité des enfants à se conformer à un protocole, et non plus ce qu’ils ont appris en termes de connaissances. » L’appel de Beauchastel, dont elle est signataire, annonce bien la dérive : « Ce que nous voulons [...], c’est enseigner, et non exécuter des procédures. L’enseignement numérique n’est pas une "révolution pédagogique" mais la fin du métier d’enseignant. Les matières, c’est-à-dire les savoirs et savoir-faire qui les constituent, se trouvent morcelées en une liste de tâches exécutables, puis regroupées artificiellement en aptitudes générales. On appelle cela le socle de compétences. Dans ce cadre, une leçon, un exercice, peuvent être réduits à un protocole creux, qui peut bien effectivement être "partagé" en ligne, puisqu’il ne nécessite ni connaissances précises ni réflexion pédagogique personnelle pour être reproduit. Un cours construit de cette façon n’apprend pas à penser mais à se comporter de la façon attendue6. »

      se comporter de façon attendue

      c’est la définition des soldats.
      Et je le souligne, parce que tous ceux plus nombreux à ne pas fonctionner de façon attendue sont mis au banc. Alors que la richesse est justement dans leur capacité d’inventivité, de créativité, de mise en relation de connaissances parfois éloignées.
      La norme ne serait pas si gênante si elle ne générait pas des a-typiques, a-normaux, a-signifiant, bref des « n’existant pas ».
      Et l’étude de l’anormalité ou hyper ou dys ou fous supposés de ses personnes recoupe curieusement certains travaux sur ce que la société veut distinguer en « surdoué ». cf Cécile Bost
      https://seenthis.net/messages/706494

      #fabrique_du_conformisme

  • Propaganda - La fabrique du consentement - ARTE

    Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de “Propaganda”, un passionnant décryptage des méthodes de la “fabrique du consentement”.

    https://www.youtube.com/watch?v=FPbxJV4QKso

    Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de “fabrique du consentement” des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur. En 2001, le magazine Life classait Edward Bernays parmi les cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle. Ce documentaire riche en archives retrace, à la lumière d’une analyse critique – dont celle du célèbre linguiste Noam Chomsky –, le parcours de celui qui, entre autres, fit fumer les femmes, inspira le régime nazi, accompagna le New Deal et fut l’artisan du renversement du gouvernement du Guatemala en 1954.

    Source : Arte, Jimmy Leipold, 29-05-2018
    Réalisation : Jimmy Leipold - France - 2017
    https://www.arte.tv/fr/videos/071470-000-A/propaganda-la-fabrique-du-consentement
    Proposé par https://www.les-crises.fr/video-propaganda-la-fabrique-du-consentement-par-arte

    #propagande #propaganda #manipulation #médias #edward_bernays #comportementalisme #freud #adam_curtis #psychologie #chomsky #noam_chomsky #relations-publiques #capitalisme

  • J’ai attendu d’être un peu plus calme pour aborder le sujet. Et cela m’a pris un peu de temps pour me calmer, ce qui ne surprendra personne, vu le sujet, vu les protagonistes - parce que je dois avouer que mon premier réflexe ces derniers temps dès qu’un ou une sinistre de ce gouvernement l’ouvrent, et c’est souvent, ils et elles ne font que ça, j’ai un peu tendance à leur souhaiter de périr dans des circonstances douloureuses ou encore qu’ils et elles aillent se faire enculer, je sais ce n’est pas malin, je vais donc tâcher d’expliquer ce qui m’énerve sans m’énerver, ça ne va pas être facile, je le sens d’ici. Or donc le gouvernement de gestionnaires de droite a dévoilé son grand plan contre l’autisme ou pour l’autisme - putain faudrait savoir ! - avec du budget, comme on dit dans le milieu de la Très Grande Entreprise.

    Sans surprise pour un vieux de la vieille comme moi, je constate que dans les grands axes de cette gouvernance, comme on dit, ont repris de façon, plus adroitement maquillée que d’habitude - accordons-leur cela -, les grandes lignes de la clique comportementaliste, no-tamment un élément reconnaissable entre mille, le fameux dépistage dès les six mois in utero de l’enfant - bien sûr que j’exagère, mais si je n’exagère pas, on ne se rend même plus compte des énormités en question -, ne doutons pas qu’un jour ce ne sera plus in utero, mais in vitro - mais si je commence à deviser à propos de ce que dépistage devient rapidement synonyme de sélection, nul doute je vais encore égarer mon monde, je vais tâcher de rester sur la piste cette fois-ci. Et naturellement cette nécessité de dépistage est adossée à un chiffre - au gouvernement adepte de la gouvernance, des chiffres et du budget, on n’est pas des rigolos, on est des pros - le fameux 1% et ses 700.000. Il y a, tenez-vous bien, 700.000 autistes en France, soit 1% de la population française. Bon 1% de 66 900 000, ça fait plutôt 669 000, mais c’est pour vous dire, qu’en fait c’est même plus et même, même, en fait, ça augmente - bientôt ils et elles seront majoritaires.

    La fréquentation de certaines personnes de mon Facebook bio - cartographes et statisti-ciennes, ils et elles se reconnaîtrons - a éduqué un peu mon esprit autrement plus prompt à la fiction et, quand on manipule des chiffres ou encore quand on en étudie, il est toujours très important de se demander de quoi on parle. Bref de bien faire attention de ne pas mélanger les carottes et les pommes de terre comme on dit en statistique, de savoir, avec précision, de quoi on parle, avant de commencer à gribouiller sur ses fonds de cartes, comme on dit en cartographie.

    Du coup j’aimerais beaucoup savoir - en fait, je sais, je fais un peu semblant de ne pas savoir - quelles sont les méthodes envisagées pour trier le bon grain de l’ivraie, de trouver les bons autistes dans un groupe d’enfants qui ne sont pas toutes ni tous autistes. Et pour tout vous dire, depuis que je baigne un peu dans le milieu, je suis frappé par une immense contradiction, d’un côté des personnes déterminées à aller chercher les petits et petites autistes dans les crèches en leur faisant passer des batteries de tests - dont vous seriez étonnés de voir toute la charge poétique par endroits, de mémoire, il y a des trucs remarquables, votre enfant enchaîne-t-il ou elle ses pas dans un escalier ou avance-t-il ou elle toujours le même pied, et ramène l’autre pied à hauteur - ou encore est-ce que votre enfant sépare de façon infranchissable ses saucisses de sa purée ? (et oui, j’ai bien compris que ce que l’on cherchait ce n’était pas que TOUTES les cases soient cochées, la séparation des saucisses et de la purée ET un pied devant l’autre dans les escaliers, mais ce que l’on cherche c’est un faisceau, malgré tout on coche des cases, et quand on coche des cases c’est déjà le début de la gouvernance, de la putain de gouvernance je vais y revenir ) -, donc les cocheurs et cocheuses déterminées d’un côté, et de l’autre, médecins, psychiatres, orthophonistes, psychomotriciens, pédopsychiatres, neurologues, généticiennes toutes plus hésitantes les unes que les autres, soucieuses et soucieux d’éviter le plus longtemps possible d’inscrire le mot d’autisme dans un dossier qui part ensuite à la Maison Départementale des Personnes Handicapées et même que de telles hésitations sont parfois coupables pour ce qui est de pouvoir compter sur l’aide financière de la MDPH, mais voilà faut les comprendre aussi tous ces thérapeutes et soignantes, leur esprit scientifique ne voudrait pas être pris en défaut. Et pour tout vous dire, fier d’une certaine expérience et d’un parcours à la fois long et sinueux dans l’autisme, je peux vous donner un conseil assez simple et jamais démenti : faites con-fiance à celles et ceux qui hésitent et le disent et au contraire fuyez absolument celles et ceux qui affichent certitudes et vont jusqu’à parler de guérison. Celles et ceux qui hésitent vous viendront efficacement en aide, les autres vous égareront dans leurs propres certitudes auto-forgées.

    Les autistes sont des personnes redoutablement énervantes, je peux vous le dire, entre autres choses parce qu’ils et elles refusent de ressembler à la caricature que l’on fait d’elles, et continuent de s’entêter à offrir au regard de celles et ceux qui les soignent ou les accompa-gnent une diversité assez rafraichissante à la fois de facettes, de comportements insolites ou encore de raisonnements étonnants, d’ailleurs dans le milieu de l’autisme il n’est pas rare d’entendre des voix du camp des hésitants expliquer qu’il y a autant d’autismes que d’autistes, ce qui est une manière assez imagée de rappeler qu’une personne autiste, avant d’être autiste est une personne, il y aurait même à s’interroger si autiste ne pourrait pas être une manière de trait de caractère, et surtout il n’est pas inutile de rappeler que la qualification d’autisme couvre un spectre particulièrement étendu, il y autant de points communs entre une jeune autiste dite de Kaner et un adulte autiste dit atypique - oui, certains autistes repoussent sans cesse les limites du genre, et comme s’il n’était pas suffisant d’être singulièrement autiste, ils et elles poussent le bouchon un peu plus loin, des radicales, je connais un garçon comme ça - autant de points communs donc, qu’il y en a entre un sinistre de l’intérieur et une zadiste de Notre-Dame-des-Landes. À vrai dire la résistance des autistes à se conformer à toute classification est à l’image de leur résistance sociale. Vouloir les diagnostiquer, qui plus est à un très jeune âge, et donc les compter, est en fait, délirant. Et nous verrons que la parole gestionnaire de ce gouvernement sur le sujet de l’autisme est une parole délirante. J’y reviendrais.

    Si diagnostiquer, classer et dénombrer les autistes n’est donc pas très utile à la compré-hension de l’autisme - et je préfère dire des autismes -, on pourrait espérer l’opération malgré tout indolore, transparente, c’est sans compter que gouvernance oblige, une fois les étiquettes apposées, il va falloir traiter. Je vais tâcher de faire court et je vais tâcher de ne pas entrer en territoire polémique. Traiter une personne autiste pour atténuer son autisme - et même guérir une telle personne, si tant est qu’une telle chose soit possible - est une démarche curieuse et dont la pertinence mérite d’être interrogée, c’est presque aussi adéquat que de lutter contre la grande taille d’une personne qui serait grande, la rousseur d’une personne qui serait rousse et ainsi de suite. Et les méthodes pour cette lutte risquent d’être aussi violentes finalement que celles, orthopédiques, que l’on pourrait imaginer pour qu’une personne de grande taille soit moins grande et aussi stigmatisant que celles qui consisterait à considérer que les cheveux roux sont socialement inacceptables et qu’il faille par tous les moyens amputer cette rousseur, la cacher, que sais-je encore - - comme diraient mes filles (neurotypiques, elles) je ne suis pas très docte en problématiques capillaires. Des fois je rêve - j’ai de ces fantasmes des fois ! - de faire subir aux partisans et partisanes des méthodes comportementalistes, singulièrement celle dite de l’A.B.A. - pour Applied Behaviour Analysis -, de leur faire subir donc, l’application d’une telle méthode donc, pour la tabagie des unes, l’alcoolisme des autres, les petits travers des unes, les difficultés sociales des autres, bref comme le veut la locution anglaise, to have them get a taste of their medecine - leur faire goûter leur propre médicament. Mais surtout, imaginez que vous traitiez une personne contre, par exemple, une insuffisance cardiaque supposée, et en fait pas du tout avérée, et qu’en sous-main, votre traitement, inutile puisque la personne n’a pas de pathologie cardiaque, crée en revanche des difficultés rénales, ou encore pour déplacer la comparaison dans un contexte déjà plus voisin, imaginez que vous interniez une personne saine dans un hôpital psychiatrique en médicamentant cette personne saine avec de puissants psychotropes autrement réservés à des personnes souffrant de complexes de personnalités multiples ou que sais-je de cette farine, il y a des chances pour que cette personne saine mal aiguillée finisse par développer d’authentiques troubles psychiatriques non ?

    Donc là où la prudence dans le diagnostic, et même une certaine lenteur, seraient de mise, le parti de la gouvernance gestionnaire, ivre de son désir de résultats chiffrés, ne fera pas dans le détail et du coup il n’est pas exclu qu’effectivement on puisse faire augmenter le nombre de personnes qualifiées d’autistes, à la fois en les faisant d’abord entrer dans une catégorie qui n’est pas la leur, mais ensuite en les maintenant dans un tel environnement.

    Fin du premier point. Je vais tenter d’accélérer.

    Je remarque que la gouvernance a un certain talent dans la gestion de ce qu’elle appelle le calendrier. Si, comme moi, vous trempez dans l’autisme depuis quelques années, vous n’aurez pas manqué de remarquer certains signes d’oubli de la part des institutions et de l’État, pour dire les choses poliment et pudiquement : un sentiment de solitude face à l’autisme d’un ou d’une proche n’est pas rare. Du coup, quand soudain on parle de vous, vous avez fini par développer une manière de méfiance, c’est tellement étonnant qu’on parle de votre sujet que vous êtes en droit de vous demander ce que cela peut bien vouloir cacher. Et en ce moment-même, un regard, fût-il de biais, sur l’actualité vous renseigne rapidement : est-ce que des fois la gouvernance et sa gestion du calendrier ne seraient pas en train de se servir de votre cause pour tenter d’attirer l’attention et le regard dans une autre direction, celle, par exemple, assez préoccupante, du climat social du moment, des grèves des cheminots à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ?

    Vous trouvez que j’exagère ? Je vous donne deux exemples récents de ce genre d’impensés.

    Il y a quelques mois, faisait rage le débat sur l’écriture épicène avec la très courageuse levée de boucliers des gardiens du temple - l’académie française, pour laquelle, un jour, je prendrais le temps de démontrer, raisonnements capillotractés à l’appui, que la destruction serait LA mesure qui permettrait de venir à bout du terrorisme, j’exagère à peine, un peu quand même -, qui venait à la défense de la langue française, arguant notamment que le point médian et d’autres méthodes épicènes seraient nécessairement nocives pour les personnes avec des difficultés de lecture, notamment les dyslexiques, dont on pouvait avoir le sentiment que l’académie française était en train de découvrir leur existence. Eh bien, les dyslexiques vous emmerdent et aimeraient autant que faire se peut ne pas servir de couverture à vos petites aigreurs conservatrices de vieux fossiles dégoûtants.

    Autre exemple. Si vous avez des enfants ou si vous avez des informaticiens dans votre entourage - je plaisante qu’à moitié - vous aurez, nul doute, entendu parler de la mode des fidget spinners, ces petites toupies que l’on peut faire tourner sur le bout du doigt et dont le système de contrepoids, dans sa rotation très rapide, provoque une vibration que l’on qualifie d’apaisante, en fait seulement apaisante pour la personne qui a ce truc au bout du doigt et, au contraire, désespérante pour toutes les personnes enfermées dans le même bureau et tâchant de se concentrer sur leur travail. Il était remarquable du temps de cette mode que l’on ne puisse absolument pas objecter à quiconque avait l’air d’un idiot avec ce truc au bout du doigt que cela tapait sur nos nerfs à nous, on se faisait répondre qu’au contraire la chose était calmante pour l’otarie digitale et que justement si nous étions si tendu, peut-être devrions-nous faire l’acquisition de cette saloperie. J’aurais tellement aimé que toutes ces personnes adeptes de la toupie calmante soient capables de la même bienveillance lorsqu’elles croisent des personnes autistes atteintes de stéréotypies dans les transports, au bureau, bref dans l’espace public.

    Bref je pense que si les autistes avaient de meilleures capacités d’expression et de com-préhension de ce genre d’impensés, ils et elles ne manqueraient pas, de temps en temps, de prier les sinistres de la gouvernance, quand ils et elles se servent de leur pathologie comme prétexte, de se foutre des fidget spinners dans le derche.

    Les autistes sont, en fait, au-dessus de ça. Grand bien leur fasse. Et je ne parle pas en leur nom, je m’en garderais bien.

    Le dernier point que je voudrais aborder, c’est celui de cette déclaration du premier si-nistre qui voudrait désormais " accompagner dans la vie sociale, dans l’autonomie de la personne, de les faire monter en qualification. On se prive de ressources colossales dans notre pays, d’inclusion dans l’entreprise de personnes autistes. "

    Alors là autant dire qu’on est dans le délire le plus complet.

    Pour bien comprendre mon raisonnement qui suit, je vais préciser certaines des équa-tions qui me servent de boussole politique. Depuis 1973, soit depuis 45 ans - presque un demi-siècle tout de même -, le chômage de masse est en augmentation constante et depuis 1973 les différents gouvernements de droite qui se sont succédés n’ont cessé de nous expliquer que la seule façon de lutter contre ce chômage de masse étaient d’alléger les finances des entreprises et leur faciliter la possibilité de licencier du personnel, non seulement il est admirable que le remède puisse être aussi stupide, mais qu’il ne cesse de montrer à quel point il est inefficace, 45 ans de cette politique produisent, de façon avérée, l’aggravation du mal qui, si on s’y intéressait vraiment, montrerait surtout qu’il est incurable, entre autres raisons parce que toutes les formes différentes d’automatisation concourent à détruire des emplois et là où cela devrait libérer hommes et femmes du fardeau du travail, cela crée davantage d’inégalités. Essayez de tenir ce raisonnement, pourtant simple, cohérent et facile à comprendre, en société et je préfère vous dire qu’on va rapidement vous soupçonner de vous radicaliser sur internet. Soi-disant ce n’est pas si simple, et on risque de beaucoup vous opposer toutes sortes de raisonnements économiques dans lesquels chiffres et équations auront vite fait de vous donner le tournis, bref vous serez ostracisés en tant que déraisonnable et pas réaliste du tout, avec les doux rêveurs et les vilains zadistes profiteurs du système. Je dois ici avouer que j’ai un peu capitulé ces derniers temps à tenter d’opposer que les gouvernements de droite depuis 1973 sont dans le déni, en grande partie parce que cela ne m’intéresse pas tant que cela de tenter de réunir les preuves algébriques du délire ambiant - d’autres s’y emploient avec une intelligence et une patience qui forcent mon admiration, je pense à mon ami @laurent2 et à son Journal de la crise -, bref je jette l’éponge quand j’entends parler de plein-emploi, par lassitude et parce que j’ai d’autres chats à fouetter, vraiment - parmi lesquels tenter d’influer positivement sur la trajectoire erratique de mon fils autiste - et qu’on ne peut pas faire boire des ânes qui ne veulent pas boire.

    Sans trop développer, je pourrais également arguer que d’aucunes et d’aucuns parmi nous ont compris une mauvaise fois pour toutes que d’une part le travail n’est pas en quantité suffisante pour toutes et tous et qu’à tout prendre ils et elles aimeraient d’une part éviter de s’ennuyer et perdre leur vie à la perdre - on ne peut pas dire gagner sa vie, cela ne veut rien dire - et d’autre part préfèrent effectivement vivre, ils et elles font de la résistance au travail et on a bien compris que pour la gouvernance, ils et elles montrent le mauvais exemple, du coup la gouvernance se fait kafkaïenne et traque ces esprits éclairés pour tenter de les reconvertir au mensonge du travail - qui par ailleurs a perdu tout son sens, parce que la gouvernance l’a dénaturé en le procédurant (un jour, j’écrirai le raisonnement pas du tout capillotracté qui met à jour comment en supprimant les procédures et le principe de précaution on règle définitivement dans le même coup la question du terrorisme ET celui du chômage de masse).

    Et du coup quand j’entends un premier sinistre - en plein délire transparent du plein-emploi - évoquer les autistes comme une force potentielle de travail inexploitée, gâchée, mon sens de l’humour est soudain en panne. Je ne peux alors m’empêcher de penser que quelques-uns et quelques-unes parmi nous, les autistes, qui ont trouvé la parade absolue pour résister à la violence absolue de la société, vont bientôt être inutilement dérangées dans leur part la plus intime parce que la gouvernance délire et voudrait nous convaincre que le travail a encore un sens. Je tente de me rassurer en me rappelant que ce sont toujours les autistes qui gagnent à la fin, mais est-ce qu’on ne pourrait pas leur épargner ces violences et viols inutiles.

    Mais à vrai dire, de devoir expliquer tout cela, bras m’en tombent et j’enterre mon lapin.

    #pendant_qu’il_est_trop_tard

    • #merci

      Je ne peux alors m’empêcher de penser que quelques-uns et quelques-unes parmi nous, les autistes, qui ont trouvé la parade absolue pour résister à la violence absolue de la société, vont bientôt être inutilement dérangées dans leur part la plus intime parce que la gouvernance délire et voudrait nous convaincre que le travail a encore un sens.

      Très juste. Et ici encore, la comparaison avec ce qui se passe à la ZAD est très pertinente. Une #gouvernance_autoritaire qui s’attache à détruire activement ce qui n’est pas conforme à sa #norme.

      À propos du #hand_spinner, une personne a par ailleurs relevé la grande entourloupe qu’a constitué cette mode chez les personnes neurotypiques :
      https://seenthis.net/messages/620618

      Les personnes autistes (et autres personnes avec des handicaps de développement) sont en guerre depuis des décennies. Une guerre contre le fait d’être conditionné.es de force, souvent brutalement, à se comporter davantage comme les neurotypiques, quelles qu’en soient les conséquences pour notre propre confort, sécurité ou santé mentale. Ceux et celles d’entre nous qui avons besoin de d’auto-stimulation pour nous concentrer (souvent en adoptant des comportements brefs et répétitifs comme, je ne sais pas, faire tourner un objet dans nos mains), ont enduré des décennies de protocole des « mains tranquilles », de se faire envoyé.e dans le bureau du directeur ou de la directrice parce qu’on gigote trop, de se voir ordonné.e : « laisse ça/arrête ça et concentre toi ! », alors qu’en réalité nous faisons précisément la chose qui nous permet de nous concentrer, au lieu d’être terriblement distrait.e par un million de choses inconfortables comme le grésillement des lumières ou nos vêtements qui gratouillent. Nous avons eu nos mains giflées et nos objets réconfortants confisqués. On nous a obligé.es à nous asseoir sur nos mains. Nous avons été attaché.es. Oui, des enfants handicapé.es se font attacher - physiquement attacher – en classe et dans des séances psy et dans de multiples autres cadres alors qu’ils et elles font quelque chose qui est aujourd’hui incroyablement à la mode.

      Réfléchissez-y : des décennies de punition émotionnelle, de violence physique et autres abus. Et un beau jour un gars (qui se trouve être dans une position avec plus d’influence sociale que la plupart des personnes handicapées n’auront jamais) écrit un article pour raconter comment avoir un hand spinner l’aide à se concentrer lors de réunions, et tout à coup toutes les personnes Neurotypiques d’Amérique se ruent pour acheter leur propre hand spinner.

      #autisme #comportementalisme

  • En Allemagne, malaise autour des « vestes de sable » pour calmer les enfants hyperactifs - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/01/24/en-allemagne-malaise-autour-des-vestes-de-sable-pour-calmer-les-enfants-h

    L’histoire semble tout droit sortie d’un roman de Dickens : environ 200 écoles allemandes ont mis en place le port de vestes lestées de sable afin de calmer les #enfants_hyperactifs ou atteints du trouble du déficit de l’attention (TDAH). Cette méthode est utilisée comme alternative à la Ritaline, le médicament généralement prescrit dans ce genre de cas aux enfants dès 6 ans.

    Cette #veste, qui ressemble à un gilet pare-balles, pèse entre 1,2 et 6 kilos et coûte entre 140 et 170 euros, est fabriquée principalement par une société de Basse-Saxe, Beluga. Elle la commercialise depuis dix-huit ans. Cela fait à peu près autant de temps qu’elles sont utilisées dans des écoles hambourgeoises.

    On pourrait les attacher aussi #facepalm #enfance #éducation

    • Oui, @cjldx, c’est ce que j’ai trouvé étonnant : le fait que la technique soit visiblement appliquée pour tout autre chose et dans un contexte qui semble davantage relever d’une contention classique. Et, ce qui est lié, le discours purement mécaniste (comportementalisme) qui est tenu à travers une publicité comme celle-là. La petite fille est-elle magiquement apaisée par la contention, comme cela est sous-entendu, ou bien apeurée, embarrassée, déconcertée, que sais-je ? Tout à la promotion d’un effet magique sur le comportement, on ne pense même pas nécessaire de le préciser (voire de le prendre en compte dans l’expérimentation). Sans parler de la parfaite obscénité d’utiliser à des fins publicitaires une enfant dont on peut douter qu’elle ait donné son consentement éclairé à cette mise en scène.

    • Sans parler de la parfaite obscénité d’utiliser à des fins publicitaires une enfant dont on peut douter qu’elle ait donné son consentement éclairé à cette mise en scène

      J’imagine @intempestive que ce sont ses parents qui ont donné l’accord...

      1/ Je vais me renseigner à propos de la contention. Les psychiatres allemands semblent justement contre car celle-ci n’est pas utilisée au départ pour ce genre de cas et j’ai l’impression (surtout) qu’on ne leur a pas demandé leur avis ;-)

      2/ Les parents des enfants semblent satisfaits, les enfants aussi (pas celle de la publicité qui ne peut véritablement s’exprimer en raison de son handicap), de même que les professeurs. What else ?

      3/ Entre la Ritaline et le gilet, je choisis... le gilet qui lui, peut s’enlever mais j’y ajouterais bien sûr une TCC.

    • J’entends bien l’argument qu’en soin ce gilet peut représenter une option moins contraignante et/ou moins chimique que d’autres. J’ai employé le terme de contention, d’ailleurs, parce qu’il me semble y avoir une généalogie commune, mais il faut distinguer, bien sûr, entre ce gilet et les vestes qui bloquent tout usage des bras et empêchent donc toute autonomie.

      Reste que le malaise émerge du fait d’un élargissement de cet usage à des cas qui n’en relèvent pas, ou pas nécessairement, de la psychiatrie ou du handicap, mais de l’éducation ou de la discipline scolaire. C’est loin d’être anodin.

      Par ailleurs, la notion même de « trouble de déficit de l’attention », introduit, me semble-t-il, dans une version relativement récente du DSM, est critiquable, notamment du fait des surdiagnostics et de la surmédication qui ont accompagné son surgissement. Donc, on est bien d’accord, mieux vaut un gilet qu’une pilule. Mais cela permet de ne pas se poser la question plus fondamentale de la pertinence d’une telle médicalisation de l’attitude de certain.es enfants. On propose une solution technique, apparemment inoffensive, à des questions sociales.

      (Et oui, je m’en doute que les parents ont sans doute consenti, mais cela ne résout rien de la crapulerie qu’il y a à exploiter l’image d’une personne en situation d’en faiblesse. Cette vidéo fait directement écho à une longue tradition médicale d’utilisation de l’image de personnes considérées comme arriérées, adultes ou enfants, au nom de la grandeur de la science et pour leur bien naturellement.)

    • Il n’y a plus guère de réflexions et de pratiques critiques sur ces questions (émergence d’une pathologie), je connais des familles que l’on peut supposer tout à fait non dupes qui ont accepté l’usage de la #ritaline
      Je crois pas que ce soit fondamentalement « la » psychiatrie qui soit en cause, il y a une grande difficulté des familles face à ces comportements émergents, qui nt sans doute beaucoup à voir avec la religion de la performance. La psychiatrie a bien pour fonction de venir remédier aux effets pathogènes des normes sociales, et pas seulement à l’aliénation psychopathologie en tant que telle dans ce qu’elle a de spécifique.
      #soin #comportementalisme #paix_des_familles et des #école

    • Vous me direz, chez Volkswagen, on gaze bien des singes pour tester les moteurs diesel. Les méthodes allemandes ... mais elles n’ont rien à envier aux méthodes « civilisées » de la société occidentale de l’abondance, celle qui fait croire que le salut est dans le productivisme et le produit intérieur brut, mais aussi qu’il faut un esprit sain dans un corps sain en évacuant les « scories » de l’humanité à la marge. D’ailleurs le concept de « marginalité » est en lui-même révélateur d’un système de pensée, lequel système est bien totalitaire.
      #totalitarisme

    • Merci à @intempestive , @colporteur et @sombre pour vos réponses stimulantes.

      Par ailleurs, la notion même de « trouble de déficit de l’attention », introduit, me semble-t-il, dans une version relativement récente du DSM, est critiquable, notamment du fait des surdiagnostics et de la surmédication qui ont accompagné son surgissement

      Après prise de renseignements, les TDA remontent à 1968 dans le DSM II sous l’appellation "Réaction hyperkinésique de l’enfant".
      Pourquoi y a-t-il eu "surdiagnostique" ou "surgissement", je ne sais pas (ou y a-t-il eu tout simplement un développement des TDA ? Il faut savoir que la psychologie a fait d’énormes progrès depuis et les diagnostiques se sont affinés. Je vais être un peu provocateur mais bien avant on parlait de sorcellerie et non de folie...

      Mais cela permet de ne pas se poser la question plus fondamentale de la pertinence d’une telle médicalisation de l’attitude de certain.es enfants

      Les TCC sont la thérapie adéquate ; ça fonctionne très bien mais c’est une thérapie (pas un gilet ;-) ni un médicament) et c’est sur le long terme. Je crois qu’il faut dépasser le mot "attitude". C’est plus grave et ne relève pas de la simple discipline scolaire qui est bien impuissante crois-moi.

      On propose une solution technique, apparemment inoffensive, à des questions sociales.

      Pardonne-moi ma question mais en quoi est-ce une question sociale ?

      Cette vidéo fait directement écho à une longue tradition médicale d’utilisation de l’image de personnes considérées comme arriérées, adultes ou enfants, au nom de la grandeur de la science et pour leur bien naturellement

      Echo : oui, mais il me semble qu’elle est différente : c’est une entreprise qui montre un exemple de ce qu’elle peut offrir pour palier au handicap (pas d’arriération ici) note : pallier : « soulager un mal sans le guérir » aux XIIIe et XIVe siècles, « atténuer faute de remède véritable » au XVIIe
      Pas de science ici non plus. Mais je comprends que cela puisse choquer. Je suis personnellement indécis. Cela fait longtemps que je n’avais pas vu une "solution" physique (qui n’en est pas une mais qui pallie) à un problème psychique. C’est peut-être cela qui interpelle.

      @colporteur

      ces comportements émergents, qui nt sans doute beaucoup à voir avec la religion de la performance.

      Un TDA n’a, je pense, rien à voir avec la performance. J’ai au moins un élève dans ce cas et son comportement n’a rien à voir avec un problème vis-à-vis d’une norme sociale (enfin presque... ta réflexion est juste si tu considères qu’un tel cas est "normal" et qu’il peut accéder au savoir dans sa condition... ce qui est impossible surtout lorsqu’on sait que son TDA s’accompagne d’autres troubles dys...).

      @sombre
      D’après Charpentier M, Guberman N, Billette V, Lavoie JP, Grenier A, Olazabal I, Vieillir au pluriel, Perspectives sociales, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2010 :

      L’exclusion sociale (la marginalité) est la relégation ou marginalisation sociale d’individus, ne correspondant pas ou plus au modèle dominant d’une société, incluant personnes âgées, personnes sujettes à un handicap (physique ou mental) ou autres minorités. Elle n’est généralement ni véritablement délibérée, ni socialement admise, mais constitue un processus plus ou moins brutal de rupture parfois progressive des liens sociaux.

      L’exclusion, la marginalité existe depuis plusieurs siècles et donc cela n’a donc rien à voir avec le totalitarisme qui est un concept forgé au XXe siècle. Bien sûr le totalitarisme a produit de la marginalité laquelle n’en est pas le révélateur mais un aspect parmi d’autres... mais bon, cela n’est pas l’essentiel sur notre sujet, n’est-ce pas ?

    • @cjldx, une analogie. Si les suicides au travail ou liés au travail se multiplient, ce n’est pas comme adaptation à la norme mais plutôt l’expression dune incapacité à s’y plier, voire des formes de négation/refus de celle-ci.
      La prévalence accrue des dépressions n’est pas due simplement à une invention des labos ou des psys, c’est aussi une défense, une réponse, une manière (coûteuse) de sauver sa peau. L’émergence de « TDA » qui présentent tout autrement sont un autre écart, lui aussi coûteux. Quant aux TCC...
      voir peut-être On agite un enfant, de Yann Diener
      https://seenthis.net/messages/89485

    • @colporteur Tout à fait d’accord avec toi sur ton premier paragraphe ainsi que sur ton deuxième point.

      J’ai trouvé très intéressant l’article sur « On agite bien un enfant » (2012). Heureusement les choses progressent et les jeunes psychologues ont un esprit plus ouvert et décident des thérapies en prenant ça et là dans les diverses écoles qui se sont succédées

      En retour, les États-Unis nous amènent aujourd’hui les thérapies cognitivo-comportementales, avec l’immense marché des « troubles » et des médicaments qu’elles inventent.

      1/ On n’en est plus au tout médicament (enfin normalement) et lorsqu’on emploie des TCC, on n’est pas obligé d’y inclure un médicament (les psychiatres peuvent en prescrire, pas les psychanalystes, ni les psychologues).

      2/ Quelques citations intéressantes :

      Le premier chapitre parle de ce qui se passe à l’école, où le nombre d’enfants « agités » augmente. Il s’agit aussi du moment où l’institution scolaire impose une pression croissante sur l’enfant.

      Ce n’est pas faux mais il y a plus encore et il le dit bien par la suite.

      Plusieurs facteurs participent de ce qu’on appelle « un trouble » mais que l’on désigne trop rapidement comme quelque chose qui vient de l’enfant uniquement.

      considérer leurs patients comme des « fauteurs de troubles »

      En effet, un enfant qui souffre de TDA ou TDAH n’est pas un fauteur de troubles, c’est juste un enfant qui souffre et qu’il faut « soigner ». D’ailleurs il est bien différent de celui qui fait sa crise d’adolescent.

      Je ne vais pas citer tout le texte que tu m’as mis en biographie (il est très bien mais date un peu maintenant). Je peux néanmoins te rassurer, les psychologues que je connais ont dépassé ce stade (même la psychanalyse se dit psychodynamique maintenant et change aussi) et ils emploient les TCC (sans médicament), la psychanalyse ("psychodynamique") et d’autres « techniques » (le mot est peut-être mal choisi) en prenant dans diverses écoles. Il ne faut plus être sectaire mais avoir un esprit ouvert.

      Petite remarque : la définition des TCC que donne l’article est biaisée

      (Thérapies inventant des « troubles » à « traiter » à court terme, faisant fi de l’histoire du sujet et des ressorts inconscients du symptôme pour lequel l’individu consulte.)

      Pourquoi des scientifiques « inventeraient ». Cela me fait penser aux réactions de rejet systématiques face à une nouveauté : c’est une attitude normale mais il faut dépasser ce stade. La panacée n’existe pas. C’est souvent (pas tout le temps non plus) un mélange de l’ancien et du nouveau qui nous fait progresser.

      Merci encore pour l’article.

    • @cjldx : tu as raison que l’histoire des TDA/H remonte à loin. Sorcellerie, effectivement, hystérie, débilité, l’arbre généalogique est bien fourni avant d’arriver à l’acronyme utilisé aujourd’hui. C’est une question sociale en ce sens-là précisément : que tout comportement qui dévie d’une certaine norme est traité par le judiciaire ou par le médical. Concernant l’ « hyperactivité » et le « déficit de l’attention », on médicalise des manières d’être qui pourraient être analysées de toute autre façon selon les cas : expression de difficultés familiales (maltraitance, pauvreté, etc.), manifestation d’une personnalité singulière (ce qui est très prisé dans certains milieux, notamment ceux dits « créatifs », et très déprécié dans d’autres, où il ne faut pas qu’une seule tête dépasse), inadéquation du cadre scolaire... Bref, la pilule ou le gilet magiques vont faire disparaître les symptômes sans rien régler des questions posées par ce comportement (en fonction des situations : inégalités sociales, système éducatif contraignant, norme sociale étouffante...).

      J’avais souvenir d’une spécificité liée au DSM-V (2013) et ayant eu plus de temps pour vérifier (j’étais très peu connectée ces derniers jours), il s’avère que c’est essentiellement l’extension du diagnostic aux adultes. Rien à voir avec les enfants, donc, qui sont diagnostiqués sous cet intitulé précis depuis le DSM-IV (1994) et, comme tu le signales, sous des intitulés apparentés depuis plus longtemps encore. Néanmoins, les critères du DSM se sont assouplis au fil des années, favorisant précisément le surdiagnostic et le surtraitement, comme l’indiquait notamment cette étude parue en 2013 dans le BMJ. Elle critiquait aussi bien l’élargissement des critières de diagnostic des TDA/H au fil des DSM, que l’explosion du traitement par Ritaline
      http://www.bmj.com/content/347/bmj.f6172

      Clinical context—The prevalence of attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD) has increased substantially in the past decade, with most children diagnosed with ADHD described as having mild or moderate ADHD. Medication prescription rates have also increased twofold for children and fourfold for adolescents and adults

      Diagnostic change—Definitions of ADHD have been broadened in successive editions of DSM

      Rationale for change—Concern that ADHD is underdiagnosed in some children and adults

      Leap of faith—Identifying and treating more people with ADHD will improve their quality of life

      Impact on prevalence—The prevalence of parent reported diagnosis of ADHD in the US rose from 6.9% in 1997 to 9.5% in 2007. In the Netherlands it doubled over a similar period and other countries have also seen similar rises

      Evidence of overdiagnosis—Severity of ADHD criteria is subjective. Prevalence varies markedly within and between countries and there is evidence that inappropriate developmental comparisons, sex, and heuristics contribute to inappropriate diagnoses

      Harms from overdiagnosis—Medication costs of inappropriately diagnosed ADHD are estimated to be between $320m (£200m; €230m) and $500m in the US and some children have adverse drug reactions. While a diagnosis may help children and families it also carries stigma; children labelled as having ADHD are perceived as lazier and less clever by peers, and teachers and parents have low academic expectations of them potentially creating a self fulfilling prophecy

      Limitations—Longitudinal data on the prognosis of ADHD and effects of treatments are limited

      Conclusions—Reducing the threshold for diagnosing ADHD devalues the diagnosis in those with serious problems. A conservative stepped diagnostic approach could reduce the risk of overdiagnosis

      Pour un résumé en français, voir par exemple
      http://www.rtl.fr/actu/hyperactivite-nombre-d-enfants-traites-en-forte-hausse-attention-au-surdiagnosti

      Des experts mettent en garde contre une définition étendue de l’hyperactivité et des troubles du déficit d’attention chez les enfants qui risque de conduire à un surdiagnostic et un surtraitement potentiellement dangereux, dans la revue médicale British Medical Journal (BMJ). La mise en garde intervient alors que le nombre de patients traités pour cette pathologie a très fortement augmenté ces dernières années dans la plupart des pays occidentaux. Selon les auteurs de l’article, leur nombre a doublé chez les enfants et quadruplé chez les adolescents au Royaume-Uni entre 2003 et 2008 et a augmenté de 73% en Australie entre 2000 et 2011. Il a également doublé aux Pays-Bas entre 2003 et 2007 et augmenté de façon continue aux États-Unis entre 1996 et 2008, essentiellement chez les adolescents de 13 à 18 ans.

      Mais pas besoin de chercher bien longtemps pour trouver de semblables mises en garde auparavant :
      http://www.adders.org/news3.htm

      According to the Daily Mail, Wednesday 24th February 1999, “British Doctors were yesterday warned to curb the use of a ’miracle drug’ which is being given to thousands of hyperactive children. The International Narcotics Control Board - a United Nations agency - reported that the number of prescriptions for Ritalin doubled in this country last year.”

      Et merci d’avoir lancé cet échange, qui permet d’affiner et de préciser l’analyse.

    • @intempestive C’est toujours un plaisir d’avoir une discussion fouillée, argumentée ; cela nous fait progresser et c’est bien pourquoi je suis très content d’être sur @Seenthis .

      A propos des articles que tu cites, lis mon commentaire ci-dessus pour colporteur. Il est aussi valable. Ces auteurs ont parfaitement raison mais il faut aller plus loin et c’est ce qu’il semble se faire actuellement même si les neurosciences ont tendance, il me semble, à vouloir tout rejeter.

      Quant à « notre » histoire de veste, je suis partagé. Je ne la rejette pas mais il faut un (des ?) complément indispensable. Je suis aussi dubitatif : est-ce qu’un de mes élèves qui doit souffrir de TDA(H) serait soulager avec ce dispositif ? Pas sûr. D’où l’idée d’un diagnostic posé par des professionnels... qui ne seraient pas coincés dans leur chapelle. ;-)

    • Ah, j’ajoute une chose :

      Concernant l’ « hyperactivité » et le « déficit de l’attention », on médicalise des manières d’être qui pourraient être analysées de toute autre façon selon les cas : expression de difficultés familiales (maltraitance, pauvreté, etc.), manifestation d’une personnalité singulière (ce qui est très prisé dans certains milieux, notamment ceux dits « créatifs », et très déprécié dans d’autres, où il ne faut pas qu’une seule tête dépasse), inadéquation du cadre scolaire..

      On peut (et doit) traiter le problème à sa source (maltraitance, pauvreté, etc.) mais cela ne résoudra rien au problème psychologique de l’enfant, l’adolescent, l’adulte qui est véritablement ancré en lui.
      Quant aux créatifs, ils ont fait de leur(s) souffrance(s) un art (enfin j’espère). Tant mieux. C’est aussi une sorte de thérapie.

      « Inadéquation au cadre scolaire », là ça me fait un peu réagir (tu t’en doutes bien) : que veut l’école ? Instruire, faire progresser l’esprit critique et la compréhension du monde en tout cas en histoire-géographie (et y rajouter une ligne politique directrice). Un enfant en souffrance, aura vraiment du mal à y arriver et c’est bien triste.

    • « Inadéquation au cadre scolaire », là ça me fait un peu réagir (tu t’en doutes bien) : que veut l’école ? Instruire, faire progresser l’esprit critique et la compréhension du monde en tout cas en histoire-géographie (et y rajouter une ligne politique directrice). Un enfant en souffrance, aura vraiment du mal à y arriver et c’est bien triste.

      Certes, mais ce que l’école « veut » varie beaucoup : cela dépend de la politique nationale, des collectivités locales, du statut de l’école (public ou privé, religieuse ou à pédagogie alternative), de la direction de l’école et de l’enseignant·e. Et l’on peut aboutir à un fossé gigantesque, pour le meilleur et pour le pire, entre ce qui est annoncé et ce qui est pratiqué. Pour le meilleur : quand l’enseignant·e arrive à transmettre de façon vivante un savoir vivant. Pour le pire : quand on retourne à une ingurgitation scolaire sous contrainte, façon XIXème siècle (du style, en ce moment : conception de l’histoire comme apprentissage d’un « roman national »).

      Ensuite, il faut également partir de la perspective de l’enfant : s’il me semble effectivement fondamental de proposer un cadre de socialisation et d’éducation hors de la cellule familiale, il demeure important de comprendre que ce cadre-là peut ne pas correspondre à certain·es enfants. Pour une majorité, il demandera des adaptations plus ou moins faciles, et pour quelques un·es, il représentera une vraie souffrance. Pour ces quelques un·es, il faut savoir proposer autre chose, et quelque chose qui ne relève pas nécessairement du médical. La Ritaline, dans beaucoup de cas, me paraît relever d’une forme d’intégration à marche forcée, qui laissera elle aussi des traces. Il est dommage qu’il n’existe pas plus d’options entre la scolarisation, l’enseignement à domicile et la psychiatrisation. Enfin, il existe quelques autres options, dans le milieu des pédagogies alternatives notamment, mais tellement hors de prix qu’elles ne s’adressent qu’à une classe sociale précise.

    • Pour le pire : quand on retourne à une ingurgitation scolaire sous contrainte, façon XIXème siècle (du style, en ce moment : conception de l’histoire comme apprentissage d’un « roman national »).

      Il y a un programme et les directives sur l’application du programme :
      http://eduscol.education.fr/cid98981/s-approprier-les-differents-themes-du-programme.html

      Certains hommes politiques ont la tentation du roman national (tronqué au demeurant, ils choisissent bien ce qu’ils veulent y voir d’ailleurs....). Mais l’inverse est vrai aussi : au collège, on étudie plus le Second Empire (trop libéral dans sa seconde partie ?), exit Clovis, les mérovingiens (ça coince un peu entre la fin de l’empire romain et Charlemagne, il y a un bon vide de 400 ans) , ni Sparte (trop extrémiste ?), Richelieu est passé à la trappe ; idem pour la crise de 1929 (le côté économique seulement et non son rôle dans la montée du nazisme)... Ce qui a été fait à l’école primaire est souvent oublié... lorsqu’il a été fait. Mes collègues font le maximum mais les difficultés sont grandes (nous sommes en ZEP).

      On n’ingurgite plus mais il faut bien quand même mémoriser à un moment donné... comprendre sans mémoriser c’est être condamné à faire les mêmes erreurs.

      ce que l’école « veut » varie beaucoup : cela dépend de la politique nationale, des collectivités locales, du statut de l’école (public ou privé, religieuse...

      Les écoles privées sont très souvent catholiques et ce qu’elles veulent c’est la réussite de leurs élèves... comme les écoles publiques. Les programmes sont les mêmes, les profs sont salariés par l’Éducation Nationale même s’ils n’ont pas le même statut.

      Et tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne la suite de ton commentaire !

    • Je suis moins optimiste que toi sur l’égalité de l’enseignement selon le type d’école. Oui, il y a un programme et des directives, mais la façon de les appliquer varie du tout au tout. En témoigne par exemple l’existence de structures comme Espérance Banlieues, à l’ « espérance » bien particulière
      https://seenthis.net/messages/648149

      C’est un courriel de professeurs du Rhône qui a levé le lièvre : « Le numéro deux de la région Rhône-Alpes, Étienne Blanc (“Les Républicains” — NDLR), a assisté le 6 novembre à la cérémonie de remise des uniformes aux élèves d’Espérance banlieues Pierre-Bénite. » Suivaient quelques lignes décrivant ces écoles hors contrat, « fer de lance de la mouvance réac-républicaine », qui, « sous couvert de lutte contre le décrochage scolaire », privilégieraient une approche « néocoloniale » de l’éducation avec « lever des couleurs » hebdomadaire au son de la Marseillaise et inscription dans le règlement intérieur de l’« interdiction de parler la langue des parents ». Des établissements gérés par « la droite catholique et réactionnaire », qui cherchent à s’implanter en banlieue, ciblant un public pour partie d’origine immigrée et/ ou de confession musulmane, du moment qu’il paie. Un réseau dont la gestion va « à l’encontre de (leur) vision d’une école émancipatrice », alertaient ces enseignants.

  • « Neuf stations de métro bientôt parfumées »
    http://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-lyon-metropole/2018/01/17/neuf-stations-de-metro-bientot-parfumees

    Pour couvrir des #odeurs désagréables, neuf des principales stations du #métro lyonnais (dont Bellecour, Hôtel de Ville, Charpennes, Saxe-Gambetta...) seront prochainement parfumées. Un contrat a été signé entre #Keolis et la société #Sensorys. Après six mois de test, en accord avec le Sytral, c’est une fragrance #Agrume-Thé_Vert qui a été retenue.

    Outre une amélioration de la qualité de service, « ce parfum décuple le sentiment de #sécurité », affirme Pierre Pagès, fondateur de Sensorys, une société qui fabrique elle-même les parfums d’ambiance dans l’Eure, et qui a fait de l’identité olfactive dans les transports une de ses spécialités.

    Et donc Sensorys
    sensorys.com

    Notre concept : La diffusion d’une fragrance renforce le #sentiment de #propreté et de #sécurité.

    (...)

    Le #sentiment_de_confiance dans vos services peut naître de la perception olfactive de vos clients quand ils utilisent vos sanitaires.

    (...) Les cabines d’essayage dans les grands magasins deviennent des espaces de #théâtralisation où le client doit se sentir chez lui.

    Les odeurs désagréables de sudation et autres doivent disparaître et laisser place à un univers de #confort_olfactif.

    (...) Nous avons crée l’#identité_olfactive des entreprises de VINCI Park, SPIE concessions, URBIS Park et gérons des parkings pour EFFIA, INTERPARKING, les Villes de Puteaux, Evreux etc ..

    (...) La mise en place de nos solutions contribue à #diminuer_les_incivilités et à #augmenter_la_satisfaction des locataires.

    Sensorys travaille aujourd’hui avec plus de 15 #bailleurs Nationaux dont Tours Habitat, Unicil, Lille Métropole Habitat, Habitat 3 moulins, Meaux Habitat, Cilgère, Proxylogis etc ..

    #marketing_olfactif #comportementalisme

  • C’est le jour J pour mon deuxième #livre, que vous pouvez désormais trouver en librairies. Il s’intitule Contrôle. Comment s’inventa l’art de la manipulation sonore et c’est un essai narratif — ou en termes moins savants, une enquête qui se lit comme un roman.

    J’y raconte la vie d’un homme, #Harold_Burris-Meyer, toute entière consacrée aux tentatives de manipuler les foules au moyen du #son. Comment ? En essayant de susciter des hystéries de masse au théâtre grâce à des sonorités magiques, en oeuvrant à augmenter la productivité dans les usines par le biais de savantes playlists, en créant des leurres sonores pendant la Deuxième Guerre mondiale pour déboussoler l’ennemi. Y réussit-il ? C’est très relatif, mais l’important n’est pas là. Aborder l’histoire par le son permet de découvrir des épisodes méconnus du 20e siècle et d’explorer les coulisses inattendues du 21e.

    Le livre est co-édité par La Découverte et la Philharmonie de Paris au sein de la collection Culture sonore, qui regroupe des travaux consacrés à l’histoire et à l’analyse du son dans le champ social. En voici la présentation officielle et la couverture :
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Contr__le-9782707190130.html



    Contrôle raconte la fascinante histoire d’une autre modernité sonore. Une modernité incarnée à l’origine par un homme, figure majeure mais méconnue du XXe siècle : Harold Burris-Meyer. Ingénieur et homme de théâtre, il fut inventeur de dispositifs sonores et expérimentateur en sciences du comportement.
    À travers les trois grands chapitres de son histoire — le #théâtre, l’#industrie, la #guerre — s’écrit celle des premières tentatives de manipulation des #masses au moyen du son. Divertir ou terrifier, apaiser ou piéger, guérir ou perturber, nulle différence pour l’ingénieur illusionniste. De l’#acoustique théâtrale à la #musique dans l’industrie en passant par l’élaboration de #leurres sonores employés pendant la Seconde Guerre mondiale contre les troupes allemandes et italiennes, il s’employa toute sa vie à montrer l’influence profonde du son sur les réactions et les émotions de l’homme.
    L’écriture de Juliette Volcler est portée par le double objectif de peindre de manière vivante l’époque, son contexte social et culturel, ses rêves échoués, ses expérimentations réussies, et de donner des outils critiques face à l’environnement sonore en pleine mutation du XXIe siècle.

    #comportementalisme #musique_d'ambiance

  • Est-ce qu’on pourrait avoir le choix ?
    http://desordre.net/blog/?debut=2016-11-27#3135

    Si j’avais dû écrire cette lettre, j’aurais fait un massacre, j’aurais été insultant, violent même, tant je ressens tellement durement cette nouvelle attaque du clan des psychologues pour chiens par député d’extrême droite interposé #151 ; je parle de cette nouvelle proposition de loi de Fasquelle qui sera débattue la semaine prochaine à l’Assemblée et qui vise entre autres mesures malsaines d’interdire la prise en charge de l’autisme par les psychanalystes. Source : Le bloc-note du Désordre

    • oui oui je dis pas le contraire, les thérapies comportementales ont sorti de la merde quelqu’un de proche... mais interdire une méthode quel qu’elle soit, ça me semble un peu con, d’autant qu’il y a bien des problèmes de lobbying avec l’#ABA je pense... Enfin, c’est toujours pareil, la guerre des chapelles et au milieu, des gens souffrent...

    • C’est psy pour chiens VS psy pour Maîtes. En tant que chienne j’ai été bien soigné par un de ces vétos. Je suis d’accord que cette interdiction va trop loin, qu’il faut préserver le choix pour lea patient·e·s ou les tuteurices. Par contre je ne sais pas pour l’autisme, mais pour les victimes de violences, les psychotraumatologues et victimologues tel la docteur Muriel Salmona déconseillent de consulter les psychanalystes sans avoir préalablement recu des soins spécifiques. Et les féministes radicales ont été nombreuses à mettre à jour la misogynie des théories psychanalytiques de Freud, Lacan et leurs successeurs.

    • @aude_v

      les psychanalystes n’ont pas été de leur côté accusé.es de culpabiliser les mères d’enfants autistes ?

      Surtout par les psychologues pour chiens. C’est un peu une vieille lune ça, di-sons, pour faire bref, que si tu lis très vite, en sautant un mot sur trois, en tenant le texte à l’envers et avec un éclairage intermittent, des textes de théorie psychanalytique sur le sujet de l’autisme, tu peux avoir cette impression. Les tenants du comportementalisme ont trouvé là une brèche très efficace, comme, la plupart du temps, ce sont les mères qui s’occupent des enfants autistes (et nettement moins souvent les pères, c’est vrai, il y a des exceptions, tu l’auras compris entre mes lignes), c’est un argument très populaire.

      La guerre entre le comportementalisme et la psychanalyse est une chose in-croyablement étrange, c’était, dans les années septante une sorte de joute théorique qui ne faisait de mal à personne et d’une certaine manière la psychanalyse a gagné cette première bataille : au début des années 80, il n’y avait plus grand monde pour soutenir la validité des thérapies courtes.

      Jusqu’à ce que les derniers comportementalistes trouvent un terrain de bataille où ils allaient pouvoir prendre leur revanche : l’autisme.

      Le comportementalisme obtient avec les enfants autistes de très bons résultats — par ailleurs si tu fermes les yeux sur un certain nombre de conduite qui, de mon point de vue, confinent à la maltraitance psychologique —, si tu acceptes que de très bons résultats recouvrent une réalité seulement plaisante en surface, c’est-à-dire une conduite d’automate en codes sociaux, ce qui rend un inestimable service à de nombreux parents qui de fait sont isolés socialement du fait du comportement curieux de leur enfant et nul n’est indemne de ce genre de honte et d’isolement sociaux (j’ai par exemple des souvenirs assez cuisants de situations avec mon fils dont je ne parviens toujours pas à rire dix ans plus tard, ou encore, il est la seule personne que je connaisse au monde qui tire la chasse avant d’aller aux toilettes, et pas après, des fois cela ne sent pas très bon chez moi, par exemple quand je rentre du travail c’est souvent la première chose que je dois faire, tirer la chasse). Naturellement si tu penses pour ton enfant que c’est l’alpha et l’oméga qu’il se tienne à carreau en toutes circonstances (et qu’il tire la chasse après ses besoins), non sans un ton de voix qui ne sera pas sans te rappeler C-3PO, alors le comportementalisme te donnera le sentiment de produire des miracles et le cas de ton enfant viendra grossir le nombre des déclarations de guérison de l’autisme dont se gargarisent les comportementalistes, je ne sais plus où mais je me souviens avoir lu le chiffre magique de 54,25% (j’imagine que dans le cas présent que ce qui compte c’est la précision au centième près).

      Naturellement si tu as d’autres attentes, des attentes plus chaleureuses, plus humaines et si tu t’entêtes à considérer qu’aussi diminué que soit ton enfant ce der-nier demeure un être humain à part entière et qu’en dépit de son handicap, tu dois préserver un espace, si minuscule soit-il, de libre arbitre, alors tu vas vivre la méthode dite A.B.A. comme une façon de penser et voir les choses à la fois problématique et surtout limitée.

      Un des enseignements de la psychanalyse s’agissant de l’autisme est que ce dernier dans le repli extrême sur soi est une réponse du sujet à une angoisse très profonde. Tu auras compris que les comportementalistes font fi entièrement de cette angoisse, ne veulent pas la traiter et ne veulent même pas en entendre parler et je crois que c’est le plus gros reproche que je leur fais, réduire l’individu, le sujet, à la somme de ses comportements et de ses réflexes conditionnés.

      Déplaçons (et simplifions) un moment le débat. Le comportementalisme est de plus en plus en vogue sur le traitement des Troubles Obsessionnels du Comportement. Une personne par exemple a le besoin compulsif de se laver les mains soixante fois par jour, une cure comportementaliste va permettre à la personne d’associer au fait de se laver les mains soixante fois par jour des pensées négatives qui vont désormais lui servir de garde-fou par rapport à cette pathologie. La personne ne se lave plus soixante fois les mains par jour, du point de vue des comportementalistes cette personne est guérie. Du point de vue psychanalytique ceci n’est pas une guérison, au contraire, c’est un passage inquiétant, là où le sujet avait trouvé le moyen de détourner son angoisse profonde, on lui a retiré ce moyen mais on n’a pas effleuré le problème de son angoisse, il est donc fort probable que le prochain subterfuge que le patient va trouver pour contrecarrer ses effets d’angoisse sera nettement plus fâcheux que de se laver les mains soixante fois par jour, par exemple, étrangler des enfants à la sortie de l’école, évidemment j’exagère, mais c’est pour rendre le propos compréhensible.

      En fait c’est beaucoup une affaire de choix. D’où le titre du billet. Certains parents souhaitent que leurs enfants suivent une scolarité dans le privé, et d’autres, dont je suis, ne veulent surtout pas en entendre parler. Certains parents veulent que leurs enfants soient des manchots, d’autres dont, je suis ne veulent surtout pas en entendre parler. Certains parents souhaitent restreindre l’accès à internet pour leurs enfants, et d’autres dont je suis, préfèrent d’autres méthodes d’éducation. Certains parents veulent apprendre à leur fille la couture et la cuisine et à leur garçon le bricolage et un certain goût pour les automobiles, d’autres, dont je suis, trouvent que ce n’est pas une très bonne idée. Certains parents d’enfants autistes souhaitent lutter contre l’autisme de leur enfant en en combattant les symptômes à l’aide de la méthode A.B.A., d’autres, dont je suis, ne veulent pas en entendre parler, et souhaitent au contraire confier les soins de leur enfant à un thérapeute d’une toute autre obédience.

      Mais que l’on confie son enfant autiste à une école de pensée ou à une autre, n’empêche pas, vraiment pas, ne doit pas empêcher, de rester critique vis-à-vis de cette école de pensée. Pour te donner un exemple, je m’excuse d’avoir à utiliser celui de mon fils, mais allons-y : depuis fin 2003, il a connu deux psychologues, trois pédopsychiatres, six orthophonistes, un psychomotricien, un éducateur, un ostéopathe, un médecin traitant, une très belle collection d’Auxiliaires de Vie Scolaire, parmi lesquels se cachait une psychologue algérienne dont le diplôme algérien n’était pas reconnue en France et une autre encore, Algérienne également, qui avait largement le niveau d’éducatrice, elle se formait pour cela, tu te doutes bien que pour avoir connu un tel parcours, il y a eu à un moment ou à un autre des crises de confiance, des démissions, que sais-je ?

      J’ai une amie psychanalyste qui, sur la question de l’autisme, singulièrement, mais pas uniquement sur celle-là, a tendance à penser que l’école de pensée des per-sonnes qui interviennent auprès des patients importe nettement moins que la valeur intrinsèque de la personne qui intervient, ce qui est logiquement équivalent à dire qu’il vaut mieux une bonne comportementaliste qu’un mauvaise lacanien. La pratique montre que c’est assez vrai. Par exemple, Nathan a connu un éducateur spécialisé qui utilisait des méthodes comportementalistes, ce type était un jeune homme très chouette et même s’il a, de son propre aveu, échoué avec Nathan, il lui a apporté quelques bienfaits.

      Cela fait deux fois dans le fil de cette discussion, et d’une autre, qu’est men-tionnée la question de l’évaluation des méthodes, terrain de bataille sur lequel les comportementalistes aimeraient beaucoup emmener les psychanalystes : c’est un peu comme si les All Blacks insistaient pour affronter, au rugby, les quinze meilleurs joueurs d’échecs du monde. Etonnamment les joueurs d’échecs déclinent l’invitation. Comme quoi, ils ne sont pas fous.

      En revanche, dans cette bataille, tu remarqueras sans mal que les comporte-mentalistes veulent la mort des psychanalystes (leur interdiction de soin) tandis que les psychanalystes se moquent pas mal de l’existence des comportementalistes. C’est, à mon sens, une indication très claire, pour moi, de la valeur des uns et des autres.

      De mon point de vue, les armes employées dans cette guerre par les compor-tementalistes sont consubstantielles de leur école, conditionnement de la pensée, propagande etc…, de leur côté les psychanalystes sont les purs esprits qui continuent de croire en l’émancipation du sujet, même chez leur adversaire.

      Et comme le faisait remarquer @tintin, pendant que cette guéguerre fait rage, les patients et leurs familles souffrent, telles les populations civiles en tant de guerre, et, finalement, n’ont pas d’autres exigences que celle de pouvoir choisir, qu’on leur laisse au moins ça, le choix, la plupart du temps dans une existence qui est essentiellement maillée de contraintes et dans laquelle les choix, sont en fait, peu nombreux. Merci de ne pas nous retirer celui-là, et que le dernier tire la chasse en partant.

    • Un psy pas vraiment analyste pas vraiment comportementaliste, qui se dit systémique, me disait qu’on ne peut pas mêler analytique et comportementalisme en un même moment thérapeutique (enfin, c’est comme ça que je l’ai compris). Par ailleurs, l’ordre efficace serait plutôt de faire Ana. puis Comp.
      L’analytique, tu creuses des grands trous dans le jardin, le comportementalisme, tu plantes des narcisses et tu sèmes le gazon… pas compatible.
      Dans les thérapies comportementalistes, il y a aussi des thérapies pour « gens en bonne santé » comme ACT : thérapie d’acceptation et d’engagement. En gros, c’est "j’ai déjà tout pour comprendre ce qui m’arrive, mais j’ai du mal à me dire que c’est vraiment ça" et j’ai besoin qu’on me pousse au cul. Ça passe vachement par la bibliothérapie (tu lis un livre et quand tu détiendras ce bagage, tu reviens me voir).

    • En même temps que je faisais un long et pénible travail de psychanalyse dont je revenais parfois déglinguée, j’avais deux copines qui avaient pris la même comportementaliste pour continuer de vivre. Elles étaient même devenues amies avec elle et ça me sidérait, justement parce que faire porter aux amis cette charge explosive est juste pas le but. Grâce à cette comportementaliste, l’une a réussi à supporter de rester avec le père de son enfant qui en faisait d’autres ailleurs et l’autre à épouser un homme qu’elle n’aimait pas. Et elles avaient le soutien de leur curé, nan, j’déconne pour le curé.
      En tout cas, quand j’ai vu ça, j’étais atterrée, j’ai dit à mon psy combien j’étais contente de pouvoir lui raconter les errances de mon esprit sans qu’il ne me dise jamais ce que je devais faire. On échangeait alors beaucoup sur ce qu’était le parler juste et c’était un voyage non organisé fabuleux et troublant.

      Et en parlant de chiens, c’est tout le dressage de mon enfance que je fuyais, #dressage, exactement ce mot.

    • A tous : une réflexion qui me vient à la relecture de certaines de vos contributions. Il se trouve que dans mon entourage il y a une grande densité de musiciens et de psychanalystes, très peu de photographes, aucun, en fait.

      Bref, la plupart des amis psys avec lesquels j’échange me renvoient souvent le même son de cloche à propos de leurs référents ou encore à propos de sociétés, d’associations ou encore de groupes de travail : ils sont en désaccord souvent profond d’avec la ligne de ces collectifs et le constat est souvent sévère, les psychanalystes creusent la tombe de leur discipline souvent par obstination et refus de concessions. Il m’apparaît alors curieux que pour des professionnels de l’émancipation ils soient à ce point décçu de ce qui leur tient lieu de hiérachie finalement sans faire, a minima scission, et, plus sûrement, la révolution.

      Ou alors ils sont l’esprit d’équipe chevillé au corps, et prenant acte de l’atomisation de la vraie gauche en une multitude de petites courants qui ne font jamais de grandes rivières et certainement pas des fleuves, ils, les psys d’en bas, restent groupés secrétement, en dépit de hauts-de-coeur par rapport aux psys d’en haut.

      Ca m’amuse un peu de penser les choses comme ça.

    • En revanche, dans cette bataille, tu remarqueras sans mal que les comporte-mentalistes veulent la mort des psychanalystes (leur interdiction de soin) tandis que les psychanalystes se moquent pas mal de l’existence des comportementalistes. C’est, à mon sens, une indication très claire, pour moi, de la valeur des uns et des autres.

      De mon point de vue, les armes employées dans cette guerre par les compor-tementalistes sont consubstantielles de leur école, conditionnement de la pensée, propagande etc…, de leur côté les psychanalystes sont les purs esprits qui continuent de croire en l’émancipation du sujet, même chez leur adversaire.

      Mais mince, comment c’est possible de sortir sérieusement de telles contre-vérités ? Les psychanalystes passent leur temps à invectiver tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans leur chapelle.

      J’ai l’impression pour ma part que la psychologie en tant que science humaine est juste en train de sortir de l’âge de pierre, en essayant de se doter d’outils scientifiques, mais que la psychanalyse et ses tenants veulent fermement rester à cet âge de pierre, où l’on peut raconter n’importe quoi en brandissant son statut sans crainte de perdre son travail.

      Tiens j’avais pas noté celle là :

      Surtout par les psychologues pour chiens.

      C’est pas de l’insulte ça peut-être ? Skinner c’était les années 50, c’est fini tout ça, faut actualiser ses connaissances (on parle même de TCC, où le deuxième C veut dire « cognitive », autant dire une aberration pour les comportementalistes du XXème siècle).

      Grâce à cette comportementaliste, l’une a réussi à supporter de rester avec le père de son enfant qui en faisait d’autres ailleurs et l’autre à épouser un homme qu’elle n’aimait pas. Et elles avaient le soutien de leur curé, nan, j’déconne pour le curé.

      Mais qu’est-ce qu’elles allaient faire « soigner » au bout d’un moment ? Moi je ne déconne pas pour le curé, c’est comme ça que je vois beaucoup de psys (quelle que soit leur obédience) étant donné le peu de données fiables qui existent pour cette discipline, où beaucoup de choses reposent sur du blabla et des croyances (et attention je ne confonds pas psychiatrie et psychologie).

    • J’ai l’impression pour ma part que la psychologie en tant que science humaine est juste en train de sortir de l’âge de pierre, en essayant de se doter d’outils scientifiques

      C’est très précisément le discours promotionnel qu’ont tenu les comportementalistes au début du 20e siècle en fondant leur école : en finir avec l’introspection et la spiritualité, remplacer tout ce fatras par des chiffres, des expériences reproductibles, des données objectives. La suite a démontré que c’était plus compliqué que prévu, et que la mise en statistiques de l’intelligence et des émotions humaines (ou animales en général) engendrait des biais sérieux.

      "Le rôle théorique de la psychologie est la prédiction et le contrôle du comportement", écrivait John B. Watson dans ce qui est considéré comme le texte fondateur du comportementalisme :
      http://psychclassics.yorku.ca/Watson/views.htm
      Ça, en revanche, je crois que ça n’a jamais été abandonné comme objectif, et c’est bien ce qui me paraît poser problème dans le comportementalisme. La psychologie "telle que la conçoit le comportementaliste" relève explicitement de l’#ingénierie_sociale.

    • @aude_v Oui, cet article avait été signalé ces derniers temps sur seenthis, je ne sais plus où, fort intéressant.

      Mais encore une fois je suis toujours emmerdé : autisme et folie sont deux domaines sans relation. Et quand bien même j’entends bien que cette notion de folie n’est pas considérée, a priori, par les psychanalystes, de façon péjorative, ils feraient quand même bien, ces purs esprits, de penser qu’au contraire dans le langage courant et dans l’esprit de beaucoup, ce n’est pas un compliment. Comme c’est également une insulte de dire à quelqu’un qu’il est autiste, généralement parce qu’il est obstiné dans une voie de pensée qui n’est pas la nôtre, ce qui est assez disant d’ailleurs (j’avais écrit une chronique sur le sujet il y a longtemps quand Juppé, ministre des affaires étrangères avait dit que Khadafi était autiste, merci pour eux), mais sans doute que le fil de cette discussion est assez dense pour cela et qu’il n’a pas besoin d’être enrichi.

    • C’est très précisément le discours promotionnel qu’ont tenu les comportementalistes au début du 20e siècle en fondant leur école : en finir avec l’introspection et la spiritualité, remplacer tout ce fatras par des chiffres, des expériences reproductibles, des données objectives. La suite a démontré que c’était plus compliqué que prévu, et que la mise en statistiques de l’intelligence et des émotions humaines (ou animales en général) engendrait des biais sérieux.

      Les premiers comportementalistes ne cherchaient même pas à savoir ce qui se passait dans le cerveau, ils ne s’intéressaient strictement qu’aux comportements (d’où leur nom). Cela n’existe plus, personne (du moins j’espère) aujourd’hui n’est resté bloqué sur les théories comportementalistes des années 50 (on ne peut pas en dire autant des psychanalystes de leur côté...). Les outils scientifiques à notre disposition sont sans commune mesure avec ceux du siècle dernier parce que, tout simplement, la connaissance scientifique évolue (et notamment, on sait mieux évaluer l’efficacité d’une thérapie). Ici tout un tas de gens qui parlent de ça bien mieux que moi : https://colpsypreuves.sciencesconf.org

    • Oui, comme déjà discuté par ici, dit par @bug_in et ailleurs, le mot « science » c’est pas forcément des chiffres, des statistiques, de la reproductibilité stricte et absolue… (ça c’est du « scientisme », si on veut). Surtout que là on parle à priori d’une science humaine, pas d’une science fondamentale. Mais en sociologie ou en anthropologie, ça ne fait plus très sérieux d’avancer des idées sans aucune sorte de preuves (même si ça existe aussi).

      Il y a aussi des gens honnêtes qui fondent donc leurs analyses sur la méthode scientifique, et notamment le fait de se baser sur des preuves, plus ou moins tangibles ET dont on sait qu’elles peuvent évoluer dans le temps (une personne honnête utilisant la méthode scientifique sait que les choses peuvent évoluer et être remises en cause suivant de nouvelles découvertes, évidemment). L’inverse de se baser sur des croyances, sur des théories non vérifiées, juste parce qu’une personne « a dit que » en se basant sur 10 cas (ou moins), et à une autre époque.

      (Et on n’est plus ya 100 ans non plus : les vérifications de thérapie bien faites prennent en compte le fait que les gens ne réagissent pas tous pareils, sans penser qu’un truc doit marcher pour 100% des cas. Mais je suppose qu’une méthode qui aident 70% des cas est sûrement mieux vue qu’une méthode qui en aide 20%. Sauf que pour ça il faut accepter d’évaluer ses méthodes…)

    • Les premiers comportementalistes ne cherchaient même pas à savoir ce qui se passait dans le cerveau

      Je dirais qu’ils le cherchaient par d’autres moyens, partant du principe que ce qui était inobservable en laboratoire échappait nécessairement à l’analyse. D’où la focalisation sur le couple stimulus-réponse : la compréhension de l’articulation entre le premier et la seconde traduisait selon eux dans le comportement observable ce qui se passait d’inobservable à l’intérieur de la « boîte noire ».

      Cela n’existe plus, personne (du moins j’espère) aujourd’hui n’est resté bloqué sur les théories comportementalistes des années 50

      L’obsession des chiffres a sans doute été tempérée depuis (quoique je suis convaincue qu’elle a joué un rôle conceptuel central dans l’émergence du quantified self, la quantification de soi aujourd’hui omniprésente). Mais pas le fait de placer le comportement au coeur de l’analyse et de la thérapie ; ni la visée sociale, fonctionnaliste, de la prise en charge du comportement.

      le mot « science » c’est pas forcément des chiffres, des statistiques, de la reproductibilité stricte et absolue…

      On est bien d’accord. Je parle, encore une fois, des premiers comportementalistes, dans les années 1910-1930. Pour eux, accéder au statut de science (et donc s’extraire des « humanités ») passait nécessairement par des données statistiques, du travail en laboratoire, de la reproductibilité. C’est à travers cela qu’ils comptaient se démarquer des psychologues antérieurs.

      Autrement, je crois que l’art, la littérature et bien d’autres chemins sont possibles pour accéder scientifiquement à une connaissance. Scientifiquement au sens d’une éthique et d’une exigence de la recherche, dans ses moyens comme dans sa finalité.

  • https://blogs.mediapart.fr/valerie-gay-corajoud/blog/031216/autisme-lettre-ouverte-monsieur-fasquelle

    Une femme merveilleuse, courageuse et intelligente, une mère d’un enfant autiste, Valérie Gay-Corajoud, a écrit exactement, à la virgule près, le texte que j’aurais voulu écrire (mais pas la force en ce moment sur le sujet) à propos de la proposition de loi de Fasquelle visant, entre autres choses épouvantables à interdire la prise en charge de l’autisme par les psychanalystes et qui est discuté à l’Assemblée la semaine prochaine.

    Vous ne pouvez pas interdire la psychanalyse en France, mais vous voulez l’interdire pour les autistes ? Est-ce à dire que pour vous, Monsieur Fasquelle, les autistes n’ont pas les mêmes droits que les autres ? De quelle autorité vous munissez-vous pour scinder ainsi une population dans son accès à un accompagnement psychanalytique ?

    • Le précédent film de Sophie Robert:
      https://www.dailymotion.com/video/x16d4fv_le-mur-ou-la-psychanalyse-a-l-epreuve-de-l-autisme_school


      https://dai.ly/x16d4fv

      Ce film s’est répandu de façon virale dans le monde entier en quelques jours. Un mois plus tard, trois psychanalystes lacaniens (Eric Laurent, Esthela Solano-Suarez, Alexandre Stevens) ont intenté une procédure en urgence pour faire censurer le film. Dans un premier temps, ils ont été suivis dans leur demande par le TGI de Lille.

      Deux ans plus tard, la cour d’appel de Douai a totalement réhabilité mon travail, libéré le MUR et débouté les 3 psychanalystes lacaniens de toutes leurs demandes ; les condamnant à me verser une provision de dommages et intérêts à valoir à l’issue d’une nouvelle procédure, pour réparation du préjudice moral et financier. Les trois psychanalystes à l’origine de la tentative de censure du film « Le MUR » ne se sont pas pourvus en cassation.

      La censure du film « le MUR » pendant deux ans a stoppé net sa diffusion et surtout l’exploitation de la trilogie documentaire, dont le « Phallus et le Pas tout » est le premier volet, et dont « Le MUR » constituait un produit d’appel. En revanche elle a renforcé l’intérêt des journalistes qui se sont emparés de l’affaire, bien au delà des cercles de l’autisme. Jusqu’au New York Times !

      #autisme

    • Puisque @mona m’y pousse, je signale cette chronique à propos de cette saloperie de Mur de cette fausse réalisatrice, fausse journaliste, fausse productrice sans doute aussi :

      http://www.desordre.net/blog/?debut=2011-12-11#2939

      De la même façon, la décontextualisation des concepts fonctionne à bloc. Dites le mot phallus dans trois circonstances, devant une assemblée de psychanalystes, dans la rue et dans une caserne, le même mot risque d’éveiller des images assez différentes dans l’esprit des interlocuteurs de ces trois contextes. Dans le cas qui nous occupe, lorsque Laurent Danon-Boileau ou Geneviève Loison parlent de phallus, ils ne peuvent pas savoir prospectivement que le public de leurs propos entendra « grosse bite ». En substance, la psychanalyse étrangement accouplée avec la psychiatrie dans ce film, c’est le Mal. Les psychanalystes étant au mieux des allumés et des illuminés se gargarisant de formules choquantes, « l’inceste maternel », « l’enfant-phallus » et j’en passe, de telles formules prises en dehors de leur contexte psychanalytique ayant tôt fait de de mettre les rieurs dans son camp. J’imagine qu’il serait inaudible pour ces évangélistes comportementalistes de leur rappeler que psychiatrie et psychanalyse sont des disciplines mitoyennes mais non strictement superposables, cela demanderait sans doute de trop à des esprits qui se satisfont vite de la stigmatisation à la fois de la psychanalyse — dans le jargon des parents d’enfants autistes passés du côté obscur du comportementalisme on dit la « psycacanalyse » — et par extension des intellectuels.

      Avec le recul, relisant, je me dis que putain j’avais la pèche alors. Je serais bien incapable aujourd’hui d’écrire une telle chronique. Sans compter que je suis contraint de constater que les psychologues pour chiens, ce n’est pas une surprise, sont en train de gagner la bataille du lobby, ainsi la proposition de loi de Fasquelles qui sera débattue devant l’Assemblée et qui promet tout de même de poursuivre pénalement les psychanalystes qui prendraient en charge des personnes autistes.

      C’est d’ailleurs étonnant comme impensé. Une personne autiste ne peut, dans l’optique des psychlogues pour chien, n’être qu’autiste , elle ne peut être considérée comme sujet AVANT d’être autiste.

      Je me console, comme je peux, en me disant qu’un certain jeune homme cher à mon coeur, a pu cheminer jusqu’ici, et quel parcours !, en étant épargné de ces méthodes de psychologues pour chien.

    • @colporteur Je peux aussi choisir de ne pas me départir de mes habitudes du samedi, yoga le matin et travail dans le garage l’après-midi (et de cette façon combler mon retard dans la série #qui_ca).

      Avec l’âge je commence à trouver fatigants les débats à l’issue de projections de films, parce que dès que tu commences à tenter d’argumenter que le film qui vient d’être projeté est, ne serait-ce que perfectible, tu te prends toute la salle contre toi, la salle est toujours du côté du film, quel que soit le film. Là j’ose pas imaginer. Et puis, sur le sujet, notre hôte de ce fil de discussion (@supergeante) en sait quelque chose, je ne suis pas calme, bien trop ému (et donc finalement assez con).

    • J’aurai plutôt tendance a dire que ce sont des (pas tous, j’en connais) psychanalystes qui disent n’importe quoi.
      La discipline n’ayant pas de cadre expérimental, ni « disciplinaire » ils ont déjà du mal a s’entendre sur les mots. Sans parler des « maux » sans vouloir faire du lacanisme.
      Pour ceux qui est de l’autisme, souvent pour la psychanalyse ça revient a dire que c’est la faute de la mère : emballer c’est peser. Es ce que ça, c’est considérer le sujet en premier ?
      Quand a la réduction lyrique du comportementalisme aux travaux de pavlov (et son chien, on aura compris) qui dates du début des sciences psychologiques, heureusement qu’il y a eu d’autres travaux entre temps et que l’on considère une progression possible, et toujours discutable. Les TCC ne considère pas les gens comme des phénomène a mettre en boite, c’est précisément (en tout cas aujourd’hui) par respect de l’individu et de ses choix personnels, que les TCC se contentent de parler de leur comportements, que les intentions sont discutés, qu’une confrontation entre ce que l’on veux, ce que l’on fait est mise en avant etc.
      L’avantage final étant une possibilité d’évaluation scientifique de la méthode, que la psychanalyse a souvent refusée.

  • Phaunoscopie #5 : Intelligences en essaim
    https://soundcloud.com/phaune-radio/phaunoscopie-5-intelligences-en-essaim

    Et si les humains s’organisaient comme les fourmis ? Les insectes sociaux inspirent depuis longtemps les chercheurs en sciences cognitives. Comment à partir de comportement individuels relativement simples émergent des comportements collectifs très complexes ? Cette intelligence collective ou intelligence en essaim, est formée par les relations entre les membres de la colonie, de blattes ou de fourmis. Guy Théraulaz est directeur de recherche au Centre de Recherches sur la Cognition Animale à Toulouse. Spécialiste des comportements collectifs, il observe les insectes sociaux comme on observe un réseau de neurones dans un cerveau. Durée : 30 min. Source : Phaune (...)

  • Les mouvements de souris, révélateurs de l’état d’esprit
    http://www.atelier.net/trends/articles/mouvements-de-souris-revelateurs-de-etat-esprit_439290

    Des chercheurs de la Brigham Young University ont développé une technologie qui permet de mesurer les mouvements de souris pour déterminer l’état d’esprit de l’utilisateur.

    [...]

    Selon les recherches du professeur Jenkins, quand l’utilisateur est contrarié, déçu, perdu ou confus, le curseur ne suit plus une trajectoire droite ou à peine courbée. L’utilisateur a au contraire tendance à effectuer des mouvements brusques, irréguliers et bien plus lents.

    [...]

    Ces mesures de mouvements de souris sont utiles dans le domaine du e-commerce par exemple.

    Même si je suis pas tout à fait convaincu, je trouve quand même pas ça très catholique...

    « L’université Brigham Young (Brigham Young University, BYU ou the Y) est l’université principale de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Il n’est pas nécessaire d’être membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours pour pouvoir s’inscrire. Cependant, environ 98 % des étudiants sont membres pratiquants de l’Église. Tous les étudiants s’engagent à respecter un code moral très exigeant pendant leurs études. »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Brigham_Young

    #Analyse_comportementale #Brigham_Young_University #Jeffrey_Jenkins #Recherche_scientifique #Vie_privée #Web #États-Unis

  • « Sons & mobiles : l’écoute en mouvement »
    http://syntone.fr/sons-mobiles-lecoute-en-mouvement

    Les 3 et 4 décembre 2015, la Maison de la Recherche à Paris accueillait le colloque international Sons et Mobiles. Pour la quatrième édition des rencontres mobile et création, les organisatrice/teurs Laurence Allard, Laurent Creton et Roger Odin se sont intéressé·e·s aux pratiques et aux productions sonores liées aux appareils mobiles. « Une dimension d’analyse trop souvent négligée au profit d’une approche centrée exclusivement sur la culture visuelle véhiculée par les contenus mobiles » précisent-ils et elle. On ne peut que saluer cette initiative soutenue par l’Université de la Sorbonne Nouvelle, l’Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel, et les Industries culturelles et création artistique. Pendant ces deux jours de réflexion sur les pratiques d’écoute et de création, plusieurs interventions ont retenu notre attention.

    Le site du colloque
    http://www.mobilecreation.fr/?page_id=9

    #son #mobilité #technologie

    • #Jason_Stanyek s’est particulièrement intéressé aux appareils d’écoute mobile et à la synchronisation de la musique sur les mouvements du corps, prisée par les sportifs et plébiscitée par l’industrie. Équipés de capteurs, nos appareils mobiles sont désormais intelligents à travers ce qu’il appelle le processus de sensorisation de l’écoute ( sensorization of listening ). Par exemple, les casques audio à système de contrôle actif du bruit, ne sont plus uniquement des casques, mais « écoutent » eux-aussi notre environnement immédiat pour fonctionner tout comme les applications de reconnaissance musicale à l’instar de Shazam. Jason Stanyek met en garde contre les dérives potentielles de cette irruption technologique – et donc idéologique – dans nos pratiques d’écoute. Modifiant notre manière de percevoir notre environnement, ces appareils constituent de formidables outils de #contrôle (voire d’auto-contrôle) et de #traçage de nos comportements. Par exemple, afin d’améliorer les performances, l’application Yamaha BodiBeat synchronise la musique sur le rythme cardiaque de chaque coureuse/eur. Grâce à un capteur qui se glisse dans les chaussures, l’appli Nike+Sport permet à la fois de synchroniser la musique sur ses performances et à l’entreprise de collecter des #données_personnelles des utilisatrices/eurs. Selon le chercheur, ces appareils d’écoute smart sont « de plus en plus au courant de ce qui nous entoure et seront amenés à l’avenir à influencer nos comportements ». Jason Stanyek cite notamment l’application Priori qui diagnostique, par analyse de la voix, les épisodes dépressifs des personnes bipolaires, ou Audio Aware qui « écoute » votre environnent direct et vous alerte en cas de danger potentiel imminent.

      #surveillance #comportementalisme

  • [Video] Les déconvertis de la psychanalyse.
    D’anciens adeptes de la psychanalyses, qui l’on vécu, enseigné et pratiqué, explique comment ils ont fini par abandonner voire critiquer, ce qui est qualifiable de pseudo-science ou encore d’escroquerie.

    https://www.dailymotion.com/video/x37mnmz_les-deconvertis-de-la-psychanalyse_school

    Sophie Robert interviewe un philosophe (Mikkel Borch-Jacobsen) et trois anciens psychanalystes (Jacques Van Rillaer, Jean-Pierre Ledru et Stuart Schneiderman). Ensemble, ils évoquent leur attrait pour la psychanalyse et les circonstances de leur déconversion d’un mouvement qu’ils n’hésitent pas aujourd’hui à qualifier de sectaire.

    Partageant leur expérience, ils parlent de « lavage de cerveau » « dépendance à l’analyste » « sur le divan on peut faire croire à quelqu’un n’importe quoi » « Jacques Lacan avait une véritable assuétude à l’argent » « Jacques Alain Miller se prenait pour Saint Paul » « de l’influence du divan sur des people comme Carla Bruni » . Une déconstruction méthodique faite avec flegme et humour, en parfaite connaissance de cause.

    Cette émission devrait contribuer à un débat d’idées sain et salutaire au sujet de la psychanalyse et de son influence en France.

    INVITÉS

    Mikkel Borch-Jacobsen est philosophe, essayiste et professeur de littérature comparée à l’université de Washington. Il est l’auteur de nombreux essais sur l’histoire de la médecine et la psychanalyse, qu’il a enseigné à l’université.

    Jean-Pierre Ledru est aujourd’hui psychiatre en libéral, après avoir exercé la psychanalyse pendant une vingtaine d’années.

    Stuart Schneiderman est essayiste et coach à New York où il anime un blog « Had enough therapy ? ». Il a exercé la psychanalyse pendant plusieurs décennies dans le cadre de l’Ecole de la Cause Freudienne.

    Jacques Van Rillaer est docteur en psychologie, psychothérapeute et essayiste. Professeur émérite de psychologie à l’université de Louvain en Belgique il enseigne aujourd’hui les thérapies cognitives et comportementales, après avoir exercé la psychanalyse pendant plusieurs décennies.

    • #psychanalyse #critique #Lacan #Freud

      Fort lien avec https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_noir_de_la_psychanalyse
      puisque parmi les invités, 2 des auteurs principaux.

      Mais tous sont liés aux thérapies cognitivo-comportementales, PNL, #comportementalisme (même un qui est #coach maintenant).

      Je me demande si on peut critique la psychanalyse sans être dans le comportementalisme anglo-saxon non plus. Mais à vrai dit je prononce des mots sans comprendre grand chose, vu que je n’y connais rien. :D

    • On est loin de l’idée a présent d’un comportementalisme du type que l’on peu comparer avec dresser un animal.
      Ce qui distingue surtout la psychanalyse c’est son absence de scientificité (refus du débat, de prouver que cela fonctionne etc.).
      Une des personnes présente dans ce débat, a écrit « la nouvelle gestion de soi » qui propose d’essayer de s’aider soi-même par ex. en élaborant ses outils. Ce n’est plus donc forcément un tiers qui grosso-modo te dirai comment bien te comporter (ce qui sous entendrai un probable enjeu de domination), mais bien toi qui tente de changer avec l’aide de connaissance acquise sur le sujet que l’auteur transmet.

    • Oui oui, c’est pour ça que je disais que je n’y connais rien. :)

      Cela dit « des connaissances acquises transmises par un auteur », ça fait potentiellement de la domination aussi si c’est juste un seul auteur et qu’on ne croise pas les infos (enfin pas obligé ça peut être un⋅e auteur⋅e très bien avec un livre « scientifique » parfait, mais je dis « potentiellement »). Vu que ça peut très bien être un livre qui dit « c’est comme ça que les choses fonctionnent, c’est comme ça qu’il faut faire pour s’en sortir », etc.

      C’est du développement personnel en fait… :D
      (d’ailleurs un des intervenants est « coach » au US maintenant, huhu)

    • non non, c’est basé sur les études scientifiques. C’est à dire que d’autres scientifiques derrières on validé les informations (après les avoir testé). Ce que fait cet auteur en particulier, c’est qu’il les rassemble et donne son avis de praticien.

    • C’est pas le tout de parler d’études scientifiques il faut pouvoir aussi les exposer.
      Je marque seulement le post pour revenir ensuite.

      "Les institutions de la santé ne veulent plus faire référence à la psychanalyse parce l’énorme marché financier misé sur l’autisme avec des prises en charge dans le privé réouvre la brèche d’un retour au traitement chimique des "fous". L’avancée des neurosciences qui apporte tout un champ génial de compréhension a été mis en opposition à la psychanalyse alors qu’elles pouvaient être complémentaires, revivifiant la psychanalyse qui en grandement besoin.

      Derrière cette attaque, il y a des buts cachés : les labos pharmaceutiques qui préfèrent qu’on utilise leurs drogues plutôt que des entretiens avec des psys, les gouvernements qui veulent diminuer les dépenses publiques en termes de personnels médicaux et pas celles qui favorisent les trusts de la santé, les classes dirigeantes qui en ont assez d’une conception qui se moque ouvertement de l’idéologie dominante, de son idéologie, de ses religions.

      Il y a une offensive d’ensemble qui est liée par tous les bouts à la crise de la société capitaliste.

      Il s’agit de s’attaquer à un philosophe hostile à la société bourgeoise, à ses valeurs, à son Etat, à son idéologie, à ses religions, à son hypocrisie.

      Il s’agit de s’attaquer à un domaine de la santé, pour réduire les dépenses de celle-ci dans le domaine de l’hôpital public, des dépenses des caisses sociales.

      Dans l’hôpital public, la psychanalyse est de plus en plus réduite à la portion congrue. La philosophie des investissements est : le plus d’argent possible pour le matériel et le moins pour les personnels… L’hôpital-entreprise doit trouver sa rentabilité, sa gestion, ses économies, son efficacité rapide, ses réformes, ses moyens techniques et financiers… La psychanalyse ne trouve pas sa place là-dedans…

      Il s’agit de défendre les religions et leur rôle dans l’ordre moral, pour étayer l’édifice branlant de l’ordre capitaliste, contre l’athéisme de Freud.

      Il s’agit de défendre l’individualisme forcené contre la conception sociale de Freud. Même si Freud n’est nullement socialiste, ce n’est pas un hasard si le premier pays qui ait reconnu ses leçons soit la Russie de Lénine et de Trotsky.

      Au travers de la crise économique mondiale, il s’agit de supprimer toute une partie des équipes médicales auprès du malade pour diminuer les dépenses publiques tout en préservant et en favorisant l’industrie du médicament, celle des trusts pharmaceutiques même s’il vaut mieux faire une analyse que se bourrer de médicaments !

      Pour juger de la validité de la psychanalyse, discutons aussi science puisqu’ils prétendent le faire !

      Freud cherchait une base matérialiste aux névroses et au fonctionnement des rêves, des inhibitions, de l’ensemble du psychisme humain. A l’inverse, Jung va redonner un caractère mystique à tous ces phénomènes ce qui le réconcilie avec toutes les autorités sociales et permet de développer une psychanalyse réactionnaire alors que celle de Freud se heurtait à toutes les institutions idéologique de la société. ......

      Il est intéressant alors de remarquer que si l’on condamne à l’heure actuelle la psychanalyse de Freud, il se développe toutes sortes de thérapies courtes qui puisent leurs références dans la pensée Jungienne.

      Avec l’introduction également d’interventions en coaching d’entreprise, coach qui utilisent un verbiage psychanalytique, pansements aux souffrances au travail.

      En psychiatrie, on assiste à une nouvelle hiérarchisation des pathologies psychiques les unes soutenues par des lobbies de grosses d’associations privées.

      Et pharmaceutiques quand tous les moyens humains sont réduits pour d’autres pathologies.

      La notion de la « peur du fou » est de nouveau porteuse dans la presse.

      Cette nouvelle chasse aux sorcières va même jusqu’à la demande de suppression de termes psychanalytiques dans certaines publications ou films pour qu’ils puissent être distribué dans les réseaux grand public.

      La psychanalyse travaille avec son patient à un travail sur lui même, à mettre en pratique le questionnement sans réponse binaire, loin du vrai ou faux, bien ou du mal.

      Le doute, l’association d’idées, la recherche d’un processus de changement qui n’appartient qu’à celui qui pose un acte de questionnement est mis au premier plan.

      L’attaque contre la psychanalyse vise plus loin… On ne veut plus d’un dynamisme de la pensée. S’attaquer à la psychanalyse est le même mouvement que réduire la place de la philosophie dans la société. Il est bien significatif que le gouvernement japonais ait décidé de supprimer à l’université toutes les études philosophiques et sociales"

    • Il s’agit de s’attaquer à un philosophe hostile à la société bourgeoise, à ses valeurs, à son Etat, à son idéologie, à ses religions, à son hypocrisie.

      Euh par contre lolilol quoi… Vu que quand on étudie les faits historiques réels, les lettres à ses amis, etc, justement Freud était un mec obsédé par le fric, hypocrite et cynique.

    • Qui cherche à détruire la psychanalyse de Freud et pourquoi ?
      http://www.matierevolution.org/spip.php?article4877
      est le texte cité ci dessus par @unagi, tout à fait discutable (intérêt majeur, il rassemble de très nombreuses références en ligne utiles quant à ce débat), mais moins débilitant que le scientisme (dont Freud qui failli être neurologue fut lui même loin d’être exempt, à son époque ) opposé à la psychanalyse par les évaluateurs technocratiques et leurs divers suiveurs. À faire mine de vouloir supprimer toute souffrance, nous pourrions même être soulagées de la difficulté du fait même de penser. Le bonheur dividuel, dernière promesse de ce monde.

      "Le vieux docteur mourut. Sassal dut passer beaucoup plus de temps dans son cabinet à écouter. (...) Puis, toujours débordé, mais ayant plus de temps à consacrer aux malades ordinaires, il se mit à s’observer et à observer les autres.
      Il entreprit de lire - Freud en particulier. Pour autant qu’on pût le faire seul, il analysa nombre de ses traits de caractère et leurs racines dans le passé. Ce fut une opération douloureuse - comme le disait Freud lui-même en parlant de son auto-analyse. Pendant environ six mois, conséquence de la résurrection de ses souvenirs, Sassal devint sexuellement impuissant. Il est impossible de dire aujourd’hui si cette période critique résultait de son choix d’examiner en son for intérieur les bases de ce qu’il avait projeté jusqu’alors sur l’extérieur comme ’l"inimaginable", ou bien si entrant dans une période critique, il avait décidé de s’observer avec davantage d’attention. Que ce soit l’un pou l’autre, ce n’était pas sans ressembler à la période d’isolement et de crise qui, dans la médecine sibérienne et africaine, précède l’émergence professionnelle du chaman ou de l’ inyanga . Les Zoulous ont un nom pour ce processus. L’ inyanga, disent-ils, souffrent parce que les esprits ne le laisse pas en paix et il devient « une maison des rêves ».
      Lorsqu’il refit surface, Sassal était toujours aussi extrémiste. Il avait troqué une forme simple et juvénile d’extrémisme contre une forme plus complexe et plus mature : les interventions d’urgence contre le pressentiment que le malade devait être traité comme une personnalité entière et que la maladie était souvent une forme d’expression plutôt qu’une capitulation devant les périls naturels."
      Un métier idéal, histoire d’un médecin de campagne, John Berger, 1967. Avec des photos de Jean Mohr.

      Un singulier réducteur de tête :

    • La défense de la psychanalyse par des arguments de gauche du genre anticapitalisme ne me parle pas, pour les raisons indiqué plus haut par rastapopoulos, leur recherche de l’argent est clairement visible de manière historique et encore aujourd’hui avec les poursuivants qui choisissait des clients prestigieux, faisait des séances a durée variable (mais plutôt courte pour obtenir plus de rendez-vous) mais toujours sur un temps long et indéfini.
      Pour ce qui est de l’autisme, la psychanalyse passe toujours par une culpabilisation de la mère, quand a l’enfant, il voudrait procédé avec lui a la libre association... alors qu’il a besoin de structuration.
      Réduire toute l’opposition a la psychanalyse par l’angle de l’industrie pharmaceutique, est une erreur aussi, puisque toutes les alternatives a la psychanalyse ne sont pas médicamenteuse loin de la.

    • Pour reprendre @colporteur tout est discutable mais pourfendre tout un pan de la psychanalyse par l’obsession de l’argent de Freud, lolilol. C’est quoi un fait historique réel et s’il est irréel ca devient quoi ? Merci pour les argumentations. Pour ce qui est de l’autisme la psychanalyse française constitue une bizarrerie que l’on ne trouve pas dans les autres pays, merci de ne pas faire du sous onfrey Tout comme rien ne réduit toute l’opposition a la psychanalyse par l’angle de l’industrie pharmaceutique. Mais pour ca il faut vouloir lire.

    • Ce que je veux dire par « fait historique » (le « réel » étant superfétatoire), c’est que Freud, le premier a choisi sa clientèle parmi les plus riches, et que les suivants, on fait de même en variant les techniques.
      La psychanalyse hors de la France et de l’Argentine ? Comme ou ?

    • C’est RastaPopoulos les faits historiques, rendons à César ce qui est à César. Freud était un bon bourgeois, il ne s’est jamais passé pour révolutionnaire. Il y a énormément de pages critiques et sur la psychiatrie et sur Freud et critiques qui sortent allègrement d’un discours dominant et réactionnaire. Suffit de bosser un peu. En dehors de la France et de l’Argentine ? De l’URSS bien sur.
      Essaie l’association psychiatrie et neurosciences par exemple
      et voit comment les deux disciplines ont été séparées en France et peut être en Argentine.
      Pour vous en dehors du cliché divan rien n’existe, il me semble connaitre une association de psychiatres qui prend en charge les séquelles post torture des demandeurs d’asile qui arrivent en Europe. La psychiatrie prend en charge aussi par exemple les états de stress post traumatiques, guerres, viols, etc, etc..
      Enlarge your champ.

  • Quand les biais se retournent contre nous - New York Times
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/105590715866

    Adam Grant (@adammgrant), professeur à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie et auteur de Give & Take, et Sheryl Sandberg (@sherylsandberg), directrice des opérations de Facebook et fondatrice de LeanIn, un réseau pour promouvoir la réussite des femmes, viennent d’entamer une passionnante série sur la discrimination à l’encontre des femmes au travail pour le New York Times. Le premier volet de leur enquête revient sur les biais de #genre et commence par évoquer une petite histoire assez connue. 

    "Un père et son fils ont un accident de voiture. Le père est tué et le fils gravement blessé. Le fils est transporté à l’hôpital où le chirurgien déclare : « je ne peux pas opérer, parce que ce garçon est mon fils ». 

    40 à 75% des gens ont du mal à comprendre cette histoire. Et ceux qui la résolvent ont (...)

    #cognition #psychologie #économie_comportementale

    • Joli plaidoyer pour la communication lucide et explicite, avec cette séquence à 3 temps dont on devrait tous s’inspirer quand on milite pour peser sur les comportements

      1 -

      Pour résoudre ce problème, l’enjeu est de sensibiliser les gens à leur partialité. L’hypothèse étant que lorsque les gens se rendent compte de leurs préjugés, ils sont plus susceptibles de les surmonter

      2 -

      “Nous avons la même réaction quand nous comprenons l’omniprésence des stéréotypes. Si tout le monde a un biais, alors nous n’avons plus besoin de nous en inquiéter et de nous censurer !”

      Si la sensibilisation ne fait qu’empirer les choses, comment faire mieux ? La solution est de ne pas s’arrêter à pointer l’existence de stéréotypes, mais de pointer qu’ils sont indésirables et inacceptables !

      (..)

      3-

      Dire que tous nos comportements ont des biais ne doit pas les légitimer. La plupart des gens ne souhaitent pas la discrimination et vous ne devriez pas l’accepter non plus.

  • L’assurance auto basée sur le comportement arrive en France - Zdnet
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/104910719634

    Après avoir testé des applications mobiles dédiées, les premiers assureurs automobiles français (Axa et Allianz) annoncent lancer début 2015 un contrat d’assurance automobile basé sur le comportement du conducteur via un boitier installé dans la voiture et pouvant réduire la prime de 30%, rapporte Zdnet. La cible : les jeunes, victimes de primes élevées.

    "Quatre critères seront utilisés pour noter le conducteur : accélération et freinage brusques, allure excessive, et prise de virage. « L’accélération et le freinage brusque sont des marqueurs de manque d’anticipation. Nous souhaitons des conduites prudentes » détaille Anne-Gaelle Moisy, qui précise que « l’allure excessive n’est pas mesurée en rapport à la limitation de vitesse, mais avec Bison futé. C’est le trafic qui compte ».”

    Le système permettra à l’assuré (...)

    #assurance #économie_comportementale

  • « Programmer le jeu dans l’espace public ? », par Sonia Curnier
    http://www.metropolitiques.eu/Programmer-le-jeu-dans-l-espace.html

    Alors que la « #ville_ludique » monte en puissance, les travaux de #Roger_Caillois et de #Marc_Breviglieri permettent de questionner le caractère paradoxal de la programmation du #jeu dans les #espaces_publics, qui devrait induire une marge de manœuvre et d’improvisation des usagers.

    Au cours des dernières décennies, la thématique du jeu a été intégrée de manière affirmée dans les #aménagements d’espaces publics des villes occidentales. La mise en scène de pratiques ludiques par les aménageurs pose la question de la marge de manœuvre qu’une planification du jeu peut réellement offrir aux futurs usagers d’un lieu. Un certain nombre de dispositifs ludiques apparus récemment dans nos paysages urbains méritent, à ce titre, d’être examinés de manière détaillée. Pour mener cette critique, nous emprunterons quelques caractéristiques du principe de « ville garantie » énoncé – et dénoncé – par le sociologue Marc Breviglieri (2013). De manière dialectique, nous nous appuierons sur un ouvrage fondamental de la recherche sur le jeu, Les Jeux et les Hommes (Caillois 1967), pour en explorer certains traits fondamentaux, comme la latitude, le risque et le désordre.

    (...) Le mobilier interactif se distingue effectivement des autres familles de dispositifs, dans le sens où il n’offre aucun degré de latitude et d’incertitude quant à son appropriation. De prime abord, l’usage non-conventionnel de l’espace public qu’il suggère donne l’illusion qu’il puisse être ludique. En réalité, l’étendue de jeu qu’il offre est tout à fait limitée, car son utilisation est à la fois programmée et attendue. Par leur côté prescriptif, les stratégies d’aménagement qui font appel à ce type de dispositifs se différencient de projets qui transforment une portion de territoire urbain ordinaire en terrain de jeu à travers la sculpture, l’altération du profil de sol ou la mobilisation d’éléments sensibles comme l’eau.

    Ces derniers témoignent d’une attitude différente de leurs concepteurs à l’égard de la thématique du jeu, ceux-ci s’efforçant de susciter des comportements ludiques, sans pour autant prescrire des usages spécifiques. Ainsi laissent-ils de la place au désordre, au risque et surtout à la créativité inattendue du citadin ; autrement dit, ils configurent un certain potentiel d’appropriation et de détournement.

    Via Le Cresson
    http://www.scoop.it/t/le-cresson-veille-et-recherche

    #urbanisme #comportementalisme

  • Des machines à écrire en fond sonore pour augmenter la #productivité des journalistes du Times | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/91455/machines-ecrire-fond-sonore

    Ce mardi 26 août les journalistes du Times ont eu une surprise. Dans leur nouvelle salle de rédaction, à Baby Shard, dans le sud de Londres (où ils ont emménagé après avoir passé 28 ans dans le quartier londonien de Wapping), un haut-parleur a diffusé toute la journée le cliquetis reconnaissable de vieilles machines à écrire, rapporte The Independent.

    Au fur et à mesure que l’heure du bouclage du journal approchait, le fond sonore s’est même fait de plus en plus intense, comme pour mimer l’urgence du rush final.

    Une étude des chercheurs américains et canadiens Ravi Mehta, Rui Zhu, et Amar Cheem, publiée en 2012 dans le Journal of Consumer Research, et intitulée « Le #bruit est-il toujours mauvais ? Les effets des bruits ambiants sur la création cognitive », montre qu’un bruit ambiant d’un niveau modéré (70dB) augmente la créativité chez la plupart des gens, tandis qu’un niveau sonore trop fort (85dB) la détériore.

    #son #travail

    • Sound waves vibrate the bones of the ear, which transmit movement to the snail-shaped cochlea. The cochlea converts physical vibrations into electrical signals that the brain receives. The body reacts immediately and powerfully to these signals, even in the middle of deep sleep. Neurophysiological research suggests that noises first activate the amygdalae, clusters of neurons located in the temporal lobes of the brain, associated with memory formation and emotion. The activation prompts an immediate release of stress hormones like cortisol. [neuroecology: really? all noises?]

      …He found that the impacts of music could be read directly in the bloodstream, via changes in blood pressure, carbon dioxide, and circulation in the brain. (Bernardi and his son are both amateur musicians, and they wanted to explore a shared interest.) “During almost all sorts of music, there was a physiological change compatible with a condition of arousal,” he explains…But the more striking finding appeared between musical tracks. Bernardi and his colleagues discovered that randomly inserted stretches of silence also had a drastic effect, but in the opposite direction. In fact, two-minute silent pauses proved far more relaxing than either “relaxing” music or a longer silence played before the experiment started.

      #comportementalisme #silence #neurologie

  • La peine de prison du futur pourra-t-elle durer mille ans ?

    http://www.slate.fr/life/84647/peines-prison-futur

    Et si une condamnation à perpétuité se mettait à durer bien plus qu’une vie ? La biotechnologie, rapporte le Telegraph, pourrait être utilisée pour piéger les prisonniers et leur faire croire, ressentir, que leur emprisonnement dure 1.000 ans. C’est ce qu’assure un groupe de scientifiques britanniques qui planche sur le sujet.

    La philosophe Rebecca Roache, en charge d’une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford travaillant sur la façon dont les futures technologies pourraient transformer les punitions, explique qu’ainsi les condamnations des prisonniers pourraient leur paraître bien plus lourdes sans que l’on ait besoin de recourir à la peine de mort pour autant. Et cela permettrait selon elle de prononcer des peines plus adaptées à certains crimes odieux.

    Dans un article publié en 2013 sur son blog Practical Ethics, elle expliquait avoir beaucoup pensé, en démarrant sa réflexion, au cas de Daniel Pelka :

    « Daniel avait 4 ans quand il est mort en mars [2012]. Dans les derniers mois de sa courte vie, il fut battu, affamé, maintenu sous l’eau jusqu’à perdre conscience juste pour que sa mère puisse avoir un peu de "tranquillité" ; tout traitement médical lui fut refusé, enfermé dans une petite pièce ne contenant qu’un matelas sur lequel il était censé à la fois dormir et déféquer, humilié et privé d’affection, et soumis aux abus les plus absurdement créatifs, comme être forcé à manger du sel quand il demandait un verre d’eau. »

    Les parents purgent aujourd’hui une peine à perpétuité pour ce meurtre, ce qui ne paraît pas suffisant à la philosophe.

    #torture

    • Oh et l’argument humaniste complètement retors en prime (dans l’entretien original)
      http://aeon.co/magazine/living-together/should-biotech-make-life-hellish-for-criminals

      A lot of philosophers who have written about personal identity wonder whether identity can be sustained over an extremely long lifespan. Even if your body makes it to 1,000 years, the thinking goes, that body is actually inhabited by a succession of persons over time rather than a single continuous person. And so, if you put someone in prison for a crime they committed at 40, they might, strictly speaking, be an entirely different person at 940. And that means you are effectively punishing one person for a crime committed by someone else. Most of us would think that unjust.

      Et transhumanisme, effectivement :

      My personal suspicion is that once life extension becomes more or less universal, people will begin to see it as a positive right, like health care in most industrialised nations today.

      Ainsi que torture par #privation_sensorielle :

      Of course, there is a widely held view that any amount of tinkering with a person’s brain is unacceptably invasive. But you might not need to interfere with the brain directly. There is a long history of using the prison environment itself to affect prisoners’ subjective experience. During the Spanish Civil War [in the 1930s] there was actually a prison where modern art was used to make the environment aesthetically unpleasant. Also, prison cells themselves have been designed to make them more claustrophobic, and some prison beds are specifically made to be uncomfortable.

      I haven’t found any specific cases of time dilation being used in prisons, but time distortion is a technique that is sometimes used in interrogation, where people are exposed to constant light, or unusual light fluctuations, so that they can’t tell what time of day it is.

      Et #comportementalisme, ça va de soi :

      We have been thinking a lot about #surveillance and punishment lately. Already, we see governments using ankle bracelets to track people in various ways, and many of them are fairly elaborate. For instance, some of these devices allow you to commute to work, but they also give you a curfew and keep a close eye on your location. You can imagine this being refined further, so that your ankle bracelet bans you from entering establishments that sell alcohol. This could be used to punish people who happen to like going to pubs, or it could be used to reform severe alcoholics. Either way, #technologies of this sort seem to be edging up to a level of behaviour control that makes some people uneasy, due to questions about personal autonomy.

      It’s one thing to lose your personal liberty as a result of being confined in a prison, but you are still allowed to believe whatever you want while you are in there. In the UK, for instance, you cannot withhold religious manuscripts from a prisoner unless you have a very good reason. These concerns about autonomy become particularly potent when you start talking about brain implants that could potentially control behaviour directly. The classic example is Robert G Heath [a psychiatrist at Tulane University in New Orleans], who did this famously creepy experiment [in the 1950s] using electrodes in the brain in an attempt to modify behaviour in people who were prone to violent psychosis. The electrodes were ostensibly being used to treat the patients, but he was also, rather gleefully, trying to move them in a socially approved direction. You can really see that in his infamous [1972] paper on ‘curing’ homosexuals. I think most Western societies would say ‘no thanks’ to that kind of punishment.

      To me, these questions about technology are interesting because they force us to rethink the truisms we currently hold about punishment. When we ask ourselves whether it’s inhumane to inflict a certain technology on someone, we have to make sure it’s not just the unfamiliarity that spooks us. And more importantly, we have to ask ourselves whether punishments like imprisonment are only considered humane because they are familiar, because we’ve all grown up in a world where imprisonment is what happens to people who commit crimes. Is it really OK to lock someone up for the best part of the only life they will ever have, or might it be more humane to tinker with their brains and set them free? When we ask that question, the goal isn’t simply to imagine a bunch of futuristic punishments – the goal is to look at today’s punishments through the lens of the future.

      On revient en fait, de façon non chrurgicale mais tout aussi destructrice, à la pratique des #lobotomies. #Philosophie, dit-elle ? Plutôt #vengeance et passion #morbide.

  • « Comment l’ambiance sonore des magasins influence-t-elle nos achats ? », par l’émission Science publique (#France_Culture)
    http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-comment-l-ambiance-sonore-des-magasins-influ

    Les progrès en matière d’étude du #cerveau humain ont de multiples applications. Ils permettent de mieux comprendre comment fonctionne cet organe lorsque nous apprenons, lorsque nous ressentons du plaisir, de la douleur, des émotions, des addictions... Mais que se passe-t-il lorsque nous achetons ? Une discipline récente se charge de répondre à cette question. Il s’agit du #neuromarketing. Cette spécialité ne cherche pas à exploiter du « temps de cerveau humains disponible », selon la célèbre formule de Patrick Le Lay, lorsqu’il était PDG de TF1. Elle étudie les processus mentaux et les comportements à l’œuvre chez les consommateurs. Le neuromarketing a ainsi identifié une cible privilégiée : le cerveau reptilien, le plus primitif, celui où siège l’instinct de survie et de fuite mais aussi le #plaisir et la #peur.

    (...) Susciter des émotions fait également partie des instruments efficaces. Or le #son et la #musique en sont parfaitement capables. En tentant de court-circuiter l’intelligence, le neuromarketing se dote d’un pouvoir considérable. Au point que l’un de ses gourous, Martin Lindstrom, estime nécessaire d’établir une #éthique du neuromarketing...

    – Comment les #ambiances sonores des magasins sont-elles conçues ?
    – Quelle influence peuvent-elles exercer sur le comportement des consommateurs ?
    – Jusqu’où les spécialistes du neuromarketing sont-ils prêts à aller en matière de manipulation du cerveau humain ?
    – Le consommateur a-t-il son mot à dire ou bien est-il en train de devenir un simple sujet d’expérience pour les experts en marketing ?
    – La réflexion éthique dans ce domaine doit-elle être réservée aux spécialistes du neuromaketing eux-mêmes ou bien d’autres instances peuvent-elles intervenir ?

    http://rf.proxycast.org/851366723419377664/10192-24.01.2014-ITEMA_20579326-0.mp3

    C’est toujours bien que le service public et les boîtes privées s’avisent de la nécessité d’une réflexion éthique sur le neuromarketing plusieurs décennies après sa mise en place. Bref. Mais il faut reconnaître que c’est assez drôle d’entendre Michel Alberganti insister auprès des designers pour qualifier leur pratique de « #conditionnement ».

    Où il est question de la musique dans les parkings comme moyen de brouiller la vigilance auditive des voleurs, et donc comme système antivol préventif.

    Attention aux oreilles fragiles : cette émission contient du #design_sonore.

    #marketing_sonore #audio #radio #comportementalisme #consommation #publicité

    • C’est un reportage choquant parce qu’il emmène le spectateur à une conclusion qui d’habitude est dissimulée derrière tout ce qu’on peut dire de positif sur le progrès médical et scientifique : la sélection constitue l’essence de la médecine.

      Le film montre d’un côté les bon samaritains engagés pour leur patients et contre l’industrialisation du métier et de l’autre côté les chercheurs en neurochirurgie de pointe alliés des entreprises multinationales soutenues par des politiciens européens à la quête d’une société plus efficace.

      Leur but est la santé pour tous, c’est à dire la détection des troubles de santé mentale avant qu’ils ne se déclarent ouvertement, par la surveillance médicale des populations.

      On se rappelle que les premiers laboratoires de recherche médicale sur des êtres humains à échelle industrielle se trouvaient à #Auschwitz. Arrivés à la rampe les condamnés étaient triés par des médecins qui les sélectionnaient pour la mort immédiate, l’anéantissement par le travail ou pour servir comme sujets d’étude et cobayes.

      Vers la fin du film on est confronté à une similitude frappante avec le passé pas si lointain en ce qui concerne la répartition des rôles dans le processus d’élimination de la maladie, de production et de recherche. Seulement maintenant c’est la totalité des employés qui sont soumis à la sélection médicale.

      #mengele

  • Sur #France_Culture pendant 3 jours : De la production à la nuisance : les bruits du monde. Dans le cadre de l’émission Culture monde à 11h.
    http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-de-la-production-a-la-nuisance-les-bruits-du-mo
    Aujourd’hui Mettre en scène l’acoustique : le design sonore
    mercredi : Lutter contre la pollution sonore
    jeudi : l’environnement sonore (avec #Yannick_Dauby)

    #audio #radio #bruit #nuisances_sonores #acoustique #musique #design #urbanisme

    • « De la production à la nuisance : les bruits du monde (1/3) - Mettre en scène l’acoustique : le design sonore »
      http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-de-la-production-a-la-nuisance-les-bruits-du-mo

      La lutte contre la nuisance sonore a commencé il y a plusieurs décennies. Aussi bien sur la ville que sur les portières des voitures, la recherche du silence pour lutter contre le bruit a longtemps été de rigueur. Cependant, face à ce « tout silencieux » souhaité dans les premières recherches sur la nuisance sonore, une autre solution apparaît face au bruit : le transformer en son, le créer, le penser de toutes notes pour le rendre plus agréable.

      Effectivement, et cette solution à un nom : le #design_sonore. Du logo publicitaire à la bande-son identitaire, du jeu vidéo à la moto, cette nouvelle discipline s’étend de plus en plus, et ce dans toutes les industries. Concept tout récent, le design sonore est pourtant loin d’être nouveau, simplement ces dernières années il prend une importance toute particulière. La qualité sonore sort alors du domaine qui lui était réservé, de la musique, et tend à envahir des espaces desquels elle était jusqu’à présent tout à fait absente.

      Pour nous parler ce matin de ce fameux design sonore, de ce contrôle du sonore, parfois même naturel, nous recevons ce matin Louis Dandrel. Nous parlerons avec vous du design sonore « utilitaire », mais également artistique et musical. Nous recevons ensuite Jean Savary, ancien rédacteur en chef d’Auto Moto Magazine et actuellement journaliste chez Gq. Et pour finir, Alkis Argyriadis nous parle de cette importance du design sonore, et ce notamment grâce au milieu des jeux vidéos.

      Invité(s) :
      Louis Dandrel, musicologue, designer sonore, compositeur.
      Jean Savary, ancien rédacteur en chef d’Action Auto Moto, actuellement journaliste chez GQ.
      Alkis Argyriadis, directeur créatif chez Ubisoft.

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-05.11.2013-ITEMA_20545512-0.mp3

    • « De la production à la nuisance : les bruits du monde (2/3) - Lutter contre la pollution sonore »
      http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-de-la-production-a-la-nuisance-les-bruits-du-mo

      La question de la « #pollution_sonore » ou « pollution acoustique » concerne toutes les villes et les agglomérations du monde : le #bruit des transports, de la vie de la rue, s’accumule, s’agrège, et constitue un continuum sonore, un brouhaha permanent, dont nous ne sommes même pas conscients. Cette nuisance a des conséquences cliniques, médicales : stress, fatigue, dépression. Aussi, depuis des décennies maintenant les politiques publiques tentent de prendre en charge ces problèmes, là où ils se posent : installation d’isolants, de murs anti-bruits. Des plans de recherche existent jusqu’au niveau européen, une directive européenne est même dédiée à cette question de la lutte contre les nuisances sonores du quotidien.

      Pour analyser ces questions on peut commencer par se demander ce qu’est un bruit, comment il se propage, selon quels critères juge-t-on qu’un bruit devient une nuisance (où il apparaîtra que cette question est bien antérieure à la modernité et l’invention des moteurs, on parlait déjà des nuisances sonores dans la Rome antique…). Jérôme Defrance, en duplex depuis Grenoble, nous éclaire ce matin sur ces questions.

      Nous recevons également au téléphone pour cette émission Christian Hugonnet. Au cœur des analyses et des débats proposés dans les précédentes éditions cette Semaine du son, la question de la violence : à partir de quand la simple nuisance sonore devient-elle agressive ? Y a-t-il un lien entre cette violence acoustique et une certaine agressivité que l’on rencontre dans les grandes villes du monde ? Plus généralement, comment expliquer que l’architecture ne prenne pas en compte – ou presque – la problématique du son pour construire des villes plus harmonieuses ?

      Enfin nous explorons un aspect méconnu de cette thématique : la pollution sonore sous-marine. Les populations de cétacés subissent de plein fouet les conséquences de l’augmentation du trafic maritime : bruit des bateaux, des sonars civils et militaires. Pour les mammifères marins toutes ces interférences perturbent les cycles de reproduction, l’alimentation, et peuvent même parfois occasionner de morts violentes. Plusieurs espèces sont concernées, et là encore, des recherches scientifiques sont menées au niveau européen. En quoi consiste-t-elles ? Ces projets peuvent-ils donner des résultats ? On en parle avec Michel André, depuis Barcelone.

      Invité(s) :
      Jérôme Defrance, responsable de la Division Acoustique Environnementale et Urbaine au CSTB - Centre scientifique et technique du bâtiment.
      Michel André, responsable du projet européen LIDO, de mesure et de lutte contre la pollution sonore sous-marine.
      Christian Hugonnet, président fondateur de la Semaine du son

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-06.11.2013-ITEMA_20545977-0.mp3

    • http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-de-la-production-a-la-nuisance-les-bruits-du-mo

      On désigne bien souvent par le terme de « bruit », l’intégralité des sons qui nous entourent. Si comme nous l’avons vu dans les précédentes émissions de nos semaines autour du bruit, du son, ce bruit tend de plus en plus à être sinon contrôlé ou pensé –comme dans le cas du design sonore-, du moins limité comme nous l’avons vu mercredi, il est néanmoins toujours là.

      Cet « environnement sonore » à savoir les sons, les bruits qui nous entourent, est bien complexe. Il y a d’abord bien évidemment pour la majorité des villes, les bruits de la circulation qui occupe certainement le pourcentage le plus important de ce que l’on en perçoit. Mais chaque ville possède sa propre « touche acoustique », quelle soit due à son #architecture, où à son emplacement géographique, voire encore à sa densité de population.

      Pour nous présenter ce matin la morphologie, la nature, mais également la manière de percevoir le paysage sonore urbain, nous recevons #Henry_Torgue, directeur de l’UMR Ambiances architecturales et urbaines, chercheur au Centre de recherche sur l’espace sonore et l’environnement urbain (C R E S S O N), et auteur de Le sonore, l’imaginaire et la ville publié en 2012 chez l’Harmattan.

      Nous verrons ensuite avec #Alexandre_Galand la technique du #field_recording, cette pratique de captation des éléments acoustiques de notre environnement, et ce notamment grâce au travail de Peter Cusack.

      Et enfin, nous recevrons #Yannick_Dauby, en direct de #Taïwan, artiste, field recorder et compositeur qui nous parlera de sa vision de l’environnement sonore de la ville de Taipei, à laquelle il a consacré de nombreux projets.

      Invité(s) :
      Henry Torgue, compositeur, directeur du laboratoire Ambiances architecturales et urbaines au CNRS (le Cresson) à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble.
      Alexandre Galand, docteur en Histoire, Art et Archéologie.
      Yannick Dauby, compositeur

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-07.11.2013-ITEMA_20546443-0.mp3

      #phonographie