• Comment réguler l’exploitation de notre attention ? | InternetActu
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2018/12/27/comment-reguler-lexploitation-de-notre-attention

    Dans Les marchands d’attention (The Attention Merchants, 2017, Atlantic Books, non traduit), le professeur de droit, spécialiste des réseaux et de la régulation des médias, Tim Wu (@superwuster), 10 ans après avoir raconté l’histoire des télécommunications et du développement d’internet dans The Master Switch (où il expliquait la tendance de l’industrie à créer des empires et le risque des industries de la technologie à aller dans le même sens), raconte, sur 400 pages, l’histoire de l’industrialisation des médias américains et de la publicité de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. En passant d’une innovation médiatique l’autre, des journaux à la radio, de la télé à l’internet, Wu tisse une très informée histoire du rapport de l’exploitation commerciale de l’information et du divertissement. Une histoire de l’industrialisation des médias américains qui se concentre beaucoup sur leurs innovations et leurs modèles d’affaires, c’est-à-dire qui s’attarde à montrer comment notre #attention a été convertie en revenus, comment nous avons été progressivement cédés à la logique du #commerce – sans qu’on n’y trouve beaucoup à redire d’ailleurs.

    La compétition pour notre attention n’a jamais cherché à nous élever, au contraire

    Tout le long de cette histoire, Tim Wu insiste particulièrement sur le fait que la #capture_attentionnelle produite par les médias s’est faite par-devers nous. La question attentionnelle est souvent présentée comme le résultat d’une négociation entre l’utilisateur, le spectateur, et le service ou média qu’il utilise… mais aucun d’entre nous n’a jamais consenti à la capture attentionnelle, à l’#extraction de son attention. Il souligne notamment que celle-ci est plus revendue par les médias aux annonceurs, qu’utilisée par les médias eux-mêmes. Il insiste également à montrer que cette #exploitation vise rarement à nous aider à être en contrôle, au contraire. Elle ne nous a jamais apporté rien d’autre que toujours plus de contenus insignifiants. Des premiers journaux à 1 cent au spam publicitaire, l’exploitation attentionnelle a toujours visé nos plus vils instincts. Elle n’a pas cherché à nous élever, à nous aider à grandir, à développer nos connaissances, à créer du bien commun, qu’à activer nos réactions les plus instinctives. Notre exploitation commerciale est allée de pair avec l’évolution des contenus. Les journaux qui ont adopté le modèle publicitaire, ont également inventé des rubriques qui n’existaient pas pour mieux les servir : comme les faits divers, les comptes-rendus de procès, les récits de crimes… La compétition pour notre attention dégrade toujours les contenus, rappelle Tim Wu. Elle nous tourne vers « le plus tapageur, le plus sinistre, le plus choquant, nous propose toujours l’alternative la plus scandaleuse ou extravagante ». Si la publicité a incontestablement contribué à développer l’économie américaine, Wu rappelle qu’elle n’a jamais cherché à présenter une information objective, mais plutôt à déformer nos mécanismes de choix, par tous les moyens possibles, même par le mensonge. L’exploitation attentionnelle est par nature une course contre l’éthique. Elle est et demeure avant tout une forme d’exploitation. Une #traite, comme disait le spécialiste du sujet Yves Citton, en usant volontairement de ce vocabulaire marqué au fer.

    Wu souligne que l’industrie des contenus a plus été complice de cette exploitation qu’autre chose. La presse par exemple, n’a pas tant cherché à contenir ou réguler la publicité et les revenus qu’elle générait, qu’à y répondre, qu’à évoluer avec elle, notamment en faisant évoluer ses contenus pour mieux fournir la publicité. Les fournisseurs de contenus, les publicitaires, aidés des premiers spécialistes des études comportementales, ont été les courtiers et les ingénieurs de l’#économie_de_l’attention. Ils ont transformé l’approche intuitive et improvisée des premières publicités en machines industrielles pour capturer massivement l’attention. Wu rappelle par exemple que les dentifrices, qui n’existaient pas vraiment avant les années 20, vont prendre leur essor non pas du fait de la demande, mais bien du fait de l’offensive publicitaire, qui s’est attaquée aux angoisses inconscientes des contemporains. Plus encore que des #ingénieurs de la demande, ces acteurs ont été des fabricants de #comportements, de mœurs…

    • Elle ne nous a jamais apporté rien d’autre que toujours plus de contenus insignifiants. Des premiers journaux à 1 cent au spam publicitaire, l’exploitation attentionnelle a toujours visé nos plus vils instincts. Elle n’a pas cherché à nous élever, à nous aider à grandir, à développer nos connaissances, à créer du bien commun, qu’à activer nos réactions les plus instinctives.


  • The Unlikely Politics of a Digital Contraceptive | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/tech/annals-of-technology/the-unlikely-politics-of-a-digital-contraceptive

    In August, the F.D.A. announced that it had allowed a new form of contraception on the market: a mobile app called Natural Cycles. The app, which was designed by a Swedish particle physicist, asks its users to record their temperature with a Natural Cycles-branded thermometer each morning, and to log when they have their periods. Using a proprietary algorithm, the app informs its users which days they are infertile (green days—as in, go ahead, have fun) and which they are fertile (red days—proceed with caution), so that they can either abstain or use a backup method of birth control. In clearing the app as a medical device, the F.D.A. inaugurated “software application for contraception” as a new category of birth control under which similar products can now apply to be classified. The F.D.A.’s press release quotes Terri Cornelison, a doctor in its Center for Devices and Radiological Health, who said, “Consumers are increasingly using digital health technologies to inform their everyday health decisions and this new app can provide an effective method of contraception if it’s used carefully and correctly.”

    On touche vraiment au grand Ogin’importe quoi.

    In January, a single hospital in Stockholm alerted authorities that thirty-seven women who had sought abortions in a four-month period had all become pregnant while using Natural Cycles as their primary form of contraception. The Swedish Medical Products Agency agreed to investigate. Three weeks ago, that agency concluded that the number of unwanted pregnancies was consistent with the “typical use” failure rate of the app, which they found to be 6.9 per cent. During the six-month investigation, six hundred and seventy-six additional Natural Cycle users in Sweden reported unintended pregnancies, a number that only includes the unwanted pregnancies disclosed directly to the company.

    Berglund’s story—a perfect combination of technology, ease, and self-discovery, peppered with the frisson of good fortune and reliance on what’s natural—has helped convince more than nine hundred thousand people worldwide to register an account with Natural Cycles. But the idea of determining fertile days by tracking ovulation, known as a fertility-awareness-based method of birth control, is anything but new. Fertility awareness is also sometimes called natural family planning, in reference to the Catholic precept that prohibits direct interventions in procreation. The most familiar form of fertility awareness is known as the rhythm method. First designated in the nineteen-thirties, the rhythm or calendar method was based on research by two physicians, one Austrian and one Japanese. If a woman counted the number of days in her cycle, she could make a statistical estimate of when she was most likely to get pregnant. Those methods evolved over the years: in 1935, a German priest named Wilhelm Hillebrand observed that body temperature goes up during ovulation. He recommended that women take their temperature daily to determine their fertile period.

    Plenty of doctors remain unconvinced about Natural Cycles. “It’s as if we’re asking women to go back to the Middle Ages,” Aimee Eyvazzadeh, a fertility specialist in San Francisco, said. Technology, she warned, “is only as reliable as the human being behind it.” Forman, from Columbia, said that “one of the benefits of contraception was being able to dissociate intercourse from procreation.” By taking a pill or inserting a device into an arm or uterus, a woman could enjoy her sexuality without thinking constantly about what day of the month it was. With fertility awareness, Forman said, “it’s in the opposite direction. It’s tying it back together again. You’re having to change your life potentially based on your menstrual cycle. Whereas one of the nice benefits of contraception is that it liberated women from that.”

    #Médecine #Hubris_technologique #Contraception #Comportements


  • Emploi : les femmes victimes de #préjugés, pas de leur comportement - ZDNet
    http://www.zdnet.fr/actualites/emploi-les-femmes-victimes-de-prejuges-pas-de-leur-comportement-39859340.htm


    Mouarf, les gars qui découvrent le #sexisme et ses #discriminations

    « Les femmes ont eu le même nombre de contacts que les hommes, elles ont passé autant de temps avec les hauts dirigeants et elles ont consacré leur temps de la même manière que les hommes au même poste. Hommes et femmes avaient des #comportements de #travail indiscernables dans le temps qu’ils passaient en ligne, sur un travail intense et dans une conversation en face-à-face » observent-ils.

    En outre, dans « les évaluations de performance, les hommes et les femmes ont obtenu des scores statistiquement identiques. Cela restait vrai pour les femmes à chacun des niveaux d’ancienneté. Pourtant, les femmes ne bénéficiaient pas d’avancement, au contraire des hommes. »
    Mais les femmes moins promues que les hommes

    Pourquoi dès lors les hommes étaient-ils constamment promus plus haut et plus souvent que les femmes au sein de cette entreprise ? Leur conclusion n’est pas flatteuse.

    « Notre analyse suggère que la différence dans les taux de promotion... n’était pas due à leur comportement, mais à la façon dont elles ont été traitées » tranchent les analystes.


  • Plongée (en apnée) dans la « fosse de Marianne ». Quand, pour assurer sa pérennité, notre « république » fait lire son avenir dans les entrailles des sondages d’opinion

    La démocratie d’influence et du copinage : nudge me tender |
    https://reflets.info/la-democratie-dinfluence-et-du-copinage-nudge-me-tender

    Cette vidéo de 26 minutes — très pédagogique et amusante à la fois — est idéale pour comprendre de nombreuses choses en lien avec : l’opinion, l’information, les sondages, les emballements populaires électoraux, le populisme, la droite, la gauche, le lobbying… et finalement, le fonctionnement de la démocratie française actuelle.

    Voir aussi

    https://seenthis.net/messages/591526#message591844
    https://seenthis.net/messages/591786

    #sondages #marketing #manipulation_mentale #comportements


  • Comment l’Islande a vaincu l’addiction ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/comment-lislande-a-t-elle-vaincu-laddiction

    Mosaïc Science (@mosaicscience), une publication scientifique du Wellcome Trust britannique (Wikipédia), cette fondation dédiée à la promotion de la recherche sur la santé, a publié un long article qui explique comment l’Islande a réussi à combattre l’addiction des plus #jeunes au tabac, à l’alcool et aux drogues. Il y a (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #addiction #comportements #Education_et_formation #innovation_sociale #politiques_publiques #psychologie #Territoires


  • Le livret citoyen, un dispositif de contrôle.

    Le travail et l’emploi sont des moyens de contrôle partiels et insuffisants. Comme l’a montré la création des « fichiers base élèves », il faut trouver d’autres prises sur l’expérience vécue, tout au long de la vie .

    Dans un modèle préexistant à la récente annonce de Hollande, le livret du #citoyen, il s’agit d’inculquer au #jeune de 18 ans des devoirs présentés comme conditionnant le droit aux droits (nulle mention parmi les divers textes constitutionnels cités du "droit à des moyens convenables d’existence ", par exemple.)
    http://www.jeunes.gouv.fr/IMG/UserFiles/Files/Livret_du_citoyen-2-2.pdf

    Un autre s’adresse à l’#étranger, candidat à la naturalisation
    http://www.immigration.interieur.gouv.fr/Accueil-et-accompagnement/Le-livret-du-citoyen

    Livret citoyen et service civique : De la mobilisation de l’Ecole à celle des jeunes
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/01/12012016Article635881777208869019.aspx

    Le président de la République a demandé l’extension de la Journée de la défense à une semaine entière. Il a annoncé la création d’un livret citoyen. Il a aussi promis de généraliser le #service_civique en commençant déjà par le tripler d’ici 2018. Pour les jeunes français [...] voici venu le moment de la mobilisation, des #devoirs et non plus des droits. Quatre ans après 2013, une nouvelle façon de dire que la #jeunesse est une priorité..

    Sur l’instauration d’un #livret_citoyen pour les 16/25 ans (soit précisément ces précaires interdits d’accès au RSA), Vincent Ollivier, avocat
    https://blogs.mediapart.fr/vincent-ollivier/blog/120116/sur-l-instauration-d-un-livret-citoyen-pour-le-jeune

    Ce faisant, il traduit d’ailleurs le souci qu’il a d’inscrire la France dans son histoire et de remettre au goût du jour une tradition injustement tombée dans l’oubli : celle du #livret_ouvrier. Apparu pour la première fois le 17 août 1781, sous la juste pression des ancêtres du MEDEF et d’ALLIANCE, il prenait la forme d’un petit cahier identifiant l’ouvrier, enregistrant ses sorties et ses entrées chez ses maîtres successifs lors de son tour de France.
    L’ouvrier était tenu de faire viser son dernier congé par le maire ou son adjoint, et de faire indiquer le lieu où il proposait de se rendre. Tout ouvrier voyageant sans être muni de ce viatique régulièrement tenu était réputé #vagabond, et pouvait être arrêté et puni comme tel.
    Ce petit opuscule a permis, n’en doutons pas, de mater, en ces temps troublés où les prolétaires s’imaginaient des droits, la revendication ouvrière et d’inculquer aux sans-dents le nécessaire respect dû au capital et à ceux qui le protègent.

    On ne peut donc que se féliciter de voir une si bonne idée remise au goût du jour.
    Certes, ce n’est pour l’heure que sous une forme édulcorée, puisqu’il faut malgré tout compter avec la résistance stérile de ceux qui ne manqueront pas de crier au scandale et de soutenir que les enfants n’ont pas être scrutés comme du bétail par l’Etat. Cependant, nul doute que le bon sens triomphera et que cette timide avancée vers un contrôle plus efficace de la graine de djihadiste qui encombre nos écoles prendra prochainement une ampleur de bon aloi.
    Dans cette perspective, je me permets de suggérer quelques améliorations au dispositif. Tout d’abord, il paraît insuffisant de n’inscrire sur ce carnet d’engagement que les actions positives accomplies par le jeune. Il faudra également y porter l’absence d’actions, laquelle témoigne à l’évidence d’une personnalité asociale, rétive au vivre ensemble, donc dangereuse par nature.

    Dans le même ordre d’idées, il serait stupide ne pas mentionner sur ce petit livret les mauvaises actions, les mauvaises paroles, voire les mauvaises pensées, dont le jeune se serait rendu coupable. Cela constituerait un outil si pratique de recensement des mauvais #citoyens que cela serait dommage de s’en priver.

    Dans le remarquable Le marxisme oublié de Foucault , Stéphane Legrand s’appuie sur La société punitive pour critiquer Surveiller et punir et diverses lectures patronales et/ou dépolitisantes de Foucault ; un extrait sur le contrôle souple permis par le livret ouvrier
    http://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2004-2-page-27.htm

    La « société punitive », #coercitive et #disciplinaire, est celle qui cherche à atteindre la conduite et le corps en tant que supports de la #force_de_travail, sous prétexte de les viser comme source première des #illégalités punissables par la loi. Les mêmes tendances doivent être inhibées, qui conduisent à l’échafaud en passant par la #paresse ou l’errance°.

    Les principales procédures disciplinaires, à l’échelle sociale ou institutionnelle, s’ordonnent en effet à cet objectif. Qu’il s’agisse des livrets ouvriers°°, qui permettent à la fois d’inhiber la mobilité des travailleurs dépendants, d’en effectuer une surveillance constante et d’en opérer un « fichage » par le jeu des appréciations positives ou négatives ; des mesures contre l’ivresse ; du contrôle des finances ouvrières par l’#épargne ; des #visites_domiciliaires effectuées à la demande des conseils de Prud’hommes – tout un système se met en place qui cherche à organiser la surveillance la plus complète possible, une notation permanente et cumulative des irrégularités de conduite, un #contrôle souple°°°, un jeu de sanctions et de récompenses, une pression permanente faite de promesses et de menaces, c’est-à-dire un éventail large de protocoles disciplinaires ordonnés de manière prévalente au maintien et à la constitution des #rapports_de_production_capitalistes.

    ° On observe là la constitution d’un continuum moral entre les irrégularités de #comportements non punissables mais nuisibles et la criminalité punie par la loi, continuum que, tout au long du XIXe siècle, les discours psychiatrique et criminologique contribueront à renforcer. On en trouve encore la trace, à la fin du XIXe, dans cette formule idéaltypique du psychiatre Charles Féré : « L’oisiveté n’est pas plus légitime que l’incendie ; ne rien faire ou brûler ou consommer en superfluité amène nécessairement un retard dans l’accumulation des choses utiles, et par suite dans l’adaptation évolutive » (Charles Féré, Dégénérescence et criminalité, Félix Alcan, Paris, 1888, p. 102).

    °° Les livrets furent rétablis par la loi du 12 avril 1803 : l’ouvrier était tenu de le remettre à son employeur lors de l’embauche, et ce dernier y stipulait les dates d’embauche et de départ, l’emploi occupé, les avances faites sur salaires, etc. Regnault de Saint-Jean d’Angely, rapporteur de cette loi, y voyait un moyen de « garantir les ateliers de la désertion et les contrats de la violation » (cité par Yann Moulier-Boutang, in De l’esclavage au salariat. Economie historique du salariat bridé, PUF, coll. « Actuel Marx Confrontation », Paris, 1998, p. 344, note 30). Jusqu’en 1832, la circulation de l’ouvrier sans son livret de travail est assimilée au vagabondage et punie comme telle, même si, par un accord de fait avec la police de la capitale, les ouvriers trouvés dans la rue sans livret de travail échapperont à l’arrestation s’ils peuvent exciper d’un livret d’épargne.

    °°°Un employeur pourra éviter le départ de ses ouvriers dans une période de pression à la hausse sur les salaires par le jeu des appréciations sur les livrets, aussi bien qu’en cas d’excès de main-d’œuvre en licencier pour ivrognerie ou vagabondage sans livret.

    #société_punitive #précaires #trajectoires_de_vie #population #biographie


  • La SNCF teste des #logiciels pour détecter les #comportements suspects - Ration
    http://www.liberation.fr/societe/2015/12/16/attentats-la-sncf-teste-des-logiciels-pour-detecter-les-comportements-sus

    La SNCF expérimente des nouvelles technologies pour détecter les comportements ou les bagages suspects, a t-elle expliqué mercredi à l’AFP, tout en appelant à confier de nouvelles prérogatives à ses agents de sécurité, comme le prévoit une proposition de loi en débat à l’Assemblée.

    Face au « caractère exceptionnel » de la menace terroriste après les attentats de Paris, la SNCF teste par exemple un #logiciel_d’analyse_comportementale qui pourrait être intégré à ses 40.000 caméras de surveillance,(...) fondé « sur le changement de température corporelle, le haussement de la voix ou le caractère saccadé de gestes qui peuvent montrer une certaine anxiété »(...). ... l’expérimentation en cours dans plusieurs gares est réalisée « en conformité avec la loi et sous le contrôle de la Commission nationale de l’information et des libertés (CNIL) ».

    « On teste pour savoir si ça n’identifie que les gens qui ont une intention négative, un agresseur, ou un +tripoteur+, mais aussi l’#acceptabilité_sociale », pour voir si les voyageurs sont prêts à accepter de telles technologies, une fois l’état d’urgence levé.

    Des caméras qui détectent des colis suspects car restés trop longtemps au sol sont aussi en cours d’expérimentation.

    #transports #contrôle_social


  • Google veut “réguler” la liberté d’expression - Quartz
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/134849081693

    Contrairement à ce dont il nous avait habitué jusqu’à présent (Google étant jusqu’à présent plutôt sur une ligne de défense de la liberté d’expression dans le respect du premier amendement de la Constitution américaine), Eric Schmidt, son président, dans une tribune pour le New York Times, vient de se prononcer en faveur d’une meilleure régulation des propos sur les réseaux sociaux. “Il est de notre responsabilité de démontrer que la stabilité et la liberté d’expression vont main dans la main”, écrit-il. “Nous devons construire des outils pour aider à désamorcer les tensions sur les médias sociaux, des formes de correcteurs orthographiques pour la haine et le harcèlement”. Cette réponse à l’appel d’Hillary Clinton, candidate à l’investiture démocrate pour la Maison Blanche (et ouvertement soutenue par (...)

    #censure #algorithmes #comportements


  • GamR : est-ce que la manière dont vous jouez révèle votre personnalité ? - Medium
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/134048463817

    Le projet GamR, lancé par le Media Lab du MIT et le Groupe de travail sur les jeux de l’université de Tilburg, et piloté par les chercheurs Kevin Slavin et Shoshannah Tekofsky, cherche à comprendre les relations entre votre personnalité et la façon dont vous jouez. Pour cela, il invite les joueurs de League of Legends, Battlefield et World of Wacraft à participer à une enquête exploratoire pour comprendre si leur façon de jouer correspond à leur personnalité. Est-ce que les choix tactiques, esthétiques et sociaux que font les joueurs reflètent leurs traits cognitifs et psychologiques ? Assurément, l’enquête servira à établir des profils types des joueurs (utilisant les fameux tests de personnalité #Big_Five, dont nous avons souvent parlé), des modèles qui seront utilisés demain… pour mieux servir aux (...)

    #jeu #physique_sociale #comportements


  • Du nouveau du coté de la « biologisation du sociale ». Une étude (très à la mode) relayée dans Nature qui étudie les déterminismes du comportement sexuel à travers le prisme de la biologie...
    http://www.nature.com/news/epigenetic-tags-linked-to-homosexuality-in-men-1.18530?WT.mc_id=FBK_NatureNe


    °°Epigenetic ’tags’ linked to homosexuality in men. Twin study reveals five DNA markers that are associated with sexual orientation.°°

    “The biology of sexual orientation has been one of the most vexing — and politically charged — questions in human genetics. For the first time, researchers have found associations between homosexuality and markers attached to DNA that can be influenced by environmental factors.”

    #Biologisation_du_social #Déterminisme_biologique #comportements_sexuels

    • Et comme c’était prévisible, ça a donné ça le lendemain :

      C’est assez nul de la part de Nature news, qui ne se base que sur un abstract de conférence, c’est-à-dire sur des résultats préliminaires non publiés, qui en plus a de graves limites, comme le note ce très bon article de The atlantic :

      No, Scientists Have Not Found the ‘Gay Gene’
      http://www.theatlantic.com/science/archive/2015/10/no-scientists-have-not-found-the-gay-gene/410059

      So, ultimately, what we have is an underpowered fishing expedition that used inappropriate statistics and that snagged results which may be false positives. Epigenetics marks may well be involved in sexual orientation. But this study, despite its claims, does not prove that and, as designed, could not have.

    • Demain dans la presse : « Donald Trump propose le dépistage obligatoire du gène de l’homosexualité : "Il est de notre devoir d’aller au-devant des jeunes exposés à ce risque génétique afin de les conseiller et les accompagner". Donald Trump a refusé de commenter concernant l’accès à ces données par l’éducation nationale. »


  • La mauvaise culture économique des Français participe à leur #vulnérabilité financière
    http://www.lemonde.fr/argent/article/2015/06/03/la-mauvaise-culture-economique-des-francais-participe-a-leur-vulnerabilite-f

    Entre le #chômage, la #précarité croissante, et le poids des #dépenses_contraintes dans le budget des ménages, les raisons expliquant les difficultés financières des Français sont légion. Mais cette situation ne se limite pas aux seuls aléas conjoncturels, pointe une étude* publiée le 2 juin par la chaire Banques populaires vulnérabilité financière et microfinance de l’école Audencia Nantes.

    « Cette vulnérabilité financière s’explique aussi par une culture économique déficiente et par des #comportements – sous-épargne, suremprunt, mauvaise planification – qui peuvent conduire à des situations compliquées, ou à les aggraver », explique Nils Poussielgues, chargé d’études à la chaire.(...)
    « Surestimer ses compétences, ne pas bien comprendre les conséquences de ses actes, notamment en matière de #crédits, sont autant d’écueils surtout lorsque les foyers ont des contraintes financières fortes », note Nils Poussielgues. Or ce sondage montre justement la grande difficulté qu’ont les Français à #épargner (seulement 40 % des sondés ont pu économiser au cours de l’année écoulée) et le faible niveau de leur réserve en cas de coup dur. Ainsi, 53 % expliquent qu’ils ne pourront maintenir leur niveau de dépenses plus de six mois s’ils perdent leur #emploi et 18 % fixent cette échéance à un mois. Pas étonnant alors que 58 % des personnes interrogées disent qu’il leur arrive d’être inquiets lorsqu’elles pensent à leur situation financière.

    #dette #droits_sociaux #trouille


  • Fraude aux allocs : le « datamining », arme de détection massive
    http://www.liberation.fr/societe/2015/06/01/fraude-aux-allocs-le-datamining-arme-de-detection-massive_1320806

    Depuis la généralisation de ce système fin 2011, le taux de #détection des #fraudes par la Caisse nationale des allocations familiales ne cesse d’augmenter.

    Mais que se passe-t-il depuis quatre ans ? A chaque publication des résultats de lutte contre la fraude sociale par la Caisse nationale des allocations familiales (#Cnaf), c’est le même constat : les chiffres ne cessent d’augmenter. En 2011 : 11 700 fraudes repérées par les contrôleurs de la Cnaf. En 2013, leur nombre avait presque doublé (20 937). L’an dernier, les chiffres publiés ce lundi font état de 32 000 fraudes. « Une hausse de 56% par rapport à 2013 », précise la branche famille de la Sécu.

    Mais, dans son communiqué, l’organisme assure qu’« entre 2013 et 2014, la fraude n’a pas augmenté, c’est l’amélioration continue de la détection qui explique la hausse du nombre qualifié de fraudes ». Parmi ces nouveaux moyens, le datamining fait figure d’arme redoutable. Derrière cet anglicisme se cache un système de recoupage et de mutualisation de #données de milliers d’#allocataires. Cette technique vise à cibler des dossiers à contrôler en cherchant des corrélations avec des #comportements « à risques ». 

    LE TENTATION « IDÉOLOGIQUE »
    Daniel Lenoir, directeur de la Cnaf, insiste : « Nous ne dressons pas le profil type du fraudeur. Avec le #datamining, nous ne tirons pas de conclusions, ce serait tuer l’outil ! Nous cherchons simplement à prévoir. » Côté technique, Bernard Tapie, directeur des statistiques de l’organisme (homonyme malheureux de "Nanard" ndlr), explique : « On récupère une centaine de variables - le niveau de revenu, la composition familiale, le comportement de l’allocataire à l’encontre de la Cnaf - puis on réalise une modélisation pour effectuer des #contrôles_ciblés. » L’objectif : éviter à tout prix les idées reçues en se concentrant sur l’approche scientifique. 

    Autre écueil à éviter : l’obsolescence du modèle. « Il faut faire évoluer le modèle, désormais une #enquête est réalisée chaque année auprès d’un échantillon de 7 000 allocataires, sélectionnés de façon aléatoire », ajoute Daniel Lenoir. Et les résultats semblent probants - en 2012, 110 millions d’euros de régularisations financières ont été effectuées, contre 41 millions d’euros l’année précédant la mise en œuvre du datamining, précise le bilan des fraudes 2013. Le coût de cette technique reste par ailleurs relatif. Les salariés chargés du contrôle des allocataires représentent moins de 2% des employés de la Cnaf, et « les coûts informatiques restent faibles », assure le directeur de l’organisme. 

    Pour établir cette modélisation et cibler davantage les dossiers à contrôler, la Cnaf travaille en collaboration avec divers organismes : les données de #Pôle Emploi, du Répertoire national commun de la protection sociale ou du service des #impôts sont mises à disposition de la Caisse nationale des allocations familiales pour alimenter la base des statisticiens. Si la question de l’utilisation de données privées par un organisme public a été posée avant sa mise en place, la Cnil a autorisé dès 2010 ce traitement en assurant l’anonymisation de la base informatique et la sécurisation de son accès. (...)

    Allocations familiales : les fraudes détectées ont bondi de 50 % en 2014
    http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021103367995-allocations-familiales-la-detection-des-fraudes-avance-a-grand

    Les montants détectés par les caisses d’allocations familiales ont crû à 210 millions d’euros en 2014 grâce à de meilleurs contrôles sur le #RSA et les #APL. La fraude totale estimée est restée stable, à 1 milliard.

    Après les Urssaf et l’assurance-maladie, c’est au tour des caisses d’allocations familiales (CAF) de mettre en avant des résultats record dans la lutte antifraude. En 2014, elles ont détecté 32.800 cas de fraude aux prestations famille ou logement, soit 209,6 millions d’euros. C’est 48 % de plus qu’en 2013. En trois ans, le montant a doublé  ; en dix ans il a été multiplié par vingt.

    La sagacité des 647 #contrôleurs des caisses d’allocations familiales est plus affûtée année après année. Il faut dire qu’ils ont de plus en plus d’outils à leur disposition pour traquer les tricheurs. Ils peuvent interroger le fisc, les Urssaf, les caisses de retraite, Pôle emploi, demander des relevés bancaires pour vérifier le niveau des revenus, ou bien aller chercher les factures d’électricité ou de téléphone directement chez le fournisseur. Et les contrôleurs se parlent de plus en plus. Au sein des comités opérationnels départementaux antifraude (#Codaf), gendarmes, policiers, représentants du fisc ou de l’autorité judiciaire sont déliés de leur obligation de #secret_professionnel depuis 2011 pour lutter contre la fraude sociale.

    Des ciblages plus précis

    Les limiers de la CAF ont aussi accès à des bases de données de plus en plus riches  : le répertoire national commun de la protection sociale indique les droits à prestations de chacun, ainsi que les situations particulières (invalidité, chômage…). Comme ce répertoire ne comporte pas les montants, les agents de la CAF peuvent compléter avec les relevés de carrière de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, les déclarations préalables à l’embauche, le fichier national des comptes bancaires… Autant de sources qui permettent, à l’aide d’un traitement informatique, de mieux cibler les visites à domicile. D’ailleurs, six ­contrôles sur dix (64 %) touchent en plein dans le mille et se soldent par une régularisation financière.

    Le montant global des fraudes n’a en revanche pas augmenté, selon la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF), qui l’estime à environ 1 milliard d’euros. Le volume total des indus et des rappels, qui comprend les 209 millions d’euros de fraudes détectées, s’est quant à lui élevé à 1,11 milliard d’euros en 2014. Il arrive souvent que les caisses versent trop ou pas assez d’argent aux allocataires, parce que leur situation ou la loi change. Il peut aussi s’agir d’erreurs.

    Dans 90 % des cas une #fraude_de_«  survie  »

    Sept fois sur dix (68,55 %), les escroqueries portent sur les minima sociaux, le revenu de solidarité active ou l’allocation adulte handicapé. Les aides au logement constituent l’autre grand volet de la fraude (23,17 %). Le montant moyen de la fraude s’élève à 6.386 euros. Quant à la pénalité financière que peut prononcer la caisse d’allocations familiales, en plus du remboursement des sommes indues, elle peut aller jusqu’à 12.680 euros. En cas de récidive, elle double. Les sommes ainsi récupérées en pénalités se sont élevées à 8,5 millions d’euros l’an dernier. A partir de 25.360 euros de préjudice, la CAF est tenue de porter plainte au pénal  : il y a eu 4.104 assignations l’an dernier. La CNAF souligne cependant que 90 % des cas peuvent être assimilés à de la «  survie  »  : les fraudeurs ont tellement peu de moyens qu’il serait vain de leur imposer des pénalités financières.

    Charles Prats, magistrat spécialiste de la fraude aux finances publiques, a commenté ce lundi sur RMC l’explosion de la fraude aux prestations sociales en 2014 : + 56% par rapport à 2013.
    http://rmc.bfmtv.com/emission/le-dealer-qui-touche-le-rsa-et-roule-en-grosse-voiture-ca-detruit-le-lien

    Charles Prats a pointé du doigt une fraude « très destructrice du lien social et du pacte républicain » : les fraudes au RSA commises par les trafiquants de drogue. « Dans les cités, tout le monde voit le trafiquant de drogue qui roule dans une grosse voiture alors que tout le monde sait qu’il touche le RSA. Ça, c’est très destructeur du lien social. L’an dernier, avec l’aide de la police il y a environ 3.000 cas comme cela qui ont été signalés » et punis.

    Comment mieux lutter encore contre la fraude ? « Aujourd’hui Il y a 650 contrôleurs. Ça demande du monde, plus de croisement de fichiers, explique le magistrat. Il faut surtout plus sécuriser l’attribution des numéros de sécurité sociale, puisqu’en France on a un peu moins de 2 millions de numéros qui ont été attribués sur la base de documents frauduleux. Cela représente 12 milliards d’euros sur les dépenses sociales ». Pour Charles Prats, « c’est là le vrai gisement de lutte contre la fraude ».

    #précarité #police_des_pauvres


  • Vol AF 447 Rio-Paris : reconstitution des minutes qui ont précédé le #crash (et considérations sur l’automatisation)
    http://www.vanityfair.fr/actualites/international/articles/vol-af-447-rio-paris-reconstitution-des-minutes-qui-ont-precede-le-crash/23618

    Les appareils de quatrième génération, qui peuvent être pilotés par à peu près n’importe qui, sont parfois dirigés par du personnel peu qualifié. Le profil psychologique des pilotes de ligne a changé et tout le monde s’accorde là-dessus, Airbus, Boeing, les enquêteurs accident, les régulateurs, les directeurs de vol, les instructeurs et les enseignants. Même s’il reste d’excellents pilotes, le socle commun de connaissance a diminué.

    Peut-être nous trouvons-nous dans une spirale où la médiocrité engendre l’#automatisation, qui altère encore les performances de l’homme et implique encore davantage d’automatisation. Schéma classique de notre époque, plus périlleux sans doute dans l’#aviation. Après l’accident du vol AF 447, les sondes Pitot ont été changées sur plusieurs Airbus. Air France a formé une commission d’enquête sur la sécurité qui a souligné l’arrogance des pilotes – et suggéré des réformes. Certains experts ont demandé des indicateurs d’angle d’attaque. D’autres ont milité pour des séances d’entraînements autour du décrochage en haute altitude et du vol en alternate law. Fort bien mais cela ne fera aucune différence. À une époque où il y a extrêmement peu d’accidents, chaque crash est un événement singulier qui ne se reproduira sans doute jamais de la même manière. La prochaine fois, ce sera une compagnie différente, une culture différente, un problème différent. Mais tout sera encore lié à l’automatisation et cela nous rendra à nouveau perplexes. 

    Avec le temps, les ­incidents de vol se ­régleront sans doute sans interventions ­humaines, et les pilotes seront encore davantage poussés en ­dehors des cockpits. C’est une dynamique irréversible. Il y aura toujours des accidents mais plus personne à blâmer. Sauf la #machine.

    Je découvre au passage un autre Wiener, Earl, « an aviation human factors guru » qui a pondu quelques lois au sujet des risques de l’automatisation (dont certaines relèvent davantage de la blague) :

    WIENER’S LAWS

    (Note: Nos. 1-16 intentionally left blank)

    17. Every device creates its own opportunity for human error.

    18. Exotic devices create exotic problems.

    19. Digital devices tune out small errors while creating opportunities for large errors.

    20. Complacency? Don’t worry about it.

    21. In aviation, there is no problem so great or so complex that it cannot be blamed on the pilot.

    22. There is no simple solution out there waiting to be discovered, so don’t waste your time searching for it.

    23. Invention is the mother of necessity.

    24. If at first you don’t succeed… try a new system or a different approach.

    25. Some problems have no solution. If you encounter one of these, you can always convene a committee to revise some checklist.

    26. In God we trust. Everything else must be brought into your scan.

    27. It takes an airplane to bring out the worst in a pilot.

    28. Any pilot who can be replaced by a computer should be.

    29. Whenever you solve a problem you usually create one. You can only hope that the one you created is less critical than the one you eliminated.

    30. You can never be too rich or too thin (Duchess of Windsor) or too careful what you put into a digital flight guidance system (Wiener).

    31. Today’s nifty, voluntary system is tomorrow’s F.A.R.
    http://aviationweek.com/blog/wiener-s-laws

    (mais je ne vois pas à quoi fait référence ce « F.A.R »).


  • #Obésité : la #mafia de nos papilles 09.10.2014
    Véronique Zbinden
    http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Sante-2014/p-29281-Obesite-la-mafia-de-nos-papilles.htm

    Minneapolis, avril 1999. Au 31e étage d’une tour de verre et d’acier du sud de la ville se tient une réunion singulière. Descendus de leurs limousines avec chauffeurs, une dizaine d’hommes se retrouvent dans le plus grand secret. Ils ont tout du clan mafieux, l’élégance et les dents longues, l’absence de scrupules et le propos sans détours.

    Le récit de Michael Moss* débute à la manière d’un polar. Le livre que signe le journaliste du New York Times , lauréat du prestigieux Prix Pulitzer en 2010, n’a pourtant rien d’une fiction. Il n’y est pas question de #crime_organisé, quoique…

    Les protagonistes de cette réunion ultra-secrète, patrons des géants de l’#industrie_alimentaire, ont été conviés par l’un d’entre eux à prendre acte de l’#épidémie d’obésité dévastatrice et à s’interroger sur leur responsabilité en vue de définir une éventuelle stratégie commune. Rien ou presque ne filtrera de leurs discussions ; surtout, aucune velléité de changement de cap ne sera esquissée. Après avoir mené une enquête de plusieurs mois dans les méandres et les laboratoires secrets de ces #multinationales, le #journaliste s’attaque en revanche à décortiquer, pièce à pièce, les pratiques écœurantes de leurs dirigeants.

    Plus de la moitié des adultes américains sont alors en surpoids et près d’un quart (40 millions de personnes) cliniquement obèses. Un taux qui a doublé depuis 1980 parmi les enfants, dont plus de 12 millions sont alors obèses. Pour corollaire, l’augmentation des #maladies cardio-vasculaires, #diabète, #hypertension, #arthrite et autres #cancers du sein, du côlon, de l’utérus. Et des coûts publics massifs.

    Les ingrédients qui ont mené à ce scandale pourraient se résumer à trois mots : appât du gain. Voire à trois additifs qui rendent accros, les trois piliers de la #nourriture industrielle à l’origine de l’épidémie d’obésité. Les #matières_grasses, qui apportent la plus grosse part des calories et poussent subrepticement à la suralimentation ; le #sel, transformé de multiples manières pour maximiser le choc des papilles dès la première bouchée ; enfin, le plus puissant des trois, le #sucre, de par sa capacité à exciter le cerveau.

    Ces composants ne sont qu’une facette du plan de l’industrie pour modifier les habitudes de #consommation. Le #marketing en est une autre, qui recourt à de fines études psychologiques, jouant volontiers sur la culpabilité des mères actives et le désir d’autonomie des enfants.

    Mais en réalité, l’histoire remonte bien plus loin et l’auteur nous entraîne à la fin des années 1940, date de la création du premier pudding instantané, pour relater ce tournant. Nous sommes à l’aube de la révolution des modes de production, qui voit l’#industrie recourir à de nombreux #additifs et #produits_de_synthèse jusque-là bannis.

    Au prétexte louable de « simplifier la vie du consommateur moderne », General Foods propose, entre autres, des produits « simples à acheter, stocker, ouvrir, préparer et manger ». Les nouveautés se succèdent à une cadence endiablée. Les céréales, censément plus saines que le traditionnel breakfast eggs and bacon des Etats-Uniens, se métamorphosent pour en arriver à contenir progressivement plus de sucre que de céréales. L’argument de la pub de cette époque ? « Offrir une vie plus riche, car nous avons mieux à faire que mélanger, oser, couper, mesurer, cuisiner, servir. » Une nouvelle manière d’envisager la nourriture est née.

    Une armada de chercheurs en #neurosciences et en #psychologie est mise à contribution. Elle travaille spécifiquement sur les #enfants et leur attirance pour le sucré – déterminant ce qu’il est convenu d’appeler « le point de félicité ». Un orgasme des papilles qui se mesure et se calcule aussi précisément que les propriétés physiques, chimiques et nutritives d’un aliment.

    Burger à l’ammoniac

    Plus généralement, l’industrie travaille sur les pouvoirs sensoriels cachés et l’attrait du gras, du sucré et du salé, connus pour produire d’importantes réactions de récompense dans le cerveau. Comment des processus très enfouis commandent des #comportements fondamentaux, ou comment rendre la nourriture industrielle encore plus attrayante…

    Dans les années 1970, une vague de #caries dentaires sans précédent amène les dentistes à tirer la sonnette d’alarme. Les premiers rapports sur les liens entre sucre et diabète paraissent à la même époque.

    Le sucre se voit diabolisé ? Qu’à cela ne tienne, on le remplace par pire. Le #sirop_glucose-fructose (#SGHTF) issu du maïs, au plus fort pouvoir sucrant. Particulièrement peu coûteux, il a pour autre avantage sa consistance liquide, qui permet une intégration instantanée dans la nourriture et les boissons.

    Les fabricants dépensent désormais davantage pour la #publicité que pour les ingrédients… Près de 15 000 produits apparaissent chaque année, dont les deux tiers sont abandonnés au bout de quelques mois. Leur inventivité fait notamment merveille avec des petits bijoux tels le Cheez Whiz de Kraft, le fromage aux 27 ingrédients parmi lesquels le fromage a disparu. Ou le fameux burger à l’ammoniac…

    Pour tenter de répondre à la surconsommation morbide de viande et de fromage – tout en ménageant les intérêts des filières de producteurs –, l’administration s’engage à promouvoir la consommation de « viande maigre ». Problème. Ces pièces sont plus difficiles à mâcher. Solution : prélever les parties les plus grasses, réservées jusque-là au suif et à la nourriture pour chien, et les passer en centrifugeuse afin de disperser la graisse. 10% de la masse subsistent, qui sont assemblés en bloc de 13 kilos, congelés et expédiés dans des usines où on les mélange à d’autres morceaux pour en faire des steaks hachés. En cours de production, la viande est traitée au gaz ammoniac pour tuer les éventuels agents pathogènes. De quoi produire la viande hachée la moins grasse, la moins chère et la plus consommée que l’Amérique ait connu, jusqu’à ce que les secrets de préparation de cette « glu rose » soient découverts…

    Quinze ans après la réunion évoquée au début du livre, la situation dépasse les prévisions les plus sombres. Un Américain sur trois – et un enfant sur cinq – est obèse. 24 millions d’Américains sont concernés par le diabète de type 2. Et 79 millions considérés comme prédiabétiques. En Chine, pour la première fois, le nombre de personnes en surpoids dépasse celui des personnes sous-alimentées. En France, l’obésité est passée de 8,5% à 14,5% depuis 1997. Au Mexique, le taux d’obésité a triplé au cours des trente dernières années et le pays a désormais les enfants les plus gros du monde.

    L’inspiration des industriels de l’alimentaire est à chercher du côté des grands cigarettiers, notamment si l’on considère le rachat de #Kraft et #General_Foods par #Philip_Morris, désormais la plus grande entreprise #agroalimentaire.

    Aux dires des protagonistes, le #tabac apparaît toutefois comme un univers nettement plus soft que l’alimentation. Témoins la #passivité des #administrations_publiques, noyautées par le puissant #lobby industriel, mais aussi l’#infiltration des associations de consommateurs et d’enseignants d’économie ménagère, selon des procédés dignes du FBI. Un vrai polar, on vous disait…

    * Sucre, sel et matières grasses, comment les industriels nous rendent accros , Michael Moss, Calmann-Lévy.

    Article paru sur le site du journal "Le Temps"

    #criminels #agrobusiness #complicité #santé


  • Pour la Science - Pourquoi les mouches tournent à gauche ?
    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actu-pourquoi-les-mouches-tournent-a-gauche-32909.php

    Quand un journaliste du New York Times lui avait demandé s’il avait déjà suivi une psychanalyse, le célèbre linguiste Noam Chomsky avait eu cette réponse : « Si nous ne pouvons pas expliquer pourquoi un cafard décide de tourner à gauche, comment pourrions-nous expliquer pourquoi un être humain décide de faire quelque chose ? »

    C’était en 2003. Une décennie plus tard, il semble qu’on s’achemine vers une meilleure compréhension du comportement… des insectes. Chez la drosophile – ou mouche du vinaigre –, des chercheurs de l’Institut de pathologie moléculaire (IMP) de Vienne ont montré que l’activation d’un neurone unique suffisait pour que l’animal se mette subitement à reculer. Facétieux, ils l’ont baptisé neurone descendant du moonwalk, d’après le célèbre pas de danse inventé par Mickael Jackson......

    #science
    #drosophile
    #neurones
    #comportements
    Des #mouches qui font le #moonwalk


  • #Algérie : la #violence en l’ #absence de #civisme
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1709

    Peut-on considérer la société algérienne en #phase de décadence en #matière de #valeurs #morales ?

    De nos jours, on remarque un tas de #comportements inhabituels et dangereux, chez les #jeunes générations algériennes. Qu’elles ne sont pas accoutumées de voir et de vivre. Elles s’illustrent par des agressions, #kidnappings , #violences


  • Radars et sécurité routière : la démagogie tue | Slate
    http://www.slate.fr/story/38497/radar-securite-routiere-demagogie

    Sur le long terme, les corrélations sont fortes entre le niveau de développement d’un pays, la qualité de son réseau routier, l’exigence de formation des conducteurs, la non corruption des forces de l’ordre et la sécurité sur les #routes. Quand on paye les PV pour les infractions et qu’obtenir le permis n’est pas une simple formalité, les statistiques de sécurité sur les routes s’améliorent considérablement.

    En France, ce pas a été franchi depuis deux décennies, les progrès sont aujourd’hui moins rapides et dépendent de mesures de plus en plus qualitatives. La politique consistant à compter avant tout sur les radars pour améliorer les #comportements est trompeuse car simpliste. Le dire ne veut pas dire se ranger du côté des chauffards, mais regarder la réalité en face. Dans un pays où la sécurité sur les routes est bien plus grande qu’en France et depuis longtemps, le Royaume-Uni, des #radars ont été démantelés… car inefficaces.