• IAB Europe’s ad tracking consent framework found to fail GDPR standard
    https://techcrunch.com/2020/10/16/iab-europes-ad-tracking-consent-framework-found-to-fail-gdpr-standard/?guccounter=1

    A flagship framework for gathering Internet users’ consent for targeting with behavioral ads — which is designed by ad industry body, the IAB Europe — fails to meet the required legal standards of data protection, according to findings by its EU data supervisor. The Belgian DPA’s investigation follows complaints against the use of personal data in the real-time bidding (RTB) component of programmatic advertising which contend that a system of high velocity personal data trading is inherently (...)

    #algorithme #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #consentement #données #publicité #RealTimeBidding-RTB (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##publicité ##APD-Belgique

  • Pour absence de test Rt-Pcr négatif à la Covid-19 : Dix-neuf sénégalais en provenance de l’Europe bloqués depuis plusieurs heures à l’AIBD.
    https://www.dakaractu.com/Pour-absence-de-test-Rt-Pcr-negatif-a-la-Covid-19-Dix-neuf-senegalais-en-

    Selon les informations obtenues par Dakaractu, dix-neuf passagers d’un vol de TAP Air Portugal sont actuellement bloqués à l’aéroport International Blaise Diagne de Diass, car ne disposant pas de test à leur arrivée ce jeudi vers 01 heure du matin. Une situation qui met en rogne ces voyageurs. « Depuis 1 h du matin, nous sommes là, laissés à nous même sous prétexte que nous n’avons pas de test », confie l’un d’entre eux à Dakaractu. À l’en croire, le vol de la compagnie TAP avait à son bord plus de cent passagers, mais ils sont les seuls à ne pas pouvoir sortir de l’aéroport. Pour notre interlocuteur, c’est la faute aux autorités sénégalaises s’il a embarqué sans test. Pourtant il est bien écrit sur la circulaire du ministère du tourisme et des Transports aériens que « les compagnies aériennes et leurs agences de ventes agréées, sont tenues d’informer les passagers au moment de l’achat du billet pour les vols à destination d’un aéroport du Sénégal ». La TAP a-t-elle reçu la circulaire ou a-t-elle tout simplement fait fi des nouveaux amendements concernant les certificats de test négatif ?
    Selon un passager bloqué actuellement à l’AIBD, aucun test ne leur été demandé au départ. « Ils m’ont dit que je devais faire ça une fois au Sénégal. Mais depuis hier, on nous fait poireauter dans des conditions exécrables alors que nous avons des obligations qui nous attendent. Je suis venu aux funérailles de mon père. Et je ne suis pas le seul dans ce cas », geint-il. « Si nous avait mis dans de bonnes conditions, on ne trouverait rien à redire mais tel n’est pas le cas. Personne ne semble sensible au calvaire que nous vivons depuis hier », déplore l’une des trois femmes du groupe.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#sante#test#aeroprt#controlesanitaire

  • Grèce : quarantaine prolongée dans le camp de migrants de Vial, à Chios - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/28104/grece-quarantaine-prolongee-dans-le-camp-de-migrants-de-vial-a-chios

    La quarantaine a été prolongée dans le camp de migrants de Vial, sur l’île grecque de Chios, a annoncé jeudi le ministre grec des Migrations. Instaurée depuis le 14 octobre, elle durera au moins jusqu’au 4 novembre.
    Le camp de migrants de Vial, sur l’île grecque de Chios, va rester en quarantaine au moins jusqu’au 4 novembre, a annoncé jeudi 23 octobre le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachis.
    Le camp de Vial avait été placé en quarantaine le 14 octobre après que « plusieurs » cas de coronavirus ont été détectés par les autorités de santé. Notis Mitarachis n’a pas précisé combien de personnes étaient infectées dans le camp à ce jour. Comme les autres pays européens, la Grèce a du mal à stabiliser l’épidémie de coronavirus. Les camps de migrants surpeuplés inquiètent particulièrement les autorités sanitaires car la distanciation sociale y est presque impossible à respecter.
    A Lesbos, plus de 240 cas de coronavirus ont été détectés dans le nouveau camp provisoire construit après les incendies de Moria. Les personnes infectées ont été placées à l’isolement. Fin septembre, les autorités grecques avaient annoncé la mort d’une première personne migrante du coronavirus. Il s’agit d’un homme de 61 ans d’origine afghane qui vivait avec sa famille dans le camp de Malakasa, près d’Athènes. Il a avait été hospitalisé et est mort à l’hôpital.
    Alors que la population grecque est sortie de son confinement depuis le 4 mai, les centres d’accueil et camps de migrants du pays ont dû rester à l’isolement bien plus longtemps. Durant l’été, une vingtaine d’associations, dont Amnesty International, avaient dénoncé une politique « inefficace » et « discriminatoire » envers des dizaines de milliers d’exilés agglutinés dans des camps insalubres. Début septembre, les camps de Malakassa et de Schisto (dans le nord et l’ouest d’Athènes respectivement) et d’Eleonas ont été placés en « confinement sanitaire total ».

    #Covid-19#migrant#migration#grece#camp#vial#chios#eleonas#malakassa#schisto#confinement#quarantaine#mortalite#refugie#discrimination

  • Schiappa annonce une « unité de contre-discours républicain » sur les réseaux sociaux
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/schiappa-annonce-une-unite-de-contre-discours-republicain-sur-les-reseaux-s

    Lundi, l’entourage de Marlène Schiappa avait insisté sur la nécessité pour l’État de ne pas être absent du net et d’organiser « un contre-discours » pour répondre aux propos haineux. « On voit se développer des discours d’islamistes sur la toile, de victimisation systématique, sans que personne ne les démente », souligne la ministre dans son interview, en ajoutant que le gouvernement veut porter « un discours de contre-propagande ».

    Elle cite en exemple, « la perquisition des locaux de l’association Baraka City [que le gouvernement souhaite désormais dissoudre, ndlr] », qui a donné lieu à des commentaires accusant le gouvernement « d’islamophobie ». « Mais nous sommes dans un État de droit. S’il y a eu une perquisition sous l’autorité du juge, c’est parce qu’il y avait des éléments dans un dossier judiciaire. Nous avons mis plusieurs jours à répondre », par le biais de la porte-parole du ministère de l’Intérieur. « La prochaine fois, il faut que le contre-discours soit prêt, pour défendre nos valeurs. Il y a des exemples en Angleterre, en Allemagne, dont on peut s’inspirer ! », ajoute la ministre.

    Assez connement, je croyais que ça existait déjà et que s’appelerio « les médias ». Ou aussi « les trolls fachos ».

  • #Cas_d'école - L’histoire de Samuel

    Samuel, professeur d’histoire-géo à #Conflans-Sainte-Honorine, menait sa mission avec passion. Le 16 octobre 2020, il a été décapité pour avoir montré des dessins en classe. L’écriture est parfois bien dérisoire face à la barbarie, mais le courage de Samuel nous interdit de sombrer. Il n’était pas un soldat de la laïcité tombé pour la patrie, mais un enseignant, et cette tâche était déjà énorme.

    https://blogs.mediapart.fr/158568/blog/191020/cas-decole-lhistoire-de-samuel

    #Samuel_Paty #BD #enseignement #école #France

  • L’UE achète des drones à #Airbus pour repérer les bateaux transportant des migrants

    Airbus et deux sociétés d’armement israéliennes ont reçu 100 millions d’euros pour faire voler des drones au-dessus de la #Méditerranée. Le but : identifier les bateaux chargés de migrants qui tentent d’atteindre l’#Europe, selon le Guardian. Un article d’Euractiv Italie.

    Dans le cadre des « services de #surveillance_aérienne_maritime » qu’elle assure, l’#UE a décidé de recourir à des #appareils_téléguidés volant à moyenne altitude à longue endurance, connus du grand public sous le nom de drones. C’est Airbus qui a été mandaté par Bruxelles pour fournir les engins. Le conglomérat européen spécialisé dans l’aéronautique et la défense travaillera avec la société publique #Israel_Aerospace_Industries (#IAI). Un deuxième contrat a été signé avec #Elbit_Systems, une société d’#armement israélienne privée. Les deux contrats s’élèvent à 50 millions d’euros chacun, selon une information du journal britannique The Guardian.

    Les opérations seront menées en #Grèce et/ou en #Italie et/ou à #Malte selon le contrat-cadre signé entre #Frontex et les fournisseurs, dans le cadre des mesures de contrôle des frontières du sud de l’Europe.

    Le #budget de l’agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes (Frontex), est passé de 6 millions d’euros en 2005 à 460 millions d’euros cette année, ce qui reflète l’importance croissante donnée au contrôle des frontières extérieures en raison de l’immigration. Le service de surveillance aérienne comprendra la mise à disposition d’un flux de #données fiable en temps réel et la capacité de partager ces données en temps réel.

    L’IAI affirme que son drone #Heron, employé couramment par les forces armées israéliennes et allemandes, est en mesure de voler pendant plus de 24 heures et peut parcourir jusqu’à 1 000 miles à partir de sa base à des altitudes supérieures à 35 000 pieds.

    Elbit Systems soutient pour sa part que ses drones #Hermes peuvent voler jusqu’à 36 heures à 30 000 pieds. Le mois dernier, Elbit a annoncé que des drones Hermes avaient été testés avec l’Agence maritime et des garde-côtes britannique au large de la côte ouest du Pays de Galles pour des opérations de recherche et de sauvetage.

    Les drones israéliens sont le résultat d’une technologie de surveillance qu’Israël a développée et testée lors d’une série d’attaques sur Gaza, comme le détaille un rapport de Human Rights Watch. Airbus a fait savoir que son modèle n’était pas en mesure de transporter des armes, et qu’il serait peint en blanc avec le label « Frontex ». Les premiers tests seront effectués en Grèce sur l’île de #Crète.

    Dans le cadre du programme Frontex, le drone italien #Falco_Evo de l’entreprise #Leonardo avait déjà été testé pour des activités de surveillance maritime aérienne dans l’espace aérien civil italien et maltais.

    En juin 2919, le drone avait permis de mettre au jour une pratique fréquemment utilisée par les passeurs : le transbordement de dizaines de personnes d’un « vaisseau -mère » vers une embarcation qui est ensuite laissée à la dérive. La Guardia di Finanza, la police dounière italienne, alertée par les images du drone, avait alors intercepté et saisi un bateau de pêche.

    Reste que l’utilisation de ce type de technologie suscite de nombreuses craintes. Les détracteurs les plus acharnés de la surveillance aérienne par des drones affirment que l’obligation légale d’aider un navire en danger et de sauver des naufragés ne s’applique pas à un engin aérien sans pilote, quel qu’il soit.

    https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/lue-achete-des-drones-a-airbus-pour-reperer-les-bateaux-transportant-des-mi
    #complexe_militaro-industriel #business #asile #migrations #réfugiés #frontières #drones #contrôles_frontaliers #surveillance_des_frontières #Israël #EU #Union_européenne #UE

    ping @e-traces

  • #COVID-19 in a Correctional Facility Employee Following Multiple Brief Exposures to Persons with COVID-19 — Vermont, July–August 2020 | MMWR
    https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6943e1.htm

    Although the correctional officer never spent 15 consecutive minutes within 6 feet of an IDP with COVID-19, numerous brief (approximately 1-minute) encounters that cumulatively exceeded 15 minutes did occur.

    During his 8-hour shift on July 28, the correctional officer was within 6 feet of an infectious IDP an estimated 22 times while the cell door was open, for an estimated 17 total minutes of cumulative exposure. IDPs wore microfiber cloth masks during most interactions with the correctional officer that occurred outside a cell; however, during several encounters in a cell doorway or in the recreation room, IDPs did not wear masks. During all interactions, the correctional officer wore a microfiber cloth mask, gown, and eye protection (goggles). The correctional officer wore gloves during most interactions. The correctional officer’s cumulative exposure time is an informed estimate; additional interactions might have occurred that were missed during this investigation.

    #contamination

  • The engines of SARS-CoV-2 spread | Science
    https://science.sciencemag.org/content/370/6515/406.full

    Severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2) has spread rapidly across the globe, causing epidemics that range from quickly controlled local outbreaks (such as New Zealand) to large ongoing epidemics infecting millions (such as the United States). A tremendous volume of scientific literature has followed, as has vigorous debate about poorly understood facets of the disease, including the relative importance of various routes of transmission, the roles of asymptomatic and presymptomatic infections, and the susceptibility and transmissibility of specific age groups. This discussion may create the impression that our understanding of transmission is frequently overturned. Although our knowledge of SARS-CoV-2 transmission is constantly deepening in important ways, the fundamental engines that drive the pandemic are well established and provide a framework for interpreting this new information.

    The majority of SARS-CoV-2 infections likely occur within households and other residential settings (such as nursing homes). This is because most individuals live with other people, and household contacts include many forms of close, high-intensity, and long-duration interaction. Both early contact tracing studies and a large study of more than 59,000 case contacts in South Korea found household contacts to be greater than six times more likely to be infected with SARS-CoV-2 than other close contacts (1, 2). Household contacts accounted for 57% of identified secondary infections in the South Korean study, despite exhaustive tracking of community contacts. Globally, the proportion of cases attributable to household transmission will vary because of multiple factors, including household size. Contact studies suggest that 17 to 38% of contacts occur in households, implying that 46 to 66% of transmission is household-based (using the standard formula for attributable fraction) (3). This is consistent with household contact being a key driver of transmission for other respiratory viruses.

    Even among close contacts within households, there are considerable heterogeneities in transmission risk. Spouses of index cases are more than twice as likely to be infected as other adult household members, and symptomatic index cases may be more likely to transmit the virus (4). Moreover, older age is associated with increased susceptibility to infection, increased transmissibility, and severe disease (4). Older members may face extra risk in multigenerational households if younger members have unavoidable work or school obligations, although young children may be less susceptible to infection and transmit the virus less readily (4).

    #covid-19 #transmission #contamination #famille #travail #école

    • Sur le phénomène de surdispersion : « une minorité d’individus infectés serait responsable d’un pourcentage de transmission (étonnamment) élevé », Thibault Fiolet, épidémiologiste
      https://threadreaderapp.com/thread/1319536501923917824.html

      En Nouvelle Zélande, la plupart des cas ne se sont transmises qu’à une personne ou personne. De cette manière, la surdispersion peut ralentir la propagation du virus vers de nouveaux endroits, car la plupart des introductions ne parviennent pas à déclencher une épidémie

      Lorsque la transmission décolle, elle peut le faire de manière explosive comme en Corée. La réponse du Japon à la pandémie a été une technique basé sur les enquêtes par clusters : une personne infectés d’un cluster est + facilement détectable que lors d’une transmission 1 par 1
      [..]
      Les lieu où l’éloignement physique n’est pas possible sont des endroits potentiels de super-contamination (rare) : espaces fermés mal ventilés, camps de réfugiés, zones urbaines densément peuplées, milieux fermés - établissements de soins de longue durée, prisons, gymnases

      La plupart du temps, ce sont plutôt de petits clusters de 10-15 cas provoqués par transmission domestique ou petits rassemblements qui surviennent. Ces petits clusters sont moins bien détectés et ciblables pour des interventions

      La difficulté avec le SRAS-CoV-2 est qu’on suspecte que l’infectiosité soit surtout élevée lors de l’apparition des symptômes et un peu avant. Ces graphiques représentent la distribution du nombre de jours entre l’infection et survenue des symptômes ➡️ rôle des pré-symptômatiques
      [...]
      Le SRAS-CoV-2 est probablement principalement transmis au sein des ménages et dans des environnements de type familial. La proportion des événements de transmission décroît quand les échelles spatiales augmentent

      #superdispersion #SuperSpreader #covid-19 #enquêtes_par_clusters

  • Covid-19 : à Saint-Etienne, « la situation est en train de nous échapper », Luc Chatel
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/22/covid-19-a-saint-etienne-la-situation-est-en-train-de-nous-echapper_6056963_

    Si la contamination poursuit sa hausse, les hôpitaux ne pourront bientôt plus accueillir de malades.

    Déjà soumise au couvre-feu nocturne depuis le 17 octobre, la métropole de Saint-Etienne voit la situation sanitaire se dégrader de jour en jour. Le chef-lieu de la Loire affiche désormais le plus haut niveau de contaminations du pays, avec un taux d’incidence de 807 cas sur sept jours pour 100 000 habitants, contre 370,5 de moyenne nationale, selon les dernières données de Santé publique France. Le département de la Loire a enregistré neuf décès en vingt-quatre heures, jeudi 22 octobre. A l’Hôpital privé de la Loire (HPL), deuxième plus gros établissement sanitaire de Saint-Etienne, après le centre hospitalier universitaire (CHU), le directeur, Janson Gassia, détaille : « Nous avons actuellement 54 patients Covid, alors qu’ils étaient 45 au plus haut de la première vague, début avril. »

    Très présent dans les médias pour critiquer les décisions gouvernementales face au coronavirus, dont l’instauration du couvre-feu et la fermeture des bars dans sa ville, le maire (LR) de Saint-Etienne se fait ces jours-ci plus discret. Alors qu’il affirmait, lundi 12 octobre sur RTL, qu’il n’y avait « aucun malade dans les #Ehpad stéphanois », Gaël Perdriau, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, a dû faire face une semaine plus tard à l’identification par l’agence régionale de santé (ARS) d’une dizaine de clusters dans des Ehpad.

    Pour Janson Gassia, « à ce rythme, nous allons atteindre le taux maximum d’occupation des lits [d’hôpitaux] d’ici deux semaines » . Il avait été recommandé la semaine du 12 octobre aux établissements de la Loire de déprogrammer 30 à 40 % des interventions non urgentes, or l’HPL et le CHU en sont à plus de 70 %. « Nous allons très vite devoir cesser toute intervention hors Covid » , prévient le professeur Franck Chauvin, directeur de la prévention au CHU de Saint-Etienne, président du Haut-Conseil de la santé publique et membre du conseil scientifique mis en place au printemps par le gouvernement. Jusqu’à présent, la situation avait pu être en partie régulée grâce à des transferts de malades : neuf patients stéphanois ont notamment été pris en charge la semaine du 12 octobre par le CHU de Clermont-Ferrand. « Nous avons également fait des transferts entre établissements du groupement hospitalier de territoire » , précise Janson Gassia.

    « Notre personnel est très fatigué »

    C’est en effet à cette échelle locale, qui couvre la Loire et le nord de l’Ardèche et qui regroupe une dizaine d’établissements hospitaliers sous la direction du CHU de Saint-Etienne, que s’organise au quotidien la gestion des lits. « Nous avons une conférence téléphonique quotidienne entre directeurs, du lundi au dimanche, pour évaluer la situation, précise le patron de l’HPL. C’est ce qui nous a permis jusque-là de répartir au mieux tous les patients. Mais nous en sommes à un stade où nous ne pouvons pas repousser les murs pour ouvrir de nouveaux de lits. Et notre personnel, qui est très impliqué et désormais bien formé à cette situation, commence à être très fatigué. » Une fatigue qui se ressent aussi chez les médecins généralistes. « Tout le monde est débordé, la situation est en train de nous échapper, constate avec dépit Nassira Drikeche, médecin généraliste dans le quartier populaire de Montreynaud. Depuis une dizaine de jours, ça n’arrête pas : les appels téléphoniques liés au Covid ont doublé et il y a beaucoup plus de cas positifs, notamment chez des patients asymptomatiques. C’est une catastrophe. »

    Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer la situation. « La population de Saint-Etienne est plus précaire que celle des autres métropoles, puisque 25 % des Stéphanois vivent sous le seuil de pauvreté , rappelle Régis Juanico, député (Génération.s) de la Loire, dont la circonscription recouvre une bonne partie de la ville. Or on sait que le virus atteint plus spécialement ces personnes. C’est une piste d’analyse, mais on n’a en réalité aucune explication satisfaisante. Rien ne permet pour l’instant de justifier l’ampleur de la progression. » Pour Franck Chauvin, comme pour l’ARS, « Saint-Etienne n’est peut-être que la première d’une série de villes qui seront tout aussi fortement touchées. Les courbes des autres départements sont très mauvaises. »

    75 % de plus de 70 ans

    A Saint-Etienne, comme dans d’autres villes affectées par la pandémie de Covid-19, l’âge des patients est un motif d’inquiétude. « Les plus de 70 ans représentent plus de 75 % des personnes atteintes du coronavirus qui entrent à l’hôpital ces derniers jours , indique Franck Chauvin. Or leur durée d’hospitalisation est plus longue et ils sont plus souvent admis en réanimation que les autres malades du Covid. C’est de là que vient l’essentiel de la tension. » C’est donc auprès de ce public qu’il faudrait et qu’il faudra agir prioritairement, selon lui. « On n’a pas mis en place de mesures de protection spécifiques pour ces personnes fragiles, qui se contaminent pour l’essentiel dans la sphère familiale, regrette-t-il. Elles doivent absolument continuer à mettre un masque quand elles se trouvent avec des plus jeunes, ventiler les pièces, se laver les mains, utiliser du gel hydroalcoolique et respecter les distances pendant les repas. » Ce que soulignent tous les observateurs stéphanois, c’est en effet la mauvaise application des gestes barrières : masque enlevé pour se faire la bise, pour se parler ou pour téléphoner, relâchement lors de réunions familiales, distanciation non respectée, etc.

    En attendant de pouvoir compter sur une remobilisation de la population, d’autres solutions sont à l’étude au sein de la préfecture de la Loire, où chaque lundi, un « point Covid » est organisé autour de la préfète et d’un grand nombre d’institutions concernées par la pandémie. « Un arrêté d’extension de l’alerte maximale à des communes voisines de la métropole, voire à tout le département de la Loire, est déjà dans les cartons » , précise un participant à ces réunions. Deux autres mesures ont été évoquées lors du dernier « point Covid » de la préfecture : l’avancée du couvre-feu à 19 heures et le reconfinement localisé.

    #hôpital #précarité #prévention_en_berne (on se demande pourquoi) #couvre-feu #reconfinement

    • Covid-19 : « Les citoyens doivent être davantage associés aux mesures à prendre face à l’épidémie », le turbo prof Franck Chauvin, cancérologue et professeur de santé publique à l’université Jean-Monnet, à Saint-Etienne, préside le Haut Conseil de santé publique et est membre du conseil scientifique sur le Covid-19. Propos recueillis par Chloé Hecketsweiler
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/23/covid-19-les-citoyens-doivent-etre-davantage-associes-aux-mesures-a-prendre-

      Le professeur de santé publique Franck Chauvin (...) et la nécessité d’une pédagogie tournée notamment vers les plus de 70 ans.

      Franck Chauvin (...) explique la difficulté d’évaluer les conséquences à long terme des mesures prises pour lutter contre l’épidémie, et la nécessité d’associer les citoyens à ces choix qui engagent toute la société.

      Il va falloir vivre avec le virus tout l’hiver, voire au-delà. Quelles sont les stratégies possibles ?

      Il y a trois solutions. La première consiste à laisser le virus se propager sans prendre de mesures restrictives. L’expérience de pays comme le Royaume-Uni au début de la pandémie ou le Brésil, par exemple, montre l’impossibilité d’une telle solution, inacceptable en termes de mortalité. Une autre stratégie est de faire du « stop and go » , c’est-à-dire qu’on contrôle la circulation du virus par des confinements entrecoupés de périodes de relâche, car le confinement ne peut durer indéfiniment. Soit enfin, on trouve un moyen de réduire le risque de façon chronique en protégeant les plus fragiles et en essayant de limiter la circulation parmi les autres. [une politique de suppression du virus n’est pas envisagée, c’est con pour les précaires de Saint_Étienne et d’ailleurs, ndc]

      La seconde vague est là. Comment éviter une catastrophe dans les hôpitaux ?

      L’analyse rétrospective des chiffres montre que, si, en mars, on avait été en mesure de protéger les plus de 70 ans, les hôpitaux n’auraient pas été débordés. Mais nous ne le savions pas à l’époque. Le conseil scientifique avait proposé à la sortie du confinement de maintenir une sorte de confinement volontaire pour ces personnes-là : cela avait été très mal perçu.

      Je pense qu’il faut faire beaucoup de pédagogie auprès de cette population car, au-delà d’un certain âge, le risque de formes graves de ce virus augmente de façon très importante. Ce message, difficile à recevoir pour ces personnes, est crucial à faire passer dans l’ensemble de la population.

      Il faut bien avoir en tête que, au-delà d’un seuil, obtenir la disparition totale du virus n’est plus possible, sauf en cas de découverte d’un médicament ou d’un vaccin très efficaces et massivement disponibles. Il est donc très probable que nous devions apprendre à vivre avec ce virus comme l’humanité l’a fait et le refera.

      Les grands-parents doivent-ils renoncer à voir leurs petits-enfants, à les embrasser ?

      Le problème est que nous n’avons pas conscience que des gens de notre propre famille puissent représenter un danger. Au bout d’un moment, les mesures barrières tombent. C’est probablement à ces occasions-là que les gens se contaminent.
      Je ne pense pas qu’il faille réduire les liens sociaux notamment entre générations. Il faut en créer d’une autre nature. Si les petits se sont lavé les mains, et si tout le monde porte un masque, le risque est limité. Il faut juste s’y habituer. On n’empêchera pas le virus de circuler – on n’en est plus là – mais on peut espérer le garder sous contrôle et limiter son impact dans les populations à risque.

      En quoi cette épidémie se distingue-t-elle des autres ?

      Le caractère exceptionnel de cette crise n’est pas l’épidémie elle-même : il y en a eu d’autres, de grande ampleur, comme la grippe asiatique de 1957-1958 ou la grippe de Hongkong en 1968-1969. Tous les hôpitaux étaient saturés, plus d’un million de personnes sont décédées dans le monde et pourtant personne n’en a parlé.

      Ce qui est exceptionnel, c’est que, cette fois, on a considéré que le sanitaire devait l’emporter sur tout le reste et cela dans pratiquement tous les pays du monde. Le caractère extrêmement brutal de l’épidémie a sidéré tout le monde, et les pays ont quasi tous fait le même choix, en confinant leur population pour sauver les hôpitaux et permettre la prise en charge de tous les patients.

      Aujourd’hui, on prend des décisions sans savoir sur le long terme si leur effet n’est pas finalement plus délétère que la maladie…

      Il y a avant tout une situation urgente à résoudre. Idéalement, quand on conseille de prendre telle ou telle mesure, on devrait être en mesure de dire ce qu’on en attend en matière d’efficacité, et ce que cela va coûter, c’est-à-dire quel sera l’impact des mesures. Cela dit, le bilan de la première vague commence à se préciser. Le rapport de la mission présidée par le professeur Pittet [https://www.vie-publique.fr/rapport/276679-gestion-de-crise-la-covid-19-et-anticipation-des-risques-pandemi donne de premiers éléments en matière de PIB [ produit intérieur brut ], de baisse de taux d’emploi ou de chute de la consommation.

      Ainsi, ce rapport note que le confinement a été responsable d’une chute de 10 points de PIB, à laquelle s’ajoutent les dépenses sociales engagées pour soutenir les secteurs touchés. Les économistes préciseront probablement ces coûts dans les mois qui viennent. Les effets induits commencent à être mieux connus aussi grâce à des études conduites par des équipes de recherche en sciences humaines et sociales. De l’autre côté, des simulations permettent d’estimer le nombre de décès qui ont été évités par cette mesure inédite. Ce sont ainsi probablement plusieurs dizaines de milliers de morts qui ont été empêchés.

      Avec ces données, n’est-il pas possible d’établir la balance coût-bénéfice du #confinement ?

      C’est très compliqué à faire, car cela repose sur le calcul des décès « évités » prenant en compte l’âge des patients. Un certain recul est nécessaire pour apprécier ce qu’on a gagné d’un côté et perdu de l’autre grâce à cette mesure dont on sait, de façon certaine, qu’elle a eu pour effet de limiter la saturation du système hospitalier. Et ce n’est absolument pas en période de crise que l’on peut conduire ce type de réflexion. Le caractère émotionnel est trop important et notre jugement risque d’être faussé.

      La question aurait néanmoins pu être soulevée entre les deux vagues…

      C’est en effet une question que doit poser la société. Et la réponse ne peut être que collective. Les décisions à prendre pour faire face à l’épidémie sont extrêmement impactantes, et c’est pourquoi les citoyens doivent y être davantage associés. Il est vrai que l’arrivée de cette seconde vague aussi rapidement a probablement empêché ce type de discussion au sein de la société, mais cela reste une discussion nécessaire.

      En matière de santé publique, notre société est organisée autour d’un certain nombre de pactes implicites ou explicites. Par exemple, la grippe est responsable de 10 000 décès par an environ, et ce dans une certaine indifférence. Nous acceptons collectivement que la vaccination ne soit pas systématique dans l’entourage des personnes à risque ou à l’hôpital. C’est bien un choix sociétal qui est fait.

      Il faudra donc attendre la fin de la crise aiguë pour connaître le coût des restrictions pour la société ?

      Ce sera le travail des économistes de nous éclairer sur ce point. On est en récession, le déficit de la Sécurité sociale sera probablement l’un des plus élevés de ces dernières années. Mais le problème, ce ne sont pas tant les chiffres que leur traduction pour la population. En France, l’impact social des mesures prises pour contenir l’épidémie a été retardé grâce à un système d’amortisseur extrêmement performant. Mais cet impact sera perceptible pour chacun d’entre nous, c’est certain. Le président de la République a rappelé aussi les répercussions de ces mesures sur les étudiants, avec le risque de décrochage, des difficultés à trouver des stages, sans parler de l’accès à l’emploi qui va être compliqué pour eux.

      L’impact va être significatif et diffus, avec des effets y compris sur la santé des gens. C’est pour cela que le confinement ne peut se concevoir qu’en dernière extrémité. Il faut que la situation soit dramatique pour aller dans cette direction et elle l’était en mars.

      Compte tenu des enjeux, les Français n’ont-ils pas leur mot à dire sur les mesures à prendre pour « vivre avec le virus » ?

      En période de crise, nous partons du principe que les instructions venues d’en haut sont forcément adoptées dans la population. Or, nous savons que ce n’est pas forcément le cas. Les 20-40 ans, pendant l’été, ont par exemple adopté leur propre stratégie face à l’épidémie. Ils ont eu massivement recours aux tests mais ont été probablement très laxistes sur les mesures barrières. Il faut qu’on trouve le moyen d’associer la population à la mise en œuvre de ces mesures.

      Il faut d’abord informer, éduquer, et engager notre responsabilité individuelle, car l’Etat ne pourra pas tout faire. La génération des 20-40 ans, quoi qu’on en pense, est extrêmement responsable et elle l’a montré par ce recours massif aux tests. Si on leur explique qu’en cas de test positif il faut rester sept jours chez soi, ne sortir qu’avec un masque et voir le moins de gens possible, je suis certain qu’ils le feront.

      Voilà à quoi ressemble ce brave médecin, "directeur de la prévention et de la santé des populations au CHU de Saint-Étienne."
      https://www.hcsp.fr/explore.cgi/personne?clef=2179

    • Covid-19 : premiers transferts de patients pour soulager les hôpitaux sous tension
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/23/covid-19-premiers-transferts-de-patients-pour-soulager-les-hopitaux-sous-ten

      Huit patients des hôpitaux de Roubaix et Tourcoing ont été transférés dans la nuit de jeudi à vendredi vers des établissements de la région lilloise, et huit autres d’Auvergne-Rhône-Alpes vers la Nouvelle-Aquitaine.

      Dommage qu’il n’y ait pas plus d’hostos dans le Loir et Cher et les Alpes de Haute Provence, les départements à faible prévalence du virus se font rares.

      Par ailleurs, la presse ne parle guère des transferts intra régionaux (par exemple de la Seine Saint-Denis vers les Yvelines) qui sont en cours depuis un moment.

  • Cuomo Lifts Some Lockdown Rules in N.Y.C. Hot Spots as Rates Drop - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/10/21/nyregion/nyc-reopening-restrictions.html

    Gov. Andrew M. Cuomo announced on Wednesday that some lockdowns in New York City neighborhoods with rising coronavirus cases would be eased, allowing the reopening of schools and businesses that had been shuttered.
    But stringent restrictions remained in place for other neighborhoods at the heart of the outbreaks in Brooklyn, as well as for several communities in Rockland and Orange Counties. Another neighborhood, Ozone Park in Queens, was added to the list requiring limitations on activity.
    It was an acknowledgment that while progress had been made during two weeks of lockdowns, targeted restrictions — which include attendance limitations at mass gatherings and houses of worship — remained necessary to keep isolated outbreaks from engulfing New York City, the former epicenter of the nation’s pandemic.
    The changes seemed bound to add more confusion over the tiered, three-color system of zoned restrictions, a classification that was additionally complicated on Wednesday when the governor unveiled a new “microcluster strategy.”
    It included a statewide system of four tiers, grouped by geographic regions and population. Each tier has its own benchmarks for rates of infection, which, along with other factors, will indicate when locations can enter and exit levels of restrictions.

    #Covid-19#migrant#migration#newyork#etatsunis#confinement#cluster#epicentre#retsrictionsanitaire#circulation

  • Chronique d’une communication cartographique ratée. Déconstruction critique des cartes du gouvernement français pendant la crise de la COVID-19 au printemps 2020

    Le gouvernement français[1] a montré 40 cartes différentes concernant les enjeux sanitaires de la crise liée à l’#épidémie de COVID-19 entre mars et juin 2020[2]. Le Premier ministre Édouard Philippe, son ministre de la Santé Olivier Véran et le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, ont tour à tour présenté lors de leurs conférences de presse régulières des #cartes représentant les transferts de patients en #réanimation [3], le #taux_d’occupation des services de réanimation [4], les rapatriements [5], les passages aux urgences dus à des suspicions de COVID-19 [6], la couverture des besoins en #tests_virologiques [7], la positivité de ces tests, l’évolution du R-effectif [8], et des synthèses de certaines de ces différentes informations [9]. La quasi-totalité des cartes (93 %) représente l’un de ces #indicateurs à l’échelle de la France métropolitaine et des Départements et Régions d’Outre-Mer (DROM), selon les mailles départementales (59 % des cartes) ou régionales (37 %).

    Il y a trente ans, les travaux de John Brian Harley sur la #déconstruction des cartes (Harley, 1989), de Dennis Woods sur leur pouvoir (Woods, 1992), ou encore de Mark Monmonier sur les mensonges dont elles peuvent être porteuses (Monmonier, 1991), avertissaient de l’intrication du #pouvoir et des #techniques_cartographiques, du caractère construit et discursif des cartes, et donc de la nécessité d’un #décodage_critique de ces images et des #croyances_positivistes qui y sont associées. Il est aujourd’hui encore nécessaire d’adopter cette démarche critique pour comprendre le statut et la portée des quarante cartes gouvernementales du Coronavirus. Ainsi peut-on mettre en lumière que ces cartes ne sont pas dissociables des #discours qui les accompagnent (ou qu’elles accompagnent) et qu’ensemble ils servent finalement moins à l’exposition de faits scientifiques, qu’à la gestion d’une #crise_politique.

    http://www.jssj.org/article/chronique-dune-communication-cartographique-ratee-deconstruction-critique-des-

    #cartographie #cartes_gouvernementales #France #visualisation #confinement #covid-19 #coronavirus #vert #rouge

    On avait parlé de ces cartes sur seenthis... mais je ne retrouve pas le fil de discussion...

    via @reka
    ping @simplicissimus @visionscarto

  • Ce que nous dit la COVID-19 des injustices spatiales en Inde

    L’épidémie de COVID-19 en Inde a des effets paradoxaux. En termes épidémiologiques, ils sont limités, du moins à l’heure où est écrit cet article : officiellement 21 129 morts au 9 juillet 2020, pour une population approchant 1,4 milliard d’habitants. Même si le chiffre sous-estime sans nul doute la réalité, il reste que l’épidémie a un faible taux de mortalité directe. En revanche, les effets socio-économiques de la COVID-19 sont dramatiques : catastrophe économique pour des populations pauvres sans sécurité sociale ni d’aides de l’État dignes de ce nom, migrants tentant désespérément de revenir chez eux en s’embarquant pour un exode à pied de parfois plusieurs centaines de kilomètres, qui rappelle aux Indiens les images en noir et blanc des sanglantes migrations dues à la Partition de 1947 lors de la création du pays… La COVID-19, ou plus exactement le confinement, met en lumière les #inégalités_sociales et spatiales de l’Inde – des #inégalités qu’on peut souvent, nous le verrons, qualifier d’#injustices. La maladie a brutalement rendu visibles ces « invisibles », en révélant l’importance de ces #migrations_circulatoires (Breman, 1985) qui sont à la base de « l’émergence » de l’Inde (Landy, Varrel, 2015). Ce que nous dit la COVID-19, ce sont les vies de tous ces #travailleurs de l’ombre qui soudain sont apparus en pleine lumière, soit comme des victimes dont la fragilité économique était soudain découverte ou confirmée, soit comme une menace – puisqu’à cheminer le long des routes sans respecter la « distanciation sociale » ils risquaient de diffuser le virus. A priori, l’injustice à leur égard apparaît donc double : ils sont particulièrement victimes du confinement ; mais avant même la crise, leur #invisibilité empêchait une vraie reconnaissance de leurs droits.


    http://www.jssj.org/article/ce-que-nous-dit-la-covid-19-des-injustices-spatiales-en-inde

    #Inde #confinement #covid-19 #coronavirus #migrations_internes #mobilité

    ping @reka

  • « Pour les élèves des quartiers populaires, la possibilité de s’exprimer est bafouée en permanence » par Cloé Korman
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/21/pour-les-eleves-des-quartiers-populaires-la-possibilite-de-s-exprimer-est-ba

    Une excellent tribune, à lire absolument.

    Tribune. Conflans-Sainte-Honorine, 78, ce contexte précis : il y a une ironie redoublée dans l’horreur de ce qui s’est produit, qui tient à la sociologie de l’endroit, puis à son traitement médiatique. Le nom de cette ville, je l’ai vu apparaître des dizaines de fois dans les phares de ma voiture, vers 7 h 30 du matin, en allant enseigner juste à côté, dans le lycée d’Herblay (Val-d’Oise) où je faisais mon stage de professeure de français. J’ai rarement vu un lieu, en France, aussi équilibré sur le plan social et ethnique que ce petit lycée de région parisienne.

    L’équilibre entre les origines de mes élèves, les professions des parents, les couleurs de peau : quiconque veut contempler le visage idéal, et quand même assez rare de la République, devrait se précipiter avec sa voiture, ou la ligne J, en direction de la Patte-d’Oie d’Herblay, et rencontrer les élèves de mon ancien lycée. Ou ceux du collège du Bois-d’Aulne de Conflans – les visages des élèves de Samuel Paty.

    Constater que le terrorisme a pu y trouver des complices, trouver ici un parent suffisamment fanatisé pour faire alliance, met au désespoir. Depuis ce 16 octobre, il y aura donc une preuve que « même là » et qu’« ici aussi », l’islamisme aura pu faire la publicité de son emprise avec sa signature, celle de caricaturer l’islam.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Le fanatisme remplace Dieu par un objet fini et croit ainsi pouvoir le posséder »
    La séduction du cours

    En outre, si je n’étais moi-même si mécréante, j’aurais l’impression d’entendre une deuxième fois le rire du diable en voyant le glissement qui se produit entre Conflans, « une banlieue », et bien d’autres banlieues. C’est un bord de Seine arboré et tranquille, où les enseignants vivent presque tous (ce qui est loin d’être le cas ailleurs) dans le voisinage de leurs élèves, et où ils se retrouvent le week-end pour le club de randonnée. Il n’a pas grand-chose à voir avec les cités à forte immigration où certains médias semblent situer les faits, ajoutant une nouvelle fois, pour leurs habitants, les stigmates aux stigmates.

    « Je crois qu’il serait bon de créer les conditions pour que les élèves expliquent ce qu’ils pensent »

    Je n’enseigne plus à Herblay, mais dans un de ces quartiers de Seine-Saint-Denis où la violence est monnaie courante. Je sais qu’ici, j’ai beaucoup plus d’élèves qui se sentent légitimement marginalisés et déconsidérés, et combien il faut réfléchir pour qu’un cours sur la religion, sur la liberté d’expression ou sur le racisme soit perçu comme l’occasion d’un dialogue et non un moment de violence symbolique.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : « Beaucoup d’enseignants redoutent d’être jugés pour des difficultés rencontrées en classe »

    Si la liberté d’expression existe, si ce n’est pas une simple posture, je crois qu’il serait bon de créer les conditions pour que les élèves expliquent ce qu’ils pensent. Or ces conditions ne leur sont pas offertes et, réciproquement, le contexte rend difficile pour moi l’expression du doute, de l’hésitation, que je considère pourtant comme essentiels à cet échange intellectuel.

    Cet aspect tâtonnant de l’acte d’enseigner est remarquablement décrit dans un essai paru à la rentrée, L’Ecole de la vie (Flammarion, 288 pages, 19 euros) du philosophe Maxime Rovere. Espièglement sous-titré, « érotique de l’acte d’apprendre », son livre raconte l’espace discursif relâché, mouvant, l’espace de perpétuelle improvisation de la salle de classe.

    Si l’apprentissage est une rencontre physique, avant toute chose un temps partagé dans une salle, cette érotique invite à s’interroger sur les aspects sociologiques et matériels du savoir. La séduction du cours peut-elle agir dans un lieu où les sanitaires puent ? Le charme s’opère-t-il quand on a déjeuné en cinq minutes, après avoir attendu une heure dans le chahut ? Il n’est pas sûr que Platon tiendrait son banquet, que Rabelais installerait Thélème dans un collège du 93. Les débats auxquels nous assistons ces jours-ci sur la liberté d’expression semblent bien trop loin de la réflexion nécessaire sur la pauvreté à l’école.
    Préjudices sociaux

    Les établissements scolaires des quartiers défavorisés sont loin d’être les lieux protégés qu’ils devraient être, à cause de décisions politiques dévastatrices. Il n’y a pas assez de recrutements de professeurs, pas assez d’adultes pour y assurer le calme et la sérénité. Il faut s’imaginer ce que sont des journées sans CPE [conseiller principal d’éducation] ou sans médecin scolaire, sans assistante sociale. Il faut s’imaginer les couloirs livrés à la bousculade et l’hypocrisie qui redouble ces cris, par temps de Covid-19. Ces choses-là constituent une atteinte permanente à la paix, à la concentration nécessaire pour apprendre.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : « Comme de nombreux professeurs, je me sens honteux d’appartenir à une institution si faible »

    A cela s’ajoutent des préjudices sociaux très aigus, qui sont de l’ordre de la discrimination : dans ces quartiers, la distribution des filières est ainsi faite que les élèves sont orientés en grande partie vers des métiers subalternes. Il m’arrive régulièrement de me rendre compte que des élèves tout à fait doués, capables de faire un bac général, sont en route pour un bac technologique : par habitude, par manque d’encouragement, et surtout faute de places, ils sont envoyés pendant ces années cruciales vers un enseignement restreint à la fois sur le plan intellectuel (l’enseignement de l’histoire-géographie, par exemple, y a été réduit), et sur le plan des débouchés professionnels.
    Lire aussi « Dans les quartiers populaires, nos enfants n’ont droit qu’à un enseignement de moindre qualité »

    Pour les élèves pauvres des quartiers populaires, la possibilité de s’exprimer est bafouée en permanence. Elle est bafouée physiquement, dans ces lieux de brutalité et de bruit, d’absence de soins et d’hygiène, que sont leurs établissements scolaires. Elle est bafouée dans cette orientation limitée et dans un personnel insuffisant. Elle l’est enfin sous l’angle conceptuel, quand on stigmatise les élèves de banlieue, les élèves musulmans ou ceux des quartiers parce qu’ils refusent d’être Charlie, qu’ils expriment leur désarroi devant l’expression du blasphème, ou quand les représentations médiatiques les réduisent à ces attitudes, quand elles ne montrent pas tous ceux qui pensent de façon plus complexe.

    Dans le feu de cette actualité où la liberté d’expression apparaît une fois de plus comme une liberté mortelle, il me semblerait utile et juste d’en parler aussi comme d’un droit, et d’envisager les moyens d’exercice de ce droit. Sans cela, on ne parle pas aux élèves de liberté d’expression, pas de cette force collective, mais on leur adresse un vain mot, un simple « cause toujours ».

    Cloé Korman est écrivaine et professeure de français. Dernier titre paru « Tu ressembles à une juive » (Seuil, 108 pages, 12 euros).

    #Conflans #Radicalisation #Ecole #Enseignement #Pauvreté #Service_public

  • Arrive aujourd’hui, 21.10.2020, un message de mon #université (#Université_Grenoble_Alpes) qui nous invite à s’inscrire à une #formation...
    La formation s’intitule :
    Gestion du #stress pour les enseignant(e)s

    La troisième annonce en ce genre, les deux précédentes étaient des formations qui portaient sur :

    1. Gestion de #conflits (formation mise sous le thème « #efficacité_professionnelle »)

    2. Mieux vivre ses #émotions dans ses #relations_professionnelles (aussi mise sous le même thème : #efficacité_professionnelle)

    Comme dit ma collègue @mobileborders :
    « De la #responsabilisation_personnelle des #failles_structurelles... »

    #formations #université #facs #ESR

  • Assassinat de Samuel Paty : “Il faut trouver un moyen de limiter les partages pulsionnels sur les réseaux sociaux” | Interview d’Olivier Ertzscheid
    https://www.telerama.fr/idees/assassinat-de-samuel-paty-il-faut-trouver-un-moyen-de-limiter-les-partages-

    Spécialiste en sciences de l’information et de la communication, Olivier Ertzscheid pointe l’incapacité politique à comprendre les enjeux des échanges numériques, et la propension structurelle des réseaux sociaux à diffuser la haine. Il appelle à une réflexion large, des concepteurs aux régulateurs et aux utilisateurs des outils de communication virtuels.

    Huit jours. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’allumage de la mèche et l’explosion de la charge. Entre le virtuel et le réel. Entre la vidéo d’un parent d’élève prenant nommément à partie Samuel Paty, le professeur d’histoire-géo de sa fille, et l’assassinat barbare de celui-ci, décapité près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine par un individu qui, il y a deux semaines encore, ignorait jusqu’à son existence.
    Abonné Assassinat de Samuel Paty : “Être musulman, c’est respecter l’autre dans sa dignité absolue” Youness Bousenna 8 minutes à lire

    Pendant ces huit jours, jusqu’à leur épouvantable culmination, l’enseignant a été la cible d’une campagne de dénigrement, à l’intensité centuplée par les réseaux sociaux, en public et en privé, en messages et en boucle. Avec l’aide de Facebook, WhatsApp ou Snapchat, la vindicte populaire a même franchi les frontières géographiques pour arriver jusqu’en Algérie. On n’en a rien su. Ou trop tard. Qu’aurait-il fallu faire pendant ces huit jours, aussi courts qu’interminables ?

    Dans cet embrasement, le problème n’est pas l’anonymat, déjà pris pour cible par certains responsables politiques désarmés, mais la foule et son viatique numérique. Comme un précipité des passions les plus tristes de l’époque, cet attentat vient rappeler que la raison voyage toujours moins vite que le bruit, et repose, dans les pires conditions possibles, cette question aussi vitale qu’indémêlable : comment rendre vivables nos conversations en ligne ? Comment faire pour que, a minima, on n’en meure pas ?

    Pour Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes, auteur du Monde selon Zuckerberg (éditions C&F, 2020), la solution s’écrit lentement : à l’urgence omnipotente des plateformes, il faut réussir à opposer un peu de friction et une certaine lenteur.

    En de pareilles circonstances, pourquoi accuse-t-on systématiquement les réseaux sociaux ?
    Il y a un effet de visibilité sur les réseaux sociaux, particulièrement dans la temporalité d’un attentat : ce que les gens disent de l’événement en ligne est immédiatement observable. Par un effet de raccourci intellectuel paresseux, il est facile de se raconter cette fable selon laquelle les réseaux sociaux seraient seuls responsables. C’est ainsi qu’on remobilise en catastrophe la loi Avia contre les discours de haine, alors qu’elle a été censurée par le Conseil constitutionnel et ferait plus de mal que de bien.
    Hommage à Samuel Paty : un pays sur une ligne de crête
    Valérie Lehoux 3 minutes à lire

    Quel regard portez-vous sur les déclarations de certains responsables politiques, notamment Xavier Bertrand, qui saisissent ce moment pour réclamer la fin de l’anonymat en ligne ?
    Il faut d’abord rappeler qu’il est totalement hors sujet de convoquer l’anonymat par rapport à ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine. En dehors du compte Twitter qui a publié la photo de la tête décapitée de Samuel Paty, tous les acteurs de la chaîne sont identifiés. En vérité, ce réflexe pavlovien traduit deux choses : une incapacité politique à comprendre ce qui se joue sur les espaces numériques, et la tentation d’un discours liberticide, la volonté d’une prise de contrôle, d’une hyper-surveillance. À cet égard, certains de nos responsables politiques ne sont visiblement pas sortis du syndrome sarkozyste, qui décrivait Internet comme un « Far West » à civiliser.

    Difficile toutefois d’escamoter la part de responsabilité des réseaux sociaux. Le problème ne se situe-t-il pas dans leur architecture ?
    La finalité de ces espaces est de générer une rente attentionnelle, d’être un réceptacle publicitaire pour déclencher des actes d’achat, qu’il s’agisse de produits ou d’opinions. Je considère aujourd’hui les réseaux sociaux comme des espaces « publicidaires », c’est-à-dire qu’ils tuent toute possibilité d’un discours qui ne soit pas haineux. Tant qu’on ne changera pas ce modèle, économique et politique, on ne résoudra rien. Revenons vingt ans en arrière : quand Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs de Google, ont créé PageRank, l’algorithme de leur moteur de recherche, ils ont expliqué leur démarche, en arguant que les autres moteurs – contrairement au leur – étaient biaisés et dangereux pour la démocratie. Regardons où ça nous a menés…
    “La vidéo du parent d’élève qui a déclenché cette spirale infernale a été partagée par de grands comptes, très suivis. Pas nécessairement parce qu’ils adhèrent au fond, mais parce que c’était facile.”

    Qu’aurait-il fallu faire pendant les huit jours qui ont séparé la mise en ligne de la première vidéo d’un parent d’élève et l’assassinat de Samuel Paty ?
    Dans un monde idéal, où les plateformes seraient soucieuses de produire des espaces de discours régulés, nous aurions pu mettre en place des mécanismes de friction afin de briser les chaînes de contamination. La vidéo du parent d’élève qui a déclenché cette spirale infernale a été partagée par de grands comptes, très suivis. Pas nécessairement parce qu’ils adhèrent au fond, mais parce que c’était facile. Ça ne coûte rien cognitivement et ça rapporte beaucoup socialement.

    Ces partages sont perdus dans un brouillard d’intentionnalité. Prenons l’exemple de la mosquée de Pantin : elle a d’abord diffusé la vidéo du père de famille puis, quelques heures après l’attentat, l’a finalement supprimée en exprimant ses regrets et en appelant aux rassemblements de soutien. Le temps de l’éditorialisation a complètement disparu, plus personne ne sait pourquoi tel ou tel contenu est relayé. Or les réseaux sociaux mettent en proximité des communautés qui ne s’entendent pas. Et parfois, ce mécanisme d’hystérisation déclenche chez quelqu’un une pulsion.
    “Dans une démocratie de deux milliards d’habitants comme Facebook, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de haltes, de ralentissements.”

    Faudrait-il renvoyer les discours de haine dans la sphère privée, au risque de favoriser un phénomène de balkanisation, de morcellement, qui nous empêcherait de repérer les départs d’incendie ?
    Facebook et consorts ont fait le choix de mettre en avant le partage privé dans ce qu’on appelle le « dark social » [c’est-à-dire le trafic de l’ombre, constitué d’informations échangées hors de la sphère publique, NDLR]. Il y a chez les plateformes une volonté de capter les moments d’agitation de surface pour alimenter des conversations privées.

    Il y a une clé pour comprendre le problème de la hiérarchisation entre espaces publics et interpersonnels : le design d’interface. Comme le formulait Lawrence Lessig [professeur de droit à Harvard et théoricien de l’Internet libre, NDLR] en 1999, « le code, c’est la loi », et ceux qui le fabriquent ne peuvent pas faire l’économie d’une profonde réflexion éthique. Ce n’est pas anodin de voir aujourd’hui un très grand nombre d’ingénieurs de la Silicon Valley regretter leurs créations, qu’il s’agisse du bouton j’aime ou du scrolling infini.

    On le voit, ce débat oppose l’urgence de la réaction à la lenteur, salutaire. Comment les réconcilier ?
    Dans une démocratie de deux milliards d’habitants comme Facebook, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de haltes, de ralentissements. Je ne dis pas qu’il faut rationner le nombre de contenus qu’on peut relayer quotidiennement sur les réseaux sociaux, ou qu’il faut instaurer un permis à points, mais il faut trouver un moyen de limiter les partages pulsionnels. Dans mes cours, j’oblige par exemple mes étudiants à recréer des liens hypertextes pour qu’ils produisent un effort intellectuel même minime avant de les envoyer. Pour autant, on ne peut pas uniquement blâmer l’utilisateur.

    Nous sommes dans un espace-temps qui nous sort de notre posture lucide, et personne ne se regarde en train d’utiliser les réseaux sociaux, pas plus qu’on ne s’observe en train de visionner un film au cinéma. Il faut travailler sur un cycle, qui va de la conception des plateformes – le premier levier – à l’éducation, en passant par la régulation. À condition de ne pas tout attendre du design (design utilisateur, ou UX design, ndlr), du politique ou de l’internaute, on peut y arriver.

    #Olivier_Ertzscheid #Samuel_Paty #Médias_sociaux

  • De la définition de « migrant », par #François_Gemenne

    « Un migrant, c’est quelqu’un qui refuse que sa vie et les #opportunités qui lui seront offertes soit déterminées par son seul #lieu_de_naissance. Il y a aujourd’hui une très grande injustice dans le monde qui est liée au lieu de naissance. »

    https://twitter.com/RomainVeys/status/1318087047136018433

    François Gemenne interviewé par Romain Veys autour de son dernier livre « #On_a_tous_un_ami_noir »


    https://seenthis.net/messages/879416#message879417

    #définition #migrations #migrant

    ping @karine4 @isskein @reka

  • Après l’attentat de Conflans : ne pas se laisser diviser entre travailleurs ! | #editorial des bulletins d’entreprise LO
    https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/apres-lattentat-de-conflans-ne-pas-se-laisser-diviser-entre-travaill

    L’assassinat d’un professeur de collège à #Conflans-Sainte-Honorine, décapité pour avoir montré des caricatures de #Charlie_Hebdo, nous plonge une fois de plus dans l’horreur. Une horreur et un dégoût redoublés par le fait que ces actes ignobles sont toujours utilisés par les racistes, les réactionnaires et les anti-immigrés avec, pour résultat, de diviser le monde ouvrier.

    L’acte est effroyable. Tout aussi glaçant est le processus qui a conduit et armé la main de ce jeune de 18 ans, d’origine tchétchène. Son passage à l’acte a, en effet, suivi une campagne d’agitation et de manipulation, orchestrée par la mouvance de l’#islamisme intégriste. Celle-ci a voué le professeur à la vindicte publique, en faisant passer un cours sur la liberté d’expression pour du #racisme et de l’#islamophobie.

    Ces agitateurs intégristes prétendent parler au nom des musulmans qui peuvent, à juste titre, se sentir stigmatisés et rejetés. Mais ils ne visent qu’une chose : imposer leur ordre moral à tous, à commencer par les #musulmans.

    Ils ne s’en prennent pas seulement à ce qui est enseigné à l’école. Ils veulent aussi régir la vie des musulmans et menacent qui ne suit pas le ramadan comme ils le voudraient ou qui boit de l’alcool. Ils font pression sur les musulmanes qui ne se conforment pas à leurs règles. Demain, s’ils s’enhardissent, ils s’opposeront à ceux qui écoutent de la musique ou jouent au foot. C’est ce qu’ils font dans certains pays où ils sont au pouvoir. C’est ce que l’on a vu dans les régions dominées par Daech.

    La dictature qu’ils préparent pèsera avant tout sur les classes populaires. Comme le monde occidental a ses #fascistes d’extrême droite, le monde musulman a les siens. Quand l’extrême droite identitaire utilise la peur de l’étranger, les #islamistes se servent de la religion pour dominer ce qu’ils considèrent être leur communauté.

    Les deux s’alimentent mutuellement, les deux sont des ennemis mortels des travailleurs. Et les deux sont prêts à creuser un fossé de sang et à s’imposer par la terreur. On l’a vu en Europe dans les années 1930 avec Hitler, en Algérie pendant la décennie noire des années 1990 et, récemment, en Syrie et en Irak avec Daech.

    Qu’ils viennent des rangs de l’extrême droite ou des intégristes, ceux qui prétendent limiter les libertés veulent faire de nous des moutons dociles, soumis à eux, mais aussi au patronat. Il ne s’agit pas seulement de discuter où se trouvent les limites de la #liberté_d’expression. Ce sont nos droits et nos intérêts de travailleurs qui sont menacés : la liberté de contester, de s’organiser, de revendiquer et de faire grève.

    Alors, les travailleurs doivent combattre ces deux ennemis en faisant bloc en tant que prolétaires, en s’appuyant sur leurs intérêts communs d’exploités et sur les combats qu’ils ont à mener ensemble, jour après jour.

    Comme tous les autres dirigeants politiques, Macron a appelé à l’#unité_nationale et au respect de la République. Mais derrière ces prétendues #valeurs_républicaines, il y a un ordre social contraire aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

    La société ne se délite pas seulement sous les coups de boutoir de militants réactionnaires. Ces derniers ne font qu’exploiter politiquement le désarroi et l’abandon dans lesquels la crise, le chômage de masse et la misère plongent des millions de femmes et d’hommes. Les frustrations et la haine qui en découlent renouvellent en permanence le terreau de l’#intolérance, de l’#individualisme et de la violence, surtout dans les périodes de crise.

    L’ordre social capitaliste et, plus encore, la crise créent les éléments d’un engrenage mortel. Et la politique gouvernementale, systématiquement favorable aux plus riches et à la bourgeoisie contre les travailleurs, ne fait qu’accélérer le mécanisme.

    Car, que va-t-il se passer demain ? À cause de crapules fanatisées ou embrigadées par les filières terroristes, combien y aura-t-il de contrôles au faciès, de jeunes de banlieue confrontés au racisme et à la suspicion généralisée ? À cause de terroristes sous statut de réfugiés, combien de migrants fuyant les guerres et les persécutions seront rejetés ? Seuls les travailleurs, unis par-delà les différences d’origine, de nationalité et de religion, peuvent casser cet engrenage.

    La conscience de pouvoir et de devoir, ensemble, changer la société doit guider les travailleurs, car le fanatisme religieux, le #fondamentalisme, la terreur fasciste, sortent malheureusement, comme des #bêtes_immondes, du ventre de notre société. Pour mettre fin à des actes barbares tels que le #meurtre de Conflans, c’est la société elle-même qu’il nous faudra transformer.

    #capitalisme #révolution #réaction #obscurantisme

  • Patients vulnérables : petits mensonges entre amis - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/10/19/patients-vulnerables-petits-mensonges-entre-amis_1802815

    Qu’Olivier Véran cherche à se prémunir contre d’inévitables procès pour mise en danger de la vie d’autrui est flagrant. Mais ce mensonge, de la part d’un confrère, qui plus est ministre de la Santé, est particulièrement intolérable. Faire croire à nos patients que nous étions en capacité de les protéger et que nous avons choisi de ne pas le faire est scandaleux. En effet un médecin qui aurait prescrit un arrêt de travail à un salarié vulnérable à risque de forme grave de Covid-19 hors des critères très restrictifs de la nouvelle liste aurait engagé sa responsabilité à titre pénal (escroquerie, faux et usage de faux : trois ans d’emprisonnement, 45 000 euros d’amende), à titre civil (remboursement des sommes versées par la sécurité sociale au salarié), et à titre professionnel (interdiction temporaire ou permanente d’exercer). C’est bien car il était conscient de cette réglementation et jurisprudence très précises que le législateur a créé en avril 2020 le dispositif d’arrêts de travail « dérogatoires » pour patients vulnérables, qui dérogeait donc effectivement de manière très inhabituelle à cette obligation de n’arrêter que des patients malades.

    • Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2020, des milliers de personnes atteintes de pathologies vasculaires ou pulmonaires avaient soudain cessé d’être considérées vulnérables au coronavirus. Le dispositif de chômage partiel permettant de les prendre en charge si leur poste ne permettait pas le télétravail avait été supprimé, les contraignant à s’exposer à nouveau dans les transports en commun et sur leur lieu de travail. Aucune instance n’avait défendu ces patients vulnérables. Pis encore, France Assos Santé, regroupement de 80 associations de #représentants de malades, s’était dans un premier temps félicitée : « Pour la première fois depuis le début de cette épidémie, ce ne sont pas les scientifiques du Haut Conseil pour la santé publique ou les professions de santé qui ont dicté ce décret. Il a été négocié avec nous, les représentants de patients. » Joie de l’entre-soi, fierté de la pseudo-concertation, ultime hochet agité devant les plus dociles.

      Malgré de nombreuses alertes, entre autres dans ce « Journal », aucun membre du gouvernement n’a communiqué sur cette décision indéfendable. Les personnes concernées ont tenté de se faire entendre, mais ont eu peu de relais. Jusqu’à ce qu’un recours devant le Conseil d’Etat soit intenté par Olivier Berruyer et déposé le 11 septembre, avec l’aide de l’avocat Philippe Prigent. Alors que la loi prévoit un jugement sous quarante-huit heures, le Conseil d’Etat rejettera la demande le 25 septembre, au motif d’un « manque de pièces justifiant l’intérêt à agir » des plaignants. Ou, selon les mots inoubliables de Jean-Pierre Darroussin dans Mes meilleurs copains : « Y’a pas mort d’homme… »

      [rituel :] Des données tronquées par le gouvernement

      Nouveau recours déposé le 27 septembre en lien avec la Ligue Contre l’obésité, jugé… le 9 octobre [soit plus de deux mois après la reprise de a hausse des contaminations, ndc] , où lors d’une première audience le Conseil d’Etat demande au gouvernement de partager les sources sur lesquelles il a appuyé sa décision. Celles-ci se révèlent truffées d’erreurs scientifiques, d’approximations, et montrent à quel point les données ont été tronquées pour « privilégier l’économie ».

      Entre autres perles, on y découvre que le gouvernement considère qu’il n’y a aucune urgence à étudier le recours parce que les vulnérables ne sont pas encore tombés malades et que le décret « ne porte aucune atteinte à la vie ou à l’intégrité des personnes » . Enfin, alors que ce type de décision va contribuer à la flambée de l’épidémie, le gouvernement affirme que la protection des vulnérables ne se justifie plus, car « la situation sanitaire a significativement évolué depuis mars » , et que le virus ne circulerait plus « activement ». Sous vos applaudissements, le représentant du gouvernement poursuit : « Il y avait aussi un aspect politique. Fin août, le virus ne circulait quasiment plus, et le gouvernement a voulu envoyer un signal qu’il fallait reprendre l’activité… Tout le monde pouvait reprendre le travail, même ceux qui bénéficiaient du chômage partiel, pour des raisons d’affichage. »

      Enfin, pour le gouvernement, « la protection de la santé de la population doit être conciliée avec les contraintes pesant sur les finances publiques » … Le coût est estimé à 2,8 milliards par mois, à la charge de l’Etat, et 400 millions d’euros à la charge des employeurs, si les 2,8 millions de personnes concernées font appel au dispositif, présenté comme particulièrement onéreux. Or l’Observatoire Français des conjonctures économiques note que, comme souvent, le nombre de personnes ayant demandé à bénéficier de ce dispositif est très faible, et très loin des 2,8 millions de personnes fantasmées par le gouvernement . Olivier Berruyer note : « Le dispositif de protection des salariés les plus vulnérables concerne entre 50 000 et 100 000 personnes, ce qui représente un coût de 50 à 100 millions d’euros par mois… Le gouvernement… a donc de nouveau effrontément menti en multipliant le coût par 30 à 60 pour justifier son choix d’arrêter le dispositif. Sachant que la première vague a entraîné un coût pour la société concernant les malades de 20-65 ans de plus de 2 milliards d’euros (indemnités journalières et frais de santé), protéger les personnes les plus vulnérables pour moins d’une centaine de millions d’euros par mois (soit 10 % du coût actuel habituel des IJ) est parfaitement rentable, et… un excellent investissement pour les finances publiques, réduisant, en plus, les coûts futurs liés aux séquelles. »

      Le Conseil d’Etat désavoue finalement totalement le décret le 15 octobre au matin, le lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron décrétant un couvre-feu, et alors que les domiciles de plusieurs membres du gouvernement sont perquisitionnés.

      Les mensonges d’Olivier Véran

      Obligé de commenter ce revers lors d’une conférence de presse conjointe, Olivier Véran va se rendre coupable d’un de ces petits mensonges entre amis qui font la saveur de ses apparitions. Feignant de n’avoir jamais été pris en faute, il annonce : « Une première liste de personnes qui ont pu retrouver le travail pour éviter une désinsertion professionnelle trop longue avait été mise en place cet été… Nous allons faire probablement évoluer cette liste afin de protéger davantage de personnes compte tenu de l’état d’urgence sanitaire. Une discussion a d’ores et déjà commencé avec les associations responsables des usagers. »

      Une journaliste faisant plus clairement référence au désaveu du Conseil d’Etat, Olivier Véran explique que « le Conseil d’Etat considère, et ça nous va, que vu la situation épidémique et l’évolution avec l’état d’urgence sanitaire dans certaines régions, charge à l’Etat de repenser le dispositif de protection » [comme c’est la politique du stop and go, ça peut avoir l’air crédible, ndc]. C’est un mensonge, visant à laisser entendre que le décret du 29 août était justifié et que seule l’évolution du virus amène cette défaite cinglante. Le Conseil d’Etat juge en droit, pas en fonction de la situation épidémique.

      Cerise sur le gâteau, et ultime traîtrise vis-à-vis des soignants en première ligne, Olivier Véran lâche que, de toute façon « un médecin a toujours la possibilité de prescrire un arrêt de travail »

      [...]

      Quid de la suite des évènements ? Bien entendu le gouvernement n’a fait aucune annonce publique pour indiquer clairement aux personnes vulnérables éjectées du dispositif le 1er septembre qu’elles peuvent à nouveau en bénéficier, comme elles doivent pouvoir à nouveau bénéficier d’une dotation en masques en pharmacie… Mais d’ores et déjà les patients vulnérables peuvent se tourner vers leur médecin traitant et leur demander à nouveau un certificat d’isolement (selon les critères antérieurs du décret du 5 mai 2020). Malheureusement, rien n’a été fait pour les proches de patients vulnérables, qui ne sont toujours pas protégés malgré cette décision du Conseil d’Etat.

      Et on notera, si on a le temps, le satisfecit de nombreuses associations de patients et de syndicats de fonctionnaires qui se félicitent bruyamment d’une victoire judiciaire… à laquelle ils n’ont nullement contribué.

      #conseil_d'État #travail #arrêt_de_travail #vulnérables #covid-19 #santé_publique

  • Publication: The Geography of Conflict in North and West Africa

    https://www.oecd-ilibrary.org/development/the-geography-of-conflict-in-north-and-west-africa_02181039-en

    African governments are increasingly confronted with new forms of political violence. The situation is particularly worrying in the Sahara-Sahel where violence is on the rise. This degrading security situation has prompted African countries and their partners to intervene militarily to stabilise the region and to prevent the spread of extremism and violence against civilians. However, these initiatives face many obstacles due to the transnational nature and geography of violence. Tensions regionalise across state borders when armed groups, defeated by counter-insurgency efforts, relocate to other countries. This study maps the evolution of violence across North and West Africa, with a particular focus on Mali, Lake Chad and Libya. In the regions experiencing the highest levels of political insecurity, it identifies whether and how conflicts tend to cluster or spread, potentially across national borders. The work is based on a new spatial indicator of political violence designed to assess the long-term evolution of conflicts and provide policy options.

    #Geography_of_conflict #Géographie_des_conflits #North_Africa #West_Africa #Afrique_du_Nord #Afrique_de_l_Ouest #Geography #Conflicts #Géographie #Conflits

  • Faire face, avec les musulmans

    L’#obscurantisme et le #fanatisme_religieux nous mettent une fois de plus devant l’insupportable. Le soutien aux proches de l’enseignant, à la communauté éducative, à la liberté d’expression et à la laïcité ne doit pas nous conduire à une stigmatisation des musulmans. Projet de lettre à de futurs enseignants.

    Que dirai-je lundi matin, à 8h, quand je retrouverai les étudiantes et les étudiants du master "Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation" (MEEF) qui préparent le Capes de Lettres ? Que dire face à l’innommable d’un enseignant décapité ? Comment faire face à cela ? Comment porter en soi cette représentation quand on se destine au métier d’enseignant ?

    Je crois que je leur dirai d’abord que je pense à deux personnes. Bien sûr au collègue professeur d’histoire qui a perdu la vie pour avoir enseigné et fait vivre l’une de nos libertés fondamentales. Mais je leur dirai aussi que j’ai une pensée pour Ariane, une jeune étudiante du master Métiers du livre et de l’édition, qui a perdu la vie au Bataclan le 13 novembre 2015. Ne pas oublier Ariane et les 90 du Bataclan. Ne jamais oublier que l’obscurantisme s’en prend d’abord à l’#enseignement et à la #culture, au #livre et au #savoir.

    Je crois que je leur dirai ensuite qu’il y a probablement parmi eux des croyants, et peut-être des musulmans. Je rappellerai alors que nous vivons dans une République qui garantit à chacune et chacun la #liberté de conscience, la liberté de croire ou de ne pas croire, et que cette liberté implique une #égalité entre les #religions, et que par conséquent il ne saurait être question que l’une d’elle soit mise au ban de la République parce la #folie et la #barbarie de quelques sectateurs qui prétendent la défendre seraient représentatives de cette #religion. Nous devons faire face #avec_les_musulmans, pas #contre_les_musulmans.

    Je crois que j’ajouterai aussi – usant de « l’entière #liberté_d’expression » et de « l’#indépendance » à #valeur_constitutionnelle dont jouissent encore pour quelque temps les enseignants du supérieur – que toutes les #instrumentalisations - en cours et à venir - de l’acte barbare de ce 16 octobre qui ont pour objet ou pour effet de stigmatiser l’ensemble des musulmans, constituent des actes politiques irresponsables, lesquels doivent être dénoncés avec fermeté. Et que, par là même, celles et ceux qui se réclament de la République et de la Loi de 1905 pour promouvoir le concept de « #séparatisme », ne font qu’augmenter le péril qui guette notre société : une #guerre_des_religions, que quelques politiciens, tout aussi fous que les plus fous des fanatiques religieux, font tout pour aviver.

    Je crois que je leur dirai enfin que le métier d’enseignant est le plus beau qui soit, qu’il est certainement plus difficile de l’exercer aujourd’hui qu’hier, mais que c’est aussi pour cela que sa valeur n’en est que plus grande. Que cette valeur est étroitement liée à une #liberté_pédagogique qu’il faut défendre plus que jamais – y compris contre les limitations que l’État entend lui faire subir -, mais que cette liberté ne dispense pas l’enseignant d’une réflexion individuelle et collective sur les effets de nos discours et de nos pratiques, au sein et en dehors de l’École. Qu’enseigner la liberté d’expression et la #laïcité est à l’image du métier d’enseignant lui-même : beau et difficile. Et que toute #pédagogie authentique est vivante, qu’elle bouge, qu’elle n’est pas figée, qu’elle doit tenir compte de la diversité des élèves, et de leur culture. Et que tout ceci implique une formation des enseignants qui soit solide, renouvelée, permanente.

    #Pascal_Maillard

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/171020/faire-face-avec-les-musulmans
    #enseignement #éducation #Samuel_Paty #Conflans

  • #Camille_Noûs et le #Laboratoire_Cogitamus

    Le laboratoire #Cogitamus est une institution délocalisée, rassemblant des scientifiques de tous horizons disciplinaires et nationalités autour de valeurs communes : celle d’une recherche intègre, désintéressée, aspirant à créer, perpétuer, réviser et transmettre les savoirs. À l’instar de son premier membre #Camille_Noûs, Cogitamus propose d’accueillir celles et ceux qui, partageant cette vision, désirent s’engager et œuvrer pour tendre vers cette #recherche_idéale.

    Ses implantations sont multiples, partout où un havre du savoir permet à des scientifiques de se rejoindre et de faire face autrement, à ce monde-ci et à ce présent-là. Cet espace est, entre autres, un lieu de de dialogue sur la politique des sciences, préoccupées des sociétés humaines et de leurs conflits démocratiques.

    Ce qu’il sera en mesure d’accomplir nous est encore à inventer, à imaginer : servir d’affiliation à de nombreux chercheurs qui partagent les idées défendues par Camille Noûs, donner un cadre à des recherches novatrices au service de l’intérêt général ou mêlant des disciplines et des institutions séparées, construire des consensus de raison et porter leurs conclusions vers la société civile, etc.

    Camille Noûs

    Le 20 mars 2020 naissait Camille Noûs, incarnant la contribution de la communauté aux travaux de recherche, sous la forme d’une #signature_collective. Cette signature, pensée comme celle d’un #consortium_scientifique, revendique le caractère collaboratif et ouvert de la création et de la diffusion des savoirs, sous le contrôle de la communauté académique, et est appelée à devenir une marque d’intégrité.* Camille Noûs dirige le laboratoire Cogitamus, multidisciplinaire, interdisciplinaire et transdisciplinaire par essence.

    À l’image de Bourbaki, Henri Paul de Saint Gervais ou Arthur Besse en mathématiques, ou Isadore Nabi en biologie, Camille Noûs est un #individu_collectif qui symbolise notre attachement profond aux valeurs d’éthique et de probation que porte le #débat_contradictoire, insensible aux indicateurs élaborés par le management institutionnel de la recherche, et conscient de ce que nos résultats doivent à la construction collective. C’est le sens du « Noûs », porteur d’un Nous collégial mais faisant surtout référence au concept de « raison », d’« esprit » ou d’« intellect » (« νοῦς ») hérité de la philosophie grecque.

    Les recherches collectives menées par Camille Noûs s’inscrivent dans la tradition du rationalisme critique. Ses contributions à l’avancée de la #connaissance portent aussi bien sur l’avant d’une publication (état de l’art, position des problèmes, méthodologie) que sur leur après (controverse collégiale, suivi des résultats dans le temps long). Camille Noûs est également membre de comités de rédaction, a lancé des appels à communications, et co-signé plusieurs textes en défense de l’institution scientifique.

    https://www.cogitamus.fr
    #ESR #recherche #ESR #université #publications_scientifiques #science

    –-------

    Retrouvez les articles de Camille Noûs sur HAL:
    https://hal.archives-ouvertes.fr/search/index/?q=%2A&authIdHal_s=cnous

    • Les cent premiers articles de Camille Noûs

      Alors que nous entrions en confinement, Camille Noûs et le laboratoire Cogitamus apparaissaient dans le paysage scientifique. Cette action symbolique visait à affirmer que l’élaboration de la Science ne se détermine que collectivement, point de vue à contre-courant de tous les présupposés inspirant les évolutions récentes et délétères que vit la communauté de l’ESR. Camille Noûs représente notre communauté et sa signature est un témoignage de la reconnaissance que chaque écrit scientifique lui doit. La figure de Camille Noûs incarne notre volonté de porter un discours centré sur le désintéressement personnel du travail scientifique, face à l’individualisation et à la course au renom via les indicateurs quantitatifs, notoirement nuisibles à l’intégrité scientifique.

      1/ Suivi de l’action

      Dès le confinement, vous avez soumis de nombreux articles en y associant Camille Noûs comme co-signataire ou en déclarant une affiliation au laboratoire Cogitamus. Au début du mois de septembre, nous avons passé un cap symbolique avec un nombre d’articles parus ou acceptés (102) supérieur au nombre d’articles soumis (72) + 11 congrès (effet Covid) et cinq productions diverses (logiciels, vidéos…).

      La majorité des articles publiés sont parus dans des revues SHS françaises (62 articles) et l’on compte un peu plus d’une quinzaine d’articles déjà publiés en sciences exactes. Ceci s’explique probablement par une plus forte mobilisation des collègues SHS d’une part, et par les délais plus longs dans l’évaluation des articles par les pairs en sciences exactes d’autre part. Les 72 articles en phase de soumission relèvent d’ailleurs essentiellement du domaine des sciences exactes et de revues internationales.

      2/ Réactions à l’action.

      Malgré le caractère symbolique de l’action, ou précisément du fait de ce caractère symbolique, les réactions ne se sont pas faites attendre, suscitées notamment par des messages délateurs à l’adresse du monde éditorial et via les réseaux sociaux. Courant juin et à nouveau en août, deux alertes ont été émises par COPE (https://publicationethics.org/about/our-organisation) à l’adresse des maisons d’édition et relayées vers les éditeurs de leurs journaux à l’encontre, nommément, des “French scientists”. Nous avons à l’heure actuelle répertorié douze cas de messages, en général plutôt courtois, récusant le co-autorat C. Noûs et/ou l’affiliation à Cogitamus au titre d’un caractère fictif, « inimaginable » compte-tenu de “principes et codes éthiques” fondés, on l’a dit, sur la perception strictement individualiste de l’auctorialité. Ces messages posaient néanmoins toujours un ultimatum aux auteurs pour corriger le tir, proposant paradoxalement de remercier Camille Noûs pour sa contribution et le laboratoire Cogitamus pour son soutien ! La réaction majoritaire a consisté à accéder à ces demandes, ce qui est fort compréhensible dans certains cas, notamment quand de jeunes collègues non-titulaires ont contribué au manuscrit. Quelques autres n’ont pas plié et ont obtenu gain de cause. Nous voudrions aussi citer le cas d’auteurs en mathématiques ; ils n’ont pas cédé à l’injonction et ont retiré leur article pourtant accepté, pour le soumettre ailleurs. Merci à elles et eux pour leur courage !

      L’offensive contre Camille Noûs et les courriers de délation semblent monter en puissance ces dernières semaines. Les articles déjà parus chez Elsevier, Wiley et Springer, semblent manifestement intolérables aux “anti-Camille”.

      Message reçu via la mailing-list du collectif RogueESR, le 19.10.2020

    • Camille Noûs a notamment co-dirigé avec Leila Giannetto et moi-même le numéro spécial du Journal of Alpine Research / Revue de géographie alpine sur « réfugié·es et montagne » :

      Le numéro « réfugié·es et montagne » (2020) du Journal of Alpine Research / Revue de géographie alpine propose de répondre à la double question en miroir : Que font les réfugié·es aux montagnes et aux montagnard·es et que font les montagnes et montagnard·es aux réfugié·es ? Les articles adoptent deux perspectives d’analyse : d’une part, le franchissement des frontières alpines des personnes en quête de refuge et, d’autre part, le (non) accueil et l’installation de réfugié·es et personnes déplacées dans les régions de montagne.


      https://journals.openedition.org/rga/6886

      Et elle a cosigné la préface :
      https://journals.openedition.org/rga/7252

  • Why the Swedish Model for Fighting COVID-19 Is a Disaster | Time
    https://time.com/5899432/sweden-coronovirus-disaster

    Le fameux modèle suédois de lutte contre le #covid est une immense #imposture basée sur le précepte ultra-libéral du #laisser-faire, voire plus franchement de l’#eugénisme social.
    Non seulement ils ont imposé l’#immunité_de_troupeau à la population en lui mentant assez éfrontément, mais ils ont carrément donné un coup de pouce à la #contamination_de_masse en ouvrant massivement les #écoles pour en faire des #accélérateurs d’#épidémie.

    Et cette #forfaiture #criminelle est à présent à l’œuvre chez nous

    The Swedish COVID-19 experiment of not implementing early and strong measures to safeguard the population has been hotly debated around the world, but at this point we can predict it is almost certain to result in a net failure in terms of death and suffering. As of Oct. 13, Sweden’s per capita death rate is 58.4 per 100,000 people, according to Johns Hopkins University data, 12th highest in the world (not including tiny Andorra and San Marino). But perhaps more striking are the findings of a study published Oct. 12 in the Journal of the American Medical Association, which pointed out that, of the countries the researchers investigated, Sweden and the U.S. essentially make up a category of two: they are the only countries with high overall mortality rates that have failed to rapidly reduce those numbers as the pandemic has progressed.

    Yet the architects of the Swedish plan are selling it as a success to the rest of the world. And officials in other countries, including at the top level of the U.S. government, are discussing the strategy as one to emulate—despite the reality that doing so will almost certainly increase the rates of death and misery.

    Countries that locked down early and/or used extensive test and tracing—including Denmark, Finland, Norway, South Korea, Japan, Taiwan, Vietnam and New Zealand—saved lives and limited damage to their economies. Countries that locked down late, came out of lock down too early, did not effectively test and quarantine, or only used a partial lockdown—including Brazil, Mexico, Netherlands, Peru, Spain, Sweden, the U.S. and the U.K.—have almost uniformly done worse in rates of infection and death.

    Despite this, Sweden’s Public Health Agency director Johan Carlson has claimed that “the Swedish situation remains favorable,” and that the country’s response has been “consistent and sustainable.” The data, however, show that the case rate in Sweden, as elsewhere in Europe, is currently increasing.

    Average daily cases rose 173% nationwide from Sept. 2-8 to Sept. 30-Oct. 6 and in Stockholm that number increased 405% for the same period. Though some have argued that rising case numbers can be attributed to increased testing, a recent study of Stockholm’s wastewater published Oct. 5 by the Swedish Royal Institute of Technology (KTH) argues otherwise. An increased concentration of the virus in wastewater, the KTH researchers write, shows a rise of the virus in the population of the greater Stockholm area (where a large proportion of the country’s population live) in a way that is entirely independent of testing. Yet even with this rise in cases, the government is easing the few restrictions it had in place.

    From early on, the Swedish government seemed to treat it as a foregone conclusion that many people would die. The country’s Prime Minister Stefan Löfven told the Swedish newspaper Dagens Nyheter on April 3, “We will have to count the dead in thousands. It is just as well that we prepare for it.” In July, as the death count reached 5,500, Löfven said that the “strategy is right, I am completely convinced of that.” In September, Dr. Anders Tegnell, the Public Health Agency epidemiologist in charge of the country’s COVID-19 response reiterated the party line that a growing death count did “not mean that the strategy itself has gone wrong.” There has been a lack of written communication between the Prime Minister and the Public Health Authority: when the authors requested all emails and documents between the Prime Minister’s office and the Public Health Authority for the period Jan. 1—Sept. 14, the Prime Minister’s Registrar replied on Sept. 17 that none existed.

    Despite the Public Health Agency’s insistence to the contrary, the core of this strategy is widely understood to have been about building natural “herd immunity”—essentially, letting enough members of a population (the herd) get infected, recover, and then develop an immune system response to the virus that it would ultimately stop spreading. Both the agency and Prime Minister Löfven have characterized the approach as “common sense“ trust-based recommendations rather than strict measures, such as lockdowns, which they say are unsustainable over an extended period of time—and that herd immunity was just a desirable side effect. However, internal government communications suggest otherwise.

    Emails obtained by one of the authors through Freedom of Information laws (called offentlighetsprincipen, or “Openness Principle,” in Swedish) between national and regional government agencies, including the Swedish Public Health Authority, as well as those obtained by other journalists, suggest that the goal was all along in fact to develop herd immunity. We have also received information through sources who made similar requests or who corresponded directly with government agencies that back up this conclusion. For the sake of transparency, we created a website where we’ve posted some of these documents.

    One example showing clearly that government officials had been thinking about herd immunity from early on is a March 15 email sent from a retired doctor to Tegnell, the epidemiologist and architect of the Swedish plan, which he forwarded to his Finnish counterpart, Mika Salminen. In it, the retired doctor recommended allowing healthy people to be infected in controlled settings as a way to fight the epidemic. “ One point would be to keep schools open to reach herd immunity faster ,” Tegnell noted at the top of the forwarded email.

    Salminen responded that the Finnish Health Agency had considered this but decided against it, because “over time, the children are still going to spread the infection to other age groups.” Furthermore, the Finnish model showed that closing schools would reduce “the attack rate of the disease on the elderly” by 10%. Tegnell responded: “10 percent might be worth it?”

    The majority of the rest of Sweden’s policymakers seemed to have agreed: the country never closed daycare or schools for children under the age of 16, and school attendance is mandatory under Swedish law, with no option for distance learning or home schooling, even for family members in high risk groups. Policymakers essentially decided to use children and schools as participants in an experiment to see if herd immunity to a deadly disease could be reached. Multiple outbreaks at schools occurred in both the spring and autumn.

    At this point, whether herd immunity was the “goal” or a “byproduct” of the Swedish plan is semantics, because it simply hasn’t worked. In April, the Public Health Agency predicted that 40% of the Stockholm population would have the disease and acquire protective antibodies by May. According to the agency’s own antibody studies published Sept. 3 for samples collected up until late June, the actual figure for random testing of antibodies is only 11.4% for Stockholm, 6.3% for Gothenburg and 7.1% across Sweden. As of mid-August, herd immunity was still “nowhere in sight,” according to a Journal of the Royal Society of Medicine study. That shouldn’t have been a surprise. After all, herd immunity to an infectious disease has never been achieved without a vaccine.

    Löfven, his government, and the Public Health Agency all say that the high COVID-19 death rate in Sweden can be attributed to the fact that a large portion of these deaths occurred in nursing homes, due to shortcomings in elderly care.

    However, the high infection rate across the country was the underlying factor that led to a high number of those becoming infected in care homes. Many sick elderly were not seen by a doctor because the country’s hospitals were implementing a triage system that, according to a study published July 1 in the journal Clinical Infectious Diseases, appeared to have factored in age and predicted prognosis. “This likely reduced [intensive care unit] load at the cost of more high-risk patients”—like elderly people with confirmed infection—dying outside the ICU.” Only 13% of the elderly residents who died with COVID-19 during the spring received hospital care, according to preliminary statistics from the National Board of Health and Welfare released Aug.

    In one case which seems representative of how seniors were treated, patient Reza Sedghi was not seen by a doctor the day he died from COVID-19 at a care home in Stockholm. A nurse told Sedghi’s daughter Lili Perspolisi that her father was given a shot of morphine before he passed away, that no oxygen was administered and staff did not call an ambulance. “No one was there and he died alone,” Perspolisi says.

    In order to be admitted for hospital care, patients needed to have breathing problems and even then, many were reportedly denied care. Regional healthcare managers in each of Sweden’s 21 regions, who are responsible for care at hospitals as well as implementing Public Health Agency guidelines, have claimed that no patients were denied care during the pandemic. But internal local government documents from April from some of Sweden’s regions—including those covering the biggest cities of Stockholm, Gothenburg and Malmö—also show directives for how some patients including those receiving home care, those living at nursing homes and assisted living facilities, and those with special needs could not receive oxygen or hospitalization in some situations. Dagens Nyheter published an investigation on Oct. 13 showing that patients in Stockholm were denied care as a result of these guidelines. Further, a September investigation by Sveriges Radio, Sweden’s national public broadcaster, found that more than 100 people reported to the Swedish Health and Care Inspectorate that their relatives with COVID-19 either did not receive oxygen or nutrient drops or that they were not allowed to come to hospital.

    These issues do not only affect the elderly or those who had COVID-19. The National Board of Health and Welfare’s guidelines for intensive care in extraordinary circumstances throughout Sweden state that priority should be given to patients based on biological, not chronological, age. Sörmlands Media, in an investigation published May 13, cited a number of sources saying that, in many parts of the country, the health care system was already operating in a way such that people were being denied the type of inpatient care they would have received in normal times. Regional health agencies were using a Clinical Frailty Scale, an assessment tool designed to predict the need for care in a nursing home or hospital, and the life expectancy of older people by estimating their fragility, to determine whether someone should receive hospital care and was applied to decisions regarding all sorts of treatment, not only for COVID-19. These guidelines led to many people with health care needs unrelated to COVID-19 not getting the care they need, with some even dying as a result—collateral damage of Sweden’s COVID-19 strategy.

    Dr. Michael Broomé, the chief physician at Stockholm’s Karolinska Hospital’s Intensive Care Unit, says his department’s patient load tripled during the spring. His staff, he says, “have often felt powerless and inadequate. We have lost several young, previously healthy, patients with particularly serious disease courses. We have also repeatedly been forced to say no to patients we would normally have accepted due to a lack of experienced staff, suitable facilities and equipment.”

    In June, Dagens Nyheter reported a story of one case showing how disastrous such a scenario can be. Yanina Lucero had been ill for several weeks in March with severe breathing problems, fever and diarrhea, yet COVID-19 tests were not available at the time except for those returning from high risk areas who displayed symptoms, those admitted to the hospital, and those working in health care. Yanina was only 39 years old and had no underlying illnesses. Her husband Cristian brought her to an unnamed hospital in Stockholm, but were told it was full and sent home, where Lucero’s health deteriorated. After several days when she could barely walk, an ambulance arrived and Lucero was taken to Huddinge hospital, where she was sedated and put on a ventilator. She died on April 15 without receiving a COVID-19 test in hospital.

    Sweden did try some things to protect citizens from the pandemic. On March 12 the government restricted public gatherings to 500 people and the next day the Public Health Agency issued a press release telling people with possible COVID-19 symptoms to stay home. On March 17, the Public Health Agency asked employers in the Stockholm area to let employees work from home if they could. The government further limited public gatherings to 50 people on March 29. Yet there were no recommendations on private events and the 50-person limit doesn’t apply to schools, libraries, corporate events, swimming pools, shopping malls or many other situations. Starting April 1, the government restricted visits to retirement homes (which reopened to visitors on Oct. 1 without masks recommended for visitors or staff). But all these recommendations came later than in the other Nordic countries. In the interim, institutions were forced to make their own decisions; some high schools and universities changed to on-line teaching and restaurants and bars went to table seating with distance, and some companies instituted rules about wearing masks on site and encouraging employees to work from home.

    Meanwhile Sweden built neither the testing nor the contact-tracing capacity that other wealthy European countries did. Until the end of May (and again in August), Sweden tested 20% the number of people per capita compared with Denmark, and less than both Norway and Finland; Sweden has often had among the lowest test rates in Europe. Even with increased testing in the fall, Sweden still only tests only about one-fourth that of Denmark.

    Sweden never quarantined those arriving from high-risk areas abroad nor did it close most businesses, including restaurants and bars. Family members of those who test positive for COVID-19 must attend school in person, unlike in many other countries where if one person in a household tests positive the entire family quarantines, usually for 14 days. Employees must also report to work as usual unless they also have symptoms of COVID-19, an agreement with their employer for a leave of absence or a doctor recommends that they isolate at home.

    On Oct. 1, the Public Health Authority issued non-binding “rules of conduct” that open the possibility for doctors to be able to recommend that certain individuals stay home for seven days if a household member tests positive for COVID-19. But there are major holes in these rules: they do not apply to children (of all ages, from birth to age 16, the year one starts high school), people in the household who previously have a positive PCR or antibody test or, people with socially important professions, such as health care staff (under certain circumstances).

    There is also no date for when the rule would go into effect. “It may not happen right away, Stockholm will start quickly but some regions may need more time to get it all in place,” Tegnell said at a Oct. 1 press conference. Meanwhile, according to current Public Health Agency guidelines issued May 15 and still in place, those who test positive for COVID-19 are expected to attend work and school with mild symptoms so long as they are seven days post-onset of symptoms and fever free for 48 hours.

    Sweden actually recommends against masks everywhere except in places where health care workers are treating COVID-19 patients (some regions expand that to health care workers treating suspected patients as well). Autumn corona outbreaks in Dalarna, Jönköping, Luleå, Malmö, Stockholm and Uppsala hospitals are affecting both hospital staff and patients. In an email on April 5, Tegnell wrote to Mike Catchpole, the chief scientist at the European Center for Disease Control and Prevention (ECDC): “We are quite worried about the statement ECDC has been preparing about masks.” Tegnell attached a document in which he expresses concern that ECDC recommending facemasks would “imply that the spread is airborne which would seriously harm further communication and trust among the population and health care workers” and concludes “we would like to warn against the publication of this advice.” Despite this, on April 8 ECDC recommended masks and on June 8 the World Health Organization updated its stance to recommend masks.

    Sweden’s government officials stuck to their party line. Karin Tegmark Wisell of the Public Health Agency said at a press conference on July 14 that “we see around the world that masks are used in a way so that you rather increase the spread of infection.” Two weeks later, Lena Hallengren, the Minister of Health and Social Affairs, spoke about masks at a press conference on July 29 and said, “We don’t have that tradition or culture” and that the government “would not review the Public Health Agency’s decision not to recommend masks.”

    All of this creates a situation which leaves teachers, bus drivers, medical workers and care home staff more exposed, without face masks at a time when the rest of the world is clearly endorsing widespread mask wearing.

    On Aug. 13, Tegnell said that to recommend masks to the public “quite a lot of resources are required. There is quite a lot of money that would be spent if you are going to have masks.” Indeed, emails between Tegnell and colleagues at the Public Health Agency and Andreas Johansson of the Ministry of Health and Social Affairs show that the policy concerns of the health authority were influenced by financial interests, including the commercial concerns of Sweden’s airports.

    Swedavia, the owner of the country’s largest airport, Stockholm Arlanda, told employees during the spring and early summer they could not wear masks or gloves to work. One employee told Upsala Nya Tidning newspaper on Aug. 24 “Many of us were sick during the beginning of the pandemic and two colleagues have died due to the virus. I would estimate that 60%-80% of the staff at the security checks have had the infection.”

    “Our union representatives fought for us to have masks at work,” the employee said, “but the airport’s response was that we were an authority that would not spread fear, but we would show that the virus was not so dangerous.” Swedavia’s reply was that they had introduced the infection control measures recommended by the authorities. On July 1, the company changed its policy, recommending masks for everyone who comes to Arlanda—that, according to a Swedavia spokesperson, was not as a result of “an infection control measure advocated by Swedish authorities,” but rather, due to a joint European Union Aviation Safety Agency and ECDC recommendation for all of Europe.

    As early as January, the Public Health Agency was warning the government about costs. In a Jan. 31 communique, Public Health Agency Director Johan Carlsson (appointed by Löfven) and General Counsel Bitte Bråstad wrote to the Ministry of Health and Social Affairs, cautioning the government about costs associated with classifying COVID-19 as a socially dangerous disease: “After a decision on quarantine, costs for it [include] compensation which according to the Act, must be paid to those who, due to the quarantine decision, must refrain from gainful employment. The uncertainty factors are many even when calculating these costs. Society can also suffer a loss of production due to being quarantined [and] prevented from performing gainful employment which they would otherwise have performed.” Sweden never implemented quarantine in society, not even for those returning from travel abroad or family members of those who test positive for COVID-19.

    Not only did these lack of measures likely result in more infections and deaths, but it didn’t even help the economy: Sweden has fared worse economically than other Nordic countries throughout the pandemic.

    The Swedish way has yielded little but death and misery. And, this situation has not been honestly portrayed to the Swedish people or to the rest of the world.

    A Public Health Agency report published July 7 included data for teachers in primary schools working on-site as well as for secondary school teachers who switched to distance instruction online. In the report, they combined the two data sources and compared the result to the general population, stating that teachers were not at greater risk and implying that schools were safe. But in fact, the infection rate of those teaching in classrooms was 60% higher than those teaching online—completely undermining the conclusion of the report.

    The report also compares Sweden to Finland for March through the end of May and wrongly concludes that the ”closing of schools had no measurable effect on the number of cases of COVID-19 among children.” As testing among children in Sweden was almost non-existent at that time compared to Finland, these data were misrepresented; a better way to look at it would be to consider the fact that Sweden had seven times as many children per capita treated in the ICU during that time period.

    When pressed about discrepancies in the report, Public Health Agency epidemiologist Jerker Jonsson replied on Aug. 21 via email: “The title is a bit misleading. It is not a direct comparison of the situation in Finland to the situation in Sweden. This is just a report and not a peer-reviewed scientific study. This was just a quick situation report and nothing more.” However the Public Health Agency and Minister of Education continue to reference this report as justification to keep schools open, and other countries cite it as an example.

    This is not the only case where Swedish officials have misrepresented data in an effort to make the situation seem more under control than it really is. In April, a group of 22 scientists and physicians criticized Sweden’s government for the 105 deaths per day the country was seeing at the time, and Tegnell and the Public Health Agency responded by saying the true number was just 60 deaths per day. Revised government figures now show Tegnell was incorrect and the critics were right. The Public Health Agency says the discrepancy was due to a backlog in accounting for deaths, but they have backlogged deaths throughout the pandemic, making it difficult to track and gauge the actual death toll in real time.

    Sweden never went into an official lockdown but an estimated 1.5 million have self-isolated, largely the elderly and those in risk groups. This was probably the largest factor in slowing the spread of the virus in the country in the summer. However, recent data suggest that cases are yet again spiking in the country, and there’s no indication that government policies will adapt.

    Health care workers, scientists and private citizens have all voiced concerns about the Swedish approach. But Sweden is a small country, proud of its humanitarian image—so much so that we cannot seem to understand when we have violated it. There is simply no way to justify the magnitude of lost lives, poorer health and putting risk groups into long-term isolation, especially not in an effort to reach an unachievable herd immunity. Countries need to take care before adopting the “Swedish way.” It could have tragic consequences for this pandemic or the next.

    • Ça rappelle la formule « on n’additionne pas des choux et des carottes » (sauf pour confectionner un plat), toute distinctivité abolie en moins marrant :

      ... l’immunité collective contre une maladie infectieuse n’a jamais été obtenue sans vaccin.

      Sinon, on retrouve là bas ce que Epicov a mis en lumière, les plus âgés (plus de 50 ans), à la vie sociale moins foisonnante, en moyenne (?), et plus prudents, prennent des mesures de distanciation qui les préserve pour partie des contaminations.
      La non généralisation des #masques (découragée par le gvt) facilité le maintien et l’expansion de l’épidémie (à l’inverse de ce qui se passe ici, où la seconde vague se distingue pour l’instant nettement de la première avec cette modification du comportement).

      #Suède

  • Decline of Humoral Responses against SARS-CoV-2 Spike in Convalescent Individuals | mBio
    https://mbio.asm.org/content/11/5/e02590-20

    IMPORTANCE
    While waiting for an efficient vaccine to protect against #SARS-CoV-2 infection, alternative approaches to treat or prevent acute #COVID-19 are urgently needed. #Transfusion of #convalescent plasma to treat COVID-19 patients is currently being explored; neutralizing activity in convalescent plasma is thought to play a central role in the efficacy of this treatment. Here, we observed that plasma neutralization activity decreased a few weeks after the onset of the symptoms. If neutralizing activity is required for the efficacy of convalescent plasma transfer, our results suggest that convalescent plasma should be recovered rapidly after the donor recovers from active infection.

    #plasma #anticorps