• Violences sexuelles : UNE VOLONTE DE NE PAS CONDAMNER – Le blog de Christine Delphy
    https://christinedelphy.wordpress.com/2018/07/23/violences-sexuelles-une-volonte-de-ne-pas-condamner

    A la rigueur, condamner un violeur multirécidiviste comme celui de la Sambre, parce que là, il y a vraiment trop de victimes. Mais condamner les violeurs incestueux, les violeurs conjugaux, etc., pas question. Finalement, ils ne trouvent pas ça si grave – il y a un fossé effarant entre la lettre du Code pénal et la réalité des condamnations. Seulement 1% de condamnations en Cour d’assise, ça montre bien qu’il y a une mauvaise volonté judiciaire absolue. 80% d’affaires classées sans suite – quand on voit les raisons de ces classements sans suite, on voit bien qu’il y a une volonté de ne pas suivre.

    Ce sont les enfants, et surtout les filles, qui sont de loin les principales victimes des violences sexuelles : on parle de 93 000 viols subis par les filles, il y a beaucoup plus de filles que de femmes qui sont violées. Et quand on parle de 81% de viols avant 18 ans, c’est 51% avant 11 ans et 21% avant 6 ans ! Et 50% ont lieu dans la famille. Ça, on en parle très peu : en ce qui concerne les violences sexuelles sur enfants, la famille, c’est le lieu le plus dangereux. Il n’y a pas de campagnes là-dessus, c’est comme si ça n’existait pas. Et de toute façon, les enfants appartiennent à leur famille, donc les parents auraient le droit de leur faire ce qu’ils veulent. Et il y a le cas des personnes très vulnérables, qui sont oubliées et presque jamais citées : les femmes handicapées subissent énormément de violences sexuelles, et pas seulement les plus jeunes, de même que les femmes qui présentent des troubles liés à l’autisme. Les derniers chiffres qui sont sortis pour les violences sexuelles sur ces femmes, c’est 90%. Toutes les formes de handicap mental sont concernées, toutes les femmes qui présentent des troubles développementaux tels qu’elles n’ont pas la capacité de comprendre ce qui se passe ni de pouvoir s’opposer – ce sont elles qui vont être agressées en priorité. Et ce qu’on ne dit pas suffisamment, c’est que le fait d’avoir subi des violences dans la petite enfance est un facteur extrêmement important de subir d’autres violences plus tard. Du fait de leur impact traumatique gravissime, du fait qu’elles sont souvent isolées, pas protégées, ces femmes vont subir de nouvelles violences tout au long de leur vie, sans que ça émeuve grand’monde. Il y a cette vision de la société : tant pis pour les plus vulnérables – c’est celles qu’il faudrait le plus protéger qu’on laisse tomber.

    F. S. : Vous citez ce chiffre : les filles qui ont été victimes d’agression dans leur enfance ont jusqu’à 25 fois plus de « chances » d’être victimes de violences « conjugales » à l’âge adulte.

    M. S. : 25 fois, c’est le ratio maximum, le chiffre moyen c’est 16 fois. Et inversement, les hommes qui ont subi des violences physiques et sexuelles dans l’enfance ont 14 fois plus de risques de commettre des violences plus tard. Il est donc doublement important de protéger les enfants, qui sont pourtant les grands oubliés des politiques publiques. J’ai écrit une lettre ouverte au Président de la République, qui m’a répondu ; j’ai écrit aussi une lettre ouverte à Agnès Buzyn pour l’alerter sur les violences et violences sexuelles sur enfants et les problèmes de Santé publique majeurs que ça représente. Comme le Président de la République lui a renvoyé ma lettre, là, elle m’a répondu en disant : « chère Madame » (et non pas « cher confrère, je suis médecin, elle est médecin, c’est déjà un peu particulier de ne pas prendre en compte mon statut de médecin). Et tout ce qu’elle a répondu, c’était essentiellement : « ne vous inquiétez pas, on fait ce qu’il faut ». J’ai d’ailleurs posté la lettre sur les réseaux sociaux. Tout démarre dans l’enfance, et on peut toujours essayer d’améliorer les droits des femmes, œuvrer pour les protéger un peu mieux des violences au travail – tout ce qu’on entend en ce moment – ça ne changera rien à la problématique, on aura toujours autant de violences si on ne les prend pas à la source.

    • @nepthys dans Touchez pas au grisbi qui est on ne peut plus misogyne (si je me souviens bien les femmes y ont des rôles d’inférieures merdiques avec des textes d’une ou deux phrases maximum) Jeanne Moreau se plaignait de Gabin qui avait pris plaisir à refaire la scène de la gifle hyper violente plusieurs fois.
      Mais ce film est toujours présenté comme un chef d’œuvre sans aucune mention de son virilisme.
      Et je ne trouve pas trace sur internet de critique de cette scène immonde. @le_cinema_est ?

    • Oui !
      Ce sont les petites manifestations quotidiennes de la domination masculine qu’il faut traquer et dénoncer, pas seulement l’anachronisme de la violence physique. La domination, qui passe par tous les canaux de la culture, des institutions et des comportements fonctionne toujours parce que les femmes ne questionnent pas encore assez cette intériorisation.
      Tant qu’une femme trouvera normal de ne pas transmettre son nom à ses enfants, tant qu’une mère hésitera à laisser son petit garçon porter une jupe ou jouer à la poupée, tant que personne ne relèvera que certains livres d’histoires des collèges nomment les exploratrices (quand ils acceptent de nommer ces invisibles !) par leur prénom dans le texte, mais les hommes par leur nom, tant que dans le contrat de vente d’une maison, la notaire trouvera normal de nommer la vendeuse « le vendeur » (vécu la semaine dernière), tant que dans une auto les femmes laisseront le volant à l’homme (amusez-vous à compter…), tant qu’elles croiront que faire l’amour avec un homme implique forcément la pénétration, tant qu’elles croiront ne pas être capable de se servir d’un marteau-piqueur, alors cette domination continuera de se nourrir de notre inconscient à toutes et à tous.

      #stéréotypes #domination_masculine #non_émancipation_féminine #devoir_de_révolte

    • @nepthys je ne suis plus d’accord avec ce discours qui rend responsables les femmes de ce qu’elles vivent comme les mères de l’éducation qu’elles donnent à leurs enfants.
      Je vis ça dans un groupe de logiciel libre formé à 97% d’hommes, où la plupart pensent ne pas avoir à se questionner du pourquoi il n’y a pas de femmes dans ce groupe. Leur réponse est que ce n’est pas un problème pour eux, que la solution ne peut venir que des femmes. Y’en a un peu marre de pointer du doigts les femmes alors qu’elles suffoquent et crèvent de cette domination masculine qui ne se remet jamais en question. Qui n’a besoin des femmes que pour toujours mieux leur taper dessus.

    • Je suis d’accord avec toi @touti surtout que le coté « tant qu’une femme fera si ou ca, on s’en sortira pas » me fait dire qu’on y arrivera jamais. Il y aura toujours des « femmes de droite » qui se satisfont des miettes que la société leur concède. Il y a moyen de retourné ce que tu dit @nepthys de manière moins injonctive pour les femmes. Par exemple : « Tant que des hommes trouveront normal de transmettre leur nom (et celui de tous les mâles de leur lignée qui ont opprimés et effacés toutes les femmes de leur lignés) aux enfants que des femmes ont portées ».

    • Mais, c’est l’histoire de la poule et de l’œuf. Ou commencer ? Qu’est-ce que la domination, sinon l’intériorisation de règles arbitraires que l’on prend pour naturelles, donc l’image à laquelle beaucoup de femmes se conforment inconsciemment faute d’avoir questionné cette « naturalité ». Les femmes qui acceptent cela, ce n’est de toute évidence pas toi @touti, ce n’est pas toi @mad meg, ce n’est pas moi, mais c’est probablement une majorité des femmes de 4 à 116 ans de cette terre, de droite ou de gauche, certainement plus de droite, probablement plutôt de nulle part, apolitiques et sages, ou apolitiques car épuisées, ou apolitiques car muselées. Si elles prennent conscience ne serait-ce que du mécanisme de la domination masculine ce sera bien plus efficace que d’attendre la même démarche de la part des hommes. Pourquoi un profiteur accepterait-il de changer les règles d’un jeu dont il tire profit ?
      Pour moi, et je le pratique, il est plus radical de commencer par soi-même et de refuser, au quotidien, des choses qui semblent mineures, voire ridicules, pour rompre cette logique. Et, aussi, de me questionner sans relâche sur mon propre conditionnement.
      C’est comme les quotas professionnels de femmes, oui, c’est indispensable à mes yeux, parce que 1. les femmes ont le droit d’être aussi incompétentes que les hommes et d’occuper pourtant des postes intéressants 2. un système aussi rodé que le système patriarcal a besoin d’être bousculé violemment dans un premier temps.
      La plupart des hommes trouveront toujours un tas d’arguments pour vouloir imposer leur propre nom aux enfants, mais ils ne le pourront qu’aussi longtemps que les femmes les écouteront et trouveront cela normal, elles aussi. Là est toute la perversion de la domination.
      C’est cette intériorisation que je dénonce. Je ne parlerai pas de responsabilité des femmes à propos de leur situation et à qui il incomberait d’en sortir par injonction. Les femmes sont tout simplement aussi conditionnées que les hommes dans cette histoire, et il me semble contre-productif de le nier. Je vois, au contraire, dans la prise de conscience par elles-mêmes de ce conditionnement un petit levier pour changer la donne.
      J’ai élevé mes quatre filles d’une certaine façon, j’ai cherché à leur transmettre ce que j’avais compris de la situation historique des femmes aujourd’hui et c’est moi seule qui ai décidé de leur éducation. En cela, oui, je suis responsable de mes choix d’éducation comme de tous mes autres choix, je ne suis pas responsable de la situation défavorable dans laquelle je me trouve en tant que femme, mais de ce que je choisis de faire contre, de mes actes d’insubordination, de ma lutte. C’est souvent lourd, c’est éreintant, cela me nuit parfois. Mais, même si je ne gagne pas toujours, je suis maîtresse de ma démarche. J’ai ce pouvoir, car je me le donne.
      Attendre des hommes qu’ils se libèrent eux-mêmes de leur carcan, c’est, comme dit, encore plus difficile (bien que je connaisse des hommes qui essaient sincèrement). Mais on ne va pas les prendre par la main. Si, face à eux, il y a des femmes qui ne jouent plus le jeu de la domination - et il y en a de plus en plus - ce sera toujours ça le grain de sable dans le système.

    • C’est pas attendre, plutot exigé. Ce que tu dit n’est pas faux @nepthys mais @touti et moi avons choisi de ne pas ajouté d’injonctions ou de pression aux femmes. Par exemple lorsque tu dit que : « Les femmes qui acceptent cela, ce n’est de toute évidence pas toi @touti, ce n’est pas toi @mad meg, ce n’est pas moi, mais c’est probablement une majorité des femmes de 4 à 116 ans de cette terre... »
      Je ne fait pas un sans faute par rapport à ton cahier des charges de la femme acceptable sur le plan féministe. Par exemple j’ai pas le permis de conduire et sur le partage des tâches j’ai pas toujours pu faire comme j’aurais souhaité de mon point de vue féministe, sans parlé de 1000 autres choses que je vais pas énuméré.... Il y a tellement de choses à faire, de domaine dans lesquels ca se passe que je suis toujours à un moment ou une autre une « mauvaise féministe ». Ce que tu dit met beaucoup de pression sur les femmes, catégorie dont je fait partie.
      Je sais que les hommes ne sont globalement pas près de bouger et que ca semble vain de s’adressé à eux, mais si on ne pointe pas leurs responsabilités ca ne risque pas d’arriver à leur cerveau. Ca me semble plus utile de les secoués eux et de leur faire entendre à eux mon/notre mécontentement, que de le faire aux femmes qui se mangent deja assez copieusement de la culpabilité.

    • Je vous comprends bien @mad_meg et @touti. Il y a plusieurs chemins qui mènent au même but, et c’est ça qui est appréciable et constructif : la diversité et les modèles alternatifs.
      Je me suis moi-même retiré beaucoup de la pression qui s’impose à quiconque lutte pour ses droits quand j’ai décidé d’inverser la donne, de ne pas me placer en situation de réaction par rapport à un état de fait, mais de me considérer comme maîtresse du jeu. Et pour cela, il a fallu que je prenne conscience de mon propre conditionnement. J’y ai mis du temps, avec des avancées, des reculs, des échecs, des victoires, mais un jour j’ai compris (je parle pour moi) que de me soustraire au conditionnement, que de me dés-approprier les réflexes qu’il induit, était la façon qui me convenait le mieux pour me libérer mentalement et oser, assurer et assumer mes actes parfois radicaux. C’est aussi ce que j’ai transmis à mes filles.
      Mon crédo est donc le suivant (et chacune a le sien) :
      1. Ne confondons pas violence et domination. Les deux principes, qui assoient le pouvoir exercé sur nous, marchent de paire et se conditionnent l’un l’autre, mais nous ne pouvons pas nous en défendre de la même manière : à la violence on répond avec les armes (lutte politique pour la justice et l’égalité, concertation, information, contre-violence (oui !)..). A la domination on ne peut répondre que par le noyautage des subtils mécanismes à l’œuvre.
      2. Sortons du discours chrétien de la culpabilité. Bien sûr, on nous inculque depuis que nous sommes petites qu’il y a quelque chose qui cloche avec nous, que notre comportement ne sera jamais le bon et qu’il y aura toujours faute (merci Eve et Adam) : lutter pour nos droits nous rendrait donc doublement coupables. Voilà un bel exemple de domination culturelle. Changeons de perspective, plaçons-nous dans le champ de la psychologie et non de la morale. J’ai moi-même mis des décennies à me débarrasser de ce travers. Ma subversion est à présent une démarche positive : je ne me sens pas acculée à faire tout le travail d’émancipation seule parce que je serais de genre féminin, mais parce qu’être de ce genre-là est une chance, que je l’assume, que je le mets en avant, que c’est immensément gratifiant pour moi, que je me sens forte et libre dans ma tête. A moins d’une idéologie (mais pourquoi pas), le libre-arbitre se constitue par confrontation, opposition et dépassement de notre conditionnement culturel.
      3. La prise de conscience par les femmes de leur propre conditionnement me semble tactiquement aussi nécessaire qu’une guerre frontale, en tout cas, le b.a.-ba pour faire table rase de notre automutilation mentale.
      4. Travailler sur soi-même, c’est ce que nous demandons aux hommes. Ne lâchons jamais prise, le chantier est trop vaste et les risques de régressions sont trop nombreux. Mais si nous travaillons sur nous-mêmes, nous obtiendrons deux émancipations au carré.
      Je ne me considère pas comme une « bonne féministe » (attention, jugement de valeur), je me considère comme une être humaine.
      En conjuguant nos démarches, en apprenant les unes des autres, nous irons beaucoup plus vite.

      #sororité

    • @nepthys Je ne dit pas que tu te considère comme une « bonne féministe ». Par contre ton énumération de départ m’apparait comme des exemple de mauvais comportements pointés seulement en direction des femmes pour dire qu’elles ne sont pas assez bonnes féministes. « Tant qu’une femme trouvera normal de ... » est une tournure quant même assez moralisante.

      Je suis toute à fait d’accord avec toi pour l’importance de la sororité et de la conjugaison des démarches, c’est pour cette sororité que @touti et moi n’aimons pas faire de reproche aux femmes et préférons mettre la pression sur la classe des hommes et c’est aussi dans l’idée de conjugaison de nos démarches qu’on t’a répondu pour te faire partagé nos choix radicaux et inhabituel (puisque l’habitude est porter la faute sur Eve, Lafâme, les femmes ca serait pas mal que du coté des féministes on en remette pas une couche). Il n’y a pas de désaccord sur le fond entre nous, nous sommes féministes.

    • Tu es courageuse, @touti, de partager ton expérience personnelle de la violence quotidienne faite aux femmes. C’est absolument révoltant. Nous avons toutes subi cette violence à des degrés divers et elle est inadmissible, sous quelque forme que ce soit.
      De nos expériences, chacune retient les aspects pour lesquels elle choisit de s’engager. Moi, j’ai été sensibilisée très jeune aux questions du conditionnement. Quand dans les années 1980, j’ai voulu présenter en cours de philo au lycée Du côté des petites filles (1973) d’Elena Belotti, ma prof a estimé que le sujet datait trop… Depuis, j’ai accumulé les expériences qui me montrent que le sujet ne date vraiment pas. Les stéréotypes sont là, plus subtils parfois, mais tout aussi prégnants, intériorisés selon le même mécanisme. Le détricotage de ce conditionnement des femmes autant que des hommes est le combat qui m’intéresse. Ce qui n’enlève rien à mes autres formes de lutte et de soutien.
      Oui, courage à toutes !
      #conditionnement


  • Comment les géants du Web capturent notre temps de cerveau

    http://www.lemonde.fr/tant-de-temps/article/2017/10/18/comment-les-geants-du-web-capturent-notre-temps-de-cerveau_5202458_4598196.h

    La prochaine fois sera la bonne. Nouveau coup de bec sur la petite assiette en plastique : aucune graine n’apparaît. Le pigeon retente sa chance, il veut sa récompense. Rien. La prochaine fois, peut-être ? Encore raté. Qu’importe, le volatile insiste, picore encore et encore, jusqu’à ce que la nourriture tombe du ciel. Complètement accro à cette loterie.

    En délivrant à des oiseaux de laboratoire leur pitance de façon aléatoire, le psychologue B.F. Skinner a réussi, dans les années 1950, à conditionner leur comportement. Un de ses protégés a ainsi donné des coups de becs 2,5 fois par seconde pendant seize heures d’affilée, alors qu’il ne grappillait que des miettes.

    Pauvres pigeons, si faciles à plumer avec leur cerveau de piaf. L’Homme ne se laisserait jamais berner si aisément. Vraiment ? Les ados américains consultent leur téléphone plus de 150 fois par jour, en moyenne. Selon une enquête menée en 2016 par Raphaël Suire (qui enseigne le management de l’innovation à l’université de Nantes), 75 % des étudiants français interrogés sont pendus à leur smartphone dès le réveil. Plus éloquent encore : plus de la moitié d’entre eux déclarent le faire mécaniquement, bien conscients d’être addicts.

    Nir Eyal l’explique sans vergogne dans Hooked : How to Build Habit-Forming Products (éd. Portfolio, non traduit en français), un condensé de recettes de manipulation devenu la bible des concepteurs d’applications : « Les récompenses variables sont l’un des outils les plus puissants que les entreprises utilisent pour accrocher les utilisateurs. La recherche montre que le corps sécrète d’importantes quantités de dopamine dès lors que le cerveau s’attend à une récompense. Or l’introduction de la variabilité multiplie l’effet, créant un état de chasse frénétique, qui inhibe les zones du cerveau associées au jugement et à la raison tout en activant celles associées au désir et à l’exercice de la volonté. » Le consommateur est ferré.



  • Ni « putes » ni prudes, et surtout pas « pédés » : attentes de genre chez les adolescent.e.s
    http://theconversation.com/ni-putes-ni-prudes-et-surtout-pas-pedes-attentes-de-genre-chez-les-

    Les outils numériques amplifient le poids des standards de genre Les outils numériques offrent des conditions idéales aux adolescent.e.s qui se prêtent à cet exercice de la conformité de genre pilotée par la conformité aux standards de féminité/de masculinité, et d’hétérosexualité.

    • L’adolescence est une période de conformité aux stéréotypes de genre, mais également de mise en marge de celles et ceux qui ne se conforment pas à différents degrés à ces attentes (adolescent.e.s trans ou questionnant leur identité de genre, adolescent.e.s gays, lesbiennes, bisexuel.le.s, garçons studieux ou artistiques, filles revendiquant un intérêt pour la sexualité ou le sport, etc.).

      Si l’article dit vrai on vit dans une époque réactionnaire où les images imposées par une majorité de droite (eh oui, l’orientation ne se définit pas qu’à traver des choix économiques et dans le cadre d’un système politique établi) exercent une néfates énorme pression sur les jeunes.

      Quand le lis ce genre de témoignage je me sens comme si ma jeunesse s’était passé dans une bulle de liberté parfaite où on mettait en question tout ce qu’on rencontrait, tout c’e qui nous intéressait, et surtout nos comportements et idées par rapport à nos corps et à notre sexualité. Pourtant on avait les mêmes soucis et préoccupations que partagent depuis toujours les jeunes du monde entier.

      La preuve :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Rom%C3%A9o_et_Juliette
      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89veil_du_printemps
      etc.

      #jeunesse #sexualité

    • On vit sans doute dans une époque où reviennent avec une vigueur qui nous surprend des idées réactionnaires. Le sentiment est renforcé peut-être par le côté contre-intuitif lié à une représentation implicite d’un inéluctable progrès historique qui, du coup, ne se vérifierait pas.
      Il est vrai que le « sens commun » semble revenir sur des terres conservatrices, mais je doute que « c’était mieux avant ». Mes souvenirs de mes jeunes années (des vestiaires de la piscine à l’école, aux « discussions entre mecs » de l’adulescence en passant par l’intégration aux groupes de collégiens ou lycéens) sont finalement assez proches de ce qui est décrit. Les mots n’étaient pas les mêmes, mais les mécanismes oui, très exactement.

      Cf. aussi : https://seenthis.net/messages/536128

      Lorsque nous vieillissons, d’autres phénomènes s’ajoutent et influent sur notre mémoire. La théorie de la sélectivité socio-émotionnelle montre par exemple qu’avec l’âge, nous retenons plus facilement les stimuli (événements, visages, informations) positifs que négatifs, ce qui pourrait expliquer physiologiquement notre tendance à dire que « c’était mieux avant ».

      Une des explications avancées serait qu’en vieillissant, la perspective de notre finitude nous pousserait à nous concentrer davantage sur notre bien-être et sur la régulation de nos émotions, et donc de prioriser le positif (voir ici ou ici). Pourtant, il semble que cette reconstruction optimiste du passé ne nous aide en définitive pas vraiment à positiver le présent, car nous serions confronté au quotidien à une réalité moins idyllique que nos souvenirs.

    • Tu as sans doute raison… je ne me sens pas assez calé pour répondre vraiment.
      Je suis juste surpris que ça ait pu être moins pire qu’aujourd’hui à une époque où une partie des « indicateurs » que tu mentionnes n’existaient même pas faute d’un minimum de conscience sociale de ces problématiques hors des cercles de militantes. Par exemple, tu parles du consentement, si on prend le marqueur du droit, le premier cas de crime de viol entre époux reconnu par la justice date de 1990, donc intuitivement j’ai du mal à croire que dans les années 80, les mentalités rendaient les hommes plus attentifs à la question du consentement qu’aujourd’hui.
      Mais bon, je ne suis ni légitime ni expert de ces questions. Je vais juste tenter de prendre l’exemple de la littérature jeunesse que je connais un peu mieux pour illustrer mon questionnement sur le « c’est de pire en pire ». Avant 1968, les stéréotypes de genre en littérature jeunesse n’étaient même pas en débat. Dans les années 70, il y a eu Adela Turin, les éditions « Le sourire qui mord », etc. Mais qui les lisaient ? Plus de vingt ans plus tard (!), en 1999, nous avons la thèse d’Hélène Montardre, intitulé « L’image des personnages féminins dans la littérature de jeunesse française contemporaine de 1975 à 1995 » qui pointent une force des représentations stéréotypées et une hégémonie des héros garçons. Un travail de conscientisation est fait avec en pointe l’indicateur « présence en couverture d’héroïnes filles non stéréotypées pouvant être un modèle d’identification ».
      Aujourd’hui, où en est-on ? À la fois, il y a un fort retour de la littérature et des magazines genrées, donc c’est pire. Mais en même temps, il y a de nombreuses ressources déclinées en fictions et documentaires qui n’existaient pas il y a 8 ans lorsque j’ai commencé à travailler sur le thème « égalité filles-garçons », les listes bibliographiques ont fleurit permettant un meilleure essaimage de cette question auprès des professionnel.le.s de l’enfance, comme on dit. L’édition généraliste a aussi été sensibilisé et a pris en compte l’indicateur mentionné plus haut. Ainsi une auteure me disait qu’un magazine d’histoires pour petits à grand tirage lui avait pris une fiction courte en lui demandant de changer le garçon, personnage principal, en fille, car ils n’avaient pas leur quota sur l’année. Donc ce n’est pas si simple que de dire « c’est pire » (ce qui est ma première intuition lorsque j’entre dans une maison de la presse ou un espace culturel Leclerc).
      Je peux me tromper mais j’ai l’impression qu’en terme de racisme, sexisme, grossophobie, etc, ce n’est pas pire qu’avant. Par contre ce qui a changé et qui fait craindre le pire, c’est que depuis les années 70, on était dans une dynamique de délégitimation de ces oppressions, et qu’aujourd’hui le vent souffle dans l’autre sens, et ça fait peur.

    • Le discours public s’est individualisé. La liberté est aujourd’hui définie comme une choses individuelle, alors qu’on la considérait possible qu’à travers des actes collectifs. Les comportements et préférences sexuelles furent alors considérées comme des fonctions de l’existence d’êtres sociétals. D’où la possibilité d’établir un lien systématique entre sexualité et révolution (ou réaction) politique. Cette vision dialectique des choses n’existe plus dans la conscience collective, enfin individuelle ;-).


  • Aux Arts et métiers, une enquête ouverte pour des faits de #bizutage
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080716/aux-arts-et-metiers-une-enquete-ouverte-pour-des-faits-de-bizutage

    L’école Arts et métiers ParisTech (ex-Ensam), régulièrement épinglée pour sa pratique de l’usinage, apparenté au bizutage, fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, à la suite du signalement du ministère de l’éducation nationale.

    #France #Ecole_nationale_des_Arts_et_métiers #ENSAM #enseignement_supérieur #usinage

    • Pas une fois le mot #sadisme dans cet (excellent au demeurant) article, et c’est dommage, parce qu’il s’agit en fait de tout un système basé sur des pratiques sadiques et complètement rétrogrades.

      Un article qui montre bien le côté bien pourrave du truc avec comme explication à la poursuite dette grosse merde, comme toujours, le cocktail « garder le pouvoir et argent ».

      Je me suis toujours demandé pourquoi les directeurs d’établissements étaient incapables de faire cesser ou au mieux évoluer ces pratiques sadiques. La réponse est dans le papier, à lire absolument.

    • spécialement pour @mad_meg et exceptionnellement, je poste l’article complet, il me semble être juste et une bonne base pour un débat sur la question. et si vous avez envie de voir ou revoir wei or die c’est là http://wei-or-die.nouvelles-ecritures.francetv.fr

      Juste pour voir ce que nos élites soutiennent.

      –---

      enseignement supérieur Enquête

      Aux Arts et métiers, une enquête ouverte pour des faits de bizutage
      8 juillet 2016 | Par Faïza Zerouala

      L’école Arts et métiers ParisTech (ex-Ensam), régulièrement épinglée pour sa pratique de l’usinage, apparenté au bizutage, fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, à la suite du signalement du ministère de l’éducation nationale.

      Le geste est fort et en dit long sur la gravité de dérives persistantes. Le 24 février 2016, le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur a dénoncé auprès du procureur de la République de Paris des pratiques assimilées au bizutage ayant cours à l’école Arts et métiers ParisTech (ex-Ensam). Des actes humiliants ou dégradants seraient imposés aux nouvelles recrues lors de manifestations liées au milieu scolaire, selon une source proche de l’enquête. Le parquet de Paris a ouvert, dans la foulée, une enquête préliminaire confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

      Ce signalement du ministère est fait en vertu de l’article 40.1 du code pénal, qui stipule que : « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. »

      Lire aussi

      Harcèlement moral : quatre plaintes visent l’école des avocats Par Michel Deléan

      En parallèle, selon nos informations, une enquête administrative a été lancée au sein de l’école au début du mois de juin par Laurent Carraro, le directeur général, après qu’il a été avisé de l’existence de trafics de drogue sur les campus, organisés par des étudiants qui en discutent dans des courriers électroniques. Certains élèves seraient initiés aux drogues dures par leurs pairs. En fonction des résultats de l’enquête, le directeur pourrait à son tour signaler ces faits au parquet, qui jugera des suites à donner à l’affaire.

      Interrogé par Mediapart, Laurent Carraro s’inquiète également de conduites addictives des étudiants, qui consomment alcool et drogues en grande quantité. « C’est un vrai problème dans toutes les grandes écoles, explique-t-il. Ici, vu la vie collective très riche, le terreau est fertile. Je m’inquiète pour la santé de mes étudiants. »

      L’école des Arts et métiers © DR L’école des Arts et métiers © DR
      La vie mondaine aux Arts et métiers est en effet foisonnante. L’école se targue même de cette attention portée à la perpétuation des traditions. Et glorifie des valeurs a priori positives comme l’entraide, la solidarité ou la fraternité. La tradition au sein de l’Ensam et l’esprit d’appartenance sont très forts, dans la lignée de ce qui existe dans toutes les grandes écoles. Un établissement prestigieux, plutôt bien classé en 2016. Il pointe à la quatorzième place du classement des écoles d’ingénieurs réalisé par L’Usine nouvelle.

      À l’école des Arts et métiers, passer le concours pour intégrer l’établissement n’est pas le seul préalable : un autre rite de passage officieux consacre le nouvel étudiant comme étant membre à part entière de la communauté estudiantine. Ceci se pratique durant six à huit semaines, au cours desquelles les valeurs propres à l’école sont perpétuées lors de la « période de transmission des valeurs », indispensable à l’intégration. Ce moment a longtemps porté le vocable d’« usinage ».

      En l’occurrence, il s’agit de transformer le néo-étudiant en « Gadzart », c’est-à-dire en « gars des Arts », comme se surnomment avec fierté les élèves de l’école fondée en 1780. Ils l’inscrivent ainsi dans une histoire prestigieuse, constituée de codes avec un lexique quasiment indéchiffrable pour les béotiens, et l’intègrent à une famille. Certains jeunes gens considèrent l’obtention de ce titre comme un aboutissement, presque plus précieux que leur diplôme. Mais le terme historique n’est guère plus usité car trop associé au délit de bizutage, y compris par sa rime.

      Durant cette « période de transmission de valeurs » (PTV), organisée par les étudiants de deuxième année, les jeunes gens sont invités à boire lors de jeux d’alcool, se font hurler dessus tous les soirs au cours de cérémonies secrètes, doivent rester debout ou être accroupis pendant des heures, longer les murs en chantant des chansons paillardes. Les jeunes étudiants sont tenus d’apprendre les chants des Gadzarts ou de porter sans discontinuer la blouse grise. En 1982, un article du Monde en deux volets (ici et là) épinglait ces pratiques.

      Le 31 août 2015, par exemple, un étudiant fait sa rentrée comme tous ses camarades avant de démissionner, relate l’Inspection générale. Ses parents, persuadés que la « période de transmission des valeurs » est fautive dans cet abandon prématuré de sa scolarité, dénoncent, par exemple, les convocations quotidiennes pour des séances de chants et de défilés par les étudiants des années supérieures. Les élèves de première année sont censés être sans cesse disponibles pour participer à des manifestations dont ils ignorent la teneur, y compris les week-ends. En cas de refus, certains organisateurs de ces rites n’hésiteraient pas à faire du chantage ou à menacer de représailles les jeunes réticents.

      Une source judiciaire rapporte que d’autres élèves ont été victimes de crises de nerfs ou d’épilepsie à l’occasion de ces rites initiatiques. Selon l’enquête interne initiée par l’école en avril 2016, dont Mediapart a pu prendre connaissance, certains ont dû cheminer à travers un parcours guidé de fers à repasser allumés, yeux bandés, leur occasionnant des brûlures à l’occasion de la rentrée 2015. Tous ont été victimes d’alcoolisation forcée. En prévention des conséquences physiologiques consécutives à une absorption massive d’alcool, les étudiants de deuxième année avaient même préparé de larges poubelles, permettant à ceux de première année d’y vomir. Certains étudiants ont été désignés pour nettoyer les dégâts. Les jeunes gens ont aussi été confinés dans des pièces exiguës, provoquant des malaises. Toutes les semaines, ils doivent aussi changer de chambre, histoire de bouleverser leurs repères. Ces faits, jugés « dégradants et humiliants » et dénoncés, ont été confirmés par l’enquête interne. À l’automne 2015, plusieurs parents d’élèves ont saisi des avocats pour les représenter et demander à la direction de faire cesser ces pratiques.

      L’école est dans le viseur de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), qui a diligenté deux enquêtes, rendues publiques en 2015 et 2016 (à lire en PDF respectivement ici et là) et recensant ces faits, qui relèvent potentiellement du bizutage tel que la loi du 17 juin 1998 le qualifie : « Le bizutage est le fait d’amener une personne à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants, que ce soit contré son gré ou non. Le bizutage concerne généralement les étudiants mais aussi parfois les élèves d’autres établissements. C’est un délit, puni de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende, et ce, que la victime soit consentante ou non. »
      Des pratiques difficiles à faire évoluer

      Mais les autorités ont toutes les peines du monde à changer ces pratiques. D’abord parce que les témoignages sont rares, par peur des représailles et d’être ostracisé par le reste de la promotion et de l’école. Quelques élèves opposent une résistance et refusent de participer, une fois passés dans la classe supérieure, à l’usinage des petits nouveaux. D’autres demandent à être transférés dans d’autres campus afin de se soustraire à la pression de leurs camarades.

      Michel Maya, enseignant en mécanique depuis 1982 à l’école des Arts et métiers, rapporte que les élèves « hors usinage » sont très rares : « Si l’un veut sortir du groupe, les anciens s’en occupent. Ils mettent la pression à ses camarades en leur disant : “Il torpille votre groupe. Vous ne ferez pas de bons Gadzarts, s’il n’y a pas de cohésion.” » Ne pas souscrire à ces rites, c’est se placer à part et, croient-ils, compromettre leur avenir professionnel. En effet, à une époque, les étudiants « hors usinage » n’avaient pas le droit d’apparaître sur l’annuaire des Anciens. Une menace de les priver de ce réseau, l’un des atouts mis en avant dans la formation.

      Par ailleurs, il est parfois difficile de qualifier juridiquement ces pratiques, consenties par certains élèves, comme le note l’Inspection générale, et qui se situent souvent sur la ligne de crête. L’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche considère cependant clairement, dans le deuxième rapport daté de janvier 2016, que « la période de transmission des valeurs » (PTV), qui marque l’entrée à l’Ensam, « est génératrice de dérives − potentielles et avérées − assimilables à des actions de bizutage ». Elle rappelle qu’un élève est décédé lors d’une bagarre en 2013, qu’un autre a été gravement blessé en 2014 en tombant d’une fenêtre. Les deux incidents n’ont pas été à proprement parler causés par la PTV, mais se sont produits en marge de fêtes fortement alcoolisées.

      « Si ce nouveau rapport fait le constat que la direction générale de l’école s’est fortement mobilisée, non sans tensions avec l’association des anciens élèves, pour aboutir à la signature d’une charte et à la rédaction d’un nouveau règlement intérieur, il alerte surtout sur la persistance de dérives graves », écrit l’Inspection.

      À l’intérieur même de l’école, cette PTV ne fait pas l’unanimité. Michel Maya, enseignant de mécanique à l’Ensam, fait partie des contempteurs. Lui-même interdit dans sa salle de classe le port de la blouse grise, imposée en permanence aux étudiants de première année par leurs pairs pour leur inculquer l’humilité et gommer les différences sociales. Ils doivent aussi apprendre par cœur le nom d’autres élèves des promotions ou des chants propres aux Gadzarts. L’hymne célébrant les traditions, « les trad’s », s’achève par : « Les trad’s mourront quand mourront les Gadz’Arts. »

      Il fut un temps, se rappelle aussi Michel Maya, où les élèves avaient à répondre à une série de questions. En cas d’échec, ils devaient réaliser une série de pompes. « Cela a toujours eu des conséquences directes sur le travail que l’étudiant doit fournir. Il y a 15 à 20 heures par semaine consacrées à la PTV. Il faut bien les prendre quelque part, donc forcément cela a des retombées pédagogiques », explique-t-il.

      Le directeur général Laurent Carraro n’entend pas supprimer ce rituel. « Cela ne me choque pas, je n’ai rien contre sur le principe, toute la question porte sur la méthode », dit-il à Mediapart. Toutes les écoles organisent des week-ends d’intégration, dont l’objet est « de se soûler durant 48 heures », rappelle-t-il. La période de transmission des valeurs a même, selon lui, des vertus « indéniables en terme de solidarité ». « Il y a des effets positifs à cette période qui peut se passer normalement. » Mais, pour le directeur, la PTV doit évoluer et surtout être porteuse de sens.

      Il imagine par exemple qu’elle pourrait inciter les étudiants à réaliser des travaux d’intérêt général comme rafraîchir les peintures dans des EPHAD, les établissements accueillant des personnes âgées, ou débroussailler les mauvaises herbes de la commune. Des actions consensuelles en somme. Et bien plus honorables pour l’école, dont l’image a été bien abîmée par les dénonciations récurrentes de dérives lors de la PTV.

      Mais cette tradition est si fortement ancrée que la remettre en cause provoque de très vives tensions au sein de l’école, où couve une véritable crise de gouvernance. En cause : la toute-puissance de la « Soce », la société des ingénieurs Arts et métiers, qui regroupe 33 000 ingénieurs diplômés de l’Ensam. Ces anciens jouent un rôle classique : ils financent via leurs dons des résidences à destination des étudiants, et constituent un réseau pour dénicher stages et premier emploi. Mais ils vont bien au-delà.
      L’influence excessive des anciens élèves

      La « Soce » est directement investie dans la gestion opérationnelle de l’école. C’est elle qui est détentrice de la marque. Propriétaire d’un siège luxueux situé sur la très chic avenue d’Iéna, elle bénéficie d’un véritable trésor de guerre. En 2015, son budget s’élevait à 3,5 millions d’euros, et elle emploie 25 salariés. Elle est également la propriétaire des résidences dans lesquelles sont logés les étudiants. Elle s’occupe de les construire et de les rénover le cas échéant : elle va ainsi financer, à hauteur de 4,1 millions d’euros, une partie du projet de réhabilitation de la résidence étudiante de l’école au sein de la Cité internationale universitaire de Paris. La « Soce » consacre chaque année 1 million d’euros aux bourses d’études délivrées aux élèves les plus modestes, et elle finance en partie l’Union des élèves de l’école, dont le budget total s’élève quant à lui à 5,8 millions d’euros !

      Mais selon l’Inspection, c’est aussi elle qui empêche, par son influence excessive, la direction générale de s’engager dans une politique volontariste pour lutter contre ces dérives de la PTV et pour moderniser l’établissement. Dans ses rapports, l’Inspection avait donc préconisé de couper le cordon. Un décret, signé par le ministère de l’éducation nationale, et dont la publication est imminente, va modifier la composition du conseil d’administration de l’école. Huit personnalités qualifiées extérieures, non diplômées de l’Ensam et non impliquées dans sa gestion opérationnelle, vont l’intégrer. En clair, la « Soce » est boutée hors du conseil d’administration et perd ainsi voix au chapitre.

      Depuis, les anciens se sont lancés dans une vaste contre-offensive, médiatique et politique. En cause, selon son président Jacques Paccard, qui explique n’avoir eu aucun contact avec la ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem : le « manque de concertation » dans la mise en œuvre de cette réforme.

      Le 14 juin, les anciens sont parvenus à publier une lettre ouverte à François Hollande dans deux grands quotidiens, Le Figaro et Les Échos, assortie d’une pétition en ligne sur le site Change.org sobrement baptisée Sauvons Arts et métiers, signée par plus de 20 000 personnes. Dans la lettre ouverte, Jacques Paccard considère que cette réforme « aboutirait à une gouvernance hors sol, centralisée et isolée, coupée de tout lien avec les ingénieurs diplômés et les implantations territoriales ». Il explique qu’il s’agit à son sens « d’une mauvaise solution à un problème ».

      La « Soce » fait également jouer ses relais politiques. Les députés LR Bernard Accoyer, Gérard Menuel ou le sénateur UDI de la Marne Yves Detraigne se sont ainsi fendus d’un courrier à la ministre Najat Vallaud-Belkacem pour obtenir une réponse. Interrogé sur sa démarche, Yves Detraigne explique simplement l’avoir fait sur demande d’un administré, sans même connaître les détails du dossier… Il n’a jamais obtenu de réponse de la ministre. Gérard Menuel, député de l’Aube, alerté par de nombreux anciens, trouve cette mise à l’écart « dommageable ». Dans sa circonscription, les Gadzarts évoluent dans les nombreuses PME et font « un travail essentiel », explique-t-il.

      Le 24 mai, une question écrite a été posée par le député LR des Bouches-du-Rhône, Jean-Pierre Maggi, avec les mêmes arguments que ceux de l’association des anciens. « À l’heure où la réindustrialisation de notre pays est la priorité absolue du gouvernement pour relancer l’emploi et la création de richesses, il semble peu judicieux de se priver des retours d’expérience, financements, débouchés professionnels et avancées en matière de recherche scientifique que prodiguent les anciens de cette école connue pour ses formations d’excellence en matière d’ingénierie. »

      En interne, le président de la « Soce » a par ailleurs annoncé la suspension de la convention, signée entre l’association et l’établissement en septembre 2015, qui permet aux anciens d’aider l’école, à hauteur de 150 000 euros en 2015, pour améliorer la vie interne à l’école grâce à ses 2 000 bénévoles (tutorat, recherche de stages pour les étudiants, lien avec le tissu industriel local…).

      Selon un document confidentiel interne consulté par Mediapart, daté du 24 mars 2016, la « Soce » précise que « les projets et l’appui financier, pour tout ce qui concerne les PGs [les petits Gadz’arts – ndlr] continuent. Ils ne sont pas touchés par la suspension de la convention École/Soce. 
En l’espèce, par exemple, les bourses aux élèves continuent à être attribuées, l’organisation du processus d’attribution pouvant être ajusté ». Les actions de tutorat ou d’accompagnement professionnel réalisées par les bénévoles pourraient cesser, en guise de représailles. 
En revanche, la suspension de la convention entraîne l’arrêt de toute communication conjointe.

      Le geste vise clairement à mettre le directeur de l’école sous pression, et à menacer indirectement, malgré les dénégations de Jacques Paccard, de couper les cordons de la bourse. Les relations entre le directeur général et le président de l’association sont exécrables.

      Le conflit entre les deux parties se déroule, presque publiquement, à coups de correspondances assassines. Dans le dernier développement de ce feuilleton à rebondissements, Laurent Carraro, excédé par les déclarations de Jacques Paccard, lui a adressé le 7 juillet une lettre diffusée auprès de tout le personnel de l’école d’ingénieurs, que Mediapart a pu consulter. Il lui demande de cesser sa « large campagne de désinformation tant auprès de [ses] sociétaires que de différents responsables publics et privés en énonçant de multiples contre-vérités ». Dans ce document, plusieurs épisodes récents sont évoqués par l’actuel directeur.
      « Des délits imaginaires »

      Par exemple, l’initiative personnelle de Jacques Paccard d’écrire mi-juin au cabinet d’Emmanuel Macron pour placer l’école sous tutelle du ministère de l’économie et de l’industrie est vécue comme un affront supplémentaire. Enfin, la lettre « spontanée » (à découvrir ici) envoyée au président de la République par Jérôme Gavois, ancien Gadzart, au nom des enseignants des Arts et métiers pour soutenir la « Soce » creuse un peu plus le fossé entre les deux hommes. Non seulement le courrier met en cause la gestion de Laurent Carraro, mais sa rédaction serait selon ce dernier, toujours dans cette lettre interne, téléguidée par Jacques Paccard lui-même : « Je viens d’apprendre que le courrier “spontané” d’un enseignant de l’école au Président de la République s’opposant à l’évolution de nos statuts, abondamment relayé par l’association que vous présidez, implique vos collaborateurs les plus proches. J’ajoute que le message en question provient de 7 personnels de l’établissement pour un effectif avoisinant les 1 100 ! »

      Le président de la « Soce » reconnaît, dans un lapsus, que son association est « puissante », avant de se reprendre en disant « présente ». « Nous sommes présents pour prodiguer des conseils, aider à trouver des stages, le premier emploi, justifie Jacques Paccard. On est sensibles à la qualité de la formation. Tout ça dans un souci de bien-être chez les étudiants. C’est évident, on ne se désintéresse pas de la vie de l’école. On le fait bénévolement, ça nous coûte du temps, de l’énergie et de l’argent pour les bénévoles. »

      Après la publication des rapports de l’Inspection générale, il avait pris la plume à deux reprises, en 2015 et 2016, et écrit à la ministre de l’éducation nationale pour réfuter point par point, ou presque, les conclusions de ces enquêtes. Elles comprennent « des extrapolations psychologiques, des jugements moraux et un vocabulaire stigmatisant », écrit Paccard. Il est notamment furieux que l’Inspection considère que certains élèves sont en proie à un syndrome de Stockholm, ce phénomène psychologique observé chez d’anciens otages qui développent une empathie avec leurs bourreaux.

      Plus largement, le patron de la « Soce » nie en bloc les accusations de bizutage, qualifiées de « délits imaginaires ». Il n’y a jamais eu de condamnations pénales ni de conseil de discipline, insiste Paccard auprès de Mediapart, avant de renvoyer la responsabilité sur les directeurs des centres, garants du bon déroulement des pratiques internes. « Ce ne sont pas nos prérogatives », juge-t-il. Pourtant, il y a un an et demi, une charte tripartite entre la direction, l’union des élèves et la Soce avait été signée pour réglementer la PTV. « L’école complote avec le ministère pour détruire les Gadz et leurs traditions », a lancé Charles Duplaa, un autre ancien, chargé à l’école de réfléchir à l’évolution de la PTV, dans un mail interne que nous avons consulté.

      L’Union des élèves des Arts et métiers n’a pas souhaité répondre à Mediapart, en raison de « la situation et des tensions présentes », selon son responsable communication. Cependant, plus disert en interne, il a envoyé un message de dix-sept pages aux élèves afin de les éclairer sur les derniers rebondissements. Son analyse est nettement plus nuancée que celle de la « Soce » : « Que le ministère nous ait dans le collimateur, c’est une certitude. Et ce n’est pas nouveau : cela fait au moins 15 ans que c’est le cas. Mais dire que les deux rapports IGAENR qui nous sont tombés dessus sont faux, et basés sur du vent n’est pas crédible. À nous de trouver le moyen de transformer nos traditions de manière à ce qu’elles deviennent acceptables par tous, tant par les conscrits que par les personnes lambda, sans sacrifier à notre folklore et notre Histoire et surtout en faisant en sorte d’assurer la transmission de nos valeurs. De nombreux PGs s’interrogent actuellement là-dessus, je ne vous apprends donc rien. Et si on peut communiquer intelligemment dessus et redorer notre blason tant mieux ! » Le signe, peut-être, d’un renouvellement profond des traditions.

    • Merci @reka pour l’article gentilement offert :)
      Je comprend maintenant cette pression de la « Soce » sur la direction de l’école. La direction semble vouloir vraiment en finir avec ce bizutage mais elle à un adversaire plutot imposant. L’idée des travaux d’intérêt généraux à la place du parcours à l’aveugle dans les fer à repasser allumé est séduisante mais je me pose des questions sur l’intérêt de ces rituels d’intégration d’une manière général. Il y a aussi la question de l’alcoolisme promu par les associations étudiantes.
      Et je me demande comment ca se passe pour les étudiantes et les étudiant·e·s racisé·e·s dans un tel contexte.

    • Merci beaucoup pour l’article de Mediapart.
      Quelques commentaires, en vrac, d’un gadzarts (promo 1997-2000) :
      – Je suis très dubitatif quant à certains faits rapportés, l’histoire des fers à repasser notamment ; si c’est avéré, ça relève du pénal et les crétins qui ont organisé ou permis ça doivent être poursuivis et condamnés ; mais ce ne serait pas la première fois que des accusations très graves seraient formulées et pourtant basées sur du vent. Je parle d’expérience, ma promo ayant eu le plaisir d’étrenner la ligne SOS Bizuthage mise en place par Royal en 97. Concernant mon centre, une dizaine de signalements ont été faits, qui allaient du défilé forcé en caleçon jaune dans la ville à l’imposition d’attouchement sexuels, tous faux. Vrais ou faux, qu’importe, ministère et police partent du principe qu’il n’y a pas de fumée sans feu, nous avons eu droit à des fermetures, des exclusions temporaires des supposés « meneurs », même des gardes à vue (six mois après les faits présumés, sans suite bien sûr, le but étant d’intimider la promo suivante qui préparait la suite).
      – De mon expérience toujours, qui n’a pas prétention universelle, ceux qui refusent l’usinage ou ultérieurement toute participation aux activités de l’association des élèves, ne sont pas osctracisés. Je ne nie pas que la majorité, au moins dans un premier temps, suit et subit sans trop se poser de question, sans avoir le couteau sous la gorge non plus : il faut relativiser le poids qu’on prête à la Soce pour faire carrière une fois diplômé et en première année, pour la plupart, c’est encore un concept très abstrait. A titre d’exemple, sur ma promo, 120 élèves : 5 n’ont pas suivi l’usinage jusqu’au « baptême » ; parmi ceux-ci, que nous fréquentions tous les jours en cours, dans l’asso sportive indépendante, lors des repas, dans la résidence universitaire, 3 ont finalement demandé à intégrer l’association des élèves dans les deux ans qui ont suivi ; les 3 ont été admis comme membres de plein droit - et il est difficile de les accuser de carriérisme vu que deux ont enchaîné avec l’ENS pour devenir profs, l’influence de la Soce sur l’admission au concours étant nulle évidemment. À l’inverse, 3 autres se sont déclarés « hors promotion » en deuxième année car ils ne voulaient pas participer à l’usinage, sans conséquence sur leur scolarité ni leur empoyabilité à priori ; il y a cinq ou six ans l’un d’entre eux a souhaité adhérer à la Soce, son « retour » s’est fait sans problème.
      – Il y a bien un problème culturel d’alcoolisme, il n’est malheureusement pas spécifique aux Arts&Métiers ni lié à l’usinage mais généralisé dans toutes les strates étudiantes que j’ai pu fréquenter.
      – Concernant le supposé laisser-faire de la direction, historiquement la perpétuation des traditions s’est toujours faite contre l’administration, certes plus ou moins active mais toujours hostile. L’avantage de ce conflit latent, c’est qu’il évite de se poser des questions sur le cursus pédagogique, sur lequel il y aurait pourtant beaucoup à dire...
      – Concernant les étudiants racisés, je n’ai jamais eu l’occasion de constater de problème, ça ne veut pas dire qu’il n’y en pas mais je pense que parmi les bons côtés de l’usinage, il y a un véritable apprentissage de la tolérance et de l’ouverture d’esprit. Ceci étant dit, deux mois d’usinage ne peuvent pas venir à bout de vingt ans de préjugés.
      – J’ai volontairement parlé ci-dessus d’étudiants et pas d’étudiantes car du fait du déséquilibre (moins de 10 % de femmes !) des formes de sexisme se développent inévitablement, ne serait-ce qu’un paternalisme lourdingue : « on a peu de filles, alors on les choie... »
      – J’ai participé activement à l’usinage des deux promotions qui ont suivi, j’essaie de prendre et de garder le contact chaque année avec mes nouveaux-elles filleul-les et je n’ai pas l’impression d’être un sadique, pour reprendre le mot de Reka. Encore une fois mon expérience n’est pas universelle, il faut cependant comprendre que l’usinage n’est pas un calvaire de deux mois pendant lequel les deuxièmes années se défouleraient sur les premières, c’est un jeu de rôles grandeur nature auquel sont invités à participer les nouveaux, qui demande plusieurs mois de préparation, pendant lequel les 2e année se réunissent matin et soir pour se briefer et débriefer, et qui est beaucoup plus éprouvant, physiquement et mentalement, quand on usine que quand on est usiné car on est responsable de tout ce qui peut arriver.

      J’ai déjà écrit un long pavé, je vais m’arrêter là mais n’hésitez pas à me poser des questions plus précises si vous le souhaitez.

    • Merci beaucoup @iyhel pour le témoignage, toujours très utile de lire, d’échanger et d’écouter, de rechercher, de garder les canaux de dialogues ouverts, et de réfléchir et essayer de comprendre les liens de ce « système social » complexe.

      Je peux bien comprendre et admettre ton vécu, j’imagine que la biodiversité des élèves et étudiant(e)s « bizutables » fraîchement arrivé(e)s du lycée est très variée et que chacun doit s’accommoder de cette « épreuve » un peu comme il/elle peut (accepter de mauvais gré, trouver que c’est rigolo quand c’est pas sadique, y aller en se bouchant le nez en espérant que le mauvais moment passe vite, penser que c’est un formidable moyen de s’intégrer à une communauté/groupe", perdre ses repères en acceptant d’être soumis et/ou humilié).

      Je n’ai pas de bons souvenir de ms propres « baptêmes du feu », et j’ai entendu d’autres témoignages beaucoup plus inquiétants que le tien :) Ça fait longtemps que cette question me turlupine, de même que le « mobbing » à l’école pour mes enfants, si difficile à prévenir et pourtant si présent (oui, même en Norvège...).

      Pour revenir au bizutage, j’ai entendu des amis forts, d’autres plus vulnérables (tout le monde n’est pas forcément armé pour affronter ce genre de trucs et peuvent être profondément déstabilisé, et je trouve ça vraiment sadique parce que comme êtres sociaux, nous devrions plutôt faire attention et protéger les personnes vulnérables, pour moi c’est juste la base du respect humain) et sensibles en parler, et décrire cette expérience comme au mieux « désagréable » et au pire une vraie torture morale (et physique quand il s’agissait d’épreuves dites « sportives » - sic).

      Je n’arrive toujours pas à m’expliquer pourquoi les étudiants travaillent si dur (comme tu as l’air de le dire) pour perpétuer une tradition aussi destructive et inutile (comme si on avait le temps). Pourquoi faudrait-il que les assoss d’élèves et/où d’étudiants cherchent à tout prix à asservir les nouveaux, à les soumettre à leur ordre et leurs « traditions » ? Pourquoi, depuis toutes ces décennies, on a pas penser à transformer ce truc en quelque chose de plus constructif, culturel, festif ? ou alors ce qui se fait dans les bizutages, c’est le reflet de ce qu’est notre société, alors mieux vaut y être préparé le plus tôt possible ? :) Quand j’étais étudiant à Paris, ça ma vraiment fait chier d’entendre « allez les mecs, on va jouer à la guerre sur le terrain de paint ball, ça va être cool et on va vraiment se marrer ». Mais je n’ai jamais entendu « allez, rendez vous au tas de sable avec vos instruments et on se fait le mouvement lent du quintet de Schubert » (ou sans instrument, répèt de choeur). Pour moi ça aurait eu plus d’allure, mais je dois être très vieux-jeu.

      Ce qui est intéressant dans ton témoignage, c’est que c’est pour moi la première fois que j’en lis un aussi positif qui semble dire que ces pratiques sont finalement bonnes pour la tolérance et l’ouverture, et ça c’est assez nouveaux. Mais comme toi, mon expérience est loin d’être universelle et je n’ai peut-être pas eu tous les sons de cloches. Mais les expériences de mes copines victimes de sexisme et de harcèlement, j’ai entendu. Et ça m’a effrayé. Je ne fais pas vraiment confiance à des étudiant(e)s de deuxième année qui « usinent » les petits nouveaux sans aucuns contrôle (et au nom d quoi ont-ils ce pouvoir d’ailleurs ? de l’imposer aux autres ?).

      Bref, c’est en vrac, mais je mets ça au débat aussi (et comme je ne suis pas un ancien gadzart, sur cette école en particulier, je ne peux pas en dire plus bien entendu, ne connaissant pas l’école de l’intérieur, mais seulement quelques amis qui en sont sorti - et qui ont détesté ce bordel, raison pour laquelle cet article m’a interpellé :)

    • Concernant mon centre, une dizaine de signalements ont été faits, qui allaient du défilé forcé en caleçon jaune dans la ville à l’imposition d’attouchement sexuels, tous faux. Vrais ou faux, qu’importe, ministère et police partent du principe qu’il n’y a pas de fumée sans feu, nous avons eu droit à des fermetures, des exclusions temporaires des supposés « meneurs », même des gardes à vue (six mois après les faits présumés, sans suite bien sûr, le but étant d’intimider la promo suivante qui préparait la suite).

      Merci pour tes explications @iyhel mais je me demande comment tu peu affirmer avec autant de certitude que les agressions sexuelles étaient fausses. A part si c’est toi qui avait fait ces fausses déclarations ca me semble pas possible d’être aussi affirmatif.

      Pour le sexisme tu dit qu’il y a seulement du paternalisme. Mais comment ca se passe un défilé forcé en caleçon jaune en ville pour les étudiantes ?

      Je sais d’expérience que les hommes sont aveugle au sexisme et à la misogynie. Il n’y a qu’a les écouté faire les ahuris quant on aborde le sujet du harcèlement de rue.

      Mon ex beau père avait fait l’école Boule. Il me racontais avec nostalgie à quel point il avait aimer son bizutage dans cette école. Le bizutage consistait à mettre nue un étudiant et une étudiante, les peindre entièrement l’un en bleu, l’autre en jaune, les enfermé dans une pièce sans lumière et ne les laisser sortir que lorsqu’ils sont tous les deux entièrement verts. Il faut savoir que mon ex beau père est un agresseur sexuel multirécidiviste. J’ose pas imaginé ce qu’a enduré l’étudiante qui était enfermé avec lui ainsi que les autres étudiantes de cette promo.

      C’était à l’école Boule dans les années 1980 mais c’est juste pour dire que ce bizutage amusait beaucoup les mecs et que la plus part d’entre eux n’y voyaient pas de sexisme, juste un sympathique jeux des couleurs très bon enfant.

      Dans le cadre d’une structure tel que l’usinage, ou les étudiants de seconde année organisent l’humiliation des première année, ca m’étonnerais qu’il n’y ai pas des abus liée a ce déséquilibre de pouvoir.

      Tu dit que les participants sont « invités à un jeu de rôle » mais il est quant même aussi question de « marche forcée en caleçon » ca me semble pas être une invitation. Tu parle de jeu de rôle comme d’un truc inoffensif, mais le jeu de rôle du dominant-dominé peut être dangereux : https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Stanford

      Si les étudiant·e·s qui ont refusé ces humiliations peuvent être à la « Soce » et profiter des mêmes avantages que celleux qui ont été humilié·e·s pendant 2 mois, je me demande à quoi sert encore cette pratique et pourquoi vouloir la défendre et la conservé ?

    • Mad Meg, j’ai dû mal m’exprimer : aucune des dénonciations faites n’avait de fondement. Ni les défilés en caleçon, ni les agressions sexuelles.
      Concernant celles-ci, je n’ai pas la prétention de savoir tout ce qui a pu se passer 24 h sur 24 pendant deux mois mais il faut bien comprendre qu’on vit les uns sur les autres (le poids de cette promiscuité pendant 3 ans est une autre affaire) et que ce serait très compliqué à dissimuler - et encore plus à justifier devant le reste des élèves.
      Je n’ai connaissance que d’un cas de viol, dans un autre centre, en cours d’année, après une beuverie, d’un élève par un autre ; celui-ci a été immédiatement exclu de l’association, je ne sais pas quelles ont été les suites judiciaires.

      Je n’ai pas dit que le sexisme se manifestait uniquement sous forme de paternalisme, simplement que c’en était l’expression principale. 10 % de filles seulement, comme on l’imagine elles sont très sollicitées, surtout dans les centres comme Châlons ou Cluny où hors des A&M il n’y a pas beaucoup d’autres étudiant-e-s. Elles se retrouvent facilement cataloguées « salope » ou « allumeuse » pour peu qu’elles mettent du temps à « choisir ». Je répète mon commentaire précédent, deux mois d’usinage n’effacent pas vingt ans de préjugés sexistes d’un coup de baguette magique.

      J’en reviens à mon expérience personnelle et mes motivations pour accepter de suivre puis faire suivre l’usinage : j’ai fait mon lycée à Versailles, dans un établissement supposé fait partie des meilleurs de France. Je n’y ai pas fait ma prépa et je ne voulais surtout pas l’y faire à cause de l’ambiance qui y régnait et notamment du bizuthage qui s’y pratiquait - une semaine à faire des pompes sous les hurlements des ’spés’, à déambuler dans les rues affublé d’un sac poubelle et que sais-je encore, tout ça pour une ambiance de merde derrière, ça ne m’attirait pas vraiment. J’ai fait ma prépa dans un lycée sans bizuthage ni « période d’intégration », les interactions entrés sups et spés étaient assez limitées. Des rumeurs circulaient évidemment sur la dureté et la violence de l’usinage aux Arts&Métiers, largement alimentées par mes camarades qui étaient en internat à l’école militaire de St-Cyr et avaient eu droit à un programme copieux comme savent faire les (apprentis-)militaires. Vu mon expérience, de loin, du bizuthage en prépa, je n’avais aucune envie ni intention de participer à ça une fois en école d’autant que je cultivais les tendances asociales et ne percevais absolument pas l’attrait de la communauté gadzarts. Pour moi l’affaire était entendue, ils pouvaient bien venir me chercher, je leur expliquerais que leurs gesticulations, ça ne m’intéressait pas et qu’ils se passeraient de moi comme victime de leurs petits jeux defoulatoires.
      Las, une semaine avant mon entrée à l’école, j’ai été invité, comme tous les élèves, à un dîner d’accueil régional organisé par 1ère et 2e années. Et là je suis tombé sur des gars qui ne s’étaient pas vus depuis deux mois car éparpillés en stage dans toute la France, qui ne se connaissaient généralement que depuis un an à peine et entre lesquels je percevais pourtant un lien, très fort, de camaraderie, de complicité, de partage, que je n’avais jamais vu ailleurs.
      Ça a suffisamment éveillé ma curiosité pour que je laisse une chance à l’usinage - et je ne l’ai pas regretté.

      Il y a beaucoup à discuter sur les méthodes employées (j’y reviendrai plus tard), qui évoluent d’ailleurs énormément d’une année sur l’autre, à l’initiative des élèves et pas seulement sous la pression de l’administration qui préférerait qu’on organise un gentil week-end de débauche effrénée, de préférence loin de l’école, comme cela se fait dans beaucoup d’établissements. Mais il faut aussi garder à l’esprit que ces huit semaines ne sont qu’une partie d’un tout, l’amorce d’une vie associative très intense trois ans durant, plus distendue une voie entré-e-s dans la vie active. Supprimer la « période de transmission des traditions » (pardon, des « valeurs », c’est l’élément de langage à la mode) n’éradiquerait pas l’esprit gadzarts - qui est la véritable cible du ministère et ce depuis des décennies.

    • Ok @iyhel, merci pour ces nouvelles précisions. Mais ca consistait en quoi concrètement les épreuves initiatiques auxquel tu as participé ?

      Si la disparition de l’usinage n’éradiquerais pas l’esprit Gadzart alors pourquoi la Soce et les Gadzart veulent conserver cette tradition alors qu’elle n’a pas d’utilité ? L’article de médiapart rapporte qu’il y a de nombreuses plaintes des parents et étudiant·e·s des arts et métiers.

      Je répète mon commentaire précédent, deux mois d’usinage n’effacent pas vingt ans de préjugés sexistes d’un coup de baguette magique.

      L’usinage peut justement causé une aggravation des inégalités de genre et servir d’outil à la perpétuation de discriminations sexistes (et racistes aussi). Et le fait qu’on ne pourrais pas cacher à la collectivité des agressions sexuelles sous prétexte que ca serais difficile à dissimulé me semble vraiment douteux. Il y a 150 000 agressions sexuelles par an en France, un tiers des femmes subissent au moins une agression sexuelle au cours de leur vie en France, une sur cinq avant leur 15 ans et la très grande majorité de ces agressions sont parfaitement dissimulées et cela pendant bien plus que 3 ans et pourtant les femmes vivent cela dans une globale indifférence.

      Je ne dit pas que l’usinage est forcement toujours sexiste ou raciste mais l’usinage me semble un terrain propice a ces agressions parce que l’usinage se produisent dans un contexte patriarcale, raciste et hiérarchique qu’on efface pas d’un coup de baguette magique pour reprendre ton expression. L’usinage comporte ce risque important et rien que pour ca je pense que cette pratique ne devrais pas être conservée.


  • La fabrique à machos | Sa Mère la flüte
    https://samerelaflute.wordpress.com/2016/05/31/la-fabrique-a-machos

    Il y a quelques jours, ma fille a éclaté en sanglots en rentrant de l’école. Elle en avait gros

    sur la patate. Un garçon de sa classe de maternelle l’a menacée de mort. Il lui a dit :

    “je vais demander à mon père de prendre son fusil et de venir te tuer demain”.

    Elle était terrorisée. Quand elle est allée, comme je lui ai enseignée, voir des adultes pour

    reporter les faits, on lui a répondu “de toute façon il n’y a pas d’école demain”.

    #sexisme #école #conditionnement #éducation #discrimination #enfance #genre

    Un peu plus tard ce jour là, sa maîtresse l’a prise à partie devant toute la classe pour lui

    dire “tu diras à ton petit frère qu’il mette du rouge à lèvres la prochaine fois, qu’on rigole”

    parce que mon fils de quatre ans avait tenu à mettre du vernis à ongles (bleu) comme sa

    grande sœur.

    • Mon fils en CM1 me raconte qu’à l’issue du cours de Rugby, les filles terminent systématiquement en pleurs. Je n’ai pas encore réussi à comprendre cela autrement que par les stéréotypes, parce qu’à priori, rien (que je sache) ne permet de conclure qu’elles auraient subi un traitement différent. L’instit’ est une femme, et il y a mixité équilibrée dans sa classe... ça me laisse complètement perplexe.

    • #école_française, et dans ces cas là, tu n’as plus qu’une envie, c’est de trouver d’autres parents pour se réunir et faire l’école à la maison. Dans une maternelle, il y a 15 ans, les affaires des filles étaient roses et celles des garçons bleues. Et la maîtresse à qui je disais que c’était bien dommage de n’avoir pas évolué depuis Napoléon m’avait rétorqué que les enfants étaient pourtant très contents. À ce niveau d’argumentation, tu soupires et tu fermes les yeux en pensant que tu es dans une grande forêt loin de là.

    • J’ai interrogé mon fils plus longuement hier soir à ce sujet, et il a du mal à expliciter.

      Ce que je parviens à retranscrire de ce que j’ai réussi à lui faire dire :
      – Elles ont perdu, alors elles crient, et elles pleurent, elles sont toutes énervées ;
      – Tel copain était dans leur équipe, alors elles ont gagnées, et elles ne sont pas contentes (je n’ai pas compris le lien de cause à effet)

      Il n’y en aurait qu’une qui ne pleure jamais. Pas pu savoir s’il y avait une raison particulière, mais à priori, elle n’a pas le même tempérament que les autres.

      J’ai l’impression que c’est l’intériorisation du « les filles doivent/peuvent pleurer »... et du « les filles sont hystériques » ; mais j’y vois probablement aussi le fait que c’est une façon de faire ressortir les tensions nées de cette activité et qu’en effet, on apprend (par stéréotypes) aux filles à extérioriser plus volontiers certains sentiments. Ce qui n’est pas forcément négatif, d’ailleurs... mais le contraste entre les groupes reste vraiment surprenant.

      C’est bientôt la kermesse de l’école, j’essaierai d’en discuter avec l’instit’ qui gère ce moment (il a deux instits chacune à mi-temps...)

    • Il est assez clair que la domination masculine qui est enseignée à l’école contribue aux violences sexuelles, et ce dès la maternelle, j’en ai été la témoin affligée.
      http://seenthis.net/messages/191492#message193077

      La direction de l’établissement comme la FCPE ont tout fait pour étouffer l’affaire, riant au nez des parents lorsqu’ils ont demandé que les agresseurs soient pris en charge.
      Il n’y avait en fait aucun service compétent, et ces garçons étaient en dysfonctionnement complet. Ils attrapaient les fillettes pour mimer une sodomie lorsqu’elles arrivaient en classe le matin, oui, vraiment ils avaient besoin d’être suivis, mais rien n’a été mis en place.


  • Arriver en retard pour éviter la bise
    http://romy.tetue.net/arriver-en-retard-pour-eviter-la-bise

    Mon cher collègue, puisque tu passes par ici, je t’invite à réfléchir à cette bise que tu me claques chaque matin et à prendre conscience que, même si tu penses bien faire, ça ne plaît pas à tout le monde. Nan. Vraiment. Chaque fois que je fais l’effort de venir plus tôt au bureau, je me souviens pourquoi je préfère arriver systématiquement en retard. Pour éviter le rituel de la bise. Vous avez peut-être la chance d’être bien réveillé le matin. Pas moi. Quand j’arrive dans les locaux, je n’ai pas encore (...)

    #politesse #bise


  • Le conditionnement quotidien : l’arme absolue contre toute #rébellion
    https://reflets.info/le-conditionnement-quotidien-larme-absolue-contre-toute-rebellion

    Les conditions pour un nouveau #mai_68 sont souvent citées lorsque des manifestations surviennent impliquant la jeunesse. Depuis une vingtaine d’années, au moins. Comme si mai 68 était un absolu qui pouvait se régénérer à travers les âges et pouvait permettre un changement de société salvateur et bienvenu. Sauf que tout a changé ou presque […]

    #Société #Tribunes #Capitalisme #captologie #Captology #conditionnement_psychique #influence_de_masse #Marketing #SEME #systèmes_de_manipulations #technologies_de_l'influence

    • L’éducation est au centre de la sensation de vide partagée par une grande part des populations industrielles et industrieuses. La plus grande partie des individus a été élevée devant un écran de télévision, puis par des jeux vidéos, et finalement des « espaces numériques de consommation de masse », et au final, les trois ensemble.


  • Why Is My Kindergartner Being Groomed for the Military at School?
    http://www.truth-out.org/news/item/34693-why-is-my-kindergartner-being-groomed-for-the-military-at-school

    Perhaps the most insidious thing about this grooming is that it wasn’t even deliberate. The worksheet did not come from military recruiters. It didn’t have to. Search online for “military kindergarten printables” and you’ll find a wealth of free materials for teachers - a welcome resource in cash-strapped public schools, where teachers often pay significant sums out of pocket for classroom materials.

    My child’s teacher wasn’t deliberately distributing propaganda. When we talked with her about it, she was surprised and very responsive. She’s a fantastic teacher. It’s just that our country’s $598.5 billion war machine is so ubiquitous that few people even think twice about its role in our children’s lives.

    #conditionnement #enfants #militaires #etats-unis


  • L’agglo de Nîmes supprime la gratuité des transports pour les chômeur-euses, CNT 30
    http://www.cnt-f.org/30/L-AGGLO-SUPPRIME-LA-GRATUITE-DES-TRANSPORTS-POUR-LES-CHOMEUR-EUSES.html

    Par un délibéré de ce lundi 7 Décembre 2015 actant l’adoption de tarifs dits sociaux, le conseil communautaire de l’agglomération Nîmes métropole a entériné de facto la suppression de la #gratuité_des_transports pour les demandeur-euses d’emploi sur plusieurs villes clés de l’agglomération, dont Nîmes.

    Acquis par les #mouvements_de_chômeur-euses à la fin des années 90, la gratuité permettait à nombre de #précaires, de pouvoir assurer leurs démarches ou leurs déplacements quotidiens. A l’heure où les agences Pôle Emploi, la Mission Locale Jeunes, Cap emploi, et les établissements sociaux sont relégués en périphérie des villes, où les chômeurs et chômeuses sont invité-es à multiplier les démarches ou à cumuler les emplois précaires, le service public se retire.


  • « La domination adulte » dans Le monde allant vers (#Radio_Grésivaudan)
    http://www.radio-gresivaudan.org/Nouvel-article-No-3173.html

    L’émission "Le Monde Allant Vers" a reçu le 19 novembre 2015 de 19h30 à 20h30, en direct, #Yves_Bonnardel, pour parler avec lui de son livre explosif : « La domination Adulte , l’oppression des mineurs ».

    Une citation de Christiane Rochefort résume bien le livre d’Yves : « L’oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

    http://www.radio-gresivaudan.org/IMG/mp3/le_monde_allant_vers_2015_11_19.mp3

    Voir aussi l’avant-propos du livre, écrit par Christine Delphy
    http://seenthis.net/messages/410039

    Les enfants, les jeunes de notre société, sont livrés, sans contrôle de la communauté, à l’#arbitraire d’un ou deux individus.

    Le livre, sous titré L’oppression des mineurs
    http://boutique.mjmcrafts.fr/myriadis/32-la-domination-adulte-l-oppression-des-mineurs.html

    Un ouvrage qui critique de façon approfondie la #domination_adulte sur les #enfants : philosophie, histoire, politique, droit, idéologie...

    #audio #radio #violence_éducative #éducation_non_autoritaire




  • Des femmes qui courent | Au Comptoir de la Pop Culture
    https://comptoirpopculture.wordpress.com/2014/07/04/des-femmes-qui-courent

    S’il y a une chose que j’adore avec l’ère Youtube, c’est bien le principe du Supercut. Petite définition : il s’agit d’un montage vidéo qui rassemble le plus possible d’extraits de films ou de séries dans le but de pointer du doigt les clichés qui pullulent dans les créations qu’on nous propose. Certains sont surtout moqueurs, d’autres ont des visées esthétiques.

    Aujourd’hui je vais m’appliquer à l’analyse d’un #supercut trouvé sur Youtube, et vous parler un peu de #male_gaze.

    Ce que j’adore avec les Supercuts, en dehors de leur aspect divertissant, est qu’ils font le boulot que j’ai vraiment la flemme de faire : collecter des données sur les films, les séries, les compiler et les trier. On peut bien sûr les considérer comme de simples petits projets de cinéphiles, ou les voir comme des études culturelles. Je choisis de voir en ces montages vidéos autre chose qu’un simple désir de collecter ; j’y vois des preuves en images de schémas récurrents dans les produits culturels que nous consommons.

    Voici le Supercut dont je vais vous parler : “Slow-motion running » (des scènes de course au ralenti)

    https://www.youtube.com/watch?v=sblvu-PvTi4

    #genre #stéréotype #trope #cliché #conditionnement #slow_motion #courrir


  • Charlie et le délire compassionnel
    http://articles.alambic.ch/libre/charlie-et-le-delire-compassionnel.html

    Sous couvert d’une interprétation particulièrement perverse [7] de la « #laïcité », et du droit à critiquer toutes les religions [8], le journal a laissé libre cours à ses penchants islamophobes. Cela a donné quelques chefs-d’œuvre des monuments de la liberté d’expression que nous devrions défendre de manière inconditionnelle, tel ce « monument à l’esclavage du contribuable autochtone blanc », alors que « Le Coran ne dit pas s’il faut faire quelque chose pour avoir trente ans de chômage et d’allocs », vicieuse inversion du rapport raciste. On y est aussi invité à répondre à cette question hautement impertinente, qui contient sa propre réponse : « Les frites seront-elles bientôt toutes halal en Belgique ? Quelques barbus s’y activent, et combattent la démocratie qui leur permet d’exister ». A ceux qui ont l’outrecuidance de faire remarquer de tels propos doivent être combattus, tout comme doivent l’être les propos antisémites, sexistes et homophobes, Charlie Hebdo rétorque que « les musulmans doivent comprendre que l’#humour fait partie de nos traditions depuis des siècles ». A chacun sa tradition : celle des Musulmans nous est donnée à voir par le dessin d’un un imam habillé en Père Noël en train d’enculer une chèvre, avec pour légende : « Il faut savoir partager les traditions » [9]. Cette désinhibation raciste, qui a cherché à se déguiser en subversion et en impertinence, a été en réalité facilitée dans le contexte d’une France sarkozyste aux relents pétainistes, dont le président a remercié le rédacteur en chef de l’hedomadaire pour sa loyauté en le propulsant à la tête d’une radio nationale. L’époque est depuis longtemps révolue où Charlie Hebdo était régulièrement soumis à la censure du pouvoir et pouvait de ce fait se présenter comme subversif et courageux. Il est aujourd’hui devenu l’ami des puissants, et au cri de « Je suis Charlie », c’est ce caniche des va-t-en-guerre qu’on essaie maintenant de nous présenter comme le dernier rempart contre la barbarie.

    #racisme #sexisme #xénophobie #guerre #conditionnement

    • Tout le papier est d’une débilité assez crasse, et finit dans un mélange de phénomènes sans aucun rapport qui mériteraient à son auteur une jolie chemise avec des manches attachées dans le dos :

      On ne compte déjà plus les interventions médiatiques qui surenchissent dans l’appel à la croisade. Le gouvernement français a pour sa part aussitôt annoncé des mesures anti-terroristes renforcées. Avant toute chose, cela signifie plus de persécutions policières pour ceux qui les subissent déjà, et plus de répression de la contestation. La guerre contre les pauvres [10] va elle aussi redoubler d’intensité, et les bancs grillagés d’Angoulème ne sont que le prélude à la terreur quotidienne qui attend les parias d’une société qui, pour se préserver de ses propres relents, s’en gargarisera d’autant plus à l’eau démocratique. Le délire compassionel vient renforcer une nouvelle fois le délire sécuritaire, et la panique autour de « l’invasion islamique » a pour principale fonction d’étouffer ce bruit de bottes

      .

      Il montre en outre :
      – Une absence de précautions oratoires, et même de décence assez peu commune
      – Une méconnaissance totale de Charlie des quinze dernières années, comme tous les papiers dans la même veine qui commencent à fleurir. Parce qu’il y a du monde pour s’exciter sur des dessins sans contexte, voire tronqués, mais pour lire les papiers ou les éditoriaux, qui donnaient du contexte et de la diversité, plus personne tout à coup.

      Plus généralement, tout le passage mis en citation n’est qu’une mauvaise resucée du désormais célèbre papier de Cyran, http://www.article11.info/?Charlie-Hebdo-pas-raciste-Si-vous , qu’il n’a même pas été foutu de lire correctement , comme le montre la confusion atterrante entre un soutien, dans une chronique, de Fourest (qui était loin de faire consensus à Charlie) à un dessinateur néerlandais qui avait effectivement publié les dessins en question sur son blog ; et une publication dans Charlie.
      Le papier en question n’est d’ailleurs pas tellement meilleur, et est très largement de mauvaise foi, mais au moins il avait le mérite de savoir à peu près de quoi il parlait, au lieu de partir dans une succession de délires paranoïaques, au timing franchement indécent.

    • @alexandre, tu viens là, d’un ton péremptoire, nous donner ton verdict : ce papier c’est de la merde (« Tout le papier est d’une débilité assez crasse »).

      Ayant un peu l’habitude de trainer sur seenthis, je me méfie des posts des gens que je ne connais pas car le niveau est généralement très élevé. Il y en a pas mal avec lesquels je suis en désaccord mais, l’argumentaire qu’ils utilisent impose le respect.
      Donc, après lecture de ta diatribe j’ai fait deux choses : je suis allé relire l’article en question (au cas ou je sois passé à côté de quelque chose) et ensuite j’ai relu ton post.
      Mon verdict : non seulement je continue de trouver cet article remarquable, mais maintenant je te sais réducteur dans l’analyse.
      @alexandre, que penses-tu de la complexité ? Les choses ne sont pas dichotomiques, elles sont complexes, très complexes. Tu tires une citation du texte en disant (je simplifie) « regardez c’est un lourd, il mélange tout ».
      Et pourtant dans cette citation il t’explique que si l’on y prend garde, demain t’auras droit à un touché rectal pour pénétrer dans un grand magasin car la loi le prévoira. Il t’explique que si l’on y prend garde, demain on te mettra sur écoute permanente car la loi le prévoira, tu n’auras qu’à la fermer. Il t’explique que si l’on y prend garde, tu finiras en GAV parce que t’es allé 2 fois sur le même site, car la loi le prévoira. Toi t’appelles ça « tout mélanger » moi j’ai l’impression de voir en accélérer l’après 11/9.

      Tu viens crier haut au fort « y’a pas bon papier, y’a bon journalistes, y’a liberté d’expression bafouée, ..etc., y mélange tout » (sic !).
      Cyran que tu cites a pratiqué une dizaine d’années tes champions de la liberté d’expression dont d’après toi il faut « …lire les papiers ou les éditoriaux, qui donnaient du contexte et de la diversité… » mais pourtant son ressenti a l’air différent du tien et se rapproche de ce papier.

      Peut-être te faudrait-il du bien lourd, des méchants d’un côté (islamistes et autres) et des gentils de l’autre (en gros les ils_sont_Charlie). Mais Cyran ou Schiess c’est pas bon, ils ont l’air à gauche mais ils ne sont pas Charlie, alors l’opprobre est jetée.

      Je suis fatigué de ces leçons de pensée.

      Il y a peu de temps quelqu’un a seené un papier remarquable qui décrivait ces gens, généralement gauchistes antifas, qui prétendent combattre pour la liberté d’expression mais qui ont pour comportement de s’assoir sur celle de ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, avec violence, et bien entendu, en anonymes, pour gerber sur des gens qui signent avec leur vrai blase.

      Au final, Schiess est un âne, Cyran pas loin et toi visiblement tu es Charlie et tu iras certainement demain manifester à l’appel de ton premier ministre avec tous les représentants de l’OTAN. Je te laisse évaluer objectivement où est la crasse.

      @biggrizzly , j’ai également lu ton commentaire que tu as par précaution qualifié d’humoristique. Je le prends donc comme tel, mais je voudrais néanmoins dire quelque chose : tout n’est pas blanc ou noir. Tu crées le tag #je_suis_minute, tag pervers s’il en est car il pousse à accroire que soit tu es Charlie ou soit tu es minute (tu n’as pas choisi, l’huma, ou rouge, tu as choisi minute, c’est particulier).
      @biggrizzly , souffre qu’il existe beaucoup de nuances de gris. Tu peux ne pas être Charlie, et ne pas être minute également. Tu peux être Charlie et aussi être un gros c%@, c’est ça la complexité, elle nous impose de ne pas abdiquer notre droit à réfléchir et à admettre qu’il y a autre chose que le choix dichotomique mac-do/quick, auchan/carrouf, démocrate/républicain, ump/ps et bien entendu #je_suis_Charlie/#je_suis_minute.

      J’espère néanmoins que tu apprécieras mon humour comme j’ai su apprécier le tien. Si tous les couples que je viens de lister ne sont en fait que le reflet de deux choses identiques, choses pourtant que l’on veut nous montrer comme opposées ou pour le moins différentes, je te laisse méditer la dessus : #je_suis_Charlie/#je_suis_minute.

      Moi, #je_ne_suis_pas_Charlie, #je_suis_de_gauche enfin je crois, mais je peux être également #assez_lourd aussi, mais bon c’est complexe…
      Amicalement.

    • @butadaie tu as bien du courage pour faire ce genre de commentaire posé. J’avoue que des fois l’envie de laisser tomber m’habite. J’ai posté le même article ailleurs et j’ai eu un truc encore plus réactif :
      « Article de merde, intellectuellement médiocre et surtout particulièrement malvenu... AVFF. »
      je ne suis pas sur mais je crois que AVFF doit signifier aller vous faire foutre... J’étais ravi.
      Du coup, je pense surtout que c’est que pour certains, il y avait beaucoup d’attachements aux auteurs, et qu’il y a une grande part d’émotion. La spécificité de la chose étant que les personnes tuées étaient en partie très connue du grand public.


  • Médecine esthétique : intéressante intervention de Lili Barbery-Coulon (auteure d’un récent reportage sur la dictature de la beauté à New York dans « M le magazine du Monde ») sur le forum du blog Superbytimai
    http://www.superbytimai.com/2014/12/02/mathilde-to-b-or-not-to-b

    Je ne juge pas celles qui font de la chirurgie ou de la médecine esthétique (attention, ça n’a RIEN à voir. Une technique utilise le bistouri, l’autre les injections, les peelings…). Mais en ce qui concerne la médecine esthétique, quand je remarque qu’un visage a été injecté (et j’en remarque toute la journée), deux pensées me viennent. Primo, je trouve ça laid. C’est très très rarement réussi. C’est une question de goût : je trouve que ça gâche le visage ; Secundo, je sens quelque chose de “fake”, d’artificiel qui me dérange tellement que je me demande bien ce que cette personne a de si difficile à cacher.

    Par ailleurs, les gens qui ont recours à ces techniques font rarement plus jeunes que leur âge. Il y a des études qui montrent qu’on gagne tout au plus 7 ans (et c’est un max). C’est une énorme arnaque ! On vend l’idée de la jeunesse éternelle, alors qu’on gagne si peu…Donc, quand Mathilde dit : “j’aurai l’air plus jeune avec une ride du lion en moins”, elle se goure. Il y a plein d’autres critères qui permettent d’évoquer la jeunesse. Le teint pour commencer (une bonne maitrise du maquillage donc), les cernes (leur coloration) et les poches (il n’y a pas de crème qui marche pour ça, ça n’existe pas. le seul truc que j’ai vu de révolutionnaire c’est la chirurgie mais ça fait atrocement mal et c’est très excluant pendant plusieurs semaines car on a la gueule ravagée). Il y a la couleur des cheveux, la coupe (essentielle !!!!), la silhouette, la manière de s’habiller, le maintien de son corps. Tous ces critères donnent des indications aux autres. Pas seulement les rides. Les rides ne sont qu’un détail micro dans cette évaluation machinale que l’on fait au quotidien sans s’en rendre compte.

    Le problème à mon sens de ces techniques, c’est qu’elles enlaidissent à la longue. Et qu’elles conduisent à en faire toujours plus. Je pense que les premières séances sont souvent réussies mais comment trouver la force de s’arrêter ? Comment trouver un médecin suffisamment intelligent pour ne pas déborder (et sincèrement, j’en interviewe à longueur d’années, ils sont flippants !) ? Un médecin qui ait du goût ?

    Quand j’étais à NY, je me suis beaucoup posée ces questions. A force d’entendre dire que j’avais besoin de botox dans le front, j’ai commencé à douter. En plus, on me promettait que personne ne s’en rendrait compte (en même temps à quoi bon ?) que même mon mari ne le verrait pas (en même temps, les mecs ne remarquent même pas quand on se fait couper les cheveux..)… C’était tentant. Mais si je fais du botox à 38 ans alors que je n’ai quasiment aucune ride, je fais quoi à 45 ? J’y vais à la truelle ? Et où trouver le budget pour réparer mes propres peurs ?

    Ce que je trouve triste dans le discours de Mathilde (et qui me surprend beaucoup puisque je la connais un peu) c’est la phrase “puisque ce sont les règles du jeu, je vais jouer avec moi aussi”. Mais qui définie les règles ? Qu’on ait envie d’en faire et qu’on trouve Madonna ou bien Carla Bruni jolie, why not. Mais qu’on se sente OBLIGÉE de le faire parce que la société le dicte, alors, je trouve ça atroce. C’est pile ce que je dénonçais dans mon article sur NYC. Les femmes n’ont plus d’autre choix que celui ci là bas parce que c’est devenu une norme. Et je pense que cette liberté de choisir la manière dont on vieillit est essentielle.

    Alors si la règle du jeu aujourd’hui est la minceur, est ce que cela veut dire qu’on n’a pas d’autre choix que de faire un 36 pour réussir professionnellement ? Est ce que si les blondes ont plus de succès que les brunes, on doit toutes se péroxyder le crane ?

    Je ne veux pas me sentir soumise à la norme. Evidemment c’est facile de l’écrire quand on est encore jeune. N’empêche. En photographiant mes “vieilles” dames pour ce même numéro du M, je les ai trouvées si belles avec leur visage parcheminé, que c’est à elles que je veux ressembler en vieillissant. Pour autant, ça ne veut pas dire que je ne veux rien faire et me laisser aller.

    Et puis, il y a cette idée terrible mais nécessaire d’accepter que même avec toutes les techniques du monde, il y a un moment où on passe la main. Malgré tous les efforts… On vieillit. Et on meurt.

    #jeunisme #sexisme #beauté #chirurgie_esthétique


  • Les médias perchés sur une étude associant talons et séduction - Les Nouvelles News
    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/chroniques-articles-section/chroniques-categorie/4063-etude-seduction-talons-medias-perches

    Si le chercheur estime que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour « déterminer le processus » qui rend les hommes plus réceptifs aux talons hauts, sa principale hypothèse est : « l’association entre talons haut et références sexuelles véhiculées par les médias ». Nicolas Guéguen souligne d’ailleurs que plusieurs études ont précédemment montré que les hommes étaient davantage attirés par les femmes blondes. Lui même a publié en 2012 les résultats d’une expérience indiquant que les hommes donnaient des pourboires plus élevés à des serveuses blondes. Or ces dernières sont surreprésentées dans les magazines, érotiques en particulier, relève-t-il. Ce qui revient à associer, dans les codes sociaux, blondeur et sexualité.

    (...)

    Etonnamment (?), cette hypothèse n’a été que peu développée par les médias qui se sont jetés sur cette étude, en dégainant la carte « scientifique », même si les échantillons (180 hommes pris au hasard dans les deux premières expériences, seulement 36 dans la troisième) ne sont pas forcément scientifiques. Des médias qui se contentent donc de diffuser le message que « les hommes préfèrent les femmes à talons hauts », comme titre Libération. Que « les talons hauts rendent les hommes plus réceptifs et plus serviables » (Le Huffington Post). Oui, c’est scientifique, ils « rendraient les hommes serviables » (20Minutes).

    (...)

    Et aux oubliettes cette autre étude, publiée en 2012, selon laquelle l’usage répété de talons hauts présente des risques de troubles musculo-squelettiques.

    #talons


  • Media Stoke Our Terrorism Mindset - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/roomfordebate/2014/04/16/living-in-the-grip-of-vigilance/media-stokes-our-terrorism-mindset

    For more than 30 years, media and pop culture have used scare tactics and racial profiling to overwhelm Americans with fear of the dark-skinned terrorist.

    (...)

    ... a cultural-political mindset (...) has been cultivated over several decades. When a section of policy makers began to develop a vocabulary around Arab and Muslim terrorism in the 1970s, Hollywood stepped in to visualize this new enemy. Dozens of films about brown terrorists bent on attacking the U.S. and Americans, like “Black Sunday” (1977) and “True Lies” (1994), shaped our collective imaginations so effectively that when the Oklahoma bombing occurred in 1995, it was automatically assumed that Arabs were responsible.

    The real trauma of 9/11 elevated this mindset, creating fear and paranoia that terrorists are everywhere. Though we are twice as likely to die from a lightening strike than a terror plot, government campaigns such as “See Something, Say Something,” and popular television shows like “24” and “Homeland,” have inculcated a pervasive threat consciousness.

    This ritualistic and repetitive depiction of a vulnerable homeland is what has allowed for the emergence of a surveillance state that now sees fit to monitor all its citizens. Few politicians have challenged such invasive surveillance for fear of being cast as “soft on terrorism.”

    Thus, a “terrorism mindset” espoused by politicians and bolstered by the culture industry has justified the creation of a massive national security state that systematically violates our civil liberties.

    #terrorisme #surveillance #conditionnement #médias #Hollywood #cinéma #séries_TV #Etats-Unis


  • « A moins que Sunnie et sa famille ne comprennent clairement que Dieu l’a faite femme... »
    http://www.elle.fr/Societe/News/Sunnie-8-ans-pas-assez-feminine-pour-son-ecole-2693200

    Sunnie Kahle, 8 ans, a les cheveux courts, collectionne les balles de baseball dédicacées, porte de longs T-shirts et des jeans larges. Un style qui ne plaît pas à son école primaire catholique, en Virginie, aux Etats-Unis. Dans une lettre adressée à ses grands-parents, l’établissement a fait savoir que Sunnie ne pourrait pas rester à l’école l’année suivante si elle ne s’habillait pas de façon plus féminine. « A moins que Sunnie et sa famille ne comprennent clairement que Dieu l’a faite femme, et que ses tenues et son attitude doivent être en adéquation avec cette identité que Dieu lui a donné, cette école n’est pas l’établissement approprié pour sa future éducation », a expliqué le personnel dans son courrier, appuyant son argumentation en citant des extraits de la Bible. Contactée par la chaîne locale WSET-TV, la direction de l’école a expliqué que le problème allait « bien au-delà de la longueur de ses cheveux » et que son comportement « perturbait l’ambiance de la classe ».


  • « Farmers create pentagon-shaped fruit »
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2540670/The-perfect-half-time-oranges-five-football-matches-Farmers-create-pent

    Farmers in Japan have created pentagon-shaped fruits.

    The iyokan citrus fruits or ’Gokaku no Iyokan’ were handed out as a good luck charm for students in the upcoming entrance exam season in Yawatahama, Ehime.

    ’Gokaku no Iyokan’ also means ’sweet smell of success in exams.’

    Via
    http://www.nextnature.net/2014/01/pentagonal-orange
    qui commente :

    Flat sided fruits seem to have some positive aspects: they are easier to put into a box or in the refrigerator than round fruits, and their peculiarity could encourage people to eat them, arousing curiosity. We guess in the near future more fruit varieties will develop angles!

    #orange #fruits #géométrie #conditionnement


  • « Comment l’ambiance sonore des magasins influence-t-elle nos achats ? », par l’émission Science publique (#France_Culture)
    http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-comment-l-ambiance-sonore-des-magasins-influ

    Les progrès en matière d’étude du #cerveau humain ont de multiples applications. Ils permettent de mieux comprendre comment fonctionne cet organe lorsque nous apprenons, lorsque nous ressentons du plaisir, de la douleur, des émotions, des addictions... Mais que se passe-t-il lorsque nous achetons ? Une discipline récente se charge de répondre à cette question. Il s’agit du #neuromarketing. Cette spécialité ne cherche pas à exploiter du « temps de cerveau humains disponible », selon la célèbre formule de Patrick Le Lay, lorsqu’il était PDG de TF1. Elle étudie les processus mentaux et les comportements à l’œuvre chez les consommateurs. Le neuromarketing a ainsi identifié une cible privilégiée : le cerveau reptilien, le plus primitif, celui où siège l’instinct de survie et de fuite mais aussi le #plaisir et la #peur.

    (...) Susciter des émotions fait également partie des instruments efficaces. Or le #son et la #musique en sont parfaitement capables. En tentant de court-circuiter l’intelligence, le neuromarketing se dote d’un pouvoir considérable. Au point que l’un de ses gourous, Martin Lindstrom, estime nécessaire d’établir une #éthique du neuromarketing...

    – Comment les #ambiances sonores des magasins sont-elles conçues ?
    – Quelle influence peuvent-elles exercer sur le comportement des consommateurs ?
    – Jusqu’où les spécialistes du neuromarketing sont-ils prêts à aller en matière de manipulation du cerveau humain ?
    – Le consommateur a-t-il son mot à dire ou bien est-il en train de devenir un simple sujet d’expérience pour les experts en marketing ?
    – La réflexion éthique dans ce domaine doit-elle être réservée aux spécialistes du neuromaketing eux-mêmes ou bien d’autres instances peuvent-elles intervenir ?

    http://rf.proxycast.org/851366723419377664/10192-24.01.2014-ITEMA_20579326-0.mp3

    C’est toujours bien que le service public et les boîtes privées s’avisent de la nécessité d’une réflexion éthique sur le neuromarketing plusieurs décennies après sa mise en place. Bref. Mais il faut reconnaître que c’est assez drôle d’entendre Michel Alberganti insister auprès des designers pour qualifier leur pratique de « #conditionnement ».

    Où il est question de la musique dans les parkings comme moyen de brouiller la vigilance auditive des voleurs, et donc comme système antivol préventif.

    Attention aux oreilles fragiles : cette émission contient du #design_sonore.

    #marketing_sonore #audio #radio #comportementalisme #consommation #publicité


  • L’avenir des programmes de fidélité
    Le succès actuel des cartes de fidélité est indéniable : en France par exemple, les femmes ont dans leur portefeuille 3,7 cartes en moyenne.
    Une étude de Harris Interactive commandée par AIMA en 2011 conforte dans l’idée que les programmes de fidélité ont encore de beaux jours devant eux, et peut-être même plus que jamais. En effet, il semblerait que la génération Y (nom donné à la jeune génération actuelle) soit particulièrement intéressée et habituée aux programmes de fidélisation. Ainsi, 75% des jeunes nord-américains font déjà partie d’au moins un programme de fidélité et récompense.

    Avec la popularisation de l’utilisation des smartphones, l’avenir de la fidélisation est déjà tout tracé : les marques sont de plus en plus nombreuses à coupler leur carte de fidélité à une application mobile, pour croiser encore plus les données, et offrir toujours plus de services et cadeaux à leurs clients (offres promotionnelles par géolocalisation, mobile-couponing (« m-couponing »), offres adaptées en temps réel…).

    Ce site qui fait l’éloge des diverses cartes de #fichage dont est extraite cette diatribe résume bien l’état d’#abrutissement_technologique mis en place et relayé par ce type de promoteurs. Le vocabulaire marketing qui l’accompagne est définitivement inquiétant sur la capacité de réflexion de nos contemporains.
    htpp&htmami:cartes-moins-cheres.com/cartes-fidelite/

    #collaboration #données_personnelles #carte_fidélité #pavlov #conditionnement #consommation #habitude #one_by_one #abonnement #servitude_volontaire


  • Le triomphe de la technique sans culture et de la rationalité du rendement... Un monde suffocant, clinique, productiviste désincarné, et déshumanisé !
    Cela donne une résonance vide et glaciale dans notre rapport à ce que nous produisons.
    Le film est suffocant, esthétisant jusqu’à l’excès mais le résultat est fascinant comme pris dans une spirale ou ce que l’on nous donne à voir n’est rien d’autre que le monde tel qui se construit et s’impose à tous ?

    Notre pain quotidien(2007) un film documentaire de Nikolaus Geyrhalter
    http://www.dailymotion.com/video/xfuup9_notre-pain-quotidien-1-5_news?search_algo=2

    Une analyse du documentaire par Cédric Mal
    http://cinemadocumentaire.wordpress.com/2011/02/10/notre-pain-quotidien-nikolaus-geyrhalter

    La #production #alimentaire #industrielle, cela va de soi dans nos #sociétés #modernes, connaît ce qu’il se fait de mieux en matière technologique. Question de #rentabilité #économique. Nikolaus Geyrhalter s’équipe aussi de ce qu’il se fait de mieux de matériel numérique Haute Définition pour dépeindre en de puissants tableaux ces lieux étranges, beaux et horribles à la fois, dans lesquels se fabrique chaque jour #notre_pain _quotidien. Des #élevages de poulets aux #abattoirs, des #serres aux #usines de #conditionnement de #fruits, c’est l’intégralité du #processus de #transformation #alimentaire qui défile dans ce #film dénué de commentaires et d’interviews.
    A l’extérieur, le grand angle systématique laisse le champ libre à l’horizon pour composer des #plans terriblement ouverts. Le #cinéaste filme des #paysages monumentaux qui s’étendent à perte de vue et de nuit. Les usines, vastes et #futuristes ensembles lumineux, semblent #irréelles. On pénètre souvent dans ces endroits en plongée, et les choses n’en deviennent que plus indiscernables. Les #vaches ne ressemblent à des vaches et les #cochons à des cochons qu’après un temps de minutieuse observation. Un temps où nos yeux se promènent, incertains, à la recherche d’éléments de compréhension et de discernement. La longueur des plans-séquences laisse généralement advenir les frémissements d’un mouvement qui participe à l’éclaircissement de ces énigmes visuelles. Ce suspense figuratif, soutenu par la beauté des lumières et la #picturalité de certaines #images, agit comme un principe #esthétique maintenant l’intérêt tout au long du film.

    http://www.dailymotion.com/video/xfv0oz_notre-p-in-quotidien-2-5_travel

    Formellement, la #composition #plastique enferme souvent le spectateur dans une effroyable sensation claustrophobique. Les lieux, couloirs de la mort #animale ou allées d’#arbres fruitiers, sont représentés au travers de #cadres #cloisonnés qui focalisent le regard. Un point de fuite central et une profonde perspective structurent les images bordées de #chair ou de #nature d’où on ne peut s’échapper. Le parti pris formel opère également en plein champ, par exemple dans ce plan directement puisé dans la La Mort aux trousses : un avion entre puis sort du plan avant de venir épandre son liquide face #caméra. Le #spectateur, là encore, est pris au piège de la #représentation, dans une position de victime.

    http://www.dailymotion.com/video/xfv22v_notre-p-in-quotidien-3-5_travel?search_algo=2

    Dans son film, Nikolaus Geyrhalter soulève un rapport déshumanisé à la nature. Il décrit un monde sans paysan, égalisant par de subtiles analogies les hommes, les machines et les produits. Le roulement des œufs sur le tapis est le même que celui des pommes dans leur bassin, le déplacement des porcs vers l’abattoir n’est pas sans évoquer le ballet des hommes dans les couloirs, et la batteuse de la moissonneuse effectue la même course que l’éolienne.

    Quand la caméra s’embarque sur les tracteurs, elle s’attarde autant sur l’homme que sur l’engin agissant. A terre, lorsque le cinéaste suit des figures humaines dans leur labeur, ce sont des outils assujettis à l’industrie qu’il filme. Peu de différences entre l’homme qui sélectionne les poulets armé de son bras aspirant et le tracteur qui déploie lui aussi ses bras pour fertiliser le sol. Il n’y a pas de personnages, d’ailleurs, dans ce documentaire : les figures humaines, automatisées et muettes, ne sont pas incarnées. A l’heure de la pause, les employés dégustent leur pain quotidien. Si l’humanité devient alors figurativement centrale, le langage, lui, reste absent.

    http://www.dailymotion.com/video/xfvicy_notre-p-in-quotidien-4-5_school?search_algo=2

    (...)

    Description des fermes modernes ou critiques de l’industrie agroalimentaire : le film, universel dans sa forme, est construit de telle manière qu’il laisse chacun faire son choix. Petit à petit, on peut simplement se renseigner sur la cueillette des olives ou sur l’histoire de l’élevage-abattage des porcs. La composition chronologique qui établit des chaînons didactiques entre certains plans va en ce sens. On peut aussi s’insurger devant les souffrances animales. La progression dramatique vers l’horreur (figurative) l’autorise : à mesure que le film avance, le sang se déverse de plus en plus abondamment et le rouge inonde bientôt la représentation des exécutions bovines difficilement soutenables.

    http://www.dailymotion.com/video/xfvinx_notre-p-in-quotidien-5-5_lifestyle?search_algo=2

    #Nikolaus_Geyrhalter #Productivisme #Mondialisation #Capitalisme
    #Documentaire #Vidéo


  • Huxley Aldous, Le Meilleur des Mondes, 1932
    http://studinano.com/WordPress/?p=532

    « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un #conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’#éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au #savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir ».


  • La première oppression | Les Questions Composent
    http://lesquestionscomposent.fr/la-premiere-oppression

    Considérons quelques faits :

    En France, les enfants demeurent la seule catégorie d’être humains qu’il demeure légal de frapper. Frapper un adulte est une agression, frapper un enfant est une correction méritée. Et d’ailleurs même si elle ne l’est pas, personne ne viendra vous chercher trop de noises. Les féministes de la deuxième vague ont eu beau répéter que le privé est politique, frapper ses enfants relève encore de la vie privée.

    Les enfants sont les seuls êtres humains que l’on laisse hurler de détresse sans juger utile d’intervenir, sans s’émouvoir plus que ça. On considère habituellement qu’il est normal qu’un enfant geigne, pleure ou hurle de toute la force de ses poumons, et on considère même qu’il est bon de laisser pleurer les enfants, que leur montrer trop de sollicitude et de compassion leur donne de mauvaises habitudes. Je n’ai jamais bien compris lesquelles. Peut-être l’habitude d’être dans un climat d’empathie est-elle néfaste. C’est beaucoup dire sur le monde.

    Les enfants sont les seuls êtres humains pour lesquels on se permette de décider non seulement ce qu’ils doivent faire, mais ce qu’ils doivent devenir. Ils sont même basiquement là pour ça.

    Les enfants ne sont pas les seuls êtres humains à qui l’on donne des ordres : on commande aussi les employés, par exemple. Mais ils sont les seuls avec lesquels il est entièrement facultatif de mettre la moindre forme quand on leur ordonne ou interdit quelque chose. Un ton péremptoire et autoritaire suffit. Ce n’est jamais considéré comme une impolitesse ou un abus de pouvoir. En ce qui concerne les enfants, il semble que l’abus de pouvoir n’existe pas. Etre poli avec son enfant comme on le serait avec un adulte est même plutôt considéré comme une marque de faiblesse, de laxisme.

    #discrimination #enfant #enfance #conditionnement

    • Oui. Et en même temps, un texte qui décrirait des comportements inverses sur le thème de l’#enfant_roi ne serait pas faux non plus.
      Je reste très perplexe sur l’#agisme et ses analyses pourtant intéressantes et ses critiques nécessaires.
      En fait, je suis à la recherche d’un texte qui arriverait à articuler les discriminations contre les enfants et le fait que l’enfant est en construction, qui arriverait à éclairer ce double statut de dominé et d’ultime tabou de notre société, qui me ferait comprendre pourquoi je peux avoir simultanément des impressions aussi contradictoires face à des fonctionnements familiaux où l’enfant est à la fois opprimé et décisionnaire. (Pour le milieu scolaire, c’est plus clair, l’enfant y vit une oppression.)
      Est-ce qu’il y a pour l’enfance un concept du genre vierge/putain (être pur sacralisé / être mauvais qu’on peut maltraiter) ? Est-ce que l’hypothèse qu’il y a domination et que l’impression d’enfant décisionnaire n’est que le reflet d’une immaturité grandissante de l’adulte (adulescence prolongée) est une piste de réflexion ? J’ai du mal à avancer sur ce sujet…
      J’ai un peu cherché, rien trouvé sauf des analyses très tranchées agisme vs enfant roi : si quelqu’un a des liens à conseiller…

    • à la fois opprimé et décisionnaire

      Ouais, je suis assez d’accord, c’est vraiment ça. Pas que l’un ou que l’autre. Dans la plupart des familles que je vois dans la rue, c’est vraiment les deux. En 5min ça passe de l’un à l’autre (mais plutôt dans le sens d’abord décisionnaire, et tout d’un coup le parent pète un plomb et ça passe à opprimé).

    • Si l’on voit l’enfant comme un adulte à construire et l’adulte comme un enfant considéré (par décret temporel à la majorité) comme responsable de ses actes, cela aide beaucoup à envisager les relations que les adultes doivent entretenir avec les enfants je trouve.

      Pour moi l’auteure engage le débat d’une façon très casse-gueule, car par des raccourcis très provocateurs (exemple : le droit de « frapper » les enfants) ou des jugements sans autre forme de procès, elle énumère des fautes parentales comme un verdict culpabilisant et veut nous faire croire à une norme qu’elle va détricoter. Un tel sujet supporte-t-il la caricature ? On peut analyser les mécanismes de la domination dans le comportement parental sans pour autant charger la mule...

      Le « parent » n’est pas une espèce homogène qui règnerait sur « l’enfant », une espèce étrangère autonome, comme deux espèces cohabitant dans le même espace.
      Les deux sont le prolongement de l’autre, et s’il ont ne peut envisager un schéma égalitaire, c’est bien ici.

      Donner la vie, ça ne se fait pas en neuf mois, mais au moins en une dizaine d’années, voire parfois jusqu’à ce que l’un des deux la perde. Car un enfant met du temps à accepter la vie qu’on lui donne. C’est le temps qu’il devienne autonome. Un enfant a de fortes chances de mourir s’il est physiquement privé du contact d’adulte(s) qui assumeront la responsabilité de parent(s). L’enfant en bas âge n’a qu’un instinct quand il découvre la liberté de se déplacer : celui de se mettre en danger (j’allais dire : de se foutre en l’air). Les autre mammifères ont plus de chance. Leur progéniture apprend rapidement à préserver sa vie. Chez l’humain il faut plusieurs mois, voire plusieurs années, pour acquérir la peur de l’eau, le peur du vide, ou son instinct de survie sociale.

      Effectivement dans l’absolu, dans l’idéal, et donc en théorie, le parent ne doit pas dominer l’enfant. Mais il doit dominer tous les élans spontanés de l’enfant qui pourrait mettre en péril ce don de vie.
      Voilà la nuance qu’il faudrait creuser. Je suis pas sûr que l’Elfe en prenne le chemin.

      Si on fait abstraction de la responsabilité du parent, et de sa compétence limitée pour l’assumer, c’est sûr, il est plus simple de trouver des exemples pour étayer la thèse de l’âgisme. Comme si nous adultes- parents, avions tous toutes les cartes en main, intellectuellement et émotionnellement, pour bien traiter les enfants, mais que des mécanismes parasites de domination modifiaient notre comportement au détriment des enfants. Le filtre de lecture dominants/dominés est toujours intéressant, mais cela ne doit pas nous amener à nous satisfaire d’une lecture trop simpliste du sujet...
      Quand je vois que dans son billet elle n’évoque qu’une seule fois et de façon lointaine le mot « responsabilité », je suis plutôt inquiet pour la suite..