• « La bourgeoisie, c’est l’apprentissage de l’ignorance » - Edouard Louis

    Cerveaux non disponibles sur Twitter : " « C’est quoi le macronisme ? » Réponse juste, en un mot - et en cent - d’Edouard Louis ! "
    https://twitter.com/CerveauxNon/status/1272791267852894208

    La bourgeoisie, c’est l’apprentissage de l’ignorance ; le fait d’apprendre à ignorer les autres. [...] Il faut des années d’apprentissage pour en arriver là, pour pouvoir avoir cette espèce de distance, cette espèce de déni, totalement, de la souffrance des gens.

    Pour voir l’ensemble de l’interview d’Edouard Louis, les Cerveaux non disponibles renvoient vers Youtube, Clique, Edouard Louis : Histoire de la violence
    https://www.youtube.com/watch?v=XLqZGVfA0mc

    #bourgeoisie #ignorance #apprentissage_de_l_ignorance #macronisme
    #Edouard_Louis

  • La Grande Mue. Un site dédié à la pensée de #Bernard_Charbonneau (1910-1996).


    https://lagrandemue.wordpress.com

    Bernard Charbonneau

    Bernard Charbonneau, né le 28 novembre 1910 à Bordeaux et mort le 28 avril 1996 à Saint-Palais, est un penseur français, auteur d’une vingtaine de livres et de nombreux articles, parus notamment dans La Gueule ouverte, Foi et vie, La République des Pyrénées et Combat Nature.

    Toute son œuvre est marquée par l’idée que « le lien qui attache l’individu à la société est tellement puissant que, même dans la soi-disant “société des individus”, ces derniers sont si peu capables de prendre leurs distances avec les entraînements collectifs que, spontanément, ils consentent à l’anéantissement de ce à quoi ils tiennent le plus : la #liberté. »1

    Durant les années 1930, il dénonce ce qu’il considère être la dictature de l’#économie et du #développement et s’impose comme pionnier de l’#écologie_politique. Se méfiant toutefois de l’écologie partidaire, il propose de concevoir une forme d’organisation de la société, radicalement différente des idéologies du XXe siècle, solidement ancrée sur l’expérience personnelle. En cela, il affirme sa dette intellectuelle envers le #personnalisme. De même, il voit dans le #progrès_technique la source de toujours plus d’organisation, donc de plus de #conformisme, donc de moins de liberté. Ses travaux le rapprochent de #Jacques_Ellul, dont il est l’ami intime durant six décennies.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Charbonneau

    #Charbonneau #blog #citations #livres

  • L’histoire de M., première personne #intersexe au monde à porter #plainte pour #mutilations

    Dès les premiers jours de sa vie, on lui injecte des #hormones. Entre 1980 et 1993, iel subit cinq #interventions_chirurgicales lourdes. M. devra suivre des traitements à vie et ne pourra pas avoir d’enfant.


    http://www.slate.fr/story/175530/histoire-m-premiere-personne-intersexe-plainte-mutilations
    #LGBT #LGBTIQ #genre #justice

    • Les mutilations sexuelles des femmes sont la plus part du temps désigné comme des pratiques d’autres cultures, on parle de l’excision pour le continent africain, parfois pour l’Asie, pas pour nos pratiques. Les épisiotomies à la chaine additionnées du « point du mari » sont comparable à l’infibulation. Les piercings gynécologiques, la labioplastie, le blanchiment des muqueuses... et autres pratiques « esthétiques » sont à destination du regard masculin hétéro #male_gaze
      Ca me fait pensé aussi aux premières visites des jeunes femmes chez les gynecos que j’avais vu être comparé à des rituels de préparations au sexe hétéro et donc au confort des penis qui sont dispensés de contraception et qui ne sont aucunement préparés de leur coté au sexe des femmes (cf l’obsession des gros penis et l’ignorance du clito dont tu parlait il y a quelques jours).

  • #Ru'elles

    La Cie Ru’elles est un collectif d’artistes et de chercheur.es qui souhaite surprendre, révéler l’invisible et questionner nos quotidiens In situ.

    Ru’elles invite les passant-es à découvrir un #théâtre_déclencheur, bulle de dérision et de poésie, terrain fertile d’une #recherche-création par le #mouvement des #corps et la résonance des #voix.

    Parce que la #rue est en proie au #conformisme et qu’il s’y joue des #rapports_de_domination, le collectif agit : les #identités de genre ou de classe et de couleurs sont analysées comme un ensemble de masques, de costumes et de gestes prescrits que chacun et chacune de nous répète avec minutie. Il importe de les détourner pour les questionner, de #rendre_visible l’#inégalité des rôles et de perturber les usages de nos #lieux_communs.


    http://www.ru-elles.com
    #art #in/visibilisation #domination #théâtre #Julie_Arménio

  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation

    • Emmanuel Macron lance une nouvelle polémique avec sa phrase sur les 50 euros d’APL qui seraient la dernière obsession de certains Français ne connaissant rien à l’histoire de France. Prononcée dans un documentaire dont le Président a promu le réalisateur à la tête d’une chaîne publique, cette phrase nourrit l’image d’un Macron élitiste, avec un tropisme aristocratique qui le déconnecte de la réalité. Nul ne sait jusqu’où l’entêtement du Président à couvrir les citoyens de son mépris social le mènera.


      Il existe un plaisir rare en France : celui de visiter la demeure d’une vieille famille au sang bleu, et d’écouter son chef ou son héritier commenter l’arbre généalogique accroché dans le vestibule. Le meilleur moment est toujours celui où votre hôte vous explique le rôle tenu par son prétendu ancêtre dans le siège d’Antioche, en 1098, qu’il fit à cheval, bien sûr, quand vos ancêtres à vous le menèrent à pied. Et vous comprenez brutalement la différence entre l’histoire de France vue par ceux qui l’ont parcourue à cheval, et ceux qui n’avaient même pas les moyens de se payer un âne. Les premiers, comme les seconds, sont souvent convaincus que, sans les autres, l’histoire de ce pays serait bien plus belle.

      Emmanuel Macron n’échappe pas à la règle. Ses ancêtres ont peut-être participé au siège d’Antioche, mais à pied. Cela ne l’empêche pas de croire que le roman national fut surtout écrit par ceux qui le menèrent à cheval. C’est son péché pas complètement mignon, car la France s’est construite en rassemblant les deux : les cavaliers et les va-nu pieds. A force de ne pas le comprendre, l’histoire tragique pourrait bien lui jouer un mauvais tour.

      Le romantisme grand bourgeois d’Emmanuel Macron
      Emmanuel Macron a ceci de Rastignac qu’il rêve de grandeur, de lyrisme, d’héroïsme, de causes épiques. Pour lui la France, c’est une tragédie racinienne : des personnages aristocratiques agités par des passions élégantes. Et c’est dans cette pièce-là qu’il veut jouer. D’où cette déclaration ahurissante https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/macron-critique-ceux-qui-pensent-que-le-summum-de-la-lutte-cest-les-50-euros-dapl/ar-AAwSeLU?li=BBwlBpb&ocid=spartanntp :

      Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (…) » et où l’ « on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu, c’est un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle ».

      Cette déclaration, par sa naïveté, a pour ainsi dire quelque chose de touchant, d’enfantin. C’est le rêve du fils à papa amiénois qui dit enfin sa vérité devant les yeux estomaqués d’un monde incrédule. Car, Rastignac, nous l’aimons tous, mais il est vieux de deux cents ans désormais, et Balzac n’a jamais caché les défauts de ce cynique ambitieux. Il n’y a guère qu’un adolescent perdu dans un monde d’adulte pour dire que la vraie France, c’est celle rêvée par Rastignac, et non celle de la prosaïque réalité.

      En ce sens, la France de Macron, c’est celle des héritiers de la bonne bourgeoisie de province qui s’ennuie dans un monde un peu morne, et qui rêve les yeux grands ouverts. Ici a parlé le fils du médecin picard, une sorte de Bovary contemporain, qui vomit la platitude des petites affaires et ne veut entendre parler que de salons, de dames en crinoline et de cochers les menant nuitamment à leur Odette après une soirée chez les Verdurin.

      Macron et le mal fantasmagorique des élites françaises
      On aurait bien tort de reprocher à Macron sa solitude dans cette espèce de déni face à la réalité française. La conviction que la France est un fantasme aristocratique a nourri l’imaginaire de tous les dirigeants de ce pays qui sont passés par #Sciences-Po et l’#ENA.

      Dans leur vision binaire, le peuple français est un ramassis de bourrins incapables de tout (de se gouverner, de se réformer, de réfléchir, de comprendre le monde, de parler les langues étrangères). Et comme ce sont des bourrins méprisables, il leur faut une élite qui les dirige et les réforme de préférence sans les consulter. En poussant un peu, on les entendrait même dire qu’une bonne décision est une décision contestée. Une décision qui ne fait pas polémique est jugée méprisable.

      Cette certitude qu’il faut mépriser les Français pour pouvoir gouverner la France est au cœur même du processus aristocratique qu’on appelle l’ENA. Macron n’est (et c’est peut-être son problème) que le énième numéro d’une même galerie de portraits tous portés par la même conviction immédiate.

      Le déni des échecs aristocratiques
      Le problème de cette prétendue culture aristocratique tient au déni face aux naufrages éhontés qu’elle a régulièrement produits dans l’histoire de ce pays. La raclée de 1940, par exemple, est tout entière due à la défaillance de nos élites, et il est de bon ton de le nier farouchement.

      Ainsi, traîne l’idée qu’en 1940, les soldats ne se seraient pas battus contre les Allemands. Qui se souvient qu’en réalité, en six semaines de combat, l’armée française a perdu 60.000 hommes et a infligé autant de perte à l’armée allemande ? La campagne de France fut perdue alors que sa plèbe fut très combative. Mais ses aristocrates, ses généraux, furent tous plus lamentables les uns que les autres et s’empressèrent ensuite de porter Pétain au pouvoir (De Gaulle et une poignée d’autres exceptés). La mythologie contemporaine interdit aujourd’hui de citer la longue liste des hauts fonctionnaires et des conseillers d’Etat qui, le 11 juillet au matin, ont parié sur Pétain et l’ont rejoint comme un seul homme pour réformer autoritairement le pays.

      Ceux-là ont été pour beaucoup dans l’occultation des causes réelles de la défaite. Et si Pétain n’avait pris des décrets raciaux et anti-maçonniques, beaucoup auraient, sans scrupule, continuer la collaboration jusqu’à la fin. Ou en tout cas très longtemps.

      La vraie histoire de la France, c’est celle-là. Celle d’une élite taraudée par sa manie de la #consanguinité et du #conformisme, qui n’hésite pas à régulièrement accaparer l’idée nationale et à la piller jusqu’au naufrage. Et dans sa suffisance, elle est convaincue que toute grandeur procède d’elle, et que toute petitesse procède du peuple.

      Grandeur des 50 euros d’APL
      Ce manichéisme typique de l’aristocratie française gagnerait à ouvrir les yeux. Car ce pays, notre pays, s’est en réalité nourri d’une toute autre sève.

      Parlons d’abord de la résilience française, cette capacité à la souffrance qu’on endure jusqu’à l’obstination de réussir, dans nos campagnes, dans nos banlieues. Si Macron avait eu faim dans son enfance, il saurait les soirs de privation, les frustrations, les abnégations de tant de nos enfants pour améliorer leur sort, un jour. Ceux qui n’ont pas connu un dîner maigre du dimanche soir où les regards se fuient dans la famille pour ne pas dire l’angoisse du lendemain, la peine qu’il y a à se priver pour payer les études du dernier, pour réparer la voiture qui tombe en panne et dont on a besoin pour aller bosser, ceux-là ne savent rien à l’histoire de France.

      Car tous les matins, tous les après-midis, ce pays fonctionne, parfois avec des bouts de ficelle noués par ceux qui se sont privés de beaucoup la veille. Et pendant que les managers des entreprises sont absorbés dans d’interminables réunions où rien ne se décide, les petites gens font tourner le pays.

      Et ceux-là, ils ont effectivement besoin de 50 euros d’APL pour améliorer l’ordinaire. Sans eux, le pays s’arrêterait.

      Macron ne devrait pas gâcher sa chance. Car ceux-là ne demandent rien. Ils sont pudiques, ils ne cherchent pas à faire pleurer dans les chaumières. Ils sont dignes.

      Ils demandent ceux-là un peu de respect.

      Source : Eric Verhaeghe, 07-05-2018 http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2018/05/07/50-euros-dapl-la-france-de-macron-celle-qui-a-fait-le-siege-dantioche-a-cheval/amp/?__twitter_impression=true

      #élites #aristocratie #haute_bourgeoisie #mépris #pétain #macron

  • Chialons en chœur contre les vieilles statues commémoratives iniques : le MONUMENT AUX HÉROS DE LA GUERRE DES BOERS (1907), à Montréal Les 7 du Quebec - Ysengrimus - 19 Janvier 2018

    Au temps des Guerres des Boers

    On tue des gens qu’on connaît pas
    
À quoi ça sert ?

    Gilles Vigneault

    Il y a donc dans l’air du temps cette tendance à chialer en chœur contre les vieilles statues commémoratives iniques. Je suis plutôt pour et je trouve particulièrement piquant de bien mettre en relief toutes les saloperies solennelles de fierté de merde qui trainassent encore un peu partout dans notre belle culture urbaine continentale. Bon, je ne ferais pas du dégommage des vieilles statues commémorant des iniquités révolues le but central de ma vie mais, quand même, il n’est pas inutile de s’aviser du fait que les ricains n’ont en rien le monopole de la niaiserie monumentale urbaine et que, sur ce point, le Canada ne laisse pas sa place, lui non plus http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1052813/petition-manifestation-elimination-statue-john-a-macdonald .

    Le John A. Macdonald montréalais du Carré Dorchester ayant reçu ce qu’il méritait en novembre 2017, je jetterai plutôt le dévolu de mon chialage méthodique et crispé sur le MONUMENT AUX HÉROS DE LA GUERRE DES BOERS (1907) se trouvant à Montréal, lui aussi au Carré Dorchester. J’ironise partiellement ici, mais pas que. Il s’agit surtout de montrer, d’un seul mouvement, l’importance de l’autocritique ainsi que celle de l’autocritique de l’autocritique. On rappellera, pour la bonne bouche philosophique, que ce qu’on perçoit n’est pas trivialement ce qu’on perçoit mais autre chose se donnant obligatoirement à la recherche. Mon chialage ici va donc se formuler en neuf points. Tous en chœur.

    Un monument de guerre. D’abord, au sens le plus fondamental du terme, ceci est un monument faisant, au premier degré et sans distanciation, l’apologie de la guerre. Ce n’est pas un monument sur l’agriculture, les spectacles hippiques ou l’équitation mais bien sur la guerre. La guerre, ce crime putride absolu, est présentée ici comme une réalité saine, valorisée et valorisante, méritoire, exaltante, presque joviale. Le traitement est laudatif, enthousiaste, hyperbolique. Il faut aller à la guerre. C’est une chose bien, appréciable, salutaire. On comparera, pour exemple, ce zinzin proto-fleur-au-fusil de 1907, avec l’installation monumentale du Mémorial canadien de la crête de Vimy (France) qui elle, date de 1936, et a au moins la décence minimale de dénoncer ouvertement les conséquences de l’absurdité guerrière. Les pleurs de la veuve canadienne de Vimy ne peuvent aucunement, eux, être perçus comme de l’apologie belliciste.

    La Guerre des Boers fut une guerre impériale. Arrêtons nous maintenant à cette Guerre des Boers elle-même. En gros, il n’y a pas de mystère. Les colonialistes britanniques en Afrique du Sud disent aux autres colonialistes du coin : poussez-vous de là qu’on s’y mette. Il s’agissait strictement, pour eux, de prendre le contrôle des ressources naturelles, notamment minières, de ce territoire immense et riche, dans le cadre du dispositif impérial victorien qui culminait alors et commençait à se fissurer ostensiblement au zénith, comme un pétard de fête. Les priorités de ce conflit, court mais violent, furent strictement impériales. Chercher à en dégager la moindre dimension éthique ou humanitaire est un mensonge frontal. C’est du brigandage de barbouzes pur et simple. Une succession de crimes (meurtres, déplacement de populations, occupations et rapines), point.

    Les Britanniques et les Boers étaient des colonialistes. Pour en rajouter une couche flibustière bien sentie, il ne faut pas chercher les petits saints, dans ce conflit. C’était clairement la guerre de la peste contre le choléra. Les Britanniques étaient les Britanniques, on les connaît bien. Le soleil ne se couche jamais sur leur ossuaire historique. Quant aux Boers, c’étaient des agriculteurs et des propriétaires terriens de souche néerlandaise, aussi rigides et fachos que leurs ennemis. Deux puissances coloniales en venaient aux mains sur le dos des populations locales africaines qui, elles, ne pouvaient que faire soldatesque de premières lignes dans les conflits de leurs deux occupants blancs, brutaux, et coloniaux (soldatesque ou pas, en fait — on évitait souvent de mettre des flingues dans les mains des Africains. On les parquait plutôt dans des camps). Vraiment : zéro partout pour les protagonistes, qui étaient tous ouvertement des racistes assumés pillant l’Afrique.

    Le Canada était réfractaire à entrer dans cette guerre. Ce monument est situé au Carré Dorchester, à Montréal. Montréal est au Canada, je ne vous apprends pas ça. Or le Canada de Wilfrid Laurier a vécu la Guerre des Boers comme la première grande crise existentielle de son rapport à l’impérialisme britannique. La question s’est posé avec acuité, pour la toute première fois : une guerre britannique est-elle nécessairement une guerre canadienne ? Le Canada d’alors n’a pas vraiment répondu oui à cette question. Il était déchiré, divisé par ce dilemme. Le clivage n’était pas seulement, comme on l’a dit souvent, entre francophones et anglophones, il était aussi entre impérialistes (pro-britanniques) et nationalistes (canadiens). Il faut donc poser la question prosaïquement, dans les termes du temps : comme notre nation ne voulait pas vraiment de cette guerre impériale extraterritoriale, qu’est ce que ce monument qui la promeut fout chez nous ?

    Une gloriole britannique sur le territoire montréalais. Je ne vous apprend pas non plus que la population de Montréal est historiquement de souche française (conquise par les Britanniques en 1760, et ouvertement occupée depuis). Planter ce vieux monument belliqueux britannique sur le sol de Montréal est donc aussi une insulte coloniale explicite aux québécois francophones, eux-mêmes. L’arrogance coloniale ici se dédouble. Tout ce Carré Dorchester est d’ailleurs cela : un ramassis hideux de statues pompeuses faisant l’apologie de l’occupant britannique sur Montréal. Son ancien nom est Square Dominion, et ça en dit long. On transforme Montréal en apologue d’un empire qu’il a subi plus qu’autre chose. Le Front de Libération du Québec, dans les années 1960-1970, dynamitait justement des monuments de ce genre, pour spectaculairement faire sentir sa critique de l’occupant britannique, tout en réduisant la casse utile au strict minimum.

    Cruauté envers les animaux. Regardons maintenant un petit peu la statue elle-même. C’est, à sa manière, une statue équestre, indubitablement. Or, justement, on devra un jour raconter adéquatement l’histoire du cheval dans les guerres modernes. Ce fut une immense boucherie animalière innommable. Ici, l’animal est d’évidence effarouché par les explosions d’artillerie ou la mitraille de tirailleurs embusqués. Son cavalier, descendu de selle probablement à cause des anfractuosités du terrain, force la pauvre bête vers le combat. Le thème statuaire central est justement cela. L’homme volontaire menant la bête réfractaire vers sa destiné sanglante. Il n’y a évidemment, dans ce mouvement, aucune critique de ce comportement. La charge symbolique canado-britannique involontaire (traîner une rosse qui se cabre vers un combat dont elle ne veut pas), est originale et presque touchante. Mais cela ne change rien à la dimension cruelle et révoltante du premier degré figuratif de cette catastrophe d’évocation

    Implication de la paysannerie et du prolétariat dans les guerres bourgeoises. L’autre pauvre bête dans l’affaire, c’est le cavalier lui-même. Un demi-million de soldats britanniques, la majorité d’entre eux d’origine paysanne et prolétarienne, ont été massacrés dans ce conflit de deux ans et demi qui n’aligna jamais que 45,000 Boers. Le dédain bourgeois pour les travailleurs en armes, le gaspillage humain cynique avec lequel les classes dominantes de cette époque envoyaient le prolo au casse-pipe en le traitant comme une commodité dans ses affaires, annoncent déjà les deux terribles conflits mondiaux à venir. Pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, dira, quelques années plus tard, Lénine aux travailleurs russes. Cela ne se fit pas dans le conflit que ce monument commémore. Le paysan et le prolétaire y ont servi le bourgeois jusqu’au sacrifice ultime, foutaise sanglante parfaitement inutile du point de vue de la vie civique et collective.

    George William Hill (1862-1934), un sculpteur bellicolâtre. Le statuaire auteur de cette œuvre n’a fait que ça de sa carrière : de l’art belliqueux, des cénotaphes de guerre, des premiers ministres à chier, des statues de soldoques. On promeut donc ici l’art figuratif monumental le plus servile et le plus soumis à l’ordre établi imaginable. Rien de moderne là dedans, rien de séditieux, rien de vif. De l’art public apologue à gros grains et ronron, tellement insupportable qu’on ne le voit plus vraiment quand on circule dans nos villes. En toute impartialité, il faut admettre que cette statue équestre de 1907 est une des moins ratées de ce statuaire. En la regardant, avec l’attention requise, on se dit que ce sculpteur aurait pu faire quelque chose de son art. Il faudrait la descendre de ce socle arrogant, par contre, qui est une hideur intégrale.

    Lord Strathcona (1820-1914), un grand bourgeois extorqueur. Notons, en point d’orgue, que ledit socle et sa statue ne sont pas dédiés au pauvre troupier anonyme qui tient son joual par la bride sous le feu, ou à ses semblables. Que non. Eux, ils ne sont que des objets. Le monument se veut une apologie lourdingue, veule et tonitruante, de ce Lord colonial canado-écossais mort en 1914 qui, lors de la Guerre des Boers, contra ouvertement les hésitations subtiles de son pays, le Canada, par ses initiatives privées fétides de rupin bouffi. Il engagea carrément un million de dollars (de 1902 — une somme mirifique) pour financer le Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians), un bataillon équestre qui alla casser du Boer pour l’Empire. Ce tycoon montréalais, politicard, négociant en fourrures, financier, magnat ferroviaire, était le grand bourgeois putride intégral, façon 19ième siècle. Et ce monument-hommage existe en fait pour lui et pour lui seul. Sans plus. Alors, la barbe.

    Je crois que, par la présente, j’ai dit mes lignes de chialage fort honorablement. S’il faut se résumer, en faisant court, on dira tout simplement que cette statue équestre est une merde inique intégrale et que sa passable qualité artistique (oui, oui, elle a un assez joli mouvement et assure un traitement thématique original de son sujet, lui-même pourtant fort étroit) ne la sauvera en rien d’une pesanteur symbolique lourdement répréhensible, déplorable, bourgeoise, coloniale, meurtrière, surannée, foutue. Ce qui est dit est dit, ce qui est dénoncé est énoncé.

    Faut-il pour autant la dégommer et le relocaliser dans une cours de casse. Là, d’autre part, j’ai mes difficultés. Les dégommeurs de monuments bien pensants, les abatteurs de statues larmoyants, cherchent bien souvent à effacer leur honte. Or effacer la honte c’est aussi effacer la mémoire et ça, c’est une idée hautement suspecte, qui porte souvent de fort nuisibles conséquences intellectuelles et matérielles. Non, je la laisserais là, cette commémoration d’un autre âge, comme on fait avec des arènes romaines (où il se passait pourtant fort peu de jolies choses). Simplement je placarderais devant, sur un panneau aux couleurs vives, ce que je viens tout juste de vous dire.

    Il est parfaitement possible de se souvenir sans promouvoir. Et les crimes d’antan nous parlent autant que les bons coups. Il est très important de savoir qu’il fut un temps où on croyait à ces énormités-là et que ce type avec son joual, deux criminels de facto, involontairement engagés dans une absurdité stérile et sanglante de jadis, furent un jour des héros anonymes, admirés hypocritement, adulés abstraitement, financés par des exploiteurs, cerclés d’une claque impériale ronflante et de thuriféraires bourgeois gras durs, planqués, et totalement imbus de leur gros bon droit inique de voleurs et d’exploiteurs.

    Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/chialons-en-choeur-contre-les-vieilles-statues-commemoratives-iniques-

     #monuments #mémoire #histoire #patrimoine #culture #statues #guerre-des-Boers #impérialisme #Canada #Angleterre #Montréal #Art-Urbain #conformisme #empire-britannique #guerre #histoire #lutte-des-classes #symbole

  • Beauty Warriors - Evija Laiviņa
    http://www.evijalaivina.com/projects/beauty-warriors

    The series “Beauty Warriors” is collection of photographs featuring strange and unusual-looking beauty products. All the products were bought on Ebay, and most items were made in China. These products promise instant cures to almost all beauty problems; they fight “problem zones” and promise to cure problems without surgical intervention. Each item visually appeals to me and I tried to show the relationship between beauty product and model.


    To be successful, you must be perfect and look perfect—these are our society’s rules, which we all follow without even realizing how ridiculous the standards are. We often forget about the importance of inner beauty.
    #beauté #conformisme #souffrance

  • #Roland_Gori - La Fabrique des #Imposteurs

    « L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’#opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les #valeurs, pratiquer l’art de l’#illusion plutôt que s’émanciper par la #pensée_critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la #création. Voilà le milieu où prospère l’imposture ! Notre société de la #norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’#opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes.

    L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre. Soeur siamoise du #conformisme, l’imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les #escroqueries des #algorithmes, les #usurpations de crédits, les #expertises_mensongères et l’#hypocrisie des bons sentiments. De cette civilisation du #faux-semblant, notre #démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses #normes et propulsée dans l’enfer d’un monde qui tourne à vide. Seules l’#ambition de la culture et l’#audace de la liberté partagée nous permettraient de créer l’avenir. » A travers cette conférence, organisée dans le cadre des conférences de l’Université permanente de l’Université de Nantes, Roland Gori revient sur les idées fortes de son dernier ouvrage « La Fabrique des imposteurs ».

    https://www.youtube.com/watch?v=2FEtiA18lZU

    • C’est de la video @aude_v et après en avoir écouté plus je suis moins enthousiaste. Roland Gori est ce que j’appel un #phallosophe cad un patriarche qui pontifie au masculin neutre comme si les femmes n’existaient simplement pas et qui de toute façon n’a pas perdu son temps ni à les lire, ni à les cités dans ses conférences.

    • J’ai abandonné au bout de 18 minutes ^^ (j’ai essayé)
      Les tics de langage et le coté trop « universitaire » m’ont calmé.

      J’avais trouvé le thème et l’intro intéressant.
      C’est probablement la dernière fois que je poste un truc pas écouté/lu, désolé.

    • Oui ses tics de langage sont assez fatiguant mais bon ca c’est pas ce qui m’a dérangé le plus. Ce qui est remarquable aussi dans la conférence sur l’imposture c’est le spectacle d’un Roland Gori qui exerce ses privilège de dominant sans aucun complexe et avec une aisance assez typique d’un vieux mâle blanc habitué à n’en faire qu’a sa tête depuis toujours sans que personne ne lui dise rien.
      Son exposé déborde du temps établie par les organisateurices (vraiment beaucoup en plus), et au lieu de demander poliment « est-ce que je peu avoir plus de temps svp ? » ou « est-ce que je peu empiété sur le temps du débat svp ? », il continue son discours peinard sans s’inquiète des consignes et dit toutes les 20 minutes qu’il va déborder encore de 10 minutes et cela de manière péremptoire et répété pendant largement plus de 40 minutes. Il ne demande pas, il prend ce dont il à envie sans se soucié de rien.

      Autre truc qui me fait toujours soupirer avec les phallopsophes et les dominants c’est leur capacité à se déclaré digne de gouverner et s’autoproclamés sages, profonds, vrais... Au début de la conf il cite Camus qui dit que les seuls hommes intègres, libres ou vrai sont les artistes (Camus est un artiste comme par hasard) et Gori dit que c’est valable pour les artisans parce qu’il y a art dans artisans et on apprend que Gori se considère comme artisan (le hasard encore lol). Ce qui le mettrait à l’abri de la vacuité du monde et ferai de lui un être authentique, pas comme les experts et prolétaires qu’il dénonce comme étant dans le mécanisme (tout en étant lui même dans une posture d’expert pendant toute la conf et tout en disposant du temps des autres alors qu’il dit que le temps est la grande valeur du XXI). C’est le même vice qui rend Platon complètement ridicule avec son philosophe roi. Un philosophe qui dit que les philosophes sont les seuls dignes d’avoir le pouvoir, un artiste qui dit que seul les artistes sont dignes, qui peu prendre ces mecs au sérieux après des affirmations pareilles ?
      En tant qu’artiste je ne pense pas que les artistes soient à l’abri de la vacuité du tout (Platon le pensait pas non plus d’ailleurs mais il était pas artiste cqfd). Les artistes sont le reflet de leur époque, ce sont pas des surhommes et si on suis la logique de Gori, les artistes du XXI sont tous obligatoirement des imposteurs (je dit pas imposteuses ni surfemmes vu qu’il y a pas de femmes dans le monde de Gori ni dans celui de Platon et des phallosophes) car la thèse de Gori est que l’imposture serait la caractéristique de notre époque. Un artiste qui ne serait pas vide, faux, menteur, tricheur, escroc ne sera pas reconnu comme artiste par ses contemporain·ne·s.

      Par contre @0gust1 je trouve pas que c’est un problème de poster des choses pas lus ou pas écoutés sur seenthis. Je le fait souvent, ca me sert de mémo pour mes liens. L’intitulé de la conf donnait envie, il fallait écouter pour découvrir que c’etait surtout de la psy pour dominants et de la phallosophie. Et pour avoir écouté en entier il y a quand même des idées intéressantes.

  • Quand la nouvelle génération de chercheurs français passe son temps à Pôle #Emploi_et en contrats précaires
    http://www.bastamag.net/En-France-la-science-repose-sur-la-precarite

    La France compte environ 60 000 doctorants : de jeunes chercheurs qui travaillent pendant plusieurs années à une thèse, en biologie, en sciences politiques, en mathématiques ou en droit. Mais leur avenir et celui de leur travail de recherche sont compromis : une grande précarité règne. Nombre d’entre-eux s’inscrivent à Pôle emploi pour terminer leur thèse, d’autres enchaînent des vacations sous-payées. Certains deviennent même auto-entrepreneurs et quelques uns rejoignent des laboratoires de recherche à (...)

    #Décrypter

    / #Conditions_de_travail, #Ma_vie_au_travail, #Education, L’Europe sous la coupe de l’austérité, La science au service des citoyens ?, #Enquêtes, #Services_publics, #Revenus, (...)

    #L'Europe_sous_la_coupe_de_l'austérité #La_science_au_service_des_citoyens_ ?

    • #recherche

      Pour Sophie Duchesne-Guilluy, directrice de recherche au CNRS, cet état de fait est catastrophique pour la recherche : « Cela limite la prise de risque et pousse au #conformisme dans le choix des sujets de thèse, alors qu’au contraire, il faudrait encourager l’audace car c’est cela qui amène des résultats. »

  • Un appel de 60 personnalités contre le « Hollande bashing » Maxime VIVAS - 20 Novembre
    https://www.legrandsoir.info/un-appel-de-60-personnalites-contre-le-hollande-bashing.html

    Extraits de leur manifeste où sont par ailleurs louées les réussites du président (1) : « Nous, artistes, sportifs et créateurs, penseurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens indépendants, dénonçons cet acharnement indigne qui entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie…. François Hollande a droit au respect comme tout citoyen, et comme président de notre République. »

    Premiers signataires : Agnès B., Catherine Deneuve, Benjamin Biolay, Juliette Binoche, Denis Podalydès, Irène Jacob, Sylvie Testud, Laure Adler, Patrick Chesnais, Gérard Darmon, François Marthouret, Dominique Besnehard, Jean-Michel Ribes, Mazarine Pingeot, Claudine Nougaret et Raymond Depardon, Andrée Zana Murat et Bernard Murat, Michel Rotman, Patrick Pelloux, Laurent Davenas, Gilles Achache, Gabriel Gautier, Marie d’Ouince, Bruno Masure, Dany Dan - Melopheelo - Zoxea, Layla Metssitane, Touria Benzari, Emilie Chesnais Laurent Hébert, Bertrand Van Effenterre, Anna Medvecsky, Gaëlle Bayssière, Fethi Benslama, Pierre Douglas, Rachid Benzine, David Kodsi, Florence Muracciole, Stephane Distinguin, Jean Minondo, Yohann Diniz, Jean-Philippe Derosier, Sakina M’sa, Éric Dussart, Évelyne Schapira, Philippe Lemoine, Nicole Baldet, Anne Baveray, Rachel Khan, Michel Cantal-Dupart, Anne-Carole Denès, Yves Denès, Gerard Cicurel, Gisela Blanc, Mathieu Sapin, Françoise Huguier, Édouard Brézin, Julie Saavedra, Alex Menu, Pierre-Emmanuel Guigo, Jean-Philippe Derosier, Leïla Grison, Alexandre Leroy, C215, Dominique Miller, Christian Zerbib, Christiane Hessel…

    On les comprend puisque, comme ils le disent « cet acharnement indigne […] entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie » , contrairement sans doute à l’Etat d’urgence, au 49-3, à la criminalisation de l’action syndicale, au fichage des citoyens, aux tentatives de faire voter la déchéance de la nationalité, à la sur-médiatisation du FN, à la plongée de 9 millions de citoyens dans la pauvreté, à la multiplication des milliardaires, à l’écoeurement généralisé qui s’exprime par la désertion des urnes .

    Et puis, le parti du président a de l’humour, comme en témoignent ces outils de propagande (du cynisme, vous croyez ?) :


    Heureusement, les signataires de l’appel, conscients et informés, ne vont pas en rester là 
Laure Adler va probablement démissionner de France Inter, qui ne confond pas radio d’Etat et officine politique. Un des journalistes phare d’un hebdo qui fut « bête et méchant » ne fait que rembourser sa dette à François Hollande qui lui a attribué la Légion d’honneur et qui a fait débloquer un million d’euros pour Charlie Hebdo. Jean-Michel Ribes, va désormais refuser pour son théâtre l’argent ponctionné annuellement dans les poches des Français (de toutes obédiences) via le Ministère de la Culture et la Mairie de Paris. Dans l’exercice de ses activités, aucun de autres signataires n’a reçu d’aide de l’Etat (c’est-à-dire, de nous tous).

    Ces adversaires du « Hollande bashing » vont signer un de ces quatre une pétition contre le « chômeur bashing », le « salarié bashing », le « stagiaire bashing », l’« enseignant bashing », le « retraité bashing », le « SDF bashing », le « migrant bashing », le « musulman bashing » le « gréviste bashing », le « manifestant bashing », le « sécurité sociale bashing », le « SMIC bashing » le « RSA bashing », le « Code du travail bashing », le « 35 heures bashing », le « retraite à 60 ans bashing », le « Tribunal des Prud’hommes bashing », le « Mélenchon bashing », le « CGT bashing », etc.

    Mieux : les 60 s’indignent (en secret pour l’instant) que le pouvoir solférinien s’acharne dans un « Stéphane Guillon bashing » et tous sont (discrètement) solidaires de l’humoriste impudent qui a bizarrement subi trois contrôles fiscaux en six mois.
    Fassent le ciel, Michel Sapin et Bercy, que cela leur soit épargné.
    Maxime Vivas


    (1) http://www.lejdd.fr/Politique/Deneuve-Binoche-Biolay-Une-cinquantaine-de-personnalites-disent-stop-au-Hollan

    #PS #françois_hollande #bashing #propagande #jet_set #privilégiés # #élites #classes_sociales #classe supérieure #establishment #conformisme #système #stupidité_structurellement_induite #éduqués_supérieurs

  • Trump, le châtiment
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2016-11-09-usa-elections-president-chatiment-trump

    La victoire de M. Trump, c’est donc avant tout la défaite du néolibéralisme « de gauche » incarné par Mme Clinton : son culte des diplômes et des experts, sa passion pour l’innovation et les milliardaires de la Silicon Valley, sa morgue sociale et intellectuelle. L’instrument du châtiment est redoutable. Mais la leçon sera-t-elle retenue ailleurs ?

    • Franchement est-ce que ce n’est pas niveau cour d’école que de se moquer de son prénom, ou de sa coupe de cheveux (ce que vous n’avez pas encore fait, mais bientôt peut-être) ?

      Il me semble qu’il y a mieux à faire en terme d’iconographie, si tant est d’ailleurs que ce très court article ait besoin d’une image. En l’état c’est trop anodin (etymologiquement a-nodos , hors douleur)

    • Il est pas question de moquerie, mais plutôt d’un jeu de mot iconographique un peu amusant… Souvent l’icono du site joue sur les titres et les énoncés qu’elle prend littéralement, on est dans ce cas ici. Après je peux pas dire le contraire : y’a toujours mieux à faire, aucun doute.

    • Après je peux pas dire le contraire : y’a toujours mieux à faire, aucun doute.

      Tu notes que depuis le début, je dis que, comme ça, à brûle pourpoint, je ne suis pas capable de proposer mieux. Sans toutefois avoir non plus cherché, ce que je vais finir par faire, histoire de relever le défi, si toutefois j’en suis capable.

      l est pas question de moquerie, mais plutôt d’un jeu de mot iconographique un peu amusant… Souvent l’icono du site joue sur les titres et les énoncés qu’elle prend littéralement, on est dans ce cas ici.

      Ce n’est pas très évident, ce n’est pas, en tout cas ce qui transparaît de prime abord, en tout cas, pas sans que tu ne le dises.

    • Et je note également que tu as tout à fait le droit de ne pas aimer ! je voulais juste préciser qu’il ne s’agissait pas de moquer un nom (personnellement quand j’étais petit j’étais tellement fan de Donald que je voulais m’appeler comme ça alors…), poas argumenter à proprement parler. À mon sens comme pour pas mal de logiques qui relèvent du graphisme, on ne peut justifier que jusqu’à un certain point…

    • Je suis tombé sur cette image dans cet article http://www.medelu.org/Les-7-propositions-de-Donald-Trump

      J’aime bien l’image, on pourrait croire qu’il prêche dans le désert, c’est une image trompeuse, et l’article est fort intelligent.

      Et je ne sais plus dans quel article sur le sujet de Trump, j’ai vu apparaître une référence à Elmer Gantry (https://seenthis.net/messages/530890 ) , je ne sais pas si tu as eu l’occasion de le voir finalement.

    • Simplicissimus, un Philippe Geluck bien gentil.

      Pour ce qui est des autres dessins de l’article, Ça rappelle la décision Wallonne contre le CETA, le Brexit, et autres NON Démocratiques à ceux qui décident à notre place.
      Curieux comme ce résultat d’un vote démocratique (pour les USA) déplait à nos idéologues européistes et néolibéraux.
      Normal, c’est Le Soir http://www.lesoir.be/1363946/article/actualite/monde/usa-2016/2016-11-09/dessinateurs-du-monde-entier-reagissent-victoire-donald-trump

      Rappelons que les noirs on voté à 30% pour Trump.
      Ils se rappellent que ce sont les clintons (les gentils) qui ont permis le remplissage des prisons américaines par les colored people.
      Rappelons que les blancs qui ont voté pour lui, ont suivi des études supérieures pour 30% d’entre eux.

      Points positifs de son programme :
      2/ Plus de dépenses d’infrastructures
      4/ Moins de commerce international
      7/ Remettre en cause la dérégulation financière (mise en place par clitnon, bill, avec son saxophone. Cool ce mec hein !).

      Points négatifs de son programme :
      1/ Moins d’impôts (pour les trés trés riches, on a l’habitude, l’europeu le fait trés bien, nos politicards aussi, on a pas de leçons à donner)
      3/ Arrêt de la lutte contre le changement climatique.
      Ceci dit le point 4/ Moins de commerce international devrait entrainer une énorme baisse de la pollution par les moyens de transports
      6/ Une couverture santé privatisée
      Obama care était en train de partir en cacahuètes.
      5/ Moins d’immigrés
      Certaines propositions du candidat vont à l’encontre des intérêts des entreprises et il faudra suivre de près la mobilisation et l’influence politique des pouvoirs économiques privés.

      Pour comprendre ce qui s’est passé
      Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=xZYgUwmWWVw


      (Ca commence à 41’00)

    • « Une sur-accumulation de conformisme et de crétinisme par obéissance aux consignes reçues depuis la petite enfance, sur le plan scolaire" - Musée de l’Europe & de l’Afrique - Emmanuel Todd, retranscrit par Le concierge du Musée le jeudi 10 novembre 2016 _
      http://blog.europa-museum.org/post/2016/11/10/Une-sur-accumulation-de-conformisme-et-de-cretinisme

      . . . . .
      Q : Lors du référendum sur le Brexit, c’est le « non » qui l’a emporté, et comme le « non » avait été majoritairement plébiscité par les classes inférieures et les gens les moins éduqués, on l’a un peu discrédité, est-ce que vous pensez que c’est une remarque valable ou est-ce que vous pensez que le fait que les classes les plus inférieures aient voté contre et que les gens les plus éduqués aient voté pour montre en fait juste une différence d’intérêts de classe et qu’il n’y a pas de mauvaise ou de bonne réponse, que c’est juste que ces deux classes n’ont pas les mêmes intérêts économiques ?

      Emmanuel Todd : Ben oui, c’est drôle que vous parliez comme ça, parce que autrefois on aurait dit : « comme ce sont les plus pauvres qui ont voté pour le Brexit, ça montre qu’il est particulièrement légitime ». Maintenant comme les gens se sont ralliés à une vision un peu raciste en terme d’éducation, on pose des questions du genre : « est-ce que le vote des gens moins éduqués est valable ? » C’est comme ça qu’on parlait des Noirs aux États-Unis autrefois... Donc on pourrait dire que c’est une américanisation culturelle dans un sens où un racisme culturel etc. Je crois qu’il va falloir... Pour moi évidemment, je suis ravi... Quand même, j’ai été membre du Parti communiste français, donc j’étais solidaire de gens moins éduqués que moi, mais il y a une époque où ça semblait complètement normal de considérer que les gens les moins favorisés avaient des droits politiques égaux... Enfin, je ne comprends même pas ce... Alors, ce qu’on peut constater... Il ne va pas y avoir de réponse uniforme selon les pays...

      Par exemple en France, dans un pays comme la France, si les gens les moins éduqués votent contre le Traité constitutionnel européen... ça ne vaut pas ! D’accord ? Donc en France on est déjà dans un système politique où le vote des gens les moins éduqués n’a pas la même valeur que celui des plus éduqués... En Angleterre, c’est pas ça qui se passe... C’est ça qui est formidable ! Ce que l’on est en train de constater aujourd’hui, c’est que le tempérament démocratique des Anglais est actuellement supérieur à celui des Français, car le vote des électeurs anglais est respecté par les Conservateurs... ça devrait nous rendre plutôt humbles, nous qui sommes censés avoir contribué massivement à l’émergence, je dirais, de la démocratie...

      La soumission comme critère de tri
      Je pense que l’un des combats à mener, l’une des choses sur lesquelles il va falloir quand même réfléchir sur le fond, c’est est-ce que les éduqués supérieurs sont vraiment tellement supérieurs intellectuellement ? On est entre-nous, là... Mais on peut se poser des questions de cet ordre... Bon c’est sûr que le monde des éduqués supérieurs est un monde de bons élèves... Ils ont été triés pour ça... Mais peut-être que l’un des biais du système social actuel, c’est que ce tri social... Le système éducatif qui était un système qui était conçu comme émancipateur, est en fait actuellement devenu une extraordinaire machine à trier et à tamponner la population jeune à un certain niveau pour son avenir social.. Le système éducatif est devenu... Maintenant on a 40 % des jeunes qui font des études supérieures ou des chiffres comme ça, et puis on va avoir 40% des études secondaires d’un type ou d’un autre, 20% calés au niveau inférieur...
      Mais le système éducatif est devenu une machine à fabriquer les classes sociales du futur... C’est une machine à fabriquer l’inégalité. Et du fait que c’est une machine à fabriquer l’inégalité, c’est aussi devenu un système qui justifie l’inégalité. Alors je ne dis pas... les bons élèves existent... Je veux bien admettre que les gens sont plus ou moins intelligents... Mais je pense que le mécanisme de tri par l’éducation et la machine sociale qui fabrique ce tri aboutit sans doute à exagérer énormément dans l’inconscient collectif les différences supposées d’intelligence. Et ça aboutit aussi je pense au final... Je me lâche, je suis en fin de carrière... Je suis à la retraite dans six mois... donc je peux y aller maintenant, c’est n’importe quoi... C’est évident, les gosses sont plus ou moins doués scolairement... Ils réussissent plus ou moins bien, l’intelligence existe... Il y a des différences d’intelligence...
      Mais le tri éducatif, particulièrement à partir de l’Université, ne se fait pas uniquement sur le critère de l’intelligence... Il se fait aussi beaucoup sur le critère de l’obéissance... Parce que maintenant, on vit dans un monde de concours où il faut être le plus parfait possible. Donc pour être parfait, il faut être lisse, en vérité il faut ne pas penser. Donc tout le système de définition des élites et des éduqués supérieurs contient... Il y a de l’intelligence, mais il y a aussi de la soumission comme critère de tri... Et au final qu’est ce qu’on obtient comme classe supérieure ? Qu’est-ce qu’on va obtenir ? Est-ce qu’on obtient une classe supérieure collectivement tellement remarquable par son intelligence ? Ça ne me paraît pas tellement évident... Qui oserait décrire la classe supérieure française comme intelligente collectivement ? Et pourtant c’est tous des supers bons élèves. Qui oserait décrire les gens de l’establishment de Washington... qui aboutissent au terme de je ne sais combien de temps de gestion à des baisses de niveau de vie pour leur population et qui disent que c’est normal, que ça n’a rien à voir avec le système économique etc...

      Les gens intelligents vont s’accumuler dans la population qui fera le moins d’études
      Donc vraiment, je pense que l’un des combats à mener... Je voudrais bien me faire comprendre... Je ne suis pas un populiste. Je suis moi-même un enfant de l’establishment, j’en suis très content... je n’ai jamais aspiré à être autre chose. Je n’ai jamais aspiré à autre chose qu’une conversion des élites entre guillemets à une attitude plus responsable socialement... Mais quand même ! Il ne faut confondre la description de la société en termes de niveau éducatif... Il ne faudrait surtout pas croire que ça correspond à une répartition des capacités intellectuelles dans la population... Ou que les écarts sont aussi importants que ça...

      En haut de la société vous aurez une sur-accumulation de conformisme et de crétinisme par obéissance aux consignes reçues depuis la petite enfance, au plan scolaire , et en-bas vous aurez des gens parfaitement intelligents mais qui n’ont pas été pris dans le moule du système parce qu’ils ont un peu plus de mal à obéir... Et bien entendu avec l’institutionnalisation du système et la capacité des élites éducatives à se reproduire, on va vers une période où les gens intelligents vont s’accumuler dans la population qui fera le moins d’études... Donc il ne faut pas désespérer... Et je pense que l’un des combats à mener, ce serait contre cette idée que les éduqués supérieurs sont vraiment supérieurs...

      Des profs d’économie, surpayés, dont l’œuvre intellectuelle tient sur une feuille de papier à cigarette
      Et je dirais que l’une des choses pour lesquelles j’aimerais vraiment... là ça me ferait vraiment marrer que Trump gagne, vraiment, ce serait à cause de ce que j’ai déjà mentionné, c’est cette pétition d’économistes contre Trump... Vous voyez, vous avez des centaines d’économistes, de profs d’économie, surpayés, dont l’œuvre intellectuelle tient sur une feuille de papier à cigarette, voyez, qui assurent la population que le libre-échange est indépassable... Et vous avez une population qui dit : « non, rien à foutre, quand même notre niveau de vie baisse, on meurt, ça va pas bien, on se sent pas bien... On n’a plus d’avenir assuré, c’est pas possible... ». Parce que ce serait une victoire intellectuelle... Si vous voulez, une population qui élirait Trump, je ne parle pas en général, je parle sur ce point précis, serait une population qui désavoue un système de domination intellectuelle, de conformisme... Et qui oserait dire ! « Non, les mecs, vous êtes pas plus intelligents, vous êtes pris dans un truc de pensée collective... totalement absurde... ». Il m’est arrivé de réfléchir... là je me mets à délirer librement pour terminer... L’un des trucs lorsqu’on décrit les électorats républicains... Je ne suis pas du tout Républicain, moi ! Je ne peux pas piffer les électorats de droite... Je voudrais pas qu’il y ait de malentendus quand même... C’est juste un plaisir pervers à voir un système mental exploser...

      Stupidité structurellement induite
      Mais par exemple l’un des trucs qu’on reprochait autrefois à l’électorat républicain, pas celui de Trump, mais l’électorat fondamentaliste... c’était d’être créationnistes... de prendre littéralement la Bible.. Dire que la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, c’est pas vrai. C’est pas vrai ! Ça c’est passé exactement comme c’est dit dans la Bible... En 7 jours, le mec en haut a dit... Voilà il a créé ceci-celà et ceci-celà... Honnêtement je ne me souviens plus des détails, mon éducation religieuse est assez lointaine maintenant... Et bien entendu, tout le monde s’esclaffe... Et je m’esclaffe aussi. J’ai personnellement lu l’Origine des espèces de Darwin, et ça a été l’un des moments de bonheur de ma vie, je suis un Darwinien sans faille sur ces questions-là... Donc la question n’est pas là. Mais en gros vous avez des mecs qui vous disent, des mecs qui sont dans un littéralisme biblique ou dans une foi religieuse intense, c’est les mecs qui vous disent : « il y a ailleurs un autre monde qui a certaines caractéristiques, ou un être qui a certaines caractéristiques, nous ne pouvons pas le démontrer... »

      C’est terrible. C’est une démission de l’esprit, il n’y a pas de problème. Mais quand vous avez des centaines d’économistes qui s’auto-hallucinent collectivement... Et qui vous disent :« le monde sensible est parfait. Le libre-échange est indépassable » au moment même où il fait vivre toute la population dans la terreur et la régression... C’est beaucoup plus grave que le Créationnisme... Ou plutôt, c’est pas plus grave, c’est la même-chose. Le libre-échangisme de ces économistes c’est l’équivalent « classes supérieures » du créationnisme des humbles... Donc vraiment la question du supérieur, de l’inférieur, de la légitimité, je crois que c’est des choses dont il faut commencer à débattre... sur le fond. Sur le fond. C’est à dire... Il y avait un économiste anglais quand je travaillais sur l’Union soviétique qui avait un concept, un concept formidable de « stupidité structurellement induite » pour décrire le comportement des élites soviétiques. Donc, voilà, nous on a des phénomènes de « stupidité structurellement induite ». ça renvoie à l’Idéologie de Marx, à la fausse conscience...

      Mais vraiment, je vais terminer là-dessus : pour moi les éduqués supérieurs ne sont pas supérieurs.

      #Emmanuel_Todd #Intelligence #Université #Enseignement #Ecole #Education #elites #domination #election #Démocratie #CETA #TTIP #Trump

    • Les meilleures discussions de seenthis sont celles qui partent d’un sujet un peu étroit (le choix iconographique d’un article) pour arriver à un autre sujet incroyablement plus ouvert ( les éduqués supérieurs ne sont pas supérieurs ). Il n’y a pas longtemps, cela partait d’une nouvelle carte du monde plus ou moins centrée sur le Pacifique pour arriver à la peinture Jasper Johns.

    • Mais Patrick Champagne se réfère à la proposition de Pierre Rimbert qui semble beaucoup trop limitée. Un « service public » de l’information est imaginé. C’est toujours la même pensée réformiste qui pense que le marché est méchant mais l’Etat reste vertueux. La #presse_subventionnée risque d’évoluer comme le monde de la culture. L’élitisme creux et le confort de l’entre soi petit bourgeois ne mènent à rien. Contrairement à ce que prétend Patrick Champagne et sa clique, le marché n’est pas le seul problème. Le #conformisme_de_classe apparaît également comme un problème assez peu souligné par les sociologues et autres universitaires d’Acrimed, et pour cause.

      http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030

      #Acrimed

      Parmi les fondateurs les plus actifs de l’association, on relève les noms de Patrick Champagne , Yvan Jossen, Henri Maler, Eric Marquis, Jacques Soncin et quelques autres.

      http://www.acrimed.org/Maison-fondee-en-1996-par-Henri-Maler-et-Compagnie

    • Je ne vois absolument pas comment concrètement (pas dans une phrase comme ça pour polémiquer) ça pourrait être pire qu’actuellement.

      Qu’il y ait des outils mutualisés parce que gros et parce qu’à grande échelle (impression grand tirage, distribution sur un territoire national, etc), bah… c’est le principe de tous les services publics (trains, distribution d’électricité, etc).

      Donc que l’État soit tenu par des connards et qu’il puisse faire de la merde OUI (mille fois oui), mais comme c’était le cas à l’époque où le train ou l’énergie étaient nationalisé : ça restait malgré tout, sur ces points là, mieux qu’actuellement depuis que tout est privatisé (moins cher, moins d’accident, meilleur service partout, rural, etc).

      Donc je ne vois pas comment les mutualisations qu’il propose pourrait être pires ou plus totalitaires que les grands médias et grands distributeurs actuels tenus par des marchands d’armes, bétonneurs et financiers. Ce n’est pas une solution magique qui va générer le monde des bisounours, mais clairement pour moi ça ne peut qu’être mieux que maintenant, de mutualiser des choses sous l’égide d’une institution publique plus ou moins démocratique (plus que Dassault ne le sera jamais !).

  • Lu dans le @mdiplo de ce mois : « Google, Facebook, Yahoo, Twitter et tant d’autres moyens de communication nés aux États-Unis restent modelés par les schémas de leur pays d’origine. Non seulement le Net nous confronte à l’emploi quotidien d’un anglais minimal, mais il nous incite à penser américain. » (La lange de l’Europe, Benoît Duteurtre)

    C’est exactement ce qu’on essaye de dire avec Salut à Toi quand on insiste sur la non neutralité de la technologie. Le concept même de « réseau social » me semble très lié à la culture étasunienne, la domination de l’anglais réduit les capacités à s’exprimer et à penser différemment, l’agencement de ces outils nous incite à les utiliser d’une certaine façon.

    Un discours qui ne semble malheureusement pas avoir beaucoup d’écho.

    #réseaux_sociaux #internet #anglais #conformisme #communication

  • Le « KOD », lueur d’espoir pour la #Démocratie polonaise ?
    http://www.taurillon.org/le-kod-lueur-d-espoir-pour-la-democratie-polonaise

    Samedi dernier, des milliers de citoyens ont protesté dans les grandes villes polonaises, mais aussi dans le monde comme à San Francisco par exemple, à la suite de nouvelles mesures prises par le gouvernement conservateur portant atteinte à la liberté des médias publics. Parmi les drapeaux polonais et slogans, les manifestants brandissaient également le drapeau européen, soulignant ainsi leur attachement aux valeurs démocratiques de l’Union européenne.

    Actualités

    / #Pologne, Démocratie

    • vlentz , vous n’avez pas bien lu ce que vous avez déposé sur SeenThis par copier coller.

      Votre texte parle de la Liberté de la presse dans un pays de l’union européenne.
      Tous les grands médias de l’union européenne appartiennent à des financiers.
      Les télévisions d’états ont été partiellement privatisés, et ne se distinguent pas des autres.
      Il n’y a pas de Liberté de la presse dans l’union européenne.
      Quelques dissidents, sans plus. Le Monde Diplomatique, CQFD, La Décroissance, La Brique, . . . Basta Mag, Reporterre, .
      On ne les assassines pas encore comme sur d’autres continents.

      Le premier journaliste qui sort de la Doxa est viré.
      Le média légèrement en dehors de la Doxa officielle, est re structuré immédiatement ; Voir Canal + en France.
      Les personnalités qui ne professent pas votre doxa unioniste européenne, ne passent pas dans les médias.
      Par contre, ceux qui professent le discours officiels comme Julia Cagé nous sont assénés sans fin.
      C’est pour cela que j’ai mis ce commentaire.

      Mon texte donc est en rapport avec votre copier collé.
      Le gouvernement polonais n’applique pas les ordres de l’UE.
      Vous le dénoncez, c’est votre job de Chef de projet en agence web + SG @ UEF-F.
      Personnellement, je n’ai aucune sympathie pour ce gouvernement polonais, mais comme on parle de liberté de la presse . . .

      Conseil : Demandez à ceux qui écrivent les articles des jeunes européens de France de se préoccuper un peu plus de la réalité

      #Liberté_de_la_presse #union_européenne #Doxa
      La liberté de vous commenter n’existe pas non plus
      –---------
      SAUVONS LES MEDIAS !
      Les bons Médias, bien sur, Polonais ou bien Français
      Quand les médias dominants consacrent la « bonne » critique des médias
      par Benjamin Lagues, Denis Souchon, mardi 5 janvier 2016

      Depuis la parution début février 2015 de son livre Sauver les médias, Julia Cagé est régulièrement invitée dans les médias dominants pour exposer son diagnostic sur l’état du paysage médiatique et ses préconisations pour le sauver. Bien que son ouvrage, qui porte essentiellement sur les structures capitalistiques de la presse écrite, soit souvent fondé dans ses analyses, dont nous avons pointé les limites ici [1], le nombre d’invitations dont elle bénéficie interroge : si le thème du devenir des médias intéresse tant, pourquoi d’autres formes d’analyses (notamment critiques et radicales) sont-elles si peu, pour ne pas dire jamais, entendues dans les colonnes ou sur les ondes des « grands » médias ?

      La liste (peut-être non exhaustive !) des très nombreuses invitations dont Julia Cagé a bénéficié depuis la sortie de son livre le 5 février dernier (voir en annexe), illustre les logiques sociales de sélection des experts médiatiques et le manque de pluralisme auquel elles aboutissent. Ainsi, il aura suffi d’un livre et de quelques semaines à Julia Cagé pour s’imposer comme l’experte ès médias que tous les médias s’arrachent – rejoignant le petit club fermé des experts accrédités sur la question, tels Dominique Wolton, Jean-Marie Charon, ou Jean-Louis Missika.

      Le corollaire de cette ubiquité médiatique est la fermeture des médias aux autres formes de critique des médias. En ce sens, la présence dans les médias de #Julia_Cagé est un révélateur de ce que l’espace médiatique est disposé à tolérer à propos de ce qu’il est. Et si l’on ne peut que se réjouir d’entendre dans les grands médias un discours qui esquisse une critique de la propriété des médias, ainsi que des propositions pour y remédier, on ne peut que déplorer que ce soit le seul discours critique audible.

      Cette omniprésence médiatique s’explique notamment par le #suivisme et le #conformisme des rédactions qui veulent rester en terrain connu (et prévisible) avec des invités au pedigree professionnel impeccable (et très « institutionnel ») [2], et possédant toutes les qualités du « bon client » (aisance, disponibilité, phrases courtes, disposition à commenter des sujets relativement différents) qui font qu’elle et son discours sont quasiment d’emblée ajustés aux attentes des chefferies éditoriales.

      C’est finalement très (socio)logiquement, que le 2 novembre 2015 le Conseil supérieur de l’#AFP a nommé Julia Cagé au sein de son conseil d’administration en tant que personnalité qualifiée. Ou comment les grands médias consacrent eux-mêmes la « bonne » critique des #médias… pour mieux la digérer ?

      Benjamin Lagues et Denis Souchon
      http://www.acrimed.org/Quand-les-medias-dominants-consacrent-la-bonne-critique-des-medias
      Annexe ( Voir l’article d’origine pour les liens )
      Interventions du 05/02 au 08/10/2015 de Julia Cagé dans les médias à propos de son livre et/ou de la question des médias :
      05/02/2015, invitée des Matins de France Culture
      05/02/2015, interview dans Télérama
      06/02/2015, interview dans Les Inrocks
      06/02/2015, invitée de L’invité de l’éco sur France 24
      11/02/2015, invitée d’Europe 1 social club
      13/02/2015, interview dans Libération
      14/02/2015, invitée de Médialogues sur la RTS
      19/02/2015, invitée de L’instant M sur France Inter
      20/02/2015, interview dans La Croix
      Entretien dans le numéro de mars 2015 d’Alternatives économiques
      01/3/2015, interview dans Mediapart
      04/3/2015, invitée de Precepta stratégiques TV
      14/3/2015, invitée de La suite dans les idées sur France Culture
      21/3/2015, invitée de L’atelier des médias sur RFI
      28/3/2015, invitée du Grand Oral La Première - Le Soir
      03/4/2015, interviewée dans 20 minutes
      03/4/2015, participation à Ce soir ou jamais sur France 2
      13/4/2015, interview sur le site BSC news
      05/6/2015, interviewée dans Stratégies Magazine
      15/6/2015, invitée de La grande table sur France Culture
      21/6/2015, invitée de L’alphabet numérique sur France Culture
      10/7/2015, invitée de Mediapart
      03/9/2015, invitée de L’instant M sur France Inter
      04/9/2015, interviewée dans La Tribune
      10/9/2015, invitée de La matinale d’Europe 1
      17/9/2015, invitée des Matins de France Culture
      20/9/2015, invitée de Média le Mag sur France 5
      22/9/2015, invitée du Téléphone de France Inter
      08/10/2015, interviewée sur le site Atlantico

  • Eric Maurin : “ Le conformisme est devenu la marque d’une société totalement dérégulée

    #paradoxe

    La source traditionnelle du #conformisme se trouve dans notre amour-propre, notre désir d’être à la hauteur, notre souci de l’opinion des autres. On vérifie par exemple qu’un même salarié s’investit en moyenne beaucoup moins dans son travail, s’absente beaucoup plus souvent, quand il travaille à l’abri du regard des autres que quand il partage son bureau avec un collègue, surtout si ce dernier est lui-même très investi.

    http://www.lesinrocks.com/2015/10/05/actualite/eric-maurin-le-conformisme-est-devenu-la-marque-dune-societe-totalement-

    Liens supplémentaires :
    http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/10/03/societe%C2%A0-eric-maurin-analyse-le-contresens-liberal-5694270

    • J’ai bien aimé ce commentaire de l’article sur « Société : Eric Maurin analyse le contresens libéral » :

      A propos d’#individualisme : la génétique dément cette vision des hommes, et la pseudo-morale qui en découle ("mon corps m’appartient, je fais ce que je veux de ma vie, ma liberté ne s’arrêtant que là où commence celle des autres...").
      En effet nous ne nous contentons pas de transmettre les gènes dont nous avons hérité ( ce qui déjà trahit les liens intergénérationnels, mais de manière passive), nous modifions notre patrimoine génétique par nos modes de vie , alimentation, stress, drogues et autres traitements chimiques, méditation,... Ainsi, ma façon de vivre va s’inscrire dans les gènes de mes descendants.
      Autrement dit, je suis responsable, par mes actes du quotidien, de ce que je transmets aux générations futures. Donc, que je sois homme ou femme, le choix de mon alimentation, de mes activités physiques, de mon mode de vie, n’engage pas que moi, ne regarde pas que mon petit couple individualiste, mais engage aussi l’avenir de l’humanité. Comment dit-on déjà ? Ah oui, tout est lié. Tous co-responsables , parce que très concrètement co-créateurs .

  • « Repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie », une brillante analyse de Nathalie Saint-Criq
    http://larotative.info/reperer-et-traiter-ceux-qui-ne-785.html

    Nathalie Saint-Criq, responsable du service politique de France 2, et accessoirement frangine du président du directoire de La Nouvelle République, a livré, dans le journal de 13 heures du 12 janvier, une « analyse » (sic) qui mérite d’être largement connue :

    « C’est justement ceux qui ne sont pas "Charlie" qu’il faut repérer , ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui "balancent" sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter , intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale. Et là, l’école et les politiques ont une lourde responsabilité. »

    Saint-Criq oublie que la liberté de pensée est un droit fondamental, et suggère apparemment d’envoyer la DGSI (et les profs ?) traquer et « traiter » ceux qui n’auraient pas affiché « Je suis Charlie » sur leur profil Facebook, sur leur cartable ou sur la vitrine de leur commerce. Ne pas s’être écrié, à l’unisson du Nasdaq, de Sarkozy, de Merkel, de Valls, de JCDecaux ou de Serge Babary « Je suis Charlie », ça vaut bien une petite surveillance renforcée, voire un « traitement » spécial dans les sous-sols de Levallois. Rien de tel pour donner envie d’intégrer la « communauté nationale ».

    D’autant que pour Saint-Criq, ne pas « être Charlie », c’est forcément le fait de personnes extérieures à la « communauté nationale », puisqu’il est question de les y intégrer ou de les y réintégrer. A la manière d’Eric Zemmour, Nathalie Saint-Criq nous explique ce que signifie « vivre à la française ». Les bons Français sont Charlie, cela va de soi. Ils n’ont rien à se reprocher, et d’ailleurs ils ne seront certainement pas opposés à une couche supplémentaire de surveillance...

    #surveillance #service_public #nationalisme #Charlie

  • Quatre figures actuelles du brouillage idéologique : Laurent Bouvet, Jean-Claude Michéa, Eric Zemmour, Alain Soral | Université Populaire de LYON
    http://unipoplyon.fr/articles/cours/trois-figures-actuelles-du-brouillage-ideologique-laurent-bouvet-jean-cla
    http://unipoplyon.fr/core/wp-content/uploads/2014/02/corcuff_18-02-14.mp3

    #Xénophobie, #antisémitisme, #islamophobie, #racisme anti-noir, #machisme, #homophobie... cette #idéologie néoconservatrice a deux principaux pôles émetteurs : l’un au cœur du paysage médiatique, habitué à caricaturer musulmans et Noirs, l’autre dans l’underground très actif d’internet, préférant s’en prendre au « suprématisme juif » (selon l’expression d’Alain Soral dans son ouvrage avec Éric Naulleau, Dialogues désaccordés, Blanche/Hugo & Cie, 2013). Le héraut du premier pôle est Zemmour, le héros du second Soral.
    Par-delà les divergences réelles entre les deux pôles, on repère un bricolage de thèmes communs. Et puis ils ont hérité de leur bouc émissaire préféré, BHL, quelques traits contribuant à la désintellectualisation en cours du débat public : l’enfilage de lieux communs plutôt que l’enquête au plus près des complications du réel, le marketing des idées vagues plutôt que le patient travail des concepts, l’arrogance rhétorique plutôt que l’argumentation raisonnée. Les marionnettes de l’anticonformisme ressemblent, dans leur absence de rigueur et leur goût pour la mise en spectacle, aux marionnettes du #conformisme qu’elles dénoncent.

  • Etat de droit et propagande : est-il possible de nier l’évidence ?
    http://reflets.info/etat-de-droit-et-propagande-est-il-possible-de-nier-levidence

    Pour conclure cette série d’articles sur les révélations de #Snowden établissant une surveillance totale de la population, sans que grand monde ne vienne contredire cette théorie digne d’une conspiration tirée d’un James Bond, il semblait nécessaire de revenir sur quelques événements majeurs. Comme le coup d’Etat au Chili en 1973, l’assassinat de #kennedy et les […]

    #A_la_Une #Le_radar_de_Reflets.info #Tribunes #conformisme_normatif #expérience_d'Asch #fabrique_du_consentement #influence #NSA #panoptique #PsyOp #WTC

  • #Suisse : le #scandale des #enfants parias

    Durant des décennies, jusque dans les années 1980, des milliers de jeunes Suisses ont été jetés en #prison sans procédure judiciaire, placés de force dans des #familles_d'accueil ou en maison de #rééducation, #stérilisés... Leur crime ? Une conduite jugée menaçante par une société éprise d’#ordre et de #conformisme. Ils sont les #victimes d’une politique sur laquelle la Confédération commence à peine à briser le #silence.

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/suisse-le-scandale-des-enfants-parias_1265422.html