• Le ministre de l’éducation juge « profondément scandaleux » le message sur les « génocidaires » publié par un enseignant de Lyon-II
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/26/le-ministre-de-l-education-juge-profondement-scandaleux-le-message-sur-les-g

    L’enseignant [Julien Thery, qui a notamment publié Le Livre des sentences de l’Inquisiteur Bernard Gui, en 2022, ndc], vivement critiqué après la révélation de ce message, a affirmé lundi à l’Agence France-Presse (AFP) n’avoir « évidemment jamais dressé de liste de juifs » et assuré que sa publication « commentait » une tribune du Figaro, où vingt personnalités interpellaient Emmanuel Macron qui s’apprêtait alors à reconnaître au nom de la France l’Etat palestinien.

    Il a accusé la Licra d’avoir repris « une petite partie » de son texte pour lancer « une campagne de harcèlement » en représailles d’un article qu’il a récemment publié.

    l’enquête "sur l’antisémitisme" dans l’enseignement supérieur donne déjà des résultats !
    https://seenthis.net/messages/1147618

    • Pour préciser : la liste dénoncée comme insupportable est très exactement le copier-coller de la liste des signataires de la tribune « « Monsieur le président, vous ne pouvez pas reconnaître un État palestinien sans conditions préalables » : l’appel de 20 personnalités à Emmanuel Macron ». Pas une de plus, pas une de moins.
      https://archive.ph/mMNUC#selection-1479.0-1486.0

      Quant à la photo, c’est celle qui illustre la même tribune :
      https://www.lefigaro.fr/vox/monde/monsieur-le-president-vous-ne-pouvez-pas-reconnaitre-un-etat-palestinien-sa

      Théry n’a donc ni établit une liste spécifique en extrayant les personnalités juives parmi les signataires de la tribune, ni choisi spécifiquement les 4 personnes pour la photo : il a pris l’intégralité des signataires (avec les mêmes titres et dans le même ordre) de la tribune, et reproduit directement l’image qui l’illustre sur le site du Figaro.

      Toujours impressionné par ce talent des grand journaux pour réussir à ne surtout pas dire explicitement ce genre de choses : la liste de Théry est le copier-coller exhaustif des signataires de la tribune, et l’image qui a jointe à son message est celle qui illustre la tribune du Figaro.

    • ... concernant l’antisémitisme soviétique Julien Théry note : « Les cas d’antisémitisme repérables dans l’histoire des pays du bloc soviétique – par exemple de la part de Staline et de son entourage, entre autre lors du « complot des blouses blanches » – ne ressortissent évidemment pas à l’idéologie communiste propre à ces régimes, mais à une tradition enracinée de très longue date dans la culture des sociétés concernées ». Pourtant, l’antisémitisme soviétique ne se limite pas à quelques « cas », mais possède un caractère systémique en URSS et ses pays satellites sur plusieurs décennies. Il ne relève pas seulement d’une « tradition antisémite », mais s’inscrit dans une politique stalinienne visant à diffuser et instrumentaliser l’antisémitisme pour réprimer l’opposition politique avec une réadaptation de mythes antisémites spécifiquement ajustés aux besoins de cette politique, en particulier celui du Juif déraciné au service d’une puissance étrangère à la nation (les exemples les plus parlant étant le dit « complot des Blouses blanches » et les procès de Prague en 1952-53). Cette analyse de l’antisémitisme soviétique que Julien Théry semble ignorer n’est pas nouvelle, elle est formulée dès les années 1930, notamment en 1937 par Léon Trotsky, qui en fut la cible, dans son texte « Thermidor et l’antisémitisme » [1937].

      Cette utilisation politique de l’antisémitisme ne s’arrête pas avec la mort de Staline et continue pendant plusieurs décennies par le biais de la sionologie, une pseudo-science qui recycle les thèmes antijuifs en les présentant comme anti-impérialistes. Certaines thèses popularisées à cette époque ont encore cours aujourd’hui à gauche, avec une influence délétère : les « sionistes » auraient été les alliés objectifs du parti nazi, les Juif·ves profiteraient de la Shoah pour en tirer des bénéfices, le « sionisme » serait un projet de domination global du Moyen-Orient, voire du monde, les personnes et organisations juives en désaccord avec la ligne du parti seraient des « sionistes » qui agiraient en réalité pour le compte de l’État israélien, etc. Dire que l’antisémitisme soviétique ne serait qu’une manifestation de l’antisémitisme traditionnel des sociétés concernées revient ainsi à faire l’impasse sur la reconnaissance de la fonction que joue l’antisémitisme pour les régimes en question.

      [...]

      L’objectif du texte est en effet de conforter le déni, d’inciter le lecteur à ignorer, voire à revendiquer fièrement les accusations d’antisémitisme (Julien Théry l’avait d’ailleurs écrit sur les réseaux sociaux : « Si tu es un peu sérieusement de gauche et n’a jamais été traité d’antisémite, t’as raté ta life »), position catastrophique d’un point de vue antiraciste, mais partagée par des personnalités comme Houria Bouteldja et Jean-Luc Mélenchon, qui se sont d’ailleurs empressé·es de soutenir l’universitaire.

      https://juivesetjuifsrevolutionnaires.fr/2025/12/02/non-lantisemitisme-dou-quil-vienne-nest-ni-residuel-ni

      #Julien_Théry #confusionnisme #antisémitisme

    • Ce que l’affaire Julien Théry dit de l’antisémitisme chez les universitaires de gauche
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/ce-que-laffaire-julien-thery-dit-de-lantisemitisme-chez-les-universitaire

      Pour l’historien Julien Théry, mis en retrait par son université, l’antisémitisme de gauche n’est qu’une « fiction polémique stigmatisante ». Ce faisant, il sacrifie le vrai au nom du bien, fait valoir le spécialiste du socialisme et du judaïsme français Milo Lévy-Bruhl, pour qui l’antisémitisme de gauche est une tradition prégnante.
      Publié le 16/12/2025

      Julien Théry est professeur d’histoire médiévale à l’université de Lyon-II et producteur et animateur de la Grande H., émission d’histoire du Média, site et chaîne de télévision proche de La France insoumise. A ce titre, il est un membre éminent du groupe social des universitaires de gauche, au sein duquel il symbolise une tendance particulière. Ce groupe social se caractérise, en effet, par une tension entre son ethos universitaire et son inclination politique de gauche. Serviteur d’un idéal du vrai d’un côté, chevalier d’un idéal du bien de l’autre, les universitaires de gauche vivent structurellement une politisation contrariée.

      Bien que leur fonction sociale dépende de leur conformité à ce double idéal, chacun sait qu’il est difficile de servir deux maîtres. La tentation est grande de neutraliser la tension entre deux idéaux en renonçant au bien au nom du vrai, ou au vrai au nom du bien. C’est cette deuxième tendance dont Julien Théry constitue un modèle.

      Absurdité argumentative

      Pour s’en convaincre, il suffit de se plonger dans le premier acte de l’affaire Théry. A la fin du mois d’octobre, le médiéviste s’aventure sur un terrain dont il n’est absolument pas spécialiste, et commet un texte indigent sur l’antisémitisme de gauche. La thèse de l’article est simple : l’antisémitisme de gauche est une « fiction polémique stigmatisante » résultant d’une « manipulation néolibérale-sioniste ». Aucune enquête ne sous-tend cette théorie, seulement des notions obèses et un schéma explicatif simpliste, qui emprunte davantage au complotisme qu’à la recherche empirique. Selon Théry, les « forces politiques de gouvernement » auraient inventé cet antisémitisme pour disqualifier les « grands mouvements de gauche », qui représenteraient une menace à leur hégémonie. Les dirigeants israéliens s’associant à cette machination afin de jeter l’opprobre sur des forces antisionistes repeintes en antisémites.

      La thèse n’a rien de neuf, mais l’universitaire l’assoit ici sur une prétendue démonstration scientifique de l’inexistence d’un antisémitisme de gauche dans l’histoire. L’article commence ainsi par une synthèse démonstrative lapidaire, qui aligne les citations sélectives de figures de gauche, et les explications de texte orientées. Le sommet de l’absurdité argumentative est atteint dans les deux paragraphes consacrés au bloc soviétique.

      L’auteur y réfute que les politiques de discriminations, puis de persécutions des juifs d’URSS, aient pu résulter d’une politique de gauche par l’argument déshistoricisant selon lequel les cas d’antisémitisme repérables durant les soixante-dix ans d’histoire des pays du bloc « ne ressortissent évidemment pas à l’idéologie communiste propre à ces régimes, mais à une tradition enracinée de très longue date dans la culture des sociétés concernées ».

      Pétition de soutien

      Qu’importe que l’antisémitisme de gauche, distinct de l’antisémitisme de droite, soit une tradition prégnante et d’ailleurs protéiforme selon qu’elle s’inscrit, par exemple, dans une matrice chrétienne de communion, laïcisée en injonction à la fraternité, qui voit d’un mauvais œil le résidu de particularisme juif ; dans des critiques sociales insuffisamment réflexives ; ou encore dans des formes pathologiques de revendications de justice promptes à fantasmer un privilège juif qui serait à niveler. Qu’importe également que l’accusation d’antisémitisme de gauche soit chronologiquement bien plus facile à rapprocher de l’explosion de l’antisémitisme depuis deux décennies que de la prétendue crainte néolibérale d’une perte d’hégémonie, ou de « la radicalisation du projet de colonisation de la Palestine après l’abandon des accords d’Oslo ». Le vrai importe peu à Théry quand le bien est en jeu.

      Quelques semaines après la publication de cet article, le même Julien Théry est publiquement pris à partie par la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) en raison de sa publication d’une liste de noms de « génocidaires à boycotter » sur le groupe Facebook de son émission, la Grande H. Cette liste, rapprochée par la Licra d’une « liste de noms comme sous l’Occupation », reprend celle des signataires d’une tribune parue avant l’été demandant au Président de s’en tenir aux conditions qu’il avait lui-même posées, dans un premier temps, pour la reconnaissance de la Palestine.

      La mise en cause, relayée par certains médias nationaux, occasionnera une campagne de « diffamation et de harcèlement, d’insultes et de menaces de mort ». C’est en tout cas ce qu’affirme une pétition de soutien, signée par plusieurs centaines d’universitaires, titrée « Contre un maccarthysme à la française – pour tous les Julien Théry à venir ».

      Malheureusement, la pétition ne se place pas sur le strict terrain du bien en défendant un universitaire présenté comme injustement accusé d’antisémitisme, puisqu’elle endosse, elle aussi, les thèses de l’article de Julien Théry : il n’y a structurellement pas d’antisémitisme de gauche et l’invention de cet antisémitisme est une manipulation des sionistes – les néolibéraux ayant étrangement disparu de la machination. Collectivement, les universitaires de gauche sacrifient, à leur tour, le vrai au nom du bien.

      Publications antisémites

      Du bien apparent du moins, car quelques heures avant la publication de la tribune, plusieurs publications antisémites, partagées par Julien Théry lui-même, sont retrouvées sur le groupe Facebook de la Grande H. : l’image d’un juif au long nez, étoile de David en or autour du cou, qui pioche discrètement dans le sac à main d’une femme tenant un drapeau palestinien en s’exprimant « God promised me this wallet » ; une citation de Denis Olivennes (1) « Les Juifs sont présents en France depuis deux mille ans, bien avant les Francs et les Burgondes » assortie du commentaire « Ça commence comme ça et on se retrouve 65 millions enclavés à Gaza-sur-Brest au nom de Grand Israël » ; des textes euphémisant l’antisémitisme de Dieudonné, d’autres relayés depuis les comptes d’antisémites notoires comme Paul-Eric Blanrue ou Marc-Edouard Nabe…

      Au-delà de Julien Théry lui-même, on constate rapidement que ce groupe Facebook, dont il est l’administrateur, accueille des dizaines de posts antisémites jamais modérés, même quand ils étaient signalés par certains utilisateurs. Autant d’idées qui préparent depuis vingt ans les passages à l’acte violents, trop souvent meurtriers, que subissent les juifs de notre pays. Les universitaires avaient sacrifié le vrai au bien que représentait la défense d’une victime innocente du « maccarthysme », ils défendaient en fait un antisémite de gauche : plus de trace de bien non plus.

      Pourtant, comme si le bien ne les intéressait subitement plus, aucun signataire de la tribune ne s’est publiquement manifesté depuis pour retirer son soutien ou critiquer l’antisémitisme désormais tout à fait indéniable de Julien Théry. Nous voilà donc réduits à espérer que cette affaire puisse au moins avoir le mérite de rendre l’antisémitisme de gauche plus difficile à nier, à l’avenir, par les universitaires de gauche. Peut-être seront-ils moins nombreux, la prochaine fois, à renoncer à leur idéal du bien en volant au secours d’un antisémite, et à leur idéal du vrai en endossant des thèses tellement absurdes que les propres pratiques de celui qui les énonce les dénoncent dans la foulée. La crédibilité de leur prétention à assumer leur fonction sociale dépend de la leçon qu’ils sauront tirer, ou non, de cette affaire.

      #gauche (maquillages) #intellectuels (abrutisseurs)

    • Généralement les antisémites de « gauche » finissent par rejoindre tranquillement l’extrême droite (Dieudonné en est un bel exemple) et les anciens soutiens se taisent discrètement. Il faudra suivre la trajectoire politique de ce Théry dans les années qui viennent, cela peut être intéressant...

      Il y a trop d’automatismes idiots dans la critique d’Israël (cf le « nazi sans prépuce » de Meurice), qu’on retrouve d’ailleurs, dans un style assez similaire, dans la critique anti-américaine (sans oublier le prisme pro-russe encore parfois résiduel, cf l’indulgence partielle dont bénéficie encore Poutine à gauche). Il faudrait vraiment faire un gros ménage là dedans mais les partis institués ou même un peu à la marge (type NPA) n’aident pas vraiment...

    • Tsedek : Affaire Julien Théry : Nos réponses à Arrêt sur images
      https://tsedek.fr/2025/12/28/affaire-julien-thery-nos-reponses-a-arret-sur-images

      ASI : Plusieurs publications / partages sur les RS de Julien Thery ont été exhumés par des comptes malveillants et dangereux comme Sword of salomon. Certaines sont de simples critiques d’Israël, dénonciations du génocide à Gaza. D’autres, qui ont beaucoup circulé ces derniers jours, sont qualifiés d’ouvertement antisémites par certains, et considérées comme comportant des motifs antisémites clairs. Voici l’énumération des exemples que je vais évoquer dans l’article, si tu veux réagir à chacun d’eux plutôt que de faire une réponse générique car chaque cas est différent.

      Tsedek ! : Julien Théry s’est exprimé sur le premier meme, regrettant avoir partagé trop vite un post effectivement problématique. Nous constatons par ailleurs un défaut de modération évident sur le groupe Facebook de son émission. Soulignons la disproportion entre la gravité de l’accusation d’entretenir une « passion antisémite » et les éléments à charges censés la soutenir : de quoi rendre perplexe quiconque regarde l’affaire sans aucune connaissance du contexte d’énonciation ; une fois acquise cette connaissance, l’affaire tourne à la très mauvaise blague.

      Nous jugeons pour notre part que la lutte contre l’antisémitisme et le racisme en général ne consiste pas à faire du commentaire d’images ou à établir des chaines de responsabilité dans des publications de réseaux sociaux. Là encore, il nous semble essentiel de réaffirmer que l’exceptionalisation de l’antisémitisme, seul racisme à faire l’objet d’une telle instrumentalisation, participe en réalité à la montée de l’antisémitisme dans la société en produisant du ressentiment contre les Juifs et les Juives. Ce type de mécanisme est notamment à l’oeuvre lorsque sont considérés comme des interlocuteurs légitimes pour parler d’antisémitisme des personnalités ayant manifestés à de multiples reprises leur racisme anti-palestinien, affirmant par exemple plusieurs mois après le début des massacres qu’un cessez-le-feu constituerait une « faute morale », ou légitimant en août dernier l’assassinat du journaliste palestinien Anas Al-Sharif. Ainsi, de la même manière, le fait que les accusations d’antisémitisme ne soient mobilisées qu’en vue de légitimer la politique criminelle israélienne et de justifier la mise en place de politiques autoritaires et racistes, en particulier islamophobes, empêche en réalité toute lutte réelle contre l’antisémitisme.

      ASI : Émile Ackermann a publié une tribune dans Marianne, suite à notre entretien. […] Voulez-vous commenter ?

      Tsedek ! : Émile Ackermann n’a manifestement pas compris l’article de Théry, dans lequel il est question « d’antisémitisme de gauche » et non « d’antisémitisme à gauche » comme il l’écrit. Quiproquo malheureux, car le développement qui suit ne tient plus. Personne ne nie qu’une personne « de gauche » puisse adhérer à ou véhiculer des représentations antisémites. En revanche, y a-t-il de l’antisémitisme de gauche, au sens d’une gauche qui porterait un projet politique antisémite ? C’est à nos yeux la question centrale. De notre point de vue, à la différence de toutes les autres composantes du spectre politique, la gauche de rupture défend au contraire un programme antiraciste (bien qu’il demeure insuffisant sur un certain nombre de points). L’analyse d’Ackermann dépolitise la lutte contre l’antisémitisme et participe ainsi au désarmement de la gauche dans la lutte contre le racisme.

  • « Après l’assassinat de Charlie Kirk, il y a des silences qui en disent plus que de longs discours », Nathalie Loiseau, eurodéputée [Horizons]
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/16/nathalie-loiseau-eurodeputee-apres-l-assassinat-de-charlie-kirk-il-y-a-des-s

    Ces derniers jours ont été marqués d’abord par le bruit sec d’une balle, celle qui a tué, le 10 septembre, Charlie Kirk, ce jeune influenceur américain, fervent soutien de Donald Trump. Puis vint la clameur de ses partisans, choqués, à juste titre, par cet assassinat sauvage. Ils n’étaient pas les seuls à être sidérés ; nous l’étions tous de voir une fois encore la scène politique américaine endeuillée par un meurtre odieux.

    Sidérée, je l’ai été aussi quand les extrêmes droites européennes, si promptes à se dire patriotes, d’ordinaire si hostiles aux signes d’une mondialisation qu’elles dénoncent, ont aussitôt milité pour que l’on rende hommage à Charlie Kirk. La surenchère est venue très vite : pourquoi ne pas lui remettre le prix Sakharov de la liberté d’opinion ?, a proposé Reconquête !. Pourquoi ne pas exiger une minute de silence en plénière du Parlement européen ?, a lancé un député suédois, soutenu illico par le Rassemblement national. Pourquoi se gêner et ne pas détourner le slogan « Je suis Charlie » ?, a osé Jordan Bardella.

    Sidérée, je l’étais qu’on veuille faire de Charlie Kirk non plus une victime mais un héros, qui plus est un héros européen. Qu’on ose demander à notre Parlement de rendre hommage à un activiste qui avait glorifié la ségrégation raciale, l’esclavage, appelé les femmes à rentrer chez elles, diabolisé l’homosexualité, vomi sur l’Ukraine, reproché aux juifs de favoriser l’immigration, réclamé la peine de mort pour Joe Biden, qu’on exige des députés réunis à Strasbourg, dans l’hémicycle que présida Simone Veil, qu’ils s’inclinent à la mémoire d’un homme qui comparait l’IVG à l’holocauste du XXIe siècle.
    Sidérée, je l’étais, mais silencieuse, non. J’ai répondu à cette demande des extrêmes droites, formulée avec insistance et répétée par tous leurs députés, en exposant mes arguments [le 12 septembre]. Je m’attendais à n’être qu’une voix parmi beaucoup d’autres. J’ai été la seule, sur 720 députés européens, à m’exprimer pour demander qu’on fasse la différence entre la condamnation unanime que nous devions faire face à l’assassinat d’un homme et le refus de cautionner ses idées. Aucun autre parlementaire n’a pris la peine d’exposer son point de vue. Certes, la présidente du Parlement n’a pas accordé la minute de silence exigée, sans fournir d’explication. Mais le silence de mes collègues face aux exigences de l’extrême droite a duré beaucoup plus qu’une minute.

    Méthodes de voyous

    Ce silence, il s’est poursuivi quand j’ai fait l’objet de menaces de mort, sur les réseaux sociaux mais pas seulement, pour avoir osé dire qu’une victime ne faisait pas nécessairement un héros. Il s’en est trouvé, des partisans de Charlie Kirk, les mêmes qui avaient crié à la violence politique et à la mort de la liberté d’expression, pour m’injurier, m’enjoindre de me taire et me menacer du même sort que leur idole. Il s’en est trouvé bien peu, en revanche, parmi les belles âmes, les modérés, les adversaires autoproclamés de l’extrême droite, pour m’apporter leur soutien. Ou plutôt, ils ont été très nombreux, les Français ordinaires, que je ne connaissais pas, qui ont pris la peine de m’écrire, de m’encourager et de me soutenir. D’autres Européens aussi, que je ne connais pas davantage. Merci à eux. Mais les politiques ? A l’exception de quelques-uns, peu nombreux, ce fut le silence.

    Ce mutisme inexplicable, on me l’a expliqué, à l’oreille. Ils avaient peur. Peur d’être pris à partie sur les réseaux sociaux, comme moi, d’être menacés, comme je l’ai été. Alors autant ne rien dire, n’est-ce pas ? Et c’est cela qui m’effraie, leur silence. Parce qu’il faut à la fois raison garder et rester fidèle à ce qu’on est. Raison garder, car je n’ai fait preuve d’aucun courage en disant ce que je pense. Nous sommes en démocratie et la liberté ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Les insultes ? Aussi virtuelles que les réseaux sociaux qui les charrient. Les menaces ? Déplaisantes, bien sûr, mais, puisqu’elles sont faites pour intimider, il est impératif de les ignorer. Désormais, mes contempteurs ont choisi de s’en prendre aussi à mon mari. Ce sont des méthodes de voyous et ce sont en effet des voyous. Mais, si on ne leur résiste pas quand ils attaquent, quand leur résistera-t-on ?

    A ceux qui se taisent, j’aimerais rappeler ce qu’ils savent déjà : ce n’est pas une minute de silence que réclamaient les nouveaux adeptes de Charlie Kirk, c’est réduire au silence ceux qui ne pensent pas comme eux. Ce n’est pas le respect des morts qu’ils exigent, c’est le droit d’insulter et de haïr les vivants qui ne leur ressemblent pas. Ce n’est pas la violence politique qu’ils dénoncent, c’est l’intimidation qu’ils utilisent. Ce n’est pas la liberté d’expression qu’ils défendent, c’est la banalisation de leurs outrances. En Amérique comme en Europe.

    Souvenez-vous : à la fin de La Résistible Ascension d’Arturo Ui, Bertolt Brecht nous prend à partie : vous, apprenez à voir, plutôt que de rester les yeux ronds.

    Nathalie Loiseau, ancienne ministre des affaires européennes, est députée européenne (Horizons).

    une catho de Neuilly qui éclabousse également et avec brio nos média. surprenant.

    • Le “moment Kirov” de l’administration américaine
      ‪@oliviertesquet.bsky.social‬
      https://bsky.app/profile/oliviertesquet.bsky.social/post/3lzawi5mkwk2b

      « La Charlie Kirk Data Foundation — un site web anonyme initialement intitulé « Expose Charlie’s Murderers » (Dénoncez les meurtriers de Charlie) — affirme avoir reçu plus de 60 000 contributions. »

      Comme je l’ai lu ce matin dans la newsletter du Grand Continent, nous sommes bien face au “moment Kirov” de l’administration américaine, du nom de cet officiel soviétique dont l’assassinat en 1934 déclencha les grandes purges staliniennes.

    • Assassinat de Charlie Kirk : « Les références utilisées par le suspect arrêté s’inscrivent dans la culture du LOL »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/25/assassinat-de-charlie-kirk-les-references-utilisees-par-le-suspect-arrete-s-

      Sur Internet, nous sommes tous et toutes des avatars, nous portons un, voire plusieurs, masques. Nous y présentons certaines facettes de nous-même que nous pouvons travestir, enjoliver ou au contraire noircir à loisir. Si, hors-ligne, il est déjà compliqué de connaître tout d’une personne, c’est encore plus difficile de saisir une présence qui n’existe en ligne que par des jeux de langage ou des jeux visuels. Rappelons-nous le dessin de Peter Steiner publié par le New Yorker en 1993 [un chien s’adressant à un autre chien] : « Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien. » C’est d’ailleurs tout l’intérêt de cette nouvelle scène de la vie sociale, pour le meilleur et pour le pire.

      Les journalistes, les enquêteurs et les chercheurs en sociologie qui se penchent sur les traces laissées par des profils comme celui de Tyler Robinson – des jeunes personnes imprégnées de culture Web – doivent donc se livrer à une véritable herméneutique. Cet art de l’interprétation requiert de déchiffrer les différentes identités numériques du locuteur, ses intentions, les formes d’adresse employées, les publics visés… La vérité est précisément dans cette énigme.

      Le second degré sert une multitude de fonctions en ligne. La société numérique est un espace où jouent à plein les logiques de singularisation. Pour sortir du lot, il faut à la fois se cultiver un style et cultiver le mystère. Le second degré est un outil dans cette quête parfois épuisante de singularité : il peut permettre de provoquer, de gagner la reconnaissance d’un petit groupe de pairs, de marquer sa différence (y compris sur le plan politique) ou une forme de pudeur…

      Les références humoristiques gravées par Tyler Robinson sur ses douilles s’inscrivent dans ce qu’on appelle la « culture du LOL » [sigle anglais pour « laughing out loud », mort de rire], qui joue avec le second degré et avec la rhétorique pour permettre une réception plurielle de ce qui est dit. Ses formes sont nombreuses : le mème, qui prend un visuel typique de la pop culture et lui fait opérer un déplacement en ajoutant une dose d’humour ; le shitpost, un sous-genre de mème à l’humour particulièrement absurde voire illogique…
      Elles fonctionnent comme des monologismes, un procédé discursif très courant sur Internet. A l’inverse du dialogisme, par lequel l’on s’adresse à l’autre pour être compris, le monologisme est une adresse sans destinataire précis, qui est faite pour être énigmatique : « Comprenne qui pourra ».

      [Cette culture de l’équivocité] est utilisée par tout le monde. Nous utilisons tous des moyens détournés (un mème, un « partage » sans commentaire…) pour dire ce que nous pensons sans le dire, et nous laissons à chacun le soin de décoder ce message en fonction de son degré d’intimité avec nous.

      Plus spécifiquement, certains acteurs utilisent effectivement la culture du LOL, du mème et du shitpost pour faire avancer un combat politique. Tenter d’en élucider la teneur idéologique est un exercice périlleux, tant ils sont faits pour être pas seulement équivoques, mais carrément nébuleux ou incompréhensibles. Dès les années 2000, des groupes de hackeurs et de médiactivistes comme Anonymous s’en servent dans le cadre de leur stratégie de « guérilla sémiotique », consistant à attaquer des sites en laissant des messages sarcastiques pour continuer à avancer « masqués ».

      La culture du LOL s’est ensuite invitée dans la sphère politique, avec la campagne pour l’élection présidentielle américaine de 2016. C’est notamment à cette époque que le mème Pepe the Frog a été récupéré par l’alt-right, cette frange de l’extrême droite américaine très active en ligne. L’objectif était d’instaurer un brouillage idéologique généralisé sur les réseaux sociaux , dans le cadre d’une « guerre culturelle » contre la gauche.

      Ce mode d’expression [cryptique] est le reflet de la prégnance des médias numériques dans la vie politique américaine. Il faut comprendre cet événement dans son contexte. Si la vie politique française compte un large répertoire d’actions collectives et publiques (manifestation, grève, blocage, rassemblement, prise de parole publique), la politique américaine se vit selon une approche beaucoup plus individualiste, notamment parce qu’aux Etats-Unis, l’urbanisme et les modes de vie laissent très peu d’espaces publics à occuper.

      C’est une des raisons pour lesquelles les réseaux sociaux sont une invention américaine et ont été plébiscités en premier dans ce pays. De même, les podcasts, c’est-à-dire une forme médiatique longue qui s’écoute souvent seul à domicile, ont joué un rôle central dans la victoire de Donald Trump de 2024, en particulier les podcasts d’influenceurs comme Charlie Kirk. Le caractère cryptique, mais aussi violent et individualiste, du geste de Tyler Robinson peut s’analyser comme le produit d’une certaine culture politique 2.0.

      Laurence Allard, sémiologue

      #sémiologie #réseaux_sociaux #culture_du_LOL #confusionnisme #second_degré #culture_politique

  • Charlie Nash à propos de la vidéo extrêmement bizarre de la correspondante de CNN qui « découvre » un prisonnier qui n’avait pas encore été libéré d’une prison syrienne :
    https://x.com/CharlieNash/status/1867070374623707166

    Taking a look at the extremely bizarre video of CNN correspondent Clarissa Ward supposedly rescuing a Syrian prisoner, and the huge number of questions it raises:

    In the video, Ward and CNN are led by an armed “guard”. A member of the new Islamist regime, he takes CNN on a tour through the complex

    They soon stumble upon a locked cell - in a prison which has been completely emptied, the prisoners freed.

    “The guard makes us turn the camera off while he shoots the lock off the cell door,” Ward reports.

    Viewers do not get to see the “guard” opening the door
    After a fade to black, we see Ward and the camera crew enter the cell. From what we can see, the cell is clean. There is no waste. Only a blanket, which Ward repeatedly calls out to to see if anyone is underneath

    Receiving no response, the guard lifts the blanket, revealing a man who quickly gets up and raises his hands in the air. He looks healthy, his clothes clean, hair and nails trimmed. He says he has been in the cell for three months, without food/water for four days

    Presumably, the man did not hear the guard shooting the lock off his door, or the camera crew calling out to him from a few feet away. But he appears to be in remarkably good condition. He is quickly on his feet and in conversation. He can hear the guard and the CNN crew

    They escort the man outside, but instead of taking him straight to a hospital or doctor - the logical thing to do with a man who has been in a windowless cell for three months, without food & water for four days - they sit him in a chair and interview him

    Asked by Anderson Cooper what is known “about this man and how he ended up in the prison,” Ward admits, “Well, we don’t know that much because you can see from the report, Anderson, that he’s in a deep state of shock.”

    Ward admits she knows nothing about the man or if his statements are true. Everything in the report is taken at face value, from the guard opening the door (they were not allowed to film) to the prisoner’s claims

    C’est assez invraisemblable ces falsifications : les conditions de détention et la torture dans les prisons du régime syrien, c’est connu et documenté, très sérieusement, depuis des années, et là on a une journaliste de CNN qui participe à une mise en scène ridiculement transparente (on dirait une séance photo de BHL…). Et ce faisant, ouvre la porte à la remise en doute de tout ce qui était pourtant établi de manière sérieuse depuis des années…

    • La libération de la prison de Sednaya a d’ailleurs donné lieu à des manipulations (affirmation qu’il y avait 150 000 détenus, ainsi que des passages secrets et des sous-sols non documentés, etc.). Au point que les Casques blancs ont dû émettre un communiqué contredisant les rumeurs et demandant à cesser de les diffuser :
      https://whitehelmets.org/node/1691

      The search did not uncover any unopened or hidden areas within the facility. […]

      The operation involved five teams, including two K9 (trained police dog) units. The teams inspected all entrances, exits, ventilation shafts, sewage systems, water pipes, electrical wiring, and surveillance camera cables. Despite these extensive efforts, no hidden or sealed areas were identified.

      […]

      We urge social media users to be mindful of the widespread misinformation and rumors circulating about prisons and detainees. Please exercise caution when receiving or sharing such information online to respect the victims’ families and avoid causing unnecessary psychological distress.

      Alors même que les conditions de détention dans les prisons syriennes ont déjà été documentées et que la réalité devrait suffire, au lieu de monter des falsifications.

      –---

      J’ai bien conscience qu’il y a aussi beaucoup de manipulations dans l’autre sens, mais ce que je souligne ici, c’est le fait que ces manipulations-là n’ont pas de sens alors qu’elles sont censées soutenir des faits qui, eux, sont déjà avérés, ce qui est, à tout le moins, totalement con.

    • Oui, outre l’effacement total de la différence entre le vrai et le faux (et comme tu dis, ici elle doit être persuadée que mentir pour illustrer un mouvement plus généralement vrai, ce n’est pas vraiment mentir, sa falsification est sans doute un moment du vrai), je pense qu’il y a une volonté de mise en scène dans laquelle la journaliste est elle-même actrice de l’événement.

      Dans le genre, j’ai un vague souvenir de quelqu’un qui avait prétendu « sauver un bébé syrien » en le ramenant dans ses bagages. C’était BHL ? Un·e journaliste ? Ça ne me revient pas.

      Dans une moindre mesure, ça me fait penser aux journalistes météo, aux États-Unis, qui se font un devoir d’être au milieu de la rue pendant une tempête pour montrer que, eux aussi, sont des acteurs du coup de vent.

      https://www.youtube.com/watch?v=beSJ7EWfO0U

      Par contre, je ne regarde jamais les journaux télévisés, alors je ne saurais pas dire si cette tendance à se mettre en scène en tant qu’acteur·ice de l’événement (même sans totalement falsifier), c’est généralisé, si désormais le ou la journaliste se met assez systématiquement en vedette de son propre sujet, ou si ça reste relativement marginal.

    • Dans l’abattoir humain d’Assad
      https://lesjours.fr/obsessions/syrie-prisons
      Le régime syrien est tombé, ses prisons s’ouvrent.
      https://seenthis.net/messages/1087758

      L’activiste Mazen Al-Hamada avait témoigné face caméra des tortures subies en détention. Son corps a été retrouvé ce lundi à Saidnaya

      Dans un pays où les services de renseignement ont été formés par le bras droit d’Adolf #Eichmann, #Aloïs_Brunner, qui s’était vu accorder l’asile en 1954 en échange de conseils sur les techniques d’interrogatoire des #nazis, le régime a aussi mis en place une « politique d’extermination » à #Saidnaya, selon Amnesty.

      Merci @arno j’avais plus qu’à moitié gobé la video de #CNN

    • Did CNN Fabricate the Story of “Freeing a Prisoner from a Secret Jail”?
      https://verify-sy.com/en/details/10562/Did-CNN-Fabricate-the-Story-of--Freeing-a-Prisoner-from-a-Secret-Jail--

      The Verify-Sy team searched public records for the name “Adel Gharbal” to verify the circumstances and duration of his detention but found no results. Gharbal, who claimed to hail from Homs and whose dialect supported this claim, prompted further inquiries in the city. The team discovered that his real name is “Salama Mohammad Salama,” a revelation that brought shocking details to light. Salama, known as “Abu Hamza,” is a first lieutenant in Syrian Air Force Intelligence, notorious for his activities in Homs. Residents of the Al-Bayyada neighborhood identified him as frequently stationed at a checkpoint in the area’s western entrance, infamous for its abuses.

      Abu Hamza reportedly managed several security checkpoints in Homs and was involved in theft, extortion, and coercing residents into becoming informants. According to locals, his recent incarceration—lasting less than a month—was due to a dispute over profit-sharing from extorted funds with a higher-ranking officer. This led to his detention in one of Damascus’s cells, as per neighborhood sources.

      Despite his seemingly innocent and composed demeanor in the CNN report, Salama has a grim history. He participated in military operations on several fronts in Homs in 2014, killed civilians, and was responsible for detaining and torturing numerous young men in the city without cause or on fabricated charges. Many were targeted simply for refusing to pay bribes, rejecting cooperation, or even for arbitrary reasons like their appearance. These details were corroborated by families of victims and former detainees who spoke with Verify-Sy.

  • Marc Bloch, historien et résistant, va entrer au Panthéon, annonce Emmanuel Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/11/23/marc-bloch-historien-et-resistant-va-entrer-au-pantheon-annonce-emmanuel-mac

    Resté en France malgré la répression qui s’abattait sur les juifs, Marc Bloch s’engage dans la Résistance en 1943, dont il devient un des chefs pour la région lyonnaise. « Marc Bloch ne désespéra jamais du ressort de notre peuple, certain que le courage n’est pas une affaire de carrière ou de caste », a résumé le chef de l’Etat. Il est arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, emprisonné et torturé à la prison de Montluc, et fusillé le 16 juin avec 29 de ses camarades.

    Dans une lettre au président de la République, dont l’AFP a obtenu copie, la famille demande, au regard de son engagement, que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie » d’entrée au Panthéon. « L’œuvre de ce patriote convaincu est profondément antinationaliste, construite contre le roman national et la réduction de l’histoire française aux frontières nationales », écrivent sa petite-fille Suzette Bloch et son arrière-petit-fils Matis Bloch, au nom des ayants droit. _[voir : https://blogs.mediapart.fr/laurent-mauduit/blog/231124/pantheonisation-les-conditions-posees-par-la-famille-de-marc-bloch]_

    Macron n’est pas soralien, il cause pas depuis le même endroit. En même temps, il a fort bien retenu la méthode.

    #confusionnisme

    • Laissez Marc Bloch tranquille, M. Sarkozy, par Suzette Bloch et Nicolas Offenstadt, 28 novembre 2009
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2009/11/28/laissez-marc-bloch-tranquille-m-sarkozy-par-suzette-bloch-nicolas-offenstadt

      Pour l’historien, la France c’était l’ouverture.

      Petite-fille de Marc Bloch et historien médiéviste, nous avons décidé de joindre nos voix pour dire stop à l’utilisation abusive de l’historien, de l’intellectuel, du résistant Marc Bloch par le président de la République, Nicolas Sarkozy - et ceux qui l’entourent - pour habiller leurs discours idéologiques
      Un jour, moi, Suzette Bloch, j’ai demandé à mon père : "Mais comment as-tu fait pour avoir le courage physique de résister à l’occupant ?" Il m’a répondu : "Tu sais, quand tu es agressé, tu ripostes, c’est comme un réflexe, tu ne te poses même pas la question." Mon père s’appelait Louis Bloch. Il était modeste. Ses hauts faits de résistant contre les nazis et leurs auxiliaires français, je les ai appris par le récit d’autres. J’aurais pu poser la question à mon grand-père. Mais je ne l’ai pas connu. Il a été fusillé. Le 16 juin 1944. Il est tombé sous les balles allemandes. Le soir, dans un champ. A Saint-Didier-de-Formans (Ain). Il était lui aussi dans la Résistance. Il s’appelait Marc Bloch. J’aurais pu poser la question à ma grand-mère. Mais je ne l’ai pas connue. Elle est morte le 2 juillet 1944. A Lyon. De douleur, de privations, sans nouvelles de son mari, de ses fils, Etienne, Louis et Daniel, tous engagés dans l’armée de l’ombre. Elle s’appelait Simonne.

      Marc, Simonne, Louis m’ont laissé une mémoire, la mémoire d’une famille qui a érigé la liberté d’esprit au rang de première des valeurs humaines. Aujourd’hui, je suis indignée. Au point où j’en arrive à surmonter la timidité que j’ai aussi reçue en héritage. Pour dire « Assez ! ».

      Le 12 novembre à La-Chapelle-en-Vercors, dans la Drôme, le président de la République a prononcé un discours destiné à apporter sa "contribution" au débat qu’il a lancé sur l’"identité nationale", une notion qui ne s’impose en rien et qui peut servir les pires desseins idéologiques. Il en a appelé à mon grand-père à l’appui de son hymne à la France repliée, chrétienne et éternelle. "Honneur", « patrie », « fierté d’être français », « identité nationale française », "héritier de la chrétienté" : ces termes sont légion dans ce discours où le chef de l’Etat prétend décrire ce que doit être sa France, cautionnée par le "plus grand historien".

      A plusieurs reprises, pendant la campagne présidentielle, il avait cru bon de citer L’Etrange Défaite, ce retour réflexif sur 1940, écrit par l’historien, qui avait été aussi combattant. Mais là, trop, c’est trop. Je suis révulsée. Pourquoi ce besoin de recourir à Marc Bloch pour se vêtir de ses qualités d’homme irréprochable. Peut-être parce qu’il faut rendre noble et acceptable un débat qui sert à la fois de courtes visées électorales et un projet idéologique de retour au « national », sans rapport aucun avec les engagements et la vision du monde, savant et citoyen, de Marc Bloch.

      Je refuse que mon grand-père soit utilisé pour célébrer la patrie selon Nicolas Sarkozy, qui joue de la peur de « l’Autre ». « L’étranger » ? « L’immigré » ? Toujours sommé de se justifier, forcément marginalisé par un débat centré sur l’"identité nationale", pourchassé quant il n’est pas « en règle », obligé de se cacher, de cacher ses enfants ou de travailler aux sinistres conditions du travail au noir. Quels sont ces "renoncements" qui menacent la patrie ? Toute cette phraséologie n’a rien à voir avec Marc Bloch, qui s’est battu dans un tout autre contexte contre de vrais ennemis des libertés.

      "Je suis, je m’en flatte, un bon citoyen du monde et le moins chauvin des hommes. Historien, je sais tout ce que contenait de vérité le cri fameux de Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »", écrivait aussi le médiéviste dans L’Etrange Défaite, soucieux d’articuler son intense patriotisme et de plus larges horizons.

      Non, moi, sa petite-fille, je ne veux pas que Marc Bloch soit instrumentalisé par Nicolas Sarkozy. Il n’aurait pas approuvé cette idéologie nationaliste malsaine. Je demande au président de laisser la pensée de mon grand-père à l’étude, à la critique, aux historiens, ainsi qu’à tous les lecteurs de ses oeuvres.
      L’historien coauteur de ces lignes doit dire, avec bien d’autres, que le fameux passage cité à plusieurs reprises par le président et ses proches, et encore à La Chapelle-en-Vercors, pour faire croire que l’histoire de France s’adopte comme un tout, comme un animal de compagnie, est un détournement bien abusif. Voici la phrase exacte : "Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération."

      Lorsqu’on remet cette phrase dans son contexte, on comprend qu’elle sert avant tout à dénoncer l’étroitesse d’esprit du patronat des années 1930, incapable de saisir l’élan des luttes ouvrières, et en particulier de celles de 1936. "Dans le Front populaire", ajoute Bloch - le vrai, celui des foules, non des politiciens -, il revivait "quelque chose de l’atmosphère du Champ de Mars, au grand soleil du 14 juillet 1790." Surtout, Marc Bloch dénonce ici l’incapacité des élites à bâtir de grands moments de rassemblement autour des idéaux démocratiques, face à ceux des régimes fascistes. Les spécialistes de Marc Bloch invitent à la prudence dans l’usage de la phrase, déjà formulée pendant la Grande Guerre. Ils en ont proposé de multiples lectures, insistant sur ce double contexte de guerre. A l’évidence, ce genre de discours d’union sacrée est un lieu commun pendant un conflit et mérite d’être entendu dans ce contexte.

      Comme d’habitude, le président sort des mots et des icônes de leurs contextes et de leurs engagements pour les peindre aux couleurs du jour, les plus nationales en l’occurrence, oubliant l’époque qui les a produits, empêchant toute compréhension des enjeux du temps. Comme le note l’historien Gérard Noiriel, "alors que Nicolas Sarkozy n’a cessé de stigmatiser la pensée critique comme une menace sur l’identité nationale, Marc Bloch l’a, au contraire, toujours encouragée".

      Suzette Bloch est Journaliste, petite-fille de Marc Bloch
      Nicolas Offenstadtest Maître de conférences en histoire à l’université Paris-I, auteur de "L’Histoire bling-bling", Stock

      #histoire #pensée_critique

    • « Les héritiers intellectuels de Marc Bloch dérangent, qu’ils écrivent sur le réchauffement climatique, la colonisation ou les violences de genre »
      CHRONIQUE, Pierre-Cyrille Hautcœur, Economiste
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/12/11/les-heritiers-intellectuels-de-marc-bloch-derangent-qu-ils-ecrivent-sur-le-r

      L’annonce de la panthéonisation de l’historien par Emmanuel Macron doit faire prendre conscience de l’importance de l’indépendance des chercheurs et de leurs travaux, souligne l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur, dans sa chronique.

      L’entrée de Marc Bloch au Panthéon est sans doute l’une des brillantes diversions dont le président de la République a le secret. Elle peut cependant nous aider à comprendre pourquoi la #recherche_universitaire est tant remise en cause. Historien, professeur des universités, mais aussi ancien combattant et résistant, Marc Bloch est devenu respectable. Il fut pourtant en son temps un perturbateur du savoir historique établi et un critique aigu de la société de l’entre-deux-guerres et de ses hypocrisies paresseuses.

      Comme universitaire, Marc Bloch découvre en 1919 à l’université de Strasbourg (son premier poste universitaire après quelques années de lycée avant-guerre) les pratiques de recherche de l’université allemande (en avance sur la française alors), en particulier le séminaire et la confrontation systématique aux publications nouvelles comme aux innovations méthodologiques. Influencé par la sociologie et l’économie, il pense l’histoire comme une intervention intellectuelle dans le monde, non comme l’accumulation de connaissances sur le passé. Après en avoir tiré toutes les conséquences, il crée en 1929 avec Lucien Febvre une revue nouvelle, les Annales d’histoire économique et sociale, qui appelle à une rupture avec les pratiques ordinaires de l’histoire et à l’engagement d’un dialogue permanent avec les autres sciences, naturelles comme sociales, pour répondre aux questions du présent.

      L’influence des Annales, prolongée après la guerre par la création de la sixième section de l’Ecole pratique des hautes études (aujourd’hui l’EHESS), n’a pas d’équivalent dans la recherche historique à l’échelle mondiale. Quand il écrit L’Etrange Défaite, au lendemain de la débâcle, Marc Bloch s’appuie sur son savoir d’historien, sur sa pratique comparatiste et sur son expérience militaire pour, par exemple, démontrer impitoyablement en quoi et pourquoi l’état-major français a été incapable intellectuellement de remettre en cause ses doctrines forgées durant la Grande Guerre.

      Multiples assauts

      Ces savoirs nouveaux sont souvent dérangeants, et L’Etrange Défaite ne pouvait pas être publiée sous Vichy. Aujourd’hui, les héritiers #intellectuels de Marc Bloch dérangent aussi, qu’ils écrivent sur le réchauffement climatique, l’impact des pollutions sur la santé, la colonisation ou les violences de genre. Et ceux qu’ils dérangent dans leurs certitudes et dans leurs acquis ont largement les moyens de contester ou de marginaliser ces savoirs.

      C’est pourquoi l’indépendance des chercheurs et des universitaires est garantie par la Constitution et devrait être un sujet de vigilance des gouvernements. Elle subit actuellement de multiples assauts, dont certains viennent de l’intérieur même des institutions républicaines. La première attaque conteste l’engagement social et politique des chercheurs, comme s’il n’était pas nécessaire à la pertinence de leur recherche aujourd’hui, et comme s’il affectait la qualité de la connaissance scientifique. C’est oublier que celle-ci ne peut pas s’apprécier à l’échelle d’un travail individuel, mais seulement à celle du débat savant, impitoyable envers l’erreur.

      Une deuxième remise en cause, plus insidieuse et bureaucratique, absorbe le temps de recherche dans d’innombrables tâches à l’utilité réduite. La troisième, plus radicale, remet en cause la nécessité de la recherche pour l’enseignement universitaire, alors qu’elle est la condition d’un enseignement actualisé. La réduction des budgets des universités (constante en termes de dépense par étudiant depuis le début des années 2010) amène à remplacer les enseignants-chercheurs par des vacataires ou des enseignants non chercheurs. Elle expose les étudiants à des enseignants sans expérience ou sans pratique de la recherche, alors que leur demande d’actualisation des savoirs est immense et que leur efficacité sociale postérieure en dépend.

      Mais il y a une raison contre laquelle Marc Bloch n’a pu nous prémunir : les élites françaises ont, dans leurs grandes écoles, été si peu exposées à la recherche qu’elles n’imaginent pas que celle-ci puisse leur manquer et manquer au pays. Puisse cette panthéonisation les faire changer d’avis.

      Pierre-Cyrille Hautcœur est directeur d’études à l’EHESS (Ecole d’économie de Paris).

      #grandes_écoles #élites_françaises

  • ★ Ⓐ Le libertarien / proprietarien et des médias aux ordres - Le Café Anarchiste

    Il y a des acteurs politiciens ou journalistes qui utilisent des mots sans considération pour leur signification. En ce moment, les médias sont obnubilés par un politicien argentin propriétarien antisystème qui se présente aux élections avec des termes “anarco” ou “libertario”. Si les médias savaient faire leur travail de journalistes, ils sauraient que le terme libertario, dans ce cas, signifie “libertarien” (lorsqu’il s’agit de libéraux de la droite extrême) et non libertaire. Ne pas faire ce travail d’analyse basique c’est travailler pour la confusion organisé par la classe des riches. On sait que la propriété c’est le vol. Pour ceux-là, la pratique de la propriété, donc du vol, est une habitude et une norme. Pour eux un mot est une marchandise, donc ça se vole, ça se manipule. Le terme propriétarien (plutôt que libertarien) leur conviendrait pourtant bien mieux, on les définit ainsi dans cet article (...)

    #escroquerie #confusionnisme #libertarien #libertarianisme #extrêmedroite #capitalisme #étatisme
    ★ Ⓐ #anarchisme #anticapitalisme #antiétatisme

    https://le-cafe-anarchiste.info/le-libertarien-et-les-perroquets-idiots

  • Dieudonno-soralisme, paternalisme vert et philo franchouillarde (mais pas seulement)
    Affaire Médine : la gauche est dans le déni face à l’antisémitisme, par Marylin Maeso – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/affaire-medine-la-gauche-est-dans-le-deni-face-a-lantisemitisme-par-maryl

    La polémique autour de l’invitation du rappeur aux journées d’été d’Europe Ecologie-les Verts, après la publication d’un tweet antisémite, met en lumière les difficultés de la gauche, selon la philosophe et essayiste.

    Invitée sur France Inter à quelques jours des Journées d’été des écologistes, la secrétaire nationale du parti EE-LV, Marine Tondelier, a abordé la polémique suscitée par l’invitation du rappeur #Médine dans ce cadre. Elle a tenu à souligner la gravité de l’#antisémitisme en distinguant deux manifestations : il y a d’abord, explique-t-elle, l’antisémitisme conscient, revendiqué, théorisé. Mais il existe aussi une autre forme d’antisémitisme, insidieuse et parfois naïve.

    Le fait que Médine chante « l’antisémitisme est un cancer » (RER D, 2008), mais fasse sur Twitter (rebaptisé X), il y a peu, un jeu de mots nauséabond autour du nom de Rachel Khan (« resKHanpée ») tout en niant en bloc le moindre sous-entendu antisémite illustre, selon la conseillère municipale, cette seconde forme d’antisémitisme, et montre que le rappeur a encore du chemin à parcourir, ce qu’elle l’engage à faire le 24 août.

    « La solidarité avec le peuple palestinien »

    Si la lucidité de Marine Tondelier est à saluer, on se permettra d’ajouter qu’elle ne croit pas si bien dire. Car cet antisémitisme refoulé s’insinue à gauche, nourri par un déni sans cesse renouvelé. Un déni contre lequel Europe Ecologie-les Verts, bien qu’il soit, comme elle l’a rappelé, le seul parti à s’être doté d’un groupe de travail sur l’antisémitisme, n’est pas immunisé. Quand la porte-parole du groupe Ecologiste à l’Assemblée nationale, Eva Sas, a résumé en ces termes, au mois d’avril, la journée d’étude EE-LV sur l’antisémitisme en France : « Je revendique notre droit à défendre les droits du peuple palestinien, tout en étant pleinement engagés dans la lutte contre l’antisémitisme. »

    Se rendait-elle compte du sous-entendu que charriaient ses paroles ? Le même qui a poussé la députée LFI Ersilia Soudais à inaugurer l’action du groupe de travail sur l’antisémitisme à l’Assemblée par une réunion sur « la lutte contre l’antisémitisme et la solidarité avec le peuple palestinien » : impossible d’évoquer les discriminations que subissent les Français juifs sans immédiatement faire référence à un conflit étranger, comme on adjoint un bémol pour anticiper d’éventuels soupçons. Comment ne pas s’inquiéter de ce renvoi systématique des Français juifs au conflit israélo-palestinien ? Quelle autre lutte progressiste est ainsi conditionnée ?

    « Jugez-moi sur mes actes »

    Que peut-on légitimement reprocher à Médine ? Ce qu’on reproche à un grand nombre de personnalités publiques : d’avoir la remise en question difficile. Quand Libération l’interrogeait, en 2018 [https://www.liberation.fr/checknews/2018/06/12/le-rappeur-medine-est-il-ambassadeur-de-l-association-havre-de-savoir_165 ], sur ses rapports avec l’association Havre de Savoir, connue notamment pour avoir offert une tribune à des prédicateurs antisémites, homophobes et misogynes, Médine a menti en affirmant n’avoir jamais été son ambassadeur, tandis qu’une vidéo circulait où il revendiquait le contraire. Ses soutiens dénoncent une cabale injuste, certifiant qu’il a changé depuis.

    Mais qui évolue sans reconnaître ses erreurs ? « Jugez-moi sur mes actes », rétorque-t-il, faisant valoir ses engagements associatifs contre les discriminations. Les paroles, pourtant, peuvent nuire autant que les actes. Ce n’est pas à un rappeur virtuose qu’on apprendra le pouvoir des mots, et l’impact des insinuations.

    Dire (en le regrettant) que la quenelle qu’il fit en 2014 en soutien à Dieudonné était un geste « antisystème », en dépit du fait que sa signification antisémite était difficile à ignorer venant d’un humoriste qui fustigeait dans une vidéo de 2009 un monde tombé aux mains du « puissant lobby des youpins sionistes », c’est un peu court. Revendiquer une « démarche de chercheur » pour justifier sa présence à une conférence du militant complotiste et antisémite #Kémi_Séba pour qui il avait accepté d’assurer une première partie, c’est un peu comme si on félicitait Eric Naulleau d’avoir fait avancer la recherche sur les discriminations en cosignant avec Alain Soral un livre où ce dernier déverse sans retenue ses lubies complotistes, homophobes et antisémites. Quand Médine aura fini de jouer avec l’euphémisme, peut-être sera-t-il encore temps d’appeler les choses par leur nom.

    #Médine #gauchoantifa_washing #Dieudonné #Alain_Soral #EELV #LFI #socialisme_des_imbéciles

    • haussez les épaules, pincez-vous le nez, détournez les yeux, voici une version revue de mon post précédent

      Force est de constater que, de toute part, et pas exclusivement sur le covid, le faux est un moment du vrai.

      Le déni de l’antisémitisme est chez certains chevillé au corps. Par habitude, par électoralisme, par conviction, l’antisémitisme (qui se doit d’être masqué pour ne pas tomber sous le coup de la loi, sauf lorsque l’on s’appelle Darmanin et alibi, cf. les parcours de Dieudonné et Soral, rendus forts difficiles) est toléré ou approuvé.

      Oui, en qualifiant Médine de "déchet" sur les RS, Khan a dit de la merde (déshumanisante). Mais ce qui passe de manière spectaculaire et en contrebande dans la blaguounette "resKHANpée" ne saurait être dénié.

      Une "blague" qui en cache une autre...

      Suite au bad buzz (par ici les pépettes), on a vite trouvé des experts de l’inculcation de la surdité volontaire. Le LFI David Guiraud entend "resCApée" dans "resKHANpée" et un pacson de politiciens, et pas que, font et feront comme lui. Tranquille, il a pourtant substitué à la syllabe centrale "KHAN" un "ca" ou un "kha", éludant quoi ? le N car, si on le prononce, on retombe sur ce truc dont "les juifs" nous bassinent, un camp !
      Ah non, non, c’est pas ça ! mais pas du tout ! notre chanteur est engagé mais parfois maladroit (c’est le peuple vous savez), ou bien il dit des choses qui ne veulent rien dire (c’est un artiste), mais il est des nôtres.
      Un autre, photographe de presse et antifa, ne lit pas non plus ce N (comme Nation, voir l’entretien sur RFI cité plus bas), et explique que le fils de M. est appelé Khan (en fait Gengis…), qu’en famille, ça blague tout le temps là-dessus, comme si il lisait « rescanepé ». Bref, il n’y a pas de N, il n’y a pas de blague, il n’y a pas de camps.

      Pourtant, l’acte premier d’un chanteur "contestataire", c’est soit d’improviser, soit d’écrire (ne se dit-il pas "amoureux de la langue" ? https://musique.rfi.fr/rap/20220527-lidentite-francaise-selon-medine ). Dans ce cas, nous avons affaire à des textes écrits. Mais ces textes, au delà de ce qui les flatte (Qué s’appelerio aujourd’hui "biais de confirmation" semble-t-il), nos gauches n’y portent pas attention.

      Partout à gauche et chez les antifas, on se focalise sur le fait que Médine est attaqué par les fafs, les laicards, etc.. C’est bien ce qui prouve que, non ? Ça ne peut être que par racisme qu’on s’en prend à "un arabe", un "représentant des quartiers" (ô fiction adorée).
      On s’est opportunément trouvé une (petite) vedette pour se faire mousser comme alliés des quartiers, perméables et ouvert au public rap (ça me rappelle le "chébran" utilisé par Mitterrand), ça fait du monde ça, hein ! Et hop ! tous ensemble sous la bannière de l’antifacisme et de la lutte contre le régime. Et qui y regarde de plus près ? Ben c’est un allié objectif de la réaction et du racisme. Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? Bullshit.

      Car il se trouve que si M. a pu dénoncer l’antisémitisme des autres - dont celui des quartiers, à l’époque où il en était, de Havre de savoir - sans évoquer sa propre position, ce chanteur a, bien après la quenelle, distillé des tropes antisémites.
      Ainsi - fallait l’inventer ! - cet « Étoile de David sur une machette rwandaise », (Porteur saint 2017). La recette est connue, on s’appuie sur un fait : Israël a fourni des armes et soutenu diplomatiquement ce génocide ( Le génocide rwandais et la politique israélienne, Yaïr Auron https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-shoah-2009-1-page-225.htm ), et, avec l’appât, le poisson avale l’hameçon. Et hop ! il est ferré. (nb : si il a de la chance, se bat pour décrocher et réussit, il s’échappe !).

      Dans ce "étoile de David", on dira que l’on entend Israël. C’est mentir et c’est se mentir à soi-même. Il s’agit tout autant de "les israéliens", "les juifs", français (puisque Maeso y tient tant...), ou pas, croyants, ou pas. Un bel amalgame où tous (on ne sait QUI) sont visés.

      Tour de passe-passe.
      Cette chanson qui renvoie dos-à-dos les extrémismes religieux cite deux génocides. L’un commis par des bouddhistes à l’encontre des Rohingyas. L’autre, par des Hutus à l’encontre des Tutsis, avec l’appui principal de la France, et, secondairement, d’Israël. Si il fallait évoquer un appui décisif, c’est celui de la France ! Ce n’est pas le cas. Que vient faire là cette "étoile de David" ? Substituer aux auteurs leurs complices. Troublant, pour ne pas dire trouble. Faut-il alors penser que l’image condense quelque chose comme une "France enjuivée" ? On en saura rien. Libre à chacun de se faire son idée, ou plutôt de prêter à la formule un sens qui lui préexistait (voir Israël comme une tête de pont de "l’occident" est d’ailleurs une bonne approximation, et puis, ensuite, ça glisse de Israël, c’est les israéliens, puis à Israël c’est "les juifs")

      "Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous"

      Ce chanteur tient par ailleurs des propos abjects que personne n’a relevé. Invité à parler rap à l’ENS en 2017, il évoque par deux fois une « arme de combat », la « technique du bambou », dont il semble attribuer l’utilisation au FLN Vietnamien (n’oublions pas que nous sommes entre anti-impérialistes, hein), ici, peu après 30 mn :
      http://savoirs.ens.fr/expose.php?id=3114
      Sauf que cette "arme de guerre" est en fait une technique de torture, une technique d’exécution lente. Et qu’il ne semble pas (?) qu’elle ait été employée durant la guerre de libération du Vietnam
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Torture_au_bambou
      À la tribune comme dans ce public d’étudiants et d’amateurs de rap, on dirait que ça passe crème. Puissance de l’amour.

      Ce chanteur qui se revendique de "l’éducation populaire" (sic) peut aussi écrire un "J’pisse sur les pédérastes de pétainistes" (Généric, Médinefrance 2022). On devrait étudier ça à l’école. Sûr que ça contribuerait à mettre en cause la domination masculine et l’homophobie, voire à réviser l’histoire du pétainisme (dont depuis l’autre côté de la scène, on nous a dit que le chef avait "sauvé des juifs"...).
      Bref, semant la confusion, notre chanteur engagé renouvelle le virilisme dieudonno-soralien. Sans oublier de se fendre par la suite de déclarations amicales pour les LGBT... (on se souviendra que par deux fois déjà Dieudonné à demandé pardon aux juifs, les vrais hein, pas les "faux").

      Et ces oscillations (...), ne dérangent pas révolutionnaires, écolos, degauche et je ne sais qui encore ? Un tel manque de scrupule est tout simplement honteux. En manière de contestation, on refuse de lire, d’entendre, insensible à tout... détail. Fausse contestation, contestation falsifiée.

      Et si cela ne durait pas, si cette cécité se voyait réparée par un décillement salvateur, si cet illettrisme cultivé cédait le pas à une réappropriation de l’activité de lecture - ce que j’espère, mais ne vois pas venir - faudrait-il par avance se résigner à ce qu’une autre personnalité, un autre hochet régressif vienne offrir une nouvelle occasion de jouir d’une telle communauté... gazeuse ? Je le crains, car cette gauche n’en a fini ni avec sa part dieudonno_soralienne, ni avec l’antisémitisme.

      #confusionnisme #gauche #gauches

    • il y a 5 mois, j’écrivais à propos de la grève à Gonfreville

      Médine est sur le blocage ! autant dire que côté « jeunesse » et féminisme de la lutte [Adèle Haenel était également sur le piquet], ça va pas être easy à gouverner.

      https://seenthis.net/messages/995780#message995856
      depuis, il avait ma sympathie, bien que par ailleurs je ne sache rien de lui si ce n’est que les fafs et la droite s’en prenaient à lui. puis, des camarades ont attiré mon attention sur des trucs pas clairs du tout. et qui ne relevaient pas seulement du passé (oui, on rêverait qu’à l’instar du Michaux, il passe de l’extrême droite à un ailleurs assez proche pour qu’un voisinage soit possible, mais...).
      j’ai donc cherché à en savoir davantage sur ce chanteur (textes, entretiens), et relevé quelques propos qui n’allaient pas sans soucis, loin de là. ce dont je rends partiellement compte ici.
      cinq mois plus tard, des journées d’été EELV à celles de LFI, de la Fête de l’Huma à l’Olympia, on assiste à l’avènement de cette carrière « anti-système ». et, ne serait-ce qu’en souvenir de cette petite fraction de l’ultra gauche qui fut négationniste, ne serait-ce que prenant en compte l’empreinte laissée depuis par le dieudonno-soralisme, c’est bien le moins de se rappeler que l’amitié ou quoi que ce soit de sérieux implique une exigence, ce qui, entre autre chose, fait que, selon la formule bien connue, les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis...
      souvenons-nous. en 2008, après bien des alertes sérieuses depuis 2005 (?), Dieudonné s’est finalement totalement démasqué en invitant Faurisson sur la scène du Zénith. mais il aura fallut des années à bon nombres de gens qui avaient envie de se faire manipuler pour le lâcher. et d’autres sont restés dieudo-soraliens. quitte à apprécier qui ajoute des touches prolo, gaucho, arabe et variétés ?

      #show_bizz #fallace #spectacle

    • c’est tout schuss pour la droite raciste, Édouard Philippe https://www.lefigaro.fr/flash-actu/edouard-philippe-muscle-son-discours-sur-l-immigration-20230605 n’ira pas dire le mot de bienvenue prévu aux journées d’été de EELV dans « sa » ville du Havre.

      La venue de Médine chez EELV et LFI continue de déchirer la gauche
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/220823/la-venue-de-medine-chez-eelv-et-lfi-continue-de-dechirer-la-gauche

      Milo Lévy-Bruhl, bon connaisseur des textes de Médine, reste réservé sur la réception de la polémique à gauche. « D’un côté, il ne faut pas faire des procès anachroniques : le Médine que je critique n’est pas le Médine d’aujourd’hui, qui en outre fait face à des attaques scandaleuses qui sont de l’islamophobie pure », dit-il. Mais il s’indigne que la gauche en vienne à considérer qu’il n’y a « que de l’instrumentalisation de l’antisémitisme par la droite, comme le fait toujours LFI », prévient-il, soulignant « l’énorme silence de la gauche depuis vingt ans sur l’antisémitisme ».

      Il rappelle en effet la proximité passée de Médine avec la « dissidence » [une proximité bien plus longue avec les Frères musulmans, ce dont seul un faf est autorisé à parler, ndc] et estime que « le retour de Médine sur cette période est très timide », alors que jusqu’en 2014, il faisait des références élogieuses à Dieudonné, des quenelles, et avait fait la première partie d’une conférence de Kemi Seba.
      D’où sa circonspection face à son invitation en star des universités d’été d’EELV et de LFI : [ en adoptant un point de vue de normand, un chouille à l’ouest, et pas mal au centre, je dirais qu’] « Il est totalement légitime par plein d’aspects : après tant de paternalisme et de misérabilisme de la gauche vis-à-vis des populations racisées et des #quartiers_populaires [qui sont, c’est bien connu, le fief de Médine, auquel il convient donc de rendre hommage, n’en déplaise aux athées, aux mécréants, et à nombre de musulmans], son invitation symbolise la fin d’une certaine période de l’#antiracisme politique , et c’est une bonne chose [puisque l’on passe des pubs Dior de Harlem Désir, ou de l’admiration de Bouteldja les blancs et moi pour Soral, à Georges Brassens, Renaud et pis même Victor Hugo (regardez la pochette, c’est le gars du plus gros enterrement qui ait jamais eu lieu dans le pays !) façon Médine, yes !]. Mais le risque, c’est que tant qu’il ne clarifie pas son rapport à son propre passé, elle signifie aussi une indifférence [et là, je reste archi-poli hein]_de la gauche à la question de l’antisémitisme. »

      Ironiquement, sur le morceau « Global », où Médine faisait l’inventaire de ses erreurs, il disait : « Faut que j’arrête de jouer au cyberactiviste / En leur répondant sur le Web j’donne de la force à mes ennemis. » [alors que lorsque j’écris "pédérastes pétainistes" dans une chanson récente, parle d’arme de guerre" à propos de la torture à des gauchiasses naïfs, ou raconte que le génocide des Tutsis s’est fait à coups de machettes à "étoile de David", ça passe crème, personne n’écoute, ne lit, sauf ceux que ça branche, et des pisse froids qu’aiment pas "les arabes", c’est bien connu.]_

      #politique #marketing

    • Rentrée, les gauches rendues inaudibles par la polémique Médine et leurs divisions
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/08/23/pour-leur-rentree-des-gauches-rendues-inaudibles-par-la-polemique-medine-et-

      le groupe de travail contre l’antisémitisme [d’EELV] débattra à huis clos au Havre avec le rappeur.

      A la différence des Verts, les « insoumis » sont prompts à fermer le ban sur cette polémique. L’épineux sujet de l’antisémitisme à gauche, LFI le balaie et le considère comme une instrumentalisation par l’extrême droite.

      #rouge_brun

      edit pour les « justifications » reprises ici
      https://seenthis.net/messages/1014567#message1014572
      https://seenthis.net/messages/1014362
      https://seenthis.net/messages/1013817

    • Notre astre de la punch line : "Je lutte contre l’antisémitisme (...) depuis vingt ans"
      « On me traite d’antisémite et cela me broie » : le Havrais Médine répond à la polémique
      https://www.paris-normandie.fr/id442162/article/2023-08-22/me-traite-dantisemite-et-cela-me-broie-le-havrais-medine-repond-la-p

      Alors pourquoi ce tweet qualifié de nauséabond sur Rachel Khan ?

      « C’est une réponse à quelqu’un qui m’attaque en me traitant de déchet à trier, en lien avec les universités d’été. Je réponds en parlant de Rachel Khan qui vient du hip-hop, reçoit des compliments sur son livre de Marine Le Pen. Mon tweet parlait de ça, c’est une maladresse avec le mot rescapé ["ResKHANpé" dans le texte] qui ne prenait pas en compte la charge historique. Je ne savais pas qu’elle avait une histoire familiale liée à la Shoah. Ma propre famille utilise ce mot « khan » avec la même orthographe, c’est un sobriquet familial depuis cinq ans. J’appelle ma famille la « Khan family » [ah, c’est pas la KA family ?] parce que mon dernier fils s’appelle Gengis en référence à Gengis Khan (figure mongole).

      On se fédère autour de ce terme qui a une #sonorité poétique. Je m’excuse aussitôt de la maladresse auprès de la personne et auprès de ceux qui ont pu être heurtés par ce jeu de mots. Des excuses inaudibles. Je lutte contre l’antisémitisme , poison que l’on doit combattre, depuis vingt ans [depuis qu’une sardine bouche le port de Marseille, en fait]. On me taxe d’antisémite et cela me broie. Si ce tweet avait été antisémite, il aurait été attaqué depuis longtemps. »

      Vous traînez pourtant une réputation sulfureuse et on vous prête un certain nombre de prises de position… [euh...]

      (...) J’ai fait des erreurs, ma parole a dépassé ma pensée, des prises de position ont été des impasses idéologiques mais [c’était avant 2003 ?] je m’en suis toujours amendé. J’ai toujours fait marche arrière quand je me trompais. C’est salvateur pour le public qui me suit. Et je regrette certaines choses. »

      Comme le geste de la quenelle ?

      « Oui quand je croyais que la quenelle de Dieudonné était de la liberté d’expression [édulcoration ++, l’euphémisation en vigueur la présentait comme un "geste antisystème"]. Alors que c’était un signe de ralliement antisémite qui a fini par être récupéré [ah bon, quelle histoire étrange, on nous parle de récupération de la contestation, comme dans le topo gauchiste 70’s] on [qui ? !] lui a donné un autre sens. Il est trop tard quand on s’en rend compte. Dieudonné a toujours été très ambigu sur ce sujet [moi pas, d’ailleurs je n’ai appris l’existence du show avec Faurisson qu’ne 2015, je crois] . Quand je m’excuse, que je regrette, moi on ne m’entend pas [mais parfois on écoute et te lit avec attention]. D’autres personnes, comme des politiques, qui font des erreurs, on les entend [dire qu’ils assument]. Moi qui suis d’un certain univers culturel, l’excuse ne m’est pas autorisée. Je traîne un certain nombre de boulets. »

      Comme celle de l’homophobie liée à une vidéo où vous évoquez le mot « tarlouze » ?

      « Cela date de 2007. Je parle des standards d’acceptabilité dans la sphère publique, je ne parle pas d’homosexualité. Il y a une erreur de langage de qui n’est pas acceptable. On oublie mes prises de position courageuses de 2012 sur le mariage pour tous au moment où la plupart des politiques se drapent dans une moralité en disant qu’ils ont toujours été pour cette disposition. Je fais une vidéo dès 2012 (« Petit délire ») en disant que le mariage homosexuel ne doit pas être soumis à la discrimination. Que fait-on de mes prises de positions sur les discriminations sur les personnes racisées, les juifs [où ?], les musulmans, les féministes, les LGBTQ+ [et les pédérastes pétainistes, en 2022]. On cherche [ou on découvre] une maladresse ancienne [ou actuelle] pour me disqualifier, discréditer la gauche à travers moi [alors que j’en commet publiquement une tous les trimestres]. C’est de l’#anti-racisme_de_salon. »

    • Le cas Médine " illustre la dérive constante d’une certaine [de la] gauche face à l’antisémitisme en France », comme le confirme l’ensemble des réponses faites ici, entre déni des faits, sauf à dire que les mots comptent pour rien) et désinformation (la preuve que Médine a changé : il "lutte contre l’antisémitisme depuis 20 ans" sic), circonvolutions distractives (tout sur le contexte, la droite, les arabes, tout ça, tout ça, rien sur lui-même) et indifférence. Staline n’a pas travesti l’antisémitisme soviétique en "antisionisme" pour rien.
      https://seenthis.net/messages/1013817
      https://seenthis.net/messages/1014362
      https://seenthis.net/messages/1014567

      #rangerunanimentlamerdesousletapis

    • Il semblerait qu’une partie de mon message t’as échappé :

      https://seenthis.net/messages/1014567#message1014654

      Suite à la provocation méprisante et raciste d’une personnalité proche des sphères du pouvoir visant Médine, ce dernier a fourni une réponse qui me semble, sans guère d’ambiguïté, racistes et antisémites. LFI a décidé de maintenir le cap derrière son icône alors que (si j’ai bien compris) une partie d’EELV s’en dissocie.

      À la limite, peut importe la position : que ce soit pour marquer sa différence ou pour s’en différencier, ce qui compte c’est qu’on en parle. Ça peut paraître cynique, mais c’est la logique fondamentale de la com. Une fois qu’on est engagé, il est difficile de s’en dégager. Et c’est parfois dans la douleur, en tordant plus ou moins la réalité, comme semble le faire actuellement LFI, pour convaincre que Médine est un gars vraiment tout à fait sympathique.

      Ce qui pose problème, au-delà de ces péripéties stratégiques douteuses d’appareils politique, c’est le fait que les sous-entendus ou les propos ouvertement antisémites (passés) de Médine soient populaires.

      De mon point de vue, cela me semblait un peu court de ne m’en tenir qu’à constater le propos raciste de Médine et le fait que LFI ne s’en dissocie pas. J’ai donc changé la focale. Peut-être est-ce cela que tu désignes comme « circonvolutions distractives » ?

      Quant à la « gauche », ça fait bien longtemps que je considère qu’elle ne représente pas un enjeu essentiel pour changer ce monde.

    • @Pr_Logos
      https://twitter.com/Pr_Logos/status/1696488192118263844

      Tout ce passe comme si l’intégralité des figures de la gauche institutionnelle et syndicale avait décidé de démontrer en cette rentrée qu’elle est perclue de tares, du soralisme antisémite au poutinisme, du complotisme vaccinal à la haine des arabes.
      Dans un moment de bascule, au sortir de six mois de réveil du mouvement social - de la République démocratique et sociale - ça fait l’effet d’une balle de LBD dans le dos.

    • @poubelleenosier
      https://twitter.com/poubelleenosier/status/1696253690322018774

      Lignes de crêtes accuse des anti autoritaires qui ont critiqué l’afa-pb pour leur invitation au chanteur dont tout le monde parle (le sardou de gauche) de piocher dans les cibles du ministère de l’intérieur. Ce post fb supprimé le montre : en 2018 on croisait à beauvau aussi ldc

    • @cabou lorsque je dis "la gauche" (mais aussi "les révolutionnaires") ce que je vise c’est une démission intellectuelle et politique quasi (?) générale de ce côté. comme le montre compris un post de Lignes de crêtes (supprimé https://seenthis.net/messages/1014151#message1014973 et remplacé par l’affichage d’une solidarité avec Médine).

      Les propos antisémites passés et actuels de Médine sont-ils populaires ? je ne sais pas. le type pleure depuis des années déjà pour ne pas avoir eu le disque d’or dont il estime qu’il lui revient. et c’est la gauche, sous couvert d’#antifascisme et d’#antiracisme qui lui fournit le marchepied dont sa carrière a besoin.

      que l’antisémitisme, bourgeois et populaire, existe est une autre question, d’ailleurs bien renouvelée depuis la guerre des 6 jours (« les Juifs, un peuple sûr de lui-même et dominateur », De Gaulle), l’existence (et la politique) d’Israël étant utilisée(s) pour que l’antisémitisme ne pose plus question, soit défendu sous couvert d’antisionisme comme le faisait déjà Staline dans les années 50, ou instrumentalisé, comme le font les droites (jusqu’à génération identitaire...).

      je n’ai pas envie de revenir sur la manière dont, du coté populaire, il s’agit d’un socialisme des imbéciles et d’un anti-impérialisme des imbéciles (quoi que l’on sache par ailleurs du rôle de "tête de pont de l’Occident" joué par Israël) défendu au nom de "nouveaux damnés de la terre" (depuis les luttes de décolonisation et le tiers-mondisme qui les ont accompagné). les israéliens ce n’est pas tout à fait Israel ("je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand, disait l’autre), et "les juifs" c’est vraiment too much.

      En revanche, je persiste à penser qu’un minimum d’intelligence politique laisserait moins de place à un tel prurit barbare. Or du côté des militants en tout genre, derrière tel ou tel semblant de mise en cause, "vas-y Médine [fait comme Dieudonné, really ?], excuse-toi !", c’est bien d’une forme d’encouragement que l’on fait preuve. Débile, et dangereux. (mes deux centimes que ça n’arrangera pas le sort fait ici aux arabes et aux noirs, contrairement à l’hypothèse officielle adoptée partout à gauche, pour mieux jouer des cartes de boutiquiers, grand ou petits).

    • Concernant Médine : ni islamophobie, ni complaisance avec l’antisémitisme - Juives et Juifs Révolutionnaires

      https://juivesetjuifsrevolutionnaires.wordpress.com/2023/08/31/concernant-medine-ni-islamophobie-ni-complaisance-avec-lantisemitisme

      Suite à ces accusations, Médine a reconnu sur Mediapart le 22 août « avoir été trompé à un moment donné » sur le sens de la quenelle et avoir fait « une vraie erreur », celle de ne pas s’en être suffisamment désolidarisé. De certains qui avaient critiqué son attitude à l’époque, il dit maintenant « Ils avaient raison sur l’impasse idéologique où je me trouvais à ce moment là. Je leur ai dit et je me suis excusé d’avoir eu une attitude réactionnaire à l’époque. » Si le rappeur lui même semble avoir moins de difficultés à situer le problème que certain·es de ses avocat·es à gauche, notamment issu·es de LFI, ce début d’autocritique reste limité : deux jours plus tard, il déclare à l’Humanité « en vingt années de carrière, il n’y a jamais eu un soupçon crédible d’antisémitisme me concernant ». Au niveau de ses défenseurs, c’est souvent pire puisqu’on en vient à retirer purement et simplement l’antisémitisme de l’équation. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, dont il est vrai qu’on attend peu sur le sujet, twittait « C’est un plaisir de recevoir Médine aux Amfis 2023. La victime de racisme, c’est lui ». On notera (encore) son sens de la formule.

      Nous estimons pour notre part nécessaire qu’un travail de retour critique soit mené sur le sujet de la part de tout celles et ceux qui se sont compromis avec les discours kemistes ou dieudo-soraliens, y compris donc Médine. Cependant, il ne nous semble pas que de cette polémique puisse déboucher une avancée sur ce plan, notamment du fait du paternalisme, de l’opportunisme et de la reprise de discours islamophobe d’une grande partie des réactions. Nous estimons quant à nous que le combat contre l’antisémitisme ne peut se faire en adoptant un discours islamophobe ou en prenant la forme d’une injonction adressée uniquement aux membres de la minorité musulmane. Réciproquement, la lutte contre l’islamophobie ne peut ignorer la question de l’antisémitisme et donc passer ces discours et ces compromissions sous silence.

  • ★ L’étincelle révolutionnaire de l’activisme climatique ? - GLJD Le Libertaire

    Les climatosceptiques y vont de leur couplet. Regardez l’été pourri que l’on a eu au-dessus de la Loire. Même si les canicules en Rhône-Alpes vont bon train aujourd’hui. Ils ressortent les vieilles archives de l’été 1911 où durant deux mois la population française a suffoqué avec un bilan très lourd de 40 000 décès notamment des enfants en bas âge.
    Le RN s’engouffre dans la brèche sans toutefois remettre en cause l’origine anthropique du réchauffement climatique ; le consensus scientifique est passé par là. Mais il lui reste des marges de manœuvre. C’est un parti qui concurrence le PC de Roussel et inversement. Il ne faut pas emmerder les Français et il faut arrêter l’écologie punitive. Il faudrait une écologie de bon sens et le tour est joué. Il faudrait aller vers les jours heureux et stopper tout ce qui est pessimiste et alarmiste. Voilà les recettes magiques des politiciens du terroir. Car l PC tout comme LFI aimeraient bien s’implanter dans le monde rural tandis que Marine Le Pen entend, elle, cliver les citadins avec son électorat rural et rurbain. On égratigne au passage Sandrine Rousseau et ses propos sur le barbecue et on se fait les défenseurs du consommer Français et des coutumes françaises ; les thématiques identitaires ne sont jamais loin à l’extrême droite. Chez certains communistes non plus (...)

    🛑 💥🌍 #écologie #environnement #climat #productivisme #consumérisme #croissancisme #dérèglementclimatique... #dénialisme #climatosceptique... #capitalisme #RN #confusionnisme #Roussel... #greenwashing...
    #Anticapitalisme #antiproductivisme #décroissance #anarchisme

    ⏩ Lire l’article complet...

    ▶️ https://le-libertaire.net/letincelle-revolutionnaire-de-lactivisme-climatique

  • Du #fascisme en France
    https://www.lemondemoderne.media/du-fascisme-en-france

    La tendance visant à installer un régime autoritaire est plus qu’évidente, avec les nombreuses censures des opposants, la violence de la répression contre les mouvements sociaux, et le pouvoir d’un seul sur un parti fantôme de figurants soumis à son autorité.

    Concernant l’attitude violente, les mauvaises pratiques de management et les nombreuses démissions pour harcèlement, sont légions au sein de la macronie. Dernier drame en date, un employé de l’Élysée, remercié à 50 ans après 23 ans de bons et loyaux services, s’est jeté sous un RER et demeure aujourd’hui dans un état critique. J’avais d’ailleurs alerté dès 2019 sur ce président de la violence qui n’a pas sa place en République.

    Il suffit donc de se référer à la définition officielle du fascisme pour se rendre compte que le macronisme est bien un fascisme au sens de sa définition politique.

    Il n’est plus nécessaire de se cacher derrière des pudeurs de gazelles pour nommer le mal qui défigure et torture la société française, toute négation serait simplement une condamnation de notre pays à la nuit.

    « L’ordre, l’ordre, l’ordre », a donc remplacé « liberté, égalité, fraternité ». Macron est un autocrate, qui a trahi son rôle de garant des institutions, pour en devenir le fossoyeur. Il assume sans vergogne ce rôle, en revendiquant l’autorité comme seule forme de ciment de la société française violentée par ses politiques de fracturation.

    • Ah ben ça n’a pas trainé !
      La « modération » ou la « censure » a encore frappé sur Seenthis ! :)))
      Mais il vaut mieux citer un article vide du bienveillant et de l’illustre Libé réservé aux abonnés que balancer des qualificatifs trop faciles de complotiste ou de rouge-brun pour nous faire comprendre qu’il faut éviter ici de référencer des articles du Monde Moderne...

    • @marielle Blablabla, un jour tu regarderas « qui parle » avant de crier à la « censure » (lol) et autres ouin ouin ?
      Tu manges vraiment à tous les rateliers…

      https://www.lignes-de-cretes.org/la-start-up-nation-insoumise-itineraire-rouge-brun-dun-patron-de-l

      Mais peu importe la source : quelqu’un qui décide de parler régulièrement sur Sud Radio ou Boulevard Voltaire, est-il quelqu’un a écouter avec complaisance, sans distanciation ?

      Non.
      Ou alors c’est qu’on a un soucis des seuils et curseurs où « tracer des lignes », comme disait Valérie Gérard.

    • on est pas sur l’oiseau mort. ce serait pas mal de s’essayer à minimum de justesse dans le propos, voire de précision. pour ma part, je reste souvent brouillon et vague, d’éventuelles remarques formulées par d’autres me sont fréquemment utiles, c’est aussi pour cela que je suis là.

      il n’y a là, ni « modération » ni « censure » [edit même avec des «  » pour faire passer la malveillance façon cool et distant] mais un nécessaire et bien minimal complément d’info, une démarche contributive absolument légitime qui fait tout le sel d’un site coopératif où la multiplicité des points de vue, centres d’intérêt, connaissances, permet de tabler sur une forme d’intelligence collective (nous n’en finirons jamais de lutter contre la bêtise).

      un point (pré)Godwin sur l’avant 1933 en Allemagne puisqu’il a été question des SA ici il y a peu, je t’invite @marielle à consulter cette notice https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_des_Longs_Couteaux avec en arrière plan le souvenir non seulement de la défaite militaire de l’Allemagne (obviously) mais de la défaite des conseils. https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseils_d%27ouvriers_et_de_soldats en politique, la défaite, l’impuissance et la confusion ne sont pas que des manques, elles constituent le terreau de prises d’initiatives dont la maturation et la portée peuvent être inouïes.

      ce n’est qu’une analogie, mais nous existons davantage mal que bien dans une ambiance d’impuissance (à un niveau jamais égalé : crise écologique globale du capitalocène) et de défaites (l’affaissement des luttes victorieuses contre le colonialisme, les révolution arabes, les gilets jaunes, les mobilisations sociales, la droitisation/fascisation planétaire), une situation qui nous embarque et où l’on se retrouve vite noyé dans l’eau tiède de la « liberté d’expression » (de n’importe quoi). bon, la métaphore file pas, elle coule, puisque l’on se débat aussi dans les eaux glacées du calcul égoïste pendant que, grenouilles, nous attendons plus ou moins comateux de bouillir dans l’eau néolibérale et néofasciste qui progressivement chauffe.

      l’écueil nationaliste (un certain « commun ») conduit au naufrage. en France, disons depuis Chevenement, l’incapacité de la gauche à être autre chose que gouvernante et la débilité d’un anti-impérialisme campiste qui ruine toute perspective internationaliste ont permis à un #souverainisme composite de prendre ses aises, d’accoucher du laïcisme, de rappels à l’ordre divers (Roussel), d’un consensus xénophobe (actif ou passif) dans la classe politique (voir Ruffin qui a foot lorsqu’il s’agit d’Adama Traoré). poison.

      on disait autrefois « tout ce qui bouge n’est pas rouge », il en est de même dans la sphère des « idées » (susceptibles de devoir des forces matérielles), théories, prises de position, analyses, et de leur circulation (voir les cas Agamben, Stiegler et tant d’autres, dont, auparavant, les dirigeants maos ou trotskistes passés de la révolution à la gestion du capitaliste).

      donc oui, ce n’est pas seulement à cheval donné on ne regarde pas les dents mais aussi le vers est-il dans le fruit ?

      les oukases contre la recherche de la vérité sont non seulement contre révolutionnaires (et on peut ne pas s’en soucier) mais contre productifs.

      @rastapopoulos, #merci !

    • Tu manges vraiment à tous les rateliers…

      Non mais je rêve : on parle du fascisme et de la nature du macronisme dans cet article et ça ne mérite pas d’être référencé sous prétexte qu’Alexis Poulin s’exprime sur Sud Radio au même titre que Françoise Degois auquel vous accordez plus de crédit peut-être !
      De la distanciation je sais en faire preuve. Et je n’ai pas besoin de votre morale à deux balles et de votre jugement de bourgeois bien-pensants.
      Cet article je l’ai lu attentivement justement avant de le sélectionner car je m’attendais à ce genre de réaction de votre part.
      Et je n’ai pas été déçue ; j’attends plutôt des commentaires sur le fonds de l’article qui a également retenu l’attention de notre chère @monolecte. Voilà !

    • Je ne sais même pas qui est « Françoise Degois », et je ne vois absolument pas le rapport de pourquoi tu « pop » un nom random comme ça, sans rapport avec rien… wtf l’argument

      « Tout ce qui bouge n’est pas rouge » comme le rappel colporteur plus haut, mais on peut en faire une autre : « tout ce qui insulte de bourge n’est pas rouge » non plus haha…

      (il est vrai que mon flux public de seens postés et étoilés montre sans ambiguités des préoccupations bourgeoises et bien pensantes 😅 qu’est-ce qu’il faut pas lire…)

    • Le rapport c’est que Françoise Degois qu’on ne peut qualifier ni de complotiste ni de rouge-brune intervient aussi sur Sud Radio.
      C’est une socio-démocrate ex conseillère de Ségolène Royal.
      Je n’ai pas lu Valérie Gérard mais je connais l’essayiste Françoise Degois, par la fondation de son blog « Nos Lendemains » et aussi par la qualité de ses éditos sur son compte twitter (en provenance de Sud Radio ou LCI) que je n’écoute pas par ailleurs car je ne suis pas dupe...
      https://seenthis.net/messages/1011642

    • tu regardes le sale doigt sud radio et surtout tu voudrais que l’on se braque dessus, non merci. ta lune Poulin, ce vieux cheval de droite, ce chroniqueur sur Boulev@rd Voltaire, ses copinages avec V.A., son biz, ses buzzs et son idéologie, tu ne veux rien en savoir ou ça te parait ok ?

      La télé insoumise qui a brassé des rouges-bruns, des conspis, des chouaristes (avant que Chouard lui-même vienne y tenir des propos négationnistes), des frexiteurs, des pro-Assad, des souverainistes ! Et Poulin a intégré la vase dès la toute première émission et a vécu la grande époque de le Média, avant la crise Lancelin / Chikirou, cette époque bénie où tout le marigot rouge-brun des amis de la France Insoumise était uni et heureux, se délectait de nier les preuves des crimes d’Assad, d’inviter Jean Frédéric Poisson et Djordje Kuzmanivic, et d’interviewer Asselineau. Une interview menée par Alexis Poulin lui-même !

      C’est avec ce passage et son émission sur l’Europe que Alexis Poulin se prend de passion pour lui-même à la télévision. A partir de là il n’aura de cesse d’essayer d’intégrer les plateaux des télés. Sur le 28 minutes d’Arte en commençant par la tranche d’été. Puis via les plateaux et télés d’extrême droite ou surfant la vague réactionnaire : C-NEWS, Sud Radio pour parler “Laïcité” et bien évidemment, Russia Today. Et c’est ainsi que, de selfie avec Laurence Ferrari sur CNEWS, en opportunité de la tranche d’été du 28 minutes, et en resservant le discours souverainisto-rouge-brun appris grâce à le Média sur les ondes de Sud Radio, la société Monsieur Alexis Poulin fait fructifier son capital médiatique et devient “le journaliste Alexis Poulin, spécialisé dans les questions de politique internationale et invité régulier des plateaux d’Arte, de France 24, de France Info, de BFM TV, CNews, RCF et Sud Radio.” (ainsi qu’il est présenté ici).

      Cette histoire est aussi, bien entendu, celle de la percée du discours souverainiste et du recyclage des stars rouge-brunes ou simplement brunes. L’histoire d’Alexis Poulin est quelque part sur la même échelle que l’histoire de Zemmour sur C NEWS ou de Taddei sur Russia Today.

      https://www.lignes-de-cretes.org/la-start-up-nation-insoumise-itineraire-rouge-brun-dun-patron-de-l

    • Et c’est reparti ! En finir par continuer à jeter le discrédit sur toute la Fi la seule force de Gauche de rupture à pouvoir affronter ce qui vient avec l’aide de certains tout de même (NPA tendance claire, ContreAttaque, certains écolos...)

      Bravo les gars ! Il est temps de prendre des vacances et d’arrêter le fameux Blablabla ...

    • les rouges bruns n’existent pas puisque Djordje Kuzmanivic n’a jamais été viré de LFI.

      « la définition officielle du fascisme » est dans le Larousse :-) et il faudrait lire ce texte sans intérêt qui ramasse des bribes prises de ci de là pour « contester » un régime inféodé aux puissances étrangères et à la finance (suivez mon regard) au nom de la démocratie en se gargarisant du mot « français » écrit par un affairiste de sa petite personne. ce n’est pas sérieux.

    • Le directeur de Publication de Lignes-de-crêtes que vous citez souvent, Antoine Grégoire ( La Veille ) et le témoignage de Marie Peltier, historienne et spécialiste du complotisme, victime de harcèlement :
      https://twitter.com/Marie_Peltier/status/1535983031672004609

      Suite au podcast sur mon expérience d’emprise & vu le nombre de retours reçus : c’est j’espère la seule et dernière fois que j’exprimerai ceci. Au sujet du « collectif » Lignes de Crêtes et du harcèlement que je vis de la part de Antoine (Antonin) Grégoire depuis maintenant 3 ans

      « Face à un pervers manipulateur, la seule réaction est le mur le plus complet »

      https://mariepeltier.org/blog/article/militantisme-et-emprise-sectaire-sortir-du-silence
      C’est en tout cas ce qui m’a dévastée : réaliser que des personnes que j’admirais de tout mon cœur, en qui j’avais une confiance d’enfant, que je pensais les plus intègres et les plus cohérentes, étaient en réalité des impostures. Que tout n’était que posture précisément, et malveillance de surcroit.

      Marie Peltier, L’ère du complotisme : La maladie d’une société fracturée

      Quelqu’un qui harcèle sa collaboratrice pendant trois ans, est-il quelqu’un à lire avec complaisance, sans distanciation ?

      Non.

    • Merci @sombre j’aime guère Corcuff et ce Marlière là

      La notion [de confusionisme] sert à décrire, non un état, mais un processus ou une dynamique de recoupements de récits issus de traditions politiques différentes, souvent antagoniques. Et c’est dans ce clair-obscur discursif que surgissent des monstres idéologiques.

      m’avait échappé, alors même que la pandémie a radicalement relancé cette dynamique, et pour longtemps je le crains.

      @marielle il suffit de connaître des contributeurs de Lignes de crêtes pour ne pas leur accorder une confiance aveugle (litote). nombreux sont d’ailleurs les militants dont je me tiens à distance au vu des sordides rapports de pouvoir qu’ils cultivent. ça n’implique pas de ne faire aucun usage d’aspects tout à fait excellents de leur taf.

      quelque soient les nombreux désaccords fondamentaux avec LFI, je juge également l’arbre à ses fruits. ainsi cette organisation a-t-elle été dans l’ensemble correcte, malgré ses divisions internes sur ces enjeux, lorsqu’elle a refusé de manifester avec la police, souligné le racisme dont sont victimes les « musulmans », refusé de condamner les violences (des manifestants) à Sainte Soline. bien sûr, il s’agit pour une part de réalisme électoral (moissonner mieux du vote jeunes, des quartiers, prolos, répondre elle aussi à la contrainte subie par EELV d’avoir à suivre le mouvement écologiste réel, ...). autant de cas où je préfère le réalisme politique de LFI à son idéologie.

      l’unanimisme, ce n’est pas la fabrication attentive et patiente d’un accord, d’un consensus, dans les différences voire les contradictions, c’est un mensonge (et ça se voit). la politique c’est la division. ta manière, @marielle de jouer la forteresse assiégée ("vous vous en prenez à LFI, comme la drouate quoi"), a priori, pour préserver un minimum de confiance, justement, je ne peut la voir que comme une tactique stérilisante et malheureuse pour éviter de répondre aux questions posées sur le chauvinisme, le nationalisme et le confusionnisme (Poulin et son évitement constant de l’étranger - à coups de rabâchage du mot « français »- sauf sous la forme de la sujétion nationale, par ex.)

    • si, si, c’est bien ça :-)
      mais l’assemblage du logo de Renaissance en mode drapeau nazi, des jeunes du SNU, de l’air fourbe d’EM qu’on croirait sorti d’une caricature antisémite couplé avec l’invocation des méfaits des puissances de l’argent du nom de l’image, ça fait un peu trop pour moi

    • Inspection de l’image (menu contextuel avec Firefox)

      lemondemoderne.media/wp-content/uploads/2023/07/FRAIS-BANCAIRES-LARNAQUE-CONTINUE66.png

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  • Cartographie de l’écologie d’extrême-droite et réactionnaire
    FLED – Twitter
    https://twitter.com/Eco_Decoloniale/status/1667221356922978322

    En collaboration avec @daphne_dsch journaliste chez @Politis_fr, nous avons réalisé une cartographie de certains partis politiques, mouvements, organisations et personnalités qui abordent l’écologie avec une perspective d’extrême droite ou réactionnaire.

    via @cdb_77

    • Ce qui nous amène à une autre inversion ici, quand on se demande ce que des féministes radicales font dans une liste dénonçant l’écologie réactionnaire : il s’agit de prétendre que les féministes radicales, qui refusent que le fait d’être nées femelles les contraignent aux stéréotypes genrés imposés aux femelles humaines, sont en fait les véritables essentialistes. (Alors que les gens qui prétendent qu’il faut changer de sexe pour se conformer à l’idée stéréotypée qu’on se fait des genres, ne seraient pas du tout essentialistes.)

      Et évidemment, on va ainsi tirer des traits pour relier les radfems et des militantes lesbiennes (rebaptisées TERF, des fois qu’il existe un mouvement organisé de féministes qui se qualifient elles-mêmes de TERF, avec un logo associé), à la Manif pour tous qui, elle, soutient justement les rôles stéréotypés/religieux des mâles et des femelles dans la société.

      On pourrait aussi dans ce tableau s’attaquer aux personnes qui luttent contre la négrophobie (qui refusent que leur identité soit réduite à la couleur de leur peau) et les accuser de racisme parce qu’elles prétendent qu’elles subissent la négrophobie justement à cause de la couleur de leur peau (quel affreux essentialisme), et surtout parce qu’elles n’acceptent pas l’idée que se blanchir la peau serait un acte progressiste de lutte contre la négrophobie. Dans cette logique, je ne serais pas loin de penser que la généralisation du terme « TERF », balancé comme une évidence, est du même tonneau que le terme « racisme anti-blanc ».

    • @arno c’est complexe et on peut s’y perdre un peu (notamment en perdant la possibilité de se questionner sur le transgenrisme et ses attaques contre les féministes au risque d’être catalogué·e transphobe) , parce qu’il y a aussi (d’après mes plus jeunes sources familiales) des radfems qui rallient les fachos par transphobie commune et publient dans les torchons comme V.A …
      #sidération #on_fait_quoi_alors

    • De même, les traits du genre grosbloc vers grosbloc comme Deep Green Resistance <-> Décroissance, font croire qu’il y a alors un lien entre les sous-trucs qui sont à l’intérieur de ses blocs. Or dans « Décroissance » ya… que des trucs de fachos + Pierre Rahbi, et dans l’autre… PMO et Floraisons et Nicolas Casaux n’ont jamais eu de lien avec Krisis, Pierre Rahbi etc, bien au contraire… donc ces liens n’ont aucun sens.

      Càd qu’au lieu de critiquer tels groupes pour les idées précises qu’ils ont (ça pourrait, pourquoi pas), ils font juste des liens avec d’autres groupes pourris qui n’ont aucun rapport.

      Comme si Floraisons critiquaient des trucs qu’illes considèrent essentialistes et anti-féministes pour les mêmes raisons que Thais d’Escufon et la Manif pour tous (comme le dit arno c’est au contraire pour des manières de voir le monde totalement inverse !)

    • Des radfems historiques comme Dworkin et Mackinon ont noué des alliances avec la droite chrétienne américaine, pour lutter contre la pornographie. Elles ont aussi, avec d’autres, participé à des paniques morales colossales, qui ont foutu des milliers de gens innocents en prison.

      Pas facile a entendre, mais comme toutes les grandes institutions, le féminisme a du sang sur les mains.

      Ca me semble important de ne pas escamoter ces liens avec la droite ou l’extrême droite, hier comme aujourd’hui. Je me répète un peu, mais c’est ici même que j’ai contracté une vision presqu’angelique de ces mouvements, porté généralement par des hommes d’ailleurs, comme le traducteur de Dworkin, qui publie ici, martin je ne sais plus comment.

      Par contre c’est vrai qu’en mode carte c’est un peu ultralight pour un écheveau pareil. Et peut-être que les alliances d’aujourd’hui ne sont pas exactement directes. C’est pas très précis là.

    • Ne pas escamoter des glissements et les personnes qui se livrent au confusionnisme, je veux bien (m’enfin je pense qu’il est déjà assez difficile d’échapper aux polémiques autour de Moutot et Stern par exemple). Par contre ces cartes qui systématiquement font dans la culpabilité par association pour résumer radfem à « TERF » et extrême-droite, non, et plus généralement cette façon de placer les féministes radicales comme cibles privilégiées de gens qui se prétendent progressistes, franchement beurk. Surtout si au final pour une partie de la jeunesse désormais, on passe joyeusement de « This machine kills fascists » à « This machine kills TERFs ». (Même topo, mais plus discret parce que sans doute moins facile à faire gober, le lobbying intense contre les femmes et associations « abolitionnistes », requalifiées « putophobes ».)

      On joue au même genre de simplifications à base de culpabilité par association, et d’inversions assez systématiques, pour provoquer la méfiance pavlovienne à l’encontre des mouvements anti-racistes qui n’entrent pas dans les bonnes cases, les mouvements dénonçant l’islamophobie sont d’excellentes cibles pour en prendre plein la gueule, les antifas, les écolos radicaux, etc. et évidemment les pro-Palestinien·nes subissent ce genre de méthodes de manière continue et massive : antisioniste devient antisémite de manière automatique, et partisan de l’apartheid israélien serait le véritable progressisme.

    • @tintin, stp, parler d’institution pour le féminisme, avec du sang sur les mains, qui plus est, et surtout pour Dworkin, c’est je l’espère, une bad blague hein.
      Et je me suis déjà moquée ici de tes assertions contre les radfems https://seenthis.net/messages/1005668#message1005790
      Quitte à se répéter, voila ma réponse

      Curieux comment les féministes radicales sont devenues en quelques années l’ennemi public N°1
      Je pense que le changement climatique elles n’y sont pas pour rien, mais ce n’est que mon point de vue, je peux me tromper.

    • On remarque que certains groupuscules sont très isolés des autres.
      Que l’autoritarisme et la méritocratie est une caractéristique commune.

      C’est chaud de se rendre compte qu’on peut partager des idées avec certains, sans pour autant embrasser le reste.
      – baisse de la démographie
      – liberté et aide publique aux systèmes agricoles indépendants

    • Le seul sang que les féministes ont sur les mains, c’est celui de leurs menstruations et de leurs IVGs.

      Le sang des personnes trans c’est les proxénètes, les pornographes et les putiers qui le verse, pas les féministes.

      Pour ce qui est du rappochement de Stern avec l’ED (Moutot n’est pas une radfem, mais une liberale à mon avis) c’est les consequences des années de harcelement mais aussi liée à l’histoire de Stern, qui etait femen au depart, un mouvement assez proche de l’ED ukrainnienne. Mais en face le mouvement transactiviste est un mouvement masculiniste violent qui appel à la mort des féministes (terf au bucher, une balle une terf qui étaient légion samedi pour les prides) afin de legaliser le proxenetisme et la mise sous hormone cancerigènes à vie de personnes qui souffrent de troubles mentaux liés aux discriminations misogynes et/ou homophobes qu’illes ont subit.

      Comment être écolo et recommander des transitions hormonales ? J’ai des copines queer, ecolo, ati-vax qui se soigneraient le cancer avec de la camomille et qui se font des soirée testo avec leur pote trans.
      Comment être contre les violences sexuelles et promouvoir le proxenetisme ? L’auto-entreprenariat de son humiliation sexuel sur onlyfan n’est pas differente du systhème traditionnel de la maison close, sauf pour des macronnards convaincus.
      Comment être féministe et prétendre que les femmes s’auto-identifient à leur genre ? Le genre n’est pas une question d’auto-identifdication, les femmes ne s’auto-identifient pas à ce qui est le mécanisme de leur oppression. On ne s’auto-identifie pas plus à son genre qu’on le fait à ses races, ses classes, ses handicapes, son age...

      Le transactivisme n’est pas un mouvement de gauche, au mieux c’est du libéralisme identitaire qui s’auto-identifie de gauche mais à mon avis c’est un mouvement réactionnaire qui détruit méticuleusement tous les aquis des féministes de ces dernières décennies (et pas seulement les aquis féministes, mais ceux de tous les groupes vulnérables, mineurs, homos, personnes racisées, classes sociales défavorisées (le passing est un privilège bourgeois))....

      #inversion_patriarcale #fauxminisme #allié

    • Réaction de Nicolas Casaux :
      https://www.partage-le.com/2023/06/09/politis-la-gauche-technologiste-et-la-chasse-aux-heretiques-par-nicolas-

      Autre imbécilité, Deschamps écrit elle-même que, contrairement à la collapsologie, DGR n’a pas de lien avec « les communautés survivalistes » d’extrême droite, mais relie néanmoins DGR et lesdites « communautés survivalistes » dans sa glorieuse cartographie de « l’écologie d’extrême droite ou réactionnaire ».

      On pourrait continuer longtemps à lister les mensonges et autres absurdités nous concernant dans le torchon de Deschamps/Politis. En fin de compte, ce qui est terriblement dommage, c’est qu’analyser la récupération de l’écologie par des idéologies autoritaires, par l’extrême droite, par diverses sortes de réactionnaires, est effectivement un travail important. Mais avec ce lamentable dossier, Politis n’y contribue pas du tout. Au contraire, il propage un confusionnisme pathétique. On note d’ailleurs que le survivaliste Piero San Giorgio est oublié de la cartographie de l’écologie d’extrême droite de Politis, alors que son concept de B.A.D. (Base d’autonomie durable) a été inventé par Serge Ayoub, un militant d’extrême droite proche des individus qui ont tué Clément Méric. Enfin bref, un travail calamiteux.

    • Combien est détestable la fasciste et sempiternelle phrase « les extrêmes se rejoignent ». Il faudrait faire une cartographie de celleux qui la prononcent à longueur de temps.

      À cet égard, l’extrême gauche et l’extrême droite, la gauche et la droite en géné­ral, se rejoignent lar­ge­ment. Poli­tis rejoint Éric Zem­mour et Marine Le Pen. Tous sou­haitent conser­ver l’es­sen­tiel de la civi­li­sa­tion techno-industrielle.

      Et donc pour cette fois, c’est Cazaux qi-ui te la mouline à sa sauce, argument zéro, grosse fatigue revient.
      #dichotomistes_du_milieu #proverbistes_de_mes_deux

      Et sur le lien donné, pour des personnes qui critiquent la tech et te mettent près de 50 scripts wordpress consorts et google, avec impossibilité de ne pas te faire sniffer tes infos car il y a un blocage sur TOR.

      https://www.partage-le.com/.well-known/captcha/?r=%2F2023%2F06%2F09%2Fpolitis-la-gauche-technologiste-et-la-chasse-aux-

      Our system thinks you might be a robot!
      We’re really sorry about this, but it’s getting harder and harder to tell the difference between humans and bots these days.

      …partage-le.com
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  • Philippe Descola, Bruno Latour et Ramsès II - La Hutte des Classes
    http://www.lahuttedesclasses.net/2022/11/philippe-descola-bruno-latour-et-ramses.html

    (...) j’avais souligné à quel point les positions philosophiques de l’anthropologue Philippe Descola, tout en se gardant de l’assumer trop clairement, ouvraient la porte à un relativisme dévastateur. Et je tentais de montrer que la manière dont il abordait sa classification des «  ontologies  » (le terme lui-même est tout sauf innocent) suggérerait qu’il n’est pas de représentation du monde plus juste, ou plus fidèle, qu’une autre. Il suffit d’un peu de logique pour comprendre que cette position revient à affirmer que la réalité elle-même n’existe pas indépendamment de l’idée qu’on s’en fait – même si, une fois encore, P. Descola se gardait bien de tirer cette conclusion explicitement.

    Or, ce pas avait été franchi sans ambages par son collègue et ami Bruno Latour, qui vient de décéder et qui était considéré depuis longtemps comme un intellectuel majeur par de nombreux chercheurs en sciences sociales (je crois nos collègues des sciences expérimentales globalement beaucoup moins sensibles à sa rhétorique, pour des raisons assez évidentes).

    Parmi les nombreux écrits de B. Latour, il en est un qui possède le mérite d’être bref, relativement simple, et de permettre à tout un chacun de juger des fruits que porte son arbre. Il s’agit d’un article paru en 1998 dans La Recherche, sous le titre «  Jusqu’où faut-il mener l’histoire des découvertes scientifiques  ?  », où l’auteur explique en substance que Ramsès II n’a pas pu mourir de la tuberculose étant donné que le bacille n’a été découvert par Koch qu’au 19e siècle. Je renvoie tous ceux, incrédules, qui pensent que j’invente, que je caricature ou que je déforme ses propos, à l’article en question, en y relevant notamment ce passage  :

    Avant Koch, le bacille n’a pas de réelle existence. Avant Pasteur, la bière ne fermente pas encore grâce à la Saccharomyces cerevisiae. (...) Affirmer, sans autre forme de procès, que Pharaon est mort de la tuberculose découverte en 1882, revient à commettre le péché cardinal de l’historien, celui de l’anachronisme .

    (...) on peut, et on doit, tout autant s’interroger sur les raisons qui font que des positions aussi manifestement absurdes exercent une fascination sur une large fraction du monde intellectuel. Tout comme pour la religion, la persistance (ou la résurgence) d’idées aberrantes ou réfutées depuis longtemps ne peut s’expliquer que par des causes étrangères à leur force de conviction propre  : ces idées satisfont un besoin, et possèdent une fonction sociale.

    #Philippe_Descola #Bruno_Latour #relativisme_généralisé #idéalisme_philosophique

    • Citons le texte de Latour, qui, de mon point de vue, ne dit rien de bien méchant.

      Jusqu’où faut-il mener l’histoire des découvertes scientifiques ?
      https://books.openedition.org/pressesmines/170

      On peut croire que Ramsès II crachait déjà des bacilles de Koch en postillonnant contre Moïse ; on ne peut le savoir avec certitude qu’en le faisant venir au Val de Grâce.

      C’est ce que le journaliste de Paris-Match a si bien compris : 3 000 ans plus tard, « nos savants » rendent enfin Ramsès II malade et mort d’une maladie découverte en 1882 et diagnostiquée en 1976.

      L’an – 1000 se compose, par exemple, d’un Pharaon mort de cause inconnue, et, à partir de l’année 1976, d’un Pharaon mort de cause parfaitement connue. Toutes les années – 1000 produites « à partir » de 1976 vont comporter ce trait nouveau : un Ramsès II dont la bouche était remplie de bacilles de Koch.

      L’an – 1000, solidement ancré, grâce au Val de Grâce, dans la médecine moderne, comprend dorénavant et jusqu’à preuve du contraire, un bacille qui causa la mort de son plus célèbre Pharaon.

    • Je crois qu’elle sert – et là est la clé de son succès – précisément à ne servir à rien. Son utilité consiste à permettre à qui l’endosse de se perdre dans les infinies circonvolutions et dans les faux-semblants d’une prétendue profondeur, sans jamais l’engager à quelque confrontation que ce soit avec le réel. Elle sert, par essence, à prendre des poses.

    • Ramsès II à Paris :

      Sa momie, gravement endommagée par des parasites, avait besoin d’une sérieuse restauration. Les savants français ont été choisis pour en être les maîtres d’œuvre.

      Où l’on voit que « Bruno » ne voyait que ce qu’il voulait voir, puisque ce n’est pas la tuberculose qui amenait le pharaon à Paris mais une exposition et des parasites.

      Donc @lyco, tout comme il fait dire à James des choses qu’il ne dit pas, Nono le sacro-saint, fait dire à Paris Match des choses qu’il ne dit pas et tous les graphiques du monde n’y changeront rien, dans le passé ou le présent, quel que soit le moment de la découverte (ou redécouverte donc) de ses raccourcis expéditifs ravageurs.

      Ce ne serait pas bien méchant, si certains milieux, notamment artistiques et culturels, ne lisaient pas de travers en plus, ses idées ou leurs succédanés pour achever une dépolitisation encore plus grande de ces espaces sociaux, et finir par mettre sur le même plan des chamans et des laboratoires d’analyses médicales. Ou dire que les virus ne sont qu’une question de point de vue.

      https://www.lhistoire.fr/rams%C3%A8s-ii-%C3%A0-paris

    • mais aussi sans doute @supergeante qu’il a récemment remis en cause son relativisme généralisé en raison d’un contexte de catastrophe écologique. en venir, par exemple, à évoquer Schmitt pour ne défendre la nécessité de ne pas rester neutre dans un polythéisme des valeurs où le climatonégationnisme (comme le déni de la pandémie) aurait non seulement une existence mais une légitimité.

      le souci, pour s’en tenir à un pragmatisme des effets, c’est que la réception fait l’oeuvre (d’où l’utilité du papier de Jeanpierre), et que des artistes aux académiques, des journalistes aux révolutionnaires (LM et d’autres), ça baigne dans un brouet de confusion qui crée des conflits superflus et nuisibles au lieu d’orienter une écologie politique consistante (cf. encore, le déni de la pandémie, entre autres).

    • Y’a beaucoup de choses à redire sur Latour, c’est dommage d’aller l’asticoter sur Ramses (j’étais sûr que c’était déjà sorti sur ST, mais j’ai dû rêver). Pour moi ça se résume à : Un événement datant de -1000 a été écrit de plusieurs façons depuis ; en 1976 on a fait une découverte importante sur cet événement qui ne nous fera plus l’écrire de la même façon ; cette découverte ne doit pas pour autant justifier de tout réécrire rétrospectivement, au risque d’aplatir l’histoire et d’en faire perdre la dimension sédimentaire. Ca me semble assez banal comme propos.

      Quand il dit : Grâce à la science moderne on sait maintenant avec certitude que Ramsès 2 est mort de la tuberculose, le gars conclut : Latour ne tient aucun compte des faits, il se fout de la réalité. Je comprends pas…

      Alors y’a cette phrase citée qui vient du début du texte de Latour :

      Affirmer, sans autre forme de procès, que Pharaon est mort de la tuberculose découverte en 1882, revient à commettre le péché cardinal de l’historien, celui de l’anachronisme.

      L’important là-dedans c’est « sans autre forme de procès ». Bien sûr que les petits gènes du bacille de Koch n’ont pas attendu Koch pour avoir une existence matérielle. Ce serait en effet stupide de dire le contraire (et c’est pour ça que personne ne dit le contraire – vaut toujours mieux partir du principe que personne n’est stupide). Mais Latour rejette cette idée que l’action des scientifiques ne consiste qu’à lever le voile sur une réalité déjà là à côté de nous. Pas parce qu’il n’y a rien à côté de nous, mais parce que les scientifiques ne lèvent pas de voile – ils produisent des faits. Et c’est bien plus compliqué. (C’est d’ailleurs parce qu’il sait que c’est plus compliqué qu’il met en valeur la découverte scientifique faite au val de grâce - c’est aussi pour ça qu’il ne discute pas les faits scientifiques, qu’il fait confiance à l’institution et qu’il prône le recours positif à l’argument d’autorité, etc.) Et ces faits ont une histoire, etc.

      Bref, je vois pas où ça peut se résumer à « tout se vaut » ou « tout n’est qu’une question de point de vue ».

      Par contre je sais que sur seenthis y’a plein de critiques intéressantes de Latour (le Latour écolo dernière période), par exemple ce très bon texte de LM (j’arrange pas mon cas) : https://seenthis.net/messages/699971

      ... où d’autres, de Frédéric Neyrat ou Andréas Malm :
      https://seenthis.net/messages/492604
      https://seenthis.net/messages/772354

    • De même qu’il n’y a de visible qu’indexé à un point de vue, il n’y a de vrai qu’ancré dans des épreuves et dans les réseaux qui le soutiennent : il n’y a de vérité que conjonctive.

      Nous touchons ici au cœur du malentendu que Bruno Latour a suscité au cours de sa carrière, à savoir son « relativisme ». On le lui a reproché au point de le faire passer pour un mystificateur. Pourtant, loin de s’en défendre, il revendiquait ce relativisme – « le contraire est l’absolutisme », avait-il pour habitude de rétorquer. Le quiproquo était parfait : lui et ses détracteurs ne s’accordaient pas même sur la signification du terme « relativisme ».

      #Dominique_Linhardt, « No Sociology ! »
      https://revuepragmata.wordpress.com/les-numeros/6-2023

  • Contre l’imposture et le pseudo-rationalisme | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-zilsel-2020-2-page-15.htm

    Rien ne distingue en soi un énoncé scientifique d’un autre qui ne l’est pas ; ce n’est pas plus le statut de l’énonciateur qui confère un caractère scientifique à son énoncé. Ce qui établit la scientificité, ce sont les normes de probation scientifiques, qui ont une histoire et présentent de légères variations selon les domaines, composant une géographie disciplinaire. La véridiction savante repose sur la recension de faits objectivables, publiés avec leur appareil probatoire (données, graphiques, raisonnements, développement en métalangage mathématique, etc.), avec une bibliographie établissant l’état de l’art sur le sujet. Elle suppose l’absence de conflits d’intérêts, ou leur explicitation, quand ils ne sont pas de nature à fausser l’objectivité. Elle passe par la disputatio des résultats obtenus avec les pairs, c’est-à-dire avec les autres scientifiques ayant produit un travail savant dans un sujet connexe : il n’y a de vérité scientifique que comme visée collective, jamais comme dévoilement individuel d’une vérité préexistante.

    […]

    Le pseudo-rationalisme se nourrit ainsi de la frustration de cadres supérieurs qui conjuguent un attrait pour la science et un éloignement prolongé vis-à-vis de sa pratique : la formation professionnelle des Grandes Écoles ne les a jamais confrontés qu’à des problèmes qui admettent des solutions calculatoires préétablies. Il témoigne de l’héritage délétère du système napoléonien, fondé sur le concours, qui n’a jamais réussi à se réformer pour se rapprocher du système humboldtien, fondé sur la science.

    […]

    Pourtant, de la méthode scientifique, telle que je l’ai définie plus haut, il ne reste presque rien hormis la reproduction objectivée et raisonnée de phénomènes présentés comme paranormaux. En particulier, toute la dimension collective du travail de véridiction scientifique s’en trouve évacuée. La zététique prétend au contraire transposer la méthode scientifique à l’échelle de l’individu comme mode d’appréhension de son environnement quotidien, le doute méthodique et l’exercice du raisonnement étant supposés lui permettre de réfuter des croyances par leur seul exercice. Comparé au rationalisme, c’est non seulement l’institution scientifique qui est congédiée au profit du seul doute, mais aussi la responsabilité du savant dans le développement technoscientifique.

    […]

    Plus récemment, Michael Shermer, fondateur et président de la Skeptics Society, et rédacteur en chef de la revue Skeptic, fondamentaliste chrétien devenu « libertarien », a écrit que Mussolini et Hitler étaient les représentants de la gauche italienne et allemande des années 1920, puis ceci, qui témoigne du degré de finesse analytique de cette communauté : « Good to remember that Nazi = National Socialism. Not far right but far left. » On peut conclure a minima que le bréviaire du doute méthodique et des biais cognitifs n’immunise pas contre la falsification historique, et ne saurait remplacer ni la fréquentation de livres d’histoire ni une solide culture en sciences humaines. Cependant, il convient de s’interroger sur la permanence d’une porosité de la communauté pseudo-rationaliste au confusionnisme politique.

    […]

    La seconde caractéristique des pseudo-rationalistes est de substituer la « vulgarisation » à la publication scientifique. […] Il s’agirait donc de substituer l’exercice du doute et de la raison individuelle au régime collectif de véridiction scientifique. Wikipedia qui privilégie ordinairement les sources secondaires (quotidiens, rapports d’agences gouvernementales, etc.) sur les sources proprement scientifiques, a peut-être contribué à façonner le vocabulaire des plus jeunes des pseudo-rationalistes, qui ne cessent de se revendiquer du « consensus » contre le « cherry-picking » – termes inusités dans la recherche scientifique. À supposer qu’il y ait une crise du journalisme scientifique, liée au double impératif de rendre compte de l’« actualité » et de capter l’attention, l’éthique minimale consisterait à promouvoir les références à la littérature scientifique primaire. S’il faut prêter attention à ces polémiques, c’est plutôt comme symptôme d’un mal réel plus profond : l’abandon graduel de l’éducation du plus grand nombre au raisonnement et à la science.

    (signalé dans un com par @colporteur mais méritait un seen dédié)

    #Bruno_Andreotti #raison #rationalisme #science #scientificité #épistémologie #méthode_scientifique #extrême-droite #confusionnisme #marxisme_culturel

  • Les éditions Ovadia, maison d’édition indépendante située à Nice, publie les ouvrages de Baptiste Rappin, universitaire qui s’est spécialisé dans la critique philosophique du management et de la cybernétique. Jusque là, tout va bien.
    Or les éditions Ovadia, dirigées par Frédéric Ovadia, soutiennent la chaire Smart City de l’université de côte d’Azur. Frédéric Ovadia lui-même est intervenu dans leur colloque de décembre 2018. Les éditions Ovadia publient également René Chiche, mais bon, ça c’est une autre histoire. Quand on regarde de plus près les liens de B. Rappin avec la Nouvelle Droite, on comprend tout de suite mieux mais je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse à la fois critiquer l’emprise technologique et en même temps publier dans une maison d’édition qui la soutient. Je publie cette information car c’est à mon avis un bon moyen de démystifier ces prises de positions opportunistes qui visent seulement à brouiller les pistes et attirer toujours plus d’égarés dans les mailles de leur réseau politique nauséabond. https://philosophiedelasmartcity.fr #smart-city#cybernétique#nouvelle-droite#rappin#ovadia

  • Sur le Covid, le gouvernement a ouvert un boulevard aux complotistes, Christian Lehman

    On était en droit d’attendre du ministère de la Santé une information honnête, respectueuse des données scientifiques, ne passant pas sous silence les failles, les erreurs d’une gestion forcément complexe.

    La nature a horreur du vide. Voilà des mois que la communication ministérielle sur le covid oscille entre le grotesque, l’inutile et le franchement mensonger. Je passerai rapidement sur le fiasco des masques, pour rappeler qu’il fallut près de dix-huit mois avant de voir reconnue du bout des lèvres la contamination aérienne par aérosolisation. L’an dernier à la même époque, les effets indésirables post-vaccination, souvent minimes mais réels (fièvre, fatigue, courbatures, maux de tête) étaient niés. Ainsi cette affiche officielle d’un sosie de Pierre Niney sur un pédalo, partagée sur son compte Twitter par Olivier Véran le 9 juillet 2021 : « Si vous ressentez des courbatures après le vaccin, pas d’inquiétude, c’est que vous avez trop pédalé. »

    Dans le même temps, aucune information officielle n’était donnée sur l’existence de très rares myocardites post-vaccinales survenant dans les cinq jours après la seconde dose chez les garçons adolescents. Plus récemment encore, le 5 juillet 2022, le ministère des Solidarités et de la Santé publiait le tweet suivant : « #COVID19 /Pour vous protéger et protéger vos proches, lavez-vous les mains régulièrement : Utilisez du savon ou une solution hydroalcoolique. Pendant 30 secondes. Ensemble, restons prudents. » Comme l’avait énoncé le 24 juin l’éphémère porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire : « Se laver les mains ça demeure une mesure d’hygiène indispensable pour tous les virus respiratoires. »

    Dans ce contexte ou l’incompétence le dispute au cynisme, un communiqué de presse en date du 24 juinhttps://twitter.com/Santegouv_alt/status/1540363905108779009 , d’allure officielle, annonçait la création du ministère Santé & Solidarités Déserté (un compte parodique sur Twitter https://twitter.com/Santegouv_alt) : « L’Etat, à défaut d’informer, désinforme. Il est urgent qu’une communication factuelle prenne le relais. c’est l’unique possibilité d’agir positivement sur l’adhésion de la population aux mesures de prévention, à la protection de la santé de tous les citoyens et citoyennes, sur la résilience communautaire et la cohésion sociale. » Avec un logo rappelant celui du ministère, le compte parodique @Santegouv_alt commençait à aligner…. des conseils de bon sens. « #COVID19 /Puisqu’il faut tout reprendre à zéro : Savez-vous qui est fragile dans cette foule ? Nous non plus. Pour que chacun et chacune soit protégé, en milieu clos, dans les foules, portons un masque. »

    Le 28 juin, alors qu’Elisabeth Borne réunissait préfets et directeurs d’Autorités régionales de la Santé (sans masque, mais avec de petits flacons de solutions hydroalcooliques) pour faire un point sur la situation sanitaire, le compte ironisait : « Bonjour Elisabeth Borne. Des erreurs se sont (encore) glissées dans votre com : le gel hydroalcoolique est inefficace contre #COVID19. Pour vous protéger contre le virus : préférez l’extérieur. Aérez les espaces clos. Portez un masque FFP2. Stoppez la désinformation. »

    Quand, le 1er juillet, le compte du gouvernement exhortait à nouveau à se laver les mains, la réponse cinglait : « Bonjour. Nous avons bien compris que vous vous laviez les mains de la situation. Demander à la population de faire de même en faisant croire à un geste barrière efficace est une honte. #COVIDisAirborne et vous le savez. Le matraquage de ce geste barrière quasiment inutile laisse penser à la population qu’elle se protège correctement. Qu’elle a un geste citoyen. Qu’elle participe à la lutte contre l’épidémie. C’est tout simplement de la désinformation. » La nature a horreur du vide, ai-je écrit en préambule. Ainsi, quand le compte parodique publia, le 3 juillet, sa première affiche sur les gestes barrière - « Le virus se propage et reste dans l’air. Ni le gel hydroalcoolique, ni les plexiglas n’empêchent de l’inhaler. Pour que chacun et chacune soit protégé, adoptons les bons gestes : masques, aération, mesure du CO2 »- de nombreux internautes crurent à une communication gouvernementale… et saluèrent le changement de ton, avant de réaliser, comme l’écrivit l’un d’entre eux, de constater : « Un site satirique 100 fois meilleur en prévention que l’original, comment on en arrive là ? »

    Seigneur du château

    Le constat était aussi glaçant que pathétique : « Dire qu’ils payent des bureaux de consultants des millions alors qu’un twittos anonyme en slip derrière son PC fait mieux qu’eux. » L’irruption de ce compte parodique torpillant sans effort le flot d’informations officielles tronquées m’a rappelé la fameuse diatribe de Roselyne Bachelot moquant les médecins envoyés au front sans moyens de protection : « On attend que le directeur de cabinet du préfet ou de l’ARS vienne avec une petite charrette porter des masques ? Qu’est-ce que c’est que ce pays infantilisé ? Il faut quand même se prendre un peu en main. C’est ça la leçon qu’il faut tirer. Tant qu’on attendra tout du seigneur du château, on est mal ! » A l’époque, j’avais prévu que nous arriverions un jour dans la situation actuelle, et pas seulement sur le plan sanitaire, avec une population lassée d’attendre du seigneur du château un minimum de considération et de protection.

    Devant l’absence de politique de santé publique, confrontés quotidiennement à des éléments de langage creux et criminels « Vivre avec le virus », « Masquer les fragiles », des citoyens en viennent à prendre les rênes d’une communication d’autodéfense sanitaire. Si ces initiatives sont utiles et salutaires, elles disent toute la faillite de la communication du gouvernement. Depuis mars 2020, les mensonges gouvernementaux ont permis à quelques gourous autoproclamés d’installer leur emprise sur des citoyens rétifs à un président qui les avait « traités » à coups de LBD et de lacrymogènes et soudain essayait le cosplay de protecteur du peuple.

    Canaux parallèles

    On était en droit d’attendre du ministère de la Santé une information honnête, respectueuse des données scientifiques, ne passant pas sous silence les failles, les erreurs d’une gestion forcément complexe. En son absence, un boulevard a été ouvert aux complotistes. Et ceux qui prônent la protection de la population sont aujourd’hui à leur tour amenés à inventer des canaux parallèles de diffusion d’information sur les mesures de protection. Le 4 juillet, jour de sa nomination, François Braun, le nouveau ministre de la Santé, annonçait : « Le message c’est la responsabilité. La responsabilité des Français. Ça fait deux ans et demi qu’on a le Covid, je pense que les gens ont compris les messages, ils savent, nos concitoyens, que quand ils sont dans les lieux clos, dans des moyens de transport, et bien c’est plus prudent de mettre le masque, c’est prudent pour soi, c’est surtout prudent pour les autres, donc c’est ça le message principal. » Cette prise de parole avait le mérite de rappeler une mesure de prévention efficace, qui nous changeait agréablement du lavage de mains, mais semblait encore empreinte du déni gouvernemental face à la tâche qui restait encore à accomplir.

    Non, les gens n’ont pas compris les messages, parce que les messages n’ont cessé de se contredire et n’ont souvent servi qu’à entériner et légitimer des décisions politiques dont le rapport à la réalité scientifique est bien souvent à géométrie variable. Non, les Français ne savent pas qu’il est prudent de porter un masque dans les lieux clos puisque depuis six mois le ministre de la Santé précédent et le gouvernement n’ont eu de cesse de rappeler que le port du masque en lieu clos ne se justifiait plus. Tout reste à faire.

    https://www.liberation.fr/societe/sante/sur-le-covid-le-gouvernement-a-ouvert-un-boulevard-aux-complotistes-20220

    #autodéfense_sanitaire #prévention #aérosol #masques #aération

  • [infokiosques.net] - Tout ce qui fume n’est pas feu
    https://infokiosques.net/spip.php?article1913

    Écrit en pleine "crise" du covid19, ce texte aborde la question du complotisme et du rapport que nos milieux (anti-autoritaires/libertaires/autonomes) entretiennent avec ce système de pensée.

    Sommaire :
    1. Confusionnisme, complotisme et conspirationnisme, tentative de définitions
    2. Quelques théories conspirationnistes qui ont influencé l’Histoire
    3. Deux grands récits conspirationnistes mainstream actuels : QAnon et le « grand remplacement »
    4. New-Age, « santé alternative », fascisme, clics et fric
    5. Face aux complotismes, refuser le rôle de procureur ?
    6. Ne pas laisser de place au complotisme dans nos luttes et nos milieux
    Pour poursuivre, quelques ressources…

    #gauche #émancipation #complotisme #confusionnisme #covid #new_age

    • À propos de l’accusation de mépris de classe, d’une part il apparaît difficile d’affirmer que les complotistes seraient si largement des prolétaires. Les CSP+ ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit de diffuser des théories complotistes comme le montrent les exemples cités au fil du texte [15]. Les propagandistes savent très bien quels discours ilselles produisent, quels actes ilselles encouragent. D’autre part, le mépris de classe se place justement dans le fait de croire qu’il n’y a parmi les conspis que des classes populaires et laborieuses sans repère politique et saisissant tout ce qui est à leur portée pour critiquer et attaquer les pouvoirs. En sorte, un retour à l’idée d’un lumpenproletariat intrinsèquement contre-révolutionnaire. Cela participe à dépolitiser leurs actions. Je pense qu’au contraire, bien que la dépolitisation et le manque de culture politique jouent dans leur succès, certainement qu’une bonne part de leurs adeptes savent à quoi ilselles adhèrent. J’ai du mal à imaginer qu’en 2021 on puisse sans le vouloir valider des discours racistes, antisémites, LGBTIphobe, etc. Pourtant c’est ce qui arrive à certaines personnes [16]. Notre rôle devrait alors être, au lieu d’avoir une sorte de complaisance avec ces théories et ceux qui y adhèrent, de lutter encore et toujours pour défendre et diffuser nos idées, ce qui demande de ne pas reprendre la rhétorique et les expressions diffusées par les complotistes mais au contraire de repolitiser le réel et nos discours.

      […]

      Pour autant, et comme on l’a vu auparavant le complotisme est un mode de pensée politique à part entière. Rejeter ce terme parce que nos ennemi⋅es l’utilisent c’est ajouter à la confusion en nous privant d’un mot pour décrire et comprendre un courant politique contemporain actif. De plus il est bien malheureux d’utiliser comme dans « Au procès des complotistes, nous ne soutiendrons pas les procureurs » la technique rhétorique consistant à s’auto-assigner pour empêcher les critiques : « ah mais si je dis ça on va dire que je suis complotiste ! » Technique qui se trouve être justement utilisée jusqu’à plus soif par les complotistes et au passage, par l’extrême-droite : « on ne peut plus rien dire ! On va dire que je suis un fasciste si je dis ça ! Ce n’est pas être raciste de dire ça ! ». Rien d’étonnant si l’on voit les liens existants entre complotismes et extrêmes-droites.

  • Est-ce qu’il reste encore UN⋅E artiste qui ne soit pas pourri par le confusionnisme ? Et plus encore dans le milieu du rap… Qui comprend ce que veut dire le consensus scientifique ? Qui peut critiquer le gouvernement ET les anti-sanitaire ? Qui raconte pas n’imp sur les traitements et les vaccins ? Qui utilise pas la technique du mille-feuille en mélangeant plein de trucs avérés sur le gouvernement ou bigpharma pour faire passer des débilités sur les connaissances en épidémio et sur le virus ? Est-ce qu’il en reste bordel ?

    Je sais pas ce qu’en pense @mad_meg mais perso pour avoir des connaissances ou suivre des gens dans le monde de la musique et du cirque, j’ai l’impression que c’est une majorité qui s’est complètement perdue, suite à leur vie bouleversée.

    Comme de fait les artistes sont pas des métiers indispensables à la société capitaliste (en tant que travail capitaliste, càd que si d’un coup on arrête tous les concerts, on peut continuer de vivre, de manger, d’habiter, de se soigner, et même de produire de l’art, ce qui n’est pas le cas si les agriculteurs ou les médecins s’arrêtent là entièrement), la vie de plein de gens (artistes et tous ceux qui en dépendent, salles, sons, lumières, roadies, etc) a été totalement bouleversée, leur manière de vivre au quotidien s’est écroulée, et du coup ça a complètement niqué la tête de beaucoup à priori (ou bien… c’est juste que désormais on le voit parce ce qu’ils annoncent leurs idées publiquement, alors qu’avant ils gardaient ça pour eux ?)

    En tout cas j’ai de plus en plus de mal à citer des artistes qui racontent pas des conneries monumentales sur la crise actuelle (tout en le mélangeant, je le répète, à des vérités facile à prouver sur les conneries du gouvernement ou sur l’écologie ou le capitalisme, etc : c’est juste le problème du confusionnisme, c’est mixé avec pas que des conneries et donc ça embrouille).

    https://www.facebook.com/AKHENATON.OFFICIEL/posts/475243533957593

    TRIBUNE LIBRE D’AKHENATON
    LE MAÎTRE ET SES PERROQUETS
    Aujourd’hui, honnêtement, je pourrais me taire, je pourrais me cacher et espérer sortir de cette crise en n’ayant choqué ou déplu à personne, priant que je puisse enfin recommencer à vivre normalement et gagner ma vie… Mais non…

    Et tous ceux et celles qui s’étonnent de mes positions clivantes en se disant « fans » du groupe IAM, vous avez sûrement du vous arrêter à « je danse le mia » mais vous ne semblez pas connaître les positions que nous défendons dans de nombreux textes depuis 30 ans.

    Si mon obsession était de gagner plus d’argent, je serais un perroquet, un bon gros perroquet docile qui répète et imite sans connaître le sens des mots, la voix de son maître. Amis journalistes, docteurs, chercheurs, artistes et citoyens, c’est dans les temps difficiles qu’on affirme ses positions, qu’on prend des risques, ce n’est pas lorsque tout est fini qu’on distille des « Je le savais mais je ne pouvais rien dire ».

    A titre personnel, professionnellement parlant, je n’ai rien à gagner en prenant position, en tant que père, ami et mari, je ne peux pas me taire, c’est une question d’honneur, de bon sens, d’honnêteté et de cohérence avec 30 ans de textes.

    Ce qui m’a motivé à clarifier mes positions une bonne fois pour toutes, c’est la tribune du professeur Grimaldi dans le JDD, qui pense que les non-vaccinés doivent être responsables et signer une attestation de refus de prise en charge en réanimation en cas d’infection due au COVID19.
    Vous êtes docteur monsieur Grimaldi ? Vraiment ? Vous avez prêté serment ? Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous êtes diabétologue c’est bien ça ? C’est comme si des personnes qui font du sport et mangent sainement demandaient bêtement à la partie non héréditaire de vos patients qui est diabétique de signer une attestation de non prise en charge en réanimation, car ils ne veulent pas que des gens qui ont mangé et bu de la « merde » prennent leur place en cas de saturation du service. Ce serait au minimum stupide, au maximum criminel.

    Et puisqu’on y est, allez, une attestation à la caisse du bar-tabac pour les fumeurs (150.000 décès en France en 2 ans), une attestation électronique pour ceux qui dépassent 50 km/h en ville, une attestation à la caisse des fast-foods, une attestation pour ceux qui boivent de l’alcool à la maison, en soirée ou au restaurant, lors de vos repas entre collègues (100.000 décès dus à l’alcool en France en 2 ans), une attestation pour les gens inactifs…
    Puisque je suis contribuable, selon votre logique, je peux y prétendre et allons-y, construisons une société où chacun édicte ses propres règles et ses propres lois. Ce n’est pas possible, on va droit dans le mur. Le bon vieux mur du con.

    Il ne faut pas se méprendre, tous ces néo-solidaires qui boivent et recrachent les paroles de monsieur Grimaldi s’en sont toujours foutu des autres, ils ont juste peur de souffrir et de mourir. Le plus gênant ce sont les journalistes qui reprennent ces idées comme des perroquets en banalisant l’extrémisme et la brutalité de ces propos et commandent même des sondages sur le sujet. C’est-à-dire que chacun d’entre nous peut alors désigner la pathologie qui nous dérange et rendre ces malades responsables du naufrage de l’hôpital.
    Monsieur Grimaldi, vous avez, comme une partie du personnel soignant, malheureusement utilisé cette pandémie comme un tremplin terrifiant pour vos revendications légitimes.

    La Peur…. La voilà la pire des pandémies mondiales.

    L’hôpital public est en souffrance depuis une vingtaine d’années, et les conditions de travail du personnel sont très difficiles. L’ATIH (agence technique des informations hospitalières, agence d’état) a publié son rapport 2020 : https://www.atih.sante.fr/.../aah_2020_analyse_covid.pdf pages 2 et 3.
    Quel est le pourcentage de fréquentation hospitalière pour les patients Covid-19 malgré toutes les déprogrammations ? 2 % !! Et 5 % en soins critiques !!

    Je ne minimise absolument pas la maladie, la mortalité est élevée en 2020 mais la réaction d’une partie du milieu hospitalier et médiatique a été démesurée, et les politiques et leurs amis industriels se sont engagés dans la brèche, en occident puis dans le monde entier.

    Pratique, les personnes que vous devriez viser et qui ont étrillé notre système de santé peuvent, grâce à vous, s’acheter un costume de sauveur plein de générosité. Gros, visible, pas de gants, pas grave, personne ne dit rien.

    Monsieur, j’écris cette lettre pas en tant qu’artiste mais en tant que citoyen, du moins en tant qu’excitoyen si l’on en croit Emmanuel Macron.
    Et le plus gros problème est bien là… Depuis le début, les média ont respecté leur logique éprouvée depuis 2001, peur, slogans, peur pour plus de recettes publicitaires ... Ils ne sont plus le quatrième pouvoir depuis longtemps, ils sont LE pouvoir donc ce n’est pas étonnant qu’ils soient la propriété de quelques personnes. L’élection de Trump, la pression de Poutine, de la Chine, de l’Inde et pour finir les week-ends des gilets jaunes ont effrayé profondément les régimes occidentaux, leurs vassaux et surtout le nôtre.

    Malheureusement, la pandémie a été un outil politique pour contrer le phénomène insurrectionnel et qu’a fait le gouvernement français ? Il a choisi de copier les stratégies de désinformation de leurs opposants de l’extrême-droite (surtout Américaine) pour contrer ses adversaires. Et comme cela est née la version du trumpisme bobo-facho made in France, la gauche timide est passée du rose au brun, mensonges irréels répétés, faux chiffres, concitoyens d’outre-mer traités de prêtres vaudous, fausses promesses, fausses nouvelles, vidéos effacées, comptes de réseaux sociaux bloqués, le Monde Diplomatique a d’ailleurs traité le sujet dans un très bon article consacré à notre pays et qui s’intitule « la Chine Occidentale ».
    Tout cela sous le nez de tas de nouveaux fact-checkers qui checkent uniquement ce qui convient à leurs patrons. Ils disent certaines vérités mais ils ne sortent pas des clous, ils vendent parfois notre société en tranches pour garder leur salaire. Ils pourraient par exemple, faire du vrai journalisme d’investigation en enquêtant sur la raison pour laquelle Gilead a obtenu le 25 juin 2020 une autorisation de mise sur le marché conditionnelle de la part de l’agence européenne des médicaments pour le Remdesivir, un médicament coûteux et déclaré inutile par l’OMS quelques mois plus tard.
    La plus grosse erreur dans cette crise a été d’empêcher les médecins généralistes de soigner leurs patients (comme ils l’ont fait entre octobre 2019 car le virus apparemment est présent sur notre territoire depuis ce mois-là et mars 2020), je pense qu’on aurait et qu’on éviterait encore certains décès, surtout qu’il existe un bon nombre de traitements efficaces avec des études sérieuses qui le prouvent. Rien ne remplace les soins de contact, certainement pas les mathématiciens de l’épidémie. En fait, nous faisons face à une crise écologique et sociale due à notre mode de vie qui risque d’engendrer d’autres pandémies à l’avenir, il faut arrêter les bla-bla, il faut agir et vite.

    Alors pour éviter les critiques, le gouvernement, leurs perroquets et une partie du législatif dégainent leur arme absolue : celui qui n’est pas de leur avis est un complotiste, un irresponsable et un sympathisant néo-nazi. Pratique, on met dans un sac unique des gens raisonnables et d’autres moins fréquentables et on secoue, ça permet d’annihiler le débat, comme dans un bon vieux régime autoritaire. Et puis ça permet aux comploteurs de faire croire que leurs manœuvres n’existent pas, qu’ils sont pleins d’empathie et soucieux de nos vies…. Tu parles….

    Personnellement, j’ai le sentiment d’être coincé entre néo-nazis et nazis nouveaux. Pour couronner le tout, j’ai assisté à des tribunaux télévisés ou des « philosophes », des anciens de la télé-réalité ou des consultants santé de chaines d’info ont dénigré des grands docteurs, moqué des psychologues et même des chercheurs et professeurs mondialement reconnus sur le sujet. Est-ce qu’on voit ça avec d’autres métiers ? Jamais, sauf ceux liés au football peut-être… Les grandes émotions engendrent aussi les grandes impostures.

    Les Françaises et Français doivent comprendre une fois pour toute qu’une bonne moitié des métiers de la santé est corrompue par une industrie pharmaceutique qui brasse des milliards d’euros et de dollars. La recherche de nouveaux médicaments, dont les vaccins, est financée en partie par de l’argent public, le médicament une fois commercialisé est vendu aux états qui l’achètent avec…de l’argent public !!!!! On vend un produit aux personnes qui ont financé une partie de sa conception. Quel business model !!! Le rêve capitaliste ultime !

    J’ai donc une question importante, il est maintenant reconnu que le vaccin n’empêche pas la contamination, ni d’être contaminé, il limite apparemment pendant une courte période le risque de forme grave, donc pourquoi, puisque vous êtes si gentils, on ne peut pas se vacciner avec du Sinopharm (vaccin classique à virus inactivé) qui a selon certaines études internationales de meilleurs résultats que nos vaccins sur les risques d’hospitalisation ?
    Une autre : pourquoi les pays les plus vaccinés enregistrent-ils les taux de décès liés au Covid-19 les plus élevés ? Pourquoi la Suède avec une couverture vaccinale de 71% qui n’a pas appliqué beaucoup de mesures restrictives (masques, confinement) et que nos journaux appelaient « le mauvais élève de l’Europe » s’en sort beaucoup mieux que nous à ce jour en terme de mortalité ?? Pourquoi vous renvoyez chez eux les soignants négatifs qui refusent de se faire vacciner alors que selon vos dires l’hôpital est débordé et dans un même temps, vous demandez aux soignants vaccinés positifs asymptomatiques de venir quand même travailler au contact des patients ?

    C’est scientifique ça ? Une dernière ? Pourquoi les variants dominants sont tous apparus dans des pays soit avec une couverture vaccinale importante, soit avec une industrialisation forte, soit les deux ?

    Je me rappelle les mots de messieurs Véran et Castex pour inciter à la vaccination : « le seul moyen de se débarrasser de ce virus, c’est la vaccination ». Eh non… désolé doc… Comme en 1889 lors de l’épidémie de la « grippe russe » qui était en fait un coronavirus (toujours présent de nos jours) et qui est devenu un rhume en 1893 (source : https://www.vidal.fr/.../26269-pandemie-degrippe-russe... ), le Covid-19 va un jour (Dieu sait quand) probablement devenir très contagieux et peu dangereux, ce serait l’évolution naturelle d’un virus ARN. Vous nous épargnerez donc ce jour-là, si vous êtes toujours en poste, le mensonge « c’est grâce à ce vaccin ». Non c’est grâce à la Vie, à l’évolution, à l’immunité naturelle…

    Je le dis et le répète encore une fois pour ceux qui ne comprennent que ce qui épouse leurs préjugés, je ne suis pas ANTI-VAX et lorsque le vaccin à virus inactivé Valneva (Franco-autrichien) arrivera sur le marché en Avril 2022, qui lui a dû passer toutes les étapes pour obtenir une AMM, je réviserai peut-être MA position, seul, comme un grand. Une précision importante, la couverture vaccinale est importante en France, il ne faut surtout pas croire que cela est un plébiscite, une bonne partie des personnes vaccinées l’ont fait pour le boulot, pour pouvoir voyager, pour sortir, pour être libres et non pas parce qu’ils sont d’accord avec la stratégie sanitaire du gouvernement. Vous allez au-devant de grandes désillusions.

    « On peut discuter de tout sauf des chiffres », c’est bien ça qu’affirmait votre spot publicitaire ? L’agence Reuters (équivalent américain de l’AFP qui a repris leur analyse mot pour mot) dit : « Vous ne pouvez pas affirmer que les accidents de 2021 soient dus aux vaccins anti-covid car le VAERS (qui a été crée en 1990 et qui est un observatoire des accidents liés à la vaccination aux USA (tous vaccins confondus) et OpenVAERS qui est un outil qui traduit sous forme de graphiques les résultats du VAERS) répertorie les accidents liés à tous les vaccins confondus et que ces accidents sont signalés par les citoyens eux-mêmes sur la plateforme. » (Source : https://openvaers.com/covid-data/mortality).

    Ils ont raison dans l’absolu. Mais eux et nous savons qu’un seul type de vaccin a inondé le marché occidental en 2021 et que tous les rapports ne peuvent être faux. Le CDC a répertorié 9 décès liés aux vaccins anti-covid aux USA, ça voudrait dire que 21 881 rapports sont des faux, sans compter les personnes qui ne prennent pas la peine de signaler quoique ce soit. Ils jouent avec les mots. Ils jouent avec les maux.

    Alors, je ne vois pas des complots partout mais le roi des complots a un nom : Le Business.

    Et quand Pfizer rachète, le 16 décembre 2021, Arena une firme de cannabis thérapeutique et que le 1 er janvier 2022 on interdit de vendre des fleurs de CBD en France, je me dis que le hasard fait bien leurs choses quand même. Ou alors quand ce gouvernement essaie d’interdire les huiles essentielles en vente libre, quel est le but ? Gros, visible, pas de gants, pas grave, personne ne dit rien.

    Monsieur Macron, j’ai bien noté que vous avez choisi de nous « emmerder », soit, nous sommes un groupe avec des personnes vaccinées et d’autres non, on vit très bien ensemble, on s’entraide et on s’aime. La société française devrait être ainsi. Nous sommes quatre dans l’équipe d’IAM à avoir perdu un de nos parents depuis un an et demi, personne n’a le monopole de la peine, mais tout le monde ici a du bon sens et utilise la raison, selon la situation et les convictions dans le respect des autres.

    Ce qu’il se passe pour la plupart d’entre nous, c’est deux ans avec très peu de revenus, sans aide, dans l’indifférence générale et tout le monde trouve normal qu’on mange et élève nos enfants avec nos économies.
    Pour les restrictions et interdictions, la culture privée, c’est chacun notre tour. Si notre situation était celle de n’importe quel autre métier, la France serait en feu !!!!

    Pendant ce temps, nous sommes traités de sous-citoyens par des personnes politiques, médecins télévisés, ou journalistes serviles qui touchent leur salaire ou leurs salaires (pour vos amis de la politique) sans aucun problème….

    Et l’effort de solidarité où est-il, puisque vous êtes devenus ses nouvelles icônes et ses grands apôtres ?

    Monsieur Le Président, juste une petite idée : emmerdez les gens qui font évader chaque année 100 milliards d’euros au Luxembourg, qui est encore à ce que je sache un pays d’Europe, ou bien les nationaux qui sont cités dans les Pandora Papers, ça vous donnera largement de quoi financer une éducation nationale digne de ce nom pour nos enfants et les enseignants désabusés, un hôpital et un système de santé qui sera digne pour les patients et les soignants, et du coup les citoyens ne se déchireront pas pour un lit de réanimation comme pour du PQ ou de l’essence les lendemains de stress télévisé.

    Je suis particulièrement triste et inquiet quand je vois à quel point notre jeunesse est impactée, stigmatisée et souffre de cette situation, ils sont les moins touchés par les virus et ils sont les plus ciblés par les mesures d’interdiction., beaucoup de gens qui sont aux manettes ont déjà fait une bonne partie de leur vie et ont vécu une insouciante enfance, adolescence et vie de jeune adulte. Empathie ? Non, Individualisme. C’est bien une crise sociale, écologique et politique que nous traversons, l’économie est le moteur du changement, plutôt difficile quand la moitié du CAC 40 a un patron issu des grands corps de l’état…

    Monsieur Le Président, vous êtes en campagne ? Gros, visible, pas de gants, pas grave, personne ne dit rien, surtout pas les perroquets.
    Nous aurions pu bâtir dans la difficulté de cette crise une société plus solidaire, plus empathique et plus unie, vous avez fait de cette période un modèle de division, de haine et d’individualisme.

    Akhenaton
    Shurik’n Dj Daz Imhotep Dj Kheops

    #covid #santé #confusionnisme #IAM #Akhenaton #antivax ("mais non seulement ceux à ARN") #exemplarité #artiste

  • Personne ne doit être oublié ni mis de côté - Anarchie, confinement et crypto-eugénisme
    https://archive.org/details/anarchisme_et_crypto-eugenisme

    Personne ne doit être oublié ni mis de côté - Anarchie, confinement et crypto-eugénisme
    Publié le 23 décembre 2021 sur paris-luttes.info
    Publication initiale en mars 2021 sur montreal contre-info [en]

    Alors que la #5emeVagueBlanquer submerge actuellement les enfants et qu’un nouveau variant à fort échappement immunitaire connait une croissance inédite, la ritournelle crypto-eugéniste du déni reprend de plus belle, du sommet de l’État aux plateaux télé du libéralisme autoritaire, et ce jusqu’à trouver des relais au sein des milieux militants. Dans ce texte, des anarchistes proposent une autocritique des tendances du mouvement qui assimilent toutes mesures de prévention à de la répression, et légitiment ainsi des positions ultralibérales et validistes. Il nous a semblé que les questions soulevées ici pouvaient résonner bien au-delà du seul mouvement anarchiste, car prendre au sérieux la gravité de l’épidémie est la seule voie pour sortir de notre impuissance politique.

    Un texte soumis anonymement à Montreal Counter-Info en mars 2021, critiquant les idées covidonégationnistes, conspirationnistes et "anti-confinement" au sein du mouvement anarchiste.

    Anarchie, confinement et crypto-eugénisme : Une réponse critique de quelques anarchistes du Pays de Galles et d’Angleterre

    "La crise du Covid19 a présenté un défi pour les anarchistes et les autres personnes qui croient en une vie pleinement autonome et libérée" – c’est ce que déclare une récente contribution à Montreal Counter-info. Ces mots résonnent assurément avec nos expériences. Le mouvement anarchiste au Royaume-Uni n’est pas seulement confronté à un défi, il est lui-même en crise. Flics infiltrés, interdiction de squatter, agresseurs, corbynisme, TERFs – la liste est longue, et le virus a déjà trouvé la "scène" dans un triste état. Mais le Covid-19 représente quelque chose de différent, et sur ce point nous sommes d’accord avec l’analyse de Montréal. C’est aussi là que notre accord s’arrête. Dans le texte qui suit, nous critiquons cette analyse – car ses arguments sont similaires à ceux que nous avons entendus parmi nos amis et même nos camarades au cours des derniers mois. Bien que l’épidémie au Royaume-Uni semble être en baisse, les tendances qui lui sont associées demeurent. Le texte appelle des critiques sérieuses, et nous offrons donc ce qui suit dans un esprit de lutte contre le présent.
    /.../

    Là où le texte appelle les anarchistes à s’interroger et à critiquer la gravité du Covid-19, nous appelons les anarchistes à réfléchir de manière critique à l’eugénisme en tant que logique du capital et de l’État. Nous devons également nous attaquer sérieusement à son histoire pénible dans la tradition anarchiste, des écrits d’Emma Goldman aux courants de pensée primitivistes et anti-civilisation. Alors que les pandémies deviennent de plus en plus présentes et que les écofascismes se banalisent, les anarchistes doivent se battre pour s’assurer que personne ne soit "mis de côté".

    /.../

    Nous devons définir nos cibles et reconnaître nos ennemis. Le business libre n’a rien à voir avec notre liberté. S’opposer simplement aux « décrets d’en haut » du confinement est aussi vide que de soutenir toutes les protestations. Au Royaume-Uni, nous avons vu de grandes manifestations tapageuses de conspirationniste dirigées par des célébrités antisémites, mais nous avons également vu des rassemblements non politiques combattre la police – ainsi que des manifestations organisées pour les vies noires. Les États-Unis présentent une dichotomie encore plus simple. Rien ne pourrait être plus clair que la différence entre les manifestations pro-business de la fin du printemps contre les gouverneurs démocrates, et le soulèvement noir de l’été contre la police. Le premier défendait les droits des petites entreprises et a fusionné avec le mouvement des milices de droite. Le second a fait exploser la colère contre les flics, exproprié des biens et créé des espaces autonomes temporaires. En tant qu’anarchistes, nous savons où nous nous situons.

    Lire le texte complet sur paris-luttes.info

    Pour aller plus loin, autres lectures audios :
    Interview de Valérie Gérard : Tracer des lignes : sur la mobilisation contre le pass sanitaire : archive.org/details/tracer-des-lignes
    Pandémie, vaccin, pass sanitaire : pour une position révolutionnaire : archive.org/details/pandemie-revolutionaire
    Vaccinée, troisième dose de solidarité offensive à la rentrée : archive.org/details/je-suis-vaccinee
    Interview de Olivier Tesquet : Épidémie de surveillance : archive.org/details/epidemie_de_surveillance
    Lecture du témoignage de Yasmina Kettal : "Probablement qu’on y est, l’hôpital s’effondre..." : archive.org/details/l-hopital_s-effondre
    Savoir et prévoir - Première chronologie de l’émergence du #Covid19 : archive.org/details/chronologiecovid19

    photo d’illustration : ValK.
    ☆ autres photos : https://vu.fr/valkphotos
    ☆ infos / audios : https://frama.link/karacole
    ☆ oripeaux : https://frama.link/kolavalk
    ☆ agenda militant namnète : https://44.demosphere.net
    ☆ m’aider à prouver que j’ai une activité : https://liberapay.com/ValK

    #audio/opensource_audio #covid #covid19 #anarchisme #autodefense-sanitaire #solidarité-populaire #santé-communautaire #confusionnisme #conspirationnisme

  • Décomposition idéologique de la gauche française : un article de Philippe Marlière qui vient éclairer l’ouvrage de Philippe Corcuff sur le #confusionnisme politique

    Prendre au sérieux le « confusionnisme politique » - AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2021/10/06/prendre-au-serieux-le-confusionnisme-politique

    jeudi 7 octobre 2021
    Politique
    Prendre au sérieux le « confusionnisme politique »
    Par Philippe Marlière
    Politiste
    À la suite de Philippe Corcuff, on peut définir le confusionnisme comme le développement d’interférences rhétoriques et idéologiques entre des postures et des thèmes d’extrême droite, de droite, de gauche modérée et de gauche radicale, le plus souvent au profit des thèmes que l’extrême-droite cherche à imposer dans le débat public. Mais il ne s’agit pas seulement d’objectiver ce phénomène : il faut le comprendre dans toutes ses conséquences, élucider la manière dont la trame confusionniste se construit et chercher à s’en prémunir, sous peine de voir la gauche abandonner ses valeurs fondamentales.
    Notre socialisation politique tient pour acquis que les débats d’idées s’organisent selon des clivages idéologiques clairement identifiables : le socialisme, le conservatisme, le libéralisme, le fascisme, l’écologisme, le féminisme, etc. En réalité, le contenu de ces catégories s’est non seulement affadi, mais les repères et valeurs propres à chacune d’entre elles sont aujourd’hui indistincts. 
    Avec le politiste Philippe Corcuff, qui vient de consacrer une étude stimulante au phénomène du « confusionnisme » politique, on peut essayer de comprendre les raisons et les conséquences de cet affadissement. L’exercice est utile à l’heure des réseaux sociaux et de la déconfiture des partis politiques. 
    Corcuff estime que nous sommes entrés dans l’ère des « bricolages idéologiques confusionnistes » qui comprend des « intersections et des interactions avec la trame idéologique ultraconservatrice » (p. 14). L’ultra-droite serait parvenue à rendre hégémonique son interprétation de questions identitaires (la nation, la laïcité, la république) ou à saturer le champ des débats de guerres culturelles incessantes (sur les migrants, l’islam, l’homophobie, l’antisémitisme, le climatoscepticisme, l’opposition au vaccin contre le Covid-19 ou au pass sanitaire).
    Une dynamique politique
    Le confusionnisme n’est pas un état confus ou chaotique du débat public (même si nombre de débats politiques sont, de fait, cacophoniques). Contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs, les études sur le confusionnisme ne mettent pas au pilori des acteurs politiques ou des chercheurs qui s’écarteraient d’un récit idéologique « politiquement correct ». La notion sert à décrire, non un état, mais un processus ou une dynamique de recoupements de récits issus de traditions politiques différentes, souvent antagoniques. Et c’est dans ce clair-obscur discursif que surgissent des monstres idéologiques.
    Corcuff analyse ce processus de la manière suivante : « Le confusionnisme est le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques antérieurement stabilisés autour du clivage gauche/droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modérée et gauche radicale. Confusionnisme, au sens retenu ici, n’est donc pas synonyme de “confusion”, mais revêt un sens politico-idéologique précis. La trame confusionniste a pour principal effet, dans le contexte politico-idéologique actuel, de faciliter l’extension de postures et de thèmes venant de l’extrême droite » (p. 31).
    On le voit, le confusionnisme n’est pas synonyme d’égarement étourdi de la part des acteurs concernés, mais de dynamique politique[1]. Cette dernière tend à revêtir la forme d’une critique sociale (qui se veut, notamment, anticapitaliste) et se niche, dans une large mesure, dans l’espace nébuleux des réseaux sociaux. Il comporte des relais éditoriaux avec la publication de livres ou d’articles à portée scientifique ou de vulgarisation. Il est repris et amplifié par les acteurs politiques et les médias. Le confusionnisme pose les jalons d’une hypercritique vaguement « antisystème », visant principalement les « élites » (politiques, économiques, médiatiques).
    Le confusionnisme met en scène un radicalisme verbal, qui personnalise ses cibles et supplante peu à peu la critique sociale issue du mouvement ouvrier. Cette dernière, principalement de facture marxiste, se penche sur des structures sociales impersonnelles (le capitalisme, l’étatisme, les rapports de classe, de genre, de race, le nationalisme, le colonialisme ou l’impérialisme). À l’inverse, le confusionnisme enfante une critique sociale qui met davantage à l’index des personnes (par exemple, Emmanuel Macron, objet de toutes les détestations) que les structures sociales et économiques qui les produisent.
    Philippe Corcuff utilise la notion de « formation discursive », empruntée à Michel Foucault[2], pour indiquer que les récits confusionnistes s’inscrivent dans une « trame idéologique impersonnelle tendant à échapper aux intentions des divers locuteurs » (p. 37). En d’autres termes, un locuteur de gauche peut inconsciemment articuler un discours confusionniste dans un domaine et, dans d’autres, participer pleinement à un récit émancipateur de gauche.
    L’étude du confusionnisme ne met pas en cause des personnes. Ceci dit, s’intéresser de près aux trames confusionnistes nécessite de se pencher sur des trajectoires personnelles. Il faut bien nommer les locuteurs et leurs propos, sinon la démonstration serait abstraite et stérile. Notons que le « brouillard confusionniste », qui enveloppe des acteurs politiques de gauche et de droite, bénéficie, à la fin, aux idées ultraconservatrices (c’est-à-dire à une droite illibérale, libertarienne ou autoritaire).
    Une « guerre de position » idéologique
    On peut voir dans le confusionnisme une « guerre de position » idéologique (dans le sens gramscien) dans laquelle l’extrême droite mène une offensive avec le concours, volontaire ou pas, de forces de droite et de gauche. Les exemples de « déplacements confusionnistes » sont légion : Alain Soral, Éric Zemmour, Renaud Camus ou Hervé Juvin sont, entre autres individus d’extrême droite, et selon des modalités différentes, aux avant-postes de ce mouvement. Des personnalités venues de la gauche lancent des passerelles entre la gauche et l’extrême droite : l’économiste Jacques Sapir, Jean-Claude Michéa et, de plus en plus nettement, Michel Onfray, sont parmi les cas les plus probants.
    Les interactions entre les deux camps se réalisent autour de quelques thématiques-clés : la valorisation patriotique de la nation, la critique du niveau international (qui se traduit par un discours aux accents europhobes et anti-migrants sous couvert de critique de l’Union européenne et de la mondialisation néolibérale) et la promotion d’un « universalisme républicain » théorique qui disqualifie tout discours examinant les apories pratiques du républicanisme français (allergie au multiculturalisme, désintérêt pour les discriminations raciales et liées au genre, racisme et islamophobie). Les contributions au débat de personnalités de gauche aussi diverses que Frédéric Lordon, Jean-Pierre Chevènement, Emmanuel Todd, Arnaud Montebourg, François Ruffin ou Jean-Luc Mélenchon, pour ne citer que les cas de figure les plus connus, favorisent la pénétration des thématiques patriotique et nationaliste dans les schèmes idéologiques de la gauche.
    Le dénigrement du cadre international permet des rapprochements indirects mais réels entre Mathieu Bock-Coté, essayiste ultraconservateur québécois qui met en scène la nation comme « enracinement », Jacques Julliard, ancien penseur de la Deuxième gauche passé à un républicanisme autoritaire et pourfendeur de « communautarisme », et Frédéric Lordon qui discourt sur « l’appartenance nationale ». L’exaltation du cadre national est souvent synonyme de glissements progressifs (revendiqués ou pas) vers le nationalisme.
    La valorisation du cadre national aux dépens du cadre européen ou international induit des incursions sur le terrain du chauvinisme. On se souvient de l’intervention de Jean-Luc Mélenchon au Parlement européen en juillet 2016 à propos du « travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place ». Aujourd’hui, la candidature aux accents para-pétainistes d’Arnaud Montebourg à l’élection présidentielle magnifie le terroir (refus de la ville et « retour à la terre » dans le cadre du « Made in France »).
    Un confusionnisme de gauche prend appui sur une hypercritique du « système » et des « élites mondialisées », en défense de la « souveraineté du Peuple » (toutes ces notions n’étant jamais définies ou précisées). Il place la gauche sur la pente savonneuse du complotisme, souvent à connotation antisémite comme ce fut le cas lors des manifestations contre le pass sanitaire. Depuis 2017, ce mantra a été réactivé dans une gauche verbalement radicale qui concentre sa colère contre des personnes (« Macron le tyran », « Macron, le banquier de Rothschild »), plutôt qu’elle n’analyse les structures de domination et d’exploitation du capitalisme.
    Cette tendance a été perceptible au sein du mouvement des Gilets jaunes, puis plus clairement dans le mouvement anti-pass sanitaire. Le « populisme de gauche » théorisé par Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, popularisé en France par Jean-Luc Mélenchon, a contribué à davantage affadir le clivage gauche/droite. Dans ce schéma de pensée, un « Peuple », aussi indéfini que magnifié, est censé s’unir contre des « élites », au-delà des clivages de classe et des dominations liées au genre ou à la race. Cette construction politique a permis nombre de bricolages confusionnistes autour des thèmes de la nation, du rapport aux niveaux national et international ; elle a renforcé la personnalisation du pouvoir autour de la figure du leader ou, encore, elle a dénigré les combats contre le sexisme ou le racisme considérés comme des champs de lutte secondaires par rapport au champ des luttes économiques. 
    Le confusionnisme est transpartisan, dans le sens où il parcourt toutes les familles et les mouvements politiques (de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par les divers dégradés de gauche, du centre et de droite), mais aussi dans le sens où il fusionne des pans de culture de gauche avec d’autres, de droite ou réactionnaires.
    Le métadiscours républicain
    Le constat de départ de l’analyse du confusionnisme par Philippe Corcuff est que « l’extrême droite parvient à imposer ses haines et ses obsessions au cœur du débat ». Nous assisterions donc à une offensive de l’extrême droite, soutenue par les forces réactionnaires dans le monde politique, médiatique et intellectuel. Une analyse minutieuse de la situation montre au contraire que la situation est plus dialectique qu’il n’y paraît au premier abord. En d’autres termes, le confusionnisme naît également au sein de la gauche et de la gauche radicale.
    Il est ici important d’observer de près le rôle joué par le métadiscours républicain en France. Le républicanisme en France est une idéologie qui ne propose plus de pistes de réflexion politiques ou programmatiques, mais qui est devenu, ces dernières années, un outil de contrôle qui exprime des rappels à l’ordre normatifs (le « respect des valeurs républicaines », un « comportement républicain », et son envers, le « communautarisme », le « séparatisme »).
    Les protagonistes majeurs de ce « discours sur le discours » républicain apparaissent dans l’ouvrage de Corcuff – Jean-Pierre Chevènement, Laurent Bouvet ou Pierre-André Taguieff – mais sans que le fil conducteur de ce confusionnisme néo-conservateur ne les réunissent. Or, pour comprendre le point de départ de nombre de sous-récits confusionnistes aujourd’hui, il convient de partir des péroraisons réitératives (pour ne pas dire obsessives) sur le républicanisme (et ses corollaires : l’universalisme et la laïcité).
    C’est bien sûr l’interprétation illibérale et de l’usage néoconservateur de ces notions politiques qui sont en cause, non les concepts eux-mêmes. On pourrait résumer la trajectoire du confusionnisme néo-républicain de la manière suivante : lors du tournant néolibéral du Parti socialiste en 1983, le CERES, son ex-aile gauche jacobine et marxiste, abandonne le socialisme et trouve refuge dans un républicanisme reposant sur le patriotisme, l’invocation de la grandeur de la France, la discipline et la souveraineté des grands corps (et non celle des citoyens). Le retour à la république d’une partie de l’ex-gauche marxiste (Régis Debray en est l’exemple type), participe de la première acclimatation de la gauche aux idées de droite, notamment le nationalisme.
    Cette inflexion ne fera que se renforcer au sein du PS, puis elle gagnera la rive droite à partir de la campagne présidentielle de Chevènement en 2002 lors de sa tentative de rassembler les « républicains de deux rives ». À partir des années 2000, elle s’enrichit de deux leitmotiv : la promotion du cadre national qui prend appui sur une critique radicale de l’Union européenne, et l’exaltation d’un universalisme abstrait, hostile à la nature multiculturelle de la France. Ce courant « républicain de gauche » va progressivement afficher une islamophobie décomplexée au motif de lutter contre les « dérives communautaristes des quartiers » (le réseau d’élus Gauche populaire au PS, Manuel Valls, le Printemps républicain, Henri Peña-Ruiz, etc.).
    La droite et l’extrême droite vont profiter de l’aubaine : elles vont surinvestir la thématique d’une république et d’une laïcité autoritaires. Ce récit va esquisser les contours d’une citoyenneté qui épouse les valeurs autochtones dominantes (l’athéisme et le catholicisme), et rejette toute autre forme d’altérité, surtout quand elle est musulmane.
    Les attentats terroristes contre les dessinateurs de Charlie Hebdo, puis contre Samuel Paty, les controverses sur les caricatures de Mahomet vont définitivement arrimer ce métadiscours républicain à droite. De supposés opposants aux « valeurs républicaines » vont être désignés comme « ennemis de la République ». Plus récemment, la controverse portant sur le soi-disant « islamogauchisme » au sein de l’université française a été orchestrée par plusieurs ministres du gouvernement et relayée par l’extrême droite.
    On le voit, les débats épars sur les « valeurs de la république » structurent aujourd’hui les débats publics ainsi que les représentations idéologiques. Ces discussions posent les bases d’un confusionnisme épais et peu argumenté. Identifier cette problématique permettrait de montrer que les notions de république et de la laïcité, nées à gauche, sont passées à droite avec le concours actif de personnalités de gauche.
    La dynamique confusionniste est une agency
    La notion de confusionnisme, une fois définie, a des vertus heuristiques : elle éclaire des trames et des repositionnements idéologiques insoupçonnés. Il convient maintenant de préciser le modus operandi du confusionnisme. Se livre-t-on, notamment à gauche, au confusionnisme de manière inconsciente et involontaire ou, au contraire, peut-on aussi être confusionniste consciemment et volontairement ?
    Philippe Corcuff est prudent sur ce dernier point. Il n’aborde pas la question en ce qui concerne le confusionnisme de droite, et il ne la tranche pas non plus à propos des motivations propres aux confusionnistes de gauche. Dans les sciences sociales, il est de coutume d’opposer l’agency (« agentivité », c’est-à-dire la capacité d’action d’un individu sur le monde, les choses, les autres personnes, pour les influencer ou les transformer) à une interprétation structurelle (l’environnement social s’impose aux individus et restreint d’autant leur capacité à modeler leur vie de manière consentie et autonome). En réalité, la sociologie (par exemple celle de Pierre Bourdieu) s’intéresse à la fois à l’agency et aux structures.
    Avec l’exemple du glissement des notions de république et de laïcité de la gauche vers la droite, nous avons vu que des acteurs politiques, des journalistes et des intellectuels avaient fait, sciemment, le choix de recouper et de fusionner des thèmes de gauche avec d’autres de droite. Ils ont, ce faisant, objectivement prêté main forte aux forces réactionnaires. D’autres choix et interprétations de la république et de la laïcité étaient possibles.
    C’est ici que la définition du confusionnisme proposée par Philippe Corcuff (citée supra) pourrait être davantage précisée (la partie en italique est mon ajout) : « Le confusionnisme est le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques antérieurement stabilisés autour du clivage gauche/droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite gauche modérée et gauche radicale. Confusionnisme, au sens retenu ici, n’est donc pas synonyme de “confusion”, mais revêt un sens politico-idéologique précis. La trame confusionniste est construite, consciemment ou pas, par des agents qui se positionnent à droite et à gauche du champ politique. En recoupant et fusionnant des idées de gauche et de droite, ces agents (qu’ils soient de droite ou de gauche) créent des schèmes de pensée hybrides dont le centre de gravité penche à droite ou à l’extrême droite. »
    La tolérance du confusionnisme à gauche : un fait nouveau
    En définitive, étudier le confusionnisme, tel qu’il a été défini en rapport aux travaux de Philippe Corcuff, c’est jeter une lumière crue sur l’état intellectuel de la gauche française. On peut multiplier à l’infini les exemples de situations confusionnistes, en comparant directement des agents de droite et de gauche aux trajectoires très différentes. L’exercice est utile car il constitue une banque de données très riche. Il n’est cependant pas suffisant d’un point de vue heuristique. Quelles conclusions tirer, en fin de compte, de l’objectivation de tant de situations confusionnistes ?
    Une approche thématique (la république, l’hypercritique anticapitaliste, la promotion du cadre national vs. le cadre international, universalisme vs. multiculturalisme, l’islamophobie et l’antisémitisme, etc.), semble offrir des cadres de réflexion clairs et tangibles. Elle permet surtout de constater que le confusionnisme est un phénomène qui touche profondément la gauche et lui pose problème.
    Que la droite et l’extrême droite soient confusionnistes n’est pas une surprise. Le confusionnisme est même consubstantiel à des traditions politiques souvent faibles et mouvantes sur le plan idéologique. De tout temps, la droite a tenté de s’approprier des auteurs de gauche (Marx, Gramsci, Jaurès), afin d’en dévoyer le message égalitaire et émancipateur.
    Ce qui, par contre, est nouveau, c’est l’acceptation résignée du confusionnisme ou, à tout le moins, le refus de reconnaître l’existence du confusionnisme à gauche. Celui-ci existait déjà dans les années 1930 et 1940. Mais les confusionnistes d’alors (le socialiste Marcel Déat ou le communiste Jacques Doriot) furent exclus de leur parti pour avoir tenté d’orienter le combat révolutionnaire de la classe ouvrière vers les thématiques fascistes de l’époque. D’une certaine manière, le danger d’un effondrement de tout ou partie des schèmes et valeurs de la gauche est plus élevé aujourd’hui que dans l’entre-deux guerres. Dans les années 1930, le mouvement ouvrier reposait sur des forces partisanes fortement mobilisées qui se référaient à un corpus idéologique homogène. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
    La volumineuse étude de Philippe Corcuff, qui a inspiré l’objectivation de la notion de « confusionnisme politique », laisse entrevoir la décomposition idéologique de la gauche française. Les idéologies politiques sont en évolution constante. Certaines des valeurs propres à une idéologie sont, au fil du temps, critiquées, écartées ou réagencées. C’est le cas, notamment, des idées socialiste et communiste depuis plus d’un siècle. Mais une idéologie a une élasticité limitée : si les valeurs périphériques d’une idéologie peuvent être transformées, on ne saurait remettre en cause ses valeurs cardinales (core values). Que deviendrait le socialisme si on lui retirait la valeur d’égalité ? Le libéralisme devenu indifférent aux libertés pourrait-il continuer d’exister ? En réalité, non.
    À force de bricolages confusionnistes divers, la gauche pourrait, sans le vouloir, renier ses valeurs fondamentales, et cesser ainsi d’être la gauche. C’est une bonne raison pour prendre au sérieux la notion de « confusionnisme politique », ainsi que ses conséquences.
    Philippe Marlière
    Politiste, Professeur de science politique à University College London

    [1] Comme l’explique Philippe Corcuff dans un article publié le 10 mars 2021 dans AOC, « La grande confusion ou les gauches dans le brouillard ».
    [2] Michel Foucault, L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969. 

    http://ovh.to/AHFjgYN

  • Réflexions plus ou moins stratégiques autour de la dernière interview de Fouché, que l’on peut lire ici https://seenthis.net/messages/926852

    J’avais commencé en commentaire dessous, tellement ça m’a sauté aux yeux en lisant, mais c’est devenu un peu long et je ne voudrais pas le perdre.

    Première phrase fausse dès le départ : ce n’est pas « être contre Macron » qui lui coûte son poste mais bien proférer des affirmations pseudo-scientifiques, « mon bon sens près de chez vous », appuyé par aucunes études sérieuses qui auraient été relues et validées par des collègues (et non par Macron). Quand un médecin fait preuve de charlatanisme, il est normal qu’il y a des plaintes et des enquêtes contre lui.

    Il me semble vraiment que le plus important dans toute cette interview ne sont pas du tout les affirmations fausses qu’il continuerait de propager et qui pourraient être prises une par une pour les contredire, mais la mécanique de défense qu’il met en place avec d’autres : une inversion totale des chefs d’accusation, et de la charge de la preuve :
    – dire que ce sont les autres qui font de la pseudoscience
    – dire que ce sont les autres qui sont des sophistes
    – utiliser les quelques scandales connus d’ingérence dans les publications scientifiques pour invalider alors toutes les publications scientifiques, pour invalider au final le principe même des études lues et relues par des pairs
    – sous le vocabulaire des mots récents (big data, etc), invalider le principe même du métier de statisticien, qui donnent une vision globale à l’échelle de grands territoires, et dire alors que tout ça c’est faux et que « vous et moi » on est plus à même de saisir la vérité de ce qui se passe : typiquement « le bon sens près de chez vous » : l’inverse de l’épidémiologie et la gestion de la santé publique à l’échelle d’un territoire
    – ce qui aboutit à un raisonnement circulaire : ce sont les autres qui font de la pseudoscience, mais la définition actuelle de ce qu’est la méthode scientifique rigoureuse est dénoncée comme étant entièrement de la malversation, mais du coup comment on distingue que lui ferait de la bonne science ? => parce que les autres n’en font pas et sont méchants… sans aucune définition permettant de discriminer. Et pourtant la personne qui interviewe pose, avec justesse pour le coup, la question « mais du coup qui croire ? », et là il ne répond bien sûr pas du tout à la question et s’en sort par une feinte en posant d’autres questions. Plus loin il dit aussi « Information elle même basée sur une science impeccable. » sans jamais définir comment on discrimine où est la vraie science impeccable !
    – le plus grotesque (et plus c’est gros plus ça passe), dénoncer alors que ce sont les autres qui attendent un « sauveur extérieur » pour apporter « la démocratie, la santé », etc ! Alors que c’est LUI et son mouvement qui a mis en scène Raoult et la chloroquine comme homme fort qui allait tout sauver et qui avait raison seul contre tous (la définition même du sauveur chevaleresque) !
    – mâtiner stratégiquement tout ça de brossage dans le sens du poil des écolos-alternatifs avec des intérêts légitimes pour une meilleure alimentation, une meilleure agriculture ("permaculture"), et des critiques contre le transhumanisme : toute cette partie là provient très clairement des connexions qui se sont faites depuis un an entre son mouvement et les influenceurs bien-être/santé « naturelle » (genre casasnovas, etc), ainsi que les mouvements critique techno qui se sont laissés avoir

    Je retrouve désormais cette mécanique de défense chez toutes mes connaissances anti-sanitaires dans les réseaux sociaux. Et il est extrêmement difficile de répondre à tout ça car justement à la base, en tant que gauchistes patentés, on est aussi critique de l’État, critique des médias dominants, critique de l’agriculture industrielle, critique du transhumanisme, etc, etc.

    Je crois qu’il y a vraiment un truc important qui se joue là, et qui n’est pas qu’événementiel, qui va infuser dans la société pour de nombreuses années à venir. Et il faut qu’on ait les armes, à la fois en arguments factuels mais aussi sur la manière de répondre (entretien motivationnel, etc), pour se battre contre ce type de discours.

    Personnellement je suis assez démuni quand je reçois des messages gloubiboulga de mille feuille argumentatif mélangeant opportunément des vraies choses avec des sophismes, comment désamorcer cette merde chez celleux qui recopient tout ça « sincèrement » c’est-à-dire qui ne sont pas dans les créateurs de ces discours, dans ceux qui en profitent (pour l’argent, pour la gloire, etc) ?

    Et je ne pense vraiment pas qu’on puisse dire « laisse tomber on ne les convaincra jamais ceux là » car ce n’est pas une minorité qui reste dans sa bulle : c’est vraiment des discours mais surtout des modes de pensée qui se diffusent à grande échelle dans la société depuis une bonne quinzaine d’années (11 sept, et en France surtout le dieudo-soralisme, qui s’est très vite lié aux mouvements santé naturelle, école alter, etc), et Fouché le dit lui-même explicitement : ça ne se joue pas dans les manifs, mais bien en continu, dans des mouvements locaux + sur internet.

    Il faut vraiment s’organiser bien plus sérieusement contre ça, j’en suis encore plus persuadé qu’avant (et c’était déjà le cas car ça fait plus de 10 ans que je suis un peu toutes ces mouvances quand même). Mais comment, c’est une question ouverte…

    #complotisme #confusionnisme #pseudoscience #pseudo-science #anti-sanitaire #anti-masque #antivax #anti-vaccin #mouvements_sociaux #internet #stratégie #argumentation

    • Et pourtant la personne qui interviewe pose, avec justesse pour le coup, la question « mais du coup qui croire ? », et là il ne répond bien sûr pas du tout à la question...

      Et la suite de la question est :

      Les gens n’ont-ils pas besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent penser ?

      Je crois que le fond de toute cette affaire de « complotisme », c’est le contraire : les gens déjà passablement dépossédés de tout pouvoir sur leur vie, vont chercher et trouver sur internet ce qui les conforte dans leur sentiment de dépossession et d’impuissance. Les Fouchés et Réinfo-covid sont là pour ça. Et en face, le gouvernement et les z’autorités établies. Et en dehors de ça, le néant (ou presque).

      Bienvenue dans la nuit noire de l’oubli...

    • Quelque chose me frappe dans l’attitude de beaucoup de gens de gauche durant cette crise sanitaire. Je n’essaierai pas d’établir s’ils ont tort ou raison sur le plan scientifique - on ne le saura sans doute qu’a posteriori et ce n’est pas la question ici - mais uniquement de m’interroger sur leur éthique, sur leur rapport au pouvoir. Quand tout allait bien pour eux, ils avaient opté pour le rôle du révolté : ils contestaient l’Etat, les puissants, les dominants, se gargarisaient du beau mot de liberté, rêvaient parfois même d’anarchie. C’est ainsi qu’ils étaient par beau temps. Il a suffi que le temps se gâte pour qu’ils nous montrent un tout autre visage.
      Quand je me balade aujourd’hui sur les murs de mes amis de gauche, l’humeur n’est plus la même. Qu’est-ce que j’y vois ? L’union sacrée derrière l’Etat, l’affirmation presque martiale de leur caporalisme, la moralisation (souvent agressive) des récalcitrants, le double aveu d’une trouille et d’une intolérance qui les ont fait progressivement passer du sourire béat du bobo bien nourri à la grimace crispée de la bête traquée prête à mordre. Ils ne parlent plus que de civisme et taxent leurs adversaires d’égoïsme (sans imaginer une seconde que c’est peut-être exactement l’inverse...). Pour eux le temps des grands idéaux est passé, finis la provoc et les chemins de traverse, il s’agit désormais de marcher au pas.
      Cette mutation me sidère et pourtant, lorsque j’y réfléchis, je me dis que tout ça était déjà en germe chez eux depuis plusieurs années, bien avant cette crise. Après tout, n’était-ce pas cette même gauche, déjà si peu libertaire, qui entretenait la paranoïa des « fake news », qui relayait sur son mur les articles de la grande presse sans le moindre recul critique, qui conspuait le populisme et tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un mouvement d’opposition sérieux, qui se sentait comme un poisson dans l’eau dans les universités et dans toutes les institutions prescriptrices de la doxa officielle sur tous les sujets ? Oui, c’était déjà cette même gauche.
      La gauche dont je parle n’est même pas une vieille gauche sénile et embourgeoisée, non, c’est une gauche de trentenaires, de classe moyenne, de fonctionnaires, d’enseignants, parfois même d’artistes. Et pourtant, malgré cela, je crois qu’après avoir choisi ce camp-là durant la crise sanitaire ils ne reviendront plus en arrière. Cette fois le cap est franchi, le pli est pris : ils seront dorénavant toujours, et en toutes circonstances, du côté de l’ordre et de la sécurité.
      Ça tient à peu de chose les idéaux, c’est bien fragile. Il a suffi, juste une fois dans leur vie, qu’ils aient #peur.

      https://www.facebook.com/david.lepee/posts/10225580646403489

    • les gens déjà passablement dépossédés de tout pouvoir sur leur vie, vont chercher et trouver sur internet ce qui les conforte dans leur sentiment de dépossession et d’impuissance. Les Fouchés et Réinfo-covid sont là pour ça. Et en face, le gouvernement et les z’autorités établies.

      Je suis plutôt d’accord avec ça, mais c’est très exactement le problème : ce manichéisme bidon, qui fait qu’on ne pourrait pas être à la fois contre le gouvernement qui a fait n’importe quoi (et pas du tout parce qu’il aurait fait trop et qu’il aurait été trop méchant avec « la libertay »)(des individualistes libéraux) ET contre l’irrationnel, la « quête de sens » à tout prix même si totalement illogique et basé sur aucune connaissance, doublé d’une perte historique de l’esprit de solidarité (solidarité intergénérationnelle, solidarité envers les classes plus démunis, solidarité internationale : ces trois solidarités là au moins militent pour mettre en place collectivement des mesures sanitaires pour se protéger les uns les autres, et non pour crier à sa liberté individuelle).

      Quant au deuxième message, ça ne me fait pas super plaisir, doux euphémisme, qu’on copie un commentaire d’un énorme réac rédacteur dans deux revues d’Alain de Benoist (Krisis et Éléments), et qui passe 99% de son mur FB à citer Boulevard Voltaire, Causeur ou Valeurs actuelles, sous un texte où je dis justement qu’on devrait réussir à être à la fois contre l’État, mais pas à la mode libertarien, tout en n’étant ni complotiste irrationnel, ni côte à côte voire avec les fachos (mais ça va souvent ensemble). Et que ce soit toi qui cite ça est peut-être d’autant plus triste… :(

      Le fait que de nombreuses personnes gauchistes/anars, à l’inverse total de ce que dit ce con (qui parle surtout des « bobos-écolos-socialos » dans son idée je crois), relaient surtout des arguments proches voire carrément les mêmes que Fouché&co, donc non pas anti-passe mais bien anti-sanitaire, avec un négationnisme de la gravité et logiquement en conséquence une minimisation voire négation complète des choses qu’on peut faire ensemble, et qui défilent côte à côte avec des fachos purs et durs, ratonneurs, antisémites, etc, et au milieu de pancartes délirantes de complotisme, bah tout ça fait carrément partie du problème.

    • Je trouve que c’est bien vu quand même, ce qui est dit dans mon second post.

      Les réactionnaires ne sont pas tous automatiquement que des imbéciles, ils peuvent parfois voir mieux certaines choses (px Chesterton à propos de l’eugénisme) que les progressistes qui ont souvent une tendance spontanée à nager dans le sens du courant (le Progrès et la Modernisation à tout prix...)

      Je cite mes sources, histoire de ne pas faire croire que c’est moi qui l’ait écrit.

  • Le passe sanitaire sera valide avec un test de moins de 72 heures à partir de lundi
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/08/passe-sanitaire-olivier-veran-annonce-des-assouplissements_6090876_3244.html

    Le ministre de la santé, Olivier Véran, avait annoncé, dans un entretien au Parisien dimanche, que, désormais, un dépistage négatif serait « valide soixante-douze heures et non plus quarante-huit heures pour les non-vaccinés » . Autre assouplissement : « il sera possible d’effectuer des autotests supervisés par un professionnel de santé, en plus des tests antigéniques et PCR. Eux aussi seront valables soixante-douze heures. » Le passe ne sera pas demandé pour une visite chez un médecin généraliste, a rappelé le ministre. En revanche, « dans les hôpitaux, il le sera, mais en aucun cas il ne devra être un frein pour accéder à des soins utiles et urgents », a-t-il dit.

    #passe_sanitaire #tests #logisitique #passe_non_sanitaire #confusionnisme #obscurantisme

  • La tranche d’âge des 10-19 ans à Montpellier atteint maintenant un taux d’incidence de 946. Wow.

    Si le collège de ma gamine était ouvert, avec ses 900 élèves, ça veut dire qu’il y aurait en permanence 8 gamins testés positifs dans l’établissement. Si on prend les effectifs de 3 classes, statistiquement il y a un gamin testé positif. (Et si je suis bien, ce ne sont que les gens réellement testés, cela dans une tranche d’âge beaucoup plus souvent asymptomatique, donc sans doute plus sous-détectée que les tranches plus âgées.)

    Si ça continue comme ça en septembre, ça va être compliqué de laisser les classes ouvertes… Je ne sais pas quelles sont les règles maintenant que c’est le vacances, mais en mars il y avait cette règle :
    https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14307

    De la maternelle au lycée, l’apparition d’un seul cas confirmé d’un des variants dits « sud-africain » ou « brésilien » parmi les élèves, implique la fermeture de la classe concernée. Il en est de même si l’élève est cas-contact d’un parent ou d’un membre de la fratrie contaminé par un de ces deux variants. Tous les élèves et les professeurs doivent alors se faire tester le jour même.

    Vu que le Delta est encore plus contagieux, je ne vois pas pourquoi cette règle ne s’appliquerait pas. Avec le niveau de circulation actuel, ça nous donnerait chaque classe fermée une semaine sur trois. Je sens qu’au ministère Blanquer, on va encore nous faire dans l’épidémiologie créative…

    Les 20-29 sont maintenant à 1416. Ça va encore pas être triste, le présentiel à la fac… (Chaque fois que tu as 70 jeunes réunis, tu as statistiquement un testé positif dans le lot. Combien de jeunes contagieux non détectés ?)

    À Perpignan les 10-19 sont à 1200. Un gamin testé positif à chaque fois que tu as 83 gamins. Les 20-29 sont à 1918 : quand tu réunis 52 jeunes, tu as un testé positif (et à nouveau : combien de non détectés parce qu’asymptomatiques et non testés). C’est assez simple, du coup : tu fais un soirée bien arrosée avec quelques dizaines de jeunes dans un bar, et c’est un miracle si à la fin de la soirée tu n’as pas un cluster.

    • Les 20-29 sont maintenant à 1416. Ça va encore pas être triste, le présentiel à la fac… (Chaque fois que tu as 70 jeunes réunis, tu as statistiquement un testé positif dans le lot. Combien de jeunes contagieux non détectés ?)

      Je ne te l’envoie pas dire... Et les conséquences sur la réussite des étudiant⋅e⋅s

      Quand je vois le carnage cette année là où j’enseigne (une vingtaine d’abandons en première année, sur une promo de 60 en IUT, du jamais vu !), j’ose pas imaginer ce que ça va être, surtout combiné à la mise en place d’une réforme du diplôme de merde (mais c’est un autre sujet), appliquée à des étudiant⋅e⋅s cobayes d’un nouveau bac issu d’une réforme de merde.

    • Y’avait qu’à demander : aujourd’hui Blanquer nous sort donc son génial plan de sécurisation des écoles :
      https://www.education.gouv.fr/annee-scolaire-2021-2022-protocole-sanitaire-et-mesures-de-fonctionne

      La seule nouveauté par rapport à l’ancien, pour éviter qu’on ferme les classes à tout bout de champ, ce n’est pas d’éviter que les gamins se contaminent, c’est évidemment de réduire la sécurité des enfants : les vaccinés resteront en classe dans tous les cas.

      Et évidemment, pour les capteurs de CO2, c’est toujours en mode démerdentiel :

      Il est recommandé d’équiper les écoles et établissements scolaires de capteurs mobiles

      Pour les filtres HEPA, c’est en mode tu ouvres la fenêtre si tu peux. Juste une mention d’une hypothétique « ventilation » :

      Lorsque le renouvellement de l’air est assuré par une ventilation, son bon fonctionnement doit être vérifié et son entretien régulier doit être réalisé.

      Donc pas d’obligation, pas de financement (y’a plus de fric, ils l’ont donné aux flics), juste tu te débrouilles. (Évidemment, puisque c’est juste « recommandé », si j’insiste auprès du collège pour qu’on finance ces choses, ils pourront m’envoyer chier à leur bon vouloir.)
      Le document « Repères » ne comporte aucune mention du terme « filtration » ou juste « filtre » :
      https://www.education.gouv.fr/media/91520/download
      (rappel : le ministre se méfie de cette diablerie).

      (Et évidemment il n’explique pas comment on va gérer des classes hybrides. Dans le collège de ma gamine, la visio en période de confinement c’était au bon vouloir de chaque enseignant – donc généralement pas de visio – alors la classe à la fois en présentiel et en distanciel, ce n’est plus du démerdenticiel : ça relève du miraclenciel.)

      (À noter aussi : ce matin dans ma radio, une syndicaliste avec un discours extrêmement critique sur ces mesures – ou absence de –, tout en prenant soin de rappeler régulièrement l’importance du vaccin pour tous.)

    • Le Monde souligne en une par des guillemets une belle formule de JMB

      Au collège et au lycée, seuls les élèves non vaccinés seront « évincés » s’il y a un cas de Covid dans leur classe, a fait savoir le ministre de l’éducation nationale mercredi.

      Faut-il y voir un « tri » assumé entre adolescents vaccinés et non vaccinés ? Ce fonctionnement va en tout cas poser la question de la communication aux établissements du statut vaccinal des élèves.

      « Nous sommes dans une logique très rationnelle, a défendu M. Blanquer. Quand vous êtes vacciné, vous ne risquez pas de continuer à contaminer les autres. (…) Ma boussole est de maintenir les écoles ouvertes (…) et de faire en sorte que les enfants et les adolescents de France aillent au maximum à l’école. »

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/28/covid-19-jean-michel-blanquer-envisage-quatre-scenarios-pour-la-rentree_6089

      Castex avait lui aussi raconté des bobards sur l’efficacité des #vaccins (on nous joue la carte potion magique et #panacée, comme Raoult et tous les autres). La méfiance est distillée à chaque occasion. On se fait l’opposition dont on a besoin. Et on pointera l’irresponsabilité de covidés irrationnels pour mieux occulter la politique criminelle du gouvernement.

      Edit les personnes ayant reçu deux doses "n’ont plus de chance d’attraper la maladie", Jean Castex, 13 juillet, TF1
      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/vrai-ou-fake-vaccins-contre-le-covid-19-jean-castex-a-t-il-raison-d-aff

      #in_retrospect #fake_news #confusionnisme #école #obscurantisme

    • En fait, le terme « évincer » est très officiellement dans le document publié ce matin :

      Dans les collèges et les lycées, un protocole de contact-tracing renforcé sera mis en œuvre pour identifier les élèves ayant eu des contacts à risque avec un cas positif et les évincer des établissements durant 7 jours (à l’exception de ceux justifiant d’une vaccination complète).

      Je pense moi aussi que ces gens font exprès.

      Ici on va avoir un petit scandale (légitime) sur le mot « évincer » lui-même, on va pouvoir monter en épingle la réaction des anti-trucs…, on va avoir des checknews sur le thème « Non, le ministre n’a pas dit qu’il fallait “génocider” les non vaccinés », et ne surtout pas aborder le fond : le fait que le « nouveau protocole » est encore moins protecteur que le précédent (puisque scientifiquement mensonger), au moment où on a une contagiosité infiniment plus grande et que les jeunes de 10-19 sont clairement massivement touchés.

    • Avec des lieux publics ou des établissements scolaires réservés aux personnes vaccinées, vous ne craignez pas d’ajouter encore une couche de discrimination sociale ?

      Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale : Pour les établissements scolaires, ça me semble exclu : on ne peut pas rejeter un enfant au motif qu’il n’est pas vacciné. Ça relève du droit élémentaire à l’éducation et du minimum obligatoire de vie commune. Mais pour les activités socioculturelles ou sportives, j’y suis favorable. En vérité, je ne crains pas les risques de société à deux vitesses : je crois sincèrement que le caractère incitatif va l’emporter.

      Alain Fischer : « L’idée que le virus pourrait circuler chez les jeunes sans conséquence pour le reste de la société est un leurre »
      https://justpaste.it/6sucs

      avec aussi : #pathologies_chroniques #surpoids #immunodéprimés (200 000, non protégés par deux doses...)

    • J’ai trouvé sur internet un article complémentaire
      Mélanie Heard : « Protéger les jeunes doit compter au rang des premières urgences face au variant Delta »
      https://justpaste.it/7m15k

      Enfin, les connaissances ont aussi progressé sur l’impact du Covid-19 chez les enfants : si les syndromes inflammatoires aigus et les hospitalisations représentent de faibles proportions parmi les infectés (environ 100 fois moins que pour les adultes), leur nombre deviendra rapidement inquiétant si le dénominateur se compte en dizaine de milliers. En outre, les symptômes persistants post-infection, ou #Covid_long, concernent les mineurs comme les adultes : fatigue chronique, maux de tête ou difficultés à se concentrer durant plusieurs mois pourraient concerner un cas sur 20 selon les données de l’Office national de statistiques britannique – soit potentiellement 2 500 nouveaux enfants chaque jour au pic de la quatrième vague.

      #enfants #jeunes

    • #éviction est le terme consacré dans la production administrative de l’Éducation nationale ou, en l’espèce, l’Assurance maladie :

      L’éviction de la collectivité est réservée à 11 pathologies seulement
      L’éviction de la collectivité est une obligation réglementaire pour certaines pathologies. Ces dernières sont peu nombreuses :
      > L’angine à streptocoque
      > La coqueluche
      > L’hépatite A
      > L’impétigo (lorsque les lésions sont étendues)
      > Les infections invasives à méningocoque
      > Les oreillons
      > La rougeole
      > La scarlatine
      > La tuberculose
      > La gastro-entérite à Escherichia coli
      > La gastro-entérite à Shigelles

      Collectivités de jeunes enfants et maladies infectieuses – Guide pratique (p. 9)
      https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/collectivites-maladies-infectieuses_assurance-maladie.pdf
      (document de novembre 2006)

  • Pandémie, vaccin, pass sanitaire : pour une position révolutionnaire
    https://archive.org/details/pandemie-revolutionaire

    Pandémie, vaccin, pass sanitaire : pour une position révolutionnaire

    Acta. 25 juillet 2021

    Face à l’ampleur des polarisations actuelles – souvent réduites à des conflits entre « pro » et « anti » vax – il est bien difficile d’adopter une position politique claire. D’un côté, une défiance importante contre le pass sanitaire et l’obligation à demi-mot de la vaccination se répand, entraînant des milliers de personnes dans les rues partout en France, comme ce fut le cas hier. De l’autre, une position de méfiance d’une partie de la gauche radicale envers ces mobilisations, qui la pousse au retrait, aux motifs indéniables qu’une partie de l’extrême-droite est à l’avant-garde des mobilisations contre la généralisation vaccinale ou encore que le confusionnisme, à tendance négationniste, traverse certains discours et symboles promus, en particulier les analogies avec la Shoah ou l’apartheid.

    Si dans ces rassemblements, le fond de l’air paraît plus bleu (bien foncé) que rouge, le non-interventionnisme – qui se déploie dans une partie de la gauche radicale – sur les problématiques fondamentales de la surveillance de masse et de toutes les conséquences induites par la nouvelle mesure gouvernementale a de quoi interroger. Tout particulièrement à moins d’un an des élections présidentielles et des promesses de l’ombre qu’elles nous font déjà.
    /.../

    Lire la suite, enrichie de liens et d’un enregistrement de témoignages de manifestant-e-s : https://acta.zone/pandemie-vaccin-pass-sanitaire-pour-une-position-revolutionnaire

    Lecture audio : @karacole
    Photo : @val_k / ValK.
    Cœur de grenadille dégoupillée.
    Nantes, 20 mai 2021.

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    #audio/opensource_audio #pandemie #covid #covid_19 #gauche #mobilisation #crise_sanitaire #crise_identitaire #confusionnisme #bases_ethiques

  • Charlie Hebdo s’ancre à l’extrême droite :
    https://web.archive.org/web/20210603103820/https://charliehebdo.fr/2021/06/politique/bientot-une-statue-pour-marine-le-pen

    On peut se demander si la séduction qu’exerce Marine Le Pen sur les jeunes, et même sur des électeurs de gauche, ne trouve pas son explication dans un rejet de cette injonction d’adhérer systématiquement aux idées dites « progressistes », sans qu’aucun débat ni aucune critique ne soient possibles. La popularité grandissante de Marine Le Pen n’est pas due uniquement aux questions d’immigration et d’insécurité. Elle est aussi probablement alimentée par le ras-le-bol d’un progressisme primaire et simpliste qui n’a rien à voir avec le progrès, mais davantage avec le sectarisme. Le paradoxe est que le parti extrémiste de #Marine_Le_Pen va se présenter en rempart contre un autre extrémisme qui, cette fois, ne vient pas de la droite, mais d’une gauche pseudo-progressiste.

    #Charlie_Hebdo #Extrême_droite