• LesInrocks - Addiction aux opioïdes : la photographe Nan Goldin s’attaque à l’industrie pharmaceutique américaine
    http://www.lesinrocks.com/2018/01/09/style/addiction-aux-opioides-la-photographe-nan-goldin-sattaque-lindustrie-pha

    Elle a photographié toutes les addictions dans les années 80 en s’immisçant dans l’intimité de ses amis. Aujourd’hui, après plusieurs années de lutte contre les opioïdes, Nan Goldin s’exprime en texte et en images contre l’industrie pharmaceutique qui délivre sciemment ces drogues.

    Photographe phare des années 80, Nan Goldin a mis en images toutes les souffrances de sa génération : les drogues, le sida, l’amour, autant de sujets qui tenaient au corps de l’époque et ont marqué au fer rouge les esprits des jeunes de ces années-là. Toutefois, les démons toxiques n’ont pas épargné la photographe, qui partage aujourd’hui dans les pages d’ArtForum son combat de vingt ans contre les opioïdes, accompagné d’une série photographique. Ces puissants anti-douleur connus sous le nom d’OxyContin lui ont été prescrits à Berlin après une opération, raconte-elle dans son essai, aussi publié sur son compte Instagram.

    L’addiction était née “en une nuit”, explique-t-elle. “C’était la drogue la plus propre que j’ai connue. Au début, 40 mg étaient trop forts, mais au fil de l’habitude aucune dose n’était suffisante. Je tenais les chose sous contrôle dans un premier temps. Puis c’est devenu de plus en plus le bordel. J’ai travaillé dans le médical pour obtenir des prescriptions.”

    L’industrie pharmaceutique dans le radar

    Outre les déboires de santé, de finances et dans sa vie personnelle, c’est la perversité de l’industrie pharmaceutique et notamment de la famille Sackler que Nan Goldin tacle dans son texte. Son travail photographique, accompagné de l’article relayé par ArtForum, porte le nom de Sackler/PAIN. “PAIN” signifie “douleur” en anglais, mais s’avère être également l’acronyme de Prescription Addiction Intervention Now, soit “intervention contre l’addiction aux prescriptions maintenant”, un groupe contre l’addiction à l’OxyContin, qui s’obtient uniquement sur ordonnance... ou par des circuits aléatoires et douteux que Nan Goldin explique avoir employés pour se procurer ses doses à la fin de son addiction.

    Pour venir à bout de ces drogues prescrites comme médicaments, elle s’attaque à leur fabricant, la famille Sackler qui détient Perdue Pharma, l’entreprise qui a fait fortune grâce aux opioïdes. Pour appuyer son appel à l’aide, la photographe annonce des chiffres à glacer le sang : aux Etats-Unis en 2015, on a recensé 33 000 morts par overdose d’opioïdes dont la moitié étaient des patients avec ordonnance. De même, toujours selon elle, 80 % des addicts à l’héroïne ont commencé leur addiction par une prescription d’opioïde.

    Sackler/PAIN, se battre

    Une Nan Goldin visiblement larguée, le regard dans le vide qui tente de regarder l’objectif. La première photographie de la série Sackler/PAIN parle à celui qui la regarde, prévient et démontre par l’image des dommages que causent les opioïdes. Derrière ce texte et cette image, la volonté d’une bataille contre la famille Sackler – par ailleurs de grands mécène de l’art aux Etats-Unis – pour faire cesser une épidémie mortelle que Goldin compare à l’hécatombe causée par le VIH : “La plupart de ma communauté est morte du VIH. Je ne supporterai pas de voir une autre génération disparaître. Les Sackler ont fait leur fortune en promouvant l’addiction. (…) Ils ont fait de la publicité et distribué leur médicament en pleine connaissance de ses dangers. Les Sackler et leur entreprise privée, Purdue Pharma, ont construit un empire sur la vie de milliers de gens.”

    A ce jour, la famille Sackler n’a toujours pas communiqué à propos de l’action de Nan Goldin ou de ses groupes PAIN. Les images à retrouver ici.

    #sackler #Opioides


  • Construire l’avenir sans aéroport !
    Sortir du bois, rentrer dans le dur

    http://lavoiedujaguar.net/Construire-l-avenir-sans-aeroport

    Depuis le début du mouvement d’occupation sur la ZAD s’élabore progressivement une force matérielle. Ces dernières années, notre ancrage sur le territoire a gagné en ampleur. De nombreux lieux se sont construits, de nombreux collectifs se sont installés et vivent grâce à l’autoproduction, à la récup’, aux dons, aux vols et aux achats collectifs. Des infrastructures liées à des usages communs ont été mises en place : le hangar du Rosier pour le stockage des récoltes et des machines agricoles collectives ; l’atelier de mécanique tracteurs et la meunerie, à Saint-Jean-du-Tertre ; la radio pirate « Klaxon » ; une fromagerie, une boulangerie, etc.

    Le conflit qui nous oppose à l’État et à Vinci a précipité, depuis l’échec de l’opération César, une forme de sécession que nous assumons. Toutes ces infrastructures communes que nous construisons visent à l’autonomie politique, à la construction d’un mouvement qui, d’une part, combat les logiques marchandes, gestionnaires et policières ; et qui, d’autre part, cherche à construire des lieux, à esquisser des communes, à habiter des territoires d’où il est possible de s’en affranchir. (...)

    #Notre-Dame-des-Landes #territoire #habiter #construire #autonomie


  • La bataille du Chili est sans conteste un des plus saisissants films politique qui m’ait été donné de voir.
    Le cinéaste et son équipe arrivent à capter cet instant si fragile ou la conscience politique collective du « peuple de gauche » entend le bruit des bottes et de la cravache de la soumission. les poings levés vont être coupés, l’ordre bourgeois, patronal, et militaire va régner. Une résistance sans armes va s’opérer jusqu’à la chute finale.
    Bouleversant de voir comment une telle volonté politique d’organiser les moyens de productions, la répartition des richesses, et de la propriété va être écrasée par les forces les plus réactionnaires et conservatrices du pays.

    La bataille du Chili (1973) un film documentaire en trois parties de Patricio Guzman avec la collaboration entre autres de Chris Marker

    Ici est présenté la première partie :
    L’insurrection de la bourgeoisie

    http://www.dailymotion.com/video/x8ujr2_la-bataille-du-chili-1-sur-

    Une analyse du film par Rosa Llorens
    http://www.legrandsoir.info/la-bataille-du-chili-40-ans-apres-21028.html

    Le #film, tourné pendant la présidence d’#Allende, dans des conditions dramatiques, pourrait s’intituler #Chronique d’un Coup d’État annoncé : effectivement, dès la victoire d’Allende aux élections de septembre 1970, les #partis_politiques de #droite, les secteurs #radicaux de l’#armée et la #CIA avaient mis au point la stratégie du #chaos qui devait conduire au #coup_d_État.
    La grande difficulté, pour l’équipe de #tournage, dit P. Guzman, était le décalage entre le peu de moyens matériels (le film fut tourné grâce à la #pellicule offerte par #Chris_Marker, et monté, après le coup d’État, à #Cuba) et la masse d’#événements et l’#effervescence des années 70-73 : il fallait choisir et planifier ce qu’on allait couvrir ; les choix furent judicieux, puisqu’on suit le film dans l’angoisse, l’estomac noué, revivant les possibilités extraordinaires de cette période, tout en pensant aux #tragédies #humaines auxquelles elle a abouti ; mais on assiste aussi, au-delà du #documentaire, à de grands moments de #cinéma.
    Les #séquences font alterner trois groupes, trois centres de #pouvoir : les #ouvriers dans leurs #usines, la #droite_parlementaire appuyée sur l’#armée, et, entre les deux, Allende et le gouvernement d’#Unité #Populaire.

    http://www.dailymotion.com/video/x8ulm1_la-bataille-du-chili-2-sur-5_news

    Face à la #stratégie de tension et de #sabotage de la part de la droite, Allende ne pouvait compter que sur le #peuple : il a donc encouragé les ouvriers à s’#organiser, ce qu’ils ont fait avec une détermination et une efficacité impressionnantes ; les usines passent entre les mains du peuple, constituant les nouveaux « #cordones », où le travail est inséparable des #actions_de_défense : on voit les ouvriers dresser des #barricades et obliger la police mais aussi le #gouvernement, qui voulait revenir sur ces nationalisations sauvages, à reculer.

    Mais le moment le plus fort, c’est l’assemblée des responsables de cordones face à la direction des #syndicats, la #CUT, où les #communistes jouent un rôle (modérateur) important. Un ouvrier, visiblement exaspéré par les discours du responsable de la CUT, prend la parole : « Vous nous avez demandé de nous organiser, nous nous sommes organisés - mais pour quoi faire ? Les #camarades sont fatigués de s’entendre dire que ce n’est pas le moment, qu’il faut rendre des usines, parce qu’elles appartiennent à la reine d’Angleterre ou à des #banques suisses. Les camarades ne comprennent pas, ils veulent agir pour soutenir notre camarade #Président. »

    http://www.dailymotion.com/video/x8um4k_la-bataille-du-chili-p-guzman-3-sur_news


    (...)

    Pendant ce temps, la droite déroule son plan. L’armée suit sa propre #politique : elle encercle les usines pour vérifier qu’il ne s’y cache pas d’armes, fouillant et arrêtant les ouvriers - sans qu’elle ait jamais rien trouvé ; mais ces opérations servent à étudier les lieux possibles de #résistance et à habituer les jeunes #soldats à #affronter les ouvriers. Parallèlement, la « #société_civile », appuyée par les #médias (ou du moins 75% des médias) s’organise : en 1972, la grève des #transporteurs routiers paralyse le pays ; les « ménagères » typiques, en grosses lunettes de soleil de marque et coiffure au brushing impeccable, celles auxquelles les médias français donnaient toujours la parole pour rendre compte de la situation au Chili, collectent des fonds pour soutenir les grévistes (déjà subventionnés par la CIA) et les médias accusent le gouvernement d’atteinte à la #propriété_privée quand il essaie de #réquisitionner les camions.

    http://www.dailymotion.com/video/x8vwjm_la-bataille-du-chili-p-guzman-4-sur_news

    Entre les deux, il y a Allende, fidèlement soutenu par des #manifestations #populaires, et toujours respectueux de la #Constitution, même quand la droite fait assassiner son aide de camp, le commandant #Araya, pour le couper des secteurs #loyalistes de l’armée. La séquence des funérailles d’Araya est la plus magistrale du film : on voit, littéralement, les officiers supérieurs, filmés en plan américain, se féliciter, dans le dos d’Allende, de leur succès et se concerter pour les étapes suivantes du plan. Guzman explique comment il a obtenu cet effet de naturel : il avait juché, bien en vue, un cameraman sur une chaise, pendant qu’un autre, plus discrètement, avec un zoom, prenait les vraies images. Mais que pesait le soutien des ouvriers aux mains_nues face aux #tanks et à l’aviation ? L’issue de la #confrontation, on la connaît, et le film nous fait entendre le dernier message d’Allende, depuis la #Moneda bombardée : « Que mes paroles soient le châtiment de ceux qui ont trahi », « Je paierai avec ma vie la loyauté du peuple », « L’#histoire est à nous et elle est faite par le peuple », bientôt, de nouveau, « s’ouvriront les larges avenues par où passe l’#homme #libre pour #construire une #société #meilleure ».

    http://www.dailymotion.com/video/x8w0ls_la-bataille-du-chili-p-guzman-5-sur_news

    #Chili #Salvador_Allende #Patricio_Guzman #Commando_communal #coopérative #Nationalisation #Expropriation #Capitalisme #Socialisme #Marxisme #Fascisme #Ordre #Etudiant #Etats_unis #La-bataille_du_Chili #Vidéo


  • Tant qu’il y aura des dominants et des dominés « la lutte des classes » aura un avenir infini...
    À bientôt j’espère (1967-1968) un film de Chris Marker et Mariot Marret
    https://www.youtube.com/watch?v=pswaIh0Qa-g

    http://www.dvdclassik.com/critique/a-bientot-j-espere-marker-marret

    Marker filme la grève dans la filature de #Rhodiaceta (groupe Rhônes-Poulenc) de #Besançon en 1967, à la demande de #Pol_Cèbe, #bibliothécaire de l’usine. Cèbe envisage un projet où les ouvriers pourraient prendre en main leur #émancipation par la #réappropriation d’une #culture détenue par la #bourgeoisie. Ses préoccupations rencontrent celles de Marker et Marret qui désirent reproduire l’#expérience du ciné-train du cinéaste #Medvedkine. En 1932, le #réalisateur russe parcourait l’U.R.S.S. à bord d’un train, filmait les ouvriers et leur montrait juste après montage dans la journée le résultat. Application des théories de #Walter_Benjamin (1), l’idée était alors de permettre aux ouvriers de se #voir au #travail, de leur #donner les #outils pour l’#améliorer, bref #construire la nouvelle Russie. La méthode est directement issue de la première période du #cinéma où des #cinéastes itinérants allaient de ville en ville filmer les sorties d’usines et montrer le soir même aux habitants le résultat. Les gens se déplaçaient en masse, heureux de se voir, de voir leurs voisins, leurs amis. Medvedkine dépasse le simple #spectacle #mercantile dans une optique #politique et #sociale, un outil de #propagande au service d’un nouvel #idéal. Marker et Marret décident donc de prolonger cette expérience. Leur idée consiste à filmer au plus près le travail des ouvriers, leur mode de vie, de manière à leur faire #appréhender leurs #spécificités, leur culture, leur mode de vie. Et leur donner les outils pour changer leur condition. Tout commence avec un appel lancé à Marker par René Berchoud, secrétaire du CCPPO (voir bonus). Il l’enjoint de venir à #Rhodia car quelque chose s’y passe d’important. Déjà en #1936, les grandes #grèves démarrèrent dans les filatures du Jura et Berchoud sent qu’il n’assiste pas seulement à une grève, mais à une prise de #conscience. Une projection de Loin du Vietnam vient d’y être organisée, et ce pamphlet collectif a profondément marqué les ouvriers de l’usine. Pas seulement parce que c’est la première fois qu’une avant première est dédiée aux travailleurs, mais également car à travers ce travail, une idée se profile…

    Marker et Marret tournent alors #A_bientôt _j’espère, dont le titre même évoque quelque chose qui prend #corps. Dans ce #reportage sur la grève de la Rhodiaceta (groupe Rhônes-Poulec), les ouvriers se livrent, peut-être pour la première fois, devant la #caméra. Leurs revendications portent non sur les #salaires, mais plus généralement sur leur #qualité de #vie, et surtout sur l’accès à une #culture qui jusqu’ici leur paraissait impossible. Des paroles qui annoncent #Mai #68. A l’origine, le mouvement naît des menaces de licenciement qui pèsent sur les 14000 ouvriers du #groupe. Les paroles des #dirigeants résonnent bizarrement dans notre #société actuelle. Ils se réfugient déjà derrière le marché commun, expliquant que les #suppressions d’#emploi ne sont pas de leur fait, mais leur sont imposées par des forces extérieures. A bientôt j’espère s’ouvre sur l’image d’ouvriers qui, Noël approchant, choisissent des sapins. C’est bien en quelque sorte la #fête qui va marquer la fin du mouvement, les ouvriers voulant, malgré tout, pouvoir offrir des cadeaux à leurs enfants. Si l’ouverture annonce la fin du film, elle enchaîne immédiatement sur un #meeting qui s’improvise sous la neige, annonçant d’emblée que malgré la fin abrupte du mouvement, il y a quelque chose qui en naît et qui se poursuivra.

    #luttes_Des_classes #Usine #Taylorisme #Ouvriers#prolétariat #Capitalisme #Communisme #Culture #Peuples #Exploitation #Domination #Groupes_Medvedkine #Chris_Marker #Mario_Marret #Alexandre_Medvedkine #Pol_Cèbe #Documentaire #Vidéo