continent:europe

  • Venezuela : les coulisses de l’ascension de Juan Guaido, jeune député devenu visage de l’opposition
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/21/juan-guaido-le-recit-d-une-irresistible-ascension_5426055_3210.html


    Manifestation des partisans du président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido à Maracaibo, le 12 février
    ISAAC URRUTIA / REUTERS

    Tiens ! une équipe (solide !) du Monde enquête sur le phénomène Guaidó … (sous #paywall, hélas…)

    Par Claire Gatinois, Gilles Paris, Sandrine Morel, Marie Delcas et Jean-Pierre Bricoure

    La main droite est ouverte et levée, l’autre posée sur un exemplaire de la Constitution. Il est peu avant 14 heures et le jeune député de l’opposition Juan Guaido fait face à plusieurs dizaines de milliers de manifestants rassemblés sur l’avenue Francisco de Miranda, cœur de Caracas. « Aujourd’hui 23 janvier 2019, lance-t-il, en tant que président de l’Assemblée nationale, invoquant les articles de la Constitution bolivarienne, devant Dieu tout-puissant et devant mes collègues de l’Assemblée, je jure d’assumer formellement les pouvoirs de l’exécutif national en tant que président en charge du Venezuela. » Tonnerres d’applaudissements.

    A peine une dizaine de minutes plus tard, alors que les opposants au régime de Nicolas Maduro battent encore le pavé, Donald Trump annonce dans un communiqué et un Tweet qu’il reconnaît le président par intérim. La déclaration du président américain fait l’effet d’une bombe. Non seulement elle prend de court les dirigeants chavistes, et surprend par son côté abrupt et risqué en termes diplomatiques, mais elle renvoie à une action coordonnée inédite.

    Il est 15 heures et Luis Almagro, secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, basée à Washington, félicite l’impétrant. Encore un quart d’heure et c’est au tour du Canada de reconnaître Juan Guaido. Arrive le Brésil, cinq minutes plus tard. Puis la Colombie et le Pérou. Encore deux heures, et c’est le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui dit « espérer que toute l’Europe va être unie en soutien des forces démocratiques au Venezuela ».

    Jamais un opposant au régime chaviste n’avait suscité un tel élan d’unanimité. En moins d’une après-midi, Juan Guaido, encore inconnu quelques jours plus tôt de la majorité des Vénézuéliens et de la communauté internationale, est devenu le visage d’une opposition qui s’était surtout distinguée, depuis des années, par ses divisions malgré les faiblesses du régime. Pour la première fois, glisse un diplomate occidental à Caracas, elle fait preuve d’une capacité …


  • Une nouvelle course aux armements ? Vladimir Poutine prévient que la Russie réagira à tout déploiement américain d’armes nucléaires en Europe
    https://www.crashdebug.fr/international/15691-une-nouvelle-course-aux-armements-vladimir-poutine-previent-que-la-

    Et vous savez pourquoi les Américains se sont retirés de ce traité INF, qui datait de la guerre froide ? C’est par ce qu’ils ont développé de nouveaux mini missiles nucléaires, ce qui implique qu’ils pourraient s’en servir... La Russie ne fait donc que répondre aux prises de positions américaines, qui n’hésiterais pas a frapper nos pays par de « petites » frappes nucléaires, enfin tant soit peut qu’on puisse dire qu’une bombe nucléaire est petite, du reste comme le soulignait Chalouette lorsque nous étions aux États-unis dans les années 80/90 nous avions vu un reportage a la télé, ou nous avions constaté totalement effaré que les Américains appelait l’Europe « The Battlefield », « le champ de bataille ! » forcément ils peuvent faire péter chez nous des charges nucléaires, eux (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales


  • VIDEO. Etats-Unis : à plus de 80 ans, ils sont toujours obligés de travailler (et ils sont de plus en plus nombreux)
    https://www.crashdebug.fr/international/15690-video-etats-unis-a-plus-de-80-ans-ils-sont-toujours-obliges-de-trav

    Aux États-Unis comme en Allemagne ou au Japon, vous trouvez cela normal en 2019 ? Alors combien de temps pensez vous que vous serez épargné ? Il ne vous le dit pas, mais, c’est le modèle que prévoie pour nous Emmanuel Macron…, c’est pour ça que je dis qu’un autre futur est possible et pour TOUTES ET TOUS pas seulement les retraités, mais pour cela il va falloir se battre, alors faîtes le avant d’être vieux et acculé. Dans le cas contraire voyez ce qui vous attend car le problème des retraites est MONDIAL… Elles ne sont tous simplement PAS financées… C’est pour ça qu’ils ont choisit de faire rentrer des millions d’immigrés en Europe au lieu de faire payer mondialement la FINANCE ! avec une taxe sur chaque transaction bancaire.

    Aux Etats-Unis, la part des personnes âgées dans la population (...)


  • Tafta : l’Europe va-t-elle reprendre les négociations avec Trump ?
    https://www.bastamag.net/Tafta-l-Europe-va-t-elle-reprendre-les-negociations-avec-Trump

    Bloqué il y a trois ans suite à de fortes mobilisations citoyennes en #Europe et à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis, le Tafta, ce projet d’accord de libéralisation du commerce transatlantique entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, va-t-il revenir sur la table ? Les ministres du Commerce des pays membres de l’UE sont sur le point de valider un mandat qui autoriserait la Commission européenne à négocier un accord transatlantique visant à réduire les droits de douane sur les (...)

    En bref

    / #Altermondialisme, Europe, #Amériques, Traités de libre-échange : les #Multinationales contre la démocratie ?, #Climat, (...)

    #Traités_de_libre-échange_:les_multinationales_contre_la_démocratie ?


  • Philippot : « L’Euro est une arme de destruction massive devant laquelle on se couche » (Sputnik)
    https://www.crashdebug.fr/diversifion/15689-philippot-l-euro-est-une-arme-de-destruction-massive-devant-laquell

    Source(s) : Youtube.com via Contributeur anonyme

    Information complémentaire :

    Crashdebug.fr : « La tragédie de l’euro » ou l’incroyable bulle cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée : interview exclusive de Ashoka Mody, auteur du livre économique de l’année 2018 aux Etats-Unis

    #En_vedette #Divers


  • Putin threatens to target US if it deploys #missiles in Europe
    https://www.cnbc.com/2019/02/20/putin-threatens-to-target-the-us-if-it-deploys-new-missiles-in-europe.html

    Putin, in his annual address to parliament, says his country would not seek confrontation and would not take the first step in deploying missiles after the suspension of the Intermediate-range Nuclear Forces Treaty.

    However, he says Russia would respond to any deployment of new intermediate-range missiles in Europe by targeting the United States itself and not just the countries where they are deployed, according to a Reuters translation.

    He says he would field new weapons that would target U.S. decision-making centers.

    #nucléaire #armes


  • Ca fait des années qu’un véritable lobby magouille auprès d’instances du monde entier (Etats, Pays, Europe, ONU...) pour faire adopter une nouvelle définition de l’antisémitisme, qui inclurait l’antisionisme. En particulier l’#IHRA essaye d’imposer sa définition.

    Tout ça est documenté sur seenthis depuis des années :

    https://seenthis.net/messages/337856
    https://seenthis.net/messages/580647
    https://seenthis.net/messages/603396
    https://seenthis.net/messages/604402
    https://seenthis.net/messages/606801
    https://seenthis.net/messages/690067
    https://seenthis.net/messages/700966
    https://seenthis.net/messages/716567
    https://seenthis.net/messages/718335

    Le but est donc de défendre l’Etat israélien (et tant pis si ça dévoie l’antisémitisme), et en particulier de criminaliser BDS.

    En France, après plusieurs tentatives, #Alain_Finkielkraut vient de porter le coup de grâce, et a obtenu gain de cause après d’#Emmanuel_Macron :

    La France va intégrer l’antisionisme à sa définition juridique de l’antisémitisme
    Le Figaro, le 20 février 2019
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/20/97001-20190220FILWWW00343-la-france-va-integrer-l-antisionisme-a-sa-definit

    (la même chose là : https://seenthis.net/messages/761768 )

    Sur BDS, il a notamment déclaré hier, lors du 34e dîner du Crif : « il n’y aura aucune complaisance à l’égard des pratiques de boycott et du BDS, plusieurs fois condamnés en France et qu’ils le seront à nouveau »
    https://www.youtube.com/watch?v=4CZPRt2HqOc&feature=youtu.be&t=477

    #antisémitisme #antisionisme #Palestine #censure #Liberté_d'expression #BDS


  • Alain Badiou | Sinistre comédie d’un raciste habillé en anti-raciste
    https://lemediapresse.fr/idees/alain-badiou-sinistre-comedie-dun-raciste-habille-en-anti-raciste

    La chasse des réseaux sociaux, des complotistes de tout genre, des enragés de l’Occident et de la race blanche est aujourd’hui ouverte contre, en particulier, mon amie de longue date, celle avec qui j’ai longtemps réalisé sur le net l’émission totalement libre « Contre-courant », notamment diffusée par Mediapart, et qui tente aujourd’hui d’échapper, à la direction […]

    • . . . . .

      L’homme qui a dit que l’équipe de France de foot comportait trop de nègres et qu’elle était à ce titre la risée de l’Europe ; l’homme qui a dit que les noirs et les arabes corrompaient les jeunes blancs dans les banlieues ; l’homme qui a soutenu que la « mixité » raciale était une menace pour l’Europe ; l’homme qui a également soutenu qu’il ne fallait jamais dire de mal des États-Unis, sauf à provoquer un désastre de la « civilisation » ; l’homme qui maintient aujourd’hui encore que le colonialisme – des millions de morts, de déportés, de suppliciés, d’esclavagisés – a apporté en Afrique la dite « civilisation » : cet homme-là a trouvé un truc pour que lui, intellectuel bien blanc et bien réactionnaire, académicien du suprématisme occidental, devienne l’image de la pauvre victime. Il a mis au point sa technique dès le mouvement Nuit Debout, en 2016 : il va rôder du côté de démonstrations publiques souvent sympathiques, mais dont le tort est, par « démocratisme » stérile, de ne pas contrôler qui est là, qui est un réel participant à ce qui se passe, et qui est un infiltré, un policier ou un fascisant ; et du coup, de n’avoir pas les moyens de neutraliser les provocateurs.

      Exploitant cette faiblesse, le promeneur Finkielkraut devient l’instrume

      nt complaisant, réjoui, de provocateurs antisémites . . . . . .


  • Facebook tracks people who are potential threats to its employees
    https://www.cnet.com/news/facebook-reportedly-keeps-a-list-of-people-who-are-potential-threats-to-its-em

    Nous sommes mercredi 20 février de l’ Anno Orwelli 35 (« apr. G.-O. ») . La technologie de surveillance totale prend forme sous des aspects toujours renouvelés.

    February 14, 2019 by Queenie Wong - The social network sometimes monitors the location of users and ex-employees if the threat appears credible.

    Facebook keeps a list of people, including users and ex-employees, who have made threats against the social media company and its employees.

    The company uses data from those people’s Facebook accounts and sometimes tracks their location through the app if threats appear credible, CNBC reported earlier on Thursday. Some former employees who spoke to CNBC questioned the company’s ethics, but others said the tech giant is keeping its employees safe.

    A Facebook spokesman confirmed the company keeps a list of people who might pose a threat, but said the practice is “standard in terms of corporate security.” He declined to say how many people are on this list, but CNBC reported there are hundreds.

    Revelations about how Facebook tracks the location of security threats comes as the world’s largest social network faces criticism that it isn’t doing enough to protect the privacy of its 2.3 billion users. At the same time, Facebook and other tech giants have also had to deal with real threats against their employees.

    “We have strict processes designed to protect people’s privacy and adhere to all data privacy laws and Facebook’s terms of service,” a Facebook spokesperson said in a statement. “In cases where there is a credible threat of physical violence against a Facebook employee, we use a combination of publicly available data and industry-standard practices to assess their physical proximity to an at-risk employee or Facebook location.”

    Facebook’s data policy states the company collects information from the device settings a user turns on, which includes GPS location. The policy also mentions that Facebook uses the data it gathers about its users to promote safety and security on and off the social network.

    In December, police evacuated buildings at Facebook’s Menlo Park, California, headquarters following an anonymous bomb threat. The San Mateo County Sheriff’s Office bomb squad swept the buildings but didn’t find suspicious packages or devices. In April, a suspected female shooter opened fire on employees at YouTube’s San Bruno headquarters, wounding three workers before taking her own life, according to police.

    On Thursday, a Netflix office in Los Angeles was locked down after reports of an armed person at the site. The man was detained and Netflix said there was no immediate threat or danger posed to its employees.

    Facebook created a “be on lookout” list in 2008 and it’s updated every week, according to former employees who spoke to CNBC.

    When a person is added to the list, security professionals receive a report that includes their name, photo, location and why they were added, according to the news outlet. In 2018, Facebook tracked the location of an user who made a public threat against one of Facebook’s Europe office.

    One Facebook user discovered he was on the list after he tried to enter Facebook’s campus for lunch with a friend who worked at the company. Security guards showed up when he tried to register as a guest, and he reportedly was on the list because of messages he sent to Facebook CEO and co-founder Mark Zuckerberg. The user was removed from the list after his friend complained to the company.

    Sometimes, Facebook will also add former employees to the list if they’ve made threats against the company, CNBC reported.

    Other tech companies also reportedly keep lists. Facebook uses the social network to find threats against its employees, according to CNBC.

    Facebook can track people’s location through its own service. That has included Facebook users and even its own interns if they go missing.

    A former employee told CNBC that the social network only tracks a person’s location when a threat appears credible.

    First published Feb. 14, 12:50 p.m. PT.
    Update, 1:35 p.m. PT: Includes more background. Update, 1:49 p.m. PT: Includes statement from Facebook. Update, 4:40 p.m. PT: Includes additional comment from Facebook and information about its data policy. Update, 5:27 p.m. PT: Adds news of Netflix lockdown.


  • La France et l’Allemagne concluent un accord pour sauver l’effroyable #CopyrightDirective de l’UE — Démolissant la liberté sur Internet.. (Sott) Cory Doctorow,BoingBoing – Traduction Sott.net - 20 Février 2019 - Le Vilain Petit Canard
    https://www.levilainpetitcanard.be/la-france-et-lallemagne-concluent-un-accord-pour-sauver-leffroya

    La directive de l’UE sur le droit d’auteur continue de sombrer sous son propre poids : d’un côté, vous avez des politiciens allemands qui estimaient qu’il était politiquement impossible de forcer chaque plate-forme en ligne à dépenser des centaines de millions d’euros pour acheter des filtres ayant un copyright afin de prévenir une violation du copyright par un utilisateur, même pour un instant, et donc des changements mineurs, largement cosmétiques pour satisfaire les petites entreprises allemandes ; d’un autre côté, vous avez les politiques français qui comprennent que les CEO des multinationales de divertissement ne supporteront aucun compromis, ni même l’apparence du compromis et c’est ainsi le processus a échoué.

    C’était jusqu’à ce que la chancelière Merkel et le président Macron s’assoient pour négocier un accord, dans lequel Merkel a cédé sur chaque mesure qui semblait en fait protéger les petites entreprises, coopératives, organisations sans but lucratif et particuliers, pour finir avec un accord qui garantit que chaque petite plateforme existante sera détruite et aucune nouvelle ne pourra être lancée, laissant l’Europe dans les mains du US Big Tech, pour toujours.

    En vertu de la nouvelle entente, toute plate-forme où le public peut communiquer devra acheter des filtres de droit d’auteur pour intercepter toutes les communications publiques et les comparer à une base de données d’ « œuvres protégées par le droit d’auteur » (à laquelle n’importe qui peut ajouter n’importe quoi), puis bloquer toute communication qui semble correspondre.

    Non seulement leur développement et leur entretien coûteront des centaines de millions d’euros, mais ils bloqueront aussi des myriades de textes légitimes – des textes qui utilisent des œuvres protégées par le droit d’auteur mais qui relèvent de la notion d’utilisation équitable, des textes dont on a mal identifié le contenu protégé, qui sont volontairement réprimés par des trolls, censures et fraudeurs qui s’approprient des œuvres dans le domaine public ou dont des tiers sont les ayants droit.

    Le « compromis » que Merkel a accepté est le suivant : les plates-formes n’ont pas besoin d’ajouter les filtres jusqu’à ce qu’elles soient en activité depuis trois ans, ou jusqu’à ce qu’elles réalisent 10 millions € au cours de la même année. Cela signifie que chaque forum en ligne existant qui existe depuis trois ans ou plus doit immédiatement acheter des filtres, même s’il s’agit d’une petite communauté en ligne gérée par des bénévoles, ou d’un site commercial avec une petite niche – comme cette petite communauté de longue date pour les gens qui aiment pêcher. Même Patreon — qui n’existe que pour que les artistes soient payés ! — devrait acheter des filtres ou se retirer d’Europe.

    Mais ce n’est pas tout : selon les termes de cet accord, une fois qu’une plate-forme aura gagné 5 millions d’euros en un an, elle sera obligée de mettre en place un système de « notification et d’atténuation », c’est-à-dire des filtres de copyright sous un autre nom.

    Et ce n’est pas fini : le nouveau pacte exige que chaque site, aussi petit soit-il, qu’il soit non commercial ou d’intérêt public, démontre qu’il a fait » tous les efforts possibles » pour concéder une licence à ses utilisateurs, ce qui signifie que chaque fois qu’un titulaire vous offre une licence pour un contenu que vos utilisateurs pourraient utiliser, vous êtes obligé de la leur acheter et ce, à tout prix indiqué dans leur offre.

    C’est la fin d’Internet tel que nous le connaissons et le début d’une ère où toutes nos communications, toutes nos relations familiales, nos engagements politiques, nos activités éducatives, notre travail lié à l’emploi, nos quêtes romantiques, tout est subordonné à la transformation d’Internet en un système de télévision par câble, où les seuls matériaux qui soient disponibles sont ceux dont les sociétés multinationales du spectacle ont approuvé. Vous vous souvenez de l’époque où les câblodistributeurs promettaient un avenir numérique où l’ »univers des 500 chaînes » de divertissement seraient disponibles sur le marché ? Elle est arrivée. Il ne nous restait plus qu’à tuer le web, « l’univers des deux milliards de chaînes », pour y parvenir.

    Tout n’est pas perdu : la prochaine étape sera l’approbation de l’accord par les négociateurs nationaux des États membres de l’UE, puis il sera soumis au vote du Parlement européen, qui aura le dernier mot, juste avant leur réélection aux élections européennes de mai prochain.

    En d’autres termes, de tous les moments où un plan catastrophique pourrait être présenté au Parlement, c’est le meilleur (ou le moins pire) : le moment où les parlementaires sont le plus sensibles aux souhaits de leurs électeurs.

    Qui plus est, les Européens détestent cela : à tel point que la pétition qui s’y oppose est aujourd’hui la plus grande pétition https://boingboing.net/2019/01/25/nein-nein-nein.html de l’histoire européenne, et à deux doigts d’être la plus grande pétition de l’histoire de la race humaine.

    Il y a encore beaucoup d’autres choses à faire à ce sujet, amener les gens à contacter leurs députés européens avant le vote. C’est une situation déplorable, mais au moins c’est maintenant tellement évident, tellement visible, que c’est devenu beaucoup plus facile à expliquer aux gens en retrait. Mobilisez vos amis et votre famille dès maintenant : l’avenir de notre système nerveux électronique à l’échelle planétaire et à l’échelle de l’espèce est en jeu.

    #gafa


  • L’action UBS chute alors que la justice française condamne la banque à une amende de 5,1 milliards de dollars pour évasion fiscale
    https://www.crashdebug.fr/international/15683-l-action-ubs-chute-alors-que-la-justice-francaise-condamne-la-banqu

    Bravo ! Bravo !, au regard de l’éventail législatif français c’est une lourde peine, et on ne peut que s’en réjouir, car ce sont les Français lambda qui compensent au centime près l’évasion fiscale industrielle dont est victime notre pays légalement..., pour éviter cela, et éviter d’avoir un si haut degré d’imposition pour les Français, il faut répartir l’effort sur tout le monde et donc sortir de l’Europe pour pouvoir imposer tous les grands groupes (Gafa, Apple, Amazon, Engie, BNP, Peugeot etc...) sur les bénéfices qu’ils font dans notre pays.

    Dans une décision historique qui a envoyé un message clair à d’autres banques luttant contre les enquêtes sur les fautes professionnelles devant les tribunaux français, un tribunal de Paris a déclaré mercredi UBS coupable (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales


  • Attention, ceci est potentiellement le début d’une bonne nouvelle à venir. Vu la rareté, vaut mieux se préparer.
    La Forêt de #Hambach a gagné un répits. ET les cabanes de cette #ZAD se sont consolidées & sécurisées suite à la mort de Steffen M. en septembre dernier. ET l’Allemagne semble prendre la voie de l’abandon du #charbon après avoir abandonné le #nucléaire...
    Explication :

    Allemagne : pas d’extraction minière dans la forêt de Hambach avant 2020
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/allemagne-pas-d-extraction-miniere-dans-la-foret-de-hambach-avant-2020-2019

    Le groupe énergétique allemand #RWE a apporté la garantie qu’il ne déboiserait pas avant fin 2020 la forêt de Hambach pour pouvoir y exploiter une mine de charbon, a déclaré aujourd’hui le ministre-président du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, Armin Laschet.

    RWE, qui est l’un des plus gros émetteurs de dioxyde de carbone d’Europe, veut déboiser la forêt de Hambach, qu’il a achetée il y a plusieurs dizaines d’années, afin d’agrandir une mine de lignite dans le secteur. Ce projet a été en partie retoqué par la justice en octobre dernier.

    Après le nucléaire, l’Allemagne abandonne le charbon
    https://www.la-croix.com/Economie/Monde/nucleaire-lAllemagne-abandonne-charbon-2019-02-01-1200999661

    L’Allemagne se donne dix-neuf ans pour fermer toutes ses centrales électriques qui fonctionnent au charbon. En 2018, 38 % de l’électricité du pays était produite avec cette source d’énergie très polluante.

    La commission d’experts préconise une sortie par étapes du charbon. La première prévoit la baisse d’un peu plus du quart de la production d’électricité issue du charbon d’ici à 2022, soit une réduction de 12,5 gigawatts. La forêt de Hambach pourrait ainsi être sauvée, alors qu’elle risquait d’être abattue pour agrandir une mine de charbon, à la grande colère des écologistes. La deuxième étape prévoit une réduction supplémentaire de 13 GW d’ici à 2030, avant la sortie définitive en 2038 ou 2035.

    Les photos ci dessus et ci après sont de Tim Wagner, #photographe, qui vient de mettre en ligne une série de photo des cabanes d’occupation :
    https://www.flickr.com/photos/110931166@N08/albums/72157705345508251


    Kontakt Fotos : kontakt@ti-wag.de / Twitter : @Ti_Wag
    et sur son site https://www.ti-wag.de/gallery-category/fotoprojekte/#hambacher-forst

    Il y a un résumé assez complet et rapide à lire sur le site d’infos de la fondation Goodplanet que je découvre pour l’occasion : https://www.goodplanet.info/actufondation/2019/02/19/une-notre-dame-des-landes-en-allemagne

    #transition #energie #ecologie #industrie


  • #privacy on #bitcoin and Why Everyone Should Care
    https://hackernoon.com/privacy-on-bitcoin-and-why-everyone-should-care-bed439e2550f?source=rss-

    When GiftUnless you’ve been living off the grid for the past twenty years, it’s pretty obvious that the world (led by Sweden in the West and China and South Korea in the East) is trending toward a cashless society. In countries that have kept pace with the latest advances in Fintech, transacting with bank cards, Paypal, Venmo and a growing list of mobile apps has become the norm. Cash payments in Europe have been consistently on the decline over the past decade, and in Sweden, more than 40% of the cash supply has been taken out of circulation since 2007. We embrace digital payment rails because they’re the most effortless way to shop these days. Convenience is always king. But there are no free rides in life, including the “free” online services we all enjoy. We ultimately pay for them one (...)

    #cryptocurrency #technology #blockchain


  • The Invaders — Pat Shipman | Harvard University Press
    http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674975415

    With their large brains, sturdy physique, sophisticated tools, and hunting skills, Neanderthals are the closest known relatives to humans. Approximately 200,000 years ago, as modern humans began to radiate out from their evolutionary birthplace in Africa, Neanderthals were already thriving in Europe—descendants of a much earlier migration of the African genus Homo. But when modern humans eventually made their way to Europe 45,000 years ago, Neanderthals suddenly vanished. Ever since the first Neanderthal bones were identified in 1856, scientists have been vexed by the question, why did modern humans survive while their evolutionary cousins went extinct?

    The Invaders musters compelling evidence to show that the major factor in the Neanderthals’ demise was direct competition with newly arriving humans. Drawing on insights from the field of invasion biology, which predicts that the species ecologically closest to the invasive predator will face the greatest competition, Pat Shipman traces the devastating impact of a growing human population: reduction of Neanderthals’ geographic range, isolation into small groups, and loss of genetic diversity.

    But modern humans were not the only invaders who competed with Neanderthals for big game. Shipman reveals fascinating confirmation of humans’ partnership with the first domesticated wolf-dogs soon after Neanderthals first began to disappear. This alliance between two predator species, she hypothesizes, made possible an unprecedented degree of success in hunting large Ice Age mammals—a distinct and ultimately decisive advantage for humans over Neanderthals at a time when climate change made both groups vulnerable.

    #livre cité par Scott dans Homo domesticus #chasse #chien #loup #domestication_du_loup (qui remonterait à 36 000 ans) #préhistoire #homo_sapiens


  • Vivre de la terre (1/4) : L’Europe aux racines du malaise paysan
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/vivre-de-la-terre-14-leurope-aux-racines-du-malaise-paysan

    Entrée en vigueur en 1962, les discussions européennes vont bon train autour d’une nouvelle version de la Politique agricole commune et le mal-être des agriculteurs apparaît comme un enjeu important. Comment expliquer les ressorts de la souffrance sociale du monde paysan ? Faut-il parler de crise ?

    #pac
    http://rf.proxycast.org/1538202319047368704/11701-18.02.2019-ITEMA_21985513-0.mp3

    Vivre de la terre (2/4)
    Protéger la terre : la bataille des modèles
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/vivre-de-la-terre-24-proteger-la-terre-la-bataille-des-modeles
    http://rf.proxycast.org/1538573714038202368/11701-19.02.2019-ITEMA_21986614-1.mp3


    #agriculture


    • Et pour rappel, ce texte paru dans @vacarme en juin 2016

      Migrants et réfugiés : quand dire, c’est faire la politique migratoire

      À partir de la polémique soulevée par Barry Malone sur la chaîne Al Jazeera visant à substituer au terme générique de migrants celui de réfugiés, « plus approprié pour nommer des personnes qui fuient la guerre et arrivent en masse en Europe », Cécile Canut propose une traversée des transformations et reformulations des mots utilisés pour qualifier la migration qui mettent à jour le durcissement des positions et les soubassements des choix politiques à l’œuvre, lesquels barrent toujours plus l’accès à la complexité des subjectivités individuelles, des trajectoires et de leurs causes pour construire des catégories d’êtres humains homogènes déterminées par « le même ». Nommer c’est toujours faire exister rappelle-t-elle, d’où l’importance de cette attention à la bataille des mots et aux questionnements profonds qu’ils ouvrent.

      Le 20 août 2015, la chaîne Al Jazeera, par le biais d’un de ses collaborateurs, Barry Malone, lançait une petite bombe médiatico-communicationnelle en publiant sur son blog un article intitulé « Why Al Jazeera will not say Mediterranean “migrants” ? », article mis en mots et en images le lendemain, à travers un débat télévisuel proposé par la même chaîne : « Migrants or refugees ? Thousands fleeing conflict in desperation have been undermined by language used by the media to describe their plight » [1]. Ce texte, tweeté et retweeté, a circulé sur les réseaux sociaux avant de faire une entrée fracassante dans les espaces médiatiques européens les jours qui ont suivi, suscitant de multiples débats jusqu’au début du mois de septembre.

      La polémique visait à substituer au terme générique de « migrants » celui de « réfugiés », plus « approprié » pour nommer des personnes qui fuient la guerre et arrivent en masse en Europe. L’accusation portée contre les gouvernements européens, le parti pris affiché pour les réfugiés et la dimension prescriptive impliquée par la décision du directeur des informations d’Al Jazeera de ne plus utiliser le terme « migrants », ont non seulement engagé une querelle nommée « sémantique » mais ont surtout eu un effet performatif immédiat : tous les médias ou presque ont modifié leurs pratiques langagières en privilégiant le terme « réfugiés ». Contrairement à d’autres, cette polémique ne s’est donc pas limitée à une querelle byzantine au sein du microcosme médiatique.
      Un soudain souci de « sémantique »

      Cet événement de parole est tout d’abord le révélateur d’un questionnement profond sur le processus de catégorisation des êtres humains dans nos sociétés, questionnement qui s’inscrit dans une longue histoire du sens, et dont bien des auteurs ont rendu compte, depuis les penseurs grecs jusqu’aux plus récents philosophes. Le langage n’est pas le filtre transparent d’un réel immédiat, les mots et les énoncés cristallisent bien au contraire un ensemble de connotations, de positionnements subjectifs et d’orientations sociales et politiques dont les locuteurs sont toujours responsables, même lorsque qu’à leur insu ils reprennent les significations et les catégorisations imposées par d’autres, ce que l’on attribue en analyse du discours à l’interdiscours ou encore au dialogisme [2]. Si le coup de force d’Al Jazeera a été de rappeler cette évidence au grand public, sa décision de ne plus employer le terme « migrants » renvoie pourtant à une approche supposée objective du langage : l’argument central de la démonstration de Barry Malone repose en effet sur l’idée que le terme « réfugiés » est mieux en rapport avec le réel ; il est plus juste en ce qu’il rend compte de ce que vivent des millions de personnes fuyant la guerre : des personnes demandant refuge et devant être traitées comme des victimes. En imposant un des sens du terme « réfugiés », ou plus exactement en revenant à une signification oblitérée en Europe, la chaîne vient contrer un autre sens, celui-ci plus récent et plus restrictif, issu de la Convention de Genève (1951), elle-même ratifiée par cent-quarante-cinq états membres des Nations unies, et visant à définir le « réfugié » non seulement en considération de son état de victime de régimes politiques, mais en vertu d’un statut obtenu suite à une « demande d’asile ».

      Si la définition est valable dans les deux cas, la condition pour acquérir le statut de réfugié est d’apporter la preuve de ces persécutions ou menaces par le biais d’une demande administrative très souvent longue et laborieuse. Ainsi que le rappelle Karen Akoka [3], le passage d’une approche collective visant la situation politique des États jusqu’aux années 1970, à une mise en cause individuelle de ceux que l’on va alors nommer les « demandeurs d’asile », montre à quel point le lien permanent aux conditions politiques de gestion de la migration, c’est-à-dire à sa mise en œuvre pratique, par l’Ofpra notamment, conduit sans cesse à de nouvelles catégories et de nouvelles définitions de ces mêmes catégories.

      Al Jazeera s’engage ainsi de manière frontale dans la lutte des significations, et par conséquent dans la lutte politique des questions migratoires européennes ; par le biais de cette injonction, elle rappelle à l’Europe ses obligations : celles d’accueillir toute personne persécutée sans conditions mises à cette humanité. La fin de l’article de Barry Malone indique que ce choix est bien évidemment lui-même orienté, puisqu’il a pour but de défendre et de parler au nom de ces personnes démunies, notamment dénuées du pouvoir de dire qui elles sont et ce qu’elles font, c’est-à-dire privées d’un vrai pouvoir de parole : At this network, we try hard through our journalism to be the voice of those people in our world who, for whatever reason, find themselves without one. Migrant is a word that strips suffering people of voice. Substituting refugee for it is — in the smallest way — an attempt to give some back [4]. Redonner une voix aux sans-voix, telle est l’ambition affichée.

      En cette fin d’été 2015, un léger vent de panique s’est répandu sur les médias français. Quel mot utiliser ? Comment se positionner face à cette décision partout adoptée au prétexte de sa bienveillance vis-à-vis des victimes de la guerre ? Les journalistes français entraînés malgré eux dans le débat se sont tournés immédiatement vers les chercheurs susceptibles, en tant qu’experts supposés, de détenir la clé du problème. Sans délai, les principaux quotidiens de l’Hexagone ont donc pris part aux débats par le biais d’articles donnant largement la parole auxdits spécialistes. Toutefois, les problèmes « sémantiques » étaient loin de se régler, ils se compliquaient même, cette polémique mettant finalement en cause les pratiques des chercheurs. Ainsi, un jeune journaliste du Nouvel Observateur, après une série de questions sur les mots de la migration, en est venu à la question qu’il brûlait de me poser : quel est le mot qu’il faut utiliser ? Autrement dit : quel est le meilleur mot ? Alors que toute utilisation d’un terme dépend de son contexte, des interlocuteurs en présence, de ses conditions de production sociale, politique voire subjective, la réponse à une telle question est bien entendu impossible. Pour autant, le journaliste ne renonçait pas à cet impératif en intitulant son article : « Doit-on les appeler “migrants” ou “réfugiés” ? ». L’injonction à une supposée fidélité à la vérité objective persistait même si, au cours du texte, la fluctuation des significations et l’instrumentalisation politique des catégories étaient évoquées.

      Au-delà de cet épisode médiatique, dont on aura pu observer les soubresauts ici ou là au cours de l’année 2015 et encore en ce début 2016, il importe ici de revenir sur la circulation des significations données par les uns et les autres, à différents niveaux d’instances de parole, afin de comprendre comment se reconstruit à un moment donné l’hétérogénéité du sens et de ses interprétations. La question n’est pas seulement de savoir pourquoi le terme « réfugié » s’est imposé dans les discours médiatiques, en parallèle ou au détriment du terme « migrants », mais de comprendre ce que font les locuteurs (quels qu’ils soient : politiques, journalistes, chercheurs ou simples citoyens) quand ils commentent leurs mots et leurs discours pour, notamment, justifier leurs pratiques. Dans le cadre de la politique migratoire européenne en particulier, que font les locuteurs quand ils choisissent de discourir sur les catégories de migrants, réfugiés, exilés, sans-papiers, clandestins, etc. ? Pourquoi cet empressement à choisir un seul terme englobant qui viendrait dire un réel bien complexe ou au contraire en exclure d’autres trop embarrassants ?

      Au bout de cette traversée des transformations et reformulations, de la migration, il convient d’observer que l’ensemble de ces débats a finalement entériné une opposition politique déjà à l’œuvre depuis bien longtemps [5], mais qui s’exporte dans les média au début de l’année 2015 entre « migrants économiques » et « réfugiés politiques », les premiers rejetés automatiquement de l’espace Schengen, les autres finalement accueillis en Europe (au moins durant l’année 2015).

      Rappelons tout d’abord que le mot « réfugiés » a désigné au départ les protestants chassés de France après la révocation de l’édit de Nantes. Toutefois, le terme de plus en plus controversé au XIXe siècle a pris de l’ampleur au début du XXe siècle alors que les conflits austro-prussiens jetaient des milliers de civils sur les routes, particulièrement les populations juives de l’Est. Poussés par le marasme économique, les pogroms et les discriminations subis ensuite en Russie, 2,5 millions de Juifs s’exilèrent à l’Ouest, jusqu’aux heures sombres d’une Europe voyant Juifs et Tsiganes fuir le nazisme dès les années 1930 non seulement vers l’Europe mais vers le continent américain. La politisation de la question des réfugiés s’est élaborée après la guerre au niveau international, par le biais des Nations unies, avec notamment la Convention de Genève en 1951 qui fixe alors institutionnellement le sens du terme « réfugié ».

      Si pendant les années d’après-guerre, la France a accueilli des Espagnols, des Italiens, des Polonais, des Portugais, si elle est même allée chercher des travailleurs dans ses anciennes colonies pour des raisons économiques, la catégorisation visant à dissocier ces derniers des travailleurs français a commencé autour des années 1970. La cristallisation de ce changement politique a pris forme avec l’utilisation d’un terme nouveau : « immigrés ». Faisant référence dans un premier temps au champ du travail (« travailleurs immigrés [6] »), ce terme s’est imposé dans les débats publics, politiques, juridiques et médiatiques afin de dissocier l’ensemble homogénéisé des « immigrés » et celui des « étrangers » puis des « Français de souche », expression importée de l’extrême droite [7] dès la fin des années 1970. La politique migratoire, à partir des années 1980, a opéré une différenciation entre les critères de définition : alors que la notion d’« étranger » est juridique, celle d’« immigré » renvoie à une entité socio-culturelle qui aboutit progressivement à une ethnicisation des étrangers venus du Maghreb et d’Afrique en général. Bien souvent de nationalité française, « l’immigré » fait l’objet de discours et de mesures spécifiques de par son origine questionnant de fait son appartenance réelle à la France. Dès 1986, la modification législative de l’entrée de séjour par le ministère de l’Intérieur a engagé cette nouvelle catégorie dans le champ policier. Suspectés, les « immigrés » ont dès lors constitué une catégorie générique appréhendée comme douteuse pour la nation, ce que les termes « clandestins » ou « illégaux » sont venus renforcer.

      Il n’est plus possible d’envisager les individus dans leur devenir, selon leurs trajectoires et leurs subjectivités, et encore moins selon une approche sociale telle qu’elle existait jusqu’alors dans les milieux professionnels.

      Parallèlement à ce glissement des critères, les travailleurs concernés ont vu leur demande de régularisation entravée. Dans les années 1972-1973, ils ont commencé à se mobiliser en se nommant eux-mêmes « travailleurs sans-papiers ». Cette expression est apparue lors des premières protestations aux circulaires Marcelin-Fontanet (1972) qui mettaient fin aux régularisations automatiques. Véritable « label militant », cette dénomination s’est opposée à la catégorie « travailleurs immigrés », faisant référence à l’ensemble des étrangers, impliquant même les déboutés du droit d’asile. Du côté des médias, des marqueurs identitaires (couleurs de la peau, origine géographique, religion, culture…) ont de plus en plus déterminé les catégorisations légitimées par les discours politiques du Front national, repris à droite puis à gauche (« clandestins », « immigrés illégaux », « Arabes », « Maghrébins », « Africains », « musulmans ») et ont constitué un facteur de sélection des candidats à l’immigration : les visas d’entrée ont dès lors été distribués de manière variable selon les pays concernés de sorte qu’en France, comme dans l’ensemble de l’Europe, on en vienne à une prise en charge de cette question par les ministères de l’Intérieur et de la Justice au détriment des ministères des Affaires sociales ou de l’Emploi, et que soit attesté un changement de régime discursif et de pratiques politiques. Au-delà de l’essentialisation des étrangers, assignés à leur différence — ce que les expressions « deuxième génération », « troisième génération », etc. font perdurer —, le processus d’homogénéisation par le biais de ces catégories est croissant : il n’est plus possible d’envisager les individus dans leur devenir, selon leurs trajectoires et leurs subjectivités, et encore moins selon une approche sociale telle qu’elle existait jusqu’alors dans les milieux professionnels. Au contraire, il s’agit de lui substituer des catégories de pensée visant à construire des groupes homogènes uniquement déterminés par le même, une origine ethnique et un héritage culturel, pour toute identité. Ce nouvel ordre du discours assure en fait un régime d’existence uniquement fondé sur l’appartenance, valable pour tous (« Français de souche », « Français d’ailleurs », « immigrés », « clandestins », etc.), associé à une série d’euphémisations : « gens venus d’ailleurs », « gens d’origine étrangère », « gens d’autres cultures »… On bascule ainsi d’une appréhension des citoyens, définis en fonction de leur appartenance à un régime de droits, à une stigmatisation fondée sur des critères d’appartenance telle que définie par le pays dit « d’accueil ». Qu’ils soient Français ou non importe peu : ils ne le seront jamais vraiment.

      L’année 1996 a vu naître le rapport parlementaire sur « l’immigration clandestine » qui s’est concrétisé en octobre par le projet de loi « Jean-Louis Debré » imposant notamment les certificats d’hébergement. Puis le durcissement des lois a abouti, malgré les protestations, à la loi Chevènement définitivement adoptée en mars 1998. Les années 2000, quant à elles, ont infléchi les oppositions en fonction des nécessités économiques du pays selon une logique ultralibérale : en parallèle à la construction des centres de rétention et à la multiplication des reconduites à la frontière, le gouvernement Sarkozy a engagé de manière explicite une action de tri des populations pour favoriser ce qu’il a cru bon de nommer une « immigration choisie » supposément réparatrice des torts de l’« immigration subie ». Il ne s’est plus agi d’accueillir des personnes désireuses de venir en France mais d’endiguer les « flux migratoires à la source », par le biais d’un ensemble de mesures dissuasives de surveillance aux frontières de l’Europe. Le tout-puissant dispositif géré par Frontex — agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne — s’est doté d’un nombre considérable de nouvelles expressions (« contrôle de l’immigration illégale », « force de réaction rapide [RABITs] », « directive de retour », « centre de rétention », etc.) et de nouveaux outils de contrôle et de coercition (Eurosur, Eurodac, Système d’Information Schengen [SIS], Visa Information System [VIS], Système d’entrée-sortie, European Initiative on Integrates Return Management [EURINT], etc.).

      C’est dans ce contexte socio-discursif rapidement tracé que l’arrivée de Syriens, d’Irakiens et d’Afghans, mais aussi d’Érythréens et de Soudanais en grand nombre constitue pour les gouvernants une « crise migratoire ». Ajoutés à tous ceux qui, bloqués aux frontières, attendent souvent depuis longtemps l’entrée dans la « forteresse Europe », ces derniers font l’objet de violences et de réactions de rejet avant d’être finalement acceptés. Pour Al Jazeera comme pour le HCR (Haut Comité aux Réfugiés), il importe alors de faire une distinction entre ces futurs demandeurs d’asile, fuyant la guerre et les persécutions, et les « immigrés économiques ».
      La politique des catégories performatives

      La nécessité de questionner les mots pour comprendre les réalités migratoires ne date pas de l’été 2015. La supposée alternative entre « migrants » et « réfugiés » s’est pourtant progressivement constituée comme sujet de débat avec l’arrivée des personnes fuyant la guerre par la « route des Balkans ». Ainsi, France Info s’interrogeait dès le 29 mai 2015 : « Migrants ou réfugiés : où est la frontière ? ». Carine Fouteau, spécialisée dans les questions migratoires à Mediapart, faisait paraître le 12 août 2015 un article intitulé « Réfugiés, intrusion, hotspots : le nouveau lexique des migrations ». En rappelant qu’aucun mot n’est neutre mais toujours investi « de significations singulières liées au contexte actuel », la journaliste mettait en garde quant au poids des médias et des politiques dans le façonnage et les représentations des opinions publiques. Elle faisait état de ce qui devient un enjeu politique majeur, le changement de connotation pris par le terme « migrants », longtemps utilisé par les chercheurs comme un terme « générique », englobant (« tout individu se déplaçant d’un lieu à un autre »), devenu un moyen pour « disqualifier les personnes ne relevant a priori pas de l’asile ». En accentuant cette opposition, les responsables politiques mettent ainsi en compétition les demandeurs d’asile et les « migrants économiques », ces derniers « perçus comme indésirables » étant « destinés à être renvoyés dans leur pays d’origine ». Une constellation de termes négatifs (« intrusion », « effraction », « flux », « vagues », « flots de migration », « traite », « passeurs », « trafiquants », « mafieux ») décrivent les migrants qui deviennent alors l’objet d’une gestion managériale (« points de fixation », « hot spots », « clef de répartition », « quotas », « centres de tri », « centres d’attente »…) performant une logique de sélection. Il s’agit de mettre en œuvre le partage engagé aux frontières tel qu’annoncé dès le 17 juin par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, au conseil des ministres.

      La polémique lancée par Al Jazeera, si elle prend acte de la charge « péjorative » attribuée au terme « migrants » devenu synonyme de « nuisance », ne dénonce pas cette logique de tri déjà en place aux frontières. Le texte semble même s’en accommoder : Barry Malone cite les nationalités (Afghans, Syriens, Irakiens, Libyens, Érythréens, Somaliens) pour lesquelles il faut utiliser « réfugiés » afin de ne pas les confondre avec des « migrants économiques ». S’il ne dit rien des autres nationalités, les « migrants économiques », il entérine une distinction que personne ne va plus questionner, excepté quelques chercheurs.

      L’emballement compassionnel qui s’est emparé de tous les médias et réseaux sociaux au cours de l’été 2015 et plus particulièrement début septembre lors de la diffusion de la photo du petit Alan Kurdi, explique en partie l’adoption du terme « réfugiés » contre celui de « migrants ». Il s’est agi dans un premier temps de s’opposer aux discours « de haine » prononcés en Europe, notamment par le ministre anglais des Affaires étrangères Philip Hammond ou David Cameron lui-même [8], et des pratiques de violence à l’égard des personnes dans les Balkans. C’est contre les « discours infamants » et une politique européenne inhumaine que s’insurgent alors les journalistes d’Al Jazeera ainsi qu’ils le décrivent dans la présentation de l’émission du 21 août 2015.

      Au-delà de l’empathie suscitée par cette accusation, le découpage implicite entre les « bons » et les « mauvais » arrivants et la possibilité de chasser les uns (plus noirs, peu qualifiés…) au profit des autres (plus blancs, plus compétitifs…) se sont révélés efficaces pour entériner la politique du tri déjà effective : il suffisait donc de mettre les mots sur les choses, de nommer plus clairement ce qui existait pour le rendre acceptable, et pourquoi pas souhaitable.

      Des journaux comme Le Monde [9], Le Figaro ou Libération, des radios comme France Culture ou Europe 1 se sont focalisés sur les usages linguistiques, certains rappelant la difficulté de diluer le sens juridique de « réfugiés », d’autres insistant sur le sens péjoratif du participe présent « migrant » réduisant les personnes « à une errance ». Sollicités, les spécialistes des questions migratoires ont été parfois bien ennuyés puisqu’ils utilisent, comme les militants, le terme « migrants » depuis longtemps dans leurs travaux [10]. L’injonction à n’utiliser qu’un seul terme a toutefois été remise en cause par Claire Rodier rappelant que le terme « migrants » s’était imposé pour éviter de hiérarchiser les « exilés », afin de ne pas enfermer « les gens dans des cases ». Plus encore, Danièle Lochak a mis en garde : « Nous avons toujours refusé de les distinguer. »

      Les nuances apportées par les chercheurs n’y ont rien fait, la préconisation d’Al Jazeera a été relayée par Libération (« Ne plus dire migrants mais réfugiés [11] ») comme par Le Figaro. Ce dernier est même allé plus loin en criminalisant les « migrants » par le biais d’une réorientation du débat : « Réfugiés ou clandestins », éditorial d’Yves Thréard. L’objectif était bien clair : « La générosité envers les réfugiés politiques n’est concevable que si la plus grande fermeté est opposée aux clandestins économiques », énoncé repris par France 24. Chez chacun, la multiplicité des usages des « termes imparfaits » est symptomatique d’une recherche d’objectivité visant à contourner les partis pris idéologiques déterminant les choix. La plupart de ces glossaires s’appuient en fait sur la Charte de Rome, document élaboré par la Fédération internationale des journalistes avec le HCR, dans lequel les définitions sont orientées vers une valorisation des « réfugiés ». Les « migrants » y sont systématiquement appréhendés par la négative : « des personnes qui se déplacent pour des motifs qui ne sont pas inclus dans la définition légale de ce qu’est un réfugié », ou qui « choisissent de s’en aller non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail… » « Point de vue du HCR : “réfugié” ou “migrant” ? Quel est le mot juste ? », l’organisme hiérarchise définitivement l’opposition entre les arrivants, et use de son statut d’organisation internationale pour infléchir les catégories de pensée. Le poids de ce discours dans l’espace politique et médiatique est sans précédent, ce que les chercheurs Jurgen Carling [12] et Judith Vonberg [13] dénoncent avec virulence, tout comme Olivier Adam s’insurge contre le « tri sélectif » qui entraîne une « diabolisation mécanique » des migrants. L’opposition ainsi tracée entre deux catégories qui regroupent grosso modo les Syriens, Irakiens et Afghans d’un côté et les Africains de l’autre, n’est donc pas sans liens avec l’élaboration des politiques migratoires et son imposition dans l’espace social. Ce débat sémantique occulte au fond un partage entre les êtres humains qui ne comptent pour rien, les « sans-part » (Rancière) : ceux qui peuvent encore prétendre à la vie parce qu’ils sont bons à recycler dans les économies du capitalisme tardif, et ceux dont la mort n’importe décidément plus, et que l’on n’hésite pas à abandonner au sort funeste qui est le leur aux portes de l’Europe, selon une logique du tri [14] devenue impitoyable.
      Façonner les esprits, diriger les conduites

      Tout au long de cette bataille pour les mots, jamais la parole n’est donnée aux exilés/migrants/demandeurs d’asiles eux-mêmes, qui peuvent dans certains cas préférer d’autres termes, comme « exilés », « voyageurs » ou « aventuriers [15] ». Au contraire, le monopole de la nomination est toujours assuré par ceux qui détiennent le monopole de la domination institutionnelle et médiatique et parlent au nom des autres.

      La réalité vécue est toujours très complexe, et il n’existe aucune possibilité de différencier les personnes en fonction d’un critère unique : « C’est toujours un ensemble de choses qui poussent les gens à partir sur la route. »

      Les rhétoriques affichées comme objectives, et élaborées sur des oppositions binaires, dissimulent habilement des partis pris politiques dont les effets sur les intéressés sont d’une rare efficacité. La définition sur le modèle du dictionnaire supposé neutre est une des formes de dissimulation privilégiée. Toutefois, plus que d’espérer, comme le souhaite Jørgen Carling, que le terme « migrants » puisse encore faire office de terme générique englobant, ce qui supposerait de sortir le langage des relations de pouvoir, il convient plutôt de suivre attentivement les méandres des significations et resignifications des énoncés en fonction des instances énonciatrices afin de comprendre les enjeux politiques qui innervent nos sociétés. Aucun mot ne viendra dire le réel, construit justement par les discours : nommer c’est toujours faire exister, dire c’est toujours faire. En ce sens, la moralisation qui s’instaure actuellement dans l’appréhension des personnes arrivant en Europe est symptomatique d’un changement de conception mais reste tributaire des exigences utilitaristes de l’économie libérale. Comme le rappelle Virginie Guiraudon, « rien ne dit qu’un jour prochain les indésirables soient les réfugiés, et les migrants économiques les étrangers “utiles”. C’est donc bien le débat qui est mal posé, puisque pour le patronat allemand par exemple, « les réfugiés actuels sont une chance pour l’économie allemande [et] pour qui le mot-valise “réfugié économique” signifie force de travail motivée et à forte valeur ajoutée » [16].

      La réalité vécue est toujours très complexe, et il n’existe aucune possibilité de différencier les personnes en fonction d’un critère unique : « C’est toujours un ensemble de choses qui poussent les gens à partir sur la route [17]. » À rebours de cette exigence, les médias et les politiques n’envisagent nullement de restituer cette complexité : les catégories visent au contraire à orienter la lecture de ce qui est en train d’arriver, à donner à interpréter selon des grilles, des angles de vue, des perspectives. La bataille n’est pas sémantique au sens où des définitions existeraient en dehors des enjeux politiques et sociaux : c’est une bataille discursive où le discours s’élabore selon un certain « ordre » (Foucault). Faire la généalogie de ces discours est le seul moyen de comprendre comment le sens fait advenir le réel, alors qu’il le construit socialement et politiquement. Il ne s’agit donc ni de langue, ni de linguistique et encore moins de définition de dictionnaire : il s’agit de lieux et de moments de parole qui entrent en lutte les uns avec les autres. C’est ainsi que, concernant cette séquence médiatique, le HCR a clairement imposé son point de vue au détriment par exemple de la définition générique des Nations unies.

      Si les personnes qui arrivent en France ne sont ni des réfugiés, ni des migrants, puisque chaque situation est spécifique, les catégories réifiées et binaires ne nous sont d’aucun secours. Choisir les mots pertinents en fonction des situations, des devenirs, des histoires de vie, des trajectoires, des subjectivités relève toutefois de la gageure. L’historicisation de ces phénomènes devient alors primordiale afin de reconstituer les interdiscours. Si, en 1905, l’Angleterre adoptait les Aliens Acts instituant déjà la différence entre « réfugiés politiques » et « migrants économiques », les derniers glossaires institutionnels des mots de la migration sont actuellement en train d’escamoter le terme « intégration ». Ainsi, alors que la mise en catégorie des étrangers est une vieille histoire européenne, il semble aujourd’hui que l’impératif de réciprocité et le souci d’hospitalité, malgré tout présents dans le projet d’intégration, soient même portés à s’effacer de nos pratiques sociales : sombre présage qui ferait d’un étranger un individu ayant vocation à s’identifier, à s’oublier… ou bien à disparaître.

      https://vacarme.org/article2901.html



  • #Architecture et #patrimoine des #frontières. Entre identités nationales et #héritage partagé

    La destruction du mur de Berlin (1989), la fin de la guerre froide ainsi que la mise en place des accords de Schengen (entrés en vigueur à partir de 1995) ont conduit à un effacement progressif des frontières en Europe. Alors que certains postes douaniers disparaissaient, d’autres trouvaient de nouveaux usages, à l’instar de celui de Lauterbourg (Bas-Rhin), transformé en restaurant. Dans le même temps, on assiste dans le courant des années 1990 à une multiplication des recherches portant sur la frontière, aboutissant à l’affirmation d’un nouveau champ : les border studies1. Certes, on peut y voir la traduction du principe même de la patrimonialisation, qui tend à s’intéresser à un objet quand celui-ci est moribond, mais également l’ambiguïté de la notion même de frontière, entre coupure et couture, soulignée dès l’entre-deux-guerres par Lucien Febvre2. Dès lors, la frontière-porte s’efface progressivement au profit de l’espace frontalier, territoire perméable où l’autre se dévoile. De nombreuses expositions dédiées aux migrations, dès les années 1980 pour les plus novatrices3, ont abordé la question de la frontière et de son franchissement. Comme celle récemment présentée au Musée lorrain de Nancy4, elles permettaient d’écrire une histoire commune où l’ici et l’ailleurs se conjuguent. Ce fut aussi le cas de l’exposition « Frontières », présentée en 2015 au musée national de l’Histoire de l’immigration5. Ainsi que le rappelle Thomas Serrier6, la sculpture Borne-frontière de Constantin Brancusi y accueillait le visiteur par ses deux figures atemporelles scellées dans un éternel baiser. Œuvre et exposition manifestes, faisant de la frontière un espace de tolérance et d’amour de l’autre ?

    3C’est en effet dans un contexte sensiblement différent que s’inscrit le regard que nous portons depuis les années 2000 sur la question frontalière. La montée des enjeux liés à la mondialisation et à la dématérialisation des échanges, la menace terroriste et les questions migratoires posent de manière on ne peut plus aiguë la notion de frontière. Celle-ci devient à nouveau nécessaire, rassurante, structurante7. Matérialisée par la mer, la construction d’un mur ou des camps de réfugiés, elle devient aussi le signe de l’impuissance des politiques face à un phénomène d’une ampleur sans précédent quand elle ne traduit pas le cynisme de certains hommes d’État.


    https://journals.openedition.org/insitu
    #identité #revue #frontière

    Articles :

    Alain Bottaro
    Le patrimoine monumental du comté de Nice entre France et Piémont, d’une #histoire nationale à l’autre 1830-1930 [Texte intégral]
    Between France and Piedmont, the monuments of the County of Nice between national histories, 1830-1930

    Lucie Abdul-Lévêque
    À la frontière entre la #France et l’#Espagne : la création d’une #architecture_nationale catalane. Étude des écrits du critique et historien d’art #Raimon_Casellas (1901-1905) [Texte intégral]
    At the border between France and Spain : the creation of a Catalan national architecture. A study of the writings of the art critic and historian Raimon Casellas (1901-1905)

    #Patrimonialisation de la frontière

    Jean-Pierre Legendre
    Les #vestiges d’une frontière oubliée : Le #Vallo_Alpino dans les #Alpes_françaises [Texte intégral]
    Remains of a forgotten frontier, the Vallo Alpino in the French Alps

    Philippe Hanus
    Les secrets d’une frontière, à #Modane et dans les Alpes franco-italiennes, de 1860 à nos jours. Traces, patrimoines et mémoires [Texte intégral]
    The secrets of a frontier, at Modane and in the Franco-Italian Alps, from 1860 to the present day ; traces, heritage and memory

    Marie-Laure Loizeau et Jean-Luc Leleu
    Quand tombe la frontière… Appropriation mémorielle et processus de patrimonialisation du « #mur_de_l’Atlantique » en #Basse-Normandie [Texte intégral]
    When the frontier falls… The Atlantic Wall in the Basse-Normandy region, appropriation by the collective memory and recognition as heritage

    Eva Mendgen
    #Mémoire architecturale au miroir de la France et de l’#Allemagne. L’ancienne #ambassade de France en #Sarre 1945 – 1955 / 2018 [Texte intégral]
    The former French Embassy in Saarbrücken, Saarland, a bridge to Europe, 1945-1955

    Hélène Braeuner
    À la frontière de l’#Égypte : les représentations du #canal_de_Suez [Texte intégral]
    At the frontier of Egypt, representations of the Suez canal

    La #matérialisation de la frontière

    Benoît Vaillot
    Un #monument sur la frontière : commémorer la guerre de 1870 à Mars-la-Tour (1871-1914) [Texte intégral]
    A monument on the border, commemorating the Franco-Prussian war at Mars-la-Tour (1871-1914)

    Xiyan Wang
    Une frontière ouverte à tous les vents : la construction de l’identité collective de l’île de #Kinmen [Texte intégral]
    A frontier open to all the winds ; the construction of the collective identity of the Kinmen island

    Dépassement de la frontière : l’exemple de l’espace alsacien

    Amandine Diener
    Le quartier et la #tour_de_l’Europe à #Mulhouse (1959-2015). Perspectives européennes d’un #patrimoine_transfrontalier [Texte intégral]
    The European quarter and the Tour de l’Europe at Mulhouse, European perspectives on a cross-border heritage (1959-2015)

    Gauthier Bolle
    L’architecture du quartier européen à #Strasbourg depuis 1949 : enjeux locaux d’un développement institutionnel supranational [Texte intégral]
    The architecture of the European quarter in Strasbourg since 1949 ; local issues in a supranational institutional development

    Éric Chenderowsky
    Strasbourg : la frontière à l’œuvre dans la construction du projet urbain des #Deux-Rives [Texte intégral]
    Strasbourg, the frontier in the construction of the Deux-Rives urban project


  • L’Oligarchie Financière Mondiale (Le Saker Francophone)
    https://www.crashdebug.fr/international/15676-l-oligarchie-financiere-mondiale-le-saker-francophone

    Le G-30 : Qui gouverne effectivement l’Europe

    Par Katasonov Valentin Yuryevich − Le 31 janvier 2019 − Source reosh.ru

    Crédit : Global look Press

    Du secret « Groupe des Trente », qui a pris le pouvoir dans l’Union Européenne, pouvoir qui peut devenir encore plus lourd. Et après-demain, l’Europe en tant que civilisation particulière, qui s’est édifiée au cours de nombreux siècles, peut disparaître complètement. Il y a de nombreuses causes et manifestations de ce « déclin de l’Europe » (selon Oswald Spengler). L’une des causes et des manifestations du « déclin » est la perte de la souveraineté de l’Europe. Or personne n’a pris à l’Europe sa souveraineté, elle l’a volontairement rejetée. Ce processus s’est appelé « intégration européenne ».

    Ce processus a débuté par une étape apparemment innocente et (...)


  • Einladung zur gemeinsamen Veranstaltung BDSV und AFCEA Bonn e.V. am 26. März 2019
    https://framadrop.org/r/fehAAZ1v0e#Yl/mjnOeZ6iad5hxd4E3hmOmLbPi+EHrUzIntszZSKc=

    Si vous vous trouvez à Berlin et si vous vous intéressez à la coopération entre la recherche militaire et civile cet événement est pour vous. A noter : la participation de Markus Richter, le chef de l’administration fédérale qui gère les réfugiés.

    Der Bundesverband der Deutschen Sicherheits- und
    Verteidigungsindustrie e.V. – BDSV und die AFCEA Bonn e.V.
    laden ein zum

    Konvent zur Digitalen Konvergenz in der
    Sicherheits- und Verteidigungsindustrie

    am Mittwoch den 26. März 2019, ab 10:00 Uhr
    im Sheraton Berlin Grand Esplanade, Lützowufer 15, 10785 Berlin.

    Als Redner werden unter anderem erwartet:
    – Dr. Andreas Könen
    Abteilung IT- und Cybersicherheit, sichere Informationstechnik im
    Bundesministerium des Innern (BMI)
    – Dr. Markus Richter
    Bundesamt für Flüchtlinge und Migration (BAMF)
    – Brigadegeneral Michael Färber
    Abteilung Cyber/Informationstechnik (CIT) im Bundesministerium
    der Verteidigung (BMVg)

    Bundesverband der Deutschen Sicherheits- und Verteidigungsindustrie e.V. - BDSV - EN
    https://www.bdsv.eu

    The BDSV was founded in September 2009 and started its operations in January 2010. Its membership comprises of 221 companies (including subsidiaries). The German Security and Defence Industry (SDI) consists of major globally operating companies as well as highly innovative SMEs. All member companies are privately held and profit-oriented. The BDSV itself is member of the Federation of German Industries (BDI), the AeroSpace and Defence Industries Association of Europe (ASD) and the NATO Industrial Advisory Group (NIAG).

    The member companies of the BDSV are highly qualified suppliers and partners of the German Armed Forces (Bundeswehr) and of the ministries entrusted with responsibilities regarding national security. Our industry is an indispensable part of German security interests and contributes to the protection and security of Germany’s citizens. The member companies of the BDSV are committed to intensify international and European security and defence cooperation. BDSV member companies export defence products and related material solely on the basis of Germany‘s constitution and existing legislation and in accordance with the political priorities as set out by the Federal Government of Germany.

    #Allemagne #Europe #réfugiés #militaires #science #industrie


  • Chèr⋅es ami⋅es, la récente remise sur le tapis du débat antisémitisme/antisionisme, la manif d’aujourd’hui, la loi que certaines personnes voudraient faire… tout cela me remue toujours, et me remémore un très modeste et très petit texte-manifeste que j’avais écrit en août 2014 en plein durant les bombardements sur Gaza. Écrit du point de vue d’une personne de culture juive, extérieur à Israël, donc.

    Je ne l’ai jamais vraiment publié ni donc diffusé. Je n’ai jamais trop su où le mettre, car je ne voulais pas spécialement le publier en mon nom, et j’aurais voulu que ce soit en plusieurs langues dès le départ. Je ne savais pas si je prenais un nom de domaine « juste » pour ça… et donc en devant payer. Au final je l’ai laissé dans un coin. Pourtant depuis 5 ans déjà, c’est possible que ça dise encore quelque chose, et je suis toujours à peu près d’accord avec moi-même.

    – Est-ce que c’est toujours pertinent, intéressant, de publier ça ?
    Si oui…
    – Est-ce que je dois le reformuler pour le rendre encore plus intemporel, ou est-ce que je dois laisser le contexte dans lequel il a été écrit, avec une phrase disant que c’est toujours d’actu quand même ?
    – Où le mettre ? Sur un nom de domaine dédié ? Mais du coup quoi, en français, en anglais ? Ou sur un Github avec un compte anonyme ? Ou Medium, ou autre ?

    Enfin bref, j’en sais rien. Et comme on est plus intelligent à plusieurs, si vous avez des remarques…

    Juif, pas Israélien

    Je suis juif, ou je viens d’une famille de culture juive, mais je ne suis pas Israélien.

    Je vis dans un autre pays quelconque du globe. Ma culture, mon éducation, est liée à l’endroit où j’ai fais ma vie.

    Le gouvernement ou les grands médias de l’endroit où je vis ne condamnent pas fermement, clairement, explicitement, les massacres et les crimes de guerre perpétrés sur la population palestienne. Ils ne demandent aucune sévère sanction contre l’État d’Israël à l’échelle des relations internationales.

    Pire encore, ils affirment que les personnes révoltées par ce qui se passe en Palestine, et notamment à Gaza, sont peu ou prou antisémites.

    Je tiens donc à affirmer que je ne supporte en aucun cas l’État israélien, ni les nombreux citoyens qui approuvent ses actions.

    Je suis contre toute forme de colonisation et d’impérialisme.

    Je condamne tous les discours assimilant ou liant indéfectiblement l’ensemble des juifs à l’État d’Israël, et en particulier ceux des gouvernements et associations qui défendent ou aident cet État.

    Je condamne l’utilisation de tout procédé linguistique ou argumentaire visant à faire croire à un conflit symétrique.

    Lorsque je pense à l’histoire européenne d’une partie de ma famille, je suis révolté lorsque je vois le Mur, les barbelés, les miradors, les humiliations, la ghettoïsation, les bombardements et les meurtres infligés aux Palestiniens.

    Tout ceci ne se fera pas en mon nom.

    Je vous invite, selon vos centres d’intérêts, à lutter politiquement, littérairement, artistiquement ou mystiquement contre ces injustices.

    Août 2014 / #JuifPasIsraélien #JewNotIsraeli

    #juif #Israël #Palestine #notinmyname

    • Cher @rastapopoulos

      Merci pour ce partage

      Et ici, sans doute, le mot « partage » n’est pas galvaudé.

      Ton texte si court soit-il sur un sujet si difficile a de belles qualités. Et on ne peut pas douter, pas une seule seconde, de ses intentions louables. En revanche je dois te dire que je lui préfère une argumentation plus développée qui est celle par exemple de Claude Askolovitch. signalée ici ( https://seenthis.net/messages/747159 )

      Je te donne un seul exemple. Quand tu écris

      Je suis contre toute forme de colonisation et d’impérialisme.

      On ne peut, en quelque sorte, que te donner raison. Singulièrement pour ce qui est de la politique actuelle, et même passée jusqu’à un certain point, d’Israël (je vais revenir sur ce certain point justement). Et de fait les bombardements de Gaza en 2014 ont été l’apogée sans doute de ce qui mérite d’être condamné, et de l’être sans ambiguïté ce dont nos gouvernements successifs se sont tous tenus très éloignés de faire pour des raisons de real politik qui les regardent mais dont ils devraient se demander aujourd’hui si justement le peu de représentativité de cette real politik forcenée n’est pas en train justement de leur exploser à la figure.

      Et je suis à peu près certain que tu dois être favorable, de ce que je sais de toi au travers de ce que je lis dans tes signalements et autres participations dans seenthis, à une solution dite à deux états. Et pour cela on pourrait te demander de te pencher sur toutes les cartes particulièrement nombreuses dans le temps du « partage » (le mot est mal choisi, je le fais exprès) des territoires entre ceux palestiniens et ceux israéliens. Or quelle que soit la carte, si reculée soit-elle dans le temps jusqu’en 1948, que tu choisiras, elle sera déjà celle d’une colonisation.

      Et je présume que je n’ai pas besoin de te rappeler que de 1945 à 1948, les Juifs d’Europe ayant survécu à la destruction n’avaient d’une part plus où que ces soit où aller et que le camp des vainqueurs n’a pas assumé sa responsabilité de libérateur des camps, côté Russe, n’en parlons pas, mais du côté de la Grande Bretagne et des Etats-Unis, les quotas pour accueillir les survivants étaient ridiculement bas, le sionisme alors était une question de survie. Avec toute l’hypocrisie qui la caractérise la Grande Bretagne a réglé le problème en abandonnant sa colonie palestinienne, ce qu’elle aurait sans doute pas fait si la même colonie avait eu certaines richesses à faire valoir.

      Le sionisme contemporain, singulièrement sa pratique coloniale dans les territoires occupés et au delà d’eux est abject et devrait oui, être viscéralement condamné, ce qui ne se produira jamais en Occident puisque nos pays sont englués à la fois dans des logiques et real politik et une mauvaise conscience qui n’est pas prête de s’éteindre, même avec les derniers et dernières survivantes de la destruction des Juifs d’Europe.

      Que les députés de la REM se ridiculisent et montrent une fois de plus leur manque édifiant de profondeur à la fois politique et historique est une chose, je tente de me rassurer en me disant que quelques filtres et autres fusibles devraient rendre l’adoption d’une telle loi très compliquée, parce qu’à ce moment-là j’imagine qu’il faudra également légiférer contre tant et tant de stigmatisations. En revanche la question est bien là, les antisémites en France se proclament antisionnistes, non pas qu’ils et elles soient particulièrement sensibles à la souffrance du peuple palestinien mais parce que cela leur permet de contourner l’illégalité de leur antisémitisme pour lequel nul n’a de doute.

      Quant au retentissement de ce qui est en train de devenir l’affaire des injures antisionnistes envers le philosophe Alain Finkielkraut, je suis frappé par le caractère hystérique des réactions d’une part, mais d’autre part aussi je suis étonné par le caractère admirablement artificiel et fabriqué de l’affaire. Je trouve très curieux d’une part que cette confrontation soit advenue fortuitement et quand bien même un tel accident statistique était advenu quelle est la probabilité pour qu’au même moment il y ait à la fois une équipe de télévision sur les lieux et un peloton de CRS pour s’interposer et prendre la défense du philosophe. Enfin quelle est également la probabilité pour que les insultes émanant d’une foule soit aussi respectueuse des limites de la légalité des insultes, « sale sioniste » (qui n’est pas interdit) en lieu et place de « sale juif » (qui est un délit) ?

      Et pour terminer il ne faut évidemment pas tomber dans le piège de dire ou même de sous entendre que Finkielkraut puisse mériter son sort, en revanche il ne me paraît pas injustifié de rappeler utilement que ses propos habituellement rances constituent une provocation continue pour laquelle il y aurait moyen de le poursuivre sans doute, qu’en l’état il bénéficie d’une immunité très douteuse et rappeler la phrase de Brecht à propos de la violence : on s’indigne beaucoup de la violence des crues, on ne parle jamais de celle des berges qui emprisonnent le fleuve dans son lit.

      Amicalement.

      Phil


  • Lettre ouverte à Alain Finkielkraut, par Alain Badiou 18 Avril 2016 - nouvel obs
    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151112.OBS9357/lettre-ouverte-a-alain-finkielkraut-par-alain-badiou.amp

    "Vous vous êtes mis vous-même dans une trappe obscure. Et je crois deviner que vous commencez à comprendre que là où vous êtes, ça sent le moisi, et pire encore."

    Lors des discussions, publiques et publiées, que nous avons eues naguère, je vous avais mis en garde contre le glissement progressif de votre position, et singulièrement de votre crispation identitaire, que je savais être à l’époque sans doute déjà très réactive, mais que je considérais comme loyale et sincère, du côté d’un discours qui deviendrait indiscernable de celui des extrêmes-droite de toujours.

    C’est évidemment le pas que, malgré mes conseils éclairés, vous avez franchi avec le volume « l’Identité malheureuse » et le devenir central, dans votre pensée, du concept proprement néo-nazi d’Etat ethnique . Je n’en ai pas été trop surpris, puisque je vous avais averti de ce péril intérieur, mais, croyez-le, j’en ai été chagrin : je pense toujours en effet que n’importe qui, et donc vous aussi, a la capacité de changer, et – soyons un moment platoniciens – de se tourner vers le Bien.

    Mais vous vous êtes irrésistiblement tourné vers le Mal de notre époque : ne savoir opposer à l’universalité, abstraite et abjecte, du marché mondial capitaliste, que le culte, mortifère dès qu’il prétend avoir une valeur politique quelconque, des identités nationales, voire, dans votre cas, « ethniques », ce qui est pire.

    J’ajoute que votre instrumentation sur ce point de « la question juive » est la forme contemporaine de ce qui conduira les Juifs d’Europe au désastre, si du moins ceux qui, heureusement, résistent en nombre à cette tendance réactive ne parviennent pas à l’enrayer. Je veux dire, la bascule du rôle extraordinaire des Juifs dans toutes les formes de l’universalisme (scientifique, politique, artistique, philosophique…) du côté du culte barbare et sans issue autre que meurtrière d’un Etat colonial. Je vous le dis, comme à tous ceux qui participent à ce culte : c’est vous qui, aujourd’hui, par cette brutale métamorphose d’un sujet-support glorieux de l’universalisme en fétichisme nationaliste, organisez, prenant le honteux relais de l’antisémitisme racialiste, une catastrophe identitaire sinistre. 

    Dans le groupe des intellectuels qui vous accompagnent dans cette vilenie anti-juive, on me traite volontiers d’antisémite. Mais je ne fais que tenir et transformer positivement l’universalisme hérité non seulement d’une immense pléiade de penseurs et de créateurs juifs, mais de centaines de milliers de militants communistes juifs venus des milieux ouvriers et populaires. Et si dénoncer le nationalisme et le colonialisme d’un pays déterminé est « antisémite » quand il s’agit d’Israël, quel nom lui donner quand il s’agit, par exemple, de la France, dont j’ai critiqué bien plus radicalement et continûment, y compris aujourd’hui, les politiques, tant coloniales que réactionnaires, que je ne l’ai fait s’agissant de l’Etat d’Israël ? Direz-vous alors, comme faisaient les colons en Algérie dans les années cinquante, que je suis « l’anti-France » ? Il est vrai que vous semblez apprécier le charme des colons, dès qu’ils sont israéliens.

    Vous vous êtes mis vous-même dans une trappe obscure, une sorte d’anti-universalisme borné et dépourvu de tout avenir autre qu’archi-réactionnaire. Et je crois deviner (je me trompe ?) que vous commencez à comprendre que là où vous êtes, ça sent le moisi, et pire encore. Je me dis que si vous tenez tant à ce que je vienne à l’anniversaire de votre émission (à laquelle j’ai participé quatre fois, du temps où vous étiez encore fréquentable, quoique déjà avec quelques précautions), ou que je participe encore à ladite émission, c’est que cela pourrait vous décoller un peu de votre trou. « Si Badiou, le philosophe platonicien et communiste de service, accepte de venir me voir dans la trappe où je suis » - pensez-vous peut-être - « cela me donnera un peu d’air au regard de ceux, dont le nombre grandit, qui m’accusent de coquetterie en direction du Front National. »

    Voyez-vous, j’ai déjà été critiqué dans ce que vous imaginez être mon camp (une certaine « gauche radicale », qui n’est nullement mon camp, mais passons) pour avoir beaucoup trop dialogué avec vous. Je maintiens, sans hésitation, que j’avais raison de le faire. Mais je dois bien constater, tout simplement, que je n’en ai plus envie. Trop c’est trop, voyez-vous. Je vous abandonne dans votre trou, ou je vous laisse, si vous préférez, avec vos nouveaux « amis ». Ceux qui ont fait le grand succès des pleurs que vous versez sur la fin des « Etats ethniques », qu’ils prennent désormais soin de vous. Mon espoir est que quand vous comprendrez qui ils sont, et où vous êtes, le bon sens, qui, si l’on en croit la philosophie classique, est le propre du sujet humain, vous reviendra.

    Alain Badiou
    #Alain_Finkielkraut #Alain_Badiou


  • Strasbourg à propos du respect du #droit_à_l’avortement en l’Italie : « Les femmes et les médecins qui pratiquent l’avortement sont discriminé.e.s »

    Le Conseil de l’Europe fustige à nouveau le gouvernement italien pour les disparités dans les services offerts en matière d’IGV et demande que des mesures soient prises d’ici octobre 2019.

    Le Conseil de l’Europe a fustigé une nouvelle fois l’Italie en raison des entraves liées à l’application de la loi 194/1978 qui garantit l’avortement légal sous contrôle médical jusqu’à la fin du troisième mois de grossesse. Le rapport met en évidence les nombreuses restrictions d’accès aux soins, les inégalités régionales et les discriminations subies par les femmes comme par les médecins pratiquant l’avortement qui sont exposé.e.s à des actes de harcèlement.

    Le comité européen des droits sociaux de Strasbourg a rendu public ses conclusions suite à des interpellations collectives pour violations de la Charte sociale européenne dans huit États membres de l’Union. Dans le cas de l’Italie, l’interpellation collective de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) et d’autres organisations avait dénoncé l’application insatisfaisante de la loi 194/1978 quarante ans après son entrée en vigueur.

    Déjà en 2014 et en 2016, suite aux recours de la CGIL et d’autres organisations, le Conseil d’Europe avait adressé un avertissement à l’Italie en raison du nombre croissant de médecins « objecteurs de conscience » donc opposés à l’avortement, et de l’absence d’un nombre suffisant de médecins non-objecteurs. Cela rend toujours aussi difficile aux femmes la possibilité d’interrompre une grossesse et les oblige parfois à envisager des solutions comportant des risques pour leur santé, ou de devoir se rendre dans d’autres pays pour pouvoir avorter.

    Pour Strasbourg la situation italienne n’est pas conforme aux règles internationales. Non seulement le droit à la santé des femmes est nié mais il y a aussi de nombreuses discriminations à l’encontre des médecins qui pratiquent l’avortement.

    L’ Europe exige de l’Italie des mesures concrètes d’ici octobre pour supprimer, ou pour le moins réduire, les disparités régionales de fonctionnement des structures publiques à travers une répartition plus homogène de médecins acceptant de pratiquer l’avortement sur le territoire, la lutte contre les discriminations et par la prise en compte du harcèlement subi par le personnel sanitaire. Par ailleurs, il y a quelques jours seulement, dans son intervention annuelle au Parlement, le Ministère de la Santé a rendu public des données plus récentes, navrantes, sur le nombre de personnels de santé refusant de pratiquer ou de participer à un avortement :68,4% des gynécologues ; 45,6% des anesthésistes ; 38,9% parmi le personnel non médical.

    Résumé d’un article de Eleonora Martini paru le 25 janvier 2019 dans le quotidien italien « Il Manifesto ».https://ilmanifesto.it/strasburgo-boccia-litalia-aborto-discriminati-donne-e-medici-non-obietto


    https://cerclelabreche.wordpress.com/2019/02/03/strasbourg-a-propos-du-respect-du-droit-a-lavortement-en-l

    #avortement #IVG #Italie #femmes #droits_des_femmes


  • La casa prima di tutto: nascita e sviluppo dell’approccio ’’#Housing_First''

    Supportare le persone senza dimora, avendo nella casa il punto di partenza e non di arrivo: tre pionieri di questa modalità di intervento hanno raccolto la loro esperienza in un libro, tradotto in italiano da FrancoAngeli

    http://secondowelfare.it/povert-e-inclusione/la-casa-prima-di-tutto-un-nuovo-volume-descrive-la-nascita-e-lo-svilu
    #SDF #sans-abrisme #sans-abri

    #Livre:
    Housing First. Una storia che cambia le storie

    Il volume ripercorre per la prima volta l’intero percorso dell’Housing First (HF), approccio nato negli Stati Uniti nel 1992 volto a combattere la homelessness e utilizzato oggi in numerosissimi altri paesi. Il libro riporta inoltre i risultati di numerosi percorsi di ricerca volti a valutare l’efficacia dell’approccio, nonché diverse testimonianze e storie di persone accolte nei servizi HF.


    https://www.francoangeli.it/Ricerca/Scheda_Libro.aspx?CodiceLibro=1175.1.3

    Traduit de l’anglais:

    Housing First: Ending Homelessness, Transforming Systems, and Changing Lives

    Little more than two decades ago, the “Housing First” (HF) approach pioneered by Pathways to Housing, Inc. was a small but determined challenge to the burgeoning yet ineffective service system for homeless persons. Today, the success of HF has brought about paradigm-shifting systems change not only in the homeless “industry” but in related service systems. Drawing on rigorous research and the hard work of “institutional entrepreneurs,” HF has been adopted both nationally and internationally, presenting an unusual blend of evidence-based practice and consumer choice. As a result, it has changed the conversation away from “housing readiness” and “managing homelessness” to the “right to housing” and “ending homelessness.” This book employs conceptual frameworks drawn from theories of institutional change and innovation, as well as from implementation science, to explore the rise in homelessness in the United States, the “lineages” of responses to the problem, and the subsequent rise of HF. Research on HF has produced consistent findings including rates of housing stability of 75% to 95% when compared with non-HF programs. In addition, qualitative studies describe the profound benefits of having a home as well as the challenges of recovering from a life of adversity. Findings from studies of HF in the United States, Canada, Europe, and Australia have converged on a bottom line: Providing immediate access to an apartment and support services to someone with mental illness and addiction is not only humane but effective. This book traces the origins of HF as a paradigm shift that has transformed homeless services in the United States and abroad.


    http://www.oxfordscholarship.com/view/10.1093/acprof:oso/9780199989805.001.0001/acprof-9780199989805


  • Pourquoi les migrants traversent la #Méditerranée sans #gilets_de_sauvetage ?

    De nombreux lecteurs questionnent la rédaction d’InfoMigrants sur la #sécurité des traversées en mer Méditerranée. Une interrogation revient souvent : pourquoi les migrants, notamment les femmes et les enfants, tentent la traversée sans gilets de sauvetage ? La rédaction fait le point.

    « Pourquoi les migrants montent sur les canots sans gilets de sauvetage ? », « Pourquoi prendre autant de risques sans gilets ? », « Combien coûte un gilet pour ne pas en prendre un avant de partir avec des enfants ? ». Voici en substance quelques messages reçus par InfoMigrants au fil des reportages et témoignages publiés sur le site.

    En effet, la grande majorité des migrants qui tentent de se rendre en Europe depuis les côtes libyennes ne portent pas de gilets de sauvetage. Cette absence de protection a été confirmée auprès d’InfoMigrants par les sauveteurs de l’Aquarius - le navire humanitaire qui portait secours aux migrants en détresse en Méditerranée jusqu’à la fin de l’année 2018.

    En deux ans de mission, entre 2016 et 2018, Anthony, un des membres de l’équipe de sauvetage de l’Aquarius, n’a jamais croisé de canot où tous les occupants étaient équipés d’un gilet de sauvetage. « Au contraire, c’est très rare. Au cours des dizaines de sauvetage auquel j’ai participé, je n’ai même jamais croisé d’enfants qui avaient été correctement sécurisés à bord », explique-t-il. Même son de cloche de la part de Iasonas, un autre sauveteur de l’Aquarius joint par InfoMigrants. « Au cours de mes missions, je n’ai jamais vu d’Africains subsahariens avec des gilets de sauvetage ».

    En haute mer, pourtant, en cas de naufrages, les noyades peuvent être très rapides, surtout sans bouée ni gilet. Une personne peut se noyer en une « quinzaine de minutes », précise Anthony. Voire en 30 secondes, quand on ne sait pas nager, précise l’ONG Sea Watch.

    « Un ‘extra’ qui coûte cher »

    Mais en Libye, un gilet de sauvetage se monnaye cher. Il se négocie en amont de la traversée dans le forfait négocié avec le passeur ou il peut être acheté individuellement. Dans les deux cas, « c’est un ‘extra’ qui coûte cher et beaucoup ne peuvent pas se le permettre financièrement », explique Maurice Stierl, l’un des fondateurs d’Alarm phone, une plateforme téléphonique qui réceptionne les appels de détresse en mer Méditerranée.

    « Beaucoup de migrants n’ont donc pas les moyens d’assurer leur sécurité avant une traversée », ajoute-t-il. Généralement, les prix se monnayent entre 50 euros et 400 euros, à en croire les témoignages recueillis par InfoMigrants. « Ils varient en fonction de la qualité du gilet et du forfait négocié avec les trafiquants », précise Sissoko, un Malien survivant d’un naufrage en 2016.

    « Moi, le passeur m’en a donné un parce que j’étais blessé. Mais je ne sais pas pourquoi il m’a aidé », explique-t-il. Aucun des 129 autres passagers, assis à côté de Sissoko, n’a eu de gilet. « Il n’a rien donné aux enfants. Mais de toute façon, le gilet était trop petit, alors je n’ai pas pu m’en servir », se rappelle-t-il.

    « Demander un gilet, c’est prendre le risque de se faire frapper »

    Dans les rues de Tripoli, aucun magasin ne met en vente des gilets de sauvetage – contrairement à Izmir, par exemple, point de départ de la Turquie vers la Grèce où de nombreux commerces profitent d’un juteux marché et exposent des gilets dans les devantures de leurs boutiques. « Là-bas [à Tripoli], en marchant dans la rue, impossible de trouver des gilets en vente », se rappelle Sissoko.

    De nombreux migrants supplient donc les passeurs quelques minutes avant la traversée. Ils sont pris de panique en voyant les bateaux surchargés et en mauvaise état. « Souvent, les passeurs sur la plage frappent les migrants qui réclament des gilets de sauvetage. Je me rappelle que le jour du départ, un Ivoirien à côté de moi a vu que son canot était légèrement percé et que l’eau rentrait dedans. Il a demandé un gilet, il a dit qu’il ne partirait pas sans ça. Les Libyens l’ont fait descendre et l’ont tabassé. »

    « Ne pas attirer la marine libyenne », explique un passeur

    D’autres migrants racontent que leurs gilets ont été confisqués au moment de monter sur les bateaux. « J’ai payé 300 dinars libyens [60 euros] à un passeur dans Tripoli pour pouvoir me procurer un gilet de sauvetage, mais on me l’a pris quand je suis arrivé sur la plage », confie un ami de Sissoko, un autre survivant de la traversée.

    Selon un passeur basé à Tripoli, cité par un migrant, « un gilet de sauvetage [de couleur orange], ce n’est pas discret. Ça peut attirer la marine libyenne ». De plus, « porter un gilet prend de la place. Or nous devons remplir au maximum les canots », a ajouté le trafiquant.

    Désespérés, certains migrants cherchent à se confectionner eux-mêmes une protection. « Parfois, j’ai sorti de l’eau des personnes qui portaient des chambres à air de vélos ou de voiture autour de la taille… », explique Anthony, l’ancien sauveteur de l’Aquarius.

    Des gilets jamais aux normes

    Reste que même les gilets - qui ne sont pas confisqués - et qui sont utilisés lors des traversées sont particulièrement dangereux. Ils sont de très mauvaise qualité et ne sont presque jamais aux normes, expliquent les ONG. « J’ai vu des migrants porter des vieux gilets qu’on utilisait dans les années 1970 pour le canyoning ou la planche à voile », explique encore Anthony. « A la première vague, avec ces gilets, la personne finit sous l’eau ».

    Au total, plus de 2 250 personnes sont mortes en mer Méditerranée en 2018. Malgré les températures hivernales, les mauvaises conditions météo, des centaines de migrants continuent d’emprunter cette voie maritime pour tenter de rejoindre l’Europe.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/15253/pourquoi-les-migrants-traversent-la-mediterranee-sans-gilets-de-sauvet
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