• « Tu as bien pris son nom ? » lance le douanier à son collègue qui fouille minutieusement mon sac, lit mes RDV ds mon agenda et mes notes. Ils sont remontés, tendus. Je viens de les interroger sur le contrôle au faciès qui s’est déroulé sous mes yeux dans le train vers l’Italie.

    https://twitter.com/msmontfort/status/1315018028724125697

    #contrôles_au_faciès #Italie #frontières #France #gardes-frontière #douaniers #contrôles_d'identité

  • À quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron – très attendue notamment sur le thème des violences policières et du racisme –, nous publions ici la lettre ouverte au président de la République du sociologue Éric Fassin.

    TRIBUNE. Le régime de la peur - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/tribune-le-regime-de-la-peur

    Alors que, partout dans le monde, les mobilisations se multiplient contre le racisme et les violences policières, vous tenez à dire qu’en France « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. » Vous désignez des coupables, mais vous n’avez pas l’honnêteté de les nommer, ni le courage d’assumer vos propos, tenus « en privé »… pour être publiés dans Le Monde.

    Je fais partie de ce petit nombre d’universitaires qui étudient « l’intersectionnalité », concept que vous dénoncez sans rien y comprendre. Mais qu’importe votre ignorance ? Votre mépris du travail universitaire, il nous est familier – à l’heure où vous jugez urgent de relancer la LPPR qui s’emploie à démanteler la recherche par une politique du court terme.

    LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR
    >> LPPR : le monde universitaire se mobilise contre la « privatisation progressive de la recherche »

    Ce qui est inquiétant, c’est que vous reprenez la rhétorique d’extrême droite, relayée par des médias comme Le Point qui a cru bon, par exemple, d’accoler mon nom à ceux d’Éric Zemmour et Alain Soral en tête de « ces idéologues qui poussent à la guerre civile » (sic). L’anti-intellectualisme n’est-il pas au cœur du projet néofasciste aujourd’hui incarné par Jair Bolsonaro au Brésil et Donald Trump aux États-Unis ?

    • Monsieur le Président,

      Alors que, partout dans le monde, les mobilisations se multiplient contre le racisme et les violences policières, vous tenez à dire qu’en France « le #monde_universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. » Vous désignez des coupables, mais vous n’avez pas l’honnêteté de les nommer, ni le courage d’assumer vos propos, tenus « en privé »… pour être publiés dans Le Monde.

      Je fais partie de ce petit nombre d’universitaires qui étudient « l’#intersectionnalité », concept que vous dénoncez sans rien y comprendre. Mais qu’importe votre #ignorance ? Votre #mépris du travail universitaire, il nous est familier – à l’heure où vous jugez urgent de relancer la #LPPR qui s’emploie à démanteler la recherche par une politique du court terme.

      Ce qui est inquiétant, c’est que vous reprenez la #rhétorique d’#extrême_droite, relayée par des médias comme Le Point qui a cru bon, par exemple, d’accoler mon nom à ceux d’#Eric_Zemmour et #Alain_Soral en tête de « ces idéologues qui poussent à la guerre civile » (sic). L’#anti-intellectualisme n’est-il pas au cœur du projet néofasciste aujourd’hui incarné par Jair Bolsonaro au Brésil et Donald Trump aux États-Unis ?

      C’est pourquoi vos propos contre des universitaires sont le révélateur de toute une #logique_politique. Votre refus d’un #savoir_critique participe en effet d’un double #déni. D’une part, vous voulez empêcher que l’on nomme les #violences_policières. Le 7 mars 2019, en pleine crise des gilets jaunes, vous déclariez ainsi : « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. » Pour vous, ce qui est intolérable, ce ne sont pas ces morts, ces yeux crevés, ces mutilations ; c’est le fait de les nommer. D’autre part, vous prétendez être « aveugle à la race », alors que vous l’êtes seulement au #racisme (pour reprendre le titre de mon texte de 2006 dans l’ouvrage que j’ai co-dirigé : De la question sociale à la question raciale ?). Dans un cas comme dans l’autre, vous rejetez le mot pour ne pas reconnaître la chose.

      Or il se trouve qu’aujourd’hui, en France, les racistes évitent le plus souvent de parler « des races » (au pluriel) : blanche, noire, juive… À Marion Maréchal, qui « refuse de s’excuser en tant que blanche » (oubliant que ce sont d’abord des Noirs, et non des Blancs, qui ont mis un genou à terre), Marine Le Pen peut ainsi faire la leçon en se drapant dans une rhétorique universaliste : « Se mettre sur un plan racial, c’est tomber dans un double piège. Celui des indigénistes, des racialistes, alors qu’il faut rester sur un plan républicain. C’est aussi tomber dans le piège de l’américanisation, alors que rien ne se construit, en France, en fonction de communautés. » Désormais, ce sont des antiracistes, universitaires ou militants, qui parlent de « la race » (au singulier), pour rendre visible le mécanisme social d’assignation à une place inférieure.

      Votre double déni est aujourd’hui poussé à l’absurde : la #racialisation de la « #question_sociale », elle résulte des #discriminations_raciales, et d’autant plus qu’elles sont cautionnées, voire encouragées par les pouvoirs publics. À défaut de lire les travaux des universitaires, écoutez au moins le Défenseur des droits, dont l’enquête a établi que le risque de contrôle policier est 20 fois plus élevé pour les jeunes hommes arabes ou noirs. Et vous ne pouvez pas ignorer non plus une autre institution de la République : la #justice. En 2015, lorsque la cour d’appel, confirmant la réalité des #contrôles_au_faciès, a condamné la France pour « faute lourde », en vue de se pourvoir en cassation, l’État a dû les justifier : arrêter des étrangers supposerait de contrôler des gens qui… ont l’air étranger. Autrement dit, pour l’État, il y a des Français qui en ont l’apparence, d’autres non. La condamnation définitive date de 2016 : depuis votre élection en 2017, qu’avez-vous fait contre les contrôles au faciès ? Sans parler des sanctions, où sont les récépissés ? En laissant faire, vous encouragez. Vous êtes responsable de ces discriminations, et donc de la racialisation de la société.

      Ce choix de l’#aveuglement dessine une politique visant à faire passer à marche forcée vos réformes néolibérales. En premier lieu, vous jouez sur la peur des électeurs, et surtout des plus âgés, qu’il s’agisse d’immigration ou d’ordre public : avec cette politique qu’on peut dire « insécuritaire », tant elle produit le sentiment d’#insécurité qu’elle prétend combattre, vous faites concurrence à l’extrême droite ; mais c’est elle qui en récoltera les bénéfices, et non vous qui prétendez faire barrage contre elle. Deuxièmement, avec la #répression brutale contre les #mouvements_sociaux, vous tentez d’instiller la #peur ; décourager ainsi de manifester, c’est une #politique_d’intimidation.

      Ce #régime_de_la_peur, il dit d’abord votre peur. Monsieur le Président, vous avez peur de votre jeunesse. Celle-ci n’est pas gagnée par le cynisme désabusé des élites médiatico-politiques, qui finissent par s’accommoder de tout et par accepter n’importe quoi ; elle est prête à se mobiliser pour des causes comme le racisme – quelle que soit sa couleur ou son origine. Mais au lieu d’entendre sa protestation contre la dérive anti-démocratique de votre régime, vous n’y voulez voir qu’un symptôme d’angoisse. Bref, vous tentez de la psychologiser pour mieux la dépolitiser.

      Et ce n’est pas tout. Monsieur le Président, vous avez peur de votre police. C’est que vous en avez besoin pour imposer votre politique. Tout le monde l’a bien compris lorsqu’à la veille des mobilisations contre la réforme des retraites, les forces de l’ordre ont obtenu d’être épargnées : elles conservent leur « régime spécial » pour mieux réprimer dans la rue l’opposition à un projet prétendument universel. Votre peur est incarnée par le ministre de l’Intérieur qui recule à chaque fois que les syndicats de policiers élèvent le ton. Le contraste avec la campagne médiatique lancée par le ministre de l’Éducation contre les professeurs « décrocheurs » est frappante : Christophe Castaner est le ministre des policiers ; à l’évidence, Jean-Michel Blanquer n’est pas celui des enseignants.

      Or les idées d’extrême droite sont aujourd’hui majoritaires parmi les forces de l’ordre. Pour se faire entendre, des policiers n’hésitent pas à participer à des manifestations illégales. Si celles-ci se multiplient, c’est qu’elles ne sont jamais sanctionnées ; sont-elles même interdites ? Ils se sentent en position de force – quitte à endosser la posture de victimes. La ministre de la Justice elle-même s’abstient de condamner des consignes syndicales contraires à la loi : « Non, c’est pas légal ; mais la question n’est pas celle-là ! », s’agace Nicole Belloubet. Au contraire, elle réaffirme avoir « parfaitement confiance dans la #police_républicaine ». Autrement dit, la police est au-dessus des lois. On ne saurait être plus clair. Vous avez peur de la jeunesse, et vous la réprimez ; vous avez peur de la police, et vous capitulez. Votre régime de la peur fait peur pour la #démocratie ; c’est un régime inquiétant.

      Monsieur le Président, dans quelques heures, vous allez prendre la parole ; sans doute aborderez-vous ces questions. Pour ma part, je ne perdrai pourtant pas mon temps à vous écouter. En effet, ce qui m’importe, ce ne sont pas vos discours ; ce sont vos actes. Vous serez jugé sur les choses, et non sur les mots, tant par les électeurs que par l’Histoire. Prenez garde : à force d’acclimater politiquement ses idées et ses pratiques, sous prétexte d’y résister, vous pourriez bien rester comme le fourrier du #néofascisme.

      #Macron #peur #régime_de_la_peur #université #Didier_Fassin #intersectionnalité #culpabilité #France #ethnicisation #tribune #responsabilité

      –-

      voir aussi :
      https://seenthis.net/messages/860428

  • Le Défenseur des droits appelle à une « traçabilité des contrôles d’identité »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/04/le-defenseur-des-droits-appelle-a-une-tracabilite-des-controles-d-identite_6

    Face aux manifestations contre les violences policières en France, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, appelle dans un entretien à l’Agence France-Presse à « arrêter la polémique » et restaurer la confiance entre police et population grâce à une « traçabilité des contrôles d’identité » , dont la faisabilité a été démontrée pendant le confinement.

    « Les comparaisons entre la France et les Etats-Unis sont difficiles. (…) Il faut arrêter de tout mélanger » , a déclaré Jacques Toubon, jeudi 4 juin, au moment où la mort de George Floyd et les rebondissements de l’affaire Adama Traoré poussent une partie de la jeunesse à descendre dans la rue.

    [...] « Construire de la confiance, c’est notamment lorsqu’une faute a été commise, le reconnaître » , abonde M. Toubon. Pour cela, il « appelle à un arrêt de la polémique » et relance l’idée d’une « vraie discussion sur la traçabilité des contrôles d’identité ».

    Promis en 2012 par l’ancien président François Hollande pour lutter contre les contrôles au faciès, le système d’un « récépissé » remis par les forces de l’ordre n’a jamais été concrétisé et « n’est pas la panacée » , selon le Défenseur des droits. Il recommande plutôt « une forme de traçabilité » , et rappelle que les contrôles au faciès sont une « réalité sociologique » en France. En 2017, l’institution avait montré dans une étude que les jeunes hommes « perçus comme noirs ou arabes » ont 20 fois plus de chance d’être contrôlés que les autres.

    « La transparence est possible et elle est à la fois au bénéfice de ceux qui sont contrôlés et des policiers » , plaide M. Toubon. Pendant le confinement décidé pour endiguer la pandémie due au nouveau coronavirus, le ministère de l’intérieur a d’ailleurs « publié les statistiques des contrôles des attestations de sortie » et quantifié combien « ont fait l’objet de difficultés, de contestations, etc. » , note le Défenseur des droits.

    « C’était possible, ça n’a posé aucun problème à la police et à la gendarmerie. (…) Donc je pense qu’on peut le faire pour tous les contrôles d’identité. » Cela nécessite « simplement une modification du code de procédure pénale » , pour préciser « que le contrôle ne peut pas être discriminatoire, en application de la jurisprudence de la Cour de cassation » .

    #police #contrôles_de_police #contrôles_d'identité #contrôles_au_faciès #racisme

  • Grèce : le gouvernement conservateur relance la #chasse_aux_réfugiés

    À peine arrivé aux affaires, le nouveau Premier ministre conservateur Kyriakos #Mitsotakis veut renforcer les contrôles aux frontières et accélérer la déportation des réfugiés présents dans les îles grecques vers la Turquie. À #Athènes, les #contrôles_au_faciès musclés se multiplient. Les ONG sont très inquiètes.

    Les mots ont leur importance, surtout dans un pays où plus d’un million d’hommes et de femmes ont débarqué sur les îles de la mer Egée. Avant l’arrivée au pouvoir d’Aléxis Tsípras, en 2015, les politiques grecs ne parlaient jamais de « réfugiés » mais systématiquement de « clandestins ». Le gouvernement Syriza a été le premier à instaurer un ministère de l’Immigration pour répondre à la problématique des quelques 60 000 réfugiés vivant en Grèce, souvent dans des conditions très difficiles.

    Dès son arrivée au pouvoir, après les élections du 7 juillet, le nouveau Premier ministre conservateur Kyriákos Mitsotákis a remis en cause cette politique d’accueil, en supprimant ce ministère et en attribuant le dossier de l’immigration au ministère de la Protection du citoyen, qui gère également l’ordre public, les questions sécuritaires et les forces de l’ordre... Dans les rangs de l’opposition de gauche mais aussi des associations de défense des droits de la personne, la décision choque. « Inclure l’immigration et la gestion des institutions pénitentiaires dans le même ministère de la Protection des citoyens m’inquiète. Cela signifie que le gouvernement considère tous ces sujets par le seul prisme de la répression », a notamment dénoncé sur Twitter l’ancien maire socialiste d’Athènes Giorgos Kaminis.

    Onze ONG et collectifs de défense des droits de la personne ont aussi tiré la sonnette d’alarme le 19 juillet dans un communiqué commun. « L’asile et les migrations ne sont pas une question d’ordre public et de sécurité mais une question relative à la protection internationale, à l’intégration social et au droit. Les réfugiés et migrants font partie de la société grecque et ne doivent pas être considérés comme une menace à l’ordre public. Les définir ainsi revient à les stigmatiser et à les exposer à des comportements violents et racistes. »

    Durant la campagne électorale, Kyriakos Mitsotakis avait promis de « renforcer les contrôles aux frontières », et de « distinguer les demandeurs d’asile qui peuvent prétendre au statut de réfugiés et rester en Grèce des autres, qui doivent être renvoyés en Turquie ». Dans le programme du nouveau Premier ministre, on ne trouve aucune mention d’une politique d’intégration. Le ministre du Travail a d’ailleurs annulé dès sa nomination un décret permettant aux réfugiés et aux immigrés d’obtenir facilement un numéro de sécurité sociale, indispensable pour avoir accès aux hôpitaux et aux écoles.

    « C’est une mesure raciste », s’est offusqué le mouvement antiraciste KEERFA. « On va limiter l’accès des personnes pauvres, des femmes, des enfants réfugiés, des handicapés aux hôpitaux, aux écoles et à tous les services publics », dénonce KEERFA, qui appelle le gouvernement à revenir sur cette décision. L’exécutif avait promis de publier un nouveau décret sur la question mais un mois plus tard, cela ne semble toujours pas d’actualité. Une autre mesure fait polémique : l’attribution d’une allocation familiale de 2000 euros pour tout enfant né en Grèce mais avec la condition que l’un des deux parents soit grec !

    Le retour des mauvais jours

    Dans le centre d’Athènes, où résident de nombreux réfugiés et immigrés, les contrôles policiers se sont renforcés depuis l’arrivée au pouvoir de Kyriakos Mitsotakis. 130 policiers d’une #brigade_spéciale appelée les #Black_Panthers mènent des #contrôles_d’identité dans le métro et dans les rues. L’ONG Human Right Watch (HRW) s’inquiète « d’un retour aux mauvais jours ». En effet, en 2012, des milliers d’immigrés étaient contrôlés, arrêtés et détenus de façon injustifiée et souvent victimes de violences dans les commissariats d’Athènes. HRW réclame un encadrement légal de ces contrôles qui ne peuvent pas être menés sur des critères discriminants. L’ONG demande aussi une formation spéciale pour les policiers de cette brigade.

    Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) a enregistré l’entrée en Grèce de quelque 18 400 réfugiés et migrants au premier trimestre 2019, de plus en plus de personnes passant par la frontière terrestre de l’Evros avec la Turquie : 72% des arrivées ont été enregistrées à cette frontière. Les ONG s’inquiètent d’un durcissement de la politique migratoire et des consignes données aux forces de l’ordre. Début juillet, 59 réfugiés ont été victimes de pushbacks vers la Turquie : ils ont été renvoyés de force sur l’autre rive de l’Evros, note Refugee support Aegean.

    Le contexte actuel en Turquie demande pourtant de prendre des précautions particulièrement importantes avant de renvoyer des migrants dans ce pays, comme le prévoit l’accord signé en mars 2016 entre l’Union européenne et la Turquie. Le Conseil grec pour les réfugiés et 26 autres ONG rappellent que « plus de 6000 réfugiés et migrants ont été récemment arrêtés à Istanbul », pour être renvoyés à la frontière voire en Syrie même, notamment dans des zones de guerre proches d’Idlib.

    « Nous appelons l’UE et les États membres à reconnaître que la Turquie n’est pas apte à fournir la protection nécessaire aux réfugiés selon la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés, à cesser en conséquence tout renvoi vers la Turquie et à suspendre l’accord de mars 2016 », écrivent ces organisations dans un communiqué publié début août. Les mois prochains, les ONG suivront de près et avec inquiétude la politique migratoire du gouvernement, notamment la situation tragique sur les îles de la mer Egée où des milliers de réfugiés continuent de s’entasser dans des conditions atroces.

    https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=Gr%C3%A8ce+%3A+le+gouvernement+conservateur+rela
    #chasse_aux_migrants #migrations #asile #réfugiés #violences_policières #racisme #xénophobie #police #contrôles_policiers

    #2019_comme_2012 —> pour rappel, article que j’avais écrit en 2012 pour @lacite et @visionscarto :
    À Athènes, (sur)vivre dans la terreur


    https://visionscarto.net/a-athenes-survivre

    • Greece: Athens Police Plan Raises Fears of Abuse

      Past Sweeps Led to Indiscriminate Crackdown on Marginalized Groups.

      The Greek government’s new policing plan for central Athens sounds like a return to the bad old days.

      It includes an operation called “Operation Net” that will see some 130 armed police officers, incongruously dubbed the “Black Panthers,” patrolling metro stations in Athens.

      Given Greece’s history of abusive police sweeps, Operation Net sounds alarm bells about a possible new wave of human rights violations by the police in the capital.

      A 2012 crackdown in Athens known as Operation Xenios Zeus led to police detaining tens of thousands of people presumed to be irregular migrants solely on the basis of their appearance, violating human rights law. People who appeared to be foreigners were subject to repeated stops, unjustified searches of their belongings, insults, and, in some cases, physical abuse.

      In research I conducted for Human Rights Watch in 2014 and 2015, I found police used identity checks as a tool to harass people they consider undesirable, such as people who use drugs, sell sex, or people who are homeless. In many cases, the police confined people in police buses and police stations for hours, even though there was no reasonable suspicion of criminal wrongdoing, and then sometimes transported them elsewhere and released them far from Athens’ center.

      Greece has a duty to improve security on the streets for everyone. But the Greek authorities also have an obligation to ensure they don’t abuse people’s rights in the process. That requires appropriately circumscribed police stop-and-search powers with clear and binding guidelines for law enforcement officers so they can be held accountable for their use. Guidence should include the permissible grounds for conducting a check and for taking a person to a police station for further verification of their documents.

      Police officers conducting these checks also need appropriate training and equipment. And the Greek government should ensure diligent investigations of allegations about police abuse and hold anyone found responsible to account.

      To make a real difference and increase the sense of security for everyone in central Athens, without discrimination, the new government should avoid invoking problematic laws and practices on stop and search likely to make the already difficult lives for vulnerable groups on the streets of Athens much harder.

      https://www.hrw.org/news/2019/08/05/greece-athens-police-plan-raises-fears-abuse

    • Athens police poised to evict refugees from squatted housing projects

      A self-governing community in central Athens which has helped house refugees is threatened by a government crackdown.
      https://i.guim.co.uk/img/media/ee4353e3aa86a9372a631da8b45f5d2b8e0961f5/0_234_3543_2126/master/3543.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=5b7383bbb2653fe12b8e0a

      It’s just after 5am in the central Athens neighbourhood of Exarcheia. A group of Afghans and Iranians are sitting down together for breakfast in the middle of the street, with a banner that reads “No Pasaran” (“They shall not pass”) strung between the buildings above their heads. They laugh and joke as they help themselves to bread and cheese pies from the communal table.

      The public breakfast is outside Notara 26, a self-organised refugee accommodation squat. Since opening in September 2015, at the height of the refugee crisis, it has provided shelter to over 9,000 people. These ‘‘Breakfasts of Resistance” – held in the early hours when police-led evictions are most likely – have become daily events since Greece’s New Democracy government assumed office in July.

      A promise to “restore law and order” was one of the campaign themes that swept the right-wing party to power. Swiftly making good on this, on 8 August plans to evict all 23 refugee and anarchist squats in Exarcheia were announced.

      If carried out, by the end of the month they will have put an end to Athens’ experiment with autonomous urban governance and its grassroots refugee solidarity network, which currently houses over 1,000 people.

      Ringed by university buildings, Exarcheia has long been the home of Greece’s intellectual left, antiauthoritarian and anarchist movements.

      https://i.guim.co.uk/img/media/5f9bda30d3a5ee8559d52b78984e01187b598690/0_0_5760_3456/master/5760.jpg?width=860&quality=85&auto=format&fit=max&s=a429ca443f8a22d149e39f

      Passing the squads of riot police who stand constant guard on Exarcheia’s perimeter underlines that this is not a typical neighbourhood. It is the site of regular skirmishes between teargas-wielding police and molotov-cocktail hurling youths who are eager to vent their frustration at Greece’s dire economic and political situation.

      Yet, in a country where far-right and state violence against migrants is well-documented, the lack of visible police presence inside Exarcheia and its vocal antiracist stance have created a place of relative sanctuary.

      “I am so happy here, I feel safe,” explains Sana*, a squat resident from Afghanistan. “Here we work together and have a good life.”

      Thousands of refugees arrived in Athens in summer 2015. Seeing little response from the state, the anarchist squat movement in the area (which dates back to the 1980s) resolved to open empty buildings in Exarcheia to house refugees. Notara 26 was the first, and was soon joined by others, founded on the same principles of autonomous self-organisation.

      The squats offer a viable alternative to official refugee camps, hotspots and detention centres, whose conditions have been widely condemned by international observers.

      https://i.guim.co.uk/img/media/830b3b3cf2ce79dfbdca1023466d19a53bff2da8/0_448_6720_4032/master/6720.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=7626556c6e905546489695

      “I visited the camps as a volunteer,” explains Saif*, a 31-year-old recognised refugee from Gaza who lives in a squat. “You’re not a refugee there, you feel like you are in prison – and they’re full. [The squat] is important for me because I feel more like home, I feel a little more human. We have space to sleep, neighbours and a neighbourhood around us.”

      In opposition, New Democracy attacked the Syriza administration’s handling of the refugee crisis, capitalising on security fears and frustration at Greece having to shoulder a disproportionate share of responsibility.

      In government, they have stepped up border enforcement,have for the moment revoked asylum seekers’ rights to access health and social security services, and dissolved the ministry of migration, transferring responsibility for refugees to the ministry of citizen protection, which also oversees the police.

      https://i.guim.co.uk/img/media/46cc286db6cda987f0137da84aa5c9fd75b71d7a/0_84_2500_1500/master/2500.jpg?width=860&quality=85&auto=format&fit=max&s=9b6fadf95df3adde6ef1fa

      However, it was under Syriza that the strategy of criminalising the refugee squats began. A wave of evictions by heavily armed police occurred in early April affecting over 300 people. Most squats in Exarcheia operate under a no drugs/no alcohol policy. Yet, timed simultaneously with nearby anti-drug operations, most media reports connected the squat evictions with drug dealing.

      Promising to “clean up Exarcheia,” New Democracy’s rhetoric has conflated drug dealers, criminals, anarchists and migrants. One of the government’s first actions was the controversial repeal of the academic sanctuary law, which incoming prime minister Kyriakos Mitsotakis claimed made campuses crime hotspots and no-go zones for police. Critics saw the move as an attack on political liberties and Exarchia, rather than on crime.

      Drug dealers and criminal gangs have exploited the lack of visible law enforcement in Exarcheia. Local activists have made many attempts to improve the situation around the square, such as planting trees, organising screenings and concerts, and making night patrols, but many acknowledge the situation has deteriorated in recent months.

      Together with the squat evictions and anti-drug operations, authorities have announced plans that include repainting graffiti-covered areas and improving street lighting – none of which require evictions, activists argue. The Hellenic Police refused to comment on specific operations.

      Despite ongoing threats, no evictions have yet occurred this summer. However, there has been a noticeable escalation of police activity in the area, with almost daily operations on and around the square.

      Those arrested for immigration violations have been taken into detention. New Democracy have announced they will start deporting failed asylum applicants.

      https://i.guim.co.uk/img/media/de046d5fed86f81881c8be0048ad9b7db3278a5f/0_0_2500_1499/master/2500.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=1d2fb0d3801c49f47d516f

      “They have used criminality, prejudice towards refugees and even accusations of terrorism to discredit the left resistance in Exarcheia,” says Panos*, an activist who helped open Notara 26 back in 2015. “Personally, I don’t think they will be successful. The political cost will be great and where are they going to relocate all the refugee children and families? The camps are full.’’
      Athens under pressure: city races to clear port’s refugee camp before tourists arrive
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      Athens has emptied for the summer. Shops are closed and it feels like a hot and sticky ghost town. But on Exarcheia Square, there is a palpable air of tension, as those gathered know another police operation could occur at any moment.

      Around the corner, the boarded-up Azadi squat, empty since the April evictions, has been covered with a mural depicting anarchists facing off against riot police and the slogan: “Exarcheia will win.” Time will tell.

      *Names of interviewees have been changed to protect their identities. Notara 26 did not agree to participate in this article.

      https://www.theguardian.com/cities/2019/aug/26/athens-police-poised-to-evict-refugees-from-squatted-housing-projects?C

    • #Exarcheia sous #occupation_policière !

      Ce que nous vous annoncions depuis un mois et demi vient de commencer ce matin, peu avant l’aube :

      EXARCHEIA SOUS OCCUPATION POLICIÈRE

      Le célèbre quartier rebelle et solidaire d’Athènes est complètement encerclé par d’énormes forces de police : de nombreux bus de CRS (MAT), des jeeps de la police antiterroriste (OPKE), des voltigeurs (DIAS), des membres de la police secrète (asfalitès), ainsi qu’un hélicoptère et plusieurs drones.

      Lieu unique en Europe pour sa forte concentration de squats et d’autres espaces autogérés, mais aussi pour sa résistance contre la répression et sa solidarité avec les précaires et migrants, Exarcheia était dans le collimateur du gouvernement de droite depuis son élection le 7 juillet. Le nouveau premier ministre Kyriakos Mitsotakis en avait fait une affaire personnelle, d’autant plus qu’il avait été raillé début août pour ne pas avoir réussi à atteint son objectif de « nettoyer Exarcheia en un mois » comme il l’avait annoncé en grandes pompes.

      Ce matin, 4 squats ont été évacués : Spirou Trikoupi 17, Transito, Rosa de Fon et Gare. L’offensive concerne pour l’instant la partie nord-ouest du quartier, à l’exception notable du squat Notara 26, réputé mieux gardé et très important symboliquement pour le quartier en tant que premier squat historique de la « crise des réfugiés » au centre ville d’Athènes.

      On compte pour l’instant une centaine d’arrestations, ainsi que des agressions brutales contre des personnes tentant de filmer. Seuls les médias de masse au service du pouvoir ont l’autorisation de couvrir l’événement.

      Au total, il y a 23 squats dans Exarcheia plus 26 autres autour du quartier, soit un total de 49 concentrés sur une zone assez petite. 49 squats auxquels il faut ajouter d’autres types de lieux autogérés, dont certains en location (Espace Social Libre Nosotros, magasin gratuit Skoros, etc.) ainsi que des dizaines de logements particuliers regroupant des groupes de militant.es, souvent près des terrasses pour permettre un accès au-dessus des rues.

      Sur les squats qui se trouvent précisément à l’intérieur d’Exarcheia, 12 sont des squats d’hébergement pour les réfugié.es et migrant.es et les 11 autres sont des squats de collectifs politiques anarchistes et antiautoritaires (même si la plupart des squats de réfugié.es sont aussi évidemment très politiques, à commencer par le Notara 26 et Spirou Trikoupi 17 avec des assemblées directes et beaucoup de liens avec le reste du mouvement social).

      Dans les squats de Spirou Trikoupi 17 et Transito (que les valets du pouvoir sont maintenant en train de murer), plus d’une quinzaine d’enfants ont été arrachés à une existence paisible et heureuse pour être subitement envoyés dans des camps. Ces sinistres camps sont insalubres et surpeuplés, les migrant.es y sont mal nourri.es et souffrent des variations de températures, subissent des humiliations et parfois des tortures, et Mitsotakis exige de surcroît qu’ils soient tous bien fermés et, à l’avenir, complètement coupés du reste du territoire.

      Le visage de l’Europe ne cesse de se durcir à l’instar de ce qui se passe également sur les autres continents. Cette évolution toujours plus autoritaire du capitalisme conduit à nous interroger sur ce qu’annonce l’ère actuelle : l’offensive contre les poches d’utopies couplée à l’enfermement des boucs émissaires rappelle des heures sombres de l’Histoire.

      Le monde entier devient fasciste et la Grèce en est, une fois de plus, l’un des laboratoires.

      Mais rien n’est fini. Septembre arrive bientôt. Les jobs saisonniers se terminent. Le mouvement social se rassemble et s’organise à nouveau. Des lieux comme le Notara 26 et le K*Vox sont sous haute surveillance. Des ripostes se préparent, ainsi que plusieurs grands événements mobilisateurs. L’automne sera chaud à Athènes.

      Résistance !

      Yannis Youlountas

      http://blogyy.net/2019/08/26/exarcheia-sous-occupation-policiere

      ##Exarchia

    • Message de Vicky Skoumbi, reçu via la mailing-list Migreurop, le 27.08.2019:

      143 réfugiés de deux squats de la rue #Spirou_Trikoupi furent interpellées dont 51 femmes et 35 enfants. Dans un autre squat furent interpellées et finalement arrêtées trois personnes, deux grecs et un français. Aucune trace n’a été détecté ni d’explosifs, ni d’armes, ni de drogue. La grande majorité de 143 réfugiés sont de demandeurs d’asile. 9 d’entre eux n’ayant pas de papiers, risquent d’être expulsés. Les autres après vérification de leurs papiers, ont été logés à l’hôtel, en attendant d’être transférés à un camp ou une autre structure d’accueil, déjà surpeuplée.
      M. Balaskas, représentant de la Confédération Hellénique des fonctionnaires de police, avait comparé la police grecque à un aspirateur particulièrement puissant que serait en mesure de faire disparaître toute « poubelle » du quartier d’Exarchia. En guise de rectification, il avait ajouté, que les réfugiés seraient une poussière très gênante. Ces déclarations ont provoquées un tel tollé de réactions, que la direction de police hellénique a été obligée de les transmettre au Procureur et d’ordonner l’ouverture d’une enquête interne.

    • Migrants « poussière » et squatters « ordures » : un policier grec risque des poursuites

      La police grecque a annoncé avoir saisi ce mardi le parquet d’Athènes après les déclarations du vice-président du syndicat des policiers, qui avait qualifié d’« ordures » les squatters à Exarchia, un quartier libertaire d’Athènes, et de « poussière » les migrants qui y résident.

      Un vaste #cou_de_filet a eu lieu lundi dans ce quartier, situé près du centre-ville, au cours duquel quatre squats ont été évacués et 143 migrants, dont de nombreuses familles avec enfants, ont été interpellés et conduits dans un hôtel d’Athènes. Connu pour sa mouvance anarchiste et l’occupation de nombreux bâtiments abandonnés surtout après la crise des migrants de 2015, le quartier d’Exarchia est souvent le théâtre d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre. Décrivant cette opération dans un entretien à la télévision Skaï lundi, Stavros Balaskas, vice-président de la Fédération panhellénique des employés de la police (Poasy), a indiqué qu’« un aspirateur électrique silencieux de nouvelle technologie a été mis en marche, c’est-à-dire la police, qui va graduellement absorber toutes les ordures d’Exarchia ».

      Après qu’un journaliste de la Skaï eut tenter de l’inciter à rectifier ses propos, Stavros Balaskas a poursuivi : « On ne veut pas dire que les ordures sont les migrants, qui sont (seulement) une poussière, qui pourrait avoir un caractère gênant ». « On veut dire les vraies ordures qui se trouvent dans dix autres squats (d’Exarchia ndrl) » qui « seront également évacués prochainement » et où « se trouvent de durs criminels, des anarchistes extrémistes et des gens d’extrême gauche », a-t-il lancé. Après une enquête administrative ordonnée au sein de la police contre lui, Stavros Balaskas est revenu sur ses propos en précisant qu’il a utilisé le terme « ordures » pour qualifier le « comportement de certaines personnes ». « Je n’aurais jamais qualifié d’"ordures" ou de "poussière" les gens », a-t-il assuré sur la télévision Star lundi soir. Il a rappelé que la police ne pouvait pas avoir d’accès dans le passé dans ces squats où la criminalité et le trafic de migrants sont fréquents.

      Répondant aux critiques de l’opposition de gauche qui accuse le nouveau gouvernement de droite de « durcissement » de la politique migratoire, le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas a expliqué ce mardi que l’objectif de l’opération à Exarchia était « de combiner la sécurité et les conditions humaines de vie des migrants ».

      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/migrants-poussiere-et-squatters-ordures-un-policier-grec-risque-des-poursui

  • #Contrôles_d’identité illégaux : l’Etat attaqué pour faute lourde

    Dix-sept adolescents parisiens victimes de contrôles d’identité discriminatoires et systématiques viennent d’assigner l’État pour #faute lourde. Ils avaient déjà obtenu la #condamnation de trois policiers pour violences aggravées en avril 2018.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/030719/controles-d-identite-illegaux-l-etat-attaque-pour-faute-lourde?onglet=full

    #contrôles_au_faciès #France #discrimination #police #Paris #violences_policières #justice
    ping @cede @karine4

  • Dans la lutte contre les #contrôles_au_faciès, le fiasco des caméras-piétons
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120519/dans-la-lutte-contre-les-controles-au-facies-le-fiasco-des-cameras-pietons

    Pour lutter contre les contrôle au faciès, des contrôles d’identité ont été enregistrés pendant un an par des caméras individuelles de policiers. Mediapart a pu prendre connaissance du bilan dressé par le directeur général de la police nationale, adressé au ministre de l’intérieur. Résultat : le dispositif est absolument inopérant.

    #LIBERTÉS_PUBLIQUES

  • La #police et les #indésirables

    Les #pratiques_policières de contrôles-éviction, visant à évincer certaines populations de l’#espace_public, participent aux processus de #gentrification. M. Boutros met en lumière le rôle central des forces de l’ordre dans les dynamiques de #transformation_urbaine.

    En décembre 2015, dix-huit adolescents et jeunes adultes du 12e arrondissement de Paris déposaient une plainte pénale collective à l’encontre de onze policiers d’une même brigade : le #Groupe_de_Soutien_de_Quartier (#GSQ), surnommé la « #brigade_des_Tigres » du fait de son écusson représentant un tigre fondant sur une proie. Les plaignants reprochaient aux policiers des #violences physiques, des #attouchements sexuels, des #arrestations_arbitraires, des destructions de biens et des #injures_racistes, à l’occasion de #contrôles_d’identité entre 2013 et 2015 [1]. Le 4 avril 2018, trois des policiers mis en cause ont été condamnés en première instance pour violences volontaires aggravées [2].

    La #plainte, parce qu’elle concernait un grand nombre de faits, reprochés aux mêmes policiers sur plusieurs années, a donné lieu à une enquête qui n’a pas seulement porté sur les faits dénoncés mais a également interrogé les pratiques quotidiennes de cette brigade, et les instructions qui lui étaient données. Au delà des preuves des faits de #violence, l’enquête de la police des polices a révélé une pratique policière jusqu’ici peu connue, que les policiers appellent le « #contrôle-éviction ». Il s’agit de #contrôles_d’identité dont l’objectif est de faire quitter les lieux à des personnes considérées comme « indésirables », même en l’absence d’infraction. Bien qu’il n’y ait aucune base légale à cette pratique, l’enquête a montré que la brigade des Tigres était missionnée par sa hiérarchie pour contrôler et « évincer » de l’espace public certaines populations, notamment des « #regroupements_de_jeunes », composés principalement d’adolescents #Noirs et #Maghrébins issus des #classes_populaires.

    Comment expliquer la perpétuation de telles pratiques policières en plein cœur de #Paris ? On le sait, en #France, le contrôle d’identité est un outil central du travail policier, et il cible de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme Noirs ou Arabes et issus de #quartiers_populaires [3]. D’après des enquêtes ethnographiques, les policiers rationalisent ces pratiques discriminatoires sur trois modes : ces #contrôles_au_faciès permettraient de trouver des infractions, de recueillir des informations, et d’affirmer le #pouvoir_policier envers des jeunes en instaurant un rapport de force physique [4]. Si les enquêtes existantes ont examiné les rationalités policières des contrôles discriminatoires, on en sait peu sur les dynamiques locales qui façonnent ces pratiques. L’affaire de la brigade des Tigres permet d’analyser comment ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police participe à l’instauration et au maintien d’un certain #ordre_social urbain.

    À partir d’une analyse de l’affaire de la brigade des Tigres (examen du dossier de l’enquête judiciaire, observation du procès, entretiens avec plaignants, habitants et avocats), cet article propose d’examiner la pratique du contrôle-éviction telle qu’elle s’inscrit dans une dynamique urbaine de gentrification, processus par lequel un quartier anciennement populaire se transforme progressivement avec l’arrivée de nouveaux habitants de classes moyennes ou supérieures [5].

    Des enquêtes étatsuniennes ont montré que, dans les quartiers en voie de gentrification, on observe une augmentation des contrôles policiers proactifs et agressifs ciblant les populations perçues par les nouveaux arrivants comme source de désordres et d’incivilités, notamment les SDF et les jeunes Noirs et Latinos [6]. Le procès des policiers du 12e arrondissement indique qu’une dynamique similaire existe à Paris. L’analyse montre que les plaignants étaient la cible de contrôles répétés et violents, souvent sans motif légal, parce qu’ils étaient considérés comme « indésirables » dans l’espace public, du fait de leur origine sociale et ethnique. Dans ce quartier où persistent des zones d’habitat social au sein d’un quartier largement gentrifié, des tensions grandissantes ont émergé sur la question de l’occupation de l’espace public. Certains habitants des classes moyennes et supérieures, majoritairement Blancs, ne toléraient pas la présence de jeunes hommes Noirs et Maghrébins des classes populaires dans l’espace public, surtout en groupes, car cette présence était perçue comme source d’incivilités et de désordres. Ces habitants réclamaient régulièrement des autorités des actions pour assurer la « tranquillité publique ». Pour répondre à ces demandes, le GSQ était envoyé pour procéder à des « contrôles-éviction » sur certains secteurs. Mais loin de cibler uniquement ceux les auteurs d’infractions, ces contrôles ciblaient les groupes d’adolescents issus de l’immigration et des classes populaires, quel que soit leur comportement.

    Ainsi, par les contrôles-éviction, la police accompagne le processus de gentrification et se met au service des acteurs qu’elle perçoit comme légitimes dans le quartier en leur garantissant un espace public libéré des « indésirables ».
    Contrôles violents, détentions illégales, injures racistes

    En décembre 2015, 17 garçons et une fille, âgés de 15 à 24 ans, tous issus de l’immigration et de familles populaires, déposaient collectivement plainte pour dénoncer 44 faits de violence commis entre 2013 et 2015 par les policiers du Groupe de Soutien de Quartier (GSQ) du 12e arrondissement de Paris. Les plaignants dénonçaient des agressions physiques lors des contrôles d’identité, tel que des coups de poing, coups de matraque, claques, clés de bras, et usage excessif de gaz lacrymogène. Plusieurs plaignants faisaient également état d’agressions sexuelles, notamment des attouchements des parties génitales lors des palpations de sécurité, accompagnés de coups et railleries si le contrôlé se débattait. Plusieurs plaignants dénonçaient également des injures racistes de la part de certains policiers (« sale noir », « espèces de singes », « je pisse sur le Ramadan »). Enfin, la plainte évoquait de nombreuses conduites au poste sans motif et hors du cadre légal, que les avocats qualifiaient d’« arrestations arbitraires et séquestrations ». L’enquête a en effet révélé que le GSQ emmenait régulièrement des adolescents au commissariat, sans se conformer aux procédures d’interpellation ou de vérifications d’identité. Dans leurs auditions, les plaignants racontent qu’on leur demandait le plus souvent de s’asseoir sur le « banc de vérif’ », et au bout de quelques heures, sans avoir vu d’Officier de Police Judiciaire ou fait l’objet de procédure de vérification d’identité, on appelait leurs parents pour venir les chercher.

    Suite à l’enquête de la police des polices, quatre policiers ont été renvoyés au tribunal correctionnel pour trois faits de violences physiques, pour lesquels il existait des preuves matérielles (certificats médicaux, photos, témoignages concordants). Les autres faits ont été classés sans suite pour insuffisance de preuves. Si les conduites au poste abusives n’ont pas été poursuivies pénalement, elles ont fait l’objet d’un avertissement ferme de la part du Procureur de la République. Dans un courrier au Directeur de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne, le Procureur s’alarmait d’un « grave dysfonctionnement sur le cadre des conduites au poste et des procédures de vérification d’identité au sein du commissariat du 12e arrondissement », et prévenait que l’absence systématisée de respect des procédures de vérification d’identité pouvait donner lieu à des poursuites pénales pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par dépositaire de l’autorité publique.

    Il ressort du dossier de l’enquête que les humiliations, les violences, et les conduites au poste hors cadre légal, avaient pour objectif de faire partir les personnes contrôlées de l’espace public. En effet, le GSQ était explicitement missionné par la hiérarchie du commissariat pour procéder à des « contrôle-éviction » sur certains secteurs ; et les éléments du dossier montrent que les contrôles se terminaient systématiquement soit par une injonction à quitter les lieux, soit par une conduite au poste. « La phrase qui revenait le plus souvent », raconte un plaignant, « c’était : ‘si on vous revoit ici, c’est commissariat direct !’ » (Entretien avec l’auteure, 24 mai 2018). Au procès, un des policiers confirmera : « On passe notre temps à expliquer aux jeunes qu’ils sont dans un lieu où ils n’ont pas à être ».

    Pour les avocats des plaignants, ces pratiques policières représentent un dévoiement des outils juridiques donnés aux policiers, et ont pour objectif non pas la lutte contre la délinquance mais le « nettoyage » des espaces publics. Comme l’explique Maître Felix de Belloy :

    Les policiers, pendant le procès, ont quasiment fait l’aveu qu’ils utilisent les catégories du code de procédure pénale pour faire un travail de nettoyage ou de gardiennage... Ils ont pris des bouts de code de procédure pénale, par exemple le contrôle, et ils ajoutent « contrôle-éviction ». On fait un contrôle pas pour contrôler leur identité mais pour qu’ils déguerpissent. Ou on les emmène au poste et on utilise la procédure de verif’ uniquement pour les mettre au frais quelques heures. C’est de la séquestration mais on appelle ça de la vérif’. Entretien avec l’auteure, 18 avril 2018

    Le dossier de l’enquête révèle que ces contrôles ciblaient toujours les mêmes personnes, que les policiers désignaient par le terme « indésirables ».
    Les jeunes Noirs et Maghrébins, des « indésirables » à évincer

    Dans le dossier de l’enquête figurent toutes les mains courantes d’intervention des brigades de l’unité d’appui de proximité, dans lesquelles les policiers résument leurs interventions. Sur environ 300 mains courantes d’intervention, aux côtés des interventions pour tapage ou vol, un tiers concernent des interventions pour des « indésirables ». Au procès, les avocats des plaignants ont interrogé les policiers mis en cause sur ce terme :

    Avocat : Dans la main courante que vous avez rédigée, vous avez écrit à « nature de l’affaire », en majuscules, « INDESIRABLES », et pour « type d’événement », « Perturbateurs - Indésirables ». Qu’est-ce que ça veut dire, « indésirables » ? (...) C’est qui les indésirables ?
    Policier : C’est un trouble à la tranquillité publique.
    Avocat : Donc les indésirables c’est les jeunes ?
    Policier : Ça peut être n’importe qui, ça peut être des jeunes, ça peut être des SDF. C’est des indésirables pour les gens qui habitent le quartier.

    En effet, les mains courantes pour « indésirables » indiquaient toutes que l’intervention ciblait soit des jeunes soit des SDF. Au procès, le chef de brigade a affirmé que le terme « indésirables » figure dans le logiciel de main courante, une information qui nous a été confirmée par plusieurs policiers dans d’autres commissariats [7].

    Le terme « indésirables » est apparu en France à la fin du XIXe siècle dans le cadre des débats sur l’immigration [8]. Il a désigné, au fil du temps, diverses populations considérées comme étrangères au corps national (les nomades, les juifs, et les Français Musulmans d’Algérie), et a justifié des politiques d’expulsion et d’internement. Dans les années 1930, le terme a été explicitement mobilisé dans les textes gouvernementaux et les lois sur l’immigration illégale, qui faisaient de « l’élimination des indésirables » une nécessité pour protéger le corps national. L’historien E. Blanchard note la disparition du terme des textes officiels et du langage bureaucratique après la deuxième guerre mondiale. Cependant, des enquêtes récentes montrent que le terme continue d’être employé de manière informelle par des agents publics pour désigner des populations perçues comme problématiques et dont il faut gérer la présence dans les espaces publics. Par exemple, pour les agents des transports publics, le terme indésirables peut désigner les SDF, les pickpockets, ou les vendeurs à la sauvette, et dans les politiques de logement, les indésirables sont les personnes étrangères ou d’origine immigrée dont il faut éviter la concentration dans les mêmes immeubles [9].

    Le procès des policiers du 12e arrondissement a révélé que le terme est également employé par l’administration policière pour désigner des catégories de personnes dont la présence dans les lieux publics est considérée comme problématique. Au procès, les policiers mis en cause ont affirmé que les « indésirables » sont des personnes commettant des incivilités ou causant un trouble à la tranquillité publique. Cependant, les éléments de l’enquête montrent qu’en réalité, ce ne sont pas uniquement les adolescents perpétrant des infractions qui sont ciblés, mais bien tous les jeunes hommes Noirs et Maghrébins issues de familles populaires présents dans l’espace public.

    Dans certaines mains courantes, les policiers justifient ces interventions par le fait que les jeunes « traînent toute la journée » et « causent diverses nuisances (tapage, incivilités en tout genre) ». Cependant, lors des interventions policières, aucune distinction n’est faite entre ceux commettant des infractions et ceux qui sont simplement là pour se retrouver entre amis. Dans une grande partie des résumés des mains courantes, il n’est fait mention d’aucune infraction qui aurait justifié le contrôle et il est noté que le contrôle s’est fait dans le calme et sans incident. Et pourtant, systématiquement, les jeunes « indésirables » sont contrôlés et évincés. Certaines mains courantes mentionnent simplement « Contrôle et éviction d’une dizaine d’indésirables. Pas d’incidents. RAS ». Ou encore : « Sur place nous avons constaté la présence de quatre individus discutant calmement. Nous leur avons demandé de quitter les lieux, ce qu’ils ont fait sans incident » [10].

    Ainsi, pour les policiers du GSQ, la simple présence d’adolescents Noirs et Maghrébins dans l’espace public est considérée comme « indésirable » et justifie un « contrôle-éviction », même si les adolescents sont calmes et ne commettent aucune infraction. Ce n’est donc pas l’infraction ou la suspicion d’une infraction qui justifie le contrôle, mais bien l’identité des personnes contrôlées, leur origine raciale et sociale. Cette stratégie policière assumée s’inscrit dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police est mandatée pour garantir à certains habitants un espace public libéré des « regroupements de jeunes ». Si les policiers contrôlent ces adolescents à répétition, les humilient, les frappent, les agressent sexuellement, et les conduisent au poste sans motif, c’est pour les chasser des espaces publics, pour leur signifier qu’ils n’y ont pas leur place.
    Le harcèlement policier et le processus de gentrification

    Au tribunal, les policiers et leur avocat ont expliqué que les contrôles répétés envers les mêmes adolescents répondaient à une demande des habitants du quartier, qui s’en plaignaient régulièrement. L’enquête a en effet montré que certains habitants appelaient la police et envoyaient des courriers de plainte à propos des nuisances causées par des regroupements de jeunes. Sur trois ans, vingt-six courriers ont été envoyés réclamant des autorités davantage de fermeté envers des « bandes » qui occupent certains espaces. La majorité des doléances dénoncent des nuisances sonores tard dans la soirée et réclament des verbalisations systématiques. Certains courriers mentionnent également des rodéos, des trafics, et des vols. En réponse à ces doléances, le commissariat envoyait des effectifs avec l’instruction d’effectuer plus de rondes, plus d’interpellations, et comme le montre le dossier de l’enquête, plus de contrôles-éviction.

    Les courriers de plainte, ainsi que les contrôles répétés, se concentraient sur un petit nombre de rues et places du quartier Reuilly-Montgallet, correspondant aux rues où des bâtiments HLM ont été conservés au sein d’un quartier qui a fait l’objet d’une forte gentrification depuis les années 1980 [11]. Avec l’arrivée d’habitants de classes moyennes ou supérieures dans ce quartier anciennement populaire, des tensions sont apparues entre les habitants, notamment sur la question de l’occupation de l’espace public. Dans mes entretiens avec des habitants du quartier, personne ne nie que les regroupements de jeunes sont parfois bruyants et que certains commettent des délits. Cependant, les tensions ne sont pas uniquement liées au bruit ou à la délinquance. En l’absence de lieux où ils peuvent se rassembler sans consommer, les jeunes des classes populaires se rassemblent en bas de chez eux, sur les places du quartier. Cette présence de « jeunes qui traînent » et qui occupent l’espace public n’est pas tolérée par certains habitants. Comme l’explique un militant du quartier, la transformation du quartier a amené une nouvelle catégorie de personnes « qui sont beaucoup plus dérangés par cette mixité sociale et qui finalement souhaitent faire en sorte que les anciens habitants quittent le quartier parce qu’ils ont l’impression que ça dévalorise, au niveau patrimonial, le quartier » (Entretien avec l’auteure, 31 janvier 2018.). Pour certains habitants, ces groupes de jeunes, majoritairement Noirs et Maghrébins, sont considérés comme potentiellement source d’incivilités et de bruit.

    Les éléments de l’enquête montrent que, pour régler les tensions entre les habitants, les politiques municipales et policières se sont centrées sur la répression et le harcèlement des adolescents en question. La mairie renvoyait systématiquement les courriers de plainte vers le commissariat, considérant que ce « problème » devait être réglé par la police (et non pas, par exemple, par la consultation des jeunes sur leurs besoins en termes d’espaces de socialisation). De plus, la mairie a fait enlever les bancs publics et installer des caméras de surveillance pour dissuader les jeunes de rester dans les rues où les tensions se concentrent.

    De son côté, le commissariat envoyait le GSQ « tenir le terrain » face aux jeunes. Le GSQ est une « police de la tranquillité publique », c’est-à-dire une brigade chargée de gérer les petits désordres urbains et de garantir la coexistence pacifique entre les gens [12]. À la différence des brigades anti-criminalité (les BAC), son objectif premier n’est pas la lutte contre la délinquance ; elle effectue des missions de sécurisation des secteurs sensibles. En particulier, le GSQ est une des brigades crées pour gérer les « jeunes qui traînent en bande » en bas des immeubles avec une approche purement répressive de harcèlement [13]. Bien que les doléances des habitants concernent des délits (tapage nocturne, rodéos), la police considérait que la simple présence de jeunes dans les rues, même en petits groupes calmes, était un problème à régler. Les bilans annuels du commissariat, inclus dans le dossier, mentionnent les « regroupements de jeunes » comme un « problème récurrent » ; les mains courantes d’intervention déplorent régulièrement la présence de jeunes qui « reviennent systématiquement sur ces secteurs malgré nos évictions répétées tout au long de la vacation » ; et les plaignants interrogés confirment que les contrôles se terminaient systématiquement par une injonction à dégager, même lorsque leur présence ne gênait personne et que le contrôle se passait bien. Ainsi, la police se basait sur les plaintes de certains habitants pour des problèmes de tapage et de délits pour justifier des pratiques de harcèlement policier envers les adolescents Noirs et Maghrébins du quartier, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre ceux commettant des infractions et ceux simplement présents dans l’espace public.

    Dès 2013, certains adolescents du 12e et leurs éducateurs ont tenté d’alerter la municipalité, le commissariat, et les services de protection de l’enfance, sur les violences, y compris sexuelles, commises par les policiers du GSQ. Plusieurs réunions ont eu lieu, avec le conseil municipal de la sécurité et de la prévention, l’adjoint au maire chargé de la jeunesse et des sports, et avec la cellule de prévention du commissariat du 12e. Aucune autorité n’a réagi pour protéger ces enfants.

    En somme, les éléments de l’enquête laissent apparaître que, si le terme « indésirables » provient de l’administration policière (puisqu’il figure dans le logiciel informatique des mains courantes), la catégorie des « indésirables » est produite localement par une dynamique qui implique la police, certains habitants, et la municipalité. Indépendamment de la commission d’une infraction, les « indésirables » sont les adolescents et jeunes adultes qui se retrouvent en bas des immeubles, majoritairement des Noirs et des Maghrébins issus des classes populaires, et que la police doit « évincer ». Les contrôles-éviction s’inscrivent donc dans la dynamique urbaine locale où la police se met au service du processus de gentrification, en légitimant la présence de certains, et l’éviction d’autres, des espaces publics.
    Conclusion

    Les violences policières racistes sont de plus en plus visibles en France, notamment grâce à de fortes mobilisations autour d’affaires telles que la mort par asphyxie d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité en 2016, ou le viol de Théo Luhaka lors d’un contrôle d’identité en 2017. Pour comprendre ces violences policières discriminatoires, des chercheurs se sont penchés sur l’héritage colonial de la police française, et sur les politiques policières contemporaines qui mettent l’accent sur l’anti-criminalité et le « chiffre » plutôt que sur la prévention [14]. Cet article met en lumière la contribution d’un facteur supplémentaire, le processus de gentrification. La transformation de quartiers anciennement populaires en quartiers bourgeois crée un terrain propice à des pratiques de #harcèlement_policier envers des jeunes issus des classes populaires et de l’immigration, qui sont catalogués « indésirables », et que la police tente d’ « évincer » des espaces publics, à force de contrôles, de coups, d’humiliations, et de conduites au poste abusives.

    http://www.laviedesidees.fr/La-police-et-les-indesirables.html

    #éviction #discrimination #urban_matter #géographie_urbaine #villes #xénophobie #racisme #éviction

    • VIDEO. « J’ai déjà vu des gamins de 8 ans se faire palper, contrôler, insulter » : un policier dénonce les abus de ses collègues

      Capuche sur la tête, plongé dans le noir, il parle sous couvert d’anonymat. Dans le documentaire réalisé par le journaliste Marc Ball Police, illégitime violence, diffusé sur France 3 Ile-de-France lundi 12 novembre, Frank*, un policier, dénonce les abus de certains de ses collègues dans les quartiers populaires. "La confiance est rompue entre les jeunes et la police. Les contrôles d’identité risquent à tout moment de déraper", explique le documentaire. C’est ce qu’a constaté Frank. D’après ce gardien de la paix, certains policiers "rabaissent" les personnes contrôlées. "J’ai déjà vu des gamins de 8 ans se faire palper, contrôler, mépriser, insulter. Des gamins d’origine africaine qui, à 8 ans, sont traités de ’#petits_négros', de ’#Maltesers”, de ’#Kit_Kat', de ’#Kirikou' quand ils courent dans la rue", raconte-t-il.

      https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/video-jai-deja-vu-des-gamins-de-8-ans-se-faire-palper-controler-insulte

  • Italiano ma nato in Cile e di pelle scura, respinto a Nizza

    Questa lettera è stata pubblicata qualche giorno fa da Varese News. Racconta l’odissea di Luis Enrique, 24 anni, cittadino italiano residente con la famiglia a Varese che ha dovuto rinunciare a raggiungere il nuovo posto di lavoro in Spagna in bus, attraverso la Francia, perché un’ordinanza del prefetto di Nizza richiede l’esibizione del passaporto per i cittadini in transito. Luis Enrique era in possesso di una carta di identità come previsto dal trattato Schengen. Ma non è bastata. Il giovane è nato in Cile ma è stato adottato piccolissimo dalla famiglia di Varese con la quale vive insieme al fratello Manuel. A scrivere questa lettera è stato Vito Fucilli, papà del ragazzo. Una lettera che fa riflettere perché in base al colore della pelle, ai tratti somatici, le regole smettono di essere tali e diventano vessazioni.

    Gentile direttore,
    voglio raccontarle la vicenda accaduta a mio figlio Luis Enrique di 24 anni che, dovendo andare a Barcellona per lavoro, ha deciso di prenotare il viaggio con la compagnia #FlixBus. Imbarcatosi a Milano con regolare biglietto e documento alla mano è arrivato a Nizza verso sera, dove i passeggeri erano attesi per il cambio del bus. Quando Luis Enrique è salito, l’autista insieme al biglietto ha preteso di vedere il passaporto. A quel punto mio figlio ha mostrato la carta di identità rilasciata dal comune di Varese, la stessa che aveva esibito a Milano al momento dell’imbarco, ma l’autista ha detto che non era sufficiente perché il prefetto di Nizza aveva emanato un’ordinanza che imponeva a chi era in transito sul territorio della città l’esibizione del passaporto.

    Per capire meglio cosa fosse successo abbiamo prima chiamato il numero verde del ministero degli esteri, senza risultato, e subito dopo il nostro consolato a Nizza che ha risposto un po’ scocciato solo al termine di numerosi tentativi, confermando l’esistenza di quella ordinanza.

    E così mio figlio ha dovuto rinunciare a proseguire il suo viaggio rientrando in Italia. Una volta a casa è ripartito in aereo per Barcellona con la carta d’identità, la stessa rifiutata a Nizza, senza problemi.
    Specifico che Luis Enrique, così come suo fratello Manuel, è cileno ed è stato adottato da piccolo. Ha studiato ed è cresciuto a Varese e ha la cittadinanza italiana. La sensazione è che sia stato oggetto di una discriminazione o quantomeno di un’applicazione volutamente rigida di quell’ordinanza. Faccio questa supposizione perché anche se il trattato di Schengen, che consente la libera circolazione delle persone degli stati comunitari, fosse stato sospeso da alcuni paesi dell’Unione, mio figlio era in possesso di un regolare documento d’identità rilasciato dallo Stato italiano che tra l’altro è tra i fondatori della UE. E ancora: l’autista che ha fatto il check-in a Milano, è possibile che ignorasse quanto sarebbe poi successo a Nizza? E da quando in qua un’ordinanza prevale su un trattato europeo? La compagnia di viaggio alla quale abbiamo chiesto il rimborso del biglietto e delle spese sostenute per il rientro in Italia, ha risposto negativamente adducendo che: “il passeggero è l’unico responsabile del rispetto di tutte le leggi e i regolamenti relativi ai documenti e alle identificazioni necessari al varco della frontiera, quali le norme in materia di visti, di valute, doganali e sanitarie. FlixBus non si assume alcuna responsabilità per spiacevoli conseguenze dovute al mancato rispetto di tali leggi e regolamenti da parte del passeggero”. Chi rimborserà mio figlio delle spese sostenute ma soprattutto chi lo rimborserà della sua dignità di cittadino italiano non riconosciuta dai francesi?

    Distinti saluti
    Vito Fucilli

    http://www.globalist.it/news/articolo/2018/06/08/italiano-ma-nato-in-cile-e-di-pelle-scura-respinto-a-nizza-2025836.html
    #contrôles_au_faciès #Nice #frontières_sud-alpine #frontières #discriminations #Noirs #couleur_de_peau #France #Italie #passeport #pièce_d'identité #carte_d'identité #ordonnance
    cc @isskein @albertocampiphoto @wizo

  • #État_d’urgence_permanent, #contrôles_au_faciès partout

    Le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, examiné le 12 septembre 2017 par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, reprend de nombreuses dispositions de l’état d’urgence. La Cimade et de nombreuses organisations de la société civile dénoncent un texte qui permettrait d’instaurer un état d’urgence permanent, des #contrôles_d’identité sans motif sur quasiment tout le territoire : un très net recul des libertés publiques.


    –-> carte des lieux de contrôles « frontière », sans #matérialisation des zones de 20 km autour des 118 points de passages frontaliers.

    http://www.lacimade.org/etat-durgence-permanent-controles-facies-partout
    #état_d'urgence #mobile_borders #frontières_mobiles #asile #migrations #réfugiés #liberté #frontières #visibilité #invisibilité #in/visibilité #cartographie #visualisation

  • #violences_policières sur mineurs à #paris : les familles demandent d’autres poursuites
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120717/violences-policieres-sur-mineurs-paris-les-familles-demandent-d-autres-pou

    Malgré le renvoi en correctionnelle de quatre policiers, les conclusions du parquet et de l’IGPN ne satisfont pas les familles et les avocats des 18 adolescents qui avaient porté plainte pour une longue série de violences policières commises dans le #XIIe_arrondissement.

    #France #bavures #contrôles_au_faciès #contrôles_d'identité #discriminations #GSQ #IGPN #Justice #Libertés #Open_Society #Police

  • #violences sur #mineurs : quatre policiers parisiens renvoyés en correctionnelle
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030717/violences-sur-mineurs-quatre-policiers-parisiens-renvoyes-en-correctionnel

    18 adolescents avaient porté plainte en décembre 2015 contre un groupe de policiers violents du #XIIe_arrondissement de #paris. Quatre de ces fonctionnaires viennent d’être renvoyés en correctionnelle par le parquet de Paris, où ils seront jugés pour « violences par personnes dépositaires de l’autorité publique ».

    #France #bavures #contrôles_au_faciès #contrôles_d'identité #GSQ #IGPN #Justice #Police #violences_policières

  • Nara Ritz  : «  Nos caravanes nous signalent comme des individus à contrôler  »

    http://larotative.info/nara-ritz-nos-caravanes-nous-2195.html

    http://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L700xH467/arton2195-48b5a-fe7be.jpg?1493154432

    Le 30 mars, le nom d’Angelo Garand est venu s’ajouter à la liste des gens du voyage tués par les gendarmes, rejoignant ceux de Luigi Duquenet ou de Joseph Guerdner. Pour interroger les discriminations vécues par cette communauté, notamment dans leurs rapports avec les forces de l’ordre, nous avons échangé avec Nara Ritz, voyageur et membre du Collectif National des Associations de Citoyens Itinérants (CNACI).

    Vous subissez des contrôles au faciès, au même titre que les populations noires ou arabes  ?

    Tout à fait. Le camion et la caravane nous signalent comme des individus à contrôler. Mais aussi notre manière de parler, nos langues, et nos noms de famille que les agents relèvent lorsqu’ils procèdent à un contrôle. (...) Au bout d’un moment, on apprend à courber l’échine, à se taire, à subir. Jusqu’au jour où la multiplication de ces humiliations conduit à des réactions de colère, à des insultes, voire à des réflexes de fuite, qui nous rendront de toute manière coupable.

    Le poids des représentations historiques est très dur à déconstruire. Les stéréotypes concernant les gens du voyage les désignent comme agressifs, voleurs, dangereux, violents… C’est à cause de ces stéréotypes que le procureur de la République a pu justifier de faire intervenir le GIGN, en faisant passer Angelo Garand pour un fugitif dangereux. Faute de lutter contre ces représentations, on installe l’idée que les voyageurs seraient automatiquement dangereux. (...) C’est comparable aux interventions qui peuvent être menées dans certains quartiers. C’est comparable aussi aux démantèlements de camps de Roms, qui mobilisent des arsenaux policiers démesurés  : j’ai vu un jour intervenir des policiers armés jusqu’aux dents, équipés de boucliers, accompagnés de chiens, pour évacuer des femmes et des enfants. Dans cette situation il s’agissait de pauvres, pas de bandits. Mais la presse était là, et les autorités ont pu communiquer sur la nécessité de déployer un tel arsenal. En faisant cela, on renforce les stéréotypes qui visent ces communautés.

    #discriminations #contrôles_au_faciès #violences_policières cc @rezo

  • Why Cologne’s Police Shouldn’t Brag About Racially Profiling 900 New Year’s Eve Revelers

    The scariest thing about the preemptive screening of hundreds of North African men on New Year’s Eve in Cologne, Germany, during the celebration known as silvesternacht is that the police announced it after the fact as if it were something to be proud of.
    The announcement, which came on Twitter, also referred to the men as “#Nafris,” a derogatory term for North Africans that the city’s chief of police has since apologized for. But the chief made no apologies for the massive racial profiling his officers undertook that night in checking the identities of approximately 900 people.

    https://www.opensocietyfoundations.org/voices/why-cologne-s-police-shouldn-t-brag-about-racially-profiling
    #contrôles_au_faciès #racial_profiling #xénophobie #Cologne
    via @albertocampiphoto

  • A la #frontière italienne, les sales méthodes pour refouler les migrants
    https://www.mediapart.fr/journal/france/141216/la-frontiere-italienne-les-sales-methodes-pour-refouler-les-migrants

    À la #frontière_franco-italienne, se joue depuis juin 2015 une guerre d’usure entre migrants et forces de l’ordre françaises qui, selon les récits recueillis, usent de méthodes proches de l’illégalité : refoulement de mineurs non accompagnés, familles séparées, contrôles au faciès, chaussures lacérées, etc.

    #France #Fil_d'actualités #immigration #libertés_publiques #Police #Vintimille

  • #Contrôles_au_faciès : après la condamnation de l’État, la #police devra changer ses pratiques
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/11/09/controles-au-facies-la-cour-de-cassation-condamne-l-etat_5028213_1653578.htm

    C’est une décision de principe inédite que la #Cour_de_cassation a rendue, mercredi 9 novembre, en matière de contrôle d’identité. C’est la première fois que la plus haute juridiction était amenée à se prononcer sur ce sujet, sur la base de recours contre l’État portés par treize personnes – d’origine africaine ou nord-africaine – qui estimaient avoir fait l’objet de contrôles « au faciès ».

    Mercredi, la Cour a définitivement condamné l’État dans trois cas – en l’occurrence des contrôles d’identité ayant eu lieu dans le quartier commercial de la Défense, en décembre 2011. Elle a considéré qu’« un contrôle d’identité fondé sur des caractéristiques physiques associées à une origine réelle ou supposée, sans aucune justification objective préalable, est discriminatoire : il s’agit d’une faute lourde ».

    Sur le site de la COur de cassation : https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/communiques_4309/contr_identite_discriminatoires_09.11.16_35479.html

  • Contrôles au faciès : L’Etat définitivement condamné par la Cour de cassation
    http://www.20minutes.fr/societe/1958751-20161109-controles-facies-etat-definitivement-condamne-cour-cassat

    « Un #contrôle_d’identité fondé sur des caractéristiques physiques associées à une origine réelle ou supposée, sans aucune justification objective préalable, est discriminatoire : il s’agit d’une faute lourde qui engage la responsabilité de l’Etat », a écrit la Cour de cassation dans un communiqué.

    #Contrôles_au_faciès #justice

  • Sept mille migrants à évacuer. Les policiers viennent de recevoir leur ordre de mission pour l’évacuation de la "jungle" de Calais. Dans un télégramme envoyé par la #place_Beauvau à toutes les directions zonales des #CRS, l’Intérieur fixe aux forces de police dix jours pour reprendre possession des lieux. Dans ce document, que LCI s’est procuré, la mission intitulée "#dispositif_démantèlement_Calais" doit durer du lundi 17 octobre au jeudi 27 octobre. En tout, ce sont 19 compagnies de CRS qui seront sollicitées tout au long de cette période.
    http://www.lci.fr/france/info-lci-comment-les-policiers-preparent-l-evacuation-de-la-jungle-de-calais-200
    Jeudi 6 octobre, la préfète du Pas-de-Calais annonce aux associations qu’elle devront fournir l’identité de leur bénévoles présents dans le bidonville pendant l’expulsion. La préfecture souhaite visiblement contrôler la présence de personnes qui pourraient être témoin de ce qui va se passer.
    Mais le bidonville ne sera pas le seul « théâtre d’opération » – ce terme emprunté au #vocabulaire_militaire est donc de circonstance. La moitié des CRS « déployés » seraient affectés à empêcher les #exilé-e-s de se réinstaller dans les environs, #contrôles_au_faciès, #rafle et #chasse_à_l’homme à l’échelle du Calaisis, pour une durée indéterminée, puisque les habitant-e-s du bidonville forcé-e-s de monter dans des bus et dont le projet n’est pas de rester en France reviendront.
    http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/10/08/destruction-du-bidonville-empecher-les-temoins


    http://loupblaster.tumblr.com

  • La Cour de cassation se penche sur les « #contrôles_au_faciès »
    http://information.tv5monde.com/en-continu/la-cour-de-cassation-se-penche-sur-les-controles-au-facies-131

    « Ça me ferait mal que mes enfants subissent ce que j’ai subi. C’est humiliant de se faire contrôler à la vue de tout le monde en n’ayant rien commis », a-t-il expliqué. Avec une décision favorable, « on se sentirait plus Français ».

    #France

  • Un adolescent placé en garde à vue après avoir été électrocuté
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100616/un-adolescent-place-en-garde-vue-apres-avoir-ete-electrocute

    Une plainte pour #violences aggravées et non-assistance à personne en danger a été déposée contre des policiers parisiens, après une course-poursuite dans le #métro qui a failli coûter la vie à un lycéen de 16 ans.

    #France #bavures #contrôles_au_faciès #contrôles_d'identité #discrimination #IGPN #Justice #Libertés #mineurs #paris #Police #violences_policières

  • #violences sur #mineurs : des témoignages accablent un groupe de policiers parisiens
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160416/violences-sur-mineurs-des-temoignages-accablent-un-groupe-de-policiers-par

    Commissariat du XII ème arrondissement © structurae.info De nombreux témoignages dont Mediapart a pris connaissance viennent étayer la plainte déposée au mois de décembre par 18 adolescents contre des policiers du #XIIe_arrondissement de #paris. Les accusations sont très graves, mais les policiers ont été maintenus à leur poste.

    #France #bavures #contrôles_au_faciès #contrôles_d'identité #GSQ #IGPN #Justice #Police #violences_policières

  • Les Maux du Déni
    http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/2016/03/01/les-maux-du-deni

    C’est la première fois que sort, en France, un rapport d’une telle ampleur sur le sujet. Les associations du Collectif Stop le contrôle au faciès, fondé en 2011, avaient jusqu’ici préféré les actions directes, à l’instar de la première action en justice contre l’Etat pour contrôle au faciès, de la web-série Mon 1er contrôle d’identité, des mobilisations et actions de sensibilisation de victimes potentielles de contrôles abusifs, laissant le soin de publier des rapports aux ONGs dont c’est le métier. Aujourd’hui elles ont décidé de rendre public cinq ans d’écoute et d’orientation concernant des contrôles abusifs recueillis par leur pôle juridique, dans un document inédit d’une cinquantaine de pages, basé sur 2283 témoignages ayant mené à 616 saisines d’incidents spécifiques. Source : Relevé sur le (...)