• La révolution sera féministe

    Une création de Charlotte Bienaimé
    Un podcast à soi Un podcast à soi — Numéro 9

    Femmes en lutte dans l’Histoire, à #Carrefour et sur la #ZAD

    https://www.arteradio.com/son/61660140/la_revolution_sera_feministe_9

    « C’est chaque fois les femmes qui s’excusent, jamais les mecs, ou très peu. Il faut que j’arrête de m’excuser de prendre la parole et me sentir légitime de le faire. »

    Juste nécessaire contrepoint en ce moment :)

    #Féminisme #féminisme_en_lutte #facilitations #lutte #chansons_de_lutte #ni_dieu_ni_mec #radio

    • De mon coté j’ai l’impression que ca fait plus de 10 ans que ce contraceptif masculin qui bouche le canal déférent et qui est testé en Inde est prêt à sortir sur le marché. Je pense que c’est un #marronnier je vais allé voire si je trouve la forêt.

      Pour les effets secondaires c’est très relatif, les hommes veulent bien se tuer à coup de viagra afin de ne jamais découvrir qu’ils peuvent jouir et faire jouir sans bander. Mais pour la contraception la motivation n’y est pas, ca pourrait les rendre moralement responsable de tout ces enfants qui leur poussent dans le dos.

    • En fait cette impression de déja vu c’est qu’en 2015 les fabricant·es disaient qu’illes pourraient commercialiser leur vasagel autour de 2018-2020. Et nous y sommes donc :
      https://seenthis.net/messages/384273
      A l’époque je soulignait le choix pour des méthodes contraceptives mécaniques et non hormonales pour les hommes car la testostérone c’est l’hormone de la domination et de la violence masculine naturalisé. C’est sacré on y touche pas en patriarcat. Je soulignait aussi que les infos sur la contraception masculine intéressaient tellement les hommes en 2015 qu’en cette époque lointaine on les diffusait dans la rubrique « women ».

  • La « bombe démographique » en Afrique : pas si simple ! | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2019/11/28/la-bombe-demographique-en-afrique-pas-si-simple

    Malgré la grande diversité des politiques de développement, des stratégies des agences d’aide, des considérations géopolitiques, et des analyses de chercheurs, il y a parfois quelques rares consensus qui émergent et se stabilisent dans le monde du développement et des relations à l’Afrique. La nécessité de réduire la natalité en Afrique, et en particulier au Sahel, en est un.

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    Experts comme responsables politiques s’accordent tous sur la menace que représentent les taux actuels de fécondité : 7,2 enfants par femme au Niger, 6,2 au Mali. Dans ces pays dont les dirigeants sont souvent contestés, que la menace terroriste affaiblit chaque jour un peu plus, où des centaines de milliers de jeunes arrivent chaque année sur un marché de l’emploi exsangue, et qui connaissent de plus en plus une immigration incontrôlable vers l’Europe, la poursuite de l’actuelle natalité fait figure de cauchemar absolu ; près de 80 millions de Nigériens en 2050 pour 20 millions aujourd’hui, alors que les terres cultivables sont déjà saturées et épuisées, que l’industrialisation est presque nulle, et que le secteur tertiaire est à dominante informelle.

    La nécessité impérieuse de promouvoir une baisse de la natalité n’est pas seulement exprimée par les spécialistes (démographes en particulier) mais aussi par les gouvernants européens (on se rappellera ainsi le discours de Macron lors du G20 à Hambourg en 2017). Bien évidemment les intérêts des pays européens eux-mêmes ont beaucoup à voir avec cette sollicitude, qui ne procède pas seulement de considérations humanitaires : des dizaines de millions de jeunes Sahéliens sans emploi demain ou après-demain, cela ferait exploser les flux migratoires et serait du pain béni pour les jihadistes.

    Les priorités des pays européens, en matière d’aide aux pays africains, sont aujourd’hui convergentes et clairement définies : lutte contre l’insécurité, lutte contre les migrations, lutte contre la surnatalité. Toutes trois vont de pair, et drainent des crédits massifs.

    Mais les dirigeants des pays africains eux-mêmes reprennent à leur compte cette préoccupation et inscrivent la réduction de la natalité dans leurs politiques de population. Certes, c’est sans doute pour une part sous l’effet des pressions occidentales, ou pour bénéficier des fonds internationaux dédiés à cet objectif. Mais l’argument de l’intérêt national n’est pas à négliger, et il doit être pris au sérieux, car les politiques de réduction de la natalité relèvent aussi d’une rationalité politique peu contestable. Les taux d’accroissement actuels sont difficilement soutenables, ils handicaperont lourdement les politiques de développement et d’investissement productif, et maintiendront dans la pauvreté et le chômage une grande partie de la population.

    Notre propos, dans ce texte, n’est donc pas de mettre en cause, en leur principe, l’existence de dispositifs visant à permettre une baisse du nombre d’enfants par famille. Par contre, nous souhaitons analyser ici les nombreux obstacles que les politiques populationnelles actuelles rencontrent au sein des populations concernées, car ils nous semblent être largement sous-estimés. Cette ignorance des contextes locaux et de leurs résistances ou contournements face aux interventions extérieures est une constante du monde du développement, mais elle est particulièrement frappante en ce qui concerne les programmes de réduction des naissances.

    En effet ces programmes se heurtent à de multiples réticences, objections, critiques et condamnations émanant de ceux-là mêmes à qui ils sont destinés, en particulier dans les pays du Sahel, que nous prendrons comme exemple. Faute d’en prendre conscience, faute de s’adapter à ces contextes complexes, faute de tenir compte des effets inattendus et parfois pervers qu’elles entrainent, les politiques de réduction de la natalité auront un coût symbolique négatif important et n’atteindront pas leurs objectifs.

    Nous regrouperons les problèmes sous trois rubriques : ceux qui relèvent de facteurs socio-économiques, ceux qui relèvent de facteurs politico-religieux, et ceux qui concernent spécifiquement les adolescentes. Les premiers mobilisent des logiques familiales à un niveau micro, les seconds des logiques idéologiques à un niveau macro, les troisièmes des logiques éducatives et morales à un niveau intermédiaire. Mais tout d’abord nous présenterons les principaux dispositifs actuels des politiques populationnelles, et pour finir, nous soulèverons le problème de la « rente anti-natalité ».
    Les dispositifs

    Les politiques de réduction des naissances reposent toutes sur la diffusion des techniques contraceptives modernes, associées au savoir bio-médical. Cette précision s’impose, dans la mesure où il existe partout en Afrique une demande locale importante de « non-grossesse », à certaines périodes de la vie génésique des femmes (en particulier l’adolescence), demande qui s’adresse le plus souvent à d’autres recours que le système de santé (très généralement en se cachant de l’entourage) : d’une part des formes dites « traditionnelles » de prévention de la grossesse, fondées essentiellement sur des procédés magico-religieux (« attacher le ventre », comme on le dit dans les langues locales, au moyen de charmes, formules, potions, amulettes et autres « talismans »), et d’autre part une pratique assez répandue de l’interruption volontaire de grossesse – clandestine car partout illégale en Afrique – avec des moyens très divers, à l’origine de nombreux décès.

    La gamme des techniques contraceptives modernes disponibles dans les systèmes de santé africains comprend la pilule, le stérilet, l’injection contraceptive et la pose d’un implant. Toutes ces techniques ne sont pas toujours disponibles partout. Il faut souligner qu’une d’entre elles (la pilule) est aussi diffusée à l’extérieur des systèmes de santé, par des colporteurs et vendeurs de rue « informels ».

    Trois types d’institutions mettent en œuvre en Afrique l’information publique sur les techniques contraceptives modernes, ainsi que l’ administration de ces techniques dans des contextes médicalisés : d’une part les systèmes de santé, en particulier les systèmes publics de santé, d’autre part les institutions internationales (UNICEF, FNUAP, etc.), et enfin un grand nombre d’ONG, souvent américaines (Pathfinder, Marie Stopes, Mercy Corps etc.). Institutions internationales et ONG passent souvent par les systèmes publics de santé, qu’elles appuient ou dans lesquels elles logent leurs projets de diffusion des techniques contraceptives. Elles délivrent aussi parfois directement des services contraceptifs. Elles mettent bien sûr les médias à contribution, sous forme toujours rétribuée.

    La « PF » (planification familiale) fait depuis longtemps partie du « paquet minimum d’activité », et elle est donc intégrée au quotidien des formations sanitaires. Elle doit être proposée théoriquement dans toutes les consultations pour des jeunes filles ou des femmes en âge de procréer, et elle est gratuite. Toutefois la PF est parfois délaissée, voire abandonnée par certains personnels, soit pour des raisons idéologiques comme nous allons le montrer ci-dessous, soit en raison de l’absence de « projets » ou de « motivations », c’est-à-dire de primes financées par des institutions internationales ou des ONG.

    On doit souligner que les méthodes de travail des ONG, formatées par les procédures des institutions de développement, privilégient les indicateurs quantitatifs et les bilans des activités réalisées, sans tenir compte de la qualité des prestations et de la durabilité des effets. Ainsi la pose systématique d’implants par des ONG leur permet d’afficher de brillants résultats en matière de contraception (ce qui est un avantage de poids pour obtenir plus de financements), alors même que beaucoup de femmes font enlever les implants dans les mois qui suivent sous la pression de leurs maris ou de leurs voisines (LASDEL, 2017).
    Les obstacles socio-économiques

    Limiter les naissances constitue pour la majorité des familles nigériennes une absurdité économique. En effet, en l’absence de toute prise en charge sociale pour 90% de la population, et donc en particulier en l’absence de retraite, mais aussi en cas de maladie grave ou d’accident, la prise en charge des parents par les enfants majeurs apparait comme la seule solution crédible.

    Plus une personne a d’enfants, plus elle a de chance que certains de ses enfants puissent subvenir à ses besoins une fois âgée, ou en cas de « dépense catastrophique ». Plus elle a d’enfant, plus elle a de chance que l’un d’entre eux accède à une position enviable (cadre, grand commerçant, prédicateur religieux influent), qui mettrait ses parents à l’abri des soucis. La rationalité économique, qui, au niveau macro-économique, amène les économistes à dénoncer la bombe démographique ou à prôner le « dividende démographique » (les bénéfices d’un pays liés à la baisse de la natalité) s’inverse au niveau micro-économique, et joue au contraire, à l’échelle des ménages, en faveur d’une forte natalité.

    En complément de ce calcul économique simple, la valorisation sociale d’un nombre important d’enfants est une donnée majeure. Autrefois synonyme de réussite et de richesse dans le cadre des sociétés précoloniales (à la fois source de prospérité et expression de celle-ci), le fait d’avoir une descendance fournie reste encore valorisé socialement dans un contexte tout autre.

    Cette permanence n’est pas le simple produit d’une idéologie traditionnaliste : elle s’explique par les égards, les avantages, le prestige et le capital social que procure une nombreuse progéniture aujourd’hui. On comprend pourquoi, dans les familles du monde rural ou des quartiers périphériques urbains, une forte natalité reste la norme. Le social et l’économique s’alimentent ainsi l’un l’autre. L’investissement dans les enfants est indissociablement une assurance-vieillesse et un marqueur de réussite pour l’environnement social proche.

    Il y a un facteur supplémentaire, toujours au niveau de la famille. La polygamie renforce aussi l’incitation à la procréation. La compétition larvée (et parfois ouverte) entre co-épouses se joue beaucoup autour des enfants. Celle qui est stérile est humiliée, moquée. Là aussi l’intérêt personnel de chaque co-épouse est d’avoir plus d’enfants que l’autre, ou de tout faire pour avoir un garçon si elle n’a eu que des filles. C’est donc une attitude parfaitement rationnelle que de rechercher de nombreuses grossesses. Or, pour des raisons multiples, la polygamie reste la norme pour la majorité de la population dans les pays musulmans du Sahel, y compris dans les couches pauvres.

    Il n’y a donc rien d’étrange ou d’irrationnel à ce que les arguments relevant de l’intérêt national et du bien public, portés haut et fort par les institutions internationales, et (un peu moins fort) par les gouvernements africains, aient peu de prise sur une grande majorité de la population, qui est sensible à des arguments quasi opposés, au nom de l’intérêt familial et du bien privé.

    Le contre-exemple est d’ailleurs significatif : c’est auprès des classes moyennes et supérieures urbaines que se développe une demande en contraception moderne. La transition démographique s’y est effectuée spontanément du fait de la hausse du niveau de vie. L’argument économique s’est en effet alors inversé : le coût d’une éducation de qualité pour un enfant devient élevé, et ce n’est plus sur le nombre d’enfants que se joue l’assurance-vieillesse mais sur le patrimoine. L’argument social disparait aussi : la réputation et le prestige ne sont plus liés à l’ampleur de la descendance, mais dépendent du train de vie. Trop d’enfants devient alors un obstacle à la fois économique et social.
    Les obstacles politico-religieux

    Mais même à l’échelle macro, qui est celle où les arguments en faveur de la réduction de la natalité se déploient et tirent toute leur force, ces arguments sont contestés. Cette fois-ci, ce n’est plus à partir d’une rationalité économique et sociale d’échelle différente, mais pour des motifs idéologiques, autrement dit au nom de valeurs alternatives, politiques ou religieuses.

    Tout d’abord, l’insistance des pays du Nord et des institutions internationales en faveur des politiques populationnelles se heurte à de forts sentiments anti-occidentaux, beaucoup plus répandus qu’on ne croit au sein de la population. Ils sont en partie liés au passé colonial et aux comptes non réglés de la colonisation, en partie imputables aux injonctions des grandes puissances et aux arrogances des experts internationaux, en partie dues à la dépendance envers l’aide internationale, à ses conditionnalités et au sentiment d’humiliation qui y est souvent associé (« la main qui reçoit est toujours en dessous de la main qui donne » : ce proverbe est souvent cité).

    Les politiques de réduction des naissances promues par les institutions internationales, les coopérations bilatérales, et les ONG sont perçues comme une ingérence illégitime (« de quoi se mêlent-ils », « ils veulent même intervenir dans notre intimité ! »). Chez les intellectuels, on accusera les occidentaux de malthusianisme ou de néo-impérialisme (souvent les deux), alors que dans les campagnes circulent des rumeurs sur la stérilité des Blancs qui les rend jaloux de la fertilité africaine.

    Les arguments religieux se superposent à ce rejet assez général des donneurs de leçons européens et américains. Les sentiments anti-occidentaux ont été avivés depuis deux décennies par la percée du fondamentalisme islamique. Le retour à l’époque du Prophète et de ses compagnons, c’est aussi, contre les injustices du monde actuel, la valorisation d’un monde alternatif, un monde de la fécondité (et de la polygamie, et du mariage précoce).

    Autrement dit, plus les ONG font de bruit pour inviter à la contraception, plus s’enclenche un effet pervers, et plus elles alimentent des théories du complot, car elles apparaissent comme hostiles aux valeurs africaines ou aux valeurs islamiques. En outre, les ONG dans ce domaine sont surtout américaines, et bien souvent chrétiennes, ce qui n’arrange rien.
    Les adolescentes et la question de la sexualité

    C’est au niveau des adolescentes que se joue la natalité de demain, et de plus en plus de programmes d’ONG ou d’institutions internationales ciblent ce groupe stratégique. Deux dimensions interviennent dans ces interventions : d’une part la sensibilisation des adolescentes (et des adolescents) à l’intérêt des méthodes contraceptives, d’autre part la délivrance de produits contraceptifs à celles qui ont déjà une vie sexuelle active (une grande majorité).

    Mais les obstacles de type socio-culturel sont nombreux dès lors qu’il est question de sexualité adolescente. Celle-ci en effet implique des enjeux majeurs dans les relations entre les familles et leur environnement social, qui se cristallisent autour de notions comme la morale de proximité, et la honte. Les grossesses d’adolescentes hors mariage sont considérées comme des scandales familiaux, sources d’opprobre, de moqueries ou d’insultes venant du voisinage, envers non seulement la jeune fille, mais aussi sa mère (qui l’aurait mal élevée), son père (pivot de la réputation familiale) et toute sa famille proche. Le mot « bâtard » reste une injure majeure. Pourtant les grossesses d’adolescentes sont de plus en plus fréquentes, de plus en plus d’écolières et de collégiennes interrompent leurs études pour cette raison.

    Pour expliquer la permanence de cette stigmatisation, il faut comprendre deux phénomènes. L’un est l’existence d’une contradiction fondamentale entre une norme héritée du passé qui reste au cœur de la morale sociale relative aux adolescents (être vierge au moment du mariage), et une réalité totalement différente (la généralisation des rapports sexuels prénuptiaux). La seconde est l’importance de la notion de « honte » en Afrique : la honte, c’est d’abord le regard des autres, lorsqu’on a failli aux valeurs et normes morales partagées avec l’environnement proche, lorsqu’on a manqué à la bienséance, aux obligations familiales, aux pratiques religieuses ostentatoires.

    Mais cette peur de la sexualité adolescente ne devrait-elle pas être au contraire un levier pour promouvoir les pratiques contraceptives ? Seule une minorité le pense. Pour une majorité de la population, les techniques contraceptives signifient au contraire laisser libre cours à la sexualité adolescente hors mariage, réprouvée justement par la morale sociale, le puritanisme religieux, et le regard des autres. C’est une des raisons (celle qui est la plus mise en avant dans nos entretiens) qui explique la persistance du mariage précoce, qui apparait comme la seule solution pour éviter la dépravation des filles et prévenir une grossesse scandaleuse (LASDEL, 2019).

    Cette situation explique aussi l’importance des avortements clandestins chez les adolescents non mariées.

    Cette morale de proximité intervient aussi pour expliquer la très faible éducation sexuelle menée dans les familles, ainsi que les difficultés rencontrées par les pouvoirs publics pour introduire l’éducation sexuelle à l’école. Parler de sexe publiquement est condamné par une grande partie de la population car considéré comme un premier pas vers la dépravation. Et là encore le fondamentalisme islamique renforce cette condamnation, et en fait un motif supplémentaire de rejet de l’Occident, coupable de dégradation massive des mœurs et de dislocation des valeurs familiales, et qui voudrait imposer cette orientation désastreuse aux populations africaines.

    Quant aux consultations contraceptives, elles sont pour l’essentiel réservées aux femmes mariées (certaines formations sanitaires exigent même l’accord du mari) et touchent très peu les adolescentes.
    La rente de la Planification familiale et le double langage des politiciens

    Cette hostilité d’une grande partie de la population, en majorité rurale (plus de 80% de la population vit dans les espaces ruraux au Niger), explique le fréquent double langage des politiciens (à quelques exception près).

    D’un côté, il s’agit d’être en bons termes avec les bailleurs de fonds, de bénéficier de la « rente des politiques de réduction de la natalité » (les financements importants qui y sont associés), et d’apparaître comme un partenaire fiable, donc de tenir dans les instances internationales un langage anti-nataliste clair (auquel souvent les politiciens eux-mêmes adhèrent en privé, dans la mesure où les élites ont déjà effectué la transition démographique), mais de l’autre côté, il faut ne pas choquer les populations rurales majoritaires, ne pas s’aliéner les électeurs, ce qui suppose, lorsqu’on parle publiquement dans les langues nationales, d’éviter soigneusement tout discours anti-nataliste.

    Chaque candidat aux élections se doit de faire preuve de piété, de distribuer de l’argent ou des véhicules aux oulémas (marabouts) influents, de payer des élèves coraniques pour lire intégralement le livre saint, de faire des références aux compagnons du Prophète, et il serait inconcevable de ternir cette image en tenant des propos publics en faveur de la limitation des naissances.

    On voit maintenant mieux toutes les difficultés auxquels sont confrontées les politiques populationnelles, en particulier lorsqu’elles sont portées par des institutions occidentales, qui semblent toutes sous-estimer gravement les contextes locaux et se contenter des discours stéréotypés sur la « bombe démographique ».

    Il n’y a jusqu’ici que deux types de transition démographiques qui ont fait leurs preuves. L’une est la voie despotique, le recours à la force, qui a été suivie par la Chine populaire. L’autre est la voie du développement économique (la hausse du niveau de vie), qui a été suivie par les pays occidentaux et une partie des pays émergents. C’est la voie classique. La première voie est politiquement inenvisageable dans les conditions actuelles de l’Afrique. La seconde voie semble insuffisante en l’absence de tout système de prise en charge sociale fonctionnel (elle ne concerne pour le moment que les classes privilégiées), ce qui implique qu’il faudrait en partie inverser la relation causale, et faire de la réduction de la natalité un facteur de développement.

    Mais comment procéder ? À ce jour, les deux stratégies dominantes semblent bien en peine d’atteindre les objectifs souhaités. La première consiste à faire la promotion publique de la contraception par des ONG, par les médias, les tournées de « sensibilisation » ou des panneaux publicitaires. Face à une population en majorité hostile, c’est courir le risque d’engendrer des effets pervers, et d’attiser les résistances au lieu de les contourner.

    La seconde consiste à inciter les dirigeants des pays à mener des politiques populationnelles publiques, à travers le système scolaire et le système de santé, sans tapage peut-être, mais avec détermination. Mais, face aux réticences de très nombreux usager(e)s, comme de celles d’une partie des enseignants et des personnels de santé, face aussi au faible engagement réel de l’État et au double langage des politiciens, la partie est loin d’être gagnée.

    C’est pourtant selon nous à ce second niveau-là qu’il convient de s’engager beaucoup plus. Cela implique un travail sur le long terme, en profondeur, qui ne peut être gagné que par des agents du service public, des instituteurs, des professeurs, des infirmiers, des sages-femmes, convaincus du bien-fondé de la régulation des naissances, et permettant aux adolescent(e)s d’avoir accès à l’information sexuelle dans les écoles et les centres de santé, et d’avoir accès aux techniques contraceptives dans les centres de santé.

    Ceci implique une « nationalisation » ou une appropriation de la diffusion des techniques contraceptives par les gouvernements, mais surtout par une partie significative des agents des services publics. C’est eux qui maitrisent les contextes locaux, c’est eux qu’il faut convaincre de convaincre. Beaucoup le sont déjà, à des degrés divers, mais ils sont souvent découragés par le piteux état du système scolaire ou du système de santé, et le faible investissement de l’État dans les faits. Il faut donc les appuyer, selon les modalités qu’ils jugent appropriées, et pas selon les normes imposées des organisations internationales.

    En particulier, une politique nationale de santé de la reproduction doit prendre en compte aussi bien la lutte contre la stérilité que la promotion de la régulation des naissances. Pour près d’un quart des femmes mariées nigériennes, la stérilité primaire (pas d’enfants) ou secondaire (après un premier accouchement) est un problème majeur, dans un contexte où la stérilité du couple est très généralement imputée à la femme.

    Se focaliser uniquement sur la réduction de la natalité, comme le font les institutions internationales, les ONG et les bailleurs de fonds, sans prendre en charge simultanément les couples stériles pour leur permettre d’avoir des enfants, ce serait alimenter le rejet populaire d’une politique de gestion de la fécondité uniquement basée sur les injonctions occidentales et méprisant les besoins exprimés d’une partie de la population. Là encore, les personnels de santé, qui sont confrontés aux préoccupations quotidiennes des usager(e)s, peuvent apporter une réponse adaptée, si on les en persuade et si on leur en donne les moyens.

    Aissa Diarra

    Médecin et anthropologue, Chercheuse au LASDEL

    Jean-Pierre Olivier de Sardan

    Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS et directeur d’études à l’EHESS

    #bombe_P #démographie #racisme ? #Afrique

  • The Trump Administration Is Giving Family Planning Funds to a Network of Anti-Abortion Clinics – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/politics/2019/11/the-trump-administration-is-giving-family-planning-funds-to-a-network-o

    Historically, federal regulations required that any organization receiving Title X funding “provide a broad range of acceptable and effective medically approved family planning methods.” But as I discovered during my visit to Whittier and other Obria clinics last summer, the organization’s clinics refuse to provide contraception. Nor do they refer patients to other providers for birth control.

    Obria’s founder is opposed to all FDA-­approved forms of birth control and has privately reassured anti-abortion donors that Obria will never dispense contraception, even as she has aggressively sought federal funding that requires exactly those services. “We’re an abstinence-only organ­ization. It always works,” Kathleen Eaton Bravo told the Catholic World Report in 2011. “And for those single women who have had sex before marriage, we encourage them to embrace a second virginity.”

    #USA #avortement #contraception #femmes

  • Tableau comparatif à jour de toutes les méthodes de contraception, suivant leur efficacité réelle, supposée, la durée, le prix, etc.

    https://www.choisirsacontraception.fr/contraception_tableau_comparatif.htm

    Les seules s’approchant du risque nul en situation réelle :
    – L’implant
    – La stérilisation
    – Le DIU

    Ça tombe bien, en plus c’est ce qui dure le plus longtemps, et qui est remboursé par la Sécu.

    (Attention : cela ne protège pas des IST évidemment.)

    #contraception #sexualité #santé

  • #IVG en #France : un accès inégal, un droit malmené

    Une Française sur trois avorte au cours de sa vie. Pourtant, 40 ans après la loi Veil dépénalisant l’avortement, les #obstacles et les inégalités dans l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), méconnus, sont loin d’avoir disparu.

    https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/ivg-france-acces-inegal-droit-malmene?xtor=CS3-67
    #inégalités #accès_aux_droits #avortement #femmes

    • Prix Ig-Nobel — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Ig-Nobel

      Prix décernés en 2019

      • Médecine : à Silvano Gallus, pour avoir rassemblé des preuves que les pizzas peuvent protéger contre les maladies etla port ; à condition que la pizza soit fabriquée et mangée en Italie
      • Education médicale : à Karen Pryor et Theresa McKeon, pour avoir utilisé une technique simple destinée à l’’éducation des animaux - la technique dite de « l’entraînement par clic » - pour former des chirurgiens à la chirurgie orthopédique
      • Biologie : à Ling-Jun Kong, Herbert Crepaz, Agnieszka Górecka, Aleksandra Urbanek, Rainer Dumke, et Tomasz Patere, pour avoir découvert que des cafards magnétisés morts se comportait différemment de cafards magnétisés vivants.
      • Anatomie : à Roger Mieusset et Bourras Bengoudifa, pour avoir mesuré l’assymétrie de la température du scrotum chez des facteurs, nus ou habillés, en France
      • Chimie : à Shigeru Watanabe, Mineko Ohnishi, Kaori Imai, Eiji Kawano, et Seiji Igarashi pour avoir estimé le volume total de salive produit quotidiennement par un enfant de 5 ans
      • Ingénierie : à Iman Farahbakhsh, pour l’invention d’une machine à changer les couches, destinée à des bébés humains.
      • Economie : à Habip Gedik, Timothy A. Voss, et Andreas Voss, pour avoir conduit des tests destinés à déterminer dans quel pays les billets de banques étaient le plus susceptible de transmettre des bactéries nocives.
      • Paix : à Ghada A. bin Saif, Alexandru Papoiu, Liliana Banari, Francis McGlone, Shawn G. Kwatra, Yiong-Huak Chan, et Gil Yosipovitch pour avoir essayé de mesurer le degré de plaisir généré lorsque l’on se gratte une démangeaison
      • Psychologie : à Fritz Strack, pour avoir découvert que tenir son stylo dans sa bouche provoque un sourire, ce qui rend plus heureux, puis pour avoir découvert que finalement ce n’était pas le cas.
      • Physique : à Patricia Yang, Alexander Lee, Miles Chan, Alynn Martin, Ashley Edwards, Scott Carver, and David Hu pour découvrir comment, et pourquoi les Wombats faisaient des crottes carrées.

    • Une étude française sur la température des testicules des postiers remporte le prix Ig-Nobel
      https://www.franceinter.fr/sciences/une-etude-sur-la-temperature-des-testicules-des-postiers-recompensee-par


      L’étude récompensée, menée sur des groupes de postiers et de chauffeurs de bus, a montré que le testicule gauche était légèrement plus chaud que le droit.
      © Getty / John Shepherd

      Roger Mieusset n’est autre que l’inventeur du slip chauffant. Ce moyen de contraception masculine qu’il a développé depuis les années 1980 et dont le mérite est de ne pas impacter tout le corps ni la vie sexuelle du patient, s’appuie sur une constatation ancienne : la température des bourses détermine la production de spermatozoïdes et donc la fertilité de l’homme. Des bandes de tissus cousus sur le slip permettent de remonter les testicules à l’intérieur du corps et de les garder « au chaud ». En passant de 34° à 36°, la température du scrotum garantit un seuil d’infertilité. 

      Absents lors de la remise de leur prix - un affreux trophée fait de bouts de plastiques dont une brosse à dent -, les deux scientifiques français ont été « représentés » par un postier en short encombré d’un gros colis, idéal pour alimenter quelques jeux de mots cocasses. Car c’est en effet sur 3 groupes de 20 à 52 ans (hommes habillés puis nus, chauffeurs de bus et postiers) que l’expérience a été menée en 2007.

  • 759 000 nouveau-nés en France en 2018 : seulement 12 000 ont une mère de moins de 20 ans - Insee Première - 1773
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4211194?pk_campaign=avis-parution

    Depuis 2010, moins de 2 % des mères ont un #enfant avant l’année de leurs 20 ans. En particulier en 2018, en métropole, 8 900 bébés sont nés de mères nées après 1998, représentant ainsi 1,2 % des naissances (figure 2). En incluant les départements d’outre-mer (DOM), ils étaient 11 700 (1,5 % des naissances). Ils n’ont jamais été aussi peu nombreux.

    […] Il y a quarante-cinq ans, en 1973, elles étaient encore plus de 60 000 et représentaient 7 % des naissances. La baisse a été rapide ensuite. Depuis 1986, moins de 3 % des naissances sont précoces. Cette baisse intervient à une période où la #contraception médicalisée se diffuse (loi Neuwirth en 1967, dont les textes d’application ont été promulgués entre 1969 et 1972) et l’interruption volontaire de grossesse (#IVG) est légalisée (loi Veil en 1975). En outre, à cette époque, les études supérieures se généralisent et les femmes travaillent plus souvent.

    […] Les naissances précoces sont les plus fréquentes dans les DOM. En 2018, 10,2 % des naissances en Guyane sont précoces et 9,9 % à Mayotte (figure 3). C’est aussi dans ces deux départements que la part des jeunes femmes parmi la population féminine est la plus importante : respectivement 9,4 % et 9,9 % des femmes ont entre 15 et 19 ans. À La Réunion, 5,7 % des naissances sont précoces, 3,9 % en Martinique et 3,1 % en Guadeloupe. Seuls deux départements de France métropolitaine ont un taux légèrement supérieur à celui de la Guadeloupe : l’Aisne et la Nièvre (3,2 %). La part des #naissances_précoces est supérieure à la moyenne nationale dans le nord de la France, et dans une large zone traversant la France depuis la région Grand Est jusqu’à la Charente, et enfin dans le sud, dans les Pyrénées Orientales et l’Aude (2,2 %).

    #démographie #maternité #paternité

  • Une contraception sans hormones ni effets secondaires sur les rails - LCI
    https://www.lci.fr/bien-etre/une-contraception-sans-hormones-ni-effets-secondaires-sur-les-rails-2130706.html

    Sous forme de gel, le dispositif est applicable dans le vagin au moins une heure avant un rapport sexuel. Capable de réguler le PH de la flore vaginale, il assure un effet contraceptif. Après un rapport sexuel, le vagin voit en effet son PH augmenter naturellement pour créer un environnement favorable aux spermatozoïdes. En maintenant le PH entre 3,5 et 4,5, le gel crée une situation hostile pour ces derniers, qui ne fécondent alors pas les ovaires. Évalué sur 1.400 femmes âgées de 18 à 35, Amphora aurait montré un taux d’efficacité de 86%. C’est 85% pour le préservatif masculin, et 91% pour la pilule selon le site choisirisacontraception.fr.

    D’après le laboratoire, ce type de contraception « à la demande », c’est-à-dire qui ne nécessite pas d’être prise quotidiennement, avec un très faible taux d’effets secondaires (1%), a amélioré la perception qu’avaient les participantes de leur vie sexuelle. Au travers d’un questionnaire, 45% des femmes ont indiqué avoir constaté avoir une vie sexuelle « un peu » ou « beaucoup » plus épanouie qu’auparavant. « Pour la première fois, nous n’étudions pas seulement les bénéfices cliniques d’une méthode de contraception. Nous sommes aussi à l’écoute des besoins des femmes au travers de leur vie reproductive et sexuelle », se targue dans un communiqué Saundra Pelletier, membre de la direction du laboratoire.

    Ca me fait pensé à du spermicide, mais en plus efficace, moins irritant et avec un effet accrue contre certaines IST.
    https://www.caducee.net/DossierSpecialises/reproductive/barrieres/spermicides.asp

    #contraception #femmes #IST #spermicide

    • Donc, depuis des années les femmes qui ne veulent pas d’enfants sont empoisonnées aux hormones reconnues cancérigènes, que ce soit pour la contraception ou l’avortement. Alors qu’il existe des alternatives simples qui ne rendent pas malades.

      Intéressant que ce soit une question de #PH et de taux d’acidité, il existe depuis longtemps des spermicides au miel (PH entre 3,2 et 5,5) et je lis que certaines ont un temps utilisé le citron (PH 2,5) mais je ne trouve pas de textes pour corroborer sauf à se moquer des femmes.
      https://thewelltimedperiod.blogspot.com/2007/05/honey-cap.html

  • « J’ai vingt ans et je n’aurai jamais d’enfants ». Elles ont moins de trente ans et choisissent de se faire opérer pour éviter d’enfanter.

    « Je n’ai jamais été intéressée par les enfants, la #parentalité ou le fait de transmettre mes gènes. J’ai une vie bien remplie qui me convient et assez de responsabilités à mon goût. » Charlotte a 25 ans et a choisi la #stérilisation_volontaire il y a moins d’un an. L’opération qu’elle a dû subir, elle l’assimile à un bon souvenir. Elle renchérit : « Il y avait cette idée de le faire une bonne fois pour toutes, de ne pas avoir à penser à ma #contraception, ni prendre des rendez-vous pour la renouveler tous les ans. Le risque de tomber enceinte était un stress continu pour moi. »

    Ce témoignage étonnant n’est pourtant pas isolé. De nombreuses jeunes femmes font aujourd’hui le choix de la stérilisation. Selon une gynécologue des Hôpitaux universitaires de Genève (#HUG), le phénomène risque de prendre de l’ampleur. Cinq Genevoises de 19 à 27 ans ont accepté de témoigner pour la « Tribune de Genève ».

    Un choix drastique

    Margot, Loredana et Laure (identités connues de la rédaction) ont moins de 22 ans et envisagent toutes les trois la stérilisation. Si leurs raisons varient, elles ont un point commun : aucune d’entre elles ne veut d’enfant. Laure ajoute même avec conviction : « Si un jour je veux un enfant, je préfère l’adopter. » Elle évoque également sa vision pessimiste de l’avenir de l’humanité. Un point sur lequel la rejoint Margot : « Je trouve égoïste de mettre au monde quelqu’un dans une situation aussi catastrophique sur le plan climatique et politique. Si je change d’avis, l’adoption existe et je trouve bien plus éthique de donner une chance à un enfant en foyer plutôt que d’en faire un moi même. »

    Le manque de choix dans les techniques de contraception est également un thème récurrent. Margot s’inquiète des conséquences que les #hormones pourraient avoir à long terme sur son #corps. Prendre la #pilule tous les jours ne la met pas en confiance. Laure ne supporte tout simplement pas les effets secondaires de la pilule et le #stérilet en cuivre lui impose des règles douloureuses.

    Si elles sont toutes sûres de leur choix, elles diffèrent sur le moment de l’opération. Laure et Loredana aimeraient la faire dès que possible mais se heurtent aux refus des gynécologues. La première soutient : « Si je pouvais commencer les démarches demain, je le ferais. » Margot est plus modérée et voit cela dans un futur lointain : « J’imagine que je me déciderai à trente ou trente-cinq ans, si je n’ai pas changé d’avis d’ici là. Ce qui voudra dire que je suis certaine de mon choix. »

    Il existe plusieurs techniques de stérilisations qui ont le même but : rendre les trompes de Fallope inutilisables afin d’empêcher les spermatozoïdes de rencontrer l’ovule. Les plus courantes consistent à ligaturer ou sectionner directement les trompes, dans ce cas l’opération est irréversible. Il est également possible de pincer les trompes avec des clips ou anneaux. Ici, l’opération pour revenir en arrière est possible avec de faibles chances de réussite et des risques non négligeables de grossesses extra-utérines. Selon le site médical Sexual health info, peu importe la technique utilisée, il faut considérer la stérilisation comme définitive.

    N’importe quelle personne majeure et capable de discernement peut demander une stérilisation. Les conditions sont les mêmes que pour toute opération : il faut le consentement libre et éclairé de la patiente et quarante-huit heures de réflexion.

    Selon notre interlocutrice des HUG, une gynécologue qui souhaite rester anonyme, la plupart du temps les stérilisations sont discutées durant la grossesse. Il est plus simple de stériliser une femme lors d’une césarienne. Ce sont des patientes qui ont généralement la quarantaine. À ce moment, la fertilité a de toute façon déjà diminué et la stérilisation permet d’en finir.

    Le principal obstacle à la stérilisation est l’opposition du médecin. Mélanie, 27 ans, est stérilisée depuis maintenant un an. Elle a dû consulter plusieurs gynécologues avant d’en trouver un qui accepte de l’opérer. « La première femme que j’ai vue m’a fait un sermon durant toute la séance. Elle me disait que je ne me rendais pas compte de ce que cela représentait, que j’allais changer d’avis ou rencontrer l’homme de ma vie et que c’était de toute façon hors de question de le faire pour elle. »

    La doctoresse des HUG explique : « Tout ce qu’un chirurgien fait, il doit le faire dans l’intérêt de sa patiente, c’est une grosse #responsabilité d’ouvrir le ventre d’une femme pour lui enlever la capacité de faire des enfants. À mon sens, on doit avoir le droit de refuser si on estime que ce qu’on fait n’est pas juste, sauf s’il y a un risque vital. À l’hôpital, la décision de stérilisation est discutée d’abord par le médecin qui rencontre la femme, puis avec le chef de clinique. Si le cas est compliqué, typiquement lorsque la femme est jeune, la discussion est reprise avec l’équipe au complet. »

    Le #refus_médical

    Notre interlocutrice explique ensuite les raisons qui poussent un médecin à refuser cette opération : « La question du #consentement_librement_éclairé ou non se pose. Est-ce qu’à vingt ans on a vraiment assez d’informations sur soi ? »

    Ces refus médicaux répétés ont poussé Charlotte et Mélanie à se rendre en #France pour y être opérées, dans des cliniques connues pour accepter les stérilisations sur des jeunes femmes. Toutes deux disent n’avoir aucune peur de regretter leur choix.

    « Je comprends pleinement les femmes qui se sentent frustrées après un refus, poursuit la médecin, je comprends également le sentiment d’#injustice à ne pas pouvoir disposer de son corps comme on le voudrait. Néanmoins, il y a un nombre non négligeable de femmes qui regrettent ensuite ce choix et qui veulent revenir en arrière. Plus la femme est jeune et plus elle a de chances de changer d’avis. » La spécialiste prévient que les opérations pour enlever les clips fonctionnent mal et que des techniques comme la PMA (Procréation médicalement assistée) sont longues, coûteuses et difficiles psychologiquement.

    « Pour finir, une stérilisation n’est pas une opération anodine, souligne-t-elle. Il s’agit d’une anesthésie générale et d’ouvertures dans le ventre. Si les complications sont rares, elles sont néanmoins réelles. Un bon chirurgien n’est pas uniquement un médecin qui opère bien, mais qui arrive aussi à mesurer toutes les implications de son travail. »

    Le droit à l’erreur

    La bioéthicienne Samia Hurst, professeure à l’Université de Genève, fait le point sur la situation : « La question du corps est importante en médecine et le #consentement du patient demeure fondamental. Dire non à un acte médical est un droit en or massif. Par contre, il y a une différence entre refuser un acte sur son corps et en exiger un. Si je refuse qu’on pratique un geste sur moi, un médecin doit aussi pouvoir refuser de le pratiquer. Demander d’agir n’est pas la même chose que de demander ne pas agir. »

    Elle questionne ensuite les raisons courantes d’un refus : « L’argument qui motive le plus souvent un refus est que les femmes ne devraient pas se faire stériliser car elles risquent de changer d’avis. C’est tout à fait vrai, les choix sont fluctuants. Les circonstances changent et les grandes décisions avec. Le problème avec ce raisonnement est qu’aucune décision de vie n’est totalement réversible. Se marier, avoir un enfant ou ne pas avoir d’enfant sont toutes des décisions qui auront un impact indélébile sur la suite de la vie d’un individu. »

    Samia Hurst remarque pourtant, « qu’on est beaucoup plus inquiets lorsqu’une femme prend la décision de ne pas avoir d’enfants plutôt que lorsqu’elle décide d’en avoir. Il y a une #norme_sociétale importante qui dit que les gens (et plus particulièrement les femmes) doivent avoir des enfants. Il demeure difficile de s’écarter de cette #norme pour les femmes qui veulent se stériliser et pour les médecins pratiquant l’opération. »

    La professeure d’#éthique conclut sur le #droit_à_l’erreur : « Accepter la #liberté de quelqu’un, c’est aussi lui laisser le droit de se tromper. Pour être libre, je dois prendre mes propres décisions, même si elles ne sont pas les bonnes. Un médecin n’a pas besoin d’adhérer à l’idée de sa patiente pour accéder à sa requête. »

    Militantisme ou manque de moyens

    Charlotte explique que, dans son cas, se stériliser est aussi une façon de donner un signal clair : « La société incite les femmes à vouloir des enfants et celles qui n’en veulent pas sont stigmatisées. On entend trop souvent dire que si on ne veut pas d’enfant à vingt ans, on va forcément changer d’avis plus tard. Pour moi, me stériliser était aussi un moyen de prouver à mon entourage ma volonté de ne pas enfanter. J’ai fait en sorte que mon corps ne soit pas capable d’avoir un enfant car je ne veux pas de cette vie. Je suis désormais enfin une femme libre et totalement détachée ! » Laure ne partage pas cette motivation mais la comprend : « Je pense que les femmes savent ce qu’elles veulent et qu’on ne doit pas choisir pour elles. »

    Aujourd’hui, aucun moyen de contraception féminin n’est dépourvu d’effet secondaire. De plus, la charge de devoir penser à la contraception au mieux tous les ans ou au pire tous les jours revient toujours aux femmes. Pour Laure, c’est ce déficit qui pose problème : « Si j’avais accès à une contraception sans hormones qui ne me demande pas de repasser sur la chaise du gynéco pendant trente minutes tous les cinq ans, je ne penserais même pas à la stérilisation. Je trouve qu’actuellement la recherche dans le domaine de la #contraception_féminine n’est pas assez poussée. »

    https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/j-vingt-ans-naurai-jamais-denfants/story/16727912

    #stérilisation #femmes #corps #femmes

    • Il y a un vrai problème aussi avec la manière dont le DIU est sous-vendu et les règles douloureuses sous-traitées. Le DIU peut être laissé en place 10 ans sans soucis, mais il semble que la secte des gynécos de France ait obtenu une AMM de 5 ans, juste pour faire tourner leur foutu tiroir-caisse, alors que le risque max de cette contraception, c’est justement d’être mal posée.
      Quant aux règles abondantes et douloureuses, j’en ai chié des années, jusqu’à ce que Winckler explique que, non, les anti-inflammatoires ne sont pas du tout contre-indiqués en cas de règles pourries sous DIU, au contraire, c’est même le truc recommandé pour réduire le flux.

      Une fois cette question réglée, le DIU et la contraception la moins chère, la moins contraignante et la plus efficace pour le moment. En plus, il y a un travail actuellement autour de la création d’un kit d’auto-pose.
      Ensuite, le principe, c’est quand même de ne plus penser à sa contraception pendant 10 ans, garanti sans hormones qui nous pourrissent la vie !

    • Quand j’ai réussie à bénéficier de la contraception définitive, juste après l’intervention la secrétaire médicale qui m’a dit etre militante féministe m’a gratifié de cette remarque :
      « - Vous ca va, vous pouvez être stériliser (j’avais 38 ans), mais les gamines de 20 ans qui ont la flemme de prendre la pilule, il n’en est pas question. »

  • La pilule du lendemain prise au piège des pipeaux
    https://www.liberation.fr/france/2019/07/31/la-pilule-du-lendemain-prise-au-piege-des-pipeaux_1743083

    Face aux manquements au code de la santé publique, l’Ordre des pharmaciens se dit en alerte. « J’invite les femmes à signaler les incidents au conseil régional de l’Ordre, insiste Pierre Béguerie. Après un dépôt de plainte, nous pouvons engager une action disciplinaire. » Méconnus du grand public, les signalements sont encore « rares, voire inexistants ». « C’est indispensable de faire remonter les problèmes, on ne peut pas accepter une attitude déplacée de la part de nos confrères, soutient le président du conseil central. Informer est au cœur de notre métier, y contrevenir peut entraîner jusqu’à la radiation. »

    #misogynie #contraception #femmes #hétérosexualité #culture_du_viol

  • On a rencontré des hommes utilisant la #contraception_masculine - ChEEk Magazine
    http://cheekmagazine.fr/societe/contraception-masculine-temoignages

    Encore trop peu accessible et donc trop peu représentée, la contraception masculine répond pourtant à une demande grandissante. Quand une femme rencontre des difficultés avec les méthodes de contraception classiques, beaucoup de couples hétérosexuels se retrouvent dans une impasse contraceptive. “Si on ne veut plus avoir recours à la pilule ou au stérilet, il ne reste plus beaucoup de solutions : soit préservatif, soit abstinence… ou sinon, contraception masculine”, explique Karine, 42 ans, dont le compagnon est sous contraceptif. Dans l’Hexagone, ils sont environ 150 à suivre une contraception, sans compter les 0,8 % d’hommes en âge de procréer ayant eu recours à la vasectomie (contraception définitive nécessitant une opération simple, sans aucun effet secondaire). Hormonales ou thermiques, les méthodes de contraception masculine sont encadrées par des protocoles médicaux et validées par deux médecins la prescrivant depuis 40 ans : les docteurs Soufir, à Paris, et Mieusset, à Toulouse.

    Partager les responsabilités

    Parmi la dizaine d’hommes que nous avons interviewés, tous ont fait cette démarche après avoir pris conscience de la charge mentale contraceptive portée par leurs partenaires, actuelles ou passées. “Ce n’est pas un acte féministe, mais un acte de partage des responsabilités”, assure Robin, 33 ans, qui a porté le slip contraceptif avant d’arrêter pour concevoir un enfant. Grégoire, 47 ans et vasectomisé depuis un an, a voulu “soulager [sa] compagne, qui prenait des hormones depuis de nombreuses années”.

    En France, la méthode thermique a le vent en poupe. Elle est sûre et sans danger ni effet secondaire. Elle consiste à remonter les testicules à la base de la verge, pour augmenter leur température et ainsi arrêter naturellement la production de spermatozoïdes. Deux outils permettent de maintenir les testicules au chaud : le slip contraceptif (aussi appelé “slip troué”, ou “boulocho”) et l’anneau pénien “Androswitch”. Tous deux doivent être portés quotidiennement quinze heures par jour, comme un sous-vêtement.

    Des ateliers de couture et d’essayage de slips

    Inventé dès les années 1980 par le Dr Mieusset, le slip contraceptif a d’abord été porté par des militants de l’association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (Ardecom), créée en 1979 à partir de groupes de paroles de jeunes hommes proches du Mouvement de libération de l’avortement et de la contraception (MLAC).

    Aujourd’hui, les slips contraceptifs peuvent être fournis par le Dr Mieusset dans le cadre d’un suivi médical. Mais certains hommes choisissent de les fabriquer eux-mêmes, sous leur propre responsabilité. David, 46 ans a participé à un atelier de confection de slip, organisé par le collectif breton Thomas Boulou. Encourageant l’autogestion contraceptive, le collectif a mis en ligne des conseils de couture et plusieurs tutoriels vidéos pour réaliser son propre slip, suivant trois modèles au choix : classique, jock-strap ou soutien-gorge. “Porter le slip, c’est aussi un imaginaire érotique et sensuel à repenser”, note David. Il poursuit : “En essayant des slips entre hommes, on n’était pas en train de se la mesurer ou de savoir qui pisse le plus haut. C’était un moment précieux qui déplaçait les codes, au-delà de la cooptation virile.”

    “Des sensations nouvelles, mais pas désagréables”

    Laurent, 31 ans, a préféré porter l’andro-switch, un anneau commercialisé en ligne (37€) depuis décembre 2019 via la société Thoreme et basé sur la méthode thermique. “Il suffit de l’intégrer dans sa routine. Au début, ça donne des sensations nouvelles, mais pas désagréables ou inconfortables. Imaginez que vous n’ayiez jamais porté de sous-vêtements et que vous décidez d’en porter un, c’est le même ressenti.” “C’est une piste génialissime pour faire de la contraception dans le respect du corps des personnes, poursuit Laurent. Même avec très peu de moyens, n’importe qui peut utiliser un moyen contraceptif.”

    Quelques hommes utilisent aussi une contraception hormonale au protocole validé par l’OMS : une injection hebdomadaire intramusculaire d’un dérivé de la testostérone. La testostérone étant détruite par le foie, elle ne peut pas être prise en pilule. “C’est assez contraignant. Une infirmière doit passer chez moi toutes les semaines pour me faire l’injection, nous explique Thomas, 29 ans, qui a commencé le traitement en janvier. Le produit étant considéré comme dopant, il ne passe pas non plus l’avion.” Comme son équivalent féminin, la contraception hormonale masculine peut avoir des effets secondaires : irritabilité, hausse de la libido et de la force physique.

    “Les hommes ont peur”

    Si les hommes peuvent être sous contraceptif, cela “reste encore trop souvent une affaire de femmes”, certifie Erwan, 40 ans et très actif à Ardecom. Les femmes sont majoritairement présentes dans les réunions d’informations sur la contraception masculine. “Comme si la sexualité était liée aux hommes, et la procréation aux femmes, regrette Franck, 40 ans et vasectomisé. Aux hommes, on parle de Viagra, aux femmes on parle de pilule.”

    Pour beaucoup d’hommes, “agir sur leur fertilité peut être vécu comme une atteinte à leurs capacités sexuelles”, observe Alain Giami, directeur de recherche émérite à l’INSERM et co-auteur de Droits de l’Homme et sexualité – Vers la notion de droits sexuels ?. Robin, 33 ans, confirme : “Quand je parle de mon slip contraceptif autour de moi, j’ai le sentiment que les hommes ont peur.” Pourtant, la contraception masculine “pourrait permettre aux hommes de reprendre le contrôle sur leur corps et de faire valoir leurs droits reproductifs et sexuels”, s’enthousiasme Alain Giami. Un choix libérateur.

    “En suivant une contraception, j’ai ressenti un sentiment d’accomplissement et de confiance partagée au sein de mon couple, une nouvelle liberté dans une sexualité sans procréation”, nous confie Maxime, créateur de l’andro-switch. En dehors de l’intimité de son couple, Maxime a aussi ressenti “un violent sentiment de solitude et d’isolement”, face à des pouvoirs publics et à un corps médical inertes. Quant à Grégoire, avant d’avoir recours à la vasectomie, il n’a pu rencontrer aucun homme ayant déjà fait cette opération.

    En attendant des changements institutionnels, les docteurs Soufir et Mieusset continuent d’agir. En janvier 2019, ils ont dispensé une formation pour 26 médecins sur la contraception masculine. La deuxième session n’a pas pu se faire, faute de subventions pour défrayer les médecins. Quant au slip contraceptif du docteur Mieusset, il est en cours d’industrialisation, en vue d’essais cliniques à l’échelle européenne, pour qu’il soit reconnu comme un dispositif médical, vendu en pharmacie. Inutile de perdre espoir, nous assure Erwan. “Comme pour la légalisation de l’IVG, c’est en utilisant ces méthodes, malgré l’insuffisance de l’accompagnement médical, qu’on arrivera à faire pression sur les institutions.”

    Gaëlle Lebourg

  • En Inde, des ablations de l’utérus forcées
    https://www.courrierinternational.com/article/violences-faites-aux-femmes-en-inde-des-ablations-de-luterus-

    Les autorités viennent de découvrir dans le centre de l’Inde une proportion excessivement élevée d’ablations de l’utérus (hystérectomies) pratiquées sur les coupeuses de canne à sucre, afin d’améliorer leur rendement aux champs.

    Scandale médical dans les plantations de canne à sucre du Marathwada, une région du centre de l’Inde. “Au mois d’avril, une ONG du nom de Tathapi a tiré la sonnette d’alarme après avoir eu vent d’un nombre disproportionné d’hystérectomies dans le district de Beed”, raconte le site d’information Firstpost dans son édition du vendredi 14 juin.

    Après deux enquêtes de terrain réalisées par le gouvernement régional en 2018, il s’est avéré que “36 % des femmes” travaillant aux champs avaient subi une ablation de l’utérus, “alors que la moyenne en Inde s’établit à 3,2 %”. Depuis le début de 2019, le recensement de ces interventions chirurgicales se poursuit et sur les cinq premiers mois de l’année, la proportion a atteint 21 %, “un chiffre à nouveau très élevé”.

    En trois ans, ce sont 4 500 ablations qui ont été réalisées à Beed et aux alentours. Dans la plupart des cas (85 %), “ce sont des cliniques privées qui pratiquent les opérations”. Elles sont une dizaine et l’une d’entre elles, où 24 hystérectomies ont eu lieu l’an dernier, ne compte même pas de gynécologue dans ses équipes. Une nouvelle effrayante pour les coupeuses de canne à sucre, “qui subissaient déjà des discriminations en termes de salaire, de conditions de travail et de harcèlement sexuel”.

    Ce sont leurs employeurs qui les poussent apparemment à se faire enlever l’utérus, “dans le but que leurs ouvrières n’aient plus leurs règles et puissent ainsi travailler sans discontinuité”. Avec la complicité du corps médical : certains témoignages de victimes indiquent que des médecins instrumentalisent la peur du cancer du col de l’utérus pour arriver à leurs fins.

    Pendant la moisson, les coupeuses de canne à sucre “commencent leur journée entre 2 heures et 4 heures du matin”, pour gagner “30 000 à 35 000 roupies” sur toute la saison (de 380 à 450 euros). Les victimes d’hystérectomie abusive disent avoir payé l’intervention forcée “entre 20 000 et 40 000 roupies” (entre 250 et 500 euros), sans bénéficier d’aucune assurance-maladie pour couvrir ces frais.

    source originale :
    Beed: High hysterectomy rate among sugarcane cutters signals unethical medical practices, poor work conditions
    https://www.firstpost.com/india/beed-high-hysterectomy-rate-among-sugarcane-cutters-signals-unethical-med

    #violences_faites_aux_femmes #violence_patronale #violence_masculine #stérilisation #travail #mutilation_sexuelles #femmes #patriarcat #domination_masculine #capitalisme

  • Vasectomie mon amie : acte 1, il n’est jamais trop tard pour bien faire | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/christian-andreo/blog/200619/vasectomie-mon-amie-acte-1-il-nest-jamais-trop-tard-pour-bien-faire

    Devant le peu de témoignages disponibles sur la vasectomie, j’ai décidé de relater mon parcours en quelques billets. Par la même occasion, si cela peut contribuer à faire sauter le pas à quelques messieurs, soulager quelques dames et éviter quelques naissances ce sera toujours ça de gagné. Voici la première étape du parcours : le rendez-vous avec le médecin traitant.

    Bon, voilà ça y est.

    C’est décidé.

    Etant donné qu’il est hors de question que je me reproduise à nouveau, je vais m’engager dans un “parcours de vasectomie”. Oui, les mots sont importants et il s’agit bel et bien d’un parcours, parce que les étapes sont multiples et le temps éventuellement long.

    Enfin, quand je dis “je vais m’engager”, il faut bien préciser que dans ma situation c’est une décision qui se prend un tout petit peu à deux, ne serait-ce qu’en raison du caractère définitif de l’opération. Parce que si dans notre couple nous n’avons absolument aucun droit sur le corps de l’autre - et nous tenons fermement à ce principe, la contraception dans un couple de longue durée est un processus qui DEVRAIT impliquer les deux parties de la façon la plus équitable possible.

    Or, bien entendu il n’en est rien. Et c’est ma compagne qui se cogne la responsabilité - et les impacts divers et variés - de la contraception depuis une vingtaine d’années. Il était donc grand temps de renverser la tendance et de choisir cette contraception à ma portée : la stérilisation par la vasectomie, la vraie, celle qui fonctionne et qui est définitive, pas comme celle de Victor Newman (les vrais savent, les autres vérifieront drapés dans leur honte).

    Après quelques errances sur les internets pour essayer de trouver un peu de témoignages et n’ayant déniché qu’un bout d’interview sur le site du Figaro - dont on ne pourra que louer les efforts d’encourager ses lecteurs à la stérilisation, décision sera prise d’écrire ces quelques billets pour donner un peu d’infos, et surtout DE-DRA-MA-TI-SER. Rappelons que la vasectomie est une intervention bénigne qui consiste à sectionner les canaux déférents, ceux qui transportent les spermatozoïdes : en clair emmurer les spermatozoïdes et les laisser se faire bouffer par les macrophages.

    Circuit court.

    Pour le reste Rocco, pas de panique, tout continue à fonctionner comme avant.

    Rendez-vous est donc pris chez mon généraliste - secteur 1 s’te plait - que j’ai la chance de pouvoir consulter assez facilement. (non, je ne donnerai pas ses coordonnées).

    Le jour J, je me réveille une bonne heure trop tôt - un peu de pression, peut-être ? Heureusement, dès le petit déjeuner mon pré-ado préféré se montre suffisamment désagréable pour me conforter dans mon choix.

    “Alors Monsieur Andreo, qu’est-ce qui vous amène ?”

    “Et bien je voudrais faire une vasectomie - enfin qu’on me fasse une vasectomie. Bref, vous avez compris.”

    Sourire, sans plus.

    Bon, j’avais répété une belle phrase d’attaque 50 fois dans ma tête mais on ne se refait pas. Là mon docteur traitant me pose quelques questions un peu obliques pour s’assurer que je me suis un peu renseigné sur la question, malgré ma calamiteuse entrée en matière. J’en viens à faire une allusion pas fine du tout à Yves Montant et mon immunité totale face au risque de pulsion de paternité tardive et l’interrogatoire s’arrête là.

    “Et vous avez déjà identifié un spécialiste pour votre opération ?”

    “Alors non, mais j’en ai identifié un auquel je ne veux surtout pas avoir recours… c’est Bernard Debré”

    Là par contre, grosse rigolade.

    “Vous m’étonnez, il est carrément flippant”

    I love my doc. Et me voilà donc avec ma lettre de recommandation, pour un urologue lambda. Il ne me restait plus qu’à prendre rendez-vous en urologie à l’Hôpital Saint Louis parce que APHP je t’aime.

    C’est là qu’intervient un conseil stratégique : APHP je t’aime mais mieux vaut passer par internet pour les prises de rendez-vous !

    Le service étant géré par un opérateur privé, je n’en parlerai pas mais si vous voulez absolument passer par le téléphone, demandez au standard "le bureau des rendez-vous".

    Rendez-vous est donc pris, je n’ai pas choisi le ou la praticienne car je voulais le premier créneau disponible.

    Et j’ai donc rendez-vous... dans un mois.

    Affaire à suivre...

    #contraception #contraception_masculine #vasectomie

  • Inde : des travailleuses des champs privées de leur utérus « pour améliorer leur rendement »
    RTBF, le 18 juin 2019
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_inde-des-travailleuses-des-champs-privees-de-leur-uterus-pour-ameliorer-

    Beed : High hysterectomy rate among sugarcane cutters signals unethical medical practices, poor work conditions
    Meena Menon, First Post, le 16 juin 2019
    https://www.firstpost.com/india/beed-high-hysterectomy-rate-among-sugarcane-cutters-signals-unethical-med

    Voir des histoires analogues de par le monde sexiste ici :
    #contraception_forcée

    #Inde #femmes #pauvres #stérilisation #hystérectomie #utérus #discriminations #sexisme #classisme #capitalisme

  • Israel admits Ethiopian women were given birth control shots
    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-ethiopians-fooled-into-birth-control-1.5226424

    Health Ministry director general instructs all gynecologists in Israel’s four health maintenance organizations not to inject women with long-acting contraceptive Depo-Provera if they do not understand ramifications of treatment.

    A government official has for the first time acknowledged the practice of injecting women of Ethiopian origin with the long-acting contraceptive Depo-Provera.

  • En Allemagne, deux gynécologues face à la justice pour « publicité pour l’IVG »
    https://www.liberation.fr/planete/2019/06/14/en-allemagne-deux-gynecologues-face-a-la-justice-pour-publicite-pour-l-iv

    « Une IVG médicamenteuse et sans drogues anesthésiantes est également pratiquée par la Dr Gaber. » Ces mots ont mené Bettina Gaber devant la justice. Ce vendredi, cette gynécologue berlinoise comparaît devant le tribunal de première instance du Tiergarten, à Berlin, pour « publicité pour l’IVG ». Elle est accusée, ainsi que sa collègue Verena Weyer avec qui elle partage son cabinet, d’avoir détaillé sur son site internet les méthodes avec lesquelles elle pratique l’avortement. Or, en Allemagne, c’est interdit. Elle tombe sous le coup du paragraphe 219a du Code pénal allemand, qui réprime toute « publicité pour l’IVG », et risque une forte amende.

    Ce n’est pas la première fois qu’une gynécologue est poursuivie pour un tel motif ; mais c’est la première fois depuis que la loi a été légèrement assouplie, en février. Jusqu’ici, le paragraphe 219a du code pénal – relique de l’ère nazie datant de 1933 afin de criminaliser les médecins juifs et communistes – interdisait toute mention de l’IVG sur un site professionnel. Les médecins étaient susceptibles d’être poursuivis pour l’avoir simplement écrit sur leur site. C’est ce qui est arrivé à Kristina Hänel, de Gießen (Hesse), condamnée à 6 000 euros d’amende en 2017. Son cas, très médiatisé, a fini par entraîner un large débat en Allemagne. Des voix en faveur d’un assouplissement de la loi – voire de sa suppression – se sont fait entendre.

    À lire aussi En Allemagne, l’IVG est un chemin de croix

    C’est ainsi qu’une légère refonte du texte, votée par la grande coalition au pouvoir (CDU-SPD) a été décidée en février. Les professionnels de santé sont désormais autorisés à annoncer qu’ils pratiquent des IVG. Mais pas à en détailler les méthodes, que les patientes peuvent découvrir sur une liste établie par l’Ordre fédéral des médecins – qui n’est toujours pas disponible, quatre mois après le vote du texte. « De toute manière, explique la gynécologue berlinoise Jutta Pliefke, membre de Pro Familia, le Planning familial allemand, il semble peu réaliste d’avoir recours à ce genre de listes. De nombreux docteurs ne souhaitent pas y figurer, de peur de devenir la cible de militants anti-IVG. Et puis, comment la tenir à jour correctement ? »
    Les Verts, Die Linke et le FDP demandent la suppression de l’article 219a

    « Je ne connais pas un seul collègue qui écrive maintenant sur son site qu’il pratique des IVG, a expliqué Bettina Gaber à Die Zeit. Je ne crois pas non plus que beaucoup de collègues voudront être sur la liste de l’Ordre des médecins. Parce qu’ils se sentent toujours criminalisés. » La réforme reste contestée par les Verts, Die Linke et les Libéraux du FDP, qui demandent la suppression pure et simple du texte. « Le cas de Bettina Gaber montre bien que même après la réforme de la loi, les gynécologues continuent d’être poursuivis », dit Kate Cahoon, du Collectif pour l’autodétermination sexuelle (Bündnis für sexuelle Selbstbestimmung), représentant plusieurs associations prochoix.

    De manière générale en Allemagne, pays conservateur et sous forte influence de l’Eglise, l’IVG est difficile d’accès. Dans son livre témoignage intitulé le Politique est privé, Journal d’une médecine avorteuse (1), Kristina Hänel évoque les nombreuses lettres qu’elle a reçues. Notamment celle d’une jeune femme tombée enceinte sous stérilet. « J’habite dans le sud de la Bavière, explique la jeune femme, et la doctoresse de l’hôpital qui a confirmé la grossesse n’a pas voulu entendre que j’envisageais un avortement. La seule information qu’elle m’a donnée est qu’une telle intervention ne serait effectuée ni dans cet hôpital, ni ailleurs dans la région, et que je devrais me rendre "à Salzbourg ou quelque chose dans le genre". Le prix de l’avortement est d’environ 800 euros et bien entendu, cet acte n’est couvert par aucune compagnie d’assurance maladie allemande. »

    En Allemagne, l’acte est dépénalisé, mais toujours criminalisé – en vertu du paragraphe 218, que les prochoix veulent également voir disparaître. « L’IVG n’a rien à faire dans le code pénal aux côtés du meurtre et de l’infanticide », dit la gynécologue Jutta Pliefke.
    Des gynécologues traqués par des militants anti-IVG

    L’IVG ne se pratique que sous certaines conditions : après un délai légal de réflexion et après avoir demandé conseil dans un centre spécialisé agréé (ou l’entretien se doit, selon la loi, de « servir la protection de la vie non (encore) née ») ; en cas de menace pour la vie de la mère ; à la suite d’un viol. L’acte n’est remboursé que dans très peu de cas. Et cela ne risque pas de changer avec Jens Spahn (CDU) – qui ne cache pas sa profonde hostilité à l’avortement – à la tête du ministère fédéral de la Santé, et qui a annoncé ces derniers temps financer une étude sur « les conséquences psychologiques de l’IVG ».

    Dans ce contexte, de moins en moins de médecins osent pratiquer cet acte. « Les pressions à leur égard ont augmenté », dit Jutta Pliefke. Ils sont traqués par les militants antiavortement. Deux d’entre eux, Yannic Hendricks et Klaus Günter Annen, se sont fait une spécialité d’éplucher leurs sites internet afin de les épingler en vertu du fameux paragraphe 219a. C’est ce qui est arrivé à Bettina Gaber et à Kristina Hänel.

    Les noms des médecins avorteurs sont listés sur un site appelé « Babycaust », contraction de « Baby » et « Holocauste ». Les deux hommes noient les gynécologues sous les fax insultants, les traitent de tueurs d’enfants. Mais leur arme la plus efficace est sans doute ce paragraphe 219a. Car elle touche au portefeuille et épuise les médecins, forcés de se lancer dans une longue et fastidieuse procédure judiciaire. D’autant qu’en Allemagne, contrairement à la France, le délit d’entrave à l’IVG n’existe pas.

    Ainsi, pour de plus en plus de médecins, pratiquer l’IVG devient un acte militant. « Bien des gynécologues ont fini par se politiser depuis l’affaire Hänel », commente Kate Cahoon. C’est ainsi que le procureur a proposé à Bettina Gaber d’abandonner les poursuites si elle enlevait de son site la phrase concernant sa pratique de l’IVG. Elle a refusé, expliquant à Die Zeit : « Je me suis rendue compte que c’était aussi une bataille féministe. »

    (1) Das Politische ist persönlich. Tagebuch einer Abtreibungsärztin (« Le politique est privé, Journal d’une médecine avorteuse), Argument Verlag, 2019, non traduit en français.
    Johanna Luyssen correspondante à Berlin

    Pas le droit d’informer sur l’IVG, harcelement judiciaire des médecin·es et restrictions de l’IVG, dans ce pays où les mères sont traitées de corbeau si elles ont un emploi et où chaque homme est un putier en puissance qui peu aller défoncer des femmes et filles pauvres au forfait et sans capote si l’envie lui prend.

    #ivg #contraception #contrôle_des_femmes #hétérosexualité #nazisme #grossesses_forcées #viol_géstatif #domination_masculine #catholicisme #protestantisme #religion #natalisme #féminicide #proxenetisme #prostitution #culture_du_viol #hommerie #sexisme #misogynie #guerre_aux_pauvres #guerre_aux_femmes #femmes

    • La loi sur le pantalon a été abrogée sous Hollande @sandburg et par rapport à l’IVG en Allemagne l’article ci-dessus dit que l’IVG reste criminalisé, que les medecin·es sont harcelés judiciairement et que l’IVG n’est pas remboursé sauf en cas de viol reconnu par les tribunaux, autant dire jamais (quel délais pour un procès pour viol par rapport à une grossesse et le délais d’IVG ? ). Il me semble que ca indique que c’est pas pareil que la loi sur le pantalon. Si tu as d’autres sources qui indiquent autre chose je les veux bien mais pour le moment ce qu’indique cet article est particulièrement grave pour les femmes. La comparaison entre des grossesses forcées et le porte du pantalon c’est pas pertinant. Enfin si ces lois sur le pantalon sont tombées aujourd’hui en désuétude, c’etait des lois qui ont été appliquées par le passé et les femmes se sont battues pour ce droit au port du pantalon. Elles se battent encore car les entreprises leur imposent souvent des tenues de travail sexuées et invalidantes type talons haut, jupe, maquillage... sans parler du dress code des milliers de bordel allemands qui doit pas autorisé beaucoup de pantalons aux femmes. N’oublions pas non plus les hommes dans l’espace publique qui imposent aussi toujours de lourdes restrictions sur le code vestimentaire des femmes et des filles par leur harcelement massif, pareil à l’école, pareil à la maison où pères, frères et maris font la loi du dress code féminin. Oui on l’applique la loi sur le pantalon, c’est une loi sans tribunaux, sans avocats, les hommes étant toujours considéré comme les maîtres des femmes, ils sont autorisés à juger et à exécuter leur sentence en toute tranquillité. La police et les juges demandent toujours aux victimes féminines de violences sexuelles comment elles étaient habillées. C’est bien la manifestation qu’il y a toujours de lourdes restrictions sur les vetements autorisés aux femmes.

    • Même si c’etait reconnu, combien de temps pour obtenir une sentence de viol et quel délais autorisé pour une IVG ? Si c’est comme en France, l’IVG pour les femmes ayant subit un viol (par surprise ou autre technique), serait autorisé au mieux 3 ou 4 ans après la naissance...

  • Choisir et après | Dimitri Merchie
    http://www.acsr.be/production/choisir-et-apres

    En 2010, un an après la nais­sance de mon deuxième enfant, je me suis fait vasec­to­mi­ser. Comme mon frère avant moi et notre père avant nous, mais sans concer­ta­tion. Une coïn­ci­dence. Et un sujet de conver­sa­tion comme un autre, si bien qu’à défaut de faire des petits, j’ai fait un émule. Dans ses pas, j’ai retrou­vé des ques­tions, j’en ai décou­vert d’autres, autour d’un choix de vie posé un jour en toute bonne foi, mais pas en toute connais­sance de cause. Durée : 42 min. Source : Atelier de création sonore radiophonique

    http://www.stoc.be/phono_acsr/2019_Choisir_et_après_MERCHIE.mp3

  • https://www.liberation.fr/debats/2019/04/02/marre-de-souffrir-pour-notre-contraception_1718931
    Marre de souffrir pour notre contraception !

    De plus en plus de femmes prennent conscience des effets indésirables des méthodes contraceptives et refusent de les subir. Face à l’urgence de cette nouvelle demande, nous en appelons à une prise de conscience collective pour que la situation évolue vers une contraception plus sereine, sans effets indésirables et partagée.

    Trop heureuses de pouvoir faire l’amour sans peur au ventre, nos mères et grands-mères sont passées outre l’inconfort et les effets indésirables des hormones contraceptives et autres stérilets. Mais les choses changent. Grâce aux combats de nos aînées, nous considérons aujourd’hui la contraception comme un acquis mais qui nécessite des améliorations. Nous ne sommes pas contre la pilule ou le stérilet mais nous voulons que soient développées et promues des contraceptions efficaces, sans effets indésirables et qui peuvent être partagées avec le partenaire. En France, la consommation de pilules contraceptives a diminué de 20 % en quinze ans. De plus en plus de femmes arrêtent leur contraception parce qu’elles n’en peuvent plus de ses effets indésirables (baisse de libido, douleurs, dépressions, etc. ou risques plus graves, type embolie, cancer ou AVC). D’autres refusent tout simplement de subir une norme contraceptive qui banalise des hormones de synthèse ou oblige à médicaliser la contraception. Certaines se retrouvent alors en « errance contraceptive », voire sans contraception, faute d’en trouver une qui leur convienne. Elles affrontent de surcroît le déni et le manque de considération de leurs partenaires et du monde médical. Il est urgent de réagir.

    Posez la question autour de vous : presque chaque femme a affronté durant sa vie les effets indésirables d’une pilule, d’un stérilet, patch ou anneau contraceptif. Si la plupart sont satisfaites de l’efficacité de leur méthode de contraception, beaucoup en déplorent les effets indésirables ou les risques pour leur santé. Cette charge est totalement invisibilisée. Pire encore, quand les femmes l’évoquent, elles sont souvent traitées d’« ingrates envers les combats de leurs aînées » ou de « chochottes ». Il arrive même parfois que leurs souffrances soient niées, qualifiées d’imaginaires. Beaucoup aimeraient ne plus avoir à médicaliser leur contraception et ainsi éviter de s’exposer aux effets indésirables qui lui sont inhérents. Mais leur demande de solutions alternatives est rarement entendue. Celles qui refusent de s’exposer à des effets indésirables devraient-elles donc accepter des rapports à risques parce que nous n’avons « rien de mieux à leur proposer » ou parce que « ces messieurs » n’aiment pas l’inconfort du préservatif ? Tout cela illustre à quel point l’offre contraceptive actuelle n’est ni « suffisante » ni aussi « pléthorique » qu’on le dit, et combien les hommes sont totalement déresponsabilisés.

    Pour que cela change, nous proposons d’organiser une grande concertation nationale pour la contraception. Le but : mobiliser femmes, hommes, chercheurs·es, médecins et société civile pour développer et promouvoir des contraceptions sans effets indésirables mais également des contraceptions masculines. Cette grande concertation pourrait aborder, entre autres, les points suivants.

    Le financement d’études scientifiques indépendantes visant à développer des contraceptions féminines et masculines fiables avec pas ou peu d’effets indésirables mais aussi autonomes ou non médicalisées.

    La responsabilisation des hommes vis-à-vis des grossesses et de la contraception. Le terme « contraception » ne doit plus systématiquement être associé aux femmes. Les préservatifs, par exemple, sont encore trop souvent associés au sexe sans lendemain alors qu’ils sont des contraceptions à part entière et ne servent pas seulement à protéger des IST.

    La relation patient-médecin et l’information de l’utilisatrice. L’efficacité du contraceptif semble systématiquement passer avant le confort de l’utilisatrice, comme si celui-ci passait au second plan. Trop de femmes sont peu ou pas informées des effets indésirables (bénins ou graves) de leurs contraceptifs et les découvrent à l’usage. Trop de médecins prescrivent la pilule de manière systématique sans présenter suffisamment aux patientes les autres contraceptions et/ou en discréditant les contraceptions sans effets secondaires qui existent déjà (préservatifs, diaphragmes couplés ou non aux méthodes modernes d’observation du cycle) ou en balayant d’un revers de main les méthodes masculines (contraception thermique, injections hormonales ou anneau).

    Les menaces qui pèsent sur le droit à l’avortement. En France, 65 % des IVG se produisent chez des femmes sous contraception. Aucune contraception n’est efficace à 100 %, il faut donc permettre à toutes les femmes d’accéder à l’IVG, sans jugement ni entrave. Or, aujourd’hui, malgré un taux d’IVG stable, des centres ferment, les délais s’allongent, et la clause de conscience spécifique à l’IVG aggrave les choses en donnant accès à ce métier à des médecins qui sont, en réalité, contre l’IVG et qui traînent parfois à renvoyer vers un confrère à la suite d’un refus.

    La stigmatisation de la stérilisation féminine comme masculine. Pour certain·e·s, la ligature des trompes ou la vasectomie est le seul moyen d’échapper à leur « enfer contraceptif ». La stérilisation est autorisée dès 18 ans, même pour les femmes sans enfants, et tout médecin qui la refuse doit adresser son patient à un autre médecin qui la pratique. Il faudrait allouer les budgets nécessaires afin que ce droit puisse être correctement appliqué. « La meilleure contraception est celle que l’on choisit », encore faut-il que les options soient satisfaisantes. Nous ne voulons plus que l’on nous impose des « solutions » mais que l’on nous donne les moyens de choisir. Une nouvelle bataille est en marche pour que les femmes se réapproprient pleinement leurs corps et leur sexualité. Alors, comme l’ont fait avant nous nos mères et nos grands-mères, joignons nos forces et osons rêver à ce monde pour qu’un jour il puisse devenir réalité.

    Premiers signataires : Marion Larat Lanceuse d’alerte et ses parents, Elizabeth Walton-Larat et André Larat, Florence Markarian Présidente de l’Association des victimes d’embolie pulmonaire et AVC liés à la contraception hormonale, Emilie Gillier Présidente de l’association Réseau d’entraide, soutien et informations sur la stérilisation tubaire (Resist), Ovidie Documentariste féministe, Noémie De Lattre Actrice et essayiste féministe, Lauren Bastide Journaliste féministe, créatrice du podcast « La Poudre », Emma Dessinatrice, Elise Thiebaut Essayiste.

    L’ensemble des signataires est à retrouver ici.

    Cette tribune est accompagnée du hashtag #PayeTaContraception et reprise dans un livre-manifeste Marre de souffrir pour ma contraception (Les Liens qui libèrent).
    Marie-Hélène Lahaye militante féministe , Sabrina Debusquat Journaliste , Diglee Illustratrice

    • Les menaces qui pèsent sur le droit à l’avortement. En France, 65 % des IVG se produisent chez des femmes sous contraception. Aucune contraception n’est efficace à 100 %, il faut donc permettre à toutes les femmes d’accéder à l’IVG, sans jugement ni entrave. Or, aujourd’hui, malgré un taux d’IVG stable, des centres ferment, les délais s’allongent, et la clause de conscience spécifique à l’IVG aggrave les choses en donnant accès à ce métier à des médecins qui sont, en réalité, contre l’IVG et qui traînent parfois à renvoyer vers un confrère à la suite d’un refus.

      L’IVG est une méthode de contraception et elle est à 100% efficace.

      Une nouvelle bataille est en marche pour que les femmes se réapproprient pleinement leurs corps et leur sexualité. Alors, comme l’ont fait avant nous nos mères et nos grands-mères, joignons nos forces et osons rêver à ce monde pour qu’un jour il puisse devenir réalité.

      La tribune en parle mais l’oublie dans sa conclusion, il faut que les hommes hétéros soient responsables et prennent en charge la gestion de leurs gamètes. Avoir le pouvoir de féconder des femmes ca veux dire avoir le pouvoir de leur détruire la vie, le corps, la liberté. C’est avoir le pouvoir d’exposer les femmes à la violence médicale et c’est intolérable. Ça devrait être le cœur de l’éducation des garçons et des hommes. Etre responsable de l’immense pouvoir de nuisance qu’ils ont entre les cuisses.

      #contraception #contraception_masculine

  • Les lesbiennes, grandes oubliées de la prévention sexuelle | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1519904677-la-sexualite-lesbienne-snobee-par-les-soignants

    Au-delà du manque de formation, beaucoup de soignants n’envisagent pas forcément que leur patiente puisse avoir une vie sexuelle avec une autre femme. Lors de la première consultation, le rituel du soignant est d’adresser une série de questions à la patiente sur sa santé sexuelle et ses pratiques. Mais bien souvent, les questions se concentrent sur la contraception. « Il y a peu de situations où ces femmes peuvent parler de leurs relations sexuelles. Les soignants ont une approche hétérocentrée. Ils ont des normes qui excluent des femmes, et contribuent à les laisser dans l’ombre », regrette Cécilia Giles, étudiante sage-femme, qui prépare un mémoire sur les consultations gynécologiques des lesbiennes.

    #lesbiennes #gynécologie #femmes #sexisme_médical

  • Les 30 Courageuses de la Réunion, au cœur d’une affaire sordide
    Article mis à jour le 04/03/19
    https://www.journaldesfemmes.fr/loisirs/tv/2499140-les-30-courageuses-de-la-reunion-au-coeur

    Dans les années 1960, alors que l’interruption volontaire de grossesse est passible de prison et que la démographie explose, des médecins avortent et stérilisent des femmes sans leur consentement, sur l’île de la Réunion. Un drame larvé, mis en lumière dans le documentaire « Les 30 Courageuses de la Réunion, une affaire oubliée », de Jarmila Buzkova, diffusé le 7 mars à 20h55, sur France Ô. Découvrez notre coup de cœur télé. (...)

  • Les droits des femmes ne sont jamais acquis
    L’Allemagne a encore du mal avec l’interruption volontaire de grossesse.


    En 2017, la médecin Kristina Hänel a été condamnée pour avoir informé sur son site internet des IVG qu’elle pratiquait, ce qui a été assimilé à de la « publicité ». Un projet de loi visant l’assouplissement du paragraphe 219a du code pénal (une loi de 1933 !) qui permet cela prévoit à présent que les médecins puissent signaler leur pratique de l’IVG, mais sans donner d’informations...

    Die politischen Auseinandersetzungen um den Strafrechtsparagraphen 219 a gehen in die nächste Runde. Nachdem CDU/CSU und SPD sich in der letzten Woche auf einen Kompromiss zum sogenannten Werbeverbot für Schwangerschaftsabbrüche geeinigt hatten, wollen FDP, Linksfraktion und Bündnis 90/Die Grünen nun offenbar vor dem Bundesverfassungsgericht gegen den ergangenen Bundestagsbeschluss zur Neufassung des besagten Paragraphen klagen.

    Zwar hatte die Koalitionsmehrheit von CDU/CSU und SPD beschlossen, dass Ärztinnen und Ärzte fortan darüber informieren dürfen, wenn sie Abtreibungen vornehmen, den demokratischen Oppositionsfraktionen des Bundestages geht diese Regelung jedoch nicht weit genug. Sie fordern die komplette Streichung des Strafrechtsparagraphen, der ursprünglich auf die Nazizeit zurückgeht. So stand das sogenannte »Werben« für Schwangerschaftsabbrüche seit 1933 unter Strafe (jW berichtete).
    Obwohl auch nicht wenige Sozialdemokratinnen und Sozialdemokraten den umstrittenen Paragraphen gänzlich streichen wollten, hatten sie sich in der vergangenen Woche einmal mehr der Koalitionsdisziplin gebeugt. Dies hatte vor allem bei Linken und Grünen für scharfe Kritik gesorgt.

    Unter Federführung der Liberalen soll nun ein Gutachten erstellt werden, welches die Erfolgschancen für eine Klage auslotet, wie der stellvertretende Vorsitzende der FDP-Bundestagsfraktion, Stephan Thomae, laut Redaktionsnetzwerk Deutschland am Freitag sagte. Das Gutachten solle, Medienberichten zufolge, vom Gießener Rechtswissenschaftler Arthur Kreuzer erstellt werden.

    https://www.jungewelt.de/artikel/350148.schwangerschaftsabbruch-klage-f%C3%BCr-selbstbestimmung.html

    #IVG #droits #femmes #Allemagne