• Marseille : autiste et atteint de TDAH, il entame une grève de la faim pour dénoncer des retards sur ses allocations
    https://maritima.fr/actualites/social/marseille/13980/marseille-autiste-et-atteint-de-tdah-il-entame-une-greve-de-la-faim-pour-de

    Sans revenus depuis plus de deux mois, Ayoub Obad a entamé une grève de la faim depuis le 8 juin. Cet habitant de Marseille dénonce les conséquences des retards de traitement de son dossier de renouvellement d’Allocation aux adultes handicapés (#AAH). Soutenu par le collectif Résistance Handi-Droits, son but est d’alerter sur une situation qui toucherait de nombreuses personnes en situation de handicap.

    Depuis dix jours, Ayoub Obad ne s’alimente plus. Autiste et atteint de TDAH, le Marseillais a décidé d’entamer une grève de la faim pour dénoncer ce qu’il qualifie de « violence bureaucratique ».

    Ses droits à l’AAH, (Allocation adultes handicapés) ont pris fin le 31 mars 2026. Depuis le dernier versement reçu début avril, il explique n’avoir plus aucune ressource. « Depuis deux mois, je n’ai aucun #revenu. Depuis deux mois, je n’ai pas pu payer mon loyer », explique-t-il. Aujourd’hui, il explique vivre avec les 304 euros d’APL qu’il perçoit chaque mois. Une fois ses prélèvements effectués, il lui resterait un peu plus de 70 euros pour se nourrir.

     

    Un dossier pourtant classé urgent

     

    Selon Ayoub Obad, son dossier de renouvellement a été classé en urgence le 23 avril après plusieurs semaines de relances. Mais même malgré ça, aucune date de passage en commission [#MDPH] ne lui a été communiquée.

    Le 20 mai, il apprend que son dossier est suspendu dans l’attente d’un document provenant d’un établissement où il avait effectué un stage entre 2024 et 2025. Un bilan qui aurait dû être transmis plusieurs mois auparavant.

    Pendant plusieurs semaines, il multiplie les démarches. Il sollicite des associations, les services sociaux, le Défenseur des droits, l’Agence régionale de santé et tente de joindre à plusieurs reprises la MDPH : « Toutes les démarches possibles ont été faites. Mais la situation restait toujours au point mort », raconte-t-il.

    #rupture_de_droits

  • #Josep_Rafanell_i_Orra : « Hériter d’un monde complètement en #ruine »

    Contre la #dépossession de nos rapports au monde qu’accélère le libéral-fascisme contemporain, le psychologue et écrivain propose de retisser des formes communales par la pratique d’#enquêtes, et dans l’espoir de nourrir de futurs #soulèvements.

    Son livre Fragmenter le monde (Divergences) (https://www.editionsdivergences.com/livre/fragmenter-le-monde), sorti en 2017 après les grandes mobilisations contre la loi « travail », avait réussi à tenir en une même proposition la #colère contre le #contrôle des chômeuses et chômeurs, les occupations contre les projets d’infrastructures et l’éloge de véritables politiques de #soin.

    Depuis lors, le psychologue et écrivain Josep Rafanell i Orra n’a cessé de défendre une approche sensible et politique des #communs. À distance du sens mou et galvaudé que prend parfois ce mot, il voit dans leurs formes auto-organisées et émancipatrices la promesse d’une #résistance et d’une #protection contre les #violences du #capitalisme.

    Auteur de plusieurs ouvrages (En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté aux éditions La Découverte ; Petit Traité de cosmo-anarchisme chez Divergences), il a aussi animé Les Communaux, collectif d’enquêtes autour des #hospitalités et des pratiques du soin. Il participe aujourd’hui à la création de la revue À bas bruit (https://abasbruit.org) qui veut donner à voir et à entendre « des formes d’#entraide, d’attention à la #vulnérabilité, du soin porté aux milieux de vie, des #luttes et des résistances contre l’#atomisation et ses fusions identitaires ».

    Dans cet entretien, il analyse certains traits du #libéral-fascisme contemporain et défend la pratique d’enquêtes comme manière de témoigner de formes d’#entraide mais aussi de contribuer à la création de nouveaux #liens et #alliances.

    Mediapart : Que vous apprennent les pratiques de soin envers les personnes vulnérables, migrant·es à la rue, mineur·es isolé·es, personnes souffrant de troubles psychiques, en situation de dépendance, etc. ?

    Josep Rafanel i Orra : Disons que le soin ne se résume pas à s’occuper des personnes vulnérables. C’est aussi prendre en compte la vulnérabilité de l’instauration de #mondes_relationnels. C’est-à-dire porter notre attention à la précarité des milieux à partir desquels peuvent avoir lieu des rencontres de soin.

    Lors d’une intervention dans un foyer d’aide médicalisée, j’ai été très ému de voir des personnes aux corps atteints par des maladies neurodégénératives ou par des formes d’autisme très chronicisées, qui semblaient imperméables à des modalités relationnelles. Des corps assignés à un statut d’anormalité dans des institutions, elles-mêmes invisibilisées, souvent à la lisière des villes.

    Face à ces personnes, vous devez aiguiser vos perceptions, vous mettre dans la disposition de presque anticiper des émergences relationnelles, de vous en saisir pour vous embarquer dans leurs modes d’existence si singuliers. C’est de la question de l’animation des rapports entre les êtres qu’il s’agit, en désertant des liens déjà déterminés, prescrits, dans lesquels nous enferment les institutions.

    Quels liens faites-vous entre ce que vous avez observé et la montée des discours identitaires et xénophobes ?

    Le #fascisme qui est déjà là n’est pas le fascisme historique qu’on a connu – cela a déjà été dit maintes fois –, avec les formes canoniques du rassemblement fusionnel autour du « grand leader », des foules au pas de l’oie sur le Reichstag. Il faut plutôt parler de « libéral-fascisme ».

    Celui-ci est lié à des dispositifs de pouvoir qui s’enracinent dans la tradition libérale, qui depuis longtemps conduisent à une expérience d’atomisation. En somme à une défaite de la #communauté. Songeons aux mondes paysans dont [l’écrivain et médecin italien – ndlr] Carlo Levi, par exemple, décrivait l’extermination culturelle juste après la Seconde Guerre mondiale dans son magnifique Le Christ s’est arrêté à Eboli. La disparition du monde paysan, c’est la fin d’un univers composé de rapports entre des humains mais aussi avec des êtres-autres. Il s’agit là de #cosmologies_génératives de la communauté loin des logiques de la reproduction sociale.

    Comment définissez-vous le libéral-fascisme ?

    La défaite des communautés qui étaient capables de composer des mondes disparates. Une sorte d’esseulement qui nous enferme dans un état de préoccupation, qui est aussi un emprisonnement dans nous-même et qui appelle à des #fusions_identitaires.

    Bien sûr, c’est là le terreau du Rassemblement national, mais pas seulement. Ces fusions identitaires se manifestent de façon chaotique. Si dans les années 1930, le fascisme avait capturé les classes sociales – en neutralisant leurs divisons –, aujourd’hui, on est dans de nouvelles coordonnées : dans le délitement et l’implosion du « sujet » de classe, de son identité. C’est la marchandise qui exerce son hypnotisme tyrannique sur les masses d’atomisés, y compris, et surtout, au travers de la #marchandisation_de_soi dans notre âge des réseaux : la #surexposition_de_soi comme condition d’existence.

    Le libéral-fascisme, qui se traduit par une atomisation qui fait masse, fabrique des individus qui ne peuvent se reconnaître que dans le semblable, pour lesquels tout ce qui est étranger devient une intrusion. D’où la #haine universelle du migrant, celui qui nous ramène toujours à la #différence.

    Donc atomisation et monde hyperconnecté ne sont en rien incompatibles : être présent au monde, c’est se soumettre à des #régimes_de_représentation qui absentent du monde. Il n’est pas étonnant que ça conduise à des formes insensées de #prédation : il faut détruire ce qui diffère, ce qui pourrait nous faire différer.

    Donc le libéral-fascisme naît de la défaite des #communautés. Celles-ci subsistaient même dans les #classes_sociales, et cela malgré la violence de leur formation. Avec des liens d’entraide, de #solidarités, de formes d’#hospitalité... Dans le chaos de la #désaffiliation_sociale, il ne semble rester que la fusion identitaire renforcée par les régimes universels des #connexions.

    Comment conjurer ces périls ?

    Dans les ruines où nous vivons – ruines du « social », de ses institutions, des scènes du politique, des anciens projets de l’émancipation – d’autres choses deviennent possibles qui ne sont pas de l’ordre de la répétition. Je suis malgré tout optimiste.

    Est-ce qu’il faut précipiter l’écroulement ? Ou est-ce qu’il faut trouver des manières d’hériter de ce monde ruiné ? Les deux en même temps. Malgré l’exaltation que l’on peut éprouver lors de processus insurrectionnels, que je partage, force est de constater qu’il y a trop de #souffrances. Nous pouvons nous demander comment hériter de ce qui amortissait la #brutalité_capitaliste.

    Je parle ici de ces institutions (hôpital, psychiatrie, école, travail social, etc.) qui nous permettent encore d’avoir prise sur la vulnérabilité des mondes ordinaires qui ont vécu la destruction d’un #contrat_social. Celui qui voulait que l’inscription de nos projets de vie dans l’économie (avec son lot d’exploitations, de destructions des milieux de vie donnant malgré tout lieu à des luttes et des résistances) avait comme contrepartie la garantie d’une appartenance au monde social.

    C’est-à-dire ?

    J’ai beaucoup travaillé en Seine-Saint-Denis, notamment dans des dispositifs médico-sociaux, psychiatriques, assistenciels... C’est là où les plus précaires, les plus vulnérables échouent. C’est là où des gens parfois survivent. C’est là où ils parviennent à refabriquer de nouveaux modes d’existence, malgré la déliquescence des institutions, et malgré les contraintes qu’elles imposent.

    J’en arrive alors à quelque chose d’essentiel : à une certaine conception de l’enquête. Elle est tout à la fois témoignage, intervention pour rendre visible l’invisible mais encore contribution à la création de nouveaux liens et à des alliances.

    Je pense à celles et ceux qui font exister des pratiques d’hospitalité avec des migrants à la rue, ou qui soignent et résistent aux pratiques de ségrégation dans un hôpital psychiatrique, ou qui tentent de réparer ou instaurer de nouveaux liens dans un service de protection de l’enfance parfaitement ignoré, ou qui font exister des mutualisations et des formes d’entraide dans une association de quartier. Je pense à toutes celles et ceux qui défont les frontières des institutions pour introduire un « dehors » imprévisible qui permet de sortir de l’asphyxie identitaire.

    L’enquête peut être alors définie ainsi : faire exister ce qui me fait à mon tour exister, autrement. D’où vient celui qui enquête ? Qu’est-ce qui l’autorise à aller voir ce que les autres font ? Aller dans un « ailleurs », c’est pouvoir faire retour, quelque part. Et pouvoir raconter. Tâche infinie de la traduction. Et alors on cesse d’être un « témoin modeste », neutre, nous met en garde #Donna_Haraway [philosophe états-unienne – ndlr]. On est un itinérant, un passeur. Et d’autres le sont pour nous. Et c’est alors qu’on retisse des formes communales, des arrière-paysages invisibilisés. Dans l’actuel régime de visibilité de la dystopie qui nous aveugle, ces arrière-paysages peuvent nourrir les futurs soulèvements.

    Pour finir, je voudrais ajouter quelque chose aussi qui est pour moi de la plus grande importance : c’est de ne pas se laisser tétaniser par la catégorie de la #domination. La domination entraîne fatalement la quête d’une reconnaissance : celle que vous accorderont vos maîtres, avec des hiérarchies entre les dominés. Je préfère parler plutôt de luttes contre la #dépossession de nos rapports au monde. La dépossession ouvre toujours à la possibilité de formes de #réappropriation qui dépendent, non pas de la nostalgie d’un monde perdu, mais de notre actualité. Bref, qui ouvre à de nouvelles créations.

    On pourrait conclure avec la belle idée de Tim Ingold [anthropologue britannique, à lire dans un prochain épisode – ndlr] : il nous faut pouvoir laisser en héritage le passé à venir.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/291225/josep-rafanell-i-orra-heriter-d-un-monde-completement-en-ruine
    #ruines

  • À la fin, qui prendra en charge le #coût des #assurances ?

    Tempêtes qui se répètent, #primes qui s’envolent, retraits d’assureurs : à l’heure du #dérèglement_climatique, une question se pose : qui règlera, in fine, la note ?

    Des mutuelles ouvrières du XIXe siècle, créées pour amortir les coups durs du développement industriel, aux logiques actionnariales des multinationales contemporaines, l’assurance a toujours reflété les grands #risques de son époque.

    Désormais sous la pression d’événements climatiques à la fréquence et à la sévérité inédites, le secteur affronte une équation nouvelle : comment rester solvable et socialement légitime lorsque la #sinistralité (montants payés par une compagnie d’assurance pour des #sinistres) croît plus vite que les primes (encaissées) ? Entre flambée des tarifs, exclusions de garanties et menace d’#inassurabilité de territoires entiers, comment la #solidarité_assurantielle doit-elle se réinventer ?

    Chacun pour tous, et tous pour chacun

    Avant d’être une industrie financière pesant des milliards d’euros, l’assurance est née comme un simple pot commun : des membres cotisent, les sinistrés piochent, et le surplus (s’il existe) revient aux sociétaires. Des organismes de solidarité et d’#assurance_mutuelle créés dans le cadre de la #Hanse (la #Ligue_hanséatique, réseau de villes marchandes d’Europe du Nord entre le XIIIᵉ et le XVIIᵉ siècle) jusqu’aux #guildes médiévales, ces associations de personnes exerçant le même métier ou la même activité, la logique est déjà celle d’un #risk-pooling, un #partage_de_risque, à somme nulle. Chacun paie pour tous, et tous pour chacun.

    Dans les guildes du Moyen Âge, en Europe, chaque maître artisan versait un droit annuel qui finançait la reconstruction de l’atelier détruit par l’incendie ou le soutien de la veuve en cas de décès. Pour l’historien de l’économie Patrick Wallis, c’est la première caisse de secours structurée. Les chartes danoises de 1256, qui imposent une « aide feu » (ou #brandstød) obligatoire après sinistre, en offrent un parfait exemple, comme le montre le chercheur en politique sociale Bernard Harris.

    Le principe traverse les siècles. Au XIXe, les sociétés de #secours_mutuel instaurent la #ristourne, quand la sinistralité s’avère plus clémente que prévu. Aujourd’hui encore, près d’un assuré sur deux en incendies, accidents et risques divers (#IARD) adhère à une #mutuelle dont il est copropriétaire statutaire.

    L’équation financière reste fragile : lorsque le #climat transforme l’#aléa en quasi-certitude, la prime n’est plus un simple « partage de gâteau » mais une avance de plus en plus volumineuse sur des dépenses futures. Le groupe #Swiss_Re a calculé que, depuis 1990, les #pertes assurées liées aux #catastrophes_naturelles croissent de 5 % à 7 % par an – 137 milliards de dollars états-uniens en 2024, la tendance est à 145 milliards de dollars en 2025 (respectivement 118 milliards et 125 milliards d’euros).

    Le #modèle_mutualiste, fondé sur la rareté relative du sinistre et la diversification géographique, se voit contraint de réinventer sa solidarité si la #fréquence double et la #gravité explose… sous peine de basculer vers une segmentation aussi fine que celle des assureurs capitalistiques.

    Tarification solidaire et optimisation actionnariale

    À partir des années 1990, la #financiarisation injecte un nouvel impératif : la prime doit couvrir les sinistres, financer le marketing, rémunérer les fonds propres et, à l’occasion, servir de variable d’ajustement pour les objectifs trimestriels. L’#optimisation_tarifaire, popularisée sous le vocable de #price_optimisation, décortique des milliers de variables de comportements (nombre de clics avant signature, inertie bancaire, horaires de connexion) afin d’estimer le prix de réserve individuel, soit le prix minimum qu’un vendeur est prêt à accepter, ou qu’un acheteur est prêt à payer, lors d’une transaction.

    Autrement dit, on estime non plus seulement la prime la plus « juste » actuariellement (l’actuaire étant l’expert en gestion des risques), au sens que lui donnait Kenneth Arrow en 1963, mais aussi la prime la plus élevée que l’assuré est prêt à payer. La prime juste étant le coût moyen attendu des sinistres, le montant que l’assureur pense payer l’an prochain pour des risques similaires.

    L’Institut des actuaires australiens dénonce, dans son rapport The Price of Loyalty, une pénalisation systématique des clients fidèles, assimilée à un impôt sur la confiance. Au Royaume-Uni, le régulateur Financial Conduct Authorities (FCA) a frappé fort. Depuis le 1er janvier 2022, la cotation à la reconduction doit être identique à celle d’un nouveau client à risque égal ; l’autorité évalue à 4,2 milliards de livres l’économie réalisée pour les ménages sur dix ans.

    Cette bataille réglementaire va bien au-delà du prix. En reléguant la logique de mutualisation au second plan, l’optimisation comportementale renforce les indicateurs socioéconomiques indirects – comme l’âge, la fracture numérique ou la stabilité résidentielle –, qui finissent par peser davantage que le risque technique pur dans la détermination du tarif.

    Désormais l’assureur a accès à des #data_lakes (données brutes) privés, où l’assuré ignore ce qui rend sa prime plus chère. Par nature, les contrats restent rétifs à toute comparaison simplifiée. L’un affiche une #franchise de 2 000 euros, l’autre un plafond d’#indemnisation plus bas ou des #exclusions reléguées dans de minuscules clauses, de sorte qu’il faut un examen quasi juridique pour aligner réellement les offres, comme le soulignait un rapport de la Commission européenne.

    #Refus d’un dossier sur deux

    La montée des #événements_extrêmes illustre brutalement ces dérives. En Australie, trois phénomènes climatiques dans la première moitié de l’année 2025, dont le cyclone Alfred, ont généré 1,8 milliard de dollars australiens (AUD), soit 1 milliard d’euros, de demandes d’indemnisation. L’Insurance Council prévient que les primes habitation verront des augmentations à deux chiffres et certains contrats pourraient atteindre 30 000 dollars autraliens par an (ou 16 600 euros par an) dans les zones les plus exposées.

    Aux États-Unis, la Californie cumule #résiliations et refus de prise en charge. Un rapport mentionné par le Los Angeles Times montre que trois grands assureurs ont décliné près d’un dossier sur deux en 2023. Une action collective accuse de collusion 25 compagnies d’assurance dans le but de pousser les sinistrés vers le FAIR Plan, pool d’assureurs de dernier ressort aux garanties réduites.

    Vers l’« inassurabilité » systémique

    Le phénomène n’est pas marginal. Les assureurs réduisent leur exposition. Les assureurs états-uniens State Farm et Allstate ont cessé d’émettre de nouvelles polices en Californie, dès 2023. En Floride, parce qu’il intervient lorsque aucun assureur privé n’accepte de couvrir un logement à un prix raisonnable, l’assureur public de dernier ressort Citizens a vu son portefeuille grossir jusqu’à environ 1,4 million de polices au pic de la crise, puis repasser sous le million, fin 2024, grâce aux transferts (takeouts) vers des acteurs privés – un progrès réel, qui révèle toutefois un marché encore fragile. Au niveau mondial, Swiss Re compte 181 milliards de dollars états-uniens de pertes 2024 restées à la charge des victimes ou des États, soit 57 % du total.

    https://www.youtube.com/watch?v=ghkT9aLhqNU

    Face à ces écarts de protection croissants, les assureurs réduisent leur exposition. Cette contraction de l’offre rejaillit sur la finance immobilière : l’économiste Bill Green rappelle dans une lettre au Financial Times que la moindre défaillance d’assurance provoque, en quelques semaines, l’annulation des #prêts_hypothécaires censée sécuriser la classe moyenne états-unienne. Lorsque les assureurs se retirent ou lorsque la prime devient inabordable, c’est la #valeur_foncière qui s’effondre et, avec elle, la stabilité de tout un pan du système bancaire local.

    Refonder le #contrat_social_du_risque

    Des pistes se dessinent néanmoins. Le Center for American Progress propose la création de #fonds_de_résilience cofinancés par les primes et par l’État fédéral, afin de financer digues, toitures renforcées et relocalisations dans les zones à très haut risque.

    En Europe, la France conserve un régime #CatNat fondé sur une surprime obligatoire uniforme – 20 % en 2025 – pour un risque réassuré par la #Caisse_centrale_de_réassurance (#CCR). Ce mécanisme garantit une #indemnisation illimitée tout en mutualisant les catastrophes sur l’ensemble du territoire national. Combinés à une tarification incitative (franchise modulée selon les mesures de prévention), ces dispositifs peuvent préserver l’#assurabilité sans faire exploser les primes individuelles.

    Reste à traiter l’amont : limiter l’exposition en gelant les permis dans les zones inconstructibles, conditionner le financement bancaire à la compatibilité climat et pérenniser, à l’échelle nationale, une surtaxe de prévention climatique progressive qui financerait les adaptations structurelles tout en lissant les chocs tarifaires.

    À ce prix, l’assurance redeviendrait un #bien_commun : ni pur produit financier ni simple pot commun, mais une infrastructure essentielle où la société, et non plus le seul assureur, choisit sciemment la part de la facture climatique qu’elle accepte de supporter.

    https://theconversation.com/a-la-fin-qui-prendra-en-charge-le-cout-des-assurances-261610
    #coûts #changement_climatique #climat
    via et de @freakonometrics
    et aussi signalé par @sombre : https://seenthis.net/messages/1131842

  • Un nouveau #contrat_écologique

    Alors que notre époque est marquée par l’urgence climatique, la #transition_écologique peine à s’enclencher. Il existe bien d’autres #urgences économiques et sociales plus immédiates, bien d’autres aspirations et préoccupations. Comment concilier nos buts ? Régler ce qui nous divise ? Comment consolider notre unité dans l’action ?

    À travers une analyse profonde et percutante, l’ouvrage examine les échecs du passé et identifie une même mécanique : l’#approche_technocratique traditionnellement suivie mène à l’impasse, comme dans le cas emblématique de la #taxe_carbone.

    La focalisation excessive sur les #mesures_techniques empêche de prendre à bras le corps le véritable défi : la nécessité de revoir et de redéfinir le #contrat_social. La transition écologique nécessite une approche #politique et démocratique pour gérer les #conflits, les #désaccords et les #aspirations_divergentes au sein de la société.

    L’ouvrage plaide pour concerter la transition écologique et engager l’ensemble de la société dans la construction d’un #avenir_commun. Semblable à un processus constituant, ce changement d’approche vise à construire un nouveau contrat écologique, un compromis de société qui décloisonne les questions sociales, économiques et écologiques.

    https://www.puf.com/un-nouveau-contrat-ecologique

    #livre

  • #Kimberly_Jones sur les révoltes aux Etats-Unis après la mort de #George_Floyd

    “When they say: ’Why do you burn down the community, why do you burn down your own neighborhood?’. It’s not ours! We don’t own anything. There is a social contract that we all have, whether you steal or I steal, then the person who has the authority comes in and they fix the situation. But the person who fixes the situation is killing us! So the social contract is broken. And if the social contract is broken what a fuck do I give a shit about burning a fucking football hall of fame, about burning the fucking Target? You broke the contract. When you kill us in the street and you give a fuck. You broke the contract for 400 years, we played your game and built your wealth.”

    https://twitter.com/Djame_/status/1674345275786240002

    https://www.youtube.com/watch?v=3QV3iOBcgjo

    #contrat_social #USA #Etats-Unis

    In the meantime, en France :
    Pourquoi les #services_publics sont pris pour #cible
    https://seenthis.net/messages/1008149

    • Vous avez dit « Contrat social » ?

      Le « Contrat social » n’est pas une vaine appellation car il voudrait que l’on fasse société en concédant de façon tacite à l’Etat la mise de notre liberté individuelle au service de la Liberté collective et du Bien commun par l’acceptation de la Constitution, des Lois et de la collecte des Impôts.

      En échange, l’Etat s’engage à respecter la Déclaration des droits de l’Homme, la Constitution, les Lois, le Parlement... Il doit aussi garantir la sûreté des personnes, les libertés individuelles et l’équité entre citoyens. Enfin, l’Etat doit défendre le bien et l’avenir collectif avant les biens individuels.

      Que devient le Contrat social, lorsque l’Etat et/ou ses représentants élus ou non bafouent la Constitution, les Lois, le Parlement ou détournent l’impôt du bien commun vers le bien particulier ?

      Que devient le Contrat social, lorsque l’Etat défend les intérêts particuliers au détriment de l’intérêt et de l’avenir collectif ?

      Que devient le Contrat social, lorsque l’Etat tolère, cautionne, organise la discrimination des citoyens selon leur origine sexuelle, ethnique, sociale, religieuse ?

      Que devient le Contrat social, lorsque l’Etat empêche les libertés individuelles comme celles de s’exprimer, circuler, manifester ou grèver ?

      Que devient le Contrat social, lorsque son bras armé (Police ou Armée) dépositaire pour lui de la « violence légitime » harcèle, emprisonne, mutile ou tue des citoyens sans motif « légitime » ?

      https://blogs.mediapart.fr/laurent-thines/blog/010723/vous-avez-dit-contrat-social

    • Le chantage aux parents est un abus de pouvoir !
      https://diacritik.com/2023/07/02/le-chantage-aux-parents-est-un-abus-de-pouvoir

      Il y a eu des paroles prudentes des politiques car il y a eu des images, glaçantes. Impossible de mentir, de répéter des éléments de langage, de détourner l’attention. Nos regards sont braqués sur une réalité épouvantable. Nahel, un jeune homme de 17 ans, un enfant, est mort une arme policière sur la tempe pour « refus d’obtempérer ». Pourquoi ne s’est-il pas arrêté ? Peut-être moins parce qu’il conduisait sans permis que parce qu’il a eu peur pour sa vie. Et si telle a été sa pensée, il a eu raison de s’y fier. Cédric Chouviat s’était arrêté ; on connaît la conséquence. Et il y a tous les autres, des morts sans deuil possible. Il est déjà impossible de se représenter l’absence d’un être cher mort dans un accident (au sens étymologique de « ce qui arrive par hasard ») alors dans un contexte de contrôle routier, quand on sait la responsabilité politique d’une action policière volontairement meurtrière, on imagine la sidération de la mère de Nahel, dont ils ont brisé les lendemains et le cœur. On sait que c’est une balle qui a tué, que la balle a atteint le corps de l’enfant parce qu’elle a été propulsée par la gâchette dont le doigt posé dessus appartient à un homme qui avait le pouvoir de ne pas en faire usage. La mort de Nahel aurait pu ne pas être, c’est ce qui la rend si insupportable, révoltante.

      Donc ceux qui subissent quotidiennement en silence depuis trop longtemps sortent, explosent tout et, si saccager un Conforama ou voler un jogging de marque a peu à voir avec la réparation morale, ça représente une expression de la révolte, hier encore contenue mais bouillante. Car il faut dire la colère, immense, et rarement la colère est raisonnable, mesurée, tempérée. Ça explose tout. Même des écoles, des bibliothèques, des commerces artisanaux. Des lieux essentiels parce qu’au service des autres, précieux parce que de plus en plus rares. Des lieux où des gens inoffensifs échangent chaque jour leur force de travail contre un salaire qui permet de s’offrir une vie correcte. Cela pourrait être dit par les politiques quand ils dénoncent une forme de violence. Violence qu’ils ne peuvent par ailleurs pas ignorer, puisqu’elle bout depuis longtemps sous le couvercle remuant sur lequel ils sont assis. Pas un mot, donc. Pas une pensée pour une vraie belle société bien ordonnée et partagée par tous. Retour aux éléments de langage droitiers qui en « appellent à la responsabilité des parents ». Désigner des responsables et procéder au chantage (amendes voire risque d’emprisonnement, stage de responsabilisation, TIG etc), voilà leur méthode. C’est à ces politiques qu’il faudrait proposer un stage de responsabilisation.

      J’ai enseigné dix ans dont cinq en banlieue parisienne. Je n’y ai rencontré que des parents d’élèves responsables et des enseignants qui faisaient avec les moyens que l’État donne à ses collèges et lycées c’est-à-dire des moyens du bord, des moyens de clochard. Les élèves savaient très bien que les places dans cette société verrouillée sont chères. Ils savaient très bien qu’il n’y en avait pas pour tout le monde, qu’ils étaient servis les derniers, en témoignait l’état délabré de leur établissement construit il y avait à peine dix ans mais déjà vétuste tant les matériaux utilisés étaient de pacotille. Notre excellence pédagogique et notre écoute n’y changeaient rien. C’était dans le fond une bonne nouvelle, une preuve que ces enfants étaient des citoyens parfaitement lucides, plus éclairés que les politiques en poste.

      Je me souviens d’une enfant de 13 ans qui venait en classe le cartable vide – et peut-être le ventre aussi. Mes encouragements, mes tentatives de dialogue la laissaient indifférente. En tant que professeure principale, j’avais la charge de proposer un rendez-vous à ses parents. Je rencontrai la mère à qui j’expliquais la situation de la fille, les dangers de la déscolarisation. Je peux aisément me rappeler mes mots, auxquels je crois et tiens toujours même si je n’enseigne plus, ayant démissionné en partie pour les raisons évoquées ici. La place d’une enfant de 13 ans est à l’école parce que rien d’autre ne compte à cet âge que d’apprendre et de découvrir le monde grâce au savoir (j’avais utilisée une formulation moins pompeuse). Et je me souviens m’être détestée ensuite en disant à cette mère : à 13 ans, on se croit en capacité de vivre comme un adulte mais la réalité c’est que ces élèves sont des bébés, ils ont besoin que leurs parents les encouragent à croire à l’école et en eux-mêmes avant tout. Je me suis détestée dans cette posture que je trouvais prétentieuse mais que je n’avais pu réfréner, lancée dans un discours de prévention que je croyais utile. Après quoi, la maman s’est mise à raconter. La vie seule avec sa fille, le frigo vide la moitié du mois, les retards de facture, les crédits, ses absences au domicile parce qu’elle n’avait pas eu d’autre choix que d’acheter une licence de taxi et de travailler la nuit pour espérer des jours meilleurs pour elle et sa fille. Elle avait un regard coupable quand j’étais sans voix devant cette leçon de vie de maman responsable. Elle rêvait de jours meilleurs pour elles, je lui promettais que les enseignants veilleraient sur son enfant. Lors du conseil de classe, j’exposai la situation du parent pour expliquer celle de l’élève. La direction proposait un rendez-vous avec l’assistante sociale. Mais l’on ne soutenait personne sérieusement avec un demi-poste d’assistante sociale, présente une demi-journée par semaine et sans moyens à disposition. Notre collège, comme tous les autres de la région compartimentés au-delà du périphérique, était fréquenté par des centaines d’enfants dont les parents responsables se démenaient comme ils pouvaient pour parer à l’urgence du quotidien, qui n’attend pas. Ils pouvaient être absents, oui, pour certains. Pas irresponsables.

      Si les politiques veulent exiger des parents qu’ils soient plus présents, qu’ils prennent leurs responsabilités pour permettre que le travail paye, que l’école n’ait plus pour fonction de reproduire les inégalités sociales, que joindre un service public ne soit plus un calvaire, que trouver un médecin ne soit pas impossible, qu’habiter en banlieue ne se résume pas un logement en carton, que postuler à un emploi ne soit pas l’occasion d’une discrimination ou une humiliation de plus, que descendre dans la rue ne soit pas un risque pour sa vie. Quand les politiques auront pris ces responsabilités-là, ils n’auront nul besoin de recourir au chantage, une méthode illégale, réservée aux escrocs.

  • Réforme de l’assurance-chômage : vers un nouveau durcissement des règles
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/12/24/reforme-de-l-assurance-chomage-vers-un-nouveau-durcissement-des-regles_61555

    Le ministère du travail a transmis vendredi aux partenaires sociaux le projet de décret sur la réduction de la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Il introduit un scénario prévoyant de diminuer de 40 % (et non plus de 25 %) le nombre de jours pendant lequel une personne est couverte.

    #chômage #droit_au_chômage

  • #Handicap : le #contrat_social invalide #Datagueule_97
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/1c3ec9fc-d0f8-41bb-a70f-8ebb80e03c18

    En 2018, en France : 2,8 millions d’handicapés reconnus + 2,3 millions non reconnus ; 400 millions de pénalités versées à l’#agefiph
    19 % de #chômage
    #aah : 900 €/ mois c/ 1026 €/mois pour le seuil de #pauvreté
    MDPH : délai moyen de 16 moisx
    80 % des #femmes en situation de handicap sont victimes de violences.

    Entretien avec Mme Anne-Sarah Kerdudo, directrice de l’association Droits pluriels.

    #invalidité #handicap_invisible #espaces_de_travail #espace_public #accessibilité #logement_accessible #loi_élan #ségrégation #inclusion #éducation_inclusive #établissements_médico-sociaux #discrimination #égalité des #droits

  • The Social Contract and the Game of Monopoly: Listening to Kimberly Jones on Black Lives
    https://ctjournal.org/2020/06/29/the-social-contract-and-the-game-of-monopoly-listening-to-kimberly-jones-

    As Derek Chauvin pressed his knee into George Floyd’s neck for eight minutes and forty-six seconds, the United States was poised to cross the threshold of 100,000 COVID deaths. We were grieving those who lost their lives to the virus, cut off from friends and family, gasping for breath alone in emergency rooms, nursing or private homes, detention centers, on the streets....We were holding our breaths as we read the daily toll of the pandemic, disproportionately taking Black and Brown lives. Far from being a “great equalizer,” #Covid-19 reveals the virulence of structural racism. African Americans are dying of the virus at three times the rate of white people in America. As some official channels urged us to follow the protocols of social distancing and physical isolation in the interests (...)

  • À Fukushima, l’entêtement du gouvernement à rouvrir la zone d’exclusion
    https://theconversation.com/a-fukushima-lentetement-du-gouvernement-a-rouvrir-la-zone-dexclusio

    La position de l’AIEA concernant le retour des populations à résider dans la zone n’est pas plus rationnelle. Elle fait preuve ici de contradictions manifestes : elle autorise le gouvernement à la réouverture de sites, dont le taux de contamination est égal ou en deçà de 20 msv/an, ce qui représente 20 fois la norme internationale fixée par… l’AIEA et les organismes associés.

    Le 8 juin, le préfet de Fukushima M. Uchibori a soutenu publiquement cette décision en spécifiant que la réouverture n’engendrait aucun problème tant que les habitants ne revenaient pas habiter dans ces zones – alors même que les réfugiés verront leurs subventions coupées, cette mesure les contraignant, pour une partie au retour.

    Dans la plus grande incohérence, les habitants sont donc contraints sous la pression des institutions nationales et internationales de gestion du nucléaire, à retourner vivre dans des territoires encore inhabitables selon les normes de sécurité fixées par ces mêmes institutions.

    Cette position est en outre singulièrement problématique, en ce qu’elle annihile tout filet protecteur public, tout en imposant la responsabilité de la gestion de l’accident aux citoyens. Les organisations dirigeantes nationales et internationales imposent à leurs administrés d’assumer les conséquences des diverses catastrophes, détournant ainsi la définition du contrat social, pourtant au fondement de nos systèmes démocratiques.

    Tant dans la gestion des désastres naturels qu’industriels, il apparaît que la protection des habitants par les pouvoirs publics n’apparaît plus ni comme une obligation, ni comme une priorité .

  • #Retraites : le #Conseil_d'Etat étrille le #gouvernement

    Manque de « précision », projections économiques « lacunaires »... Dans son #avis rendu public ce vendredi, la plus haute juridiction administrative estime en outre ne pas avoir eu « les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la #sécurité_juridique ».

    Voilà qui ne va pas arranger les affaires du gouvernement. A peine a-t-il fait adopter ce vendredi en Conseil des ministres ses deux projets de loi destinés à créer un régime universel de retraite par points que le Conseil d’Etat, dans son avis (https://www.conseil-etat.fr/ressources/avis-aux-pouvoirs-publics/derniers-avis-publies/avis-sur-un-projet-de-loi-organique-et-un-projet-de-loi-instituant-un-s) publié ce même jour dézingue la manière dont l’exécutif a bouclé ces deux textes qui doivent être examinés à partir du 3 février à l’Assemblée nationale. La majorité comptait dans les prochains jours s’appuyer sur l’imposante étude d’impact (plus de 1000 pages : https://www.liberation.fr/france/2020/01/24/travailler-plus-le-credo-social-douteux-du-gouvernement_1775134) pour enfin apporter des chiffres et convaincre du caractère « massivement redistributif » de cette réforme, elle va devoir, ces prochains jours, répondre aux mises en garde de la plus haute instance administrative française, pourtant peu connue pour sa rébellion…

    Cette fameuse « #étude_d’impact » ? Elle est jugée « insuffisante » pour « certaines dispositions », ne répondant pas « aux exigences générales d’#objectivité et de #sincérité » et manquant de « précision », pour notamment – et ce n’est pas rien – « vérifier que cette réforme est financièrement soutenable ». « Le Conseil d’Etat constate que les #projections_financières ainsi transmises restent lacunaires et que, dans certains cas, cette étude reste en deçà de ce qu’elle devrait être », peut-on lire dès les premières pages de l’avis. Et les conseillers de poursuivre : « Il incombe au gouvernement de l’améliorer encore avant le dépôt du #projet_de_loi au Parlement, poursuivent les magistrats, en particulier sur les différences qu’entraînent les changements législatifs sur la situation individuelle des assurés et des employeurs, l’impact de l’âge moyen plus avancé de départ à la retraite […] sur le taux d’emploi des seniors, les dépenses d’assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux ». Rien que ça.

    Soufflante

    Par ailleurs, si les juristes se félicitent des longues « concertations » menées depuis le printemps 2018, ils regrettent l’« #urgence » des avis demandés aux différents organismes compétents en la matière et se couvrent en cas d’#inconstitutionnalité du texte. Selon eux, l’empressement du gouvernement à vouloir leur avis en trois semaines pour présenter ces projets de loi en Conseil des ministres cette semaine, ainsi que les nombreux ajouts en cours de route n’ont « pas mis à même (le Conseil d’Etat) de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l’examen auquel il a procédé ». « Cette situation est d’autant plus regrettable, poursuivent-ils, que les projets de loi procèdent à une réforme du système de retraite inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du #contrat_social ». En langage juridique, c’est bel et bien une soufflante.

    Le Conseil d’Etat torpille au passage le #slogan_présidentiel (« chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous ») : cet « objectif […] reflète imparfaitement la complexité et la diversité des #règles_de_cotisation ou d’ouverture de #droits définies par le projet de loi ». Il doute également de la « #lisibilité » revendiquée par le gouvernement puisque « le choix d’une détermination annuelle de chacun des paramètres du système […] aura pour conséquence de limiter la #visibilité des assurés proches de la retraite sur les règles qui leur seront applicables ». Enfin, il raye carrément l’engagement que comptait prendre le gouvernement dans ce texte d’une promesse de #revalorisations des #enseignants et des #chercheurs pour qu’ils ne figurent pas dans le camp des perdants de cette réforme. « Sauf à être regardées, par leur imprécision, comme dépourvues de toute valeur normative, ces dispositions (sont) contraires à la #Constitution ». Au revoir…

    « Le projet de loi ne crée pas un régime universel »

    Autre risque constitutionnel : le trop-plein d’#ordonnances (29 en tout). « S’en remettre » à un tel instrument pour définir des « éléments structurants du nouveau système de retraite fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme », disent les juges. Plus embêtant encore pour le gouvernement, l’institution bat en brèche l’idée d’un grand soir de l’#universalité : « Le projet de loi ne crée pas un "#régime_universel de retraite" qui serait caractérisé, comme tout régime de #sécurité_sociale, par un ensemble constitué d’une population éligible unique, de règles uniformes et d’une caisse unique ». Aïe… Si le gouvernement crée bien le même système pour les salariés du public et du privé, il maintient à l’intérieur « cinq #régimes » (salariés ; fonctionnaires, magistrats et militaires ; salariés agricoles ; non-salariés agricoles ; marins) et « à l’intérieur de chacun de ces régimes créés ou maintenus », il met en place des « #règles_dérogatoires à celles du système universel ».

    L’exécutif va donc devoir bien mieux « justifier » pourquoi il garde ces « #différences_de_traitement […] entre assurés relevant du système universel de retraite et rattachés, le cas échéant, à des régimes distincts ». En tout cas, les navigants aériens qui pensaient avoir sauvé leur caisse complémentaire pour financer des départs anticipés sont rattrapés par le #principe_d’égalité : elle « serait ainsi la seule à bénéficier d’une compensation apportée par les ressources du système universel afin de financer à l’avenir des avantages de retraites propres », fait remarquer le Conseil pour qui « aucune différence de situation ni aucun motif d’#intérêt_général ne justifi(e) une telle #différence_de_traitement ». Conclusion : « Elle ne peut être maintenue dans le projet de loi. »

    Le gouvernement pourra néanmoins se rassurer en se disant que le nouvel « #âge_d’équilibre » qu’il compte instituer, le fonctionnement « en #points » proposé, les durées de transitions définies, la fin des régimes spéciaux, les droits familiaux, les mécanismes de réversion ou encore les compétences offertes à la future « gouvernance » dirigée par les partenaires sociaux devraient – sauf surprises – passer sans problème le cut du #Conseil_constitutionnel. A condition de résister aux oppositions parlementaires qui, elles, vont se nourrir des arguments du Conseil d’Etat pour réclamer un report ou l’abandon de cette réforme.

    https://www.liberation.fr/france/2020/01/25/retraites-le-conseil-d-etat-etrille-le-gouvernement_1775182
    #retraite #constitutionnalité #justice

  • Le Contrat Social de Decidim : vers des logiciels libres « à mission » ? | Calimaq
    https://scinfolex.com/2019/05/09/le-contrat-social-de-decidim-vers-des-logiciels-libres-a-mission

    On a beaucoup parlé ces dernières années de Decidim (« Nous décidons » en catalan), une plateforme de démocratie participative mise en place par la municipalité de Barcelone depuis 2017. Comme l’explique Yochai Benkler, le projet Decidim constitue un remarquable exemple de Partenariat Public-Commun dans lequel un acteur public a choisi de développer une ressource dans un esprit de réciprocité afin que d’autres entités, qu’il s’agisse de collectivités ou d’organisations de la société civile, puissent s’en saisir, se l’approprier et participer à son développement : Source : : : S.I.Lex : :

  • Rupture du contrat social, déchéance de nationalité et banalisation de l’absence de lien.
    Relevé sur twitter https://twitter.com/feeskellepeut/status/681562831871995904

    Un jour j’aimerais que les gens comprennent : un groupe social, on s’en fout que les membres soient humains animaux jeunes ou vieux c’est pas le souci, ça ne marche QUE sur 1 règle de conduite : on n’abandonne PERSONNE. Ni riche ni pauvre ni malade ni mort ni vif. Il n’y a aucune autre règle. On se dit couple famille groupe troupeau ce qu’on veut la règle est la même : on n’abandonne JAMAIS personne pour aucune raison que ce soit.
    C’est cette règle unique qui garantit la #sécurité de tous, qui fait toute la valeur du concept de #COMMUN. Vous la trahissez, vous tuez tout.
    Même si c’est sans espoir. Même si la rationalité s’y oppose. Cette règle est la seule elle est tout l’enjeu c’est par elle que nous tenons. Sans elle nous n’avons plus aucune raison d’évoluer autrement que solo. Sans cette règle du non abandon nous n’avons rien à gagner.

    La #déchéance de #nationalité ’est pareil. C’est abandonner des membres du groupe social. Nous nous sommes engagés ensemble. Certains tournent mal certains agissent contre le groupe d’autres perdent leurs capacités financières ou perdent leurs jambes PEU IMPORTE. Quand on a décidé de faire groupe social on a accepté ces divers aléas si cruels soient ils. C’était au contrat.
    On s’est toujours réservé le droit de punir ceux qui nuisaient au groupe. Mais JAMAIS il n’a été question de les exclure. CONTRAT SOCIAL.
    Quand on rompt le #contrat_social il faut savoir ce qu’on fait. L’exclusion du groupe c’est quelque chose que même un gnou vit très mal. Même chez l’animal le plus basique il y a des conséquences sur tout le groupe. Sachez bien ce que vous faites et assumez le.
    Alors oui un groupe social c’est contraignant. Tout le monde dans le groupe est pas bien portant valide économiquement rentable et gentil. Un groupe social peut même, ô drame, comporter des cons. Des bien gros gratinés cons. En effet. mas hey : ÇAY LE CONTRAT.
    Tacrukoi ? Même chez les vaches il arrive qu’un veau à 3 pattes naisse et ce qui nous différencie des animaux c’est justement que nous on s’est engagés EN CONSCIENCE et tous ensemble à ne pas le laisser crever. À partir du moment où on décide de laisser de côté un membre du groupe social y’a aucun alibi qui tienne c’est le retour à l’#animalité. Faudra pas venir chialer que y’a des « barbares ». La #barbarie est la fille de l’exclusion. (et non l’inverse)

    C’est pas drôle, jusqu’ici on avait tenté de parfaire le contrat social. C’était déjà pas top mais on avait à coeur de l’améliorer maintenant c’est un peu comme dans le roi lion quand y’a les hyènes, on veut le casser, le contrat.
    Sauf que c’est partir du principe que toute hyène en restera une jusqu’à la fin de ses jours et ça c’est pas gagné, kamême. Enfin jdis ça jte souhaite pas de mal mais t’es pas à l’abri de te péter une patte, quoi. Et là le contrat social quand il te dira vtff...

    [...]

    Tiens parlons de l’influence des #séries télé sur le contrat social. Je suis pas en mode complotiste je dis pas que c’est fait exprès, MAIS : on peut te faire une série avec un personnage principal A et un secondaire B à un moment B disparaît pour x raison (en général mise en couple ou changement de taf ou déménagement) et ensuite on te chie une AUTRE SERIE où B est le personnage principal et pour la lancer on fait ce qu’on appelle un épisode crossover où les intrigues de A et B se recoupent et ils se recroisent le temps d’un épisode commun. Ils se recroissent SANS AUCUN vieux compte à régler aucune rancoeur que dalle. Et tout du long l’ironie règne en maîtresse absolue.
    Après quoi ils se reséparent, B étant lancé et A toujours sur son aura initiale. Néanmoins JAMAIS ils ne reparlent de leur relation passée jamais ils n’envisagent une quelconque poursuite de relation au delà de l’épisode crosover, rien. C’est comme si ils étaient accessoires l’un et l’autre, purement utilitaires dans l’histoire (intrigue) de l’un ou l’autre, sans aucun lien ni aucun impact. Ce ne sont plus des personnages au sens de gens, ce sont des objets purs et simples l’un pour l’autre, ces épisodes crossover sont très parlants de ce point de vue : ils se recroisent mais personne n’est rien pour personne et il n’y aura aucune suite. Dans un épisode crossover tu n’as plus que 2 utilités dans l’intrigue de l’un et l’autre, plus rien d’humain, d’affectif, que dalle. Ensuite chacun repart faire sa vie (sa série) de son côté comme si de rien, musiques de fond et rires enregistrés inclus. (sans parler des réactions émotionnelles préenregistrées. un drame, ce truc. ça te fait penser que si tu ris pas t’es pas normal. c’est pas que c’est pas drôle, cette possibilité est exclue, juste t’es pas normal. tu ris pas. c’est dramatique vu les « ressorts comiques »). c’est...immonde ?
    Le crossover c’est ce truc qui pose les rapports utilitaires bruts sans que ça dérange personne alors que c’est juste inhumain, quoi..
    Je dis pas que c’est fait exprès je dis néanmoins qu’il y a #habituation et que ce n’est PAS correct du point de vue du contrat social.
    Toute la culture #tv est imprégnée de la rupture de contrat social , de personnages secondaires féminins qui se font baiser/jeter ou de ce fameux personnage secondaire noir qu’on connaît tous qui MEURT avant la fin du film. Je dis pas qui est l’oeuf ou la poule je constate juste que ça contribue à établir la rupture de contrat social, l’#utilitarisme, comme NORME. après plus de 30 ans de cette NORME répandue partout comme la peste noire qui peut s’étonner de lire « déchéance de nationalité » ?
    Vous les avez élevés dedans vous avez cru quoi ? qu’ils allaient inventer un truc opposé qui ne va pas de soi et demande des efforts ?

    également #réciprocité #sexisme #racisme #déshumanisation #narcissisme #psychopathe

  • Reconnaissance faciale : aurons-nous droit à la “confidentialité biométrique” ?
    http://www.internetactu.net/2015/06/25/reconnaissance-faciale-aurons-nous-droit-a-la-confidentialite-biometri

    Les technologies de reconnaissance faciale sont en cours de déploiement : des magasins testent des solutions qui, via des caméras de surveillance, identifient chaque client pour leur offrir une tarification individualisée ou de la publicité selon leur historique d’achat, reconnaître des clients indélicats…

    Des associations de défense de la vie privée ainsi que des représentants des grandes entreprises de ce secteur dont Google et Facebook, se sont récemment réunies, à l’invitation du gouvernement américain et du département du commerce, pour tenter d’établir des règles d’usages de ces technologies.

    [...]

    Pour Selinger et Hartzog, si les gens semblent majoritairement peu soucieux de la diffusion de leur image et de leur nom, comme ils le font sur Facebook ou Linked-in, c’est parce que les normes qui régissent nos attitudes proviennent d’un temps où il était justement difficile d’identifier les gens. Nous avons appris à compter sur le fait que nous pouvions nous cacher à la vue du public, nous protéger dans des zones d’obscurité, du fait de notre mémoire limitée du visage des autres et de notre exposition tout aussi limitée. Nous n’avions jusqu’à présent peu de raisons de nous inquiéter du fait que notre présence serait traduite en informations pouvant être stockées à long terme, analysées et mémorisées. La généralisation des technologies de reconnaissance faciales pourrait briser complètement notre contrat social.

    #Anonymat #Biométrie #Confidentialité #Contrat_social #Numérique #Politique #Reconnaissance_faciale #Technologie #Vie_privée

  • Retour sur le D19/20 et la lutte contre l’Austérité et les politiques libre-échangistes de l’Union Européenne (2) – Réflexions sur l’arbitraire policier et médiatique
    http://diffractions.info/2014-04-15-retour-sur-le-d1920-et-la-lutte-contre-lausterite-incarnee

    Cet article fait suite au récit de la journée du D19/20 et se propose de réfléchir sur les tenants et aboutissants de ce mouvement et de son traitement policier et médiatique.

    #politique #société #anarchie #anarchisme #arbitraire #contrat_social #D19/20 #Europe #justice #manifestation #médias #nazisme #police #Union_Européenne

  • Le contrat social, l’état de la démocratie française et nous | Yovan Menkevick
    http://reflets.info/le-contrat-social-letat-de-la-democratie-francaise-et-nous

    Il semble évident qu’un gros problème s’accentue année après année, et risque d’amener la société française à des extrêmités très ennuyeuses. Ce gros problème est celui du contrat social, avec lequel la classe politique s’est totalement torchée. Il en résulte une démocratie représentative dégradée, composée d’une classe dirigeante fortement contestée, voire haïe par les citoyens. [...]

    #France #Politique #alliance_droite_extrême_droite #Contrat_social #Droite_populaire #fascisme #featured #néo-fascisme #politique_française #populisme #populisme_de_droite #social_libéralisme