• L’interminable traque des black blocs - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-interminable-traque-des-black-blocs_2083881.html

    Alors que le mouvement des gilets jaunes semble à bout de souffle, des groupes d’enquête sont engagés dans un vrai travail de fourmi pour identifier les casseurs.

    Ils le surnomment le « Punisher » parce qu’il porte un masque de super-héros - une sorte de face de squelette. Le 23 février dernier, à Toulouse, lors de l’acte XV des gilets jaunes, la vidéosurveillance l’a surpris en train de jeter un cocktail Molotov sur les forces de l’ordre. Impossible de l’identifier, il est camouflé de la tête aux pieds. Comme n’importe quel pilier d’un black bloc - comprendre un regroupement ponctuel de manifestants qui ne se connaissent pas forcément mais passent à l’affrontement. Des heures durant, les enquêteurs toulousains écument toutes les sources d’images possibles : caméras de la ville ou des policiers eux-mêmes, photos de la presse régionale, live sur Facebook tournés par des manifestants... Et soudain, enfin, dans un banal reportage filmé par un Youtubeur, la chance leur sourit. A l’arrière-plan, on aperçoit le « Punisher » qui a relevé son masque deux minutes pour griller une cigarette...

    Ce genre de « traque » constitue le quotidien du « groupe d’enquête gilets jaunes » basé dans la Ville rose. Neuf policiers de la sûreté départementale ont été choisis et totalement détachés depuis le mois de janvier pour confondre les casseurs des rassemblements de chasubles. Des limiers de la brigade criminelle, de la financière ou de la lutte contre la cybercriminalité constituent cette force logée à l’hôtel de police, dans un open space dont les murs arborent des photos de suspects. Sur un tableau blanc, une trentaine d’hommes au visage immortalisé, auxquels aucun nom n’a encore été donné. « Des objectifs », selon la terminologie, qui accaparent leur journée. 80 % de celle-ci est occupée à visionner les 10 000 heures d’images stockées sur leurs ordinateurs.
    De nouvelles interpellations chaque semaine

    Une quinzaine de groupes similaires ont été mis en place en France, parfois brièvement, dans les villes marquées par les plus fortes tensions. Le mot d’ordre : « Ne laisser passer aucune exaction », selon Kevin Gutter, le chef adjoint de la sûreté départementale toulousaine. Un travail de fourmi qui perdure, malgré le déclin du mouvement : « Chaque semaine, à l’aube, il y a de nouvelles interpellations, assure ce commissaire. Encore aujourd’hui, nous identifions des individus pour des faits datant de janvier. » Dans la capitale occitane, où les services de renseignement jaugent le noyau dur à 500 ultras, les violences ont blessé 249 membres des forces de l’ordre. Il y en a eu plus de 1600 au niveau national. Le préfet d’Occitanie, Étienne Guyot, l’assure à L’Express : « On a parfois eu l’impression d’avoir en face de nous des gens prêts à tuer. »

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    Pour chaque manifestation décortiquée, la première étape consiste à cerner les faits commis, de la destruction de mobilier urbain aux tentatives d’homicide avec cocktails Molotov (les faits seront peut-être requalifiés en violences volontaires au moment du procès). Puis vient l’identification des auteurs. N’importe quel détail saisi par un zoom sur les images compte : une boucle d’oreille, la couleur d’une semelle, même un tic. Un vandale s’est, par exemple, trahi parce qu’il avait la manie de poser ses mains sur ses hanches. Ce même détail a ensuite été recherché sur les vidéos jusqu’à ce que la « cible » en laisse voir davantage.

    « On n’a pas affaire à des professionnels de la criminalité, ils font donc forcément des erreurs, même s’ils pensent être des maîtres en camouflage », constate le capitaine Vincent Escorsac, qui dirige le groupe. Mais la réalité n’est pas la science-fiction : même lorsqu’un visage finit par se découvrir, aucun logiciel à leur disposition ne permet la reconnaissance faciale. La plupart du temps, les portraits sont donc transmis aux différentes brigades dans l’espoir d’un contrôle fructueux sur la voie publique.
    Radicalisés en cours de mouvement

    La difficulté est d’autant plus grande qu’une large partie des suspects est inconnue des services de police et de renseignement. « Nous avons des profils qui se sont radicalisés au cours du mouvement, observe Kevin Gutter. Il y a ceux qui nourrissent une réelle haine des institutions et ceux qui se sont laissé entraîner par la foule. En général, ceux-là s’effondrent en garde à vue. Mais ceux qui nous intéressent le plus, ce sont les recruteurs. »

    Les profils débusqués ménagent parfois des surprises : comme ce sexagénaire, qui se prétendait légionnaire, et stimulait les cortèges. Ou cette étudiante en ergothérapie qui dévoilait les identités de policiers sur les réseaux sociaux dissimulée sous un pseudonyme masculin. Un phénomène qui porte un nom - le #copwatching - et qui a d’ailleurs attiré l’attention des services de renseignement au niveau national depuis la fin mars. A Toulouse, les investigations sur cette pratique ont également été confiées au groupe d’enquête spéciale.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Affaire Benalla : souriez, vous pouvez filmer
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/07/25/affaire-benalla-souriez-vous-pouvez-filmer_5335837_4408996.html


    Sous ce lampadaire situé place de la Contrescarpe à Paris, une caméra de vidéosurveillance ronde en cloche capable de filmer à 360 degrés.
    GOOGLE STREET VIEW

    L’affaire Benalla démontre, de manière spectaculaire, à quel point la vidéosurveillance protège bien plus les puissants que les citoyens ordinaires.

    Qu’en est-il, dès lors, pour les caméras gérées par la puissance publique ? Quelle confiance peut-on avoir dans un dispositif de surveillance permanente dont l’affaire Benalla a montré de manière éclatante qu’il peut être totalement détourné de son but premier ? Qui, en résumé, surveille les surveillants ?
    […]
    Alors, dans l’affaire Benalla comme dans d’autres, c’est finalement au citoyen, armé de son smartphone, d’un appareil photo ou d’une caméra portable, que revient la tâche ingrate de documenter la violence, plus spécialement lorsqu’elle émane, avec ou sans justification, des forces de l’ordre. Une forme d’« ubérisation » du contrôle de la force publique, en quelque sorte – quand les forces de l’ordre ne confisquent pas tout simplement les appareils photo et autres smartphones des témoins.

    #copwatching
    #quis_custodiet_ispsos_custodes ?

    • La note illégale de la préfecture de police de Paris autour de la conservation de la vidéo protection
      https://www.franceinter.fr/justice/la-note-illegale-de-la-prefecture-de-police-de-paris-autour-de-la-conser

      Dans l’affaire Benalla, trois policiers ont été mis en examen pour détournement d’images de vidéo protection. Mais les copies de cette vidéo protection étaient rendues possibles au quotidien à la préfecture de police de Paris. Autorisées par une note que France Inter s’est procurée.

      C’est une note qui date du 21 février 2017. Elle est signée de la main d’#Alain_Gibelin, directeur de l’ordre public et de la circulation, à la préfecture de police de Paris.
      Cette semaine, devant les députés, ce haut gradé de la police a dénoncé l’attitude de ses trois subordonnés qui ont transmis le 18 juillet à Alexandre Benalla, une copie de la vidéo protection du 1er mai, place de la Contrescarpe.

      Le préfet de police, Michel Delpuech, les a lui aussi accusés, publiquement, de « dérives inacceptables sur fond de copinages malsains ». Et le préfet de police de Paris de rappeler, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, que ces images auraient dû être effacées, au bout d’un mois. Comment donc expliquer qu’elles existent encore en juillet ?

      En fait, celui qui reconnaît avoir fait une copie de la vidéo surveillance dès le 2 mai, le commissaire #Maxence_Creusat, avait carte blanche dans son service pour le faire, selon cette fameuse note signée par Alain Gibelin. Car la note numéro 16/2017, que France Inter s’est procurée, autorise l’extraction d’images de vidéo protection, dans le cadre de retours d’expérience, pour des synthèses internes à la préfecture de police de Paris, au sein de la cellule Synapse, dont était chargé le commissaire Creusat.

  • Le documentaire-choc sur le « #copwatching », flicage citoyen qui énerve tant les flics | Rue89
    http://www.rue89.com/2013/05/27/documentaire-choc-copwatching-enerve-tant-les-flics-242677

    Ce documentaire montre l’envers du travail policier : une chasse aux pauvres et aux migrants somme toute assez médiocre. Il témoigne aussi de l’agressivité des fonctionnaires envers les militants qui ont l’ambition de contrôler les travaux finis.

    #police

  • Droit et photographie : l’image des forces de l’ordre
    http://blog.droit-et-photographie.com/limage-des-forces-de-lordre

    Ce billet en deux parties pour répondre à une question qui revient fréquemment : peut-on photographier les policiers sur la voie publique ? Entre liberté d’expression, droit au respect de la vie privée (parfois invoqué par les fonctionnaires photographiés) et règles spécifiques aux « raisons de sécurité » exigées par les missions, comment faire la part des choses ?

    • Pour résumer…

      Les membres des forces de l’ordre bénéficient, comme tout un chacun, du droit au respect de leur image. Mais ce droit est faiblement garanti dès lors qu’il cède très souvent face à un impératif de plus grande valeur : légitime information du public sur un événement d’actualité dans lequel le policier est impliqué ou droit de regard sur la façon dont il exerce ses fonctions. Dans ces hypothèses, l’image est libre, hors les cas où le législateur estime que l’anonymat de certains fonctionnaires doit être protégé (article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881, complété par arrêtés ministériels).

      Hors les cas, également, où les limites tirées du droit commun vont s’appliquer, s’agissant de l’image de particuliers « pris » dans une opération de police, d’une image dévalorisante ou décontextualisée.

      Donc tant que c’est pour illustrer une description de ce qui est en train de se passer (donc pas prendre n’importe quel photo de flic pour illustrer n’importe quoi) et bien on peut effectivement photographier ce qu’on veut, sur la voie publique.

  • #Copwatching et perception publique de la police. L’intervention policière comme performance sous surveillance
    http://www.ethnographiques.org/2010/Meyer
    De l’impossibilité du copwatching pour la police, vue par un sociologue plutôt proche des forces de l’ordre a priori.

    Envisagée comme une situation sociale de rassemblement en rue, l’intervention policière se caractérise par sa nature publique et observable. Le « copwatching », en tant que pratique amateur de captation vidéo des interventions de police, problématise la visibilité des agents sur la voie publique en les soumettant à une surveillance médiatique. M’appuyant sur des exemples vidéos, j’explore les dimensions visuelles et symboliques du travail policier. De la performance policière en rue à la figuration médiatique du policier, l’étude des médiations entre action et image permet d’interroger la perception publique de la police engagée dans les rassemblements.

  • La #police dans le viseur | Maxime Vatteble
    http://owni.fr/2012/08/03/la-police-dans-le-viseur-police-tape

    Photographier un policier dans la rue aux États-Unis ne serait pas un acte innocent. Alors que ce droit est reconnu dans ce pays, certains policiers s’obstinent à le considérer illégal par méconnaissance des lois étatiques et fédérales. Amateurs et professionnels ont décidé d’aller leur rafraîchir la mémoire, en dégainant leurs appareils et leurs smartphones.

    #Analyse #Pouvoirs #Surveillance #application #copwatching #photographie #photojournalisme #smartphone #surveillance