#coquelles

  • Les profiteurs de la frontière – Juin 2019 – Corporate Watch

    La maire de Calais essaye de changer l’image de Calais, souhaitant en faire une « ville fleurie ». Mais comme des locaux ont confié à Corporate Watch le mois dernier, « #ville_barbelée » serait un label plus approprié. Du port ferry jusqu’au tunnel à Coquelles, la périphérie de la ville est un paysage cauchemardesque de #clôtures surmontées de #barbelés à lames rasoir, de #caméras et #détecteurs_de_mouvement, de #terrassements, #tranchées et #terrains_inondés, tous destinés à arrêter les « damné·e·s de la terre » entreprenant cette traversée du détroit de la Manche, si évidente et acquise pour un·e citoyen·ne européen·ne.

    Tout cela implique de l’#argent pour financer les compagnies de construction et de sécurité qui fournissent et édifient l’#infrastructure de la frontière. En 2016, Calais Research a commencé à lister et décrire les #entreprises impliquées dans le marché de la frontière. Voici une rapide mise à jour sur quelques points marquants apparus depuis.

    Le #Centre_Conjoint_d’Information_et_de_Coordination_franco-britannique à Coquelles

    Il y a deux points principaux de passage de la frontière à Calais : le #port, près du centre historique de la ville, et le tunnel sous la Manche, à quelques kilomètres de la ville, à #Coquelles. Près de l’entrée du tunnel se trouve un énorme centre commercial, la Cité Europe, fréquentée par des locaux comme par des Britanniques de passage renflouant leur stock d’alcool bon marché.

    Juste à côté se tient un complexe abritant l’infrastructure policière française anti-migrant : la base principale de la #PAF (Police aux Frontières) et des #CRS, un tribunal où sont entendus les migrants, et le #Centre_de_Rétention_Administrative (#CRA).

    En novembre 2018, un nouveau bâtiment est ajouté au complexe déjà existant : le #CCIC – Centre Conjoint d’Information et de Coordination franco-britannique.

    Selon l’Agence France Presse, le centre est financé par le gouvernement de Grande Bretagne, il est « notamment équipé de #drones », et sert de poste de commande pour les forces de police françaises et britanniques. Celles-ci incluent côté français la PAF, les #douanes et les #gendarmes, et pour l’outre-Manche la police aux frontières (UK border force), la #police du #Kent ainsi que le service national de lutte contre la criminalité (#National_Crime_Agency#NCA).

    Le jour où nous sommes passé·e·s jeter un œil, nous n’avons vu aucun drone décollant du toit. Sur le parking se trouvaient plus de voitures banalisées que de véhicules de police officiels, dont plusieurs immatriculées outre-Manche. Il y avait encore un affichage à l’extérieur du centre (cf. photo) nommant les entrepreneurs impliqués dans sa construction et son équipement. Il indique un coût de 1,844 million d’euros pour ces travaux.

    Les compagnies identifiées incluent : #Villesange_Masson (Architectes locaux) ; #Groupe_Qualiconsult (consultant·e·s pour les projets de construction) ; #Verdi ; #Cougnaud_construction (spécialisé en construction modulaire industrialisée) ; #Ramery_Batiment ; #Eiffage_énergie (grosse société d’ingénierie française) ; #Satelec (électricien·ne·s) ; #Resipelec (électricien·ne·s) ; #Pylones_du_Littoral ; #Majencia (mobilier de bureau) ; #Covage_DGL_Networks (installateur de fibre optique) ; #Econocom.

    Extension du centre de Rétention

    Juste en face du CCIS se trouve le CRA de Coquelles. Actuellement, il permet d’enfermer 79 hommes, mais l’État français veut augmenter le nombre de places. Fin mars 2019, il annonçait un projet d’extension de 480 mètres carrés. L’agence d’architectes #COAST supervise les travaux, et travaille avec #BD_engineering.

    Douanes et tranchées

    En dehors de Coquelles, on voit d’importants travaux de chaque côté de la voie rapide menant au tunnel. Ce sont de grands #bunkers, chacun avec plusieurs quais destinés à la fouille des camions. Ce ne sont pas des mesures prioritairement anti-migrants, il s’agit en fait de nouveaux parking poids-lourds et de postes de douane, construits à la hâte par #Eurotunnel, en prévision de nouveaux contrôles sur les marchandises après le Brexit.

    Cependant, ces projets participent à renforcer les mesures de sécurité exceptionnelles auxquelles on doit ce changement d’atmosphère autour de Calais. Les bunkers sont protégés par des #tranchées et de nouvelles clôtures – canaux et lacs artificiels creusés et remplis d’eau comme une autre mesure contre ces humains dont on ne veut pas. Ceci fait suite aux modèles de #déforestation et d’#inondation initiés par Eurotunnel en 2016.

    Contrôles aux frontières privatisés au parking poids-lourd #Polley

    Une petite industrie s’est développée grâce à la « crise migratoire » : le #parking_poids-lourd sécurisé. Le gouvernement britannique inflige une contravention aux entreprises de transport de marchandises si des personnes sont trouvées dans leurs véhicules sans les documents administratifs adéquats. Dans les faits, cela se traduit par l’#externalisation des contrôles frontaliers vers les camionneurs eux-même, soucieux de ne pas être surpris avec des passager·e·s clandestin·e·s. Et l’entreprise de transport va payer des emplacements sécurisés pour marquer un arrêt avant de traverser la Manche.

    À #Dunkerque, #DK_Secure_Truck_Park dispose de 250 emplacements entourés de clôtures et surveillés par « 40 #caméras_de_surveillance haute-définition ». À Calais, la plus grosse société est #Polley_Secured_Lorry_Park, dirigée par un homme d’affaire local, #Francois_Polley. Ce site de 10 hectares se targue d’être protégé par des grilles hautes de 2,40 mètres et d’être surveillé 24h/24 et 7j/7.

    Récemment, nous avons entendu parler d’une nouvelle niche dans ce business. Les cars de transport de passagers opérés par #Flixbus profitent également des services de sécurité de Polley. Les cars en route vers la Grande Bretagne passent par le parking Polley avant de se diriger vers le tunnel. Là, un des agents de sécurité privés du parking va procéder à une première fouille du véhicule, cherchant d’éventuel·le·s clandestin·e·s dans la soute à bagages. Ceci, en plus des deux contrôles qui seront effectués par les autorités françaises et britanniques une fois au tunnel.

    Flixbus et Polley fournissent peu d’information publique sur cette #fouille supplémentaire. Il y n’y en a qu’une vague référence sur le site de Flixbus, où elle est simplement mentionnée comme « un #contrôle_pré-Royaume-Uni ».

    Hôtel de police…

    Notre dernier arrêt sur notre tour des infrastructures de la frontière s’est trouvé en plein cœur de la ville de Calais. On avait entendu dire que l’ancienne pratique de constamment arrêter et harceler les personnes pouvant être des migrant·e·s dans le centre ville est progressivement devenue marginale. On se demandait donc pourquoi on continuait de voir les camionnettes de CRS patrouiller les rues principales entre la mairie et le théâtre.

    Nous avons réalisé que leur activité principale consistait à déposer et passer prendre de costauds hommes blancs en civil à la porte du #Brit_Hotel. Des locaux nous expliquent alors que ce bâtiment hôtelier a été inoccupé pendant des années, avant de rouvrir sous ce nouveau nom en 2016. Sa clientèle semble être composée presque exclusivement de CRS et de gendarmes – mais si vous rêvez de dormir à côté d’un CRS bien bâti, vous pouvez réserver une chambre pour environ 50 euros la nuit.

    Brit Hôtel est une chaîne hôtelière répandue dans tout la France.

    #business #migrations #frontières #Calais #France #profit #complexe_militaro-industriel #militarisation_des_frontières #privatisation #externalisation_des_frontières

    ping @karine4 @isskein

  • #Calais police using #drones to arrest migrants before they cross Channel

    Police in Calais are using drones to locate migrants preparing to cross the Channel by boat, so that they can be arrested before they reach the water.

    In an escalation of security measures, the remotely controlled aerial vehicles have been seen flying low above the main Calais Migrant camp and sweeping across nearby beaches.

    Drones can cover much more ground in much less time than other vehicles, and are able to relay a live video camera feed.

    Ingrid Parrot, from the French Naval headquarters for the Channel and North Sea, said: “What we are trying to do with the police is exchange information and stop the migrants reaching the sea.

    “Our aim is to stop people on the beach reaching the water.

    “In the last three weeks, we have increased the number of ships and helicopters in the area to dissuade the migrants from attempting to go out to sea.

    “The police, I understand have also increased their numbers on the ground to stop people getting into boats.”

    Ms Parrot would not be drawn into giving specific figures because she did not want the smugglers to be alerted to the scale of the operation.

    “There are many people involved,” she added.

    The move has come after a recent spike in attempted crossings of the English Channel by predominantly Iranian migrants.

    On Tuesday, two men were picked up in St Margret’s bay, Kent at 3pm, having crossed the world’s busiest shipping lane in nothing more than a small dinghy in broad daylight.

    They presented themselves as Iranian, and were taken into custody by border force agents.

    On Wednesday, four men who said they were Iranian were picked up by the side of the road in Lincolnshire, having seemingly overshot the Kent coastline.

    Lincolnshire Police said: “The four men aged 30, 29, and two aged 31, were arrested by officers in the Roman Bank area of Mablethorpe at around 7.30pm on December 4. “It was reported these men had arrived by boat.”

    In France, there was activity too.

    Eight men in a pleasure craft were caught by police while trying to set sail across the channel from a beach just north of Boulogne-sur-Mer.

    A police spokesperson said that four of the migrants were Iranian and four were Iraqi. None were injured or taken to hospital, and all were taken into custody.

    In the strangest incident of the evening, a man radioed for help while struggling in a seven-metre pleasure cruiser in shallow waters near Equihen-Plage, just south of Boulogne-sur-Mer.

    He abandoned ship when it became clear that no boat was able to tug him away.

    It emerged that the craft had been bought the day before by a man who claimed to be British, and suspicions have been raised that he may have been trying to smuggle migrants across the channel.

    One coastguard insider said: “You don’t buy a boat like that at this time of year and take it out on the water at night. I think it’s quite clear what he was trying to do, and that was go round the corner and try and pick up a group of migrants.”

    The Telegraph visited the beach on Wednesday evening and saw the boat beached on the sand at low tide, with its propeller jammed into the sand and a life jacket left in the cabin.

    The man who abandoned ship had apparently not been back.

    https://www.telegraph.co.uk/news/2018/12/05/calais-police-using-drones-track-migrants-cross-channel
    #frontières #militarisation_des_frontières #fermeture_des_frontières #asile #migrations #réfugiés #UK #France #Angleterre #mer #contrôles_frontaliers

    • #Coquelles : encore de nouveaux barbelés sur l’#A16 au-dessus du site de #Eurotunnel

      Depuis mardi, des ouvriers installent des barbelés « concertina » sur le pont de l’A16 qui surplombe les rails menant au Tunnel à Coquelles. C’est la raison pour laquelle une voie est neutralisée sur plusieurs centaines de mètres dans le sens Boulogne-sur-Mer – Calais.

      Des centaines d’usagers de l’autoroute A16 ont dû les apercevoir. Ce mercredi après-midi, sous la pluie, ils étaient encore à pied d’œuvre. Depuis mardi, des ouvriers installent des barbelés, dits « concertina », sur le pont de l’A16 qui surplombe les rails menant au Tunnel. Résultat, dans le sens Boulogne-sur-Mer – Calais, la voie de droite est neutralisée sur plusieurs centaines de mètres.

      Cette nouvelle installation est un moyen d’empêcher les migrants d’accéder aux voies ferrées, situées plusieurs mètres plus bas, et de rejoindre au péril de leur vie l’Angleterre. Elle fait suite à l’implantation de barbelés sur un autre pont, à quelques centaines de mètres de là, à hauteur de la tranchée de la Beussingues, à Peuplingues, en juillet.

      Cet été, la communication d’Eurotunnel avait parlé « d’une sécurisation accrue à la demande de la préfecture du Pas-de-Calais suite à une intrusion ». Des travaux sur l’A16 « dans un deuxième temps » avaient été annoncés. Nous y sommes. Les ouvriers devraient terminer cette partie du pont ce jeudi, selon la Direction interdépartementale des routes. Ils s’occuperont de l’autre côté du pont du 7 au 10 octobre. Là encore des perturbations de circulation sont à envisager. Pour rappel, en décembre, un migrant avait frôlé la mort. Il s’était jeté du pont avant d’atterrir sur une navette en marche et être électrocuté à plusieurs reprises.

      https://www.lavoixdunord.fr/642863/article/2019-09-26/coquelles-encore-de-nouveaux-barbeles-sur-l-a16-au-dessus-du-site-de-eu
      #militarisation_des_frontières #barbelé #fil_barbelé #barrières_frontalières