#corne_de_l'afrique

  • Un projet de base navale russe sur la côte soudanaise inquiète les États-Unis

    La Russie considère depuis longtemps le Soudan comme une porte d’entrée pour extraire l’or de l’Afrique et accéder à une voie navigable stratégique

    https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/soudan-russie-base-navale-mer-rouge-golfe-aden-wagner-or

    Les États-Unis ont réitéré leurs inquiétudes concernant un accord qui permettrait à la Russie de construire une base navale sur la côte soudanaise de la mer Rouge, donnant potentiellement au Kremlin l’accès une voie navigable stratégique à un moment de tensions accrues avec l’Occident à propos de la guerre en Ukraine.

    Mardi, John Godfrey, l’ambassadeur des États-Unis au Soudan, a soulevé la question dans une interview au journal soudanais Al-Tayar, déclarant : « Si le gouvernement du Soudan décide de procéder à l’établissement de cette installation, ou de la renégocier, cela sera préjudiciable aux intérêts du Soudan. »

    Le Soudan a signé l’accord permettant à Moscou de construire une base capable d’accueillir des navires à propulsion nucléaire, sous l’administration du président Omar el-Béchir, qui a été démis de ses fonctions en 2019.

    Selon cet accord, la Russie doit louer le site pour 25 ans et pourrait prolonger l’accord de dix ans supplémentaires. Elle aurait accès aux eaux chaudes de la mer Rouge et au goulot d’étranglement du commerce international qu’est le détroit de Bab el-Mandeb (qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden).

    Les puissances mondiales convoitent depuis longtemps des bases sur la mer Rouge pour se projeter et protéger leurs intérêts commerciaux. Djibouti, au sud du Soudan, abrite des bases militaires chinoise, française, italienne et japonaise. En 2016, la Chine a ouvert son premier avant-poste militaire à l’étranger à Djibouti.

    La région est aussi un terrain de jeu pour les États du Golfe. L’Arabie saoudite et l’Égypte ont déjà accès à la mer Rouge depuis leurs côtes. La Turquie, le Qatar et les Émirats arabes unis se disputent également l’influence dans la région.

    La Turquie exploite une base d’entraînement pour les troupes somaliennes à Mogadiscio. En 2017, elle a signé un accord avec le Soudan pour la restauration de l’île de Suakin, une ancienne possession ottomane sur la côte de la mer Rouge.

    Les Émirats arabes unis ont établi une base dans le port érythréen d’Assab en 2015. Ils ont utilisé l’installation comme point de lancement pour des attaques navales et aériennes contre les forces houthies alignées sur l’Iran au Yémen.

    Pour ne pas être en reste, Téhéran a également réussi à se faire une place sur la mer Rouge, alarmant les États-Unis sur les menaces maritimes potentiellement posées par des drones chargés de bombes.

    etc...

    #Soudan#Russie#Wagner#USA#Turquie#Corne_de_l'Afrique#Mer_Rouge#EAU#Erythrée#Djibouti#Bab_El_Mandeb

  • Des nouvelles du FSO SAFER

    Le titre de Libération du 27 janvier 2022

    Un pétrolier abandonné au large du Yémen pourrait engendrer la pire marée noire de l’histoire

    Une véritable bombe flottante. Au large du Yémen, le navire pétrolier FSO Safer est chargé de plus d’un million de barils de pétrole brut. Abandonné depuis 2015, lorsque la région est tombée sous le contrôle des rebelles houthis, celui-ci risque à tout moment de déclencher l’une des plus grandes marées noires de l’Histoire, alerte Greenpeace ce jeudi. Aggravant ainsi dramatiquement la situation humanitaire au Yémen, déjà catastrophique.

    https://www.liberation.fr/environnement/un-petrolier-abandonne-au-large-du-yemen-pourrait-engendrer-la-pire-maree

    La situation ce jour :

    https://www.vesseltracker.com/en/Ships/Fso-Safer-7376472.html

    Latest news
    Fundraising gets ahead
    Mon Sep 12 12:38:31 CEST 2022 Timsen

    The United Nations were confident that it will soon raise enough money to mount a rescue operation for the ’FS Safer’ and its cargo of more than one million barrels of oil. As of early September, some $68 million had been pledged to the rescue operation – $12 million short of the UN’s $80 million target. The UN were looking closely at how to reduce costs of both the emergency operation and the installation of long-term replacement capacity for the FPSO and were confident receive the target amount soon. They still need donors to disburse the funds that they have pledged. To date, only around $10 million of the $68 million has actually been handed over. Fundraising has though picked up momentum over the year. In May, a pledging event in The Hague raised some $33 million, from a combination of nine European governments, Qatar, and the European Union. The following month, Saudi Arabia said it would give $10 million. On a smaller scale, a public crowdfunding campaign launched in June has raised some $145,000 from about 2,000 individuals.
    Some private companies have also begun to step in to offer financial help. HSA Group, Yemen’s largest private company, announced on August 25 a $1.2 million donation to support the UN’s emergency FSO Safer appeal, becoming the first private sector organisation to donate to the appeal.

    #Yemen#Pétrole#Pollution#Amnésie#Mer_Rouge#Corne_de_l'Afrique#Bab_el_mandeb#pétrolier

  • Le Pentagone patrouille le Golfe grâce à ses nouveaux drones marins

    https://s.brsimg.com/static-000/cache/i/content/images/7/4/a/74a1b5fa8d807605447b7f1969b8664e-760x486.jpg

    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/le-pentagone-patrouille-le-golfe-grace-a-ses-nouveaux-drones-marins-561c

    La récente saisie par l’Iran d’un drone marin de l’US Navy dans le Golfe, ensuite relâché, expose au grand jour un nouveau programme du Pentagone visant à renforcer ses capacités de surveillance par drones sous-marins, aériens et à présent à la surface de la mer.

    Ce programme, qui date d’il y a un an seulement, déploie déjà plusieurs types de drones marins de surface ou USV dans les eaux autour de la péninsule arabique et dans le Golfe collectant de multiples données et images qui sont ensuite envoyées pour examen dans des centres situés dans la région.

    Le programme n’avait pas connu d’avaries jusqu’à ce que la marine iranienne tente de s’emparer de trois drones marins de type Saildrone Explorer, long de sept mètres, lors de deux incidents dans la nuit du 29 au 30 août et le 1er septembre.

    Au cours du premier incident dans le Golfe, un navire du corps des Gardiens de la Révolution iraniens a été aperçu remorquant le drone, pour ensuite le relâcher après qu’un patrouilleur américain et un hélicoptère ont été déployés sur place.

    Lors du second, un destroyer iranien s’est saisi de deux Saildrones dans la mer Rouge, les remorquant à bord.

    Il a fallu la présence de deux navires de guerre américains et d’hélicoptères pour persuader les Iraniens de les rendre le lendemain non sans les avoir d’abord dépouillés de leurs caméras, selon l’armée américaine.

    Les Iraniens soutiennent que ces USV naviguaient sur des routes maritimes internationales et qu’il s’agissait de « prévenir de possibles accidents », une version rejetée par la Marine américaine.

    Les actions de l’Iran étaient « injustifiées, et incohérentes avec le comportement d’une force maritime professionnelle », a déclaré dans un communiqué le vice-amiral américain Brad Cooper, commandant des forces navales américaines au Commandement central.
    – Un an en mer -

    Ces drones marins équipés de capteurs, de radars et de caméras, sont opérés par la Task Force 59 de la 5e Flotte basée à Bahrain, créée l’année dernière pour développer les capacités de surveillance dans cette zone grâce aux drones et à l’intelligence artificielle.

    Les drones aériens ou sous-marins sont monnaie courante mais ces engins flottants sont plus récents et jugés essentiels, explique à l’AFP le porte-parole de la 5e Flotte, Tim Hawkins.

    Le Saildrone Explorer est doté d’une aile rigide en forme de voile et comporte des panneaux solaires. Il peut être envoyé en mission pour une durée allant jusqu’à un an, en étant opéré à distance et récolte un vaste éventail de données océaniques, météorologiques, et de navigation, ainsi que des renseignements stratégiques.

    L’entreprise Saildrone, basée à San Francisco, opère une centaine de ces engins à travers le monde au bénéfice à la fois du Pentagone mais aussi d’instituts de recherche.

    « Après avoir vogué autour de l’Antarctique en 2019 et traversé l’oeil d’un ouragan de catégorie 4 l’année dernière, il n’existe vraiment aucun environnement maritime où il ne peut opérer », se félicite une porte-parole de la compagnie, Susan Ryan.
    – Surveiller l’Iran -

    La Marine américaine ne dit pas clairement à quoi servent ces drones de surveillance dans la région du Golfe, se contentant d’assurer qu’ils permettent « une vigilance accrue dans ces eaux (...) et de renforcer notre posture de dissuasion dans la région », selon M. Hawkins.

    Mais les activités de l’Iran, qui patrouille aussi dans la zone, sont vraisemblablement une cible de choix.

    Téhéran a ces dernières années déjà accosté, saisi des navires étrangers et harcelé l’US Navy lors de multiples confrontations tendues.

    Washington surveille notamment la livraison d’armes par l’Iran à ses alliés Houthis au Yémen.

    #Mer_rouge#US#Pentagone#Yemen#Corne_de_l'Afrique#houtis#Bal_el_mandeb#drones

  • ALDO BARATTI : “FOTO-RIFLESSIONI” ED ESTETISMI DALL’AFRICA ORIENTALE

    Nel recuperare i germi della crisi del pensiero e della critica “attualista” degli anni Trenta del Novecento, volta con coerenza sia contro Croce che contro Gentile, potremmo rintracciare, in funzione estetico-visiva, una chiave di lettura coerente per analizzare la fotografia di quel periodo e in particolare quella tranche di storia della fotografia italiana – tipicamente italiana – legata alle italiche colonie africane. Un settore specifico della fotografia italiana del primo Novecento sempre meno studiato, anche per motivi ideologici e che va lentamente scomparendo proprio negli ambiti di studio ufficiali nazionali. Il recupero contemporaneo non deve ovviamente apparire come di “tipo ideologico”, ma appunto di studio e conoscenza di parte del nostro passato artistico, anche quello meno, per così dire, “politicamente corretto”. La storia e quindi la storia dell’arte è fatta d’altronde anche di queste parentesi nere che però non devono gettare ombra sugli studi successivi, come ad esempio è avvenuto col Futurismo, per la rivalutazione del quale abbiamo dovuto aspettare gli storici americani degli anni Sessanta.

    In tale percorso critico risulta quindi interessante recuperare tale “frangia” di storia della fotografia, partendo dal pensiero di Adelchi Baratono,[1] in particolare per quello che riguarda la persistenza concettuale del soggetto guardante abbinata al valore tecnico-sensibile dell’esperienza estetica e per la derivante “redenzione” del concetto di praticità dell’arte e dei suoi differenti orientamenti tecnici.

    Si tratta di un concetto che, a nostro avviso, è possibile anche sostenere tramite il razionalismo critico di Antonio Banfi, del quale ci limiteremo a porre in nuce la medianità direttiva della sua riflessione estetica, nel momento in cui, proprio negli anni Trenta, la forte ripresa della riflessione sull’arte costituisce uno dei momenti più salienti e, in maggior misura, qualificanti dell’arte e del pensiero italico.

    La sfera estetica così trattata esaudisce in contemporanea due esigenze contrastanti dell’intellettuale e, per traslato, dell’artista che, per quanto riguarda la nostra analisi del fotografo Aldo Baratti, finisce per «cogliere e privilegiare la dimensione dinamica, la provocazione irrazionale, la irriducibilità istituzionale e organizzativa della realtà presente, il “caos del vivente”; e insieme quella di riorganizzarla, formalizzarne la necessità, realizzarne la “composizione razionale”».[2] Così come fa, da altro punto di vista, anche Antonio Banfi, il pensiero del quale, fra l’altro, sembra oscillare fra due dimensioni vicine seppur distinte: quella che potremmo definire del «dover essere» dell’arte e perciò della bellezza, e quella maggiormente pragmatica dal filosofo definita come «corrente di vita», di volta in volta nutrita dall’inestinguibile molteplicità e autonomia dell’esperienza estetica stessa.[3]

    Inevitabile diviene perciò l’opposizione con l’estetica crociana e la collisione con i movimenti di pensiero più aperti e internazionali che porteranno, per traslato, lo ripetiamo, a ripercorrere il concetto dell’arte – leggi ancora fotografia – di questo periodo con un’ottica completamente nuova rispetto al precedente.

    La ricomposizione avviene ancora mediante i due indicati concetti dedotti dal Banfi e che definiscono, in sintesi, la dicotomia fra dogmatismo e pragmatismo. Per intenderci: decorativismo > funzionalità; gusto contro teoria. Del resto questo è un po’ il problema di tutta la fotografia e dell’arte in generale nel decennio affrontato.[4] Ed è tutto qui – e non è da poco – tutto riassumibile per mezzo delle due già indicate categorie estetiche di Banfi, che finiscono per definire, dal nostro punto di vista, la sperimentazione di un’arte fotografica da intendere soprattutto come tecnica, media funzionale valido per sé stesso, e dall’altra la determinazione di una tecnica artistica definita dal risultato, cioè dall’immagine in sé e per sé. La fotografia quindi come dogmatismo estetico abbinato, ed è il caso esplicito dell’Italia, con l’ideologia dominante.

    Si tratta di una dicotomia già a suo tempo verificata da Guido Pellegrini, allora Presidente del Circolo Fotografico Milanese, personaggio e teorico di spicco della fotografia italiana del periodo, per mezzo soprattutto delle sue cronache e recensioni pubblicate sulle pagine della rivista «Cinema». In particolare, nel descrivere i caratteri della fotografia a lui contemporanea, ne schematizza i tratti peculiari nell’ambivalenza fra «foto statica», che riproduce passivamente la visione propria dell’occhio umano, e «foto dinamica» che riproduce ciò che «vede» la camera oscura, la quale «per mezzo del suo occhio acutissimo e luminosissimo “ferma” sulla superficie oggi enormemente sensibile, nudamente e solamente “quello che è”».[5]

    In questo periodo ci troviamo comunque nel contesto di una vera e propria rivoluzione internazionale, legata soprattutto alla diffusione della pratica fotografica che vede come mezzo principale il lancio sul mercato di nuove macchine fotografiche economiche, di medio e piccolo formato. Tipo la Rolleiflex, immessa nel mercato dal 1929, cui fece seguito nel ’33 un modello più economico, la Rolleicord, ben presto gradita e utilizzata, oltre che dai foto-cronisti, anche da molti fotoamatori.[6]

    A queste va anche ricordata la distribuzione delle più note Leica, Reflex-Korelle e Contax, la prima utilizzata, fra gli altri, anche da Robert Capa e Gerda Taro durante il loro periodo di inviati free lance per documentare la Guerra di Spagna. Ma questa è tutta un’altra storia[7] rispetto a quella che andiamo ad analizzare, con ideali, concetti e inquadrature che insegnano altro rispetto al potere dominante.

    Possiamo realmente dire che negli anni Trenta ci troviamo in piena evoluzione della fotografia istantanea, ma non ancora totalmente di tipo amatoriale come avverrà più tardi e comunque nei decenni Quaranta-Cinquanta. Istantanea quindi, ma sempre legata alla visione artistica del soggetto da riprodurre, estrapolato “dal di dentro” della cronaca per divenire storia, seppur interpretata da angolazioni e prospettive diverse come nel caso di quello che abbiamo definito come «foto-riflessioni» di Aldo Baratti.

    Presente ad Asmara, in Eritrea, probabilmente già dagli anni Venti,[8] Baratti ha fatto sicuramente parte di quella serie di italiani emigrati nella parte orientale del Corno d’Africa dalla fine dell’Ottocento,[9] con un’accentuazione numerica realmente importante proprio fra gli anni Venti e Trenta, per mezzo anche – se non soprattutto – della propaganda del Regime Fascista.[10]

    Baratti comunque rientra senza ombra di dubbio fra i diffusori del “nuovo” mezzo di riproduzione meccanica in Eritrea dove, infatti, proprio dagli anni Trenta si rileva una notevole concentrazione locale di fotografi, anche non italiani.

    Molti, infatti, i professionisti eritrei della fotografia che fuoriescono dalla consultazione dei documenti e relazioni economiche dell’epoca, che spesso però non disponevano di un locale fisso dove svolgere la loro attività, un negozio e/o uno studio, anche per la mancanza di reperire i capitali giusti per dare forma ad un importante investimento produttivo com’era appunto quello dell’apertura di una sede commerciale, e che preferivano svolgere la loro attività in maniera, diciamo così, più flessibile.

    Ci troviamo di fronte alla presenza e all’attività in loco di quelli che venivano all’epoca inseriti nella categoria dei «Fotoambulanti» che, in un certo senso, riportano alla mente l’ormai famoso personaggio di Don Pasquale il fotografo, amico e coinquilino di Felice Sciosciammocca, felicemente descritto da Eduardo Scarpetta nel 1887 in Miseria e Nobiltà e che appunto professava l’attività di fotografo – in questo caso “semi-ambulante” – sotto il Teatro San Carlo di Napoli.[11]

    Aldo Baratti al contrario è iscritto già nel 1931 nel Registro delle ditte presenti in Eritrea, al n. 43, come «ditta / ragione sociale: individuale; oggetto del commercio o dell’industria: Studio fotografico e commercio in articoli fotografici; sede e succursali: Asmara».[12]

    Un professionista quindi, con sede professionale stabile registrata a suo nome, nella città dove vive da tempo, Asmara.

    Un fotografo non di guerra quindi, ma di realtà, quella realtà “esotica” tanto amata in Italia e che Baratti esportava come parte integrante del sogno italiano in Africa. In tale contesto colpisce la sua serie fotografica delle Venere nera, realizzata negli anni 1930-35, ancora oggi indubbiamente il concept fotografico più conosciuto di Baratti (fig. 1).

    Immagini originali di ragazze in posa, riprodotte poi in cartoline distribuite anche in Italia, con appunto «(…) giovani ragazze arabe e bilene, baria e cunama. Le foto erano in bianco e nero e per l’epoca erano terribilmente audaci perché offrivano la più stupefacente collezione di seni turgidi, di pose ardite e di sguardi provocanti. Destinate originariamente alle truppe del corpo di spedizione, le cartoline avevano conosciuto una larga diffusione anche in Italia».[13]

    Ritratti di giovani ragazze di colore realizzati da Baratti con un occhio particolarmente estetizzante, come a voler quasi rafforzare l’immagine iconica delle stesse rappresentate. Con in più un tocco “esotico”, o ritenuto tale, dato ad esempio dalle pelli animali dove le ragazze venivano sdraiate e/o sedute o da autoctone decorazioni parietali di scenografia.

    Evidente anche il taglio cinematografico della rappresentazione, dove, per l’immagine di questa serie di ritratti femminili, il fotografo fa uso di una specifica delineazione dell’utilizzo di un certo tipo di pose languide, divistiche, di tipo prettamente occidentale. Pose che però caricano la forza visuale della rappresentazione mediante il confronto/scontro con la semplicità dell’atteggiamento fisionomico di queste stesse ragazze, dei loro sorrisi che rimandano ancora alle loro coetanee italiane utilizzate nel cosiddetto cinema dei “telefoni bianchi” che proprio all’epoca andava invadendo il mercato cinematografico italiano e delle colonie italiche. E che tanto piaceva al pubblico italiano d’Italia e dell’Africa italiana.[14]

    Non è ovviamente da porre in secondo piano la sensualità della posa scelta per queste ragazze, altro elemento sul quale il fotografo andava vivamente insistendo, in modo quasi da implementare un nuovo mercato dell’immagine fotografica, fra Africa ed Europa, fra nord e sud, con ragazze nere in, quelle che si potremmo definire, “pose da bianche”. Continuando con i riferimenti cinematografici, potremmo dire che Baratti fotografava ragazze nere come ragazze “della porta accanto”, ovviamente più “spudorate” e ammiccanti rispetto al coevo contraltare filmico.

    Oltre a questa serie, Baratti si specializza anche in rappresentazioni più, diciamo così, sociali, sempre da collegare alla curiosità occidentale e del pubblico della madrepatria, mediante la realizzazione di fotografie scattate nei dintorni di Asmara e raffiguranti scene di vita e di lavoro quotidiano. Come nella serie Lavoro contadino, del periodo 1932-34 (figg. 2-3).

    In questo caso possiamo quasi parlare di istantanea e di un lavoro sull’immagine in qualche modo “meno accurato” per quanto riguarda la composizione della scena, rispetto alla serie Venere nera realizzata da Baratti totalmente nel suo studio di Asmara.

    Scatti comunque non casuali e non preparati, ma che proprio per questa loro ricercata immediatezza riescono a definire la freschezza e la semplicità della scena fermata dal fotografo.

    In tal senso ci troviamo proprio nell’attivazione pragmatica delle teorie già riportate di Guido Pellegrini, nella più totale ambivalenza proprio fra quella realizzazione di «foto statica» e «foto dinamica» che il teorico della fotografia aveva ampiamente teorizzato negli anni Trenta in Italia.

    Il tentativo di Baratti sembra essere quello di voler superare l’impasse del foto-documento nei confronti di una (pre)meditata idea di foto d’arte composta da immagini scarne, essenziali, emblematiche, che ormai, negli anni Trenta, era diventata serva integerrima del Fascismo e che, dopo la caduta del Regime, tornerà ad essere relegata a pura fonte di documentazione più che di arte, quasi di tipo sociale, in qualche modo antropologico, etnografico. Mentre a nostro avviso Baratti cerca di realizzare una fotografia che va decisamente al di là dello stereotipo dell’idea epica del mondo divulgata, ad esempio, da molto coeva fotografia americana, per una fotografia invece che seppur puntata verso la “diversità” della rappresentazione di razze e società, riesce però a farlo con un occhio che non è solo da colonizzatore ma appunto quello curioso e indagatore del fotografo e quindi dell’arte.

    Si veda in tal senso Scena rituale (fig. 4). In questo caso la scena fotografata da Baratti è identificabile con i rituali del clero copto che proprio nella comunità cristiana italiana delle colonie d’Africa aveva trovato un ambiente decisamene benevolo e disponibile, anche per quella sua particolarità di creare fulcri monacali dediti alla preghiera e all’aiuto sociale e familiare dei credenti, soprattutto nelle zone desertiche.

    La fotografia è giocata per giustapposizioni strutturali date dal trattamento dei corpi e dei panneggi delle vesti, come ad esempio in una fotografia di architettura di Luciano Morpurgo. Ma le fotografie di Baratti hanno comunque il pregio di non restare “mute” ma di trasmettere all’osservatore il senso, anche naturale, della realtà “così com’è”, con la pretesa quindi di “parlare”, di affermare anche un pensiero, una riflessione dell’artista fotografo relativa a ciò che vede e per chi guarda.

    Imprescindibile l’adesione alla retorica nazionalista del Fascismo, in un’epoca in cui la fotografia, con la sua connaturata attitudine indagatoria e rivelatrice, si era ormai già ampiamente avviata a divenire un potente e persuasivo mezzo mass-mediologico.

    Ma con Baratti ci sembra però che la fotografia torna ad essere, seppur nella logica di una contestualizzazione storica ben definita e di una impostazione culturale altamente identificata, elemento dinamico e pensiero, con in più quel senso più spiccatamente – sfacciatamente – esotico che tanto piaceva al Regime e ai suoi sudditi.

    La fotografia quindi si va sempre più ad integrare all’operazione intellettuale del fotografo, «foto-riflessioni» come l’abbiamo definita, in funzione ideologica e di Regime, il quale, preme ricordare, per lungo tempo ha affidato la divulgazione della propria immagine al mussoliniano Istituto Luce, laboratorio e medium di persuasione e di celebrazione dei miti del Regime stesso.

    In questo modo il fotografo Baratti supera in un colpo solo la divisione, ancora molto attuale nella pratica della fotografia italiana così come nelle teorizzazioni divulgate dalle riviste specializzate italiane del periodo, tra fotografia artistica e fotografia documentaria e sociale, cercando d’imporre, per quanto sia possibile da Asmara, un nuovo modo di fare e vedere la fotografia, focalizzata in primis su una sua propria e più totale forza di persuasione e perciò di pensiero, dove ovviamente l’intento politico non è minimamente da porre in secondo piano.

    [1] Cfr. A. Baratono, Il mondo sensibile. Introduzione all’estetica, Messina-Milano 1934.

    [2] A.L. De Castris, Egemonia e fascismo, Bologna 1981, p. 103.

    [3] Per quanto riguarda il pensiero di Antonio Banfi rimandiamo al suo Per un razionalismo critico, Como 1943 e alle Lezioni di estetica raccolte a cura di Maria Antonietta Fraschini e Ida Vergani, Milano 1945. Ricordiamo comunque che il pensiero di Antonio Banfi aveva ovviamente come unico riferimento critico la scrittura da noi nella presente sede applicato, come già anticipato, alla fotografia.

    [4] Per un maggior approfondimento della questione, sia a livello estetico che sul piano fotografico e quindi artistico del periodo, cfr. C. Crescentini, Dicotomie nella fotografia italiana all’epoca del déco, in F. Benzi a c. di, Il Deco in Italia, cat. mostra, Roma 2004, Milano 2004, pp. 302-317.

    [5] G. Pellegrini, La nuova fotografia, in «Il Progresso Fotografico», n. 3, 30 marzo 1933.

    [6] «Nell’evoluzione della macchina fotografica, vanno [anche] ricordate l’Exacta, che è stata la prima reflex monoculare di piccolo formato, cm 4x6,5 (1933), la Primarflex di Curt Bentzin, cm 5x6 (1934)». I. Zannier, Storia e tecnica della fotografia, Roma-Bari 2003, p. 160.

    [7] Una storia così bene raccontata di recente sotto forma di romanzo da H. Janeczek, La ragazza con la Leica, Milano 2017, libro vincitore del LXXII Premio Strega.

    [8] A quanto risulta dalla residua e frammentata documentazione relativa all’attività fotografica di Aldo Baratti fra l’Italia e Asmara, ricordiamo che alcune sue foto risultano pubblicate nel testo: Prime letture tigrigna. Qadamaje masehafe nebabe, Asmara, Missione Evangelica, 1928. Mentre nel 1931 risulta «Premiata foto Baratti, Asmara – Massaua. Rappresentante esclusiva depositaria della casa M. Cappelli di Milano. Lastre – pellicole – carte. Fotografie artistiche e commerciali nere e colorate. Riproduzioni e ingrandimenti. Laboratorio per stampe e sviluppi per dilettanti con perfetto macchinario moderno. Ricco assortimento di materiale fotografico di 1° ordine. Vedute – usi – costumi e tipi della Colonia in qualsiasi formato. Montature inglesi e pittura ad acquarello e olio». Cfr. L. Goglia, Africa, colonialismo, fotografia: il caso italiano (1885-1940), in Fonti e problemi della politica coloniale italiana, Atti del Convegno di Studio, Taormina-Messina, 23-29 ottobre 1989, Roma 1996, pp. 827-829.

    [9] Ricordiamo, con solo un minimo cenno storico, che l’inizio dell’occupazione italiana dell’Eritrea avvenne nel novembre 1869 con l’avviò delle trattative per la cessione della Baia di Assab al Governo italiano, portate avanti da padre Giuseppe Sapeto per conto della Società di Navigazione Rubattino di Genova. Nel 1890 l’Eritrea fu ufficialmente dichiarata colonia italiana. Cfr. per la storia del periodo, di “quel periodo”, nella sua versione commerciale: E.Q.M. Alamanni, La Colonia Eritrea e i suoi commerci, Torino 1891.

    [10] L’Eritrea, rispetto all’Etiopia e alla Somalia Italiana, fu indubbiamente la colonia con la più forte concentrazione di italiani civili. Si pensi che nel censimento del 1939 solo ad Asmara furono censiti 53.000 Italiani su una popolazione totale di 98.000 abitanti. Cfr. T. Negash, Italian colonisation in Eritrea: policies, praxis and Impact, Uppsala 1987.

    [11] Così come da trasposizione cinematografica del 1954 di Mario Mattoli, con Totò, Sophia Loren e Carlo Croccolo.

    [12] Cfr. quanto riportato presso l’Ufficio Eritreo dell’Economia, nel Registro delle ditte, 1° elenco delle ditte residenti nel territorio dello Hamasien (europei e assimilati), in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. III, n. 33-34, marzo-aprile 1931, pp. 1177-1186. Nello stesso registro è presente anche un altro Baratti, Guido, iscritto al n. 104, sempre con ditta e ragione e/o ragione sociale individuale, proprietario del locale cinema “Dante” (Idem). Ad oggi non siamo riusciti a rivelare una possibile parentela fra i due Baratti attivi contemporaneamente ad Asmara. Il nome di Baratti è ancora presente nell’elenco ufficiale del 1939. Cfr. Rilevazione degli esercizi a carattere artigiano. Elenco delle attività artigiane, in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. XII, n. 96, 31 ottobre 1939, p. 387.

    [13] A. Del Boca, L’Impero, in M. Isnaghi a c. di, I luoghi della memoria. Simboli e miti dell’Italia unita, Roma-Bari 1996, pp. 423-424. In realtà Del Boca descrive Baratti come «un furbo tipografo di Asmara», mentre in realtà, come abbiamo già in parte affermato, il fotografo è iscritto come proprietario di uno studio fotografico e, quindi, come succedeva il più delle volte in Europa, attivo in prima persona nella professione di fotografo, alla quale si andava abbinando, quella appunto di rivenditore di prodotti fotografici. Più difficile pensarlo come tipografo anche se le fotografie le stampa sicuramente da solo nel proprio edificio commerciale. Anche questo in realtà rientra nella norma della professione, almeno fino agli anni Sessanta, periodo in cui il fotografo acquisisce una maggiore autonomia gestionale e concettuale della sua professione per divenire a tutti gli effetti artista, con lo studio che si trasforma da luogo anche di vendita ad appunto studio di posa fotografica tout court.

    [14] Per una visione di tale argomento di più ampio raggio cfr. N. La Banca, L. Tomassini a c. di, Album africano, Mandria 1997.

    https://lalbatros.it/index.php/arte/201-aldo-baratti-foto-riflessioni-e
    #Aldo_Baratti #photographie #photographie_coloniale #Afrique_orientale #Corne_de_l'Afrique #colonialisme #colonisation #exotisme

    –—

    ajouté à la métaliste sur la #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

    via @olivier_aubert

  • L’émigration italienne en #Afrique_orientale

    La question migratoire eut des effets sur la #politique_coloniale italienne à partir de la fin du xixe siècle. L’Italie projeta de créer un empire où une part considérable des populations métropolitaines pourraient être envoyées. Mais la défaite d’Adoua face aux Éthiopiens en 1896 mit fin à ce rêve. En outre l’Érythrée comme la Somalie n’étaient pas en mesure d’accueillir autant d’immigrants européens. De plus, très peu de choses furent faites pour développer les infrastructures et l’économie des colonies. Seuls quelques milliers d’Italiens vécurent en Afrique orientale jusqu’en 1935.
    La situation se transforma radicalement lorsque Mussolini conquit l’Éthiopie. Le Duce rêvait de créer une nouvelle Italie en Afrique, où pourrait être expérimentée une société totalitaire inédite, conforme aux préceptes fascistes. L’Éthiopie aurait été peuplée par des centaines de milliers d’Italiens, qui par leur labeur auraient fait croître l’agriculture et le reste de l’économie. La #colonisation_fasciste s’inspirait de l’ancienne colonisation romaine. Un des problèmes les plus sérieux fut le développement des villes, notamment en raison de ses imbrications avec la politique démographique et raciale du régime fasciste.

    https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2007-1-page-59.htm

    #émigration #migrations #migrants_italiens #colonialisme #Corne_de_l'Afrique #colonisation #fascisme #Erythrée #Somalie #Ethiopie #impérialisme #agriculture #économie #politique_démographique #politique_raciale

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    ajouté à la métaliste sur la #colonialisme_italien :
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    via @olivier_aubert

  • Un million de personnes déplacées par la sécheresse en Somalie

    Communiqué de presse conjoint du HCR et du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC)

    Plus de 755 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur de la Somalie en raison de la grave sécheresse qui sévit cette année, ce qui porte le chiffre total à 1 million de personnes déplacées depuis janvier 2021, date du début de la sécheresse, selon les chiffres publiés aujourd’hui par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2022/8/62f4e7de13/million-personnes-deplacees-secheresse-somalie.html

    #somalie#sécheresse#somali#eau#réfugiés_climatiques#Corne_de_l'Afrique

    Pour info, la population Somalie vit en Somalie, au Somaliland, au Puntland, au Kenya, à Djibouti, en Ethiopie, ce qui se passe sur l’un de ces territoire a à terme des répercutions sur les autres... et bien au delà...

  • Ethiopie : un massacre ordinaire ARTE Reportage (12mn)

    Il y a un an et demi, l’un des soldats a filmé le crime tout en l’encourageant. Quelques mois plus tard il est arrêté par le camp adverse, qui documente l’horreur des crimes de guerre de ses frères d’armes de l’Armée Ethiopienne.

    https://www.arte.tv/fr/videos/109954-000-A/ethiopie-un-massacre-ordinaire

    A Mekele, la capitale du Tigré, nous avons rencontré « Fafi », le vidéaste amateur. Il reconnait les crimes de guerre et revient sur son état d’esprit à l’époque. Deux de ses frères d’armes de la 25em brigade témoignent eux aussi des circonstances du drame. Dans la prison où ils se trouvent, ces jeunes soldats côtoient 6000 autres prisonniers de guerre.

    A quoi reconnaît-on un massacre ethnique ?

    #Ethiopie #Tigré #conflit #guerre #Mekele #crimes_de_guerre #armée #guerre_civile #Corne_de_l'Afrique

  • Les rebelles du Tigré dénoncent une offensive « conjointe » de l’Ethiopie et de l’Erythrée

    Le bilan de cette guerre meurtrière est inconnu. Mais elle a déplacé plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d’Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l’ONU.

    Le Tigré est en outre privé depuis plus d’un an d’électricité, de télécommunications, de services bancaires ou de carburant.

    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/les-rebelles-du-tigre-denoncent-une-offensive-conjointe-de-l-ethiopie-et

    #Ethiopie#Tigré#TPLF#Erythree#Corne_de_l'Afrique

  • La Chine cherche à s’établir militairement en Afrique
    S’étant imposé comme un partenaire clé sur le continent africain, Pékin défend ses intérêts commerciaux et économiques

    https://atalayar.com/fr/content/la-chine-cherche-setablir-militairement-en-afrique

    Depuis l’ouverture d’une base militaire à Djibouti en 2017 - sa première à l’étranger - Pékin a redoublé d’efforts pour accroître son expansion militaire en Afrique, augmentant ainsi sa puissance mondiale. Comme le souligne Paul Nantulya, de l’Africa Center, 2 000 soldats chinois sont actuellement stationnés en permanence sur la base de Djibouti. En outre, Pékin a construit une jetée capable d’accueillir un porte-avions, ce qui, selon Nantulya, « permet à la Chine de projeter sa puissance au-delà du Pacifique occidental ».

    Après Djibouti, les analystes et les journalistes se demandent où la Chine installera sa prochaine base militaire sur le continent. Africa Center indique la Guinée équatoriale, l’Angola ou la Namibie comme destinations possibles, tandis que les États-Unis mettent en avant l’Angola, le Kenya, les Seychelles et la Tanzanie, bien que la Guinée équatoriale ne soit pas exclue non plus. « C’est en Guinée équatoriale qu’ils ont actuellement le plus d’influence », déclare le général Stephen J. Townsend, commandant du commandement américain pour l’Afrique, dans un communiqué de presse du ministère de la défense.
    etc...

    #Chine#Afrique#Djibouti#Corne_de_l'Afrique#bab_el_mandeb

  • Éthiopie : les rebelles tigréens et le gouvernement central s’accusent mutuellement de rompre la trêve

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220824-%C3%A9thiopie-les-rebelles-tigr%C3%A9ens-et-le-gouvernement-central-s-a

    Les autorités du TPLF ont accusé l’armée fédérale éthiopienne d’avoir lancé une offensive contre les « positions sur le front sud » des rebelles tigréens, rompant ainsi près de cinq mois de trêve. Peu de temps après, le gouvernement éthiopien a à son tour accusé les forces rebelles du Tigré d’être à l’origine de la reprise des combats.

    #Ethiopie#Tigré#Soudan#Fanos#TPLF#corne_de_l'Afrique

  • Anbessa - Lion (1h21) visible sur Arte jusqu’au 08/10/2022

    https://www.arte.tv/fr/videos/089998-000-A/anbessa-lion

    Chassés de leur terre par des promoteurs, Asalif et sa mère vivent à la périphérie de la ville. Une immersion poignante dans la vie d’un enfant éthiopien doué, repoussé aux marges de la société.

    En périphérie d’Addis-Abeba, une opération immobilière a chassé de chez eux des paysans comme Asalif, 10 ans, et sa mère. Très pauvres, ils vivent désormais à l’orée d’une forêt d’immeubles, dans une maison en terre. Le père les a abandonnés. Bidouilleur génial, Asalif hante la décharge pour récupérer et réparer du matériel électronique. Sa mère, elle, tente de lui transmettre les traditions, en lui racontant des histoires ancestrales. Mais les promoteurs rôdent, telles les hyènes qui s’aventurent parfois dans la ville. L’enfant doit aussi affronter les gamins hostiles des immeubles. Il se réfugie fréquemment dans un bar, où il trouve un peu de chaleur humaine, et dans son imaginaire où il devient anbessa ("lion" en amharique, langue officielle de l’Ethiopie), le seul animal capable de tenir les hyènes en respect.

    Fureur et poésie
    La documentariste Mo Scarpelli, qui est aussi photojournaliste, ne lâche pas son frêle mais endurant héros. Semblable à un lutin bleu avec son sweat à capuche pointue, Asalif cherche à s’introduire dans un monde moderne qui les a laissés, sa mère et lui, de côté. Le film bascule parfois dans la fantasmagorie, quand le garçon, enragé, à bout, s’isole et rugit étrangement. Entre fureur et poésie, une immersion poignante dans la psyché d’un enfant doué et solitaire, qui butte sur une société inégalitaire.

    #éthiopie#corne_de_l'Afrique#addis#addis_abeba#condominiums#film#Afrique

  • Poète emblématique de la langue et la culture somalies, Hadraawi surnommé le « Shakespeare somalien » s’est éteint jeudi, à l’âge de 79 ans, dans la République du Somaliland où il vivait. Immensément populaire à travers tout le monde somalien, le barde avait obtenu en 2012 le prestigieux Grand Prix Prince Claus de la fondation hollandaise du même nom pour l’ensemble de son œuvre. Elle est composée de dizaines de chansons et d’épopées en vers.

    On trouve chez les bouquinistes ou soldeurs :

    – Territoires (Maps), (traduction de Jacqueline Bardolph), Paris : Le Serpent à plumes, 1995.

    – Dons (traduction de Jacqueline Bardolph), Paris : Le Serpent à plumes, 1998.

    – Secrets (traduction de J. Bardolph), Paris : Le Serpent à plumes, 1999.

    – Née de la côte d’Adam (traduction de Jacqueline Bardolph), Paris : Le Serpent à plumes, "Motifs", 2000.

    – Hier, demain. Voix et témoignages de la diaspora somalienne (traduction de Guillaume Cingal), Paris : Le Serpent à plumes, 2001.

    – Exils, Le Serpent à Plumes, 2010.

    #Somalie#Hadraawi#corne_de_l'Afrique#Somaliland#littérature#somali#poésie#Afrique

  • Historic drought looms for 20 million living in Horn of Africa
    https://www.nationalgeographic.com/environment/article/historic-drought-looms-for-20-million-living-in-horn-of-africa?c

    As many as 20 million people in four African countries are facing extreme hardship and food shortages as an exceptionally long and severe drought grips the eastern Horn of Africa. Three rainy seasons in a row have failed to materialize. Now scientists and relief agencies fear that the next forecast one—scheduled to bring rain to Djibouti, Ethiopia, Kenya, and Somalia this month—will follow suit.


    #famine #climat

  • Decolonizzare la città. Dialoghi Visuali a Padova -
    Decolonizing the city. Visual Dialogues in Padova

    Il video partecipativo, realizzato con studenti e studentesse del laboratorio Visual Research Methods (prof.ssa Annalisa Frisina) del corso LM Culture, Formazione e Società Globale, esplora l’eredità coloniale inscritta nelle vie e piazza di Padova. I sei protagonisti/e del video, artist* e attivit* afrodiscendenti, dialogano con questi luoghi, mettendo in atto contronarrazioni intime e familiari che sfidano la storia ufficiale, lasciando tracce del loro passaggio.

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    The participatory video made by the students of Visual Research Methods laboratory (prof. Annalisa Frisina), Master’s degree in Cultures, Education and Global Society, explores the colonial legacy of Padova’s roads and squares. Six afro-descendent artists and activists interact with these places, giving life to intimate counter-narratives that challenge the official history, leaving their personal traces.

    https://www.youtube.com/watch?v=B6CtMsORajE

    Quelques images tirées du film :


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    Où on apprend que les enfants « métissés » étaient appelés « #figli_di_due_bandiere » (fils de deux drapeaux)

    #villes #décolonial #décoloniser_la_ville #Italie #Padoue #Padova #héritage_colonial #colonialisme #toponymie #toponymie_politique #géographie_urbaine #historicisation #histoire #traces #mariage_mixte #Corne_de_l'Afrique #colonialisme_italien #Antenore #fascisme #histoire_coloniale #impérialisme #piazza_Antenore #citoyenneté #néo-colonialisme #pouvoir #Amba_Aradam #blessure
    #TRUST #Master_TRUST
    #film #film_documentaire

    ping @cede @karine4 @isskein

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  • L’oublieuse mémoire coloniale italienne

    Commencée avant le fascisme, galvanisée par Mussolini, la colonisation par l’Italie de la Libye, de la Somalie et de l’Ethiopie fut marquée par de nombreuses atrocités,loin du mythe d’une occupation douce. Longtemps refoulés, ces souvenirs commencent à ressurgir

    Tout commence dans le centre de Rome, sur l’Esquilin, la plus haute des sept collines antiques. Plus précisément dans la cage d’escalier d’un immeuble sans ascenseur, situé à deux pas de la piazza Vittorio. Dans ce quartier à deux pas de la gare Termini, les prix de l’immobilier sont beaucoup plus modestes que dans le reste du centre, si bien que l’Esquilin est devenu, depuis une vingtaine d’années, un lieu de concentration de l’immigration africaine et asiatique, ce qui n’est pas sans provoquer des tensions le squat, occupé depuis 2003 par les militants néofascistes de CasaPound, est juste à côté.

    C’est donc là, en rentrant chez elle, épuisée, dans la touffeur d’une après-midi de fin d’été 2010, qu’Ilaria Profeti se retrouve nez à nez avec un jeune homme arrivé d’Ethiopie par la route des migrants. Dans un italien presque sans accent, celui-ci lui assure, documents à l’appui, qu’il est le petit-fils de son père, Attilio, un homme de 95 ans qui est resté, sa longue vie durant, plus que discret sur ses jeunes années de « chemise noire » fasciste, en Abyssinie.

    Levons toute ambiguïté : la scène qui vient d’être décrite est tout à fait vraisemblable, mais elle est issue d’une oeuvre de fiction. Il s’agit en réalité des premières pages d’un roman, le superbe Tous, sauf moi (Sangue giusto), de Francesca Melandri (Gallimard, 2019), qui dépeint avec une infinie subtilité les angles morts de la mémoire coloniale italienne. Le fil conducteur de la narration est le parcours sinueux d’un vieil homme dont le destin finalement assez ordinaire a valeur d’archétype.

    Issu d’un milieu plutôt modeste, Attilio Profeti a su construire à sa famille une position plutôt enviable, en traversant le mieux possible les différents mouvements du XXe siècle. Fasciste durant sa jeunesse, comme l’immense majorité des Italiens de son âge, il est parti pour l’Ethiopie, au nom de la grandeur impériale. Après la chute de Mussolini et la fin de la guerre, il parviendra aisément à se faire une place au soleil dans l’Italie du miracle économique, jouant de son physique avantageux et de ses amitiés haut placées, et enfouissant au plus profond de sa mémoire le moindre souvenir de ses années africaines, les viols, les massacres, les attaques chimiques. C’est ce passé, refoulé avec une certaine désinvolture, qui revient hanter ses enfants, trois quarts de siècle plus tard, sous les traits d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, arrivé à Rome après une interminable traversée.

    Comme l’héroïne de Tous, sauf moi, Francesca Melandri vit sur l’Esquilin, au dernier étage d’un immeuble à la population mélangée. Et à l’image d’Ilaria, c’est sur le tard qu’elle a découvert ce pan escamoté de l’histoire italienne. « Quand j’étais à l’école, on ne parlait pas du tout de ce sujet-là, confie-t-elle depuis sa terrasse dominant les toits de la ville. Aujourd’hui ça a changé, il y a eu une prise de conscience, et de nombreux travaux universitaires. Pourtant cette histoire n’est jamais rappelée par les médias. Lorsqu’on parle du dernier attentat à la bombe à Mogadiscio, qui se souvient des liens entre Italie et Somalie ? Quand des bateaux remplis de migrants érythréens sont secourus ou coulent avant d’être sauvés, qui rappelle que l’Erythrée, nous l’appelions "l’aînée des colonies" ? »

    Le plus étrange est qu’à Rome, les traces du passé colonial sont légion, sans que personne n’ait jamais pensé à les effacer. Des stèles près desquelles personne ne s’arrête, des bâtiments anonymes, des noms de rue... rien de tout cela n’est explicité, mais tout est à portée de main.

    Comprendre les raisons de cette occultation impose de revenir sur les conditions dans lesquelles l’ « Empire » italien s’est formé. Création récente et n’ayant achevé son unité qu’en 1870, alors que la plus grande partie du monde était déjà partagée en zones d’influence, le royaume d’Italie s’est lancé avec du retard dans la « course » coloniale. De plus, il ne disposait pas, comme l’Allemagne qui s’engage dans le mouvement à la même époque, d’une puissance industrielle et militaire susceptible d’appuyer ses prétentions.

    Visées impérialistes

    Malgré ces obstacles, l’entreprise coloniale est considérée par de nombreux responsables politiques comme une nécessité absolue, à même d’assurer une fois pour toutes à l’Italie un statut de grande puissance, tout en achevant le processus d’unification du pays nombre des principaux avocats de la colonisation viennent de la partie méridionale du pays. Les visées impérialistes se dirigent vers deux espaces différents, où la carte n’est pas encore tout à fait figée : la Méditerranée, qui faisait figure de champ naturel d’épanouissement de l’italianité, et la Corne de l’Afrique, plus lointaine et plus exotique.

    En Afrique du Nord, elle se heurta vite à l’influence française, déjà solidement établie en Algérie. Ses prétentions sur la Tunisie, fondées sur la proximité de la Sicile et la présence sur place d’une importante communauté italienne, n’empêcheront pas l’établissement d’un protectorat français, en 1881. Placé devant le fait accompli, le jeune royaume d’Italie considérera l’initiative française comme un véritable acte de guerre, et la décennie suivante sera marquée par une profonde hostilité entre Paris et Rome, qui poussera le royaume d’Italie à s’allier avec les grands empires centraux d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie plutôt qu’avec sa « soeur latine .

    Sur les bords de la mer Rouge, en revanche, la concurrence est plus faible. La première tête de pont remonte à 1869, avec l’acquisition de la baie d’Assab (dans l’actuelle Erythrée) par un armateur privé, pour le compte de la couronne d’Italie. Cette présence s’accentue au cours des années 1880, à mesure du recul de l’influence égyptienne dans la zone. En 1889, est fondée la colonie d’Erythrée, tandis que se structure au même moment la Somalie italienne. Mais l’objectif ultime des Italiens est la conquête du my thique royaume d’Abyssinie, qui s’avère plus difficile que prévu.

    En 1887, à Dogali, plusieurs centaines de soldats italiens meurent dans une embuscade menée par un chef abyssin, le ras Alula Engida. Cette défaite marque les esprits, mais ce n’est rien à côté de la déconfiture des forces italiennes lors de la bataille d’Adoua, le 1er mars 1896, qui porte un coup d’arrêt durable aux tentatives italiennes de conquête.

    Seul pays africain indépendant (avec le Liberia), l’Ethiopie peut désormais se targuer de devoir sa liberté à une victoire militaire. Le négus Menelik II y gagne un prestige considérable. Côté italien, en revanche, cette défaite est un électrochoc. Ressentie comme une honte nationale, la déroute des troupes italiennes entraîne la chute du gouvernement Crispi et freine durablement l’im périalisme italien.

    Adoua est un tournant. L’historien et ancien sénateur de gauche Miguel Gotor est l’auteur d’une remarquable synthèse sur le XXe siècle italien, L’Italia nel Novecento. Dalla sconfitta di Adua alla vittoria di Amazon (« L’Italie du XIXe siècle. De la défaite d’Adoua à la victoire d’Amazon » Einaudi, 2019, non traduit). Pour lui, c’est là-bas, sur les hauteurs de la région du Tigré, par cette humiliation retentissante, que le XXe siècle italien a commencé.

    L’aventure coloniale italienne s’est ouverte de façon peu concluante, mais l’aspiration à l’empire n’a pas disparu. La décomposition de l’Empire ottoman offrira à Rome une occasion en or, en lui permettant, en 1911-1912, de s’implanter solidement en Cyrénaïque et en Tripolitaine. « Souvent la conquête de ce qui allait devenir la Libye est évacuée un peu vite, mais c’est un moment très important. Pour l’armée italienne, c’est une répétition, un peu comme a pu l’être la guerre d’Espagne, juste avant la seconde guerre mondiale », souligne Miguel Gotor. Ainsi, le 1er novembre 1911, un aviateur italien lâche quatre grenades sur des soldats ottomans, réalisant ainsi le premier bombardement aérien de l’histoire mondiale.

    « La conquête des côtes d’Afrique du Nord est importante, certes, mais la Libye est juste en face de la Sicile, au fond c’est du "colonialisme frontalier". La colonie au sens le plus "pur", celle qui symboliserait le mieux l’idée d’empire, ça reste l’Abyssinie », souligne Miguel Gotor. Aussi les milieux nationalistes italiens, frustrés de ne pas avoir obtenu l’ensemble de leurs revendications territoriales au sortir de la première guerre mondiale, continueront à nourrir le rêve de venger l’humiliation d’Adoua.

    Le fascisme naissant ne se privera pas d’y faire référence, et d’entretenir le souvenir : les responsables locaux du parti se feront appeler « ras », comme les chefs éthiopiens. A partir de la fin des années 1920, une fois le pouvoir de Mussolini solidement établi, les prétentions coloniales deviendront un leitmotiv des discours officiels.

    Aussi la guerre de conquête déclenchée contre l’Ethiopie en 1935 est-elle massi vement soutenue. L’effort est considérable : plus de 500 000 hommes sont mobilisés. Face à un tel adversaire, le négus Haïlé Sélassié ne peut résister frontalement. Le 5 mai 1936, les soldats italiens entrent dans la capitale, Addis-Abeba, et hissent le drapeau tricolore. Quatre jours plus tard, à la nuit tombée, depuis le balcon du Palazzo Venezia, en plein coeur de Rome, Mussolini proclame « la réapparition de l’Empire sur les collines fatales de Rome » devant une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes.

    « C’est bien simple, à ce moment-là, en Italie, il est à peu près impossible d’être anti fasciste », résume Miguel Gotor. Dans la foulée de ce succès, le roi Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d’Ethiopie ; Benito Mussolini peut désormais se targuer d’avoir bâti un empire. La faillite d’Adoua avait été causée par un régime parle mentaire inefficace et désorganisé ? La victoire de 1936 est due, elle, aux vertus d’une Italie rajeunie et revigorée par le fascisme. La machine de propagande tourne à plein régime, l’assentiment populaire est à son sommet. « Ce moment-là est une sorte d’apogée, et à partir de là, la situation du pays se dégrade, analyse Miguel Gotor. Ar rivent les lois raciales, l’entrée en guerre... tout est réuni pour nourrir une certaine nostalgie de l’épopée éthiopienne. »

    Mécanisme de refoulement

    Le rêve impérial sera bref : il ne survivra pas à la défaite militaire et à la chute du fascisme. L’Ethiopie est perdue en 1941, la Libye quelques mois plus tard... Le traité de Paris, conclu en 1947, met officiellement un terme à une colonisation qui, dans les faits, avait déjà cessé d’exister depuis plusieurs années. Tandis que l’Ethiopie indépendante récupère l’Erythrée, la Libye est placée sous la tutelle de la France et du Royaume-Uni. Rome gardera seulement une vague tutelle sur la Somalie, de 1949 à 1960.

    Le projet d’empire colonial en Méditerranée et en Afrique, qui fut un des ciments de l’assentiment des Italiens à Mussolini, devient associé pour la plupart des Italiens au régime fasciste. L’un et l’autre feront l’objet du même mécanisme de refoulement dans l’Italie de l’après-guerre. Les dirigeants de l’Italie républicaine font rapidement le choix de tourner la page, et ce choix est l’objet d’un profond consensus qui couvre tout le spectre politique (le premier décret d’amnistie des condamnations de l’après-guerre remonte à 1946, et il porte le nom du dirigeant historique du Parti communiste italien Palmiro Togliatti). Les scènes de liesse de la Piazza Venezia ne seront plus évoquées, et avec elles les faces les plus sombres de l’aventure coloniale. Même la gauche transalpine, qui prendra fait et cause pour les mouvements anticoloniaux africains (notamment le FLN algérien) n’insistera jamais sur le versant italien de cette histoire.

    « Cela n’est pas étonnant, la mémoire est un phénomène sélectif, et on choisit toujours, consciemment ou non, ce qu’on va dire à ses enfants ou ses petits-enfants », remarque le jeune historien Olindo De Napoli (université de Naples-Frédéric-II), spécialiste de la période coloniale. « Durant l’immédiat après-guerre, ce sont les témoins qui parlent, ce sont eux qui publient », remarque l’his torien. Ainsi de la collection d’ouvrages L’Italia in Africa éditée sous l’égide du ministère des affaires étrangères, emblématique de la période. « Ces volumes sont passionnants, mais il y a certains oublis, qui vont vite poser des problèmes. »

    Parmi ces « oublis », la question la plus centrale, qui fera le plus couler d’encre, est celle des massacres de civils et de l’usage de gaz de combat, malgré leur interdiction par les conventions de Genève, lors de la guerre d’Ethiopie. Dans les années 1960, les études pionnières d’Angelo Del Boca et Giorgio Rochat mettront en lumière, documents officiels à la clé, ce pan occulté de la guerre de 1935-1936. Ils se heurteront à l’hostilité générale des milieux conservateurs.

    Un homme prendra la tête du mouvement de contestation des travaux de Del Bocaet Rochat : c’est Indro Montanelli (1909-2001), considéré dans les années 1960 comme le journaliste le plus important de sa géné ration. Plume du Corriere della Sera (qu’il quittera pour fonder Il Giornale en 1974), écrivain d’essais historiques à l’immense succès, Montanelli était une figure tutélaire pour toute la droite libérale.

    Comme tant d’autres, il avait été un fasciste convaincu, qui s’était porté volontaire pour l’Ethiopie, et il n’a pris ses distances avec Mussolini qu’en 1943, alors que la défaite était apparue comme certaine. Ra contant « sa » guerre à la tête d’une troupe de soldats indigènes, Montanelli la décrit comme « de longues et belles vacances », et qualifie à plusieurs reprises d’ « anti-Italiens » ceux qui font état de massacres de civils et d’usage de gaz de combat. La polémique durera des années, et le journaliste sera bien obligé d’admettre, à la fin de sa vie, que les atrocités décrites par Rochat et Del Bocaavaient bien eu lieu, et avaient même été expressément ordonnées par le Duce.

    A sa manière, Montanelli incarne parfaitement la rhétorique du « bon Italien » (« Italia brava gente »), qui sera, pour toute une génération, une façon de disculper l’homme de la rue de toute forme de culpabilité collective face au fascisme. Selon ce schéma, contrairement à son allié allemand, le soldat italien ne perd pas son humanité en endossant l’uniforme, et il est incapable d’actes de barbarie. Ce discours atténuant la dureté du régime s’étend jusqu’à la personne de Mussolini, dépeint sous les traits d’un chef un peu rude mais bienveillant, dont le principal tort aura été de s’allier avec les nazis.

    Ce discours trouve dans l’aventure coloniale un terrain particulièrement favorable. « Au fond, on a laissé s’installer l’idée d’une sorte de colonisation débonnaire, analyse Olindo De Napoli, et ce genre de représentation laisse des traces. Pourtant la colonisation italienne a été extrêmement brutale, avant même le fascisme. En Ethiopie, l’armée italienne a utilisé des soldats libyens chargés des basses oeuvres, on a dressé des Africains contre d’autres Africains. Et il ne faut pas oublier non plus que les premières lois raciales, préfigurant celles qui seront appliquées en 1938 en Italie, ont été écrites pour l’Ethiopie... Il ne s’agit pas de faire en sorte que des enfants de 16 ans se sentent coupables de ce qu’ont fait leurs arrière-grands-pères, il est seulement question de vérité historique. »

    Désinvolture déconcertante

    Malgré les acquis de la recherche, pour le grand public, la colonisation italienne reste souvent vue comme une occupation « douce », par un peuple de jeunes travailleurs prolétaires, moins racistes que les Anglais, qui se mélangeaient volontiers avec les populations locales, jusqu’à fonder des familles. L’archétype du colon italien tombant amoureux de la belle Abyssine, entretenu par les mémoires familiales, a lui aussi mal vieilli. Là encore, le parcours d’Indro Montanelli est plus qu’éclairant. Car aujourd’hui, si sa défense de l’armée italienne apparaît comme parfaitement discréditée, ce n’est plus, le concernant, cet aspect de sa vie qui fait scandale.

    En effet, on peut facilement trouver, sur Internet, plusieurs extraits d’entretiens télévisés remontant aux années 1970 et 1980, dans lesquelles le journaliste raconte avec une désinvolture déconcertante comment, en Ethiopie, il a « acheté régulièrement » à son père, pour 350 lires, une jeune fille de 12 ans pour en faire sa femme à plusieurs reprises, il la qualifie même de « petit animal docile », devant un auditoire silencieux et appliqué.

    Célébré comme une gloire nationale de son vivant, Indro Montanelli a eu l’honneur, à sa mort et malgré ces déclarations sulfureuses, de se voir dédié à Milan un jardin public, au milieu duquel trône une statue de lui. Au printemps 2019, cette statue a été recouverte d’un vernis de couleur rose par un collectif féministe, pour rappeler cet épisode, et en juin 2020, la statue a de nouveau été recouverte de peinture rouge, en lointain écho au mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») venu des Etats-Unis.

    Indro Montanelli mérite-t-il une statue dans l’Italie de 2021 ? La question a agité les journaux italiens plusieurs jours, au début de l’été, avant que la polémique ne s’éteigne d’elle-même. Pour fondée qu’elle soit, la question semble presque dérisoire eu égard au nombre de témoignages du passé colonial, rarement explicités, qui subsistent un peu partout dans le pays.

    Cette situation n’est nulle part plus visible qu’à Rome, que Mussolini rêvait en capitale d’un empire africain. L’écrivaine italienne Igiaba Scego, née en 1974 de parents réfugiés somaliens, y a dédié un passionnant ouvrage, illustré par les photographies de Rino Bianchi (Roma negata, Ediesse, réédition 2020, non traduit).

    Passant par la stèle laissée à l’abandon de la piazza dei Cinquecento, face à la gare Termini, dont la plupart des Romains ignorent qu’elle a été baptisée ainsi en mémoire des 500 victimes italiennes de l’embuscade de Dogali, ou l’ancien cinéma Impero, aujourd’hui désaffecté, afin d’y évoquer l’architecture Art déco qui valut à la capitale érythréenne, Asmara, d’être classée au patrimoine de l’Unesco, la romancière fait une station prolongée devant le siège romain de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), construit pour abriter le siège du puissant ministère de l’Afrique italienne.

    Devant ce bâtiment tout entier dédié à l’entreprise coloniale, Benito Mussolini avait fait ériger en 1937 un obélisque haut de 24 mètres et vieux d’environ seize siècles, ramassé sur site d’Axoum, en Ethiopie. Il s’agissait, rappelle Igiaba Scego, de faire de ce lieu « le centre de la liturgie impériale .

    La république née sur les ruines du fascisme s’était engagée à restituer cette prise de guerre à la suite des traités de 1947, mais après d’innombrables vicissitudes, le monument est resté en place jusqu’en 2003, où le gouvernement Berlusconi choisit de le démonter en trois morceaux avant de le renvoyer à Axoum, à ses frais.

    En 2009, la mairie de Rome a fait installer sur la même place, à deux pas de cet espace vide, une stèle commémorative afin « de ne pas oublier le passé . Mais curieusement, celle-ci a été dédiée... à la mémoire des attentats du 11-Septembre. Comme s’il fallait enfouir le plus profondément possible ce souvenir du rêve impérial et de la défaite, la ville a choisi de faire de ce lieu le symbole d’une autre tragédie. « Pourquoi remuer ces his toires horribles ? Pensons plutôt aux tragédies des autres. Le 11-Septembre était parfait », note, sarcastique, Igiaba Scego.

    A une quinzaine de kilomètres de là, dans le décor grandiose et écrasant du Musée de la civilisation romaine, en plein centre de ce quartier de l’EUR où la mémoire du fascisme est omniprésente, l’ethno-anthropologue Gaia Delpino est confrontée à un autre chantier sensible, où s’entrechoquent les mémoires. Depuis 2017, elle travaille à fusionner en un même lieu les collections du vieux musée ethnologique de Rome (Musée Pigorini) et du sulfureux Musée colonial inauguré en 1923, dont les collections dormaient dans des caisses depuis un demi-siècle.

    D’une fascinante complexité

    Lorsqu’on lui parle de l’odyssée de l’obélisque d’Axoum, elle nous arrête tout de suite : « C’est bien simple : ce qui a été réalisé là-bas, c’est exactement l’inverse de ce qu’on veut faire. » Restituer ces collections dans leur contexte historique tout en articulant un message pour l’Italie d’aujourd’hui, permettre à toutes les narrations et à toutes les représentations de s’exprimer dans leur diversité... L’entreprise est d’une fascinante complexité.

    « Les collections du MuséePigorini ont vieilli bien sûr, comme tous ces musées ethnographiques du XIXe siècle qui véhiculaient l’idée d’une supériorité de la civilisation occidentale. Le Musée colonial, lui, pose d’autres problèmes, plus singuliers. Il n’a jamais été pensé comme autre chose qu’un moyen de propagande, montrant à la fois les ressources coloniales et tout ce qu’on pourrait en tirer. Les objets qui constituent les collections n’ont pas vu leur origine enregistrée, et on a mis l’accent sur la quantité plus que sur la qualité des pièces », expliqueGaia Delpino.

    Sur des centaines de mètres de rayonnages, on croise pêle-mêle des maquettes de navires, des chaussures, des outils et des objets liturgiques... L’accumulation donne le vertige. « Et ce n’est pas fini, nous recevons tous les jours des appels de personnes qui veulent offrir des objets ayant appartenu à leur père ou à leur grand-père, qu’ils veulent nous confier comme une réparation ou pour faire un peu de place », admet l’anthropologue dans un sourire.

    Alors que le travail des historiens peine à se diffuser dans le grand public, où les représentations caricaturales du système colonial, parfois instrumentalisées par la politique, n’ont pas disparu, le futur musée, dont la date d’ouverture reste incertaine pour cause de pandémie, risque d’être investi d’un rôle crucial, d’autant qu’il s’adressera en premier lieu à un public scolaire. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que parallèlement à ce difficile travail de mémoire, la population change. Aujourd’hui, dans nos écoles, il y a aussi des descendants de victimes de la colonisation, italienne ou autre. Nous devons aussi penser à eux », précise Gaia Delpino.

    Retournons maintenant au centre de Rome. En 2022, à mi-chemin du Colisée et de la basilique Saint-Jean-de-Latran, une nouvelle station de métro doit ouvrir, dans le cadre du prolongement de la ligne C. Depuis le début du projet, il était prévu que celle-ci soit baptisée « Amba Aradam », du nom de la large artère qui en accueillera l’entrée, appelée ainsi en souvenir de la plus éclatante des victoires italiennes en Ethiopie.

    Ce nom était-il opportun, alors que les historiens ont établi que cette victoire écrasante de l’armée fasciste avait été obtenue au prix de 10 000 à 20 000 morts, dont de nombreux civils, et que les troupes italiennes avaient obtenu la victoire en faisant usage d’ypérite (gaz moutarde), interdit par les conventions de Genève ? Le 1er août 2020, la mairie a finalement fait savoir que la station serait dédiée à la mémoire de Giorgio Marincola.

    Pour le journaliste Massimiliano Coccia, qui a lancé cette proposition avec le soutien de collectifs se réclamant du mouvement Black Lives Matter, « revenir sur notre passé, ce n’est pas détruire ou incendier, mais enrichir historiquement notre cité . Et on peut choisir de célébrer la mémoire d’un résistant italo-somalien tué par les nazis plutôt que celle d’une des pages les plus sombres de l’histoire coloniale italienne.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/05/libye-somalie-ethiopie-l-oublieuse-memoire-coloniale-italienne_6068846_3232.

    #Italie #colonialisme #colonisation #Mussolini #fascisme #Libye #Somalie #Ethiopie #atrocités #occupation_douce #mémoire #mémoire_coloniale #occultation #impérialisme #Corne_de_l'Afrique #baie_d'Assab #royaume_d'Abyssinie #Alula_Engida #bataille_d'Adoua #Menelik_II #Crispi #Adoua #Tigré #Cyrénaïque #Tripolitaine #colonialisme_frontalier #Abyssinie #Haïlé_Sélassié #propagande #traité_de_Paris #refoulement #mémoire #massacres #gaz #Indro_Montanelli #gaz_de_combat #bon_Italien #Italia_brava_gente #barbarie #humanité #lois_raciales #vérité_historique #culpabilité #viol #culture_du_viol #passé_colonial #Igiaba_Scego #monuments #toponymie #toponymie_politique #Axoum #stèle #Musée_Pigorini #musée #Musée_colonial #Amba_Aradam #ypérite #gaz_moutarde #armes_chimiques #Giorgio_Marincola #Black_Lives_Matter

    L’article parle notamment du #livre de #Francesca_Melandri, « #sangue_giusto » (traduit en français par « Tous, sauf moi »
    https://seenthis.net/messages/883118

    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

    ping @cede

  • Au #Tigré_éthiopien, la #guerre « sans pitié » du prix Nobel de la paix

    Le premier ministre éthiopien #Abyi_Ahmed oppose une fin de non-recevoir aux offres de médiation de ses pairs africains, alors que les combats entre l’armée fédérale et les forces de la province du Tigré ne cessent de prendre de l’ampleur.

    Le gouvernement d’Addis Abéba continue de parler d’une simple opération de police contre une province récalcitrante ; mais c’est une véritable guerre, avec blindés, aviation, et des dizaines de milliers de combattants, qui oppose l’armée fédérale éthiopienne aux forces de la province du Tigré, dans le nord du pays.

    Trois semaines de combats ont déjà provoqué l’afflux de 30 000 #réfugiés au #Soudan voisin, et ce nombre pourrait rapidement grimper après l’ultimatum lancé hier soir par le gouvernement aux rebelles : 72 heures pour se rendre. L’#armée demande aussi à la population de la capitale tigréenne, #Makelle, de se « libérer » des dirigeants du #Front_de_libération_du_peuple_du_Tigré, au pouvoir dans la province ; en cas contraire, a-t-elle prévenu, « il n’y aura aucune pitié ».

    Cette escalade rapide et, en effet, sans pitié, s’accompagne d’une position inflexible du premier ministre éthiopien, Abyi Ahmed, vis-à-vis de toute médiation, y compris celle de ses pairs africains. Addis Abéba a opposé une fin de non-recevoir aux tentatives de médiation, celle des voisins de l’Éthiopie, ou celle du Président en exercice de l’Union africaine, le sud-africain Cyril Ramaphosa. Ils seront poliment reçus à Addis Abéba, mais pas question de les laisser aller au Tigré ou de rencontrer les leaders du #TPLF, le front tigréen considéré comme des « bandits ».

    Pourquoi cette position inflexible ? La réponse se trouve à la fois dans l’histoire particulièrement violente de l’Éthiopie depuis des décennies, et dans la personnalité ambivalente d’Abyi Ahmed, le chef du gouvernement et, ne l’oublions pas, prix Nobel de la paix l’an dernier.

    L’histoire nous donne des clés. Le Tigré ne représente que 6% des 100 millions d’habitants de l’Éthiopie, mais il a joué un rôle historique déterminant. C’est du Tigré qu’est partie la résistance à la sanglante dictature de Mengistu Haile Mariam, qui avait renversé l’empire d’Haile Selassie en 1974. Victorieux en 1991, le TPLF a été au pouvoir pendant 17 ans, avec à sa tête un homme fort, Meles Zenawi, réformateur d’une main de fer, qui introduira notamment le fédéralisme en Éthiopie. Sa mort subite en 2012 a marqué le début des problèmes pour les Tigréens, marginalisés après l’élection d’Abyi Ahmed en 2018, et qui l’ont très mal vécu.

    La personnalité d’Abyi Ahmed est aussi au cœur de la crise actuelle. Encensé pour ses mesures libérales, le premier ministre éthiopien est également un ancien militaire inflexible, déterminé à s’opposer aux forces centrifuges qui menacent l’unité de l’ex-empire.

    Ce contexte laisse envisager un #conflit prolongé, car le pouvoir fédéral ne renoncera pas à son offensive jusqu’à ce qu’il ait, au minimum, repris Mekelle, la capitale du Tigré. Or cette ville est à 2500 mètres d’altitude, dans une région montagneuse où les avancées d’une armée régulière sont difficiles.

    Quant au front tigréen, il a vraisemblablement envisagé une position de repli dans la guerrilla, avec des forces aguerries, dans une région qui lui est acquise.

    Reste l’attitude des pays de la région, qui risquent d’être entrainés dans cette #guerre_civile, à commencer par l’Érythrée voisine, déjà touchée par les hostilités.

    C’est une tragédie pour l’Éthiopie, mais aussi pour l’Afrique, car c’est le deuxième pays le plus peuplé du continent, siège de l’Union africaine, l’une des locomotives d’une introuvable renaissance africaine. L’Afrique doit tout faire pour mettre fin à cette guerre fratricide, aux conséquences dévastatrices.

    https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-23-novembre-2020

    #Ethiopie #Tigré #Corne_de_l'Afrique #Tigray

    • Conflict between Tigray and Eritrea – the long standing faultline in Ethiopian politics

      The missile attack by the Tigray People’s Liberation Front on Eritrea in mid-November transformed an internal Ethiopian crisis into a transnational one. In the midst of escalating internal conflict between Ethiopia’s northernmost province, Tigray, and the federal government, it was a stark reminder of a historical rivalry that continues to shape and reshape Ethiopia.

      The rivalry between the Tigray People’s Liberation Front and the movement which has governed Eritrea in all but name for the past 30 years – the Eritrean People’s Liberation Front – goes back several decades.

      The histories of Eritrea and Ethiopia have long been closely intertwined. This is especially true of Tigray and central Eritrea. These territories occupy the central massif of the Horn of Africa. Tigrinya-speakers are the predominant ethnic group in both Tigray and in the adjacent Eritrean highlands.

      The enmity between the Tigray People’s Liberation Front and the Eritrean People’s Liberation Front dates to the mid-1970s, when the Tigrayan front was founded in the midst of political turmoil in Ethiopia. The authoritarian Marxist regime – known as the Derg (Amharic for ‘committee’) – inflicted violence upon millions of its own citizens. It was soon confronted with a range of armed insurgencies and socio-political movements. These included Tigray and Eritrea, where the resistance was most ferocious.

      The Tigrayan front was at first close to the Eritrean front, which had been founded in 1970 to fight for independence from Ethiopia. Indeed, the Eritreans helped train some of the first Tigrayan recruits in 1975-6, in their shared struggle against Ethiopian government forces for social revolution and the right to self-determination.

      But in the midst of the war against the Derg regime, the relationship quickly soured over ethnic and national identity. There were also differences over the demarcation of borders, military tactics and ideology. The Tigrayan front eventually recognised the Eritreans’ right to self-determination, if grudgingly, and resolved to fight for the liberation of all Ethiopian peoples from the tyranny of the Derg regime.

      Each achieved seminal victories in the late 1980s. Together the Tigrayan-led Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front and the Eritrean front overthrew the Derg in May 1991. The Tigrayan-led front formed government in Addis Ababa while the Eritrean front liberated Eritrea which became an independent state.

      But this was just the start of a new phase of a deep-rooted rivalry. This continued between the governments until the recent entry of prime minister Abiy Ahmed.

      If there’s any lesson to be learnt from years of military and political manoeuvrings, it is that conflict in Tigray is unavoidably a matter of intense interest to the Eritrean leadership. And Abiy would do well to remember that conflict between Eritrea and Tigray has long represented a destabilising fault line for Ethiopia as well as for the wider region.
      Reconciliation and new beginnings

      In the early 1990s, there was much talk of reconciliation and new beginnings between Meles Zenawi of Ethiopia and Isaias Afeworki of Eritrea. The two governments signed a range of agreements on economic cooperation, defence and citizenship. It seemed as though the enmity of the liberation war was behind them.

      Meles declared as much at the 1993 Eritrean independence celebrations, at which he was a notable guest.

      But deep-rooted tensions soon resurfaced. In the course of 1997, unresolved border disputes were exacerbated by Eritrea’s introduction of a new currency. This had been anticipated in a 1993 economic agreement. But in the event Tigrayan traders often refused to recognise it, and it caused a collapse in commerce.

      Full-scale war erupted over the contested border hamlet of Badme in May 1998. The fighting swiftly spread to other stretches of the shared, 1,000 km long frontier. Air strikes were launched on both sides.

      It was quickly clear, too, that this was only superficially about borders. It was more substantively about regional power and long standing antagonisms that ran along ethnic lines.

      The Eritrean government’s indignant anti-Tigray front rhetoric had its echo in the popular contempt for so-called Agame, the term Eritreans used for Tigrayan migrant labourers.

      For the Tigray front, the Eritrean front was the clearest expression of perceived Eritrean arrogance.

      As for Isaias himself, regarded as a crazed warlord who had led Eritrea down a path which defied economic and political logic, it was hubris personified.

      Ethiopia deported tens of thousands of Eritreans and Ethiopians of Eritrean descent.

      Ethiopia’s decisive final offensive in May 2000 forced the Eritrean army to fall back deep into their own territory. Although the Ethiopians were halted, and a ceasefire put in place after bitter fighting on a number of fronts, Eritrea had been devastated by the conflict.

      The Algiers Agreement of December 2000 was followed by years of standoff, occasional skirmishes, and the periodic exchange of insults.

      During this period Ethiopia consolidated its position as a dominant power in the region. And Meles as one of the continent’s representatives on the global stage.

      For its part Eritrea retreated into a militaristic, authoritarian solipsism. Its domestic policy centred on open-ended national service for the young. Its foreign policy was largely concerned with undermining the Ethiopian government across the region. This was most obvious in Somalia, where its alleged support for al-Shabaab led to the imposition of sanctions on Asmara.

      The ‘no war-no peace’ scenario continued even after Meles’s sudden death in 2012. The situation only began to shift with the resignation of Hailemariam Desalegn against a backdrop of mounting protest across Ethiopia, especially among the Oromo and the Amhara, and the rise to power of Abiy.

      What followed was the effective overthrow of the Tigray People’s Liberation Front which had been the dominant force in the Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front coalition since 1991.

      This provided Isaias with a clear incentive to respond to Abiy’s overtures.
      Tigray’s loss, Eritrea’s gain

      A peace agreement between Ethiopia and Eritrea, was signed in July 2018 by Abiy and Eritrean President Isaias Afeworki. It formally ended their 1998-2000 war. It also sealed the marginalisation of the Tigray People’s Liberation Front. Many in the Tigray People’s Liberation Front were unenthusiastic about allowing Isaias in from the cold.

      Since the 1998-2000 war, in large part thanks to the astute manoeuvres of the late Prime Minister Meles Zenawi, Eritrea had been exactly where the Tigray People’s Liberation Front wanted it: an isolated pariah state with little diplomatic clout. Indeed, it is unlikely that Isaias would have been as receptive to the deal had it not involved the further sidelining of the Tigray People’s Liberation Front, something which Abiy presumably understood.

      Isaias had eschewed the possibility of talks with Abiy’s predecessor, Hailemariam Desalegn. But Abiy was a different matter. A political reformer, and a member of the largest but long-subjugated ethnic group in Ethiopia, the Oromo, he was determined to end the Tigray People’s Liberation Front’s domination of Ethiopian politics.

      This was effectively achieved in December 2019 when he abolished the Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front and replaced it with the Prosperity Party.

      The Tigray People’s Liberation Front declined to join with the visible results of the current conflict.

      À lire aussi : Residual anger driven by the politics of power has boiled over into conflict in Ethiopia

      Every effort to engage with the Tigrayan leadership – including the Tigray People’s Liberation Front – in pursuit of a peaceful resolution must also mean keeping Eritrea out of the conflict.

      Unless Isaias is willing to play a constructive role – he does not have a good track record anywhere in the region in this regard – he must be kept at arm’s length, not least to protect the 2018 peace agreement itself.

      https://theconversation.com/conflict-between-tigray-and-eritrea-the-long-standing-faultline-in-

      #Derg #histoire #frontières #démarcation_des_frontières #monnaie #Badme #Agame #travailleurs_étrangers #Oromo #Ethiopian_People’s_Revolutionary_Democratic_Front #Prosperity_Party

      –—

      #Agame , the term Eritreans used for Tigrayan migrant labourers.

      –-> #terminologie #vocabulaire #mots
      ping @sinehebdo

    • Satellite Images Show Ethiopia Carnage as Conflict Continues
      – United Nations facility, school, clinic and homes burned down
      – UN refugee agency has had no access to the two camps

      Satellite images show the destruction of United Nations’ facilities, a health-care unit, a high school and houses at two camps sheltering Eritrean refugees in Tigray, northern Ethiopia, belying government claims that the conflict in the dissident region is largely over.

      The eight Planet Labs Inc images are of Hitsats and the Shimelba camps. The camps hosted about 25,000 and 8,000 refugees respectively before a conflict broke out in the region two months ago, according to data from the United Nations High Commissioner for Refugees.

      “Recent satellite imagery indicates that structures in both camps are being intentionally targeted,” said Isaac Baker, an analyst at DX Open Network, a U.K. based human security research and analysis non-profit. “The systematic and widespread fires are consistent with an intentional campaign to deny the use of the camp.”

      DX Open Network has been following the conflict and analyzing satellite image data since Nov. 7, three days after Ethiopian Prime Minister Abiy Ahmed declared war against a dissident group in the Tigray region, which dominated Ethiopian politics before Abiy came to power.

      Ethiopia’s government announced victory against the dissidents on Nov. 28 after federal forces captured the regional capital of Mekelle. Abiy spoke of the need to rebuild and return normalcy to Tigray at the time.

      Calls and messages to Redwan Hussein, spokesman for the government’s emergency task force on Tigray and the Prime Minister Abiy Ahmed’s Spokeswoman Billene Seyoum were not answered.

      In #Shimelba, images show scorched earth from apparent attacks in January. A World Food Programme storage facility and a secondary school run by the Development and Inter-Aid Church Commission have also been burned down, according to DX Open Network’s analysis. In addition, a health facility run by the Ethiopian Agency for Refugees and Returnees Affairs situated next to the WFP compound was also attacked between Jan. 5 and Jan. 8.

      In #Hitsats camp, about 30 kilometers (19 miles) away, there were at least 14 actively burning structures and 55 others were damaged or destroyed by Jan. 5. There were new fires by Jan. 8, according to DX Open Network’s analysis.

      The UN refugee agency has not had access to the camps since fighting started in early November, according to Chris Melzer, a communications officer for the agency. UNHCR has been able to reach its two other camps, Mai-Aini and Adi Harush, which are to the south, he said.

      “We also have no reliable, first-hand information about the situation in the camps or the wellbeing of the refugees,” Melzer said in reference to Hitsats and Shimelba.

      Eritrean troops have also been involved in the fighting and are accused of looting businesses and abducting refugees, according to aid workers and diplomats briefed on the situation. The governments of both Ethiopia and Eritrea have denied that Eritrean troops are involved in the conflict.

      The UN says fighting is still going on in several Tigray areas and 2.2 million people have been displaced in the past two months. Access to the region for journalists and independent analysts remains constrained, making it difficult to verify events.

      https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-01-09/satellite-images-show-destruction-of-refugee-camps-in-ethiopia?srnd=premi

      #images_satellitaires #camps_de_réfugiés #réfugiés

    • Ethiopia’s government appears to be wielding hunger as a weapon

      A rebel region is being starved into submission

      ETHIOPIA HAS suffered famines in the past. Many foreigners know this; in 1985 about one-third of the world’s population watched a pop concert to raise money for starving Ethiopians. What is less well understood is that poor harvests lead to famine only when malign rulers allow it. It was not the weather that killed perhaps 1m people in 1983-85. It was the policies of a Marxist dictator, Mengistu Haile Mariam, who forced peasants at gunpoint onto collective farms. Mengistu also tried to crush an insurgency in the northern region of Tigray by burning crops, destroying grain stores and slaughtering livestock. When the head of his own government’s humanitarian agency begged him for cash to feed the starving, he dismissed him with a memorably callous phrase: “Don’t let these petty human problems...consume you.”

      https://www.economist.com/leaders/2021/01/23/ethiopias-government-appears-to-be-wielding-hunger-as-a-weapon

      #famine #faim
      #paywall

    • Amnesty International accuses Eritrean troops of killing hundreds of civilians in the holy city of #Axum

      Amnesty International has released a comprehensive, compelling report detailing the killing of hundreds of civilians in the Tigrayan city of Axum.

      This story has been carried several times by Eritrea Hub, most recently on 20th February. On 12 January this year the Axum massacre was raised in the British Parliament, by Lord David Alton.

      Gradually the picture emerging has been clarified and is now unambiguous.

      The Amnesty report makes grim reading: the details are horrifying.

      Human Rights Watch are finalising their own report, which will be published next week. The Ethiopian Human Rights Commission is also publishing a report on the Axum massacre.

      The Ethiopian government appointed interim administration of Tigray is attempting to distance itself from the actions of Eritrean troops. Alula Habteab, who heads the interim administration’s construction, road and transport department, appeared to openly criticise soldiers from Eritrea, as well as the neighbouring Amhara region, for their actions during the conflict.

      “There were armies from a neighbouring country and a neighbouring region who wanted to take advantage of the war’s objective of law enforcement,” he told state media. “These forces have inflicted more damage than the war itself.”

      The full report can be found here: The Massacre in Axum – AFR 25.3730.2021. Below is the summary (https://eritreahub.org/wp-content/uploads/2021/02/The-Massacre-in-Axum-AFR-25.3730.2021.pdf)

      https://eritreahub.org/amnesty-international-accuses-eritrean-troops-of-killing-hundreds-of-civ

      #rapport #massacre

    • Ethiopia’s Tigray crisis: How a massacre in the sacred city of #Aksum unfolded

      Eritrean troops fighting in Ethiopia’s northern region of Tigray killed hundreds of people in Aksum mainly over two days in November, witnesses say.

      The mass killings on 28 and 29 November may amount to a crime against humanity, Amnesty International says in a report.

      An eyewitness told the BBC how bodies remained unburied on the streets for days, with many being eaten by hyenas.

      Ethiopia and Eritrea, which both officially deny Eritrean soldiers are in Tigray, have not commented.

      The Ethiopian Human Rights commission says it is investigating the allegations.

      The conflict erupted on 4 November 2020 when Ethiopia’s government launched an offensive to oust the region’s ruling TPLF party after its fighters captured federal military bases in Tigray.

      Ethiopia’s Prime Minister Abiy Ahmed, a Nobel Peace Prize winner, told parliament on 30 November that “not a single civilian was killed” during the operation.

      But witnesses have recounted how on that day they began burying some of the bodies of unarmed civilians killed by Eritrean soldiers - many of them boys and men shot on the streets or during house-to-house raids.

      Amnesty’s report has high-resolution satellite imagery from 13 December showing disturbed earth consistent with recent graves at two churches in Aksum, an ancient city considered sacred by Ethiopia’s Orthodox Christians.

      A communications blackout and restricted access to Tigray has meant reports of what has gone on in the conflict have been slow to emerge.

      In Aksum, electricity and phone networks reportedly stopped working on the first day of the conflict.
      How was Aksum captured?

      Shelling by Ethiopian and Eritrea forces to the west of Aksum began on Thursday 19 November, according to people in the city.

      “This attack continued for five hours, and was non-stop. People who were at churches, cafes, hotels and their residence died. There was no retaliation from any armed force in the city - it literally targeted civilians,” a civil servant in Aksum told the BBC.
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      Amnesty has gathered similar and multiple testimonies describing the continuous shelling that evening of civilians.

      Once in control of the city, soldiers, generally identified as Eritrean, searched for TPLF soldiers and militias or “anyone with a gun”, Amnesty said.

      “There were a lot of... house-to-house killings,” one woman told the rights group.

      There is compelling evidence that Ethiopian and Eritrean troops carried out “multiple war crimes in their offensive to take control of Aksum”, Amnesty’s Deprose Muchena says.
      What sparked the killings?

      For the next week, the testimonies say Ethiopia troops were mainly in Aksum - the Eritreans had pushed on east to the town of Adwa.

      A witness told the BBC how the Ethiopian military looted banks in the city in that time.

      he Eritrean forces reportedly returned a week later. The fighting on Sunday 28 November was triggered by an assault of poorly armed pro-TPLF fighters, according to Amnesty’s report.

      Between 50 and 80 men from Aksum targeted an Eritrean position on a hill overlooking the city in the morning.

      A 26-year-old man who participated in the attack told Amnesty: “We wanted to protect our city so we attempted to defend it especially from Eritrean soldiers... They knew how to shoot and they had radios, communications... I didn’t have a gun, just a stick.”
      How did Eritrean troops react?

      It is unclear how long the fighting lasted, but that afternoon Eritrean trucks and tanks drove into Aksum, Amnesty reports.

      Witnesses say Eritrean soldiers went on a rampage, shooting at unarmed civilian men and boys who were out on the streets - continuing until the evening.

      A man in his 20s told Amnesty about the killings on the city’s main street: “I was on the second floor of a building and I watched, through the window, the Eritreans killing the youth on the street.”

      The soldiers, identified as Eritrean not just because of their uniform and vehicle number plates but because of the languages they spoke (Arabic and an Eritrean dialect of Tigrinya), started house-to-house searches.

      “I would say it was in retaliation,” a young man told the BBC. “They killed every man they found. If you opened your door and they found a man they killed him, if you didn’t open, they shoot your gate by force.”

      He was hiding in a nightclub and witnessed a man who was found and killed by Eritrean soldiers begging for his life: “He was telling them: ’I am a civilian, I am a banker.’”

      Another man told Amnesty that he saw six men killed, execution-style, outside his house near the Abnet Hotel the following day on 29 November.

      “They lined them up and shot them in the back from behind. Two of them I knew. They’re from my neighbourhood… They asked: ’Where is your gun’ and they answered: ’We have no guns, we are civilians.’”
      How many people were killed?

      Witnesses say at first the Eritrean soldiers would not let anyone approach the bodies on the streets - and would shoot anyone who did so.

      One woman, whose nephews aged 29 and 14 had been killed, said the roads “were full of dead bodies”.

      Amnesty says after the intervention of elders and Ethiopian soldiers, burials began over several days, with most funerals taking place on 30 November after people brought the bodies to the churches - often 10 at a time loaded on horse- or donkey-drawn carts.

      At Abnet Hotel, the civil servant who spoke to the BBC said some bodies were not removed for four days.

      "The bodies that were lying around Abnet Hotel and Seattle Cinema were eaten by hyenas. We found only bones. We buried bones.

      “I can say around 800 civilians were killed in Aksum.”

      This account is echoed by a church deacon who told the Associated Press that many bodies had been fed on by hyenas.

      He gathered victims’ identity cards and assisted with burials in mass graves and also believes about 800 people were killed that weekend.

      The 41 survivors and witnesses Amnesty interviewed provided the names of more than 200 people they knew who were killed.
      What happened after the burials?

      Witnesses say the Eritrean soldiers participated in looting, which after the massacre and as many people fled the city, became widespread and systematic.

      The university, private houses, hotels, hospitals, grain stores, garages, banks, DIY stores, supermarkets, bakeries and other shops were reportedly targeted.

      One man told Amnesty how Ethiopian soldiers failed to stop Eritreans looting his brother’s house.

      “They took the TV, a jeep, the fridge, six mattresses, all the groceries and cooking oil, butter, teff flour [Ethiopia’s staple food], the kitchen cabinets, clothes, the beers in the fridge, the water pump, and the laptop.”

      The young man who spoke to the BBC said he knew of 15 vehicles that had been stolen belonging to businessmen in the city.

      This has had a devastating impact on those left in Aksum, leaving them with little food and medicine to survive, Amnesty says.

      Witnesses say the theft of water pumps left residents having to drink from the river.
      Why is Aksum sacred?

      It is said to be the birthplace of the biblical Queen of Sheba, who travelled to Jerusalem to visit King Solomon.

      They had a son - Menelik I - who is said to have brought to Aksum the Ark of the Covenant, believed to contain the 10 commandments handed down to Moses by God.

      It is constantly under guard at the city’s Our Lady Mary of Zion Church and no-one is allowed to see it.

      A major religious celebration is usually held at the church on 30 November, drawing pilgrims from across Ethiopia and around the world, but it was cancelled last year amid the conflict.

      The civil servant interviewed by the BBC said that Eritrean troops came to the church on 3 December “terrorising the priests and forcing them to give them the gold and silver cross”.

      But he said the deacons and other young people went to protect the ark.

      “It was a huge riot. Every man and woman fought them. They fired guns and killed some, but we are happy as we did not fail to protect our treasures.”

      https://www.bbc.com/news/world-africa-56198469

  • Weak links: Challenging the climate & migration paradigm in the Horn of Africa & Yemen

    When mobility drivers are scrutinised and climate change is found to play a role in movement, it remains difficult to determine the extent of its influence. This paper will show that although conditions in the Horn of Africa and Yemen are variously characterised by conflict, authoritarian regimes, poor governance, poverty, and mass displacement, along with harsh environments that produce negative climate change impacts, there is scant evidence that these impacts cause intercontinental and interregional mixed migration. The linkages are hard to locate. Climate change and environmental stressors cannot easily be disaggregated from the wide range of factors affecting populations, and even where some disaggregation is evident the results are not seen in the volume, direction, or destination choices of those affected.


    http://www.mixedmigration.org/resource/challenging-the-climate-and-migration-paradigm
    #rapport #immobilité #immobilité_involontaire #mobilité #migrations #réfugiés_climatiques #réfugiés_environnementaux #asile #migrations #réfugiés #Corne_de_l'Afrique #Yémen #changement_climatique #climat #mixed_migration_centre

    –-> citation:
    “There is a strong likelihood that involuntary immobility will become the biggest and most relevant issue in the Horn of Africa when it comes to the link between environmental stress and mobility”

    –-> Cette idée de “involuntary immobility” me semble très intéressante à amener car le discours ambiant se focalise sur “migration subie/choisie” "migration volontaire/forcée"...
    #catégorie #catégorisation (ping @karine4)
    #migration_subie #migration_choisie #migration_volontaire #migration_forcée

    ping @reka

  • Farine de teff : main-basse sur une tradition africaine

    Pendant plus de quinze ans, une société néerlandaise a fait prospérer un brevet qu’elle avait déposé en Europe sur la farine de teff, une céréale servant d’aliment de base en Éthiopie et en Érythrée depuis des siècles, en dépit des protestations de nombre d’ONG qui considèrent cette pratique comme un vol des cultures traditionnelles, notamment africaines. Enquête.

    C’est une crêpe épaisse couleur sable, sur laquelle les cuisinières dispersent les purées, les viandes mijotées, les ragoûts. Des lambeaux déchirés avec la pince des doigts servent à porter le repas à la bouche. Depuis des siècles, c’est ainsi que l’on mange en Éthiopie et en Érythrée : sur une injera, une grande galette spongieuse et acidulée fabriquée à base de teff, une graine minuscule aux propriétés nutritives exceptionnelles, riche en protéines et sans gluten. Depuis trois mille ans, on la récolte en épi dans des brassées de fines et hautes herbes vertes sur les hauts-plateaux abyssins.

    Mais une cargaison de teff expédiée en 2003 aux Pays-Bas a aussi fait la fortune d’une petite société privée néerlandaise. Dirigée par l’homme d’affaires Johannes « Hans » Turkensteen et le chercheur Jans Roosjen, cette structure baptisée à l’époque Soil & Crop Improvements (S&C) a en effet prospéré sur un brevet européen s’appropriant l’utilisation de cette « super céréale », alors que le marché du bio et des aliments sans gluten connaissait une expansion progressive.

    Un voyage d’affaires

    Tout avait commencé quelques mois plus tôt par un voyage de Hans Turkensteen à Addis-Abeba. Se prévalant du soutien de l’Université de sciences appliquées de Larenstein, l’homme d’affaires avait signé, en mars 2003, un mémorandum avec l’Organisation éthiopienne de la recherche agricole, l’EARO, accordant à sa société la livraison de 1 440 kg de graines de teff, prétendument destinées à l’expérimentation scientifique.

    « Turkensteen a fait croire à un accord mutuellement bénéfique pour toutes les parties : un meilleur rendement du teff pour les agriculteurs éthiopiens et un programme de lutte contre la pauvreté pour l’université, raconte le journaliste éthiopien Zecharias Zelalem, qui a mené sur le sujet une grande enquête pour le quotidien éthiopien Addis Standard. Il a même utilisé le prétexte de la grande famine de 1984 pour convaincre les signataires, affirmant que si les paysans éthiopiens avaient eu un meilleur teff à l’époque, le désastre n’aurait pas eu lieu. »

    Or, parallèlement, S&C a déposé auprès de l’agence néerlandaise des brevets une demande de protection des « méthodes de transformation » du teff ; un brevet finalement accordé le 25 janvier 2005, contraignant tous ceux qui souhaiteraient produire de la farine de teff ou des produits issus de la graine éthiopienne à obtenir une licence auprès d’eux, contre le paiement de royalties. Au bas du document figurait cette mention pour le moins étonnante pour une farine utilisée depuis des millénaires : « Inventeur : Jans Roosjen ».

    « Étonnement, les autorités éthiopiennes n’ont pas admis - ou n’ont pas voulu admettre - la supercherie, se désole Zecharias Zelalem. Même après que l’Université de Larenstein a exprimé des doutes et commandé un rapport d’enquête sur l’accord et même après que les Néerlandais ont reçu un "Captain Hook Award" [une récompense infamante baptisée d’après le pirate de dessin animé Capitaine Crochet et décernée chaque année par une coalition d’ONG, la Coalition contre la biopiratie, ndlr] en 2004, pour leur exploit en matière de biopiraterie. »

    Sans autres entraves que les protestations et la mauvaise publicité, les deux associés ont donc continué leur moisson de brevets. Les années suivantes, ils ont d’abord obtenu une licence auprès de l’Office européen des brevets, lui ouvrant le droit de faire des demandes auprès des agences de protection de la propriété intellectuelle d’Allemagne, d’Australie, d’Italie et du Royaume-Uni.

    « Les plus étonnant, explique l’avocat allemand Anton Horn, spécialiste de la propriété intellectuelle, est que le bureau européen des brevets leur aient accordé un brevet exactement tel qu’ils l’avaient demandé. C’est très rare. D’habitude, on fait une demande plutôt large au départ, afin que le périmètre puisse être réduit pendant son examen par le bureau des brevets. Là, non. Il a été accepté tel quel, alors que, pour ma part, il m’a suffi de trente minutes pour comprendre que quelque chose clochait dans ce brevet. » Du reste, ajoute-t-il, celui-ci a été refusé par les agences des États-Unis et du Japon.

    Treize années de bénéfices

    Pourtant, pendant les treize années suivantes, personne n’est venu s’opposer à ce que Zecharias Zelalem considère comme « un pillage des traditions éthiopiennes et un pur et simple vol des paysans éthiopiens ». C’est la curiosité de la presse éthiopienne qui a commencé à perturber des affaires alors florissantes.

    Toutefois, de faillites opportunes en changements de noms, la compagnie néerlandaise, rebaptisée entre-temps ProGrain International, a tout fait pour conserver les droits acquis par son tour de passe-passe juridique. Elle a continué à développer son activité, au point que Turkensteen a pu, par exemple, célébrer en grande pompe, en 2010, la production de sa millième tonne de farine de teff dans ses usines d’Espagne, de Roumanie et des Pays-Bas. À raison de 100 euros le kilo, selon le compte effectué en 2012 par l’hebdomadaire éthiopien Addis Fortune, son bénéfice a été considérable, alors que l’Éthiopie n’a touché, en tout en pour tout, qu’environ 4 000 euros de dividendes, selon l’enquête du journaliste Zecharias Zelalem.

    Mais l’aventure a fini par atteindre ses limites. Un jour de 2017, saisi par un ami éthiopien devenu directeur du Bureau éthiopien de la propriété intellectuelle, l’avocat Anton Horn a d’abord suggéré aux associés néerlandais de ProGrain International, par courrier, d’abandonner, au moins en Allemagne, leurs droits sur la farine de teff. Mais le duo néerlandais n’a pas répondu. Puis une société ayant acheté une licence à la société de Turkensteen et Roosjen a attaqué le brevet néerlandais devant un tribunal de La Haye, refusant dorénavant de lui payer des royalties. Pari gagné : le 7 décembre 2018, la justice lui a donné raison et « annulé » le brevet, estimant qu’il n’était ni « innovant » ni « inventif », tandis que, simultanément, sur ses propres deniers, Anton Horn a contesté le brevet en Allemagne devant les tribunaux et obtenu, là aussi, son annulation. Deux coups portés au cœur de la machine industrielle des Néerlandais, après quinze ans sans anicroche.

    Abandon progressif

    Sollicités par RFI, ni la société détentrice des brevets restants ni Hans Turkensteen n’ont souhaité donné leur version de l’histoire. Mais le duo néerlandais semble avoir abandonné la partie et renoncé à ses droits. Annulé aux Pays-Bas et en Allemagne, le brevet reste cependant valide aujourd’hui dans plusieurs pays européens. « Mais depuis août 2019, le non-paiement des frais de renouvellement du brevet devrait conduire logiquement, durant l’été 2020, à l’annulation de celui-ci dans tous les pays de l’espace européen », espère Anton Horn.

    Cette appropriation commerciale d’une tradition africaine par une société occidentale n’est pas un cas unique. En 1997, la société américaine RiceTec avait obtenu un brevet sur le riz basmati, interdisant de fait la vente aux États-Unis de riz basmati cultivé dans ses pays d’origine, l’Inde et le Pakistan. « En 2007, la société pharmaceutique allemande Schwabe Pharmaceuticals obtenait un brevet sur les vertus thérapeutiques de la fleur dite pélargonium du Cap, originaire d’Afrique du Sud et connue pour ses propriétés antimicrobiennes et expectorantes, ajoute François Meienberg, de l’ONG suisse ProSpecieRara, qui milite pour la protection de la diversité génétique et culturelle. Brevet finalement annulé en 2010 après une bataille judiciaire. Et c’est aujourd’hui le rooibos (un thé rouge, ndlr), lui aussi sud-africain, qui fait l’objet d’une bataille similaire. »

    Des négociations internationales ont bien été engagées pour tenter de définir un cadre normatif qui enrayerait la multiplication des scandales de vol de traditions ancestrales par des prédateurs industriels. Mais elles n’ont pour l’instant débouché sur rien de significatif. Le problème est que, d’une part, « tous les pays ne protègent pas les traditions autochtones de la même manière, explique François Meierberg. Les pays scandinaves ou la Bolivie, par exemple, prennent cette question au sérieux, mais ce sont des exemples rares. » L’autre problème est que nombre d’États industrialisés refusent d’attenter à la sainte loi de la « liberté du commerce ». Au prix, du coup, de la spoliation des plus démunis.

    http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200212-farine-teff-main-basse-une-tradition-africaine
    #teff #farine #alimentation #céréale #céréales #agriculture #Afrique #tef #injera #Pays-Bas #brevet #industrie_agro-alimentaire #mondialisation #dynamiques_des_suds #ressources_pédagogiques #prédation #géographie_culturelle #culture #Hans_Turkensteen #Turkensteen #Jans_Roosjen #Soil_&_Crop_Improvements (#S&C) #brevet #propriété_intellectuelle #gluten #bio #EARO #licence #loyalties #Université_de_Larenstein #Captain_Hook_Award #biopiraterie #pillage #vol #ProGrain_International #justice #innovation #appropriation_commerciale #RiceTec #riz #riz_basmati #basmati #Inde #Pakistan #Schwabe_Pharmaceuticals #industrie_pharamceutique #big_pharma #multinationales #mondialisation #globalisation

    L’injera, plat cuisiné dans la #Corne_de_l'Afrique, notamment #Erythrée #Ethiopie :


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Injera

    ping @reka @odilon @karine4 @fil @albertocampiphoto

  • L’#or_vert ou la stupéfiante odyssée du #khat

    Le khat est consommé dans de nombreux pays d’#Afrique_de_l'Est. Vendue sous la forme de feuilles et de tiges, cette plante psychotrope provoque une sensation stimulante d’#euphorie impulsée par une accélération du rythme cardiaque. Mais le khat crée aussi des effets d’accoutumance et de manque, doublés de déprime, de léthargie, et chez certains, notamment les enfants, de troubles mentaux. Ancien dépendant au khat, #Abukar_Awalé, membre de la diaspora somalienne en Grande-Bretagne, a alerté les autorités britanniques et milité pour la fin de la tolérance. Ce film suit son combat courageux, remonte la filière du khat à travers le monde et en expose les ravages et les enjeux économiques.


    https://www.programme.tv/l-or-vert-ou-la-stupefiante-odyssee-du-khat-156617631
    #film #documentaire #film_documentaire
    #drogue #UK #interdiction #Corne_de_l'Afrique #Ethiopie #Awaday #Londres #café #traumatisme #guerre #conflit #santé_mentale #Somalie #Somaliland #argent #revenu #prix_du_café #accord_international_sur_le_café #Dadaab #Kenya #réfugiés #camps_de_réfugiés #toxicomanie #dépendance #femmes #hommes #oubli #alternative #Angleterre #genre #qat

  • Halfway round the world by plane: Africa’s new migration route

    Migrants using traditional routes from Africa to Europe often fail to reach their destinations. Smugglers now offer new options, such as taking migrants to faraway countries by plane.
    In early July, Mexico’s authorities reported that the number of African migrants in the country had tripled. According to government figures, around 1,900 migrants, most of them from crisis-ridden countries like Cameroon and the Democratic Republic of Congo, are now in Mexico. Their destination? The United States of America.
    The journey by plane of some of these migrants began halfway across the world in Uganda. In a garden bar in the Ugandan capital #Kampala sits a 23-year-old Eritrean man who could soon be one of them. For security reasons, he does not want to give his name. He fled the brutal military service in Eritrea last September. According to human rights organizations, military service in Eritrea can mean years of forced labor. “I do not believe that anything will change in Eritrea soon; on the contrary,” he said. Many young Eritreans see their futures overseas.


    https://www.dw.com/en/halfway-round-the-world-by-plane-africas-new-migration-route/a-49868809
    #Afrique #détour #détours #asile #migrations #réfugiés #routes_migratoires #itinéraires_migratoires #USA #Mexique #Etats-Unis #fermeture_des_frontières #Erythrée #Corne_de_l'Afrique #Ouganda #route_pacifique
    via @isskein
    ping @reka

    • Africa: At U.S.-Mexico Border, Africans Join Diversifying Migrant Community

      It took Julia and her two daughters five years to get from Kassai, in the Democratic Republic of Congo, to a cot on the floor of a migrant shelter in Laredo, Texas, on a Sunday night in August 2019.

      First, it was four years in Angola. She saved money, she says, by working as a hairdresser.

      They flew to Ecuador. Took a bus and boat to Colombia. They spent 14 days crossing through Panama’s Darien Gap, lost part of the time in the dense jungle. Three weeks in Panama, then three more in Costa Rica while Julia recuperated from an illness. Then Nicaragua. Honduras. Guatemala.

      Finally, after a month of waiting in Acuña, on the U.S.-Mexico border, they stuck their feet in the sandy dirt along the southern bank of the Rio Grande. They were alone, and didn’t know how to swim.

      “We prayed first, then we got into the water,” Julia recalled. “My daughter was crying.”

      “‘Mom, I can’t…’” Julia remembers her pleading in chest-high water.

      Halfway across, she says, U.S. soldiers — possibly border agents — shouted to them: “‘Come, give us your hands.’“

      “I did,” Julia recalls, “and they took us out.”

      More families from afar

      Historically, the majority of people caught crossing into the southwest U.S. without authorization were single Mexican adults. In fiscal 2009, Mexicans accounted for 91.63% of border apprehensions, according to U.S. Customs and Border Protection data.

      But demographics of migrants and asylum-seekers crossing into the U.S. from Mexico are shifting in two significant ways: In the last decade, nationals of El Salvador, Guatemala and Honduras began migrating in greater numbers. In the same period, the number of Mexicans dropped.

      Then, in the last year, families became the top source of Southwest border migration. The Border Patrol apprehended 432,838 adults and children traveling in family units from October 2018 through July 2019, a 456% increase over the same period the previous fiscal year.

      To the surprise of longtime border agents, while the overwhelming majority of these families continue to be from Mexico and the Northern Triangle countries of Central America, a small but growing proportion are from countries outside the Americas, nearly twice as much as two years ago.

      By the end of July this year, CBP data shows the agency had apprehended 63,470 people from countries other than those four, making up 8.35% of total apprehensions. In fiscal 2017, they were 4.3% of the total apprehended population.

      CBP does not release the breakdown of where detained migrants come from until after the end of the fiscal year in September. But anecdotes and preliminary data show an increasingly diverse group of migrants and asylum-seekers, including more than 1,600 African nationals from 36 countries, apprehended in one border sector alone.

      They are unprecedented numbers.

      Allen Vowell, an acting deputy patrol agent in charge with the U.S. Border Patrol in Eagle Pass, Texas, said the recent demographic changes are unlike any he has seen in two decades of working on the border.

      “I would say until this year, Africans — personally I’ve probably only seen a handful in over 20 years,” Vowell said.

      From Oct. 1, 2018, to Aug. 22, 2019, Del Rio sector agents apprehended 51,394 people, including 1,681 nationals of African countries. They are largely, like Julia, originally from the Democratic Republic of Congo, Angola or Cameroon, according to sector officials.

      The arrival of sub-Saharan nationals — often Congolese, according to Del Rio Sector officials — posed new challenges. A lot of border agents are bilingual in English and Spanish. But when apprehending a group that primarily spoke French and Portuguese, the agents had to scramble for interpreters.

      While many migrants from the Northern Triangle have relatives in the U.S. as a point of contact or a destination, those from Africa are less likely to have those relationships.

      That means they are more likely to stay in migrant shelters in the U.S. or in Mexico for longer, waiting to figure out their next steps until their immigration court hearing.

      There is the political tumult in Venezuela, leading to the exodus of millions of people scattered throughout the region.

      The end of the “wet foot dry foot” policy with Cuba that allowed migrants who reached the shores of Florida to remain, Cubans who want to leave the island for the U.S. to take a more circuitous route.

      And then, to the surprise of Border Patrol agents, there arrived the large groups of sub-Saharan Africans, crossing through the Del Rio sector in Texas.

      The migrant trail goes beyond Africa.

      Ten years ago, CBP detained 99 Indians on the Southwest border. In 2018, it was 8,997.

      Similarly, Bangladeshi migrants didn’t figure into the top 20 countries among those apprehended at the border a decade ago. In 2019, there were 1,198.

      This week, a Bangladeshi man living in Mexico pleaded guilty to human smuggling charges.

      There are also the regional conflicts and tensions in Latin America and the Caribbean that are leading to a bigger number of migrants within the hemisphere arriving at the U.S-Mexico border, like Venezuela and Nicaragua. Haitians and Cubans continue to take the more circuitous route through Central America and up to the U.S., rather than travel by boat to Florida, where they risk being stopped by the U.S. Coast Guard before setting foot on land.

      Son’s death sends family on a dangerous journey

      Julia says she got tunnel vision after her teenage son was killed in DRC, en route to school one day in 2014 for reasons she still does not know or understand.

      She only knows that she received a call from the morgue. A truck dropped his body off there.

      He was 17. His name was George.

      She can’t go back to DRC, she says. It’s just not safe.

      “There, while you sleep, the thieves will come through the roof. They demand money, and if you don’t have money, they’ll rape your daughter,” she said.

      “When he died in 2014, I made up my mind that I would not stay.”

      They want to get to Buffalo, New York. They don’t have family in the U.S., Julia says, but some people they met on the road were headed there. Word was, there was work, at least.

      She had an immigration court hearing scheduled for the first week of August. She was still at the San Antonio shelter, two days before.

      They didn’t now how far from Texas it was, or how cold New York gets in winter. They weren’t worried about those things now. They just needed the bus fare to get there, and they had nothing left. No money. No phone.

      Ketsia, now 15, speaks Spanish, English and Italian with ease. Jemima, 9, is the best French speaker in the family. They didn’t fight while they’ve been on the road for the last five months, from Ecuador to San Antonio. Not much, at least, they giggle.

      “She’s strong. Very strong,” Ketsia says of her mother, in Spanish. “I saw a lot of women who left their kids behind in the jungle. She’s courageous. This path we’re on, isn’t for everyone. If you’re not strong, it’s very difficult.”

      “My dream is to arrive there, to New York. To get a job. To put the girls in school,” Julia responds.

      “I suffered a lot already,” she says, something she repeats without going into more detail. She has a tendency to stare off, lose herself in thought when the conversation nears the darker parts of their family history.

      “I don’t want my children to go through the same,” she says. “We suffered a lot. I don’t want that anymore for my children.”

      The shelter where they stayed does not track migrants after they’ve left, and for privacy and safety reasons, shelters do not share whether individuals are staying with them.

      Attempts by VOA to locate Julia, Ketsia and Jemima in the weeks following the interview were unsuccessful.

      https://allafrica.com/stories/201909020140.html

    • El naufragio de un grupo de africanos en Chiapas revela una nueva ruta migratoria por el Pacífico

      El accidente de una lancha en Tonalá deja un muerto y varios desaparecidos. Ante la presión policial en el sur de México, grupos de cameruneses optan por usar vías marítimas para llegar a EE UU.

      Tirado en la playa, entre el pasto y la orilla. La foto del cuerpo de Emmanuel Cheo Ngu, camerunés de 39 años, fallecido este viernes tras el naufragio de su embarcación en Ignacio Allende, municipio de Tonalá, ha vuelto a revivir las peores imágenes de la crisis migratoria que se vive en el sur de México. La nueva política migratoria puesta en marcha por Andrés Manuel López Obrador tras el chantaje de Estados Unidos, ha obligado a los nuevos grupos de migrantes atrapados en Tapachula, Chiapas, a buscar nuevas y peligrosas rutas en su intento de llegar a la frontera norte.

      A las 7.00 de la mañana, según pescadores de la zona, una embarcación con personas procedentes de Camerún comenzó a tambalearse hasta que todos cayeron al agua, de acuerdo a la investigación judicial. El portal AlertaChiapas y activistas en la zona consultados por este medio, afirmaron que el bote salió desde la costa de Guatemala o desde el sur del Estado de Chiapas, ya en México, con destino Oaxaca. Cuando llegaron los Grupos de Rescate consiguieron socorrer a 8 personas, 7 hombres y una mujer, que fueron trasladados al Hospital General de Tonalá. El cuerpo de Cheo Ngu fue encontrado tirado cerca de la orilla. Hasta el momento hay varias personas desaparecidas.

      La ruta por vía marítima que une la frontera de Guatemala con el istmo de Tehuantepec, en Oaxaca, es una opción cada vez más frecuente ante el aumento de detenciones y deportaciones por parte de la recién creada Guardia Nacional. Tradicionalmente los migrantes han utilizado las rutas terrestres, pero los traficantes de personas cada vez recurren más a esta ruta poco vigilada, más barata y con menos riesgos a ser detenido. Por una cantidad que oscila entre los 400 y 800 dólares —para los cubanos puede ser el doble— esta ruta permite a los centroamericanos avanzar desde Guatemala a Salina Cruz o Huatulco, en Oaxaca.

      Aunque la mayoría de los migrantes en México son de origen centroamericano, el flujo de personas procedentes de Camerún, República Democrática del Congo o Eritrea, ha ido en aumento. Los africanos se encuentran en un ‘limbo legal’ ya que no pueden ser repatriados y actualmente tienen la negativa del gobierno federal para recibir los trámites de salida para continuar su trayecto hacia Estados Unidos. En los últimos dos meses cientos de ellos permanecen varados en Tapachula (Chiapas). Algunos en la Estación Migratoria Siglo XXI, y otros en la calle, donde han mantenido protestas y enfrentamientos contra la policía y la Guardia Nacional por la situación que viven y la falta de respuestas.

      Luis García Villagran es activista por los derechos humanos en Tapachula. En llamada telefónica y aparentemente afectado, confirma que su versión dista mucho de la de las autoridades. “Hay una embarcación que sí ha llegado a su destino (Oaxaca) y que ni se ha nombrado, pero en la accidentada iban más personas de las que dice el informe oficial. Sé con seguridad que hay más personas desaparecidas. No solo hemos perdido a nuestro hermano Emmanuel”, zanja Villagran.

      https://elpais.com/internacional/2019/10/12/actualidad/1570833110_016901.html

  • #CIVIPOL au #Soudan

    L’Union européenne a suspendu ses programmes liés au #contrôle_migratoire au Soudan, en raison de la situation politique. CIVIPOL était en charge des programmes coordonnés par la #France. Présentation.

    CIVIPOL est défini comme "l’opérateur de #coopération_technique_internationale du ministère de l’Intérieur". C’est une #société_anonyme dont 40% du capital son détenus par l’État et 60% par des acteurs privés comme #Airbus, #Safran, #Thalès et d’autres, ainsi que #Défense_Conseil_International, qui est la société privée équivalente de CIVIPOL pour le ministère de la défense.

    CIVIPOL a une action d’#expertise, de #conseil, de #formation. Elle est "financée quasi exclusivement par les bailleurs internationaux". Elle a aussi comme savoir-faire le "soutien à la filière des #industries_de_sécurité" : "Civipol soutient les acteurs de la filière des industries de sécurité. À travers le réseau international des salons #Milipol, Civipol permet aux États partenaires d’identifier, avec les industriels, les #solutions_technologiques les plus adaptées à leurs impératifs de protection. En proposant des offres intégrées issues de la filière européenne des industries de sécurité, Civipol contribue à la mise en place de #systèmes_opérationnels_interopérables au sein des États partenaires et, le cas échéant, avec les systèmes homologues européens."

    #CIVIPOL_Conseil, la société anonyme, est en effet associée dans #CIVIPOL_Groupe au Groupement d’Intérêt Économique Milipol, qui organise des #salons "de la sûreté et de la sécurité intérieure des États" à Paris, au Qatar et dans la zone Asie - Pacifique (on peut découvrir ici le message adressé par le ministre français de l’intérieur à l’ouverture du dernier salon).

    CIVIPOL a aussi racheté en 2016 la société #Transtec, qui a des activités de soutien, accompagnement, conseil, expertise, dans le domaine de la #gouvernance. Elle a par exemple mené deux programmes au Soudan, l’un « #Soutien_à_l'Analyse_Economique_et_à_la Planification_Sectorielle_à_l’Appui_de_la_République_du_Soudan » « afin de permettre à la délégation de l’UE au Soudan de mieux comprendre la situation économique du pays et de contribuer à une approche plus cohérente de la programmation de l’UE dans chaque secteur d’intervention » ; l’autre « #Programme_de_renforcement_des_capacités_des_organisations_de_la_société_civile_soudanaise », dont « l’objectif consistait à renforcer les capacités des bénéficiaires des #OSC locales dans le cadre du programme de l’#Instrument_Européen_pour_la_Démocratie_et_les_Droits_de_l'Homme (#IEDDH) afin d’améliorer leur gestion administrative et financière des projets financés par l’UE » (il ne s’agit donc pas de développer la démocratie, mais de permettre aux OSC – Organisations de la Société Civile – soudanaises de s’inscrire dans les programmes de financement de l’Union européenne.

    CIVIPOL intervient dans quatre programmes au Soudan, financés par l’Union européenne. L’un concernant le #terrorisme, « Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans la grande Corne de l’Afrique (https://static.mediapart.fr/files/2019/07/26/lutte-contre-le-blanchiment-dargent-et-le-financement-du-terrorisme) », l’autre concernant l’application de la loi, « #Regional_law_enforcement_in_the_Greater_Horn_of_Africa_and_Yemen (https://static.mediapart.fr/files/2019/07/26/regional-law-enforcement-in-the-greater-horn-of-africa-and-yemen-rl) ». Notons que ces deux programmes concernent aussi le #Yémen, pays en proie à une guerre civile, et une intervention militaire extérieure par une coalition menée par l’Arabie saoudite, pays allié de la France et en partie armée par elle, coalition à laquelle participe plusieurs milliers de membres des #Forces_d’Action_Rapide soudanaises, ancienne milice de Janjawid, aussi reconvertie en garde-frontière dans le cadre de la politique de contrôle migratoire mise en place par le Soudan à la demande de l’Union européenne, Forces d’Action Rapide dont le chef est l’homme fort actuel de la junte militaire qui a succédé au dictateur Omar El-Béchir. CIVIPOL agit dans cette complexité.

    Les deux autres programmes concerne la politique de #contrôle_migratoire. L’un, sous l’intitulé de « #Meilleure_Gestion_des_Migrations (https://static.mediapart.fr/files/2019/07/26/better-migration-management-bmm.pdf) », implique différents intervenants pour le compte de plusieurs États membres de l’Union européenne et des agences de l’ONU, sous coordination allemande, l’#Allemagne cofinançant ce programme. « Dans cette contribution, CIVIPOL fournit des formations pour les unités spécialisés en charge de la lutte contre le trafic d’êtres humains, forme les agents de police dans les #zones_frontalières et aide les autorités chargées de la formation de la #police ». Compte-tenu du rôle des Forces d’Action Rapide, il semble difficile que CIVIPOL ne les ait pas croisées. Ce programme a été suspendu en mars 2019, l’Union européenne ayant donné une explication quelque peu sybilline : « because they require the involvement of government counterparts to be carried out » (« parce que leur mise en œuvre exige l’implication d’interlocuteurs gouvernementaux d’un niveau équivalent »).

    L’autre, mis en œuvre par CIVIPOL, est le #ROCK (#Centre_opérationnel_régional_d'appui_au_processus_de_Khartoum et à l’Initiative de la Corne de l’Afrique de l’Union africaine (https://static.mediapart.fr/files/2019/07/26/regional-operational-center-in-khartoum-in-support-of-the-khartoum-) – en anglais #Regional_Operational_Centre_in_Khartoum etc.) La stratégie du projet ROCK est de faciliter l’#échange_d'informations entre les services de police compétents. Ainsi, le projet consiste à mettre en place une plate-forme à Khartoum, le centre régional "ROCK", afin de rassembler les #officiers_de_liaison des pays bénéficiaires en un seul endroit pour échanger efficacement des #informations_policières. » Il a été suspendu en juin « until the political/security situation is cleared » (« jusqu’à ce que la situation politique/sécurtiaire soit clarifiée ») selon l’Union européenne.

    D’après la présentation qu’on peut télécharger sur le site de CIVIPOL, le premier « programme intervient en réponse aux besoins identifiés par les pays africains du #processus_Khartoum », tandis que le second a été « lancé dans le cadre du processus de Khartoum à la demande des pays de la #Corne_de_l'Afrique ». Il ne faut donc surtout pas penser qu’il puisse s’agir d’une forme d’externalisation des politiques migratoires européennes.

    Ces deux programmes concernent neuf pays africains. L’un d’eux est l’#Érythrée. Il n’est pas interdit de penser que les liens tissés ont pu faciliter la coopération entre autorités françaises et érythréennes qui a permis l’expulsion d’un demandeur d’asile érythréen de France en Érythrée le 6 juin dernier.

    https://blogs.mediapart.fr/philippe-wannesson/blog/260719/civipol-au-soudan
    #complexe_militaro-industriel #externalisation #contrôles_frontaliers #migrations #asile #réfugiés #suspension #Erythrée