• It’s Not Whether You Were Exposed to the #Coronavirus. It’s How Much. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/05/29/health/coronavirus-transmission-dose.html

    Common respiratory viruses, like #influenza and other coronaviruses, should offer some insight. But researchers have found little consistency.

    For #SARS, also a coronavirus, the estimated infective dose is just a few hundred particles. For #MERS, the infective dose is much higher, on the order of thousands of particles.

    The new coronavirus, #SARS-CoV-2, is more similar to the SARS virus and, therefore, the infectious dose may be hundreds of particles, Dr. Rasmussen said.

    But the virus has a habit of defying predictions.

    Generally, people who harbor high levels of pathogens — whether from influenza, H.I.V. or SARS — tend to have more severe symptoms and are more likely to pass on the pathogens to others.

    But in the case of the new coronavirus, people who have no symptoms seem to have viral loads — that is, the amount of virus in their bodies — just as high as those who are seriously ill, according to some studies.

  • #Coronavirus research updates: The nose could be the body’s entry point to infection
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-00502-w

    The nose is the probable starting point for #COVID-19 infections.

    Richard Boucher and Ralph Baric at the University of North Carolina at Chapel Hill and their colleagues tracked the ease with which the new coronavirus infects various cell types in the respiratory tract. The researchers found a gradient of infectivity that decreases from the upper to the lower respiratory tract: the most easily infected cells are in the nasal cavity, and the least easily infected deep in the lungs. (Y. J. Hou et al. Cell http://doi.org/dw2j; 2020). That gradient mapped neatly onto the distribution of cells that express ACE2, a protein that #SARS-CoV-2 uses to enter cells.

    The authors speculate that the virus gets a foothold in the nose, then sneaks down the respiratory tract when breathed into the airways. They say the results support the use of masks and preventative measures such as nasal cleansing.

  • Hydroxychloroquine : nouveau rebondissement, l’étude Lancet largement critiquée RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_hydroxychloroquine-nouveau-rebondissement-l-etude-lancet-largement-criti


    La suspension par l’OMS des essais sur l’hydroxychloroquine aurait pu signer la fin de ce possible traitement contre le Covid-19. Mais l’étude responsable de cette décision est désormais attaquée de toutes parts, relançant le débat sur la molécule controversée.

    L’étude en cause, publiée le 22 mai dans la revue scientifique The Lancet, se fonde sur environ 96.000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 #hôpitaux, et compare l’état de ceux qui ont reçu le traitement à celui des patients qui ne l’ont pas eu.

    Le Dr #Mandeep_Mehra et ses collègues concluent que le traitement ne semble pas être bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et pourrait même être néfaste. Des résultats qu’ils maintiennent : « nous sommes fiers de contribuer aux travaux sur le Covid-19 » en cette période d’"incertitude", a déclaré à l’AFP vendredi l’un des auteurs, Sapan Desai.

    Ces résultats, qui vont dans le même sens que plusieurs autres études à plus petite échelle, ont eu un retentissement considérable et des conséquences spectaculaires.

    Trois jours plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la suspension par précaution des essais cliniques qu’elle menait sur cette molécule avec ses partenaires dans plusieurs pays.

    Plusieurs autres essais cliniques ont été suspendus et certains pays dont la France ont banni l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour le traitement du Covid-19, au grand dam de ses promoteurs.

    Le premier d’entre eux, le désormais célèbre Pr #Didier_Raoult, a d’ailleurs immédiatement jugé l’étude du #Lancet « foireuse » . Ses propres travaux qui concluent à l’efficacité de l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l’#azithromycine, ont été décriés, d’autres scientifiques pointant du doigt de nombreux biais méthodologiques.

    Mais même des chercheurs sceptiques sur l’intérêt de la molécule contre le Covid-19 ont exprimé leurs doutes sur l’étude du Lancet.

    Dans une lettre ouverte publiée jeudi soir, des dizaines de scientifiques du monde entier, de Harvard à l’Imperial College de Londres, soulignent ainsi que l’examen minutieux de l’étude du Lancet soulève « à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données ».

    Ils dressent une longue liste des points problématiques, d’incohérences dans les doses administrées dans certains pays à des questions éthiques sur la collecte des informations sur les patients, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes.

    « Briser la confiance »
    Ces données émanent de #Surgisphere, qui se présente comme une société d’analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis.

    L’entreprise dirigée par Sapan Desai a assuré que les accords avec les hôpitaux partenaires lui interdisent de partager les données, dont elle a défendu l’intégrité.

    Mais vendredi, le #Lancet a publié une correction sur des morts attribuées à un hôpital australien qui auraient dû être comptées en Asie.

    Cela « souligne le besoin de vérification des erreurs dans l’ensemble de la base de données », insistent les scientifiques signataires de la lettre ouverte, réclamant la mise en place par exemple par l’OMS d’un groupe chargé de mener une analyse indépendante des conclusions de l’étude.

    Le Dr Mehra a assuré vendredi à l’AFP qu’une « analyse académique indépendante des données » était lancée.

    Suspension « temporaire » du médicament
    Mais « les résultats, conclusions et interprétations de l’étude restent inchangés », a-t-il assuré, notant toutefois le caractère « intermédiaire » de cette étude observationnelle en attendant les résultats d’#essais_cliniques « nécessaires pour parvenir à une conclusion » sur l’#hydroxychloroquine.

    Interrogée vendredi sur cette affaire, l’OMS a noté que la suspension des essais impliquant l’hydroxychloroquine était « temporaire » et que ses experts rendraient leur « opinion finale » après l’examen d’autres éléments (notamment les analyses provisoires de l’#essai_Solidarity), probablement d’ici à la mi-juin.

    Des données devraient aussi venir de l’#essai britannique #Recovery, dont la partie hydroxychloroquine se poursuit. Se basant sur leurs propres données de mortalité, ses responsables estiment qu’il n’existe « pas de raison convaincante de suspendre le recrutement pour des raisons de sécurité ».

    La lettre ouverte, signée notamment par le Pr #Philippe_Parola, collaborateur du Pr Raoult, a immédiatement été relayée par ce dernier, citant Winston Churchill.

    « ’Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement’… De la guerre contre la chloroquine » , a-t-il twitté.

    J’ai hâte que cette histoire se termine

    Mais tous les signataires de la lettre ouverte sont loin d’être des défenseurs de l’hydroxychloroquine.
    * « J’ai des doutes sérieux sur les bénéfices d’un traitement à la #chloroquine /#hydroxychloroquine contre le #Covid-19 et j’ai hâte que cette histoire se termine, mais je crois que l’intégrité de la #recherche ne peut pas être invoquée uniquement quand un article ne va pas dans le sens de nos préconceptions », a commenté sur Twitter le Pr #François_Balloux, de l’University College de Londres.
    Aussi, « c’est avec le coeur lourd que j’ai ajouté mon nom à la lettre ouverte ».

    Signataires ou non, de nombreux scientifiques ont relayé leurs inquiétudes de l’impact de cette affaire sur la science, parfois avec les hashtags #Lancetgate ("scandale Lancet") ou #whats_with_hcq_lancet_paper ("que se passe-t-il avec l’étude du Lancet").

    « Si l’article du Lancet est une #fraude cela va briser la confiance dans les scientifiques de façon durable », a ainsi commenté vendredi le Pr #Gilbert_Deray, de la #Pitié-Salpêtrière à Paris. « J’attends avec inquiétude les résultats de l’#enquête ».

    #Santé #médicaments #big_pharma #médecine #pharma #industrie_pharmaceutique #anti_viral #coronavirus augmenter les ventes de #Remdesivir ( #Gilead ) #édition_scientifique

  • Quand Uber envoie des milliers de vélos Jump en bon état à la ferraille
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_quand-uber-envoie-des-milliers-de-velos-jump-en-bon-etat-a-la-ferraille?

    Avec le confinement, les géants américains des nouvelles technologies sont ébranlés sur leurs fondations. Uber est de ceux-là. Pour le leader mondial de la réservation de voitures de tourisme avec chauffeur, il est temps de se recentrer sur ses activités les plus rentables… et la location de vélos en libre-service n’en fait pas partie.

    Uber a ainsi présenté début mai un accord avec la start-up californienne Lime. Celle-ci rachète le service de vélos et de trottinettes en libre-service « Jump » qui appartenait à Uber depuis 2018.

    Lime, déjà actif dans le secteur partout dans le monde, hérite donc d’un gigantesque parc de vélos. Mais tous ne seront pas déployés dans les rues. Uber a en effet décidé d’en détruire plusieurs milliers.

    Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des centaines de bicyclettes alignées dans une casse de Caroline du Nord. Une pince mécanique les saisit pour les déverser dans un camion. Entre 20.000 et 30.000 exemplaires seraient concernés, selon les sources.

    Des vélos se sont mêmes retrouvés dans une décharge de la banlieue de Montréal. « J’ai voulu acheter deux vélos pour 100 $, mais [le ferrailleur] m’a dit qu’il ne pouvait pas en raison d’une entente confidentielle », rapporte un témoin cité par TVA Nouvelles.

    Pourquoi ne pas distribuer tous ces engins à ceux qui en auraient besoin, surtout à l’heure du déconfinement où les vélos sont particulièrement prisés par ceux qui cherchent une alternative aux transports en commun ?

    « Nous avons envisagé de donner les anciens modèles de vélo, mais étant donné des problèmes de maintenance, de fiabilité, de sécurité et de [l’absence de] chargeurs grand public, nous avons décidé qu’il était mieux de les recycler », déclare Uber dans un communiqué.

    Plusieurs versions du vélo
    Ce ne serait pas la seule raison. Le site bikesharemuseum, qui a investigué sur le sujet, pointe un autre élément. Il existe en réalité plusieurs générations de vélos Jump. Lime n’a hérité que d’une partie, dont les plus récents. Et n’a pas (encore) prévu de les mettre à ses couleurs si on en croit ce communiqué de presse de Lime annonçant le retour des vélos rouges dans les rues de Denver.

    La dernière version du vélo et l’informatique pour le faire fonctionner étaient toujours en cours de développement quand Uber a vendu l’entreprise. A charge de Lime de tout mettre au point et d’intégrer ces nouveaux véhicules à son système.

    « Cela pourrait prendre des mois, si pas plus, avant que Lime reprenne le contrôle [logiciel] sur le vélo, sans compter les défauts que les concepteurs originaux n’avaient pas eux-mêmes repérés », note bikesharemuseum.com

    #uber #lime #économie_collaborative #économie #Start_up #nouvelles_technologies #ferraille #alternative et #application #mobilité #transports pour #b #écologie
    #connectée #cyclistes #destruction

    • Santé Canada autorise la poursuite des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine
      https://www.ledevoir.com/societe/sante/579802/sante-canada-autorise-la-poursuite-des-essais-cliniques-sur-l-hydroxychlor

      Santé Canada autorise la poursuite des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine qui se déroulent au pays, malgré les résultats négatifs qui ont été publiés dans la revue The Lancet. L’organisme réglementaire fait valoir qu’aucun cas d’arythmie cardiaque n’a été signalé à ce jour dans le cadre de ces études.

      Suite à la publication des résultats d’une vaste étude indiquant que l’administration de chloroquine ou d’hydroxychloroquine seule ou en association avec l’azithromycine à des patients atteints de la COVID-19 qui étaient hospitalisés ne procurait aucun bénéfice dans le traitement de la COVID-19, et même augmentait les risques d’arythmie cardiaque et de mortalité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a suspendu l’essai clinique SOLIDARITY qu’elle soutenait.

      Santé Canada déplore le fait que les auteurs de cette étude ne spécifient pas « le type de précautions qui ont été prises lors de la prescription du médicament », et qu’ils n’ont pas « évalué l’influence de la dose du médicament » sur sa possible toxicité.

      Après avoir pris connaissance de l’article du Lancet, Santé Canada a communiqué avec les responsables des différents essais cliniques (au nombre de 9) qui sont menés sur l’hydroxychloroquine au Canada, dont notamment à McGill, afin qu’ils lui fournissent la liste des cas d’arythmie cardiaque qui ont pu se présenter jusqu’à maintenant, ainsi qu’un nouveau rapport du comité de surveillance de l’innocuité, lequel comité est composé d’experts indépendants qui examinent régulièrement les données reliées à l’innocuité du traitement étudié.

      En attendant ces informations et compte tenu du fait qu’aucun cas d’arythmie cardiaque n’a été signalé dans le cadre des différents essais cliniques autorisés au pays, Santé Canada ne recommande pas d’interrompre les études en cours.

      Concernant le volet canadien de l’essai SOLIDARITY soutenu par l’OMS, le ministère a toutefois décidé de suspendre le recrutement de nouveaux participants jusqu’à la réception du compte rendu du comité de surveillance des données et de la sécurité.

      Santé Canada affirme qu’il décidera, à la lumière des informations transmises dans les rapports des comités de surveillance sur l’innocuité, si de nouvelles mesures doivent être prises concernant les essais canadiens.

      Dans la réponse qu’il a adressée au Devoir, Santé Canada rappelle qu’il a approuvé ces différents essais cliniques sur l’hydroxychloroquine à la condition qu’« un dépistage adéquat et une surveillance étroite des participants soient mis en place ». Il réitère sa recommandation de ne permettre l’accès à ce médicament que dans le cadre d’essais cliniques.

      #coronavirus #hydroxychloroquine #covid-19 #chloroquine #covid19 #raoult #science #didier_raoult #pandémie #santé #épidémie #confinement #big_pharma #covid_19 #Canada #Quebec #bidonnage #OMS #gafa #lancet

  • Comment compter nos morts du Covid ?
    https://theconversation.com/comment-compter-nos-morts-du-covid-138278

    On estime finalement qu’entre le 15 mars et le 20 avril 2020, il y a eu 19 150 décès excédentaires par rapport à la normale (l’intervalle de confiance calculée par régression bayésienne donne : [15 750, 22 750]), à comparer aux 12 500 décès comptabilisés au 20 avril en hôpital et Ehpad, soit environ 50 % en plus. Rappelons qu’il s’agit du solde total de décès, qui inclut donc les décès directs causés par le Covid-19, les vies sauvées par la diminution de l’activité économique, d’autres facteurs non liés au Covid-19, etc. L’incertitude importante est principalement due à la variabilité de la mortalité d’une année sur l’autre, en dehors de tout événement remarquable. Cette estimation est cohérente avec d’autres estimations publiées (par exemple ici ou là).

    #coronavirus

  • #Coronavirus : Séoul limite le nombre d’élèves dans ses écoles à cause d’une flambée de cas
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/coronavirus-seoul-limite-le-nombre-d-eleves-dans-ses-ecoles-a-cause-d-une-f

    La Corée du Sud fut fin février le deuxième pays le plus touché par l’épidémie après son foyer chinois, mais le gouvernement est parvenu à maîtriser la situation grâce à une stratégie très poussée de tests et de traçage des contacts des personnes infectées qui lui a valu les éloges des capitales étrangères. Les restrictions avaient été largement levées au début du mois, et tout le pays était en voie de retrouver une vie normale, jusqu’à l’apparition de nouveaux foyers cette semaine dans la capitale et ses environs, qui a poussé les autorités à imposer de nouvelles restrictions. Les écoles avaient ainsi commencé à rouvrir graduellement.

  • #Belgique : Le suivi de contacts ( Le StopCovid belge) peine à démarrer
    https://bx1.be/news/le-suivi-de-contacts-peine-a-demarrer/?theme=classic
    Les personnes testées positives au Covid-19 sont très réticentes par rapport au suivi de leurs contacts. Aujourd’hui, le dispositif ne fonctionne pas à plein régime même si en une semaine, 1.440 personnes ont été identifiées comme étant à contacter en Région bruxelloise.
    . . . . . . . .
    sur 100 personnes testées positives au Covid-19, on n’avait pas de coordonnée pour 30 d’entre elles et 30 autres refusent de répondre. 29 répondent à l’appel mais 12 ne donnent pas les noms des personnes qu’elles ont rencontrées. Celles qui jouent le jeu, donnent en moyenne 2 noms alors que les experts s’attendaient à devoir contacter une dizaine d’individus.
    . . . . . . . .
    A Bruxelles, la situation n’est évidemment pas très différente. Au 1er juin, 115 équivalents temps plein seront actifs dans les centres d’appel alors que la Région avait prévu d’en engager 234. Mais vu le faible nombre de personnes à contacter, il est pour le moment inutile de poursuivre le recrutement. Cela représente une économie d’environ 800.000 euros.

    “Nous pouvons absorber un travail supplémentaire, ajoute le ministre. A l’heure actuelle, tous les jours, 22 personnes sont testées positives à Bruxelles. Entre le 11 et le 27 mai, 1.440 personnes ont été identifiées comme étant à contacter pour un suivi des contacts.”


    . . . . . . . .
    Aujourd’hui, nous sommes dans la capacité d’effectuer plus de tests mais il faut revoir les critères de dépistage.”
    Actuellement, 9 centres sont ouverts sur les 13 qui étaient disponibles au départ. Et ces 9 centres ne sont pas en surcharge de travail. Certains réduisent même leurs horaires. La semaine dernière, 1.221 tests ont été réalisés dans les centres de tri et 140 personnes ont été détectées positives.
    . . . . . . . .

    #confiance #vie_privée #surveillance #données_personnelles #santé #privacy #coronaviris #Covid-19 #call_centers #contacts #traçage

  • Covid-19, la #frontiérisation aboutie du #monde

    Alors que le virus nous a rappelé la condition de commune humanité, les frontières interdisent plus que jamais de penser les conditions du cosmopolitisme, d’une société comme un long tissu vivant sans couture à même de faire face aux aléas, aux menaces à même d’hypothéquer le futur. La réponse frontalière n’a ouvert aucun horizon nouveau, sinon celui du repli. Par Adrien Delmas, historien et David Goeury, géographe.

    La #chronologie ci-dessus représente cartographiquement la fermeture des frontières nationales entre le 20 janvier et le 30 avril 2020 consécutive de la pandémie de Covid-19, phénomène inédit dans sa célérité et son ampleur. Les données ont été extraites des déclarations gouvernementales concernant les restrictions aux voyages, les fermetures des frontières terrestres, maritimes et aériennes et des informations diffusées par les ambassades à travers le monde. En plus d’omissions ou d’imprécisions, certains biais peuvent apparaitre notamment le décalage entre les mesures de restriction et leur application.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=64&v=mv-OFB4WfBg&feature=emb_logo

    En quelques semaines, le nouveau coronavirus dont l’humanité est devenue le principal hôte, s’est propagé aux quatre coins de la planète à une vitesse sans précédent, attestant de la densité des relations et des circulations humaines. Rapidement deux stratégies politiques se sont imposées : fermer les frontières nationales et confiner les populations.

    Par un processus de #mimétisme_politique global, les gouvernements ont basculé en quelques jours d’une position minimisant le risque à des politiques publiques de plus en plus drastiques de contrôle puis de suspension des mobilités. Le recours systématique à la fermeture d’une limite administrative interroge : n’y a-t-il pas, comme répété dans un premier temps, un décalage entre la nature même de l’#épidémie et des frontières qui sont des productions politiques ? Le suivi de la diffusion virale ne nécessite-t-il un emboîtement d’échelles (famille, proches, réseaux de sociabilité et professionnels…) en deçà du cadre national ?

    Nous nous proposons ici de revenir sur le phénomène sans précédent d’activation et de généralisation de l’appareil frontalier mondial, en commençant par retrouver la chronologie précise des fermetures successives. Bien que resserrée sur quelques jours, des phases se dessinent, pour aboutir à la situation présente de fermeture complète.

    Il serait vain de vouloir donner une lecture uniforme de ce phénomène soudain mais nous partirons du constat que le phénomène de « frontiérisation du monde », pour parler comme Achille Mbembe, était déjà à l’œuvre au moment de l’irruption épidémique, avant de nous interroger sur son accélération, son aboutissement et sa réversibilité.

    L’argument sanitaire

    Alors que la présence du virus était attestée, à partir de février 2020, dans les différentes parties du monde, la fermeture des frontières nationales s’est imposée selon un principe de cohérence sanitaire, le risque d’importation du virus par des voyageurs était avéré. Le transport aérien a permis au virus de faire des sauts territoriaux révélant un premier archipel économique liant le Hubei au reste du monde avant de se diffuser au gré de mobilités multiples.

    Pour autant, les réponses des premiers pays touchés, en l’occurrence la Chine et la Corée du Sud, se sont organisées autour de l’élévation de barrières non-nationales : personnes infectées mises en quarantaine, foyers, ilots, ville, province etc. L’articulation raisonnée de multiples échelles, l’identification et le ciblage des clusters, ont permis de contrôler la propagation du virus et d’en réduire fortement la létalité. A toutes ces échelles d’intervention s’ajoute l’échelle mondiale où s‘est organisée la réponse médicale par la recherche collective des traitements et des vaccins.

    Face à la multiplication des foyers de contamination, la plupart des gouvernements ont fait le choix d’un repli national. La fermeture des frontières est apparue comme une modalité de reprise de contrôle politique et le retour aux sources de l’État souverain. Bien que nul dirigeant ne peut nier avoir agi « en retard », puisque aucun pays n’est exempt de cas de Covid-19, beaucoup d’États se réjouissent d’avoir fermé « à temps », avant que la vague n’engendre une catastrophe.

    L’orchestration d’une réponse commune concertée notamment dans le cadre de l’OMS est abandonnée au profit d’initiatives unilatérales. La fermeture des frontières a transformé la pandémie en autant d’épidémies nationales, devenant par là un exemple paradigmatique du nationalisme méthodologique, pour reprendre les termes d’analyse d’Ulrich Beck.

    S’impose alors la logique résidentielle : les citoyens présents sur un territoire deviennent comptables de la diffusion de l’épidémie et du maintien des capacités de prise en charge par le système médical. La dialectique entre gouvernants et gouvernés s’articule alors autour des décomptes quotidiens, de chiffres immédiatement comparés, bien que pas toujours commensurables, à ceux des pays voisins.

    La frontiérisation du monde consécutive de la pandémie de coronavirus ne peut se résumer à la seule somme des fermetures particulières, pays par pays. Bien au contraire, des logiques collectives se laissent entrevoir. A défaut de concertation, les gouvernants ont fait l’expérience du dilemme du prisonnier.

    Face à une opinion publique inquiète, un chef de gouvernement prenait le risque d’être considéré comme laxiste ou irresponsable en maintenant ses frontières ouvertes alors que les autres fermaient les leurs. Ces phénomènes mimétiques entre États se sont démultipliés en quelques jours face à la pandémie : les États ont redécouvert leur maîtrise biopolitique via les mesures barrières, ils ont défendu leur rationalité en suivant les avis de conseils scientifiques et en discréditant les approches émotionnelles ou religieuses ; ils ont privilégié la suspension des droits à grand renfort de mesures d’exception. Le risque global a alors légitimé la réaffirmation d’une autorité nationale dans un unanimisme relatif.

    Chronologie de la soudaineté

    La séquence vécue depuis la fin du mois janvier de l’année 2020 s’est traduite par une série d’accélérations venant renforcer les principes de fermeture des frontières. Le développement de l’épidémie en Chine alarme assez rapidement la communauté internationale et tout particulièrement les pays limitrophes.

    La Corée du Nord prend les devants dès le 21 janvier en fermant sa frontière avec la Chine et interdit tout voyage touristique sur son sol. Alors que la Chine développe une stratégie de confinement ciblé dès le 23 janvier, les autres pays frontaliers ferment leurs frontières terrestres ou n’ouvrent pas leurs frontières saisonnières d’altitude comme le Pakistan.

    Parallèlement, les pays non frontaliers entament une politique de fermeture des routes aériennes qui constituent autant de points potentiels d’entrée du virus. Cette procédure prend des formes différentes qui relèvent d’un gradient de diplomatie. Certains se contentent de demander aux compagnies aériennes nationales de suspendre leurs vols, fermant leur frontière de facto (Algérie, Égypte, Maroc, Rwanda, France, Canada, entre autres), d’autres privilégient l’approche plus frontale comme les États-Unis qui, le 2 février, interdisent leur territoire au voyageurs ayant séjournés en Chine.

    La propagation très rapide de l’épidémie en Iran amène à une deuxième tentative de mise en quarantaine d’un pays dès le 20 février. Le rôle de l’Iran dans les circulations terrestres de l’Afghanistan à la Turquie pousse les gouvernements frontaliers à fermer les points de passage. De même, le gouvernement irakien étroitement lié à Téhéran finit par fermer la frontière le 20 février. Puis les voyageurs ayant séjourné en Iran sont à leur tour progressivement considérés comme indésirables. Les gouvernements décident alors de politiques d’interdiction de séjour ciblées ou de mises en quarantaine forcées par la création de listes de territoires à risques.

    Le développement de l’épidémie en Italie amène à un changement de paradigme dans la gestion de la crise sanitaire. L’épidémie est dès lors considérée comme effectivement mondiale mais surtout elle est désormais perçue comme incontrôlable tant les foyers de contamination potentiels sont nombreux.

    La densité des relations intra-européennes et l’intensité des mobilités extra-européennes génèrent un sentiment d’anxiété face au risque de la submersion, le concept de « vague » est constamment mobilisé. Certains y ont lu une inversion de l’ordre migratoire planétaire. Les pays aux revenus faibles ou limités décident de fermer leurs frontières aux individus issus des pays aux plus hauts revenus.

    Les derniers jours du mois de février voient des gouvernements comme le Liban créer des listes de nationalités indésirables, tandis que d’autres comme Fiji décident d’un seuil de cas identifiés de Covid-19. Les interdictions progressent avec le Qatar et l’Arabie Saoudite qui ferment leur territoire aux Européens dès le 9 mars avant de connaître une accélération le 10 mars.

    Les frontières sont alors emportées dans le tourbillon des fermetures.

    La Slovénie débute la suspension de la libre circulation au sein de l’espace Schengen en fermant sa frontière avec l’Italie. Elle est suivie par les pays d’Europe centrale (Tchéquie, Slovaquie). En Afrique et en Amérique, les relations avec l’Union européenne sont suspendues unilatéralement. Le Maroc ferme ses frontières avec l’Espagne dès le 12 mars. Ce même jour, les États-Unis annonce la restriction de l’accès à son territoire aux voyageurs issu de l’Union européenne. La décision américaine est rapidement élargie au monde entier, faisant apparaitre l’Union européenne au cœur des mobilités planétaires.

    En quelques jours, la majorité des frontières nationales se ferment à l’ensemble du monde. Les liaisons aériennes sont suspendues, les frontières terrestres sont closes pour éviter les stratégies de contournements.

    Les pays qui échappent à cette logique apparaissent comme très minoritaires à l’image du Mexique, du Nicaragua, du Laos, du Cambodge ou de la Corée du Sud. Parmi eux, certains sont finalement totalement dépendants de leurs voisins comme le Laos et le Cambodge prisonniers des politiques restrictives du Vietnam et de la Thaïlande.

    Au-delà de ces gouvernements qui résistent à la pression, des réalités localisées renseignent sur l’impossible fermeture des frontières aux mobilités quotidiennes. Ainsi, malgré des discours de fermeté, exception faite de la Malaisie, des États ont maintenus la circulation des travailleurs transfrontaliers.

    Au sein de l’espace Schengen, la Slovénie maintient ses relations avec l’Autriche, malgré sa fermeté vis-à-vis de l’Italie. Le 16 mars, la Suisse garantit l’accès à son territoire aux salariés du Nord de l’Italie et du Grand Est de la France, pourtant les plus régions touchées par la pandémie en Europe. Allemagne, Belgique, Norvège, Finlande, Espagne font de même.

    De l’autre côté de l’Atlantique, malgré la multiplication des discours autoritaires, un accord est trouvé le 18 mars avec le Canada et surtout le 20 mars avec le Mexique pour maintenir la circulation des travailleurs. Des déclarations conjointes sont publiées le 21 mars. Partout, la question transfrontalière oblige au bilatéralisme. Uruguay et Brésil renoncent finalement à fermer leur frontière commune tant les habitants ont développé un « mode de vie binational » pour reprendre les termes de deux gouvernements. La décision unilatérale du 18 mars prise par la Malaisie d’interdire à partir du 20 mars tout franchissement de sa frontière prend Singapour de court qui doit organiser des modalités d’hébergement pour plusieurs dizaines de milliers de travailleurs considérés comme indispensables.

    Ces fermetures font apparaitre au grand jour la qualité des coopérations bilatérales.

    Certains États ferment d’autant plus facilement leur frontière avec un pays lorsque préexistent d’importantes rivalités à l’image de la Papouasie Nouvelle Guinée qui ferme immédiatement sa frontière avec l’Indonésie pourtant très faiblement touchée par la pandémie. D’autres en revanche, comme la Tanzanie refusent de fermer leurs frontières terrestres pour maintenir aux États voisins un accès direct à la mer.

    Certains observateurs se sont plu à imaginer des basculements dans les rapports de pouvoirs entre l’Afrique et l’Europe notamment. Après ces fermetures soudaines, le bal mondial des rapatriements a commencé, non sans de nombreuses fausses notes.

    L’accélération de la frontiérisation du monde

    La fermeture extrêmement rapide des frontières mondiales nous rappelle ensuite combien les dispositifs nationaux étaient prêts pour la suspension complète des circulations. Comme dans bien des domaines, la pandémie s’est présentée comme un révélateur puissant, grossissant les traits d’un monde qu’il est plus aisé de diagnostiquer, à présent qu’il est suspendu.

    Ces dernières années, l’augmentation des mobilités internationales par le trafic aérien s’est accompagnée de dispositifs de filtrage de plus en plus drastiques notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les multiples étapes de contrôle articulant dispositifs administratifs dématérialisés pour les visas et dispositifs de plus en plus intrusifs de contrôle physique ont doté les frontières aéroportuaires d’une épaisseur croissante, partageant l’humanité en deux catégories : les mobiles et les astreints à résidence.

    En parallèle, les routes terrestres et maritimes internationales sont restées actives et se sont même réinventées dans le cadre des mobilités dites illégales. Or là encore, l’obsession du contrôle a favorisé un étalement de la frontière par la création de multiples marches frontalières faisant de pays entiers des lieux de surveillance et d’assignation à résidence avec un investissement continu dans les dispositifs sécuritaires.

    L’épaisseur des frontières se mesure désormais par la hauteur des murs mais aussi par l’exploitation des obstacles géophysiques : les fleuves, les cols, les déserts et les mers, où circulent armées et agences frontalières. À cela s’est ajouté le pistage et la surveillance digitale doublés d’un appareil administratif aux démarches labyrinthiques faites pour ne jamais aboutir.

    Pour décrire ce phénomène, Achille Mbembe parlait de « frontiérisation du monde » et de la mise en place d’un « nouveau régime sécuritaire mondial où le droit des ressortissants étrangers de franchir les frontières d’un autre pays et d’entrer sur son territoire devient de plus en plus procédural et peut être suspendu ou révoqué à tout instant et sous n’importe quel prétexte. »

    La passion contemporaine pour les murs relève de l’iconographie territoriale qui permet d’appuyer les représentations sociales d’un contrôle parfait des circulations humaines, et ce alors que les frontières n’ont jamais été aussi polymorphes.

    Suite à la pandémie, la plupart des gouvernements ont pu mobiliser sans difficulté l’ingénierie et l’imaginaire frontaliers, en s’appuyant d’abord sur les compagnies aériennes pour fermer leur pays et suspendre les voyages, puis en fermant les aéroports avant de bloquer les frontières terrestres.

    Les réalités frontalières sont rendues visibles : la Norvège fait appel aux réservistes et retraités pour assurer une présence à sa frontière avec la Suède et la Finlande. Seuls les pays effondrés, en guerre, ne ferment pas leurs frontières comme au sud de la Libye où circulent armes et combattants.

    Beaucoup entretiennent des fictions géographiques décrétant des frontières fermées sans avoir les moyens de les surveiller comme la France en Guyane ou à Mayotte. Plus que jamais, les frontières sont devenues un rapport de pouvoir réel venant attester des dépendances économiques, notamment à travers la question migratoire, mais aussi symboliques, dans le principe de la souveraineté et son autre, à travers la figure de l’étranger. Classe politique et opinion publique adhèrent largement à une vision segmentée du monde.

    Le piège de l’assignation à résidence

    Aujourd’hui, cet appareil frontalier mondial activé localement, à qui l’on a demandé de jouer une nouvelle partition sanitaire, semble pris à son propre piège. Sa vocation même qui consistait à décider qui peut se déplacer, où et dans quelles conditions, semble égarée tant les restrictions sont devenues, en quelques jours, absolues.

    Le régime universel d’assignation à résidence dans lequel le monde est plongé n’est pas tant le résultat d’une décision d’ordre sanitaire face à une maladie inconnue, que la simple activation des dispositifs multiples qui préexistaient à cette maladie. En l’absence d’autres réponses disponibles, ces fermetures se sont imposées. L’humanité a fait ce qu’elle savait faire de mieux en ce début du XXIe siècle, sinon la seule chose qu’elle savait faire collectivement sans concertation préalable, fermer le monde.

    L’activation de la frontière a abouti à sa consécration. Les dispositifs n’ont pas seulement été activés, ils ont été renforcés et généralisés. Le constat d’une entrave des mobilités est désormais valable pour tous, et la circulation est devenue impossible, de fait, comme de droit. Pauvres et riches, touristes et hommes d’affaires, sportifs ou diplomates, tout le monde, sans exception aucune, fait l’expérience de la fermeture et de cette condition dans laquelle le monde est plongé.

    Seuls les rapatriés, nouveau statut des mobilités en temps de pandémie, sont encore autorisés à rentrer chez eux, dans les limites des moyens financiers des États qu’ils souhaitent rejoindre. Cette entrave à la circulation est d’ailleurs valable pour ceux qui la décident. Elle est aussi pour ceux qui l’analysent : le témoin de ce phénomène n’existe pas ou plus, lui-même pris, complice ou victime, de cet emballement de la frontiérisation.

    C’est bien là une caractéristique centrale du processus en cours, il n’y a plus de point de vue en surplomb, il n’y a plus d’extérieur, plus d’étranger, plus de pensée du dehors. La pensée est elle-même confinée. Face à la mobilisation et l’emballement d’une gouvernementalité de la mobilité fondée sur l’entrave, l’abolition pure et simple du droit de circuler, du droit d’être étranger, du droit de franchir les frontières d’un autre pays et d’entrer sur son territoire n’est plus une simple fiction.

    Les dispositifs de veille de ces droits, bien que mis à nus, ne semblent plus contrôlables et c’est en ce sens que l’on peut douter de la réversibilité de ces processus de fermeture.

    Réversibilité

    C’est à l’aune de ce constat selon lequel le processus de frontiérisation du monde était à déjà l’œuvre au moment de l’irruption épidémique que l’on peut interroger le caractère provisoire de la fermeture des frontières opérée au cours du mois de mars 2020.

    Pourquoi un processus déjà enclenché ferait machine arrière au moment même où il accélère ? Comme si l’accélération était une condition du renversement. Tout se passe plutôt comme si le processus de frontiérisation s’était cristallisé.

    La circulation internationale des marchandises, maintenue au pic même de la crise sanitaire, n’a pas seulement permis l’approvisionnement des populations, elle a également rappelé que, contrairement à ce que défendent les théories libérales, le modèle économique mondial fonctionne sur l’axiome suivant : les biens circulent de plus en plus indépendamment des individus.

    Nous venons bien de faire l’épreuve du caractère superflu de la circulation des hommes et des femmes, aussi longtemps que les marchandises, elles, circulent. Combien de personnes bloquées de l’autre côté d’une frontière, dans l’impossibilité de la traverser, quand le moindre colis ou autre produit traverse ?

    Le réseau numérique mondial a lui aussi démontré qu’il était largement à même de pallier à une immobilité généralisée. Pas de pannes de l’Internet à l’horizon, à l’heure où tout le monde est venu y puiser son travail, ses informations, ses loisirs et ses sentiments.

    De là à penser que les flux de data peuvent remplacer les flux migratoires, il n’y qu’un pas que certains ont déjà franchi. La pandémie a vite fait de devenir l’alliée des adeptes de l’inimitié entre les nations, des partisans de destins et de développement séparés, des projets d’autarcie et de démobilité.

    Alors que le virus nous a rappelé la condition de commune humanité, les frontières interdisent plus que jamais de penser les conditions du cosmopolitisme, d’une société comme un long tissu vivant sans couture à même de faire face aux aléas, aux zoonoses émergentes, au réchauffement climatique, aux menaces à même d’hypothéquer le futur.

    La réponse frontalière n’a ouvert aucun horizon nouveau, sinon celui du repli sur des communautés locales, plus petites encore, formant autant de petites hétérotopies localisées. Si les étrangers que nous sommes ou que nous connaissons se sont inquiétés ces dernières semaines de la possibilité d’un retour au pays, le drame qui se jouait aussi, et qui continue de se jouer, c’est bien l’impossibilité d’un aller.

    https://blogs.mediapart.fr/adrien-delmas/blog/280520/covid-19-la-frontierisation-aboutie-du-monde
    #frontières #fermeture_des_frontières #migrations #covid-19 #coronavirus #immobilité #mobilité #confinement #cartographie #vidéo #animation #visualisation #nationalisme_méthodologique #ressources_pédagogiques #appareil_frontalier_mondial #cohérence_sanitaire #crise_sanitaire #transport_aérien #Hubei #clusters #échelle #repli_national #contrôle_politique #Etat-nation #unilatéralisme #multilatéralisme #dilemme_du_prisonnier #mesures_barrière #rationalité #exceptionnalité #exceptionnalisme #autorité_nationale #soudaineté #routes_aériennes #Iran #Italie #Chine #vague #nationalités_indésirables #travailleurs_étrangers #frontaliers #filtrage #contrôles_frontaliers #contrôle #surveillance #marches_frontalières #assignation_à_résidence #pistage #surveillance_digitale #circulations #imaginaire_frontalier #ingénierie_frontalière #compagnies_aériennes #frontières_terrestres #aéroports #fictions_géographiques #géographie_politique #souveraineté #partition_sanitaire #rapatriés #gouvernementalité #droit_de_circuler #liberté_de_circulation #liberté_de_mouvement #réversibilité #irréversibilité #provisoire #définitif #cristallisation #biens #marchandises #immobilité_généralisée #cosmopolitisme #réponse_frontalière

    ping @mobileborders @karine4 @isskein @thomas_lacroix @reka

    • Épisode 1 : Liberté de circulation : le retour des frontières

      Premier temps d’une semaine consacrée aux #restrictions de libertés pendant la pandémie de coronavirus. Arrêtons-nous aujourd’hui sur une liberté entravée que nous avons tous largement expérimentée au cours des deux derniers mois : celle de circuler, incarnée par le retour des frontières.

      https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/droits-et-libertes-au-temps-du-corona-14-liberte-de-circulation-le-ret

    • #Anne-Laure_Amilhat-Szary (@mobileborders) : « Nous avons eu l’impression que nous pouvions effectivement fermer les frontières »

      En Europe, les frontières rouvrent en ordre dispersé, avec souvent le 15 juin pour date butoir. Alors que la Covid-19 a atteint plus de 150 pays, la géographe Anne-Laure Amilhat-Szary analyse les nouveaux enjeux autour de ces séparations, nationales mais aussi continentales ou sanitaires.

      https://www.franceculture.fr/geopolitique/anne-laure-amilhat-szary-nous-avons-eu-limpression-que-nous-pouvions-e

    • « Nous sommes très loin d’aller vers un #repli à l’intérieur de #frontières_nationales »
      Interview avec Anne-Laure Amilhat-Szary (@mobileborders)

      Face à la pandémie de Covid-19, un grand nombre de pays ont fait le choix de fermer leurs frontières. Alors que certains célèbrent leurs vertus prophylactiques et protectrices, et appellent à leur renforcement dans une perspective de démondialisation, nous avons interrogé la géographe Anne-Laure Amilhat Szary, auteure notamment du livre Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? (PUF, 2015), sur cette notion loin d’être univoque.

      Usbek & Rica : Avec la crise sanitaire en cours, le monde s’est soudainement refermé. Chaque pays s’est retranché derrière ses frontières. Cette situation est-elle inédite ? À quel précédent historique peut-elle nous faire penser ?

      Anne-Laure Amilhat Szary : On peut, semble-t-il, trouver trace d’un dernier grand épisode de confinement en 1972 en Yougoslavie, pendant une épidémie de variole ramenée par des pèlerins de La Mecque. 10 millions de personnes avaient alors été confinées, mais au sein des frontières nationales… On pense forcément aux grands confinements historiques contre la peste ou le choléra (dont l’efficacité est vraiment questionnée). Mais ces derniers eurent lieu avant que l’État n’ait la puissance régulatrice qu’on lui connaît aujourd’hui. Ce qui change profondément désormais, c’est que, même confinés, nous restons connectés. Que signifie une frontière fermée si l’information et la richesse continuent de circuler ? Cela pointe du doigt des frontières aux effets très différenciés selon le statut des personnes, un monde de « frontiérités » multiples plutôt que de frontières établissant les fondements d’un régime universel du droit international.

      Les conséquences juridiques de la fermeture des frontières sont inédites : en supprimant la possibilité de les traverser officiellement, on nie l’urgence pour certains de les traverser au péril de leur vie. Le moment actuel consacre en effet la suspension du droit d’asile mis en place par la convention de Genève de 1951. La situation de l’autre côté de nos frontières, en Méditerranée par exemple, s’est détériorée de manière aiguë depuis début mars.

      Certes, les populistes de tous bords se servent de la menace que représenteraient des frontières ouvertes comme d’un ressort politique, et ça marche bien… jusqu’à ce que ces mêmes personnes prennent un vol low-cost pour leurs vacances dans le pays voisin et pestent tant et plus sur la durée des files d’attentes à l’aéroport. Il y a d’une part une peur des migrants, qui pourraient « profiter » de Schengen, et d’autre part, une volonté pratique de déplacements facilités, à la fois professionnels et de loisirs, de courte durée. Il faut absolument rappeler que si le coronavirus est chez nous, comme sur le reste de la planète, c’est que les frontières n’ont pas pu l’arrêter ! Pas plus qu’elles n’avaient pu quelque chose contre le nuage de Tchernobyl. L’utilité de fermer les frontières aujourd’hui repose sur le fait de pouvoir soumettre, en même temps, les populations de différents pays à un confinement parallèle.

      Ne se leurre-t-on pas en croyant assister, à la faveur de la crise sanitaire, à un « retour des frontières » ? N’est-il pas déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années ?

      Cela, je l’ai dit et écrit de nombreuses fois : les frontières n’ont jamais disparu, on a juste voulu croire à « la fin de la géographie », à l’espace plat et lisse de la mondialisation, en même temps qu’à la fin de l’histoire, qui n’était que celle de la Guerre Froide.

      Deux choses nouvelles illustrent toutefois la matérialité inédite des frontières dans un monde qui se prétend de plus en plus « dématérialisé » : 1) la possibilité, grâce aux GPS, de positionner la ligne précisément sur le terrain, de borner et démarquer, même en terrain difficile, ce qui était impossible jusqu’ici. De ce fait, on a pu régler des différends frontaliers anciens, mais on peut aussi démarquer des espaces inaccessibles de manière régulière, notamment maritimes. 2) Le retour des murs et barrières, spectacle de la sécurité et nouvel avatar de la frontière. Mais attention, toute frontière n’est pas un mur, faire cette assimilation c’est tomber dans le panneau idéologique qui nous est tendu par le cadre dominant de la pensée contemporaine.

      La frontière n’est pas une notion univoque. Elle peut, comme vous le dites, se transformer en mur, en clôture et empêcher le passage. Elle peut être ouverte ou entrouverte. Elle peut aussi faire office de filtre et avoir une fonction prophylactique, ou bien encore poser des limites, à une mondialisation débridée par exemple. De votre point de vue, de quel type de frontières avons-nous besoin ?

      Nous avons besoin de frontières filtres, non fermées, mais qui soient véritablement symétriques. Le problème des murs, c’est qu’ils sont le symptôme d’un fonctionnement dévoyé du principe de droit international d’égalité des États. À l’origine des relations internationales, la définition d’une frontière est celle d’un lieu d’interface entre deux souverainetés également indépendantes vis-à-vis du reste du monde.

      Les frontières sont nécessaires pour ne pas soumettre le monde à un seul pouvoir totalisant. Il se trouve que depuis l’époque moderne, ce sont les États qui sont les principaux détenteurs du pouvoir de les fixer. Ils ont réussi à imposer un principe d’allégeance hiérarchique qui pose la dimension nationale comme supérieure et exclusive des autres pans constitutifs de nos identités.

      Mais les frontières étatiques sont bien moins stables qu’on ne l’imagine, et il faut aujourd’hui ouvrir un véritable débat sur les formes de frontières souhaitables pour organiser les collectifs humains dans l’avenir. Des frontières qui se défassent enfin du récit sédentaire du monde, pour prendre véritablement en compte la possibilité pour les hommes et les femmes d’avoir accès à des droits là où ils vivent.

      Rejoignez-vous ceux qui, comme le philosophe Régis Debray ou l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, font l’éloge des frontières et appellent à leur réaffirmation ? Régis Débray écrit notamment : « L’indécence de l’époque ne provient pas d’un excès mais d’un déficit de frontières »…

      Nous avons toujours eu des frontières, et nous avons toujours été mondialisés, cette mondialisation se réalisant à l’échelle de nos mondes, selon les époques : Mer de Chine et Océan Indien pour certains, Méditerranée pour d’autres. À partir des XII-XIIIe siècle, le lien entre Europe et Asie, abandonné depuis Alexandre le Grand, se développe à nouveau. À partir du XV-XVIe siècle, c’est l’âge des traversées transatlantiques et le bouclage du monde par un retour via le Pacifique…

      Je ne suis pas de ces nostalgiques à tendance nationaliste que sont devenus, pour des raisons différentes et dans des trajectoires propres tout à fait distinctes, Régis Debray ou Arnaud Montebourg. Nous avons toujours eu des frontières, elles sont anthropologiquement nécessaires à notre constitution psychologique et sociale. Il y en a même de plus en plus dans nos vies, au fur et à mesure que les critères d’identification se multiplient : frontières de race, de classe, de genre, de religion, etc.

      Nos existences sont striées de frontières visibles et invisibles. Pensons par exemple à celles que les digicodes fabriquent au pied des immeubles ou à l’entrée des communautés fermées, aux systèmes de surveillance qui régulent l’entrée aux bureaux ou des écoles. Mais pensons aussi aux frontières sociales, celles d’un patronyme étranger et racialisé, qui handicape durablement un CV entre les mains d’un.e recruteur.e, celles des différences salariales entre femmes et hommes, dont le fameux « plafond de verre » qui bloque l’accès aux femmes aux fonctions directoriales. Mais n’oublions pas les frontières communautaires de tous types sont complexes car mêlant à la fois la marginalité choisie, revendiquée, brandie comme dans les « marches des fiertés » et la marginalité subie du rejet des minorités, dont témoigne par exemple la persistance de l’antisémitisme.

      La seule chose qui se transforme en profondeur depuis trente ans et la chute du mur de Berlin, c’est la frontière étatique, car les États ont renoncé à certaines des prérogatives qu’ils exerçaient aux frontières, au profit d’institutions supranationales ou d’acteurs privés. D’un côté l’Union Européenne et les formes de subsidiarité qu’elle permet, de l’autre côté les GAFAM et autres géants du web, qui échappent à la fiscalité, l’une des raisons d’être des frontières. Ce qui apparaît aussi de manière plus évidente, c’est que les États puissants exercent leur souveraineté bien au-delà de leurs frontières, à travers un « droit d’ingérence » politique et militaire, mais aussi à travers des prérogatives commerciales, comme quand l’Arabie Saoudite négocie avec l’Éthiopie pour s’accaparer ses terres en toute légalité, dans le cadre du land grabbing.

      Peut-on croire à l’hypothèse d’une démondialisation ? La frontière peut-elle être précisément un instrument pour protéger les plus humbles, ceux que l’on qualifie de « perdants de la mondialisation » ? Comment faire en sorte qu’elle soit justement un instrument de protection, de défense de certaines valeurs (sociales notamment) et non synonyme de repli et de rejet de l’autre ?

      Il faut replacer la compréhension de la frontière dans une approche intersectionnelle : comprendre toutes les limites qui strient nos existences et font des frontières de véritables révélateurs de nos inégalités. Conçues comme des instruments de protection des individus vivant en leur sein, dans des périmètres où l’Etat détenteur du monopole exclusif de la violence est censé garantir des conditions de vie équitables, les frontières sont désormais des lieux qui propulsent au contraire les personnes au contact direct de la violence de la mondialisation.

      S’il s’agit de la fin d’une phase de la mondialisation, celle de la mondialisation financière échevelée, qui se traduit par une mise à profit maximalisée des différenciations locales dans une mise en concurrence généralisée des territoires et des personnes, je suis pour ! Mais au vu de nos technologies de communication et de transports, nous sommes très loin d’aller vers un repli à l’intérieur de frontières nationales. Regardez ce que, en période de confinement, tous ceux qui sont reliés consomment comme contenus globalisés (travail, culture, achats, sport) à travers leur bande passante… Regardez qui consomme les produits mondialisés, du jean à quelques euros à la farine ou la viande produite à l’autre bout du monde arrivant dans nos assiettes moins chères que celle qui aurait été produite par des paysans proches de nous… Posons-nous la question des conditions dans lesquelles ces consommateurs pourraient renoncer à ce que la mondialisation leur offre !

      Il faut une approche plus fine des effets de la mondialisation, notamment concernant la façon dont de nombreux phénomènes, notamment climatiques, sont désormais établis comme étant partagés - et ce, sans retour possible en arrière. Nous avons ainsi besoin de propositions politiques supranationales pour gérer ces crises sanitaires et environnementales (ce qui a manqué singulièrement pour la crise du Cocid-19, notamment l’absence de coordination européenne).

      Les frontières sont des inventions humaines, depuis toujours. Nous avons besoin de frontières comme repères dans notre rapport au monde, mais de frontières synapses, qui font lien en même temps qu’elles nous distinguent. De plus en plus de personnes refusent l’assignation à une identité nationale qui l’emporterait sur tous les autres pans de leur identité : il faut donc remettre les frontières à leur place, celle d’un élément de gouvernementalité parmi d’autres, au service des gouvernants, mais aussi des gouvernés. Ne pas oublier que les frontières devraient être d’abord et avant tout des périmètres de redevabilité. Des espaces à l’intérieur desquels on a des droits et des devoirs que l’on peut faire valoir à travers des mécanismes de justice ouverts.

      https://usbeketrica.com/article/on-ne-va-pas-vers-repli-a-interieur-frontieres-nationales

  • #Coronavirus en France : alors que le pays poursuit son déconfinement, les cas de contamination progressent
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_coronavirus-en-france-alors-que-le-pays-poursuit-son-deconfinement-les-c

    L’agence Santé publique France fait état pour sa part d’une très forte progression du nombre total de cas de contamination, avec 3325 cas confirmés supplémentaires en 24 heures pour un total de 149.071.

    #tictac

    • Les cas confirmés on fait effectivement un gros gros bond : https://www.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6. Reste à voir si ça se confirme parce que si on regarde l’onglet « daily cases » on voit que le 3300 du 28 mai est énorme par rapport aux valeurs précédentes, mais que représente il : un redémarrage brutal, un accident de récolte des données ? autre chose ?

      En tout cas si je suis bien sûr d’une chose c’est qu’autour de moi il y a de plus en plus de gens qui s’en foutent et pour qui c’est terminé. À force de multiplier les mensonges ce gouvernement aura réussi une chose de façon certaine : faire en sorte que tout sujet qu’il aborde est considéré comme nul et non avenu. On en a un bel exemple avec cette épidémie.

  • #Coronavirus dans le monde : mesures de restrictions rétablies en #Corée_du_Sud, où de nouveaux cas ont été détectés
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/28/coronavirus-dans-le-monde-les-etats-unis-recensent-plus-de-100-000-morts_604

    Une flambée de nouveaux cas en Corée du Sud et au Sri Lanka illustre les risques de résurgence de la pandémie. Les autorités sud-coréennes ont rapporté, jeudi, la détection de 79 nouveaux cas en une journée, dont 69 dans l’entrepôt d’une société de commerce en ligne dans la banlieue de Séoul, soit le chiffre le plus élevé depuis le 5 avril. Les plus de 4 000 personnes travaillant dans ce bâtiment ont immédiatement été mises à l’isolement et testées.

    Les autorités coréennes, dont la réponse à la pandémie a été ces derniers mois érigée en modèle d’efficacité, ont immédiatement rétabli pour deux semaines des restrictions qu’elles avaient récemment levées.

  • Small droplet aerosols in poorly ventilated spaces and SARS-CoV-2 transmission - The Lancet Respiratory Medicine

    https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30245-9/abstract

    This study shows that better ventilation of spaces substantially reduces the airborne time of respiratory droplets. This finding is relevant because typically poorly ventilated and populated spaces, like public transport and nursing homes, have been reported as sites of viral transmission despite preventive physical distancing. The persistence of small respiratory droplets in such poorly ventilated spaces could contribute to the spread of SARS-CoV-2. Our findings confirm that improving ventilation of public spaces will dilute and clear out potentially infectious aerosols. To suppress the spread of SARS-CoV-2 we believe health-care authorities should consider the recommendation to avoid poorly ventilated public spaces as much as possible. The implications are also important for hospital settings where aerosolisation by coughing and medical treatments and close contact with COVID-19 patients is very common.

    #coronavirus #science #transmission

  • [Radio PANdemIK] Radio PANdemIK #46
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-pandemik/radio-pandemik-46

    En avril 2019 les #SInges_en_Hiver ont réalisé l’émission Individus sans Monde * avec Alexis Zimmer, biologiste et philosophe, auteur de « Brouillards toxiques. Vallée de la Meuse, 1930, contre-enquête ».

    Ce post-scriptum, enregistré le 21 mai 2020 reprend la discussion avec notre invité là où elle était restée, et tente d’inclure les nouvelles expériences que nous avons vécues depuis, notamment celle-ci :

    l’épidémie de COVID rend tangible la possibilité de penser à partir du #milieu. Les individus existent dans un monde dans lequel, que ça nous plaise ou pas, nous ne sommes pas isolés. C’est autour des possibilités que cela ouvre qu’a tourné notre nouvelle rencontre.

    Le monde ne se résume pas, malgré ce que croient beaucoup d’occidentaux, à ce que nous choisissons de rencontrer, ni même aux rencontres dont (...)

    #coronavirus #écologie_politique #coronavirus,milieu,SInges_en_Hiver,écologie_politique
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-pandemik/radio-pandemik-46_09132__1.mp3

  • L’Académie de médecine recommande de prendre en compte l’effet de la chaleur sur le #coronavirus | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/lacademie-de-medecine-recommande-de-prendre-en-compte-leffet-de-la-chaleur-


    Et l’hypothèse que ces différences n’aient rien à voir avec le climat, mais plus avec le profil démographique des populations  ?

    Dans un communiqué publié lundi, l’Académie nationale de médecine a apporté une nouvelle pierre à l’édifice, en présentant les résultats d’une enquête en cours d’évaluation, et qui doit être publiée ultérieurement. Réalisée à partir d’un réseau de soignants et de pharmaciens exerçant « en zone tempérée, en zone africaine intertropicale et dans les DOM/TOM », celle-ci tend à confirmer le rôle joué par la température.

    « Les résultats de cette enquête attestent que l’indice de diffusion, de 2,67 en Europe pour une température moyenne de 11,2 °C, s’abaisse à 0,03 en Afrique subsaharienne où la température moyenne s’élève à 34,8 °C, note l’Académie. Ils confirment les observations selon lesquelles les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission de SARS-CoV-2 et confortent l’hypothèse d’une influence saisonnière du climat sur l’épidémiologie de la Covid-19 dans les pays tempérés. »

  • The smart city as time-space cartographer in COVID-19 control: the South Korean strategy and democratic control of surveillance technology

    While the US, UK, France, Italy, and many other countries ended up implementing complete lockdown after tens of thousands of deaths from COVID-19, South Korea kept factories and offices running, flattened the curve, and maintained a low mortality rate. Extensive media coverage has focused on South Korea’s testing capacity as the primary reason, but there has been little discussion of the vital role of the smart city. In this paper, we describe how smart city technologies form a crucial part of disease control in South Korea, explain the social conditions for the extensive use of smart city technology, and offer critical insights into contemporary discussions on the issue of smart cities and surveillance.

    https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/15387216.2020.1768423
    #smart_city #ville_intelligente #surveillance #covid-19 #Corée_du_Sud #confinement #coronavirus #géographie_urbaine #villes #urban_matter #technologie #technologie_de_la_surveillance

    ping @etraces

  • Claude Goasguen, député Les Républicains de Paris, est mort du Covid-19
    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/05/28/claude-goasguen-depute-les-republicains-de-paris-est-mort_6041029_3382.html

    Farouche partisan de l’Algérie française, le jeune homme soutient le candidat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour lors de l’élection présidentielle de 1965. A Paris, où il est venu poursuivre sa scolarité, il préside, en 1967 et 1968, la « Corpo » des étudiants en droit, qui, en matière de violence, n’a rien à envier à Occident, le groupuscule de ses amis Alain Madelin, Gérard Longuet et Patrick Devedjian. Ancien rugbyman amateur, Claude Goasguen n’est pas le dernier à se battre. « Je me suis fourvoyé », admettra-t-il plus tard.

    […]

    Grand défenseur des beaux quartiers, qu’il juge maltraités par les maires socialistes de Paris, Claude Goasguen consacre alors une autre part de son temps à combattre l’antisémitisme et soutenir Israël, un pays pour lequel ce Méditerranéen s’est pris de passion. Des années durant, il préside le groupe d’amitié parlementaire France-Israël. « Mon grand regret est de ne pas être juif moi-même », confie-t-il un jour. Il est aussi en première ligne dans la défense des chrétiens d’Orient.

    La fin de sa carrière se révèle chahutée. En 2016, ses propos selon lesquels la France a « un problème avec les Maghrébins » suscitent la polémique.

    Oui, bref… après s’être « fourvoyé », il ne s’est donc jamais trop éloigné de ses fondamentaux.

  • #Coronavirus : les projets de la mafia italienne pour profiter de l’état d’urgence
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-les-projets-de-la-mafia-italienne-pour-profiter-de-l-etat-d-u

    Source : Il Fatto Quotidiano, Giuseppe Pipitone, Giovanna Trinchella Traduit par les lecteurs des Crises Dans les documents de la dernière opération anti-mafia de la Police Financière et du Parquet de Milan, le juge d’instruction Monsieur Morosini explique comment certaines circonstances nouvelles ont « des conséquences même sur l’évaluation de la dangerosité sociale » des personnes mises en examen. Par exemple : « La crise provoquée par le #Covid-19, pourrait pousser certains groupes de criminels particulièrement ductiles à explorer aussi des secteurs moins fréquentés qui peuvent maintenant devenir très rentables ». Il s’agit d’un projet qui suit trois voies parallèles : les aides financières aux foyers familiaux les plus indigents pour alimenter le consensus social, la chasse ouverte aux petites et moyennes (...)

    #Santé #SRAS-2 #Santé,_Coronavirus,_Covid-19,_SRAS-2

  • Lesbos en quarantaine, la situation des réfugiés

    Dans le camp de Mória sur l’île de Lesbos, des travailleurs humanitaires apportent leur soutien à des dizaines de milliers de migrants malgré le confinement et les conditions sanitaires catastrophiques. « ARTE Regards » lève le voile sur la situation désespérée dans ce site surpeuplé, considéré comme l’un des plus dangereux d’Europe.

    Leurs histoires ne font pas la une mais elles émeuvent, surprennent et donnent à réfléchir. En prise avec un thème d’actualité, les reportages choisis par ARTE Regards vont à la rencontre de citoyens européens et proposent une plongée inédite dans leurs réalités quotidiennes.

    https://www.arte.tv/fr/videos/090637-059-A/arte-regards-lesbos-en-quarantaine-la-situation-des-refugies
    #Moria #Lesbos #asile #migrations #réfugiés #distanciation_sociale #camps_de_réfugiés #coronavirus #covid-19 #Team_Humanity #humanitaire #solidarité #Grèce #délit_de_solidarité #dissuasion
    #film #vidéo #documentaire #campement #bagarres #agressions #queue #déchets #liberté_de_mouvement #hygiène #eau #accès_à_l'eau #eaux_usées #sécurité #insécurité #toilettes #résistance #relocalisation #
    ping @luciebacon

  • Non, 96,3% des morts du Covid-19 en Italie ne sont pas « décédés d’autres pathologies »
    https://factuel.afp.com/non-963-des-morts-du-covid-19-en-italie-ne-sont-pas-decedes-dautres-pat

    Voici la vidéo de l’intervention de l’élu italien (non inscrit) devant la Chambre des députés, le 24 avril 2020 :

    « Ne dites pas, ici aussi, [qu’il y a eu] 25.000 morts ! Ce n’est pas vrai (...) ! Les données de l’Institut supérieur de la santé disent que 96,3% sont morts d’autres pathologies ! », affirme-t-il à partir de 0’58". "Les 25.000 morts (...) sont morts d’infarctus, du cancer...", poursuit-il à partir de 3’30".

    « Il a raison », a tweeté sous une vidéo de l’intervention de Vittorio Sgarbi le patron de Tesla Elon Musk, qui avait jugé fin avril que les mesures de confinement aux Etats-Unis étaient « fascistes ».

    En réalité, Vittorio Sgarbi déforme des statistiques de l’Institut italien supérieur de la santé publiées le 23 avril. Les voici.

    Une étude menée sur 2.041 personnes décédées ayant été testées positives au nouveau coronavirus a montré que « 74 patients (3,6% de l’échantillon) ne présentaient aucune pathologie, 294 (14,4%) présentaient une pathologie, 431 (21,1%) présentaient deux pathologies et 1.242 (60,9%) présentaient trois pathologies ou plus », écrit l’institut italien, soit un total de 96,3% des patients présentant une ou plusieurs comorbidités.

    Et là, un député italien, Elon Musk… ça doit être pour que Douste-Blazy ne se sente pas trop seul avec ses conneries de pas savoir lire un simple tableau.

  • #Coronavirus research updates: Exposed children escape infection more often than adults
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-00502-w

    26 May — Exposed children escape infection more often than adults

    Children and adolescents under the age of 20 are much less likely than adults to become infected by the new coronavirus, finds a large systematic review of journal articles, preprints and reports.

    Russell Viner at University College London and his colleagues screened more than 6,000 studies, of which 18 provided data that met the authors’ criteria for inclusion. The 18 included 7 that had been peer reviewed (R. M. Viner et al. Preprint at medRxiv http://doi.org/dwp6; 2020).

    Studies that traced the contacts of infected individuals show that children are 56% less likely to get infected than adults when in contact with an infected person. The analysis suggests that children have played a smaller part than adults in spreading the virus in the population, but the evidence for this finding is weak.

    There has not been enough research to determine whether infected children are less likely than adults to pass on the infection, the authors conclude.

    The study has not yet been peer reviewed.

    #enfants #contamination #susceptibilité

  • Sweden’s “herd immunity” policy produces one of world’s highest fatality rates - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/en/articles/2020/05/27/swed-m27.html

    The catastrophic consequences of Sweden’s response to the #coronavirus pandemic were underlined on Monday as the official death count surpassed 4,000. The country, with a population of 10.3 million, has recorded one of the highest death rates per head of population in the world over recent weeks, which is a direct product of the Social Democrat/Green government’s refusal to implement lockdown measures, carry out mass testing, and protect elderly care homes.

    Last week, Sweden had the highest death rate per capita in the world, based on a rolling seven-day average ending on 20 May. The Our World in Data website reported that Sweden recorded 6.08 deaths per million residents during this period, compared to Britain (5.57), Belgium (4.28), and the United States (4.11). Over the course of the pandemic, the death rates in Belgium, Italy, and Spain remain higher than in Sweden at this stage.

    #suède #immunité_collective

  • COVID-19 : Un virus dans les « stats » belges Claude Sémal
    https://blogs.mediapart.fr/claude-semal/blog/040520/covid-19-un-virus-dans-les-stats-belges

    Depuis le début de la pandémie du coronavirus, le nombre de morts et de malades est devenu un enjeu politique pour tous les gouvernements. En Belgique, c’est un Institut Scientifique Fédéral, Sciensano, qui collecte ces données et établit les statistiques. 3000 zombies s’y promènent, qui sortent de l’hôpital sans jamais y être entrés.

    Ce lundi 4 mai, après sept semaines d’enfermement et plus de sept mille sept cents morts, la Belgique vient d’entrouvrir la porte de son printanier confinement. Le gouvernement belge sait qu’il risque ainsi de relancer l’épidémie de coronavirus. Mais il estime qu’il n’a pas le choix. Car le patronat belge trépigne, et les commerçants s’impatientent. Le gouvernement pilotera donc le déconfinement annoncé, le regard fixé sur les courbes statistiques, un pied sur l’accélérateur, pour « relancer l’économie », un autre sur le frein, pour « maîtriser la pandémie ». Et en navigant en plein brouillard. Dans un tel contexte, un pilote d’avion a besoin d’un radar, d’un altimètre, et de données fiables pour ne pas se  crasher  au sol. Il a besoin de chiffres.

    Sciensano, « toute une vie en bonne santé »
    En Belgique, c’est l’Institut Scientifique Fédéral Sciensano qui les collecte. C’est lui qui établit les statistiques épidémiologiques. L’Institut dépend politiquement du Ministère Fédéral de la Santé (Maggy De Block) et, plus curieusement, du Ministère de l’Agriculture (car il a aussi un département vétérinaire). 700 personnes y travaillent. Sa devise, qui semble traduite par Google Translate d’un slogan soviétique des années ’50, est « Toute une vie en bonne santé ! ». Joli programme. Sauf peut-être pendant les épidémies.

    Depuis le 14 mars 2020, Sciensano publie un bulletin épidémiologique quotidien dont les chiffres ont été largement repris et commentés par tous les médias belges. Tous ces documents restent accessibles (covid-19.sciensano.be/fr).

    Le premier souci des autorités belges a d’abord été d’éviter la saturation des services hospitaliers et l’afflux de malades en insuffisance respiratoire. Souvenez-vous : à l’Hôpital Erasme, à Bruxelles, on avait même bricolé, en urgence, des respirateurs avec les masques et les tubas de Décathlon ! (RTBF, 20/3/2020) Sciensano s’est donc prioritairement concentré sur quatre données statistiques : « les admissions COVID-19 à l’hôpital », les « lits occupés », les « décès » et les « sorties d’hôpital ». Logiquement, ces « entrées » devraient toujours correspondre à la somme des trois autres catégories.

    Il s’agit là de « stats » élémentaires, celles que mon fils de 12 ans a apprises cette année à l’école. On définit une « population », à l’intérieur de laquelle on établit des « catégories », dont la somme doit toujours faire 100%. Par exemple, cinq entrées « COVID-19 » peuvent correspondre à « trois lits occupés », un décès et une guérison. Ou à « deux lits occupés », « un décès » et « deux guérisons ». Cinq égale cinq. Ni quatre, ni six. Et encore moins sept. Or dès le premier bulletin hebdomadaire, qui compile et complète les données statistiques de la semaine, les chiffres de Sciensano semblent avoir été curieusement incohérents.

    Ainsi, le 26 mars, Sciensano relève « 2844 admissions à l’hôpital », et, en regard, « 2652 lits occupés » (1), « 220 décès » (2) et « 675 sorties ». Soit 703 personnes de plus que les 2844 « entrées COVID » annoncées. De quel nuage ou de quel plafond sont-elles tombées ? Et comment pourraient-elles « sortir » d’un service où elles ne sont statistiquement jamais « entrées » ? 

    Ce n’est pas une question théorique, ni un petit jeu pour fans de Sudoku. Car si le gouvernement pilote notre déconfinement en se basant sur de faux chiffres, c’est notre santé à tous qui sera mise en danger. Une erreur à l’allumage ? On pourrait le penser. Après tout, ce protocole chiffré a été conçu dans l’urgence et la précipitation. Mais loin de se corriger, ces incohérences statistiques se sont amplifiées au fil des semaines.

    Ma première hypothèse : des « sorties d’hôpital »… les pieds devant
    Le 10 avril, Sciensano signale ainsi dans son bulletin un total de « 10356 admis à l’hôpital », pour « 5610 lits occupés », « 5568 sorties hôpital » et « 3019 décès ». A nouveau, un énorme décalage entre les « entrées COVID » et les trois autres postes mentionnés. On est pourtant « malade », « mort » ou « guéri ». On n’est pas « un peu malade », « à demi mort » ou « à moitié sorti ». Or le total entre les « lits occupés » et les « sorties d’hôpital » est déjà de 11278. Soit un chiffre supérieur aux 10356 entrées annoncées. Et il faut encore y ajouter les décès…

    Une seule explication me saute alors aux yeux : les « sorties hôpital » doivent inclure les morts. Oui, tous ceux qui « sortent de l’hôpital », à la verticale comme à l’horizontale ! Car pour un hôpital, une guérison ou un décès, c’est « un lit qui se libère ». Il y aurait là, au moins, une certaine logique comptable. En suivant cette hypothèse, les chiffres tombent (presque) « justes ». On y retrouve en outre la classification de grands sites épidémiologiques, comme Worldometers, qui distingue « active cases » (les « cas actifs ») et « closed cases » (les « cas clôturés », qui regroupent donc « guérisons » et « décès »).

    Sur les réseaux sociaux, je publie un premier « post » à ce sujet le 12 avril. Un second, plus étoffé, le 22 avril (« Statistiques de merde »). Mais je n’ai toujours pas de « preuve ». Je téléphone aux copains, je fais quelques recherches, et je finis par me procurer les formulaires électroniques « COVID-19 », que tous les hôpitaux belges doivent remplir depuis le 15 mars 2020 (voir les documents joints).

    Ils comprennent deux uniques volets, un volet « admission » et un volet « sortie », qui semblent effectivement correspondre aux « entrées » et « sorties » des statistiques officielles. A la fin du volet de « sortie », l’hôpital doit simplement cocher : « rétabli », « décédé », « inconnu » ou « transfert », pour préciser le sort du malade. Bingo ! Je crois enfin tenir la preuve qui vient confirmer mon hypothèse. Seule objection, mais elle est de taille. Sciensano nie farouchement que ce soit le cas.

    Dans son communiqué du 26 avril, par exemple, l’Institut présente encore très clairement ces 10785 « sorties d’hôpital » comme autant de « guérisons » (voir le second document joint). D’où sortent alors les 3160 fantômes du COVID-19 qui, à la date du 2 mai, errent toujours dans les couloirs des statistiques sans jamais y être officiellement entrés ? Interrogé en conférence de presse, non sur ce total, mais sur le boiteux bilan chiffré du jour, le porte-parole de Sciensano évoque des « transferts internes » entre services. Bon. Puisque ma première hypothèse semble provisoirement déboucher sur une impasse, suivons donc cette piste-là.

    Seconde hypothèse : les hôpitaux, foyers d’infection du COVID-19
    Et cette seconde hypothèse, si elle est se confirme, m’inquiète encore d’avantage que la précédente. Car si 3160 personnes ont bien pu attraper le COVID-19 à l’hôpital, c’est une catastrophe sanitaire, dont personne encore n’a vraiment parlé. Elle signalerait en outre que les précautions prises dans les hôpitaux pour protéger le personnel et les autres malades n’ont malheureusement pas suffi à contenir le virus (3).

    Depuis le début de l’épidémie, les hôpitaux belges sont en effet organisés en deux zones distinctes : le circuit « COVID-19 », destiné aux malades du coronavirus, et le circuit « normal », qui traite toutes les autres maladies. En principe, le personnel soignant ne passe pas d’une zone à l’autre. Les malades non plus… sauf évidemment s’ils développent la maladie dans la zone « normale ». Auquel cas, ils sont transférés dans la zone « COVID ».

    Un tel phénomène peut avoir deux origines. Soit, les malades étaient déjà porteurs du virus (malades asymptomatiques ou en période d’incubation) et ils ont déclaré la maladie alors qu’ils étaient hospitalisés pour un autre motif. Soit, ils ont été hospitalisés en étant « sains », et ils ont contracté le COVID-19 à l’intérieur même de l’hôpital. Dans ce second cas, c’est ce qu’on appelle une « transmission nosocomiale ».

    On en retrouve la trace dans les bulletins hebdomadaires de Sciensano. Parmi les causes possibles de la maladie, le bulletin du 9 avril signale en effet « 10% de suspicion d’infection nosocomiale », et celui du 30 avril, « 14% ». C’est beaucoup, 14%. Pour 15.000 « entrées », cela fait 2100 malades. Avec une courbe à la hausse.

    Or, si le volet « admission » de Sciensano mentionne bien, dans les causes possibles de l’hospitalisation, un « transfert d’hôpital », il n’évoque nulle part un « transfert entre services ». Si ces « transferts internes » ne sont pas repassés par le portail « admissions COVID-19 », nous tenons donc peut-être là nos fameux « fantômes » statistiques. Ce qui ressemble à un « bug » majeur dans la conception de ce programme informatique. Il est incompréhensible qu’il n’ait pas, en sept semaines, été relevé, dénoncé et corrigé, par tous ceux qui avaient l’autorité pour pouvoir le faire. Cette omission peut ainsi, à elle-seule, expliquer les bizarreries statistiques ci-dessus évoquées (4).

    Ma troisième hypothèse : un « bug » du système « à la belge »
    Certains diront peut-être, avec fatalisme, « c’est la Belgique »… Et certes, dans un pays où la gestion des « masques sanitaires » a pu être confiées en six semaines à trois ministres différents, avant d’être finalement administrée par l’armée, tout est toujours possible. Surtout le pire.

    Ma troisième hypothèse n’en est donc pas vraiment une. C’est la molle synthèse entre les deux précédentes. Plus un soupçon de connerie bureaucratique. Plus un doigt d’aveuglement politique. Plus une larme de fatigue quotidienne.

    C’est ce système absurde qui additionne les pires tares du libéralisme aux pires tares de la bureaucratie étatique. Ce sont ces entreprises belges qui vendent des millions de masques à l’étranger, quand des travailleuses pauvres ont été travailler ce lundi matin sans protection. Ce sont 172 milliards d’euros envolés de la Belgique vers les paradis fiscaux, quand on fait appel à  Viva For Life  et à la charité publique pour financer les hôpitaux. C’est  Publifin  à tous les étages, avec ceux qui s’empiffrent et ceux qui souffrent.

    Mais ce sont aussi des solidarités magnifiques, des héroïsmes quotidiens, des professions entières sur le pont. Des associations qui se décarcassent, des citoyens qui s’organisent, des consciences qui s’ouvrent. Il n’est jamais trop tard pour réagir. Mais il est temps. Il est grand temps. Prenez soin de vous (5).

    Claude Semal / le 5 mai 2020 (Bruxelles)

    (1) On pourrait en soustraire les 252 lits occupés par des malades COVID avant le 15/3 (début de l’étude statistique). Mais cela ne fait pas encore le compte.
    (2) A cette date, ce chiffre inclut aussi les décès en Maisons de Repos (70 ?). Même remarque qu’au point précédent. Depuis le 15/4, Sciensano distingue les décès « hôpital » et les décès « maisons de repos ».
    (3) Selon le Dr Marc Moens (« Le Spécialiste.be », 25 mars 2020), 12% du personnel serait infecté en France et 14% en Italie (avec une pointe de 20% en Lombardie).
    (4) Cette morbide comptabilité journalière et ces batailles de chiffres indisposent certain.e.s de mes ami.e.s. Je souffre parfois autant qu’eux de ce sinistre boulier compteur. Mais je constate aussi que le gouvernement et les experts nous balancent ces chiffres à la figure comme autant d’arguments d’autorité, pour nous imposer des mesures qui pèsent et pèseront lourdement sur nos vies et nos métiers. Derrière les chiffres et les discours, il y a toujours une politique (comme les fameux masques, qui étaient inutiles lorsqu’ils étaient manquants, et qui deviendront obligatoires quand ils pourront nous les vendre). Il importe donc d’apprendre à comprendre et maîtriser ces données, parce que ce sera pour nous le seul moyen de garder un peu de contrôle sur nos conditions d’existence.
    (5) Merci à David, Patrick, Jean-Claude, Luke, Pierre, Nicolas et Laurence, pour leurs contributions directes ou indirectes à cette enquête. Ils se reconnaitront. Les éventuelles imprécisions et emphases de ce texte ne sont toutefois imputables qu’à moi-même ;-). 
    (6) Lire aussi, tous les jours sur Facebook, les analyses des statistiques belges du COVID par Jean-Claude Englebert-Cahen.

    #Belgique #Sciensano #Statistiques #comptabilité #Hôpitaux #bureaucratie #libéralisme #pandémie #covid #coronavirus #COVID-19

    • Les #contrôleurs_de_gestion, les #CDG, ont pour habitude d’exiger des tableaux de bord qui font des balances carrées justes (somme des flux).
      Expérience personnelle, je les ai suffisamment subit, ces délinquants.
      Dans cette étrange histoire, ils n’arrivent pas à les avoir.
      Quoi d’étonnant ?

      Tant qu’on est dans les chiffres, comparons le nombre de décès pour 100 000 habitants, entre les pays, ainsi que les méthodes de non comptabilisation officialisées.

  • Thierry Robert : « Nous arrivons à la fin des stocks alimentaires en Seine-Saint-Denis » - regards.fr
    http://www.regards.fr/la-midinale/article/thierry-robert-nous-arrivons-a-la-fin-des-stocks-alimentaires-en-seine-saint

    Pendant la période du confinement, on a accueilli des gens qui n’étaient jamais venus frapper aux portes d’associations, comme le Secours populaire français. Sur les 1.270.000 personnes qui sont venus nous voir pendant ces deux mois, 45% sont des personnes que nous ne connaissions pas auparavant – qui n’avaient jamais sollicité aucune aide – et qui n’avaient jamais été identifiées comme des personnes vivant dans la pauvreté ou la précarité. Une partie de ces personnes ont basculé dans la pauvreté pendant le confinement et nous craignons que ça soit encore le cas aujourd’hui et dans les mois qui viennent. Avec les licenciements prévisibles des semaines à venir, on craint qu’une grande vague supplémentaire s’ajoute à celle déjà enregistrée avec des situations dramatiques pour de nombreuses familles en France et en Europe.

  • Le prolongement de la CRDS, premier « impôt coronavirus »
    http://www.francesoir.fr/societe-economie/le-prolongement-de-la-crds-premier-impot-coronavirus

    La Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) sera prolongée jusqu’en 2033, alors qu’elle devait s’éteindre en 2024.  
    Le projet de loi est dans les tuyaux du gouvernement, selon le quotidien Les Echos. La CRDS a été créé en 1996 pour aider au remboursement des dettes de la sécurité sociale, et alimenter la Cades, la caisse d’amortissement de la dette sociale. Cet impôt initialement prévu pour durer 13 ans a déjà été prolongé à deux reprises, et les espoirs de le voir disparaître dans deux ans sont donc en train de s’effondrer. 
     

    0,5 % sur tous les revenus  
    Si le taux de prélèvement de la CRDS, de 0,5%, n’a pas évolué depuis sa création, cette contribution a la particularité de concerner tous les revenus : activité, patrimoine, capital, retraite, mais aussi allocations chômage, prestations familiales, aides au logement, ou encore vente de métaux précieux et d’objets d’art. Elle n’est en outre pas déductible de l’impôt sur le revenu. 
     
    La CRDS rapporte 6,8 milliards d’euros par an (chiffre de 2016) pour éponger le fameux trou de la sécurité sociale. Le déficit de la « sécu » a été lourdement creusé par la crise du coronavirus. 
     
    « Du jamais vu », avait estimé dès la fin du mois d’avril Gérald Darmanin devant le Sénat. Le ministre de l’Action et des comptes publics évoquait alors un déficit à 41 milliards d’euros en 2020, contre une prévision initiale de 5,4 milliards d’euros. En 2019, le régime général et le fonds de solidarité vieillesse totalisaient un déficit de « seulement » 1,9 milliard d’euros.

    #CRDS #guerre_aux_pauvres #impôts #fiscalité #coronavirus #covid #dette #argent #économie #france #capitalisme #finance #santé #corruption #crise #réformes_antisociales #emmanuel_macron #macron #darmanin #gerald_darmanin Compenser les #cadeaux_fiscaux pour quelques unes ou quelques uns.

  • Les égouts pourraient être le meilleur indicateur de l’épidémie de #coronavirus

    SARS-CoV-2 RNA concentrations in primary municipal sewage sludge as a leading indicator of COVID-19 outbreak dynamics (Yale University, Preprint)

    We report a time course of SARS-CoV-2 RNA concentrations in primary sewage sludge during the Spring COVID-19 outbreak in a northeastern U.S. metropolitan area. SARS-CoV-2 RNA was detected in all environmental samples and, when adjusted for the time lag, the virus RNA concentrations were highly correlated with the COVID-19 epidemiological curve (R2=0.99) and local hospital admissions (R2=0.99). SARS-CoV-2 RNA concentrations were a seven-day leading indicator ahead of compiled COVID-19 testing data and led local hospital admissions data by three days. Decisions to implement or relax public health measures and restrictions require timely information on outbreak dynamics in a community.

    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.19.20105999v1

    #coronavirus #science #mesure