• Il n’y aura pas de rentrée en Septembre 2021 à l’université.

    Le 21 Janvier 2021, Olivier Véran, le ministre de la santé, a déclaré :

    « Même avec la meilleure organisation et tous les approvisionnements, nous ne pourrions avoir vacciné tous les publics fragiles d’ici l’été. Raison pour laquelle nous demandons la poursuite des mesures sanitaires jusqu’à l’automne. »

    Traduction à l’échelle des universités et de leurs étudiant.e.s, de nos étudiant.e.s : cela veut tout simplement dire que cette année universitaire est définitivement flinguée. Et que pour la suivante, même la rentrée de Septembre 2021 se fera, au mieux, en mode dégradé.

    Tout le monde commence non seulement à en prendre conscience mais également à l’accepter. Comme nous prenons conscience et acceptons l’idée qu’un prochain confinement « strict » va être mise en place (mi-février ? début Mars ?).

    Alors qu’Emmanuel Macron vient d’éructer à Saclay une nouvelle série de mesures aussi notoirement insuffisantes qu’impraticables en termes de calendrier pour colmater la crise désormais médiatiquement ouverte de la détresse étudiante, alors que Vidal Frédérique continue de s’enfoncer dans sa doudoune et de hoqueter laborieusement les pathétiques et pénibles sécrétions langagières qui lui tiennent lieu de projet politique, alors qu’Anne-Sophie Barthez à la direction du bateau ivre de l’enseignement supérieur et de la recherche valide docilement les injonctions les plus paradoxales sans s’interroger une seule seconde sur la simple faisabilité des directives, décrets et autres circulaires qui suintent de son bureau comme du pus de la gueule d’un lépreux, pendant ce temps ... Pendant ce temps sur le terrain et de la base au sommet, c’est à dire des équipes techniques, administratives, enseignantes jusqu’aux présidences d’université, tout le monde, absolument tout le monde est catastrophé devant ce naufrage total. Certain.e.s font le choix de gueuler ou de désobéir, d’autres n’ont d’autre choix que de se résigner.

    Je veux ici rappeler, pour documenter l’imbécilité crasse et le mépris qui sont les seuls guides des décisions politiques concernant tout de même plus de 2 millions de jeunes gens et de jeunes filles à l’université, je veux ici rappeler tout ce que l’on nous a demandé ou interdit de faire, ainsi que les délais de mise en oeuvre qui accompagnaient ces interdictions ou ces vagues permissions. Pour mémoire et pour une meilleure compréhension de la manière dont on flingue consciencieusement une génération tout entière.

    Fin Octobre 2020. Le 2ème confinement est annoncé. Emmanuel Macron sacrifie et humilie en direct à la télévision une génération entière : les universités reprendront au mieux début février. Les étudiant.e.s sont les derniers de cette putain de cordée. Après tout le monde y compris les messes et les restaurants (à l’époque ...) Les universités reprendront début février. Comme nous le verrons juste après, Jupiter ne cède jamais. C’est son orgueil, c’est sa folie.

    Mi-décembre 2020, à force de lutte et de début de médiatisation nous obtenons de pouvoir de nouveau accueillir nos étudiants en présentiel à la rentrée, le 4 Janvier. Nous attendons alors désespérément un cadre, une circulaire, un décret. Il tombera deux jours ... après le départ en vacances de Noël. Nous sommes alors supposés organiser pendant les vacances la rentrée du 4 Janvier, avec l’accueil uniquement en première année, uniquement par groupes de 10, sur convocation, et uniquement les plus fragiles. Et démerdez-vous. Inapplicable, totalement hors-sol et hors délais.

    Jeudi 21 Janvier 2021. Lors d’une rencontre avec des étudiant.e.s à Saclay, Emmanuel Macron au prix d’un syllogisme rhétorique qui est aussi un crachat au visage de toutes les universités, annonce devant sa ministre Vidal totalement médusée dans la doudoune de son indifférence, que tous les étudiants de tous les cycles et cursus devront pouvoir reprendre un jour par semaine, y compris en cours magistraux sans dépasser 20% de la capacité d’accueil globale. La circulaire est publiée le 22 Janvier (vendredi soir) pour une application dès le 25 Janvier (le lundi matin ... hahaha ... avertir les étudiant.e.s ... hahaha ... mettre en place les emplois du temps ... hahaha ... organiser les services techniques pour le ménage ... hahaha ...) mais on pourra attendre jusqu’au 8 février au plus tard. Le 8 février au plus tard. Cela ne vous rappelle rien ? Et oui. La déclaration de fin Octobre 2020. Les universités reprendront après tout le monde. C’est le coup de pied de l’âne. La manière qu’à trouvé Emmanuel Macron de nous rappeler qui avait la plus grosse. Détermination s’entend. « Voyez ! » nous dit-il, « Voyez malgré toutes vos bravades, voyez malgré la doudoune de Vidal qui est à l’image de sa détermination, rose et molle, voyez malgré toutes les errances de mon gouvernement, voyez nation de procureurs, voyez je reste le maître, je ne me dédis pas, quoi qu’il vous en coûte ».

    Ce qu’il nous en a coûté est clair. Deux années sacrifiées. 3 tentatives de suicide la même semaine. Des milliers de cas de souffrance psy et de potentiels effondrements et passages à l’acte qui ne surviendront, comme la littérature scientifique l’atteste dans pareils cas, que des années plus tard. Et un message. Implacable. Vous ne comptez pas. Vous n’êtes rien. Vous ne méritez pas d’être sauvés, même comme les derniers de cordée. Vous n’êtes pas la priorité. Et vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-mêmes : vous prenez les bonbons qui traînent sur les tables, vous refusez d’écouter les consignes et d’aller manger là où on vous dit de le faire. C’est votre faute. Tout est de votre faute. Vous n’êtes pas étudiants comme en classe prépa, et l’on vous traitera comme des travailleurs car vous n’êtes même pas bons à étudier.

    Entre chacun des trois temps et des différentes annonces ou reculades, toutes les universités (la mienne en tout cas) ont fait ... ce qu’elles ont pu. La pression mise sur l’ensemble des étages décisionnels des composantes est ahurissante. Tout le monde est en flip total et se paluche sur des injonctions à remplir des tableaux Excel changeants au gré des errances du ministère en ayant l’impression de s’assurer à défaut de se rassurer. Les équipes sont à bout. Les responsables d’emploi du temps et directeurs des études en PLS depuis bien plus de 4 semaines. Les secrétariats généraux et directions de composantes et d’UFR sont à la jonction de tirs croisés entre les messages d’étudiant.e.s désespéré.e.s, les consignes débiles, idiotes ou totalement approximatives du ministère, l’extrême lassitude qui s’empare même des plus combattifs, et l’envie des équipes de revenir à ce que tout le monde sait être la seule solution raisonnable mais que personne n’ose appliquer ou mettre en oeuvre jusqu’au bout :

    envoyer chier l’ensemble de la chaîne décisionnelle,
    gérer au plus près du terrain en gardant le registre des étudiant.e.s présent.e.s sur site pour pouvoir tracer et isoler si nécessaire (faire l’appel quoi)
    ne pas saturer les espaces de cours (salles de TP, TD et amphis) en se limitant à des accueils en demi-jauge
    et improviser sur le reste (mode hybride quand on est équipé, planning une semaine sur deux pour les campus et/ou les formations avec des étudiants éloignés, sans logement, etc.)

    L’amour dure trois ans. Le Covid à l’université aussi.

    Je ne sais pas si à l’instar du roman éponyme, « L’amour dure trois ans », mais je sais que la crise du Covid à l’université durera au moins trois années universitaires. On parle souvent du « cycle licence », L1, L2 et L3 comme étant déterminant non seulement pour les études et la formation intellectuelle mais aussi pour l’épanouissement social et l’ancrage dans sa vie d’adulte dans l’ensemble de ses aspects. Et on a parfaitement raison. Les étudiant.e.s arrivé.e.s à l’université en L1 lors du premier confinement sont aujourd’hui en L2 pour ce second confinement et vont très certainement en vivre un troisième dans quelques semaines. Leur entrée en L3 se fera également en mode « dégradé » au moins jusqu’en décembre 2021 si l’on en croit les déclarations d’Olivier Véran et les analyses sur la disponibilité des vaccins pour l’ensemble de la population. Et c’est une hypothèse optimiste puisqu’elle ne prend pas en compte la possibilité de mutations résistantes aux vaccins actuels et imposant de nouveaux délais de recherche et développement, de production et d’acheminement logistique.

    Il faut le redire et le répéter non pour jouer les pleureuses ou les défaitistes mais pour rappeler l’urgence de proposer à la jeunesse des solutions simplement décentes leur permettant d’aller en cours entre deux visites chez le psy et trois paniers repas dans les soupes populaires que sont en train de devenir nos campus.

    Cette crise a commencé, en France en tout cas, en Janvier 2020. En Mars 2020 nous avons dit adieu et pas au revoir à tou.te.s nos étudiant.e.s pour les années en cours, de la première année de licence à la dernière année de Master. Nous avons repris (pour très peu d’entre nous) en Septembre 2020 et pour quelques semaines à peine. Beaucoup n’ont repris que début Octobre et donc pour moins de 4 semaines. Et Fin Octobre 2020 nous avons de nouveau été contraints de nous séparer de nos étudiant.e.s et de les renvoyer à la seule expérience de leur détresse ou de leur chance d’être bien né. Nous sommes aujourd’hui fin Janvier 2021. Un an déjà, s’étalant sur 2 années universitaires fracassées, démantelées, atomisées, pulvérisées. Nous, les enseignants, les équipes techniques et administratives, nous y survivrons. Personne n’est par contre capable d’affirmer la même chose pour les étudiant.e.s qui sont notre seule raison de nous mobiliser.

    Déjà deux ans et deux années universitaires bien plus que simplement « dégradées ». Et désormais une troisième qui se profile à l’horizon. Trois ans. Un cycle complet de licence. Ou le temps d’une thèse. Trois ans qui lorsque du haut de mes 49 ans je me retourne, trois ans qui me semblent une vie. Qui sont une vie. Le gouvernement d’Emmanuel Macron n’est pas responsable de la maladie du Covid et de la situation de pandémie. Mais il est aujourd’hui clairement coupable de la gangrène qui touche en retour l’université et ses étudiant.e.s et que rien ne justifie.

    J’ai déjà, avec d’autres, documenté et décrit le mépris, l’incurie, et au final le seul projet de ce gouvernement et de la ministre qui en incarne physiquement toute la morne morgue et la mortifère détermination : accompagner l’effondrement de l’université publique dans un ricanement managérial de demi-mesures ajoutant de la précarité sur de l’incertitude en s’imaginant agir.
    Ils n’ont rien fait pour sauver le droit d’étudier à l’université.

    Je veux avec cet article rappeler qu’absolument rien de ce qui pouvait permettre à l’université de fonctionner n’a été mis en oeuvre. Rappeler qu’à part les repas de resto U à un euros pour les boursiers, absolument rien de ce qui pouvait permettre de raccrocher plus de 2 millions de jeunes au vague espoir d’un horizon ou ne serait-ce que d’un traitement équitable n’a été mis en place. Les mesures conjoncturelles se limitent à faire l’aumône d’un repas et d’une visite chez le psy, les mesures structurelles sont simplement absentes. Je vous donne cinq exemples.

    Premier exemple. Depuis le début de la crise, depuis le premier confinement de Mars 2020, il y a déjà presque un an, on ne compte plus les tribunes, les analyses, les articles scientifiques expliquant et démontrant la nécessité d’équiper les universités de systèmes de filtration et d’analyse d’air HEPA. D’avoir à tout le moins une réflexion sur la question de la ventilation et de l’aération. Ce ne sont pas des mots, ce sont des faits. On nous envoie balader à chaque fois. J’avais posé la question directement à mon université. Réponse : « une commission se penche sur la question ». Et quelques mois plus tard : « c’est bon, tout va bien, on ne change rien ». Ahurissant. Mais c’est partout la même chose. De toute façon cela coûterait beaucoup trop d’argent et les universités autonomes sont exsangues. Le « dialogue de gestion » a depuis déjà bien longtemps viré au monologue.

    Deuxième exemple. Depuis le début nous expliquons qu’il faut ouvrir une réflexion sur les calendriers universitaires pour permettre, a minima, de les adapter aux contraintes de saisonnalité qui permettent de fonctionner avec des étudiant.e.s sur les campus, « toutes portes ouvertes ». Depuis le début nous avons parfaitement compris que cette crise sanitaire durerait bien au-delà de l’année horrible que l’on nous promettait. Absolument rien n’a été fait ni même envisagé.

    Troisième exemple. Aujourd’hui nous savons que même la rentrée de septembre 2021 est compromise. Et que met-on en place qui permette d’y surseoir dans des conditions dignes pour les étudiant.e.s ? Rien. Pas une thune, aucun plan d’équipement massif, aucun signe des opérateurs de téléphonie ou de l’état pour assurer à chaque étudiant au moins un distanciel possible, simplement des bouts de chandelle, de vagues « pass numériques » qui n’arrivent pratiquement jamais. Aucun geste en faveur d’un revenu minimum ou RSA qui permettrait au moins à la jeunesse de cesser de crever de faim devant leurs écrans même plus connectés. Bruno Lemaire l’a affirmé : « À 18 ans, ce que l’on veut c’est un travail et la rémunération de ce travail. On construit sa vie par l’emploi, c’est ce qui vous fait grandir, pas une allocation ». Sinistre et pathétique connard dans l’ombre exacte de son maître qui sait ce que vivre chichement veut dire puisque souvenez-vous, lorsqu’il était étudiant, lui aussi a connu les fin de mois difficiles, pauvret, il n’avait à sa disposition pour survivre que 1000 euros par mois lorsqu’il donnait des cours particuliers tout en étudiant en classe préparatoire. Emmanuel Macron si le Covid avait frappé à l’époque où il était étudiant, n’aurait pas été confiné. Il faut imaginer Sisyphe privilégié.

    Quatrième exemple. Depuis le début nous demandons qu’un refonte de l’ensemble des conditions (et des calendriers) d’examen soit mise en oeuvre, pour éviter les situations dramatiques ubuesques et bien plus qu’anxiogènes où l’on convoque en présentiel des cohortes entières pour les renvoyer suivre des cours en distanciel le jour suivant, et où l’on oblige des étudiant.e.s à choisir entre se présenter malade (positif) ou cas contact à des examens au risque de contaminer des promos entières, ou renoncer à l’obtention de leur année. Ce ne sont pas des mots, ce sont des faits. Il aura fallu attendre la circulaire parue hier après le discours de Macron à Saclay pour que les universités aient désormais l’obligation et non la simple recommandation d’organiser des sessions non de rattrapage mais de compensation pour les étudiant.e.s positifs au cas contact. Mais cela ne sera pas rétroactif et ne concernera que les prochaines sessions du 2nd semestre. La session du premier semestre aura donc été celle d’une mise en danger délibérée de la population étudiante par le ministère (certaines universités, comme celles de Nantes, ont eu l’intelligence et l’humanité de proposer cette session de compensation mais d’autres, hélas, non).

    Cinquième exemple. Et puis il y a ce que nous n’obtiendrons jamais de tou.te.s ces baltringues mais que nous ne cesserons jamais de demander à chaque fois avec plus de force : des postes pérennes de titulaires. Par exemple pour que la médecine universitaire ne soit plus digne d’un pays du tiers-monde. Un psy pour 30 000 étudiants. Plus de 6 mois d’attente pour un rendez-vous quand tu as des idées suicidaires. La réponse de ce gouvernement ? On double le nombre de psy (ça fera 2 pour 30 000 ...) mais juste pour cette année et après retour à la misère ordinaire. Allez et puis un chèque psy pour faire le bon compte hein. Qui arrivera et sera disponible ... bon bah bientôt. Enfin peut-être. Tout en sachant la difficulté de la démarche pour se rendre chez un psy à cet âge et l’intérêt, précisément, de disposer de psychologues résidents sur les campus. Bref. Merci de ne pas prévoir de passage à l’acte avant de recevoir votre chèque, début février si tout va bien.

    Lorsque l’on est capable d’annoncer cela en pleine crise, avec déjà un an de recul, la semaine où trois étudiant.e.s ont commis des tentatives de suicide, ce n’est pas que l’on fait face à une nation de procureurs, c’est que l’on est au point exact où s’arrête l’humanité en politique et où commence la barbarie à visage managérial.

    L’université des EHPAD : Étudiant.e.s Harassé.e.s et Prêt.e.s À Décrocher.

    Il n’y aura pas de rentrée normale en Septembre 2021 à l’université. C’est Olivier Véran qui vient de l’annoncer. Nous sommes en train de parler de plus de 2 millions de jeunes gens et de jeunes filles qui depuis déjà deux années universitaires sont, avec les EHPAD et le 4ème âge, la seule classe d’âge autant privée d’autant de sociabilités élémentaires et pendant une aussi longue durée. Mais les EHPAD et le 4ème âge au moins, ont la promesse d’une vaccination prochaine et surtout ils ont les souvenirs d’une vie. Elles et eux n’ont rien d’autre que l’espoir de maigres sociabilités retrouvées. Donnons-leur quelque chose. Moi je donne des cours. Nous ne sommes pas des sauvages. Laissez-nous faire. Laissez-nous faire. Vite.

    Je suis entré par nécessité ce samedi dans une étrange université. Le parking du campus déjà grouillait de monde. Quelqu’un à l’entrée de l’amphithéâtre faisait attendre celles et ceux qui arrivaient, probablement pour respecter une sorte de jauge. On pouvait prendre un peu de gel si on voulait. Mais une fois à l’intérieur de l’amphi j’avoue avoir été saisi. La jauge s’il y en avait une devait donc être largement supérieure en nombre à celles des directives, décrets et circulaires applicables à l’université. Il y avait dans cet amphi un nombre tout à fait ahurissant de gens qui se croisaient, qui touchaient à tout un tas de choses disposées entre chaque travée puis les remettaient plus ou moins en place ; si tous portaient le masque beaucoup d’entre eux n’avaient visiblement pas compris l’intérêt de le porter sur le nez et non en-dessous du nez. Ces étranges étudiants avaient à peu près tous les âges, les plus jeunes auraient du se trouver à la maternelle et beaucoup devaient être retraités. Ce n’est qu’au moment de payer que je compris que je n’étais pas à l’université mais dans un grand magasin de sport en période de soldes, dans lequel m’avait conduit une soudaine déchirure de pantalon de jogging de l’un de mes enfants, à remplacer d’urgence avant le cours d’EPS de Lundi matin 8h en plein air ... vivifiant.

    Début Janvier je pensais et écrivais qu’il nous restait une fenêtre de quelques semaines, un mois au mieux, pour retrouver nos étudiant.e.s et pour qu’ils et elles retrouvent un horizon de socialisation. Il semble que je me trompais. Nous n’avons plus que quelques jours. Après il sera trop tard. Leur année terminée pour beaucoup d’entre eux. S’il faut monter des soupes populaires nous les monterons. S’il faut désobéir pour faire cours nous désobéirons. Nous nous ensauvagerons. Nous le ferons. Pour qu’il y ait un après, à l’université.

    https://www.affordance.info/mon_weblog/2021/01/pas-de-rentree-universite.html

    #septembre_2021 #rentrée_2021 #France #université #universités #covid-19 #coronavirus #chronologie

  • #France : l’épidémie de #Covid-19 a fait plonger les demandes d’asile

    Selon des chiffres publiés ce jeudi par le ministère français de l’Intérieur, l’épidémie de Covid-19 a eu un impact tant sur les demandes d’asile que sur les expulsions.

    Après des années de hausse depuis la crise migratoire de 2015, le nombre de demandes d’asile en France a marqué une rupture nette en 2020 avec une #chute de 41%. « Une telle #baisse s’explique par la #crise_sanitaire de la Covid-19 et plus précisément par l’impact des confinements sur l’activité des #Guda (#Guichets_uniques_pour_demandeurs_d'asile) et sur la circulation des étrangers », a commenté le ministère de l’Intérieur en publiant ces chiffres provisoires.

    Ainsi, 81 669 premières demandes d’asile ont été formulées dans ces guichets en 2020, contre 138 420 (-41%) l’année précédente. Toutes situations confondues (réexamens, procédures Dublin etc.), 115 888 demandes ont été prises en compte l’an dernier, contre 177 822 en 2019.

    Cette baisse en France s’inscrit dans une tendance européenne, après plusieurs mois de fermeture des frontières extérieures de l’Union européenne : en Allemagne, le nombre de demandes d’asile a également chuté de 30%.

    Baisse des #expulsions

    La pandémie a eu des « conséquences importantes à la fois sur les flux (migratoires) entrant et sortant », a également observé la place Beauvau. Entre 2019 et 2020, les expulsions des personnes en situation irrégulière ont en effet baissé de moitié (-51,8%).

    Les statistiques de cette année où « tout a été déstabilisé par la Covid-19 » mettent également en évidence un effondrement de 80% du nombre de #visas délivrés : 712 311 contre 3,53 millions en 2019. Ce recul, poussé par l’effondrement des #visas_touristiques, s’explique essentiellement par la chute du nombre des visiteurs chinois. Ils étaient de loin les premiers détenteurs de visas pour la France en 2019 avec 757 500 documents, et sont passés en quatrième position avec seulement 71 451 visas délivrés en 2020.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/29804/france-l-epidemie-de-covid-19-a-fait-plonger-les-demandes-d-asile?prev

    #asile #migrations #réfugiés #chiffres #statistiques #2020 #demandes_d'asile #coronavirus #confinement #fermeture_des_frontières

    ping @karine4 @isskein

  • A #Saint-Moritz, exil doré pour clients fortunés

    Deux grands #hôtels de cette station huppée helvétique ont été placés en #quarantaine cette semaine en raison de cas de Coronavirus. Début janvier, un journaliste allemand était allé enquêter dans cette région où les milliardaires des pays voisins n’hésitent pas à se réfugier.

    https://www.courrierinternational.com/article/suisse-saint-moritz-exil-dore-pour-clients-fortunes

    #Suisse #riches #richesse #covid-19 #coronavirus #Cresta_Palace #tourisme #Celerina #pandémie

    #paywall

  • Vendée. Précarisés, les étudiants affluent à la distribution alimentaire de l’Université de La Roche-sur-Yon | Le Journal du Pays Yonnais
    https://actu.fr/societe/coronavirus/vendee-precarises-les-etudiants-affluent-a-la-distribution-alimentaire-de-l-uni

    Par Pierre-Alexandre Aubry Publié le 21 Jan 21 à 18:02

    Une distribution alimentaire a eu lieu, jeudi 21 janvier 2021, dans un local du campus universitaire de La Roche-sur-Yon.

    L’objectif : répondre aux besoins des étudiants, de plus en plus en difficulté, en pleine crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19.
    Une initiative étudiante

    Face à cette précarité, ce sont six étudiants de la licence Information-Communication qui ont décidé de mener ce projet de distribution alimentaire.

    Face à la crise #Covid_19 aujourd’hui, une centaine d’étudiants etaient présents pour la 1re distribution alimentaire organisée par d’autres étudiants de l’université de La Roche-Sur-Yon.@UnivNantes #Vendee pic.twitter.com/Wm0jZNEBhQ

    — Pierre-Alex Aubry (@PAAubry) January 21, 2021

    Un projet tutoré qui se met en place sous la responsabilité de leur enseignant, Olivier Ertzscheid. « A la base, le but est de monter une épicerie solidaire », explique-t-il. Mais la situation actuelle et la précarité de certains étudiants les ont poussés à accélérer les choses.

    "L’idée, c’est de monter une distribution alimentaire régulière pour les étudiants, qui sont de plus en plus dans la fragilité".
    Olivier Ertzscheid
    Enseignant-Université La Roche-sur-Yon

    Pour répondre aux besoins des étudiants, ces six jeunes et leur tuteur ont décidé de proposer des colis de denrées alimentaires, grâce à l’aide de la Banque alimentaire de La Roche-sur-Yon.
    « Les étudiants sont complètement sous l’eau »

    Et les besoins des étudiants sont grands. Pour preuve : ils sont une centaine à s’être inscrits, via un formulaire en ligne, pour venir récupérer leur colis, jeudi 21 janvier.

    "C’est désolant de voir que les étudiants sont complètement sous l’eau. C’est alarmant sur la réalité de la vie étudiante".
    Olivier Ertzscheid

    Un sac de denrées alimentaires a été remis à chaque étudiants inscrit.
    Un sac de denrées alimentaires a été remis à chaque étudiants inscrit. (©Journal du Pays yonnais)

    Chaque colis contient des denrées alimentaires de base. « Pour le moment, il n’y a que du sec. Mais nous pourrons bientôt distribuer des produits frais, car nous allons installer des frigos », précise l’enseignant yonnais.

    Des produits d’hygiène sont également mis à la disposition des étudiants : dentifrice, serviettes hygiéniques, savons ou même des masques et du gel hydroalcoolique.

    Flora, Julie et Jeanne reviendront à la prochaine distribution. pic.twitter.com/qzcLPSd0LP

    — Pierre-Alex Aubry (@PAAubry) January 21, 2021

    Nouvelle distribution le 11 février

    « Merci de faire ça. Merci beaucoup, c’est super ! », lance une étudiante à ses camarades.

    De leurs côtés, Jeanne, Julie et Flora trouvent l’initiative intéressante :

    "Le fait que ce soit un projet mené par des étudiants, c’est bien. Ils nous comprennent et comprennent ce qu’on vit. C’est aussi le moyen de garder le lien en voyant d’autres étudiants."
    Jeanne, Julie et Flora
    Etudiantes à La Roche-sur-Yon

    La prochaine distribution aura lieu le 11 février, avec des produits frais en plus, grâce à l’aide supplémentaire des Restos du Cœur de Vendée.

    Quant à l’épicerie solidaire, elle devrait voir le jour à la rentrée 2021, et sera destinée à tous les étudiants qui le souhaitent, pas uniquement ceux de l’Université. D’autres associations y participeront et les récoltes du jardin partagé de l’Université y seront proposées.

    #Etudiants #Condition_vie #Olivier_Ertzscheid #Université #Précarité

  • Sur les nouvelles formes d’inégalités urbaines #post-Covid

    Quel sera le visage de la #ville_post-Covid ? Le sociologue italien Giovanni Semi partage ses premières réflexions sur le futur de la gentrification et des espaces publics, à l’heure de la distanciation sociale, de l’effondrement du tourisme et du renforcement probable du rôle des plateformes en ligne.

    La crise que nous sommes en train de vivre pose différentes questions sur la ville post-Covid, notamment sur les modes de relations sociales, et de manière plus générale sur ce que sera la vie urbaine. Beaucoup pensent que la pandémie va marquer une rupture nette entre tout ce qui s’est passé avant février-mars 2020 et ce qui se passera dans un « après » difficile à déterminer. Il y a pourtant de nombreuses raisons de penser que la discontinuité ne sera pas si radicale, et que l’on ne repartira pas d’une tabula rasa mais au contraire d’un modèle profondément ancré dans l’histoire (et à historiciser) et dans l’espace (et à spatialiser), qui continuera donc à agir dans le futur. Je veux dire par là que les événements passés et leurs effets spatiaux ne seront pas complètement effacés par la pandémie : s’ils seront dans certains cas profondément perturbés, ils risquent d’être accentués dans d’autres.

    En partant de cette idée que le passé n’est jamais complètement effacé mais qu’il continue à agir dans le présent et même dans le futur, je vais essayer de définir certains éléments de ce passé, puis d’esquisser ce qui nous attend.
    Le monde urbain dont nous avons hérité

    Deux éléments sont centraux dans le monde que nous avons reçu en héritage. D’un côté, ce que Neil Brenner et d’autres ont appelé l’« urbanisation planétaire », c’est-à-dire l’extension d’infrastructures et de logiques capitalistes sur toute la surface de la terre (Brenner et Schmid 2013 ; Brenner 2018). C’est Saskia Sassen qui me semble avoir le mieux décrit la logique de cette diffusion mondiale de l’urbanisation, fondée sur des « formations prédatrices », c’est-à-dire des assemblages autour d’instruments financiers d’acteurs variés comme les États et les entreprises globales (Sassen 2014). Le second élément concerne les modalités opératoires de ces formations prédatrices, et en particulier le lien entre les instruments financiers (et les logiques de financiarisation) et les mécanismes d’extraction de la valeur, qu’il s’agisse de la rente foncière ou de ressources naturelles.

    Pour le dire de manière plus simple, les vingt dernières années nous ont montré de différentes manières comment la relation entre homme, société et environnement s’articule de plus en plus autour de pratiques d’extraction. Les citadins ont désespérément besoin de revenus pour pouvoir se sentir intégrés, et pour cette raison se louent eux-mêmes, ainsi que leurs propriétés, pour obtenir un salaire qui provenait autrefois de rapports de travail (Boltanski et Chiapello 1999). Les populations habitent toujours davantage en milieu urbain, où le maintien des organisations est là aussi lié à des impératifs d’extraction et de concurrence entre territoires (Boltanski et Esquerre 2017). Leurs pratiques de vie et de consommation, à leur domicile mais aussi en déplacement lorsqu’ils deviennent des touristes, s’orientent toujours davantage vers l’extraction d’expériences que vers la production de nouvelles formes de vivre ensemble.

    Avant février-mars 2020, la géographie des villes était caractérisée par des phénomènes que nous avons appris à bien connaître, comme la gentrification, la stigmatisation territoriale des espaces dont les marges d’extraction sont faibles, et de manière plus générale des formes de ségrégation variées, notamment de classe et de race (Arbaci 2019). Même les plus critiques d’entre nous s’étaient habitués à un modèle d’apartheid soft, souvent masqué par le rideau de fumée de la méritocratie et des responsabilités individuelles, et par un darwinisme social dans le cadre duquel il était devenu presque impossible de débattre du caractère normal et naturel des inégalités sociales. Les répertoires de légitimité et d’illégitimité diffèrent selon les sociétés nationales, mais le profil social des gagnants et des perdants reste grosso modo toujours le même.

    Dans mon pays, l’Italie, il y avait une acceptation diffuse de l’immobilité sociale, et il était presque impossible de lancer un débat public sur la rente, sur la propriété, sur toutes les ressources qui par définition biaisent les règles du jeu et permettent à certains de partir largement avantagés. Il était ainsi « naturel » que quelqu’un puisse naître en disposant de deux, trois, quatre appartements de famille, par exemple dans les centres historiques des plus belles villes touristiques italiennes, comme il était « naturel » que les habitants des quartiers populaires de Milan, Naples ou Palerme « méritent » de vivre dans des quartiers sans infrastructures ni services, et où l’État ne se montre qu’en uniforme ou en tenue de travailleur social. Souvent, les premiers étaient aussi ceux qui, comme dans le célèbre roman dystopique de Young sur la méritocratie (1958), parlaient de cosmopolitisme, de démocratie et de révolution digitale, accusant les seconds d’être analphabètes, incivils et réactionnaires.

    Voilà le monde que nous avons, selon moi, laissé derrière nous. Un monde confortable pour certains mais dramatique pour la majorité, dans lequel les scénarios pour la suite étaient tout sauf rassurants. Il serait ainsi dangereux d’oublier que, sur de larges portions du territoire italien, nous nous étions habitués à cohabiter avec la sécheresse, interrompue par des phénomènes brefs et violents d’inondations, mais aussi à des niveaux élevés de pollution de l’air qui se maintenaient pendant plusieurs semaines et même parfois plusieurs mois, n’en déplaise aux négationnistes climatiques ou aux pragmatiques du type TINA (There is No Alternative), nombreux chez les industriels.

    Et puis la pandémie est arrivée. Je laisse aux climatologues, aux virologues et aux autres experts la lourde tâche de nous dire quelles sont les interactions entre l’homme et son environnement susceptibles d’expliquer la diffusion du Covid-19. Mais je peux essayer d’identifier quelques lignes de tension héritées du passé et autour desquelles se construira l’avenir des villes.
    Quel futur pour la gentrification ?

    Le débat sur la gentrification est désormais bien établi aussi bien en France qu’en Italie, et il n’est pas nécessaire de le synthétiser ici (voir notamment Chabrol et al. 2016, Semi 2015). On peut seulement rappeler qu’au cours des deux dernières années une thèse s’est diffusée selon laquelle la dernière vague de gentrification aurait été caractérisée par la financiarisation et par l’économie du tourisme, et donc marquée par le phénomène des locations de court terme symbolisées par la plateforme américaine Airbnb.

    Défendue notamment par Manuel Aalbers (2019), cette thèse nous disait que la nouvelle frontière d’expulsion et d’inégalité spatiale se situait sur le marché locatif, et que les nouveaux perdants étaient tous les ménages qui avaient besoin de se loger pour une durée supérieure à une semaine. L’industrie du tourisme et l’impressionnante accélération de l’usage temporaire de la ville avaient soustrait des logements aux résidents, rendu encore plus rigide le marché locatif, augmenté les loyers et contraint de nombreux ménages à s’éloigner des zones présentant la marge d’extraction la plus élevée. Cette forme de gentrification s’ajoute à toutes les précédentes, stade ultime d’un long processus d’éloignement des classes populaires vers les espaces les moins recherchés des grandes aires urbaines.

    Si cette thèse est assez crédible, avec plus ou moins de validité selon les lieux, le business des logements temporaires pour touristes a été rayé de la carte entre la fin du mois de février 2020 et le moment où j’écris ces lignes. Vols annulés, frontières fermées, populations immobilisées : les appartements concernés sont vides et une niche entière de l’économie a été interrompue en quelques jours.

    Que penser de cette tempête ? On débat depuis des semaines autour du caractère plus ou moins démocratique du virus, mais il ne fait aucun doute que les effets qu’il provoque ne le sont pas. Si on regarde le monde des plateformes de logement on observe que, même si elles ont subi un coup dur, ces dernières sont par nature très résistantes, qu’il s’agisse de Booking ou d’Airbnb. Leurs coûts fixes sont très bas, elles ont un nombre limité d’employés, et leur capacité de réaction est telle qu’entre mars et avril un colosse comme Airbnb a déjà pu compter sur deux augmentations de capital rapidement trouvées sur le marché international.

    Du côté des propriétaires de logements des plateformes, les grands investisseurs immobiliers ont tous les instruments légaux et financiers pour encaisser le coup, mais ce n’est pas le cas des particuliers qui affrontent la tempête dépourvus de moyens (Semi et Tonetta 2019). Les effets sont aussi très différents en fonction des échelles, selon qu’on se situe dans un appartement vide, à l’échelle d’un quartier, ou celle d’une ville entière. Les quartiers dont l’unique fonction était de servir des touristes qui ne restaient que quelques nuits se retrouvent ainsi aujourd’hui totalement vides. Au cours des deux prochaines années, la récession dans laquelle nous sommes déjà entrés se traduira par un choc de liquidités qui empêchera la renaissance du tourisme dans la forme que nous lui connaissions jusqu’ici, et aura des conséquences difficiles à prévoir aujourd’hui.

    On peut penser, en faisant preuve d’optimisme, que ce stock de logements retournera sur le marché locatif traditionnel. Mais la crise de liquidité concernera tout autant les touristes que les résidents (il s’agit souvent des mêmes personnes) et il n’est pas facile de savoir qui pourra se permettre de payer un loyer (et quel loyer ?) dans un quartier touristique sans touristes. Il est probable que les inégalités sociales et spatiales héritées du passé s’en trouvent pour certaines congelées, notamment dans les quartiers les plus riches, où les propriétaires aisés pourront retirer leurs biens du marché et conserver leur valeur, quand d’autres seront renforcées dans les quartiers les plus pauvres, où les petits propriétaires seront contraints de vendre, parfois à perte.
    Quel futur pour l’espace public ?

    Au cours des deux dernières décennies, l’espace public a suscité un regain d’intérêt, favorisé par les désirs et les angoisses produits par le néolibéralisme. L’espace public, tel qu’il était conçu jusqu’en février 2020, était principalement un lieu ouvert à des activités de consommation conviviales et non conflictuelles (Sorkin 1992, Mitchell 2003), très éloigné donc de la théorie de l’espace public élaborée par la philosophie politique et par la théorie sociale du XXe siècle (Habermas, Arendt, Sennett, Calhoun). L’espace public dont on parlait était en somme celui des places, avec leurs bars et restaurants en plein air, celui des waterfronts rénovés, celui des parcs aménagés pour des activités de plein air (celui des centres commerciaux, quoique très diffusé, était déjà en crise avant le Covid). Il s’agissait d’un vaste territoire de la ville où les architectes et les designers avaient dicté leur loi, imaginant des territoires conviviaux, smart, parfois soutenables, souvent très recherchés d’un point de vue esthétique (Semi et Bolzoni 2020). On pourrait discuter longuement des expérimentations politiques qui y ont été réalisées, comme dans le cas des POPS (Privately Owned Public Spaces), et de manière plus générale des accords néolibéraux dans le cadre desquels des acteurs privés se substituent aux acteurs publics pour assurer la gestion et l’exploitation de ces espaces. On pense par exemple aux Business Improvement Districts (BID), contrats de gestion d’espaces publics où l’acteur public attribue pour un temps déterminé toutes les fonctions de collecte des taxes, le contrôle de police et des normes d’hygiène à des unions de propriétaires (Zukin 2009).

    La logique organisationnelle de ces espaces était la suivante : leur fonction principale réside dans des formes de consommation légitimes et pacifiées, chapeautées par un fort contrôle social interpersonnel. Un peu comme dans les recettes de bon sens de Jane Jacobs (1961), le contrôle social reposait surtout sur la bonne éducation de consommateurs civils, ce qui permet facilement de comprendre qui étaient les exclus de ce modèle de vie urbaine : les sans-domicile, les toxicomanes, les Roms, les immigrés pauvres, les activistes et tous ceux qui n’étaient pas en mesure de consommer de façon adéquate. Cette logique s’enrayait parfois, comme dans le cas des conflits locaux générés par la vie nocturne dans de nombreuses villes européennes, ou dans celui des conflits entre touristes et populations locales.

    Quoi qu’il en soit, cet espace public fonctionnait et avait du succès car les personnes pouvaient se rassembler en grand nombre : le rassemblement de personnes a été un des moyens d’extraction urbaine les plus efficaces des dernières décennies.

    On comprend donc que le monde post-Covid, dans lequel la proximité physique entre les personnes est devenue, au moins de manière temporaire, l’ennemi public numéro un, met en crise de manière radicale ce type d’espace public. Il n’est pas possible de savoir aujourd’hui pour combien de temps, ni quel succès connaîtront les solutions que l’on évoque ces jours-ci (comme rouvrir les bars et les restaurants en respectant scrupuleusement les consignes de distanciation sociale), mais il est certain que nous allons assister à un renouvellement profond de ces espaces.
    Scénarios

    Il est possible que, dans un premier temps, l’espace public néolibéral redevienne plus semblable à celui que nous avons connu tout au long du XXe siècle, c’est-à-dire plus ouvert à la diversité des usages et à la conflictualité sociale. Il sera sans doute moins pacifié. Je laisse le lecteur décider du fait qu’il s’agisse d’un mal ou d’un bien, mais l’espace public sera probablement plus démocratique.

    Une autre voie, bien moins démocratique mais qui sera sans doute celle que l’on empruntera, concerne un secteur économique qui trouve son débouché physique dans l’espace public : l’offre commerciale, et en particulier la restauration. Ce monde dominait l’espace public néolibéral, notamment à travers ce que certains ont appelé la foodification, la gentrification alimentaire. Il s’agit d’un secteur très dynamique et constitué d’une grande variété d’acteurs qui ont durement lutté pour des marges de profit toujours plus limitées : un véritable marché caractérisé par une innovation faible et une concurrence forte. Un marché qui, comme celui des locations de court terme, s’est effondré au cours des deux derniers mois. En Italie, comme dans beaucoup d’autres pays occidentaux, ce secteur était lui aussi lié à la logistique des plateformes qui s’occupaient de la distribution par l’intermédiaire de cyclistes, comme Deliveroo, Glovo, Foodora, Uber Eats et d’autres. Là aussi, les plateformes se sont montrées plus flexibles et plus résistantes (elles ont été aidées en ce sens par des décisions politiques) et ont continué à fonctionner en dépit du lockdown. Elles seront des acteurs de premier plan du scénario post-Covid, sûrement plus centrales encore qu’avant, notamment car ce seront probablement elles qui maintiendront en vie un certain nombre de restaurants dont la clientèle ne pourra pas renoncer aux petits plats chinois ou mexicains à toute heure. Là encore, il y aura des perdants, sans doute surtout les restaurants traditionnels dont les produits et la clientèle ne passent pas à travers le filtre de la plateforme. Après une phase au cours de laquelle le restaurant traditionnel avait dû lutter contre le restaurant cosmopolite ou à la mode, ce protagoniste majeur de la culture urbaine occidentale, tout comme les cafés, va devoir affronter une épreuve majeure.
    Accélération ou refondation ?

    Il me semble que la pandémie va agir à la fois comme un accélérateur et comme une solution pour une série de conflits déjà visibles au cours des dernières décennies. Il s’agit de conflits organisationnels internes au capitalisme, où les plateformes, certaines plus que d’autres, vont se substituer à des filières de distribution traditionnelles et fourniront des services sur de nombreux marchés.

    Il s’agit d’une transformation qui ne frappera pas seulement les villes, même si elle y sera plus visible qu’ailleurs, mais qui agira sur l’ensemble de l’urbanisation planétaire. Beaucoup de commentateurs soutiennent que cette crise va mettre un frein à la globalisation. Je ne le crois pas. Je pense qu’aux côtés de dynamiques nationalistes, elles aussi déjà visibles au cours des vingt dernières années, nous assisterons à de nouvelles accélérations globales, en particulier du fait de l’action des plateformes.

    La logique prédatrice de fond du capitalisme est intacte, et n’est pas mise en discussion, même s’il est probable que beaucoup des formes qu’elle avait revêtues au tournant du XXIe siècle soient destinées à évoluer. Il y a du travail en perspective pour les chercheurs en sciences sociales, mais encore davantage pour les activistes et pour tous ceux qui croient que ce moment représente une opportunité pour repenser de manière radicale le monde dont nous avons hérité.

    https://metropolitiques.eu/Sur-les-nouvelles-formes-d-inegalites-urbaines-post-Covid.html

    #inégalités #inégalités_urbaines #covid-19 #coronavirus #villes #géographie_urbaine #urban_matter #gentrification #espaces_publics #tourisme #distanciation_physique #distanciation_sociale #TRUST #mater_TRUST #ressources_pédagogiques

    #ressources_pédagogiques

  • Pourquoi #Bergame ? Le virus au bout du territoire

    La région de Bergame en Italie a été l’un des foyers les plus actifs du coronavirus en Europe. Marco Cremaschi remet en cause les lectures opposant de manière dualiste villes et campagnes et souligne la nécessité de repenser la gouvernance de ces territoires d’entre-deux.

    https://metropolitiques.eu/Pourquoi-Bergame-Le-virus-au-bout-du-territoire.html
    #Italie #coronavirus #covid-19 #ville #campagne #habitat #densité_résidentielle #géographie #aménagement_du_territoire

  • Liste d’attente Suisse : 10 jours de quarantaine, test négatif ou pas, et obligation de déclaration spontanée d’arrivée - sous peine d’amende >9000 euros

    La Suisse a mis la région française de Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que Monaco sur sa liste rouge et les voyageurs se rendant dans le pays alpin devront donc -sauf exceptions- se soumettre à une quarantaine obligatoire de 10 jours.

    Parmi les pays frontaliers de la Suisse, le Land de Thuringe en Allemagne, de Salzbourg en Autriche ainsi que les régions italiennes d’Emilie-Romagne et du Frioul-Vénétie Julienne ont également été ajoutées à la liste publiée par le ministère helvétique de la santé.

    Parmi les nouveaux pays ajoutés au document on trouve aussi Chypre, l’Espagne, l’Estonie, Israël, la Lettonie, le Liban, Malte, le Portugal et la slovaquie.

    A leur arrivée, les voyageurs en provenance de ces régions ou pays devront rentrer chez eux ou aller dans un hébergement adapté, et y rester pendant 10 jours. Ils devront également signaler leur présence aux autorités du canton où ils résident sous peine d’une amende qui peut atteindre 10.000 francs suisses (environ 9.300 euros), souligne le site du ministère de la santé.

    Un test Covid-19 négatif ne permet pas de lever l’obligation de quarantaine, précisent les autorités.

    L’obligation de quarantaine ne concerne pas les personnes en voyage d’affaires pour une raison importante et dont le déplacement ne peut être reporté, les personnes voyageant pour des motifs médicaux importants et dont le déplacement ne peut être reporté ou encore des passagers en transit qui ont séjourné moins de 24 heures dans un État ou un territoire à risque élevé d’infection.

    AFP 21.01.2021

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/210121/suissevirus-la-region-paca-et-monaco-sur-la-liste-rouge-de-quarantaine-obl

  • Ce n’est pas la pandémie qui accroit la précarité et la misère, c’est l’économie de marché
    https://ricochets.cc/Ce-n-est-pas-la-pandemie-qui-accroit-la-precarite-et-la-misere-c-est-uniqu

    Le covid-19 ne crée pas une crise économique et de la pauvreté, c’est la crise capitaliste permanente qui crée des problèmes économiques et matériels (notamment pour les plus pauvres, précaires, petits commerces...) dès qu’elle est plus chaotique que d’habitude. Pour contrecarrer la propagande permanente de l’Etat, du capitalisme et de leurs médias, on doit sans arrêt procéder à des réajustements mentaux et conceptuels, ne serait-ce que pour échapper à leur novlangue qui inverse les réalités comme dans le (...) #Les_Articles

    / #Epidémies,_gestion_de_crise,_en_temps_de_catastrophe, #coronavirus, Travail, emploi, (...)

    #Travail,_emploi,_entreprise...
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110121/avec-la-pandemie-la-misere-est-bien-installee?page_article=1
    http://www.palim-psao.fr/textes-contre-le-travail.html
    https://www.partage-le.com/2016/08/08/reflexions-sur-la-nature-totalitaire-de-letat-par-bernard-charbonneau-en

  • Riri, Fifi et Loulou font de la science
    https://ricochets.cc/Covid19-Coronavirus-Macron-Didier-Raoult-Riri-Fifi-et-Loulou-font-de-la-sc

    Bulletin d’information scientifique de l’IHU - Nous avons le droit d’être intelligents ! Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection #Les_Articles

    / #Epidémies,_gestion_de_crise,_en_temps_de_catastrophe, #coronavirus, #Médias_et_expressions, Vidéos, films...

    #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/user/ifr48
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchv9LA6Jmc0c4-53d7519.html

  • L’embrasement du #Roforofo_Jazz sur un nouvel EP

    Avec la sortie d’un EP 5 titres Fire Eater, le combo parisien marque son goût prononcé pour les mélanges aventureux, mixant #hip_hop, #afrobeat et #jazz dans un style unique.

    Afro Latin Vintage Orchestra, Oghene Kologbo, les Frères Smith, Los Tres Puntos, No Water Please, ou encore Sax Machine, chacun de ces groupes cache dans son line-up un ou plusieurs des membres de Roforofo Jazz. Le live band composé de sept musiciens et du MC originaire de Chicago Days (alias RacecaR) se retrouve aujourd’hui a remué sédiments et limons musicaux dans un marécage de radicalité hip hop, de groove #funk, de puissance afro, de liberté jazz avec un goût prononcé pour les mélanges aventureux.

    https://pan-african-music.com/roforofo-jazz-fire-eater

    https://officehomerecords.bandcamp.com/album/fire-eater

    #musique

  • Pourquoi le nombre de malades entre les données de Santé Publique France et celles des hôpitaux est si différent. Notre décryptage - Nice-Matin
    https://www.nicematin.com/sante/pourquoi-le-nombre-de-malades-entre-les-donnees-de-sante-publique-france-

    Mic mac autour des chiffres de la Covid-19 dans les Alpes-Maritimes... Alors que tous les regards sont braqués sur le nombre de lits disponibles pour accueillir des malades souffrant de formes graves de Covid, on découvre d’importantes divergences dans les chiffres.

    Il ne s’agit pas de minimiser l’ampleur de l’épidémie ni sa gravité, alors que le virus continue de circuler activement sur le territoire. Mais de faire état de la réalité de la situation, aussi objectivement possible. Or la situation dans les Alpes-Maritimes, selon qu’elle s’appuie sur les données de Santé publique France, ou sur celles fournies au quotidien par les acteurs de terrain, prend des visages différents.

    Nous avons fait cette découverte après avoir reçu des courriers de médecins hospitaliers s’étonnant des discordances entre les informations diffusées par Nice-Matin au sujet des hospitalisations pour Covid (issues de Santé publique France) et les observations de terrain.

    Or, le nombre d’hospitalisations pour Covid-19 fait partie des indicateurs suivis avec la plus grande attention. Il rend compte du niveau d’occupation des lits dédiés à l’accueil des malades souffrant de formes graves de la Covid-19.

    Chaque jour, des personnels du CHU de Nice, établissement support des Alpes-Maritimes, interrogent ainsi tous les établissements accueillant des malades de la Covid-19, et recensent le nombre de lits occupés pour ce motif.

    Des informations précieuses, relayées à tous les professionnels hospitaliers ainsi qu’à l’ARS, et qui participent en premier lieu aux choix politiques : couvre-feu, confinement…

    Rappelons en effet que toutes les mesures prises ont pour objectif d’éviter une saturation des lits d’hôpitaux.

    De grosses différences pendant des semaines cruciales
    Nous avons pu nous procurer ces tableaux et les courbes d’évolution depuis début octobre, lorsque l’épidémie est repartie à la hausse après la trêve estivale. Et nous avons comparé les données y figurant à celles publiées par Santé publique France, établissement sous la tutelle du ministère de la santé. Données relayées par Nice-Matin, et l’ensemble des médias.

    Et là, nous avons constaté des différences majeures concernant les lits occupés mais aussi l’évolution de la courbe des hospitalisations pendant plusieurs semaines cruciales.

    À titre d’exemple, le 3 janvier dernier, Santé publique France comptabilisait 564 personnes hospitalisées avec un diagnostic Covid-19 dans le département des Alpes-Maritimes (dont 69 en réanimation), quand dans la réalité « seulement » 233 patients au total (dont 55 en service de réanimation) étaient ce jour-là hospitalisés dans l’un ou l’autre des établissements (privés ou publics). Comment comprendre cette différence d’un facteur 2.5 entre ces deux sources ?

    Phénomène plus préoccupant, on observe de vraies divergences dans l’évolution des courbes, pendant des périodes déterminantes. Ainsi, alors que celles traduisant la progression des hospitalisations pour formes graves dans les Alpes-Maritimes, produites par les acteurs de terrain, font état d’une relative stabilité, voire d’une décroissance, à compter du 10 novembre et pendant plusieurs semaines, la courbe publiée par Santé publique France décrit une croissance constante de ces hospitalisations.

    Depuis la levée du confinement, et les instaurations successives du couvre-feu à 20 h puis 18 h, les deux courbes sont quasi parallèles, en progression.

    Des patients en soins de suite qui continuent d’être comptabilisés
    Répondre à ces questions posées par ces données nous a valu une plongée dans un univers totalement kafkaïen, à l’issue duquel nous ne pouvons émettre que des hypothèses, chaque acteur n’ayant pu nous fournir d’explications exhaustives.

    Le chiffre des hospitalisations provenant des hôpitaux eux-mêmes inclut les patients en soins critiques, en lits de médecine mais ne tient pas compte à juste titre de ceux qui ont eu le Covid par le passé, et qui sont toujours hospitalisés en soins de suite et réadaptation (SSR), pour une prise en charge des séquelles de leur maladie.

    Des patients qui ne sont plus contagieux pour la grande majorité d’entre eux.

    « Au bout de 14 jours, ces patients devraient être sortis des bases, nous indique un spécialiste en santé publique. Dans la réalité, il est fréquent qu’ils ne le soient pas tant qu’ils restent présents dans les unités de SSR. De façon plus générale, les malades de la Covid-19 qui quittent l’hôpital après un séjour en réanimation ou dans un autre service ne sont pas toujours sortis des bases. Comme Santé publique France fait des extractions de ces données, elles sont mathématiquement supérieures à la réalité. »

    Difference Covid
    Pas de distinguo avec les patients PCR+ hospitalisés pour d’autres motifs

    Lorsqu’un patient est hospitalisé pour un motif quelconque (insuffisance cardiaque, décompensation diabétique…), dans l’un ou l’autre des services des hôpitaux ou cliniques, et qu’il est testé positif pendant son séjour, il rejoint le « pool des personnes hospitalisées pour Covid » dans la base de données, même s’il ne présente aucun symptôme.

    Lorsque des patients arrivent dans les services d’urgences avec une suspicion de Covid, ils sont aussitôt rentrés dans la base SI-VIC. Si le diagnostic n’est pas confirmé, ils doivent ensuite être retirés de la base, ce qui n’est là encore pas systématiquement fait.

    Le système de recueil de données inclut les patients positifs résidents en EHPAD, dans des maisons d’accueil spécialisé (MAS) et foyers d’accueil médicalisé (FAM), même si leur état n’a pas justifié une hospitalisation dans l’un ou l’autre des secteurs dédiés.

    Plus on teste, plus on trouve de positifs
    Au-delà des différences dans le nombre total de patients hospitalisés pour Covid, comment expliquer les divergences dans les trajectoires des courbes entre le 10 novembre et le 15 décembre ? Intrigués, aucun des spécialistes contactés n’a su pour autant nous répondre.

    La réponse s’explique peut-être en partie par le nombre de tests réalisés. Les Alpes-Maritimes figurent parmi les départements qui testent le plus en France. Or, plus on teste, plus on trouve de positifs. Des personnes testées positives alors qu’elles sont hospitalisées ou qu’elles résident dans des établissements sanitaires et sociaux, Ehpad en priorité (qui ont fait face pendant cette période à de nombreux clusters), rejoignent la case des personnes « hospitalisées avec diagnostic Covid-19 » sur le site de Santé publique France.

    On s’aperçoit, en suivant la courbe issue des données des hôpitaux, que l’accroissement du nombre de positifs ne s’est pas traduit par une augmentation des hospitalisations dans des structures de soins, et n’a donc pas constitué une menace pour le système de santé.

    La problématique est certainement nationale
    Si à l’issue de cette enquête de nombreuses questions restent posées, il reste que cette bataille des chiffres a matière à inquiéter de l’avis même des acteurs en première ligne dans cette crise : « C’est un biais terrible, alors que toute la communication est en effet basée sur les chiffres de Santé Publique France. Et la problématique est certainement nationale, nous confie l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat (chacun partage la même crainte d’être accusé de nourrir la théorie du complot).

    En pleine décroissance des hospitalisations, les journaux titraient : l’épidémie repart ! Et lorsque le couvre-feu à 18 heures a été instauré, on a aussi dit : ça explose à Nice ! La réalité, c’est que ça n’évoluait pas plus qu’ailleurs. »

    Développée dans des conditions d’urgence suite aux attentats de novembre 2015, la plateforme web SI-VIC (SI VICtimes) a permis aux agences sanitaires de disposer rapidement d’une base de données partagée et sécurisée adaptée aux événements générant de nombreux blessés (attentat, prise d’otage, accident sur la voie publique, etc.). Cette plateforme proposait ainsi un système de recensement des admissions aux urgences avec recherche de doublons et possibilités de transferts d’un service à un autre.

    Aujourd’hui, elle est utilisée par les établissements de santé dans le cadre de l’épidémie de COVID-19 pour permettre le dénombrement des patients COVID-19 hospitalisés.

    • Quel est le nombre d’hospitalisations pour Covid-19 dans la région PACA ? - Nice-Matin
      https://www.nicematin.com/faits-de-societe/quel-est-le-nombre-dhospitalisations-pour-covid-19-dans-la-region-paca-63

      LA QUESTION DE CELIA Quel est le nombre d’hospitalisations pour Covid dans la région PACA ?

      Bonjour Célia,

      On navigue parfois dans la quatrième dimension lorsqu’il s’agit d’obtenir le nombre exact de personnes hospitalisées en région PACA. Preuve en est le mic mac que nous avons souligné ce vendredi dans les colonnes de Nice-matin à propos de discordances entre les informations diffusées par Nice-Matin au sujet des hospitalisations pour Covid (issues de Santé publique France) et les observations de terrain.

      En novembre, les courbes de Santé Publique France indiquaient une croissance constance des hospitalisations pour formes graves, toujours dans les Alpes-Maritimes, alors que les médecins sur le terrain relevaient des courbes stables, voire décroissantes.

      La révélation de ces importantes divergences a fait réagir, dans la foulée, le directeur général de la Santé. Une note interne signée par Jérôme Salomon exhorte les « établissements de santé d’effectuer la vérification et la mise à jour de l’ensemble des fiches des patients » Covid-19 afin de les mettre à jour avant le jeudi 21 janvier.

      Dans ce contexte, selon le dernier point de situation régional en Provence-Alpes-Côte d’Azur, publié le 15 janvier par l’Agence régionale de Santé, le nombre de personnes hospitalisées dans la région PACA est de 1 181 personnes (soit -5 par rapport au 14 janvier) ; 334 personnes étant en réanimation (soit +13 personnes) à cette date.

      "UN NIVEAU ÉLEVÉ" SELON L’ARS
      En terme d’occupation des lits, le Vaucluse est engorgé avec 100% pour le taux d’occupation des lits en réanimation, suivi du Var (91,6%), des Bouches-du-Rhône (90,2%), des Alpes-Maritimes (87,8%), des Alpes-de-Haute-Provence (75%) et Haute-Alpes (62,5%). 

      Dans les Bouches-du-Rhône, le nombre de patients en réanimation est de l’ordre de 192 (soit +12 patients). Les autres départements n’enregistrent pas de hausse sensible (+1) et les Alpes-Maritimes recensent même deux personnes en moins. 

      L’ARS note que « le nombre de cas hospitalisés et décédés a légèrement augmenté et reste à un niveau élevé ».

    • Ca donne du grain à moudre aux tennant·es des théories conspirationnistes. Un ami conspi m’expliquait il y a 2-3 jours que les chiffres étaient gonflés artificiellements. Et ca résonne étrangement avec la nouvelle cause anti-conspi de Jupiter. Est-ce que ces medecins de la région Paca vont se trouvé sous le viseur de la macronie pour conspirationnisme ? Vu la manière dont ce gouvernement utilise systhématiquement ses « grandes causes » (violences contre les femmes pour coupé les fonds des assos et ouvrir un marché sur les violences faites aux femmes, harcelement de rue pour ciblé les SDF et Migrants, violences policières pour aboutir à la loi securité global, loi séparatiste qui vérouille la liberté d’expression et crée de nouvelles discriminations islamophobes...) pour dégommer l’opposition et couvrir son incompétence volontaire ou pas en censurant la presse.

    • oui, c’est par un auteur ici présent, on va dire, sensible à ces thèses que je vois passer l’info que je reprends ici.

      La production de (données) statistiques demande de préciser les concepts, lesquels face à la réalité de la pratique ne fournissent pas toujours des réponses claires (quelle case dois-je cocher ?) Cela suppose donc des règles et des conventions et qu’on les applique de façon homogène entre chaque opérateur et avec constance pour un même opérateur. Autant dire que ça n’est jamais gagné et nécessite une lutte de tous les instants.

      Exemple, mentionné dans l’article, mettre à jour une information ou radier un élément sont des actions qui sont moins « gratifiantes » qu’ajouter un nouvel élément et donc une partie d’entre elles ne sont pas faites (cf. l’absence quasi totale de mise à jour ou de radiation des différents fichiers policiers qui entraine leur inflation perpétuelle).

      On peut trouver ça kafkaïen, mais c’est le prix à payer pour avoir des stats exploitable ; si on n’y attache pas d’importance, c’est l’exploitation des données qui devient kafkaïenne et, en vérité, impossible. Quand on travaille avec des données, on fait, plus ou moins implicitement, les hypothèses de cohérence des traitements, homogénéité entre agents et zones géographiques et stabilité dans le temps sont (à peu près) vérifiées.

      C’est embêtant quand l’ampleur des variations est telle que ça commence à se voir, comme ici. Mais quand on commence à chercher - et qu’on y passe le temps qu’il faut - on finit toujours par trouver des trucs …

      Dans un fichier, il n’y a plus de «  loups  » quand on ne les voit pas trop (ou qu’on ne les entend pas trop) et qu’en conséquence, on arrête de les chercher …

      À partir de quand s’arrêter de chercher, à partir de quand se mettre à douter de la fiabilité des chiffres ? #Bonne_question_Elkabbach

      Ceux qui ont un peu mis leur nez dans la production de données rigolent (jaune !) quand on leur sort des trucs du genre ; vous les statisticiens vous ne croyez qu’en vos chiffres.

      Ce qui nous amène à la phrase attribuée à Churchill : I only believe in statistics that I doctored myself soit je n’ai confiance que dans les chiffres que j’ai moi-même bidouillés.

      sur l’attribution de la citation, cf. https://dicocitations.lemonde.fr/citations/citation-40610.php

    • Attention quand même  : si un gus rentre à l’hosto pour covid, au bout de 14 jours, il est toujours à l’hosto pour covid et il est important de pouvoir le tracer comme tel s’il y reste 2 mois.
      Radier les covidés au bout de 15 jours est juste un non-sens. Et une sale négation des covid longs.

      Quant aux PCR+++ qui rentrent à l’hosto pour « autre chose » que le covid… va falloir bien s’entendre sur le « autre chose », vu que cette merde est capable d’attaquer tous les morceaux  : tu peux très bien te taper un AVC ou un infarct provoqué par le covid  : la détresse respiratoire est très loin d’être le seul symptôme. C’est d’ailleurs la diversité des symptomes et le manque d’info à ce sujet qui font que nombre de covidés ignorent leur état et pensent avoir autre chose, ce qui n’aide vraiment.
      La vraie question, c’est comment on traite statistiquement le gus qui rentre pour un accident de la route ou un suivi de cancer et qui s’avère un PCR+++ qui s’ignorait ou les covid nosocomiaux que certains pays estiment à environ 10% des hospitalisés  ?

      Donc, prudence aussi avec cet article qui me semble tirer un peu fort vers une sorte de tradition locale de minoration du problème.

    • Il y a déjà eu une polémique assez similaire en octobre dernier :
      https://www.liberation.fr/checknews/2020/10/30/l-indicateur-du-taux-d-occupation-des-lits-de-reanimation-est-il-gonfle_1

      TLDR :

      Au final, les spécialistes interrogés s’accordent tous à dire que la tension des services de réanimation est une réalité incontestable. Même si l’indicateur officiel, donc, en est une transcription imparfaite, traduisant bien la pression de l’épidémie sur la structure hospitalière, mais ne renseignant guère, en réalité, sur le taux d’occupation en réanimation. Sa pertinence demeure toutefois défendue par la DGOS, qui estime qu’il reflète bien « le niveau de sollicitation, de mobilisation, de tension des services, région par région, en lien avec le coronavirus ».

    • Tout à fait d’accord avec @monolecte, l’article est bien tendancieux et vise à minimiser (c’est pour ça qu’il a plu et été pointé ici).

      Comme souvent, la question cruciale est qu’est-ce qu’on compte ? Il me semble, en tous cas c’est comme ça que je le comprends, qu’il s’agit des hospitalisations en raison du covid (mais je n’ai pas regardé la définition qu’en donne SPF). Dans l’article, on voit des constats, présentés comme des anomalies, qui s’ils étaient pris en compte modifieraient sensiblement cette définition (et feraient baisser les stats) :
      • ne compter que les contagieux ou les PCR+
      • ne pas compter les «  covidés  » en soins de suite

      Dans l’autre sens, il faudrait s’intéresser à la façon dont sont comptabilisés les contaminés à l’hôpital … Soit un sur sept d’après https://seenthis.net/messages/897181 . En effet, ils n’ont pas été comptés positifs au coronavirus à leur admission ; qu’enregistre-t-on dans les stats quand ils le deviennent ? Il faudrait prévoir un nouveau décompte : devenus positifs à l’hôpital. Ça compliquerait encore le suivi du stock, … :
      ∆ stock d’hospitalisations covid = admissions covid + contaminés à l’hôpital - radiations covidés (à l’admission ou en cours d’hospit)

    • Un autre aspect peu honnête est que l’article est très flou sur un point précis : est-ce que ça dénonce le fait qu’on compterait trop d’hospitalisations, ou juste trop de cas de Covid hospitalisés ?

      Le paragraphe qui expose le « problème » dit assez clairement que dans tous les cas, on compte bien des gens hospitalisés :

      Lorsqu’un patient est hospitalisé pour un motif quelconque (insuffisance cardiaque, décompensation diabétique…), dans l’un ou l’autre des services des hôpitaux ou cliniques, et qu’il est testé positif pendant son séjour, il rejoint le « pool des personnes hospitalisées pour Covid » dans la base de données, même s’il ne présente aucun symptôme.

      et que le souci est que parmi ces cas hospitalisés, on dit que certains sont Covid alors que non. Mais on parlerait aurait bien des gens réellement hospitalisés au final.

      Mais juste ensuite, on a une indignation anonyme qui dit explicitement :

      En pleine décroissance des hospitalisations, les journaux titraient : l’épidémie repart !

      Ah, donc il y aurait une baisse des hospitalisations. Ou bien, faudrait-il comprendre comme dans le premier paragraphe, qu’il y a une baisse des hospitalisations pour Covid, mais pas une baisse des hospitalisations tout court.

      Parce qu’au final, ce qui compte et qui détermine toutes les décisions, c’est la saturation des hôpitaux toutes causes confondues. Toute en sachant que le seul élément qui risque d’aggraver la saturation, de toute façon, c’est l’épidémie (ce n’est pas, cet hiver, la grippe saisonnière qui va réellement jouer, ni une épidémie d’accidents de voiture, ni la canicule…).

      Et la question de mesurer le taux d’occupation des réas, c’est déjà la pseudo-polémique d’octobre dernier.

      Parce qu’une fois que c’est saturé, c’est saturé, et les jeunes gens de 65 ans qui ont autre chose qu’un Covid ne seront pas sauvés parce qu’on est obligé de trier les patients, parce qu’il y a trop de gens de 55 ans avec le Covid qui occupent les lits de réanimation.

    • Juste pour le rappeler, si les stations de ski n’ont pas l’autorisation d’ouvrir les remontées mécaniques, c’est en particulier du fait du flux d’hospitalisations conséquents que ce sport génère. Je n’ai plus les chiffres en tête, mais ils étaient significatifs.

      Ergoter sans fin sur la définition d’un nombre n’a que peu d’intérêt à mon sens (et cet article n’a de ce point de vue qu’un intérêt documentaire, faute d’avoir le moindre intérêt pratique).
      L’important, à mon sens, quand on s’est mis d’accord à un instant T sur une mesure, c’est de tâcher de s’y tenir, et de respecter la décision, afin de pouvoir suivre la dynamique. La valeur absolue est sans doute perfectible, mais sa dynamique, la façon dont elle évolue, est plus opérationnelle à mon sens.

      Par exemple, pour les chiffres du chômage, ils auront beau changer les définitions de ce que c’est qu’être au chômage... la dynamique restera, et ils n’y pourront rien, politiquement... quand le chômage augmente... il augmente même quand on rend plus dur la définition du chômeur.

    • Il est clair que le but de l’article est de détruire la crédibilité des chiffres de SPF et d’ancrer dans les têtes qu’ils sont gonflés artificiellement. De ce point de vue, le graphique utilisé fait remarquablement ce (sale) boulot.

      Passons sur le fait que la mention des chiffres issus des données hospitalières ne décrit pas vraiment ni la source effective, ni la méthodologie, devant le constat de la divergence flagrante entre les deux séries à partir de début novembre, la première chose à faire (et impérativement avant toute publication) est d’analyser les écarts et de pointer les raisons de cette divergence. Pas justifier à l’unité près, mais pointer les flux entrants ou sortants qui échappent à l’une ou à l’autre.

    • De l’ordre de 5000 hospitalisations liées à une pratique en montagne pour la saison 2019-20 tronquée par le premier confinement. 6300 en 2010-11.

      avec un flux > 1000 hospi covid par jour depuis octobre, c’est clairement un argument majeur pour interdire le ski :-)

  • Coronavirus : des places pour tout le monde | Aurélie Lanctôt
    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/593330/des-places-pour-tout-le-monde

    La réponse actuelle à la pandémie s’appuie de façon béate sur les approches policières — de la surveillance faite par la police elle-même jusqu’à l’incitation à se dénoncer entre voisins. Elle ignore la santé et la sécurité de personnes parmi les plus vulnérables de notre société, et révèle ainsi combien nous sommes à l’aise avec les stratégies qui consistent à nettoyer l’espace public de ses éléments jugés indésirables. Source : Le Devoir

    • #paywall #Québec #coronavirus #confinement #couvre-feu
      #itinérants #personnes_vulnérables #indésirables

      Des places pour tout le monde
      Aurélie Lanctôt, Le Devoir, le 15 janvier 2021

      Il fait déjà noir lorsque j’arrive devant l’église Saint-Zotique, qui trône en face du square Sir George-Étienne-Cartier, dans le quartier Saint-Henri, et les rues sont presque désertes. J’ai à peine le temps d’apprécier ce calme étrange que la porte menant au sous-sol du bâtiment s’ouvre. On m’invite à entrer. À l’intérieur, des employés de la maison Benoît Labre s’activent pour être prêts à accueillir des gens dès 20 h. Il faut installer les lits, dégager et nettoyer l’espace, préparer la cantine…

      La maison Benoît Labre, qui, en temps normal, offre divers services aux personnes en situation d’itinérance le jour, est devenue cet hiver l’une des neuf « haltes chaleur » créées hors du centre-ville de Montréal. On y propose le gîte à celles et ceux qui, pour une raison ou une autre, ne fréquentent pas les grands refuges, mais cherchent tout de même un endroit où dormir et se réchauffer un peu. « On ne refuse personne. On tolère beaucoup l’intolérable », me dit Andréane Desilets, directrice générale de l’organisme. « Notre seul critère, c’est : gère-toi », ajoute Valérie Pelletier, responsable de projet.

      Ici, on tente de répondre aux besoins de tous dans un espace exigu où le niveau de stress est élevé. C’est d’ailleurs ce qui est marquant depuis le début de la pandémie, remarquent Andréane Desilets et Valérie Pelletier : la tension. Les besoins étaient déjà grands, mais les derniers mois ont accentué la détresse et multiplié les crises. Quant au couvre-feu, il ajoute une pression dont tout le monde se serait passé. Tant les personnes en situation d’itinérance que les organismes qui se débrouillent avec un budget extrêmement serré.

      Des places pour tout le monde dans les refuges, disait François Legault ? Andréane Desilets et Valérie Pelletier l’ont trouvé bien bonne — tout comme les autres organismes en itinérance. Bien sûr que non ! Il n’y a assez de places ni dans les grands refuges ni dans les haltes chaleur, où l’on peine à respecter les consignes sanitaires. Chez Benoît Labre, c’est très clair : avec des lits de camp cordés dans un sous-sol d’église, il y a des limites à ce qu’on peut faire pour endiguer les risques d’infection. Mardi soir, la halte était pleine à 20 h 20. Il a fallu refuser des gens redirigés par le SPVM et la Mission Old Brewery.

      Qu’est-ce que cela signifie de refuser des gens, quand cela équivaut à les placer de facto en situation d’infraction ? La ministre Guilbault a promis qu’on pourrait compter sur le bon jugement des policiers. Mais moins d’une semaine après l’entrée en vigueur du couvre-feu, ce « bon jugement » montre ses vraies couleurs.

      Jean-François Mary, directeur général du Cactus, un organisme qui offre notamment des services aux utilisateurs de drogues, se doutait que ça se passerait mal. Au Cactus, les heures d’achalandage s’étendent de 20 h à 2 h du matin, « et nos usagers ont en général de mauvaises relations avec la police », explique-t-il. Parce qu’ils consomment, ou alors qu’ils ont des antécédents judiciaires. Les CIUSSS délivrent des attestations de déplacement pour les usagers, explique M. Mary, mais il y a déjà des accrochages. Une personne cette semaine a vu son attestation déchirée par les policiers, avant d’être expulsée du métro. Elle est arrivée au Cactus à pied, en pleurs, en manque et en catastrophe.

      Du côté du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), on rapporte aussi plusieurs interactions entre des policiers et des personnes itinérantes qui ont des airs de harcèlement. On a été très prompt à affirmer que les contraventions seraient remises avec grande parcimonie aux personnes itinérantes, mais, tout comme l’idée qu’il suffit de diriger tout le monde vers les refuges, il ne s’agit que d’une partie de l’histoire.

      Le couvre-feu place des gens vulnérables dans une situation non seulement inconfortable, mais dangereuse. Les utilisateurs de drogue, par exemple, vont devoir s’isoler pour consommer ou simplement pour éviter la police. Et dans un contexte où les surdoses sont en recrudescence, on risque de voir plusieurs décès. « Le risque que les gens meurent est bien plus grand sous couvre-feu que le statu quo. On n’a pas eu ce problème pendant la première vague. On est en train d’en créer un », tranche M. Mary.

      On a beaucoup entendu que le couvre-feu ne change rien pour la majorité des gens, qu’il s’agit d’une mesure symbolique, justifiée au nom de l’urgence sanitaire (même sans assise scientifique). Mais la santé et la sécurité de personnes parmi les plus vulnérables de notre société sont aussi une question de santé publique.

      La réponse actuelle à la pandémie, qui s’appuie de façon béate sur les approches policières — de la surveillance faite par la police elle-même jusqu’à l’incitation à se dénoncer entre voisins —, ignore cette dimension, révélant combien nous sommes à l’aise avec les stratégies qui consistent à nettoyer l’espace public de ses éléments jugés indésirables. Et de façon plus générale, embrasser des mesures autoritaires pour « envoyer un message », sans faire grand cas des droits et libertés des citoyens, est un réflexe inquiétant qui a trop souvent prévalu depuis le début de la pandémie. Il faudra tôt ou tard poser un regard critique sur les précédents bien laids créés par cette crise.

  • Coronavirus : Manaus, l’exemple de l’échec de l’immunité collective non vaccinale
    https://fr.news.yahoo.com/coronavirus-manaus-lexemple-de-lechec-de-limmunite-collective-non-vac

    L’idée d’atteindre une immunité collective via les infections naturelles montre ses limites. L’exemple de Manaus, au Brésil, est le plus flagrant. Selon une étude publiée en septembre, 66% de la population de cette ville de plus de deux millions d’habitants a été atteinte par le Covid-19 en juin dernier.

    Une autre étude, publiée le 8 décembre dans la revue scientifique Science estime ce chiffre à 76% de la population en octobre. De quoi, dans les deux cas, atteindre l’immunité collective, estimée à 60%, et permettre de stopper la diffusion incontrôlée de la maladie.

    Les hôpitaux de Manaus débordés

    Pourtant, la situation sanitaire est de nouveau alarmante sur place. L’État d’Amazonas, où se trouve Manaus, a annoncé ce jeudi 14 janvier l’instauration d’un couvre-feu de dix jours en raison de la saturation des hôpitaux débordés par l’afflux permanent de patients atteints du Covid-19. Certains hôpitaux de Manaus n’ont plus d’oxygène pour les patients.

    Les voyageurs brésiliens sur lesquels le Japon a détecté un nouveau variant sont originaire de cet État d’Amazonas. Le taux élevé de contaminations au sein de la population de Manaus pourrait avoir joué un rôle dans l’apparition du variant.

    Seuls les anticorps qui ciblent la protéine S bloquent le virus

    “Lorsqu’on est infecté par le SARS-COV-2, notre système immunitaire va générer tout un répertoire d’anticorps très différents, qui sont dirigés contre les différentes protéines du Covid-19”, rappelle Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg.

    L’Inserm rappelle que la protéine Spike (ou protéine S) est celle qui permet au Covid-19 de pénétrer dans les cellules humaines. Seuls les anticorps qui ciblent la protéine S sont neutralisants, c’est-à-dire qu’ils empêchent le virus d’entrer dans les cellules. Ils apparaissent jusqu’à 45 jours après l’infection.

    “Les vaccins concentrent la production d’anticorps contre la protéine S”

    “Contrairement à une infection par le virus, les vaccins vont permettre la production d’anticorps dirigés uniquement contre la protéine S. La diversité et l’abondance de ces anticorps est donc autant voire plus importante lorsqu’on est vacciné que lorsqu’on est immunisé après avoir été infecté”, ajoute le chercheur, membre du collectif Du Côté de la Science.

    Une étude menée à Sienne (Italie) durant plusieurs mois et rapportée dans la revue Nature a consisté “à cultiver le SARS-CoV-2 en présence de faibles niveaux de sérum de convalescence d’une personne”, c’est-à-dire en présence d’un faible niveau d’anticorps. L’objectif de l’étude était de sélectionner des mutations du virus qui échappent aux différents anticorps que le système immunitaire a généré en réponse à l’infection.

    Une étude montre l’apparition du variant au bout de plusieurs semaines

    L’étude a permis d’observer que, en 90 jours, 3 mutations étaient apparues et rendaient les virus qui les portaient insensibles aux anticorps. Parmi ces mutations : E484K, que l’on retrouve dans les mutations détectées en Afrique du Sud et au Japon, chez des voyageurs revenant du Brésil.

    “À Manaus, comme partout ailleurs, il y a eu des infections avec des niveaux de sévérité différents, donc les malades ont eu une diversité et des niveaux d’anticorps différents. Chez un individu atteint du Covid et ayant une faible réponse immunitaire humorale (anticorps), le virus peut parvenir à s’adapter et sélectionner une mutation qui lui permet d’échapper aux anticorps présents”, simplifie Eric Billy. C’est ce que montre l’étude menée à Sienne. Ce phénomène s’appelle l’#adaptation et l’#échappement viral.

    C’est ce qui pourrait expliquer la nouvelle flambée de cas à Manaus malgré l’immunité collective atteinte, avec 66% de la population infectée selon l’étude. "Dans une zone avec beaucoup de malades et des mesures barrières faibles, l’exposition au #Covid-19 est élevée et prolongée. Ce qui peut augmenter les possibilités du virus de muter”, ajoute le chercheur en immuno-oncologie.

    Une inquiétude partagée par le bioanalyste Samuel Mondy : "Plus il y a de cas, plus le risque qu’un mutant ayant un avantage apparaisse est élevé. Donc avec le nombre de cas enregistré à Manaus, et plus globalement dans toute région à forte circulation du virus, la probabilité pour le virus de muter y était plus élevé" nous explique l’ingénieur de recherche en bioinformatique.

    [...]

    "Les variants qui inquiètent aujourd’hui sont apparus au Brésil et au Royaume-Uni. Deux pays qui ont décidé de laisser circuler le virus, au début de la pandémie, ce qui a pu permettre l’apparition de ces nouveaux variants en augmentant la circulation et donc le nombre des mutations" observe Samuel Mondy.

    [...]

    “Le cas de Manaus montre qu’espérer une immunité collective par une infection virale naturelle, avec ce coronavirus, n’est probablement pas possible sans un coût humain économique et social très élevé”, estime Eric Billy “et sans certitude que l’#immunité_collective naturelle empêche l’apparition de nouveau variants résistants, comme la #mutation E484K”, ajoute le chercheur en immuno-oncologie.

    “Le vaccin, lui, devrait fortement réduire ce risque d’échappement viral, car il optimise la réponse immunitaire en générant un répertoire beaucoup plus large d’anticorps et ciblant seulement la protéine S. Cela devrait offrir une meilleure protection contre les variants, et diminuer l’émergence de variants à risque", conclut Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie.

    Des arguments qui renforcent l’urgence de la #vaccination, débutée fin 2020, pour éviter l’apparition d’un variant qui rendrait inefficace le vaccin actuel. "Plus on vaccinera de monde, plus on réduira les risques d’apparition d’un nouveau variant", abonde Samuel Mondy.

    #réinfection

    • Coronavirus : [peut-être] « Plus de formes sévères » liées au variant sud-africain, dit Launay
      https://va.news-republic.com/a/6917227605888336390?app_id=1239&gid=6917227605888336390&impr_id=69

      « Pour l’instant on n’a pas de données précises (...) Il semble qu’il soit susceptible d’entrainer plus de formes sévères », rapporte Odile Launay. En effet, le variant sud-africain serait plus contagieux, comme le variant britannique, mais semble être aussi plus virulent. C’est-à-dire « qu’il entrainerait dans un nombre plus important de cas des manifestations sévères de la maladie », précise l’infectiologue, membre du comité vaccin Covid-19.

    • Ma coiffeuse me parlait ce matin de son bof (qui bosse à l’hôpital) qui avait fait 3 coviiiiiiid (donc 2 re-infections) ; dont la 3e qui l’a bien séché. Ptet 3 versions de la bête ?

    • New #coronavirus #variants could cause more reinfections, require updated vaccines | Science | AAAS
      https://www.sciencemag.org/news/2021/01/new-coronavirus-variants-could-cause-more-reinfections-require-updated-v

      How these new variants are affecting the course of the pandemic is still unclear. In #Manaus, for example, P.1 might have nothing to do with the new surge in infections; people’s immunity might simply be waning, says Oxford epidemiologist Oliver Pybus. In a press conference today, WHO’s Mike Ryan cautioned that changes in human behavior are still the major driving force for the resurgence. “It’s too easy to just lay the blame on the variants and say it’s the virus that did it,” he said. “Unfortunately, it’s also what we didn’t do that did it.”

    • « Si vous avez de l’oxygène, s’il vous plaît, apportez-le ! » : la ville brésilienne de Manaus sans moyens face à une seconde vague brutale
      https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/16/au-bresil-manaus-affronte-sans-moyens-une-seconde-vague-brutale-si-vous-avez

      Il est autour de 13 heures à Manaus, ce jeudi 14 janvier, et sur Instagram une jeune femme au masque bleu ciel éclate en sanglots. « Les gens, j’implore votre miséricorde. C’est épouvantable ! Il n’y a plus d’oxygène dans toute l’unité de soin ! Beaucoup de gens meurent là-dedans ! Si vous avez de l’oxygène, s’il vous plaît, apportez-le ! », supplie cette psychologue, Thalita Rocha, dans une série de vidéos, tournées aux abords d’un hôpital de la ville et postées sur les réseaux sociaux.

      L’image de cette femme paniquée, dont la belle-mère est alors hospitalisée en soins intensifs et en grave difficulté respiratoire – elle a fini par mourir le 15 janvier –, a fait le tour du Brésil et ému le pays entier. Elle est devenue en quelques heures le véritable cri de détresse de la plus grande ville d’Amazonie, déjà fortement endeuillée par le Covid-19 en 2020, et aujourd’hui confrontée à une brutale seconde vague, doublée d’une grave pénurie d’oxygène qui met en danger la vie de milliers de malades.

      Tous les indicateurs sont aujourd’hui repassés au rouge. Pour la seule journée du 14 janvier, 2 516 nouveaux cas ont été décomptés dans la ville, soit 800 de plus que pour la pire journée précédente enregistrée, en mai. Plus de 93 % des lits en soins intensifs sont désormais occupés. Le nombre de décès oscille, quant à lui, de 50 à 60 victimes quotidiennes : des niveaux comparables à ceux d’il y a huit mois.

      Les récits de ce qu’il advient sur place sont glaçants. Jeudi, alors que le nombre d’admissions explosait, une bonne partie des hôpitaux publics de la ville s’est brutalement retrouvée à court d’oxygène. « C’est devenu le chaos, le vrai, l’absurde, le surréel », raconte Gabriela Oliveira, médecin dans l’un des grands établissements de soin de Manaus (dont elle préfère taire le nom).

      « On s’est sentis désarmés »

      Alors que les nouveaux patients affluent en nombre aux urgences, les couloirs et les salles des unités de soin se remplissent de malades, souvent au bord de l’asphyxie, partageant des bonbonnes d’oxygène à moitié ou trois quarts vides. « On a été forcés de les ventiler manuellement, à l’ancienne, ou d’utiliser en urgence des toutes petites bouteilles de secours, utilisées normalement pour le transport en ambulance », relate Mme Oliveira.

      Vite, de premiers malades succombent. Certains médecins craquent, fondent en larmes. « On s’est tous sentis désarmés. On regardait de tous les côtés et on voyait des gens en train de mourir. Ils avaient besoin de la seule chose qu’on n’avait pas : de l’oxygène », poursuit la jeune femme. En désespoir de cause, de la morphine est injectée à certains malades « pour les tranquilliser et qu’ils se sentent moins angoissés par la suffocation », explique-t-elle, avant de souffler : « On a eu beaucoup de morts… »

      A l’extérieur, les familles patientent sans nouvelles devant les portes closes des hôpitaux. « On ne reçoit aucune information, les infirmiers sont débordés. Ils n’admettent plus personne », confie par téléphone Marlon Pontes Medeiros, 35 ans, dont les deux parents ont été admis in extremis en début de semaine dans un hôpital de Manaus. « L’ambulance n’a même pas pu venir les chercher, on a dû les emmener nous-mêmes. Mes parents ont failli y rester… Et quand on est arrivés, ils les ont mis dans une salle avec 150 autres malades et seulement deux médecins pour s’occuper d’eux ! »

      Marché noir de bonbonnes d’oxygène

      Dans la « capitale mondiale de la pandémie », comme certains la surnomment désormais dans la presse, l’air vaut de l’or, et un lucratif trafic de bonbonnes s’est développé au marché noir. Jeudi soir, la police a appréhendé un camion transportant trente-trois cylindres remplis de précieux oxygène. Il y a de quoi faire des profits : les besoins de la ville ont augmenté de 150 % par rapport au pic de 2020. Pour garder la tête hors de l’eau, Manaus a besoin de 76 000 mètres cubes d’oxygène par jour. Ses fournisseurs locaux ne peuvent lui en fournir qu’à peine la moitié…

      Prises de court, les autorités locales, longtemps négligentes, ont décrété en urgence un couvre-feu de dix jours et appelé le monde à l’aide. « Notre région produit de grandes quantités d’oxygène [grâce à la forêt], mais aujourd’hui, c’est notre population qui a besoin d’oxygène », a déclaré le gouverneur de l’Amazonas, Wilson Lima (droite). Signe des temps de détresse : ce dernier est allé jusqu’à implorer l’aide du Venezuela, pourtant lui-même plongé dans une gigantesque crise humanitaire.

      La logistique est complexe : ville de 2,2 millions d’habitants édifiée au milieu de la forêt tropicale, Manaus n’est accessible que par bateau et par voie aérienne.

      Le gouvernement de Brasilia, tout à son « coronascepticisme », regarde la situation de loin, voire de haut. Le ministre de la santé, Eduardo Pazuello, a ainsi expliqué que le principal responsable du drame à Manaus était selon lui… la météo. « Dans une période de pluie, l’humidité devient très élevée et vous commencez alors à avoir des complications respiratoires », a indiqué M. Pazuello. « Nous avons déjà fait notre part », a pour sa part balayé le président, Jair Bolsonaro.

      L’armée a malgré tout finalement été mobilisée pour une « opération oxygène », afin d’acheminer par avion des bonbonnes et d’évacuer une partie des malades, transférés vers des régions voisines. La logistique est complexe : ville de 2,2 millions d’habitants édifiée au milieu de la forêt tropicale, Manaus est très isolée.

      Variant local

      Un temps, pourtant, la ville s’est crue sortie d’affaire : en décembre 2020, une étude publiée dans la revue Science concluait que les trois quarts des habitants possédaient des anticorps contre le SARS-CoV-2. Mais l’immunité collective a vécu, et le responsable pourrait être à chercher du côté d’un variant local, détecté début janvier chez quatre passagers brésiliens débarqués au Japon. « Cette souche de Manaus est probablement beaucoup plus contagieuse. On ignore cependant encore si elle peut résister aux vaccins », explique Jessem Orellana, épidémiologiste à la fondation Fiocruz (équivalent local de l’Institut Pasteur) dans l’Amazonas.

      Sur le terrain, nombreux sont les médecins témoignant d’une aggravation substantielle de l’épidémie. « On le voit chez les patients à l’hôpital : le virus est devenu plus agressif. De plus en plus de jeunes de 18 à 30 ans, sans comorbidités, développent des formes graves de la maladie. Les hospitalisations sont aussi plus longues, et durent parfois un mois, bien au-delà de quatorze jours », commente la docteure Gabriela Oliveira.

      Alors que la plus grande confusion règne au sujet d’une campagne de vaccination, c’est le #Brésil tout entier qui est aujourd’hui confronté à une deuxième vague. La barre des 200 000 morts a largement été franchie et chacun craint de voir le « variant de Manaus » s’installer sur tout le territoire. « On est l’un des Etats les plus négligents au monde dans cette pandémie et il est très probable que ce variant se diffuse vite dans tout le pays, et malheureusement, sur le reste de la planète », redoute Jessem Orellana.

    • 23 décembre 2020 : Brésil : à Manaus, le mirage de l’immunité collective contre le Covid-19, Bruno Meyerfeld (Rio de Janeiro, correspondant)
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/23/bresil-a-manaus-le-mirage-de-l-immunite-collective_6064323_3244.html

      Une étude estime que 76 % des habitants de la métropole amazonienne posséderaient des anticorps contre le coronavirus. Sur place, les médecins confrontés à la deuxième vague restent sceptiques.

      Des hôpitaux saturés remplis de mourants et de cadavres. Des infirmiers impuissants et des familles en larmes. Des corps entassés dans de petits camions frigorifiques, enterrés à la va-vite dans des fosses communes creusées à la tractopelle. Au pic de l’épidémie, Manaus, au Brésil, ville martyre du Covid-19, offrait au monde une certaine vision de l’apocalypse.

      Huit mois plus tard, la plus grande cité d’#Amazonie, serait-elle déjà tirée d’affaire ? Une étude, publiée mardi 8 décembre dans la revue scientifique Science , pourrait le laisser penser. Menée, entre mars et octobre, par une trentaine de chercheurs brésiliens et internationaux, issus d’institutions aussi prestigieuses que les universités d’Harvard, de Sao Paulo (USP) et d’Oxford, celle-ci aboutit à une conclusion stupéfiante : plus des trois quarts des habitants de Manaus (76 %) posséderaient désormais des anticorps contre le SARS-CoV-2. Un niveau suffisamment élevé permettant à la ville de pouvoir théoriquement bénéficier de l’immunité collective et stopper ainsi la diffusion incontrôlée de la maladie.

      L’étude vient confirmer des données préliminaires divulguées par le groupe de recherche, au mois de septembre, sur le site MedRxiv, et qui avaient à l’époque chiffré à 66 % le taux de positivité aux anticorps des habitants de Manaus. Au total, la capitale de l’Etat d’Amazonas déplorait plus de 3 100 morts au 8 décembre dus au Covid-19, soit un taux de mortalité de 144 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés du Brésil, près de deux fois supérieur à la moyenne nationale.

      Mais, après une période très difficile entre mai et juin, les chiffres de l’épidémie ont entamé durant plusieurs mois une baisse importante. Le nombre de cas détectés par semaine à Manaus a ainsi été divisé par trois entre mai et septembre, passant de 4 500 à seulement 1 380. Le nombre de décès hebdomadaire a quant à lui été divisé par huit : 292 au pic de l’épidémie en mai contre 33 début septembre. Autant de données qui laissent à penser que l’immunité de groupe aurait bel et bien été atteinte à Manaus.

      Rebond inquiétant

      La tentaculaire métropole amazonienne, vaste comme l’Ile-de-France et peuplée de 2,2 millions d’âmes, est-elle réellement devenue Covid safe ? Interrogés sur la question, la plupart des chercheurs se montrent sceptiques. « Cette étude a été menée par des scientifiques compétents et apporte des informations très intéressantes », réagit Guilherme Werneck, épidémiologiste brésilien de renom, avant de relever les lacunes de ce document.

      « Ce travail a été réalisé grâce à des échantillons venant de donneurs de sang. Or, les donneurs sont souvent issus de populations plus jeunes, qui se protègent moins contre le virus et ont donc plus de chances d’être contaminés : ils ne sauraient représenter la population de la ville dans son ensemble », prévient le chercheur.
      Par ailleurs, « Il faut faire la différence entre présence d’anticorps et immunité, note également M. Werneck. On ignore encore largement les capacités protectrices réelles des anticorps. On ne sait pas s’ils protègent complètement ou partiellement du Covid, si cette protection est de longue ou de courte durée, et si on peut être réinfecté, par exemple, au bout de quelques mois… »

      Pour preuve : depuis le « creux » du mois de septembre, l’épidémie a effectué un rebond inquiétant à Manaus. Un nouveau pic de contamination a été atteint en octobre, avec jusqu’à 3 300 malades détectés par semaine. Les décès, qui avaient marqué le pas, sont également, dans la même période, en augmentation, jusqu’à 132 victimes hebdomadaires.

      Depuis lors, l’épidémie s’est stabilisée à un niveau intermédiaire, mais toujours très élevé (autour de 2 000 cas et entre 40 à 70 morts par semaine). « Cette évolution est un indicateur que l’immunité collective, même si elle a pu un temps être atteinte, n’a pas été suffisante pour maintenir le taux de reproductivité R en dessous de 1, selon Luiz Gustavo Goes, virologue à l’USP. Chez les autres coronavirus déjà connus, on a des cas de #réinfection possibles en seulement quatre mois. Il me semble donc précipité d’affirmer que Manaus aurait déjà atteint l’immunité collective. »

      « Pas sous contrôle »

      Le Graal du « seuil des 60 % » permettant d’atteindre l’immunité de groupe est d’ailleurs une notion très critiquée par les spécialistes. « Admettons que Manaus ait réellement 66 % de personnes possédant des anticorps, et que ces anticorps soient vraiment protecteurs… Eh bien, ça ne signifie pas que l’épidémie soit stoppée pour autant ! La part des habitants possédant des anticorps varie énormément d’un quartier ou d’un milieu social à l’autre… On peut ainsi assister à des flambées locales de l’épidémie », insiste M. Werneck.

      Les prochaines semaines risquent sans aucun doute d’être de nouveau difficiles, voire catastrophiques, à Manaus. La ville n’est pas épargnée par la deuxième vague épidémique qui touche aujourd’hui tout le Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde (derrière les Etats-Unis), qui a déjà fait ici plus de 188 000 victimes. Dans la grande cité amazonienne, les cas graves sont en hausse ces derniers jours, et plus de 80 % des lits en soins intensifs réservés aux malades atteints du Covid-19 sont désormais occupés.

      Les vacances d’été et les fêtes de fin d’année approchent, laissant craindre aux observateurs une nouvelle flambée des contaminations au sein de la métropole amazonienne. Pour ne rien arranger, le gouvernement de l’Etat d’Amazonas a mis fin, le 1er décembre, aux rares mesures restrictives instaurées jusque-là, et a proclamé la réouverture des bars, des restaurants et des salles de concerts, avec pour règle théorique de ne pas dépasser 50 % de leur capacité d’accueil habituelle.

      « La pandémie n’est pas sous contrôle », insiste Gulnar Azevedo e Silva, présidente de l’Abrasco, l’Association brésilienne de santé collective, qui appelle à ne pas baisser la garde : « Il faut continuer à respecter les mesures qui ont montré leur efficacité : masque, distanciation, hygiène des mains. Espérer que la pandémie sera contenue quand la population aura atteint cette immunité de groupe, c’est l’assurance que beaucoup plus de gens vont mourir. »

      Edit Une population sentinelle : Three-quarters attack rate of SARS-CoV-2 in the Brazilian Amazon during a largely unmitigated epidemic | Science (vers le 9 décembre 2020, bien que la page actuelle indique une date ultérieure)
      https://seenthis.net/messages/890563

  • Αίτημα επιστροφής 1.500 προσφύγων στην Τουρκία κατέθεσε η Ελλάδα στην Ε.Ε.
    –-> La Grèce demande à l’UE le #retour de 1 500 réfugiés en Turquie.

    Αίτημα προς την Ευρωπαϊκή Επιτροπή και τη Frontex για την άμεση επιστροφή 1.450 προσώπων, των οποίων έχουν απορριφθεί τα αιτήματα παροχής ασύλου, κατέθεσε το υπουργείο Μετανάστευσης και Ασύλου, επικαλούμενο την Κοινή Δήλωση Ε.Ε.-Τουρκίας. Ωστόσο να σημειωθεί ότι πλέον η έκδοση των αποφάσεων παροχής ασύλου σε πρώτο βαθμό γίνονται με διαδικασίες εξπρές, μη εξασφαλίζοντας επαρκή νομική βοήθεια και κατά συνέπεια δίκαιη απόφαση.

    Στην ανακοίνωση του υπουργείου Μετανάστευσης αναφέρεται ότι η Ελλάδα ζητά να επιστρέψουν στην Τουρκία 955 αλλοδαποί που μπήκαν στη χώρα μας από την Τουρκία και βρίσκονται στη Λέσβο, 180 που βρίσκονται στη Χίο, 128 που βρίσκονται στη Σάμο και 187 στην Κω, επισημαίνοντας ότι τα αιτήματά τους για άσυλο έχουν απορριφθεί τελεσίδικα και ως εκ τούτου είναι επιστρεπτέοι, βάσει της Κοινής Δήλωσης ΕΕ- Τουρκίας.

    Το πρώτο δίμηνο του 2020 καταγράφηκαν συνολικά 139 επιστροφές προς την Τουρκία, με τη διαδικασία να έχει σταματήσει από τις 15 Μαρτίου 2020, καθώς η Τουρκία επικαλέστηκε τις δυσκολίες που επέφερε το ξέσπασμα της πανδημίας του κορονοϊού. Πλέον, το υπουργείο Μετανάστευσης ισχυρίζεται ότι « οι ταχείες διαδικασίες ελέγχων για κορονοϊό στην Ελλάδα και η σημαντική επιτάχυνση της διαδικασίας ασύλου, έχουν δημιουργήσει τις κατάλληλες συνθήκες για την επανέναρξη της διαδικασίας επιστροφών με ασφάλεια όσων αλλοδαπών δεν δικαιούνται διεθνούς προστασίας και εισήλθαν στην Ελλάδα από την Τουρκία ».

    Ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου, Νότης Μηταράκης, επισημαίνει στη δήλωσή του ότι η Ελλάδα αναμένει από την Τουρκία « να ενισχύσει τις προσπάθειες στα πλαίσια της Κοινής Δήλωσης : πρώτον, στην αποτροπή διέλευσης βαρκών που ξεκινούν από τα παράλιά της με προορισμό τη χώρα μας. Δεύτερον, στην αποδοχή επιστροφών στη βάση της Κοινής Δήλωσης Ε.Ε.-Τουρκίας, αλλά και των διμερών συμφωνιών επανεισδοχής ».

    Και αναφερόμενος στην ευρωπαϊκή πολιτική για το προσφυγικό/μεταναστευτικό, σημειώνει ότι « το ζητούμενο για την Ευρώπη είναι να κατοχυρώσει στο νέο Σύμφωνο Μετανάστευσης και Ασύλου έναν κοινό μηχανισμό, καθώς και το απαραίτητο νομικό οπλοστάσιο για επιστροφές. Και να οχυρώσει, με αυτόν τον τρόπο, τις χώρες πρώτης υποδοχής απέναντι σε ανεξέλεγκτες μεταναστευτικές ροές, αλλά και τη δράση κυκλωμάτων λαθροδιακινητών ».

    Την ίδια ώρα, με αφορμή το αίτημα του ελληνικού υπουργείου Μετανάστευσης και Ασύλου προς την Κομισιόν και τη Frontex, η οργάνωση-ομπρέλα για τα ανθρώπινα δικαιώματα HIAS Greece εξέδωσε ανακοίνωση στην οποία σημειώνει ότι η ταχεία διαδικασία που ακολουθείται για την εξέταση των αιτημάτων ασύλου δεν εξασφαλίζει σωστή και δίκαιη απόφαση.

    Επίσης οι αιτούντες άσυλο δεν έχουν επαρκή νομική βοήθεια και η διαδικασία της προσφυγής σε δεύτερο βαθμό είναι νομικά περίπλοκη, ουσιαστικά αποτρέποντας τους πρόσφυγες από να διεκδικήσουν την παραμονή τους στη χώρα.

    « Καθίσταται σαφές ότι χωρίς νομική συνδρομή είναι αδύνατον οι αιτούντες/ούσες άσυλο να παρουσιάσουν εγγράφως και μάλιστα στην ελληνική γλώσσα, τους νομικούς και πραγματικούς λόγους για τους οποίους προσφεύγουν κατά της απορριπτικής τους απόφασης », σημειώνει μεταξύ άλλων, τονίζοντας επίσης :

    « Η έλλειψη δωρεάν νομικής συνδρομής αποβαίνει εις βάρος του δίκαιου και αποτελεσματικού χαρακτήρα που θα έπρεπε να διακρίνει τη διαδικασία ασύλου στο σύνολό της, ιδίως αν ληφθούν υπόψη οι εξαιρετικά σύντομες προθεσμίες που προβλέπονται για διαδικασία των συνόρων και τα σημαντικά κενά στη πρόσβαση σε νομική συνδρομή ήδη από το πρώτο βαθμό της διαδικασίας ασύλου ».

    https://www.efsyn.gr/node/276785

    –—

    Traduction de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migeurop :

    Le ministère de l’Immigration et de l’Asile a soumis une demande à la Commission européenne et à #Frontex pour le #retour_immédiat de 1 450 personnes dont la demande d’asile a été rejetée, citant la déclaration commune UE-Turquie. Cependant, il convient de noter que désormais, les décisions d’asile en première instance sont prises par des procédures expresses, sans que soit assuré une aide juridique suffisante au requérant, ce qui pourrait garantir une décision équitable.

    L’annonce du ministère de l’Immigration indique que la Grèce demande le retour en Turquie de 955 étrangers qui sont entrés dans notre pays depuis la Turquie et se trouvent à #Lesbos, 180 à #Chios, 128 à #Samos et 187 à #Kos, notant que leurs demandes d’asile ont été définitivement rejetés et qu’il est possible de les renvoyer, en vertu de la déclaration commune UE-Turquie. Au cours des deux premiers mois de 2020, un total de 139 #retours_forcés en Turquie ont été enregistrés, un processus qui est au point mort depuis le 15 mars 2020, date à laquelle la Turquie a évoqué les difficultés supplémentaires causées par l’apparition de la #pandémie de #coronavirus.

    Désormais, le ministère de l’Immigration affirme que "les procédures de #dépistage_rapide du coronavirus en Grèce et l’accélération significative du processus d’asile, ont créé les bonnes conditions pour la #reprise en toute sécurité du processus de retour des étrangers qui n’ont pas droit à une protection internationale et sont entrés en Grèce depuis la Turquie. ». Le ministre de l’Immigration et de l’Asile, #Notis_Mitarakis, souligne dans sa déclaration que la Grèce attend de la Turquie "un renforcement des efforts dans le cadre de la Déclaration commune : premièrement, pour empêcher le passage des bateaux partant de ses côtes vers notre pays". Deuxièmement, par l’acceptation des retours sur la base de la déclaration commune UE-Turquie, mais aussi des accords bilatéraux de #réadmission ". Faisant référence à la politique européenne des réfugiés / immigration, il a noté que « l’objectif de l’Europe est d’établir un mécanisme commun dans le nouveau pacte d’immigration et d’asile, ainsi que l’arsenal juridique nécessaire pour les retours. Et de fortifier, de cette manière, les premiers pays d’accueil contre les flux migratoires incontrôlés, mais aussi l’action des réseaux de passeurs ".

    Dans le même temps, à l’occasion de la demande du ministère grec de l’Immigration et de l’asile à la Commission et à Frontex, l’organisation de défense des droits de l’homme HIAS Greece a publié une déclaration dans laquelle elle note que la procédure rapide suivie pour l’examen des demandes d’asile ne garantit pas décision juste et équitable. De plus, les demandeurs d’asile ne bénéficient pas d’une aide juridique suffisante et la procédure de recours en deuxième instance est juridiquement compliquée, ce qui empêche les réfugiés de défendre leur droit de séjour dans le pays. « Il devient clair que sans assistance juridique, il est impossible pour les demandeurs d’asile de présenter par écrit et qui plus est en langue grecque, les raisons juridiques et réelles pour lesquelles ils font appel de la décision de rejet de leur demande », notent-t-ils, entre autres, en soulignant : « L’absence d’assistance juridique gratuite se fait au détriment du caractère équitable et efficace de la #procédure_d'asile dans son ensemble, en particulier compte tenu des délais extrêmement courts prévus de la #procédure_à_la_frontière (#Border_procedure) et des lacunes importantes déjà en matière d’accès à l’#aide_juridique, dès la première instance de la procédure d’asile ".

    #Grèce #Turquie #asile #migrations #renvois #expulsions #réfugiés #accord_UE-Turquie #déboutés

    ping @isskein @karine4

    • « Ναι » στις επιστροφές μεταναστών λέει η Τουρκία

      Πρόκειται για αίτημα που κατέθεσε την περασμένη εβδομάδα στην Ε.Ε. και στον Frontex ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου Νότης Μηταράκης.

      Θετική ανταπόκριση της Τουρκίας στο ελληνικό αίτημα για επιστροφή 1.450 αλλοδαπών των οποίων τα αιτήματα ασύλου έχουν απορριφθεί τελεσιδίκως προκύπτει από τη χθεσινή συνάντηση του αντιπροέδρου της Ευρωπαϊκής Επιτροπής Μαργαρίτη Σχοινά με τον Τούρκο υπουργό Εξωτερικών Μεβλούτ Τσαβούσογλου. Πρόκειται για αίτημα που κατέθεσε την περασμένη εβδομάδα στην Επιτροπή και στον Frontex ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου Νότης Μηταράκης. Ο κ. Τσαβούσογλου, σύμφωνα με πληροφορίες της εφημερίδας Καθημερινη , είπε ότι το ζήτημα θα επιλυθεί με ορίζοντα τον Μάρτιο.

      Σύμφωνα με τις ίδιες πληροφορίες, η συνάντηση με τον κ. Σχοινά –η πρώτη μεταξύ των δύο ανδρών– διήρκεσε μία ώρα και συζητήθηκαν όλα τα θέματα αρμοδιότητος του αντιπροέδρου : το μεταναστευτικό, η ασφάλεια, ο διαθρησκειακός διάλογος και οι επαφές μεταξύ των λαών. Κοινοτικές πηγές αναφέρουν ότι, ενόψει της Συνόδου Κορυφής του Μαρτίου και της έκθεσης Μπορέλ για τις ευρωτουρκικές σχέσεις, είναι επιτακτική ανάγκη η οικοδόμηση ενός πλαισίου θετικής συνεννόησης και η αποφυγή διχαστικών δηλώσεων που θα οξύνουν εκ νέου τις εντάσεις. Ο κ. Τσαβούσογλου κάλεσε τον κ. Σχοινά να συμμετάσχει ως κεντρικός ομιλητής στο Φόρουμ της Αττάλειας τον προσεχή Ιούνιο.

      Σε θετικό κλίμα εξελίχθηκε και η συνάντηση του Τούρκου υπουργού με την επίτροπο Εσωτερικών Υποθέσεων Ιλβα Γιόχανσον. Τα βασικά θέματα τα οποία συζήτησαν, σύμφωνα με πληροφορίες, ήταν οι δεσμεύσεις των δύο πλευρών όπως απορρέουν από την Κοινή Δήλωση Ε.Ε. – Τουρκίας για τη διαχείριση του μεταναστευτικού και τα προαπαιτούμενα με τα οποία πρέπει να συμμορφωθεί η Αγκυρα για να υπάρξει πρόοδος στο θέμα της απελευθέρωσης των θεωρήσεων. Ο κ. Τσαβούσογλου συναντήθηκε επίσης με τον Ζοζέπ Μπορέλ και τον επίτροπο Διεύρυνσης Ολιβερ Βαρχέλι, ενώ είχε και ένα σύντομο τετ α τετ με την Ούρσουλα φον ντερ Λάιεν. Σε δηλώσεις του πριν από τη δική του συνάντηση με τον κ. Τσαβούσογλου, ο ύπατος εκπρόσωπος της Ε.Ε. για την Εξωτερική Πολιτική χαρακτήρισε το 2020 « περίπλοκο έτος » για τις σχέσεις των δύο πλευρών. « Πρόσφατα όμως », πρόσθεσε ο κ. Μπορέλ, « έχουμε δει βελτίωση της ατμόσφαιρας » και « κάποια σημαντικά βήματα » στην αναζήτηση « κοινών στρατηγικών συμφερόντων ».

      « Ενα θετικό βήμα είναι η ανακοινωθείσα επανέναρξη των διερευνητικών συνομιλιών μεταξύ Ελλάδας και Τουρκίας », είπε ο κ. Μπορέλ, σημειώνοντας : « Πρέπει να υπάρξει επιμονή σε αυτές τις προσπάθειες. Προθέσεις και ανακοινώσεις πρέπει να μεταφραστούν σε πράξεις ». Επανέλαβε δε την « πλήρη δέσμευση » της Ε.Ε. να στηρίξει την « ταχεία επανέναρξη » των διαπραγματεύσεων για το Κυπριακό, υπό την αιγίδα του γ.γ. του ΟΗΕ. « Είναι ισχυρή μας επιθυμία να υπάρξει μια αποκλιμάκωση διαρκείας στην Ανατ. Μεσόγειο και στην ευρύτερη περιοχή και είμαι βέβαιος ότι μπορούμε να έχουμε ένα διάλογο ουσίας για να ενισχύσουμε τις πολιτικές διαδικασίες που συνδέονται με συγκρούσεις στην περιοχή, στη Λιβύη, στη Συρία ή στο Ναγκόρνο-Καραμπάχ », είπε.

      Επιπλέον, « με πλήρη αμοιβαίο σεβασμό, θα μιλήσουμε ειλικρινά και ανοιχτά για την πολιτική κατάσταση στην Τουρκία και τις προοπτικές ένταξης [της χώρας στην Ε.Ε.] », ανέφερε ο κ. Μπορέλ. Μιλώντας νωρίτερα στο Ευρωκοινοβούλιο, ο ύπατος εκπρόσωπος επανέλαβε τις ανησυχίες της Ε.Ε. για τα ανθρώπινα δικαιώματα στην Τουρκία. Εκανε αναφορά στις υποθέσεις Ντεμιρτάς και Καβαλά αλλά και στις « βαθιά ανησυχητικές » διώξεις δημάρχων της αντιπολίτευσης.

      ​​​​​​Από την πλευρά του, ο κ. Τσαβούσογλου χαρακτήρισε κι αυτός το περασμένο έτος « προβληματικό » για τις σχέσεις Ε.Ε. – Τουρκίας. Χαιρέτισε τις αμοιβαίες κινήσεις βελτίωσης της ατμόσφαιρας που έχουν γίνει έκτοτε και είπε ότι μαζί με τον κ. Μπορέλ θα « εργαστούν για να προετοιμάσουν » την επίσκεψη στην Αγκυρα της Ούρσουλα φον ντερ Λάιεν και του προέδρου του Ευρωπαϊκού Συμβουλίου Σαρλ Μισέλ. Υπενθυμίζεται, πάντως, ότι η επίσκεψη αυτή δεν έχει επιβεβαιωθεί ακόμα από ευρωπαϊκής πλευράς.

      https://www.stonisi.gr/post/14486/nai-stis-epistrofes-metanastwn-leei-h-toyrkia

  • Affaire Pfizer-Nigeria : les victimes attendent toujours leur dédommagement Jeune Afrique 03 février 2011

    https://www.jeuneafrique.com/31695/economie/affaire-pfizer-nigeria-les-victimes-attendent-toujours-leur-d-dommagem

    L’accord signé le 30 juillet 2009 entre Pfizer et l’Etat nigerian de Kano n’a pour l’instant abouti à aucun versement aux familles des victimes présumées d’un essai clinique pratiqué par le laboratoire pharmaceutique en 1996 sur plusieurs centaines d’enfants. Quelque 35 millions de dollars sont en jeu.

    Des parents avec leurs enfants sourds et muets devant la haute cours de justice de Kano en 2008
    Depuis plusieurs années, Ali Yako assure que les médicaments administrés à son fils de quatre ans par Pfizer, numéro un mondial de la pharmacie, dans le cadre d’essais cliniques destinés à soigner sa méningite, l’ont rendu sourd avant d’entraîner sa mort. Mais dix-huit mois après la signature d’un accord entre le géant américain et l’Etat nigérian de Kano, portant sur plusieurs millions de dollars de dédommagement, Yako et les victimes présumées de cet essai attendent toujours leurs indemnités, bloquées par une bataille judiciaire autour de tests ADN voulus par le laboratoire.

    « Nous nous sentons manipulés et abandonnés à la fois par Pfizer et par le gouvernement de l’Etat de Kano », a déclaré récemment Yako lors d’une cérémonie d’inauguration d’un hôpital pédiatrique financé par Pfizer. « Nous sommes laissés de côté », a-t-il ajouté.

    Certaines familles de victimes accusent la firme pharmaceutique d’avoir volontairement retardé le paiement des compensations. Pfizer s’en défend, en assurant que ces retards sont liés au bras-de-fer portant sur les tests ADN. D’après le laboratoire, ces tests sont nécessaires pour identifier les victimes présumées, le nombre de personnes ayant déposé plainte dépassant de loin celui des personnes concernées par l’essai clinique.

    Garde fou
    « Le recueil des tests ADN est un garde-fou – intégré dans l’accord de dédommagement – pour garantir autant que possible que les fonds soient versés uniquement à ceux à qui ils sont destinés », a indiqué le géant pharmaceutique à l’AFP.

    Pfizer a pratiqué des essais cliniques en 1996 sur plusieurs centaines d’enfants et nourrissons pendant une épidémie de méningite et de rougeole dans l’Etat de Kano, situé dans le nord du Nigéria. Selon le laboratoire, l’épidémie avait tué près de 12.000 personnes et touché plus de 100.000 autres en six mois. Pfizer assure avoir avoir obtenu l’accord des autorités nigérianes pour cet essai et précise qu’environ 200 enfants ont été impliqués dans les tests, dont la moitié ont été soignés avec son antibiotique Trovan (trovafloxacine).

    « Les résultats de cette étude ont clairement prouvé que le Trovan a aidé à sauver des vies », estime la compagnie. Mais Médecins sans frontières (MSF), qui s’était efforcée à l’époque de soigner les victimes de l’épidémie de méningite au Nigeria, a durement critiqué Pfizer. « Quand les employés de MSF ont pris conscience de ce que faisait Pfizer, ils ont été scandalisés par les pratiques de la société », a déclaré l’organisation humanitaire dans un communiqué.

    Un arrangement de 75 milliards de dollars
    Selon les autorités nigérianes, les essais cliniques de Pfizer ont entraîné la mort de 11 enfants et des dommages physiologiques sur des dizaines d’autres, dont des problèmes de surdité, de cécité et de paralysie. En juillet 2009, après deux ans de bataille juridique, Pfizer et l’Etat de Kano avaient annoncé un accord à l’amiable de 75 millions de dollars.

    Cet accord prévoyait un dédommagement de 35 millions de dollars pour les victimes et 30 millions pour la construction d’un hôpital pédiatrique, en échange d’un arrêt des poursuites contre le géant américain par le gouvernement de Kano. Chaque famille de victime devait recevoir 175.000 euros de compensation et les dix derniers millions devaient couvrir les frais judiciaires de l’Etat de Kano.

    En mai 2010, le cabinet d’avocats Streamsowers & Kohn, qui représente les familles de 192 victimes, a toutefois annoncé que celles-ci rejetaient l’offre de dédommagements, en raison de tests ADN de Pfizer. Les avocats font valoir que ces tests ne sont pas accompagnés d’une vérification indépendante.

    #pfizer #niger #Afrique #cobayes #enfants #tests #trovan #cobaye #santé #covid-19 #france #coronavirus #médecine #essai_clinique #big_pharma #vaccin #santé_publique #pharma #essais_cliniques #sante #méningite #fric

  • WHO’s Covid mission to Wuhan: ’It’s not about finding China guilty’ | Coronavirus | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2021/jan/12/who-experts-covid-mission-not-about-finger-pointing-at-china
    https://i.guim.co.uk/img/media/6acdc29443a8e9282d279d3fd0df409f2c8c0c19/0_50_5802_3481/master/5802.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    When the scientists on the World Health Organization’s mission to research the origins of Covid-19 touch down in China as expected on Thursday at the beginning of their investigation they are clear what they will – and what they will not – be doing.They intend to visit Wuhan, the site of the first major outbreak of Covid-19, and talk to Chinese scientists who have been studying the same issue. They will want to see if there are unexamined samples from unexplained respiratory illnesses, and they will want to examine ways in which the virus might have jumped the species barrier to humans. What the mission will not be, several of the scientists insist, is an exercise in “finger pointing at China” – something long demanded by the Trump administration and some of its allies.
    While some of the scientists will travel to China, others will be part of a wider effort that has drawn in global experts in diseases.
    The importance of being on the ground in China, of seeing sites associated with the Wuhan outbreak, was underlined by Fabian Leendertz, professor in the epidemiology of highly pathogenic microorganisms at Germany’s public health body, the Robert Koch Institute, and part of the team.Involved in tracking down the source of the 2014 Ebola outbreak in west Africa to a bat colony in a tree, he has also worked on identifying when measles may have first jumped to humans. While some have built up considerable expectations around the first visit, Leendertz cautions that his experience suggests it can take time to get to the initial bottom of outbreaks, if at all.
    “We will see how long it takes. There’s small possibility we will only come up with scenarios, that we wont be able to come up with a scientific proof. For example my group published a paper last summer in Science where we found it was probably 25,000 years since measles spread from cattle to humans. Hopefully it won’t take that long,” he joked.
    Leendertz, like other colleagues involved in the mission, is clear, however, about one thing. “This is not about finding China guilty or saying ‘it started here, give or take three metres.’ This is about reducing the risk. And the media can help by avoiding Trump style finger-pointing. Our job is not political.“There will never be no risk, which is why it’s not the time to say it is farming animals or people going into bat caves for guano. It has be a data-based investigation and at the moment there is very limited data around the origin.“We know the closest relative viruses in bat species. But we still need to find the original reservoir, if there were intermediate hosts and even intermediate human hosts.”And while China has suggested other places outside of the country where the virus could have originated Leendertz believes that Wuhan remains the best starting point.“I think the WHO philosophy is a good one. Start at the point which has the most solid description of human cases even if we do not know that the Wuhan wet market was the point where it first spilled over into humans or was simply the first mega spreading event.
    “From Wuhan we can go back in time to follow the evidence. [The origin] may stay in the region. It may go to another part of China. It may even go to another country.”While there was a conversation in the team about whether the research could be done remotely, when it looked for a moment last week the visit might be blocked by China, he is not convinced that would have been a useful strategy.“You can’t do an investigation of any outbreak remotely,” he told the Guardian. “It’s just not really possible. I don’t want to give the impression we’ll be taking swabs or finding bats, but it is really important to see the locations and the settings, the wet market in Wuhan, the virology institute, to see the wildlife farms, the potential interface between the virus and humans.“We have already had a few productive online meetings with our Chinese counterparts but it is better to be sitting down and brainstorming to develop hypotheses.”Leendertz’s remarks on finger pointing were echoed by fellow team member Marion Koopmans in an interview with the Chinese television channel CGTN.“The WHO warned about the risk of emerging diseases, and I don’t think any country is immune to that. So I don’t believe this is about blaming. It’s about understanding and learning that for the future of our global preparedness. So, I don’t think we should be pointing fingers here. But it is important to start in Wuhan, where a big outbreak occurred. We need to have an open mind to all sorts on the hypothesis. And that’s what we’ve been asked to do. But we need to start in Wuhan where we first learned about the situation.”
    Professor John Watson, a UK member of the team and a former deputy chief medical officer, echoed many of the same sentiments. “I’ve worked on outbreaks mainly in the UK,” he told the Guardian. “And although in theory you could do it remotely being on the spot makes a big difference. Understanding how a place works and having direct contact with the individuals involved.“I am going into this with an entirely open mind and the colleagues on the team I have managed to speak to are the same. This is a chance to go and find out the facts: what is available to know now and what lines of investigation might be fruitful in the future. I’m not sure a single trip will find all the answers, it may never be wholly sorted, but it is a start.”
    Leendertz is clear about one thing, however. While the international scientists on the team do the investigation, the complex and sensitive diplomacy around access will be handled by the WHO amid concerns in some circles that China might try and obstruct the work.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#oms#sante#pandemie#circulation#coronavirus#propagation#expert#ebola

  • #Flop : Première journée de dépistage massif à Roubaix : à peine 1036 personnes testées, dont 3 cas positifs
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/roubaix/premiere-journee-depistage-massif-roubaix-peine-1036-pe

    Timide participation pour la première journée de dépistage massif organisé cette semaine à Roubaix. Ce lundi 11 janvier, 1036 roubaisiens ont été testés dans les six centres déployés. Trois tests se sont révélés positifs.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=zj_gZ8O3cvk&feature=emb_logo

    Dans la salle Lejeune ce matin, il y avait plus de journalistes que de roubaisiens venus se faire tester pour le top départ de la campagne de dépistage massif organisée cette semaine dans la ville.

    Un démarrage en douceur donc, puisque l’ARS a comptabilisé 1036 personnes venues se faire tester en ce lundi 11 janvier dans les six centres déployés, soit un peu plus d’1% de la population totale de la ville. Parmi eux, trois tests se sont révélés positifs.

    Aucun objectif chiffré officiellement fixé, mais...
    Officiellement, les autorités sanitaires ne se fixent aucun objectif chiffré. D’un côté, l’Agence Régionale de Santé des Hauts-de-France explique s’être  « mis en disposition pour réaliser 30 000 tests sur la semaine, ce qui est déjà très significatif je pense pour une campagne de ce niveau-là", a indiqué Benoit Vallet, son directeur. Soit un tiers de la population, et une moyenne de 5000 tests par jour. Bien loin du bilan de cette première journée donc...

    De l’autre, certains scientifiques semblent être plus prudents et espèrent tester entre 5 et 10% des quelques 100 000 roubaisiens.

    Roubaix est la troisième ville de France à accueillir un dépistage massif sur une semaine. En décembre dernier, 11% de la population de l’agglomération du #Havre avait été testée lors d’une action opération. A #Charleville-Mézières, à peine 6% des habitants y avaient participé. . . . . . . . . . . . .

    #confiance #crédibilité #covid-19 #coronavirus #santé #pandémie #test #surveillance #france

  • Algorithms and the #coronavirus pandemic | Financial Times
    https://www.ft.com/content/16f4ded0-e86b-4f77-8b05-67d555838941

    ... algorithmic #surveillance remains widespread in #France. Most concerning to activists is the Traitement des Antécédents Judiciaires, a criminal database of 8m faces which the police can use for facial recognition. “The file is about everyone who has been in an investigation,” says Mr Drago, including those acquitted as well as convicted of crimes. “It’s pretty bleak [that] millions of people can be subject to FRT.”

    #algorithme

  • School closures cut Covid-19 infections, says study

    The closure of Swiss schools in the spring of 2020 was one of the most effective measures to reduce travel and so the transmission of Covid-19, says a new study.

    Researchers at the Federal Institute of Technology ETH Zurich found that the closure of schools reduced mobility by around a fifth, report Sunday newspapers Le Matin Dimanche and Sonntagszeitung.

    “The closure of the schools reduced mobility by 21.6%,” ETH professor of computer science and management Stefan Feuerriegel, who led the study, told French news agency AFP.

    The Swiss research team analysed 1.5 billion movements between February 10 and April 26, 2020, using data from Swiss mobile operators to assess the impact of measures against Covid-19 on mobility. All changes in postcode areas were taken into account.

    According to the study, the ban on gatherings of more than five people reduced mobility by 24.9%, while the closure of bars, restaurants and other non-essential shops brought a drop of 22.3%, while school closures came just behind.

    “If the schools are closed, we can hope for a big change in behaviour,” says Feuerriegel. “Not only do children stay at home, but sometimes it also means a change for the parents.”

    Le Matin Dimanche says the study is likely to rekindle controversy over whether schools should be closed to combat the spread of Covid-19. While governments in Switzerland and elsewhere closed schools during the first wave of the pandemic, they have since sought to keep them open if possible.

    Studies have suggested that school closures are harmful to the education particularly of younger children and increase inequalities between them. And while children are unlikely to develop serious forms of Covid-19, their role in spreading it remains unclear.

    https://www.swissinfo.ch/eng/school-closures-cut-covid-19-infections--says-study/46275244
    #écoles #école #contamination #fermeture #covid-19 #coronavirus #pandémie #enfants #ETHZ

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    • Schweizer Studie: Schulschließungen zählen zu effektivsten Maßnahmen

      Eine Studie der ETH Zürich zeigt, dass Schulschließungen wirken. Noch mehr Effekt haben allerdings Kontaktreduzierungen und Beschränkungen in der Gastronomie.

      Im Kampf gegen die Corona-Pandemie haben sich in der Schweiz Schulschließungen als eine der effektivsten Maßnahmen erwiesen. Das geht aus einer Studie hervor, die am Sonntag von der ETH Zürich veröffentlicht wurde. Demnach wurde die Mobilität um 21,6 Prozent reduziert, als die Schweizer Behörden im März 2020 die Schließung der Schulen anordneten.

      Schulschließungen verminderten die Mobilität und führten damit zu einer Verringerung der Covid-19-Erkrankungen, meinte der ETH-Forscher Stefan Feuerriegel. Für die Studie wurden mit Hilfe von Telekommunikationsdaten 1,5 Milliarden Bewegungen ausgewertet. Die Schulen waren im Frühjahr wegen der Pandemie rund zwei Monate geschlossen.

      Aus der ETH-Studie ergibt sich, dass zwei Faktoren die Mobilität noch stärker verringerten als Schulschließungen. Auf dem Spitzenplatz rangiert mit 24,9 Prozent das Verbot von Treffen mit mehr als fünf Menschen, knapp dahinter liegt mit 22,3 Prozent die Schließung von Restaurants, Bars und Geschäften, die für den täglichen Lebensunterhalt nicht notwendig sind.
      Weltweite Debatte über Schulschließungen

      Über Schulschließungen als Mittel zur Eindämmung der Covid-19-Pandemie wird weltweit heftig gestritten. Die Gefahr, dass Kinder eine Erkrankung mit dem Covid-Erreger erleiden, ist vergleichsweise gering, aber es ist nicht klar, in welchem Maße sie Covid-Viren übertragen. Zu dieser Frage nahmen die ETH-Autoren nicht Stellung. Sie zeigten jedoch auf, dass Schulschließungen dazu beitragen, das Risiko eine Übertragung des Virus deutlich zu verringern. „Unsere Analyse belegt, dass Schulschließungen ein Mittel sind, die Verbreitung zu verlangsamen, indem sie die Mobilität verringern“, sagte Feuerriegel.

      https://www.diepresse.com/5920862/schweizer-studie-schulschliessungen-zahlen-zu-effektivsten-massnahmen

    • Et voilà l’étude, enfin trouvée...
      Monitoring the COVID-19 epidemic with nationwide telecommunication data

      n response to the novel coronavirus disease (COVID-19), governments have introduced severepolicy measures with substantial effects on human behavior. Here, we perform a large-scale,spatio-temporal analysis of human mobility during the COVID-19 epidemic. We derive hu-man mobility from anonymized, aggregated telecommunication data in a nationwide setting(Switzerland; February 10–April 26, 2020), consisting of∼1.5 billion trips. In comparison tothe same time period from 2019, human movement in Switzerland dropped by 49.1 %. Thestrongest reduction is linked to bans on gatherings of more than 5 people, which is estimated tohave decreased mobility by 24.9 %, followed by venue closures (stores, restaurants, and bars)and school closures. As such, human mobility at a given day predicts reported cases 7–13 daysahead. A 1 % reduction in human mobility predicts a 0.88–1.11 % reduction in daily reportedCOVID-19 cases. When managing epidemics, monitoring human mobility via telecommuni-cation data can support public decision-makers in two ways. First, it helps in assessing policyimpact; second, it provides a scalable tool for near real-time epidemic surveillance, therebyenabling evidence-based policies.

      https://arxiv.org/pdf/2101.02521.pdf

    • Les écoles à la source de contaminations : « Nous devons repenser le rôle des enfants dans la transmission » dit Vandenbroucke

      Les écoles peuvent également devenir des sources de contamination, a averti dimanche le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, sur le plateau de l’émission « De Zevende Dag » (VRT). Un nombre croissant de cas y sont constatés.

      « Nous devons bien réfléchir à la façon dont nous appréhendons les contaminations chez les enfants car, à un certain moment de l’épidémie, la vie à l’école peut elle-même devenir une source de contamination », a-t-il expliqué.

      Les annonces de nouvelles contaminations ne doivent pas décourager la population, demande-t-il. « Ce que nous voyons, c’est une épidémie qui progresse sous la surface en plus de l’épidémie. On voit la croissance de variants, comme le variant sud-africain, face auxquels on ne sait pas avec certitude si les vaccins sont bien efficaces. Mais nous savons ce que nous devons faire : tester, tester, tester, isoler, et vacciner, vacciner, vacciner ».

      « D’une part, grâce à la campagne de vaccination, nous pouvons entrevoir la fin mais, de l’autre côté, avec les mutations, nous voyons resurgir le danger. Nous devons être rapidement sur la balle et continuer à appliquer les mesures : masques, lavage des mains, limitation des contacts et être très, très prudent », a-t-il ajouté.

      Un important foyer a été détecté à Bekkevoort, en Brabant flamand, au départ d’une école primaire. 45 infections y ont été comptabilisées, soit un élève et un enseignant sur trois, explique le bourgmestre Benny Reviers à la VRT, et 52 au total dans la commune. Les contaminations auraient aussi d’autres écoles de l’entité, suite aux contacts que les enfants ont entre eux. C’est pourquoi Bekkevoort a décidé de fermer les trois écoles primaires de la commune et de mettre tous les élèves, enseignants et parents à la maison pendant au moins trois jours.

      Le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, a évoqué deux foyers de contamination dans sa ville : l’un dans le quartier juif, l’autre dans deux écoles. Les mesures à prendre dans ces établissements scolaires sont actuellement en discussion.

      A Etterbeek (région de Bruxelles-Capitale), le Collège Saint-Michel, qui accueille plus de 1000 personnes, a décidé ce dimanche la suspension de tous les cours en présentiel de la première à la sixième secondaire, après la découverte d’au moins 4 contaminations au variant parmi les professeurs.

      https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-ecoles-a-la-source-de-contaminations-nous-devons-repenser-le-role-de