• De l’individu au #politique. L’#angoisse comme régime d’expérience

    Alors que l’angoisse comme catégorie est abondamment mobilisée pour désigner une sensation corporelle de mal-être propre à l’individu, ce numéro de Tracés propose de se pencher sur l’angoisse comme régime d’#expérience face à l’#incertitude, à partir des outils non plus de la psychanalyse mais des sciences humaines et sociales. Les articles du numéro abordent ainsi les logiques qui sous-tendent les modes de manifestation de l’angoisse, en prenant en compte leurs dimensions à la fois corporelle, discursive et esthétique. On revient en particulier sur la question du caractère socialement situé de l’expression de l’angoisse (dépendantes à la fois d’un contexte institutionnel et de dispositions individuelles), mais aussi de leur caractère genré. Toutefois, l’analyse des manifestations de l’angoisse suppose d’abord de s’interroger sur leurs conditions de son #objectivation dans le discours médical mais aussi par les sciences humaines et sociales prises dans leur diversité. Si le discours psychanalytique s’est imposé au fil du xxe siècle comme le principal vecteur pour penser l’angoisse comme ontologique et en cela fondamentalement différenciée de la #peur (quant à elle toujours rattachée à un objet), l’apport de la philosophie existentialiste (#Kierkegaard, notamment) permet de penser l’angoisse comme l’expérimentation par l’homme de l’infinité des possibles. Catégorie savante, l’angoisse est aussi une catégorie ordinaire désignant une #émotion qui peut être considérée comme fondatrice autant d’un groupe social que de modes d’action politiques. Alors que l’angoisse tend à être réduite à un processus propre au sujet, le parti pris de notre numéro a donc été de repenser cette émotion à l’aune du #collectif, c’est-à-dire d’en faire le signe d’un #régime_émotionnel partagé dans un espace et à une époque donnée. Si « éprouver de l’angoisse » ressort davantage du #corps et de l’incorporé, se dire angoissé reviendrait à bénéficier de catégories d’entendement du monde social, notamment issues de la #psychanalyse, qui contribuent non plus seulement à qualifier de pathologique son rapport au monde, mais plutôt à affirmer dans l’espace public (après l’espace privé) la légitimité de la singularité tortueuse et douloureuse de ce rapport.

    https://journals.openedition.org/traces/11152

    • (…) Ce désajustement originel qu’impose la nécessité de se réaliser, de devenir soi, dans un esprit tant de développement personnel que d’individualisation de la responsabilité, avec l’outillage de récentes techniques managériales, tandis que de l’autre les possibilités réelles sont dramatiquement restreintes. C’est cette faille que désigne Pierre Bourdieu en parlant des « hommes sans avenir », dans ses Méditations pascaliennes (1997), faille également sensible chez #Gilbert_Simondon, comme l’analyse Lara Bonneau dans son article, rejoignant l’interprétation d’Igor Krtolica.

      Si l’angoisse survient dans le rapport du sujet moderne à l’informe et à l’infini, elle indique également en creux, comme Simondon le souligne [dans son ouvrage L’inviduation psychique et collective], l’échec de la relation transindividuelle ou du moins sa fragilisation. Son inscription dans une histoire artistique et culturelle au long cours qui rappelle l’importance de l’#expérience_esthétique dans le rapport du sujet à soi et au monde permet cependant de sortir du solipsisme auquel elle semblait condamner le sujet. L’angoisse, pour Simondon, pointe le « paradoxe du #transindividuel ». (Krtolica, 2009)

      L’angoisse est l’expression affective de l’impossibilité que le sujet éprouve à poursuivre en lui, c’est-à-dire à l’échelle individuelle, son #individuation ; pour le philosophe, c’est seulement dans la dimension collective du transindividuel que cette impasse qu’est l’angoisse peut trouver une issue positive.

      C’est ainsi dans sa nature duelle, propre au sujet mais chez un sujet véritablement politique que l’angoisse saisie par les articles du numéro retrouve un sens qui inscrit, dans la longue tradition savante héritée de #Fanon, l’angoisse dans un cadre politique. C’est cette dernière dimension – le rapport de l’angoisse objet des sciences humaines au politique – qu’il convient d’approfondir.

      Angoisse, #mélancolie et individuation : une généalogie du sujet moderne entre histoire de l’art et #philosophie, Lara BONNEAU
      https://doi.org/10.4000/traces.11172

      En se concentrant sur la question du rapport de l’individu à la forme et aux formes, la science de l’art (Kunstwissenschaft) d’#Aby_Warburg permet l’élaboration d’une généalogie singulière de l’angoisse, qui souligne le rôle crucial de cet #affect pour comprendre la #subjectivité moderne. Entretenant un dialogue avec Ernst Cassirer quant à la nécessité d’une philosophie des « formes symboliques », Warburg postule qu’un basculement de la phobie à l’angoisse a lieu par la #création_artistique ; en ce sens, l’angoisse ne témoigne du rapport du sujet à l’être que parce qu’elle implique plus originairement un rapport du sujet à la forme et à l’informe. C’est depuis une pensée de l’individuation entendue comme prise de forme ontogénétique que l’on se propose d’articuler le rapport à l’être et le rapport à la forme, dans une perspective qui fait droit au devenir. La philosophie de Gilbert Simondon peut alors éclairer l’entreprise warburgienne. L’angoisse apparaît comme un affect particulièrement prégnant, en tant qu’elle marque un coup d’arrêt dans l’individuation du sujet et lui révèle le vertige non du néant de l’être mais de sa propre prise de forme. Simondon indique toutefois de manière énigmatique que l’angoisse peut être « départ de l’être », ce que l’histoire de l’art d’Aby Warburg et la philosophie cassirérienne de la culture peuvent, réciproquement, contribuer à éclairer.

      et #merci ! @cdb_77 pour ce signalement.

  • Lecture d’un extrait du livre « Coupe-le » de Corinne Lovera Vitali

    http://liminaire.fr/radio-marelle/article/coupe-le-de-corinne-lovera-vitali

    Monologue poétique composé de quatre chants, le récit non chronologique de Corinne Lovera Vitali décrit une série d’expériences traumatiques d’une femme à la découverte d’elle-même, entre l’enfance et l’âge adulte. Son expérience répétée du couple est celle d’une coupure, elle se retrouve dans « l’incapacité à vivre avec quiconque sur la durée de ce qu’est la vraie vie celle où on est présents au présent continûment. » (...) #Radio_Marelle / #Écriture, #Histoire, #Langage, #Livre, #Lecture, #Récit, #Vidéo, #Voix, #En_lisant_en_écrivant, #Mémoire, #Corps, #Podcast, (...)

    #Biographie

    http://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_coupe-le_corinne_vitali_lovera.mp4

    https://www.editions-mf.com/produit/97/9782378040222/coupe-le

  • Un dégoût profond pour cette république moribonde, Matéo. Fbouc de Bas les Masques - appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire
    https://www.facebook.com/BaslesMasques2020/photos/a.113028497052253/211071223914646

    Elle est longue cette lettre de Mateo, étudiant de 21 ans, adressée à son professeur, mais tellement forte et belle, que nous nous y sommes plongé.es avec une boule à la gorge...

    Bonjour Monsieur,

    Ce mail n’appelle pas nécessairement de réponse de votre part, je cherchais simplement à écrire mon désarroi. Ne sachant plus à qui faire part du profond mal-être qui m’habite c’est vous qui m’êtes venu à l’esprit.

    Même si cela remonte à longtemps, l’année que j’ai passée en cours avec vous a eu une influence déterminante sur les valeurs et les idéaux qui sont aujourd’hui miens et que je tente de défendre à tout prix, c’est pour cela que j’ai l’intime conviction que vous serez parmi les plus à même de comprendre ce que j’essaye d’exprimer.

    Ces dernières semaines ont eu raison du peu d’espoir qu’il me restait. Comment pourrait-il en être autrement ? Cette année était celle de mes 21 ans, c’est également celle qui a vu disparaître mon envie de me battre pour un monde meilleur.

    Chaque semaine je manifeste inlassablement avec mes amis et mes proches sans observer le moindre changement, je ne sais plus pourquoi je descends dans la rue, il est désormais devenu clair que rien ne changera. Je ne peux parler de mon mal-être à mes amis, je sais qu’il habite nombre d’entre eux également.
    Nos études n’ont désormais plus aucun sens, nous avons perdu de vue le sens de ce que nous apprenons et la raison pour laquelle nous l’apprenons car il nous est désormais impossible de nous projeter sans voir le triste futur qui nous attend.

    Chaque semaine une nouvelle décision du gouvernement vient assombrir le tableau de cette année. Les étudiants sont réduits au silence, privés de leurs traditionnels moyens d’expression.
    Bientôt un blocage d’université nous conduira à une amende de plusieurs milliers d’euros et à une peine de prison ferme.
    Bientôt les travaux universitaires seront soumis à des commissions d’enquêtes par un gouvernement qui se targue d’être le grand défenseur de la liberté d’expression.
    Qu’en est-il de ceux qui refuseront de rentrer dans le rang ?

    Je crois avoir ma réponse.
    Samedi soir, le 5 décembre, j’étais présent Place de la République à Paris.
    J’ai vu les forces de l’ordre lancer à l’aveugle par-dessus leurs barricades anti-émeutes des salves de grenades GM2L sur une foule de manifestants en colère, habités par une rage d’en découdre avec ce gouvernement et ses représentants.
    J’ai vu le jeune homme devant moi se pencher pour ramasser ce qui ressemblait à s’y méprendre aux restes d’une grenade lacrymogène mais qui était en réalité une grenade GM2L tombée quelques secondes plus tôt et n’ayant pas encore explosée.
    Je me suis vu lui crier de la lâcher lorsque celle-ci explosa dans sa main.
    Tout s’est passé très vite, je l’ai empoigné par le dos ou par le sac et je l’ai guidé à l’extérieur de la zone
    d’affrontements.
    Je l’ai assis au pied de la statue au centre de la place et j’ai alors vu ce à quoi ressemblait une main en charpie, privée de ses cinq doigts, sorte de bouillie sanguinolente.
    Je le rappelle, j’ai 21 ans et je suis étudiant en sciences sociales, personne ne m’a appris à traiter des blessures de guerre.
    J’ai crié, crié et appelé les street medics à l’aide.
    Un homme qui avait suivi la scène a rapidement accouru, il m’a crié de faire un garrot sur le bras droit de la victime.
    Un garrot… Comment pourrais-je avoir la moindre idée de comment placer un garrot sur une victime qui a perdu sa main moins d’une minute plus tôt ?
    Après quelques instants qui m’ont paru interminables, les street medics sont arrivés et ont pris les choses en main.
    Jamais je n’avais fait face à un tel sentiment d’impuissance. J’étais venu manifester, exprimer mon mécontentement contre les réformes de ce gouvernement qui refuse de baisser les yeux sur ses sujets qui souffrent, sur sa jeunesse qui se noie et sur toute cette frange de la population qui suffoque dans la précarité.

    Je sais pertinemment que mes protestations n’y changeront rien, mais manifester le samedi me permet de garder à l’esprit que je ne suis pas seul, que le mal-être qui m’habite est général. Pourtant, ce samedi plutôt que de rentrer chez moi heureux d’avoir revu des amis et d’avoir rencontré des gens qui gardent espoir, je suis rentré chez moi dépité, impuissant et révolté.

    Dites-moi Monsieur, comment un étudiant de 21 ans qui vient simplement exprimer sa colère la plus légitime peut-il se retrouver à tenter d’installer un garrot sur le bras d’un inconnu qui vient littéralement de se faire arracher la main sous ses propres yeux, à seulement deux ou trois mètres de lui.
    Comment en suis-je arrivé là ? Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Je n’ai plus peur de le dire. Aujourd’hui j’ai un dégoût profond pour cette République moribonde.

    Les individus au pouvoir ont perverti ses valeurs et l’ont transformée en appareil répressif à la solde du libéralisme.
    J’ai développé malgré moi une haine profonde pour son bras armé qui défend pour envers et contre tous ces hommes et ces femmes politiques qui n’ont que faire de ce qu’il se passe en bas de leurs châteaux.
    J’ai toujours défendu des valeurs humanistes et pacifistes, qui m’ont été inculquées par mes parents et desquelles j’ai jusqu’ici toujours été très fier.
    C’est donc les larmes aux yeux que j’écris ceci mais dites-moi Monsieur, comment aujourd’hui après ce que j’ai vu pourrais-je rester pacifique ?
    Comment ces individus masqués, sans matricules pourtant obligatoires peuvent-ils nous mutiler en toute impunité et rentrer chez eux auprès de leur famille comme si tout était normal ?
    Dans quel monde vivons-nous ?
    Dans un monde où une association de policiers peut ouvertement appeler au meurtre des manifestants sur les réseaux sociaux, dans un monde où les parlementaires et le gouvernement souhaitent renforcer les pouvoirs de cette police administrative qui frappe mutile et tue.
    Croyez-moi Monsieur, lorsque je vous dis qu’il est bien difficile de rester pacifique dans un tel monde…

    Aujourd’hui être français est devenu un fardeau, je suis l’un de ces individus que l’Etat qualifie de « séparatiste », pourtant je ne suis pas musulman, ni même chrétien d’ailleurs.
    Je suis blanc, issu de la classe moyenne, un privilégié en somme…
    Mais quelle est donc alors cette religion qui a fait naître en moi une telle défiance vis-à-vis de l’Etat et de la République ?
    Que ces gens là-haut se posent les bonnes questions, ma haine pour eux n’est pas due à un quelconque endoctrinement, je n’appartiens à l’heure actuelle à aucune organisation, à aucun culte « sécessioniste ».
    Pourtant je suis las d’être français, las de me battre pour un pays qui ne veut pas changer.
    Le gouvernement et les individus au pouvoir sont ceux qui me poussent vers le séparatisme.
    Plutôt que de mettre sur pied des lois visant à réprimer le séparatisme chez les enfants et les étudiants qu’ils s’interrogent sur les raisons qui se cachent derrière cette défiance.
    La France n’est plus ce qu’elle était, et je refuse d’être associé à ce qu’elle représente aujourd’hui.
    Aujourd’hui et malgré moi je suis breton avant d’être français. Je ne demanderais à personne de comprendre mon raisonnement, seulement aujourd’hui j’ai besoin de me raccrocher à quelque chose, une lueur, qui aussi infime soit-elle me permette de croire que tout n’est pas perdu.
    Ainsi c’est à regret que je dis cela mais cette lueur je ne la retrouve plus en France, nous allons au-devant de troubles encore plus grands, le pays est divisé et l’antagonisme grandit de jour en jour.

    Si rien n’est fait les jeunes qui comme moi chercheront une sortie, un espoir alternatif en lequel croire, quand bien même celui-ci serait utopique, seront bien plus nombreux que ne l’imaginent nos dirigeants.
    Et ce ne sont pas leurs lois contre le séparatisme qui pourront y changer quelque chose.
    Pour certains cela sera la religion, pour d’autre comme moi, le régionalisme.
    Comment pourrait-il en être autrement quand 90% des médias ne s’intéressent qu’aux policiers armés jusqu’aux dents qui ont été malmenés par les manifestants ?
    Nous sommes plus de 40 heures après les événements de samedi soir et pourtant je n’ai vu nulle part mentionné le fait qu’un manifestant avait perdu sa main, qu’un journaliste avait été blessé à la jambe par des éclats de grenades supposées sans-danger.

    Seul ce qui reste de la presse indépendante tente encore aujourd’hui de faire la lumière sur les événements terribles qui continuent de se produire chaque semaine.
    Soyons reconnaissants qu’ils continuent de le faire malgré les tentatives d’intimidation qu’ils subissent en marge de chaque manifestation.

    Je tenais à vous le dire Monsieur, la jeunesse perd pied.

    Dans mon entourage sur Paris, les seuls de mes amis qui ne partagent pas mon mal-être sont ceux qui ont décidé de fermer les yeux et de demeurer apolitiques.
    Comment les blâmer ? Tout semble plus simple de leur point de vue. Nous sommes cloîtrés chez nous pendant que la planète se meurt dans l’indifférence généralisée, nous sommes rendus responsables de la propagation du virus alors même que nous sacrifions nos jeunes années pour le bien de ceux qui ont conduit la France dans cette impasse.

    Les jeunes n’ont plus l’envie d’apprendre et les enseignants plus l’envie d’enseigner à des écrans noirs.
    Nous sacrifions nos samedis pour aller protester contre ce que nous considérons comme étant une profonde injustice, ce à quoi l’on nous répond par des tirs de grenades, de gaz lacrymogènes ou de LBD suivant les humeurs des forces de l’ordre.
    Nous sommes l’avenir de ce pays pourtant l’on refuse de nous écouter, pire, nous sommes muselés. Beaucoup de choses ont été promises, nous ne sommes pas dupes.

    Ne gaspillez pas votre temps à me répondre. Il s’agissait surtout pour moi d’écrire mes peines. Je ne vous en fait part que parce que je sais que cette lettre ne constituera pas une surprise pour vous. Vous êtes au premier rang, vous savez à quel point l’abîme dans laquelle sombre la jeunesse est profond.

    Je vous demanderai également de ne pas vous inquiéter. Aussi sombre cette lettre soit-elle j’ai toujours la tête bien fixée sur les épaules et j’attache trop d’importance à l’éducation que m’ont offert mes parents pour aller faire quelque chose de regrettable, cette lettre n’est donc en aucun cas un appel au secours.

    J’éprouvais seulement le besoin d’être entendu par quelqu’un qui je le sais, me comprendra.

    Matéo

    Bas les Masques :
    Nous en profitons pour clarifier un détail, dont parle Mateo, et c’est bien logique puisqu’il dit justement n’avoir aucune notion de premier secours. Le garrot est une pratique a éviter. La compression est à privilégier.

    Les deux images-textes choisies pour cette publication nous font passer d’un idéalisme absolu à un pragmatisme ô combien trivial.

    #corps_et_âme#manifestation #pourpasunrond #grenade #police #violence_d'État #mutilation

  • La très belle biennale #Traces (http://traces-migrations.org) n’a pas pu avoir lieu en présence d’un public en chair et os...

    Du coup, elle s’est transformée en émission #radio...

    Et vous pouvez retrouver les #podcasts ici (et c’est tellement incroyablement riche !!) :

    https://soundcloud.com/radio-traces

    Quelques #sons :
    La question des #Chibanis à travers le temps - Portrait de Jacques Barou
    https://soundcloud.com/radio-traces/la-question-des-chibanis-a-travers-le-temps-portrait-de-jacques-barou

    “Restez chez vous”, quid de la #crise_sanitaire dans les #quartiers_populaires ?
    https://soundcloud.com/radio-traces/sets/restez-chez-vous-quid-de-la-crise-sanitaire-dans-les-quartiers-populaire


    #coronavirus #covid-19 #confinement

    L’#île_égalité ! Un lieu occupé à #Villeurbanne.
    https://soundcloud.com/radio-traces/lile-egalite-un-lieu-occupe-a-villeurbanne

    #Hospitalité en France : Mobilisations intimes et politiques.
    https://soundcloud.com/radio-traces/hospitalite-en-france-mobilisations-intimes-et-politiques

    Pour construire l’hospitalité, interroger la notion d’ « habiter éclaté »
    https://soundcloud.com/radio-traces/pour-construire-lhospitalite-interroger-la-notion-d-habiter-eclate

    « #Corps_en_grève », #grève_de_la_faim des #travailleurs_immigrés en 1973 - Radio Dio
    https://soundcloud.com/radio-traces/corps-en-greve-greve-de-la-faim-des-travailleurs-immigres-en-1973-radio-


    #BD

    On a tous un ami noir, de #François_Gemenne
    https://soundcloud.com/radio-traces/on-a-tous-un-ami-noir-de-francois-gemenne

    #Laïcité, #racisme, #séparatisme, #islamophobie - Radio Dio
    https://soundcloud.com/radio-traces/laicite-racisme-separatisme-islamophobie-radio-dio

    "Plus Fort, j’entends rien", à propos du "#privilège_blanc" - Radio Dio
    https://soundcloud.com/radio-traces/plus-fort-jentends-rien-a-propos-du-privilege-blanc-radio-dio

    L’Ensemble industriel remarquable #Cusset-TASE
    https://soundcloud.com/radio-traces/lensemble-industriel-remarquable-cusset-tase

    Les mutations du droit des collectivités territoriales à travers l’accueil des migrant-e-s
    https://soundcloud.com/radio-traces/les-mutations-du-droit-des-collectivites-territoriales-a-travers-laccuei

    #migrations #histoire #mémoire #France #interview

  • Question écrite urgente Fonctions et rémunérations à l’#Université_de_Genève

    Le personnel de l’UNIGE est composé d’un côté, du personnel administratif et technique, et, de l’autre, des professeur·e·s, des collaboratrices et collaborateurs de #recherche et d’#enseignement. Ces deux corps ne sont pas régis par les mêmes dispositions légales. En effet,le corps professoral et le corps des collaboratrices et collaborateurs de l’enseignement et de la recherche sont soumis aux articles 126, 139, 140, 141, 142, 143 et 144 de la LIP et aux dispositions de la LTrait. Pour le surplus, les prescriptions concernant les procédures d’engagement, les procédures de renouvellement, leurs droits et devoirs, ainsi que toutes les autres prescriptions nécessaires concernant leur statut sont fixées dans le règlement interne sur le personnel. Le corps du personnel administratif et technique, quant à lui, est soumis aux dispositions de la LPAC et de la LTrait et à leurs règlements d’application.

    Compte tenu des éléments ci-dessus, et de la diversité des fonctions exercées par l’ensemble du personnel de l’Université de Genève et des hautes écoles spécialisées, je prie le Conseil d’Etat de bien vouloir m’informer :
    1) de l’ensemble des fonctions exercées aussi bien par les corps professoraux et intermédiaires que par le personnel administratif et technique ;
    2) du niveau de #rémunération attribué à chaque fonction en explicitant les raisons pour lesquelles une #classe_salariale a été choisie plutôt qu’une autre.

    Je remercie, par avance, le Conseil d’Etat pour ses réponses

    https://ge.ch/grandconseil/data/texte/QUE01429.pdf
    #Genève #université #précarité #corps_intermédiaire

    • Question écrite urgente Origine des #financements des postes à l’Université de Genève

      Cette question urgente écrite se place dans la continuité de ma question relative à la typologie des contrats et de taux d’activité à l’UNIGE. Tout comme je souhaitais avoir une vue précise de la nature de ces derniers, je souhaite, à présent, que le Conseil d’Etat me renseigne sur l’origine des financements et la nature des contrats qui en découlent, notamment en :
      1) m’indiquant la proportion de financements provenant de fonds nationaux et internationaux (DIP, FNRS, Commission européenne, etc.), ainsi que leurs montants ;
      2) m’indiquant les types de contrats et les barèmes salariaux qui leur sont appliqués.
      Je remercie, par avance, le Conseil d’Etat pour ses réponses.

      https://ge.ch/grandconseil/data/texte/QUE01431.pdf

    • Les réponses du conseil d’Etat :

      Réponse du Conseil d’Etat à la question écrite urgente de Mme Amanda Gavilanes : Fonctions et rémunérations à l’Université de Genève

      https://ge.ch/grandconseil/data/odj/020307/QUE01429A.pdf

      –—

      Réponse du Conseil d’Etat à la question écrite urgente de Mme Amanda Gavilanes : Origine des financements des postes à l’Université de Genève
      https://ge.ch/grandconseil/data/odj/020307/QUE01431A.pdf

  • The anatomy of Zoom fatigue

    Covid has flooded our lives with online encounters and interactions. We work, minding our image on screen, or struggle to socialise in a hall of mirrors. Geert Lovink considers what we have lost and how we can reclaim our bodies, relationships and shared physical spaces.

    ‘The body has been drained of its
    sedimented meanings through the
    sheer persistence of the recording device
    and ceased to be a body productive of meanings
    or connotations beyond its materiality and motion.’
    Marina Vishmidt

    This is it. During the 2020 lockdown, the internet came into its own. For the first time ever, it experienced a sense of completion. Glitches were common enough. A video call lagged, then froze. Laptops or routers had to be restarted. In the early days of lockdown few dared to complain. Mass quarantine did not culminate in a public sense of being trapped in a virtual prison.

    Welcome to the electronic monitoring programme. As we continue to develop our online personas, real-life meetings feel clandestine. We are trapped in the videophone future. J. G. Ballard foresaw this ending only in collective mayhem and mutual murder, once flesh re-encountered the world of the living.

    Around mid-2020, I began collecting evidence on the trending topic of ‘Zoom fatigue.’ Needless to say, experiences of this kind are not, by any means, limited to Zoom. They extend to Microsoft Teams, Skype, Google Classrooms, GoTo Meeting, Slack and BlueJeans – to name but a few major players. In the ‘corona’ era, cloud-based video meetings have become the dominant private and work environment, not just in education, finance, and health care, but also in the cultural and public sector.

    All layers of management have withdrawn into new enclosures of power – the same environment that both precarious freelancers and consultants use to speak to clients. Their lives have little in common, but they all make and take very long hours.

    Devouring time

    Zoom has multiplied work, expanded participation, and engulfed time for writing, thinking, leisure, and relations with family and friends. Body Mass Index levels increased, affective states and mental health have been hammered, motor coordination wrecked, along with the ability of the brain to negotiate movement through physical space as a result of excess screen time.

    Video vertigo is a peculiar condition that also prompts more widespread forms of disorientation. Minka Stoyanova teaches computer programming and spends 20 hours a week on Zoom:

    ‘My ability for non-work-related social-distancing encounters has gone down greatly,’ she says. ‘While some, craving human contact (no doubt), schedule Zoom cocktail parties and birthday meetups, I dread having to log back into the interface.’1

    It is a question of strategy. Should we resist the state of exception, go on strike and refuse to give further online classes, hold management meetings or offer cyber doctors’ appointments? This is easier said than done. Pay checks are at stake. Initially, being able to stay home felt like a privilege that produced a sense of guilt when others had to go out. Now, many fear that video calls are here to stay.

    Fast Company forecasts that

    ‘companies big and small, all over the world, are transforming themselves into a business that is more digital, more remote, and more nimble’.2

    Expensive real estate can be sold off, expenses dramatically reduced, and discontented staff effectively isolated and prevented from coming together. The IT management class is already promoting a cost-cutting ‘blended’ model, expecting a backlash after the excessive video conferencing sessions of 2020.

    The video dilemma is also intensely personal.

    ‘If work exhausts my videocall time, I intuitively cut informal video calling with allies, friends, possible collaborators,’ Rotterdam designer Silvio Lorusso observes. ‘This makes me sad and makes me appear rude. It’s a self-preserving attitude that leads to isolation.’

    The debate should not be about hanging out on Facetime or Discord with friends for a game night, doing karaoke, holding a book club, or watching Netflix together. Video-time is part of the advanced post-Fordist labour regime, performed by self-motivated subjects who are supposed to be doing their jobs. But then you drift off while pretending not to. Your eyes hurt, your concentration span diminishes, multi-tasking is a constant temptation, and that physically, psychically uncomfortable feeling hums in the back of your head… You’ve heard it all before.

    In 2014, Rawiya Kameir defined internet fatigue as the state that follows internet addiction:

    ‘You scroll, you refresh, you read timelines compulsively and then you get really, really exhausted by it. It is an anxiety that comes along with feeling trapped in a whirlwind of other people’s thoughts.’3

    On 22 April 2020, Nigel Warburton @philosophybites on Twitter asked: ‘Does anyone have a plausible theory about why Zoom, Skype, and Google Hangout meetings are so draining?’


    https://twitter.com/philosophybites/status/1252148409672380424

    He received 63 retweets, 383 likes, and a few replies. The responses closely mirrored popular diagnoses and advice now offered across the web. The main supposed causes of the ‘fatigue’ that follows Zoom sessions include the brain’s attempt to compensate for the lack of full body, non-verbal communication cues; a sense of constant self-consciousness; engagement in multiple activities with no real focus; and a consistent tugging temptation to multi-task.

    Suggested remedies are predictable: take breaks, don’t sit for too long, roll your shoulders, work your abs, hydrate regularly, and integrate plenty of ‘screen free time’ into the day.
    Living in videospace

    For Isabel Löfgren, teaching in Stockholm, Zoom has become a place of residence. The mobile device is her office.

    ‘Our living rooms have become classrooms. Does it matter what is on display behind you? What does it say about you? If you have a bookshelf in the background, or your unfolded laundry in a pile on the chair behind you, it’s on display and up for scrutiny. What is personal has become public.’

    Zoom has become another room in the house – something Gaston Bachelard didn’t predict in his Poetics of Space. Nor did Georges Perec envision a screen as part of the architecture of his fictitious apartment block in the novel Life: A User’s Manual.

    But the Czech philosopher Vilém Flusser could, and did. He foresaw ‘the technical image as phenomenology’. Yet, for Löfgren, Zoom functionality is surprisingly simplistic.

    ‘You can raise your hand and clap like a pre-schooler, chat like a teenager, and look at yourself in your own little square as if peering at a mirror. Showing your face becomes optional, you can go to school in pyjamas, or do it all on the go. Cats, dogs, the boyfriend working in the background, the student who forgot to turn off her mic while she was doing the dishes. Everyone’s Facebooking alongside the lesson.’4

    Lorusso describes the dysfunctions of the first days of use:

    ‘I couldn’t install Microsoft Teams, my camera wouldn’t activate, and, worst of all, the internet connection had hiccups. The connection was neither up nor down; every other attempt it just became super slow. Let me help you imagine my videocalls: all would be smooth for the first five minutes and then decay took over – frozen faces, fractured voices, reboots and refreshes, impatience and discouragement. A short sentence would take minutes to manifest. It was like being thrown back to the times of dial-up connection, but within today’s means of online communication.’5

    Then things went ‘normal’. We adjusted to a new interpassive mode. None of us realized that videotelephony was no longer a matter of becoming. This was it. The Completion.
    Discipline or performance

    Take a condensed list of uses: social media, work, entertainment, food orders, gaming, watching Netflix, seeing how family and friends are doing, live streams to observe what’s going on for those in hospital. What else do we need during a lockdown? Teleportation, for sure: a way of circumventing trains and airports.

    We need to go back to early science fiction novels to read up what we all wished for in the Future. Utopia and dystopia have never come as close to merging as in 2020. All we want is to recover the body. We demand instant vaccines. We want less tech, we long to go offline, travel, leave the damned cage behind.

    Back in pre-Covid days, Byung-Chul Han proposed that we were no longer living in a disciplinary society but one defined by performance.6 Since then we have discovered that spending hours in virtual conferences is neither a paranoid panopticon nor a celebration of the self. We are not being punished, nor are we feeling productive. We are neither subjected, nor activated.

    Instead, we are hovering, waiting, pretending to watch, trying to stay focused, wondering when we might squeeze in a lunch break or recharge with a caffeine hit. It is questionable whether Zoom fatigue is the product of an ‘excess of positivity’, as Han suggests. Much like the Covid crisis itself, we are being asked to endure never-ending sessions on Zoom. The Outlook Calendar is the new jail warden.

    What’s wearing us out is the longue durée, not exhaustion after a peak performance. In response, the system has turned emphatic and switched to worry-mode about our mental state. Screen Time apps and MyAnalytics summaries now inform us how our lives are being wasted as we calibrate our productivity and efficiency to collaborate with colleagues.

    It’s hard not to wonder if the IT sector isn’t about to get into bed with big pharmaceutical companies: the society of synthetic performance enhancement is ready for expansion. Soon after the introduction of lockdown, with quarantine in place, the authorities set about investigating whether their pitiable subjects were still coping. There is no hope that this simulacrum of life can ever protect us from accelerating economic and social collapse.

    Despite the guilt trips, we are allowed to admit that we’re not achieving much. With society on hold, it is the waiting that tires us out. Trapped in the waiting room, we are being asked – very kindly – to stay in survival-mode, keep going despite the burnout and master the anger. Our task is simply to watch our individual versions of David Wojnarowicz’s personal ‘disintegration’ – barely different to his all-consuming contemplation of the ‘fatality, incurability and randomness of AIDS… so powerful and feared’.7

    ‘I am utterly zoomed out and exhausted,’

    Henry Warwick writes from Toronto.

    ‘Between watching the nation of my birth (the United States) commit a long slow political suicide and having friends die of Covid and working like a dog while on what is de facto nine months of bio-house arrest, I’m not in a great mood.’

    Henry’s summer was spent making video bits and preparing for the delivery of asynchronous class material,

    ‘…not really a university education – it is a step above a YouTube playlist. Sitting in front of a Zoom window makes it difficult to forge those friendships and networks, and it’s certain a buzzkill for adventure. In addition, there is the issue of Internet Time as I have students all over the world. It’s hard for them to attend a two-hour lecture when it’s 2.00 a.m. where they are. It’s utter madness. Making these videos was a serious time drain. I refuse to give Adobe my money, and Apple screwed Final Cut Pro so badly that I am editing my videos in DaVinci Resolve, which has the benefit of being free-ish. I have never used Resolve, so the learning curve was not insignificant.’8

    Zoom doom

    It took just days for the ‘Zoom fatigue’ trope to establish itself – a sign that internet discourse is no longer controlled by the ‘organized optimism’ of the marketing lobby. Managerial positivism has made way for the arrival of instant doom. According to Google Trends the term made the rounds back in September 2019 and reached its peak in late April 2020.9 That was when the BBC ran a story about it. One expert commented:

    ‘Video chats mean we need to work harder to process non-verbal cues like facial expressions, the tone and pitch of the voice, and body language; paying more attention to these consumes a lot of energy… Our minds are together when our bodies feel we’re not. That dissonance, which causes people to have conflicting feelings, is exhausting. You cannot relax into the conversation naturally.’

    Another interviewee describes how on Zoom

    ‘everybody’s looking at you; you are on stage, so there comes the social pressure and feeling like you need to perform. Being performative is nerve-wracking and more stressful.’10

    Maybe Han’s performance prediction was correct.

    As programming teacher Stoyanova noted, the ability to see oneself – even if hidden in the moment – creates a tiring reflective effect, the sensation of being in a hall of mirrors. Educators feel that they are constantly monitoring their own demeanour, while simultaneously trying to project, through the interface, to students. It is like practicing a speech in front of a mirror. When speaking to yourself, you experience a persistent cognitive dissonance. In addition, there is the lack of eye contact – even if students have activated their video – which also makes live lectures more difficult to conduct.

    ‘Without the non-verbal feedback and eye-contact one is used to, these conversations feel disjointed.’11

    Curiously enough, speaking into the void nevertheless kickstarts the adrenalin glands, which certainly isn’t the case when rehearsing in front of a mirror. We have entered a strange mode of performance that aligns with predictive analytics and pre-emption. Even though the audience might just as well not be there, the very fact of performing in the Zoom schedule is sufficient to activate biochemical responses in the body.

    In a post on his Convivial Society blog, L.M. Sacasas describes the effect of paying so much attention to one’s self:

    ‘We are always to some degree internally conscious of ourselves, of course, but this is the usual “I” in the “I-Thou” relation. Here we are talking about something like an “I-Me-Thou” relation. It would be akin to having a mirror of ourselves that only we could see present whenever we talked with others in person. This, too, amounts to a persistent expenditure of social and cognitive labour as I inadvertently mind my image as well as the images of the other participants.’12

    Online video artists Annie Abrahams and Daniel Pinheiro point to the rarely discussed effects of delay.

    ‘We are never exactly in the same time-space. The space is awkward because we are confronted with faces in close up for long time spans. We first see a face framed like when we were a baby in a cradle as our parents looked down upon us. Later it became the frame of interactions with our lovers in bed. This makes it that while video-conferencing, we are always connected to something very intimate, even in professional situations.’

    In a passage titled What is Seen and Not Seen, posted in April, the Journal of Psychiatric Reform advises psychotherapists to ‘redefine the new frame prior to the commencement of video therapy’ for online psychotherapy sessions.13

    Abrahams and Pinheiro also observe that it is impossible to detect much detail in the image we see.

    ‘Video conferencing is psychologically demanding because our brains need to process a self as body and as image. We lack the subtle bodily clues for the content of what someone tells. Our imagination fills the gaps and makes it necessary to process, to select what to ignore. In the meantime, we are continuously scanning the screen (there is no overview and no periphery). We are never sure we are “there”, that the connection still exists, and so we check our own image all the time. We hear a compressed mono sound, all individual sounds are mixed into one soundscape.’14

    Isabel Löfgren responds that we should think of Zoom as a ‘cold medium’ – one which demands more participation from the audience, according to Marshall McLuhan’s concept of cold and hot media.

    ‘The brain needs to fill in the gaps of perception, which makes our brains (and our computers) go on overdrive.’

    In terms of camera angles, Löfgren adds that we are constantly looking at a badly framed medium-shot of other bodies.

    ‘We have no sense of proportion in relation to other bodies, we also lose the “establishing shot” of the room. The close-up shot used for emotional closeness to the subject on the other side of the camera is eliminated with the lack of eye contact, no “pheromonal connection”. The Zoom terminology is correct, our experiences of others occur in “gallery mode”.’15

    Zoom gloom

    New York cultural theorist Dominic Pettman regularly tweets about Zoom frazzle. His main learning outcome is ‘not dying.’ He admits he is still using Skype ‘ironically’. In a tweet he refers back to his 2014 critique of MOOCs, an almost forgotten online .edu hype that anticipated the existing online teaching default of 2020.

    Some weeks into lockdown, the question arose why video conferencing was so exhausting. Zoom fatigue is ‘taxing the brain’, people complained.16 Why are classes and meetings on Skype, Teams and Google Hangout so draining? This was expressed not as some sort of interface critique but as an existential outcry. Popular articles on Medium name it as such. Common titles include variations of

    ‘Do you have “Zoom Fatigue” or is it existentially crushing to pretend life is normal as the world burns?’

    and

    ‘The problem isn’t Zoom Fatigue — it’s mourning life as we knew it’

    Varied multiplicities of voices, moods and opinions expressed via parallel chat channels or integrated polling and online voting have not been widely promoted as yet. We feel forced to focus.

    Keep your eyes on the camera, our digital alter-ego whispers through our earphones.

    The inertia upholds contradictions – until the body gets depleted, bored, distracted and ultimately collapses.

    No more signals!

    Please provide less, turn the camera off. The number one piece of popular advice on combatting Zoom fatigue is simply, ‘do it less’, as though that’s an option. (‘You don’t hate Zoom, you hate capitalism.’). Should we be designing indicators of group sentiment?

    In what way can we fast-forward real-time team meetings? More backchannels, for sure; less ongoing visual presence. But wait, isn’t there already enough multi-tasking happening? If anything, we long for intense and short virtual exchanges, followed by substantial offline periods.

    According to Sacasas, video conference calls are

    ‘physically, cognitively, and emotionally taxing experience as our minds undertake the work of making sense of things under such circumstances. We might think of it as a case of ordinarily unconscious processes operating at max capacity to help us make sense of what we’re experiencing.’17

    We are forced to be more attentive, we cannot merely drift off. Multi-tasking may be tempting, but it is also very obvious. The social (and sometimes even machinic) surveillance culture takes its toll. Are we being watched? Our response requires a new and sophisticated form of invisible day-dreaming, absence in a situation of permanent visual presence – impossible for students, who are not afforded their grades unless the camera stays on.

    Video conferencing software keeps us at bay. Having fired up the app and inserted name, meeting number and session password, we see ourselves, as part of a portrait gallery of disappointing personas that constitutes the Team, occasionally disrupted by partners who walk into the room, a passing pet, needy kids and the inevitable courier ringing the doorbell.

    Within seconds you are encapsulated by the performative self that is you. Am I moving my head, adjusting myself to a more favourable position? Does this angle flatter me? Do I look as though I’m paying attention?

    ‘Thanks to my image on the screen, I’m conscious of myself not only from within but also from without. We are always to some degree internally conscious of ourselves.’

    Sacasas describes the experience as a double event, which the human mind experiences as if it were real.
    Looking for an escape route

    Why do I have to be included on the screen? I want to switch off the camera, be absent, invisible, a voyeur, not an actor – until I take the stage and appear out of nowhere. I have the right to be invisible, right? But no, the software lords have decided otherwise and gifted the world with the virtue of visible participation. They demand total contribution.

    The insistence on 24/7 mindfulness can only lead to a regressive revolt, an urge to take revenge. The set is designed to ensure that we stay focused, all of the time, making the fullest possible contribution, expending maximum mental energy.

    Meanwhile, I long to be frozen like an ancient marble bust, neatly standing in a row with other illustrious figures, on the palace corridor, turned on by a click, brought to life much like the figures in Night at the Museum.

    You have to take a break and OMG, you hate so much having to dress up for that video call (but you do it anyway). Bored and tired of the emotional labour, you change your living room background to a tropical beach to cheer up and shroud the situation. How can we blow up the social portrait gallery, with its dreadful rectangular cut-outs? Jailed inside the video grid you drift away from the management meeting and enter a virtual Rubik’s version of Velasquez’ Las Meninas (1656).

    Then you move on to the next room, the Kazimir Malevich 1915 Suprematist exhibition.

    After which you wake up and realize you’re back inside your own sad version of The Brady Bunch opening credits.

    ou’re on Zoom, not roaming inside some artwork. We’re not a photograph or video file either. We happen to be alive, and have to come to terms with being inside Existential Reality (ER).

    Writing for Artforum, Paula Burleigh observes that

    ‘the most pervasive of Covid imagery has little to do with the actual disease: it is the digital grid of people congregating virtually on Zoom for “quarantini” happy hours, work meetings, and classroom instruction.’18

    The grid Burleigh describes as a hallmark of minimalist design and modernist art,

    ‘conjures associations with order, functionality, and work, its structure echoed on graph paper and in office cubicles’.

    In his two-part History of the Design Grid, Alex Bigman describes how the system of intersecting vertical and horizontal lines was invented in Renaissance painting and page layout. This lead to the development of graphic design. The assumption that images are more dynamic and engaging when the focus is somewhat off-centre is something video conferencing designers have yet to take on board.

    The Haussmann-style grid cuts through any rational divisions between boxed-in subjects. Individuals are unable to spill-over into the space of others, except when they gossip on a backchannel or use the ‘vulgar’ theatrics of Zoom bombers who, early on in lockdown, carried out raids on open sessions until they were expelled.

    As Burleigh concludes, ‘the grid is rife with contradictions between what it promises and what it delivers.’ The individualized squares are the ‘second modernity’ post-industrial equivalent of a Le Corbusier housing nightmare: we are sentenced to live in our very own utopian prison cells. Within these condensed volcanic flows of violent energy, one may find tragic normalcy at best, while deep despair is the standard deviation.

    Platform paradigms

    A media-archaeological approach to Zoom would require a return to 1990s cyber phantasies of mass live castings such as Castanet – a system designed by dotcom ‘push technology’ start-up Marimba (‘a small group of Java Shakespeares’, according to Wired).19

    The idea was to make the Web to look more like TV by overthrowing the browser paradigm (which the app, in part, later succeeded in doing). Much like Zoom, Teams and Skype, the Castanet application had to be downloaded and installed in order maximize bandwidth capacity. Two decades later the basic choices are still more or less the same, with Microsoft (owner of Skype and Teams) still active as a key player.

    Each individual webcasting technology uses its own, proprietary mix of peer-to-peer and client-server technologies. Zoom, for instance, looks smooth because it compresses and stabilizes the signal of the webinar into one stream – instead of countless peer-to-peer ones that constantly need updating. It also pushes the user into a position of ‘interpassivity’: a passive audience mutes its audio and shuts up, much like a pupil listening to a teacher in the classroom.

    This is in contrast to free software peer-to-peer architectures (such as Jitsi) that go back to the free music exchange platform Kazaa. This is, ironically enough, also listed as one of the inspirations of Skype, which revolves around collaborative exchanges between equal partners. So, are we watching a spectacle as an audience or working together as a team? Are we permitted to vote, intervene, freely chat?
    The pandemic as pretext

    On the nettime mailinglist Michael Goldhaber notes that there is something inherently flawed about the user interface.

    ‘I usually stand and move around when lecturing, sometimes making large gestures. Just sitting at a desk or wherever is sure to be fatiguing. Doing this in a non-fatiguing way will require fundamentally re-thinking the system of camera, mic and screen with respect to participants.’20

    The sad and exhausting aspect of video conferencing can also be attributed to the ‘in-between’ status of laptops and desktop screens that are neither mobile and intimate, such as the smartphone with its Facetime interface, nor immersive such as Oculus Rift-type virtual reality systems.

    Zoom fatigue arises because it is so directly related to the ‘bullshit job’ reality of our office existences. What is supposed to be personal, turns out to be social. What is supposed to be social, turns out to be formal, boring and (most likely) unnecessary. This is only felt on those rare occasions when we experience flashes of exceptional intellectual insight and when existential vitality bursts through established technological boundaries.

    In her Anti-Video-Chat-Manifesto, digital art curator Michelle Kasprzak calls on us to turn off our video cameras.

    ‘DOWN with the tyranny of the lipstick and hairbrush ever beside the computer, to adjust your looks to fit expectations of looking “professional”. DOWN with the adjustment of lighting, tweaking of backgrounds, and endless futzing to look professional, normal, composed, and in a serene environment. DOWN with not knowing where to put your eyes and then recalling you need to gaze at the camera, the dead eye in your laptop lid.’21

    She calls upon us to

    ‘refuse to fake living in an IKEA showroom with recently-coiffed hair, refuse to download cutesy backgrounds which take up all our CPU and refuse to fake human presence.’

    Michelle also asks the question who else is present during our calls:

    ‘Hello NSA, hello Five Eyes, hello China, hello hacker who lives downstairs, hello University IT Department, hello random person joining the call.’

    Social media as medicine?

    Cultural anthropologist and research consultant Iveta Hajdakova, currently based in London, writes:

    ‘Last week I had three nightmares, all related to remote work. In one, I was fired because of something I said when I thought I was offline. In the second, my colleagues and I were trying to get into an office through a tiny well. We were hanging on ropes and one of them became paralysed, which I think was a dream version of a Zoom freeze. The third nightmare was about me losing track of my tasks. I woke up in panic, convinced I had forgotten to send an important email.’

    In the early days of lockdown, she struggled with headaches and migraines. Luckily, she writes, these have gone

    ‘perhaps due to a combination of factors, having a desk and a more ergonomic setup, being able to get out of the flat, limiting non-essential screen and headphone time, and adopting lots of small changes to my routine. The head and the ears are feeling much better now but something isn’t quite right, as the nightmares signal. I’ve started feeling disconnected and I think this is not merely a result of social isolation but of a more profound sense of disorientation.’

    Hajdakova is noticing a growing sense of confusion and uncertainty.

    ‘I’m losing a sense of what people at work are thinking, feeling, what they need and expect, what I’m doing well and what I can improve, which has a detrimental effect on my self-confidence. To be clear, everyone at work is providing these in abundance but with so much time passing without seeing my colleagues face-to-face, I feel like I am losing the ability to anchor our interactions in embodied human beings and shared physical environments.’

    Zoom is on its way to becoming a social environment acting like a re-mediation of office life gone by.

    ‘In the beginning, recreating the office experience over video calls worked because all of us still had the shared reference point,’ Hajdakova continues. ‘We were imitating the real office and it was a fun challenge we could all participate in. But the more we’re removed from the office in space and time, the more I’m forgetting what it is that we’re imitating.

    We’re creating something new, a simulacrum of the office. The difference between the two is: when I imitate the office, the office is still there and my efforts are judged on how close I get to resemble the real thing. But if I create a simulacrum of the office, I no longer need the real thing. To adapt to the simulacrum, I’ve started incorporating other aspects of my digital life into my remote working life so that my life and work online feels more whole… I don’t want to be just a face and voice on Zoom calls, an icon on Google docs, a few written sentences, I want to be a person… Social media helps so I’ve been posting on social media a lot.’

    Friedrich Nietzsche once noted:

    ‘When we are tired, we are attacked by ideas we conquered long ago’.

    When Facebook is experienced like a panacea, we know something must be deeply wrong. But why is this feeling of discontent so hard to pin down? The inert state is essentially regressive.
    No diagnosis, no cure

    ‘The more I try to be a real person, the more I’m getting trapped in the simulation of myself,’ Hajdakova says. ‘I’m communicating and sharing just to remind people I exist. No, it is to remind myself that I exist… Like McLuhan’s gadget lover, like Narcissus, staring at his own image.’

    We are losing a sense of reality, memory and confidence, Iveta argues,

    ‘but also losing a sense of understanding for other people. Just knowing that they feel X or Y but having no way of connecting with them through some kind of mutual understanding. In general, Zoom is traumatising for me because of the way my mind works – I need physical things, shared environments etc., otherwise, I lose not only confidence but also memory and motivation.’22

    Danish interface design researcher at Aarhus University, Søren Pold comments:

    ‘At your desktop you can change your view, mute your microphone and stop your camera or change background and filters, but you can’t see if others are looking at you and they can’t see if you’re looking at them. There’s only a slight overview and control of the sound you’re receiving and transmitting. I have often struggled with figuring out how to transmit sound from the videos I’m showing or with trying to ensure that the sound of the computer fan does not take over. Zoom becomes a layer, an extra operating system, that takes over my computer and leaves me struggling to get through to the other software I am aiming to control. Besides, Zoom prioritizes loud and deep voices to more quiet and higher pitch voices and thus creates a specific speaking order, prioritizing male speakers.’

    The new video filter that adds a mask, a funny hat, a beard or a lip colour demonstrates that Zoom is watching how you’re watching through face tracking technologies. This Zoomopticon, as Pold calls it, is the condition in which you cannot see if somebody or something is watching you, but it might be the case that you’re being watched by both people and corporate software.

    ‘Zoomopticon has taken over our meetings, teaching and institutions with a surveillance capitalistic business model without users being able to define precisely how this is being done.’23

    Harm reduction

    Is a different kind of Zoom possible? We have found the experience draining, yet coming together should empower. What’s wrong with these smooth high-res user interfaces, accompanied by the lo-res faces due to shaky connections? It’s been a dream televising events and social interactions, including our private lives. How can we possibly reverse the Zoom turn?

    Is the ‘live’ aspect important to us or should we rather return to pre-produced, watch-‘em-whenever videos? In education this is not a marginal issue. There is a real, time-honoured tension between the all-consuming exciting ‘liveness’ of ‘streaming’ and the detached flat coolness of being ‘online’.24

    Six months into lockdown, online conferences on spirituality and self-awareness began to offer counter-poison to their own never-ending sessions. They staged three-day Zoom events (twelve hours a day). They introduced Embodiment Circles,

    ‘a peer-led, free, online space to help us stay sane, healthy and connected in these uncertain and screen-filled times. The tried and tested 1-hour formula combines some form of gentle movement, easy meditation and sharing with others.’25

    The organisers promote

    ‘embodied self-care for online conferences. With such an amazing array of speakers and other offerings, the conference-FOMO is real. Let’s learn a few self-care practices that we can apply throughout the conference, so we arrive at the other end nourished, inspired, and well-worked… rather than drained, overwhelmed, or with a vague sense of dread and insufficiency.’26

    Given this context, should we be talking in terms of ‘harm reduction’?

    Online wellness is the craze of the day: our days on Zoom include breaks with live music performances, short yoga and body scan sessions. It is Bernard Stiegler’s pharmakon in a nutshell27: technology that kills us will also save us. If Zoom is the poison, online meditation is the antidote.

    After the Covid siege, we will proudly say: we survived Zoom. Our post-digital exodus needs no Zoom vaccine. Let us not medicalize our working conditions. In line with the demonstration on Amsterdam Museumplein (2 October 2020) where students demanded ‘physical education’, we must now fight for the right to gather, debate and learn in person. We need a strong collective commitment to reconvene ‘in real life’ – and soon. For it is no longer self-evident that the promise to meet again will be fulfilled.

    https://www.eurozine.com/the-anatomy-of-zoom-fatigue

    #zoom #fatigue #corps #anatomie #distanciel #videoscape #santé

  • France attacks religion secularism radicalism blasphemy
    –-> article retiré:


    https://www.politico.eu/article/france-attacks-religion-secularism-radicalism-blasphemy-islam

    –—

    Copié ici:

    Another string of jihadist attacks has shaken France. The most recent, at a church in Nice, left three people dead, only two weeks after a teacher was beheaded on the outskirts of Paris after he displayed cartoons of the prophet Mohammed in his classroom.

    Why is France targeted, over and over again, by violent extremists? Germany, England, Italy and even Denmark — where cartoons of controversial Mohammed were first published — have not seen comparable violence.

    The reason is simple: France’s extreme form of secularism and its embrace of blasphemy, which has fueled radicalism among a marginalized minority.

    Specifically, the latest round of violence follows the decision earlier this month by the satirical newspaper Charlie Hebdo to mark the beginning of a trial over a murderous attack on its newsroom in 2015 by republishing the blasphemous cartoons of Mohammed that prompted the original assault.

    This duo — radical secularism and religious radicalism — have been engaged in a deadly dance ever since.

    Traditionally, French secularism requires the state to be neutral and calls for respect for religions in the public space, in order to avoid the rise of religious intolerance.

    In modern times, however, it has become something far more extreme. The moderate secularism that prevailed as recently as the 1970s has been replaced with something more like a civil religion.

    It’s a belief system that has its own priests (government ministers), its pontiff (the president of the republic), its acolytes (intellectuals) and its heretics (anyone who calls for a less antagonistic attitude toward Islam is rejected and branded an “Islamo-leftist”).

    One of the defining features of this new secularism is the promotion of religious blasphemy — and, in particular, its extreme expression in the form of caricatures like those of Mohammed.

    This embrace was on full display following the murder of the teacher who showed cartoons of Mohammed in his classes, when many French intellectuals came out in praise of blasphemy and defended the government’s unequivocal defense of the right to free expression.

    They should have considered their words more carefully.

    In Western Europe the right to blaspheme is legally recognized. But it is one thing to protect the freedom to blaspheme and another to enthusiastically exhort blasphemy, as is the case in France.

    Blasphemy is a non-argumentative and sarcastic form of free speech. It should be used, at best, with moderation in a country where between 6 percent and 8 percent of the population is Muslim, most of whose parents or grandparents emigrated from French colonies in North Africa.

    Defenders of blasphemy invoke freedom of expression, but what blasphemy does, in fact, is trap France in a vicious cycle of reactivity to jihadist terror that makes it less free and less autonomous.

    The immoderate use of caricatures in name of the right to blaspheme ultimately undermines public debate: It stigmatizes and humiliates even the most moderate or secular Muslims, many of whom do not understand French secularists’ obsessive focus on Islam, the veil, daily prayers or Islamic teachings.

    The result is a harmful cycle: provocation, counter-provocation, and a society’s descent into hell. As French secularism has become radicalized, the number of jihadist attacks in the country has multiplied.

    French secularists claim to be fighting for freedom of expression. As they do so, innocent people are dying, Muslims around the world are rejecting French values and boycotting the country’s products, and French Muslims are facing restrictions on their freedom of expression in the name of thwarting Islamist propaganda.

    France is paying a heavy price for its fundamentalist secularism, both inside and outside its own borders.

    https://www.1news.info/european-news/france-s-dangerous-religion-of-secularism-798875

    #Farhad_Khosrokhavar #terrorisme #religion #sécularisme #blasphème #extrémisme #France #violence #minorité_marginalisée #radicalisme #radicalisation #Charlie_Hebdo #radicalisme_religieux #sécularisme_radical #religion_civile #islamo-gauchisme #caricatures #liberté_d'expression #débat_public #provocation #contre-provocation #sécularisme_fondamentaliste

    ping @karine4 @cede @isskein

    • « On a oublié le rôle de l’#humiliation dans l’Histoire », par #Olivier_Abel

      Pour le philosophe, « en sacralisant les #caricatures, nous sommes devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le #tragique ».

      Quel rapport entre les crimes abjects des djihadistes, le danger que représentent à certains égards les « réseaux sociaux » pour la démocratie et la civilité, la question de la liberté d’expression et du blasphème, le durcissement quasi-guerrier de la laïcité, les gilets jaunes, les majorités dangereuses qui ont porté Trump ou Erdogan au pouvoir, et qui poussent à nos portes ? Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, ces colères qui montent en miroir sans plus rien chercher à comprendre, nous ne savons et sentons plus ce que nous faisons. Je voudrais proposer ici une hypothèse.

      Nous avons globalement fait fausse route. Le drame des caricatures n’est que la partie visible d’un énorme problème. Nous nous sommes enfoncés dans le #déni de l’humiliation, de son importance, de sa gravité, de son existence même. Nous sommes sensibles aux #violences, comme aux #inégalités, mais insensibles à l’humiliation qui les empoisonne. Comme l’observait le philosophe israélien Avishaï Margalit, nous n’imaginons même pas ce que serait une société dont les institutions (police, préfectures, administrations, prisons, hôpitaux, écoles, etc.) seraient non-humiliantes. Dans l’état actuel de rétrécissement des ressources planétaires, on aura beaucoup de mal à faire une société plus juste, mais pourquoi déjà ne pas essayer une société moins humiliante ?

      Ni quantifiable, ni mesurable

      Il faut dire que l’humiliation est une notion – et une réalité - compliquée. L’#offense est subjective, et dépend au moins autant de ceux qui la reçoivent que de ceux qui l’émettent. Ce qui humiliera l’un laissera l’autre indifférent, et cela dépend même du moment où ça tombe. L’humiliation n’est pas quantifiable, mesurable, comme le sont les coups et blessures. D’où la tentation de dire que là où il n’y a pas de #dommage ni #préjudice il n’y a pas de #tort. Ce n’est pas une affaire de #droit mais seulement de #sentiment ou de #morale personnelle, donc circulez, il n’y a rien à dire.

      Et pourtant… Si les violences s’attaquent au #corps de l’autre, dans ses capacités et sa #vulnérabilité, l’humiliation fait encore pire : elle s’attaque au visage de l’autre, dans son #estime et son #respect_de_soi : elle le fait blanchir ou rougir, et souvent les deux en même temps.

      Car l’humiliation se présente de deux façons, en apparence contradictoires. Par un côté, elle porte atteinte à l’estime de soi, en faisant #honte à l’individu de son expression, de ce qu’il voudrait montrer et faire valoir, elle le rabroue et l’exclut du cercle de ceux qui sont autorisés à parler. Mais, par un autre côté, elle porte atteinte également au #respect et à la #pudeur, en dévoilant ce qui voulait se cacher, en forçant l’individu à montrer ce qui constitue sa réserve, en le surexposant au #regard_public, en lui interdisant de se retirer.

      L’humiliation s’attaque au sujet parlant. Les humains ne se nourrissent pas de pain et de cirques seulement, mais de #paroles_vives en vis-à-vis : ils n’existent qu’à se reconnaître mutuellement comme des sujets parlants, crédités comme tels, et reconnus dans leur crédibilité. L’humiliation fait taire le sujet parlant, elle lui fait honte de son expression, elle ruine sa confiance en soi.

      Quand le faible est trop faible

      Elle peut également atteindre des formes de vie, des minorités langagières, sexuelles, raciales, religieuses, sociales, etc. Il peut même arriver qu’une majorité endormie dans sa complaisance soit humiliée par une minorité active. Elle devient ce que j’appelais plus haut une majorité « dangereuse », pour elle-même et pour les autres.

      Une #parole_humiliée devient sujette à ces deux maladies du langage que sont la #dévalorisation ou la #survalorisation de soi. Ou, pour le dire autrement : la #dérision ou le #fanatisme. Commençons par la genèse du fanatisme. Simone Weil avait proposé d’expliquer les affaires humaines par cette loi : « on est toujours #barbares avec les faibles ». Il faudrait donc que nul ne soit laissé trop faible et sans aucun #contre-pouvoir, et que le plus fort soit suffisamment « déprotégé » pour rester sensible au faible, bon gagnant si je puis dire, et conscient qu’il ne sera pas toujours le plus fort.

      Mais quand le faible est trop faible pour infliger quelque tort que ce soit au plus fort, le pacte politique posé par Hobbes est rompu. Les faibles n’ont plus rien à perdre, ne sont plus tenus par le souci de la sécurité des biens et des corps, il ne leur reste que l’au-delà et ils basculent dans le #sacrifice_de_soi, dans une parole portée à la folie. Ici la #religion vient juste au dernier moment pour habiller, nommer, justifier cette mutation terrible.

      « C’est à l’humiliation que répond la #barbarie »

      La violence appelle la violence, dans un échange réciproque qui devrait rester à peu près proportionné, même si bien souvent la #violence s’exerce elle-même de manière humiliante, et nous ne savons pas ce que serait une violence vraiment non-humiliante. Avec l’humiliation cependant, le cercle des échanges devient vicieux, les retours sont longuement différés, comme sans rapport, et ils ont quelque chose de démesuré. Ils sont parallèles, mais en négatif, aux circuits de la #reconnaissance dont on sait qu’ils prennent du temps.

      C’est pourquoi les effets de l’humiliation sont si dévastateurs. Ils courent dans le temps, car les humiliés seront humiliants au centuple. Comme le remarquait #Ariane_Bazan, ils peuvent aller jusqu’à détruire méthodiquement toute scène de reconnaissance possible, toute réparation possible : la mère tuera tous ses enfants, comme le fait Médée rejetée par Jason. Lisant Euripide, elle concluait : « c’est à l’humiliation que répond la barbarie ». Les grandes tragédies sont des scènes de la reconnaissance non seulement manquée, mais écrabouillée.

      Pourquoi nos sociétés occidentales sont-elles collectivement aussi insensibles à l’humiliation ? Est-ce la différence avec ce qu’on a appelé les sociétés de honte, le Japon, le monde arabe ? Sans doute est-ce d’abord aujourd’hui parce que nous sommes une société managée par des unités de mesure quantifiable, la monnaie, l’audimat, et par une juridicisation qui ne reconnaît que les torts mesurables, compensables, sinon monnayables.

      Cette évolution a été accélérée par une #morale_libérale, qui est une #morale_minimale, où tout est permis si l’autre est consentant : or on n’a pas besoin du #consentement de l’autre pour afficher sa #liberté, tant que son expression n’est ni violente ni discriminante à l’égard des personnes, et ne porte aucun dommage objectif — les croyances n’existent pas, on peut en faire ce qu’on veut. Le facteur aggravant de l’humiliation, dans une société de réseaux, c’est la diffusion immédiate et sans écrans ralentisseurs des atteintes à la réputation : la #calomnie, la #moquerie, le #harcèlement.

      L’angle mort de notre civilisation

      Mais plus profondément encore, plus anciennement, notre insensibilité à l’humiliation est due à l’entrecroisement, dans nos sociétés, d’une morale stoïcienne de la #modestie, et d’une morale chrétienne de l’#humilité. Celle-ci, en rupture avec les religions de l’imperium, de la victoire, propose en modèle un divin abaissé et humilié dans l’ignominie du supplice de la croix, réservé aux esclaves. Le #stoïcisme est une sagesse dont la stratégie consiste à décomposer l’opinion d’autrui en des énoncés creux dont aucun ne saurait nous atteindre : l’esclave stoïcien n’est pas plus humiliable que l’empereur stoïcien.

      La dialectique hégélienne du maître et de l’esclave est d’ailleurs héritière de ces deux traditions mêlées, quand il fait de l’expérience de l’esclavage une étape nécessaire sur le chemin de la liberté. Cette vertu d’humilité a paradoxalement creusé dans le monde de la chevalerie médiévale, puis dans la société française de cour, et finalement dans le dévouement de l’idéal scientifique, un sillon profond, qui est comme l’angle mort de notre civilisation.

      Et cet angle mort nous a empêchés de voir le rôle de l’humiliation dans l’histoire : c’est l’humiliation du Traité de Versailles qui prépare la venue d’Hitler au pouvoir, celle de la Russie ou de la Turquie qui y maintient Poutine et Erdogan, c’est la manipulation du sentiment d’humiliation qui a propulsé la figure de Trump. Et cette histoire n’est pas finie. Les manipulations machiavéliques des sentiments de peur et les politiques du #ressentiment n’ont jamais atteint, dans tous nos pays simultanément, un tel niveau de dangerosité. Les djihadistes ici jouent sur du velours, car à l’humiliation ancienne de la #colonisation militaire, économique, et culturelle, s’est ajoutée celle des #banlieues et du #chômage, et maintenant les caricatures du prophète, répétées à l’envi.

      #Fanatisme et #dérision

      Car la genèse de la dérision est non moins importante, et concomitante à celle du fanatisme. On a beaucoup entendu parler du #droit_de_blasphémer : curieuse expression, de la part de tous ceux (et j’en suis) qui ne croient pas au #blasphème ! Réclamer le droit de blasphémer, s’acharner à blasphémer, n’est-ce pas encore y croire, y attacher de l’importance ? N’est-ce pas comme les bandes iconoclastes de la Réforme ou de la Révolution qui saccagent les églises, dans une sorte de superstition anti-superstitieuse ?

      Tout le tragique de l’affaire tient justement au fait que ce qui est important pour les uns est négligeable pour les autres. Il faudrait que les uns apprennent à ne pas accorder tant d’importance à de telles #satires, et que les autres apprennent à mesurer l’importance de ce qu’ils font et disent. Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le sentiment qu’il n’y a plus rien d’important, sauf le droit de dire que rien n’est important.

      Une société où tout est « cool » et « fun » est une société insensible à l’humiliation, immunisée à l’égard de tout scandale, puisqu’il n’y reste rien à transgresser, rien à profaner. Or la fonction du #scandale est vitale pour briser la complaisance d’une société à elle-même. Pire, lorsque l’ironiste adopte un point de vue en surplomb, pointant l’idiotie des autres, il interrompt toute possibilité de #conversation. On peut rire, mais encore faut-il que cela puisse relancer la conversation !

      Sacralisation des caricatures ?

      Le différend tient peut-être aussi au fait que nous ne disposons pas exactement des mêmes genres littéraires. #Salman_Rushdie et #Milan_Kundera observaient que le monde musulman a du mal à comprendre ce que c’est qu’un « roman », comme une forme littéraire typique d’une certaine époque européenne, et qui met en suspens le jugement moral. Nous aussi, nous avons un problème : on dirait parfois que le genre littéraire éminent qui fonde notre culture est la caricature, la dérision, le #comique.

      Ce qui est proprement caricatural, c’est que les caricatures, le #droit_de_rire, soient devenues notre seul sacré. Serions-nous devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le tragique ? N’avons-nous pas perdu aussi le sens de l’#épopée véritable (celle qui honore les ennemis), et le sens de quoi que ce soit qui nous dépasse nos gentilles libertés bien protégées ?

      Aujourd’hui, aux manipulations de la peur et de la xénophobie par les néonationalistes français, qui sacralisent la #laïcité comme si elle n’était plus le cadre neutre d’une #liberté_d’expression capable de cohabiter paisiblement avec celle des autres, mais la substance même de l’#identité française (une identité aussi moniste et exclusive que jadis l’était le catholicisme pour l’Action française), répond la manipulation cynique du sentiment d’humiliation des musulmans français par les prédicateurs-guerriers du djihadisme, qui n’ont de cesse d’instrumentaliser le ressentiment, dans le monde et en France.

      Liberté d’abjurer et laïcité réelle

      Aux organisations musulmanes françaises, nous dirons : demandez aux pays dominés par l’islam politique d’accorder à leurs minorités les mêmes libertés réelles qui sont celles des musulmans de France, et accordez solennellement à toutes les musulmanes et à tous les musulmans le droit d’abjurer, de se convertir, ou simplement de se marier en dehors de leur communauté.

      Aux néonationalistes, nous dirons : si la laïcité n’est plus que cette identité sacrée, c’est-à-dire le contraire de ce qu’elle a été dans l’histoire réelle (oui, enseignons d’abord l’histoire réelle dans son long cours, ses compromis complexes, et pas les histoires simplistes que nous nous racontons !), le #pacte_laïque sera rompu, et nous ferons sécession, il faudra tout recommencer, ensemble et avec les nouveaux venus.

      Car ce pacte est ce qui, au nom de notre histoire commune, et inachevée, autorise, au sens fort, la #reconnaissance_mutuelle. Il cherche à instituer un théâtre commun d’apparition qui fasse pleinement crédit à la parole des uns et des autres. C’est bien ce qui nous manque le plus aujourd’hui.

      https://www.nouvelobs.com/idees/20201122.OBS36427/on-a-oublie-le-role-de-l-humiliation-dans-l-histoire-par-olivier-abel.htm

  • Être écoféministe | Jeanne Burgart Goutal
    Les Éditions L’échappée
    https://www.lechappee.org/collections/versus/etre-ecofeministe

    Je souhaitais en savoir plus sur l’#écoféminisme, Aude (#merci) m’a recommandé ce #livre. En plus de l’avoir trouvé très intéressant, j’ai appris des choses, l’approche et les arguments avancés résonnent bien avec mes propres ressentis.

    #Oppression des #femmes et #destruction de la #nature seraient deux facettes indissociables d’un modèle de #civilisation qu’il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l’écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de #pensées et de #pratiques_militantes.
    Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd’hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du #capitalisme et de la #technoscience, redécouverte des sagesses et #savoir-faire traditionnels, réappropriation par les femmes de leur #corps, #apprentissage d’un rapport intime au #cosmos
    Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l’auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l’aventure de la vie en autonomie, jusqu’au nord de l’Inde, chez la star du mouvement #Vandana_Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d’alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et #politiques, et #luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

    #colonialisme #agriculture #intersectionnalité

  • Dire non à la grossophobie
    Claude Gauvreau, Actualités UQAM, le 20 Octobre 2020
    https://www.actualites.uqam.ca/2020/dire-non-grossophobie

    Le phénomène de la grossophobie touche tout le monde, mais en particulier les femmes, affirme Marie-France Goyer. « Le corps de la femme grosse, qui ne correspond pas aux standards de beauté féminine, est plus facilement et rapidement jugé et condamné que celui des hommes gros. »

    #grossophobie #femmes #sexisme #discrimination #corps

  • Parasite !
    https://infokiosques.net/spip.php?article1721

    Punaises de lit, gale, poux, lentes, etc., comment s’en débarrasser sans utiliser de produits chimiques, voire, comment s’en accomoder ! Sommaire : - Intro / Giz Fragments préliminaires à une théorie de la lose / Anon. Se débarrasser des poux et des lentes sans se noyer dans des produits chimiques / Léa Verdun, une fiction d’action directe / Giz Compléments documentaires Conclusion #P

    / Infokiosque fantôme (partout), Corps, santé

    #Infokiosque_fantôme_partout_ #Corps,_santé
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/parasite-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/parasite-pageparpage.pdf

  • Il y a quelques temps que je voulais mettre cet #arbre_remarquable ici, ben le v’là :


    https://expansive.info/Voir-la-Prevalaye-menacee-2393

    La Prévalaye est un #espace_naturel en bordure de #Rennes, menacé par les aménagements urbains de la Métropole (bétonnisation, arbres et haies coupés) et par le projet d’extension du centre d’entraînement du club de football de Rennes (destruction de 8ha de terres cultivables).

    C’est vrai que les terrains de foot ça manque grave ! je vais rester confiné parce que si je sors et que je croise un footeux, je lui fait bouffer son short.

  • Une place à soi

    – Madame… on a besoin de votre aide.

    Cela a commencé comme ça. Un petit groupe de six filles, à la fin d’un cours. J’ai mon sac prêt pour aller remplir ma bouteille d’eau et chercher un café, dans les dix minutes de récréation qu’il reste. Je leur dis avec un sourire que, s’il s’agit d’astuces pour leur devoir de physique-chimie, c’est pas gagné mais que je ferai mon maximum. Elles sourient. Trois autres filles, déjà parties dans le couloir, reviennent dans la salle.

    L’une d’elle regarde ses camarades et commence à m’expliquer en choisissant bien ses mots. Depuis plusieurs semaines, certaines d’entre elles subissent des « remarques ». Des « moqueries ». Des « blagues ». J’écoute, hoche la tête. Vous avez vu comme cela va vite ? Elles ont 14 ans au mieux et elles ont déjà si bien intégré comment, dans le langage, édulcorer la réalité. Car ceux qui ont subi « blagues », « moqueries » et « remarques » savent de quelle réalité ces mots sont lourds.

    Mais l’élève porte-parole tourne autour du pot : je lui dit que j’ai besoin d’exemples concrets pour comprendre ce dont il s’agit, ce qui se joue ici, et surtout clarifier ce qu’elles ne savent pas ou n’osent pas, plutôt, nommer. Elles dansent d’un pied sur l’autre, hésitent, l’une d’entre elles réajuste son sac sur l’épaule et se tournant vers la porte esquisse un « Nan mais c’est rien Madame, et puis vous n’avez pas le temps ».

    Je pose mon sac et ma bouteille.

    Je pose mes clefs de salle.

    Je pose ma voix.

    – J’ai tout mon temps. Et vous aussi.

    Alors, une des élèves me tend son téléphone : les captures d’écran de conversation sur une plateforme de chat, et me dit « Et encore, là, c’est rien. Remontez… ». « Là, c’est rien » : rien que ces mots, cette manière de minimiser ce qu’elle pense être suffisamment problématique pour en parler à une prof, est un indice : elle a déjà accepté que dans sa vie, elle devrait passer outre les micro-agressions, les accepter comme incontournables et les faire passer d’un geste de la main. Parce que « dans la vie, il faut avancer » et qu’« il y a des choses plus graves ». Nier les blessures, les contourner, les cloisonner, cliver. Tout simplement. Elles savent déjà faire.

    Je lis les phrases échangées entre plusieurs garçons et filles de la classe. Les répliques de ces dernières ne laissent aucun doute : « Mais oh comment tu parles ! », « Tu te crois où ? », « Mais on parle pas du physique des gens, ça va pas ? », et autres « Tu lui parles pas comme ça ! » et « Non je ne crois pas que c’était une blague ! ».

    – J’admire votre solidarité.

    Ancrer le collectif. Car il est ô combien nécessaire, et encore plus à 14 ans.

    La conversation navigue entre cours, devoirs, clips musicaux et blagues. Celles-ci émanent de tous, mais les blagues proférées par les garçons reviennent toujours aux capacités supposées des filles et à leur physique, cela n’y coupe pas. On sent une mélodie bien connue, un automatisme. Et les filles réagissent à chaque fois, la destinatrice puis les autres accourues à son secours, car les « remarques pour rire » d’un garçon sont appuyées par les « Haha ! » des autres venus confirmer le propos, et surtout, surtout, face aux réactions outrées des filles, pour minimiser le contenu et son impact. Edulcorer donc, voire se moquer de la réaction outrée. Toute cette mécanique bien huilée de la vanne balancée « comme ça », de la bande de copains qui rapplique quand la vanne va un peu trop loin avec comme mission plus ou moins inconsciente de minimiser l’insulte et de faire passer les filles légitimement en colère et demandant des excuses pour des pisse-froid. En un mot : des hystériques [j’emploie évidemment ce mot lourdement connoté à dessein].

    Je lis des « blagues » dirigées vers l’une ou l’autre, mentionnant leurs formes, seins et fesses, devenues objets dont on peut deviser publiquement, et reliées à leur intelligence et à leur réussite. J’écoute aussi les cours où les filles refusent d’aller au tableau parce que ce simple déplacement expose, EXPOSE !, le corps au regard du groupe de garçons gouailleurs de la classe qui en feront des gorges chaudes ensuite.

    Je réfléchis.

    Des ados. Des ados qui jouent aux petits mecs, des ados que j’affectionne et dont je sais qu’un par un ils seraient les premiers à dire que, tout ça, « ça ne se fait pas ». Il n’en reste pas moins que le nombre les a fait se sentir suffisamment en sécurité pour instaurer cette domination, palpable dans la crainte, la peur, évoquée par les filles. Peur qui se traduit par le coup de grâce final : « Non, mais on ne va quand même pas en parler au principal… Nan mais c’est pas si grave, on va s’en sortir, et puis… il y aurait des conséquences ! ».

    Elles ont 14 ans et on en est déjà là.

    Impressionnant, n’est-ce pas ?

    Alors je leur explique ce qui va se passer, parce que désormais ma responsabilité est engagée : alerter la direction de l’établissement qui réagira je le sais, le professeur principal et l’équipe. Et ça, ce n’est pas négociable. Mais aussi les informer, leur transmettre des astuces et des techniques pour recadrer rapidement ce type de situations et se protéger : je n’y suis pas du tout formée, j’ai seulement lu, écouté et vécu et en gros, j’y vais au feeling. Comme d’habitude dans ce métier.

    Leur apprendre à conserver des traces, et à en laisser en mettant les garants du respect du règlement, du droit, de la loi face à leur responsabilité et en leur demandant des comptes. Leur apprendre à ne transiger sur rien et les renforcer dans le sentiment d’être dans leur droit. Ne pas s’investir d’un sentiment de culpabilité inopportun et désigner clairement les responsables sans sourciller : « Il l’a dit ? il l’a écrit ? Il est assez grand pour formuler ça, c’est donc qu’il est assez grand pour en assumer les conséquences ».

    Je les laisse parler entre elles. Je les laisse éprouver leur solidarité et leur complémentarité, je les laisse apprendre à se protéger les unes les autres.

    Pendant ce temps, je regarde ma salle.

    Moi, à mon échelle, qu’est-ce que ce que je peux faire concrètement ? Ce sont des élèves que je connais bien, et je sais que le discours moralisateur sera un blabla de plus sans impact. Quels leviers infimes puis-je faire fonctionner pour que, au moins dans mes cours, un équilibre soit rétabli, que la domination et le sentiment d’impunité à l’exercer disparaissent… qu’est-ce que je peux pirater dans nos habitudes pour que…

    Les chaises, les tables, les murs, je revois un cours se dérouler et…

    J’ai dit aux filles de sortir et que dès le lendemain, j’allais modifier quelques petites choses. Minimes. Des détails. Sans en dire plus, je leur ai seulement demandé d’observer attentivement.

    J’ai commencé ce fameux cours par déplacer, comme je le fais régulièrement pour les travaux de groupes ou l’équilibre de la classe, des élèves. Telle fille par là, tel garçon par ici. Je fais surtout bien en sorte de ne rien laisser paraître de mon intention. Durant l’année, le plan de classe a évolué : totalement libre au début, je le recompose au gré de la participation, des bavardages ou des explosions. Et avec cette classe, au fur et à mesure des mois, une configuration qui désormais me saute aux yeux s’était mise en place involontairement : toutes les places périphériques sont occupées par les garçons, sur les côtés et au fond de la classe, c’est-à-dire avec un mur qui rassure et permet une assise stable. Les filles, elles, sont au centre : sans assise, sans appui, exposées de toutes part. Sous le regard de. Et ça, il en va de ma responsabilité : voir la classe comme un agrégat de personnes aux compétences variées, aux degrés de bavardage divers, et comme un système de dominations possibles. Au final, en peu de changements, j’arrive à un plan de classe tout à fait inédit : les filles en périphérie, encadrant les garçons assis au centre.

    Le cours commence et avec lui, je m’impose une nouvelle technique de calcul mental : 2 = 1. C’est une classe dont, dès le début de l’année, j’avais perçu qu’il me faudrait être attentive aux rapports de forces car composée aux deux tiers de garçons, et donc nécessairement le déficit de filles crée un déséquilibre à un âge de différenciation forte. Les garçons de cette classe sont dynamiques, prennent la parole sans attendre qu’on la leur donne, assez souvent à bon escient ; les filles, excellentes pour la plupart, ont une posture très scolaire parce qu’elles jouent parfaitement le jeu des codes scolaires et sociaux. Elles attendent d’obtenir la parole, elles se laissent couper la parole, elles se rebiffent peu.

    Donc, comme elles composent un tiers de classe, temporairement l’intervention d’un garçon impliquera deux interventions de filles. Sans le dire, et sans céder. Mains levées ou pas, chaque intervention compte et je persiste en relançant les filles : « Une idée ? », « Tu peux continuer sur la proposition de ta camarade ? ». Et elles s’en donnent à cœur joie, et tous profite des analyses pertinentes souvent dites à voix fluette.

    A la fin de ce cours, une atmosphère étrange flottait dans la classe. Les garçons à l’habitude exubérants, continuant de bavarder bien après la sonnerie en petit groupe au fond de ma salle, sont gênés. L’inconfort est palpable : il s’est passé un truc mais ils ne savent pas quoi. Les filles, elles, se regardent les unes les autres. Trois d’entre elles ont un large sourire.

    Elles ont compris. Elles n’ont pas besoin de dominer.

    Elles sont puissantes.

    Une semaine plus tard, au détour d’un chapitre, j’ai diffusé une vidéo sur le harcèlement de rue. Les garçons étaient scandalisés et dénonçaient les réflexions faites aux femmes dans la rue, sur leur morphologie, leurs vêtements, leur sexualité supposée. Ils étaient réellement sincères, mais à quel point se conformaient-ils au discours qu’ils savent attendu à l’école, à quel point avaient-ils compris comme on peut, facilement, basculer dans l’esprit de meute ? A une de leur question, savoir si on le vivait toutes, je leur ai raconté qu’à partir de leur âge, aller au tableau avait impliqué de me lever en tirant mon T-shirt le plus bas possible sur des jeans larges pour que mes formes soient imperceptibles. Que j’avais tellement bien intégré les réflexions sur les autres filles et sur moi que j’avais exclu vêtements moulants et robes. Qu’il m’avait fallu 20 ans pour m’en remettre et oser en porter, parce que désormais capable de faire front face à un mec dont les jambes écartées prennent deux places dans le métro, ou un autre qui ne change pas de trajectoire sur un trottoir parce que l’espace public est masculin. Eux qui me voyaient chaque jour en robe, dont un regard contient plus (je crois) d’autorité qu’une grande gueulante, ont ouvert de grands yeux.

    Ce groupe d’ados grandira et progresser sans aucun doute possible, chacun à son rythme. Je ne les fragiliserai pas en leur faisant subir une autre domination, mais je contribuerai à déstabiliser toutes ces certitudes qui s’installent si rapidement dans une classe : la certitude qu’avoir « de bonnes notes » c’est être « meilleur », la certitude qui, parce que l’on a un pénis, enjoint de croire que tout est dû et acceptable, la certitude qu’un système qui vous fait intégrer que vous êtes vulnérable parce que femme est légitime et ne peut être piraté.

    Et ces filles ? Elles ont fait du bruit. Elles ont pris de la place. Elles ont parlé fort et elles ont coupé la parole, elles ont fait des captures d’écran, elles sont montées au créneau, elles ont osé parler aux adultes et demandé de l’aide. Elles ont fait ce pas, gigantesque, à recommencer chaque fois et toujours aussi gigantesque, de surseoir au sentiment de honte, au sentiment de culpabilité et d’EXPOSER le problème et son auteur.

    Il faut beaucoup de courage pour cela.

    Elles sont admirables.

    http://www.chouyosworld.com/2020/07/23/une-place-a-soi

    #responsabilité #harcèlement #corps #école #filles #femmes #moqueries #mots #domination #impunité #configuration_de_la_classe #agencement #plan_de_classe #centre #périphérie #géographie #tour_de_parole #classe #déstabilisation #espace #honte #silence #culpabilité #éducation #sexisme #spatialité

    La partie sur l’#agencement de la classe :

    J’ai commencé ce fameux cours par déplacer, comme je le fais régulièrement pour les travaux de groupes ou l’équilibre de la classe, des élèves. Telle fille par là, tel garçon par ici. Je fais surtout bien en sorte de ne rien laisser paraître de mon intention. Durant l’année, le plan de classe a évolué : totalement libre au début, je le recompose au gré de la participation, des bavardages ou des explosions. Et avec cette classe, au fur et à mesure des mois, une configuration qui désormais me saute aux yeux s’était mise en place involontairement : toutes les places périphériques sont occupées par les garçons, sur les côtés et au fond de la classe, c’est-à-dire avec un mur qui rassure et permet une assise stable. Les filles, elles, sont au centre : sans assise, sans appui, exposées de toutes part. Sous le regard de. Et ça, il en va de ma responsabilité : voir la classe comme un agrégat de personnes aux compétences variées, aux degrés de bavardage divers, et comme un système de dominations possibles. Au final, en peu de changements, j’arrive à un plan de classe tout à fait inédit : les filles en périphérie, encadrant les garçons assis au centre.

    Ce billet a déjà été signalé sur seenthis, je le remets ici (car 3 fois vaut mieux que 2) et aussi parce que j’y ai ajouté des tags...
    https://seenthis.net/messages/872907
    https://seenthis.net/messages/868847

    ping @isskein

  • Dans le jeu des reflets l’image de son propre #Corps
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/dans-le-jeu-des-reflets-l-image-de-son-propre-corps

    Sur la route en gardant les yeux fermés le plus longtemps possible au risque de tomber. Une myriade d’éclats colorés sur le sol carrelé provoquée par la lumière qui s’insinue à travers les morceaux de verre du vitrail d’une vieille église. Sentir battre son cœur au rythme d’une #Musique qui fait danser une inconnue. Quelques pas qui se transforment soudain en #Danse. La légèreté et l’insouciance d’un corps qui danse. La musique d’un film et les images qu’il convoque dans notre mémoire. S’égarer dans la forêt (...) #Palimpseste / #Art, #Vidéo, #Sons, Danse, #Numérique, #Cinéma, #Musée, #Paris, Corps, Musique, #Sensation

    https://www.lafayetteanticipations.com/fr/exposition/rachel-rose
    https://www.lafayetteanticipations.com/fr
    http://liminaire.fr/IMG/mp4/rachel_rose_expo.mp4

  • Armer la sobriété : l’anarchie sauvage contre la culture de l’intoxication
    https://infokiosques.net/spip.php?article1771

    Texte en provenance des USA, à propos de l’importance de refuser les drogues (y compris l’alcool) pour mieux lutter contre l’État et le capitalisme. « Le capitalisme #A besoin de l’assujettissement absolu de la société de masse, et cela commence avec l’individu. Sur le plan individuel, cela implique – mais pas seulement – un sentiment d’infériorité, des comportements autodestructeurs et une privation de pouvoir. (...) Dans une révolte individualiste et une praxis straight edge anarchiste, straight edge signifie attaque. » A

    / #Anarchismes,_anarchie, Zanzara athée (Paris-banlieue), Corps, santé, #Anglais

    #Zanzara_athée_Paris-banlieue_ #Corps,_santé
    https://warzonedistro.noblogs.org/post/2017/09/09/weaponizing-sobriety-feral-anarchy-against-intoxication-cultu
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/armer-la-sobriete-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/armer-la-sobriete-pageparpage.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Weaponizing-Sobriety-cahierUSletter.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Weaponizing-Sobriety-pageparpageA4.pdf

  • « Le corps des femmes ne leur appartient décidément pas, et encore moins leurs seins »

    https://www.franceinter.fr/societe/le-corps-des-femmes-ne-leur-appartient-decidement-pas-et-encore-moins-le

    « Ça montre quelque chose que l’on sait, mais que l’on oublie parfois, et que ce type d’événement permet de rappeler : le corps des femmes ne leur appartient décidément pas, et encore moins leurs seins. La conception qui domine depuis à peu près toujours c’est que le corps des femmes, par sa fonction procréatrice, est un corps instrumental qui est destiné aux autres, c’est un corps à disposition des autres. Et les seins davantage encore, car par leurs deux fonctions à la fois sexuelle et maternelle sont destinés aux enfants qu’ils nourrissent et ensuite aux hommes qu’ils excitent. Ce type d’événement est une illustration assez frappante de cela. »

  • Lene Marie Fossen
    https://www.lenemariefossen.com

    About Lene Marie Fossen (18.08.1986 - 22.10.2019)

    Lene Marie Fossen sadly passed away on October 22nd 2019.
    Lene Marie Fossen wanted to stop time 23 years ago. She was only 10 years old when she decided to stop eating and struggled with anorexia the rest of her life. She chose to be open about her disease and is best known for her beautiful and revealing self-portraits. Her soulful portraits of victims of the refugee crisis on the island of Chios in Greece also bear witness of a unique photographer and artist.

    #LeneMaries last wish was that her work should be shared with as many people as possible.
    My photographs are not about #Anorexia she said.
    They are about human suffering.

    le film : Lene Marie ou le vrai visage de l’anorexie
    https://www.arte.tv/fr/videos/092174-000-A/lene-marie-ou-le-vrai-visage-de-l-anorexie

    Le portrait de #LeneMarieFossen, jeune #photographe norvégienne qui a souffert d’#anorexie pendant plus de vingt ans, décédée en 2019. Ce #documentaire dénué de voyeurisme a su capter son face-à-face tragique avec la maladie.

    « C’est comme si j’avais un régime nazi à l’intérieur de mon propre corps. » Anorexique depuis l’âge de 10 ans, Lene Marie Fossen en a 28 au moment où commence ce film. Cette jeune Norvégienne vit alors toujours dans la ferme de son enfance, entre deux parents aimants et impuissants, dans la campagne non loin de Lillehammer. Un jour, la petite fille dévorée d’angoisse et de douleur, qui n’a jamais voulu grandir, découvre lors d’une thérapie que la photographie est un moyen « d’arrêter le temps », et y trouve un chemin vers elle-même autant que vers les autres. Au fil d’autoportraits méticuleusement composés, comme autant d’images de la souffrance, elle met en scène son corps squelettique, affrontant la terreur pour y puiser de la beauté. Peu à peu, avec autant de ténacité que de délicatesse, elle tourne aussi son objectif vers des visages inconnus : ceux des habitants de l’île de Chios, en 2014, comme ceux des réfugiés syriens échoués sur le rivage de Lesbos, en 2015. Deux ans plus tard, un confrère célèbre en Norvège, Morten Krogvold, lui ouvre les portes du Festival Nordic Lights, où ses bouleversants autoportraits sont chaleureusement accueillis. Mais malgré cette reconnaissance presque immédiate, Lene Marie reste prisonnière de son combat épuisant entre la vie et la mort, et rend peu à peu les armes. Elle décède d’une crise cardiaque à l’automne 2019.

    Au plus près
    Les réalisatrices ont suivi Lene Marie plusieurs années durant, au plus près de son être ravagé par une maladie psychique dont, pas plus que la jeune femme, elles ne prétendent expliquer le mystère. Attentif à la beauté du cadre comme son modèle, dénué de voyeurisme comme ses photographies, dont il semble un prolongement, leur film ne laisse pas indemne. Mais de même que Lene Marie lutte pour n’être pas réduite à son anorexie, ce face-à-face avec une souffrance sans remède mêle si intimement le courage et la défaite, le désespoir et le bonheur, qu’il semble par moments capter l’essence même de la vie.

  • Femmes seins nus sur la plage : quel est le problème ?
    https://www.lesinrocks.com/2020/08/25/actualite/societe/femmes-seins-nus-sur-la-plage-quel-est-le-probleme

    Ce que cela montre avec force, c’est que le #corps des #femmes ne leur appartient décidément pas, et moins encore leurs seins. Si on exige des femmes qu’elles ne les montrent pas, c’est parce qu’ils figurent les deux fonctions maternelle et sexuelle, l’une et l’autre relevant d’une vie intime dont on a décrété qu’elle devait rester cachée. Or, comme les féministes des années 1970 l’ont montré, les dimensions intimes de la vie des femmes sont éminemment politiques, le corps étant le lieu privilégié de la #domination masculine. Demander à une femme de recouvrir sa poitrine, c’est lui adresser un rappel à l’ordre patriarcal des choses.

  • Etre écoféministe. Théories et pratiques

    #Oppression des #femmes et destruction de la #nature seraient deux facettes indissociables d’un modèle de civilisation qu’il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l’écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes.
    Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd’hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des #théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du #capitalisme et de la #technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, #réappropriation par les femmes de leur #corps, apprentissage d’un rapport intime au cosmos…
    Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l’auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l’aventure de la vie en autonomie, jusqu’au nord de l’Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d’alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

    https://www.lechappee.org/collections/versus/etre-ecofeministe
    #écoféminisme #éco-féminisme #livre #écologie #féminisme #philosophie #ressources_pédagogiques

  • Résistance à l’épilation | Du poil sous les bras
    http://www.radiosaintfe.com/emissions/societe/335-du-poil-sous-les-bras

    Entretien avec avec Miléna Younès-Linhart, autrice de la thèse « Epiler, s’épiler, ne plus s’épiler : socialisation et résistance à la norme ». À propos de poils, de femmes et de domination. Où l’on apprend que détester son corps, ça s’apprend jeune et que c’est dur-dur de sortir de l’hétéronormativité à moins d’être une lesbienne féministe (et encore) ! Durée : 55 min. Source : Radio Saint Férréol

    http://www.radiosaintfe.com/media/com_podcastmanager/ACTU/PAD_ACTU_POILSOUSBRAS/PAD_POILSOUSBRAS_2020_04_06_Rsistancelpi.mp3

    • Epilation, corps sous contrainte
      Miléna Younès-Linhart, Libération, le 27 août 2019
      https://www.liberation.fr/debats/2019/08/27/epilation-corps-sous-contrainte_1747601

      « La première fois que je me suis épilée, j’ai pris l’épilateur de ma mère, j’étais sur le carrelage blanc de la salle de bain. Je m’arrêtais toutes les trente secondes parce que ça fait trop mal ce truc. Ça a duré des heures… et t’intériorises ça comme étant une situation normale, pas étonnant que t’aies une si faible estime de toi après. » (1)

      Pourquoi les femmes se dépilent (2) de manière quasi généralisée dans notre société, et ce malgré le caractère à la fois douloureux, chronophage et coûteux de cette pratique ? Les injonctions débutent dès l’enfance, et d’abord dans la famille. Les normes dépilatoires que transmettent les mères contribuent à un contrôle de la sexualité des jeunes filles de deux façons : d’un côté, pour contrôler le moment d’entrée dans la sexualité, en interdisant aux jeunes filles de se dépiler avant un certain âge.

      D’autre part, une fois l’âge d’entrée dans la sexualité atteint, les filles doivent se dépiler pour que leur corps soit conforme à la norme de séduction et à la sexualité hétérosexuelle. L’intériorisation de la pratique passe par un apprentissage du contrôle de la douleur : « Je pensais que j’étais nulle de pas être assez endurante à la douleur parce que ma mère me disait : "Mais non ça fait pas mal." » La socialisation à la dépilation passe ensuite par les pairs, dès l’école primaire et ce jusqu’à l’âge adulte. « J’ai entendu des garçons se moquer des filles en disant qu’elles ne se rasaient pas [le sexe, ndlr]. Et à ce moment je me suis dit : donc il faut le faire ! Après j’ai demandé à ma mère : "Est-ce que je peux me raser ?" J’ai pas dit où, mais elle m’a dit non. […] Elle veut pas. Elle dit que je suis trop petite. Je le fais quand même, mais je lui dis pas. Quand je le fais, je la laisse pas rester dans la salle de bain, je dis que je fais autre chose. » (3) Les insultes sur la pilosité et sur l’absence de pratiques dépilatoires des jeunes filles participent d’un contrôle du genre et de la sexualité. « T’as une moustache de garçon ! », « t’as les bras vraiment poilus pour une fille » (4) ; en particulier, elle permet aux garçons d’installer leur position de pouvoir. Certaines enquêtées expliquent même avoir été harcelées pendant leur scolarité par le biais des poils. « Mon surnom, c’était King Kong. » En outre, les insultes peuvent prendre la forme d’agressions verbales sexistes et racistes, lorsque la pilosité ne paraît pas conforme à la norme blanche de la pilosité. Les injonctions par les pairs à la dépilation participent donc de l’intériorisation de ce à quoi doit ressembler un corps de jeune fille dans une société où la norme hétérosexuelle et le racisme sont imbriqués.

      Les violences verbales vécues dans la jeunesse jouent ainsi un rôle important dans cette socialisation. Les poils deviennent pour les femmes la marque de ce sexisme ou racisme vécus dans la jeunesse. Cette marque de domination ainsi que la peur de revivre les insultes confère ensuite aux poils un aspect dégoûtant et humiliant. S’engage alors une obsession de la dépilation pour retirer cette marque. « C’était une bataille permanente contre les poils. J’étais très poilue, du coup je m’épilais, du coup ça faisait des poils incarnés, du coup je passais mon temps à me défoncer la peau, à me faire des gommages. » Les femmes en viennent à organiser leur vie mais aussi leurs postures physiques autour de la dépilation, ne pouvant montrer leurs poils ni publiquement ni dans leur vie intime. C’est là toute la force de l’intériorisation, par laquelle les systèmes de domination, pour se perpétuer, peuvent produire un autocontrôle du corps. Au sein des couples hétérosexuels, les injonctions à la dépilation de la part du partenaire ont pour effet d’instaurer son pouvoir ; elles participent en effet de la construction des modalités de la sexualité, dans laquelle les femmes sont supposées être désirables plutôt que désirantes, et donc vulnérables. Même lorsqu’elles s’épilent le sexe à la demande du partenaire, il arrive que celui-ci, par des remarques, humilie sa partenaire : « Le mec qui m’avait fait "oula, bah bravo l’épilation" de façon un peu ironique, il se foutait un peu de ma gueule. » Parfois même, des violences verbales sous forme d’injonctions à la dépilation viennent appuyer des violences sexuelles - manifestations extrêmes de prise de pouvoir et d’appropriation du corps des femmes -, participant ainsi du maintien de la domination masculine.

      Mais les femmes ne se contentent pas de subir la norme dépilatoire, et utilisent l’outil social qu’est la dépilation pour tenter de renverser des rapports de pouvoir. « [Les garçons de ma classe] peuvent parler des heures de ma moustache : je m’en fous ! » m’explique une lycéenne dont la mère lui a interdit de s’épiler les sourcils. Face à des injonctions contradictoires, elle utilise l’injonction maternelle pour résister à une injonction à s’épiler de camarades de classe et montrer qu’elle ne se soumet pas à leur point de vue sur son corps.

      D’autres s’épilent les sourcils en classe pour remettre en question la position de pouvoir d’un professeur, si elles la trouvent illégitime. D’autres encore vont faire valoir leurs connaissances dans les techniques dépilatoires dans leur groupe amical. Ainsi, la dépilation fonctionne comme un outil de contrôle du genre et de la sexualité des femmes. Mais c’est aussi un outil dont peuvent s’emparer les femmes pour tenter de résister aux rapports de domination. Certaines féministes, qui politisent par leur féminisme leur expérience personnelle de la domination, entreprennent d’arrêter de se dépiler dans une démarche de résistance à la domination. Une sociabilité féministe, et en particulier avoir pour partenaires intimes des personnes féministes, sont les conditions de possibilité de cette non-dépilation. Mais elle n’est jamais stabilisée, car montrer ses poils dans un lieu public, c’est s’exposer à des remarques ou à des agressions.

      Le contexte et la position sociale jouent également un rôle important. Dans une position subordonnée au travail par exemple, il est compliqué de révéler ses poils, tandis qu’occuper une position de pouvoir le rend possible. De plus, il est difficile de se défaire de la socialisation. Là encore, la logique raciale redouble la difficulté : pour certaines femmes racisées qui ont vécu des discriminations par les injonctions à la dépilation, il est encore plus difficile d’arrêter de se dépiler, les poils étant devenus une marque du racisme. Etre féministe antiraciste semble donc être une condition de possibilité de la non-dépilation, car cela permet de penser une critique des systèmes de domination dont la dépilation est un outil social. Ainsi, plus la socialisation à la dépilation a été violente et plus elle a fonctionné comme l’outil de multiples rapports de dominations, plus il est dur d’arrêter, et en même temps, plus il est subjectivement et politiquement nécessaire, pour elles, d’arrêter.

      (1) Extrait d’entretien avec une femme de 30 ans, féministe. (2) Dépilation : action d’enlever les poils en les épilant ou les rasant. (3) Extrait d’entretien avec une lycéenne de 15 ans. (4) Idem.

      #Miléna_Younès-Linhart

  • Quale razza
    https://invidio.us/watch?v=ivqZeYkMCm0&autoplay=0&continue=0&dark_mode=true&listen=0&local=1&lo

    Isabella Marincola est née le 16 septembre 1925 à Mahaddei Uen (actuelle #Somalie). Son père : Giuseppe Marincola. Sa mère : Ascherò Assan. L’année suivante, Giuseppe Marincola decide de quitter Mahaddei Uen et Ascherò Assan pour rentrer en Italie avec les deux enfants, Isabelle et Giorgio Marincola, né en 1923.
    A Rome, il se marie avec une femme italienne avec qui il aura 2 autres enfants.

    La famille Marincola :

    Photo de la mère de Isabella et Giorgio, dont Isabella dit ne rien avoir su :

    Frère et soeur :

    Isabella deviendra actrice. Elle apparaît dans cette scène de Riso Amaro :

    #Isabella_Marincola —> soeur de #Giorgio_Marincola (https://seenthis.net/messages/871345)
    #interview #vidéo #film
    #colonialisme #Italie #italie_coloniale #histoire #peau_noire #racisme #exotisme #peau #corps

    ping @isskein @albertocampiphoto @wizo

  • Doing hair, doing race: the influence of hairstyle on racial perception across the US: Ethnic and Racial Studies: Vol 43, No 12
    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/01419870.2019.1700296
    https://www.tandfonline.com/doi/cover-img/10.1080/rers20.v043.i12

    Hair is an easily changeable “racial marker” feature. Although growing interdisciplinary research suggests that hairstyle influences how one is racially perceived, extant methodological practices in racial perception research reduce external validity. This study introduces new experimental and analytical procedures to test the effect of hairstyle on racial perception across racial contexts. Over 1,000 participants from primarily white, black and multiracial test sites racially categorized a diverse group of women from matched pairs of pictures in which the women have different hairstyles. Results from multilevel regression show that altering hairstyle significantly alters how participants perceive mixed-race women, Latinas, most black and some white women and that this varies by racial context with perceptions of race being less swayed by hairstyle in the multiracial context. Our research thus demonstrates that doing hair is a context-dependent part of “doing race” that has theoretical, methodological, and legal implications.
    KEYWORDS: Racial perception, racialization, doing race, physical appearance, hair, experiments

    • EU: Frontex splashes out: millions of euros for new technology and equipment (19.06.2020)

      The approval of the new #Frontex_Regulation in November 2019 implied an increase of competences, budget and capabilities for the EU’s border agency, which is now equipping itself with increased means to monitor events and developments at the borders and beyond, as well as renewing its IT systems to improve the management of the reams of data to which it will have access.

      In 2020 Frontex’s #budget grew to €420.6 million, an increase of over 34% compared to 2019. The European Commission has proposed that in the next EU budget (formally known as the Multiannual Financial Framework or MFF, covering 2021-27) €11 billion will be made available to the agency, although legal negotiations are ongoing and have hit significant stumbling blocks due to Brexit, the COVID-19 pandemic and political disagreements.

      Nevertheless, the increase for this year has clearly provided a number of opportunities for Frontex. For instance, it has already agreed contracts worth €28 million for the acquisition of dozens of vehicles equipped with thermal and day cameras, surveillance radar and sensors.

      According to the contract for the provision of Mobile Surveillance Systems, these new tools will be used “for detection, identification and recognising of objects of interest e.g. human beings and/or groups of people, vehicles moving across the border (land and sea), as well as vessels sailing within the coastal areas, and other objects identified as objects of interest”. [1]

      Frontex has also published a call for tenders for Maritime Analysis Tools, worth a total of up to €2.6 million. With this, Frontex seeks to improve access to “big data” for maritime analysis. [2] The objective of deploying these tools is to enhance Frontex’s operational support to EU border, coast guard and law enforcement authorities in “suppressing and preventing, among others, illegal migration and cross-border crime in the maritime domain”.

      Moreover, the system should be capable of delivering analysis and identification of high-risk threats following the collection and storage of “big data”. It is not clear how much human input and monitoring there will be of the identification of risks. The call for tenders says the winning bidder should have been announced in May, but there is no public information on the chosen company so far.

      As part of a 12-month pilot project to examine how maritime analysis tools could “support multipurpose operational response,” Frontex previously engaged the services of the Tel Aviv-based company Windward Ltd, which claims to fuse “maritime data and artificial intelligence… to provide the right insights, with the right context, at the right time.” [3] Windward, whose current chairman is John Browne, the former CEO of the multinational oil company BP, received €783,000 for its work. [4]

      As the agency’s gathering and processing of data increases, it also aims to improve and develop its own internal IT systems, through a two-year project worth €34 million. This will establish a set of “framework contracts”. Through these, each time the agency seeks a new IT service or system, companies selected to participate in the framework contracts will submit bids for the work. [5]

      The agency is also seeking a ’Software Solution for EBCG [European Border and Coast Guard] Team Members to Access to Schengen Information System’, through a contract worth up to €5 million. [6] The Schengen Information System (SIS) is the EU’s largest database, enabling cooperation between authorities working in the fields of police, border control and customs of all the Schengen states (26 EU member states plus Iceland, Norway, Liechtenstein and Switzerland) and its legal bases were recently reformed to include new types of alert and categories of data. [7]

      This software will give Frontex officials direct access to certain data within the SIS. Currently, they have to request access via national border guards in the country in which they are operating. This would give complete autonomy to Frontex officials to consult the SIS whilst undertaking operations, shortening the length of the procedure. [8]

      With the legal basis for increasing Frontex’s powers in place, the process to build up its personnel, material and surveillance capacities continues, with significant financial implications.

      https://www.statewatch.org/news/2020/june/eu-frontex-splashes-out-millions-of-euros-for-new-technology-and-equipme

      #technologie #équipement #Multiannual_Financial_Framework #MFF #surveillance #Mobile_Surveillance_Systems #Maritime_Analysis_Tools #données #big_data #mer #Windward_Ltd #Israël #John_Browne #BP #complexe_militaro-industriel #Software_Solution_for_EBCG_Team_Members_to_Access_to_Schengen_Information_System #SIS #Schengen_Information_System

    • EU : Guns, guards and guidelines : reinforcement of Frontex runs into problems (26.05.2020)

      An internal report circulated by Frontex to EU government delegations highlights a series of issues in implementing the agency’s new legislation. Despite the Covid-19 pandemic, the agency is urging swift action to implement the mandate and is pressing ahead with the recruitment of its new ‘standing corps’. However, there are legal problems with the acquisition, registration, storage and transport of weapons. The agency is also calling for derogations from EU rules on staff disciplinary measures in relation to the use of force; and wants an extended set of privileges and immunities. Furthermore, it is assisting with “voluntary return” despite this activity appearing to fall outside of its legal mandate.

      State-of-play report

      At the end of April 2020, Frontex circulated a report to EU government delegations in the Council outlining the state of play of the implementation of its new Regulation (“EBCG 2.0 Regulation”, in the agency and Commission’s words), especially relating to “current challenges”.[1] Presumably, this refers to the outbreak of a pandemic, though the report also acknowledges challenges created by the legal ambiguities contained in the Regulation itself, in particular with regard to the acquisition of weapons, supervisory and disciplinary mechanisms, legal privileges and immunities and involvement in “voluntary return” operations.

      The path set out in the report is that the “operational autonomy of the agency will gradually increase towards 2027” until it is a “fully-fledged and reliable partner” to EU and Schengen states. It acknowledges the impacts of unforeseen world events on the EU’s forthcoming budget (Multi-annual Financial Framework, MFF) for 2021-27, and hints at the impact this will have on Frontex’s own budget and objectives. Nevertheless, the agency is still determined to “continue increasing the capabilities” of the agency, including its acquisition of new equipment and employment of new staff for its standing corps.

      The main issues covered by the report are: Frontex’s new standing corps of staff, executive powers and the use of force, fundamental rights and data protection, and the integration into Frontex of EUROSUR, the European Border Surveillance System.

      The new standing corps

      Recruitment

      A new standing corps of 10,000 Frontex staff by 2024 is to be, in the words of the agency, its “biggest game changer”.[2] The report notes that the establishment of the standing corps has been heavily affected by the outbreak of Covid-19. According to the report, 7,238 individuals had applied to join the standing corps before the outbreak of the pandemic. 5,482 of these – over 75% – were assessed by the agency as eligible, with a final 304 passing the entire selection process to be on the “reserve lists”.[3]

      Despite interruptions to the recruitment procedure following worldwide lockdown measures, interviews for Category 1 staff – permanent Frontex staff members to be deployed on operations – were resumed via video by the end of April. 80 candidates were shortlisted for the first week, and Frontex aims to interview 1,000 people in total. Despite this adaptation, successful candidates will have to wait for Frontex’s contractor to re-open in order to carry out medical tests, an obligatory requirement for the standing corps.[4]

      In 2020, Frontex joined the European Defence Agency’s Satellite Communications (SatCom) and Communications and Information System (CIS) services in order to ensure ICT support for the standing corps in operation as of 2021.[5] The EDA describes SatCom and CIS as “fundamental for Communication, Command and Control in military operations… [enabling] EU Commanders to connect forces in remote areas with HQs and capitals and to manage the forces missions and tasks”.[6]

      Training

      The basic training programme, endorsed by the management board in October 2019, is designed for Category 1 staff. It includes specific training in interoperability and “harmonisation with member states”. The actual syllabus, content and materials for this basic training were developed by March 2020; Statewatch has made a request for access to these documents, which is currently pending with the Frontex Transparency Office. This process has also been affected by the novel coronavirus, though the report insists that “no delay is foreseen in the availability of the specialised profile related training of the standing corps”.

      Use of force

      The state-of-play-report acknowledges a number of legal ambiguities surrounding some of the more controversial powers outlined in Frontex’s 2019 Regulation, highlighting perhaps that political ambition, rather than serious consideration and assessment, propelled the legislation, overtaking adequate procedure and oversight. The incentive to enact the legislation within a short timeframe is cited as a reason that no impact assessment was carried out on the proposed recast to the agency’s mandate. This draft was rushed through negotiations and approved in an unprecedented six-month period, and the details lost in its wake are now coming to light.

      Article 82 of the 2019 Regulation refers to the use of force and carriage of weapons by Frontex staff, while a supervisory mechanism for the use of force by statutory staff is established by Article 55. This says:

      “On the basis of a proposal from the executive director, the management board shall: (a) establish an appropriate supervisory mechanism to monitor the application of the provisions on use of force by statutory staff, including rules on reporting and specific measures, such as those of a disciplinary nature, with regard to the use of force during deployments”[7]

      The agency’s management board is expected to make a decision about this supervisory mechanism, including specific measures and reporting, by the end of June 2020.

      The state-of-play report posits that the legal terms of Article 55 are inconsistent with the standard rules on administrative enquiries and disciplinary measures concerning EU staff.[8] These outline, inter alia, that a dedicated disciplinary board will be established in each institution including at least one member from outside the institution, that this board must be independent and its proceedings secret. Frontex insists that its staff will be a special case as the “first uniformed service of the EU”, and will therefore require “special arrangements or derogations to the Staff Regulations” to comply with the “totally different nature of tasks and risks associated with their deployments”.[9]

      What is particularly astounding about Frontex demanding special treatment for oversight, particularly on use of force and weapons is that, as the report acknowledges, the agency cannot yet legally store or transport any weapons it acquires.

      Regarding service weapons and “non-lethal equipment”,[10] legal analysis by “external experts and a regulatory law firm” concluded that the 2019 Regulation does not provide a legal basis for acquiring, registering, storing or transporting weapons in Poland, where the agency’s headquarters is located. Frontex has applied to the Commission for clarity on how to proceed, says the report. Frontex declined to comment on the status of this consultation and any indications of the next steps the agency will take. A Commission spokesperson stated only that it had recently received the agency’s enquiry and “is analysing the request and the applicable legal framework in the view of replying to the EBCGA”, without expanding further.

      Until Frontex has the legal basis to do so, it cannot launch a tender for firearms and “non-lethal equipment” (which includes batons, pepper spray and handcuffs). However, the report implies the agency is ready to do so as soon as it receives the green light. Technical specifications are currently being finalised for “non-lethal equipment” and Frontex still plans to complete acquisition by the end of the year.

      Privileges and immunities

      The agency is also seeking special treatment with regard to the legal privileges and immunities it and its officials enjoy. Article 96 of the 2019 Regulation outlines the privileges and immunities of Frontex officers, stating:

      “Protocol No 7 on the Privileges and Immunities of the European Union annexed to the Treaty on European Union (TEU) and to the TFEU shall apply to the Agency and its statutory staff.” [11]

      However, Frontex notes that the Protocol does not apply to non-EU states, nor does it “offer a full protection, or take into account a need for the inviolability of assets owned by Frontex (service vehicles, vessels, aircraft)”.[12] Frontex is increasingly involved in operations taking place on non-EU territory. For instance, the Council of the EU has signed or initialled a number of Status Agreements with non-EU states, primarily in the Western Balkans, concerning Frontex activities in those countries. To launch operations under these agreements, Frontex will (or, in the case of Albania, already has) agree on operational plans with each state, under which Frontex staff can use executive powers.[13] The agency therefore seeks an “EU-level status of forces agreement… to account for the partial absence of rules”.

      Law enforcement

      To implement its enhanced functions regarding cross-border crime, Frontex will continue to participate in Europol’s four-year policy cycle addressing “serious international and organised crime”.[14] The agency is also developing a pilot project, “Investigation Support Activities- Cross Border Crime” (ISA-CBC), addressing drug trafficking and terrorism.

      Fundamental rights and data protection

      The ‘EBCG 2.0 Regulation’ requires several changes to fundamental rights measures by the agency, which, aside from some vague “legal analyses” seem to be undergoing development with only internal oversight.

      Firstly, to facilitate adequate independence of the Fundamental Rights Officer (FRO), special rules have to be established. The FRO was introduced under Frontex’s 2016 Regulation, but has since then been understaffed and underfunded by the agency.[15] The 2019 Regulation obliges the agency to ensure “sufficient and adequate human and financial resources” for the office, as well as 40 fundamental rights monitors.[16] These standing corps staff members will be responsible for monitoring compliance with fundamental rights standards, providing advice and assistance on the agency’s plans and activities, and will visit and evaluate operations, including acting as forced return monitors.[17]

      During negotiations over the proposed Regulation 2.0, MEPs introduced extended powers for the Fundamental Rights Officer themselves. The FRO was previously responsible for contributing to Frontex’s fundamental rights strategy and monitoring its compliance with and promotion of fundamental rights. Now, they will be able to monitor compliance by conducting investigations; offering advice where deemed necessary or upon request of the agency; providing opinions on operational plans, pilot projects and technical assistance; and carrying out on-the-spot visits. The executive director is now obliged to respond “as to how concerns regarding possible violations of fundamental rights… have been addressed,” and the management board “shall ensure that action is taken with regard to recommendations of the fundamental rights officer.” [18] The investigatory powers of the FRO are not, however, set out in the Regulation.

      The state-of-play report says that “legal analyses and exchanges” are ongoing, and will inform an eventual management board decision, but no timeline for this is offered. [19] The agency will also need to adapt its much criticised individual complaints mechanism to fit the requirements of the 2019 Regulation; executive director Fabrice Leggeri’s first-draft decision on this process is currently undergoing internal consultations. Even the explicit requirement set out in the 2019 Regulation for an “independent and effective” complaints mechanism,[20] does not meet minimum standards to qualify as an effective remedy, which include institutional independence, accessibility in practice, and capacity to carry out thorough and prompt investigations.[21]

      Frontex has entered into a service level agreement (SLA) with the EU’s Fundamental Rights Agency (FRA) for support in establishing and training the team of fundamental rights monitors introduced by the 2019 Regulation. These monitors are to be statutory staff of the agency and will assess fundamental rights compliance of operational activities, advising, assisting and contributing to “the promotion of fundamental rights”.[22] The scope and objectives for this team were finalised at the end of March this year, and the agency will establish the team by the end of the year. Statewatch has requested clarification as to what is to be included in the team’s scope and objectives, pending with the Frontex Transparency Office.

      Regarding data protection, the agency plans a package of implementing rules (covering issues ranging from the position of data protection officer to the restriction of rights for returnees and restrictions under administrative data processing) to be implemented throughout 2020.[23] The management board will review a first draft of the implementing rules on the data protection officer in the second quarter of 2020.

      Returns

      The European Return and Reintegration Network (ERRIN) – a network of 15 European states and the Commission facilitating cooperation over return operations “as part of the EU efforts to manage migration” – is to be handed over to Frontex. [24] A handover plan is currently under the final stage of review; it reportedly outlines the scoping of activities and details of “which groups of returnees will be eligible for Frontex assistance in the future”.[25] A request from Statewatch to Frontex for comment on what assistance will be provided by the agency to such returnees was unanswered at the time of publication.

      Since the entry into force of its new mandate, Frontex has also been providing technical assistance for so-called voluntary returns, with the first two such operations carried out on scheduled flights (as opposed to charter flights) in February 2020. A total of 28 people were returned by mid-April, despite the fact that there is no legal clarity over what the definition “voluntary return” actually refers to, as the state-of-play report also explains:

      “The terminology of voluntary return was introduced in the Regulation without providing any definition thereof. This terminology (voluntary departure vs voluntary return) is moreover not in line with the terminology used in the Return Directive (EBCG 2.0 refers to the definition of returns provided for in the Return Directive. The Return Directive, however, does not cover voluntary returns; a voluntary return is not a return within the meaning of the Return Directive). Further elaboration is needed.”[26]

      On top of requiring “further clarification”, if Frontex is assisting with “voluntary returns” that are not governed by the Returns Directive, it is acting outside of its legal mandate. Statewatch has launched an investigation into the agency’s activities relating to voluntary returns, to outline the number of such operations to date, their country of return and country of destination.

      Frontex is currently developing a module dedicated to voluntary returns by charter flight for its FAR (Frontex Application for Returns) platform (part of its return case management system). On top of the technical support delivered by the agency, Frontex also foresees the provision of on-the-ground support from Frontex representatives or a “return counsellor”, who will form part of the dedicated return teams planned for the standing corps from 2021.[27]

      Frontex has updated its return case management system (RECAMAS), an online platform for member state authorities and Frontex to communicate and plan return operations, to manage an increased scope. The state-of-play report implies that this includes detail on post-return activities in a new “post-return module”, indicating that Frontex is acting on commitments to expand its activity in this area. According to the agency’s roadmap on implementing the 2019 Regulation, an action plan on how the agency will provide post-return support to people (Article 48(1), 2019 Regulation) will be written by the third quarter of 2020.[28]

      In its closing paragraph, related to the budgetary impact of COVID-19 regarding return operations, the agency notes that although activities will resume once aerial transportation restrictions are eased, “the agency will not be able to provide what has been initially intended, undermining the concept of the EBCG as a whole”.[29]

      EUROSUR

      The Commission is leading progress on adopting the implementing act for the integration of EUROSUR into Frontex, which will define the implementation of new aerial surveillance,[30] expected by the end of the year.[31] Frontex is discussing new working arrangements with the European Aviation Safety Agency (EASA) and the European Organisation for the Safety of Air Navigation (EUROCONTROL). The development by Frontex of the surveillance project’s communications network will require significant budgetary investment, as the agency plans to maintain the current system ahead of its planned replacement in 2025.[32] This investment is projected despite the agency’s recognition of the economic impact of Covid-19 on member states, and the consequent adjustments to the MFF 2021-27.

      Summary

      Drafted and published as the world responds to an unprecedented pandemic, the “current challenges” referred to in the report appear, on first read, to refer to the budgetary and staffing implications of global shut down. However, the report maintains throughout that the agency’s determination to expand, in terms of powers as well as staffing, will not be stalled despite delays and budgeting adjustments. Indeed, it is implied more than once that the “current challenges” necessitate more than ever that these powers be assumed. The true challenges, from the agency’s point of view, stem from the fact that its current mandate was rushed through negotiations in six months, leading to legal ambiguities that leave it unable to acquire or transport weapons and in a tricky relationship with the EU protocol on privileges and immunities when operating in third countries. Given the violence that so frequently accompanies border control operations in the EU, it will come as a relief to many that Frontex is having difficulties acquiring its own weaponry. However, it is far from reassuring that the introduction of new measures on fundamental rights and accountability are being carried out internally and remain unavailable for public scrutiny.

      Jane Kilpatrick

      Note: this article was updated on 26 May 2020 to include the European Commission’s response to Statewatch’s enquiries.

      It was updated on 1 July with some minor corrections:

      “the Council of the EU has signed or initialled a number of Status Agreements with non-EU states... under which” replaces “the agency has entered into working agreements with Balkan states, under which”
      “The investigatory powers of the FRO are not, however, set out in any detail in the Regulation beyond monitoring the agency’s ’compliance with fundamental rights, including by conducting investigations’” replaces “The investigatory powers of the FRO are not, however, set out in the Regulation”
      “if Frontex is assisting with “voluntary returns” that are not governed by the Returns Directive, it further exposes the haste with which legislation written to deny entry into the EU and facilitate expulsions was drafted” replaces “if Frontex is assisting with “voluntary returns” that are not governed by the Returns Directive, it is acting outside of its legal mandate”

      Endnotes

      [1] Frontex, ‘State of play of the implementation of the EBCG 2.0 Regulation in view of current challenges’, 27 April 2020, contained in Council document 7607/20, LIMITE, 20 April 2020, http://statewatch.org/news/2020/may/eu-council-frontex-ECBG-state-of-play-7607-20.pdf

      [2] Frontex, ‘Programming Document 2018-20’, 10 December 2017, http://www.statewatch.org/news/2019/feb/frontex-programming-document-2018-20.pdf

      [3] Section 1.1, state of play report

      [4] Jane Kilpatrick, ‘Frontex launches “game-changing” recruitment drive for standing corps of border guards’, Statewatch Analysis, March 2020, http://www.statewatch.org/analyses/no-355-frontex-recruitment-standing-corps.pdf

      [5] Section 7.1, state of play report

      [6] EDA, ‘EU SatCom Market’, https://www.eda.europa.eu/what-we-do/activities/activities-search/eu-satcom-market

      [7] Article 55(5)(a), Regulation (EU) 2019/1896 of the European Parliament and of the Council on the European Border and Coast Guard (Frontex 2019 Regulation), https://eur-lex.europa.eu/legal-content/en/TXT/?uri=CELEX:32019R1896

      [8] Pursuant to Annex IX of the EU Staff Regulations, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:01962R0031-20140501

      [9] Chapter III, state of play report

      [10] Section 2.5, state of play report

      [11] Protocol (No 7), https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=uriserv:OJ.C_.2016.202.01.0001.01.ENG#d1e3363-201-1

      [12] Chapter III, state of play report

      [13] ‘Border externalisation: Agreements on Frontex operations in Serbia and Montenegro heading for parliamentary approval’, Statewatch News, 11 March 2020, http://statewatch.org/news/2020/mar/frontex-status-agreements.htm

      [14] Europol, ‘EU policy cycle – EMPACT’, https://www.europol.europa.eu/empact

      [15] ‘NGOs, EU and international agencies sound the alarm over Frontex’s respect for fundamental rights’, Statewatch News, 5 March 2019, http://www.statewatch.org/news/2019/mar/fx-consultative-forum-rep.htm; ‘Frontex condemned by its own fundamental rights body for failing to live up to obligations’, Statewatch News, 21 May 2018, http://www.statewatch.org/news/2018/may/eu-frontex-fr-rep.htm

      [16] Article 110(6), Article 109, 2019 Regulation

      [17] Article 110, 2019 Regulation

      [18] Article 109, 2019 Regulation

      [19] Section 8, state of play report

      [20] Article 111(1), 2019 Regulation

      [21] Sergio Carrera and Marco Stefan, ‘Complaint Mechanisms in Border Management and Expulsion Operations in Europe: Effective Remedies for Victims of Human Rights Violations?’, CEPS, 2018, https://www.ceps.eu/system/files/Complaint%20Mechanisms_A4.pdf

      [22] Article 110(1), 2019 Regulation

      [23] Section 9, state of play report

      [24] ERRIN, https://returnnetwork.eu

      [25] Section 3.2, state of play report

      [26] Chapter III, state of play report

      [27] Section 3.2, state of play report

      [28] ‘’Roadmap’ for implementing new Frontex Regulation: full steam ahead’, Statewatch News, 25 November 2019, http://www.statewatch.org/news/2019/nov/eu-frontex-roadmap.htm

      [29] State of play report, p. 19

      [30] Matthias Monroy, ‘Drones for Frontex: unmanned migration control at Europe’s borders’, Statewatch Analysis, February 2020, http://www.statewatch.org/analyses/no-354-frontex-drones.pdf

      [31] Section 4, state of play report

      [32] Section 7.2, state of play report
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      Mediterranean: As the fiction of a Libyan search and rescue zone begins to crumble, EU states use the coronavirus pandemic to declare themselves unsafe

      https://www.statewatch.org/analyses/2020/eu-guns-guards-and-guidelines-reinforcement-of-frontex-runs-into-problem

      #EBCG_2.0_Regulation #European_Defence_Agency’s_Satellite_Communications (#SatCom) #Communications_and_Information_System (#CIS) #immunité #droits_fondamentaux #droits_humains #Fundamental_Rights_Officer (#FRO) #European_Return_and_Reintegration_Network (#ERRIN) #renvois #expulsions #réintégration #Directive_Retour #FAR (#Frontex_Application_for_Returns) #RECAMAS #EUROSUR #European_Aviation_Safety_Agency (#EASA) #European_Organisation_for_the_Safety_of_Air_Navigation (#EUROCONTROL)

    • Frontex launches “game-changing” recruitment drive for standing corps of border guards

      On 4 January 2020 the Management Board of the European Border and Coast Guard Agency (Frontex) adopted a decision on the profiles of the staff required for the new “standing corps”, which is ultimately supposed to be staffed by 10,000 officials. [1] The decision ushers in a new wave of recruitment for the agency. Applicants will be put through six months of training before deployment, after rigorous medical testing.

      What is the standing corps?

      The European Border and Coast Guard standing corps is the new, and according to Frontex, first ever, EU uniformed service, available “at any time…to support Member States facing challenges at their external borders”.[2] Frontex’s Programming Document for the 2018-2020 period describes the standing corps as the agency’s “biggest game changer”, requiring “an unprecedented scale of staff recruitment”.[3]

      The standing corps will be made up of four categories of Frontex operational staff:

      Frontex statutory staff deployed in operational areas and staff responsible for the functioning of the European Travel Information and Authorisation System (ETIAS) Central Unit[4];
      Long-term staff seconded from member states;
      Staff from member states who can be immediately deployed on short-term secondment to Frontex; and

      A reserve of staff from member states for rapid border interventions.

      These border guards will be “trained by the best and equipped with the latest technology has to offer”.[5] As well as wearing EU uniforms, they will be authorised to carry weapons and will have executive powers: they will be able to verify individuals’ identity and nationality and permit or refuse entry into the EU.

      The decision made this January is limited to the definition of profiles and requirements for the operational staff that are to be recruited. The Management Board (MB) will have to adopt a new decision by March this year to set out the numbers of staff needed per profile, the requirements for individuals holding those positions, and the number of staff needed for the following year based on expected operational needs. This process will be repeated annually.[6] The MB can then further specify how many staff each member state should contribute to these profiles, and establish multi-annual plans for member state contributions and recruitment for Frontex statutory staff. Projections for these contributions are made in Annexes II – IV of the 2019 Regulation, though a September Mission Statement by new European Commission President Ursula von der Leyen urges the recruitment of 10,000 border guards by 2024, indicating that member states might be meeting their contribution commitments much sooner than 2027.[7]

      The standing corps of Frontex staff will have an array of executive powers and responsibilities. As well as being able to verify identity and nationality and refuse or permit entry into the EU, they will be able to consult various EU databases to fulfil operational aims, and may also be authorised by host states to consult national databases. According to the MB Decision, “all members of the Standing Corps are to be able to identify persons in need of international protection and persons in a vulnerable situation, including unaccompanied minors, and refer them to the competent authorities”. Training on international and EU law on fundamental rights and international protection, as well as guidelines on the identification and referral of persons in need of international protection, will be mandatory for all standing corps staff members.

      The size of the standing corps

      The following table, taken from the 2019 Regulation, outlines the ambitions for growth of Frontex’s standing corps. However, as noted, the political ambition is to reach the 10,000 total by 2024.

      –-> voir le tableau sur le site de statewatch!

      Category 2 staff – those on long term secondment from member states – will join Frontex from 2021, according to the 2019 Regulation.[8] It is foreseen that Germany will contribute the most staff, with 61 expected in 2021, increasing year-by-year to 225 by 2027. Other high contributors are France and Italy (170 and 125 by 2027, respectively).

      The lowest contributors will be Iceland (expected to contribute between one and two people a year from 2021 to 2027), Malta, Cyprus and Luxembourg. Liechtenstein is not contributing personnel but will contribute “through proportional financial support”.

      For short-term secondments from member states, projections follow a very similar pattern. Germany will contribute 540 staff in 2021, increasing to 827 in 2027; Italy’s contribution will increase from 300 in 2021 to 458 in 2027; and France’s from 408 in 2021 to 624 in 2027. Most states will be making less than 100 staff available for short-term secondment in 2021.

      What are the profiles?

      The MB Decision outlines 12 profiles to be made available to Frontex, ranging from Border Guard Officer and Crew Member, to Cross Border Crime Detection Officer and Return Specialist. A full list is contained in the Decision.[9] All profiles will be fulfilled by an official of the competent authority of a member state (MS) or Schengen Associated Country (SAC), or by a member of Frontex’s own statutory staff.

      Tasks to be carried out by these officials include:

      border checks and surveillance;
      interviewing, debriefing* and screening arrivals and registering fingerprints;
      supporting the collection, assessment, analysis and distribution of information with EU member and non-member states;
      verifying travel documents;
      escorting individuals being deported on Frontex return operations;
      operating data systems and platforms; and
      offering cultural mediation

      *Debriefing consists of informal interviews with migrants to collect information for risk analyses on irregular migration and other cross-border crime and the profiling of irregular migrants to identify “modus operandi and migration trends used by irregular migrants and facilitators/criminal networks”. Guidelines written by Frontex in 2012 instructed border guards to target vulnerable individuals for “debriefing”, not in order to streamline safeguarding or protection measures, but for intelligence-gathering - “such people are often more willing to talk about their experiences,” said an internal document.[10] It is unknown whether those instructions are still in place.

      Recruitment for the profiles

      Certain profiles are expected to “apply self-safety and security practice”, and to have “the capacity to work under pressure and face emotional events with composure”. Relevant profiles (e.g. crew member) are required to be able to perform search and rescue activities in distress situations at sea borders.

      Frontex published a call for tender on 27 December for the provision of medical services for pre-recruitment examinations, in line with the plan to start recruiting operational staff in early 2020. The documents accompanying the tender reveal additional criteria for officials that will be granted executive powers (Frontex category “A2”) compared to those staff stationed primarily at the agency’s Warsaw headquarters (“A1”). Those criteria come in the form of more stringent medical testing.

      The differences in medical screening for category A1 and A2 staff lie primarily in additional toxicology screening and psychiatric and psychological consultations. [11] The additional psychiatric attention allotted for operational staff “is performed to check the predisposition for people to work in arduous, hazardous conditions, exposed to stress, conflict situations, changing rapidly environment, coping with people being in dramatic, injure or death exposed situations”.[12]

      Both A1 and A2 category provisional recruits will be asked to disclose if they have ever suffered from a sexually transmitted disease or “genital organ disease”, as well as depression, nervous or mental disorders, among a long list of other ailments. As well as disclosing any medication they take, recruits must also state if they are taking oral contraceptives (though there is no question about hormonal contraceptives that are not taken orally). Women are also asked to give the date of their last period on the pre-appointment questionnaire.

      “Never touch yourself with gloves”

      Frontex training materials on forced return operations obtained by Statewatch in 2019 acknowledge the likelihood of psychological stress among staff, among other health risks. (One recommendation contained in the documents is to “never touch yourself with gloves”). Citing “dissonance within the team, long hours with no rest, group dynamic, improvisation and different languages” among factors behind psychological stress, the training materials on medical precautionary measures for deportation escort officers also refer to post-traumatic stress disorder, the lack of an area to retreat to and body clock disruption as exacerbating risks. The document suggests a high likelihood that Frontex return escorts will witness poverty, “agony”, “chaos”, violence, boredom, and will have to deal with vulnerable persons.[13]

      For fundamental rights monitors (officials deployed to monitor fundamental rights compliance during deportations, who can be either Frontex staff or national officials), the training materials obtained by Statewatch focus on the self-control of emotions, rather than emotional care. Strategies recommended include talking to somebody, seeking professional help, and “informing yourself of any other option offered”. The documents suggest that it is an individual’s responsibility to prevent emotional responses to stressful situations having an impact on operations, and to organise their own supervision and professional help. There is no obvious focus on how traumatic responses of Frontex staff could affect those coming into contact with them at an external border or during a deportation. [14]

      The materials obtained by Statewatch also give some indication of the fundamental rights training imparted to those acting as deportation ‘escorts’ and fundamental rights monitors. The intended outcomes for a training session in Athens that took place in March 2019 included “adapt FR [fundamental rights] in a readmission operation (explain it with examples)” and “should be able to describe Non Refoulement principle” (in the document, ‘Session Fundamental rights’ is followed by ‘Session Velcro handcuffs’).[15] The content of the fundamental rights training that will be offered to Frontex’s new recruits is currently unknown.

      Fit for service?

      The agency anticipates that most staff will be recruited from March to June 2020, involving the medical examination of up to 700 applicants in this period. According to Frontex’s website, the agency has already received over 7,000 applications for the 700 new European Border Guard Officer positions.[16] Successful candidates will undergo six months of training before deployment in 2021. Apparently then, the posts are a popular career option, despite the seemingly invasive medical tests (especially for sexually active women). Why, for instance, is it important to Frontex to know about oral hormonal contraception, or about sexually transmitted infections?

      When asked by Statewatch if Frontex provides in-house psychological and emotional support, an agency press officer stated: “When it comes to psychological and emotional support, Frontex is increasing awareness and personal resilience of the officers taking part in our operations through education and training activities.” A ‘Frontex Mental Health Strategy’ from 2018 proposed the establishment of “a network of experts-psychologists” to act as an advisory body, as well as creating “online self-care tools”, a “psychological hot-line”, and a space for peer support with participation of psychologists (according to risk assessment) during operations.[17]

      One year later, Frontex, EASO and Europol jointly produced a brochure for staff deployed on operations, entitled ‘Occupational Health and Safety – Deployment Information’, which offers a series of recommendations to staff, placing the responsibility to “come to the deployment in good mental shape” and “learn how to manage stress and how to deal with anger” more firmly on the individual than the agency.[18] According to this document, officers who need additional support must disclose this by requesting it from their supervisor, while “a helpline or psychologist on-site may be available, depending on location”.

      Frontex anticipates this recruitment drive to be “game changing”. Indeed, the Commission is relying upon it to reach its ambitions for the agency’s independence and efficiency. The inclusion of mandatory training in fundamental rights in the six-month introductory education is obviously a welcome step. Whether lessons learned in a classroom will be the first thing that comes to the minds of officials deployed on border control or deportation operations remains to be seen.

      Unmanaged responses to emotional stress can include burnout, compassion-fatigue and indirect trauma, which can in turn decrease a person’s ability to cope with adverse circumstance, and increase the risk of violence.[19] Therefore, aside from the agency’s responsibility as an employer to safeguard the health of its staff, its approach to internal psychological care will affect not only the border guards themselves, but the people that they routinely come into contact with at borders and during return operations, many of whom themselves will have experienced trauma.

      Jane Kilpatrick

      Endnotes

      [1] Management Board Decision 1/2020 of 4 January 2020 on adopting the profiles to be made available to the European Border and Coast Guard Standing Corps, https://frontex.europa.eu/assets/Key_Documents/MB_Decision/2020/MB_Decision_1_2020_adopting_the_profiles_to_be_made_available_to_the_

      [2] Frontex, ‘Careers’, https://frontex.europa.eu/about-frontex/careers/frontex-border-guard-recruitment

      [3] Frontex, ‘Programming Document 2018-20’, 10 December 2017, http://www.statewatch.org/news/2019/feb/frontex-programming-document-2018-20.pdf

      [4] The ETIAS Central Unit will be responsible for processing the majority of applications for ‘travel authorisations’ received when the European Travel Information and Authorisation System comes into use, in theory in late 2022. Citizens who do not require a visa to travel to the Schengen area will have to apply for authorisation to travel to the Schengen area.

      [5] Frontex, ‘Careers’, https://frontex.europa.eu/about-frontex/careers/frontex-border-guard-recruitment

      [6] Article 54(4), Regulation (EU) 2019/1896 of the European Parliament and of the Council of 13 November 2019 on the European Border and Coast Guard and repealing Regulations (EU) No 1052/2013 and (EU) 2016/1624, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/en/TXT/?uri=CELEX:32019R1896

      [7] ‘European Commission 2020 Work Programme: An ambitious roadmap for a Union that strives for more’, 29 January 2020, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/IP_20_124; “Mission letter” from Ursula von der Leyen to Ylva Johnsson, 10 September 2019, https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/mission-letter-ylva-johansson_en.pdf

      [8] Annex II, 2019 Regulation

      [9] Management Board Decision 1/2020 of 4 January 2020 on adopting the profiles to be made available to the European Border and Coast Guard Standing Corps, https://frontex.europa.eu/assets/Key_Documents/MB_Decision/2020/MB_Decision_1_2020_adopting_the_profiles_to_be_made_available_to_the_

      [10] ‘Press release: EU border agency targeted “isolated or mistreated” individuals for questioning’, Statewatch News, 16 February 2017, http://www.statewatch.org/news/2017/feb/eu-frontex-op-hera-debriefing-pr.htm

      [11] ‘Provision of Medical Services – Pre-Recruitment Examination’, https://etendering.ted.europa.eu/cft/cft-documents.html?cftId=5841

      [12] ‘Provision of medical services – pre-recruitment examination, Terms of Reference - Annex II to invitation to tender no Frontex/OP/1491/2019/KM’, https://etendering.ted.europa.eu/cft/cft-document.html?docId=65398

      [13] Frontex training presentation, ‘Medical precautionary measures for escort officers’, undated, http://statewatch.org/news/2020/mar/eu-frontex-presentation-medical-precautionary-measures-deportation-escor

      [14] Ibid.

      [15] Frontex, document listing course learning outcomes from deportation escorts’ training, http://statewatch.org/news/2020/mar/eu-frontex-deportation-escorts-training-course-learning-outcomes.pdf

      [16] Frontex, ‘Careers’, https://frontex.europa.eu/about-frontex/careers/frontex-border-guard-recruitment

      [17] Frontex, ‘Frontex mental health strategy’, 20 February 2018, https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/89c168fe-e14b-11e7-9749-01aa75ed71a1/language-en

      [18] EASO, Europol and Frontex, ‘Occupational health and safety’, 12 August 2019, https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/17cc07e0-bd88-11e9-9d01-01aa75ed71a1/language-en/format-PDF/source-103142015

      [19] Trauma Treatment International, ‘A different approach for victims of trauma’, https://www.tt-intl.org/#our-work-section

      https://www.statewatch.org/analyses/2020/frontex-launches-game-changing-recruitment-drive-for-standing-corps-of-b
      #gardes_frontières #staff #corps_des_gardes-frontières

    • Drones for Frontex: unmanned migration control at Europe’s borders (27.02.2020)

      Instead of providing sea rescue capabilities in the Mediterranean, the EU is expanding air surveillance. Refugees are observed with drones developed for the military. In addition to numerous EU states, countries such as Libya could also use the information obtained.

      It is not easy to obtain majorities for legislation in the European Union in the area of migration - unless it is a matter of upgrading the EU’s external borders. While the reform of a common EU asylum system has been on hold for years, the European Commission, Parliament and Council agreed to reshape the border agency Frontex with unusual haste shortly before last year’s parliamentary elections. A new Regulation has been in force since December 2019,[1] under which Frontex intends to build up a “standing corps” of 10,000 uniformed officials by 2027. They can be deployed not just at the EU’s external borders, but in ‘third countries’ as well.

      In this way, Frontex will become a “European border police force” with powers that were previously reserved for the member states alone. The core of the new Regulation includes the procurement of the agency’s own equipment. The Multiannual Financial Framework, in which the EU determines the distribution of its financial resources from 2021 until 2027, has not yet been decided. According to current plans, however, at least €6 billion are reserved for Frontex in the seven-year budget. The intention is for Frontex to spend a large part of the money, over €2 billion, on aircraft, ships and vehicles.[2]

      Frontex seeks company for drone flights

      The upgrade plans include the stationing of large drones in the central and eastern Mediterranean. For this purpose, Frontex is looking for a private partner to operate flights off Malta, Italy or Greece. A corresponding tender ended in December[3] and the selection process is currently underway. The unmanned missions could then begin already in spring. Frontex estimates the total cost of these missions at €50 million. The contract has a term of two years and can be extended twice for one year at a time.

      Frontex wants drones of the so-called MALE (Medium Altitude Long Endurance) class. Their flight duration should be at least 20 hours. The requirements include the ability to fly in all weather conditions and at day and night. It is also planned to operate in airspace where civil aircraft are in service. For surveillance missions, the drones should carry electro-optical cameras, thermal imaging cameras and so-called “daylight spotter” systems that independently detect moving targets and keep them in focus. Other equipment includes systems for locating mobile and satellite telephones. The drones will also be able to receive signals from emergency call transmitters sewn into modern life jackets.

      However, the Frontex drones will not be used primarily for sea rescue operations, but to improve capacities against unwanted migration. This assumption is also confirmed by the German non-governmental organisation Sea-Watch, which has been providing assistance in the central Mediterranean with various ships since 2015. “Frontex is not concerned with saving lives,” says Ruben Neugebauer of Sea-Watch. “While air surveillance is being expanded with aircraft and drones, ships urgently needed for rescue operations have been withdrawn”. Sea-Watch demands that situation pictures of EU drones are also made available to private organisations for sea rescue.

      Aircraft from arms companies

      Frontex has very specific ideas for its own drones, which is why there are only a few suppliers worldwide that can be called into question. The Israel Aerospace Industries Heron 1, which Frontex tested for several months on the Greek island of Crete[4] and which is also flown by the German Bundeswehr, is one of them. As set out by Frontex in its invitation to tender, the Heron 1, with a payload of around 250 kilograms, can carry all the surveillance equipment that the agency intends to deploy over the Mediterranean. Also amongst those likely to be interested in the Frontex contract is the US company General Atomics, which has been building drones of the Predator series for 20 years. Recently, it presented a new Predator model in Greece under the name SeaGuardian, for maritime observation.[5] It is equipped with a maritime surveillance radar and a system for receiving position data from larger ships, thus fulfilling one of Frontex’s essential requirements.

      General Atomics may have a competitive advantage, as its Predator drones have several years’ operational experience in the Mediterranean. In addition to Frontex, the European Union has been active in the central Mediterranean with EUNAVFOR MED Operation Sophia. In March 2019, Italy’s then-interior minister Matteo Salvini pushed through the decision to operate the EU mission from the air alone. Since then, two unarmed Predator drones operated by the Italian military have been flying for EUNAVFOR MED for 60 hours per month. Officially, the drones are to observe from the air whether the training of the Libyan coast guard has been successful and whether these navy personnel use their knowledge accordingly. Presumably, however, the Predators are primarily pursuing the mission’s goal to “combat human smuggling” by spying on the Libyan coast. It is likely that the new Operation EU Active Surveillance, which will use military assets from EU member states to try to enforce the UN arms embargo placed on Libya,[6] will continue to patrol with Italian drones off the coast in North Africa.

      Three EU maritime surveillance agencies

      In addition to Frontex, the European Maritime Safety Agency (EMSA) and the European Fisheries Control Agency (EFCA) are also investing in maritime surveillance using drones. Together, the three agencies coordinate some 300 civil and military authorities in EU member states.[7] Their tasks include border, fisheries and customs control, law enforcement and environmental protection.

      In 2017, Frontex and EMSA signed an agreement to benefit from joint reconnaissance capabilities, with EFCA also involved.[8] At the time, EMSA conducted tests with drones of various sizes, but now the drones’ flights are part of its regular services. The offer is not only open to EU Member States, as Iceland was the first to take advantage of it. Since summer 2019, a long-range Hermes 900 drone built by the Israeli company Elbit Systems has been flying from Iceland’s Egilsstaðir airport. The flights are intended to cover more than half of the island state’s exclusive economic zone and to detect “suspicious activities and potential hazards”.[9]

      The Hermes 900 was also developed for the military; the Israeli army first deployed it in the Gaza Strip in 2014. The Times of Israel puts the cost of the operating contract with EMSA at €59 million,[10] with a term of two years, which can be extended for another two years. The agency did not conclude the contract directly with the Israeli arms company, but through the Portuguese firm CeiiA. The contract covers the stationing, control and mission control of the drones.

      New interested parties for drone flights

      At the request of the German MEP Özlem Demirel (from the party Die Linke), the European Commission has published a list of countries that also want to use EMSA drones.[11] According to this list, Lithuania, the Netherlands, Portugal and also Greece have requested unmanned flights for pollution monitoring this year, while Bulgaria and Spain want to use them for general maritime surveillance. Until Frontex has its own drones, EMSA is flying its drones for the border agency on Crete. As in Iceland, this is the long-range drone Hermes 900, but according to Greek media reports it crashed on 8 January during take-off.[12] Possible causes are a malfunction of the propulsion system or human error. The aircraft is said to have been considerably damaged.

      Authorities from France and Great Britain have also ordered unmanned maritime surveillance from EMSA. Nothing is yet known about the exact intended location, but it is presumably the English Channel. There, the British coast guard is already observing border traffic with larger drones built by the Tekever arms company from Portugal.[13] The government in London wants to prevent migrants from crossing the Channel. The drones take off from the airport in the small town of Lydd and monitor the approximately 50-kilometre-long and 30-kilometre-wide Strait of Dover. Great Britain has also delivered several quadcopters to France to try to detect potential migrants in French territorial waters. According to the prefecture of Pas-de-Calais, eight gendarmes have been trained to control the small drones[14].

      Information to non-EU countries

      The images taken by EMSA drones are evaluated by the competent national coastguards. A livestream also sends them to Frontex headquarters in Warsaw.[15] There they are fed into the EUROSUR border surveillance system. This is operated by Frontex and networks the surveillance installations of all EU member states that have an external border. The data from EUROSUR and the national border control centres form the ‘Common Pre-frontier Intelligence Picture’,[16] referring to the area of interest of Frontex, which extends far into the African continent. Surveillance data is used to detect and prevent migration movements at an early stage.

      Once the providing company has been selected, the new Frontex drones are also to fly for EUROSUR. According to the invitation to tender, they are to operate in the eastern and central Mediterranean within a radius of up to 250 nautical miles (463 kilometres). This would enable them to carry out reconnaissance in the “pre-frontier” area off Tunisia, Libya and Egypt. Within the framework of EUROSUR, Frontex shares the recorded data with other European users via a ‘Remote Information Portal’, as the call for tender explains. The border agency has long been able to cooperate with third countries and the information collected can therefore also be made available to authorities in North Africa. However, in order to share general information on surveillance of the Mediterranean Sea with a non-EU state, Frontex must first conclude a working agreement with the corresponding government.[17]

      It is already possible, however, to provide countries such as Libya with the coordinates of refugee boats. For example, the United Nations Convention on the Law of the Sea stipulates that the nearest Maritime Rescue Coordination Centre (MRCC) must be informed of actual or suspected emergencies. With EU funding, Italy has been building such a centre in Tripoli for the last two years.[18] It is operated by the military coast guard, but so far has no significant equipment of its own.

      The EU military mission “EUNAVFOR MED” was cooperating more extensively with the Libyan coast guard. For communication with European naval authorities, Libya is the first third country to be connected to European surveillance systems via the “Seahorse Mediterranean” network[19]. Information handed over to the Libyan authorities might also include information that was collected with the Italian military ‘Predator’ drones.

      Reconnaissance generated with unmanned aerial surveillance is also given to the MRCC in Turkey. This was seen in a pilot project last summer, when the border agency tested an unmanned aerostat with the Greek coast guard off the island of Samos.[20] Attached to a 1,000 metre-long cable, the airship was used in the Frontex operation ‘Poseidon’ in the eastern Mediterranean. The 35-meter-long zeppelin comes from the French manufacturer A-NSE.[21] The company specializes in civil and military aerial observation. According to the Greek Marine Ministry, the equipment included a radar, a thermal imaging camera and an Automatic Identification System (AIS) for the tracking of larger ships. The recorded videos were received and evaluated by a situation centre supplied by the Portuguese National Guard. If a detected refugee boat was still in Turkish territorial waters, the Greek coast guard informed the Turkish authorities. This pilot project in the Aegean Sea was the first use of an airship by Frontex. The participants deployed comparatively large numbers of personnel for the short mission. Pictures taken by the Greek coastguard show more than 40 people.

      Drones enable ‘pull-backs’

      Human rights organisations accuse EUNAVFOR MED and Frontex of passing on information to neighbouring countries leading to rejections (so-called ‘push-backs’) in violation of international law. People must not be returned to states where they are at risk of torture or other serious human rights violations. Frontex does not itself return refugees in distress who were discovered at sea via aerial surveillance, but leaves the task to the Libyan or Turkish authorities. Regarding Libya, the Agency since 2017 provided notice of at least 42 vessels in distress to Libyan authorities.[22]

      Private rescue organisations therefore speak of so-called ‘pull-backs’, but these are also prohibited, as the Israeli human rights lawyer Omer Shatz argues: “Communicating the location of civilians fleeing war to a consortium of militias and instructing them to intercept and forcibly transfer them back to the place they fled from, trigger both state responsibility of all EU members and individual criminal liability of hundreds involved.” Together with his colleague Juan Branco, Shatz is suing those responsible for the European Union and its agencies before the International Criminal Court in The Hague. Soon they intend to publish individual cases and the names of the people accused.

      Matthias Monroy

      An earlier version of this article first appeared in the German edition of Le Monde Diplomatique: ‘Drohnen für Frontex Statt sich auf die Rettung von Bootsflüchtlingen im Mittelmeer zu konzentrieren, baut die EU die Luftüberwachung’.

      Note: this article was corrected on 6 March to clarify a point regarding cooperation between Frontex and non-EU states.

      Endnotes

      [1] Regulation of the European Parliament and of the Council on the European Border and Coast Guard, https://data.consilium.europa.eu/doc/document/PE-33-2019-INIT/en/pdf

      [2] European Commission, ‘A strengthened and fully equipped European Border and Coast Guard’, 12 September 2018, https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/soteu2018-factsheet-coast-guard_en.pdf

      [3] ‘Poland-Warsaw: Remotely Piloted Aircraft Systems (RPAS) for Medium Altitude Long Endurance Maritime Aerial Surveillance’, https://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NOTICE:490010-2019:TEXT:EN:HTML&tabId=1

      [4] IAI, ‘IAI AND AIRBUS MARITIME HERON UNMANNED AERIAL SYSTEM (UAS) SUCCESSFULLY COMPLETED 200 FLIGHT HOURS IN CIVILIAN EUROPEAN AIRSPACE FOR FRONTEX’, 24 October 2018, https://www.iai.co.il/iai-and-airbus-maritime-heron-unmanned-aerial-system-uas-successfully-complet

      [5] ‘ European Maritime Flight Demonstrations’, General Atomics, http://www.ga-asi.com/european-maritime-demo

      [6] ‘EU agrees to deploy warships to enforce Libya arms embargo’, The Guardian, 17 February 2020, https://www.theguardian.com/world/2020/feb/17/eu-agrees-deploy-warships-enforce-libya-arms-embargo

      [7] EMSA, ‘Heads of EMSA and Frontex meet to discuss cooperation on European coast guard functions’, 3 April 2019, http://www.emsa.europa.eu/news-a-press-centre/external-news/item/3499-heads-of-emsa-and-frontex-meet-to-discuss-cooperation-on-european-c

      [8] Frontex, ‘Frontex, EMSA and EFCA strengthen cooperation on coast guard functions’, 23 March 2017, https://frontex.europa.eu/media-centre/news-release/frontex-emsa-and-efca-strengthen-cooperation-on-coast-guard-functions

      [9] Elbit Systems, ‘Elbit Systems Commenced the Operation of the Maritime UAS Patrol Service to European Union Countries’, 18 June 2019, https://elbitsystems.com/pr-new/elbit-systems-commenced-the-operation-of-the-maritime-uas-patrol-servi

      [10] ‘Elbit wins drone contract for up to $68m to help monitor Europe coast’, The Times of Israel, 1 November 2018, https://www.timesofisrael.com/elbit-wins-drone-contract-for-up-to-68m-to-help-monitor-europe-coast

      [11] ‘Answer given by Ms Bulc on behalf of the European Commission’, https://netzpolitik.org/wp-upload/2019/12/E-2946_191_Finalised_reply_Annex1_EN_V1.pdf

      [12] ‘Το drone της FRONTEX έπεσε, οι μετανάστες έρχονται’, Proto Thema, 27 January 2020, https://www.protothema.gr/greece/article/968869/to-drone-tis-frontex-epese-oi-metanastes-erhodai

      [13] Morgan Meaker, ‘Here’s proof the UK is using drones to patrol the English Channel’, Wired, 10 January 2020, https://www.wired.co.uk/article/uk-drones-migrants-english-channel

      [14] ‘Littoral: Les drones pour lutter contre les traversées de migrants sont opérationnels’, La Voix du Nord, 26 March 2019, https://www.lavoixdunord.fr/557951/article/2019-03-26/les-drones-pour-lutter-contre-les-traversees-de-migrants-sont-operation

      [15] ‘Frontex report on the functioning of Eurosur – Part I’, Council document 6215/18, 15 February 2018, http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-6215-2018-INIT/en/pdf

      [16] European Commission, ‘Eurosur’, https://ec.europa.eu/home-affairs/what-we-do/policies/borders-and-visas/border-crossing/eurosur_en

      [17] Legal reforms have also given Frontex the power to operate on the territory of non-EU states, subject to the conclusion of a status agreement between the EU and the country in question. The 2016 Frontex Regulation allowed such cooperation with states that share a border with the EU; the 2019 Frontex Regulation extends this to any non-EU state.

      [18] ‘Helping the Libyan Coast Guard to establish a Maritime Rescue Coordination Centre’, https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-8-2018-000547_EN.html

      [19] Matthias Monroy, ‘EU funds the sacking of rescue ships in the Mediterranean’, 7 July 2018, https://digit.site36.net/2018/07/03/eu-funds-the-sacking-of-rescue-ships-in-the-mediterranean

      [20] Frontex, ‘Frontex begins testing use of aerostat for border surveillance’, 31 July 2019, https://frontex.europa.eu/media-centre/news-release/frontex-begins-testing-use-of-aerostat-for-border-surveillance-ur33N8

      [21] ‘Answer given by Ms Johansson on behalf of the European Commission’, 7 January 2020, https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2019-002529-ASW_EN.html

      [22] ‘Answer given by Vice-President Borrell on behalf of the European Commission’, 8 January 2020, https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2019-002654-ASW_EN.html

      https://www.statewatch.org/analyses/2020/drones-for-frontex-unmanned-migration-control-at-europe-s-borders

      #drones

    • Monitoring “secondary movements” and “hotspots”: Frontex is now an internal surveillance agency (16.12.2019)

      The EU’s border agency, Frontex, now has powers to gather data on “secondary movements” and the “hotspots” within the EU. The intention is to ensure “situational awareness” and produce risk analyses on the migratory situation within the EU, in order to inform possible operational action by national authorities. This brings with it increased risks for the fundamental rights of both non-EU nationals and ethnic minority EU citizens.

      The establishment of a new ’standing corps’ of 10,000 border guards to be commanded by EU border agency Frontex has generated significant public and press attention in recent months. However, the new rules governing Frontex[1] include a number of other significant developments - including a mandate for the surveillance of migratory movements and migration “hotspots” within the EU.

      Previously, the agency’s surveillance role has been restricted to the external borders and the “pre-frontier area” – for example, the high seas or “selected third-country ports.”[2] New legal provisions mean it will now be able to gather data on the movement of people within the EU. While this is only supposed to deal with “trends, volumes and routes,” rather than personal data, it is intended to inform operational activity within the EU.

      This may mean an increase in operations against ‘unauthorised’ migrants, bringing with it risks for fundamental rights such as the possibility of racial profiling, detention, violence and the denial of access to asylum procedures. At the same time, in a context where internal borders have been reintroduced by numerous Schengen states over the last five years due to increased migration, it may be that he agency’s new role contributes to a further prolongation of internal border controls.

      From external to internal surveillance

      Frontex was initially established with the primary goals of assisting in the surveillance and control of the external borders of the EU. Over the years it has obtained increasing powers to conduct surveillance of those borders in order to identify potential ’threats’.

      The European Border Surveillance System (EUROSUR) has a key role in this task, taking data from a variety of sources, including satellites, sensors, drones, ships, vehicles and other means operated both by national authorities and the agency itself. EUROSUR was formally established by legislation approved in 2013, although the system was developed and in use long before it was subject to a legal framework.[3]

      The new Frontex Regulation incorporates and updates the provisions of the 2013 EUROSUR Regulation. It maintains existing requirements for the agency to establish a “situational picture” of the EU’s external borders and the “pre-frontier area” – for example, the high seas or the ports of non-EU states – which is then distributed to the EU’s member states in order to inform operational activities.[4]

      The new rules also provide a mandate for reporting on “unauthorised secondary movements” and goings-on in the “hotspots”. The Commission’s proposal for the new Frontex Regulation was not accompanied by an impact assessment, which would have set out the reasoning and justifications for these new powers. The proposal merely pointed out that the new rules would “evolve” the scope of EUROSUR, to make it possible to “prevent secondary movements”.[5] As the European Data Protection Supervisor remarked, the lack of an impact assessment made it impossible: “to fully assess and verify its attended benefits and impact, notably on fundamental rights and freedoms, including the right to privacy and to the protection of personal data.”[6]

      The term “secondary movements” is not defined in the Regulation, but is generally used to refer to journeys between EU member states undertaken without permission, in particular by undocumented migrants and applicants for internal protection. Regarding the “hotspots” – established and operated by EU and national authorities in Italy and Greece – the Regulation provides a definition,[7] but little clarity on precisely what information will be gathered.

      Legal provisions

      A quick glance at Section 3 of the new Regulation, dealing with EUROSUR, gives little indication that the system will now be used for internal surveillance. The formal scope of EUROSUR is concerned with the external borders and border crossing points:

      “EUROSUR shall be used for border checks at authorised border crossing points and for external land, sea and air border surveillance, including the monitoring, detection, identification, tracking, prevention and interception of unauthorised border crossings for the purpose of detecting, preventing and combating illegal immigration and cross-border crime and contributing to ensuring the protection and saving the lives of migrants.”

      However, the subsequent section of the Regulation (on ‘situational awareness’) makes clear the agency’s new internal role. Article 24 sets out the components of the “situational pictures” that will be visible in EUROSUR. There are three types – national situational pictures, the European situational picture and specific situational pictures. All of these should consist of an events layer, an operational layer and an analysis layer. The first of these layers should contain (emphasis added in all quotes):

      “…events and incidents related to unauthorised border crossings and cross-border crime and, where available, information on unauthorised secondary movements, for the purpose of understanding migratory trends, volume and routes.”

      Article 26, dealing with the European situational picture, states:

      “The Agency shall establish and maintain a European situational picture in order to provide the national coordination centres and the Commission with effective, accurate and timely information and analysis, covering the external borders, the pre-frontier area and unauthorised secondary movements.”

      The events layer of that picture should include “information relating to… incidents in the operational area of a joint operation or rapid intervention coordinated by the Agency, or in a hotspot.”[8] In a similar vein:

      “The operational layer of the European situational picture shall contain information on the joint operations and rapid interventions coordinated by the Agency and on hotspots, and shall include the mission statements, locations, status, duration, information on the Member States and other actors involved, daily and weekly situational reports, statistical data and information packages for the media.”[9]

      Article 28, dealing with ‘EUROSUR Fusion Services’, says that Frontex will provide national authorities with information on the external borders and pre-frontier area that may be derived from, amongst other things, the monitoring of “migratory flows towards and within the Union in terms of trends, volume and routes.”

      Sources of data

      The “situational pictures” compiled by Frontex and distributed via EUROSUR are made up of data gathered from a host of different sources. For the national situational picture, these are:

      national border surveillance systems;
      stationary and mobile sensors operated by national border agencies;
      border surveillance patrols and “other monitoring missions”;
      local, regional and other coordination centres;
      other national authorities and systems, such as immigration liaison officers, operational centres and contact points;
      border checks;
      Frontex;
      other member states’ national coordination centres;
      third countries’ authorities;
      ship reporting systems;
      other relevant European and international organisations; and
      other sources.[10]

      For the European situational picture, the sources of data are:

      national coordination centres;
      national situational pictures;
      immigration liaison officers;
      Frontex, including reports form its liaison officers;
      Union delegations and EU Common Security and Defence Policy (CSDP) missions;
      other relevant Union bodies, offices and agencies and international organisations; and
      third countries’ authorities.[11]

      The EUROSUR handbook – which will presumably be redrafted to take into account the new legislation – provides more detail about what each of these categories may include.[12]

      Exactly how this melange of different data will be used to report on secondary movements is currently unknown. However, in accordance with Article 24 of the new Regulation:

      “The Commission shall adopt an implementing act laying down the details of the information layers of the situational pictures and the rules for the establishment of specific situational pictures. The implementing act shall specify the type of information to be provided, the entities responsible for collecting, processing, archiving and transmitting specific information, the maximum time limits for reporting, the data security and data protection rules and related quality control mechanisms.” [13]

      This implementing act will specify precisely how EUROSUR will report on “secondary movements”.[14] According to a ‘roadmap’ setting out plans for the implementation of the new Regulation, this implementing act should have been drawn up in the last quarter of 2020 by a newly-established European Border and Coast Guard Committee sitting within the Commission. However, that Committee does not yet appear to have held any meetings.[15]

      Operational activities at the internal borders

      Boosting Frontex’s operational role is one of the major purposes of the new Regulation, although it makes clear that the internal surveillance role “should not lead to operational activities of the Agency at the internal borders of the Member States.” Rather, internal surveillance should “contribute to the monitoring by the Agency of migratory flows towards and within the Union for the purpose of risk analysis and situational awareness.” The purpose is to inform operational activity by national authorities.

      In recent years Schengen member states have reintroduced border controls for significant periods in the name of ensuring internal security and combating irregular migration. An article in Deutsche Welle recently highlighted:

      “When increasing numbers of refugees started arriving in the European Union in 2015, Austria, Germany, Slovenia and Hungary quickly reintroduced controls, citing a “continuous big influx of persons seeking international protection.” This was the first time that migration had been mentioned as a reason for reintroducing border controls.

      Soon after, six Schengen members reintroduced controls for extended periods. Austria, Germany, Denmark, Sweden and Norway cited migration as a reason. France, as the sixth country, first introduced border checks after the November 2015 attacks in Paris, citing terrorist threats. Now, four years later, all six countries still have controls in place. On November 12, they are scheduled to extend them for another six months.”[16]

      These long-term extensions of internal border controls are illegal (the upper limit is supposed to be two years; discussions on changes to the rules governing the reintroduction of internal border controls in the Schengen area are ongoing).[17] A European Parliament resolution from May 2018 stated that “many of the prolongations are not in line with the existing rules as to their extensions, necessity or proportionality and are therefore unlawful.”[18] Yves Pascou, a researcher for the European Policy Centre, told Deutsche Welle that: “"We are in an entirely political situation now, not a legal one, and not one grounded in facts.”

      A European Parliament study published in 2016 highlighted that:

      “there has been a noticeable lack of detail and evidence given by the concerned EU Member States [those which reintroduced internal border controls]. For example, there have been no statistics on the numbers of people crossing borders and seeking asylum, or assessment of the extent to which reintroducing border checks complies with the principles of proportionality and necessity.”[19]

      One purpose of Frontex’s new internal surveillance powers is to provide such evidence (albeit in the ideologically-skewed form of ‘risk analysis’) on the situation within the EU. Whether the information provided will be of interest to national authorities is another question. Nevertheless, it would be a significant irony if the provision of that information were to contribute to the further maintenance of internal borders in the Schengen area.

      At the same time, there is a more pressing concern related to these new powers. Many discussions on the reintroduction of internal borders revolve around the fact that it is contrary to the idea, spirit (and in these cases, the law) of the Schengen area. What appears to have been totally overlooked is the effect the reintroduction of internal borders may have on non-EU nationals or ethnic minority citizens of the EU. One does not have to cross an internal Schengen frontier too many times to notice patterns in the appearance of the people who are hauled off trains and buses by border guards, but personal anecdotes are not the same thing as empirical investigation. If Frontex’s new powers are intended to inform operational activity by the member states at the internal borders of the EU, then the potential effects on fundamental rights must be taken into consideration and should be the subject of investigation by journalists, officials, politicians and researchers.

      Chris Jones

      Endnotes

      [1] The new Regulation was published in the Official Journal of the EU in mid-November: Regulation (EU) 2019/1896 of the European Parliament and of the Council of 13 November 2019 on the European Border and Coast Guard and repealing Regulations (EU) No 1052/2013 and (EU) 2016/1624, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/en/TXT/?uri=CELEX:32019R1896

      [2] Article 12, ‘Common application of surveillance tools’, Regulation (EU) No 1052/2013 of the European Parliament and of the Council of 22 October 2013 establishing the European Border Surveillance System (Eurosur), https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:32013R1052

      [3] According to Frontex, the Eurosur Network first came into use in December 2011 and in March 2012 was first used to “exchange operational information”. The Regulation governing the system came into force in October 2013 (see footnote 2). See: Charles Heller and Chris Jones, ‘Eurosur: saving lives or reinforcing deadly borders?’, Statewatch Journal, vol. 23 no. 3/4, February 2014, http://database.statewatch.org/article.asp?aid=33156

      [4] Recital 34, 2019 Regulation: “EUROSUR should provide an exhaustive situational picture not only at the external borders but also within the Schengen area and in the pre-frontier area. It should cover land, sea and air border surveillance and border checks.”

      [5] European Commission, ‘Proposal for a Regulation on the European Border and Coast Guard and repealing Council Joint Action no 98/700/JHA, Regulation (EU) no 1052/2013 and Regulation (EU) no 2016/1624’, COM(2018) 631 final, 12 September 2018, http://www.statewatch.org/news/2018/sep/eu-com-frontex-proposal-regulation-com-18-631.pdf

      [6] EDPS, ‘Formal comments on the Proposal for a Regulation on the European Border and Coast Guard’, 30 November 2018, p. p.2, https://edps.europa.eu/sites/edp/files/publication/18-11-30_comments_proposal_regulation_european_border_coast_guard_en.pdf

      [7] Article 2(23): “‘hotspot area’ means an area created at the request of the host Member State in which the host Member State, the Commission, relevant Union agencies and participating Member States cooperate, with the aim of managing an existing or potential disproportionate migratory challenge characterised by a significant increase in the number of migrants arriving at the external borders”

      [8] Article 26(3)(c), 2019 Regulation

      [9] Article 26(4), 2019 Regulation

      [10] Article 25, 2019 Regulation

      [11] Article 26, 2019 Regulation

      [12] European Commission, ‘Commission Recommendation adopting the Practical Handbook for implementing and managing the European Border Surveillance System (EUROSUR)’, C(2015) 9206 final, 15 December 2015, https://ec.europa.eu/home-affairs/sites/homeaffairs/files/what-we-do/policies/securing-eu-borders/legal-documents/docs/eurosur_handbook_annex_en.pdf

      [13] Article 24(3), 2019 Regulation

      [14] ‘’Roadmap’ for implementing new Frontex Regulation: full steam ahead’, Statewatch News, 25 November 2019, http://www.statewatch.org/news/2019/nov/eu-frontex-roadmap.htm

      [15] Documents related to meetings of committees operating under the auspices of the European Commission can be found in the Comitology Register: https://ec.europa.eu/transparency/regcomitology/index.cfm?do=Search.Search&NewSearch=1

      [16] Kira Schacht, ‘Border checks in EU countries challenge Schengen Agreement’, DW, 12 November 2019, https://www.dw.com/en/border-checks-in-eu-countries-challenge-schengen-agreement/a-51033603

      [17] European Parliament, ‘Temporary reintroduction of border control at internal borders’, https://oeil.secure.europarl.europa.eu/oeil/popups/ficheprocedure.do?reference=2017/0245(COD)&l=en

      [18] ‘Report on the annual report on the functioning of the Schengen area’, 3 May 2018, para.9, https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/A-8-2018-0160_EN.html

      [19] Elpseth Guild et al, ‘Internal border controls in the Schengen area: is Schengen crisis-proof?’, European Parliament, June 2016, p.9, https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2016/571356/IPOL_STU(2016)571356_EN.pdf

      https://www.statewatch.org/analyses/2019/monitoring-secondary-movements-and-hotspots-frontex-is-now-an-internal-s

      #mouvements_secondaires #hotspot #hotspots

  • De la machine sociale à la révolution biologique
    Notes sur l’œuvre théorique de Giorgio Cesarano

    Luis Andrés Bredlow

    https://lavoiedujaguar.net/De-la-machine-sociale-a-la-revolution-biologique-Notes-sur-l-oeuvre-

    Vingt ans après sa mort, Giorgio Cesarano est encore inconnu du lectorat hispanophone, alors même qu’en Italie semble s’amorcer, avec la récente publication de ses écrits théoriques inédits, la redécouverte d’une œuvre qui continue d’être aussi intempestive qu’elle le fut au moment de sa rédaction. Présenter la traduction — à ce jour inédite — que nous avions faite, il y a dix ans, de son bref cycle poétique I Centauri — extrait du livre posthume Romanzi naturali, Guanda, Milan, 1980 — nous a semblé être le moins que nous puissions faire pour rompre un tel silence, ainsi que l’occasion propice à de brèves notes sur sa vie et son œuvre.

    Préalablement au volume cité, Cesarano, né en 1928 à Milan, avait publié les recueils de poèmes L’erba bianca (1959), La pura verità (1963) et La tartaruga di Jastov (1966), qui le situent dans l’aile la plus intransigeante de la neovanguardia , où la subversion des schémas conventionnels du langage, loin de s’épuiser en un jeu formel stérile, aspire à la subversion de la réalité même qu’elle tente de refléter. Le même élan le conduit, à la fin des années soixante-dix, à abandonner l’écriture « littéraire » et à vouer les dernières années de sa vie à la « critique radicale » de la société, « car je suis convaincu — déclare Cesarano en 1974 — que c’est là que la parole livre sa guerre la plus extrême contre une langue faite de chaînes et d’armes ». (...)

    https://lundi.am/De-la-machine-sociale-a-la-revolution-biologique

    #philosophie #poésie #Italie #Cesarano #critique #biologie #corps #machine #social #aliénation #Leroi-Gourhan #dualisme

  • Le ressenti corporel de la ménopause est aussi culturel | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/192405/menopause-regles-menstruations-culture-biologie-symptomes-normes-bouffees-chal

    « Venant d’une culture non occidentale, j’ignorais que la ménopause provoquait une dépression ou tout autre trouble psychologique ou physique », écrit l’anthropologue éthiopienne Yewoubdar Beyene, dans son ouvrage From Menarche to Menopause, paru en 1989. Ses recherches au Mexique auprès d’une centaine de villageoises mayas ont également mis en lumière que la plupart de ces femmes ne se plaignaient pas de bouffées de chaleur et qu’elles n’avaient d’ailleurs aucun mot pour désigner cette manifestation corporelle. Or ces fluctuations ménopausiques ne sont pas qu’une question de vocabulaire ni même de génétique. De nombreuses recherches ont révélé la variabilité des sensations corporelles autour de la ménopause entre pays et entre femmes de différentes origines au sein d’un même pays mais aussi entre femmes d’une même origine vivant dans des pays différents. « Pour penser le corps, on ne peut pas uniquement le réduire à de la biologie. Le corps et ses manifestations sont toujours inscrites dans un contexte social », appuie Cécile Charlap, autrice de La Fabrique de la ménopause (Éd. du CNRS, 2019).

    Si « la ménopause est un phénomène biologique universel –l’arrêt de la fonction reproductive et l’arrêt des règles– qui est commun à toutes les femmes, définit l’anthropologue et psychiatre Daniel Delanoë, notamment auteur de l’ouvrage Sexe, croyances et ménopause (éd. Hachette, 2006), d’autres éléments, les symptômes et processus biologiques associés, sont issus d’une construction sociale, qui diffère beaucoup selon les époques et les cultures ».

    Mais ces représentations sociales autour de la ménopause agissent plus ou moins directement sur les signes cliniques, et l’état physiologique ménopausique est donc grandement culturel.

    Alimentation (pauvre ou riche en soja), construction sociale d’un « problème » de santé (lors de l’invention d’une molécule qui y répond...), représentations sociales dévalorisantes contribuent à faire vivre différemment la ménopause selon la culture locale ou le milieu social.

    Tant que les femmes sont assignées au rôle de mère ou de jolie potiche, elles auront l’impression de perdre toute valeur sociale au moment de la ménopause, percevront l’orée de la cinquantaine comme un « âge critique » et souffriront donc davantage du tableau clinique qui sera le leur, suivant leurs dispositions génétiques ainsi que leur « biologie locale ». « La ménopause est un point d’accroche de la domination masculine, affirme l’anthropologue. Plus la domination masculine est sévère, plus la ménopause sera difficile à vivre au niveau de l’expérience sociale et de la valeur attribuée à l’expérience physique. »

    #gynécologie #corps_féminin #ménopause #santé #reproduction

  • https://tradfem.wordpress.com/2020/07/08/les-transfemmes-sont-des-femmes-compris Par Cherry Smiley, membre des nations Nlaka’pamux et Dine’ (NDN), texte d’abord publié sur Medium, le 16 juin 2020
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    Image par Cherry Smiley

    Quand j’étais plus jeune, ma grand-mère ne m’a pas appris toutes les choses que je n’étais pas censée faire sous prétexte que j’étais une femme. Par exemple, elle ne m’a pas enseigné ce que je n’étais pas censée faire aux moments de mes règles. Quand j’ai appris ces protocoles en tant que jeune femme à l’université, je me suis sentie trahie et confuse. Pourquoi ma grand-mère ne m’avait-elle pas appris ça ? Est-ce que ça voulait dire qu’elle n’était pas une vraie NDN ? Et cela voulait-il dire que je n’étais pas une vraie NDN moi non plus ? Ce fut tout à fait la crise existentielle du début de ma vingtaine et je me sentais gênée de ne pas avoir appris à me limiter parce que j’étais une femme.

    En essayant d’être la meilleure NDN que je pouvais être, j’ai facilement accepté l’idée que les femmes qui étaient menstruées ne pouvaient pas aller certains endroits ou faire certaines choses parce que nous étions trop puissantes à ces moments-là. Aujourd’hui, j’interprète ces règles comme des mécanismes visant à faire honte aux femmes, à nous contrôler et à nous enfumer (gaslighting) – on nous dit que nous sommes puissantes aux moments de nos règles mais on nous traite comme si nous étions sales et notre saleté, contagieuse ; comme si nous faisions quelque chose de mal du simple fait d’exister en tant que femmes.

    Ma grand-mère ne m’a pas appris à me limiter parce que je suis une femme. Elle refusait les traditions et protocoles culturels qui limitaient les femmes et les filles, autant dans les enseignements qu’elle nous transmettait que par l’exemple dans sa façon de vivre. Tout le temps où j’ai connu ma grand-mère, elle n’a jamais participé aux cérémonies, aux traditions ou aux rituels auxquels elle ne croyait pas. Aujourd’hui, je suis très fière de l’avoir connue et d’avoir appris d’elle comment être NDN. Ma grand-mère est Nlaka’pamux et moi aussi. Elle ne m’a pas enseigné de limites et elle ne m’a pas appris à participer aux traditions parce qu’elles étaient traditionnelles si je n’en avais pas envie.

    J’ai appris de ma grand-mère que je ne suis pas moins Nlaka’pamux parce que je trouve idiot d’imposer des limites aux femmes quand nous sommes menstruées. J’ai appris que les protocoles, les cérémonies et les rituels sont des moyens d’exprimer une vision du monde et que je peux choisir de participer ou non à ces protocoles, cérémonies et rituels ou que je peux inventer le mien, mais quoi que je choisisse de faire ou de ne pas faire, croire ou ne pas croire, je suis toujours qui je suis et j’ai toujours le sentiment du monde et de la place que j’y occupe, un sentiment qu’on m’a enseigné dès ma naissance.(...)
    #transgenrisme #corps #femmes #hommes #enjeux autochtones #queer