• Desaparecidos: ecco “dove vanno le persone scomparse” in Messico

    «#A_dónde_van_los_desaparecidos» è uno dei progetti di ricerca giornalistica più coraggiosi del 2018 in America Latina. Che ha permesso di scoprire nuove fosse comuni e di rivelare la «logica» che sta dietro a tante sparizioni in Messico. Un lavoro fatto di verifica, studio e ricerca sul campo nei luoghi della morte


    https://www.osservatoriodiritti.it/2019/01/07/desaparecidos-messico-chi-sono-significato-sparizioni
    #disparitions #Mexique #corps #identification #fosses_communes #décès #journalisme #presse #médias #mort


  • #Ru'elles

    La Cie Ru’elles est un collectif d’artistes et de chercheur.es qui souhaite surprendre, révéler l’invisible et questionner nos quotidiens In situ.

    Ru’elles invite les passant-es à découvrir un #théâtre_déclencheur, bulle de dérision et de poésie, terrain fertile d’une #recherche-création par le #mouvement des #corps et la résonance des #voix.

    Parce que la #rue est en proie au #conformisme et qu’il s’y joue des #rapports_de_domination, le collectif agit : les #identités de genre ou de classe et de couleurs sont analysées comme un ensemble de masques, de costumes et de gestes prescrits que chacun et chacune de nous répète avec minutie. Il importe de les détourner pour les questionner, de #rendre_visible l’#inégalité des rôles et de perturber les usages de nos #lieux_communs.


    http://www.ru-elles.com
    #art #in/visibilisation #domination #théâtre #Julie_Arménio


  • Sortie du nouveau numéro de la revue Carnets de géographes

    Jean-Baptiste Bing
    Géographicité de la #verticalité. [Texte intégral]

    Julien Gingembre
    Le #Sillon_Lorrain : quelle recomposition territoriale dans un espace multipolaire ? [Texte intégral]

    Anthony Goreau-Ponceaud
    #Hindouisme et pratiques spatiales des #Tamouls en Île-de-France [Texte intégral]
    Hinduism and spatial practices of Tamils ​​in Île-de-France

    #France #diaspora

    Stéphanie Lotz-Coll
    La #friche_militaire urbaine, un nouvel espace convoité ? [Texte intégral]

    Chiara Kirschner
    La gestion de l’#incertitude dans l’#itinérance_récréative : le #corps créatif à l’œuvre [Texte intégral]

    Laura Péaud
    Faire discipline : la géographie à la #Société_de_Géographie_de_Paris entre 1800 et 1850 [Texte intégral]

    Florence Orillard, Mathilde Gralepois et Laura Verdelli
    La prévention des #inondations dans les opérations d’aménagement des interfaces ville-port, un levier de #gentrification indirecte ? Le cas du Havre (France) [Texte intégral]
    #risques #Le_Havre #villes_portuaires #ports

    Adrian Foucher
    Du mobile à l’immobile [Texte intégral]
    Récit d’expérience migratoire dans les « #barracks » de #Belgrade
    #migrations #Serbie

    Basile Michel
    Construction de #cartes_mentales synthétiques : mise en avant des #représentations_spatiales collectivement partagées [Texte intégral]
    Le cas des travailleurs créatifs de quartiers urbains centraux de #Nantes et #Marseille

    Chloé Nicolas-Artero
    Une géographe engagée face aux rapports de pouvoir autour de l’#eau : retour réflexif sur les situations d’enquête au #Chili [Texte intégral]

    Camille Rouchi
    Une thèse CIFRE en collectivité territoriale : concilier la recherche et l’action ? [Texte intégral]

    Camille Robert-Boeuf
    Analyser le jardin collectif urbain en géographie : une lecture du #jardinage par les #émotions [Texte intégral]
    #jardins_urbains #jardinage_urbain #agriculture_urbaine

    David Villeneuve
    Enquêter auprès des chrétiens d’#Irak : considérations méthodologiques sur un terrain en « milieu difficile » [Texte intégral]

    https://journals.openedition.org/cdg/1248
    #géographie


  • Abécédaire des prépositions : Reflets
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/abecedaire-des-prepositions-reflets

    https://www.youtube.com/watch?v=v5nLm3m_feg

    La forme détournée de l’abécédaire est un genre voué à la célébration de l’acte créateur (le #Livre des livres). Cette année j’ai décidé d’aborder l’abécédaire par la #Vidéo. Deux fois par mois, je diffuserai sur mon site, un montage d’extraits de films (à partir d’une sélection d’une centaine de mes films préférés : fiction, documentaire, #Art vidéo) assemblés autour d’un thème. Ces films d’une quinzaine de minutes seront accompagnés sur le site par l’écriture d’un texte de fiction. Ce projet est un dispositif à double (...)

    #Palimpseste / Art, #Lecture, #Inventaire, #Langage, Livre, #Récit, #Regard, #Corps, #Cinéma, Vidéo, #Musique, (...)

    #Histoire
    « http://bit.ly/filmdesfilms »



  • Aïda et l’éternelle faute des femmes

    C’est un prénom d’emprunt qui pourrait bien devenir un symbole. Rapportée par le Maine libre jeudi, l’histoire d’#Aïda a suscité une vague d’indignation jusqu’au secrétariat d’Etat de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Victime de violences conjugales régulières, Aïda, 30 ans aujourd’hui, est paraplégique depuis ce soir d’août 2013, lorsque son mari l’a poussée par la fenêtre du deuxième étage. Ce soir-là, les policiers interviennent au domicile du couple pour une altercation entre le compagnon de la jeune femme et l’un de ses amis. Il est conseillé à Aïda de quitter cet appartement, ce qu’elle fait dans la nuit. Elle alerte le Samu social et quelques amis. En vain. Et il est trop tard pour prendre un train et rallier Alençon où elle a de la famille. Alors, faute de solution d’hébergement, elle retourne chez elle.

    Son compagnon la brutalise et finit par la défenestrer. Il écope pour cela de 15 ans de prison. La cour d’assises fixe en outre la provision pour l’indemnisation de la victime à 90 000 euros. Et c’est là que tout se corse : les avocats de la jeune femme saisissent la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi) pour que l’Etat, via le Fonds de garantie des victimes (FGTI), verse cette provision. Mais l’organisme ne propose qu’une indemnisation partielle, estimant qu’Aïda a commis une faute civile en retournant à son domicile. Les conseils de la jeune femme contestent cette décision et en appellent à la Civi. Même réponse : arguant d’un partage de responsabilité, elle propose 67 500 euros en février dernier. Un appel sera examiné en mai. L’outrage ne réside pas tant dans la somme (intégralement réglée à Aïda) que dans l’argumentaire avancé. Interpellé sur Twitter, le fonds de garantie a souligné que « la loi prévoit que la victime qui contribue, par sa faute, à son dommage peut voir son droit à l’indemnisation réduit ». « Par sa faute » ? Cette position n’est pas sans rappeler une question absurde sans cesse renvoyée aux victimes : pourquoi ne pas quitter ce bourreau ? La poser, c’est d’abord faire abstraction des mécanismes à l’œuvre dans l’immense majorité des cas de violences conjugales : emprise psychologique, isolement, perte de confiance en soi, honte…

    C’est surtout culpabiliser une fois de plus la victime d’un processus de domination sexiste profondément ancré qui conduit à banaliser bien des violences dont les femmes sont la cible première. Combien de victimes de viol se voient questionner sur leur attitude ou leur tenue vestimentaire ? En mars 2016, un sondage réalisé par l’Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie montrait qu’il se trouve encore 27 % des Français pour juger qu’une femme victime de viol est en partie responsable de ce qui lui arrive si elle a flirté, s’est montrée séductrice ou a accepté de se rendre chez un inconnu. Depuis, certes, il y a eu #MeToo. Mais le cas d’Aïda prouve que la honte n’a pas forcément changé de camp.


    https://www.liberation.fr/france/2019/01/04/aida-et-l-eternelle-faute-des-femmes_1701105
    #femmes #viol #viols #responsabilité #culpabilisation #domination #violence_sexuelle #sexisme #domination_masculine #tenue_vestimentaire #habits


  • Le préfet de la Somme reprend un arrêté « interdisant le transport et le port sur la voie publique d’équipements individuels de protection des voies respiratoires, de casques et de lunettes de protection » dans tout le département de la Somme !

    Déjà l’arrêté qui t’interdit de te protéger en manif est pas piqué des hannetons (oué je kiffe cette expression) mais toutes les explications qui suivent et les réponses à des questions connexes valent leur pesant de cacahouètes. Bref un must-read de thread ⤵
    https://twitter.com/Juristematin/status/1081290437971927041

    A compléter par le thread d’un medic au sujet du gaz : https://twitter.com/ZadStreet/status/1081403159443136512

    (je les ramènerai par ici quand je serai sur un ordinateur, c’est pas facile de seenthisser depuis un smartphone !)


  • Magouilles, nazisme et violence : un policier repenti se livre, « Être de gauche est vu comme être vulnérable, un peu comme ce qui est prêté aux femmes », Mathieu Rigouste
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211218/magouilles-nazisme-et-violence-un-policier-repenti-se-livre?onglet=full

    Nicolas a récemment quitté la #police. Il venait de commencer sa carrière dans une unité de la gare du Nord, à Paris. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il raconte un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la #violence. Et comment la sensation de devenir « violent et #raciste » l’a fait renoncer au métier.

    Le fonctionnement intime du pouvoir policier est difficile à observer. Lorsqu’un chercheur y est accepté, les policiers ne lui donnent à voir que ce qu’ils veulent bien. Les témoignages d’anciens policiers ayant rompu assez clairement avec l’institution et le métier pour les décrire sans filtre sont extrêmement rares (voir en Boîte noire).

    Nicolas Garnier (les prénom et nom ont été changés) a quitté la police ces dernières années. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il dépeint un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la violence. Ce qu’il raconte permet de mieux décrire la mécanique de production des pratiques policières. Il a préféré rester anonyme, par « peur de recevoir des menaces » de ses anciens collègues.

    Il était affecté gare du Nord, là où ont été contrôlés en mars 2017 trois ex-lycéens en voyage scolaire qui ont porté plainte contre l’État pour contrôle discriminatoire. L’audience a eu lieu en octobre 2018 au tribunal de grande instance de Paris. Les trois lycéens ont été déboutés le 17 décembre mais ont décidé de faire appel.

    Nicolas a mal vécu son passage dans la police. « Il y a encore quelque chose de coincé, comme si je n’avais pas réglé cette affaire », confie-t-il. Son profil est assez répandu dans les bases de l’institution policière. Il a été socialement construit comme un mâle blanc de « classe moyenne ». Mais sa subjectivité n’est pas représentative des policiers de voie publique. Comme il le reconnaît, il était très marginal dans son commissariat et n’a jamais connu aucun autre policier qui ait, comme lui, rompu avec le métier « par principe ». Identifié à « un gauchiste » par ses collègues, il sait qu’on ne lui montre certainement pas tout. Un de ses collègues prévenait ainsi les autres : « N’allez pas trop loin devant Nicolas. » Les pratiques qu’il rapporte peuvent donc être considérées comme une partie émergée de l’intimité du pouvoir policier.

    L’utilité, la vengeance et l’action
    Nicolas Garnier est né à Paris au début des années 1990, son père est enseignant et sa mère employée. Sa scolarité a été « classique bien qu’un peu douloureuse ». À la suite d’un bac pro, il cherche « un boulot pour être utile aux gens ». Il pense à la police. Lorsqu’on lui demande d’où venait cette idée, il est catégorique : « Les reportages à la télévision me donnaient toujours une vision positive de la police, dans le sens où je me disais, “c’est bien, ils arrêtent des mauvaises personnes, ils sont utiles”. Je m’identifiais à eux, j’avais envie d’être comme eux. » La mystification du #pouvoir_policier joue un rôle fondamental dans l’engagement mais aussi dans la fabrication de l’agent de police.

    Nicolas rapporte une autre dimension de son enrôlement. « Dans mon adolescence, j’ai été agressé environ six fois, par des Noirs et des Arabes. Je ne m’étais pas particulièrement dit “les Noirs et les Arabes sont des méchants”, je m’étais juste dit “il y a des cons et faut empêcher les cons d’agir”. » Le pouvoir policier attire des personnes désireuses de mettre en œuvre leurs conceptions personnelles de la justice. On y trouve nécessairement une part importante d’engagements basés sur des ressentiments racistes, sexistes et de classe. « Je suis blanc, j’ai été agressé deux fois au couteau, une fois dans le hall de mon immeuble, le jour de mon anniversaire, donc il y avait aussi une sorte de rancœur en moi, je pense, qui m’a motivé. »

    Nicolas évoque aussi l’un des motifs d’engagement les plus répandus, « le besoin d’action ». Mais il porte dessus un regard désormais critique. « Je vous dis ça avec du recul, je pense que j’aurais pu travailler en association si j’avais vraiment voulu, mais je devais avoir un besoin de décharge d’agressivité, une envie d’utiliser la #force. Je pense que c’est ce que je recherchais. Voilà, une sorte de besoin de #vengeance, d’utilité et d’#action. »

    Sélectionner et préparer le corps policier
    Après un premier échec au concours des cadets de la République, Nicolas Garnier est pris l’année suivante. La formation a lieu rue Albert dans le XIIIe arrondissement parisien, à côté d’Olympiades. Un chef commence par exiger qu’il se coupe les cheveux. L’enseignement se concentre sur le sport et les interventions mais aborde aussi « le pénal, la légitime défense et le code de la route ». Les concurrents sont notés et classés. En fonction de leur rang, ils choisissent parmi des postes à pourvoir. Le concours permet de repérer ceux qui sont employables et disciplinables pour mieux évacuer les ingérables. Les « profils de gaucho » comme le sien semblent acceptés « tout comme ceux profondément fainéants, même avec des notes très basse, un absentéisme, et une volonté par les formateurs de les exclure ».

    Selon l’ancien policier, il s’agit « de garder à tout prix de la main-d’œuvre pour l’institution ». Nicolas est « plutôt bien classé » et demande la brigade des réseaux ferrés. « C’est comme ça que je suis arrivé à gare du Nord. J’étais content, je me suis dit : “Il va y avoir de l’action”. » Sa détermination reste intacte durant la formation. « Ça allait encore, ma vision, ça s’arrêtait à un milieu très #viriliste et enfantin, un peu gamin, qui cherche à se moquer des autres, à bizuter, mais ça ne m’avait pas tant choqué. »

    Durant son premier stage dans un commissariat parisien, il note « une sorte de flemme à travailler ». Selon Nicolas Garnier, ses anciens collègues « cherchent à #en_faire_le_moins_possible et essaient d’éviter certaines affaires et même d’éviter les affaires en général ». Son second stage a lieu dans une grande gare parisienne où il décrit encore « une ambiance de planqué ». Malgré l’écart de plus en plus évident entre la fiction, la formation et le terrain, le jeune homme reste déterminé à travailler selon l’image qu’il avait de la police.

    Lors de stages auprès des unités d’élite du Raid, la présentation des #armes et des techniques d’intervention participe à renforcer une culture de l’« action ». Une initiation au maintien de l’ordre avec des compagnies de CRS institue en profondeur cet « #esprit_de_corps policier » fasciné par « l’intervention ». Ces dispositifs permettent aussi de repérer les marginaux et les contrevenants.

    « Une brigade un peu spéciale »
    Lorsqu’il est finalement affecté gare du Nord, Nicolas Garnier déchante vite. « Je suis tombé dans une brigade un peu spéciale, ambiance #fasciste, qui prônait le nazisme. Quelques-uns avaient une allégeance à Hitler et les autres étaient complices, sans avoir les mêmes mots mais prenaient quand même bien plaisir à faire des insultes racistes. »

    Selon l’ancien policier, chez les collègues de son unité, « la construction politique est soit absente, soit un cliché de l’#extrême_droite ». Ils votent tous Front national et leurs discussions quotidiennes évoluent dans un « fourre-tout idéologique avec Marine et les étrangers en tête ». On peut imaginer qu’ils sont à ce titre relativement représentatifs des 47 % de policiers et militaires qui assumaient voter FN dans une enquête du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, publiée en 2017.

    Dans le commissariat, la hiérarchie est représentée par une major, un brigadier et des lieutenants qui passent de temps en temps. Ils n’ont pas ce type de propos devant les agents qui s’en gardent eux aussi lorsqu’un gradé entre dans la pièce. « Il y avait quand même une sorte de honte auprès de la hiérarchie. »

    Dans la gare, l’unité surveille notamment les fraudes aux portiques et les trains arrivant d’Amsterdam. Les policiers de cette unité travaillent ensemble depuis longtemps, ils se voient chez les uns et les autres. Il y a « un Guadeloupéen » parmi eux. « Ça amenait toujours des situations extrêmement gênantes et cependant, lui-même partageait des a priori extrêmement discriminants, mais pas de manière aussi franche que les autres, mais il était souvent d’accord sur les agissements et les attitudes méprisantes à l’égard des minorités. »

    Cette brigade « un peu spéciale » est en fait complètement intégrée au fonctionnement normal de l’institution policière.

    L’ancien policier se souvient aussi de l’importance du #sexisme dans l’équipe et dans l’institution. « Ça imprègne tout le corps policier, c’est omniprésent, c’est un milieu viriliste. » Il évoque des manières de prendre « à la rigolade » les dépôts de #plainte_pour_viol. Mais aussi des situations révélatrices de la multiplicité des violences rendues possibles par le pouvoir policier. Il évoque par exemple un policier qui tentait d’extorquer des vidéos érotiques personnelles à une femme venue porter plainte contre son ex-compagnon qui la menaçait de les publier. Les violences sexistes des policiers s’inscrivent elles aussi dans une culture dominante. « Être de gauche est vu comme être vulnérable, un peu comme ce qui est prêté aux femmes », résume Nicolas Garnier.

    L’ancien policier a fini par comprendre que la culture policière ne s’accommode pas seulement des pratiques violentes et discriminatoires. Elle les légitime et les valorise. Nicolas Garnier raconte ainsi comment ses collègues « avaient tabassé un mec à l’arrière du commissariat ». L’homme avait perdu une dent, les policiers avaient filmé la scène et se passaient la #vidéo sur un téléphone. « Ils étaient fiers, ils y faisaient référence de temps en temps. »

    Un autre policier pouvait cracher sur un SDF allongé au sol juste pour impressionner les collègues. La formation à cette #culture_de_violence s’opère quotidiennement au contact des pratiques policières banalisées. Nicolas Garnier se souvient qu’une fois, où il devait maintenir au sol « un type insupportable, qui insultait tout le monde », l’homme leur avait craché sur les chaussures. Son collègue lui avait dit : « Tiens, je vais te montrer comment faire. » Il avait essuyé sa chaussure sur la personne menottée. « C’est une sorte de formation, décrypte l’ancien policier. D’abord, c’est de l’humiliation et puis l’envie de renvoyer à l’autre sa violence. »

    Nicolas Garnier en est sûr : « Cette idéologie, c’était ce qui les faisait tenir au travail, ils s’accrochaient coûte que coûte à ces idées, peut-être pour donner du sens à leur #travail. »

    Contrôler les corps « africains », « nord-africains » et « méfiants »
    Cette idéologie participe effectivement à légitimer des pratiques quotidiennes. Nicolas Garnier perçoit chez ses collègues « une satisfaction à user de la violence contre les minorités noires et arabes ».

    « C’était vraiment ce qui leur plaisait. C’était vraiment leur truc. Quand on contrôlait, il y avait un vrai mépris envers ces personnes. D’une manière générale, tout ce qui n’avait pas des codes entre guillemets bourgeois, soit une manière de s’habiller dans les codes des gens qui ont de l’argent. Mais des Blancs aussi, s’ils avaient des signes de #pauvreté sur eux, n’avaient le droit qu’à très peu de respect. »

    L’ex-policier précise que cela s’exprimait « par des tons très secs, des boutades à peine déguisées devant les personnes, toujours en gardant les limites de ne pas être ouvertement insultant ».

    Nicolas Garnier reconnaît que « la majorité des personnes qui se faisaient contrôler étaient des personnes non blanches » mais il lui paraît « difficile » d’évaluer si les contrôles étaient effectués au faciès. « C’était plus imprégné, il y avait un état d’esprit, selon lequel les #Noirs et les #Arabes étaient des sous-personnes, des “sous-races”, dont il fallait contrôler les actions. Mais ce n’était pas dit par la hiérarchie. »

    Ces pratiques de contrôle des corps prennent pourtant forme à l’intérieur d’un cadre institutionnel. Les documents de formation aux Gestes techniques du professionnel d’intervention (GTPI) assurent que « l’important lors d’une intervention est de figer la situation afin de ne pas en perdre le contrôle et de restreindre toutes les possibilités d’action de(s) l’interpellé(s) ». Des textes juridiques précisent les gestes, attitudes et postures auxquelles se conformer. « Les fonctionnaires doivent mettre en œuvre un comportement de surveillance ou de prévention, ralentir, s’arrêter, intervenir », tout en « travaillant en autonomie ». C’est dans cet espace d’« autonomie » relative que sont mises en œuvres les pratiques réelles du maintien de l’ordre social.

    La posture du policier doit s’adapter au statut social de la personne et du territoire qu’il doit contrôler. « Dans les quartiers sensibles, explique un document de formation, il convient de se déplacer en restant toujours vigilant. » La discrimination des corps est elle aussi instituée.

    Lorsqu’ils interviennent sur appel de la radio, les policiers reçoivent des messages désignant « en général des personnes non blanches ». « Donc ce n’était pas notre choix de contrôle », insiste Nicolas Garnier. Ses documents de formation enseignent à décrire une personne par des « types » issus de l’#ethnologie_coloniale : « Caucasien, méditerranéen, moyen-oriental, maghrébin, asiatique/eurasien, amérindien, indo-pakistanais, métis/mulâtre, africain/antillais, polynésien et mélanésien (dont “canaques”). »
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    Nicolas se souvient que dans les communications radio, on employait surtout « Nord-Africain » et « Africain ». Ces dispositifs de profilage racial amorcent une chaîne de pratiques de surveillance et de contrôle, de brimades et de coercitions marquant les corps reconnus comme « Africains » et « Nord-Africains » par les policiers.

    « Ce qui était ciblé, ce n’était pas forcément une couleur mais plus une attitude où on sentait de la méfiance chez la personne », assure l’ex-policier. Cette focalisation détermine le ciblage de corps « méfiants » parce que régulièrement confrontés aux #violences_policières et aux discriminations. Cette disposition de la pensée policière à repérer ce qui se méfie d’elle détermine des pratiques de ségrégation et de prédation, ainsi qu’une prétention à soumettre tout ce qui se sent menacé par l’ordre social et le pouvoir policier.

    Le monopole de la violence légale
    Tout comme cette « brigade un peu spéciale », les violences policières s’intègrent sans difficulté dans les dispositifs législatifs et judiciaires chargés de les contrôler. Si l’#État revendique effectivement le monopole légitime de la violence, il dispose surtout de son monopole légal.

    Durant la formation aux cadres juridiques d’emploi de la force, on présente aux élèves policiers le « code de déontologie », on distribue des livrets informatifs sur « la démocratie », « les libertés individuelles et collectives » qui permettent de légitimer l’existence d’un cadre éthique, moral, légal. Ce rituel autorise l’entrée dans un champ où les pratiques réelles peuvent prendre des formes très éloignées des principes mis au fronton de l’institution.

    C’est ainsi que durant sa formation aux GTPI, Nicolas Garnier apprend à mettre des menottes. On lui indique les zones du poignet qui peuvent être douloureuses, en expliquant qu’il faut « essayer de ne pas faire mal ». Ce qui rend possible la diffusion de pratiques de coercition d’autant plus facilement qu’on vient d’enseigner les zones douloureuses.

    Après une courte réflexion, Nicolas Garnier se souvient d’ailleurs : « Pendant la formation, on nous a dit qu’effectivement, si la personne ne se laissait pas faire, il était possible d’appuyer sur ses menottes pour créer des douleurs au poignet, ça c’était officiel aussi, et qu’une fois que la douleur avait été créée, la personne avait plus tendance à se laisser faire. »

    S’il insiste pour rappeler que « l’idée principale c’est tout de même d’infliger le moins de douleur possible », l’ancien policier explique qu’on lui a pourtant bien enseigné « des clefs de bras, des coups de poing et coups de pieds, type boxe française, des points de pression ». « Même si on nous disait qu’il ne fallait pas mettre de coups, donc je ne sais pas pourquoi on nous l’enseignait, mais on nous apprenait tout de même à mettre des coups. »

    Les violences policières les plus quotidiennes n’entrent pas en conflit avec le cadre judiciaire. Nicolas Garnier se souvient ainsi d’un contrôle d’identité « sur un type, sans raison ». L’homme s’enfuit en courant mais les policiers réussissent à le rattraper. Il est alors coincé dans un local et ne peut s’enfuir. « Et là, je sens chez mes collègues qu’il y a une montée, chez moi aussi, de violence et d’agressivité, qu’ils ont déchargé sur ce type en usant de la force qui était complètement disproportionnée. » « Il n’y avait pas nécessité de l’écraser par terre, de lui mettre les menottes extrêmement fortes. » Mais « au niveau de la loi, ils arrivent encore à se couvrir, ça peut passer », reconnaît Nicolas Garnier.

    L’#impunité_judiciaire quasi totale dont bénéficient les crimes policiers est assez bien connue. Mais les violences quotidiennes sont elles aussi couvertes par la collaboration de l’institution judiciaire. L’ex-agent de police se souvient qu’un de ses collègues avait mis un coup de genou dans le ventre d’« un minot de 14 ans qui faisait vraiment chier en insultant », « pour le faire taire ». L’adolescent avait ensuite été interpellé et emmené au poste.

    Dans son procès-verbal (P.-V.), le collègue ment et écrit que le petit a tenté de lui mettre « un coup de boule ». Au tribunal, un magistrat vient voir le policier en question et le félicite : « Bravo pour votre interpellation. On a revu les caméras et effectivement on a bien vu le coup de boule qu’il a essayé de vous mettre. » Nicolas considère qu’on peut parler d’une forme de « collusion dans le mensonge entre la justice et la police ».

    Les compétences en droit des officiers de police judiciaire permettent de faire entrer la réalité des pratiques dans les cadres de la loi. L’ancien policier se souvient ainsi de techniques consistant pour l’officier à faire reprendre les P.-V. par les agents lorsque ce qu’ils avaient déclaré ne permettait pas de « prendre l’affaire » parce que le parquet l’aurait refusée. Au sujet d’un pseudo-fraudeur, Nicolas Garnier confie : « Donc on a changé la réalité, on l’a mis à la poubelle, on a refait un P.-V., on a menti sur le procès-verbal et on a dit qu’il avait effectivement fraudé. » Il arrivait aussi « qu’on invente des insultes ».

    Puis il décrit un fait moins connu. « Quand on se fait insulter par quelqu’un, on rajoute des insultes au magistrat dans la plainte. Exemple : le type nous dit “sale flic de merde” et on rajoute “les juges je me les fous au cul, jamais j’aurais quoi que ce soit”. Il y a une sorte de mépris de la justice dans le corps policier. On dit qu’ils sont laxistes, que les délinquants se sentent en liberté. »

    Les policiers savent aussi s’arranger avec la loi. Nicolas Garnier confirme un fait déjà connu de l’inspection générale de l’administration. « Ça se fait, une ou deux fois par mois de se mettre un “outrage à agent”, c’est, je ne sais plus, entre 200 et 500 euros, qui tombent, grâce au service d’aide aux victimes et ils touchent leur cachet même si la personne est insolvable. Et dans ce cas, on n’invente pas des insultes, on provoque, on cherche la personne. »

    Fabriquer et discipliner le corps policier
    Lorsque je lui demande pourquoi si peu de policiers rompent comme il l’a fait, Nicolas Garnier explique que son expérience de la police le fait penser à celle de Milgram, réadaptée à la télévision en « Jeu de la mort ». Et il ajoute : « Après, il faut aussi se demander pourquoi on veut rentrer dans la police à la base. C’est l’un des éléments mis en avant par l’historien Maurice Rajsfus pour expliquer la subjectivité policière : on ne devient pas impunément policier. »

    L’ancien policier pense reconnaître une « sorte de perversion de l’usage de la force, prétendument légitime, une sorte de #jouissance liée à la situation de supériorité ». Il considère cela comme une compensation. « Ce métier est dur, alors ils arrivent à tenir en trouvant une compensation, en étant des connards. Je le perçois comme ça. Dans mon cas, c’est peut-être ce qui serait arrivé, j’aurais fini par trouver des compensations en déchargeant mon agressivité sur certaines personnes. Et je me serais dit “c’est normal”. On finit par s’habituer, se dire “c’est pas énorme”, et ça peut grimper. Parce que dans ce milieu, la violence est vraiment répandue. On finit par penser banales des choses qui ne le sont pas. Moi, j’ai pu m’en rendre compte grâce à des références extérieures mais je ne sais pas si tout le monde peut s’en rendre compte. »

    La formation passe aussi par des pratiques de défiance et d’intimidation pour faire respecter « l’esprit de corps ». « Il y a des bizutages, certains collègues te prenaient en photo en train de dormir pour faire pression sur toi. » Nicolas Garnier pose des questions sur le temps matinal passé à « ne rien faire au commissariat » et ne rit pas aux blagues racistes. On lui fait comprendre qu’il est « emmerdant ».

    Puis un jour, un collègue l’intercepte et lui explique « entre quatre yeux, avec un ton menaçant », qu’il a intérêt à se « tenir à carreau » parce que « la police c’est une grande famille, on est très solidaires entre nous, si jamais il y en a un qui commence à causer des problèmes, on sait le régler… » Alors, Nicolas décide de pas trop « ouvrir sa gueule ».

    Cette chaîne de programmation commence à transformer Nicolas Garnier en policier de terrain. « C’est un métier difficile et je sentais que j’étais en train de rentrer dans une sorte de mimétisme avec mes collègues, je pense que j’étais en train de devenir comme eux. Je commençais à avoir des réflexions racistes sur les Noirs et les Arabes. Je me suis dit que c’était quand même bizarre que je commence à penser comme ça. »

    L’ancien policier se souvient d’« une nana complètement folle, qui nous insulte pendant qu’on la ramène au commissariat ». « Je sens que je commence à monter en agressivité. » La femme est amenée « dans un autre endroit du poste, où il y a moins de monde ». Elle crache alors sur un des collègues que Nicolas appréciait particulièrement.

    « Là, ça m’a fait vriller et j’attrape la nana, je l’amène au sol de façon violente. Comme mes collègues avaient fait pendant la course-poursuite contre l’autre type, je me suis mis à faire pareil en fait. Un usage de la force disproportionné en raison d’une agressivité qui monte en soi. Je lui mets le visage par terre pour qu’elle ne nous crache pas dessus, de façon trop forte par rapport à ce qu’elle avait fait. »

    Mais à la différence de nombreux autres policiers, Nicolas Garnier est resté socialisé dans un groupe d’amis qui fissurent son formatage. « Je me suis dit “merde, qu’est-ce que t’es en train de faire et de devenir ?” Soit je commençais à coller, soit je partais. » Nicolas Garnier finit par décider de rompre avec la police.

    Toutes les situations décrites par Nicolas Garnier ont eu lieu en l’espace d’une seule année. Elles décrivent un monde de violences déterminé par la position de pouvoir des policiers sur les #corps qu’ils contrôlent. Alors qu’il évoque les techniques d’intervention, Nicolas note qu’on lui avait appris à ne pas regarder dans les yeux une personne plus grande que soi, « pour ne pas qu’elle se sente en supériorité, toujours cette idée de domination ».

    Les pratiques policières sont structurées par les systèmes sociaux de domination. Une brigade néonazie s’intègre bien dans les cadres du pouvoir policier parce que la violence et les discriminations, légales et illégales, font partie intégrante des répertoires réels du maintien de l’ordre social. Ce ne sont pas des accidents, pas des dysfonctionnements, ce sont les productions d’une machinerie institutionnelle qui remplissent des fonctions rationnelles pour la reproduction d’une société inégalitaire.

    Mathieu Rigouste est chercheur indépendant en sciences sociales. Il est l’auteur, notamment, de La Domination policière : une violence industrielle (La Fabrique, 2012) et État d’urgence et business de la sécurité (Niet, 2016).

    Nicolas Garnier a pris contact avec le chercheur après avoir découvert son travail sur internet, afin de restituer ce qu’il a vu et entendu. « Je ne m’étais pas tant posé de questions sur la police à ce niveau, et du coup je me suis dit que vous pourriez être une oreille pour entendre ce que j’avais à dire. Et qui en ferait peut-être quelque chose d’utile. »

    Contactée pour réagir au témoignage de l’ancien policier, la préfecture de police de Paris n’a pas donné suite.


  • Récits et paysages mentaux
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/recits-et-paysages-mentaux

    Dominique Petitgand réalise des pièces sonores présentées lors d’expositions, de festivals de théâtre, cinéma ou #Musique, dans le cadre d’installation sonore ou produite sous la forme de disque, à la radio, ou à l’occasion de séances d’écoute qui s’apparentent à des concerts dans l’obscurité. La parole, les silences, les bruits se mêlent parfois à la musique pour construire, par le biais du montage, des espaces mentaux, des paysages de rêves saisis à #Voix haute, des micro-fictions flottant en permanence (...)

    #Entre_les_lignes / Voix, #Sons, #Art, #Poésie, #Inventaire, #Rêve, #Corps, #Récit, Musique, #Traces, #Silence, #Mémoire, (...)

    #Temps
    « http://www.gbagency.fr/fr/14/Dominique-Petitgand »
    « https://www.franceculture.fr/emissions/creation-air/atelier-de-creation-radiophonique-la-voix-mobile »
    « http://www.gbagency.fr »
    « https://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/67260/dominique-petitgand-seance-d-ecoute »


  • Scandale aux Pays-bas : des morceaux de corps humains vendus à prix d’or Pascale Bollekens - 14 Décembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/onpdp/sante/detail_scandale-aux-pays-bas-des-morceaux-de-corps-humains-vendus-a-prix-d-or?i

    C’est un business juteux que nos collègues de la télévision publique néerlandaise viennent de dénoncer dans « Nieuwsuur » un magazine d’actualité. Nos confères ont mené l’enquête jusqu’aux Etats-Unis. Là-bas, chaque année, des milliers d’Américains, acceptent de donner, après leur mort, leur corps à des entreprises privées. Ces sociétés proposent aux familles des donneurs de prendre en charge les frais de funérailles. Elles revendent ensuite des parties de corps à des centres de recherche ou des facultés d’anatomie.

    Jusque là, tout est légal. Mais nos confrères ont poussé la porte de l’une d’entre elles. Et là, les règles de ce business semblent pour le moins floues. Chez Science Care, ces morceaux de corps rapportent des millions de dollars. Selon, les journalistes de « Nieuwsuur », une tête rapporterait 500 dollars, un avant-bras 250 dollars et un torse, pas moins de 2000 dollars.

    Un journaliste de Reuters, aurait même réussi à acheter en ligne, deux têtes après quelques échanges de mails. Apparemment, les familles des défunts n’avaient pas été prévenus de ces découpes de corps et du commerce que l’on en ferait. Ils sont sous le choc.

    En 10 ans, 500 têtes arrivées aux Pays-Bas
    L’exportation de corps humains est légale, en 10 ans, 500 têtes sont ainsi arrivées aux Pays-Bas, par bateau ou par avion dans des containers réfrigérés comme des marchandises classiques pour être distribuées dans toute l’Europe. 

    Selon la télé néerlandaise, leur pays joue un rôle important dans ce commerce. Deux centres universitaires, L’hôpital AMC d’Amsterdam et l’hôpital Erasmus de Rotterdam en auraient acheté pour certains cours aux étudiants de médecine.

    Morceaux de corps à vendre en Belgique ?
    En Belgique, les facultés de médecine ont-elles ou ont-elles eu recours à ce type d’achats. Pierre Bonnet, Professeur d’anatomie à la faculté de médecine de l’université de Liège et chirurgien urologue au CHU du Sart-Tilman, affirme avec force, qu’il n’a jamais vendu ou acheté de morceaux de corps pour former ses étudiants. « Une question d’éthique et de déontologie » poursuit-il « chez nous, les corps qui servent aux cours pratiques des futurs médecins ou chirurgiens, proviennent de dons de corps pour la science. Ils ne quittent jamais la faculté et encore moins en morceaux, ils sont ensuite restitués à la famille si elle le demande ».

    Mais il a déjà entendu parler de recours à des corps reconstitués entre autres à l’Ircad, un centre de recherche en cancérologie digestive à Strasbourg ou en Allemagne. La pratique semble exister. Il sait qu’il a été possible d’acheter des morceaux de corps pour étudier, par exemple, des fractures maxilo-faciales.

    Aux Pays-Bas, le gouvernement vérifie toutes les règles douanières. Il s’engage à renforcer ces règles si de graves manquements sont constatés. Un projet de loi est sur les rails pour protéger nos voisins du nord de telles pratiques. Dans le reportage, l’hôpital d’Amsterdam annonce avoir arrêté d’acheter de nouvelles têtes.

    #violence_médicale #corps #capitalisme #fric #commerce #mort #médecine #médecine #cadavre #beurk #Pays_Bas (trés bas) #nécrophilie


  • Ifé - Veille et analyses
    http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=126&lang=fr

    Que les êtres se définissent par une existence charnelle ou par une conscience désincarnée, l’articulation entre corps et esprit reste une notion difficile à penser et à aborder comme le montre l’évitement de la question de la matérialité des corps en contextes scolaires dans la littérature de recherche. Cette absence de questionnement sur la place du corps à l’école est en elle-même une information significative qui pointe les paradoxes actuels de cet objet de recherche : le corps, ses fonctions, ses attributs sont à la fois omniprésents dans les médias contemporains mais semblent être un impensé des réflexions menées sur les lieux d’éducation et de formation.

    Pourtant, corps des élèves et corps des enseignant.e.s sont indissociables des personnes qu’ils incarnent et les « esprits » ne se promènent pas tous seuls dans la cour de récréation ni dans la salle des professeur.e.s. Le Dossier de veille n°126 du mois de novembre 2018 souhaite interroger la notion du corps à l’école, en particulier lors de la période adolescente, que ce soit dans la prise en compte du corps des élèves dans l’enceinte scolaire, au niveau des représentations enseignantes et adolescentes liées au corps, pendant les apprentissages du et sur le corps et enfin dans les espaces et interactions corporels. Les relations entre climat scolaire, bienêtre à l’école et usages sociaux du corps sont également évoquées.

    Les problématiques de corporéité et d’incorporation sont présentées en filigrane pour mieux saisir le poids de la dualité corps/esprit qui pèse sur les liens entre corps et conscience, entre corps vivant (physiologique) et corps vécu (ou sensible) sur lequel les expériences quotidiennes marquées par la culture semblent prendre le pas sur la naturalité de l’organisme.

    #climatScolaire #corps


  • Le lieu du passage
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/le-lieu-du-passage

    Un jeune homme non-fumeur passe son #Temps à demander une cigarette aux passants qu’il croise dans l’escalier. Que cherche-t-il ? Une jeune femme lisse sa jupe avec sa main en ramenant ses jambes sous elle. Un pli du tissu ne parvient pas à s’estomper. Son père est mort d’une embolie pulmonaire la veille au soir. Un adolescent solitaire cherche à attirer l’attention de la plus jolie fille de son lycée. Chaque jour il prend sur lui pour dépasser sa timidité en essayant de se faire remarquer et (...)

    #Palimpseste / #Marseille, #Ville, #Paysage, #Architecture, #Dérive, #Corps, #Quotidien, #Regard, Temps, #Visage, #Poésie, #Inventaire, #Portrait, L’esprit (...)

    #L'esprit_d'escalier
    « https://www.la-marelle.org »


  • What happens to the bodies of those who die in the Mediterranean?

    Researchers, police, coroners and an imam in Sicily work hard to identify dead refugees and give them a proper burial.

    On All Soul’s Day, around three kilometres from the port in the Sicilian city of Catania, the pauper’s grave at the Monumental Cemetery is unusually well-tended, with fresh flowers and beads wrapped around cross-shaped headstones.

    Many belong to refugees and migrants who died at sea while trying to reach Europe. Sicilian cemeteries currently host the remains of more than 2,000 of them.

    The Mediterranean route is fraught with danger. So far this year, more than 2,000 people have died while crossing the sea, according to the International Organization for Migration (IOM).

    Local authorities here recover on average only one in 10 bodies, which usually remains unidentified.

    “An overall indifference has led to a higher non-identification rate of most bodies,” says Giorgia Mirto, a Sicilian anthropologist and founder of Mediterranean Missing, a database project collecting names of the identified dead refugees and migrants. “They just become statistics instead of humans.”

    After spending her time in cemeteries across the island, Mirto has identified a trend.

    “Here, migrants become part of the community. I noticed average citizens bringing flowers and praying over their graves,” she says. “’[It is] part of a Catholic mindset that instils the idea of taking care of the dead, in place of those who can’t afford or aren’t able to pay a visit.”

    In August, local policeman Angelo Milazzo accompanied a Jamal Mekdad, a Syrian man and his two children who had travelled from Denmark, to the cemetery of Melilli, a port village in Syracuse, eastern Sicily.

    They were visiting the grave of their wife and mother, who died while attempting to cross the Mediterranean in 2014.

    “Remembering that day still brings me tears,” Milazzo says.

    He is part of a police unit trying to prevent undocumented migration and was present on the day the Syrian woman perished, that day he saw the bodies of 24 people.

    From that moment, his work went well beyond the duties of his job as he made it his mission to try and identify the dead - often outside his working hours - spending time in port towns, cemeteries and searching on Facebook.

    Most victims do not carry identification documents, such as passports, so the first step is collaborating with coroners who examine the bodies and provide forensic police with information about the refugees’ DNA, origin, height, weight and gender, as well as pictures of clothing and notes of distinctive features or objects they had.

    “These reports are sent to our police unit, as well as to migrant help centres hosting survivors of shipwrecks, who can help identifying some of the victims, as usually, they travel with family members,” Milazzo says.

    Some of the coroners in charge of examining bones and clothes were, like Milazzo, touched on a personal level by the tragedy.

    Antonella Argo, a coroner in Palermo, Sicily’s capital, examined the bodies of several drowned migrants.

    “The frustration in this job can be tough. I remember one time, during a major shipwreck in 2016, my team and I were in charge of helping provide information about 52 bodies. We only managed to identify 18,” Argo explains.

    “I think it’s a doctor’s duty, actually any human being’s duty, to give back dignity, importance and most of all an identity, to those who’ve represented something in someone else’s life. It’s called Mediterranean compassion, and we Sicilians know that well.”

    Milazzo, the policeman, began his work in identification in 2014, having received reports from Argo’s colleagues, by visiting several towns in the province.

    One of his first stops was La Zagara, a migrant centre in Melilli.

    With the help of an Arabic-speaking interpreter, he began talking to survivors, mostly Syrians, showing them pictures of clothing and giving them details.

    Many provided him with the information he was looking for, as they were also searching for the missing.

    A young Syrian woman, simply identified with the number 23, was on his list.

    At La Zagara, he showed a man who had lost his wife the woman’s pictures.

    “Angelo showed me a face close up from the autopsy. It was her, my Sireen,” says Jamal Mekdad, the Syrian refugee father, explaining he hadn’t recognised her at first.

    Now living and working as a photographer in Denmark with his two children, he says he’s grateful for those who helped identify his wife.

    “They do an important job of giving back dignity to the victims’ families, as well as the disappeared migrants themselves,” he said.

    It took Milazzo a year, two months and 10 days to file a complete report identifying all the victims from the 2014 shipwreck, allowing Italian authorities to issue official death certificates.

    He runs a Facebook page, posting details about the dead and exchanging messages with people searching for answers.

    “Facebook has been crucial in collecting information about the disappeared and to get in touch with relatives,” Milazzo says.

    “Death certificates are fundamental for the relatives to move on and think about the future, carry on their lives, be entitled to inheritance and get peace of mind.”
    ’They deserve to rest in peace’

    The 2014 case was, however, an exception.

    Most families remain in the dark about their relatives.

    But once an identity is settled, the search for a burial site begins.

    As most victims are Muslim, it falls on Abdelhafid Kheit, an imam in the community, to take care of the bodies.

    “When the refugee crisis began, I had the impulse to help, to do something not only as a spiritual leader but as a human being,” Kheit says, holding back tears.

    Overcrowding in cemeteries, however, is a challenge.

    “For years, I’ve asked Sicily’s president to buy a piece of land and open a cemetery of the sea deaths. So far, my request hasn’t been answered. But I don’t give up, and will continue my advocacy to reach this goal,” says Kheit.

    Mekdad remembers speaking on the phone in 2014 with Kheit, who he describes as a “gentle imam with a North African accent”.

    “I entrusted my wife’s soul to him for her funeral, as I wasn’t able to attend,” he says.

    Kheit supervises the various stages of burial: washing the deceased migrant’s body, wrapping it in a white shroud and leading the burial prayer.

    These experiences have been the most challenging of his career, he says.

    “On certain occasions, I was asked to do these rituals on bodies which were so decomposed that I almost refrained from doing my job,” he says, “but then I continued because they deserved to rest in peace.”


    https://www.aljazeera.com/indepth/features/bodies-die-mediterranean-181125235524960.html
    #Catania #Sicile #Italie #mourir_en_mer #cadavres #enterrement #cimetière #corps #migrations #asile #réfugiés #Méditerranée


  • #Violences_gynécologiques et obstétricales en #Croatie : les #femmes brisent le silence

    Grâce à la campagne #prekinimošutnju (« #brisonslesilence ») lancée par l’ONG Roda, les expériences gynécologiques et obstétricales traumatisantes vécues par de nombreuses femmes en Croatie reçoivent enfin l’attention du public. Des #témoignages bouleversants qui révèlent le contexte délétère de la #santé et l’attitude vis-à-vis du #corps des femmes et de leurs #douleurs. Analyse engagée.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Violences-gynecologiques-obstetricales-Croatie
    #violences_obstétricales #gynécologie



  • La dictature du mental
    https://infokiosques.net/spip.php?article1600

    Petite BD de folie qui aborde les moments où le mental prend le pouvoir. A la fin de la BD vous trouverez les conseils et astuces de l’auteure pour faire face à ces situations.

    #D

    / #Antipsychiatrie, Infokiosque fantôme (partout), Corps, santé

    #Infokiosque_fantôme_partout_ #Corps,_santé
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/dictature_du_mental-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/dictature_du_mental-pageparpage.pdf


  • Mordre la machine
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/mordre-la-machine

    Le #Musée d’Art Contemporain [mac] de #Marseille, présente, en collaboration avec le Festival Actoral, une importante exposition monographique du plasticien Julien Prévieux, Mordre la machine, du 26 septembre 2018 au 13 février 2019. L’exposition regroupe une vingtaine d’œuvres récentes de l’artiste ou réalisées spécifiquement pour l’occasion. C’est une véritable rétrospective du travail artistique de Julien Prévieux proposant une lecture spécifique de son parcours, mettant en lumière le caractère (...)

    #Palimpseste / Marseille, Musée, #Regard, #Quotidien, #Politique, #Corps, #Traces, #Sens, Société, #Photographie, #Vidéo, #Numérique, #Art, #Danse, (...)

    #Société #Écriture
    « http://www.marseille.fr/node/637 »
    « http://actoral.org »
    « http://www.previeux.net »
    http://www.nga.mil
    « https://www.operadeparis.fr »


  • EU border ’lie detector’ system criticised as pseudoscience

    Technology that analyses facial expressions being trialled in Hungary, Greece and Latvia.

    The EU has been accused of promoting pseudoscience after announcing plans for a “#smart_lie-detection_system” at its busiest borders in an attempt to identify illegal migrants.

    The “#lie_detector”, to be trialled in Hungary, Greece and Latvia, involves the use of a computer animation of a border guard, personalised to the traveller’s gender, ethnicity and language, asking questions via a webcam.

    The “deception detection” system will analyse the micro-expressions of those seeking to enter EU territory to see if they are being truthful about their personal background and intentions. Those arriving at the border will be required to have uploaded pictures of their passport, visa and proof of funds.

    According to an article published by the European commission, the “unique approach to ‘deception detection’ analyses the micro-expressions of travellers to figure out if the interviewee is lying”.

    The project’s coordinator, George Boultadakis, who works for the technology supplier, European Dynamics, in Luxembourg, said: “We’re employing existing and proven technologies – as well as novel ones – to empower border agents to increase the accuracy and efficiency of border checks. The system will collect data that will move beyond biometrics and on to biomarkers of deceit.”

    Travellers who have been flagged as low risk by the #avatar, and its lie detector, will go through a short re-evaluation of their information for entry. Those judged to be of higher risk will undergo a more detailed check.

    Border officials will use a handheld device to automatically crosscheck information, comparing the facial images captured during the pre-screening stage to passports and photos taken on previous border crossings.

    When documents have been reassessed, and fingerprinting, palm-vein scanning and face matching have been carried out, the potential risk will be recalculated. A border guard will then take over from the automated system.

    The project, which has received €4.5m (£3.95m) in EU funding, has been heavily criticised by experts.

    Bruno Verschuere, a senior lecturer in forensic psychology at the University of Amsterdam, told the Dutch newspaper De Volskrant he believed the system would deliver unfair outcomes.
    A neuroscientist explains: the need for ‘empathetic citizens’ - podcast

    “Non-verbal signals, such as micro-expressions, really do not say anything about whether someone is lying or not,” he said. “This is the embodiment of everything that can go wrong with lie detection. There is no scientific foundation for the methods that are going to be used now.

    “Once these systems are put into use, they will not go away. The public will only hear the success stories and not the stories about those who have been wrongly stopped.”

    Verschuere said there was no evidence for the assumption that liars were stressed and that this translated to into fidgeting or subtle facial movements.

    Bennett Kleinberg, an assistant professor in data science at University College London, said: “This can lead to the implementation of a pseudoscientific border control.”

    A spokesman for the project said: “The border crossing decision is not based on the single tool (ie lie detection) but on the aggregated risk estimations based on a risk-based approach and technology that has been used widely in custom procedures.

    “Therefore, the overall procedure is safe because it is not relying in the risk on one analysis (ie the lie detector) but on the correlated risks from various analysis.”

    The technology has been designed by a consortium of the Hungarian national police, Latvian customs, and Manchester Metropolitan and Leibnitz universities. Similar technology is being developed in the US, where lie detection is widely used in law enforcement, despite scepticism over its scientific utility in much of the rest of the world.

    Last month, engineers at the University of Arizona said they had developed a system that they hoped to install on the US-Mexico border known as the #Automated_Virtual_Agent_for_Truth_Assessments_in_Real-Time, or Avatar.

    https://www.theguardian.com/world/2018/nov/02/eu-border-lie-detection-system-criticised-as-pseudoscience?CMP=share_bt
    #wtf #what_the_fuck #frontières #contrôles_frontaliers #technologie #expressions_faciales #Grèce #Hongrie #Lettonie #mensonge #abus #gardes-frontière #biométrie #biomarqueurs #corps #smart_borders #risques #université #science-fiction
    ping @reka @isskein

    • Smart lie-detection system to tighten EU’s busy borders

      An EU-funded project is developing a way to speed up traffic at the EU’s external borders and ramp up security using an automated border-control system that will put travellers to the test using lie-detecting avatars. It is introducing advanced analytics and risk-based management at border controls.

      More than 700 million people enter the EU every year – a number that is rapidly rising. The huge volume of travellers and vehicles is piling pressure on external borders, making it increasingly difficult for border staff to uphold strict security protocols – checking the travel documents and biometrics of every passenger – whilst keeping disruption to a minimum.

      To help, the EU-funded project IBORDERCTRL is developing an ‘intelligent control system’ facilitating – making faster – border procedures for bona fide and law-abiding travellers. In this sense, the project is aiming to deliver more efficient and secure land border crossings to facilitate the work of border guards in spotting illegal immigrants, and so contribute to the prevention of crime and terrorism.

      ‘We’re employing existing and proven technologies – as well as novel ones – to empower border agents to increase the accuracy and efficiency of border checks,’ says project coordinator George Boultadakis of European Dynamics in Luxembourg. ‘IBORDERCTRL’s system will collect data that will move beyond biometrics and on to biomarkers of deceit.’
      Smart ‘deception detection’

      The IBORDERCTRL system has been set up so that travellers will use an online application to upload pictures of their passport, visa and proof of funds, then use a webcam to answer questions from a computer-animated border guard, personalised to the traveller’s gender, ethnicity and language. The unique approach to ‘deception detection’ analyses the micro-expressions of travellers to figure out if the interviewee is lying.

      This pre-screening step is the first of two stages. Before arrival at the border, it also informs travellers of their rights and travel procedures, as well as providing advice and alerts to discourage illegal activity.

      The second stage takes place at the actual border. Travellers who have been flagged as low risk during the pre-screening stage will go through a short re-evaluation of their information for entry, while higher-risk passengers will undergo a more detailed check.

      Border officials will use a hand-held device to automatically cross-check information, comparing the facial images captured during the pre-screening stage to passports and photos taken on previous border crossings. After the traveller’s documents have been reassessed, and fingerprinting, palm vein scanning and face matching have been carried out, the potential risk posed by the traveller will be recalculated. Only then does a border guard take over from the automated system.

      At the start of the IBORDERCTRL project, researchers spent a lot of time learning about border crossings from border officials themselves, through interviews, workshops, site surveys, and by watching them at work.

      It is hoped that trials about to start in Hungary, Greece and Latvia will prove that the intelligent portable control system helps border guards reliably identify travellers engaging in criminal activity. The trials will start with lab testing to familiarise border guards with the system, followed by scenarios and tests in realistic conditions along the borders.
      A mounting challenge

      ‘The global maritime and border security market is growing fast in light of the alarming terror threats and increasing terror attacks taking place on European Union soil, and the migration crisis,” says Boultadakis.

      As a consequence, the partner organisations of IBORDERCTRL are likely to benefit from this growing European security market – a sector predicted to be worth USD 146 billion (EUR 128 bn) in Europe by 2020.

      Project details

      Project acronym: #iBorderCtrl
      Participants: Luxembourg (Coordinator), Greece, Cyprus, United Kingdom, Poland, Spain, Hungary, Germany, Latvia
      Project N°: 700626
      Total costs: € 4 501 877
      EU contribution: € 4 501 877
      Duration: September 2016 to August 2019


      http://ec.europa.eu/research/infocentre/article_en.cfm?artid=49726

    • AVATAR - Automated Virtual Agent for Truth Assessments in Real-Time

      There are many circumstances, particularly in a border-crossing scenario, when credibility must be accurately assessed. At the same time, since people deceive for a variety of reasons, benign and nefarious, detecting deception and determining potential risk are extremely difficult. Using artificial intelligence and non-invasive sensor technologies, BORDERS has developed a screening system called the Automated Virtual Agent for Truth Assessments in Real-Time (AVATAR). The AVATAR is designed to flag suspicious or anomalous behavior that warrants further investigation by a trained human agent in the field. This screening technology may be useful at Land Ports of Entry, airports, detention centers, visa processing, asylum requests, and personnel screening.

      The AVATAR has the potential to greatly assist DHS by serving as a force multiplier that frees personnel to focus on other mission-critical tasks, and provides more accurate decision support and risk assessment. This can be accomplished by automating interviews and document/biometric collection, and delivering real-time multi-sensor credibility assessments in a screening environment. In previous years, we have focused on conducting the basic research on reliably analyzing human behavior for deceptive cues, better understanding the DHS operational environment, and developing and testing a prototype system.

      Principal Investigators:
      #Aaron_Elkins
      #Doug_Derrick
      #Jay_Nunamaker, Jr.
      #Judee_Burgoon
      Status:
      Current

      http://borders.arizona.edu/cms/projects/avatar-automated-virtual-agent-truth-assessments-real-time
      #University_of_Arizona

    • Un #détecteur_de_mensonges bientôt testé aux frontières de l’Union européenne

      L’Union européenne va tester dans un avenir proche un moyen de réguler le passage des migrants sur certaines de ses frontières, en rendant celui-ci plus simple et plus rapide. Ce moyen prendra la forme d’un détecteur de mensonges basé sur l’intelligence artificielle.

      Financé depuis 2016 par l’UE, le projet iBorderCtrl fera bientôt l’objet d’un test qui se déroulera durant six mois sur quatre postes-frontière situés en Hongrie, en Grèce et en Lettonie. Il s’avère que chaque année, environ 700 millions de nouvelles personnes arrivent dans l’UE, et les gardes-frontières ont de plus en plus de mal à effectuer les vérifications d’usage.

      Ce projet iBorderCtrl destiné à aider les gardes-frontières n’est autre qu’un détecteur de mensonges reposant sur une intelligence artificielle. Il s’agit en somme d’une sorte de garde frontière virtuel qui, après avoir pris connaissance des documents d’un individu (passeport, visa et autres), lui fera passer un interrogatoire. Ce dernier devra donc faire face à une caméra et répondre à des questions.

      L’IA en question observera la personne et fera surtout attention aux micro-mouvements du visage, le but étant de détecter un éventuel mensonge. À la fin de l’entretien, l’individu se verra remettre un code QR qui déterminera son appartenance à une des deux files d’attente, c’est-à-dire les personnes acceptées et celles – sur lesquelles il subsiste un doute – qui feront l’objet d’un entretien plus poussé avec cette fois, des gardes-frontières humains.

      Le système iBorderCtrl qui sera bientôt testé affiche pour l’instant un taux de réussite de 74 %, mais les porteurs du projet veulent atteindre au moins les 85 %. Enfin, évoquons le fait que ce dispositif pose assez logiquement des questions éthiques, et a déjà de nombreux opposants  !

      L’IA a été présentée lors du Manchester Science Festival qui s’est déroulé du 18 au 29 octobre 2018, comme le montre la vidéo ci-dessous :
      https://www.youtube.com/watch?v=9fsd3Ubqi38

      https://sciencepost.fr/2018/11/un-detecteur-de-mensonges-bientot-teste-aux-frontieres-de-lunion-europee


  • Disque Course à pied
    Par le Groupe son de Jef Klak

    http://jefklak.org/disque-course-a-pied

    On ne change pas les bonnes habitudes : le dernier numéro de la revue Jef Klak , (n°5 - « Course à pied ») enflamme vos esgourdes d’un disque de créations sonores inédit. Concocté par le groupe son du collectif tout au long de l’année 2018, il prolonge l’exploration du thème papier. À écouter de toute urgence pour, tour à tour, se sauver, se remémorer, s’arracher, fuir les condés, garder la forme ou même rêver en sprint. Reportages, musiques, interludes du futur : Oï Oï Oyez !

    • Merci. Message transmis au collectif. On en avait déjà discuté dans le groupe, mais je crois que la part « graphique » de Jef avait insisté sur la possibilité d’avoir des visuels avec les sons, ce que archive.org ne semble pas offrir... Bref, un débat récurrent sur : oui pour plus de libre, non pour y sacrifier l’esthétique.. Si vous avez des idées, on prend !

      @intempestive @supergeante

    • Soundcloud est effectivement gratuit pour celles et ceux qui l’écoutent, mais présente d’autres inconvénients : pas de flux RSS (enfin, la possibilité existe, mais c’est si fortement découragé que personne n’est au courant), incitation à créer un compte pour suivre les nouveautés, captation des données d’écoute et d’usage.

      Côté productrices et producteurs de son, la plateforme présente l’inconvénient d’être payante à partir d’une certaine durée de sons - mais je conçois qu’on estime que certains services méritent paiement. Autres inconvénients, bien plus importants ceux-là : captation des données d’usage et d’écoute, hiérarchisation des sons en fonction de leur viralité (comptage public du nombre d’écoutes, incitation à commenter) et, last but not least, incertitude récurrente sur l’avenir de la plateforme. Sa fin proche a été annoncée à plusieurs reprises, et avec elle, l’écrasement de tous les fichiers sons.

      L’Internet Archive présente non seulement beaucoup de stabilité et des garanties que cela durera en toute indépendance (c’est une solution d’archivage fiable), mais promeut le partage de l’ensemble des connaissances. Les écoutes ne sont pas quantifiées publiquement (je ne sais pas si elles le sont dans la partie privée) et l’architecture se veut la plus horizontale possible. Elle permet par ailleurs de s’inscrire dans d’autres communautés que celles offertes par Soundcloud : la plateforme est très utilisées par les netlabels ou les média-activistes, aussi bien que certaines institutions soucieuses de donner un large accès au patrimoine public.

      Pour l’aspect graphique, le jeu peut précisément être de trouver comment faire à partir des contraintes formelles de l’Internet Archive (un player unique noir). Voir notamment à ce propos la réflexion de Jérémie Zimmermann pointée par @supergeante : « le user-friendly est un piège intellectuel » (https://seenthis.net/messages/732676). Par ailleurs, de mon point de vue (et d’oreille), l’importance accordée au visuel chez Soundcloud ne dénote rien de positif, mais au contraire, manifeste un attachement à la communication, à la compatibilité avec les réseaux sociaux privatifs et à la primauté de l’image. Toutes choses, s’il est utile de le préciser, qui me paraissent contredire ce que des créations sonores comme celles de Jef Klak portent :).

    • Arf, nous voilà encore avec de belles discussions lors de la prochaine AG du collectif, à laquelle vous êtes d’ailleurs convié·es ;-)

      Entre primauté de l’image et absence d’image, il semble tout de même y avoir un pas. Idem entre communication et accueil de l’auditeur·trice. C’est vrai que cela rejoint les débats que nous avions ici sur Facebook par exemple. Pour un petit média comme nous qui peinons à être connu, comment se soustraire aux réseaux sociaux privatifs sans nous condamner à la confidentialité ?

      C’est un peu pareil avec les images : en fait certain·es d’entre nous préfèreraient ne faire que du papier, du CD/Vynile avec livret et ne pas avoir à passer par le net du tout. D’autres pensent qu’on n’est pas assez nombreux·euses pour une diffusion exclusivement papier-CD qui soit conséquente, et que la gratuité relative du net permet un accès à plus de monde, qui n’ont pas forcément les moyens financiers ou l’habitus d’acheter en librairie.

      À partir de là, pourquoi accepter un player unique noir si on ne fait pas un CD monochrome ni une revue sans images, etc. ?

      On se retrouve avec une autre tension : nous retirer du net, ou bien attendre, participer à, la création d’outils informatiques qui soient non pas « user friendly » mais en cohérence avec le minimum d’esthétique et d’ouverture politique que nous essayons de proposer ? Car l’esthétique fait partie du politique et inversement, etc.

      Nous sommes toujours à l’étude d’une rencontre intermédias et « usager·es » de nos médias pour pousser plus avant ces questions en irl. Merci @intempestive de nous rappeler à cette tâche d’organisation que nous avions délaissée. Mais diable, qu’il y a de choses à faire pour si peu de forces en présence !

      À tantôt.

    • Yep, @intempestive la prochaine AG tombe le week-end du 1er décembre, et une partie de l’équipe, notamment sonore sera pourtant à Bruxelles, won’t you ? Pour d’autres qui seraient intéressé·es pour une AG, elles sont ouvertes depuis toujours, il suffit de nous écrire à contact@jefklak.org ;-) Viva ! Ven ven ven !

    • Ça va être la méga fiesta alors. Le programme du 1er décembre est méga fat. Je ne sais pas pour les auditeurs mais à faire les 35 ans 35 heures c’était magique.

      Pour soundcloud, il y a aussi la question de l’obligation de connexion permanente. Par rapport aux podcasts, téléchargeables soundcloud et mixcloud me posent ce problème, l’impossibilité d’écouter hors ligne (Donc débauche de bande passante). J’aime ecouter les créations radio en marchant, au jardin, en voiture, en train, en faisant la cuisjne, la nuit dans mon lit, dans plein d’endroits de non connexion choisie ou forcée.

      Je suis revenue sur la question de la gratuité, et j’ai décidé de payer pour une certain nombre de services faussement gratuits comme l’email. Donc, le problème ce n’est pas ça.

      A la limite, je préfère bandcamp, ou tu peux permettre à la fois l’écoute en streaming et le téléchargement gratuit ou payant. Après, tu peux écouter depuis le logiciel que tu veux les contenus récupérés.

      Le fait de pouvoir en tant que producteurs proposer aux personnes qui écoutent le fait de pouvoir écouter gratuitement à l’essai peux être prolongé par des formes de vente quand c’est nécessaire. Les codes de download sont aussi une façon intermédiaire que ne trouve meilleure que le streaming cloud seul.

    • Sur la question de l’usage des réseaux sociaux, j’en discutait avec des groupes associatifs et militants bruxellois récemment (genre nova etc.) Je trouve difficile de trancher, par ex. Fb c’est aussi une sorte d’agenda d’événements. A panik, il y a des comptes Instagram et un groupe, tous les deux non officiels et autogérés par les émissions que ça branche. C’est une sorte de décision non décision conseunsuelle. Je sais que c’est vital pour certaines émissions, pas pour d’autres. J’ak tendance a suggerer d’utiliser seenthis ou mastodon et d’utiliser les flux rss automatiques pour renvoyer vers Twitter ou fb. Ça permet d’être visible tout en renvoyant votre public ou utilisateurs vers une autre plateforme... Je ne vois pas de solution simple. Je donne des cours à des 20-25 ans et on ne vit pas du tout dans le même monde, c’est difficile de juste refuser ces plateformes, je crois qu’il est possible de penser une sorte de moyen terme sans renoncer à ses valeurs ou identité politique.

      Un autre débat, c’est la question de la vidéo à la radio, mais on an discutera une autre fois 😂

    • On en avait pas mal parlé ici, @supergeante : ne pas se rendre dépendant.es de FB et créer des contenus ailleurs, sur des outils libres, dont la page FB n’est qu’une image depuis laquelle on accède au reste. Qu’il soit possible d’avoir toutes les infos hors FB, quitte à doublonner (la fonction events n’est en effet pas mal).

      Pour cette histoire de sons, je me dis qu’un backup Archive.org serait pas mal pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau si le service commercial ferme, emmerde trop son monde avec l’inscription ou pour celles et ceux qui préfèrent naviguer libre. Après, quelle visibilité donner à cette option qui n’est pas à la hauteur visuellement, c’est une autre affaire. Mais qu’elle existe...


  • The Everyday Consumption of “#Whiteness”: The #Gaikokujin-fū (Foreign-Like) Hair Trend in Japan

    In feminist literature, the beauty and the fashion industries have at times been criticized for being one of the means through which women are objectified.1 Likewise, Critical Race Studies have often pinpointed how the existence of a global beauty industry has the effect of propagating Eurocentric beauty ideals.2 Throughout this article I aim to explore the complicated ways in which beauty and racialized categories intersect in Japan through an analysis of the female-targeted hair trend of the gaikokujin-fū (foreigner-like) hair.

    Essentialism is what prompts us to divide the world into two, “us” versus “them,” negating all that is in between the two categories or even changes within the categories themselves. Although this binary thinking has been subject to criticism by various disciplines, such as Critical Race Studies and Postcolonial Studies, it is still among the dominant ways in which human relations are performed in Japanese society. The essentialistic opposing duality between Foreignness and Japaneseness has been constructed in post-war Japan through widespread discourses known by the name nihonjinron (lit. the theories on the Japanese).3 Even though it could be understood as a powerful reply to American racism towards the Japanese, nihonjinron only confirms stereotypes by reversing their value, from negative to positive. Moreover, these theories have had the effect of emphasizing Japanese racial and cultural purity through the alienation and exoticization of the other, most often represented by the white “Westerner”4 (obeijin, seiyōjin, hakujin).

    The ambivalent exoticism that surrounds the foreigner (gaikokujin) has made it possible for racialised categories and consumerism to intersect in the archipelago. The beauty industry is particularly susceptible to the segmentation between “self” and “other,” and the global white hegemony has a certain influence over it. However, as Miller rightly observes, dominant beauty standards in Japan are equally influenced by local values of “Japaneseness.”5 Torigoe goes even farther: in her essay, she positions whiteness as a power relation and through her analysis she demonstrates how white women are constructed as Others in Japanese media representations, thus creating “a racial ladder that places Japanese people on top.”6 The link between whiteness and widespread beauty practices has been criticized also in studies of the neighbouring country of Korea, with scholars arguing that cosmetic surgeries in the country are successful only if they enhance the body’s natural “Koreanness.”7

    My aim in this paper is to tackle the capitalistic commercialization and fetishization of whiteness in contemporary Japan. As it will become clear throughout the analysis, the Japanese beauty industry is creating a particular image of whiteness that is suitable to the consumers’ needs and desires: this toned-down, less threating way of becoming “foreigner-like” is marketed as an accessory that far from overriding one’s natural features, is instrumental in accentuating and valorizing them. Investigating the peculiar position of this beauty trend, which has been affected by the influence of the two contrasting hegemonic discourses of white supremacy and the purity/superiority of the Japanese race, might be helpful in shedding some light on the increasingly complicated ways the concept of race is being constructed in a setting that has been often considered “other” to the Eurocentric gaze.

    Whiteness and the Global Beauty Industry

    Beauty is an important practice in our daily life, and as such it has been at the center of animated discussions about its social function. Seen as one of the practices through which gender is performed, it has been put into scrutiny by feminist literature. The approach used to analyze beauty has been dualistic. On the one hand, the beauty and fashion industries have been criticized for being among the reasons of women’s subordination, depriving them financially8 and imposing on them male normative standards of beauty.9 On the other, it has been cited as one of the ways in which female consumers could express their individuality in an oppressive world.10

    The increasingly globalized beauty and fashion industries have also been subjects of criticism from the viewpoint of Critical Race Studies. It is not uncommon to hear that these industries are guilty of spreading Eurocentric tastes, thus privileging pale-skinned, thin women with light hair.11 The massive sale of skin-whitening creams in Asia and Africa as well as the creation of new beauty standards that privilege thinness over traditionally preferred plump forms are often cited to defend this argument. At the same time, there have been instances in which this denouncing of Eurocentrism itself has been charged guilty of the same evil. Practices such as plastic surgery in South Korea and Japanese preference for white skin have been often criticized as being born out of the desire to be “Western”: these analyses have been contested as simplistic and ignoring the cultural significance of local standards of beauty in shaping beauty ideals.12

    Answers to these diatribes have not been yet found.13 It is nonetheless clear that beauty practices articulate a series of complex understandings about gender and race, often oscillating between particularisms and universalisms. Throughout this article I would like to contribute to this ongoing discussion analyzing how pre-existing notions of race and gender intersect and are re-shaped in a newly emerging trend aptly called gaikokujin-fū (foreigner-like) hair.

    Us/Others in Japan: The Essentialization of the Foreign
    Japan and the tan’itsu minzoku

    It is not uncommon to hear that Japan is one of the most ethnically homogenous countries in the world. In Japanese, the locution tan’itsu minzoku (single/unique ethnic group, people, nation), was often used as a slogan when comparing the archipelago with significantly multi-ethnic countries such as the USA.14 The notion of Japan as a mono-ethnic country is being starkly criticized in recent years:15 minorities such as the zainichi Koreans and Chinese who have been living in the country since the end of the second world war, the conspicuous populations of foreign immigrants from Asia and Latin America, as well as mixed-race people, who were thought of as a social problem until these last ten years,16 have been making their voices heard. In the following paragraphs, I will trace how the idea of a racially homogeneous Japan was constructed.

    The word minzoku (ethnic group, people, nation) first appeared in the Japanese language in the Taishō Period (1912-1926), as an alternative to the term jinshū (race).17 The concept of race did not exist prior to the Meiji period (1868-1912), when it was introduced by scholars as one of the ideas from the “West” that would have helped Japan become a modernized nation.18 It could be argued that while the opening up of Japan after the sakoku period was not the first time that the Japanese government had to interact with people of different racial features,19 it was the first time that the idea of racial hierarchies were introduced to the country. Japanese scholars recognized themselves to be part of the ōshoku jinshū (“yellow race”), hierarchically subordinate to the “white race.”20 With rising nationalism and the beginning of the colonization project during the Taishō period, the need arose for a concept that could further differentiate the Japanese people from the neighboring Asian countries such as the newly annexed Taiwan and Korea:21 the newly created minzoku fit this purpose well. Scholar Kawai Yuko compared the term to the German concept of Volk, which indicates a group whose identity is defined by shared language and culture. These traits are racialized, as they are defined as being “biological,” a natural component of the member of the ethnic group who acquires them at birth.22 It was the attribution of these intrinsic qualities that allowed the members of the naichi (mainland Japan) to be assigned in a superior position to the gaichi (colonies). Interestingly, the nationalistic discourse of the pre-war and of the war period had the double intent of both establishing Japanese supremacy and legitimizing its role as a “guide” for the colonies grounding it in their racial affinities: unlike the conquerors from Europe, the Japanese were of similar breed.

    These hierarchies were ultimately dissociated from the term minzoku after the end of the Second World War, when it was appropriated by Leftist discourse. Opposing it to ta-minzoku (multiethnic nation or people)23

    that at the time implied divisions and inequalities and was perceived as a characteristic of the Japanese Empire, Left-leaning intellectuals advocated a tan’itsu minzoku nation based on equality. The Leftist discourse emphasized the need of the “Japanese minzoku” to stand up to the American occupation, but the term gradually lost its critical nuance when Japan reached economic prosperity and tan’itsu minzoku came to mean racial homogeneity as a unique characteristic of Japanese society, advocated by the Right.24

    Self-Orientalism

    The term minzoku might have “lost his Volk-ish qualities,”25 but homogeneity in Japan is also perceived to be of a cultural nature. Sociologists Mouer and Sugimoto26 lament that many Japanese people believe to be the carriers of an “unique” and essentialized cultural heritage, that renders them completely alien to foreigners. According to the two scholars, the distinctive qualities that have been usually (self-)ascribed to Japanese people are the following: a weak individuality, the tendency to act in groups, and the tendency to privilege harmony in social situations.27 Essentialized “Japaneseness” is a mixture of these psychological traits with the products of Japanese history and culture. The perception that Japaneseness is ever unchanging and a cultural given of each Japanese individual was further increased by the popularity of the nihonjinron discourse editorial genre, which gained mass-media prominence in the archipelago after the 1970s along with Japan’s economic growth.28 Drawing on Said’s notion of Orientalism,29 Miller states that “in the case of Japan, we have to deal […] with the spectacle of a culture vigorously determined to orientalize itself.”30 According to Roy Miller, Japan has effectively constructed Japaneseness through a process of self-othering, which he refers to as self-Orientalism. The nihonjinron publications were very much influenced by cultural anthropologist Ruth Benedict’s highly influential “The Chrysanthemum and the Sword,” published in 1946. Benedict’s study of the “Japanese people” is based on the assumption that the USA and Japan are polar opposites where the former stands for modernity and individualism whereas the latter is characterized by tradition and groupism.31

    Japanese anthropologists and psychoanalysts, such as Nakane and Doi32 further contributed to the study of Japaneseness, never once challenging the polar opposition between the “Japanese” and the “Westernerners.”

    It would seem contradictory at first for a large number of people in Japan to have this tendency to think and consume their own culture through stereotypes. However, Iwabuchi draws attention to the fact that Japan’s self-Orientalism is not just a passive acceptance of “Western” values but is in fact used to assert the nation’s cultural superiority. It remains nonetheless profoundly complicit with Euro-American Orientalism insofar that it is an essentializing and reifying process: it erases all internal differences and external similarities.33 This essentialization that Japan is capitalizing on proves fundamental for the “West,” as it is the tool through which it maintains its cultural hegemony.

    Images of the Foreigner

    Images of the foreigner are not equal, and they form an important node in the (self-)Orientalistic relations that Japan entertains with the rest of the world. An essentialized view of both the Euro-American and Asian foreigner functions in different ways as a counterweight to the “we-Japanese” (ware ware Nihonjin) rhethoric.

    In the Japanese language, gaikokujin (foreigner) refers to every person who doesn’t have the same nationality as the country she/he lives in.34 The term gaikokujin does not have racial connotations and can be used to effectively describe anyone that is not a Japanese citizen. However, the racially-charged related term gaijin35 refers especially to the “white” foreigner.36 Written very similarly to gaikokujin, the word gaijin actually has a different origin and the double meaning of “foreigner” and “outsider.” The word carries strong implications of “othering,” and refers to the construction of the Europe and America as other to the young nation-state in the Meiji period, during which knowledge was routinely imported from the “West.”37 Thus, gaijin and the representation of foreigners-as-other came to reflect the dominant hierarchies of nineteenth-century “Western” knowledge.38

    Putting every white-skinned individual in the same category functions as a strategy to create the antithetical “West” that is so important as a marker of difference in self-Orientalism: it serves to create an “Other” that makes it possible to recognize the “Self.”39 At the same time, it perpetuates the perception of whiteness as the dominant position in America and Europe. In her analysis on the use of foreigner models in Japanese advertisements, Creighton notes that representation of gaijin positions them both as a source of innovation and style and as a potential moral threat.40

    This splitting is not uncommon when dealing with representations of the Other. What generates it is the fetishistic component that is always present in the stereotype.41 Bhabha argues that this characteristic allows the Other to be understood in a contradictory way as a source of both pleasure and anxiety for the Non-Other. Stuart Hall draws on Bhabha’s theories to state that the stereotype makes it so that this binary description can be the only way in which is possible to think of the Other–they generate essentialized identities.42 In the Japanese context, the gaijin, fulfilling his role as a racially visible minority,43 is thus inscribed in the double definition of source of disruption and person to admire (akogare no taishō).

    Whiteness in the Japanese Context

    Akogare (admiration, longing, desire) is a word that young women44 in Japan often use when talking about the “white, Western” foreigner. Kelsky explains that the word indicates the longing for something that is impossible to obtain and she maintains that “it is a rather precise gloss […] of the term “desire” in Lacanian usage. […] Desire arises from lack and finds expression in the fetish. The fetish substitutes the thing that is desired but impossible to obtain.”45 Fulfilment of this unattainable desire can be realized through activities such as participation in English conversation classes and engaging in conversation with “Western” people.46 The consumption of “Western” images and representations as well as everyday practices associated with the Euro-American foreigner could also be considered a fetish that substitutes the unattainable object of desire. In this sense, the gaikokujin-fū hairstyle trend might be for the producers one such way of catering to young Japanese women’s akogare for the “Western” world.

    Gaikokujin-fū is inextricably connected to gaijin, “white” foreigners. For instance, the Hair Encyclopedia section of the website Hotpepper Beauty reports two entries with the keyword gaikokujin-fū: gaikokujin-fū karā (foreigner-like color) and gaikokujin-fū asshu (foreigner-like ash). The “color” entry states the following:

    Gaikokujin-fū karā means, as the name suggests, a dye that colors the hair in a tint similar to that of foreigners. The word “foreigner” here mostly stands for people with white skin and blond hair that are usually called “American” and “European.”47

    Similarly, the “ash” entry explains the following:

    The coloring that aims for the kind of blond hair with little red pigments that is often found among Americans is called gaikokujin-fū asshu.

    Asshu means “grey” and its characteristic is to give a slightly dull (dark?) impression. It fits well with many hairstyles ranging from short cuts to long hair, and it can be done in a way to make you look like a “western” hāfu (mixed race individual).

    It is clear from these descriptions that the term gaikokujin-fū is racially charged. What hairdresser discourse is trying to reproduce is a kind of hair color associated with America and Europe’s Caucasian population. They are selling “whiteness.”

    Writing from the viewpoint of multicultural England, Dyer writes that the study of the representation of white people is important because “as long as white people are not racially seen and named, they/we function as a human norm.”49 White discourse is ubiquitous, and it is precisely this unmarked invisibility that makes it a position of dominance. The representation of people belonging to minority groups is inevitably marked or tied to their race or skin color, but Caucasians are often “just people.” At the base of white privilege there is this characteristic of universality that is implied in whiteness.

    The marked positioning of the white foreigner in Japanese society would seem an exception to this rule. Torigoe, while acknowledging that the Japanese media “saturated [her] with images of young white females as the standard of beauty,”50 analyzes in her article how white beauty actually embodies values such as overt sexual attractiveness that would be considered deviant or over the top by standard societal norms.51 Likewise, Russell points to the scrutiny that the bodies of the white female woman receive on Japanese mass media, dominated by a male gaze. White females become subject to the sexual curiosity of the Japanese male, and being accompanied by one of them often makes him look more sophisticated and competitive in a globalized world.52 As the most easily, less controversially portrayed Other through which Japanese self-identity is created, the white individual is often subject to stereotyping and essentialization. Russell notes this happening in both advertisement and the portrayal of white local celebrities, that assume even “whiter” characteristics in order to better market their persona in the Japanese television environment.

    However, it is my opinion that we must be careful to not be exceedingly uncritical of the marginality that Caucasians are subject to in Japanese society. I argue that whiteness is in an ambiguous position in the Japanese context: it would be wrong to say that in the archipelago white people do not benefit from the privileges that have accompanied their racialization up to the present times. The othering processes that whites are subject to is more often than not related to them being brought up and representing a different culture than to their racial difference.54 The word hakujin (lit. white person) is barely used in everyday conversation, whereas it is more common to hear the term kokujin (lit. black person): white people are not reduced to their racial characteristics in the same way as black people might be.55 Whiteness might not be the completely hegemonic in the Japanese context, but the country does not exist in a vacuum, and its standards have been influenced by the globally hegemonic white euro-centric values to some extent.

    To reiterate, white people in the Japanese archipelago experience the contradictory position of being a visible minority subject to reifying “othering” processes while at the same time reaping many of the benefits and privileges that are usually associated with the color of their skin. They are socially and politically located at the margins but are a hegemonic presence in the aesthetic consciousness as an ideal to which aspire to. In the following sections, I will expand on gaikokujin’s ambiguous location by looking at the ways in which whiteness is consumed through the gaikokujin-fū hairstyle trend.

    Producing Whiteness: Selling gaikokujin-fū Hair
    Creating the “New”

    In order to understand the meanings shaping the catchphrase gaikokujin-fū, I have used a mixture of different approaches. My research began by applying the methods of Visual Analysis56 to the latest online promotional material. I have tried to semiotically analyze the pictures on the websites in relation to the copywriting. In addition, I have complemented it with fieldwork, interviewing a total of seven hairdressers and four girls aged from 20 to 2457 in the period between April and June 2017. It was while doing fieldwork that I realized how important social networking is for the establishment of contemporary trends: this is frequently acknowledged also in the press by textually referencing hashtags.58 Instagram is a very important part of Japanese girls’ everyday life, and is used both as a tool for self-expression/self-promotion as well as a compass to navigate the ever-growing ocean of lifestyle trends. Japanese internet spaces had been previously analyzed as relatively closed spaces created and accessed by predominantly Japanese people, and this had implications on how online discourses about races were carried on.59 However, being a predominantly visual medium, Instagram also functions as a site where information can, to a large extent, overcome language barriers.

    The gaikokujin-fū hashtag counts 499,103 posts on Instagram, whereas 381,615 pictures have been tagged gaikokujin-fū karā.60 Most of them are published by professional whose aim is to publicize their work, and it is not uncommon to find pricing and information for booking in the description.

    Scrolling down the results of the Instagram search, it is easy to notice the high number of back and profile shots; what the hairdressers are trying to show through these pictures is their hairdressing skills. By cutting out the face they are putting the hair itself at the center of the viewer’s attention and eliminating any possibility of identification. The aim here is to sell “whiteness” as an object. The trendsetters are capitalizing on a term (gaikokujin-fū) that has already an appealing meaning outside the field of hair coloring, and that is usually associated with the wider desire or longing (akogare) for “Western” people, culture and lifestyle.

    To the non-initiated, the term gaikokujin-fū might indicate anything that is not “Japanese like” such as curly hair, or blonde hair. However, it became clear when speaking to my hairdresser informants that they only used the term referring to the ash-like coloring. Professionals in the field are reclaiming it to define a new, emerging niche of products that only started appearing a couple of years ago.61 In doing so, Japanese hairdressers are creating a new kind of “whiteness” that goes beyond the “Western” cultural conception of white as blonde and blue-eyed, in order to make it more acceptable to Japanese societal standards. In fact, fair hair is considered extremely unnatural.62 The advantage that ash brown hair has over blonde is the relatively darker shade that allows consumers to stand out without being completely out of place.63

    However, gaikokujin-fū hair comes at a cost. All of my informants told me during the interviews that the colors usually associated with this trend involve dyes have a blue or green base, and are very difficult to recreate on most people of the East Asia whose naturally black hair has a red base. The difficulty they experienced in reproducing the Ash (asshu) and Matt colors on Japanese hair constituted a fundamental charm point for hair technicians, and precisely because of this being able to produce a neat ash coloring might be considered synonymous with keeping on pace with the last technology in hair dying. The Wella “Illumina Color”64 series came out in September 2015, while Throw,65 a Japanese-produced series of hair dyes that eliminate the reddish undertones of Japanese black hair, went on sale very recently in June 2016.66 Another Japanese maker, Milbon, released its “Addichty Color”67 series as recently as February 2017. The globally dominant but locally peripheral whiteness has been “appropriated” and domesticated by Japanese hairdressers as a propeller of the latest trends, as a vital tool in creating the “new.”

    To summarize, the technological developments in hair dyes certainly gave a big push to the popularizing of the gaikokujin-fū hairstyle trend. Moreover, in a very chicken-and-egg-like fashion, the technological advancing itself was at the same time motivated by the admiration and desire towards Euro-American countries. However, this desire for “Westerness” does not entail adopting whiteness in its essentialized “purest” form,68 as that would have negative implications in the context of Japanese society. Rather, Japanese trendsetters have operated a selection and chosen the variant of whiteness that would be different enough to allow the creation of the “latest” while minimizing its more threatening aspects.
    Branding the “New”

    In the previous section I mentioned the fact that most of pictures posted on the social network Instagram serve to amplify and diffuse existing values for consumption, and constantly refer to a set of meanings that are generated elsewhere reifying them. Throughout this section I will examine the production of these values through the branding of the aforementioned hair dye brands: Wella’s “Illumina Color,” THROW, and Milbon’s “Addichty Color.”

    Wella’s “Illumina Color” offers an interesting case study as it is produced by an American multinational brand. Comparing the Japanese website with the international one, it is clear that we have before our eyes a prime example of “glocalization.”69 While on the international webpage70 the eye-catch is a picture of a white, blue-eyed blonde woman that sports an intricate braided hairstyle with some purplish accents in the braid, the Japanese71 version features a hāfu-like72 young woman with long, flowing straight dark brown hair. The description of the product also contains the suggestive sentence “even the hard and visible hair typical of the Japanese [can become] of a pale, soft color.” The keywords here are the terms hard (katai) and soft (yawaraka). Hardness is defined as being a characteristic typical of the Japanese hair texture (nihonjin tokuyū) and it is opposed to the desired effect, softness. The sentence implies by contrasting the two terms that softness is not a characteristic of Japanese hair, and the assumption could be taken further to understand that it is a quality typical of the “foreign.” Perhaps unsurprisingly, the international webpage contains no such reference and instead vaguely praises the hair dye’s ability to provide a light color. The visuals of the latter are consistent with Dyer’s definition of whiteness.

    Unlike Wella, Milbon and beauty experience are Japanese companies, and their products ORDEVE Addichty and THROW are only geared to the Japanese marketplace. Milbon’s ORDEVE Addichty dye series is the most recent of the two. The product’s promotional webpage is almost entirely composed of pictures: the top half features 14 moving pictures, two for each of the seven colours available. The pictures slide in a way that shows the customer all the four sides of the model’s bust up, and each one of the girls is holding a sign with the name of the product. To the center left, we see a GIF image with the name of the brand in the roman and Japanese alphabet, accompanied by the catchphrase hajimete mitsukaru, atarashii watashirashisa (“I found it for the first time, a new way of being myself”), that slides into another text-filled picture that explains the concepts behind the branding.

    Occidental-like (ōbeijin) voluminous hair with a shine (tsuya) never seen before. This incredible feeling of translucence (tōmeikan) that even shows on your Instagram [pictures], will receive a lot of likes from everybody. Let’s find the charm of a freer myself with Addichty color!

    The red-diminishing dyes are here associated with both physical and ideological characteristics identified as “Western,” like the “feeling of translucence” (tōmeikan)73 and “freedom” (jiyū). The word tōmeikan is a constant of technical descriptions of gaikokujin-fū and it is generally very difficult for the hairdressers to explain what does it mean. My hairdresser informant N. quickly explained to me that having translucent hair means to have a hair color that has a low red component. Informants H. and S., also hair professionals, further explained that translucency is a characteristic typical of hair that seems to be semi-transparent when hit by light. While in the English-speaking world it would certainly be unusual to positively describe somebody’s hair as translucent, tōmeikan is a positive adjective often used as a compliment in other different contexts and it indicates clarity and brightness. In fact, the Japanese Daijisen dictionary lists two definitions for translucent, the second of which reads “clear, without impurities.”74 It is perhaps in relation to this meaning that the melanin-filled black core of the Japanese hair is considered “heavy” (omoi) and strong. Reddish and lighter brown colors are also defined in the same way. What is more, even hair colors at the other end of the spectrum can be “muddy”(nigori no aru): blonde hair is also described as such.75 It is clear that while tōmeikan is a quality of “occidental hair,” it is not a characteristic of all the shades that are usually associated with whiteness.

    In the last sentence, “freedom” is linked to charm (miryoku) and the individual. These three concepts are also very often associated with the foreigner. The freedom of the gaijin is a freedom from social constraints and from the sameness that pervades dominant representations of Japaneseness.76 Individualism is further emphasized by the pronoun “myself,” which in the original Japanese is a possessive pronoun to the word “charm” (miryoku). As a word, miryoku has an openly sexual connotation, and because of this it might be linked to the concept of “foreignness.” As Torigoe found out in her analysis of Japanese advertisements, white women are often represented as a sexualized counterpart to the more innocent Japanese woman.77 Gaikokujin-fū hair offers customers the possibility to become closer to obtaining this sexiness, that distances the self from the monotone standards of society.

    Of the three, THROW is possibly the most interesting to analyze, mostly because of the huge quantity of content they released in order to strengthen the brand image. In addition to the incredibly detailed homepage, they are constantly releasing new media contents related to gaikokujin-fū coloring on their “THROW Journal.”78

    The “story” page of the website serves as an explanation of the brand identity. It is a vertically designed page heavy on images, possibly designed to be optimally visualized in mobile devices such as smartphones and tablets. The first image that the viewer encounters is that of a girl whose brown hair is flowing in the wind, which results in some strands covering the features of her pale-white face. This makes it hard to understand her nationality and makes it so that all the attention is focused on the light, airy qualities of the hair. As I said before, “lightness” (karusa) is associated to translucency and is one of the characteristics at the center of the marketing of gaikokujin-fū. This picture very clearly renders those sensations in a way that is very pleasant to the eye and indeed invites consumption.

    Under the picture we find a very short narration that complements it. In bigger characters, the words dare de mo nai, watashi ni naru, that roughly translates as “I’ll become a myself, that is nobody else.” Here again we find an emphasis on individuality and difference. Scrolling down, we find the following paragraph written in a smaller font:

    I leave my body to the blowing wind.

    My hair is enveloped in light, and is filled by the pleasant air.

    What I needed was this [facial] expression.

    I got rid of what I did not need, and refreshingly freed my mind.

    Gracefully, freely.

    I should just enjoy myself more.79

    Unlike the tagline in the Addichty webpage, THROW’s brand identity is here described in ideological terms only. Once again, “freedom” is the central theme, and is associated with a sensation of freshness (kaze, “the wind”; also, the onomatopoeia sutto, here rendered as “refreshingly”). The image of release is further emphasized by the fact that “I” of this text is in close contact with nature: her skin feels the wind, she is shrouded in light and breathes pure air. But what is the subject being released from? The fourth and the last line would suggest that she is being trapped by social constraints, something akin to the Freudian super-ego, that somehow renders her unable to enjoy herself for what she really is. My literal translation of the sixth line makes it hard to understand the hedonistic implications of its meaning: what the original Japanese implies is not simply that she should “have fun,” but she should be finding pleasure in what she is and not what she is expected to be. It is perhaps strange to the eyes of the Euro-American observer accustomed to the discourse of white supremacy that the consumption of whiteness comes with an invitation to spontaneity. The whiteness being sold here is certainly perceived in a radically different way from the Eurocentric “West,” where it is associated with self-constraint.80 It is being marketed to the Japanese public in a way that reminds the portrayal of minorities in the white-dominated world,81 and that makes it particularly appealing to the archipelago’s consumers.

    Listening to the producers’ interviews, it becomes clear for them that the red pigments of the hair, as a symbol of this self-Orientalistically represented “Japaneseness” are represented as a further constraint. Producer Kimura Naoto speaks of a “liberation from redness for the women who hate it”;82 fellow member of the production team Horiuchi brings up the ever-present desire in Japanese women to “become like foreigners,”83 but neither of the two explains the connection between the deletion of red pigments from the hair and the possibility of becoming foreigner-like. It is perhaps this lack of an explicit connection in an explanation from an expert that makes it perceived as an “obvious truth.” In fact, nobody seems to refer to the fact that red undertones are common overseas as well, not to mention the existence of redheads in predominantly Caucasian regions. By hiding these facts, the red pigments are constructed as something that is peculiarly Japanese and juxtaposed to the exclusively foreign blue pigments, further contributing to the essentializing of the gaikokujin that propels self-Orientalism.

    Consuming Whiteness: Gaikokujin-fū and Everyday Life

    To understand the ways that gaikokujin-fū was being interpreted and consumed I conducted fieldwork for two months (April-June 2017) in Tokyo. Engaging in participant observation proved to be relatively easy, since superficial conversation about beauty trends is one of the most common ways that young women around my age use to socialize. Most of my peers were very quick to react every time I lightly introduced the subject. However, due to the perceived “lightness” of the topic, not many people showed to be willing to talk prolongedly about it. This prompted me to supplement the fieldwork with semi-structured interviews I conducted with four people aged 20-22.

    The general reaction to the gaikokujin-fū buzzword was one of recognition–the existence of the trend was acknowledged both by people who were actually familiar with it as well as by others who were not really interested but had seen the phrase and recognized a more general idea behind it. As the reader might expect after having gone through the previous chapter, consumers of gaikokujin-fū hair all brought up the difficulties they had in obtaining the desired results. When I first contacted K., a 23-year-old university student in Tokyo, she told me to wait till the following week for the interview since she had an appointment to dye her hair of an ash-like color. Seven days later, I was surprised to see that her hair had not changed much. Turns out that her virgin hair was a very difficult base to work with: having never bleached it, it proved to be very resistant to blue-green dyes. Dying the hair of an ash-like color would have been impossible as the naturally red pigments of the hair would have completely nullified the effect.

    Whiteness as Empowerment, Whiteness as Difference

    K. was nonetheless very accommodating and answered my questions very enthusiastically. To her, the word gaikokujin had indeed a very positive meaning, and she specifically associated it to difference. My informant used a very harsh word when talking about her fellow Japanese: to her, Japanese style equals mass-production. Her image of Japan was perfectly congruent with those described by Mouer and Sugimoto in their critique of Nihonjinron. “Ordinary” Japanese girls were, in her opinion, the cutesy and quiet girls with straight black hair and bangs covering their foreheads. Why did she feel attracted to gaikokujin-fū in the first place? K. felt that the “traditional” Japanese image was constraining, and she had both very physical and empirical reasons (she does not like face with bangs) as well as a specific ideological background. It is worth nothing here that K. has had since her childhood a very strong akogare towards “Western countries”: she has studied English since she was a small child and is now studying Italian, which led her to spend a year abroad in the University of Venice. Moreover, she attended a very liberal protestant high school in Tokyo, where students were allowed to dye their hair and had no obligation to wear the school uniform. She herself stated that the liberal environment she was brought up in had a huge influence on her view of the world and thus she did not feel the need to “conform.” K. speaks from a privileged position that allowed her to glimpse a “different” world, in which she is promised freedom. In a similar fashion to the representations I analysed in the previous chapter, “Western” foreign becomes a symbol of liberation from the societal constraints of a traditionalistic society.

    The liberating qualities of the akogare towards the essentialized “Western” foreign have been brought up in previous research as a space for young women to astray themselves from the hierarchies of everyday life. The link between freedom and diversity was indeed particularly strong in K., who feels somehow “oppressed” by certain aspects of society. However, this is far from being a universal mode of consumption: in fact, the other three girls never even mentioned anything ideological. To S., a 22-year-old girl I met while studying in Tokyo two years ago, dying her hair of an ash-like hue was an act genuinely finalized to the enhancement of her beauty: she thought the color made her face look brighter. While she too stated during the interview that foreigners are viewed as cool and fashionable, she did not allude to a desire to “become” one nor she mentioned any ideological values associated with them that she emphasized with. In her everyday practice, whiteness is consumed as a tool regardless of its hegemonic signified. Informants A. and H. talked about the trend in a similar way. H. initially dyed her hair because she liked how cute ash hair looked on her favourite model, and had little more to say other than that. Her friend A., who recently graduated from a fashion school, confessed that in her environment standing out was more the rule than a subversive act. Her ash phase was brief and followed by even more explosive hues such as blue and pink. S., A., and H., were very much less conscious of their ways of consumption, but, as French theorist Michel de Certeau argues,84 it is precisely the aimlessness of their wandering that make their practices subvert the hegemony established by the global white supremacy. Having gaikokujin-fū hair is one of the strategies that Japanese women have at their disposition to attain beauty, and while it is trendy, it is far from being superior to different styles. Whiteness becomes an accessory that enhances the natural beauty of the self, and it is not employed to override one’s original racial features but rather to enrich them through the display of individuality. Under this light, it is possible to see the consumption of foreign-like hair as an unconscious tentative of overcoming the racialized barriers that might generate uncanny feelings in the eyes of the “white” spectator.

    Subdued Subversion and the Ambiguities of Consumption

    There are however at least two factors that complicate the consumption of gaikokujin-fū hair, making it a multifaceted and complex process. Firstly, during my interview with K. we discussed the differences between this and other fashion trends that tend to refuse the stereotypical sameness of the constructed Japanese image. K. suggested the existence of an even more individualistic trend–Harajuku–style fashion. The Harajuku district of Tokyo is famous world-wide for hosting a wide range of colourful subcultures,85 which my interviewee described with terms such as dokusouteki (creative) and yancha (mischievous). Harajuku fashion is individuality taken to such a level in which it becomes even more openly contestant of society. S. described these subcultures as referencing the image of “an invented fantasy world, completely out of touch with reality.” The gaikokujin-fū hair colour is indeed a way to break out of the “factory mould,” but it is a relatively tame way of doing it as it is the consumption of a domesticized otherness. As I also pointed out during the analysis of the production processes, the aesthetics of the trend are largely shaped in relation to societal norms and purposely do not excessively break out of them. Especially in its darker tones, foreign-like ash hair is visually closer (albeit chemically harder to obtain) than platinum blonde, and it is precisely in these shades that the hue is being consumed by girls like K. and S.

    Furthermore, one could say that Gaikokujin-fū hues can at times be experimentations instrumental to the formation of one’s identity. H. and S. both explained that they tried out ash dyes as a phase, only then to move on to something that they thought better reflected their own selves. In both cases, that meant going back to their natural black color and to darker tones. H., in particular, after spending her three years of freedom in university experimenting with various hues, finally concluded in her fourth and final year that natural black hair was “what suits Japanese people best.”. After trying out the “Other” and recognizing it as such, her identification acted as what Stuart Hall might have called a suture between her as an acting subject and the discursive practices of “Japaneseness.”86 As “foreignness,” and whiteness as one of its variants, cannot be easily conceived outside the dominant self-Orientalistic discourses, even gaikokujin-fū is inevitably bound to the essentialized “Japaneseness” of the Nihonjinron. This is only worsened by the fact that foreign-like hair colors are a product in the beauty market: they need to be marketed to the consumers, and this necessitates simplification. Essentialization and the reinforcement of self-Orientalism are the high prices that one must pay for the consumption of the other, and constitute a big limitation of its subversive power.

    Conclusion

    I have attempted to analyse the ways in which whiteness is produced and consumed in Japan, a country with significant economic and cultural power that does not have a significant Caucasian population. I have chosen as the topic a feature of the human body that is usually considered peripherical to the construction of racialized categories, and I have attempted to demonstrate how it becomes central in the production of an occidentalistic image of “whiteness” in the Japanese Archipelago.

    What this trend helps us to understand is the complexities and multiplicities of whiteness. By shedding some light on the way that hairdressers in Japan construct and sell the gaikokujin-fū trend we become aware of the fact that an aspect such as hair color that we do not usually pay much attention to in relation to this racialized category can be central when the same is consumed in a different setting. It is significant that what is being marketed here it is a slightly different paradigm from the Eurocentric or conventional idea of “white” people, that sees at its center blonde-haired, fair-skinned people with blue or green eyes: whiteness is mitigated and familiarized in order to make it more desirable to wider audiences. Its localized production and its consumption as a disposable accessory might be taken as challenging to the global dominance of Caucasian aesthetic.

    Acting in the (locally) ambiguous field of racial representations,87 hairdressers in Japan are creating their own whiteness, one that is starkly defined by what is socially acceptable and what is rejected.88 It thus becomes apparent the fact that racialized categories are nothing but discourses, constantly morphing in relation to time and space. The existence of a different whiteness created by and for the use of people who are not considered as belonging to this racialized category creates conflict with the discourse of a global, hegemonic whiteness by demonstrating its artificiality and construction.

    However, the use of the word gaikokujin inevitably generates ambivalent meanings. The trend becomes linked to the discourse of “foreignness” and the desires associated with it. Eventually, it ends up reproducing the essentialist and reifying stereotypes that are creating through the occidentalistic (and self-Orientalistic) practices of nihonjinron. The trend potentially reinforces the “us/them” barriers that are at the basis of essentialistic thought by juxtaposing the desired “foreign hair” as a polar opposite of the more conservative and traditional “Japanese hair.”

    To reiterate, gaikokujin-fū might be subversive on the global scale, but it is nonetheless an expression of the oppressive mainstream on the local level, as it restates notions of difference and exclusivity that form the basis for social exclusion of phenotypically alien foreigners. Unfortunately, the practices of marketing necessitate simplifications, and makes it is hard to achieve what I believe would be the most subversive action: the elimination of these reifying barriers. It is imperative that we start to think about ways to talk about race and culture in a non-essentializing manner while maintaining an anti-white-centric stance.

    Although the problem of essentialization cannot be resolved by looking at representation only, by looking at how the product is effectively consumed in everyday life we might find that these semi-conscious practices already offer some hints on how to overcome the barriers that reification builds around us. It is indeed true that consumers answer to the “call” of the marketers, and that they identify themselves to some extent with the images of racialized whiteness created by the beauty industry. However, what the interviews revealed is that often times the link between image and product is broken in the immediacy of consumption. By using whiteness as an accessory, some of the consumers open up a space in which they contest the seriousness and rigidity of racialized categories–a space that allows hybridity to exist.


    http://zapruderworld.org/journal/archive/volume-4/the-everyday-consumption-of-whiteness-the-gaikokujin-fu-foreign-like-
    #corps #beauté #femmes #géographie_culturelle #japon #cheveux #identité #altérité #orientalisme #blancheur #hakujin #blancs #représentation


  • #Données_fantômes : ce qui n’est pas compté et qui compte

    La #discrimination par la collecte de données et la #catégorisation_informatique.

    Certaines données sont collectées, d’autres sont manquantes. Qu’est-ce qui préside à ce choix ? L’artiste et chercheuse nigérienne-américaine #Mimi_Onuoha interroge les façons dont les individus sont catégorisés. Elle s’attache à mettre en évidence que la #collecte, l’#enregistrement et l’#archivage des données sont liés aux questions de #contrôle et de #pouvoir.

    Le travail de Mimi Onuoha autour des « #banques_de_données_manquantes » éclaire la discrimination et la #violence algorithmique qui est infligée aux #queers, aux #migrants et aux #minorités, souvent exclus et mal représentés par les systèmes de #décision_automatique. Alors que les algorithmes sont de plus en plus utilisés dans l’élaboration des politiques civiques, sociales et culturelles, il devient crucial de réfléchir de manière critique aux politiques qui façonnent nos infrastructures numériques.

    https://gaite-lyrique.net/article/donnees-fantomes-ce-qui-nest-pas-compte-et-qui-compte
    #données #bases_de_données #invisibilité #catégorisation #inclus #exclus #exclusion #algorithmes
    signalé par @fil

    • –-> même si il ne s’agit pas de systèmes de décisions automatiques, cela me fait penser la différence de traitement des #corps des personnes en exil quand ces corps sont en vie ou quand ils ne le sont plus.
      Alors qu’on compte, surveille, contrôle les corps en vie, personne ne se préoccupe de faire de même avec les #morts.

      Là-dessus, un numéro de Plein Droit :
      Homicides aux #frontières

      Depuis des dizaines d’années, des migrant·e·s meurent aux frontières de l’Europe. On peut s’étonner de la différence de traitement réservé aux vivants et aux morts. Pour les premiers, les technologies les plus avancées pour identifier et garantir la traçabilité des nouveaux arrivants.
      Pour les seconds, le silence et l’anonymat. Objet anthropologique par excellence pour appréhender une société donnée, la mort pose d’autres questions dès lors qu’elle touche des personnes qui n’en sont pas membres.


      https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2016-2-p-6.htm


  • La privatisation du vivant - pratiques
    https://pratiques.fr/La-privatisation-du-vivant

    Pratiques : Le corps des femmes est particulièrement exploité.

    À l’échelle internationale, le commerce d’ovules est très organisé. Certaines femmes indiennes peuvent accéder à la FIV parce qu’en contrepartie, elles donnent leurs ovules. Ce commerce se développe beaucoup au Mexique. En Europe, ce sont l’Espagne et Chypre qui en sont la plaque tournante.

    Ce commerce sert à la recherche, mais il est aussi très bien connu des citoyens français, anglais… On sait qu’en général les gens vont acheter des ovules en Espagne parce qu’ils proviennent de femmes d’Europe de l’Est qui ont des caractéristiques génétiques recherchées : blondes aux yeux bleus, grandes… Et dans le cadre de la grossesse pour autrui (GPA), ils vont aller faire porter les grossesses par des femmes indiennes. Ce sont des enjeux raciaux et d’exploitation graves. Il y a là plusieurs femmes en jeu, ce qui complexifie encore plus ce commerce des corps. Les impacts sur les mères porteuses sont au premier plan, mais pour les pourvoyeuses d’ovules, les conséquences sur leur santé semblent occultées. Ce sont souvent de très jeunes femmes, les stimulations ovariennes à répétition, les prélèvements d’ovules affectent leur propre santé reproductive, d’autant que lorsqu’elles repartent chez elles, elles n’ont pas toujours le suivi nécessaire. Des documentaires, tels que Eggsploitation aux États-Unis, montrent les effets de l’hyperstimulation ovarienne sur ces jeunes filles, dont certaines ont développé des cancers en lien avec l’utilisation massive d’hormones. Ce sont les femmes invisibles de tous ces discours, les gens ont très peu de connaissances sur les procédures médicales utilisées pour amener une femme à produire dix à quinze ovules dans un mois. C’est dans une logique de marché : transformer le corps des femmes pour qu’il soit plus productif.

    #GPA #don_d'organes


  • #Sexe, #race & #colonies. La #domination des #corps du XVe siècle à nos jours

    Reposant sur plus de mille peintures, illustrations, photographies et objets répartis sur six siècles d’histoire au creuset de tous les #empires_coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes, notamment aux États-Unis, et jusqu’aux #décolonisations, ce livre s’attache à une #histoire complexe et #taboue. Une histoire dont les traces sont toujours visibles de nos jours, dans les enjeux postcoloniaux, les questions migratoires ou le métissage des identités.
    C’est le récit d’une #fascination et d’une #violence multiforme. C’est aussi la révélation de l’incroyable production d’#images qui ont fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l’Occident. Projet inédit tant par son ambition éditoriale, que par sa volonté de rassembler les meilleurs spécialistes internationaux, l’objectif de Sexe, race & colonies est de dresser un panorama complet de ce passé oublié et ignoré, en suivant pas à pas ce long récit de la #domination_des_corps.


    https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Sexe__race___colonies-9782348036002.html
    #colonialisme #colonisation
    #esclavage #image #post-colonialisme #identité #exotisme

    • "Sexe, race & colonies", un ouvrage d’historiens qui fait débat

      L’ouvrage « Sexe, race & colonies » d’un collectif d’historiens sur l’imagerie du corps sous domination coloniale, fait à la fois référence et débat en France. L’historien Pascal Blanchard est l’invité de France 24.

      Le livre en impose par son ambition historiographique, par le nombre de photographies réunies, par l’ampleur du sujet – des siècles et des continents parcourus. « Sexe, race & colonies, la domination des corps du XVe siècle à nos jours » (éditions La Découverte) jette un regard historique et transnational sur l’accaparement des individus jusque dans leur intimité, au nom de la domination occidentale.

      Plus d’un millier de peintures et de photographies permettent de prendre la mesure du corps-à-corps entre colons et colonisés, perçus comme étant à disposition, sexualisables à l’envi. Le travail d’un collectif de 97 historiens sous la direction de Pascal Blanchard, spécialiste du fait colonial et de son imaginaire au Laboratoire communication et politique du CNRS, scrute tout le panel de cette imagerie, tour à tour fantasmagorique et tristement réelle, de la représentation érotisée des « sauvages » dès le XVe siècle jusqu’à des cartes postales dégradantes envoyés en Europe par les colons établis dans les pays du Sud aux XIXe et XXe siècles. Le phénomène ne se résume pas aux colonies françaises en Afrique, l’Empire japonais et l’Amérique ségrégationniste ont connu les mêmes logiques d’assujettissement sexuel des corps.

      Cet ouvrage donne à voir combien « l’Occident s’est arrogé un droit sur l’autre. La domination des terres s’est accompagnée d’une domination des corps. C’était un safari incroyable. L’homme blanc se sentait intouchable », explique Pascal Blanchard sur France 24. « Dès le XVe siècle, la peinture raconte l’histoire d’un paradis perdu. Ces corps nouveaux fascinent, alors même que les Occidentaux cachent le leur. Mépris et attirance se sont entrecroisés. Ce qui était un paradis pour les uns était l’enfer des autres », juge l’historien.

      Durant quatre années, le collectif a fouillé quelque 450 fonds privés et publics dans le monde, en Europe, aux États-Unis, en Asie, et s’est heurté à des obstacles. « Les musées ont refusé de nous céder les droits pour les œuvres de Gauguin qui posent énormément problème. Les héritiers de Hergé ont également mis leur veto pour utiliser des dessins de ’Tintin au Congo’. Sans compter les marques qui ont refusé que leurs publicités interraciales soient dans le livre », relate Pascal Blanchard, convaincu que le sujet dérange encore.

      « Prendre les images au sérieux »

      Peut-on décoloniser les images sans montrer les images ? L’ouvrage s’est attiré des critiques. Le collectif Cases rebelles ironise sur l’intention de ces « bonnes âmes » qui, « sous prétexte de dénoncer ou d’analyser », ne fait que « reconduire la violence en diffusant massivement des images de femmes non-blanches humiliées, agressées, dont certaines sont encore des enfants sur les clichés en question. Comme si la reproduction de ces images avait cessé d’être profondément attentatoire à leur dignité, comme si elles n’affectaient plus leurs descendant.e.s et tout.e.s les héritier.e.s – côté victimes – de cette violence coloniale. »

      Parmi les historiens qui ont participé à l’ouvrage, Christelle Taraud, spécialiste de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités en contexte colonial, particulièrement dans les pays du Maghreb, s’explique : « Il y a assez peu d’ouvrages qui prennent au sérieux les images », affirme-t-elle lors des Rendez-vous de l’histoire organisés à Blois, le 13 octobre 2018. « Pour parler de domination coloniale, il fallait donc nous emparer de ce matériel image qui a toujours posé beaucoup de problèmes aux historiens, ou a été traité de façon illustrative, poursuit l’historienne. On voulait replacer ces images au cœur de notre propos. A partir du XIXe siècle et l’invention de la photographie, l’essentiel de la domination symbolique est passé par la domination visuelle. Et nous sommes persuadés que les stéréotypes d’hier affectent très lourdement nos sociétés contemporaines. »

      Le succès du tourisme sexuel dans les pays anciennement colonisés, le fantasme de la « beurette » supposément sensuelle, sont autant d’héritages non assumés de cette imagerie dominatrice, estime le collectif d’historiens, qui se défend d’avoir versé dans le sensationnalisme. « Les images ont une puissance, elles sont perturbantes, bouleversantes, admet Nicolas Bancel, invité de la table ronde consacrée à l’ouvrage aux Rendez-vous de l’histoire. Elles font résonner en nous des zones obscures de l’inconscient. Nous avons travaillé à ce que ce livre fasse réfléchir, qu’il permette la distance. On a particulièrement réfléchi à l’intertextualité, le rapport entre le texte et l’image. »

      Vertige et violence de la reproduction

      Précisément, cette intertextualité est l’objet de critiques. L’habillage de l’ouvrage, la typographie du mot « sexe » qui s’étale en couverture, la reproduction en grand format et sur papier glacé des photographies de personnes nues et maltraitées, la prégnance des images au détriment du texte, participent au rejet du livre.

      Ce format de publication ne se soucie pas « de la matérialité de l’objet d’histoire que l’on fabrique » et vient « contredire le projet des auteurs », écrit Philippe Artières dans Libération. Les photographies sont « crues, pornographiques et violentes », atteste la militante féministe Mélusine, qui plaide pour le « respect » envers « toutes leurs lectrices d’aujourd’hui, en particulier pour celles qui reconnaissent ces corps au leur si semblables et qui continuent de souffrir des conséquences sociales, morales et physiques de cet imaginaire sexuel raciste, qui n’a pas cessé d’exciter l’œil des spectateurs ». « On vomit parce qu’on a cru ouvrir un livre d’histoire, et qu’on se retrouve en train de feuilleter un gros beau livre porno, écrit Daniel Schneidermann. Vous savez, les beaux livres, sur les tracteurs, les peintres du Quattrocento ou les pipes en écume ? Cette fois, c’est un beau livre de viols coloniaux. » Florent Georgesco dans Le Monde admet également que « l’ensemble souffre au bout du compte de définir le sexe colonial de manière si large, sans les nuances qu’une pensée critique plus solide aurait permises, qu’il devient une réalité vague, propre à accueillir tous les sentiments. Même la fascination. »

      « On ne les appelle pas des photos érotiques », se défend Pascal Blanchard sur France 24. « On les appelle des images de la domination coloniale. Vous avez vu un homme qui presse le sein d’une femme ? C’est un safari sexuel. Et on n’a pas tout montré, les images de pédophilie n’ont pas été publiées. Si on veut comprendre comment à l’époque, à travers ces photographies, on a légitimé le droit de posséder le corps de l’autre, il faut montrer ces images. »

      Nicolas Bancel dresse un parallèle avec la réception de l’ouvrage américain « Without Sanctuary » (éditions Twin Palms Publishers, 2000), qui rend compte d’une abondante iconographie du lynchage aux États-Unis. Sur les cartes postales et sur les photographies amateur, la présence des enfants blancs dans le public, tout comme l’esthétisme des clichés, dérangent fortement. « Les premières réactions à ce livre et à ces images ont été extrêmement violentes parmi les Noirs américains, jusqu’à ce qu’ils s’en emparent », relate l’historien. De la même façon, le temps permettra aux images coloniales d’être « digérées, comprises, dépassées », estime Christelle Taraud.

      Quid du droit à l’image

      Faut-il se désoler de l’impréparation d’une société à affronter la force dérangeante de ces images, ou alors faire une place à l’émotion que suscite cet ouvrage ? La distanciation voulue par les auteurs du livre a-t-elle pris en compte, dans son champ de vision, la présence des descendants des colonisés qui vivent cette publication comme une nouvelle violence ?

      « Ces victimes sur les photographies publiées sont nôtres, elles sont de chez nous, de nos terres, de nos familles, affirme le collectif Cases rebelles. Nous ne sommes pas éloigné.e.s, pas détaché.e.s de ces corps. Aujourd’hui encore, nous portons au quotidien le poids de ces hypersexualisations violentes, de ces hyperaccessibilités au corps colonisé », rappelle le collectif qui pose la question du droit à l’image : « À la question de savoir si ces photos doivent être montrées dans l’absolu, nous répondons clairement : ne serait-ce pas d’abord aux personnes figurant sur les photos de répondre ? Les femmes, les enfants humilié.e.s, exhibé.e.s sur ces photos, ou leurs ayants droit, ont-ils donné leur autorisation ? Est-ce que quelqu’un connaît même leurs noms ? »

      Sans répondre à ces critiques – Pascal Blanchard n’a pas affronté de contradiction en public lors des Rendez-vous de l’histoire à Blois, ni honoré l’invitation de l’émission « Arrêt sur images » de débattre à plusieurs –, l’historien conclut sur France 24 : « Nous sommes en train de découvrir l’histoire de la domination masculine. C’est une longue histoire, qui n’est pas née avec #MeToo, et ne s’arrêtera pas dans les quelques mois qui viennent. C’est très complexe d’aborder l’histoire de la domination masculine parce que par définition ça nous fait peur, parce que ça bouleverse tous nos repères. »

      Le malaise face aux images serait donc le miroir d’un désarroi. Ou peut-être le signe que la distance et le respect n’ont pas encore trouvé leur place dans cette longue histoire du rapport au corps.

      https://www.france24.com/fr/20181021-sexe-race-colonies-livre-histoire-images-domination-corps-pascal-


  • Miradas críticas del territorio desde el feminismo

    Somos personas activistas, entusiastas, enérgicas, que creen en la transformación y el poder que tiene el pensar la vida en común. Nacimos en distintos países del mundo (Ecuador, México, España, Brasil, Uruguay) y nos encontramos en Quito hace ya 5 años, lugar que se convirtió en nuestro espacio de conspiraciones. Nos ubicamos en el feminismo latinoamericano y caribeño como lugar de lucha, invención, creación, transformación y pensamiento. Nuestras miradas tejen el vínculo entre los cuerpos diversos y los territorios.

    Pensamos el cuerpo como nuestro primer territorio y al territorio lo reconocemos en nuestros cuerpos: cuando se violentan los lugares donde habitamos se afectan nuestros cuerpos, cuando se afectan nuestros cuerpos se violentan los lugares donde habitamos. Reivindicamos la importancia de la experiencia sensible, son nuestros cuerpos los que encarnan nuestra vida, nuestra memoria y son los sentidos los que nos conectan con los territorios. Sobre el cuerpo queda impreso lo que ocurre en los territorios: la tristeza por la explotación, la angustia por la contaminación, la alegría por estar construyendo otros mundos pese a tanta violencia. Frente al despojo, tratamos de tranzar puentes entre el feminismo, el ecologismo, la naturaleza y los territorios que nos permitan mirar de manera más integral y a la vez sensible el mundo y sobre todo que este pensarnos se convierta en acciones que transformen nuestra vida. A menudo, lo hacemos a través de metodologías corporales, que tratan de conectar la experiencia con las reflexiones, para buscar estrategias colectivas de resistencia.

    ¿Cómo nos miramos?

    Somos urbanas, ese es el lugar desde donde nos miramos, nos pensamos, reproducimos nuestras vidas y desde donde queremos establecer puentes con otros territorios. Partimos de diferentes condiciones y posiciones, revisamos nuestros privilegios y también luchamos contra nuestras opresiones. No queremos hablar por “las otras” sino desde nuestras propias experiencias, pensamientos, rebeldías y lugares para desde ahí generar diálogos y entendernos con las otras. Somos diversas y por eso reconocemos y nos sumamos a otras luchas. Y aprendemos de ellas. Nos interrogamos cómo desde nuestros lugares urbanos podemos aportar a las resistencias de otros espacios y viceversa. Queremos entender la potencia que tiene las conexiones entre lo urbano y los otros territorios. Consideramos importante tejer alianzas y establecer estrategias conjuntas para frenar la destrucción de nuestros territorios-cuerpos, de nuestro planeta, de nuestra Tierra.

    https://territorioyfeminismos.org

    #géographie #féminisme #corps

    et... #cartoexperiment pour @reka: Le corps comme #territoire...


    https://territorioyfeminismos.org/metodologias/mapear-el-cuerpo-como-territorio


  • L’essor des sites #Web valorisant l’#anorexie a contribué à l’émergence d’un #débat_public sur les troubles du comportement alimentaire. Mais comment lutter sur Internet contre ces troubles ?

    https://sms.hypotheses.org/11593

    #anorexie, #TCA, #alimentation, #alimentaire, #pro-ana, #publicité, #discours, #corps, #internet, #maladie, #blog, #solidarités, #relation, #guérison, #soutien, #réseaux_sociaux, #censure