• Cambridge s’enflamme autour d’une polémique sur la « transexualité » de Jésus Arnaud de La Grange - Le figaro
    https://etudiant.lefigaro.fr/article/cambridge-s-enflamme-autour-d-une-polemique-sur-la-transexualite-d

    Devant une assemblée composée de fidèles anglicans, un jeune chercheur a affirmé que le Christ avait un « corps trans » .

    Après s’être embrasée sur le passé « colonial et raciste » de la Grande-Bretagne, voilà que l’université anglaise remonte bien plus loin dans l’Histoire pour créer de nouvelles polémiques. À Cambridge, les esprits s’enflamment autour d’un sermon, soutenu par le doyen d’un collège prestigieux, suggérant que Jésus ait pu être transgenre. Les propos qui ont mis le feu aux poudres ont été tenus à la chapelle du Trinity College par un jeune chercheur. Joshua Heath a affirmé que le Christ avait un « corps trans », trois peintures médiévales et renaissance de la Crucifixion à l’appui, dont la Pieta de Jean Malouel datant de 1400.


    Des fidèles qui crient à l’hérésie
    Le chercheur, dont le doctorat a été supervisé par l’ancien archevêque de Canterbury Rowan Williams, estime que dans ces représentations, la blessure latérale ressemble à un vagin. À l’assemblée, il a également affirmé que, dans le Livre de prières de Bonne de Luxembourg datant du 14e siècle, la blessure « prend une apparence résolument vaginale ». Évoquant un corps « simultanément masculin et féminin », Heath estime que « si le corps du Christ est comme ces œuvres le suggèrent le corps de tous les corps, alors son corps est aussi un corps trans. »

    Une assemblée anglicane très choquée
    Des fidèles et des membres de la congrégation sont sortis en larmes de l’office. Ils crient aujourd’hui à « l’hérésie » après que le doyen du Trinity College, Michael Banner, a soutenu le sermon, estimant que le point de vue de Heath était « légitime ». Dans une lettre au doyen que s’est procurée le Telegraph https://www.telegraph.co.uk/news/2022/11/26/jesus-could-have-transgender-claims-cambridge-dean , l’un d’eux s’insurge que l’on puisse estimer « qu’une plaie faite dans un homme, par lequel on peut pénétrer son corps, puisse en faire une femme ». Et se désole qu’en chaire, un dimanche à l’heure des Vêpres, ils aient été « invités à contempler le martyre d’un « trans Christ » ». L’assemblée de cet office anglican, auquel participaient des enfants, aurait été « très choquée par ce sermon provocateur ».

    Le Trinity College approuve
    Dans une réponse écrite citée par le Times https://economictimes.indiatimes.com/news/international/uk/cambridge-dean-michael-banner-backs-research-students-christ-had-a-trans-body-claim-sparks-row/articleshow/95810315.cms , Michael Banner estime que l’idée de ce « corps masculin/féminin du Christ fournit des moyens de réfléchir aux questions relatives aux transgenres aujourd’hui ». Un porte-parole du Trinity College a justifié un sermon « explorant la nature de l’art religieux, dans l’esprit d’une enquête académique stimulante, en accord avec le débat ouvert et le dialogue à l’Université de Cambridge ». Cette polémique surréaliste a surtout pour effet de nourrir la « guerre culturelle » qui se livre dans les sphères intellectuelles et politiques britanniques.

    #cambridge #université #transexualité #trans #transgenres #jésus #jésus_christ #corps #sermon #Trinity_College

  • Mérites et limites du Téléthon - Les mots sont importants (lmsi.net)
    https://lmsi.net/Merites-et-limites-du-Telethon

    En 160 pages à la première personne, faites de chair et de fer comme l’est, selon ses propres mots, son autrice, cette dernière nous livre, réduite à son expression la plus simple, directe et implacable, une autobiographie pour ainsi dire totale : un récit de vie, une socio-analyse, une autobiographie intellectuelle et politique. De page en page, on découvre dans toute leur étendue la violence du handicap en même temps que la puissance de la combattante, mais on comprend surtout que ni cette violence ni la capacité de résistance qui lui fait face n’ont rien d’un simple donné naturel. « Dès l’instant où je suis née, nous dit Charlotte Puiseux, j’ai porté sur moi les marques évidentes du handicap. Ma relégation aux marges de la société s’est alors installée irrémédiablement et il semblait naturel que mon existence se déroule en bas de la hiérarchie des vies humaines. Mais ce destin tragique n’a rien de naturel : il est écrit par une société qui érige des normes à coups de mesures légales et d’examens médicaux et exclut certains corps, certaines vies. ». C’est sur ces normes que le livre de Charlotte Puiseux vient d’un même mouvement nous interroger et nous instruire, et sur leur caractère arbitraire et changeant – en un mot : leur historicité. Sous la paresseuse « évidence » du destin biologique, c’est tout un système idéologique qui se fait jour, que l’autrice nomme par son nom : le validisme.

    #validisme #corps

  • Histoire des violences faites aux femmes (4x59mn)

    Carcan de soie, prison de taffetas, le vêtement entrave les corps des femmes, qui sont d’ailleurs jetées aux oubliettes quand elles semblent trop proches du pouvoir. Du crime longtemps dit « passionnel » au mythe du sexe faible, une histoire des violences faites aux femmes et des féminicides.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-histoire-des-violences-faites-aux-femmes

    Épisode 1/4 : Écartées du pouvoir, les femmes aux oubliettes

    Épisode 2/4 : Dominer jusqu’à la mort, du « crime passionnel » au féminicide

    Épisode 3/4 : « Apportez-moi mes sels ! » La médecine et le mythe du sexe faible

    Episode 4/4 : Carcan de soie, prison de taffetas, quand les vêtements entravaient les corps des femmes

    #Histoire#Égalité#femmes#hommes#Violences#Renaissance#Feminisme#Feminicide#Sexe#Sexualité#Patriarcat#corps#vêtement

  • Vers un monde moins défoncé et merdique — Sobriété et lutte anarchiste
    https://infokiosques.net/spip.php?article1538

    Vers un monde moins défoncé et merdique est sorti sous forme de brochure auto-éditée en 2003, aux Etats-Unis. « De nombreuses raisons m’amènent à m’abstenir de la consommation d’intoxicants, et certaines d’entre elles ne sont pas "politiques" en soi. Certaines sont plus personnelles ou intimes : j’aime mon corps et veux préserver ma santé ; je suis terrifié par les addictions ; je tends vers les extrêmes, ainsi je pense que si j’avais bu ou m’étais drogué je l’aurais trop fait ; dans ma famille, des personnes toxicomanes et alcooliques ont ruiné des vies. D’autres raisons sont plus pragmatiques : en tant qu’activiste, je prends part à des actions qui m’exposent au risque de me faire arrêter, et les risques légaux encourus pour possession de drogue n’en valent pas la peine ; je préfère mettre mon (...)

    #V #Infokiosque_fantôme_partout_ #Anarchismes,_anarchie #Corps,_santé,_antivalidisme #Anglais
    https://cocktailpavepaillette.wordpress.com
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/vers-un-monde-moins-defonce-et-merdique-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/towards_a_less_fucked_up_world.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/towards_a_less_fucked_up_world-screen.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/vers-un-monde-moins-defonce-et-merdique-pageparpage.pdf

  • Mediterraneo nero. Archivio, memorie, corpi

    L’importanza di una riflessione sul Mediterraneo nero è legata alle profonde trasformazioni, in termini culturali, sociali ed economici, che avvengono non solo in Europa, ma nel mondo intero. Oggi è necessario leggere il Mediterraneo in una prospettiva globale e transnazionale, ma anche quale archivio di memorie, pratiche e immagini che stanno ridiscutendo le geografie culturali. Centro di questo sistema epistemologico è il corpo, il rapporto di prossimità e distanza non solo con l’Europa, ma anche con una parte specifica del suo passato: il colonialismo e lo schiavismo. Connettendo passato e presente, l’autore si sofferma sulle memorie orali delle migrazioni raccolte in Italia: voci di etiopi, eritrei, somali e di persone che potremmo definire ‘seconde generazioni’ a proposito delle traversate mediterranee. L’obiettivo è quello di contribuire a una nuova riflessione sul rapporto tra il Mediterraneo nero e la riscrittura/reinvenzione dell’Europa e dell’identità europea.

    http://www.manifestolibri.it/shopnew/product.php?id_product=801

    #Méditerranée_noire #Méditerranée #livre #mémoire #corps #proximité #distance #passé #colonialisme #esclavage #passé_colonial #mémoire_orale #deuxième_génération #identité #identité_européenne #Gabriele_Proglio

    Et plein d’autres ressources intéressantes de ce chercheur (historien) sur son CV :
    https://www.unisg.it/docenti/gabriele-proglio
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    ajouté à la métaliste sur l’#Italie_coloniale / #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

    ping @olivier_aubert @cede

    • The Horn of Africa Diasporas in Italy

      This book delves into the history of the Horn of Africa diaspora in Italy and Europe through the stories of those who fled to Italy from East African states. It draws on oral history research carried out by the BABE project (Bodies Across Borders: Oral and Visual Memories in Europe and Beyond) in a host of cities across Italy that explored topics including migration journeys, the memory of colonialism in the Horn of Africa, cultural identity in Italy and Europe, and Mediterranean crossings. This book shows how the cultural memory of interviewees is deeply linked to an intersubjective context that is changing Italian and European identities. The collected narratives reveal the existence of another Italy – and another Europe – through stories that cross national and European borders and unfold in transnational and global networks. They tell of the multiple identities of the diaspora and reconsider the geography of the continent, in terms of experiences, emotions, and close relationships, and help reinterpret the history and legacy of Italian colonialism.

      https://link.springer.com/book/10.1007/978-3-030-58326-2#toc

    • Libia 1911-1912. Immaginari coloniali e italianità

      L’Italia va alla guerra per conquistare il suo ’posto al sole’ senza realmente sapere cosa troverà sull’altra sponda del Mediterraneo. Il volume analizza la propaganda coloniale e, in particolare, la stretta relazione tra la costruzione narrativa della colonia libica e le trasformazioni dell’italianità. All’iniziale studio degli immaginari sulla Libia precedenti il 1911, segue una disamina di quelle voci che si mobilitarono a favore della guerra, partendo dai nazionalisti di Enrico Corradini con i riferimenti all’Impero romano, al Risorgimento, al mito della ’terra promessa’. L’archivio coloniale è indagato anche attraverso lo studio delle omelie funebri per i soldati caduti durante la guerra, con immagini che vanno dal buon soldato al figlio della patria. Un altro campo d’analisi è quello dell’infanzia: i discorsi dei docenti sul conflitto, del «Corriere dei Piccoli» e della letteratura per ragazzi lavorano per «costruire» i corpi dei piccoli italiani. Non manca, infine, lo studio della letteratura interventista: Gabriele D’Annunzio, Giovanni Pascoli, Filippo Tommaso Marinetti, Matilde Serao, Ezio Maria Gray, Umberto Saba, Ada Negri, Giovanni Bevione.

      https://www.mondadoristore.it/Libia-1911-1912-Immaginari-Gabriele-Proglio/eai978880074729
      #imaginaire_colonial #italianité #Libye

  • OPINION de #Fabien_Fivaz - #Précarité_académique : Pour plus de postes fixes

    Faute de perspectives dans les hautes écoles suisses, les postdoctorants devraient se tourner vers le privé. C’est le constat dressé récemment par le Conseil suisse de la science (CSS). Si le conseiller national (Vert/Neuchâtel), président de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture s’inquiète comme le CSS de l’avenir de ces universitaires, il tire d’autres conclusions sur les mesures à prendre.

    Les postdoctorant·e·s sont essentiel·le·s pour le système de recherche suisse : c’est une main d’œuvre flexible, bon marché et hautement qualifiée. Elle est corvéable à merci. Et n’a pas d’avenir académique : 1% seulement obtiennent un poste de professeur·e dans une haute école en Suisse. C’est le constat dressé récemment par le Conseil suisse de la science (CSS) (https://wissenschaftsrat.ch/images/stories/pdf/fr/SWR_2022_Can_we_do_better_Appropriate_size_and_org_of_ERI_system.pd).

    Rien de bien nouveau. Le personnel du #corps_intermédiaire académique des hautes écoles subit depuis de nombreuses années des conditions de travail précaires. Plusieurs autres enquêtes le démontrent, récemment encore à l’Université de Genève, où plus de 35% des personnes exprimaient un sentiment de précarité et plus de la moitié craignaient d’y glisser. Les raisons sont multiples : les postdoctorant·e·s accumulent les postes à durée déterminée, de courte durée et les pourcentages ne sont pas en phase avec la charge de travail.
    La Suisse mauvaise élève

    Ces conditions ont créé un mouvement de contestation qui a culminé avec le dépôt d’une pétition destinée aux autorités fédérales. Le Conseil national a entendu ces revendications et transmis un postulat au Conseil fédéral, lui demandant de définir une stratégie pour améliorer la situation dans le cadre du prochain message sur la formation, la recherche et l’innovation pour les années 2025-28. Mais quelles sont les solutions ?

    Le CSS écarte un peu rapidement la possibilité de créer plus de postes fixes au sein des hautes écoles. Plusieurs autres pays ont choisi cette voie, avec succès. En vrai, comparée aux autres, la Suisse est très mal placée : plus de 80% du corps intermédiaire académique ne bénéficie pas d’un contrat de travail à durée indéterminée. Cette piste doit donc rester ouverte : le FNS peut soutenir cette démarche en fixant des conditions pour l’octroi de son soutien et la Confédération peut encourager les postes fixes dans le cadre de son soutien de base aux universités cantonales, dans lesquelles le problème est le plus aigu. Les tenure track (professeur·e·s assistant·e·s avec possibilité de prétitularisation conditionnelle) font partie de la solution, mais cela demande également d’augmenter les budgets. Et ces postes doivent être de vrais tenure track, avec un poste fixe pour celles et ceux qui remplissent les exigences fixées à la fin de la période de prétitularisation.
    Une meilleure reconnaissance

    Contrairement à la vision du CSS, les postdoctorant·e·s ne sont pas des étudiant·e·s. Entre recherche, enseignement et administration, ils sont essentiels et indispensables à la compétitivité du système académique suisse. C’est à ce titre qu’ils doivent être reconnus, en améliorant leurs conditions de travail et en leur permettant de concilier vie privée et familiale avec leurs activités professionnelles dans les hautes écoles. Les conditions de travail actuelles ne sont plus en phase avec les aspirations d’une majorité : plus d’un tiers des personnes bénéficiant d’un soutien du Fonds national suisse sont insatisfaites en matière de sécurité de leur emploi.

    Les conditions sont remplies pour que ces améliorations aient lieu : le Parlement soutient ces revendications, le FNS s’engage à réformer ses instruments de soutien. Les propositions sont également soutenues par le corps professoral. Restent donc aux universités et structures qui coordonnent leur travail de proposer des solutions.

    https://www.heidi.news/articles/precarite-academique-pour-plus-de-postes-fixes

    #corps_intermédiaire #université #Suisse #recherche #travail #conditions_de_travail #facs #ESR

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    https://seenthis.net/messages/822513
    lui-même ajouté à cette métaliste :
    https://seenthis.net/messages/945135

    • J’ai passé une si grande partie de mes années d’études supérieures à manifester, à organiser et à distribuer des tracts que j’aurais probablement dû obtenir un doctorat en subversion politique plutôt qu’en biologie cellulaire. »

      C’est avec ces mots que Barbara Ehrenreich, qui nous a quitté le 1er septembre dernier, évoquait en 1984 ses jeunes années de lutte. Elle n’a par la suite jamais cessé de se battre.

      Barbara Ehrenreich fut chroniqueuse, féministe, socialiste et activiste politique américaine. Elle a joué un rôle majeur dans le mouvement de santé radical et le mouvement de santé des femmes. Elle a écrit de nombreux ouvrages, et parmi les rares traduits en français il est indispensable de lire Sorcières, sages-femmes et infirmières et Fragiles ou contagieuses, co-écrit avec Deirdre English et parus aux éditions Cambourakis.

    • Donner le pouvoir au peuple, les premiers temps de Health/PAC | Barbara Ehrenreich
      https://cabrioles.substack.com/p/les-premiers-temps-de-healthpac-barbara

      J’aimerais pouvoir vous transmettre un peu de l’excitation de ces jours-là, du tourbillon de personnes et d’activités qui traversaient Health/PAC. Il y avait les Black Panthers ; il y avait les leaders des églises noires ; il y avait les Young Lords, parlant leur mélange particulièrement attachant de marxisme et d’argot de barrio. Il y avait Howard Levy, tout juste sorti de la prison fédérale. Il y avait Leslie Cagan tout juste rentrée de la première Brigade Venceremos à Cuba et qui parlait de révolution… Notre horizon n’était pas seulement un système qui donne aux gens les services, mais un système qui leur donne le pouvoir. Car s’il y a une chose que nous avons apprise, c’est que tout comme la guérison est une forme d’autonomisation, l’autonomisation est une forme de guérison.

      #santé #santé_publique #luttes

    • Dans un autre livre Smile or Die : How Positive Thinking Fooled America and the World, elle démontre que la « pensée positive » n’a d’affirmative que le nom.

      Cette philosophie serait même l’outil de manipulation idéal pour convaincre des employés de dire « oui » en souriant à tous les abus éventuels de leurs patrons. Sur le plan spirituel, c’est aussi un moyen de recrutement pour les sectes en tout genre.

      Vu sur la page Wikipedia fr de la dame ; ils citent en ref une book review du guardian de 2010 https://www.theguardian.com/books/2010/jan/10/smile-or-die-barbara-ehrenreich

  • Apprendre par corps | #Céline_Verchère

    Pourquoi, dans les démarches en recherche, pense-t-on uniquement à partir de la tête, en oubliant le reste du corps ? Et si le corps était une voie incontournable pour toute pensée qui souhaite se construire sur le chemin de la reliance, de ce qui est juste et raisonnable de faire, en prise avec le réel ? Que risquons-nous à essayer ?

    https://www.youtube.com/watch?v=4I74P4xW3DI&list=PL6Dbf1OoRgqbuqUW_GSDZKQHqwEut1XDU&index=4

    #corps #expérience #recherche #penser #savoirs #présent #ici_et_maintenant #capteurs #corps_en_mouvement #empathie #émotions #action #mouvement #théâtre_de_présence_sociale #art_et_politique #dancestorming #éthique #connaissance #conférence #espace #engagement #immersion #neutralité #éthique #connaissance_sensible #connaissance_incarnée #reliance #connaissance_incorporée

    ping @karine4 @reka

  • Vulvatomique
    https://infokiosques.net/spip.php?article1945

    « Rosæ Canine est une collective d’herboristes militantes et féministes pour la réappropriation des corps. A la convergence des sciences, des savoirs empiriques et des intuitions, nous organisons des rencontres autour de l’usage des simples, et en particulier des plantes de la sphère gynécologique et urologique. Notre soulèvement est politique, Queer, anticapitaliste, libertaire. Nous contestons toute forme d’oppression, et militons pour la libre circulation des personnes et des savoirs. A travers balades et ateliers hybrides, nous tentons d’aborder de la manière la plus inclusive possible nos sexualités ou asexualités, pour questionner ensemble nos ressentis et nos états de corps. » #V

    / Infokiosque fantôme (partout), #Guides_pratiques, Féminisme, (questions de) genre, Corps, santé, (...)

    #Infokiosque_fantôme_partout_ #Féminisme,_questions_de_genre #Corps,_santé,_antivalidisme
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/vulvatomique-cahier-14pa4-juil2022.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/vulvatomique-pageparpage-28pa5-juil2022.pdf

  • Beurk, burp, beuark, gloups, glurb,hips, gruik, meuh, sniff …

    Instagram - La foire aux vanités (1h26)

    https://www.arte.tv/fr/videos/095729-000-A/instagram-la-foire-aux-vanites

    Lancé il y a un peu plus de dix ans, le réseau social Instagram a conquis la planète. Cette enquête exhaustive décrypte les rouages de son ascension et met en lumière ses effets délétères.
    Deux milliards d’utilisateurs actifs chaque mois, 100 millions de vidéos et photos partagées quotidiennement : lancé à l’automne 2010, au cœur de la Silicon Valley, par Kevin Systrom et Mike Krieger, deux étudiants de l’université de Stanford, le réseau Instagram a connu une ascension fulgurante. Surfant sur le développement de la photographie sur mobile, l’application, initialement conçue pour retoucher (grâce à ses fameux filtres) et partager des clichés, attire rapidement des célébrités et attise la convoitise des géants du numérique. En 2012, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, qui flaire son potentiel commercial, la rachète pour la somme faramineuse de 1 milliard de dollars. La publicité y fait son apparition deux ans plus tard, favorisant l’explosion du marketing d’influence. Désormais, les marques se tournent vers les personnalités les plus suivies pour promouvoir leurs produits. Les stars aux millions d’abonnés, comme Cristiano Ronaldo ou Kim Kardashian, engrangent des revenus astronomiques, tandis qu’au bas de la hiérarchie, soumis à une concurrence impitoyable, les « nano-influenceurs » se contentent de contrats payés en nature ou d’avantages promotionnels. Transformé en gigantesque centre commercial, le réseau abreuve ses utilisateurs de visions modifiées de la réalité, entre corps jeunes et dénudés, spots touristiques aussitôt pris d’assaut et images esthétisées de nourriture, labellisées « food porn ». Conséquences : les opérations de chirurgie esthétique se multiplient chez les jeunes, enrichissant des praticiens peu scrupuleux, tandis que l’anxiété et la dépression progressent de façon inquiétante chez les adolescents, particulièrement perméables à ces idéaux standardisés.

    Tyrannie

    Pointé du doigt pour ses dérives, le réseau a pourtant trouvé un second souffle pendant la pandémie, devenant un lieu d’expression artistique, de l’intime et des combats portés par les minorités. De sa naissance à ses récentes évolutions, Olivier Lemaire (Le musée et le milliardaire anticonformiste, Let’s Dance) s’appuie sur une foule de témoignages (l’influenceuse Maya Borsali, le « Dr. Miami », chirurgien star des réseaux sociaux, le sociologue Dominique Boullier, l’autrice d’Instagram sans filtre Sarah Frier, mais aussi des familles d’adolescents victimes de cette tyrannie de l’image…) pour décrypter l’influence d’un réseau qui formate notre vie, bouleverse notre économie et redessine notre rapport au réel, souvent pour le pire. 

    #Mode#corps#bouffe#voyage#mise_en_scène_de_soi#mimétisme#distraction#alienation#obscénité#activisme#reseausocial#instagram#facebook

  • Laurie Laufer : « La psychanalyse a du mal à inventer un autre langage, à penser au-delà de Freud et Lacan »

    Alors que les études de genre, les savoirs et les théories LGBTQI + ont inventé d’autres perspectives en matière de sexualité, la discipline s’est quelque peu refermée sur elle-même et doit intégrer les changements sociétaux, explique la psychanalyste dans un entretien au « Monde ».

    Dans son ouvrage Vers une psychanalyse émancipée. Renouer avec la subversion (La Découverte, 240 pages, 18,50 euros), la psychanalyste Laurie Laufer dresse une critique sévère de sa discipline. Repliée sur elle-même, cette dernière serait dépassée, voire à contre-courant de notre société, certains psychanalystes n’hésitant pas à afficher leurs opinions contre le mariage pour tous ou contre la PMA pour les couples de femmes. Alors, la psychanalyse a-t-elle encore des choses à dire, et si oui, lesquelles ? Laurie Laufer, également professeure des universités à Paris-Cité et directrice de l’UFR Institut humanités, sciences et sociétés, invite à une relecture des principes fondateurs de sa discipline en replaçant le sujet – qu’il soit hétérosexuel, bi, homo, trans ou intersexe – au cœur de son travail analytique, sans négliger le contexte social et politique dans lequel s’inscrit sa démarche.

    Des grands concepts psychanalytiques sont aujourd’hui rejetés par les mouvements LGBTQI +, quels sont-ils ?
    `
    Il me semble que ce qui est plutôt rejeté, ce ne sont pas tant les concepts qu’a développés Freud, mais la façon dont certains psychanalystes les utilisent. Si des praticiens considèrent que la différence des sexes – l’un des principes fondateurs de la psychanalyse – revient à dire que l’anatomie fait le destin, cela produit une position normée et normative. Je pense que ce qui est rejeté, à juste titre, c’est la hiérarchisation, ce sont les discriminations et les oppressions que produit l’idée de la différenciation binaire. L’hétéronormativité – et la binarité qui va avec – participe d’un discours dominant, issu de ceux qui ont le privilège de ne pas être inquiétés par cette différenciation.

    De même, la notion de « femme phallique », ou de femme « puissante », est toujours considérée de manière péjorative ou dénigrante par la doxa. Mais pourquoi serait-il pathologique pour une femme de souhaiter obtenir ce que les hommes ont comme privilèges ? On associe souvent les termes « femme », « passive », « soumise » et « masochiste ». Mais à force de répéter cette association, on l’intègre. C’est notamment ce que souligne la philosophe américaine Judith Butler : nous jouons et rejouons dans le champ social les normes de genre que nous avons intériorisées ; si je veux me faire reconnaître comme femme, alors je dois jouer la passivité, la soumission, etc. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment la psychanalyse peut créer les conditions pour défaire cette chaîne de mots socialement intégrée.

    Vous rappelez que, pour Freud, l’homosexualité est une « variation de la fonction sexuelle ». D’aucuns soutiennent que la psychanalyse prédispose à l’homophobie…

    C’est en partie vrai. Plusieurs textes écrits par des psychanalystes traitaient l’homosexualité comme s’il fallait la guérir, sous-entendant que c’était une maladie. Mais ce n’est pas ce que dit Freud. Selon lui, l’homosexualité est « un choix d’objet », comme l’hétérosexualité. Il y a une sorte de détermination inconsciente qui fait que le sujet choisit son objet. C’est une forme de contingence, en somme.

    Rappelons-nous qu’à partir des années 1920 il y a un conflit majeur entre [le psychiatre et psychanalyste gallois - 1879-1958 ] Ernest Jones et Sigmund Freud. Jones s’oppose à Freud en assurant qu’une personne homosexuelle ne peut pas devenir psychanalyste. Cette pensée a irrigué la formation des analystes. Mais personne ne s’étonne qu’un hétérosexuel puisse analyser un autre hétérosexuel.

    Est-ce à dire que ce sont les disciples de Freud qui ont pathologisé l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ?

    Il est compliqué de l’affirmer, car vous pouvez lire Freud et trouver dans ses textes de l’homophobie. Il en est de même avec Lacan et la transphobie. Mais lorsque Lacan commente l’œuvre de Freud, il invite à toujours replacer ses concepts dans leur contexte historique. Il n’a d’ailleurs cessé de dire qu’il fallait réinventer la psychanalyse en permanence.

    En tant que psychanalyste, j’ai appris de ces concepts-là. Mais ce qui importe, c’est la façon dont je peux m’y référer, en lien avec les situations cliniques que je rencontre. A savoir, des configurations familiales et sexuelles différentes de l’époque de Freud ou Lacan.

    Du reste, il n’y a pas de raisons pour que la psychanalyse actuelle échappe à la droitisation de la sphère publique et politique. L’analyste n’est pas tout-puissant, en surplomb par rapport à son époque. Il y a donc des psychanalystes qui ont des positions politiques conservatrices.

    La psychanalyse a-t-elle finalement oublié d’être subversive, comme elle l’a été au moment de sa fondation ?

    Dire, comme l’a fait Freud, que l’homosexualité est une variation sexuelle, que la vie psychique est amorale, que l’enfant est un pervers polymorphe – au moment où on le considère comme candide et innocent –, tout cela est extrêmement subversif pour l’époque.

    On peut rappeler qu’en 1886 le psychiatre allemand Krafft-Ebing (1840-1902) écrit Psychopathia sexualis, ouvrage dans lequel il répertorie toutes les « déviances sexuelles », c’est-à-dire, selon lui, les actes sexuels qui ne visent pas la reproduction de l’espèce. Freud rompt avec cette idée. La question, aujourd’hui, pour moi, est de comprendre comment la psychanalyse s’est moralisée et normalisée. Et c’est en cela que Michel Foucault [1926-1984] m’intéresse. En 1975, dans une interview, il demande : « Qu’est-ce que c’est que cette pudeur sacralisante qui consiste à dire que la psychanalyse n’a rien à voir avec la normalisation ? »

    Certains psychanalystes sont restés enfermés dans la binarité sexuelle et de genre, et il y a une sorte d’affolement dès qu’on parle du corps. Car le corps est révolutionnaire, puissant, il n’est pas simplement anatomique. Il est également politique. C’est le support des formes de libération. Et c’est cette question que soulèvent la pensée, les savoirs et les théories LGBTQI +. Que peut un corps ? Beaucoup de choses, je crois. Ce sont les corps, les sexualités qui peuvent mettre le désordre dans un ordre social rigidifié.

    Les psychanalystes ne sont-ils pas suffisamment curieux ?

    C’est souvent compliqué de penser le « désordre » pour un psychanalyste, habitué à la différence des sexes et à la norme sexuelle. La pathologisation peut servir à calmer l’angoisse d’un praticien qui ne sait pas entendre une personne LGBTQI +. Il est des analystes qui préfèrent dire que ce sont des pervers ou des psychotiques, car ils n’arrivent pas à penser les personnes LGBTQI + en dehors des catégories qu’ils ont eux-mêmes figées. Ils n’ont pas vu l’aspect politique des mouvements LGBTQI + et sont restés sourds aux avancées scientifiques qui, tout au long du XXe siècle, ont remis en cause la binarité. Ils pensent une psychanalyse « hors histoire ».

    Lors de la Manif pour tous, l’expression de catastrophe anthropologique, utilisée par plusieurs psychanalystes, a été reprise en chœur par les anti-mariage pour tous et par les transphobes, se revendiquant de « la » psychanalyse, ainsi instrumentalisée. Qu’est-ce qui nous fait croire qu’il faut un père et une mère pour élever un enfant ? La question de l’œdipe est bien plus complexe que cela. L’anthropologie et la sociologie nous permettent de comprendre qu’il y a une multiplicité de formes de familles possibles.

    C’est donc cela que vous tentez de faire dans votre ouvrage, repenser votre discipline en l’inscrivant dans son temps ?

    L’idée de mon livre, ce n’est pas de dire « voilà ce que la psychanalyse peut dire des LGBTQI + », mais « voilà ce que les personnes LGBTQI + peuvent faire entendre à la psychanalyse ». Il s’agit d’analyser la façon dont la psychanalyse peut se laisser instruire par un autre discours, qui ne soit pas un discours autoréférencé. Parfois, j’ai l’impression que les psychanalystes parlent de la psychanalyse aux psychanalystes. Il faut sortir de sa bulle : le monde existe autour de nous !

    Il y a des psychanalystes qui considèrent les identités LGBTQI + comme de la « perversion sociale ». Moi, cela ne m’intéresse pas. Je ne suis pas une experte en diagnostic, et je ne suis pas dans une approche pathologisante. Quand un patient vient en séance, ma question n’est pas de savoir qui il/elle aime. Je ne suis pas là pour faire de la morale.
    Les mouvements LGBTQI + parlent de sexualité, de désir, de genre – tout ce qui intéresse la psychanalyse. Ils et elles ont écrit, pensé, produit des savoirs. A l’exception majeure de l’Ecole lacanienne de psychanalyse (ELP), qui a introduit un dialogue entre les théoriciens queers et la psychanalyse, comment se fait-il que la discipline ne soit pas allée regarder du côté de ce nouveau corpus théorique ?

    De quoi la psychanalyse souffre-t-elle aujourd’hui ?

    Je trouve que la psychanalyse n’a pas suffisamment travaillé à une épistémologie critique, à une réflexivité sur l’émergence de ses propres concepts. Comme l’a écrit le philosophe et théologien Michel de Certeau [1925-1986] dans Histoire et psychanalyse entre science et fiction (Gallimard, 1987) : « Là où la psychanalyse “oublie” sa propre historicité (…), elle devient ou un mécanisme de pulsions, ou un dogmatisme du discours, ou une gnose de symboles. » Je crois aussi qu’il ne faut pas négliger le poids des écoles psychanalytiques. II y a une sorte d’autoréférence permanente dans les formations. La psychanalyse a également du mal à inventer un autre langage, à penser au-delà de Freud et Lacan.

    Quel risque la psychanalyse court-elle en ne se réinventant pas ?

    Le risque – si c’est un risque – est d’amplifier cette idée que la psychanalyse est une pratique normative, réactionnaire. Je n’ai pas envie de sauver « la » psychanalyse, je pense simplement qu’il y a une autre façon de la pratiquer. Il y a aujourd’hui des psychanalystes qui intègrent les éléments de la théorie critique et les éléments politiques de notre société : les choses changent. Plusieurs psychanalystes se sont récemment déclarés homosexuels : c’est un geste éminemment politique. Aujourd’hui, il y a d’ailleurs une demande de « psy safe », à savoir des psys concernés ou alliés. Mais tout le monde devrait être concerné par la violence, la discrimination ou l’oppression. Depuis quand accepte-t-on que quelqu’un se fasse détruire ? C’est quand même curieux, non ?

    La psychanalyse a donc un réel intérêt pour les personnes LGBTQI + ?

    Il n’y a pas d’analyse « pour » les LGBTQI + : cela sous-entendrait qu’il y a un « eux », et un « nous » universel. En revanche, il peut y avoir des contextes de discrimination et d’oppression qui produisent des effets réels. Mais si une personne souffre ou a envie de parler à quelqu’un, de s’inventer, de retrouver des capacités d’agir et d’aimer, un élan érotique, alors la psychanalyse peut être une expérience intéressante. Judith Butler parle de l’agency– la puissance, la capacité d’agir – ainsi : « Qu’est-ce que je fais avec ce que l’on fait de moi ? » Pour le dire autrement, que fait-on avec les assignations dans lesquelles on est enfermé ? Pour l’expérience analytique, j’ajouterais : comment fais-je avec ce que je ne sais pas de moi-même ?

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/08/14/laurie-laufer-la-psychanalyse-a-du-mal-a-inventer-un-autre-langage-a-penser-

    #théorie #historicité #hétéronormativité #psychanalyse #droitisation #pathologisation #normes #femmes #homosexualité #homophobie #corps #sexualité

  • « Tant qu’on sera dans un système capitaliste, il y aura du #patriarcat » – Entretien avec #Haude_Rivoal

    Haude Rivoal est l’autrice d’une enquête sociologique publiée en 2021 aux éditions La Dispute, La fabrique des masculinités au travail. Par un travail de terrain de plusieurs années au sein d’une entreprise de distribution de produits frais de 15 000 salariés, la sociologue cherche à comprendre comment se forgent les identités masculines au travail, dans un milieu professionnel qui se précarise (vite) et se féminise (lentement). Les travailleurs, majoritairement ouvriers, sont soumis comme dans tous les secteurs à l’intensification, à la rationalisation et à la flexibilisation du travail. Leur réponse aux injonctions du capitalisme et à la précarisation de leur statut, c’est entre autres un renforcement des pratiques viriles : solidarité accrue entre hommes, exclusion subtile (ou non) des femmes, déni de la souffrance… Pour s’adapter pleinement aux exigences du capitalisme et du patriarcat, il leur faut non seulement être de bons travailleurs, productifs, engagés et disciplinés, mais aussi des “hommes virils mais pas machos”. Pour éviter la mise à l’écart, adopter de nouveaux codes de masculinité est donc nécessaire – mais laborieux. Dans cette étude passionnante, Haude Rivoal met en lumière les mécanismes de la fabrique des masculinités au travail, au croisement des facteurs de genre, de classe et de race.

    Entretien par Eugénie P.

    Ton hypothèse de départ est originale, elle va à rebours des postulats féministes habituels : au lieu d’étudier ce qui freine les femmes au travail, tu préfères analyser comment les hommes gardent leur hégémonie au travail « malgré la déstabilisation des identités masculines au et par le travail ». Pourquoi as-tu choisi ce point de départ ?

    J’étais en contrat Cifre [contrat de thèse où le ou la doctorant.e est embauché.e par une entreprise qui bénéficie également de ses recherches, ndlr] dans l’entreprise où j’ai fait cette enquête. J’avais commencé à étudier les femmes, je voulais voir comment elles s’intégraient, trouvaient des stratégies pour s’adapter dans un univers masculin à 80%. Ce que je découvrais sur le terrain était assez similaire à toutes les enquêtes que j’avais pu lire : c’était les mêmes stratégies d’adaptation ou d’autocensure. J’ai été embauchée pour travailler sur l’égalité professionnelle, mais je n’arrivais pas à faire mon métier correctement, parce que je rencontrais beaucoup de résistances de la part de l’entreprise et de la part des hommes. Et comme je ne comprenais pas pourquoi on m’avait embauchée, je me suis dit que ça serait intéressant de poser la question des résistances des hommes, sachant que ce n’est pas beaucoup étudié par la littérature sociologique. J’ai changé un peu de sujet après le début de ma thèse, et c’est au moment où est sortie la traduction française des travaux de Raewyn Connell [Masculinités. Enjeux sociaux de l’hégémonie, Paris, Éditions Amsterdam, 2014, ndlr] : cet ouvrage m’a ouvert un espace intellectuel complètement fou ! Ça m’a beaucoup intéressée et je me suis engouffrée dans la question des masculinités.

    C’est donc la difficulté à faire ton travail qui a renversé ton point de vue, en fait ?

    Oui, la difficulté à faire le travail pour lequel j’ai été embauchée, qui consistait à mettre en place des politiques d’égalité professionnelle : je me rendais compte que non seulement je n’avais pas les moyens de les mettre en place, mais qu’en plus, tout le monde s’en foutait. Et je me suis rendue compte aussi que l’homme qui m’avait embauchée pour ce projet était lui-même extrêmement sexiste, et ne voyait pas l’existence des inégalités hommes-femmes, donc je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il m’avait embauchée. J’ai compris plus tard que les raisons de mon embauche était une défense de ses propres intérêts professionnels, j’y reviendrai. Ce n’est pas qu’il était aveugle face aux inégalités – il travaillait dans le transport routier depuis 40 ans, évidemment que les choses avaient changé -, mais j’avais beau lui expliquer que les discriminations étaient plus pernicieuses, il était persuadé qu’il ne restait plus grand-chose à faire sur l’égalité hommes-femmes.

    Comment se manifeste cette “déstabilisation des identités masculines au et par le travail”, cette supposée « crise de la virilité », que tu évoques au début de ton livre ?

    Je me suis rendue compte en interviewant les anciens et les nouveaux que rien qu’en l’espace d’une génération, il y avait beaucoup moins d’attachement à l’entreprise. Les jeunes générations avaient très vite compris que pour monter dans la hiérarchie, pour être mieux payé ou pour avoir plus de responsabilités, il ne suffisait pas juste d’être loyal à l’entreprise : il fallait la quitter et changer de boulot, tout simplement. Ce n’est pas du tout l’état d’esprit des anciens, dont beaucoup étaient des autodidactes qui avaient eu des carrières ascensionnelles. Il y avait énormément de turnover, et ça créait un sentiment d’instabilité permanent. Il n’y avait plus d’esprit de solidarité ; ils n’arrêtaient pas de dire “on est une grande famille” mais au final, l’esprit de famille ne parlait pas vraiment aux jeunes. Par ailleurs, dans les années 2010, une nouvelle activité a été introduite : la logistique. Il y a eu beaucoup d’enquêtes sur le sujet ! Beaucoup de médias ont parlé de l’activité logistique avec les préparateurs de commandes par exemple, une population majoritairement intérimaire, très précaire, qui ne reste pas longtemps… et du coup, beaucoup d’ouvriers qui avaient un espoir d’ascension sociale se sont retrouvés contrariés. Ce n’est pas exactement du déclassement, mais beaucoup se sont sentis coincés dans une précarité, et d’autant plus face à moi qui suis sociologue, ça faisait un peu violence parfois. Donc c’est à la fois le fait qu’il y ait beaucoup de turnover, et le fait qu’il n’y ait plus le même sentiment de famille et de protection que pouvait apporter l’entreprise, qui font qu’il y a une instabilité permanente pour ces hommes-là. Et comme on sait que l’identité des hommes se construit en grande partie par le travail, cette identité masculine était mise à mal : si elle ne se construit pas par le travail, par quoi elle se construit ?

    Ça interroge beaucoup le lien que tu évoques entre le capitalisme et le patriarcat : la précarisation et la flexibilisation du travail entraînent donc un renforcement des résistances des hommes ?

    Oui, carrément. Il y a beaucoup d’hommes, surtout dans les métiers ouvriers, qui tirent une certaine fierté du fait de faire un “métier d’hommes ». Et donc, face à la précarisation du travail, c’est un peu tout ce qu’il leur reste. Si on introduit des femmes dans ces métiers-là, qui peuvent faire le boulot dont ils étaient si fiers parce que précisément c’est un “métier d’hommes”, forcément ça crée des résistances très fortes. Quand l’identité des hommes est déstabilisée (soit par la précarisation du travail, soit par l’entrée des femmes), ça crée des résistances très fortes.

    Tu explores justement les différentes formes de résistance, qui mènent à des identités masculines diversifiées. L’injonction principale est difficile : il faut être un homme « masculin mais pas macho ». Ceux qui sont trop machos, un peu trop à l’ancienne, sont disqualifiés, et ceux qui sont pas assez masculins, pareil. C’est un équilibre très fin à tenir ! Quelles sont les incidences concrètes de ces disqualifications dans le travail, comment se retrouvent ces personnes-là dans le collectif ?

    Effectivement, il y a plein de manières d’être homme et il ne suffit pas d’être un homme pour être dominant, encore faut-il l’être “correctement”. Et ce “correctement” est presque impossible à atteindre, c’est vraiment un idéal assez difficile. Par exemple, on peut avoir des propos sexistes, mais quand c’est trop vulgaire, que ça va trop loin, là ça va être disqualifié, ça va être qualifié de “beauf”, et pire, ça va qualifier la personne de pas très sérieuse, de quelqu’un à qui on ne pourra pas trop faire confiance. L’incidence de cette disqualification, c’est que non seulement la personne sera un peu mise à l’écart, mais en plus, ce sera potentiellement quelqu’un à qui on ne donnera pas de responsabilités. Parce qu’un responsable doit être un meneur d’hommes, il faut qu’il soit une figure exemplaire, il doit pouvoir aller sur le terrain mais aussi avoir des qualités d’encadrement et des qualités intellectuelles. Donc un homme trop vulgaire, il va avoir une carrière qui ne va pas décoller, ou des promotions qui ne vont pas se faire.

    Quant à ceux qui ne sont “pas assez masculins », je n’en ai pas beaucoup rencontrés, ce qui est déjà une réponse en soi !

    Peut-on dire qu’il y a une “mise à l’écart” des travailleurs les moins qualifiés, qui n’ont pas intégré les nouveaux codes de la masculinité, au profit des cadres ?

    Non, c’est un phénomène que j’ai retrouvé aussi chez les cadres. Mais chez les cadres, le conflit est plutôt générationnel : il y avait les vieux autodidactes et les jeunes loups, et c’est la course à qui s’adapte le mieux aux transformations du monde du travail, qui vont extrêmement vite, en particulier dans la grande distribution. C’est une des raisons pour laquelle le directeur des RH m’a embauchée : il avait peur de ne pas être dans le coup ! L’égalité professionnelle était un sujet, non seulement parce qu’il y avait des obligations légales mais aussi parce que dans la société, ça commençait à bouger un peu à ce moment-là. Donc il s’est dit que c’est un sujet porteur et que potentiellement pour sa carrière à lui, ça pouvait être très bon. Ça explique qu’il y ait des cadres qui adhèrent à des projets d’entreprise avec lesquels ils ne sont pas forcément d’accord, mais juste parce qu’il y a un intérêt final un peu égoïste en termes d’évolution de carrière.

    On dit toujours que les jeunes générations sont plus ouvertes à l’égalité que les aînés, je pense que ce n’est pas tout à fait vrai ; les aînés ont à cœur de s’adapter, ils ont tellement peur d’être dépassés que parfois ils peuvent en faire plus que les jeunes. Et par ailleurs, les jeunes sont ouverts, par exemple sur l’équilibre vie pro et vie perso, mais il y a quand même des injonctions (qui, pour le coup, sont propres au travail) de présentéisme, de présentation de soi, d’un ethos viril à performer… qui font qu’ils sont dans des positions où ils n’ont pas d’autres choix que d’adopter certains comportements virilistes. Donc certes, ils sont plus pour l’égalité hommes-femmes, mais ils ne peuvent pas complètement l’incarner.

    L’une de tes hypothèses fortes, c’est que le patriarcat ingurgite et adapte à son avantage toutes les revendications sur la fin des discriminations pour se consolider. Est-ce qu’on peut progresser sur l’égalité professionnelle, et plus globalement les questions de genre, sans que le patriarcat s’en empare à son avantage ?

    Très clairement, tant qu’on sera dans un système capitaliste, on aura toujours du patriarcat, à mon sens. C’était une hypothèse, maintenant c’est une certitude ! J’ai fait une analogie avec l’ouvrage de Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, pour dire que la domination masculine est pareille que le capitalisme, elle trouve toujours des moyens de se renouveler. En particulier, elle est tellement bien imbriquée dans le système capitaliste qui fonctionne avec les mêmes valeurs virilistes (on associe encore majoritairement la virilité aux hommes), que les hommes partent avec des avantages compétitifs par rapport aux femmes. Donc quand les femmes arrivent dans des positions de pouvoir, est-ce que c’est une bonne nouvelle qu’elles deviennent “des hommes comme les autres”, c’est-à-dire avec des pratiques de pouvoir et de domination ? Je ne suis pas sûre. C’est “l’égalité élitiste” : des femmes arrivent à des positions de dirigeantes, mais ça ne change rien en dessous, ça ne change pas le système sur lequel ça fonctionne, à savoir : un système de domination, de hiérarchies et de jeux de pouvoir.

    Donc selon toi, l’imbrication entre patriarcat et capitalisme est indissociable ?

    Absolument, pour une simple et bonne raison : le capitalisme fonctionne sur une partie du travail gratuit qui est assuré par les femmes à la maison. Sans ce travail gratuit, le système capitaliste ne tiendrait pas. [à ce sujet, voir par exemple les travaux de Silvia Federici, Le capitalisme patriarcal, ndlr]

    Ça pose la question des politiques d’égalité professionnelle en entreprise : sans remise en question du système capitaliste, elles sont destinées à être seulement du vernis marketing ? On ne peut pas faire de vrais progrès ?

    Je pense que non. D’ailleurs, beaucoup de gens m’ont dit que mon livre était déprimant pour ça. Je pense que les politiques d’égalité professionnelle ne marchent pas car elles ne font pas sens sur le terrain. Les gens ne voient pas l’intérêt, parce qu’ils fonctionnent essentiellement d’un point de vue rationnel et économique (donc le but est de faire du profit, que l’entreprise tourne et qu’éventuellement des emplois se créent, etc), et ils ne voient pas l’intérêt d’investir sur ce sujet, surtout dans les milieux masculins car il n’y a pas suffisamment de femmes pour investir sur le sujet. J’ai beau leur dire que justement, s’il n’y a pas de femmes c’est que ça veut dire quelque chose, ils ont toujours des contre-arguments très “logiques” : par exemple la force physique. Ils ne vont pas permettre aux femmes de trouver une place égale sur les postes qui requièrent de la force physique. Quand les femmes sont intégrées et qu’elles trouvent une place valorisante, ce qui est le cas dans certains endroits, c’est parce qu’elles sont valorisées pour leurs qualités dites “féminines”, d’écoute, d’empathie, mais elles n’atteindront jamais l’égalité car précisément, elles sont valorisées pour leur différence. Le problème n’est pas la différence, ce sont les inégalités qui en résultent. On peut se dire que c’est super que tout le monde soit différent, mais on vit dans un monde où il y a une hiérarchie de ces différences. Ces qualités (écoute, empathie) sont moins valorisées dans le monde du travail que le leadership, l’endurance…

    Ça ne nous rassure pas sur les politiques d’égalité professionnelle…

    Si les politiques d’égalité professionnelle marchaient vraiment, on ne parlerait peut-être plus de ce sujet ! Je pense que les entreprises n’ont pas intérêt à ce qu’elles marchent, parce que ça fonctionne bien comme ça pour elles. Ca peut prendre des formes très concrètes, par exemple les RH disaient clairement en amont des recrutements : ”on prend pas de femmes parce que physiquement elles ne tiennent pas”, “les environnement d’hommes sont plus dangereux pour elles”, “la nuit c’est pas un environnement propice au travail des femmes”… Tu as beau répondre que les femmes travaillent la nuit aussi, les infirmières par exemple… Il y a un tas d’arguments qui montrent la construction sociale qui s’est faite autour de certains métiers, de certaines qualités professionnelles attendues, qu’il faudrait déconstruire – même si c’est très difficile à déconstruire. Ça montre toute une rhétorique capitaliste, mais aussi sexiste, qui explique une mise à l’écart des femmes.

    On a l’impression d’une progression linéaire des femmes dans le monde du travail, que ça avance doucement mais lentement, mais je constate que certains secteurs et certains métiers se déféminisent. On observe des retours en arrière dans certains endroits, ce qui légitime encore plus le fait de faire des enquêtes. Ce n’est pas juste un retour de bâton des vieux mormons qui veulent interdire l’avortement, il y aussi des choses plus insidieuses, des résistances diverses et variées.

    En plus, l’intensification du travail est un risque à long terme pour les femmes. Par exemple, il y a plus de femmes qui font des burnout. Ce n’est pas parce qu’elles sont plus fragiles psychologiquement, contrairement à ce qu’on dit, mais c’est parce qu’elles assurent des doubles journées, donc elles sont plus sujettes au burnout. Les transformations du monde du travail sont donc un risque avéré pour l’emploi des femmes, ne serait-ce que parce que par exemple, les agences d’intérim trient en amont les candidats en fonction de la cadence. Il faut redoubler de vigilance là-dessus.

    Tu analyses les types de masculinité qui se façonnent en fonction des facteurs de classe et de race. On voit que ce ne sont pas les mêmes types d’identités masculines, certaines sont dévalorisées. Quelles en sont les grandes différences ?

    Je ne vais pas faire de généralités car ça dépend beaucoup des milieux. Ce que Raewyn Connell appelle la “masculinité hégémonique”, au sens culturel et non quantitatif (assez peu d’hommes l’incarnent), qui prendrait les traits d’un homme blanc, d’âge moyen, hétérosexuel, de classe moyenne supérieure. Par rapport à ce modèle, il y a des masculinités “non-hégémoniques”, “subalternes”, qui forment une hiérarchie entre elles. Malgré le fait que ces masculinités soient plurielles, il y a une solidarité au sein du groupe des hommes par rapport au groupe des femmes, et à l’intérieur du groupe des hommes, il y a une hiérarchie entre eux. Les masculinités qu’on appelle subalternes sont plutôt les masculinités racisées ou homosexuelles. Elles s’expriment sous le contrôle de la masculinité hégémonique. Elles sont appréciées pour certaines qualités qu’elles peuvent avoir : j’ai pu voir que les ouvriers racisés étaient appréciés pour leur endurance, mais qu’ils étaient aussi assez craints pour leur “indiscipline” supposée. En fait, les personnes “dévalorisées” par rapport à la masculinité hégémonique sont appréciées pour leurs différences, mais on va craindre des défauts qui reposent sur des stéréotypes qu’on leur prête. Par exemple, les personnes racisées pour leur supposée indiscipline, les personnes des classes populaires pour leur supposé mode de vie tourné vers l’excès, les femmes pour leurs supposés crêpages de chignon entre elles…. C’est à double tranchant. Les qualités pour lesquelles elles sont valorisées sont précisément ce qui rend l’égalité impossible. Ces qualités qu’on valorise chez elles renforcent les stéréotypes féminins.

    Tu montres que le rapport au corps est central dans le travail des hommes : il faut s’entretenir mais aussi s’engager physiquement dans le travail, quitte à prendre des risques. Il y a une stratégie de déni de la souffrance, de sous-déclaration du stress chez les travailleurs : pour diminuer la souffrance physique et psychologique au travail, il faut changer les conditions de travail mais aussi changer le rapport des hommes à leur corps ?

    Je pensais que oui, mais je suis un peu revenue sur cette idée. Effectivement, il y plein d’études qui montrent que les hommes prennent plus de risques. C’est par exemple ce que décrit Christophe Dejours [psychiatre français spécialisé dans la santé au travail, ndlr] sur le “collectif de défense virile”, qui consiste à se jeter à corps perdu dans le travail pour anesthésier la peur ou la souffrance. Ce n’est pas forcément ce que j’ai observé dans mes enquêtes : en tout cas auprès des ouvriers (qui, pour le coup, avaient engagé leur corps assez fortement dans le travail), non seulement parce qu’ils ont bien conscience que toute une vie de travail ne pourra pas supporter les prises de risque inconsidérées, mais aussi parce qu’aujourd’hui la souffrance est beaucoup plus médiatisée. Cette médiatisation agit comme si elle donnait une autorisation d’exprimer sa souffrance, et c’est souvent un moyen d’entrée pour les syndicats pour l’amélioration des conditions de travail et de la santé au travail. Donc il y a un rapport beaucoup moins manichéen que ce qu’on prête aux hommes sur la prise de risques et le rapport au corps.

    En termes d’émotions, là c’est moins évident : on parle de plus en plus de burnout, mais à la force physique s’est substituée une injonction à la force mentale, à prendre sur soi. Et si ça ne va pas, on va faire en sorte que les individus s’adaptent au monde du travail, mais on ne va jamais faire en sorte que le monde du travail s’adapte au corps et à l’esprit des individus. On va donner des sièges ergonomiques, des ergosquelettes, on va créer des formations gestes et postures, on va embaucher des psychologues pour que les gens tiennent au travail, sans s’interroger sur ce qui initialement a causé ces souffrances.

    D’ailleurs, ce qui est paradoxal, c’est que l’entreprise va mettre en place tous ces outils, mais qu’elle va presque encourager les prises de risque, parce qu’il y a des primes de productivité ! Plus on va vite (donc plus on prend des risques), plus on gagne d’argent. C’est d’ailleurs les intérimaires qui ont le plus d’accidents du travail, déjà parce qu’ils sont moins formés, mais aussi parce qu’ils ont envie de se faire un max d’argent car ils savent très bien qu’ils ne vont pas rester longtemps.

    Donc ce sont les valeurs du capitalisme et ses incidences économiques (les primes par exemple) qui forgent ce rapport masculin au travail ?

    Oui, mais aussi parce qu’il y a une émulation collective. La masculinité est une pratique collective. Il y a une volonté de prouver qu’on est capable par rapport à son voisin, qu’on va dépasser la souffrance même si on est fatigué, et qu’on peut compter sur lui, etc. J’ai pu observer ça à la fois chez les cadres dans ce qu’on appelle les “boys clubs”, et sur le terrain dans des pratiques de renforcement viril.

    Tu n’as pas observé de solidarité entre les femmes ?

    Assez peu, et c’est particulièrement vrai dans les milieux masculins : la sororité est une solidarité entre femmes qui est très difficile à obtenir. J’en ai fait l’expérience en tant que chercheuse mais aussi en tant que femme. Je me suis dit que j’allais trouver une solidarité de genre qui m’aiderait à aller sur le terrain, mais en fait pas du tout. C’est parce que les femmes ont elles-mêmes intériorisé tout un tas de stéréotypes féminins. C’est ce que Danièle Kergoat appelle “le syllogisme des femmes”, qui dit : “toutes les femmes sont jalouses. Moi je ne suis pas jalouse. Donc je ne suis pas une femme.” Il y a alors une impossibilité de création de la solidarité féminine, parce qu’elles ne veulent pas rentrer dans ces stéréotypes dégradants de chieuses, de nunuches, de cuculs… Les femmes sont assez peu nombreuses et assez vites jugées, en particulier sur leurs tenues : les jugements de valeur sont assez sévères ! Par exemple si une femme arrive avec un haut un peu décolleté, les autres femmes vont être plutôt dures envers elle, beaucoup plus que les hommes d’ailleurs. Elles mettent tellement d’efforts à se créer une crédibilité professionnelle que tout à coup, si une femme arrive en décolleté, on ne va parler que de ça.

    Toi en tant que femme dans l’entreprise, tu dis que tu as souvent été renvoyée à ton genre. Il y a une forme de rappel à l’ordre.

    Oui, quand on est peu nombreuses dans un univers masculin, la féminité fait irruption ! Quels que soient tes attributs, que tu sois féminine ou pas tant que ça, tu vas avoir une pression, une injonction tacite à contrôler tous les paramètres de ta féminité. Ce ne sont pas les hommes qui doivent contrôler leurs désirs ou leurs remarques, mais c’est aux femmes de contrôler ce qu’elles provoquent chez les hommes, et la perturbation qu’elles vont provoquer dans cet univers masculin, parce qu’elles y font irruption.

    Toujours rappeler les femmes à l’ordre, c’est une obsession sociale. Les polémiques sur les tenues des filles à l’école, sur les tenues des femmes musulmanes en sont des exemples… Cette volonté de contrôle des corps féminins est-elle aussi forte que les avancées féministes récentes ?

    C’est difficile à mesurer mais ce n’est pas impossible. S’il y a des mouvements masculinistes aussi forts au Canada par exemple, c’est peut-être que le mouvement féministe y est hyper fort. Ce n’est pas impossible de se dire qu’à chaque fois qu’il y a eu une vague d’avancées féministes, quelques années plus tard, il y a forcément un retour de bâton. Avec ce qui s’est passé avec #metoo, on dirait que le retour de bâton a commencé avec le verdict du procès Johnny Depp – Amber Heard, puis il y a eu la la décision de la Cour Constitutionnelle contre l’avortement aux Etats-Unis… On n’est pas sorties de l’auberge, on est en train de voir se réveiller un mouvement de fond qui était peut-être un peu dormant, mais qui est bien présent. L’article sur les masculinistes qui vient de sortir dans Le Monde est flippant, c’est vraiment des jeunes. En plus, ils sont bien organisés, et ils ont une rhétorique convaincante quand tu ne t’y connais pas trop.

    Les milieux de travail très féminisés sont-ils aussi sujets à l’absence de sororité et à la solidarité masculine dont tu fais état dans ton enquête ?

    En général, les hommes qui accèdent à ces milieux ont un ”ascenseur de verre” (contrairement aux femmes qui ont le “plafond de verre”) : c’est un accès plus rapide et plus facile à des postes à responsabilité, des postes de direction. C’est le cas par exemple du milieu de l’édition : il y a énormément de femmes qui y travaillent mais les hommes sont aux manettes. Le lien avec capitalisme et virilité se retrouve partout – les hommes partent avec un avantage dans le monde du travail capitaliste, souvent du simple fait qu’ils sont des hommes et qu’on leur prête plus volontiers d’hypothétiques qualités de leader.

    Dans quelle mesure peut-on étendre tes conclusions à d’autres milieux de travail ou d’autres secteurs d’activité ? Est-ce que tes conclusions sont spécifiques à la population majoritairement ouvrière et masculine, et au travail en proie à l’intensification, étudiés dans ta thèse ?

    J’ai pensé mon travail pour que ce soit généralisable à plein d’entreprises. J’ai pensé cette enquête comme étant symptomatique, ou en tout cas assez représentative de plein de tendances du monde du travail : l’intensification, l’informatisation à outrance… Ces tendances se retrouvent dans de nombreux secteurs. Je dis dans l’intro : “depuis l’entrepôt, on comprend tout.” Comme partout, il y a de la rationalisation, de l’intensification, et de la production flexible. A partir de là, on peut réfléchir aux liens entre masculinités et capitalisme. Les problématiques de violence, de harcèlement sortent dans tous les milieux, aucun milieu social n’est épargné, précisément parce qu’elles ont des racines communes.

    Comment peut-on abolir le capitalisme, le patriarcat et le colonialisme ?

    Je vois une piste de sortie, une perspective politique majeure qui est de miser sur la sororité. La sororité fonctionne différemment des boys clubs, c’est beaucoup plus horizontal et beaucoup moins hiérarchique. Il y a cette même notion d’entraide, mais elle est beaucoup plus inclusive. Ce sont des dominées qui se rassemblent et qui refusent d’être dominées parce qu’elles refusent de dominer. Il faut prendre exemple sur les hommes qui savent très bien se donner des coups de main quand il le faut, mais faisons-le à bon escient. C’est une solution hyper puissante.

    Ne pas dominer, quand on est dominante sur d’autres plans (quand on est blanche par exemple), ça revient à enrayer les différents systèmes de domination.

    Tout à fait. Les Pinçon-Charlot, on leur a beaucoup reproché d’avoir travaillé sur les dominants, et c’est le cas aussi pour les masculinités ! Il y a plusieurs types de critique : d’abord, il y a un soupçon de complaisance avec ses sujets d’étude, alors qu’il y a suffisamment de critique à l’égard de nos travaux pour éviter ce biais. Ensuite, on est souvent accusé.e.s de s’intéresser à des vestiges ou à des pratiques dépassés, parce que les groupes (hommes, ou bourgeois) sont en transformation ; en fait, les pratiques de domination se transforment, mais pas la domination ! Enfin, on peut nous reprocher de mettre en lumière des catégories “superflues”, alors qu’on devrait s’intéresser aux dominé.e.s… mais on a besoin de comprendre le fonctionnement des dominant.e.s pour déconstruire leur moyen de domination, et donner des armes à la sororité.

    https://www.frustrationmagazine.fr/entretien-rivoal
    #capitalisme #identité_masculine #travail #féminisation #précarisation #intensification #rationalisation #flexibilisation #pratiques_viriles #masculinité #codes #codes_de_masculinité #genre #classe #race #intersectionnalité #hommes #égalité_professionnelle #sexisme #discriminations #crise_de_la_virilité #turnover #instabilité #solidarité #logistique #ouvriers #ascension_sociale #déclassement #métier_d’hommes #résistance #disqualification #beauf #responsabilités #vulgarité #égalité_professionnelle #carrière #présentéisme #genre #domination_masculine #pouvoir #égalité_élitiste #hiérarchies #travail_gratuit #travail_domestique #force_physique #écoute #empathie #différence #leadership #rhétorique #endurance #déféminisation #intensification_du_travail #burnout #burn-out #cadence #masculinité_hégémonique #masculinités_subalternes #stéréotypes #indiscipline #corps #souffrance #stress #souffrance_physique #souffrance_psychique #conditions_de_travail #risques #santé_au_travail #émotions #force_mentale #primes #boys_clubs #renforcement_viril #sororité #syllogisme_des_femmes #solidarité_féminine #jugements_de_valeur #crédibilité_professionnelle #féminité #violence #harcèlement #entraide

  • « Les atteintes au corps des femmes sont considérées comme secondaires et leurs maux imaginaires » | Nolwenn Weiler
    https://basta.media/Karen-Messing-Les-atteintes-au-corps-des-femmes-sont-considerees-comme-seco

    Dans un monde du travail pensé par et pour les hommes, les corps des femmes sont singulièrement malmenés et leurs douleurs niées, voire invisibilisées. La biologiste Karen Messing interroge le silence de la recherche sur cet impensé. Entretien. Source : Basta !

  • Le poids de la #discrimination
    https://laviedesidees.fr/Le-poids-de-la-discrimination.html

    À propos de : Solenne Carof, Grossophobie. Sociologie d’une discrimination invisible, Maison des Sciences de l’Homme. À partir d’une enquête sur l’expérience sociale des individus situés au dessus de la norme pondérale de trois pays européens, Solenn Caroff explore les logiques de la stigmatisation fondée sur le poids.

    #Société #corps
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20220615_gros.docx

  • « Ville féministe » de Leslie Kern
    https://topophile.net/savoir/ville-feministe-de-leslie-kern

    Les études urbaines privilégiant le genre sont encore rares, aussi convient-il de saluer cet ouvrage de la géographe Leslie Kern, qui dirige des recherches sur le genre à l’Université Mount Alison au Nouveau-Brunswick. Évitant toute langue de bois, l’auteure rend compte, subjectivement, de sa propre expérience de femme enceinte (où s’asseoir ?), puis de jeune mère... Voir l’article

  • Philosopher avec son corps : bienvenue en phénoménologie | La série documentaire
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-philosopher-avec-son-corps-bienvenue-en-phenomenologie

    Elise Gruau part à la recherche d’expériences de philosophie incarnée. Sur les traces de la phénoménologie, elle cherche combien cette philosophie du corps inspire des pratiques et engagements, à l’université, dans l’espace public, dans la création artistique ou dans le soin psychique. Durée : 4 épisodes d’1h chacun. Source : France Culture

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-23.05.2022-ITEMA_23035076-2022C26362E8098-21.mp3

  • Migrantes et combattantes

    « Ni victimes, ni héroines »

    Dans le monde, 48 % des personnes qui décident de migrer sont des femmes. Où sont-elles ? Pourquoi ne les voit-on jamais ? Pourquoi en parle-t-on si peu ? Que vivent-elles sur la route et dans ces zones frontières ? Cet épisode donne la parole aux femmes exilées. Elles racontent les violences perpétrées par la police, les passeurs, ou les hommes qui empruntent le même chemin qu’elles. Les stratégies qu’elles élaborent pour surjouer l’image stéréotypée de « la victime » afin d’accéder plus facilement aux aides humanitaires. L’utilisation de leurs #corps de femme enceinte comme atout lorsqu’elles prennent la mer sur des zodiacs qui seront secourus plus rapidement. La difficulté à laisser leurs enfants au pays, la vie avec celleux né.e.s en chemin. L’espoir de rencontrer une « sœur » avec qui traverser les épreuves. Les rêves d’avenir, les luttes pour leurs libertés.

    https://www.arteradio.com/son/61672001/migrantes_et_combattantes
    #femmes #femmes_migrantes #violences #asile #migrations #réfugiés #victimisation #héroïsation #stéréotypes

    ping @_kg_ @karine4

  • Comment la #marche libère les #femmes | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/227359/marche-randonnee-liberation-femmes-independance-epanouissement

    « On considérait que le #corps de la femme n’était pas capable de marcher sur de trop longues distances, mais ce discours médical servait surtout à garder les femmes à l’intérieur des foyers. Une femme qui se rend à l’extérieur, qui occupe l’espace public, c’est une femme qui peut faire potentiellement des rencontres. Tout ça met en danger la cellule familiale », explique Julie Gaucher.

    « À l’époque, ajoute la chercheuse, une femme qui fait du sport en extérieur, c’est aussi une mise en danger de l’hégémonie des hommes. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le modèle masculin par excellence, c’est le soldat. Puis c’est l’exploit sportif. Si les femmes entendent investir ce terrain, que reste-t-il aux hommes ? »

  • L’asexualité dans les récits handicapés
    https://infokiosques.net/spip.php?article1906

    À propos d’asexualité, de célibat, d’injonction à la sexualité, de handicap et de rôles de genre, cette brochure tente de dépasser « de manière critique le point de vue valide sur la sexualité à travers le handicap de chaque autrice et de leurs expériences distantes par rapport à la sexualité. » Sommaire : - Avant-propos Désexualisation et asexualité imposée Stigma et identité asexuelle Asexualité et diversité des sexualités Depuis les intersections Bibliographie Pour aller plus loin #A

    / Infokiosque fantôme (partout), #Corps,_santé,_antivalidisme, #Sexualités,_relations_affectives, #Anglais

    #Infokiosque_fantôme_partout_
    https://blog.potate.space
    https://blog.potate.space/quel-rapport-avec-la-r-ace
    https://blog.potate.space/introduction-ela-przybylo
    https://www.academia.edu/44361644/Des_asexuels_et_leur_masculinit%C3%A9_D%C3%A9placer_lasexualit%C3%A9_sur_l
    https://lesintimitesinvisibles.tumblr.com
    https://charlottepuiseux.weebly.com/introcrip.html
    https://www.zinzinzine.net/culture-sexualisee.html
    https://www.zinzinzine.net/une-approche-materialiste-du-handicap.html
    https://docs.google.com/document/d/1LVjlywrvvWG42GkZHenNLA3nyTpB_3F_f5olUsdd9H4
    https://podcasts.apple.com/fr/podcast/free-from-desire-comment-lasexualit%C3%A9-ma-lib%C3%A9r%C3%A9e/id1521266257
    http://www.radiorageuses.net/spip.php?article185
    https://www.radiorageuses.net/spip.php?article992
    https://www.youtube.com/watch?v=9gb_vWiqqmA


    http://www.slate.fr/audio/mansplaining/pourquoi-hommes-asexuels-invisibles-77
    https://blogs.radiocanut.org/interlope/2022/01/24/tremplin-1
    https://podtail.com/da/podcast/sortir-du-capitalisme/crip-pour-un-anti-validisme-intersectionnel
    https://www.jaimebienquandtuparles.com/septante-minutes-avec-elisa-rojas-alistair-houdayer-handicap
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/l-asexualite-dans-les-recits-handicapes-cahier-v6.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/l-asexualite-dans-les-recits-handicapes-pageparpage-v6.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Asexuality_in_disability_narratives-2011-Kim.pdf

  • Lecture d’un extrait du livre « Les corps caverneux », de Laure Gauthier paru aux éditions LansKine

    http://liminaire.fr/radio-marelle/article/les-corps-caverneux-de-laure-gauthier

    Le récit poétique de Laure Gauthier se construit en sept séquences dont l’allusion à l’excitation sexuelle du titre Les corps caverneux semble « tracer des signes secrets » derrière ces anatomies désirantes. Ces poèmes narratifs explorent en autant de variations, ces cavernes multiples. « Une musique garde en mémoire un chant dans la grotte qui refait surface. » (...) #Radio_Marelle / #Écriture, #Quotidien, #Langage, #Livre, #Lecture, #Poésie, #Vidéo, #En_lisant_en_écrivant, #Biographie, #Corps, #Podcast, #Voix, #Art, #Désir, #Forêt, (...)

    http://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_les_corps_caverneux_laura_gauthier.mp4

    https://www.editions-lanskine.fr/livre/les-corps-caverneux

  • Livreurs et plateforme logistique, le corps accéléré - Ép. 2/4 - Le corps au travail
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/livreurs-et-plateforme-logistique-le-corps-accelere


    Avec Fabien Lemozy, sociologue qui fut aussi livreur à vélo, nous apprenons ce qu’est un corps accéléré par le numérique. Il nous raconte aussi la peur « de couler » chevillée au corps de ces travailleurs, un vocabulaire de l’ouvrier taylorisé qui a peur de perdre la cadence imposée par la chaîne : “Les plateformes, ce n’est pas du néo-taylorisme, parce que le taylorisme n’a jamais arrêté, c’est juste que les outils de l’information, de la communication ont permis de remanier ça d’une manière différente et ça engage les personnes sur un nouveau terrain, sur nouveau mode de domination dans lesquelles on se met en mode robot.”

  • "En êtes-vous bien sûre ?"
    https://infokiosques.net/spip.php?article1526

    « Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie », dit le proverbe. C’est le préjugé auquel sont confrontées les femmes qui demandent à leur médecin une stérilisation, pourtant autorisée par la loi sans restriction. Sommaire : L’accident de trop Politique contraceptive en échec Les médecins se défilent Une bonne couche de paternalisme Non, je ne regrette rien « Un enfant, si je veux, quand je veux ! » Droit à l’enfant versus droit à ne pas en avoir ? Encart / En pratique Encart / Rendez-moi ma testostérone ! #E

    / Féminisme, (questions de) genre, #Corps,_santé,_antivalidisme, Z (France)

    #Féminisme,_questions_de_genre #Z_France_
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_etes_vous_bien_sure_sterilisation-sep2016-fil-16pA5-NoiretBlanc.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_etes_vous_bien_sure_sterilisation-sep2016-fil-16pA5.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_etes_vous_bien_sure_sterilisation-sep2016-cahier-8pA4.pdf

  • Quelles ressources pour le soin et le soutien collectif ?
    https://infokiosques.net/spip.php?article1896

    "Cette zine a pour objectif de fournir des outils pour s’en sortir lorsque l’on est cible d’une oppression, d’une dynamique de groupe qui pèse sur soi. Nous refusons catégoriquement de faire peser la charge émotionnelle et mentale du travail de soin, d’éducation et de changement des dynamiques sur les personnes qui sont ciblées ! En outre, actuellement, il existe peu de ressources au sein du réseau autre que des formes informelles au bon grès des relations et des positions de chacun.e.s. C’est pour ces deux raisons que nous avons choisi d’uniquement donner des modes de fonctionnement collectifs qui peuvent être mise en place par toustes au bénéfice de toustes mais surtout des personnes cibles. Ces idées sont des fonctionnements à intégrer dans nos façon de faire et dans nos modes d’organisations (...)

    #Q #Guides_pratiques #Infokiosque_fantôme_partout_ #Corps,_santé,_antivalidisme
    http://criticalresistance.org/resources/addressing-harm-accountability-and-healing
    https://incite-national.org/wp-content/uploads/2018/08/revolution-starts-at-home-zine.pdf
    https://incite-national.org/2010/05/22/815
    https://www.transformativejustice.eu/en/what-are-ca-and-tj
    https://www.transformativejustice.eu/wp-content/uploads/2010/06/6685_toolkitrev-cmtyacc.pdf
    https://phillysurvivorsupportcollective.wordpress.com
    https://drive.google.com/file/d/0Bz0gQUt5y-_7NlNxc0trd1gwYjQ/view
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Quelles_ressources_pour_le_soin_et_le_soutien_collectif-avr2020-36pA5-
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Quelles_ressources_pour_le_soin_et_le_soutien_collectif-avr2020-18pA4-

  • Pourquoi avons-nous besoin d’un féminisme sourd ?
    https://infokiosques.net/spip.php?article1904

    Ce recueil de textes et de collages est une création collective issue du Camp des féministes sourdes qui a eu lieu en août 2021 dans l’Aveyron. Sommaire : Pourquoi a-t-on besoin d’un féminisme sourd ? Femmes, sourdes et identités Le sacrifice des femmes sourdes - La LSF est-elle sexiste ? Double oppression (ces conneries qu’il ne faudrait pas entendre) Faut qu’on parle Histoire de famille Qui doit intervenir ? #P

    / Féminisme, (questions de) genre, Infokiosque fantôme (partout), #Corps,_santé,_antivalidisme, #Violences_patriarcales,_autodéfense_féministe

    #Féminisme,_questions_de_genre #Infokiosque_fantôme_partout_
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/pourquoi-avons-nous-besoin-d-un-feminisme-sourd-cahier-couleur.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/pourquoi-avons-nous-besoin-d-un-feminisme-sourd-cahier-nb.pdf