• En pleine réforme des #retraites, cet « oubli » de Jean-Paul Delevoye dans sa déclaration d’intérêts tombe mal | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/en-pleine-reforme-des-retraites-cet-oubli-de-jean-paul-delevoye-dans-

    Contacté par Le Parisien, Jean-Paul Delevoye a reconnu que ce poste ne figurait pas dans sa déclaration, évoquant “un oubli par omission”. “Je reconnais que ce n’est pas responsable”, déclare-t-il, d’ajouter cependant que son rôle au sein de l’Ifpass est minime. ”À l’Ifpass, c’est une fonction bénévole, je n’y vais quasiment jamais, car je n’ai pas le temps. Je ne connais rien dans le domaine de la formation des assureurs”, affirme-t-il.

    #corruption

    • A propos de déclaration d’intérêts : http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2018/12/cir_44142.pdf

      Au titre du I de l’article 25 sexiesde la loi du 13 juillet 1983 précitée, des sanctions pénales sont attachées au dispositif de déclaration d’intérêts.
      L’absence de transmission de la déclaration d’intérêts ou l’omission, dans la déclaration d’intérêts,de déclarer une partie substantielle de ses intérêts sont punis d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45000 euros d’amende.
      Outre ces sanctions pénales, l’absence de transmission de la déclaration d’intérêts au moment de la nomination de l’agent ne permet pas à l’administration de prendre la décision de nomination ou entraine sa nullité si elle est néanmoins prise.
      Les risques de sanction pénale encourus par l’intéressé et la possibilité de nullité de la nomination justifient une parfaite vigilance lors la mise en œuvre de cette procédure. Les administrations sont invitées à veiller au strict respect de la transmission de la déclaration d’intérêts avant toute nomination à un emploi soumis à une telle obligation

  • En ces temps de #Hirak en #Irak, il faut rappeler comment dés 2003 les #Etats-Unis y ont INSTAURÉ la #corruption et VOLÉ, en compagnie d’Irakiens (les « exilés ») qu’ils ont eux-mêmes placés à la tête de l’Etat, des dizaines de milliards de dollar d’avoirs irakiens débloqués (via des banques US) après avoir été gelés pour cause de (très meurtrières) #sanctions « contre Saddam Hussein ».

    Ed Harriman reviews ‘US House of Representatives Government Reform Committee Minority Office’, ‘US General Accountability Office’, ‘Defense Contract Audit Agency’, ‘International Advisory and Monitoring Board’, ‘Coalition Provisional Authority Inspector General’ and ‘Special Inspector General for Iraq Reconstruction’ · LRB 7 July 2005
    https://www.lrb.co.uk/v27/n13/ed-harriman/where-has-all-the-money-gone

    The ‘reconstruction’ of Iraq is the largest American-led occupation programme since the Marshall Plan. But there is a difference: the US government funded the Marshall Plan whereas Donald Rumsfeld and Paul Bremer have made sure that the reconstruction of Iraq is paid for by the ‘liberated’ country, by the Iraqis themselves. There was $6 billion left over from the UN Oil for Food Programme, as well as sequestered and frozen assets, and revenue from resumed oil exports (at least $10 billion in the year following the invasion). Under Security Council Resolution 1483, passed on 22 May 2003, all of these funds were transferred into a new account held at the Federal Reserve Bank in New York, called the Development Fund for Iraq (DFI), so that they might be spent by the CPA ‘in a transparent manner … for the benefit of the Iraqi people’. Congress, it’s true, voted to spend $18.4 billion of US taxpayers’ money on the redevelopment of Iraq. But by 28 June last year, when Bremer left Baghdad two days early to avoid possible attack on the way to the airport, his CPA had spent up to $20 billion of Iraqi money, compared to $300 million of US funds.

    The ‘financial irregularities’ described in audit reports carried out by agencies of the American government and auditors working for the international community collectively give a detailed insight into the mentality of the American occupation authorities and the way they operated, handing out truckloads of dollars for which neither they nor the recipients felt any need to be accountable. The auditors have so far referred more than a hundred contracts, involving billions of dollars paid to American personnel and corporations, for investigation and possible criminal prosecution. They have also discovered that $8.8 billion that passed through the new Iraqi government ministries in Baghdad while Bremer was in charge is unaccounted for, with little prospect of finding out where it went. A further $3.4 billion earmarked by Congress for Iraqi development has since been siphoned off to finance ‘security’.

    That audit reports were commissioned at all owes a lot to Henry Waxman, a Democrat and ranking minority member of the House of Representatives Committee on Government Reform. Waxman voted in favour of the invasion of Iraq. But since the war he’s been demanding that the Bush administration account for its cost. Within six months of the invasion, Waxman’s committee had evidence that the Texas-based Halliburton corporation was being grossly overpaid by the American occupation authorities for the petrol it was importing into Iraq from Kuwait, at a profit of more than $150 million. Waxman and his assistants found that Halliburton was charging $2.64 a gallon for petrol for Iraqi civilians, while American forces were importing the same fuel for $1.57 a gallon.

    [...] Waxman raised another question: if Halliburton was being allowed to rip off the Iraqi people, was the Bush administration allowing it to milk the US government as well? [...]

    • Irak : des tonnes de dollars évaporées - Le Temps
      https://www.letemps.ch/monde/irak-tonnes-dollars-evaporees

      Dans cet article de 2007, il y a une erreur dans le premier paragraphe ; il fallait écrire millions au lieu de milliards, comme le prouve indirectement un article (éhonté de damage control) du Monde de 2008*

      Mais le sort de l’argent du contribuable américain n’échappe pas non plus à la critique. Le Trésor américain a déjà dépensé environ 300 milliards de dollars (232 milliards d’euros), dont 21 milliards pour la reconstruction.

      La corruption ne concerne pas que les Irakiens. En atteste l’inculpation mercredi de trois officiers supérieurs de l’armée américaine et d’un homme d’affaires dans une affaire de pots-de-vin dans la reconstruction dans la région de Hilla, au sud de Bagdad. Les chefs d’inculpation retenus : corruption, association de malfaiteurs et escroquerie. A propos de cette ville irakienne, un ancien responsable du CPA, Robert Stein, a été condamné le 5 février dernier à 9 ans de prison pour avoir participé à un réseau de marchés truqués et de blanchiment d’argent. Un de ses complices, l’homme d’affaires américain Michael Morris, a été arrêté hier à Bucarest, en Roumanie, et devrait être extradé.

      *L’article du monde dit :
      https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/12/14/la-reconstruction-de-l-irak-un-gachis-de-100-milliards-de-dollars_1131018_32

      Au milieu de 2008, 117 milliards de dollars avaient été dépensés pour la reconstruction de l’Irak, dont 50 milliards payés par le contribuable américain, poursuit le document.

    • Ces entreprises qui ont prospéré sur le dos de la reconstruction en Irak
      https://www.france24.com/fr/20130319-irak-anniversaire-reconstruction-kpr-financial-times-gagnant-guer

      Là, carrément, l’argent du contribuable irakien on s’en contrefout,

      “Ces données sont choquantes et rappellent à quel point l’argent des contribuables américains a été mis à contribution dans des projets qui n’ont, au final, pas fait grand chose pour améliorer la situation sur place”, a souligné au "Financial Times" Claire McCaskill, une sénatrice américaine du parti démocrate qui milite pour encadrer plus strictement ce type de contrats.

    • Fraudes en Irak : 23 milliards de dollars ont disparu
      https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/06/17/fraudes-en-irak-23-milliards-de-dollars-ont-disparu_1059185_3218.html

      Selon la BBC, des procès pour corruption, surcharge de factures adressées au Pentagone ou au département d’Etat, non-livraison de biens payés et autres coups tordus, visent 70 entreprises américaines contractantes, en tête desquelles se trouve le groupe Halliburton, dirigé, jusqu’à sa nomination à la vice-présidence des Etats-Unis en 2000, par Dick Cheney. Halliburton avait obtenu, sans aucun appel d’offres, le plus gros contrat de reconstruction en Irak, mais ni la BBC ni aucun autre média ne peut publier quoi que ce soit sur les enquêtes et les procès en cours : « L’administration Bush a imposé le silence (gagging order) sur toutes ces affaires », déplore Panorama.

      [...]

      A Bagdad, chacun le sait, pour entrer dans la police, il faut verser 500 dollars de bakchich. Pour monter en grade, c’est 1 000. Besoin de médicaments rares ? Quelqu’un, au ministère de la santé, indiquera où trouver le pharmacien à qui il a vendu ses propres stocks, au noir. Toutes les guerres ont leurs profiteurs. « Mais en Irak, dit Munther Abdul Razzaq, un élu sunnite du Parlement, l’ampleur de la corruption défie l’imagination. »

    • Des milliards de dollars disparus mystérieusement en Irak | Slate.fr
      http://www.slate.fr/lien/39357/irak-vol-dollars-guerre

      Malgré des années d’enquêtes et de vérifications, les responsables de la Défense américaine ne peuvent toujours pas expliquer où est passé cet argent. CBS News a évoqué par le passé la fraude, le gaspillage ou les profiteurs de guerre, dans un pays alors dévasté, où les banques n’existaient plus et la traçabilité financière était impossible. Précédemment, il avait été dit que cet argent avait été égaré suite à une erreur de comptabilité. Mais pour la première fois, l’hypothèse d’un vol est soulevée par le gouvernement fédéral : Stuart Bowen, l’inspecteur général spécial pour la reconstruction en Irak, a déclaré au Los Angeles Times qu’il s’agirait peut-être du « plus grand vol de fonds de l’histoire du pays ».

      Ce contentieux constitue aujourd’hui une ombre sur les relations de Washington avec Bagdad, les responsables irakiens menaçant d’aller en justice pour récupérer cet argent. Ils affirment en effet que le gouvernement américain s’était engagé à protéger ces fonds dans un accord juridique datant de 2004 et tiennent donc Washington pour responsable.

  • The ‘crisis of capitalism’ is not the one Europeans think it is | Branko Milanović | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/nov/27/crisis-of-capitalism-europeans-gig-economy

    Le capitalisme est plus puissant que jamais ; s’il est source d’appauvrissement du plus grand nombre et donc de rejet dans les pays occidentaux, il n’en est pas de même dans d’autres aires géographiques, notamment asiatiques.
    La marchandisation de domaines antérieurement épargnés, y compris de la politique et des politiciens, est une cause plus commune de rejet du capitalisme.

    An avalanche of recent books and articles about the “crisis of capitalism” is predicting its demise or dépassement. For those who remember the 1990s, there is a strange similarity between this and the literature of the time, which argued that the Hegelian “end of history” had arrived. That theory was proved to be wrong. The former, I believe, is also factually wrong and misdiagnoses the problem.

    The facts show capitalism to be not in crisis at all. It is stronger than ever , both in terms of its geographical coverage and expansion to areas (such as leisure time, or social media) where it has created entirely new markets and commodified things that were never historically objects of transaction.

    [...]

    So if capitalism has spread so much in all directions, why do we speak of its crisis? Because we focus on the malaise of the western middle classes and the rise of populism. But the dissatisfaction with globalised capitalism is not universal: a YouGov survey showed a very high degree of support for globalisation in Asia, with the lowest support in the US and France.

    The western malaise is the product of uneven distribution of the gains from globalisation. When globalisation began in the 1980s, it was politically “sold” in the west – especially as it came together with “the end of history” – on the premise that it would disproportionately benefit richer countries. The outcome was the opposite. Asia in particular was a beneficiary, especially the most populous countries: China, India, Vietnam and Indonesia. In Europe, as in the US, it benefitted the 1%. It is the gap between the expectations entertained by the middle classes and the low growth in their incomes that has fuelled dissatisfaction with globalisation and, by association, with capitalism.

    There is however another issue that does seem to affect most countries, and it is to do with the functioning of political systems. In principle, politics, no more than leisure time, was never regarded as an area of market transaction. But both have become so. This has made politics more corrupt. Even if a politician does not engage in explicit corruption during their time in office, they tend to use the connections acquired to make money afterwards. Such commodification has created widespread cynicism and disenchantment with mainstream politics and politicians.

    While politics as entrepreneurship was often seen to afflict only less developed countries, it has now spread to Europe. It is otherwise hard to explain the political evolution of figures such as Matteo Salvini, Italy’s far-right former interior minister. Political connections can also be used as a valuable asset throughout political careers: take José Manuel Barroso, the former head of the European commission who moved to Goldman Sachs. This commodification is what Francis Fukuyama – who wrote The End of History and the Last Man – refers to as “reciprocal altruism”: it is not unlawful, but is a time-delayed exchange of favours.

    The crisis therefore is not of capitalism per se, but a crisis brought about by the uneven effects of globalisation and the expansion of capitalism to areas traditionally not considered apt for commercialisation. Capitalism has thus become too powerful, and in regions such as Europe, it is in collision with strongly held beliefs. Unless it is controlled and its “field of action” reduced to what it used to be, it will continue this conquest of as-yet-uncommercialised spheres.

    #capitalisme #corruption #marchandisation

  • Existe-t-il une solution pour Haïti ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/existe-t-il-une-solution-pour-haiti

    Novembre 2019. Cela fait maintenant plusieurs semaines qu’Haïti est plongé dans une révolte générale qui ne fait que s’amplifier. Situation humanitaire préoccupante, crise politique, contestation sociale ; la population haïtienne est en colère et réclame le départ de son président Jovenel Moïse, élu en 2017. D’après l’ONU, les manifestations de ces dernières semaines ont fait plus de 40 morts, la police a tiré à balles réelles dans les cortèges. Jusqu’où le pays va-t-il s’enfoncer - peut-il sortir de la crise ?

    #haïti #précarité #économie #moisejovenel #corruption

  • En Irak, le centre de Bagdad prend des allures de champ de bataille - Moyen-Orient - RFI
    http://www.rfi.fr/moyen-orient/20191109-irak-centre-bagdad-champ-bataille

    Haydar est catégorique : « Ce sont des miliciens iraniens qui nous tirent dessus. Ils sont habillés en noir et portent des cagoules. Il y a déjà deux morts et des dizaines de blessés. Ils tirent balles réelles. Je les ai filmés, je peux vous montrer. »

    Selon des sources médicales et sécuritaires citées par l’Agence France-Presse, quatre manifestants ont été tués ce samedi dans la capitale, trois par des balles et le quatrième touché au visage par une grenade lacrymogène. Plus tôt, trois autres manifestants avaient été tués dans une dispersion à balle réelle à Bassora, une ville du sud du pays, où les forces de l’ordre arrêtent désormais quiconque tente de sortir dans les rues.

    Selon l’AFP, qui s’appuie cette fois sur le témoignage de hauts responsables irakiens sous couvert d’anonymat, les dernières violences font suite à un accord conclu entre les dignitaires religieux et politiques du pays, qui souhaitent désormais mettre un terme à la contestation. Plusieurs réunions secrètes, et trois hommes forts : le très versatile leader politique Moqtada Sadr, le fils de l’ayatollah Ali al-Sisitani, plus haute autorité chiite du pays, et enfin le général iranien Qassem Souleimani, commandant des opérations militaires à l’étranger de la République islamique d’Iran.

    #irak #bagdad #corruption #luttes

  • Joana Hadjithomas & Khalil Joreige : « Les Libanais réalisent que, loin de les protéger, leur communauté les vole »
    Par Raphael Bourgois / AOC

    Les artistes Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ont fait de l’histoire du #Liban, de la #guerre_civile qui l’a ensanglanté entre 1975 et 1990, le cœur d’une œuvre qui interroge la façon dont ce passé surgit dans le présent. Alors que leur pays est agité depuis plus de vingt jours par une révolution qui a surpris dirigeants et observateurs, ils ont accepté de partager leur regard sur les événements.

    Malgré la démission du premier ministre Saad #Hariri, la contestation se poursuit au Liban. Ce mercredi, des milliers de femmes ont ainsi investi le centre-ville de #Beyrouth pour marquer le 21e jour d’une #révolte contre l’incurie et la #corruption de la classe dirigeante. La révolution libanaise a surpris : ce pays qu’on présentait comme irrémédiablement communautariste, dont la constitution instaure une division des pouvoirs entre chrétiens #maronites, musulmans #chiites et #sunnites, a vu surgir un peuple uni. Une page ouverte depuis la fin de la guerre civile, qui a divisé le pays entre 1975 et 1990, semble ainsi se tourner. Cette guerre, les images qu’elle a produites, l’histoire qu’elles racontent sont au cœur de l’œuvre des artistes Joana Hadjithomas et Khalil Joreige. Plasticiens et cinéastes, lauréats du prix Marcel Duchamp en 2017, ils travaillent dans leurs films, installations, sculptures, dessins et photos la question de la trace, des archives. Entre géologie, archéologie et histoire, ils s’interrogent sur la façon dont le passé surgit dans le présent. Ils répondent ici d’une seule voix.

    Comment avez-vous vécu ces dernières semaines et les manifestations au Liban, qui partent d’une taxe supplémentaire sur la messagerie #WhatsApp mais qui dépassent largement cette question ?

    Comme un soulagement et une sorte de rêve exalté et inquiet en même temps. Nous devions participer à Beyrouth, au Forum artistique et culturel Home Works qui tenait sa 8e édition pour présenter une performance sur le vertige. Khalil a peur du vide, mais pour nous cette peur symbolisait aussi le grand désespoir dans lequel est plongé le Liban depuis un très long moment, et qui touche toutes les générations. Ce vertige, c’est aussi le sentiment et la sensation que nous ressentons face aux manifestations. Un vertige, car contrairement à toutes les autres manifestations qui ont parfois été très nombreuses et très mobilisées, celle-ci émane de partout, et ne comprend ni centre ni hiérarchie. Elle n’a ni leader, ni organisation préalable. Elle s’exprime dans toutes les formes et tous les modes révélant l’hétérogénéité et la complexité des composantes de notre société. Même si cette colère et cette révolte sont très profondes, elles se manifestent de façon presque joyeuse et pacifiste, elle se déroule simultanément dans tout le pays sans exception. Et c’est ce qui permet de dépasser la peur. La peur du lendemain et de l’inconnu mais aussi des pouvoirs en place qui usent de la force pour dissuader et réprimer les manifestants. Cette révolution se dit être la fin de la guerre civile, qui officiellement se serait arrêtée en 1990. Il y a depuis longtemps ce sentiment, que la paix n’a jamais été effective, que les causes qui ont menées à la guerre civile sont toujours là, que les protagonistes et principaux acteurs des conflits armés gouvernent toujours le pays. La plupart des gens se sont beaucoup appauvris depuis la fin de la guerre civile en 1990 : l’électricité ne fonctionne toujours pas, de même que l’eau, les infrastructures… Mais sans doute l’un des problèmes majeurs qui touche tout le monde, quelle que soit sa catégorie sociale est celui de la pollution avec notamment la crise des déchets, les poubelles. Rien n’est fait pour les traiter, d’où un désastre humanitaire, sanitaire, écologique, politique… Tout cela à cause d’un système qui ne fonctionne pas et surtout de la corruption. Ajoutons qu’il y a une crise économique sans précédent, il n’y a plus de travail, la plupart des jeunes gens doivent émigrer pour en trouver.

    C’est un problème qui touche surtout la jeune génération…

    Oui, les 20-30 ans sont en plus touchés par la hausse des frais de scolarité, qui ont atteint des sommes complètement folles. L’absence de bonnes écoles publiques au Liban oblige les gens à se tourner vers des écoles privées, et ça continue à l’université où l’on avoisine les 15-25 000 dollars l’année sinon plus. Les familles se saignent pour assurer ces frais de scolarité, elles s’endettent. Mais il n’y a plus aucune perspective si ce n’est via le clientélisme et un système qui ne reconnaît aucune méritocratie. À l’inverse, on voit toujours les mêmes dirigeants depuis la fin de la guerre civile, qui reviennent tout le temps et laissent le pouvoir en héritage à leurs enfants. Quelle que soit leur confession, ils s’accrochent au pouvoir, font les choses en famille et ça n’a jamais été remis en question parce qu’ils tenaient leur communauté – il n’y a jamais eu de travail de déconfessionnalisation au Liban – et que l’État est faible. Quant à la corruption, elle est devenue insolente ! Nos dirigeants ne se cachaient même plus pour voler le pays, pour se partager le gâteau tout en jouant sur les divisions et en faisant régner la peur du chaos. Toute cette classe politique a été frappée de discrédit, au fur et à mesure. En plus, nous avons de bons journalistes d’investigation qui aujourd’hui avancent des noms et des chiffres, il y a une connaissance plus précise.

    Et c’est dans ce contexte qu’est décrétée une nouvelle taxe sur les appels passés par WhatsApp…

    Qui revient à taxer une application gratuite pour renflouer des poches percées ! C’est l’étincelle qui a mis le feu. Il y a une accumulation et une convergence de faits qui ont abouti à cette révolution. Mais sûrement d’abord les crises environnementales. La crise des déchets a touché tout le monde, on ne pouvait plus se baigner ni manger de poisson tellement la mer était polluée. Plus récemment, le mois dernier, il y a eu des incendies très importants qui ont frappé tout le Liban, et qui ont révélé que les Canadairs n’étaient plus entretenus (l’argent prévu pour cela avait été dérobé ou utilisé à d’autre buts) et ne pouvaient donc plus voler pour éteindre le feu. C’est la société civile qui s’est mobilisée face à cette incurie, les gens se sont entraidés dans toutes les régions frappées et ont vu qu’ils n’étaient pas seuls, qu’il pouvait y avoir une forme d’unité. Enfin, ces derniers mois, il y a eu également des pénuries d’essence et de farine, dues à la difficulté de change (entre la livre et le dollar). Il y avait donc des rumeurs sur une possible inflation des prix et une dévaluation de la livre. Or les banques libanaises génèrent des dividendes astronomiques. Elles prêtent à l’Etat grâce aux dépôts des particuliers à des taux d’usurier et créé un système clos et spéculatif. Cela asphyxie les plus pauvres et étouffe la classe moyenne. Bref, il y a une foule de signes qui pourront expliquer cette révolution et arrive alors la taxe sur WhatsApp, c’est l’indécence de trop. Mais ici, le WhatsApp c’est fondamental : c’est la seule chose qui relie les familles disséminées à travers le monde. Au Liban, la diaspora est très importante, tout le monde a des enfants qui sont partis chercher du travail ailleurs. Alors les gens sont descendus dans la rue. Beaucoup de révolutions partent d’un événement apparemment anodin, dans un contexte très dégradé.

    Ce que revendiquent les manifestants, c’est le départ de la classe politique, avec comme slogan « tous c’est-à-dire tous ». Or, si le premier ministre Saad Hariri a annoncé la démission de son gouvernement le 29 octobre, on dit qu’il serait le mieux placé pour se succéder à lui-même. Le président Michel #Aoun est, lui, toujours en place. Bref, les dirigeants sont toujours là et les manifestations continuent. Beaucoup, comme récemment la romancière Dominique Eddé dans "Le Monde", y voient l’émergence d’une unité nationale, d’un peuple libanais qu’on pensait introuvable. N’est-on pas là face à l’inertie d’un système confessionnel hérité de la fin de la guerre civile et que vous avez continuellement dénoncé dans vos œuvres ?
    Notre conviction profonde, c’est que la guerre du Liban était d’abord une guerre sociale qui a été transformée en une guerre communautaire. C’est comme ça qu’elle a tout le temps été montrée dans les médias internationaux : comme le fruit d’une division entre chrétiens et musulmans, alors que la réalité est bien plus complexe. L’un des éléments du problème, c’est qu’on nous a toujours fait peur au sortir de la guerre avec l’idée que ce système confessionnel institué par les Français au moment de la mise en place du mandat, en 1920, était une protection contre le chaos et une protection des minorités. Ce système a été imaginé sur la base d’un recensement réalisé à l’époque et a favorisé les chrétiens maronites, alliés des Français, au détriment des chiites et des sunnites, ce qui a divisé la société de façon complètement absurde. Tout est devenu #confessionnel ! Le président de la République est toujours un maronite, le premier ministre un sunnite, le président de la chambre chiite, c’est connu. Mais ce qui l’est moins, c’est que ce système se décline dans tous les domaines, par exemple à tous les échelons de l’administration au détriment du mérite. En prétendant protéger les minorités, on perpétue un système qui nous a mené à une guerre civile, et justifié tout ce qui s’est passé par la suite au nom de la préservation de l’équilibre. Aujourd’hui, les manifestants réalisent que, loin de les protéger, leur #communauté les vole. Leurs chefs communautaires s’appuient sur ces différences et ces divisions pour se remplir les poches. Nous croyons que les gens ne sont pas profondément communautaires ou confessionnels. Au contraire, les libanais ont envie de vivre ensemble et n’ont absolument pas envie de faire une autre guerre civile, sûrement pas. C’est ce que cette révolution nous montre, des gens qui descendent dans la rue, sont bienveillants les uns envers les autres, ont les mêmes problèmes et se parlent avec beaucoup de générosité. C’est une grande révolution humaine, où les femmes sont mises en avant ou plutôt se mettent en avant, les gens se protègent entre eux, ils cuisinent pour les autres ! On voit une société libanaise civiquement très évoluée et on se dit presque : mais pourquoi on ne s’en est pas rendu compte plus tôt ? Parce que ce système nous oppressait tellement qu’on ne se regardait plus, qu’on ne se parlait plus ! Et ça, nous pensons que c’est une libération énorme, sur laquelle on ne pourra pas revenir, même si on envisage les scénarios les plus catastrophiques. En disant ça, nous ne sommes pas exaltés, cette bienveillance, vous pouvez la voir sur les images, les vidéos. Et c’est, en cela, une révolution, et non une révolte. C’est que tout a changé irrémédiablement en nous et autour de nous.

    Votre travail porte essentiellement sur la génération de la guerre civile, entre 1975 et 1990, la vôtre. Or la jeunesse qui descend aujourd’hui dans la rue n’a pas connu cette époque. Cette différence vous parait-elle essentielle pour comprendre ce qui se passe, cette façon de fissurer la chape de plomb tombée en 1990 ?

    Nous avons toujours travaillé tous les deux sur notre présent, même s’il est hanté par les fantômes. Nous avons toujours espéré un réveil. C’est le sens de nos films comme Perfect day qui se termine par un homme qui se réveille et court sur la corniche, le seul espace public de l’époque pour nous. Lebanese rocket society, sur le projet spatial libanais, se terminait par le même désir de rêver. Mais cette fois il y a quelques chose de très différent, d’inédit, non pas par sa taille mais par sa nature. Il faut donc reconfigurer nos attentes et notre perception, désapprendre en participant. On a souvent fait parti de mouvements, des sit-in contre les différentes guerres et menaces qu’a connues le Liban, on a milité dès notre très jeune âge mais ce qui est extraordinaire et très singulier cette fois, c’est que ça fuse de partout, en dehors de toutes les catégories et des définitions existantes, c’est trans-communautaire, trans-régional, trans-générationel, trans-social et trans-genre. Ce que porte cette jeunesse, c’est d’abord son énergie, ses espoirs, ses modes de fonctionnement et puis aussi le fait qu’elle n’a pas peur. Peut-être qu’il y a une différence chez les gens qui ont vécu une guerre civile, la peur est toujours là. Cette génération, qui est presque la génération de nos enfants, nous a aidé à faire « tomber le mur de la peur » comme le disent certains slogans que nous trouvons très beau. Surtout dans des régions qui sont sous la mainmise d’une puissance politique hégémonique comme à Tripoli, Nabatiyeh, Baalbeck, Tyr… Cette jeune génération ne se réfère pas à l’histoire mais à l’impossibilité de vivre le présent. La révolution, c’est comme un liquide, elle prend toute les formes, s’infiltre et alimente tout le monde. C’est un requestionnement profond de chacun d’entre nous, une remise en question salutaire. On est redopé par cette génération de « millenials », celle de notre fille qui a 19 ans. Très certainement, ne pas avoir vécu la guerre civile c’est aussi être libéré de beaucoup d’images, de traumas, et de discours. Il y a une désobéissance sublime, quelque chose de proprement irrévérencieux, une parole qui n’est pas idéologique tout en étant très politisée. Il y a une liberté jouissive, extrêmement créative et drôle. Insolente, avec l’insulte comme slogan, et la joie de la crier comme mot d’ordre. Les premiers jours, les vieux réflexes pouvaient pousser à trouver que ça ressemblait à une kermesse mais et alors, si c’est une fête, une libération, ça n’en est pas moins une révolution. Et nous en avons rêvé toute notre vie.

    Justement parlez-nous de cette créativité, de ces images comme celle de cette jeune femme qui a donné un coup de pied dans l’entrejambe du garde du corps du ministre de l’éducation nationale. La vidéo a circulé et c’est devenu un symbole de cette révolution. On retrouve là aussi une part importante de votre travail qui a consisté à déplacer le regard, à interroger ces images. Qu’est-ce qui vous a frappé dans le mouvement actuel ?

    Ce qui frappe énormément dans cette révolution, c’est la remise en question profonde de chacun d’entre nous à tous les niveaux, aussi bien personnel, qu’artistique mais aussi des catégories et des positions de pouvoir. Le rapport est horizontal et non plus vertical. Il y a aujourd’hui une remise à niveau du pouvoir, il n’y a pas d’un côté ceux qui savent, et de l’autre le reste de la population, personne dont la parole serait plus importante, dont l’image ou l’icône écraserait les autres. C’est très démocratique. Les réunions « corporatistes » des artistes, cinéastes, enseignants montraient une envie de vivre ce moment mais plutôt comme des citoyens. Il y a de vraies agora, sous le regard de la statue du journaliste assassiné, le regretté Samir Kassir. Les gens prennent la parole, racontent, se racontent, sont écoutés. Pour l’instant les inventions, les images, les slogans les plus pertinents ne viennent pas forcément des artistes. Aujourd’hui, nous sommes dans un flux et nous l’accompagnons discrètement. Il est évident que les réseaux sociaux sont le véhicule privilégié de cette révolution. Mais on peut même dire que les smartphones en eux même ont un rôle prépondérant, il suffit de voir les images de rassemblements avec tous les écrans allumés et la conscience de la production d’un autre genre d’image, celui des drones. On alterne ainsi de l’image de visages, des selfie, à celle du drone.

    Ce mouvement très #horizontal, dont n’émerge pas véritablement de figure, je comprends bien que l’artiste, ou même le militant ou la militante, ait envie de le valoriser. Mais il rappelle les #Printemps_arabes, dont on connait aujourd’hui l’issue en Syrie, en Égypte, en Libye… seul l’exemple tunisien a débouché sur une, fragile, évolution positive. Dégager le pouvoir en place sans pouvoir le remplacer, du fait notamment du départ en diaspora de nombreux libanais, n’est-ce pas voué à l’échec ? Les manifestants réclament un gouvernement de technocrates, est-ce que cela peut vraiment être une solution ?

    D’abord en ce qui concerne les printemps arabe, même si le résultat peut paraître parfois pire, au moins les dictatures ne sont plus « naturalisées ». On ne peut pas oublier dorénavant le fait qu’il y a un peuple qui peut faire changer les choses. C’est donc une question de temps et de conjonctures. Mais pour revenir au Liban, chacun d’entre nous développe tous les scénarios catastrophes possibles dans sa tête le soir en se couchant. On a des cauchemars remplis de scénarios catastrophes… On nous a tellement parlé du risque de vide constitutionnel, dit que si on enlevait toute cette classe politique il n’y aurait plus personne pour diriger le pays, menacé du chaos, de l’anarchie, de la banqueroute et de la faillite générale. Alors évidemment il y a cette revendication d’un gouvernement de technocrates qui émerge, mais c’est pour échapper au partage traditionnel du pouvoir, et dans une perspective de transition, même si on ne sait pas ce qu’il pourrait se passer avec des personnes sans expérience politique. D’autant que tous ces leaders politiques qui se sont accrochés au pouvoir comme des fous depuis des décennies, dont certains peuvent s’appuyer sur des milices armées comme le Hezbollah, n’ont aucune raison de nous laisser faire. Un autre de ces scénarios catastrophe, souvent mis en avant, s’appuie sur la question de savoir si tout cela ne serait pas un plan Americano-je-ne-sais-quoi qui, comme dans d’autres pays, fait mine de soutenir la démocratie pour pouvoir fragiliser le pays et revenir à une guerre civile. Tous les pays de la région ont été déstabilisés, la Syrie, l’Égypte… et maintenant ce serait le tour du Liban. Oui on a tout ça en tête, et surtout comment va-t-on s’en sortir économiquement ? Mais ceux qui reprochent à la révolution de fragiliser le pays au niveau financier, devraient se demander s’il ne faut pas plutôt se pencher sur les 30 dernières années que sur les 20 derniers jours. La situation économique est terriblement préoccupante mais c’est bien cela qui pousse les gens dans les rues et pas le contraire ! Quant à ceux qui agitent la crainte du vide constitutionnel, qui a obsédé la génération de nos parents, ils devraient se demander si ce n’est pas cette peur qui a permis à ce régime de s’ancrer et de prospérer. Il faut bien avoir en tête que jusqu’à présent, nous vivions dans un désespoir profond. La situation catastrophique faisait penser à un marécage dans lequel on parvenait à peine à surnager, mais pour combien de temps encore ? Là, il y a peut-être une solution, même si ceux qu’on essaie de dégager vont essayer de faire le maximum de grabuge, leurs partisans vont descendre dans les rues, comme ça a déjà été le cas cette semaine.

    Quelles réponses émergent du côté des manifestants ?

    Bien sûr au début ça a pu sembler cacophonique, organique, mais petit à petit des voix émergent, elles ne s’imposent pas et peut-être ne veulent pas s’imposer mais apportent des éléments de réponse, provoquent des débats et mieux encore des conversations. Ce n’est pas un groupe de révolutionnaires incontrôlables qui veulent en découdre avec les symboles de l’autorité et du pouvoir, mais des gens très avides de se retrouver pour parler, discuter, partager. Ça s’organise au fur et à mesure. Il y a tous les jours, dans les espaces que les manifestants se réapproprient, que ce soit des jardins ou des bâtiments inoccupés depuis des décennies comme l’Œuf, de nombreuses discussions portant sur le droit, la constitution, la façon d’anticiper des élections parlementaires, de choisir les candidats de manière plus représentative. Des initiatives et des investigations pour retracer les sommes astronomiques volés par nos politiciens corrompus. Les idées se clarifient. Il y a eu déjà des avancées importantes : de nombreuses taxes ont été annulées, des enquêtes sont ouvertes mettant en cause des politiciens et leur réclamant l’argent volé. C’est une révolution de femmes aussi comme on le disait, et il était bien temps. Il peut y avoir quelque chose d’absolument inédit qui se reconfigure hors de ces leaders dont on a prouvé l’inefficacité et la corruption. Vous avez évoqué la revendication d’un gouvernement de technocrates, pourquoi pas. Mais cela peut aussi venir de la société civile, qui est très consciente, extrêmement articulée contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire. On a vu émerger ces dernières années des projets écologiques, humanitaires, politiques au sens le plus profond du terme, pas au sens de la politique politicienne. Il y a une émulation de groupe et de mouvements citoyens comme par exemple Beyrouth Madinati (Beyrouth notre ville), issu de la société civile et qui s’est constitué à l’occasion des dernières élections municipales. Il pourrait aussi, pourquoi pas, constituer une alternative politique. Évidemment, tout a été fait pour empêcher qu’ils n’aient pas de représentants. Quel que soit le cas de figure, que ce soient des technocrates, des personnalités de la société civile, ou une combinaison des deux qui forment le nouveau gouvernement, l’enjeu c’est de ne prendre aucune personne qui aurait déjà participé à ce système d’où le slogan « Tous c’est à dire tous ».

    « Beyrouth notre ville », il y a là presque un écho à votre œuvre « Beyrouth n’existe pas »…

    C’était en effet une façon de se réapproprier la ville et l’espace public. L’œuvre présente une photo aérienne de Beyrouth collée sur un miroir, coupée en 3000 morceaux numérotés dont les spectateurs peuvent s’emparer. Plus on retire les fragments de l’image, plus le miroir apparaît et projette l’image des visiteurs, leur environnement, la réalité qui les entoure. Ce n’est donc pas que Beyrouth n’existe pas, c’est plutôt qu’elle n’arrête pas d’exister. C’est comme quand Lacan dit « la femme n’existe pas », c’est qu’il n’y a pas Une seule femme comme il n’y a pas Un seul aspect de cette ville, Beyrouth. Depuis très longtemps, on affirme qu’il faut échapper aux définitions. Les spectateurs dans cette œuvre se réapproprient la ville, car chaque morceau de cette photo a du sens quand il est collé avec tous les fragments – ce qui donne à voir une image très nette de la ville – mais dès qu’un fragment est décollé il devient une image un peu abstraite même s’il a un sens en lui-même, au moins pour celui qui l’a pris. Les choses prennent sens toutes ensemble. C’était donc à la fois une œuvre sur la réappropriation et sur l’impossibilité de réduire un objet aussi complexe qu’une ville à un cliché qui dirait « c’est ça… » mais aussi sur le partage.

    Aujourd’hui cela se traduit donc dans des initiatives citoyennes comme Beyrouth Madinati ?

    Il y a clairement un mouvement pour se réapproprier cette ville concrètement. Le système public est tellement déficient au Liban que, par la force des choses, le privé a pris le relais. C’est évidemment une chose qui peut déplaire vu de France, mais le fait est que toutes les initiatives efficaces et pertinentes que ce soit les initiatives d’aide sociale, environnementales et même artistiques, se font grâce à l’énergie de quelques individus. Le recyclage, très présent dans la révolution actuelle et qui est très beau, cette façon qu’ont les manifestants de nettoyer tous les matins peut sembler étonnant, mais c’est très significatif pour nous. En disant cela il ne faut pas croire qu’on est contre la « chose publique » au contraire, on la souhaite, on la désire mais pour cela, il faut d’abord se débarrasser de la corruption qui la gangrène.

    Une des dernières œuvres que j’ai vu de vous ce sont vos Time Capsules, ces capsules temporelles que vous aviez présentées en 2017 et pour lesquelles vous aviez reçu le Prix Marcel Duchamp. C’est une installation qui présente des œuvres issues de carottages extraits du sous-sol de sites en construction. Une façon de faire une archéologie du présent, de montrer que la ville est le produit de couches sédimentées des occupations successives ?

    En tant qu’artistes et cinéastes, nous utilisons l’image, l’écriture, le film pour réfléchir profondément notre inscription dans le présent. Au Liban bien sûr, mais aussi dans le monde. Le Liban est un laboratoire du monde, et cette révolution qui se déroule en ce moment est là pour le montrer. On voit bien, par son côté extrême, ce qu’elle veut dire au reste du monde, de cette impossibilité de faire confiance à des leaders qui ne représentent plus leurs électeurs, qui ne pensent qu’au pouvoir. Depuis des années, nous questionnons la représentation qu’on a de nous-même, comment on écrit notre propre histoire, ce qui est retenu de l’histoire et pourquoi l’histoire est importante, ce n’est pas une question de passé, nous ne sommes surtout pas des artistes nostalgiques. Ce que nous cherchons à dire, c’est que la rupture temporelle nous empêche souvent de nous projeter dans le futur. On vit dans un présent qui ne connait pas son histoire, qui ne la discute pas, car il ne s’agit évidemment pas de souscrire à une histoire officielle. Bien au contraire, au Liban ou ailleurs, il faut questionner continuellement la façon dont ces structures sont arrivées là, comment nos sociétés se constituent, comment on a arrêté de parler ensemble, comment nos intellectuels n’accèdent plus à certaines tribunes… ce que racontent les images, la télévision. On a donc toujours cherché à déconstruire, mais nous tenons aussi à être dans une forme de proposition poétique. Les carottages c’était un moment important dans la prise de conscience de ce vertige dont on parlait au début. On avait pour ainsi dire exploré dans plusieurs directions, (les escroqueries et la corruption sur internet, l’espace avec notre film sur le projet spatial libanais…), il restait à voir ce qu’on avait sous nos pieds, ce que ça pourrait nous raconter d’aujourd’hui. C’est aussi un rapport à la géologie, l’écologie, l’anthropocène… ce qu’on fait de nos déchets, ce qu’on laisse dernière nous et comment cela produit autre chose. C’est une œuvre à la fois géologique et archéologique, puisque le carottage consiste à descendre avec une sonde et à retirer des pierres, de la terre jusqu’à 6-8 mètres. Or, à cette profondeur, on a dépassé la présence humaine, on arrive à la géologie, ce qui montre que notre présence sur terre représente finalement peu de chose. Ces traces-là nous racontent que tout répond à un cycle de construction et de destruction. Les cycles de destruction portent en eux toutes les promesses de construction, et elles sont nombreuses, ce sont les catastrophes géologiques qui mènent à des régénérations.

    https://aoc.media/entretien/2019/11/09/joana-hadjithomas-khalil-joreige-les-libanais-realisent-que-loin-de-les-prote

  • Lobbying et transparence : le règne des faux-semblants - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/081119/lobbying-et-transparence-le-regne-des-faux-semblants

    C’est devenue clair dans le monde entier, la lutte contre la corruption est un des piliers majeur de la recomposition d’une alternative politique crédible et efficace.

    a loi Sapin 2 a été votée fin 2016. C’est la première à encadrer en France les activités de lobbying, notamment par le biais du répertoire des représentants d’intérêts qui documente leurs actions et dépenses. Près de trois ans plus tard, la publication des activités des représentants d’intérêts atteint son rythme de croisière, avec déjà un an et demi de données accessibles. Mais les informations détaillées dans le répertoire restent bien loin de la transparence et ne permettent guère de savoir ce qui se passe concrètement.

    En se penchant, pour exemple, sur les géants américains du numérique (Google, Facebook, Amazon, Apple, Microsoft et Uber), on se rend compte du flou du dispositif. Avec un montant de dépenses en lobbying déclaré entre 1 et 1,25 million d’euros pour l’année 2018, Google se place sur la deuxième marche du podium, ex aequo avec BNP Paribas et EDF, et juste derrière Total, première des entreprises. Les contours des budgets déclarés, cependant, ne sont pas forcément similaires et la comparaison s’avère complexe.

    En 2017, Mediapart avait raconté comment le gouvernement avait renoncé in extremis, sous la pression du Medef et de hauts fonctionnaires pas pressés d’exposer les coulisses de leur pouvoir, à exiger de ces professionnels de l’influence qu’ils dévoilent l’identité de toutes leurs cibles.

    Aujourd’hui, dans un rapport sur « un meilleur encadrement du lobbying », l’association Transparency International France confirme les défauts du répertoire actuel : une périodicité trop faible (mise à jour seulement tous les ans), l’absence de déclaration du lien entre activité et décision, le manque d’information sur les interlocuteurs… Elle réclame la modification du décret encadrant le répertoire, pour prendre en compte ces lacunes.

    Sylvain Waserman, vice-président MoDem de l’Assemblée nationale, va également dans ce sens : « Il faut aller beaucoup plus loin dans la granularité de ces déclarations pour pouvoir avoir une vision panoramique des influences sur une loi. Je ne crois pas que ce soit un gros problème pour les lobbyistes d’aller un peu plus loin dans le détail. »

    À la suite de nos demandes, le secrétaire général de l’Élysée, Patrick Strzoda, s’est retranché derrière « le secret des affaires » pour ne rien dire de ces rencontres, et garder ces réunions opaques. Selon lui, tous les documents ayant trait à ces rencontres « font état du modèle de développement », mais également « d’informations précises sur leur statut juridique ou leur situation économique », ce qui justifie qu’ils n’aient pas été communiqués à Mediapart.

    #Lobbying #Corruption #Secret #Crise_démocratique

  • La girandola di conti nelle banche svizzere

    È l’ottobre del 2012 quando B.F., operatore finanziario con base a Rio de Janeiro, scrive alla #Pkb di Lugano: «(…) il cliente ha deciso di fare una diversificazione bancaria del suo patrimonio (…) ha aperto due nuovi conti in Svizzera (…) non vuole avere un’unica banca depositaria di tutto il suo patrimonio. Non vuole tutte le uova nello stesso paniere». B.F. chiede di trasferire 2,3 milioni di franchi da un conto Pkb a uno alla #Hsbc. Entrambi appartengono a #Paolo_Costa, all’epoca direttore della #Petrobras, colui dal cui arresto e dalle cui confessioni partirà l’inchiesta #Lava_Jato.
    Sette anni dopo, B.F. sarà la prima persona ad essere giudicata in Svizzera per il suo ruolo nello scandalo brasiliano. L’uomo, per cui vale la presunzione d’innocenza, è accusato di corruzione e riciclaggio. Di recente il Ministero pubblico della Confederazione (Mpc) ha promosso al Tribunale penale federale un atto d’accusa con rito abbreviato: ciò che significa che l’imputato ha ammesso i fatti e ha quindi collaborato con le indagini. Una cooperazione che potrebbe creare un certo imbarazzo alle varie banche elvetiche con cui B.F. aveva una relazione. La sua probabile condanna potrebbe in effetti mettere in luce i meccanismi che hanno permesso ai funzionari corrotti della Petrobras di trasferire i loro soldi in Svizzera.
    Ma chi è B.F.? Ex dipendente di Credit Suisse in Brasile, un giorno ha deciso di mettersi in proprio. Dal suo ufficio di Rio, offriva i suoi servizi ai ricchi brasiliani che volevano nascondere i loro denari dalla dubbia origine. È quello che viene definito un «doleiros», una sorta - per l’accusa - di riciclatore professionista. L’uomo era ben introdotto nel mondo bancario elvetico, dal quale era definito «agente d’affari». Negli anni, B.F. ha aperto e amministrato decine di conti in Svizzera per i clienti brasiliani. Via email ordinava i trasferimenti e dialogava con le alte sfere. È lui che è intervenuto per favorire l’apertura dei conti di Costa alla Julius Bär e alla Hsbc di Ginevra: quando il direttore della Petrobras era stato identificato come cliente ad alto rischio era bastato l’intervento di B.F. per risolvere la situazione. Anche alla Pkb di Lugano, dove aveva un proprio conto personale, B.F. era l’agente che aveva portato il cliente Costa. B.F ha incontrato i dirigenti della banca, sia in Brasile che a Ginevra dove, secondo quanto risulterebbe, ci sarebbe stato un incontro tra l’intermediario, il direttore della Petrobras e un alto dirigente dell’istituto. Per mostrare il potere di B.F. sui conti di Costa, gli inquirenti brasiliani hanno proprio utilizzato la citata mail inviata alla Pkb: "L’email è molto interessante - si legge in un documento - perché conferma la dichiarazione di Costa sulla «professionalità» di B.F. nel riciclaggio dei suoi capitali". Oltre che alla Pkb, B.F. ha fatto aprire un conto in una seconda banca di Lugano, la Cramer, a Pedro Barusco, un altro dirigente della Petrobras.
    Nel 2015, quando il nome di B.F. appare sulla stampa, l’operatore si è già rifugiato a Ginevra. Gli inquirenti brasiliani lanciano allora un mandato di ricerca internazionale. Senza successo. Di nazionalità svizzera, l’uomo non può essere estradato. Il Brasile chiede così alla Svizzera, che nel frattempo aveva aperto una sua indagine, di proseguire l’inchiesta. L’Mpc avrebbe identificato più di 40 relazioni bancarie sospette controllate da B.F. in Svizzera. Il totale della somma bloccata ammonterebbe a 30 milioni di franchi.


    http://www.caffe.ch/stories/cronaca/64206_la_girandola_di_conti_nelle_banche_svizzere
    #Suisse #banques #Brésil #corruption #blanchissement_d'argent #justice #finance

    Article de Federico Franchini, journaliste membre de @wereport

  • [Exclu] Tir de LBD sur Lilian, 16 ans : la plainte de sa mère classée sans suite
    https://www.rue89strasbourg.com/exclu-tir-lbd-lilian-16-ans-strasbourg-plainte-mere-classee-163408

    Encore une violence policière impunie. Le parquet a classé sans suite la plainte de Flaure Diesse, concernant le tir de Lanceur de balles de défense (LBD) qui a touché son fils le 12 janvier 2019 lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Strasbourg. Selon une source proche du dossier, ce classement sans suite trouve son origine dans l’enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur l’affaire Lilian, du nom du jeune de 16 ans gravement blessé à la mâchoire, alors qu’il ne manifestait pas… Puisque l’auteur du tir de LBD n’a pas été identifié, il n’est pas possible pour le parquet de poursuivre au pénal.

  • « Combien avez-vous été rémunéré par #Servier ? » : au procès du #Mediator, le défilé des consultants du laboratoire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/02/combien-avez-vous-ete-remunere-par-servier-au-proces-du-mediator-le-defile-d

    Toute la semaine, il a été question de « néoglucogenèse » et des « récepteurs 5-HT2B », des « ramifications cylindraxiles » et de l’« accolement des vésicules à la membrane des boutons synaptiques des neurones », des « enzymes monoamines oxydases », de la « valve tricuspide » qu’il ne faut évidemment pas confondre avec les valves « aortique et mitrale », ou encore du « captage de glucose » dont il est – mais faut-il le préciser ? – « fantaisiste de penser qu’il est contrôlé par la pyruvate kinase ».

    La formidable complexité des débats qui caractérise le procès du Mediator a atteint un pic au cours de la bataille d’#experts qui occupe pour quelques jours encore la 31e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

    A tel point que Me Charles Joseph-Oudin, avocat de plusieurs centaines de parties civiles, a fini par se demander tout haut si elle n’était pas savamment orchestrée par la défense, dans « une stratégie du trouble » destinée à instiller l’idée « que les choses sont beaucoup plus complexes que ce que le bon sens nous a jusqu’ici permis de comprendre ».

    Stéphane Horel sur Twitter :
    "#Mediator
    Me Charles Joseph-Oudin à Jean-Pol Tassin, (ex #Inserm et #Collège_de_France) :
    – "Pouvez-vous préciser le montant des honoraires que vous avez perçu de la part de Servier ?
    – TTC ?
    – Comme vous voulez.
    – Depuis 2011, de l’ordre de 300 000 euros." /
    Twitter
    https://twitter.com/stephanehorel/status/1190930652658569216

    #conflit_d'intérêt #criminel #corruption #institutions

  • L’affaire bulgare et Didier Reynders Alexandre Penasse - 25 Octobre 2019 - Kairos
    http://www.kairospresse.be/article/laffaire-bulgare-et-didier-reynders

    Myrianne Coen, conseillère d’ambassade hors-rôle (1), docteur de la Sorbonne, auteure d’articles et d’ouvrages sur le rôle des organisations criminelles dans les relations internationales, a publié trois communiqués de presse cette dernière semaine, qu’elle a envoyés à la rédaction de Kairos. Nous en résumons les principaux éléments dans cet article, tout en apportant des informations supplémentaires.
    En 1996, en poste à Sofia, la diplomate belge Myrianne Coen découvre un vaste réseau de délivrance de #visas touristiques de complaisance. Des mafieux bulgares, avec la complicité de fonctionnaires de l’ambassade, organisent la traite d’êtres humains, le trafic de stupéfiants, d’armes et de viande avariée(1). Myrianne Coen refuse de participer à ce trafic au bénéfice d’organisations criminelles et le dénonce auprès de ses supérieurs et du ministère des Affaires étrangères. Ce dernier préfèrera la fuite et la laissera tomber. Depuis plus de 20 ans, elle résiste à l’omerta dont le peuple européen est la première victime, à des pratiques qui « ont fini par faire éclater des bombes au cœur de Bruxelles ».

    « Les trafics de documents sont le fil rouge de la #criminalité_organisée », déclarait déjà le Sénat en 1999, document qui ne constitue pas un simple bout de papier, aisément falsifiable pour la criminalité organisée : « Dans un pays de l’Union européenne, expliquait Myrianne Coen à l’époque, le nombre de personnes arrêtées venant d’un pays de l’Est double sur une période donnée après l’abolition des visas. Ce qui veut dire que si ce phénomène se vérifiait sur l’ensemble des pays de l’Est, il faudrait en déduire qu’à intensité de répression constante, le régime des visas arrête la moitié de l’activité criminelle ! »(2)


    « Entre 1990 et 1997, la fuite des capitaux en Bulgarie s’est faite par l’entremise des commerçants, ainsi que par la création de bureaux d’architecte, de magasins d’art et l’achat de biens immobiliers en Europe, tous ces acteurs devant bénéficier de #visas. Vers le milieu des années 90, ces capitaux se sont mélangés avec de l’argent du #crime_organisé avant d’être réinjectés dans des institutions bancaires occidentales. (…) Parmi la nébuleuse des bénéficiaires de ces visas, Myrianne Coen a pu identifier des marchands de voitures douteux, de prétendues sociétés de mannequins, des négociants céréaliers véreux, des exportateurs de viandes avariées, des personnes recherchées par la police bulgare, d’autres fichées par la police belge et, enfin, certaines carrément liées à des réseaux mafieux de #prostitution, de main-d’œuvre illégale et de #blanchiment. Et bien d’autres sinistres personnages, dont certains ont obtenu depuis la nationalité belge et ont pignon sur rue à #Bruxelles, #Anvers et ailleurs ! »(3) _

    Le 19 mars 1997, Myrianne Coen est retrouvée inanimée et blessée dans l’ambassade de Belgique à Sofia et ne devra sa vie qu’à un subalterne qui prévient les secours. En vain depuis plus d’un an, elle dénonçait à sa hiérarchie et aux instances judiciaires un #trafic de documents à destination de membres de la #criminalité organisée belgo-bulgare et de leurs victimes. Dans les années qui suivent, de nombreuses autres ambassades seront concernées. Les diplomates qui ne se plient pas à l’#omerta seraient-ils mal venus dans la carrière en Belgique ? On constate en effet que depuis lors, les ministres des Affaires étrangères successifs lui refusent toute carrière diplomatique normale.

    #Didier_Reynders accusé
    Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui a été retenu pour la fonction de #Commissaire_européen à la #Justice et à l’État de Droit, est accusé dans cette affaire d’intimidations, de #harcèlement, et d’avoir écarté la diplomate de ses fonctions. Pour 25 ans de carrière diplomatique ravagée, les dommages professionnels, sociaux, financiers, personnels sont évalués à 5 millions €. À la veille de l’audition du candidat Commissaire européen à la Justice et à l’État de Droit devant le #Parlement_européen, la Cour d’appel de Bruxelles accordait 5 000 € de dédommagement à la diplomate : 0,57 centime par jour ! L’instruction judiciaire sur les pratiques dénoncées par #Myrianne_Coen a vu se succéder six juges d’instruction… On sait qu’une procédure typique pour empêcher une enquête d’aboutir est de démanteler régulièrement les équipes pour empêcher d’avancer, casser le moral, placer des personnes plus « conciliantes »…


    Le mutisme de la justice
    L’arrêt civil de la Cour d’appel de #Bruxelles (Chambre 18F) a été déposé « en secret » le 26 septembre 2019 et communiqué le 1er octobre, précisément la veille de l’audition de Didier Reynders devant le Parlement européen pour la fonction de Commissaire européen à la Justice et à l’État de Droit, le 2 octobre. Myrianne Coen, venue spécialement d’Italie à la date prévue du prononcé de l’arrêt, le 19 septembre 2019, voit celui-ci est différer sans motif au 17 octobre 2019… 7820 jours après introduction, le 20 mai 1998, de la demande en dommages et intérêts. L’arrêt a été réécrit entre le 19 septembre et le 26 septembre. Celui-ci a-t-il été écrit par le ministère des Affaires étrangères dès le début, ou révisé par la suite ? Ou alors, l’arrêt n’était pas terminé, notamment en raison de pressions sur les magistrats, qui l’ont dès lors différé d’un mois et ont ensuite été contraints de le signer.

    Notons que Mireille Salmon est la présidente de la chambre 18F, laquelle est impliquée dans le #Fortisgate qui conduira en 2008 à la démission du gouvernement Leterme pour avoir fait pression sur la magistrature dans la procédure judiciaire portant sur la contestation de la vente de #Fortis à #BNP #Paribas. Alors qu’en 2008 Fortis a perdu quasiment 95 % de sa valeur en un an, la banque est démantelée et vend une partie de ses activités à BNP Paribas. Les actionnaires, considérant que cette transaction ne pouvait avoir lieu sans leur aval, saisissent la justice. Après le rejet d’une requête en référé devant le tribunal de commerce demandant le gel du démantèlement, les actionnaires saisissent la 18ème chambre de la cour d’appel, dont le président est Paul Blondeel et les conseillères Christine Schurmans et… Mireille Salmon. Dans le Fortisgate, il semble que l’arrêt soit déjà écrit : « Paul Blondeel, signale au Premier président de la Cour d’appel, Guy Delvoie, qu’il peut informer la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) quant au contenu d’un arrêt... qui n’existe pas encore. Et, le 9 décembre, des experts avaient déjà été contactés par M. Blondeel pour traiter le cas Fortis. Sans accuser personne - Mme Schurmans ne le fait pas -, cela ouvre des perspectives quant à une fuite vers l’extérieur - vers le monde politique et/ou financier -, comprend-on(4). » Ghislain Londers, premier président de la Cour de cassation, informera par courrier le président de la chambre, #Herman_Van_Rompuy, que le contenu de l’arrêt était déjà connu par le gouvernement le 10 décembre alors qu’il allait être prononcé le 12 décembre 2008… Cela rappelle étrangement l’écriture du réquisitoire et de la transaction pénale du #Kazakhgate par les avocats de la défense, ou l’affaire « Sofia »… Circulez, y’a rien à voir !

    On découvre aussi que Mireille Salmon, qui a signé l’arrêt Fortis, « a échangé des courriels quelques jours avant l’assemblée des actionnaires de Fortis en février avec Lionel Perl, entre-temps devenu administrateur de #Fortis Holding »(5) . Dans des mails découverts lors de l’enquête de la Cour d’appel de Gand, « Lionel Perl demande confirmation à Mireille Salmon qu’un "non" des actionnaires signifie que la vente à BNP Paribas ne se fera pas. Mireille Salmon répond négativement. Juridiquement, la vente pouvait donc se faire, selon le juge qui estimait que les actionnaires devaient pouvoir s’exprimer sur la vente »(6). « Le relevé des contacts téléphoniques entre ces deux personnes indique que les contacts se sont intensifiés de manière très nette à mesure que l’arrêt approchait de sa phase finale. Est-ce uniquement pour préparer les fêtes de fin d’année que ces deux "amis", qui ont très peu de contacts usuellement, multiplient les appels téléphoniques ? Est-ce pour trouver un des "experts" qui sera désigné dans l’arrêt ? Ou est-ce pour "nourrir" l’arrêt du 12 décembre ? »(7)
    La collaboration active ou passive du monde judiciaire avec l’exécutif semble faire système. Depuis plus de vingt ans, les instances #judiciaires sont absentes du dossier « Sofia » et le parquet est tout aussi silencieux. Le ministère belge des Affaires étrangères dispose pourtant de toutes les preuves. À aucun moment il n’a collaboré aux instructions judiciaires, il n’a pas introduit de procédures disciplinaires contre les auteurs des faits. Les instructions judiciaires, ouvertes en 1996, ont été interrompues sous prétexte de « non-opportunité des poursuites », puis portées à la prescription en 2009. La procédure d’urgence pour fait de harcèlement introduite contre le ministre des Affaires étrangères en 2005 a été renvoyée, sans motif, au tribunal civil… en 2012. Dans son arrêt, la Cour d’appel civile refuse à présent tout dédommagement à la diplomate parce qu’aucun tribunal n’a condamné de fonctionnaires ni pour trafics de documents ni pour harcèlement !

    Une « construction judiciaire » applaudie par les réseaux criminels
    On constate que cet arrêt copie soigneusement le « roman » du ministre belge des Affaires étrangères devant ses juges, et que, comme dans d’autres affaires, ce n’est plus l’impartialité qui semble guider les réquisitoires, mais les interprétations fidèlement retranscrites de ceux qui sont accusés(8). Ce roman, le voici : aucun fonctionnaire du ministère belge des Affaires étrangères n’a jamais trafiqué les visas à l’ambassade de Belgique à Sofia dans les années 90, et certes jamais au bénéfice de membres d’organisations criminelles et de leurs victimes. Myrianne Coen, conseillère d’ambassade, n’a pu dès lors subir de représailles ni être discriminée dans sa carrière pour avoir refusé de participer à ce qui dès lors n’existerait pas ou pour l’avoir dénoncé.

    Aucun fonctionnaire belge des affaires étrangères ne trafiquait les visas dans les années nonante ? Et aucun depuis lors, par ses comportements, n’a protégé de trafiquants ? On comprend que ceux qui protègent ces trafics se débattent comme ils peuvent pour occulter la vérité. Mais d’où la 18e chambre de la Cour d’appel de Bruxelles tire pareille certitude reste… un mystère.

    En effet, cela semble contredire les conclusions d’autres instances. En 2004(9), 8 ans après les premières dénonciations, le Parlement belge constate « qu’il ressort de l’enquête du Comité R qu’il y a des problèmes de fraude, de corruption et d’éventuelles connexions d’agents des Affaires étrangères avec le crime organisé. Il est clair aussi qu’aucun des services publics concernés n’a pris les mesures appropriées… les éléments permettant la poursuite de ces pratiques n’ont pas été éradiqués… Si ces pratiques existent depuis plus de dix ans et qu’à ce jour l’intégrité n’est toujours pas assurée, la fraude aux documents peut continuer à se développer. Cette constatation est inacceptable ». Dans le livre « Belgique en sous-sol, immigration, traite et crime organisé », on trouve, en plus d’autres propos très éclairants de la Chambre et du Sénat : « Quant au “dossier Sofia” : ’Il s’agit d’une fraude aux visas que le Parlement tente de percer à jour depuis des années. Le Parlement reçoit uniquement une réponse procédurale, ce qui est inacceptable. Le fait que l’on ne joue pas franc jeu dans ce dossier incite inévitablement d’aucuns à prétendre que le ministre des Affaires étrangères étouffe l’affaire’ » . On ne pouvait être plus clair. Ces dernières années, les trafics de visas humanitaires contre monnaies sonnantes et trébuchantes pour des réfugiés syriens ne disent pas autre chose(10).

    Quant au jugement du tribunal correctionnel du 18 février 2009, il constate : « Un grand nombre de malversations à l’ambassade de Belgique à Sofia. Les plaintes ne concernent pas de petites choses, mais des abus scandaleux et honteux tantôt à qualifier de #délits, mais aussi souvent de #crimes. Le tribunal n’est cependant pas saisi de cela et s’abstient… De même, nous n’avons pas à nous prononcer concernant l’opportunité des poursuites (et des non-poursuites). Qui sont les auteurs ? Le tribunal précise : "EVD propriétaire d’un hôtel en Grèce était en contacts suivis avec l’ambassadeur. Celui-ci a, à plusieurs reprises, voyagé en Grèce pour un séjour dans cet hôtel… EVD et son épouse venaient régulièrement déposer des cadeaux (...) L’inculpé s’occupait activement de demandes de visas pour de soi-disant touristes. Il est également établi… l’utilisation de faux papiers et de fausses adresses de référence. Qu’il agissait dans le but de recevoir un avantage en fortune est évident". EVD sera reconnu coupable de faux et usage, traite des êtres humains et d’association de malfaiteurs. Le parquet fédéral a tergiversé pendant 13 ans. Il bénéficiera donc de la prescription » . En termes moins diplomatiques : le parquet protège les auteurs, notamment cet autre membre de l’association de malfaiteurs non nommé… mais très précisément décrit. Le tribunal correctionnel regrette de ne pas avoir, en conséquence, les moyens de prononcer une condamnation.

    Non seulement la 18e chambre ne voit pas ce qui est écrit en toutes lettres, mais elle devra aussi repasser son cours de criminologie : l’#impunité entraîne la récidive et, par opportunités communes, l’élargissement du cercle de complices, tandis que les risques vont croissants pour ceux qui refusent d’y « participer ». Violences, menaces, harcèlement deviennent a#insi armes coutumières de la prise de pouvoir criminel d’une structure qui exclut et discrimine : un cas d’école dans le présent dossier.

    Conséquences ?
    D’une part la « non-opportunité des poursuites » pour les auteurs des trafics et leurs protecteurs. Cette « non-opportunité » ne peut en droit être activée par le parquet, car il y a victime… « Mais qui se préoccupe du droit dans cette affaire » , demande Myrianne Coen. D’autre part la mort civile pour Myrianne Coen, la diplomate qui tenta de protéger les victimes contre ces criminels… devenue ainsi victime collatérale des trafics criminels, victime qu’on ne peut en aucun cas dédommager sans faire crouler tout l’édifice.

    Et la Cour d’appel dès lors de poursuivre le roman des Affaires étrangères : « c’était la secrétaire de l’ambassadeur la coupable (comprenons : l’ambassadeur, le pauvre, il n’en savait rien) » . Or, le juge correctionnel a refusé de condamner la secrétaire : elle n’agissait que sur ordre et en droit pénal, la responsabilité pénale remonte… sur le supérieur hiérarchique. Le parquet ayant organisé (pour mémoire, illégalement de surcroît) la non-opportunité des poursuites, lorsqu’il ne put plus cacher les trafics d’êtres humains, il avait d’urgence dû trouver coupable. Le ministère belge des Affaires étrangères le lui offrit sur un plateau d’argent : la secrétaire faisait l’affaire… une citoyenne lambda, sans connexions et sans protections. Selon que vous serez puissants ou misérables…

    Les tribunaux se contredisent… Le tribunal correctionnel dit blanc, jugement en forme de chose jugée. La chambre 18F de la Cour d’appel dit noir, contre toutes évidences et rationalité… Qu’y a-t-il donc encore à cacher, après 20 ans ?

    Ajoutons que l’instruction judiciaire n’avait interrogé aucun des suspects membres des organisations criminelles déjà par ailleurs internationalement signalés, ni aucune de leurs victimes, de la traite des êtres humains et de tous les autres trafics… Elle s’était aussi bien gardée de les identifier et de les rechercher… Les juges d’instruction trop actifs avaient été préalablement dessaisis à cet effet. Quant au parquet fédéral, il avait mis 13 ans pour s’assurer de la #prescription. Les violences commises à l’ambassade, le harcèlement contre la diplomate n’ont fait l’objet d’aucun acte d’instruction. Johan Leman, ancien directeur du Centre d’égalité des chances, un des auteurs de l’ouvrage collectif « L’État gruyère. Mafias, visas et traite en Europe » (2002), constitué partie civile dans le dossier « Sofia », exprimant clairement sa conviction d’une corruption de la haute administration du département, subira des pressions : « On m’a averti que j’étais impliqué dans trop de dossiers chauds… Comme le conflit avec les Affaires étrangères à propos de l’ambassade belge à Sofia et le dossier Van Kaap »(11).

    Ces faits inacceptables et indécents, la Cour d’appel de Bruxelles les juge « honorables » dans un État de Droit, pour appuyer ses refus systématiques de dédommagements. Pour frapper le témoin qui depuis plus de 20 ans demande protection, la Cour tire encore avantage de la réserve que la diplomate s’est constamment imposée pour ne pas nuire aux enquêtes, tire avantage des dénis de justice qu’elle a subis et qui visaient à protéger les « amis des amis » , tire avantage des risques que court tout témoin d’activités des organisations criminelles, que tant voudraient voir disparaître.

    5 000 € pour 25 années de carrière diplomatique ravagée. L’arrêt de la 18e chambre de la Cour d’appel de Bruxelles salit sa victime et l’ensemble de la #fonction_publique, déshonore la diplomatie belge la réduisant à l’insignifiance… Intimidation à présent en passe de s’étendre à toute l’Europe ? Un arrêt dont les organisations criminelles sauront tirer profit.

    L’Union européenne prescrit la protection des témoins et victimes, et des fonctionnaires en particulier, la Cour européenne des Droits de l’Homme prescrit l’interdiction de la discrimination. Elle oblige aussi les États à effectuer des enquêtes complètes et loyales… « Dans la tourmente actuelle, où une réforme succède à une autre réforme, je ne sais pas, je ne sais plus, si un État de droit subsistera encore longtemps », dira Éliane Liekendael, Procureure générale près la Cour de cassation de Belgique (mercuriale, octobre 1998).

    Sauver Didier Reynders à l’Europe ?
    Deux décisions de justice, prises à Bruxelles le même jour, jeudi 26 septembre 2019, ouvrent la voie à l’audition de Didier Reynders devant le Parlement européen, le mercredi 2 octobre 2019, pour la fonction de Commissaire européen à la Justice et à l’État de Droit,
    • la Cour d’appel de Bruxelles liquide pour 5 000 €, au lieu de 5 millions, les dommages et intérêts que Myrianne Coen, Docteur de la Sorbonne et Conseillère d’Ambassade, demande au Ministère belge des Affaires étrangères pour 25 ans de carrière diplomatique dévastée, depuis 2011 sous la responsabilité du ministre Didier Reynders ;
    • - Le Parquet de Bruxelles classe sans suite et sans instruction des faits le dossier ouvert en avril 2019 contre Didier Reynders pour corruption et blanchiment.

    À la veille de son audition le 2 octobre 2019 devant le Parlement européen, Didier Reynders reçoit donc cet arrêt de la 18e chambre F de la Cour d’appel de Bruxelles, dont il n’aura pas manqué de faire usage dans les couloirs. Pour neutraliser tout moyen d’informer correctement le Parlement européen sur cette affaire avant cette audition, l’arrêt ne sera envoyé que le 1er octobre 2019, par la poste, à la diplomate victime de tels agissements qui réside en Italie. Est-ce là le motif du report secret du prononcé au 26 septembre ? Si la diplomate avait été avertie de cette date, les communiqués de presse seraient en effet arrivés, avant cette audition, aux yeux de la presse internationale…

    Telles sont les circonstances qui expliquent la mise en scène préalable du candidat Commissaire européen à la Justice et à l’État de Droit. Il s’est ainsi présenté « en toute tranquillité » devant les Commissions LIBE et JURI du #Parlement_européen. Pour toute sécurité, une main amie s’était chargée d’inclure in extremis la commission IMCO, présidée par celle qui fut déjà sa #lobbyiste (une députée belge du Groupe des Verts !), 3 mois plus tôt, pour la candidature de Secrétaire général au Conseil de l’Europe qui échappa au ministre…

    Le mutisme des médias
    Depuis ce 2 octobre 2019, la #presse internationale est devenue muette. Quant à la presse belge, si l’on tape « Reynders #corruption » sur un moteur de recherche, on ne trouve plus aucun article depuis le 27 septembre, tout en soulignant que ceux publiés avant cette période d’ #omerta étaient d’une fabuleuse indigence… On ne peut pas penser que des magistrats de Bruxelles ne sont pas au secours de Didier Reynders ? La Belgique a le record des classements sans suite express pour éviter de rassembler les preuves dans ces dossiers. Lorsque les preuves y arrivent malgré tout, Bruxelles a le record de longévité des non-enquêtes pour protéger les auteurs de délits et crimes… par la prescription.

    À certains moments, des choses se résument simplement :
    – Vous cherchez le crime organisé ? Regardez parfois vers ceux qui disent le combattre
    – Vous attendez d’être informés par les médias ? Voyez ce qu’ils ne disent pas et essayez de réaliser à quel point ils font partie du problème.
    – Vous pensez que la justice est impartiale ? Voyez qui elle sert généralement

    Comme l’énoncent les deux auteurs de l’ouvrage Belgique en sous-sol..., « Après tout, il ne faut peut-être pas tant essayer de comprendre pourquoi l’éteignoir a été mis sur le dossier Sofia, que pour qui [il l’a été mis]. Les trafics de visas dénoncés par Myrianne Coen bénéficièrent à des intermédiaires installés en Belgique. Le plus souvent, il s’agissait de sociétés commerciales à l’objet social flou, à l’enseigne changeante et aux activités éparses. Ces dernières adressaient des invitations nominatives donnant accès au territoire national à des individus qui les présentaient à l’ambassade de Belgique dans la capitale bulgare en vue d’obtenir, selon les cas, une ou plusieurs dizaines de visas. Mais le plus saisissant n’est pas là. Il est établi que certains de ces intermédiaires avaient préalablement été sollicités par l’ambassade elle-même, en vue d’adresser des invitations par centaines à des quidams nommément désignés. À l’époque, l’ex-numéro 2 d’« Ambabel Sofia » a eu son attention attirée par tous ces gens auxquels l’ambassadeur « K »délivrait les précieux sésames sur un simple paraphe. Elle a alors découvert que parmi eux figuraient des personnages impliqués dans des opérations de blanchiment d’argent. Ces fonds, blanchis dans des banques belges par d’anciens agents des services secrets bulgares, provenaient du régime communiste moribond. »
    Les centaines de milliards envoyés vers les #paradis_fiscaux, les détournements dans l’affaire des #diamants anversois, les fonds libyens, le Kazakhgate, #Publifin, #Samu_social, #Dubaï Papers, etc. montrent que tout s’est aggravé depuis l’affaire “Sofia”. Et pendant ce temps-là, ils organisent leur « austérité », rabotant encore le peu qu’il reste aux #écoles, #hôpitaux, #postes… Ceci n’est pas un feuilleton, une story de plus sur Netflix : ce sont des faits, qui imposent que vous vous leviez et sortiez de vos divans. Vous vous êtes assoupis, l’#histoire ne vous en voudra pas. Si vous vous levez...

    1. https://www.dhnet.be/actu/faits/sos-legalita-contre-le-crime-organise-51...
    2. « Belgique en sous-sol, immigration, traite et crime organisé », Frédéric Loore et Jean-Yves Tistaert, Éditions Racines, 2007, extraits disponibles sur google livre.
    3. Ibid.
    4. https://www.lalibre.be/belgique/une-plainte-informative-51b8ac51e4b0de6d...
    5. https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-fortisgate-revele-des-courri...
    6. Ibid.
    7. https://www.lalibre.be/belgique/exclusif-voici-le-nouveau-scenario-du-fo...
    8. Rappelons que dans l’affaire du Kazakhgate, le projet de transaction pénale et le réquisitoire de l’avocat général auraient été écrits pas les avocats de Patokh Chodiev...
    9. Rapport des Commissions parlementaires de suivi du Comité R, n° 3-725/1 (Sénat) et DOC 511 289/001 (Chambre), 16 juillet’ 04, p. 29, 31 &32.
    10. Notamment : “Trafic de visas humanitaires : Francken affirme n’avoir “rien à cacher””, 18/01/2019. https://plus.lesoir.be/201467/article/2019-01-18/trafic-de-visas-humanit...
    11. Idem.

    #ue #union_européenne #mafia

  • Privatisation d’Aéroports de Paris : les réseaux Macron en plein conflits d’intérêts ?
    https://www.bastamag.net/ADP-privatisations-Engie-Francaise-des-jeux-conflit-d-interet-pantouflage-

    De la loi votée à l’Assemblée nationale privatisant Aéroports de Paris jusqu’aux acheteurs potentiels de l’entreprise publique, on retrouve les réseaux Macron à la manœuvre. Un forte interconnexion entre #Politique et intérêts privés qui pose question. S’agit-il d’une fâcheuse coïncidence, ou bien d’un nouveau signe que nous vivons, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, dans un régime de conflits d’intérêts permanents et banalisés au sommet de l’État ? La loi dite Pacte, pour « plan d’action pour la croissance et (...) #Décrypter

    / A la une, Politique, #Enquêtes, #Oligarchies, #Services_publics

  • How #Coca-Cola Undermines Plastic Recycling Efforts
    https://theintercept.com/2019/10/18/coca-cola-recycling-plastics-pollution

    ... bottle bills [...] put some of the responsibility — and cost — of recycling back on the companies that produce the waste, which may be why Coke and other soda companies have long fought against them.

    [...]

    Coca-Cola now makes 117 billion plastic bottles a year, according to its own estimates, untold billions of which end up being burned or dumped in landfills and nature. Coke was responsible for more waste than any other company in a 2018 global plastic cleanup conducted by the advocacy group Break Free From Plastic, with Coke-branded plastic found along the coasts and in the parks and streets of 40 out of 42 participating countries.

    On the political front, its advocacy against bottle bills has largely succeeded. Only 10 states now have bottle bills on the books, most of which passed in the 1970s and ’80s.

    #plastique #lobbying #politique #corruption #etats-unis

    • Audio from a meeting of recycling leaders obtained by The Intercept reveals how the soda giant’s “green” philanthropy helped squelch what could have been an important tool in fighting the plastic crisis — and shines a light on the behind-the-scenes tactics beverage and plastics companies have quietly used for decades to evade responsibility for their waste. The meeting of the coalition group known as Atlanta Recycles took place in January at the Center for Hard to Recycle Materials in Atlanta’s south side.

      Among the topics on the agenda for the recycling experts was a grant coming to Atlanta as part of a multimillion-dollar campaign Coke was launching “to boost recycling rates and help inspire a grassroots movement.” But it quickly became clear that one possible avenue for boosting recycling rates — a bottle bill — was off the table.

      (...) If they were truly interested in increasing the recycling rate, a bottle bill or container deposit law, which requires beverage companies to tack a charge onto the price of their drink to be refunded after it’s returned, would be well worth looking at. People are far more likely to return their bottles if there’s a financial incentive. States with bottle bills recycle about 60 percent of their bottles and cans, as opposed to 24 percent in other states. And states that have bottle bills also have an average of 40 percent less beverage container litter on their coasts, according to a 2018 study of the U.S. and Australia published in the journal Marine Policy.

      But bottle bills also put some of the responsibility — and cost — of recycling back on the companies that produce the waste, which may be why Coke and other soda companies have long fought against them.

      #déchets #recyclage
      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/CHAMAYOU/59563

  • The Pro-Trump Super PAC at the Center of the Ukraine Scandal Has Faced Multiple Campaign Finance Complaints — ProPublica
    https://www.propublica.org/article/the-pro-trump-super-pac-at-the-center-of-the-ukraine-scandal-has-faced-m

    Last year, a Department of Defense contractor quietly donated half a million dollars to a group supporting President Donald Trump’s reelection.

    Once a watchdog organization noticed it, the contribution raised an alarm. Federal contractors are not allowed to donate to political entities. And groups are required by law to examine all donations for potential legal issues. If they discover that a contractor has made a contribution, the money has to be returned.

    The other unusual aspect of the donation was the man behind it. Randy Perkins, the founder of DOD contractor AshBritt Environmental, had no history of six-figure contributions to federal political groups, although he has been a regular donor to Republicans for the past 15 years. He ran unsuccessfully for Congress as a Democrat in 2016.

    The watchdog group pointed out that the money came in a day after AshBritt won a supplemental contract award worth $460,000 from the DOD for wildfire cleanup, bringing its contract total to about $1.7 million.

    Asked about the donation, Perkins said he had meant to make a personal donation to express his support for specific Trump policies: “I actually think this administration cares deeply about children and mental health issues.” He said the contract extension had nothing to do with the contribution.

    #Corruption #USA #Donald_Trump

    • Nouvelles révélations dans l’octroi de la Coupe du Monde 2022 au Qatar RTS - 18 Octobre 2019
      https://www.rts.ch/info/suisse/10795349-nouvelles-revelations-dans-l-octroi-de-la-coupe-du-monde-2022-au-qatar.

      . . . . . .
      Au sein de la FIFA, la Commission des finances s’est réunie le 3 octobre 2013. Le procès-verbal de cette discussion se trouve dans les Football Leaks, documents partagés par le Spiegel avec le réseau EIC. Le Camerounais Issa Hayatou, président de la Fédération africaine de football, veut savoir si le Qatar est prêt à compenser d’éventuelles pertes de revenus de la FIFA en la reportant à l’hiver. Jérôme Valcke, secrétaire général, lui répond qu’il a récemment évoquer le problème avec des « représentants du Qatar », qui lui ont indiqué que la FIFA pourrait recevoir des fonds supplémentaires d’entreprises qataries pour compenser d’éventuelles pertes. Le Français rassure ses collègues, précisant que les Qataris lui ont promis de « coopérer positivement ».

      Un jour avant la tenue de cette commission, Jérôme Valcke écrit dans un courriel privé qu’il achetait une maison en Sardaigne. Il n’a pas besoin d’un prêt pour une villa de 438 mètres carrés, 13 chambres avec piscine donnant sur l’une des criques les plus enviées de la Sardaigne : « Je finalise l’acquisition le 8 novembre d’une maison à Porto Cervo avec un financement propre sans crédits en raison d’une rentrée financière exceptionnelle, qui couvre le coût d’acquisition, à savoir 5 millions d’euros ».

      D’où viennent ces fonds extraordinaires ? Jérôme Valcke est payé quelques millions de dollars entre 2007 à 2016 et reçoit de généreuses primes spéciales. Pour la seule Coupe du Monde 2010, il recevra une prime de neuf millions de francs suisses. En juillet 2013, les Panama Papers ont révélé que Jérôme Valcke ouvre une société offshore, domiciliée dans les îles Vierges britanniques. Cette structure sert pour l’acquisition d’un yacht de 32 mètres, principalement « pour conserver le pavillon des Iles Vierges Britanniques que possédait déjà le bateau », ajoute Me Hunzicker, avocat de Jérôme Valcke. Coûts : 2,8 millions de dollars. L’année suivante, Jérôme Valcke emmènera le bateau dans un chantier naval de Pise pour le rénover, pour un coût de 15 millions d’euros selon le quotidien italien Il Tirreno.

      Le 30 octobre 2013, le Français rédige et imprime un document à l’attention de Nasser Al-Khelaïfi, qu’il « semble avoir remis » au patron du PSG, écrit le MPC dans une note de synthèse. « Au début de la semaine prochaine, un virement d’un montant de 5’070’000 euros doit être effectué sur le compte du notaire », ainsi que 200’000 euros pour l’agence immobilière et 70’000 euros pour le notaire. Dans le projet pour le contrat de vente, son ex-femme est spécifiée comme acheteur.
      . . . . . . . .
      #Football_Leaks, #football #Fifa #quatar #corruption

  • Trump Will Host Next G7 Summit at His Doral Resort - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/10/17/us/politics/trump-g7-doral.html

    WASHINGTON — President Trump has decided to host the Group of 7 meeting next June at the Trump National Doral near Miami, Mick Mulvaney, the president’s acting chief of staff, said Thursday, a decision that prompted immediate questions about whether it was a conflict of interest for him to choose one of his own properties for a diplomatic event.

    Mr. Mulvaney said the president had considered the possibility of the “political sort of criticism” in picking the resort. But he said Mr. Trump chose it anyway because administration officials had considered hotels throughout the country, and concluded that the Trump National Doral was “by far and away, far and away, the best physical facility for this meeting.”

    “‘It’s almost like they built this facility to host this type of event,’” Mr. Mulvaney told reporters, quoting what he said an unnamed official told him during the planning process. And he dismissed any suggestion that the president would profit from the choice.

    Mr. Mulvaney said the hotel would put on the summit “at cost.” “I think the president has pretty much made it very clear since he got here that he doesn’t profit from being here,” he said. “He has no interest in profit from being here.”

    “The Constitution is clear,” Ms. Pelosi wrote on Twitter, citing the emoluments clause. “The President cannot accept gifts or payments from foreign governments. No one is above the law.”

    Legal experts said hosting the Group of 7 summit at the Doral might violate the Constitution in two ways.

    First, the Constitution prohibits the president from accepting a gift or payment from a foreign government source, technically called a foreign emolument. And second, the president is prohibited from taking any kind of payment from the federal government that is beyond his salary.

    #Corruption #Donald_Trump #G7

  • La police mexicaine, attaquée à l’arme lourde, obligée de relâcher le fils de Joaquin « El Chapo » Guzman
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/18/mexique-violents-affrontements-et-arrestation-possible-d-un-des-fils-d-el-ch

    Un homme, présenté comme étant Ovidio Guzman Lopez, a d’abord été interpellé par une patrouille d’une trentaine de policiers après une attaque contre une patrouille de la garde nationale dans la ville de Culiacan, dans l’Etat du Sinaloa. Mais après à peine quelques heures, les autorités l’ont relâché pour, selon le secrétaire d’Etat à la sécurité et la protection des citoyens, Alfonso Durazo, « protéger » la population de Culiacan :

    « La décision a été prise de quitter les lieux sans Guzman, pour éviter plus de violence dans la zone et s’assurer que le calme revienne dans la ville. »

    L’autre raison qui a poussé les policiers à relâcher le suspect est le fait qu’ils ont rapidement été encerclés par des dizaines d’hommes masqués et munis d’armes lourdes.

    #Mexique #narcos #El_Chapo #état_failli #corruption

  • Corporate America’s Second War With the Rule of Law | WIRED
    https://www.wired.com/story/corporate-americas-second-war-with-the-rule-of-law

    The third-richest man in the country, Andrew Mellon, wasn’t just a baron of industry, he also served as secretary of the Treasury from 1921 to 1932, under Warren Harding, Calvin Coolidge, and Herbert Hoover. (Citizens joked that three presidents served under him.)

    #états-unis
    #corruption

  • The big polluters’ masterstroke was to blame the climate crisis on you and me | George Monbiot | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/oct/09/polluters-climate-crisis-fossil-fuel

    A paper published in Nature shows that we have little chance of preventing more than 1.5C of global heating unless existing fossil fuel infrastructure is retired. Instead the industry intends to accelerate production, spending nearly $5tn in the next 10 years on developing new reserves. It is committed to ecocide.

    But the biggest and most successful lie it tells is this: that the first great extermination is a matter of consumer choice. In response to the Guardian’s questions, some of the oil companies argued that they are not responsible for our decisions to use their products. But we are embedded in a system of their creation – a political, economic and physical infrastructure that creates an illusion of choice while, in reality, closing it down.

    We are guided by an ideology so familiar and pervasive that we do not even recognise it as an ideology. It is called consumerism. It has been crafted with the help of skilful advertisers and marketers, by corporate celebrity culture, and by a media that casts us as the recipients of goods and services rather than the creators of political reality. It is locked in by transport, town planning and energy systems that make good choices all but impossible. It spreads like a stain through political systems, which have been systematically captured by lobbying and campaign finance, until political leaders cease to represent us, and work instead for the pollutocrats who fund them.

    [...]

    The power of consumerism is that it renders us powerless. It traps us within a narrow circle of decision-making, in which we mistake insignificant choices between different varieties of destruction for effective change. It is, we must admit, a brilliant con.

    #énergies_fossiles #co2 #climat #inversion #responsabilité #manipulation #escroquerie #idéologie #consumérisme #complicité #corruption #politique

  • The end of the Lebanese financial model - Executive Magazine
    https://www.executive-magazine.com/economics-policy/the-end-of-the-lebanese-financial-model

    Our politicians are starting to throw around the hot potato; the head of state bluntly tells reporters to go ask the governor of BDL and the finance minister about the situation because he was busy traveling. We have lost all credibility with the international community; foreign diplomats do not hesitate expressing their disgust with us. It has been 18 months since our leaders agreed to implement reforms in exchange for loans pledged by the international community, yet in that time we have failed to even start building one power plant. The electricity sector is in dire need of reform, but our latest electricity plan includes more barges under the excuse of a “temporary solution” before new plants are built. The same excuse we heard in 2012. What a bad dream. 

    The first choice is to keep watching ourselves drown, allowing politicians to reinforce the denial they promote by promising us that offshore gas will solve everything. As a result, Lebanon will soon be force-fed the usual poison, which could have been avoided had change occurred earlier. This will include a combination of devaluation, a haircut on debt and depositors, and selling government assets cheap—all of which will lead to extreme poverty and from which it will require decades to recover. The other choice is to say stop.

    #Liban #déni #corruption