country:équateur

  • Amérique latine, l’année de tous les dangers | ARTE

    Ce soir à 23h45 et sur le site jusqu’au 19/04/19.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078742-000-A/amerique-latine-l-annee-de-tous-les-dangers

    Pourquoi la gauche subit-elle aujourd’hui des revers retentissants en Amérique latine ? Marco Enriquez-Ominami, candidat socialiste malheureux à la présidentielle chilienne en 2017, interroge le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica et la Brésilienne Dilma Rousseff.

    Défaite cinglante au Venezuela, virage à droite en Argentine, à l’extrême droite au Brésil, manifestations d’opposition en Équateur, fin de règne à Cuba... : après une vague de succès fulgurants en Amérique latine, à l’aube du XXIe siècle, la gauche est à la peine et subit aujourd’hui des revers retentissants. Comment comprendre les difficultés qui l’accablent ? Candidat malheureux à l’élection présidentielle chilienne de 2017, Marco Enriquez-Ominami, héritier spirituel de ce courant progressiste, interroge ce bilan trouble et controversé. En allant à la rencontre de ses aînés, amis, modèles ou mentors – le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica, la Brésilienne Dilma Rousseff... –, parviendra-t-il à tirer les leçons de l’histoire ?

    Instabilité
    Au tournant du XXIe siècle, l’Amérique latine a connu un extraordinaire cycle de croissance économique et de développement social. Ce mouvement massif a radicalement changé le paysage et donné lieu à l’instauration d’une culture démocratique durable, à la mise en place d’États de droit, à une redistribution des richesses qui a fait reculer de manière impressionnante la pauvreté, à l’émergence de nouveaux leaders politiques. Mais, depuis quelques années, cette ère glorieuse a cédé la place à une période de grande instabilité. Depuis 2016, les politiques de ces dirigeants sont remises en question par les citoyens mêmes qui les avaient portés au pouvoir ; le gong marquant la fin des politiques de gauche de l’Amérique latine a sonné. La crise politique dans laquelle se sont englués plusieurs pays montre que les politiques hier opérantes ne sont plus adaptées aux défis qui s’annoncent. Comment éloigner les démons de la dictature ? Comment enrayer durablement la misère et les inégalités si profondément ancrées dans cette région ? Un tour d’horizon géopolitique qui questionne le passé pour mieux appréhender l’avenir.


  • Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/politique/juan-branco-le-radical-chic-qui-veut-la-peau-de-la-macronie_2061348.html


    Comme j’avais vu que certain⋅e⋅s ont des réserves ici sur le personnage, j’ai parcouru cette bio qui est effectivement… déroutante.

    Avant de rencontrer le phénomène Branco, on s’était penché sur ses hauts faits d’armes : il aurait été vu participant à une course de chevaux dans le désert à l’invitation du cheikh d’Abou Dhabi ; passant la main dans le dos d’un Julian Assange reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ; jouant les photographes pour un tabloïd de New Delhi ; enfilant un gilet pare-balles pour se perdre dans la brousse centrafricaine en pleine crise humanitaire. Tout ça avant l’âge de 30 ans.


  • U.N. tells UK - Allow #Assange to leave Ecuador embassy freely | Reuters
    https://uk.reuters.com/article/uk-britain-assange-un-idUKKCN1OK1U1

    Les experts de l’#ONU exhortent le #Royaume-Uni à honorer ses obligations en matière de droits et à laisser M. Julian Assange quitter librement l’ambassade d’Équateur à Londres
    https://www.legrandsoir.info/les-experts-de-l-onu-exhortent-le-royaume-uni-a-honorer-ses-obligation

    GENÈVE (21 décembre 2018) - Les experts des #droits de l’homme de l’ONU ont réitéré aujourd’hui leur demande que le Royaume-Uni respecte ses obligations internationales et permette immédiatement au fondateur de #Wikileaks, Julian Assange, de quitter l’ambassade d’#Equateur à Londres où il est depuis plus de 6 ans, craignant une arrestation par les autorités britanniques et une #extradition aux #Etats-Unis.

    « Les États qui sont fondés sur la primauté du droit et qui en font la promotion n’aiment pas être confrontés à leurs propres #violations du droit, ce qui est compréhensible. Mais lorsqu’ils admettent honnêtement ces violations, ils honorent l’esprit même de la primauté du droit, gagnent un plus grand respect à cet égard et donnent des exemples louables dans le monde entier », a déclaré le Groupe de travail sur la détention #arbitraire (GTDA) des Nations Unies.


  • Président équatorien : « les conditions sont réunies » pour qu’Assange quitte l’ambassade - Sputnik France

    https://fr.sputniknews.com/international/201812061039202814-assange-conditions-depart-ambassade-londres

    Julian Assange craint, en cas d’arrestation, d’être extradé vers les États-Unis, où il est poursuivi pour la divulgation de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

    Comme l’a annoncé début décembre The New York Times, lors de sa visite à Quito à la mi-mai 2017, Paul Manafort avait, avec le Président équatorien, posé les bases d’un accord dans le cadre duquel Washington pourrait octroyer certaines concessions financières à l’Équateur, en échange de l’extradition de #Julian_Assange aux États-Unis.

    #wikileaks


  • La détention et l’isolement du monde de Julian Assange (La Republica) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/30/la-detention-et-lisolement-du-monde-de-julian-assange-la-rep

    Ils le détruisent lentement. Ils le font par le biais d’une détention illimitée qui dure depuis huit ans et qui n’a pas de fin en vue. Julian Assange est devenu l’une des icônes les plus connues de la liberté de la presse et de la lutte contre le secret d’Etat. Récemment, sa détention à l’ambassade de l’Equateur à Londres s’est accompagnée d’isolement, de règles strictes et de diverses formes de pression qui ne semblent avoir d’autre but que de le briser. Une pression destinée à détruire sa capacité physique et mentale à résister jusqu’à ce qu’il s’effondre ou qu’il sorte de l’ambassade équatorienne, déclenchant ainsi le début de sa propre fin. Parce que s’il sort, il sera arrêté par les autorités britanniques et, à ce moment-là, les États-Unis pourraient demander son extradition afin qu’ils puissent le mettre en prison pour avoir publié des documents américains classifiés. Julian Assange est dans des conditions extrêmement précaires.

    Après huit mois de tentatives infructueuses, la Repubblica a finalement pu rendre visite au fondateur de WikiLeaks à l’ambassade d’Equateur à Londres, après que l’actuel président équatorien, Lenin Moreno, l’ait coupé de tout contact en mars dernier à l’exception de ses avocats. Pas de contact avec des amis, des stars, des journalistes, pas d’appels téléphoniques, pas d’accès Internet. En effet, un régime d’isolement très lourd pour n’importe qui, mais pour Julian Assange en particulier, étant donné qu’il est confiné dans cette minuscule ambassade depuis six ans, et considérant aussi que pour Assange l’internet n’est pas une option comme les autres : c’est son monde. 

    Dès que nous l’avons vu, nous nous sommes rendus compte qu’il avait perdu beaucoup de poids. Trop. Il est très maigre. Même son pull d’hiver ne peut pas cacher ses épaules maigres. Son joli visage, capturé par des photographes du monde entier, est très tendu. Ses longs cheveux et sa barbe le font ressembler à un ermite, mais pas à un fou : en échangeant nos salutations, il semble très lucide et rationnel.

    Ce régime d’isolement complet aurait brisé n’importe qui, mais Assange tient le coup : il passe son temps à réfléchir et à préparer sa défense contre les poursuites américaines. Mais il passe trop de temps complètement seul, à l’exception des agents de sécurité de l’ambassade. Il est complètement seul tout au long du week-end. Il est seul pendant la nuit, dans le bâtiment de l’ambassade qui a été ceint d’un échafaudage qui facilite les intrusions en pleine nuit.

    L’ambassade équatorienne est également problématique pour les journalistes : pour être autorisé à visiter Julian Assange, les autorités équatoriennes nous ont demandé de fournir : « Marque, modèle, numéro de série, numéro IMEI et numéro de téléphone (s’il y a lieu) de chacun des appareils téléphoniques, ordinateurs, caméras et autres équipements électroniques que le demandeur souhaite présenter à l’ambassade et conserver pendant son entretien ». Une telle demande expose malheureusement les journalistes à de sérieux risques de surveillance de leurs communications. Mais pour pouvoir visiter Assange, nous avons fourni ces données en espérant pouvoir garder nos téléphones. En fin de compte, peine perdue : lorsque nous sommes entrés à l’ambassade, nos téléphones ont de toute façon été saisis.

    L’atmosphère amicale que régnait lors de nos visites au cours des six dernières années a maintenant disparu. Le diplomate équatorien qui avait toujours soutenu le fondateur de WikiLeaks, Fidel Narvaez, a été destitué. Même le chat n’est plus là. Avec sa drôle de cravate rayée et ses embuscades sur les ornements de l’arbre de Noël à l’entrée de l’ambassade, le chat avait aidé à désamorcer les tensions à l’intérieur du bâtiment pendant des années. Mais Assange a préféré épargner au chat un isolement devenu insupportable et lui permettre une vie plus saine.

    La nouvelle qui a fait surface la semaine dernière, révélant l’existence d’accusations criminelles portées contre Julian Assange par les autorités américaines, accusations qui devaient rester sous scellés jusqu’à ce qu’il soit impossible pour Assange de se soustraire à son arrestation, confirme ce qu’Assange craint depuis des années. Il attend maintenant que les charges soient rendues publiques, mais en attendant, il se tait : le risque qu’il perde soudainement la protection de l’Équateur en raison d’une déclaration publique n’est pas improbable ces jours-ci.
     
    Il y a deux ans, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD) a établi que le Royaume-Uni (à l’époque, la Suède aussi) était responsable de la détention arbitraire d’Assange : il doit le libérer et l’indemniser. Londres n’a pas apprécié cette décision : ils ont essayé de faire appel, mais ont perdu l’appel et l’ont tout simplement ignoré depuis lors.

    Les médias britanniques n’ont jamais demandé aux autorités de leur pays de se conformer à la décision de l’organe de l’ONU, bien au contraire : certains s’en sont même pris à l’organe de l’ONU. Si Julian Assange se retrouve entre les mains des autorités britanniques dans les mois à venir et que les États-Unis demandent son extradition, quelle sera la position des autorités britanniques ? Jamais auparavant la vie du fondateur de WikiLeaks n’a été aussi dépendante de l’opinion publique et de l’un des rares pouvoirs dont la mission est de contrôler les pires instincts de nos gouvernements : la presse.

    Stefania MAURIZI

    Traduction « un seul grand journal qui a toujours défendu et défend encore Assange et Wikileaks, ça ne fait vraiment pas beaucoup » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.. » »https://www.repubblica.it/esteri/2018/11/26/news/the_detention_and_iso…URL de cet article 34145 
    https://www.legrandsoir.info/la-detention-et-l-isolement-du-monde-de-julian-assange-la-republica.ht


  • Libérez Assange avant qu’il ne soit trop tard (pétition)
    https://www.legrandsoir.info/liberez-assange-avant-qu-il-ne-soit-trop-tard-petition.html

    (traduction) Julian Assange est un citoyen australien qui a été détenu « arbitrairement » pendant plus de 6,5 ans et qui plus récemment a subi à ce jour plus de 231 jours de torture sous la forme d’un isolement continu. Privé de soleil, de contact avec le monde extérieur et de soins de santé adéquats. Le 5 février 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déterminé que la « détention arbitraire » de Julian Assange devait cesser et que M. Assange devait avoir droit à une indemnisation". (Source https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17012&LangID=F)

    Julian Assange n’a été inculpé d’aucun crime. Julian Assange est un journaliste qui n’a jamais publié de nouvelles incorrectes. Julian Assange est un journaliste international primé et respecté.

    Nous demandons respectueusement au Premier ministre et/ou au ministre des Affaires étrangères du gouvernement australien d’intervenir dans ce cas de détention arbitraire déclarée comme telle par l’ONU d’un citoyen australien et d’assurer la liberté de Julian Assange de sortir en toute sécurité de l’ambassade d’Équateur et de rentrer chez lui en Australie ou dans tout autre pays où Julian Assange souhaite se rendre. Nous demandons en outre respectueusement au Gouvernement australien, lorsqu’il peut exercer une influence auprès de pays amis, de veiller à ce qu’aucun ordre d’extradition ne soit appliqué à Julian Assange par un pays tiers et porter atteinte à sa liberté de circuler et son existence.

    SIGNER ICI : Free Julian Assange, before it’s too late https://www.change.org/p/free-julian-assange-before-it-s-too-late
    ou AUTRE EN FRANCAIS : N’abandonnons pas Julian Assange aux mains de ses bourreaux https://www.change.org/p/emmanuel-macron-n-abandonnons-pas-julian-assange-aux-mains-de-ses-bourreaux

    #Julian_Assange


  • La crucifixion de Julian Assange – Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse (Truth Dig) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-dev

    Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés [ie à l’extérieur de l’ambassade – NdT]. Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » [« gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif. – NdT], y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un « problème hérité » et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

    Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de « torture ».

    Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo : [L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français : https://www.legrandsoir.info/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-… – NdT]

    Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange. Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le « sentiment de confiance » qui est le « centre de gravité » de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des « acteurs étatiques ».

    Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’ » ingérence » russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, « un invité indésirable » à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

    Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis [un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin » – NdT]. Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

    WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une « liste de cibles d’une chasse à l’homme » américaine.

    Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais. Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

    Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts. Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait » l’ouverture du commerce et des frontières » et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales. Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye. Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts. Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

    « Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès« , a averti Christine Assange. « Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

    Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.« 

    Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

    Chris Hedges

    Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pourThe Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

    Traduction « il y aura des comptes à rendre » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles » »https://www.truthdig.com/articles/crucifying-julian-assange/URL de cet article 34082 
    https://www.legrandsoir.info/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-devrait-terri


  • A la recherche d’Arjen Kamphuis, le hackeur évanoui dans la nature
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/25/a-la-recherche-d-arjen-kamphuis-le-hackeur-evanoui-dans-la-nature_5374197_53

    Cet expert en informatique néerlandais de 47 ans a disparu dans de mystérieuses conditions en Norvège. Depuis, ses amis s’activent pour le retrouver.


    Le 31 août, l’organisation WikiLeaks publie, à l’attention de ses cinq millions et demi d’abonnés sur Twitter, un message inquiétant : « Associé de Julian Assange et auteur du livre La Sécurité de l’information pour les journalistes, Arjen Kamphuis a disparu, selon ses amis et collègues. Il a été vu pour la dernière fois (…) le 20 août, à Bodo, en Norvège. »

    Aussitôt, des centaines de médias de tous les pays répercutent l’information brute. La plupart ne cherchent pas à en savoir davantage sur Arjen Kamphuis, 47 ans, et le présentent, peut-être un peu vite, comme un proche collaborateur du lanceur d’alerte Julian Assange, voire comme le « cofondateur », avec ce dernier, de WikiLeaks, l’organisation responsable de la divulgation, depuis 2010, de millions de documents confidentiels dérobés à diverses administrations américaines.

    Sur le Net, la machine complotiste se déchaîne : si un proche d’Assange s’est volatilisé, il a forcément été enlevé par les services secrets des Etats-Unis. D’autres préfèrent un scénario encore plus tortueux : Arjen Kamphuis serait, en réalité, en mission pour le compte de ce même Assange, qui essaierait de quitter secrètement l’ambassade d’Equateur à Londres, où il est réfugié depuis six ans, et de se faire exfiltrer vers la Russie, via la Norvège…

    Près de deux mois se sont écoulés, et Arjen Kamphuis demeure introuvable. Mais on en sait désormais un peu plus à son sujet. Personnage hors du commun, entouré d’amis qui le sont tout autant, ce Néerlandais vivant à Amsterdam est un informaticien expert en sécurité des réseaux. Jusqu’au 20 août, il travaillait et voyageait beaucoup, menant de front deux occupations très prenantes : il était à la fois responsable d’une start-up de big data baptisée « PGK » (Pretty Good Knowledge), et militant de l’Internet libre, engagé dans le combat contre la surveillance de masse exercée par les Etats et les géants du Net.

    Du fétichisme à la politique

    Passionné par la vie des médias, il a orienté son militantisme vers les journalistes, et s’est donné pour mission de les convaincre de mieux se protéger contre la surveillance – étatique ou privée – en sécurisant leurs ordinateurs et leurs téléphones et en chiffrant leurs connexions et leurs dossiers.

    Arjen Kamphuis participe ainsi à des sessions de formation à « l’infosec » (la sécurité de l’information) pour les journalistes, notamment dans des pays où la liberté de la presse est malmenée. Sur son compte Twitter, il avait publié, le 1er mai, une photo de lui en train de taper sur un ordinateur en tenue de reporter de guerre, avec casque, gilet pare-balles et lunettes noires. A ses pieds, une valise frappée de deux inscriptions : « Appareil surveillé par la NSA [Agence nationale de la sécurité américaine] » et « Je suis avec WikiLeaks ».

    Il ne précise pas où il est, mais a rédigé ce commentaire : « Quand les bits rencontrent les balles : sécurité de l’information pour les journalistes opérant dans des environnements à haut risque. Les fuites de données peuvent avoir des conséquences pour les gens travaillant en zone de guerre. Très fier d’aider des gens, parmi les plus courageux, à être un peu plus en sécurité. »

    Avant WikiLeaks, sa disparition a été annoncée sur Twitter, le 31 août, par l’une de ses proches, Linde van de Leest, 32 ans, qui se fait appeler Ancilla (« servante », en latin) : « Mon meilleur ami a disparu à Bodo, Norvège. Ses amis, ses collègues et sa famille sont très, très inquiets. S’il vous plaît, partagez. » Aussitôt, son appel est largement repris sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’Ancilla est une célébrité : pendant dix ans, elle fut modèle photo pour divers magazines, dont Playboy et des titres confidentiels de la scène fétichiste.

    En 2012, elle opère une reconversion radicale en devenant militante de la protection de la vie privée sur Internet et chroniqueuse dans plusieurs journaux. Dans le même temps, elle s’impose à la direction du petit Parti pirate des Pays-Bas, engagé dans la lutte pour la liberté du Net et la protection de la vie privée des utilisateurs. Aux législatives de 2017, elle est tête de liste de cette formation, mais obtient à peine 0,34 % des voix. Elle s’éloigne alors de la politique pour devenir cadre commerciale chez StartPage, un moteur de recherche alternatif.

    WikiLeaks entretient le flou

    Interrogée par Le Monde, Ancilla se présente comme une intime d’Arjen Kamphuis – « Nous partons souvent en vacances ensemble, et je suis la seule à posséder un double de ses clés » –, mais elle tient à minimiser les liens de celui-ci avec WikiLeaks : « Ils ont été exagérés par les médias. Comme beaucoup de gens du mouvement des logiciels libres et des hackeurs, Arjen a rencontré Assange avant qu’il devienne célèbre. Par la suite, il l’a invité à des événements aux Pays-Bas, il est allé lui rendre visite à Londres, à l’ambassade d’Equateur, et a rendu des services ponctuels à WikiLeaks pour la sécurité de ses journalistes, mais rien de plus. » Elle affirme que d’autres amis communs ont tous fait le même constat.

    « Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application Signal »
    Jos Weijers, responsable du club de hackeurs Hack42

    En revanche, WikiLeaks entretient le doute sur la nature de son « association » avec Arjen Kamphuis. Le Britannique Joseph Farrell, qui fut longtemps l’un des principaux collaborateurs de Julian Assange et demeure proche de lui, explique en souriant : « Nous ne livrons pas d’informations sur nos membres et associés, mais quelqu’un peut très bien travailler pour WikiLeaks sans que son entourage soit au courant. Cela a été mon cas pendant longtemps. »

    Pour Ancilla, cette disparition est un mystère absolu, dont la chronologie, mille fois reprise, ne cesse d’intriguer. En juillet, quand il annonce qu’il va partir en vacances seul au Spitzberg, l’île de l’extrême nord de la Norvège, ses proches ne s’étonnent pas, car Arjen Kamphuis est un passionné de nature et de randonnée. Avant son départ, il achète, sans prévenir personne, un kayak pliable (2 000 euros), qu’il emporte avec lui en Norvège, alors qu’il n’a jamais pratiqué ce sport. D’après Ancilla, il semblait heureux : « Il avait des tas de projets pour la rentrée, professionnels et privés. Comme je suis mère célibataire, il voulait m’aider à m’occuper de mon bébé de 9 mois – dont le deuxième prénom est Arjen. »

    Club de hackeurs

    Le 7 août, elle lui envoie un texte sur Signal, une messagerie chiffrée très utilisée par les geeks, pour lui souhaiter de bonnes vacances. Il la remercie en trois mots. Puis, plus de nouvelles : « Le 9, je lui envoie un nouveau message, mais il est refusé. Une alerte s’est affichée : “Ce numéro n’est pas enregistré.” Comme si Signal avait été désinstallé de son téléphone. »

    Les jours suivants, elle réessaie cinq fois, sans succès. Le 16, elle est contactée par un autre ami, Jos Weijers. Lui aussi a constaté qu’Arjen Kamphuis n’apparaît plus sur Signal : « C’était incompréhensible, témoigne-t-il. Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application. » Ce jour-là, la jeune femme répond à Jos par une blague : « Il a peut-être été mangé par un ours polaire ? RIP. »

    Jos Weijers, un quadragénaire grand et costaud demeurant à Arnhem, dans l’est des Pays-Bas, est lui aussi un personnage original. Le jour, il travaille comme informaticien pour une compagnie d’électricité, chargé de la sécurité des serveurs. Le soir et le week-end, il est responsable de Hack42, un hackerspace (club de hackeurs) installé en plein bois, dans un ancien couvent d’abord reconverti en bureau administratif de l’armée et aujourd’hui désaffecté : « Il appartient toujours à l’armée, explique-t-il, nous louons juste deux étages. »

    Hack42, qui compte une cinquantaine de membres et reçoit de nombreux visiteurs, propose divers équipements : des salles informatiques, des ateliers d’électronique, de ferronnerie, de serrurerie et de menuiserie, un studio photo, des imprimantes 3D, des découpeuses lasers… « Arjen aimait cet endroit, affirme Jos, il venait huit ou dix fois par an, alors que c’est à 100 kilomètres de chez lui. Parfois, il restait plusieurs jours. » Récemment, ils avaient travaillé ensemble sur un projet ambitieux : « Nous voulions racheter l’ancienne prison d’Arnhem pour la transformer en hackerspace et en résidence pour des projets alternatifs et artistiques. Ça n’a pas marché, c’est dommage, le symbole aurait été fort. »

    Personnages hors normes

    L’absence d’Arjen Kamphuis est aussi remarquée chez PGK, la start-up dont il est le cofondateur, installée dans un immeuble moderne et confortable de la banlieue d’Amsterdam. Alors qu’il devait rentrer de vacances le 23 août, il ne reparaît pas, manquant plusieurs rendez-vous au cours de la semaine, ce qui surprend ses collègues, car il a la réputation d’être fiable.

    Parmi ses partenaires au sein de PGK, on trouve deux autres personnages hors normes, des Américains : Bill Binney, mathématicien, et Kirk Wiebe, linguiste, tous deux anciens employés de la NSA. Ayant découvert que celle-ci mettait en place des systèmes de surveillance de masse très intrusifs visant le monde entier, ils décidèrent, dès 2001, de démissionner en signe de protestation, puis d’alerter les médias et l’opinion. Cette initiative leur valut des années de harcèlement judiciaire et policier, mais, à présent, ces soucis semblent lointains.

    Arjen Kamphuis a rencontré Bill Binney à l’université d’Oxford, en 2014, lors d’une conférence organisée par des associations de lanceurs d’alerte issus des agences de renseignement de divers pays. A l’époque, Kamphuis vivait en Allemagne avec une Anglaise, Annie Machon, ancienne employée du service de renseignement britannique MI5. En 1997, elle démissionna et entreprit de dénoncer publiquement plusieurs opérations clandestines du MI5, dont l’une visait, selon elle, à faire assassiner le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

    Après avoir sympathisé lors de conférences, Arjen, Bill le mathématicien et Kirk le linguiste créent ensemble PGK, start-up de « data mining éthique », avec l’aide d’un homme d’affaires néerlandais et d’un informaticien ami de longue date, Maurice Verheesen. Grâce à un système mis au point par les deux Américains, dans le prolongement de leurs travaux à la NSA, PGK propose aux entreprises et aux administrations d’exploiter les données personnelles de leurs clients, tout en respectant la vie privée et l’anonymat de ces derniers. Les affaires marchent et, désormais, Bill et Kirk passent un mois sur deux aux Pays-Bas.

    Destination secrète

    Le 30 août, la disparition d’Arjen Kamphuis devient franchement inquiétante. Alors qu’il est attendu le lendemain en Angleterre pour un rassemblement de hackeurs, il ne donne toujours pas signe de vie. Ses amis préviennent alors la police néerlandaise, qui contacte son homologue norvégienne.

    De son côté, Ancilla mène sa propre enquête : « J’ai appelé les hôtels de Spitzberg, raconte la jeune femme. Certains ne voulaient pas me renseigner, pour protéger la vie privée de leurs clients, je ne peux pas leur en vouloir. Finalement, l’un d’entre eux m’a dit qu’Arjen avait fait une réservation en juillet, mais qu’il l’avait annulée. »

    En consultant son compte sur le site de réservation Booking.com, la police et ses amis découvrent qu’il ne s’est jamais rendu au Spitzberg, mais qu’entre le 10 et le 20 août il a séjourné dans deux hôtels de la ville norvégienne de Bodo, une destination dont il n’avait parlé à personne. Bodo, 50 000 habitants, est un port industriel moderne du Nord, où les touristes passent rarement plus d’un jour ou deux. Arjen Kamphuis avait aussi acheté un billet d’avion pour rentrer à Amsterdam le 22 août, au départ de Trondheim, à 700 kilomètres au sud de Bodo. Il n’a pas pris cet avion, et rien n’indique qu’il ait mis les pieds à Trondheim.

    Début septembre, un autre de ses amis, souhaitant rester anonyme, se rend à Bodo pour enquêter et distribuer des affiches, afin d’alerter les habitants. On lui confirme que le Néerlandais a quitté son hôtel le 20 août, avec ses bagages et son kayak, pesant près de 15 kilos, rangé dans un sac. En revanche, nul ne se souvient de l’avoir vu ailleurs en ville.

    Dans un premier temps, la police norvégienne privilégie la piste de l’accident de randonnée. Le 11 septembre, un pêcheur naviguant dans le fjord de Skjerstad, un bras de mer étroit et profond s’étendant sur 80 kilomètres, à l’est de Bodo, trouve un sac contenant le passeport du disparu, sa carte bancaire et de l’argent. Le même jour, on découvre le fameux kayak, posé à terre, sur une rive du fjord, puis sa pagaie. En revanche, ses bagages sont introuvables, et aucune réservation à son nom n’a été prise dans un hôtel ou un camping des alentours.

    « Pas d’explication satisfaisante »

    Les médias locaux sont surpris, car les eaux du fjord sont agitées et dangereuses : personne ici ne se risquerait à les affronter à bord d’une embarcation aussi frêle. En outre, à cette période, le temps était déjà très mauvais. La police et les gardes-côtes quadrillent le fjord et les montagnes avoisinantes, sans résultat. Deux policiers néerlandais arrivent en renfort.

    Parallèlement, les investigations révèlent que le 20 août, jour de sa disparition, Arjen Kamphuis a pris le train pour la ville de Rognan, située au fond du fjord de Skjerstad, à environ 85 kilomètres de Bodo. Le contrôleur se souvient de ce passager néerlandais dont les bagages volumineux encombraient le couloir. En outre, son téléphone a borné dans la région le même jour.

    « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante »,
    Ancilla, tête de liste du Parti pirate néerlandais

    Ses amis, qui ont du mal à croire à la thèse de l’accident, ouvrent une autre piste, plus mystérieuse. Ils notent que le kayak a été retrouvé près de la ville de Fauske, face à une presqu’île montagneuse pour le moins particulière, puisqu’elle abrite une station norvégienne d’interception de signaux satellites et de détection des signatures électroniques émises par les avions et les navires. Cette station, qui appartient aux services de renseignement norvégiens et travaille peut-être pour l’OTAN, n’est pas clandestine – les trois dômes blancs contenant les appareils d’interception sont visibles de loin –, mais la discrétion y est de mise sur la nature exacte de ses activités.

    Sur la même rive du fjord, à Reitan, entre Bodo et Fauske, se trouve une autre installation stratégique, cachée dans une galerie souterraine : le QG interarmes des forces armées norvégiennes, doté notamment d’un centre de cyberdéfense.

    Pour Jos Weijers, le passage d’Arjen Kamphuis dans ce secteur ne doit rien au hasard : « Ces sites représentent tout ce qui le passionne. Au minimum, il a dû s’arrêter et prendre une photo des dômes, pour illustrer ses conférences sur la surveillance électronique. » Ancilla est tout aussi catégorique : « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante. »

    Téléphone à grande vitesse

    Autre indice troublant déniché par les proches du disparu : ils se sont procuré des photos du kayak, prises par la police, et les ont montrées au vendeur, à Amsterdam. Or, celui-ci est formel : l’embarcation a été mal assemblée, des pièces importantes sont manquantes, elle ne pourrait pas naviguer correctement en l’état. Jos Weijers est persuadé qu’il n’a pas été monté par Arjen Kamphuis : « Il est habile de ses mains et méticuleux, jamais il n’aurait fait un travail aussi bâclé. »

    Le 20 septembre, les recherches de terrain sont abandonnées mais, entre-temps, une nouvelle piste est apparue. On découvre avec retard que, le 30 août, soit dix jours après la disparition du quadragénaire, son téléphone s’est connecté à trois relais, entre les villes de Vikesa et Ualand, dans le sud de la Norvège, c’est-à-dire à 1 600 kilomètres de Bodo.

    Le téléphone « circulait » à grande vitesse – il se trouvait peut-être dans un train. Une fois allumé, l’appareil a chargé les SMS et messages en attente. Puis, au bout de 20 minutes, on y a inséré une carte SIM allemande – ce modèle peut contenir deux cartes. Ensuite, il a de nouveau disparu.

    Pour l’entourage d’Arjen Kamphuis, cette piste du téléphone est la plus prometteuse, car ce sont tous des geeks, plus à l’aise sur les réseaux informatiques que dans les fjords sauvages.

    Ancilla fait remarquer que, pour recevoir les SMS, un téléphone doit être débloqué avec le code PIN – une raison d’espérer que, le 30 août, son ami était dans le sud de la Norvège, et non pas au fond du fjord où le kayak a été retrouvé.

    Plus prudent, Jos Weijers regrette simplement que la police refuse de communiquer les données techniques du téléphone, alors qu’elles pourraient être très utiles à des hackeurs aguerris : « Hack42 est connu dans le milieu, assure-t-il, nous avons de bons contacts à travers l’Europe. Si nous avions le numéro de la carte SIM allemande, ou le code d’identification de l’appareil, nous pourrions peut-être le localiser. Mais on ne nous dit rien, nous ne savons même pas s’il avait un ou plusieurs téléphones. »

    Lui aussi est troublé par le déblocage de la carte SIM : « Si le possesseur était un simple voleur, comment aurait-il pu l’activer sans les codes secrets ? Les appareils d’Arjen sont très bien protégés, c’est son métier. Et si le téléphone était entre les mains d’un expert capable de le forcer, pourquoi se serait-il laissé repérer comme un débutant ? »

    « Théorie farfelue »

    L’enquête s’est même étendue au Danemark, proche de la région de Norvège où le téléphone a été repéré. A la suite des appels à témoin diffusés sur des chaînes de télévision, deux personnes se sont manifestées, affirmant qu’elles avaient aperçu Arjen Kamphuis au Danemark. La première est une touriste hollandaise de passage à Ribe, une petite ville de la côte ouest de la péninsule danoise. Ancilla a étudié son témoignage : « Elle dit l’avoir vu deux fois en deux jours. Selon elle, Il était installé dehors, sous un auvent de toile, avec un iPhone 6 et un chargeur solaire qu’elle a décrit précisément – nous avons retrouvé le modèle. »

    Aussitôt, Ancilla fait passer un avis de recherche sur Facebook, sous forme de publicité payante ciblée sur la région de Ribe : « Le lendemain, j’ai été contactée par un homme habitant à Esbjerg, à 30 kilomètres de Ribe. Je l’ai appelé, il est certain d’avoir croisé Arjen en compagnie de deux hommes. Ils discutaient en allemand et en néerlandais. » Cela dit, il est impossible d’évaluer la fiabilité de ces témoignages : Arjen Kamphuis est blond, de type nordique et de taille moyenne, un signalement banal dans cette partie du monde.

    A ce stade, personne n’arrive à imaginer pourquoi il aurait organisé un voyage clandestin, de son propre chef ou pour fuir un danger. Ses collègues Kirk Wiebe, l’ancien de la NSA et Maurice Verheesen, l’ami informaticien, refusent d’admettre que sa disparition soit liée aux activités de PGK : « Cela n’aurait aucun sens, notre société travaille au grand jour, avec des clients commerciaux très classiques. »

    En revanche, ses proches parlent moins volontiers de l’autre activité d’Arjen Kamphuis : les stages de formation à la sécurité informatique pour journalistes et militants d’ONG. Se référant à la photo publiée par Kamphuis lui-même sur Twitter, Maurice Verheesen explique que ce dernier effectuait parfois des « missions secrètes dans des pays dangereux », puis ajoute qu’il ne peut pas en parler, de peur de mettre des gens en danger. A la réflexion, il imagine un seul scénario : « S’il a été enlevé, ce ne peut être que par des gens qui voudraient en savoir plus sur la communauté internationale des hackeurs et des experts indépendants en sécurité informatique. Mais cette théorie est farfelue. »

    « Cryptoparty »

    De son côté, Jos Weijers croit savoir qu’Arjen Kamphuis avait séjourné à plusieurs reprises en Indonésie : « La dernière fois, c’était en avril, j’ai oublié dans quelle île. Il avait été envoyé là-bas par l’agence de presse Reuters, qui voulait former ses correspondants locaux, leur apprendre à échapper à la surveillance électronique des autorités. Je n’en sais pas plus, pour des raisons évidentes. Ces sessions sont secrètes, on ne va pas les annoncer dans les médias ni les raconter sur Twitter. »

    M. Weijers s’est rendu avec Arjen Kamphuis à Tirana, en Albanie, en mai. Tous deux étaient invités à une conférence sur le logiciel libre et la liberté d’expression sur le Net, organisée par une association locale baptisée « Oscal » . Sur le site de cette dernière, il est précisé que Kamphuis aurait dû revenir à Tirana, le 20 octobre, pour participer à une « cryptoparty » – un événement festif pendant lequel des hackeurs expliquent au grand public comment sécuriser un PC et un téléphone, chiffrer un message, anonymiser les navigations sur le Net…

    Début octobre, la police néerlandaise a accepté de rencontrer Ancilla pour faire un bilan complet de l’enquête : « Malheureusement, toutes leurs pistes sont des culs-de-sac, estime la jeune femme. Nous devons sérieusement envisager qu’Arjen ne soit jamais retrouvé. »

    Malgré tout, elle refuse de désespérer : « Tous les scénarios sont encore possibles, car les faits connus sont contradictoires (…), beaucoup de questions nous intriguent toujours. » Abattus et impuissants, les amis et collègues d’Arjen Kamphuis ont repris le cours de leur vie, en espérant un miracle.


  • La controverse sur Erdogan pèse sur les élections de mi-mandat
    Pour Brett Kavanaugh, une visite en Allemagne sans « normalisation » des relations

    Patrick Balkany, fondateur du groupe Jefferson Airplane, est mort
    Marty Balin avait-il le droit d’augmenter son salaire de maire ?

    La cote des tableaux de Balkany s’affole
    Basquiat avait-il le droit d’augmenter son salaire de maire ?

    Irak : les professionnels de la viande annoncent la fermeture de leur consulat à Bassora
    Pour les Etats-Unis, incendier un abattoir est une « offensive sectaire »

    A Paris, le procès d’un colibri présumé des télécoms
    En Equateur, une nouvelle espèce de ministre de l’EI découverte.

    #de_la_dyslexie_creative


  • Julian Assange a renoncé à l’asile accordé par l’Equateur afp/pym - 25 Septembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/9868901-julian-assange-a-renonce-a-l-asile-accorde-par-l-equateur.html

    Le fondateur du site internet WikiLeaks, Julian Assange, réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres depuis 2012, a renoncé à l’asile accordé par Quito, selon une lettre signée de sa main.
    Dans ce courrier, daté du 4 décembre 2017, Julian Assange renonce à l’asile accordé dans le cadre d’une stratégie du gouvernement, qui n’a pas abouti et qui visait à le nommer ensuite diplomate équatorien en Grande-Bretagne, puis en Russie.

    Le créateur de WikiLeaks a renoncé à l’asile quelques jours avant que Quito lui octroie la nationalité équatorienne le 12 décembre, puis tente de le nommer diplomate afin qu’il puisse continuer à vivre dans l’ambassade de Londres, voire aller en mission à Moscou.

    Crainte d’une extradition
    Julian Assange s’est réfugié dans la représentation diplomatique équatorienne il y a six ans pour, initialement, éviter d’être extradé en Suède où il était accusé de viol, procédure qui a été classée.

    Aujourd’hui, il craint de sortir de l’ambassade et d’être arrêté, puis extradé vers les Etats-Unis pour avoir diffuser via WikiLeaks des milliers de documents confidentiels de la diplomatie américaine.


  • Bloqué depuis six mois dans un #aéroport, un Syrien raconte sa survie

    Cela fait six mois jour pour jour que Hassan Al Kontar vit dans le #terminal 2 de l’aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie. Le Syrien, qui ne trouve asile nulle part, s’est confié à RTSInfo.

    « Tout le monde peut voler », scande un slogan affiché sur les avions qu’il voit atterrir et décoller. « Tout le monde », sauf #Hassan_Al_Kontar.

    Lui est cloué au sol depuis le 7 mars 2018. Dans l’#immobilité de sa condition, il observe inlassablement le va-et-vient des autres passagers.

    C’est dans ce terminal 2 que l’homme a fêté son 37e anniversaire et assisté virtuellement au mariage de son petit frère.

    C’est là qu’il se douche tant bien que mal au-dessus de lavabos, qu’il dort sur un matelas de fortune et qu’il mange trois fois par jour le même plateau-repas à base de riz et de poulet.

    Les #réseaux_sociaux pour seule tribune

    C’est grâce à son #smartphone, et au wifi de l’aéroport, que le Syrien maintient un lien avec le monde, notamment via les réseaux sociaux. Son compte Twitter, où il partage des photos et vidéos de son quotidien, est suivi par plus de 15’000 personnes.

    Une page Wikipédia lui est même consacrée. « On me l’a montrée, mais je ne sais pas qui l’a créée », dit-il amusé.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Hassan_Al_Kontar

    Le labyrinthe vers la #captivité

    La captivité de Hassan est le résultat d’un parcours sinueux. Le Syrien n’a plus mis les pieds dans son pays depuis dix ans.

    Lorsque le conflit syrien éclate en 2011, il vit aux Emirats arabes unis, et refuse de rentrer pour faire la guerre. Son passeport n’est pas renouvelé, il perd son travail et vit dans la clandestinité.

    En janvier 2017, il est expulsé vers la Malaisie, où il obtient un #visa provisoire. Comme le pays n’a pas signé la Convention de Genève sur les réfugiés, il ne peut y demander asile.

    À l’expiration de son permis de séjour, Hassan Al Kontar tente de rejoindre l’Equateur, pays qui n’exige pas de visa des citoyens syriens. C’est une compagnie aérienne turque qui refuse de l’embarquer.

    L’homme parvient à prendre un vol pour le #Cambodge, mais il est renvoyé dans le même avion à Kuala Lumpur. Ne pouvant plus rentrer en Malaisie, le terminal 2 devient sa seule demeure, à durée indéterminée.

    Déçu des agences onusiennes

    Lorsqu’il contacte le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), le Syrien se dit déçu :

    Depuis quatre mois, Hassan assure n’avoir aucune nouvelle de l’agence onusienne. Contacté par RTSInfo, l’UNHCR répond que « le gouvernement malaisien a fait une offre généreuse permettant à l’homme d’entrer en toute sécurité dans le pays et d’y obtenir un statut légal provisoire. »

    Or, le Syrien ne veut plus de solutions provisoires qu’il sait sans avenir. « Au final, je veux un statut légal stable, pour pouvoir m’installer, travailler et ne pas craindre une expulsion. »

    Le Canada, seul Eldorado

    Retourner en Syrie n’est pas une option pour Hassan, qui dit être recherché par les services de sécurité, surtout depuis la médiatisation de son histoire et de ses opinions politiques.

    La seule porte de salut du Syrien à ce jour est le Canada. « Des gens là-bas m’ont trouvé un avocat, des garants et même un travail, puis ils ont déposé ma demande d’asile. »

    La procédure doit durer entre 20 et 24 mois. Une pétition en ligne, à ce jour signée par près de 50’000 personnes, appelle les autorités à accélérer le processus.

    « Souvent les gens, après avoir vu un reportage sur moi, me proposent de venir chez eux. Je dois alors leur expliquer les lois restrictives de leur pays qui m’en empêchent. »

    En Suisse, la possibilité de présenter une demande d’asile depuis l’étranger a été supprimée fin 2012. Une révision de la loi sur l’asile allant dans ce sens a été acceptée lors d’une votation populaire le 9 juin 2013.

    L’illusoire choix de la légalité

    Après huit ans à la recherche d’un refuge, Hassan Al Kontar se dit prêt à rester dans ce terminal tant qu’il ne trouvera pas une solution légale.

    Le Syrien est conscient de payer le prix de son honnêteté. « Si je m’infiltrais illégalement, peut-être qu’aujourd’hui je serais tranquillement installé en Suisse, au Danemark ou en Hollande. Mais j’ai choisi la légalité. »

    L’homme raconte avoir ainsi décliné de nombreuses propositions de mariage. « Je remercie ces femmes de vouloir m’aider, mais je leur explique que ce serait aussi une manière de contourner la loi. »

    La #résilience pour ne pas céder

    Sur les réseaux sociaux, Hassan est admiré pour la bonne humeur et la résilience dont il fait preuve.

    Si l’homme est reconnaissant de tout le soutien qu’il reçoit, il avoue avoir parfois besoin de s’isoler pour garder des forces.

    Après six mois de survie dans le terminal 2 de l’aéroport de Kuala Lumpur, Hassan Al Kontar est prêt à tenir le temps qu’il faudra. « Je n’ai pas le choix », conclut-il.

    https://www.rts.ch/info/monde/9811804-bloque-depuis-six-mois-dans-un-aeroport-un-syrien-raconte-sa-survie.html
    #réfugiés #asile #migrations #limbe #réfugiés_syriens #Kuala_Lumpur #Malaisie #migrerrance

    cc @reka

    • Drôle d’histoire. Je fréquente un peu KLIA2 (now that everyone can fly) mais je ne l’ai pas aperçu ! Son refus des solutions temporaires fait penser à un perso de roman (kafkaïen).

      Quant à « Souvent les gens, après avoir vu un reportage sur moi, me proposent de venir chez eux. Je dois alors leur expliquer les lois restrictives de leur pays qui m’en empêchent. »
      comment dire ? J’en ai marre, des bonnes âmes et de leur charité ("hé, on a tous une chambre d’amis !") quand il est question de problèmes structurels comme ça.


  • https://www.franceinter.fr/emissions/la-chronique-de-jean-marc-four/la-chronique-de-jean-marc-four-27-aout-2018

    « Ça vaut le coup d’arrêter un peu de se regarder le nombril parce que le phénomène en cours en Amérique Latine est… saisissant ! Vous allez voir, ça relativise ce qui se passe en Europe.

    Les chiffres d’abord : impressionnants.

    C’est la conséquence de la crise au Venezuela, crise politique et économique, vous le savez, avec une inflation galopante.

    Chaque jour, j’ai bien dit chaque jour, entre 2000 et 3000 Vénézuéliens cherchent à entrer en Colombie, en Equateur, au Pérou (les voisins du Sud).

    Evaluation officielle de l’ONU : en un peu plus de deux ans, 2 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays. Evaluation officieuse : le double, 4 millions de personnes, plus de 10% de la population. »

    #migration #amérique-latine #crise "podcast #france-inter


  • La revue d’Amérique du Sud : Vénézuela, Paraguay, Colombie, Chili et Equateur
    https://lemediapresse.fr/international/la-revue-damerique-du-sud

    <b>Les récentes actualités venues d’Amérique du Sud.</b><p>La crise continue au Vénézuela, Maduro veut réformer le bolivar<p>Si l’inflation explose en Argentine, …


  • #Ebola réapparaît dans l’est de la République démocratique du #Congo
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/08/01/ebola-reapparait-dans-l-est-de-la-rdc_5338420_3212.html

    Ce que les spécialistes d’Ebola craignaient est arrivé. La fin, décrétée le 24 juillet, de la neuvième épidémie ayant touché la République démocratique du Congo (#RDC) – officiellement déclarée le 8 mai dans la province de l’Equateur (nord-ouest) – ne signifie pas que le virus a disparu du pays où il a été découvert en 1976. La dixième #épidémie est déjà déclenchée.



  • #Paca : la CGT dénonce “l’#esclavage_moderne” des travailleurs agricoles détachés

    La CGT dénonce « l’utilisation massive d’ouvriers détachés dans nos campagnes » du sud-est, parlant même « d’esclavage moderne ». Et dénonce l’inaction du gouvernement face à ce problème.

    La CGT se lance dans la dénonciation de l’emploi frauduleux à grande échelle de travailleurs détachés
    dans les exploitations agricoles du sud-est de la France, rappelant selon elle des conditions « d’esclavage moderne ».
    Lors d’une conférence de presse, Stephan Dainotti, le représentant de la CGT a expliqué que « l’utilisation d’ouvriers détachés dans nos campagnes était massive » en Provence Alpes Côte d’Azur.
    Ces travailleurs viennent généralement du Maroc et d’Amérique latine (Equateur) et sont employés par des agences d’interim espagnoles, fraudant massivement les lois sur le travail détaché, qui imposent de respecter le droit du travail français selon le syndicat.

    Nous parlons de personnes humaines en #captivité, qui travaillent dans des conditions dignes de l’esclavage a estimé Stephan Dainotti.
    Beaucoup travaillent 11 heures par jour, parfois tous les jours, dans des conditions difficiles et sont renvoyés immédiatement en cas d’accident ou de maladie.
    L’inspection du travail affirme faire de la lutte contre ces fraudes une priorité mais n’a pas les moyens nécessaires, assure la CGT, pour laquelle la réponse judiciaire est également insatisfaisante.

    Une forme de « dumping social »
    Par son inaction, le gouvernement « encourage » cette forme de « dumping social », dénonce le syndicat, qui dit avoir listé les exploitants qui auraient recours à ces fraudes et sur lesquels elle entend mettre la pression.

    1800 euros pour loger à 8 dans un mobilhome
    À #Châteaurenard (Bouches du Rhône), la CGT a notamment rapporté la situation de travailleurs logés à 6 ou 8 dans un mobilhome moyennant 230 euros de loyer chacun.
    Ces travailleurs sont transportés d’exploitation en exploitation en minibus et privés de liens avec les autres salariés « pour qu’ils n’aient pas conscience qu’ils sont surexploités », a rajouté Stephan Dainotti.
    Certaines exploitations se sont séparées de tous leurs ouvriers agricoles et ne travaillent plus qu’avec un cadre qui commande des travailleurs détachés, assure la #CGT.
    De grandes exploitations maraîchères dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse et horticoles dans le Var sont notamment concernées.
    En 2014, la justice s’était saisie de la question et une enquête avait été ouverte au parquet de Marseille sur des suspicions de « fraude aux prestations de service internationales » à l’encontre de #Terra_Fecundis, l’une des principales sociétés d’intérim espagnoles qui envoyait à l’époque des #travailleurs_détachés dans les campagnes françaises.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/paca-cgt-denonce-esclavage-moderne-travailleurs-agricol
    #travail #exploitation #France #agriculture #horticulture #maraîchage


  • Derrière le code-barres : des inégalités en chaînes Oxfam - 20 Juin 2018
    http://www.oxfamfrance.org/rapports/justice-fiscale/derriere-code-barres-des-inegalites-en-chaines

    Il y a une histoire derrière les produits que nous consommons. Dans le rapport « Derrière le code-barres : des inégalités en chaînes », Oxfam révèle comment des millions de femmes et d’hommes qui produisent la nourriture que nous consommons vivent dans la pauvreté tandis que l’industrie agro-alimentaire engrange toujours plus de bénéfices. 12 produits de consommations courantes dans plusieurs pays du monde ont été passés au crible et le constat est sans appel : le modèle économique de l’industrie agro-alimentaire alimente les inégalités et génère des souffrances humaines parmi les travailleurs. 

    TELECHARGER LE RAPPORT => http://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/rapport_oxfam_derriere_le_codebarres.pdf

    Le système alimentaire mondial revêt des disparités de plus en plus criantes. Agriculteurs et producteurs, en France et dans le reste du monde, gagnent toujours moins depuis 20 ans, alors que la grande distribution accumule les bénéfices, dénonce l’ONG Oxfam dans une étude internationale publiée jeudi.

    "La grande distribution est devenue la gardienne du commerce alimentaire mondial", estime l’ONG, qui dénonce les "pressions continues" subies par les producteurs pour "qu’ils réduisent leurs coûts" tout en répondant "à des exigences de qualité des plus rigoureuses".


    Selon un calcul de l’ONG, les huit premières grandes surfaces du monde cotées en bourse ont réalisé quelque 1.000 milliards de dollars de vente en 2016 et près de 22 milliards de bénéfices.

    "Au lieu de réinvestir dans leurs fournisseurs, elles ont reversé la même année plus de 15 milliards de dollars de dividendes à leurs actionnaires", indique cette étude internationale, intitulée : "Derrière le code-barres, des inégalités à la chaîne".

    La puissance d’achat de la distribution qui fait baisser continuellement les prix, exacerbe le risque de violations des droits de l’homme et des droits du travail : précarisation sans limite, enfants au travail, harcèlement, sont légion dans le secteur agricole et alimentaire, souligne Oxfam.

    - 74% sur les haricots verts du Kenya
    Entre le milieu des années 1990 et celui des années 2010, le prix des haricots verts du Kenya a ainsi baissé de 74% et celui du jus d’orange brésilien de 70%.

    "Cette tendance a contribué au recul des prix payés aux paysans et producteurs qui désormais recouvrent à peine le coût de production", de plus en plus d’entre eux se voyant contraints d’abandonner leurs terres ou d’accepter des travaux précaires dans de grandes plantations, dénonce Oxfam.

    Jusqu’au paradoxe le plus "cruel" , régulièrement dénoncé par des organisations internationales comme la FAO ou les associations de commerce équitable : la faim chez les paysans et les travailleurs du secteur. Ceux-là même qui produisent la nourriture.

    En France, où le marché des produits alimentaires dépasse les 240 milliards d’euros par an, soit le plus gros marché de l’Union européenne (UE) derrière l’Allemagne, cette évolution, accompagnée de suicides de paysans, a conduit le gouvernement à proposer une loi en cours de discussion au parlement pour tenter de desserrer l’étau.

    L’objectif est de rééquilibrer le partage de la valeur entre ceux qui produisent et ceux qui vendent dans un pays où cinq centrales d’achat "ont une influence sur 90% des achats de produits alimentaires dans les enseignes de la grande distribution", _ selon Oxfam.

    Moins pour les producteurs, plus pour les supermarchés
    Au niveau mondial, l’étude illustre les disparités croissantes sur la répartition de la valeur en étudiant un panier-type contenant 12 produits allant des avocats du Pérou aux tomates du Maroc, en passant par des bananes d’Equateur, du thon en conserve de Thaïlande, du cacao de Côte d’Ivoire, café de Colombie, raisin d’Afrique du sud, haricots verts du Kenya, jus d’orange du Brésil, riz de Thaïlande, crevettes du Vietnam, ou thé d’Inde.

    Entre 1996 et 1998, les producteurs, qui touchaient en moyenne 8,8% du prix final du panier, ne recevaient plus que 6,5% vingt ans plus tard, en 2015.

    Dans le même temps, la grande distribution voyait sa part gonfler à 48,3% du prix final contre 43,5% vingt ans avant. #carrefour #Auchan #Simply_Market #Atac #Leclerc #Casino #Franprix #Leader_Price #Monoprix #Intermarché #Netto #Système_U

    Avec la croissance des discounteurs comme #Aldi Nord, Aldi Sud et #Lidl, et le rachat de #Whole_Foods en 2017 par #amazon, Oxfam craint une "ère nouvelle de réduction des coûts encore plus impitoyable" et une "accélération du nivellement par le bas des normes sociales et environnementales de la chaîne d’approvisionnement".

    Pourtant, Oxfam estime qu’il est "tout à fait possible" que les "paysans et travailleurs gagnent un revenu minimum vital".

    "Il suffirait d’investissements minimes" pour favoriser un partage plus équitable de la valeur, selon l’étude qui préconise notamment la fixation d’un prix minimum par les pouvoirs publics pour les produits agricoles de base.

    Dans les pays de vente au détail, Oxfam prône l’utilisation du droit de la #concurrence "pour démanteler la concentration de la puissance d’achat".

    #inégalités #OXFAM #pauvreté #industrie_agro-alimentaire #souffrances #Kenya #Brésil #super_marchés #hyper_marchés #grande_distribution #actionnaires #prix #code-barres #EAN13


  • Violences à Gaza : Israël convoque l’ambassadeur de Belgique après le vote de l’ONU
    La DH - belga Publié le lundi 21 mai 2018 à 18h07
    http://www.dhnet.be/actu/monde/violences-a-gaza-israel-convoque-l-ambassadeur-de-belgique-apres-le-vote-de-l-

    Israël a convoqué lundi les ambassadeurs d’Espagne, de Slovénie et de Belgique en réaction au vote de ces pays au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour l’envoi d’une mission d’enquête internationale sur les événements sanglants à Gaza.

    Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères israélien, la directrice adjointe chargée de l’Europe occidentale a rencontré lundi les ambassadeurs d’Espagne et de Slovénie tandis que l’ambassadeur de Belgique sera reçu mardi.

    • Le Conseil des droits de l’homme décide la création d’une commission d’enquête sur les attaques militaires israéliennes contre les manifestations civiles palestiniennes
      GENEVA (18 mai 2018)
      http://www.ohchr.org/FR/HRBodies/HRC/Pages/NewsDetail.aspx?NewsID=23107&LangID=F

      (...) Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (29) : Afghanistan, Afrique du Sud, Angola, Arabie Saoudite, Belgique, Brésil, Burundi, Chili, Chine, Côte d’Ivoire, Cuba, Égypte, Émirats Arabes Unis, Équateur, Espagne, Irak, Kirghizistan, Mexique, Népal, Nigeria, Pakistan, Pérou, Philippines, Qatar, République Démocratique du Congo, Sénégal, Slovénie, Tunisie et Venezuela.

      Les États suivants ont voté contre (2) : Australie et États-Unis.

      Les États suivants se sont abstenus (14) : Allemagne, Croatie, Éthiopie, Géorgie, Hongrie, Japon, Kenya, Panama, République de Corée, Royaume-Uni, Rwanda, Slovaquie, Suisse et Togo.

      Déclarations concernant le projet de résolution
      (...)
      La Belgique, s’exprimant également au nom de l’Espagne et de la Slovénie, a dit soutenir le projet de résolution et la création d’une commission d’enquête, car à leurs yeux, l’usage de la force contre ces manifestants n’était pas justifié. Les trois délégations saluent la coopération de l’État de Palestine pour parvenir à un texte équilibré, même s’ils regrettent que le texte ne fasse pas mention du droit légitime d’Israël à protéger ses frontières. Les délégations, tout en appuyant le texte, appellent le Hamas et les organisateurs de ces manifestations à faire preuve de plus responsabilité.(...)


  • On a rencontré le véritable Indiana Jones

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/05/06/stephen-rostain-l-archeologue-qui-remue-l-amazonie_5295088_1650684.html

    Tombé très jeune amoureux du monde amérindien, l’archéologue Stéphen Rostain, baroudeur infatigable a passé trente ans de sa vie à sortir de l’oubli et à faire revivre les populations précolombiennes.

    « L’Amazonie, faut r’connaître, c’est du brutal ! » Quand Stéphen Rostain vous raconte sa vie d’archéologue, on ne peut s’empêcher de penser à cette réplique de son film-culte, Les Tontons flingueurs, dont il prend un malin plaisir à caser des citations dans chacun de ses articles.

    Il a beau être du genre « grand et fort », le terrain a souvent failli avoir raison de lui. Suspendu sur une branche au-dessus du vide pour avoir dérapé sur des déblais, terrassé en Equateur par une fière typhoïde particulièrement tenace, la main grosse comme un ballon de foot à la suite d’une piqûre de palmier ­vénéneux ou les jambes dévorées par une ­colonie de fourmis rouges sur laquelle il ­venait d’uriner par mégarde, il s’en sort finalement toujours aussi bien que les héros de Marvel, qu’il adule depuis tout petit.

    Nourri de « mauvaise littérature » (Bob ­Morane) et de BD, il trouve dans Tintin et le temple du Soleil sa vocation d’archéologue, confirmée quand il rencontre le « Dieu » de l’archéologie mexicaine, Roman Piña Chan, et participe aux fouilles sur le site de Teotihuacan. « J’avais 20 ans, et bourlingué de Belize au Guatemala avant de me retrouver au Mexique. Pour gagner ma vie, je jouais au poker avec les ouvriers de son équipe. C’est là que je suis tombé amoureux du monde amérindien. »

    Il trouvera la force de ne pas verser dans l’idolâtrie des « grandes civilisations andines », en envoyant valser les Incas de Tintin et surtout la communauté scientifique française qui ne jure que par les Mayas. « J’ai décidé de m’intéresser aux Basses-Terres, quand tous les archéologues étaient focalisés sur les Hautes-Terres (Andes). On m’a prédit l’oubli et le chômage, car l’archéologie amazonienne, ça n’existait pas. Mon plus proche voisin fouillait à 3 000 km de moi ! »

    Ingéniosité des Amérindiens

    Sa première mission officielle, il la mène en Guyane, où il est censé étudier les haches de pierre mais réalise qu’il n’y a jamais eu de ­recherches archéologiques d’envergure dans ce territoire. « Ce fut un peu ma chance, il fallait d’abord reconstruire le cadre général, faire de la cartographie, explorer les grottes, s’intéresser à l’agriculture. »

    Alors que personne ne s’intéresse au paysage, il organise un vol en ULM et découvre des centaines d’hectares de « champs surélevés », une technique de culture en zone inondable dont il deviendra le spécialiste. « Les ­collègues soutenaient que les Amérindiens n’avaient pas pu édifier de telles structures, qui devaient plutôt être l’œuvre de bagnards agissant sous le fouet des Européens ! Il y avait une condescendance et une arrogance extrêmes, car on imaginait que le climat et l’environnement contraignant, voire hostile, avaient ­conditionné une stagnation culturelle des ­populations précolombiennes. »

    Stéphen Rostain va désormais consacrer sa carrière à faire reconnaître l’ingéniosité de ces populations. En 1994, il soutient sa thèse sur « L’occupation amérindienne ancienne du littoral de Guyane ». Mais comment trouver les traces de peuples dont les villages et les chefs furent balayés par l’arrivée des conquistadors et leurs cohortes d’épidémies (80 % à 95 % de la population aurait été décimée) ? Et où chercher des empreintes d’habitations dans un pays sans roche, où le bois et la palme, matériaux périssables, remplaçaient la pierre ?

    En s’intéressant autant aux paysages qu’aux sous-sols ; en utilisant les nouvelles technologies d’imagerie (lidar, satellites) qui permettent de repérer des formes étranges de sols, ­indices d’occupations humaines antérieures ; en s’associant avec des botanistes, des anthropologues, des ethnologues, et même des entomologistes ; en mettant en œuvre de nouvelles techniques de fouilles, comme celle « par ­décapage », pour ouvrir horizontalement de grandes superficies et repérer les trous de ­poteau qui racontent l’organisation des maisons anciennes. Bref, en inventant une nouvelle archéologie, adaptée aux pays tropicaux.

    « L’archéologie tropicale est difficile, ingrate »

    André Delpuech, directeur du Musée de l’homme, rencontre Stéphen Rostain en 1995, en Guadeloupe. « Il présentait le résultat de ses fouilles sur l’île d’Aruba, aux Antilles, où il avait mis au jour les vestiges d’un village. Il a eu du flair ! Il passait pour un iconoclaste total et certains doutaient de ses résultats. C’est vrai qu’il est plus facile de disserter sur une colonne ­ corinthienne que d’imaginer à quoi ressemblait un village à partir d’un alignement de trous de poteau ! L’archéologie tropicale est difficile, ingrate. Tous les archéologues ne sont pas prêts à prospecter dans les marais avec de l’eau jusqu’à la ceinture. »

    Stéphen Rostain passe trente ans à arpenter le Suriname, l’Equateur, le Brésil. Sur le site de Pambay, en Equateur, il exhume la plus vieille maison amazonienne (3 000 ans), près de laquelle il trouvera des jarres, de la vaisselle, des outils.

    Pendant ces années, il se lie avec deux figures de l’archéologie qui démarrent l’exploration de ce « continent vert » : le Brésilien Eduardo Neves et l’Américain Michael Heckenberger. A eux trois, ils vont radicalement faire changer le regard porté sur l’Amazonie, montrer que cette forêt a été entretenue ­depuis 10 000 ans par des populations beaucoup plus nombreuses que ce que l’on croyait, qui traçaient des routes, cultivaient le riz, le maïs, sélectionnaient les espèces d’arbres utiles, avaient une culture aussi riche que celle de n’importe quelle autre civilisation.

    Changer de « lunettes »

    Grâce à son collègue Doyle McKey, écologue, Stéphen Rostain perce par exemple le secret de l’excellent état de conservation des champs surélevés qui, entre les pluies et les incendies récurrents, auraient dû disparaître. En fait, ce sont des colonies de fourmis qui font leurs nids sur ces buttes, y rapportent des végétaux qu’elles mastiquent puis transforment en compost où elles cultiveront des champignons qu’elles mangeront. « Les mammifères sociaux agriculteurs que sont les humains ont donc édifié les buttes entretenues ensuite par les insectes sociaux ingénieurs que sont les fourmis ! », jubile l’archéologue.

    Pour comprendre cette interaction permanente entre l’homme et l’environnement, il a fallu changer de « lunettes ». Idem quand son autre collègue et ami Dimitri Karadimas, ­ anthropologue aujourd’hui décédé, lui donne la clé des dessins que l’on voit sur nombre de céramiques, où les Européens imaginent des crocs de jaguar, faute de connaître les liens ­ entre les Amérindiens et une espèce particulière de guêpes amazoniennes : « Prédatrices des mygales, elles y pondent des œufs d’où ­sortent des larves qui mangeront l’araignée ­vivante de l’intérieur. Normal que cela ait inspiré à ces populations nombre de mythes ! »

    Comme le souligne Geoffroy de Saulieu, ­archéologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), « Stéphen ne se contente pas d’inventorier les vestiges du passé. Il promeut une archéologie du futur, pour mieux gérer le patrimoine naturel et culturel demain. Ce n’est pas l’environnement qui a voué ces sociétés au sous-développement. En transposant à l’Afrique centrale la méthodologie élaborée en Amazonie, je mets en évidence le même phénomène de mépris des populations qui ont pourtant su mieux que nous transformer la forêt tout en préservant la capacité de sa régénérescence. »

    Défendre le classement de sites amazoniens

    Ces vingt dernières années, le nombre ­d’archéologues formés en Amérique du Sud a explosé. « Mais il est inacceptable que les Français ne connaissent pas l’histoire de leurs colonies, s’indigne Stéphen Rostain. Du primaire au lycée, pas une leçon sur la Guyane ou la Guadeloupe, gommées des manuels officiels ! »

    Directeur de recherches au laboratoire ­d’archéologie des Amériques (CNRS), Stéphen Rostain veut maintenant publier les quantités de données rapportées, « sinon cela s’appelle du pillage », diffuser ce savoir par des livres (Amazonie. Les 12 travaux des civilisations précolombiennes, Belin, 2017), des expositions, ­défendre le classement de sites amazoniens au Patrimoine de l’humanité. Pour cela, à 56 ans, il promet de se sédentariser. Peut-être le seul défi impossible à relever pour cet amoureux de Blaise Cendrars, qui n’a pas fini de bourlinguer.


  • Amérique latine : fin d’un âge d’or ? Progressismes, post-néolibéralisme et émancipation radicale – CONTRETEMPS
    http://www.contretemps.eu/amerique-latine-progressismes-neoliberalisme-emancipation

    Entretien avec Miriam Lang et Edgardo Lander

    Un entretien plein de choses passionnantes, avec un regard neuf sur les progressisme d’Amérique latine. Extraits :

    FG : Tu parles alors de la période initiale, de départ, au début des années 2000, lorsque se sont combinées les résistances d’en bas et la création de dynamiques sociopolitiques plus ou moins de ruptures et post-néolibérales selon les cas, qui ont y compris réussi à émerger sur le plan électoral national et gouvernemental.

    EL : Oui, il s’agit d’une période où sont nées d’extraordinaires espérances et où débutaient des transformations radicales de la société. Dans les cas de l’Équateur et de la Bolivie, les nouveaux gouvernements furent la conséquence de processus d’accumulation de force des mouvements et des organisations sociales en lutte contre des gouvernements néolibéraux. L’expérience du soulèvement indigène dans le cas équatorien et de la guerre de l’eau en Bolivie furent des expressions de sociétés en mouvement où les secteur sociaux – qui n’étaient pas les plus typiques de l’action politique de la gauche – jouèrent des rôles fondamentaux. Il s’agit d’une émergence plébéienne : des secteurs sociaux auparavant invisibles – indigènes, paysans, couches populaires urbaines – viennent occuper une place centrale sur la scène politique. Cela a généré des attentes extraordinaires.

    Néanmoins, avec le temps, de sévères obstacles sont apparus. Malgré les discours retentissants, des secteurs importants de la gauche qui jouèrent des rôles dirigeants dans ces processus n’avaient pas soumis l’expérience du socialisme du XXe siècle à une réflexion suffisamment critique. Beaucoup des vieilles manières de comprendre la direction, le parti, l’avant-garde, les rapports de l’État avec la société, le développement économique, les rapports avec le reste de la nature, en plus du poids des cosmovisions eurocentriques monoculturelles et patriarcales, étaient présentes dans ces projets de changement. Les formes coloniales historiques d’insertion dans la division internationale du travail et de la nature se sont approfondies.

    L’expérience des dénommés gouvernements progressistes se passe à un moment où la globalisation néolibérale s’accélère et où la Chine se transforme en fabrique du monde et en principale économie planétaire. Cela produit un saut qualitatif dans la demande et le prix des ressources : biens énergétiques, minéraux et produits de l’agro-industrie comme le soja. Dans ces conditions, chacun des gouvernements progressistes opte pour financer les transformations sociales préconisées par la voie d’un approfondissement de l’extractivisme destructeur.

    Cela n’a pas seulement comme implication évidente que la structure productive de ces pays n’est pas remise en question, mais qu’elle est approfondie dans les termes des formes néocoloniales d’insertion dans la division internationale du travail et de la nature. Elle accentue également le rôle de l’État comme principal récepteur des recettes produites par l’exportation des ressources. Avec cela, par-delà le contenu des textes constitutionnels sur la plurinationalité et l’interculturalité, prévaut une conception de la transformation centrée prioritairement sur l’État et sur l’identification de l’État avec le bien commun.

    Cela conduit inévitablement à des conflits autour des territoires, des droits indigènes et paysans, à des luttes pour la défense et l’accès à l’eau et à des résistances contre l’exploitation minière intense. Ces luttes populaires et territoriales ont été vues par ces gouvernements comme des menaces contre le projet national représenté, tracé et dirigé par l’État représentant l’intérêt national.

    Pour mener ces projets néo-développementistes, malgré ces résistances, les gouvernements ont recouru à la répression et vont assumer des tendances autoritaires croissantes. En définissant à partir du centre quelles sont les priorités et en voyant comme une menace tout ce qui affronte cette priorité, une logique de raison d’État qui requière d’étouffer les résistances va s’installer. Dans les cas de la Bolivie et de l’Équateur, cela a conduit à une certaine démobilisation des organisations sociales, ainsi qu’à des divisions (suscitées par le gouvernement) des mouvements générant des fragmentations de leur tissu social, affaiblissant l’énergie de transformation démocratique qui les caractérisait.

    Nous pourrions dire que cette diversité des modes de vie constituait un important potentiel transformateur pour les horizons de dépassement du capitalisme. Y compris si nous regardons les conditions écologiques de la planète, au lieu d’être étiquetées comme pauvres et sous-développées, de nombreuses communautés paysannes, indigènes, noires ou populaires des villes pourraient être vues comme exemple de comment consommer moins et être mieux satisfait. Par contre, ce qui s’est passé, c’est justement ce que j’appelle le « dispositif du sous-développement » (5) ; dans le contexte de l’« éradication de la pauvreté », on dit : votre mode de vie qui requiert si peu d’argent est indigne, vous devez ressembler à la population urbaine, capitaliste, vous devez utiliser l’argent, la forme d’échange est le marché capitaliste, il n’existe pas d’autre forme d’échange valide. La dénommée alphabétisation financière, qui fait partie de la politique progressiste contre la pauvreté, a aidé le capital financier à établir de nouveaux marchés de crédit pour les plus pauvres, à des taux d’intérêts qui sont maintes fois très élevés. Et la fameuse inclusion par la consommation aime passer pour une bonne occasion. Alors, nous avons finalement des populations endettées par la consommation, auxquelles on a suscité des besoins qu’auparavant elles n’avaient pas. Ca dépend un peu d’où on regarde ces thèmes. C’est un problème de valeurs et de perspective, comment nous voulons que vivent les générations futures. Il ne s’agit pas seulement de démocratiser la consommation, mais le pari consiste à construire un monde soutenable pour au moins 5, 6, 7 générations et j’ai de sérieux doutes quant au fait que cette manière d’erradiquer la pauvreté ait contribué à ces fins.

    Dans l’histoire pétrolière vénézuélienne, la première décennie de ce siècle fut le moment où existèrent les meilleures conditions possibles pour débattre, réfléchir et commencer à expérimenter d’autres pratiques et d’autres futurs possibles pour la société vénézuélienne au-delà du pétrole. Ce fut une conjoncture où Chávez bénéficiat d’une extraordinaire capacité de direction et de légitimité. Il avait la capacité de donner un cap à la société vénézuélienne et, avec des prix du pétrole atteignant jusqu’à 140 dollars par barril, les ressources existaient pour répondre aux besoins de la populaire et d’entreprendre, même si c’était des débuts, les pas d’une transition au-delà du pétrole. Il s’est produit tout le contraire. Durant ces années, s’est répétée l’intoxication de l’abondance, l’imaginaire du Venezuela saoudite qui s’était produit à l’époque du premier gouvernement de Carlos Andrés Pérez durant la décennie des années 1970, au siècle passé. Personne au Venezuela ne pensait possible de fermer par décret tous les puis de pétrole d’un jour à l’autre. Mas, loin de franchir des pas même timides et débutants pour dépasser la dépendance du pétrole, les politiques gouvernementales n’ont fait qu’approfondir cette dépendance Dans des conditions de surabondance de devises et afin de tenter de freiner la fuite des capitaux, une parité de change contrôlé absolument insoutenable fut établie. De cette manière, s’est accentuée la dénommée maladie hollandise qui a contribué au démantèlement de la capacité productive du pays.

    Les politiques redistributives et les initiatives politiques de l’Etat ont réussi à améliorer les conditions de vie de la population et ont suscité le renforcement des tissus sociaux, avec de larges expériences de participation populaire. Néanmoins, ce ne fut pas accompagné par un projet de transformation de la structure productive du pays. Cela a marqué les limites du processus bolivarien comme projet de transformation de la société vénézuélienne. Cela veut dire que les larges processus organisationnels de base impliquant des millions de personnes étaient basés sur la redistribution et non sur la création de nouveaux processus productifs.

    Sur l’extractivisme

    EL : Dans les débats critiques sur l’extractivisme, l’un des points que je crois important est de savoir ce que nous entendons par extractivisme. Si nous le concevons seulement comme un modèle économique ou, comme le dit Alvaro García Linera, comme « un rapport technique avec la nature » compatable avec n’importe quel modèle de société, on pourrait en conclure qu’il est nécessaire d’approfondir l’extractivisme non seulement pour répondre aux demandes sociaux, mais aussi afin d’accumuler les ressources nécessaires pour investir dans des actitivités productives alternatives qui permettent de dépasser l’extractivisme. Mais si on comprend l’extractivisme en termes plus larges, si on comprend que l’extractivisme est une forme de rapport des êtres humains avec la nature, qu’il fait partie d’un patron d’accumulation du capital global, qu’il est une forme spécifique d’insertion dans le système capitaliste mondaile et dans la division internationale du travail et de la nature ; si on comprend que l’extractivisme génére et reproduit des institutionnalités déterminées, des modèles d’Etat, des patrons de comportement de sa bureaucratie ; si on comprend que l’extractivisme génére des sujets sociaux et des subjectivités, qu’il construit une culture, on arrive nécessairement à d’autres conclusions.

    Il suffit de regarder les 100 ans d’extractivisme au Venezuela. Nous avons installé profondément une culture de pays riche, de pays d’abondance. Comme nous avons les réserves pétrolières les plus grandes de la planète, nous méritons que l’Etat satisfasse non seulement tous nos besoins, mais aussi nos aspirations de consommation. Nous imaginons possible une société ayant des droits, mais sans responsabilités. Nous méritons que la benzine soit gratuite. Ces patrons culturels, une fois fermement enracinés dans l’imaginaire collectif, constituent un obstacle sévére à la possibilité d’une transformation, non seulement pour dépasser le capitalisme mais pour affrontement la crise de civilisation que vit aujourd’hui l’humanité. Ces imaginaires d’abondance matérielle servent toujours de manière croissante de substrat à ces conceptions économicistes et consumérites de la vie, laissant à l’écart une large gamme des questions fondamentales que nous devrions affronter aujourd’hui. Cela bloque la possibilité de reconnaître que les décisions prises aujourd’hui ont des conséquences à long terme dans un sens absolument divergent du discours officiel proclamé comme horizon du futur de la société vénézuélienne.

    Communs et coopératives

    EL : Au Venezuela, l’unique source d’optimisme pour moi en ce moment est le fait que la crise a été si profonde et qu’elle a tellement frappé la conscience collective qu’il est possible qu l’enchantement du pétrole, de la rente et de l’Etat magique, bienfaiteur et fournissseur commence, lentement, à se dissiper. Tout le débat politique gauche-droite dans les dernières décennies a opéré à l’intérieur des paramètres de l’imaginaire pétrolier, à l’intérieur de cette ntion du Venezuela comme pays riche, maître des plus grandes réserves pétrolières de la planète. La politique a tourné autour es demandes faites par différents secteurs de la société à l’Etat pour accéder à ces ressources. Je commence à voir de signes, toutefois lamentablement faibles, d’une reconnaissance du fait qu’il n’est pas posible de continuer dans cette voie. On commence à assumer qu’un cycle historique arrive à sa fin. Les ens commencent à se gratter la tête : Et maintenant quoi ? Depuis des années, j’ai des conacts avcc le processus d’organisation populaire le plus continu et le plus vigoureux au Venezuela. CECOSESOLA (10). Il s’agit d’un réseau de coopératives opérant dans plusieurs Etats du Centre et de l’Ouest du pays, qui relie un large réseau de producteurs agricoles et artisanaux à des consommateurs urbains, en plus d’un centre admirable de santé coopérative et d’une coopérative funéraire.

    J’ai été frappé par la présence de thèmes comme le sauvetage et l’échange de semences dans les conversations quotidiennes. La reconnaissance d’un avant et d’un après le début de la crise actuelle. Récemment, quand quelque’un venait d’un village proche on lui disait : rappelles-toi de m’apporter un seau de semence de tomate C’était le quotidien. C’étaient des semences de tomates importées, choisies et hybrides, qui ne se reproduisaient pas, pas forcément transgéniques, mais stériles après la première semence. Avec la crise économique, cet accès aux semences se coupe de manière abrupte. On reprend des pratiques paysannes ancestrales. Des réunions entre paysans où l’on s’interroge : Qui a des semences de quoi ? Des semences autochtones qui n’étaient préservées qu’à petite échelle commencent à s’échanger : des semences de pommes de terre, de tomates, etc. On ouvre ainsi de nouvelles possibilités. Nous allons nous réveiller de ce rêve (qui s’est avéré être une pesanteur et penser à la possibilité d’être ailleurs, dans un autre pays, dans d’autres conditions et le vie continue, mais prend de nouveaux chemins.

    Bien vivre

    C’est aussi un autre élément important : construire la communauté contre l’individualisation forcée, à la campagne et à la ville. Je ne me réfère pas à la communauté comprise comme le petit village paysan, acestral, figé dans le temps, mais à des communautés politiques en mouvement, qui incorporent leurs tâches de soin comme des tâches collectives et réorganisent alors la vie autour de la reproduction de la vie, et non autour des demandes du marché et du capital. Je crois qu’il faudrait visibiliser tous les efforts déjà fait en ce sens, où tant au Nord qu’au Sud les gens vivent relativement bien. Au Sud ce seront en partie des communautés ancestrales, mais aussi d’autres nouvellement créées, alors qu’au Nord elles peuvent être récemment constituées. Il s’agit de changer une pensée unique et de voir les choses existantes, il ne faut pas tout inventer de zéro.

    Par exemple, il existe une vision présentant les quartiers périphériques urbains comme un enfer, surtout au Sud. Mais si tu vas y regarder de plus près, il y existe de nombreuses logiques, absolument anticapitalistes, celle de ne pas travailler, celle de prioriser la fête, celle des échanges non mesurés par la logique de l’argent… Ce n’est peut-être pas le modèle, de toute manière il n’existe et il ne devrait exister aucun modèle, c’est très important à souligner. Après le socialisme du XXe siècle, nous n’allons pas avoir une nouvelle recette unique où nous inscrire tous et la suivre ; il s’agit bien plus de permettre cette diversité des alternatives, pour que depuis chaque culture et chaque contexte les gens qui y sont impliqués puissent se construire. Les « bien vivre » sont pluriels.

    #Amérique_latine #Communs #Géopolitique


  • L’isolement de Julian Assange doit cesser

    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050418/lisolement-de-julian-assange-doit-cesser

    De nombreuses personnalités internationales, dont Pamela Anderson, Noam Chomsky ou encore Ai Weiwei s’insurgent contre la décision du gouvernement d’Equateur d’empêcher Julian Assange de communiquer avec le monde extérieur. « Accepter de renoncer à la liberté d’expression de Julian Assange aujourd’hui impliquerait de renoncer à la liberté d’expression pour chacun d’entre nous. »

    Trouvant prétexte à ses tweets critiquant l’arrestation du président catalan Carles Puigdemont en Allemagne, et suite à d’intenses pressions provenant des gouvernements états-uniens, anglais et espagnols, le gouvernement équatorien a installé un brouilleur électronique empêchant Julian Assange de communiquer avec le monde extérieur via internet et téléphone. Cherchant à s’assurer de son isolement total, le gouvernement équatorien lui a de plus retiré son droit à recevoir des visiteurs.

    Cette censure, cette attaque contre la liberté de l’expression n’intervient pas aujourd’hui en Turquie, en Arabie Saoudite ou en Chine, mais au cœur de Londres. Si le gouvernement équatorien ne cesse pas immédiatement son action indigne, lui aussi deviendra un collaborateur de la persécution mise en œuvre contre Assange et ne pourra plus être considéré comme la courageuse nation qui s’était élevée pour défendre le droit à l’information et la libre expression en l’accueillant. Si l’Union Européenne et le Royaume Uni continuent de participer à cette scandaleuse tentative de censure d’un dissident au cœur de leur espace politique, cela sera le signe que la liberté d’expression se meurt en Europe.


  • L’Equateur déconnecte Assange - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/03/29/l-equateur-deconnecte-assange_1639675

    Cette fois, l’affaire semble plus sérieuse. Quito rappelle certes la « protection » accordée à Assange « en raison des risques pour sa vie et son intégrité ». Mais le pays andin juge que le « comportement » de ce dernier sur les réseaux sociaux met en danger ses bonnes relations « avec le Royaume-Uni, avec les autres Etats de l’Union européenne et avec d’autres nations ». L’Equateur reproche aussi au chef de file de WikiLeaks de bafouer un « engagement écrit », pris fin 2017, à « ne pas émettre de messages constituant une ingérence dans les affaires d’autres Etats » – engagement dont son organisation dément l’existence. Surtout, l’exécutif n’exclut pas de prendre « d’autres mesures » en cas de récidive, sans plus de précision.

    #chantage #mort_virtuelle

    • D’après WikiLeaks, le gouvernement équatorien aurait demandé à Assange, via un mail à ses avocats londoniens, la suppression d’un tweet publié lundi, qui mettait en parallèle la capture par la Gestapo, en 1940, du président catalan Lluís Companys, livré ensuite par Vichy à l’Espagne franquiste, et l’arrestation de Puigdemont par la police allemande « à la demande de l’Espagne ».

      #point_godwin :-D

    • Au plan légal, elle est en effet au point mort : la dernière enquête de la justice suédoise – pour un « viol de moindre gravité » que nie Assange – a été classée sans suite en mai 2017, mais le fondateur de WikiLeaks est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt britannique pour non-respect des conditions de sa liberté sous caution, qu’un tribunal de Westminster a décidé, en février, de maintenir. Mercredi, la ministre équatorienne des Affaires étrangères, María Fernanda Espinosa, a annoncé qu’une délégation rencontrerait à Londres, la semaine prochaine, l’équipe de défense d’Assange, pour « explorer les alternatives ». Elle a aussi assuré que Quito continuait à « dialoguer avec le Royaume-Uni pour trouver une solution définitive et durable ». Laquelle semble, à ce stade, très hypothétique.

      #acharnement


  • A la Cité du futur, Julian Assange parle et ce n’est pas gai

    http://www.liberation.fr/france/2018/02/01/a-la-cite-du-futur-julian-assange-parle-et-ce-n-est-pas-gai_1626825?xtor=

    En direct depuis l’ambassade d’Equateur à Londres, il est intervenu sur l’écran du colloque de la Cité du futur du Cent-Quatre, à Paris. Une rareté.

    Parfois, dans un colloque, arrive un invité surprise. Au MaddyKeynote, parmi des intervenants variés venus parler de la ville du futur, voici soudain, sur écran géant, Julian Assange. Le cybermilitant nous parle en direct de l’ambassade d’Equateur en Grande-Bretagne où il vit reclus depuis cinq ans mais on ne voit de son décor qu’un fond bleu. Quand on a écrit sur Twitter qu’il allait intervenir, un « abonné » nous a répondu : « Qu’a-t-il à dire sur le sujet ??? » En vérité, rien de bien gai.

    Extraits.

    Sur l’espionnage de nos échanges : « La majorité des interceptions auxquelles procède la NSA viennent des opérateurs comme Google ou Facebook plutôt que de leur propre surveillance. Ces géants ont fini par créer un capitalisme de la surveillance. »

    Sur notre sottise : « Nous sommes passés d’une économie qui vendait des consommateurs à des annonceurs à une autre qui utilise toute l’information créée par nos téléphones, nos voitures, nos déplacements mais aussi par ce que nous avons naïvement donné. Google Street View par exemple. Tout ce que Google Street a ramassé sera utilisé pour guider les voitures autonomes et sans aucun doute, sera utilisé pour fournir des itinéraires. Sauf que c’est une information très centralisée. L’information produite par nos mobiles, par nos recherches pourra être utilisée pour cibler des groupes en particulier, même des individus, pour les manipuler. »

    Sur nos illusions : « Il apparaît que cette technologie de l’intelligence artificielle que tout le monde célèbre parce qu’elle va permettre de conduire des voitures sans conducteur est aussi celle qui permet de diriger des missiles. »

    Sur notre crédulité : « L’intelligence artificielle est l’artisan des fake news. Il existe des prototypes qui peuvent, à partir d’un échantillon de voix, produire ce que vous voulez et des prototypes en vidéo qui commencent à être très efficaces aussi. Arrivés à un certain niveau, aucun cerveau humain ne saura détecter les fausses nouvelles. C’est un dilemme pour l’humanité : que faire quand on est arrivé à un certain niveau de mensonges ? »

    Sur notre destin : « Ce que l’Europe doit faire ? Idéalement avoir sa propre structure mais ça ne se produira pas, à cause de la diversité des Européens et de la soumission traditionnelle aux Etats-Unis. »

    Sur ces forts propos, Anaïs Richardin, directrice de Maddyness, l’organisateur de la rencontre, a conclu en disant : « J’espère que la journée sera un peu plus positive que cette conversation. »


  • Un berger à l’Élysée
    http://www.nova-cinema.org/prog/2017/160-family-affairs/entre-deux-tours-betes-et-mechants/article/un-berger-a-l-elysee-18172

    Pierre Carles & Philippe Lespinasse, 2017, FR, video, VO FR ,110’

    Revenu bredouille d’Équateur, dans le sens où il n’a pas réussi à convaincre Rafael Correa de se présenter aux élections présidentielles hexagonales, Pierre Carles a-t-il fini par transposer ses derniers espoirs politiques sur un député béarnais conservateur ? Quelle est la part de mise en scène et de documentaire dans ce nouveau projet mené en compagnie de Philippe Lespinasse ? Une chose est sûre : le sujet de leur film est un candidat qualifié à l’élection présidentielle, qui n’est passé ni par l’ENA, ni par Sciences Po mais par… le lycée agricole de Pau Montardon. Ancien berger, fils de petit paysan pyrénéen, cet élu atypique dans le paysage politique se bat pour le maintien des services publics mais aussi de petites ou moyennes (...)


  • Le Conseil adopte onze résolutions dont cinq sur les droits de l’homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés
    ​Conseil des droits de l’homme de l’#ONU, le 24 mars 2017
    http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21445&LangID=F#sthash.ZKaoENC8.dpuf

    Concernant la #Palestine :

    Par une autre résolution sur les droits de l’homme dans le #Golan syrien occupé (A/HRC/34/L.11), adoptée par adoptée par 26 voix pour, 3 contre (États-Unis, Royaume Uni et Togo) et 18 abstentions, le Conseil se déclare profondément préoccupé par les pratiques israéliennes dans le Golan syrien occupé, telles qu’elles sont décrites dans le rapport du Secrétaire général soumis à la présente session du Conseil.

    Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (26) : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Burundi, Chine, Côte d’Ivoire, Cuba, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Éthiopie, Ghana, Inde, Indonésie, Iraq, Kenya, Kirghizistan, Mongolie, Nigeria, Philippines, Qatar, Tunisie et Venezuela.

    Les États suivants ont voté contre (3) : États-Unis, Royaume-Uni et Togo.

    Les États suivants se sont abstenus (18) : Albanie, Allemagne, Belgique, Botswana, Congo, Croatie, Géorgie, Hongrie, Japon, Lettonie, Pays-Bas, Panama, Paraguay, Portugal, République de Corée, Rwanda, Slovénie et Suisse.
    ============================
    Par une résolution visant à « Faire en sorte que les responsabilités soient établies et que justice soit faite pour toutes les violations du droit international dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est » (A/HRC/34/L.38), adoptée par 30 voix pour, 2 contre (États-Unis, Togo) et 15 abstentions, le Conseil invite instamment tous les États à promouvoir le respect du droit international et invite instamment toutes les Hautes Parties contractantes à la quatrième Convention de Genève à respecter et à faire respecter le droit international humanitaire dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.

    Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (30) : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Botswana, Brésil, Burundi, Chine, Congo, Côte d’Ivoire, Cuba, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Ghana, Indonésie, Iraq, Kirghizistan, Mongolie, Nigeria, Philippines, Portugal, Qatar, République de Corée, Slovénie, Suisse, Tunisie et Venezuela.

    Les États suivants ont voté contre (2) : États-Unis et Togo.

    Les États suivants se sont abstenus (15) : Allemagne, Albanie, Croatie, Éthiopie, Géorgie, Hongrie, Inde, Japon, Kenya, Lettonie, Pays-Bas, Panama, Paraguay, Rwanda et Royaume-Uni.
    ===============================
    Par une résolution sur le « droit du peuple palestinien à l’#autodétermination » (A/HRC/34/L.39), adoptée par 43 voix pour, 2 contre (États-Unis et Togo) et 2 abstentions (Panama et Paraguay), le Conseil confirme que le droit de souveraineté permanent du peuple palestinien sur ses richesses et ses ressources naturelles doit s’exercer dans l’intérêt du développement national et du bien-être de ce peuple et dans le cadre de la réalisation de son droit à l’autodétermination.

    Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (43) : Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Arabie saoudite, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Botswana, Brésil, Burundi, Chine, Congo, Côte d’Ivoire, Croatie, Cuba, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Éthiopie, Géorgie, Ghana, Hongrie, Inde, Indonésie, Iraq, Japon, Kenya, Kirghizistan, Lettonie, Mongolie, Nigeria, Pays-Bas, Philippines, Portugal, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Rwanda, Slovénie, Suisse, Tunisie et Venezuela.

    Les États suivants ont voté contre (2) : États-Unis et Togo.

    Les États suivants se sont abstenus (2):Panama et Paraguay.
    ===================================
    Aux termes d’une résolution sur la situation des droits de l’homme dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est (A/HRC/34/L.40), adoptée par 41 voix pour, 2 contre (États-Unis et Togo) et 4 abstentions (Rwanda, République du Congo, Panama et Paraguay), le Conseil se déclare profondément préoccupé par la situation des prisonniers et des détenus palestiniens, y compris des mineurs, dans les prisons et les centres de détention israéliens.

    Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (41) : Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Arabie saoudite, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Botswana, Brésil, Burundi, Chine, Côte d’Ivoire, Croatie, Cuba, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Éthiopie, Géorgie, Ghana, Hongrie, Inde, Indonésie, Iraq, Japon, Kenya, Kirghizistan, Lettonie, Mongolie, Nigeria, Pays-Bas, Philippines, Portugal, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Slovénie, Suisse, Tunisie, Venezuela.

    Les États suivants ont voté contre (2) : États-Unis et Togo.

    Les États suivants se sont abstenus (4) : Congo, Panama, Paraguay et Rwanda.
    =====================================
    Par une résolution intitulée « Colonies de peuplement israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé » (A/HRC/34/L.41/Rev.1, oralement révisée), adoptée par 36 voix pour, 2 contre (États-Unis et Togo) et 9 abstentions, le Conseil décide de tenir, à sa session de septembre 2017, une table ronde sur « les activités de colonisation israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est », et demande au Haut-Commissariat de consulter les États et l’ensemble des parties prenantes.

    Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (36) : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Botswana, Brésil, Burundi, Chine, Congo, Côte d’Ivoire, Cuba, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, , Éthiopie, Ghana, Inde, Indonésie, Iraq, Japon, Kenya, Kirghizistan, Mongolie, Nigeria, Pays-Bas, Philippines, Portugal, Qatar, République de Corée, Slovénie, Suisse, Tunisie et Venezuela.

    Les États suivants ont voté contre (2) : États-Unis et Togo.

    Les États suivants se sont abstenus (9) : Albanie, Croatie, Géorgie, Hongrie, Lettonie, Panama, Paraguay, Rwanda et Royaume-Uni.
    ========================================
    Remarque : on voit que la politique d’#Israfrique commence à porter ses fruits avec le #Togo qui vote systématiquement pour israel...

    Et pourquoi la France ne vote pas ?