country:équateur

  • Un expert de l’ONU préoccupé par le comportement de l’Équateur dans les affaires Assange et Moreno
    https://news.un.org/fr/story/2019/05/1044201

    L’expert indépendant a déclaré avoir reçu des informations selon lesquelles, à la demande du Département de la justice des États-Unis, le gouvernement équatorien avait décidé de fouiller le 20 mai les locaux de son ambassade à Londres où a résidé le fondateur de WikiLeaks et de saisir ses documents, téléphones, appareils électroniques, cartes mémoire, etc., pour les remettre au gouvernement américain.

    Préoccupé par ces informations, M. Cannataci a écrit au gouvernement équatorien pour recommander des mesures de protection qui devraient être mises en place avant toute recherche.

    Il a également proposé de faire appel à des experts impartiaux pour surveiller les recherches et de séparer les informations qui pourraient être utiles pour un éventuel processus pénal aux États-Unis des informations qui devraient rester confidentielles et être rendues à M. Assange. Le Rapporteur spécial s’est déclaré déçu par l’absence de réponse rapide du gouvernement équatorien.

    « J’ai à deux reprises formellement demandé au gouvernement équatorien de restituer les effets personnels de M. Assange à ses avocats, mais il semble plutôt qu’il ait l’intention de les remettre aux autorités américaines. Je n’ai aucun problème avec les procédures de perquisition et saisie menées en vertu de l’Etat de droit, il s’agit là de circonstances très spéciales pour au moins deux raisons : il ne s’agit pas seulement de droit à la vie privée. D’autres droits de l’homme, et en particulier la liberté d’expression, sont également menacés si certains des éléments matériels appartenant à M. Assange tombaient entre les mauvaises mains. M. Assange a traité avec un certain nombre de sources confidentielles et de lanceurs d’alerte dont l’identité et la vie privée devraient également être protégées », a déclaré le Rapporteur spécial.

    Il s’est dit également déçu par le manque de réponse rapide de l’Équateur à sa proposition de se rendre à Quito et d’évaluer de manière plus approfondie la plainte que le Président Lenin Moreno lui a adressée au sujet d’une violation de son droit à la vie privée, liée à un présumé piratage ayant conduit à la publication en ligne d’un grand nombre de communications et de photos personnelles de M. Moreno et de sa famille.

    M. Cannataci a déclaré que cette visite aurait été « une excellente occasion pour moi de mieux comprendre les particularités de l’affaire ».

  • Cartographie numérique : L’Atlas de #Woodbridge et la première carte des isothermes à l’échelle mondiale (1823) : quand la géographie scolaire était en avance sur la publication scientifique

    http://cartonumerique.blogspot.com/2019/05/atlas-de-woodbrige-1823.html

    La commémoration des 250 ans de la naissance d’Alexandre de Humboldt (1769-1859) est l’occasion de (re)découvrir l’oeuvre du célèbre géographe allemand. Son expédition dans les Amériques – Vénézuela, Colombie, Équateur, Pérou, Cuba, Mexique et États-Unis - qu’il a réalisée entre 1799 et 1804 avec le biologiste français Aimé Bonpland, a contribué à en faire un géographe de terrain fondant son approche scientifique sur l’observation. De retour en Europe, il publie une oeuvre monumentale. Considéré comme le père de la géographie moderne, il montre les interactions des phénomènes humains avec les phénomènes géologiques, météorologiques, biologiques ou physiques.

    En 1817, il publie « Des lignes isothermes et de la distribution de la chaleur sur le globe », Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d’Arcueil (consulter l’ouvrage). Il faut cependant attendre 1838 pour qu’il élabore sa fameuse carte des isothermes à l’échelle mondiale (voir la carte sur la collection David Rumsey). Entre temps, un éducateur peu connu du Connecticut, William Woodbridge, qui a voyagé en Europe et a fréquenté Humboldt à Paris, publie en 1823 un Atlas scolaire qui contient une carte de répartition des isothermes qui est la plus ancienne carte connue à cette échelle. Retour sur une histoire originale à travers ce fil Twitter qui fait suite à un article publié par Gilles Fumey sur le blog Géographie en mouvement de Libération : Alexandre de Humbolt, le premier écologiste (8 mai 2019).

    #cartographie #atlas #humboldt

  • souveraineté aborigène - Vacarme
    https://vacarme.org/article3073.html

    De telles alliances sont aujourd’hui indispensables pour défendre la vie sur terre, et de nombreuses stratégies sont possibles : réinventer des modes de contestation en
    inaugurant de nouveaux rituels collectifs, comme l’a fait Starhawk, ou internationaliser les luttes comme le fait par exemple le mouve-ment international pour les droits de la nature comme terre mère, initié par des changements de constitution en Bolivie et en Équateur qui ont reconnu les droits de la Terre Mère Pachamama inspirés d’une forme de culte andin. Mais ce sont les autochtones eux-mêmes qui nouent des alliances transnationales entre eux, que ce soit aux Nations unies ou dans leurs sites d’occupation comme Standing Rock.

    #aborigènes #peuples_autochtones #descola #history_from_below

  • Culpabilité par association ? L’arrestation de l’ami d’Assange , Ola Bini n’a aucun fondement
    http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/05/culpabilite-par-association.html

    Ola Bini, expert en cyber-sécurité et en protection de la vie privée, a été arrêté en Équateur le jour même où l’Équateur a révoqué l’asile de Julian Assange. Un tribunal a maintenant confirmé sa détention provisoire, alors que ses parents et ses avocats ont déclaré que rien ne le justifiait.
    https://www.youtube.com/watch?v=WfCGNMWTb9A


    GREG WILPERT : Ola Bini, un ami du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a été condamné à rester en prison jeudi dans le cadre de son appel à la libération d’une prison équatorienne. Bini, un expert en cyber-sécurité, est en prison depuis le jour où l’Équateur a révoqué l’asile de Julian Assange à l’ambassade de l’Équateur à Londres. Les procureurs ont vaguement accusé Bini d’avoir piraté les ordinateurs du gouvernement équatorien, mais n’ont porté aucune accusation précise contre lui. Un panel d’appel de la cour provinciale de Quito a décidé, après trois heures de délibérations, que Bini devait rester en prison pendant que l’enquête se poursuivait. Les procureurs ont fait valoir que Bini représentait un risque de fuite et pouvait interférer dans l’enquête.

    Je suis Sharmini Peries venant de Baltimore. Lorsque le gouvernement équatorien a révoqué l’asile de Julian Assange et l’a expulsé de l’ambassade à Londres le 11 avril, il a également arrêté un de ses amis, Ola Bini, qui vivait en Équateur. Il a été arrêté le même jour. Le gouvernement équatorien accuse Ola Bini, citoyen suédois, d’avoir aidé Assange à pirater les ordinateurs du gouvernement équatorien, y compris le téléphone du président Moreno. Les amis et la famille de Bini nient avec véhémence qu’il serait impliqué dans de telles activités, car il est un défenseur bien connu de la confidentialité numérique. Les parents d’Ola Bini, sa mère, Dag Gustafsson, et son père, Gorel Bini, m’accompagnent à présent de Quito, en Équateur, pour débattre de cette affaire. Je vous remercie beaucoup d’être avec nous aujourd’hui.

    Les preuves dont ils disposent sont le livre de Noam Chomsky, deux clés USB et quelques ordinateurs. Il n’ya aucun témoin de crime en cours. Et comme je l’ai dit plus tôt, le crime qu’il était censé commettre n’a pas été précisé. Donc, il n’y a aucune raison légale pour Ola d’être en prison. Alors bien sûr, il devrait être libéré jeudi.

    #Noam_Chomsky

  • Extrait d’un article de Pleynel suite à l’attestation de Assange.

    Manning fut dénoncée et immédiatement arrêtée en 2010 ; Assange s’est réfugié à l’ambassade londonienne de l’Équateur en 2012, prisonnier volontaire en quelque sorte tant son sort n’était guère enviable ; Snowden est bloqué à Moscou depuis 2013, otage non consentant du pouvoir russe et, sait-on jamais, monnaie d’échange demain. Neuf ans, sept ans, six ans. Tous trois sont des héros du droit de savoir qui ont déjà payé fort cher pour le défendre.

    Quelles que soient leurs faiblesses, leurs égarements, leurs solitudes, leurs fragilités, nous leur devons reconnaissance et solidarité. Ils se sont battus pour que tout document concernant le sort des peuples, des nations et des sociétés soit connu du public afin qu’il puisse se faire son opinion, juger sur pièces, choisir pour agir, influer sur la politique des gouvernements et les affaires du monde.

    + réf => « le désenchantement de l’Internet » (2017)

    https://www.mediapart.fr/journal/france/150419/quand-ils-sont-venus-chercher-assange

    https://www.u-cergy.fr/fr/laboratoires/agora/publications/le-desenchantement-de-l-internet.html

  • Ce béluga repéré en Norvège pourrait être un espion russe...
    https://www.midilibre.fr/2019/04/25/ce-beluga-repere-en-norvege-pourrait-etre-un-espion-russe,8166097.php

    Un béluga a récément été repéré par des pêcheurs norvégiens au large de la côte Nord du pays. Ceux ci pensent qu’il s’agit d’un animal entrainé par la marine russe...


    Le 25 avril, en Norvège, des pécheurs ont été surpris de trouver un béluga au comportement étrange, munit d’un harnais portant comme inscription : « Equipment of St.Petersburg » ("équipement de Saint-Pétersbourg"). Les experts de la marine nationale redoutent qu’il s’agisse d’un animal envoyé par la marine russe.

    Le harnais semble être prévu pour y accrocher des appareils GO PRO ou des armes. Le professeur de l’université Arctique Norvégienne de Tromso a annoncé avoir contacté des chercheurs qui travaillent actuellement pour la Russie mais ils ont déclaré n’avoir aucune relation avec le béluga.

    Ils ont par contre supposé que la baleine appartenait très probablement à la marine russe. Le Guardian mentionne Martin Biuw de l’Institut de recherche marine de Norvège, qui affirme que « si cette baleine vient de Russie, il y a de bonnes raisons de le croire, alors ce ne sont pas des scientifiques russes, mais la marine qui a fait ça ».

    L’armée entraînait auparavant des animaux marins pour des opérations militaires telles que le transport de matériel, pour retrouver des personnes disparues, trouver des mines sous-marines ou encore tuer des ennemis. En 2017, le ministère de la Défense russe à fait une déclaration sur la formation et l’entraînement des animaux pour des missions militaires.

    En particulier des dauphins, des phoques et des bélugas. De plus, la Russie fait l’aquisition en 2016 de 5 dauphins sans aucune explication sur leurs utilisations. L’animal a finalement été relâché après les enquêtes menées et le harnais retiré.

  • Julian Assange condamné à 50 semaines de prison par la justice britannique
    https://www.liberation.fr/planete/2019/05/01/julian-assange-condamne-a-50-semaines-de-prison-par-la-justice-britanniqu

    Il a levé le poing en arrivant dans la camionnette de la police qui l’avait extrait de la prison de haute sécurité de Belmarsh, à l’est de Londres. Comme une signature, il a encore levé le poing avant de quitter la salle du tribunal de Southwark et de retourner en cellule.


    Ses soutiens, une petite trentaine de personnes, se sont alors mis à hurler « shame on you » (« Honte à vous ») à la juge. Julian Assange, 47 ans, a été condamné mercredi à cinquante semaines de détention pour avoir rompu les conditions de sa libération conditionnelle le 19 juin 2012 en se réfugiant à l’ambassade londonienne d’Equateur. Il y a passé les presque sept années suivantes, jusqu’à son arrestation le 11 avril par la police britannique.

    La juge Deborah Taylor a estimé que Julian Assange s’était engagé dans une « tentative délibérée d’échapper à la justice » et que la peine appliquée devait être « très proche du maximum prévu par la loi ». Il encourait pour ce délit jusqu’à cinquante-deux semaines de détention. Il pourra demander en principe sa libération après avoir accompli la moitié de sa peine. Sauf qu’il sera alors probablement encore aux prises avec l’autre volet de ses ennuis judiciaires : la demande d’extradition déposée par les Etats-Unis qui sera examinée pour la première fois jeudi matin. L’audience de jeudi, qui devrait être courte et technique, se tiendra dans un autre tribunal, la Westminster Magistrates’ Court et Julian Assange devrait y assister par lien vidéo depuis la prison.

    L’avocat a aussi lu en public une lettre rédigée par Julian Assange dans laquelle il a exprimé « sans réserves toutes ses excuses à ceux qui considèrent que je leur ai manqué de respect par la manière dont j’ai mené ma situation ». « Ce n’était pas ce que je souhaitais ou entendais. Je me suis trouvé au cœur de circonstances terrifiantes auxquelles ni moi ni ceux auprès de qui j’ai cherché conseil n’ont pu trouver de solution. J’ai fait ce que je croyais à ce moment-là être le mieux et peut-être la seule chose que je pouvais faire », a-t-il écrit.

    Si la juge Deborah Taylor a salué ces excuses, elle a ajouté qu’il est « essentiel que personne ne soit au-delà ou au-dessus des lois ». « Vous avez exploité votre position privilégiée pour contourner la loi et avez rendu public internationalement votre dédain pour les lois de ce pays », a-t-elle ajouté avant de souligner que les mesures de sécurité mises en place autour de l’ambassade d’Equateur avaient coûté 16 millions de livres (18,6 millions d’euros) au contribuable britannique.

  • Julian Assange a subi de graves sévices psychologiques et physiques à l’ambassade de l’Équateur, disent les médecins (Theintercept)
    https://www.crashdebug.fr/international/15925-julian-assange-a-subi-de-graves-sevices-psychologiques-et-physiques

    Je n’ai pas pus intégrer les docs médicaux pdf, aussi je vous les ai mis en ligne sur le site via hyperlien.

    Un médecin américain qui a effectué plusieurs évaluations médicales et de santé mentale du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à l’ambassade de l’Equateur à Londres au cours des deux dernières années, dit qu’elle croit avoir été espionnée et que la confidentialité de sa relation médecin-patient avec Assange a été violée.

    La Dre Sondra Crosby, professeure agrégée de médecine et de santé publique à l’Université de Boston et spécialiste des conséquences physiques et psychologiques de la torture, a évalué les personnes détenues par les États-Unis, notamment dans leur prison de Guantánamo Bay à Cuba. Elle a tranquillement commencé à rencontrer et à évaluer Assange en 2017 à (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales

  • Ola Bini, développeur de protocoles de #cryptographie et proche de #Julian_Assange a été arrêté dans la foulé de l’arrestation de celui-ci. Collaborateur de #WikiLeaks [il] a été inculpé, samedi 13 avril, en Équateur pour attaque de systèmes informatiques. Il est soupçonné par le gouvernement d’avoir participé à des activités de déstabilisation du régime.
    http://www.rfi.fr/ameriques/20190414-equateur-wikileaks-assange-arrestation-cadre-ola-bini-patino-correa

    Bini a été placé en détention préventive et ses comptes bancaires ont été gelés. Lors d’une rencontre avec la presse étrangère jeudi, la ministre de l’Intérieur, Maria Paula Romo, avait dénoncé sans donner de noms la présence d’un activiste de Wikileaks et de deux hackers russes, soupconnés de participer à un plan de « déstabilisation » du président Lenin Moreno.

    Son GitHub : https://github.com/olabini

    Who Is Ola Bini ? Swedish Developer Who Visited Assange Arrested In Ecuador
    https://talkingpointsmemo.com/news/who-is-ola-bini-swedish-programmer-who-visited-assange-arrested-i

    On Saturday, prosecutors said they intend to charge Bini for hacking-related crimes and had him ordered detained for up to 90 days while they compile evidence.

    The 36-year-old was arrested Thursday at the airport in the Ecuadorian capital of Quito as he prepared to board a flight to Japan. The arrest came just hours after Assange was evicted from the Ecuadorian Embassy in London. Bini was carrying at least 30 electronic storage devices.

    Voir aussi :

    My boyfriend and extremely talented open source programmer, Ola Bini (@olabini ) is retained. He is a humble, amazing and curious person. I have worked with him in several projects. Please, #freeolabini
    https://twitter.com/claucece/status/1117569977563996160

    .@olabini Ola Bini is a software developer with whom I have worked for 4 years~ now. He is excellent in all of his work and it is a person that works creating privacy enhancing tools, even in the development of OTR. He is arrested right now. Please, help him #FreeOlaBini
    https://twitter.com/claucece/status/1116973839265738752

    URGENT UPDATE: 90 days of pre-trial detention of Swedish citizen @olabini. Political persecution of a friend of #Assange. Friendship is not a crime. Knowledge is not a crime. Expertise is not a crime.
    https://twitter.com/avilarenata/status/1116960285749927936

    • Site pour la campagne de soutien à #Ola_Bini : https://freeolabini.org/fr

      Notre collègue et ami, Ola Bini, a été arrêté en tant que prisonnier politique par le gouvernement équatorien et a besoin de votre aide. Montrez votre soutien en promouvant et en participant à ces actions :
      1- Signe la lettre de solidarité de la communauté technologique : https://freeolabini.org/fr/statement
      2- Suit le compte @FreeOlaBini (https://twitter.com/FreeOlaBini), utilise le hashtag #FreeOlaBini et visite le site web, freeolabini.org pour te tenir informé des actualités
      3- Si tu souhaites participer plus activement et soutenir cette campagne avec des actions ou idées plus spécifiques, envoie-nous un email à : support@freeolabini.org
      4- Rejoins notre bulletin d’actualités : https://freeolabini.org/fr/subscribe

    • Lettre de solidarité pour la libération de Ola Bini - Ola Bini est un développeur, pas un criminel : https://freeolabini.org/fr/statement

      En tant que technologues, développeurs de logiciels libres et open source, et en tant que personnes et organisations œuvrant pour la protection de la sécurité sur Internet, nous voulons dénoncer énergiquement la détention de Ola Bini. Ola Bini est un expert en matière de cybersécurité, consultant spécialiste de la protection de la vie privée sur Internet, il contribue au développement et à la défense de l’Open Source et il est défenseur des droits numériques. Nous considérons sa détention préventive comme arbitraire et comme une attaque contre toute notre communauté, et donc contre nous-mêmes.

      /.../

      Ola Bini est un expert en cybersécurité, consultant en protection des données personnelles dans le domaine de l’Open Source ainsi qu’un défenseur reconnu des droits numériques. Il est citoyen suédois et réside en Equateur avec un permis valable pour 6 ans. Il vit en Equateur parce que c’est un pays qu’il aime et dans lequel il a construit sa vie. Ola a été développeur toute sa vie, depuis l’âge de 8 ans. Son travail est prolifique : il a collaboré et collabore à une longue liste de projets, parmi lesquels (nous souhaitons souligner par l’importance de ses contributions) OTR version 4 et JRuby. Il est aussi membre du conseil qui mène le projet européen phare DECODE (avec le numéro de subvention 732546) sur la cryptographie avancée et la confidentialité de la vie privée dès la conception (privacy-by-design). La communauté considère sa détention comme un obstacle important et négatif aux projets avec lesquels il collabore.

      /.../

      Défendre le droit à la vie privée n’est pas un crime. Défendre le droit aux logiciels libres et ouverts n’est pas un crime. Ola consacre sa vie à la liberté de tous. Maintenant, c’est à notre tour de lutter pour la liberté d’Ola.
      Nous le voulons en sécurité, nous le voulons de retour parmi nous, nous le voulons libre !
      #FreeOlaBini
      S’il te plaît, ajoute ton organisation ou toi-même à cette déclaration de support en envoyant un courrier électronique à : signatures@freeolabini.org

    • Déclaration d’Ola Bini suite à son arrestation arbitraire depuis la prison de El Inca, en Équateur :
      https://freeolabini.org/fr/statement-from-ola

      Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui me soutiennent. On m’a parlé de l’attention que cette affaire a suscité dans le monde entier et c’est quelque chose j’apprécie plus que ce que je ne sais exprimer avec mes paroles. À ma famille, mes amis, à tous ceux qui sont proches, je vous envoie tout mon amour. Je vous ai toujours dans mes pensées.

      Je crois fermement au droit à la vie privée. Sans vie privée, il n’y a pas d’agence et sans agence, nous sommes des esclaves. C’est pourquoi j’ai consacré ma vie à cette lutte. La surveillance est une menace pour nous tous. Ça doit s’arrêter.

      Les leaders du monde mènent une guerre contre le savoir. L’affaire contre moi est basée sur les livres que j’ai lus et sur la technologie dont je dispose. C’est un crime seulement depuis une pensée orwellienne. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver. Le monde va fermer de plus en plus autour de nous jusqu’à ce qu’il ne nous reste plus rien. Si l’Équateur peut le faire, d’autres le peuvent aussi. Nous devons arrêter cela avant qu’il ne soit trop tard.

      J’ai confiance en qu’il sera évident que cette affaire ne peut pas être justifiée et va donc s’effondrer.

      Je ne peux pas m’empêcher de dire quelque chose sur le système pénal équatorien. Je suis détenu dans les meilleures conditions et pourtant c’est terrible. Une réforme sérieuse est nécessaire. Mes pensées vont à tous les prisonniers en Équateur.

      Ola Bini

      (j’ai l’impression que certains passages sont mal traduits...)

    • apparemment, l’original est en anglais (il n’y a pas actuellement de version suédoise).

      1. First, I want to thank all my supporters out there. I’ve been told about the attention this case is getting from all the world, and I appreciate it more than I can say. To my friends, family and nearest ones: all my love - you’re constantly in my thoughts.

      2. I believe strongly in the right to privacy. Without privacy, we can’t have agency, and without agency we are slaves. That’s why I have dedicated my life to this struggle. Surveillance is a threat to us all, we must stop it.

      3. The leaders of the world are waging a war against knowledge. The case against me is based on the books I’ve read and the technology I have. This is Orwellian - ThoughtCrime. We can’t let this happen. The world will close in closer and closer on us, until we have nothing left. If Ecuador can do this, so can others. We have to stop this idea now, before it’s too late.

      4. I’m confident it will be obvious that there’s no substance to this case, and that it will collapse into nothing.

      5. I can’t avoid saying a word about the Ecuadorian penal system. I’m being held under the best circumstances and it’s still despicable. There needs to be serious reform. My thoughts go out to all fellow inmates in Ecuador.

      Ola Bini

      Oui, il y a un gros problème de traduction sur agency, ici je pense au sens de possibilité d’agir, capacité d’agir.

      Et moins problématique pour le sens, sur le ThoughtCrime, " C’est un crime de pensée (au sens de la Police de la Pensée) orwellien(ne).

  • D’abord, ils sont venus pour Assange…
    https://lundi.am/D-abord-ils-sont-venus-pour-Assange-par-LeakyWeek

    En conclusion, et comme l’ont déjà affirmé Edward Snowden, Glenn Greenwald, Reporters Sans Frontières, The Guardian et bon nombre d’autres institutions [5] pourtant plus souvent complaisantes qu’adverses à l’égard des puissants, l’arrestation d’#Assange est un coup porté à la #liberté d’#information dans son ensemble. Sa capture est voulue à tout prix pour l’exemple au mépris du droit international et des promesses faites dans le passé par un gouvernement Équatorien manifestement acheté par les US (l’Équateur a opportunément reçu un prêt de 10 milliards par le FMI [6]...). Jeter Assange en prison vise à décourager quiconque de suivre son inspiration pour publier sans compromis ce qui expose les crimes et #mensonges des puissants. Ne nous y trompons pas, et au-delà des désaccords avec certains des propos d’Assange, il est urgent de reconnaître la portée de l’héritage de #WikiLeaks : de ce qu’il inspire pour le présent et pour le futur d’une presse libre et d’une information qui permettrait de collectivement et durablement rétablir les rapports de force, d’inquiéter les dominants et d’espérer un jour les faire payer pour leurs crimes et mensonges.

    • A tous ceux qui nous ont abandonné : nous n’oublierons pas. A tous les autres : nous nous battrons jusqu’au bout pour empêcher l’extradition et la mise au ban de celui qui fut, il y a deux ans, reconnu par l’ONU comme le seul détenu politique du continent.

      Les cinq ans de prison auxquels fait face théoriquement Julian Assange sont d’évidence une façon pour les Etats-Unis d’obtenir son extradition – en prétendant à une peine légère – afin d’ensuite dévoiler l’ensemble des autres poursuites qui pourraient le mener à la prison à vie.

      Il n’y a aucun doute sur le fait que cette procédure, enclenchée dès le départ dans un seul but, détruire Wikileaks et cet individu, est politique et ne s’achèvera que lorsqu’il sera complètement écrasé.

      C’est à nous de l’éviter.

      Juan Branco

  • Assange est retenu dans le Guantanamo Bay de la Grande-Bretagne, alors que l’ONU appelle à un procès équitable
    https://www.crashdebug.fr/international/15916-assange-est-retenu-dans-le-guantanamo-bay-de-la-grande-bretagne-alo

    (ZH) - Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, risque d’être confronté à une bataille d’extradition prolongée après la fin dramatique, cette semaine, de son séjour de sept ans à l’ambassade de l’Équateur à Londres.

    Il se trouve actuellement dans une prison britannique, et bien que les autorités britanniques n’aient pas encore confirmé le lieu précis de sa détention, de nombreux rapports suggèrent qu’il est détenu dans ce qu’on appelle " la prison de Guantanamo Bay de la Grande-Bretagne " - ou prison de Belmarsh, étant donné sa réputation de lieu de détention pour terroristes et criminels très en vue.

    Julian Assange serait détenu à la prison de Belmarsh à Londres.

    Vendredi, le bureau des droits de l’homme des Nations unies a demandé instamment au gouvernement (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales

  • FRANCE : ASILE POLITIQUE POUR JULIAN ASSANGE !
    https://la-bas.org/5520

    Julian Assange a été arrêté jeudi 11 avril par la police britannique dans l’ambassade d’Equateur, où il se réfugiait depuis près de 7 ans. L’Equateur a mis fin au statut de demandeur d’asile dont bénéficiait le lanceur d’alerte, fondateur du site Wikileaks, pretextant « [des] violations répétées des conventions internationales ».Continuer la lecture…

    #Vidéo #Luttes #Médias

  • L’Equateur retire l’asile à Julian Assange, la police britannique l’arrête dans l’ambassade (VIDEO) — RT en français
    https://francais.rt.com/international/60877-equateur-retire-asile-julian-assange-police-britannique-arrete-am
    https://www.youtube.com/watch?v=7Z00wtysST4

    Le lanceur d’alerte Julian Assange, réfugié depuis près de sept ans dans l’ambassade d’Equateur à Londres, a été arrêté ce 11 avril par la police britannique après que Quito a révoqué son asile.

    #WikiLeaks

    • Des fois qu’y est un rapport...
      https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201902/20/01-5215529-lequateur-obtient-102-milliards-de-dollars-du-fmi-et-de-la-banqu

      L’Équateur a obtenu 10,2 milliards de dollars de crédits de la part d’organismes internationaux, principalement le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, avec lesquels le gouvernement précédent avait rompu, a annoncé mercredi le président Lenin Moreno.

    • Sinon, j’adore la langue de bois :

      Un accord avec le FMI améliorera le cadre de restructuration économique et permettra l’accès aux autres organisations multilatérales comme la Banque mondiale (BM), la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Corporation andine de développement (CAF). C’est pourquoi à la fin du mois de janvier 2019 s’est tenue une réunion avec le président de la République de l’Équateur, Lenín Moreno, son ministre des Finances Richard Martínez, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

      Cette rencontre promet des bénéfices, mais aussi des conditions à remplir par l’Équateur. Parmi les mesures du FMI figurent l’augmentation de la TVA, la subvention pour l’essence, la restructuration de la dette actuelle, le calcul de l’âge de la retraite, les réformes des contributions de sécurité sociale et la flexibilité du travail .

      Cette alliance aurait de ce fait pour résultat une consolidation budgétaire et un bon positionnement dans le marché mondial. En outre, cela comporterait la reprise des relations avec le FMI après avoir rompu tout lien avec lui au cours du gouvernement de l’ancien président, Rafael Correa. Une équipe du FMI se trouve déjà à Quito pour envisager l’amélioration du cadre de politique économique, ce qui peut comporter des avantages pour les citoyens équatoriens, essentiellement les plus pauvres et les plus vulnérables . De même, il y aurait une amélioration en ce qui concerne la compétitivité, la génération d’emplois, le renforcement des bases institutionnelles de la dollarisation et la lutte contre la corruption, d’après le porte-parole du FMI, Gerry Rice.

      http://www.espaces-latinos.org/archives/75085
      Le gros foutage de gueule!

    • Cependant, le Venezuela est loin d’être le seul pays d’Amérique latine à être visé par ces armes financières déguisées en institutions financières “indépendantes”. Par exemple, l’Equateur – dont l’actuel président a cherché à ramener le pays dans les bonnes grâces de Washington – est allé jusqu’à effectuer un “audit” de son asile de journaliste et éditeur de WikiLeaks, Julian Assange, afin de gagner un sauvetage de 10 milliards de dollars du FMI. L’Équateur a accordé l’asile à Assange en 2012 et les États-Unis ont demandé avec ferveur son extradition pour des charges encore scellées depuis lors.

      De plus, en juillet dernier, les États-Unis ont menacé l’Équateur de “mesures commerciales punitives” s’ils introduisaient à l’ONU une mesure visant à soutenir l’allaitement maternel plutôt que les préparations pour nourrissons, ce qui a stupéfié la communauté internationale mais a mis à nu la volonté du gouvernement américain d’utiliser des “armes économiques” contre les nations latino-américaines.

      http://unpeudairfrais.org/wikileaks-revele-que-les-etats-unis-ont-utilise-le-fmi-et-la-banque-

    • Il s’agit, a affirmé l’ex-chef d’Etat, de la révélation par le site Wikileaks « au niveau mondial » de l’existence d’« un compte secret au Panama, à la Balboa Bank », au nom de la famille Moreno. La semaine dernière, WikiLeaks déjà avait établi un lien entre le risque d’expulsion d’Assange et la publication d’informations privées compromettantes pour Lenin Moreno. « Des rumeurs injurieuses ! », avait réagi Quito. Selon Rafael Correa, ces accusations de corruption ont été « l’élément détonateur » qui a poussé Lenin Moreno à se « venger » en permettant à la police britannique d’entrer dans l’ambassade de Londres pour arrêter Assange.

      « Quelque chose d’incroyable, vraiment sans précédent », a-t-il dénoncé, rappelant que le fondateur australien de WikiLeaks, âgé de 47 ans, avait acquis en 2017 la nationalité équatorienne. Dans un tweet en fin de matinée, Rafael Correa avait déjà fustigé son ancien allié, ex vice-président sous sa mandature, le qualifiant de « plus grand traître de l’histoire latino-américaine ». Moreno a défendu le retrait de l’asile accordé à Assange, une décision présentée comme « souveraine ».

      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/assange-une-vengeance-personnelle-du-president-equatorien-20190411

      On sent que le FMI n’a pas dû beaucoup insister, vu que le nouveau président équatorien est un gros corrompu !

    • L’arrestation de Julian Assange à Londres est « très choquante », estime Dick Marty. « Assange n’a fait que dire la vérité. Il a révélé des actions criminelles et réveillé la conscience internationale », déclare l’ancien rapporteur sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l’Europe.

      L’ancien procureur général tessinois dénonce les pressions de « l’empire » américain sur les Etats impliqués dans cette affaire et les méthodes de la justice américaine.

      « Moi-même, j’évite pour l’instant de voyager aux Etats-Unis, révèle-t-il. Ils pourraient m’interroger sur les sources de mes rapports et me retenir, car je ne pourrais évidemment pas les dévoiler. »

      « Il faut être réaliste, ce n’est pas un système dans lequel, si vous êtes un cas de sécurité nationale, vous pouvez espérez de la justice », estimait lui-même Julian Assange en parlant des Etats-Unis dans un entretien à la RTS en 2015.

      https://www.rts.ch/info/monde/10359555--je-suis-choque-assange-n-a-fait-que-dire-la-verite-clame-dick-marty.ht
      https://www.rts.ch/play/tv/popupvideoplayer?id=10359748&startTime=9.486

    • A tous ceux qui nous ont abandonné : nous n’oublierons pas. A tous les autres : nous nous battrons jusqu’au bout pour empêcher l’extradition et la mise au ban de celui qui fut, il y a deux ans, reconnu par l’ONU comme le seul détenu politique du continent.

      Les cinq ans de prison auxquels fait face théoriquement Julian Assange sont d’évidence une façon pour les Etats-Unis d’obtenir son extradition – en prétendant à une peine légère – afin d’ensuite dévoiler l’ensemble des autres poursuites qui pourraient le mener à la prison à vie.

      Il n’y a aucun doute sur le fait que cette procédure, enclenchée dès le départ dans un seul but, détruire Wikileaks et cet individu, est politique et ne s’achèvera que lorsqu’il sera complètement écrasé.

      C’est à nous de l’éviter.

      Juan Branco

    • Contrary to Reports, the U.S. Gov. Can Add Charges After Assange Extradition
      http://accuracy.org/release/contrary-to-reports-the-u-s-gov-can-add-charges-after-assange-extradition

      He said today: “The New York Times report is wrong and understates the dangers to Assange. What it states is normally the case in extradition treaties, but it’s not the case in the relevant U.S.-British extradition treaty.

      “Once the U.S. government has Assange over here, they can concoct whatever charges they want to against him for anything and then ask the British to waive what’s called the Rule of Specialty. That could add up to much more than the current five years Assange is facing. The British government will almost certainly consent, unless Jeremy Corbyn becomes prime minister.

    • Assange refuse d’être extradé vers les Etats-Unis
      https://information.tv5monde.com/info/assange-refuse-d-etre-extrade-vers-les-etats-unis-298090

      Le représentant de la justice américaine, Ben Brandon, a confirmé jeudi qu’il risquait une peine maximale de cinq ans de prison.

      Mais les soutiens de Julian Assange craignent que les charges ne soient alourdies, la justice britannique n’ayant pas encore reçu tous les documents concernant la demande américaine.

  • BREAKING : Assange vas être arrêté dans les heures ou les jours qui viennent selon WikiLeaks
    https://www.crashdebug.fr/informatik/93-securite/15878-breaking-assange-vas-etre-arrete-dans-les-heures-ou-les-jours-qui-v

    Scène devant l’ambassade de Londres à 4h30 vendredi matin. (Ruptly/YouTube capture d’écran)

    WikiLeaks a cité une source gouvernementale équatorienne "de haut niveau" affirmant que Julian Assange pourrait être expulsé prochainement de l’ambassade de l’Equateur à Londres et que Quito a un accord avec le Royaume-Uni pour l’arrêter.

    Par Joe Lauria

    Spécial aux Nouvelles du Consortium

    WikiLeaks a averti jeudi que son fondateur "sera expulsé de l’ambassade de l’Equateur à Londres dans un délai de quelques heures à quelques jours" et que l’Equateur a un accord avec la Grande-Bretagne pour le faire arrêter.

    Le président Lénine Moreno utilisera le prétexte d’un scandale engloutissant sa présidence pour évincer Assange, a déclaré à WikiLeaks une " (...)

    #En_vedette #Sécurité #Actualités_Informatiques

  • Venezuela : l’Assemblée constituante lève l’immunité de Juan Guaido
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/03/venezuela-l-assemblee-constituante-leve-l-immunite-de-juan-guaido_5444926_32


    L’Assemblée constituante vénézuélienne s’est réunie pour voter la levée de l’immunité parlementaire de Juan Guaido, le 2 avril à Caracas.
    ARIANA CUBILLOS / AP

    Acquise à Nicolas Maduro, l’Assemblée constituante permet ainsi des poursuites pénales contre le chef de l’opposition. Juan Guaido dénonce une forme d’« inquisition ».

    L’Assemblée constituante vénézuélienne a levé mardi 2 avril l’immunité et autorisé des poursuites pénales pour usurpation de fonctions contre le chef du Parlement, Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par plus de cinquante pays. L’Assemblée constituante a voté à l’unanimité pour « autoriser la continuation des poursuites pénales engagées contre le député » d’opposition devant la Cour suprême, a annoncé le président de cette institution Diosdado Cabello.

    Tant la Cour suprême que l’Assemblée constituante sont jugées comme acquises au pouvoir du chef de l’Etat socialiste, Nicolas Maduro, par l’opposition, tous leurs membres ayant été désignés par le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez).

    • Tant la Cour suprême que l’Assemblée constituante sont jugées comme acquises au pouvoir du chef de l’Etat socialiste, Nicolas Maduro, par l’opposition, tous leurs membres ayant été désignés par le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez).

      Rappel, l’Assemblée constituante a été élue le 30 juillet 2017 ; le boycott de cette élection par l’opposition ayant effectivement eu pour conséquence une assemblée totalement monocolore.

      C’est à cette phrase que s’arrête la reprise du texte de l’AFP. La suivante, absente de la suite dans la version du Monde, explicite la raison des poursuites :

      Venezuela : l’opposant Guaido menacé de levée de son immunité | AFP.com
      https://www.afp.com/fr/infos/334/venezuela-lopposant-guaido-menace-de-levee-de-son-immunite-doc-1fa8ur4

      Il est reproché à Juan Guaido, qui est le président du Parlement vénézuélien contrôlé par l’opposition, de ne pas avoir respecté une interdiction de sortie du territoire.

      L’opposant de centre-droit de 35 ans avait bravé cette décision prise le 29 janvier par la Cour suprême en quittant clandestinement le pays pour effectuer une tournée en Colombie voisine, au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Equateur, de fin février à début mars.

  • Amérique latine, l’année de tous les dangers | ARTE

    Ce soir à 23h45 et sur le site jusqu’au 19/04/19.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078742-000-A/amerique-latine-l-annee-de-tous-les-dangers

    Pourquoi la gauche subit-elle aujourd’hui des revers retentissants en Amérique latine ? Marco Enriquez-Ominami, candidat socialiste malheureux à la présidentielle chilienne en 2017, interroge le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica et la Brésilienne Dilma Rousseff.

    Défaite cinglante au Venezuela, virage à droite en Argentine, à l’extrême droite au Brésil, manifestations d’opposition en Équateur, fin de règne à Cuba... : après une vague de succès fulgurants en Amérique latine, à l’aube du XXIe siècle, la gauche est à la peine et subit aujourd’hui des revers retentissants. Comment comprendre les difficultés qui l’accablent ? Candidat malheureux à l’élection présidentielle chilienne de 2017, Marco Enriquez-Ominami, héritier spirituel de ce courant progressiste, interroge ce bilan trouble et controversé. En allant à la rencontre de ses aînés, amis, modèles ou mentors – le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica, la Brésilienne Dilma Rousseff... –, parviendra-t-il à tirer les leçons de l’histoire ?

    Instabilité
    Au tournant du XXIe siècle, l’Amérique latine a connu un extraordinaire cycle de croissance économique et de développement social. Ce mouvement massif a radicalement changé le paysage et donné lieu à l’instauration d’une culture démocratique durable, à la mise en place d’États de droit, à une redistribution des richesses qui a fait reculer de manière impressionnante la pauvreté, à l’émergence de nouveaux leaders politiques. Mais, depuis quelques années, cette ère glorieuse a cédé la place à une période de grande instabilité. Depuis 2016, les politiques de ces dirigeants sont remises en question par les citoyens mêmes qui les avaient portés au pouvoir ; le gong marquant la fin des politiques de gauche de l’Amérique latine a sonné. La crise politique dans laquelle se sont englués plusieurs pays montre que les politiques hier opérantes ne sont plus adaptées aux défis qui s’annoncent. Comment éloigner les démons de la dictature ? Comment enrayer durablement la misère et les inégalités si profondément ancrées dans cette région ? Un tour d’horizon géopolitique qui questionne le passé pour mieux appréhender l’avenir.

  • Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/politique/juan-branco-le-radical-chic-qui-veut-la-peau-de-la-macronie_2061348.html


    Comme j’avais vu que certain⋅e⋅s ont des réserves ici sur le personnage, j’ai parcouru cette bio qui est effectivement… déroutante.

    Avant de rencontrer le phénomène Branco, on s’était penché sur ses hauts faits d’armes : il aurait été vu participant à une course de chevaux dans le désert à l’invitation du cheikh d’Abou Dhabi ; passant la main dans le dos d’un Julian Assange reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ; jouant les photographes pour un tabloïd de New Delhi ; enfilant un gilet pare-balles pour se perdre dans la brousse centrafricaine en pleine crise humanitaire. Tout ça avant l’âge de 30 ans.

  • U.N. tells UK - Allow #Assange to leave Ecuador embassy freely | Reuters
    https://uk.reuters.com/article/uk-britain-assange-un-idUKKCN1OK1U1

    Les experts de l’#ONU exhortent le #Royaume-Uni à honorer ses obligations en matière de droits et à laisser M. Julian Assange quitter librement l’ambassade d’Équateur à Londres
    https://www.legrandsoir.info/les-experts-de-l-onu-exhortent-le-royaume-uni-a-honorer-ses-obligation

    GENÈVE (21 décembre 2018) - Les experts des #droits de l’homme de l’ONU ont réitéré aujourd’hui leur demande que le Royaume-Uni respecte ses obligations internationales et permette immédiatement au fondateur de #Wikileaks, Julian Assange, de quitter l’ambassade d’#Equateur à Londres où il est depuis plus de 6 ans, craignant une arrestation par les autorités britanniques et une #extradition aux #Etats-Unis.

    « Les États qui sont fondés sur la primauté du droit et qui en font la promotion n’aiment pas être confrontés à leurs propres #violations du droit, ce qui est compréhensible. Mais lorsqu’ils admettent honnêtement ces violations, ils honorent l’esprit même de la primauté du droit, gagnent un plus grand respect à cet égard et donnent des exemples louables dans le monde entier », a déclaré le Groupe de travail sur la détention #arbitraire (GTDA) des Nations Unies.

  • Président équatorien : « les conditions sont réunies » pour qu’Assange quitte l’ambassade - Sputnik France

    https://fr.sputniknews.com/international/201812061039202814-assange-conditions-depart-ambassade-londres

    Julian Assange craint, en cas d’arrestation, d’être extradé vers les États-Unis, où il est poursuivi pour la divulgation de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

    Comme l’a annoncé début décembre The New York Times, lors de sa visite à Quito à la mi-mai 2017, Paul Manafort avait, avec le Président équatorien, posé les bases d’un accord dans le cadre duquel Washington pourrait octroyer certaines concessions financières à l’Équateur, en échange de l’extradition de #Julian_Assange aux États-Unis.

    #wikileaks

  • La détention et l’isolement du monde de Julian Assange (La Republica) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/30/la-detention-et-lisolement-du-monde-de-julian-assange-la-rep

    Ils le détruisent lentement. Ils le font par le biais d’une détention illimitée qui dure depuis huit ans et qui n’a pas de fin en vue. Julian Assange est devenu l’une des icônes les plus connues de la liberté de la presse et de la lutte contre le secret d’Etat. Récemment, sa détention à l’ambassade de l’Equateur à Londres s’est accompagnée d’isolement, de règles strictes et de diverses formes de pression qui ne semblent avoir d’autre but que de le briser. Une pression destinée à détruire sa capacité physique et mentale à résister jusqu’à ce qu’il s’effondre ou qu’il sorte de l’ambassade équatorienne, déclenchant ainsi le début de sa propre fin. Parce que s’il sort, il sera arrêté par les autorités britanniques et, à ce moment-là, les États-Unis pourraient demander son extradition afin qu’ils puissent le mettre en prison pour avoir publié des documents américains classifiés. Julian Assange est dans des conditions extrêmement précaires.

    Après huit mois de tentatives infructueuses, la Repubblica a finalement pu rendre visite au fondateur de WikiLeaks à l’ambassade d’Equateur à Londres, après que l’actuel président équatorien, Lenin Moreno, l’ait coupé de tout contact en mars dernier à l’exception de ses avocats. Pas de contact avec des amis, des stars, des journalistes, pas d’appels téléphoniques, pas d’accès Internet. En effet, un régime d’isolement très lourd pour n’importe qui, mais pour Julian Assange en particulier, étant donné qu’il est confiné dans cette minuscule ambassade depuis six ans, et considérant aussi que pour Assange l’internet n’est pas une option comme les autres : c’est son monde. 

    Dès que nous l’avons vu, nous nous sommes rendus compte qu’il avait perdu beaucoup de poids. Trop. Il est très maigre. Même son pull d’hiver ne peut pas cacher ses épaules maigres. Son joli visage, capturé par des photographes du monde entier, est très tendu. Ses longs cheveux et sa barbe le font ressembler à un ermite, mais pas à un fou : en échangeant nos salutations, il semble très lucide et rationnel.

    Ce régime d’isolement complet aurait brisé n’importe qui, mais Assange tient le coup : il passe son temps à réfléchir et à préparer sa défense contre les poursuites américaines. Mais il passe trop de temps complètement seul, à l’exception des agents de sécurité de l’ambassade. Il est complètement seul tout au long du week-end. Il est seul pendant la nuit, dans le bâtiment de l’ambassade qui a été ceint d’un échafaudage qui facilite les intrusions en pleine nuit.

    L’ambassade équatorienne est également problématique pour les journalistes : pour être autorisé à visiter Julian Assange, les autorités équatoriennes nous ont demandé de fournir : « Marque, modèle, numéro de série, numéro IMEI et numéro de téléphone (s’il y a lieu) de chacun des appareils téléphoniques, ordinateurs, caméras et autres équipements électroniques que le demandeur souhaite présenter à l’ambassade et conserver pendant son entretien ». Une telle demande expose malheureusement les journalistes à de sérieux risques de surveillance de leurs communications. Mais pour pouvoir visiter Assange, nous avons fourni ces données en espérant pouvoir garder nos téléphones. En fin de compte, peine perdue : lorsque nous sommes entrés à l’ambassade, nos téléphones ont de toute façon été saisis.

    L’atmosphère amicale que régnait lors de nos visites au cours des six dernières années a maintenant disparu. Le diplomate équatorien qui avait toujours soutenu le fondateur de WikiLeaks, Fidel Narvaez, a été destitué. Même le chat n’est plus là. Avec sa drôle de cravate rayée et ses embuscades sur les ornements de l’arbre de Noël à l’entrée de l’ambassade, le chat avait aidé à désamorcer les tensions à l’intérieur du bâtiment pendant des années. Mais Assange a préféré épargner au chat un isolement devenu insupportable et lui permettre une vie plus saine.

    La nouvelle qui a fait surface la semaine dernière, révélant l’existence d’accusations criminelles portées contre Julian Assange par les autorités américaines, accusations qui devaient rester sous scellés jusqu’à ce qu’il soit impossible pour Assange de se soustraire à son arrestation, confirme ce qu’Assange craint depuis des années. Il attend maintenant que les charges soient rendues publiques, mais en attendant, il se tait : le risque qu’il perde soudainement la protection de l’Équateur en raison d’une déclaration publique n’est pas improbable ces jours-ci.
     
    Il y a deux ans, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD) a établi que le Royaume-Uni (à l’époque, la Suède aussi) était responsable de la détention arbitraire d’Assange : il doit le libérer et l’indemniser. Londres n’a pas apprécié cette décision : ils ont essayé de faire appel, mais ont perdu l’appel et l’ont tout simplement ignoré depuis lors.

    Les médias britanniques n’ont jamais demandé aux autorités de leur pays de se conformer à la décision de l’organe de l’ONU, bien au contraire : certains s’en sont même pris à l’organe de l’ONU. Si Julian Assange se retrouve entre les mains des autorités britanniques dans les mois à venir et que les États-Unis demandent son extradition, quelle sera la position des autorités britanniques ? Jamais auparavant la vie du fondateur de WikiLeaks n’a été aussi dépendante de l’opinion publique et de l’un des rares pouvoirs dont la mission est de contrôler les pires instincts de nos gouvernements : la presse.

    Stefania MAURIZI

    Traduction « un seul grand journal qui a toujours défendu et défend encore Assange et Wikileaks, ça ne fait vraiment pas beaucoup » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.. » »https://www.repubblica.it/esteri/2018/11/26/news/the_detention_and_iso…URL de cet article 34145 
    https://www.legrandsoir.info/la-detention-et-l-isolement-du-monde-de-julian-assange-la-republica.ht

  • Libérez Assange avant qu’il ne soit trop tard (pétition)
    https://www.legrandsoir.info/liberez-assange-avant-qu-il-ne-soit-trop-tard-petition.html

    (traduction) Julian Assange est un citoyen australien qui a été détenu « arbitrairement » pendant plus de 6,5 ans et qui plus récemment a subi à ce jour plus de 231 jours de torture sous la forme d’un isolement continu. Privé de soleil, de contact avec le monde extérieur et de soins de santé adéquats. Le 5 février 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déterminé que la « détention arbitraire » de Julian Assange devait cesser et que M. Assange devait avoir droit à une indemnisation". (Source https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17012&LangID=F)

    Julian Assange n’a été inculpé d’aucun crime. Julian Assange est un journaliste qui n’a jamais publié de nouvelles incorrectes. Julian Assange est un journaliste international primé et respecté.

    Nous demandons respectueusement au Premier ministre et/ou au ministre des Affaires étrangères du gouvernement australien d’intervenir dans ce cas de détention arbitraire déclarée comme telle par l’ONU d’un citoyen australien et d’assurer la liberté de Julian Assange de sortir en toute sécurité de l’ambassade d’Équateur et de rentrer chez lui en Australie ou dans tout autre pays où Julian Assange souhaite se rendre. Nous demandons en outre respectueusement au Gouvernement australien, lorsqu’il peut exercer une influence auprès de pays amis, de veiller à ce qu’aucun ordre d’extradition ne soit appliqué à Julian Assange par un pays tiers et porter atteinte à sa liberté de circuler et son existence.

    SIGNER ICI : Free Julian Assange, before it’s too late https://www.change.org/p/free-julian-assange-before-it-s-too-late
    ou AUTRE EN FRANCAIS : N’abandonnons pas Julian Assange aux mains de ses bourreaux https://www.change.org/p/emmanuel-macron-n-abandonnons-pas-julian-assange-aux-mains-de-ses-bourreaux

    #Julian_Assange

  • La crucifixion de Julian Assange – Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse (Truth Dig) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-dev

    Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés [ie à l’extérieur de l’ambassade – NdT]. Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » [« gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif. – NdT], y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un « problème hérité » et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

    Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de « torture ».

    Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo : [L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français : https://www.legrandsoir.info/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-… – NdT]

    Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange. Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le « sentiment de confiance » qui est le « centre de gravité » de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des « acteurs étatiques ».

    Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’ » ingérence » russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, « un invité indésirable » à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

    Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis [un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin » – NdT]. Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

    WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une « liste de cibles d’une chasse à l’homme » américaine.

    Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais. Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

    Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts. Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait » l’ouverture du commerce et des frontières » et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales. Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye. Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts. Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

    « Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès« , a averti Christine Assange. « Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

    Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.« 

    Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

    Chris Hedges

    Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pourThe Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

    Traduction « il y aura des comptes à rendre » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles » »https://www.truthdig.com/articles/crucifying-julian-assange/URL de cet article 34082 
    https://www.legrandsoir.info/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-devrait-terri

  • A la recherche d’Arjen Kamphuis, le hackeur évanoui dans la nature
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/25/a-la-recherche-d-arjen-kamphuis-le-hackeur-evanoui-dans-la-nature_5374197_53

    Cet expert en informatique néerlandais de 47 ans a disparu dans de mystérieuses conditions en Norvège. Depuis, ses amis s’activent pour le retrouver.


    Le 31 août, l’organisation WikiLeaks publie, à l’attention de ses cinq millions et demi d’abonnés sur Twitter, un message inquiétant : « Associé de Julian Assange et auteur du livre La Sécurité de l’information pour les journalistes, Arjen Kamphuis a disparu, selon ses amis et collègues. Il a été vu pour la dernière fois (…) le 20 août, à Bodo, en Norvège. »

    Aussitôt, des centaines de médias de tous les pays répercutent l’information brute. La plupart ne cherchent pas à en savoir davantage sur Arjen Kamphuis, 47 ans, et le présentent, peut-être un peu vite, comme un proche collaborateur du lanceur d’alerte Julian Assange, voire comme le « cofondateur », avec ce dernier, de WikiLeaks, l’organisation responsable de la divulgation, depuis 2010, de millions de documents confidentiels dérobés à diverses administrations américaines.

    Sur le Net, la machine complotiste se déchaîne : si un proche d’Assange s’est volatilisé, il a forcément été enlevé par les services secrets des Etats-Unis. D’autres préfèrent un scénario encore plus tortueux : Arjen Kamphuis serait, en réalité, en mission pour le compte de ce même Assange, qui essaierait de quitter secrètement l’ambassade d’Equateur à Londres, où il est réfugié depuis six ans, et de se faire exfiltrer vers la Russie, via la Norvège…

    Près de deux mois se sont écoulés, et Arjen Kamphuis demeure introuvable. Mais on en sait désormais un peu plus à son sujet. Personnage hors du commun, entouré d’amis qui le sont tout autant, ce Néerlandais vivant à Amsterdam est un informaticien expert en sécurité des réseaux. Jusqu’au 20 août, il travaillait et voyageait beaucoup, menant de front deux occupations très prenantes : il était à la fois responsable d’une start-up de big data baptisée « PGK » (Pretty Good Knowledge), et militant de l’Internet libre, engagé dans le combat contre la surveillance de masse exercée par les Etats et les géants du Net.

    Du fétichisme à la politique

    Passionné par la vie des médias, il a orienté son militantisme vers les journalistes, et s’est donné pour mission de les convaincre de mieux se protéger contre la surveillance – étatique ou privée – en sécurisant leurs ordinateurs et leurs téléphones et en chiffrant leurs connexions et leurs dossiers.

    Arjen Kamphuis participe ainsi à des sessions de formation à « l’infosec » (la sécurité de l’information) pour les journalistes, notamment dans des pays où la liberté de la presse est malmenée. Sur son compte Twitter, il avait publié, le 1er mai, une photo de lui en train de taper sur un ordinateur en tenue de reporter de guerre, avec casque, gilet pare-balles et lunettes noires. A ses pieds, une valise frappée de deux inscriptions : « Appareil surveillé par la NSA [Agence nationale de la sécurité américaine] » et « Je suis avec WikiLeaks ».

    Il ne précise pas où il est, mais a rédigé ce commentaire : « Quand les bits rencontrent les balles : sécurité de l’information pour les journalistes opérant dans des environnements à haut risque. Les fuites de données peuvent avoir des conséquences pour les gens travaillant en zone de guerre. Très fier d’aider des gens, parmi les plus courageux, à être un peu plus en sécurité. »

    Avant WikiLeaks, sa disparition a été annoncée sur Twitter, le 31 août, par l’une de ses proches, Linde van de Leest, 32 ans, qui se fait appeler Ancilla (« servante », en latin) : « Mon meilleur ami a disparu à Bodo, Norvège. Ses amis, ses collègues et sa famille sont très, très inquiets. S’il vous plaît, partagez. » Aussitôt, son appel est largement repris sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’Ancilla est une célébrité : pendant dix ans, elle fut modèle photo pour divers magazines, dont Playboy et des titres confidentiels de la scène fétichiste.

    En 2012, elle opère une reconversion radicale en devenant militante de la protection de la vie privée sur Internet et chroniqueuse dans plusieurs journaux. Dans le même temps, elle s’impose à la direction du petit Parti pirate des Pays-Bas, engagé dans la lutte pour la liberté du Net et la protection de la vie privée des utilisateurs. Aux législatives de 2017, elle est tête de liste de cette formation, mais obtient à peine 0,34 % des voix. Elle s’éloigne alors de la politique pour devenir cadre commerciale chez StartPage, un moteur de recherche alternatif.

    WikiLeaks entretient le flou

    Interrogée par Le Monde, Ancilla se présente comme une intime d’Arjen Kamphuis – « Nous partons souvent en vacances ensemble, et je suis la seule à posséder un double de ses clés » –, mais elle tient à minimiser les liens de celui-ci avec WikiLeaks : « Ils ont été exagérés par les médias. Comme beaucoup de gens du mouvement des logiciels libres et des hackeurs, Arjen a rencontré Assange avant qu’il devienne célèbre. Par la suite, il l’a invité à des événements aux Pays-Bas, il est allé lui rendre visite à Londres, à l’ambassade d’Equateur, et a rendu des services ponctuels à WikiLeaks pour la sécurité de ses journalistes, mais rien de plus. » Elle affirme que d’autres amis communs ont tous fait le même constat.

    « Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application Signal »
    Jos Weijers, responsable du club de hackeurs Hack42

    En revanche, WikiLeaks entretient le doute sur la nature de son « association » avec Arjen Kamphuis. Le Britannique Joseph Farrell, qui fut longtemps l’un des principaux collaborateurs de Julian Assange et demeure proche de lui, explique en souriant : « Nous ne livrons pas d’informations sur nos membres et associés, mais quelqu’un peut très bien travailler pour WikiLeaks sans que son entourage soit au courant. Cela a été mon cas pendant longtemps. »

    Pour Ancilla, cette disparition est un mystère absolu, dont la chronologie, mille fois reprise, ne cesse d’intriguer. En juillet, quand il annonce qu’il va partir en vacances seul au Spitzberg, l’île de l’extrême nord de la Norvège, ses proches ne s’étonnent pas, car Arjen Kamphuis est un passionné de nature et de randonnée. Avant son départ, il achète, sans prévenir personne, un kayak pliable (2 000 euros), qu’il emporte avec lui en Norvège, alors qu’il n’a jamais pratiqué ce sport. D’après Ancilla, il semblait heureux : « Il avait des tas de projets pour la rentrée, professionnels et privés. Comme je suis mère célibataire, il voulait m’aider à m’occuper de mon bébé de 9 mois – dont le deuxième prénom est Arjen. »

    Club de hackeurs

    Le 7 août, elle lui envoie un texte sur Signal, une messagerie chiffrée très utilisée par les geeks, pour lui souhaiter de bonnes vacances. Il la remercie en trois mots. Puis, plus de nouvelles : « Le 9, je lui envoie un nouveau message, mais il est refusé. Une alerte s’est affichée : “Ce numéro n’est pas enregistré.” Comme si Signal avait été désinstallé de son téléphone. »

    Les jours suivants, elle réessaie cinq fois, sans succès. Le 16, elle est contactée par un autre ami, Jos Weijers. Lui aussi a constaté qu’Arjen Kamphuis n’apparaît plus sur Signal : « C’était incompréhensible, témoigne-t-il. Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application. » Ce jour-là, la jeune femme répond à Jos par une blague : « Il a peut-être été mangé par un ours polaire ? RIP. »

    Jos Weijers, un quadragénaire grand et costaud demeurant à Arnhem, dans l’est des Pays-Bas, est lui aussi un personnage original. Le jour, il travaille comme informaticien pour une compagnie d’électricité, chargé de la sécurité des serveurs. Le soir et le week-end, il est responsable de Hack42, un hackerspace (club de hackeurs) installé en plein bois, dans un ancien couvent d’abord reconverti en bureau administratif de l’armée et aujourd’hui désaffecté : « Il appartient toujours à l’armée, explique-t-il, nous louons juste deux étages. »

    Hack42, qui compte une cinquantaine de membres et reçoit de nombreux visiteurs, propose divers équipements : des salles informatiques, des ateliers d’électronique, de ferronnerie, de serrurerie et de menuiserie, un studio photo, des imprimantes 3D, des découpeuses lasers… « Arjen aimait cet endroit, affirme Jos, il venait huit ou dix fois par an, alors que c’est à 100 kilomètres de chez lui. Parfois, il restait plusieurs jours. » Récemment, ils avaient travaillé ensemble sur un projet ambitieux : « Nous voulions racheter l’ancienne prison d’Arnhem pour la transformer en hackerspace et en résidence pour des projets alternatifs et artistiques. Ça n’a pas marché, c’est dommage, le symbole aurait été fort. »

    Personnages hors normes

    L’absence d’Arjen Kamphuis est aussi remarquée chez PGK, la start-up dont il est le cofondateur, installée dans un immeuble moderne et confortable de la banlieue d’Amsterdam. Alors qu’il devait rentrer de vacances le 23 août, il ne reparaît pas, manquant plusieurs rendez-vous au cours de la semaine, ce qui surprend ses collègues, car il a la réputation d’être fiable.

    Parmi ses partenaires au sein de PGK, on trouve deux autres personnages hors normes, des Américains : Bill Binney, mathématicien, et Kirk Wiebe, linguiste, tous deux anciens employés de la NSA. Ayant découvert que celle-ci mettait en place des systèmes de surveillance de masse très intrusifs visant le monde entier, ils décidèrent, dès 2001, de démissionner en signe de protestation, puis d’alerter les médias et l’opinion. Cette initiative leur valut des années de harcèlement judiciaire et policier, mais, à présent, ces soucis semblent lointains.

    Arjen Kamphuis a rencontré Bill Binney à l’université d’Oxford, en 2014, lors d’une conférence organisée par des associations de lanceurs d’alerte issus des agences de renseignement de divers pays. A l’époque, Kamphuis vivait en Allemagne avec une Anglaise, Annie Machon, ancienne employée du service de renseignement britannique MI5. En 1997, elle démissionna et entreprit de dénoncer publiquement plusieurs opérations clandestines du MI5, dont l’une visait, selon elle, à faire assassiner le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

    Après avoir sympathisé lors de conférences, Arjen, Bill le mathématicien et Kirk le linguiste créent ensemble PGK, start-up de « data mining éthique », avec l’aide d’un homme d’affaires néerlandais et d’un informaticien ami de longue date, Maurice Verheesen. Grâce à un système mis au point par les deux Américains, dans le prolongement de leurs travaux à la NSA, PGK propose aux entreprises et aux administrations d’exploiter les données personnelles de leurs clients, tout en respectant la vie privée et l’anonymat de ces derniers. Les affaires marchent et, désormais, Bill et Kirk passent un mois sur deux aux Pays-Bas.

    Destination secrète

    Le 30 août, la disparition d’Arjen Kamphuis devient franchement inquiétante. Alors qu’il est attendu le lendemain en Angleterre pour un rassemblement de hackeurs, il ne donne toujours pas signe de vie. Ses amis préviennent alors la police néerlandaise, qui contacte son homologue norvégienne.

    De son côté, Ancilla mène sa propre enquête : « J’ai appelé les hôtels de Spitzberg, raconte la jeune femme. Certains ne voulaient pas me renseigner, pour protéger la vie privée de leurs clients, je ne peux pas leur en vouloir. Finalement, l’un d’entre eux m’a dit qu’Arjen avait fait une réservation en juillet, mais qu’il l’avait annulée. »

    En consultant son compte sur le site de réservation Booking.com, la police et ses amis découvrent qu’il ne s’est jamais rendu au Spitzberg, mais qu’entre le 10 et le 20 août il a séjourné dans deux hôtels de la ville norvégienne de Bodo, une destination dont il n’avait parlé à personne. Bodo, 50 000 habitants, est un port industriel moderne du Nord, où les touristes passent rarement plus d’un jour ou deux. Arjen Kamphuis avait aussi acheté un billet d’avion pour rentrer à Amsterdam le 22 août, au départ de Trondheim, à 700 kilomètres au sud de Bodo. Il n’a pas pris cet avion, et rien n’indique qu’il ait mis les pieds à Trondheim.

    Début septembre, un autre de ses amis, souhaitant rester anonyme, se rend à Bodo pour enquêter et distribuer des affiches, afin d’alerter les habitants. On lui confirme que le Néerlandais a quitté son hôtel le 20 août, avec ses bagages et son kayak, pesant près de 15 kilos, rangé dans un sac. En revanche, nul ne se souvient de l’avoir vu ailleurs en ville.

    Dans un premier temps, la police norvégienne privilégie la piste de l’accident de randonnée. Le 11 septembre, un pêcheur naviguant dans le fjord de Skjerstad, un bras de mer étroit et profond s’étendant sur 80 kilomètres, à l’est de Bodo, trouve un sac contenant le passeport du disparu, sa carte bancaire et de l’argent. Le même jour, on découvre le fameux kayak, posé à terre, sur une rive du fjord, puis sa pagaie. En revanche, ses bagages sont introuvables, et aucune réservation à son nom n’a été prise dans un hôtel ou un camping des alentours.

    « Pas d’explication satisfaisante »

    Les médias locaux sont surpris, car les eaux du fjord sont agitées et dangereuses : personne ici ne se risquerait à les affronter à bord d’une embarcation aussi frêle. En outre, à cette période, le temps était déjà très mauvais. La police et les gardes-côtes quadrillent le fjord et les montagnes avoisinantes, sans résultat. Deux policiers néerlandais arrivent en renfort.

    Parallèlement, les investigations révèlent que le 20 août, jour de sa disparition, Arjen Kamphuis a pris le train pour la ville de Rognan, située au fond du fjord de Skjerstad, à environ 85 kilomètres de Bodo. Le contrôleur se souvient de ce passager néerlandais dont les bagages volumineux encombraient le couloir. En outre, son téléphone a borné dans la région le même jour.

    « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante »,
    Ancilla, tête de liste du Parti pirate néerlandais

    Ses amis, qui ont du mal à croire à la thèse de l’accident, ouvrent une autre piste, plus mystérieuse. Ils notent que le kayak a été retrouvé près de la ville de Fauske, face à une presqu’île montagneuse pour le moins particulière, puisqu’elle abrite une station norvégienne d’interception de signaux satellites et de détection des signatures électroniques émises par les avions et les navires. Cette station, qui appartient aux services de renseignement norvégiens et travaille peut-être pour l’OTAN, n’est pas clandestine – les trois dômes blancs contenant les appareils d’interception sont visibles de loin –, mais la discrétion y est de mise sur la nature exacte de ses activités.

    Sur la même rive du fjord, à Reitan, entre Bodo et Fauske, se trouve une autre installation stratégique, cachée dans une galerie souterraine : le QG interarmes des forces armées norvégiennes, doté notamment d’un centre de cyberdéfense.

    Pour Jos Weijers, le passage d’Arjen Kamphuis dans ce secteur ne doit rien au hasard : « Ces sites représentent tout ce qui le passionne. Au minimum, il a dû s’arrêter et prendre une photo des dômes, pour illustrer ses conférences sur la surveillance électronique. » Ancilla est tout aussi catégorique : « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante. »

    Téléphone à grande vitesse

    Autre indice troublant déniché par les proches du disparu : ils se sont procuré des photos du kayak, prises par la police, et les ont montrées au vendeur, à Amsterdam. Or, celui-ci est formel : l’embarcation a été mal assemblée, des pièces importantes sont manquantes, elle ne pourrait pas naviguer correctement en l’état. Jos Weijers est persuadé qu’il n’a pas été monté par Arjen Kamphuis : « Il est habile de ses mains et méticuleux, jamais il n’aurait fait un travail aussi bâclé. »

    Le 20 septembre, les recherches de terrain sont abandonnées mais, entre-temps, une nouvelle piste est apparue. On découvre avec retard que, le 30 août, soit dix jours après la disparition du quadragénaire, son téléphone s’est connecté à trois relais, entre les villes de Vikesa et Ualand, dans le sud de la Norvège, c’est-à-dire à 1 600 kilomètres de Bodo.

    Le téléphone « circulait » à grande vitesse – il se trouvait peut-être dans un train. Une fois allumé, l’appareil a chargé les SMS et messages en attente. Puis, au bout de 20 minutes, on y a inséré une carte SIM allemande – ce modèle peut contenir deux cartes. Ensuite, il a de nouveau disparu.

    Pour l’entourage d’Arjen Kamphuis, cette piste du téléphone est la plus prometteuse, car ce sont tous des geeks, plus à l’aise sur les réseaux informatiques que dans les fjords sauvages.

    Ancilla fait remarquer que, pour recevoir les SMS, un téléphone doit être débloqué avec le code PIN – une raison d’espérer que, le 30 août, son ami était dans le sud de la Norvège, et non pas au fond du fjord où le kayak a été retrouvé.

    Plus prudent, Jos Weijers regrette simplement que la police refuse de communiquer les données techniques du téléphone, alors qu’elles pourraient être très utiles à des hackeurs aguerris : « Hack42 est connu dans le milieu, assure-t-il, nous avons de bons contacts à travers l’Europe. Si nous avions le numéro de la carte SIM allemande, ou le code d’identification de l’appareil, nous pourrions peut-être le localiser. Mais on ne nous dit rien, nous ne savons même pas s’il avait un ou plusieurs téléphones. »

    Lui aussi est troublé par le déblocage de la carte SIM : « Si le possesseur était un simple voleur, comment aurait-il pu l’activer sans les codes secrets ? Les appareils d’Arjen sont très bien protégés, c’est son métier. Et si le téléphone était entre les mains d’un expert capable de le forcer, pourquoi se serait-il laissé repérer comme un débutant ? »

    « Théorie farfelue »

    L’enquête s’est même étendue au Danemark, proche de la région de Norvège où le téléphone a été repéré. A la suite des appels à témoin diffusés sur des chaînes de télévision, deux personnes se sont manifestées, affirmant qu’elles avaient aperçu Arjen Kamphuis au Danemark. La première est une touriste hollandaise de passage à Ribe, une petite ville de la côte ouest de la péninsule danoise. Ancilla a étudié son témoignage : « Elle dit l’avoir vu deux fois en deux jours. Selon elle, Il était installé dehors, sous un auvent de toile, avec un iPhone 6 et un chargeur solaire qu’elle a décrit précisément – nous avons retrouvé le modèle. »

    Aussitôt, Ancilla fait passer un avis de recherche sur Facebook, sous forme de publicité payante ciblée sur la région de Ribe : « Le lendemain, j’ai été contactée par un homme habitant à Esbjerg, à 30 kilomètres de Ribe. Je l’ai appelé, il est certain d’avoir croisé Arjen en compagnie de deux hommes. Ils discutaient en allemand et en néerlandais. » Cela dit, il est impossible d’évaluer la fiabilité de ces témoignages : Arjen Kamphuis est blond, de type nordique et de taille moyenne, un signalement banal dans cette partie du monde.

    A ce stade, personne n’arrive à imaginer pourquoi il aurait organisé un voyage clandestin, de son propre chef ou pour fuir un danger. Ses collègues Kirk Wiebe, l’ancien de la NSA et Maurice Verheesen, l’ami informaticien, refusent d’admettre que sa disparition soit liée aux activités de PGK : « Cela n’aurait aucun sens, notre société travaille au grand jour, avec des clients commerciaux très classiques. »

    En revanche, ses proches parlent moins volontiers de l’autre activité d’Arjen Kamphuis : les stages de formation à la sécurité informatique pour journalistes et militants d’ONG. Se référant à la photo publiée par Kamphuis lui-même sur Twitter, Maurice Verheesen explique que ce dernier effectuait parfois des « missions secrètes dans des pays dangereux », puis ajoute qu’il ne peut pas en parler, de peur de mettre des gens en danger. A la réflexion, il imagine un seul scénario : « S’il a été enlevé, ce ne peut être que par des gens qui voudraient en savoir plus sur la communauté internationale des hackeurs et des experts indépendants en sécurité informatique. Mais cette théorie est farfelue. »

    « Cryptoparty »

    De son côté, Jos Weijers croit savoir qu’Arjen Kamphuis avait séjourné à plusieurs reprises en Indonésie : « La dernière fois, c’était en avril, j’ai oublié dans quelle île. Il avait été envoyé là-bas par l’agence de presse Reuters, qui voulait former ses correspondants locaux, leur apprendre à échapper à la surveillance électronique des autorités. Je n’en sais pas plus, pour des raisons évidentes. Ces sessions sont secrètes, on ne va pas les annoncer dans les médias ni les raconter sur Twitter. »

    M. Weijers s’est rendu avec Arjen Kamphuis à Tirana, en Albanie, en mai. Tous deux étaient invités à une conférence sur le logiciel libre et la liberté d’expression sur le Net, organisée par une association locale baptisée « Oscal » . Sur le site de cette dernière, il est précisé que Kamphuis aurait dû revenir à Tirana, le 20 octobre, pour participer à une « cryptoparty » – un événement festif pendant lequel des hackeurs expliquent au grand public comment sécuriser un PC et un téléphone, chiffrer un message, anonymiser les navigations sur le Net…

    Début octobre, la police néerlandaise a accepté de rencontrer Ancilla pour faire un bilan complet de l’enquête : « Malheureusement, toutes leurs pistes sont des culs-de-sac, estime la jeune femme. Nous devons sérieusement envisager qu’Arjen ne soit jamais retrouvé. »

    Malgré tout, elle refuse de désespérer : « Tous les scénarios sont encore possibles, car les faits connus sont contradictoires (…), beaucoup de questions nous intriguent toujours. » Abattus et impuissants, les amis et collègues d’Arjen Kamphuis ont repris le cours de leur vie, en espérant un miracle.

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