country:argentine

  • Un an après sa disparition, le sous-marin argentin « San-Juan » localisé dans l’Atlantique
    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/11/17/un-an-apres-sa-disparition-le-sous-marin-argentin-san-juan-localise-dans-l-a

    Les espoirs avaient sombré. Mais l’épave du sous-marin argentin San-Juan, disparu le 15 novembre 2017 avec ses quarante-quatre membres d’équipage, a été découverte vendredi 16 novembre dans l’Atlantique, a annoncé la marine argentine dans un communiqué. L’épave a été localisée par la société privée américaine Ocean Infinity, à environ 400 km des côtes de la Patagonie.

    « Il est entier, mais il a implosé. Il se trouve à 870 mètres de fond », a fait savoir Gabriel Attiz, le commandant de la base navale de Mar del Plata, après avoir rencontré les familles des victimes. La détection d’une explosion sous-marine dans la zone d’opération du submersible accréditait déjà la thèse d’une explosion à bord, probablement des batteries qui propulsaient le sous-marin.
    Lire aussi Le sous-marin argentin « San Juan » a implosé en « quarante millisecondes »
    A l’hôtel Tierra del Fuego de Mar del Plata, non loin de la base navale, le commandant a montré aux familles des victimes des photos du submersible prises par des modules sous-marins. « Nous sommes émus par cette nouvelle », a déclaré Jorge Villareal, le père d’un des 44 membres d’équipage.

    Depuis septembre, les recherches étaient menées par Ocean Infinity qui devait les interrompre jusqu’au mois de février. Elle avait dépêché dans l’Atlantique sud le navire Seabed-Constructor, équipé de la technologie la plus sophistiquée.
    « Le bateau d’Ocean Infinity a décidé de faire une nouvelle recherche et, grâce à Dieu, il a réussi à trouver la zone » où le submersible a sombré, a déclaré à la chaîne de télévision argentine Todo Noticias le porte-parole de la marine, Rodolfo Ramallo. C’est un robot sous-marin équipé d’une caméra qui a capté des images du sous-marin.
    La société états-unienne avait conclu un accord avec l’Etat argentin prévoyant qu’elle toucherait 7,5 millions de dollars si elle localisait le San-Juan, dont la disparition a profondément ému l’Argentine.

    Ocean Infinity avait participé sans succès à la recherche du MH370, mais, ici, on disposait d’une bonne idée de la zone où le sous-marin avait disparu.

    (note : je pensais avoir suivi ici la disparition du sous-marin, mais non. Bizarre !)


  • Des singes en hiver, partie 2
    http://www.radiopanik.org/emissions/emissions-speciales/des-singes-en-hiver

    Vers le XIXème siècle le colonialisme s’approprie massivement les terres du monde entier. Une étrange image accompagne cette démarche : l’idée que ces terres sont un #désert, et que seules les techniques et l’économie occidentale peuvent faire fleurir le désert. En Argentine le massacre des indiens et le vol de leur terres s’appelle officiellement la conquête du désert. Mais on retrouve cette image aux Etats-Unis, en Algérie, en Palestine…

    Ce n’est pas un manque d’information, les colons savent très bien qu’il y a des gens, des animaux, des plantes, des minéraux précieux, de l’eau… dans ces déserts. Mais « désert » est une manière d’envisager le rapport à la terre.

    Parallèlement, lors de ces conquêtes, et c’est aussi une nouveauté de l’humanisme du XIXème siècle (les Espagnols ou les Portugais ne s’étaient pas (...)

    #racisme #décolonisation #racisme,décolonisation,désert
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/emissions-speciales/des-singes-en-hiver_05714__1.mp3


  • « Des Singes en Hiver »
    http://www.radiopanik.org/emissions/emissions-speciales/-des-singes-en-hiver-

    L’émission radio « Des Singes en Hiver » s’invite au Steki et en direct sur les ondes de Radio Panik. Discussion avec Véronique Clette Gakuba, Guillermo Kozlowski, et vous, si vous passez au Steki entre 18h et 19h.

    Conquête du désert et pillage colonial : les héritages de la colonisation

    Vers le XIXème siècle le colonialisme s’approprie massivement les terres du monde entier. Une étrange image accompagne cette démarche : l’idée que ces terres sont un désert, et que seules les techniques et l’économie occidentale peuvent faire fleurir le désert. En Argentine le massacre des indiens et le vol de leur terres s’appelle officiellement la conquête du désert. Mais on retrouve cette image aux Etats-Unis, en Algérie, en Palestine…

    Ce n’est pas un manque d’information, les colons savent très bien qu’il y a des gens, (...)

    #musée #décolonisation #colonie #musée,décolonisation,colonie
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/emissions-speciales/-des-singes-en-hiver-_05712__1.mp3


  • Pour une journée de résistance simultanée, sans frontières, le 10 décembre 2018
    https://nantes.indymedia.org/articles/43493

    POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018 contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire par des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, Mexique, Espagne, France, Argentine, Algérie, Italie, Belgique, Canada, Allemagne…)

    #Resistances #luttes #salariales #/ #-ismes #en #tout #genres #_anarch-fémin #actions #directes #antifascisme #lutte #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #immigration #sans-papieres #frontieres #partout #Resistances,luttes,salariales,/,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,actions,directes,antifascisme,lutte,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement,immigration,sans-papieres,frontieres


  • POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018, CONTRE LE DURCISSEMENT DU CAPITALISME ET DE LA SOCIÉTÉ AUTORITAIRE

    Partout dans le monde, au prétexte de la dette des États, le pouvoir ne cesse d’accroitre les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres et de détruire la planète.
    Partout dans le monde, ce recul de nos droits et ce saccage de la vie s’accompagnent d’une amplification de la surveillance et de la répression contre tous ceux qui s’y opposent.

    Partout dans le monde, le pouvoir tente de diviser pour mieux régner en détournant la colère sur le dos des migrants qu’il fait passer pour les principaux responsables du malheur des opprimés.
    Partout dans le monde, le fascisme ne cesse de monter, stade ultime du capitalisme, paroxysme de la société autoritaire, prêt à éliminer ses opposants et tous ceux qui lui déplaisent.

    Partout dans le monde, le pouvoir se prétend légitime au prétexte, d’une part, de lois qu’il écrit lui-même pour conserver et renforcer sa position, et, d’autre part, d’élections périodiques qui n’ont rien de démocratiques puisqu’elles sont le produit de la fabrique de l’opinion par les médias de masse qui appartiennent à la classe dominante.

    Partout dans le monde, le pouvoir usurpe sa position et nous vole nos vies.
    À la différence des classes opprimées du 19ème siècle, au temps où elles commencèrent à s’organiser au niveau international et à se révolter, nous sommes aujourd’hui face à deux problèmes nouveaux qui s’ajoutent aux précédents : la course contre la montre technologique face à un pouvoir qui ne cesser de se renforcer grâce à de nouveaux moyens de surveillance et de répression, ce qui rappelle les œuvres prophétiques de Orwell et de Huxley, et la course contre la montre écologique face à un capitalisme qui, en plus de nous exploiter, arrive maintenant à un stade où la destruction de la Terre sera bientôt irréversible.

    Nous ne pouvons donc plus attendre. Nous ne pouvons plus nous contenter de lutter chacun de notre côté, chacun à l’intérieur de nos frontières, chacun dans le cadre de nos luttes spécifiques sur toutes sortes de sujets, chacun avec nos différentes façons de penser et d’agir.

    Il devient urgent de faire converger nos résistances, un jour par mois, à compter du 10 décembre 2018 et, par la suite, tous les 10 de chaque mois, en même temps, partout dans le monde, parallèlement à nos luttes locales quotidiennes.

    Nous proposons un jour par mois d’actions simultanées contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire. Un jour par mois pour rappeler partout que cette lutte est globale. Un jour par mois pour évoquer l’urgence de nous mobiliser partout et d’en finir avec le pouvoir et l’exploitation. Un jour par mois pour entrer dans un compte à rebours, reprendre confiance en nous, devenir plus nombreux, et préparer ensemble la fin de la société autoritaire et du capitalisme.

    Le 10 de chaque mois est le premier jour à deux chiffres, comme un changement d’ère, d’époque, de maturité. Car nous devons sortir de la préhistoire politique et économique de l’humanité avant qu’il ne soit trop tard.
    Parmi nous, pas de chef, pas de responsable, pas de direction syndicale, pas de bureau d’un parti, pas d’homme providentiel, pas de d’avant-garde éclairée : nous proposons uniquement et simplement un jour de convergence globale par mois, mais nous ne voulons en rien diriger ni coordonner quoi que ce soit. Juste donner une impulsion de départ, avec ce texte et les actes qui vont s’ensuivre.

    Nous ne proposons pas non plus une marche à suivre, une façon de faire, un cadre précis à nos actes ce jour-là : à chacun de lutter comme il l’entend là où il se trouve et de cibler ce qui lui semble important. Descendre dans la rue un même jour, partout dans le monde, est déjà quelque chose d’important, ne serait-ce que pour parler et préparer la suite en occupant des places, des terres, des usines, et plus, beaucoup plus, si certains le souhaitent.

    À chacun d’imaginer sa façon de résister ce jour-là et de la faire savoir, éventuellement avec des photos ou des vidéos, à travers nos médias libres et autogérés partout dans le monde, comme les indymedia, par exemple.
    À chacun de traduire dans d’autres langues ce message et de le propager, sur Internet et jusque sur les murs des villes, pour que chaque 10 du mois, nous soyons toujours plus nombreux et plus déterminés.

    Personne ne nous libérera que nous-mêmes : c’est à nous de prendre au plus tôt nos vies en mains.
    Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.

    Des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, France, Argentine, Espagne, Algérie, Italie, Mexique, Belgique, Canada, Allemagne…)


  • #Rosario (Argentine) : #émeutes du logement dans le quartier de la Sexta
    https://fr.squat.net/2018/11/05/rosario-argentine-emeutes-du-logement-dans-le-quartier-de-la-sexta

    Dans la matinée du jeudi 1er novembre 2018, dans le quartier de La Sexta, au sud-est de Rosario, les flics sont intervenus en nombre pour expulser plusieurs familles vivant en squats ainsi qu’un centre social bien connu par les habitant-e-s. La résistance a été immédiate, des affrontements ont opposé de nombreux habitant-e-s aux forces de […]

    #Amériques #Argentine #expulsion


  • 56,800 migrant dead and missing : ’They are human beings’

    One by one, five to a grave, the coffins are buried in the red earth of this ill-kept corner of a South African cemetery. The scrawl on the cheap wood attests to their anonymity: “Unknown B/Male.”

    These men were migrants from elsewhere in Africa with next to nothing who sought a living in the thriving underground economy of Gauteng province, a name that roughly translates to “land of gold.” Instead of fortune, many found death, their bodies unnamed and unclaimed — more than 4,300 in Gauteng between 2014 and 2017 alone.

    Some of those lives ended here at the Olifantsvlei cemetery, in silence, among tufts of grass growing over tiny placards that read: Pauper Block. There are coffins so tiny that they could belong only to children.

    As migration worldwide soars to record highs, far less visible has been its toll: The tens of thousands of people who die or simply disappear during their journeys, never to be seen again. In most cases, nobody is keeping track: Barely counted in life, these people don’t register in death , as if they never lived at all.

    An Associated Press tally has documented at least 56,800 migrants dead or missing worldwide since 2014 — almost double the number found in the world’s only official attempt to try to count them, by the U.N.’s International Organization for Migration. The IOM toll as of Oct. 1 was more than 28,500. The AP came up with almost 28,300 additional dead or missing migrants by compiling information from other international groups, requesting forensic records, missing persons reports and death records, and sifting through data from thousands of interviews with migrants.

    The toll is the result of migration that is up 49 percent since the turn of the century, with more than 258 million international migrants in 2017, according to the United Nations. A growing number have drowned, died in deserts or fallen prey to traffickers, leaving their families to wonder what on earth happened to them. At the same time, anonymous bodies are filling cemeteries around the world, like the one in Gauteng.

    The AP’s tally is still low. More bodies of migrants lie undiscovered in desert sands or at the bottom of the sea. And families don’t always report loved ones as missing because they migrated illegally, or because they left home without saying exactly where they were headed.

    The official U.N. toll focuses mostly on Europe, but even there cases fall through the cracks. The political tide is turning against migrants in Europe just as in the United States, where the government is cracking down heavily on caravans of Central Americans trying to get in . One result is that money is drying up for projects to track migration and its costs.

    For example, when more than 800 people died in an April 2015 shipwreck off the coast of Italy, Europe’s deadliest migrant sea disaster, Italian investigators pledged to identify them and find their families. More than three years later, under a new populist government, funding for this work is being cut off.

    Beyond Europe, information is even more scarce. Little is known about the toll in South America, where the Venezuelan migration is among the world’s biggest today, and in Asia, the top region for numbers of migrants.

    The result is that governments vastly underestimate the toll of migration, a major political and social issue in most of the world today.

    “No matter where you stand on the whole migration management debate....these are still human beings on the move,” said Bram Frouws, the head of the Mixed Migration Centre , based in Geneva, which has done surveys of more than 20,000 migrants in its 4Mi project since 2014. “Whether it’s refugees or people moving for jobs, they are human beings.”

    They leave behind families caught between hope and mourning, like that of Safi al-Bahri. Her son, Majdi Barhoumi, left their hometown of Ras Jebel, Tunisia, on May 7, 2011, headed for Europe in a small boat with a dozen other migrants. The boat sank and Barhoumi hasn’t been heard from since. In a sign of faith that he is still alive, his parents built an animal pen with a brood of hens, a few cows and a dog to stand watch until he returns.

    “I just wait for him. I always imagine him behind me, at home, in the market, everywhere,” said al-Bahari. “When I hear a voice at night, I think he’s come back. When I hear the sound of a motorcycle, I think my son is back.”

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    EUROPE: BOATS THAT NEVER ARRIVE

    Of the world’s migration crises, Europe’s has been the most cruelly visible. Images of the lifeless body of a Kurdish toddler on a beach, frozen tent camps in Eastern Europe, and a nearly numbing succession of deadly shipwrecks have been transmitted around the world, adding to the furor over migration.

    In the Mediterranean, scores of tankers, cargo boats, cruise ships and military vessels tower over tiny, crowded rafts powered by an outboard motor for a one-way trip. Even larger boats carrying hundreds of migrants may go down when soft breezes turn into battering winds and thrashing waves further from shore.

    Two shipwrecks and the deaths of at least 368 people off the coast of Italy in October 2013 prompted the IOM’s research into migrant deaths. The organization has focused on deaths in the Mediterranean, although its researchers plead for more data from elsewhere in the world. This year alone, the IOM has found more than 1,700 deaths in the waters that divide Africa and Europe.

    Like the lost Tunisians of Ras Jebel, most of them set off to look for work. Barhoumi, his friends, cousins and other would-be migrants camped in the seaside brush the night before their departure, listening to the crash of the waves that ultimately would sink their raft.

    Khalid Arfaoui had planned to be among them. When the group knocked at his door, it wasn’t fear that held him back, but a lack of cash. Everyone needed to chip in to pay for the boat, gas and supplies, and he was short about $100. So he sat inside and watched as they left for the beachside campsite where even today locals spend the night before embarking to Europe.

    Propelled by a feeble outboard motor and overburdened with its passengers, the rubber raft flipped, possibly after grazing rocks below the surface on an uninhabited island just offshore. Two bodies were retrieved. The lone survivor was found clinging to debris eight hours later.

    The Tunisian government has never tallied its missing, and the group never made it close enough to Europe to catch the attention of authorities there. So these migrants never have been counted among the dead and missing.

    “If I had gone with them, I’d be lost like the others,” Arfaoui said recently, standing on the rocky shoreline with a group of friends, all of whom vaguely planned to leave for Europe. “If I get the chance, I’ll do it. Even if I fear the sea and I know I might die, I’ll do it.”

    With him that day was 30-year-old Mounir Aguida, who had already made the trip once, drifting for 19 hours after the boat engine cut out. In late August this year, he crammed into another raft with seven friends, feeling the waves slam the flimsy bow. At the last minute he and another young man jumped out.

    “It didn’t feel right,” Aguida said.

    There has been no word from the other six — yet another group of Ras Jebel’s youth lost to the sea. With no shipwreck reported, no survivors to rescue and no bodies to identify, the six young men are not counted in any toll.

    In addition to watching its own youth flee, Tunisia and to a lesser degree neighboring Algeria are transit points for other Africans north bound for Europe. Tunisia has its own cemetery for unidentified migrants, as do Greece, Italy and Turkey. The one at Tunisia’s southern coast is tended by an unemployed sailor named Chamseddin Marzouk.

    Of around 400 bodies interred in the coastal graveyard since it opened in 2005, only one has ever been identified. As for the others who lie beneath piles of dirt, Marzouk couldn’t imagine how their families would ever learn their fate.

    “Their families may think that the person is still alive, or that he’ll return one day to visit,” Marzouk said. “They don’t know that those they await are buried here, in Zarzis, Tunisia.”

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    AFRICA: VANISHING WITHOUT A TRACE

    Despite talk of the ’waves’ of African migrants trying to cross the Mediterranean, as many migrate within Africa — 16 million — as leave for Europe. In all, since 2014, at least 18,400 African migrants have died traveling within Africa, according to the figures compiled from AP and IOM records. That includes more than 4,300 unidentified bodies in a single South African province, and 8,700 whose traveling companions reported their disappearance en route out of the Horn of Africa in interviews with 4Mi.

    When people vanish while migrating in Africa, it is often without a trace. The IOM says the Sahara Desert may well have killed more migrants than the Mediterranean. But no one will ever know for sure in a region where borders are little more than lines drawn on maps and no government is searching an expanse as large as the continental United States. The harsh sun and swirling desert sands quickly decompose and bury bodies of migrants, so that even when they turn up, they are usually impossible to identify .

    With a prosperous economy and stable government, South Africa draws more migrants than any other country in Africa. The government is a meticulous collector of fingerprints — nearly every legal resident and citizen has a file somewhere — so bodies without any records are assumed to have been living and working in the country illegally. The corpses are fingerprinted when possible, but there is no regular DNA collection.

    South Africa also has one of the world’s highest rates of violent crime and police are more focused on solving domestic cases than identifying migrants.

    “There’s logic to that, as sad as it is....You want to find the killer if you’re a policeman, because the killer could kill more people,” said Jeanine Vellema, the chief specialist of the province’s eight mortuaries. Migrant identification, meanwhile, is largely an issue for foreign families — and poor ones at that.

    Vellema has tried to patch into the police missing persons system, to build a system of electronic mortuary records and to establish a protocol where a DNA sample is taken from every set of remains that arrive at the morgue. She sighs: “Resources.” It’s a word that comes up 10 times in a half-hour conversation.

    So the bodies end up at Olifantsvlei or a cemetery like it, in unnamed graves. On a recent visit by AP, a series of open rectangles awaited the bodies of the unidentified and unclaimed. They did not wait long: a pickup truck drove up, piled with about 10 coffins, five per grave. There were at least 180 grave markers for the anonymous dead, with multiple bodies in each grave.

    The International Committee of the Red Cross, which is working with Vellema, has started a pilot project with one Gauteng morgue to take detailed photos, fingerprints, dental information and DNA samples of unidentified bodies. That information goes to a database where, in theory, the bodies can be traced.

    “Every person has a right to their dignity. And to their identity,” said Stephen Fonseca, the ICRC regional forensic manager.

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    THE UNITED STATES: “THAT’S HOW MY BROTHER USED TO SLEEP”

    More than 6,000 miles (9,000 kilometers) away, in the deserts that straddle the U.S.-Mexico border, lie the bodies of migrants who perished trying to cross land as unforgiving as the waters of the Mediterranean. Many fled the violence and poverty of Guatemala, Honduras, El Salvador or Mexico. Some are found months or years later as mere skeletons. Others make a last, desperate phone call and are never heard from again.

    In 2010 the Argentine Forensic Anthropology Team and the local morgue in Pima County, Ariz., began to organize efforts to put names to the anonymous bodies found on both sides of the border. The “Border Project” has since identified more than 183 people — a fraction of the total.

    At least 3,861 migrants are dead and missing on the route from Mexico to the United States since 2014, according to the combined AP and IOM total. The tally includes missing person reports from the Colibri Center for Human Rights on the U.S. side as well as the Argentine group’s data from the Mexican side. The painstaking work of identification can take years, hampered by a lack of resources, official records and coordination between countries — and even between states.

    For many families of the missing, it is their only hope, but for the families of Juan Lorenzo Luna and Armando Reyes, that hope is fading.

    Luna, 27, and Reyes, 22, were brothers-in-law who left their small northern Mexico town of Gomez Palacio in August 2016. They had tried to cross to the U.S. four months earlier, but surrendered to border patrol agents in exhaustion and were deported.

    They knew they were risking their lives — Reyes’ father died migrating in 1995, and an uncle went missing in 2004. But Luna, a quiet family man, wanted to make enough money to buy a pickup truck and then return to his wife and two children. Reyes wanted a job where he wouldn’t get his shoes dirty and could give his newborn daughter a better life.

    Of the five who left Gomez Palacio together, two men made it to safety, and one man turned back. The only information he gave was that the brothers-in-law had stopped walking and planned to turn themselves in again. That is the last that is known of them.

    Officials told their families that they had scoured prisons and detention centers, but there was no sign of the missing men. Cesaria Orona even consulted a fortune teller about her missing son, Armando, and was told he had died in the desert.

    One weekend in June 2017, volunteers found eight bodies next to a military area of the Arizona desert and posted the images online in the hopes of finding family. Maria Elena Luna came across a Facebook photo of a decaying body found in an arid landscape dotted with cactus and shrubs, lying face-up with one leg bent outward. There was something horribly familiar about the pose.

    “That’s how my brother used to sleep,” she whispered.

    Along with the bodies, the volunteers found a credential of a boy from Guatemala, a photo and a piece of paper with a number written on it. The photo was of Juan Lorenzo Luna, and the number on the paper was for cousins of the family. But investigators warned that a wallet or credential could have been stolen, as migrants are frequently robbed.

    “We all cried,” Luna recalled. “But I said, we cannot be sure until we have the DNA test. Let’s wait.”

    Luna and Orona gave DNA samples to the Mexican government and the Argentine group. In November 2017, Orona received a letter from the Mexican government saying that there was the possibility of a match for Armando with some bone remains found in Nuevo Leon, a state that borders Texas. But the test was negative.

    The women are still waiting for results from the Argentine pathologists. Until then, their relatives remain among the uncounted.

    Orona holds out hope that the men may be locked up, or held by “bad people.” Every time Luna hears about clandestine graves or unidentified bodies in the news, the anguish is sharp.

    “Suddenly all the memories come back,” she said. “I do not want to think.”

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    SOUTH AMERICA: “NO ONE WANTS TO ADMIT THIS IS A REALITY”

    The toll of the dead and the missing has been all but ignored in one of the largest population movements in the world today — that of nearly 2 million Venezuelans fleeing from their country’s collapse. These migrants have hopped buses across the borders, boarded flimsy boats in the Caribbean, and — when all else failed — walked for days along scorching highways and freezing mountain trails. Vulnerable to violence from drug cartels, hunger and illness that lingers even after reaching their destination, they have disappeared or died by the hundreds.

    “They can’t withstand a trip that hard, because the journey is very long,” said Carlos Valdes, director of neighboring Colombia’s national forensic institute. “And many times, they only eat once a day. They don’t eat. And they die.” Valdes said authorities don’t always recover the bodies of those who die, as some migrants who have entered the country illegally are afraid to seek help.

    Valdes believes hypothermia has killed some as they trek through the mountain tundra region, but he had no idea how many. One migrant told the AP he saw a family burying someone wrapped in a white blanket with red flowers along the frigid journey.

    Marta Duque, 55, has had a front seat to the Venezuela migration crisis from her home in Pamplona, Colombia. She opens her doors nightly to provide shelter for families with young children. Pamplona is one of the last cities migrants reach before venturing up a frigid mountain paramo, one of the most dangerous parts of the trip for migrants traveling by foot. Temperatures dip well below freezing.

    She said inaction from authorities has forced citizens like her to step in.

    “Everyone just seems to pass the ball,” she said. “No one wants to admit this is a reality.”

    Those deaths are uncounted, as are dozens in the sea. Also uncounted are those reported missing in Colombia, Peru and Ecuador. In all at least 3,410 Venezuelans have been reported missing or dead in a migration within Latin America whose dangers have gone relatively unnoticed; many of the dead perished from illnesses on the rise in Venezuela that easily would have found treatment in better times.

    Among the missing is Randy Javier Gutierrez, who was walking through Colombia with a cousin and his aunt in hopes of reaching Peru to reunite with his mother.

    Gutierrez’s mother, Mariela Gamboa, said that a driver offered a ride to the two women, but refused to take her son. The women agreed to wait for him at the bus station in Cali, about 160 miles (257 kilometers) ahead, but he never arrived. Messages sent to his phone since that day four months ago have gone unread.

    “I’m very worried,” his mother said. “I don’t even know what to do.”

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    ASIA: A VAST UNKNOWN

    The region with the largest overall migration, Asia, also has the least information on the fate of those who disappear after leaving their homelands. Governments are unwilling or unable to account for citizens who leave for elsewhere in the region or in the Mideast, two of the most common destinations, although there’s a growing push to do so.

    Asians make up 40 percent of the world’s migrants, and more than half of them never leave the region. The Associated Press was able to document more than 8,200 migrants who disappeared or died after leaving home in Asia and the Mideast, including thousands in the Philippines and Indonesia.

    Thirteen of the top 20 migration pathways from Asia take place within the region. These include Indian workers heading to the United Arab Emirates, Bangladeshis heading to India, Rohingya Muslims escaping persecution in Myanmar, and Afghans crossing the nearest border to escape war. But with large-scale smuggling and trafficking of labor, and violent displacements, the low numbers of dead and missing indicate not safe travel but rather a vast unknown.

    Almass was just 14 when his widowed mother reluctantly sent him and his 11-year-old brother from their home in Khost, Afghanistan, into that unknown. The payment for their trip was supposed to get them away from the Taliban and all the way to Germany via a chain of smugglers. The pair crammed first into a pickup with around 40 people, walked for a few days at the border, crammed into a car, waited a bit in Tehran, and walked a few more days.

    His brother Murtaza was exhausted by the time they reached the Iran-Turkey border. But the smuggler said it wasn’t the time to rest — there were at least two border posts nearby and the risk that children far younger travelling with them would make noise.

    Almass was carrying a baby in his arms and holding his brother’s hand when they heard the shout of Iranian guards. Bullets whistled past as he tumbled head over heels into a ravine and lost consciousness.

    Alone all that day and the next, Almass stumbled upon three other boys in the ravine who had also become separated from the group, then another four. No one had seen his brother. And although the younger boy had his ID, it had been up to Almass to memorize the crucial contact information for the smuggler.

    When Almass eventually called home, from Turkey, he couldn’t bear to tell his mother what had happened. He said Murtaza couldn’t come to the phone but sent his love.

    That was in early 2014. Almass, who is now 18, hasn’t spoken to his family since.

    Almass said he searched for his brother among the 2,773 children reported to the Red Cross as missing en route to Europe. He also looked for himself among the 2,097 adults reported missing by children. They weren’t on the list.

    With one of the world’s longest-running exoduses, Afghans face particular dangers in bordering countries that are neither safe nor welcoming. Over a period of 10 months from June 2017 to April 2018, 4Mi carried out a total of 962 interviews with Afghan migrants and refugees in their native languages around the world, systematically asking a series of questions about the specific dangers they had faced and what they had witnessed.

    A total of 247 migrant deaths were witnessed by the interviewed migrants, who reported seeing people killed in violence from security forces or starving to death. The effort is the first time any organization has successfully captured the perils facing Afghans in transit to destinations in Asia and Europe.

    Almass made it from Asia to Europe and speaks halting French now to the woman who has given him a home in a drafty 400-year-old farmhouse in France’s Limousin region. But his family is lost to him. Their phone number in Afghanistan no longer works, their village is overrun with Taliban, and he has no idea how to find them — or the child whose hand slipped from his grasp four years ago.

    “I don’t know now where they are,” he said, his face anguished, as he sat on a sun-dappled bench. “They also don’t know where I am.”

    https://abcnews.go.com/International/wireStory/global-lost-56800-migrants-dead-missing-years-58890913
    #décès #morts #migrations #réfugiés #asile #statistiques #chiffres #monde #Europe #Asie #Amérique_latine #Afrique #USA #Etats-Unis #2014 #2015 #2016 #2017 #2018
    ping @reka @simplicissimus


  • https://www.mediapart.fr/journal/international/221018/bresil-une-economie-en-panne-minee-par-les-inegalites

    Une copine m’envoie voir cet article qu’elle juge important sur la montée du fascisme au #Brésil.

    L’économie brésilienne peine à se remettre de la crise de 2015. Malgré les années Lula, les inégalités restent immenses et repartent à la hausse. Un carburant pour Jair Bolsonaro, qui promeut un programme néolibéral démagogique.

    À la différence des scrutins précédents, l’économie n’a guère été au centre de la campagne présidentielle brésilienne. La sécurité et la corruption ont été beaucoup plus déterminantes. Et de fait, les deux candidats qui s’affrontent au second tour le 28 octobre, Jair Bolsonaro, du Parti social-libéral (PSL, extrême droite), et Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche), sont restés très flous sur leurs programmes économiques. Pourtant, la situation du Brésil est loin d’être réjouissante et le pays demeure perclus par de très fortes inégalités, qui se creusent à nouveau. Souvent négligée, la cause économique de la crise politique n’est pourtant pas inexistante.

    Un modèle en crise depuis 2015

    Durant les présidences de Lula (2003-2011) et le premier mandat de Dilma Rousseff (2011-2014), le Brésil a connu une forte croissance, avec une moyenne annuelle de 3 %, et même de 5 % en 2011. Cette croissance a permis, sous l’impulsion du PT, de réduire fortement la pauvreté monétaire (qui avait cependant commencé à décroître une décennie auparavant). Selon la Banque mondiale, la part de la population vivant sous le taux de pauvreté est ainsi passée de 11,1 % en 2003 à 2,8 % en 2014. Le Brésil faisait alors partie des BRICS et faisait rêver les investisseurs internationaux. Lors de la crise de 2007-2009, il a montré une résistance remarquable, avec un recul du PIB de 0,13 % en 2008 et un rebond de 7,54 % en 2009.

    À cette époque, le modèle économique brésilien relevait d’un modèle classique pour le pays et les grands pays d’Amérique latine. La croissance s’appuyait principalement sur les exportations de produits agricoles et de matières premières, puis sur le réinvestissement par l’État de ces ressources pour développer la demande intérieure. Entre 2000 et 2015, ce modèle a été rendu possible par la forte demande de produits brésiliens venant principalement des autres pays émergents et en particulier de Chine. Entre 2003 et 2014, les exportations de biens brésiliens sont passées de 73,2 à 225,1 milliards de dollars, soit trois fois plus. La Chine comptait alors pour près de 20 % de ce total et 87 % des livraisons à l’empire du Milieu étaient constituées de matières premières. Parallèlement, l’investissement public a bondi de près de 11 % par an. Le PT a cependant mis l’accent sur la lutte contre la pauvreté et la précarité, notamment par la hausse continue du salaire minimum de près de 5 % par an.

    Composition des exportations vers la Chine du Brésil © OEC

    À partir de 2011, la demande de matières premières commence à reculer, notamment parce que la Chine, qui a sauvé l’économie mondiale en 2008-2009 par un vaste plan de relance, se retrouve dans une situation de surproduction industrielle. L’empire du Milieu entame alors un rééquilibrage stratégique vers la demande et la production intérieures. En 2012, les livraisons de minerais et de pétrole reculent. Parallèlement, les prix des produits agricoles chutent brutalement. Le boisseau de soja, dont le Brésil est le premier producteur mondial, passe de 17,37 dollars en septembre 2012 à 9,05 dollars trois ans plus tard. Un recul qui s’accompagne d’une nouvelle phase d’aversion au risque des investisseurs internationaux, échaudés par la crise européenne et le resserrement monétaire aux États-Unis.

    Fin 2013, la croissance brésilienne commence à ralentir. En 2015, le Brésil entre dans une récession qui durera deux ans, avec un recul des exportations de 15,2 %, suivi l’année suivante d’une baisse de 11,2 %. En deux ans, le PIB en volume a perdu plus de 7 % de sa valeur. Pour éviter une crise des changes et continuer à attirer les flux internationaux de capitaux, la Banque centrale du Brésil (BCB) a brutalement relevé son taux directeur, le Selic, de 10 à 14,25 %, déprimant la demande intérieure. La crise s’accompagne d’une forte détérioration des finances publiques, en raison de la baisse des recettes fiscales et d’une hausse des dépenses sociales, mais aussi et surtout de celles liées au crédit.

    Au Brésil, en effet, comme le souligne une note récente de BSI Economics, les banques commerciales jouent un rôle réduit dans le financement de l’économie : les crédits privés ne représentent que 26 % du PIB, contre 72 % dans l’OCDE. Dans un secteur faiblement concurrentiel, les instituts financiers préfèrent leurs marges aux volumes et pratiquent des taux prohibitifs. Avec la hausse des taux de la BCB, les entreprises se sont tournées vers la Banque nationale pour le développement économique et social (BNDES), qui propose des taux bonifiés inférieurs au taux de la banque centrale. Sa part dans le financement a doublé en quelques années pour représenter la moitié des encours. Mais le coût de ces taux revient au budget fédéral, qui doit donc s’endetter pour payer la différence à des taux élevés auprès... des banques commerciales. Ce cercle vicieux a plombé le budget de l’État. Le déficit est passé de 3 % du PIB en 2014 à 10,32 % en 2016, avec un coût de la dette qui s’élevait à 8,4 % du PIB. Cela a amené le deuxième gouvernement de Dilma Rousseff, puis de son successeur Michel Temer, à contracter les dépenses, notamment les investissements publics et les transferts sociaux.

    Une croissance durablement en panne

    La récession s’est terminée en 2017 grâce à la reprise de la demande internationale, mais le pays n’en est pas sorti indemne. Le rythme de croissance n’est plus le même. Il a été de 1 % en 2017 et sera, selon le FMI, de seulement 1,4 % cette année, un chiffre encore révisé à la baisse récemment. À moyen terme, le FMI prévoit une croissance de 2,2 %, plus de moitié moins que dans les années 2000. Le ressort est brisé : l’investissement public et les transferts sociaux ne permettent plus d’irriguer la demande intérieure.

    Parallèlement, la BCB a certes fortement baissé son taux directeur, jusqu’à 6,5 % en mars dernier. Mais avec une inflation de 3,67 % en moyenne prévue par le FMI cette année, les taux réels restent élevés, proches de 3 %. La BCB a continué à augmenter des réserves en devises déjà excédentaires par rapport aux recommandations du FMI, alors que le flux des investissements directs étrangers continuait à baisser dans la foulée de la remontée des taux de la Fed. Cette politique monétaire s’est assouplie, mais elle demeure encore restrictive. Certes, elle a en partie permis d’éviter une crise du type de celle de la Turquie et de l’Argentine, alors que, comme ces pays, le Brésil affiche un déficit courant. Le réal a bien baissé de 30 % en janvier et septembre, mais c’est deux fois moins que l’effondrement du peso argentin, alors que la BCB a baissé ses taux en mars. Ces réserves (et la faiblesse de l’endettement en dollars) permettent donc de maintenir la confiance.

    Evolution du PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat © Banque Mondiale

    Mais cette sécurité a plusieurs coûts, très lourds. La croissance est plus faible et le budget est moins mobilisable pour la relancer, puisque le financement des entreprises dépend des prêts bonifiés de la BNDES. En 2018, le déficit budgétaire brésilien devrait encore atteindre 8,6 % du PIB. La dette publique a bondi à 88 % du PIB, contre 61 % en 2010. Certes, la dette externe est faible – 26 % du PIB –, mais le poids du service de la dette contraint les autorités à réduire le déficit primaire, donc à abaisser encore l’investissement public et les transferts sociaux directement ou indirectement (par exemple par des incitations à l’emploi faiblement rémunéré). En début d’année, deux agences de notation, Moody’s et S&P, ont dégradé la note brésilienne, renchérissant le coût de la dette brésilienne, qui est passé de 10 % à 12 %. Or l’investissement privé ne prend pas le relais. Pire, le crédit privé recule, alors que l’État n’a plus de marge de manœuvre pour financer le crédit bonifié. Résultat : la productivité reste atone et le Brésil en est réduit à dépendre de ses seules exportations, de faible niveau de gamme ou de matières premières. La croissance risque donc de rester structurellement faible.

    Les inégalités, creuset de la poussée de l’extrême droite

    Le modèle sur lequel le PT a organisé l’économie brésilienne entre 2003 et 2013 ne fonctionne donc plus. Deux de ses principaux moteurs sont à l’arrêt. La conséquence est que le Brésil s’est appauvri. Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est, selon le FMI, encore sous son niveau de 2009 et, d’ici à 2023, il ne devrait pas revenir à son point haut de 2013. Même constat au niveau du taux de chômage. En août 2018, il était à 12,1 % de la population active. En 2014, il était à 6,8 %. Et le FMI estime que dans cinq ans, ce taux sera encore à 9,5 %... Autrement dit, la croissance brésilienne fonctionne désormais à un régime trop faible au regard de la situation démographique. Ce qui induit une capacité de redistribution faible dans un pays déjà miné par les inégalités.

    Car, de ce point de vue, le Brésil demeure un cas d’école. Malgré la baisse de l’extrême pauvreté durant la domination du PT, les inégalités sont toujours élevées. Selon la Banque mondiale, le Brésil est 148e sur 158 pays concernant l’indice de Gini, qui mesure les inégalités de revenus. Selon le rapport World Inequality Report (WID), les 0,1 % les plus riches (140 000 personnes) captent 14,4 % de l’ensemble des revenus, soit plus que les 50 % les moins riches (70 millions de personnes), qui obtiendront un peu plus de 12 % des revenus. Mais le plus frappant est que, grosso modo, l’évolution de ces deux classes a été la même depuis le début des années 2000, puisqu’en 2001, elles captaient la même proportion des revenus, autour de 11 %.

    Évolution de la part des revenus des 0,1 % les plus riches et des 50 % les plus pauvres au Brésil de 2001 à 2015 © WID Évolution de la part des revenus des 0,1 % les plus riches et des 50 % les plus pauvres au Brésil de 2001 à 2015 © WID

    La politique du PT a certes amélioré le sort des plus pauvres, mais aussi celui des plus riches. Les 1 % comme les 0,1 % les plus riches ont vu leur part du revenu global progresser. Le rapport du WID souligne ainsi qu’entre 2001 et 2015, les 10 % les plus riches ont obtenu 58 % de la richesse créée, contre 16 % pour les 50 % les moins riches. Les vrais perdants ont cependant été les classes moyennes. Les 40 % qui sont autour du revenu moyen ont vu, sur la même période, leur part dans le revenu passer de 34 % à 30 %. Un sentiment de déclassement qui, dans une société déjà très inégalitaire, est une bombe politique et favorise souvent l’extrême droite.

    À cela se sont ajoutées les conséquences de la crise et de la politique menée depuis 2016. La hausse du chômage et la reprise uniquement tirée par les exportations ont creusé encore les inégalités. Selon une autre note sur le sujet de BSI Economics qui cite une étude de la Fondation brésilienne Getulio-Vargas, le revenu moyen mensuel des 20 % les plus pauvres a reculé de 5 % en termes réels, alors que celui des 20 % les plus riches progressait de 10,8 % réellement. L’extrême pauvreté est repartie à la hausse et touchait, en 2017, 7,2 % de la population, contre 6,5 % en 2016.

    Evolution du marché du travail au Brésil © BSI Economics Evolution du marché du travail au Brésil © BSI Economics

    Plusieurs facteurs ont concouru à cette situation, notamment la politique de réduction des dépenses menée par Michel Temer, mais aussi, comme le signale BSI Economics, la progression du travail informel peu qualifié, qui concentre l’essentiel des créations d’emploi et qui induit des revenus et des protections plus faibles. Également en cause, la réforme du marché du travail du président sortant de juillet 2017, qui ressemble à s’y méprendre aux ordonnances françaises de la même époque : inversion de la hiérarchie des normes, réduction du rôle des syndicats, rupture conventionnelle favorisée, développement de l’intermittence et réduction des possibilités de recours aux prud’hommes. Cela a conduit à des licenciements de travailleurs peu qualifiés, qui n’ont d’autres recours, lorsqu’ils le peuvent, que d’accepter des emplois informels.

    Mais ces inégalités extrêmes freinent aussi l’économie brésilienne en la maintenant dans ses structures traditionnelles et en décourageant l’innovation, ainsi que toute hausse de la productivité. L’économie du pays est donc enfermée dans un cercle vicieux où les inégalités et le vieux modèle exportateur de matières premières s’auto-entretiennent.

    Le Parti des travailleurs n’a donc pas été en capacité de réellement réduire fortement les inégalités du pays. Le régime fiscal demeure très inégalitaire et le système éducatif peu performant. La crise économique et politique de 2015-2016 a fait repartir les inégalités et la pauvreté. À la crainte de déclassement des classes moyennes s’est ajoutée la crainte des classes les plus modestes de retourner dans la pauvreté extrême, deux moteurs classiques du succès de l’extrême droite. Jair Bolsonaro a pu jouer sur ces ressentiments pour fustiger les actions du PT pour les plus pauvres comme la « Bolsa Família » (« Bourse familiale ») vis-à-vis des classes moyennes, qui risquent le déclassement, mais aussi vis-à-vis des classes populaires, qui craignent de retourner dans la pauvreté.

    La situation économique et sociale peut donc expliquer aussi en partie le succès de Jair Bolsonaro. Si Lula pouvait encore rassembler les bénéficiaires de l’âge d’or de sa politique, Fernando Haddad n’a pas cette capacité. Mal à l’aise sur l’héritage du PT qui a initié la politique d’austérité, il est resté flou sur sa politique économique. Il a donc créé un vide dans lequel s’est engouffré le candidat du PSL, déjà porté par une classe moyenne qui ne veut plus de la droite traditionnelle, discréditée par la politique désastreuse de Michel Temer. Un sondage de Datafolha du 2 octobre, cité par le chercheur britannique Matthew Richmond, confirme cette alchimie : la classe moyenne, gagnant entre deux et cinq salaires minimums et entre cinq et dix salaires minimums, vote massivement pour Jair Bolsonaro, mais les classes populaires ont aussi placé le candidat d’extrême droite en tête.

    Quel projet économique pour l’extrême droite ?

    Reste une question centrale : que veut Jair Bolsonaro pour l’économie ? Lui-même reconnaît « ne rien y connaître ». Son opposition réflexe à la gauche lui fait rejeter la politique de redistribution du PT et sa culture politique issue de la dictature militaire le ferait pencher vers une protection douanière du marché intérieur ménageant les marchés exportateurs du pays. Sa campagne a pu prendre parfois des accents proches de ceux de Donald Trump : se protéger des appétits chinois et se méfier des accords de libre-échange en cours, comme le Mercorsur, le marché commun établi avec les voisins argentins, uruguayens et paraguayens.

    Mais rien ne semble certain, car Jair Bolsonaro a un mentor en économie, Paulo Guedes, qui devrait être son ministre des finances. Cet homme de 69 ans a été formé à l’université de Chicago dans les années 1970, au moment où elle était le creuset des idées néolibérales et monétaristes. Il a ensuite été professeur d’université à Santiago du Chili pendant la dictature du général Pinochet, dont la politique économique a été influencée par Friedrich Hayek et Milton Friedman. Intellectuel influent par la suite au Brésil, il défend des positions néolibérales classiques : impôt à taux unique de 15 % (comme la Lega italienne), réduction drastique du rôle de l’État, réforme radicale des retraites.

    Jair Bolsonaro et son gourou économique Paulo Guedes. © Reuters Jair Bolsonaro et son gourou économique Paulo Guedes. © Reuters

    Sont-ce des positions incompatibles avec le « trumpisme » de Jair Bolsonaro ? Nullement. Comme Donald Trump, le nouveau président brésilien pourrait favoriser des accords de libre-échange avantageux au cas par cas. Concernant le Mercorsur, le conseiller du candidat du PSL, Luiz Philippe de Orleans e Bragança, par ailleurs descendant de la famille impériale brésilienne, a indiqué qu’il s’agissait de « réévaluer la valeur du Mercosur » pour s’assurer qu’il n’est pas « comme aujourd’hui, un obstacle au libre-échange ». Ce que vise le Brésil, c’est sa capacité à retrouver sa liberté de négocier des accords bilatéraux de libre-échange et de taxer les importations.

    Jair Bolsonaro et Paulo Guedes proposent donc une alternative au modèle brésilien traditionnel, alternative fondée sur une forte déréglementation interne pour relancer la productivité et dynamiser la demande intérieure, et accompagnée d’une politique commerciale ciblée. C’est l’anticipation de cette politique qui a été saluée par l’envolée de la bourse de São Paulo au lendemain du premier tour. Paulo Guedes a permis de rallier à Jair Bolsonaro la finance internationale : le real a gagné 10 % en un mois et le Wall Street Journal a soutenu le candidat d’extrême-droite dans un éditorial. Il est vrai que les investisseurs internationaux voient dans les projets de Paulo Guedes d’immenses opportunités, par les baisses d’impôts, l’ouverture des marchés et les privatisations. Même les banques, a priori visées par la déréglementation et le développement de la concurrence, ne peuvent que se réjouir d’une politique qui donnera, par la réforme des retraites, la priorité au remboursement de la dette publique qu’elles détiennent massivement.

    Cette politique s’annonce néanmoins périlleuse. D’abord parce que le premier client du Brésil est la Chine et le deuxième les États-Unis. Le pays est donc au centre de la confrontation commerciale en cours. Or Jair Bolsonaro semble tenté de donner l’avantage à Washington. En août, il a fustigé la Chine, qui « n’achète pas au Brésil, mais achète le Brésil ». Le pays peut-il cependant se passer des marchés chinois et des investissements chinois, alors que son épargne intérieure est faible ? Rien n’est moins sûr.

    Surtout, mener une politique néolibérale dans un Brésil déjà perclus d’inégalités immenses semble suicidaire va encore précariser et fragiliser les plus modestes. De cette façon, il est peu probable que la productivité s’améliore. Surtout, les tensions sociales et la criminalité ne sauraient être endiguées par ce type de politique. L’expérience chilienne, qui est une référence de Paulo Guedes, montre une explosion des inégalités. Une étude datant d’avril 2015 et signée par Javier Rodríguez Weber, de l’université de la République d’Uruguay, a montré que durant le régime Pinochet, les inégalités se sont creusées d’un tiers au Chili. Seule la répression a permis de soutenir une telle situation. On voit mal comment une telle politique peut développer et soutenir la demande intérieure. Les études les plus récentes montrent que les inégalités sont une source de réduction de la croissance de la productivité. La compétition et les inégalités ne débouchent que sur la formation d’une nouvelle oligarchie ou le renforcement de l’ancienne.

    Il y a là de la naïveté propre à l’idéologie néolibérale de croire que la baisse des impôts et la dérégulation peuvent apporter la prospérité pour tous. Mais dans un Brésil traumatisé par la crise, miné par les inégalités et orphelin de son modèle économique, ce discours simpliste pouvait prospérer. Il est cependant peu probable qu’il donne des résultats.



  • Produire mieux, pour tous | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/produire-mieux/00080398

    2017

    Pour nourrir la population mondiale, il faut produire 150 kg de #céréales (ou équivalent) par personne et par an ; la production mondiale actuelle se situe déjà autour de 330 kg. « Le problème, ce n’est pas le manque de nourriture - on est même en surproduction -, mais la #pauvreté et le manque de pouvoir d’achat », en conclut Marc Dufumier, agronome et président de la Plate-forme pour le commerce équitable. C’est vrai dans des pays en développement où « les #paysans ne parviennent pas à générer assez de #revenus pour acheter de la #nourriture », dans certains pays émergents, précise-t-il, tels que l’Argentine ou le Brésil, mais aussi dans les pays #riches comme la France.




  • Education : « Un des éléments statistiques que je préfère, c’est la dépense publique par élève » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/09/11/education-un-des-elements-statistiques-que-je-prefere-c-est-la-depense-pu

    Eric Charbonnier, expert des questions d’éducation à l’OCDE, livre son analyse sur le dernier rapport « Regards sur l’éducation ».

    Voilà de quoi alimenter les débats (très vite enflammés) sur notre système éducatif. L’OCDE publie la 27e édition de son pavé annuel, Regards sur l’éducation, comparant tout ce qu’il est possible de comparer entre les systèmes éducatifs de ses 36 pays membres mais aussi de l’Afrique du Sud, de l’Arabie saoudite, de l’Argentine, du Brésil, de la Chine, de la Colombie, du Costa Rica, de la Fédération de Russie, de l’Inde et de l’Indonésie. Au total, 486 pages de tableaux et de graphes, où il est question de dépenses publiques, scolarisation des tout-petits, rémunération des enseignants, statut des chefs d’établissement… Le point de vue d’Eric Charbonnier, analyste français, à la direction de l’éducation de l’OCDE.

    Vos publications, à commencer par l’enquête #Pisa publiée tous les trois ans, ont à chaque fois un fort retentissement médiatique, et donc politique. Comment l’expliquer ?

    Les comparaisons internationales ont pris de l’importance dans tous les pays, ce n’est pas propre à la France. C’est relativement nouveau. Il y a trente ans, les pays se comparaient beaucoup moins. Les choses ont commencé à changer avec la première enquête Pisa, au début des années 2000. Elle a cassé des idées reçues. Jusqu’ici, on avait coutume de vanter les systèmes éducatifs français et allemands. Pisa est venu montrer que c’étaient en fait des systèmes très inégalitaires, et qu’il existait de bonnes pratiques ailleurs : en Finlande par exemple, au Royaume-Uni ou encore en Estonie. L’Allemagne a réagi rapidement, prenant en compte nos travaux et nos recommandations. Cela a mis plus de temps en France où on a d’abord commencé par critiquer notre méthodologie, avant de commencer à bouger il y a dix ans.

    Quelles informations apporte ce nouveau tome de Regards sur l’éducation sur notre système éducatif ?

    Un des éléments statistiques que je préfère observer, c’est la dépense publique par élève. La France dépense en moyenne 15% de moins pour les élèves en élémentaire que dans les autres pays de l’OCDE. En revanche, l’enveloppe dévolue au secondaire est 35% plus élevée en moyenne que les autres pays de l’OCDE. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

    Ces chiffres par exemple, sont les mêmes depuis des années, alors que les gouvernements successifs répètent qu’ils mettent le paquet sur le primaire…

    C’est vrai. Les données étaient les mêmes en 2012. En partie, parce que pendant ce temps-là, les autres pays continuent d’investir plus dans le primaire, vu que toutes les études montrent que c’est en agissant dès les premières années de scolarité que l’on peut combattre les inégalités.

    Dans votre note sur la France, vous évoquez la scolarisation des enfants de trois ans, où la France est là bien classée.

    La France est en tête : quasiment tous les enfants vont à l’école dès trois ans, contre une moyenne de 76% dans l’OCDE. Annoncer la scolarisation obligatoire c’est bien, mais dans les faits cela ne change rien. Il y a en revanche de gros progrès à faire pour améliorer la qualité de l’enseignement en maternelle, notamment le taux d’encadrement. En maternelle, on a un professeur pour 23 élèves, soit 8 de plus que la moyenne des pays de l’OCDE. Dans nos travaux, on insiste beaucoup sur la qualité de l’enseignement, c’est une donnée très importante pour lutter contre les inégalités. Les politiques publiques ne doivent pas se contenter d’être axé sur la quantité. C’est la même chose pour l’enseignement professionnel.

    C’est-à-dire ?

    La France investit plus d’argent que les autres pays de l’OCDE dans la filière professionnelle. En revanche, elle reste encore beaucoup trop une voie de garage pour ceux qui décrochent. Là encore, les statistiques sont éloquentes : 87% des élèves en filière professionnelle ont des parents qui n’ont pas de diplôme de l’enseignement supérieur, contre 51% dans les filières générales. Il faut déplacer le débat et avoir aujourd’hui une vraie réflexion sur la qualité de la voie professionnelle.

    Vous pointez aussi la faible reconnaissance du travail de directeur ou directrice d’école, ce qui fait d’ailleurs écho à un débat actuel en France.

    Nos indicateurs sont préparés longtemps en avance, bien en dehors du temps politique. Certains résonnent avec les débats en cours, comme celui des directeurs d’école. C’est une bonne chose, mais ceci dit, on soulève le problème depuis dix ans. En France, un directeur d’école en France gagne à peine 7% de plus que ses collègues enseignants en élémentaire. Ils sont fatalement moins payés chez nous qu’ailleurs. Dans les autres pays de l’OCDE, l’écart de salaire entre enseignant et directeur est en moyenne de 40%. Au-delà de la rémunération, la question de leur rôle et donc de leur statut se pose. Même chose pour les chefs d’établissement au collège et lycée. En France, leurs missions se résument à des questions de disciplines et de budget.

    Vous êtes en train de dire qu’il faudrait laisser plus d’autonomie aux établissements, une idée que défend le ministre Blanquer ?

    Il faut être prudent avec ce mot « autonomie » qui suscite toujours de vives réactions, surtout en France. Je pense qu’il serait intéressant de réfléchir au rôle des chefs d’établissement à l’égard des équipes. Il y a une réflexion à engager. Sur ce sujet comme sur d’autres, l’idée n’est pas de reproduire à l’identique ce qui se fait ailleurs, mais d’avoir une idée précise des politiques qui sont menées et de la façon dont les pays réagissent à des difficultés semblables aux nôtres. Ces comparaisons permettent d’avoir des éléments de réponse sur les façons d’intervenir.
    Marie Piquemal

    Tableau de données chiffrées dans l’article même.

    #école #OCDE #éducation #


  • Nova Friburgo, passé-présent

    Par ses photographies à découvrir à la Galerie Focale, le Vaudois #Thomas_Brasey évoque la ville brésilienne et son lien ombilical avec la Suisse.

    En 1816, l’Europe souffre des conditions météorologiques calamiteuses provoquées par l’éruption du volcan indonésien Tambora. Une va­gue de froid et des pluies diluviennes s’abattent sur le continent. La famine pousse les émigrés d’une dizaine de cantons suisses sur les chemins de l’exil, notamment en Amérique latine. Parmi les candidats à ce périlleux voyage, d’abord sur le Rhin, puis à travers l’océan, un sur sept y laissera la vie.

    Des quelque 2000 migrants suisses qui rejoignent le Brésil, en majorité fribourgeois, certains fondent Nova Friburgo en 1818, dans les montagnes de l’Etat de Rio de Janeiro, à plus de 800 mètres d’altitude. Les terres sont celles des indiens coroados puris, cédées par décret royal à des familles de colons suisses. A la Galerie Focale à Nyon, les photographies de Thomas Brasey racontent cette ville bicentenaire comptant aujour­d’hui 200 000 habitants. Et comble ainsi un vide iconographique.

    Sans mises en scène

    Car si la dure réalité de l’époque est racontée par les lettres des émigrés et autres textes d’écrivains, journalistes ou auteurs de théâtre, les images et objets originaux sont pour ainsi dire inexistants. Concrètement, le travail de l’artiste vaudois, lauréat de la 10e Enquête photographique fribourgeoise, associe dans sa série Boaventura trois types d’images : des paysages luxuriants et inhabités, des portraits en apparence sans rapport les uns avec les autres, et des natures mortes.

    Les clichés de paysages des environs de l’actuelle Nova Friburgo sont à la fois simples et évocateurs. L’artiste évite toute mise en scène afin de ne pas verser dans le registre de l’anecdotique, du photojournalisme ou du reportage. Le même souci se retrouve dans les portraits d’habitants actuels de Nova Friburgo. Photographiés chez eux ou sur leurs lieux de travail, les descendants des exilés helvétiques ne sont identifiables qu’à leur seul patronyme.

    Un effet de distanciation critique est obtenu avec le recours à la nature morte. Des photographies d’objets noirs sur fond blanc évoquent de façon originale et allusive l’aventure de l’émigration, de ses aspects les plus banals aux plus chargés émotionnellement. Le mousti­que anophèle renvoie à la malaria. La maladie avait rattrapé les migrants dans des camps près de Rotterdam où ils ­s’entassaient dans l’attente de leur appareillage en mer, après une longue descente du Rhin en bateau.

    Regards sur la migration

    Le plant de café symbolise la graine qui faisait miroiter aux exilés la prospérité après l’échec des cultures de leur pays d’origine. Le requin évoque l’exploitation des colons au Brésil et le sort tragique des naufragés. Par la coexistence de différents types d’images, Thomas Brasey s’inscrit en faux contre une vision de la photographie opposant objectivation du réel et subjectivité de l’artiste.

    Déjà exposée au Musée gruérien de Bulle et à Winterthour, la série Boaventura documente un espace social et géographi­que contemporain à la recher­che d’un passé collectif. La redécouverte par la photographie de Nova Friburgo et de son histoire aux résonances universelles alimente une réflexion sur la migration et ses représentations. La sensibilité de l’artiste contribue à remettre en cause les définitions simplistes de l’#identité.


    https://lecourrier.ch/2018/09/11/nova-friburgo-passe-present
    #Nova_Friburgo #Brésil #Suisse #colonialisme #colonialisme #photographie

    Nova Friburgo

    Nova Friburgo est une ville du Brésil située dans une région montagneuse du centre-nord de l’État de Rio de Janeiro, à 136 kilomètres de la capitale, Rio de Janeiro, sur un territoire de 933,4 km2. Elle se trouve à 22°16’55" de latitude sud et 42°31’52" de longitude ouest et à 846 mètres au-dessus du niveau de la mer.

    Sa population, d’après le recensement brésilien de 2010 de l’Institut brésilien de géographie et de statistiques, était de 182 082 habitants. Les principales activités économiques sont basées sur l’industrie du textile (lingerie) et la métallurgie, l’horticulture (fleurs), l’élevage de chèvres et le tourisme. Elle est la ville la plus froide de l’État.

    Jusqu’au XIXe siècle, la région de l’actuel Nova Friburgo était occupée par les indiens #coroados puris. En 16 mai 1818, le #Roi_Jean_VI proposa une #colonisation_planifiée, pour promouvoir et agrandir la civilisation au royaume du Brésil. Un décret donna l’autorisation au #canton_de_Fribourg de fonder une #colonie de cent familles suisses dans la ferme du "#Morro_Queimado", dans le district de #Cantagalo, un endroit choisi en raison des #ressemblances_géographiques et climatiques avec celles de leur pays d’origine. De 1819 à 1820, la région fut colonisée par 265 familles suisses, totalisant 1 458 immigrants. Elle fut nommée par les Suisses « Nova Friburgo » (La Nouvelle-Fribourg), en hommage à la ville d’où était partie la majorité des familles.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nova_Friburgo
    #peuples_autochtones #migrations

    cc @simplicissimus

    • #merci !

      Mon grand-père voulait émigrer en Argentine où des parents étaient déjà partis (mon nom de famille se trouve d’ailleurs aussi dans la province d’Entre Rios). Il en a été empêché par le déclenchement de la Première guerre mondiale. Après celle-ci, il s’est finalement installé dans le Jura français.


  • Le spectre de 2001 plane-t-il sur l’Argentine ?
    http://www.rfi.fr/emission/20180905-le-spectre-2001-plane-il-argentine

    Avec Denis Merklen, sociologue et professeur de Sociologie à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et membre de l’Institut des Hautes Etudes …


  • Les entreprises sont de moins en moins taxées dans les pays de l’OCDE ats/afp/spe - 5 Septembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/9823102-les-entreprises-sont-de-moins-en-moins-taxees-dans-les-pays-de-l-ocde.ht

    La baisse des impôts sur les sociétés s’est accélérée ces dernières années dans les pays de l’OCDE, a indiqué mercredi dans un rapport l’institution financière. Le taux moyen s’élève maintenant à 23,9%. La Suisse suit le mouvement.

    Le rapport http://www.oecd.org/fr/presse/les-reformes-fiscales-s-accelerent-sur-fond-de-baisse-des-taux-d-imposition-de étudie les réformes fiscales mises en oeuvre par les 35 pays membres, ainsi qu’en Afrique du Sud, en Argentine et en Indonésie. Il révèle que le taux moyen de l’impôt sur les sociétés a reculé en moyenne de 32,5% en 2000 à 23,9% en 2018. L’OCDE précise toutefois que « la baisse des taux d’imposition sur les entreprises est moins prononcée qu’avant la crise ».

    Aux Etats-Unis, le taux d’imposition des entreprises a chuté de 35% à 21%. La France prévoit aussi de l’abaisser progressivement de 33% à 25% pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Selon le directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE, « ces baisses d’impôt sur les sociétés ont suscité des craintes de course au moins-disant, mais la plupart de ces pays semblent engagés en fait dans une course à la moyenne ».

    Personnes physiques pas oubliées
    L’OCDE montre également que des mesures de réduction de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ont été adoptées dans de nombreux pays, « essentiellement dans le but d’alléger la charge fiscale des personnes ayant des revenus d’activité faibles ou moyens ».

    En Suisse, après l’échec dans les urnes de la troisième version de la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) en février 2017, le Conseil national se penchera le 12 septembre sur le « Projet fiscal 17 ». L’idée de base de cette nouvelle réforme reste la même que la précédente : en finir avec les statuts spéciaux avec lesquels la Suisse accorde des allégements à quelque 24’000 multinationales.

     #multinationales #enquêtes #capitalisme #économie #Impôts #OCDE #finance


  • En Argentine, des mesures d’austérité pour répondre à la crise du peso
    https://www.latribune.fr/economie/international/en-argentine-des-mesures-d-austerite-pour-repondre-a-la-crise-du-peso-7891

    L’Argentine va devoir encore se serrer la ceinture. Dans un pays où le peso a perdu plus de la moitié de sa valeur sur l’année face au dollar, le président Mauricio Macri a annoncé un plan d’austérité drastique, visant à réduire massivement les dépenses publiques en supprimant des ministères et en taxant les exportations, entre autres.


  • 37e Salon International de la Caricature, du Dessin de Presse et d’Humour, à St Just Le Martel (France) -
    http://www.caricaturesetcaricature.com/2018/08/37e-salon-international-de-la-caricature-du-dessin-de-press

    A la Une :
    – Exposition BOLIGAN (Mexique), lauréat du Grand Prix de l’Humour Vache 2017 et dessinateur de l’affiche du salon 2018

    – Exposition QUINO
    Quino, de son vrai nom Joaquín Salvador Lavado Tejón, né le 17 juillet 1932 à Mendoza en Argentine, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée argentin. Auteur de dessins d’humour, il est essentiellement connu pour avoir créé le personnage satirique de Mafalda, une petite fille brune mise en scène dans des comic strips.

    https://st-just-humour.fr
    #liberté_d'expression #dessins_de_presses


  • Le FMI débloque en urgence une aide de 50 milliards de dollars pour l’Argentine
    https://www.latribune.fr/economie/international/le-fmi-debloque-en-urgence-une-aide-de-50-milliards-de-dollars-pour-l-arge

    Les difficultés financières de l’Argentine contraignent le FMI à lui avancer de manière anticipée les tranches de versements d’un prêt de 50 …


  • La revue d’Amérique du Sud : Vénézuela, Paraguay, Colombie, Chili et Equateur
    https://lemediapresse.fr/international/la-revue-damerique-du-sud

    <b>Les récentes actualités venues d’Amérique du Sud.</b><p>La crise continue au Vénézuela, Maduro veut réformer le bolivar<p>Si l’inflation explose en Argentine, …


  • Des milliers d’Argentins se retirent des registres de baptême Mathilde Guillaume/fme - 21 Aout 2018 - RTS
    http://www.rts.ch/info/monde/9789987-des-milliers-d-argentins-se-retirent-des-registres-de-bapteme.html

    De plus en plus d’Argentins réclament la séparation de l’Eglise et de l’Etat depuis le rejet de la légalisation de l’avortement. Les débats avaient été grandement influencés par l’Eglise et ont abouti à un rejet du texte.
    Dans le pays du pape à la tradition catholique très forte, il n’y a pas de séparation officielle de l’Eglise et de l’Etat et son influence se fait sentir à chaque débat de société.

    Un mouvement d’apostasie collective, c’est-à-dire la demande formelle de voir son nom retiré des registres de baptême, est en train de naître. Des milliers d’Argentins ne souhaitent plus que l’Eglise parle en leur nom.


    « Ce vote de l’Eglise est une honte, alors que des femmes continuent de mourir. Ils détournent les yeux du problème, comme ils le faisaient déjà durant la dernière dictature », affirme Nora Cortiñas, de l’association Mère de la place de Mai, l’unique organisation argentine de défense des droits humains composée exclusivement de femmes.

    Symbole de lutte
    Cette association des mères argentines dont les enfants ont « disparus » durant la dictature militaire organise une ronde hebdomadaire, symbole de la lutte pour les droits humains. Et cette cette semaine, Nora Cortiñas, figure de référence à 88 ans, à une annonce très spéciale à partager : "Je vais faire, comment ça s’appelle, mon apastadie… Apostasie ? Apostasie !

    Pourtant catholique pratiquante, Nora ne veut plus faire partie de l’Eglise. Le déclencheur de cette décision douloureuse pour elle est le vote contre l’avortement légal, sûr et gratuit, porté par l’institution religieuse.

    Comme elle, à Buenos Aires et dans le reste du pays, des milliers d’Argentins se sont rassemblés pour présenter collectivement leur demande de renonciation. Des milliers de formulaires ont été récoltés. Ne reste plus qu’à les présenter aux autorités religieuses pour finaliser l’opération.

    Secouer l’Argentine
    « Aujourd’hui plus que jamais, ceux qui ne sont pas d’accord pour que l’Etat soit lié à l’Eglise, devons nous faire entendre. Et ça, c’est une manière de le faire », explique Vanesa Fernandez, employée de bureau de 40 ans.

    Pour Sol Prieto sociologue spécialiste des liens entre religions et politique à l’Université de Buenos Aires (UBA), ce mouvement naissant pourrait bien secouer la société argentine : « On commence à parler dans les médias et ailleurs de laïcité, de séparation de l’Eglise et de l’Etat, de financement de l’Eglise… C’est encore un peu confus, mais il me semble que c’est le propre d’une question qui est juste en train de s’imposer dans l’agenda public pour la première fois. »

    #Argentine #apostasie #avortement #catholicisme #pape #femmes #église #Laïcité #pédophilie #Luttes



  • #Corruption en #Argentine : Cristina #Kirchner devant le juge - Amériques - RFI
    http://www.rfi.fr/ameriques/20180812-argentine-cristina-kirchner-devant-juge-affaire-cahiers-corruption

    En Argentine, les ennuis judiciaires continuent pour Cristina Kirchner. L’ancienne présidente doit être entendue ce lundi 13 août par le juge Claudio Bonadio dans l’affaire dite des « cahiers de la corruption », où elle est mise en cause, ainsi que son prédécesseur et mari, décédé en 2010, Nestor Kirchner. Elle pourrait être inculpée, mais n’ira pas en prison, du moins pour l’instant, parce que protégée par son statut de sénatrice.

    • « Cahiers de la corruption » en Argentine : Diego Cabot raconte son enquête - Amériques - RFI
      http://www.rfi.fr/ameriques/20180812-argentine-cristina-kirchner-corruption-cahiers-cabot-entretien

      Ce lundi 13 août, l’ancienne présidente argentine Cristina Kirchner doit comparaître devant le juge dans une affaire désormais baptisée « les cahiers de la corruption ». Un scandale qui fait littéralement trembler la classe politique argentine et le secteur de l’entreprenariat. Il s’agit d’une affaire de pots-de-vin lors d’attributions de marchés publiques qui s’est étendue pendant dix années de présidence du couple Kirchner, au pouvoir entre 2003 et 2015. Nestor étant mort, c’est Cristina qui va devoir faire face à la justice. RFI a pu interviewer celui qui est à l’origine de cette histoire : Diego Cabot, un journaliste d’investigation d’un des plus importants quotidiens du pays, La Nación.


  • Le #Roundup face à ses juges

    Le #glyphosate, principe actif du Roundup®, produit phare de la marque Monsanto, a été reconnu « cancérogène probable » pour l’homme en 2015. En octobre 2016, s’est tenu à La Haye le #procès du puissant #herbicide, ouvrant la voie juridique vers une reconnaissance du #crime d’« #écocide ». Dans ce livre choc, Marie-Monique Robin retrace le déroulement du procès et donne à comprendre les ressorts de l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne.

    Depuis plusieurs années, l’inquiétude ne cesse de croître quant aux dangers du #pesticide le plus utilisé au monde : le glyphosate, dont 825 000 tonnes ont été déversés en 2014 dans les champs et les jardins. D’autant qu’en mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer l’a déclaré « cancérogène probable » pour l’homme, contredisant ainsi les grandes agences de santé américaines ou européennes qui avaient assuré l’innocuité du Roundup® de Monsanto, puissant herbicide dont le principe actif est le glyphosate.

    Prolongeant sa remarquable enquête de 2008 sur les dangereux produits toxiques produits par la firme américaine (Le Monde selon Monsanto, livre et film), qui eut un écho considérable, Marie-Monique Robin montre dans ce livre que la dangerosité du Roundup® est plus grande encore qu’on le craignait. Il rend malades ou tue les sols, les plantes, les animaux et les humains, car du Nord au Sud de la planète, l’herbicide-qui-tue-tout (son surnom en espagnol) est partout : dans l’eau, sl’air, la pluie, les sols et les aliments. En effet, le glyphosate n’est pas seulement cancérigène, c’est aussi un #perturbateur_endocrinien, un puissant #antibiotique et un chélateur de métaux. Avec autant d’effets délétères spécifiques que cette enquête révèle, par des reportages bouleversants auprès de victimes aux États-Unis, en Argentine, en France et au Sri Lanka, ainsi que de nombreux entretiens avec des scientifiques.

    Ce livre choc donne à comprendre les ressorts de l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne. Mais il montre aussi que, face à l’impuissance ou l’absence de volonté des agences internationales et des gouvernements pour y mettre fin, la société civile mondiale se mobilise : en octobre 2016, s’est tenu à La Haye le Monsanto International Tribunal, où juges et victimes ont instruit le procès du Roundup®, en l’absence de Monsanto, qui a refusé d’y participer. Donnant son fil conducteur au livre, ce procès a permis d’obtenir un avis juridique très argumenté, qui pourrait infléchir le droit international afin de faire reconnaître le crime d’« écocide », ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes dont les activités à grande échelle menacent la sûreté de la planète.

    https://boutique.arte.tv/detail/roundup_face_juges
    #justice #livre #agriculture #agro-business #agro-industrie #Monsanto #multinationales #cancer


  • Sans précédent en Argentine, des grands patrons tombent pour corruption
    http://trends.levif.be/economie/politique-economique/sans-precedent-en-argentine-des-grands-patrons-tombent-pour-corruption/article-normal-876773.html

    Le scandale des « cahiers de la corruption » —des dizaines millions de dollars de dessous-de-table versés à l’administration Kirchner—, a fait tomber …