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  • Gilets jaunes: déjà des blocages de dépôts de carburant en Wallonie RTBF - 16 Novembre 2018
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_gilets-jaunes-deja-des-blocages-d-axes-routiers-pres-de-charleroi-et-nam

    Le mouvement des “gilets jaunes” est né en France et prend pas mal d’ampleur chez nos voisins depuis quatre jours déjà. En Belgique, l’appel à la mobilisation est lancé sur les réseaux sociaux. La procédure est la même qu’en France : les automobilistes sont invités à placer leur gilet de haute visibilité fluo en évidence sur le tableau de bord en guise de protestation. 

    Certains d’entre eux vont jusqu’à bloquer des dépôts de carburant. Ce vendredi matin, une centaine de “gilets jaunes” étaient présents pour bloquer l’entrée du centre Total de Feluy, à Seneffe, près de Charleroi. "Je suis contre les mesures gouvernementales qui sont prises actuellement, explique un des manifestants. Il cite notamment “l’augmentation de l’âge de la prépension” et “l’augmentation du coût des biens de première nécessité.”

    « On ne sait plus vivre, même en travaillant en couple un mi-temps ou un temps plein, renchérit un autre “gilet jaune”. Si on a le malheur de faire une activité, cinéma ou restaurant, on se prive en fin du mois. On ne fait que payer en Belgique. »

    A Wierde, près de Namur, une quinzaine de personnes bloquent le dépôt de Proxyfuel. Ils sont présents depuis jeudi soir à 22h et ont passé une nuit blanche sur place autour d’un brasero.

    “Le prix du carburant n’a été qu’un élément déclencheur, qui a fait déborder un vase très bien rempli”, explique Tony Deloyer, porte-parole du mouvement. L’ambiance est plutôt détendue, aucune tension n’est perceptible sur place. Les manifestants affirment que le mouvement est “pacifique, apolitique et asyndical, créé par le citoyen et pour le citoyen”. "Ça continuera le temps qu’il faudra, jusqu’à temps que nos politiques nous entendent, et qu’on puisse décider un peu nous-mêmes et donner notre avis", ajoute Tony Deloyer.

    Au dépôt Total de Wandre également, près de Liège, un blocage est en cours, une petite quinzaine de personnes est sur place.

    Pour le moment, ces blocages n’ont pas de répercussion sur le trafic routier belge.

    La Belgique est le quatrième pays européen en termes de taxation du diesel. Les accises et la TVA comptent pour 55,5% du prix. La France se situe dans le trio de tête du classement.

    #Economie #luttes #salariales #précarité #transports #lutte #Fractures_sociales #Transports #17_novembre #gilet_jaune

    • Ce serait bien de partager un boycott de danone ou de carrefour avec les gilets jaunes !

      http://a54.idata.over-blog.com/600x280/1/30/71/79/Fevrier-2012/Carburants-Carrefour.JPG


  • All We Need Is - Episode 2
    http://www.radiopanik.org/emissions/all-we-need-is-acid/all-we-need-is-episode-2

    Pour notre deuxième émission on met la cap sur la Belgique. Entre boulimie de fête et style déjanté les belges ont marqué l’Histoire de la musique avec un style qui en a inspiré des dizaine d’autres : la New Beat ! L’acid se tranche une belle part dans ce mouvement ravageur. Suivez l’équipe du vaisseau 303 pour un voyage mouvementé entre Bruxelles et Anvers sur le dancefloor du myhtique Boccacio !

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/all-we-need-is-acid/all-we-need-is-episode-2_05698__1.mp3


  • Women Who Do Music - Volume 1
    https://womenwhodostuff.bandcamp.com/releases

    Nous sommes super fières de pouvoir rassembler ces artistes venues de France, Belgique, Australie, Japon, Angleterre et États-Unis. Il y en a pour tous les goûts, ces artistes sont confirmées ou amatrices, enregistrent chez elles, dans des studio pro ou dans un poney club. Source : Women Who Do Stuff


  • "Moi, #Dounia, hébergeuse de migrants, arrêtée, menottée, emprisonnée…"

    La solidarité n’est pas un crime. Ce principe moral a été réaffirmé cette semaine par la Justice. Mais certains ont subi les foudres d’un appareil d’État pas vraiment sur la même longueur d’onde.

    Comme plus de 7.000 membres de la Plateforme citoyenne d’aide aux réfugiés, célébrée cette semaine par un article d’une page pleine (!) dans le New York Times, Dounia Depoorter héberge. Tout comme Anouk Van Gestel, Myriam Berghe et d’autres hébergeurs qu’un procureur a refusé de criminaliser – même si quelques peines légères ont été requises - lors d’un procès retentissant. La justice, il faut s’en réjouir, semble, finalement, avoir du discernement. Certaines autorités tiquent, en effet, face à la solidarité surtout lorsqu’on leur parle de « migrants ». Avec des conséquences pour les citoyens.

    Comme pour Dounia, 45 ans, célibataire, sans enfants. Professeure de chant, issue d’un milieu bourgeois, c’est une femme joyeuse, bien dans sa peau et à la carrière professionnelle épanouie. Un dimanche d’octobre dernier à 5h30 du matin, dans son appartement ixellois, elle est réveillée par des bruits et des faisceaux de lumière qui proviennent de la cage d’escalier. Une porte ajourée, qui donne sur le palier, condamnée par une étagère dans laquelle sont rangées des affaires de toilette craque puis cogne le meuble qui se renverse. Elle se lève, jette un œil dans la pièce voisine. Ses deux invités soudanais, âgés de 18 et de 25 ans, dorment encore, à poings fermés… Elle décide d’aller voir ce qui se passe dans le couloir et se dirige vers la porte d’entrée.
    Quelle a été votre réaction quand vous avez vu débarquer la police chez vous ?

    Dounia Depoorter – J’ai ouvert la porte et j’ai dit : « Mais qu’est-ce que vous faites ?! ». Et là, il y avait 15 policiers en gilet pare-balles qui rushent à l’intérieur. Deux ou trois m’ont sauté dessus, m’empoignent, me poussent contre le piano, et on me fait une clef de bras. Douloureuse, donc je crie. Immédiatement, ils hurlent à leur tour « Elle résiste, elle résiste ! Note-le, écris-le, elle résiste ! ». La pression sur mon bras se fait plus forte, je crie encore. On me dit « Taisez-vous, vous êtes privée de liberté, vous avez perdu vos droits ! ».
    On vous met des colsons en plastique ?

    Non, des menottes en métal. Et, ça fait mal. Mais j’avais compris qu’il ne fallait pas crier.
    Et vos invités ?

    Ils ont aussi été menottés, plus rapidement que moi, par une demie douzaine de policiers. J’ai vraiment vu leur corps devenir mous. J’ai vraiment vu « la Lybie » dans leurs yeux. Je leur avais dit qu’ici, ils étaient en sécurité. Parce que je n’aurais jamais imaginé qu’une chose pareille puisse se passer chez moi. Ils ont été emmenés tout de suite, en petit tee-shirt et en caleçon. Moi, j’ai eu un peu plus de temps. Une femme policière était là pour veiller à ce que je m’habille.
    Mais, ils ne vous ont pas présenté un mandat, une décision de justice ?

    Là, toujours pas. Comme ils me hurlaient dessus en me disant que je n’avais plus aucun droit, je n’ai pas osé leur faire une remarque. Ce n’est que lorsqu’ils s’apprêtaient à me sortir de chez moi que j’ai réussi à leur dire qu’ils ne m’avaient pas présenté une notification officielle.
    Quelle a été leur réaction ?

    Non, ils ont commencé à rire. « Ah ah ah ! Elle veut voir un mandat ! Madame fait de son nez ! Allez on va vous le montrer ! ». Et puis, ils me montrent le mandat en néerlandais. J’ai compris « mensen stroper », « trafiquant d’êtres humains », « criminele organisatie », « organisation criminelle ». C’était inconcevable. Je ne savais plus où j’étais…
    Vous êtes sous le choc ?

    Oui. Ils me demandent les clefs de l’appartement pour qu’ils puissent refermer. Je n’ai pas réalisé qu’une dizaine de policiers restaient pour perquisitionner. Ils ont vidé les classeurs, les trousses, les tiroirs par terre. J’ai retrouvé des lampes cassées : ils ont été fouiller partout. Ils m’emmènent donc, menottée, dans une voiture noire banalisée. Je sentais que mes voisins entendaient tout. On me demande si j’ai un avocat. Je réponds oui. Au pénal ? Je réponds non. On arrive dans un grand complexe situé, rue Royale… On marche dans de grands couloirs, on descend d’étage en étage pour arriver dans une pièce en sous-sol où je vois mes deux invités en caleçon et tee-shirt menottés à un anneau dans le mur. Ils ont les yeux injectés de sang. Je veux dire : totalement injectés de sang ! La peur, la peur dans leur regard ! On me fait asseoir à côté d’eux, je suis toujours menottée dans le dos. J’ai un attachement particulier au plus jeune des deux. Il vient de fêter ses 18 ans, je sais qu’il n’a aucun contact avec sa famille qui est dans le Darfour, qu’il a perdu sa mère. Pudique, il ne racontait pas vraiment ce qu’il avait vécu en Lybie. On comprenait un peu. « Big problems in Lybia… ». Une fois, j’ai vu son ventre qui portait des marques de brûlures de cigarette. Je me sentais tellement mal pour lui que même si on nous avait interdit de communiquer je lui ai dit : « I am sorry ». Et, là, je me suis fait engueuler par la femme policière.
    Qu’ont-ils fait de vos invités ?

    Ils les ont emmenés dans une pièce adjacente où ils les ont déshabillés, pris en photo, ils leur ont pris leurs empreintes en les chambrant méchamment, grassement. Puis c’est mon tour. Ils ne m’ont pas déshabillée. Face à l’appareil photo, j’ai fondu en larmes : j’étais « dans le film ». Je ne voyais plus rien. Puis, ils m’emmènent dans des bureaux aux étages. On passe dans les couloirs tapissés de cellules. Je sens l’odeur.
    Ça sent quoi ?

    Ca sent la peur – ça a une odeur, la peur – l’urine, les excréments, le vomi. Ca sent fort. Et à l’intérieur des cellules, c’est encore pire. Ils font sans doute exprès de ne pas nettoyer. Mais je n’y suis pas encore. D’abord, je monte dans un bureau où l’on commence à me faire signer des documents en néerlandais. Ce que je refuse. Je veux bien signer, mais des documents en français. « Mais c’est compliqué ! » me dit-on. La plupart des policiers étaient néerlandophones et des hommes. Mais sur ce dernier point, ce n’est pas plus mal : dans ce milieu les femmes sont nettement plus désagréables. Paroles très dures, gestes brusques, volonté d’écraser, de dominer. Pas un mot calme, explicatif. Bref, on me fait signer des documents en français, mais le mandat est toujours en néerlandais et je refuse de signer.
    Ils vous menacent alors ?

    Non, ils se moquent de moi. « Quoi vous comprenez pas le néerlandais, mais comment est-ce possible, on est en Belgique pourtant » sur un ton à la fois agressif et moqueur. J’ai tenu bon, je n’ai pas signé. J’ai pu alors donner un coup de fil à mon beau-frère qui a pu prévenir une amie avocate. Mais en attendant, on me fournit un avocat commis d’office, néerlandophone qui a juste l’air d’avoir 17 ans et demi et qui m’explique, en gros, que si je suis là c’est « parce que très certainement j’ai fait quelque chose de grave ». Je lui ai dit, que cela n’allait pas fonctionner entre nous… Là, il devait être 10 heures du matin. Je n’ai rien mangé. Mais on m’apporte un café noir. Puis on me conduit dans une cellule. Où vous retrouvez les fameuses odeurs… Oui, menottée on me ramène dans ces couloirs. Je suis saisie d’une peur irrépressible. Devant une cellule, on me fait enlever mes chaussures, mes lunettes. Je rentre en chaussettes à l’intérieur. Le sol colle tellement il est sale. La porte se referme. Trois mètres sur trois, un podium en béton avec un matelas fin en plastique. Une couverture posée dessus. Un W.C. métallique dont la chasse est activée de l’extérieur. Pas de papier toilette. Une caméra ronde au plafond. Pas de fenêtre, un gros néon qui sera allumé en permanence. Tout sent mauvais. Après un moment j’ai tellement froid, que, peu à peu, j’utilise la couverture puante et presque raide de saleté. Je tombe peu à peu en léthargie. J’y suis restée à peu près 30 heures, avec une bouteille d’eau et un sandwich. Jusqu’au lendemain après-midi où l’on me conduit devant un juge d’instruction.
    Comment ça se passe ?

    J’avais, avec moi, mon amie avocate. Le juge me lit des échanges téléphoniques que j’ai eus. Je me rends compte que je suis sur écoute depuis des semaines. Finalement, il me dit que je suis libre mais que je « dois faire attention ». Mais, ça n’a aucun sens… C’est ce que je me suis dit aussi. Pourquoi m’arrêter, m’emprisonner si c’est pour me dire que « je dois faire attention » ?


    https://www.moustique.be/22244/moi-dounia-hebergeuse-de-migrants-arretee-menottee-emprisonnee
    #délit_de_solidarité #solidarité #Belgique #asile #migrations #réfugiés


  • Pour une journée de résistance simultanée, sans frontières, le 10 décembre 2018
    https://nantes.indymedia.org/articles/43493

    POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018 contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire par des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, Mexique, Espagne, France, Argentine, Algérie, Italie, Belgique, Canada, Allemagne…)

    #Resistances #luttes #salariales #/ #-ismes #en #tout #genres #_anarch-fémin #actions #directes #antifascisme #lutte #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #immigration #sans-papieres #frontieres #partout #Resistances,luttes,salariales,/,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,actions,directes,antifascisme,lutte,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement,immigration,sans-papieres,frontieres


  • Agenda du Libre pour la semaine 46 de l’année 2018
    https://linuxfr.org/news/agenda-du-libre-pour-la-semaine-46-de-l-annee-2018

    Calendrier web, regroupant des événements liés au Libre (logiciel, salon, atelier, install party, conférence), annoncés par leurs organisateurs. Voici un récapitulatif de la semaine à venir. Le détail de chacun de ces 45 événements (1 en Belgique, 42 en France, 0 au Luxembourg, 2 au Québec, 0 en Suisse et 0 en Tunisie) est en seconde partie de dépêche. lien n°1 : Aprillien n°2 : Agenda du Libre (Belgique, France, Luxembourg, Suisse et Tunisie)lien n°3 : Carte des événementslien n°4 : Proposer un événementlien n°5 : Annuaire des organisationslien n°6 : Agenda de la semaine précédentelien n°7 : Agenda du Libre au QuébecSommaire

    [FR Toulouse] Appel à candidatures IONIS 361 Toulouse - Du lundi 29 octobre 2018 à 12h00 au dimanche 25 novembre 2018 à 23h00.

    [FR Paris] Les outils libres de la PAO Scribus, GIMP, Inkscape (...)


  • POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018, CONTRE LE DURCISSEMENT DU CAPITALISME ET DE LA SOCIÉTÉ AUTORITAIRE

    Partout dans le monde, au prétexte de la dette des États, le pouvoir ne cesse d’accroitre les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres et de détruire la planète.
    Partout dans le monde, ce recul de nos droits et ce saccage de la vie s’accompagnent d’une amplification de la surveillance et de la répression contre tous ceux qui s’y opposent.

    Partout dans le monde, le pouvoir tente de diviser pour mieux régner en détournant la colère sur le dos des migrants qu’il fait passer pour les principaux responsables du malheur des opprimés.
    Partout dans le monde, le fascisme ne cesse de monter, stade ultime du capitalisme, paroxysme de la société autoritaire, prêt à éliminer ses opposants et tous ceux qui lui déplaisent.

    Partout dans le monde, le pouvoir se prétend légitime au prétexte, d’une part, de lois qu’il écrit lui-même pour conserver et renforcer sa position, et, d’autre part, d’élections périodiques qui n’ont rien de démocratiques puisqu’elles sont le produit de la fabrique de l’opinion par les médias de masse qui appartiennent à la classe dominante.

    Partout dans le monde, le pouvoir usurpe sa position et nous vole nos vies.
    À la différence des classes opprimées du 19ème siècle, au temps où elles commencèrent à s’organiser au niveau international et à se révolter, nous sommes aujourd’hui face à deux problèmes nouveaux qui s’ajoutent aux précédents : la course contre la montre technologique face à un pouvoir qui ne cesser de se renforcer grâce à de nouveaux moyens de surveillance et de répression, ce qui rappelle les œuvres prophétiques de Orwell et de Huxley, et la course contre la montre écologique face à un capitalisme qui, en plus de nous exploiter, arrive maintenant à un stade où la destruction de la Terre sera bientôt irréversible.

    Nous ne pouvons donc plus attendre. Nous ne pouvons plus nous contenter de lutter chacun de notre côté, chacun à l’intérieur de nos frontières, chacun dans le cadre de nos luttes spécifiques sur toutes sortes de sujets, chacun avec nos différentes façons de penser et d’agir.

    Il devient urgent de faire converger nos résistances, un jour par mois, à compter du 10 décembre 2018 et, par la suite, tous les 10 de chaque mois, en même temps, partout dans le monde, parallèlement à nos luttes locales quotidiennes.

    Nous proposons un jour par mois d’actions simultanées contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire. Un jour par mois pour rappeler partout que cette lutte est globale. Un jour par mois pour évoquer l’urgence de nous mobiliser partout et d’en finir avec le pouvoir et l’exploitation. Un jour par mois pour entrer dans un compte à rebours, reprendre confiance en nous, devenir plus nombreux, et préparer ensemble la fin de la société autoritaire et du capitalisme.

    Le 10 de chaque mois est le premier jour à deux chiffres, comme un changement d’ère, d’époque, de maturité. Car nous devons sortir de la préhistoire politique et économique de l’humanité avant qu’il ne soit trop tard.
    Parmi nous, pas de chef, pas de responsable, pas de direction syndicale, pas de bureau d’un parti, pas d’homme providentiel, pas de d’avant-garde éclairée : nous proposons uniquement et simplement un jour de convergence globale par mois, mais nous ne voulons en rien diriger ni coordonner quoi que ce soit. Juste donner une impulsion de départ, avec ce texte et les actes qui vont s’ensuivre.

    Nous ne proposons pas non plus une marche à suivre, une façon de faire, un cadre précis à nos actes ce jour-là : à chacun de lutter comme il l’entend là où il se trouve et de cibler ce qui lui semble important. Descendre dans la rue un même jour, partout dans le monde, est déjà quelque chose d’important, ne serait-ce que pour parler et préparer la suite en occupant des places, des terres, des usines, et plus, beaucoup plus, si certains le souhaitent.

    À chacun d’imaginer sa façon de résister ce jour-là et de la faire savoir, éventuellement avec des photos ou des vidéos, à travers nos médias libres et autogérés partout dans le monde, comme les indymedia, par exemple.
    À chacun de traduire dans d’autres langues ce message et de le propager, sur Internet et jusque sur les murs des villes, pour que chaque 10 du mois, nous soyons toujours plus nombreux et plus déterminés.

    Personne ne nous libérera que nous-mêmes : c’est à nous de prendre au plus tôt nos vies en mains.
    Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.

    Des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, France, Argentine, Espagne, Algérie, Italie, Mexique, Belgique, Canada, Allemagne…)


  • Dans le scandale Macron-Pétain, tu dois absolument remarquer que personne ici ne rappelle les faits d’armes du Maréchal dans la guerre du Rif (terminée en 1926) : les massacres dans une guerre où les français ne faisaient jamais de prisonniers, et évidemment les bombardements systématiques à l’arme chimique des villages (avec son allié espagnol, Franco, qui commence déjà à être appelé caudillo).

    Mais l’indignation typiquement françaoui du moment démarre en 1940… (Dans le France post-coloniale, même l’indignation vertueuse peut chlinguer).

    • Il y a bâti son (immense) popularité sur cette illumination à Verdun, 2 ans après le début des combats, en «  découvr[ant] que #le_feu_tue   » (P. Valéry dans le discours de réception de Philippe Pétain à l’Académie française, le 22 janvier 1931).

      Ce qui montre, s’il en était besoin, le niveau de ses petits camarades…

    • A part #Pétain, il y avait #Joffre aussi. L’historien Roger Frænkel (l’auteur de Joffre, l’âne qui commandait les lions) a montré à quel point ce général - fait maréchal et dont de nombreuses rues et places portent encore son nom - était crapuleux, manipulateur, menteur et d’une médiocrité crasseuse. En cachant les désastres militaires du début de la guerre, il s’est fait responsable de la mort de plus de 300 000 soldats.

      Il y a quelques années, nous avons commis un atlas avec l’ami Vidal dans publié par un mensuel dont je tairai le nom, dans lequel Roger Frænkel avait résumé les faits d’armes de ce #grand_homme : Je reproduis ici les 4 000 signes de ce texte :

      Le général Joffre (1852-1931) est à l’origine d’un mot qui, sans que beaucoup le sachent, perpétue son souvenir : « limoger ». Il donna l’ordre, en effet, d’assigner à résidence à Limoges, en septembre-octobre 1914, une centaine de généraux qu’il jugeait incapables. Mais sa propre gloire est-elle bien méritée ?...

      LES ARMÉES FRANÇAISES SOUS LE COMMANDEMENT D’UN ÂNE, DOUBLÉ D’UN IMPOSTEUR

      Lorsqu’en 1911, le gouvernement français le propulse à la tête de l’État-major, Joseph Joffre, simple général de division, est encore inconnu. Formé à l’École Polytechnique, il n’est pas breveté par l’École de guerre – il appartient au Génie – et ses faits d’armes se limitent à la prise de Tombouctou le 12 février 1894, à coups de fusils et canons contre une bande d’indigènes équipés de javelots.

      C’est donc sous l’autorité d’un homme inexpérimenté que l’armée française se prépare à la guerre. Avec le colonel Grandmaison, Joffre élabore une tactique d’offensive à outrance au détriment de la défense du territoire. Le plan XVII, achevé en 1913, encourage – oui, encourage – les Allemands à déployer leur propre stratégie (le Plan Schlieffen) connue du ministère français de la Guerre depuis 1904 et qui prévoit d’attaquer la France par la Belgique. L’objectif de Joffre est ainsi d’attirer les troupes allemandes à la frontière franco-belge, pour ouvrir la voie à une victoire rapide en Lorraine.

      Les opérations d’août 1914 furent ce qu’elles devaient être. Volontairement tenus dans l’ignorance des objectifs poursuivis, les généraux français appliquent les instructions docilement ; l’armée allemande est laissée libre d’envahir la Belgique et peut avancer vers les Ardennes. Les troupes françaises attaquent à Sarrebourg et Morhange, mais, loin de surprendre l’ennemi, se heurtent à une défense solide : les Allemands, eux, ont pensé à protéger leurs frontières.

      Toutes les batailles livrées entre le 8 et le 24 août 1914 – toutes, sans exception – se soldent par des désastres. Le recul est général, la Belgique, submergée. Ces semaines furent les plus sanglantes du conflit : en seize jours, la France déplore autant de morts qu’à Verdun en quatre mois (INDIQUER DATES DE VERDUN ?).
      Pendant un an et demi, les défaites se succèdent, mais Joffre reste aux commandes. Ce n’est qu’en décembre 1916 qu’Aristide Briand obtient la démission du général qui, en compensation, est élevé à la dignité exceptionnelle de « Maréchal de France ». Pourquoi ce retard ? Pourquoi cet honneur ? En partie parce que, seul maître à bord dans la zone des combats, notre généralissime s’est rendu coupable de falsifications qui lui ont permis, grâce aux artifices d’un entourage menacé comme lui d’être congédié, de se maintenir en place.

      Pour cette opération de sauvetage personnel, il fabrique des informations erronées, destinées à tromper le gouvernement sur la réalité de la situation. Taisant les revers subis, il explique avoir disposé ses armées en supériorité numérique dans les meilleures positions, attendant qu’elles accomplissent leur devoir : « la parole est maintenant aux exécutants qui ont à tirer parti de cette supériorité », écrit-il dans un télégramme au ministre de la guerre le 26 août 1914.
      Vingt-quatre heures plus tard, affectant l’air navré du chef qui vient d’être contredit dans ses espérances, il avoue des désastres vieux de plus jours et accable les prétendus responsables : « Force est de se rendre à l’évidence. Nos corps d’armée, malgré la supériorité numérique qui leur avait été assurée, n’ont pas montré en rase campagne les qualités offensives que nous avaient fait espérer les succès partiels du début ».
      Une « évidence », des « succès partiels » ? En tués, blessés, disparus et prisonniers, la saignée d’août 1914 touche, côté français, plus de 370 000 hommes. Les généraux sur le terrain, qui n’ont fait qu’obéir aux ordres, sont décrétés coupables et « limogés ». La supériorité numérique revendiquée n’était pourtant qu’un mensonge.

      Les faits ne sont plus réfutés par personne, mais le souvenir de cette débâcle foudroyante a laissé peu de traces dans la mémoire nationale : Joffre demeure le fameux « vainqueur de la Marne », celui qui réquisitionna les taxis parisiens pour acheminer des hommes au front, celui que la foule ovationna le 14 juillet 1919 sous l’Arc de Triomphe, celui qui eut droit à des funérailles nationales, et dont le Parlement déclara en janvier 1931 qu’il « a bien mérité de la Patrie ». Combien de rues, places et autres avenues portent encore ce nom, celui d’un chef de guerre médiocre et affabulateur ?

      Comme pour Faidherbe, il faudra penser à faire débaptiser tout ce qui sappell Joffre dans ce pays.

      #bande_de_psychopathes #criminels_de_guerre

    • De Gaulle, donc :

      « Des événements excessifs, l’usure de l’âge mena le Maréchal Pétain à des défaillances condamnables, mais la gloire qu’il avait acquise à verdun et qu’il garda pendant 25 ans en conduisant l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée et méconue par la patrie ! »

      Amen !

      Je comprends mieux d’où vient la France qui chérit les défilés militaires.

    • Je ne souviens pas qui a écrit que si les crimes d’Hitler sont considérés comme supérieurs à tous les autres, c’est largement parce qu’il a appliqué à des ressortissants européens le traitement usuellement appliqué, cela de manière plutôt banale et sans provoquer de grande indignations en Europe, aux peuples colonisés (Chomsky peut-être ?). Pas parce que, dans l’absolu, il aurait « innové » dans les procédés génocidaires (gazer des civils et éradiquer des populations entières).

      À part un peu la torture en Algérie, les crimes coloniaux français sont totalement occultés. Ce qui m’épate, c’est qu’à l’heure de l’internet et de l’accès immédiat à une foule de sources, des indignations vertueuses en 140 caractères à tout bout de champ, on arrive encore à passer totalement à côté des crimes de guerre et crimes contre l’humanité d’un type aussi connu. Gazer les populations civiles des villages de nos colonies, c’est un détail même pas digne d’être mentionné.

      Quand il y a eu des commémorations sur Churchill, au moins j’ai vu passer un bon nombre de rappels des indignités coloniales du bonhomme sur Twitter.

    • @nidal, tu penses sans doute à Aimé Césaire dans Discours sur le colonialisme :

      [...] et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

    • S’il faut s’indigner, il n’est pas nécessaire d’aller loin dans l’histoire et le temps. Cette horrible guerre coloniale au Yémen peut très bien faire l’affaire… Maréchal Macron ?

    • Pétain : le rôle méconnu du maréchal dans la Guerre du Rif
      08.11.2018 Par Louis Witter
      https://ledesk.ma/culture/petain-le-role-meconnu-du-marechal-dans-la-guerre-du-rif

      (...) Alors que l’armée espagnole est victime de plusieurs défaites face aux résistants rifains à partir de 1921, la France sent que la République mise en place par Abdelkrim El Khattabi menace ses projets coloniaux en Afrique du Nord et décide d’intervenir dans la Guerre du Rif. La principale déroute espagnole, celle de juillet 1921 à Anoual, pose les bases de la féroce contre-offensive franco-espagnole qui interviendra quelques années plus tard. Le Général espagnol Sylvestre y perd quelques 20 000 hommes et se suicide sur le champ de bataille. A la tête du Protectorat français, le Maréchal Lyautey s’inquiète dans une directive du 20 décembre 1924 d’un éventuel retrait des troupes espagnoles et préconise alors une action de l’armée française pour asseoir de nouveau le pouvoir des armées coloniales dans la région. (...)


  • Bruxelles Une haie d’honneur devant le Palais de Justice pour les hébergeurs de migrants RTBF - 7 Novembre 2018
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_une-haie-d-honneur-devant-le-palais-de-justice-pour-les-accuses-de-trafi

    Environ deux cents personnes étaient présentes devant le Palais de Justice de Bruxelles, place Poelaert, sous la bannière du mouvement ’#Solidarity is not a crime !’, en soutien des 11 personnes accusées de trafic d’être humain, dont le procès s’ouvrait ce mercredi matin.


    Les manifestants entendent dénoncer la « criminalisation des migrants et de la solidarité envers les migrant.e.s et les exilé.e.s ». Parmi les inculpés, Anouk van Gestel, rédactrice en chef de Marie Claire Belgique, ne cache pas son émotion : « Le soutien fait chaud au cœur, dit-elle. À mes yeux, cela donne l’impression que l’opinion est plutôt favorable à notre cause. Être là à 7h45 en pleine semaine, ce n’est pas très courant ! » 

    Accusée d’avoir participé à une association de malfaiteurs en hébergeant un jeune Soudanais qui voulait atteindre la Grande-Bretagne, Anouk van Gestel trouve « infâmant » ce qu’on lui reproche. « Ça ne rend pas la Belgique très grande », regrette-t-elle. Porte-parole « malgré elle », selon ses mots, d’une cause qu’elle « valide » pourtant, elle reste confiante sur l’issue du procès : « Il n’y a rien qui dit que j’ai fait quelque chose d’illégal ». Anouk van Gestel estime avoir agi sans être rémunérée, et donc ne pas tomber sous le coup de l’article 77 sur l’hébergement des migrants.

     
     #asile #réfugiés #migrations #migration #migrants #harcèlement #solidarité


  • Bruxelles : programme d’Acrata en novembre 2018
    https://infokiosques.net/spip.php?article1617

    Acrata rue de la Grande Ile 32 1000 Bruxelles, Belgique acrata@@@post.com Permanences chaque jeudi de 17h à 21h, et chaque samedi de 15h à 18h. Jeudi 15 novembre – 19h30 – Projection La Tragédie des Brigades internationales (documentaire de Patrick Rotman, 2016, 1h40). En suivant le déroulé chronologique des trois années de Guerre d’Espagne (1936-1939), des images d’archives - souvent rares - soutenues par le commentaire peu inspirant du réalisateur nous entraîne dans l’épopée des (...)

    #ailleurs


  • Se former à Linux en Promotion Sociale
    https://linuxfr.org/news/se-former-a-linux-en-promotion-sociale

    Comme vous, j’adore Linux et j’en ai fait mon métier. Durant toutes mes années d’apprentissage, j’ai toujours trouvé que suivre une formation dans ce domaine n’était pas simple. Les raisons en sont une offre faible et/ou à des tarifs inabordables.

    J’ai l’occasion cette année de mettre ma pierre à l’édifice en vous proposant une formation Linux en « Promotion Sociale » à l’IEPSCF Frameries (en Belgique, à quelques kilomètres de la frontière française).

    NdM. : L’enseignement de promotion sociale est un terme du système éducatif belge, défini comme suit sur Wikipédia : « concourir à l’épanouissement individuel en promouvant une meilleure insertion professionnelle, sociale, culturelle et scolaire » et « répondre aux besoins et demandes en formation émanant des entreprises, des administrations, de l’enseignement et d’une (...)


  • Les pierres tombales sur mesure importées de Chine ont envahi le marché Pierre Fagniez - 12 mai 2016 - RTL
    Ce n’est pas qu’en Belgique, en France aussi, voir le Canard Enchaîné de cette semaine
    https://www.rtl.be/info/vous/temoignages/des-pierres-tombales-venues-de-chine-prosperent-dans-les-cimetieres-belges-c-est
    . . . . .

    Désormais, ce n’est pas seulement le bloc de pierre qu’on importe de Chine mais bien la pierre tombale entièrement façonnée et prête à être placée, comme ce fut le cas pour le monument funéraire commandé par Carine. Car le façonnage est un domaine où la main d’œuvre chinoise, très bon marché, défie toute concurrence. « Ce sont des artistes », souligne le chef de la Marbrerie Gowie. « Par ici si on voulait faire la même pièce ce serait 4 à 5 fois plus cher », estime-t-il. « La Chine est le pays de la copie. Vous prenez une photo de n’importe quel monument et on vous le fait. Ça se fait régulièrement », raconte le responsable du commerce du cimetière Robermont. Ce dernier dessine les plans des monuments funéraires avec l’aide d’un marbrier, puis achète à un producteur chinois. « C’est comme un costume », dit-il. « Vous avez les dimensions, le dessins. Je veux ci, je veux ça et il me le fait ». 

Ces pierres tombales fabriquées en Chine ne sont pas toujours synonymes de mauvaise qualité puisqu’elles ne sont pas forcément faites avec du granit local. « Les Chinois importent par exemple du granit de la Norvège, fabriquent des pierres tombales chez eux, puis les revendent. Ce qui reste encore moins cher que si elles étaient fabriquées en Europe », explique le directeur de Granit Lucas. « On pense que le transport de la marchandise rendrait le coût de revient supérieur. Mais non », constate-t-il.
    . . . . .


    #mort #cimetière #Chine #importation #mondialisation


  • BREXIT et BELXIT : la Belgique quitte-t-elle l’UE ?
    http://www.dedefensa.org/article/brexit-et-belxit-la-belgique-quitte-t-elle-lue

    BREXIT et BELXIT : la Belgique quitte-t-elle l’UE ?

    Ces dernières décennies et dans le peloton de tête, tous les gouvernements belges ont confirmé leur détermination inébranlable à renforcer les capacités de défense européennes. En décembre 2016 au Conseil européen, la Belgique a mobilisé ses forces pour qu’un vaste plan visant à approfondir la coopération en matière de sécurité et de défense européenne soit approuvé. Le rythme s’est encore accéléré en juin 2017 avec la mise en place d’un Fonds européen commun de la défense chargé de financer les activités conjointes de recherche et développement des capacités militaires européennes.

    Ces décisions capitales, emblématiques d’un cap politique cohérent et établi sur la durée font honneur à ce pays. La Belgique s’oblige sur le plan politique, militaire et financier à (...)


  • Dire la #violence des #frontières. Mises en mots de la migration vers l’Europe

    Considérant les pratiques langagières comme partie intégrante des pratiques migratoires, ce dossier s’intéresse aux mises en mots de la #mort et de la violence aux frontières dans le cadre des migrations vers l’Europe. Ces mises en mots sont appréhendées à différents niveaux, qu’il s’agisse de leurs productions depuis les espaces institutionnels (organisations internationales, espaces politiques à l’échelle européenne ou étatique) ou de leurs réceptions par les migrants, au cours de leur voyage vers l’Europe ou après coup, lorsqu’ils y sont arrivés, ou encore de retour dans leur pays de résidence après une expulsion. L’approche par le #langage, correspondant à la fois à une prise en compte des discours produit sur les migrants et de la parole prise par ces derniers dans des cadres discursifs divers, est au cœur du dossier thématique de ce numéro : en déclinant la manière dont sont exprimées, dans des cadres discursifs divers, les mises en mots de la mort sociale, de la disparition, de l’arbitraire institutionnel, ou encore du sécuritaire et de l’humanitaire, etc., cette perspective permet de penser l’objet frontière tout en offrant une grille de lecture des inégalités socio-spatiales à l’heure de la mondialisation.

    Cécile Canut et Anaïk Pian
    Éditorial [Texte intégral]
    Editorial
    Editorial
    Cécile Canut
    « Tu ne pleures pas, tu suis Dieu… » Les #aventuriers et le spectre de la mort [Résumé | Accès restreint]
    “You don’t cry, you follow God…” Adventurers and the Specter of Death
    « No lloras, sigues a Dios… » Los aventureros y el espectro de la muerte

    Anaïk Pian
    Les #espaces_discursifs de la frontière : mort et arbitraire dans le voyage vers l’Europe [Résumé | Accès restreint]
    Discursives Spaces of Border: Death and Arbitrariness in Journeys towards Europe
    Espacios discursivos de la frontera: la muerte y lo arbitrario en viajes hacia Europa

    Charles Heller et Antoine Pécoud
    Compter les morts aux frontières : des contre-statistiques de la société civile à la récupération (inter)gouvernementale [Résumé | Accès restreint]
    Counting Migrant Deaths at the Borders: From Civil Society’s Counter-statistics to (Inter)governmental Recuperation
    Contabilizar los muertos en las fronteras: de las contra-estadísticas de la sociedad civil a la recuperación (inter)gubernamental

    Jacinthe Mazzocchetti
    Dire la violence des frontières dans le rapport de force que constitue la procédure d’asile. Le cas d’Ali, de l’Afghanistan en Belgique [Résumé | Accès restreint]
    Telling the Violence of Borders in the Power Relations that Constitutes the Asylum Process. The Case of Ali, from Afghanistan to Belgium
    Contar la violencia de las fronteras en el equilibrio de poder representado por el procedimiento de asilo. El caso de Ali, de Afganistán a Bélgica

    Carolina Kobelinsky
    Exister au risque de disparaître. Récits sur la mort pendant la traversée vers l’Europe [Résumé | Accès restreint]
    Existing at Risk of Disappearing. Narratives on Death during Border Crossing
    Existir arriesgando desaparece. Relatos sobre la muerte durante la travesía hacia Europa

    Annastiina Kallius
    The East-South Axis: Legitimizing the “Hungarian Solution to Migration” [Résumé | Accès restreint]
    L’axe Est-Sud : légitimer la « solution hongroise à la migration »
    El eje Este-Sur: legitimación de la «solución húngara a la migración»

    https://journals.openedition.org/remi/8596
    #revue #mots #vocabulaire #terminologie


  • #métaliste sur le #mobilier_urbain #anti-sdf / #anti-réfugiés :

    En #Belgique, on coupe les arbres pour voir les exilés qui veulent traverser l’autoroute :
    https://seenthis.net/messages/689641
    Le collectif #Design_for_everyone, en Belgique :
    https://seenthis.net/messages/736108

    En #France :
    #Monpellier
    https://seenthis.net/messages/688698
    #Ile_de_France :
    https://seenthis.net/messages/554332
    A #Paris, des blocs de #pierres à #Porte_de_la_chapelle #La_Chapelle :
    https://seenthis.net/messages/573068
    https://seenthis.net/messages/570452

    Et à Paris, d’autres techniques anti-réfugiés et anti-sdf compilées par @sinehebdo : #couvertures #grilles #grillages #bennes :
    https://seenthis.net/messages/570951
    Et sur les grillages aussi :
    https://seenthis.net/messages/557438
    A Paris, il y a aussi les #cages_anti-SDF :
    https://seenthis.net/messages/235874

    En #Serbie, à #Belgrade :
    https://seenthis.net/messages/518134
    Sur cette liste il y a aussi #Calais

    Sur le #design_défensif :
    https://seenthis.net/messages/666521
    https://seenthis.net/messages/445966
    #architecture_défensive #résistance #Rome #UK #Angleterre
    Sur cette liste il y a aussi : #Angoulême #Londres
    Et encore sur Londres : https://seenthis.net/messages/265429

    A #Oslo, en #Norvège :
    https://seenthis.net/messages/389670

    A #Montréal, au #Canada :
    https://seenthis.net/messages/265970

    Des initiatives de #résistance et/ou #dénonciation :
    https://seenthis.net/messages/650079
    https://seenthis.net/messages/671004
    #art #cartographie #visualisation

    Film « This Is the Best Way to Fight Back Against London’s Anti-homeless Spikes »
    https://seenthis.net/messages/391224

    #urban_matter #villes

    J’ai peut-être oublié des liens, mais ça fait déjà une longue liste de #cruauté_humaine...


  • Terrorisme : Jambon envisage une version belge de la plateforme anversoise Shield
    http://www.lalibre.be/actu/belgique/terrorisme-jambon-envisage-une-version-belge-de-la-plateforme-anversoise-shi

    Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) envisage le programme anversois « Shield » sur les cas suspects de terrorisme comme un projet pilote pour l’ensemble de la Belgique, a-t-il indiqué lundi lors d’un débat sur la sécurité qui se tenait à la Foire du livre d’Anvers. Il prendra une décision d’ici à la fin de cette législature, a-t-il précisé. Jan Jambon participait lundi à un débat à la Foire du livre d’Anvers en lien avec la sortie du livre « Pas de panique » du CEO de l’entreprise de gardiennage Seris, (...)

    #anti-terrorisme #délation


  • [RussEurope-en-Exil] La situation économique de la France aujourd’hui, par Jacques Sapir
    https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-situation-economique-de-la-france-aujourdhui-par-ja

    (Cet article paraîtra dans un prochain numéro de la revue russe “Le Messager de la Philosophie et des Sciences Sociales” / Вестник философии и социальных наук) La France connaît une situation difficile, marquée par une croissance faible, et ce depuis la fin de la crise de 2008-2010. Si la chute de la production au moment […]

    #Économie

    • La France est un des pays les moins intégrés dans l’UEM. Elle ne réalise, en moyenne, que 55% de ses échanges avec les autres pays de l’UEM. Par contre, le niveau d’intégration de l’Italie, de l’Espagne et de la Belgique est bien plus élevé, variant entre 65% et 70%.

      L’Euro apparaît bien comme la raison principale de la perte de compétitivité française et, de ce point de vue, porte une très forte responsabilité sur le maintien du chômage à un niveau très élevé et sur une croissance particulièrement faible.

      La situation économique de la France apparaît donc comme difficile alors que l’année 2018 se termine. La conjoncture reste maussade, et cela traduit notamment l’impact des politiques macroéconomiques poursuivies depuis maintenant de nombreuses années. La politique mise en œuvre par Edouard Philippe, le Premier-ministre d’Emmanuel Macron, n’échappe pas à la règle. Ces politiques macroéconomiques amplifient le ralentissement de la croissance qui se manifeste dans la zone Euro depuis ces derniers mois. Mais, les problèmes de l’économie française vont au-delà de la conjoncture, comme le montre le problème du chômage. Ils s’enracinent autour d’un problème majeur de compétitivité, problème lui-même relié à l’existence de l’Euro. Tant que le gouvernement français n’affrontera pas cette réalité, il sera condamné à des politiques économiques relevant d’un bricolage futile et pleinement incapables de ramener la France sur le chemin d’une forte croissance, qui est seule capable de faire significativement diminuer les chiffres du chômage.


  • « Prisonniers du passage » : une ethnographie de la #détention_frontalière en #France

    A partir des années 1980, les conditions d’entrée dans les pays européens deviennent plus restrictives. Amorçant ce qui est désormais devenu la norme en Europe quels que soient les gouvernements, les politiques publiques migratoires se caractérisent par l’arrêt de l’immigration de travail, le durcissement des critères d’attribution de l’asile politique, l’expulsion des étrangers irréguliers ou ayant reçu une condamnation pénale et les modifications du code de la nationalité. Par ailleurs, dans le processus de construction européenne, la gestion des circulations s’organise à travers un régime double et différentiel, de libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace européen, et de construction renforcée des frontières extérieures. Ce cadre européen met en place un espace stratifié et complexe qui saisit les acteurs de la circulation dans un quadrillage de pratiques et de normes. Cet espace est fait de superpositions, de différences nationales, selon la culture et l’histoire de chaque pays européen, et d’homogénéisations – notamment à travers les accords de Schengen en 1985 et 1990 et le règlement de Dublin1 dont la troisième mouture est en vigueur, la quatrième en préparation.
    2

    Dans ce contexte, le contrôle des voyageurs et des migrants passe couramment par leur enfermement dans des espaces plus ou moins pénitentiaires. En France, la zone d’attente est une zone extraterritoriale de détention où les étrangers refusés à la frontière sont maintenus en attente de leur admission ou de leur « refoulement » pour une période allant jusqu’à vingt jours. Les zones d’attente sont situées dans ou à proximité des zones internationales aéroportuaires, portuaires, routières ou ferroviaires. En tant qu’assistante juridique pour l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), j’ai eu accès à l’intérieur de la zone d’attente, où j’ai mené une observation de 2004 à 20082 . Cette ethnographie d’une forme particulière de contrôle s’offre comme point de départ pour réfléchir sur le régime mis en place en Europe depuis quelques décennies en partant des différents espaces par lesquels ce régime procède.
    « Une frontière, c’est quoi ? Juste une ligne, rien de plus »
    3

    Comment se retrouve-t-on détenu « à la » frontière ? Que s’y passe-t-il ? Comment en sort-on ? Et qu’y a-t-il de l’autre côté ? La mise au ban dont témoignent les centres fermés aux frontières est une réalité difficile à saisir : les barrières instituées de l’illégalité, les enjeux de clandestinité, d’anonymat, d’identification font qu’en pratique, ce parcours ne se raconte pas et se dérobe face à l’observation empirique. En s’appuyant sur les expériences vécues d’enfermement et de circulation qui se tissent autour du maintien en zone d’attente, il s’agit d’approcher cette réalité en sondant les lieux par où les individus transitent et les techniques qui mettent en branle leur circulation faite de passages, d’immobilisations et de retours. Cette « errance individuelle »3 , dans la rugosité de ses parcours improbables, nous renseigne en retour sur l’évolution de l’espace public, du rapport au temps et au (non-)lieu qui fondent une modalité inédite de l’inclusion dans l’organisation politique étatique. Imaginons donc un parcours fait de multitude de parcours : un collage d’expériences qui fait surgir les nœuds du voyage et trace les possibles, suit les bifurcations, pointe les tensions. Entrons dans le dispositif.

    Kadiatou Fassi est née à Conakry en Guinée il y a seize ans. Son père était venu d’un village pour étudier dans la capitale, qu’il n’a plus quittée. Sa mère a rejoint son mari en ville après le mariage, mais « elle n’a pas duré » : elle est morte un peu après la naissance de sa fille. Le père de Kadiatou tenait un commerce, et la situation n’était pas mauvaise. Lors des grèves de 20074 , alors qu’on avait déclaré l’état de siège et le couvre-feu – Kadiatou préparait le dîner dans la cour – Monsieur Fassi est blessé par balle lors d’une émeute dans la rue commerçante où se trouve sa boutique. Il meurt.
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    Après l’enterrement de son père, Kadiatou rencontre un de ses anciens clients, qui lui propose de l’aider à partir du pays. Kadiatou sait qu’une cousine maternelle est en France, et elle rêve de s’appuyer sur cette cousine pour venir en France elle aussi. Elle explique son projet, pour lequel elle dispose de l’héritage laissé par son père. L’homme répond que cela tombe bien : il doit aussi se rendre en France. Il lui demande où est sa cousine. Elle ne le sait pas, mais elle a son numéro de téléphone. Kadiatou possède cinq millions de francs (CFA). Le client lui demande trois millions et fait fabriquer un passeport pour Kadiatou : il va devoir changer sa date de naissance pour qu’elle apparaisse comme majeure. Kadiatou accepte. Le client vient ensuite chercher le reste de l’argent : 2 millions. Kadiatou Fassi prend l’avion avec le client de son père, qui s’est occupé de ses papiers d’identité, de son billet d’avion, pour lequel il faut présenter un passeport et un visa, et de leur passage aux comptoirs de vérification à l’aéroport de Conakry.
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    Ils débarquent dans un pays dont elle n’a jamais entendu parler : l’Ukraine. Elle ne connaît personne et ne comprend pas la langue ; elle demande au client de l’emmener chez sa cousine. Il lui demande d’attendre. Il la loge à Kiev, à l’arrière d’un restaurant. Il vient la voir parfois. Deux semaines passent : Kadiatou redemande au client de l’emmener chez sa cousine, comme c’était prévu. Les visites du client s’espacent. Puis il revient, accompagné d’autres hommes. Il déclare à Kadiatou qu’elle doit payer le reste de son voyage. Un jour, il lui rend son passeport, le billet de retour et lui annonce qu’elle rentrera seule le mardi suivant. Elle lui répond qu’elle ne sait pas prendre l’avion. L’homme la fait monter dans un taxi et l’accompagne à l’aéroport : il écrit le nom de la compagnie aérienne, avec lequel Kadiatou Fassi embarque sans encombre pour le voyage du retour : Kiev-Conakri avec une escale à Paris5 .

    Jana Fadhil, son mari Iman et son fils de quatre ans sont arrivés de Damas où ils s’étaient installés après leur départ de Bagdad. Celui qui a organisé leur voyage leur demande de l’attendre à la descente de l’avion, le temps d’emmener leurs passeports et leurs formulaires de douane auprès de ses « connaissances » parmi les policiers, pour les faire tamponner. Leur voyage a coûté 13 000 euros, payables en deux fois. Ils ont avec eux 5 000 euros, la deuxième partie de la somme, qu’ils remettent comme convenu à leur accompagnateur dès leur arrivée à Roissy, et quelques centaines d’euros pour leur séjour. Au bout de quelques heures, voyant que l’homme ne revient pas, Iman part le chercher de-ci, de-là dans le terminal : perdus dans l’aéroport, ils tournent en rond et marchent. Ils restent à attendre dans le hall du terminal avant les douanes jusqu’au soir. Jana Fadhil est enceinte de sept mois. Elle et son fils s’allongent sur le sol ; son mari dort sur une chaise. Ils se nourrissent au comptoir snack du terminal : une bouteille d’eau coûte 4,5 euros, un gâteau, 1,5 euro. Le jour suivant, ils ont déjà dépensé 260 euros en nourriture et téléphone et commencent à être à court d’argent. Dans l’après-midi suivant, Jana fait un malaise et prend peur de perdre son bébé : ils se dirigent vers les postes de douane. Ils restent deux heures devant un poste en essayant de capter l’attention des officiers qui vont et viennent. Finalement, l’un d’eux se tourne vers eux ; Iman lui dit en anglais :

    - Un homme nous a laissés ici.

    - Venez avec nous.

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    En escale à Paris, Kadiatou Fassi ne prend pas la correspondance pour Conakry. La police l’intercepte dans le terminal : elle est emmenée au poste pour un interrogatoire. Les policiers la questionnent sur son accompagnateur, lui demandent où il se trouve à présent. Dans l’après-midi, ils la conduisent au prochain vol vers Conakry. Kadiatou refuse de monter dans l’avion : elle dit à la police qu’elle ne sait plus comment vivre chez elle : comme elle a donné son argent pour venir, elle a été délogée de sa maison. Les policiers lui demandent à nouveau de monter dans l’avion, en la menaçant de lui mettre des menottes s’il elle ne le fait pas. Elle a peur et se met à pleurer. Ils la reconduisent dans le poste de police. Kadiatou attend dans une cellule fermée à clé, une vitre donne sur le couloir du poste. Il y a un banc en ciment et un téléphone au mur qui ne marche pas. Sans trop savoir de quoi il s’agit, Kadiatou Fassi se souvient qu’en Guinée, certains disaient qu’« il y a l’asile qu’on demande pour ne pas qu’on te retourne ». Un policier ouvre la porte quelques heures plus tard : elle lui demande de « l’aider à demander l’asile ». Au comptoir du poste, un policier imprime une série de documents, lui demande d’en signer certains et lui tend la pile de ses « papiers de police ». Trois agents la conduisent, en compagnie de plusieurs autres hommes, femmes et enfants, dans le centre de Zapi 3. Une employée de la Croix-Rouge les accueille à l’étage : elle leur donne à chacun des draps et une serviette, et leur montre leur chambre. Kadiatou Fassi a une chambre seule, dans la partie réservée aux « #mineurs_isolés ».

    Djibril Ba attend dans le couloir, assis sur le rebord d’une cabine de douche. En fin de matinée, une voix lui demande en anglais de descendre avec ses papiers de police. Il se rend au bureau de la Croix-Rouge qui se trouve à quelques mètres en disant qu’il vient d’être appelé. Une médiatrice lui dit qu’il doit descendre et sonner à l’interphone dans le hall, la police lui ouvrira. En bas, un policier lui ouvre : « police papers », puis l’accompagne le long d’un couloir au plafond immense jusqu’à une double porte électrifiée qu’il ouvre à l’aide de cartes magnétiques. Il se trouve dans un hall d’attente, dans lequel la lumière du jour entre par une porte vitrée qui donne sur une deuxième salle d’attente, à l’entrée du centre. Deux policiers sont assis à une petite table et discutent entre eux. Le hall donne sur plusieurs pièces : certaines sont réservées aux visites entre les maintenus et leur famille ou leur avocat ; d’autre aux entretiens de demande d’asile avec un agent de la division asile à la frontière. Djibril Ba attend sur les chaises alignées du hall, il est seul avec les deux policiers assis devant le petit bureau. Une porte s’ouvre au fond du couloir, un des policiers appelle Djibril et le fait entrer dans le bureau de l’agent de l’Ofpra. L’homme d’une trentaine d’années est assis derrière un ordinateur, dans un bureau très clair garni d’une grande fenêtre à poignées qui donne sur des haies d’arbustes. L’agent de l’Ofpra laisse d’abord Djibril parler, puis il lui pose quelques questions factuelles. Il fait des photocopies de sa carte de militant et de photos que Djibril Ba a emmenés avec lui. L’entretien dure une heure, puis Djibril est reconduit à travers les sas et les couloirs vers le centre d’hébergement à l’étage. Dans l’après-midi, Djibril Ba entend à nouveau son nom au haut-parleur : on lui demande de descendre avec ses papiers de police. Un policier le reconduit vers les bureaux de l’Ofpra, où l’attend le même agent :

    - Avez-vous un dernier mot à ajouter ?

    - Non, tout ce que je voulais dire, je l’ai dit. Je veux avoir l‘asile, car j’ai des problèmes dans mon pays.

    - Ok. Je photocopie tous vos documents et je les mets dans votre dossier pour le ministère de l’Intérieur. Mon avis est consultatif, mais ce sont eux qui prennent les décisions.6

    Djibril Ba remonte dans sa chambre. Dix minutes plus tard, il est appelé à descendre et il est reçu encore une fois dans le bureau par l’agent qui est accompagné cette fois d’un autre officier. On lui pose de nouvelles questions : Pourquoi a-t-il fui le Mali mais est-il arrivé par la Côte d’Ivoire ? Pourquoi est-il entré dans la rébellion ? À la fin de l’entretien, on lui redemande pourquoi il demande l’asile. Il l’explique à nouveau. Les deux hommes s’interrogent du regard et le second opine : « Ce sera tout merci ». L’entretien dure quelques minutes.

    Le lendemain de son entretien, James est appelé en bas avec ses papiers de police et ses bagages. Il a peur. Il ne veut pas descendre. Il me demande plusieurs fois pourquoi il doit descendre avec son sac. James est petit et coquet, un béret beige sur la tête, des bottines en crocodiles, une valise rigide grise métallisée. Il sent la crème hydratante. Il était syndicaliste à Lagos, au Nigeria. Il a demandé l’asile et attend une réponse. Il a retranscrit son récit d’asile sur quatre feuilles qui traînent sur sa table de nuit. Très peu de Nigérians obtiennent l’asile politique : le Nigeria fait partie des « principales nationalités des déboutés » de l’asile en France entre 2003 et 20077 . Il fait calmement, minutieusement son sac. Il me demande de l’attendre : il va aller aux toilettes. Après cinq bonnes minutes, il finit de boucler sa valise, plie les feuilles et les met dans sa poche. On descend ensemble. Je veux vérifier que sa notification de refus de demande d’asile ne lui sera pas remise au moment où ils vont l’emmener pour un embarquement forcé. Si c’est le cas, il faudra se plaindre à la police, car la notification doit avoir lieu avant l’embarquement. Mais ça ne changera rien pour James. Le problème est que je ne connais pas le nom de famille de James : ça sera difficile de déposer une plainte sans pouvoir donner le nom de famille du maintenu. Je n’ai pas le temps de demander le nom de James ; on est arrivé dans le hall du rez-de-chaussée, James a sonné, un policier a ouvert et lui a demandé ses papiers de police :

    - Oui c’est bon, veuillez me suivre.

    - Excu…

    J’essaie de placer un mot, mais la porte s’est déjà refermée sur moi. Je le laisse partir, je ne peux rien dire. Légalement, il n’y a rien d’anormal à ce qui vient de se passer. Louis, un demandeur d’asile nigérian que j’ai rencontré tout à l’heure nous a suivi dans le hall :

    - Qu’est-ce qui est arrivé à mon collègue ?

    - Je ne sais pas.

    Il me le demande plusieurs fois. Un policier en tenue d’escorte8 passe devant nous. Je lui demande s’il sait « où est parti le Nigérian ». « Quel Nigérian ? Quel est son nom ? Vous avez son numéro de MZA9 ? » Il ne peut pas m’aider s’il ne connait pas son nom ; mais il sait qu’un Nigérian a eu l’asile politique aujourd’hui. C’est rare. Je me demande si c’est James. Plus tard, depuis la fenêtre du bureau, je vois James mettre sa valise grise dans une voiture de la Croix-Rouge. Elle va le conduire au kiosque d’orientation de l’aéroport de Roissy pour ceux qui ont été admis à demander l’asile en France.
    11

    Au Terminal 1 de l’aéroport, au niveau des arrivées, derrière la porte à deux battants nº 24, accessible par les escaliers réservés au personnel technique, se trouve le bureau de la Croix-Rouge où Halima Seyum a été conduite après avoir été admise à sortir de zone d’attente au titre de l’asile. Une employée de la Croix-Rouge lui a remis une feuille listant les numéros de téléphone utiles pour son parcours d’asile : France terre d’asile, pour la domiciliation, la préfecture de la Seine Saint-Denis, pour le dépôt de sa demande, la Cimade, ouverte tous les mardis matins à partir de 8 h (prévoir d’être sur place une heure avant), si elle a besoin de conseil juridique. L’employée explique à Halima que la police lui a remis un « récépissé » de demande d’asile. Elle doit absolument se présenter à la préfecture d’ici huit jours pour enregistrer sa demande (l’examen en zone d’attente est une présélection qui l’a uniquement admise à présenter sa demande d’asile : la procédure reste entièrement à faire). Elle doit d’abord disposer d’une adresse. À ce sujet, elle devra se présenter à l’association France terre d’asile, qui la domiciliera : elle passera tous les deux jours vérifier le courrier administratif qui lui sera dès lors envoyé à cette adresse. Mais il reste à trouver un hébergement. Je reçois l’appel d’une assistante sociale de la Croix-Rouge à Roissy, de la part d’Halima Seyum. En effet, oui, je la connais : je l’ai aidée à préparer son entretien de demande d’asile (je l’ai « briefée ») et je lui ai laissé mes coordonnées. Halima ne sait pas où dormir ce soir : ils n’ont pas de place pour elle, est-ce que je pourrais l’accueillir ? Je dis que c’est impossible (je loge moi-même chez un ami).

    C’est bien ce que je pensais… On va essayer de lui trouver une place à l’Aftam 93, les foyers pour demandeurs d’asile ; mais tout est plein en ce moment. Au pire, on lui trouvera une chambre d’hôtel pour ce soir.

    12

    À 6 h du matin, un groupe de maintenus est conduit de la zone d’attente vers le Tribunal de grande instance. En début d’après-midi, les maintenus sont accompagnés par une dizaine de policiers dans la salle des audiences du 35 quater, où un juge des libertés et de la détention examine la légalité de leur procédure de détention, et se prononce sur le prolongement de leur maintien en zone d’attente. Jana Fadhil a été hospitalisée le lendemain de son transfert en zone d’attente ; l’avocat commis d’office présente au juge le certificat médical établi à l’hôpital en insistant sur les problèmes de santé de Jana, enceinte, et d’Iman, diabétique. Le juge décide de ne pas prolonger le maintien de la famille. À la sortie de l’audience, Jana, Iman et leur fils se font indiquer la direction du métro vers Paris.

    La cousine de Kadiatou Fassi est venue à l’audience du 35 quater avec les documents que l’avocat lui a demandé d’apporter : un certificat de naissance pour attester de ses liens de famille avec Kadiatou ; un avis d’imposition qui prouve qu’elle a des ressources suffisantes pour s’en porter garante. Mais Kadiatou n’est pas présentée au juge ce jour-là. Sa cousine appelle la zone d’attente, où un officier lui explique que Kadiatou Fassi a « bien été réacheminée » vers Conakry la veille.

    Djibril Ba a contacté un avocat avec l’aide d’un cousin en France dont il avait les coordonnées. Celui-ci lui a demandé 900 euros d’honoraires et a exigé l’intégralité de la somme d’avance. Durant l’audience, il soulève quelques points de procédure ; le juge décide cependant de maintenir Djibril Ba (comme toutes les autres personnes qui lui sont présentées ce jour-là) en zone d’attente, « attendu que l’intéressé a formé une demande d’asile [qui] est en cours d’examen ».
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    Quatre jours après avoir eu un entretien d’asile, Abdi Hossein est appelé par la police. L’officier qui lui ouvre le fait entrer et l’accompagne jusqu’à un bureau. Un agent imprime deux feuilles, et lui demande de signer en bas de la seconde. Puis on le raccompagne dans le hall.

    Considérant que X… se disant M. Abdi Hossein déclare qu’il serait de nationalité somalienne, qu’il serait né et résiderait à Afgoy, qu’il serait cultivateur, qu’il serait membre du clan minoritaire Sheikhal et du sous-clan Djazira, que le clan Habar Guidir serait majoritaire à Afgoy, que par crainte pour sa sécurité il ne serait pas beaucoup sorti de son domicile, qu’en décembre 2006, son père aurait été assassiné par balle en sa présence, devant la porte de sa boutique, par un groupe armé appartenant au clan Habar Guidir qui voulait extorquer son argent ; que ces miliciens connaîtraient ce quartier, viendraient enlever des personnes et les déposséder de leur bien, que suite à cet événement et en raison de la guerre civile, il aurait décidé de quitter son pays ; qu’un ami de son père lui aurait conseillé de se rendre en France afin d’y solliciter l’asile et aurait organisé son voyage via le Kenya ;

    Considérant toutefois que le récit de l’intéressé qui prétend être de nationalité somalienne et fuir son pays afin de sauvegarder sa sécurité n’emporte pas la conviction, que ses déclarations revêtent un caractère convenu, imprécis et dénué de spontanéité, notamment en ce qui concerne les circonstances dans lesquelles son père aurait été assassiné, en sa présence, en décembre 2006, par des personnes armées appartenant au clan de Habar Guidir, que de plus il reste très évasif à propos de la politique récente à Afgoy où il affirme pourtant avoir toujours résidé et de cette zone géographique – il ignore jusqu’aux noms des principaux quartiers de sa ville, que de surcroît il n’est guère plus explicite s’agissant des conditions dans lesquelles il aurait quitté son pays, qu’enfin il n’apport aucune explication sur son départ du Kenya et se borne à indiquer qu’il aurait suivi le conseil d’un ami de son père lui recommandant de solliciter l’asile en France, que l’ensemble de ces éléments incite à penser que contrairement à ce qu’il affirme, il n’est pas originaire de Somalie, que dès lors, sa demande ne saurait aboutir ;

    Qu’en conséquence, la demande d’accès au territoire français formulée au titre de l’asile par X… se disant M. Abdi Hossein doit être regardée comme manifestement infondée.

    Considérant qu’il y a lieu en application de l’article L.213-4 du Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de prescrire son réacheminement vers le territoire de la Somalie ou, le cas échéant, vers tout territoire où il sera légalement admissible.

    15

    Abdi Hossein se rend au bureau de la Croix-Rouge pour comprendre ce qu’il y a écrit sur le document que la police vient de lui remettre. Un employé de la Croix-Rouge lui conseille d’aller au bureau de l’Anafé, au fond du couloir. Lise Blasco, bénévole à l’Anafé, reçoit Abdi et lui explique son rejet de demande d’asile, avec l’aide d’un traducteur bénévole en somali, contacté par téléphone. Elle décide de présenter un recours juridique devant le Tribunal administratif pour contester le rejet de la demande d’asile d’Abdi. À nouveau, elle interroge longuement Abdi Hossein avec l’aide de l’interprète. Puis elle l’accompagne à l’infirmerie du centre, afin que le médecin de garde lui établisse un certificat médical attestant des impacts de balle qu’Abdi dit avoir reçu dans chaque jambe. Ensuite, Lise Blasco ferme la porte du bureau à clé et se met à rédiger le référé qu’elle faxe aux greffes du Tribunal administratif en début de soirée. Quelques heures plus tard, Abdi Hossein est appelé à descendre avec ses bagages.
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    Amadou Mporé arrive ému dans le bureau. Il s’assoit devant moi et sort de sa poche une boule de tissu, un débardeur déchiré, en sang, qu’il pose sur la table.

    À 10 h du matin, je suis appelé en bas avec mes bagages. Je descends avec mon sac et je sonne à l’interphone. Le policier me fait entrer dans une salle d’attente et me demande de patienter. Je reste assis deux heures. À l’appel du repas de midi, le policier me dit d’aller manger en laissant mon sac ici et me demande de revenir sonner après le repas. Il me raccompagne dans le hall où je rejoins les autres qui vont au réfectoire. À table, des gens me demandent ce que je faisais avec la police, où j’étais et pourquoi. Je ne parle pas : je ne les connais pas, et puis un policier surveille le réfectoire. Je reviens dans la salle d’attente vers 12 h 30. Deux policiers en uniforme bleu-marine, avec des Rangers aux pieds, des gants en cuir noir, une matraque à la ceinture, entrent peu après. Il me disent qu’ils vont m’emmener à l’aéroport : ‘Tout se passera bien si tu te tiens tranquille, mais si tu fais des difficultés, on va t’attacher’. Je crie, je ne veux pas qu’on m’attache. Les policiers se dirigent vers moi, ils sont au nombre de six. Ils ont été rejoints par leurs collègues en chemise bleu ciel et képi, qui étaient assis dans la salle d’attente. Ils ont commencé à m’attacher avec des bandes. Je criais : ‘Laissez-moi ! Laissez-moi !’ J’ai pleuré. J’ai enlevé ma chemise, je me suis trouvé en débardeur. Les policiers m’ont pris par le cou et m’ont renversé en avant. Je suis tombé le visage à terre, je me suis ouvert la lèvre. Ils se sont mis à frapper : ils ont piétiné ma jambe avec leurs chaussures, le tibia, le genou gauche, le pied droit. L’un d’entre eux a mis son genou sur ma joue, il a plaqué mon visage contre le sol. La bagarre a duré entre dix et vingt minutes peut-être. Une camionnette de police est venue se garer devant la porte de sortie qui relie le poste de police au parking, mais on ne m’y a pas emmené. Je suis allé m’asseoir. Certains policiers en tenue d’escorte et d’autres en chemise bleue claire ont voulu me donner un verre d’eau. J’ai dit : ‘Non, je ne veux pas d’eau’. J’ai pleuré, pleuré. Le jeune policier qui m’a donné l’eau m’a conseillé :

    - Prends un avocat.

    - Si j’avais volé, vous pouviez me faire ça. Mais je n’ai pas volé. Vous ne pouvez pas me faire ça. Je vais prendre un avocat. Je vais prendre un avocat.

    Les policiers me disent d’attendre. Je leur dis que je veux me laver. Un policier en bleu marine (un métis, costaud) m’a accompagné chez le médecin. Lui n’était pas là en même temps que les autres, il est venu plus tard avec la camionnette ; lui ne m’a pas touché. Dans le cabinet médical, une infirmière prend ma tension, un médecin m’ausculte, il me demande où j’ai mal. Il me donne un comprimé contre la douleur. Non, il ne me donne pas de certificat médical : ce qu’il a écrit, il l’a gardé pour lui. Puis je suis monté directement chez toi ici.

    Six jours après son arrivée en zone d’attente, Djibril Ba est appelé à descendre avec ses bagages. Il est menotté et escorté par trois agents de l’Unité nationale d’escorte, de soutien et d’intervention (UNESI) vers Bamako, où il est remis aux mains des officiers de la police locale.
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    À 23 h 15, Abdi Hossein est placé en garde à vue. Il comparaît deux jours plus tard devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel pour « infraction d’entrée ou séjour irrégulier et soustraction à l’exécution d’une mesure de refus d’entrée en France ». Il est condamné à un mois de prison ferme et transféré à la prison de V.
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    Halima Seyum me rappelle depuis un foyer Emmaüs dans le 14e arrondissement de Paris. Elle y est logée pour une nuit seulement, car c’est un foyer d’urgence pour les gens sans domicile. Elle attend d’être placée dans un foyer Aftam 93. Je vais la voir dans son foyer vers 16 h. Il ressemble à une vieille école, un bâtiment qui date du début du vingtième siècle, une esthétique de lieux publique des années 1960 : linoléum gris, meubles en bois véritable dépareillés, chaises d’école aux barreaux gris vert métallisés, odeur de gras. Nous allons boire un café dans le réfectoire, sur des tables longues couvertes de nappes en plastique. Tout est propre et patiné, pas encore aligné sur les matières plastiques et les formes rondes grossières que l’on trouve partout dans le neuf aujourd’hui, et aussi en zone d’attente. Son récépissé de huit jours, dans le délai desquels elle doit faire une demande d’asile à la préfecture, expire le lendemain. Le responsable du centre dit qu’ils enverront d’ici là sa demande d’asile à la préfecture, le cachet de la poste faisant foi.
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    Quelques jours plus tard, le téléphone sonne. C’est un employé de l’hôtel « Première Classe » à D. qui m’appelle à la demande de Halima Seyum. Elle n’a pas eu de place au foyer Aftam, mais elle a désormais une chambre jusqu’au 30 avril dans cet l’hôtel, où l’Aftam a logé, sur le même étage, d’autres demandeurs d’asile n’ayant pas pu être hébergés en foyer. Situé à une sortie du périphérique extérieur, l’hôtel ressemble à un « Formule 1 » de luxe, avec des orchidées sur le comptoir, une salle à manger propre et avenante, des distributeurs de café, de gâteaux et toutes les commodités nécessaires à un service sans personnel. Des cars de touristes sont alignés sur le parking. Halima est inquiète pour la nourriture. À l’Aftam, on lui a donné vingt euros pour la semaine, et la semaine prochaine, on lui donnera encore vingt euros. Ce n’est pas beaucoup. Quand elle est revenue de l’Aftam, elle avait très faim, elle se sentait mal. Alors elle a acheté une part de pizza dans la rue, mais elle a dépensé quatre euros sur les vingt qu’elle possède pour la semaine ! Elle voudrait partir en Angleterre : elle parle l’anglais, mais pas un mot de français, et sa compagne de chambre lui a dit qu’on pouvait travailler là-bas. Demandeuse d’asile renvoyée de Belgique sous le règlement « Dublin II », cette dernière est en Europe depuis quelques années déjà, et connait la ville.
    21

    Il faut bien réfléchir à cette question de départ vers l’Angleterre. Halima a été admise à la frontière comme demandeuse d’asile, ce qui indique qu’elle a de bonnes chances d’obtenir l’asile – l’examen aux frontières est paradoxalement réputé plus difficile que l’examen de fond de la demande d’asile par l’Ofpra. Nous avons pris du café, nous sommes montées dans sa chambre, nous nous sommes assises sur son lit, dans une belle lumière de fin d’après-midi :

    La guerre entre l’Érythrée et la Somalie a fait beaucoup de morts. La guerre est bête. Nous vivons ici, eux vivent là-bas, et l’on décrète qu’il y a une frontière, là, et pour cette frontière, juste pour une ligne, on va s’entretuer, on va faire la guerre et tuer des milliers de gens. Pour cette ligne. Une frontière, c’est quoi ? Juste une ligne, rien de plus. La Somalie et l’Érythrée se sont disputées pour cette ligne, ils ont envoyé beaucoup de monde à la guerre, beaucoup de gens sont morts. Mes deux frères ont été envoyés à la guerre. Les deux : d’abord un, et puis ils sont venus chercher d’autres jeunes et ils ont pris le deuxième. Mes frères et sœurs avaient peur. On n’a eu aucune nouvelle. On ne savait pas où ils étaient : personne ne disait rien et les nouvelles non plus ne disaient rien. Il y a eu beaucoup de morts. Un jour, un train est arrivé, tout le monde est allé à la gare et l’on attendait les noms : ils lisaient une liste, et ceux qui étaient sur la liste, on savait qu’ils étaient morts. J’avais peur. J’ai attendu dans la peur et quand j’ai entendu le nom de mon frère, j’ai pleuré. Et je restais encore devant la liste. Et puis ils ont dit le nom de mon deuxième frère et je me suis évanouie. Les voisins m’ont ramenée à la maison. Mon père était très malade déjà à ce moment-là… Ah, ce ne sont pas des choses gaies. Excuse-moi, je t’ennuie en te racontant ces choses. Toi tu es ennuyée, mais moi ça me fait du bien, ça me soulage le cœur.

    On s’est dit au revoir en début de soirée. On s’est rappelées plus tard : je partais quelques semaines au Canada. Halima m’a souhaité bon voyage et m’a dit que si l’on ne se revoyait pas d’ici mon départ, elle me disait au revoir. Je suis passée à l’hôtel avant de partir, mais elle m’avait prévenue qu’elle ne serait sans doute pas là, parce qu’elles allaient, avec sa compagne de chambre, à l’Armée du salut pour chercher de la nourriture. Pas encore rentrée ? Déjà partie ? À mon retour du Canada en mai, j’ai appelé Pierre Gilles, du foyer Emmaüs, qui m’a amicalement donné le contact de la personne qui s’occupait de Halima à l’Aftam. Je l’ai appelé pour avoir des nouvelles ; il m’a dit un peu sèchement : « elle a disparu dans la nature ».

    #Confinement et #subjectivation

    Comment le contrôle frontalier fonctionne-t-il au quotidien ? Quelles fonctions garde-t-il dans une perspective à plus long terme de parcours dans le pays d’accueil ? Comment les gestions institutionnelles de la circulation produisent-elles de nouvelles façons de gouverner les non-nationaux, aussi bien « étrangers » qu’« apatrides » : ceux dont le lien à l’État et à la Nation est de fait suspendu ? Voici quelques questions qui se posent au regard des parcours esquissés. Chacun bien sûr entre dans ces apnées administratives avec son bagage : ses connaissances, ses résistances, ses références, ses ressources, ses peurs. Fereydoun Kian mesure deux mètres pour une centaine de kilos : il sera directement placé en garde à vue sans subir de tentative de renvoi sous escorte. Sylvie Kamanzi s’en tient fermement aux connaissances administratives qu’elle a développées au cours de dix ans d’exils successifs entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC) : d’abord, ne pas laisser savoir que l’on est rwandaise ; ensuite, face aux extorsions et aux violences de la police, toujours refuser de se rendre à un interrogatoire et garder le silence. Ces leçons tirées de l’expérience la mèneront très vite à un malentendu indénouable avec l’administration et à son refoulement dans le premier avion du retour.
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    Si les personnes placées dans des centres de rétention administrative (CRA) pour les sans-papiers arrêtés sur le territoire français ont toutes fait l’expérience, quoique différente, d’une vie en France et souvent d’un parcours administratif10 , ceux qui débarquent des avions ne partagent aucune expérience commune. Il n’existe pas de seuil, même minimal, de connaissance partagée de la culture administrative nationale, de la culture matérielle globale qui prévaut dans les aéroports et les nouveaux centres aseptisés11 , des codes moraux et humanitaires de la démocratie occidentale12 ; pas de continent commun, de langue commune ni de formation politique identique. Comment comprendre l’expérience intime du maintien en zone d’attente en s’attachant à des situations et des trajets si variés, dont le vécu s’inscrit dans des grammaires culturelles, un univers symbolique, des savoirs pratiques différents ? Est-ce que le même mot de « maintenus » est suffisant pour conférer une situation commune à ce kaléidoscope d’expériences qui se croisent dans le temps court de la détention frontalière ?

    https://www.politika.io/fr/notice/prisonniers-du-passage-ethnographie-detention-frontaliere-france
    #frontières #rétention #détention_administrative #zone_d'attente #MNA #mineurs_non_accompagnés #disparitions #Guinée_Conakry #aéroport #Zapi_3 #Ofpra #asile #migrations #réfugiés #Croix-Rouge #Aftam_93 #police #violences_policières #Unité_nationale_d'escorte_de_soutien_et_d'intervention #UNESI #hébergement #logement #CRA #débouté #sans-papiers


  • Il y a un an, le 27 octobre, Carles Puigdemont annonçait le temps d...
    https://diasp.eu/p/7934195

    Il y a un an, le 27 octobre, Carles Puigdemont annonçait le temps de quelques heures, la République catalane, suite au résultat du référendum illégal. Mais dans le même temps, il s’exilait en Belgique pour éviter la prison, comme d’autres leaders politiques. https://arteptweb-a.akamaihd.net/am/ptweb/085000/085800/085807-000-A_SQ_0_VOF_03929785_MP4-2200_AMM-PTWEB_12ha117VwoC.


  • Une histoire belge : le choix des Belges
    http://www.dedefensa.org/article/une-histoire-belge-le-choix-des-belges

    Une histoire belge : le choix des Belges

    28 octobre 2018 – La pensée même de cet article m’épuise absolument, et je ne m’y mets, je vous l’avoue, qu’après avoir tant repoussé l’instant de m’y mettre : parler du JSF (F-35), de la Belgique, du choix que ce pays vient de nous annoncer (le F-35), du mécontentement discret mais un peu goguenard des Français, du “Je regrette” de Macron, – tant de médiocre bassesse repousse ma plume qui se refuse à se tremper d’une encre si médiocre. Je chancelle sous le poids de leur surhumaine sottise, avec presque de l’admiration dans mon exaspération : “Comment peut-on l’être autant, si longtemps, si complètement, si décidément, si joyeusement, si content-de-soi ?”

    Car enfin, comment, aujourd’hui, avec tout ce que l’on sait hors des virements et donations mensuelles de Lockheed (...)


  • I Bought Used Voting Machines on eBay for $100 Apiece. What I Found Was Alarming | WIRED
    https://www.wired.com/story/i-bought-used-voting-machines-on-ebay

    I reverse-engineered the machines to understand how they could be manipulated. After removing the internal hard drive, I was able to access the file structure and operating system. Since the machines were not wiped after they were used in the 2012 presidential election, I got a great deal of insight into how the machines store the votes that were cast on them. Within hours, I was able to change the candidates’ names to be that of anyone I wanted. When the machine printed out the official record for the votes that were cast, it showed that the candidate’s name I invented had received the most votes on that particular machine.

    This year, I bought two more machines to see if security had improved. To my dismay, I discovered that the newer model machines—those that were used in the 2016 election—are running Windows CE and have USB ports, along with other components, that make them even easier to exploit than the older ones. Our voting machines, billed as “next generation,” and still in use today, are worse than they were before—dispersed, disorganized, and susceptible to manipulation.


  • Agenda du Libre pour la semaine 44 de l’année 2018
    https://linuxfr.org/news/agenda-du-libre-pour-la-semaine-44-de-l-annee-2018

    Calendrier web, regroupant des événements liés au Libre (logiciel, salon, atelier, install party, conférence), annoncés par leurs organisateurs. Voici un récapitulatif de la semaine à venir. Le détail de chacun de ces 24 événements (0 en Belgique, 23 en France, 0 au Luxembourg, 1 au Québec, 0 en Suisse et 0 en Tunisie) est en seconde partie de dépêche. lien n°1 : Aprillien n°2 : Agenda du Libre (Belgique, France, Luxembourg, Suisse et Tunisie)lien n°3 : Carte des événementslien n°4 : Proposer un événementlien n°5 : Annuaire des organisationslien n°6 : Agenda de la semaine précédentelien n°7 : Agenda du Libre QuébecSommaire

    [FR Saint-Étienne] Permanence du libre - Le lundi 29 octobre 2018 de 19h30 à 22h00.

    [FR Saint-Étienne] Présentation de la monnaie libre Ğ1 - Le lundi 29 octobre 2018 de 20h00 à 20h45.

    [FR (...)


  • Pour son armée de l’air, la Belgique écarte le Rafale et le Typhoon européen et choisit le F-35 américain
    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/10/25/pour-son-armee-de-l-air-la-belgique-ecarte-le-rafale-et-le-typhoon-europeen-

    La Belgique avait lancé en mars 2017 une procédure d’achat de 34 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante d’une cinquantaine de F-16, un achat estimé à 3,6 milliards d’euros.

    La Belgique décide d’acheter un avion qui ne fonctionne pas. C’est sans doute qu’elle n’en a pas besoin... mais qu’elle a un peu d’argent dont elle ne sait pas quoi faire :-)


  • #Brésil – Une démocratie à la dérive
    https://www.cetri.be/Bresil-Une-democratie-a-la-derive

    Amplement relayée sur les réseaux sociaux, la scène a valeur de symbole. Elle synthétise tout le drame qui est en train de se jouer au Brésil. Visages hilares, postures triomphantes, deux hommes exhibent fièrement les débris d’une plaque commémorant la mémoire et le combat pour la justice sociale de la jeune élue noire et homosexuelle, Marielle Franco, sauvagement assassinée en mars dernier à Rio. Daniel Silveira et Rodrigo Amorim ne sont pas des inconnus. Candidats sur les listes du PSL (Parti social (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, Brésil, #Election, #La_Libre_Belgique, #Le_regard_du_CETRI, #Analyses, Homepage - Actualités à la (...)

    #Homepage_-_Actualités_à_la_une


  • Dallemagne : « l’#Arabie_saoudite pose de sérieux problèmes de #sécurité à la #Belgique »
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_dallemagne-l-arabie-saoudite-pose-de-serieux-problemes-de-securite-a-la-

    Hier soir, le débat de l’émission À Votre Avis se penchait sur la question et la problématique de l’exportation d’#armes belges vers des pays qui ne respectent les Droits de l’Homme. Le député Fédéral cdH, Georges Dallemagne a affirmé que, non seulement le comportement de l’Arabie saoudite cause actuellement des problèmes vis-à-vis des Droits de l’Homme, mais c’est surtout le seul à poser des problèmes majeurs de sécurité.