country:brésil

  • Amérique latine, l’année de tous les dangers | ARTE

    Ce soir à 23h45 et sur le site jusqu’au 19/04/19.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078742-000-A/amerique-latine-l-annee-de-tous-les-dangers

    Pourquoi la gauche subit-elle aujourd’hui des revers retentissants en Amérique latine ? Marco Enriquez-Ominami, candidat socialiste malheureux à la présidentielle chilienne en 2017, interroge le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica et la Brésilienne Dilma Rousseff.

    Défaite cinglante au Venezuela, virage à droite en Argentine, à l’extrême droite au Brésil, manifestations d’opposition en Équateur, fin de règne à Cuba... : après une vague de succès fulgurants en Amérique latine, à l’aube du XXIe siècle, la gauche est à la peine et subit aujourd’hui des revers retentissants. Comment comprendre les difficultés qui l’accablent ? Candidat malheureux à l’élection présidentielle chilienne de 2017, Marco Enriquez-Ominami, héritier spirituel de ce courant progressiste, interroge ce bilan trouble et controversé. En allant à la rencontre de ses aînés, amis, modèles ou mentors – le Bolivien Evo Morales, le Vénézuélien Nicolas Maduro, l’Équatorien Rafael Correa, l’Uruguayen José Mujica, la Brésilienne Dilma Rousseff... –, parviendra-t-il à tirer les leçons de l’histoire ?

    Instabilité
    Au tournant du XXIe siècle, l’Amérique latine a connu un extraordinaire cycle de croissance économique et de développement social. Ce mouvement massif a radicalement changé le paysage et donné lieu à l’instauration d’une culture démocratique durable, à la mise en place d’États de droit, à une redistribution des richesses qui a fait reculer de manière impressionnante la pauvreté, à l’émergence de nouveaux leaders politiques. Mais, depuis quelques années, cette ère glorieuse a cédé la place à une période de grande instabilité. Depuis 2016, les politiques de ces dirigeants sont remises en question par les citoyens mêmes qui les avaient portés au pouvoir ; le gong marquant la fin des politiques de gauche de l’Amérique latine a sonné. La crise politique dans laquelle se sont englués plusieurs pays montre que les politiques hier opérantes ne sont plus adaptées aux défis qui s’annoncent. Comment éloigner les démons de la dictature ? Comment enrayer durablement la misère et les inégalités si profondément ancrées dans cette région ? Un tour d’horizon géopolitique qui questionne le passé pour mieux appréhender l’avenir.


  • HABITER UNE ANCIENNE USINE À RIO DE JANEIRO. Les invasoes de l’#avenida_Brasil

    Depuis 2000, une nouvelle forme d’#habitat populaire et spontané surgit aux abords d’une ancienne #autoroute industrielle de Rio de Janeiro. Il s’agit de l’#occupation par des habitants des favelas d’anciens terrains d’usines abandonnées. A partir d’une recherche ethnographique, l’auteur dégage des aspects importants qui définissent ce type d’habitat : les formes d’#appropriation et de #régulation de l’espace, les caractéristiques de #leadership, les #conflits et #pratiques des habitants.


    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=44497

    #livre #habiter #habité #Rio_de_Janeiro #Brésil #urban_matter #favelas #favela #urbanisme #géographie_urbaine

    • #Recension : Maíra Machado-Martins, Habiter une ancienne usine à Rio de Janeiro : les invasões de l’Avenida Brasil

      Le livre de Maíra Machado-Martins est tiré d’une recherche doctorale portant sur les occupations de locaux industriels abandonnés par des populations pauvres de la zone nord de Rio. Le thème est original et il n’y avait pas jusque-là de publication disponible en français. D’anciens habitants de favelas ou de quartiers défavorisés se sont concertés pour occuper et réaménager de vastes usines laissées à l’abandon par leurs propriétaires le long de la longue Avenida Brasil qui traverse la ville d’est en ouest. Le but de ce livre est avant tout d’offrir une description de ce phénomène à partir de trois cas étudiés lors de visites au cours des années 2000. On découvre ainsi dans les premières pages du livre comment s’est réalisée la recherche, puis comment ont évolué les zones d’habitat étudiées.

      2Les premiers chapitres retracent une description minutieuse, photos à l’appui, de la structure physique des usines, des conditions de leur occupation et des modes d’organisation de la copropriété. Ils permettent de constater que les invasões (invasions) ne débutent pas par hasard. Ce sont en général d’anciens salariés des usines ou d’anciens policiers qui sont à l’origine de l’opération. Les choses ont en principe été mûrement préparées. Selon la configuration du bâti, la délimitation des logements a varié : construction de maisons dans les espaces vides ou découpage des bâtiments en appartement le long des coursives déjà existantes. Les premiers arrivés se sont octroyé les meilleurs espaces ou les ont conservés pour les louer ultérieurement. Ils ont également, en général, fixé les conditions de fonctionnement de la copropriété par la mise en place de syndics.

      3On est loin donc, dans les cas étudiés, d’invasions improvisées de terrains nus par des gens démunis prêts à construire des cabanes. Des règles ont été fixées pour la couleur et la disposition des logements, les installations collectives et leur usage, les règles de vie et l’électricité. Il peut y avoir gardien, piscine, parkings et commerces. Les passages décrivant les modes d’organisation sont particulièrement intéressants et montrent les immenses capacités d’adaptation et d’initiatives des Cariocas des quartiers pauvres. Des conflits, cependant, opposent parfois les habitants au sujet des mauvais payeurs des taxes collectives, du bruit ou des dégradations occasionnées par les enfants. Comme dans les favelas, la solidarité et l’esprit de collectivité ne sont pas forcément un caractère distinctif de cette forme hybride de logement ; d’où l’importance des syndics qui sont en fait des sortes de leaders communautaires auto-affirmés, souvent sur la base de leurs liens avec les milices parapolicières. Ils règlent les conflits, recueillent le courrier à distribuer, imposent les règles collectives et surtout ferment les portes des locaux aux trafiquants et aux délinquants.

      4Selon le degré de confort accessible, les populations concernées sont plus ou moins désargentées, mais la plupart des occupants rencontrés ont eu une expérience de vie dans les favelas des quartiers Ramos ou Maré. Les habitants apprécient dans cette forme nouvelle d’installation la possibilité de devenir propriétaires de logements ressemblants à des appartements de grands ensembles, à l’abri des exactions des trafiquants et sur la base d’un mode de vie organisé de façon à favoriser le respect mutuel. Certains, pourtant, retournent vivre dans le complexe de la Maré, après quelques années dans une usine envahie, sans que l’auteure puisse expliquer le phénomène.

      5Les informations obtenues grâce à l’observation et à des entretiens offrent donc un tableau vivant et précis des arrangements physiques et organisationnels qui guident la vie dans ce type de logements collectifs. On peut cependant regretter que la profondeur de l’analyse soit limitée. L’une des raisons est sans doute que l’auteure a une formation d’architecte et non de sociologue. Ainsi, le livre n’est pas construit autour de questions sociologiques claires et susceptibles de faire avancer la sociologie de l’habitat populaire au Brésil. Par ailleurs, les références mobilisées pour mettre en évidence les spécificités de l’objet sont parfois peu convaincantes. Par exemple, la littérature française sur les squats ne semble guère appropriée pour comprendre les invasions brésiliennes, tant l’ensemble du contexte social et juridique diffère. Certaines remarques montrent également que l’auteure n’a pas saisi à quel point l’impensé de son milieu d’origine peut conduire à des traces d’ethnocentrisme de classe : l’ouvrage aurait ainsi gagné à ne pas considérer implicitement que la référence allant de soi est le logement de classe moyenne et que les favelas et autres invasions relèvent de l’anomalie.

      6Les problèmes que rencontrent les occupants sont spécifiques (la forme de l’espace, les réseaux d’eau ou d’électricité qu’il faut adapter), mais aussi plus généraux (le bruit et la gêne découlant de la promiscuité). Certaines questions adressées aux occupants, comme les conditions de leur appropriation symbolique du logement, ne sont pas particulièrement justifiées, dans la mesure où elles peuvent être posées partout ailleurs. Deux problématiques intéressantes auraient ainsi pu être mieux développées, comme l’importance de la construction d’un ordre de vie réglementé et le déroulement exact des invasions (qui, malheureusement, n’a pas pu être étudié). L’idéal aurait été de replacer de façon approfondie le phénomène dans le contexte de l’analyse des stratégies concrètes de logement des gens de classes populaires de la zone nord.

      7Cependant, la faiblesse principale du livre vient certainement de la maigreur relative des données qui ont essentiellement été recueillies par le système de visites courtes et de discussions avec un nombre réduit de résidents. Cela oblige l’auteure à étoffer ses analyses par des comparaisons et des descriptions empruntées à d’autres phénomènes (squats français, favelas ou condominiums fermés au Brésil). On mesure ici l’intérêt qu’aurait pu avoir une enquête par observation participante de longue durée, par exemple en s’installant sur place. Cette méthode de recherche est cependant encore très rare au Brésil et Maíra Machado-Martins inaugure peut-être un courant intéressant de recherche sur les formes non conventionnelles de logement au Brésil.

      https://journals.openedition.org/cal/4203

    • #Maira_Machado-Martins est prof invitée pour un mois à l’université Grenoble Alpes...
      Elle a donné aujourd’hui une super conférence...
      L’#espace_habité - Récits des formes d’appropriation à Rio de Janeiro

      La recherche porte sur le formes d’appropriation de l’espace par les usagers/habitants dans la ville de Rio de Janeiro, dans l’habitat informel et dans les logements sociaux construits récemment au Brésil. Ce travail interroge, entre autres, la relation entre les transformations physiques des espaces, les pratiques quotidiennes des habitants et leur sociabilité, pour aboutir une réflexion sur la construction de l’espace habité.


      https://www.pacte-grenoble.fr/actualites/l-espace-habite-recits-des-formes-d-appropriation-a-rio-de-janeiro

    • Brésil / Stratégies et transformations du territoire : la construction sociale d’une copropriété populaire à Rio de Janeiro

      Comme dans la plupart des villes, l’urbanisation de Rio de Janeiro a démarré, dès le XVIe siècle, par le centre-ville. La ville s’est étendue selon un modèle d’extension concentrique, tout en conservant un tissu orthogonal, gagnant progressivement les montagnes et les marais par remblaiement des terrains. Ensuite, le processus d’expansion de la ville a pu être caractérisé par deux axes principaux depuis la zone du centre-ville : un vers le Nord et l’autre vers le Sud. Ce dernier a abouti dans la zone balnéaire, qui a bénéficié d’une planification urbaine prévue pour accueillir la zone d’habitat la plus sophistiquée de la ville. Du côté de la zone Nord, l’urbanisation s’est faite sans planification. Par exemple, l’implantation par l’État de réseaux de voies ferrées reliant le centre-ville et la périphérie Nord au XIXe siècle et la création des zones industrielles dans les années 1930 n’ont pas été accompagnées d’une programmation de logements. Cette opposition des formes de croissance urbaine, aggravée par les déséquilibres d’investissement de toutes sortes de la part des pouvoirs publics, génère globalement1 deux territoires à Rio de Janeiro. La zone Sud est structurée, riche2 et consolidée par rapport à sa fonction urbaine principale et majoritairement résidentielle. À l’inverse, la zone Nord présente des transformations importantes et constantes en ce qui concerne l’usage des sols, la formation de zones d’habitat et les mouvements de population.


      http://www.revue-urbanites.fr/bresil-strategies-et-transformations-du-territoire-la-construction-s


  • #Quebec « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » : le mouvement des gilets jaunes en France et la question de l’extrême droite. Fabien Desage, Pascale Dufour, Renaud Goyer, Adrien Jouan - 13 Février 2018 - Le Journal des Alternatives
    https://journal.alternatives.ca/?Le-capitalisme-porte-en-lui-la-guerre-comme-la-nuee-porte-l-or

    Le 12 et 13 janvier 2019, les gilets jaunes du Canada, appelaient à la manifestation pour clamer leur opposition à la taxe carbone et, plus largement, au gouvernement fédéral de Justin Trudeau décrit, dans un registre caractéristique de l’extrême droite, comme un « mondialiste trahissant son pays » https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146998/gilets-jaunes-extreme-droite-immigration-xenophobie-pipelines-taxe- . Plusieurs observateurs.trices ont déjà signalé les différences notables entre les mouvements des gilets jaunes au Canada - où, en dehors d’une certaine audience sur les réseaux sociaux ils semblent rester relativement confidentiels et confinés à des groupes d’extrême droite - et en France. Pourtant, dès les débuts de la mobilisation hexagonale, plusieurs journalistes ou hommes et femmes politiques évoquent également le fait que parmi les personnes mobilisées, certaines ont sans doute voté pour le Front national (désormais Rassemblement national) aux dernières élections présidentielles, utilisant cet argument pour disqualifier le mouvement ou pour insister sur son infiltration présumée. Dans certains départements, comme celui du Var dans le Sud ou du Pas-de-Calais dans le Nord, où Marine le Pen a récolté respectivement plus de 44% et 52% des voix au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, il est statistiquement inévitable que sur des ronds-points occupés, et désormais largement évacués par la police, se soient trouvé.es des électeurs.trices du Front national. Comme c’est le cas, d’ailleurs, dans n’importe quelle manifestation réunissant plus de 20 personnes, au milieu des client.es d’un supermarché, au sein du personnel d’une école, d’une usine ou d’un commissariat. Car oui, la présence de l’extrême droite et de ses idées est désormais devenue, gilets jaunes ou pas, une réalité bien française. Mais aussi italienne, brésilienne, américaine ou encore canadienne (et québécoise).

    Face à ce constat somme toute sociologiquement trivial de la présence d’électeurs.trices de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes, plusieurs attitudes sont possibles : dénoncer un mouvement piloté ou « noyauté » par les mouvements structurés d’extrême droite et utiliser cet argument comme prétexte pour ne pas s’engager ou, au contraire, être présent.e dans la rue et dans les assemblées générales pour ne pas laisser la place, pour discuter et pour dénoncer les propos racistes, homophobes, ou autres, s’ils surviennent. Il y a, ici, pour les militant.es et organisations de gauche une véritable réflexion politique à avoir : comment réagir face à une contestation populaire dont l’orientation politique n’est pas donnée à l’avance et n’épouse pas les formes convenues (mais aussi souvent contenues) des mouvements sociaux canalisés et organisés traditionnels ? Faut-il réprouver a priori la prise de parole et l’expression publique au motif qu’elle pourrait nous déplaire, ou la laisser jaillir pour mieux pouvoir éventuellement la confronter ? Les revendications des collectifs locaux des gilets jaunes, si elles sont parfois disparates, ont une grande unité dans leurs exigences de démocratie et de justice sociale, points beaucoup plus centraux que les thématiques chères à l’extrême droite dans le mouvement actuel.

    D’autres commentateurs.trices soulignent le fait que le mouvement des gilets jaunes, en demandant la démission du président Macron, ouvrirait la voie à l’extrême droite et à l’élection de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ou de son parti à d’éventuelles élections législatives (anticipées ou non). Ce raisonnement, en négligeant le fait, là encore, que le.la candidat.e de l’extrême droite n’a pas attendu le mouvement des gilets jaunes pour progresser à chaque élection depuis 2002, tend à sous-estimer les processus politiques à l’oeuvre dans la société française (et au-delà) depuis des décennies, et à donner un rôle décisif ou accélérateur à un mouvement social, qui, au contraire, doit selon nous être appréhendé comme une chance inespérée de conjurer une progression électorale continue de l’extrême droite, qui doit bien plus au creusement des inégalités et à la défiance à l’égard de la classe politique qu’au mouvement des gilets jaunes. Embrasser ce constat alarmiste équivaut par ailleurs à se placer dans une situation d’impuissance, comme si la France était plongée en permanence dans un second tour de l’élection présidentielle. Le spectre de l’arrivée de l’extrême droite semble alors justifier tous les renoncements, de ces renoncements qui, au final, renforcent l’extrême droite, année après année. Le mandat passé de François Hollande en est la démonstration la plus parfaite. Ce jeu de la menace, du chantage au « vote utile » alimente en retour l’impression d’une... inutilité profonde de la politique. Et un sentiment de déconnexion entre les partis, les syndicats et les citoyen.nes, dont le mouvement des gilets jaunes est la conséquence plus que la cause.

    Ce constat pose aussi la question centrale de la place de la gauche dans ce renouvellement attendue de la classe politique. Le divorce du parti socialiste et des classes populaires n’est pas nouveau. Depuis 30 ans, les causes de la montée électorale de l’extrême droite sont passés à la loupe des analystes, et n’exonèrent pas la gauche de gouvernement. Songeons au rôle de François Mitterrand dans l’essor de la formation politique de Jean-Marie Le Pen à des fins stratégiques au milieu des années 1980, afin d’affaiblir la droite parlementaire, ou encore au débat sur la « déchéance de nationalité » introduit par Manuel Valls plus récemment. Très clairement, en convergeant avec la droite sur les objectifs d’austérité budgétaire et sur une politique de l’offre, la gauche gouvernementale a contribué à rendre le Rassemblement national (RN) un peu plus central dans le jeu politique, et à donner le privilège à ce parti d’apparaître comme la principale formation d’opposition. La gauche de gouvernement semble avoir aujourd’hui bien peu à offrir sur le plan des perspectives politiques, sur la question de la réduction des inégalités économiques ou encore de la concentration (sociale et territoriale) de la richesse. Elle semble avoir renoncé à un projet de société égalitaire et aux outils de redistribution nécessaires à ce dernier (que l’on songe aux renoncements en matière de fiscalité ou à la « loi travail » qui a marqué le quinquennat Hollande par exemple).

    Si la voie électorale paraît bouchée et que la voie de la contestation sociale semble « faire le jeu du RN », alors quelle position adopter ? Il est probablement nécessaire, dans un premier temps, de changer de perspective, et d’admettre qu’à « état démocratique constant » le pire était déjà devant nous, avant même l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Ce dernier peut dès lors apparaître comme une opportunité d’enrayer l’essor de l’extrême droite et, plus largement, d’échapper à l’alternative funeste entre régimes néo-libéraux autoritaires (États-Unis, Italie, Hongrie) et régimes autoritaires néo-libéraux (Brésil, Turquie, Chine) ?

    Il faut donc non seulement soutenir ce mouvement, mais également travailler à la (re)prise de parole et de pouvoir de personnes issues de certaines fractions des classes populaires et de catégories de travailleurs.euses « invisibles » qui avaient abandonné le terrain du mouvement social, voire le chemin des urnes, comme le souligne l’enquête préliminaire du Collectif de chercheurs bordelais https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395 . Le mouvement des gilets jaunes représente un moment de formation politique collective inédite, à travers lequel se construisent des sujets politiques. C’est aussi un moment de (re)création de solidarités effectives, dont l’ampleur et la durée dépassent les expériences récentes et auront des conséquences durables pour celles et ceux qui l’ont vécu, et ont souvent expérimenté communément la violence d’État.
    
En effet, les mobilisations des gilets jaunes mettent à jour un pouvoir étatique n’ayant comme réponse à proposer à la contestation massive de ses politiques que la violence policière et judiciaire (plus d’un millier de personnes subissent actuellement des poursuites judiciaires). Les niveaux actuels de répression du mouvement et des militant.es sont inédits dans la Vème République : par le nombre d’individus interpellés (près de 5000 depuis le début du mouvement) mais aussi de personnes blessées https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan , en raison du recours massif d’armes dites « intermédiaires » ailleurs interdites pour de telles missions de maintien de l’ordre, à commencer par les « grenades de désencerclement » ou encore les lanceurs de balles de défense (LDB40). Dans ce cadre, la nouvelle loi dite « anti-casseurs », adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 5 février dernier, semble venir parachever la remise en cause durable de démocratie et de justice sociale et de droits fondamentaux, comme celui de manifester. Cette loi va, entre autres choses, inaugurer la possibilité pour des autorités administratives (les préfets) d’interdire à des personnes d’exercer leur droit de manifester et ce, de manière préventive, en amont de toute condamnation judiciaire.

    « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », écrivait au début du 20ème siècle l’intellectuel et militant socialiste Jean Jaurès, à l’aube d’un conflit qui allait dévaster les sociétés européennes, et paver la voie à la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, le mouvement des gilets jaunes pose à nouveau frais, à la lumière du capitalisme à l’ère néolibérale, la question des injustices et de la violence dans nos sociétés, mais également des périls qui nous guettent, si nous n’y trouvons pas d’issue démocratique et pacifique. Peut-on croire sincèrement que le mouvement actuel ait une quelconque responsabilité dans l’essor de l’autoritarisme et dans le développement du nationalisme dans nombre de nos sociétés ? Plus qu’une erreur de perspective, voyons-y la tentative désespérée des tenants de l’ordre ancien de faire diversion, et d’écarter à bon compte leurs responsabilités centrales dans le tragique de l’heure, comme dans celui d’hier.

    #Canada #capitalisme #extreme_droite #néo_libéralisme #Gauche #PS #analyse #démocratie #inégalités #injustices #violence #justice_sociale #inégalités #libertés_publiques #GiletsJaunes #Gilets_Jaunes


  • Le représentant du pape en France visé par une enquête pour « agressions sexuelles »
    https://www.liberation.fr/france/2019/02/15/le-representant-du-pape-en-france-vise-par-une-enquete-pour-agressions-se

    Des « mains aux fesses assez poussées » lors d’une cérémonie des voeux à l’Hôtel de ville de Paris : le nonce apostolique - l’ambassadeur du pape - en France, Mgr Luigi Ventura, est l’objet d’une enquête pour « agressions sexuelles ». La révélation de cette affaire intervient alors que l’Eglise catholique est touchée, dans de nombreux pays du monde, par de multiples scandales d’abus sexuels entachant sa crédibilité.

    A lire aussi :Prêtres pédophies : en Pennsylvanie, un long silence et des vies brisées

    L’enquête a été ouverte le 24 janvier par le parquet de Paris, a-t-on appris vendredi de source judiciaire, confirmant une information du Monde.

    La mairie de Paris avait signalé la veille au parquet, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, qu’un jeune cadre municipal s’était plaint d’attouchements répétés de Mgr Luigi Ventura, un prélat italien de 74 ans, lors de la cérémonie des vœux à l’Hôtel de Ville le 17 janvier, selon des sources concordantes. « Il y a eu un incident lors des vœux aux autorités diplomatiques et rapidement la décision a été prise de le signaler au procureur de la République », a déclaré Me Patrick Klugman, maire adjoint chargé des relations internationales.

    « Lors de ces vœux, un agent de la ville a été victime de manière répétée, par trois fois, d’attouchements sexuels, de mains aux fesses assez poussées, dont une fois devant témoin », a appris l’AFP dans l’entourage de la mairie. Le jeune homme d’une trentaine d’années en a fait part à sa hiérarchie. Il travaille à la délégation générale aux relations internationales (DGRI) de la mairie.

    D’autres médias, comme le quotidien La Croix et le magazine Têtu, citent les témoignages d’autres victimes présumées du prélat.

    Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura est en poste depuis 2009 à Paris, chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d’une part et avec les évêques de France d’autre part. « La nonciature n’a rien à confirmer », a-t-elle fait savoir à l’AFP.

    A Rome, le Saint-Siège a fait savoir qu’il avait appris l’ouverture de l’enquête. Il « attend les conclusions de l’enquête », a déclaré le porte-parole du Vatican Alessandro Gisotti. Compte tenu de ses fonctions, Mgr Ventura bénéficie de l’immunité diplomatique.
    Réunion cruciale

    Ce docteur en lettres modernes et licencié en droit canonique (Université pontificale du Latran) est entré au service diplomatique du Saint-Siège en 1978. Il a été affecté au service diplomatique aux nonciatures du Brésil, de Bolivie, de Grande-Bretagne. Puis est devenu conseiller à la secrétairerie d’Etat, à la section pour les relations du Saint-Siège avec les États, en 1995. Il est ensuite envoyé par Jean Paul II comme nonce apostolique en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Niger (1995), puis au Chili (1999) et ensuite au Canada (2001), avant d’être nommé dans la capitale française.

    La révélation en 2018 d’énormes scandales de pédophilie aux Etats-Unis, au Chili ou encore en Allemagne, ont gravement entaché la crédibilité de l’Eglise catholique. Le pape François, qui entend appliquer sa promesse de « tolérance zéro », a promis ces derniers mois qu’il serait intransigeant avec la haute hiérarchie ecclésiastique. Il a convoqué une réunion cruciale, rassemblant la semaine prochaine, du 21 au 24 février les présidents des conférences épiscopales du monde entier au Vatican, où ils plancheront notamment sur la lutte contre la pédocriminalité commise par des clercs.

    Tout porte à pensé que Jesus était moins charpentier que proxénète. Marie Madelaine tapinais certainement au profit de Jesus et peut être aussi Marie, en tout cas les apotres disent que Jesus faisait bosser les femmes gratuitement, leur piquait leur fric, leur faisait faire les corvées de ménage tout en se lavant les pieds avec leurs cheveux comme le premier bitard de base de l’époque. https://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/luc/7.36-8.3

    Marie Madeleine devait avoir des poux le jour du gag du faux dernier repas (le jour avant son miracle du pote qui se faire crucifier à sa place). Dans son boy’s club d’apotres Jesus n’a pas toléré une seule femme et ses miracles ont consisté surtout à inonder ses copains de gros pinard qui tâche et d’écoulé des stock de vieux poissons invendus ou de miches rancies qu’il devait "multiplié" en les mettant dans l’eau.

    Dans Mattieu 19 il discute avec ses potes apotres masculinistes de l’art de répudié les femmes quant elles sont infidèles (mais jamais il pense ni ne parle des femmes qui voudraient répudier leur marie adultère qui leur a offert la chtouille au retour du bordel).

    Il s’est pas cassé à faire des miracles pour les femmes. A part l’immaculé conception qui fait de toute femmes des salopes éternelles sauf la mère à Jesus, voila le message d’amour qu’il nous porte à travers deux millénaires.

    Après lui, les croyances chrétiennes sont un viol de la raison et leurs prêtres violent les âmes des bébés en les baptisant de force sans leurs consentement. Ils organisent aussi la persécution des victimes de viol, en leur interdisant l’IVG et la contraception, trop contents d’avoir des gosses à violer pour les siècles des siècles. Incroyable qu’aujourd’hui encor il y ai tant de gens prêts à se rendre à ces horribles cérémonie de culte du viol conjugale, culte du viol symboliques d’âmes de nourrissons, ainsi que culte du viol mémoriel pour les enterrements car ils mettent aussi leurs sale pattes d’agresseurs sexuels sur les cadavres mais cette fois surtout pour leur faire les poches.
    A bas la calotte !
    #catholicisme #culture_du_viol


  • Rapport de la Brigade internationale de solidarité avec le Codedi

    https://lavoiedujaguar.net/Rapport-de-la-Brigade-internationale-de-solidarite-avec-le-Codedi

    Santa María Huatulco, Oaxaca, Mexique,
    15 mars 2018.

    Les 14 et 15 mars 2018, une Brigade internationale de solidarité composée de personnes venant de Suisse, du Portugal, du Mexique, d’Italie, de l’État espagnol, de Colombie, du Brésil, de Belgique, d’Autriche et d’Argentine s’est rendue au Centre de formation « Finca Alemania » du Comité pour la défense des droits indigènes (Codedi), en réponse à la violente agression soufferte le 12 février 2018 durant laquelle furent lâchement assassinés trois défenseurs de la communauté.

    En tant que Brigade, nous avons pris connaissance du projet autonome en construction dans le centre de formation, nous avons écouté le témoignage des survivants et l’analyse du contexte actuel des membres des différents comités de l’organisation.

    Le Codedi lutte pour la défense du territoire et la construction de l’autonomie. Cela commence avec un petit collectif de théâtre prônant l’organisation sociale des communautés comme outil pour améliorer ses propres conditions de vie. (...)

    #Mexique #Oaxaca #peuples_originaires #autonomie #solidarité


  • Monica Benicio : « Les Brésiliens et les Brésiliennes demandent justice, on ne se taira pas »
    https://lemediapresse.fr/international/monica-benicio-les-bresiliens-et-les-bresiliennes-demandent-justice-on

    Depuis l’investiture de Jair Bolsonaro au Brésil, début janvier, cla partie de la population qui n’a pas voté pour lui retient son souffle et résiste. Parmi eux, Monica Benicio, la compagne de Marielle Franco, femme politique dont l’assassinat en mars 2018 a choqué le Brésil et le monde avec. Nous lui avons demandé comment la […]

    #International


  • Le #Brésil, un mois après l’arrivée au pouvoir de Jaïr Bolsonaro
    https://www.cetri.be/Le-Bresil-un-mois-apres-l-arrivee

    En un mois de présidence d’extrême droite, Jaïr Bolsonaro a déjà multiplié les décisions effrayantes : suppression des ministères de la Culture et de l’Environnement, autorisation du port de 4 armes par famille, attaques contre les indigènes et les réserves naturelles,… Que réserve le mandat de ce président sexiste, raciste, homophobe, ennemi des défenseurs des droits humains et de l’environnement et des syndicats, nostalgique de la dictature militaire ? Émission présentée par Jean-Guillaume DeMailly, avec (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, Brésil, #Election, #Mouvements_réactionnaires, #Audio, #RCF, Le Sud en (...)

    #Le_Sud_en_mouvement


  • Pour comprendre le #Brésil de Bolsonaro
    https://www.cetri.be/Pour-comprendre-le-Bresil-de

    Le 28 octobre dernier le désastre annoncé a eu lieu : pour cette huitième élection depuis la fin de la dictature (1985), l’ex-capitaine Jair Bolsonaro gagnait les élections présidentielles et, par là même, l’exécutif du plus grand pays latino-américain et de la 7ème puissance économique mondiale (avec 209 millions d’habitants). Il raflait ainsi plus de 55% des suffrages (58 millions des voix valides), soit presque 10 millions de plus qu’au premier tour, suite à une campagne axée sur un discours (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, Brésil, #Election, #Contretemps,_revue_critique


  • Brésil : la forêt amazonienne menacée par le « Trump tropical »
    https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/bresil-la-foret-amazonienne-menacee-par-le-trump-tropical

    Jair Bolsonaro n’a jamais caché son désintérêt pour la défense de l’environnement. Pour le Président brésilien, le développement économique de son pays est une priorité, au détriment notamment de la forêt amazonienne, pourtant nécessaire à la Planète.

    #Brésil #Amazonie #Environnement


  • Avant les Gilets jaunes, voici comment Facebook a changé les conditions de la démocratie

    Tunisie, États-Unis, Venezuela… #Facebook a changé les règles de la démocratie bien avant les Gilets jaunes en France.

    L’essor du mouvement des Gilets jaunes est un exemple de plus de l’influence de Facebook dans la sphère politique. Depuis près de dix ans, le premier réseau social au monde offre un « terrain fertile » aux militants et aux colères en tout genre, remarque Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences-Po et spécialiste des médias sociaux. Utilisé comme outil de communication, d’organisation voire de manipulation dans les cas les plus controversés, Facebook s’invite dans les scrutins ou mouvements sociaux ces dernières années.

    . La #Tunisie et les #révolutions_arabes

    C’est en Tunisie, en 2011, qu’il joue pour la première fois un rôle déterminant. Parce qu’il permet de libérer la parole et de contourner la censure, de publier des photos et des vidéos de la répression et d’organiser la mobilisation, Facebook prend une place centrale. Il permet « la naissance d’une nouvelle forme de contestation sociale », souligne Fabrice Epelboin.

    La colère des Tunisiens, qui a éclaté après l’immolation par le feu du jeune marchand de fruits et légumes Mohamed Bouazizi, prend alors « une trajectoire exponentielle » qui aboutira au départ du président Ben Ali. Cette « révolution Facebook » en inspirera d’autres dans le monde arabe, notamment en Égypte, où le réseau social a aussi été déterminant.

    2. #Occupy_Wall_Street et les citoyens

    Quelques mois plus tard, Facebook joue un rôle de catalyseur dans le mouvement Occupy Wall Street, lancé à New York pour dénoncer les abus du capitalisme financier. Des pages locales se créent dans la plupart des grandes villes américaines et aident le mouvement à se répandre à travers les États-Unis.

    Facebook permet aux « 99% », comme ils se surnomment, de recruter des activistes et de partager des informations. Sur le même modèle, le mouvement des Indignés, lancé en Espagne en mai 2011, s’était aussi appuyé sur Facebook pour grandir, tout comme la « révolution des parapluies » à Hongkong en 2014 ou plus récemment, Nuit debout en France en 2016.

    3. L’élection américaine et ses polémiques

    Mais la force de frappe de Facebook lui vaut également son lot de polémiques. Pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, le réseau social sert de caisse de résonance aux fausses informations qui visent Hillary Clinton et le camp démocrate.

    Par ailleurs, l’équipe de Donald Trump s’appuie sur les services de la société britannique Cambridge Analytica, qui exploite les données privées de dizaines de millions d’usagers du réseau à leur insu pour cibler précisément les attentes de son électorat. Un scandale planétaire qui poursuit encore Facebook. Lundi, son PDG, Mark Zuckerberg, a promis que des mesures contre les ingérences seraient mises en place en vue des élections européennes.

    4. Au #Brésil, #Bolsonaro et sa campagne 2.0

    Fin 2018, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro utilise également Facebook pour faire campagne durant la présidentielle brésilienne. Poignardé à l’abdomen par un opposant à quelques semaines du scrutin, il multiplie les vidéos en direct pendant sa convalescence et court-circuite ainsi les canaux médiatiques traditionnels.

    Dans un pays réputé pour son « appétence pour les réseaux sociaux », selon Fabrice Epelboin, il utilise également WhatsApp, la messagerie qui appartient à Facebook, pour diffuser sa rhétorique sécuritaire et nationaliste auprès des 120 millions d’utilisateurs brésiliens. Une campagne 2.0 qui lui permet d’être largement élu fin octobre.

    5. Le #Venezuela et la parole de l’opposition

    Ces derniers jours, la crise au ­Venezuela a mis en lumière l’usage politique des réseaux sociaux par l’opposition. Facebook, comme Twitter et Instagram, permet en effet à Juan Guaidó – qui s’est autoproclamé président le 23 janvier – et à ses partisans de contourner la censure imposée par le régime aux télévisions et aux radios.

    De quoi excéder Nicolás Maduro, qui dénonçait en octobre 2017 la « dictature » des réseaux sociaux. L’observatoire de l’Internet NetBlocks a d’ailleurs signalé que Facebook, comme d’autres plateformes, avait été coupé de « façon intermittente » ces derniers jours.

    https://www.lejdd.fr/Medias/Internet/avant-les-gilets-jaunes-voici-comment-facebook-a-change-les-conditions-de-la-d
    #réseaux_sociaux #démocratie #résistance #révoltes #USA #printemps_arabes #Etats-Unis #gilets_jaunes


    • Ce qui laisse pantois dans la posture assumée par plusieurs capitales européennes – Berne se maintient pour sa part neutre –, c’est l’emballement à qualifier de « non légitime » le pouvoir en place à Caracas. Alors que ces gouvernements ne cessent de signer des accords commerciaux et militaires avec des régimes qui n’ont pas une once de fonctionnement démocratique. Cela sans oublier leur silence assourdissant lors des renversements de Dilma Rousseff au Brésil, de Manuel Zelaya au Honduras ou de Fernando Lugo au Paraguay.

    • On peut ajouter que l’élection (il s’agit de sa réélection l’année dernière avec entrée en fonction le 10 janvier 2019) de Maduro est peut-être contestable, elle n’est pas illégitime. D’autant plus qu’à l’époque l’opposition s’était – encore une fois – déchirée, n’arrivant pas à organiser un boycott unanime…

      Le véritable coup d’état a eu lieu en août 2017 (cf. mon historique de la crise actuelle https://seenthis.net/messages/755401 ) et à l’époque, les gouvernements occidentaux avaient simplement appelé la Constituante, élue de façon contestable, avec cette fois un boycott total de l’opposition, mais surtout totalement illégitime à s’auto-attribuer les pouvoirs de l’Assemblée nationale, à – justement ! – respecter les accords existants…


  • L’homme “moyen” prend le pouvoir
    https://www.cetri.be/L-homme-moyen-prend-le-pouvoir

    Qu’est-ce que cela signifie de transformer l’ordinaire en « mythe » et de lui donner le gouvernement du pays ? C’est la question que se pose Eliane Brum, sur l’espace qu’elle anime sur #El_País. Depuis le 1er janvier 2019, le #Brésil a comme président un personnage qui n’avait jamais occupé le pouvoir par le vote. Jair Bolsonaro est un homme qui ne fait pas partie des élites, et qui n’a rien fait d’exceptionnel. Cet homme moyen représente une vaste catégorie de Brésiliens. Il faut accepter le défi de (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, Brésil, #Mouvements_réactionnaires, #Election, El País, Autres (...)

    #Autres_Brésils


  • Beauté des femmes, normes, sacrifices
    Femmes à travers l’Histoire : « sois laide et tais-toi ! »

    https://information.tv5monde.com/terriennes/femmes-travers-l-histoire-sois-laide-et-tais-toi-278816

    Dès le début, cela commence mal, très mal, pour les femmes.

    Dans Hippolyte, la pièce d’Euripide, ce contemporain de Socrate écrit sans ciller : "La femme est un mal. Le père qui l’a engendrée et nourrie lui adjoint une dot. L’époux qui prend dans sa maison ce parasite s’amuse à parer la méchante idole et se ruine aux belles toilettes, le malheureux détruisant peu à peu le bien de sa famille (...) Soyez maudites. Jamais je ne pourrai rassasier ma haine contre les femmes (...) Elles ne cessent de faire le mal".

    Claudine Sagaert, sociologue et professeur de philosophie explique : "Dès la Grèce antique, ce n’est pas telle ou telle femme qui est jugée laide, c’est LA femme. On voit se mettre en place une conception de la femme laide qui va partir d’une dimension physiologique. De cette dimension physiologique, on va en déduire une dimension négative du point de vue intellectuel et du point de vue moral".

    Dans son ouvrage Histoire de la laideur féminine (Imago édition) l’auteure passe en revue, explique et décortique les anathèmes qui touchent les femmes laides. Claudine Sagaert s’est appuyée sur des textes philosophiques, médicaux et littéraires.
    Pour un résultat assez stupéfiant.
    Femmes, "Vomissures de la terre"
    Les siècles qui passent ne calment pas les choses. Bien au contraire.
    la sorcière est souvent assimilée à une femme hideuse, résultat d'un commerce avec le diable
    la sorcière est souvent assimilée à une femme hideuse, résultat d’un commerce avec le diable

    Jean Baptiste Louis de Thesacq, médecin français du XVIIIe siècle, affirme : "dire du mal des femmes a été, pour le Moyen Âge, comme pour l’Antiquité, un des lieux communs de la littérature".

    La toute puissante Eglise catholique fait mieux que cela : elle les condamne. Si Marie, mère de Jésus, représente pour les chrétiens la pureté absolue (la voici enceinte bien que n’ayant jamais eu de rapport sexuel avec Joseph, son mari), Eve, mère de l’humanité, incarne à jamais la tentation (elle a mordu, la fourbe, dans le fruit défendu au jardin d’Eden).

    Et surtout, gare aux femmes laides ! Bernardin de Sienne, franciscain prédicateur du XVème siècle, va jusqu’à les traiter de "vomissures de la terre" !
    La laideur au couvent
    Dans son ouvrage, Claudine Sagaert nous rappelle qu’au Moyen-Âge la jeune femme qui souffre d’une disgrâce est envoyée illico dans un couvent tant sa présence au sein
    Nonnes dînant en silence, tout en écoutant la lecture de la Bible (<em>Humilité</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pietro_Lorenzetti&quot ; title="Pietro Lorenzetti">Pietro Lorenzetti</a>, 1341
    Nonnes dînant en silence, tout en écoutant la lecture de la Bible (Humilité, Pietro Lorenzetti, 1341
    Wikipedia
    de la famille est perçue comme une insulte. Une femme laide "n’a pas sa place dans le monde, elle y est comme déplacée". Et même au couvent, à l’abri du monde, elle continue de déranger : "Les ecclésiastiques se plaignaient amèrement que les pères marient leurs filles les plus gâtées et abandonnent au Seigneur les plus laides". Pas très catholique pour des hommes d’Eglise...

    La femme laide suscite un rejet, parfois de la haine, jamais de l’indifférence. Elle est une tâche, un rebut, une erreur de casting dans la grande mise en scène de la société, le long métrage de l’existence.
    Forcément encombrante puisque non désirée, non charnelle, non "fécondable", elle doit vivre avec une honte originelle et, surtout, ne pas se faire remarquer, s’effacer autant que possible.

    L’intelligence lui est refusée, la sexualité défendue. Elle est une ennemie désagréable pour tous les hommes mais aussi, pour les femmes, la projection pénible d’un cauchemar vivant.

    Pourquoi ne t’achètes-tu donc pas une paire de lunettes, espèce de laide et vieille salope ?

    Des voyous insultant la chanteuse Susan Boyle
    "La vieille fille laide à sa fenêtre"

    Parmi ces bannies, citons encore "les vieilles filles", un terme qui, selon l’auteure, "indique déjà qu’elle n’est pas une femme. Genre hybride, elle est une fille déjà vieille. Elle n’a donc pas de réel statut". Et de citer plusieurs auteurs, et non des moindres, qui trempèrent leur plume dans la plus acide des encres pour évoquer leur existence.
    Alexandre Dumas : "A l’annonce de la vieille fille, il eût fallu voir les hochements de tête, les grimaces, les sourires de commisération ou de raillerie (..) tous enfin bâtissaient sur ce seul mot de vieille fille un échafaudage de conjectures fâcheuses".
    <em>"Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles : il ne s&#039;y passe pas le moindre événement qu&#039;elle ne le voie, ne le commente et n&#039;en tire toutes les conséquences" </em>écrit Balzac.
    "Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles : il ne s’y passe pas le moindre événement qu’elle ne le voie, ne le commente et n’en tire toutes les conséquences" écrit Balzac.
    Pixabay

    Octave Mirbeau :" Elle était fort laide, si laide que personne jamais ne l’avait demandée en mariage, malgré ses six mille livres de rente. (...) Elle avait, en m’embrassant furieusement, des gestes si durs, des mouvements si brusques, que je préférais encore qu’elle me pinçât le bras". Balzac : "Il n’y a rien de plus horrible à voir que la matinale apparition d’une vieille fille laide à sa fenêtre
    Zola et "les repoussoirs"
    Il y a aussi la redécouverte de cette étonnante nouvelle signée Zola, Les repoussoirs.
    Un industriel à l’idée un tantinet cruelle d’inventer un nouvel "article de toilette". Il charge plusieurs courtiers de "recruter" des femmes particulièrement laides dans Paris.
    L&#039;écrivain Emile Zola
    L’écrivain Emile Zola
    (Domaine public)

    L’industriel ne retient que "les faces décourageantes, celles qui glacent par leur épaisseur et leur bêtise". Il va louer leur laideur. Les bourgeoises se précipitent.

    Accompagnées de ces laiderons, elles voient leur beauté aussitôt rehaussée et cet étrange attelage dans les rues est censé séduire les hommes. L’affaire rencontre un grand succès.
    L’écrivain précise : "Le bureau était entouré de clientes qui choisissaient chacune son repoussoir et l’emportaient avec une joie féroce".

    Emile Zola, loin de jubiler sur le sort de ces "repoussoirs" dénonce là l’immense solitude de ces femmes laides. Il condamne cet argent qui peut tout acheter, jusqu’à la dignité des êtres. Lucide, l’écrivain conclut : "Qu’importe au progrès une femme qui souffre ! L’humanité marche en avant."

    Visionnaire Zola...

    Le combat des laides a été celui de toutes celles qui, par leur engagement, se sont autorisées à être fécondes autrement que par leur ventre.

    Claudine Sagaert
    "Le féminisme dénature la femme"
    La féministe occupe une place de choix dans cette farandole de l’exclusion. Ses activités, la défense de la femme et la légitime revendication de ses droits, ne peuvent que la rendre laide. L’auteure note : "Elle s’intéresse à autre chose qu’aux hommes et à leurs désirs. Ainsi, le féminisme dénature la femme, la précipite dans la laideur".

    Dès lors, il
    Le journal satirique <em>L&#039;assiette au beurre</em> du 18 septembre 1909, intitulée "Féminisme et féministes".
    Le journal satirique L’assiette au beurre du 18 septembre 1909, intitulée "Féminisme et féministes".
    s’agit de caricaturer les féministes avec une outrance souvent délirante.
    L’enjeu est de rire mais, surtout, ne pas leur permettre d’accéder au pouvoir politique. Lui seul autoriserait une amélioration du droit des femmes.
    Inadmissible.

    Les féministes sont donc osseuses, odieuses, grimaçantes, non désirables, mais aussi sans scrupule. Ces suffragettes obéissent, pour reprendre l’expression d’un propagandiste franquiste, à une "compensation de frustration hormonale".

    Délicat.

    On ne leur reconnaît à ces féministes (forcément hystériques) aucune intelligence particulière. Elles s’acharnent à vouloir braconner sur des terres interdites.
    Pour les femmes, de toutes les façons, il n’y a guère d’échappatoire. "Belle, la femme est idiote, intelligente, elle est laide", écrit Claudine Sagaert. En somme, le combat des laides a été celui de toutes celles qui, par leur engagement, se sont autorisées, au sens fort du terme, à être fécondes autrement que par leur ventre".


    Le cas Susan Boyle
    L’ouvrage balaie aussi notre époque. Il évoque brièvement le cas emblématique de Susan Boyle. Souvenons-nous. Cette artiste au physique hors norme participe en 2009 au télé-crochet anglais "Britain’s got talent". Lorsqu’elle se présente sur scène, quelques sifflets
    L&#039;actrice et chanteuse Rossy de Palma à Cannes en 2015. Elle est l&#039;une des artistes favorites du réalisateur Pédro Almodovar.
    L’actrice et chanteuse Rossy de Palma à Cannes en 2015. Elle est l’une des artistes favorites du réalisateur Pédro Almodovar.
    Georges Biard, CC BY-SA 3.0 (commons.wikimedia.org)
    fusent et la caméra capte les regards dégoûtés parmi le public. Une cascade de rires accompagne l’aveu de son âge (47 ans). Tout cela s’éteint quelques minutes plus tard quand s’élève sa voix, pure, puissante, indiscutable. A la stupéfaction générale, Susan Boyle semble révéler au monde tout entier qu’on peut être laide et talentueuse.

    Elle accède au rang de star et ses albums, du jour au lendemain, se vendent par millions.
    Mais la célébrité planétaire n’immunise pas contre la bêtise.

    En juin 2017, des voyous s’en prennent à la chanteuse quand, un jour, elle est assise tranquillement dans un bus. Un témoin raconte au quotidien The Telegraph : “Une dizaine ou une quinzaine d’entre eux l’ont cernée et ont commencé à lui lancer des objets. Ils ont mis le feu à un morceau de papier et lui ont jeté au visage. Susan Boyle gagne la sortie sous les insultes qui continuent de pleuvoir : "Pourquoi ne t’achètes-tu donc pas une paire de lunettes, espèce de laide et vieille salope ?"

    Rossy de Palma, l’actrice révélée par le cinéaste espagnol Pedro Amodovar a eu, elle aussi, à souffrir des quolibets durant son enfance. Mais de son physique à nul autre pareil, elle a fait une force. Lors d’un entretien au magazine Paris-Match, elle confiait : "J’avais hâte de quitter l’école, je croyais ainsi pouvoir échapper à la bêtise. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme je le pensais. Je me suis rendu compte que la vie est une grande cour de récréation qu’on ne quitte jamais."

    <em>"La laideur physique n&#039;est pas signe de laideur morale" </em>rappelle Claudine Sagaert
    "La laideur physique n’est pas signe de laideur morale" rappelle Claudine Sagaert
    (Pixabay)
    Un narcissisme industriel
    Notre époque, avec cette mode hystérique des selfies, cette mise à disposition volontaire et à volonté de son image, ce narcissisme quasi industriel exclut, de facto, celles et ceux qui ne répondront jamais aux critères de beauté en vigueur (grands yeux, petit nez, petit menton, bouche charnue, pommettes larges et hautes etc.).
    Sans parler des personnes obèses, anorexiques. "Chacun dans la société contemporaine est ainsi reconnu responsable de son corps et de son visage", appuie Claudine Sagaert "La femme est restée femme grâce à son apparence. On l’appréhende toujours de ce point de vue". Bien entendu, aujourd’hui, personne n’impose à la femme d’être belle, il n’y a pas de dictateur mais disons que c’est un "dictateur intériorisé". La femme ne doit pas avoir de ride, être en surpoids, elle doit soigner son apparence, au risque d’être coupable. On va lui attribuer un certain nombre de défauts : elle manque de volonté, elle est irrespectueuse envers elle-même et envers les autres, etc. Il y a, à notre époque, une normalisation de l’apparence, qui est extrême, et cela dans le monde."
    (Pixabay)

    Dans le monde, vraiment ? " Ecoutez, j’ai vécu six ans au Brésil et ce qui m’a vraiment questionnée dans les pays d’Amérique Latine, c’est que toute la représentation dans la publicité, ce sont des femmes blanches, blondes et souvent très minces. Vous imaginez dans un pays comme le Mexique et le Pérou, où les gens sont typés ? Ca ne correspond pas du tout à leur physionomie ! Quelque part, cela provoque un déni d’identité. Il y a aussi les Asiatiques qui se font débrider les yeux, les Africains et Africaines qui se font blanchir la peau. On comprend que les normes sont extrêmement bien ancrées. Ce qui est plus grave, c’est que l’individu lui-même, dès lors, ne se sent pas à la hauteur. Il sait que dans le domaine de l’emploi, des rapports amoureux, si son apparence ne correspond pas à un certain type de diktat, eh bien il ne sera pas recruté, ou il aura moins de chance lors de relations amoureuses ".

    L’apparence obéit à une mécanique infernale. Et si une femme se trouve un jour frappée de disgrâce, il peut lui arriver d’endosser une sombre culpabilité. Parce que la société la juge responsable de son physique. La voici tout à coup honteuse d’elle-même. "Victime, elle considère paradoxalement ces critiques comme justifiées, elle les intègre au point d’oeuvrer à sa propre dévalorisation".
    Infernal.


  • « L’industrie minière crée des phénomènes qu’elle ne sait pas maîtriser »
    http://www.zite.fr/systext

    Le 25 janvier dernier, le barrage d’une mine de fer de la multinationale Vale s’effondre à Brumadinho dans l’État du Minas Gerais au Brésil, causant des centaines de morts. Au cours des 10 dernières années, 44 accidents de ce type ont eu lieu de par le monde, produisant des pollutions majeures et irréversibles. On se souvient, en 2015, des images ahurissantes de la coulée de déchets miniers toxiques qui a déferlé sur le fleuve Rio Doce suite à la rupture d’un barrage similaire dans le même Etat brésilien. Dans un entretien paru dans le #Z12, les ingénieurs en révolte du collectif SystExt expliquent, à partir du cas de l’or, pourquoi la démultiplication des mines industrielles entraîne des pollutions de plus en plus destructrices.

    Propos recueillis par Celia Izoard Illustrations : Laura Pandelle

    À quoi sert (...)

    #Article_à_la_Une #Non_classé


  • La nouvelle catastrophe minière au Brésil démontre que la promesse de Bolsonaro de déréglementer le secteur est une folie
    https://fr.globalvoices.org/2019/01/31/232632

    Trois ans, deux mois et vingt jours après la rupture d’un barrage de résidus miniers dans l’État du Minas Gerais, dans le sud-est du Brésil, la tragédie meurtrière s’est reproduite à seulement 120 km de là : le 25 janvier 2019, trois digues ont cédé à Brumadinho, une bourgade du même État. Lorsque la première a craqué, la coulée de boue a surchargé les deux autres ce qui a causé leur effondrement. Source : Global Voices


  • « Le système de gouvernement des démocraties est aujourd’hui menacé » - Tony Blair Institute for Global Change
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/30/le-systeme-de-gouvernement-des-democraties-est-aujourd-hui-menace_5416634_82

    Yascha Mounk est politologue, professeur à Harvard et membre du Tony Blair Institute for Global Change, société de conseil et d’expertise à but non lucratif. Dans son ouvrage à succès Le Peuple contre la démocratie (Editions de l’Observatoire) paru en août 2018, il assure que le libéralisme et la démocratie sont désormais entrés en conflit. Il s’alarme également d’une tendance des peuples à devenir de plus en plus « antilibéraux ».
    Vous affirmez dans votre dernier ouvrage que la démocratie est en passe de s’effondrer. N’est-ce pas un peu alarmiste ?
    Regardez le nombre de forces autoritaires aujourd’hui dans le monde. Les quatre démocraties les plus peuplées, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie et les Etats-Unis, sont gouvernées par des leaders qui proclament être la représentation exclusive du peuple, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux y sont considérés comme des traîtres. Mes recherches ont montré très clairement que des gouvernements illibéraux comme ceux de la Turquie, de la Hongrie ou du Venezuela ont détruit des démocraties. C’est aussi la menace qui pointe en Pologne.
    On a longtemps cru, comme le disaient les politologues des années 1990, que, quand un pays atteignait un PIB au-dessus de 13 000 euros par an, la démocratie y était définitivement assurée et que les citoyens ne voteraient plus pour un homme fort. On voit aujourd’hui que la popularité des populistes grimpe partout. C’est sans précédent. Voilà pourquoi je dis que le système de gouvernement des démocraties, qui est longtemps apparu remarquablement stable, est aujourd’hui menacé.

    Qu’est-ce qui a donc changé depuis l’après-guerre pour expliquer ce basculement ?
    Le premier facteur qui explique cette dérive, c’est la stagnation du standard de vie. Lors des « trente glorieuses », les citoyens voyaient les répercussions de la croissance économique sur leur niveau de vie, et ils étaient confiants dans l’idée que la vie de leurs enfants serait meilleure que la leur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : la plupart des gens ne sont pas beaucoup plus riches que leurs parents et ils craignent que leurs enfants soient plus pauvres.
    Vous estimez que les changements culturel et démographique ont aussi bouleversé les perceptions politiques.
    La plupart des sociétés démocratiques ont été fondées sur la base d’une identité nationale homogène. Avec les vagues d’immigration, beaucoup de citoyens ont commencé à comprendre qu’ils vivaient dans une société multiethnique et ont changé leur point de vue sur ce que c’est d’être français, anglais ou allemand. Or, une fraction importante de la population a peur des changements culturels induits par l’arrivée des migrants et s’y oppose.
    Enfin, Internet et l’utilisation massive des réseaux sociaux ont réduit l’avantage structurel que les élites économiques et politiques ont sur le peuple, celui du contrôle de ce qui est important et de quoi on doit discuter. Si on additionne la stagnation économique, la peur du futur et l’opposition à l’immigration, et cette capacité à mobiliser rapidement la colère permise par les réseaux sociaux, on a un cocktail très dangereux.
    Mais les réseaux sociaux n’ont-ils pas aussi redynamisé le débat public ?
    Ils ont un double effet. D’abord celui d’enlever le monopole des opinions aux élites. Si on regarde le fonctionnement des grands journaux télévisés, il y a quinze ans, les rédactions repéraient ce qui se passait dans le monde, décidaient quel thème devait faire la « une » et les gens discutaient de ce qu’ils avaient vu au journal télévisé. Les rôles sont aujourd’hui inversés. Les gens se tiennent au courant de ce qui se passe dans le monde sur Facebook et sur Twitter, et les thèmes dont ils parlent le plus font un sujet au « 20 heures ».
    Deuxième changement majeur, c’est l’organisation de la protestation. Jusqu’à récemment, elle était organisée par un parti politique ou un syndicat qui lançait un appel avec une date, un lieu de la protestation et préparait des autocars pour amener les manifestants. Aujourd’hui, vous pouvez voir un événement appelé de manière chaotique et spontanée sur Facebook déboucher sur une mobilisation virale. Cela pose des questions nouvelles aux gouvernants parce que, s’ils savent mener une négociation avec un syndicat en colère, ils n’ont aucune idée de comment gérer une mobilisation horizontale et sans leader.

    Comment analysez-vous le mouvement des « #gilets_jaunes » ?
    C’est un mouvement horizontal et spontané, sans définition politique claire qui a commencé en agrégeant des gens de droite, de gauche ou apolitiques. Mais après un certain temps, les craintes que j’avais nourries les premiers jours du mouvement se sont réalisées : la logique du mouvement est très clairement celle des forces populistes. On le voit dans le rejet du système politique, dans l’affirmation de parler pour tout le peuple et le fait qu’ils ne reconnaissent aucune légitimité aux autres acteurs politiques – partis, syndicats, élus, gouvernement. Je trouve que cette rhétorique qui affirme qu’on peut menacer les membres du gouvernement ou détruire la propriété publique parce que « nous sommes le peuple » est particulièrement inquiétante.

    Mais ce mouvement n’est-il pas une réaction contre les excès du libéralisme et l’impression que les gouvernements ignorent la volonté populaire ?
    Certainement. Comme avec tous les mouvements populistes, il faut à la fois analyser les raisons du mécontentement populaire et reconnaître que dans beaucoup de cas, elles sont légitimes. Il y a un vrai problème avec le niveau de vie de la majorité des Français. Des gens qui ont moins de 1 500 euros par mois net ont de bonnes raisons d’être en colère.

    Dans le même temps, il faut être clair sur le fait que ce type de mouvement n’apporte pas de solution et qu’il est inquiétant. La différence par rapport à la Ligue de Salvini ou le Fidesz d’Orban, c’est qu’il n’est pas sûr que les « gilets jaunes » sauront se transformer en force politique formelle. Il est donc probable que ce mouvement disparaisse de la même manière qu’il est apparu. Mais il aura montré à quel point une grande partie des Français sont prêts à accorder leur confiance à un mouvement populiste.

    Vous affirmez que la stagnation économique des pays occidentaux affaiblit la crédibilité des politiques. Pourquoi ?

    Les Français ont tendance à se raconter une histoire triomphaliste de la démocratie du fait de la place de la Révolution française dans l’imaginaire collectif. L’idée que les valeurs de la démocratie libérale ont une portée universelle est prégnante dans le discours national. Je crois pourtant, qu’ici comme dans les autres pays européens, on sous-estime la stabilité que la croissance économique a donnée au système démocratique.
    Dans les années 1970, le niveau de vie moyen des Français était globalement le double de celui d’un citoyen soviétique par exemple. Il y avait donc des raisons concrètes pour lesquelles ils disaient préférer la démocratie. Cette supériorité économique n’existe plus : pour la première fois en 2019, l’économie des pays autocratiques comme la Chine va dépasser celle des pays européens. Nous sommes peut-être en train de vivre la perte de légitimité des idéaux démocratiques et la montée d’une demande de pouvoir autoritaire.


  • Au #Brésil, après le drame de Brumadinho, 4 000 #barrages présentent un « risque élevé »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/29/au-bresil-apres-le-drame-de-brumadinho-4-000-barrages-presentent-un-risque-e

    Le scénario risque d’ailleurs de se reproduire. Le Brésil compte près de 4 000 barrages présentant « un risque élevé », et 205 d’entre eux « comportent des déchets minéraux », a en effet annoncé mardi 29 janvier le ministre chargé du développement régional, Gustavo Canuto. Et lui de prévenir : le pays ne dispose pas des ressources suffisantes pour réviser tout de suite l’ensemble de ces barrages, aussi l’Etat va-t-il se concentrer sur ceux qui nécessitent les mesures les plus urgentes.

    Dans le même temps, la justice brésilienne entend bien poursuivre les responsables du drame de Brumadinho. Le gouvernement a exigé des explications de la part du groupe minier Vale, dont cinq ingénieurs ont été placés en détention préventive. Trois de ces ingénieurs sont des employés de Vale et les deux autres de la société allemande TÜV SÜD, qui avait délivré en septembre un certificat de stabilité du barrage.


  • Au Brésil, la multinationale Vale provoque des catastrophes en toute impunité
    https://www.bastamag.net/Au-Bresil-la-multinationale-Vale-provoque-des-catastrophes-en-toute-impuni

    Vendredi 25 janvier, un barrage minier a cédé dans l’État brésilien du Minas Gerais, dans le sud du Brésil. La rupture du barrage Brumadinho, près de la capitale de l’État, Belo Horizonte, a libéré un fleuve de boue contenant des rejets miniers, qui a rapidement englouti un réfectoire utilisé par les employés de cette mine de fer, ainsi que plusieurs villages en aval. Les autorités ont déjà confirmé 60 victimes. Près de 300 personnes sont portées disparues, en grande partie des employés de la mine. Cette (...)

    En bref

    / #Amériques, Pollutions , #Multinationales

    #Pollutions_


  • « Ils disaient que leur barrage était sans danger » : au Brésil, la colère et la crainte d’une nouvelle catastrophe
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/28/au-bresil-a-brumadinho-entre-revolte-et-crainte-d-une-nouvelle-catastrophe_5

    En fin de journée, Eduardo Angelo, commandant de l’opération de secours, a dû reconnaître qu’aucun survivant n’avait été localisé ce dimanche et que le bilan s’élève désormais à 58 morts et 305 disparus. Lundi, les opérations de secours vont reprendre mais « les chances de retrouver des survivants sont désormais minimes », a ajouté le commandant. Une nouvelle fois, l’entreprise Vale brillait par son absence. Hormis des employés estampillés « #Vale » et qui portent autour du cou des petites pancartes « Puis-je aider ? », aucun responsable de la mine n’était présent au centre d’information.

    @mad_meg c’est du #minerai de #fer qui est extrait

    La rupture de l’un des trois #barrages miniers du complexe de Córrego do Feijão a eu lieu en début d’après-midi vendredi à Brumadinho. Cette commune de quelque 39 000 habitants est située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, la capitale de l’Etat du Minas Gerais. Le barrage est une digue contenant des résidus d’une mine de minerai de fer de couleur rouge, explique le Guardian (article en anglais). Selon la société, ce barrage de 86 mètres de haut a été construit en 1976, et contenait 11,7 millions de litres d’eau contenant des déchets miniers.

    https://www.francetvinfo.fr/monde/bresil/bresil-ce-que-l-on-sait-de-la-rupture-d-un-barrage-minier-qui-a-fait-au

    #Brésil #extraction #pollution


  • Amérique latine : quelles perspectives en 2019 ?
    https://www.cetri.be/Amerique-latine-quelles

    L’Amérique latine a été marquée cette fin d’année 2018 par les élections de Jair Bolsonaro au Brésil et d’Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) au Mexique. Or, les cycles électoraux ne sont pas terminés et les dynamiques politiques, aussi bien nationales (Venezuela, Brésil, Mexique, Bolivie…) que supranationales (Mercosur, Groupe de Lima, Alliance Pacifique…) seront à observer afin de comprendre les tendances et directions de la région. Par ailleurs, le jeu des États-Unis, de la Chine et de l’Union européenne (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, Amérique latine & Caraïbes, #www.iris-france.org

    #Amérique_latine_&_Caraïbes


  • Reportage : pour les rescapés, l’entreprise minière « doit payer » pour la rupture du barrage au Brésil (France 24)
    https://www.crashdebug.fr/international/15548-reportage-pour-les-rescapes-l-entreprise-miniere-doit-payer-pour-la

    Un pur scandale quand je vois cela je suis outré, surtout que c’est la 2e fois que cette société est impliquée dans ce type de catastrophe, ces industriels n’en ont rien à faire et n’assume même pas leur responsabilité, au moins 150 à 200 morts et ils vont payer 60 millions de dédommagements, quand je vois des choses comme ça j’ai envie de hurler…. Ces gens devraient payer au moins 60 millions pour chaque mort aux familles des victimes, et aller en prison à vie pour ne pas avoir entretenu correctement ce barrage, tout ça, c’est encore une histoire d’argent... et d’actionnaires...

    Les autorités brésiliennes ont fait état d’un bilan provisoire de 34 morts après la coulée de boue provoquée par la rupture, la veille, d’un barrage du géant minier Vale dans le sud-est du pays. Les chances (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales


  • Venezuela : pourquoi maintenant et pourquoi pas il y a 18 mois ?

    C’est le point aveugle de la campagne actuelle (et des médias). La raison probable est que cette fois-ci, le coup a été soigneusement monté et préparé de longue date, avec le soutien de qui l’on sait. Prévu pour se déclencher à l’occasion de l’entrée en fonction de Nicolás Maduro dans son nouveau mandat (le 10 janvier) alors que le président de l’Assemblée nationale (Juan Guaidó) venait, comme prévu par l’accord interne de l’opposition qui a organisé une rotation entre ses composantes, de prendre ses fonctions.

    Je rappelle, pour la énième fois, la situation institutionnelle :

    • l’Assemblée nationale a été élue le 6 décembre 2015, elle est entrée en fonction le 5 janvier suivant pour un mandat se terminant le 5 janvier 2021. L’opposition y est majoritaire et la présidence est assurée par rotation de un an. Voluntad Popular n’est que le troisième parti dans cette coalition et Juan Guaidó de VP est le quatrième à assurer cette présidence tournante (à la suisse ;-) après AD, PJ et UNT.


    https://es.wikipedia.org/wiki/Asamblea_Nacional_de_Venezuela

    Face au blocage institutionnel, Nicolás Maduro, appuyé par le TSJ – la cour suprême – à sa main, a émis un décret présidentiel le premier mai 2017 annonçant un changement de constitution (de 1999) et convoqué des élections le 30 juillet. Avec les résultats suivants :


    https://es.wikipedia.org/wiki/Asamblea_Nacional_Constituyente_de_Venezuela_de_2017

    La Constituante fixa initialement sa durée à 2 ans, puis l’étendit en tant que de besoin… Le18 août 2017, elle s’auto-attribue les pouvoirs législatifs (« courants ») de l’Assemblée nationale.

    Seuls les pays amis du Venezuela ont reconnu ce « coup d’état institutionnel » (c’est de moi, les juristes s’empoignent autour du (volumineux) texte de la constitution de 1999 pour savoir si le président a effectivement le droit d’appeler à une constituante…)

    Les autres (y compris tous les pays occidentaux) rejettent l’Assemblée constituante, l’excluent des rencontres et organismes interparlementaires etc. mais n’ont rien fait. Leur seul vrai souci, c’est que la Constituante respecte les accords internationaux conclus précédemment par les Assemblées,… Ce dont ils ont obtenu garantie.

    L’Assemblée nationale, dépourvue de tout pouvoir, et dont les membres ont été privés de leur immunité par la Constituante, n’a pas été dissoute (c’est pas prévu…) ni dispersée par la force ce qui acterait un « vrai » coup d’état.

    Ainsi, s’est constitué ce « coup d’état permanent » ( :-) et cette situation de double pouvoir (même si l’AN n’en a de fait aucun) dont on sait depuis quelque temps (… ;-) qu’elle est propice aux révolutions. Et c’est sur cette situation que peut ainsi se bâtir - finalement - le « coup d’état » visant à transférer les pouvoirs effectifs à celle des deux instances qui ne le détient pas.

    Qu’est-ce qui est légal ? qu’est-ce qui est légitime ? On n’en est plus là. Ça fait plus de deux bonnes années que le régime vénézuélien s’éloigne des « normes démocratiques » et transforme ses institutions dans un sens dictatorial avéré (le président de la Constituante, Diosdado Cabello est un ancien militaire, « dur » avéré, qui s’est vu un temps comme successeur de Chávez et joue aussi certainement son jeu personnel) . Dénoncer l’illégitimité de l’élection présidentielle de 2018 (boycottée, comme celle de la Constituante, par l’opposition) ou reconnaitre la légitimité de Juan Guaidó, mise en avant comme une évidence par tout le monde (politiques et médias) fait partie du « jeu ».

    Encore une fois, pourquoi maintenant et pas en août 2017, comme quelques voix l’ont fait dès cette époque.

    • Juan Guaidó a plutôt bien joué son coup (!) Une preuve est que celui-ci dure nettement plus longtemps que les précédents.

      Pour le moment, il offre une amnistie à tout ceux qui le rejoindraient, incluant y compris Nicolas Maduró et les membres des forces armées et de répression.

      Qu’en est-il des autres membres de la MUD ? la plate-forme UNIE (?) démocratique. Acción Democrática et Primero Justicia n’ont pas brillé par un soutien appuyé. C’est l’éclatement de l’opposition et le tiraillement entre les ambitions personnelles qui est depuis longtemps le point fort de l’officialisme

      Que va faire Leopoldo López, fondateur de VP, doublé par un p’tit jeune ?

    • Enfin, mais à ce compte-là, je finis par devenir paranoïaque, mais comme tout arrive en même temps,… on ne peut pas exclure une intervention armée de la Colombie (et plus, si affinités) dans les llanos, au choix ou simultanément,
      • pour venir en aide au régime légitime (on n’en est pas encore au soulèvement populaire contre la dictature)
      • pour faire le ménage dans la guérilla qui y a de solides implantations, ménage que ne fait pas le gouvernement Maduro, et venger l’attentat (ne pas oublier monstrueux d’autant plus qu’il y a des rumeurs appuyées de false flag) de l’école de police de Bogotá
      • pour une opération d’aide humanitaire au peuple vénézuélien,
      • pour récupérer quelques bouts de territoire (dans le Golfe du Venezuela, la Commission permanente de conciliation colombo-vénézuélienne est au congélateur (WP) depuis 1990, et, pourquoi pas, remettre la main, sur un bout de l’état d’Apure (Vén.), qui viendrait compléter le département d’Arauca (Col.) où l’on vient de confirmer la découverte de pétrole léger…
      https://es.wikipedia.org/wiki/Frontera_entre_Colombia_y_Venezuela

      Le principal problème est qu’une telle action entrainerait rapidement une union nationale contre l’ennemi colombien. Et qu’un gouvernement né dans de telles conditions ne pourrait sans doute pas survivre à des abandons territoriaux.

      La guerra del petróleo, Alí Primera, 1977
      (bruits d’armes sur la Guajira et le Golfe du Venezuela)
      https://www.youtube.com/watch?v=T_roTFQvKe8

    • Une chose que j’ajoute, c’est qu’en définitive, il est très difficile de gouverner contre les élites économiques, surtout quand celles-ci sont soutenues et encouragées de l’extérieur. Le marasme économique n’est pas issu que de la mauvaise (?) gestion du régime en place... Il est aussi issu des sanctions extérieures et d’une forme de sabotage intérieur de la part des élites économiques. Et il me semble qu’on retrouve le même type de sabotage au Brésil, au Mexique, et en Argentine... Cf. les compagnies nationales pétrolières et minières.
      Enfin, pourquoi maintenant particulièrement ? Sans doute parce qu’en 2017, il y avait la Syrie et la digestion de l’élection de Trump... et il n’y avait pas encore la décision du Vénézuela de commercer son pétrole en autre monnaie que le dollar (cf. le dernier billet du Grand Jeu).

    • Oui, je n’ai pas parlé des sanctions,… Note que les infrastructures du pays sont profondément détériorées, pas seulement par éventuel sabotage (c’est la réponse du régime) mais aussi par insuffisance de maintenance et sous-investissement : les raffineries sont utilisées à une très faible fraction de leur capacité - le pays est devenu importateur de carburants…, les réseaux sont dans un état désastreux ( on ne compte plus les coupures de courant (apagón), d’eau, etc., les étals sont vides, vidés aussi par l’hyperinflation,…

      Agite, par surcroît, sous le nez des Trump, Bolton et consorts des « provocations » comme la visite d’un navire hôpital chinois, le bref séjour de bombardiers stratégiques russes, les propositions de fournitures de frégates iraniennes (tout ça en moins de 6 mois,…)

      Enfin, que le pétrole de la frange de l’Orénoque soit confié à des sociétés russes ou chinoises (d’ailleurs, la production n’arrive même plus à couvrir le remboursement des dettes,…) passe encore, c’est du lourd (je veux dire du pétrole lourd – pas tout à fait autant que l’asphalte des premières exploitations orientales du pays (1885) mais pas loin – donc difficile à exploiter et peu rémunérateur). Mais les toutes récentes confirmations de découvertes à la frontière colombo-vénézuélienne portent sur du pétrole léger, bien plus rentables, situées de plus dans une région très proche d’une zone d’exploitation d’hydrocarbures sur le déclin (le lac de Maracaïbo). Bon, il y a les Andes entre les deux, mais il y a de grandes chances que San-Cristobal–del–Táchira deviennent un lieu stratégique, plus seulement comme centre économique de l’espace frontalier avec la Colombie (avec Cúcuta, de l’autre côté de la frontière) mais aussi sur un axe nord-sud de transport transandin pour les oléoducs… avec un débouché direct sur les raffineries vénézuéliennes) (le débouché fluvial par l’Arauca et l’Apure (navigables tous les deux), via l’Orénoque est aussi envisageable, mais je ne sais quelles sont les véritables capacités d’emport).

      Et pour l’instant le petro, éventuelle cryptomonnaie pour (aussi) s’affranchir du dollar et de la pression extérieure, développé avec des experts russes a plus l’air d’un serpent de mer…


  • Rupture d’un barrage minier au Brésil : Le bilan monte à au moins 34 morts
    https://www.20minutes.fr/monde/2436707-20190126-rupture-barrage-minier-bresil-bilan-monte-moins-34-morts

    L’agence gouvernementale Ibama, qui dépend du ministère de l’environnement, a par ailleurs infligé à Vale une amende de 250 millions de réais (environ 58 millions d’euros).


  • Rupture d’un barrage minier au Brésil : environ 200 disparus
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/25/rupture-d-un-barrage-minier-au-bresil-environ-200-disparus_5414724_3210.html

    Environ 200 personnes étaient portées disparues, vendredi 25 janvier, après la #rupture d’un #barrage du géant minier #Vale au #Brésil, selon les pompiers. Cet accident a eu lieu dans l’Etat de Minais Gerais (sud-est) – région où un drame similaire avait provoqué, en 2015, la pire tragédie environnementale du pays, faisant dix-neuf victimes et dévastant toute une région.

    « D’après les témoignages que nous avons reçus, il y a plusieurs morts », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable des pompiers, sans donner de bilan précis, soulignant qu’une coulée de boue de déchets miniers avait recouvert « toute la zone autour du barrage ».

    #extraction_minière #désastre #pollution #environnement


  • Les animaux génétiquement modifiés : pas (...) - Inf’OGM
    https://www.infogm.org/6254-animaux-ogm-pas-vraiment-au-point

    Il existe des millions d’animaux transgéniques, créés en laboratoires à des fins de recherche : principalement des rats, mais aussi des lapins, des chèvres, des vaches, etc. Ils sont utilisés pour étudier les mécanismes génétiques, mimer des maladies humaines, tester ou synthétiser des molécules [1]. D’après le Daily Mail, en 2007, 3,2 millions d’expériences ont eu lieu sur des animaux transgéniques, une augmentation de 6 % par rapport à 2006. L’Inra en France, par exemple, a dès la fin des années 90, modifié génétiquement par transgenèse des animaux. Louis-Marie Houdebine, chercheur à l’Inra, a ainsi « créé » un lapin fluorescent qu’un artiste, Eduardo Kac, a ensuite médiatisé. Dans la même veine, un programme de recherche médicale de l’Inra utilisait des brebis transgéniques, elles aussi fluorescentes. Preuve qu’on ne maîtrise jamais totalement la sécurité de ces programmes de recherche, une agnelle transgénique a été vendue pour sa viande à un particulier, en 2014. L’Inra a dénoncé cet acte malveillant, reconnaissant un dysfonctionnement interne.

    Très peu d’animaux transgéniques autorisés à la commercialisation

    Les premières plantes transgéniques sont apparues sur le marché à la fin des années 90… et vingt ans après, ce sont toujours les quatre mêmes plantes qui dominent le marché (voir p.4-5). Un nombre faible qui montre que malgré les discours, les difficultés techniques et économiques restent des contraintes fortes. En ce qui concerne les animaux transgéniques, les difficultés sont encore plus conséquentes. La transgenèse animale est « très coûteuse et d’un maniement relativement délicat », confirme L.-M. Houdebine. Ainsi, sont autorisés commercialement un nombre très restreint d’animaux génétiquement modifiés.
    Des milliers de moustiques transgéniques lâchés au Brésil

    Le 10 avril 2014, le Brésil a autorisé la dissémination commerciale dans l’environnement du moustique Aedes aegypti transgénique (OX513A) de l’entreprise britannique Oxitec (liée à Syngenta). Au Brésil, la production a commencé : plusieurs usines ont déjà été construites. Celle de Juazeiro (état de Bahia) produit des milliers de moustiques transgéniques depuis 2011. Ce moustique transgénique stérile est censé permettre de lutter contre la dengue.
    Des essais en champs ont été réalisés par Oxitec dans les îles Caïmans, en Malaisie, au Panama et au Brésil. Les essais prévus en Floride (États-Unis) n’ont toujours pas eu lieu. Les prétendus « résultats probants » de ces essais n’ont toujours pas été publiés. Cependant, en se basant sur les données communiquées par Oxitec, les organisations de la société civile estiment qu’il faudrait plus de sept millions de moustiques GM stériles par semaine pour avoir une chance de supprimer une population sauvage de seulement 20 000 moustiques. Oxitec doit se frotter les mains devant un marché captif aussi prometteur.
    Autre faiblesse : 3 % d’entre eux ne seront pas stériles, reconnaît Oxitec et en présence d’un antibiotique très répandu, la tétracycline, le taux de survie monte à 15 % environ.
    Une efficacité à 100 % ne serait pas non plus la panacée… L’agence brésilienne précise qu’elle a « identifié la nécessité de surveiller les populations sauvages du moustique Aedes albopictus [le moustique tigre], un autre vecteur du virus de la dengue, en raison du risque que cette espèce occupe la niche écologique laissée par l’élimination de Aedes aegypti ». Et que connaissons-nous avec précision du rôle de Aedes aegypti dans la chaîne alimentaire ?
    Un saumon GM vendu au Canada

    Le saumon transgénique développé par AquaBounty Technologies a été modifié pour grandir quatre fois plus vite que sa version non transgénique. Après des péripéties judiciaires et réglementaires qui ont duré près de 20 ans, il a finalement été autorisé pour la consommation humaine aux États-Unis le 19 novembre 2015. Mais quelques mois plus tard, fin janvier 2016, les États-Unis suspendaient l’autorisation « jusqu’à ce que la FDA publie des lignes directrices en matière d’étiquetage pour informer les consommateurs finaux » [2]. Cette suspension peut paraître tout à fait surprenante. En effet, aux États-Unis, jusqu’à présent, aucun produit GM ne doit obligatoirement faire l’objet d’un étiquetage spécifique.
    Au Canada, la vente de ce saumon et la production d’œufs sont autorisées sur l’île du Prince Edward, mais pas l’élevage. Ces œufs sont envoyés au Panama, seul pays au monde qui a autorisé l’élevage de saumon transgénique. De même, l’autorisation étasunienne « ne permet pas que ce saumon soit conçu et élevé aux États-Unis », une restriction qui en dit long.
    En 2017, pour la première fois, ce saumon a été vendu, au Canada [3] : ces cinq tonnes de filets de saumon transgénique ont rapporté 53 300 dollars à l’entreprise. Il s’agit de la première commercialisation d’un animal transgénique destiné à l’alimentation humaine.
    Ce saumon pose de nombreux problèmes tant environnementaux que sanitaires. Premièrement, selon une étude publiée en 2002, l’hormone de croissance, produite par transgenèse, aboutit à plusieurs dégâts collatéraux. Ainsi, ces animaux ont une tendance supérieure aux autres à devenir diabétiques et les poissons d’AquaBounty devront probablement être vendus sous forme de filets ou dans des plats cuisinés du fait de leurs difformités. Ensuite, une étude de 2009 montrent que si des poissons transgéniques s’échappent, ils auront tendance à « coloniser » les saumons non transgéniques, ce qu’avaient déjà montré des chercheurs en 1999. Autre élément : les poissons transgéniques accumulent plus les toxines dans leur chair que les autres poissons.
    L’ensemble de ces risques a donné une image bien négative de ce saumon… Ainsi, de nombreuses collectivités territoriales dont les états de l’Alaska, de la Californie et une soixantaine d’entreprises agro-alimentaires - comme Subway, Whole Foods, Trader Joe’s ou Kroger ou encore CostCo, deuxième plus grand détaillant étasunien qui achète chaque semaine 272 tonnes de saumon - se mobilisent contre son autorisation.
    Nouveaux animaux GM bientôt autorisés ?

    Parmi les papys des AGM, évoquons le cochon transgénique (« Enviropig »). Ce projet date de 1995 et est mené par l’Université de Guelph, au Canada. Ce cochon est censé contenir moins de phosphore dans ses excréments. Abandonné en 2012, il est réapparu moins d’un an après sous un nouveau nom : « Cassie Line ». Officiellement, l’abandon était lié à la méfiance des consommateurs et des industriels. Mais en fait, l’article scientifique de 2012 publié par l’Université de Guelph parle d’un cochon GM dont la nouvelle lignée est plus stable génétiquement parlant… : ce serait donc plus pour des questions techniques que les premiers cochons auraient été euthanasiés.
    La recherche s’intéresse aussi de près aux insectes. Ces derniers sont actuellement testés en champs et pourraient être prochainement autorisés, tous mis au point par l’entreprise Oxitec pour être stériles. Ainsi, en 2011, aux États-Unis, était expérimenté en champs un papillon génétiquement modifié (Plutella xylostella, OX4319), un parasite important des choux, colzas et autres plantes de la famille des Brassicacées. Au Brésil, c’est la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata) transgénique de l’entreprise Oxitec qui était lâchée à titre expérimental… Enfin, en 2013 et en 2015, Oxitec faisait une demande pour disséminer en Espagne des milliers de mouches de l’olivier (Bactrocera oleae, OX3097D-Bol), essais refusés par les autorités catalanes.
    Et les animaux GM 2.0 ?

    Les recherches actuelles de modification des animaux passent par l’utilisation de nouveaux outils de modification génétique, comme les Talen, ou Crispr/Cas9. En voici quelques exemples.
    Brice Whitelaw, du Roslin Institut, en Grande-Bretagne, a modifié des moutons et des bovins. Grâce aux protéines Talen, il a coupé la séquence génétique qui code pour la production de la myostatine qui freine le développement musculaire. Les animaux ainsi modifiés ont un système musculaire hypertrophié. Économiquement parlant, si cette délétion génétique arrive à produire des animaux viables, elle permettrait d’augmenter la masse musculaire de l’animal. En Chine, un des pays leaders dans le domaine, plusieurs équipes ont réussi, malgré des taux d’échecs importants, à désactiver certaines séquences génétiques en utilisant les technologies Talen ou Crispr/Cas9. Ainsi, l’une d’entre elles a mis au point des chiens de race Beagle plus musclés qui courent plus vite, et espère les vendre aux chasseurs... voire à l’armée ; une autre équipe propose un cochon nain qui reste vraiment nain, et espère le vendre comme animal de compagnie ; enfin, une troisième équipe travaille à réduire le taux de cholestérol chez le cochon, une innovation qui permettrait de limiter les maladies cardio-vasculaires…
    Éric Marois (CNRS / Inserm) estime que les deux outils Talen et Crispr/Cas9 « permettront d’obtenir très rapidement des mutations inactivant des gènes ciblés. Pour des manipulations génétiques plus complexes (remplacement d’un allèle par un autre, donnant par exemple une résistance à une maladie), ces outils permettront probablement d’accélérer les techniques déjà existantes développées chez la souris ».
    Au-delà des avantages techniques qui restent à démontrer, ces nouveaux OGM pourraient bien avoir un avantage considérable pour l’industrie : ne pas être considérés légalement com- me des OGM. Leur diffusion en serait facilitée car ils ne seraient plus soumis à autorisation, évaluation et étiquetage.
    Le forçage génétique

    Associé à une technique de transformation du vivant, le forçage génétique permet de propager une modification génétique plus vite que selon les lois classiques de Mendel sur l’hérédité, en quelques générations seulement. De nombreux laboratoires travaillent donc actuellement à forcer génétiquement des moustiques pour diffuser une stérilité rapidement. Objectif : éliminer les vecteurs pour éliminer les maladies. Mais avec quelles conséquences sur les équilibres écologiques ?
    Tous ces projets s’inscrivent dans une logique productiviste - des saumons plus gros, des cochons avec plus de muscle, etc. - ou mécaniste – éradiquer le vecteur pour combattre une maladie, sans comprendre la complexité d’un éco-système. C’est donc le risque de voir apparaître un autre vecteur qu’il faudra à son tour éliminer…
    Des AGM... juste pour le (...)
    Des AGM... juste pour le fun !
    GloFish

    Les premiers animaux transgéniques commercialisés étaient deux poissons d’ornement, destinés à des aquariums. Night Pearl®, conçu par l’Université de Taïwan, et GloFish®, conçu par l’Université de Singapour, ont été génétiquement modifiés avec un gène de fluorescence, issu respectivement d’une méduse et d’une anémone de mer. Ces poissons sont commercialisés à Taïwan, et aux États-Unis (sauf en Californie et au Michigan qui ont interdit les animaux transgéniques). GloFish est désormais une marque commerciale qui propose plusieurs espèces de poissons (poisson-zèbre, barbeau, tetra, etc.), disponibles dans plusieurs couleurs (orange, bleu, vert, rouge, violet, etc.).
    Interdits en Europe, quelques individus de ces poissons transgéniques ont été découverts dans plusieurs États membres – Allemagne, Irlande, Norvège, Pays-Bas, République Tchèque, Royaume-uni - de l’Union européenne entre 2006 et 2016.