country:espagne

  • L’Église et les Noirs dans l’audience du Nouveau Royaume de Grenade - Presses universitaires de la Méditerranée
    http://books.openedition.org/pulm/496

    Dans l’argumentaire des « justificatifs » de l’esclavage et de la traite des Noirs, la principale raison invoquée était d’ordre religieux : sauver des âmes. Mais en Amérique, le travail pastoral auprès des Noirs était-il mené à bien ? Et avec quels résultats ?

    Cette étude présente le processus d’évangélisation des populations noires dans l’Audience du Nouveau Royaume de Grenade (actuelle Colombie) au XVIIe siècle, et l’accueil que celles-ci réservèrent à la nouvelle religion. L’auteur retrace le rôle de la Couronne espagnole dans l’implantation de l’Église en Amérique et plus particulièrement en Nouvelle Grenade, ainsi que la situation du clergé (installation, charges, déficiences).

    Une étude originale des créations et désagrégations de paroisses met en exergue les obstacles rencontrés dans le travail d’évangélisation réalisé auprès des Noirs dans les différents évêchés au XVIIe siècle. Les Jésuites jouèrent un rôle primordial dans cette évangélisation ; leur action et leur méthode sont donc exposées, en particulier celle d’Alonso de Sandoval et de Pierre Claver qui se distinguèrent dans ce ministère. Pour appréhender le rapport des Noirs avec la religion, l’auteur recense les moyens utilisés par l’Église pour obtenir, conserver ou accentuer la dévotion des fidèles, ainsi que les différents moyens de contrôle destinés à éviter les déviances reprochées aux Noirs (beuveries, transes, blasphème, sorcellerie...).

    Un bref aperçu des religions d’Afrique permet de déceler quelques croyances ancestrales dans la religion des Afro-américains - même officiellement convertis-, survivances qui peuvent être aussi considérées comme actes de résistance à la christianisation et à l’acculturation. Se gardant de tout préconçu idéologique ou de tout manichéisme et se fondant exclusivement sur les documents replacés dans le contexte de leur époque, cette étude apporte incontestablement un regard nouveau sur la condition spirituelle des Noirs au XVIIe siècle.

    • L’Église et les Noirs dans l’audience du Nouveau Royaume de Grenade - Chapitre premier. La justification de l’#esclavage et de la traite - Presses universitaires de la Méditerranée
      http://books.openedition.org/pulm/501

      Les plus véhéments dans leur condamnation de l’esclavage furent sans conteste les deux missionnaires capucins #Francisco_José_de_Jaca et #Epifanio_de_Moirans, qui s’étaient rencontrés sur l’île caraïbe de Saint Domingue, où les esclaves noirs étaient en grand nombre. Ils escomptaient, par leurs sermons et leurs écrits, saper les fondements sur lesquels s’appuyaient les défenseurs de l’esclavage, en démontrant que tous les Noirs, qu’ils fussent païens ou chrétiens, étaient également libres et que leur maître n’avaient aucun droit sur eux ; ils demandaient donc leur affranchissement immédiat, la restitution de la valeur des travaux qu’ils avaient réalisés et recommandaient aux prêtres de ne donner l’absolution aux maîtres que lorsqu’ils auraient rempli ces conditions. La position outrancière de ces deux capucins inquiéta les autorités locales : le vicaire du diocèse de Saint Domingue, influencé par le mécontentement des planteurs employant des esclaves, excommunia, en 1681, les deux missionnaires car ils refusaient d’être reclus dans leur couvent, mais ceux-ci excommu- nièrent à leur tour le vicaire à qui ils reprochaient de ne pas respecter leurs privilèges qui les exemptaient d’une telle obligation. Reclus malgré eux dans le couvent des Capucins puis transférés à Séville en 1682, ils firent part de leurs contestations sur la traite négrière à la congrégation de Propaganda Fide, et envoyèrent une plainte au roi d’Espagne concernant les mauvais traitements que les fonctionnaires royaux leur avaient fait subir. En 1683, ils furent transférés à Valladolid avec l’interdiction formelle de revenir en Amérique.

      Avant de mourir les deux capucins avaient laissé chacun un écrit dans lequel ils réfutaient point par point les arguments en faveur de la traite et de l’esclavage en partant des postulats du droit naturel, du droit divin et du droit des gens.

      En 1685, le roi d’Espagne Charles II, à la suite de la lettre de protestation que lui avaient adressée les deux capucins, demandait au Conseil des Indes d’informer sur le fond et de communiquer son avis sur la suite à donner. Il lui fut répondu, qu’outre le fait que, grâce à la traite, les Noirs sortaient de leur barbarie et pouvaient ainsi venir à la connaissance du Christ, il fallait reconnaître que les intérêts économiques de l’Espagne justifiaient à eux seuls le maintien du statu quo. Toutes les positions qui allaient à l’encontre de celle du Conseil des Indes furent soit poursuivies et condamnées, soit ignorées.


  • La datation U-Th (Uranium-Thorium) des croûtes carbonatées révèle l’origine néandertalienne de l’art pariétal ibérique.

    http://science.sciencemag.org/content/359/6378/912.full

    L’étendue et la nature du comportement symbolique chez les Néandertaliens sont obscures. Bien que des preuves de l’ornementation du corps de Néandertal aient été proposées, toutes les peintures rupestres ont été attribuées aux humains modernes. Ici, nous présentons les résultats de datation pour trois sites en Espagne qui montrent que l’art rupestre a émergé en Ibérie sensiblement plus tôt que prévu. Les datations uranium-thorium (U-Th) sur des croûtes carbonatées recouvrent des âges minimums pour un motif linéaire rouge à La Pasiega (Cantabrie), un pochoir à main à Maltravieso (Estrémadure) et des spéléothèmes peints en rouge à Ardales (Andalousie). Collectivement, ces résultats montrent que l’art pariétal en Ibérie est âgé de plus de 64,8 mille ans (ka). Cet art rupestre est le plus ancien daté à ce jour et précède d’au moins 20 ka l’arrivée des humains modernes en Europe, ce qui implique la paternité de l’homme de Neandertal.

    L’étude détaillée :
    http://www.sciencemag.org/content/359/6378/912/suppl/DC1

    La réaction de certains préhistoriens qui souhaitent vraiment voir « la tête » de certains de leurs confrères opposés à ce que Néandertal soit capable de symbolisme , ici :
    http://science.sciencemag.org/content/359/6378/852.full

    Et plus, sérieusement, quelques doutes sur les possibles erreurs de datations car l’uranium aurait pu être lessivé #Ludovic_Slimak #cnrs #Michel_Fontugne #Laboratoire_des_sciences_du_climat_et_de_l'environnement
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/02/22/neandertal-est-il-le-premier-auteur-de-peintures-rupestres_5261139_1650684.h

    #préhistoire #art_pariétal #Néandertal # Université_de_Southampton #D_L_Hoffmann #Paul_Pettitt #Université_de_Durham #J_Zilhão #Université_de_Barcelone #64000bp



  • Une sixième dirigeante indépendantiste catalane quitte l’Espagne - Le Point
    http://www.lepoint.fr/monde/une-sixieme-dirigeante-independantiste-catalane-quitte-l-espagne-20-02-2018-

    Or les appels à la résistance passive ont déjà été assimilés par le juge en charge du dossier à des actes pouvant entrainer des violences. Elle risquait donc à ce titre un placement en détention provisoire.

    Même quand tu n’appelles pas à la violence, t’es quand même violent.


  • [vidéo] Tarajal : Démantèlement de l’impunité à la frontière sud de l’Europe | Xavier Artigas, Xapo Ortega et Marc Serra
    https://vimeo.com/216704524

    Il y a quatre ans, le 6 février 2014, quinze personnes sont mortes noyées dans la plage de Tarajal, à Ceuta. Elles essayaient de traverser à la nage la frontière entre l’Espagne et le Maroc, lorsque les effectifs de la Guardia Civil ont tiré sur eux des balles en caoutchouc et des grenades fumigènes. Le documentaire dénonce les faits et le classement de l’affaire. Durée : 1h20. (Sous-titres en français dans le sous-menu « CC » du lecteur vidéo) Source : metromuster


  • L’incroyable histoire de l’unique (et éphémère) #colonie russe en Afrique - Russia Beyond FR

    https://fr.rbth.com/histoire/80110-russie-colonie-afrique

    https://cdni.rbth.com/rbthmedia/images/2018.02/article/5a85f8e915e9f941273670e8.jpg

    La#Russie est arrivée en retard dans la course des grandes puissances visant à diviser l’#Afrique, qui s’est produite dans les années 1980 du XIXe siècle. Cependant, un aventurier cosaque a été chargé de créer une colonie russe dans la Corne de l’Afrique. Voici l’incroyable histoire de la seule (et éphémère) implantation russe sur le continent noir.

    Lors de la conférence de Berlin (1884-1885), le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et le Portugal divisèrent le continent africain, laissant de côté l’Autriche-Hongrie, la Suède, le Danemark, l’Italie et la Turquie. Le très jeune État d’Italie a protesté, obtenant la cession de certains territoires. Les États-Unis étaient invités, mais ils ne s’intéressaient qu’au Liberia, un projet créé en 1822 pour ramener les esclaves africains sur leur lieu d’origine.

    En revanche, la Russie n’a reçu aucun territoire sur l’immense continent. « Elle est déjà assez grande comme ça », ont dû penser les puissances européennes, qui se méfiaient du géant russe, vainqueur dans la guerre de Crimée (1853-1854). Malgré cela, un homme ne se résignait pas à ce que la Russie soit spoliée dans la distribution des territoires africains.

    #colonisation


  • Comment une industrie a raté le virage des données et du numérique - Nicolas Kayser-Bril
    http://blog.nkb.fr/medias-numerique

    January 31, 2018

    Mai 1995 fut riche en évènements. Jacques Chirac a été élu président le 7 du mois, Mark Zuckerberg a fêté son 11e anniversaire le 14 et Libération a ouvert son site internet le 26.1 La plupart des grands noms de la presse quotidienne l’ont rejoint sur le web dans les mois qui suivirent, suivis quelques années plus tard par les radios et les télévisions.

    1995, c’est trois ans avant la création de Google, six ans avant Wikipedia, dix ans avant YouTube et Facebook, sans parler d’Instagram ou de Snapchat. Vingt ans plus tard ces médias, arrivés si tôt en ligne, sont devenus les prestataires de ces géants du web,2 quand les milliardaires des nouvelles technologies ne les ont pas tout simplement racheté à la manière de Niel (Le Monde) ou Bezos (Washington Post).

    Pourquoi, malgré ce départ sur les chapeaux de roues, les médias3 ont-ils glissés du haut en bas de l’échelle ? Ont-ils commis des erreurs ? Ou leur chute était-elle inexorable ?
    Des métiers contradictoires

    Avant internet, les médias fournissaient des services variés : petites annonces (emploi, rencontres etc.), information locale et nationale, divertissement et publicité. Pour exister, chacun de ces services nécessitait un considérable investissement en capital, que ce soit pour acquérir une imprimerie ou bien un studio et une licence de radio ou de télévision. Logiquement, quasiment tous les acteurs du secteur ont adopté un modèle d’affaire où le média utilise au maximum son investissement pour fournir le plus de services possibles. C’est pourquoi les journaux offrent une flopée de sections et de cahiers, libre aux lecteurs·trices de faire le tri après achat.

    Comme ce n’était pas rentable de publier un journal pour quelques centaines de lecteurs et qu’il était impossible de publier toutes les petites annonces sur un territoire trop étendu, ce modèle d’affaire avait une taille d’entreprise optimale. Cela aboutit à des fusions puis à des monopoles et à des excédents d’exploitation fantastiques. Pour Warren Buffet, un investisseur américain, “même avec un produit mauvais ou des dirigeants ineptes, aucun journal en situation de monopole dans sa ville ne pouvait éviter des profits débordants.”4

    Cette rente a duré jusqu’au milieu des années 2000. Avec internet, les petites annonces et les services associés se sont fait la belle. Craigslist, eBay ou Le Bon Coin sont mille fois plus efficaces qu’un journal pour revendre ses bibelots, tout comme Meetic ou Tinder le sont pour les rencontres. Puis vint la crise de 2008, qui a accéléré le passage des annonceurs en ligne. Or sur le web, le marché de la publicité est contrôlé par Google et Facebook, pas par les médias.

    En une dizaine d’années, entre 2005 et 2015, quasiment tous les médias ont subit des crises d’identités, des restructurations, voire des faillites comme celle de la Comareg (ParuVendu) en 2011 ou celle de France-Soir en 2012. Ces crises multiples ne sont pas directement dues à l’attentisme des entreprises - elles avaient toutes, après tout, un site internet. Ces sites auraient pu être mieux fait mais le problème était plus profond.

    La plupart des médias ont vu le web comme un espace où ils pouvaient calquer leur activité initiale. Ce fut fatal pour les journaux et les magazines qui virent dans les “pages” web une nouvelle version des “pages” en papier. Sans parler de la présentation du contenu, la numérisation a modifié l’essence même des métiers pratiqués par les médias.

    Les petites annonces ne doivent plus être rassemblées au même endroit sous une même marque mais au contraire divisées en segments correspondants à une communauté d’acheteurs et de vendeurs. La prime est à la spécialisation, y compris pour les contenus qui accompagnent les annonces. Caradisiac par exemple liste 28 personnes dans sa rédaction - à peu près autant que chez Auto Plus.

    Plus épineux est le lien entre information et publicité. Les annonceurs recherchent souvent les plus grandes audiences possibles. Or pour attirer de grandes audiences, rien ne vaut le spectaculaire, tant pis si l’information n’est pas vraie. Le glissement de l’information vers le divertissement a commencé en télévision avec l’arrivée du câble et du satellite dans les années 1980, quand les chaînes spécialisées ont commencé à empiéter sur le marché des chaînes généralistes.

    Sur le web, le phénomène a pris de l’ampleur, entraînant toutes les rédactions dans une course effrénée aux pages vues. La confusion est telle qu’il n’est pas rare de trouver au pied d’un article dénonçant les “fake news” écrit par un journaliste des liens vers des articles bidons chez Outbrain ou Taboola, deux sociétés spécialisées dans la génération de pages vues et la vente de publicité.5
    Les autruches, les cargo cultes et les autres

    Ensemble, les différents éléments constitutifs des médias n’avaient aucune chance de survivre sur le web. Pour autant, les groupes de presse auraient pu séparer leurs activités et adapter le modèle d’affaire de chacune d’entre elles. Certains l’ont fait, mais ils sont peu nombreux.

    La plupart ont fait l’autruche. En cela, ils ont été aidés par leurs employés, à commencer par les journalistes qui ont fait de l’ignorance de l’économie de leurs entreprise un signe de fierté (ils appellent la séparation entre l’éditorial et le reste la “muraille de Chine”). Le premier cours que j’ai donné dans une école de journalisme en 2007 à Paris, dans une école se présentant comme la meilleure du lot, portait sur les modèles d’affaires de la presse en ligne. Au bout de deux heures, la moitié des étudiants avait quitté la salle. Non pas, comme c’était sans doute le cas, parce que mon cours était mauvais, mais parce qu’ils trouvaient intolérable qu’on puissent leur expliquer que le journalisme pouvait avoir un lien avec l’argent.

    Dans ces conditions (qui ont un peu changé depuis mais pas trop), difficile de modifier quoi que ce soit en profondeur. Par ailleurs, en conservant à l’écart les équipes web, les médias ont créé un gouffre durable entre les journalistes papiers et ceux du web, moins bien payés, méprisés par leurs collègues et souvent hors des rédactions. Vu sous cet angle, le web était un repoussoir ; on comprend mieux pourquoi les rédactions ont freinés des quatre fers la transition numérique de leurs entreprises.

    Plus grave que les autruches sont les entreprises qui traitent le web comme un cargo culte.6 Pendant la seconde guerre mondiale, l’armée américaine a installé des bases dans certaines îles du Pacifique et fourni les habitants en nourriture et autres objets. En 1945, ces bases ont été abandonnées mais les Mélanésiens s’étaient habitués à être nourris et habillés par l’armée US. Ils ont cherché à faire revenir ces livraisons en construisant des pistes d’atterrissage, des avions et des tours de contrôle en bambou - en vain. Cela nous semble évident que la piste d’atterissage ne cause pas la livraison mais, vu de l’île, ce n’est pas une hypothèse absurde.

    En voyant des sociétés créées par des ados ou des jeunes adultes brasser des milliards à partir de rien, de nombreux dirigeants ont réagit comme les Mélanésiens. Plutôt que de chercher la cause de ces succès, ils ont voulu imiter.

    En juillet 2005, News Corp, alors l’un des plus gros conglomérats média du monde, achète MySpace, un réseau social, pour 580 millions de dollars. Six ans plus tard, le site est revendu pour un seizième de la somme.7 En Allemagne, le groupe Holtzbrinck a payé 85 millions d’euros en 2007 pour studiVZ, un réseau social aujourd’hui disparu.8 L’erreur de News Corp a été de traiter MySpace comme un journal disposant d’une audience captive. Le groupe de Murdoch a dégradé le site au maximum pour honorer un accord de publicité passé avec Google, poussant tous les utilisateurs dans les bras de Facebook. Quant à Holtzbrinck, ils n’ont pas compris que les effets de réseaux allaient favoriser Facebook sur le long terme.

    Au delà des réseaux sociaux et de ces deux naufrages, les médias ont regardé chaque nouveauté comme un Graal qui allait leur permettre de remonter la pente. Faites une requête sur la phrase “va-t-il sauver la presse” dans votre moteur de recherche favori pour vous en convaincre. On trouve, pêle-mèle, “Le Kindle va-t-il sauver la presse” (2009)9, “L’iPad va-t-il sauver la presse” (2010)10, “Snapchat va-t-il sauver la presse”11 ou encore, en 2017, “Le Bitcoin va-t-il sauver la presse ?”12 La liste est loin d’être exhaustive. Il y a eu la mode des blogs, celle de la personnalisation, celle des coupons,13 celle du big data, celle de la video, Instant Articles, les chatbots… La dernière tendance est au machine learning qui, on s’en doute, ne sauvera pas la presse.

    Rien ne sauvera la presse puisque, comme je l’ai dit plus haut, le concept de “la presse” sur internet est non seulement obsolète, il est contradictoire. Cependant, alors que les conférences professionnelles débattaient des stratégies à adopter pour mener cette mission impossible, certains groupes comprirent ce qui était en train de se passer et ont prirent les devants.

    Le groupe norvégien Schibsted, par exemple, a lancé son propre fournisseur d’accès à internet, Schibsted Nett, au début des années 1990, sur le modèle d’America On Line (AOL). En 1996, il l’a revendu à un concurrent pour se concentrer sur la fourniture de contenu, en créant un portail,14 avant d’investir dans des sites spécialisés dans les petites annonces.15 Dès l’arrivée du web en Scandinavie, Schibsted a compris que ce canal deviendrait incontournable et a tout mis en œuvre pour y conserver sa position de pilier de l’information et de la publicité. L’entreprise a investi considérablement et ne s’est pas laissée échauder par l’éclatement de la bulle du Nasdaq en 2001. Aujourd’hui, le groupe est leader des petites annonces dans 18 pays et s’est débarrassé de ses journaux partout sauf en Norvège et en Suède, où il continue à investir.16

    En Allemagne, le groupe Axel Springer, déjà numéro un des journaux dans les années 1990, a suivit le même parcours. Il est désormais organisé en trois pôles distincts : les petites annonces (LaCentrale en France, par exemple), le contenu payant (ses journaux sont tous passés au modèle payant sur abonnement) et la vente de publicité (auféminin en France17).18 Parmi les groupes français, seul Le Figaro a réussi à retrouver sur le web un équilibre entre la production de contenu, la publicité et les petites annonces (Figaro Classifieds est leader des petites annonces en France).19

    Pas besoin d’être un mastodonte pour réussir sa transition numérique. En Suède, le journal de la ville de Skellefteå (35 000 habitants) s’est repensé en pilier de la communauté et organise désormais des évènements en plus de son activité purement média. Médiapart ou Valeurs Actuelles sont différents en tout, sauf dans leur modèle d’affaire : les deux montrent que l’on peut vendre du contenu et en dégager un bénéfice si l’acte d’abonnement devient un acte d’adhésion à une vision politique.

    Le seul créneau sur lequel les médias n’ont pas investi sur le web est celui de l’information “pure”, celle qui, détachée de son contenant, sert de matière première aux analystes ou aux journalistes. Aucun média ne s’est transformé, passant d’un fournisseur d’articles à un fournisseur de données.20 Les spécialistes du secteur comme Thomson (aujourd’hui ThomsonReuters), The Economist Intelligence Unit ou Bloomberg existaient avant internet et n’ont pas été déstabilisé par les évolutions des deux dernières décennies. Il y avait pourtant des places à prendre, comme le montre l’histoire d’Opta Sports. Créé en 2001 (un an après que L’Equipe a ouvert son site web), Opta s’est donné pour mission de collecter toutes les données sur toutes les rencontres, dans tous les sports et en direct. Alors que L’Equipe possédait de vastes bases de données sur le même sujet, c’est Opta qui a raflé le marché. Si vous lisez des résultats sportifs dans un journal aujourd’hui, il y a de fortes chances qu’ils aient été vendu par Opta au journal que vous avez entre les mains (y compris si vous lisez L’Equipe).
    Une seule solution, la litigation

    La plupart des médias ne savent toujours pas s’ils sont là pour produire de l’information, vendre de la publicité à des annonceurs ou si leur mission se trouve ailleurs.

    Ils se retrouvent pourtant tous sur une stratégie depuis une vingtaine d’années, celle des poursuites judiciaires contre les nouveaux entrants. Les premiers à en faire les frais furent les sociétés de l’audiovisuel public. En Allemagne, les médias privés annoncent depuis presque vingt ans que la présence de la télévision publique sur internet met leur existence en danger.21 Ce n’est évidemment pas vrai, puisque la mission d’information de la télévision publique n’a pas grand chose à voir avec les métiers d’Axel Springer. Mais ces procès permettent aux médias privés d’afficher leur pouvoir.

    Les médias s’en prennent plus souvent à Google, accusé en général d’enfreindre les lois sur la propriété intellectuelle. Plusieurs éditeurs français ont lancé un procès en 2006 contre Google Books,22 en même temps que plusieurs titres de presse belges attaquaient Google News.23 Des médias allemands attaquent à leur tour en 2012.24

    L’histoire espagnole est la plus instructive. A la fin des années 2000, plusieurs éditeurs espagnols se liguent contre Google News. Une loi est votée, qui leur permet de réclamer à Google des royalties sur les liens affichés. Après un passage en justice, où Google perd, le moteur de recherche décide de supprimer Google News en Espagne. Cette fois-ci, les éditeurs dénoncent une grave menace pour la démocratie et demandent au gouvernement de faire revenir Google News !25 (Avertis de cette histoire, les médias allemands ont renoncé aux royalties que leur aurait permis d’obtenir la nouvelle loi sur le copyright votée en 2013.26)

    Google, suivi par Facebook, a réussi à monopoliser l’attention des Européens, que détenaient auparavant les médias, et, grâce aux données personnelles dont ils disposent, génèrent des milliards en revendant cette attention aux annonceurs. Pour ces GAFA,27 les médias sont des fournisseurs de contenus parmi une infinité d’autres. Ils sont aussi des empêcheurs de tourner en rond. Journalistes et patrons de presse ont l’oreille des politiques, via les jeux de pouvoir nationaux ou simplement parce qu’ils ont été à l’université ensemble.

    Face à ce problème, Google (suivi encore une fois de Facebook) a vite trouvé la parade. Chacune des procédures judiciaires que j’ai évoqué s’est terminée par la création d’un fonds mis à disposition des médias. Google finance ainsi certains projets du Syndicat national de l’édition. Il a créé en France le “Fonds pour l’Innovation Numérique de la Presse”, suivi au niveau Européen de la “Digital News Initiative”. Dans ce jeu de dupes, Google se présente comme le partenaire des médias et met en scène une relation d’égal à égal alors qu’il ne s’agit que de les diviser (chaque média doit candidater individuellement pour obtenir un subside de Google) et d’acheter leur complaisance.28 Les GAFA organisent ou financent (en tout ou en partie) les conférences professionelles des médias en Europe, comme le Global Editors Network Summit,29 le Newsgeist et le JournalismFest.
    La presse est sauvée !

    A l’exception de ceux qui ont suivi une véritable stratégie de long terme sur le web, les médias sont passé, en deux décennies, d’un rôle de monopoliste de l’attention et de la publicité à celui de fournisseurs de contenu vivants des largesses des GAFA.

    La dégringolade des médias va sans doute s’arrêter là. Je ne pense pas que “la presse” va disparaître car internet a, lui aussi, beaucoup changé.

    La mécanique des investisseurs web, qui financent à fonds perdu un champion jusqu’à ce qu’il soit en position de monopole et puisse augmenter ses marges, comme ils l’ont fait avec Google et Facebook (puis avec Uber, Delivery Hero etc.), a conduit au duopole actuel (Google/Facebook) sur le marché de l’attention et de la publicité. Alors qu’on pouvait, dans les années 2000, toucher une audience parce que son contenu était de meilleure qualité que celui des concurrents, on atteint aujourd’hui son audience en payant l’un des deux gardiens de l’attention. Impossible pour un nouvel entrant de se faire une place sans apport massif en capital. On est revenu à la situation qui prévalait avant internet.

    De l’autre côté, la neutralité du net n’existe plus. Les fournisseurs d’accès peuvent choisir ce que leurs clients consomment, ne serait-ce que grâce à la vente liée et au zero rating.30 SFR a besoin de médias (Libération, L’Express etc.) pour son offre SFR Play, Orange a besoin de Deezer, dans lequel il a largement investi,31 pour ses forfaits mobiles et Comcast, le plus gros fournisseur d’accès américain, a acheté NBCUniversal et Dreamworks pour les mêmes raisons.

    Et puis, les médias sont indispensables au système politique. Pas tant pour leur capacité à toucher une audience - Macron a quasiment autant de followers sur Facebook que Le Monde ou Le Figaro - mais dans leur rôle d’adversaire et de commentateur. Sans “les médias”, une bonne partie de la classe politique n’aurait plus de sujet sur lequel s’indigner et les autres n’auraient plus personne pour les écouter.

    A quelques exceptions près (France-Soir), les grands noms de la presse continueront à exister. Libération a sans doute de meilleures chances de survie au sein de SFR que Buzzfeed, par exemple. Même si la start-up américaine a tout compris du web des années 2000 et 2010, le web des années 2020 appartient aux fournisseurs d’accès, pas aux innovateurs.


  • « La maternité est comme un tabou, même dans les mouvements féministes »

    Post-porno, grossesse et plaisirs : entretien avec Maria Llopis

    Par Laura Aznar

    Traduit du catalan par Angelina Sevestre
    Texte original : « Maria Llopis: “La maternitat és un tabú dins els mateixos moviments feministes” » El Crític , 2 mai 2017
    Illustrations : Judy Chicago.

    http://jefklak.org/maternite-restait-marge-tabou-sein-mouvements-feministes

    Maria Llopis est une activiste féministe connue pour son travail dans le post-porno, mouvement artistique qui cherche à réinventer les formes de la pornographie à l’aune des lectures féministes, queer et transsexuelles pour y remettre du politique. Avec son corps, Llopis explore les domaines de la performance, de la photographie et de la vidéo, dans le but d’élargir les possibilités de la sexualité et du désir. La post-pornographie et la maternité sont, pour cette artiste, deux luttes indissociables qu’elle aborde dans son dernier ouvrage, Maternidades subversivas ( Maternités subversives , Txalaparta, 2015). Entretien autour du féminisme, des sociétés matriarcales et de l’éducation : notre émancipation passe aussi par un combat pour une maternité heureuse.

    • Dans mon livre, j’ai recueilli une histoire que je raconte parfois. Elle parle d’un missionnaire canadien qui reprochait aux Indiens de baiser allègrement avec tout le monde. Un jour, il leur dit : « Ne vous rendez-vous pas compte, vos enfant pourraient ne pas être vos enfants ? » Ce à quoi un Indien lui répond : « Tu dis n’importe quoi, tous les enfants de notre tribu sont nos enfants. » C’est une très belle leçon de paternité. Qu’est-ce que ça peut faire que mon enfant vienne de mon sperme ou de celui d’un autre ? C’est d’autant plus sensible que ce sujet comporte d’autres enjeux de taille, comme celui du contrôle de la sexualité des femmes.

      Qu’est-ce que tu veux dire ?

      Pour qu’un homme puisse savoir qui est son enfant biologique, la femme lui doit fidélité. Aussi oblige-t-on cette dernière à un seul type de pratiques sexuelles, très limité, pour pouvoir assurer « l’honneur » de l’homme. Ce qui en découle, dans notre société, c’est que si l’enfant n’est pas son enfant « biologique », l’homme peut dire « ce n’est pas à moi, donc je ne vais pas m’en occuper, c’est un bâtard ». Dans une société telle que chez les Moso, les enfants sont élevés dans la maison de celles qui les ont engendrés, avec leurs frères et sœurs ou leurs grand-mères. Les figures paternelles de l’enfant sont ses frères. À bien y réfléchir, mon frère est le seul homme à n’avoir aucun doute que mon enfant soit de son sang, si c’est vraiment important, alors que mon compagnon doit me faire confiance ou faire un test ADN. À ce propos, le journaliste argentin Ricardo Coler a entendu cette phrase d’un homme moso : « Soyez assurés que j’aime mes enfants comme si c’était mes neveux. » Tu saisis la logique ?

    • Ce matin dans libé Sabine Prokhoris, philosophe et psychanalyste reproche aux féministes de réduire les femmes à leur condition de mère.
      http://www.liberation.fr/debats/2018/02/15/eternel-feminin-sempiternelle-fatalite_1629992

      Les féministes en question sont Nancy Huston, Natacha Polony (elle est féministe ?) Eliette Abécassis (jamais entendu ce nom), Badinter, Schiappa...

      Marlène Schiappa confie ceci : « C’est à partir du moment où j’ai eu mes filles que j’ai ressenti un élan de solidarité avec les autres femmes. Le fait de partager l’expérience de la grossesse et, du coup, de nous sentir unies par une communauté de destin. C’est presque mystique. »

      Comme quoi il y a des féministes qui ne trouvent pas la maternité tabou et qui au contraire réduisent les femmes à ça. Pour la pornographie c’est pareil, le féminisme « pro-sexe » ca m’étonnerait qu’il y en ai pas en Espagne.


  • En visite en centre de rétention, trois députés constatent entorses à la loi et locaux dégradés

    http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/02/13/en-visite-en-centre-de-retention-trois-deputes-constatent-entorses-a-la-loi-

    Avant de discuter la loi asile et migration qui arrivera prochainement en débat, et prône plus de cent jours de rétention pour préparer l’expulsion d’un étranger, contre quarante-cinq aujourd’hui, Mme Braun-Pivet, Naïma Moutchou (LRM, Val-d’Oise) et Stéphane Peu (GDR, Seine-Saint-Denis) sont venus lundi après-midi constater sur le terrain qui on enferme en CRA et dans quelles conditions.

    La réponse leur est rapidement apparue sous les traits d’une toute petite fille de 13 mois, qui entamait lundi sa deuxième semaine de privation de liberté, accrochée au dos de sa mère. Cette dernière, une Ivoirienne de 20 ans, avait pourtant deux bonnes raisons au moins de ne pas se trouver là avec son enfant. Ayant laissé ses empreintes pour la première fois en Europe en Italie, elle pouvait y être renvoyée au nom des accords de Dublin. Et la Cour de cassation a estimé, le 27 septembre 2017, que rien dans le droit français ne permettait de placer un « dubliné » en rétention…

    La France condamnée six fois

    A ce premier contournement de la loi s’ajoute le fait que la France a déjà été condamnée six fois par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour la privation de liberté d’un mineur… Mais les préfectures continuent de passer allègrement outre les décisions des juridictions françaises et européennes.

    Au Mesnil-Amelot, les députés ont également découvert un nouveau profil de « retenu » qui donne au centre de faux airs de hall d’aéroport. Une jeune Hondurienne en route pour l’Espagne tourne en rond après avoir passé une dizaine de jours en zone d’attente à Roissy. Elle a été transférée là après son refus de monter dans un vol retour.

    Non loin, une Tunisienne, munie d’un visa pour étudier en Ukraine, traîne sa tristesse à l’idée que ses « cours de biologie ont déjà commencé ». Elle aussi se retrouve là pour avoir refusé un retour. « Normal, rétorque-t-elle, il n’est pas question que je retourne en Tunisie puisque je vais en Ukraine. »


  • Interior ha gastado 135 millones para contener la inmigración en Mauritania y Senegal

    El viaje del ministro Juan Ignacio Zoido a ambos países pretende consolidar las ayudas y subvenciones para mantener sellada esa frontera

    https://politica.elpais.com/politica/2018/02/12/actualidad/1518417397_794289.html
    #Espagne #externalisation #migrations #asile #réfugiés #frontières #contrôles_frontaliers #Sénégal #Mauritanie #budget #prix #coût

    • "La Mauritanie est le principal partenaire de l‘Espagne en matière de lutte contre l’immigration illégale" (ministre espagnol)

      Nouakchott, 12/02/2018 - Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Ahmedou Ould Abdallah et le ministre espagnol de l’Intérieur, M. Juan Ignacio Zoido, en visite actuellement dans notre pays, ont loué, au cours d’une réunion qu’ils ont tenue lundi dans les locaux du ministère de l’intérieur et de la Décentralisation à Nouakchott, les relations d’amitié et de coopération existant entre la Mauritanie et l’Espagne qu’ils ont qualifiées d’exemplaires.

      A cette occasion, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a indiqué que ces relations ont connu un développement remarquable durant les dernières années par la volonté de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, de Sa Majesté Philip VI et des gouvernement des deux pays.

      Il a ajouté que cette coopération se renforce à travers la convention de coopération en matière de sécurité entre la Mauritanie et le Royaume d’Espagne signée le 26 mai 2015 à Madrid qui englobe la lutte contre la migration illégale, le terrorisme et le crime organisé, l’échange d’informations, l’appui technique, la formation et la modernisation des services ainsi que l’identification des dangers et la prévention des catastrophes naturelles et technologiques.

      Le ministre a souligné que les grands efforts que consent la Mauritanie dans le domaine de la sécurité dans toutes ses aspects ont donné d’importants succès en s’appuyant notamment sur un système biométrique de grande précision permettant la modernisation de l’état-civil des citoyens et des résidents et l’émission de visas d’entrées pour les voyageurs à destination de la Mauritanie.

      Il a dans ce cadre exprimé les remerciements des autorités mauritaniennes au Royaume d’Espagne pour l’appui logistique dans le domaine de la formation, ce qui a contribué à améliorer les capacités des services de sécurités dans notre pays, renouvelant la détermination de la Mauritanie à renforcer la coopération bilatérale dans l’intérêt des deux peuples des deux pays amis.

      Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur a indiqué que les ministères de l’Intérieur d’Espagne et de la Mauritanie développent depuis des décennies une coopération qui peut être décrite comme un modèle, citant à titre d’exemple, la présence d’un important contingent de la Guardia Civil et de la police nationale à Nouadhibou qui collaborent de façon étroite avec leurs homologues mauritaniens.

      Il a ajouté que cette collaboration bilatérale orientée d’abord sur la lutte contre l’immigration illégale a été, par la suite, diversifiée et amplifiée dans d’autres domaines tels que la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le trafic de drogues, soulignant que la Mauritanie continue à être le principal partenaire de l’Espagne en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

      Le ministre espagnol avait, auparavant, fait part de ses remerciements pour l’accueil que lui a été réservé par les autorités mauritaniennes, soulignant le caractère stratégique des relations bilatérales et la détermination de l’Espagne à continuer son appui à la Mauritanie dans le domaine du contrôle des frontières.

      La réunion s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, du Directeur général de Sûreté nationale, des chefs d’état-major de la Gendarmerie et de la Garde nationale, du wali de Nouakchott-Ouest, de l’Administrateur Directeur général de l’Agence nationale d’enregistrement des populations et des titres sécurisés, des conseillers et des directeurs centraux du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation ainsi que de l’ambassadeur espagnol en Mauritanie et des membres de la délégation accompagnant le ministre espagnol de l’Intérieur.

      Agence Mauritanienne d’Information
      http://fr.ami.mr/Depeche-43698.html



  • Les caisses automatiques des supermarchés incitent-elles au vol ? Slate - Léa Polverini - 5 Février 2018
    http://www.slate.fr/story/157264/vol-supermarche-caisses-automatiques

    De nouvelles façons de voler ont fait leur apparition depuis l’instauration de caisses automatiques.

    En anglais, on appelle ça le « banana trick » : le tour de la banane. Au rayon fruits et légumes, ça consiste tout simplement à apposer sur un produit coûteux l’étiquette d’un produit plus bas de gamme : en gros, payer ses girolles au prix de Granny Smith, ou plus humblement, son kilo de tomates grappes contre celui de rondes d’Espagne.


    Les plus audacieux décollent carrément les étiquettes avec les codes-barres à scanner d’un produit pour les recoller sur un autre, histoire par exemple de troquer le prix du caviar avec celui du surimi –jolie économie. Plus radical encore, le tour de passe-passe qui consiste à ne pas scanner du tout un article.

    Ce type de vols est assez répandu, et d’autant plus depuis que les supermarchés se sont mis à installer des caisses automatiques, sur lesquelles le client scanne lui-même tous ses articles avant de régler la facture.

    Voucher Codes Pro, une compagnie britannique offrant des coupons de réduction pour les achats en ligne, a lancé un sondage auprès de 2.634 clients : près de 20% affirmaient avoir déjà fraudé aux caisses automatiques au moins une fois.

    En 2015, une étude https://www.alphagalileo.org/AssetViewer.aspx?AssetId=114179&CultureCode=en , conduite par le département de criminologie de l’université de Leicester, en Angleterre, sur l’utilisation de scanners manuels relevait que sur six millions d’articles inspectés pour une valeur totale de 21 millions de dollars, près de 850.000 dollars passaient à la trappe à cause d’articles non passés au scan, ce qui réprésente une perte de 3,97%. Ce taux est largement supérieur à ceux enregistrés pour les autres vols, qui oscillent entre 1,21% et 1,47% dans les commerces britanniques.
    Pour les auteurs, cela semblait impliquer que la plupart des gens volant des marchandises en s’abstenant de les scanner à la caisse ne les auraient pas volées autrement.

    « Plutôt que d’entrer dans un magasin en ayant l’intention de prendre quelque chose, un client pourrait soudainement, à la fin de ses courses, décider qu’une réduction est de mise », résume The Atlantic. https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2018/03/stealing-from-self-checkout/550940

    Les #supermarchés responsables ?
    À ce titre, les chercheurs avancent que les commerçants utilisant ce système de scan et paiement autonome, principalement les supermarchés, pourraient bien être tenus finalement non pour victimes, mais pour responsables de ces dérives. Trop zélés dans leur entreprise de réduction des coûts de la main d’œuvre, ils ont ainsi créé un « environnement générateur de criminalité », favorisant « le profit avant la responsabilité sociale en “permettant” aux voleurs de se servir eux-mêmes sans mettre de contrôles suffisants en place ».
    Des supermarchés comme Albertsons, Big Y Supermarket, Pavilions et Vons ont fini par supprimer ces caisses automatiques de leurs enseignes, relève The Atlantic. D’autres continuent de les y installer.

    « À travers le monde, on estime que les caisses automatiques atteindront le nombre de 325.000 d’ici à l’année prochaine, alors qu’elles étaient 191.000 en 2013. Dans quelques endroits, cependant, la probabilité d’être puni pour des vols insignifiants diminue. Même si un gérant voulait porter plainte, de nombreux services de police n’ont pas les moyens d’être dérangés pour du vol de supermarché, écrit le magazine. En 2012, par exemple, le département de police de Dallas a adopté une nouvelle politique : les policiers ne répondraient plus systématiquement aux appels concernant des vols de moins de 50$. En 2015, le seuil a encore été relevé à 100$. »

    Le fait d’être confronté à une machine plutôt qu’à une personne au moment de payer peut également apparaître décomplexant pour les kleptomanes improvisés. Barbara Staib, la directrice de la communication de la National Association for Shoplifting Prevention, déclarait ainsi que les machines « donnent la fausse impression d’un anonymat », alors que la plupart des clients « vous courraient après pour vous rendre le billet de 20$ que vous avez laissé tombé, parce que vous êtes une personne et que ces 20$ vous manqueront ».
    À cela s’ajoutent les scrupules au vernis rationnel de ceux qui estiment que se retrouvant à faire le travail d’un caissier, il est légitime de s’accorder une ristourne à la louche pour l’effort fourni.

    En tous les cas, la transition avec l’automatisation a du mal à se faire, et cherche encore ses marques, aussi bien morales et légales qu’organisationnelles. Pendant ce temps, de petits malins font des tours de passe-passe.

    #caissiére #emploi #consommation #grande_distribution #algorithme #robotique #CCTV #consommation #surveillance #vidéo-surveillance #biométrie #facial #RFID #exploitation #capitalisme #réappropriation #caisses_automatiques #banana_trick #ristourne #morale #codes-barres #scanners #réduction #paiement_autonome #anonymat #MDR


  • Données territoriales sur l’#éducation et l’#enseignement_supérieur en Europe et en #France

    En #Europe. 108 millions d’Européens sont scolarisés dans des établissements allant de la petite enfance à l’enseignement supérieur. La part des diplômés dans la population européenne augmente, elle a doublé parmi les 30-34 ans dans certains pays. Le tableau de la population par région donne à lire en creux une géographie des pays macrocéphales et polycentriques : c’est en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas que les régions capitales ne sont pas celles qui comptent le plus d’étudiants, ainsi qu’au Royaume-Uni en raison de traditions universitaires locales très anciennes. Un zoom sur l’Erasmus montre que la France fournit le premier contingent d’étudiants bénéficiares de ce programme alors qu’elle compte légèrement moins d’étudiants du supérieur que l’Allemagne et le Royaume-Uni. C’est l’Espagne qui est le premier pays d’accueil d’étudiants étrangers.

    En France. Les enfants du « boom » démographique du début des années 2000, léger mais néanmoins sensible à l’échelle d’une classe d’âge, sont au lycée et commencent à entrer dans l’enseignement supérieur. La population des 15-17 ans a augmenté de +5 % entre 2011 et 2016. Cette augmentation est encore plus marquée dans le grand Ouest, l’ancienne région Rhône-Alpes et le Bassin parisien. Le rapport montre que les espaces ruraux ont des établissements plus petits aux classes moins chargées, ce qui ne doit pas faire oublier les distances kilométriques parfois importantes parcourues par leurs élèves. Le rapport consacre un grand zoom à la ségrégation scolaire dans les établissements publics, dont est extraite l’illustration ci-contre.


    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/education-et-superieur-france
    #cartographie #visualisation #université
    via @ville_en


  • L’Assemblée nationale fixe à 15 ans l’âge minimal pour s’inscrire seul à un réseau social
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2018/02/08/l-assemblee-nationale-fixe-a-15-ans-l-age-minimal-pour-s-inscrire-se

    Il faudra, désormais, être âgé d’au moins quinze ans pour s’inscrire seul sur un réseau social, comme sur tout autre service en ligne collectant des données personnelles. L’Assemblée nationale a terminé l’examen, mercredi 7 février, en première lecture des articles du projet de loi sur les données personnelles, dont l’une des dispositions fixe un âge minimal pour le consentement d’un mineur seul à la collecte de données. Entre 13 ans et 15 ans, le consentement de l’enfant, ainsi que celui de ses responsables légaux devront être recueillis par les plates-formes. En dessous de 13 ans, toute collecte de données par ce type d’acteur est interdite.

    Nul doute que beaucoup de jeunes utilisateurs tenteront de contourner cette nouvelle limite. Cependant, les très lourdes amendes prévues par le règlement européen inciteront les entreprises à la vigilance. Hasard ? Fin janvier, Facebook confirmait l’acquisition d’une start-up spécialisée dans la vérification des documents d’identité. Les grandes plates-formes seront face à une autre difficulté : le règlement laissant les Etats déterminer l’âge minimal, ce dernier ne sera pas le même dans toute l’Europe. L’Espagne a, par exemple, fixé à 13 ans l’âge à partir duquel un mineur peut consentir seul à l’utilisation de ses données.

    Nous voilà pris dans une tenaille infernale : laisser les géants du web capter les données pour faire fonctionner leur « industrie de l’influence », ou bien confier des données d’identité à un tiers qui validerait les droits d’utiliser les plateformes. Un tiers d’Etat et ce serait la surveillance politique ; un tiers privé et ce serait la surveillance économique.

    On doit juste avoir mal posé le problème quelque part...

    #Consentement #Données_personnelles #Plateformes

    • Oui, je m’en doute un peu. Mais ce que je me demande, c’est s’ils nous collent de nouvelles obligations légales a priori au motif que nous sommes un réseau social, même si nous sommes non marchands et même si nous n’intéressons a priori pas les gamins.

    • Faudrait expliciter ce qu’ils signifient par « données personnelles ». On stocke des emails, des IP, des idées, et surtout des textes et des opinions, des thèmes et des centres d’intérêt, des liens interpersonnels… toutes choses très personnelles. Ce qu’on fait consiste tout de même à mettre des données très personnelles dans une base de données. Fondamentalement, il me semble qu’on n’est pas loin de stocker et d’organiser le même genre d’informations que Twitter par exemple (Facebook, c’est un autre niveau d’intrusion).

      Le fait qu’on ne le vende pas n’en fait pas moins qu’on les « collecte ».

    • Avec la RGPD, il faudrait qu’on soit incollables sur cette histoire de « données personnelles ». Dans l’immédiat, ça me laisse perplexe et comme tu le dis « faudrait expliciter ».

      une des dispositions fixe un âge minimal pour le consentement d’un mineur seul à la collecte de données

      Dit comme cela, je ne comprends pas de quel consentement il s’agit. L’utilisateur publie, donc le réseau social collecte la publication, publication qui est une donnée personnelle ?

    • Y a-t-il une définition légale, ou même seulement technique, de ce qu’est un « réseau social » ? Ou alors le projet porte sur la « collecte des données » mais lesquelles ? Celles que l’utilisateur donne consciemment (?) en remplissant un formulaire ou bien celles que les suceurs du Web pompent à tout va ?


  • Le nombre de suicides reste élevé mais diminue
    La France se classe au dixième rang sur 32 pays européens. Les hommes sont plus touchés que les femmes , L’éMonde

    En 2014, 8 885 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine, soit un par heure en moyenne. Un chiffre élevé, mais en diminution de près d’un quart (– 26 %) par rapport à 2003, et qui confirme une baisse tendancielle entamée en 1985. C’est ce que révèle le rapport de la troisième édition de l’Observatoire national du suicide, publié le 5 février par le ministère de la santé et l’agence Santé publique France, à l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide.

    Le rapport précise que ce chiffre de 8 885 suicides est sous-évalué de 10 %, car il ne prend en compte que les décès officiellement enregistrés comme morts volontaires. En incluant ceux pour lesquels il existe une « très forte certitude », mais pas de certificat, on atteindrait quasiment 10 000 décès, soit près de trois fois le nombre de personnes tuées dans les accidents de la route (3 384) en 2014.

    Ces chiffres ne sont pas bons. Avec un taux de suicide de 14,9 pour 100 000 habitants en 2014, la France présente un des taux les plus élevés en Europe. Elle se situe au dixième rang sur trente-deux, après la Finlande, la Belgique et la plupart des pays de l’Est. Le suicide est d’ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans (16,2 % des décès de cette tranche d’âge en 2014, après les accidents de circulation). Une mauvaise place européenne que les autorités sanitaires appellent toutefois à interpréter « avec une extrême prudence »." La France a un moyen relativement précis de connaître le nombre de suicides, ce qui n’est pas le cas de tous les pays « , souligne Jean-Marc Aubert, à la tête de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques,au ministère de la santé, qui copilote l’observatoire. Le relativement bon recensement des suicides jouerait donc en défaveur de la France dans les comparaisons internationales.

    Interrogé sur les raisons de cette » baisse tendancielle « du nombre de suicides dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques depuis 1990 (exceptés le Japon et la Corée), et depuis 1985 en France, M. Aubert assure que le phénomène est » complexe « , » multifactoriel « et fait l’objet de travaux de recherche. » Malgré toutes ces recherches, on ne sait pas pourquoi ça baisse « , reconnaît-il.

    Et si le nombre de suicides diminue, le profil des personnes qui se donnent la mort reste, lui, globalement similaire d’une année sur l’autre. Ce sont surtout des hommes (23,1 décès pour 100 000 habitants, contre 6,7 chez les femmes). Le taux de suicide » augmente fortement avec l’âge « , note le rapport. Autre constante : des taux de suicide plus élevés sont enregistrés dans la moitié nord du pays. La pendaison reste le mode de suicide le plus fréquent (57 % des décès), loin devant les armes à feu (12 %), les prises de médicaments et autres substances (11 %) et les sauts d’un lieu élevé (7 %).

    Numéro de secours
    L’observatoire rapporte enfin que 78 128 personnes (47 981 femmes et 30 147 hommes) ont été hospitalisées en 2015, dans des services de médecine et de chirurgie, pour tentative de suicide. Un chiffre stable depuis 2013, en baisse après un pic à 91 203 en 2010. Ce nombre de patients est sans doute bien en dessous de la réalité, car il ne prend pas en compte ceux passés aux urgences après une tentative de suicide, mais non hospitalisés, ou ceux hospitalisés en psychiatrie sans être passés auparavant par un service de médecine.

    Afin d’améliorer la prévention et de faire diminuer le nombre de décès par suicide, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé, le 26 janvier, lors d’un discours consacré à la psychiatrie, qu’elle allait étendre, ces deux prochaines années, le dispositif pour recontacter les » suicidants " à leur sortie des urgences ou d’hospitalisation et mettre en place un numéro de secours pour les personnes en détresse psychique extrême.

    François Béguin

    Dans « Suicide. L’envers de notre monde », à paraître le 8 février, les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet analysent la surprenante baisse du taux de suicides en France et dans la plupart des pays, en dehors des plus pauvres - Bonnes feuilles

    Depuis 2006, des changements importants sont intervenus dans l’évolution du suicide, dans notre pays et dans une grande partie du monde. Un rapide coup d’œil sur la courbe d’évolution du suicide en France depuis le début du XIXe siècle suffit pour constater une tendance à la baisse à partir de 1985. Depuis plus de trente ans, le mouvement est net, régulier et de grande ampleur. Le taux de suicides s’établissait au cours des années 1985 et 1986 à 22,5 pour 100 000 habitants, soit un niveau voisin des années précédant la Première Guerre mondiale, très proche du maximum jamais enregistré une seule fois dans notre pays (25 en 1908). Il est tombé en 2013 à 15,1 et à 13,8 en 2014, soit un niveau identique ou légèrement inférieur à celui que la France a connu dans les années 1950, dans l’immédiat après-guerre et au tout début des années de forte croissance : l’un des plus faibles qui ait jamais été enregistré au cours du XXe siècle, à l’exception des années de guerre. En résumé, au cours des trente dernières années, le taux de suicides est passé du niveau maximum au niveau minimum !

    Il ne s’agit pas d’un effet de structure provoqué par la fonte au cours de la période des effectifs de catégories particulièrement suicidaires, comme les agriculteurs ou les ouvriers. Ce mouvement à la baisse n’est pas non plus le fait d’une catégorie particulière de la population. Il affecte, bien qu’à des degrés divers, l’ensemble des composantes de la population, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les agriculteurs, les employés, les ouvriers et les cadres. C’est parmi les personnes âgées de plus de 60 ans que la baisse est la plus accentuée : sur les 9 715 décès par suicide enregistrés par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2012, la moitié (47 %) concerne des personnes de 55 ans et plus. La baisse la plus marquée du taux de suicides est observée dans les classes d’âge où les suicides sont les plus nombreux. Il en résulte une baisse importante du taux de suicides global. Une baisse du taux de suicides des jeunes ne se traduirait pas par une baisse « visible » du taux global. Le constat est clair, mais son explication n’est pas évidente.

    La forte hausse qui l’a précédée entre 1975 et 1985 était, en revanche, plus compréhensible. S’ouvre en effet à partir de la fin des années 1970, suite aux « chocs pétroliers », une nouvelle conjoncture économique qui met à mal nombre de protections et de sécurités dont jouissaient les travailleurs au cours des trente années de croissance. L’instauration d’un chômage de masse, durable et à un niveau élevé, en est le trait le plus marquant. La compétition internationale et la mondialisation des marchés conduisent les entreprises à s’adapter à la nouvelle donne : fermetures d’entreprises, délocalisations et vagues massives de licenciements d’un côté ; intensification du travail, précarisation des emplois et flexibilité croissante des rythmes de travail de l’autre. La dictature grandissante des impératifs du capital financier, de la spéculation boursière et des crises qu’elle entraîne ébranle durablement la société française dans son ensemble. Un monde nouveau est en train de naître, engendrant un surcroît d’incertitude et d’insécurité. La raideur de la pente ascendante de la courbe du suicide de 1975 à 1986 ressemble fort à celle qui a accompagné, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la mutation d’une société paysanne et artisanale en une société industrielle et capitaliste.

    La baisse du suicide observée depuis 1985 étonne du fait qu’aucune des dimensions de cette nouvelle donne n’a aujourd’hui disparu. Le chômage demeure à un niveau élevé, les fermetures d’entreprise vont bon train, les salaires stagnent, des régions entières sont frappées par la désindustrialisation. Le cercle de la précarité s’est élargi, affectant désormais tous les secteurs d’activité et même la fonction publique. Et pourtant, le suicide baisse, même si, autour de la crise de 2008, une relation positive entre chômage et suicide a pu être observée chez les hommes en âge de travailler. Comment l’expliquer ?

    Répondre à cette question n’est pas simple, tant sont multiples et diverses les causes qui peuvent affecter l’évolution d’un phénomène aussi complexe que le suicide. (…) Cette tendance prononcée à la baisse n’est pas propre à la France. On l’observe dans un grand nombre d’autres pays. Le « Panorama de la santé » établi chaque année par l’OCDE en fait même état dans son édition de 2015 : « Depuis 1990, les taux de suicides ont diminué de 30 % environ dans les pays de l’OCDE et ont même été divisés par deux dans des pays comme la Hongrie et la Finlande. En Estonie, après une hausse initiale au début des -années 1990, les taux ont également fortement diminué. » Il ne s’agit donc pas d’un artefact produit par des modifications intervenues au cours de l’enregistrement statistique du phénomène en France.

    Le rôle des médecins généralistes
    À l’échelle mondiale, le taux de suicides standardisé selon l’âge, qui corrige les différences de taille et de pyramide des âges des populations dans l’espace et dans le temps, affiche de 2000 à 2012 une baisse de 26 % : 23 % chez les hommes et 32 % chez les femmes. Cette baisse affecte toutes les régions du monde à l’exception des pays pauvres d’Afrique et les hommes des pays les moins développés de la Méditerranée orientale.

    (…)

    Dans les pays développés qui accusent une baisse sensible du suicide, les dates d’inflexion des courbes varient, mais se situent toutes dans les dernières des années 1980 et les premières des années 1990. Compte tenu de la diversité des situations économiques propres à tous ces pays, il est difficile d’établir une relation simple entre la baisse observée des taux de suicides et des facteurs économiques et sociaux qui seraient identiques et communs à tous ces pays. D’autant que dans aucun des pays de l’OCDE et de ceux de l’ancien bloc soviétique cette inversion des pentes du taux de suicides des années 1980 et 1990 ne correspond à une amélioration notable de la conjoncture économique.

    On est alors tenté d’aller chercher les causes de cette baisse spectaculaire ailleurs que dans les variations des conjonctures économiques, et pour commencer du côté des progrès réalisés dans le domaine médical. Existerait-il un lien entre ces baisses exceptionnelles et mondialisées du suicide et les débuts de la diffusion massive, elle aussi mondialisée, d’une nouvelle classe de médicaments, les antidépresseurs, pour soigner la dépression ? La mise au point et la diffusion de ces traitements sont récentes, les tout premiers datant des années 1960. Accueillis au départ avec scepticisme par les psychiatres, ils n’ont commencé à être utilisés à une large échelle que dans le milieu des années 1980, lorsque apparaît la classe des inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS). Le plus connu d’entre eux est le Prozac, produit par le grand laboratoire américain Lily, qui devient très vite le troisième médicament le plus vendu au monde. Les facilités de son usage lui permettent d’être prescrit, dans la quasi-totalité des pays, par des médecins généralistes et pas seulement par des psychiatres.

    La consommation d’antidépresseurs a considérablement augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE depuis le milieu des années 1980 et surtout depuis 2000. Toutefois, la consommation d’antidépresseurs est très variable d’un pays à l’autre. Leur niveau de consommation dépend de la prévalence de la dépression dans chaque pays et de la manière dont elle est diagnostiquée et traitée, mais aussi de la disponibilité d’autres thérapies, des recommandations locales et des habitudes de prescription. Avec 50 cachets pour 1 000 habitants par jour, la France se situe en dessous de la moyenne des 28 pays de ce classement (58 doses). Il n’en est pas de même pour tous nos voisins européens : au Por-tugal, par exemple, la consommation d’antidépresseurs a presque triplé entre 2000 et 2013, passant de 33 doses journalières à 88.

    En dehors des psychiatres qui affirment que, « bien prescrits, les antidépresseurs ont un effet antisuicidaire évident », un argument fort milite pour leur attribuer une part importante dans la baisse du suicide au cours des trente dernières années : cette baisse généralisée n’a pas substantiellement modifié la hiérarchie des pays. En effet, malgré la baisse notable qu’ils ont connue, les pays de l’ancien bloc de l’Est se distinguent toujours des autres par des taux de suicides très supérieurs, l’Italie et l’Espagne par des taux très inférieurs à ceux de leurs voisins européens. Elle n’a pas non plus affecté les grandes tendances observées au cours des périodes précédentes : les hommes se suicident toujours plus que les femmes, les vieux plus que les jeunes, les pauvres plus que les riches, etc. En somme, l’usage des antidépresseurs aurait agi sur le niveau du suicide en le faisant sensiblement baisser sans modifier qualitativement les facteurs sociaux qui le produisent.

    Après avoir été âprement discuté au sein de la psychiatrie, certains soulignant des risques accrus de suicide chez les jeunes provoqués par cette médication, l’effet bénéfique de l’usage des antidépresseurs sur la baisse du suicide semble aujourd’hui reconnu par tous les professionnels. Une grande enquête internationale publiée en juin 2013 analyse en détail les relations entre le taux de suicides et la consommation d’antidépresseurs. Portant sur 29 pays européens au cours d’une période étendue correspondant aux années d’inflexion de la courbe et de la baisse du suicide qui s’ensuivit (1980-2009), elle calcule dans chaque pays les corrélations entre la consommation d’antidépresseurs et le taux de suicides afin d’explorer le sens et l’ampleur des associations entre les deux phénomènes. Des régressions linéaires associées permettent ensuite de préciser la nature et l’évolution de ces relations. Les résultats sont clairs : dans tous les pays sauf un, le Portugal, le suicide diminue à mesure que s’accroît la consommation d’antidépresseurs.

    (…)

    L’effet positif des antidépresseurs sur la baisse du suicide est aujourd’hui un fait avéré, mais le recours généralisé à ces médicaments n’a pas surgi du néant comme par un coup de baguette magique. Il est lui-même un effet des transformations notables intervenues en amont à la fois dans la prise en charge médicale des maladies mentales et dans la perception sociale de la dépression et du suicide. En France comme dans beaucoup de pays européens, toute une organisation sociale s’est progressivement mise en place pour prendre en charge les souffrances psychiques des individus. Les effectifs de « psys » au sens large (psychiatres, psychanalystes, psychologues, infirmières en psychiatrie) se sont étoffés et se sont répartis sur le territoire grâce à la sectorisation.

    Mutation culturelle
    Comparée à d’autres pays, l’offre de soins française en psychiatrie est de bonne qualité, notamment en termes d’équipement et de ressources humaines. Elle a aussi beaucoup innové par l’organisation pionnière, en réseau, de son offre hospitalière publique sur la base d’une sectorisation géographique originale : le « secteur psychiatrique ». Mis en place par la circulaire du ministère de la santé publique datée de mars 1960, celui-ci constitue l’unité de base de la délivrance de soins en psychiatrie publique. Il dispense et coordonne, pour une aire géo-démographique de proximité, l’ensemble des soins et services nécessaires à la couverture globale des besoins : prévention, soins, postcure et réadaptation. La prise en charge et la coordination des soins sont assurées par des équipes pluridisciplinaires. Avec 815 secteurs de psychiatrie générale, soit en moyenne un secteur pour 56 100 habitants âgés de plus de 20 ans, l’offre publique de psychiatrie représentait, en 2003, 80 % de l’activité psychiatrique réalisée par les établissements de santé. L’autorisation accordée aux généralistes de prescrire des antidépresseurs a aussi favorisé, lors des consultations, le dialogue sur les problèmes psychologiques. Parallèlement à la prise en charge médicale s’est développé, dans la plupart des pays développés, un tissu d’associations qui se sont donné pour mission la prévention du suicide.

    (…)

    Toutes ces initiatives ont été rendues possibles par un changement radical intervenu dans la perception sociale des maladies mentales et du suicide. Le suicide a cessé progressivement d’être un tabou dont on ne parlait pas. La France comme la plupart des pays européens a connu depuis un demi-siècle une forte élévation de son niveau d’instruction. La part des emplois occupés par les cadres supérieurs et les professions intermédiaires s’élève à 43,1 % contre 48,4 % pour les employés et ouvriers. Or les catégories sociales les plus diplômées, davantage à l’écoute des messages de leur organisme, mieux -informées que les autres sur les possibilités de traitement, ont toujours développé un rapport aux soins qui privilégie l’anticipation. Elles consultent avant qu’il ne soit trop tard. Dans une France plus instruite où les professions supérieures sont aussi nombreuses, les maladies mentales ne sont plus associées à la folie ni perçues comme des tares irrémédiables condamnant nécessairement ses victimes à l’asile. Dans la conversation courante et dans tous les milieux, le terme de « déprime » a acquis droit de cité. C’est un mal répandu dont on mesure les risques mais dont on parle sans honte et dont on peut sortir, si on le prend à temps, et parfois en meilleure forme qu’avant. Le recours fréquent aux antidépresseurs est ainsi rendu possible et favorisé par cette mutation culturelle. La transformation médicale de la prise en charge de la déprime et du suicide ne se borne donc pas à la prescription d’antidépresseurs, même si celle-ci l’accompagne.

    #suicide #dépression #antidépresseurs #psychiatrie


  • « L’Opus Dei est devenue une multinationale financière »  Elodie Blogie | Le Soir (30.01)

    http://plus.lesoir.be/137079/article/2018-01-30/philippe-lienard-lopus-dei-est-devenu-une-entreprise-de-conquete-du-pouv

    Si l’institution catholique est en déclin, son pouvoir économique est immense
    ELODIE BLOGIE Entretien

    Philippe Liénard, juriste de formation, franc-maçon revendiqué (auteur de nombreux ouvrages sur ce thème), publie un livre sur l’Opus Dei. Il tente d’y faire la lumière sur le pouvoir réel de « l’Œuvre ».

    L’Opus Dei est plutôt sur le déclin...
    On observe une chute des vocations de prêtres, car cela implique des contraintes qui ne sont plus compatibles avec une vie au XXI e siècle : porter le cilice, faire cinq prières par jour, etc. Mais c’est précisément car il y a une chute des vocations que l’Opus Dei a multiplié les centres de formation. On en trouve 80 en France, une vingtaine en Belgique. Il y a une volonté de formater la jeunesse. On trouve par exemple deux résidences à Bruxelles, un à Liège, un près de Walcourt, etc. Cela représente quelques centaines de jeunes. Ce qu’on demande à ces enfants en termes de pression scolaire, d’obligations spirituelles est lourd. Or formater la jeunesse, c’est formater l’avenir.

    Au-delà des fantasmes, vous dites que le pouvoir de l’Opus Dei est surtout financier.
    L’Opus Dei est devenue aujourd’hui une multinationale financière très bien structurée. Selon ses statuts, l’Œuvre doit être « pauvre ». Or, l’Opus Dei n’ayant rien mais possédant beaucoup, il y avait une incohérence. La réponse est à chercher du côté de cette galaxie de personnes morales, d’associations, de fondations que l’Opus Dei a développée partout, en Espagne, en France, beaucoup en Suisse, mais aussi en Belgique. Ensuite, à travers ses coopérateurs, l’Opus Dei a pu engranger des sommes extraordinaires. Ces coopérateurs ne sont pas membres ; ils vivent dans la société civile, sont mariés, pères de famille, chefs d’entreprise, mais sont proches des idées de l’Opus Dei et y versent des dons.

    Vous citez les noms d’Etienne Davignon, de Maurice Lippens. Sur quoi vous fondez-vous pour soupçonner qu’ils sont des coopérateurs ?
    Dans les deux cas, je peux développer les sources et faire la démonstration. Je ne le fais pas dans ce livre car je ne voulais pas en faire un livre à scandale. J’ai beaucoup de respect pour ces deux messieurs. S’ils veulent attaquer le livre, ils peuvent le faire. Mais dans l’ouvrage, j’use du conditionnel et de beaucoup de précautions : je ne dis rien qui offre le profil d’une certitude absolue.

    Ces coopérateurs usent de leur position pour faire avancer les idées de l’Opus Dei ?
    En Belgique, l’Œuvre est présente dans le monde judiciaire, dans celui des entreprises, dans la politique aussi, mais de façon marginale, c’est-à-dire uniquement par personne interposée. Dans tous ces cas, les coopérateurs et proches de l’Opus Dei véhiculent évidemment un projet de société particulier et se servent de leur fonction pour le faire aboutir, d’une façon ou d’une autre. L’Œuvre est sortie de son rôle spirituel « pur jus » : c’est devenu une entreprise de conquête d’un pouvoir économique. J’ai chiffré les recettes de l’Œuvre à 100 millions de dollars par jour. L’Opus Dei a compris avant tout le monde que les Eglises avaient une durée de vie et qu’il fallait que l’Œuvre survive à l’Eglise. Or, dans nos sociétés de consommation, le pouvoir de demain appartient à ceux qui ont des sous. Un peu plus de la moitié des entreprises du CAC 40 sont dirigées par des proches de l’Opus Dei. L’entreprise Renault, par exemple, a toujours été dirigée par des proches, voire par des membres, dont certains ne se cachent pas.

    En Belgique, le terreau n’est pas très fertile... Vous comparez – pour mieux les opposer – franc- maçonnerie et Opus Dei. Le lobbying franc-maçon n’a-t-il pas plus de portée que le lobbying opusien ?
    On parle beaucoup de la maçonnerie comme pouvoir d’influence, mais c’est parce que les franc- maçons ne sont pas secrets (contrairement à l’Opus Dei), juste discrets. Si vous connaissiez les difficultés rencontrées par les loges pour payer les factures d’électricité, vous comprendriez qu’on est loin du grand complot mondial. L’Opus Dei, par contre, a développé des structures mondiales. Les tentatives d’être présent sur le terrain politique existent, en Belgique aussi. L’Opus Dei joue-t-il un rôle politique majeur et décisif pour autant ? Non. Mais la Belgique n’est pas une île, elle subit les influences de ses voisins. Il faut comprendre que l’Opus Dei vit dans l’intemporalité. Ils ont tout le temps. Ce qui n’est pas le cas de nos politiques. Je ne connais aucune institution qui ait une telle vision froide, sur le long terme, avec une redoutable efficacité de ramification dans tous les milieux.

    #opus_dei #argent #pouvoir #religion #Michelin #extrême_droite #sexisme #école #France #Suisse #Belgique #Espagne #finance #multinationale #Bilderberg #pouvoir-économique #cac40 #renault #secte #opus_dei #esclavage #traditionalistes

    #etienne-davignon #Commission-européenne #bilderberg #Suez-Tractebel #Brussels-Airlines
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Davignon

    • Président de la Table ronde des industriels européens ( #ERT ), de l’AG et du CA de l’ICHEC Brussels Management School de la Société générale de Belgique, Union minière du Haut Katanga (UMHK), de la Compagnie maritime belge, de la Compagnie des wagons-lits, Recticel, SN Airholding.
    • Vice-président d’Accor, Arbed, Tractebel, Fortis Belgique, Umicore, Sibeka.
    • Membre du conseil d’administration de Anglo American Mining, Gilead Sciences, ICI, Pechiney, Foamex, Kissinger Associates, Fiat, Suez, BASF, Solvay, Sofina, Recticel, CMB, Cumerio, Brussels Airlines, BIAC, Petrofina, Real Software.
    • Président de l’Association pour l’union monétaire en Europe depuis 1991, de la Fondation Paul Henri Spaak et d’EGMONT.
    • Membre de la Commission Trilatérale et de la Fondation Ditchley.
    • Membre du directoire du think tank Centre for European Policy Studies.[1] [archive] Ainsi que président de Friends of Europe, un think tank influent.
    • Président du comité de direction du groupe Bilderberg de 1998 à 2010

    #Maurice-Lippens #suez #total #Bilderberg
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Lippens
    RAPPEL :
    https://seenthis.net/messages/137701
    https://seenthis.net/messages/628373
    https://seenthis.net/messages/407809
     
     
     
     


  • CASINO : Gérants en colère Sandrine et Sébastien BALLAND

    Bonjour

    Nous nous prénommons Sandrine et Sebastien.

    Durant, ces huit dernières années, nous avons tout donné au groupe de la grande distribution Casino FRANCE, notre temps, notre sérieux, notre professionnalisme, notre vie de famille. Nous parlons au passé car tout s’arrêta le sept décembre dernier, terminus tout le monde descend. Nous sommes aujourd’hui sans travail et avec aucunes solutions de logement ...


    Décembre 2010 nous prenons en gestion, après avoir été sélectionné et formé au métier, une supérette sur Mont de Marsan, puis une suivante en 2014 a Biarritz. Sans concertation en 2015, le groupe décide le changement d’enseigne du magasin que nous gérons c’est à ce moment là que tout bascule du coté obscur, le peu d’indépendance que nous avions disparait (tout est décidé, contrôle). Les conditions de travail deviennent très difficile (contrôle des marchandises, blessures a répétitions, heures supplémentaires, problème d’approvisionnement etc...). Les services commerciaux ne communiquent pas, nous laissant en difficultés.

    N’ayant pas signé pour ça, nous protestons, le groupe Casino restant muet à nos contestations, avril 2017 nous officialisons la chose devant le tribunal des prudhomme ce qui nous vaut une réponse très rapide ; en effet quinze jours après, la décision est prise de fermer le magasin, et donc la rupture de notre contrat !

    Face a cette violence, notre combat au quotidien est très difficile, surtout que nous le vivons en groupe, en effet Casino a reproduit cette technique d’épuration salariales plus de 2000 fois en trois ans, nous sommes donc légion à vivre ce calvaire.

    En effet après avoir travaillé plus que de raison, nous nous retrouvons très rapidement, sans travail, sans salaire, sans logement car celui ci découlait directement de notre fonction, sans considération et sans justification ! Nous avons oser contester ce qui nous vaut cette situation, sous antidépresseur, dans le brouillard le plus complet concernant notre avenir proche !

    De plus se rajoute à toute cette frustration une injustice supplémentaire, nous devons libérer le logement de fonction dans 15 jours, tout en sachant que celui-ci restera disponible et vide jusqu’au 31 mars ! d’où notre décision d’y rester en toute illégalité, car la seule solution est la rue avec notre fille. Casino a donc fait de nous en quelque mois des hors la loi.

    Casino nous tue ! Officiellement notre famille se retrouvera donc sans domicile fixe fin janvier, pour protester contre cet état de fait autant injuste qu’ intolérable et pour essayer de faire connaitre notre combat face a ce titan ! Moi Sébastien Balland entamerai le mercredi 31 janvier à 12 heures une grève de la faim devant le magasin Leader Price Express situé 51 rue d’Espagne 64200 BIARRITZ.

    Soutenue par l’association « gérant en colère » et le syndicat CGT représentatif des gérants, je ne cesserais pas mon combat tant que les représentant du groupe Casino ne reçoive une délégation afin de s’expliquer une fois pour toute sur sa politique de licenciement de masse !

    BALLAND Sandrine et Sébastien
    51 rue d’Espagne 64200 BIARRITZ
    06.64.20.92.25

    association « gérants en colère » président :

    GAUTIER thierry : https://www.facebook.com/gerantsencolere, Gerantsencolere@hotmail.com

    HOUACINE didier délégué central CGT gérants succursalistes : 03.23.58.76.76

    Source : https://www.legrandsoir.info/casino-gerants-en-colere.html

    #esclavage #casino #violence #épuration #Biaritz #Leader-Price #licenciements


  • Reconnaissons le féminicide – le machisme tue
    http://reconnaissonslefeminicide.olf.site

    Cette campagne est parti d’un double constat :

    Tout d’abord le fait que partout, tous les jours, des femmes sont tuées parce qu’elles sont femmes.

    #Meurtre de #filles à la naissance, sélection prénatale, tueries de masse, #crimes_d’honneur, femmes tuées par leurs conjoints ou par des inconnus dans la rue…

    La #violence_machiste est la première cause de #mortalité des #femmes de 16 à 44 ans dans le monde.

    Ce ne sont pas des cas isolés ! Ce ne sont pas des faits divers ! Il est temps de reconnaître la réalité de ce massacre misogyne et de le combattre.

    Ensuite ces crimes machistes portent un nom : ce sont des #féminicides.

    Pour mettre un terme à ces meurtres, il faut commencer par reconnaître ce qu’ils sont et les appeler par leur nom.De nombreux pays ont déjà sauté le pas : Mexique, Bolivie, …. et plus proche de nous l’Espagne ou l’Italie reconnaissent dans la loi le meurtre de femme parceque femmes. Plus récemment, le Petit Robert a fait rentrer ce terme en 2014 dans son dictionnaire.

    => Il faut maintenant qu’il le soit dans la #loi.


  • L’#Insee intègre le trafic de #drogues au calcul du PIB
    http://www.boursorama.com/actualites/l-insee-integre-le-trafic-de-drogues-au-calcul-du-pib-22034855797384a449


    #prostitution

    mais non, ils ont osé !

    La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données, ces activités étant considérées comme légales dans certains États (Pays-Bas), ce qui gonfle leur PIB. Après la demande d’Eurostat, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont intégré ces données. Ce nouveau système s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur PIB.

    LA PROSTITUTION RESTE EXCLUE DU CALCUL

    Dans un premier temps, l’’Insee avait accepté de prendre en compte les ressources issues du trafic de drogue dans le « revenu national brut » (RNB), destiné principalement à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB.

    L’institut refusait par ailleurs de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », souligne Ronan Mahieu.

    Donc il faut en conclure que la #dépendance est un choix.
    Soit absolument tout le contraire des études sociales ou scientifiques sur les #addictions.
    #libéralisme
    #business
    #cynisme
    C’est Nan Goldin qui va être contente.

    • Donc, si on suit la logique de l’ #INSEE, les activités liées au trafic de drogues qui relevaient de la #criminalité sont désormais des « activités économiques ». Stupéfiant ! Mais certains états membres de l’UE intègrent déjà les flux financiers générés par ces « activités », de même ceux générés par la prostitution, au calcul de leur #PIB. j’en suis toujours à me demander comment les statisticiens évaluent ces « productions de richesses » ...
      #capitalism_is_evil

    • D’une certaine façon, la question est en effet : qu’est-ce qui ressort de l’activité économique ? d’une activité économique marchande ? comment le compte-t-on ? comment le valorise-t-on ? Pour chacune de ces questions, la réponse (les réponses…) se fondent sur des conventions. Conventions a priori fondées sur des normes sociales, et donc conventions qui peuvent (et doivent) évoluer.

      La drogue de ce point de vue est un excellent exemple dans la mesure où la dépénalisation de la consommation du cannabis est dans l’air du temps et se met en place dans différents pays. L’organisation de son commerce n’est « criminelle » que parce que la loi la déclare illégale. Idem pour l’activité criminelle des passeurs : c’est parce que l’immigration est illégale que se mettent en place les trafics (non comptabilisés – ou pas encore … – dans l’activité économique), si elle devient, tout ou partie légale, on verra fleurir les « agences de voyage » spécialisées.

      Ça fait d’ailleurs longtemps que des économistes affirment que pour lutter contre la criminalité et les mafias, l’un des moyens les plus efficaces seraient de légaliser les trafics (je ne retrouvent pas, mais je me souviens, il y a un bon bout de temps d’une tribune dans Le Monde de 2 professeurs de l’Essec à ce sujet.

      Pour le côté convention, ça fait depuis belle lurette que les enseignants d’économie racontent que lorsqu’un employeur épouse sa femme de ménage, il fait baisser le PIB le travail dans le ménage n’étant pas valorisé…

      Sinon, il y avait eu un premier signalement ici https://seenthis.net/messages/664764


  • Des cochons et des hommes
    https://lundi.am/FDSEA-porcs-et-reaction-fascisante-dans-le-Tarn-et-Garonne

    Un projet d’extension d’élevage industriel de porcs suscite indignation et colère à #Septfonds, dans le Tarn-et-Garonne. En effet, la préfecture vient d’autoriser le doublement de la taille d’une exploitation agricole qui produira annuellement 6500 porcs charcutiers... Or, celle-ci se situe à l’entrée de l’ancien #camp_de_concentration de Judes où ont été enfermés de 1939 à 1942 16000 soldats républicains anti-franquistes réfugiés de la guerre d’Espagne, et à 500 mètres du mémorial qui leur rend hommage. [...]

    Car la réaction, elle aussi, s’organise. Le 8 décembre dernier à Septfonds, une dizaine d’habitant.e.s tiennent un stand et font signer une pétition contre l’extension de la porcherie. Un groupe d’hommes les invective : “Maintenant, il va falloir dégager”, arrachent la banderole, déchirent les pétitions et font voler les tracts. Ils menacent d’une gifle une conseillère municipale retraitée. “Maintenant, ce n’est que de l’intimidation, si vous recommencez ce sera pire.” Ce sont Alain Iches, président de la #FDSEA du Tarn-et-Garonne et Jean-Paul Rivière, président de la #Chambre_d’Agriculture qui prononcent ces mots. Récemment, un #maraîcher_Bio opposé au projet, voisin de Mr Jean-Paul Rivière, a subi des mesures d’intimidation odieuses sur sa ferme : les jeunes arbustes d’un verger qu’il venait de planter ont été tout simplement coupés au sécateur.

    les #manche_de_pioche sont de sortie #FNSEA #industrie_porcine #agroindustrie #intimidation #impunité


  • Des gauches européennes tentent de construire leurs médias
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280118/des-gauches-europeennes-tentent-de-construire-leurs-medias

    En Europe, des émissions de télévision ou des journaux en ligne sont créés dans la mouvance ou à l’initiative de mouvements de gauche, très critiques du paysage médiatique traditionnel. La #France, l’Espagne et la Grande-Bretagne sont les laboratoires de ces expériences journalistiques nouvelles, notamment dans le monde audiovisuel.

    #International #Culture-Idées #Espagne #France #France_insoumise #Jean-Luc_Mélenchon #Jeremy_Corbyn #Le_Média #Momentum #Pablo_Iglesias #Podemos #Royaume-Uni #UE


  • Gran Dolina, Sierra de Atapuerca (Burgos, Espagne) : La couche TD6 (aux environs de 800 000 ans donc) serait plus importante que ce qu’on avait pensé auparavant.

    Avant de partager les dernières découvertes à propos du site de Gran Dolina à propos d’H. antecessor, voici un rappel :

    H. antecessor représente le dernier ancêtre commun à H. sapiens (hommes modernes) et H. neandertalensis (Néandertaliens).

    Restes post-craniens du niveau TD6 du site en grotte du Pléistocène inférieur de Gran Dolina, Sierra de Atapuerca, Espagne - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003552101800121

    La couche TD6 (aux environs de 800 000 ans donc) serait plus importante que ce qu’on avait pensé auparavant.

    http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0190889

    Les noyaux de TD6.2.4. : http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0190889.g009

    #préhistoire #antecessor #technique #industrie_lithique #Gran_Dolina #Burgos #Espagne #Europe #800000BP


  • Très belle promenade à 30 minutes de #Montpellier : Aigues-Mortes
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Aigues-Mortes

    https://www.youtube.com/watch?v=YcHcZ2t0rCY

    Pour l’instant je me suis contenté de la promenade dans la vieille ville ceinturée d’immenses remparts avec les gamins, et c’est vraiment une belle découverte (parce que figure-toi que j’y étais jamais allé). Pour le coup, si j’ai du monde qui vient visiter la région, je les emmènerai volontiers visiter.

    Et au fur et à mesure, l’occasion d’apprendre des choses aux enfants… Par exemple :
    – les prisonnières huguenottes :
    https://seenthis.net/messages/658056
    – le massacre des Italiens
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Italiens_d%27Aigues-Mortes


  • « Je suis privée de mes filles »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/250118/je-suis-privee-de-mes-filles

    Christel, 44 ans, séparée de sa compagne, ne peut plus voir leurs filles, âgées de 3 ans et demi, nées à la suite d’un transfert d’embryons effectué en Espagne. En #France, seule la mère qui a porté l’enfant figure sur l’acte de naissance.

    #couples_homosexuels #égalité #états_généraux_de_la_bioéthique #famille #lesbiennes #PMA


  • Les Européens se partagent les sièges parlementaires britanniques
    http://www.rts.ch/info/mobile/9274905-les-europeens-se-partagent-les-sieges-parlementaires-britanniques.html

    Le Parlement européen a commencé mardi à répartir les sièges qui seront laissés vacants par le départ de la Grande-Bretagne, prévu en 2019.

    Les principaux bénéficiaires de cette redistribution seront l’Espagne, la France les Pays-Bas et l’Italie.

    Sur les 73 sièges actuellement occupés par des députés européens britanniques, 27 seront alloués à des Etats déjà membres de l’UE, a annoncé la commission aux affaires constitutionnelles.

    Sièges réservés
    Les 46 autres sièges ne seront pas pourvus et réservés aux futurs entrants, très probablement issus des Balkans.

    La France et l’Espagne récupéreront cinq sièges supplémentaires, tandis que les Pays-Bas et l’Italie en obtiendront trois. Parmi les Etats qui en auront un de plus figurent le Danemark, la Pologne, la Croatie et l’Autriche.

    La Grande-Bretagne doit quitter l’Union en mars 2019, deux mois avant les prochaines élections européennes.

    ats/jvr

    #union_européenne #brexit (par ici) la #bonne_soupe #parlement_européen #europe #député.es_européen.ne.s