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  • DÉMISSION par Badia Benjelloun - 29 Novembre 2018 - Librairie Tropiques
    http://www.librairie-tropiques.fr/2018/11/demission.html

     

    La présentation de la Programmation pluriannuelle de l’énergie a été l’occasion pour le président Macron de mécontenter à la fois les #escrologistes et les protestataires de la France d’en bas pour désigner en une périphrase gentillette, ceux qui n’en peuvent plus de vivre avec un découvert bancaire souvent dès la moitié du mois. Autrement dit, les prolétaires, ceux que leurs salaires ne nourrissent plus. L’insuffisance des ressources concerne deux Français sur cinq qui sont contraints de payer entre 8 à 16% le #crédit http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/jackpot-pour-les-banques-12-07-2016-5960487.php à très court terme que constitue l’autorisation de ‘découvert’ aux particuliers. Les banques engrangent ainsi un bénéfice de plusieurs milliards d’euros annuels extorqués justement aux plus ‘démunis’.

    Le report à l’échéance de 2035 de la réduction à 50% de la part du nucléaire au lieu de 2025 comme prévu dans la programmation antérieure s’additionne aux incertitudes sur les filières alternatives aux énergies polluantes. De quoi indisposer la petite fraction de la population sérieusement préoccupée de dégradations irréversibles des conditions de vie sur la planète. L’ensemble des observateurs a pu noter l’absurdité de la proposition technocratique de la mise en place d’un Haut Conseil sur le climat, il existe déjà pléthore de commissions et de comité pour cela. Ce dit Conseil aurait la charge d’évaluer l’impact des réformes et mesures environnementales décidées par le gouvernement, c’est-à-dire de mesurer si les prochaines taxes seront acceptables, ce que devraient savoir les fonctionnaires préposés au budget ainsi que les députés censés représenter le peuple. Faire dépendre l’avenir des prochaines centrales nucléaires type #EPR de la réussite du site de Flamanville, le réacteur devait démarrer en 2012 puis 2016 et maintenant 2020, devrait laisser présager de leur abandon. Le prototype est très coûteux, plus de trois fois le coût initial il a été mal budgétisé et de nombreuses malfaçons l’ont retardé, #Bouygues en particulier y a mal encadré des #travailleurs_détachés et des non déclarés.

    Le verbiage inconsistant mouliné à l’adresse des Gilets jaunes a ben sûr raté sa cible. La taxe sur le diesel n’a été que le godet de plus qui a fait déborder la piscine. Elle pénalise surtout le travailleur pauvre pour qui la voiture est une extension nécessaire de son être de travailleur. Elle n’allait pas alimenter des programmes de transition énergétique mais plutôt permettre à la province française de l’#union_européenne de respecter les limites imposées du déficit budgétaire. En décidant de supprimer l’#ISF, l’État s’est privé d’une rentrée fiscale de près de 5 milliards http://www.perdre-la-raison.com/2017/10/suppression-de-lisf-enfumage-de-bercy.html d’euros. La cohérence aurait été d’adopter comme l’ont fait les Usa une imposition universelle, où qu’il vive un citoyen étasunien doit envoyer une déclaration de revenus au pays. La rigueur aurait dû imposer une lutte efficace contre l’évasion fiscale, 3500 ménages https://www.marianne.net/economie/suppression-de-l-isf-quelques-arguments-pour-ne-pas-avaler-la-soupe-de-mac français cachent plus de 140 milliards dans les #paradis_fiscaux.

    Une solution écologique honnête aurait été de renforcer les #transports_publics, les améliorer et non de supprimer des lignes ‘peu rentables’ comme cela s’est pratiqué ces vingt dernières années. Cet abandon du service public, les transports en commun en sont un, au même titre que l’enseignement (et non pas l’éducation) et la santé, a été dicté justement par l’Union européenne et son dogme de concurrence non faussée.
     
    https://www.youtube.com/watch?v=fXY_fw9C01w


     
    Les Gilets jaunes à défaut d’avoir un programme politique ou économique précis ont en revanche un slogan dépourvu d’ambiguïté ‘#Macron, #démission’. Ils ne semblent pas vouloir déposer les armes ni raccrocher leur gilet. Le cynisme du personnel mis au pouvoir par des manœuvres de ‘communicants’ a eu raison de la crédulité des plus crétins d’entre eux. Les difficultés des retraités, des travailleurs précaires et des temps partiels forcés sont concrètes. Elles ne sont plus solubles dans les traitements psychoactifs des troubles de l’humeur et des dépressions ni supportées par des addictions. Elles s’épanchent dans la rébellion et l’espoir qu’elle aboutisse.

    La culture catholique (et ouvrière) de ce pays est incompatible avec l’acceptation de la grâce et de l’élection de certains par le Seigneur comme c’est le cas chez toutes les variantes du protestantisme. Elle est à même de contester les inégalités et les injustices. Quand #Jésus a voulu chasser les marchands du Temple, il voulait le rachat certes des péchés mais surtout des dettes de ses coreligionnaires. La Maison de Dieu était à la fois une boucherie (sacrifice des bêtes organisé par des ministres à fonction héréditaire) mais aussi un lieu de prélèvement d‘une dîme religieuse et sans doute aussi une banque. C’est ce qu’a montré Michael Hudson dans son dernier ouvrage ‘Efface leur dette’ fondé sur le travail d’archéologues spécialisés dans l’Age de bronze en Mésopotamie.

    Ce Mouvement macronien n’est structuré sur rien d’autre qu’une direction, celle de ce capitalisme embourbé dans des dettes de toute nature qui asservissent soit par l’exploitation de leur travail, soit par leur exclusion du travail la majorité.

    Incapable de percevoir que ce système est depuis longtemps en ééquilibre métastable, il se montre décontenancé par le rappel de cette réalité. Son talent, rapprocher par des négociations un vendeur et un acheteur de gros secteurs de l’économie, pouvait s’exercer sans aucun risque sinon celui d’empocher de grosses commissions une fois réalisée la transaction. Il ne peut en faire un capitaine par gros temps quand les atteintes des droits des travailleurs ne sont plus endiguées dans des défilés normalisés les samedi ensoleillés entre République et Nation.

    La diversion tentée vers la voie trop souvent empruntée de cellules terroristes découvertes et désamorcées n’a pas fait recette. Elle a vite été étouffée sous l’avalanche des déclarations d’un Sinistre de l’intérieur qui ne voyait sur les Champs Elysées que séditieux et extrême droite nauséabonde.
     
    Lundi, on apprenait l’arrestation de #Benoît_Quennedey, http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/11/26/01016-20181126ARTFIG00322-un-haut-fonctionnaire-du-senat-interpelle-pour-de un haut fonctionnaire du Sénat, suspecté d’espionner pour le compte d’une puissance étrangère. Cet énarque, d’une érudition rare, est en charge du patrimoine et des jardins au palais du Luxembourg, fonction qui ne l’expose pas à accéder à des informations ‘sensibles’. La transmission de plans de palais ou de jardins à la Corée du Nord ne risquerait pas de mettre en danger la sécurité de l’Etat français. Car Benoît Quennedey est en effet président de l’association d’amitié franco-coréenne qui a connu trois présidents avant lui, toutes personnalités honorables et d’obédience politique différente. Quennedey appartient depuis longtemps au parti des Radicaux de gauche qui n’a pas pour vocation d’entreprendre une révolution bolchevik. Les entrefilets que la presse dominante a consacrés à cette interpellation sont plutôt prudents. Circonspects, ils n’excluent pas l’hypothèse que lui soit simplement reprochée son admiration pour un pays ‘totalitaire’ dans lequel il a voyagé plusieurs fois, comme tous les membres de cette association. On sait qu’à son arrivée à l’Elysée, Macron a voulu refonder les renseignements et s’est attaché une unité anti-terroriste mise sous son contrôle direct. Il est difficile de comprendre la teneur politique de cette garde à vue (loufoque et tragique) pour suspicion de crime très grave de haute trahison.

    Diversion médiatique offerte par la #DGSI quand la rue conteste avec une ampleur inattendue le chef de l’Etat.
    Mise à distance (désaveu ou critique discrète) de Trump qui a procédé à un rapprochement spectaculaire avec la République populaire et démocratique de Corée du Nord quand celle-ci a montré sa capacité à se protéger grâce à son programme balistique intercontinental ?
La France est le deuxième pays à ne pas avoir de représentation diplomatique avec la RPDCN après l’Estonie.

    Complaisance vis-à-vis du Japon liée à l’arrestation et la détention humiliante de #Carlos_Ghosn, toujours patron en théorie de #Renault ? Le rachat de titres Renault en 2015 par le ministre de l’économie Macron avait permis de réduire à zéro https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/emmanuel-macron-a-l-origine-de-la-guerre-entre-renault-et-nissan- les voix #Nissan dans le Conseil d’administration gros actionnaire de Renault en raison de l’application de la loi Florange.

    S’agit-il d’installer et de conforter un climat de répression de toute opposition réelle ou seulement probable, supposée ou à peine soupçonnée ? Dans la droite ligne de la mise en examen de Fillion et des perquisitions à l’encontre de la France Insoumise dans un contexte de régime d’exception institué depuis l’état d’urgence après les attentats de 2015. Les 5000 perquisitions ordonnées dans la foulée de supposés radicalisés fichés S n’avaient abouti à quasiment aucune mise en détention. L’arrestation d’innocents sans motif sérieux est le premier pas qui conduit à la perte de la personne juridique. La non protection par la loi du commun induit une insécurité et constitue l’arbitraire. Le régime de l’arbitraire est l’argument constitutif du totalitarisme qui se définit par la destruction, ici subtile, de l’opposition et par la détention d’innocents qui ignorent leur délit et la nature de leur peine.

    Quennedey serait alors victime d’une de ses raisons ou d’une combinaison de certaines d’entre elles. Peut-être l’est-il d’une raison plus triviale, une bourde potache de la DGSI ?

    Pour chacun de ces raisons, les #Giletsjaunes auraient raison de continuer à scander leur slogan. Démission. En Tunisie et en Egypte, les mêmes sans gilets criaient ‘Dégage !’.
    A peine un an et demi après l’élimination de rivaux qui n’étaient pas assez déterminés à prendre le pouvoir, confortablement installés dans une position d’éternels opposants, Macron avec moins 25% d’approbation de son public, lassé de son mépris, est sinon démissionnaire, d’ores et déjà démis.
     
    Badia Benjelloun.

     
    1. http://www.lefigaro.fr/societes/2018/11/27/20005-20181127ARTFIG00004-emmanuel-macron-devoile-le-futur-de-la-politique-
    2. http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/jackpot-pour-les-banques-12-07-2016-5960487.php
    3. http://www.perdre-la-raison.com/2017/10/suppression-de-lisf-enfumage-de-bercy.html
    4. https://www.marianne.net/economie/suppression-de-l-isf-quelques-arguments-pour-ne-pas-avaler-la-soupe-de-mac
    5. https://www.marianne.net/economie/les-3-520-menages-les-plus-riches-de-france-planquent-140-milliards-d-euro
    6. https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Hudson_(economist)
    7. https://www.amazon.com/Forgive-Them-Their-Debts-Foreclosure/dp/3981826027
    8. Un haut fonctionnaire du Sénat interpellé pour des soupçons d’espionnage
    9. https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/11/27/un-haut-fonctionnaire-du-senat-soupconne-d-espionnage-au-profit-de-la-coree-
    10. http://www.lefigaro.fr/international/2017/09/06/01003-20170906ARTFIG00181-quelles-relations-la-france-entretient-elle-avec-
    11. https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/emmanuel-macron-a-l-origine-de-la-guerre-entre-renault-et-nissan-


  • Report de la révision des lois de bioéthique comprenant l’extension de la PMA : un très mauvais signal pour l’égalité des droits

    Hier, Jean-Louis Touraine, rapporteur de la mission d’information sur la bioéthique, a officiellement confirmé la rumeur sur le report à l’été 2019, après les élections européennes, de la présentation du projet de loi sur la bioéthique, qui doit notamment contenir, selon les engagements du Gouvernement, l’extension de la PMA.

    Ce report est un aveu de faiblesse du Président de la République, du Gouvernement et de la majorité. Il légitime les discours des opposant·e·s selon lesquels l’extension de la PMA serait un sujet par essence polémique, alors que plus de 60% des Français et des Françaises y sont favorables. Il laisse le champ libre aux discours les plus radicaux, souvent homophobes, au détriment des familles et des personnes concernées par la PMA.

    SOS homophobie oeuvre depuis un an et demi en faveur d’un débat le plus rationnel et apaisé possible afin d’éviter la recrudescence de haine homophobe que nous avons vécu au moment du Mariage pour tou·te·s. Pourtant, notre pays connaît actuellement une vague de violences LGBTphobes inédite qui démontre la nécessité d’agir au plus vite pour éviter un pourrissement du débat.

    Pendant que le Gouvernement tergiverse et s’interroge sur les possibles conséquences électorales d’une action rapide en faveur de l’égalité des droits, les discours homophobes progressent chaque jour, à l’instar des déclarations récentes du sénateur Henri Leroy, qui est allé jusqu’à comparer l’extension de la PMA aux expérimentations nazies. Des familles attendent la réforme de la filiation qui leur permettra d’assurer plus facilement la sécurité juridique pour leurs enfants. Des femmes prennent des risques sanitaires inconsidérés pour avoir un enfant, quand d’autres vivent la fondation de leur famille comme un acte clandestin.

    Pire encore, ce report interroge sur la volonté réelle de porter cette réforme essentielle. Comment savoir si, comme en 2013, les reports ne s’enchaîneront pas jusqu’à l’abandon de la promesse ?

    L’attente a assez duré et la colère est là. Les personnes qui souhaitent avoir recours à la PMA, elles, ne peuvent pas attendre. Le temps biologique n’est pas le temps politique, médiatique ou électoral. Le énième report de ce projet de loi est un profond mépris à l’égard de toutes les personnes qui comptent sur l’extension de la PMA pour fonder leur famille, pour être considérées comme des citoyennes à part entière. SOS homophobie demande au Gouvernement d’agir avec conviction en défendant ce projet dès le début de l’année 2019.

    A part les majuscules en trop, je suis assez d’accord et j’en profite pour reposter ce texte (un peu trop inscrit dans la polémique du moment mais puisque ça traîne assez pour qu’elle reparte avec cinq ans de fascisation du pays en plus).

    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Critique-emancipatrice-de-la-PMA

    • Laurent Wauquiez qui explique que c’est pas par des raclures comme lui que viendra la prochaine version du nazisme. Pas par des fachos anti-migrant.es, pas par des politiciens populistes à la Macron qui disent tout et son contraire, pas par des ministres de l’éducation nationale nostalgiques d’une école qui dresse les gosses. Non, ça viendra des lesbiennes, woouuhhh ! Et des sorcières aussi, un peu.

      PMA : l’heure des injures et de l’ignominie est venue

      S’exprimant ce dimanche 19 novembre 2018 devant les troupes de Sens Commun, le président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, s’est inquiété de l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux femmes célibataires et aux couples de femmes. Il a notamment déclaré :

      «  Oui, c’est un engrenage. Et cet engrenage mènera nécessairement à la marchandisation des gamètes  »

      «  Tout ceci a un nom, c’est l’eugénisme  ; tout ceci a été fait par un régime, c’est le nazisme  »

      SOS homophobie et l’ADFH rappellent qu’en France, la PMA avec don est déjà en place pour les couples hétérosexuels depuis plusieurs décennies. Qu’en conséquence, des hommes stériles peuvent bénéficier de don de sperme, des femmes stériles peuvent bénéficier de don d’ovocytes, des couples hommes/femmes tous deux stériles peuvent bénéficier de don d’embryons. Plusieurs milliers d’enfants sont déjà nés par ces techniques de reproduction assistée. Pour le président du parti Les Républicains, si un homme hétérosexuel marié et stérile peut recourir à un don de sperme sans déclencher ses foudres, cette même technique utilisée par une femme célibataire ou homosexuelle deviendrait alors une pratique nazie.

      Au-delà de l’ignorance dont témoigne Laurent Wauquiez dans ses déclarations, c’est surtout la haine et l’injure qui viennent aujourd’hui stigmatiser tous ces enfants déjà nés par PMA, y compris ceux de couples de femmes lesbiennes qui ont recourus à cette technique dans les pays voisins où cela est déjà légal.

      Au sein des États membres du Conseil de l’Europe, 26 États ouvrent déjà l’accès à la PMA aux célibataires ou aux couples de femmes*. De même, aucun des États non européens dans lesquels les couples homosexuels peuvent se marier et adopter, n’interdit l’accès à la PMA en raison de l’orientation sexuelle**. Ces pays ont-ils des pratiques nazies ? Leurs dirigeants ont-ils été traduits devant la Cour pénale internationale ?

      SOS homophobie et l’ADFH appellent le Gouvernement à légiférer sans tarder sur ce sujet afin de couper court aux déclarations homophobes, aux actes homophobes qui peuvent en découler, et aux tribunes offertes pour l’occasion à celles et ceux qui n’ont toujours pas digéré la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe de 2013

      –--------------------------------------------
      Il s’agit de l’Arménie, de l’Autriche, de la Belgique, de la Bulgarie, de la Croatie, de Chypre, du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de la Géorgie, de la Grèce, de la Hongrie, de l’Islande, de l’Irlande, de la Lettonie, du Luxembourg, de la Moldavie, du Monténégro, des Pays-Bas, de la Norvège, du Portugal, de la Russie, de l’Espagne, de la Suède, de l’Ukraine et du Royaume-Uni.

      * A savoir l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie, les États-Unis, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et l’Uruguay.


  • La fronde de la CNCDH contre l’arrivée à sa tête d’Alain Jakubowicz -

    https://www.mediapart.fr/journal/france/171118/la-fronde-de-la-cncdh-contre-l-arrivee-sa-tete-d-alain-jakubowicz

    Édouard Philippe envisagerait de nommer à la tête de la Commission nationale consultative des droits de l’homme l’ancien président de la Licra, accusé d’avoir tenu des propos sexistes et de remettre en cause le concept d’islamophobie.

    La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) est actuellement le théâtre d’une fronde contre la nomination pressentie à la tête de l’institution d’Alain Jakubowicz, avocat et ancien président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), de 2010 à 2017.

    Alors que le mandat de la soixantaine de membres de la Commission arrive à échéance en fin d’année, le premier ministre aurait en effet déjà choisi le nom du remplaçant de son actuelle présidente, Christine Lazerges (atteinte par la limite d’âge au terme de son deuxième mandat). Au début du mois de novembre, l’information a même commencé à circuler au sein de la CNCDH, provoquant un réel émoi au sein de la vénérable institution, fondée en 1947 par René Cassin.

    Si le nom d’Alain Jakubowicz suscite un tel rejet, c’est en raison des nombreux propos controversés qu’il a pu tenir ces dernières années et qui lui ont valu d’être mis en cause par des associations de défense des droits de l’homme. L’avocat a notamment été accusé à plusieurs reprises de sexisme.

    Alain Jakubowicz. © Reuters
    En mai 2016 par exemple, interrogé sur la parité au sein du gouvernement, Alain Jakubowicz avait déclaré sur le plateau de CNews : « Avec 15 ministres, ça va être difficile, à moins peut-être qu’on ait un transgenre, ou je ne sais quoi. On est vraiment dans le délire. » Saisi par l’association Act Up, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n’avait finalement pas prononcé de sanction, tout en soulignant « la grande maladresse des propos ».

    En janvier 2018, au cours d’une discussion sur Twitter avec l’association féministe et LGBT Les effronté-es, Alain Jakubowicz avait moqué la notion de « féminicide », avant d’ajouter : « Les violences faites aux femmes sont un sujet trop grave pour être confié aux féministes. »

    Autre point qui passe très mal auprès des membres de la CNCDH, l’ancien président de la Licra a, à plusieurs reprises, contesté l’existence même du « concept » d’islamophobie – pourtant validé par la CNCDH dans l’édition 2013 de son rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie – au motif qu’il serait instrumentalisé par « l’extrême gauche ».

    « Nous devons reprendre le combat contre cette imposture qu’est le concept d’islamophobie », twittait-il en novembre 2016. « Pour l’islam politique, “l’arabe” victime de racisme est devenu le “musulman” victime d’islamophobie », poursuivait-il, avant de conclure : « Une partie de l’extrême gauche, elle, oppose le Blanc forcément dominateur et le Noir, Arabe, musulman nécessairement opprimé. »

    Ces propos, tenus par un président d’une association de lutte contre le racisme, avaient à l’époque suscité quelques réactions en France. Le problème est que la CNCDH n’est pas une institution comme les autres, car elle est soumise au droit français, mais également au droit international, en tant que relais entre les autorités françaises et les différents organes des Nations unies. Une fois à la tête de la Commission, Alain Jakubowicz devra nécessairement participer à des procédures dans le cadre de l’ONU, impliquant des associations féministes, LGBT ou de lutte contre l’islamophobie, et y porter la voix de la France.

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    Au sein de la CNCDH, on craint fortement que la nomination d’une personnalité aussi clivante, et à la parole aussi vive, n’affaiblisse la position de la France au sein des Nations unies. De source interne, on avance même qu’elle hypothéquerait ses chances de prendre la présidence du Conseil des droits de l’homme qu’elle convoite.

    Geste rare, le bureau de la CNCDH a pris la plume le 6 novembre dernier pour écrire au premier ministre une lettre dans laquelle chaque mot est pesé, et que Mediapart a pu consulter. Si le nom d’Alain Jakubowicz n’apparaît pas, chaque argument est calibré sur les critiques qui lui sont faites. Alors que la nomination de son nouveau président n’a fait l’objet d’aucune consultation, la CNCDH rappelle que « la désignation de son (sa) futur(e) présidente(e) sera observée tant au niveau national qu’international. Elle doit respecter la procédure issue des Principes de Paris qui supposent une audition et un choix fondé sur des critères objectifs et transparents ».

    Elle rappelle également au premier ministre les enjeux internationaux de cette nomination. « Dans la perspective de l’examen de sa ré-accréditation auprès des Nations unies (mars 2019), la procédure de renouvellement des membres de la CNCDH doit se montrer exemplaire », écrit la Commission.

    « La légitimité de la candidature de la France au conseil des droits de l’homme des Nations unies, nécessaire et attendue, est directement liée au caractère incontestable de l’indépendance de son Institution nationale des droits de l’homme », insiste-t-elle. Concernant le profil du nouveau président, sa nomination « doit porter l’universalité des droits dans le cadre de l’intégrité des mandats dévolus à la CNCDH, est-il écrit. Elle doit garantir la sérénité des débats au sein d’une institution collégiale qui fait du pluralisme des idées la pierre angulaire de ses avis ».

    Si la lettre du bureau de la CNCDH multiplie les prudences et les formules diplomatiques, l’association Inter-LGBT, représentée au sein de la Commission, a de son côté mis les pieds dans le plat dans un autre courrier envoyé à Matignon mardi 14 novembre, que Mediapart a également pu consulter, puis dans un communiqué publié le lendemain.

    « Nous sommes particulièrement inquiets de la rumeur persistante annonçant la nomination à la présidence d’un candidat dont certaines prises de position radicales risqueraient d’empêcher l’institution de mener à bien ses missions », écrit l’association à Édouard Philippe. Le nom d’Alain Jakubowicz n’est toujours pas directement cité, mais cette fois, ses propos sont rapportés précisément.

    « Depuis avril 2018, vous avez confié à la CNCDH le mandat de rapporteur spécial indépendant sur la lutte contre les LGBTphobies (…). Comment pouvoir mener à bien cet engagement avec un président qui se permet des “blagues” transphobes, obligeant nos associations à saisir la Cnil ? Quelle sera notre crédibilité pour dialoguer avec l’ensemble des acteurs de la lutte contre la haine anti-LGBT dans ces circonstances ? », interroge l’Inter-LGBT.

    Concernant les propos d’Alain Jakubowicz sur les féminicides et les féministes, l’association estime que ces « déclarations sont non seulement sexistes, mais en opposition directe avec un de nos avis. La crédibilité de l’institution serait gravement atteinte par une telle nomination, d’autant que la CNCDH est aussi rapporteur indépendant sur la lutte contre la traite des êtres humains dont sont victimes majoritairement les femmes ».

    « Il y a eu des avis spécifiques sur les féminicides signés à l’unanimité des membres de la commission », précise à Mediapart Laurène Chesnel, représentante de l’Inter-LGBT au sein de la CNCDH. « Ses propos vont forcément poser un problème de cohérence de l’institution. D’autant que le président doit porter la voix de la CNCDH. » « Pour chaque avis, nous consultons, nous organisons des auditions avec toutes les associations concernées. Par exemple pour un rapport sur le racisme, on va nécessairement écouter des associations qui travaillent sur l’islamophobie. Comment voulez-vous interroger ces personnes si, dès le départ, vous niez leur ressenti ? »

    L’Inter-LGBT n’a reçu aucune réponse à son courrier, hormis un accusé de réception. Contactés par Mediapart, les services du premier ministre affirment de leur côté qu’« aucune décision n’a été prise » et qu’Édouard Philippe avait bien « pris connaissance » des courriers du bureau de la CNDCH et de l’Inter-LGBT mais que ceux-ci « n’appellent pas de réaction particulière ». Alain Jakubowicz n’a pas répondu pour l’heure à nos sollicitations.

    MOTS-CLÉS

    ALAIN JAKUBOWICZ CNCDH ISLAMOPHOBIE LICRA ONU SEXISME
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    En Essonne, les Insoumis face à l’alliance entre un proche de Valls et des maires de droite
    PAR CHLOÉ DEMOULIN
    Avec Oz et Grossman, sortir de la torpeur
    PAR NORBERT CZARNY (EN ATTENDANT NADEAU)
    Theresa May, plus combative que jamais
    PAR AMANDINE ALEXANDRE
    Défense européenne : un fantôme qui parle le « volapük intégré »
    PAR FRANÇOIS BONNET
    Pourquoi les Allemands rejettent l’armée européenne de Macron
    PAR THOMAS SCHNEE
    Guyane : même remanié, le projet de la Montagne d’or ne passe pas
    PAR MARION BRISWALTER
    La PMA, six ans de reports et de couardise
    PAR MATHIEU MAGNAUDEIX


  • Estonie. Climat de guerre froide à la frontière russe

    En 2016, le photographe italien #Alessandro_Gandolfi s’est rendu en Estonie, tout près de la frontière russe, pour y réaliser cette série intitulée “Estonie. La nouvelle Crimée ?” Selon lui, un rideau de fer s’est à nouveau abattu sur l’Europe. Et plus précisément dans cet État. Ce pays Balte, aujourd’hui membre de l’Union européenne et de l’Otan, faisait partie de l’Union soviétique pendant la première guerre froide. Aujourd’hui, il se retrouve au beau milieu de la partie qui se joue entre Washington et Moscou. “Il me semblait intéressant de raconter le quotidien des Estoniens, surtout ceux qui vivent à la frontière avec la Russie. Ils sont russophones pour la plupart, pro-Poutine et peu intégrés”, explique Alessandro Gandolfi à Courrier international.

    Depuis que la Russie a annexé la Crimée en 2014, l’Estonie craint d’être la prochaine victime de son expansionnisme. L’Otan est d’ailleurs en train d’intensifier sa présence militaire le long de la frontière balte. En 2017, son budget pour cette région est monté à 3,4 milliards de dollars, et l’organisation y a détaché des milliers de soldats supplémentaires. De plus, le nombre de civils qui rejoignent des milices de volontaires ne cesse de croître.
    Né en 1970 à Parme, Alessandro Gandolfi a été journaliste au quotidien La Repubblica avant de se consacrer au photojournalisme à partir de 2001. Il a cofondé l’agence Parallelozero à Milan. Son travail, publié dans de nombreux titres internationaux comme Time, Die Zeit et National Geographic, a été plusieurs fois primé.


    https://www.courrierinternational.com/diaporama/estonie-climat-de-guerre-froide-la-frontiere-russe

    #Estonie #frontières #Russie #photographie
    ping @reka @albertocampiphoto



  • L’Estonie, nouveau modèle d’Etat-nation à l’ère numérique ?
    https://usbeketrica.com/article/en-france-l-administration-sert-l-etat-en-estonie-elle-sert-le-citoyen


    On se dit quand même que s’ils passent à un régime autoritaire, ils sont foutus… Sinon, ils tentent aussi la gratuité massive des transports.

    Un gros morceau a été le dossier médical, avec notamment l’introduction de l’ordonnance électronique dès 2006. Concrètement, quand un bébé naît en Estonie, il est déclaré par le médecin à la clinique et entre directement dans le système avec une immatriculation. Moins de vingt minutes après l’accouchement, les parents reçoivent alors un mail de félicitations du gouvernement, puis l’enfant rentre dans tous les systèmes d’allocation, de crèche, etc. Tout se déclenche automatiquement - vous n’avez pas besoin d’aller à la mairie pour déclarer sa naissance, par exemple.


  • Les orthodoxes russes et ukrainiens au bord du schisme
    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/09/19/les-orthodoxes-russes-et-ukrainiens-au-bord-du-schisme_5357206_3214.html


    Le métropole Hilarion remet un message du patriarche Bartholomée 1er au président ukrainien Petro Porochenko durant une réunion, à Kiev, le 17 septembre.
    MIKHAIL PALINCHAK / AP

    Territorial et politique, le conflit entre la Russie et l’Ukraine se déplace désormais sur le terrain religieux. Dans la foulée d’une assemblée extraordinaire, le Saint-Synode, l’institution collégiale au sommet de sa hiérarchie, qui s’est réunie à Moscou le 14 septembre, l’Eglise orthodoxe russe a pris la décision sans précédent de rompre pour partie ses relations avec le patriarcat de Constantinople. Car ce dernier s’apprête à reconnaître l’autocéphalie, l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, aujourd’hui encore divisée en deux principales branches concurrentes, dont la plus importante dépend de Moscou depuis la fin du XVIe siècle.

    La décision finale de Bartholomée Ier, le patriarche de Constantinople, considéré comme le chef symbolique des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde, devrait intervenir lors de la réunion de son propre synode, prévue du 9 au 11 octobre. Mais l’envoi préalable de deux de ses représentants à Kiev « dans le cadre des préparatifs de l’octroi de l’autocéphalie à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine », selon les termes de son communiqué, ne laisse guère de doutes sur ses intentions. « Nous sommes arrivés avec une mission extraordinaire (…) afin de continuer le travail sur une chose déjà décidée », a confirmé, lundi 17 septembre, l’un des deux émissaires, l’archevêque américain Daniel, en marge d’une rencontre avec le président ukrainien, Petro Porochenko.

    • Territorial et politique, le conflit entre la Russie et l’Ukraine se déplace désormais sur le terrain religieux. Dans la foulée d’une assemblée extraordinaire, le Saint-Synode, l’institution collégiale au sommet de sa hiérarchie, qui s’est réunie à Moscou le 14 septembre, l’Eglise orthodoxe russe a pris la décision sans précédent de rompre pour partie ses relations avec le patriarcat de Constantinople. Car ce dernier s’apprête à reconnaître l’autocéphalie, l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, aujourd’hui encore divisée en deux principales branches concurrentes, dont la plus importante dépend de Moscou depuis la fin du XVIe siècle.

      « CONSTANTINOPLE EST PRESSÉ D’ACHEVER [CE] PROCESSUS TANT QUE L’ACTUEL PRÉSIDENT UKRAINIEN, PETRO POROCHENKO, EST AU POUVOIR, CAR IL LE SOUTIENT ACTIVEMENT », LE MÉTROPOLITE HILARION

      La décision finale de Bartholomée Ier, le patriarche de Constantinople, considéré comme le chef symbolique des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde, devrait intervenir lors de la réunion de son propre synode, prévue du 9 au 11 octobre. Mais l’envoi préalable de deux de ses représentants à Kiev « dans le cadre des préparatifs de l’octroi de l’autocéphalie à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine », selon les termes de son communiqué, ne laisse guère de doutes sur ses intentions. « Nous sommes arrivés avec une mission extraordinaire (…) afin de continuer le travail sur une chose déjà décidée », a confirmé, lundi 17 septembre, l’un des deux émissaires, l’archevêque américain Daniel, en marge d’une rencontre avec le président ukrainien, Petro Porochenko.

      « Constantinople est pressé d’achever [ce] processus tant que l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, est au pouvoir, car il le soutient activement », avait déjà fustigé depuis Moscou le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures de la patriarchie de Moscou. Ce n’est « rien de moins qu’une invasion brutale sans précédent du territoire canonique du patriarcat de Moscou », a tonné sur sa messagerie Telegram le porte-parole de l’Eglise russe, Vladimir Legoïda.

      La donne a changé

      La querelle ne date pas d’hier. Dès 1992, après la chute de l’URSS, une partie de la hiérarchie religieuse ukrainienne avait fait sécession, donnant naissance au patriarcat de Kiev – non reconnu jusqu’ici par aucune instance orthodoxe – qui réclamait en vain l’indépendance de l’Eglise ukrainienne. Mais depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et le conflit dans le Donbass entre séparatistes prorusses et forces loyales à Kiev qui a entraîné plus de 10 000 morts, la donne a changé. Le chef de l’Etat ainsi que plusieurs députés ukrainiens soutiennent cette revendication.

      « Je considère comme absolument nécessaire de couper tous les tentacules avec lesquels le pays agresseur [la Russie] opère au sein de notre Etat », a déclaré en juin Petro Porochenko lors des cérémonies du 1 030e anniversaire de la Russie kiévienne, en évoquant une « menace pour la sécurité nationale ». L’église orthodoxe relevant du patriarcat de Moscou, ajoutait-il, « n’est séparée de l’Etat russe que sur le papier [et] soutient totalement et inconditionnellement la politique revanchiste et impérialiste du Kremlin ».

      Pour la patriarchie de Moscou, l’enjeu de la décision de Constantinople est énorme : avec 11 392 édifices religieux et 12 328 communautés de croyants sous sa tutelle directe (contre 3 784 édifices et 5 114 communautés pour le patriarcat de Kiev), la branche ukrainienne représente un tiers de son patrimoine, évalué au total à 36 878 édifices. L’affranchissement d’une partie non négligeable de ses fidèles en Ukraine est donc une question sensible. Elle l’est d’autant plus que la Russie dispute à sa voisine ses origines religieuses.

      En novembre 2016, Vladimir Poutine avait ainsi inauguré à Moscou une immense statue de Vladimir le Grand, prince du peuple Rous, façon d’imposer la capitale russe comme le berceau du christianisme slave. Or, ses racines sont nées à Kiev, en l’an 988 – Moscou n’existait pas à cette époque – après que l’illustre membre de la dynastie des Riourikides se fut converti – en Crimée, qui plus est, selon certaines chroniques. En présence du patriarche Kirill Ier, le chef du Kremlin l’avait surtout présenté comme « l’unificateur des terres russes ».

      Publications de documents historiques

      Le patriarche de Moscou et « de toutes les Russies » entretient des liens étroits avec le chef du Kremlin, qui s’appuie sur la religion orthodoxe pour fédérer sa conception du « monde russe » et, pour lui, une église autocéphale ukrainienne entraînerait une perte d’influence inimaginable du magistère russe. C’est un sérieux revers, un de plus, dans un conflit entre la Russie et l’Ukraine enlisé, mais toujours vif. La dernière rencontre de Kirill avec Bartholomée, le 31 août, à Istanbul, n’a pas permis de dénouer la situation.

      Le métropolite Hilarion a ainsi souligné avec rage :

      « Chaque fois que l’Eglise orthodoxe russe est confrontée à des circonstances difficiles, nous recevons du patriarcat de Constantinople des coups dans le dos. Dans les années 1920, [il] a unilatéralement accordé l’autocéphalie à l’Eglise polonaise, et créé ses propres structures sur le territoire de l’Estonie et de la Finlande, bien que ces pays eussent fait partie de la juridiction de l’Eglise orthodoxe russe. »
      Moscou évoque désormais la perspective d’un schisme dans la famille orthodoxe et la fin complète des relations avec Constantinople. « Après la rupture de la communion eucharistique, au moins la moitié des 300 millions [d’orthodoxes dans le monde] ne reconnaîtront même plus le patriarche de Constantinople comme le primus inter pares [“le premier parmi ses pairs”] », a menacé Hilarion. Lundi, l’Eglise annonçait son intention de publier les documents « historiques » datant de 1678-1686 sur la mise sous tutelle de Kiev.


  • Ardennes : Peste porcine africaine : la filière française s’inquiète

    Le ministère français de l’Agriculture a reçu les différents acteurs de la filière porcine pour faire le point sur la situation, ce vendredi après-midi. Alors que deux cas de peste porcine africaine ont été détectés en Province de Luxembourg ce jeudi, les autorités françaises prennent des mesures pour contrer une menace économique importante dans l’Hexagone.


    Au lendemain de la détection de deux cas de Peste porcine africaine en Belgique, les acteurs français de la filière porcine ont été reçus par la Direction générale de l’Alimentation, qui dépend du ministère de l’Agriculture. Éleveurs, abatteurs, vétérinaires et chasseurs ont participé à cette réunion. L’objectif principal était qu’ils présentent leur stratégie pour contrer l’entrée de la maladie des suidés sur le territoire français.

    Mesures de prévention
    Si les éleveurs porcins sont très engagés dans la prévention, c’est notamment parce que la menace de peste les inquiète depuis plusieurs mois, sachant que la maladie existe depuis quatre ou cinq ans dans les pays de l’Est de l’Europe. C’est donc bien préparés que les acteurs de la filière ont interpellé les autorités. Des mesures ont ainsi été prises, notamment auprès des chasseurs de France. Il leur est d’abord demandé de restreindre la chasse dans les communes qui longent la frontière belge, de manière à éviter au maximum les déplacements d’animaux. Mais aussi d’organiser des actions de surveillance de l’état sanitaire des sangliers. Du côté des élevages, les autorités rappellent les règles de biosécurité, demandent d’isoler les bâtiments contre les animaux sauvages, et de porter « une attention particulière au développement frontalier avec la Belgique. »

    Tout un secteur en danger
    C’est la Bretagne qui est particulièrement concernée par le risque économique que représente la maladie, puisque 60% de la production porcine de France viennent de cette région du pays. Si le virus devait passer la frontière, c’est toute une filière pérenne qui serait en danger. Concrètement, si un cas est détecté dans un élevage de l’Hexagone, il sera directement question d’un abattage total. Mais également d’une désinfection complète des lieux, de l’instauration d’un périmètre de sécurité, d’une maîtrise du mouvement des animaux et d’un contrôle de tout ce qui entrera et sortira de l’exploitation victime. Bref, une éradication immédiate qui représenterait une perte colossale pour tout éleveur concerné.

    #agriculture #élevage #productivisme #mondialisation #porcs #cochons #sangliers #ue #union_européenne #Bretagne #transports #camions #sanglier

    • La peste porcine s’étend rapidement dans l’est de l’Europe, plus particulièrement en #Estonie, en #Lettonie, en #Lituanie, en #Pologne, en #Tchéquie, en #Hongrie, en #Roumanie et en #Bulgarie. Sur les huit premiers mois de l’année, quelque 4800 cas ont été recensés dans l’Union européenne, 3800 sur des sangliers et 1000 foyers dans de petits élevages porcins ou des structures plus professionnelles. Le nombre de cas dépasse déjà celui de l’ensemble de l’année 2017 lorsque 4100 foyers avaient été comptabilisés. La situation en Bulgarie est particulièrement préoccupante alors que l’épidémie a aussi vu le jour en #Chine.

      https://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-boerenbond-appelle-a-la-vigilance-face-a-la-peste-porcine-africaine?i


      Peste porcine africaine : l’inquiétude des chasseurs
      https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_peste-porcine-africaine-l-inquietude-des-chasseurs?id=10019284

      Jeudi soir, l’Afsca annonçait la découverte dans le sud du pays de plusieurs cas de peste porcine africaine. La maladie a été détectée sur des sangliers localisés sur la commune d’Etalle. Aujourd’hui, les chasseurs s’inquiètent. Dans 3 semaines, la saison de la chasse en battue démarre et ils se demandent franchement s’ils pourront chasser.
      . . . . . .
      Des sangliers contaminés exportés par des chasseurs ?

      D’après les premiers éléments de l’Afsca, l’épidémie serait arrivée chez nous (en Belgique) par le biais d’un morceau de porc venant d’un pays touché par cette peste porcine, un pays de l’est probablement. Si l’hypothèse du déchet alimentaire est privilégiée, une autre piste est avancée. Certains pensent que des sangliers infectés pourraient avoir été importés de ces pays.

    • Des sangliers d’élevage français régulièrement abattus lors de chasses belges, affirme un chasseur Christine Borowiak - 20 Septembre 2018 - RTBF
      https://www.rtbf.be/info/regions/detail_des-sangliers-d-elevage-francais-regulierement-abattus-lors-de-chasses-b


      Ce témoignage interpellant : celui d’un chasseur belge, d’un grand chasseur, habitué autant à chasser en Afrique ou dans les pays de l’Est, que dans nos contrées. Il a choisi de nous expliquer, sous le couvert de l’anonymat par crainte de représailles, le pourquoi de la pratique d’importation de sangliers d’élevage venant de pays étrangers, alors que la peste porcine africaine est présente parmi les sangliers wallons, et que l’importation de sangliers venant de pays de l’Est est une des hypothèses de l’arrivée de la maladie.

      Les sangliers d’élevage, ce chasseur les connaît bien : “J’en ai déjà tiré plusieurs, dans les Ardennes et du côté de Chimay. Souvent, ils ont une médaille à l’oreille. Ils sont numérotés, et la médaille a une couleur différente selon le pays. Ceux que j’ai tués venaient de France. Parfois aussi, je tombe sur des sangliers non identifiables, mais on voit tout de suite de quoi il s’agit, on n’est pas fou : un sanglier qui a le poil luisant comme celui d’un chien, on ne va pas me dire qu’il s’est roulé dans les boues hein !” Il évoque aussi ce camion, qui avait amené des sangliers du côté de Janhay, dans les Ardennes : “Les bêtes avaient encore de la paille dans les onglets !”

      Encore un cochon de ferme !
      Des rencontres qui ne semblent pas déranger grand monde : “On rigole entre nous, on se dit : c’est encore un cochon de ferme !”. Et quand on lui demande ce que deviennent ces médailles, la réponse fuse : “On coupe l’oreille, ainsi ça ne se voit pas ! On en fait pas de la publicité avec un sanglier qui a de la garniture aux oreilles !”.

      Pourquoi de telles pratiques ? Pour ce chasseur, c’est clair, c’est une question d’argent et de prestige. « Ce sont des chasses d’affaire. Des endroits où on va faire passer un bon moment aux invités, des gens de “la haute”, des notables. Il faut leur faire plaisir, parce qu’après la chasse, on va parler affaires avec eux. J’ai connu des chasses où, le matin même ou la veille au soir, on remettait dans le bois quelques belles bêtes, bourrées de calmants. On les envoient vers les invités, et ceux-ci tirent un gros cochon,un deuxième gros cochon, et ils se disent : fantastique, c’est une belle chasse ici ! Et alors, ils prennent des actions. »

      1000 euros par jour de #chasse
      Des actions, c’est-à-dire des parts de droit de chasse, payer pour avoir le droit de chasser du gibier. “Ça démarre à 1000 euros par jour, et ça peut aller jusqu’à 3000 euros, quand il y a des cervidés. Vous ajoutez à cela la location. Une grosse chasse, ça peut valoir 100.000 euros par an ! Donc, il faut trouver des actionnaires qui ont des gros moyens !”.

      Et pour les appâter, il faut du gibier en nombre. "Les invités, ils vont brûler des cartouches, ils vont tirer, tirer, tirer, il faut s’amuser. Avant, lors d’une journée de chasse, on tuait 3, 4, 5 sangliers, et on était satisfait. Maintenant, on aime en tirer 40, 50 sur la journée s’il y a moyen. Les gens ne sont plus contents avec 2 bêtes. Et avec le prix qu’ils mettent par jour, il leur faut du gibier, ils paient pour avoir quelque chose. Et s’il n’y a pas assez de gibier, on va le chercher ailleurs et on le ramène ici.


  • Voyage du Pape François aux pays baltes : Programme du 22 au 25 septembre 2018 - [Lettonie-Francija]

    Voyage du Pape François aux pays baltes : Lituanie, Lettonie et Estonie

    Le programme de la visite du Pape François dans les pays baltes a été dévoilé ce jeudi 5 juillet. Comme annoncé le 9 mars dernier, le Saint-Père se rendra du 22 au 25 septembre prochain en Lituanie, Lettonie et Estonie. Les trois États baltes fêtent cette année, le centenaire de leurs indépendances à la fin de la première Guerre mondiale. En France la chaîne KTO bouleverse ses programmes pour vous faire vivre en direct cette visite apostolique, et propose également des documentaires et des reportages tout au long de la semaine.

    Principaux moments du voyage du pape François dans les pays Baltes

    Samedi 22 septembre 2018 : Bienvenue en Lituanie.
    Dimanche 23 septembre 2018 : Messe au parc Santakos de Kaunas (Lituanie) suivie de l’Angélus.
    Lundi 24 septembre 2018 : Accueil officiel en Lettonie .
    Mardi 25 septembre 2018 : Accueil officiel depuis l’aéroport international de Tallinn (Estonie) .

    Précisions et détails des retransmissions télévisuelles dans la suite de l’article :
    https://www.lettonie-francija.fr/voyage-pape-francois-pays-baltes-programme-1582?lang=fr

    #Pape_François #Pays_baltes #Lituanie, #Lettonie #Estonie


  • Education : « Un des éléments statistiques que je préfère, c’est la dépense publique par élève » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/09/11/education-un-des-elements-statistiques-que-je-prefere-c-est-la-depense-pu

    Eric Charbonnier, expert des questions d’éducation à l’OCDE, livre son analyse sur le dernier rapport « Regards sur l’éducation ».

    Voilà de quoi alimenter les débats (très vite enflammés) sur notre système éducatif. L’OCDE publie la 27e édition de son pavé annuel, Regards sur l’éducation, comparant tout ce qu’il est possible de comparer entre les systèmes éducatifs de ses 36 pays membres mais aussi de l’Afrique du Sud, de l’Arabie saoudite, de l’Argentine, du Brésil, de la Chine, de la Colombie, du Costa Rica, de la Fédération de Russie, de l’Inde et de l’Indonésie. Au total, 486 pages de tableaux et de graphes, où il est question de dépenses publiques, scolarisation des tout-petits, rémunération des enseignants, statut des chefs d’établissement… Le point de vue d’Eric Charbonnier, analyste français, à la direction de l’éducation de l’OCDE.

    Vos publications, à commencer par l’enquête #Pisa publiée tous les trois ans, ont à chaque fois un fort retentissement médiatique, et donc politique. Comment l’expliquer ?

    Les comparaisons internationales ont pris de l’importance dans tous les pays, ce n’est pas propre à la France. C’est relativement nouveau. Il y a trente ans, les pays se comparaient beaucoup moins. Les choses ont commencé à changer avec la première enquête Pisa, au début des années 2000. Elle a cassé des idées reçues. Jusqu’ici, on avait coutume de vanter les systèmes éducatifs français et allemands. Pisa est venu montrer que c’étaient en fait des systèmes très inégalitaires, et qu’il existait de bonnes pratiques ailleurs : en Finlande par exemple, au Royaume-Uni ou encore en Estonie. L’Allemagne a réagi rapidement, prenant en compte nos travaux et nos recommandations. Cela a mis plus de temps en France où on a d’abord commencé par critiquer notre méthodologie, avant de commencer à bouger il y a dix ans.

    Quelles informations apporte ce nouveau tome de Regards sur l’éducation sur notre système éducatif ?

    Un des éléments statistiques que je préfère observer, c’est la dépense publique par élève. La France dépense en moyenne 15% de moins pour les élèves en élémentaire que dans les autres pays de l’OCDE. En revanche, l’enveloppe dévolue au secondaire est 35% plus élevée en moyenne que les autres pays de l’OCDE. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

    Ces chiffres par exemple, sont les mêmes depuis des années, alors que les gouvernements successifs répètent qu’ils mettent le paquet sur le primaire…

    C’est vrai. Les données étaient les mêmes en 2012. En partie, parce que pendant ce temps-là, les autres pays continuent d’investir plus dans le primaire, vu que toutes les études montrent que c’est en agissant dès les premières années de scolarité que l’on peut combattre les inégalités.

    Dans votre note sur la France, vous évoquez la scolarisation des enfants de trois ans, où la France est là bien classée.

    La France est en tête : quasiment tous les enfants vont à l’école dès trois ans, contre une moyenne de 76% dans l’OCDE. Annoncer la scolarisation obligatoire c’est bien, mais dans les faits cela ne change rien. Il y a en revanche de gros progrès à faire pour améliorer la qualité de l’enseignement en maternelle, notamment le taux d’encadrement. En maternelle, on a un professeur pour 23 élèves, soit 8 de plus que la moyenne des pays de l’OCDE. Dans nos travaux, on insiste beaucoup sur la qualité de l’enseignement, c’est une donnée très importante pour lutter contre les inégalités. Les politiques publiques ne doivent pas se contenter d’être axé sur la quantité. C’est la même chose pour l’enseignement professionnel.

    C’est-à-dire ?

    La France investit plus d’argent que les autres pays de l’OCDE dans la filière professionnelle. En revanche, elle reste encore beaucoup trop une voie de garage pour ceux qui décrochent. Là encore, les statistiques sont éloquentes : 87% des élèves en filière professionnelle ont des parents qui n’ont pas de diplôme de l’enseignement supérieur, contre 51% dans les filières générales. Il faut déplacer le débat et avoir aujourd’hui une vraie réflexion sur la qualité de la voie professionnelle.

    Vous pointez aussi la faible reconnaissance du travail de directeur ou directrice d’école, ce qui fait d’ailleurs écho à un débat actuel en France.

    Nos indicateurs sont préparés longtemps en avance, bien en dehors du temps politique. Certains résonnent avec les débats en cours, comme celui des directeurs d’école. C’est une bonne chose, mais ceci dit, on soulève le problème depuis dix ans. En France, un directeur d’école en France gagne à peine 7% de plus que ses collègues enseignants en élémentaire. Ils sont fatalement moins payés chez nous qu’ailleurs. Dans les autres pays de l’OCDE, l’écart de salaire entre enseignant et directeur est en moyenne de 40%. Au-delà de la rémunération, la question de leur rôle et donc de leur statut se pose. Même chose pour les chefs d’établissement au collège et lycée. En France, leurs missions se résument à des questions de disciplines et de budget.

    Vous êtes en train de dire qu’il faudrait laisser plus d’autonomie aux établissements, une idée que défend le ministre Blanquer ?

    Il faut être prudent avec ce mot « autonomie » qui suscite toujours de vives réactions, surtout en France. Je pense qu’il serait intéressant de réfléchir au rôle des chefs d’établissement à l’égard des équipes. Il y a une réflexion à engager. Sur ce sujet comme sur d’autres, l’idée n’est pas de reproduire à l’identique ce qui se fait ailleurs, mais d’avoir une idée précise des politiques qui sont menées et de la façon dont les pays réagissent à des difficultés semblables aux nôtres. Ces comparaisons permettent d’avoir des éléments de réponse sur les façons d’intervenir.
    Marie Piquemal

    Tableau de données chiffrées dans l’article même.

    #école #OCDE #éducation #


    • Alors... D’un côté la mesure a plein d’avantages parce que les calculs individuels à court terme sous-estiment le coût de la bagnole, que cette merde doit disparaître autant que possible des villes et des agglos, parce que les transports urbains sont un sérieux poste de dépense des ménages pauvres et que de toute manière il faut financer un système de transports en commun avec du fric public pour qu’il soit opérationnel. Donc le 100 % de financement n’est pas une idée aberrante économiquement, socialement, etc.

      Mais écologiquement, c’est assez emmerdant parce que ça encourage l’habitat en périphérie, un genre de mitage de la région par les travailleurs et travailleuses de la métropole. En général le fric plus que le temps passé limite la distance entre résidence et lieu de travail et là, l’obstacle pognon disparaît. Pour l’argument social, mouais, c’est pour acheter, et acheter plus grand, une stratégie de toute petite bourgeoisie, que les gens se déportent vers des périphéries toujours plus éloignées, pas pour simplement se loger. Réglons plutôt le problème du logement plus près du centre plutôt que de nous étaler... D’autant que les parkings relais aident à s’étaler encore plus loin après la dernière gare. La mesure risque de faire grimper le prix de l’immobilier dans des endroits plus éloignés, des campagnes qui se retrouveront péri-urbanisées sans que des opportunités d’emploi soient créées pour des ruraux déjà plus pauvres.

      Côté financement, et là je pense plutôt au contexte français, il faut arriver à récupérer le cadeau aux entreprises qui payaient la moitié de leur carte de transport à leurs employé·es et l’heure n’est pas aux nouvelles contributions de la part des entreprises. C’est donc une perte pour la collectivité.

      Bref, ce n’est pas la mesure idéale... Appliquée dans un grand pays comme la France, c’est la généralisation du phénomène pour l’instant peu massif de je travaille à Paris mais j’habite à Amiens/Lille/Orléans/Tours/Rennes/Bordeaux (où je fais exploser le prix de l’immobilier), une France TGV énergivore et plus concentrée que jamais, où il faut aller se cacher très très loin quand on est pauvre pour pouvoir simplement se loger. Et le télé-travail, mesure prônée par les écolos et valables pour certains jobs (ni ouvrière d’usine, ni vendeur), accroît le phénomène. Chez les écolos, d’ailleurs, c’est la guerre entre solutionnistes et spécialistes des questions de transport sur cette question...

    • l’Estonie rencontre actuellement une urbanisation importante. La gratuité des transport, d’abord pratiqué à Tallinn y a été pour quelque chose ( + 25 000 habitants en trois ans, soit une augmentation de 6% ). La question de l’étalement urbain ne prend pas.

      Pour la France, c’est différent. Le territoire est plus grand. Tu généralises un peu trop vite le phénomène d’étalement urbain (avec tous ce que ça implique à l’échelle d’une métropole : création de quartier pavillonnaires, absence de vie de quartier, TER-boulot dodo ...) à des exemples de migration vers les destinations beaucoup plus lointaines nécessitant le TGV ( t’en connais beaucoup, toi du monde qui peut se taper les 7h aller-retour d’un TGV Paris - Bordeaux, Même gratuit, pour travailler à Paris ? D’autant plus que dans le contexte que tu décrits, il faudrait imaginer un TGV beaucoup moins confortable puisque, si ce phénomène était massif, le TGV serait bombé comme un métro de ligne 13 ).

      La réponse à ta problématique réside non pas dans l’offre de transport, mais dans le développement économique des territoires. Tant que toute l’activité économique sera centralisée à Paris ( et au delà de l’activité économique, les centres de décisions des entreprises), ton problème persistera.

      Moi président ( ;-) ), je vous promet de prendre la mesure symbolique de transférer tous les ministères dans une ville de province dans des zones où des mesures anti-spéculatives au niveau de l’immobilier pourrait être pratiquées. Dans un tel contexte, les transports gratuits inter-urbain ne poseraient aucun problème. [applaudissements / merci monsieur madame ...]

      #étalement_urbain

    • L’aller-retour Bordeaux-Paris est passé à quatre heures (sept heures, c’était pendant les travaux) et comme Marseille, cette baisse de temps de transport a un peu changé les mouvements de Parisien·nes, assez pour que ça se voie sur les loyers. Pas besoin de wagons à bestiaux pour ça. Avec des emplois peu classiques, qui permettent notamment une bonne dose de « télé-travail » (universitaire avec tous ses cours regroupés sur un ou deux jours, intello-créatif qui a besoin de max deux jours de présence sur site, etc.), tout est possible quand les frais de transports baissent ou sont pris en charge par d’autres.

      Je ne connais de l’Estonie que cette particularité d’être plutôt à l’échelle régionale française, donc je ne vais pas batailler sur cet exemple que tu connais peut-être mieux que moi mais même à cette échelle-là, en Nord-Pas de Calais par exemple, la question se pose de ne pas encourager l’étalement urbain. Cette région que je connais un peu mieux est super dense, les gens y cherchent un pavillon de plus en plus loin et les transports, même en commun, ne sont pas écolos et sont souvent complémentaires de la bagnole.

      Il y a quinze ans, j’étais à fond pour les transports gratuits urbains et régionaux, ces transports qui sont contraints par la vie quotidienne, et open sur les transports nationaux. En règle générale, beaucoup des solutions simples, universelles et tous terrains de quand j’étais dans ces trips-là (revenu garanti ! transports gratuits partout !) m’apparaissent désormais comme des slogans. Si je me pose plus de questions, c’est pas parce que je suis devenue collab d’élu·es ou technocrate... « Moi président, en deux mesures simplissimes », bof.

      Sinon, je suis pour le tutoiement sur Seenthis, même entre inconnu·es, mais point trop n’en faut. Notre discussions n’est pas très bien partie et je trouve tes arguments à côté de la plaque (+ 6 % d’habitant·es à Tallin, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’étalement urbain, ça peut être des migrations internationales ou un changement de la structure de la ville, comme Lyon récemment, ça correspond peut-être à une histoire de ville délaissée qui connaît un regain d’attractivité et « rattrape »), donc n’en fais pas trop dans la tape dans le dos, stp :

      ton problème persistera

      C’est pas mon problème, on est en train de causer dans un endroit fréquenté par plein de gens qui aiment la bonne foi et les arguments de qualité, invitons-les à débattre plutôt que de trop personnaliser la discussion et d’y mettre trop d’ego. Là, je me sens comme la meuf qui est tombée sur le relou de la soirée et qui regarde dans toutes les directions pendant que le gars lui fait un super topo sur Tallin.

      Revenons au sujet. Un copain aménageur avait écrit sur le Grand Paris un texte qui n’est plus en ligne et dans lequel il critiquait sérieusement les transports en commun, présentés comme a priori écologiques même quand ils rallongeaient le temps de parcours moyen domicile-travail, et rappelait ce truc de base : la moitié des Francilien·nes veulent partir, ces métropoles auxquelles aspirent les élu·es n’intéressent personne, les pavillons font moins rêver que la ville pas grosse mais vivante de 50 ou 100 000 où le temps de transport est réduit parce que c’est là qu’on travaille et a ses activités. Comment y arriver ? C’est compliqué mais moi je commence par critiquer les métropoliseurs et leur folie des grandeurs, leur déconnexion d’avec les espérances des gens, nos problèmes démocratiques...

    • Après réflexion, la partie « tape dans le dos » de ton message m’a fait réfléchir à la vocation de Seenthis. Cet outil est-il une bibliothèque de référencements ou a t-elle aussi vocation d’être un réseau social ? Pour moi, c’est un mix entre les deux. La sympathie, l’antipathie et tout autres traces de rapports humains véhiculés par le ton des commentaires apportent une richesse qui font que chaque conversation est unique. Et, c’est vrai, ces conversations s’ouvre plus ou moins sur le reste des intervenants. Loin de moi l’idée d’un mépris pour les arguments de qualité a destination de « gens de bonne foi ».
      Ta remarque m’a aussi fait réfléchir sur la sociologie de Seenthis. Doit-on, pour éviter l’aspect polémique de réseaux comme Facebook ou Twitter éviter d’exprimer des affects ? En quoi cela ne risque t-il pas de restreindre le réseau à des discussions entre membres d’une intelligentsia ? à suivre ...

      #seenthis


  • Estonie : bus gratuits sur l’ensemble du pays, une première européenne - Sciencesetavenir.fr
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/estonie-bus-gratuits-sur-l-ensemble-du-pays-une-premiere-europeenne

    « Nous cherchions comment animer les régions rurales, arrêter l’exode vers les villes », a indiqué à l’AFP Mme Simson, soulignant que le programme est le fruit de discussions entre le gouvernement central et les comtés.

    « Au niveau d’un comté, le transport gratuit par bus vise principalement à créer des possibilités pour la #mobilité des habitants des régions rurales, afin de leur garantir l’accès aux services quotidiens », a-t-elle précisé.

    #transport #ruralité #égalité


  • «  Race  » : la génétique face à ses démons

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/07/10/race-la-genetique-face-a-ses-demons_5328964_1650684.html?xtmc=david_reich&xt

    L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de «  race  », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.


    «  Trasi Henen  ». Photos extraites de la série «  There’s a Place in Hell for Me & My Friends  » (Oodee, 2012). Le photographe sud-africain Pieter Hugo a manipulé les couleurs pour faire ressortir la mélanine et mettre en évidence les contradictions des distinctions raciales fondées sur la couleur de la peau.

    La biologie peut-elle délimiter des groupes humains qui fonderaient l’existence de races à l’intérieur de l’espèce humaine ? Depuis les années 1970, les généticiens avaient tranché : la race est une construction sociale dont il n’existe aucun fondement en biologie. Ils se délestaient ainsi de cette question brûlante, à l’origine au XIXe siècle de théories dont la description emplit aujourd’hui les pages les plus dérangeantes de l’histoire de leur discipline.

    Mais voilà qu’un éminent généticien de l’université Harvard, David Reich, ravive les cendres qu’on croyait éteintes avec la publication de son livre Who We Are and How We Got Here ? (« Qui sommes-nous et comment sommes-nous arrivés ici ? », ­Pantheon Books, non traduit). Son credo ? Dénoncer l’« orthodoxie » du discours sur la diversité génétique qui s’est imposé au cours des dernières décennies et qui a fait de la race une question taboue. « Comment devons-nous nous préparer à la probabilité qu’au cours des années à venir des études génétiques montrent que de nombreuses caractéristiques sont influencées par des variations génétiques et que ces traits diffèrent entre les groupes humains ? », questionnait-il dans une tribune parue en avril dans le New York Times. « Argumenter qu’il n’est pas possible qu’il existe des différences substantielles entre les populations humaines ne fera que favoriser l’instrumentalisation raciste de la génétique que nous voulons justement éviter », concluait-il.

    A l’heure où la France a entrepris de gommer le mot « race » de sa Constitution par un vote des députés, le 27 juin, la polémique lancée par Reich rappelle que la génétique a longtemps flirté avec l’eugénisme, avant de s’en repentir. Et que sa ­prétention à pouvoir tout analyser ou presque peut la conduire à ignorer ses limites – un écueil dénoncé par un grand nombre d’anthropologues en réponse au texte de Reich.

    Comment les généticiens ont-ils effacé la notion de race de leur discipline ? Et pourquoi ressurgit-elle aujourd’hui sous la plume de l’un des leurs – dont les travaux, et c’est là une des subtilités de la polémique, démontrent par ailleurs que les populations humaines sont faites de métissages ?

    Il faut remonter, pour le comprendre, à l’évolution de la place en biologie du concept de race après les ravages de la seconde guerre mondiale. « En réalité, la race est moins un phénomène biologique qu’un mythe social. Ce mythe a fait un mal immense sur le plan social et moral », reconnaissait en 1950 la Déclaration de l’Unesco sur la race. Pourtant, à cette époque, la majorité des généticiens, parmi lesquels Theodosius Dobjansky ou Ronald Fisher, pensaient encore que les races humaines existaient, d’un point de vue biologique. Dès les années 1930, ils avaient entrepris de les redéfinir en s’appuyant sur des caractères qu’ils considéraient plus fiables que les caractères morphologiques, en particulier les groupes sanguins. Ils avaient notamment observé que le groupe O était présent chez 90 % des Amérindiens, et ils croyaient pouvoir décrire des groupes humains homogènes et stables.

    Mais ils s’aperçurent que cette particularité des Amérindiens ne reflétait en rien une pureté de race mais venait de leur histoire, en tant que ­population persécutée et isolée.

    Ni la couleur de peau ni le groupe sanguin ne sont l’expression d’un ensemble de variations communes à un même groupe humain. Les variations entre les êtres humains résultent à la fois de leur adaptation à leur environnement, comme le climat ou l’altitude, et de la diversité des origines géographiques des populations humaines.

    Partant de ce constat, certains généticiens, comme Richard Lewontin aux Etats-Unis ou ­Albert Jacquard en France, déclarèrent que toute tentative de classification des êtres humains en catégories biologiques relevait de choix arbitraires, car, quelles que soient les catégories, elles ne reposent que sur une part infime de l’ensemble des variations. Deux individus pris au hasard à l’intérieur d’un même groupe humain se distinguent par un nombre de variations plus élevé que celui qui distingue deux groupes entre eux. D’où un changement de point de vue que le séquençage du génome humain dans les années 1990 vint conforter. Il révéla de plus que les variations du génome humain ne concernaient qu’une infime partie du génome, de l’ordre de 0,1 %. Dès lors, un discours antiraciste sur la diversité génétique s’imposa dans la discipline, dont David Reich dénonce aujourd’hui l’« orthodoxie ».

    « La “race” est une construction sociale. Nous, les généticiens, n’utilisons quasiment jamais ce terme dans nos articles scientifiques parce qu’il est trop chargé de significations non scientifiques et que sa définition change dans le temps et l’espace », indique David Reich. S’il l’a utilisé, entre guillemets, dans sa tribune, c’était pour alerter sur le fait que le discours scientifique actuel risquait de laisser le champ libre à des sectaires et des faux experts – un champ où ils se sont déjà engouffrés. Trois mois après avoir lancé la polémique, il campe sur ses positions. « Je n’adhère pas à l’idée selon laquelle les différences biologiques moyennes entre deux groupes – par exemple entre des habitants de Taïwan et des habitants de Sardaigne – sont si pe­tites qu’elles peuvent êtres considérées comme ­dépourvues d’un sens biologique et ignorées, ­explique-t-il. C’est depuis un moment le message de nombreux universitaires, qui à mon avis est dangereux car il nuit à la compréhension et la considération de la diversité humaine. »

    « Les découvertes en génétique au cours des dernières décennies ont confirmé que la notion de race n’avait aucun fondement biologique, rétorque la généticienne Evelyne Heyer, du Muséum national d’histoire naturelle. D’une part, il n’existe pas de limites distinctes entre les groupes humains qui permettraient de définir des catégories “étanches”. D’autre part, les critères comme la couleur de peau ne concernent qu’une infime partie du génome. Enfin, les différences ne justifient pas l’existence de hiérarchie entre les êtres humains suivant leurs capacités », dit-elle. L’exposition « Nous et les autres », organisée au Musée de l’homme en 2017 et dont elle fut la commissaire, s’appuyait sur ce discours pour marquer la rupture de la science contemporaine avec les dérives racistes du XIXe siècle et louer l’étude de la diversité biologique. Mais c’est justement par l’étude de cette diversité que ressurgit la question de la race.

    De colossaux programmes de recherche

    Pourquoi ? Le séquençage du génome humain a inauguré de colossaux programmes de recherche axés sur deux champs de recherche, la génétique des populations et la génétique médicale. Dans le premier, contestant le monopole sur ces questions des préhistoriens, des anthropologues et des linguistes, les généticiens tentent de retracer les grands flux migratoires à l’origine du peuplement de la planète, en étudiant les signatures des origines géographiques contenues dans les génomes. Des prouesses techniques et scientifiques qui permettent aujourd’hui de réécrire l’histoire des peuples tels que les Vikings, les Juifs, les Sardes ou les Amérindiens.

    Dans le second, ils recherchent des prédispositions génétiques expliquant la fréquence particulièrement élevée dans certains groupes de population de maladies comme les cancers, le diabète, l’obésité ou la dépression. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Islande ou encore l’Estonie financent des projets nationaux de génomique, avec, en point de mire, l’avènement d’une médecine personnalisée qui ciblerait un profil génétique en fonction du risque de maladie auquel il est associé.

    D’où le paradoxe : comment nier l’existence de catégories entre les êtres humains tout en délimitant pour ces études des groupes de population au sein desquels on étudie des variations génétiques ? En quoi l’existence de ces groupes mouvants questionne-t-elle la notion de race, qui postulait l’existence d’entités stables et étanches que les biologistes d’antan nommaient « catégories » ? Ces arbitrages biologiques n’ont-ils pas des soubassements politiques ?

    « Dès les années 1970, il y a une ambiguïté dans la rupture avec la notion de race dont nous ne sommes pas sortis. Vous pouvez dire que les races sont des catégories arbitraires qui ne valent pas pour une classification. Cela n’empêche pas que la diversité contenue entre deux catégories, si minime soit-elle, peut vous servir à tout un ensemble d’usages », analyse ainsi l’historien Claude-Olivier Doron. Les groupes délimités par les généticiens ont une existence qui résulte aussi d’une histoire sociale et politique. Ils sont le fruit d’une culture à laquelle, qu’ils le veuillent ou non, ils appartiennent aussi. « Les généticiens considèrent que leurs études sur la génétique des populations n’ont rien à voir avec les études anthropologiques sur lesquelles a été fondée la notion de race. Or, si les techniques, les disciplines et les enjeux ont changé, les grandes catégories de population sur lesquelles s’appuient ces études, tels que les Juifs, les Africains ou les Vikings, restent inchangées », dénonce l’historien Amos Morris-Reich, du Bucerius Institute de l’université de Haïfa, en Israël.

    « IL N’EXISTE PAS DE LIMITES DISTINCTES ENTRE LES GROUPES HUMAINS QUI PERMETTRAIENT
    DE DÉFINIR DES CATÉGORIES ÉTANCHES », ÉVELYNE HEYER, GÉNÉTICIENNE AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE

    « Le contexte social et politique dans lequel sont menées les études en génomique n’est pas neutre. Etre noir au Etats-Unis n’a pas la même signification qu’au Brésil, et les résultats des analyses génétiques nourrissent des débats locaux et peuvent aussi être récupérés », renchérit l’anthropologue Sarah Abel, de l’université de Reykjavik, l’une des signataires d’une réponse à Reich publiée dans le New York Times.

    « Ce que je partage avec Reich, c’est le fait que laisser les choses non discutées donne la possibilité à un certain nombre de discours racistes de fleurir et de se développer, notamment sur Internet, et il y a besoin d’une pédagogie très précise sur ce que disent et ne disent pas les savoirs génétiques », tempère l’historien Claude-Olivier Doron. « Mais il se montre incapable, dans son article du New York Times, de cerner ces limites. Il confond une multiplicité de choses différentes : groupes fondés sur l’autodéclaration et/ou à partir des catégories du bureau du recensement américain, groupes ad hoc construits par les chercheurs pour des besoins de recherches, catégories anciennes issues des périodes coloniales, etc., sans jamais s’interroger sur les limites, les approximations, les biais de ce que prétend en dire la génétique », regrette-t-il.

    Résultats biaisés

    David Reich s’appuie sur les travaux de son équipe ayant abouti à l’identification, dans les génomes d’hommes afro-américains, de régions les prédisposant au cancer de la prostate. Face à cet argument, les réactions des spécialistes en sciences humaines sont unanimes. « Il faut intégrer la complexité des facteurs dans le risque de survenue des maladies. Dans le cas du cancer de la prostate, cité par David Reich, on s’intéresse de plus en plus aux effets cocktail des composants chimiques de l’environnement et on ne peut pas réduire le risque accru de ce cancer à sa dimension génétique », complète Catherine Bourgain, du Cermes 3, au CNRS, très critique vis-à-vis des modèles statistiques utilisés par David Reich qu’elle juge peu fiables pour l’évaluation de l’influence de facteurs environnementaux qui ­peuvent biaiser leurs résultats.

    Les populations afro-américaines, latinas ou amérindiennes sur lesquelles s’appuient les études en recherche biomédicale aux Etats-Unis sont par ailleurs défavorisées d’un point de vue socio-économique, ce qui les expose à des environnements et à des modes de vie favorisant la survenue des maladies pour lesquelles des prédispositions génétiques sont recherchées : pollution, stress ou encore alcoolisme.

    En 2004, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé le BiDil, un médicament destiné à corriger l’effet d’une mutation prédis­posant les populations afro-américaines à un risque accru d’infarctus du myocarde. « Le problème sur lequel il faut insister sur un cas comme le BiDil, comme sur tout un ensemble de cas, c’est que cela aboutit à l’occultation des autres va­riables, par exemple environnementales, qui peuvent être beaucoup plus importantes », insiste Claude-Olivier Doron.

    Ces études pourraient aussi raviver des stéréotypes ancrés dans l’inconscient collectif. Un programme national mexicain vise ainsi à séquencer le génome de différents types d’Indiens et de métisses afin d’étudier leurs prédispositions ­génétiques au déclenchement précoce du diabète de type 2 et de l’obésité. « La spécificité du débat mexicain, ce sont des mélanges de populations impliquant des Européens, des Afro-Américains et des Asiatiques, mais surtout différents types d’Indiens », explique l’historien Luc Berlivet, lui aussi du Cermes 3. « On voit réapparaître dans le débat des stéréotypes raciaux différents de ceux mobilisés avec les Afro-Américains ou les Amérindiens d’Amérique du Nord. Il ne s’agit plus de distinguer les Blancs des Afro-Américains ou des Latinos, mais différents types d’Indiens. Cela pose les mêmes questions mais de manière décalée », ajoute-t-il.

    Autre source d’inquiétude, une vision réductrice de la notion d’identité produite par les analyses en génétique des origines géographiques. D’autant plus qu’un marché s’est développé, avec des sociétés comme 23andMe, Ancestry.com ou MyHeritage, qui proposent à leurs clients la ­détermination de leurs origines géographiques au moyen de l’analyse génétique.

    Diffusés sans précaution, ces résultats peuvent attiser les tensions locales autour des questions identitaires ou révéler les stéréotypes racistes d’une culture, comme ce fut le cas au Brésil, avec les tests ADN sur les origines africaines. Malgré un récit national valorisant le métissage, les ­préjugés racistes sont ancrés dans la culture brésilienne en raison du passé esclavagiste du pays et de la vulgarisation des théories eugénistes valorisant les phénotypes « blancs » au début du XXe siècle. Les universités brésiliennes ont décidé d’instaurer des quotas d’étudiants à la peau noire dans les années 2000. « Dans ce contexte, il s’agissait de savoir comment se définissait la race noire, et les tests génétiques ont été disqualifiés lorsqu’ils ont révélé que le génome d’un célèbre danseur de samba noir contenait plus de 60 % de gènes européens, raconte l’anthropologue Sarah Abel. Ces résultats ont été utilisés pour dire que les quotas n’avaient pas lieu d’être, car la race n’avait pas de sens au Brésil, ou encore que cela ne servait à rien d’avoir 60 % de gènes européens lorsqu’on était arrêté par des policiers d’après la couleur de la peau. »

    En Europe et aux Etats-Unis, certains militants d’extrême droite devenus experts en génétique n’hésitent pas à s’emparer des données et des résultats des études génétiques pour étayer des idéologies fondées sur la pureté des origines et l’existence d’une identité européenne profonde. Les auteurs du site Humanbiologicaldiversity.com ont ainsi élaboré un argumentaire très étayé visant à refonder la réalité biologique de la race, en s’appuyant notamment sur les travaux de Luca Cavalli-Sforza, pionnier des études génétiques sur les origines géographiques.

    Si l’impact de ces instrumentalisations reste difficile à évaluer, les inquiétudes n’en sont pas moins fondées dans un contexte où les crispations identitaires font le terreau des partis populistes qui menacent les démocraties occidentales. « Il est important de garder à l’esprit l’histoire du racisme scientifique, pour se questionner sur les retombées sociales, politiques, éducatives des études en génomique. Le monde n’est plus le même qu’au temps de l’anthropologie physique, et les relations entre la science et la politique ont également changé. Mais la question de ces re­tombées se pose à tous, que nous soyons jour­nalistes, bioéthiciens, généticiens, historiens ou simples citoyens », conclut Amos Morris-Reich.


  • Dunkerque parie sur la gratuité des transports
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/29/dunkerque-parie-sur-la-gratuite-des-transports_5323090_3234.html

    A partir du 1er  septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise circuleront sans ticket.

    LE MONDE ECONOMIE | 29.06.2018 à 11h24 • Mis à jour le 29.06.2018 à 17h10 |
    Par Laurie Moniez (Lille, correspondance)
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    Lâcheront-ils leur voiture ? Le 1er septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise vont bénéficier des transports en commun gratuits. Terminé le ticket à 1,40 euro. Si une trentaine de communes françaises ont déjà fait ce choix (Niort, Compiègne, Gap, Porto-Vecchio…), Dunkerque devient la plus grande agglomération française à franchir le cap. En offrant la gratuité pour tous, résidents et extérieurs, la ville du Nord dépasse même à l’échelle européenne Tallinn, capitale de l’Estonie et ses 420 000 habitants, qui réserve cette gratuité à ses seuls résidents.

    Dans le Dunkerquois, territoire profondément lié à l’industrie, la qualité de l’air est un enjeu majeur. Près du port de Dunkerque, ArcelorMittal, considéré comme le plus gros pollueur industriel des Hauts-de-France, a rejeté pas moins de 2 930 tonnes de poussières en 2016, selon la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Un chiffre auquel il faut ajouter les 13,5 millions de tonnes de CO2 émises par le groupe sidérurgique dans le ciel dunkerquois, un triste record national.

    La Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) a donc fait le choix politique d’un grand projet d’aménagement urbain destiné à favoriser les circulations douces et les transports en commun : le plan DK’Plus. Depuis les années 1970, le réseau actuel avait peu changé et dans le Dunkerquois moins de 5 % des déplacements se font aujourd’hui en bus, contre 66 % pour la voiture, selon une étude publiée en 2015. Avec une nouvelle flotte de bus aux couleurs vives, équipés progressivement du Wi-Fi, aux sièges rénovés, et aux horaires élargis en soirée chaque week-end, la CUD espère convaincre les Dunkerquois de laisser leur voiture au garage.

    Baisse des incivilités

    En attendant, les habitants ont subi pendant vingt-deux mois « l’un des plus gros chantiers des cinquante dernières années », explique Damien Carême, vice-président de la CUD et maire de Grande-Synthe. Le résultat, c’est un nouveau réseau permettant plus de fluidité grâce aux voies dédiées et aux feux prioritaires. « Avec les transports en commun, vous ne serez plus en retard au boulot ou au lycée », assure M. Carême. Surtout, les usagers vont découvrir des lignes plus simples à utiliser, davantage d’arrêts, une fréquence plus importante en zone dense avec de meilleures connexions entre les lignes… Désormais, 83 % de la population sera située à moins de 300 mètres d’un arrêt de bus.

    La gratuité proposée à titre expérimental uniquement le week-end depuis 2015 a permis de constater une hausse de fréquentation de 30 % le samedi et de 80 % le dimanche. « Et les incivilités ont chuté de 60 %, précise le président de la CUD et maire de Dunkerque Patrice Vergriete (divers gauche), balayant ainsi un préjugé sur la gratuité. Les chauffeurs disent qu’ils découvrent une nouvelle clientèle, qui dit bonjour. »

    Pour le financement, la CUD a fait des choix. Elle a abandonné, en 2014, le projet de son précédent président qui rêvait d’une nouvelle salle de sports et de spectacles de 8 000 places, estimée à 180 millions d’euros. « Cette Arena était inutile, indique M. Vergriete. Pour les travaux du DK’Plus, nous avons investi 60 millions d’euros et 5 millions d’euros pour les études. » Une somme financée par le VTA (versement transport additionnel), une taxe sur les entreprises du secteur qui avait été augmentée de 0,5 point en 2011 pour financer la fameuse Arena.

    « Cohésion sociale »

    En intégrant le manque à gagner de 4,5 millions d’euros sur les recettes de billets, le surcoût d’exploitation du nouveau réseau gratuit est de 8,9 millions d’euros, pour atteindre 42,9 millions d’euros. Ce montant est financé aux deux tiers par le VTA et le solde par le budget général de la CUD. Les élus promettent donc qu’il n’y aura pas de hausse des impôts.

    « Le coût de cette mesure est compensé par ses effets positifs, garantit le maire de Dunkerque. Cela permet de rendre du pouvoir d’achat, c’est favorable à l’environnement, c’est un enjeu de cohésion sociale, et ça rend les personnes plus mobiles. »

    Ce schéma pourrait-il être transposé à d’autres villes ? « Je ne suis pas là pour faire la leçon aux élus locaux, prévient M. Vergriete. C’est vrai que nous sommes regardés de près car beaucoup disaient que c’était impossible à réaliser dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants. » Le maire de Dunkerque regrette que ce débat de société soit pollué par les « arguments fallacieux » avancés par d’autres collectivités, à commencer par le fait que ce qui est gratuit aurait moins de valeur. « Les arguments du débat en France sont assez minables », balaye-t-il avant d’annoncer que les 3 et 4 septembre se tiendront dans sa commune les premières rencontres des villes du transport gratuit. Parmi les tables rondes, chercheurs et maires de Tübingen (Allemagne), Tallinn (Estonie), Châteauroux ou Niort, reviendront sur les effets de la gratuité des transports en commun dans leurs villes. Les impacts environnementaux seront également abordés.

    #gratuité_des_transports #municipalité



  • Union européenne. Des États font pression pour obtenir un assouplissement des règles sur l’exportation d’équipements de surveillance vers des pays portant atteinte aux droits humains
    https://www.amnesty.fr/presse/union-europenne-des-tats-font-pression-pour-obteni

    Neuf États membres de l’Union européenne (UE) tentent de bloquer les mesures visant à limiter les exportations d’équipements de surveillance vers les régimes répressifs, cette initiative rétrograde représentant une menace pour les droits humains à travers le monde, ont déclaré le 11 juin Access Now, Amnesty International, Privacy International et Reporters sans frontières (RSF). Un document de positionnement transmis aux médias révèle que Chypre, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, la Pologne, (...)

    #FinSpy #écoutes #exportation #sécuritaire #activisme #journalisme #web #surveillance #RSF #Amnesty #PrivacyInternational (...)

    ##AccessNow


  • Les #arts dans les #pays_baltes avant et après leur indépendance - 26 avril 2018 - Le Journal des Arts - n° 500

    https://www.lejournaldesarts.fr/expositions/les-arts-dans-les-pays-baltes-avant-et-apres-leur-independance-1373

    Le Musée d’Orsay célèbre le centenaire de la constitution en État indépendant de l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie en montrant les artistes symbolistes baltes qui témoignent de ce tournant du XXe siècle.


  • L’UE propose une enveloppe de 20 milliards d’euros pour la Défense dans son budget RTBF avec Agences - 29 Avril 2018
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_l-ue-propose-une-enveloppe-de-20-milliards-d-euros-pour-la-defense-dans-

    L’union européenne de la Défense se concrétise financièrement avec une dotation conséquente de près de 20 milliards d’euros dans le projet de budget préparé par la #commission_européenne pour la période 2021-2027, selon des documents de travail vus par l’AFP.


    Sans surprise, le #fonds_européen_de_défense se taille la part du lion avec une dotation pour l’ensemble de la période de 7 milliards pour l’industrie de la défense et une autre de 3,5 milliards pour la recherche et le développement conjoints de technologies et d’équipements.

    Une seconde enveloppe de 6,5 milliards d’euros est consacrée à la #mobilité #militaire en Europe. L’espace n’est pas en reste avec un financement programmé de 13 milliards d’euros pour les systèmes de navigation par satellites #Galileo et #EGNOS.

    « Cela correspond exactement à ce qui est annoncé depuis le lancement du Fonds de Défense avec une dotation de 1,5 milliard d’euros par an », a déclaré à l’AFP l’eurodéputé français Arnaud Danjean, spécialiste des questions militaires.

    Le Fonds doit permettre de financer des projets montés en coopération, a souligné M. Danjean.

    La dotation pour la mobilité vise pour sa part à renforcer les capacités logistiques avec des #infrastructures routières et ferroviaires utilisables pour déplacer des unités et des équipements militaires de l’#Italie à la #Pologne, de la #France à l’#Estonie.

    « Tout cela relève du symbole plus que d’une capacité crédible », a toutefois jugé sous couvert de l’anonymat un eurodéputé membre de la commission des budgets.

    Économies
    L’objectif de l’#union européenne est de se renforcer en tant qu’acteur mondial, mais également de se préparer à un éventuel désengagement des Etats-Unis. 

    L’effort financier demandé est aussi justifié par les économies potentielles. « En procédant à des acquisitions communes, nous pouvons économiser près d’un tiers des dépenses actuellement consacrées à la Défense », soutient le président de la commission européenne Jean-Claude_Juncker.

    « L’UE compte actuellement 178 systèmes d’armes différents contre 30 seulement aux Etats-Unis », se plait-il à rappeler.

    « Lorsque les chefs d’Etat et de gouvernement déclarent que l’Europe doit à l’avenir se mobiliser encore plus fortement pour protéger la population et assurer sa sécurité, ils doivent traduire leurs paroles en actes, répondre aux questions par des moyens financiers concrets », _ a estimé M. Juncker en février.

    Compétence des états membres, la défense est un poste budgétaire nouveau dans le #budget_européen. Aucun euro n’avait été budgétisé pour la mobilité militaire sur l’exercice 2014-2020 et la dotation du fonds européen de défense était de 590 millions d’euros.

    #guerre #infrastructure_de_transport européenne en état de délabrement #impôts #budget


  • « Dictionnaire insolite des pays baltes » par Marielle Vitureau - [Lettonie-Francija]

    Une surprenante aventure alphabétique entre Estonie, Lettonie et Lituanie

    Marielle Vitureau, journaliste, vit en Lituanie depuis près de vingt ans. Colporteuse de sons, elle couvre les pays baltes pour RFI, Radio France, Courrier International et d’autres médias. Elle est l’auteure d’une carte sonore de Vilnius et du livre « Les Lituaniens » (2015). Son nouveau « Dictionnaire insolite des pays baltes » est maintenant en librairie : Un vrai voyage entre Estonie, Lettonie et Lituanie.

    Marielle Vitureau sera présente le dimanche 27 mai 2018 de 12:30 à 13:45 au Musée d’Orsay pour présenter son livre et échanger avec le public.

    « Un voyage dans les pays baltes »

    Ces premiers mots, ouvrent une aventure alphabétique surprenante racontée en Estonie, Lettonie et Lituanie, par Marielle Vitureau.

    Mes curiosités baltophiles m’ont amené à questionner la journaliste qui vit en Lituanie depuis près de vingt ans, à propos de cette collection de surprises rassemblées dans le « dictionnaire insolite des pays baltes ».

    Quand nous avons conversé par téléphone entre Lituanie et Francija, je n’avais pas encore lu une seule ligne de son ouvrage qui était alors sous presse.

    Marielle a eu la gentillesse de nous partager quelques surprises lors d’un entretien téléphonique : Entrons quelques instants dans cette insolite collection de mots ...

    https://soundcloud.com/user-613668453/marielle-vitureau-raconte-son-dictionnaire-insolite-des-pays-baltes

    Pour découvrir les trois pays en naviguant agréablement parmi les mots, l’histoire, la géographie, la culture, les personnages réels ou imaginaires, et quelques autres surprises insolites amusantes, vous pouvez lire cet ouvrage au gré de vos envies, en commençant par la page qui vous attire.

    Marielle Vitureau démarre son dictionnaire sur un grand sourire avec Ačiū . Ce petit mot lituanien prononcé « atchiou » fait penser au compagnon de Blanche-neige qui serait d’origine balte. Car Balta le mot letton se traduit par blanc, couleur de la neige qui recouvre les trois pays. Première surprise confiée par l’auteure, ce terme Ačiū incontournable en Lituanie, comme paldies en Lettonie, aitäh ou tänan en Estonie, est le mot pour dire Merci, comme la chanson qui représente la France à l’Eurovision 2018.

    Avant de poursuivre votre aventure parmi les mots, faites un grand saut à la page ....

    Lire la suite

    Lire la suite : https://www.lettonie-francija.fr/dictionnaire-insolite-des-pays-baltes-par-marielle-vitureau-1552?l

    #Estonie, #Lettonie #Lituanie #pays_balte #Marielle_Vitureau #dictionnaire_insolite


  • Les âmes baltes

    Très beau documentaire sur les pays baltes (Culture, peinture, chants et symbolisme). Le film est magnifique, simple, sobre et fort.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078723-000-A/les-ames-baltes

    Intéressant aussi de voir que leur président·es sont musicologues, ou psychologues et expert en poésie... Ça me fait rêver pour la France (où on a des banquiers prédateurs ou des énarques condescendants et arrogants), mais bon.

    lors que les trois pays baltes célèbrent les 100 ans de leur indépendance, ce beau documentaire montre comment les musiciens, les poètes et les peintres ont fait revivre des mythes fondateurs pour que germe dans leurs peuples un sentiment d’appartenance commune.

    En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, les Empires russes et allemands sont démantelés. Les trois petits territoires des rives de la Baltique, qui vont devenir la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, s’émancipent de la domination de leurs écrasants voisins : après des siècles d’occupation et d’asservissement, ils obtiennent, enfin, leur indépendance. Mais il ne suffit pas d’un traité pour acter de la naissance d’une nation : il lui faut une identité et une culture qui soudent ses communautés en un tout cohérent.

    Immersion à la fois historique et artistique, ce film nous entraîne à la découverte des œuvres qui ont contribué, à partir du milieu du XIXe siècle, à faire naître le sentiment national chez les Baltes. Comment les musiciens, les poètes et les peintres, influencés par le romantisme européen, ont-ils fait revivre des mythes fondateurs pour que germe dans leurs peuples un sentiment d’appartenance commune ? Nourri d’archives rares et d’éclairages d’experts, parmi lesquels Rodolphe Rapetti, commissaire général de l’exposition qui se tient au musée d’Orsay (Âmes sauvages – Le symbolisme dans les pays baltes), l’historien Julien Gueslin, et de nombreux spécialistes baltes de l’art, ce documentaire passionnant met en lumière l’importante contribution des artistes baltes à l’émancipation politique de leur nation.

    #pays_baltes #documentaires #art #peinture


  • Les profondeurs de l’âme balte en Europe : Exposition au Musée d’Orsay du 10 avril au 15 juillet 2018 - [Lettonie-Francija]

    #LV100 - Centenaire des Républiques Baltes

    L’exposition « Symbolisme dans l’Art de la Baltique » du 10 avril au 15 juillet 2018 au Musée d’Orsay, est l’un des plus grands événements internationaux marquant le centenaire des trois pays baltes en 2018. Cette exposition présente au public « l’âge d’or » de l’art balte à travers 150 œuvres - peintures, pastels, graphiques, lithographies, sculptures des années 1920 aux années 1980.

    L’art balte révèle à l’Europe son haut niveau professionnel, faisant partie intégrante de la scène artistique européenne de l’époque de la formation des trois états indépendants : l a Lettonie, la Lituanie et l’Estonie.

    « Âmes sauvages - le symbolisme dans l’Art de la Baltique »
    Du 10 avril au 15 juillet 2018 au Musée d’Orsay à Paris, C’est une exposition internationale, accompagnée de conférences, de Visites-conférences, Concerts en famille, Concerts baltes, Curieuse nocturne Fête du Solstice ...

    Inauguration le 9 avril sous le haut patronage de
    Madame Kersti Kaljulaid, Présidente de la République d’Estonie,
    Madame Dalia Grybauskaitė , Présidente de la République de Lituanie,
    Monsieur Raymonds Vejonis , Président de la République de Lettonie,
    Monsieur Emmanuel Macron , Président de la République française,

    Commissaire général Rodolphe Rapetti, conservateur général du Patrimoine, directeur des Musées nationaux ; Commissaire Béatrice Avanzi, conservateur au musée d’Orsay

    L’exposition est organisée à Paris par
    les Musées d’Orsay et de l’Orangerie,
    le Musée national des Beaux-Arts de Lettonie à Riga,
    le Musée d’Art d’Estonie à Tallinn,
    le Musée d’Art de Lituanie à Vilnius et le Musée National des Beaux-Arts M.K. Ciurlionis de Lituanie à Kaunas,
    avec le soutien des Ministères de la Culture d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie.
    et les bureaux de Célébration du Centenaire d’Estonie, Lettonie et Lituanie.

    « Le symbolisme dans l’art balte » sera la première exposition avec laquelle le musée d’Orsay inaugurera officiellement son rez-de-chaussée rénové, informe Béatrice Avanzi, conservatrice de l’établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie.

    .../...

    L’exposition sera la plus grande manifestation de la culture balte à Paris depuis 1937, lorsque la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie ont participé à l’Exposition internationale d’art et de technologie de Paris avec l’exposition conjointe des arts décoratifs. 81 ans plus tard, en 2018, l’exposition symbolique lancera "La saison baltique" à Paris, avec une série de concerts, de séminaires, de spectacles pour marquer le centenaire de la Lettonie, de l’Estonie et de la Lituanie.

    .../...

    Lire les précisions sur la plus grande exposition de la culture balte à Paris : https://www.lettonie-francija.fr/expo-profondeur-ame-balte-paris-Musee-Orsay-1399?lang=fr

    #Lettonie, #Lituanie, #Estonie, #art, #baltique, #exposition, #âme-balte, #culture, #balte, #musée_d_Orsay, #saison_baltique, #symbolisme,


  • La cléricalisation des pays de l’Est Nina Sankari - 24 Mar 2018 - Investig’Action
    https://www.investigaction.net/fr/la-clericalisation-des-pays-de-lest

    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques. Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État.
    Remarques préliminaires
    J’utilise des informations trouvées dans des publications diverses comme : articles, rapports et analyses en provenance aussi bien de centres académiques comme Research Gate ou Academia et de différents sites gouvernementaux ou spécialisés dans ces thématiques que de sites des ONG etc. L’information ne manque pas. Mais si on regarde de plus près, on peut noter certains déficits :
    1. La plupart des informations sont fournies par les institutions et centres religieux représentant un intérêt religieux.
    2. Même les sources qui se disent neutres ou objectives sont souvent financées par des institutions favorisant la religion (ex. PEW Research Centre) et par conséquent l’objectivité de leurs publications est discutable.
    3. Les deux groupes de sources analysent volontiers la religiosité des populations (quelle que soit la fiabilité des statistiques présentées), mais les politiques concrètes des États qui sont à l’origine du processus de cléricalisation sont absentes de l’analyse.
    4. Il est extrêmement difficile de trouver des chiffres sur le financement des Églises par des États.

    Dans cette situation, pour présenter le processus de cléricalisation des pays de l’Est, j’ai choisi des critères d’analyse suivants :
    1. Le passé clérical « pré-communiste » comme facteur facilitant la cléricalisation.
    2. Les relations Église – État actuelles dans les lois : Constitution, Concordat, loi sur l’éducation, sur le financement de l’Église par l’État et loi blasphème.
    3. Les droits reproductifs des femmes.
    En face d’un nombre écrasant de publications représentant la voix religieuse, je salue l’œuvre de l’IRELP qui apparaît comme une rare organisation à mener la recherche dans le camp opposé à la cléricalisation des pays de l’Europe et du monde.

    Les Églises – les vrais vainqueurs de la transition qu’on a appelée « démocratique »
    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques.

    Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État. Les pays déclarés athées, avec des institutions religieuses dominées autrefois par l’État, sont entrés sur la voie de la cléricalisation de la vie politique, socio-économique et culturelle. Cette cléricalisation se réalise dans tous ces pays par l’alliance du trône et de l’autel, une alliance entre l’institution religieuse dominante du pays et la droite (aussi bien conservatrice que populiste). Ce n’était pas ce que beaucoup d’habitants de la région avaient espéré. Le rôle accru de l’Église détruisant dès le début les libertés démocratiques (liberté de conscience, de parole, d’expression dans les medias, l’art et la science) et les droits humains, les droits des femmes en première place.

    La reconstruction du modèle clérico-national ou #national-fasciste
    Dans tous les pays de la région, les attaques des institutions religieuses contre le modèle laïque se multiplient, quelle que soit la religion imposée. L’Église catholique, très active dans la de-sécularisation de la région, est le vrai vainqueur de ce changement et on pourrait lui attribuer un rôle dans la modification de la carte de l’#Europe. Il faut noter aussi un effort constant de la part des autorités religieuses de lier la religion au nationalisme (appelé #patriotisme).
    L’Église catholique y excelle particulièrement bien. Un bon Polonais (Slovaque, Croate, Hongrois ou Slovène) c’est un bon catholique. Par contre, un #athée est un traître à la patrie. « Un Polonais c’est un catholique, l’exception, c’est un juif », disait déjà au début des années 90 le #cardinal_Glemp. La deuxième partie de cette constatation semble d’ailleurs ne plus être d’actualité. Ne parlons pas des athées, mais que sont alors les #protestants, les #orthodoxes, les #musulmans (descendants des Tartars vivant en Pologne depuis des siècles) ? En cherchant leur identité dans le passé de « l’indépendance » de l’ère pré-communiste, les pays de la région la trouvent souvent dans le passé fasciste. Par exemple dans la Slovaquie du Père Tiso, en Roumanie sous la Garde de fer, dans la Croatie de Pavelic ou dans la Hongrie d’Horthy.

    Pour illustrer cette thèse, prenons l’exemple de la Slovaquie et de son divorce « de velours » avec la Tchéquie. Pendant sa visite, un an avant l’accession de la Slovaquie à l’Union européenne, le pape Jean-Paul II a dit : « Dans un proche avenir, votre pays deviendra membre à part entière de la Communauté européenne. Chers et bien aimés, apportez à la construction de la nouvelle identité de l’Europe la contribution de votre riche tradition chrétienne ! » Appelant les Slovaques à être les soldats de la « bataille pour l’âme de l’Europe », il les a invités à aider à « ré-évangéliser un continent laïc à partir de l’Est ». Mais pour cela, le Vatican avait besoin de séparer la #Slovaquie de son partenaire moins favorable à la cléricalisation – la #Tchéquie fortement athéisée. Après la « révolution de velours » à la fin de 1989, la Slovaquie était à la recherche de son passé en tant que nation indépendante. Elle l’a trouvé : l’État slovaque fasciste de 1939-1945 du Père Tiso. 

    De même en #Croatie, où la mobilisation nationale-catholique tout au long des années 90 était énorme et continue à l’être aujourd’hui, même si elle se concentre sur d’autres sujets (lutte contre les droits des femmes, droits des personnes #LGBTQ, éducation laïque etc.), cette mobilisation supposait l’écriture d’une nouvelle version de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (comme d’ailleurs dans d’autres pays de la région), réhabilitant les #oustachis comme des « patriotes » anticommunistes. De nouveau, ce phénomène trouvera l’appui de #Jean-Paul-II dont les voyages apostoliques en Croatie provoqueront une euphorie catholico-patriotique, surtout son voyage de 1988, marqué par la béatification de Mgr Alojzije Stepinac, l’Archevêque de Zagreb durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le processus de sa canonisation a été arrêté suite à de nombreuses protestations, dont celle des intellectuels et celle de l’Église orthodoxe serbe qui s’est opposée avec virulence à la canonisation de #Stepinac considéré par les Serbes comme un criminel de guerre impliqué dans le régime fasciste des Oustachis.

    En Pologne, la situation historique est différente, étant donné que les autorités pendant la période de la Sanacja (gouvernement d’« assainissement » national de Pilsudski) ont réussi à délégaliser le Camp national radical fasciste en 1934 et à le détruire avant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, la Pologne réécrit son histoire aussi, en glorifiant les « soldats maudits » comme des héros nationaux (soldats d’extrême droite qui vont combattre les Allemands et les Soviétiques). À partir de l’année 2011, le 1er mars est devenu une fête nationale en #Pologne, pour célébrer le souvenir des soldats de cette résistance clandestine anticommuniste. Cependant, ce souvenir oublie la brutalité inouïe avec laquelle ils ont tué des milliers d’hommes et de femmes, et des centaines d’enfants. Beaucoup d’entre eux ont eu le seul malheur d’être juifs, biélorussiens, ukrainiens ou slovaques. L’Église polonaise participe aux messes célébrées à leur intention. Et le bras de fer du nationalisme catholique polonais, le Camp national radical, délégalisé en 1934 par Pilsudski, a été à nouveau légalisé au nom de la démocratie en 2002.

    Relations Église – État dans les pays “post-communistes”
    Aujourd’hui, le niveau d’ingérence religieuse dans la sphère publique diffère selon le pays, la Pologne étant le leader indiscutable de la cléricalisation, un pays où l’Eglise catholique domine l’État. Par contre, la République tchèque est un vrai « cancre » car la population y reste majoritairement athée (Tableau 1)
    Tableau 1 : Relations Église – État dans les pays “post-communistes” membres de l’UE


    Slovaquie : Traité sur la clause de conscience rejeté

    Si on regarde la première colonne, tous les pays « ex-communistes » (à l’exception de la Pologne) ont la séparation de(s) Église(s) et de l’État ou la « laïcité » (le sécularisme) ou la neutralité qui sont inscrites dans la Constitution. En ce qui concerne la Pologne, les évêques polonais se sont opposés à ce que le terme “séparation” ou “laïcité” ou “neutralité de l’État” soient inscrits dans la #Constitution de 1997. Il a été remplacé par le terme d’autonomie mutuelle, ce qui ne peut être interprété autrement que la perte par l’État de sa souveraineté, réduite désormais à l’autonomie. Mais il serait faux de penser que dans tous les autres cas, la Constitution garantit le caractère laïque ou neutre de l’État. Par exemple, en Lituanie, la Constitution parle du caractère laïc de l’éducation publique uniquement (ce qui n’empêche pas d’avoir des cours de religion à l’école). La Slovaquie ou la Slovénie ont le sécularisme inscrit dans la Constitution, mais cela ne les empêche pas non plus d’organiser des cours de religion à l’école publique ou de financer les Églises.

    Ce qui compte le plus, c’est la colonne 4 sur le concordat. Parce que si le concordat (ou les concordats ou autres accords avec le Vatican) est signé, le caractère laïque de l’État, même formellement déclaré dans la Constitution, devient une constatation dépourvue de sens. Et parmi tous les États « ex-communistes » membres de l’UE, seule la Tchéquie n’a pas signé un tel accord et n’a toujours pas réglé la question des restitutions de nombreux biens ecclésiastiques confisqués par le régime précédent. En 2002, Prague a signé un tel accord avec le Vatican mais cet accord a été rejeté par le Parlement, la pomme de discorde reste toujours le problème des restitutions des biens de l’Église. L’ex-dissident et président à l’époque, Vaclav Havel, s’en est plaint : quarante ans de communisme et vingt ans de consumérisme ultralibéral ont fait de ce pays “la première société réellement athée sans ancrage moral”.

    Et c’est là en partie que réside le problème de la cléricalisation galopante dans les pays de l’Est. Elle se fait avec le consentement des élites politiques et intellectuelles, le plus souvent de droite mais de gauche aussi. Dans les années 90, on voyait tous les jours le Premier Ministre polonais Oleksy, dirigeant de l’Alliance de la Gauche Démocratique, agenouillé inlassablement à l’église et le Président Aleksander Kwaśniewski légitimait son pouvoir en se promenant avec Jean Paul II dans sa papamobile. L’icône de l’opposition démocratique en Pologne, Adam Michnik, affirmait à plusieurs reprises dans ses longs articles qu’il n’y a pas d’autre morale pour un Polonais que la morale catholique. Une autre icône, le professeur Karol Modzelewski a refusé de signer la liste des athées et #agnostiques en Pologne (montrer le support à un coming out est difficile) par obligation de « défendre la substance de la science en Pologne ». Les intellectuels polonais n’ont pas eu ce réflexe de leurs collègues croates de protester contre la glorification de bourreaux des Soldats Maudits. Ce n’est que maintenant que les élites polonaises se réveillent quand le pouvoir autocratique pour lequel ils ont pavé le chemin menace leur position.

    Les femmes – les grandes perdantes de la transformation
    En général, dans les pays de l’Est au début de la transformation démocratique, les femmes disposaient librement de leur corps. L’IVG, à l’exception de la Roumanie, était légal et gratuit. Due à un niveau technologique bas, la contraception a été succincte mais accessible. Dans certains pays il y avait des cours d’éducation sexuelle à l’école. Sous pression des institutions religieuses, leurs droits se trouvent attaqués ou détruits. Le droit à l’IVG étant un critère symbolique du droit de la femme à l’autodétermination, le tableau 2 montre la situation de l’IVG dans les pays « #ex-communistes ». 

    Si dans la plupart de pays de l’Est membres de l’UE, à l’exception de Pologne, l’IVG reste légale, les tentatives d’y restreindre l’accès se multiplient dans tous les pays. Cela concerne même la Roumanie, le seul pays de ce groupe où les femmes ont gagné les droits reproductifs après la chute du régime de Ceaușescu. Des restrictions se font souvent par la barrière économique (ex. Estonie) ou l’IVG, donc l’avortement à la demande, de la femme est légal mais coûte cher. Dans la plupart des pays il y des restrictions pour les mineures qui doivent se présenter avec leurs parents. Un autre problème concerne l’instauration de consultations médicales obligatoires pour recevoir l’autorisation. Les tentatives les plus graves visant à restreindre ou détruire ce droit viennent de l’Église catholique (Slovaquie, Lituanie, Croatie, Slovénie). La Pologne constitue un exemple #morbide d’un pays où l’Église traite les droits des femmes comme son #butin_de_guerre et où l’IVG est interdit. Mais même dans les cas prévus par la loi (danger pour la vie et la santé de la mère, du #fœtus et en cas d’un rapport sexuel criminel), on refuse dans les faits aux femmes la possibilité de pratiquer l’avortement. Seuls les projets visant à restreindre encore plus ou à interdire complètement l’avortement sont pris en considération par le Parlement actuel. Le leader du parti Droit et Justice est allé jusqu’à exiger qu’une femme porte une grossesse avec l’enfant non-viable juste pour pouvoir le baptiser.

    Table 2. L’avortement dans les pays “post-communistes” membres de l’UE

    Conclusions
    La chute du mur de Berlin a eu de multiples conséquences, entre autre, la disparition du monde bipolaire. Comme le camp « ex-communiste » était, du moins en théorie, basé sur la philosophie matérialiste et formellement dirigé par des athées qui voyaient – à juste titre – les institutions religieuses comme des ennemis du système, celles-là ont pris leur revanche après le changement dit démocratique. Mais les institutions religieuses, par définition antidémocratiques et alliées à la droite conservatrice, n’ont pu que cheminer vers la destruction des libertés civiles, des droits humains et le démontage de la démocratie. L’intelligentsia de la région, désireuse de devenir la classe moyenne, a abandonné les peuples et trahi les femmes, en pavant le chemin aux régimes non démocratiques ou d’une démocratie “illibérale” (terme inventé par Orban). Le processus de la désécularisation et de cléricalisation successive menace non seulement cette région mais en fait l’Europe entière. L’éducation soumise à la pression religieuse vise à produire des citoyens et citoyennes incapables de développer une pensée critique. Une solidarité internationale des libres penseurs s’impose plus que jamais pour pouvoir contrer les politiques liberticides. Nous avons aussi besoin de renforcer notre efficacité concernant l’augmentation de nos capacités à mener des recherches, produire des analyses et les promouvoir.
     
    Conférence de Nina Sankari à l’IRELP (Institut de Recherche La Libre Pensée) http://www.irelp.fr

    #église #Athéïsme #état #liberté #Démocratie #capitalisme #religiosité #statistiques #cléricalisation #pré-communisme #post-communisme #Education #Constitution #Concordat #blasphème
    #femmes #féminisme #sexisme #racisme #culture_du_viol #travail #viol #violence #histoire #droits_des_femmes #avortement #ivg #misogynie #union_européenne #pape #mur_de_berlin


  • Eolane Roncq : 125 salarié.es dans le vent
    http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/990-eolane-roncq-125-salarie-es-dans-le-vent

    Eolane est un fabricant de matériel électronique. Implanté en France, en Chine, au Maroc, en Estonie et en Allemagne, le groupe crie cocorico et se présente comme « leader français des services industriels en électronique et solutions connectées ». Parmi ses clients, la crème de l’industrie : Thalès, Safran, EADS ou encore Rolls Royce. Son président, Paul Raguin, se revendique sur le site de la boîte de La légende du colibri initiée par Pierre Rabhi, arnaque langagière qui, selon le boss « privilégie les solutions locales, qui sont en prise sur le réel et le terrain, par opposition aux solutions globales qui génèrent un grand désordre qui nous dépasse. […] Alors, Eolane sera une entreprise constituée de personnes exemplaires où il sera possible de travailler ensemble dans la joie. (...)

    #En_vedette #Lutte_des_classes


  • Paris : Hidalgo réfléchit à la gratuité des transports en commun
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/regions/0301455572968-paris-hidalgo-reflechit-a-la-gratuite-des-transports-en-commu

    Le débat sur la gratuité des transports a été relancé en février par Berlin qui a proposé à la Commission européenne de la tester dans cinq villes allemandes, afin d’échapper à une amende sur la réglementation européenne sur la qualité de l’air. En France, le Groupement des autorités responsables de transport (GART) a identifié une vingtaine de collectivités l’ayant adopté. L’an dernier, Niort a rendu l’accès libre à ses 120.000 habitants. L’intercommunalité d’Aubagne assure avoir fait tripler le trafic de ses bus depuis 2009 grâce à cela. Compiègne le fait depuis quarante ans. Tallinn en Estonie serait la seule capitale la pratiquant, depuis 2013.
    Deux questions clefs

    Dans les villes moyennes, le financement est généralement assuré à moitié par le versement transport (VT) dont s’acquittent les entreprises de plus de 9 personnes. En Ile-de-France, les particuliers ne financent que 28 % des 10 milliards d’euros de budget d’Ile de France mobilité (ex-Stif), 60 % venant du VT. Les entreprises remboursent par ailleurs la moitié du Navigo de leurs employés.

    La gratuité pose donc deux questions clefs : comment financer les 28 % manquants ? Et à quel point inciterait-elle aussi les derniers Parisiens recourant à leur voiture intramuros à s’en passer ?

    #blabla_gratuit parce que les représentants politiques se gargarisent de la primeur d’un débat commencé il y a 50 ans … mais toujours ravis d’en reporter encore la décision

    #transports_gratuits #ratp #journalisme


  • Mercenaires russes : « C’est une catégorie de gens qui ne peuvent pas vivre sans la guerre » - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/03/12/mercenaires-russes-c-est-une-categorie-de-gens-qui-ne-peuvent-pas-vivre-s

    Un chef de guerre qui collabore avec la principale société de mercenaires russes témoigne sur leur présence en Syrie et justifie que les corps ne soient pas rendus aux familles. Un problème qui pourrait être réglé après la réélection de Poutine, dimanche prochain.

    Attirés par des salaires dix fois supérieurs à ceux des régions reculées de #Russie dans lesquelles ils vivent, des combattants désœuvrés, souvent vétérans des guerres du Donbass, de Tchétchénie ou d’Afghanistan s’enrôlent comme mercenaires pour combattre là où l’armée régulière russe ne peut pas apparaître. L’un des chefs recruteurs collaborant avec le groupe Wagner, principale société militaire privée, raconte à la correspondante de France 24 en Russie le fonctionnement de ces missions couvertes par le secret d’Etat. Car il faut cacher l’existence de ces entreprises illégales en Russie, les contrats signés avec elles par les compagnies pétrolières liées au Kremlin et la mort des combattants #mercenaires à leurs familles. Autant de petits cailloux dans la chaussure de Vladimir Poutine à quelques jours de sa réélection.

    Quel est le but principal de la présence de Wagner en Syrie ?
    C’est une lutte pour le régime d’Al-Assad. Une lutte pour le pétrole, pour gagner de l’argent. La raison d’être d’une société militaire privée, c’est de faire du profit. Ensuite, défendre les intérêts d’un Etat là où il ne peut pas faire usage de son armée régulière. Ce qui se passe en Syrie, d’un côté, c’est un combat contre le terrorisme mondial représenté par l’Etat islamique, et de l’autre, un engrangement de bénéfices au profit de notre pays, pour que la Russie puisse s’emparer d’un énorme marché de ressources pétrolières. Il faut lui en offrir le contrôle. J’estime que c’est juste. Cette guerre, ce n’est pas nous qui l’avons commencée, mais c’est à nous de finir le travail.

    Pourquoi est-ce secret ? La Russie mène pourtant ouvertement une opération aérienne et maritime en Syrie, alors pourquoi cacher l’opération au sol ?
    Parce qu’il s’agit avant tout d’intérêts commerciaux. Vous avez vu le battage médiatique que ces pertes de troupes au sol ont provoqué ? Et s’il s’était agi de troupes régulières ? Si les Etats-Unis avaient frappé l’armée russe au sol ? Qu’est-ce qu’on aurait ? Une troisième guerre mondiale.

    Wagner est-elle la seule société militaire privée en activité en ce moment ?
    Les premiers temps, on a vu apparaître d’autres entreprises de ce type en Russie. Mais elles ont vite été délogées du marché par Wagner. Il faut bien comprendre que pour survivre, n’importe quelle compagnie, n’importe quel business, a besoin d’un marché. Il y a eu quelques autres tentatives, mais la seule à avoir tenu et s’être développée, c’est Wagner, parce qu’elle a obtenu les contrats et qu’on l’a laissée entrer en Syrie.

    Comment est financée la société Wagner ?
    Elle signe des contrats avec les compagnies qui exploitent et raffinent le pétrole en Syrie pour la défense de leurs intérêts commerciaux. Pour ça, elle reçoit de l’argent. Sur le territoire syrien, les sociétés russes Lukoil et Gazprom Neft ont des usines. Mais Wagner travaille aussi avec des firmes étrangères. Engager Blackwater [SMP américaine qui s’est funestement illustrée en Irak, ndlr] - qui aujourd’hui, s’appelle autrement - ça coûte très cher. Notre entreprise militaire à nous coûte moins cher.

    Comment se passe la coopération avec le ministère russe de la Défense ?
    Le ministère de la Défense définit des objectifs de combat. Les mercenaires de Wagner agissent alors en tandem avec l’aviation russe, avec l’appui de l’artillerie, lors des missions communes. Mais, dans tous les cas, il y a une coopération. Ne serait-ce que pour l’aide matérielle. Le ministère de la Défense fournit aux mercenaires des armes, des munitions et des équipements. Mais cette coopération est hors la loi. Alors, officiellement, elle n’existe pas.

    Quand ils signent, est-ce qu’ils savent comment seront traités les corps… ou le fait que leurs familles seront laissées dans l’ignorance ?
    Si tu t’es enrôlé dans une société militaire privée, alors tu t’es vendu pour de l’argent à cette société. Elle peut t’utiliser comme bon lui semble. Tu n’as contractuellement pas le droit de désobéir. Ce qui va t’arriver après ta mort ? Tu seras réduit à l’état de viande hachée. Et les corps ? On les mettra dans un sac. On les scellera dans le zinc. On les enverra à la maison… dans le meilleur des cas. Dans le pire, on les enterrera sur place. Si tu n’as pas signé la clause comme quoi on ne doit rien dire à ta famille, on enverra de l’argent à tes proches avec un papier disant que tu es mort et enterré là ou là. Ou pas enterré du tout. Juste, « il est mort ». Tenez votre pognon.

    La société Wagner est-elle active dans d’autres pays à part la Syrie ?
    A l’étape suivante, on entrera probablement en Libye. Egalement pour combattre les terroristes et les extrémistes, ainsi que pour défendre les intérêts de notre pays. Il y aura peut-être aussi d’autres gens envoyés ailleurs en Afrique.

    Ce sont des informations vérifiées ou juste des rumeurs ?
    Vous comprenez, je ne peux pas vous dire que « Wagner » - le camarade Outkine - m’a appelé directement et m’a dit : « Frère, dans un an, on entre en #Libye ! » Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Mais lorsqu’on recrute des gens et qu’on les vaccine contre des maladies africaines, faut pas être con, on comprend tout de suite où ils vont être envoyés !

    Vous, quel est votre sentiment par rapport à Wagner et la guerre en Syrie ?
    Ma position est claire. Notre guerre, c’est le Donbass [région de l’est de l’Ukraine revendiquée par des séparatistes prorusses, ndlr].Mais à ceux qui doutaient de la guerre en Syrie, du genre « idéologiquement, ce n’est pas la nôtre, c’est une guerre pour le fric », je peux leur dire qu’après ce qui est arrivé, après que les Amerloques ont dégommé nos gars, on est prêts à y aller pour les obliger à rendre des comptes.

    Est-ce souvent que des volontaires pour partir en Syrie viennent vous voir ?
    Très souvent. Cinq à six personnes par semaine. Des jeunes, des vieux, qui ont de l’expérience au combat, d’autres qui n’en ont pas. Des cosaques et des civils. Ils cherchent à rejoindre la SMP. Ils me demandent ce qui les attend là-bas. Je leur explique brièvement, que personne ne va leur courir après pour leur torcher le cul : « Vous vendez vos acquis, vos atouts, votre vie. »

    Est-ce qu’en ce moment, les combattants qui reviennent de la guerre dans le Donbass et ne parviennent pas à s’adapter à la vie ordinaire représentent un gros problème ?
    Quelqu’un qui revient de la guerre a toujours du mal à s’adapter à la vie ordinaire. Parce que le type a fait la guerre pendant un an et demi, et quand il revient ici, où ira-t-il travailler ? Il sera agent de sécurité dans une supérette ? Où un jeunot de 18 ans à moitié bourré va lui expliquer la vie et le rabaisser ? Lui qui a pris l’habitude de régler tous ses problèmes en appuyant sur la gâchette, il a les mains qui le démangent. C’est une catégorie de gens, qu’on appelle les « hommes-guerre ». Ils ne peuvent pas vivre sans la guerre. La société militaire privée les attend.

    Quels sont les salaires mensuels des mercenaires ?
    Les premiers gars qui ont été recrutés, c’était en 2015 si ma mémoire est bonne, les salaires allaient jusqu’à 450 000 roubles par mois (6 500 euros). En ce moment, les gens reçoivent 150 000 roubles et plus (2 100 euros), en fonction des missions effectuées. Certaines divisions sont des divisions de combat. Elles ont pris part aux assauts sur Deir El-Zor et Palmyre.

    Est-ce que quelque chose va changer après ce combat ?
    Un recrutement a été lancé pour compenser les pertes. D’abord, on a besoin de gens pour les rotations. Après trois mois de conflit, une partie du contingent doit rentrer à la maison. Il faut les remplacer. Ensuite, il faut remplacer les morts. Et enfin, il faut grossir les troupes, parce qu’on gagne du territoire. En avril, 500 à 600 personnes seront recrutées à coup sûr.

    Quand doit-on rendre les corps aux familles ?
    Sans doute après l’élection présidentielle du 18 mars. Et encore, par étapes. Pas tout d’un coup. Il y aura des petites cargaisons. Si dans une région, il y a 5, 6, 8 morts, on les rendra par un ou par deux aux familles. Si on les rend, bien sûr. Cacher les pertes ? Aucun problème. Là-bas, tous les moyens de communication sont coupés. De plus, les gens signent des contrats comme quoi ils ne doivent rien divulguer à personne. S’il y a des fuites, ils ne toucheront pas leur salaire. Leurs familles ne toucheront pas de compensation non plus. C’est pourquoi tous garderont le silence.
    Elena Volochine

    #guerre