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  • Du bon usage des barbelés. Pourquoi la gauche éprouve tant de mal à admettre que les frontières tuent

    Dans une récente interview à la revue Ballast, le philosophe et économiste #Frédéric_Lordon aborde la question des #violences infligées aux migrantes et aux migrants en concluant qu’il est illusoire de lutter pour la #liberté_de_circulation. Lui plaide pour des frontières « plus intelligentes ». Au passage, il met en cause le journaliste indépendant Olivier Cyran, accusé de tenir sur le sujet des positions déraisonnables. Dans un contexte de forte mobilisation sociale et de vive confusion politique, ce dernier se saisit de cette perche pour questionner le rapport de la #gauche aux frontières et la stratégie périlleuse de sa principale composante, la #France_insoumise.

    Dans L’Homme qui n’a pas d’étoile, de King Vidor, il y a cette scène où un éleveur de bétail conseille au cow-boy solitaire joué par Kirk Douglas d’utiliser du fil de fer barbelé. En entendant ce mot, le héros se raidit, ses traits se durcissent. « Qu’est-ce qui ne va pas ? », demande l’éleveur. Et Kirk de lui répondre sèchement : « Je n’aime pas ça, ni celui qui s’en sert. »

    On repensait à cette réplique, l’autre jour, en voyant les images de soldats américains en train de dérouler sur les rives du Rio Grande des kilomètres de bobines de barbelé concertina – variante autrement plus redoutable, avec ses lames de rasoir conçues pour trancher jusqu’à l’os, que le gros barbelé à pointes inventé en 1874 par un fermier prospère de l’Illinois [1].

    C’est le même modèle qui borde la rocade menant au port de Calais, où il couronne un tentaculaire lacis de clôtures et de détecteurs à rayonnement infra-rouge. Dans le Pas-de-Calais, sa fonction consiste à stopper les saute-frontière et, s’ils insistent, à leur infliger des lacérations que les médecins sur place comparent à des blessures de guerre.

    Aux Etats-Unis, l’actuelle débauche de barbelés visait la « caravane des migrants », cette marche d’environ cinq mille personnes parties du Honduras début octobre à la recherche d’une meilleure vie dans le Premier monde. Les trimardeurs et les grandes voyageuses n’avaient pas encore atteint Mexico, à mille bornes du point frontière nord-américain le plus proche, que déjà Donald Trump dépêchait ses troupes à leur rencontre en annonçant, la bave littéralement aux lèvres, qu’elles avaient l’ordre de tirer dans le tas au premier jet de pierre – comme à Gaza, mais au Texas.

    Un spectre hante la gauche : le « No border »

    On s’est surpris à y repenser encore, par ricochets, en parcourant le très long entretien accordé à Ballast par Frédéric Lordon. Au cours de cet exercice en trois volets, consacré en sa partie centrale à valider la stratégie d’accès au pouvoir de la France insoumise, l’économiste hétérodoxe s’attaque entre autres à la question des migrantes et des migrants, en laissant entendre que les violences qu’ils et elles endurent feraient l’objet d’une attention excessive ou trop moralisante de la part d’une partie de la gauche.

    La « pensée militante » serait mieux employée à se fondre dans la « dynamique à gauche » incarnée avec prestance par Jean-Luc Mélenchon qu’à bassiner tout le monde avec nos histoires de barbelés, de duvets confisqués par la police et de centres de rétention qui débordent, puisque, souligne Lordon, « il ne devrait pas être nécessaire de dire qu’au premier chef, ce qui est insoutenable, c’est le sort objectif fait aux migrants. Car d’abord ce devrait être suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire. »

    Dans le champ de mines à fragmentation de la « vraie » gauche, la voix de Frédéric Lordon ne compte pas pour du beurre. Ses analyses sur la crise de 2008 ou sur le garrottage de la Grèce ont permis à des milliers de cancres en économie dans mon genre d’y voir plus clair sur le fonctionnement des banques, des institutions qui les gavent et des calamités qu’elles provoquent. Quand il passe à la débroussailleuse les fausses évidences du « système des prescripteurs » et raille leur « radicale incapacité de penser quoi que ce soit de différent », on boit volontiers du petit lait.

    Mais les efforts d’imagination qu’il mobilise pour concevoir des alternatives à l’ordre économique dominant ne paraissent plus de mise quand il s’agit des frontières. À rebours de la hardiesse qui l’avait conduit par exemple à appeler à la fermeture de la Bourse, Lordon prêche sur ce sujet la conservation de l’existant et sa répugnance pour les « No border », appellation qu’il s’abstient de définir, mais sous laquelle il semble ranger les quelques effronté.e.s qui, considérant la criminalité d’État instituée par les frontières, oseraient mettre en doute leur bien-fondé intrinsèque.

    Nous sommes quelques-uns en effet à considérer que les frontières physiques – non pas celles qui se volatilisent devant les capitaux et les marchandises, mais celles qui repoussent, blessent ou tuent les voyageurs sans visa au moyen d’un nombre toujours croissant de policiers, de garde-côte, de mercenaires, de fichiers d’empreintes digitales, de capteurs biométriques, de détecteurs de chaleur humaine ou de systèmes de surveillance satellitaire – ne constituent pas nécessairement l’horizon indépassable de la condition humaine, et qu’il y a lieu peut-être d’envisager leur démontage.

    Policiers à la cool et frontières intelligentes

    Chacun l’aura remarqué, ce point de vue n’occupe pas une place écrasante dans le débat public. S’il inspire un certain nombre d’actions militantes courageuses et salutaires, il ne bénéficie d’aucune espèce de visibilité dans le champ médiatique, politique ou intellectuel. En fait il n’est même jamais énoncé, encore moins discuté.

    D’où notre étonnement de voir Lordon s’en emparer brusquement pour s’efforcer de le disqualifier davantage, comme s’il y avait péril en la demeure. À ses yeux, remettre en cause la légitimité des frontières, c’est dégringoler tête en avant dans un « néant de la pensée » – le mien, en l’occurrence, puisque je me retrouve nommément visé dans ce passage.

    Les frontières, nous enseigne-t-il, ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont, point barre. Elles peuvent d’ailleurs « prendre des formes extrêmement variées, des plus haïssables [...] jusqu’à de plus intelligentes. » Comment s’y prendre pour améliorer le QI d’une clôture ou d’une patrouille de Frontex, Lordon ne le précise pas – c’est sans doute, là aussi, « suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire ».

    On se contentera de prendre pour acquis que les frontières intelligentes font de bien belles choses, qu’elles « encouragent même circulation et installation, mais n’abandonnent pas pour autant l’idée d’une différence de principe entre intérieur et extérieur ». On est ravi de la nouvelle et on voudrait bien les connaître, ces murs de qualité qui allient gentillesse et attachement aux principes éternels.

    En quoi elle consiste au juste, la « différence de principe entre intérieur et extérieur », Lordon ne le précise pas non plus, mais on ne jurerait pas qu’elle n’ait rien à voir avec ces quinze migrants qui viennent de mourir de faim et de soif à bord d’un canot qui dérivait depuis douze jours au large des côtes libyennes. Ou avec ce sans-papiers guinéen forcé par un agent de la Police aux frontières de Beauvais de se mettre à genoux et de lui lécher ses chaussures.

    Mais attention, nous avertit le philosophe : le problème viendrait surtout de ces énergumènes qui voudraient détruire les frontières et jeter le barbelé avec l’eau du bain. « C’est de la problématisation pour “On n’est pas couché” ou pour C-News. En matière d’institutions, “pour ou contre”, c’est la pire manière de poser les questions », décrète-t-il, et là encore, c’est mézigue dont les oreilles sifflent.

    Ses remontrances font suite à une série de remarques que j’avais postées sur le réseau Twitter, puis remises en ligne ici-même, en réaction épidermique [2] à diverses prises de position sur le sujet, y compris celles, en effet, de Frédéric Lordon, détaillées précédemment sur son blog et révélatrices à mes yeux du fond de sauce mélenchonien qui englue les synapses de la gauche.

    Le différend qui nous oppose sur la question des frontières le conduit, dans un autre passage de son interview, à se demander quelles substances je consomme lorsque j’écris mes trucs. C’est une question légitime. J’avoue m’être parfois posé la même à son sujet, moins pour ses idées que pour ses tournures de phrase sophistiquées, cette fameuse « Lordon’s touch » qui procure à ses lecteurs un mélange unique de ravissement et de maux de tête. On devrait peut-être s’échanger les 06 de nos fournisseurs.

    Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous »,
    dites « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous »

    En lui répondant ici, je me plie à un exercice inconfortable. Lordon est une figure de la vie intellectuelle française, chercheur au CNRS et auteur prolifique, dont la sphère d’influence est sans commune mesure avec celle d’un journaliste précaire qui place ses piges où il peut et ne se connaît pas d’autres compétences que de faire du reportage au ras du sol. Nous ne jouons pas dans la même catégorie. Rien qu’à l’idée d’écrire à la première personne, je baille nerveusement. Mais puisque Lordon me fait l’honneur de me rabrouer avec insistance, en m’attribuant le rôle de repoussoir au service de sa démonstration, prenons cela comme un cadeau et profitons-en pour tâcher de tirer les choses au clair.

    Comme dit la chanson, « on lâche rien, on lâche rien ». Pourtant nous vivons une époque où on lâche beaucoup, au contraire, et même de plus en plus. Au cours de ces dernières années, par épluchages successifs, le périmètre de la gauche n’a cessé de se ratatiner. Quantité de références que l’on croyait l’apanage des tromblons réactionnaires ont percé son épiderme idéologique, nation, patrie, armée, police et fanion bleu-blanc-rouge n’y sont plus des cibles, mais des fétiches. « Oui, j’aime mon pays, oui, j’aime ma patrie ! Et je suis fier d’avoir ramené dans nos meetings le drapeau tricolore et la Marseillaise », proclame Jean-Luc Mélenchon [3].

    On lâche tout, on lâche tout, et c’est là que Lordon jaillit pour nous enjoindre de lâcher plus encore. L’internationalisme hérité de l’histoire du mouvement ouvrier, sans parler du rudimentaire principe de solidarité entre les abimé.e.s de ce monde, ne seraient plus que des breloques bonnes à remiser sur un napperon en dentelle. Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous », dites plutôt « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous ».

    À quoi s’ajoute que la question des frontières est devenue au fil de ces derniers mois un redoutable sac à embrouilles, débordant sur d’autres épineuses questions, liées notamment aux choix stratégiques de la France insoumise.

    Au point où on en est, ce n’est peut-être pas du luxe de le vider, ce sac, et de démêler un peu les désaccords, non-dits et quiproquos qui s’y sont accumulés, non par goût pour la chamaille, mais dans l’espoir d’éviter que « No border » devienne irrémédiablement un gros mot.

    Du mauvais côté de la barrière

    Pour cela, un retour sur les épisodes précédents s’impose. Fin septembre, trois médias classés plutôt à gauche – Politis, Regards et Mediapart – publient conjointement un « manifeste pour l’accueil des migrants » signé par cent cinquante « personnalités ». À partir d’un tableau succinct, pour ne pas dire sommaire, du bain de xénophobie où clapotent les décideurs politiques de France et d’Europe, leur texte se borne à affirmer que « la liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité ». Pas de quoi se rouler par terre, mais, dans le contexte de sa parution, ce bref rappel à un principe de décence élémentaire fait l’effet d’une bulle d’oxygène.

    Il intervenait quelques jours après la décision du gouvernement Macron d’interdire à l’Aquarius, alors le dernier navire de sauvetage encore actif en Méditerranée, d’accoster en France et d’y débarquer les cinquante-huit rescapés recueillis à son bord. C’est qu’il est inconcevable, pour les start-uppers en chef de la nation, de déroger à leur politique de non-assistance aux naufragés, l’un des rares sujets sur lesquels les membres de l’Union européenne n’ont eu aucun mal à se mettre d’accord. On est déjà bien assez occupé à traquer les migrants sur notre territoire et à leur administrer un luxe inouï d’épreuves et de brutalités en tous genres pour se soucier d’en accueillir d’autres, surtout quand ils ont le mauvais goût d’être encore en vie. Le droit d’asile, dorénavant, ce sera au fond de l’eau ou dans les camps libyens.

    Deux semaines plus tôt, des hommes, des femmes et des enfants naufragés près des côtes maltaises avaient lancé un appel de détresse aux secours italiens, qui firent la sourde oreille. Plus de cent personnes seraient mortes noyées, tandis que les « garde-côte » libyens, une milice de rabatteurs opérant en sous-traitance pour l’UE, ramenaient les survivants dans les geôles de Tripoli. Externaliser la protection de nos frontières maritimes méridionales vers un pays en ruines dominé par des clans mafieux a ceci d’immensément commode que nul ne se formalisera du sort qui les attend là-bas – la faim, les viols et les tortures passeront inaperçues. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit.

    Quand, le 19 septembre, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) sonne une nouvelle fois l’alarme en qualifiant de « cauchemardesques » les conditions de détention dans les camps libyens, personne à Rome, Paris ou Berlin ne bronche. Un mois plus tôt, le décompte de l’Organisation mondiale pour les migrations (OMI) évaluant à dix-sept mille le nombre de morts en Méditerranée depuis 2014 – estimation basse – n’avait pas non plus soulevé d’émotions particulières.

    Opération guillemets pour les « forces de progrès »

    Entre parenthèses : à l’heure où j’écris ces lignes, on apprend que l’Aquarius, immobilisé dans le port de Marseille, ne reprendra plus la mer. Pourquoi ? Parce qu’après après avoir été privé de son pavillon panaméen sur intervention de l’Italie et avec la complicité des autres pays européens, le navire de sauvetage a échoué à se trouver un pays d’attache.

    Alors que le plus pourri des cargos poubelle peut battre pavillon sans la moindre difficulté, on s’arrange pour refuser ce droit à un bateau dont la fonction consiste à secourir des naufragés. Pestiféré, l’Aquarius, pour la seule raison qu’il sauve des vies. Que pareille obscénité se déroule sous nos yeux sans que nul ne moufte en dit long sur l’accoutumance de nos sociétés à la noyade de masse comme outil de gestion des flux migratoires.

    Dans un tel contexte, tout ce qui peut nuire aux intérêts des maîtres de la forteresse me paraît bon à prendre. Je précise, à toutes fins utiles, que je n’ai rien à vendre à Politis, Regards ou Mediapart, que les défendre n’est pas mon affaire et que, d’ailleurs, je n’ai pas non plus signé leur manifeste.

    D’abord, parce que je dispose d’autres moyens pour m’impliquer. Ensuite, parce que ces grandes pétitions par voie de presse, indexées sur la notoriété de leurs premiers signataires, se passent fort bien de mes services. Mais je me serais bien gardé de dissuader quiconque de le faire.

    On le savait bien, de toute façon, que cette initiative serait sans effet concret sur le calvaire des migrant.e.s, hors ou au sein de nos frontières – on est peut-être borné, mais pas idiot. Cela n’a pas non plus échappé aux associations qui l’ont signée, dont l’Auberge des migrants, Roya citoyenne, le Baam, Utopia 56, le Gisti, la Cimade, la Fasti, les coordinations de sans-papiers et d’autres encore.

    Si ces collectifs, dont l’existence n’est jamais mentionnée par Frédéric Lordon, ont jugé bon malgré tout de s’associer au texte, c’est probablement qu’ils lui reconnaissaient quelque utilité. Celui par exemple de faire entendre un autre son de cloche que le fracas des macronistes, vallsistes, ciottistes, lepénistes et éditorialistes. Personnellement, je cherche encore le coton-tige miracle qui m’ôtera du coin de l’oreille la voix de ce type de Valeurs Actuelles, François d’Orcival, invité permanent des « Informés » de France Info et incarnation chevrotante de la hargne migranticide, exhortant Emmanuel Macron à ne surtout pas céder au « chantage à l’émotion » des survivants de l’Aquarius. Ce genre de son, à force de tourner en boucle sur toutes les antennes, ça vous colle au pavillon comme un furoncle.

    Mais le principal intérêt du texte, du moins aux yeux des personnes engagées sur le terrain, c’est qu’il semblait offrir l’occasion aux diverses chapelles de la gauche de se retrouver sur un dénominateur commun : l’urgence de mobiliser leurs forces pour ne plus laisser les gens mourir noyés ou fracassés aux pieds de nos forteresses. De cesser de tortiller et de mettre de côté les bisbilles pour faire de cette question-là une priorité commune. Mais c’était encore trop demander.

    Au lieu de fédérer les « forces de progrès », avec guillemets de rigueur, l’initiative aboutit en fait à creuser un peu plus l’une de ses lignes de fracture les plus béantes. D’un côté, le gros de la gauche non-mélenchoniste, allant du groupuscule hamoniste jusqu’au NPA en passant par le PCF, ainsi qu’un large éventail de syndicalistes, de militantes et de responsables associatifs, tous signataires du texte ; de l’autre, la France insoumise, repliée sur son hégémonie, qui refuse de le signer et érige ce rejet en ligne officielle du parti.

    L’internationalisme, c’est has been, braillons plutôt la Marseillaise

    Pour justifier leur rebuffade, les théoriciens de la FI vont déployer un argumentaire contrasté, où la vexation de n’avoir pas été consultés par les auteurs du manifeste se mêle au reproche de ne point y voir nommément accusé Emmanuel Macron, comme si la responsabilité de ce dernier dans la situation décrite n’allait pas de soi.

    On daube aussi sur la présence parmi les signataires de Benoît Hamon, preuve putative de leurs accommodements avec les reliefs carbonisés du Parti socialiste, comme s’ils étaient encore en capacité de nuire, et comme si Mélenchon, revenu d’un PS dont il fut membre pendant trente-deux ans, était le mieux placé pour donner dans ce domaine des leçons de savoir-vivre.

    On voudrait nous enfumer qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Quand Lordon, dans son entretien, fustige longuement une opération de « retournement de veste en loucedé », d’« autoblanchiment symbolique » et d’« unanimité morale », on lui concède volontiers qu’il y a parfois des jonctions surprenantes. À preuve, la manifestation des Gilets jaunes du 1er décembre, soutenue par la France Insoumise, une partie du NPA, Attac, les cheminots de Sud-Rail, le Comité Adama et Frédéric Lordon lui-même, mais aussi par Marine Le Pen, les Patriotes et l’Action française.

    Quoi que l’on pense de cette juxtaposition insolite, on peut supposer que la présence d’un ex-hiérarque socialiste sur les Champs-Élysées ce jour-là n’aurait pas posé à Lordon un problème insurmontable. La question est donc : pourquoi serait-elle rédhibitoire dans un cas et pas dans l’autre ?

    En fait, la position de la FI est surtout d’ordre stratégique. Dans un espace politique de plus en plus imbibé de fachosphère, les stratèges du parti estiment que faire campagne sur des thèmes susceptibles de braquer une partie de l’électorat – immigration, racisme, islamophobie, sexisme, violences policières, etc – ruinerait leurs chances de victoire. Remporter des scrutins imposerait d’y aller mollo sur les sujets qui fâchent et de mettre le paquet sur le « social », entendu comme un moyen de ramener dans le bercail de la gauche les brebis égarées à l’extrême droite.

    En juin dernier, François Ruffin avait théorisé cette mission pastorale dans un article du Monde diplomatique. Racontant sa campagne électorale victorieuse de 2017 dans sa circonscription de la Somme, ravagée par la précarité et les délocalisations, il y explique que ce n’est pas avec du vinaigre que l’on attire les sympathisants de Marine Le Pen. « Maintenant, à leur chute économique et sociale il faudrait ajouter une autre condamnation : politique et morale. Qu’ils votent FN, se reconnaissent dans un parti ostracisé, et leur exclusion en sera légitimée. La double peine. »

    L’ostracisme dont serait victime le FN ne saute pas aux yeux, les chefferies éditoriales ayant plutôt tendance à lui cirer les bottillons, mais on comprend bien l’idée de la main tendue. « Le FN, je l’attaquais peu, poursuit-il. Comment des gens qui vont mal, socialement, économiquement, croiraient-ils que Mme Le Pen ou son père, qui n’ont jamais gouverné le pays, sont responsables de leurs malheurs ? Le FN se combat en ouvrant une autre voie aux colères, à l’espoir. En offrant un autre conflit que celui entre Français et immigrés [4]. »

    Quadriller serré, ratisser large

    Combattre le racisme consisterait donc à le balayer sous le tapis et à n’endosser que les revendications jugées peu ou prou lepéno-compatibles. Le cas de Ruffin démontre qu’une telle stratégie peut en effet s’avérer ponctuellement gagnante. Elle présente néanmoins un inconvénient, celui de devoir expliquer aux populations issues de l’immigration post-coloniale que leurs préoccupations particulières, liées aux diverses déclinaisons du racisme d’État, ne font pas partie des thématiques sociales retenues comme pertinentes par le parti et doivent donc être sacrifiées à la bonne cause.

    Le soutien inconditionnel et tonitruant apporté par la FI aux Gilets jaunes, et cela dès les premiers jours, quand l’imbrication de l’extrême droite dans le mouvement ne pouvait guère être ignorée, s’inscrit dans cette même hiérarchie des priorités. On ne s’offusquera pas qu’au milieu de la détresse sociale des fins de mois invivables, des Dupont-Lajoie sonnent la chasse au migrant.e.s, ou que des grandes gueules locales imposent la « baisse des charges » ou la « diminution de l’assistanat » dans le cahier de doléances du mouvement, du moment que l’occasion se présente d’aller chanter la Marseillaise avec son cœur de cible.

    Mais on ne peut durablement gagner sur les deux tableaux. Comme le suggère la récente défaite de la candidate FI à l’élection législative partielle d’Évry, dans l’ancienne circonscription de Manuel Valls, où l’abstention a atteint le niveau stratosphérique de 82 %, le message ne suscite pas forcément l’enthousiasme dans l’électorat populaire racisé. Ruffin a eu beau se rendre sur place pour instruire les habitant.e.s des HLM que leur « bulletin [était] un enjeu pour la patrie », la pêche aux voix, cette fois, n’a pas fonctionné.

    Appliquée à la question migratoire, cette stratégie périlleuse contraint la FI à marcher sur des œufs. D’un côté, elle doit tenir compte de la présence en son sein d’individus sincèrement acquis à la cause du droit d’asile, comme Danielle Obono, qui s’est âprement battue à l’Assemblée nationale contre la loi Asile et immigration, ou comme nombre de militants ici ou là. De l’autre, elle doit donner des gages aux électeurs alléchés par l’extrême droite qu’il ne saurait être question d’ouvrir les frontières comme ça à n’importe qui, pensez donc.

    C’est là que la figure du « No border » se révèle d’une irrésistible utilité. Pour se sortir de la position délicate où les place l’initiative de Politis-Regards-Mediapart, Jean-Luc Mélenchon et ses amis vont accuser ses initiateurs de vouloir démolir les frontières, ce patrimoine-de-l’humanité-que-nous-chérissons-tant. Un passage dans le manifeste va leur en fournir l’occasion : « Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. »

    On pourrait pinailler sur sa formulation, mais le constat est juste. N’importe quel exilé à la rue vous le confirmera : l’État a beau lui construire des barrières électrifiées, le traquer avec un détecteur à battements cardiaques ou l’empêcher à coups de tonfa de se poser sur un bout de trottoir, tant qu’il respire il continuera de se glisser par un trou de souris. Les frontières tuent, mutilent, séparent, mais elles ne dissuadent pas les candidats au voyage de tenter leur chance. Pour prétendre le contraire, il faut vraiment ne rien connaître au sujet.

    Toute la misère du monde dans la tête

    Mais, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon s’indigne : affirmer qu’elles n’ont pas l’efficacité qu’on leur attribue « revient à dire que les frontières ne sont plus assumées. Ce n’est pas du tout notre point de vue. Nous croyons au bon usage des frontières. »

    La suite est de toute beauté : « Notre rapport aux frontière n’est pas idéologique. Il est concret dans un monde où celles-ci n’ont cessé d’exister que pour le capital et les riches et où nous avons l’intention de les rétablir contre eux. Disons-le clairement, nous ne sommes pas d’accord pour signer à propos d’immigration un manifeste “no border”, ni frontière ni nation. Nombre de nos amis les plus chers qui ont signé ce texte disent à présent n’avoir pas repéré cette phrase que les rédactions “no border” ont su placer. »

    Il faut relire ce passage lentement pour en apprécier le numéro de patinage artistique : invoquer la lutte contre « le capital et les riches » pour justifier le maintien d’un dispositif qui sert surtout à stopper les pauvres.

    Par souci de conférer un semblant de logique à cette acrobatie, on assimilera ensuite les initiateurs du manifeste, décrits par ailleurs comme vendus à la macronie (ou, variante, à l’oligarchie), à des anarchistes échevelés qui planquent de la dynamite dans leurs tiroirs. Edwy Plenel, patron de Mediapart et ancien comparse moustachu d’Alain Minc et de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde, et qui sur le tard en a surpris plus d’un par ses prises de positions plutôt dignes, mais pas farouchement révolutionnaires pour autant, a dû s’en sentir tout ragaillardi. François Ruffin n’a pas fait tant de politesses quand il a déclaré sur France Info le 13 septembre : « On ne peut pas dire qu’on va accueillir tous les migrants, ce n’est pas possible. »

    Voilà encore le genre de fausse évidence que, pour paraphraser Chomsky, on met trois secondes à balancer et une demie heure à démonter. D’abord, c’est qui, « tous les migrants » ? Faut-il entendre : tous les migrants du monde et de la galaxie ? Tous ceux qui se noient à nos portes ? Tous ceux qui n’en sont pas encore mais qui, dans un coin de leur tête, caressent l’idée qu’un de ces jours ils iraient bien eux aussi faire un petit tour sur les Champs-Élysées ? Croit-il que la planète entière attend dans les starting-blocks de se précipiter en France, sa « patrie », comme il l’appelle ? Sur invitation de qui, de ces hérétiques « No border » qui auraient squatté l’Élysée ? Et que veut dire « on ne peut pas », si l’on s’abstient de préciser tout ce que l’on peut, et tout ce que l’on doit ?

    Mais les esprits ont déjà été si bien préparés en amont pour recevoir ce genre de poncif épongé à gauche comme à droite – à commencer par le fameux « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » de Michel Rocard – que nulle objection ou demande de précision ne lui a été opposée, en tout cas par le préposé de France Info. L’« unanimisme moral » qui inquiète tant Frédéric Lordon ne triomphe pas toujours, apparemment.

    http://lmsi.net/Du-bon-usage-des-barbeles
    #violence #border_violence #frontières #mourir_aux_frontières #frontières_intelligentes #smart_borders #murs #ouverture_des_frontières #fermeture_des_frontières #barrières_frontalières #migrations #asile #réfugiés


  • Hondurans repatriated to hopelessness

    Over 67,000 displaced Hondurans who tried to escape violence and poverty have been sent back from US and Mexico so far this year. Many become displaced again in Honduras as they cannot return to their homes.


    https://www.nrc.no/hondurans-repatriated-to-hopelessness

    #Honduras #migrerrance #renvois #push-back #refoulement #frontières #asile #migrations #réfugiés #frontières #USA #Etats-Unis #limbe


  • The Plunder Continues « LRB blog
    https://www.lrb.co.uk/blog/2018/12/05/john-perry/the-plunder-continues

    In her new book, The Long Honduran Night, Dana Frank asks whether #Honduras should now be called a ‘failed state’. She argues that it shouldn’t, as it works perfectly for those who control it: landowners, drug traffickers, oligarchs and transnational corporations, the US-funded military and corrupt public officials. The Trump administration has seen Hernández as an ally in their project of restoring US influence in Latin America, promoting transnational capitalism and widening the reach of the US military.

    #Etats-Unis#élites#corruption


  • Desarticularon red narco que involucra a pilotos venezolanos y brasileños
    http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/desarticularon-red-narco-que-involucra-pilotos-venezolanos-brasilenos_2

    Una red que enviaba droga desde Colombia hacia Estados Unidos y Europa, en avionetas piloteadas por brasileños y venezolanos, fue desmantelada tras un año de investigaciones, informaron este martes funcionarios de la policial colombiana.

    En el operativo se confiscaron 20 toneladas de cocaína, se inmovilizaron ocho aeronaves y se capturaron a 25 colombianos en Bogotá y la frontera con Venezuela, indicó la autoridad en un comunicado.

    La organización era liderada por «Olinto», ex miembro de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC), y su hermano, quienes enviaban la droga desde la región limítrofe de Catatumbo, hacia pistas clandestinas en Zulia, Venezuela.

    Desde allí coordinaban el traslado de la cocaína a Honduras y Guatemala, donde el cargamento era recibido por ciudadanos de esos países, quienes servían de enlace con los carteles mexicanos de Sinaloa y Nueva Generación.

    Finalmente la droga era enviada a Estados Unidos, Alemania y Holanda. La banda colombiana reclamaba el pago a través de casas de cambio en la ciudad fronteriza de Cúcuta, explicó la policía. Ningún piloto fue detenido.

    La organización tenía una «relación estrecha» con el Ejército de Liberación Nacional (ELN) en Colombia, según las autoridades.


  • L’Assemblée Générale de l’ONU vote en faveur de 8 résolutions sur le Palestine
    2M - 17/11/2018 à 12:31
    http://www.2m.ma/fr/news/lassemblee-generale-de-lonu-vote-en-faveur-de-8-resolutions-sur-le-palestine-2018

    L’Assemblée générale des Nations unies a voté, ce samedi 17 novembre, en majorité en faveur de huit résolutions sur la Palestine. Il s’agit d’un nouveau soutien de la communauté internationale à la cause palestinienne en dépit des tentatives menées pour l’affaiblir et la contrecarrer.

    L’observateur permanent de la Palestine auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a indiqué suite à ce vote que « l’Assemblée générale de l’ONU a voté en faveur de quatre résolutions relatives à l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et de quatre autres sur les pratiques des forces d’occupation israéliennes dans les territoires palestiniens occupés », a rapporté l’agence Wafa, (Wikalat al-Anba’ al-Falestinya).

    L’agence de presse palestinienne a affirmé d’après Riyad Mansour toujours que ce vote de la communauté internationale est une « preuve du soutien permanent à la cause palestinienne ».

    Ces textes de résolution ont été entérinés par 155 voix pour et 5 contre, à savoir, (Etats-Unis, Canada, Israël, Iles Marshall, Etats fédérés de Micronésie), tandis que 10 pays se sont abstenus (Australie, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guatemala, Honduras, Mexique, Palaos, Rwanda, Iles Salomon, Togo).

    Il s’agit, entre autres, des projets de résolution portant sur les « personnes déplacées à la suite des hostilités de juin 1967 et des hostilités qui ont suivi », des « opérations de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient » et « des propriétés des réfugiés de Palestine et leurs revenus ».

    L’Assemblée générale de l’ONU a approuvé, également, un projet de résolution sur « l’applicabilité de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949, aux territoires palestiniens occupés, y compris El Qods-Est et aux autres territoires arabes occupés » et un projet relatif aux « Travaux du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés ».

    #PalestineONU


  • PRE-ORDER: Build the Wall (#MAGA building blocks toy)

    We are pleased to announce the launch of a brand new line of toys: MAGA building blocks! This set comes with more than 100 pieces including President Trump in a MAGA hard hat!

    A mob of 10,000 Central American migrants is marching through Mexico and heading toward El Paso, Texas. Mexican border agents attempted to stop them at the Mexican border, but to no avail.

    We understand why they want to flee Honduras and live and work in America. After all, we are the greatest nation on earth.

    In the interest of national security, however, we cannot allow just anyone and everyone to cross our borders. While there are good people attempting to enter our nation, there are also gangs, criminals, and terrorists. Everyone who wants to enter our country must enter legally for the safety of all.

    The wall must be built. The wall will keep America safe and strong. Only then will we be able to help those in need.

    We are pleased to announce the launch of a brand new line of toys: MAGA building blocks! This toy makes a great Christmas gift for your kids and grandkids!

    101 Pieces
    Includes President Trump figurine w/ a MAGA hard hat!


    https://keepandbear.com/products/build-the-wall
    #légo #enfants #enfance #jeu #jeux #murs #frontières #barrières_frontalières #fermeture_des_frontières


  • Migrations,au USA, rappel : L’immigration canadienne-française aux États-Unis. du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres
    Les malheurs d’un million d’immigrants canadiens-français : Jean-François Nadeau - 13 Novembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/541193/les-malheurs-d-un-million-d-immigrants-canadiens-francais

    Un million d’immigrants entassés dans des ghettos ne survivent que dans des conditions sanitaires précaires. À #Brunswick, au #Maine, ils vivent dans une densité difficile à se représenter.

    « C’est difficile à imaginer. Ils sont environ 500 individus à l’acre, comparativement à une famille de 4 ou 5 personnes qui occupent d’ordinaire une maison sur un demi-acre », observe en entrevue David Vermette, auteur d’une histoire de l’immigration des Canadiens français en #Nouvelle-Angleterre, A Distinct Alien Race .


    Photo : National Child Labor Committee collection, Librairie du Congrès Parmi les milliers d’immigrants canadiens-français qui peinent dans les usines de la Nouvelle-Angleterre, on trouve des enfants. Le sociologue et photographe Lewis Hine documente leurs conditions de travail. Il note à l’oreille leurs noms. Ici « Jo Bodeon », Joseph Beaudoin, photographié à la Chace Cotton Mill de Burlington, au Vermont, en 1909.

    Plus d’un million de Québécois immigrèrent pour échapper à la misère. Ils sont aujourd’hui à peu près oubliés. « Chaque famille québécoise a pourtant un lien avec cette immigration. Il est rare que je parle à quelqu’un du Québec dont un membre de la famille n’ait pas été lié avec cette fuite vers les États-Unis » qui court du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres.

    Pourquoi en parler encore aujourd’hui ? « Cette histoire des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre reflète ce que d’autres groupes migrants connaissent aujourd’hui. Le président Trump agite l’idée que quelques milliers de migrants venus du Honduras représentent un danger, comme s’il s’agissait du débarquement de Normandie ! C’était la même peur qu’on agitait à l’égard de l’immigration canadienne-française aux États-Unis. On disait que les Canadiens français ne s’assimileraient jamais, qu’ils ne pouvaient pas être des citoyens fidèles puisque leur allégeance allait d’abord au pape, qu’ils se trouvaient là pour imposer leur culture aux Américains et, à terme, pour prendre le contrôle des institutions ! »

    Fasciné par l’histoire de ces Franco-Américains dont il est un descendant, David Vermette rappelle que des efforts énormes ont été entrepris en réaction à leur immigration pour convertir les catholiques et leur faire la lutte. « Il y avait même des plans pour convertir le Québec. Les protestants ont établi des cours en français dans le dessein de les convertir. »

    Pour Vermette, joint chez lui au Maryland, « beaucoup des peurs éprouvées aujourd’hui à l’égard des musulmans l’étaient à l’époque devant les catholiques ».

    Un mythe
    Son livre, Vermette l’a écrit d’abord pour ses compatriotes américains, afin de leur faire connaître la réalité de cette immigration qui les a constitués.

    « Malgré plusieurs noms français dans mon voisinage, aucune famille ne semblait connaître son passé. Mais j’ai aussi écrit ce livre pour que les Québécois cessent de répéter que leurs ancêtres immigraient afin de connaître une vie meilleure puisque, aux États-Unis, tout allait tellement mieux pour eux. Ce n’est pas vrai ! C’est de la foutaise ! La vie y était épouvantable. Pas même par rapport aux standards d’aujourd’hui, mais par rapport aux leurs ! On manquait de tout. Et c’est parce que tout manquait qu’on acceptait de travailler dans des usines de coton. Ceux qui veulent tout déréguler aujourd’hui au nom de la #compétitivité veulent revenir à cette époque, selon les standards de la #misère d’aujourd’hui. »

    En 1886, à Brunswick au Maine, le docteur du lieu atteste que la diarrhée tue de nombreux enfants, en particulier dans la population canadienne-française. L’eau potable est puisée à même la rivière où, en amont, une usine déverse ses déchets. Des pasteurs indiquent que, pour cette communauté, ils enterrent plus de bébés qu’ils n’en baptisent. Des médecins, pour leur part, font état d’épidémie de diphtérie. Dès 1881, un journaliste indique que la fièvre typhoïde décime la population canadienne-française à grande vitesse.

    Les Petits Canadas
    Les immigrants des rives du Saint-Laurent se regroupaient dans des ghettos que l’on nommait Petits Canadas. « Ces Petits Canadas n’étaient pas tous insalubres, mais beaucoup l’étaient. »

    Les archives sanitaires de l’époque corroborent les constats, montre Vermette. L’éditeur du Brunswick Telegraph , Albert G. Tenney, va décrire les conditions de vie de ces gens dans plusieurs textes qui empruntent au ton indigné des abolitionnistes. « Ce ton indigné témoigne du fait que des gens trouvaient indécent le sort fait à ces immigrants canadiens-français. »

    On est loin de l’image classique de l’oncle des États qui revient dans sa famille du Québec pour montrer sa montre en or, symbole de sa réussite.

    « C’était en fait vraiment épouvantable. Certains témoignages directs qui datent des années 1970 donnent une idée de la situation vécue. Une famille de douze par exemple qui vit dans deux pièces non chauffées. En réalité, le sort fait aux immigrants de la Nouvelle-Angleterre est épouvantable. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on continue parfois de répéter au Québec, à savoir qu’ils partaient pour connaître une vie meilleure. »

    Dans ces maisons de compagnie où s’entassent parfois plusieurs familles en même temps, les indicateurs du recensement permettent d’avoir une idée des conditions de vie.

    En 1880, l’habitation no 25 d’une de ces filatures est habitée par toute la famille de la grand-mère de David Vermette. Juste à côté, à l’habitation no 23, Claire Albert, deux ans, et son frère Alexis, 8 ans, meurent tous les deux le même jour de la diphtérie.

    Les enfants tombent à vrai dire comme des mouches. Dans l’habitation no 29, pas moins de 32 individus s’entassent comme ils peuvent pour survivre. Un témoin du temps, cité par Vermette, indique que les Canadiens français sont soumis à un degré de brutalité quasi impensable dans une communauté civilisée.

    Près d’une fabrique où l’on trouve un Petit Canada, les déchets de la ville sont jetés à quelques mètres seulement des maisons des ouvriers canadiens-français. Le médecin du lieu a beau ordonner qu’on les enlève, leurs piètres conditions de vie demeurent.

    À Lewiston, au #Maine, le docteur A. M. Foster observe que la vaste majorité des maisons occupées par des Canadiens français ne sont pas à même d’éloigner les immondices naturelles. On y vit pour ainsi dire comme au #Moyen_Âge. La même note aussi que la ville a installé sa décharge publique à proximité de là où vivent les Canadiens français, lesquels forment la portion la plus importante des #étrangers qui vivent à #Lewiston.

    En 1882, le bureau du travail de Lowell, centre important de l’immigration canadienne-française, publie un rapport. On y traite des conditions de vie dans le quartier dit du Petit Canada.

    Dans les environs immédiats, quantité de vieilles boîtes de conserve, des bouteilles, des cendres, des déchets domestiques, mais aussi de nombreux résidus industriels, dont des fragments de laines et de coton, ce que les agents publics considèrent comme susceptible d’encourager la croissance de maladies. Et les maladies en effet prolifèrent.

    « Personne n’avait choisi ça. Aujourd’hui, de nouveaux #immigrants ont remplacé ceux-là. Mais on peut désormais trouver des liens entre ces populations et ce que nous avons été. »

    #Canadiens_français #migration #immigration #migrants #USA #Quebec #oncle_sam #gethos


  • Amérique centrale. D’où viennent-elles et qui composent ces caravanes ? Est-ce « les envahisseurs » dénoncés par Trump
    http://alencontre.org/ameriques/amelat/amerique-centrale-dou-viennent-elles-et-qui-composent-ces-caravanes-est-

    <b>Par Andrés Alsina</b>Il n’y a pas de pire Guatepeor (le Guate-pire) pour ceux qui fuient le Guatemala (le Guate-mal), le Honduras et le Salvador, pour …


  • The U.S. Is Not Being Invaded: Fact-Checking the Common Immigration Myths

    Myth #1: Immigrants cost the U.S. “billions and billions” of dollars each year.

    Immigration puts much more money into U.S. public coffers via taxes than it takes out via benefits, as determined last year by a bipartisan blue-ribbon commission of leading immigration economists, across the political spectrum, convened by the National Academy of Sciences. It found that the average immigrant to the U.S., reflecting the country-and-skill composition of recent U.S. immigrants, makes a net positive fiscal contribution of $259,000 in net present value across all levels of government: federal, state, and local (see page 434 at the link).

    Myth #2: The U.S. is being “violently overrun” by immigrants.

    Immigrants to the United States, whether or not they have legal authorization, commit violent crimes at much lower rates than U.S. natives do. That is why violent crime is way down in the places where unauthorized immigrants go. For example, since 1990 the population of unauthorized immigrants in New York City has roughly tripled, from about 400,000 to 1.2 million, while during the same period the number of homicides in New York City collapsed from 2,262 (in 1990) to 292 (in 2017).
    Myth #3: The U.S. has the “most expansive immigration program anywhere on the planet.”

    In both Canada and Australia, some of the most prosperous and secure countries in the world and in all of history, immigrants are more than 20% of the population. That is far higher than the United States, where immigrants are 14% of the population.
    Myth #4: Immigrants are moving to the U.S. because it has the “hottest economy anywhere in the world.”

    Violence is a massive driver of undocumented immigration from El Salvador, Guatemala, and Honduras. Data provided to us by the Department of Homeland Security showed that from 2011 to 2016, unaccompanied child migrants apprehended at the U.S. border moved from Central America due to a roughly equal mix of economic conditions and violence in their communities. The violence is significant. Every 10 additional homicides in El Salvador, Guatemala, and Honduras caused more than six additional unaccompanied child minor apprehensions.
    Myth #5: A “strong border” will cause immigrants to “turn away and they won’t bother” trying to migrate.

    Enforcement alone is not an effective migration deterrent. To be effective, it must be paired with enhanced legal pathways for migration. People will move if they have to and because of dire situations in their origin communities, they will be more willing to accept the risks of apprehension. There are interrelated migration pressures that drive people to move---including violence in the home country, economic conditions at home, and demographic realities. In Central America, these factors are interacting in complex ways and are driving much of the migration we see at the U.S. border. More protection at the border isn’t a deterrent without addressing the push factors that drive migration and providing sufficient legal channels for migration.

    https://www.cgdev.org/blog/us-not-being-invaded-fact-checking-immigration-myths
    #préjugés #mythe #invasion #coût #afflux #migrations #asile #réfugiés #USA #Etats-Unis #pull-factors #pull_factors #facteurs_push #push-pull_factors #facteurs_pull #fermeture_des_frontières #dissuasion


  • 56,800 migrant dead and missing : ’They are human beings’

    One by one, five to a grave, the coffins are buried in the red earth of this ill-kept corner of a South African cemetery. The scrawl on the cheap wood attests to their anonymity: “Unknown B/Male.”

    These men were migrants from elsewhere in Africa with next to nothing who sought a living in the thriving underground economy of Gauteng province, a name that roughly translates to “land of gold.” Instead of fortune, many found death, their bodies unnamed and unclaimed — more than 4,300 in Gauteng between 2014 and 2017 alone.

    Some of those lives ended here at the Olifantsvlei cemetery, in silence, among tufts of grass growing over tiny placards that read: Pauper Block. There are coffins so tiny that they could belong only to children.

    As migration worldwide soars to record highs, far less visible has been its toll: The tens of thousands of people who die or simply disappear during their journeys, never to be seen again. In most cases, nobody is keeping track: Barely counted in life, these people don’t register in death , as if they never lived at all.

    An Associated Press tally has documented at least 56,800 migrants dead or missing worldwide since 2014 — almost double the number found in the world’s only official attempt to try to count them, by the U.N.’s International Organization for Migration. The IOM toll as of Oct. 1 was more than 28,500. The AP came up with almost 28,300 additional dead or missing migrants by compiling information from other international groups, requesting forensic records, missing persons reports and death records, and sifting through data from thousands of interviews with migrants.

    The toll is the result of migration that is up 49 percent since the turn of the century, with more than 258 million international migrants in 2017, according to the United Nations. A growing number have drowned, died in deserts or fallen prey to traffickers, leaving their families to wonder what on earth happened to them. At the same time, anonymous bodies are filling cemeteries around the world, like the one in Gauteng.

    The AP’s tally is still low. More bodies of migrants lie undiscovered in desert sands or at the bottom of the sea. And families don’t always report loved ones as missing because they migrated illegally, or because they left home without saying exactly where they were headed.

    The official U.N. toll focuses mostly on Europe, but even there cases fall through the cracks. The political tide is turning against migrants in Europe just as in the United States, where the government is cracking down heavily on caravans of Central Americans trying to get in . One result is that money is drying up for projects to track migration and its costs.

    For example, when more than 800 people died in an April 2015 shipwreck off the coast of Italy, Europe’s deadliest migrant sea disaster, Italian investigators pledged to identify them and find their families. More than three years later, under a new populist government, funding for this work is being cut off.

    Beyond Europe, information is even more scarce. Little is known about the toll in South America, where the Venezuelan migration is among the world’s biggest today, and in Asia, the top region for numbers of migrants.

    The result is that governments vastly underestimate the toll of migration, a major political and social issue in most of the world today.

    “No matter where you stand on the whole migration management debate....these are still human beings on the move,” said Bram Frouws, the head of the Mixed Migration Centre , based in Geneva, which has done surveys of more than 20,000 migrants in its 4Mi project since 2014. “Whether it’s refugees or people moving for jobs, they are human beings.”

    They leave behind families caught between hope and mourning, like that of Safi al-Bahri. Her son, Majdi Barhoumi, left their hometown of Ras Jebel, Tunisia, on May 7, 2011, headed for Europe in a small boat with a dozen other migrants. The boat sank and Barhoumi hasn’t been heard from since. In a sign of faith that he is still alive, his parents built an animal pen with a brood of hens, a few cows and a dog to stand watch until he returns.

    “I just wait for him. I always imagine him behind me, at home, in the market, everywhere,” said al-Bahari. “When I hear a voice at night, I think he’s come back. When I hear the sound of a motorcycle, I think my son is back.”

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    EUROPE: BOATS THAT NEVER ARRIVE

    Of the world’s migration crises, Europe’s has been the most cruelly visible. Images of the lifeless body of a Kurdish toddler on a beach, frozen tent camps in Eastern Europe, and a nearly numbing succession of deadly shipwrecks have been transmitted around the world, adding to the furor over migration.

    In the Mediterranean, scores of tankers, cargo boats, cruise ships and military vessels tower over tiny, crowded rafts powered by an outboard motor for a one-way trip. Even larger boats carrying hundreds of migrants may go down when soft breezes turn into battering winds and thrashing waves further from shore.

    Two shipwrecks and the deaths of at least 368 people off the coast of Italy in October 2013 prompted the IOM’s research into migrant deaths. The organization has focused on deaths in the Mediterranean, although its researchers plead for more data from elsewhere in the world. This year alone, the IOM has found more than 1,700 deaths in the waters that divide Africa and Europe.

    Like the lost Tunisians of Ras Jebel, most of them set off to look for work. Barhoumi, his friends, cousins and other would-be migrants camped in the seaside brush the night before their departure, listening to the crash of the waves that ultimately would sink their raft.

    Khalid Arfaoui had planned to be among them. When the group knocked at his door, it wasn’t fear that held him back, but a lack of cash. Everyone needed to chip in to pay for the boat, gas and supplies, and he was short about $100. So he sat inside and watched as they left for the beachside campsite where even today locals spend the night before embarking to Europe.

    Propelled by a feeble outboard motor and overburdened with its passengers, the rubber raft flipped, possibly after grazing rocks below the surface on an uninhabited island just offshore. Two bodies were retrieved. The lone survivor was found clinging to debris eight hours later.

    The Tunisian government has never tallied its missing, and the group never made it close enough to Europe to catch the attention of authorities there. So these migrants never have been counted among the dead and missing.

    “If I had gone with them, I’d be lost like the others,” Arfaoui said recently, standing on the rocky shoreline with a group of friends, all of whom vaguely planned to leave for Europe. “If I get the chance, I’ll do it. Even if I fear the sea and I know I might die, I’ll do it.”

    With him that day was 30-year-old Mounir Aguida, who had already made the trip once, drifting for 19 hours after the boat engine cut out. In late August this year, he crammed into another raft with seven friends, feeling the waves slam the flimsy bow. At the last minute he and another young man jumped out.

    “It didn’t feel right,” Aguida said.

    There has been no word from the other six — yet another group of Ras Jebel’s youth lost to the sea. With no shipwreck reported, no survivors to rescue and no bodies to identify, the six young men are not counted in any toll.

    In addition to watching its own youth flee, Tunisia and to a lesser degree neighboring Algeria are transit points for other Africans north bound for Europe. Tunisia has its own cemetery for unidentified migrants, as do Greece, Italy and Turkey. The one at Tunisia’s southern coast is tended by an unemployed sailor named Chamseddin Marzouk.

    Of around 400 bodies interred in the coastal graveyard since it opened in 2005, only one has ever been identified. As for the others who lie beneath piles of dirt, Marzouk couldn’t imagine how their families would ever learn their fate.

    “Their families may think that the person is still alive, or that he’ll return one day to visit,” Marzouk said. “They don’t know that those they await are buried here, in Zarzis, Tunisia.”

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    AFRICA: VANISHING WITHOUT A TRACE

    Despite talk of the ’waves’ of African migrants trying to cross the Mediterranean, as many migrate within Africa — 16 million — as leave for Europe. In all, since 2014, at least 18,400 African migrants have died traveling within Africa, according to the figures compiled from AP and IOM records. That includes more than 4,300 unidentified bodies in a single South African province, and 8,700 whose traveling companions reported their disappearance en route out of the Horn of Africa in interviews with 4Mi.

    When people vanish while migrating in Africa, it is often without a trace. The IOM says the Sahara Desert may well have killed more migrants than the Mediterranean. But no one will ever know for sure in a region where borders are little more than lines drawn on maps and no government is searching an expanse as large as the continental United States. The harsh sun and swirling desert sands quickly decompose and bury bodies of migrants, so that even when they turn up, they are usually impossible to identify .

    With a prosperous economy and stable government, South Africa draws more migrants than any other country in Africa. The government is a meticulous collector of fingerprints — nearly every legal resident and citizen has a file somewhere — so bodies without any records are assumed to have been living and working in the country illegally. The corpses are fingerprinted when possible, but there is no regular DNA collection.

    South Africa also has one of the world’s highest rates of violent crime and police are more focused on solving domestic cases than identifying migrants.

    “There’s logic to that, as sad as it is....You want to find the killer if you’re a policeman, because the killer could kill more people,” said Jeanine Vellema, the chief specialist of the province’s eight mortuaries. Migrant identification, meanwhile, is largely an issue for foreign families — and poor ones at that.

    Vellema has tried to patch into the police missing persons system, to build a system of electronic mortuary records and to establish a protocol where a DNA sample is taken from every set of remains that arrive at the morgue. She sighs: “Resources.” It’s a word that comes up 10 times in a half-hour conversation.

    So the bodies end up at Olifantsvlei or a cemetery like it, in unnamed graves. On a recent visit by AP, a series of open rectangles awaited the bodies of the unidentified and unclaimed. They did not wait long: a pickup truck drove up, piled with about 10 coffins, five per grave. There were at least 180 grave markers for the anonymous dead, with multiple bodies in each grave.

    The International Committee of the Red Cross, which is working with Vellema, has started a pilot project with one Gauteng morgue to take detailed photos, fingerprints, dental information and DNA samples of unidentified bodies. That information goes to a database where, in theory, the bodies can be traced.

    “Every person has a right to their dignity. And to their identity,” said Stephen Fonseca, the ICRC regional forensic manager.

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    THE UNITED STATES: “THAT’S HOW MY BROTHER USED TO SLEEP”

    More than 6,000 miles (9,000 kilometers) away, in the deserts that straddle the U.S.-Mexico border, lie the bodies of migrants who perished trying to cross land as unforgiving as the waters of the Mediterranean. Many fled the violence and poverty of Guatemala, Honduras, El Salvador or Mexico. Some are found months or years later as mere skeletons. Others make a last, desperate phone call and are never heard from again.

    In 2010 the Argentine Forensic Anthropology Team and the local morgue in Pima County, Ariz., began to organize efforts to put names to the anonymous bodies found on both sides of the border. The “Border Project” has since identified more than 183 people — a fraction of the total.

    At least 3,861 migrants are dead and missing on the route from Mexico to the United States since 2014, according to the combined AP and IOM total. The tally includes missing person reports from the Colibri Center for Human Rights on the U.S. side as well as the Argentine group’s data from the Mexican side. The painstaking work of identification can take years, hampered by a lack of resources, official records and coordination between countries — and even between states.

    For many families of the missing, it is their only hope, but for the families of Juan Lorenzo Luna and Armando Reyes, that hope is fading.

    Luna, 27, and Reyes, 22, were brothers-in-law who left their small northern Mexico town of Gomez Palacio in August 2016. They had tried to cross to the U.S. four months earlier, but surrendered to border patrol agents in exhaustion and were deported.

    They knew they were risking their lives — Reyes’ father died migrating in 1995, and an uncle went missing in 2004. But Luna, a quiet family man, wanted to make enough money to buy a pickup truck and then return to his wife and two children. Reyes wanted a job where he wouldn’t get his shoes dirty and could give his newborn daughter a better life.

    Of the five who left Gomez Palacio together, two men made it to safety, and one man turned back. The only information he gave was that the brothers-in-law had stopped walking and planned to turn themselves in again. That is the last that is known of them.

    Officials told their families that they had scoured prisons and detention centers, but there was no sign of the missing men. Cesaria Orona even consulted a fortune teller about her missing son, Armando, and was told he had died in the desert.

    One weekend in June 2017, volunteers found eight bodies next to a military area of the Arizona desert and posted the images online in the hopes of finding family. Maria Elena Luna came across a Facebook photo of a decaying body found in an arid landscape dotted with cactus and shrubs, lying face-up with one leg bent outward. There was something horribly familiar about the pose.

    “That’s how my brother used to sleep,” she whispered.

    Along with the bodies, the volunteers found a credential of a boy from Guatemala, a photo and a piece of paper with a number written on it. The photo was of Juan Lorenzo Luna, and the number on the paper was for cousins of the family. But investigators warned that a wallet or credential could have been stolen, as migrants are frequently robbed.

    “We all cried,” Luna recalled. “But I said, we cannot be sure until we have the DNA test. Let’s wait.”

    Luna and Orona gave DNA samples to the Mexican government and the Argentine group. In November 2017, Orona received a letter from the Mexican government saying that there was the possibility of a match for Armando with some bone remains found in Nuevo Leon, a state that borders Texas. But the test was negative.

    The women are still waiting for results from the Argentine pathologists. Until then, their relatives remain among the uncounted.

    Orona holds out hope that the men may be locked up, or held by “bad people.” Every time Luna hears about clandestine graves or unidentified bodies in the news, the anguish is sharp.

    “Suddenly all the memories come back,” she said. “I do not want to think.”

    ————————

    SOUTH AMERICA: “NO ONE WANTS TO ADMIT THIS IS A REALITY”

    The toll of the dead and the missing has been all but ignored in one of the largest population movements in the world today — that of nearly 2 million Venezuelans fleeing from their country’s collapse. These migrants have hopped buses across the borders, boarded flimsy boats in the Caribbean, and — when all else failed — walked for days along scorching highways and freezing mountain trails. Vulnerable to violence from drug cartels, hunger and illness that lingers even after reaching their destination, they have disappeared or died by the hundreds.

    “They can’t withstand a trip that hard, because the journey is very long,” said Carlos Valdes, director of neighboring Colombia’s national forensic institute. “And many times, they only eat once a day. They don’t eat. And they die.” Valdes said authorities don’t always recover the bodies of those who die, as some migrants who have entered the country illegally are afraid to seek help.

    Valdes believes hypothermia has killed some as they trek through the mountain tundra region, but he had no idea how many. One migrant told the AP he saw a family burying someone wrapped in a white blanket with red flowers along the frigid journey.

    Marta Duque, 55, has had a front seat to the Venezuela migration crisis from her home in Pamplona, Colombia. She opens her doors nightly to provide shelter for families with young children. Pamplona is one of the last cities migrants reach before venturing up a frigid mountain paramo, one of the most dangerous parts of the trip for migrants traveling by foot. Temperatures dip well below freezing.

    She said inaction from authorities has forced citizens like her to step in.

    “Everyone just seems to pass the ball,” she said. “No one wants to admit this is a reality.”

    Those deaths are uncounted, as are dozens in the sea. Also uncounted are those reported missing in Colombia, Peru and Ecuador. In all at least 3,410 Venezuelans have been reported missing or dead in a migration within Latin America whose dangers have gone relatively unnoticed; many of the dead perished from illnesses on the rise in Venezuela that easily would have found treatment in better times.

    Among the missing is Randy Javier Gutierrez, who was walking through Colombia with a cousin and his aunt in hopes of reaching Peru to reunite with his mother.

    Gutierrez’s mother, Mariela Gamboa, said that a driver offered a ride to the two women, but refused to take her son. The women agreed to wait for him at the bus station in Cali, about 160 miles (257 kilometers) ahead, but he never arrived. Messages sent to his phone since that day four months ago have gone unread.

    “I’m very worried,” his mother said. “I don’t even know what to do.”

    ———————————

    ASIA: A VAST UNKNOWN

    The region with the largest overall migration, Asia, also has the least information on the fate of those who disappear after leaving their homelands. Governments are unwilling or unable to account for citizens who leave for elsewhere in the region or in the Mideast, two of the most common destinations, although there’s a growing push to do so.

    Asians make up 40 percent of the world’s migrants, and more than half of them never leave the region. The Associated Press was able to document more than 8,200 migrants who disappeared or died after leaving home in Asia and the Mideast, including thousands in the Philippines and Indonesia.

    Thirteen of the top 20 migration pathways from Asia take place within the region. These include Indian workers heading to the United Arab Emirates, Bangladeshis heading to India, Rohingya Muslims escaping persecution in Myanmar, and Afghans crossing the nearest border to escape war. But with large-scale smuggling and trafficking of labor, and violent displacements, the low numbers of dead and missing indicate not safe travel but rather a vast unknown.

    Almass was just 14 when his widowed mother reluctantly sent him and his 11-year-old brother from their home in Khost, Afghanistan, into that unknown. The payment for their trip was supposed to get them away from the Taliban and all the way to Germany via a chain of smugglers. The pair crammed first into a pickup with around 40 people, walked for a few days at the border, crammed into a car, waited a bit in Tehran, and walked a few more days.

    His brother Murtaza was exhausted by the time they reached the Iran-Turkey border. But the smuggler said it wasn’t the time to rest — there were at least two border posts nearby and the risk that children far younger travelling with them would make noise.

    Almass was carrying a baby in his arms and holding his brother’s hand when they heard the shout of Iranian guards. Bullets whistled past as he tumbled head over heels into a ravine and lost consciousness.

    Alone all that day and the next, Almass stumbled upon three other boys in the ravine who had also become separated from the group, then another four. No one had seen his brother. And although the younger boy had his ID, it had been up to Almass to memorize the crucial contact information for the smuggler.

    When Almass eventually called home, from Turkey, he couldn’t bear to tell his mother what had happened. He said Murtaza couldn’t come to the phone but sent his love.

    That was in early 2014. Almass, who is now 18, hasn’t spoken to his family since.

    Almass said he searched for his brother among the 2,773 children reported to the Red Cross as missing en route to Europe. He also looked for himself among the 2,097 adults reported missing by children. They weren’t on the list.

    With one of the world’s longest-running exoduses, Afghans face particular dangers in bordering countries that are neither safe nor welcoming. Over a period of 10 months from June 2017 to April 2018, 4Mi carried out a total of 962 interviews with Afghan migrants and refugees in their native languages around the world, systematically asking a series of questions about the specific dangers they had faced and what they had witnessed.

    A total of 247 migrant deaths were witnessed by the interviewed migrants, who reported seeing people killed in violence from security forces or starving to death. The effort is the first time any organization has successfully captured the perils facing Afghans in transit to destinations in Asia and Europe.

    Almass made it from Asia to Europe and speaks halting French now to the woman who has given him a home in a drafty 400-year-old farmhouse in France’s Limousin region. But his family is lost to him. Their phone number in Afghanistan no longer works, their village is overrun with Taliban, and he has no idea how to find them — or the child whose hand slipped from his grasp four years ago.

    “I don’t know now where they are,” he said, his face anguished, as he sat on a sun-dappled bench. “They also don’t know where I am.”

    https://abcnews.go.com/International/wireStory/global-lost-56800-migrants-dead-missing-years-58890913
    #décès #morts #migrations #réfugiés #asile #statistiques #chiffres #monde #Europe #Asie #Amérique_latine #Afrique #USA #Etats-Unis #2014 #2015 #2016 #2017 #2018
    ping @reka @simplicissimus


  • No man’s land at Paris airport: Where France keeps foreigners who’ve been refused entry

    Every day, foreigners suspected of trying to enter France illegally are taken to a special area of Paris’s Charles de Gaulle airport where they are held at a facility dubbed #ZAPI. Located just a stone’s throw away from the airport’s runways, the ultra-secure area is closed to the general public. NGOs say ZAPI is just another name for a prison, where foreigner’s rights are flouted and where expulsions are fast-tracked. InfoMigrants was granted exclusive access to it.

    Audrey is pulling funny faces at the little girl she’s holding in her arms. “She’s not mine,” she says, and points to the girl’s mother who is sitting on another bench just a few metres away. “I’m just playing with her to pass the time,” she says. Twenty-eight-year-old Audrey from Gabon currently lives inside the four walls of the Charles de Gaulle airport’s “waiting zone”, or ZAPI, where people who have been refused entry onto French territory are being held while authorities decide what to do with them.

    Audrey’s laugh is barely audible. Neither is that of the little girl. The loud noise of the aircraft that just touched down some 50 metres away from them have drowned out all the surrounding sounds. “The noise, it’s hard… It prevents us from sleeping, we hear the planes all the time…,” the young woman complains without even looking at the giant aircraft whose wings are now gracing the fence of ZAPI.

    This tiny piece of no man’s land lies just next to one of the airport’s runways. “ZAPI is a bit like a protrusion of the international zone,” Alexis Marty explains, who heads up the immigration department at the French border police (PAF). In legal terms, the zone is not deemed to be a part of French territory. “It’s a zone where people end up when they’ve been refused entry into France and the Schengen area” by not having a visa, or because there are suspicions that their travel documents have been forged… Audrey, who’s been there for nearly a week, recalls how she was intercepted just as she was getting off the plane. She says she was placed at ZAPI because she didn’t have a “hotel” and “not enough money”.

    To visit France for a period lasting up to three months, foreigners need to fulfill certain conditions before being allowed to touch French ground: They need to have a valid passport, a visa (depending on the nationality), a medical insurance covering their stay, proof of lodging (hotel reservation or with family members), enough funds to cover their stay as well as a return ticket.

    Ill-prepared tourists or illegal immigrants?

    Foreigners who are stopped by customs officers because they don’t fulfill the conditions linked to their stay generally end up at ZAPI. “We don’t send everyone there,” Marty explains, however, pointing to certain nuances. “There are confused tourists who’ve just prepared their vacations really poorly, and who’ve forgotten essential documents. But there are also those who have different intentions, and who produce forged documents to try to enter European territory illegally.”

    It’s difficult to tell an ill-prepared tourist and a potential illegal immigrant apart. This is why the verification is done in several steps. “We don’t send people to ZAPI right away, we first carry out an initial check. When a suspicious person steps out of the plane, we bring them into a separate room to verify their documents, to ask them questions, listen to their replies and to verify any additional information they give us. If all goes well, we release them after a few hours,” he explains. “But if the incoherencies and the doubts persist, if the person produces fake documents or no documents at all, if a ‘migration risk’ exists for the person, we place them in ZAPI.”

    On this particular October day, the airport’s “waiting zone” houses a total of 96 people, of which one is an unaccompanied minor. The number of people changes on a daily basis. “Generally, a person spends four and a half days at ZAPI, so the rotation is pretty fast,” police commander Serge Berquier, who is the head of ZAPI, says. The maximum time a person can stay there is 20 days. Men, women and children – even minors traveling on their own – may be sent there. There is no age limit.

    After a three-week stay, a so-called “ZAPIst” is left with three options: Either they are finally granted entry into France (with a safe conduct), they are sent back to the country they traveled from, or a legal case is opened against them (for refusing to board, for forging documents, etc.). In 2016, some 7,000 people were held at the airport at some point, of which 53 percent were immediately refused entry into France.

    While “ZAPIsts” wait for their fates to be decided, they do what they can to kill time. They stroll in the outdoor space, they stay in their rooms, or they hang out in the TV room. The PAF makes a point of clarifying that the “ZAPIsts” are not “detainees” but rather “retainees”. This means that they have rights; family members can visit, they have access to catering services and can get legal and humanitarian assistance from the Red Cross which has a permanent presence at the facility.

    “It’s not a prison,” Marty says. “Here, you can keep your personal belongings, your mobile phone, you can go in and out of the rooms as much as you like. The only restriction is that you’re not allowed to exit the premises.”

    It may not be a prison, but it’s definitely a place of deprivation. Not all mobile phones are allowed, and those equipped with a camera are confiscated automatically.

    It’s 11.45am, but no one seems to be around on the ground floor. The TV is on in the communal room, but there’s no one there to watch it. No one is using the public payphones which are available to the “ZAPIsts” 24/7. On the first floor, where the rooms are located, the hallways are more or less empty. “They’re most likely downstairs, in the canteen, lunch will be served soon,” a police officer says. “Otherwise they might be outside, in the garden, talking or smoking.”

    The police presence is fairly discrete on the floor with the rooms, but every now and then the police officers can be heard calling someone through the loud-speakers that have been installed in the building. “We use it to call people who have a visit or a meeting. It helps us avoid having to run through the hallways to find them,” Berquier, the head of ZAPI, explains while showing us around the premises. “There are 67 rooms. Some are reserved for families, and others for people with reduced mobility […] There’s also an area reserved for unaccompanied minors and an area with games for them and for families.”

    La ZAPI compte au total une soixantaine de chambres Crdit InfoMigrants

    ‘Things can be improved’

    The atmosphere at ZAPI is calm, almost peaceful. Until Youssef, an Algerian who’s been held there for four days, turns up. He seems to be on his guard, and appears quite tense. “I’m still waiting for my suitcase, I don’t have any clothes to change with,” he complains and lights a cigarette. “The Red Cross is helping me out.” It can take several days for a person who’ve been placed in ZAPI to have their personal belongings returned to them. Checked-in luggage first has to be located and then controlled… During this period, the Red Cross does what it can in terms of clothing, offering T-shirts and underwear.

    Marty finds the situation with the luggage deplorable. “It’s evident that not everything is perfect, there are things that can be improved,” he admits. “To have a suitcase speedily returned to someone at ZAPI is among the things where progress can be made.”

    Returning home

    Audrey from Gabon and Youssef from Algeria, who have both found themselves blocked in this no-man’s land, have more or less the same story to tell. Both of them claim they came to France to visit family, insisting they did not intend to enter the country illegally. “But now, my situation isn’t very good,” the young woman says. Did she really come for the “tourist visit” she claims? Or did she try her chance at entering France by sneaking through the controls (customs)? It’s hard to know. The police have the same doubts when it comes to Youssef. “I came here to visit family, but I had a problem with my return ticket which didn’t match my visa,” he explains. Youssef says he wants to try to regularize his documents – “to buy a return ticket that conforms to the conditions” – in order to leave ZAPI and thereafter enter France. Audrey, on the other hand, says she has “given up”. She wants to go home now.

    The PAF sometimes comes across “people who ask to go home because they understand that their entry into France is compromised,” Marty explains. The costs of such returns are normally taken out of the pocket of the airline that flew the foreigner in question to France in the first place, and is undoubtedly a way for authorities to sanction the airlines and force them to be more vigilant when it comes to checking their passengers’ travel documents.

    The risk of failing an attempt to enter a country illegally is often higher for those who try to do so via air travel. “It’s an expensive trip, you have to pay for the ticket as well as the forged passport you need to fool the authorities, and this is before having to take the rigorous controls at the airports into account,” Marty says.

    The nationalities of migrants arriving by plane are often different from those who try to reach Europe by sea or by land. “The people at ZAPI are mainly from South America, Honduras, Brazil, and Nicaragua. Also from China and Russia. Some also come from North Africa and Sub-Saharan Africa, but they are fewer in numbers.” On this particular day, the people in ZAPI’s courtyard are from Gabon, Chad, Sri Lanka, Turkey, Morocco, Tunisia, Algeria, and South America.

    ’The aim is to deport’

    ZAPI also houses people seeking asylum. “There are people who demand protection in France as soon as they step off the plane,” Marty explains. “They tell border police […] Everything has been organized so that they know they have the right to demand asylum and that we’re ready to help them in their attempt to do so.”

    Charlene Cuartero-Saez works for Anafé, an association that helps foreigners who have been blocked between borders, and which has an office at ZAPI. She almost chokes when she hears the “model” description of the facility that Marty has given, saying it is far from the benevolent place he has been talking about.

    Cuartero-Saez has her desk in room 38 of the building, which has been converted into an Anafé office, Cuartero-Saez lists the different dysfunctions of the place: the poor ventilation, the restricted outdoor access, cameras in the communal areas, no laundry room… “It’s true that here, the material conditions are less difficult than elsewhere. Charles de Gaulle’s ZAPI is a bit like the display window for other ‘waiting zones’ in France. But that doesn’t prevent people from having their rights flouted, especially here.”

    ’Some are sent back just a few hours after their arrival in France’

    “[Police] say that people are informed of their rights in their native language, but in my opinion that is not always true. Many [officers] work on the principle that if the migrants speaks a few words of English, he or she doesn’t need an interpreter.”

    Anafé is also alarmed over the fast-speed returns of “ZAPIsts” – despite the existence of a “clear day” which normally gives a person 24 hours of respite at ZAPI. “This ‘clear day’ exists, yes, but you only get it if you ask for it! Many people don’t even know what it is,” Cuartero-Saez says. “There have been cases where people have been sent back to their countries just a few hours after arriving in France.”

    The law stipulates that asylum request can be filed at any moment – and thereby suspending an imminent deportation. In those cases, an Ofpra official comes to ZAPI to carry out a pre-assessment of the person’s request. The interview doesn’t decide on the asylum application itself, but evaluates the pertinence of the demand. A decision should be made within 20 days. If the demand is rejected, a deportation is imminent. A person filing a demand for asylum while at ZAPI can therefore receive a definite response within just a few days, whereas the average waiting time in France is between two and eight months or even more, depending on the case.

    Ces trois jeunes Sri-Lankais ont dpos une demande dasile aux frontires Crdit InfoMigrants

    “The aim of keeping [people in] this waiting area is to be able deport them, Cuartero-Saez states, and gives three asylum-seeking Sri Lankans who are currently staying at ZAPI as an example. The three men – all under the age of 30 – are in the courtyard and explain how they fear for their lives because they’re members of the separatist Tamil Tigers (LTTE) movement. All three have just been notified that their demands for asylum have been rejected.

    They show their rejection letters while seated on a bench in the sunshine. They speak neither French nor English and they don’t seem to know what to do next. They’ve been there for two weeks now. “We told them that they can appeal the decision. They didn’t know they could do that, no one had informed them of that,” Cuartero-Saez says.

    The three Tamils appear to be quite lost. They don’t seem to understand that they could face imminent deportation. In five days’ time, their retention at ZAPI will expire. “We don’t want to go back to Sri Lanka,” they say smiling. “We want to stay in France.”

    Aja, from Chad, and her two small daughters are in the same situation. They have been held at ZAPI for four days. Aja doesn’t want them to be returned to Chad, but she doesn’t want to demand asylum either. “I think I had a problem with money… That’s why they’re keeping me here. I’m here as a tourist,” she says, but adds that she “would very much like” to stay in France if it was possible. Because of this deadlock, she and her daughters also risk deportation.

    For those staying at ZAPI, the place is not synonymous with neither violence nor mistreatment but rather anxiety. At any given moment, PAF officers can try to force someone at ZAPI onboard a plane. “We have examples of people who don’t manage to register their asylum request in time,” Cuartero-Saez at Anafé says. “When the demand hasn’t been registered, the process is never launched… And so, without recourse, a person can be sent back in less than four days without even knowing his or her rights.”

    http://www.infomigrants.net/en/webdoc/146/no-man-s-land-at-paris-airport-where-france-keeps-foreigners-who-ve-be
    #Paris #aéroport #zone_de_transit #limbe #asile #migrations #réfugiés #déboutés #renvois #expulsions #détention #rétention #détention_administrative


  • The unseen driver behind the migrant caravan: climate change | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2018/oct/30/migrant-caravan-causes-climate-change-central-america

    Thousands of Central American migrants trudging through Mexico towards the US have regularly been described as either fleeing gang violence or extreme poverty.

    But another crucial driving factor behind the migrant caravan has been harder to grasp: climate change.

    Most members of the migrant caravans come from Guatemala, Honduras and El Salvador – three countries devastated by violence, organised crime and systemic corruption, the roots of which can be traced back to the region’s cold war conflicts.

    #migration #asile #amérique_centrale #climat #tats-unis


  • 3 raisons d’aimer les #chauves-souris#ONU Développement – Medium
    https://medium.com/@pnudfr/3-raisons-daimer-les-chauves-souris-e37836748c2f

    Si la chauve-souris vampire se régale bien de sang, la plupart de ses congénères pollinisent les fruits, les fleurs et autres plantes, comme les abeilles. Elles s’attaquent également aux infestations d’insectes.

    [...]

    Au Honduras, environ 112 espèces de chauves-souris ont été identifiées, dont la chauve-souris vampire. Du fait de sa prédilection pour le bétail et qu’elle est un vecteur de maladie, la chauve-souris vampire peut nuire à la production laitière et même tuer le bétail, entraînant des pertes économiques. Pour cette raison, toutes les chauves-souris sont considérées comme dangereuses et les humains sont leur principale menace.

    Alors, pourquoi les chauve-souris sont-elles importantes ?

    La présence de chauves-souris dans les écosystèmes présente de nombreux avantages. En voici trois :

    Les chauve-souris contrôlent les populations d’insectes nuisibles sans pour autant nuire à l’environnement (comme ce serait le cas avec des insecticides).

    Elles dispersent les graines et pollinisent les fleurs (environ 500 espèces de fleurs du monde entier dépendent des chauves-souris pour être pollinisées).

    Les chauves-souris éliminent les moustiques, qui peuvent être porteurs de maladies telles que la dengue, le chikungunya ou encore zika.


  • Honduras : pourquoi une « caravane » de migrants fait route vers les Etats-Unis
    http://www.europe1.fr/international/honduras-pourquoi-une-caravane-de-migrants-fait-route-vers-les-etats-unis-37

    Le président de la République, Juan Orlando Hernandez, a été élu en 2013

    Exit le coup d’état préalable contre Zelaya et les conditions de l’election de 2013.

    Le difficile périple des enfants de la caravane des migrants
    https://www.romandie.com/news/964963.rom

    Leurs parents veulent leur offrir un avenir loin de la #pauvreté et de la #violence des gangs qui sévissent au #Honduras, mais pour les centaines d’enfants de la caravane de migrants, le périple jusqu’aux #Etats-Unis est particulièrement épuisant et risqué.

    Sur les cinq derniers jours seulement, depuis que des milliers de migrants ont passé la frontière entre le Guatemala et le Mexique, ces enfants ont été exposés aux dangers d’une bousculade et de la traversée d’un fleuve, et à une chaleur accablante.


  • Words matter. Is it @AP style to call migrants an “army”—above a photo of mothers tending to their infants and toddlers, no less? This is not only incorrect, but it enables a racist narrative sold by this @POTUS and his supporters. Armies invade. These people are running away.


    https://twitter.com/JamilSmith/status/1054163071785037824
    #armée #terminologie #préjugés #invasion #afflux #mots #vocabulaire #migrations #réfugiés #médias #journalisme #presse

    • #Polly_Pallister-Wilkins sur la marche de migrants qui a lieu en Amérique centrale...

      Dear media reporting on the Central American migrant caravan, can you please be attentive to how you talk about it? 1/n
      People are walking, walking not pouring, flowing, or streaming. Walking. They are walking along roads, they will be tired, hungry, their feet will hurt, they will have blisters and sore joints. They are not a natural liquid phenomenon governed by the force of gravity. 2/n
      Their walking is conditioned by the infrastructures they move along like roads, the physical geographies they traverse like hills and rivers and the human controls they encounter like border controls and police checkpoints. 3/n
      All of these things are risky, they make the walk, the journey more difficult and dangerous, esepcially the police checkpoints and the border controls. These risks are the reason they are travelling as a caravan, as a large group attempting to minimise the risks of controls 4/n
      And the risks from gangs and criminals that migrants on their journeys routinely face. Their journey is a deeply embodied one, and one that is deeply conditioned both by the violence they are leaving and the violence of the journey itself. 5/n
      So media please try and reflect this in your storytelling. These people are not a river obeying gravity. They have made an active yet conditioned choice to move. When they encounter a block in their path this can be deadly. It can detain, deport, injure, rape, or kill. 6/n
      And these blockages are not boulders in a riverbed around which the river flows. These blockages, these #checkpoints, border controls or police patrols are human blockages, they are not natural. So please try and reflect the political structures of this journey. Please. End/
      Addendum: there is a long history of caravans as a form political resistance in Central America.

      https://twitter.com/PollyWilkins/status/1054267257944227840
      #marche #migrations #Honduras #Amérique_centrale #mots #vocabulaire #terminologie #média #journalisme #presse #caravane #métaphores_liquides #risque #gravité #mouvement #contrôles_frontaliers #blocages #barrières #résistance #Mexique

    • Migrants travel in groups for a simple reason: safety

      A caravan of Central American migrants traveling to through Mexico to the United States to seek asylum is about halfway through its journey.

      The caravan began on Oct. 13 in Honduras with 200 people. As it has moved through Honduras, Guatemala and now Mexico, its ranks have grown to over 7,000, according to an estimate by the International Organization of Migration.

      The migrants have been joined by representatives from humanitarian organizations like the Mexican Red Cross providing medical assistance and human rights groups that monitor the situation.

      Journalists are there, too, and their reporting has caught the attention of President Donald Trump.

      He has claimed that the caravan’s ranks probably hide Middle Eastern terrorists. Trump later acknowledged there is no evidence of this, but conservative media outlets have nevertheless spread the message.

      It is reasonable for Americans to have security concerns about immigration. But as a scholar of forced migration, I believe it’s also important to consider why migrants travel in groups: their own safety.
      Safety in numbers

      The Central Americans in the caravan, like hundreds of thousands of people who flee the region each year, are escaping extreme violence, lack of economic opportunity and growing environmental problems, including drought and floods, back home.

      Guatemala, Honduras and Mexico have some of the world’s highest murder rates. According to Doctors Without Borders, which provides medical care in crisis zones, 68 percent of the migrants and refugees it surveyed in Mexico had experienced violence. Nearly one-third of women were sexually abused.

      Whether crossing Central America, the Sahara desert or the mountains of Afghanistan, migrants are regularly extorted by criminals, militias and corrupt immigration officials who know migrants make easy targets: They carry cash but not weapons.

      Large groups increase migrants’ chance of safe passage, and they provide some sense of community and solidarity on the journey, as migrants themselves report.
      Publicizing the dangers they flee

      Large groups of migrants also attract media coverage. As journalists write about why people are on the move, they shed light on Central America’s many troubles.

      Yet headlines about huge migrant caravans may misrepresent trends at the U.S.-Mexico border, where migration is actually decreasing.

      While the number of Central American families and children seeking asylum in the U.S. has increased in the past two years, Mexican economic migrants are crossing the border at historically low levels.

      And while most migrant caravan members hope to seek asylum in the U.S., recent history shows many will stay in Mexico.

      In response to Trump’s immigration crackdown, Mexican president-elect Andrés Manuel López Obrador has promised to welcome Central American refugees — and try to keep them safe.


      https://theconversation.com/migrants-travel-in-groups-for-a-simple-reason-safety-105621

      #sécurité

    • Trump’s Caravan Hysteria Led to This

      The president and his supporters insisted that several thousand Honduran migrants were a looming menace—and the Pittsburgh gunman took that seriously.

      On Tuesday, October 16, President Donald Trump started tweeting.

      “The United States has strongly informed the President of Honduras that if the large Caravan of people heading to the U.S. is not stopped and brought back to Honduras, no more money or aid will be given to Honduras, effective immediately!”

      “We have today informed the countries of Honduras, Guatemala and El Salvador that if they allow their citizens, or others, to journey through their borders and up to the United States, with the intention of entering our country illegally, all payments made to them will STOP (END)!”

      Vice President Mike Pence also tweeted:

      “Spoke to President Hernandez of Honduras about the migrant caravan heading to the U.S. Delivered strong message from @POTUS: no more aid if caravan is not stopped. Told him U.S. will not tolerate this blatant disregard for our border & sovereignty.”

      The apparent impetus for this outrage was a segment on Fox News that morning that detailed a migrant caravan thousands of miles away in Honduras. The caravan, which began sometime in mid-October, is made up of refugees fleeing violence in their home country. Over the next few weeks, Trump did his best to turn the caravan into a national emergency. Trump falsely told his supporters that there were “criminals and unknown Middle Easterners” in the caravan, a claim that had no basis in fact and that was meant to imply that terrorists were hiding in the caravan—one falsehood placed on another. Defense Secretary James Mattis ordered more troops to the border. A Fox News host took it upon herself to ask Homeland Security Secretary Kirstjen Nielsen whether there was “any scenario under which if people force their way across the border they could be shot at,” to which Nielsen responded, “We do not have any intention right now to shoot at people.”

      Pence told Fox News on Friday, “What the president of Honduras told me is that the caravan was organized by leftist organizations, political activists within Honduras, and he said it was being funded by outside groups, and even from Venezuela … So the American people, I think, see through this—they understand this is not a spontaneous caravan of vulnerable people.”

      The Department of Homeland Security’s Twitter account “confirmed” that within the caravan are people who are “gang members or have significant criminal histories,” without offering evidence of any such ties. Trump sought to blame the opposition party for the caravan’s existence. “Every time you see a Caravan, or people illegally coming, or attempting to come, into our Country illegally, think of and blame the Democrats for not giving us the votes to change our pathetic Immigration Laws!” Trump tweeted on October 22. “Remember the Midterms! So unfair to those who come in legally.”

      In the right-wing fever swamps, where the president’s every word is worshipped, commenters began amplifying Trump’s exhortations with new details. Representative Matt Gaetz of Florida wondered whether George Soros—the wealthy Jewish philanthropist whom Trump and several members of the U.S. Senate blamed for the protests against Supreme Court Justice Brett Kavanaugh, and who was recently targeted with a bomb—was behind the migrant caravan. NRATV, the propaganda organ of the National Rifle Association, linked two Republican obsessions, voter fraud and immigration. Chuck Holton told NRATV’s viewers that Soros was sending the caravan to the United States so the migrants could vote: “It’s telling that a bevy of left-wing groups are partnering with a Hungarian-born billionaire and the Venezuelan government to try to influence the 2018 midterms by sending Honduran migrants north in the thousands.” On CNN, the conservative commentator Matt Schlapp pointedly asked the anchor Alisyn Camerota, “Who’s paying for the caravan? Alisyn, who’s paying for the caravan?,” before later answering his own question: “Because of the liberal judges and other people that intercede, including George Soros, we have too much chaos at our southern border.” On Laura Ingraham’s Fox News show, one guest said, “These individuals are not immigrants—these are people that are invading our country,” as another guest asserted they were seeking “the destruction of American society and culture.”

      Peter Beinart: Trump shut programs to counter violent extremists

      In the meantime, much of the mainstream press abetted Trump’s effort to make the midterm election a referendum on the caravan. Popular news podcasts devoted entire episodes to the caravan. It remained on the front pages of major media websites. It was an overwhelming topic of conversation on cable news, where Trumpists freely spread disinformation about the threat the migrants posed, while news anchors displayed exasperation over their false claims, only to invite them back on the next day’s newscast to do it all over again.

      In reality, the caravan was thousands of miles and weeks away from the U.S. border, shrinking in size, and unlikely to reach the U.S. before the election. If the migrants reach the U.S., they have the right under U.S. law to apply for asylum at a port of entry. If their claims are not accepted, they will be turned away. There is no national emergency; there is no ominous threat. There is only a group of desperate people looking for a better life, who have a right to request asylum in the United States and have no right to stay if their claims are rejected. Trump is reportedly aware that his claims about the caravan are false. An administration official told the Daily Beast simply, “It doesn’t matter if it’s 100 percent accurate … this is the play.” The “play” was to demonize vulnerable people with falsehoods in order to frighten Trump’s base to the polls.

      Nevertheless, some took the claims of the president and his allies seriously. On Saturday morning, Shabbat morning, a gunman walked into the Tree of Life synagogue in Pittsburgh and killed 11 people. The massacre capped off a week of terrorism, in which one man mailed bombs to nearly a dozen Trump critics and another killed two black people in a grocery store after failing to force his way into a black church.

      Before committing the Tree of Life massacre, the shooter, who blamed Jews for the caravan of “invaders” and who raged about it on social media, made it clear that he was furious at HIAS, founded as the Hebrew Immigrant Aid Society, a Jewish group that helps resettle refugees in the United States. He shared posts on Gab, a social-media site popular with the alt-right, expressing alarm at the sight of “massive human caravans of young men from Honduras and El Salvador invading America thru our unsecured southern border.” And then he wrote, “HIAS likes to bring invaders in that kill our people. I can’t sit by and watch my people get slaughtered. Screw your optics, I’m going in.”

      The people killed on Saturday were killed for trying to make the world a better place, as their faith exhorts them to do. The history of the Jewish people is one of displacement, statelessness, and persecution. What groups like HIAS do in helping refugees, they do with the knowledge that comes from a history of being the targets of demagogues who persecute minorities in pursuit of power.

      Ordinarily, a politician cannot be held responsible for the actions of a deranged follower. But ordinarily, politicians don’t praise supporters who have mercilessly beaten a Latino man as “very passionate.” Ordinarily, they don’t offer to pay supporters’ legal bills if they assault protesters on the other side. They don’t praise acts of violence against the media. They don’t defend neo-Nazi rioters as “fine people.” They don’t justify sending bombs to their critics by blaming the media for airing criticism. Ordinarily, there is no historic surge in anti-Semitism, much of it targeted at Jewish critics, coinciding with a politician’s rise. And ordinarily, presidents do not blatantly exploit their authority in an effort to terrify white Americans into voting for their party. For the past few decades, most American politicians, Republican and Democrat alike, have been careful not to urge their supporters to take matters into their own hands. Trump did everything he could to fan the flames, and nothing to restrain those who might take him at his word.

      Many of Trump’s defenders argue that his rhetoric is mere shtick—that his attacks, however cruel, aren’t taken 100 percent seriously by his supporters. But to make this argument is to concede that following Trump’s statements to their logical conclusion could lead to violence against his targets, and it is only because most do not take it that way that the political violence committed on Trump’s behalf is as limited as it currently is.

      The Tree of Life shooter criticized Trump for not being racist or anti-Semitic enough. But with respect to the caravan, the shooter merely followed the logic of the president and his allies: He was willing to do whatever was necessary to prevent an “invasion” of Latinos planned by perfidious Jews, a treasonous attempt to seek “the destruction of American society and culture.”

      The apparent spark for the worst anti-Semitic massacre in American history was a racist hoax inflamed by a U.S. president seeking to help his party win a midterm election. There is no political gesture, no public statement, and no alteration in rhetoric or behavior that will change this fact. The shooter might have found a different reason to act on a different day. But he chose to act on Saturday, and he apparently chose to act in response to a political fiction that the president himself chose to spread and that his followers chose to amplify.

      As for those who aided the president in his propaganda campaign, who enabled him to prey on racist fears to fabricate a national emergency, who said to themselves, “This is the play”? Every single one of them bears some responsibility for what followed. Their condemnations of anti-Semitism are meaningless. Their thoughts and prayers are worthless. Their condolences are irrelevant. They can never undo what they have done, and what they have done will never be forgotten.

      https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2018/10/caravan-lie-sparked-massacre-american-jews/574213

    • Latin American asylum seekers hit US policy “wall”

      Trump’s new restrictions mean long waits simply to register claims.

      The movement of thousands of Central American asylum seekers and migrants north from Honduras towards the southern border of the United States has precipitated threats from US President Donald Trump – ahead of next week’s midterm elections – to block the group’s entry by deploying troops to the US-Mexican border.

      Under international law the United States is obligated to allow asylum seekers to enter and file claims. However, immigration officials at the country’s southern border have for months been shifting toward legally dubious practices that restrict people’s ability to file asylum claims.

      “Make no mistake, the administration is building a wall – one made of restrictionist policy rather than brick and mortar,” said Jason Boyd, policy counsel at the American Immigration Lawyers Association (AILA).

      As a result, hundreds, possibly thousands, of asylum seekers have been left waiting for extended periods of time on the Mexican side of the border in need of shelter and basic services. Firm numbers for those affected are difficult to come by because no one is counting.

      Some of those turned away explore potentially dangerous alternatives. Aid and advocacy groups as well as the Department of Homeland Security say the wait has likely pushed some to attempt to enter the United States illegally, either with smugglers or on their own via perilous desert routes.

      While some of those in the so-called “migrant caravan” are searching for economic opportunity, others are fleeing gang violence, gender-based violence, political repression or unrest – all increasingly common factors in Central America and Mexico that push people to leave their homes.
      Menacing phone calls

      When people from the migrant caravan reach the southern border of the United States, they may find themselves in a similar position to Dolores Alzuri, 47, from Michoacan, a state in central Mexico.

      In late September, she was camped out with her husband, daughter, granddaughter, and aunt on the Mexican side of the DeConcini port of entry separating the twin cities of Nogales – one in the Mexican state of Sonora, the other in the US state of Arizona.

      Alzuri and her family were waiting for their turn to claim asylum in the United States, with only a police report in hand as proof of the threats they faced back home. Camping beside them on the pedestrian walkway just outside the grated metal door leading to the United States, nine other families waited to do the same.

      Over the preceding month Alzuri had received several menacing phone calls from strangers demanding money. In Michoacan, and many other parts of Mexico where criminal gangs have a strong presence, almost anybody can receive calls like these. You don’t know who’s on the other end of the line, Alzuri explained, but you do know the consequences of not following their orders.

      “If you do not give [money] to them, they kidnap you or they kidnap your family,” Alzuri said. “They destroy you. They kill you. That is why it is so scary to be in this country.”

      Other people she knew had received similar calls. She also knew that those who didn’t pay ended up dead – pictures of their bodies posted on Facebook as a macabre warning of what happens to those who resist.

      Fearing a similar fate, Alzuri packed her bags and her family and travelled north to ask for asylum in the United States. A friend had been granted asylum about nine months ago, and she had seen on television that other people were going, too. It seemed like the only way out.

      “I had a problem,” she said, referring to the phone calls. “They asked us for money, and since we did not give them money, they threatened us.”

      Before leaving her home, Alzuri said she filed a police report. But the authorities didn’t care enough to act on it, she said. “They are not going to risk their life for mine.”
      No way out

      Despite the danger at home, Alzuri and others in similar situations face an increasingly difficult time applying for asylum in the United States. At the Nogales crossing, asylum seekers must now wait up to a month simply to be allowed to set foot inside a border office where they can register their claims, aid workers there say.

      Those waiting are stuck in territory on the Mexican side that is controlled by gangs similar to the ones many are fleeing, though local aid groups have scrambled to find space in shelters, especially for women and children, so people will be safer while they wait.

      The situation hasn’t always been like this.

      In the past, asylum seekers were almost always admitted to register their claims the same day they arrived at the border. Since May, however, there has been a marked slowdown in registration.

      US Custom and Border Protection (CBP), the federal law enforcement agency responsible for screening people as they enter the country, says delays are due to a lack of capacity and space. But asylum advocates say similar numbers have arrived in previous years without causing a delay and the real reason for the slowdown is that CBP has shifted resources away from processing asylum seekers – not just in Nogales but across the southern US border – resulting in people being forced to wait for long periods or turned away altogether.

      This is happening despite the insistence of high-ranking Trump administration officials that asylum seekers present themselves at ports of entry or face criminal prosecution for crossing the border irregularly. Such contradictory policies, asylum advocates argue, are part of a broad-based effort by the Trump administration to dramatically reduce the number of people able to seek protection in the United States.

      “Our legal understanding is that they have the legal obligation to process asylum seekers as they arrive,” said Joanna Williams, director of education and advocacy at the Kino Border Initiative (KBI), a Nogales-based NGO. “There’s no room in the law for what they are doing right now.”
      A system in crisis

      In the past decade, migration across the southern border of the United States has undergone a dramatic change. Every year since the late 1970s US Border Patrol agents apprehended close to a million or more undocumented migrants entering the country. In 2007, that number began to fall, and last year there were just over 310,000 apprehensions – the lowest number since 1971.

      At the same time, the proportion of people entering the United States from the southern border to claim asylum has increased. Ten years ago, one out of every 100 people crossing the border was seeking humanitarian protection, according to a recent report published by the Migration Policy Institute (MPI), a non-partisan think tank in Washington DC. Today that number is about one in three.

      According to Boyd of AILA, the increase is being driven by ongoing humanitarian emergencies in El Salvador, Honduras, and Guatemala, an area of Central America known as the Northern Triangle. These countries have some of the highest homicide rates in the world and are wracked by gang violence, gender-based violence, extortion, and extra-judicial killings. “Many of the individuals and families arriving at the US southern border are literally fleeing for their lives,” said Boyd.

      But the system that is supposed to provide them protection is in crisis. Beginning in 2010 the number of asylum requests lodged in the United States started to balloon, mirroring an upward trend in global displacement. Last year, 79,000 people approached the US border saying they had a credible fear of returning to their home country, compared to 9,000 at the beginning of the decade.

      The increase in credible-fear claims, as well as asylum requests made by people already in the United States, has strained the system to a “crisis point”, according to the MPI report. This has led to a backlog of around 320,000 cases in US immigration courts and people having to wait many months, if not years, to receive a hearing and a decision.
      Crackdown

      Senior officials in the Trump administration, including the president, have consistently lumped asylum seekers and economic migrants together, positing that the United States is being “invaded” by a “massive influx of illegal aliens” across the southern border, and that the asylum system is subject to “systematic abuse” by people looking to gain easy entry to the country.

      People working on the ground with asylum seekers refute this. Eduardo Garcia is a communication coordinator at SOA Watch, an organisation that monitors the humanitarian impact of US policy in Latin America. He has spent time in Nogales speaking with people waiting to claim asylum.

      “The stories of many of the people we have talked to… are stories of people fleeing gang violence, are stories of people fleeing because one of their sons was killed, because one of their sons was threatened, because one of their family members [was] raped,” he said. “They have said they cannot go back to their countries. If they are sent back they are going to be killed.”

      Still, the Trump administration’s zero-tolerance policy on immigration – responsible for the recent child-separation crisis – has also included measures that have restricted access to asylum in the United States.

      In May, Attorney General Jeff Sessions announced that the Justice Department would begin criminally prosecuting everyone who irregularly crossed the US southern border, including asylum seekers. In June, that policy was followed by a decision that the United States would no longer consider gang and sexual violence – precisely the reasons so many people flee the Northern Triangle – as legitimate grounds for asylum. Around the same time, CBP appears to have deprioritised the processing of asylum seekers at ports of entry in favour of other responsibilities, leading to the long waits and people being turned away, according to humanitarian workers and a recent report by the DHS’s Office of Inspector General.

      And even as these restrictive policies were being put in place, Trump administration officials have been encouraging asylum seekers to try. “If you’re seeking asylum, go to a port of entry,” Secretary of Homeland Security Kirstjen Nielsen said in an 18 June press conference. “You do not need to break the law of the United States to seek asylum.”

      Nogales, Mexico

      “I came here with the hope that if I asked for asylum I could be in the United States,” said Modesto, a 54-year-old from Chimaltenango, Guatemala. In mid-September he was sitting in a mess hall run a couple hundred meters from the US border run by KBI, which provides humanitarian assistance to migrants and asylum seekers.

      Modesto had already been in Nogales, Sonora for several months. Like Dolores Alzuri, he fled his home because criminal gangs had tried to extort money from him. “I worked a lot and was making a living in my country,” Modesto explained. “The problem in particular with the gangs is that they don’t let you work… If you have money they extort you. If you don’t have money they want to recruit you.” And people who don’t cooperate: “They’re dead,” he added.

      The situation Modesto found when he arrived in Nogales, Sonora was far from what he expected. For starters, there was the long wait at the border. But he also discovered that – as an adult travelling with his 18-year-old son – even once he entered the United States he would likely end up in a detention centre while his case slowly made its way through the overburdened immigration courts – a practice that has also increased under the Trump administration. “I don’t want to cross… and spend a year in prison when my family needs my help,” he said.

      Modesto is in some ways an exception, according to Williams of KBI. Many of the people arriving in Nogales, Sonora are families with children. Once in the United States they will likely be released from immigration detention with ankle monitoring bracelets to track their movements. These people often choose to wait and to claim asylum at the port of entry when there is space.

      After more than 100 people piled up to wait at the border in May, local humanitarian groups set up a system to organise and keep track of whose turn it was to submit an asylum claim to US immigration officials. They also scrambled to find spaces in shelters so people were not sleeping on the walkway over the weeks they needed to wait.

      Now, only people who are likely to enter soon are camped on the walkway. When IRIN visited, about 40 asylum seekers – mostly women and children – sat on one side of the walkway as a steady stream of people heading to the United States filtered by on the other. Some of the asylum seekers were new arrivals waiting to be taken to a shelter, while others had been sleeping there for days on thin mats waiting for their turn. Volunteers handed out clean clothing and served pasta, as a CBP agent opened and closed the metal gate leading to the United States, just a few tantalisingly short feet away.

      The slowdown of processing “leaves people stranded – in really dangerous situations sometimes – on the other side of the border, and completely violates our obligations under both domestic and international law,” said Katharina Obser, a senior policy adviser at the Women’s Refugee Commission, an NGO that advocates for women, children, and youth displaced by conflict and crisis.

      As a result, some people arrive, find out about the wait, and leave. “We’re fairly certain that those are individuals who then end up crossing the border through other means,” Williams said.

      The DHS Office of the Inspector General came to a similar conclusion, finding that the contradiction between Trump administration rhetoric and policy “may have led asylum seekers at ports of entry to attempt illegal border crossings.”
      Border-wide

      The situation in Nogales, Sonora is far from isolated, according to Boyd of the AILA. “Recent turnbacks of vulnerable asylum seekers have been documented throughout the US southern border,” he said, including at many ports of entry in Texas and California. In those states, asylum seekers have reported being stopped as they approach the border and told they cannot enter because immigration officials don’t have the capacity to process their claims.

      “Turnbacks form part of a comprehensive set of practices and policies advanced under this administration that appears aimed at shutting out asylum seekers from the United States,” Boyd continued.

      Meanwhile, people like Dolores Alzuri – and most likely some of the thousands of Central Americans who are travelling north from Honduras in the hope of claiming asylum – are left with little choice but to wait. Moving somewhere else in Mexico or returning home is not an option, said Alzuri. “The violence is the same in every state,” she said. And crossing the desert, “that’s a big danger.”

      She and her family don’t have a back-up plan. “Let’s hope that I do get [asylum], because I really do need it,” she said. “You don’t live comfortably in your own country anymore. You live in fear that something will happen to you. You can’t walk around on the streets because you feel that you’re being followed.”

      https://www.irinnews.org/news-feature/2018/10/29/latin-american-asylum-seekers-hit-us-policy-wall
      #USA #Etats-Unis #fermeture_des_frontières #Mexique

      Commentaire Emmanuel Blanchar via la mailing-list Migreurop:

      Un article intéressant car il rappelle opportunément que la « caravane des migrants » en route vers les Etats-Unis est également composée de nombreuses personnes qui souhaiteraient pouvoir déposer des demandes d’asile. Or, si la frontières Mexique-USA est loin d’être encore mûrées, un mur administratif empêche déjà que les demandes d’asile puisse être déposées et traitées dans le respect des droits des requérant.e.s.

      #mur_administratif #asile

    • No es una caravana, es un dolor que camina

      La caravana de migrantes es sólo la primera manifestación pública y masiva de la crisis humanitaria en la que vive la mayoría de la población; negada por el gobierno, por la oligarquía, embajadas, organizaciones de la sociedad civil y por algunas agencias de cooperación que le hacen comparsa a la dictadura.

      Esta crisis humanitaria es provocada por el modelo económico neoliberal impuesto a sangre y fuego, que sólo pobreza y violencia ha llevado a las comunidades, que ante la ausencia de oportunidades y ante el acoso de los grupos criminales no tienen otra alternativa que la peligrosa e incierta ruta migratoria; prefieren morir en el camino que en sus barrios y colonias.

      El infierno en que se ha convertido Honduras tiene varios responsables. En primer el lugar el imperialismo, que a través de su embajada promueve la inestabilidad política en el país con el apoyo directo al dictador, que para granjearse ese apoyo les ha entregado el país, hasta el grado del despojo y de la ignominia, como puede observarse en los foros internacionales.

      Otro responsable es el dictador, que además de la incertidumbre que genera en lo económico, en lo político y en lo social, ha profundizado y llevado al extremo las políticas neoliberales, despojando de sus recursos a comunidades enteras, para dárselas a las transnacionales, principalmente norteamericanas y canadienses.

      La oligarquía corrupta, mediocre, salvaje, inepta y rapaz también es responsable de esta crisis humanitaria, quien se ha acostumbrado a vivir del presupuesto nacional a tal grado de convertir al Estado en su patrimonio, por medio de un ejército de ocupación, de diputados y presidentes serviles y títeres, que toman las decisiones no para el pueblo, sino que para sus insaciables intereses.

      Hay otro actor importante en esta crisis y es el Ejército Nacional, fiel sirviente de los intereses imperiales y de la oligarquía, que sólo sirve para consumir una gran tajada del presupuesto nacional y más que un ejército defensor y garante de la soberanía nacional es una fuerza de ocupación; listo para asesinar, torturar y matar aquellos que se oponen al dictador, al imperio y la oligarquía.

      Desgraciadamente esta caravana la conforman los miserables, los desheredados de la tierra, los parias: “los que crían querubes para el presidio y serafines para el burdel” como dijo en su poema, Los Parias, el poeta mexicano Salvador Díaz Mirón.

      Estos miserables y desheredados no huyen de la patria, la aman, la adoran y la llevan convertida en un dolor sobre sus hombros, huyen de los verdugos y carniceros que nos gobiernan y de los otros responsables de esta crisis humanitaria. Los que huyen aman a esta tierra más que los que nos quedamos.

      https://criterio.hn/2018/10/29/no-es-una-caravana-es-un-dolor-que-camina
      #douleur


  • Ce soir sur France2, j’ai appris que Manuel Lopez Obrador était le nouveau président de gauche du Mexique, et qu’il est connu pour avoir des tendances autoritaires (il n’a jamais gouverné le pays, mais on sait déjà comment il gouverne, c’est la prescience occidentale).
    J’ai aussi appris que le nouveau président colombien est connu pour remettre en cause le traité de paix avec les FARC (ce n’est pas une information de savoir qu’il est de droite dite « dure » (certains disent que la droite dure assassine, en Colombie)).
    A propos du Honduras, on a juste appris que les Honduriens étaient en route pour les Etats-Unis (ce n’est pas une information de savoir que là-bas, le pouvoir issu du coup d’état contre un président de gauche (autoritaire, évidemment), est un pouvoir qui laisse assassiner des journalistes, syndicalistes et autres gauchistes).


  • Migration: the riddle of Europe’s shadow population
    Lennys — not her real name — is part of a shadow population living in Europe that predates the arrival of several million people on the continent in the past few years, amid war and chaos in regions of the Middle East and Africa. That influx, which has fuelled Eurosceptic nativism, has if anything complicated the fate of Lennys and other irregular migrants.

    Now she is using a service set up by the Barcelona local administration to help naturalise irregular migrants and bring them in from the margins of society. She is baffled by the anti-immigrant rhetoric of politicians who suggest people like her prefer living in the legal twilight, without access to many services — or official protection.❞

    The fate of Lennys and other irregulars is likely to take an ever more central role in Europe’s deepening disputes on migration. They are a diverse group: many arrived legally, as Lennys did, on holiday, work or family visas that have since expired or become invalid because of changes in personal circumstances. Others came clandestinely and have never had any legal right to stay.

    The most scrutinised, and frequently demonised, cohort consists of asylum seekers whose claims have failed. Their numbers are growing as the cases from the surge in migrant arrivals in the EU in 2015 and 2016 — when more than 2.5m people applied for asylum in the bloc — work their way through the process of decisions and appeals. Almost half of first instance claims failed between 2015 and 2017, but many of those who are rejected cannot be returned to their home countries easily — or even at all.

    The question of what to do about rejected asylum applicants and the rest of Europe’s shadow population is one that many governments avoid. Bouts of hostile rhetoric and unrealistic targets — such as the Italian government’s pledge this year to expel half a million irregular migrants — mask a structural failure to deal with the practicalities.

    Many governments have sought to deny irregular migrants services and expel them — policies that can create their own steep human costs. But authorities in a growing number of cities from Barcelona to Brussels have concluded that the combination of hostile attitudes and bureaucratic neglect is destructive.

    These cities are at the frontline of dealing with irregular status residents from Africa, the Middle East and elsewhere. Local authorities have, to varying degrees, brought these populations into the system by offering them services such as healthcare, language courses and even legal help.

    The argument is part humanitarian but also pragmatic. It could help prevent public health threats, crime, exploitative employment practices — and the kind of ghettoisation that can tear communities apart.

    “If we provide ways for people to find their path in our city . . . afterwards probably they will get regularisation and will get their papers correct,” says Ramon Sanahuja, director of immigration at the city council in Barcelona. “It’s better for everybody.”

    The size of Europe’s shadow population is unknown — but generally reckoned by experts to be significant and growing. The most comprehensive effort to measure it was through an EU funded project called Clandestino, which estimated the number of irregular migrants at between 1.9m and 3.8m in 2008 — a figure notable for both its wide margin of error and the lack of updates to it since, despite the influx after 2015.

    A more contemporaneous, though also imprecise, metric comes from comparing the numbers of people ordered to leave the EU each year with the numbers who actually went. Between 2008 and 2017, more than 5m non-EU citizens were instructed to leave the bloc. About 2m returned to countries outside it, according to official data.

    While the two sets of numbers do not map exactly — people don’t necessarily leave in the same year they are ordered to do so — the figures do suggest several million people may have joined Europe’s shadow population in the past decade or so. The cohort is likely to swell further as a glut of final appeals from asylum cases lodged since 2015 comes through.

    “The volume of people who are in limbo in the EU will only grow, so it’s really problematic,” says Hanne Beirens, associate director at Migration Policy Institute Europe, a think-tank. “While the rhetoric at a national level will be ‘These people cannot stay’, at a local community level these people need to survive.”

    Barcelona: cities seek practical solutions to ease migrant lives

    Barcelona’s pragmatic approach to irregular migration echoes its history as a hub for trade and movement of people across the Mediterranean Sea.

    It is one of 11 cities from 10 European countries involved in a two-year project on the best ways to provide services to irregular status migrants. Other participants in the initiative — set up last year by Oxford university’s Centre on Migration, Policy, and Society — include Athens, Frankfurt, Ghent, Gothenburg, Lisbon, Oslo, Stockholm and Utrecht.

    A report for the group, published last year, highlights the restrictions faced by undocumented migrants in accessing services across the EU. They were able to receive only emergency healthcare in six countries, while in a further 12 they were generally excluded from primary and secondary care services.

    Some cities have made special efforts to offer help in ways that they argue also benefit the community, the report said. Rotterdam asked midwives, doctors, and schools to refer children for vaccinations, in case their parents were afraid to reveal their immigration status.

    The impact of some of these policies has still to be demonstrated. Ramon Sanahuja, director of immigration at the city council in Barcelona, says authorities there had an “intuition” their approach brought benefits, but he admits they need to do a cost-benefit analysis. As to the potential for the scheme to be exploited by anti-immigrant groups, he says Europe needs “brave politicians who explain how the world works and that the system is complicated”.

    “A lot of people in Barcelona are part of the system — they have [for example] a cleaning lady from Honduras who they pay €10 per hour under the counter,” he says. “Someone has to explain this, that everything is related.” Michael Peel

    https://www.ft.com/content/58f2f7f8-c7c1-11e8-ba8f-ee390057b8c9?segmentid=acee4131-99c2-09d3-a635-873e61754
    #naturalisation #villes-refuge #ville-refuge #citoyenneté #sans-papiers #migrerrance #régularisation #statistiques #chiffres #Europe #Etat-nation #limbe #pragmatisme #Barcelone

    cc @isskein

    –----

    Au niveau de la #terminologie (#mots, #vocabulaire), pour @sinehebdo:

    Belgian policy towards irregular migrants and undocumented workers has stiffened under the current government, which includes the hardline Flemish nationalist NVA party. It has prioritised the expulsion of “transmigrants”— the term used for people that have travelled to Europe, often via north Africa and the Mediterranean and that are seeking to move on from Belgium to other countries, notably the UK. Several hundred live rough in and around Brussels’ Gare du Nord.

    –-> #transmigrants


    • . . . . . .
      Mon respect pour les organisations caritatives a disparu lorsque j’ai découvert que Save the Children payait son directeur général 370 000 livres sterling et était devenu un havre pour les politiciens du Nouveau Parti travailliste avec des salaires énormes, ce qui explique pourquoi il était si impliqué dans la promotion d’un récit pro-guerre en Syrie. Lorsque Justin Forsyth et Brendan Cox – deux employés aux salaires colossaux qui sont entrés dans Save the Children depuis la porte tournante du bureau de Gordon Brown – ont été démasqués à cause de la prédation sexuelle, cela semblait être le résultat naturel d’organismes de « bienfaisance » dirigés par de riches politicards plutôt que par de simples personnes essayant de faire le bien. Quant au respect du Parlement, eh bien le scandale des frais exagérés et tous ces pédophiles protégés…

      Il est devenu difficile de s’accrocher au respect de toute institution, ce qui est troublant.

      Ce qui m’amène aux prix annuels de la semaine dernière de Index on Censorship. Les lauréats des prix – de Cuba, de la République démocratique du Congo, du Honduras et de l’Égypte – semblent tous assez dignes, et il y a même un certain écart par rapport à la narration néoconservatrice dans la reconnaissance d’un problème de droits de l’homme en Égypte.

      Mais le président d’Index on Censorship est, incroyablement, Rupert Murdoch hack David Aaronovitch, et il a présidé les prix, la semaine même où le journal pour lequel il écrit a produit cette attaque épouvantable contre la liberté d’expression :
      . . . . .


  • Grève générale, 260 morts en trois mois... On vous explique la violente répression au Nicaragua
    https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/greve-generale-260-morts-en-trois-mois-on-vous-explique-la-violente-rep

    Alors que le pays s’enfonce un peu plus dans la crise, le couple présidentiel apparaît isolé sur la scène internationale. Tous les membres de l’Organisation des États américains ont ainsi condamné la répression des manifestations. « La situation est grave », a déclaré le secrétaire de l’Association nicaraguayenne pour les droits de l’Homme (ANPDH), Alvaro Leiva, dénonçant une « répression disproportionnée » de la part des forces pro-Ortega.

    Quand on te cause du Honduras et que ceux qui manifestent et meurent sont des gens plutôt du peuple, on va te faire de la pédagogie et on va « t’expliquer ». On ne va pas utiliser l’expression « la communauté internationale condamne ». Et pour cause, ni la France, ni l’UE, ni les EU, ni Sakharov, n’ont rien dit de conséquent à ce sujet.

    Ce n’est évidemment pas comme pour... d’autres pays.


  • A Century of U.S. Intervention Created the #Immigration Crisis
    https://medium.com/s/story/timeline-us-intervention-central-america-a9bea9ebc148

    The #liberal rhetoric of inclusion and common humanity is insufficient: we must also acknowledge the role that a century of U.S.-backed military coups, corporate plundering, and #neoliberal sapping of resources has played in the poverty, instability, and #violence that now drives people from Guatemala, El Salvador, and Honduras toward Mexico and the United States. For decades, U.S. policies of military intervention and economic neoliberalism have undermined democracy and stability in the region, creating vacuums of power in which drug #cartels and paramilitary alliances have risen.

    #pauvreté #instabilité #amerique_latine #etats-unis


  • VIDEO.

    Inside Family Detention, Trump’s Big Solution.
    https://www.themarshallproject.org/2018/06/22/inside-family-detention-trump-s-big-solution

    https://d63kb4t2ifcex.cloudfront.net/famdetentionhed20180621/assets/icevideo.e7472e56.mp4

    At first glance, it resembles a doctor’s office, or perhaps a rec center. Security footage depicts sterile gray hallways leading to common areas with office couches and rainbow-colored, child-sized chairs. At the door to an outdoor field, there are tricycles and assorted balls, and in a small chapel with wooden benches, a detainee sweeps the floor. Correctional officers, referred to as “residential counselors,” sport khakis and blue polo shirts. But the Berks Family Residential Center, located about 75 miles northwest of Philadelphia, is also a place where immigrant parents and children are held for indefinite periods of time without adequate healthcare, according to multiple complaints and lawsuits. In one 2016 case, a guard there was convicted of “institutional” sexual assault; his victim was a 19-year-old asylum seeker from Honduras who had been detained with her three-year-old son for 7 months. It is facilities like Berks — operating in a gray area between federal prison and childcare provider — that may begin to sprout up across the country following President Trump’s announcement on Wednesday that he will end his administration’s practice of forcibly separating migrant parents and children at the U.S.-Mexico border.“We are going to keep the families together,” Trump said, at a signing ceremony in the Oval Office for his executive order.


    • La revue avec un regard appuyé sur la “démocratie” chez les autres vue sous l’angle américano-occidental. Merci à nos contributeurs pour leurs articles.

      CRISE DE L’EMPLOI

      Énormes inégalités de temps de travail : 48 heures/semaine et plus pour 10 à 15 % des personnes, moins de 20 heures pour 10 %
      "Comme presque tous les autres j’ai tendance à utiliser des chiffres sur les moyennes de temps de travail, moyennes hebdomadaires et moyennes annuelles. Y compris parce que ce sont pratiquement les seules données qu’on trouve dans les comparaisons internationales. C’est certes très utile de savoir par exemple (voir parmi d’autres ce billet d’octobre 2016 : « quatre graphiques commentés sur la nécessité de la RTT ») que, selon l’OCDE, la France est l’un des pays d’Europe occidentale où la durée hebdomadaire moyenne du travail est la plus élevée (mais oui !), ou encore que la durée hebdomadaire moyenne par personne active (chômeurs compris) est chez nous de… 30 heures."
      Source : DEBOUT ! : BLOG JEAN GADREY

      DÉMOCRATIE

      Secret des affaires : dernière ligne droite et quelques leçons
      "L’Assemblée nationale s’apprête à adopter définitivement le secret des affaires, malgré les alarmes de la société civile. À court terme, c’est un nouveau moyen pour les entreprises pour traîner lanceurs d’alerte, associations ou journalistes devant les tribunaux. À long terme, c’est l’instauration d’un véritable « droit au secret » pour les milieux d’affaires, qui met en danger tout le fragile édifice de régulation des multinationales."
      Source : OBSERVATOIRE DES MULTINATIONALES

      La Colombie, les escadrons de la mort et les droits de l’homme vus par les USA
      "Presque quotidiennement, nous sommes bombardés par des « informations » sur des problèmes au Venezuela. Et de fait, problèmes il y a, par exemple des pénuries de nourriture et de médicaments, et une inflation galopante. Mais quelque chose est occulté."
      Source : ENTELEKHEIA

      Nicaragua : Rébellion ou contre-révolution Made In USA ?
      "Beaucoup se demandent si les Etats-Unis sont impliqués dans les protestations d’étudiants qui essaient de déstabiliser le Nicaragua, ce dernier mois. Les médias occidentaux n’écrivent rien sur le sujet au moment même où des scénarios identiques se déroulent au Venezuela, au Brésil, à Cuba, au Honduras, en Bolivie et dans d’autres pays où la gauche a fait des avancées. En ce moment, trois étudiants nicaraguayens font une tournée en Europe et en Suède pour chercher des soutiens à leur campagne. Au moins un des étudiantes représente une institution financière créée par les États-Unis."
      Source : INVESTIG’ACTION

      Un rapport d’Amnesty International trouve que les États-Unis sont coupables de crimes de guerre en Syrie
      "Selon des preuves recueillies et publiés dans un rapport mardi par le groupe de défense des droits de l’homme Amnesty International, les États-Unis ont commis des crimes de guerre durant le siège de quatre mois qu’ils ont fait de la ville syrienne de Raqqa l’an dernier. Le rapport porte le titre de « Guerre d’annihilation », reprenant la description même faite par le secrétaire américain à la Défense James Mattis des tactiques à employer pour la prise de la ville à l’État islamique (EI). Le rapport conclut que « l’impact sur les civils a été catastrophique »."
      Source : WORLD SOCIALIST WEB SITE

      ENVIRONNEMENT

      La ruée minière sur les océans s’amorce, au prix probable de l’environnement
      "Thallium, cobalt, manganèse, nickel, or… les fonds marins regorgent de minerais. Alors que les gisements terrestres s’épuisent, États et industriels s’intéressent de très près aux ressources océaniques, dont l’exploitation aura de lourdes conséquences sur les écosystèmes sous-marins. Un nouvel enjeu écologique, alors que le 8 juin est la Journée mondiale des océans."
      Source : REPORTERRE

      EUROPE

      Renforcement de l’intégration monétaire : Berlin garde la main
      "Dans la perspective du Conseil européen de fin juin, la chancelière allemande a fait des concessions mineures en matière d’intégration monétaire, très loin des ambitions initiales du président français. Elle a bougé ! A l’Elysée, on s’est ostensiblement réjoui de l’entretien qu’a accordé la chancelière allemande à l’édition dominicale (03/06/18) du grand quotidien proche des milieux d’affaires, le Frankfurter Allgemeine Zeitung."
      Source : RUPTURES

      FRANCE
      Réformes Macron : des ambitions qui font pschitt ? _
      "Emmanuel Macron est-il en train de changer en profondeur le modèle économique français ? Dans son ouvrage « révolution », il ne proposait pas de renverser la table. Mais de refonder notre système social en opérant une mise à jour du pacte hérité du conseil national de la résistance. Il annonçait l’exploration d’une « troisième voie », dans lequel notre filet de sécurité serait mis en phase avec la mondialisation, dans l’esprit de ce qui se fait dans les pays scandinaves. L’idée aussi que les réformes doivent être menées en indemnisant les perdants." [Ou alors il mentait ?!]
      Source : XERFI CANAL

      GÉOPOLITIQUE

      Macron : le spectre de la gesticulation diplomatique
      "Dans sa quête de leadership, Emmanuel Macron veut faire preuve avec Netanyahou comme avec Trump, de volontarisme et de bilatéralisme personnalisé. Une stratégie qui pour l’instant, n’a donné aucun résultat tangible."
      Source : MIDDLE EAST EYE

      La paix est un cliché : lorsque l’Occident ne peut pas contrôler le monde sans opposition, cela signifie la guerre
      "L’Occident aime à se penser comme une « partie du monde qui aime la paix ». Mais est-ce le cas ? Vous l’entendez partout, de l’Europe à l’Amérique du Nord puis à l’Australie, avant de revenir en Europe : « Paix, paix, paix ! » . C’est devenu un cliché, un slogan, une recette pour obtenir des financements, de la sympathie et du soutien. Vous dites « la paix » et vous ne pouvez vraiment pas vous tromper. Cela veut dire que vous êtes un être humain compatissant et raisonnable."
      Source : INVESTIG’ACTION

      LIBERTÉS

      Surveillance : le réseau français "intelligent" d’identification par caméras arrive
      "La reconnaissance faciale "intelligente" est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l’Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d’identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l’administration française qui lance des expérimentations et des partenariats."
      Source : TV5 MONDE

      MATIÈRES PREMIÈRES

      En Alaska, les pétroliers gèlent le sol réchauffé par l’augmentation des températures
      "Pour accéder aux pipelines, les groupes pétroliers placent des milliers de tubes réfrigérants dans le permafrost (sol gelé) afin qu’il soit suffisamment solide pour rouler dessus. Les routes de glaces disparaissent de plus en plus rapidement, réduisant du même coup la période d’exploitation des puits de pétrole. En 2003, la fenêtre de tir avait diminué de deux mois en moyenne par rapport aux années 1970, au moment où les routes de glace étaient praticables plus de la moitié de l’année."
      Source : Le Monde

      SOCIETÉ

      Notre-Dame-des-Landes : Retrouvons un sens politique à la lutte qui se mène sur la ZAD
      "À Notre-Dame-des-Landes, certains résistent encore et toujours à l’envahisseur industriel. Et si l’abandon du projet d’aéroport a été une première victoire, il importe aujourd’hui de défendre une autre façon de faire de l’agriculture, loin du tout-rendement, des normes aseptisées, de l’intensif qui épuise les sols et maltraite les bêtes."
      Source : LE COMPTOIR

      ÉCONOMIE
      _ Le procès de l’hypermondialisation

      "Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également, c’est nouveau, par les économistes. Surtout, pour les acteurs économiques eux-mêmes, entrepreneurs et banquiers, elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre."
      Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

      Savoir décrypter la logique pro-business de Trump
      "Avec la crise, on aurait pu s’attendre à la revanche des salariés. Au sein même du main Stream économique, on a commencé à admettre que le partage des fruits de la croissance jouait trop en faveur du capital. Et que ce déséquilibre était à la racine de la crise et de l’instabilité financière contemporaine. Les institutions internationales se sont mises à valider les travaux sur la déformation du partage de la VA en faveur du capital, sur le creusement des inégalités, en attribuant pour partie la cause à l’ouverture commerciale..."
      Source : XERFI CANAL


  • Dr. Ruth, Dr. Kissinger, and Trump’s Cruelty to Families | The New Yorker

    https://www.newyorker.com/news/daily-comment/dr-ruth-dr-kissinger-and-trumps-cruelty-to-families

    Jose, a five-year-old Honduran boy, was taken away from his father by immigration officials last month, after the two of them had crossed the border at El Paso. The father was transferred to a detention camp. Jose, all alone, was put on a plane to Michigan and placed under the care of a family of kind but anguished strangers. In his bedroom at night, he clings to pictures that he’s drawn of his family—his mother and siblings in Honduras, with its epidemic of gang violence, and his father in a U.S. prison. He won’t stop asking, “When will I see my papa?”

    #états-unis #Migrations #asile


  • Organisation des États américains, vers une suspension du Venezuela

    OEA acordó iniciar proceso de suspensión de Venezuela
    http://www.el-nacional.com/noticias/politica/oea-acordo-iniciar-proceso-suspension-venezuela_238769

    11 países se abstuvieron en la votación de la resolución planteada por la OEA para declarar ilegítima la reelección de Nicolás Maduro y la “alteración del orden constitucional” en Venezuela. 

    Los países que se abstuvieron fueron Saint Kitts and Nevis, Suriname, Trinidad y Tobago, Uruguay, Antigua y Barbuda, Belice, Ecuador, El Salvador, Grenada, Haití y Nicaragua.

    La resolución fue aprobada por 19 votos a favor de los 35 países miembros de la OEA. Entre los países a favor están Argentina, Bahamas, Barbados, Brasil, Canadá, Chile, Colombia, Costa Rica, Estados Unidos, Guatemala, Guyana, Honduras, Jamaica, México, Panamá, Paraguay, Perú, República Dominicana y Santa Lucía.

    Bolivia, Dominica, San Vicente y Venezuela votaron en contra de la resolución.

    Ahora se efectuará una Asamblea General Extraordinaria, en la que se hará la deliberación sobre la suspensión de Venezuela del organismo Interamericano.

    • Mais ce n’est pas gagné, puisqu’il faut 24 voix en Assemblée générale. Les États-Unis à la manœuvre.

      EE UU juega su carta en la OEA y logra un triunfo parcial en Venezuela
      http://www.el-nacional.com/noticias/juega-carta-oea-logra-triunfo-parcial-venezuela_238796

      Fuentes diplomáticas describieron como una «partida de póker» el proceso que culminó anoche con una resolución que abre la puerta a la suspensión como Estado miembro de Venezuela, la mayor sanción de la que dispone el organismo y que, en sus 70 años de historia, solo ha aplicado a dos países: Cuba y Honduras.

      «Estados Unidos tenía las mejores cartas, trajo a su vicepresidente y a su secretario de Estado, Mike Pompeo, pero uno no sabía si todo era un farol», resumió una de esas fuentes.

      El objetivo de EE UU era suspender a Venezuela de la OEA, un proceso que no es automático: era necesario aprobar la resolución, reunir al Consejo Permanente y luego convocar una Asamblea General extraordinaria con los cancilleres de las Américas para lograr el respaldo de 24 países, es decir, dos tercios de los 35 miembros del organismo.

      Los 24 votos eran muy difíciles de conseguir debido al tradicional respaldo del Caribe a Venezuela, que durante años les prestó dinero y les permitió acceder a petróleo subvencionado.

      Para aprobar la resolución eran necesarios 18 votos y sus impulsores (los 14 países del Grupo de Lima y EE UU) lograron 19, aunque hubo once abstenciones y cuatro Estados votaron en contra.


  • Les États-Unis séparent désormais les parents migrants de leurs enfants | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/162252/etats-unis-separent-parents-migrants-enfants

    Avant l’élection de Donald Trump, les familles de migrants et demandeurs d’asiles qui étaient interpellées à la frontière mexicaine étaient détenus ensemble dans des centres de rétention, en attente de jugement. Mais les directives du gouvernement ont changé : maintenant, les parents et enfants sont détenus séparément, parfois dans des villes différentes, et même dans le cas d’enfants très jeunes.

    Depuis plusieurs mois, des centaines de cas de séparations ont été rencensés par les associations de défense des droits civiques.

    « Ce qui se passe ici est sans précédent. Ici en Arizona, nous avons vu plus de 200 cas de parents séparés de leurs enfants. Certains de ces enfants sont très jeunes, nous voyons régulièrement des enfants de deux ans, et la semaine dernière, il y avait un enfant de 53 semaines sans ses parents », expliquait Laura St. John de l’organisation The Florence Project, sur MSNBC.

    L’association de défense des droits civiques ACLU a engagé une procédure légale contre cette pratique du gouvernement, qu’ils considèrent comme une violation de la Constitution des États-Unis.

    Sur Twitter, le journaliste Chris Hayes a partagé des extraits de la plainte dans lesquels sont décrits plusieurs cas de séparation, comme celui de Miriam, venue du Honduras, qui dit avoir été séparée de son bébé de dix-huit mois et ne pas l’avoir vu pendant plus d’un mois. En mars, un procès de l’ACLU avait permis de réunifier une mère congolaise demandeuse d’asile avec sa fille de sept ans. Elles avaient été séparées pendant quatre mois.

    La nouvelle approche, introduite par le ministère de la Justice, consiste à condamner les personnes qui ont traversé la frontière illégalement à des crimes, et non plus à des infractions civiles, comme c’était le cas auparavant. Les adultes sont donc placés en prison, et non en centre de rétention, alors que les enfants sont gérés par une autre entité administrative, qui détient habituellement les mineurs qui traversent seuls la frontière.

    Interviewé par MSNBC, un avocat de l’ACLU a dit que c’était « la pire chose » qu’il avait vue en 25 ans de travail sur les droits des immigrés.

    « Je parle à ces mères et elles décrivent leurs enfants qui hurlent "maman, maman, ne les laisse pas m’emmener". »

    Il y a quelques jours, le chef de cabinet de la Maison Blanche John Kelly a défendu la pratique en disant qu’il s’agissait d’une dissuasion efficace et que les enfants seraient « placés dans des foyers ou autres ».

    • « The feds lost – yes, lost – 1,475 migrant children »
      https://eu.azcentral.com/story/opinion/op-ed/ej-montini/2018/05/22/immigration-children-separate-families-lost-kirstjen-nielson/631627002

      The Trump administration recently announced a new, get-tough policy that will separate parents from their children if the family is caught crossing the border illegally.

      It was a big news story. So big it overshadowed the fact that the federal government has lost – yes, lost – 1,475 migrant children in its custody.

      Cela suscite visiblement quelques réactions aux États-Unis
      https://twitter.com/hashtag/WhereAreTheChildren?src=hash

      En français, derrière un paywall dont le chapô m’a seulement permis de récupérer les deux liens ci-dessus : « Le sort des enfants migrants enflamme les Etats-Unis »
      https://www.mediapart.fr/journal/international/280518/le-sort-des-enfants-migrants-enflamme-les-etats-unis

      À sa frontière avec le Mexique, l’administration Trump commence à séparer les familles. Une façon, dit-elle, de « dissuader » l’immigration illégale. Ses services sont pourtant incapables de suivre correctement les mineurs placés en foyers.

    • New York (États-Unis), de notre correspondant.- « Les fédéraux ont perdu, oui, perdu, 1 475 enfants migrants. » L’éditorial de The Arizona Republic a révolté les réseaux sociaux. Des Américains se sont pris en photo avec cette question : « Où sont les enfants ? » (#wherearethechildren), devenue en quelques jours un mot-clé populaire. « L’inhumanité doit cesser », explique Joaquín Castro, représentant démocrate du Texas, qui appelle à une manifestation cette semaine à San Antonio.

      À l’origine de cette indignation, l’information rapportée par The Arizona Republic est, de fait, assez spectaculaire. Le 26 avril, Steven Wagner, un responsable du Département de la santé américain chargé de la gestion des réfugiés, a annoncé au cours d’une audition au Sénat que ses services, alors qu’ils tentaient de prendre contact avec 7 635 mineurs placés chez des proches ou dans des familles d’accueil, se sont révélés « incapables de localiser 1 475 » d’entre eux, soit 19 % de l’échantillon contacté.

      9 mai 2018. Cette famille vient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis près de McAllen, Texas. © Reuters 9 mai 2018. Cette famille vient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis près de McAllen, Texas. © Reuters

      Il s’agit de mineurs non accompagnés, la plupart originaires du Honduras, du Guatemala et du Salvador, des pays d’Amérique centrale ravagés par les violences. Placés quelques semaines en foyer après avoir tenté de traverser la frontière avec les États-Unis via le Mexique, ils sont ensuite confiés par les autorités à des proches, des parents ou des familles d’accueil en attendant l’examen de leur dossier par les services de l’immigration.

      Les 1 500 enfants manquant à l’appel ne sont pas forcément aux mains de trafiquants, exploités à vil prix ou livrés à eux-mêmes. « On ne sait pas combien d’entre eux n’ont pas été localisés parce que eux ou leurs proches, qui peuvent très bien être leurs parents, sont partis sans laisser d’adresse pour réduire les risques d’être renvoyés dans leur pays », explique la journaliste Dara Lind, spécialiste des questions migratoires sur Vox.com.

      Mais l’incertitude qui pèse sur leur sort a de quoi inquiéter : plusieurs médias, comme Associated Press et la chaîne PBS, ont révélé des cas de violences sexuelles, de travail forcé ou de mauvais traitement.

      « Vous êtes la plus mauvaise famille d’accueil du monde. Vous ne savez même pas où ils sont », a lancé à Steven Wagner la sénatrice Heidi Heitkamp. L’accusation de l’élue démocrate tape juste, sauf que sous l’administration Obama, qui avait dû faire face à une explosion du nombre de mineurs non accompagnés, le suivi était tout aussi défaillant.

      En 2014, les procédures de vérification des familles d’accueil avaient même été allégées pour faciliter les placements, livrant les enfants à des dangers accrus. En 2016, le Sénat avait préconisé des mesures de suivi renforcées, qui n’ont jamais été mises en place, faute de ressources et de volonté politique : le département de la santé considère en effet qu’une fois placés, les mineurs ne sont plus de sa responsabilité…

      Il y a un mois, l’« aveu » de Steven Wagner devant le Sénat n’aurait ainsi pas fait beaucoup de bruit. Mais tout a changé depuis que le président Trump, frustré de ne pas voir avancer son projet de mur avec le Mexique, en colère contre sa propre directrice du Département de la sécurité intérieure (DHS), a autorisé des mesures d’une extrême sévérité contre l’immigration irrégulière.

      Au nom de la « tolérance zéro », Jeff Sessions, “attorney general” (l’équivalent du ministre de la justice), un dur de dur connu pour sa hargne contre les clandestins, a annoncé le 7 mai la poursuite systématique des étrangers qui « traversent la frontière de façon illégale », une façon de décourager les candidats à l’immigration – au rythme de 40 000 personnes « appréhendées » chaque mois, on voit mal comment les procureurs vont suivre. Il a surtout déclaré que les enfants « clandestins » seront désormais « séparés » de leurs parents. De quoi susciter l’indignation générale. Au vu de la façon dont les mineurs non accompagnés sont traités dans les familles d’accueil, cette annonce sonne comme une provocation.

      « Cette horreur est insupportable, a twitté Walter Schaub, ancien directeur sous Obama et Trump du Bureau pour l’éthique gouvernementale, une agence fédérale anticorruption. Décider d’arrêter encore plus d’enfants alors même qu’on sait déjà que ce qui leur arrive est une violation immorale des droits humains. »

      « C’est de la torture », commente l’ACLU, une grande organisation de défense des libertés publiques, qui a engagé une action en justice collective contre le gouvernement. « La pire chose que j’ai vue en vingt-cinq ans, dit Lee Gelernt, l’avocat de l’ACLU, interrogé sur la chaîne MSNBC. Ces mères vous racontent leurs enfants qui crient “maman ! maman !”, “ne les laisse pas m’emmener !”, des enfants de cinq ans, de six ans. On va traumatiser ces enfants pour toujours. »

      « Cette pratique viole les droits des demandeurs d’asile inscrits dans la Constitution », ajoute Eunice Lee, codirectrice du centre de recherche sur le genre et les réfugiés Hastings College of the Law à San Francisco (Californie).

      Reuters Reuters

      Fin avril, le New York Times, citant des données officielles, a révélé que cette pratique est en réalité d’ores et déjà en place. Entre octobre et avril, écrit le quotidien, 700 enfants, dont 100 tout-petits de moins de quatre ans, ont été privés de leurs parents. Le département de la santé refuse de dire combien de ces familles restent aujourd’hui éclatées.

      Au vu des positions de l’administration Trump, qui cherche à lutter contre l’immigration mais aussi à décourager par tous les moyens l’exercice du droit d’asile, cette politique n’est guère surprenante. Elle avait été évoquée quelques semaines après l’investiture de Donald Trump par John Kelly, alors directeur de la sécurité nationale. Aujourd’hui chef de cabinet de Donald Trump, Kelly a affirmé à la radio publique NPR que non seulement la séparation des familles n’est « pas cruelle », mais qu’elle est aussi un « puissant moyen de dissuasion » contre l’immigration.

      Pendant sa campagne, et depuis son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump a promis de « stopper » l’immigration illégale. Il s’en est pris aux Mexicains « violeurs » et « criminels », aux « pays de merde », a taxé publiquement des immigrés d’« animaux ». Il a annoncé l’envoi de la garde nationale à la frontière et a attisé sa base en s’en prenant à une « caravane » de réfugiés d’Amérique centrale qui cherchaient à obtenir l’asile aux États-Unis.

      Depuis son arrivée à la Maison Blanche, son administration s’est employée à détricoter les dispositifs protégeant les jeunes migrants. Trump lui-même a estimé que les mineurs qui passent la frontière « ne sont pas tous innocents » et nourrissent la violence des gangs.

      « Les enfants seront pris en charge, placés dans des foyers ou autre », a promis John Kelly. En l’occurrence, le « ou autre » pourrait désigner des bases militaires. Selon le Washington Post, des enfants séparés de leurs familles pourraient être bientôt placés dans des centres de l’armée, au Texas ou dans l’Arkansas.