country:inde

    • Dans un article au titre évocateur - L’incroyable rétrécissement de l’Europe - le pourtant européiste Wall Street Journal se lamente : selon la Banque mondiale, entre 2009 et 2017, la croissance a atteint 139% en Chine, 96% en Inde, 34% aux Etats-Unis et... - 2% dans l’UE !! Bruxelles ou la seule zone de décroissance de la planète. De quoi donner du grain à moudre aux z’horribles partis « populistes » qui ne manquent pas de répéter que la zone euro est un véritable trou noir économique, un tonneau sans fond, et que la monnaie unique est un boulet.

      Le micron élyséen s’en rend bien compte, en proie à son propre « Maïdan » des Gilets Jaunes. L’ironie n’aura échappé à personne... Ceux-la même qui tressaient des louanges aux cagoulés néo-nazis de Kiev prennent aujourd’hui des airs consternés devant la révolte de la France d’en bas. Dans le rôle du clown de service, BHL est imbattable. Celui qui tapait sur l’épaule des nervis de Svoboda et du Pravy Sektor est soudain terrorisé devant le « fascisme nouveau » qui verrait apparemment le jour en France. Si les cons volaient...

    • Complètement perdue dans ce maelstrom, la presstituée européenne tente maladroitement de surnager. Ne sachant plus très bien dans quel sens doit aller sa propagande, elle se contente ces derniers temps de couvrir ses mensonges passés.

      Quand le comité d’enquête bipartisan du Sénat américain arrive à la conclusion qu’il n’y a pas eu de collusion entre Trump et la Russie, la MSN états-unienne fait une tête d’enterrement mais se voit tout de même obligée d’en parler. Ce n’est pas le cas de sa consoeur européenne qui, après deux ans de désinformation systématique, passe tout simplement la nouvelle sous silence. Pas vu, pas pris...

      Autre nouvelle escamotée, l’admission par le producteur de la BBC en charge de la Syrie que l’attaque chimique de la Douma était une mise en scène, une obscène masqarade. Certes, le fidèle lecteur du blog le sait depuis longtemps, mais imaginez la panique parmi la journaloperie. On imagine la fébrilité gagner les couloirs des rédactions et le caquètement de nos plumitifs : que fait-on ? La solution la plus simple est souvent la meilleure : rien. Le silence des vautours soudain devenus agneaux.


  • 40% des crevettes crues vendues en Suisse contaminées par des bactéries multirésistantes aux antibiotiques Manuelle Pernoud/ebz - 12 Février 2019 - RTS A bon entendeur
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/10213260-40-des-crevettes-crues-vendues-en-suisse-contaminees-par-des-bacteries.

    Quelque 40% des crevettes crues analysées par A Bon Entendeur sont contaminées par des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Un résultat inquiétant, qui concerne également des crevettes labellisées bio.

    A Bon Entendeur avait déjà apporté la preuve que du poulet élevé en Suisse peut être contaminé par des bactéries résistantes aux antibiotiques. C’est maintenant vrai également pour des crevettes d’élevage importées d’Inde, de Thaïlande et du Vietnam dans notre pays.


    Ces résultats sont inquiétants, réagit le professeur Stephan Harbarth, médecin adjoint au service de Prévention et de Contrôle de l’Infection des Hôpitaux universitaires de Genève. Pour lui, on ne tombera pas forcément malade en consommant des crevettes crues ou peu cuites porteuses de bactéries résistantes aux antibiotiques, mais il existe un risque : que les antibiotiques que les patients seraient amenés à prendre en cas d’infection ne fassent aucun effet.

    Et c’est bien le grand problème de la multirésistance aux antibiotiques : en cas d’infection bactérienne, la plupart des antibiotiques ne marchent plus. Dans les hôpitaux, on observe de plus en plus de patients sur lesquels les antibiotiques deviennent inefficaces. Heureusement, il existe des solutions de dernier recours.

    Des distributeurs qui minimisent leur responsabilité
    Interpellés par A Bon Entendeur, les distributeurs de ces crevettes contaminées répondent que ces bactéries résistantes peuvent se trouver dans l’environnement et dans l’eau utilisée pour l’aquaculture, ou qu’ils respectent les prescriptions légales.

    Tous ajoutent que ces bactéries sont éliminées par la chaleur et que les consommateurs doivent respecter les prescriptions d’hygiène dans la cuisine. Effectivement, ces bactéries sont détruites par la cuisson, quoique l’on ne sache pas à partir de quelle température elles sont réellement éliminées.

    Quitte à ce qu’elles deviennent dures, il faut bien cuire des crevettes d’élevage. Et ce n’est pas tout ! Des crevettes peuvent contaminer notre cuisine pendant la préparation, il est donc important de se laver les mains ainsi que tous les ustensiles ayant servi à leur préparation.

    #beurk #bactéries résistantes aux #antibiotiques #aquaculture #élevage #poisson #Inde #Thailande #Vietnam #pêche #alimentation #santé


  • En secret, la France et l’Inde veulent construire la plus grande centrale nucléaire du monde
    https://reporterre.net/En-secret-la-France-et-l-Inde-veulent-construire-la-plus-grande-centrale

    À la lumière de toutes les inquiétudes évoquées plus haut, nous demandons que les négociations entre l’Inde et la France sur ce projet de Jaitapur soient suspendues tant qu’une consultation publique ouverte et démocratique n’est pas mise en place pour débattre sur ce sujet, et ce, autant en Inde qu’en France.

    Dès l’origine du projet, les habitants de Jaitapur, des militants, des écologistes et des experts indépendants ont soulevé des questions cruciales auxquelles le gouvernement indien n’a su répondre que par la répression des voix dissidentes, en allant jusqu’à tuer des manifestants désarmés.

    On ne peut permettre aux gouvernements (indien et français) de poursuivre la réalisation d’un tel projet alors que tant de questions concernant la sécurité des personnes et bien d’autres préoccupations demeurent sans réponse et que les conditions et les circonstances sont de moins en moins favorables à la réalisation d’un tel projet.

    #nucléaire #secret


  • La carte de l’Afrique par rapport au reste du monde
    Kal Krause, Une Carte du Monde, le 22 octobre 2012
    https://www.unecartedumonde.fr/2012/10/la-carte-de-lafrique-par-rapport-au-reste-du-monde

    Un exemple particulièrement extrême, c’est la mauvaise appréciation de la taille de l’Afrique. Cette image tente de représenter concrètement sa taille massive, plus grande que les USA, la Chine, l’Inde, le Japon et l’Europe… réunis !

    #Afrique #Carte #Cartographie #Taille #Echelle


  • OMC : lancement de négociations controversées sur le « commerce électronique »
    https://www.cetri.be/OMC-lancement-de-negociations

    Le 25 janvier dernier, en marge du Forum de Davos, 76 États ont publié une déclaration conjointe réitérant leur volonté d’entamer des négociations sur la régulation du « commerce électronique » dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Rejetée par l’Inde et la majorité du continent africain, une telle démarche risquerait bien d’ancrer la réalité d’une économie numérique dominée par quelques multinationales américaines et chinoises. La « déclaration conjointe sur le commerce électronique » (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Analyses, #Le_regard_du_CETRI, #Enjeux_numériques


  • Lutter contre le réchauffement médiatique | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/050219/lutter-contre-le-rechauffement-mediatique

    par Dominique Boullier

    La propagation rapide de contenus falsifiés, choquants ou illégaux, ne s’explique pas seulement par la vérité/fausseté intrinsèque de ces messages ni par les stratégies des diffuseurs patentés de ces infox. Les « machines à réplications » que sont devenues les plates-formes numériques jouent un rôle d’accélération qu’il faut prendre en compte. Comme une étude publiée dans Science (Vosoughi et al., 2018) l’a montré, les fake news se propagent d’autant mieux qu’elles ont un « score de nouveauté » élevé. Il existe une prime au choquant, au radicalement nouveau, aussi aberrant soit-il, qui va favoriser la captation de l’attention, un effet de « priming » (amorçage) dit-on en sciences cognitives qui fait « passer devant » tout type de signal présentant cette caractéristique. La nouveauté et certaines saillances sont les sources de la distraction et de l’interférence avec nos buts (Gazzaley and Rosen, 2016. Ce modèle est typique d’un régime d’attention que j’ai appelé « l’alerte » (Boullier, 201e4, 2016) qui pousse à être aux aguets en permanence au détriment de la fidélité à des habitudes ou de la projection dans un effort cognitif de longue durée. Les machines à réplications sont en effet totalement prises dans l’économie de l’attention qu’il vaudrait mieux appeler d’ailleurs désormais « la guerre de l’attention », tant l’offre est abondante et tous les coups permis. Cela n’invalide pas la traque des sites et comptes organisés pour la publication délibérée de fake news : durant la campagne électorale américaine de 2016, seulement 10 de ces comptes généraient la propagation de 65% des tweets de fake news (Hindman et Barash, 2018). Signalons cependant que cette approche ne permet pas de traiter le mécanisme amplificateur propre aux plates-formes.

    Alors qu’il fallait recopier un tweet dans un autre tweet auparavant, et donc prendre du temps, voire même en profiter pour placer un commentaire sur le tweet republié, il suffit désormais de réagir, de saisir au vol dans un tweet un indice, une « saillance » qui choque, qui marque et qui suffit à déclencher le retweet. Chacun des utilisateurs se fait ainsi complice de la surcharge cognitive générale, puisque tous ses contacts seront alertés. La viralité est le bon terme ici puisqu’il s’agit bien d’une intoxication mentale collective activée par chaque transmetteur et pourtant équipée et amplifiée par les plates-formes.

    Le choc émotionnel contribue à la viralité d’autant plus que les plates-formes facilitent la réplication systématique. Cependant, à un moment du cycle attentionnel de la crise, ce sont les messages de compassion, tout aussi émotionnels, qui vont reprendre le dessus et parmi eux, certains qui sont plus informatifs, qui aident à coordonner les secours, les aides et des informations pour les familles à distance par exemple. Or, rien dans les « affordances » des plates-formes n’empêche de cliquer vingt fois par jour sur des vidéos de frayeur qui se propageront à bien plus grande vitesse que les vidéos de recommandations qui rassurent. Les infrastructures mentales que sont les plates-formes deviennent ainsi des enjeux essentiels pour la gestion de crise et le climat attentionnel et informationnel. La mise en place d’un service de crise comportant notamment le « safety check » sur Facebook n’est qu’un début pour rendre effective la responsabilité des plates-formes en matière de communication. Ces réseaux deviennent en effet quasiment les référents spontanés, parfois même à la place des médias traditionnels et des services publics.

    N’oublions pas que cet « engagement » des membres du réseau est désormais encouragé dans les nouvelles versions de l’algorithme de Edge Rank. Cela permettra de valoriser toujours plus la transmission des données personnelles aux « partenaires » que sont les marques pour qu’elles placent leur publicité de façon toujours plus intrusive et fine dans le newsfeed personnel. La conséquence immédiate de ce réchauffement en est, pour filer la métaphore, « la fonte généralisée de la calotte d’esprit critique » qui refroidissait tout l’espace public. Cependant, Whatsapp, propriété de Facebook et mis en cause en Inde par les rumeurs diffusées en ligne et à l’origine de lynchages, va réduire l’effet de propagation de ses groupes en limitant le transfert de messages à 5 destinataires. Comme on le voit, divers acteurs commencent à envisager sérieusement que les architectures de réplications qu’ils ont eux-mêmes créées deviennent toxiques pour la vie publique, sans se contenter de rejeter la faute sur les utilisateurs irresponsables ou sur des émetteurs mal intentionnés. Parmi les choix d’architecture, celui qui a systématisé le principe des notifications n’est pas pour rien dans la réactivité qu’il suscite chez les utilisateurs de smartphones (mais aussi de PC) et dans l’encouragement à une multiactivité qui permet de ne rien rater (comme le veut le slogan Fear of Missing Out, peur de rater quelque chose). Les ressorts cognitifs de l’attention et de sa rareté sont certes individuels, les tendances lourdes à la vitesse et à la réputation sont certes culturelles, mais les dispositifs techniques amplifient les réplications à haute fréquence au détriment des autres régimes d’attention, puisqu’ils sont en concurrence.

    Tout l’espace public est affecté : publications, publicité, débat public et publications scientifiques

    Au-delà de la communication interpersonnelle, tous les régimes de publication sont affectés. L’espace public conçu avec les révolutions anglaise, américaine et française est désormais remis en cause, et les cyclones, les incendies et les inondations attentionnelles occupent entièrement notre « temps de cerveau disponible ». C’est vrai pour les médias traditionnels aussi, qui constituaient les régulateurs de ce climat, de cette « chambre intérieure collective » (Sloterdijk, 2003), de « l’esprit du temps ».

    Le débat public est lui aussi désormais totalement infesté par cette contrainte de la haute fréquence qui ne repose que sur la seule « petite phrase », déjà connue dans les anciens temps froids médiatiques (McLuhan, 1968). Cette petite phrase est amplifiée désormais par la viralité des tweets, dont Trump devient le centre de production à la chaine, le réacteur nucléaire qui irradie même toutes les traditions diplomatiques, pourtant fameuses pour leur lenteur. Quoi de mieux pour empêcher de débattre que de chasser un tweet choquant par un autre tweet insultant ou délirant ? Tous les followers, ces suiveurs (ni audience ni public) qui constituent une version numérique des rats ou des enfants du joueur de flute de Hamelin, se retrouvent sidérés et amplifient encore ces effets en republiant les tweets, que ce soit pour les soutenir, les critiquer ou les moquer. Ce réchauffement médiatique engendre une réactivité qui tue toute réflexivité. Or, tout l’espace public était supposé permettre de produire ce débat contradictoire argumenté qui, au bout du compte et idéalement, devait à la fois contribuer à la formation de l’opinion des citoyens et favoriser une meilleure décision, éclairée par les arguments.

    Pensons enfin à ce qu’est devenu le régime de publication scientifique qui a été au cœur de l’émergence des démocraties et du modernisme à la fois, ce débat institué entre pairs à travers la médiation des publications dans des revues. Désormais, le slogan « publish or perish » s’est imposé à toute l’économie cognitive collective et se traduit par une frénésie de la quantité, qui se traduit même dans l’inflation des citations ou dans la publication avant toute révision pour rester le premier sur une thématique. Ce stress généralisé est lui-même captée par quelques grands groupes éditoriaux qui ont mis en coupe réglée les bibliothèques publiques pour les obliger à payer des publications entièrement réalisées par leurs propres chercheurs sur des financements publics le plus souvent. L’Open Access tend cependant à contester cette hégémonie mais pourra-t-il contrecarrer cette autoréférence du nombre de publications que les institutions publiques de recherche elles-mêmes encouragent ? Le réchauffement médiatique gagne ainsi ceux qui devraient garder la tête froide et la priorité au temps long, les chercheurs eux-mêmes.

    Mais un « Fukushima des données personnelles » se profile à travers les fuites de données des grandes plates-formes comme Facebook mais aussi à travers une succession ininterrompue de hacks toujours plus fréquents et massifs. Ils peuvent désormais exploiter les failles de milliards d’objets connectés que l’on lance sur le marché sans inspection sérieuse et en toute irresponsabilité. Or, si la sécurité est autant délaissée sur le plan des investissements, c’est en particulier parce qu’elle exigerait un certain ralentissement de tout le réseau (on parle de secondes au maximum, cependant !). L’arbitrage entre sécurité et vitesse s’est toujours fait au profit de la vitesse, avantage perçu immédiatement par les clients-utilisateurs au détriment de la sécurité, dont la nécessité n’est perçue qu’après une catastrophe (et cela dans tous les domaines).

    N’oublions pas cependant que des armées de designers, d’analystes de données et de spécialistes de l’expérience utilisateur ont consacré des heures de conception et de tests pour s’assurer que les membres des réseaux sociaux resteraient toujours plus longtemps sur le réseau au point de ne plus le quitter (1 heure par jour en moyenne passée par les membres de Facebook en version mobile aux USA). Les affordances (Norman, 1988) et les nudges (Thaler et Sunstein, 2010) , toutes ces méthodes comportementales de suggestions rendues quasi incontournables grâce à leur design, sont alors conçus dans cet objectif de captation de l’attention. Il serait cependant possible d’exploiter les mêmes méthodes pour ralentir le rythme des applications et rendre perceptible l’amélioration apportée à l’expérience. Les revendications de liberté de choix dans les usages des réseaux sociaux ou de responsabilité individuelle sont légitimes mais pèsent peu face à des artifices de conception qui savent exploiter toutes les faiblesses de nos cerveaux et de nos passions et nous faire réagir sans vraiment prendre de décisions au sens délibératif.

    Ce qui vaut pour les publications élaborées (ou presque, car lorsqu’on duplique des contenus, l’effort est minime), doit aussi s’appliquer aux réactions les plus élémentaires installées dans les applications : un seul like par jour, un seul retweet par jour, une seule recommandation ou pouce en l’air sur un site de presse, etc. Tout cela réduirait considérablement la course aux scores qui est devenue une obsession du marketing comme des individus publiants. Et cela permettrait par la même occasion de tuer le business de l’astroturfing, des fermes à clic et des robots qui génèrent quasiment 8% des tweets, ce qui rend tous les scores « d’engagement » ou de « reach » totalement fantaisistes mais pourtant rassurants pour le marketing.

    La responsabilité des chaines d’information répétitives

    Revenons cependant sur les enjeux médiatiques de masse et sur les mesures qu’il est possible de prendre dans leur cas, car il serait simpliste de penser que les problèmes attentionnels ne sont dûs qu’aux réseaux sociaux. Les chaines d’information dite « continue » ont constitué d’une certaine façon la première alerte du réchauffement médiatique. La permanence n’est pas tant le problème que la répétition à laquelle elle contraint. Car les contenus ne sont pas suffisamment nouveaux pour justifier des alertes tous les quarts d’heure. Or, la fréquence des bulletins d’information exige un remplissage qui parfois se voit nettement, avec les images que l’on passe « en boucle », de même que les bandeaux d’information qui passent eux aussi « en boucle ». Cette figure de la boucle est délétère du point de vue de la réflexivité car elle entraine une sidération pour un message qui n’est plus nouveau ni d’ailleurs analysé : le cerveau humain se met « en boucle » lui-même et ressasse les images qui le captivent d’autant plus qu’elles sont spectaculaires, c’est-à-dire inédites ou choquantes (novelty and salience).

    #Médias_sociaux #Accélération #Culture_numérique


  • Bitcoin : l’incroyable histoire des 150 millions de dollars emportés dans la tombe
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/bitcoin-l-incroyable-histoire-des-150-millions-de-dollars-emportes-dans-la

    Le jeune fondateur de la plateforme d’échange de crypto-monnaies canadienne QuadrigaCX, mort subitement en décembre, était le seul à détenir les clés privées d’accès aux comptes de ses clients. Sa veuve demande l’aide de la justice : 115.000 clients ne peuvent plus accéder à leurs avoirs représentant 126 millions d’euros.

    L’histoire est éclairante sur la complexité de la conservation des crypto-actifs ou actifs numériques, Bitcoin, Ether, entre autres monnaies virtuelles. La plus importante plateforme d’échange de crypto-monnaies canadienne, QuadrigaCX, a demandé à être placée sous la protection de la loi des faillites après le décès brutal de son fondateur, Gerald Cotten, à 30 ans, en décembre, des suites de complications de la maladie de Crohn, lors d’un voyage en Inde, où il participait à la création d’un orphelinat. Le jeune fondateur a emporté dans la tombe les clés privées d’accès aux comptes de ses clients.

    Selon le témoignage de sa veuve, Jennifer Robertson, cité par plusieurs médias canadiens, Gerald Cotten était le seul à connaître les codes permettant d’accéder aux comptes 115.000 clients détenant des crypto-monnaies d’une valeur de 190 millions de dollars canadiens (plus de 126 millions d’euros).

    « Je ne connais pas le mot de passe ni les codes de récupération », a assuré Jennifer Robertson. « Malgré des recherches répétées et méticuleuses, je n’ai pu en trouver aucune trace écrite ».
    La veuve, nommée unique exécutrice testamentaire, aurait embauché un inspecteur privé pour mettre la main sur ces 190 millions de dollars canadiens stockés sur un seul ordinateur.

     « Les réserves de crypto-monnaies sont inaccessibles et pourraient être perdues », a reconnu la veuve.

    Une audience préliminaire est prévue ce mardi 5 février devant la Cour suprême de Nouvelle Ecosse, afin de nommer Ernst & Young comme mandataire judiciaire pour piloter la procédure, explique le site sur sa page d’accueil.

    • tellement incroyable que les #rumeurs (ou soupçons) ont commencé

      Gerald Cotten faked his death ? QuadrigaCX Full Story Uncovered.
      https://coinnounce.com/gerald-cotten-faked-his-death-quadrigacx-full-story-uncovered

      Some have speculated that Gerald Cotten faked his own death and basically got a knock-off death certificate in India or perhaps he was killed by his business partners but even the death itself is incredibly suspicious. Dying from Crohn’s disease when only 1.6% of sufferers from this disease die of it and to happen to die from Crohn’s disease in such a young age is incredibly rare. Gerald Cotten was cremated and his ashes were dumped into a river in India and to make it even better he filed a will 12 days before his death. In that will Gerald Cotten accounted for things like his dogs to be taken care of, his house etc. but he casually forgot to include any information about how to release the $190 million in user funds on his exchange which he had the sole access to. Also, QuadrigaCX did not announce his death or the missing keys for a month. With so many coincidences it’s crazy.


  • L’Allemagne entrave les exportations d’armements d’Arquus
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/l-allemagne-entrave-les-exportations-d-armements-d-arquus-806418.html


    Le VAB Mark 3 à l’export est désormais équipé d’un moteur américain (Crédits : Arquus)

    Arquus (ex-Renault Trucks Defense) rencontre des difficultés à l’exportation en raison des réticences de l’Allemagne à autoriser des exportations de composants civils en vue d’être militarisés dans certains pays : Arabie Saoudite, Egypte mais aussi Indonésie et Inde.

    Comme d’autres industriels européens à l’image de MBDA, Arquus (ex-Renault Trucks Defense) rencontre quelques difficultés à l’exportation en raison des réticences de l’Allemagne à autoriser des exportations de composants civils en vue d’être militarisés dans certains pays. Arquus achète « des composants relativement difficiles à trouver ailleurs qu’en Allemagne », a expliqué calmement mardi son PDG, Emmanuel Levacher, lors de la présentation des résultats de 2018 du constructeur de blindés légers. Cela va de joints à des boites de vitesses automatiques ou encore des moteurs civils. « Un simple joint a bloqué » des affaires, a-t-il souligné. Et selon Emmanuel Levacher, cette liste s’est même allongée au-delà de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte. Les autorités allemandes ont rajouté l’Indonésie et l’Inde, a-t-il précisé .

    Les autorités allemandes sembleraient avoir adopté une tactique, qui vise à décourager les demandes de licences d’exportation plutôt que de les interdire formellement. Le patron d’Arquus a d’ailleurs précisé qu’il n’y avait pas d’interdiction mais les autorités allemandes avaient des « délais d’instruction extrêmement longs » avant d’accorder ou pas leur autorisation. Résultat, a-t-il affirmé, « nos fournisseurs s’autocensurent » et finissent par ne plus adresser à l’administration allemande de demandes qui s’éternisent sur les bureaux. « Ça bloque », regrette-t-il. Ces « gros sujets sont évoqués avec les autorités françaises », a reconnu Emmanuel Levacher, qui va toutefois finir de livrer fin 2019, début 2020 ses blindés (VAB Mark 3 et Sherpa) à l’Arabie Saoudite dans le cadre du contrat Donas reconfiguré (ODAS).

    Comment contourner la mauvaise foi des autorités allemandes ? « On trouve des parades, on développe des solutions », a expliqué le PDG d’Arquus, qui a rappelé que cela avait un coût. Arquus cherche notamment de nouvelles sources d’approvisionnement autres qu’en Allemagne. Ainsi, le constructeur de blindés achète désormais des moteurs civils aux Etats-Unis pour les militariser en vue de les intégrer aux célèbres blindés VAB Mark 3. Mais certains composants sont difficiles à trouver en dehors de l’Allemagne comme les boites de vitesses automatiques. Seuls l’allemand ZF et l’américain Allison en produisent pour Arquus. A plus long terme, Emmanuel Levacher compte sur les nouvelles technologies (moteurs électriques...) « pour sortir de ce cercle vicieux ».


  • Des millions en cryptomonnaies inaccessibles après la mort d’un p.-d.g. AFP à Ottawa - 5 Février 2019 - Le Devoir _
    https://www.ledevoir.com/economie/547153/des-millions-en-cryptomonnaies-inaccessibles-apres-la-mort-d-un-p-d-g

    Un site canadien d’échange de cryptomonnaies a saisi la justice pour dénouer un imbroglio juridique après la mort de son jeune p.-d.g., seul à connaître le mot de passe permettant d’accéder aux centaines de millions de dollars appartenant à ses clients.

    La Cour suprême de Nouvelle-Écosse devait se pencher mardi sur la requête de la société Quadriga CX, basée à Vancouver, qui demande à être placée sous le régime des faillites. Une déclaration sous serment a été déposée par la veuve de l’ancien président, Jennifer Robertson, au nom de la plateforme numérique.

    Selon ce document cité mardi par plusieurs médias canadiens, Mme Robertson affirme que l’ex-patron de Quadriga, Gerald Cotten, était le seul à connaître les codes permettant d’accéder notamment à l’équivalent de 180 millions de dollars canadiens (120 millions d’euros) en cryptomonnaies appartenant à 115 000 clients.


    Photo : Lars Hagberg Archives Agence France-Presse La société Quadriga CX permet d’échanger bitcoin, litecoin et etherum.

    La société a annoncé mi-janvier que Cotten, âgé de 30 ans, était mort des suites de complications de la maladie de Crohn lors d’un voyage humanitaire en Inde le 9 décembre.

    Dans sa déclaration transmise à la justice, sa veuve explique que son mari avait emporté dans la tombe les codes d’accès à son ordinateur portable crypté avec lequel il gérait sa compagnie.

    Cet ordinateur donne notamment accès aux fonds en cryptomonnaies déposés dans des « portefeuilles froids », un support numérique codé hors ligne permettant d’échapper aux pirates informatiques, explique la presse.

    « Je ne connais pas le mot de passe ni les codes de récupération », a assuré Jennifer Robertson. « Malgré des recherches répétées et méticuleuses, je n’ai pu en trouver aucune trace écrite ».

    La société, présentée comme la principale plateforme de cryptomonnaies au Canada, permet d’échanger bitcoin, litecoin et etherum.

    #MDR #bitcoin #blockchain #monnaie #économie #numérique #ethereum #litecoin #crypto-monnaie #internet #finance #bitcoins #innovation_disruptive


  • L’Inde tente la plus grande expérience de revenu de base universel de l’histoire
    https://www.crashdebug.fr/international/15586-l-inde-tente-la-plus-grande-experience-de-revenu-de-base-universel-

    Une bonne nouvelle pour commencer l’après midi, toutefois, attention à la récupération du revenu universel, où les politiques voudraient en fait fusionner toutes les allocations RSA, etc., pour ensuite les baisser, c’est le piège qui nous est tendu. Nous, ce que l’on a noté, et c’est là où je ne suis pas d’accord avec Olivier Delamarche, c’est que, sur la piste des Suisses, il serait très aisé (surtout avec la virtualisation de l’économie), de prélever 0,4% ou autres (à adapter pour le cas de la France) sur chaque transaction électronique (vidéo ci-dessous), afin de le financer (et éventuellement même de payer ses impôts). J’entends déjà les critiques, c’est une « utopie », patati, patata. OK, très bien..., dès lors comment les gens feront-ils pour vivre et consommer dans 20 ans, lorsque 47% des emplois (...)


  • Quand l’Inde s’urbanise - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Quand-l-Inde-s-urbanise.html

    Selon Marie-Hélène Zérah, le développement des villes indiennes se caractérise par une dynamique de privatisation informelle et créative. Par-delà le paradigme réducteur de la « ville néolibérale », elle brosse le portrait d’un urbanisme bricolé et fondé sur l’exploitation des migrants et des basses castes.

    #inde #urban_matter


    • . . . . . .
      Que cherchaient les dirigeants européens dans la mascarade de négociation avec Varoufakis et Tsipras ?

      Selon Tooze, qui sur ce point est d’accord avec Mason, Varoufakis n’a pas compris pendant les premiers mois pourquoi les dirigeants européens refusaient toutes les propositions raisonnables qu’il formulait afin de sauver l’eurozone et de permettre à la Grèce de sortir de la prison de la dette. Tooze et Mason soulignent que malgré tous les refus de dialogue que lui ont opposé les dirigeants européens, en particulier W. Schäuble, le ministre des Finances du gouvernement allemand, et J. Dijsselbloem, le ministre hollandais des finances qui présidait l’Eurogroupe, Varoufakis s’est épuisé à multiplier des propositions modérées et à montrer sa disposition à faire des concessions.

      Tooze et Mason ont raison d’affirmer que Varoufakis n’a pas compris au moment des négociations que les dirigeants européens avaient pour objectif principal de pousser beaucoup plus loin les attaques contre une série de conquêtes sociales. Leur objectif était clair et s’inscrivait dans une pratique de lutte de classes. Varoufakis explique dans son livre que les dirigeants européens et le FMI s’entêtaient à exiger de la Grèce des mesures vouées à l’échec parce qu’ils ne voulaient pas reconnaître les erreurs que la Troïka avait commises en 2010-2012. Comme le soulignent Tooze et Mason, c’est la raison principale que Varoufakis met en avant. Voir cette citation de Varoufakis qu’on retrouve dans les articles de Tooze et de Mason : “La seule raison qui amenait l’UE et le FMI à nous asphyxier, c’était qu’ils n’étaient pas capables de reconnaître que les ‘sauvetages’ précédents avaient été une erreur.”

      Si Varoufakis et le cercle dirigeant autour de Tsipras avaient, par exemple, pris au sérieux le message que voulait faire passer Schäuble et que son homologue italien avait déjà transmis à Varoufakis, lors de son passage à Rome début février 2015 [4], ils auraient compris que la proposition d’échanges de dettes avancée par Varoufakis n’avait aucune chance de convaincre le gouvernement allemand et tous les gouvernements de la zone euro qui font de l’augmentation de la compétitivité (au profit des grandes entreprises privées exportatrices) leur objectif principal. L’enjeu central pour eux est de baisser, partout en Europe, les salaires, les retraites et les allocations sociales, de précariser les contrats, limiter le droit de grève, réduire les dépenses sociales dans les dépenses de l’État, privatiser, etc.

      Varoufakis reconnaît que Schäuble n’était pas intéressé par ses propositions sur la dette, par contre dès leur première rencontre, le ministre des finances de Merkel a mis l’accent sur : « sa théorie suivant laquelle le modèle social européen « trop généreux » était intenable et bon à jeter aux orties. Comparant le coût du maintien des États-providence avec ce qu’il se passe en Inde ou en Chine, où il n’y a aucune protection sociale, il estimait que l’Europe perdrait en compétitivité et était vouée à stagner si on ne sabrait pas massivement dans les prestations sociales. Sous-entendu, il fallait bien commencer quelque part, et ce quelque part pouvait être la Grèce. » Varoufakis se situe dans un débat entre partisans de théories différentes alors que pour Schäuble il ne s’agissait en rien d’un enjeu théorique, car cela devait se concrétiser par la poursuite et l’approfondissement des contre-réformes imposées dans le cadre du premier et du second mémorandum. Varoufakis montre son ignorance de la réalité allemande où l’offensive néolibérale était passée à une étape supérieure au début des années 2000 grâce au chancelier social-démocrate Schröder [5] avant que la Grèce soit soumise à une thérapie de choc. Mason écrit justement : “Pour des conservateurs allemands du genre de Schäuble, la Grèce n’était en effet qu’un début : la cible véritable était de plus puissants Etats en Europe garantissant encore des droits sociaux – et en définitive leur propre classe ouvrière.” En d’autres mots, Schaüble et d’autres dirigeants conservateurs voulaient la défaite du gouvernement et du peuple grecs afin de pouvoir s’attaquer plus facilement aux conquêtes sociales dans d’autres pays plus importants que la Grèce, y compris pour faire reculer plus encore la classe ouvrière allemande.

      Si la proposition modérée de Varoufakis sur la dette avait été acceptée, elle aurait permis au gouvernement grec de desserrer l’étau de la dette. Or, le gouvernement allemand et la plupart des autres gouvernements de la zone euro (sinon tous) avaient besoin de l’étau de la dette pour imposer la poursuite de l’application de leur modèle et se rapprocher des objectifs qu’ils s’étaient fixés. Ils souhaitaient ardemment faire échouer le projet de Syriza afin de démontrer aux peuples des autres pays qu’il est vain de porter au gouvernement des forces qui prétendent rompre avec l’austérité et le modèle néolibéral.
      En résumé, les dirigeants européens ne voulaient surtout pas mettre en pratique une solution qui aurait libéré la Grèce de la contrainte du remboursement de la dette, et qui du coup aurait réduit la puissance de coercition de la Troïka sur les autorités du pays. Donc étaient vouées à l’échec toutes les propositions de Varoufakis qui visaient à faire accepter par la négociation l’objectif d’émanciper un tant soit peu la Grèce (ou tout autre pays) du poids du remboursement de la dette et de la contrainte de poursuivre le démantèlement des acquis sociaux. Mason souligne que : “Pendant les mois où il était ministre, l’activité principale de Varoufakis semble avoir été de compiler des documents non officiels (appelés en anglais ‘non papers’) avançant des solutions possibles, dont l’autre partie ne tenait aucun compte.”
      . . . . .


  • La grande patronne de Radio-Canada compare Netflix aux puissances coloniales du passé Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa - 31 Janvier 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/culture/ecrans/546773/la-grande-patronne-de-radio-canada-compare-netflix-aux-puissances-colonial

    La grande patronne de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a établi un parallèle entre la domination de Netflix au Canada et les grandes puissances coloniales du passé.


    Photo : Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne La grande patronne de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait

    La p.-d.g. du diffuseur public y est allée de cette analogie lors de sa participation à un panel organisé dans le cadre d’un événement de l’Association canadienne des producteurs médiatiques, à Ottawa.

    Elle a plaidé que les Français qui se trouvaient en Afrique à l’époque de la colonisation avaient l’impression de faire du bien, d’éduquer les gens et d’aider.

    Même chose en Inde, qui faisait partie de l’Empire britannique, a-t-elle fait valoir.

    Il y eut un temps, a poursuivi Mme Tait, où « l’impérialisme culturel était totalement accepté », mais l’histoire a montré à quel point il « peut faire du tort aux communautés locales ».

    C’est la raison pour laquelle les Canadiens doivent demeurer vigilants face à l’arrivée au pays de multinationales, a-t-elle conclu.

    La dirigeante de CBC/Radio-Canada a tenu ces propos sous le regard du directeur des politiques publiques pour Netflix au Canada, Stéphane Cardin, qui participait à la discussion devant public.

    Le représentant de la multinationale a semblé hocher la tête en entendant cette déclaration. On a aussi entendu des gens dans la salle exprimer leur désapprobation.

    Netflix n’en dit pas plus sur les images de Lac-Mégantic
    Par ailleurs, Netflix n’a pas souhaité formuler de commentaire sur la motion qui a été adoptée par le Parlement du Canada concernant l’utilisation d’images de la tragédie de Lac-Mégantic.

    En plus de réclamer le retrait de ces séquences, que l’on voit dans le populaire film « Bird Box », la motion réclame le versement d’un dédommagement financier à la communauté.

    La motion a été présentée par le député néodémocrate Pierre Nantel.

    « Nous n’avons pas de commentaire à ce sujet, désolé », a écrit dans un courriel un porte-parole de l’entreprise.

    « Si cela peut être utile à votre article, je vous fais suivre notre réponse à la ministre de la Culture Nathalie Roy », a-t-il ajouté.

    La ministre québécoise de la Culture avait écrit à Netflix pour s’insurger de l’utilisation des images de la tragédie ferroviaire qui a fauché 47 vies, et demander leur retrait.

    L’entreprise n’a pas accédé à cette demande, mais a présenté ses excuses et plaidé qu’à l’avenir, elle ferait mieux.

     #netflix #impérialisme_culturel #culture #internet #médias #vidéo #marketing #Lac-Mégantic


  • « Le système de gouvernement des démocraties est aujourd’hui menacé » - Tony Blair Institute for Global Change
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/30/le-systeme-de-gouvernement-des-democraties-est-aujourd-hui-menace_5416634_82

    Yascha Mounk est politologue, professeur à Harvard et membre du Tony Blair Institute for Global Change, société de conseil et d’expertise à but non lucratif. Dans son ouvrage à succès Le Peuple contre la démocratie (Editions de l’Observatoire) paru en août 2018, il assure que le libéralisme et la démocratie sont désormais entrés en conflit. Il s’alarme également d’une tendance des peuples à devenir de plus en plus « antilibéraux ».
    Vous affirmez dans votre dernier ouvrage que la démocratie est en passe de s’effondrer. N’est-ce pas un peu alarmiste ?
    Regardez le nombre de forces autoritaires aujourd’hui dans le monde. Les quatre démocraties les plus peuplées, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie et les Etats-Unis, sont gouvernées par des leaders qui proclament être la représentation exclusive du peuple, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux y sont considérés comme des traîtres. Mes recherches ont montré très clairement que des gouvernements illibéraux comme ceux de la Turquie, de la Hongrie ou du Venezuela ont détruit des démocraties. C’est aussi la menace qui pointe en Pologne.
    On a longtemps cru, comme le disaient les politologues des années 1990, que, quand un pays atteignait un PIB au-dessus de 13 000 euros par an, la démocratie y était définitivement assurée et que les citoyens ne voteraient plus pour un homme fort. On voit aujourd’hui que la popularité des populistes grimpe partout. C’est sans précédent. Voilà pourquoi je dis que le système de gouvernement des démocraties, qui est longtemps apparu remarquablement stable, est aujourd’hui menacé.

    Qu’est-ce qui a donc changé depuis l’après-guerre pour expliquer ce basculement ?
    Le premier facteur qui explique cette dérive, c’est la stagnation du standard de vie. Lors des « trente glorieuses », les citoyens voyaient les répercussions de la croissance économique sur leur niveau de vie, et ils étaient confiants dans l’idée que la vie de leurs enfants serait meilleure que la leur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : la plupart des gens ne sont pas beaucoup plus riches que leurs parents et ils craignent que leurs enfants soient plus pauvres.
    Vous estimez que les changements culturel et démographique ont aussi bouleversé les perceptions politiques.
    La plupart des sociétés démocratiques ont été fondées sur la base d’une identité nationale homogène. Avec les vagues d’immigration, beaucoup de citoyens ont commencé à comprendre qu’ils vivaient dans une société multiethnique et ont changé leur point de vue sur ce que c’est d’être français, anglais ou allemand. Or, une fraction importante de la population a peur des changements culturels induits par l’arrivée des migrants et s’y oppose.
    Enfin, Internet et l’utilisation massive des réseaux sociaux ont réduit l’avantage structurel que les élites économiques et politiques ont sur le peuple, celui du contrôle de ce qui est important et de quoi on doit discuter. Si on additionne la stagnation économique, la peur du futur et l’opposition à l’immigration, et cette capacité à mobiliser rapidement la colère permise par les réseaux sociaux, on a un cocktail très dangereux.
    Mais les réseaux sociaux n’ont-ils pas aussi redynamisé le débat public ?
    Ils ont un double effet. D’abord celui d’enlever le monopole des opinions aux élites. Si on regarde le fonctionnement des grands journaux télévisés, il y a quinze ans, les rédactions repéraient ce qui se passait dans le monde, décidaient quel thème devait faire la « une » et les gens discutaient de ce qu’ils avaient vu au journal télévisé. Les rôles sont aujourd’hui inversés. Les gens se tiennent au courant de ce qui se passe dans le monde sur Facebook et sur Twitter, et les thèmes dont ils parlent le plus font un sujet au « 20 heures ».
    Deuxième changement majeur, c’est l’organisation de la protestation. Jusqu’à récemment, elle était organisée par un parti politique ou un syndicat qui lançait un appel avec une date, un lieu de la protestation et préparait des autocars pour amener les manifestants. Aujourd’hui, vous pouvez voir un événement appelé de manière chaotique et spontanée sur Facebook déboucher sur une mobilisation virale. Cela pose des questions nouvelles aux gouvernants parce que, s’ils savent mener une négociation avec un syndicat en colère, ils n’ont aucune idée de comment gérer une mobilisation horizontale et sans leader.

    Comment analysez-vous le mouvement des « #gilets_jaunes » ?
    C’est un mouvement horizontal et spontané, sans définition politique claire qui a commencé en agrégeant des gens de droite, de gauche ou apolitiques. Mais après un certain temps, les craintes que j’avais nourries les premiers jours du mouvement se sont réalisées : la logique du mouvement est très clairement celle des forces populistes. On le voit dans le rejet du système politique, dans l’affirmation de parler pour tout le peuple et le fait qu’ils ne reconnaissent aucune légitimité aux autres acteurs politiques – partis, syndicats, élus, gouvernement. Je trouve que cette rhétorique qui affirme qu’on peut menacer les membres du gouvernement ou détruire la propriété publique parce que « nous sommes le peuple » est particulièrement inquiétante.

    Mais ce mouvement n’est-il pas une réaction contre les excès du libéralisme et l’impression que les gouvernements ignorent la volonté populaire ?
    Certainement. Comme avec tous les mouvements populistes, il faut à la fois analyser les raisons du mécontentement populaire et reconnaître que dans beaucoup de cas, elles sont légitimes. Il y a un vrai problème avec le niveau de vie de la majorité des Français. Des gens qui ont moins de 1 500 euros par mois net ont de bonnes raisons d’être en colère.

    Dans le même temps, il faut être clair sur le fait que ce type de mouvement n’apporte pas de solution et qu’il est inquiétant. La différence par rapport à la Ligue de Salvini ou le Fidesz d’Orban, c’est qu’il n’est pas sûr que les « gilets jaunes » sauront se transformer en force politique formelle. Il est donc probable que ce mouvement disparaisse de la même manière qu’il est apparu. Mais il aura montré à quel point une grande partie des Français sont prêts à accorder leur confiance à un mouvement populiste.

    Vous affirmez que la stagnation économique des pays occidentaux affaiblit la crédibilité des politiques. Pourquoi ?

    Les Français ont tendance à se raconter une histoire triomphaliste de la démocratie du fait de la place de la Révolution française dans l’imaginaire collectif. L’idée que les valeurs de la démocratie libérale ont une portée universelle est prégnante dans le discours national. Je crois pourtant, qu’ici comme dans les autres pays européens, on sous-estime la stabilité que la croissance économique a donnée au système démocratique.
    Dans les années 1970, le niveau de vie moyen des Français était globalement le double de celui d’un citoyen soviétique par exemple. Il y avait donc des raisons concrètes pour lesquelles ils disaient préférer la démocratie. Cette supériorité économique n’existe plus : pour la première fois en 2019, l’économie des pays autocratiques comme la Chine va dépasser celle des pays européens. Nous sommes peut-être en train de vivre la perte de légitimité des idéaux démocratiques et la montée d’une demande de pouvoir autoritaire.


  • Paris, terrain de jeu de l’innovation, Laetitia Van Eeckhout et Claire Legros
    https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2019/01/28/paris-terrain-de-jeu-de-l-innovation_5415624_4811534.html

    Si la capitale fait tout pour séduire les entreprises de pointe, elle doit aussi faire face aux plates-formes numériques de l’économie de partage, qui déstabilisent les politiques de la ville.

    Avec sa structure de bois et de métal, ses façades largement vitrées, ses toitures végétalisées et sa cheminée solaire, le bâtiment ressemble à une proue de navire. Il accueillera en 2022, dans le 13e arrondissement de Paris, le nouveau campus parisien de 9 700 mètres carrés de l’université de Chicago (Illinois).

    Si le fleuron universitaire américain a choisi Paris pour construire son siège pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, c’est pour « sa concentration de pôles de recherche » et ses « sources culturelles et intellectuelles extraordinaires ». « Un signe fort de l’attractivité croissante de la métropole parisienne », se félicite Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l’urbanisme, du développement économique et de l’attractivité.

    L’élu en a fait l’objectif de ses deux mandatures : transformer Paris en « hub mondial de l’#économie de l’innovation ». Depuis dix ans, l’équipe municipale déploie les grands moyens pour séduire chercheurs et entrepreneurs, en particulier dans le domaine du numérique. Entre 2008 et 2014, plus d’un milliard d’euros ont été investis dans l’accompagnement de start-up, selon les chiffres de la Ville de Paris. Les programmes se sont multipliés pour attirer les entreprises innovantes : fonds Paris Innovation Amorçage, lancé en 2009 en partenariat avec la Banque publique d’investissement pour offrir un financement aux start-up qui choisissent un incubateur parisien ; création en 2015 de l’agence de développement économique Paris & Co, puis de l’Arc de l’innovation pour promouvoir l’innovation au-delà du périphérique en partenariat avec une vingtaine de communes du Grand Paris…

    « Ingénieurs bien formés »
    A la course aux podiums des #métropoles_mondiales, la capitale se hisse désormais dans le peloton de tête des villes les plus attractives, de la troisième à la neuvième place selon les classements. Une dynamique dopée par le contexte international. « Le coût de la vie et le niveau élevé du prix du foncier et des salaires à San Francisco amènent des entrepreneurs à se tourner vers Paris, de même qu’avec le Brexit, beaucoup renoncent à se lancer à Londres », constate Roxanne Varza, directrice de #Station_F, l’incubateur fondé par Xavier Niel, patron de Free (et actionnaire à titre personnel du Monde). Dans ce paradis des geeks et de l’innovation, un tiers des 3 000 #start-up accueillies sont portées par des entrepreneurs étrangers, venant principalement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, mais aussi de Chine et d’Inde.

    Le contexte international n’explique pas à lui seul le succès de la capitale. Avec son maillage d’universités et de laboratoires publics de recherche, Paris bénéficie d’atouts. « Ce qui fait l’attractivité de la métropole, ce sont ses pôles de recherche et la population des 25-45 ans qui va avec », estime Dominique Alba, directrice de l’Atelier parisien d’urbanisme, qui audite la capitale pour le compte de la Ville de Paris.

    « Pour une start-up, Paris, riche d’une culture scientifique et technique très forte, avec des ingénieurs bien formés, offre un environnement bien plus bénéfique que Londres », assure l’entrepreneur Bertrand Picard, qui a lancé en 2013 Natural Grass, une start-up de fabrication de gazon hybride pour stades de football. Cet ancien banquier chez Rothschild, à Londres, pensait initialement créer son entreprise outre-Manche, mais il a trouvé à Paris le soutien de laboratoires publics de recherche, comme le CNRS ou l’université Pierre-et-Marie-Curie.

    Incubateurs spécialisés
    Selon la dernière étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France, Paris compte quelque 150 #incubateurs, souvent spécialisés, dans tous les secteurs ou presque, du tourisme au sport, de l’alimentation à l’aéronautique, en passant par la santé. Peu à peu, les fonds privés ont pris le relais. Et les grandes entreprises, comme Renault ou la SNCF, viennent y frotter leurs unités de recherche et développement aux méthodes agiles des start-up, dans une démarche d’open innovation.

    Pour autant, Paris souffre aussi de faiblesses. Les sociétés d’investissement y sont moins nombreuses qu’à Londres ou New York. Si l’écosystème parisien s’est fortement renforcé en fonds d’amorçage, « il reste difficile d’y trouver des partenaires pour grandir », observe Bertrand Picard. Pour lui, « à la différence des entreprises californiennes comme Uber qui, de #levée_de_fonds en levée de fonds, peuvent étendre leurs services, les boîtes parisiennes qui atteignent un chiffre d’affaires de quelques dizaines de millions d’euros sont souvent amenées à être rachetées pour continuer de croître. » La multiplication des champs d’innovation peut conduire à disperser les forces. « On a d’excellentes boîtes mais on ne les valorise pas, confirme Stéphane Distinguin, président du pôle de compétitivité Cap Digital. Plutôt que d’investir en masse dans un domaine où l’on déciderait d’exceller, on saupoudre. On est encore très loin du modèle qui a permis à la Silicon Valley d’exister. »

    En matière d’emploi, le bilan est aussi mitigé. L’attractivité profite surtout à l’ activité non salariée, en progression de 19 % dans la métropole du Grand Paris de 2011 à 2016 . Au sein de l’Arc de l’innovation, qui concentre la moitié des lieux d’innovation de la métropole, près de 60 000 établissements ont été créés en 2017, la majorité sous le régime de #micro-entrepreneur. Des emplois pour partie portés par le développement des #plates-formes numériques de l’économie de partage.

    « En 2016, en à peine quatre ans d’existence, les sociétés de VTC [voiture de transport avec chauffeur] avaient créé 22 000 emplois en Ile-de-France, ou plutôt 22 000 autoentrepreneurs. Uber occupe le premier rang des créations d’emploi en Seine-Saint-Denis. Certes, aucune entreprise traditionnelle n’aurait été capable d’en faire autant. Mais ces nouveaux emplois d’#autoentrepreneurs posent une sérieuse question de #précarisation et de couverture sociale », relève Thierry Marcou, de la Fondation Internet Nouvelle Génération, coauteur de l’étude « Audacities », parue en avril 2018, sur le thème « Innover et gouverner dans la ville numérique réelle ».

    Crise du logement
    Car de l’innovation, Paris connaît aussi le revers de la médaille. Si son dynamisme séduit les start-up, il profite également aux plates-formes numériques, souvent d’origine américaine, qui ont transformé Paris en terrain de jeu de l’économie de partage. Créatrices de nouveaux services mais aussi d’emplois souvent précaires, celles-ci viennent déstabiliser les politiques de la ville.

    En dix ans, le nombre d’appartements entiers proposés sur le site de location de courte durée Airbnb a explosé dans la capitale, passant de 56 544 en octobre 2016 à 88 670 en mars 2018 (sur 101 873 offres totales) selon l’Observatoire-airbnb.fr, fondé par Matthieu Rouveyre, conseiller municipal de Bordeaux. Un phénomène qui accentue la crise du logement, même si, pour Airbnb, « la forte hausse de la part de logements inoccupés date en réalité de la fin du XXe siècle, bien avant l’arrivée des plates-formes de locations meublées touristiques ».
    Entre la start-up californienne et la Ville de Paris, la guerre est déclarée. Depuis le 1er décembre 2017, les règles se sont durcies : les loueurs doivent être enregistrés auprès de la mairie et ne pas dépasser cent vingt nuitées par an, faute de quoi ils encourent une amende. Mais ces mesures restent largement inappliquées : à peine 10 % des loueurs ont obtempéré.

    La collectivité s’en prend donc maintenant à Airbnb, qu’elle a assigné en justice afin qu’il supprime les annonces illégales, sous peine d’une astreinte de 1 000 à 5 000 euros par jour et par annonce. « Airbnb a des effets positifs, bien sûr. Il représente un complément de revenus pour les Parisiens et a obligé les hôtels à se réinventer mais, en même temps, il ne respecte pas les règles et représente un danger majeur pour le centre de Paris », souligne Jean-Louis Missika, tandis que Ian Brossat, le maire-adjoint au logement, va plus loin et plaide pour l’interdiction de la plate-forme dans les arrondissements du centre.

    Gouvernance de l’espace public
    Comment #gouverner_la_ville quand on ne dispose pas des leviers de régulation nécessaires ? L’irruption des services de partage de véhicules en free floating (ou « sans station ») rebat aussi les cartes de la gouvernance de l’espace public. Pas moins de six applications de partage de trottinettes se sont lancées sur le bitume parisien en 2018, offrant « une alternative à la voiture individuelle en diminuant les risques de congestion », soutient Kenneth Schlenker, directeur de Bird France, société californienne installée à Paris depuis cinq mois. Mais ces nouveaux services posent aussi de sérieux problèmes de sécurité, sur les trottoirs ou les voies de circulation.

    Contrairement à celle des Vélib’, l’activité des plates-formes ne fait pas l’objet d’une délégation de service public. « Aujourd’hui, on n’a aucun moyen d’obliger Amazon à utiliser des véhicules propres pour ses livraisons au dernier kilomètre. Dans la mesure où elle sous-traite la livraison, l’entreprise ne règle même pas ses contraventions », relève Jean-Louis Missika.

    Une charte de bonnes pratiques pour les véhicules en free floating est en chantier. La future loi d’orientation sur les mobilités, dont la présentation au Parlement est prévue fin mars, devrait aussi apporter de nouveaux leviers de régulation, que Jean-Louis Missika verrait bien aller jusqu’à la création de « licences délivrées par la Ville ». A Londres, ce dispositif a permis d’imposer à Uber des contraintes plus strictes en matière de sécurité du public. Une façon aussi d’accéder aux données et de peser sur l’impact environnemental des véhicules.

    Economie circulaire
    En attendant, des acteurs alternatifs tentent de trouver leur place dans le grand bazar parisien des plates-formes. Ils revendiquent une autre vision, non plus collaborative mais coopérative, où les données sont vraiment partagées et les revenus, plus équitablement répartis. C’est le cas de CoopCycle, une coopérative de livreurs à vélo qui vient de se lancer dans la capitale et se revendique comme une alternative à Deliveroo et Foodora.

    Selon Antoinette Guhl, maire-adjointe à l’économie sociale et solidaire (ESS) et à l’économie circulaire, il existe « une vraie demande des habitants de nouveaux modes de production, de distribution et d’entrepreneuriat ». Avec un poids non négligeable sur l’économie : toutes structures confondues (associations, entreprises, mutuelles), l’ESS contribue à 10 % du PIB de la capitale, tandis que l’économie circulaire représente 70 000 emplois directs. « L’urgence climatique nous oblige à penser l’innovation dans une logique plus locale, à taille humaine et qui répond aux grands défis sociaux et écologiques », insiste l’adjointe.

    La #Ville_de_Paris mise désormais sur la chaîne de production, source de création d’emplois, en favorisant l’émergence de fab labs et de makerspaces, dont une partie travaille dans le secteur de l’économie circulaire. En 2018, elle a intégré le réseau des fab cities qui testent de nouveaux modèles urbains pour développer les productions locales.


  • #Santé. #Médicaments : une #pénurie en bande organisée | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/sante-medicaments-une-penurie-en-bande-organisee-666799

    «  Près de 40 % des médicaments finis commercialisés dans l’UE proviennent de pays tiers  », pointe ainsi l’Agence européenne du médicament. De même, 35 % des matières premières utilisées dans la fabrication des médicaments en France dépendent de seulement trois pays  : l’Inde, la Chine et les États-Unis. Une situation de «  perte d’indépendance sanitaire préoccupante  » pour la France et l’Europe, a convenu, en octobre dernier, un rapport du Sénat consacré au sujet.«  La cause numéro 1, c’est la financiarisation de la production de médicaments, appuie Alain-Michel Ceretti. Pour la Bourse, le médicament est une industrie comme les autres, qui doit dégager du profit, et donc rationaliser au maximum. Ce qui veut dire deux choses  : délocaliser la production dans des pays à bas coûts et travailler avec le minimum de stocks.  » Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’à la moindre difficulté, la pénurie s’installe. Parfois, pour longtemps. En 2017, la durée moyenne des ruptures constatées pour les médicaments considérés comme essentiels était de quatorze semaines, vingt-cinq pour les vaccins. Pour le Sinemet, du laboratoire MSD (Merck), les malades de Parkinson devaient se préparer à… sept mois (!) sans leurs cachets, à compter de septembre dernier, pour cause de mise en conformité de l’usine de production, aux États-Unis.


  • À Davos, la fin d’un monde
    https://www.latribune.fr/opinions/blogs/inside-davos/a-davos-la-fin-d-un-monde-804925.html


    Reuters

    ÉDITO. Dans ce monde en pleine recomposition, l’Occident, paralysé par l’essor des populismes et tenté par la fermeture des frontières, fait face à l’inexorable montée des pays émergents - Chine et Inde en tête -, qui professent strictement l’inverse. Par Philippe Mabille, directeur de la Rédaction.

    Souvent critiqué comme le sommet des riches et de l’entre-soi, le forum économique mondial de Davos, qui s’est tenu cette semaine, est aussi, par sa dimension internationale, un marqueur unique des tendances de l’époque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la température polaire qui s’est abattue sur la station des Grisons suisses est en phase avec le climat économique mondial.

    Rien à voir avec l’euphorie qui régnait l’an dernier. Juste à l’ouverture du sommet, Christine Lagarde, la présidente, française, du FMI, a affiché la couleur : « Une récession mondiale n’est pas au coin de la rue, mais le risque d’un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté », a-t-elle indiqué en commentant la nouvelle révision à la baisse des prévisions de l’institution.
    […]
    Pour la première fois depuis sa création en 1971 par le professeur Klaus Schwab, qui voulait en faire une plateforme de rencontres entre les politiques, les entreprises et la société civile, le World Economic Forum a été davantage commenté pour ses grands absents que pour ses présents. Donald Trump, le président américain, a annulé son voyage en raison de l’interminable shutdown de l’administration américaine et a refusé la venue du secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. Seul le secrétaire d’État, Mike Pompeo, est intervenu, en vidéo depuis Washington, une bonne nouvelle pour le climat alors que plus de 1 500 jets privés (200 de plus que l’an dernier, qui avait déjà affiché un record) ont servi à transporter en Suisse les happy few de la planète.

    Deuxième absent de marque, Xi Jinping, le président chinois, qui avait en 2017 vanté le libre-échange comme une forme de contrepied à la nouvelle stratégie américaine, a quand même délégué son vice-président avec une importante délégation chinoise, signe du basculement du monde vers l’Est.

    Du côté européen, Theresa May, empêtrée dans l’impasse du Brexit, a décliné l’invitation, de même qu’Emmanuel Macron, le président français, qui a sans doute pensé que sa présence à Davos, ce temple du capitalisme libéral et de la mondialisation, était peu compatible avec sa tentative de renouer le dialogue avec les Français en pleine crise des "Gilets jaunes".

    Au centre du jeu, la rivalité entre les États-Unis et la Chine
    On dit souvent que les absents ont toujours tort... Et de fait, à Davos, on n’a parlé que d’eux, et plutôt en mal. La rivalité entre les États-Unis et la Chine est au centre du jeu et l’on se préoccupe de la dégradation rapide des relations entre les deux pays, à l’image de l’affaire Huawei, le groupe chinois de télécoms soupçonné d’être le cheval de Troie de l’espionnage chinois, mais très présent pourtant à Davos avec un espace sur la Promenade, la rue centrale, et la venue de son président, Liang Hua.

    L’absence de Trump, de May et de Macron résonne comme un signe supplémentaire du déclin du monde occidental, paralysé par l’essor des populismes et tenté par la fermeture des frontières, face à l’inexorable montée des pays émergents, Chine et Inde en tête, qui professent strictement l’inverse, comme un retournement de l’histoire.

    Comme chaque année, mais plus encore pour cette édition, beaucoup prédisent que le monde de Davos touche à sa fin, que ce forum de la mondialisation malheureuse sera peut-être l’une des dernières éditions


  • A Davos, des jets et des hélicoptères privés par centaines Belga - 22 Janvier 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_a-davos-jets-et-helicopteres-prives-par-centaines?id=10125174

    Le changement climatique a beau s’être imposé dans le débat au Forum économique mondial de Davos depuis plusieurs années, c’est pourtant bien souvent en jet privé que viennent en discuter grands patrons ou responsables politiques du monde entier.

    500 vols en jets privés sont attendus cette semaine dans les aéroports avoisinant la station des Alpes suisses, d’ordinaire paisible, selon un communiqué de la société d’affrètement Air Charter Service (ACS). Ce n’est pas un record : en 2015, 1700 vols en jet privés avaient été recensés dans le ciel suisse.

    1500, c’est tout de même 200 de plus que l’an dernier, un paradoxe alors que le changement climatique a été placé au premier rang des risques pour l’économie mondiale par les participants au Forum, selon un sondage dévoilé la semaine dernière par les organisateurs.

    Une fois arrivés dans des aéroports tels que Zurich, à deux heures de train de Davos, les passagers de ces vols privés poursuivent souvent leur voyage en hélicoptère, pour gagner du temps.

    Plus que pour le Super Bowl ou la Champions’ League
    Au final, la demande pour les jets privés pendant la semaine de Davos dépasse de loin celle enregistrée lors d’autres événements, tels que le Super Bowl aux Etats-Unis ou la finale de la ligue des Champions de foot, relève Andy Christie, responsable d’ACS.

    « Nous avons même reçu des réservations en provenance de Hong Kong, d’Inde ou des Etats-Unis. Aucun autre événement n’a une telle portée internationale » , a-t-il ajouté, selon le communiqué.

    Et la tendance est aux jets les plus gros et les plus coûteux possibles.

    Les organisateurs du Forum de Davos assurent compenser ces émissions par des initiatives en faveur de l’environnement et ont partiellement remboursé cette année les trajets en train. Avec un succès mitigé, semble-t-il.

    #davos #changement_climatique #jet_privé #hélicoptère #pollution #environnement #Inégalités #multinationales #globalisation_4.0 #World_Economic_Forum #WEF


  • Géladas d’Éthiopie, les singes herbivores menacés d’extinction | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/animaux/geladas-dethiopie-les-singes-herbivores-menaces-dextinction

    Sur les hauts plateaux d’Éthiopie vivent les #géladas, ultimes représentants des Theropithecus. Il y a des millions d’années, le genre s’étendait de l’Afrique du Sud à l’Inde et à l’Espagne. Mais leur nombre n’a cessé de reculer avec l’apparition de l’espèce humaine, qui a probablement chassé ces primates, et la concurrence des babouins, plus résistants aux modifications du climat. Il n’y a plus que dans les prairies de très haute altitude que le gélada trouve suffisamment d’herbe pour s’alimenter. Problème : la démographie galopante d’Éthiopie – deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, avec près de 100 millions d’habitants – entraîne l’accroissement des espaces dédiés à l’agriculture et à l’élevage. En conséquence, les sols s’érodent très rapidement, appauvrissant les pâturages où pousse la précieuse herbe qui constitue 90 % de la nourriture du gélada.

    #extinction #it_has_begun


  • Il manque 80 millions de femmes en Chine et en Inde, estime Human Rights Watch
    https://www.liberation.fr/planete/2019/01/19/il-manque-80-millions-de-femmes-en-chine-et-en-inde-estime-human-rights-w

    #viol #misogynie #hommerie

    A eux seuls, les deux pays les plus peuplés du monde comptent ainsi un trop-plein d’hommes, avec pour corollaire une « pénurie de femmes mariées », explique Heather Barr. Derrière ces termes un peu barbares se cache une amère réalité, celle des atroces méthodes auxquelles recourent certains hommes pour parvenir à conclure un mariage (forcé) et assurer leur descendance. Dans les Etats en conflit du Kachin et du Shan, au nord de la Birmanie, par exemple, des trafiquants attirent parfois les jeunes femmes en leur faisant miroiter une vie fantasmée en Chine, où elles seront finalement rachetées entre 3 000 et 13 000 dollars (selon l’âge et l’apparence) par des familles en quête d’une épouse pour leur fils.

    « Une fois achetées, ces femmes et filles sont généralement enfermées dans une pièce et violées de manière répétée, afin de les mettre enceinte rapidement pour qu’elles puissent donner un bébé à la famille. Après avoir accouché, certaines sont autorisées à repartir, mais contraintes de laisser leurs enfants derrière elles », dénonce Heather Barr, qui s’appuie sur les investigations d’Human Rights Watch. Si l’avortement sélectif est en principe interdit en Inde et en Chine, il est difficilement détectable et encore fréquemment pratiqué, empêchant la résorption du déséquilibre hommes-femmes. Ces deux pays, « et d’autres touchés, doivent agir de toute urgence pour atténuer les effets du déclin du nombre de femmes, et examiner attentivement les conséquences de cette pénurie, y compris en relation avec la traite et les violences à l’égard des femmes », écrit-elle.


  • La survie des #guépards menacée par la mode des #félins de compagnie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/19/la-survie-des-guepards-menacee-par-la-mode-des-felins-de-compagnie_5411453_3

    Chaque année, selon des experts, autour de 300 félins seraient arrachés à la savane pour finir dans des appartements de Riyad ou d’Abou Dhabi – soit 1 200 à 1 500 guépards sur les cinq dernières années. « Ces chiffres peuvent sembler modestes, comparés aux dizaines de milliers d’éléphants abattus tous les ans, mais ils sont en réalité dramatiques », selon William Crosmary, directeur de programme pour Traffic, un réseau de surveillance du commerce de faune sauvage en Afrique de l’Est.

    La population du félin, connu pour ses sprints à 120 km/h, s’est effondrée, passant de 100 000 individus au début du XXe siècle à seulement 7 100 aujourd’hui, avec une accélération brutale ces vingt dernières années. Autrefois présent du bassin du Congo jusqu’à l’est de l’Inde, il est maintenant confiné sur à peine 9 % de son territoire originel, essentiellement en Afrique australe et orientale, avec des groupes fragmentés ne comptant souvent plus que quelques dizaines d’individus.

    #trafic #biodiversité


  • En Inde, deux sœurs se travestissent pour maintenir le business familial
    http://www.slate.fr/story/172398/inde-soeurs-pere-malade-habillees-hommes-business-familial

    Dans un village de l’État de l’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde, Jyoti, 18 ans, et sa sœur, Neha, 16 ans, ont prétendu être des garçons pendant quatre ans pour maintenir l’activité de barbier de leur père. En 2014, ce dernier est tombé malade au point de ne plus pouvoir travailler. Les deux jeunes femmes ont alors décidé de prendre les choses en main : elles ont coupé leurs cheveux, changé de style vestimentaire et enfilé chacune un bracelet en acier, signe de masculinité en Inde.

    « Nous avons rencontré beaucoup de problèmes lorsque nous avons commencé à travailler en 2014, a déclaré la cadette au Guardian. D’autres habitants du village se sont moqués de nous, mais nous les avons ignorés et nous nous sommes concentrées sur le travail, car nous n’avions pas d’autre choix. »

    Au sein de leur communauté rurale très religieuse et conservatrice, les deux jeunes femmes n’avaient d’autre option que de se travestir : les clients étaient sceptiques que des femmes touchent leurs cheveux et leurs barbes. Neha confie même que certains se comportaient mal avec elles. « Nous avons donc décidé de changer nos tenues, afin que personne ne puisse nous identifier. »

    À LIRE AUSSI En Inde, des femmes achetées pour quelques centaines d’euros
    Hommage du gouvernement

    Jyoti et Neha gagnaient 400 roupies [environ cinq euros] par mois, suffisamment pour payer le traitement médical de leur père et subvenir aux besoins de leur famille. Au fil des années, les sœurs ont pu dévoiler, petit à petit, leurs véritables identités à une partie de leur clientèle. Aujourd’hui, elles déclarent avoir suffisamment confiance en elles pour n’avoir peur de personne. L’aînée a d’ailleurs recommencé à se laisser pousser les cheveux.

    « Cela me fait beaucoup de peine lorsque je les trouve au travail, mais je suis très fier de mes filles. Elles ont sorti la famille d’une crise », a déclaré Dhruv Narayan, leur père. Le vieil homme n’est pas le seul à être impressionné : le gouvernement indien a également rendu hommage aux jeunes femmes. Abhishek Pandey, un officier, applaudit leur bravoure : « Les sœurs sont une inspiration pour la société et leur histoire doit être racontée à tout le monde. »

    #discrimination #femmes #sexisme #transgenrisme


  • Pourquoi 200 millions de travailleurs se sont-ils mis en grève en Inde ? Anish R.M. — Traduit par Diane Gilliard - 14 Janvier 2019 - Peaople Dispatch / Investigaction
    https://peoplesdispatch.org/2019/01/08/why-are-200-million-workers-on-strike-in-india
    Traduction : https://www.investigaction.net/fr/pourquoi-200-millions-de-travailleurs-se-sont-ils-mis-en-greve-en-in

    La grève lancée par dix centrales syndicales s’oppose à une proposition de limiter la constitution et les pouvoirs des syndicats et en faveur d’un salaire minimum de 18 000 roupies ainsi que pour protéger le secteur public. 

    Les 8 et 9 janvier, les travailleurs de toute l’Inde participent à une grève nationale. L’appel à la grève a été lancé par dix des plus grands syndicats du pays. La grève nationale d’un jour appelée par les mêmes syndicats en 2016 avait rassemblé plus de 180 millions de participants et a été la plus grande mobilisation de travailleurs, à l’époque.
    La grève a lieu à quelques mois des élections législatives où le gouvernement du parti Bharatiya Janata, de droite, et du Premier ministre Narendra Modi se présente pour un second mandat.
     
    Qui organise la grève ?  
    La grève est organisée par 10 centrales syndicales (CTUO), à savoir le Congrès national des syndicats indiens (INTUC), All India Trade Union Congress (AITUC), le Centre for Indian Trade Unions (CITU), Hind Mazdoor Sabha (HMS), Trade Unions Coordination Centre (TUCC), Self Employed Women’s Association (SEWA), All India Central Council of Trade Unions (AICCTU), Labour Progressive Federation (LPF), United Trade Union Congress (UTUC), et All India United Trade Union Centre (AIUTUC).

    Ce sont les fédérations syndicales nationales qui mobilisent le plus de travailleurs en Inde et qui représentent la plus grande partie des syndiqués du pays. Beaucoup d’entre elles sont affiliées à différents partis politiques, le plus souvent dans l’opposition, avec des degrés d’autonomie divers. Dans la grève actuelle, seul une centrale syndicale, la Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), une organisation sœur du BJP au pouvoir, reste à l’écart.
     
    Quelles sont les revendications de la grève ?
    Le déclencheur immédiat de la grève était le projet de loi de 2018 sur l’amendement syndical, proposée par le gouvernement Modi en août de l’an dernier. Le projet de loi prévoit d’accorder une reconnaissance statutaire aux syndicats de l’État et du gouvernement central ainsi que de donner des pouvoirs discrétionnaires étendus aux gouvernements respectifs pour prendre cette décision.

    Le projet de loi ne donne pas non plus de critères pour cette reconnaissance ni ne se réfère aux normes existantes comme celles qui étaient en vigueur pour reconnaître une centrale syndicale. Cela va à l’encontre des pratiques établies qui ont fait l’objet de consultations tripartites (employeurs, employés et gouvernement) par le passé. Cela menace aussi la très faible portée des organisations de travailleurs en Inde. La proposition de loi a incité les 10 syndicats à déclarer la grève générale nationale le 28 septembre 2018.

    Mais à plus grande échelle, les syndicats ont présenté au gouvernement, comme élément de leur grève, une charte revendicative en 12 points. Les revendications vont de l’augmentation du salaire mensuel minimum à 18 000 roupies et de la sécurisation et de la protection du secteur public à l’augmentation des prix et à la sécurité alimentaire. La charte inclut spécifiquement l’interdiction de la participation étrangère ou privée dans certaines entreprises publiques importantes du pays, l’armement, les chemins de fer et les autres transports publics ainsi que la banque et la finance. Elles visent également les propositions du gouvernement visant à amender ou à modifier les lois et la codification des droits des travailleurs et des syndicats. 

    Nombre de ces propositions visent à « faciliter » les conditions offertes aux entreprises. Les syndicats ont également appelé à la protection des droits de l’immense masse de travailleurs informels et au traitement immédiat de la crise agraire qui sévit dans le pays.
     
    Quelles sont les conditions de la main-d’œuvre et du travail en Inde ?
    L’Inde compte plus de 520 millions de travailleurs, dont 6% à 7% seulement sont employés dans des entreprises du secteur formel et dont à peine 2% sont syndiqués. La plus grande partie de la syndicalisation se limite aux employés du secteur public, et très peu de syndicats officiels sont actifs dans les secteurs privé ou informel.

    La dernière enquête sur l’emploi et le chômage réalisée par le gouvernement en 2012 estimait que plus de 62% des personnes employées étaient des travailleurs payés à la journée, ce qui rend leur source de revenus saisonnière et très vulnérable aux fluctuations du marché.

    Il n’y a pas grand-chose qui indique que les choses aient beaucoup changé ces sept dernières années. Si quelque chose a changé, c’est la nature même du travail non organisé. Ceux qui ont été dépossédés par la crise agraire qui frappe l’Inde rurale depuis la moitié des années 1990 se sont mis à migrer vers les centres urbains à la recherche de moyens de subsistance.

    Selon le dernier recensement, de 2011, plus de 450 millions d’Indiens ont émigré vers d’autres régions, généralement vers des centres urbains, ce qui représentent 37% de la population. Une majorité d’entre eux, sinon tous, ont migré vers un autre endroit pour gagner leur vie. La plupart d’entre eux ne migrent que pour travailler seulement de brèves périodes, ce qui non seulement rend la syndicalisation de ce groupe extrêmement difficile mais aussi très vulnérable à l’exploitation.

    L’Inde a un des salaires moyens les plus bas au monde. En 2018, on estimait que le salaire mensuel moyen s’élevait à 7 000 roupies (100 dollars US) environ. Pour les travailleurs du secteur informel, le montant est d’environ 4 500 roupies (64 dollars US). En outre, la création d’emplois sous l’actuel gouvernement BJP a été extrêmement faible.

    Dans un pays où plus de 13 millions de gens entrent chaque année sur le marché du travail, le gouvernement, selon ses propres estimations, n’a pu créer que quelque 400 000 emplois au cours des trois premières années de son mandat, entre 2014 et 2017.

    Une nouvelle étude réalisée par un groupe de réflexion privé a estimé que l’Inde a perdu environ 11 millions d’emplois en 2018, ce qui en fait l’année la moins performante dans la création d’emplois pour l’Inde après des décennies.
     
    Quelle est la position des syndicats à l’égard du gouvernement actuel ?
    Dans une conférence de presse tenue le 7 janvier, les dirigeants des dix syndicats souligné l’attitude du gouvernement à l’égard des syndicats en général. La grève avait été annoncée en septembre, mais le gouvernement n’a pas approché les syndicats pour négocier.

    En fait, la mise à l’écart des syndicats par le gouvernement est un vieux problème. Plus tôt, en juillet 2018, le Congrès national des syndicats indiens (#INTUC), une centrale syndicale affiliée au plus grand parti d’opposition, le Parti du Congrès, s’était retiré des consultations tripartites en raison de différends internes à sa direction.

    Depuis lors, tous les syndicats nationaux, à part le BMS, ont commencé à boycotter les consultations tripartites, qu’ils ont dénoncées comme « une simple formalité ». Les relations entre le gouvernement et les syndicats évoluent parallèlement à la relation aigre et de plus en plus conflictuelle que le gouvernement entretient actuellement avec l’opposition.

    Bien que la grève soit à bien des égards une conséquence inévitable de l’acrimonie entre le gouvernement, l’opposition et les syndicats, elle va en réalité bien au-delà.
     
    Quelles sont jusqu’à présent les réactions à la grève ?  
    La plupart de la presse nationale, en particulier les chaînes TV d’information, n’ont pas encore commencé à couvrir la grève et ont choisi de se centrer sur d’autres questions. Même le gouvernement s’est montré indifférent, mais la grève a visiblement ébranlé le pouvoir. Dans la capitale nationale et l’État voisin du Haryana, l’atroce loi sur le maintien des services d’urgence [Emergency Services Maintenance Act (#ESMA)] a été imposée aux travailleurs des transports et à d’autres employés gouvernementaux, ce qui leur interdit de participer à la grève. Dans d’autres États comme le Bengale occidental et le Tamil Nadu, les gouvernements locaux ont refusé aux travailleurs l’autorisation de faire grève.

    D’autre part, les paysans et les ouvriers agricoles dans toute l’#Inde ont étendu leur soutien, avec des organisations comme les All India Kisan Sabha (#AIKS) et le Syndicat des travailleurs agricoles de toute l’Inde (#AIAWU), déclarant une « grève rurale » de soutien. Les syndicats et les organisations étudiantes de plusieurs grandes universités ont offert leur soutien et se sont portés volontaires pour sensibiliser la population sur la grève et les conditions de la classe ouvrière.

    Dans l’ensemble, la #grève est restée pacifique, mais des confrontations entre des fonctionnaires et des manifestants ont été rapportées à de nombreux endroits. On a également rapporté des arrestations et des détentions de dirigeants syndicaux. Néanmoins, dans plusieurs États, la grève a reçu un large soutien de la population. Tout cela uniquement au début de la journée. Reste à voir comment les classes dirigeantes vont réagir lorsque la grève s’installera.
     
    Traduit par Diane Gilliard pour Investig’Action


  • La menstruation, #tabou tenace en #Inde

    Pour le Nouvel An, l’hebdomadaire Outlook a publié un numéro spécial dédié à un problème tenace en Inde, celui du tabou qui entoure la #menstruation. Comme l’illustre la bagarre autour de l’accès au #temple hindou de #Sabarimala, dans le Kerala, les règles rendant les femmes “impures” et donc indignes d’entrer dans le sanctuaire aux yeux des extrémistes de cette religion, beaucoup de fantasmes continuent de circuler.

    “En dehors de ce festival d’anxiétés, le paysage des deux dernières années a été marqué par une série de détonations visuelles”, rappelle Outlook, en référence à des manifestations où des serviettes hygiéniques avaient été brandies par des étudiantes. “Des codes inconscients régissent ce qui est ou non acceptable”, dénonce le magazine. Résultat, “ce sujet universel du vivant” suscite la répression et génère, en retour, de “mini-insurrections” jouant dans le registre de la provocation.


    https://www.courrierinternational.com/une/la-menstruation-tabou-tenace-en-inde
    #menstruations #femmes


  • Ces nouvelles armes qui vont donner une avancée militaire considérable à la Russie
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/ces-nouvelles-armes-qui-vont-donner-une-avancee-militaire-considerable-a-l


    La Russie développe des armes de rupture stratégique comme les missiles hypersoniques (Kinjal et Avangard) qui pourront lui conférer à termes une avancée technologique et militaire.
    Crédits : MAXIM SHEMETOV

    La Russie a réussi un test du nouveau système de missile hypersonique russe Avangard, capable de transporter des ogives nucléaires et conventionnelles.

    La Russie développe des armes de rupture stratégique, les missiles hypersoniques (#Kinjal et #Avangard) qui pourront lui conférer à terme une avancée technologique et militaire. Dans ce cadre, Vladimir Poutine a supervisé le test réussi du nouveau système de missile hypersonique russe Avangard, capable de transporter des ogives nucléaires et conventionnelles, a annoncé mercredi le Kremlin selon l’agence de presse RIA. De façon générale, le développement de vecteurs hypervéloces pourrait conférer une avance militaire considérable à un club restreint d’Etats détenteurs, estime le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

    Les armes hypersoniques marquent une rupture
    De telles armes grâce à leur vitesse supérieure à Mach 5, à la condition qu’elles soient associées à des manœuvres, disqualifient les capacités actuelles d’interception des défenses adverses (déni d’accès). Du coup, ces armements peuvent faire peser à tout moment et à toute distance une menace instantanée de frappe conventionnelle, voire nucléaire. Selon le SGDSN, les vecteurs hypersoniques restent encore très immatures et les premières mises en service opérationnelles ne devraient pas intervenir avant plusieurs années et ce, avec de probables limitations en termes de charge utile, d’autonomie de navigation et de précision terminale.

    Outre la France, quatre pays disposent de programmes visibles de recherche et de développement en matière d’armements hypersoniques : les Etats-unis, la Chine, la Russie et l’Inde (en coopération avec la Russie). Il est évident qu’à l’horizon 2030, les armements hypersoniques figureront très certainement dans les arsenaux de plusieurs puissances. La France elle-même envisage d’en disposer pour la composante aéroportée de sa dissuasion nucléaire à partir de 2035. Et vraisemblablement avant si la France choisit l’hypervélocité pour les missiles qui vont succéder au Scalp et à l’Exocet , le programme FMAN/FMC, en coopération avec la Grande-Bretagne.

    Le président russe a observé l’essai à distance, d’un bâtiment du ministère de la Défense à Moscou. Le test a eu lieu dans l’extrême-orient russe. Le maître du Kremlin a annoncé en mars une série de nouveautés dans le domaine de l’armement, parmi lesquelles l’Avangard, à l’occasion d’un discours au ton particulièrement offensif. Il a affirmé qu’elles pourraient frapper presque n’importe quel point du globe et échapper à un bouclier antimissile construit par les États-Unis.

    En mars, la Russie avait testé avec succès le nouveau missile hypersonique Kinjal (poignard) qualifié par le président Vladimir Poutine d’"arme invincible". Lors d’un discours au Parlement le 1er mars, le président russe avait assuré que les missiles Kinjal allaient dix fois plus vite que la vitesse du son et pouvaient déjouer les systèmes antimissiles existants.