country:liban

  • Life in deep Earth totals 15 to 23 billion tons of carbon—hundreds of times more than humans
    https://phys.org/news/2018-12-life-deep-earth-totals-billion.html

    Barely living “zombie” bacteria and other forms of life constitute an immense amount of carbon deep within Earth’s subsurface—245 to 385 times greater than the carbon mass of all humans on the surface, according to scientists nearing the end of a 10-year international collaboration to reveal Earth’s innermost secrets.

    Les entrailles de la #Terre grouillent de #vie «intraterrestre» | TVA Nouvelles
    https://www.tvanouvelles.ca/2018/12/10/les-entrailles-de-la-terre-grouillent-de-vie-intraterrestre

    [certaines] bactéries [...] fascinent les biologistes, car elles fonctionnent dans un système qui n’a rien à voir avec la surface où toute la chaîne alimentaire dépend de la #photosynthèse, qui fait pousser les plantes et permet à un ensemble d’organismes de se nourrir.

    « Leur source d’énergie n’est pas le Soleil et la photosynthèse », dit à l’AFP Bénédicte Menez, responsable de l’équipe géomicrobiologie à l’Institut de Physique du Globe de Paris. « Ici ce qui fait démarrer les communautés, c’est la #chimiosynthèse, ils tirent leur énergie des roches, quand des roches s’altèrent ».


  • Syrie : Retour des objets hostiles non identifiés au-dessus de l’aéroport de Damas – Site de la chaîne AlManar-Liban
    http://french.almanar.com.lb/1163494

    Hologrammes de génération X ? De nouveaux leurres électromagnétiques avancés ? Des drones furtifs ? Nul ne le sait.

    Le nouveau phénomène intéresse les Russes au plus haut point.

    Il s’agirait selon une source anonyme de la base aérienne de Hmeïmim d’une nouvelle approche dans les tentatives de piratage des systèmes d’information fermés, sans d’autres précisions.

    Que s’est-il réellement passé il y a peine deux heures au-dessus de l’aéroport de Damas ? Une fausse alerte positive puisque il y a eu des départs de feu, essentiellement des S1 et quelques pièces de 23 mm. Contre qui ? Des cibles fictives ayant induit en erreur les radars de la défense aérienne.

    C’est la seconde fois consécutive en moins d’un mois qu’un tel incident survient. Le hasard est désormais exclu. On est en face d’une surprise de type T (technologique) en développement.

    Quand on n’arrive pas à neutraliser les missiles Sol-Air, soit on aveugle ou on leurre les radars de la grille pour les neutraliser.

    Cela prouve que la peur inspirée par le déploiement de systèmes S-300 en Syrie a conduit le camp d’en face à élaborer des contres-mesures d’un nouveau type.

    L’intelligence artificielle sera l’ultime arbitre dans le prochain duel direct entre le F-35 et le S-300.

    #syrie


  • Pilier de l’économie libanaise, l’immobilier frôle l’effondrement – Site de la chaîne AlManar-Liban
    http://french.almanar.com.lb/1161910

    Sous l’effet de la guerre en Syrie voisine, débutée il y a sept ans, et de la contraction de la demande interne, l’immobilier libanais connait une phase de stagnation, après une envolée vertigineuse entre 2008 et 2011.
    A l’origine de cette brève euphorie, les expatriés et la riche clientèle arabe du Golfe ont depuis déserté le marché libanais en raison de l’instabilité mais aussi de la chute des cours mondiaux du pétrole à partir de 2014.
    Résultat : des milliers d’appartements ne trouvent pas acquéreur tandis que des projets amorcés au début de la crise politique –le Liban étant encore dépourvu de gouvernement depuis plus de six mois– ont été gelés.

    Selon Guillaume Boudisseau, expert immobilier au cabinet Ramco à Beyrouth, quelque 3.600 appartements restent à ce jour invendus dans la capitale.

    (...)
    Des retards de paiement et des rééchelonnements de dette immobilière ont déjà eu lieu : les constructeurs et les acheteurs doivent rembourser environ 21 milliards d’euros aux banques, soit plus du tiers des crédits du secteur privé, indique à l’AFP une source bancaire souhaitant garder l’anonymat.

    Pour éviter un scénario catastrophe, des banquiers et des sociétés immobilières ont lancé en octobre « Legacy One », une plateforme d’investissements d’environ 220 millions d’euros avec pour objectif « d’acheter plus de 200 appartements dans le Grand-Beyrouth et de les revendre sur les marchés étrangers », explique Massaad Farès, président de la structure.
    Les investissements prévus représentent toutefois moins de 10% du total des invendus dans la seule capitale, « estimés entre 2,2 et 3,1 milliards d’euros », indique Waël el-Zein, directeur général de la Lucid Investment Bank, partie prenante du projet.
    Selon lui, « il s’agit d’une bouée pour éviter la noyade, en attendant l’éclaircie politique ».

    #liban


    • C’est là que tu comprends l’immensité de la médiocrité du personnage, minable et tout petit, quii finira dans les poubelles de la politique et de l’Histoire (comme quelques un·es de ses copain·ines marcheuses·eurs

    • Mais oui Gérald ! Vous passez pour des glands, on dirait tes mocassins quand tu traînais dans les meetings de Fillon !!

      T’as les dents qui rayent la moquette !
      Ils ont du la changer à l’Elysée ! 300 000 boules !

      Ah oui le Liban, ça a du te rappeler Robert Bourgi ! Du temps où tu fricotais avec Sarko.

      L’intégrale des paroles sur le site de librairie Tropiques
      De la part des réfractaires factieux putschistes du 14ème et du nid d’espion des tropiques.
      http://www.librairie-tropiques.fr/2018/12/merci-charline-pour-ce-moment.html

      • Oh la la ! Quelle chienlit en ce moment Gérald !
      • On est venu pour te filer un coup de main ! On voit bien que vous ne vous en sortez pas !
      • C’est n’importe quoi ! Hier, vous avez envoyé De Rugy sur BFM ! Mais vous êtes cinglés non ?
      • C’est vrai ! La France est à feu et à sang vous envoyez De Rugy ! C’est quoi la prochaine étape ?
      • Pour défoncer les blacks-blocs vous envoyez qui ? Eddy De Pretto ? 
      • Mimie Mathy ?
      • Pour votre plan contre l’alcool, vous envoyez Jean Lassalle ??
      • Franchement ! De Rugy ! 
      • Même le vigile de BFM, il voulait pas le laisser rentrer ! 
      • Il pensait que c’était le mec du courrier qui avait oublié son charisme !
      • Ça va pas du tout là !!
      • Mais oui Gérald ! Vous passez pour des glands, on dirait tes mocassins quand tu traînais dans les meetings de Fillon !!
      • Faut tout revoir !
      • L’ISF on pige rien !
      • Oui ! Vous faites quoi, vous reculez ? Vous avancez ?
      • Parce que là, si i t’avances quand ils reculent comment veux-tu que…
      • Non, ça va !!
      • Non mais comment veux-tu que les économistes fassent le calcul.
      • Oui ça c’est pas faux… C’est angoissant de ne pas savoir.
      • Evidemment ! Regarde Dominique Seux ! Il met des miettes de petit four de côtés au cas où !
      • Bah oui regarde le, il est tout pâle d’angoisse !
      • Il est au fond du trou, on dirait Carlos Ghosn.
      • Il s’est fait tatouer le plan de la prison de Tokyo dans le dos, tellement il est désespéré !!
      • Ah oui ça va pas, faut prendre des décisions là !!
      • Et il n’y a qu’un mec qui peut faire ça, tu le sais aussi bien que nous : c’est toi Gégé !!
      • Allez Gégé !! Matignon te tend les bras.
      • La grande endive… Edouard Philippe, il est cramé !
      • L’endive braisée, nous on l’appelle !!
      • Mais oui ! Fonce mon pote !! T’as tes chances !
      • Et puis franchement tout est possible dans la vie ! Castaner il est ministre de l’intérieur ! Tout est possible !!
      • Demorand, il peut être prof de zumba !!
      • Thomas Legrand, il peut twerker si il veut !
      • Allez vas-y ! On voit que tu en rêves !
      • T’as les dents qui rayent la moquette !
      • Ils ont du la changer à l’Elysée ! 300 000 boules !
      • Et tu as les compétences ! L’interview de Salamé, t’as géré !
      • Pas évidente la Jean-Pierre El Kabbach de Beyrouth !
      • Ah oui le Liban, ça a du te rappeler Robert Bourgi ! Du temps où tu fricotais avec Sarko.
      • C’est vrai que t’as un super parcours.
      • T’as commencé au RPR !
      • Même jeune, t’étais déjà vieux !!
      • Et si y’a un vrai spécialiste de la politique du Président, c’est bien toi !
      • C’est vrai quoi, en 2017 tu disais encore de Macron : « Son élection précipitera la France dans l’instabilité institutionnelle et conduira à l’éclatement de notre vie politique ».
      • Putain t’es un visionnaire mon Gérald !
      • Elizabeth Teissier, on t’appelle entre nous !
      • Non mais regarde, il fait son gêné…
      • Ah oui !
      • Qu’est-ce qui te tracasse Gégé ? T’as des casseroles à nous avouer ?
      • Mais non : la plainte pour viol…
      • Non-lieu !
      • L’abus de faiblesse ?
      • Classé sans suite !
      • Ben c’est bon : fonce mon gars !
      • On est avec toi ! Et pour tous ces petits conseils, on va pas être vaches…
      • Comme t’es encore aux Comptes Publics, on te fait un rabais
      • Tu nous files 200 boules, de la main à la main…
      • Ça nous paye le resto et on est quittes !


  • Asad Abukhalil : « En ce moment même, le gouvernement qui envoie régulièrement ses avions de combat survoler le Liban est en train de lancer une campagne de communication pour dénoncer quelques tunnels qui violeraient sa souveraineté. »
    https://twitter.com/asadabukhalil/status/1069861543460823041

    Right this moment the government which sends its fighter jets regularly over Lebanon is launching a propaganda campaign that some tunnels have violated its sovereignty.

    • Du coup, dans le Monde, le prévisible article (du « correspondant » à Jérusalem) qui ne cite que des sources officielles israéliennes, et qui bascule d’un coup sur « les experts » et « la milice chiite soutenue par l’Iran ». (Je me demande pourquoi ils ne font pas directement signer leurs papiers par le porte-parole officiel de l’armée israélienne ; ça leur ferait des économies.) L’armée israélienne lance une opération pour détruire des tunnels d’attaque du Hezbollah
      https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/04/israel-lance-une-operation-contre-les-tunnels-du-hezbollah-a-la-frontiere-av

      Mais les experts estiment aussi que la milice chiite, soutenue par l’Iran, s’est renforcée comme jamais. Elle dispose d’environ 120 000 roquettes et missiles. Le nombre est impressionnant, mais la précision et la portée des armes les plus avancées le sont encore davantage. Le Hezbollah est capable de déclencher des centaines de tirs en une journée vers les grandes villes israéliennes, en utilisant des systèmes de guidage sophistiqués.

    • Noter au passage l’usage, sans guillemets dans le Monde, de l’expression « tunnels d’attaque ». De la pure bidasse-speak israélienne (compagne de communication, il y a quelques années, sur le même sujet, contre le Hamas et les tunnels de ravitaillement de Gaza).

      Sinon, pour trouver des « tunnels d’attaque », quelques mentions dans des textes historiques sur 14-18. Mais depuis, apparemment, ça n’apparaît jamais en dehors de textes de la propagande israélienne. (Ou, donc, dans le Monde et sans guillemets.)

    • Israël accuse le Hezbollah d’avoir creusé des tunnels pour l’attaquer
      Par Reuters le 04.12.2018 à 09h15
      https://www.challenges.fr/monde/israel-accuse-le-hezbollah-d-avoir-creuse-des-tunnels-pour-l-attaquer_629

      JERUSALEM (Reuters) - L’armée israélienne a annoncé mardi avoir débuté une opération visant à « exposer et entraver » des tunnels transfrontaliers entre le Liban et Israël creusés selon elle par le mouvement chiite libanais du Hezbollah pour attaquer l’Etat hébreu.

      Israël est au courant de l’existence d’un certain nombre de tunnels traversant la frontière nord de l’Etat hébreu depuis le Liban, a déclaré un porte-parole de l’armée israélienne, le colonel Jonathan Conricus, précisant que Tsahal allait opérer seulement sur le territoire israélien.

      Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré avoir « renforcé sa présence » dans le nord d’Israël et être « préparée à divers scénarios ».

      Ces « tunnels d’attaque » ont été découverts par les forces de sécurité israéliennes « avant de devenir opérationnels et de menacer la sécurité des civils israéliens », écrit Tsahal. Ils constituent « une flagrante et grave violation à la souveraineté d’Israël », est-il ajouté dans le communiqué.

      Certaines zones situées à proximité de la frontière israélo-libanaise ont été fermées.

      Israël considère le Hezbollah, auquel il a livré plusieurs guerres dont la dernière en 2006, comme la menace la plus sérieuse à sa frontière.

      (Ari Rabinovitch ; Jean Terzian pour le service français)


  • Brexit : au Grand Palais faux suspense et vraie révolution
    Ballon d’or 2018 : les députés partent en guerre contre l’accord négocié par May

    « Histoire des crétins des alpes » : Antoine de Baecque va annoncer un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants.
    « Gilets jaunes » : Matignon entre érudition et goût de l’absurde

    Un festival de cinéma LGBT pousse la Chine à s’interroger sur la détention à domicile sous bracelet.
    La création d’une peine de masculinité votée à l’Assemblée.

    Le Mexique lance une opération contre les tunnels du Hezbollah à la frontière avec le Liban.
    Israël : création d’une commission d’enquête sur la disparition de 43 étudiants en 2014

    Jean-Louis Trintignant va nformer des parlementaires sur le meurtre de Khashoggi
    Le chef de la CIA : « je suis un raté qui a eu beaucoup de chance ».

    #de_la_dyslexie_créative


  • i24NEWS - Netanyahou met en garde le Hezbollah lors de sa rencontre avec Pompeo à Bruxelles
    https://www.i24news.tv/fr/actu/international/190109-181203-reunion-d-urgence-netanyahou-pompeo-a-bruxelles-sur-la-situati

    Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rencontré lundi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo lors d’un voyage éclair à Bruxelles pour discuter des efforts conjoints visant à freiner l’"agression iranienne" dans la région.

    M. Netanyahou - rejoint par le chef du Mossad Yossi Cohen et d’autres responsables israéliens - aurait déclaré à Mike Pompeo qu’Israël agirait pour empêcher le Hezbollah de construire des usines de missiles de précision au Liban, a rapporté lundi soir Channel 2.

    Dans Rai al-yom (https://www.raialyoum.com/index.php/%d9%86%d8%aa%d9%86%d9%8a%d8%a7%d9%87%d9%88-%d9%8a%d8%b7%d9%8a%d8%b1-%d9%8), ABA (Abdel-Bari Atouane) commente cette visite en rappelant des précédents qui ont conduit à des agressions militaires israéliennes. En l’occurrence, il s’agirait peut-être d’obtenir le soutien des USA et notamment le droit à engager les F35. En tout cas, une bonne manière pour Netanyahou de se sortir des risques d’une inculpation par la justice du pays quy’il dirige.

    #israël #hesbollah #iran


  • ¨Les commerçants libanais du 16e arrondissement, victimes des incidents et dégradations des Gilets Jaunes samedi dernier
    Tournée de Rami Adwan auprès des établissements libanais endommagés samedi à Paris - Élie MASBOUNGI - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1146618/tournee-de-rami-adwan-aupres-des-etablissements-libanais-endommages-s

    Après les émeutes des gilets jaunes samedi dernier à Paris, l’ambassadeur du Liban en France, Rami Adwan, a effectué hier une tournée auprès des commerçants libanais dont les établissements ont été saccagés ou qui ont tout simplement été menacés par les « casseurs ».

    En compagnie d’Antoine Menassa, président de la HALFA (Hommes d’affaires franco-libanais), l’ambassadeur s’est rendu dans une pharmacie, trois restaurants libanais de l’avenue de la Grande Armée et divers commerces exploités par des Libanais à l’avenue Kléber et ses environs (salons de coiffure, serrurerie-cordonnerie, sandwicheries).


  • أول ثلاث شاحنات إماراتية تدخل معبر جابر – نصيب إلى لبنان عبر سوريا - رأي اليوم
    https://www.raialyoum.com/index.php/%d8%a3%d9%88%d9%84-%d8%ab%d9%84%d8%a7%d8%ab-%d8%b4%d8%a7%d8%ad%d9%86%d8%a

    Passage de frontière pour les trois premiers camions transitant entre les Emirats arabes unis et le Liban via l’Arabie saoudite et la... #Syrie.
    C’est presque business as usual.



  • EXCLUSIF : La #propagande antiterroriste britannique auprès des jeunes du monde arabe | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/exclusif-la-propagande-antiterroriste-britannique-aupr-s-des-jeunes-d

    Le Service européen pour l’action extérieure a fourni jusqu’à présent 11 millions d’euros pour la deuxième phase ; 3,65 millions de dollars devraient ainsi être dépensés en moyenne en Tunisie, au Maroc et au Liban. Ce montant représente une augmentation significative par rapport à la première phase du projet, lors de laquelle les dépenses moyennes dans chaque pays s’élevaient à 1 101 372 euros.

    Au vu des programmes (sport à Tripoli au Liban, tag, « sous la discrète protection de policiers », en Tunisie, film montrant qu’il est dangereux - sic- de s’adonner au terrorisme...) il ne fait aucun doute que leur utilité est ailleurs que dans la prévention du #terrorisme.

    #farce


  • Tsahal sur Twitter : « Joyeuse fête de l’Indépendance du #Liban au peuple libanais, nos voisins du nord ! Nous espérons que vous serez bientôt libérés de l’impérialisme iranien et des terroristes du #Hezbollah. » / Twitter
    https://twitter.com/Tsahal_IDF/status/1065710561218973696

    La deuxième guerre du Liban (2006) : dix ans après - Les clés du Moyen-Orient
    https://www.lesclesdumoyenorient.com/La-deuxieme-guerre-du-Liban-2006-dix-ans-apres.html

    « la plupart des civils qui périssent durant la guerre des 33 jours meurent dans les bombardements qui ne visent ni le Hezbollah, ni ses structures de ravitaillement » et que « les domiciles de dizaines de milliers de Libanais n’ayant rien à voir avec le parti sont aussi bien pris pour cible que ceux des cadres de l’organisation ». Il semblerait d’ailleurs que l’armée israélienne ait finalement reconnu « de manière semi-publique » que « les institutions de l’État et les civils libanais [ont été] eux-aussi délibérément visés, dans une logique à la fois de punition collective et d’incitation à faire pression sur le Hezbollah » (5).

    #sionisme #Israel #nausée


  • Israël admet avoir coulé un bateau de réfugiés libanais en 1982 - médias
    The Times of Israël - 23 novembre 2018
    https://fr.timesofisrael.com/israel-admet-avoir-coule-un-bateau-de-refugies-libanais-en-1982-me

    La Dixième chaîne israélienne a révélé jeudi, après la levée de la censure militaire sur un incident remontant à 1982, qu’un sous-marin israélien a accidentellement coulé un bateau qui transportait des réfugiés et des ouvriers étrangers au large de la côte libanaise pendant la guerre du Liban de 1982, tuant 25 personnes.

    Selon la Dixième chaîne, l’incident est survenu au large de Tripoli, au nord du Liban, au mois de juin 1982, alors qu’Israël avait imposé un blocus naval au pays.

    #IsraelLiban

    • Un ancien officier de Tsahal ayant enquêté sur l’incident a confié à la Dixième chaîne ne pas partager le même point de vue.

      Le colonel à la retraite Mike Eldar, qui était à la tête de la 11e flotille pendant la guerre, a estimé que le capitaine avait agi de manière inappropriée et il a accusé Israël de tenter de couvrir l’incident.

      « Nous avons des règles d’engagement même dans les sous-marins : on n’ouvre pas le feu sur un bateau simplement parce qu’on a peut-être des soupçons », a-t-il déclaré à la Dixième chaîne, ajoutant que le sous-marin aurait dû faire venir un bateau de patrouille pour enquêter.

      Eldar a expliqué qu’il avait tenté, depuis des décennies, à faire reconnaître cet incident par Israël.


  • Maroc / Israël : Le collier de la reine, un tribut de vassalité à un suzerain ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/22/maroc-israel-le-collier-de-la-reine-un-tribut-de-vassalite-a

    Un collier en or aurait été offert par Lalla Salma, épouse du Roi du Maroc, à Tzipi Livni, le co-ordonnateur de la guerre de destruction israélienne de Gaza (2007-2008). Un cadeau offert en 2009 à l’occasion d’une visite de l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères au Maroc, un an après la fin de la guerre israélienne contre l’enclave palestinienne.

    Cette information explosive a été démentie de piètre façon par le Maroc, par un communiqué laconique du ministère des affaires étrangères publié le 26 juillet, soit deux semaines après la fuite du Maariv. Le journal israélien précisait, pourtan, dans son édition en date du 13 juillet 2011, que le parlement israélien avait pris la décision de dévoiler une liste de cadeaux offerts aux officiels et parlementaires israéliens par des personnalités étrangères, liste où figurerait « Lalla Salma » pour un « collier en or » à Tzipi Livni lors de sa visite au Maroc en 2009 à l’invitation de l’Institut Amadeus pour le Forum MEDays organisé à Tanger.
    Dans ce qui apparait comme un geste d’apaisement destiné à détourner le courroux de l’opinion publique, la communauté juive du Maroc a volé au secours du Trône, lui emboitant le pas, endossant le même jour la responsabilité de ce cadeau. Non pas par un communiqué franc et précis qui aurait coupé court à toutes les spéculations mais par un procédé oblique, en des termes alambiqués, des propos confus faisant état d’ une indication d’un membre de la communauté juive, à l’identité non définie, se dévouant pour confier à un site électronique marocain que Mme Livni « n’a rencontré aucune princesse du Maroc, uniquement des personnalités marocaines et des responsables de la communauté juive » et que « le collier a pu lui être offert par la communauté juive » (2).

    Sauf à y voir la marque d’un travail de sophistication journalistique, un tel amateurisme dans la gestion de cette affaire pourrait avoir eu un effet inverse de confirmer plutôt que d’infirmer cette information. Un effet pervers
    Selon Maariv, pourtant, Lalla Salma n’aurait pas été la seule à couvrir de bijoux la ministre israélienne. La Fédération des Juifs du Maroc lui aurait aussi offert « un collier d’or serti de diamants et de pierres précieuses assorties de deux bagues ». Soit, en fin de compte, deux colliers et deux bagues. Une belle pioche pour un voyage si controversé d’un si sinistre personnage.

    Au delà du démenti formel, le pouvoir marocain a incontestablement commis un impair dans sa communication de crise, d’autant moins explicable que le sujet est d’une grande volatilité, accréditant l’idée d’un malaise par sa réaction tardive et son laconisme. Le démenti marocain, de même que la revendication indirecte de la communauté juive n’évacuent pas pour autant le débat sur le bien fondé de ce geste de courtoisie à l’égard d’une belliciste coresponsable de deux guerres contre des objectifs arabes, le Liban en juillet 206, et Gaza, en 2007, ni même sur sa présence au Maroc un an après la guerre de Gaza. Pas plus Tzipi Livni que son collier n’avaient de raison d’être au Maroc. Le service minimum sur un sujet de grande controverse porte la marque d’une désinvolture et pointe désormais du doigt le rôle ambigu de l’Institut Amadeus, initiateur de ce projet frappé de suspicion.
    Quelqu’en soit le bienfaiteur, au-delà des démentis de circonstance, le cadeau parait placer la Monarchie dans l’embarras en ce qu’il peut être ressenti, à juste titre, par une large fraction de cette population nationaliste comme un geste d’une gratuité provocante, une humiliation vécue comme un tribut de vassalité envers un suzerain.

    LA LÉGITIMITÉ DU JUDAÏSME MAROCAIN ET SON INSTRUMENTALISATION POUR UNE IMPUNITÉ DU TRÔNE
    Le laxisme traditionnel marocain à l’égard d’Israël, à contre courant de la position officielle arabe, est généralement expliqué par les rapports historiques qu’entretient la dynastie alaouite avec le judaïsme marocain (3), particulièrement du fait de la position du sultan du Maroc, sous le régime de l’Etat français de Vichy, dont le refus de faire appliquer sur son territoire les lois racistes du gouvernement collaborationniste, notamment le port de l’étoile jaune pour les ressortissants de l’Empire, lui a valu la gratitude éternelle de ses sujets de confession juive.
    Une autre interprétation, moins valorisante mais plus conforme à la realpolitik, explique ce lien privilégié par le souci du futur Roi Mohamad V de contourner l’ostracisme français à son égard, sous le protectorat, par une alliance avec le judaïsme marocain, avec l’appui américain, en vue de contraindre la France à renoncer à son rival, le Glaoui de Marrakech, et à rompre son exil malgache, permettant ainsi aux Etats-Unis de prendre pied dans ce qui était à l’époque une chasse gardée française.

    Au delà de ses interprétations polémiques, un fait demeure. Le judaïsme marocain dispose d’une place légitime au Maroc, par son ancrage et son apport. Mais cette légitimité ne saurait impliquer une légitimation d’Israël, par extension, sans règlement préalable de la question palestinienne, ni l’instrumentalisation de cette équation pour camoufler le partenariat stratégique souterrain entre la dynastie alaouite et l’ennemi officiel du Monde arabe, Israël, à l’effet d’aménager l’impunité du pouvoir chérifien qui en découle.

    Cinquante ans après son indépendance, sous une solidarité de façade, le Maroc apparait comme un tire-au-flanc de la stratégie arabe au même titre que la Jordanie et l’Arabie saoudite, au point de se retrouver dans une configuration inique de trois royaumes arabes dotés, chacun, d’une légitimité sacrale constituant un cordon sanitaire autour d’Israël, au détriment de la cause palestinienne, supposée être leur cause prioritaire, du fait de la sacralité de leur pouvoir ; le commandeur des croyants alaouite en sa qualité de président du comite « Al Qods » de la conférence islamique ; le gardien wahhabite des Lieux Saints de l’islam, en raison de sa responsabilité particulière à l’égard de Jérusalem, le 3 me haut lieu saint de l’Islam ; le hachémite, enfin, de par sa descendance directe de la tribu des Koraïchites, la tribu du Prophète. Trois royaumes, l’Arabie saoudite, la Jordanie et le Maroc, désormais liés au sein d’une confédération disparate des pétromonarchies du Golfe, dans une fusion contre nature qui révèle, face à la contestation de l’ordre établi dans le Monde arabe, leur préoccupation d’assurer la survie de leur trône, plutôt que la promotion du Monde arabe, encore moins la Libération de la Palestine.
    La presse internationale abonde de la connivence israélo-marocaine sous le règne de Hassan II, de la fuite des Juifs marocains vers Israël, à la collaboration des services secrets des deux pays dans l’affaire Ben Barka, à la guerre du Sahara, aux escales techniques des unités israéliennes dans les ports marocains durant la guerre de juin 1967 (4), à la germination hormonale, enfin, du jeune prince héritier de l’époque envers une compatriote de confession juive qui donna par la suite deux soldats à l’armée israélienne (5).

    Mais le fait nouveau est la pérennisation de cette connivence sous le nouveau Roi Mohamad VI, au point de faire du Maroc une enclave diplomatique d’Israël, dans des conditions outrageusement méprisantes pour le peuple palestinien et ses nombreux sympathisants à travers le monde. Au risque d’exposer à l’opprobre public, pour la première fois dans les annales du Royaume, la propre épouse du Souverain.

    A moins d’impérieuses nécessités d’intérêt national touchant au règlement du conflit israélo palestinien, à quel besoin répondait le fait d’exposer sa propre épouse à l’opprobre, dans un geste malvenu auprès de l’opinion publique marocaine et arabe, en honorant une belliciste impénitente. Tzipi Livni (6), l’officier traitant du Mossad en France dans une décennie qui a vu la décapitation des principaux dirigeants palestiniens en poste en Europe et non Rachel Corrie, la pacifiste américaine broyée par un tracteur pour la défense de la terre palestinienne contre la confiscation israélienne. Tzipi Livni, objet d’un mandat d’arrêt de la justice britannique pour les crimes contre l’humanité » commis par son gouvernement à Gaza et non Rony Brauman, le franc tireur courageux pourfendeur du blocus de Gaza. Sauf à y voir la marque d’une perfidie complémentaire, à quel besoin répondait le souci du bénéficiaire de révéler son présent, sinon à embarrasser son hôte prévenant ? A l’ombre de la révolte arabe du printemps 2011, gageons que pareille gracieuseté ne saurait se reproduire sans exposer son auteur à un tollé généralisé.

    L’INSTITUT AMADEUS SUR LE GRILL (7)
    Quiconque connaît la tétanie qui frappe tous les acteurs politiques du royaume à l’égard du trône alaouite, le séjour de Mme Livni ne relevait pas du domaine du fortuit et ne répondait à aucun besoin de dialogue tant sont permanents les canaux de communications entre Rabat et Tel Aviv. Officiellement un « think tank » marocain, indépendant, l’Institut Amadeus, dirigé par le propre fils du ministre marocain des Affaires étrangères, Brahim Fassi-Fihri, aura servi de paravent au séjour de Mme Livni au Maroc. Crée en 2008, l’institut est soutenu par les entreprises traditionnellement perméables aux intérêts occidentaux, notamment l’hebdomadaire Jeune Afrique, le support médiatique des états africains pro occidentaux prospères. Le mandat d’arrêt lancé le 14 décembre 2009 par la justice britannique à l’encontre de Mme Tzipi Livni pour sa responsabilité dans la guerre de destruction israélienne de Gaza a retenti comme un désaveu du Maroc, un camouflet d’autant plus cinglant que le Roi Mohamad VI préside le comité chargé de préserver les Lieux saints musulmans de Jérusalem, une ville en voie de judaïsation rampante et quasiment annexée par Israël.
    En vertu de quel passe droit, un institut élitiste s’arroge-t-il le droit de prendre, seul, sans l’aval d’une autorité légitiment investie, l’initiative d’engager lourdement son pays sur un point essentiel de sa diplomatie ? Que de surcroît, face au tollé, ce même institut, visiblement déconnecté des réalités sociales, se dispense de la moindre explication, accentuant ainsi la suspicion sur l’ensemble de la galaxie royale en ce que le silence de cette coterie de technocrates ne manquera d’alimenter le mécontentement et les supputations, s’agissant d’un acte éminemment diplomatique à portée morale.

    Que l’initiative soit le fait du propre fils du ministre des affaires étrangères pose la question de savoir si l’héritier présomptueux a pu y procéder sans la caution des autorités marocaines. Auquel cas, la sanction est inévitable au double titre d’une infraction au fonctionnement démocratique des institutions du pays, au titre d’exemple ensuite, pour sanctionner le mépris d’Amadeus envers les sentiments profonds du peuple marocain et son aventurisme suspect. Dans le cas contraire, l’aval du pouvoir à son initiative rendrait le démenti officiel, sans objet et non avenu.
    En l’absence d’une mise au point -mise au clair- de l’institut Amadeus, l’Affaire Tzipi Livni accrédite cette singulière institution comme le sous traitant diplomatique des sujets épineux du Royaume. En un mot, Amadeus assumerait pour la compte de la diplomatie marocaine ce que la rendition était à la torture, la première entreprise de délocalisation de la politique étrangère du Maroc, et sur le plan de la bataille pour la conquête de l’opinion internationale, une opération de ravalement cosmétique destinée à pérenniser le trône auprès des chancelleries occidentales.

    En plein printemps arabe, une telle affaire, en tout état de cause, est très malvenue tant pour le Trône que pour ses parrains occidentaux d’autant que, si elle était confirmée, elle placerait les officiels marocains dans un embarras d’autant plus grand qu’elle survient dans la foulée d’une affaire autrement plus consternante qui concerne cette fois le roi en personne. Mohammed VI avait en effet décerné une distinction honorifique à un dirigeant du lobby juif américain dans la foulée de l’intervention israélienne de Gaza. Dans un geste controversé, en septembre 2009, le monarque avait remis le titre de Chevalier de l’ordre du trône du royaume du Maroc à Jason F. Isaacson, directeur des affaires internationales du Comité américano-juif (AJC), qui se trouve être un des fervents soutiens à l’équipée militaire israélienne contre l’enclave palestinienne. L’information sur la remise du titre n’avait pas été annoncée officiellement au Maroc, mais révélée par un site communautaire juif aux Etats-Unis. Si, là aussi, l’objectif était la paix, pourquoi la distinction s’est portée sur un belliciste du lobby juif américain et non sur Jeremy Ben Ami, le directeur de « J Street », le contre lobby juif américain favorable à un règlement négocié.

    D’autres indices tendent à confirmer la permanence du primat israélien dans la stratégie marocaine. Le cas le plus flagrant aura été le licenciement par la Sofrecom, filiale du groupe France Télécom au Maroc, d’un ingénieur, Mohamed Benziane, après neuf ans de service pour « faute grave », laquelle, en la circonstance, à consister à refuser de participer à la formation dispensée par un prestataire de services israélien. Le vendredi 11 décembre 2009, la police marocain imposera donc sans ménagement la normalisation par le bâton aux salariés de l’entreprise conformément aux choix diplomatiques d’une monarchie alaouite n’hésitant pas à privilégier les intérêts économiques des entreprises françaises implantées sur son sol au détriment des besoins démocratiques de ses “sujets”, qui, contrairement aux Iraniens, n’ont pas la “chance” de faire l’objet de la compassion occidentale ni d’aucune espèce de vaste mise en scène médiatique. Ce licenciement abusif d’un élément de main-d’œuvre -de surcroît, indigène- qui a eu l’outrecuidance de penser par lui-même et d’obéir à une loi morale qui n’arrange ni les multinationales, ni le gouvernement marocain, a répondu à une double injonction : l’injonction néo libérale, d’une part, et l’injonction autoritaire du Makhzen, d’autre part, qui se renforcent mutuellement dans le prolongement d’une logique coloniale (8).

    A quelle logique obéit ce besoin de tirer constamment contre son propre camp ? Quel besoin pressant à pousser le Maroc à inviter officieusement un personnage si controversé dans la foulée du traumatisme de Gaza ? Sauf à masquer un dessein machiavélique, pourquoi privilégier systématiquement la distinction des plus anti palestiniens et xénophobes des dirigeants israéliens ? La cause de la paix gagne-t-elle devant tant de complaisance ? Comment expliquer cette inversion des valeurs qui fait que de prestigieux militants marocains de confession juive, l’ingénieur Abraham Sarfati et le mathématicien Sion Assidon, auront croupi longtemps dans les geôles royales pour leur soutien à la cause palestinienne, quand, en contrechamps, tenaient table ouverte à Tanger et Marrakech des figures de proue du sionisme exacerbé, le philosophe du botulisme Bernard Henri Levy et le priapique Dominique Strauss Khan, sans que nul au Royaume ne pipe mot sur cette incohérence, en recommandant par exemple à ces zélés sionistes de vivre leur passion dans le pays de leur premier choix et non en terre arabe, dont ils dénigrent tant la cause majeure ?

    Quelle aubaine que la « sacralité » de la personne du Roi consacrée par la constitution qui dispense ainsi le monarque de toute critique de ses sujets, mais le prive, par voie de conséquence, d’un garde fou. L’hospitalité arabe, quoique légendaire, ne relève pas de la niaiserie. Elle obéit à de codes rigoureux qu’aucun monarque, ni président ne saurait enfreindre sans s’exposer, à plus ou moins long terme, à une réplique. Le gauleiter de Gaza, Hosni Moubarak, le vassal par excellence des Israéliens au Moyen Orient, en a payé le prix fort au terme d’un règne de 32 ans bercé par le cantique des laudateurs occidentaux, auparavant son prédécesseur Anouar el Sadate, de même que le Roi Abdallah 1 er de Jordanie, le fondateur de la dynastie hachémite et Gardien des lieux saints de Jérusalem, son neveu Faysal II d’Irak, ainsi que l’iranien, au titre ronflant, Chahin Chah Araymehr, « Sa Majesté Impériale, le Roi des Rois, lumière des aryens », renvoyé dans les ténèbres de l’histoire.

    Que le souverain prenne garde. Le cortège des laudateurs fait entendre, à son tour, son concert de louanges au Maroc, tressant ses couronnes, à coup de poncifs, sur l’ingéniosité royale d’un pays promu nouveau rempart contre l’intégrisme depuis l’éviction du dictateur tunisien Zine el Abidine Ben Ali. Sa réforme constitutionnelle est encensée par une cohorte de plumitifs parasitaires, sans le moindre regard critique comparatif entre l’orignal et la copie, alors que la nouvelle version ne fait qu’amplifier les tares autoritaires du régime. Le oui l’aurait emporté avec plus de 98% pour un taux de participation de près de 73%. Est-ce vraiment raisonnable ce score à la Nicolas Ceausescu, du nom du dictateur roumain passé par le peloton d’exécution à la chute du communisme ? Ne s’agit pas plus tôt d’un triomphe en trompe l’œil, à la Pyrrhus, jusqu’à la chute finale. Devant tant de congratulations empressées, il serait judicieux que sa Majesté veuille bien garder en mémoire cette maxime de Jean de La Fontaine qui veut que « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » (9).

    LE MAROC, DESTINATION PRÉFÉRÉE DES POLITICIENS FRANÇAIS
    Une quarantaine de personnalités françaises de premier plan ont opté pour le Maroc pour leurs vacances de fin d’année lors de la révolte arabe de 2010. De l’ancien président Jacques Chirac, à Taroudant, dans le sud du pays, à son successeur Nicolas Sarkozy, qui y a passé des vacances de Noël en 2009 et en 2010, à la résidence royale de Jnane Lekbir, à 3 kms de Marrakech, à son ancienne adversaire socialiste de 2007, Ségolène Royal, qui y a séjourné en 2010, avec son compagnon André Hadjez, au sein d’un “palace de Ouarzazate”, dans le sud du pays, à Jean Louis Borloo, ministre de l’écologie, au couple Balkany, Isabelle et Patrick Balkany, maire de Levallois, à Hervé Morin (et 18 membres de sa famille à l’hôtel Es-Saâdi de Marrakech), à Brice Hortefeux et naturellement Philippe Douste Blazy, ancien ministre des Affaires étrangères qui fit l’objet d’un scandale.
    La « tribu Maroc » s’étend bien au-delà de ces attaches. De Bernard-Henri Lévy à Thierry de Beaucé, à Dominique Strass Khan et Anne Sinclair, à Elizabeth Guigou et Dominique de Villepin, nombre de dirigeants politiques, chefs d’entreprise, intellectuels médiatiques et célébrités du showbiz ont à Marrakech ou ailleurs une résidence secondaire. Le « plus beau pays du monde », comme le veut la publicité de l’Office marocain du tourisme, devient ainsi un lieu de rendez-vous culte pour la classe politique française, où la délocalisation d’un Conseil des ministres serait presque envisageable durant les fêtes de fin d’année. La Mamounia est la carte maîtresse de cette politique de séduction du Makhzen, le pouvoir féodal marocain. Tous y sont reçus avec les attentions particulières que sait déployer le Maroc pour ses hôtes de marque. Les invitations spéciales sont l’atout maître de l’arsenal diplomatique du royaume chérifien pour séduire les politiques français. La pratique est érigée en politique d’Etat.

    Quoique l’on dise, quoique l’on fasse, le collier de la reine à Tzipi Livni constitue une faute politique impardonnable, qui fera tache ; une tache que rien ne saurait gommer de la mémoire des peuples en lutte ce qu’elle sera éternellement ressentie comme une prime à une belliciste impunie qui compte à son actif deux guerres, l’une, en 2006 contre le Liban, l’autre, en 2007-2008 contre Gaza, avec le
    Etat policé, le Maroc est aussi un état policier et son parc hôtelier, comme il se doit de l’être, est sonorisé et scanné, témoin muet des galipettes des uns, des roucoulades des unes, des valses hésitations des uns et des autres, de leurs chapardages et de leurs chuchotements, qui fait dire à un diplomate français que « la France est captive de la diplomatie marocaine », tout comme le monarchie marocaine est tributaire de sa survie de son allégeance israélienne.
    Le Royaume se gangrène de tant de dérives. De tant de licences. Lupanar des pétromonarchies du Golfe, enclave diplomatique israélienne, mercenaires sous traitant de la stratégie américaine en Afrique dans le cadre du « Safari Club » chargé de la protection des dictatures africaines pro occidentales, notamment le Zaïre du général Joseph Désiré Mobutu, sur fond de corruption, de népotisme et d’autoritarisme bureaucratique. A n’y prendre garde, le royaume pourrait en porter les stigmates indélébiles avec à sa tête un commandeur de peu, d’un royaume déserté de ses oiseaux migrateurs de mauvais augure, les vacanciers parasitaires envolés vers d’autres cieux à la recherche de nouvelles pitances.

    Et si le Maroc, par la somptuosité de son accueil, le nombre des bénéficiaires de ses prestations, ses abus et ceux de ses invités, ses dérives et les leurs, le silence complice des observateurs occidentaux, n’était en fin de compte que la plus grande mystification politico-médiatique de l’époque contemporaine, un syndrome tunisien sur une plus grande échelle ? Sur les débris de son trône ne subsistera alors au souverain qu’à méditer la fin pitoyable du dernier roi de Grenade, l’infortuné Bouabdil, raillé par sa mère « de pleurer comme une femme ce qu’il n’a su défendre comme un homme ».

    Le référendum du 1er juillet 2011 sur la Constitution marocaine a permis au roi Mohammed VI de donner au moins, dans le contexte des révoltes arabes, l’illusion d’une démocratisation.
    Etude comparative du texte original de la Constitution marocaine et du nouveau texte adopté par la réforme. Une réforme en trompe l’œil en ce que les pouvoirs du Roi sont encore plus étendus.

    1-Le collier de la Reine : L’affaire du collier de la reine est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la réputation de la reine Marie Antoinette.

    2- Harissa.com http://www.harissa.com/news/article/le-maroc-d%C3%A9ment-avoir-offert-un-collier-en-diamants-%C3%A0-tzipi-livni

    3- Sur la problématique du judaïsme marocain cf. à ce propos, l’analyse de Abraham Sarfati https://www.renenaba.com/jordanie-et-maroc-additif
    – Sur le partenariat stratégique entre Israël et le Maroc, Cf. à ce propos La Jordanie et le Maroc, deux voltigeurs de pointe de la diplomatie occidentale
    –1re partie : Hassan et Hussein, le modernisme au service de l’archaïsme https://www.renenaba.com/hassan-et-hussein-le-modernisme-au-service-de-l%E2%80%99archaisme
    2eme partie La Cia de l’un, le Mossad de l’autre https://www.renenaba.com/la-jordanie-et-le-maroc-deux-voltigeurs-de-pointe-de-la-diplomatie-occiden

    4-Abdel Monein Diouri, dans son livre « A qui appartient le Maroc » (Editions l‘Harmattan), chapitre IV « Une diplomatie captive », page 103, soutient que « durant la guerre de juin 1967, des navires israéliens ont fait de discrètes escales techniques dans les ports marocains. Les bases américaines au Maroc ont servi de ponts aériens entre les Etats-Unis et Israël. Les bateaux marocains de pêche en haute mer (propriété du Roi) étaient équipés pour servir au Mossad de système d’écoute des communications téléphoniques, via le détroit de Gibraltar, point de passage des communications internationales entre l4Europe et l4Afrique. Les renseignements recueillis par ce système servaient aussi bien Israël que le Maroc ». De son côté, Agnès Bensimon, auteur eu célèbre « Hassan II et les Juifs », affirme que c’est parce que les services secrets israéliens ont fourni des renseignements très précis quant à un complot visant à tuer le prince héritier en février 1960 que les relations entre le Maroc et Israël ont débuté. L’historien Yigal Bin-Nun dément une telle version des faits. Pour lui, c’est en 1963 que la coopération officielle entre les deux pays a commencé. Quel intérêt pour Hassan II ? Les Israéliens avaient contacté Emile Benhamou, un ami d’enfance de Mohamed Oufkir, afin qu’il les fasse entrer en contact avec le chef des services de sécurité marocains. Après plusieurs tentatives, la rencontre est finalement arrangée en février 1963 chez Benhamou lui-même, rue Victor Hugo à Paris, entre l’agent Yaakov Karoz et Oufkir. Les Marocains craignaient qu’un membre de l’opposition ne se fasse passer pour un représentant du Palais pour acheter des armes. Le Mossad confirmera plus tard qu’il s’agissait d’une fausse alerte. Les relations entre le Maroc et Israël deviennent dès lors officielles. Hassan II craignait que son trône ne soit menacé par le panarabisme. Il faisait mine de sympathiser avec la vague nassérienne qui submergeait le monde arabe ; en réalité, il le faisait pour ne pas se laisser distancer par l’opposition. Selon Yigal Bin-Nun, le Roi a peut-être voulu se rapprocher d’Israël parce qu’il était attiré par ce qu’on appelait alors le « miracle israélien ». Beaucoup étaient fascinés par la capacité qu’avait eue ce jeune Etat à « fleurir le désert », selon l’expression consacrée. L’inexistence des relations israélo-arabes était propice à un rapprochement entre le Palais et les dirigeants israéliens, d’autant plus que Ben Gourion avait décidé d’opter pour la politique dite des Etats périphériques : il fallait développer une ceinture d’Etats lointains mais conciliants. L’intrusion du Mossad au Maroc s’est faite par des voyages clandestins de nombreux agents du Mossad et de leur chef Isser Harel, entre 1958 et 1960. Le premier eut lieu le 1er septembre 1958. Si les autorités marocaines eurent vent de sa visite, elles n’en laissèrent rien paraître, préparant ainsi le terrain à “l’accord de compromis” conclu entre le Palais et Israël favorisant l’exode des Juifs marocains. Plus tard, les officiers Oufkir, Dlimi et bien d’autres se rendirent clandestinement en Israël et des politiques et militaires israéliens firent durant de longues années le chemin inverse. Les archives nationales d’Israël regorgent de documents historiques qui retracent ces liens. Les Marocains auraient souvent demandé aux Israéliens de les renseigner sur les Etats arabes favorables à un renversement de la monarchie alaouite. Israël aurait aussi soutenu le Maroc dans sa “Guerre des Sables” avec l’Algérie en livrant des blindés. Des officiers de l’armée et du Mossad ont formé et encadré la jeune armée royale et les services de sécurité dont le célèbre Cab-1, l’embryon de la DST. En retour, et malgré l’envoi de troupes au Golan jugé “anecdotique”, le Maroc n’a eu de cesse de normaliser l’existence de l’Etat hébreu auprès du monde arabe ou ouvrir à Rabat et à Tel-Aviv des antennes diplomatiques. Israël aurait continué à aider “technologiquement” le Maroc au Sahara, notamment dans la sécurisation du Sud par la construction du Mur de défense, ceinture modernisée de la fameuse ligne Barleev expérimentée dans le Sinaï.
    http://www.mamfakinch.com/au-maroc-en-2011-mieux-vaut-militer-pour-israel-que-pour-la-democratie-o

    5- Selon une dépêche AFP 19 août 2005 : La juive israélienne Hedva Selaa, 53 ans, ancienne, soldate de l´armée israélienne, aujourd’hui réceptionniste dans un hôtel à Eilat, dit être la fille naturelle du “commandeur des croyants” Hassan II et sœur du “nouveau commandeur des croyants” marocains ! C’est le “scoop” présenté- le 19 août 2005 – à la Une d’un supplément du quotidien israélien à grand tirage Yediot Aharonot. Sous le titre “le roi et moi”, Hedva (Selaa est le nom de son mari) pose avec une photo du roi défunt – un cliché censé souligner leur ressemblance. Intitulé “une princesse marocaine”, l’article raconte la romance qu’aurait eue Anita Benzaquen, la mère de Hedva, en 1952, avec le prince héritier Moulay Hassan, alors âgé de 23 ans. Deux enfants seraient nés des amours illégitimes du prince Hassan (future Hassan II) et de sa maîtresse juive Anita, nièce de Léon Benzoïque, figure de la communauté juive marocaine et futur ministre des PTT du premier gouvernement marocain sous Mohamed V. Si Jacky, l’aîné, refuse toujours de parler à la presse, Hedva, la cadette, a décidé de “tout révéler” 8 ans après le décès de sa mère Anita, en 1997. Une mère que Hedva n’hésite pas à qualifier de femme frivole et multipliant les aventures. “Un test ADN n’est pas envisageable, admet Hedva, et mon frère Jacky a brulé toutes les archives de notre mère après sa mort”.
    Son récit s’appuie sur des recoupements familiaux. La réceptionniste ne demande rien, et notamment pas d’argent. Son unique souhait, dit-elle, est de “rencontrer mon demi-frère, le roi Mohammed VI”. Pour tenter de donner suite à cette demande, Yediot Aharonot a, contacté Badreddine Radi, un fonctionnaire du ministère de la Communication à Rabat. Après “24 heures de réflexion”, dit le quotidien israélien, le marocain a décliné l‘offre.

    6- Quand le Maroc offre de « généreux cadeaux » aux criminels de guerre israéliens. Selon le quotidien israélien Maariv, du mercredi 13 juillet 2011, le parlement israélien a pris la décision de dévoiler une liste de cadeaux offerts aux officiels et parlementaires israéliens par des personnalités étrangères. Maariv révèle ainsi que « Lalla Salma » a offert un « collier en or » à Tzipi Livni lors de sa visite au Maroc en 2009. Madame Tzipi Livni, a séjourné au Maroc à l’invitation de l’Institut Amadeus pour le Forum MEDays organisé à Tanger, du 19 au 21 novembre 2009, le think tank de Brahim Fassi Fihri, fils du ministre marocain des Affaires étrangères Taib Fassi Fihri. La famille royale marocaine compte parmi les plus « généreux donateurs » de cadeaux aux responsables de l’Etat hébreu. En 1981, pour remercier Shimon Peres de sa venue au Maroc pour rassurer le régime des soutiens juifs américains. Le Commandeur des croyants lui avait offert une cargaison complète de vin de bon cru de ses vignes personnelles, chargée à bord de l’avion qui le transportait en Israël ! URL courte : http://www.demainonline.com/?p=6338 the Hebrew-language daily Maariv reported Thursday http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/145701
    Tzipi Livni, dont la famille originaire de Pologne, est la fille du chef des opérations de l’Irgoun. A ce titre, en 1946 et sur ordre de Menahem Begin, il avait organisé le célèbre attentat à la bombe contre l’hôtel King David, où se trouvait le QG britannique, et qui a coûté la vie à 91 Anglais, Arabes et Juifs. Plus tard et toujours aux côtés de Begin, Livni père a été l’un des architectes de la naissance du Likoud et de la victoire du parti qui a porté Begin au pouvoir en 1977. Au décès de son père, Tzipi Livini a cherché à succéder à son paternel à la Knesset sur le ticket du Likoud, optant pour un slogan bien particulier : « Mon nom est une institution » Un slogan lourd de sens car, en hébreu, le mot « institution » signifie Mossad, le nom des services secrets israéliens, en référence à son passage au Mossad, où elle fut un agent clé en Europe pour quatre ans, dans les années 80. Et notamment en France -elle est francophone- où elle a dirigé une « safe house » (maison sécurisée servant de base arrière ou de lieu de repli) pour ses collègues du Mossad au moment où le service entamait une campagne d’assassinats en Europe. Elle était notamment en poste en France en 1980, lorsqu’un scientifique égyptien spécialisé dans le nucléaire et travaillant pour Saddam Hussein a été assassiné dans la chambre de son hôtel parisien par le Mossad. Le gouvernement israélien a refusé de confirmer officiellement que le service était derrière cet assassinat mais le Premier ministre de l’époque, Menachem Begin, a glissé un jour à un journaliste américain qu’il espérait que la France qui aidait l’Irak avait« appris la leçon ». Tzipi Livni était toujours en poste en Europe lorsque un dirigeant de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), Mamoun Meraish, a été tué par des balles tirées par un agent du Mossad à Athènes, en Grèce, en 1983. Un assassinat où, pour le Times de Londres en date du 1er juin 2008, Tzipi Livni était impliquée. A la suite du meurtre de Mamoun Meraish, Livni est rentrée en Israël pour reprendre ses études de droit. En cause selon le Times, de trop fortes « pressions » dans son boulot d’agent secret. Etait-elle elle-même l’un des tueurs dans cet assassinat et dans d’autres, comme le prétend la presse britannique ? Lorsqu’elle se lance dans la politique au sein du Likoud, elle devient vite une disciple d’Ariel Sharon, l’homme qu’une commission officielle israélienne a désigné comme étant « personnellement responsable » du massacre dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, au Liban, en 1982. Par la suite, elle sera sous le patronage de Sharon ministre de la Coopération régionale, ministre de l’Agriculture, ministre de l’Absorption des immigrés et ministre de la Justice. Elle suivra Sharon lorsqu’il claque la porte du Likoud en 2005 pour fonder Kadima. Quand Ehud Olmert succède à Ariel Sharon comme Premier ministre, Tzipi sera nomme vice premier ministre et ministre des Affaires Etrangères..

    7- L’Institut Amadeus : Créé en 2008, basé à Rabat, Amadeus est un « think tank » marocain, indépendant, qui se présente comme un centre d’expertise, de réflexion, de conseil, de proposition et de consultation, une plateforme d’échanges, de rencontres et de coopération Nord-Sud et Sud-Sud. Amadeus bénéficie du partenariat d’une vingtaine d’entreprises notamment Alsthom, la chaine hôtelière Movenpick, l’Hebdomadaire Jeune Afrique, Maroc Telecom Et Medi1 SAT. Animé par une équipe de quinze personnes composées de managers, de chercheurs et d’experts avec des pôles de compétence et des horizons culturels diversifiés, il se propose de consolider l’image de marque du Maroc et de la région du Maghreb, au niveau international, en menant des actions de lobbying.
    L’équipe dirigeante est composée des trois personnalités suivantes :

    –Brahim Fassi-Fihri : Diplômé en sciences politiques de l’Université de Montréal, le président de l’Institut Amadeus a effectué de nombreux travaux de recherche dans le domaine des relations internationales. Brahim fonde l’association Amadeus en 2005. En 2007, il approfondit sa connaissance des enjeux euro-méditerranéens en intégrant la Direction Générale des Relations Extérieures de la Commission Européenne. Il est nommé durant cette période responsable du comité d’organisation de la 11eme conférence ministérielle Euromed de la Transition économique. En tant que Président de l’Institut Amadeus, Brahim coordonne l’ensemble des activités de l’Institut et apporte son expertise des enjeux politiques et géostratégiques contemporains. Il est l’initiateur et le créateur des MEDays, un forum international organisé chaque année à Tanger. Brahim a développé un réseau international de personnalités de la sphère politique et économique et des medias, faisant des MEDays le rendez-vous annuel des pays den la région sud.

    –Mekki Lahlou : Diplômé en sciences politiques de l’Université de McGill à Montréal, titulaire d’un Master en relations internationales et droit international à Sciences Po Paris et doctorant en droit aérien Mekki est un spécialiste des relations internationales. Il a travaillé dans la fonction publique internationale et s’est par la suite spécialisé dans les problématiques de la libéralisation et de la déréglementation du transport aérien international, notamment lors de son séjour à l’Association du Transport Aérien International à Genève. A l’Institut Amadeus, Mekki s’occupe plus particulièrement des relations extérieures, et notamment des partenariats et du financement des activités de l’Institut.

    –Younès Slaoui : Vice-président et co-fondateur de l’Institut Amadeus Issu de l’Ecole Nationale d’Administration française (ENA), promotion Jean-Jacques Rousseau, et diplômé de l’EM Lyon, Younes est spécialisé en administration publique, en stratégie et en finance d’entreprise. Ses expériences à Calyon et DTZ lui ont permis de participer à des opérations de financement d’entreprises et de conseil financier. Au cours de son expérience au sein de la Direction Générale française de l’Énergie et du Climat, il a intégré l’équipe du Plan Solaire Méditerranéen de l’Union pour la méditerranée (UPM) et a été chargé d’un rapport sur le financement du nucléaire. Younes a également collaboré à la réflexion stratégique et à l’étude du développement international du groupe EM Lyon en tant que chargé de mission auprès du directeur général de cette institution. Au niveau associatif, Younes a occupé en 2006 la fonction de Président de l’AMGE Lyon et Vice-président régional de l’AMGE (Association des Marocains des Grandes Ecoles). Younes apporte ses connaissances des enjeux et problématiques de développement économique et social, et est un acteur de premier rang dans l’élaboration.

    8 – Sentence philosophique du blog « Princesse de Clèves islamo-gauchiste ».

    9 – Alexandre Adler, Rachida Dati, le Maroc et les chantres de la démocratie « contrôlée » blog du monde diplo lundi 4 juillet 2011, par Alain Gresh http://blog.mondediplo.net/2011-07-04-Alexandre-Adler-Rachida-Dati-le-Maroc-et-les                                                                                                                                                       https://www.renenaba.com/le-collier-de-la-reine


  • Ugo Palheta : « La possibilité d’un fascisme en Israël »
    mardi 20 novembre 2018
    http://www.ujfp.org/spip.php?article6800

    (...) La question sur laquelle je crois pouvoir développer quelques points et contribuer à ce débat, au vu de mes propres recherches récentes, c’est la question du fascisme. Et je pense que l’on peut interroger la politique israélienne à partir de la question du fascisme ; je crois même que c’est urgent parce que cela jette une lumière crue sur la réalité de la société israélienne et de la politique sioniste telle qu’elle s’est déployée depuis la fondation de l’État d’Israël et telle qu’elle se radicalise dans la période historique qui est la nôtre.

    Avant de développer, je voudrais citer les propos d’Avishai Ehrlich, un sociologue israélien et militant du mouvement Hadash (Front démocratique pour la Paix et l’Égalité en Israël). Dans un texte publié en anglais en 2016, mais écrit en 2014 pendant l’énième offensive extrêmement brutale et meurtrière menée par l’État d’Israël à Gaza, il écrivait la chose suivante :

    « Après 3 semaines à l’étranger, nous sommes revenus en Israël où, dans le centre de Tel Aviv, des gens sont arrêtés par des bandes qui exigent de savoir qui est Juif et qui est Arabe. Les Arabes sont tabassés ; les Juifs sont sommés de crier publiquement « Mort aux Arabes ! » et, s’ils refusent, ils sont également tabassés sous les yeux d’une police qui ne fait rien... À Jérusalem, des bandes fascistes inspectent des ateliers et des commerces en exigeant que les patrons n’emploient pas de travailleurs palestiniens vivant à Jérusalem.
    Nous sommes en Israël où la Ligue de Défense juive et ses émanations, des supporteurs de foot notamment, contrôlent les rues... Nous sommes dans un pays où les gens dont vous pensiez qu’ils étaient de gauche quelques semaines auparavant, se prononcent à présent contre les manifestations de gauche alors que la guerre continue. Vous rappelez-vous de la première guerre du Liban en 1982 contre laquelle nous avions organisé une manifestation rassemblant 300 000 personnes contre le massacre dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila ? Hé bien aujourd’hui vous ne savez plus ce que vous pouvez dire et à qui, pas même dans votre propre famille.
    [...] Nous sommes en Israël où les réseaux sociaux spew venom tels que ’’Le meurtre d’un Juif mérite l’assassinat de 1000 Palestiniens’’. Israeli TV est censurée ; les Israéliens ne voient pas sur les chaînes de télévision ce que vous voyez sur vos chaînes, à moins de mettre Al-Jazeera, BBC World, France 24 ou d’autres chaînes internationales. Nous sommes en Israël où les universités espionnent les mails de leurs étudiants et de leurs salariés ».

    Je m’arrête là pour cette citation mais le reste est du même ordre. Tout cela donne à voir un processus que l’on peut qualifier de fascisation de la politique et de la société israéliennes. Je suis en général assez réticent devant certains usages de ce concept de « fascisation » parce qu’il est en général employé à toutes les sauces, sans trop de discernement, pour évoquer telle ou telle mesure autoritaire prise par tel ou tel gouvernement. Or je crois qu’il est nécessaire de bien distinguer les dérives autoritaires des États d’un côté et le fascisme de l’autre, tout en précisant que ces dérives favorisent l’ascension des fascistes, notamment en banalisant et en légitimant leur projet d’un État totalitaire écrasant dans l’œuf toute forme de contestation ou d’opposition (politique, syndicale, associative, artistique, etc.).

    Pour autant, je crois que, dans le cas israélien, on est contraint de recourir au concept de « fascisation » parce que nous sommes face à un ensemble d’évolutions qui toutes pointent et tendent vers le fascisme, non pas dans un futur lointain mais dans un avenir proche. (...)


  • Carlos Ghosn, l’arbre qui cache la forêt des dérives patronales
    https://www.bastamag.net/Carlos-Ghosn-l-arbre-qui-cache-la-foret-des-derives-patronales

    Carlos Ghosn, l’emblématique PDG de Renault – également PDG de l’alliance Renault-Nissan et président non exécutif de Nissan et Mitsubishi Motors – vient d’être écroué au Japon, à la surprise générale. Il est accusé d’avoir sous-déclaré ses revenus issus de l’achat et de la vente d’actions, ainsi que d’avoir utilisé les fonds de l’entreprise à des fins personnelles – en l’occurrence pour acquérir et faire rénover des villas aux Pays-Bas, en France, au Liban et au Brésil. Aussi bien Mitsubishi que Nissan ont annoncé (...)

    En bref

    / #Multinationales, #Oligarchies


  • Dordogne : le combat d’une mère pour récupérer ses filles enlevées au Liban - France 3 Nouvelle-Aquitaine
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/dordogne/perigord/dordogne-combat-mere-recuperer-ses-filles-enlevees-au-l

    Depuis le 23 avril 2018, le père des enfants est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. En France, il encourt jusqu’à trente ans de réclusion. Or, le Liban n’ayant pas ratifié la convention de La Haye sur la protection des enfants, Clémence se retrouve dans une impasse. 

    Le 20 août dernier, après six mois passés loin de ses enfants, Clémence s’envole pour Beyrouth. Là-bas, elle se heurte aux juges du tribunal de l’église orientale. Car au Liban, pays aux 18 confessions, les affaires familiales sont confiées aux tribunaux religieux. Depuis, cette mère courage a réussi tant bien que mal à revoir ses filles. Elle a obtenu un droit de visite : quatre à sept heures hebdomadaires, au presbytère, sous l’étroite surveillance du père.


  • En direct du monde. Au Liban, des femmes manifestent contre la pollution
    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/en-direct-du-monde/en-direct-du-monde-au-liban-des-femmes-manifestent-contre-la-pollution_

    Plusieurs centaines de femmes ont manifesté samedi 17 novembre dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban, pour la protection de l’environnement. Elles ont dénoncé l’inertie de la classe politique, qui selon elles ne fait pas assez contre la pollution. Au Liban, malgré une côte magnifique et de belles plages, de nombreux habitants ne se baignent plus dans la mer à cause des déchets. Sur les réseaux sociaux, les images de rivières de plastique ou du nuage de pollution au-dessus de Beyrouth alimentent la colère.


  • La Palestine, ce n’est pas seulement de la géographie, c’est notre façon à nous de faire la cuisine, de manger, de bavarder
    Shira Rubin, Eater, le 9 novembre 2018
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2018/11/15/la-palestine-ce-nest-pas-seulement-de-la-geographie-cest-notre-

    #Palestine #Nourriture

    Voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/537468
    https://seenthis.net/messages/612651
    https://seenthis.net/messages/671981

    Cependant, non seulement les chefs deviennent de plus en plus créatifs tout en disposant de moins de ressources, mais ils s’efforcent aussi de défendre la cause de la “cuisine palestinienne” tout en prenant une position politique. Certains espèrent répertorier les recettes traditionnelles afin d’affirmer la présence de la Palestine sur la scène mondiale. D’autres cherchent à associer les techniques modernes aux ingrédients anciens, ce qui évoque la tendance dominante à la fusion constatée ailleurs, mais ils le font en s’inspirant de traditions locales et d’influences régionales. Pour la plupart, ces pratiques consistent à regarder d’un œil neuf la nourriture préparée par leur mère et leur grand-mère, celles que Kattan appelle “les gardiennes de la cuisine locale”.

    La Palestine, qui est l’un des centres agricoles les plus anciens du monde, a donné naissance à une cuisine diverse, essentiellement végétarienne, diététique depuis fort longtemps ; l’alimentation y a été influencée par des siècles d’invasions et de commerce. “Les frontières entre la Jordanie, Israël, la Palestine, la Syrie, le Liban sont récentes”, explique la cheffe Nof Atamna-Ismaïl, chercheuse en biologie moléculaire qui a remporté haut la main l’édition israélienne 2014 du concours MasterChef en y présentant des interprétations déstructurées de recettes classiques comme le baklawa. “Autrefois, nous appartenions tous à une vaste entité au sein de laquelle les aliments circulaient.” Mais à la différence d’autres cuisines de la région, la nourriture palestinienne est liée plus directement aux traditions, aux coutumes et aux récits des paysans et des Bédouins nomades qui peuplaient la Palestine historique.

    Mais aussi #Vol #appropriation_culturelle #racisme #colonialisme , avec beaucoup de liens sur le sujet ici, que je compilerai un jour :

    Joudie Kalla, chef et auteur du livre de cuisine Palestine on a Plate, raconte qu’elle s’est crispée quand elle a vu des restaurants israéliens se multiplier à Londres, sa ville natale. Des plats palestiniens traditionnels se voyaient étiquetés comme “israéliens” : les recettes employées, dit-elle, puisent largement dans la tradition culinaire palestinienne mais lui rendent rarement hommage. “Il ne s’agit pas de se battre contre les restaurants israéliens ; nous servons la même nourriture”, explique-t-elle. “Il n’y a pas à contester que les Juifs et les Israéliens mangent aussi cette nourriture, mais il faut dire qu’Israël est relativement nouveau et que nos grands-parents et les leurs ont mangé tout cela pendant des siècles.” Aussi a-t-elle entrepris de corriger les inexactitudes qu’elle constatait.


  • En Israël, la culture est prise entre deux feux
    Pierre Sorgue, Le Monde, le 16 novembre 2018
    https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/11/16/en-israel-la-culture-est-prise-entre-deux-feux_5384505_4497186.html

    Lana Del Rey, Brian Eno, Peter Gabriel ou Arcade Fire… L’appel au boycott d’Israël pour dénoncer le sort des Palestiniens rencontre de plus en plus d’écho chez les artistes. Un dilemme pour le monde de la culture israélien.

    A trois heures du matin, The Block est à bloc. Le plus célèbre club électro de Tel-Aviv, enfoui sous le béton de la gare routière centrale, reçoit Carl Craig, ponte de la techno de Detroit (Michigan) aux Etats-Unis.

    La foule ondule, saute, tressaute au rythme des basses, dans le brouillard bleu que découpent les faisceaux de projecteurs épileptiques.

    BDS pour Boycott, désinvestissement, sanctions

    Yaron Trax, le maître des lieux, s’est glissé entre les danseurs pour s’assurer des bons réglages de sa sono analogique, réputée l’une des meilleures du monde. Le quadragénaire aux airs adolescents est aux anges parmi ces jeunes gens dont beaucoup sont venus au club comme ils étaient à la plage, en short et tee-shirt. Celui que porte Yaron ce soir-là reproduit les briques et la typographie reconnaissable entre toutes : Pink Floyd, The Wall. Lorsqu’on lui fait remarquer, il sourit comme un enfant contrit : « C’est un tee-shirt formidable et l’album l’est aussi. Quel dommage que Roger Waters soit devenu aussi décevant… »

    Car le musicien britannique, ex-membre de Pink Floyd, est le spectre qui hante la scène israélienne et dérange l’intelligentsia de gauche, celui qui empêche la bulle libérale et hédoniste qu’est Tel-Aviv de flotter innocemment à cinquante kilomètres du mouroir à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza.

    Depuis des années, Roger Waters offre sa voix aux militants internationaux du BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), mouvement né en 2005 de la société civile palestinienne, un an après que la Cour internationale de justice a jugé illégal le mur de séparation construit entre Israël et les territoires occupés.

    Il prône les pressions sur l’État d’Israël pour parvenir à ce que n’ont jamais obtenu des décennies de guerre, de résolutions de l’ONU et de vains processus de paix pendant lesquels le nombre des colons n’a cessé de croître (500 000 aujourd’hui) : la fin de l’occupation des territoires, la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël, le droit au retour des réfugiés chassés de leurs terres.

    La scène musicale comme estrade politique

    Il suffit de voir les gratte-ciel bleutés qui poussent à Tel-Aviv pour s’en convaincre : le boycott économique n’a que peu d’effets. La « start-up nation » se porte bien, ses relations commerciales et diplomatiques n’ont cessé de se développer avec l’Afrique, l’Inde, la Chine, voire certains pays arabes. En ce mois d’octobre encore estival, les plages sont noires de monde, les ruelles de la vieille ville de Jérusalem, pleines de visiteurs : le pays aura accueilli plus de 4 millions de touristes à la fin de l’année, soit 46 % de plus qu’en 2016.

    Au-delà du portefeuille, le BDS s’attaque aussi aux cœurs et aux têtes. Il appelle au boycott culturel et académique, comme celui qui s’exerçait sur l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Et celui-là trouve, ces derniers mois, un écho bien supérieur. Depuis longtemps, la scène musicale sert d’estrade politique. D’un côté, Roger Waters, Peter Gabriel, Brian Eno, Elvis Costello, Lauryn Hill (The Fugees), Arcade Fire et d’autres ont annoncé qu’ils ne joueront plus en Israël tant qu’ils ne pourront en accepter la politique.

    De l’autre, Nick Cave, Radiohead, Paul McCartney, Alicia Keys, parmi beaucoup, sont venus au nom du dialogue et du refus de se voir dicter leur conduite. Mais, récemment, deux chanteuses moins politisées et plus populaires parmi les adolescents ont suivi le mouvement : en décembre, Lorde, la jeune rockeuse néo-zélandaise, annulait son concert après avoir été « alertée » par une lettre ouverte signée de deux fans – l’une Juive, l’autre Palestinienne –, puis en septembre, après de nombreux appels dont celui de Roger Waters, Lana Del Rey faisait faux bond. Parce qu’elle ne pourrait pas se produire également dans les territoires palestiniens, dit-elle, elle renonçait à jouer au festival Meteor qui devait être une sorte de Coachella version kibboutznik, dans le nord d’Israël.

    Un « tsunami d’annulations »

    Après le refus, en avril, de l’actrice Natalie Portman de recevoir le Genesis Prize (considéré comme un « Nobel » israélien) pour exprimer son désaccord avec le gouvernement Nétanyahou et les violences commises à Gaza, après la défection de l’équipe d’Argentine de Lionel Messi qui, en juin, a annulé une rencontre amicale avec celle d’Israël à la suite de pressions internationales (de menaces, dit-on du côté israélien), le retrait de Lana Del Rey fut une autre secousse médiatique.

    « Une belle surprise qui aidera peut-être les jeunes à se poser des questions sur une politique insoutenable dans les territoires occupés, mais aussi en Israël, où les Palestiniens, qui représentent 20 % de la population, sont victimes d’une cinquantaine de lois discriminatoires, à commencer par le logement et la terre », explique Kobi Snitz, chercheur en neurobiologie au Weizmann Institute et cofondateur de Boycott from Within (« boycott de l’intérieur »), qui rassemble une poignée de militants suffisamment téméraires pour affronter les torrents de haine qu’ils suscitent au sein du pouvoir, des médias et sur les réseaux sociaux.

    Dans la foulée de Lana Del Rey, quatorze artistes, dont plusieurs DJ, ont décliné l’invitation du festival. Des dizaines d’autres ont exprimé leur soutien au boycott sur les réseaux sociaux. Yaron Trax commence à se faire du souci pour « la capitale du clubbing » qu’est Tel-Aviv. Idit Frenkel, qui officie souvent derrière les platines de The Block, a signé un long article dans le quotidien israélien Haaretz, pour évoquer le « tsunami d’annulations ». Le titre de la tribune était emprunté aux paroles d’une chanson de Don McLean, American Pie (1971) : « The day the music died » [« le jour où la musique est morte »].

    Le boycott la laisse amère : « On peut comprendre ceux qui veulent lutter de manière non violente contre les morts de Gaza, le développement des colonies ou la décision de Trump d’installer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Mais ne pas venir, c’est punir ceux qui essaient de changer les choses, y compris dans la minuscule scène underground qu’abhorrent les nationalistes et les religieux du gouvernement. »

    Si certaines figures de l’électro, comme l’Américano-Chilien Nicolas Jaar ou les Français d’Acid Arab, viennent encore en Israël, ils ne jouent plus à Tel-Aviv mais à Haïfa, au Kabareet, tenu et animé par Jazar Crew, un collectif d’artistes palestiniens. Haïfa, la cité portuaire qui soigne sa réputation de tolérance et de coexistence entre Juifs et Arabes…

    Une forme d’apartheid ?

    Attablé dans un café du centre-ville, Ayez Fadel, 31 ans, l’un des fondateurs et DJ de Jazar Crew, connaît l’antienne par cœur : « Mais même ici, grandir en étant palestinien, c’est éprouver la discrimination. Les écoles publiques arabes moins dotées que les établissements juifs, les boîtes de nuit où l’on te demande ton “Hoger”, le livret militaire que tu n’as pas [la majorité des Arabes citoyens d’Israël n’effectuent pas leur service militaire], la langue… Une nouvelle loi fait de l’hébreu la seule langue officielle, elle dit aussi que le pays est “l’Etat-nation du peuple juif”, alors que je suis un Palestinien vivant ici par la force de l’histoire, que mes impôts servent à protéger les colonies juives et à financer une armée qui a tué 44 enfants palestiniens ces trois derniers mois… Parler d’apartheid ne me paraît pas exagéré. »

    Ayez Fadel comprend le boycott et revendique la dimension politique de Jazar Crew : « Une manière de sensibiliser les jeunes. Nous n’avons plus honte d’être palestiniens, nous sommes éduqués et confiants. Et nous ne cessons de répéter que nos positions ne sont pas contre les Juifs mais contre ce régime. » Le jeune homme se dit prêt à collaborer avec Yaron Trax, qui l’a appelé pour que The Block et Kabareet « organisent quelque chose ensemble ». Mais, précise-t-il, « à condition qu’il fasse une déclaration claire sur l’occupation des territoires et les droits des Palestiniens ».

    Les turbulences qui agitent le microcosme underground reflètent assez bien le désarroi du monde de la culture devant ces appels au boycott. « En ce moment, pas un dîner sans qu’on en parle », reconnaît la responsable d’une galerie d’art installée aux franges de Florentine, ancien quartier d’entrepôts et d’ateliers de Tel-Aviv devenu le préféré des artistes et des bobos. Comme beaucoup d’opposants à l’occupation, elle refuse d’acheter les produits des colonies – certaines se sont spécialisées dans l’agriculture et l’élevage bio – ou le vin venu du Golan. « Mais le BDS culturel, dit-elle, frappe ce qui reste de l’élite de gauche, celle que Nétanyahou et son gouvernement détestent. Si on la muselle, on n’entendra plus que les voix des plus réactionnaires… »

    C’est aussi ce que pense Avi Pitchon, écrivain, critique et commissaire d’expositions : « Le boycott culturel réduit le débat à une polarisation extrême entre les activistes et le gouvernement, il déshumanise et nourrit la paranoïa, ce “nous” contre “eux” dont joue un régime de moins en moins démocratique. Ce tout ou rien est un piège, quoi que disent les créateurs ils seront perdants. Alors, ils préfèrent laisser parler leur art… »

    C’est peut-être pour cela que chercher à les rencontrer pour évoquer la question relève de la chasse au dahu. Groupe pop connu pour ses textes radicaux, écrivain loué comme l’une des « grandes voix morales » du pays, cinéastes, producteurs de concerts, responsables de théâtre, de centre d’art contemporain… tous se disent trop occupés. D’autres se ravisent après avoir parlé et demandent à n’être plus cités.

    Pnina Blayer, la directrice artistique du Festival international du film de Haïfa qui s’est déroulé fin septembre sans les « grands noms » invités, exige les questions par courriel et adresse des réponses aussi sèches que le fleuve Jourdain surexploité : selon elle, la situation dans la bande Gaza et la guerre en Syrie sont les motifs des absences, dont aucune n’a été motivée par le BDS, qui n’aura découragé qu’un film marocain, et si Agnès Varda, à qui le festival rendait hommage, n’est pas venue, ce n’est pas pour des raisons politiques.

    Il faut comprendre sa prudence : pendant que le festival est soumis aux pressions de l’étranger, sa propre ministre de la culture, la très droitière Miri Regev, demande à celui des finances de lui couper les vivres pour avoir accueilli deux films israéliens qui « sapent les valeurs et symboles » de l’Etat (l’un d’eux raconte l’histoire d’un metteur en scène palestinien qui monte une pièce narrant un amour entre une Juive et un Arabe…).

    Le projet de loi « Loyauté dans la culture »

    La même ministre se démène pour l’adoption d’un projet de loi « Loyauté dans la culture » qui veut supprimer les fonds à toute organisation déniant « Israël comme un Etat juif et démocratique » ou qui ferait du jour de l’indépendance celui de la Nakba, la « catastrophe » que vécurent 700 000 Palestiniens expulsés en 1948.

    Le monde de la culture a manifesté le 27 octobre contre ce texte, de nombreux cinéastes israéliens, comme Amos Gitaï ou Ari Folman, sont parmi les signataires d’une tribune parue lundi 12 novembre dans Le Monde pour demander le retrait du texte. En attendant, des députés ont également proposé de punir de sept ans de prison tout appel au boycott et l’entrée du pays est déjà interdite à tout étranger qui soutient activement le BDS.

    Car, pour le gouvernement, c’est la guerre. Au vingt-neuvième étage d’une tour de Bnei Brak, dans la banlieue de Tel-Aviv, une trentaine de personnes travaillent au sein de la National Task Force for Countering Delegitimization (« force d’intervention contre la délégitimisation »), qui dépend du ministère des affaires étrangères.

    « Nous révélons les relations entre le BDS et des organisations terroristes comme le Hamas ou le Front populaire de libération de la Palestine ; comment, sous couvert de droits de l’homme, il s’attaque à la légitimité d’Israël ; comment il bombarde les artistes par des cyberattaques menées par des robots. Nous travaillons avec des centaines d’organisations pro-israéliennes en leur offrant articles, vidéos et autres outils pour affronter les arguments du BDS », résume Tzahi Gavrieli, le directeur.

    Le bureau a lancé la plate-forme 4il sur Internet, Facebook et Twitter : des images de jolies filles montrent la diversité du pays, des vidéos soulignent la réussite de certains « Arabes israéliens ». Des posts saluent la criminalisation du boycott en France (en 2015, la justice a confirmé la condamnation de militants ayant appelé au boycott des produits israéliens) ou en Allemagne (le BDS a été jugé antisémite par l’Office fédéral de la protection de la constitution de Berlin).

    Un post du 23 octobre relaie le rapport de Human Rights Watch sur la torture pratiquée par le Hamas et l’Autorité palestinienne en demandant si la communauté internationale va exercer sur eux les mêmes pressions que sur Israël… Des messages vantent le concours Eurovision de la chanson de mai prochain : avec ses 186 millions de téléspectateurs, la manifestation est une vitrine que le gouvernement ne veut pas voir entachée, malgré l’appel au boycott lancé par 140 artistes internationaux.

    L’« instrumentalisation » du monde de la culture ?

    La lutte contre le BDS est aussi l’affaire d’Adam Shay au sein du Jerusalem Center for Public Affairs, un think tank niché dans un quartier tranquille de la ville sainte. Il « scrute » les militants locaux, conseille les promoteurs de spectacles, essaie de convaincre des artistes ciblés que ce qu’on leur raconte est un tissu de mensonges et qu’ils ne regretteront pas de venir.

    « David Guetta était là la semaine dernière », se réjouit le jeune homme avant de confier qu’il cherchait à faire venir Rachid Taha, peu avant sa mort, en septembre : « Cela aurait été un gros truc » (vu les relations qui liaient le rockeur français à Brian Eno, très impliqué dans le BDS, on imagine mal une réponse positive).

    C’est cette « instrumentalisation » du monde de la culture qui, aux yeux des militants du BDS, justifie les appels au boycott de ceux dont les travaux ou les voyages sont financés par le gouvernement. Ils aident, disent-ils, le pays à soigner son image de démocratie favorable à la liberté d’expression. Les artistes se retrouvent coincés entre le marteau du gouvernement, qui tient (et serre) les cordons de la bourse, et l’enclume des pressions internationales.

    « À l’étranger, nous sommes considérés par certains comme des collaborateurs ; ici, comme des traîtres. Mais l’argent du ministère est aussi celui de mes impôts. Si la solution est de dire non, où va-t-il aller et qui va dire ce que l’on dit ? », demande Hillel Kogan, danseur et chorégraphe de la célèbre compagnie Batsheva, qui dut affronter cet été quelques militants pro-BDS à Montpellier et à Toulouse alors que, invité de la très diplomatique saison « France-Israël », il s’apprêtait, avec le Palestinien d’Israël Adi Boutros, à interpréter sa pièce We Love Arabs.

    Certains dans le pays ont regretté que l’écrivain David Grossman, considéré comme une « conscience » par le camp de la paix, se laisse « enrôler » par le pouvoir en acceptant le prix Israël de littérature 2018 des mains du ministre de l’éducation ou, en 2017, lorsqu’il accompagne à New York une pièce tirée de l’un de ses romans et adaptée par deux troupes israéliennes qui s’étaient produites dans les colonies (ce que l’auteur désapprouve). Ce, sous les yeux de la ministre de la culture qui avait fait le voyage. « Une manière de résister au BDS qui est une nouvelle forme d’antisémitisme », avait dit Miri Regev ce jour-là.

    Car c’est l’argument massue des contempteurs du BDS. Le mouvement a beau condamner racisme et antisémitisme, le public hétéroclite qu’il mobilise laisse parfois suinter des attaques haineuses, voire négationnistes. Dans le petit théâtre de Jérusalem où il travaille avec de jeunes comédiens juifs et arabes, Arik Eshet se souvient du festival de théâtre d’Édimbourg de 2014, lorsque des militants « agressifs » avaient fait annuler son spectacle : « Tu entends des gens crier qu’Israël ne devrait pas exister. C’est traumatisant… »

    La nécessaire mobilisation de la société civile

    Roger Waters est systématiquement accusé d’infamie. Du coup, Gideon Levy, le journaliste de Haaretz qui se démène inlassablement pour évoquer le sort des Palestiniens, ne cesse de défendre le chanteur. « J’ai passé de longues nuits à discuter avec lui, rien ne lui est plus étranger que les sentiments antisémites, ces accusations sont intolérables », assène-t-il dans le salon de sa maison, dont un mur est orné d’une vieille publicité ensoleillée où est inscrit : « Visit Palestine ».

    Un BDS efficace, ajoute-t-il, serait le seul moyen d’en finir avec les bains de sang : « Le changement ne viendra pas de l’intérieur d’Israël, la vie est trop bonne ici. Or les Etats-Unis soutiennent le pays et l’Europe est une plaisanterie : le seul espoir est la mobilisation de la société civile. La gauche sioniste appelle depuis des lustres à deux Etats mais n’a rien fait pour ça, nous devons en payer le prix. La criminalisation du BDS est un scandale : pourquoi serait-il légitime de boycotter l’Iran et pas Israël ? »

    En les réduisant au rang de producteurs de « biens culturels » ou d’instruments du soft power d’un Etat dont ils n’approuvent pas la politique, le BDS interroge les artistes de manière inconfortable sur leurs responsabilités de créateurs et de citoyens au cœur d’une opinion publique au mieux indifférente, au pis de plus en plus xénophobe. Et dans les conversations un nom revient souvent, comme s’ils étaient orphelins d’une figure capable d’indignation, de « courage », disent certains.

    « Il nous manque un penseur comme Leibowitz », glisse le photographe Miki Kratsman, l’un des fondateurs de l’ONG Breaking the Silence qui recueille les témoignages des soldats sur les exactions auxquelles les contraint l’occupation. C’est aussi ce que dit Zeev Tene, un vieux rockeur dont Ari Folman utilisa une chanson pour son film Valse avec Bachir et qui, depuis deux ans, part, le 6 juin, date anniversaire de la guerre des Six-Jours, le long du mur de séparation avec quelques musiciens et un camion en guise d’estrade pour jouer devant une banderole qui proclame « Make Israel small again ».

    Yeshayahu Leibowitz, mort en 1994, grand penseur et moraliste, religieux convaincu et sioniste affirmé, fut un critique féroce de l’occupation qui « détruit la moralité du conquérant ». Outré par la torture, il alla jusqu’à employer le terme de « judéo-nazis »… Or, constate l’historien « post-sioniste » Shlomo Sand, qui fait lui aussi référence à Leibowitz, « je n’ai pas vu l’Université se mettre en grève lorsqu’une succursale a été ouverte dans la colonie d’Ariel. Je n’ai entendu aucune de nos voix de la gauche sioniste prôner l’objection de conscience dans les territoires ou soutenir les refuzniks [qui refusent de servir dans l’armée]. Le BDS les met devant leurs contradictions… »

    Mais le malaise, explique-t-il, vient aussi du fait que, « en posant le droit au retour des réfugiés, le BDS questionne les conditions mêmes de la naissance d’Israël dans un pays encore hanté par la Shoah. Ce droit au retour ne peut être ignoré, mais il faut être honnête : on ne pourra pas accueillir 5 millions de réfugiés. Je soutiens le BDS à condition qu’il ne mette pas en danger l’existence d’Israël. »

    Une situation parfois absurde

    L’historien déplore aussi la « stupidité » de certains appels au boycott culturel. Les musiciens d’Apo and the Apostles, un Arménien de Jérusalem et trois Palestiniens de Bethléem, partagent sûrement son avis. Lorsque ces talentueux garçons qui mêlent leur folk-rock à des nuances orientales doivent se produire dans un festival de musique alternative arabe à Tel-Aviv, le BDS décrète que ce n’est pas acceptable parce qu’ils ne sont pas des « Palestiniens de 48 », ceux restés en Israël…

    Shady Srour aussi a quelques remarques à faire sur les censeurs du BDS : cinéaste palestinien de Nazareth, il a tourné un très joli film dans sa ville natale, Holy Air, où comment un homme essaie de s’en sortir en vendant de l’« air saint » aux touristes venus sur les traces de Jésus. C’est drôle, féministe, sexy, acide, « beckettien », plus grave lorsque les rêves sont empêchés par le seul fait de n’être pas un citoyen comme les autres.

    Mais le BDS ne rit pas : il a demandé son retrait d’un festival du film israélien à Londres, puis du Festival des cinémas arabes de l’Institut du monde arabe, à Paris, qui a congédié le réalisateur d’un bref courrier. « Je suis palestinien, mon père fut l’un de ceux chassés vers le Liban. Me boycotter, c’est m’empêcher d’affirmer mon propre récit face à celui des Israéliens. Le BDS vient chez moi pour me couper la langue… Aucun financement arabe ne m’est accordé parce que j’ai un passeport israélien, où est-ce que je trouve l’argent ? » On comprend que son film soit teinté de tristesse et d’absurde.

    #Palestine #Culture #Apartheid #BDS #Boycott_culturel


  • Carlos Ghosn, investisseur immobilier au Liban
    Sandra Abou Nader : « Cedrar va dynamiser la région des Cèdres »
    https://www.lecommercedulevant.com/article/27775-sandra-abou-nader-cedrar-va-dynamiser-la-region-des-cedres


    Le flambant patron de Renault-Nissan a effectué plusieurs investissements immobiliers et touristique, dont celui de Cedrar, "ouvert à tous les Libanais" soi-disant...

    Quelle clientèle visez-vous ?
    C’est un projet ouvert à tous les Libanais. Cedrar veut devenir une destination toute l’année, été comme hiver. Les Tripolitains y sont à moins d’une heure, comme les gens du Koura et de Batroun. Pour contourner les embouteillages à la sortie de Beyrouth, nous avons un héliport qui pourra favoriser l’accessibilité du site. Les permis nécessaires sont en cours.

    #Liban #Ghosn #immobilier


  • إحباط تهريب أربعة ملايين حبة مخدرة مخبأة بالشوكولا في معبر نصيب ! | الموقع الرسمي لقناة الجديد
    https://www.aljadeed.tv/arabic/news/arab-world/1811201811

    Le commerce reprend ses droits entre la #Syrie (le Liban) et la #Jordanie (l’Arabie saoudite) : saisie de 4 millions de comprimés de #drogue au poste frontière de Nassib, récemment ouvert.


  • L’assistenza in denaro offre ai rifugiati la possibilità di scegliere

    L’UNHCR sta ampliando il programma di assistenza in denaro in modo che milioni di persone assistite dall’organizzazione possano ricevere protezione, soddisfare i propri bisogni con dignità e diventare più resilienti.


    https://www.unhcr.it/news/storie/lassistenza-denaro-offre-ai-rifugiati-la-possibilita-scegliere.html
    #aid_in_cash #aide_en_cash #asile #migrations #réfugiés #choix #cartes_prépayées #cartes_de_débit #Liban #HCR #Mobile_Money #camps #camps_de_réfugiés #Niger #Amal_Bank #micro-finance #Somalie

    Je me rappelle d’une scène dans l’excellent film #Bienvenue_au_Réfugistan (https://info.arte.tv/fr/bienvenue-au-refugistan) où des réfugiés dans un camp, probablement en Jordanie ou Liban, je ne me rappelle plus, avaient reçu de l’argent pour s’acheter ce qu’ils/elles voulaient, sauf que... c’était possible de le faire dans un seul supermarché où tout était tellement cher que le choix se limitaient à une gamme très très petite de produits qui étaient présents dans les étalages du supermarché...


  • Au sujet des générateurs d’#électricité au Liban, cette initiative de la municipalité de Dhour Choueir signalée dans l’atlas de l’ami @rumor : Atlas du Liban - Les municipalités, de nouveaux acteurs du développement local
    https://books.openedition.org/ifpo/10969

    Nombreuses sont les municipalités qui tentent de contrôler les nuisances des générateurs commerciaux. En 2010, la municipalité de Dhour Choueir (Haut Metn) va encore plus loin en choisissant de produire et de distribuer elle-même de l’électricité. Cela lui permet de fournir une couverture électrique continue, notamment pour l’éclairage public, et de diminuer la facture électrique des ménages de près de 30%. Le soutien de notables locaux contribuant au financement de l’investissement est essentiel dans le montage de cette opération.

    À ma connaissance, ça s’est fait en rachetant les générateurs privés.


  • #Liban : vers un service public de l’#électricité hybride... l’entreprise publique nationale (EDL) étant rendue incapable de se redresser par les querelles politiques, les propriétaires de générateurs qui commercialisent un service d’appoint informel, toléré, non reconnu par l’Etat, mais paradoxalement de plus en plus encadré par ce dernier, sont désormais considérés comme les garants de la continuité du service public (« de fait »), et menacés de sanctions s’ils refusent les obligations que l’Etat veut leur imposer et cessent pour cela temporairement leur activité. Quel paradoxe !
    Générateurs privés : l’État veut serrer la vis après les coupures de mardi au Liban - Philippe HAGE BOUTROS - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1142537/generateurs-prives-letat-veut-serrer-la-vis-apres-les-coupures-de-mar

    Le ministre de la Justice Salim Jreissati est entré hier dans la partie qui oppose le gouvernement aux propriétaires de générateurs privés qui fournissent du courant pendant les heures de rationnement imposées par Électricité du Liban (EDL).

    S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée au ministère, M. Jreissati a qualifié de « rétorsion arbitraire » le fait que plusieurs exploitants à travers le pays ont coupé le courant à leurs clients pendant deux heures mardi pour protester contre le ministère de l’Économie et du Commerce qui les oblige à installer des compteurs individuels chez leurs clients. Le ministre de la Justice a indiqué qu’il avait demandé au procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, d’engager des poursuites contre ceux qui avaient coupé le courant, qu’il a accusés d’avoir « porté atteinte aux droits des citoyens » et de « rébellion » contre l’État. Le ministre sortant de l’Économie, Raëd Khoury, était également présent.

    La querelle des compteurs

    M. Jreissati n’a pas précisé quelles sanctions seront appliquées, assurant que la loi libanaise permettait de retenir plusieurs qualifications malgré l’absence de texte encadrant l’activité de ces exploitants. Il a en outre souligné que le fait qu’ils assuraient « de fait » la continuité d’un service public ne leur permettait plus de se réfugier derrière le respect de la propriété privée pour ne pas craindre de voir leurs équipements confisqués ou de se considérer libres de fixer leurs prix. Le ministre a également enjoint aux municipalités de signaler tous les propriétaires de générateurs qui couperaient l’électricité de façon arbitraire. « J’appelle les exploitants (en infraction) à ne pas aller plus loin », a-t-il encore affirmé.

    M. Khoury a lui rappelé que l’installation de compteurs était obligatoire pour tous et que les exceptions étaient soumises à des conditions strictes. « Il faut que le refus émane de l’usager à qui ce choix est laissé uniquement si le propriétaire de générateurs – ou la municipalité qui est en charge – lui fournit déjà du courant sans générer de profit et à des conditions avantageuses », a-t-il résumé.

    • La véritable stratégie me semble être de réduire la taille des ennemis, en cassant les cartels ou en diminuants les bénéfices. De sorte que les reformes puissent être faites. Quand les acteurs sont trop grands, il devient difficile a l’Etat d’intervenir. A ce stade, Sukleen a été remplacé par 3 grands prestataires différents, et plusieurs initiatives régionales. Il y a donc une meilleure marge de manœuvre pour l’Etat, et moins de chantage. De même, en limitant les bénéfices des générateurs (et donc les moyens/montants de corruption), les principales embûches contre la construction de grandes unités de production d’électricité sont levées.

    • Merci @rahil. C’est un raisonnement intéressant. Mais on peut interpréter certaines de ces initiatives différemment. La fin de Sukleen devait au départ donner lieu à 6 prestataires régionaux, selon une répartition qui à l’époque avait été dénoncée comme un partage du gateau, y compris en faveur des supposés réformateurs aounistes. Marge de manoeuvre pour l’Etat ou chacun ses bénéfices chez soi ?
      Pour les générateurs, où est la mafia ? L’actuel ministre de l’énergie m’a dit lors d’un entretien il y a qqs années que la mafia c’était plutôt les importateurs de carburants (en cartel) que les exploitants, souvent petits, de générateurs. Il est vrai qu’il y a des rumeurs qui circulent sur l’implication de très grands noms dans le secteur des générateurs (j’ai entendu cela au Kesrouan, au Chouf, ou en banlieue sud) mais je n’ai jamais eu d’information précise à ce sujet. Donc oui, cette réforme peut faire baisser les bénéfices de ces acteurs, mais le lien avec la construction de grandes unités n’est pas certain. Un des groupes politiques les plus hostiles à la politique de Bassil/Abi Khalil a été le Courant du Futur, notamment à travers la figure de son ex-député Mohammad Kabbani chef de la Comission de l’énergie, de l’eau et des TP. Je pense que cette hostilité n’était pas liée à la gestion des générateurs mais à la concurrence représentée par les intérêts proches des aounistes dans le développement des contrats électriques...