country:malaisie

  • Une voiture électrique pollue autant qu’un diesel
    https://www.youtube.com/watch?v=bY9zESWWbjI

    Published on Feb 13, 2018
    Si l’on englobe l’ensemble de son cycle de vie, une #voiture_électrique peut émettre plus de #CO2 qu’un vulgaire diesel... Les batteries électriques ? Des réservoirs bourrés de métaux rares, très polluants et monopolisés par la Chine. Guillaume Pitron, ancien juriste devenu journaliste, a pendant huit ans parcouru la planète – Chine, Malaisie, Indonésie, Afrique du Sud, Amérique du Nord – pour enquêter sur la fameuse « transition écologique »... qui n’est pas si verte. Il en relate les dessous dans « La Guerre des métaux rares », aux éditions Les Liens qui Libèrent.


  • Quel est le poids des #importations françaises sur la #déforestation ?
    https://abonnes.lemonde.fr/ressources-naturelles/article/2018/11/08/quel-est-le-poids-des-importations-francaises-sur-la-deforestation_5

    Approvisionner la France en matières premières – dans les sept secteurs précédemment cités –, a nécessité en moyenne une superficie de 14,8 millions d’hectares cultivés durant la période 2012-2016, dont 5,1 millions sont suspectés avoir contribué à la déforestation.

    Le Brésil est aussi, avec la Chine notamment, un gros fournisseur de #bœuf, dont chaque Français mange en moyenne 23 kg par an. Pour les lui fournir, il faut en faire venir 260 000 tonnes, soit 17 % de la consommation nationale. Quant au cuir des chaussures, sacs, sièges, il correspond à une moyenne annuelle de 100 000 tonnes de peaux originaires d’autres pays. Le rapport décline d’autres chiffres qui permettent de prendre la mesure de nos appétits pour le cacao et les produits chocolatés (environ 10 % de la production mondiale), le caoutchouc (3 %), le bois, la pâte à papier.

    Le cas de l’#huile_de_palme
    Il cible aussi bien sûr l’huile de palme, une sorte de championne de la déforestation. Il semble que 84 % des importations françaises proviennent de pays qui y sont exposés, Indonésie et Malaisie en tête. Avec 0,97 million de tonnes, toujours en moyenne annuelle, l’empreinte française s’élève à 410 000 ha. C’est relativement peu pour un oléagineux qui entre dans la composition de plus de la moitié des produits transformés sur les rayons des supermarchés.


  • Petite géographie du palmier à huile - Agnès Stienne - Visionscarto
    https://visionscarto.net/palmier-a-huile

    L’atmosphère est moite, les températures oscillent entre 24° et 28 °C. Ses longues feuilles épineuses, au port dressé en couronne et retombant, flanquées au sommet d’une tige rugueuse s’étalent sous les cieux lumineux des régions tropicales. On l’apprécie tant pour ses lourds régimes de fruits charnus que partout où les conditions lui sont favorables on le cultive sur des milliers d’hectares. On l’accuse de tous les maux. Voici Elaeis guineensis (Elaeis de Guinée), le #palmier_à_huile.
    par Agnès Stienne

    #cartographie

    etc... :)

    • Avant de me lancer j’ai cherché si oui ou non c’était un arbre et si il y avait une différence (par exemple en carbone) entre stipe et arbre. La question n’est pas tranchée ici (à propos du raphia et de l’avis de Francis Hallé)...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Arbre.
      Maintenant, je ne pensais pas que ça ferait débat. Du coup je vais peut-être retirer cette phrase dans la mesure où il y a doute et que finalement ça n’apporte pas grand chose au sujet lui-même.

    • Oh, je crois que Francis Hallé aime déranger en disant ça et je le signalais parce que ça pouvait t’intéresser. Lui focalise beaucoup sur l’architecture des arbres, en rupture avec la tradition occidentale qui préfère l’examen des organes reproducteurs. Le palmier ne produit pas de bois à proprement parler, c’est une grande différence. Je dirais que c’est un détail et qu’on te comprend bien... mais un vieux barbon wikipédien ne te lâcherait peut être pas ! En tout cas, bravo, je viens de partager avec mes potes écolos d’Indonésie et de Malaisie en leur disant de ne pas s’arrêter au texte en français parce que c’est aussi très beau et très bien visualisé.

    • Oui et par exemple (je viens de l’apprendre, du coup), en terme de stockage carbone, ce n’est pas si catastrophique (en tout cas assez inattendu pour un stipe !)...

      « Les chiffres de stockage sur des plantations à croissance rapide de palmiers à huiles en Asie du Sud-Est, obtenus par le Centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD), donnent, en conditions optimales et sans récolte, quelques 10 tC/ha/an qui semblent parmi les plus élevés connus aujourd’hui et sur avec une durée de vie réduite des peuplements. Seules les plantations d’eucalyptus à croissance rapide et dans des conditions particulièrement favorables obtiennent des résultats supérieurs (entre 12 et 20 t/ha/an). »

      https://hal-paris1.archives-ouvertes.fr/hal-00590692/document


  • Perdre la #Terre ou non - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2018/09/16/perdre-la-terre-ou-non

    Alexandre Chollier analyse le récent et fameux article du NYT, « Losing Earth »,

    Que se passe-t-il lorsque nous prenons nos distances avec un tel discours, celui de Rich ou un autre ? Eh bien nous remarquons que, dans ce type de récits, ne s’opposent pas tant l’inaction à l’action, le fatalisme à la volonté, que deux types antagonistes d’actions.

    L’épilogue de « Losing Earth » est à cet égard instructif. A vrai dire, le titre de l’article imprègne bien peu ces lignes où l’on comprend subitement que nombre de solutions s’offrent à nous. Nous qui pensions à sa lecture qu’il n’y avait plus rien à faire, que l’inertie de la pollution carbonée interdisait tout espoir de contenir le réchauffement en dessous de deux degrés, nous apprenons tout à coup que les « taxes carbone, l’augmentation des investissements dans les énergies renouvelables et nucléaire ainsi que dans les technologies de décarbonisation » sont des solutions envisageables. Peut-être même les solutions tout court. Un point de vue que James Hansen partage quand il confie : « D’un point de vue technologique et économique, il est encore possible de rester sous la barre des deux degrés. » Et Rich de renchérir : « Nous pouvons faire confiance à la technologie et à l’économie. Il est par contre plus difficile de faire confiance à la nature humaine. »

    En racontant l’épisode tragique d’un rendez-vous manqué avec l’histoire et en désignant la nature humaine comme unique responsable, l’enquête de Nathaniel Rich porte le sceau d’un autre combat. Un combat où technologie et économie tiennent le haut du pavé. Un combat où il n’est plus question de climato-scepticisme mais de climato-réalisme. Un combat mené contre la nature et peut-être même contre ceux qui s’évertueraient à la protéger. Enfin, et surtout, un combat contre le #politique. Car, comme le rappelle avec force Andreas Malm, « la pensée du changement climatique fondée sur l’espèce conduit à la #mystification et à la paralysie politique. Elle ne peut pas servir de base à la contestation des intérêts particuliers du business-as-usual indissociable de l’économie fossile. La lutte pour éviter une succession de chaos et commencer à œuvrer à la stabilisation du #climat nécessiterait sans doute un équipement analytique d’un autre type. » Un autre récit. D’autres actions.

    #économie #technologie


  • L’écotartuffe du mois, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10155970187972523?__tn__=K-R

    Voudriez-vous voir se former un mouvement de résistance sérieux contre le capitalisme ? Si oui, oubliez Aurélien Barrau.

    Cet astrophysicien a récemment acquis une certaine notoriété à cause de sa perspective écologiste : il a récemment publié un appel signé par plein d’idiots utiles de l’industrie du divertissement (d’Alain Delon à Muriel Robin) demandant la restriction de certaines libertés individuelles afin de sauver la planète. Que ceux qui ont le plus profité des conforts et des luxes de la civilisation industrielle, qui sont parmi les plus privilégiés des privilégiés, se permettent de demander aux autorités qu’elles restreignent les libertés du peuple, tout de même, il fallait oser — même si l’expression "libertés individuelles" est une triste blague dans le cadre de la société technocapitaliste, bien entendu, mais c’est une autre histoire. Ainsi, cet appel est une sorte de plaidoyer en faveur de l’écofascisme prédit par Bernard Charbonneau il y a plusieurs décennies :

    « L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints d’agir pour gérer des ressources et un espace qui se raréfient. [...] Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut paradoxalement pousser au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons les mers. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter. Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint d’adopter une façon de faire plus radicale. Une prospective sans illusion peut mener à penser que le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. »

    Ecofascisme qui ne résoudrait bien évidemment rien du tout, puisqu’il n’implique aucun changement fondamental.

    Aucune critique du capitalisme et de ses implications économiques mondialisées (il reconnait, certes, que le capitalisme pose quelques problèmes mais trouve qu’il a aussi des vertus), de l’idéologie qui l’anime, aucune critique du pouvoir, aucune critique des mécanismes de coercition sur lesquels il repose (il ne blâme pas plus les dirigeants que tout le peuple, nous sommes responsables, nous avons les dirigeants que nous méritons, etc., il ne comprend manifestement pas comment le pouvoir s’est organisé et se maintient), aucune critique de l’imposture démocratique, espoir placé en des actions potentielles que nos dirigeants pourraient prendre, croyance en une civilisation industrielle rendue verte grâce aux EnR, le cocktail habituel des vendeurs d’illusions de l’écocapitalisme.

    Mais pourquoi ? Pourquoi demander leur avis à des astrophysiciens ? Pourquoi demander leur avis à des gens — à des gens de la haute — qui passent leur existence à travailler sur des sujets aussi éloignés du quotidien de toutes les espèces vivantes et des réalités du monde, du monde à la mesure de l’être humain ? Bref, on a trouvé celui qui succèdera à Hubert Reeves dans le rôle de caution d’autorité astrale de l’écocapitalisme.

    (C’est une question rhétorique, bien évidemment. Le fait de demander son avis à un astrophysicien n’est qu’une incarnation de la domination de l’autorité Science, de l’expertocratie, et de l’idéologie progressiste, fascinée par l’univers et sa conquête. L’astrophysicien, qui connait (?) les trous noirs, ces choses incroyablement complexes qui nous dépassent, nous, simples mortels, doit forcément connaître la situation socioécologique terrestre. C’est une illustration parfaite de ce que c’est qu’un argument d’autorité. C’est un grand scientifique, il doit savoir. Malheureusement pas, (ultra-)spécialisation oblige. L’appel d’Aurélien Barrau et son plaidoyer pour plus encore d’embrigadement étatique sont également très bien anticipés, parfaitement même, dans le livre "Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable" de René Riesel et Jaime Semprun.)

    • Rapport à la vidéo partagée par @marcimat : C’est surtout le « nous » qui me dérange dans ce genre de discours, comme si la responsabilité était collective et les mauvaises décisions cautionnées par 7,5 milliards d’êtres humains alors que les vrais décideurs sont tout au plus quelques milliers et qu’ils ne nous laissent guère le choix à savoir danser sur la musique qu’ils nous jouent.

      #gestionnaires_du_cheptel_humain

    • Un copain vient juste de me faire passer ça :
      Ecologie et nouveau pacte avec le vivant : Aurelien Barrau (il a sa chaîne Youtube et n’utilise pas les accents, has been)
      https://www.youtube.com/watch?v=H4wjc4FHpNY


      et je n’ai plus aucune raison d’ignorer qui est A. Barrau (enfin, si, j’aime pas regarder des vidéos en ligne mais je vais me forcer pour me faire ma propre idée). Je plussoie tout ce que vous dites et particulièrement cet argument d’autorité. En matière d’écologie, l’astro-physique a tellement plus à nous apprendre que les sciences sociales et celles du vivant sur cette Terre...

    • Ah oui, il essentialise un peu le problème en disant que c’est la nature humaine... et qu’on peut y changer quelque chose ! Ce qui est contradictoire, c’est bien parce que ce rapport au monde est historique qu’on peut en changer.
      Oui, « l’appel à la responsabilité individuelle est insuffisant » mais sur cette Terre (et je reviens d’un atelier pour des gens en Malaisie qui vivent dans des endroits menacés d’aménagement et subissent la dégradation de l’environnement plutôt que d’y participer à 200 à l’heure sur l’autoroute), c’est l’organisation sociale qui pose problème, pas les faux besoins des gens.
      Bon, vous avez tout dit, je me tais ! C’est répugnant.

    • Juste pour modérer un tout petit peu, quand bien même je ne suis pas forcément d’accord avec lui : il n’est pas que astrophysicien, il a aussi un doctorat en philosophie, il participe pas mal à des trucs sceptiques (au sens méthode scientifique) et de vulgarisation et il est aussi artiste, poésie, vidéo. Enfin pour dire que ce n’est pas que en tant qu’astrophysicien par argument d’autorité de science dure de haut niveau qu’il dit ce qu’il dit.

      C’est une critique possible mais il ne faudrait pas faire l’inverse, un argument d’anti-autorité automatique, du genre « c’est un ouf en science dure ultra pointu donc il a tord », ça ferait un raisonnement tout aussi faux.

      En tout cas, la critique d’ultra-spécialisation dans le texte de Casaux est fausse au regard des diplômes et des travaux de Barrau, il est clairement pas cloisonné dans sa physique.

      Ce qui n’empêche pas d’être en désaccord avec lui, mais avec des arguments pas ad hominem. :)

    • un argument d’anti-autorité automatique, du genre « c’est un ouf en science dure ultra pointu donc il a tort, disait RastaPopoulos...
      Les gens qui disent "DONC il a tort" quand il parle écolopolitique ont tort, désolé Monolecte.

    • Barrau a lui aussi son mot à dire, comme chacun·e d’entre nous. Mais son propos est assez décevant au regard de la grande science dont il se réclame et il est le premier à mettre en avant son autorité, à ne faire venir que des collègues d’institutions prestigieuses (les universités, c’est du caca)... Je sais pas si c’est Descola qui lui a soufflé sa super analyse des chasseurs-cueilleurs qui se comportent comme des pousseurs de caddie mais en vérité c’est plus compliqué que ça (comme c’est plus compliqué que « vivaient en harmonie avec leur environnement ») parce que ce sont des humain·es et qu’ils et elles ont adopté des structures sociales différentes, pas un mode de vie et une pensée uniques.

    • Vous en pensez quoi ? C’est super compliqué, parfois, de répondre à des trucs simplistes.

      « Des mesures potentiellement impopulaires »

      C’était il y a presque vingt ans. La formatrice était venue avec son bébé, qu’elle allaitait, pour nous présenter les grandes lignes de ce qu’est le changement climatique. Les particules de gaz à effet de serre plus denses dans l’atmosphère, qui font que l’énergie solaire est recapturée en plus grande proportion après qu’elle a touché la Terre. Le réchauffement de la planète, qui s’ensuit, ces deux ou trois degrés (selon les différents scénarios) qui ne sont pas uniformément répartis mais constituent une énergie en plus phénoménale, laquelle nourrit des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents. Et puis ce qu’on peut y faire : un quart des émissions dues aux transports, un autre à l’agriculture (pas seulement l’élevage mais aussi le mésusage des sols), un autre au bâtiment, un dernier à l’industrie et une troisième moitié pour tout ce que nous achetons sur le marché mondial et qui n’est pas compté dans la consommation nationale… Les solutions ? Des techniques plus écologiques et moins industrielles mais surtout une réduction : du nombre de kilomètres effectués par les biens et les personnes, etc. Changer de mode de vie mais aussi changer de modèle économique avec un refus collectif de nos habitudes de production et de consommation et une plus petite échelle que celle du monde. Ça tombait bien, les échos de Seattle se faisaient encore entendre et la mondialisation néolibérale était nommée, décrite et combattue.

      Aujourd’hui le bébé de la formatrice est une grande tige qui vient de passer le bac et les appels à sauver la planète ou à ne pas regarder ailleurs pendant que la maison brûle sont toujours plus pressants. Mais rien ne change. Ou plutôt, le peu d’amélioration en matière d’écologie se noie dans l’effet-rebond et dans la course à la croissance et aux innovations techno-scientifiques. Alors on commence à flipper. On est nombreux et nombreuses dans ce cas, particulièrement ceux et celles qui ont des bébés ou des grandes tiges et qui se demandent quelles seront leurs conditions de vie sur cette planète dans vingt, trente ou cinquante ans. Et quand on flippe, on dit parfois des bêtises.
      Je ne sais pas trop d’où viennent les personnalités qui ont signé l’appel d’Aurélien Barrau et de Juliette Binoche, si elles viennent de se réveiller ou si elles donnent leur écot depuis longtemps à des ONG écolos. Une ou deux d’entre elles m’aident à réfléchir (citons Philippe Descola sur le rapport très différent à la nature qu’on peut avoir en Amazonie ou en Europe). Mais aucune ne sort à mes yeux grandie de la signature de ce texte, quelques lignes insignifiantes et moralisatrices qui ne doivent l’attention qu’on leur a portée qu’à la notoriété des signataires (1) ou à leur position prestigieuse dans la sphère académique. Un texte étique auquel je n’avais pas accordé d’attention à sa sortie. Jusqu’à ce que le propos se déplie dans un discours d’Aurélien Barrau qui fait le tour des réseaux sociaux. Les choses sont plus claires : les politiques « potentiellement impopulaires », c’est une administration coercitive du désastre (2) et une allocation autoritaire de ressources limitées (eau, énergie, matières premières). Ce que des penseurs écolos radicaux comme Bernard Charbonneau, André Gorz ou Cornelius Castoriadis ont imaginé dans leurs pires cauchemars et parfois nommé « éco-fascisme ». Alors, quoi choisir entre ne rien faire et cette politique autoritaire ?

      Heureusement, la question ne se pose pas forcément dans ces termes. J’ai pris connaissance du fameux discours d’Aurélien Barrau au retour d’une autre formation (encore organisée par la plus grosse ONG écolo de terrain au monde, décidément, mais cette fois en Malaisie). Il s’agissait de donner à des « défenseurs et défenseuses de territoires » des outils pour comprendre ce qui leur arrivait et s’y opposer. Une puissante flotte de pêche qui drague le fond des mers, tout près des côtes ou travaillent de nombreux pêcheurs artisanaux sur de petits bateaux, et qui détruit l’habitat des poissons et des crustacés. Un projet de plantation de palmiers à huile ou d’hévéa sur des terres dont une communauté autochtone tire sa subsistance dans des vergers en agroforesterie ou cultures associées. Le « nous » du discours moralisateur d’Aurélien Barrau, essentialisant une « nature humaine » et son « comportement endémique », n’a ici pas lieu d’être, d’autant moins que ces groupes sociaux-là ont beaucoup à nous apprendre en matière d’égalité, de non-violence et de respect de l’environnement (à des degrés divers et sans angélisme). Ces valeurs portées par les sociétés autochtones de la péninsule Malaise, on en constate au fil des décennies l’érosion sous le coup du développement et de l’importance accrue de l’économie monétaire. Moins que de nature, il est bien question de culture, voire d’organisation sociale. Ces communautés, souvent rurales et démunies devant la prédation de gros acteurs économiques ou de l’État, subissent de plein fouet des politiques d’aménagement très préjudiciables au milieu naturel et décidées sans elles. Plus de démocratie pour plus d’écologie, elles y croient.

      Si vous m’avez suivie jusqu’ici, vous admettrez peut-être que « nous » les êtres humains avons des intérêts divergents en matière de préservation de l’environnement et d’adoption d’un mode de vie plus sobre, le pauvre Sud et le riche Nord. Mais des gueux et des gueuses dont on pourrit le milieu de vie au nom du profit, il en existe aussi chez nous. Si les stars de cinéma et les prestigieux scientifiques de la tribune s’étaient un peu intéressé·es à tout ça, elles auraient pu rencontrer les habitant·es blasé·es et démuni·es de coins pollués jusqu’à la moelle (http://labrique.net/index.php/thematiques/droit-a-la-ville/837-l-heritage-toxique-de-metaleurop-les-silences-d-evin-malmaison), elles auraient découvert dans des luttes écologiques la présence de gens dont beaucoup sont pauvres, chacun·e à leur manière, et elles auraient découvert un visage plus social de l’écologie (3).

      Presque tout le monde connaît les ZAD de Notre Dame des Landes, Bure ou peut-être Roybon mais il y a aussi ces luttes plus modestes et très nombreuses contre les autoroutes, les lignes THT, les incinérateurs ou les terrains de golf. Dans celle à laquelle j’ai participé, des élu·es locaux soutenaient le projet d’autoroute d’une quelconque compagnie de BTP, Eiffage ou une autre, prétendant que la forêt, c’était un tas d’arbres qu’on replanterait et que l’investissement était privé, donc pas à la charge du contribuable. L’élu qui débitait ces sornettes est mort depuis, que les flammes de l’enfer lui lèchent avec soin les parties génitales. Plus discrètement, le directeur de cabinet du président de la région allait croûter dans la boîte de BTP en question. L’autoroute a été construite contre l’avis des services de l’équipement, pour qui aucun trafic ne justifiait ce projet et qui auraient préféré aménager l’axe existant, sur lequel ils avaient identifiés nombre de points dangereux. Contre l’avis des écologues qui voyaient derrière le tas d’arbres des zones humides et toute une vie diverse et foisonnante. Contre l’avis des économistes et des juristes qui avaient repéré une innocente clause de rétrocession qui permettait à la compagnie de reprendre ses billes si l’autoroute n’était rentable chaque année qu’au mois de février. La suite nous a donné raison et les contribuables ne vont pas tarder à recevoir la note. Tout ça pour dire que ce n’est peut-être pas trop de démocratie qui est la cause des maux mais pas assez.

      Certes, la petite bourgeoisie mondiale (qui au Nord comme au Sud ne compte pas ses kilomètres en bagnole, habite un grand logement parfois équipé d’une indispensable piscine, prend l’avion des dizaines d’heures par an) se bâfre presque autant que les stars de cinéma précédemment cité·es, certes elle a une part de responsabilité dans la consommation excessive de ressources et un intérêt dans l’ordre des choses qui pèse en faveur de l’immobilisme. Mais les politiques qui prétendent la servir font bien pire (et ils ne mangent même pas bio (4)) en entretenant une économie basée sur la consommation excessive d’énergies et d’eau fossiles, de produits miniers et agricoles extraits avec avidité. Ce que ces politiques servent, c’est (on l’a vu mieux que jamais avec l’accession en France d’un inconnu au pouvoir) un système de prédation des ressources économiques et naturelles qui à terme ne servira pas la petite bourgeoisie puisqu’elle est au service d’intérêts bien plus gras qui concentrent les richesses à un rythme exponentiel. Pardon de sortir des analyses marxistes à deux balles mais je les crois quand même plus juste et fines que les vingt lignes signées par les fameuses personnalités et qui demandent à l’État de limiter drastiquement les nuisances du système économique que celui-ci s’est refusé depuis quarante ans à simplement encadrer.

      Pour résumer (parce que ce qu’il faut avant tout, c’est avoir de l’impact, pas se demander pourquoi on en est là), l’État peut se muer en organisation sociale respectueuse de l’environnement mais la nature humaine, elle, serait selon Barrau à jamais figée. C’est beaucoup trop d’optimisme envers la puissance étatique et bien trop peu pour l’espèce humaine, qu’il connaît décidément trop mal : il y a des sociétés de chasseurs-cueilleurs qui n’ont pas développé un rapport respectueux à la nature… et d’autres qui l’ont fait (5).

      L’État éco-fasciste qu’Aurélien et ses ami·es appellent de leurs vœux, il ne va pas se convertir à la simplicité volontaire, il ne va pas mener le défi de la baisse de consommation d’une manière équitable, à travers le rationnement pour tou·tes ou des prix progressifs qui garantissent la satisfaction des besoins primaires, il ne va pas même protéger l’environnement. Il va permettre à certains acteurs de tirer profit de situations de pénurie, il va administrer le désastre pour s’assurer que, malgré tout ce que nous craignons comme dégradation du milieu, le capitalisme continue à distribuer des dividendes et quelques miettes. Finalement, ça a quelque chose de rassurant, de se dire que ce n’est pas « nous » qui sommes le problème mais notre organisation sociale. Parce que nous ne sommes pas prêt·es à penser comme des orangs-outans mais nous pouvons encore faire la révolution.

      (1) Où l’on découvre la « people écologie » (pour ceux et celles qui hésitaient encore entre éco-féminisme, écologie sociale et anti-industrialisme). https://www.vanityfair.fr/pouvoir/politique/articles/pierre-rabhi-enquete-sur-un-prophete-sophie-des-deserts/29872

      (2) René Riesel et Jaime Semprun, Capitalisme, administration du désastre et pollution durable, Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2010.

      (3) L’écologie et la répartition plus juste des richesses, ne sont pas forcément contradictoires et même plus sûrement complémentaires. Dominique Méda, La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer, Flammarion, 2014 ; Éloi Laurent, Social-écologie, Flammarion, 2011 ; Jean Gadrey, Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Les Petits Matins, 2015.

      (4) Les élu·es sont en retard sur le reste de la population en ce qui concerne la compréhension des questions environnementales. Ils et elles ne les prennent pas en compte, obnubilé·es par leur responsabilité de bon père de famille qui doit faire manger ses administré·es et arbitre systématiquement en faveur de l’économie. Par exemple en 2002-2003, dans la population générale, 63 % des personnes admettaient la nécessité de ralentir la croissance économique pour préserver l’environnement alors que seul·es 19 % des parlementaires partageaient cette idée. Daniel Boy, « Les parlementaires et l’environnement », Cahiers du Proses, septembre-octobre 2003, <http://www.developpement.durable.sciences-po.fr/publications/cahier7.pdf>. (Il doit y avoir des références plus récentes sur cette question mais j’ai la flemme de chercher, je reprends celle que j’ai utilisée en 2008 pour ma brochure sur les élections.)

      (5) J’aimerais citer ici l’excellent livre de Franz Broswimmer, Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010. L’auteur prend acte de la dégradation de l’environnement opérée de longue date par des sociétés humaines mais aussi du changement de nature et d’échelle de la civilisation thermo-industrielle.

    • Le changement c’est maintenant
      https://youtu.be/zGFI7hMwpGI


      http://www.lepasdecote.fr/?p=655

      Un livre inédit de Bernard Charbonneau (1910-1996), voilà qui a de quoi réjouir les objecteurs de croissance tant la pensée de ce précurseur est une des plus abouties de ce mouvement. Le texte est relativement récent puisqu’écrit en 1990. De surcroît, il ne s’agit pas d’un manuscrit oublié volontairement mais au contraire d’une réflexion centrale sur le « changement ». Un slogan prôné par tous à commencer par certains « écologistes » : « L’homme du changement c’est celui qui prend l’avion pour jeter un pleur sur le dernier Indien. » Avis à Nicolas Bertrand. En lisant Bernard Charbonneau, c’est toute la rhétorique déversée continuellement par le système politique et médiatique qui est décomposée. #Bernard_Charbonneau ne remet pas en cause le changement en tant que tel, bien au contraire - « La société humaine est celle qui satisfait tant soit peu les besoins contradictoires de conservation et de progrès » - mais le « changement pour le changement, au nom de la Révolution ou du marché, [qui] enchaîne l’homme à un ordre de fer… ». Comme la croissance, la production, la science ou le développement, le changement devient sa propre finalité, entraînant la société dans une religion furieuse et fanatique : « Le progrès c’est l’indiscutable, donc indicible : la Vérité autant que la réalité par excellence. » Le reste ne se contente pas d’un résumé et est dans le livre. Pour seulement 12 euros 50, précipitez-y vous tant l’œuvre de Bernard Charbonneau est essentielle pour comprendre notre époque.

      V.C., La Décroissance n° 104, novembre 2013.

      http://www.lepasdecote.fr
      https://seenthis.net/messages/360994#message361056
      https://seenthis.net/messages/199817

    • Bon, plus je réfléchis à cet emballement médiatique à propos du climat (pour faire court), plus je me dis que la démission de Nicolas Hulot y est pour quelque chose, comme si la médiasphère/médiacratie n’attendait que cette rupture de vanne pour se déverser abondamment à ce sujet. Mais ce n’est sûrement qu’une impression.

    • Heu ... oui, tout à mes recherches de nouvelles perceptions sur le sujet, j’ai oublié de dire à @aude_v que son article correspond tout à fait à la perception que j’ai de tout ce battage médiatique autour de la défense de l’environnement. Même ressenti pour les « coquelicots » également.

    • Par contre pour mieux situer le personnage d’Aurélien Barrau (c’est assez pénible à lire mais instructif) : https://zilsel.hypotheses.org/2201

      En cette rentrée 2015, le Carnet Zilsel a publié une première salve de billets on ne peut plus constructifs. Dans l’offre surabondante de références, il est toujours bon d’affirmer des préférences et de le faire avec conviction. Ce travail, procédant par l’affinité cognitive, a son pendant critique. Honorant son programme initial qui consiste à provoquer du dissensus là où persévèrent l’atonie et l’indifférence, le Carnet Zilsel est aujourd’hui ravi de publier une mise au point critique de Vincent Debierre sur les ambitions scientifico-philosophico-esthétiques du physicien théoricien Aurélien Barrau. L’analyse est implacable (et lisible au format PDF : Aurélien Barrau, phobosophe, CZ, 9 oct. 2015). Les réflexions sur les crêtes de la métaphysique apparaissent pour ce qu’elles sont : tirées par les cheveux. En bout d’argumentaire, on repérera un héros familier des lecteurs du Carnet, Jean-Pierre Tremblay, qui se trouve embarqué par M. Barrau dans une défense et illustration hors-sujet de la philosophie « postmoderne ». Certes, nous avons beaucoup discuté en amont. Si la petite équipe autogérée du Carnet approuve sans réserve le travail de sape rationnelle auquel se livre notre camarade Vincent Debierre, les avis ont été partagés notamment sur l’usage quasi-systématique d’Impostures intellectuelles comme étalon de vérité et la critique d’auteurs que certains d’entre nous continuent de lire avec un intérêt certain (J. Derrida, G. Deleuze…). Mais tout compte fait c’est secondaire. De la même façon que Manuel Quinon et Arnaud Saint-Martin ont tenté en mars dernier de secouer (un peu) le cocotier dans la discipline sociologique qui est la leur, Vincent Debierre propose une utile contribution à la démystification des prétentions intellectuelles les plus bruyantes.

    • @aude_v , c’est vrai que ça ne vole pas haut, mais venant de lire le lien envoyé par @sombre ci-dessus, je commence a avoir une perception franchement hostile du personnage, et donc ne me priverais pas personnellement de montrer l’inanité de son initiative. Et puis ça permettrait aux lecteurs de ton billet de bien voir de qui tu parles, et pourquoi tu en parles.

    • Nous y voilà (relevé dans l’interview de libé dont le lien est envoyé par @vanderling ci-dessus :

      Lui [Macron], comme la plupart des dirigeants politiques continuent de vouloir concilier écologie et capitalisme. Est-ce possible ?

      Quoi qu’on réponde, on est coincés. Si on répond oui, les altermondialistes n’écoutent plus. Si on dit non, les plus conservateurs, qui veulent faire un effort mais sans remettre en cause les fondements du système, n’écoutent plus non plus. On ne peut pas se permettre de trop restreindre. Tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne doit pas envoyer la vie dans le mur. Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu. Commençons par l’action : effondrons les émissions de CO2 et arrêtons d’envahir les espaces naturels. Et on verra bien quel système permet de le faire efficacement ! La vraie question est : pourrons-nous défendre notre bilan dans cinquante ans ? Non. Même si vous êtes ultralibéral, vous ne pourrez jamais expliquer que vous avez décidé de flinguer l’essentiel des vivants parce qu’il fallait gagner deux points de croissance. Cela transcende les divergences d’analyse économique.

      Autrement dit : l’action écologique est complètement dissociée des choix économiques, donc des choix de société compte tenu du fait qu’on est dans une société dont le futur est décidé par l’économie... Ben voyons...

    • Emmanuel Macron sacré « champion de la Terre » à New York, ça vous inspire quoi ?
      Si cette récompense consacre une action passée, elle est incompréhensible. L’année 2017 a été la pire de l’histoire en termes de rejets de CO2 et la France a été parmi les mauvais élèves. Nous ne sommes pas sur la bonne voie. En revanche, que Macron ait reçu cette médaille ne me choque pas. Je la vois comme une incitation. Parfois, endosser le costume de super-héros peut vous donner envie de vous comporter comme tel. C’est ce que j’espère : il aurait l’opportunité de rester dans l’histoire comme celui qui a commencé à sauver le monde. Ça serait pas mal, quand même ! A sa place, je me laisserais tenter, je crois !

      @ericw je me suis arrêté là, Aurélien Barrau est astrophysicien mais on a dû lui chié dans la tête pour confondre Macron avec Superman. Moi, ça me choque !

      https://twitter.com/twitter/statuses/1045352732197081089

      « Parmi les participants, Bill Gates, la directrice du FMI Christine Lagarde, le gouverneur de la banque d’Angleterre Mark Carney, le président de la banque interaméricaine de développement Luis Alberto Moreno, ou le PDG d’Unilever Paul Polman. Aussi le vice-président de la commission européenne Valdis Dombrovskis, la première ministre de Norvège Erna Solberg, ou le PDG du fonds public d’investissement d’Arabie saoudite Yasir bin Othman Al-Rumayyan. » AFP 13/09

      et Super Macron, on est sauvés.
      #réunion_de_chantier

    • En 2009, on disait : « Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé. »
      Neuf ans plus tard, puisque le climat est « bankable », on va tout faire pour sauver l’âme des banquiers.
      (On avance, on avance ...)

    • Et Aurélien Barrau « rhabillé pour l’hiver » par Frédéric Lordon :

      https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1

      Avec ce supplément de naïveté qui fait parfois leur charme, les scientifiques des sciences dures, qui ont le plus souvent une conscience politique d’huître (il suffisait d’entendre Cédric Villani parler de politique pour être convaincu d’abandonner l’hypothèse folle d’une sorte de convertibilité automatique des formes d’intelligence entre elles), les scientifiques « durs », donc, se jettent dans la bataille avec pour tout viatique la pensée politique spontanée des savants, c’est-à-dire une sorte de maïzena à base de grands enjeux et d’humanité réconciliée. Au moment précis où les termes du conflit fondamental devraient être aiguisés comme jamais.

      Ainsi, Aurélien Barrau, astrophysicien et vedette de la cause climatique, d’abord préempté par Le Monde pour une tribune à célébrités suscitée par la démission de Nicolas Hulot — misère sans fond… —, puis rattrapé par Libération qui lui fait livrer sa pensée politique, enfin justement non : tragiquement dénuée de politique, Aurélien Barrau explique qu’il ne faut surtout pas poser le problème dans les termes du capitalisme : trop conflictuel, trop d’inutiles divisions quand est d’abord requise la bonne volonté, la bonne volonté des hommes de bonne volonté, celle qui a le souci de réunir l’« homme », qui « transcende les divergences d’analyse économique »


  • Malaisie : l’homosexualité au cœur du débat public - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2018/09/10/malaisie-homosexualite-au-coeur-debat-public

    Se fondant sur une loi coloniale de 1826 interdisant tout acte « contre-nature », le gouvernement malaisien, appuyé par les franges conservatrices de nombreux partis politiques, rejette et stigmatise toute avancée sur le droit des LGBT.

    Contre à toute attente, la victoire historique du Pakatan Harapan en mai 2018 n’a rien arrangé, bien au contraire. Le sujet s’invite désormais sur la place publique, dans un climat d’homophobie extrême déclenché par deux événements récents. Au début du mois de juillet de cette année, Numan Afifi Saadan a été contraint de démissionner après plusieurs jours de polémique. En cause, l’activisme du porte-parole du ministre de la Jeunesse et des Sports, en faveur de l’égalité des droits. Une cause qui l’a conduit à organiser un « jour des fiertés » (Pride Day) en 2017. Colère entre ministères. En représailles, le ministre des Affaires religieuses, fait retirer deux portraits de militants LGBT, dont l’un arborant le drapeau arc-en-ciel, lors d’une exposition photo. Très critiqué tant par l’opposition conservatrice de la United Malay National Organisation (UMNO) et du Parti islamique pan-malaisien (PAS), que par les défenseurs des droit de l’homme, le gouvernement essaye de limiter la polémique en multipliant les déclarations maladroites et stigmatisantes. La vice-première ministre Wan Azizah Ismail allant jusqu’à marteler qu’il est « haram » (« interdit ») pour un musulman de soutenir la cause LGBT.

    Cette surenchère homophobe répond à une stratégie politique. En se faisant les gardiens de la moralité, l’UMNO et le PAS cherchent à se positionner comme les garants de l’Islam, et donc de l’identité malaise. De même, le débat sur les droits LGBT permet au PAS de détourner l’opinion publique d’un autre débat, celui du mariage infantile. En effet, au début de l’été, une polémique a éclaté autour de l’union d’une fillette de 11 ans avec un agriculteur de 41 ans. Le mariage ayant eu lieu dans le Kelantan, un État dirigé par le PAS, son vice-président a réagi en pointant que contrairement à l’homosexualité, se marier avec une enfant n’était pas contraire à l’Islam.

    #Malaisie #homophobie


  • Une voiture électrique pollue (presque) autant qu’un diesel

    Si l’on englobe l’ensemble de son cycle de vie, une voiture électrique peut émettre plus de CO2 qu’un vulgaire diesel... Les batteries électriques ? Des réservoirs bourrés de métaux rares, très polluants et monopolisés par la Chine. Guillaume Pitron, ancien juriste devenu journaliste, a pendant huit ans parcouru la planète – Chine, Malaisie, Indonésie, Afrique du Sud, Amérique du Nord – pour enquêter sur la fameuse « transition écologique »... qui n’est pas si verte. Il en relate les dessous dans « La Guerre des métaux rares », aux éditions Les Liens qui Libèrent. Ecoutez —> http://www.nouvelobs.com/videos/vvzrux.DGT/une-voiture-electrique-pollue-presque-autant-qu-un-diesel.html


  • Bloqué depuis six mois dans un #aéroport, un Syrien raconte sa survie

    Cela fait six mois jour pour jour que Hassan Al Kontar vit dans le #terminal 2 de l’aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie. Le Syrien, qui ne trouve asile nulle part, s’est confié à RTSInfo.

    « Tout le monde peut voler », scande un slogan affiché sur les avions qu’il voit atterrir et décoller. « Tout le monde », sauf #Hassan_Al_Kontar.

    Lui est cloué au sol depuis le 7 mars 2018. Dans l’#immobilité de sa condition, il observe inlassablement le va-et-vient des autres passagers.

    C’est dans ce terminal 2 que l’homme a fêté son 37e anniversaire et assisté virtuellement au mariage de son petit frère.

    C’est là qu’il se douche tant bien que mal au-dessus de lavabos, qu’il dort sur un matelas de fortune et qu’il mange trois fois par jour le même plateau-repas à base de riz et de poulet.

    Les #réseaux_sociaux pour seule tribune

    C’est grâce à son #smartphone, et au wifi de l’aéroport, que le Syrien maintient un lien avec le monde, notamment via les réseaux sociaux. Son compte Twitter, où il partage des photos et vidéos de son quotidien, est suivi par plus de 15’000 personnes.

    Une page Wikipédia lui est même consacrée. « On me l’a montrée, mais je ne sais pas qui l’a créée », dit-il amusé.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Hassan_Al_Kontar

    Le labyrinthe vers la #captivité

    La captivité de Hassan est le résultat d’un parcours sinueux. Le Syrien n’a plus mis les pieds dans son pays depuis dix ans.

    Lorsque le conflit syrien éclate en 2011, il vit aux Emirats arabes unis, et refuse de rentrer pour faire la guerre. Son passeport n’est pas renouvelé, il perd son travail et vit dans la clandestinité.

    En janvier 2017, il est expulsé vers la Malaisie, où il obtient un #visa provisoire. Comme le pays n’a pas signé la Convention de Genève sur les réfugiés, il ne peut y demander asile.

    À l’expiration de son permis de séjour, Hassan Al Kontar tente de rejoindre l’Equateur, pays qui n’exige pas de visa des citoyens syriens. C’est une compagnie aérienne turque qui refuse de l’embarquer.

    L’homme parvient à prendre un vol pour le #Cambodge, mais il est renvoyé dans le même avion à Kuala Lumpur. Ne pouvant plus rentrer en Malaisie, le terminal 2 devient sa seule demeure, à durée indéterminée.

    Déçu des agences onusiennes

    Lorsqu’il contacte le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), le Syrien se dit déçu :

    Depuis quatre mois, Hassan assure n’avoir aucune nouvelle de l’agence onusienne. Contacté par RTSInfo, l’UNHCR répond que « le gouvernement malaisien a fait une offre généreuse permettant à l’homme d’entrer en toute sécurité dans le pays et d’y obtenir un statut légal provisoire. »

    Or, le Syrien ne veut plus de solutions provisoires qu’il sait sans avenir. « Au final, je veux un statut légal stable, pour pouvoir m’installer, travailler et ne pas craindre une expulsion. »

    Le Canada, seul Eldorado

    Retourner en Syrie n’est pas une option pour Hassan, qui dit être recherché par les services de sécurité, surtout depuis la médiatisation de son histoire et de ses opinions politiques.

    La seule porte de salut du Syrien à ce jour est le Canada. « Des gens là-bas m’ont trouvé un avocat, des garants et même un travail, puis ils ont déposé ma demande d’asile. »

    La procédure doit durer entre 20 et 24 mois. Une pétition en ligne, à ce jour signée par près de 50’000 personnes, appelle les autorités à accélérer le processus.

    « Souvent les gens, après avoir vu un reportage sur moi, me proposent de venir chez eux. Je dois alors leur expliquer les lois restrictives de leur pays qui m’en empêchent. »

    En Suisse, la possibilité de présenter une demande d’asile depuis l’étranger a été supprimée fin 2012. Une révision de la loi sur l’asile allant dans ce sens a été acceptée lors d’une votation populaire le 9 juin 2013.

    L’illusoire choix de la légalité

    Après huit ans à la recherche d’un refuge, Hassan Al Kontar se dit prêt à rester dans ce terminal tant qu’il ne trouvera pas une solution légale.

    Le Syrien est conscient de payer le prix de son honnêteté. « Si je m’infiltrais illégalement, peut-être qu’aujourd’hui je serais tranquillement installé en Suisse, au Danemark ou en Hollande. Mais j’ai choisi la légalité. »

    L’homme raconte avoir ainsi décliné de nombreuses propositions de mariage. « Je remercie ces femmes de vouloir m’aider, mais je leur explique que ce serait aussi une manière de contourner la loi. »

    La #résilience pour ne pas céder

    Sur les réseaux sociaux, Hassan est admiré pour la bonne humeur et la résilience dont il fait preuve.

    Si l’homme est reconnaissant de tout le soutien qu’il reçoit, il avoue avoir parfois besoin de s’isoler pour garder des forces.

    Après six mois de survie dans le terminal 2 de l’aéroport de Kuala Lumpur, Hassan Al Kontar est prêt à tenir le temps qu’il faudra. « Je n’ai pas le choix », conclut-il.

    https://www.rts.ch/info/monde/9811804-bloque-depuis-six-mois-dans-un-aeroport-un-syrien-raconte-sa-survie.html
    #réfugiés #asile #migrations #limbe #réfugiés_syriens #Kuala_Lumpur #Malaisie #migrerrance

    cc @reka

    • Drôle d’histoire. Je fréquente un peu KLIA2 (now that everyone can fly) mais je ne l’ai pas aperçu ! Son refus des solutions temporaires fait penser à un perso de roman (kafkaïen).

      Quant à « Souvent les gens, après avoir vu un reportage sur moi, me proposent de venir chez eux. Je dois alors leur expliquer les lois restrictives de leur pays qui m’en empêchent. »
      comment dire ? J’en ai marre, des bonnes âmes et de leur charité ("hé, on a tous une chambre d’amis !") quand il est question de problèmes structurels comme ça.


    • Euh, qui a besoin de cette vidéo ? Dans ma génération chacun réparait son vélo tout seul, récupération de pièces comprise. Aujourd’hui les gamins emmènent leurs byciclettes chez le réparateur et ne s’intéressent pas à son fonctionnement technique. Il faut que ca roule.

      Des milliers de vélos abandonnés trainent dans nos rues sans que personne ne s’y intéresse. Devant mon immeuble un vélo de course moderne en parfait état traine pendant des mois sans cadenas avant que dans une nuit un heureux preneur l’emporte.

      Depuis l’arrivé des vélos bon marchés chinois et la disparition des producteurs européens les véhicules asiatiques envahissent nos rues jusqu’à submerger les places des centre villes sous un tsunami de « bike sharing ».

      Nous assistons à l’émergence un nouveau type de cycliste de luxe qui lui risque de réparer son véhicule comme le font les amateurs de voitures de collections. Ce sont les mamans bobos avec leurs tricycles qui coutent dix fois le prix de ma dernière voiture. Il y a également les acheteurs de machines sportives parfois plus chères encore. Eux ils s’équipent d’outils spécialisés chers et s’installent de petits garages parfois collectives où ils bricolent avec leurs semblables.

      La vidéo a l’air de faire partie de ce monde. Il n’explique rien, n’a aucune utilité et répand un air de coolness essentielle, cette drogue pour la conscience en soi de ses clients potentiels.

      C’est tellement loin de l’époque quand un vélo était un objet indispensable de la vie de tous les jours, quand le petit ami de ma mère ouvrier et coureur cycliste amateur m’expliquait les détails du métier, la technologie du vélo et les conditions juridiques de son utilisation.

      Encore plus loin sont les temps des Ladri di biciclette qui dans le film de Vittorio de Sica causent la ruine d’un pauvre homme honnête.

      Peut-être nous verrons encore des villes où l’utilisation paisible de son vélo sera la manière préférée de déplacement pour tout le monde. A ce moment chacun aura appris à s’occuper de son engin. Plus besoin de vidéos explicatives parce en cas de besoin il y aura toujours un copain ou un petit garagiste vélo.

      #gentrification #urbanisme

    • @klaus On est d’accord, mais en revanche la réponse est dans ton commentaire : toute une génération qui ne sait pas faire ça.

      Je me suis rendu compte cet été que mes enfants ne savaient même pas régler une hauteur de potence (le cône à faire descendre...), à leur age ça craint (16 et 19). Bon ok, c’est en partie ma faute, sauf que de mon côté je ne crois pas que ce soient mes parents qui m’aient appris ça. Plutôt le truc appris entre copains.

      Donc non, c’est pas inutile. Allez, pour ma pénitence ce week-end je leur apprends à raccourcir une chaîne.

    • @ericw Tu a été trop rapide alors tu n’a pas encole lu mon texte complet. D’ailleurs si tu répare les vélos des enfants avec eux ils n’ont pas besoin d’une vidéo ;-)

    • Effectivement @klaus, comme ton message n’était que partiellement posté j’ai réagi sur un extrait non significatif. Maintenant je comprends mieux ton point de vue, et je te rejoins sur certains points. Après ça j’ai l’impression que tu minimise le nombre de gens qui s’occupent correctement de leur vélo. En revanche tu as raison de souligner la vague consumériste sur le cyclisme. J’ai presque envie de dire est-ce un mal ? Ça fait un grand magasin de pièces détachées à ciel ouvert !

    • Moi ça fait 10 ans que je maintiens le même vélo qui lui-même a bien 30 ans, et qui j’espère va tenir 30 ans de plus ! Un peugeot de la Poste, ancien modèle. Bon je fais pas tout tout seul, j’avoue que je le donne régulièrement à mon très bon garagiste du quartier.

      Ici il y a une super association qui s’appelle le Garage Moderne et qui, pour les adhérents, permet soit de faire réparer voitures et vélos par des pros, soit d’avoir accès à tout le matériel pour le faire soi-même et en demandant de l’aide. C’est là qu’il faudrait que j’aille, mais c’est beaucoup plus loin et j’ai pas trop le temps. Et justement quand mon vélo est pétée, je peux pas traverser la ville avec alors qu’il ne roule pas, donc logique d’aller au garagiste qui est à 10min.

      Enfin bon, là je viens de faire changer toute la partie arrière pour une roule hollandaise du genre incassable pendant 20 ans (y compris freins moyeu et vitesses), ça devrait tenir un bout de temps…

    • Dans le fief du mouvement alternativ il y a un des plus anciens magasins de vélos alternatifs de Berlin. Je les aime bien car ils sont sympas et on y trouve conseil quand on se fait rembarrer ailleurs.

      Fahrradladen Mehringhof - Über uns
      https://www.fahrradladen-mehringhof.de/ueber-uns.html

      Seit über 30 Jahren verkaufen wir Ihnen Fahrräder, Ersatzteile und Zubehör. Bisher ist uns der Spaß an der Sache und das Herzblut für das Produkt Fahrrad immer erhalten geblieben.. Angefangen 1979 als Kollektiv haben wir Jahr für Jahr beharrlich an unserer Vision von einem tollen Fahrradfachgeschäft im zweiten Hinterhof gearbeitet.

      Wir sind alle selbst Alltagsradfahrer und wissen, wovon wir sprechen. Wir bilden uns ständig weiter und selbstverständlich bilden wir auch aus. Natürlich reparieren wir auch alle Fahrräder in unserer Werkstatt.
      Qualität ist unsere Prämisse und wir vertreten aus unserer Erfahrung heraus den Standpunkt, daß es wesentlich teurer ist, wenn man zu billig kauft. Wir arbeiten daher ausschließlich mit Fahrradmarken zusammen, die für Qualität stehen und diese auch umsetzen können.
      Die Mehringhofmanufaktur

      Seit ca 25 Jahren konzipieren wir auch unsere eigenen Räder – früher aus der Not heraus, weil der Markt qualitativ nichts hergab, was wir gut fanden. Heute sind die Räder unserer Mehringhof Manufaktur bekannt und beliebt. Sie sind schlicht, haltbar und haben ein sehr gutes Preis/Leistungsverhältnis.

    • China’s bike-sharing bubble bursts and leaves giant graveyard of unwanted transportation / Boing Boing
      https://boingboing.net/2017/11/26/chinas-bike-sharing-bubble.html

      Untouched sharable bikes on China’s sidewalks are now being gathered in a massively grim pile of failed business endeavors.

      Thousands of the bikes were dumped in the Chinese city of Xiamen after the country’s third largest bicycle sharing company went bankrupt, according to The Guardian. Bluegogo, who claims to have had 20 million users at its peak, shut down its operations earlier this month due to a market apparently inundated with affordable shared bikes.

      The pile contains multiple-colored bikes from all three companies. These bike sharing systems still have a healthy environmental impact, but overeager venture capitalism left behind an unfortunate mountain of aluminum and polymer.

      A Berlin ...

      Mobike-Leihfahhrad-Anbieter startet durch: Noch mehr orangegraue Mieträder für Berlin | Berliner Zeitung
      https://www.berliner-zeitung.de/berlin/mobike-startet-durch-berlin-bekommt-noch-mehr-orangegraue-mietraede

      Aufgeben? Warum denn? Während Wettbewerber schwächeln und ihr Angebot zurückfahren, hält der Mietradanbieter Mobike eine weitere Expansion für möglich – auch in Berlin. „Wir sind sehr zufrieden mit unserem bisherigen Erfolg als größter Anbieter in Berlin“, teilte Mobike-Sprecherin Ines Balkow mit. „Bei Bedarf und in Zusammenarbeit mit unseren Partnerstädten werden wir weitere Fahrräder in Berlin und anderen Märkten einsetzen.“ Auch E-Bikes werden künftig angeboten.

      Zuletzt gab es vor allem schlechte Nachrichten aus der Branche. Fußgänger beschwerten sich, dass zu viele Mieträder auf Gehwegen stehen. Der chinesische Anbieter Ofo kündigte an, dass er sich mit seinen knallgelben Räder aus Berlin und damit aus Deutschland zurückziehen will. Obike teilte mit, dass er in Singapur Insolvenz angemeldet hat. Wie es hierzulande mit der silbergelben Zweiradflotte weitergeht, ist ungewiss. Fest steht eigentlich nur eins: Mit der Vermietung von Fahrrädern lässt sich nicht viel Geld verdienen.

      #chaos

    • Oui, c’est une vidéo sympa mais derrière, c’est encore un bouquin chiant de Terre vivante ! À Ivry, à la Cyclofficine, c’est vachement des gens comme moi qui font aussi du vélo par économie. J’ai choisi l’an dernier d’acheter un Gitane d’occase plutôt qu’un B-Twin made in China neuf au même prix et je suis un peu allée à l’atelier pour l’entretenir ou régler des problèmes. D’habitude, j’ai toujours des ami·es comme @sandburg qui m’aident mais des fois je vais dans les assos, pour le matos et les conseils. Un jour à Berlin, comme je ne connaissais vraiment personne je suis allée chez un vélociste de Wedding, ça m’a coûté un peu cher mais vu le prix du métro, c’était vite remboursé ! J’ai rencontré des gens à l’atelier qui détestent faire les courses, font plein de récup, du vélo bricolé... et ont des boulots normaux derrière. Je me demande ce qu’ils font de leurs sous et je suis partagée sur ces vies de pauvres qui ont du fric : d’un côté, c’est un modèle positif pour des gens moins fièr·es de leur sort. De l’autre, c’est peut-être assez excluant, parce qu’ils (et moi) ont un ethos de bourge qui a de quoi déplaire à des gens de classe popu. De même que je suis partagée sur le DIY et que je préfère l’idée qu’il y ait un vélociste dans chaque quartier plutôt qu’un atelier vélo hyper participatif dans chaque ville.

    • Mon père n’a jamais su réparer un vélo au-delà d’une crevaison, et il a 80 balais… Sur le discours de « les enfants savent plus rien faire » je peux vous raconter le contraire, je fait partie d’un atelier vélo de ville moyenne (800 adhérents / an, 90% vivant à moins d’un km de l’atelier), membre d’un réseau national de plus de 200 ateliers participatifs : https://www.heureux-cyclage.org/les-ateliers-en-france.html

      On apprend à réparer des vélos à des gens de tous les âges et tous les horizons, et il y a plusieurs collèges et lycées qui ont monté leur propre atelier vélo (on ne fournit que les outils et des formations si c’est demandé), animé par les élèves eux-même.

      De mon point de vue il n’y a jamais eu autant de monde curieux de savoir réparer son vélo et capable de le faire, et surtout beaucoup de jeunes :)


  • Orang Asli school dropout rate still serious
    https://m.malaysiakini.com/news/441468

    Lack of motivation

    The Orang Asli’s low socio-economic status and insular existence tend to impede the educational development of the community. The elders show no interest in improving their standard of living and their children, thus, follow suit.

    “Many of them are satisfied as long as their children know the alphabet and can read. They feel that since they live in the village, there’s no need for their children to pursue higher studies. They still haven’t realised the importance of education,” Isa lamented.

    This is why, he added, it was important to produce Orang Asli icons who could motivate them and act as role models.

    "When an Orang Asli village manages to produce an icon who has attained educational excellence, the other villagers will also want to follow in his or her footsteps.

    “As I always say, every successful Orang Asli owes it to the government and he or she must pay back to their community by motivating them to study and making them realise how important education is,” added Isa.

    #école #peuples_autochtones #Orang_Asli

    Le non-dit de cet article, c’est qu’une des raisons pour abandonner l’école ou ne pas y envoyer les gosses, c’est qu’ils et elles y subissent de la propagande religieuse et des encouragements excessifs à adopter l’islam (ce qui n’est pas le cas des autres communautés, qu’on laisse tranquilles parce qu’elles ont « une vraie religion », comme les Chinois·es ou les Indien·nes). Contre le génocide culturel, une des réponses de ces pauvres gens est de ne pas scolariser leurs enfants, ce qui leur vaut cet article condescendant.


  • Where are the brown people? Crazy Rich Asians draws tepid response in Singapore | Film | The Guardian
    https://www.theguardian.com/film/2018/aug/21/where-are-the-brown-people-crazy-rich-asians-draws-tepid-response-in-si

    It has been heralded as a milestone for representation of Asian people on screen, the first Hollywood blockbuster to feature an all-Asian cast in 25 years.

    But Crazy Rich Asians, which raked in $26.5m (£21m) at the US box office over the weekend, has proved polarising among the community it is supposed to represent, many of whom have said it perpetuates racist stereotypes and presents a single version of Asia that is “palatable” for Hollywood audiences.
    ’We’re part of a greater movement’: Hollywood finally gives Asian stories a spotlight
    Read more

    The film, set in the opulent world of Asia’s hyper-wealthy in Singapore, is an adaptation of a popular book by Kevin Kwan. The story follows a New York University professor who flies to Singapore to meet her boyfriend’s family, only to discover they own one of Asia’s largest fortunes. A whirlwind of wealth, champagne, extravagant parties and designer handbags follows.

    The film has been praised by critics, both for challenging the norms of Hollywood, where Asian characters are few and far between, and often played by a non-Asian actor, but also for being a highly enjoyable “glimpse through the curtains at an intensely insular world, the 1% of the 1%”.

    #film #singapour

    • Ça fait plusieurs trucs que je vois passer sur FB (dont The Asian Feminist que j’aime beaucoup) à propos de CRA (ça va plus vite pour en parler) et son refus d’envisager l’existence d’autres personnes que les Sino-Singapourien·nes dans la cité-État : Malais·es et Tamoul·es sont purement ignoré·es. J’ai rajouté ma petite pierre au débat : ça a aussi l’air d’un film de #téléphones_blancs, d’un film qui se passe chez les riches comme si c’était la seule classe sociale digne d’exister. Franchement, des critiques qui saluent un « all-Asian » cast sans se poser la question de ce qu’est Singapour (un des pays où Asian peut signifier chinois·e, indien·ne, malais·e) ni cette question de classe, c’est craignos.

      Pour info, l’an dernier Singapour avait envoyé au festival du film de l’Asean à Paris (mini-festoche) un film à sketches qui montrait une variété de populations singapouriennes... Une famille de militaires tamouls, une famille de Chinois·es en vadrouille en Malaisie sur la tombe des ancêtres, une équipe de cinéma assez largement malaise, etc. Pas génial mais mignon.


  • Quelques #graffitis vus au #Cambodge, et plus précisément sur la #montagne #Bokor (sur lequel je ferai probablement un post dans les prochains jours, car l’histoire est fort intéressante) :


    #toblerone

    Quelqu’un reconnaît l’identité de ces personnes qui ont été dessinées sur ce graffiti ?

    #Kampot #Cambodge #graffiti #art_de_rue #street-art
    cc @reka


  • Je voulais écrire sur le racisme pour mon blog mais j’ai l’impression de ne rien avoir de très original à dire. Il y a déjà plein d’intellos qui s’y sont collé·es et ça ne change rien mais j’aurais voulu dire à quel point toute cette haine contre d’autres, des groupes sociaux qu’on a du mal à identifier et dont au final on ne connaît rien, me semble être le résultat d’une ignorance vraiment crasseuse.

    Une copine singapourienne métisse tamoule-chinoise (qui parle français comme vous et moi, c’est à dire beaucoup mieux que 95 % de la population) me disait avoir été régulièrement identifiée en France à une Africaine et interrogée/insultée comme telle, ah ah @reka : « Il y a l’électricité, dans ton pays ? »

    Sur la colonisation, quand tu as été nourri·e de bêtises sur son caractère positif, quand tu gobes les mensonges sur les politiques occidentales « pas du tout prédatrices, non, non » en Afrique, tu te dis que ton pays a assez donné à tout ce monde, que s’ils ne s’en sortent pas c’est leur faute et qu’il faut savoir se prendre en main plutôt que de venir « on n’est plus chez nous ».

    Moi aussi, je gobais le truc sur l’Europe qui a équipé ses colonies en chemins de fer. Et puis j’ai lu Terre d’ébène d’Albert Londres et découvert qu’on n’avait pas « construit un chemin de fer aux nègres » avec nos petites mains mais qu’ils étaient morts par milliers pour des lignes qui leur étaient moins utiles qu’à « nous ».

    Aujourd’hui, en Malaisie par exemple


    vous pouvez observer sur la carte des tronçons « est-ouest » (le plus court chemin vers la mer) qui ne sont plus en usage (sauf celui vers Port Klang qui sert de RER à la capitale) alors que les lignes actuelles, qui innervent le pays, sont « nord-sud ». Ces tronçons, les premiers à être construits (Taiping-Port Weld est la première ligne du pays, c’était le cœur de l’industrie de l’étain), servaient à exporter l’étain ou le caoutchouc, pas à transporter les gens. Pareil à Java, les lignes actuelles sont est-ouest et les lignes désaffectées sont nord-sud, des tronçons qui constituaient le chemin le plus rapide pour les ports. Ça, je l’ai appris sur place ou en cours d’histoire dans le supérieur et c’est pas donné à tout le monde.

    Une fois les croyances établies dans les têtes, on ne peut plus faire grand chose, les lunettes déforment le monde de manière systématique. Par exemple, un biais a fait estimer la taille d’un Pygmée par les autorités douanières de notre pays, il y a quelques années, à 1,50 m alors qu’à l’université où il était chargé de cours tout le monde avait pu constater qu’il faisait plutôt 1,70 m.

    Cette co-construction d’une information et des biais psychologiques, l’ignorance entraînant la peur et réciproquement, est assez flippante dans des cas comme l’exagération dans les pays d’immigration du nombre de Musulman·es (majuscule pour suivre l’usage de Nedjib Sidi Moussa


    qui typographie comme ça les personnes assignées à cette religion). Quand les Français·es imaginent que les Musulman·es dans le pays sont 30 % alors qu’ils et elles ne sont que 7, et que cet écart est le plus gros observé en Europe, on voit comment ignorance et peur se nourrissent l’une de l’autre. Tu as peur ? Tu surestimes. Tu surestimes ? Tu as peur.

    Sur Twitter récemment avec le regretté @jean-no on s’est retrouvé face à un « patriote » convaincu que la criminalité explosait en France. Il s’appuyait sur un essayiste médiatique d’extrême droite et j’ai tenté de lui montrer qu’en matière de criminalité il y avait des recherches plus sérieuses faites sur la base des plaintes en justice, des enquêtes de victimation, qu’il y avait un monde entre notre expérience singulière (aussi vraie soit-elle) et le monde, que nous étions des mini-lorgnettes biaisées par les sentiments et que la sociologie servait à avoir des idées plus justes. JNL en a rajouté avec cette anecdote selon laquelle le visionnage de dix fois le même reportage sur un crime donne l’impression d’avoir vu dix crimes à la fin de la journée. J’ai peur que notre petit « patriote » (assez poli d’ailleurs, pour quelqu’un qui a commencé à menacer JNL de violence pour son appréciation d’un mauvais dessin) soit resté chez lui avec son ignorance, comme tant d’autres.

    Bref, je suis inquiète, en colère et j’ai pitié de tou·tes ces imbéciles qui font l’objet de manipulations, y compris de la part des belles âmes républicaines qui se glorifient de leur « égalité, fraternité » tout en justifiant le racisme d’État et en faisant vivre nombre de fables qui nourrissent le racisme.

    Et je mets un lien vers mon post d’hier sur la #blanchité : https://seenthis.net/messages/714627. J’écris ici que le racisme, c’est mal et que c’est un truc d’imbéciles alors que moi je suis très maligne mais je connais aussi mes préjugés, mes biais et je ne mesure pas l’ignorance sur laquelle ils sont fondés. Petit disclaimer donc pour préciser c’est du racisme le plus crasse et le plus décomplexé que je cause, celui qui s’exprime de plus en plus ouvertement (lien vers https://seenthis.net/messages/714826 que je vais bientôt écouter).

    Voilà ces quelques réflexions qui ne valent pas un billet de blog mais que je voulais poser par écrit.

    • mais j’aurais voulu dire à quel point toute cette haine contre d’autres, des groupes sociaux qu’on a du mal à identifier et dont au final on ne connaît rien, me semble être le résultat d’une ignorance vraiment crasseuse.

      Je ne suis absolument pas d’accord avec ça. Pour moi le racisme n’a rien à voir avec l’ignorance. Plutôt une éducation globale qui associe école, tous les services de l’état, la culture, le spectacle etc et ça marche très bien à des degrés divers selon les personnes, l’intérêt qu’elles peuvent retirer de cette attitude, leur rapport à leur famille d’origine et à la sédition par exemple.

    • « c’est à dire beaucoup mieux que 95 % de la population » un aspect encore occulté du probleme ; + 16OOO FRANçAIS sont morts en creusant le canal de Panama ; mais que pouvaient ils bien faire là bas ?

    • @alain1, c’est un réseau social un peu spécial qui pousse à l’humilité, quand tu vois le niveau des comparses...

      @ninachani, certainement que le racisme d’État n’est pas le fait d’imbéciles mais de personnes qui ont une belle culture et un agenda. Mais au quotidien, je vois des gens qui argument avec des outils pitoyables (fait divers contre étude scientifique, ignorance de l’histoire). Les uns manipulent les autres, leur collent des programmes scolaires merdiques, flattent leur ignorance. Ça marche parce que ça va dans le sens des intérêts de tou·tes les blanc·hes, de dénigrer les autres, mais aussi parce que ça plane vraiment bas, le débat public, et que les gens sont démunis d’outils. Les saletés racistes qu’on entend le plus sont un tissu de bêtises astronomiques, pas seulement des saletés porteuses de valeurs dégueulasses. Si je n’ai encore rien écrit, c’est aussi pour y réfléchir encore un peu en bonne compagnie.

      La vidéo que j’ai postée est la réponse d’une meuf fatiguée de remarques racistes ET ignorantes qu’on lui fait.


  • Disparition du vol #MH370 : le rapport final n’exclut pas « l’intervention d’une tierce partie »
    https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/07/30/disparition-du-vol-mh-370-le-rapport-final-n-exclut-pas-l-intervention-d-une

    Après quatre ans et demi d’enquête sur la disparition du vol MH370, l’équipe internationale d’investigation menée par la Malaisie a rendu public, lundi 30 juillet après-midi à Kuala Lumpur, son rapport final, intitulé « Rapport d’enquête de sécurité ».

    Depuis les premières heures de cette disparition, qui a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 mars 2014 alors que le Boeing 777 de la Malaysia Airlines (MAS) passait de l’espace aérien de la Malaisie à celui du Vietnam, les familles des 239 personnes à bord se sont habituées aux volte-face et aux contradictions des informations dispensées par les autorités au sujet de cette affaire. Bien que, comme le conclut le rapport, « l’enquête ait été incapable d’établir la véritable cause de la disparition de MH370 », le document, plutôt plus précis que nombre d’autres communiqués publiés sur le même accident, apporte toutefois un certain nombre d’éléments, au gré de ses 449 pages (et plus de 1 000 pages d’annexes).

    Tout d’abord, le rapport innocente explicitement le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, régulièrement accusé, notamment dans les médias australiens et américains, d’avoir commis un acte suicidaire. Kok Soo Chon, responsable en chef de l’enquête, a indiqué que le pilote avait bien sûr été la première personne sur laquelle l’enquête s’était concentrée, mais que l’on n’avait rien trouvé de problématique chez cet homme marié de 53 ans et père de trois enfants : aucun historique de maladie mentale ou de suivi psychiatrique, aucun passif d’utilisation de drogues, aucun problème financier… Il disposait en outre d’une très grande expérience (plus de 18 000 heures de vol) et d’une excellente réputation. Le rapport clarifie aussi que, contrairement à ce qui continue d’être fréquemment répété, rien de compromettant n’a été trouvé sur le simulateur de vol du pilote.

    En ce qui concerne les données radar qui ont permis d’étayer le scénario du « demi-tour » suivi d’un survol en sens inverse au-dessus la Malaisie (avant un détour dans le détroit de Malacca suivi d’un vol fantôme vers le pôle sud), le rapport admet que les changements d’altitude et de vitesse indiqués dans les documents précédents étaient bien au-delà des capacités techniques d’un Boeing 777, des aberrations déjà soulignées par Le Monde. Mais au lieu de remettre en cause la validité de ces données radar, le rapport choisit d’en retenir néanmoins la longitude et la latitude, ces éléments étant jugés « raisonnablement exacts ».

    Selon nos informations, l’enquête française, qui a de longue date demandé ces données radar, notamment lors de la commission rogatoire en Malaisie de décembre 2015, ne les a jamais obtenues. Si ces images prouvent que le vol MH370 a véritablement survolé la Malaisie en sens inverse, il est difficile de comprendre pourquoi la Malaisie ne les a jamais partagées. Deux sources affirmant avoir vu ces images ont indiqué au Monde qu’elles étaient au contraire incompatibles avec un Boeing 777, non seulement car la « cible » volait trop vite et trop haut, mais aussi tout simplement parce que le « retour » était beaucoup trop petit pour un Boeing 777.

    Le rapport écarte en outre explicitement l’éventualité d’une avarie grave comme explication plausible au virage de 180 degrés que l’avion aurait effectué peu après avoir disparu des écrans radar. Autre élément nouveau, le rapport consacre plusieurs paragraphes à la technologie de prise de contrôle à distance d’un avion, avec désactivation de tout contrôle par les pilotes. Bien que les enquêteurs confirment que Boeing a déposé le brevet de cette technologie en 2003 (officiellement brevetée en 2006), ils indiquent que Boeing n’a encore installé cette technologie sur aucun avion civil.

    Ayant exclu l’avarie et un acte de folie du commandant de bord, les enquêteurs concluent leur rapport en insistant sur « le manque de preuves » tant pour confirmer l’hypothèse du scénario officiel que pour la démentir. La phrase la plus surprenante de tout le rapport arrive dans l’avant-dernier paragraphe, quand les enquêteurs indiquent « ne pas exclure l’intervention d’une tierce partie ». Ils ne précisent toutefois pas ce qui les a amenés à cette idée, ni de quelle tierce partie il pourrait s’agir.

    Le chef de l’équipe de l’enquête a d’ailleurs indiqué qu’il avait été extrêmement laborieux de mettre toutes les parties d’accord sur la version finale du rapport. L’équipe était constituée de 19 experts malaisiens ainsi que des représentants accrédités de sept bureaux d’enquête, dont les enquêteurs américains (NTSB), britanniques (AAIB), australiens (ATSB), singapouriens (TSIB), chinois (CAAC), français (BEA) et indonésiens (NTSC). Des conseillers de l’avionneur Boeing, du fabricant du moteur Rolls Royce ainsi que d’Inmarsat, le fournisseur du service de Satcom, le système de communication par satellites, y ont également participé.

    Les familles des disparus du MH370 avaient espéré que le nouveau gouvernement malaisien, élu en mai, aille jusqu’au bout de l’enquête, mais elles se sont déclarées une nouvelle fois déçues. Le prochain premier ministre, Anwar Ibrahim, qui devrait prendre les rênes du gouvernement d’ici deux ans, a déclaré au Monde qu’il irait, lui, jusqu’au bout de cette enquête. « Il y va de notre sécurité nationale de savoir exactement ce qui s’est passé avec cet avion. »


    • Mustafa, c’est le mall énorme consacré aux fringues ?

      Cette année, j’ai vu Singapour depuis Lavender. Pas loin d’un des gros points de départ de cars pour la Malaisie, pas loin de Changi, pas loin du centre. Et l’esprit de Singapour y est : petit hub de transports en commun avec parking vélo très fourni, des tours d’habitation, quelques shophouses plus loin, un food court 24/24 (où travaille une vieille dame avec une maladie de peau très étrange, j’essaie de me concentrer sur mon petit-déjeuner) et un petit mall à la sortie du métro.

      Mes attractions : l’ambassade indonésienne vers Orchard Street et je suis passée dans les malls bien classe d’Orchard pour remplacer mes pantalons. (Les patchs norvégiens n’ont pas du tout tenu, j’ai peut-être mal réglé la température du fer ou bien attendu que les déchirures soient bien trop larges.)

      J’aime bien Singapour, malgré tout. Et beaucoup plus quand je viens d’Europe que quand je viens d’Asie.


  • En #Malaisie, polémique sur l’embauche d’un conseiller issu de la communauté #LGBT dans un ministère.

    Syed Saddiq Says His Ministry Has Not Yet Appointed A Single Officer
    http://says.com/my/news/syed-saddiq-denies-appointing-first-openly-gay-member-of-government

    Newly minted Youth and Sports Minister Syed Saddiq Syed Abdul Rahman came under fire after it was reported that he had hired a member of the lesbian, gay, bisexual and transgender (LGBT) community as a press officer

    Le ministre dément, il n’aurait encore embauché personne, mais la polémique a pris de l’ampleur et les réseaux sociaux bruissent de défense de ce militant.

    Numan Afifi Says It Is « Impossible » To Work For The Government After Anti-LGBT Backlash
    http://says.com/my/news/numan-afifi-says-anti-lgbt-backlash-make-it-impossible-to-work-under-the-gover

    Today, 9 July, Numan Afifi spoke out regarding the controversy surrounding his alleged appointment as a special officer by Youth and Sports Minister Syed Saddiq Syed Abdul Rahman

    C’est l’occasion de dire à quoi va ressembler « Malaysia baru », la nouvelle Malaisie, et d’engagements publics contre les discriminations. Le sujet est un peu touchy puisque l’homosexualité est interdite en Malaisie, que l’ancien leader de l’opposition Anwar Ibrahim vient de sortir de prison après une condamnation pour sodomie (justifiée, pas justifiée ?) et va prendre sa part du pouvoir... Rien que le fait d’en parler dans ces termes est assez nouveau puisque la défense d’Anwar était centrée sur le mensonge de l’accusation alors que Nunan est ouvertement gay et militant.


  • Au sommaire du n°167 - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167

    Dossier : Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien

    Non, CQFD ne s’est pas proposé de gâcher vos vacances. Mais de questionner un pervers saucissonnage du temps et des espaces au nom du droit aux loisirs qui, contrairement à ce que font miroiter les guides touristiques, ne nous fait vraiment pas la vie belle.

    Pour Jean Mistler, « le tourisme est l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux ». En écho à ce bon mot, et alors que la dimension bronzée et en tongs de la mondialisation bat son plein, la « tourismophobie » prend de l’ampleur partout en Europe.

    L’été dernier, la presse quasi unanime s’est émue des manifestations - portant des slogans comme « Mort au tourisme ! » ou « Tourist go home ! » - qui ont troublé la quiétude des visiteurs en Espagne, en Italie, au Portugal et même en Croatie.

    Dans son édition du 17 août 2017, La Dépêche du Midi publie le témoignage d’un couple de Bretons, habitué des festivités traditionnelles de Donostia (San Sebastián) et très chagriné par cette incompréhensible vague de rejet. « Nous devions rester jusqu’à samedi, mais avec la manifestation anti-touristes qui a lieu ce jeudi, en ouverture des fêtes de la ville, on préfère s’en aller, pour ne pas risquer d’être agressés. »

    Avant de conclure sur ces « cafés et restaurants du quartier antique [qui] promettaient aussi de rester fermés, pour ne pas être la cible de possibles débordements de manifestants », le journaliste du quotidien régional insiste sur la crispation identitaire et nationaliste qu’il croit déceler chez les protestataires. Ne manquerait qu’un relent xénophobe pour en faire des salauds de fascistes ? En tout cas, de fameux hypocrites, ces énergumènes, tant la manne touristique semble incontournable aujourd’hui ! Au niveau local d’abord, notre plumitif de La Dépêche, encore lui, tient à ramener tout le monde à la raison économique. Avec deux millions de visiteurs annuels, les retombées du tourisme « profiteraient directement » à 35 % de la population de la ville basque. On n’est donc plus très loin de la mono-activité (ou de la « monoculture », comme disent les assemblées de quartier de Barcelone en lutte contre la « touristification » de leur ville)…

    Au niveau global ensuite, d’après l’Organisation mondiale du tourisme et diverses institutions représentant les professionnels du secteur, la contribution totale de l’industrie touristique au PIB planétaire s’élèverait à 10 %. Davantage encore que les industries automobile, pétrolière, agro-alimentaire, de la drogue ou des armes ! Mais tellement plus inoffensive, diront certains... C’est à voir. Les dégâts environnementaux et culturels crèvent les yeux de qui veut bien regarder. Et ce sont loin d’être les seuls. Énumérer les pseudo-bienfaits de ce méga-business revient déjà à lister ses néfastes conséquences. Dire que près de 300 millions d’emplois à travers le monde dépendent des allées et venues de près d’un milliard et demi de touristes (dont la moitié en Europe, même si le Vieux Continent perd chaque année des parts de marché au profit de l’Amérique du Nord et de l’Asie), c’est parler de pollution, de massification et d’exploitation. Et d’un lobby surpuissant.

    Par conséquent, il ne faudrait pas que les anti-touristes viennent perturber trop longtemps la bonne marche d’affaires aussi juteuses. De la même manière que des pays comme la Thaïlande, le Guatemala ou le Maroc ont sanctuarisé leurs zones touristiques pour les protéger de la petite délinquance ou du péril terroriste, verra-t-on les pays riches criminaliser ces mouvements de protestation ?

    En attendant, saluons cette prise de conscience qui gagne partout du terrain : le tourisme est l’ennemi radical du voyage, de l’hospitalité, des territoires et de toute idée d’émancipation. Mort au tourisme, donc. Qu’il soit en nous ou hors de nous.

    Bruno Le Dantec et Iffik Le Guen

    Avec ma petite contribution...

    Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant « volontouriste », pigiste (CQFD a publié son reportage sur les réfugié.e.s rohingya en Malaisie), étudiante à Langues O’ ou prof de français en tongs. Et se pose la question : comment cesser d’être touriste ? Est-ce seulement possible ?


  • L’art de la guerre dans Starship Troopers- 1 Les Américains et la Première guerre interstellaire.
    https://lavoiedelepee.blogspot.com/2018/06/lart-de-la-guerre-dans-starship.html?spref=tw

    Starship Troopers (Etoiles, garde à vous ! dans la version française) de Robert Heinlein n’est pas une fausse Histoire, ni un traité de stratégie, mais l’aventure d’un individu ordinaire plongé dans une situation extraordinaire, en l’occurrence un simple soldat au cœur d’une guerre interstellaire. Outre que le héros est probablement philippin, Heinlein se démarque de cet argument très américain du héros modeste en ne tordant pas la situation jusqu’à l’absurde (l’éternel point faible de l’Etoile noire dans la saga Star Wars par exemple) afin de lui permettre d’avoir des effets stratégiques, voire de sauver le monde, à lui tout seul.

    Juan Rico gravit simplement les échelons de simple soldat à chef de section de l’Infanterie mobile (IM). Il voit peu de choses mais il les voit bien et la description de son univers immédiat, même s’il combat en scaphandre des Arachnides géants, est une des plus réalistes qui ait jamais été faite de la vie d’un fantassin. Dans le même temps, et c’est ce qui va nous intéresser ici, écrit en 1959 Starship Troopers (ST) est une aussi une excellente description de la manière dont on voit la guerre à cette époque aux Etats-Unis, à l’ère de l’atome et du communisme triomphant.

    Dans Starship Troopers, la guerre est une affaire entre Etats, trois en l’occurrence : la Fédération terrienne, les Squelettes (Skinnies dans la version originale, terme repris en 1992-93 par les soldats américains pour désigner les Somaliens) dont on sait peu de choses et un Empire arachnide qui ressemble fort à la Chine communiste.

    Pas question donc, malgré le spectacle contemporain des conflits en Indochine, Malaisie ou en Algérie d’évoquer la lutte entre des Etats et des rébellions armées. Heinlein, grand voyageur, les connaît pourtant bien. Son héros dans ST cite comme grand stratège Ramon Magsaysay, organisateur de la guérilla aux Philippines pendant l’occupation japonaise avant d’en devenir le Président. Ceux de Révolte sur la Lune (1966) seront également des révolutionnaires mais cela se passe déjà pendant la guerre du Vietnam.

    Au moment de la parution du roman, Heinlein reste plutôt dans le cadre d’une vision militaire américaine comprend mal cette forme de guerre. Politiquement, elle est associée à la décolonisation, affaire qui ne concerne pas les Etats-Unis. Techniquement, la guérilla est considérée comme un harcèlement mené par des partisans à partir d’un milieu difficile généralement en liaison, comme en Corée, avec une armée régulière sur la ligne de front. Pour le commandement américain, il s’agit simplement d’un combat « léger » à mener donc aussi par une infanterie légère, qui par son excellence et ses appuis, ne pourra manquer de l’emporter. Heinlein est plus subtil dans la mesure où par de nombreux aspects, c’est son Infanterie mobile (IM) qui va conduire une guérilla. Nous y reviendrons.


  • Les 50 ans de l’affaire #Bührle

    Depuis des mois déjà, Fritz Real soupçonne qu’un grand nombre de canons anti-aériens suisses exportés illégalement ne soient utilisés dans la guerre civile nigériane. Le 12 juin 1968, l’ambassadeur de Suisse à Lagos obtient la preuve décisive : « Les informations que j’ai reçues aujourd’hui de source sûre démontrent qu’il y a bel et bien une violation flagrante de la réglementation suisse en matière d’exportation par l’entreprise Bührle & Co. », écrit le diplomate à Berne il y a exactement 50 ans. Real recommande au Département des Affaires étrangères d’« examiner minutieusement » l’affaire (dodis.ch/33502). Les autorités mettront ensuite au jour le plus grand scandale d’exportation d’armes de l’histoire de la Suisse.

    Les #canons suisses tirent-ils sur les avions suisses ?

    Dans le Nigeria post-colonial, plusieurs conflits éclatent après l’indépendance pour la domination politique. Le Conseil fédéral décrète une interdiction d’exportation de matériel de guerre vers ce pays d’Afrique de l’Ouest en avril 1967, avant même que la sécession de la région est-nigériane du Biafra ne mène à l’éclatement d’un conflit ouvert. La guerre civile nigériane et la famine dévastatrice qu’elle a provoquée ont suscité en Suisse une attention médiatique sans précédent et un large engagement humanitaire de la part du gouvernement, des œuvres d’entraide et de la population. L’idée que des « avions charters suisses du CICR pourraient être abattus par des canons suisses » contribue de manière significative au scandale de l’#affaire_Bührle ( dodis.ch/33501).

    Falsification de déclarations de non-réexportation

    Les autorités découvrent peu à peu l’ampleur du scandale : Bührle a contourné l’embargo et livré une centaine de canons de 20mm au Nigeria. Elles ont été trompées par de fausses déclarations de non-réexportation, qui indiquaient que les canons étaient vendus à l’Éthiopie. Ceux-ci étaient en fait détournés vers le Nigeria en dépit de l’interdiction d’exportation (dodis.ch/33452). Il s’avère bientôt que les livraisons de Bührle au Nigeria ne sont que la pointe de l’iceberg : des livraisons destinées soi-disant à la France, la Belgique, l’Iran et l’Indonésie ont également été détournées vers des pays sous embargo (Israël, Égypte, Arabie saoudite, Liban et Malaisie). Près des deux tiers des armes sont cependant allées en Afrique du Sud – frappée depuis décembre 1963 d’une interdiction d’exportation décrétée par le Conseil fédéral ( dodis.ch/48480 ).
    Arrêt clément du Tribunal fédéral

    Alors même que le Conseil fédéral dispose d’indices évidents depuis des mois, ce n’est qu’à la fin 1968 que sont initiées des procédures d’enquêtes policières à l’encontre de membres de la fabrique d’Oerlikon (dodis.ch/33499 et dodis.ch/33433). Les enquêteurs découvrent qu’entre 1963 et 1968, l’entreprise a fourni à des pays sous embargo pour environ 90 millions de francs de matériel de guerre – soit environ 16% du chiffre d’affaires des ventes d’armes de Bührle. La confiance des autorités a été « abusée sans vergogne pendant des années » par les accusés. « Leurs pratiques dans l’affaire du Nigeria ont été particulièrement répréhensibles. » En novembre 1970, le directeur Dieter Bührle est condamné à 8 mois de prison et une amende de 20’000 francs en raison d’une infraction à l’arrêté du Conseil fédéral concernant le matériel de guerre. Trois de ses collaborateurs sont condamnés à une détention de 15 à 18 mois pour faux dans les titres. Toutes les peines ont été prononcées avec sursis. L’arrêt est relativement indulgent dans la mesure où il manque une base légale permettant de condamner les exportations illégales (dodis.ch/36188).
    Initiative pour l’interdiction d’exportation d’armes de 1972

    Les conséquences du scandale Bührle dépassent le cadre judiciaire et pénal. Plusieurs interventions parlementaires alimentent un intense débat public sur les exportations de matériel de guerre. Dans la foulée, les autorités renforcent les mécanismes de contrôle et les pratiques en matière d’octroi de licences pour l’exportation d’armes (dodis.ch/35692). Le dilemme fondamental n’est pourtant pas résolu : « Les principes suisses régissant les exportations ne ressortissent guère de la morale, mais bien de l’opportunisme », souligne sans détour une notice interne à l’administration datant de 1971 : « Par honnêteté, nous ne devrions pas sans cesse le dissimuler » (dodis.ch/35572). L’initiative populaire « pour le contrôle renforcé des industries d’armement et pour l’interdiction d’exportation d’armes » propose une solution radicale. Elle échoue de justesse dans les urnes en 1972, avec 49,7% de voix favorables.
    « Affaiblissement de l’industrie d’armement et de la défense nationale »

    La nouvelle loi fédérale sur le matériel de guerre entrée en vigueur en 1973 restreint enfin davantage l’exportation d’armement. Aucune autorisation n’est désormais délivrée à destination de territoires « où des conflits armés ont éclaté ou menacent d’éclater ou dans lesquels règnent des tensions dangereuses ». Par ailleurs, la livraison d’armes ne doit pas « compromettre les efforts de la Confédération dans le domaine des relations internationales, notamment en ce qui concerne le respect de la dignité humaine, l’aide humanitaire ou l’aide au développement ». Dans un discours public tenu en 1977, Dieter Bührle regrette ces dispositions qu’il considère comme un « affaiblissement de l’industrie d’armement suisse et donc de la défense nationale » – « même si, à l’époque, nous avons fourni un motif non négligeable en faveur de l’élaboration d’une telle réglementation » (dodis.ch/50324).

    Tous les documents Dodis sur l’« affaire Bührle » se trouvent sur dodis.ch/T622. D’autres informations sur le lien entre la guerre civile nigériane et la découverte de l’affaire Bührle se trouvent dans le volume 5 de la série Quaderni di Dodis : « SOS Biafra » (dodis.ch/q5).

    https://www.dodis.ch/fr/dossiers-thematiques/e-dossier-les-50-ans-de-laffaire-buhrle
    #histoire #armes #commerce_d'armes #Suisse #Biafra #Nigeria #guerre #conflit


  • Malaisie / Cabotage (1) Malacca - Philippe Revelli
    http://philipperevelli.com/cabotage-1-malacca

    Première étape d’un périple le long des côtes de la péninsule malaise, de Sumatra, de l’archipel de Riau et du golfe de Thaïlande avec, comme fil directeur, des bateaux et ceux qui les montent – cargos, pétroliers, chalutiers, remorqueurs, barges, ferries ou pirogues, matelots et capitaines ad oc, pêcheurs ou pirates : ils seront nombreux à peupler les pages de ce journal de bord.

    Cabotage / sommaire
    Malacca
    Malacca (suite)
    Johor Bahru
    Singapour
    Batam
    A bord du KM Kelud
    Port de Belawan
    Pekanbaru
    Karimun Besar
    Karimun Besar (suite)
    Songkhla, port de pêche
    Songkhla, port de pêche (suite)
    Songkhla, port de pêche (suite 2)
    Songkhla, port de pêche (suite 3)
    Songkhla, port de pêche (fin)
    Phnom Penh
    Phnom Penh (suite)
    Kampong Chhnang
    Manille

    #photographie #reportage #Asie #travail #économie #pêche #exploitation #environnement #pirates


  • En Malaisie, la traductrice qui en savait trop

    https://www.lemonde.fr/international/article/2018/05/28/en-malaisie-la-traductrice-qui-en-savait-trop_5305535_3210.html

    Une jeune Mongole assassinée, des commissions occultes, un ex-premier ministre sur la sellette : après l’arrivée d’un nouveau gouvernement, la justice va-t-elle rouvrir le dossier ?

    La Mongole était jolie et résidait en Malaisie, où elle avait été la maîtresse d’un conseiller du ministre de la défense d’alors, et peut-être même celle du ministre lui-même. Elle avait 28 ans, elle était traductrice. Elle parlait, outre le mongol, le russe, le chinois, l’anglais et un peu le français. Elle s’appelait Altantuya Shaariibuu. Et elle en savait trop.

    Altantuya s’était retrouvée, notamment en raison de ses contacts sur l’oreiller, indirectement associée – ou impliquée – dans l’affaire de la vente de trois sous-marins à la Malaisie par la France en 2002, un scandale d’Etat dont l’onde de choc continue aujourd’hui de se propager dans l’Hexagone : en juillet 2017, un ancien président de la Direction des constructions navales et un ex-directeur général délégué du groupe français Thales (ex-Thomson), ont été mis en examen pour « corruption active ». Récipiendaires probables de commissions illégales versées en Malaisie : des responsables au plus haut niveau du gouvernement. Les Français avaient de bonnes raisons de mettre la main au portefeuille pour graisser la patte aux bonnes personnes : le contrat s’élevait à près d’un milliard d’euros…

    Le corps pulvérisé

    Altantuya Shaariibuu a payé au prix fort, de la manière la plus terrible et la plus spectaculaire qui soit, le fait d’en savoir trop : le 18 octobre 2006, elle est enlevée en plein Kuala Lumpur par deux policiers d’un corps d’élite de gardes du corps rattaché au bureau du premier ministre. Traînée de force dans un véhicule banalisé, elle est emmenée dans le faubourg de Shah Alam, à la sortie de Kuala Lumpur. Là, elle est abattue d’une balle dans la tête avant que des explosifs de type C-4 soient placés sur son corps. Le cadavre d’Altantuya est pulvérisée au point que l’on ne retrouvera presque rien d’elle.

    La raison de cet assassinat s’explique très probablement par le fait que la jeune Mongole était en train de faire chanter son ancien amant, Abdul Razak Baginda, à l’époque directeur d’un cercle de réflexion mais aussi proche de Najib Razak, alors ministre de la défense. Ce dernier allait ensuite devenir premier ministre, jusqu’à la spectaculaire défaite de son parti aux élections du 8 mai dernier…

    Altantuya Shaariibuu avait en effet été arrêtée alors qu’elle faisait un scandale devant la résidence d’Abdul Razak Baginda, vociférante et menaçante. Elle avait auparavant exigé de son « ex » qu’il lui verse une commission de 500 000 dollars, promise mais non versée. Faute de quoi elle révélerait les secrets des troubles combines autour de la vente des sous-marins. Après son meurtre, des photos ont circulé, la montrant en train de festoyer en des temps plus heureux, dans un restaurant parisien avec Baginda et… Najib Razak. Peut-être était-elle aussi l’amante de ce dernier, ont laissé entendre certaines rumeurs.

    Réouverture du dossier

    L’échec électoral de « Najib » et de son parti a des chances de provoquer la réouverture d’un dossier (scandale des sous-marins et donc, du même coup, l’assassinat d’Altantuya) mis sous le tapis depuis des années. Et Najib Razak, déjà empêtré dans un scandale d’Etat où il est soupçonné d’avoir siphonné l’équivalent de plus de 600 millions d’euros de fonds publics sur son compte en banque, pourrait se retrouver, si les langues se délient un peu trop, impliqué cette fois, non seulement dans une affaire de corruption mais aussi, fut-ce indirectement, dans un assassinat…

    « Il faut que le nouveau gouvernement relance l’enquête sur l’affaire de la vente des sous-marins [français] », vient de déclarer l’ancien juge de la haute cour, Gopal Sri Ram. Le 16 mai, le président de Mongolie, Khaltmaagiyn Battulga, a adressé un message de félicitations au nouveau premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, qui avait déjà été auparavant premier ministre et l’était encore quand le contrat des sous-marins fut signé entre la France de Jacques Chirac et la Malaisie : « L’assassinat d’Altantuya Shaariibuu a créé une atmosphère défavorable entre nos deux pays et j’espère sincèrement que votre Excellence accordera toute son attention [à ce cas] afin que justice soit rendue », écrit notamment le chef d’Etat mongol.

    L’ONG malaisienne Suaram, qui a demandé que des poursuites judiciaires soient diligentées à propos du scandale des sous-marins, a engagé à Paris l’avocat William Bourdon. Ce dernier vient de dire aux journalistes du site en ligne Malaysiakini qu’il était prêt à se rendre cet été à Kuala Lumpur, pour « briefer » le nouveau gouvernement sur l’affaire.

    Des ordres venus de très haut

    Une voix lointaine pourrait s’avérer cruciale dans le « dossier » Altantuya Shaariibuu : l’un de ses deux agresseurs, Sirul Azhar Umar, condamné à mort en 2009 par une cour malaisienne, mais sans qu’aucun mobile de son meurtre n’ait alors été invoqué, est en prison en Australie. Il s’y était enfui en 2014 alors que sa condamnation était jugée en appel en Malaisie et qu’il avait été libéré sous caution.

    De sa prison, il a donné plusieurs interviews, dans lesquelles il a assuré avoir servi de « bouc émissaire ». Il a parfois laissé entendre que les ordres d’assassiner la jeune Mongole venaient de très haut. Le jour précédant son incarcération en Australie, en 2015, conséquence d’une demande faite par Interpol, Sirul avait envoyé un mystérieux SMS à un contact, resté anonyme, mais qui aurait été proche des services de renseignements malaisiens.

    « Salut patron. Je suis en difficulté. Je veux deux millions de dollars australiens avant que vous veniez me rendre visite. Je ne reviendrai pas en Malaisie. Je ne veux pas faire tomber le premier ministre. »
    Lire aussi : Mahathir et Anwar, un improbable tandem à la tête de la Malaisie

    Plus tard, Sirul se rétracta, comme s’il réalisait qu’il lui fallait ménager ses arrières : des émissaires du parti de Najib Razak étaient venus le voir dans sa cellule. Il jura par la suite au site Malaysiankini « qu’au Nom de Dieu, l’honorable premier ministre Najib Razak n’a jamais été impliqué dans [le meurtre d’Altantuya] et n’a jamais eu de liens avec cette affaire ».

    Mais l’« honorable » premier ministre, qui n’a jamais été très « honorable », n’est plus premier ministre. Le 1er juin, l’ancien flic et ci-devant assassin devrait à nouveau comparaître devant la justice australienne. Osera-t-il révéler tout ce qu’il sait ?


  • Pour vendre des Rafale à la Malaisie, la France autorise l’huile de palme dans le carburant
    https://reporterre.net/Pour-vendre-des-Rafale-a-la-Malaisie-la-France-autorise-l-huile-de-palme

    Feu vert pour la « bioraffinerie » Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. C’est ce qu’a décidé la préfecture avec l’assentiment du ministère de la Transition écologique et solidaire, ce mercredi 16 mai. La production de 500.000 tonnes de « biodiesel » devrait donc démarrer à l’été. Pourtant, le projet, parce qu’il va induire une importation massive d’#huile_de_palme, suscite de sérieuses inquiétudes à cause de ses conséquences sur la #déforestation des #forêts tropicales. Pourtant, le ministre Nicolas Hulot s’était prononcé à l’été 2017, lors de la présentation de son plan #climat, pour la fin des importations de produits agricoles ou forestiers contribuant à la déforestation des « trois plus grandes forêts tropicales du monde ». « La déforestation est responsable de 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales », avait-il alors considéré.

    L’huile de palme, un produit miracle pour les industriels : peu cher et facile à transformer. Source de graves atteintes à l’#environnement, il perd de plus en plus de crédibilité auprès des consommateurs. Ainsi, son utilisation dans l’#agroalimentaire chute (- 1,1 million de tonnes de 2010 à 2014). Mais son intégration dans les #agrocarburants ne cesse d’augmenter, de 8 % à 45 %. En France, 75 % de l’huile de palme consommée l’est sous forme de carburant. L’Indonésie et la Malaisie sont les principaux producteurs d’huile de palme. Dans ces pays, une déforestation massive conduit au remplacement de la forêt tropicale par des #plantations de palmiers à huile. Des plantations prennent également place sur les tourbières, des écosystèmes d’une grande biodiversité et qu’il est nécessaire de sauvegarder face à l’enjeu climatique car ils captent une grande part du carbone qui ne finit pas en gaz à effet de serre.

    #industrie_palmiste


  • كيف يمثل فوز تحالف « مهاتير محمد » خسارة للسعودية والإمارات؟ | الخليج الجديد
    http://thenewkhalij.news/ar/%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D8%A9/%D9%83%D9%8A%D9%81-%D9%8A%D9%85%D8%AB%D9%84-%D9%81%D9%88%D8%B2-%D8%AA

    La victoire en Malaisie de Mahathir Mohamad est aussi une méchante défaite pour l’Arabie saoudite et les Emirats qui ont dépensé beaucoup d’argent en faveur de son rival Najib Razak.

    #indonésie


  • Le mode opératoire des assassinats menés par le Mossad
    Ali Younes – 22 avril 2018 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine – Fadhma N’sumer
    http://www.chroniquepalestine.com/mode-operatoire-assassinats-menes-par-mossad

    Une fusillade mortelle en Malaisie met en lumière la politique de l’agence d’espionnage israélienne dans les assassinats ciblant les représentants palestiniens.


  • Facebook : un test à la con et soudain la démocratie s’effondre | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/159379/facebook-cambridge-analytica-trump-democratie

    Le problème c’est qu’un président, ce n’est pas un tube de dentifrice. En délivrant un message politique différent à chaque catégorie d’électrices et d’électeurs, un message répété à l’infini, un message qui joue sur des émotions, on se situe exactement dans l’inverse du débat d’idées. Une membre de l’équipe numérique de campagne de Donald Trump a expliqué qu’une mère de famille intéressée par la garde d’enfant ne voudrait pas voir une pub pleine de guerre et de violence. L’équipe de Trump lui montrait alors un spot doux et chaleureux : « Il nous arrivait assez souvent de produire trente-cinq ou quarante-cinq mille itérations de ce type de pub au quotidien. »

    On est dans une forme de manipulation psychologique et émotionnelle. Cambridge Analytica explique que le vote se joue sur deux émotions : la peur et l’espoir. Et que les gens ne savent pas que quelque chose leur fait peur tant qu’on ne leur a pas montré. Évidemment, à Athènes, des orateurs pouvaient user de démagogie, mais ils le faisaient face à l’ensemble des citoyens en même temps. Ils n’allaient pas chez les votants la nuit pour les harceler avec leurs pires craintes. Cette manipulation est très efficacement renforcée par l’usage des fake news. (L’un des principaux investisseurs de Cambridge Analytica est également un des fondateurs de Breitbart News, site d’extrême droite soupçonné de fake news.)

    Cambridge Analytica ne s’arrête pas là. Dans un court et incroyable reportage (en anglais mais je vous le conseille), Channel 4 a filmé un dirigeant de l’entreprise en train d’expliquer qu’ils font appel à des sous-traitants qui recrutent des anciens agents des services secrets britanniques et israéliens : « On a employé une organisation différente pour un projet très réussi dans un pays d’Europe de l’Est, personne ne savait qu’ils étaient là, ils sont venus, ils ont fait le boulot, ils sont partis, et ils nous ont fourni du très bon matériel. »

    Cambridge Analytica est payé pour pratiquer une forme de « highjacking » de la démocratie. Savoir à quel point il fonctionne est impossible. Si vous avez une opinion désastreuse de Donald Trump, vous aurez tendance à penser que sa victoire est la preuve de la réussite de ces techniques de manipulation. Si vous détestez Obama, vous pourrez en tirer la même conclusion. On ne sait pas ce qui se passe dans la tête d’un électeur ou d’une électrice au moment de choisir un bulletin. Mais peu importe leur efficacité réelle, leur véritable impact sur nos vies démocratiques, ces pratiques sont condamnables. Il s’agit d’un détournement du modèle démocratique dans son fonctionnement même. Cambridge Analytica affirme l’avoir fait aux États-Unis, au Mexique, en Malaisie, avoir travaillé pour la campagne pro-Brexit, et bosser en ce moment au Brésil et en Chine.

    #Facebook #Cambridge_analytica #démocratie #Industrie_influence