country:maurice

  • Jean Ziegler : Pourquoi il faut détruire le capitalisme ? (Thinkerview)
    https://www.crashdebug.fr/diversifion/16138-jean-ziegler-pourquoi-il-faut-detruire-le-capitalisme-thinkerview

    Source : Youtube.com

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Pour les médias, « le sujet de l’effondrement écologique est tabou... »

    Crashdebug.fr : Moment détente (?) : « Le capitalisme a tout niqué »

    Crashdebug.fr : La crise permanente (Marc Chesney)

    Crashdebug.fr : Gaël Giraud : Tsunami financier, désastre humanitaire ? (Thinkerview)

    Crashdebug.fr : L’éclatante faillite du nouveau credo, par Maurice Allais (1999)

    #En_vedette #Divers

  • Gironde : Coq, cloches... Un maire veut faire classer les bruits de la campagne au « patrimoine national » (20 Minutes)
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/16091-gironde-coq-cloches-un-maire-veut-faire-classer-les-bruits-de-la-ca

    Toute a fais d’accord, moi je viens de la ville mais les bruits rurraux de mon petit village son un bonheur de tout les jours.

    RURALITE Le maire de Gajac (Gironde) dénonce la multiplication des procès à cause du chant du coq ou du bruit des cloches dans les villages

    Dépité de voir des ruraux traînés en justice pour le braiment des ânes, le meuglement des vaches ou le chant du coq, le maire de Gajac (Gironde) veut faire classer les bruits de la campagne au « patrimoine national ».

    Illustration : le coq Maurice est le sujet d’un litige entre sa propriétaire et des voisins, qui lui reprochent de chanter de trop bon matin. Une affaire que la justice doit examiner jeudi à Rochefort (Charente-Maritime), en l’absence du gallinacé, « fatigué » et « traumatisé » selon sa propriétaire.

    « Dès que vous (...)

  • Chagos : l’ONU somme Londres de rendre l’archipel de l’océan Indien à l’île Maurice
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/maurice/chagos-l-onu-somme-londres-de-rendre-l-archipel-de-l-ocean-indien-a-l-i


    Au milieu de l’océan Indien, Diego Garcia, la plus grande des îles de l’archipel des Chagos, est devenue en 1966 une base militaire conjointe britannique et américaine d’importance, au détriment des habitants.
    STRINGER . / X80002

    Les Chagos se trouvent au cœur d’un litige vieux de cinq décennies, depuis la décision britannique de séparer en 1965 cet archipel de l’île Maurice et d’y installer une base militaire commune avec les Etats-Unis sur l’île principale de Diego Garcia.

    Cinglant revers pour le Royaume-Uni. Le 22 mai 2019, à l’Assemblée générale de l’ONU, une majorité de pays lui a demandé de rétrocéder l’archipel des Chagos à l’île Maurice, d’ici au mois de novembre. L’ensemble, constitué de 55 îles, abrite une base conjointe britannique et américaine, stratégique.

    Initiée par les autorités mauriciennes de Port-Louis, une résolution de rétrocession, non contraignante, mais à forte valeur politique, a été adoptée par 116 pays, six s’exprimant contre, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Australie et la Hongrie. Cinquante-six Etats ont choisi l’abstention. Les pays africains ont, en revanche, voté massivement en faveur de la résolution.

  • Lost in Europe

    « Nous avons appris à voler dans l’air comme des oiseaux
    Nous avons appris à nager dans les eaux comme les poissons
    Mais nous n’avons pas appris à marcher sur terre comme des frères »

    #WAKEUP !

    Dépêche ! : https://www.arteradio.com/son/61661562/lost_europe
    par LIVO Sons | Mix : Charlie Marcelet | Réalisation : Olivier Minot

    Dans le bureau de vote de son quartier de Lyon, Livo rencontre des familles d’écoliers-réfugiés hébergées dans le gymnase par les profs et les parents d’élèves. Après les résultats des élections européennes, il se souvient des frontières de son enfance, traversées pour voir sa famille de l’Est, et les compare avec celles franchies par l’un des occupants de « l’ancien collège Maurice-Sève » squatté par 200 migrants.

    #ElectionsUE19

  • Gaspard Glanz, en rue libre
    https://www.liberation.fr/france/2019/05/19/gaspard-glanz-en-rue-libre_1728144

    Sèche boule de nerfs toujours prête à exploser, le grand échalas à la voix vite éraillée donne l’impression de devoir sauver le monde à chaque coin de rue : ça doit être épuisant. Son air révolté remonte à loin. A 6 ans, il fait caca devant le bureau de la directrice de son école primaire, mécontent d’avoir été expulsé de classe. Et il en veut encore à ses profs de son redoublement en 6e. « Ce n’était pas à cause de mes notes mais de mon comportement. J’ai eu un sentiment d’injustice immense », dit-il. Les origines familiales, « cinq religions et huit pays différents chez mes arrière-grands-parents », « un mort dans chaque guerre depuis 1870 », l’ont aussi influencé. Il tient en haute estime son grand-oncle, le résistant communiste Maurice Kriegel-Valrimont. « Quand il me mettait sur ses genoux, enfant, je faisais des conneries, et il avait dit à ma grand-mère : "Ça va être un petit con, celui-là !" » dit Gaspard en souriant. « C’est de famille, j’ai aussi un fort caractère, note son père, Eric Glanz, entrepreneur web tandis que sa mère est styliste. Il est hypersensible, très réactif, mais sa révolte est exacerbée, parce qu’il a vu trop de misère. » « Il a une vision romanesque du journalisme, il se met toujours du côté de l’opprimé, du faible », ajoute le photographe Boby Allin, « pote de terrain ». « C’est quelqu’un de loyal, juge le photoreporter Nnoman. Il est droit dans ses positions même si c’est une grande gueule. »

    Les polémiques stériles sur son statut de journaliste, parce qu’il n’a pas la carte de presse faute de revenus suffisants, agacent Glanz au plus haut point. A raison. Engagé, certes. Avec sa propre subjectivité, certes. Et alors ? Il est de gauche et il l’assume. Lui, au moins, on sait d’où il parle. Il s’énerve : « [Les journalistes] du Figaro, de l’Express, ils ne sont jamais accusés d’être militants, eux ! Ils n’existent pas pour moi. C’est eux qui me détestent. Moi, je ne les déteste pas, je les méprise. Ils peuvent écrire leur merde, je m’en fous, mais par contre qu’ils ne me fassent pas chier ! » Ah, Gaspard Glanz, toujours emporté par ses élans passionnels ! « Merde » et « trous de balle » lui viennent souvent à la bouche. Mais est-ce vraiment ses indignations que nous devons interroger ?

    Sinon, Gaspard Glanz vit dans un 17 m2, dans le quartier, avec sa copine serveuse, mais il n’a aucune envie d’en parler. « Ce n’est pas important. C’est de la vie privée, on s’en fout mec. Vous êtes Libé, pas Grazia. Pourquoi tu parles de ça ? C’est de la merde, tu perds des lignes », dit-il, nous enjoignant de retranscrire ces propos. D’accord, patron.

  • Gilets jaunes : ces « faux » street medics qui ont prélevé le sang des manifestants (RT)
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/16031-gilets-jaunes-ces-faux-street-medics-qui-ont-preleve-le-sang-des-ma

    Un street medic vient en aide à un homme touché par une balle de LBD 40, le 19 janvier 2019 à Lyon, durant l’acte

    10 des Gilets jaunes (image d’illustration).

    Franceinfo explique avoir retrouvé un groupe d’individus, se présentant comme street medics, faisant des prélèvements de sang pendant les manifestations. Ils sont en fait chercheurs et s’inquiètent des substances contenues dans les gaz lacrymogènes.

    Dans une enquête publiée le 16 mai, Franceinfo révèle comment de « faux » street medics, censés assurer la bonne santé des manifestants, réussissent depuis plusieurs semaines à effectuer des prélèvements sanguins, et ce en pleine manifestation. Le site d’information, se basant sur une vidéo datée du 20 avril, relate l’histoire de Maurice (le prénom a été modifié), un Gilets jaune qui (...)

  • Emma, du blog à la BD
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/emma-du-blog-a-la-bd


    C’est en ce moment, Emma y parle #femmes #féminisme #capitalocène #gilets_jaunes et appelle à un grand soulèvement populaire

    La bloggeuse et autrice de bandes dessinées #Emma connue pour « La #Charge_mentale », s’intéresse aujourd’hui à l’écologie en publiant : « Un autre regard sur le climat » (Massot Editions, mai 2019)

    • Pourquoi faut-il que les bandes dessinées qui ont quelque chose à nous dire soient si régulièrement minables, hideuses, à peine à moitié faites, ringardissimes ?
      Pitié, les allégories façon caricatures du XIXe avec un étiquetage de chaque terme !
      Pitié, les dessins inutiles de personnages qui causent frontalement par impuissance à mettre en scène quoique ce soit !
      Pitié, l’enchainement des cases sans aucune forme de pensée en bande dessinée !
      Pitié le dessin inconsistant jusqu’à l’écoeurement sous le prétexte qu’on l’aura tellement subordonné à l’idée qu’il véhicule qu’on n’aura développé pour lui aucune espèce de pensée !
      Faut arrêter de faire de la bande dessinée si on aime pas ça, si on la méprise et qu’on la prend pour un simple moyen de faire passer plus doucement un discours. Faites des récits, des essais, les gens. Foutez la paix aux bandes.

      je renote ici un truc dit sur Seenthis il y a quelques mois :

      Que quelques humiliés de classe culturelle s’imaginent, et avancent, qu’on sauve la bande dessinée du regard condescendant porté sur elle par la pédagogie, par les grands sujets historiques ou sociaux, ceci ne fait qu’exposer la parfaite nullité de leur regard sur notre discipline et sa puissance propre : il y a mille fois plus à apprendre dans deux pages de Bertoyas, de Bicéphale ou de Musturi, PAR la bande elle-même comme pratique du monde sur lui, que dans l’intégralité des pensums thésards qui rougissent de fierté d’aborder des grandes questions .
      Moyens archaïques de narration, placés, toujours, dix crans au-dessous de tout plan de recherche, ils en sont le reflet timoré, désuet et lourd à l’encre, ce qui est tout-à fait, hélas logique, puisque les bandes sont invitées à l’illustrer et non à en être le cadre expérimental ou déictique.
      Ce rapport instrumentalisant aux bandes est hanté par l’objet , le faisant déborder toute la sphère discursive. Faye et bien d’autres ont pu dire dans les années 70 qu’un tel rapport à la forme atteignait vite cette aporie : il n’y aurait de roman plus moderne que de science-fiction... Mais c’est qu’on pouvait être soucieux de ce qu’une forme prise pouvait faire et changer du monde, probablement parce qu’on n’y méprisait pas le fait même d’écrire .
      Il faudrait être fou, pense-t-on à juste titre, pour consacrer sa vie à une pratique dont on a honte. Et pourtant, nos publieurs de bande dessinée la méprisent plus encore que ceux auxquels leur mode de réévaluation est censé répondre. S’il s’appliquait au cinéma, ce principe éditorial reviendrait à sanctifier le journal de vingt heures en exigeant de Kerrigan, de Maddin ou d’Ishii un bon sujet ancré . Mais c’est exactement sur des valeurs inverses que s’est bâtie l’histoire du cinéma, et c’est devant Fellini ou Tarkovski que les documentaristes ont eu tant de peine à exister ; c’est seulement parce qu’ils accordent un supplément de puissance à leur discipline que Epstein, Franju, Le Tacon, Massart, Ruiz, Pelechian, ou Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel apparaissent là où les autres documentaristes sont minorés.
      S’imaginer qu’on sauve (comme si elles devaient l’être) les bandes par l’Histoire, le social, la pédagogie, « les grands sujets », c’est croire que ce qui sauve la peinture du XXe siècle c’est le réalisme socialiste ou que le meilleur de la littérature du XXe, c’est Maurice Druon.

      Emma, dans le genre, c’est trop beau pour être vrai.

    • Si je te comprends @l_l_de_mars, c’est qu’une question de terminologie, le mot bd serait utilisé à mauvais escient. Peut-être. Je ne connais pas Emma ni son travail, je l’entendais à la radio (alors que j’étais en train de peindre ou de cartographier, c’est selon que l’on soit cartographe ou peintre) et je trouvais plutôt bien ce qu’elle disait. Et elle le disait plutôt bien. Maintenant je ne sais pas dans quel contexte elle travaille, je ne peux pas parler pour elle, mais si cette façon de faire une narration est celle où elle est le plus à l’aise et qu’elle respecte une certaine déontologie, pourquoi pas, on n’est pas obligé·e de lire, on peut passer à côté simplement et vaquer à ses occupations. Ce n’est pas plus facile d’écrire un essai que de faire une bande dessinée. Ou cet autre mode d’expression qui n’a pas de nom. Ou alors ça veut dire quoi, qu’il faut se taire au prétexte qu’on n’est pas expert·e dans tel ou tel medium ?

    • @l_l_de_mars je serais en partie d’accord si on parle de gens qui voudraient « sauver la BD » en lui faisant dire des choses « intelligentes ». Sauf que tu prêtes des intentions à des gens qui n’ont rien à voir avec ce qu’elles affirment = méthode de l’homme de paille. Par exemple Emma a dit plein de fois qu’elle ne sait pas dessiner et elle n’a aucune intention autour de la BD (ni la sauver ni quoi que ce soit).

      Non, écrire un essai, ce n’est pas pareil que de résumer des propos en dessin. C’est juste une visualisation parmi d’autres, comme on ferait des schémas, des graphes, etc. Le fait est que ça a permit de faire comprendre des choses à des milliers de gens qui n’auraient JAMAIS lu un essai sur le même sujet. Alors oui, c’est pas aussi complet/complexe qu’un essai, qu’une thèse, ou qu’un article de magazine de dizaines de page : c’est de la vulgarisation : tenter de résumer des idées sans trop les travestir, par un moyen accessible au plus de monde (texte court, dessin, schémas, vidéos youtube, que sais-je…). Et là chacun choisi son moyen préféré : on en a rien à foutre.

    • @odilon
      Par exemple Emma a dit plein de fois qu’elle ne sait pas dessiner et elle n’a aucune intention autour de la BD (ni la sauver ni quoi que ce soit).

      Ah bin alors tout va bien.
      Elle a pas d’intention, c’est pas grave. la bédé c’est comme des schémas. Bin oui, je suis con. Un power point, quoi. Mais plus cool. Plus de gauche. Et quand ça bouge, c’est des films, hop ! Le montage ? la direction d’acteurs ? On s’en branle ! Ce qui compte, c’est le message ! Qu’est-ce qu’on en a à foutre du reste, c’est de la vulgarisation ! C’est LE BIEN, lldemars, tu comprends pas ? Les romans, qu’est ce qu’on en à foutre si on sait écrire une phrase qui tient debout, composer une structure ? On s’en branle, c’est pour raconter. Raconter des trucs, quoi. Faites chier les artistes, on s’en fout de l’importance que vous accordez à vos foutaises d’artistes. Nous on aime bien qu’on nous raconte des trucs, et les schémas des bédées, l’action des films ou les personnages des romans, c’est juste pour faire passer.
      Un détail, quand même, parce qu’il faut arrêter de prendre le dessin pour rien : quand tu fous un pavé de texte au-dessus de la tête d’une figure, tu ne « résumes pas des idées » (et pourquoi il faudrait les résumer ? Mystère), tu te contentes de les décorer avec un truc inutile. Que le dessin soit là ou pas, c’est kif kif, parce qu’à lui, tu ne fais rien dire. Tu pourrais le remplacer par un poil scotché sur la page, une virgule de merde ou le portrait de Trump, l’idée qu’il y a dans la bulle ne serait ni plus ni moins « résumée », ni plus ni moins dites. Tu pourrais arracher le dessin, le texte n’y gagnerait ni n’y perdrait rien. Il ne sert à rien. Sauf à enjoliver un peu pour attirer l’oeil. C’est pathétique. C’est la vision la plus conne et la plus réductrice du dessin qu’on puisse imaginer.
      Alors autant dire que oui, quand le dessin est aussi consternant, exsangue, maigrichon, sans vie, sans invention, sans la moindre trace de vitalité, de présence, on se demande bien pourquoi on devrait être clément une fois de plus pour cette façon de faire les choses, qui est la règle dans la bd politique.
      il se trouve que la bande dessinée s’invente entre les cases, ce n’est pas une stupide suite de dessins bavardisés, c’est une discipline riche, passionnante, belle, qui mérite mieux que cet usage de grossier personnage. Mais qui s’en fout ? C’est que de la bédé on va pas se casser le cul à essayer de savoir ce qu’on peut faire avec. On, va juste faire comme d’habitude, on va causer, on rajoute juste quelques guirlandes pour attirer le couillon (sinon il lit pas, le couillon, c’est bien connu, et la bédé, c’est pas vraiment de la lecture, c’est pour ça), et on appellera ça bd. Pourquoi s’emmerder avec des exigences quand tout le monde s’en fout absolument ?
      Voilà. On en est là.
      Y’a pas de raisons de s’emmerder avec des enjeux, les formes, c’est juste pour décorer.

      Franchement, j’aurais bien poursuivi cette conversation, mais à quoi bon ? Merde.
      Vous aimez les trucs ni faits ni à faire dès l’instant où ils soutiennent des idées qui vous conviennent ? Grand bien vous fasse. Un tel monde est un monde de pure communication, et c’est le dernier endroit au monde où j’ai envie de perdre mon temps.

    • @philippe_de_jonckheere assigné ? où j’ai dit ça ? où aurais-je dit que c’était « soit ça soit ça » et rien d’autre ? Non mais faut arrêter d’imaginer des trucs tout blanc et tout noir…

      @l_l_de_mars mais tout médium est un support, qui n’est pas forcément investi par de l’artistique. Bien sûr que oui « un texte » peut servir/devenir de l’art OU PAS. Et donc c’est totalement pareil pour n’importe quel médium : « une vidéo » peut devenir de l’art, suivant comment c’est monté, comment les gens jouent dedans, OU PAS. Et pareil pour « un dessin », « une chanson »…

      En gros ce que tu dis, c’est que tout texte, dessin, film, chant, etc, devrait être pensé par un⋅e artiste/en tant qu’artiste, sinon ça n’a aucun intérêt. Bah il semblerait que non, on peut prendre un support, juste pour échanger de manière non artistique avec les autres : si si ça existe !

      Si toi ta seule manière d’échanger avec les autres c’est par l’art, parce que t’es un artiste complet à 100%, super, vraiment. Mais c’est pas la vocation de tout le monde, et possible que ça te rende triste ou t’agace, mais c’est bien comme ça : l’art n’est pas la seule manière d’échanger entre êtres humains, c’est une parmi d’autres. Et les différents supports d’échange n’appartiennent pas aux artistes, l’écriture n’appartient pas aux écrivain⋅es, la vidéo n’appartient pas aux cinéastes, le chant n’appartient pas aux musicien⋅nes, etc. Et une personne qui pense en tant qu’artiste n’a pas les mêmes besoins ni priorité qu’une personne qui pense en tant qu’éducation populaire par exemple (et ça peut être dans la même personne) (et désolé de la lourdeur mais je suis obligé de préciser : attention je ne pense pas que les livres d’Emma soit de l’éducation populaire hein, c’était juste un exemple, ils s’inscrivent plutôt dans une démarche de Sachant par le haut qui vulgarise des idées aux gens, ce qui n’a rien à voir avec l’éduc pop)

      Et sinon, aussi, faut arrêter les grandiloquences manichéennes, où c’est là encore « soit ça soit ça ». :D
      Que je sache, ce n’est pas parce qu’on affirme que tout médium peut être utilisé par tout le monde, que ça peut être utilisé aussi pour autre chose que de l’art, qu’on pense que l’art est caduque et qu’alors ça ne doit être utilisé QUE pour de la « communication ». Il n’y a absolument rien qui empêche que tout soit possible. Juste ça dépend des gens, on n’échange pas tous de la même manière.

      (Et qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : bien sûr que la forme fait partie du contenu, et qu’il y a de quoi critiquer le fait de vouloir faire passer un message progressiste sous une forme réactionnaire, ou propagandiste. Mais il y a aussi différentes facilités de lecture des différents médiums : là aussi tu mets dans la bouche des autres des choses pas dites, car ce n’est pas une histoire d’être « couillon », lire un texte, une image, une peinture : ça s’apprend, ce n’est pas inné, donc même sans être couillon on peut ne pas savoir lire des choses.)

      Bon mais je crois que par écrit comme ça, c’est assez probable que ça ne fera que quiproquo sur quiproquo et ça exacerbe souvent les clivages. (Le médium influe sur le contenu, donc.) À l’oral en vrai, je suis sûr qu’on serait un peu plus d’accord, même si pas sur tout. :p

    • hé bé, si je m’attendais à ce que ça vous fasse causer à ce point. C’est souvent surprenant, Seenthis. Bref, d’une certaine façon, ça me fait plaisir.

      @odilon désolé, j’écris tard et je fais un autre texte en même temps (c’est le bouclage du Pré Carré 13) en pleine nuit. Je veux pas t’attribuer ceci ou cela, j’ai cliqué sur le bidulon automatique et zouiche.

      @rastapopoulos qu’elle fasse ou pas une oeuvre d’art, je m’en fous. Qu’elle fasse au moins une bande dessinée, et on en reparle. Distinguer fond et forme est d’une parfaite inutilité pour penser quoi que ce soit, en plus d’être épistémiquement faux et aberrant pour un travail plastique, aussi chargé soit-il scripturairement. Je vais pas ici réécrire ce que je fais ailleurs au long (feuilleton théorique de Pré Carré 5 à 14 « Dessiner », articles dans du9 ou essais chez Adverse poru ceux qui voudraient en savoir plus long), mais franchement, faudra un jour arrêter avec ces foutaises. Une image n’est pas un pot de confiture avec du sens dedans. pour ceux que ça intéresse, un essai là :https://www.du9.org/dossier/a-propos-de-lart-invisible-de-scott-mccloud

      @aude_v le boulot intelligent et le soin en bandes (pas de mot spécifique qui me vienne) de Guillaume n’est pas la règle, hélas, mais c’est finalement bien plus fréquent qu’on ne l’imagine.
      Que ce rapport au travail en bandes déserte la bd politique ne dit qu’une chose : trop de gens portent crédit entre une séparation fond et forme ; qu’ils reconduisent en faisant de la merde dont la fameuse forme n’a plus aucune raison d’être sinon de signifier cette séparation même. Cette séparation EST politique. Elle rêve d’efficacité, d’univocité, de monosémie. Et elle fait de l’image son point d’impensé.
      Mes propres camarades, trop souvent, on partagé cette vision stérile du monde des productions, qui touchait tout : des maisons érigés selon de belles règles éthiques et historiques laides comme des foutus chalet suisses. Des affiches que rien n’aurait distingué d’affiche skinhead si on avait pas écrit en gros dessus le propos. Des textes prépompidoliens stylistiquement quand ils étaient écrits en solo (la faute à une fixette sur René Char et ce genre de mausolées, sans doute) ou complètement vidés de toute existence quand le collectif avait limé toute aspérité et ambiguité possible (sans gommer celle-de fond : pourquoi rendre illisible un travail destiné à emporter vivement l’adhésion ?)
      tout ça est en train de changer depuis quelques années, et je m’en réjouis pas seulement artistiquement, mais également en termes de cohérence politique : on ne renverse pas le vieux monde avec les images de ce vieux monde.

      Je l’allume, Emma, parce que ce travail est un usage sans considération d’une approche singulière du monde qui en reconduit la grossièreté en tant qu’usage : on continue de mépriser les bandes à ce titre comme en tant d’autre, et son travail est une des clés de ce mépris. il est plein de ce mépris de fond. La bd, c’est bon pour faire passer ses idées, la bd, ça n’a pas d’idée propre.
      Mais je le répète, la bd, ça pense, ça produit du sens, ert ça n’est pas qu’une suite de dessins qui causent, ce sont des articulations, des mouvements de fonds, des agencements à la fois linéaires et tabulaires, des intrications scripturaires et plastiques indénouables, des solutions intellectuelles, poétiques, formelles, narratives, impossibles à produire par d’autres moyens.

      Quand à la grille d’analyse de Madmeg, pas de surprise. Son monde est sans aspérité, et ses yeux se ferment quand, pour le même genre de raisons ou conséquentes de cette approche fonctionnaliste j’allume Squarzoni, Davodeau, Vandermeulen et, chaque jour, des dizaines d’autres trous-du-cul de tous genres possibles sur papier ou en conférence. Autant dire que l’argument est au mieux comique.
      Oui, le féminisme aurait besoin d’autre chose que de Stromquist dont le seul mérite graphique est, au moins, de nous épargner l’académie mollasse et effectivement nunuche qui rend indistinct visuellement des dizaines de blog bd.

    • Un autre dessinateur qui dessine à la truelle, je trouve Yann Lindingre


      Lindingre sur francecul aussi tiens :
      https://www.franceculture.fr/personne-yan-lindingre
      http://www.fluideglacial.com/leblog/#
      Yann Lindingre était rédac chef de Fluide Glacial, ah ben oui là tout de suite ça vous enlumine un C.V
      https://www.lesrequinsmarteaux.com/auteur/lindingre
      je me souviens de Lindingre dans le talk-show des informés de France-info je sais pas ce qu’il aller foutre dans cette émission de merde.
      #dessin_cracra

    • @vanderling même combat avec ce genre de cochonneries (je précise que je ne me suis pas appuyé toute l’oeuvre de Lindingre. Rien n’exclut qu’il ait fait d’autres trucs, dans d’autres dimensions, que ce que j’ai pu voir en bandes ou en dessin de presse). Lindingre, et tout ce qui de près ou de loin fonctionne sur la pompe à gros lourds issue de la tradition Charlie qui me navre Lindingre, Bert, Riss, Charb, Luz, quelques milliers d’autres parmi lesquels je n’ai aucune espèce de raison de trier. Le dernier avatar que j’aie vu passer et très probablement le dessinateur le plus miteux est Marsault. Ce qu’ils « disent » est hors de mon propos (ce serait encore un autre problème, au cas par cas) .
      J’ai déjà, sur seenthis, écrit un truc sur la caricature, je ne sais plus où. (je vais vous retrouver ça) Quand il avait été publié dans CQFD (pour lequel ça avait été écrit au départ), ce texte m’avait valu quelques courriers de mes collaborateurs verts. Le journal dans lequel je bosse depuis plus de quinze ans n’est pas le dernier à avoir (et à) véhiculer ce genre de merdes. La nouvelle équipe tend à changer ça. Je sais pas encore si ça va dans une direction complètement féconde (la poésardie légère et le lyrisme appuyé ne font pas non plus exception au désastre ; c’est le pôle Pierrot Lunaire, pas plus aimable que l’autre. J’ai pas envie de choisir entre Bigard et le mime Marceau)

    • @vanderling si, dans le cadre dont je parle, tu ne peux pas les rassembler, c’est bien la démonstration que le cadre dont je parle est un point aveugle de l’analyse du dessin de presse et de la bande dessinée.
      Je ne sais pas ce qu’est un puriste. Je suppose que ça ne dépend que de qui le montre du doigt. En gros, ça parle de tes exigences, pas des miennes.

    • @aude_v Hm. Oui, et aussi pas oui, et aussi oui. Sa modestie ne fait qu’effleurer le problème car le dessin n’est « moche » que relativement au confort fonctionnaliste dans lequel il s’installe (ce que serait, absolument, un dessin moche est une notion folle, déshistoricisée, placé selon une hiérarchie qui m’échappe, qui n’ a pas de raison d’être retenue).

      (Mais tout le monde dessine et à vrai dire les non-dessinateurs ne sont que des gens qui ont arrêté, à 12 ans ou plus tard.) Et ça tombe plus vite sur les femmes

      je dirais : ça tombe plus vite sur les femmes comme tout le reste (comme le tout d’une société où tenir tête est un attribut masculinisé. Bref, je vais rien t’apprendre là-dessus ni à qui que ce soit ici)
      Si le dessin est abandonné, c’est à l’âge où, après t’y avoir invité copieusement dans la première enfance, il t’es dit qu’il est temps de passer à des séries de signes plus sérieux. Maintenant, on va écrire. fini de dessiner, on est grand. Rabattre le dessin comme activité dans le champ des signes n’a aucune espèce d’évidence ontologique, mais marque le début des malentendus historiques (métaphysiques, sociaux, artistiques, etc.) Et évidemment, ça signifie également que le régime de l’age adulte passe par la congédiation de certains principes de plaisir : l’implicite, c’est que le sens se gagne comme un renoncement au plaisir. Je fais court, sans doute trop, mais on peut voir ici naître une longue chaîne de malentendus qui ne sont pas pour rien dans le traitement de la bande dessinée comme activité (de signifiance) et comme discipline (comme cadre d’advention).

      même quand elles se présentent aussi modestement qu’Emma :
      Dessinatrice de trucs moches mais qui veulent dire des choses. Féministe inclusive, antiraciste, anticapitaliste.

      le problème qui se pose dans ce regard sur son propre travail est multiple, du point de vue du plaisir (pas d’ivresse ni d’abandon à dessiner) et des conséquences visiblement de cette formalité abrégée, comme de celui du sens (un dessin duquel on n’attend rien qu’il puisse produire en lui-même).

      J’ajoute que je n’ai pas lu Branco. Que si je le faisais, je serais aussi attentif à sa façon d’écrire (c’est à dire, ici, si je te suis bien, de s’écrire) que je le suis de n’importe quel livre. Je cause préférentiellement su Seenthis de Bd notamment parce que j’estime que dans ce domaine il y a un travail de réflexion à faire dans lequel je me sens plus de compétences que dans d’autres.

    • Lindingre, et tout ce qui de près ou de loin fonctionne sur la pompe à gros lourds issue de la tradition Charlie qui me navre Lindingre, Bert, Riss, Charb, Luz, quelques milliers d’autres parmi lesquels je n’ai aucune espèce de raison de trier

      dixit...@l_l_de_mars Berth avec un H que j’adore ? ah ben non y’a aussi Bert tout court :
      https://www.du9.org/chronique/journal-de-jo-manix-mars-1994

  • « J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/13/violences-policieres-la-nouvelle-strategie-de-maintien-de-l-ordre-inquiete_5

    L’exécutif nie l’existence même de brutalités policières lors des manifestations des « gilets jaunes » et leur demande désormais d’aller davantage au « contact », au risque de dégrader encore la situation.

    Au moment où Roxane (le prénom a été changé) arme son lanceur de balles de défense (LBD), il est déjà tard en ce énième samedi de manifestation. Cette policière mobilisée depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » n’en est pas à sa première munition de la journée. « J’avais déjà tiré plusieurs fois, des tirs justifiés, sur des personnes en train de commettre des infractions », raconte-t-elle à l’un de ses amis. La suite, elle ne sait pas très bien comment l’expliquer. « J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison. » La cible, touchée sans gravité, prend la fuite. La policière, elle, reste avec ses questions : « Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai fait ça. »

    La scène ne fera pas le tour des réseaux sociaux. Et pour cause, elle n’a pas été filmée, la victime n’a pas été éborgnée, et la fonctionnaire n’a connaissance d’aucune plainte, à ce jour du moins. Mais ce témoignage rapporté au Monde, d’une sincérité brute, jette une lumière crue sur la polémique qui fait rage depuis plusieurs mois sur la gestion par les forces de l’ordre des manifestations des « gilets jaunes » et sa part ombrageuse mais indissociable, les violences policières.

    « Il n’y a aucune présomption d’innocence pour nous »

    La parole des agents est en effet rare, étouffée au milieu d’un débat qui a pris une ampleur nationale. D’un côté, les réseaux sociaux sur lesquels ont été lancées les premières alertes agissent comme une caisse de résonance. Les séquences de policiers en train de molester des manifestants sont diffusées en boucle. Tout y est disséqué, commenté, relayé. « On est jugé et condamné dans la même seconde, il n’y a aucune présomption d’innocence pour nous », regrette un policier.

    De l’autre, le pouvoir nie contre toute évidence l’existence même des violences policières. A plusieurs reprises, le président de la République Emmanuel Macron et son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, ont appelé à ne pas utiliser ce vocable. Une communication appréciée en interne, surtout par les syndicats, mais qui a aussi pour conséquence de laisser le policier qui a « dérapé » – l’euphémisme officiel – seul face à ses responsabilités.

    Les fonctionnaires mis en cause par des plaintes s’expliquent-ils eux-mêmes leur geste ? Difficile à dire : la plupart d’entre eux n’ont pas encore été entendus par l’Inspection générale de la police nationale, la « police des polices », même pour des dossiers remontant aux premiers actes des « gilets jaunes », en novembre ou en décembre 2018. Sur les 240 enquêtes, une soixantaine ont été clôturées et retournées aux différents parquets (dont une quarantaine sur les 161 ouvertes à Paris). Aucune poursuite n’a encore été engagée.
    Pour leurs collègues, il est impossible de comprendre ces scènes qui font le tour d’Internet sans prendre en compte le contexte, celui d’une ultraviolence à laquelle font face les troupes depuis le début du mouvement des « gilets jaunes ».

    « Chaque tir coûte cher à l’Etat »

    Comme pour ce policier filmé dans un contexte tendu, le 1er-Mai à Paris, en train de gifler un homme qui l’invective, sous la grille d’un magasin. L’un de ses camarades se veut compréhensif : « Ça ne se fait pas, on n’apprend pas ça, ce n’est pas pro, mais franchement, c’est un craquage. C’est l’insulte de trop après vingt-cinq week-ends de manifestations. Je ne l’excuse pas, mais je le comprends. » Ou pour celui immortalisé en train de lancer un pavé dans la foule. « Des pavés, il en a probablement reçu des centaines depuis le début du mouvement, c’est un être humain, pas une machine », justifie un autre policier.

    Certaines séquences laissent tout de même les policiers pantois. Ce sont souvent les mêmes qui reviennent dans la bouche des uns et des autres pour illustrer les cas de dérapages indéfendables. La scène du tabassage de manifestants dans un Burger King à Paris, en décembre 2018, trouve peu de défenseurs. Comme celle du tir de LBD à hauteur de tête en direction d’un manifestant à Bordeaux, en janvier, juste après un lancer répréhensible de grenade de désencerclement dans les airs. Idem pour la jeune fille qui s’est fait fracasser le crâne à Marseille par plusieurs policiers.

    Trois scènes de violence parmi des dizaines d’autres qui, mises bout à bout, poussent à s’interroger sur l’existence d’un système facilitant ce type de débordements. Pour certains observateurs, le problème n’est d’ailleurs pas celui de la faillite individuelle mais de la faiblesse des structures et de la hiérarchie. « Il y a un gros problème avec l’entraînement, notamment au LBD, car chaque tir coûte cher à l’Etat, juge Laurent-Franck Liénard, avocat spécialisé dans la défense des policiers et des gendarmes. On a aussi mis des effectifs de BAC en première ligne, alors qu’ils n’ont pas le cadre rigide des troupes de maintien de l’ordre. Vu le déficit de formation et d’encadrement, ils s’en sont plutôt bien sortis. »

    « Pas un blanc-seing »

    La nouvelle doctrine mise en place par Christophe Castaner après le saccage des Champs-Elysées, le 16 mars, qui se traduit par une volonté d’aller davantage au contact, va-t-elle conduire à une dégradation de la situation ? Les nombreux journalistes du Monde présents au défilé du 1er-Mai à Paris ont tous constaté des conditions de manifestation très tendues, au milieu des gaz lacrymogènes. Plusieurs ont été touchés par divers projectiles des forces de l’ordre et l’un d’entre eux a été braqué au visage par un LBD à moins d’un mètre. Les policiers, eux, apprécient la plus grande autonomie laissée à la hiérarchie présente sur le terrain. « Ça marche très bien, ça nous donne plus de mobilité, d’initiative, de rapidité. Ça n’est pas pour autant un blanc-seing : si vous merdez, vous assumez ! », explique un gradé.
    Après le 1er-Mai, les forces de l’ordre considéraient d’ailleurs avoir réussi leur opération, notamment en dispersant les black blocs, quand bien même plusieurs cas de violences policières ont été documentés. « C’est une guerre de l’image », explique un fonctionnaire, qui regrette que les scènes de violence à l’endroit des policiers et des gendarmes ne connaissent pas le même écho.

    Si les policiers ont bien conscience d’être désormais au centre de toutes les attentions, ils sont nombreux à regretter la politisation de la question du maintien de l’ordre, qui est avant tout, pour eux, un sujet technique, qui ne doit pas varier au gré des polémiques. « Il y a un discours qui tente de faire entendre que tout usage de la force est forcément une violence, donc illégitime, abonde l’avocat Laurent-Franck Liénard. C’est très dangereux. La réalité, c’est que, confrontés à une violence délirante, les forces de l’ordre ont été très réticentes à user de la force, elles ont été très majoritairement exemplaires, souvent en retrait par rapport à ce qu’elles auraient pu faire, voire dû faire. »

    La scène des trois gendarmes, pistolet au poing face à une voiture à Nantes, samedi 11 mai, est loin d’être une exception. D’après l’avocat, depuis novembre, au moins une dizaine de policiers et gendarmes ont pris son attache après avoir dégainé leur arme au cours d’une manifestation. Ils souhaitaient tous savoir s’ils avaient le droit de tirer.

    • Le Monde continue à asséner, ni vu ni connu, l’idée que la violence vient des gilets jaunes, ce qui est factuellement faux.
      Sur un autre papier du même torche-cul, alors qu’il y un titre qui fait semblant d’interroger l’impunité policière, on retrouve toujours les mêmes éléments de langage qui reviennent à « excuser » les « débordements » policiers en créant une fausse symétrie avec les violences des manifestants.

    • La suite, elle ne sait pas très bien comment l’expliquer. « J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison. » La cible, touchée sans gravité, prend la fuite. La policière, elle, reste avec ses questions : « Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai fait ça. »

      Depuis le début je me demande ce qui peut bien passer dans la tête d’un ou d’une fonctionnaire de police pour tirer sur une personne dans la foule, je viens enfin d’avoir la réponse à cette question, elle est effrayante : rien, un courant d’air.

    • Vraiment très élégante, cette figure de style (double opposition « prend la fuite / reste avec ses questions » et la cible-objet / la policière-personne) :

      La cible, touchée sans gravité, prend la fuite. La policière, elle, reste avec ses questions

      Je sais pas vous, mais c’est très émouvant, cette souffrance, cette douleur, que ressent la policière (alors que « la cible », elle, se contente de prendre la fuite comme si de rien n’était). La policière, quasiment « victime » de sa « propre violence ».

    • Après le 1er-Mai, les forces de l’ordre considéraient d’ailleurs avoir réussi leur opération, notamment en dispersant les black blocs, quand bien même plusieurs cas de #violences_policières ont été documentés. « C’est une guerre de l’image », explique un fonctionnaire, qui regrette que les scènes de violence à l’endroit des policiers et des gendarmes ne connaissent pas le même écho.

      Pas le même écho ??? j’ai pas le souvenir qu’un politique se soit penché sur le lit d’hôpital d’un gilet jaune. Quand c’est un poulet, alors là c’est le défilé au chevet du pandore avec caméra et tout le toutim.
      Mort c’est les invalides et médailles à titre posthume. Je te leur en donnerai moi des médailles, à poignées.

      Les fonctionnaires mis en cause par des plaintes s’expliquent-ils eux-mêmes leur geste ? Difficile à dire : la plupart d’entre eux n’ont pas encore été entendus par l’Inspection générale de la police nationale, la « police des polices », même pour des dossiers remontant aux premiers actes des « gilets jaunes », en novembre ou en décembre 2018. Sur les 240 enquêtes, une soixantaine ont été clôturées et retournées aux différents parquets (dont une quarantaine sur les 161 ouvertes à Paris). Aucune poursuite n’a encore été engagée.

      circulez y’a rien à voir !

    • http://lepanierasalade.fr

      Panorama
      Maintien de l’ordre

      « J’avais déjà tiré plusieurs fois, des tirs justifiés, sur des personnes en train de commettre des infractions,raconte une policière, mobilisée lors d’une manifestation. J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison. (...) Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai fait ça. » [Le Monde] « Nous accuser d’agresser volontairement les gilets jaunes, c’est n’importe quoi, témoigne un CRS base à Toulouse (Haute-Garonne). Les CRS n’interviennent que sur ordre de leur hiérarchie, il ne peut y avoir aucune initiative personnelle. On est là pour encadrer les manifestations pas pour agresser les manifestants. » [France 3] En six mois de manifestations, pas un syndicat de police représentatif n’a pris ses distances avec la doctrine de maintien de l’ordre : les LBD sont défendus, les violences policières sont légitimées et toute voix discordante est étouffée. [Mediapart]

       ?Face à la multiplication des vidéos montrant les policiers au travail, certains espèrent une loi obligeant à flouter les visages avant diffusion, ou comptent sur le ministère de l’intérieur pour risposter avec les vidéos qu’il possède. [L’Express]

       ?Des policiers d’une brigade de répression de l’action violente frappent un étudiant dans sa résidence universitaire à la Pitié-Salpétrière à Paris en marge des manifestations du 1er-Mai. L’IGPN a été saisie. [Mediapart] Des gendarmes ont sorti leurs armes à Nantes (Loire-Atlantique) lors des manifestations de samedi. [LCI] Les street-médics se plaignent d’un acharnement policier à Toulouse (Haute-Garonne). [La Dépêche]

      Lacrymos. « Si sur la durée, la différence ne doit pas être énorme entre CM3 et CM6, elle le devient sur l’instant : la concentration en gaz monte d’un seul coup, créant des effets immédiats plus forts que ceux obtenus par le lanceur classique », explique Pierre Bernat, membre de la Ligue des droits de l’homme à Toulouse, ajoutant que les lanceurs, et leur usage, diffèrent entre ces deux types de grenades lacrymogènes. [franceinfo] Analyses. Des « Gilets jaunes » affichent des symptômes persistants après une exposition aux gaz lacrymogènes. Des personnalités scientifiques réclament des recherches sérieuses sur les effets de ceux-ci. [Libération]

      Le sociologue Cédric Moreau de Bellaing revient sur le travail de l’IGPN : « Pour les enquêteurs, la reconstitution de la dynamique de la situation est vraiment centrale. Une même blessure peut être le résultat d’une violence légitime comme illégitime. Pour différencier l’un de l’autre, il faut savoir comment la violence a été exercée, à quel moment, pour quelle raison : c’est donc crucial du point de vue de l’IGPN. » [Le Monde]

      « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même, déclarait le 29 mai 1968 le préfet de police Maurice Grimaud. Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu’une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n’a pas de limites. » [Le Monde]
      « Gilets jaunes » et justice

      Du collectif « Robes noires et gilets jaunes » animé par les avocats David Libeskind et Philippe de Veulle, classés à droite, à des avocats plutôt ancrés à gauche, la défense juridique des manifestants s’organise. [Le Monde]

      Une manifestante de Toulouse est poursuivie pour « usage et menace d’une arme », en l’occurrence son fauteuil roulant électrique. [Capital] Six mois après les faits, six « Gilets jaunes » paraissaient devant le tribunal correctionnel pour participation à un attroupement à une sommation à se disperser. La relaxe a été demandée. [La Voix du Nord]
      Interpellation

      Les lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie (Yvelines) et agenouillés par les policiers en décembre ont été entendus par l’IGPN. [La Gazette des Yvelines] Arié Alimi, avocat d’une vingtaine de lycéens interpellés réclame la nomination d’un juge d’instruction. [L’Humanité]

      Les mères des jeunes interpellés s’inquiètent des traumatismes causés par ces événements. « C’était un bon vivant, il aimait sortir, aller au cinéma avec ses copains. Maintenant il sort moins, il reste à la maison. Il me dit que comme ça personne ne le gêne, et qu’il ne gêne personne », raconte l’une d’elles. [Les Inrocks]
      Cour criminelle

      L’avocat Hervé Temime se lamente des cours criminelles départementales instaurée par la loi de réforme de la justice : « Je ne vois pas au nom de quoi on constituerait plusieurs catégories de crimes. Pourquoi un viol devrait être jugé par une juridiction composée de professionnels et un meurtre par la “vraie” cour d’assises ? (...) La cour d’assises actuelle, aussi critiquable soit-elle, est sans doute la juridiction où la justice est rendue avec le plus de soin, le plus de solennité et le plus de sérieux. » [Le Point] François Saint-Pierre de son côté n’apprécient pas les cours d’assise où le président seulement, contrairement au jury, a accès au dossier : « Notre système personnalise à outrance le procès sur le président et il faut en sortir. Comment ? Par ce que j’appelle la rationalisation de la procédure accusatoire. En faisant condamner la France devant la Cour européenne des droits de l’homme pour défaut de motivation des verdicts, j’ai contribué à faire évoluer les choses. Mon but est de casser ce système archaïque qui fait un peu bandouiller quelques avocats passéistes. » [Le Point]

      La boîte noire

      Info. Le ministère de la justice a décidé de ne plus diffuser les statistiques mensuelles sur la population écrouée et détenue. Seules des statistiques trimestrielles devraient être publiées ; celles des trois premiers mois de l’année devraient être publiées aujourd’hui. [Le Panier à salade] « Disposer d’une analyse statistique avec un recul de plusieurs mois permettra un meilleur aperçu des tendances de l’évolution de la population carcérale », justifie le cabinet de la ministre de la justice.

      Réaction. Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) regrette l’arrêt de ces publications : « Ces données sont extrêmement utiles au CGLPL pour l’exercice de notre mission, notamment pour vérifier les taux d’occupations réels des prisons que nous visitons, les établissements ayant une fâcheuse tendance à considérer que le nombre de places correspond au nombre de lits disponibles. Une publication à un rythme trimestriel risque d’être moins pertinente, alors que le CGLPL recommandait dans un rapport thématique sur la surpopulation carcérale que l’administration pénitentiaire se dote d’outils statistiques plus précis de l’occupation des établissements pénitentiaires. »

      En bref
      Un policier de Rennes (Ille-et-Vilaine) est soupçonné d’avoir détourné des armes saisies

       ?Un policier des stups est soupçonné d’avoir fait localiser le téléphone de sa femme

      Au Brésil, le nombre de suicides dans les rangs de la police est important

      La police nationale lance une nouvelle campagne de recrutement, proposant notamment un casque de réalité virtuelle

      Les juges doivent tenir compte d’une marge d’erreur de 8% de la valeur mesurée par les éthylomètres

      Relancée par la cour d’appel de Paris en 2013, l’enquête sur le scandale de l’IGS est au point mort

      Malgré la mort d’Eric Garner en 2014, les clefs d’étranglements sont toujours utilisées par la police de New York (États-Unis)

      Une ASVP de Nice (Alpes-Maritimes) condamnée pour avoir travaillé en parallèle au service d’une princesse arabe

      Deux policiers municipaux de Marseille (Bouches-du-Rhône) sont mis en examen après avoir tiré lors d’un refus d’obtempérer

      À Paris, des policiers recouvrent la tête d’un mineur avec un sac en tissu lors d’une interpellation ; le parquet a ouvert une enquête

      Un policier a été condamné pour avoir donné des coups de pieds à un manifestant contre les violences policières

      Un policier du commissariat de Roubaix (Nord) est condamné pour avoir détourné de l’argent saisi ; sa peine n’est pas inscrite à son casier

      La Cour de cassation rend définitif le non-lieu du gendarme ayant tiré la grenade qui a coûté à la vie à Rémi Fraisse

      Un homme est condamné à perpétuité après avoir percuté un gendarme en Ariège

      La peine de 25 ans de réclusion criminelle de Rédoine Faïd pour le braquage raté lors duquel la policière municipale Aurélie Fouquet était morte est définitive

       ?L’utilisation des caméras-piétons ne permettent pas de lutter contre les contrôles au faciès selon le DGPN ; le rapport mentionne de nombreuses pannes

      La ministre de la santé porte les premiers soins à un CRS affecté à son escorte victime d’un malaise

      La ville de Montréal (Québec, Canada) doit verser 43 000 $ à une manifestante détenue abusivement en 2014

      Une étude scientifique américaine montre le manque d’effet de la prison en matière de prévention de la violence

      Téléphone, drogue, colis : Snapchat, témoin de la vie quotidienne en prison ; le compte « Les Prisons 2 France » diffuse régulièrement des vidéos

      Un homme porte plainte après le suicide de son fils au centre pénitentiaire de Vézin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine)

      « C’est répugnant ! » : la sénatrice Esther Benbassa a visité l’établissement pour mineurs de Porcheville (Yvelines)

      Trois ruches ont été installées à la prison de Montmédy (Meuse)

      Le Conseil constitutionnel a censuré l’article de loi utilisé pour pénaliser les surveillants pénitentiaires grévistes

      Aux Pays-Bas, le ministère de la justice a perdu la traces de 700 porteurs de bracelet électronique à cause d’un bug

      La section spécialisée C1 du parquet de Paris va bientôt laisser sa place au parquet national anti-terroriste

      La police municipale de Châteauroux (Indre) sera équipée de LBD à l’automne

      Candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati souhaiterait armer la police municipale parisienne et encourager le lien avec la sécurité privée

      La Commission européenne travaille à une résolution pour faciliter l’accès aux preuves numériques

      1073 flash en trois mois en Normandie : les voitures radars privatisées ne flashent guère

      Aux États-Unis, les Tasers ne sont pas aussi fiables que le laisse penser leur constructeur ; parfois, ils aggravent même la situation

       ?Les policiers municipaux d’Honfleur (Calvados) testent les trottinettes électriques

    • (pour faire suite au message de @sombre, @paniersalade est même ici depuis quelques semaines, et la lettre d’info du 14 mai est disponible avec les liens à cette adresse : https://us12.campaign-archive.com/?u=93670423e9243101afcfcae19&id=d0ce6af1de et y’a moyen de s’abonner gratuitement pour la recevoir chaque mardi dans sa boîte mail)

      Le Panier à Salade propose une sélection hebdomadaire de liens de l’actualité police-justice.

      Vous lisez le Panier à salade, votre sélection hebdomadaire de liens sur l’actualité de la police et de la justice. Bonne lecture, et n’hésitez pas à partager le contenu de cette newsletter sur les réseaux sociaux ou à transférer ce message à vos amis.

  • Suisse : Bernard-Henri Lévy - Mer. 15.05.19 Annulé - Salle Métropole -

    http://www.sallemetropole.ch/salle-metropole/bernard-henri-levy

    BERNARD-HENRI LÉVY « LOOKING FOR EUROPE », PRÉVUS LE 7 MAI AU THÉÂTRE DU LÉMAN ET LE 15 MAI À LA SALLE MÉTROPOLE DE LAUSANNE SONT ANNULÉS.
LES BILLETS SONT REMBOURSABLES DANS LES POINTS DE VENTE OÙ ILS ONT ÉTÉ ACHETÉS DURANT UN MOIS, RESPECTIVEMENT JUSQU’AU 7 JUIN POUR GENÈVE ET JUSQU’AU 15 JUIN 2019 POUR LAUSANNE.

    Un hymne à l’Europe interprété dans une quinzaine de villes.
Une tournée comme un appel. Un voyage comme une invitation au sursaut.
La contribution d’un écrivain à la nouvelle résistance européenne qui doit s’organiser sans tarder.
    Organisateur : Live Music Production
    *********************************************************************************************
    Bernard-Henri Lévy – VIP
    Le package VIP comprend :
Une place Carré Or

    Placement par nos hôtesses
    
Conférence
Coupe de Champagne en présence de Bernard-Henri Lévy
    A l’issue de la représentation, 1 coupe de Champagne dans un endroit réservé, en présence de Bernard-Henri Lévy

    Durée : environ 1 heure
    Ouverture des portes : 19h00

    • « Looking for Europe » : BHL fait un triomphe
      Paris Match | Publié le 03/06/2019 à 05h00 | Agathe Godard
      https://www.parismatch.com/People/Looking-for-Europe-BHL-fait-un-triomphe-1627116

      Parmi les invités qui se retrouvèrent pour le cocktail dans le foyer du théâtre, Ségolène Royal « époustouflée » ; Nathalie Loiseau, admirative ; Patrick Bruel, fan ; Patricia -d’Arenberg et Jean-Paul Enthoven qui voyaient le spectacle pour la troisième fois ; Maurice Lévy, l’ex-président de Publicis, et son petit-fils, Nicolas ; Marisa Berenson, ravie d’aller jouer « Berlin Kabarett », son succès parisien, au festival de Spolète ; Olivier et Christine Orban, dont le prochain livre sortira à la rentrée ; Michel Drucker et Claire Chazal, dithyrambiques ; l’ex-ministre Philippe Douste-Blazy, impressionné ; l’écrivain Pascal Bruckner, le créateur Alexis Mabille et son copain le réalisateur Etienne Chatiliez ; Anne Sinclair, subjuguée ; Marc Lambron et Delphine Marang Alexandre ; Bruno de Stabenrath, entouré de deux jolies filles ; Marie Saldmann, l’épouse du célèbre cardiologue et nutritionniste, et leur fille Manon ; Anne Hidalgo, accompagnée de Christophe Girard ; Chantal Thomass et son mari Michel Fabian ; Emmanuelle Seigner et Roman Polanski qui parla longuement avec BHL au milieu de la foule qui attendait pour congratuler le philosophe pour son incroyable performance.

  • Le « Grand Remplacement », cri de ralliement de la mouvance identitaire | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/05/07/le-grand-remplacement-cri-de-ralliement-de-la-mouvance-
    https://secure.gravatar.com/blavatar/a3b1cc5dc5733d7f4309d47eda4caf8d?s=200&ts=1557225391

    On trouve ainsi chez Barrès la hantise de l’étranger et des propositions qui préfigurent le programme de l’extrême droite du XXe siècle. Selon l’historien Gérard Noiriel depuis le XIXe siècle des textes alarmistes préfigurent « le Grand Remplacement ». Ils annoncent la fin de la « race » et de la « civilisation ». Après le second conflit mondial, dans les années 60, Maurice Bardèche publie dans Défense de l’Occident « Le racisme cet inconnu » (3). Les Blancs doivent se défendre contre « l’invasion planétaire » car dans 40 ans « le pullulement des espèces humaines ressuscitera les grandes invasions […]. La race blanche ne luttera plus pour sa prédominance économique ou politique, elle luttera pour sa survie biologique […]. Les guerres de race de demain sont en réalité le prélude à une mutation d’espèce. L’islam nouveau né sur les plateaux d’Asie nous apporte ses colonies de fourmis ». L’antisémitisme des années 30 est en quelque sorte recyclé contre les musulmans arabes ou noirs accusés d’œuvrer pour un prétendu « grand remplacement » (4). Dans la même veine que Bardèche, Dominique Venner (5), théoricien racialiste, s’entretient dans les colonnes de l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, le 19 février 1999 avec Jean-Paul Angelelli et accuse l’Etat « toujours acteur du déracinement des Français et de leur transformation en hexagonaux amorphes et interchangeables. L’Etat et sa loi pratiquent la préférence immigrée au détriment des indigènes[…], c’est qu’en France, l’Etat est l’un des principaux agent de dénaturalisation et de mondialisation […], le pire ennemi de la nation vivante ». Venner dénonce « la substitution ethnique » (6). Un processus de « contre-colonisation silencieuse » de la France par les populations immigrées est à l’œuvre.

    #grand_remplacement #extrême_droite #écologie

  • Mais la radio allemande dit parfois des choses très vraies. | Terrorismes, guérillas, stratégie et autres activités humaines
    http://aboudjaffar.blog.lemonde.fr/2019/04/30/le-bal-des-cloportes

    Mais la radio allemande dit parfois des choses très vraies.

    J’avoue très humblement que la parution en 2016 du livre de Cécile Vaissié, Les Réseaux du Kremlin en France, m’avait échappé. Fort heureusement, le procès intenté à cette universitaire et à son éditrice par quelques belles âmes s’étant senties, on ne sait pourquoi, diffamées m’a permis de découvrir son existence et de le lire avec enchantement. Il faut dire que le sujet est d’une inquiétante actualité et que j’éprouve par ailleurs le plus grand intérêt pour les défenseurs de la liberté et de la création tentant de faire interdire des livres (#jemecomprends).

    Spécialiste reconnue de la Russie, et manifestement grande admiratrice de sa culture, Mme Vaissié décrit avec une admirable méticulosité l’agressivité des réseaux d’influence de Moscou en France. On comprend que les personnes citées ne soient pas fières d’elles, mais chaque page de l’essai apporte son lot de sources, de citations, de notes explicatives et l’ensemble est accablant. Le texte, cependant, n’a rien d’un pamphlet et il émane de lui comme une froide colère face aux menées du régime russe, manifestement désireux de déstabiliser notre démocratie avec la complicité plus ou moins consciente d’une cohorte de propagandistes stipendiés, de fascistes assumés, de gauchistes dévoyés (mais ne le sont-ils tous pas ?), d’affairistes sans vergogne, de vieilles badernes aux étoiles gagnées dans d’obscurs couloirs et d’imbéciles de compétition.

    A parcourir en compagnie de Cécile Vaissié ce microcosme nauséabond, on pense souvent au journal que Maurice Garçon tint avant et pendant l’Occupation. On y croise, en effet, les mêmes médiocres, patriotes de pacotille répétant sans les comprendre les slogans de puissances ennemies, les mêmes plumitifs aux CV bidonnés, les mêmes faux chercheurs, les mêmes réprouvés prêts à toutes les compromissions dans le seul espoir d’exister, ne serait-ce qu’un bref instant, fut-ce au prix des plus infâmes compromissions.

    C’est un coup monté, ce saucisson sec ne m’appartient pas.

    On y contemple aussi, magie de ce monde, des responsables politiques invoquant à chaque phrase l’héritage de Charles De Gaulle tout en défendant, à coups de mensonges éhontés, les intérêts d’une diplomatie hostile aux intérêts les plus fondamentaux de la France. On suit de supposés personnalités de gauche se commettre avec des nostalgiques des pires tyrannies du siècle passé, on y contemple les dérives désormais bien connues d’une certaine pensée qui, sous couvert d’antiimpérialisme, relaient des propos antisémites, complotistes. On y admire même les saillies misogynes d’économistes manifestement incapables de se contrôler et dont la rigueur intellectuelle est bien fidèle aux pires méthodes soviétiques.

    Le livre de Mme Vaissié démontre de façon éclatante à quel point la stratégie russe actuelle de destruction de la vérité n’est que le prolongement d’une pratique ancienne, régulièrement mise en œuvre dans notre pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale par les glorieux défenseurs, toute honte bue, du stalinisme. Cet essai permet aussi de déchiffrer l’habileté avec laquelle les services de renseignement russes, sans l’avoir créée, accentuent de façon alarmante le désenchantement démocratique de nos sociétés.

    #Russie #influence #fake_news

  • Des contrôles éthiques font tiquer les chercheurs Marco Fortier - 12 avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/551985/tensions-ethiques-a-l-universite

    De la paperasse. Des pages et des pages de formulaires à remplir. Des délais qui s’allongent sans cesse. La multiplication des règles d’éthique encadrant la recherche scientifique provoque la grogne sur les campus partout au Canada, a appris Le Devoir. Une fronde s’organise contre la « bureaucratie » de l’éthique.

    Les procédures éthiques sont tellement lourdes et grugent tellement de temps qu’elles deviennent un frein à la liberté universitaire, dénonce l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU). Des chercheurs préfèrent se censurer et éviter les sujets controversés plutôt que de consacrer des mois à des démarches administratives devant mener à l’autorisation d’un projet de recherche.

    L’exaspération gagne des chercheurs de l’Université de Montréal (UdeM), au point que les responsables de l’éthique de l’établissement ont entrepris une tournée des départements pour écouter les doléances des professeurs et des étudiants des cycles supérieurs.

    « Vous n’avez pas idée des procédurites inutiles de ces demandes-là [des comités d’éthique en recherche]. Il y en a pour trente pages de formulaires à remplir. Ça n’a pas de bon sens. Les règles d’éthique sont tellement complexes que c’est un manque d’éthique ! » dit Serge Larivée, professeur à l’École de psychoéducation de l’UdeM.

    « Toujours plus d’éthique ne fera pas diminuer les contenus non éthiques. Au contraire, ça va les augmenter, affirme ce vétéran professeur qui enseigne depuis 1969. Plus on contrôle, plus les gens trouvent des moyens pour enfreindre les règles. »

    Protéger les humains et les animaux
    Toutes les recherches universitaires impliquant la participation de sujets humains ou d’animaux sont encadrées par des règles éthiques. Les trois organismes fédéraux qui subventionnent la recherche — en sciences humaines, en sciences naturelles et en génie, ainsi qu’en santé — ont édicté leurs critères que doivent suivre les chercheurs de tout le pays.

    Le but est de s’assurer que les participants humains collaborent à la recherche librement et sans subir de traumatisme. Il faut aussi préserver l’intégrité scientifique de la recherche, pour éviter que des résultats soient trafiqués. Le foisonnement des règles d’éthique prend cependant une tournure ridicule, selon des chercheurs.

    Par exemple, des professeurs ont dû exiger que des personnes analphabètes de Dakar, au Sénégal, signent un formulaire de consentement avant de répondre (oralement) à un questionnaire. Un professeur et un étudiant au doctorat collaborant à un même projet ont dû demander deux certificats d’éthique pour utiliser les données tirées des mêmes entrevues.

    Dans certains cas, des chercheurs doivent répondre à une série de demandes de précisions qui retardent de plusieurs mois le début d’un projet d’étude. C’est un problème, car les bourses d’excellence ont une date de péremption. Et gare aux chercheurs qui commencent leurs travaux sans avoir eu le feu vert du comité d’éthique : leurs données sont jugées irrecevables, car non éthiques !

    Accompagner les chercheurs
    Pour répondre aux inquiétudes des chercheurs et offrir des pistes de solution, le Bureau de la conduite responsable en recherche de l’UdeM a entrepris une tournée des départements. Le professeur Maurice Tardif, du Département d’administration et fondements de l’éducation de l’UdeM, est sorti frustré d’une rencontre récente avec le Bureau. « La dame a dit : “On met en place une éthique de la recherche.” J’ai répondu : “Madame, vous devez avoir honte de dire ça. L’université existe depuis 1000 ans et les professeurs n’ont pas attendu après vous pour avoir une éthique !” »

    Marie-Josée Hébert, vice-rectrice de l’UdeM, reconnaît que les demandes de reddition de comptes ont augmenté depuis une vingtaine d’années. « La recherche est plus complexe qu’autrefois, dit-elle. On est plus conscients de certains risques pour les répondants vulnérables, comme des personnes mineures ou qui ont des problèmes de santé mentale. Certaines questions intimes peuvent troubler les participants. On ne peut s’insurger contre une reddition de comptes qui vise à protéger les sujets. »

    Le Bureau de la conduite responsable en recherche de l’UdeM a été créé en 2017. Le nombre de comités d’éthique (et de conseillers accompagnant les chercheurs) est aussi passé de trois à cinq, à cause de la hausse importante du nombre de projets de recherche. « On est dans une période de changement. Est-ce qu’on est rendus à la vitesse où on voudrait être ? Pas encore, on doit accélérer la cadence. Mais on nomme des gens pour aider la communauté de recherche, pas pour jouer à la police », dit Marie-Josée Hébert.

    Malaise national
    Le malaise entourant l’éthique de la recherche est ressenti dans toutes les régions du Canada, affirme Robin Vose, professeur d’histoire à l’Université Saint-Thomas, au Nouveau-Brunswick. Il est président sortant et membre du comité de direction de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, qui représente 72 000 professeurs, bibliothécaires et chercheurs dans 125 universités et collèges du pays.

    « On a assisté dans les dernières années à la naissance d’une bureaucratie de l’éthique dans les universités. La bureaucratie a tendance à multiplier les règles pour justifier son existence » , observe Robin Vose.

    Les progrès techniques en santé, par exemple en génétique, justifient hors de tout doute un encadrement éthique. Le problème, selon lui, c’est la multiplication des obstacles bureaucratiques pour des recherches simples et très peu risquées pour les sujets humains ou animaux. « Les règles d’éthique ont été créées pour prévenir les abus sérieux en recherche, pas pour protéger la responsabilité légale des universités ou des conseils subventionnaires », dit-il.

    #recherche_universitaire #éthique #bureaucratie #privatisation de la #recherche #technocratie #surveillance #capitalisme #droits_humains #Montréal

  • BALLAST | Jean-Paul Jouary : « De tout temps, les #démocrates ont refusé le #suffrage_universel »
    https://www.revue-ballast.fr/jean-paul-jouary-de-tout-temps-les-democrates-ont-refuse-le-suffrage-u

    Je préfère cette phrase de l’Éloge de la philosophie de Maurice Merleau-Ponty que j’aime à répéter, qui est profonde, et que l’on taxerait aujourd’hui sans doute de « populiste » alors qu’elle résume l’essence même de la démocratie : « Notre rapport au vrai passe par les autres. Ou bien nous allons au vrai avec eux, ou bien ce n’est pas au vrai que nous allons. » C’est ce que dit avec d’autres mots Amartya Sen dans La Démocratie des autres : « Les élections sont seulement un moyen de rendre efficaces les discussions publiques. » En tant qu’individu, je me pose la question de savoir ce qui est bon pour moi ; en tant que citoyen, je me pose la question de savoir ce qui est bon pour nous. Sans cette question il n’y a pas de politique, et en cerner les contours suppose une infinité de dialogues partagés, sincères.

    [...]

    Le philosophe Cornelius Castoriadis disait de l’homme qu’il « est un animal paresseux ». Et, citant l’historien Thucydide, il ajoutait : « Il faut choisir : se reposer ou être libre ». Peut-on imaginer une société qui, passée l’effervescence d’un hypothétique moment révolutionnaire, soit à même, ou seulement désireuse, de s’investir dans la chose publique avec une intensité presque quotidienne ?

    Kant parlait déjà de cette « paresse », de ce qui nous fait préférer somnoler. Il y voyait la cause du maintien du peuple dans un état de « minorité », au profit de ces « tuteurs » qui se prétendent indispensables. Une phrase de Kant résume bien ce qui malheureusement demeure un diagnostic sévère mais lucide : « Après avoir abêti leur bétail et avoir soigneusement pris garde de ne pas permettre à ces tranquilles créatures d’oser faire le moindre pas hors du chariot où il les a enfermées, ils leur montrent le danger qui les menace si elles essaient de marcher seules. » On en est là, mais parfois il en est qui ruent ici et là. Après Étienne de la Boétie, Spinoza ou Rousseau, Michel Foucault a définitivement démontré qui si le pouvoir s’exerce du haut vers le bas, c’est parce que dans l’ensemble de la vie sociale le pouvoir se transfère du bas vers le haut. Cette délégation liberticide ne relève guère d’une fatalité, mais infléchir ce processus est une tâche historique d’une difficulté extraordinairement grande. C’est ainsi, comme vous le dites, qu’après de rares mais précieux moments de soulèvement, de reprise en mains par le peuple de ses propres affaires, le courage démocratique tend à décliner et laisser place à cette paresse. La souveraineté, qui était si jalousement conservée pendant des dizaines de millénaires, passe aujourd’hui pour un idéal inaccessible. C’est ce processus de dépossession que je m’efforce d’explorer, mais tout montre qu’on ne peut espérer le combattre qu’en combinant ce type de réflexions à des pratiques sociales et politiques collectives.

  • « C l’hebdo » (France 5) : censure et concert de chiens de garde contre Monique Pinçon-Charlot - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/C-l-hebdo-France-5-censure-et-concert-de-chiens?var_mode=calcul

    C’est une émission cas d’école. Une émission qui est en actes la chronique du mépris que racontent justement les Pinçon-Charlot dans leur dernier livre. Une émission qui démontre – encore une fois – la difficulté d’exposer des idées radicales sur un plateau de télévision, gardé par des journalistes récidivistes dans leur hostilité aux travaux et idées des deux sociologues. Une émission de « débat » sur le service public, dont les dispositifs privilégient l’expression des éternels mêmes éditorialistes – une nouvelle fois – aux dépens des invités hétérodoxes.

    Mais de quels journalistes parle-t-on, au fait ? Nicolas Domenach et Maurice Szafran tout d’abord, respectivement chroniqueur et éditorialiste politiques à Challenges, ayant tous deux par le passé occupé des postes de direction à Marianne, et auteurs d’un énième livre relatant un énième papotage avec le Président de la République. Précisons dès maintenant que ces derniers ont été épinglés pour leur régulière connivence avec le pouvoir politique, et que Maurice Szafran a été tout particulièrement visé par la société des journalistes de son propre hebdomadaire, qui déplorait lors de la campagne présidentielle de 2017 « [s]es interventions multiples et déplacées auprès de la direction et de l’équipe web, suite à la parution d’un article critique à l’égard de Macron […]. Interventions relayant le coup de téléphone d’un communicant de Macron. »

    Ça commence donc bien. Mais c’est sans compter la présence des trois autres chroniqueurs permanents de l’émission : Jean-Michel Aphatie, que l’on ne présente plus, Émilie Tran Nguyen, présentatrice du 12/13 sur France 3, et Éva Roque, chroniqueuse dans le 5/7 d’Europe 1. Le tout animé par Ali Baddou, qui loin d’être un régulateur facilitant la parole de l’invitée, jouera le même rôle que ses confrères et consœurs.

    C’est donc face à un tel plateau que Monique Pinçon-Charlot fut conviée non pas à « présenter » son dernier livre – comme l’affirme le descriptif de l’émission –, mais à se défendre de l’avoir co-écrit en tant que sociologue, tout en étant sommée de répondre aux différents réquisitoires des journalistes.

    #éditocratie #chiens_de_garde #violence_des_riches

  • Dictionnaire amoureux du #cortège_de_tête
    https://grozeille.co/dictionnaire-amoureux-cortege-de-tete

    "On profite de ce beau samedi pour rappeler quelques réflexions sur la casse, glanées lors d’un vieux micro-trottoir : « la casse est un geste créatif et poétique qui produit de la joie et de la beauté à partir d’un monde triste et morne » (Jérôme, 32 ans, casseur et poète) ; « la #casse, c’est un début de réponse aux véritables ravageurs de notre planète » (Marie, 22 ans, casseuse et écolo) ; « par son caractère transgressif, la casse oblige à prendre soin les uns des autres » (Ahmed, 49 ans, casseur et psy) ; « la casse signe les retrouvailles avec une puissance politique perdue dans le droit de vote » (Caroline, 70 ans, retraitée qui aime les casseurs) ; « la casse, ça redonne de l’offensivité à des manifestations qui étaient parfaitement gérées et contrôlées par les autorités » (Julie, 27 ans, syndicaliste casseuse) ; « la casse : un outil de négociation avec qui ne veut plus négocier » (Maurice, 52 ans, chercheur et casseur) ; « la casse permet d’appliquer ce qu’on a appris en cours de philosophie et d’histoire géo » (Ilyna, 18 ans, lycéenne et casseuse) ; « quand on est assez de #casseurs on n’est plus des casseurs, on est un événement » (Jésus, un ancien de mai 68) ; etc., etc."

  • #Lyon : #rassemblement pour le squat de l’ancien collège Maurice Scève
    https://fr.squat.net/2019/03/17/lyon-rassemblement-pour-le-squat-de-lancien-college-maurice-sceve

    Pour protester contre la situation inacceptable des personnes vivant acutellement au Collège Maurice Scève, nous, Collectif de soutien aux habitants de l’ancien Collège Maurice Scève, appelons à un rassemblement le lundi 18 mars à 17h30 devant la Métropole (20 rue du Lac), à l’occasion du prochain conseil métropolitain, avec le Collectif « Mineurs isolés étrangers […]

    #8_Rue_Louis_Thévenet #Amphi_Z #ancien_Collège_Maurice_Scève #Collectif_Mineurs_isolés_étrangers #La_Maison_Mandela #La_Trappe #sans-papiers

  • Je me rends compte que hier, on n’est pas allés à la fête des Pailhasses de Cournonterral, tout près de #Montpellier :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_des_pailhasses

    À l’origine, les Pailhasses étaient les habitants de Cournonterral et les Blancs ceux d’Aumelas, mais désormais chacun choisit le camp auquel il veut se joindre. Résurgence médiévale ou païenne, la fête des Pailhasses permet d’évacuer les frustrations éventuelles entre villageois et tout le monde peut ainsi entamer le Carême avec plus de sérénité…

    […]

    Le bayle trouva un substitut. Durant trois heures, les Pailhasses donnent la chasse aux Blancs à travers les rues du bourg, en s’efforçant de les salir à coup de "peilles" (en occitan : « serpillières ») imbibées de lie2. Mais toute personne passant par là est considérée comme participant au jeu et peut être salie. À la fin de la période, les ex-Blancs attrapés sont carrément plongés dans des cuves remplies de lie. Les Blancs ont cependant l’initiative puisque ce sont eux qui provoquent en quelque sorte les Pailhasses qu’ils croisent sur leur chemin.

    Dans la bande-annonce de Sans toit ni loi d’Agnès Varda, une scène aux paillasses au bout d’une minute :
    https://www.dailymotion.com/video/x9rz77

    Sinon, en vrai ça donne ça :
    https://www.youtube.com/watch?v=t8CUpJEK4Dw

    • Une amie prenait tranquillement son café à Montpellier quand une furie est rentrée dans le bar, a tout envoyé paître posé son lourd sac à dos, elle avait l’air d’un vagabonde, mais c’était curieux, elle ressemblait à Sandrine Bonnaire que cette amie avait déjà vue dans A nos amours de Maurice Pialat quelques années auparavant et surtout cette vagabonde était suivie dans ses mouvements par un caméraman qui paraissait la filmer.

      Quelques mois plus tard cette amie a découvert cette scène en allant voir Sans toit ni loi et s’y est vue lors d’une très brève seconde.

      J’ai rencontré cette amie il y a une dizaine d’années et c’est plus ou moins à l’occasion de cette rencontre que cette amie m’a raconté cette histoire. Je me suis empressé de télécharger « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda et je me suis jeté sur cette scène. J’ai à peine reconnu mon amie que je ne connaissais pas du tout à l’époque. Mais j’avais, je le jure, un vague souvenir de cette brève apparition à l’écran. Cela avait à voir avec l’expression de surprise sur le visage de ma future amie. Que j’allais rencontrer 25 ans plus tard. Il y a dix ans.

    • @corinne2 Merci tu es gentille. Cela rejoint certaines préoccupations d’un texte que je suis en train d’écrire à propos des figures de l’invisible notamment. Sandrine Bonnaire fait partie de ces figures.

      Pour le moment j’avais écrit ceci : « Le 15 juin 2008, Sandrine Bonnaire présentait son film Elle s’appelle Sabine à propos de sa sœur Sabine, autiste donc, au cinéma L’Univers à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, et dans la discussion qui a suivi la projection du film, elle m’a souri, de ce sourire ty-pique dans les films qui voit son visage se transformer, passant d’une certaine dureté à, au contraire, un visage radieux comme illuminé par ses deux merveilleuses fossettes, et elle m’a souri parce que je lui faisais remarquer que les images d’archives de son film avaient finale-ment la portée inverse de celle qui était visée quand elle les avait filmées, à savoir tenter de sauvegarder un peu de l’étrangeté de sa sœur pour s’en souvenir plus tard, quand elle irait mieux, et, ce qui se produit, in fine, c’est que ces images sont, au contraire, la sauvegarde d’une grâce engloutie sous des années de maltraitance aux psychotropes, et ce sourire de Sandrine Bonnaire, sourire qui m’était indubitablement adressé, aurait pu me faire m’évanouir, vrai-ment. Je suis sensible. Aux fossettes. À celles de Sandrine Bonnaire en particulier. »

      Mais je vois bien comment ce signalement d’@arno risque de me faire changer.

  • Sous la pression, l’Institut du monde arabe déprogramme une chanteuse sahraouie - RFI
    http://www.rfi.fr/afrique/20190304-chanteuse-sahraouie-deprogrammee-institut-monde-arabe-aziza-brahim-maro

    Selon une source bien informée, tout est parti d’un article paru le 29 janvier dernier sur un site marocain réputé proche du palais, le 360. Il s’émouvait de la programmation à l’Institut du monde arabe (IMA) d’#Aziza_Brahim, la qualifiant d’activiste du Front Polisario.

    Dans la foulée, l’ambassade du Maroc à Paris appelle l’Institut pour demander des explications. L’IMA se justifie en expliquant que la chanteuse a toute sa place dans le cadre du festival Les Arabofolies, qui a pour thématiques les femmes et les résistances. Des explications qui ne convainquent pas les diplomates marocains en poste à Paris.

    Ces derniers font alors pression sur les mécènes marocains qui financent régulièrement les projets de l’Institut, et qui finissent par menacer l’IMA de se désengager si le concert prévu initialement le 10 mars était maintenu.

    Son président, Jack Lang, tente bien d’intervenir, en expliquant que la chanteuse n’est nullement une activiste du #Polisario mais seulement une artiste qui chante l’histoire de son peuple. Rien n’y fait : le président de l’institution cède finalement sous la pression. Résultat, le 7 février, l’Institut annonce que « pour une raison indépendante de la volonté de l’artiste », le concert est annulé.

    Aziza Brahim - Lagi
    https://www.youtube.com/watch?v=kG4OX8uQpI0

    #musique #chanson #pression #diplomatie #Maroc #Sahara_occidental

    • #notre_ami_le_roi

      https://www.humanite.fr/editorial-notre-ami-le-roi-638595

      Éditorial. Notre ami le roi
      Vendredi, 7 Juillet, 2017
      Maurice Ulrich

      Une trentaine d’années après un livre de Gilles Perrault qui fit date, Notre ami le roi, révélant les sinistres réalités du pouvoir d’Hassan II au Maroc, le roi Mohammed VI est toujours « notre ami ». La visite à sa majesté d’Emmanuel Macron, il y a trois semaines, en témoigne. Il eut l’honneur selon le mot d’un diplomate de dîner en famille dans sa résidence privée. Le président de la République s’est dit « touché par cette marque d’amitié ». On ne sait pas si l’ampleur du mouvement social qui soulève le Maroc depuis plusieurs mois fut évoquée au dessert. D’ailleurs, soulignait ironiquement (on l’espère) le Figaro au lendemain de cette visite, « Emmanuel Macron n’en aura eu qu’un écho très lointain, puisque son séjour au Maroc s’est concentré sur la rencontre avec Mohammed VI et sa famille, sans entretien avec des représentants de la société civile ». Décidément, Emmanuel Macron pourrait écrire dans ses carnets intimes ce mot de Louis XVI qu’il affectionne : « Rien. »

      Rien, depuis que le 28 octobre dernier le jeune poissonnier Mouhcine Fikri a été broyé par une benne à ordures alors qu’il tentait désespérément de récupérer le matériel qui venait de lui être arraché par les policiers. Depuis, les manifestations populaires n’ont fait que prendre de l’ampleur, dans une région du Rif où le drame a remis à vif les blessures historiques de l’oppression du pouvoir central et a été vécu comme un révélateur d’une situation sociale où 40 % de la population est au chômage, où l’industrie est redevenue, après une courte embellie, quasiment inexistante, et où la corruption financière aussi bien que politique ronge la société. Les témoignages recueillis par notre envoyée spéciale Rosa Moussaoui sont sans ambiguïté. Les seules réponses du pouvoir, face à ce soulèvement du Rif qui n’a cessé de s’amplifier et de se structurer depuis octobre, ont été la répression, l’arrestation des militants les plus en vue, la volonté de faire taire la presse. 135 Rifains sont détenus à ce jour, dont 7 journalistes. Le silence de la France officielle est assourdissant. Il est des « amitiés » qui sont une chape de plomb.
      Par Maurice Ulrich

    • Géométrie variable, l’histoire tranchera...

      L’artiste Aziza Brahim annule son concert à Jérusalem occupée
      Campagne BDS France, le 29 juillet 2015
      https://www.bdsfrance.org/lartiste-aziza-brahim-annule-son-concert-a-jerusalem-occupee

      Appel au boycott du concert d’Enrico Macias au Maroc : « Je me fous éperdument de cette menace »
      Nadir Dendoune, Le Courrier de l’Atlas, le 4 février 2019
      https://www.lecourrierdelatlas.com/maroc-appel-au-boycott-du-concert-d-enrico-macias-au-maroc-je-me

      #boycott

    • « Je suis une activiste sociale » : les chants sahraouis d’Aziza Brahim déprogrammés de l’IMA
      https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/26/musiques-du-monde-les-chants-sahraouis-de-resistance-d-aziza-brahim_5455127_


      La chanteuse Aziza Brahim à Barcelone, en décembre 2018.
      NINA PETRE

      A l’approche de son passage, vendredi 26 avril, au Pan Piper, à Paris, elle se dit consternée mais pas étonnée. Jointe par téléphone à Barcelone, où elle vit depuis dix ans et finalise le mixage d’un cinquième album dont la parution est prévue à l’automne, la chanteuse sahraouie Aziza Brahim revient sur l’annulation du concert qu’elle devait donner le 10 mars à l’Institut du monde arabe (IMA) : « –Ce n’est un secret pour personne. Le concert a été annulé suite à la pression de l’ambassade du Maroc et des mécènes marocains. Je ne comprends pas qu’une institution publique, en France, qui sait à quel point la liberté d’expression n’est pas respectée au Maroc, cède à ce chantage. »

      La chanteuse était programmée en clôture de la première édition du festival Les Arabofolies, sous-titrée « _Résistances ». Selon Greg Connan (Dérapage Productions), agent en France de l’artiste, un site marocain d’information, Le360, a alerté l’ambassade, qui a contacté Jack Lang, président de l’IMA. « La programmatrice m’a informé qu’ils avaient reçu un coup de fil insistant sur le fait qu’Aziza Brahim était une activiste du Front Polisario [mouvement de libération des populations sahraouies], ce qui est totalement faux, détaille M. Connan. Je leur ai raconté son parcours, ses idées. Les responsables de la programmation ont ensuite tenté de sauver ce concert, sans résultat. »

      #paywall

  • Deux interventions télé du 25/02
    • Dominique de Villepin sur France Inter
    • Maurice Lemoine sur RT France

    VIDEO. Venezuela : une intervention militaire extérieure serait « catastrophique » selon Dominique de Villepin
    https://www.francetvinfo.fr/monde/venezuela/video-venezuela-une-intervention-militaire-exterieure-serait-catastroph

    « Je connais l’immense allergie du peuple vénézuélien vis-à-vis de toute interférence américaine », a déclaré lundi 25 février sur France Inter l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui a vécu au Venezuela. « C’est le pays d’Amérique latine qui est le plus marqué de ce point de vue-là », assure-t-il.

    Selon lui, une intervention militaire, que ne l’exclut pas le président américain Donald Trump, serait « catastrophique » : Nicolas Maduro « tient l’armée, une partie de la population et des groupes paramilitaires importants, les ’colectivos’. Le risque d’un bain de sang est là », analyse Dominique de Villepin sur France Inter. "Donald Trump joue avec les mots et joue avec le feu."

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    Venezuela : la situation peut-elle encore s’envenimer ? - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=EZArYOqSJSE

    Entretien du 25/02/2019 avec Maurice Lemoine, journaliste spécialiste de l’Amérique latine. Pour RT France, il revient sur la situation au Venezuela alors qu’une intervention américaine semble imminente.

  • Pourquoi les migrants traversent la #Méditerranée sans #gilets_de_sauvetage ?

    De nombreux lecteurs questionnent la rédaction d’InfoMigrants sur la #sécurité des traversées en mer Méditerranée. Une interrogation revient souvent : pourquoi les migrants, notamment les femmes et les enfants, tentent la traversée sans gilets de sauvetage ? La rédaction fait le point.

    « Pourquoi les migrants montent sur les canots sans gilets de sauvetage ? », « Pourquoi prendre autant de risques sans gilets ? », « Combien coûte un gilet pour ne pas en prendre un avant de partir avec des enfants ? ». Voici en substance quelques messages reçus par InfoMigrants au fil des reportages et témoignages publiés sur le site.

    En effet, la grande majorité des migrants qui tentent de se rendre en Europe depuis les côtes libyennes ne portent pas de gilets de sauvetage. Cette absence de protection a été confirmée auprès d’InfoMigrants par les sauveteurs de l’Aquarius - le navire humanitaire qui portait secours aux migrants en détresse en Méditerranée jusqu’à la fin de l’année 2018.

    En deux ans de mission, entre 2016 et 2018, Anthony, un des membres de l’équipe de sauvetage de l’Aquarius, n’a jamais croisé de canot où tous les occupants étaient équipés d’un gilet de sauvetage. « Au contraire, c’est très rare. Au cours des dizaines de sauvetage auquel j’ai participé, je n’ai même jamais croisé d’enfants qui avaient été correctement sécurisés à bord », explique-t-il. Même son de cloche de la part de Iasonas, un autre sauveteur de l’Aquarius joint par InfoMigrants. « Au cours de mes missions, je n’ai jamais vu d’Africains subsahariens avec des gilets de sauvetage ».

    En haute mer, pourtant, en cas de naufrages, les noyades peuvent être très rapides, surtout sans bouée ni gilet. Une personne peut se noyer en une « quinzaine de minutes », précise Anthony. Voire en 30 secondes, quand on ne sait pas nager, précise l’ONG Sea Watch.

    « Un ‘extra’ qui coûte cher »

    Mais en Libye, un gilet de sauvetage se monnaye cher. Il se négocie en amont de la traversée dans le forfait négocié avec le passeur ou il peut être acheté individuellement. Dans les deux cas, « c’est un ‘extra’ qui coûte cher et beaucoup ne peuvent pas se le permettre financièrement », explique Maurice Stierl, l’un des fondateurs d’Alarm phone, une plateforme téléphonique qui réceptionne les appels de détresse en mer Méditerranée.

    « Beaucoup de migrants n’ont donc pas les moyens d’assurer leur sécurité avant une traversée », ajoute-t-il. Généralement, les prix se monnayent entre 50 euros et 400 euros, à en croire les témoignages recueillis par InfoMigrants. « Ils varient en fonction de la qualité du gilet et du forfait négocié avec les trafiquants », précise Sissoko, un Malien survivant d’un naufrage en 2016.

    « Moi, le passeur m’en a donné un parce que j’étais blessé. Mais je ne sais pas pourquoi il m’a aidé », explique-t-il. Aucun des 129 autres passagers, assis à côté de Sissoko, n’a eu de gilet. « Il n’a rien donné aux enfants. Mais de toute façon, le gilet était trop petit, alors je n’ai pas pu m’en servir », se rappelle-t-il.

    « Demander un gilet, c’est prendre le risque de se faire frapper »

    Dans les rues de Tripoli, aucun magasin ne met en vente des gilets de sauvetage – contrairement à Izmir, par exemple, point de départ de la Turquie vers la Grèce où de nombreux commerces profitent d’un juteux marché et exposent des gilets dans les devantures de leurs boutiques. « Là-bas [à Tripoli], en marchant dans la rue, impossible de trouver des gilets en vente », se rappelle Sissoko.

    De nombreux migrants supplient donc les passeurs quelques minutes avant la traversée. Ils sont pris de panique en voyant les bateaux surchargés et en mauvaise état. « Souvent, les passeurs sur la plage frappent les migrants qui réclament des gilets de sauvetage. Je me rappelle que le jour du départ, un Ivoirien à côté de moi a vu que son canot était légèrement percé et que l’eau rentrait dedans. Il a demandé un gilet, il a dit qu’il ne partirait pas sans ça. Les Libyens l’ont fait descendre et l’ont tabassé. »

    « Ne pas attirer la marine libyenne », explique un passeur

    D’autres migrants racontent que leurs gilets ont été confisqués au moment de monter sur les bateaux. « J’ai payé 300 dinars libyens [60 euros] à un passeur dans Tripoli pour pouvoir me procurer un gilet de sauvetage, mais on me l’a pris quand je suis arrivé sur la plage », confie un ami de Sissoko, un autre survivant de la traversée.

    Selon un passeur basé à Tripoli, cité par un migrant, « un gilet de sauvetage [de couleur orange], ce n’est pas discret. Ça peut attirer la marine libyenne ». De plus, « porter un gilet prend de la place. Or nous devons remplir au maximum les canots », a ajouté le trafiquant.

    Désespérés, certains migrants cherchent à se confectionner eux-mêmes une protection. « Parfois, j’ai sorti de l’eau des personnes qui portaient des chambres à air de vélos ou de voiture autour de la taille… », explique Anthony, l’ancien sauveteur de l’Aquarius.

    Des gilets jamais aux normes

    Reste que même les gilets - qui ne sont pas confisqués - et qui sont utilisés lors des traversées sont particulièrement dangereux. Ils sont de très mauvaise qualité et ne sont presque jamais aux normes, expliquent les ONG. « J’ai vu des migrants porter des vieux gilets qu’on utilisait dans les années 1970 pour le canyoning ou la planche à voile », explique encore Anthony. « A la première vague, avec ces gilets, la personne finit sous l’eau ».

    Au total, plus de 2 250 personnes sont mortes en mer Méditerranée en 2018. Malgré les températures hivernales, les mauvaises conditions météo, des centaines de migrants continuent d’emprunter cette voie maritime pour tenter de rejoindre l’Europe.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/15253/pourquoi-les-migrants-traversent-la-mediterranee-sans-gilets-de-sauvet
    #migrations #asile #réfugiés #sauvetage #danger

  • Il y a quelques mois, une conversation sur Seenthis a conduit les participants au fil à s’échanger ce qu’ils pensaient être les bonnes suggestions de lectures de bandes dessinées, les trucs à ne pas rater, les livres d’exception.
    Cette conversation, en me propulsant d’une certaine manière trente ans en arrière, m’a attristé à un point difficilement descriptible (un peu comme si une conversation à vingt sur la musique avait conduit à réécrire le palmarès hebdomadaire de nrj).
    Ne sachant même pas par où commencer une réponse ici, j’ai décidé de me désinscrire de Seenthis, pensant que je n’avais sans doute pas grand-chose à y faire : puissant et nécessaire organe de construction politique, Seenthis m’apparaissait comme un échec culturel total, au moins dans le champ disciplinaire auquel je consacre ma vie, celui de la bande dessinée.
    Après avoir quitté les lieux pendant tout ce temps, j’ai vaqué à mes occupations, dessiné beaucoup, écrit copieusement sur les bandes dessinées (je vous en causerai peut-être), et oublié seenthis.
    Et puis j’ai décidé de revenir en commençant simplement par publier des articles que j’ai écrit pour Pré Carré , que la plupart d’entre vous ne connaissent pas, et qui pas à pas vont dessiner les contours politiques, éthiques, artistiques, d’une position, de ma position. C’est à partir de ces publications que quelque chose, pour moi, pourra commencer à être échangé sur les bandes dessinées si le cœur vous en disait. C’est la solution que j’ai trouvée pour que, d’une manière ou d’une autre, ma présence ici continue à avoir du sens. Je commence donc par l’article ci-dessous, publié dans le Pré Carré 12, qui répond très directement à la quasi totalité des suggestions de lecture et des raisons qui les motivaient, quand il fut question sur Seenthis de constituer une bibliothèque de bd :

    " La création d’une collection au Lombard appelée Petite bédéthèque des savoirs entérine un changement de paradigme du mépris pour la bande dessinée tel qu’il s’amorce déjà depuis quelques années par la multiplication de publications pédagogisantes ou documentarisantes.
    Que quelques humiliés de classe culturelle s’imaginent, et avancent, qu’on sauve la bande dessinée du regard condescendant porté sur elle par la pédagogie, par les grands sujets historiques ou sociaux, ceci ne fait qu’exposer la parfaite nullité de leur regard sur notre discipline et sa puissance propre : il y a mille fois plus à apprendre dans deux pages de Bertoyas, de Bicéphale ou de Musturi, PAR la bande elle-même comme pratique du monde sur lui, que dans l’intégralité des pensums thésards qui rougissent de fierté d’aborder des grandes questions .
    Moyens archaïques de narration, placés, toujours, dix crans au-dessous de tout plan de recherche, ils en sont le reflet timoré, désuet et lourd à l’encre, ce qui est tout-à fait, hélas logique, puisque les bandes sont invitées à l’illustrer et non à en être le cadre expérimental ou déictique.
    Ce rapport instrumentalisant aux bandes est hanté par l’objet , le faisant déborder toute la sphère discursive. Faye et bien d’autres ont pu dire dans les années 70 qu’un tel rapport à la forme atteignait vite cette aporie : il n’y aurait de roman plus moderne que de science-fiction... Mais c’est qu’on pouvait être soucieux de ce qu’une forme prise pouvait faire et changer du monde, probablement parce qu’on n’y méprisait pas le fait même d’écrire .
    Il faudrait être fou, pense-t-on à juste titre, pour consacrer sa vie à une pratique dont on a honte. Et pourtant, nos publieurs de bande dessinée la méprisent plus encore que ceux auxquels leur mode de réévaluation est censé répondre. S’il s’appliquait au cinéma, ce principe éditorial reviendrait à sanctifier le journal de vingt heures en exigeant de Kerrigan, de Maddin ou d’Ishii un bon sujet ancré . Mais c’est exactement sur des valeurs inverses que s’est bâtie l’histoire du cinéma, et c’est devant Fellini ou Tarkovski que les documentaristes ont eu tant de peine à exister ; c’est seulement parce qu’ils accordent un supplément de puissance à leur discipline que Epstein, Franju, Le Tacon, Massart, Ruiz, Pelechian, ou Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel apparaissent là où les autres documentaristes sont minorés.
    S’imaginer qu’on sauve (comme si elles devaient l’être) les bandes par l’Histoire, le social, la pédagogie, « les grands sujets », c’est croire que ce qui sauve la peinture du XXe siècle c’est le réalisme socialiste ou que le meilleur de la littérature du XXe, c’est Maurice Druon.

    Il y aurait là un vaste sujet possible de travail sur les malentendus entretenus par les acteurs de notre scène eux-mêmes, encore plus bêtes, bornés, aveugles à la beauté et à la force de la bande dessinée que ceux qui n’en lisent pas. Il suffit de se souvenir avec quels livres, les brandissant comme des emblèmes de leur jugement, s’est photographiée une ribambelle d’auteurs blessés dans je ne sais quelle représentation de leur amour-propre pour répondre à Finkielkraut  ; celui-ci ne leur en demandait pas tant quand il cracha publiquement ce jour-là sur une de ces milles petites choses dont il ignore tout, la bande dessinée. Nous avons eu le droit dans ces selfies vengeurs à tout ce qu’on pourrait imaginer de plus convenu comme petite bédéthèque des savoirs avant l’heure, inventaire mou, centriste, prof, cucul, honorable et diplômé, de bandes dessinées censément exemplaires.

    Pour défaire l’affirmation de la merdicité de la peinture et de son manque d’ampleur, vous gifleriez votre adversaire avec Bouguereau ou avec Sigmar Polke ? Vous hésiteriez une demi-seconde ? Et pourtant, ce jour-là, tous nos auteurs avaient sorti leur Bouguereau pour convaincre de la noblesse des beaux sujets. Sans doute parce qu’ils ignorent eux-mêmes l’existence, dans les bandes, de nos Polke.
    –--------
    références : Une bd pour Finkie :
    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/une-bd-pour-finkie-fluide-glacial-refait-l-039-education-du-philosophe/49036

    la sinistre PBS : http://www.lelombard.com/bdtk

    aimer, traquer, trouver : https://www.du9.org/dossier/angouleme-2019

    il y a dix ans : https://www.le-terrier.net/bibliographie

    #bande_dessinée #culture #petite_bourgeoisie_de_la_gauche_culturelle

    • Seenthis m’apparaissait comme un échec culturel total, au moins dans le champ disciplinaire auquel je consacre ma vie, celui de la bande dessinée.

      Ça c’est du « statement » comme on dit à l’ONU. Fichtre !

      Alors bonne arrivée [à nouveau] comme on dit à Ouaga (mais aussi à Bobo-Dioulasso), je me réjouis de te relire en espérant ne pas être - par mes choix culturels souvent très ringards, je reconnais à l’aise - à l’origine de ton prochain re-départ.

      J’espère aussi que tu sauras profiter de la belle et puissante intelligence collective qui sévit en ces lieux pour les thématiques qui ne te sont pas familières.

    • Et donc faisons des liens pour contextualiser :
      https://seenthis.net/messages/739053

      Pour continuer l’analogie, je ne mettrais pas toute cette liste sur NRJ : clairement certaines seraient plutôt sur FIP ou France Culture. Ce qu’on peut parfois critiquer aussi bien sûr, mais pour d’autres raisons que NRJ.
      Et en ce qui me concerne, je ne passe pas ma vie à écouter uniquement que de la musique bruitiste, expérimentale. Ça m’arrive quand même plus souvent d’écouter Mingus, Erykah Badu, Anouar Brahem ou pas mal de rap. Ce sont des choix de vie…

      Et allons plus en détail : certaines comme pour Fred et quelques autres, sont dans votre propre bibliographie du Terrier !
      https://www.le-terrier.net/bibliographie/fred.htm

      Alors il y a un peu de mauvaise foi dans le lot. :)
      (Et un peu de mépris aussi, en tout cas lorsque c’est formulé comme ça à l’écrit. Il faudrait en discuter à l’oral en plus.)

      #bande_dessinée #bd

    • @rastapopoulos pour le supposé mépris, on en reparlera dans 30 ans, quand la quasi intégralité des conversations, critiques, commentaires, études, qu’elles soient laudatives ou pas, bienveillantes ou pas, auront perdu ce mépris substantiel pour ma discipline et la façon pateline, ascendante, papamaman, sociocharcutière, de la tenir dans les instruments d’optique culturelle. Tous ceux qui parlent des bandes, à un moment ou à un autre, s’en excusent, parasitent la conversation de paralogismes culturels la subordonnant à autre chose, qu’il s’agisse de son histoire, de sa puissance à produire des mondes, des singularités de ses productions etc.
      Cette inversion tordue de l’axe de la condescendance, par exemple, est supposée m’édifier dans la belle histoire parfaitement hors-sujet de Aude, pur artifice rhétorique de bullshitage traditionnel, conte déconnecté de tout ce que l’article de Pré Carré pouvait dire de spécifique sur une guerre de position, storytelling pas du tout mais alors pas du tout petit-prof-bien-dans-son-éthique, celle de Guillaume Trouillard bossant honnêtement, si sincèrement et avec son bon coeur pour cette saloperie terminale que sont les Cahiers dessinés. Oh le vilain lldemars qui condescend grave. Ah ? Franchement, c’est ça, le sujet ? Je ne ferai même pas semblant de discuter de toutes ces conneries avec quelqu’un d’autre que Guillaume lui-même quand l’occasion se présentera.
      Franchement, on reparlera du mépris et de sa polarité si évidente, si évidemment distribuée, semble-t-il, quand, précisément, des entreprises comme celles des Cahiers dessinés et de la Petite Bédéthèque (mot pathétique, dévoré de refoulement, trahissant le mépris de soi de tous ceux qui font des bandes dessinées sans parvenir à les considérer elles-mêmes comme des livres) cesseront d’incarner un état adulte, accompli, noble, des bandes.
      Je considère que le fond invisible, non-dit, imperceptible à la majorité des intervenants de cette conversation qui m’avait fait fuir ici même, est précisément un mépris qui s’ignore (je n’imagine évidemment pas que tout le monde ici regarde les bds comme une paralittérature gentiment débile, hein, je parle de mouvements de fonds bien plus sournois que ça !) de la bande dessinée dans les plus grandes largeurs. Et c’est bien parce qu’il s’ignore, ce mépris, que ma position était si compliquée, et que je ne voyais même pas comment l’aborder ici (ou ailleurs, mais ici c’était plus douloureux).
      Je doute que la publication de quelques articles aille bousculer grand-chose d’un siècle de malentendus entretenus, mais je veux, par exemple, me rendre la vie possible sur Seenthis en signifiant ce à quoi je ne répondrai plus jamais à propos de bandes dessinées (très notamment les paraboles méritocratiques sur les humbles dessinateurs au service du Bien pour Tous de Aude et ses innombrables semblables ; les demandes de modestie de cette farine accompagnent toute vie de dessinateur de bd du jour où il dessine sa première planche jusqu’à sa mort. Fais pas l’artiste, coco, c’est la bédé, reste à ta place quand même, fais nous des beaux dessins et la ramène pas trop avec tes aspirations supérieures ). Et si au passage j’arrivais à rendre sensibles quelques aspects du traitement général critique paresseux réservé aux bandes, de ce manque constant d’exigences éditoriales et critiques dû à un problème fondamental de considération pour elles, hé bien je serais content.
      Voilà voilà. Bon.
      quand à la biblio du Terrier, elle a dix ans, elle est née dans un certain contexte et l’intro me semble assez claire sur ses objectifs très ciblés (ce qui explique l’absence de choses qui seraient évidentes à un lecteur déjà bien équipé, historiquement notamment). De ça aussi, de la demande elle-même comme de la façon de considérer certaines évidences de la réponse, il faudrait beaucoup dire (de n’importe quelle autre discipline ayant été soumise à la même demande, toute réponse aurait été précédée de mille précautions pour encadrer un minimum le dialogue. La bd, pas besoin, on s’en fout, allez hop, y’a pas besoin. C’est la bd, quoi ! et la bd, c’est la bd !)
      Quand à Nrj, c’est l’incarnation pour moi de l’esprit de palmarès et de tout ce que ça nous dit de rapport au monde, à une société, à l’idée statistique qu’on s’en fait etc. Manque effectivement à cette comparaison la conscience de classe culturelle de France Culture et les dégâts qui en résultent sur l’ouverture aux productions artistiques des marges (celles qui exigent un regard de marge, une attention de marge, pas celles qui sont destinées à pimenter exotiquement la construction culturelle du moment et mobilisent les mêmes outils de mesure que le reste. On se contentera d’y ajouter la petite étiquette « mauvais genres », sans autre soucis de ce que ça pourrait vouloir ne pas dire).

    • Je perçois la colère, la tristesse et la rancoeur. Dommage que cela t’amène à confondre ignorance et mauvaise foi, ou encore connaissance et autorité.
      #on_ne_convainc_pas_les_gens_en_les_engueulant
      Mais je suis content de ce retour vu que tes seens m’ont souvent permis de découvrir des mondes et pensées inconnu.e.s de moi jusqu’alors.

      Suske_qui_lit_tout_2semaines_plus_tard

    • @suske quand je suis en colère, je n’essaie de convaincre de rien d’autre que ma colère. Je pense que je t’en ai bien convaincu.
      Quand à l’ignorance avancée ici, je ne vois pas très bien comment prendre cette hypothèse au sérieux dans un cadre comme celui dont je parle : une série de conseils de lecture. Des conseils, donc. Depuis l’ignorance ? Ok. Cool. Et précisément, à part dans le cas où on ne suppose aucune espèce de connaissance à acquérir parce que le domaine est supposé léger léger léger, quand donne-t-on des conseils depuis l’ignorance ?
      Ce n’est pas avec de la mauvaise foi (notion qui apparait où, d’ailleurs, dans ce que je dis ?) que je confonds (tu le dis) l’ignorance, mais avec une subtile variété chromatique du mépris de classe culturelle dans un cas ou de subordination d’une pratique artistique à des objets supposés supérieurs à elle dans l’autre.
      Je ne fais pas appel à une autorité (inconstituable devant les exigences d’une matière en perpétuel mouvement) mais à une position (stratégique, spéculative, interrogative), à chercher, à constituer.
      Et ce que je dis, donc, c’est qu’une série de textes me permettront pas à pas de présenter la mienne (pas qu’ils établissent un quelconque modèle !). Pas forcément pour convaincre de la rejoindre ou d’y acquiescer. Juste, de la présenter.

    • Tu as raison, « mauvaise foi » était mal choisi. C’était une tournure pour mettre en balance une approche probablement légère avec une approche pointue. Passons à la suite :-). Je découvre ici des pans entiers de vie, d’arts et d’engagements que je ne connais que trop peu. Et je suis souvent assoiffé d’élargir mon cadre de références.

  • Les Robinsons de Tromelin découverts par l’archéologie

    https://www.franceculture.fr/emissions/le-salon-noir/les-robinsons-de-tromelin-decouverts-par-larcheologie

    Dans la nuit du 31 juillet 1761 débutait une des plus étonnantes aventures de l’histoire maritime, à la croisée de celles de #Robinson_Crusoé et du radeau de la Méduse. Comment un groupe d’esclaves issus des montagnes de Madagascar allait-il survivre plus de 15 années sur une île d’1 km2, dépourvue d’eau potable de surcroit ?

    #esclavage

    • Le 17 novembre 1760, l’Utile, un navire de commerce de la Compagnie française des Indes orientales, quitte Bayonne et cingle vers les îles Mascareignes. Le navire s’arrête à Madagascar pour faire provision de vivres, et, contrairement aux ordres du gouverneur, le capitaine Jean de la Fargue embarque soixante esclaves, qu’il compte vendre à l’île de France, l’actuelle île Maurice, avec le reste de sa cargaison. Mais une tempête détourne l’Utile de sa route. Le navire s’échoue et se brise sur les récifs de cet îlot qu’on nomme île des Sables, un banc de sable d’à peine deux kilomètres de long et huit cents mètres de large, planté de quelques palmiers. Presque tous ceux qui parviennent à gagner la terre ferme sont blessés ou estropiés, tous sont totalement hagards. Les survivants commencent à construire une embarcation avec l’épave du navire. Deux mois après le naufrage, elle est terminée : l’équipage français prend ainsi le large — cent vingt-deux hommes entassés comme des sardines, qu’on ne reverra plus —, en promettant d’aller quérir de l’aide. Les esclaves sont abandonnés sur l’île. Ils sont libres, mais leur liberté mesure un kilomètre carré, et ils sont plus prisonniers que jamais, esclaves de leur volonté de survivre. Ils font du feu, creusent un puits, se tressent des vêtements de plumes, capturent des oiseaux marins, des tortues et pèchent des crustacés. Certains sont si désespérés qu’ils embarquent sur un radeau et partent à la dérive — tout plutôt que de rester sur ce bout de terre, livrés à l’espoir et à la vie. Les autres gardent le feu. Quinze ans après, il brûle toujours. Des soixante esclaves libres, il ne reste que sept femmes — et un petit garçon encore au berceau. Le 29 novembre 1776, ils sont découverts par l’équipage de la corvette La Dauphine qui les prend à son bord et les achemine vers l’île de France. Ils laissent à l’île des Sables les braises éteintes du feu et le nom de leur sauveur, un officier de la Marine royale capitaine de corvette, le chevalier de Tromelin.

      In L’Atlas des îles abandonnées de Judith Schalansky

  • https://www.theguardian.com/technology/2019/feb/14/elon-musk-backed-ai-writes-convincing-news-fiction

    Feed it the opening line of George Orwell’s Nineteen Eighty-Four – “It was a bright cold day in April, and the clocks were striking thirteen” – and the system recognises the vaguely futuristic tone and the novelistic style, and continues with:

    “I was in my car on my way to a new job in Seattle. I put the gas in, put the key in, and then I let it run. I just imagined what the day would be like. A hundred years from now. In 2045, I was a teacher in some school in a poor part of rural China. I started with Chinese history and history of science.”

    Évidemment sur le sujet, mon niveau de méfiance est à son plus haut réglage possible, il n’empêche, c’est assez glaçant quand on y pense ces histoires d’intelligence artificielle qui écrivent leurs propres fictions. J’avais noté un de mes rêves sur un sujet voisin, miracle de la recherche argumentaire en informatique, je viens de le retrouver en un très bref instant :

    Nouveau fichier. Nouveau projet. Titre du projet : Films. Diverses informations de fi-chier, taille de l’image, format de compression, format de compression du son, extension de fichier, emplacement de l’espace-disque nécessaire au calcul d’export du montage final, emplacement de sauvegarde, quelques métadonnées et, in fine, synopsis du film : une personne écrit un film en utilisant les fonctionnalités, désormais universellement accessibles, de construction d’un film, de son récit et de ses images et du son au travers d’un logiciel qui permet, depuis quelques temps, de créer, plan par plan, le film en question ― le logiciel a connu de nombreuses versions antérieures, peu connues du grand public, et qui, au contraire, servaient beaucoup dans l’industrie cinématographique, notamment les films d’animation, mais aussi les films dans lesquels les images de synthèse ont la part belle, et puis cet éditeur du monde libre a produit une première version préhensible par les utilisateurs et utilisatrices lambda, immédiatement copiée et dupliquée par des sociétés propriétaires qui l’exploitent et la verrouillent dorénavant pour les sociétés de production et, pour le grand public, dans une version légère à la qualité de production d’images légèrement moindre, qui ne permet pas, surtout pas, la projection sur des écrans de cinéma, des écrans de grande taille. La nature du projet de film qui commence sous nos yeux est évidemment récursive, la narratrice par la voix et du regard se décrit elle-même dans son atelier en train de créer son film, au travers duquel elle tente d’anticiper un monde où de telles possibilités cinématographiques seront bientôt automatisées et il suffira, à peu de choses près, de donner quelques indications générales d’ambiance et de scénario au programme, logiciel, qui, après une première passe à mouliner, proposera une ma-quette un peu dégrossie qu’il sera ensuite loisible d’affiner, ou pas ― rapidement les éditeurs de ce type de logiciels vont se rendre compte que l’essentiel de la communauté des users se contente du premier jet et des réglages par défaut, et seuls quelques cinéphiles, généralement nés à la fin du XXème siècle, s’évertuent à explorer, malgré tout, tels des professionnels finale-ment, les possibilités d’affiner à la fois le montage, l’éclairage, les scènes, les plans, le jeu des acteurs et des actrices ― avant qu’une nouvelle génération de programmes ne permette, tout simplement, de charger un script ― même une ébauche, mal dégauchie et au niveau de langage hésitant ― et de laisser assez de temps au programme pour le mettre en scène, le filmer et le monter et de laisser tellement peu aux éventuelles corrections et ajouts plus humains. Naturellement tout un chacun devenant cinéaste, cela débouche sur une société de fictions qui seront de plus en plus fréquemment générées en Intelligence Artificielle et les derniers êtres humains ― on ne remplace désormais qu’occasionnellement les humanoïdes ― ne serviront plus qu’à regarder de telles fictions, et à répondre à des questionnaires de satisfaction ― sur une échelle de un à dix, avez-vous trouvé les personnages de notre film attachants ? vous ont-ils paru crédibles ? avez-vous aimé la résolution de l’intrigue ? que pensez-vous des décors et de la qualité des images ? ― de telle sorte que, sans cesse, le scénario d’une telle fin de l’humanité ― incroyable à quel point sont nombreuses les fictions et les récits qui mettent en jeu une manière de fin de l’humanité, et la disparition progressive des fictions, qui, au contraire, anticipent la fin du monde ―, au profit de son extension, l’Intelligence Artificielle, soit « humainement » ― dit-on, « entre guillemets », dans le milieu de la programmation ― perfectionné. Dans ce film le ou la scénariste tentera quelques subversions de fonctionnement dans ces programmes cinématographiques comme le chargement de toutes sortes de textes qui ne sont pas stricto sensu des scripts, certes des romans fameux, Madame Bovary ― et en la matière le plus rudimentaire des programmes ne pourrait pas faire pire que Chabrol ―, mais aussi les Saisons de Maurice Pons, mais parfois, aussi, des essais philosophiques ― le Gai-savoir de Nietzsche et la Mort de Vladimir Jankélévitch ― et de la poésie ― Le Spleen de Paris mais aussi des films-éclairs, tant ils sont courts, d’après des haïkus ―, créneau de création qui sera très à la mode, surtout les films-éclairs, un temps, dans le monde de l’art contemporain, désormais seulement virtuel ― démarche artistique qui sera cependant rapidement jugée non autorisée et non con-forme, d’autant que la simplicité, en apparences seulement, des haïkus avait tendance à faire bugger le programme. Tout notre film montre la construction du récit depuis l’atelier de cette narratrice dont on finit par se demander, à la fin, s’il ne s’agit pas, évidemment, d’un rêve. [C’est quand même hyper pratique quand mon inconscient fait tout le boulot et qu’il n’y a plus qu’à prendre en notes ses constructions !][En revanche, au train où vont les choses dans le monde de l’édition, il n’est pas impossible que ce qui paraît comme un scénario de science-fiction crédible ― en tant que science-fiction ( en 2017 ― fin 2017), et qui sera publié je ne sais quand donc, dans les années 20 ? ne devienne en fait une sorte de Steampunk des années 10, comme on dit désormais dans les années 30 et qu’on commençait déjà à dire à la fin des an-nées 20.][Les folles années 20.]

  • Volet russe de l’affaire Benalla : le patron de la société Velours s’exprime sur BFMTV
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15640-volet-russe-de-l-affaire-benalla-le-patron-de-la-societe-velours-s-

    Dans un entretien accordé à BFMTV et diffusé en intégralité à 19h, Jean-Maurice Bernard, président de la société Velours, assure que l’ancien chargé de mission de l’Elysée était un intermédiaire majeur de la négociation.

    Le 21 janvier passé devant le Sénat, Alexandre Benalla, alors interrogé sur ses liens avec le gendarme réserviste Vincent Crase, a assuré qu’il n’avait jamais été intéressé par les activités de ce dernier et qu’il n’avait jamais participé à la négociation du contrat passé avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov, afin d’assurer la sécurité de sa famille et de ses biens à Monaco. Interrogé par BFMTV ce lundi, Jean-Maurice Bernard, président de la société Velours chargée de la sous-traitance du contrat, balaie d’un revers de main la défense de Benalla.

    "Benalla (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

  • « La France doit s’engager pour une issue diplomatique au Venezuela »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/07/la-france-doit-s-engager-pour-une-issue-diplomatique-au-venezuela_5420341_32

    Dans une tribune au « Monde » cosignée par Jean-Luc Mélenchon, un collectif de personnalités de gauche milite pour une solution politique et pacifique.

    Le Venezuela est prisonnier d’un conflit civil qui a polarisé à l’extrême l’ensemble de la société et altéré l’Etat de droit et la démocratie. Il faudrait se positionner par rapport à une alternative faussement abstraite : faut-il soutenir le camp de Nicolas Maduro ou celui de Juan Guaido ? Faut-il soutenir celui du président constitutionnel mais contesté ou celui du président « par intérim » autoproclamé, dont la légitimité ne provient pas du suffrage universel ? En réalité, la question n’est déjà plus celle-ci. Ce dont il est question désormais, c’est de stopper d’urgence les logiques de surenchère et d’ingérence partisanes activées au nom de la « démocratie » et des droits de l’homme pour servir, in fine, une stratégie de « changement de régime ».

    « Ce dont il est question désormais, c’est de stopper d’urgence les logiques de surenchère et d’ingérence partisanes »

    Au Venezuela comme ailleurs, les résultats de cette approche sont connus d’avance. Les crises de cette ampleur, complexes et bloquées, ne se règlent jamais par la force, l’ingérence, l’interventionnisme direct ou indirect. L’histoire de ce premier quart de siècle entamé, de l’Irak à la Libye en passant par la Syrie, ne nous a que trop édifiés quant à cette question. Partout, toujours plus de chaos, de violence, de désordres, et toujours moins de démocratie, de paix et de prospérité.

    #paywall itou

    • http://www.medelu.org/Qui-reconnait-qui | Maurice Lemoine

      « Mélange bâtard de ses deux prédécesseurs, le président Macron figure donc en première ligne de cette « communauté internationale » qui, à en croire la sphère médiatique, a reconnu la légitimité de Juan Guaido et de son « gouvernement de transition ». Information ou manipulation ?
      Côté pro-coup d’Etat, Washington et ses supplétifs. Le Groupe de Lima (13 pays latinos conservateurs plus le Canada). Le 4 février, depuis Ottawa, celui-ci s’est prononcé « pour un changement de régime sans usage de la force » en appelant… l’armée vénézuélienne « à se ranger derrière Juan Guaido ». Message subliminal : « On cherche un Pinochet sympa. » Et respectueux des nouvelles normes en matière de coup d’Etat.
      Traditionnellement, un « golpe » est défini comme la prise illégale et brutale du pouvoir par l’armée ou par une autorité politique bénéficiant de son soutien. Si le pire devait survenir au Venezuela en la figure d’un quarteron de généraux félons, qu’on n’imagine pas un scénario à la chilienne. L’opération porterait le tampon « méthode Honduras ».

      Dans ce pays, en juin 2009, ce sont le Parlement, la Cour suprême de justice et, dans l’ombre, Washington, qui se trouvent à la manœuvre pour renverser le président constitutionnel – mais de gauche – Manuel Zelaya. L’astuce (sur ordre impératif du gouvernement américain) : le 28 juin, c’est un commando militaire qui arrête et séquestre le chef de l’Etat, l’expédie à l’étranger et réprime violemment ses partisans. Toutefois, l’exécuteur des basses œuvres, le général Romeo Vásquez, remet immédiatement le pouvoir au président du Congrès. Une manœuvre parfaite : « soumis au pouvoir civil », qui lui a demandé d’agir pour défendre la Constitution, les militaires servent d’instrument à une « succession présidentielle ». Bientôt, le régime putschiste de Roberto Micheletti se verra rebaptisé « gouvernement de transition » [11]. Anesthésiée par la présence omniprésente des « costume cravate », l’opinion internationale n’y verra que du feu.

      Le Groupe de Lima, donc [12]. Les boutefeux européens : l’Allemagne, l’Espagne, la France, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, bientôt rejoints par l‘Autriche, qui envoient un l’ahurissant ultimatum de huit jours au chef de l’Etat constitutionnel, lui enjoignant de convoquer une nouvelle élection présidentielle, puis reconnaissent le « fils de Trump » (en espagnol : « HijueTrumpa »). Comme l’a fait le 31 janvier – 430 « pour », 104 « contre » et 88 abstentions – le Parlement européen. Une résolution non contraignante, mais donnant le sens du vent mauvais.

      Derniers appuis au « dictateur », soutiennent devant micros et caméras les disciples du faux-semblant, la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran, la Turquie et Cuba. Une liste qui, puant les « pays parias » à plein nez, est censée mettre un terme à tout débat. Sauf que le monde entier n’est pas obligé de croire ce genre de demi-vérité. Car, à l’examen, même l’Europe se divise. « Aussi incroyable que cela paraisse, s’étrangle L’Express (6 février), il y a au cœur de l’UE des gouvernements qui ne parviennent toujours pas à déclarer ouvertement que Nicolas Maduro, le maître de la clique de Caracas, s’est rendu illégitime (…). » Interdisant une position commune, la Grèce et l’Italie, ou la Roumanie refusent de suivre le troupeau ; seules dix-neuf nations de l’UE sur vingt-huit reconnaissent Guaido. »