country:république tchèque

  • Accusations d’antisémitisme : Varsovie attend des excuses d’Israël
    Modifié le 19/02/2019
    https://www.ouest-france.fr/europe/pologne/accusations-d-antisemitisme-varsovie-attend-des-excuses-d-israel-622937

    Le Premier ministre Mateusz Morawiecki et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu le 14 février. | EPA-EFE/PAWEL SUPERNAK

    La Pologne attend des excuses du gouvernement israélien après les accusations d’antisémitisme qui ont conduit la Pologne à se retirer d’un sommet à Jérusalem.

    Le chef de la diplomatie israélienne, Israël Katz, a suscité la colère de Varsovie en accusant les Polonais d’avoir « tété l’antisémitisme avec le lait de leur mère ». Varsovie attend désormais des excuses du gouvernement israélien, ont affirmé mardi 19 février plusieurs hauts responsables polonais.

    Les autorités israéliennes doivent « demander pardon » pour cette déclaration et la « rejeter », a notamment assuré le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Szymon Szynkowski vel Sek. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avait pris lundi la décision de n’envoyer personne au sommet du groupe de Visegrad (V4, Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) qui devait se tenir à Jérusalem, en réaction aux propos tenus dimanche par Israël Katz.
    « Tensions »

    Si des excuses ne sont pas présentées, « il y aura vraiment un coup de froid dans les relations » bilatérales, a prévenu le chef du cabinet du Premier ministre, Marek Suski, sur la chaîne privée Polsat News.

    Pour le chef de la chancellerie du Conseil des ministres, Michal Dworczyk, il convient de parler de « tensions et non d’effondrement » dans les relations polono-israéliennes. Varsovie demeure « un partenaire très important, sinon le plus important, d’Israël en Europe » et les deux pays « s’appuient mutuellement dans différents projets », a-t-il estimé sur RMF FM.

    #IsraelPologne

  • Les animaux génétiquement modifiés : pas (...) - Inf’OGM
    https://www.infogm.org/6254-animaux-ogm-pas-vraiment-au-point

    Il existe des millions d’animaux transgéniques, créés en laboratoires à des fins de recherche : principalement des rats, mais aussi des lapins, des chèvres, des vaches, etc. Ils sont utilisés pour étudier les mécanismes génétiques, mimer des maladies humaines, tester ou synthétiser des molécules [1]. D’après le Daily Mail, en 2007, 3,2 millions d’expériences ont eu lieu sur des animaux transgéniques, une augmentation de 6 % par rapport à 2006. L’Inra en France, par exemple, a dès la fin des années 90, modifié génétiquement par transgenèse des animaux. Louis-Marie Houdebine, chercheur à l’Inra, a ainsi « créé » un lapin fluorescent qu’un artiste, Eduardo Kac, a ensuite médiatisé. Dans la même veine, un programme de recherche médicale de l’Inra utilisait des brebis transgéniques, elles aussi fluorescentes. Preuve qu’on ne maîtrise jamais totalement la sécurité de ces programmes de recherche, une agnelle transgénique a été vendue pour sa viande à un particulier, en 2014. L’Inra a dénoncé cet acte malveillant, reconnaissant un dysfonctionnement interne.

    Très peu d’animaux transgéniques autorisés à la commercialisation

    Les premières plantes transgéniques sont apparues sur le marché à la fin des années 90… et vingt ans après, ce sont toujours les quatre mêmes plantes qui dominent le marché (voir p.4-5). Un nombre faible qui montre que malgré les discours, les difficultés techniques et économiques restent des contraintes fortes. En ce qui concerne les animaux transgéniques, les difficultés sont encore plus conséquentes. La transgenèse animale est « très coûteuse et d’un maniement relativement délicat », confirme L.-M. Houdebine. Ainsi, sont autorisés commercialement un nombre très restreint d’animaux génétiquement modifiés.
    Des milliers de moustiques transgéniques lâchés au Brésil

    Le 10 avril 2014, le Brésil a autorisé la dissémination commerciale dans l’environnement du moustique Aedes aegypti transgénique (OX513A) de l’entreprise britannique Oxitec (liée à Syngenta). Au Brésil, la production a commencé : plusieurs usines ont déjà été construites. Celle de Juazeiro (état de Bahia) produit des milliers de moustiques transgéniques depuis 2011. Ce moustique transgénique stérile est censé permettre de lutter contre la dengue.
    Des essais en champs ont été réalisés par Oxitec dans les îles Caïmans, en Malaisie, au Panama et au Brésil. Les essais prévus en Floride (États-Unis) n’ont toujours pas eu lieu. Les prétendus « résultats probants » de ces essais n’ont toujours pas été publiés. Cependant, en se basant sur les données communiquées par Oxitec, les organisations de la société civile estiment qu’il faudrait plus de sept millions de moustiques GM stériles par semaine pour avoir une chance de supprimer une population sauvage de seulement 20 000 moustiques. Oxitec doit se frotter les mains devant un marché captif aussi prometteur.
    Autre faiblesse : 3 % d’entre eux ne seront pas stériles, reconnaît Oxitec et en présence d’un antibiotique très répandu, la tétracycline, le taux de survie monte à 15 % environ.
    Une efficacité à 100 % ne serait pas non plus la panacée… L’agence brésilienne précise qu’elle a « identifié la nécessité de surveiller les populations sauvages du moustique Aedes albopictus [le moustique tigre], un autre vecteur du virus de la dengue, en raison du risque que cette espèce occupe la niche écologique laissée par l’élimination de Aedes aegypti ». Et que connaissons-nous avec précision du rôle de Aedes aegypti dans la chaîne alimentaire ?
    Un saumon GM vendu au Canada

    Le saumon transgénique développé par AquaBounty Technologies a été modifié pour grandir quatre fois plus vite que sa version non transgénique. Après des péripéties judiciaires et réglementaires qui ont duré près de 20 ans, il a finalement été autorisé pour la consommation humaine aux États-Unis le 19 novembre 2015. Mais quelques mois plus tard, fin janvier 2016, les États-Unis suspendaient l’autorisation « jusqu’à ce que la FDA publie des lignes directrices en matière d’étiquetage pour informer les consommateurs finaux » [2]. Cette suspension peut paraître tout à fait surprenante. En effet, aux États-Unis, jusqu’à présent, aucun produit GM ne doit obligatoirement faire l’objet d’un étiquetage spécifique.
    Au Canada, la vente de ce saumon et la production d’œufs sont autorisées sur l’île du Prince Edward, mais pas l’élevage. Ces œufs sont envoyés au Panama, seul pays au monde qui a autorisé l’élevage de saumon transgénique. De même, l’autorisation étasunienne « ne permet pas que ce saumon soit conçu et élevé aux États-Unis », une restriction qui en dit long.
    En 2017, pour la première fois, ce saumon a été vendu, au Canada [3] : ces cinq tonnes de filets de saumon transgénique ont rapporté 53 300 dollars à l’entreprise. Il s’agit de la première commercialisation d’un animal transgénique destiné à l’alimentation humaine.
    Ce saumon pose de nombreux problèmes tant environnementaux que sanitaires. Premièrement, selon une étude publiée en 2002, l’hormone de croissance, produite par transgenèse, aboutit à plusieurs dégâts collatéraux. Ainsi, ces animaux ont une tendance supérieure aux autres à devenir diabétiques et les poissons d’AquaBounty devront probablement être vendus sous forme de filets ou dans des plats cuisinés du fait de leurs difformités. Ensuite, une étude de 2009 montrent que si des poissons transgéniques s’échappent, ils auront tendance à « coloniser » les saumons non transgéniques, ce qu’avaient déjà montré des chercheurs en 1999. Autre élément : les poissons transgéniques accumulent plus les toxines dans leur chair que les autres poissons.
    L’ensemble de ces risques a donné une image bien négative de ce saumon… Ainsi, de nombreuses collectivités territoriales dont les états de l’Alaska, de la Californie et une soixantaine d’entreprises agro-alimentaires - comme Subway, Whole Foods, Trader Joe’s ou Kroger ou encore CostCo, deuxième plus grand détaillant étasunien qui achète chaque semaine 272 tonnes de saumon - se mobilisent contre son autorisation.
    Nouveaux animaux GM bientôt autorisés ?

    Parmi les papys des AGM, évoquons le cochon transgénique (« Enviropig »). Ce projet date de 1995 et est mené par l’Université de Guelph, au Canada. Ce cochon est censé contenir moins de phosphore dans ses excréments. Abandonné en 2012, il est réapparu moins d’un an après sous un nouveau nom : « Cassie Line ». Officiellement, l’abandon était lié à la méfiance des consommateurs et des industriels. Mais en fait, l’article scientifique de 2012 publié par l’Université de Guelph parle d’un cochon GM dont la nouvelle lignée est plus stable génétiquement parlant… : ce serait donc plus pour des questions techniques que les premiers cochons auraient été euthanasiés.
    La recherche s’intéresse aussi de près aux insectes. Ces derniers sont actuellement testés en champs et pourraient être prochainement autorisés, tous mis au point par l’entreprise Oxitec pour être stériles. Ainsi, en 2011, aux États-Unis, était expérimenté en champs un papillon génétiquement modifié (Plutella xylostella, OX4319), un parasite important des choux, colzas et autres plantes de la famille des Brassicacées. Au Brésil, c’est la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata) transgénique de l’entreprise Oxitec qui était lâchée à titre expérimental… Enfin, en 2013 et en 2015, Oxitec faisait une demande pour disséminer en Espagne des milliers de mouches de l’olivier (Bactrocera oleae, OX3097D-Bol), essais refusés par les autorités catalanes.
    Et les animaux GM 2.0 ?

    Les recherches actuelles de modification des animaux passent par l’utilisation de nouveaux outils de modification génétique, comme les Talen, ou Crispr/Cas9. En voici quelques exemples.
    Brice Whitelaw, du Roslin Institut, en Grande-Bretagne, a modifié des moutons et des bovins. Grâce aux protéines Talen, il a coupé la séquence génétique qui code pour la production de la myostatine qui freine le développement musculaire. Les animaux ainsi modifiés ont un système musculaire hypertrophié. Économiquement parlant, si cette délétion génétique arrive à produire des animaux viables, elle permettrait d’augmenter la masse musculaire de l’animal. En Chine, un des pays leaders dans le domaine, plusieurs équipes ont réussi, malgré des taux d’échecs importants, à désactiver certaines séquences génétiques en utilisant les technologies Talen ou Crispr/Cas9. Ainsi, l’une d’entre elles a mis au point des chiens de race Beagle plus musclés qui courent plus vite, et espère les vendre aux chasseurs... voire à l’armée ; une autre équipe propose un cochon nain qui reste vraiment nain, et espère le vendre comme animal de compagnie ; enfin, une troisième équipe travaille à réduire le taux de cholestérol chez le cochon, une innovation qui permettrait de limiter les maladies cardio-vasculaires…
    Éric Marois (CNRS / Inserm) estime que les deux outils Talen et Crispr/Cas9 « permettront d’obtenir très rapidement des mutations inactivant des gènes ciblés. Pour des manipulations génétiques plus complexes (remplacement d’un allèle par un autre, donnant par exemple une résistance à une maladie), ces outils permettront probablement d’accélérer les techniques déjà existantes développées chez la souris ».
    Au-delà des avantages techniques qui restent à démontrer, ces nouveaux OGM pourraient bien avoir un avantage considérable pour l’industrie : ne pas être considérés légalement com- me des OGM. Leur diffusion en serait facilitée car ils ne seraient plus soumis à autorisation, évaluation et étiquetage.
    Le forçage génétique

    Associé à une technique de transformation du vivant, le forçage génétique permet de propager une modification génétique plus vite que selon les lois classiques de Mendel sur l’hérédité, en quelques générations seulement. De nombreux laboratoires travaillent donc actuellement à forcer génétiquement des moustiques pour diffuser une stérilité rapidement. Objectif : éliminer les vecteurs pour éliminer les maladies. Mais avec quelles conséquences sur les équilibres écologiques ?
    Tous ces projets s’inscrivent dans une logique productiviste - des saumons plus gros, des cochons avec plus de muscle, etc. - ou mécaniste – éradiquer le vecteur pour combattre une maladie, sans comprendre la complexité d’un éco-système. C’est donc le risque de voir apparaître un autre vecteur qu’il faudra à son tour éliminer…
    Des AGM... juste pour le (...)
    Des AGM... juste pour le fun !
    GloFish

    Les premiers animaux transgéniques commercialisés étaient deux poissons d’ornement, destinés à des aquariums. Night Pearl®, conçu par l’Université de Taïwan, et GloFish®, conçu par l’Université de Singapour, ont été génétiquement modifiés avec un gène de fluorescence, issu respectivement d’une méduse et d’une anémone de mer. Ces poissons sont commercialisés à Taïwan, et aux États-Unis (sauf en Californie et au Michigan qui ont interdit les animaux transgéniques). GloFish est désormais une marque commerciale qui propose plusieurs espèces de poissons (poisson-zèbre, barbeau, tetra, etc.), disponibles dans plusieurs couleurs (orange, bleu, vert, rouge, violet, etc.).
    Interdits en Europe, quelques individus de ces poissons transgéniques ont été découverts dans plusieurs États membres – Allemagne, Irlande, Norvège, Pays-Bas, République Tchèque, Royaume-uni - de l’Union européenne entre 2006 et 2016.

  • #Prague (République Tchèque) : Nous devons défendre #Klinika, expulsable le 10 janvier !
    https://fr.squat.net/2018/12/21/prague-nous-devons-defendre-klinika-expulsable-le-10-janvier

    Appel à celles et ceux qui ne sont pas indifférent.e.s au sort de ce lieu. Malgré les négociations prometteuses en cours sur l’avenir de Klinika avec la SŽDC (l’administration ferroviaire), la police a décidé de l’expulser. A l’automne, lorsque la nouvelle direction de la SŽDC a commencé à ouvrir les négociations, nous avons salué cette […]

    #République_Tchèque

  • OTAN - Belgique La peste porcine importée par des militaires ? Deux carcasses de sangliers infectés retrouvées dans le camp de Lagland 6 Octobre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_deux-cadavres-de-sangliers-infectes-decouverts-a-lagland-la-peste-porcin

    Le virus de la peste porcine africaine pourrait avoir été introduit en Belgique par des allées et venues de militaires belges ou étrangers au sein du camp militaire de Lagland, situé en Province du Luxembourg.

    Selon les informations de la RTBF confirmées par la Défense, deux cadavres de sangliers positifs à la peste porcine ont été découverts. L’une de ces carcasses a été découverte le 21 septembre et se trouvait à l’état d’ossements ce qui indique que la mort datait de deux à quatre semaines précédant la date de la découverte. Il pourrait donc s’agir du premier ou de l’un des premiers sangliers positifs au virus.


    Cette découverte rapproche les enquêteurs du « patient zéro », soit le patient qui pourrait relier la peste porcine avec son origine extérieure. Car il ne fait actuellement plus aucun doute que la peste porcine africaine a été importée en Belgique depuis les pays de l’Est.

    Le « patient zéro » infecté par des militaires ? Une hypothèse « au moins aussi crédible » que les autres
    L’introduction de la maladie en Belgique peut avoir trois origines :
    1. L’importation de déchets alimentaires contaminés par camionneurs baltes de passage dans la région ;
    2. L’introduction de sangliers vivants porteurs du virus par des chasseurs belges ;
    3. L’introduction de la maladie par des allées et venues de militaires belges ou étrangers au camp de Lagland. Le site de la Défense indique des militaires étrangers en provenance de République tchèque et de Pologne, pays où la peste porcine est très présente, ont séjourné à Lagland. D’autre part, il est possible également que des militaires belges aient introduit la peste porcine en revenant de mission des Pays baltes où le virus est également présent. 
    Une source proche de l’enquête nous indique que cette dernière hypothèse « est au moins aussi crédible » que les deux premières. Les enquêteurs disent ne privilégier aucune des trois hypothèses.
    Au sein du camp de Lagland, où s’entraînent des militaires belges et étrangers, toutes les manœuvres ont été arrêtées et le matériel est en cours de décontamination. Des recherches intensifiées ont lieu depuis vendredi dans et autour du camp militaire.

    Depuis la découverte du virus en Belgique à la mi-septembre, 53 carcasses de sangliers ont été contrôlées positives au virus de la peste porcine africaine sur 80 cadavres analysés. L’ensemble de ces cas positifs ont été découverts au sein d’un territoire délimité de 63.000 hectares. Il n’est pour l’instant pas question d’étendre cette zone de confinement.

    #mondialisation #OTAN #transports #épidémie #élevage #agriculture #cochons #porcs

     

  • Yad Vashem : la déclaration commune sur la Shoah est "très problématique"
    The Times of Israël | Par Raphael Ahren | 5 juillet 2018
    https://fr.timesofisrael.com/yad-vashem-la-declaration-commune-sur-la-shoah-est-tres-problemati

    Le mémorial de la Shoah Yad Vashem a vivement critiqué jeudi l’accord entre les gouvernements d’Israël et de la Pologne concernant le bilan de ce dernier pendant la Shoah, affirmant qu’il entraverait la recherche libre sur le sujet.

    La déclaration commune de Varsovie et de Jérusalem « contient des formulations très problématiques qui contredisent les données historiques existantes et acceptées dans ce domaine », et contient des « supercheries » a déclaré l’institution dans un communiqué de presse.

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    Declaration Commune des Premiers Ministres de l’Etat d’Israel et de la Republique de Pologne
    https://www.fundacjapkobp.pl/formularze-1/dfr.pdf

    • La controverse reprend en Israël sur la loi mémorielle polonaise concernant la Shoah

      En échange de la réécriture du texte, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise

      LE MONDE | 06.07.2018 à 00h44 • Mis à jour le 06.07.2018 à 09h14 | Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant) et Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)
      https://www.lemonde.fr/international/article/2018/07/06/la-controverse-reprend-en-israel-sur-la-loi-memorielle-polonaise-concernant-

      La prise de conscience a réclamé quelques jours, mais elle a fini par faire du bruit. Le compromis annoncé le 27 juin entre les gouvernements israélien et polonais au sujet de la loi sur la Shoah, qui avait été adoptée par le Parlement à Varsovie le 26 janvier, ressemblait à un succès diplomatique de l’Etat hébreu.

      Après de longs échanges avec le gouvernement de Mateusz Morawiecki, ce dernier avait accepté de soutenir une révision du texte. La loi mémorielle controversée prévoyait jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité » dans le contexte de la seconde guerre mondiale. C’est ce volet pénal qui a été abandonné.

      Priorité au présent

      Les autorités polonaises, au lieu de reconnaître leur recul, ont décidé de largement médiatiser la déclaration commune avec Israël, qui, à l’origine, n’existait qu’en anglais. A l’initiative exclusive de Varsovie, des pages entières ont été achetées dans de grands quotidiens européens, en quatre langues, et enfin en hébreu. « Les Polonais sont victimes d’un hubris énorme », peste un diplomate israélien.

      Mais le cœur de la polémique est ailleurs. En échange de la réécriture de la loi, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise.

      Le premier ministre israélien a accordé la priorité au présent, aux intérêts immédiats d’Israël plutôt que de tendre la relation bilatérale. Et ces intérêts passent, selon lui, par le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie).

      M. Nétanyahou – qui doit accueillir le premier ministre hongrois, Viktor Orban, le 19 juillet à Jérusalem – considère ces pays, à divers titres, comme des chevaux de Troie au sein de l’Union européenne (UE). Celle-ci campe sur la dénonciation de la colonisation en Cisjordanie et le soutien à une « solution à deux Etats » avec les Palestiniens. Or, M. Nétanyahou joue sur ses bonnes relations avec les pays du groupe de Visegrad pour geler toute initiative de l’UE qui serait hostile à Israël. Il espère aussi que ces Etats membres suivront l’exemple américain, un jour, et transféreront leur ambassade à Jérusalem.

      Contre la déclaration commune, un rare consensus

      Mais la publication de la déclaration commune en Israël a ranimé un débat vif. Jeudi 5 juillet, Benyamin Nétanyahou s’est trouvé pris entre deux feux hostiles : celui de l’Institut international pour la mémoire de la Shoah, Yad Vashem, et celui de la droite messianique. Dans un rare consensus, ils ont dénoncé le « blanchiment de l’Histoire » orchestré par la droite polonaise, avec la complicité du chef du gouvernement israélien, sans toutefois le nommer.

      Sur Twitter, le ministre de l’éducation, Naftali Bennett, chef de file du Foyer juif, parti ultranationaliste et sioniste religieux, a qualifié la déclaration commune de « honte saturée de mensonges, qui trahit la mémoire des victimes de l’Holocauste ».

      Le mot « trahison » a également été employé par l’un des historiens les plus reconnus de la période, Yehuda Bauer. « Je ne sais pas ce qui s’est produit ici, écrit-il dans le quotidien Haaretz. De l’ignorance, de la stupidité ou la victoire clairement amorale d’intérêts passagers qui resteront pour nous une honte éternelle. » Dans un long et sévère communiqué, Yad Vashem a démonté les petits arrangements avec l’Histoire au cœur de cet accord, qui contient « des erreurs graves et des tromperies ».

      L’argumentaire est révélateur du conflit mémoriel entre une écrasante majorité de la communauté des historiens et la narration, aux accents nationalistes, promue par une large frange de la droite polonaise. Elle concerne le rôle des populations civiles pendant l’occupation allemande du pays, leur participation à des pogroms, ou les positions du gouvernement polonais en exil.

      Le jour de la signature de la déclaration commune, le premier ministre polonais, M. Morawiecki, avait ainsi dénoncé la « pédagogie de la honte » promue par ses prédécesseurs libéraux et par certains historiens polonais. « Nous voulons que le point de vue polonais soit perçu par un prisme positif. Et je crois profondément que ce sera le cas grâce à cette déclaration, par laquelle nous défendons l’honneur de nos ancêtres, (…) ainsi que l’héroïsme des Polonais dans le sauvetage de leurs concitoyens juifs », avait-il déclaré.
      « Manœuvre cynique »

      Cette réécriture fausse des responsabilités est inacceptable pour les spécialistes de Yad Vashem. « La tentative d’amplification de l’aide qui avait été accordée aux juifs, sa description comme un phénomène répandu et le fait de minimiser le rôle des Polonais dans les persécutions des juifs constituent une insulte à la vérité historique, mais aussi à la mémoire de l’héroïsme des Justes parmi les nations », est-il écrit.

      En tout, 6620 Polonais sont considérés comme des Justes par Yad Vashem, qui rappelle cependant que l’aide offerte par des Polonais aux juifs était « relativement rare ». Yad Vashem met en cause la dissolution de l’identité des coupables nationaux, qui ont aidé les nazis dans leur entreprise de destruction. « Ils étaient polonais et catholiques, et ils ont collaboré avec l’occupant allemand, qu’ils détestaient, pour persécuter les citoyens juifs de Pologne. »

      Yad Vashem rappelle une nouvelle fois le non-sens que représente l’expression « camp de la mort polonais », dont l’usage a motivé la démarche législative initiée par le parti Droit et justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski. Mais il estime que qualifier son emploi d’« antipolonisme » est « fondamentalement anachronique » et ne devrait jamais être placé sur le même plan que l’antisémitisme.

      Pour l’historien Jan Grabowski, un des plus éminents spécialistes polonais de l’histoire de la Shoah, cité par le quotidien Gazeta Wyborcza, « la déclaration de Yad Vashem met en lumière la manœuvre cynique des politiques polonais et israéliens, dont l’objectif était de donner au pouvoir nationaliste polonais un “certificat de respectabilité” et l’ouverture des salons diplomatiques, dont ils ont été exclus après l’adoption de la scandaleuse loi mémorielle. »

  • Crystal meth : Fumer jusqu’à s’en briser | Magazin
    http://magazin.epjt.fr/ice-war

    Fumer ou s’injecter du crystal meth libère plus de dopamine – le neurotransmetteur du plaisir – que n’importe quelle activité : six fois plus que le sexe et douze fois plus que les petits plaisirs du quotidien (manger, faire du sport, écouter de la musique…) Le crystal meth diffuse très rapidement de la dopamine dans le système de récompense du cerveau, ce qui entraîne une euphorie intense, appelée « rush », très recherché par les consommateurs. Cet état ne dure que quelques minutes.

    « Ils bougent plus vite, parlent plus vite, leur cœur bat plus vite et ils voient et perçoivent les choses autour d’eux d’une manière totalement différente », explique Joshua Rosenthal. Dans certains cas, la crise cardiaque n’est pas loin. Un cœur sous méthamphétamine peut atteindre les 210 battements par minute, contre 60 à 80 battements par minute en moyenne.

    « C’est l’après qui est dur », avoue Stef. L’après, c’est la descente aux enfers : psychose, hallucinations, agressivité, insomnie, paranoïa… À la fin du « rush », les consommateurs se retrouvent déprimés et, surtout, en manque. Les personnes accro au crystal meth peuvent faire preuve d’une très grande agressivité voire de brutalité. Elles peuvent avoir des difficultés pour raisonner, pour avoir un jugement rationnel ainsi que pour éprouver de l’empathie.

    Consommer régulièrement de la méthamphétamine change la manière dont le cerveau fonctionne, réduit les fonctions motrices et endommage la capacité de mémorisation. Des études récentes réalisées chez des consommateurs réguliers ont révélé des changements fonctionnels et structurels dans les zones du cerveau associées aux émotions et à la mémoire.

  • [RussEurope-en-Exil] Le nouveau gouvernement italien et l’agonie de l’Union européenne, par Jacques Sapir
    https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-nouveau-gouvernement-italien-et-lagonie-de-lunion-e

    (Billet invité) La constitution d’un gouvernement de coalition entre le M5S et la Lega est désormais chose quasiment faite. Ceci constitue un véritable cauchemar que ce soit pour les dirigeants de l’Union européenne, les Juncker et les Tusk, ou que ce soit pour les dirigeants des autres pays de l’UE qui s’affichent comme des européistes, […]

    #Économie #Russeurope_en_Exil

    • La constitution d’un gouvernement de coalition entre le M5S et la Lega est désormais chose quasiment faite. Ceci constitue un véritable cauchemar que ce soit pour les dirigeants de l’Union européenne, les Juncker et les Tusk, ou que ce soit pour les dirigeants des autres pays de l’UE qui s’affichent comme des européistes, et en premier lieu le Président Emmanuel Macron. Ce gouvernement, même s’il a accepté de mettre un peu de San Pellegrino dans son Chianti, sera un gouvernement ouvertement eurosceptique. Sa volonté de s’affranchir des règles budgétaires et financières imposées par l’UE, ce carcan qui s’appelle l’euro-austérité, en témoigne. Le poids de deux économistes connus pour leur farouche opposition tant à l’Euro qu’aux politiques d’austérité qui en découlent, mes collègues Bagnai et Borghi qui ont été élus sénateurs, dans la politique de gouvernement ne sera pas mince. Il est cependant clair que cela entraînera un conflit avec le Président de la République italienne, M. Mattarella, dont le pouvoir de nuisance est plus important que ce que l’on imagine ici en France.
       
      Un nouveau front dans la crise de l’UE
      De fait, cela signifie l’ouverture d’un nouveau front dans la crise que connaît l’UE depuis des années, en fait depuis 2005. A vouloir systématiquement outrepasser le vote des électeurs quand ce dernier remettait en cause les constructions institutionnelles concoctées à Bruxelles ou à Francfort, nous sommes arrivés probablement à un point de non-retour. Après la fronde, et même la révolte, de pays comme la Hongrie, la Pologne, mais aussi la République Tchèque, nous avons eu le Brexit, et la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne. On l’oublie trop souvent, mais cette décision est largement majoritaire en Grande-Bretagne, et elle l’est en raison des empiètements constants de Bruxelles sur les libertés démocratiques britanniques.

      Après le référendum de 2016 qui conduisit au Brexit, après les élections en Autriche, après les élections en Hongrie, c’est donc un nouveau pays et non des moindre, un des pays du groupe fondateur qui signa en 1957 le #Traité_de_Rome, qui est donc en passe de se doter d’un gouvernement « #eurosceptique ». C’est un point important, et un point qui fragilise un peu plus la stratégie de notre Président Emmanuel Macron et ses tirades enamourées sur l’Union européenne ainsi que ses tentatives pour renforcer la dimension « fédérale » de l’UE. Une première leçon doit donc en être tirée. A trop vouloir se focaliser sur les aspects légaux, à trop s’appuyer sur la « #légalité », l’Union européenne a oublié l’importance de la #légitimité, qui fonde en réalité la dite légalité. A trop vouloir privilégier « l’état de droit », qui n’est pas sans mérite, on a oublié qu’il n’était pas l’achèvement de la #démocratie. De fait, et on le sait bien depuis les études de cas qui proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus The Constitution of Law[1] l’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. À quelques reprises, l’auteur évoque ses propres analyses des perversions du système légal de l’#Apartheid[2] en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur « positivisme »[3]. Il y a là une leçon importante pour tous les politiciens, et en particulier pour le Président de la République italienne, M. Mattarella.

      Cela montre que la montée désormais irréversible des opposants à « cette » Europe, c’est-à-dire à l’Union européenne, est un fait dont les politiques se doivent de tenir compte. L’Union européenne agonise, du moins dans sa forme actuelle, et toutes les tentatives pour en renforcer les pouvoirs au détriment des Etats qui la composent sont donc vouées à l’échec[4].

      Mais, il y a aussi une dimension spécifiquement italienne dans la prise de conscience des électeurs de l’étouffement de leur pays par l’Union européenne.
       
      Spécificité de la crise Italienne
      La situation de l’Italie est importante dans l’Union européenne. Ce pays représente désormais, hors la Grande-Bretagne qui est en passe de sortir de l’UE, la troisième économie de l’Union. Tout le monde comprend bien qu’une crise entre Bruxelles et Rome pourrait bien provoquer la fin de l’Union européenne et l’éclatement de toute le « projet européen ». Pourtant, l’Italie passait, et ce jusqu’à ces dernières élections, pour un pays solidement amarré dans l’UE. L’Italie, il convient de la rappeler, était l’un des membres fondateurs de la Communauté Economique Européenne lors du Traité de Rome en 1957, le « marché commun » qui est l’ancêtre de l’UE. Mais, et cela a été oublié, par ignorance ou à dessein, tant par les politiciens que par les journalistes à gages, l’Italie souffre de l’Euro, et souffre de l’Union européenne, depuis le début des années 2000.

      Graphique 1

      L’impact de l’Euro sur l’économie italienne[5], qui était dans les années 1960 à 1990 une économie dynamique au point que l’on a pu parler d’un « miracle italien », a été terrible. L’impossibilité pour l’Italie de déprécier sa monnaie par rapport à l’Allemagne et aux pays de l’Europe du Nord, les fluctuations erratiques de l’Euro par rapport au Dollar des Etats-Unis, qui ont conduit à une surévaluation évidente de l’Euro, tout cela a eu un effet très délétère sur la croissance de l’Italie[6]. Les investissements[7] sont tombés en dessous de leur volume de 1994-1996 et sont, aujourd’hui, à un niveau proche de l’Espagne.

      Graphique 2

      Le PIB est retombé au niveau du début des années 2000, et le PIB par tête (PIB per capita) n’a cessé de baisser. Enfin, l’épargne elle-même est en train de s’effondrer depuis plusieurs années, car les mesures fiscales prises par les divers gouvernements sont devenues insupportables. Enfin, et cela est sans doute le plus inquiétant, la productivité du travail ne cesse de baisser en Italie.

      Graphique 3

      Ce pays souffre donc de l’Euro, mais il souffre aussi de l’Union Européenne. Cela s’est d’ailleurs traduit par l’imposition par le gouvernement Renzi du trop fameux « #Job_Act », modelé à #Bruxelles et imité par les gouvernements français de Hollande à Macron, qui a abouti à une véritable catastrophe au point que de nombreuses voies désormais s’élèvent pour le faire supprimer.

      L’UE, pour l’Italie, depuis des années, cela signifie des restrictions à son commerce extérieur (en particulier avec la Russie, point sur lequel le futur gouvernement entend faire changer les choses) mais aussi le fait que ce pays a été laissé seul face à la vague migratoire venue de l’autre rive de la Méditerranée. L’Italie a été laissée sans aide face à une véritable catastrophe migratoire. Devant le désastre, le pays a bien réagi, et l’humanité des italiens n’est plus à démontrer. Mais, l’Italie ne peut faire face, dans le cadre des règles européennes. Cela, aussi, explique le désamour des italiens pour l’Union européenne.
       
      Deux populismes ?
      Il n’est pas étonnant qu’aux dernières élections deux partis, le M5S et la Lega aient rassemblés le plus de suffrages. Cette élection a d’ailleurs montré l’effondrement du « centre-gauche », représenté par le PD du très européiste Renzi, mais aussi l’effacement relatif du centre-droit de Berlusconi. Très clairement les électeurs italiens ont émis un vote de rejet des partis traditionnels qui – eux – s’affichaient clairement pour la continuité avec les pratiques pas toujours glorieuses de la classe politique italienne et pour l’Europe.

      Le #M5S et la #Lega sont, l’un et l’autre, des partis que l’on peut considérer comme populistes. Ils expriment ce rejet des élites corrompues de l’Italie, de ce système de connivence et de complaisance qui lie les uns et les autres et qui fait que rien ne bouge. Le M5S, créé par un homme, Beppe Grillon qui n’était pas du sérail, incarne plus directement cette ligne populiste. Il a été repris en mains par d’autres, dont les ambitions sont évidentes, et qui ont beaucoup fait pour gommer les aspects les plus « anti-système » de ce mouvement, pour le rendre plus présentable et plus compatible avec le cadre politique traditionnel, mais aussi avec le cadre européen. Le M5S a ainsi mis de côté sa proposition d’organiser un référendum sur l’Euro.

      La Lega est, elle, issue d’un mouvement autonomiste du Nord de l’Italie, et peut être classée plus a droite que le M5S du moins en apparence. Mais, ces dernières années, ses dirigeants ont beaucoup fait pour transformer ce mouvement en un véritable parti national. Il a aussi radicalisé ses positions, que ce soit sur l’UE ou sur l’Euro, et cela explique en bonne partie ses récents succès. D’ailleurs, les sondages effectués après les élections, en avril et en mai, montrent une hausse constante de ce parti, au détriment du M5S. Il n’en reste pas moins que la répartition géographique des voix lors des dernières élections générales a montré une domination du M5S au sud de Rome et une domination de la Lega au nord.

      Ce point est important. L’Italie est une construction politique récente. Elle résulte de l’imposition des structures institutionnelles du Royaume du Piémont, et en particulier de sa monnaie. En un sens l’Italie a déjà connu l’expérience malheureuse d’une monnaie unique. De cette histoire découle la coupure entre deux Italie, coupure qui a pris la forme du problème du mezzogiorno dans les années 1950. Même l’émergence de la « troisième Italie », cette Italie des petites et moyennes entreprises de Toscane et de Vénétie, n’a pu combler le fossé. D’ailleurs, une partie de cette « troisième Italie » s’est ralliée à la Lega. On doit y ajouter l’inachèvement de l’Etat italien, qui dès la période de la royauté s’est constitué en « surplomb » par rapport à la société italienne. C’est ce qui explique en particulier l’épisode fasciste des années 1920 à 1943 où cette position en « surplomb » a été portée à sa quintessence.

      L’alliance de ces deux partis était dans la logique des choses. De fait, les dirigeants du M5S se sont rendus compte que tel était le souhait d’une majorité de leurs électeurs. Mais cette alliance n’est pas sans soulever de nombreux problèmes.
       
      Difficultés en vue
      Le premier des problèmes qui se manifeste dès aujourd’hui tient aux pouvoirs accordés, dans la Constitution italienne, au Président de la République. Il n’est pas le strict homologue de nos Présidents de la IVème République qui, suivant l’expression consacrée, devaient se borner à « inaugurer les chrysanthèmes ». Le Président est le garant des traités et, à ce titre, des traités européens. On voit immédiatement tout ce qu’un europhile convaincu, et donc peu soucieux d’entendre la voix des électeurs, peut en tirer. D’où la difficulté pour l’alliance M5S-Lega de ne pas décourager les électeurs en rabotant par trop dans son programme les points anti-Euro et anti-UE, tout en passant sous les fourches caudines du Président, du moins tant qu’un référendum n’aura pas eu lieu. Cela explique les acrobaties, il n’y a pas d’autres mots, auxquelles se livrent Salvini pour la Lega et le dirigeant du M5S.

      Le fait que le dirigeant de la Sinistra Italiana la « gauche italienne », Stefano Fassina, envisage de soutenir de manière critique cet hypothétique gouvernement de coalition[8] entre le M5S et la Lega indique bien un possible rassemblement des forces autour de la matrice souverainiste. Fassina tire la leçon du naufrage de la « gauche » italienne qui s’est perdue dans l’#européisme. Il déclare ainsi, dans la revue Le vent se lève : « Pour nous, Sinistra Italiana était un nouveau départ. Nous voulu inscrire les intérêts nationaux au cœur du programme. L’adjectif « italiana » n’est pas dû au hasard. pour rappeler que nous souhaitons redonner des moyens d’intervention à l’Etat national, complètement sacrifié non seulement en Italie mais dans toute l’Europe, par l’orientation néolibérale des traités européens et de l’euro »[9]. Il ajoute sa volonté d’examiner une à une les propositions de loi de la coalition, et se réserve la possibilité de voter pour celles qui iraient dans un sens véritablement progressiste. Cette attitude pragmatique est à retenir. Elle tranche avec les partis pris que l’on peut entendre en France. Elle montre la voie pragmatique par laquelle pourra se construire un bloc souverainiste susceptible de s’opposer au bloc bourgeois-européiste qui s’est constitué dans de nombreux pays, ce bloc que des collègues italiens appellent les euronoïmanes…

      [1] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, Cambridge University Press, Londres-New York, 2006
      [2] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991.
      [3] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22.
      [4] J. Zielonka, Is the EU Doomed ? Polity Press, Cambridge (2014)
      [5] Voir Bagnai, A., Mongeau Ospina, C.A., 2014. « The a/simmetrie annual macroeconometric model of the Italian economy : structure and properties ». Working Papers Series 1405, Italian Association for the Study of Economic Asymmetries, Rome, Italy.
      [6] Voir , Alberto Bagnai , Brigitte Granville , Christian A. Mongeau Ospina, « Withdrawal of Italy from the Euro area, Stochastic simulations of a structural macroeconometric model », in Economic Modelling, Volume 64, August 2017, Pages 524-538 , http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264999316308689
      [7] Voir NATIXIS, L’Europe est-elle le problème de l’Italie ? , Flash Economie, n°271, 12 mars 2018.
      [8] Voir son interview dans Le vent se lève, http://lvsl.fr/14367-2
      [9] Idem.

      #Italie #ue #union_européenne #crise #migrants

  • Congé parental : la France à la manoeuvre pour bloquer une directive européenne favorable à l’égalité femmes-hommes
    https://www.marianne.net/societe/conge-parental-la-france-la-manoeuvre-pour-bloquer-une-directive-europeenn

    Un projet de directive européenne ambitionne d’élargir le cadre des congés parentaux dans tous les pays membres pour « équilibrer » l’utilisation qui en est faite entre les femmes et les hommes. Sauf qu’elle pourrait ne jamais s’appliquer, la France s’y opposant aux côtés de la Hongrie et de l’Autriche.

    Emmanuel Macron avait décrété l’égalité femme-homme « grande cause » de son quinquennat. A peine un an après son élection comme président de la République, ces bonnes intentions commencent (déjà) à s’écorner. Alors qu’un projet de directive européenne vise à équilibrer le recours aux congés parentaux entre les hommes et les femmes dans toute l’Union européenne (UE), la France s’y oppose et pourrait faire échouer son adoption. « J’en approuve le principe, précisait pourtant le chef de l’Etat, de passage au Parlement européen le 18 avril. Mais les modalités ont un coût qui est potentiellement explosif » pour le système social français.
    Trois types de congés pour toute l’UE

    Ce projet de directive dite « d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle » devait être un des éléments du futur « socle des droits sociaux » minimums communs à tous les pays membres. Face au reproche d’une Europe loin d’être assez « sociale », les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE avaient approuvé toute une série de mesures provenant de la Commission européenne « pour l’égalité » au mois de novembre 2017 à Göteborg (Suède). Trois types de congés devaient être imposés sur tout le territoire. D’abord, un congé paternité de dix jours à la naissance de l’enfant, ce dont la France dispose déjà. Ensuite, un congé parental de quatre mois pour chaque parent, indemnisé sur la base de l’arrêt maladie par les Etats (un couple pourrait ainsi disposer de 8 mois au maximum, à condition que chacun prenne bien 4 mois). Et, enfin, un droit à cinq jours de congé par an pour tout parent ayant à « s’occuper de proches gravement malades ou en situation de dépendance ».

    Pour de nombreux pays européens, ces mesures apparaîtraient comme quasiment révolutionnaires. En Allemagne, en Croatie, en Slovaquie ou en République Tchèque, par exemple, le congé paternité n’existe tout simplement pas. En France aussi, cette directive apporterait quelques avancées sociales en ce qui concerne l’indemnisation des congés parentaux. Aujourd’hui, une fois le congé maternité passé (10 semaines après l’accouchement) ou paternité (11 jours), les parents ont la possibilité de prendre un congé parental pendant un an. Le problème, c’est qu’il n’est que très faiblement indemnisé. En bénéficiant de l’allocation PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant), ils ne reçoivent que 396,01 euros par mois. Mais si cette directive était adoptée, l’indemnisation mensuelle serait indexée sur la base d’indemnisation des arrêts maladie pendant les quatre premiers mois. Ainsi, le parent recevrait chaque jour, par l’Etat, 50% de son salaire journalier. Soit une indemnité de pratiquement 900 euros pour un salarié touchant habituellement 2.000 euros par mois par exemple. Un coût « insoutenable » pour les caisses françaises selon Emmanuel Macron.

    Un congé parental plus attrayant = moins d’enfants en crèche

    « Faux ! », répond Yann Serieyx, représentant de l’Union nationale des associations familiales françaises (Unaf), auprès de Marianne. Avec 48 autres associations, l’Unaf a adressé une lettre ouverte au président. Ils le prient de rendre possibles ces « avancées sociales » pour « des millions de familles européennes », pour un coût qu’il estime « limité, voire nul » pour les finances françaises. « Si le congé parental est plus attrayant, davantage de pères le prendront et cela libérera des places en crèche. Aujourd’hui, chaque enfant en crèche coûte à l’Etat près de 1.700 euros. C’est considérable », nous explique-t-il.

    Soutenir cette directive, c’est soutenir l’idée que l’éducation d’un enfant se porte à deux.
    Edouard Martin, député européen PSE

    Mais surtout, pour Yann Serieyx, cette directive amènerait la France sur le chemin d’une égalité entre les sexes face aux tâches domestiques. « Une mesure comme celle-ci permettrait la bi-activité des couples. Les deux parents pourraient se permettre de se relayer auprès de l’enfant avant de reprendre leur activité sans de trop grandes pertes d’argent. Cela ne peut qu’améliorer le taux d’activité des femmes après une grossesse », détaille-t-il. Selon une étude menée par l’OCDE en 2016, les hommes ne représentent que 4% des parents qui prennent un congé parental…

    « Soutenir cette directive, c’est soutenir l’idée que l’éducation d’un enfant se porte à deux, à égalité, et ceci quel que soit le sexe des parents », souligne le député européen Edouard Martin (PSE), membre de la commission « Droits de la femme et égalité des genres » au Parlement européen, pour Marianne. Même s’il est un élu français, il a été le premier surpris de la position de son pays sur ce dossier... et de sa stratégie. « La France a coordonné un blocage en réunissant autour d’elle quatorze pays. Si la situation reste telle qu’elle est, le texte ne sera pas examiné au Conseil le 25 mai comme cela était prévu, minorité de blocage oblige », précise-t-il.

    La France a coordonné un blocage en réunissant 14 pays.
    Edouard Martin, député européen PSE

    Mains dans la main avec l’Autriche, l’Allemagne et la Hongrie

    Et les visages des amis de circonstance de Paris ont de quoi surprendre. On y retrouve l’Autriche, dont le gouvernement est composé de ministres d’extrême droite, la Hongrie de Victor Orban, qui s’est distinguée par la récente distribution de manuels scolaires officiels expliquant que « les femmes sont bonnes pour la cuisine, leur rôle c’est de s’occuper de la maison et de faire des enfants », comme l’a signalé L’Obs. Puis toute une bardée d’autres pays de l’est (Croatie, Lettonie, Roumanie, Slovaquie), peu connus pour leurs politiques sociales, et quelques voisins plus proches comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, par exemple.

    Une situation qui étonne. D’autant qu’en janvier dernier, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, disait étudier « toutes les possibilités d’allongement (du congé paternité), mais aussi de meilleures rémunérations ». Contacté, le secrétariat d’Etat n’a pas donné suite à nos sollicitations. Mais déjà à l’époque, elle précisait : « Il ne s’agit pas de dire oui pour faire plaisir à l’opinion ou d’aller vers un totem sans savoir comment le financer. » Tout est là : le budget d’abord, les droits ensuite.
    Article mis à jourLe 03.05.2018 à 08h16

    Invitée de la matinale de France Inter ce jeudi 3 mai, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a soutenu le fait que « la France ne soutient pas, en l’état, cette directive ». Elle argue : « Ce qu’on observe dans certains pays européens latins, c’est que quand on a des politiques familiales dites obligatoires, elles ont l’effet inverse », citant alors la réforme du congé parental de 2014 en France qui portait sa durée de six mois maximum à un an, à condition que les deux parents le prennent. Une mesure qui n’a eu aucun effet selon elle sur les pères, et même plutôt un effet dissuasif du fait de son caractère obligatoire. Une comparaison qui atteint très vite ses limites puisque la directive européenne de 2018 n’entend pas obliger les pères à prendre ces 4 mois de congé parental. Elle vise simplement à les motiver davantage à cesser leur activité grâce à une meilleure indemnisation...

  • L’OTAN en manque d’avions-cargos russes
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/04/27/l-otan-en-manque-d-avions-cargos-russes_5291414_3214.html

    Le transporteur aérien Ruslan Salis, prestataire de dix pays européens de l’Alliance atlantique, fait défection.

    Les représentants de dix pays de l’OTAN se sont retrouvés jeudi 26 avril à Gdansk, en Pologne, pour une réunion de crise. En cause : la défection annoncée d’un prestataire russe du transport aérien militaire, Ruslan Salis GmbH. L’entreprise, basée en Allemagne, qui travaille depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, a décidé de ne plus louer d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.

    Allemagne, Belgique, France, Hongrie, Luxembourg, Norvège, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie doivent trouver des alternatives. Les exercices et les opérations militaires de ces dix nations pourraient connaître des problèmes logistiques. L’Allemagne est le principal utilisateur du contrat, suivie par la France, très engagée à l’extérieur.

    En France, cette difficulté s’ajoute à un dossier déjà lourd. Plusieurs investigations ont été lancées depuis 2017 sur des irrégularités entourant les marchés publics de l’affrètement aérien dit « stratégique » entre le territoire national et les troupes déployées à l’étranger : enquête pénale du Parquet national financier, enquête interne du Contrôle général des armées, enquête de commandement de l’état-major.

    L’agence de soutien et d’approvisionnement de l’OTAN (NSPA) a conclu en 2006 un contrat, baptisé « Salis », de sous-traitance d’avions-cargos, notamment d’Antonov 124, auprès de deux compagnies, l’une russe, l’autre ukrainienne. Les armées occidentales, à l’exception des Etats-Unis avec leurs Galaxy C5, ne possèdent pas de très gros porteurs de ce type.

    Sur le marché mondial de la location, pour des raisons historiques, les avions disponibles et autorisés à transporter du fret d’armement sont très peu nombreux. Ils sont en outre propriété quasi exclusive de sociétés issues de l’ancien bloc soviétique. En 2010, six compagnies louaient trente Antonov 124 dans le monde. En 2018 ne subsistent que trois compagnies, disposant de vingt avions, une russe, une…

    … ukrainienne et… (sans doute, #paywall) Rusland Salis de droit allemand qui louait aux deux premières

  • La « libération de la haine contre les journalistes » n’épargne pas l’Europe, selon RSF
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/la-liberation-de-la-haine-contre-les-journalistes-n-epargne-pas-l-europ

    Le secrétaire général de RSF a cité plusieurs exemples des menaces pesant sur les journalistes : aux Philippines, où le président dit aux reporters que « leur qualité de journaliste ne leur fera pas échapper aux assassinats », en Inde, où « des armées de trolls, notamment à la solde du parti présidentiel, s’en prennent de manière (...) très organisée, aux journalistes », aux États-Unis, « où le président utilise des termes qu’utilisait autrefois Staline contre les journalistes ».

    Très forte dégradation en Europe

    Christophe Deloire s’est inquiété de la forte dégradation de la liberté de la presse observée sur le continent européen, et notamment en Europe de l’Est, citant les « insultes hallucinantes » contre les journalistes de la part de dirigeants slovaques, ou encore cette « scène absolument sidérante » en République Tchèque. Le président y a organisé « une conférence de presse avec une fausse kalachnikov dans les mains sur laquelle il était écrit ’pour les journalistes’ », a dénoncé le secrétaire général de RSF.

    On te dit qu’en Europe et dans le monde, les journalistes sont menacés par... les dirigeants des pays.

    Et en France, je vous le donne en mille, non, non, les journalistes ne sont pas menacés par Macron (ce qui est vrai, tout au moins pour ce qui est de la « presse qui compte »). Les journalistes sont menacés par... Mélenchon !

    Le « média-bashing » se porte bien dans le monde et c’est une menace pour la démocratie
    https://www.nouvelobs.com/monde/20180424.OBS5657/le-media-bashing-se-porte-bien-dans-le-monde-et-c-est-une-menace-pour-la-

    RSF souligne que le dénigrement des journalistes a connu son paroxysme pendant la campagne électorale de 2017 et continue d’être alimenté par de nombreux responsables politiques. L’ONG cite Jean-Luc Mélenchon qui a écrit sur un blog que « la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine ».

    Doit y avoir une logique à cette drôle d’inversion où d’un côté, les médias sont contre les dirigeants, et de l’autre, les médias sont contre les opposants politiques.
    S’il fallait être plus précis on devrait sans doute exprimer la chose différemment. D’un côté, les dirigeants politiques ressentent les médias comme un bloc homogène menaçant et belliqueux. De l’autre, il y a ce même ressenti de menace et de malfaisance, mais à l’égard de l’opposition. Dans les deux cas, il y a bloc homogène ressenti comme injuste d’une façon ou d’une autre.

    Cependant, à côté de ça, vous avez les photo-journalistes qui se font matraquer et gazer... mais... #cépapareil pour RSF.

    La Meute - Tolbiac
    https://www.facebook.com/LaMeutePhotographie/videos/353135361757465

    Le jour de l’évacuation de Tolbiac avait lieu, devant l’université, un rassemblement de solidarité. Plusieurs photographes du collectif LaMeute couvraient l’événement. L’un deux fut pris à partie par un CRS.
    Voici la façon dont certains policiers se comportent face aux objectifs. Nous avons assisté ces dernières semaines à une hostilité grandissante de la police envers la presse en manifestation.

  • Procés claude hermant à Lille, 13 & 14 Septembre.

    Un colonel de gendarmerie décrypte la gestion des « indics » devant le tribunal de Lille 13 Septembre
    http://www.lavoixdunord.fr/217326/article/2017-09-13/un-colonel-de-gendarmerie-decrypte-la-gestion-des-indics-devant-le-trib

    Soupçonné d’avoir importé des centaines d’armes de guerre, Claude Hermant, ancien animateur du lieu de vie identitaire La Maison flamande, face à ses juges depuis lundi, assure avoir agi en tant qu’informateur de la gendarmerie. Celle-ci jure que non. Devant le tribunal, un colonel de la section de recherche de Lille s’est acharné, ce mercredi matin, à dynamiter sa version.

    L’homme est raide dans son costume gris. Le cheveu coupé en brosse et le ton martial, le colonel X. rappelle l’histoire des indics. Soulignant que Vidocq, grand flic originaire du Nord, en était friand. Puis la loi, toute la loi, rien que la loi. La loi Perben II du 13 mars 2004 autorise et encadre l’utilisation des « aviseurs » par les services d’enquête. Sur le plan plus local, le colonel X. est formel. La section de recherche (SR) du Nord-Pas-de-Calais, qu’il dirige depuis 2014, a toujours respecté ce cadre, y compris les circulaires affinant son application. Interpellé pour avoir importé des armes de Slovaquie, soupçonné d’en avoir fourni de grandes quantités à un Roubaisien censé alimenter des réseaux de gangsters, Claude Hermant, 54 ans, assure avoir agi en concertation avec des gendarmes de la SR de Lille.

    Le chef de ce service est, lui, formel. Les directives gendarmerie interdisent de nombreuses actions. Comme l’infiltration, la provocation à la commission d’infractions ou la non-dénonciation de délits et de crimes. « La SR de Lille applique scrupuleusement les directives de la direction centrale, martèle le colonel X. J’ai déjà personnellement lancé des procédures judiciaires contre des sources, y compris de mes propres services, car elles avaient commis des infractions. »

    Le cas spécifique Claude Hermant ? L’officier admet que la figure de l’ultradroite lilloise a été recrutée par son service en mars 2013. Le patron du snack lillois la Frite Rit sera finalement définitivement radié le 3 avril 2015. « J’ai fait le choix de le désinscrire de la liste des sources et de le blacklister, complète le colonel X. J’ai également personnellement appuyé la demande de déclassification des rapports concernant Hermant. » Et d’insister sur le cadre réglementaire : chaque rencontre avec un « indic » est suivie d’un rapport. « M. Hermant a fait l’objet de douze échanges, suivis de douze compte rendus, martèle l’officier. Ils ont tous été déclassifiés. » Si Claude Hermant, fiché S, a trafiqué des armes, ce n’est pas avec l’aval, y compris occulte, de gendarmes espérant ainsi faire tomber des groupes mafieux. Certainement pas.

    Deux bémols cependant soulevés par le président Marc Trevidic. Les rapports déclassifiés comportent souvent des parties largement noircies avant livraison aux juges d’instruction. Il existe visiblement un fichier national des sources blacklistées. Et ce afin d’éviter qu’un service d’enquête récupère un aviseur considéré comme peu fiable par un autre. Selon les débats, la douane est censée avoir blacklisté Claude Hermant en 2012. Cela n’a pas empêché la gendarmerie de le recruter un an plus tard. Emmanuel Riglaire, avocat d’un douanier poursuivi dans ce dossier, rappelle que Claude Hermant n’a pas été blacklisté par la douane.

    Trois enquêteurs de la SR de Lille doivent être entendus ce mercredi par le tribunal. À huis clos.

    Des gendarmes sérieusement malmenés à l’audience 13 Septembre
    http://www.lavoixdunord.fr/217675/article/2017-09-13/des-gendarmes-serieusement-malmenes-l-audience

    En ce troisième jour du procès Hermant, trois gendarmes étaient invités à témoigner. Les enquêteurs ont été les agents traitants de la figure de l’ultra-droite régionale recrutée comme indicateur. Au même moment, Hermant importait des d’armes de guerre. Un très mauvais moment face aux juges…

    Ancien animateur du lieu de vie identitaire La Maison flamande, Claude Hermant assure avoir importé des armes de guerre démilitarisées entre 2013 et 2015. L’arsenal provient des stocks d’AFG, une société slovaque. Depuis son interpellation, en janvier 2015, Hermant revendique une couverture offerte par la gendarmerie. Mis en cause dès l’arrestation d’Hermant, les gendarmes jurent n’avoir jamais autorisé une telle activité à « Claude », comme l’appelle l’un des trois militaires convoqués à la barre.

    Hermant a été recruté comme indicateur de gendarmerie en 2013. En 2014, la section de recherche démantèle un trafic d’armes. Nom de code du dossier : « Armes 62 ». Le patron du snack lillois la Frite rit les aide également à faire tomber un trafic de cannabis indoor.

    Une bonne recrue, Hermant ? Fait troublant, à la barre, deux militaires se souviennent avoir entendu le suspect citer le nom d’AFG en février 2014. Le colosse leur expliquera également que des « gens des quartiers cherchent comment s’approvisionner en armes ». Enfin, les militaires rapportent un épisode où Hermant leur a exhibé une arme présentée comme « démilitarisée », mais facile à remettre en état. Pour le premier militaire, il s’agit d’un « pistolet ». Pour l’autre, d’un « petit pistolet-mitrailleur ». Tout ça un an avant que n’éclate l’affaire Hermant.

    Les avocats de la défense peuvent se mettre à hurler. « Et à ce moment-là, vous ne vous dites pas, au moins, qu’Hermant peut être l’organisateur ? », s’emporte Cherifa Benmouffok. « Nous travaillons alors sur le dossier Armes 62 », riposte l’enquêteur. Hasard du calendrier, dans cette affaire, quatre personnes ont été condamnées mardi à Lille.

    Défenseur de Claude Hermant, Maxime Moulin pose, lui aussi, le doigt partout où ça fait mal. Les contradictions, les oublis, les erreurs, les mélanges de détails, les incohérences. Et, avec ces trois militaires, il y en a beaucoup. Dans le box, Hermant peut ricaner. Lui qui assure avoir été lâché après les attentats de Paris en 2015.

    L’un des trois gendarmes a connu Hermant par l’intermédiaire d’un douanier. Poursuivi lui aussi, ce fonctionnaire est assis juste derrière le militaire. Ce dernier lance un œil dans le prétoire et annonce : « Je ne vois pas, ici, l’homme qui m’a présenté Hermant. » L’arme que le principal suspect a un jour montré aux enquêteurs ? « Je pensais qu’Hermant voulait la recycler pour le paintball », explique le témoin. Stupeur dans la salle… Et quelques beaux moments de malaise.

    Après les gendarmes « fusillés », le douanier « crucifié » 14 Septembre
    http://www.lavoixdunord.fr/218153/article/2017-09-14/apres-les-gendarmes-fusilles-le-douanier-crucifie

    Ce mercredi, trois gendarmes venus témoigner au procès Hermant sont repartis secoués. Leur gestion d’une « source » nommée Hermant, a été décriée par plus d’un avocat. Ce jeudi, le douanier ayant présenté le leader de l’ultra-droite aux militaires a subi un sort analogue. Le peloton d’exécution étant fourni par le parquet.

    La scène est un classique des séries TV américaines. Le FBI planque une caméra pour confondre des gangsters récupérant des matières illégales. Dans la vraie vie, ici : la cible du piège est un douanier. Le cinéaste amateur ? Un « aviseur ». En clair, un indic nommé Claude Hermant. En 2013, cet ex-animateur du lieu de vie identitaire Maison flamande invite l’officier de renseignement. « Je m’en méfiais, assure aujourd’hui Hermant. Il me demandait de prendre de plus en plus de risques. »

    Le leader de l’ultra-droite lilloise planque alors une caméra dans une boîte estampillée Dora l’exploratrice et, à l’arrivée de S. L., 42 ans aujourd’hui, pose une Kalachnikov sur la table. La vidéo dépeint le douanier manipulant largement le joujou.

    Aujourd’hui, S. L. est poursuivi pour avoir acquis une Kalachnikov « à titre personnel ». Il s’est même rendu chez les enquêteurs de la PJ de Lille pour l’admettre. Au président Marc Trevidic, cet homme, maintenant en arrêt maladie pour « burn-out », explique n’avoir jamais acheté d’armes, mais avoir subi des pressions de la part de sa hiérarchie pour passer aux aveux. Pas le choix, la PJ aurait en main une vidéo présentant cet achat.

    Dorénavant, et sans image crédible au dossier, rétropédalage à la barre. Comme le glissait lundi l’avocate Cherifa Benmouffok, un parfum de barbouzerie flotte sur le prétoire. En 2012, la douane écarte Claude Hermant de sa liste d’aviseurs. S. L. le présente alors à la gendarmerie. Tout en continuant de travailler avec lui. Hermant, « source » chez les militaires, « correspondant » pour un douanier désormais défendu par Emmanuel Riglaire.

    Sur leur perchoir, les procureurs Cyndra Celino et Jean-Philippe Navarre remontent leurs manches. S’ils ont été compréhensifs avec les gendarmes, ces deux-là seront sans pitié avec S. L. Il veut se reconvertir dans la formation de douaniers ? Les magistrats l’interrogent sur… la déontologie. Seuls les douaniers professionnels sont autorisés à pratiquer des infiltrations.

    Et, à la barre, S. L. décrit comment il a noyauté un trafic de tabac à chicha à Anvers. Dans le rôle du cheval de Troie : Claude Hermant, maintenant soupçonné d’avoir importé des armes par centaines. Le président Trevidic part alors dans une longue mise en garde sur les dérapages, s’attardant lourdement sur les récentes affaires de douaniers ripoux. Malaise… Sauf pour un acteur majeur. Claude Hermant semble le seul à tenir debout sur cette toile d’araignée où plus d’un paraît s’engluer.

    Christophe, l’homme parti lui-même acheter ses armes de guerre 14 Septembre
    http://www.lavoixdunord.fr/218188/article/2017-09-14/christophe-l-homme-parti-lui-meme-acheter-ses-armes-de-guerre

    Christophe D. a, un temps, travaillé à la Frite rit de Claude Hermant. Finalement en froid avec la grande gueule de l’ultra-droite régionale, cette armoire à glace a pris sa voiture pour, lui-même, acheter des armes de guerre en Slovaquie. Quelques semaines à peine après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

    Quand il croise les mains dans le dos, le public peut se poser une question très simple. Comment la police parvient-elle à menotter ce prévenu dans le dos ? Entre des bras ultra-musculeux et des trapèzes hypertrophiés, la manœuvre semble impossible. Avec Claude Hermant, cinquante-quatre ans, et Samir L., un Roubaisien de trente-deux ans, Christophe D. est le troisième prévenu du dossier Hermant à être en détention provisoire. Sept autres comparaissent libres. Cet ancien videur de cinquante et un ans a été interpellé le 10 juin 2016 à sa descente d’avion. Le Lillois arrivait de République Tchèque, où il venait de passer quatorze mois… en prison.

    Comme d’autres acteurs de ce dossier tentaculaire, Christophe D. a, un temps, travaillé à la Frite rit, rue Solferino. Ce snack où Claude Hermant est soupçonné d’avoir stocké des armes de guerre venues d’Europe de l’Est. L’ancien responsable du lieu de vie identitaire la Maison flamande est suspecté d’avoir inondé la pègre sous un arsenal allant de 150 à 250 armes. Christophe D., crâne rasé à la barre, fricote avec une tête de l’extrême droite qu’il accusera finalement de l’avoir « exploité ». Dans le prétoire, il donne le sentiment d’avoir été le parfait « go between » entre les marchands lillois de pistolets mitrailleurs et quelques caïds du boulevard de Metz. Pas vraiment la même couleur (politique). « Mon client a connu des personnes de ce quartier par le biais de son métier de videur », élude Faustine Broulin, l’avocate du suspect. Christophe D. serait donc un (très solide) pilier de la vie nocturne lilloise. La légende veut qu’il a empêché le kidnapping d’un patron de boîte de nuit, l’arrachant du coffre de voiture où ce commerçant avait été jeté.

    « Avez-vous mis Claude Hermant en relation avec Samir L. ? », interroge le président Trevidic. La question n’est pas anodine. Le trafic reproché au patron de la Frite rit est censé « exploser » avec l’arrivée du Roubaisien dans le circuit. Certaines de ces armes atterrissant, semble-t-il, entre les mains d’Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, à Paris, en janvier 2015. Pataud, confus, Christophe D. répond par des bougonnements. On peut prendre cela pour des dénégations. À la barre, le prévenu consacre du temps à se plaindre de Claude Hermant.

    Sous le regard noir de son ex-employeur, Christophe D. évoque également la police à plusieurs reprises, chez qui il va largement s’épancher. Au point d’agacer le président. « Bon, votre commissaire-psychiatre P… », le mouche le magistrat.

    Reste ce voyage en Slovaquie. En 2015, Christophe D. déboule chez AFG, l’entreprise qui, un temps, envoyait des armes par colis en France. Elle s’y refuse désormais. Le Lillois débarque en Slovaquie. À la frontière tchèque, contrôle. « Ils n’ont pas cru que j’étais français », s’offusque le contrevenant. L’homme part en prison. Selon la police tchèque, Christophe D. a reconnu vouloir revendre ses emplettes une fois rentré. Face aux juges lillois, il proteste et soulève « une erreur de traduction ». « C’était pour moi », martèle dorénavant le prévenu.

    Au tour de Murielle Cuadrado de se lever. « Vous avez expliqué avoir une technique, relève l’avocate. Vous dites : « Je me fais passer pour un babache »… » Son vis-à-vis approuve. « Ici aussi, vous jouez au babache ? », assène l’une des défenseures de Samir L.

    #claude_hermant #extréme_droite #armes #Amedy_Coulibaly #Hyper_Cacher #attentats #police #douane #indicateurs #ultradroite_lilloise #Trevidic

  • Réforme européenne du droit d’auteur : une nouvelle directive contre les libertés fondamentales !
    https://www.laquadrature.net/fr/node/10288

    Paris, le 11 septembre 2017 — Ce ne sont plus seulement les organisations de la société civile qui affirment que le projet de directive sur le droit d’auteur, actuellement en cours de discussion au Parlement européen, contient des dispositions attentatoires aux libertés fondamentales. Six États-membres ont adressé la semaine dernière des observations au Conseil de l’Union pour attirer son attention sur les dangers de certaines mesures, et en particulier une obligation de filtrage automatisé des plateformes. Alors que se rapproche en septembre un vote important sur le texte, il importe que les citoyens se mobilisent et que toutes les conclusions soient tirées de cette nouvelle dérive répressive. Belgique, République Tchèque, Finlande, Hongrie, Irlande, Pays-Bas : pour ces six États, (...)

    #censure_et_filtrage_du_Net #contribution_créative #directive_copyright #droit_d'auteur #licence_globale #Andrus_Ansip #Günther_Oettinger #communiqué

  • Réforme du droit d’auteur : six États membres inquiets des dommages collatéraux
    https://www.nextinpact.com/news/105105-reforme-droit-dauteur-six-etats-membres-inquiets-dommages-collate

    Six pays de l’Union européenne (la Belgique, la République Tchèque, la Finlande, la Hongrie, l’Irlande et les Pays-Bas) ont adressé une série de questions au Conseil. Tous s’interrogent sur la compatibilité de l’article 13 de la future directive sur le droit d’auteur avec d’autres normes européennes.

    Révélées par le site StateWatch, ces interrogations ciblent un point névralgique du projet de directive actuellement ausculté par le Conseil, le représentant des gouvernements des États membres.

    L’article 13 du projet de directive envisage en effet de contraindre les intermédiaires techniques « qui stockent un grand nombre d’œuvres » et en ouvrent l’accès à coopérer avec les ayants droit pour installer des mesures d’identification et de filtrage des contenus. Les États membres auraient pour mission de faciliter ces rapprochements « afin de définir de bonnes pratiques, telles que les techniques appropriées et proportionnées de reconnaissance des contenus, compte tenu, notamment, de la nature des services, de la disponibilité des outils techniques et de leur efficacité au vu des évolutions technologiques ».

    Au considérant 38 du projet initial de directive, la Commission veut obliger ces acteurs à « conclure des contrats de licence avec les titulaires de droits », avec une exception : lorsque ces mêmes intermédiaires bénéficient du statut de l’hébergeur prévu par la directive sur le commerce électronique de 2000, ils ne seront pas concernés (article 14).

    #Propriété_intellectuelle #Droits_auteurs #Europe

  • Les Cafés Géo » Carnet de géographe : La #République_Tchèque

    http://cafe-geo.net/carnet-de-geographe-la-republique-tcheque

    La République tchèque a traversé, au cours du 20ème siècle, des transformations de grande ampleur. De l’instauration du collectivisme et du démembrement des systèmes socialistes au retour de la démocratie locale au tournant des années 1990, elle fait désormais partie intégrante de l’Union européenne.

    Cette intégration effective depuis 2004, pourrait laisser supposer que la question de sa singularité est désormais close et que les séries de réformes, engagées durant la phase de transition postcommuniste et de préadhésion à l’Union européenne, ont permis une réduction des écarts fonctionnels et structurels avec les autres territoires d’Europe occidentale. En réalité, la situation est plus complexe. Si l’intégration à l’économie de marché dès 1990, et l’européanisation des institutions ont effectivement engagé le pays vers un modèle convergent de gestion politique et économique sur le modèle occidental, les recompositions territoriales progressent toujours de manière extrêmement inégale selon les contextes régionaux. Entre trajectoire de convergence et renforcement des spécificités, ces recompositions, fortement liées au poids des héritages structurels, s’apprécient encore souvent de manière contradictoire. Elles tendent parfois à rapprocher la République Tchèque d’un modèle territorial occidental, basé sur une diversification des fonctions socioéconomiques et la mise en place de nouveaux modes de gouvernance à la croisée de politiques d’action publique et d’initiatives endogènes.

    #tchéquie #tchécoslovaquie #géographie

  • « Ce boîtier prévient les propriétaires que leur locataire est trop bruyant »
    http://immobilier.lefigaro.fr/article/ce-boitier-previent-les-proprietaires-que-leur-locataire-est-tro

    Une start-up espagnole a conçu un boîtier capable d’alerter les propriétaires lorsque le #bruit dans l’appartement dépasse le volume maximal fixé. L’alerte peut être envoyée par SMS ou par un message vocal.

    (...)

    Le principe ? L’appareil, qui se fixe au mur, est alimenté par une prise de courant. Grâce à son capteur de bruit et sa connexion Wi-Fi, il est capable d’alerter les propriétaires lorsque le bruit dans l’appartement dépasse le volume maximal fixé.

    Trois niveaux de décibels sont définis - faible, moyen, élevé. « Les seuils de décibels dépendent de l’isolation sonore de la propriété, de son architecture ou encore de l’épaisseur des murs. Un haut-parleur réglé à un même niveau ne créera pas le même niveau de décibel dans deux appartements différents », poursuit-il. L’alerte est déclenchée dès que le seuil « élevé » est dépassé cinq fois en sept minutes.

    (...) "Le but est d’apaiser les tensions entre voisins. Après, libre aux propriétaires de sanctionner ou pas leurs locaires. C’est le cas à Londres où la facture de locataires bruyants a été augmentée de 90 livres".

    Vendu 149 euros, le boîtier nécessite un abonnement mensuel de 9,99 euros pour le système d’alerte. La start-up espagnole en a déjà vendu 1500 en un an, dont 100 à 150 hors Espagne. « Nous avons reçu des milliers de commandes pour l’Angleterre, d’autres pour la République Tchèque et pour la Pologne et des dizaines pour la France », poursuit le responsable du développement international de la start-up espagnole. Elle vient d’effectuer sa première vente en France avec l’agence de locations touristiques de courte durée Absolu Travel.

    Je m’étonne qu’un·e propriétaire soit habilité·e à délivrer des amendes pour #nuisances_sonores, mais on a peut-être un élément de réponse ici :

    Pour l’instant, Smart Things & Friends vise surtout les #agences_de_location - 95% à 96% de leurs commandes - qui gèrent plusieurs appartements en location pour de courtes périodes. Il faut dire que l’investissement n’est pas forcément très rentable pour des particuliers qui, selon le Code la construction, ne peuvent pas louer leur appartement plus de quatre mois par an. « Ce boîtier est destiné essentiellement pour les locations saisonnières », conclut Dominic Bahmani Fard.

    #surveillance_audio

    • Amende impossible en France, selon le principe « nul ne peut se faire justice lui-même ».
      La présence même d’un tel dispositif serait sans doute considéré par un·e juge comme une atteinte à la vie privée.
      Du coup c’est bien de savoir que ça existe et à quoi ça ressemble.
      #mouchard

    • Oui, mais une agence de locations saisonnières ne peut-elle pas placer dans son contrat une clause de calme ? Laquelle peut d’ailleurs sans doute être incluse dans l’admirable formule « occuper les lieux en bon père de famille », qu’on trouve déjà tout à fait officiellement. Je ne sais pas de quelle latitude une telle agence dispose, mais cela ne m’étonnerait pas que la zone grise juridique dans laquelle se situe le son permette diverses expérimentations...

    • Le principe général est (en France) de la liberté de jouir de la chose louée qui devient, le temps du contrat, le domicile (pour le dire vite) . J’imagine mal un contrat interdisant de rire, de chanter ou de faire tomber une casserole par mégarde (et c’est heureux !)
      A partir du moment où la perception de la nuisance est subjective (80db dans une discothèque si tu es venue pour danser, ça passe bien !) seul un·e juge peut statuer.
      Une agence pourrait sans doute faire signer un contrat qui interdirait d’ouvrir les volets car le grincement des charnières dérange le voisin du dessous, n’empèche que celui qui transgresserait cette clause pour profiter du soleil, pourrait refuser de payer les pénalités prévues au contrat et se serait à l’agence de prouver le dommage (subi par un tiers non partie au contrat ...?) Bref pour moi c’est pas jouable.
      Pour info : 1° A l’article 601, au 1° de l’article 1728, à l’article 1729 et au premier alinéa de l’article 1766, les mots : « en bon père de famille » sont remplacés par le mot : « raisonnablement »
      https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=JORFARTI000029330995&cidTexte=LEGITE

    • C’est bien la difficulté : des plaintes pour nuisance sonore, il y en a des paquets maintenant. Oui, c’est subjectif. Parfois même, ça cristallise une mésentente qui trouve sa source dans des choses qui n’ont rien à voir avec le son. Mais les tribunaux ne peuvent pas l’évacuer si facilement et c’est pour cela que cette appli intéresse les agences, qui cherchent à se protéger juridiquement.

      La nuisance se caractérise par son caractère répétitif (et c’est précisément une fonction incluse dans l’appli, de ne se déclencher qu’en cas de répétition). Il est admis qu’on puisse faire la fête un soir ou qu’on fasse tomber la casserole par mégarde, pas que cela se reconduise systématiquement. Bref, oui, ça se contre, mais ce n’est pas simple.

      Quant au grincement des charnières, je dirais que ça relève du bon entretien du lieu, qui est soit de la responsabilité de l’agence touristique, soit de l’habitant·e usuel·le. Et quiconque peut porter plainte pour un préjudice dont il ou elle pense être victime, indépendamment de la façon dont ce préjudice a été causé (dans le cadre d’un contrat entre deux personnes ou non).

      (Ah oui, j’avais oublié que le « bon père de famille » avait été mis à la retraite, tant mieux.)

  • CRIIRAD_170214 _I131_Europe_Radioactivite.pdf
    http://www.criirad.org/balises/CRIIRAD_170214%20_I131_Europe_Radioactivite.pdf

    Dans un communiqué de presse du 13 février 2017, l’IRSN a indiqué
    1que « De l’iode 131, radionucléide d’origine artificielle, a été détecté, courant janvier 2017, à l’état de traces dans l’air au niveau du sol en
    Europe”.
    L’iode 131 a été détecté du 9 au 16 janvier en Norvège, Finlande et Pologne, du 17 au 23 janvier en Tchéquie, du 16 au 30 janvier en Allemagne, du 18 au 26 janvier en France, du 17 au 24 janvier en
    Espagne

    (je hais le .pdf)

  • J – 131 : Vu hier soir Cinq femmes autour d’Utamaro de Kenji Mizoguchi. A vrai dire je ne me souviens pas la dernière fois que j’ai vu un film de Mizoguchi, j’ai un vague souvenir d’un cours d’histoire de l’art à propos du cinéma japonais aux Arts Déco et dans lequel Ozu et Mizoguchi tenaient les deux premiers rangs, de même j’ai un vague souvenir d’avoir vu à Chicago en VHS les Femmes de la nuit, mais je crois que c’est bien tout. J’avais gardé le souvenir donc que Mizoguchi était un cinéaste majeur, je n’avais aucune idée, je viens de le découvrir, que sa filmographie est aussi longue et aussi poétique qu’un recueil de haikus , c’est même assez impressionnant :

    1923 : Yorû yami no sasayakî
    1923 : Yorû utsukushikî akumâ
    1923 : Kantô
    1923 : Le Jour où l’amour revit (Ai ni yomigaeru hi)
    1923 : Le Pays natal (Kokyo)
    1923 : Rêves de jeunesse (Seishun no yumeji)
    1923 : La Rue du feu de l’amour (Joen no chimata)
    1923 : Triste est la chanson des vaincus (Haizan no uta wa kanashi)
    1923 : 813, une aventure d’Arsène Lupin (813) - j’ai vérifié, il n’y a pas que sur la page de l’encyclopédie collective en ligne que l’on trouve ce titre surprenant dans l’œuvre de Mizoguchi
    1923 : Le Port de la brume (Kiri no minato)
    1923 : Dans les ruines (Haikyo no naka)
    1923 : La Nuit (Yoru)
    1923 : Le Sang et l’âme (Chi to rei)
    1923 : La Chanson du col (Toge no uta) ? ce qui ne veut pas dire, comme on aurait pu le croire, les faux amis en japonais sont infiniment fourbes, que la compagnie UTA ne desservait pas le Togo, d’autant que vérifiant la chose auprès d’un ingénieur en aéronautique ayant travaillé pour l’UTA, la compagnie UTA desservait bien le Togo, les choses que l’on est obligé de vérifier quand on se sert d’une encyclopédie collective en ligne
    1924 : L’Idiot triste (Kanashiki hakuchi)
    1924 : La Mort à l’aube (Akatsuki no shi)
    1924 : La Reine des temps modernes (Gendai no jo-o)
    1924 : Les femmes sont fortes (Josei wa tsuyoshi)
    1924 : Le Monde ici-bas - Rien que poussière (Jin kyo)
    1924 : À la recherche d’une dinde (Shichimencho no yukue) ? là aussi vérification faite auprès d’une amie de Madeleine, japonaise, c’est effectivement, à peu près, ce que Shichimencho no yukue veut dire, décidément le recours à une encyclopédie collective en ligne donne beaucoup de travail de vérification, en grande partie à cause des esprits pervers de mon genre qui ne perdraient jamais une occasion, surtout depuis l’intérieur, de pervertir les sources de renseignement par toutes sortes de fictions.
    1924 : La Mort du Policier Ito (Acab Itou)
    1924 : Le Livre de la pluie de mai ou Conte de la pluie fine (Samidare zoshi)
    1924 : La Hache qui coupe l’amour (Koi o tatsu ono)
    1924 : La Femme de joie (Kanraku no onna)
    1924 : La Reine du cirque (Kyokubadan no jo-o)
    1925 : A, a tokumukan kanto
    1925 : Pas d’argent, pas de combat (Uchen-Puchan)
    1925 : Après les années d’étude (Gakuso o idete)
    1925 : Le lys blanc gémit (Shirayuri wa nageku)
    1925 : Au rayon rouge du soleil couchant (Akai yuhi ni terasarete)
    1925 : Croquis de rue (Gaijo no suketchi)
    1925 : L’Être humain (Ningen)
    1925 : La Chanson du pays natal (Furusato no uta)
    1925 : Le Général Nogi et monsieur l’Ours (Nogi taisho to Kumasan)
    1926 : Le Roi de la monnaie (Doka o)
    1926 : Les Murmures d’une poupée en papier Haru (Kaminingyo haru no sasayaki)
    1926 : Ma faute (Shin onoga tsumi)
    1926 : L’Amour fou d’une maîtresse de chant (Kyôren no onna shishô)
    1926 : Les Enfants du pays maritime (Kaikoku danji)
    1926 : L’Argent (Kane)
    1927 : La Gratitude envers l’empereur ou La faveur impériale (Ko-on)
    1927 : Cœur aimable (Jihi shincho)
    1928 : La Vie d’un homme (Hito no issho)
    1928 : Quelle charmante fille ! (Musume kawaiya)
    1929 : Le Pont Nihon (Nihon bashi)
    1929 : Le journal Asahi brille (Asahi wa kagayaku)
    1929 : La Marche de Tokyo (Tokyo koshin-kyoku)
    1929 : La Symphonie de la grande ville (Tokai kokyogaku)
    1930 : Furusato (Fujiwara Yoshie no furusato)
    1930 : L’Étrangère Okichi (Tojin okichi)
    1930 : Le Pays natal (Furusato)
    1931 : Et pourtant ils avancent (Shikamo karera wa yuku)
    1932 : Le Dieu gardien du temps (Toki no ujigami)
    1932 : L’Aube de la fondation d’un état : La Mandchourie-Mongolie (Manmo kenkoku no reimei)
    1933 : Le Fil blanc de la cascade (Taki no shiraito)
    1933 : La Fête à Gion (Gion matsuri)
    1934 : Le Groupe Jinpu ou groupe kamikaze (Jinpu-ren)
    1934 : Le Col de l’amour et de la haine (???,Aizo toge)
    1935 : La Cigogne de papier (Orizuru Osen)
    1935 : Oyuki la vierge (Maria no Oyuki)
    1935 : Les Coquelicots (Gubijinsô) ?
    1936 : L’Élégie d’Osaka (Naniwa erejî)
    1936 : Les Sœurs de Gion (Gion no shimai)
    1937 : L’Impasse de l’amour et de la haine (Aien kyo)
    1938 : Le Chant de la caserne (???? Roei no Uta)
    1938 : Ah ! Le Pays natal (Aa kokyo)
    1939 : Conte des chrysanthèmes tardifs (Zangiku monogatari)
    1940 : La Femme de Naniwa (Naniwa onna)
    1941 : La Vie d’un acteur (Geido ichidai otoko)
    1941 : La Vengeance des 47 rônins (Genroku chushingura)
    1944 : Trois générations de Danjurô (Danjuro sandai)
    1944 : L’Histoire de Musashi Miyamoto (Miyamoto Musashi)
    1945 : L’Épée Bijomaru ( Meito bijomaru)
    1945 : Le Chant de la victoire (Hissho ka)
    1946 : La Victoire des femmes (Josei no shôri)
    1946 : Cinq femmes autour d’Utamaro ( Utamaro o meguru gonin no onna)
    1947 : L’Amour de l’actrice Sumako ( Joyû Sumako no koi)
    1948 : Femmes de la nuit ( Yoru no onnatachi)
    1949 : Flamme de mon amour (Waga koi wa moenu)
    1950 : Le Destin de madame Yuki (,Yuki fujin ezu)
    1951 : Miss Oyu (,Oyû-sama)
    1951 : La Dame de Musashino (Musashino fujin)
    1952 : La Vie d’O’Haru femme galante (Saikaku ichidai onna)
    1953 : Les Contes de la lune vague après la pluie (Ugetsu monogatari)
    1953 : Les Musiciens de Gion (ou La Fête à Gion, Gion bayashi), remake de son film de 1933.
    1954 : L’Intendant Sansho (Sanshô dayû)
    1954 : Une femme dont on parle (,Uwasa no onna)
    1954 : Les Amants crucifiés (Chikamatsu monogatari)
    1955 : L’Impératrice Yang Kwei-Fei (Yôkihi)
    1955 : Le Héros sacrilège (Shin heike monogatari)
    1956 : La Rue de la honte (Akasen chitai)

    J’ai un petit faible pour À la recherche d’une dinde

    On note, par ailleurs qu’en 1922 et 1923, Keiji Mizoguchi n’a pas, pas exactement, chômé.

    Ce que je comprends aussi de ce cinéma, c’est justement ce que je n’en comprends pas. Dans les Cinq femmes autour d’Utamaro , je confonds sans cesse les cinq femmes en question dont les noms apparaissent trop vite en japonais dans les sous titres (par ailleurs en anglais, ce qui me ralentit tout de même un petit poil, juste le petit poil qui rend le déchiffrement d’un nom japonais trop lent ou imprécis) et que je comprends trop tard en regardant le film que c’est plus ou moins au motif des kimonos qu’on a une chance de les reconnaître, parce que leur maquillage de geishas et de courtisanes les unifient beaucoup, et ma méprise est évidemment totale, je m’en rends compte, quand je pensais que la femme assassine était la femme porteuse de l’invraisemblable tatouage d’Utamaro dans le dos, et je découvre médusé que le tatouage en question est en fait sur le cadavre des deux amants, si vous pensez que ce que je viens d’écrire est difficile à suivre, téléchargez d’urgence ce film, vous verrez à quel point c’est pas facile de retrouver ses petits dans un tel désordre.

    Et cette méprise est telle qu’on peut même raisonnablement se demander quel est le plaisir que je trouve à cette cinématographie, par ailleurs assez fixe dans ses plans aux compositions pas particulièrement audacieuses, c’est l’empire du plan large, et bien peut-être de telles scènes que celle de l’apprenti peintre d’Utamaro qui se désespère de ne pouvoir atteindre à l’art de son maître, à cette vie insufflée dans ses personnages féminins dans ses dessins et qui commande à son serviteur de fermer les volets en plein jour et de lui apporter une bougie et comment la perception de la pièce, du décor bascule élégamment. Pour le même résultat décevant aux yeux du peintre apprenti.

    Et je peux tenter de suivre quantité de dialogue presque incompréhensibles, - toutes ces scènes d’hystérie des personnages pour des insultes faites à telle ou telle école d’art, autant vous dire que je n’aurais pas fait long feu dans le Japon du XVIIIème siècle avec certaines de mes chroniques et que je serais rapidement passé au fil du sabre du grand samouraï Piê Shou-lag pour l’avoir si copieusement insulté - ces explications interminables à propos de telle ou telle partie d’un protocole que n’aurait pas été suivi à la règle - et là autant vous dire que ma conduite dans un restaurant de fondue chinoise aurait également été jugée très insuffisamment protocolaire - je peux même lutter efficacement contre la fatigue du soir et m’abimer les yeux avec ces maudits sous titres éclairs en anglais, tant qu’il y aura des scènes comme celle de l’atelier ou encore comme celle de la baignade des promises à la pêche de ne je sais quel poisson symbole de fertilité, j’en redemanderai.

    Donc une grande partie du cinéma de Mizoguchi m’échappe mais je suis très perméable à sa poésie.

    Prochain sur ma liste, À la recherche d’une dinde . Cela ne va pas être facile à trouver mais il faut ce qu’il faut.

    Exercice #59 de Henry Carroll : Perdez-vous. Prenez une photo du moment où vous vous rendez compte que vous vous êtes perdu.

    Je crois que ne me suis jamais autant perdu qu’en République Tchèque, c’était même à croire que c’était un peu ce que je cherchais.

    #qui_ca

  • J-220 : une jeune femme commande, dans la librairie où j’ai mes habitudes, la Chambre claire de Roland Barthes. Je l’envie. J’envie sa jeunesse. J’envie qu’elle va découvrir ce livre magnifique, dès mardi soir, date de réception de sa commande, elle ne le sait pas encore mais c’est comme de lire, pour la première fois, un Tintin qu’on n’a pas encore lu, ou d’écouter un disque des Beatles qu’on n’a pas encore dans ses galettes, j’envie qu’elle s’engage dans l’apprentissage de la photographie, elle a dans les mains quelques exemplaires de la collection des photo-poches . Je me retiens in extremis de lui conseiller celui de Robert Frank, je ne voudrais pas faire mon vieux con.

    Sur la table des nouveautés du rayon photo, je jette un rapide coup d’œil sur une nouvelle monographie de Diane Arbus, apparemment les années qui précédent les portraits au 6X6, très beau volume pour ce que je peux en juger rapidement, certaines images on dirait du Robert Frank, même grain, même sauvagerie, en plus sauvage encore, les freaks déjà, mais la rue, encore un peu, le prix de ce très beau livre m’indique que cela devra être mon cadeau de Noël ― à cinquante-deux ans je continue de donner des suggestions de ce genre à mes vieux parents !, il y a une vingtaine d’années cela avait valu beaucoup d’amusement à mon père dans un supermarché de produits culturels, ancienne fédération d’achats pour cadres : « la personne qui cherchait le livre de photographies de prostituées de la Nouvelle Orléans est attendue au rayon photo », j’y repense chaque fois que je vois la tranche du livre de Bellocq dans ma bibliothèque― et puis mon regard, vaguement amusé tombe sur un cahier intitulé Le Cahier qu’il vous faut pour réussir vos photos d’un certain Henry Carroll, dont je dois dire que je n’ai jamais entendu parler. Et de fait je suis assez diverti de feuilleter ce livre d’exercices plutôt bien pensés, cela ne vaut pas le questionnaire de Joyce Neimanas à ses jeunes étudiants de première année ― qu’est-ce que j’aimerais retrouver ce questionnaire dans lequel on lisait des questions du genre quel genre de drogues vous pensez devoir prendre pour suivre ce cours, quelle est la chose la plus dangereuse que vous ayez déjà faite et celle que vous aimeriez faire etc… ―, mais c’est déjà très bien.

    C’est sans doute d’avoir envié la jeunesse de cette jeune femme qui allait bientôt lire la Chambre claire de Roland Barthes, je me décide à acheter ce livre en me donnant deux contraintes, répondre à chaque exercice avec des images déjà faites et en faire une manière de feuilleton en images de Qui ça ?

    Mon père au téléphone, tu ne voudrais pas t’inscrire sur les listes des pri-maires de la droite, comme cela tu peux contribuer à faire barrage à Sarkozy à la source, cela ne coûte que deux euros, je les prends en charge, ah et aussi il faudra que tu signes un papier à ton nom pour dire que tu te reconnais dans les valeurs de la droite, ma mère explose de colère derrière lui, Guy ― mon père s’appelle Guy ― c’est de la provocation, tu ne viendras pas te plaindre après. Eclats de rire de part et d’autre de la ligne téléphonique.

    Premier exercice de Henry Carroll : photographiez votre premier souvenir.

    Mon tout premier souvenir est celui d’une voiture bleue azur au bord d’une piscine à Abidjan en 1967. Et c’est à ce souvenir, tellement imprécis, que j’ai repensé en voyant les vieilles trabans en République Tchèque, en 2005.

    #qui_ca

  • La #croatie rejoint le camp de la « contre-révolution » du Hongrois Viktor Orban
    https://www.mediapart.fr/journal/international/120916/la-croatie-rejoint-le-camp-de-la-contre-revolution-du-hongrois-viktor-orba

    « Fermeté » envers les réfugiés et rapprochement avec le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie, République tchèque) : c’est une Croatie à droite toute qui ressort des élections anticipées du 11 septembre.

    #International #Bratislava #europe #HDZ #oustachis #SDP #zagreb

  • #Répression #en République Tchèque (Prague)
    https://nantes.indymedia.org/articles/35571

    p margin-bottom : 0.25cm ; line-height : 120% ; a:link Répression en République Tchèque (Prague) En avril 2015, il y eut une opération policière #de grosse envergure à Prague contre des anarchistes (antispécistes, straigh-edges, anti-autoritaires) et toutes autres personnes en contestation.

    #Resistances #contrôle #social #/ #-ismes #tout #genres #_anarch-fémin #prisons #centres #rétention #actions #directes #antifascisme #anti-repression #Répression,Resistances,contrôle,social,/,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,prisons,centres,de,rétention,actions,directes,antifascisme,anti-repression

  • Un utile rappel : si vous êtes connecté à l’Internet par une « box » fournie et contrôlée par votre FAI (c’est le cas le plus courant en France) et que vous n’avez pas placé un routeur à vous derrière (comme le mode « bridge » de la Freebox), votre FAI peut non seulement contrôler / surveiller votre accès Internet (ça, vous le saviez déjà) mais aussi votre réseau local à la maison.

    http://lauren.vortex.com/2016/07/how-some-isps-could-subvert-your-local-network-security

    #sécurité_informatique #vie_privée

  • #Relocalisation et #réinstallation : les efforts accrus en matière de réinstallation et de relocalisation doivent être poursuivis

    Réinstallation

    Le nombre de réinstallations à partir de la Turquie dans le cadre de la déclaration UE-Turquie a continué à augmenter et cette tendance devrait encore se renforcer dans les mois à venir, à mesure que les États membres concluent l’évaluation des dossiers qui leur sont transmis par la Turquie, par l’intermédiaire du HCR. Depuis le 4 avril 2016, 511 Syriens ont été réinstallés dans l’UE depuis la Turquie, dont 330 depuis l’adoption du précédent rapport, et le nombre d’États membres qui participent activement au programme a augmenté. Depuis le précédent rapport d’avancement, outre la Finlande, l’Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas et la Suède, des réinstallations ont également eu lieu en Italie, au Luxembourg et au Portugal.

    Selon les informations communiquées par les États participants, au 10 juin 2016, 7 272 personnes avaient été réinstallées dans le cadre du programme de réinstallation de l’UE approuvé le 20 juillet 2015, la plupart au départ de la Turquie, du Liban et de la Jordanie. Ces personnes ont été accueillies par 19 États de réinstallation (Autriche, Belgique, République tchèque, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Islande, Irlande, Italie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Suède, Suisse et Royaume-Uni).

    Relocalisation

    Au cours de la période couverte par le rapport, du 13 mai au 14 juin, le nombre de relocalisations a augmenté et 780 personnes supplémentaires ont été relocalisées, soit près du double du chiffre de la période précédente. Cela porte le nombre total de personnes relocalisées au 14 juin à 2 280 (1 503 à partir de la Grèce et 777 à partir de l’Italie). Bien qu’il constitue un progrès, ce nombre est encore loin de l’objectif proposé par la Commission consistant à relocaliser 6 000 personnes par mois. Les États membres sont loin de respecter l’engagement qu’ils ont pris dans le cadre des décisions du Conseil relatives à la relocalisation. La moyenne mensuelle des personnes relocalisées à partir de la Grèce se situe actuellement entre 260 et 300 environ. En outre, l’augmentation des relocalisations s’explique en grande partie par les efforts accrus déployés par les États membres qui participaient déjà le plus activement au programme de relocalisation.

    Le nombre de transferts et d’engagements au titre de la relocalisation en Italie reste particulièrement faible compte tenu du nombre croissant de demandeurs de relocalisation potentiels qui arrivent en Italie.

    En Grèce, près de 49 000 demandeurs d’asile et migrants se trouvent dans des installations officielles d’accueil temporaire sur le continent, où ils attendent leur enregistrement et le traitement de leur dossier. Avec l’aide financière de la Commission et le soutien du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur le terrain, le service d’asile grec a lancé, le 8 juin, une vaste campagne de pré-enregistrement afin de procéder à l’enregistrement préalable de 1 400 personnes par jour pour accélérer l’identification des demandeurs de relocalisation et le traitement complet de leur dossier. Un grand nombre de demandeurs d’asile supplémentaires sera prêt à être relocalisé dans les mois à venir — selon les prévisions, entre 60 et 65 % des personnes pré-enregistrées devraient appartenir à l’une des nationalités pouvant bénéficier de la relocalisation.

    Dans le rapport adopté aujourd’hui, la Commission salue les efforts consentis par certains États membres et recommande vivement à tous de mettre en place une planification efficace pour accroître les engagements et les transferts au titre de la relocalisation dans les six mois à venir. La réduction du délai de réponse aux demandes de relocalisation est également un élément essentiel à la bonne mise en œuvre du programme de relocalisation. Les contrôles de sécurité continuent à allonger considérablement le délai de réponse, qui dépasse parfois la limite de deux mois fixée par la décision du Conseil. La Commission invite également tous les acteurs concernés à intensifier la relocalisation des personnes vulnérables, en particulier les mineurs non accompagnés.

    http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-2178_fr.htm
    #chiffres #statistiques #asile #migrations #réfugiés

  • Nourriture instantanée : la magie de l’eau bouillante
    http://www.cafebabel.fr/article/nourriture-instantanee-la-magie-de-leau-bouillante.html

    Selon le classement de l’Association Internationale des Soupes Instantanées WINA (World Instant Noodles Association) de 2015, la Pologne n’est dépassée en terme de consommation que par l’Ukraine et la Grande-Bretagne au sein des pays européens amateurs de soupes-minute (la France fait bonne figure, à une belle 6ème place, derrière l’Allemagne et la République Tchèque, ndt). Joe, rédacteur de la version anglaise de cafébabel, confirme aussi bien leur popularité sur les îles Britanniques que leur sacro-saint lien avec le stéréotype de l’étudiant éternellement pauvre et affamé. Au contraire de la Pologne, les soupes instantanées en gobelet plastique y sont nettement plus populaires, la marque Pot Noodle étant la plus répandue. Leur célébrité est bien évidemment due aux produits mais également à leurs campagnes publicitaires controversées. Ce qui est aussi très intéressant (et également un peu inquiétant), c’est que même les végétariens peuvent manger la totalité des produits Pot Noodle – y compris ceux dont le nom laisse à penser qu’ils contiennent de la viande.

  • Les Stolpersteine, ces pavés dorés faits pour trébucher

    http://www.slate.fr/story/118391/paves-dores-trebucher

    Si vous vous êtes déjà rendu dans une ville allemande, vous avez peut-être déjà aperçu du coin de l’œil, voire trébuché sur des petits pavés dorés incrustés sur les trottoirs. Ils portent le nom de « Stolpersteine », un mot qui signifie « pierre d’achoppement » en allemand, c’est-à-dire un obstacle sur lequel on bute. Faire trébucher le passant pour l’inviter à prendre conscience de l’horreur muette dont les trottoirs qu’il arpente ont été autrefois les témoins : c’est l’idée de l’artiste allemand Gunter Demning, qui sème ces pavés aux abords des immeubles où vivaient autrefois les millions de victimes du régime nazi.

    Chaque pavé retrace en quelques lignes le massacre systématique des citoyens d’origine juive, opposants politique, homosexuels, gens du voyage qui ont été arrêtés et déportés sous le troisième Reich. Au mois de mai 1996, à l’occasion d’une exposition sur le camp d’extermination d’Auschwitz, Gunter Demning a commencé à disposer ses pavés dans les rues de Berlin, en scellant illégalement 47 Stolpersteine devant les immeubles où avaient vécu des victimes de l’Holocauste, rappelle le quotidien allemand Die Tageszeitung. Dans une rue du quartier de Kreuzberg, un pavé résume ainsi le destin brisé d’une habitante :
    « Ici habitait – Charlotte Bernstein – Année de naissance – 1900 – Déportée – 1943 – Theresienstadt – Assassinée à Auschwitz »

    Au cours des deux dernières décennies, les Stolpersteine se sont répandues comme une traînée de poudre en Allemagne et au-delà de ses frontières. On en trouve aujourd’hui plus de 56.000 à travers l’Europe, comme on peut le lire sur le site internet du projet : en Pologne, en Hongrie, en République Tchèque, aux Pays-Bas mais aussi en France —quelques communes vendéennes ont fait la démarche de commander des pavés à l’artiste à la mémoire des habitants déportés sous l’Occupation– ce qui lui vaut souvent le surnom de « plus grand mémorial décentralisé au monde », souligne le quotidien

  • La lettre de Léosthène, le 2 mars 2016, n° 1093/2016
    Douzième année, bihebdomadaire. Abonnement 390 euros.
    http://www.leosthene.com

    #Passeurs vers l’UE : un business branché et lucratif

    « Le prix d’un forfait comprenant un voyage de la Turquie vers la Libye par air puis une suite par mer de Libye en Italie coûte 3700 dollars. Pour une traversée par bateau, le prix est de 1000 dollars par adulte. Trois enfants coûtent 500 dollars ». Tel est le genre d’annonce que les réseaux criminels spécialisés dans le transport de migrants publient sur les réseaux sociaux, selon le dernier rapport qu’Europol, l’office européen de police, a présenté à La Haye le 22 février dernier, lors d’un forum conjoint avec l’organisation internationale de police criminelle, Interpol (1).

    Au cours de ce forum (22 et 23 février à La Haye), a été lancé, conformément aux conclusions, en octobre 2015, d’un premier forum tenu à Lyon, décision confirmée en novembre par les ministres européens de la Justice et des Affaires intérieures (2), un Centre européen pour la lutte contre le trafic des migrants (#EMSC). Le centre s’appuiera en particulier sur le travail d’Europol, qui a identifié au cours de ces dernières années plus de 40 000 #trafiquants. Travail qui sera mené en étroite collaboration avec les autres organismes compétents de l’UE, #Frontex (l’agence européenne pour la gestion des frontières extérieures de l’UE) et #Eurojust (l’unité de coopération judiciaire de l’UE). On espère ce nouveau centre opérationnel parce que les trafiquant sont, eux, organisés : « A l’intérieur de l’UE, les réseaux de trafiquants utilisent aussi les réseaux sociaux pour recruter leurs chauffeurs. Ces plateformes sont également utilisées par les passeurs et les migrants irréguliers pour partager leurs informations sur les routes de migration, les changements en matière de droit et de procédures d’asile, ou les conditions défavorables dans les pays de destination » (1). Ce type d’informations permet aux passeurs de s’adapter et d’adapter leurs prix en fonction de la sûreté des routes proposées.

    Bien entendu, un florilège d’activités complémentaires et lucratives complète ce #business rentable : certains de ces trafiquants sont « aussi impliqués dans d’autres activités criminelles telles que le trafic de drogue (22% en 2015), la production de faux papiers (18% contre 3% en 2014), le vol (20%) et le trafic d’êtres humains (20%) ». Sachant que les chauffeurs en particulier se livraient de préférence, avant de donner dans le transport de migrants, au vol et au trafic de drogue à l’intérieur de l’UE. Est-on surpris par l’augmentation des activités dans le domaine des faux papiers ? Les documents contrefaits, nous dit le rapport, qui peuvent provenir d’Athènes, d’Istanbul, de Syrie ou même de Thaïlande sont en forte augmentation. Un exemple ? « Une enquête a mené à la découverte d’une imprimerie de pointe en Albanie, dotée d’un équipement valant des millions de dollars. Le principal suspect, qui gérait l’imprimerie, recevait des commandes des réseaux de passeurs pour produire sur ordre de faux documents, envoyés par petits paquets et par courrier. Ces documents, de très haute qualité, étaient livrés à des migrants irréguliers en Grèce pour faciliter leur voyage ultérieur dans l’Union européenne. Le suspect coopérait étroitement avec des réseaux criminels en Bulgarie et en Turquie. Une perquisition dans l’imprimerie a permis la saisie de milliers de visas vierges, de permis de résidence, de cartes d’identité, de passeports et de permis de conduire de différents pays de l’UE ».

    On méditera sur l’efficacité du contrôle aux frontières à l’intérieur de l’UE, quand il existe…

    On voit aussi, au travers des chiffres proposés par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, repris par le rapport d’Europol, une modification chez les migrants entrants : 56% étaient en 2015 des hommes, 17% des femmes et 27% des enfants. Début 2016, 45% sont des hommes, 21% des femmes et 34% des enfants – dont une partie considérable arrive non accompagnée d’un adulte (85 482 en 2015, dont 50% d’Afghans et 13% de Syriens). Sachant que « dans plusieurs pays de l’UE, ces mineurs non accompagnés disparaissent des centres d’asile ou de réception ». Question : que deviennent-ils ? Parce que les trafiquants ne perdent pas le sens des affaires : les migrants les plus vulnérables sont, une fois dans l’UE, contraints au travail forcé ou à la prostitution. Ici encore, un exemple : « Une enquête dans un réseau criminel pakistanais impliqué dans le trafic de migrants vers l’UE a révélé que les activités du groupe étaient liées au travail forcé. A leur arrivée dans l’UE des migrants irréguliers aidés par le réseau étaient obligés de travailler dans des restaurants appartenant à des membres de l’organisation en Espagne ». A ce compte, on comprend peut-être pourquoi, selon le ministère de l’Intérieur allemand, 130 000 des migrants (13%) entrés en Allemagne en 2015 ont tout simplement disparu – information parue dans le Süddeutsche Zeitung et rapportés par RT (3). Ont-ils continué leur route ailleurs dans l’UE ? Préféré vivre dans l’illégalité en Allemagne hors de portée des passeurs ? Ou de la police allemande ? Ou des deux ?

    L’intense activité des réseaux de passeurs (plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe en 2015) s’accompagne de nombreuses complicités. Le rapport nous en donne une vue synthétique (page 9 du pdf), classée selon sept grandes catégories : de celui qui coordonne l’ensemble du ou des réseaux à celui qui recrute localement le migrant, de celui qui arrange une partie du voyage à celui qui fournit les documents, des facilitateurs de bas niveau (chauffeurs, équipages des embarcations, guides, traducteurs temporaires) aux complices légaux (hôtels, loueurs de voitures, agences de voyage), des trésoriers (qui recueillent et transfèrent l’argent des migrants) aux officiels corrompus des pays d’accueil (qui fournissent des services contre rémunération). Que dit exactement le rapport ? « La corruption est un facteur clef pour faciliter le trafic de migrants. Dans des cas typiques de corruption, des représentants de l’ordre reçoivent des pots-de-vin pour permettre aux véhicules de traverser les frontières à des postes non gardés. D’autres impliquent des éléments des forces navales ou militaires qui reçoivent un paiement pour chaque migrant ou chaque bateau qu’ils laissent passer ». Et encore ? « Le personnel des consulats et ambassades est également ciblé par les passeurs, pour aider à remplir les formulaires d’immigration et fournir des visas et des passeports ».

    Mais parlons finances : le chiffre d’affaires estimé par Europol pour 2015 se situe entre trois et six milliards de dollars – sur lesquels, avoue l’agence, on ne dispose pas de renseignements suffisants (flux et blanchiment). Cependant, le rapport donne quelques pistes sur les moyens de paiement : 52% en argent liquide, 16% payés par une famille d’accueil déjà installée dans l’UE, 0,2% remboursés par du travail forcé (ce qui nous paraît très faible si on incluait la prostitution), 20% par système bancaire alternatif, 10% inconnus… Que se partagent des réseaux implantés, nous dit le rapport à travers une infographie (page 9 du pdf), en Albanie/Kosovo/Serbie, Bulgarie et Roumanie, Hongrie/République Tchèque/Pologne, puis
    Allemagne/Autriche/Danemark/Belgique/Pays-Bas, mais aussi en Turquie, en Erythrée/Ethiopie/Somalie/, en Egypte/Syrie/Liban, enfin en Libye/Tunisie/Maroc. Ces réseaux ainsi assemblés prennent-ils en compte les officiels corrompus des pays d’accueil ? Le rapport n’en dit rien. Mais précise que 30% des réseaux sont composés de ressortissants de l’Union européenne, 44% de non ressortissants, 26% étant mixtes, UE et non UE. Et que tous ces réseaux, très souples, sont en mesure de s’adapter très vite aux changements des conditions d’accueil des pays traversés. Enfin que les perspectives sont excellentes pour eux, leurs activités étant attendues à la hausse.

    Rob Wainwright, le directeur d’Europol, a en effet reconnu que ces réseaux criminels étaient responsables de 90% des migrants arrivés en Europe.

    De souplesse cependant, les réseaux de passeurs vont avoir besoin : le quart d’heure « Willkommenskultur » (culture de l’accueil) d’une Angela Merkel bousculée en réalité terminé, la route des Balkans s’est fermée, durablement : « Slovénie, Serbie, Autriche, Macédoine, Serbie et Croatie ont annoncé en fin de semaine leur intention de limiter à 580 par jour le nombre de migrants autorisés à passer par leur territoire » nous dit Le Monde daté du 28 février (4). « La Macédoine procèderait aussi, selon plusieurs témoins, à des contrôles de nationalité, n’acceptant que les ressortissants syriens et irakiens et refoulant les Afghans. Ces pays, qui se trouvent sur la route des Balkans empruntée par des dizaines de milliers de migrants pour se rendre en Europe occidentale, ont emboîté le pas à l’Autriche, qui a choisi il y a plus d’une semaine de limiter l’entrée à 80 demandeurs d’asile par jour et à 3200 personnes en déplacement. Depuis octobre, quand la Hongrie a fermé sa frontière avec la Croatie, 475 000 migrants sont arrivés en Slovénie, avant de poursuivre leur route vers l’Autriche, l’Allemagne et les pays du nord de l’Europe ». On connaît la conséquence, avec les incidents violents qui sont survenus près d’Idomeni, à la frontière, fermée, entre la Grèce et la Macédoine (5).

    Ne doutons pas que les réseaux sociaux auront déjà informé les passeurs des dernières nouvelles et que des offres de service appropriées vont apparaître, si ce n’est fait : la Bavière s’est préparée à fermer ses frontières en quelques heures (Die Welt). En Autriche, c’est le col du Brenner qui va fermer (une manière de renvoyer les migrants vers Nice ?). Il faudra donc faire preuve de souplesse et on prépare déjà, chez les passeurs, le passage en Italie depuis la côte albanaise pour évacuer les migrants bloqués en Grèce. En Italie on se prépare à l’assaut… Et chez les passeurs à augmenter les tarifs. Pour l’UE, le scénario du pire. Mais il y a bien une opération de l’OTAN contre les passeurs en Méditerranée ? Non, pas une opération, un simple déploiement : « Les navires de l’OTAN auront un ‘travail de contrôle et de surveillance, ainsi que de fournir des informations aux autorités locales’ » selon le Secrétaire général Jens Stoltenberg. « ’Nous voulons aider les garde-côtes turcs et grecs à faire leur travail. Nous n’allons pas faire leur travail’. Dans la pratique, les navires auront effectivement pour tâche de surveiller la zone, de repérer des navires suspects (migrants ou trafiquants) et de les signaler aux autorités des pays riverains concernés (Grèce ou Turquie selon la trajectoire du bateau). Mais c’est tout » (6). Autrement dit, l’OTAN respectera le droit international : la police en mer relève de la souveraineté des Etats. Pas de quoi inquiéter les réseaux de passeurs…

    Robert Crepinko, qui prendra la tête du nouveau centre européen pour la lutte contre le trafic des migrants a du pain sur la planche, avec ses équipes, ses 45 experts, l’appui d’Interpol et la coordination avec les autres agences européennes. Si 90% des flux jusqu’ici enregistrés ont été conduits par des réseaux de trafiquants, la priorité est certainement de s’attaquer à les démanteler. A comprendre et gêner, aussi, leurs flux financiers – un chapitre sur lequel le rapport d’Europol est très discret. Saura-t-il être efficace ? En aura-t-il les moyens et le temps ?

    Parce que pour l’heure l’Union européenne, de crise en crise au bord du désastre, donne l’impression de vivre, comme résignée, ses derniers moments.

    Tic tac fait l’horloge.

    Hélène Nouaille

    Cartes :

    La route des Balkans en septembre 2015

    Idomeni à la frontière gréco-macédonienne, près de la route E75

    Les facilités de circulation UE/reste du monde en 2011 (Philippe Rekacewicz)
    http://visionscarto.net/mourir-aux-portes-de-l-europe#&gid=1&pid=7

    Notes :

    (1) Europol (European Police Office), février 2016, Migrant smuggling in the EU
    https://www.europol.europa.eu/sites/default/files/publications/migrant_smuggling__europol_report_2016.pdf

    (2) Conseil européen, le 9 novembre 2015, Conclusions du Conseil sur les mesures visant à gérer la crise des réfugiés et des migrants
    http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2015/11/09-jha-council-conclusions-on-measures-to-handle-refugee-and-migrat

    (3) RT (en anglais), le 26 février 2016, 130 000 refugees vanished after being enregistred in Germany
    https://www.rt.com/news/333684-germany-refugees-disappear-report

    (4) Le Monde avec agences AFP, AP et Reuters, Près de 70 000 migrants pourraient bientôt être « pris au piège » en Grèce
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/02/28/la-grece-s-inquiete-de-dizaines-de-milliers-de-migrants-bloques-sur-son-terr

    (5) Boursorama/Reuters, le 29 février 2016, Migrants : incidents à la frontière entre la Grèce et la Macédoine
    http://www.boursorama.com/actualites/migrants-incidents-a-la-frontiere-entre-la-grece-et-la-macedoine-862913a

    (6) Bruxelle2, le 24 février 2016, Nicolas Gros-Verheyde, Ne dites plus opération de l’OTAN en mer Egée, dites déploiement
    http://www.bruxelles2.eu/2016/02/24/ne-dites-plus-operation-de-lotan-en-mer-egee-dites-deploiement-plouf-plou

    Comme dit @reka : un peu affligeant... mais voilà, pour archivage... sur la thématique des passeurs !