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  • 40% des crevettes crues vendues en Suisse contaminées par des bactéries multirésistantes aux antibiotiques Manuelle Pernoud/ebz - 12 Février 2019 - RTS A bon entendeur
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/10213260-40-des-crevettes-crues-vendues-en-suisse-contaminees-par-des-bacteries.

    Quelque 40% des crevettes crues analysées par A Bon Entendeur sont contaminées par des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Un résultat inquiétant, qui concerne également des crevettes labellisées bio.

    A Bon Entendeur avait déjà apporté la preuve que du poulet élevé en Suisse peut être contaminé par des bactéries résistantes aux antibiotiques. C’est maintenant vrai également pour des crevettes d’élevage importées d’Inde, de Thaïlande et du Vietnam dans notre pays.


    Ces résultats sont inquiétants, réagit le professeur Stephan Harbarth, médecin adjoint au service de Prévention et de Contrôle de l’Infection des Hôpitaux universitaires de Genève. Pour lui, on ne tombera pas forcément malade en consommant des crevettes crues ou peu cuites porteuses de bactéries résistantes aux antibiotiques, mais il existe un risque : que les antibiotiques que les patients seraient amenés à prendre en cas d’infection ne fassent aucun effet.

    Et c’est bien le grand problème de la multirésistance aux antibiotiques : en cas d’infection bactérienne, la plupart des antibiotiques ne marchent plus. Dans les hôpitaux, on observe de plus en plus de patients sur lesquels les antibiotiques deviennent inefficaces. Heureusement, il existe des solutions de dernier recours.

    Des distributeurs qui minimisent leur responsabilité
    Interpellés par A Bon Entendeur, les distributeurs de ces crevettes contaminées répondent que ces bactéries résistantes peuvent se trouver dans l’environnement et dans l’eau utilisée pour l’aquaculture, ou qu’ils respectent les prescriptions légales.

    Tous ajoutent que ces bactéries sont éliminées par la chaleur et que les consommateurs doivent respecter les prescriptions d’hygiène dans la cuisine. Effectivement, ces bactéries sont détruites par la cuisson, quoique l’on ne sache pas à partir de quelle température elles sont réellement éliminées.

    Quitte à ce qu’elles deviennent dures, il faut bien cuire des crevettes d’élevage. Et ce n’est pas tout ! Des crevettes peuvent contaminer notre cuisine pendant la préparation, il est donc important de se laver les mains ainsi que tous les ustensiles ayant servi à leur préparation.

    #beurk #bactéries résistantes aux #antibiotiques #aquaculture #élevage #poisson #Inde #Thailande #Vietnam #pêche #alimentation #santé


  • #Giles_Duley, survivre pour mieux photographier les victimes de la guerre

    Invité par le Centre international de déminage humanitaire à l’occasion d’une conférence sur les mines à l’ONU, à Genève, le photographe britannique, triple amputé, a survécu par miracle à un engin explosif improvisé en Afghanistan. Ce tragique épisode a décuplé son empathie pour les sujets qu’il photographie et renforcé une vocation

    « Tu es un dur, tu vas vivre, buddy. » Le 7 février 2011, au cœur de l’Afghanistan. Dans l’hélicoptère qui l’emmène d’urgence à l’Hôpital des Nations unies à Kandahar, des soldats américains s’évertuent à maintenir Giles Duley en vie. Incorporé dans la 101e Division aéroportée de l’armée américaine pour photographier l’impact humanitaire de la guerre sur les civils, il vient de sauter sur une mine improvisée. Deux jambes et un bras arrachés. Transféré à Birmingham en Angleterre, il passe 46 jours aux soins intensifs. Il survit. Un miracle. Il subit 37 opérations en un an avant de pouvoir quitter l’hôpital.
    Façonner ma vie future

    Invité par le Centre international de déminage humanitaire (GICHD) à Genève à l’occasion de la 22e Conférence internationale de Mine Action réunissant plus de 300 responsables nationaux et onusiens au Palais des Nations jusqu’à vendredi, ce Britannique de 47 ans n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. A l’ONU, mardi matin, équipé de ses deux prothèses, il lâchera devant un parterre plutôt rangé : « Si je n’avais plus été capable de faire de la photo, j’aurais préféré mourir en Afghanistan. »

    « J’ai d’emblée perdu mes ressources financières, ma maison, ma fiancée, poursuit Giles Duley. J’ai vécu dans une petite chambre où même ma chaise roulante ne rentrait pas. Tout le monde voulait façonner ma vie future. A moi qui avais été un sportif (boxe et athlétisme), on m’avait dit, un an après l’Afghanistan, que j’allais pouvoir désormais m’intéresser aux Jeux paralympiques de Londres de 2012. » Une remarque offensante pour lui qui voit le handicap comme l’incapacité de faire ce que l’on veut faire.

    « Or aujourd’hui, je fais ce que j’aime. Je suis un meilleur photographe qu’avant. » Dans son appartement de Hastings faisant face à la mer, ce Londonien s’en fait un point d’honneur : son appartement n’est pas aménagé spécialement pour lui. Il rappelle qu’il y a quelque temps, il posait vêtu de noir, avec les amputations visibles, sur un tronc blanc pour un autoportrait, prouvant qu’il acceptait son nouveau physique. « Au British Museum, explique-t-il, il y a bien des statues en partie abîmées qu’on continue de trouver belles. »

    Pour la seule année 2018, Giles Duley, exemple de résilience, a voyagé dans 14 pays. Avec la photo comme raison d’être, de vivre. Pour documenter les horreurs réelles de la guerre : « Je ne suis pas un reporter de guerre. Je suis anti-guerre. Je ne photographie jamais des soldats au combat. » Son empathie pour les sujets qu’il photographie est décuplée. En 2015, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) lui confie un mandat pour raconter la crise des migrants de Syrie en lui donnant pour seule directive : « Suis ton cœur. » Une manière de bien cerner le personnage.

    A Lesbos, l’arrivée de migrants épuisés le touche profondément. Il le confesse au Temps : « Je n’ai pas que des blessures. Mes souffrances physiques et émotionnelles sont quotidiennes. Mais c’est précisément cela qui me connecte aux gens. » Giles Duley n’a plus la même palette de possibilités qu’auparavant. Mais il s’en accommode : « Les limites que je peux éprouver me forcent à davantage de créativité. » D’ailleurs, ajoute-t-il, « les meilleures photos ne sont pas celles qu’on prend, mais celles qu’on nous donne ».
    Une vérité, pas la vérité

    Quand, en 2014, il rencontre Khouloud dans un camp de réfugiés dans la vallée de la Bekaa au Liban, il est touché par cette Syrienne, atteinte par un sniper à la colonne vertébrale et alitée dans une tente de fortune depuis plusieurs mois. Un cliché la montre en compagnie de son mari, « une scène d’amour » davantage qu’une scène dramatique dans un camp de réfugiés, relève-t-il. Deux ans après sa première rencontre, il constate que Khouloud est toujours dans la même tente. La situation l’insupporte. Il lance une campagne de financement participatif pour lui venir en aide. Un jour, il recevra de Khouloud, médicalement traitée aux Pays-Bas, un message disant « Vous m’avez redonné ma vie. »

    Giles Duley reste honnête. Ses photos ne représentent pas la réalité, mais une réalité qu’il a choisie. Préférant le noir et blanc, il aime utiliser un drap blanc comme seul arrière-fond pour effacer tout contexte : « Si je photographie une personne dans un camp de réfugiés, on va se limiter à la voir comme une réfugiée. Or elle est bien autre chose. Elle n’est pas née réfugiée. »
    La puissance de l’esprit

    Aujourd’hui directeur de sa fondation Legacy of War, Giles Duley estime être « l’homme le plus chanceux du monde » à voir les milliers de mutilés qui croupissent dans des conditions de vie inacceptables. Dans une interview avec Giles Duley, Melissa Fleming, directrice de la communication au HCR, le relève : « Au cours de toute ma vie, je n’ai jamais rencontré une personne aussi forte, ayant été si proche de la mort et capable de recourir à la puissance de son esprit et de sa volonté pour surmonter » l’adversité.

    La vocation de Giles n’était toutefois pas une évidence. Des cinq frère et sœurs, il est le plus « difficile ». Les études ne le branchent pas, au contraire du sport. Il décroche une bourse d’études aux Etats-Unis pour la boxe, mais un accident de voiture met fin à ses espoirs. Il se lance dans la photo de groupes de rock (Oasis, Marilyn Manson, Lenny Kravitz, etc.) et de mode. Mais un jour, face à une jeune actrice en pleurs dans un hôtel londonien, il réalise que la photo de mode ne le rend plus heureux. Il abandonne, travaille dans un bar, cédant brièvement à la dépression et à l’alcool.
    A 30 ans, une nouvelle vocation

    Mais comme une bouée de sauvetage, il se souvient d’un cadeau laissé par son parrain à peine décédé quand il avait 18 ans : un appareil photo Olympus et Unreasonable Behaviour, l’ouvrage autobiographique de la légende de la photo Don McCullin. Les images du Vietnam et du Biafra le bouleversent. A 30 ans, il identifie sa nouvelle vocation : raconter par l’image l’histoire personnelle des victimes oubliées du cynisme humain à travers la planète. Pour leur donner la chance d’une nouvelle vie. Malgré les douleurs qui ne le lâchent jamais. Ou peut-être à cause d’elles.

    https://www.letemps.ch/monde/giles-duley-survivre-mieux-photographier-victimes-guerre
    #photographie #victimes_de_guerre #handicap #autonomie
    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere


  • #vietnam #fintech in a Flash — Part II : #digital Payment
    https://hackernoon.com/vietnam-fintech-in-a-flash-part-ii-digital-payment-1a49bd155add?source=r

    Vietnam Fintech in a Flash — Part II: Digital PaymentNOTE: If you haven’t read Part I, please read it up here: Part I: Grasping Vietnam’s Financial Technology Landscape.Currently, the level of fintech penetration in daily use remains low. A survey by World Bank reviewed that the number of non-cash transactions over population was merely 4.9%, comparing to 59.7% in Thailand and 89% in Malaysia. Dao Minh Tuan, vice chairman of Vietcombank and Chairman of the Vietnam Bankcard Association, stated that roughly 90% of Vietnamese daily spendings are cash-based. Consequently, the payment landscape in Vietnam attracts a lot of fintechs, with 47% of local fintechs serving this segment, per the EY’s ASEAN Fintech Census 2018.Payment FinTechs density in ASEAN countries as of December 2017. Source: (...)

    #vietnam-fintech #payments


  • *À travers des salles sans fin

    Wolfgang Streeck
    Behemoth : Une histoire de l’usine et de la construction du monde moderne de Joshua Freeman
    Norton, 448 pages, £ 12.99, mars, ISBN 978 0 393 35662 5
    LRB Vol 41 n°3 - 7 feb 2019

    C’était au début des années 1960, je pense que notre classe d’un gymnase d’une petite ville a fait un voyage dans le sud-ouest de l’Allemagne, accompagnée de plusieurs enseignants. Nous avons visité Heidelberg et Schwetzingen et des endroits similaires sans vraiment les voir ; Les garçons de 17 ans ont d’autres préoccupations. Mais nous sommes aussi allés à Rüsselsheim, près de Francfort, pour visiter l’usine de voitures Opel. Je n’avais jamais imaginé qu’un tel lieu puisse exister : le bruit assourdissant, la saleté, la chaleur et au milieu de tout cela, des personnes effectuant stoïquement de petites opérations prédéfinies sur les voitures en construction qui étaient lentement mais sans relâche passer devant leurs postes de travail. Le point culminant de la visite a été la fonderie du sous-sol - qui, comme je l’apprends maintenant du livre merveilleux de Joshua Freeman, était l’endroit habituel pour les fonderies dans les usines automobiles de cette époque. Ici, là où la chaleur semblait insupportable et qu’il n’y avait presque pas de lumière, des hommes à moitié nus transportaient le métal en fusion, chauffé au rouge, du four aux postes de coulée, dans de petits seaux remplis à la limite du poids. Formé aux classiques plutôt qu’au monde réel, j’ai eu le sentiment d’entrer dans l’atelier d’Héphaïstos. Avec le recul, je pense que c’est ce jour-là que j’ai décidé d’étudier la sociologie, ce qui, à mon avis, pouvait alors aider d’autres personnes à améliorer la vie de ceux qui étaient esclaves dans les sous-sols des usines du monde entier.

    Plus tard, quand j’étais jeune spécialiste en sciences sociales, l’industrie automobile est restée une obsession. Dans la mesure du possible, j’ai inclus la construction automobile dans mes travaux empiriques, et j’ai pris le soin de visiter les usines pour me rappeler comment elles étaient et reconstituer mon stock d’images imaginaires de ce que j’essayais, souvent en vain, de convaincre mes collègues. Cathédrales gothiques du 20ème siècle. C’était incroyable à quel point ils changeaient et à quelle vitesse. À chaque visite, il y avait moins de bruit, de saleté et de poussière ; beaucoup meilleur air ; pas de soudure à la main ou en hauteur ; ateliers de peinture automatique hermétiquement fermés ; soulever des objets lourds par des machines et plus tard par des robots. Et au stade de l’assemblage final, c’étaient maintenant les travailleurs qui étaient assis sur des plates-formes mobiles qui les transportaient avec les portes ou les sièges ou tout ce qui leur convenait. Ma dernière visite à l’usine Volkswagen de Wolfsburg, il y a plus de trente ans, s’est terminée comme à l’accoutumée lors du montage final, où les seuls sons entendus étaient de la musique douce et le premier tir des moteurs à la fin de la ligne lorsque les nouvelles voitures ont été chassés. Les ouvriers étaient principalement des femmes, vêtues de jeans et de t-shirts. Avec un grand sourire et le chauvinisme masculin qui fait peut-être toujours partie de la culture de la construction automobile, mon guide, issu du comité d’entreprise tout puissant, a déclaré que je regardais le « marché du mariage de Wolfsburg » : « Les gars passent ici quand ils ont une pause pour voir ce qui est proposé. habillé en jeans et t-shirts. Avec un grand sourire et le chauvinisme masculin qui fait peut-être toujours partie de la culture de la construction automobile, mon guide, issu du comité d’entreprise tout puissant, a déclaré que je regardais le « marché du mariage de Wolfsburg » : « Les gars passent ici quand ils ont une pause pour voir ce qui est proposé. habillé en jeans et t-shirts. Avec un grand sourire et le chauvinisme masculin qui fait peut-être toujours partie de la culture de la construction automobile, mon guide, issu du comité d’entreprise tout puissant, a déclaré que je regardais le « marché du mariage de Wolfsburg » : « Les gars passent ici quand ils ont une pause pour voir ce qui est proposé.

    Nombre des changements résultent des progrès technologiques, ainsi que des contraintes du marché du travail - en particulier de la nécessité de féminiser la main-d’œuvre. Mais la politique et les relations industrielles comptaient au moins autant. Dans les années 1970, après la vague de grèves de 1968 et 1969, les gouvernements, les directions et les syndicats des pays manufacturiers européens ont commencé à prendre au sérieux les demandes d’humanisation du travail industriel. En Allemagne, sous la direction de Brandt et Schmidt, une campagne nationale de recherche et développement, dirigée par un département spécial du ministère de la Recherche et de la Technologie, a largement financé des projets universitaires et industriels dans les domaines de l’ingénierie, du management et de la sociologie industrielle. L’objectif était de mettre fin au taylorisme et certains travailleurs et leurs représentants ont acquis le droit, et pas seulement d’être informés et consultés,

    Freeman, dont l’histoire est centrée sur le Royaume-Uni, les États-Unis, l’URSS et la Chine, contourne en grande partie le continent européen, ce qui est regrettable étant donné le succès durable de la fabrication dans des pays comme l’Allemagne et la Suède. Il est certain que la participation des travailleurs et l’antitorayisme avaient leurs inconvénients, de même que la cogestion des travailleurs. En Suède, les réformes ont abouti à des méthodes de production d’avant-garde chez Volvo et Saab, qui étaient non seulement chères, mais étaient également détestées par les travailleurs qu’elles étaient supposées bénéficier : un "travail de groupe" sur des "îlots de production", par exemple, où des voitures étaient placées. quasiment de rien par une équipe et les travailleurs ont été encouragés à signer le produit fini. Saabs et Volvos ont été pendant un temps les voitures préférées des intellectuels européens, car on les croyait fabriquées

    En Allemagne, dans l’intervalle, la coopération entre la direction et le comité d’entreprise chez Volkswagen s’est peu à peu transformée en collusion et en cooptation. Les scandales comprenaient des paiements de plusieurs millions d’euros au président du comité d’entreprise et à sa petite amie, autorisés par le directeur du personnel de l’entreprise, Peter Hartz. (En 2002, alors qu’il était chez VW, le chancelier Gerhard Schröder a nommé Hartz au poste de président d’une commission sur le marché du travail, ce qui a finalement débouché sur les réformes « Hartz-IV », qui ont réduit les prestations pour les chômeurs de longue durée.) Cela importait plus à la presse qu’au magasin et, quels que soient les programmes élaborés par la direction, les syndicats et les comités d’entreprise, les travailleurs appréciaient au moins leurs nouvelles conditions de travail.

    Le livre de Freeman raconte une histoire longue et élaborée qui commence en Angleterre à la fin du 18e siècle, puis aux États-Unis - du textile à l’acier, en passant par l’automobile - puis à la victoire mondiale du taylorisme et du fordisme dans la première moitié du 20e siècle . Cette victoire s’étendit à l’Union soviétique sous Staline et atteignit son apogée dans la production de masse de la Seconde Guerre mondiale. La guerre froide s’ensuit, puis la montée de la Chine et sa propre version du capitalisme. Tout au long de son récit, Freeman exprime une profonde ambivalence vis-à-vis de l’industrialisation moderne : d’une part, expulsion de la terre, prolétarisation, exploitation, répression et discipline cruelle ; d’autre part, émancipation par rapport aux modes de vie traditionnels, nouvelles solidarités, syndicats capables de lutter pour des salaires plus élevés et de meilleures conditions,

    Freeman ne prête pas attention à l’organisation interne des usines, mais également à leurs relations avec la société et à leurs effets. Le fait que les usines nécessitent des schémas d’établissement particuliers - nouvelles villes ou grands logements d’entreprise - ne figure pas toujours en bonne place dans les comptes de l’industrialisation. La planification de l’arrivée soudaine d’un grand nombre de personnes dans un espace auparavant peu peuplé était attrayante pour les urbanistes, avec leurs visions d’une nouvelle société et d’un nouvel ouvrier industriel ayant besoin de divertissement, d’éducation et de culture : un contraste frappant avec la vie dans les villages où la première génération de travailleurs industriels ont été recrutés. Les architectes ont souvent conçu de nouveaux bâtiments d’usines, non seulement pour répondre à des besoins utilitaires, mais également pour faire des déclarations esthétiques sur la valeur de ce qu’ils produisaient. Architecture d’usine,

    Le récit de Freeman sur « la construction du monde moderne » nous ouvre les yeux sur le degré de fertilisation croisée internationale, en particulier dans les années 1930 et 1940, lorsque la fabrication à grande échelle commençait à prendre toute son ampleur. Henry Ford était une icône mondiale qui comptait Hitler parmi ses admirateurs. Dès son arrivée au pouvoir, Hitler s’était efforcé, mais en vain, de faire abandonner aux constructeurs automobiles allemands leurs méthodes de production à petite échelle au profit de la production en série d’une voiture simple "pour le peuple" - une Volkswagen.L’exemple de Ford a inspiré Hitler à installer une usine automobile sur son modèle dans un endroit qui sera appelé plus tard Wolfsburg (il existait déjà deux usines beaucoup plus petites de Ford et de General Motors en Allemagne, à Cologne et à Rüsselsheim), qui auraient été importées de Dearborn, Michigan. En 1938, Hitler décerna à Ford la plus haute décoration du régime nazi réservée aux étrangers, la grande croix de l’ordre allemand de l’aigle.

    Un autre trait inhabituel de l’histoire de Freeman est l’espace qu’il consacre à la représentation artistique de l’usine, à commencer par le futurisme. La photographie et la cinématographie, les toutes dernières branches de la production artistique, reproductibles en tant que produits de masse, ont été particulièrement importantes. Photographes et cinéastes ont bien documenté la corvée de la production en série et la misère de l’exploitation, mais ils étaient également fascinés par la promesse de progrès que représentent les nouvelles voitures sortant du tapis roulant, les turbines et les moteurs d’avions polis, design avant-gardiste, comme le siège social Johnson Wax de Frank Lloyd Wright à Racine, Wisconsin.

    Une question récurrente dans la longue histoire de Freeman est de savoir si la souffrance des travailleurs au cours des premières années d’industrialisation était vraiment nécessaire. Ce débat commence par la discussion d’Adam Smith sur la division du travail, l’augmentation de la productivité et la négation de l’humanité qu’elle entraîne - de sorte que ses avantages sont annulés à un moment donné par les dommages causés aux capacités mentales humaines et à l’estime de soi. Les capitalistes ont insisté sur le fait que le gaspillage de quelques générations dans l’enfer des usines de Manchester était un sacrifice nécessaire pour assurer un meilleur avenir à tous. Mais où finit le sacrifice si l’impératif du capitalisme est l’accumulation infinie de capital ? Ce n’était pas vraiment un problème sous le socialisme : Staline et Trotsky considéraient tous les deux que l’utilisation de la force brute était indispensable à une version socialiste de l’accumulation primitive. une confiance sans faille dans le taylorisme et une discipline de type militaire pour faire avancer la création d’une classe ouvrière socialiste. L’avènement du communisme, disait-on dans le récit, signifierait la libération de la société du travail par le biais d’une combinaison de capital socialisé et de pouvoir soviétique. Les sociaux-démocrates européens, pour leur part, ont opté pour la libérationen ne de travail : ils se sont installés, en d’ autres termes, pour moins de contrôle de gestion, les possibilités pour les travailleurs à élargir leurs rôles, des chaînes plus courtes de commandement, et pour tirer profit de l’ augmentation de la productivité pour ralentir le rythme de travail.

    Sans surprise, le conflit entre le travail et le capital - ou la direction - sur l’organisation et la discipline des usines est un thème prédominant dans le récit de Freeman. Une attention particulière est accordée à la lutte pour la division du produit résultant de la productivité supérieure résultant de la coopération dans la production à grande échelle. Le travail en usine est un travail d’équipe : il est impossible de concevoir une formule simple pour diviser ses avantages, ouvrant ainsi la porte à la négociation entre des parties ayant des intérêts divergents. Ici, un paramètre crucial est le pouvoir relatif, tel qu’il est influencé par et affecté par les institutions nationales et locales chargées des relations professionnelles. Le pouvoir façonne fondamentalement l’organisation de la production. Par exemple, Freeman raconte qu’aux États-Unis après la guerre, les usines géantes ont commencé à se démoder et ont été remplacées par des sites de production beaucoup plus petits et très dispersés géographiquement. Les nouvelles technologies de transport et de coordination ont contribué à rendre cela possible, de même que la désintégration verticale et la livraison des pièces juste à temps. Selon Freeman, toutefois, la force motrice était la réaction de la direction face au pouvoir que les travailleurs organisés avaient été autorisés à exploiter dans le cadre du New Deal, le plus efficacement possible dans les grandes usines. Pour éviter des concessions coûteuses à leur main-d’œuvre nouvellement habilitée, les entreprises se sont réinstallées dans de nouvelles installations, là où il n’y avait pas de tradition de syndicalisation. Dans ce cas, la « gestion des ressources humaines » pourrait être en mesure d’examiner cent mille demandes d’emploi pour sélectionner 1 500 personnes. Elles pourraient ainsi s’assurer que les travailleurs qu’ils ont embauchés sont antisyndicaux,

    De son côté, Freeman note que l’abandon des grandes usines n’était pas universel. Cela n’a pas été le cas dans les pays et les entreprises dotés d’une démocratie industrielle efficace, où les représentants des travailleurs avaient le droit de veto sur la délocalisation des emplois, garantissant en retour la paix industrielle. Un exemple parfait est, encore une fois, l’usine principale de Volkswagen à Wolfsburg, où l’effectif déjà important de 44 000 personnes en 2007 est passé à 62 000 personnes dix ans plus tard (un peu moins que ce que prétend Freeman). Cela a été possible principalement parce que le syndicat a pu obtenir des garanties d’investissement et de maintien de l’emploi dans l’usine, en échange de ses services dans la gestion du mécontentement des travailleurs. Un autre facteur est que l’état de la Basse-Saxe, où se trouve Wolfsburg, est un actionnaire privilégié de Volkswagen et suffisamment puissant pour que des emplois y soient conservés.

    Bien sûr, il n’ya pas que la direction qui trouve effrayantes usines énormes ; les travailleurs peuvent aussi, surtout s’ils n’ont pas voix au chapitre. À la fin des années 1970, j’ai emmené un responsable syndical britannique visiter l’usine de Wolfsburg. Habitué aux petites usines Leyland britanniques de l’époque, condamnées, dispersées géographiquement et jamais vraiment intégrées, qui étaient ravagées par les conflits industriels et dépendaient de subventions publiques, le fonctionnaire devint de plus en plus déprimé alors que nous traversions les halls de fabrique apparemment sans fin commencé à se plaindre de l’inhumanité de serrer autant de travailleurs dans un même espace. Sa frustration a augmenté seulement après qu’il ait demandé combien de fois, en moyenne, l’usine atteignait ses objectifs de production : ses homologues allemands n’ont pas compris la question car ils ne pouvaient pas concevoir que les objectifs de production ne soient pas atteints. Le soir, autour d’une bière, il trouva un soulagement en violant leCommandement de Fawlty Towers et mention de la guerre ("À l’époque, ces hommes ne se comportaient pas") : en tant que membre d’une petite unité spéciale de marines, il avait atterri à Flensburg pour aider à arrêter Großadmiral Dönitz, un acte d’héroïsme pour lequel, À sa grande surprise, nous avons exprimé notre profonde gratitude.

    Le dernier chapitre de Freeman porte sur les « usines géantes » de l’Asie, en particulier les usines Foxconn appartenant à des Taiwanais et situées en Chine continentale. Ici aussi, les problèmes de taille sont minimisés - par le biais de la répression. En tant qu’historien, Freeman situe les relations de travail actuelles de la Chine dans le contexte de son histoire récente, en particulier la révolution culturelle, lorsque la direction était subordonnée à la volonté des masses et que la discipline d’usine était remplacée par une ardeur révolutionnaire. Il ne reste que peu de cela aujourd’hui, à moins que le régime sévère du secteur privé en forte croissance du secteur manufacturier chinois ne soit en partie compris comme une suite dialectique des catastrophes économiques et politiques des années 1960 et 1970.

    En Europe en particulier , il semble y avoir une connexion encore plus sinistre entre la politique de libération sinon de puis entravail et le nouveau « mode de production asiatique ». En tant que consommateurs satisfaits des jouets électroniques, des chaussures de course colorées et des t-shirts bon marché qui nous parviennent grâce à l’industrialisme asiatique moderne, nous avons tendance à oublier la manière dont ils sont fabriqués en Chine, au Vietnam, à Taiwan, en Indonésie, au Cambodge et au Myanmar - en usines non possédées mais utilisées par des entreprises comme Apple, Disney, Adidas et Walmart. Le Manchester infernal des débuts de l’industrialisation existe toujours, mais à la périphérie mondiale, trop loin pour les voyages scolaires. Après avoir externalisé en Asie la misère des longues heures de travail et des bas salaires, nous pouvons, en tant que consommateurs, récolter leurs bénéfices sans en supporter les coûts en tant que producteurs (en négligeant pour le moment ceux qui, dans une version ironique de la libération du travail, ont perdu leur emploi du fait ce processus).

    Une grande partie de ce que Freeman a à dire à propos de l’Asie est peut-être familière grâce aux reportages dans les médias, mais rassemblés dans un seul endroit, les informations sont vraiment bouleversantes. Une usine employant 350 000 personnes produisant des iPhones et rien d’autre ; permis de séjour pour les travailleurs migrants conçus pour les empêcher de s’organiser ; les dortoirs des travailleurs à la discipline quasi militaire quasi stricte. Ici, pas de villes du futur : seulement des barbelés, des gardes de sécurité en uniforme et des caméras de surveillance. Et les suicides : en 2010, 14 jeunes travailleurs ont été tués du toit d’une usine de Foxconn produisant des iPhones et des iPads. Freeman rapporte que Apple a réprimandé poliment Foxconn, et que Foxconn a réagi en prenant des mesures préventives pour éviter à son client le plus embarrassé,

    Pourquoi ces usines asiatiques sont-elles si grandes ? Les grandes usines impliquent que les patrons fassent de nombreux efforts pour contrôler leurs travailleurs. Selon Freeman, il ne s’agit pas d’économies d’échelle : les processus de production impliqués ne sont pas assez complexes pour cela. Plus vraisemblablement, ils répondent aux demandes de clients tels que Nike et Hewlett-Packard, pour lesquels la « flexibilité » est primordiale. Lorsque Apple a mis à disposition son iPhone 6 tant attendu disponible, il devait pouvoir vendre 13 millions d’unités au cours des trois premiers jours du téléphone sur le marché. Puisque la fraîcheur, selon Tim Cook, PDG d’Apple, est la propriété la plus importante d’un gadget moderne, il doit être possible d’apporter des modifications au design jusqu’à quelques semaines avant sa mise en vente. Ce type de production « juste à temps » nécessite d’énormes usines avec une énorme main-d’œuvre stockée, pour ainsi dire, dans des dortoirs appartenant à la société à proximité, prêt à être appelé à tout moment et à travailler 12 heures ou plus pendant plusieurs semaines d’affilée. Nulle part le sale secret de notre mode de vie prospère - la façon dont nous sommes épargnés de produire ce que nous avons été amenés à croire que nous avons besoin à des prix abordables - mis à nu plus clairement qu’ici.

    Ce n’est pas que Freeman laisse ses lecteurs sans espoir. Les salaires ont récemment augmenté en Asie, mais le taux de rotation du personnel reste extrêmement élevé, ce qui indique un degré d’insatisfaction des travailleurs qui pourrait devenir trop coûteux pour être maintenu par les employeurs. Le nombre et la taille des grèves dans les usines chinoises semblent considérables, ce qui dément l’idée du travailleur chinois soumis. Même la vie dans une usine Foxconn semble avoir eu certains des « effets civilisateurs » sur ses travailleurs qui, selon Freeman, ont toujours été associés à l’usine. En s’éloignant du village et en gagnant leur propre argent, même dans le pire des cas, les fils et les filles de paysans échappent à ce que Marx et Engels ont appelé « l’idiotie de la vie rurale ». La modernisation, malgré ses multiples mécontentements, pourrait-elle se propager de l’usine à la société chinoise,

    Freeman ne spécule pas sur ce qui pourrait suivre dans la longue histoire du travail organisé et de la production. Les « usines sataniques » de Foxconn créées à la demande, entre autres, de la plus grande entreprise capitaliste de tous les temps, constitueront une partie importante du tableau. Cependant, un type d’usine ou de quasi-usine tout à fait nouveau où le gros du capital productif n’est pas centralisé et où la discipline de l’usine est remplacée par la discipline du marché est tout aussi important. Dans le monde de la nouvelle entreprise de plate-forme - Uber, TaskRabbit, Deliveroo, ce genre de chose - ce n’est pas le capital capitaliste qui possède les moyens de production, mais l’ouvrier qualifié, une fois qu’ils ont remboursé le prêt qu’ils ont pris pour acheter leur équipement. La production est locale, proche du client, voire personnalisée. Il n’y a plus d’agglomération, pas de production, ou des travailleurs et de leurs espaces de vie. Seule la gestion est centralisée au niveau mondial. Mais, à l’instar des projets utopiques des années 1970 qui visaient à restaurer la dignité du travailleur d’usine, la direction émet désormais des conseils et non des commandes : cela aide les travailleurs à faire leur travail et sert les travailleurs au lieu de les pousser. Les travailleurs, à leur tour, travaillent quand ils veulent, et l ’« aliénation » de leur travail de leur vie, si caractéristique de l’usine de l’ère industrielle, est pour toujours une chose du passé.

    Ou alors c’est fait pour apparaître. En fait, la séparation taylorienne de la planification et de l’exécution n’est nulle part plus rigide que dans les nouvelles sociétés de plate-forme, où les outils de planification sont détenus exclusivement et incontestablement par la direction, souvent intégrée dans une société distincte. L’exécution, quant à elle, est laissée aux sous-traitants, qui sont contrôlés non seulement par des incitations matérielles, mais aussi par les dernières technologies comportementales, telles qu’incarnées par des algorithmes exclusifs stockés dans les derniers équipements, également propriétaires et télécommandés. des espaces dans la sphère de la production. Dans des cas extrêmes, la vie peut être transformée en travail sans que les travailleurs eux-mêmes en prennent conscience : les « utilisateurs » de Facebook, par exemple, produisent par inadvertance la ressource la plus importante de la plate-forme,

    Les catégories analytiques traditionnelles telles que le travail salarié ou le marché du travail atteignent ici les limites de leur utilité. Dans la gigantesque usine de services décentralisée, vous ne signez plus de contrat de travail mais bénéficiez d’une occasion de travailler en réseau social. Ce travail peut inclure ce que nous produisons pour Apple, Google, Facebook, Tinder, etc. Nous pensons que nous les « utilisons » alors qu’en réalité, nous sommes utilisés. Existe-t-il un rôle dans ce monde pour le droit du travail, pour la protection sociale, pour la protestation collective - en d’autres termes, pour la politique ? Pouvons-nous espérer le retour d’artisans indépendants, prêts à s’organiser en guildes modernes et en syndicats ressuscités, ou du système de gangs des quais ou de l’industrie aéronautique, tel qu’il existait encore il ya un demi-siècle en Grande-Bretagne et, dans une moindre mesure, les États Unis ? Ou le droit civil pourrait-il remplacer le droit du travail dans la réglementation des nouvelles usines ? Si nos sociétés considèrent toujours que leur tâche est de civiliser le monde de la production organisée, elles feraient mieux de continuer.


  • BILD in Venezuela : »Mein Kind muss sterben, weil ich kein Geld habe
    https://www.bild.de/politik/ausland/politik-ausland/bild-in-venezuela-mein-kind-muss-sterben-weil-ich-kein-geld-habe-59901546.bild.


    Quelle : BILD / Giorgos Moutafis, Paul Ronzheimer

    Le weekend commence et vous avez droit de la part de BILD à un reportage à vous faire pleurer . On vous y explique à quel point la situation au #Venezuela est tragique. La version dans l’édition sur papier ne contient que cette information. L’édition en ligne révèle son caractère manipulateur et faux. Des textes et graphiques supplémentaires expliquent le déclin du Venezuela vers l’enfer sans mentionner la guerre de la bourgeoisie et des bandes armée contre l’état, ses institutions et les défenseur de la politique socialiste du président. Bien entendu le journal ne fait pas allusion au boycott des #USA et des manoeuvres des corporations comme la saisie des infrastructures d’export de petrole. La conclusion implicite s’impose : c’est la faute aux Chavez, Maduro et leurs hordes socilistes si le pays est dans un tel état.

    Le message au public allemand est évident : Soutenez la ligne de la chancelière et soutenez les sanctions contre le Venezuela afin de stopper la catastrophe. L’Allemagne n’enverra pas de troupes en Amérique latine mais les lecteurs peu conscients des détails de la manipulation de BILD acceuilleront avec soulagement l’invasion du pays par les armées des ètats-Unis et des pays voisins contrôlés par des gouvernements de droite.

    Prendre en hôtage emotionnellement le public est une technique de manipulation chère aux militaristes. Dans le cas du Venzuela on ne peut pas appeller à la défense de nos campagnes, alors il faut un enfant ou un petit chien prétendument victime de machinations socialistes.

    Je me rappelle encore que les USA ont envahi la petite île de Grenade pour moins que cela. Heureusement le Venezuela a davantage d’allié que la petite île de la noix de muscade.

    BILD in Venezuela »Mein Kind muss sterben, weil ich keine Dollars habe

    Hyper-Inflation +++ Nahrungsmittel werden knapp +++ Ein Land vor dem Kollaps

    von: PAUL RONZHEIMER und GIORGOS MOUTAFIS (Caracas) veröffentlicht am 01.02.2019 - 22:26 Uhr
    Wenn sie über die zwei kleinen Jungen spricht, die neben ihrer Tochter Valentina (5) im Kinderkrankenhaus von Caracas gestorben sind, kommen Hilmar (34) die Tränen.

    „Sie hätten Medizin gebraucht, nach einer Therapie, bei Ihnen in Deutschland wären sie jetzt noch am Leben“, sagt sie zu uns. „Ich habe so große Angst, dass Valentina auch sterben muss, weil es keine Hilfe gibt.“

    Es ist Freitagmorgen in Caracas, wir sitzen im Kindergarten von Valentina, gerade eben haben alle zusammen die venezolanische Nationalhymne gesungen. Valentina trägt eine Schutzmaske, jeder Keim ist gefährlich für sie: Das Mädchen hat Leukämie (Blutkrebs), entdeckt wurde die Krankheit 2017.


    Hilmar (34) kämpft für ihre krebskranke Tochter – aber weiß nicht, was sie noch tun soll Foto: Giorgos Moutafis
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    Wer in Venezuela ins Krankenhaus kommt, hat ein hohes Risiko, dort zu sterben.

    Der Strom fällt aus, kaputte OP-Geräte, das Wasser ist schmutzig, Desinfektionsmittel fehlen. Aber das größte Problem: Es gibt kein Geld für teure Medikamente, die importiert werden müssen. Hilmar: „Ich habe der Regierung gesagt, dass mein Kind Leukämie hat, dass ich Hilfe brauche. Aber sie haben nur gesagt: Wir können nichts tun.“

    Hilmar musste das Geld für die erste Therapie privat auftreiben, hat ihr Auto und alle Habseligkeiten verkauft, wandte sich an Hilfsorganisationen, sammelte Spenden. Sie schaffte es, die erste Therapie zu finanzieren.


    Abgewetzte Matratzen: Wegen des fehlenden Geldes ist die Krankenhausausstattung in einem schlimmen Zustand Foto: Cristian Hernandez


    Zum Schaudern: Blick in ein Krankenhauszimmer in Venezuela Foto: Agustín Rodríguez/BILD

    Aber jetzt, knapp anderthalb Jahre später, braucht Valentina eine erneute Therapie. Und es fehlt wieder das Geld: Die einheimischen Bolivars sind wegen der Hyper-Inflation nichts mehr wert. „Wir müssen mit der Chemotherapie spätestens am Anfang des Sommers beginnen, aber uns fehlen noch mindestens 6000 Dollar. Wenn wir die Therapie nicht starten, droht meine Tochter zu sterben.“

    Die Mutter versucht in sozialen Netzwerken, Spender zu finden, wendet sich an berühmte Persönlichkeiten. „Es ist so schlimm in unserem Land, wie kann das alles passieren bei all dem Erdölreichtum, den wir haben?“


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    Valentina ist trotz ihrer Krankheit ein aufgewecktes Mädchen, lernt Zählen und singt gerne Lieder. Aber am liebsten kuschelt sie mit ihrer Mutter. „Sie ist sehr tapfer, auch wenn sie ins Krankenhaus muss“, sagt Hilmar. „Ich habe aber jedes Mal Angst, weil die Situation dort so schlimm ist.“


    BILD-Reporter Paul Ronzheimer mit der kleinen Valentina (5) Foto: Giorgos Moutafis


    Chaos im Krankenhaus: Stühle, Kommoden und andere Ausstattung stapelt sich in einem Seitenzimmer Foto: Agustín Rodríguez

    Wer durch die Flure und Räume des Krankenhauses geht, bekommt das Schaudern. Zerfetzte Matratzen, dreckige OP-Räume, kaputte Türen. Viele Ärzte, die hier einst gearbeitet haben, sind ausgewandert, nach Argentinien, Brasilien oder Kolumbien. Die humanitäre Katastrophe Venezuelas wird nirgendwo so deutlich wie in den Krankenhäusern.


    Karte Flüchtlingsbewegungen aus Venezuela – info.BILD

    Heute wollen wieder Millionen auf die Straße gehen, weil sie diesen Zustand nicht mehr akzeptieren. Der selbst ernannte Interimspräsident Juan Guaidó will weiter Druck auf Nicolás Maduro ausüben.

    Auch Hilmar wird protestieren, sie sagt: „Die ganze Welt muss uns unterstützen. Es sterben in Venezuela Kinder, die leben könnten. Bitte helft uns!“

    Grenade (pays) — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_(pays)#Histoire

    L’opposition se rassemble principalement au sein du New Jewel Movement (NJM) dirigé par Maurice Bishop (dont le père a lui-même été assassiné par le régime). Devant l’impossibilité de manifester légalement, celle-ci commence à organiser une branche militaire, l’armée révolutionnaire du peuple. Lorsque les dirigeants du mouvement apprennent qu’Eric Gairy s’apprête à les faire assassiner, ils choisissent d’opérer un coup d’État : le 13 mars 1979, un groupe de militants s’empare de l’unique caserne de la Grenade et désarment les soldats qui n’opposent que très peu de résistance4.

    Le NJM constitue un Gouvernement révolutionnaire du peuple présidé par Maurice Bishop, qui exprime son objectif : « Nous sommes un petit pays, nous sommes un pays pauvre, avec une population de descendant d’esclaves africains, nous faisons partie du tiers-monde exploité et, définitivement, notre défi est de chercher la création d’un nouvel ordre international qui mette l’économie au service du peuple et de la justice sociale ». Le nouveau gouvernement inquiète les États-Unis, qui avaient précédemment soutenu Eric Gairy, et dont l’ambassadeur avertit : « Le gouvernement des États-Unis verrait avec déplaisir toute inclinaison de la part des Grenadins à développer des liens plus étroits avec Cuba4. »

    Le régime s’emploie en particulier à développer des politiques sociales : un Centre pour l’éducation populaire est créé pour coordonner les initiatives du gouvernement en matière d’éducation, notamment des campagnes d’alphabétisation. L’apprentissage du créole de la Grenade est autorisé à l’école. Néanmoins, la tendance du gouvernement de Bishop à marginaliser le rôle de l’Église dans l’éducation contribue à la dégradation des relations avec le clergé. Dans le secteur de la santé, les consultations médicales sont rendues gratuites avec l’aide de Cuba qui fournit des médecins, du lait est distribué aux femmes enceintes et aux enfants. En économie, les autorités mettent en place un système de prêts financiers et de matériel à l’attention des agriculteurs, et des coopératives agricoles sont mises en place pour développer l’activité. Le gouvernement de Bishop s’emploie également à développer les infrastructures, notamment en construisant de nouvelles routes et en modernisant le réseau électrique. Enfin, le gouvernement s’attaque aux cultures de marijuana pour favoriser l’agriculture vivrière et faire baisser la violence4.

    À l’international, la Grenade est de plus en plus isolée. Le Royaume-Uni suspend ses aides économiques et les États-Unis usent de leur influence pour bloquer les prêts du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. La situation se dégrade également sur le plan intérieur : le 19 juin 1980, une bombe explose pendant un meeting au cours duquel Bishop devait intervenir. L’engin fait trois morts et vingt-cinq blessés. Bishop accuse ouvertement « l’impérialisme américain et ses agents locaux ». La responsabilité réelle de la CIA est cependant incertaine ; si elle avait en effet imaginé des opérations de déstabilisation, l’administration Carter y était opposée. En 1983, Bishop se rend finalement à Washington pour essayer de "négocier la paix". Au sein du gouvernement socialiste, des dissensions opposent une faction pro-soviétique et les partisans de Bishop. Le voyage à Washington de celui-ci est désavoué par le comité central du parti qui le destitue.le 14 octobre 1983 et le remplace par une direction collégiale. Le 19 octobre, une grève générale est déclenchée par les partisans de Bishop qui conduit à l’arrestation de ce dernier. Alors que les manifestants tentent de franchir les barrages pour le libérer, Il est assassiné par l’armée le 19 octobre 19834.

    Six jours après la prise de pouvoir par l’armée en octobre 1983, la Grenade est envahie par une coalition menée par les États-Unis. Cette intervention est demandée par l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO). La requête est rédigée à Washington5. L’opération est le plus grand déploiement américain depuis la guerre du Viêt Nam. La guerre est rapide et la coalition américaine (7 000 soldats américains et 300 hommes d’Antigua, la Barbade, la Dominique, la Jamaïque, Sainte-Lucie et Saint-Vincent, qui n’ont pas participé aux combats) vient rapidement à bout des forces grenadiennes (800 soldats, assistés par 784 Cubains - pour la plupart des ouvriers qui participaient aux travaux de construction d’un aéroport - et quelques instructeurs provenant d’URSS et d’autres pays communistes).

    #politique #Venezuela #impérialisme #cancer #enfants #Bild_lügt


  • Ryad lance un vaste plan et veut mobiliser 427 milliards USD d’investissements - Le Courrier du VietNam
    https://lecourrier.vn/ryad-lance-un-vaste-plan-et-veut-mobiliser-427-milliards-usd-dinvestissements/588985.html

    Pour donner le coup d’envoi de ce programme de 12 ans, le royaume a annoncé la signature de 37 accords, d’une valeur totale de 55 milliards de dollars, avec des #investisseurs étrangers et locaux, lors d’une cérémonie à Ryad en présence du prince héritier, Mohammed ben Salmane. Vingt-neuf autres accords, d’une valeur de 960 millions de dollars, ont été annoncés à l’occasion, ont indiqué les organisateurs dans un communiqué. Au total, 34 agences gouvernementales travaillent à la mise en œuvre de plus de 300 initiatives dans le cadre de ce programme, dont plus de 130, d’une valeur totale de 16 milliards de dollars, visent à assurer des résultats dès 2019.

    Plusieurs sont axées sur la mise en oeuvre de politiques et de règlementations destinées à donner des résultats tangibles au cours des 90 prochains jours, selon le communiqué. Ce programme centré sur les infrastructures, l’industrie et la logistique s’inscrit dans le cadre du plan « Vision 2030 » cher au prince Mohammed, surnommé « MBS », qui vise à diversifier l’économie du royaume, à la merci des fluctuations des prix du #pétrole. Parmi les accords annoncés, figurent deux protocoles d’accord entre le programme SAMI de l’industrie militaire saoudienne et le groupe français #Thales, spécialisé notamment dans l’aérospatiale et la défense, et CMI Defense de #Belgique.

    #arabie_saoudite #France


  • Why Vietnam Appeals as Possible Host for Trump-Kim Summit - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/01/21/world/asia/trump-kim-summit-vietnam.html

    Vietnam, a former enemy of South Korea and the United States, has joined the global economy and become a strategic ally and robust trading partner for both countries.

    Vietnam and South Korea normalized relations in 1992, and Hanoi is now Seoul’s fourth-largest trading partner after China, the United States and Japan, with two-way trade valued last year at $62.6 billion.

    Vietnam and the United States normalized relations in 1995, two decades after North Vietnam defeated the American-backed South Vietnamese regime to end the Vietnam War. From 1995 to 2016 — a period of heady economic growth in Vietnam — trade between the United States and Vietnam grew to nearly $52 billion from $451 million. Hanoi is now among Washington’s fastest-growing export markets.


  • Au Vietnam, des médecins sauvent la vie d’un homme en lui faisant boire 15 bières
    https://www.ulyces.co/news/au-vietnam-des-medecins-sauvent-la-vie-dun-homme-en-lui-faisant-boire-15-bier

    Après avoir ingur­gité 15 bières, il avait si bien récu­péré que les méde­cins ont été en mesure de le renvoyer chez lui. « Même si cette méthode n’est conforme à aucune norme médi­cale, elle devrait faire l’objet d’une étude scien­ti­fique, car elle a prouvé son effi­ca­cité dans la pratique », a déclaré Tran Van Thanh, direc­teur du dépar­te­ment de la santé de l’hô­pi­tal. Le pouvoir de la bière est enfin scien­ti­fique­ment prouvé.


  • Amies et amis de l’intelligence collective seenthisienne

    veuillez notez l’arrivée en ces lieux de connaissance et d’échange de Cédric @cedric3, Professeur d’Histoire-Géographie au Lycée français International à Hô Chi Minh-Ville au Vietnam, tout chaud et tout prêt à échanger et débattre sur le numérique, le logiciel libre, l’éducation et l’enseignement des chères têtes blondes, de jeux de société (ludification) et bien sur l’histoire et la géographie.

    Un blog remarquable destiné à montrer ce que Cédric fait avec ses élèves

    http://kanaga.ridel.org

    #vietnam #géographie


  • Jocelyne Saab, l’indomptable - Colette KHALAF - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1151436/jocelyne-saab-lindomptable.html

    Elle abandonne donc une mission qui devait l’emmener filmer le dénouement du conflit vietnamien pour rentrer au pays du Cèdre et réaliser son premier film sur les débuts et les origines de la guerre civile, Le Liban dans la tourmente (1975). Ce premier film réalisé en tant que cinéaste indépendante sort en salle à Paris, mais est censuré au Liban. C’est le début d’une longue histoire d’engagement. Très vite, Jocelyne Saab, ne craignant rien, choisit son camp. Elle s’engage aux côtés des Palestiniens, qui habitent aux abords de la capitale libanaise. Forte de ses convictions et au prix de sa vie, elle réalise l’année suivante, suite au massacre de la Quarantaine, Les Enfants de la guerre (1976). Jocelyne Saab filme, mais provoque et fait des remous. Elle réalisera plus d’une quarantaine de films, la plupart documentaires, sur le Liban, l’Égypte, le Sahara, l’Iran, la Turquie et le Vietnam, tout en témoignant des grands bouleversements de la seconde moitié du XXe siècle. Dans Beyrouth ma ville en 1982, elle illustre l’invasion israélienne avec une radicalité formelle qui donne à la journaliste documentariste ses galons de cinéaste.

    Nécro dans al-akhbar : https://al-akhbar.com/Last_Page/264264/%D8%AC%D9%88%D8%B3%D9%84%D9%8A%D9%86-%D8%B5%D8%B9%D8%A8-%D8%A7%D9%84%D8%B


  • U.S. and North Korean officials met in Hanoi to discuss second Trump-Kim summit: South Korean newspaper | Reuters
    https://www.reuters.com/article/us-northkorea-usa-idUSKCN1P10JR

    U.S. State Department officials recently met multiple times with North Korean counterparts in Hanoi and discussed planning a second summit between U.S. President Donald Trump and North Korean leader Kim Jong Un, a South Korean newspaper reported on Monday.

    U.S. officials discussed the schedule for the second Trump-Kim summit while in contact with North Korean officials in the Vietnamese capital city, fuelling speculation that Vietnam could host the event, the Munhwa Ilbo reported, citing unnamed diplomatic sources in Seoul and Washington.
    […]
    On Sunday, Trump told reporters in Washington that the United States and North Korea are “negotiating a location” for a second summit.

    It will be announced probably in the not too distant future,” Trump said. “They do want to meet and we want to meet and we’ll see what happens.


  • Pan Am Flight 103 : Robert Mueller’s 30-Year Search for Justice | WIRED
    https://www.wired.com/story/robert-muellers-search-for-justice-for-pan-am-103

    Cet article décrit le rôle de Robert Mueller dans l’enquête historique qui a permis de dissimuler ou de justifier la plupart des batailles de la guerre non déclarée des États Unis contre l’OLP et les pays arabes qui soutenaient la lutte pour un état palestinien.

    Aux États-Unis, en Allemagne et en France le grand public ignore les actes de guerre commis par les États Unis dans cette guerre. Vu dans ce contexte on ne peut que classer le récit de cet article dans la catégorie idéologie et propagande même si les intentions et faits qu’on y apprend sont bien documentés et plausibles.

    Cette perspective transforme le contenu de cet article d’une variation sur un thème connu dans un reportage sur l’état d’âme des dirigeants étatsuniens moins fanatiques que l’équipe du président actuel.

    THIRTY YEARS AGO last Friday, on the darkest day of the year, 31,000 feet above one of the most remote parts of Europe, America suffered its first major terror attack.

    TEN YEARS AGO last Friday, then FBI director Robert Mueller bundled himself in his tan trench coat against the cold December air in Washington, his scarf wrapped tightly around his neck. Sitting on a small stage at Arlington National Cemetery, he scanned the faces arrayed before him—the victims he’d come to know over years, relatives and friends of husbands and wives who would never grow old, college students who would never graduate, business travelers and flight attendants who would never come home.

    Burned into Mueller’s memory were the small items those victims had left behind, items that he’d seen on the shelves of a small wooden warehouse outside Lockerbie, Scotland, a visit he would never forget: A teenager’s single white sneaker, an unworn Syracuse University sweatshirt, the wrapped Christmas gifts that would never be opened, a lonely teddy bear.

    A decade before the attacks of 9/11—attacks that came during Mueller’s second week as FBI director, and that awoke the rest of America to the threats of terrorism—the bombing of Pan Am 103 had impressed upon Mueller a new global threat.

    It had taught him the complexity of responding to international terror attacks, how unprepared the government was to respond to the needs of victims’ families, and how on the global stage justice would always be intertwined with geopolitics. In the intervening years, he had never lost sight of the Lockerbie bombing—known to the FBI by the codename Scotbom—and he had watched the orphaned children from the bombing grow up over the years.

    Nearby in the cemetery stood a memorial cairn made of pink sandstone—a single brick representing each of the victims, the stone mined from a Scottish quarry that the doomed flight passed over just seconds before the bomb ripped its baggage hold apart. The crowd that day had gathered near the cairn in the cold to mark the 20th anniversary of the bombing.

    For a man with an affinity for speaking in prose, not poetry, a man whose staff was accustomed to orders given in crisp sentences as if they were Marines on the battlefield or under cross-examination from a prosecutor in a courtroom, Mueller’s remarks that day soared in a way unlike almost any other speech he’d deliver.

    “There are those who say that time heals all wounds. But you know that not to be true. At its best, time may dull the deepest wounds; it cannot make them disappear,” Mueller told the assembled mourners. “Yet out of the darkness of this day comes a ray of light. The light of unity, of friendship, and of comfort from those who once were strangers and who are now bonded together by a terrible moment in time. The light of shared memories that bring smiles instead of sadness. And the light of hope for better days to come.”

    He talked of Robert Frost’s poem “Stopping by Woods on a Snowy Evening” and of inspiration drawn from Lockerbie’s town crest, with its simple motto, “Forward.” He spoke of what was then a two-decade-long quest for justice, of how on windswept Scottish mores and frigid lochs a generation of FBI agents, investigators, and prosecutors had redoubled their dedication to fighting terrorism.

    Mueller closed with a promise: “Today, as we stand here together on this, the darkest of days, we renew that bond. We remember the light these individuals brought to each of you here today. We renew our efforts to bring justice down on those who seek to harm us. We renew our efforts to keep our people safe, and to rid the world of terrorism. We will continue to move forward. But we will never forget.”

    Hand bells tolled for each of the victims as their names were read aloud, 270 names, 270 sets of bells.

    The investigation, though, was not yet closed. Mueller, although he didn’t know it then, wasn’t done with Pan Am 103. Just months after that speech, the case would test his innate sense of justice and morality in a way that few other cases in his career ever have.

    ROBERT S. MUELLER III had returned from a combat tour in Vietnam in the late 1960s and eventually headed to law school at the University of Virginia, part of a path that he hoped would lead him to being an FBI agent. Unable after graduation to get a job in government, he entered private practice in San Francisco, where he found he loved being a lawyer—just not a defense attorney.

    Then—as his wife Ann, a teacher, recounted to me years ago—one morning at their small home, while the two of them made the bed, Mueller complained, “Don’t I deserve to be doing something that makes me happy?” He finally landed a job as an assistant US attorney in San Francisco and stood, for the first time, in court and announced, “Good morning your Honor, I am Robert Mueller appearing on behalf of the United States of America.” It is a moment that young prosecutors often practice beforehand, and for Mueller those words carried enormous weight. He had found the thing that made him happy.

    His family remembers that time in San Francisco as some of their happiest years; the Muellers’ two daughters were young, they loved the Bay Area—and have returned there on annual vacations almost every year since relocating to the East Coast—and Mueller found himself at home as a prosecutor.

    On Friday nights, their routine was that Ann and the two girls would pick Mueller up at Harrington’s Bar & Grill, the city’s oldest Irish pub, not far from the Ferry Building in the Financial District, where he hung out each week with a group of prosecutors, defense attorneys, cops, and agents. (One Christmas, his daughter Cynthia gave him a model of the bar made out of Popsicle sticks.) He balanced that family time against weekends and trainings with the Marines Corps Reserves, where he served for more than a decade, until 1980, eventually rising to be a captain.

    Over the next 15 years, he rose through the ranks of the San Francisco US attorney’s office—an office he would return to lead during the Clinton administration—and then decamped to Massachusetts to work for US attorney William Weld in the 1980s. There, too, he shined and eventually became acting US attorney when Weld departed at the end of the Reagan administration. “You cannot get the words straight arrow out of your head,” Weld told me, speaking of Mueller a decade ago. “The agencies loved him because he knew his stuff. He didn’t try to be elegant or fancy, he just put the cards on the table.”

    In 1989, an old high school classmate, Robert Ross, who was chief of staff to then attorney general Richard Thornburgh, asked Mueller to come down to Washington to help advise Thornburgh. The offer intrigued Mueller. Ann protested the move—their younger daughter Melissa wanted to finish high school in Massachusetts. Ann told her husband, “We can’t possibly do this.” He replied, his eyes twinkling, “You’re right, it’s a terrible time. Well, why don’t we just go down and look at a few houses?” As she told me, “When he wants to do something, he just revisits it again and again.”

    For his first two years at so-called Main Justice in Washington, working under President George H.W. Bush, the family commuted back and forth from Boston to Washington, alternating weekends in each city, to allow Melissa to finish school.

    Washington gave Mueller his first exposure to national politics and cases with geopolitical implications; in September 1990, President Bush nominated him to be assistant attorney general, overseeing the Justice Department’s entire criminal division, which at that time handled all the nation’s terrorism cases as well. Mueller would oversee the prosecution of Panamanian dictator Manuel Noriega, mob boss John Gotti, and the controversial investigation into a vast money laundering scheme run through the Bank of Credit and Commerce International, known as the Bank of Crooks and Criminals

    None of his cases in Washington, though, would affect him as much as the bombing of Pan Am 103.

    THE TIME ON the clocks in Lockerbie, Scotland, read 7:04 pm, on December 21, 1988, when the first emergency call came into the local fire brigade, reporting what sounded like a massive boiler explosion. It was technically early evening, but it had been dark for hours already; that far north, on the shortest day of the year, daylight barely stretched to eight hours.

    Soon it became clear something much worse than a boiler explosion had unfolded: Fiery debris pounded the landscape, plunging from the sky and killing 11 Lockerbie residents. As Mike Carnahan told a local TV reporter, “The whole sky was lit up with flames. It was actually raining, liquid fire. You could see several houses on the skyline with the roofs totally off and all you could see was flaming timbers.”

    At 8:45 pm, a farmer found in his field the cockpit of Pan Am 103, a Boeing 747 known as Clipper Maid of the Seas, lying on its side, 15 of its crew dead inside, just some of the 259 passengers and crew killed when a bomb had exploded inside the plane’s cargo hold. The scheduled London to New York flight never even made it out of the UK.

    It had taken just three seconds for the plane to disintegrate in the air, though the wreckage took three long minutes to fall the five miles from the sky to the earth; court testimony later would examine how passengers had still been alive as they fell. Nearly 200 of the passengers were American, including 35 students from Syracuse University returning home from a semester abroad. The attack horrified America, which until then had seen terror touch its shores only occasionally as a hijacking went awry; while the US had weathered the 1983 bombing of the Marine barracks in Beirut, attacks almost never targeted civilians.

    The Pan Am 103 bombing seemed squarely aimed at the US, hitting one of its most iconic brands. Pan Am then represented America’s global reach in a way few companies did; the world’s most powerful airline shuttled 19 million passengers a year to more than 160 countries and had ferried the Beatles to their US tour and James Bond around the globe on his cinematic missions. In a moment of hubris a generation before Elon Musk and Jeff Bezos, the airline had even opened a “waiting list” for the first tourists to travel to outer space. Its New York headquarters, the Pan Am building, was the world’s largest commercial building and its terminal at JFK Airport the biggest in the world.

    The investigation into the bombing of Pan Am 103 began immediately, as police and investigators streamed north from London by the hundreds; chief constable John Boyd, the head of the local police, arrived at the Lockerbie police station by 8:15 pm, and within an hour the first victim had been brought in: A farmer arrived in town with the body of a baby girl who had fallen from the sky. He’d carefully placed her in the front seat of his pickup truck.

    An FBI agent posted in London had raced north too, with the US ambassador, aboard a special US Air Force flight, and at 2 am, when Boyd convened his first senior leadership meeting, he announced, “The FBI is here, and they are fully operational.” By that point, FBI explosives experts were already en route to Scotland aboard an FAA plane; agents would install special secure communications equipment in Lockerbie and remain on site for months.

    Although it quickly became clear that a bomb had targeted Pan Am 103—wreckage showed signs of an explosion and tested positive for PETN and RDX, two key ingredients of the explosive Semtex—the investigation proceeded with frustrating slowness. Pan Am’s records were incomplete, and it took days to even determine the full list of passengers. At the same time, it was the largest crime scene ever investigated—a fact that remains true today.

    Investigators walked 845 square miles, an area 12 times the size of Washington, DC, and searched so thoroughly that they recovered more than 70 packages of airline crackers and ultimately could reconstruct about 85 percent of the fuselage. (Today, the wreckage remains in an English scrapyard.) Constable Boyd, at his first press conference, told the media, “This is a mammoth inquiry.”

    On Christmas Eve, a searcher found a piece of a luggage pallet with signs of obvious scorching, which would indicate the bomb had been in the luggage compartment below the passenger cabin. The evidence was rushed to a special British military lab—one originally created to investigate the Guy Fawkes’ Gunpowder Plot to blow up Parliament and kill King James I in 1605.

    When the explosive tests came back a day later, the British government called the State Department’s ambassador-at-large for combating terrorism, L. Paul Bremer III (who would go on to be President George W. Bush’s viceroy in Baghdad after the 2003 invasion of Iraq), and officially delivered the news that everyone had anticipated: Pan Am 103 had been downed by a bomb.

    Meanwhile, FBI agents fanned out across the country. In New York, special agent Neil Herman—who would later lead the FBI’s counterterrorism office in New York in the run up to 9/11—was tasked with interviewing some of the victims’ families; many of the Syracuse students on board had been from the New York region. One of the mothers he interviewed hadn’t heard from the government in the 10 days since the attack. “It really struck me how ill-equipped we were to deal with this,” Herman told me, years later. “Multiply her by 270 victims and families.” The bombing underscored that the FBI and the US government had a lot to learn in responding and aiding victims in a terror attack.

    INVESTIGATORS MOVED TOWARD piecing together how a bomb could have been placed on board; years before the 9/11 attack, they discounted the idea of a suicide bomber aboard—there had never been a suicide attack on civil aviation at that point—and so focused on one of two theories: The possibility of a “mule,” an innocent passenger duped into carrying a bomb aboard, or an “inside man,” a trusted airport or airline employee who had smuggled the fatal cargo aboard. The initial suspect list stretched to 1,200 names.

    Yet even reconstructing what was on board took an eternity: Evidence pointed to a Japanese manufactured Toshiba cassette recorder as the likely delivery device for the bomb, and then, by the end of January, investigators located pieces of the suitcase that had held the bomb. After determining that it was a Samsonite bag, police and the FBI flew to the company’s headquarters in the United States and narrowed the search further: The bag, they found, was a System 4 Silhouette 4000 model, color “antique-copper,” a case and color made for only three years, 1985 to 1988, and sold only in the Middle East. There were a total of 3,500 such suitcases in circulation.

    By late spring, investigators had identified 14 pieces of luggage inside the target cargo container, known as AVE4041; each bore tell-tale signs of the explosion. Through careful retracing of how luggage moved through the London airport, investigators determined that the bags on the container’s bottom row came from passengers transferring in London. The bags on the second and third row of AVE4041 had been the last bags loaded onto the leg of the flight that began in Frankfurt, before the plane took off for London. None of the baggage had been X-rayed or matched with passengers on board.

    The British lab traced clothing fragments from the wreckage that bore signs of the explosion and thus likely originated in the bomb-carrying suitcase. It was an odd mix: Two herring-bone skirts, men’s pajamas, tartan trousers, and so on. The most promising fragment was a blue infant’s onesie that, after fiber analysis, was conclusively determined to have been inside the explosive case, and had a label saying “Malta Trading Company.” In March, two detectives took off for Malta, where the manufacturer told them that 500 such articles of clothing had been made and most sent to Ireland, while the rest went locally to Maltese outlets and others to continental Europe.

    As they dug deeper, they focused on bag B8849, which appeared to have come off Air Malta Flight 180—Malta to Frankfurt—on December 21, even though there was no record of one of that flight’s 47 passengers transferring to Pan Am 103.

    Investigators located the store in Malta where the suspect clothing had been sold; the British inspector later recorded in his statement, “[Store owner] Anthony Gauci interjected and stated that he could recall selling a pair of the checked trousers, size 34, and three pairs of the pajamas to a male person.” The investigators snapped to attention—after nine months did they finally have a suspect in their sights? “[Gauci] informed me that the man had also purchased the following items: one imitation Harris Tweed jacket; one woolen cardigan; one black umbrella; one blue colored ‘Baby Gro’ with a motif described by the witness as a ‘sheep’s face’ on the front; and one pair of gents’ brown herring-bone material trousers, size 36.”

    Game, set, match. Gauci had perfectly described the clothing fragments found by RARDE technicians to contain traces of explosive. The purchase, Gauci went on to explain, stood out in his mind because the customer—whom Gauci tellingly identified as speaking the “Libyan language”—had entered the store on November 23, 1988, and gathered items without seeming to care about the size, gender, or color of any of it.

    As the investigation painstakingly proceeded into 1989 and 1990, Robert Mueller arrived at Main Justice; the final objects of the Lockerbie search wouldn’t be found until the spring of 1990, just months before Mueller took over as assistant attorney general of the criminal division in September.

    The Justice Department that year was undergoing a series of leadership changes; the deputy attorney general, William Barr, became acting attorney general midyear as Richard Thornburgh stepped down to run for Senate back in his native Pennsylvania. President Bush then nominated Barr to take over as attorney general officially. (Earlier this month Barr was nominated by President Trump to become attorney general once again.)

    The bombing soon became one of the top cases on Mueller’s desk. He met regularly with Richard Marquise, the FBI special agent heading Scotbom. For Mueller, the case became personal; he met with victims’ families and toured the Lockerbie crash site and the investigation’s headquarters. He traveled repeatedly to the United Kingdom for meetings and walked the fields of Lockerbie himself. “The Scots just did a phenomenal job with the crime scene,” he told me, years ago.

    Mueller pushed the investigators forward constantly, getting involved in the investigation at a level that a high-ranking Justice Department official almost never does. Marquise turned to him in one meeting, after yet another set of directions, and sighed, “Geez, if I didn’t know better, I’d think you want to be FBI director.”

    The investigation gradually, carefully, zeroed in on Libya. Agents traced a circuit board used in the bomb to a similar device seized in Africa a couple of years earlier used by Libyan intelligence. An FBI-created database of Maltese immigration records even showed that a man using the same alias as one of those Libyan intelligence officers had departed from Malta on October 19, 1988—just two months before the bombing.

    The circuit board also helped makes sense of an important aspect of the bombing: It controlled a timer, meaning that the bomb was not set off by a barometric trigger that registers altitude. This, in turn, explained why the explosive baggage had lain peacefully in the jet’s hold as it took off and landed repeatedly.

    Tiny letters on the suspect timer said “MEBO.” What was MEBO? In the days before Google, searching for something called “Mebo” required going country to country, company to company. There were no shortcuts. The FBI, MI5, and CIA were, after months of work, able to trace MEBO back to a Swiss company, Meister et Bollier, adding a fifth country to the ever-expanding investigative circle.

    From Meister et Bollier, they learned that the company had provided 20 prototype timers to the Libyan government and the company helped ID their contact as a Libyan intelligence officer, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi, who looked like the sketch of the Maltese clothing shopper. Then, when the FBI looked at its database of Maltese immigration records, they found that Al Megrahi had been present in Malta the day the clothing was purchased.

    Marquise sat down with Robert Mueller and the rest of the prosecutorial team and laid out the latest evidence. Mueller’s orders were clear—he wanted specific suspects and he wanted to bring charges. As he said, “Proceed toward indictment.” Let’s get this case moving.

    IN NOVEMBER 1990, Marquise was placed in charge of all aspects of the investigation and assigned on special duty to the Washington Field Office and moved to a new Scotbom task force. The field offce was located far from the Hoover building, in a run-down neighborhood known by the thoroughly unromantic moniker of Buzzard Point.

    The Scotbom task force had been allotted three tiny windowless rooms with dark wood paneling, which were soon covered floor-to-ceiling with 747 diagrams, crime scene photographs, maps, and other clues. By the door of the office, the team kept two photographs to remind themselves of the stakes: One, a tiny baby shoe recovered from the fields of Lockerbie; the other, a picture of the American flag on the tail of Pan Am 103. This was the first major attack on the US and its civilians. Whoever was responsible couldn’t be allowed to get away with it.

    With representatives from a half-dozen countries—the US, Britain, Scotland, Sweden, Germany, France, and Malta—now sitting around the table, putting together a case that met everyone’s evidentiary standards was difficult. “We talked through everything, and everything was always done to the higher standard,” Marquise says. In the US, for instance, the legal standard for a photo array was six photos; in Scotland, though, it was 12. So every photo array in the investigation had 12 photos to ensure that the IDs could be used in a British court.

    The trail of evidence so far was pretty clear, and it all pointed toward Libya. Yet there was still much work to do prior to an indictment. A solid hunch was one thing. Having evidence that would stand up in court and under cross-examination was something else entirely.

    As the case neared an indictment, the international investigators and prosecutors found themselves focusing at their gatherings on the fine print of their respective legal code and engaging in deep, philosophical-seeming debates: “What does murder mean in your statute? Huh? I know what murder means: I kill you. Well, then you start going through the details and the standards are just a little different. It may entail five factors in one country, three in another. Was Megrahi guilty of murder? Depends on the country.”

    At every meeting, the international team danced around the question of where a prosecution would ultimately take place. “Jurisdiction was an eggshell problem,” Marquise says. “It was always there, but no one wanted to talk about it. It was always the elephant in the room.”

    Mueller tried to deflect the debate for as long as possible, arguing there was more investigation to do first. Eventually, though, he argued forcefully that the case should be tried in the US. “I recognize that Scotland has significant equities which support trial of the case in your country,” he said in one meeting. “However, the primary target of this act of terrorism was the United States. The majority of the victims were Americans, and the Pan American aircraft was targeted precisely because it was of United States registry.”

    After one meeting, where the Scots and Americans debated jurisdiction for more than two hours, the group migrated over to the Peasant, a restaurant near the Justice Department, where, in an attempt to foster good spirits, it paid for the visiting Scots. Mueller and the other American officials each had to pay for their own meals.

    Mueller was getting ready to move forward; the federal grand jury would begin work in early September. Prosecutors and other investigators were already preparing background, readying evidence, and piecing together information like the names and nationalities of all the Lockerbie victims so that they could be included in the forthcoming indictment.

    There had never been any doubt in the US that the Pan Am 103 bombing would be handled as a criminal matter, but the case was still closely monitored by the White House and the National Security Council.

    The Reagan administration had been surprised in February 1988 by the indictment on drug charges of its close ally Panamanian dictator Manuel Noriega, and a rule of thumb had been developed: Give the White House a heads up anytime you’re going to indict a foreign agent. “If you tag Libya with Pan Am 103, that’s fair to say it’s going to disrupt our relationship with Libya,” Mueller deadpans. So Mueller would head up to the Cabinet Room at the White House, charts and pictures in hand, to explain to President Bush and his team what Justice had in mind.

    To Mueller, the investigation underscored why such complex investigations needed a law enforcement eye. A few months after the attack, he sat through a CIA briefing pointing toward Syria as the culprit behind the attack. “That’s always struck with me as a lesson in the difference between intelligence and evidence. I always try to remember that,” he told me, back when he was FBI director. “It’s a very good object lesson about hasty action based on intelligence. What if we had gone and attacked Syria based on that initial intelligence? Then, after the attack, it came out that Libya had been behind it? What could we have done?”

    Marquise was the last witness for the federal grand jury on Friday, November 8, 1991. Only in the days leading up to that testimony had prosecutors zeroed in on Megrahi and another Libyan officer, Al Amin Khalifa Fhimah; as late as the week of the testimony, they had hoped to pursue additional indictments, yet the evidence wasn’t there to get to a conviction.

    Mueller traveled to London to meet with the Peter Fraser, the lord advocate—Scotland’s top prosecutor—and they agreed to announce indictments simultaneously on November 15, 1991. Who got their hands on the suspects first, well, that was a question for later. The joint indictment, Mueller believed, would benefit both countries. “It adds credibility to both our investigations,” he says.

    That coordinated joint, multi-nation statement and indictment would become a model that the US would deploy more regularly in the years to come, as the US and other western nations have tried to coordinate cyber investigations and indictments against hackers from countries like North Korea, Russia, and Iran.

    To make the stunning announcement against Libya, Mueller joined FBI director William Sessions, DC US attorney Jay Stephens, and attorney general William Barr.

    “We charge that two Libyan officials, acting as operatives of the Libyan intelligence agency, along with other co-conspirators, planted and detonated the bomb that destroyed Pan Am 103,” Barr said. “I have just telephoned some of the families of those murdered on Pan Am 103 to inform them and the organizations of the survivors that this indictment has been returned. Their loss has been ever present in our minds.”

    At the same time, in Scotland, investigators there were announcing the same indictments.

    At the press conference, Barr listed a long set of names to thank—the first one he singled out was Mueller’s. Then, he continued, “This investigation is by no means over. It continues unabated. We will not rest until all those responsible are brought to justice. We have no higher priority.”

    From there, the case would drag on for years. ABC News interviewed the two suspects in Libya later that month; both denied any responsibility for the bombing. Marquise was reassigned within six months; the other investigators moved along too.

    Mueller himself left the administration when Bill Clinton became president, spending an unhappy year in private practice before rejoining the Justice Department to work as a junior homicide prosecutor in DC under then US attorney Eric Holder; Mueller, who had led the nation’s entire criminal division was now working side by side with prosecutors just a few years out of law school, the equivalent of a three-star military general retiring and reenlisting as a second lieutenant. Clinton eventually named Mueller the US attorney in San Francisco, the office where he’d worked as a young attorney in the 1970s.

    THE 10TH ANNIVERSARY of the bombing came and went without any justice. Then, in April 1999, prolonged international negotiations led to Libyan dictator Muammar Qaddafi turning over the two suspects; the international economic sanctions imposed on Libya in the wake of the bombing were taking a toll on his country, and the leader wanted to put the incident behind him.

    The final negotiated agreement said that the two men would be tried by a Scottish court, under Scottish law, in The Hague in the Netherlands. Distinct from the international court there, the three-judge Scottish court would ensure that the men faced justice under the laws of the country where their accused crime had been committed.

    Allowing the Scots to move forward meant some concessions by the US. The big one was taking the death penalty, prohibited in Scotland, off the table. Mueller badly wanted the death penalty. Mueller, like many prosecutors and law enforcement officials, is a strong proponent of capital punishment, but he believes it should be reserved for only egregious crimes. “It has to be especially heinous, and you have to be 100 percent sure he’s guilty,” he says. This case met that criteria. “There’s never closure. If there can’t be closure, there should be justice—both for the victims as well as the society at large,” he says.

    An old US military facility, Kamp Van Zeist, was converted to an elaborate jail and courtroom in The Hague, and the Dutch formally surrendered the two Libyans to Scottish police. The trial began in May 2000. For nine months, the court heard testimony from around the world. In what many observers saw as a political verdict, Al Megrahi was found guilty and Fhimah was found not guilty.

    With barely 24 hours notice, Marquise and victim family members raced from the United States to be in the courtroom to hear the verdict. The morning of the verdict in 2001, Mueller was just days into his tenure as acting deputy US attorney general—filling in for the start of the George W. Bush administration in the department’s No. 2 role as attorney general John Ashcroft got himself situated.

    That day, Mueller awoke early and joined with victims’ families and other officials in Washington, who watched the verdict announcement via a satellite hookup. To him, it was a chance for some closure—but the investigation would go on. As he told the media, “The United States remains vigilant in its pursuit to bring to justice any other individuals who may have been involved in the conspiracy to bring down Pan Am Flight 103.”

    The Scotbom case would leave a deep imprint on Mueller; one of his first actions as FBI director was to recruit Kathryn Turman, who had served as the liaison to the Pan Am 103 victim families during the trial, to head the FBI’s Victim Services Division, helping to elevate the role and responsibility of the FBI in dealing with crime victims.

    JUST MONTHS AFTER that 20th anniversary ceremony with Mueller at Arlington National Cemetery, in the summer of 2009, Scotland released a terminally ill Megrahi from prison after a lengthy appeals process, and sent him back to Libya. The decision was made, the Scottish minister of justice reported, on “compassionate grounds.” Few involved on the US side believed the terrorist deserved compassion. Megrahi was greeted as a hero on the tarmac in Libya—rose petals, cheering crowds. The US consensus remained that he should rot in prison.

    The idea that Megrahi could walk out of prison on “compassionate” ground made a mockery of everything that Mueller had dedicated his life to fighting and doing. Amid a series of tepid official condemnations—President Obama labeled it “highly objectionable”—Mueller fired off a letter to Scottish minister Kenny MacAskill that stood out for its raw pain, anger, and deep sorrow.

    “Over the years I have been a prosecutor, and recently as the Director of the FBI, I have made it a practice not to comment on the actions of other prosecutors, since only the prosecutor handling the case has all the facts and the law before him in reaching the appropriate decision,” Mueller began. “Your decision to release Megrahi causes me to abandon that practice in this case. I do so because I am familiar with the facts, and the law, having been the Assistant Attorney General in charge of the investigation and indictment of Megrahi in 1991. And I do so because I am outraged at your decision, blithely defended on the grounds of ‘compassion.’”

    That nine months after the 20th anniversary of the bombing, the only person behind bars for the bombing would walk back onto Libyan soil a free man and be greeted with rose petals left Mueller seething.

    “Your action in releasing Megrahi is as inexplicable as it is detrimental to the cause of justice. Indeed your action makes a mockery of the rule of law. Your action gives comfort to terrorists around the world,” Mueller wrote. “You could not have spent much time with the families, certainly not as much time as others involved in the investigation and prosecution. You could not have visited the small wooden warehouse where the personal items of those who perished were gathered for identification—the single sneaker belonging to a teenager; the Syracuse sweatshirt never again to be worn by a college student returning home for the holidays; the toys in a suitcase of a businessman looking forward to spending Christmas with his wife and children.”

    For Mueller, walking the fields of Lockerbie had been walking on hallowed ground. The Scottish decision pained him especially deeply, because of the mission and dedication he and his Scottish counterparts had shared 20 years before. “If all civilized nations join together to apply the rules of law to international terrorists, certainly we will be successful in ridding the world of the scourge of terrorism,” he had written in a perhaps too hopeful private note to the Scottish Lord Advocate in 1990.

    Some 20 years later, in an era when counterterrorism would be a massive, multibillion dollar industry and a buzzword for politicians everywhere, Mueller—betrayed—concluded his letter with a decidedly un-Mueller-like plea, shouted plaintively and hopelessly across the Atlantic: “Where, I ask, is the justice?”

    #USA #Libye #impérialisme #terrorisme #histoire #CIA #idéologie #propagande


  • « Les difficultés des “gilets jaunes” sont la conséquence de cinquante ans de politique d’#urbanisme »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/02/les-difficultes-des-gilets-jaunes-sont-la-consequence-de-cinquante-ans-de-po

    Dans le mouvement des « gilets jaunes », une raison essentielle a été insuffisamment pointée, qui sous-tend la plupart des autres. Les difficultés des « gilets jaunes » sont pour une grande part la conséquence de la politique d’urbanisme mise en œuvre dans notre pays depuis cinquante ans. Pour la faire courte, celle-ci a consisté à vider les villages, bourgs et villes petites et moyennes d’une grande partie de leurs habitants et activités au profit de périphéries sans âme et sans vie. Cette politique, à laquelle peu de #territoires ont échappé, s’articule autour du triptyque : étalement urbain de l’habitat, centre commercial et voiture individuelle.

    • L’universitaire Gabriel Dupuy [professeur émérite d’aménagement de l’espace à l’université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne] a montré comment l’ensemble des décisions publiques et privées dans le champ de l’urbanisme de ces dernières décennies avaient concouru à la mise en place d’un véritable système de « dépendance automobile » : les investissements publics conséquents réalisés en faveur des voies rapides, rocades, échangeurs et autres giratoires – au détriment de la rénovation d’un réseau ferré vieillissant et du développement d’aménagements cyclables – ont rendu possible et favorisé l’urbanisation périphérique peu dense sous la forme de lotissements de maisons individuelles. Privés de commerces et de services publics, ces quartiers sont insuffisamment peuplés pour permettre leur desserte efficace par des transports en commun, rendant l’usage de l’automobile indispensable. Cercle vicieux conduisant fréquemment à l’acquisition de plusieurs véhicules par ménage.

      D’où le sentiment de relégation ressenti par nombre d’habitants de ces territoires dont les modes de vie sont pleinement urbains et qui aspirent en conséquence à accéder aux emplois, services et aménités de la ville, pour eux et leurs enfants, mais qui y parviennent de plus en plus difficilement. D’où l’hypersensibilité au prix des carburants.

      Besoin de rencontres
      Il y a cinquante ans déjà, le philosophe Henri Lefebvre alertait sur le risque de fragmentation des espaces et des groupes sociaux induit par cet éclatement des villes. La solution pour contrer ces tendances centrifuges résidait, selon lui, dans l’affirmation et la mise en œuvre effective d’un « droit à la ville », condition de préservation et d’approfondissement de la civilisation humaine grâce à l’accès aux services et aux lieux d’échanges et de rencontres offerts par la centralité urbaine.

      Cette ambition est plus que jamais d’actualité. Le fait que le mouvement des « gilets jaunes » ait très peu concerné les classes moyennes et populaires résidant dans les grandes villes et métropoles confirme que, en dépit des apparences, la vie quotidienne y est probablement plus facile et plus supportable. La proximité et la mixité fonctionnelle (mélange de l’habitat, de l’emploi, des commerces et services) et sociale qui caractérisent le milieu urbain démultiplient les opportunités de rencontres, de travail, de loisirs, d’autonomie des jeunes, le tout pour un faible coût de mobilité.

      La fraternité, la convivialité et la solidarité ressenties sur les ronds-points occupés par les « gilets jaunes » révèlent un fort besoin de rencontres, d’échanges, de coups de main, qui font de plus en plus défaut dans la vie quotidienne de nombre de ces personnes et que ni la télévision ni la sortie hebdomadaire au centre commercial ne compensent réellement.

      Centres-villes en état de mort clinique
      Le développement, sans équivalent en Europe, des centres commerciaux périphériques dans notre pays et la fermeture de nombre de commerces des villages et villes qui en découle – parfaitement décrite par le journaliste [et collaborateur du Monde] Olivier Razemon dans son enquête Comment la France a tué ses villes (Rue de l’Echiquier, 2016) – illustre tristement cette perte de lien social.

      Ces temples – privés – de la consommation attisent désirs d’achat et frustrations sans aucune des qualités et potentialités d’un véritable espace public urbain. Alors que notre pays est déjà suréquipé en centres commerciaux, des centaines de milliers de mètres carrés supplémentaires devraient encore voir le jour au cours des prochaines années, dans une fuite en avant qu’aucune des innombrables lois et commissions mises en place depuis quarante ans n’est parvenue à réguler, au détriment de milliers d’hectares de terres agricoles et d’espaces naturels. La vacance commerciale des centres-villes français a atteint le niveau sans précédent de 11 % en 2017 et dépasse 20 % dans nombre de villes petites et moyennes, dont les centres sont en état de mort clinique et renvoient une image désespérante à ceux qui les habitent encore. C’est une partie de l’histoire, de la civilisation et de l’identité françaises qui disparaissent sous nos yeux, victimes de politiques irresponsables.

      Le drame est que le modèle calamiteux des centres commerciaux périphériques est à présent imité par des services publics, hôpitaux, centres de santé, équipements sportifs, établissements culturels, etc., qui sont de plus en plus nombreux à quitter les centres-villes pour s’implanter eux aussi à proximité des rocades et échangeurs autoroutiers dans des lieux sans histoire, sans qualité et inaccessibles autrement qu’en automobile. Oubliant que seule une partie de la population est motorisée, les jeunes et les personnes âgées encore moins que les autres.

    • Encourager une densification raisonnée
      Alors, que faire pour remédier à cette évolution aux conséquences sociales et environnementales désastreuses ? Quelques mesures simples pourraient être mises en œuvre rapidement par le gouvernement et les élus locaux qui maîtrisent la politique d’urbanisme de leur territoire : planifier l’urbanisme à l’échelle des bassins de vie des populations, la seule pertinente, en confiant la responsabilité des plans locaux d’urbanisme aux intercommunalités, évolution programmée par la loi ALUR [pour l’accès au logement et un urbanisme rénové] de 2014 et qu’il est urgent de parachever ; réinvestir fortement les centres des bourgs et villes moyennes en rénovant les logements vétustes et en encourageant une densification raisonnée de ces territoires aux qualités patrimoniales souvent remarquables afin d’y accueillir de nouveaux habitants, ambition développée en 2018 par le programme gouvernemental « Action cœur de ville », qu’il est nécessaire d’amplifier ; atteindre le plus rapidement possible l’objectif promis par Nicolas Hulot dans son plan biodiversité annoncé en juillet 2018 de « zéro artificialisation nette des sols » ; décréter un moratoire immédiat sur toute nouvelle ouverture de centre commercial et conduire une politique active d’urbanisation des centres commerciaux existants en améliorant leur desserte par les transports publics et les modes actifs (vélo) et en les transformant en véritables quartiers de ville comportant des logements, des équipements publics et des espaces verts accessibles à tous ; aider les commerces de centre-ville à se moderniser et à développer de nouveaux services, grâce à la mise en place d’un fonds alimenté par une taxe sur les livraisons à domicile des sites de vente par Internet ainsi que sur les parkings des centres commerciaux ; enfin, amélioration des lignes de transports en commun et des modes actifs entre les territoires périphériques et ruraux et les centralités urbaines grâce à des liaisons fréquentes et rapides, dans une logique de partenariat entre territoires.

      L’adage du Moyen Age selon lequel « l’air de la ville rend libre » demeure pleinement valable. Contre l’assignation à résidence dénoncée par les « gilets jaunes » , il est urgent de mettre en œuvre une politique permettant à chacun de pleinement jouir de ce « droit à la ville » qui ne doit pas être réservé aux seuls habitants des centres-villes mais bien profiter à l’ensemble de la population qui aspire à la vie en société.

      Stéphane Lecler, urbaniste, a exercé diverses fonctions dans le secteur des transports et de l’urbanisme au sein de l’Etat et de collectivités locales. Il travaille actuellement à la Mairie de Paris.

    • En complément, ce chouette commentaire éclairé trouvé sur le réseau majoritaire :

      Viviane, Jane Jacobs, « grandeur et déclin des grandes villes américaines » où elle décrit dans le menu le jeu de relations sociales complexe d’une vraie ville, le rôle des rues, des places, la dictature des faux espaces verts. Mon livre de chevet.

      Complété par trois autres, « l’art de bâtir les villes » de Camille Sitte justement un autre angle de traitement des places et des rues, qui décrit au XIXe siècle en parcourant de long en large les villes européennes qui aime pourquoi une place ou une rue fonctionne ou pas, le rapport entre la largeur, la profondeur et la hauteur, l’exposition aux vents dominants, la circulation des véhicules, à l’époque des calèches, les débouchés des rues, le positionnement des monuments.

      Puis dans un autre genre, « garden cities of tomorrow, a Path to social reform » sur l’art des cités jardins ou dans une ville assez dense tout en ayant l’impression d’être dans un village urbain, le journaliste parlementaire et sociologue a avant l’heure, le socialiste Ebenezer Howard, horrifié par les miasmes de l’époque à Londres (absence d’égouts, incendies, pollutions au charbon de mauvaise qualité, smog, épidémies, misère sociale abondamment décrite par Dickens) imagine un maillage de villes autonomes, notamment sur le plan alimentaire, intégrant emplois, écoles, universités, habitations, dans des espaces paysagés, où l’on peut se déplacer en toute sécurité en vélo, adossés à une ligne de chemin de fer reliée à la capitale britannique. Non seulement il va l’imaginer, mais il va créer des fondations pour la mettre en place. D’abord à Letchworth, à 60 km au nord de Londres, puis à Welwyn garden city a mi chemin entre Londres et Letchworth. Je m’y suis rendu il y a 22 ans en scooter depuis le Pays Basque, et Welwyn m’est apparue comme une ville de la taille de Bayonne, et même population, avec à peu près la même surface construite et beaucoup plus d’espace consacrée à l’agriculture pour la nourrir, sans jamais se rendre compte qu’on est en ville, c’est troublant car toutes les fonctions de la ville sont là, tout en ayant l’impression d’être dans un village anglais avec un soupçon de verticalité en plus au fur et à mesure qu’on se dirige vers le cœur de la ville.

      En complément de des trois là, je recommanderais Friedrich Hundertwasser, peintre autrichien qui a imaginé des villes ou des quartiers qui ont été bâtis par des architectes après sa mort, avec des formes magnifiques et inédites, des toitures vegetalisées, ressemblant à des collines, des « arbres locataires » jaillissant des toits ou des fenêtres, des portes, des milliers, et des encadrements de fenêtres insolents de couleurs, des cours intérieures enveloppant des écoles ou des crèches et qu’on peut visiter dans des douzaines de villes autrichiennes, suisses, ou allemandes.

      Encore Franck Lloyd Wright, architecte de génie du bioclimatisme pendant pratiquement huit décennies, notamment, mais l’un des pires théoriciens de l’urbanisme et de l’étalement urbain, qu’il faut lire pour savoir ce qu’il ne faut pas faire 😉 mais dont l’œuvre architecturale doit nous inspirer pour nos villages urbains qui doivent être conçues comme des œuvres d’art que l’on vient visiter et non comme des quartiers monotones et déclinés à l’infini selon la pensée de « l’architecture moderne » de le Corbusier, d’abord dans tous les régimes productivistes autoritaires ou totalitaires de la planète des années 30 à 60, puis dans le reste du monde, sans savoir si vous vous trouvez dans une cité industrielle à Birmingham ou Pittsburgh, Buenos Aires ou Varsovie, en banlieue de Madrid ou de Bratislava, de Sarcelles ou de Turin, de Détroit ou de Toyota, de la banlieue ouvrière de Bilbao, ou soixante ans plus tard celle de Shenzen.

      L’art de bâtir des villes c’est aujourd’hui imaginer des « car free cities » comme celles imaginées par J.H. Crawford, ou encore comprendre les mécanismes décrits par Andres Duany, et Elizabeth Plater Zyberk, dans « suburban nation » ou James Howard Kunstler « geography of nowhere » ou encore ceux qui décrivent dans « fortress America » ou dénoncent des « gated communities » les communautés fermés, l’Amérique suburbaines et la géographie de nulle part que les français reproduisaient plus ou moins en les adaptant à la geographie plus réduite d’un urbanisme commercial délirant, une artificialisation et imperméabilisation des sols notamment dans des friches industrielles ou des zones humides en s’étalant à perte de vue.

      Jane Jacobs, journaliste et sociologue résident à Greenwich village à Manhattan, avait en 1961 un désaccord avec Ebenezer Howard (1895), sur le modèle des garden cities. Mais poussée à l’exil à Toronto au Canada pour que ses enfants ne soient pas envoyés au massacre dans la guerre du Vietnam, elle a commencé à nuancer sa position sur les cités jardins surtout depuis les progrès des matériaux, des formes constructives, des techniques bioclimatiques, et en rajoutant un minimum de compacité et de densité raisonnée aux théories d’Ebenezer Howard. Si on y rajoute l’art des places, des marchés, des halles, des rues, et les toitures végétalisées d’hundertwasser, de la ré-irruption de l’art, depuis le mobilier urbain, l’éclairage, les bancs, les jardins, les terrasses, les balcons, patios, rue intérieures, on aboutit à la pensée d’Herrikopolis d’Iker Zabalzagarai, mais ça, il vous faudra attendre encore un an ou deux pour la voir se décliner, avec d’autres dimensions que sont l’art de bâtir des villes qualitatives accessibles à tous, à faible empreinte écologique. 😉

      https://pin.it/rxbvbpwi6yabzt

    • Et toujours un commentaire intelligent (je vais inviter l’autrice !) :

      il est frappant de voir que Jane Jacobs [qui avant de s’illustrer par la publication de son livre, était une militante écologiste qui avait livré un combat titanesque pour empêcher, avec succès, la création d’une autoroute urbaine à travers Manhattan, devant littéralement couper la ville en deux] n’a consacré que de manière plus qu’anecdotique, une seule référence au tramway (et encore elle parlait d’un tramway à cheval datant du début du siècle) et deux passages au métro, sans référence aucune à celui ci en terme de mobilité mais en terme de stations dans le paysage.

      J’adore le livre de jane jacobs au point de l’avoir numérisé et de l’avoir toujours sur moi, afin d’y faire référence dans les débats ou les conversations… et d’y faire des recherches en texte intégral.
      J’avais un doute sur le transport, mais non effectivement elle parle du bâti et de la ville, et quasiment pas des mobilités en dehors des voitures.

      Il faut préciser qu’à cette époque là, la question du métro ne se pose plus, l’essentiel du réseau new yorkais est déjà bâti, et les aménagements ne s’y font plus qu’à la marge.

      Le problème se pose en de tout autre termes dans les villes existantes dont le réseau existant est saturé, ou considéré comme obsolète, et que les autorités envisagent d’en construire un nouveau.

      Dans ma ville, et l’agglomération bayonnaise, on est en train de construire pour cette année un réseau innovant de trambus électrique (indépendant des caténairs et des voies sur rails dédiés des tramway) dont la recharge par induction se fera à chacune des stations. C’est une première mondiale, et de plus le trambus est construit en Pays Basque sud, à cinquante kilomètres à vol d’oiseau de chez nous… par une société coopérative ouvrière de production.

      Mais chaque construction d’un système de transport offre un certain nombre de désagréments, on défait des aménagements paysagers et urbains pour en reconstruire d’autres. Et le temps de la transition est douloureux. Et les travaux éprouvant, ce qui est le cas chez nous actuellement, où ça culmine en terme d’exaspération.

      L’urbanisme sous-terrain n’est quasiment évoqué par aucun des auteurs que je t’ai cité en amont.

      C’est pourtant une des pistes les plus intéressantes pour certains types d’activités, quoi qu’à mon tour je préfère plutôt les mobilités de surface, ou plus encore, les mobilités suspendues, qui peuvent s’affranchir des routes, des ponts, des rivières ou marécages, des baies et des collines…

      Ainsi un métro coûte environ 50 millions d’euros le kilomètre, contre 25 millions pour un tramway, 10 millions pour un trambus ou un système d’autobus en site propre, mais « à peine » 5 millions pour un sytème de téléphérique urbain.

      Avec un téléphérique urbain, pour le même prix qu’un métro, on peut irriguer dix fois plus un système de mobilité et toucher les périphéries, où les quartiers difficiles à desservir par un système conventionnel du fait d’une densité de population insuffisante.

      Mais chaque système a ses avantages et ses inconvénients.

      Il est étonnant de voir que le trambus bayonnais entre Bayonne-Anglet-Biarritz (et quelques communes de proximité) reprend le tracé du tramway ancien, d’abord à cheveaux, ensuite électrifié, qui prévalait avant ma naissance, remplacé par un système de bus jugé alors plus performant.

      On ne cesse de faire et de défaire puis de refaire des choses, même si les technologies ont considérablement évoluées entre temps.


  • #vietnam #fintech in a Flash — Part I: Comprehending Vietnam’s Financial Technology Landscape
    https://hackernoon.com/vietnam-fintech-in-a-flash-part-i-comprehending-vietnams-financial-techn

    Vietnam Fintech in a Flash — Part I: Grasping Vietnam’s Financial Technology LandscapeNOTE: This article series was inspired by the book Fintech in a Flash: Financial Technology Made Easy by Agustin Rubini. A great read for anyone who looks to explore the potential of the fintech industry and its current state!NOTE 2: Thank you Huy Nghiem of Hello from Finhay for advising me on this series! For those who don’t know them yet, Finhay is a robo-advisory service for Vietnamese millennials to easily invest in financial products, starting with mutual funds. They’ve been invested by Australia-based H2 Ventures.“In its broadest sense, we define fintechs as high-growth organisations combining innovative business models and technology to enable, enhance and disrupt FS. This definition is not restricted (...)

    #vietnam-cryptocurrency #vietnam-financial #vietnam-fintech


  • Quoi qu’il en soit, Trump ne quittera pas la Syrie et l’Afghanistan Stephen Gowans - 2 Janvier 2019 - Investigaction
    https://www.investigaction.net/fr/117672

    Il ne fait que transférer le fardeau sur les alliés et compter davantage sur les mercenaires

    Le retrait annoncé des troupes américaines de #Syrie et la diminution des troupes d’occupation en #Afghanistan ne correspondent très probablement pas à l’abandon par les #États-Unis de leurs objectifs au #Moyen-Orient, mais bien plutôt à l’adoption de nouveaux moyens pour atteindre les buts que la politique étrangère américaine vise depuis longtemps. Plutôt que de renoncer à l’objectif américain de dominer les mondes arabe et musulman par un système colonialiste et une occupation militaire directe, le président #Donald_Trump ne fait que mettre en œuvre une nouvelle politique – une politique basée sur un transfert plus important du fardeau du maintien de l’#Empire sur ses alliés et sur des soldats privés financés par les monarchies pétrolières.

    Le modus operandi de Trump en matière de relations étrangères a été constamment guidé par l’argument que les alliés des États-Unis ne parviennent pas à peser leur poids et devraient contribuer davantage à l’architecture de la sécurité américaine. Recruter des alliés arabes pour remplacer les troupes américaines en Syrie et déployer des #mercenaires (appelés par euphémisme des fournisseurs de sécurité) sont deux options que la Maison-Blanche examine activement depuis l’année dernière. De plus, il existe déjà une importante présence alliée et mercenaire en Afghanistan et le retrait prévu de 7000 soldats américains de ce pays ne réduira que marginalement l’empreinte militaire occidentale.

    Le conflit entre le secrétaire américain à la Défense #Jim_Mattis et Trump quant à leurs visions du monde est perçu à tort comme l’expression d’opinions contradictoires sur les objectifs américains plutôt que sur la manière de les atteindre. Mattis privilégie la poursuite des buts impériaux des États-Unis par la participation significative de l’armée américaine tandis que Trump favorise la pression sur les alliés pour qu’ils assument une plus grande partie du fardeau que constitue l’entretien de l’empire américain, tout en embauchant des fournisseurs de sécurité pour combler les lacunes. Le but de Trump est de réduire la ponction de l’Empire sur les finances américaines et d’assurer sa base électorale, à qui il a promis, dans le cadre de son plan « #America_First », de ramener les soldats américains au pays.

    Fait significatif, le plan de Trump est de réduire les dépenses des activités militaires américaines à l’étranger, non pas comme fin en soi mais comme moyen de libérer des revenus pour l’investissement intérieur dans les infrastructures publiques. De son point de vue, les dépenses pour la république devraient avoir la priorité sur les dépenses pour l’#Empire. « Nous avons [dépensé] 7 mille milliards de dollars au Moyen-Orient », s’est plaint le président américain auprès des membres de son administration. « Nous ne pouvons même pas réunir mille milliards de dollars pour l’infrastructure domestique. »[1] Plus tôt, à la veille de l’élection de 2016, Trump se plaignait que Washington avait « gaspillé 6 trillions de dollars en guerres au Moyen-Orient – nous aurions pu reconstruire deux fois notre pays – qui n’ont produit que plus de terrorisme, plus de mort et plus de souffrance – imaginez si cet argent avait été dépensé dans le pays. […] Nous avons dépensé 6 trillions de dollars, perdu des milliers de vies. On pourrait dire des centaines de milliers de vies, parce qu’il faut aussi regarder l’autre côté. » [2]

    En avril de cette année, Trump « a exprimé son impatience croissante face au coût et à la durée de l’effort pour stabiliser la Syrie » et a parlé de l’urgence d’accélérer le retrait des troupes américaines. [3] Les membres de son administration se sont empressés « d’élaborer une stratégie de sortie qui transférerait le fardeau américain sur des partenaires régionaux ». [4]

    La conseiller à la Sécurité nationale, #John_Bolton, « a appelé Abbas Kamel, le chef par intérim des services de renseignement égyptiens pour voir si le Caire contribuerait à cet effort ». [5] Puis l’#Arabie_ saoudite, le #Qatar et les Émirats arabes unis ont été « approchés par rapport à leur soutien financier et, plus largement, pour qu’ils contribuent ». Bolton a également demandé « aux pays arabes d’envoyer des troupes ». [6] Les satellites arabes ont été mis sous pression pour « travailler avec les combattants locaux #kurdes et arabes que les Américains soutenaient » [7] – autrement dit de prendre le relais des États-Unis.

    Peu après, #Erik_Prince, le fondateur de #Blackwater USA, l’entreprise de mercenaires, a « été contactée de manière informelle par des responsables arabes sur la perspective de construire une force en Syrie ». [8] À l’été 2017, Prince – le frère de la secrétaire américaine à l’Éducation #Betsy_De_Vos – a approché la Maison Blanche sur la possibilité de retirer les forces étasuniennes d’Afghanistan et d’envoyer des mercenaires combattre à leur place. [9] Le plan serait que les monarchies pétrolières du golfe Persique paient Prince pour déployer une force mercenaire qui prendrait la relève des troupes américaines.

    En avril, Trump a annoncé : « Nous avons demandé à nos partenaires d’assumer une plus grande responsabilité dans la sécurisation de leur région d’origine. » [10] La rédaction en chef du Wall Street Journal a applaudi cette décision. Le plan de Trump, a-t-il dit, était « la meilleure stratégie » – elle mobiliserait « les opposants régionaux de l’Iran », c’est-à-dire les potentats arabes qui gouvernent à la satisfaction de Washington en vue du projet de transformer « la Syrie en un Vietnam pour l’Ayatollah ». [11]

    En ce moment, il y a 14 000 soldats américains reconnus en Afghanistan, dont la moitié, soit 7 000, seront bientôt retirés. Mais il y a aussi environ 47 000 soldats occidentaux dans le pays, y compris des troupes de l’#OTAN et des mercenaires (14 000 soldats américains, 7 000 de l’OTAN [12] et 26 000 soldats privés [13]). Diviser la contribution étasunienne de moitié laissera encore 40 000 hommes de troupes occidentales comme force d’occupation en Afghanistan. Et la réduction des forces américaines peut être réalisée facilement en engageant 7000 remplaçants mercenaires, payés par les monarques du golfe Persique. « Le retrait », a rapporté The Wall Street Journal, « pourrait ouvrir la voie à un plus grand nombre d’entrepreneurs privés pour assumer des rôles de soutien et de formation », comme le souligne « la campagne de longue date d’Erik Prince ». Le Journal a noté que le frère de la secrétaire à l’Éducation « a mené une campagne agressive pour convaincre M. Trump de privatiser la guerre ». [14]

    La démission de Mattis a été interprétée comme une protestation contre Trump, qui « cède un territoire essentiel à la Russie et à l’Iran » [15] plutôt que comme un reproche à Trump de se reposer sur des alliés pour porter le fardeau de la poursuite des objectifs étasuniens en Syrie. La lettre de démission du secrétaire à la Défense était muette sur la décision de Trump de rapatrier les troupes américaines de Syrie et d’Afghanistan et insistait plutôt sur « les alliances et les partenariats ». Elle soulignait les préoccupations de Mattis sur le fait que le changement de direction de Trump n’accordait pas suffisamment d’attention au « maintien d’alliances solides et de signes de respect » à l’égard des alliés. Alors que cela a été interprété comme un reproche d’avoir abandonné le fer de lance américain en Syrie, les Kurdes, Mattis faisait référence aux « alliances et aux partenariats » au pluriel, ce qui indique que ses griefs vont plus loin que les relations des États-Unis avec les Kurdes. Au contraire, Mattis a exprimé des préoccupations cohérentes avec une plainte durable dans le milieu de la politique étrangère américaine selon laquelle les efforts incessants de Trump pour faire pression sur ses alliés afin qu’ils supportent davantage le coût du maintien de l’Empire aliènent les alliés des Américains et affaiblissent le « système d’alliances et de partenariats » qui le composent. [16]

    L’idée, aussi, que la démission de Mattis est un reproche à Trump pour l’abandon des Kurdes, est sans fondement. Les Kurdes ne sont pas abandonnés. Des commandos britanniques et français sont également présents dans le pays et « on s’attend à ce qu’ils restent en Syrie après le départ des troupes américaines ». [17] Mattis semble avoir été préoccupé par le fait qu’en extrayant les forces américaines de Syrie, Trump fasse peser plus lourdement le poids de la sécurisation des objectifs étasuniens sur les Britanniques et les Français, dont on ne peut guère attendre qu’ils tolèrent longtemps un arrangement où ils agissent comme force expéditionnaire pour Washington tandis que les troupes américaines restent chez elles. À un moment donné, ils se rendront compte qu’ils seraient peut-être mieux en dehors de l’alliance américaine. Pour Mattis, soucieux depuis longtemps de préserver un « système global d’alliances et de partenariats » comme moyen de « faire progresser un ordre international le plus propice à la sécurité, à la prospérité et aux valeurs [des États-Unis], le transfert du fardeau par Trump ne parvient guère à « traiter les alliés avec respect » ou à « faire preuve d’un leadership efficace », comme Mattis a écrit que Washington devrait le faire dans sa lettre de démission.

    Le président russe #Vladimir_Poutine a accueilli l’annonce de Trump avec scepticisme. « Nous ne voyons pas encore de signes du retrait des troupes américaines », a-t-il déclaré. « Depuis combien de temps les États-Unis sont-ils en Afghanistan ? Dix-sept ans ? Et presque chaque année, ils disent qu’ils retirent leurs troupes. » [18] Le #Pentagone parle déjà de déplacer les troupes américaines « vers l’#Irak voisin, où environ 5000 soldats étasuniens sont déjà déployés », et qui ‘déferleront’ en Syrie pour des raids spécifiques ». [19] Cette force pourrait aussi « retourner en Syrie pour des missions spéciales si des menaces graves surgissent » [20] ce qui pourrait inclure les tentatives de l’armée syrienne de récupérer son territoire occupé par les forces #kurdes. De plus, le Pentagone conserve la capacité de continuer de mener des « frappes aériennes et de réapprovisionner les combattants kurdes alliés avec des armes et du matériel » depuis l’Irak. [21]

    Trump n’a jamais eu l’intention d’apporter à la présidence une redéfinition radicale des objectifs de la politique étrangère américaine, mais seulement une manière différente de les atteindre, une manière qui profiterait de ses prouesses autoproclamées de négociation. Les tactiques de négociation de Trump n’impliquent rien de plus que de faire pression sur d’autres pour qu’ils paient la note, et c’est ce qu’il a fait ici. Les Français, les Britanniques et d’autres alliés des Américains remplaceront les bottes étasuniennes sur le terrain, avec des mercenaires qui seront financés par les monarchies pétrolières arabes. C’est vrai, la politique étrangère des États-Unis, instrument pour la protection et la promotion des profits américains, a toujours reposé sur quelqu’un d’autre pour payer la note, notamment les Américains ordinaires qui paient au travers de leurs impôts et, dans certains cas, par leurs vies et leurs corps en tant que soldats. En tant que salariés, ils ne tirent aucun avantage d’une politique façonnée par « des #élites_économiques et des groupes organisés représentant les intérêts des entreprises », comme les politologues Martin Gilens et Benjamin I. Page l’ont montré dans leur enquête de 2014 portant sur plus de 1700 questions politiques américaines. Les grandes entreprises, concluaient les chercheurs, « ont une influence considérable sur la politique gouvernementale, tandis que les citoyens moyens et les groupes fondés sur les intérêts des masses n’ont que peu d’influence ou pas d’influence du tout ». [22] Autrement dit, les grandes entreprises conçoivent la politique étrangère à leur avantage et en font payer le coût aux Américains ordinaires. 

    C’est ainsi que les choses devraient être, selon Mattis et d’autres membres de l’élite de la politique étrangère américaine. Le problème avec Trump, de leur point de vue, est qu’il essaie de transférer une partie du fardeau qui pèse actuellement lourdement sur les épaules des Américains ordinaires sur les épaules des gens ordinaires dans les pays qui constituent les éléments subordonnés de l’Empire américain. Et alors qu’on s’attend à ce que les alliés portent une partie du fardeau, la part accrue que Trump veut leur infliger nuit est peu favorable au maintien des alliances dont dépend l’Empire américain. 

    Notes :
    1. Bob Woodward, Fear : Trump in the White House, (Simon & Shuster, 2018) 307.

    2. Jon Schwarz, “This Thanksgiving, I’m Grateful for Donald Trump, America’s Most Honest President,” The Intercept, November 21, 2018.

    3. Michael R. Gordon, “US seeks Arab force and funding for Syria,” The Wall Street Journal, April 16, 2018.

    4. Gordon, April 16, 2018.

    5. Gordon, April 16, 2018.

    6. Gordon, April 16, 2018.

    7. Gordon, April 16, 2018.

    8. Gordon, April 16, 2018.

    9. Michael R. Gordon, Eric Schmitt and Maggie Haberman, “Trump settles on Afghan strategy expected to raise troop levels,” The New York Times, August 20, 2017.

    10. Gordon, April 16, 2018.

    11. The Editorial Board, “Trump’s next Syria challenge,” The Wall Street Journal, April 15, 2018.

    12. Julian E. Barnes, “NATO announces deployment of more troops to Afghanistan,” The Wall Street Journal, June 29, 2017.

    13. Erik Prince, “Contractors, not troops, will save Afghanistan,” The New York Times, August 30, 2017.

    14. Craig Nelson, “Trump withdrawal plan alters calculus on ground in Afghanistan,” The Wall Street Journal, December 21, 2018.

    15. Helene Cooper, “Jim Mattis, defense secretary, resigns in rebuke of Trump’s worldview,” The New York Times, December 20, 2018.

    16. “Read Jim Mattis’s letter to Trump : Full text,” The New York Times, December 20, 2018.

    17. Thomas Gibbons-Neff and Eric Schmitt, “Pentagon considers using special operations forces to continue mission in Syria,” The New York Times, December 21, 2018.

    18. Neil MacFarquhar and Andrew E. Kramer, “Putin welcomes withdrawal from Syria as ‘correct’,” The New York Times, December 20, 2018.

    19. Thomas Gibbons-Neff and Eric Schmitt, “Pentagon considers using special operations forces to continue mission in Syria,” The New York Times, December 21, 2018.

    20. Gibbons-Neff and Schmitt, December 21, 2018.

    21. Gibbons-Neff and Schmitt, December 21, 2018.

    22. Martin Gilens and Benjamin I. Page, “Testing Theories of American Politics : Elites, Interest Groups, and Average Citizens,” Perspectives on Politics, Fall 2014.
    Traduit par Diane Gilliard
    Source : https://gowans.wordpress.com/2018/12/22/no-matter-how-it-appears-trump-isnt-getting-out-of-syria-and-afgha


  • 27 - 31 décembre 1969, le Weather Underground entre en clandestinité
    https://nantes.indymedia.org/articles/44017

    Après la dissolution en 1969 de la plus grosse organisation étudiante de lutte contre la guerre au Vietnam des États-unis, la SDS, une partie de la jeunesse blanche se solidarise des luttes Tiers-mondistes. Ils forment une organisation clandestine soutenue par une importante organisation officielle et popularise le slogan Bring the war home ! [1]. Le documentaire qui suit intitulé « The Weather Underground » permet de recadrer la lutte armée aux USA dans le contexte général des luttes dans lequel elle s’inscrivait.

    #Archives #d'amérique #etats-unis


  • #Populisme aux #Philippines : « Duterte est un cas d’école » - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2018/12/21/populisme-philippines-duterte-cas-ecole

    Plus de 12 000 morts dans sa « Guerre contre la drogue », un goût pour la vulgarité, une misogynie affichée et des accointances avec Donald Trump… Aux Philippines, Rodrigo Duterte fait figure de stéréotype parmi les populistes asiatiques. Comme Thaksin Shinawatra en Thaïlande, Imran Khan au Pakistan ou Mahinda Rajapaksa au Sri Lanka… J.-W. Müller définit ainsi le populisme : l’attachement d’un dirigeant à se considérer comme le représentant du « vrai peuple ». À l’évidence, c’est l’un des phénomènes politiques dominants aujourd’hui en Asie. Entretien avec David Camroux, enseignant-chercheur à Sciences Po et à l’Université nationale du Vietnam.


  • Can Facebook Ads Tell Us Which Asian Country Is Most #crypto-Crazy?
    https://hackernoon.com/can-facebook-ads-tell-us-which-asian-country-is-most-crypto-crazy-6dc4b9

    Can Facebook Tell Us Which Asian Country Is Most Crypto-Crazy?As a marketer in the crypto/blockchain space, I’m fascinated by how similar and yet different crypto #marketing and “traditional” digital marketing are. I’ve been particularly interested in the reaction in Asia to the crypto craze, so when Facebook threw a few bucks in free #advertising credits my way, I thought: “How can I use Facebook to test crypto interest in Asia?” With that goal, I promoted a recent article about decentralized exchanges — “The Paradox of Decentralized Exchanges: Many Projects, Few Users” — targeted at 18+ year olds in China, South Korea, Japan, Singapore, Vietnam, Hong Kong, Indonesia, Malaysia, Laos, Cambodia, Thailand, Taiwan, Philippines, and Myanmar, and who show an interest in cryptocurrency as a topic.Facebook (...)

    #facebook-ads #blockchain


  • Encore une compilation de musique politiquement engagée, un coffret de 4 CDs même, prévu pour février 2019, produit par le Smithonian Institute:

    The Social Power of Music
    https://folkways.si.edu/the-social-power-of-music

    From parties to protests to prayer, music is a powerful catalyst for celebration, for change, and for a sense of community. Through making music together, we become bigger than ourselves. Whether singing with our families and friends or with thousands of strangers in an arena, music transforms lives, engages individuals, and connects local and global communities. The Social Power of Music chronicles the vivid, impassioned, and myriad ways in which music binds, incites, memorializes, and moves groups of people. This richly illustrated 124-page book, with 80+ tracks on 4 CDs, invites listeners into musical practices, episodes, and movements throughout the U.S. and beyond. These songs of struggle, devotion, celebration, and migration remind us that music has the potential to change our world.

    Countries: Algeria; Angola; Argentina; Brazil; Chile; Congo-Brazzaville; Denmark; Dominican Republic; France; Greece; Indonesia; Italy; Korea, South; Lebanon; Mexico; Nicaragua; Poland; Puerto Rico; Republic of Kosovo; Scotland; South Africa; Thailand; Turkey; United Kingdom; United States; Vietnam

    101 We Shall Overcome The Freedom Singers 2:09
    102 This Land is Your Land Woody Guthrie 2:48
    103 De colores ([Made] of Colors) Baldemar Velásquez, Aguila Negra 3:02
    104 Union Maid Bobbie McGee 2:13
    105 If I Had a Hammer Pete Seeger 1:54
    106 Reclaim the Night Peggy Seeger 4:33
    107 Estoy aquí (I Am Here) Quetzal 5:21
    108 Deportees (Plane Wreck at Los Gatos) Sammy Walker 4:57
    109 We Are the Children Chris Kando Iijima, Joanne Nobuko Miyamoto, Charlie Chin 2:55
    110 I Woke Up This Morning Fannie Lou Hamer 2:36
    111 I Feel Like I’m Fixin’ to Die Country Joe McDonald 2:59
    112 El pobre sigue sufriendo (The Poor Keep On Suffering) Andrés Jiménez 3:26
    113 Ballad of the ERA Kristin Lems 4:11
    114 Where Have All the Flowers Gone? Pete Seeger 2:06
    115 Blowing in the Wind The New World Singers 2:32
    116 Quihubo raza (What’s Happening, People) Agustín Lira and Alma 3:50
    117 Solidarity Forever Jim Jackson 2:30
    118 Joe Hill Paul Robeson 3:00
    119 Joaquin Murrieta Rumel Fuentes 3:35
    120 Which Side Are You On? The Almanac Singers 2:10
    121 Legal/Illegal Ewan MacColl, Peggy Seeger 4:12
    122 It Isn’t Nice Barbara Dane, The Chambers Brothers 4:05

    201 Amazing Grace The Old Regular Baptists 2:44
    202 Come By Here Barbara Dane, The Chambers Brothers 5:33
    203 Will the Circle Be Unbroken The Strange Creek Singers 3:38
    204 Peace in the Valley The Paramount Singers 3:50
    205 Many Eagle Set Sun Dance Song The Pembina Chippewa Singers 2:11
    206 Zuni Rain Dance Members of Zuni Pueblo 4:41
    207 Calvary Shape-note singers at Stewart’s Chapel 1:27
    208 Northfield The Old Harp Singers of Eastern Tennessee 1:58
    209 The Call to Prayer / Adhān Ahmad Al Alawi 2:10
    210 Zikr (excerpt) Sheikh Xhemail Shehu, members of the Prizren Rifa’i tekke 2:45
    Audio Player
    211 Buddhist Chants and Prayers Tu Huyen, Hai Phat, Tam Thu, Hai Dat 4:34
    212 Kol Nidre Cantor Abraham Brun 5:05
    213 Dayeinu Raasche, Alan Mills 1:47
    214 Night Chant Sandoval Begay 2:12
    215 Hark, Hark Carolers from the Black Bull, Ecclesfield, UK 3:11
    216 Swing Low, Sweet Chariot The Princely Players 2:47
    217 The Old Rugged Cross The Paschall Brothers 5:17
    218 Madre de Dolores (Mother of Sorrows) Hermanos de la Morada de Nuestra Señora de Dolores del Alto 2:56
    219 San Miguel (Saint Michael) Francia Reyes 4:11
    220 I’ll Fly Away Rose Maddox 2:32

    301 Party Down at the Blue Angel Club Clifton Chenier and His Red Hot Louisiana Band 4:51
    302 San Antonio Rose Los Reyes de Albuquerque 2:38
    303 Jolie blonde (Pretty Blonde) Austin Pitre 2:47
    304 Shake Your Moneymaker John Littlejohn 4:19
    305 Beer-Drinking Polka Flaco Jiménez, Max Baca 2:25
    306 In Heaven There Is No Beer The Goose Island Ramblers 2:32
    307 SAM (Get Down) Sam Brothers Five 4:10
    308 Golden Slippers / The Butterfly Whirl Lester Bradley and Friends 4:31
    309 Sligo Indians / Paddy Clancy’s / Larry Redican’s / The Rambling Pitchfork Tony DeMarco 4:21
    310 La entrega de los novios (The Delivery of the Newlyweds) Lorenzo Martínez 3:46
    311 Rock Dance Song (Cree/Metis) The Pembina Chippewa Singers 2:20
    312 Pow Wow Song Chippewa Nation 2:52
    313 Mary Mack Lilly’s Chapel School, Alabama 1:58
    314 Johnny Cuckoo Janie Hunter and children at home 1:15
    315 Rooster Call John Henry Mealing and group 4:00
    316 Joy to the World Elizabeth Mitchell 3:06
    317 Oylupnuv Obrutch (The Broken Hoop Song) The Golden Gate Gypsy Orchestra 2:01
    318 Liberty Funeral March The Liberty Brass Band 4:51
    319 Junkanoos #1 Key West Junkanoo Band 3:07
    320 The Star Spangled Banner Unknown orchestra 1:16
    321 Mardi Gras Medley (excerpt) ReBirth Jazz Band 4:33

    401 Viva la Quince Brigada (Long Live the 15th Brigade) Pete Seeger 3:04
    402 Bella ciao (Goodbye Beautiful) Singers of the “Bella Ciao” production of Spoleto 1:35
    403 A desalambrar (Tear Down the Fences) Expresión Joven 5:07
    404 Muato mua N’Gola (Women of Angola) Lilly Tchiumba 2:34
    405 Un gigante que despierta (An Awakening Giant) Luis Godoy, Grupo Mancotal 4:03
    406 Hasret (Longing) Melike Demirag 3:10
    407 Prisioneros somos (We Are All Prisoners) Suni Paz 2:19
    408 Funeral do lavrador (Funeral of a Worker) Zelia Barbosa 1:59
    409 Izakunyatheli Afrika Verwoerd (Africa is Going to Trample on You, Verwoerd) South African refugees in Tanganyika 1:52
    410 The Boy with the Sunlit Smile Mikis Theodorakis 2:48
    411 Hidup di Bui (Life in Jail) Gambang Kromong Slendang Betawi, Kwi Ap 5:34
    412 Man and Buffalo (Kon Gap Kwai) Caravan 3:40
    413 Why Need We Cry? Cantor Abraham Brun 2:32
    414 El palomo (The Dove) Grupo Raíz 4:06
    415 Hvem sidder dér bag skærmen (The Roadmaker) Inger Nielsen 3:08
    416 Mon’ etu ua Kassule Musician supporters of the MPLA 5:35
    417 Le temps des cerises (Cherry Blossom Time) Yves Montand 4:37
    418 Chongsun Arirang Singer from Central Korea 4:03
    419 The Passport Marcel Khalifé 9:23
    420 Inno della Resistenza (Hymn of the Resistance) Choir of FLN fighters 1:28

    #Musique #Musique_et_politique


  • Les paysages de rizières et leur évolution récente dans le delta du #fleuve_Gianh

    À partir des missions de terrain réalisées en 2015 et 2016, une question spécifique de recherche s’est progressivement construite sur le paysage du delta du fleuve Gianh (Province de Quang Binh, Centre du Vietnam). Depuis 1986 et la politique de renouveau du pays, la libéralisation économique et l’ouverture du Vietnam entraînent le remplacement des types d’utilisation du sol dans les espaces agricoles par des zones industrielles, commerciales et résidentielles. Les populations et les activités agricoles étant majoritairement installées dans la zone exposée aux #risques d’#inondation, les cartes de l’aléa d’inondation sont réalisées pour la prévention des inondations et pour aider à la mise en œuvre des mesures de protection. Celles-ci ont pour objectif de réduire la vulnérabilité des personnes et des biens, ainsi que d’aider les décisions d’aménagement et de développement du territoire comme par exemple interdire les implantations humaines dans les zones les plus dangereuses. Dans un contexte de croissance démographique, la diminution de la surface agricole donc de la production agricole totale et du nombre d’agriculteurs, a entraîné un problème d’insécurité alimentaire dans le delta. Les changements paysagers, dus à l’extension des constructions urbaines, et la #croissance_démographique, la #déforestation à l’amont du fleuve ou la destruction de la #mangrove pour l’#exploitation_piscicole, entraînent des problèmes environnementaux. Ces dynamiques aggravent les effets des catastrophes climatiques. De tels enjeux doivent guider les orientations des politiques d’aménagement le long du fleuve et dans le delta en particulier.


    https://journals.openedition.org/cybergeo/29826
    #rizières #Vietnam #agriculture #aménagement_du_territoire #urbanisation #cartographie


  • POLEMIQUE Pourquoi le New York Times s’est payé un néo-harkisme ? (I) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/26/polemique-pourquoi-le-new-york-times-sest-paye-un-neo-harkis

    Le « prestigieux » New York Times a publié un article de Kamel Daoud,le 15 octobre 2018 (1). À ce sujet, deux choses sont à préciser. Ce n’est pas la personnalité de Kamel Daoud qui sera examinée ici (le titre de cette contribution parle de néo-harkisme et non de néo-harki), ni son œuvre littéraire, mais uniquement les « arguments » contenus dans son article ; en outre, la présente contribution s’adresse prioritairement aux personnes (et non aux trolls, rétribués ou non) qui, de bonne foi, croient que certaines idées de K. Daoud sont bénéfiques au peuple algérien.

    DE LA GUERRE
    À l’auteur qui examine les déclarations publiques de Kamel Daoud, certains reprochent une « obsession » et un « acharnement » concernant cette personne. Pourquoi ne s’agirait-il pas, au contraire, de l’obsession et de l’acharnent de ce dernier à évoquer le thème de la guerre de libération nationale ? Son article sur le NYT ne s’intitule-t-il pas : « Ma guerre avec la guerre d’Algérie » ?

    Et pourquoi le choix de ce jeu de mots ? N’est-il pas un banal procédé rhétorique qui fait bien « sonner » les mots pour impressionner ?… On connaît la fameuse expression « guerre à la guerre ». Elle est inadéquate et incongrue comme slogan pacifiste. Pour un pacifiste, il ne s’agit pas de faire la guerre à une guerre, mais de mettre fin à toute guerre. Revenons à l’expression employée par K. Daoud. Ne serait-il pas plus pertinent, plus raisonnable de dire plutôt : Paix avec la guerre d’Algérie ?… En effet, K. Daoud déclare dans son article : « Tout ce que j’entendis alors a créé en moi, comme dans l’esprit de beaucoup de personnes de mon âge, une saturation qui provoqua le rejet. » Dès lors, ces deux résultats sont-ils surmontables par la « guerre » à la guerre, ou, au contraire, par la paix ?… Autrement dit par la résilience ?

    DES IDÉES QUI DÉRANGENT, MAIS QUI ?
    D’autres lecteurs ont exprimé leur admiration pour K.Daoud parce qu’il « dérange » les idées officielles étatiques

    Est-il certain que la critique de la version étatique suffit pour considérer un auteur utile à la clarification des idées et des conceptions ?… En effet, on peut critiquer la propagande officielle étatique dans deux buts différents : le premier est pour défendre les intérêts du peuple, dominé et exploité par les dirigeants de l’État en question. Est-ce la cas chez K. Daoud ?

    Dans son article, il déclare : « Mes engagements en Algérie se préoccupent plus des libertés individuelles, d’un régime incapable de transition et de la montée de l’islamisme. » Certes, ces problèmes existent et exigent des solutions. Mais l’Algérie n’a-t-elle pas, également, d’autres problèmes ?… Le peuple n’est-il pas exploité et dominé par une oligarchie, en partie étatique, en partie privée, aux intérêts convergents ? Les associations citoyennes collectives, notamment les syndicats, ne sont-ils pas empêchés dans l’exercice de leurs droits légitimes ?… Ceci à l’intérieur. Et, concernant l’extérieur, n’y a-t-il pas une triple menace néo-coloniale française-impérialiste U.S.-sioniste israélienne ? Et, cela, parce que les dirigeants étatiques algériens, bien que anti-démocratiques à l’intérieur, manifestent cependant une indépendance nationale tout à l’opposé des régimes arabes soumis aux puissances néo-coloniales (anglaise et française), impérialiste états-unienne et sioniste israélienne ?

    Dès lors, se limiter à évoquer les « libertés individuelles », le « régime incapable de transition » et la « montée de l’islamisme », est-ce suffisant pour décrire les problèmes qui affligent l’Algérie ?… Ces arguments, bien que pertinents, ne sont-ils pas des arbres qui cachent la forêt ?… En effet, les thèmes évoqués par K. Daoud ne sont-ils pas ceux habituels de la propagande néo-coloniale-impérialiste-sioniste ?… N’est-ce pas par celle-ci que furent et demeurent justifiées les agressions militaires contre l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Iran ?… Dès lors, le contenu des « engagements » formulé par K. Daoud, qui dérange-t-il ?… Seulement le « régime » algérien et « l’islamisme » ?… Plus loin, nous examinerons la pertinence des trois aspects des « engagements » de K. Daoud.

    RECONNAISSANCE
    Considérons ce que certains commentaires (trolls ?) définissent comme « réussite » professionnelle et « reconnaissance » du « monde » envers K. Daoud.

    Ce « monde », c’est qui concrètement ?… Est-ce celui des personnes et des associations citoyennes (algériennes ou étrangères) qui combattent réellement pour un monde sans agressions étrangères, sans dictatures internes, un monde où liberté et solidarité humaines se conjuguent et se complètent ?… Le New York Times est-il le journal qui exprime et défend ces combats ?… N’est-il pas, au contraire, la propriété de membres de l’oligarchie états-unienne, et, par conséquent, justifie et défend son comportement de gendarme de la planète, pour conserver l’hégémonie impériale sur ses ressources et ses peuples, condition indispensable pour garantir les richesses et le pouvoir de cette oligarchie ?… Alors, comment expliquer la publication de l’article de K. Daoud dans ce journal, si réellement ses « engagements » remettaient en question cette hégémonie impériale ?

    ENCORE DE LA GUERRE, MAIS LAQUELLE ?
    Notons le titre de l’article de K. Daoud dans le NYT : « Ma guerre à la guerre d’Algérie ». De par le monde, y compris l’Algérie, les personnes soucieuses de précision ne parlent pas de « guerre » (d’Algérie, de Viet Nam, de Chine, etc.), mais de guerres de libérationnationale. Seuls les auteurs écrivant dans les médias de propagande impérialiste préfèrent les expressions « guerre du Viêt-Nam », « guerre de Chine » ou « guerre d’Algérie ».

    En effet, ce genre d’expression, en se référant uniquement au terme indiquant le pays, occulte ce qui caractérisa ces guerres : une résistance populaire pour libérer la patrie d’une oppression militaire étrangère. Ainsi, l’on constate que les mots et les expressions ne sont pas innocents, ni le fruit du hasard. Soit l’auteur est un ignorant, et dans ce cas est-il un journaliste et un écrivain dignes de ces qualificatifs ? Soit il sait de quoi il parle, et, alors, son vocabulaire appartient à la propagande impérialiste, et donc manipule et conditionne les lecteurs pour servir les intérêts impérialistes.

    Une expérience éclaire davantage ces observations. Sur le moteur de recherche de Google, j’ai écris d’abord en français : « guerre d’indépendance américaine » ; j’ai obtenu beaucoup de liens. Ensuite, j’ai écrit : « guerre d’Amérique » : aucun ne concernait la guerre d’indépendance des États-Unis. Puis, en anglais, j’ai écris : « independenceamerican war » : j’ai obtenu beaucoup de liens ; en écrivant : « America war » : le premier lien correspondait à ces deux mots, par contre le second fut « america war of independence » (les deux derniers mots en gras). Donc, le moteur de recherche Google, dont les propriétaires font partie de l’oligarchie états-unienne, sait très bien distinguer entre « guerre d’indépendance » des États-Unis et « guerre américaine » (2). Quant à l’encyclopédie en ligne Wikipédia, elle parle de « American Revolutionary War (1775–1783), also known as the American War of Independence ».

    Par contre, les membres de l’oligarchie française commencèrent par parler d’ « événements » d’Algérie, ensuite certains ont fini par prononcer « guerre d’Algérie ». Mais aucun n’a dit, jusqu’à ce jour, pas même le Président Macron, « guerre de libération algérienne » ni « guerre d’indépendance algérienne ». Dès lors, quand K. Daoud parle de « guerre d’Algérie » dans le NYT, son discours et sa conception reflètent quelle vision, et donc position idéologico-politique, autrement dit servent quels intérêts ?… Ceux de la vérité historique ? Ceux du peuple algérien ?

    L’emploi de l’expression « guerre d’Algérie » par K. Daoud, soit elle a été bien réfléchie par un journaliste et écrivain qui sait employer son cerveau correctement, et, alors, elle n’exprime que la formulation impérialiste de ce fait historique ; soit, il s’agit d’une expression pas suffisamment méditée par l’auteur, et, donc, qu’en est-il de l’effort de clarification historico-sociale qui devrait caractériser tout journaliste et écrivain digne de ces attributions ?

    À ce sujet, examinons l’article. K. Daoud déclare : « Je n’ai pas connu la guerre, mais elle a été présente dans mon imaginaire. Par la voie de mes parents et proches et de leurs discussions, et par la voie de l’État : l’école, la télévision, les fêtes officielles et les discours politiques. »

    K. Daoud n’a-t-il donc pas, comme d’autres personnes de son âge, connu ou entendu parler d’aucun authentique combattant (et combattante) de la guerre de libération ? Et n’a-t-il pas lu des témoignages publiés par certains d’autres eux ?

    K. Daoud ajoute :

    « Quand j’étais enfant, l’une des façons de faire rire autour de soi était de moquer les vétérans de guerre et leur propension à exagérer ou inventer leurs faits d’armes passés pour bénéficier de privilèges au présent. On sentait dès l’école qu’il y avait mensonge. Cette intuition était confortée par nos parents qui nous parlaient de faux moudjahidines — de faux anciens combattants — de plus en plus nombreux à réclamer des droits, et aussi par le spectacle des injustices induites par ces droits : accès privilégié au logement et à l’emploi, détaxes, protections sociales spéciales et autre. »

    Décidément, l’enfant K. Daoud n’a entendu parler, de la part de ses « parents » que d’une catégorie de « vétérans de guerre » qui faisaient « rire » par leur « propension à exagérer ou inventer » ou à avoir un « accès privilégié ». Quant aux combattants de la guerre de libération qui ont courageusement affronté les tortures ou la mort et qui, après l’indépendance, ont simplement considéré avoir accompli leur devoir de citoyen désirant sa propre dignité, selon ses dires, K. Daoud n’en a jamais entendu parler de la part de ses parents. Que penser, alors, de ce genre de parents qui, eux, au contraire de leur enfant Kamal, ont connu la guerre de libération nationale ?

    Présenter la guerre de libération nationale algérienne, en l’appelant « guerre d’Algérie », et en la réduisant à des « vétérans » risibles, imposteurs et profiteurs, est-ce acceptable de la part d’une personne définie comme journaliste et romancier (laissons de coté le fait qu’il soit algérien) ?… Considérons à présent le journal NYT. Publierait-il l’article d’un auteur qui se baserait uniquement sur des racontars de parents et de proches ainsi que sur la propagande étatique, pour définir la guerre états-unienne d’indépendance anti-coloniale seulement comme « guerre d’Amérique », avec principalement un ramassis de « vétérans », risibles, imposteurs et profiteurs, parce que l’auteur de l’article n’a connu que ce que ses parents, ses proches et une propagande étatique lui ont dit sur ce fait historique ?

    K. Daoud conclut :

    « Je fais donc partie de cette génération pour qui la mémoire de la guerre d’Algérie — et selon les manuels scolaires, son million et de demi de martyrs algériens — est marquée par la méfiance. Nous avons grandi convaincus qu’il s’agissait désormais d’une rente et non plus d’une épopée. »

    Lire ces mots de la part d’un jeune algérien manquant de culture, d’instruction et de connaissances historiques peut être compréhensible. Mais est-ce le cas quand il s’agit d’une personne qui écrit dans des journaux algériens et new-yorkais, sans parler de la publication de deux romans ?… Sa « méfiance », – légitime -, pourquoi ne l’a-t-elle pas porté à connaître l’histoire réelle, pour distinguer et séparer le vrai du faux, savoir où est la « rente » et où est l’ « épopée » ? où sont les faux et les vrais combattants de la guerre de libération ? Où est la propagande étatique et la vérité historique ?…

    De la part d’un journaliste et écrivain digne de ce nom, ce genre d’étude, de recherche et de discernement ne sont-ils pas une obligation absolue ?… Par conséquent, ne voir qu’un aspect de la guerre de libération, à savoir ses représentants « risibles », imposteurs et profiteurs, autorise-t-il à ignorer et à rejeter l’aspect positif d’épopée que fut la guerre de libération algérienne, comme toute autre guerre de libération nationale, en dépit de ses errements et de ses carences ?… Dès lors, de la part d’un intellectuel, occulter l’aspect positif d’un fait historique, comment le caractériser ?… Ignorance ?…

    Mais, alors, est-on un intellectuel digne de ce nom ? L’autre hypothèse serait de connaître la vérité mais l’occulter. Qui en serait, alors, le bénéficiaire ?… Est-ce la vérité historique ? Est-ce le peuple algérien ? Sont-ce les lecteurs de l’article de K. Daoud ? Ou, plutôt, tous ceux qui veulent ternir, salir, stigmatiser, ridiculiser et s’esclaffer de rire en évoquant la « guerre d’Algérie » (ou toute autre guerre de libération nationale), en la (les) réduisant à des individus imposteurs et profiteurs, parce que, voyez-vous, c’est ce que mes « parents » et mes « proches » m’ont dit. Est-ce ainsi qu’un article doit décrire l’histoire réelle d’un fait historique ?… Il est vrai que le NYT est un journal « prestigieux », pour ceux qui ignorent qu’il est la propriété des membres de l’oligarchie impériale états-unienne. (A suivre)                              Auteur Kaddour Naïmi                                                           http://www.lematindalgerie.com/pourquoi-le-new-york-times-sest-paye-un-neo-harkisme-i ?


  • Viet nam : manifestations sans précédent contre les zones économiques spéciales - OCL - Organisation Communiste Libertaire
    http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2143

    “Pas de terre à louer pour la Chine” : manifestations sans précédent au Viêt Nam contre les zones économiques spéciales

    Début juin (le 10 et le 11) se sont déroulées à travers le pays de multiples manifestations, souvent massives. Elles visaient surtout à protester contre l’intention du gouvernement d’accorder, à des sociétés étrangères opérant dans les zones économiques spéciales, des baux à long terme pouvant aller jusqu’à 99 ans. Présent aussi dans les esprits mais moins sur les affiches et les mots d’ordre des manifestants, le projet de loi qui dès le 1er janvier 2019 modifiera l’accès aux réseaux sociaux.


  • The Complicated Legacy of Stewart Brand’s “Whole Earth Catalog” | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/news/letter-from-silicon-valley/the-complicated-legacy-of-stewart-brands-whole-earth-catalog

    At the height of the civil-rights movement and the war in Vietnam, the “Whole Earth Catalog” offered a vision for a new social order—one that eschewed institutions in favor of individual empowerment, achieved through the acquisition of skills and tools. The latter category included agricultural equipment, weaving kits, mechanical devices, books like “Kibbutz: Venture in Utopia,” and digital technologies and related theoretical texts, such as Norbert Wiener’s “Cybernetics” and the Hewlett-Packard 9100A, a programmable calculator. “We are as gods and might as well get used to it” read the first catalogue’s statement of purpose. “A realm of intimate, personal power is developing—power of the individual to conduct his own education, find his own inspiration, shape his own environment, and share his adventure with whoever is interested.”

    The communes eventually collapsed, for the usual reasons, which included poor resource management, factionalism, and financial limitations. But the “Whole Earth Catalog,” which published quarterly through 1971 and sporadically thereafter, garnered a cult following that included founders of Airbnb and Stripe and also early employees of Facebook.

    Last month, on a brisk and blindingly sunny Saturday, over a hundred alumni of the “Whole Earth Catalog” network—Merry Pranksters, communards, hippies, hackers, entrepreneurs, journalists, and futurists—gathered to celebrate the fiftieth anniversary of the publication, and, per the invitation, to come together “one last time.” The event was held at the San Francisco Art Institute, a renovated wharf warehouse with vaulted ceilings, views of Alcatraz, and the cool sterility of an empty art gallery. A number of early-Internet architects, including Larry Brilliant, Lee Felsenstein, and Ted Nelson, floated around the room. Several alumni had scribbled their well usernames onto their badges.

    A week after the reunion, Brand and I spoke over the phone, and he emphasized that he had little nostalgia for “Whole Earth.” “ ‘The Whole Earth Catalog’ is well and truly obsolete and extinct,” he said. “There’s this sort of abiding interest in it, or what it was involved in, back in the day, and so the reunion was a way for the perpetrators to get together and have a drink and piss on the grave.” Brand continued, “There’s pieces being written on the East Coast about how I’m to blame for everything,” from sexism in the back-to-the-land communes to the monopolies of Google, Amazon, and Apple. “The people who are using my name as a source of good or ill things going on in cyberspace, most of them don’t know me at all,” he said. “They’re just using a shorthand. You know, magical realism: Borges. You mention a few names so you don’t have to go down the whole list. It’s a cognitive shortcut.”

    Brand now describes himself as “post-libertarian,” a shift he attributes to a brief stint working with Jerry Brown, during his first term as California’s governor, in the nineteen-seventies, and to books like Michael Lewis’s “The Fifth Risk,” which describes the Trump Administration’s damage to vital federal agencies. “ ‘Whole Earth Catalog’ was very libertarian, but that’s because it was about people in their twenties, and everybody then was reading Robert Heinlein and asserting themselves and all that stuff,” Brand said. “We didn’t know what government did. The whole government apparatus is quite wonderful, and quite crucial. [It] makes me frantic, that it’s being taken away.” A few weeks after our conversation, Brand spoke at a conference, in Prague, hosted by the Ethereum Foundation, which supports an eponymous, open-source, blockchain-based computing platform and cryptocurrency. In his address, he apologized for over-valorizing hackers. “Frankly,” he said, “most of the real engineering was done by people with narrow ties who worked nine to five, often with federal money.”

    While antagonism between millennials and boomers is a Freudian trope, Brand’s generation will leave behind a frightening, if unintentional, inheritance. My generation, and those after us, are staring down a ravaged environment, eviscerated institutions, and the increasing erosion of democracy. In this context, the long-term view is as seductive as the apolitical, inward turn of the communards from the nineteen-sixties. What a luxury it is to be released from politics––to picture it all panning out.

    #Stewart_Brand #Utopie_numérique


  • A game of chicken: how Indian poultry farming is creating global #superbugs

    On a farm in the Rangareddy district in India, near the southern metropolis of Hyderabad, a clutch of chicks has just been delivered. Some 5,000 birds peck at one another, loitering around a warehouse which will become cramped as they grow. Outside the shed, stacks of bags contain the feed they will eat during their five-week-long lives. Some of them gulp down a yellow liquid from plastic containers - a sugar water fed to the chicks from the moment they arrive, the farm caretaker explains. “Now the supervisor will come,” she adds, “and we will have to start with whatever medicines he would ask us to give the chicks.”

    The medicines are antibiotics, given to the birds to protect them against diseases or to make them gain weight faster so more can be grown each year at greater profit. One drug typically given this way is colistin. Doctors call it the “last hope” antibiotic because it is used to treat patients who are critically ill with infections which have become resistant to nearly all other drugs. The World Health Organisation has called for the use of such antibiotics, which it calls “critically important to human medicine”, to be restricted in animals and banned as growth promoters. Their continued use in farming increases the chance bacteria will develop resistance to them, leaving them useless when treating patients.

    Yet thousands of tonnes of veterinary colistin was shipped to countries including Vietnam, India, South Korea and Russia in 2016, the Bureau can reveal. In India at least five animal pharmaceutical companies are openly advertising products containing colistin as growth promoters.

    One of these companies, Venky’s, is also a major poultry producer. Apart from selling animal medicines and creating its own chicken meals, it also supplies meat directly and indirectly to fast food chains in India such as KFC, McDonald’s, Pizza Hut and Dominos.

    https://www.thebureauinvestigates.com/stories/2018-01-30/a-game-of-chicken-how-indian-poultry-farming-is-creating-glob
    #inde #antibiotiques #santé


  • Grégoire Chamayou : « Pour se défendre, le néolibéralisme a fait refluer le trop-plein de démocratie » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/09/gregoire-chamayou-pour-se-defendre-le-neoliberalisme-a-fait-refluer-le-tr

    Confrontés à l’activisme des années 70 puis aux exigences éthiques des consommateurs, penseurs libéraux et directions d’entreprises ont mis au point des guides de management et des théories politiques pour défendre le capitalisme contesté. En disséquant ces discours, le philosophe dresse une brillante saga du libéralisme autoritaire.

    Dans sa Théorie du drone, parue il y a cinq ans aux éditions la Fabrique, le philosophe Grégoire Chamayou se penchait sur les enjeux éthiques de cette nouvelle arme de guerre. Avec la Société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire (la Fabrique encore), il prend à nouveau de la hauteur pour dresser une saga du néolibéralisme « par en haut », du point de vue ceux qui ont défendu les intérêts du monde des affaires, aux Etats-Unis, à partir des années 70 : dirigeants d’entreprise, lobbyistes, théoriciens comme Milton Friedman et Friedrich Hayek… Chamayou a analysé les interviews des uns, les manuels de management des autres, les comptes rendus des assemblées générales, les textes de Prix Nobel comme les récits de briseurs de syndicats… « Une littérature grise, dit-il, qui n’est pas publiée en librairie. Les zones grises, aussi, des discours des économistes. Des textes disparates à considérer comme les éléments d’un même ensemble pratique. » Au terme de ce brillant panorama, la Société ingouvernable dresse un constat : le #néolibéralisme dans lequel nous évoluons n’a rien de naturel ni de pur. C’est un système chancelant qui s’est construit à hue et à dia, de manière pragmatique, en réaction à de multiples crises d’une société jamais totalement « gouvernable ».

    Politiquement autoritaires et économiquement libéraux, les gouvernements de Trump ou d’Orbán nous semblent des aberrations. Vous dites à l’inverse qu’ils n’ont rien de contradictoires, pourquoi ?

    On se fait souvent une idée fausse du néolibéralisme comme « phobie d’Etat », anti-étatisme unilatéral. L’actualité montre à l’inverse une nouvelle fois que libéralisme économique et autoritarisme politique peuvent s’unir : le conseiller économique de Bolsonaro, Paulo Guedes, est un « Chicago boy », un ultralibéral formé à l’École de Chicago, qui a enseigné au Chili sous Pinochet. La formule de « libéralisme autoritaire » a été employée dès 1933 par un juriste antifasciste, Hermann Heller, à propos d’un discours de Carl Schmitt face à une assemblée de patrons allemands. Schmitt y défendait un Etat extrêmement fort face aux revendications sociales mais renonçant à son autorité en matière économique. « Un Etat fort pour une économie saine », résumait-il. Cinquante ans plus tard, en pleine dictature Pinochet, le théoricien néolibéral Friedrich Hayek, qui a beaucoup lu Carl Schmitt, confie à un journal chilien : « Personnellement, je préfère un dictateur libéral à un gouvernement démocratique sans libéralisme. » Mais le libéralisme autoritaire a de multiples variantes. Thatcher, elle aussi, vise « un Etat fort pour une économie libre ». En pratique, cela suppose, à des degrés divers, de marginaliser la sphère parlementaire, restreindre les libertés syndicales, éroder les garanties judiciaires… A côté de ce renforcement de l’Etat, on limite, de manière paradoxale, son champ d’intervention. C’est le concept de libéralisme autoritaire : faible avec les forts et fort avec les faibles.

    Vous faites remonter cette forme abâtardie du libéralisme aux années 70, quand le monde des affaires doit réagir à une série de crises qui menacent le système…

    Au milieu des années 70, on pense assister à une crise de gouvernabilité. Dans un rapport de la Trilatérale (1), le néoconservateur Samuel Huntington s’inquiète d’un « déferlement démocratique ». A gauche, Michel Foucault écrit que l’ensemble des procédés par lesquels on conduit les hommes sont remis en question. Non seulement on se révolte partout, mais les techniques de gouvernement sont elles-mêmes en crise. L’Etat-providence qui devait avoir un effet pacificateur a mis le feu aux poudres. Avec le quasi-plein-emploi, les travailleurs ont un rapport de force favorable. Des activistes mettent en cause les pratiques des multinationales et l’État lui-même semble hors de contrôle… Les intellectuels conservateurs s’y résignent : « Il va falloir intervenir. » La « main invisible » ne réglera pas le problème toute seule… Dans ce livre, j’étudie comment ces stratégies se sont élaborées, ce qui ne veut pas dire qu’il y aurait quelque chose comme un « comité central de la classe capitaliste » qui tirerait les ficelles. Au contraire, ce que montrent les documents - articles d’économistes, mais aussi discours de PDG, guides de management… -, ce sont des formulations contradictoires, des réactions pragmatiques à chaque conflit qui surgit. Une pensée qui se cherche en colmatant les brèches.

    Comment le monde de l’entreprise va-t-il réagir à la remise en cause de l’entreprise qui émerge dans la société civile ?

    Le #management était habitué à gérer les conflits avec ses salariés. Il va devoir apprendre à répondre à des assauts externes. En 1970, l’activiste de la New Left mobilisée contre la guerre du Vietnam, Staughton Lynd, pose cette question : pourquoi continuons-nous à manifester à Washington comme si c’était là que se jouait la guerre du Vietnam ? Puisqu’elle est le produit d’un complexe militaro-industriel, il faut attaquer les grandes entreprises de l’armement, envahir les assemblées générales d’actionnaires. Les directions de ces entreprises sont d’abord démunies : des guides pratiques rédigés à l’attention des PDG leur conseillent de surtout rester cool en cas de débordements, on monte des sessions d’entraînement où les salariés jouent le rôle des activistes et soumettent les dirigeants à tous les outrages. « Ça a été l’une des épreuves les plus dures pour le PDG »,témoigne une secrétaire de direction dans l’un des documents que j’ai étudié. Et sans doute un moment jouissif pour les salariés…

    Nestlé, confronté, de 1977 à 1984, à un boycott international qui l’accuse de « tuer les bébés » avec son lait infantile vendu dans les pays du tiers-monde, opte vite pour une autre parade, laquelle ?

    La #multinationale recrute un conseiller en relations publiques venu du renseignement militaire, Rafael Pagan. La différence entre les activistes et vous, dit-il à Nestlé, c’est que les activistes, eux, savent qu’ils font de la politique. Avec sa cellule de crise, Pagan va s’appuyer sur la pensée de Clausewitz : priver l’adversaire de sa force morale. Il classe les militants en plusieurs profils : il faut isoler les « radicaux », avec lesquels il n’y a rien à faire, rééduquer les « idéalistes », sincères mais crédules. La tactique psychologique principale, c’est de les mettre en porte-à-faux, leur montrer qu’alors même ils croient défendre une cause juste, ils font du tort à d’autres groupes. Quant aux « réalistes », on parvient facilement à les coopter, à échanger un accord contre de la gloire ou de l’argent.

    Les années 80 voient émerger les discours sur la « responsabilité sociale » des entreprises. Le dialogue devient une arme dans la panoplie des firmes. Pourquoi ?

    Cela ne figure pas dans l’histoire officielle de la « responsabilité sociale des entreprises », mais une des premières publications sur le sujet a été parrainée aux Etats-Unis par Edward Bernays, l’auteur du fameux Propaganda. Or son modèle - fabriquer du consentement de manière verticale vers un public malléable, a trouvé ses limites. Bien sûr on continuera de faire de la pub, mais il faut recourir à des tactiques plus fines. C’est l’éloge d’une nouvelle idole : la communication dialogique, qu’on oppose à la manipulation. On vante la « coproduction de sens », la « communication éthique », « l’empathie entre les parties prenantes »… Un discours pseudo-philosophique qui masque une stratégie plus offensive. Lorsque Pagan dialogue avec les activistes de #Nestlé, il ne s’agit pas de négocier, c’est une ruse. Le dialogue permet de priver les militants d’une de leurs ressources les plus précieuses, la publicisation du conflit, puisqu’il doit être mené à huis clos. Il épuise l’adversaire dans d’interminables pourparlers, et en posant le consensus comme norme absolue, il permet de disqualifier ceux qui refusent le dialogue comme des irresponsables.

    En parallèle de ces tactiques pragmatiques mises en places par les firmes, les grands théoriciens du néolibéralisme, eux, vont mener une contre-offensive intellectuelle visant à « dépolitiser » l’entreprise afin de la faire échapper aux critiques des activistes.

    Dans les années 60, la pensée « managérialiste » admettait que la firme était un « gouvernement privé », un lieu de pouvoir, qu’il fallait bien tenter de légitimer : c’est notamment le rôle des discours sur la « responsabilité sociale » des entreprises ou le « managérialisme éthique ». Mais à partir des années 70 et 80, les théoriciens néolibéraux vont considérer qu’il est très dangereux de reconnaître ces rapports de pouvoir et de tenter de les justifier. C’est le cas de Milton Friedman qui critique ainsi le « greenwashing » naissant : « Peu de choses me soulèvent davantage l’estomac que de regarder ces spots télévisés qui voudraient nous faire croire que leur seule raison d’être est la préservation de l’environnement. » Pour ces économistes, il faut au contraire inventer une doctrine de l’entreprise qui la dépolitise. Pour cela, dans les années 70, les penseurs des « nouvelles théories de la firme » vont tâcher de déréaliser l’entreprise, dénier les rapports de force qui la constituent et la présenter comme une pure fiction juridique, un simple nœud de contrats. Aujourd’hui, dans les manuels d’économie, on présente ces thèses comme des doctrines neutres. Leurs auteurs, pourtant, les ont explicitement conçues comme des armes intellectuelles pour la défense d’un capitalisme contesté.

    Après les salariés, après les activistes, les néolibéraux s’attaquent à l’Etat lui-même, devenu « ingouvernable ». Comment s’y prennent-ils ?

    Face à l’inflation des revendications, on assiste à ce que Hayek appelle une « crise de gouvernite aiguë » de l’Etat. Ça régule, ça intervient… Comment faire refluer les demandes sociales, le trop-plein de démocratie ? Des économistes de l’université de Saint-Andrews, en Ecosse, proposent une nouvelle stratégie : la micropolitique de la privatisation. Cessons de nous focaliser sur la bataille des idées, disent-ils : conquérir les cœurs et les esprits ne suffit pas à changer les pratiques. C’est l’inverse : il faut changer pas à pas les comportements, et le reste suivra. Ouvrir progressivement les services publics à la concurrence, plutôt que privatiser brutalement, permet de dépolitiser la demande : tandis que l’usager insatisfait se retournait contre les pouvoirs publics, le client mécontent change de crémerie. Une fois la libéralisation actée, ce sont les individus eux-mêmes par leurs microchoix de consommateurs, qui deviennent les moteurs du changement. Le chef de file de ce courant, Madsen Pirie, cite l’exemple de la #dérégulation, par une Thatcher fraîchement élue, en 1980, du transport interurbain par bus - amorce pour la privatisation des chemins de fer britanniques…

    Votre livre approche l’entreprise par la philosophie. Pourquoi dites-vous que cette discipline tente trop rarement de saisir cet objet ?

    En philosophie, on a des théories de la souveraineté politique qui remontent au XVIIe siècle, mais peu de traités sur l’entreprise. Quand la philosophie intègre la question à ses enseignements, c’est trop souvent en reprenant les discours indigents produits dans les business schools. Il serait temps au contraire de développer des philosophies critiques de l’entreprise. Ce livre est un travail en ce sens, une enquête sur des catégories centrales de la pensée économique et managériale dominante. A la crise de gouvernabilité a répondu un contre-mouvement, une grande réaction où se sont inventés des nouveaux arts de gouverner, encore actifs aujourd’hui. Alors même que ces procédés de pouvoir nous sont appliqués en permanence, nous connaissons mal leur origine et leurs ressorts fondamentaux. Or, je crois que vendre la mèche, exposer leurs stratégies peut contribuer à mieux les contrer. Ce qui a été fait, on peut le défaire. Encore faut-il en connaître l’histoire.

    (1) Créée en 1973, la Commission trilatérale réunit des centaines de personnalités du monde des affaires et de la politique favorables à la globalisation économique.
    Sonya Faure

    Lien déjà cité par ailleurs mais sans l’interview en entier.

    #chamayou #capitalisme #entreprise #libéralisme #autoritarisme #état #privatisation