• La grève des coursiers de Deliveroo met à plat les livraisons à Gand 16 Juin 2019 - David Sebrechts
    https://www.solidaire.org/articles/la-greve-des-coursiers-de-deliveroo-met-plat-les-livraisons-gand

    Le samedi 15 juin au soir, peu de plats ont été livrés à domicile à Gand. Les coursiers de Deliveroo de la ville ont arrêté le travail pendant une heure pour protester contre la baisse constante des salaires et les conditions de travail précaires. Les coursiers grévistes ont réussi à mettre une pression telle que le système a été mis à plat.

    Vendredi soir à 19 heures, une trentaine de coursiers de Deliveroo et de sympathisants de leur combat se sont réunis sur le Korenmarkt, à Gand, avec l’aide de la CSC et de la FGTB. Le PTB Gand était également présent et a montré sa solidarité avec les coursiers.

    Les grévistes ont fait le tour des restaurants du quartier qui utilisent les services de Deliveroo, leur ont présenté leurs revendications et ont demandé aux restaurateurs d’éteindre l’application Deliveroo pendant une heure. Vu la large mobilisation, la plupart des établissements ont accepté, ce qui constitue une belle victoire pour ce mouvement encore récent.

    « Cela fait maintenant un an que je travaille à temps plein chez Deliveroo, explique un coursier à mobilette. Dans le passé, en août, vous receviez 5,25 euros par trajet, quelle que soit la distance, mais toujours à Gand. Au cours des derniers mois, ce montant minimum a constamment diminué. Maintenant, c’est seulement 3,70 euros. Pour obtenir 5 euros pour un trajet, vous devez avoir une livraison jusqu’à Drongen, dans la périphérie de la ville. Dans le passé, je pouvais gagner 20 euros de l’heure dans une bonne journée. Maintenant je suis heureux quand je gagne 11 euros de l’heure. »

    Un cycliste montre une commande sur son smartphone. Le trajet du centre de Gand au quartier de Wondelgem - un aller-retour d’environ 40 minutes - lui rapporte 5 euros. « On est payés au même tarif que d’autres employés, mais sans cotisations sociales. Deliveroo économise sur notre paie pour augmenter encore ses bénéfices. »

    Il ne s’agit d’ailleurs pas que du salaire, mais de toute l’organisation de Deliveroo. « Je n’ai jamais vu ou parlé à un représentant ou manager de Deliveroo, ajoute un autre coursier. Tout se passe via l’application. Notre statut de travailleur indépendant n’est pas très clair pour nous, et Deliveroo ne nous soutient pas dans quoi que ce soit. » Il demande une meilleure communication et un statut d’employé à part entière.

    Les grévistes ont onze exigences formelles. En haut de la liste se trouve le retour à l’ancien salaire et un revenu garanti par heure plutôt que la rémunération au trajet, comme c’est le cas actuellement. Ils veulent aussi avoir accès à l’algorithme derrière l’application, plus d’équipements pour les coursiers et une assurance complète pour les accidents du travail.

    Le fait que tout cela soit actuellement absent chez Deliveroo est très symptomatique de ce qu’on appelle « l’industrie 4.0 », dont l’entreprise est un exemple : les applications et les smartphones remplacent les relations industrielles traditionnelles, les salariés sont fragmentés et individualités, ce qui rend la tâche des syndicats d’autant plus difficile.

    C’est pourquoi le succès de la grève est si encourageant, pointe Tom De Meester, conseiller communal du PTB à Gand également élu au Parlement flamand : « C’est impressionnant comme cette action a réussi. C’est la première fois qu’une telle grève a lieu à Gand, et ils ont directement réussi à mettre une telle pression sur l’application que le système était en panne. D’une manière créative, les coursiers ont trouvé une forme de lutte syndicale avec laquelle ils peuvent défendre leurs droits dans l’économie numérique. »

    Pour le PTB, il est temps d’imposer des normes et des règles claires à cette nouvelle économie pour garantir des statuts et des salaires décents. « Il y a une idée fausse selon laquelle ces travailleurs sont principalement des étudiants qui se font un peu d’argent de poche durant leur temps libre grâce à ces plateformes, explique Tom De Meester. Pour un nombre considérable de coursiers, il s’agit de leur gagne-pain, ce qui devient évidemment impossible lorsque la rémunération diminue de façon aussi forte. En plus, ils ne cotisent pas pour la sécurité sociale, donc s’ils se retrouvent sans emploi, ils n’ont rien. Ce n’est pas l’industrie du futur, c’est juste un retour vers le passé. Nous nous battons pour des statuts décents depuis 150 ans, ces pratiques de Deliveroo sont inacceptables. »

    Dans son discours pour clôturer l’action, un des organisateurs insiste : ce n’est qu’une première étape. « Nous allons soumettre une demande officielle pour une manifestation en août. Nous ferons un tour à vélo et visiterons chaque entreprise et restaurant qui travaille avec Deliveroo pour leur faire part de nos exigences. Nous n’acceptons plus l’arrogance de Deliveroo, nous allons continuer à mener des actions. Nous formons un groupe et, individuellement, nous sommes peut-être vulnérables, mais ensemble, nous sommes forts. »

    #deliveroo #travail #uber #précarité #ubérisation #economie #luttes_sociales #uberisation #livreurs #conditions_de_travail #livreurs_à_vélo #coursiers #exploitation #social

  • Un coursier est-il employé d’une startup de livraison ? La Cour de Cassation reconnaît un lien de subordination
    https://www.numerama.com/business/443473-un-coursier-est-il-employe-dune-startup-de-livraison-la-cour-de-cas

    L’arrêt n°1737 de la Cour de cassation souligne le lien de subordination entre un livreur de Take It Easy et son ancien employeur. Le dossier de requalification de son emploi en salariat est ainsi renvoyé à la Cour d’appel de Paris En avril 2016, un coursier qui travaillait pour la société de livraison de nourriture Take It Eas comme travailleur indépendant avait demandé la requalification de son contrat en contrat de travail. 4 mois plus tard, le concurrent de Deliveroo cessait toute activité. Mais (...)

    #Deliveroo #travail #géolocalisation #procès #TakeItEasy

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2016/07/take-eat-easy-office.jpg

  • La manif des livreurs à vélo | Les Pieds sur terre
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/la-manif-des-livreurs-a-velo

    Précarité du statut, protection sociale a minima : à la manif du 15 juillet 2018, des #coursiers_à_vélo réclament des conditions de travail plus décentes.

    Il faut dire que choisir le 15 juillet 2018, jour de la finale de la coupe du monde de football pour organiser une manifestation n’était pas un pari gagné d’avance. Ils étaient tout de même quelques coursiers à vélo, réunis dans le IIème arrondissement de Paris afin de protester contre des conditions de travail toujours plus pénibles, parfois illégales.
    Champions du monde… de la #précarité

    Leurs patrons s’appellent #Deliveroo, #Uber_Eats, #Foodora, #Stuarts ou #Glovo et proposent un service attractif au #consommateur : la livraison à domicile de repas préparés dans les #restaurants près de chez lui. La mécanique est bien huilée et ses principaux maillons sont les livreurs à vélo. Ils ne sont pas #salariés, mais #auto-entrepreneurs. Un statut qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives.

    On nous impose de porter jusqu’à 12 kilos sur des distances de 15km. À vélo. Et certains livreurs sous-traitent leur travail à des collégiens.

    Face aux géants du numérique, les coursiers réclament une tarification horaire minimum garantie, une protection sociale décente ainsi qu’une prise en compte de la #pénibilité de leur travail via différents bonus : prime de pluie, de weekend, de nuit ou encore prime pour événement exceptionnel.

    Un livreur a eu un accident et l’estomac perforé. Sauf que l’assurance de l’entreprise ne couvre pas les blessures au tronc. Il n’a même pas reçu de compensation de salaire.

    Résultat du match : les Bleus ont gagné face aux Croates (4-2) ! Mais le mouvement des livreurs est passé inaperçu. Ils étaient une petite dizaine, ont allumé trois fumigènes avant d’aller regarder la finale ensemble.

    #audio #radio #documentaire #lespiedssurterre

  • Avec #Deliveroo, l’inspection du #Travail s’attaque à l’ubérisation
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/130318/avec-deliveroo-l-inspection-du-travail-s-attaque-l-uberisation

    Un livreur Deliveroo à #paris, en avril 2017. © Reuters/Charles Platiau Selon l’inspection du travail et l’Urssaf, Deliveroo n’emploie pas de vrais indépendants, et devrait traiter ses #livreurs comme des salariés classiques. Le #parquet est saisi à Paris et à Nantes. Le danger est réel pour cet emblème d’une société « ubérisée », pour l’instant couvert par la #Justice.

    #Economie #Code_du_travail #coursiers #droit_du_travail #inspection_du_travail #micro-entrepreneurs #social #Take_eat_easy #ubérisation

  • BRUXELLES L’occupation du siège bruxellois de Deliveroo se poursuit, annoncent les syndicats RTBF avec Belga - 25 Janvier 2018
    https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_l-occupation-du-siege-bruxellois-de-deliveroo-se-poursuit-annoncent-les-

    L’occupation du siège bruxellois de Deliveroo, entamée mercredi après-midi par le collectif des coursiers, se poursuit ce jeudi matin, indiquent les syndicats.

    Le collectif souhaite rencontrer la direction pour discuter d’un statut de salarié pour les travailleurs qui ne veulent pas du statut d’indépendant, et d’une garantie de salaire horaire minimum.

    « La direction n’a envoyé personne pour tenir cette discussion et souhaite lever le siège par voie judiciaire. Elle n’a pour le moment pas obtenu son jugement en référé pour pouvoir le faire », assure la CNE. « L’occupation a donc toujours lieu et de nombreux coursiers viennent se relayer, marquer leur soutien ou chercher des informations sur la situation en cours » , ajoute le syndicat chrétien en rappelant que ce jeudi après-midi, une délégation des coursiers ira demander au ministre de l’Emploi, Kris Peeters, pourquoi l’enquête qu’il a promise n’a toujours pas abouti.

    « Le temps presse ! Nous appelons le ministre Peeters a accélérer son enquête car le 1er février, les coursiers devront devenir des indépendants (ou arrêter leur travail) et donc assumer tous les risques afférents à leur travail, ce qui est inacceptable pour nous » , pointe de son côté l’UBT (FGTB).

    #Bruxelles #deliveroo #Syndicats #Luttes #Salaires #Belgique #ubérisation #livreurs_à_vélo #coursiers #indépendants #economie

  • Travailleurs « ubérisés » : la Dares défavorable à un statut spécifique
    http://lemonde.fr/emploi/article/2017/08/24/travailleurs-uberises-la-dares-defavorable-a-un-statut-specifique_5175916_16

    Un rapport de la Dares se positionne contre la création d’un « statut tiers » pour les travailleurs des plates-formes collaboratives, soulignant la difficulté d’établir une norme commune.

    Alors que les polémiques autour de Uber se poursuivent et que les coursiers à vélo de Deliveroo se préparent à manifester dimanche 27 et lundi 28 août dans toute la France, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) publie une étude sur la régulation de l’économie collaborative qui déconseille la création d’un nouveau statut pour améliorer la protection de ses travailleurs.

    Le rapport – qui pose beaucoup de questions – souligne d’abord combien il est difficile de définir clairement les entreprises qui relèvent de l’« ubérisation » : « quoi de commun, en effet, entre un particulier occupant un emploi à temps plein qui loue son appartement sur Airbnb pendant les vacances, un chauffeur travaillant 50 heures par semaine pour Uber et un conducteur pratiquant le covoiturage » ? interroge Olivia Montel, chargée d’études économiques à la Dares et auteur du document d’études « L’économie des plateformes : enjeux pour la croissance, le travail, l’emploi et les politiques publiques ».

    Le rapport pointe la spécificité des plateformes « partie prenante dans la production et la vente du produit échangé », par exemple en intervenant dans la fixation du prix ou dans l’organisation du travail. « Le fait de toucher une rémunération directement liée à l’échange [sous forme de commission] peut être considéré comme un indice de cette implication dans la production de valeur ajoutée », indique le rapport.

    La difficulté à établir une norme commune amène néanmoins l’auteure à rejeter l’idée d’un nouveau statut juridique pour les travailleurs de ces plateformes, comme le proposait le candidat Macron avant l’élection présidentielle. « La création d’un troisième statut risquerait de remplacer une frontière floue [entre le salariat et le travail indépendant, NDR] par deux délimitations qui auraient également chacune leur part d’incertitude », précise l’étude.

    Le précédent italien

    Pour étayer sa position, le rapport fait état de l’expérience italienne. En 2003, un « contrat de collaboration de projet » a été mis en place dans le pays, en plus des contrats à durée déterminée et indéterminée classiques. Censé limiter la précarité des travailleurs associés aux plateformes collaboratives, ce nouveau statut est suspecté d’avoir au contraire « créé un transfert important de salariés vers cette catégorie d’indépendants », indique le rapport. Le recours à ces contrats a d’ailleurs été très fortement restreint en 2016, dans le cadre de la réforme du marché du travail mise en œuvre sous le gouvernement de Matteo Renzi.

    L’étude penche plutôt pour le statu quo au niveau du droit social : les travailleurs de l’économie collaborative pourraient être encadrés en s’appuyant sur la législation existante. « L’immatriculation systématique des travailleurs des plateformes comme auto-entrepreneurs – ou autre catégorie d’entrepreneurs individuels – permettrait déjà de répondre à plusieurs problèmes liés à la protection du travailleur ».

    Adapter les prélèvements obligatoires

    « Les pouvoirs publics sont également confrontés à la nécessité d’adapter le système de prélèvements obligatoires », avance le rapport. Le problème se pose tant au niveau des plateformes que de leurs prestataires : en 2014, seulement 15 % des revenus des particuliers issus de l’économie collaborative auraient été déclarés à l’administration fiscale. La transmission automatisée par les plateformes aux services fiscaux des revenus des particuliers issus de l’économie collaborative, programmée pour le 1er janvier 2019, pourrait néanmoins permettre de régler en partie ce problème.

    Reste la question de la participation des plateformes collaboratives à la couverture sociale des leurs prestataires. Contrairement aux entreprises « classiques » qui paient des charges salariales, rappelons que les plateformes collaboratives ne sont pas soumises à des cotisations sociales sur les travailleurs qui passent par leur intermédiaire – mise à part la prise en charge programmée pour 2018 d’une partie de la cotisation de l’assurance « accident du travail », éventuellement souscrite par le collaborateur.

    A la base de leur modèle économique, cet avantage est d’ailleurs l’un des points de litige qui nourrit la polémique autour de ces plateformes, accusées de concurrence déloyale. Au demeurant, l’Urssaf a lancé depuis 2015 une procédure contre Uber pour récupérer plusieurs millions d’euros au titre des cotisations sociales ; l’organisme estime en effet que les chauffeurs associés à la plateforme relèvent du statut de salariés. « On peut se demander […] si la couverture des risques spécifiques au modèle économique des plateformes doit faire appel à la solidarité inter-professionnelle, à la solidarité nationale, ou bien être gérée de façon autonome », pointe le rapport en guise de conclusion, mais il ne tranche pas la question.

    « L’économie des plateformes : enjeux pour la croissance, le travail, l’emploi et les politiques publiques ».
    http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/de_2013_economie_collaborative.pdf

    Les références citées par le journal sont sous #paywall :

    « Le numérique pose la question d’un statut couvrant les risques sociaux »
    http://lemonde.fr/emploi/article/2015/10/18/le-numerique-pose-la-question-d-un-nouveau-statut-pour-couvrir-les-risques-s

    La montée du travail indépendant pose la question de la protection sociale
    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/04/19/la-montee-du-travail-independant-pose-la-question-de-la-protection-sociale_5

    A quoi ressemblera l’emploi en 2030 ?
    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/04/19/a-quoi-ressemblera-l-emploi-en-2030_5113648_1698637.html

    Economie collaborative : quels sont les revenus imposables ?
    https://www.economie.gouv.fr/particuliers/economie-collaborative-revenus-imposables

    Dans le domaine public on trouve de la doc sur le Jobs Act italien, par exemple :
    Italie. Le "Jobs Act", un nouveau pas vers la flexibilité pour les travailleurs et vers la sécurité pour les employeurs
    Udo REHFELDT
    http://www.ires.fr/publications/chronique-internationale-de-l-ires/item/5185-italie-le-jobs-act-un-nouveau-pas-vers-la-flexibilite-pour-les-travailleur
    Austérité et contrôle en Italie : Blocchiamo il Jobs Act !
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7096
    ...

    #précaires #travail #travailleurs_indépendants #coursiers #économie_collaborative #Jobs_Act

  • Des livreurs #Deliveroo se battent contre la précarisation de leurs contrats
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020817/des-livreurs-deliveroo-se-battent-contre-la-precarisation-de-leurs-contrat

    L’entreprise de livraison de repas va mettre fin à un système de paiement à l’heure, qu’elle réservait à ses #coursiers à vélo les plus anciens. À Bordeaux, un mouvement de protestation s’organise contre cette fragilisation supplémentaire de travailleurs déjà vulnérables. Un livreur Deliveroo à Paris, en avril 2017. © Reuters/Charles Platiau

    #France #Economie #livreurs_à_vélo #Uber #ubérisation