• Marche de nuit dans un Paris vide - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/181020/marche-de-nuit-dans-un-paris-vide?onglet=full

    Le couvre-feu a posé sa chape de plomb sur l’Est parisien, traditionnellement animé le samedi soir. Au hasard des rencontres, il n’y avait pas vraiment de quoi rompre la solitude.

    Paywall hélas, c’est camille poloni qui se balade la nuit pendant le #couvre_feu à Paris.

    • Vassili refuse de garer son scooter deux minutes. Il vient de se faire contrôler sans attestation, a réussi à passer entre les gouttes et ne veut pas tenter le sort. Il est bientôt minuit, près de la place du Colonel-Fabien. D’accord pour discuter, mais en roulant, le Cityscoot à l’aplomb du Vélib’.

      C’est lui qui a engagé la conversation dans une côte, avec l’arrogance de ses 19 ans : « Madame, ils contrôlent, vous pouvez pas vous promener. » Vassili, lui, « change de soirée ». La première était « tranquille, à six ». Là, il va « à une fête où il y aura plus de monde, dans le XIXe ». « J’ai dit aux policiers que je rentrais chez ma mère. C’est le premier soir, c’est bon, il faut juste faire le miskine » (en gros, faire le misérable, inspirer la pitié).

      Au fil de cette première soirée de couvre-feu, Paris s’est calfeutré. Il n’y a plus beaucoup de fier-à-bras comme Vassili ou comme ces deux types jeunes et sapés qui cheminaient vers chez leurs potes, pack de 1664 à la main, à 20 h 55.

      Aux alentours de la place de la République, cinq minutes avant le coup de sifflet, les restos ont déjà empilé les chaises les unes sur les autres et, pour beaucoup, baissé le rideau. À l’intérieur, des serveurs passent le balai ou se préparent à activer le mode « vente à emporter ». Trois employés discutent en arabe devant une épicerie de nuit qui ferme. Des jeunes femmes éméchées enfourchent leurs vélos, sous le regard d’un ami qui les encourage depuis son balcon : « Vous avez le temps, cinq minutes, c’est large. » À une autre fenêtre, c’est l’heure d’une blague tenable pendant quatre à six semaines : crier « Police, halte-là ! » aux passants.

      Le couvre-feu oblige à tester une forme inédite de micro-trottoir, consistant à raccompagner chez eux des interviewés pressés. Marie-Ange, 24 ans, stagiaire dans un cabinet d’architecte, est « contente de rentrer avec quelqu’un ». « Je trouve que c’est moins “safe” pour les femmes de marcher dans la rue dans ces conditions, je suis pas à l’aise. »

      La veille, elle a fait la fermeture des restaurants dans le XIe, à minuit, étonnée de constater que « comme il y avait beaucoup de flics les gens ont commencé à courir ». Ah oui, Marie-Ange est suisse. Sans vouloir se prononcer sur la France, où elle n’habite que pour six mois, elle préférerait que « le gouvernement mette les gens de son côté plutôt que de restreindre ». Mais puisque couvre-feu il y a, elle s’en accommode. « J’habite seule, c’est un peu triste. Même à 15 ans, je rentrais plus tard de soirée. » La porte de son immeuble est défoncée en bas, depuis que « des SDF fument du crack dans la cour ». La jeune femme s’inquiète un peu pour eux. « Je sais pas comment ils vont faire. » À 21 h 2, elle s’engouffre dans son immeuble.

      Sur la place de la République, la file d’attente pour la soupe populaire, qui s’allongeait encore une heure plus tôt, a disparu. Il n’en reste que quelques silhouettes immobiles sur les bancs, entre les retardataires qui pressent le pas et les petits groupes qui font durer le plaisir.

      Rue Jean-Pierre-Timbaud, dans un quartier d’habitude noir de monde et de terrasses le samedi soir, Alice patiente seule devant une pizzeria transformée en guichet. Elle rigole. « J’attends ma pizza et j’ai pas le droit d’être là. Quand ma pizza arrive, je pars. » Il est 21 h 30. Cette travailleuse sociale de 31 ans a passé la journée à déménager et la tâche a débordé l’horaire. Plus confiante dans « les scientifiques » que dans « les politiciens », Alice reconnaît que « c’est dur de prendre des décisions, j’aimerais pas être à leur place ». Elle ne promet pas de respecter le couvre-feu à la lettre et envisage de « dormir chez des amis pour pouvoir sortir ». « Ça dépend du temps que ça dure. Sur la fin du confinement, je fraudais un peu. »

      Au métro Parmentier, un livreur Deliveroo à Vélib’ électrique croise un livreur Stuart à vélo mécanique. Ils font déjà partie des derniers dehors. Forts de leur légitimité professionnelle, ils roulent au milieu de la chaussée ou forment des grappes décomplexées sur les trottoirs, tandis que les retardataires commencent à se cacher. Un jeune homme à lunettes décline en trombe toute question, son appartement du bout de la rue en ligne de mire : « Je préfère éviter parce que ça contrôle pas mal. » Les propriétaires de chiens, eux, gardent la tête haute. Ils ont le droit avec eux.

      Juché sur sa moto à l’arrêt, casque sur la tête, Anis, 23 ans, attend son cousin qui habite à côté. Ce soir, il dormira chez lui. « D’habitude, un samedi soir, on boit des verres et on fait la fête, là on va juste manger et regarder un film. » Mais Anis comprend. Il bosse dans la brasserie de son père, dans le 9e arrondissement, désormais fermée le soir. « À partir d’une certaine heure, les gens sont bêtes, ils mettent pas de masque quand ils se déplacent, ils se rapprochent. Les gestes barrières ne sont pas toujours respectés, même si on leur dit. »

      22 heures, boulevard de Belleville. Six personnes discutent sur un balcon, mais impossible de jurer que c’est une fête. Il y a de moins en moins de femmes dans la rue, de plus en plus de livreurs. De grands espaces sans voitures, sans piétons, sans rien, s’ouvrent à une promenade sans promeneurs. Température ressentie : 3 heures du matin. Sur la ligne 11, la rame s’obstine à passer mais reste vide. Une ou deux personnes par station, dont des SDF qui dorment.

      Le silence plane sur la place de l’Hôtel-de-Ville et la rue de Rivoli, comme un mardi soir dans une ville moyenne (ne dites pas non, j’y ai grandi). Le moindre claquement résonne, des marmonnements sortent d’une cabane de fortune. Des agents de sécurité de la Ville de Paris sortent de leur voiture et se glissent dans la mairie du 4e arrondissement. « Bonsoir, madame, c’est le livreur, j’ai pas les codes » retentit dans la nuit.

      À cette heure-ci, les rares passants ont tendance à faire un pas de recul, de crainte que la silhouette qui s’avance vers eux ne soit un mendiant, la BAC ou l’émissaire d’un institut de sondages. Sauf un homme, dans l’embrasure de sa porte d’entrée, un pied dedans et un pied dehors, qui fixe l’horizon avec un air de défi. Et sauf Léa, 25 ans, qui traîne sa valise à roulettes depuis la gare de Lyon. Directrice artistique, elle revient du Festival international de mode et de photographie de Hyères, « dans un train plein », et profite de son billet comme d’un laissez-passer jusque chez elle.

      « Je trouve ça mieux qu’un reconfinement, mais je suis plutôt pour le soutien aux hôpitaux que pour priver les gens. On a déjà été assez privés en 2020. » La jeune femme se dit « super consciente de ce qui se passe » et ne s’imagine pas aller « à une fête ou en boîte de nuit ». Mais elle ne voit pas le problème de « se réunir à deux ou trois, alors qu’on est tout le temps agglutinés dans les transports en commun ».

      Juste avant Bastille, un homme attend le bus avec des lunettes de soleil, alors qu’il fait nuit. Des gyrophares luisent dans les coins sans s’approcher. Le calme permet de mieux entendre les gens qui parlent tout seuls. Devant le Burger King de la rue de la Roquette, quatre ou cinq livreurs tuent le temps sur leur téléphone. Parmi eux, Faris, 25 ans, qui attend sa neuvième commande depuis 19 heures. « Ça fait longtemps que j’ai pas travaillé, je m’y suis remis ce soir parce que les applis disent qu’il y a beaucoup plus de boulot que d’habitude. C’est vrai que ça bosse bien. » En parallèle, il est « autoentrepreneur ». Comme il porte son masque sous le menton, on voit bien qu’il prononce le terme avec un sourire coupable et les yeux plissés.

      La rue de Lappe aux bars fermés © CP / Mediapart
      La rue de Lappe aux bars fermés © CP / Mediapart
      Rue de Lappe, le camion de la gendarmerie a une vision panoramique sur l’enfilade de bars de nuits fermés. Cédric fume à la fenêtre de son fast-food. « Je suis fermé au public, mais, de toute façon, y a pas de public. » Il en profite pour partager ses théories toutes personnelles à qui veut bien les entendre. « Pour moi, c’est de la connerie, le corona, un virus qui s’échappe d’un labo où bossent des Français et des Américains… Et puis, en Chine, y a plus rien, alors qu’ils sont plus nombreux que nous. » Le fatalisme succède au complotisme. « Si j’avais dû mourir du corona, je serais déjà mort. On prive 95 % des gens de liberté, alors que c’est juste 5 % des gens, les personnes à risque, qui devraient rester chez eux. C’est la sélection naturelle, de toute façon on est trop nombreux sur Terre. »

      Dans le métro, on ne l’est pas assez. « Mesdames et messieurs, je vous rappelle qu’un couvre-feu est en vigueur de 21 heures à 6 heures du matin », dit la voix enregistrée. Il est plus de 23 heures. Un type me dévisage en buvant sa bière. Plus tard, dans le bus, un autre insistera au-delà du raisonnable pour connaître mon prénom et mon âge. À la gare de Lyon, où les trains arrivent encore, une dizaine de personnes attendent ou dorment dans le hall, autant dehors. Deux chauffeurs s’embrouillent devant une longue file de voitures. Les voyants des taxis vides sont tous au vert.

      #couvre-feu #Paris

  • Les bistrots, cibles trop faciles du gouvernement
    https://reporterre.net/Les-bistrots-cibles-trop-faciles-du-gouvernement

    Les #bistrots sont de véritables écosystèmes humains : lieux de conversations inattendues, voire révolutionnaires, de manifestations alternatives, artisanales et artistiques… Alors, pourquoi mettre en danger leur avenir avec un couvre-feu à 21 heures quand d’autres lieux mériteraient une attention prioritaire, demande l’auteur de cette tribune.

    https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016

    #Couvre-feu de 21h à 6 h du matin dès samedi pour Paris et huit autres métropoles françaises pour un mois d’abord, peut-être six semaines. C’est la dernière mesure dégainée par la France pour tenter de contrer le nouvel emballement de l’épidémie de #Covid-19 dans l’hexagone.

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  • En Guyane, un couvre-feu évolutif efficace contre la première vague de l’épidémie de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/15/en-guyane-un-couvre-feu-evolutif-efficace-contre-la-premiere-vague-de-l-epid

    Territoire français amazonien peuplé de 283 500 habitants, la Guyane est sortie de l’état d’urgence sanitaire le 17 septembre par décret. On y recense jusqu’à présent plus de dix mille cas de coronavirus (dont près de 9 900 guérisons), 69 décès en milieu hospitalier, 14 patients hospitalisés et cinq en réanimation.D’après une étude mise en ligne le 12 octobre, qui associe notamment l’Institut Pasteur, Santé publique France, le Centre hospitalier de Cayenne, l’Université de Guyane et l’Agence régionale de santé, le couvre-feu a eu un impact significatif au plus fort de l’épidémie, en juin et juillet. « En deux ou trois semaines, il y a eu une baisse de plus de 30 % du taux de reproduction du virus. On est passé de 1,7 à 1,1 », observe le docteur Mathieu Nacher, professeur en épidémiologie au Centre hospitalier de Cayenne, l’un des coauteurs de l’étude
    « Les modèles montrent que les lits de réanimation occupés ont été divisés par trois ou quatre » en quelques semaines, précise-t-il. « Certains voulaient tout fermer ; d’autres étaient pour le contraire. On a choisi une voie médiane, qui a eu un impact », poursuit M. Nacher, qui a participé à la réflexion sur la gestion de la crise avec le professeur Félix Djossou, chef du service des maladies infectieuses au Centre hospitalier de Cayenne, également coauteur de l’étude. « La vague a été plus longue, mais moins haute que partout ailleurs, ce qui a permis à notre système de santé de faire face plus facilement, nous évitant d’être submergés », ajoute le professeur Djossou.« Le couvre-feu a été un mécanisme évolutif : on resserre quand l’épidémie est à son pic, et on desserre quand il y a moins de cas. Cela permet de ne pas étouffer totalement l’économie », argumente-t-il. L’étude aborde d’autres mesures : le confinement de 23 zones de cluster et le développement d’une grande capacité de test. La jeunesse de la population guyanaise – vingt-sept ans en moyenne – a contribué aussi à faire baisser le risque d’hospitalisation.L’analyse du cas guyanais révèle également la nécessité d’adapter les mesures à un territoire grand comme le Portugal, dont l’intérieur forestier n’est accessible qu’en pirogue ou en avion, avec un mode de vie différent du littoral. Ainsi, Camopi, commune amérindienne à la frontière avec le Brésil, a été reconfinée le 30 septembre pour deux semaines par le préfet, après une cinquantaine de cas en septembre sur 1 800 habitants. Les écoles et le collège de la commune ont été fermés.
    « Une atteinte à la liberté de travailler et de circuler »
    « C’est difficile de faire passer le message de rester en famille isolée à une population qui vit en communauté, où un foyer peut abriter deux à trois familles », souligne Laurent Yawalou, le maire de Camopi. « L’arrêté préfectoral qui couvre toute la Guyane n’est pas très relayé ici, car il n’y a pas de contrôle, et on ne circule quasiment pas la nuit, à part des chercheurs d’or clandestins », poursuit l’édile. Pour réduire le risque sanitaire, « nous avons demandé à la population de se confiner par famille dans leurs abattis – les zones agricoles traditionnelles », précise M. Yawalou.

    #Covid-19#migrant#migration#france#guyane#sante#couvrefeu#territoire#frontiere#circulation

  • #Couvre-feu : un dispositif jamais utilisé contre les épidémies avant le #Covid-19 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/societe/sante/covid-19-le-couvre-feu-un-dispositif-jamais-utilise-contre-les-epidemies-

    « C’est en tout cas, observe [Patrick Zylberman, historien de la santé] une mesure qui historiquement n’a jamais fait pas partie de l’arsenal classique utilisé pour enrayer les épidémies.

    Même lors de la grande épidémie de choléra qui a balayé l’Europe à partir de 1832, on ne trouve pas trace de couvre-feu. On avait alors opté pour le cordon sanitaire : à l’entrée des villes, des barrières avaient été installées sous la responsabilité de l’armée pour contrôler voyageurs et marchandises sous la responsabilité de l’armée », explique l’historien, qui s’interroge d’ailleurs sur l’efficacité du couvre-feu instauré depuis juillet en Guyane pour lutter contre le #coronavirus.

  • Covid-19 : Emmanuel Macron choisit le couvre-feu pour tenter d’endiguer la deuxième vague
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/10/15/covid-19-emmanuel-macron-choisit-le-couvre-feu-pour-tenter-d-endiguer-la-deu

    Le président Emmanuel Macron lors d’un entretien à propos de la situation sanitaire, diffusé sur TF1 et France 2, le 14 octobre. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

    Lors d’un entretien télévisé mercredi, le président de la République a jugé qu’un reconfinement général du pays « serait disproportionné ».

    Par Delphine Roucaute, Alexandre Lemarié et Olivier Faye

    La France s’apprête à replonger en apnée « au moins jusqu’à l’été 2021 » . Voilà le message qu’est venu annoncer Emmanuel Macron à ses concitoyens, mercredi 14 octobre, alors que l’épidémie de coronavirus retrouve selon les termes du chef de l’Etat une « situation préoccupante » sur le territoire national, avec près de 20 000 nouveaux cas déclarés par jour et une occupation à 32 % des services de réanimation dans les hôpitaux par des patients atteints du Covid-19 [60% en Seine-Saint-Denis, ndc] . « Nos soignants sont très fatigués (…) Nous n’avons pas de lits en réserve », a-t-il prévenu, alors que le virus s’est répandu sur l’ensemble du pays, empêchant ainsi des transferts de malades entre les régions.

    Le temps de l’insouciance, qui s’était ouvert durant l’été – M. Macron avait lui-même évoqué une « sortie de crise » , le 14 juillet – est désormais clos. « Nous sommes dans la deuxième vague. Le virus recircule très vite en Europe et dans notre pays » , a alerté le locataire de l’Elysée, lors d’un entretien sur TF1 et France 2. Ce qui l’amène, comme en Allemagne ou en Espagne, à imposer des mesures restrictives.

    Pour « freiner la diffusion du virus » , et ainsi « reprendre le contrôle », le président de la République a annoncé qu’un couvre-feu sera mis en place à partir de samedi, entre 21 heures et 6 heures, en Ile-de-France et dans huit métropoles : Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Etienne.

    Cette mesure de privation de liberté doit durer au moins quatre semaines. Si le Parlement l’autorise, le chef de l’Etat souhaite l’étendre sur six semaines, soit jusqu’au 1er décembre. Des dérogations seront possibles, uniquement dans certains cas, comme les travailleurs de nuit. En cas de non-respect du couvre-feu, des amendes de 135 euros seront délivrées ; elles pourront s’élever à 1 500 euros en cas de récidive.

    Pas question de mettre totalement le pays à l’arrêt
    Alors que l’instauration du couvre-feu a fait débat jusqu’au sein même du gouvernement, Emmanuel Macron a justifié cette mesure par la nécessité de « réduire les moments de convivialité » privés, qui sont « des vecteurs d’accélération du virus » , tout en permettant la continuité de la vie économique, sociale et éducative.

    Les écoles, lycées et universités resteront ouverts, a-t-il souligné. Pas question de mettre totalement le pays à l’arrêt, comme ce fut le cas lors de la première vague. A l’heure actuelle, « reconfiner le pays serait disproportionné », a estimé M. Macron, qui veut à tout prix éviter de recourir à cette extrémité, aux conséquences jugées désastreuses.

    En parallèle, le gouvernement a toutefois rétabli par décret lors du conseil des ministres l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du pays, qui lui permet de disposer d’un cadre juridique afin d’adapter les restrictions dans les mois à venir, allant jusqu’au confinement. Manière de se garder une marge de manœuvre, au cas où. « Si l’on ne veut pas devoir prendre des mesures plus dures, il faut respecter les règles » , a d’ailleurs mis en garde le chef de l’Etat. Son objectif étant de revenir à une situation de 3 000 à 5 000 nouveaux cas par jour et à 10 %-15 % de lits en service de réanimation occupés par des malades du Covid-19.

    Pour autant, Emmanuel Macron n’a pas interdit aux Français de partir en vacances à la Toussaint. Malgré les restrictions en vigueur, les déplacements entre les régions ne seront pas réduits, a-t-il indiqué. Une injonction contradictoire, en apparence, que le chef de l’Etat a assortie d’une recommandation appuyée, en demandant aux vacanciers de respecter scrupuleusement les gestes barrières lors de leurs déplacements pour ne pas propager le virus. En particulier lors des réunions de famille ou entre amis, durant lesquelles il a appelé à ne pas se rassembler à plus de six personnes. Une sorte de « en même temps » entre la préservation de certaines libertés et l’instauration de restrictions. Une stratégie résumée en une formule : « On n‘infantilise pas, on responsabilise. »

    StopCovid, « ça n’a pas marché »

    Autre nouveauté : Emmanuel Macron s’est converti au mea culpa. Sur la stratégie en matière de dépistage, d’abord – près de 1,4 million de tests sont réalisés chaque semaine en France. « On a rencontré de vraies difficultés » , a reconnu le chef de l’Etat, alors que les files d’attente se sont allongées devant les laboratoires d’analyse médicale pendant des semaines et que les délais pour obtenir un résultat excèdent parfois cinq ou six jours. « Nous allons rentrer dans une stratégie où on va pouvoir réduire drastiquement les délais » , a-t-il promis.

    Pour mieux suivre l’évolution du virus sur le territoire, l’exécutif veut miser sur les tests antigéniques, annoncés depuis septembre par le ministre de la santé, Olivier Véran, mais qui sont encore à l’état d’expérimentation. M. Macron a aussi évoqué un possible recours aux autotests, sur lesquels la Haute Autorité de santé ne s’est pas encore prononcée, contrairement aux tests antigéniques, dont les modalités du déploiement sur le territoire devraient être annoncées prochainement.

    Le chef de l’Etat a par ailleurs reconnu l’échec de l’application StopCovid lancée dans la foulée du déconfinement pour permettre de repérer les cas contacts de personnes positives au Covid-19. « Ça n’a pas marché » , a-t-il assumé à propos de cet outil qui, avec seulement 2,6 millions de téléchargements depuis juin, « a été beaucoup moins téléchargé » que dans les autres pays européens.

    Une nouvelle application, baptisée « Tous anti-Covid », doit voir le jour le 22 octobre, a annoncé le président de la République, et devrait fournir à ses utilisateurs des informations quotidiennes sur l’état de la pandémie ainsi que sur les lieux où se faire tester. Une manière, veut croire M. Macron, de contribuer à sa popularité, en espérant que les Français l’activent lorsqu’ils se trouveront dans des lieux fréquentés par du public comme les restaurants.

    Une crise « inégalitaire »

    Durement touchés par les nouvelles règles de couvre-feu, ces derniers pourront bénéficier, à l’image d’autres secteurs d’activité tels que l’événementiel ou le monde de la culture, de « dispositifs de soutien supplémentaires » , a avancé le chef de l’Etat, notamment à travers le recours au chômage partiel ou l’accès au fond de solidarité pour les entreprises. Ce qui n’a pas empêché les fédérations professionnelles du secteur hôtellerie-cafés-restauration (HCR) de déplorer « une fermeture déguisée » de leurs établissements.

    Les entreprises pourront par ailleurs proposer « deux à trois jours de télétravail par semaine » à leurs employés, a suggéré M. Macron, pour « réduire un peu la pression collective » , mais pas à temps plein. On a « besoin d’échanger avec les collègues de travail » , a justifié l’ancien ministre de l’économie. Un satisfecit pour le Medef. La branche parisienne de l’organisation patronale avait alerté sur le fait qu’un télétravail à 100 % pourrait aggraver la crise économique et « fragiliser encore les entreprises ».

    Accusé par ses contempteurs de mener une « politique antisociale » , Emmanuel Macron, enfin, a rejeté l’idée soumise, entre autres, par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, d’augmenter le revenu de solidarité active (#RSA) et d’étendre son versement aux jeunes âgés de 18 à 25 ans. A la place, le locataire de l’Elysée a annoncé le versement durant les six semaines du couvre-feu d’une « aide exceptionnelle » de 150 euros par personne [pour payer l’amende, ndc] , plus 100 euros par enfant, pour tous les allocataires du RSA et des aides aux logements (APL).

    « Je préfère cette aide exceptionnelle massive plutôt qu’une transformation de nos minima sociaux » , a défendu M. Macron face à cette crise « inégalitaire » , a-t-il reconnu, pour les plus précaires. « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 » , a-t-il déploré, reconnaissant le « sacrifice terrible » vécu par cette génération, qui voit ses études et sa vie sociale entravée par la crise sanitaire, et son entrée sur le marché du travail compliquée par la crise économique.

    Présenter un profil rassembleur

    Tout au long des quarante-cinq minutes d’entretien, Emmanuel Macron s’est attaché à se montrer concret et précis, à l’image de son ancien premier ministre, Edouard Philippe, et il a assumé le terme de « couvre-feu », après avoir hésité en mars à prononcer celui de « confinement ». Le chef de l’Etat sait que la clarté et la pédagogie peuvent se révéler essentielles pour faire accepter aux Français de nouvelles mesures de restrictions de liberté, alors qu’une partie de l’opposition met en garde face à un risque de « jacquerie » .

    Depuis la rentrée, la stratégie de l’exécutif apparaissait aux yeux de beaucoup comme étant trop fluctuante. De la même manière, M. Macron a tenu à faire savoir que les élus locaux des métropoles concernées par le couvre-feu avaient été prévenus en amont de cette initiative. « Je vais demander à nos maires de nous proposer des plans de prévention » , a-t-il ajouté. Une façon d’inclure les collectivités. Pas question de rééditer l’épisode de la bronca des élus marseillais, le 23 septembre, suite à la fermeture des bars et des restaurants.

    Au moment où le pays affronte une crise multiforme, le chef de l’Etat s’est également efforcé de présenter un profil rassembleur. « Nous nous en sortirons les uns et les autres », a-t-il déclaré, en appelant les Français à « être une nation de citoyens solidaires » . Comme s’il s’agissait de se poser en père de la nation, à un an et demi de l’élection présidentielle.

    #crise_sanitaire #couvre-feu #gouvernement #économie
    #tests_antigéniques

    • Le lien social au défi du Covid-19, Le Monde, Editorial.

      Alors que tout est fait pour maintenir l’activité économique mais réduire au maximum les liens sociaux, amicaux et familiaux, Emmanuel Macron va devoir convaincre ceux qui vont subir les contraintes du couvre-feu de le faire avec le moins possible de mauvaise grâce.

      Editorial du « Monde ». La fête est finie. Emmanuel Macron l’a clairement signifié aux Français, mercredi 14 octobre, lors d’une interview télévisée qui restera marquée par l’utilisation d’un mot qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire : le « couvre-feu ». A compter de samedi, les habitants de la région Ile-de-France et de huit métropoles (Grenoble, Lille, Rouen, Lyon, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse) devront, sauf bonnes raisons, cesser de circuler entre 21 heures et 6 heures du matin pour une durée de quatre semaines, que le chef de l’Etat veut prolonger à six, s’il obtient l’accord du Parlement.

      Après des résultats probants à Cayenne et en Guadeloupe, le couvre-feu est présenté comme une mesure « pertinente » pour gérer « la deuxième vague » de l’épidémie de Covid-19 qui plonge la France, comme beaucoup de ses voisins, « dans une situation préoccupante » . Moins pénalisant qu’un reconfinement généralisé, il va cependant aggraver dans les zones concernées la situation de secteurs déjà durement éprouvés. La restauration et les spectacles vont de nouveau faire l’objet de mesures de soutien public pour ne pas totalement sombrer. Leur moral est à zéro.

      Le couvre-feu va aussi peser sur le quotidien de millions de personnes, qui risque, jusqu’au mois de décembre, de se décliner en « métro, boulot, dodo ». Car tout est fait pour maintenir l’activité scolaire et économique et à l’inverse empêcher les réunions familiales et les fêtes entre amis. Gare, là encore, à la déprime collective.

      Pari éminemment difficile

      Pour Emmanuel Macron, le risque était grand que ces nouvelles mesures coercitives, en tout point contraires à sa volonté de restaurer la confiance en l’avenir, apparaissent comme la sanction d’une stratégie sanitaire déficiente. Les déboires actuels de plusieurs voisins européens, parmi lesquels la Belgique, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont atténué ce procès. De même que la publication d’un rapport d’experts indépendants montrant que la France se situe dans la moyenne en matière de gestion de la crise. Le président de la République a, tout de même, dû reconnaître des ratés dans le déploiement des tests et un échec dans la mise en service de l’application StopCovid, qui va être revisitée.

      Son défi est à présent de convaincre ceux qui vont subir les contraintes du couvre-feu de le faire avec le moins possible de mauvaise grâce. Ce sera difficile, car le consensus scientifique s’est fissuré ; l’opinion publique est désormais partagée entre la peur que suscite le virus et la volonté de défendre le droit de vivre librement. Quant aux élus locaux, peu se sont montrés disposés à appuyer le gouvernement. Des tiraillements identiques sont constatés dans la plupart des démocraties qui subissent la deuxième vague épidémique.

      Le chef de l’Etat a su éviter deux écueils : l’infantilisation et la culpabilisation. Il n’a pas abusé du vocabulaire guerrier, contrairement à son intervention du 16 mars, dans laquelle, à six reprises, il avait employé le mot « guerre ». De même a-t-il évité de faire la morale aux jeunes, soulignant au contraire le « sacrifice terrible » auquel le virus les contraint. Représentant la France comme un bloc, « une nation de citoyens solidaires » , il a fait appel à « chacun d’entre nous » , en espérant que la société française sera capable, à l’épreuve de la crise, de retrouver le chemin du collectif – avec ce paradoxe qu’il faudra y parvenir en réduisant au maximum les liens sociaux, amicaux et familiaux. Un pari éminemment difficile au moment où l’écart va se creuser entre les métropoles, soumises au régime sévère du couvre-feu, et le reste du pays, qui vivra, lui, presque normalement.

    • " C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 parce que ce sont ceux qui vivent un sacrifice terrible. "

      Les propos dégueulasses du show présidentiel contre les assistés et le #RSA qu’il faut pas augmenter ni ouvrir aux moins de 25 ans sinon les pauvres vont pas prendre les emplois ont été assorti de l’annonce d’une prime de 150 euros qui devait être allouée aux allocataires des minima [Edit, non ! du seul RSA] et de l’#APL. Ben non, finalement, après les 100 milliards du plan de relance (assistance aux entreprises), ça couterait trop cher, les allocataires APL sont encore trop nombreux, ils n’auront pas ce one shot de 150 euros.
      La promesse d’une prime de 1500 balles aux soignants s’est traduite pour pas mal d’infirmières par des « bons d’essence de 30 euros ».
      Le bénéfice du #chômage_partiel (dont l’ampleur a été un événement tout à fait inédit de la politique sociale) a été enlevé à diverses catégories de personnes vulnérables au covid fin août.

      Ce qu’il reste du "peu importe combien ça coûte" , c’est les millions dépensés pour des tests mal conduits et le soutien aux entreprises. Ça commence à se voir.

      #argent_magique

  • Covid-19 : un couvre-feu à l’étude pour Paris et l’Île-de-France - Le Point
    https://www.lepoint.fr/societe/covid-19-un-couvre-feu-a-l-etude-pour-paris-et-l-ile-de-france-12-10-2020-23

    Ce mardi matin, un conseil de défense se déroulera à huis clos à l’Élysée pour arbitrer de nouvelles mesures de restriction. Mardi soir, les ministres concernés par la crise du Covid-19 seront également conviés discrètement à Matignon. Ce lundi matin, leurs directeurs de cabinet se sont d’ores et déjà retrouvés à l’Élysée autour du secrétaire général du palais, Alexis Kohler. Selon plusieurs sources au sommet de l’État, l’hypothèse d’un couvre-feu nocturne dans les zones le plus à risque, en particulier Paris et l’Île-de-France, est à l’étude avec différents scénarios de mise en application : à partir de 20 heures, 22 heures ou 23 heures, comme à Berlin ou Francfort, en Allemagne, depuis ce week-end.

    J’ai laissé la photo du Point, non légendée mais ressemblante. Ici, il y a beaucoup de cafés ouverts - à vue de nez, moins chez les Kabyles ; idem, les kebabs turcs refusent de servir à boire sans manger ; des Asiatiques gardent le tabac ouvert mais ferment la partie bar - les terrasses étant le seul lieu où on peut ne pas être masqué à l’extérieur.

    • Ile-de-France : 17% des personnes testées pour le coronavirus sont positives, du jamais vu
      https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/ile-de-france-17-des-personnes-testees-pour-le-covid-sont-positives-du-ja

      La « grande marée » de patients Covid annoncée la semaine dernière serait-elle en route ?

      [le directeur de l’Agence régionale de santé, Aurélien Rousseau] a aussi indiqué que 42% de patients Covid se trouvaient dans les services de réanimation de la région. Il y a « plus de 1.480 personnes dans les lits d’hospitalisation conventionnelle, 672 dans les soins de suite et de réadaptation et presque une centaine dans les lits de psychiatrie », a-t-il précisé.

      Selon l’ARS, il y a des signes alarmants. Par exemple « aujourd’hui à Paris chez les 20-30 ans plus de 800 cas positifs pour 100.000. Le seuil d’alerte c’est 50 ».

      « Et surtout, depuis trois jours, ces chiffres augmentent très rapidement chez les personnes âgées, or le passage entre les générations, c’est ça qui est notre préoccupation majeure », explique Aurélien Rousseau.

      Pour le directeur de l’Agence régionale de santé, il n’y a pas de doute, dans les 15 prochains jours, on aura plus de cas graves.

      Aurélien Rousseau pense qu’il y aura « sans doute jusqu’à 300 personnes par jour dans les prochains jours qui vont arriver dans les hôpitaux d’Ile-de-France ».

      Par ailleurs, sur les 700 Ehpad d’Ile-de-France, 127 comptent au moins un cas de Covid-19, a-t-il dit.
      Les hôpitaux sont en alerte

      Il a été demandé aux hôpitaux d’activer tous leurs dispositifs de crise pour ne pas se laisser surprendre et dépasser par une nouvelle grande vague de malades.

      Les hôpitaux déprogramment des interventions non-urgentes quand c’est nécessaire et ils peuvent aussi repousser les congés des soignants.

      Le secteur privé est aussi très mobilisé, souligne l’ARS qui indique que « dans les lits de réanimation, 24% des malades sont dans le privé ».

    • Reconfinement, couvre-feu… Face à la deuxième vague, quelles sont les options du gouvernement ?
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/13/reconfinement-couvre-feu-face-a-la-deuxieme-vague-quelles-sont-les-options-d

      Evoqué dans le dernier avis du conseil scientifique, le couvre-feu apparaît comme une alternative moins « coûteuse » [que le confinement, pas évident à réaliser au niveau local, ndc] économiquement et socialement. Il a été mis en œuvre avec succès en Guyane, en juin et juillet. En semaine, il a d’abord été interdit aux habitants de circuler à partir de 23 heures, puis cette limite a été abaissée à 21 heures, avant de passer à 19 heures, puis 17 heures. Le week-end, chacun devait rester chez soi à partir de 13 heures le samedi. « Combiné avec d’autres mesures, comme la fermeture des frontières et des limitations de déplacement, cela a permis d’abaisser le R de 1,7 à 1,1 », détaille Simon Cauchemez, modélisateur à l’Institut Pasteur, auteur d’une étude sur le sujet, prépubliée en ligne.

    • ILE-DE-FRANCE : LE DIRECTEUR DE L’AP-HP PRÉVOIT L’OCCUPATION DE « 70 À 90% » DES LITS DE RÉANIMATION FIN OCTOBRE

      https://www.bfmtv.com/paris/pour-martin-hirsch-70-a-90-des-lits-de-reanimation-d-ile-de-france-seront-occ

      Au regard des indicateurs actuels de suivi de l’épidémie,
      "aux alentours du 24 octobre, il y aura au minimum entre 800 et 1000 patients Covid dans les services de réanimation"
      franciliens, alerte ce mardi Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, dans une interview au Parisien. Soit "70 à 90% de nos capacités actuelles" , précise-t-il.

      Pour le directeur de l’AP-HP, cet afflux dans les services de réanimation "est inéluctable" . "La situation est grave" , ajoute-t-il, précisant qu’environ "20% des interventions non prioritaires sont en cours de déprogrammation" dans les 39 hôpitaux du groupement.

      Pour tenter de ne pas aggraver la situation à venir dans les services de réanimation et d’éviter de « faire un choix entre les patients », « c’est aujourd’hui qu’il faut agir », assure Martin Hirsch, qui préconise une « politique bien plus systématique de télétravail » au sein des entreprises. Mais aussi et surtout une diminution significative des interractions sociales des Franciliens.

      "Nous devons − vous, moi, tout le monde − avoir 20 % de contacts sociaux en moins" , explique-t-il dans les colonnes du Parisien.

    • Faire en français signifie chier. Exemple : Ne forçons pas notre talent. Nous ne FAIRIONS rien avec grâce.
      Traité du style, Aragon.

      Le Monde avec AFP, le 14 octobre à 01h30

      « Il ne s’agit pas de prendre une mesure pour quinze jours, un coup on ferme, un coup on rouvre. Il faut des mesures bien plus longues, selon son entourage. « Les Français ont besoin de clarté sur le moyen et long terme. Il faut leur donner une trajectoire, un calendrier pour les mois qui viennent » , ajoute l’entourage du chef de l’Etat, pour qui les six à huit prochaines semaines seront une période charnière.

      Un couvre-feu permettrait de limiter les déplacements nocturnes, donc les réunions de famille ou d’amis, en particulier chez les jeunes, dont les fêtes dans des lieux privés, très difficiles à contrôler, sont autant de clusters potentiels.

      « Des villes de différentes tailles seront concernées par ces mesures, en fonction de la circulation du virus », ajoute la même source. « Mais il faut faire peser le minimum de contacts sur la vie de tous les jours, dont l’école ou l’université. » Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs exclu mardi sur RTL « a priori » l’annonce par Emmanuel Macron de mesures concernant les écoles, collèges et lycées.

      L’hypothèse d’un couvre-feu inquiète les oppositions

      Le chef de l’Etat devrait par ailleurs annoncer une accélération des tests, grâce à l’arrivée de nouvelles techniques beaucoup plus rapides, comme les tests salivaires.

      [...] « Les restrictions c’est quand on a tout raté » , a lancé (...) Le Pen...

      On est puni parce que « La mission indépendante présidée par le Suisse Didier Pittet (...) chargée d’évaluer l’exécutif sur la gestion de la crise sanitaire en France [a] rend[u] ce mardi son rapport d’étape » https://seenthis.net/messages/880780
      Le gouvernement a tout faux, il doit faire.

      #couvre-feu #Paris et ...

    • Cela fait 3 jours qu’on nous bassine avec le « couvre-feu ». Encore des gesticulations stupides. Il semble que rien ne va être fait pour les écoles, facs et entreprises qui je le rappelle sont globalement ouvertes entre 8h et 18h, soit bien avant l’éventuel couvre-feu. Imposer le télétravail là où on peut serait une option simple que le gouvernement se refuse à prendre car le Medef n’en veut pas (et je ne parle pas de faire respecter le port du masque, c’est encore un autre sujet...). Et si ledit couvre-feu a lieu à 23h je pense qu’on aura là une preuve très très claire du foutage de gueule.

    • Apparemment, il n’y aura aucune mesure pour les lieux d’enseignement. En tout cas, rien à ce sujet ne semble fuiter dans les principaux canaux d’informations de l’officialité. Ce qui en soit est à mon sens une information.

      Et donc, si ce soir, le pouvoir prend des décisions qui de toute évidence n’auront que des effets à la marge sur le sujet qui nous occupe tous, ce sera à mon sens un moyen de répondre à la question : « Ont-ils décidé de mettre en œuvre une stratégie d’immunité collective, ou bien sont-ils juste incompétents ? »

      De très nombreux indices laissaient penser qu’ils étaient incompétents et que leurs objectifs étaient ailleurs (sauver les actionnaires du CAC40). Mais entre les fumigènes grossiers (loi sur le séparatisme), et les contrevérités manifestes (cf. propos de la ministre de l’enseignement supérieur sur les lieux d’enseignement qui ne sont pas des lieux de contamination), et à nouveau, ce soir, avec ce spectacle médiocre en préparation, il me semble que nous pourrons conclure : ils ont fait le choix de l’immunité collective.

      Nous avons regardé en famille, l’autre WE, le film « Les sentiers de la gloire », vieux film, mais quel film ! On le sait, la guerre de 14, c’était avant tout une guerre de massacre, où des généraux tenant des coupes de champagne décidaient d’envoyer des milliers d’êtres humains à l’abattage, quitte à en fusiller quelques uns pour l’exemple, sans considération autre que leur carrière. Je ressens ces gens qui nous gouvernent actuellement comme héritiers de cette façon de gouverner. Nous les avons déjà comparé aux Versaillais de la Commune... Nous pouvons aussi les comparer aux généraux de la WWI.

  • Curfews “Definitely Work”—If We Define “Work” as Increasing the Possibilities for Police Violence – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/crime-justice/2020/06/do-curfews-work-confusion-los-angeles

    But, here’s the question: Do curfews even work? Or maybe I should ask, who do curfews work for?

    The first thing Ritchie told me was: “Curfews definitely work to increase possibilities for criminalization and police violence. We can guarantee that they work for that.”

    She added, “Responding to a protest of police violence with more police violence and more criminalization is the absolute worst possible response if you’re trying to address the issues that protesters are raising right now.”

    Historically, curfews have been used to suppress dissent and uprising. Most notably, when Black Americans protested in the streets in the 1960s to demand equal rights, cities responded with strict curfews. “People were shot and killed by police enforcing curfews,” Ritchie told me. “So the reaction of the young man you witnessed yesterday who said ‘we should go home’ is the intended impact.”

    #couvre-feu #violences_policières

  • Info Park
    Weekly
    13 – 19 May 2020

    Serbia
    ➢ On 14 May, Health Minister Zlatibor Loncar annulled the previous order that extended the lockdown for Reception and Asylum Centers in Serbia. (Official Gazette, no. 74/2020) As a result, all refugees and other migrants regained the right to freedom of movement in the country. Asylum office of the Serbian Interior Ministry will resume its operations on 1 June.
    ➢ In a stark contrast to above decision to relax the lockdown measures in all the camps, on 16 May Serbian President Aleksandar Vucic ordered Serbian Army deployment in municipality Sid with 3 centers: Adasevci, Principovac and Sid city. Apparently, the decision is made following requests from the local municipality to prevent any incidents that occurred before corona epidemics, including petty crime, burglaries and illegal entry into abandoned buildings including farms or weekend houses in the area. The units belonging to the elite 72 Brigade for Special Operations of Serbian army are deployed on the same day, guarding 3 centers and patrolling in the town.
    According to the SCRM, the migrants are allowed to leave all of these camps, however their stay outside after the 10PM curfew is not tolerated, and they are forced
    to return to the camp. Various representatives of civil society criticized this decision heavily, claiming it is connected with the campaign for general elections in Serbia set for 21 June - especially given that no incidents are reported since lifting lockdown of Sid area camps.
    Last week was marked by the swift return to “normality” regarding migrations in Serbia. Nearly 1,500 migrants managed to leave the camps since the end the state of
    emergency, despite strong SCRM efforts to slow down the outflow with the partial restriction of freedom of movement with a system of quotas (for instance, in Krnjaca AC only 5 migrants per barrack were allowed to exit the premises). According to Serbian Commissar for refugees and migrations Vladimir Cucic, Serbian ACs and
    RCs currently host 7,700 beneficiaries, with an estimation of at least 150 people on the move outside. At the peak of the state of emergency, the camps had over 9.100 accommodated people.
    ➢ Inflow of refugees and other migrants in the parks of Belgrade Savamala district is notable, with numbers rising from 120 on Wednesday to 270 on Sunday. Consequently, significant number of smugglers are also present in the area, seeking clients and brokering deals about irregular travel to the EU. As a result, there is a significant increase in attempts to cross the borders of Hungary and Romania. Push backs from Hungarian border peaked at 188 over the weekend. At the same time an apparent movement of Kurdish families is noticed towards or over the border with Romania. Read more on how the new border regime could influence people on the
    move in this Weekly’s appendix “Protection of borders in times of crisis”.
    ➢ Around 50 right-wingers, mostly members of the extremist neo-nazi Levijatan movement, gathered outside the Obrenovac RTC on 13 May to protest in support to a
    member of the organization who had forcibly driven into the camp the week before and was ordered 30-day detention.

    Croatia
    ➢ Following the reports condemning the photos of physically marked refuges in Croatia last week, the Guardian published an article about this humiliating practice. However, the Croatian Ministry of Interior denied the accusations published in the UK paper dubbing that these accusations absurd and dangerous since they are
    coming during the holy month of Ramadan.

    Greece
    ➢ The program of relocation of unaccompanied children from Greek islands to other EU countries is scheduled to continue. Portugal is set to welcome 500 boys and girls
    and dozens are ready for the relocation to Belgium. However, authorities have extended the lockdown of Greek refugee camps due to the corona virus pandemic.
    ➢ According to Alarm Phone, push-backs on the Aegean sea reportedly continued. Since early March 2020, Alarm Phone has received 28 emergency calls from the
    Aegean and in most of these cases the distress resulted from attacks on boats carried out in Greek waters by various vigilante groups.

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Serbie #Déconfinement #Couvre-feu #Grèce #Refoulement #Relocalisation #Enfants #Croatie #Violencespolicières #

  • Alors que la #COVID-19 anéantit des systèmes de #santé déjà fragiles, plus de 6 000 #enfants de moins de 5 ans supplémentaires pourraient mourir chaque jour en l’absence de mesures immédiates
    https://www.newswire.ca/fr/news-releases/alors-que-la-covid-19-aneantit-des-systemes-de-sante-deja-fragiles-plus-de-

    Dans les pays dont le système de santé est déjà fragile, la COVID-19 perturbe les chaînes d’approvisionnement de fournitures médicales et exerce une pression sur les ressources financières et humaines. Les #confinements, les #couvre-feux, l’interruption des #transports et la crainte permanente des communautés de se faire infecter font baisser les taux de fréquentation des centres de santé. Dans un commentaire figurant dans l’analyse publiée par The Lancet Global Health, l’#UNICEF prévient que ces perturbations risquent de provoquer une augmentation catastrophique du nombre de #décès infantiles et maternels.

    Les auteurs de l’analyse ont étudié trois scénarios possibles concernant les effets que pourrait avoir une diminution des interventions vitales en raison de la crise sur les décès infantiles et maternels. Dans le scénario le moins pessimiste, qui repose sur une baisse de près de 15 % de la couverture des services de santé, les décès d’enfants de moins de 5 ans augmenteraient de 9,8 %, ce qui représenterait 1 400 décès par jour, et les décès maternels, de 8,3 %. D’après le scénario le plus sombre, qui repose sur une diminution de la couverture de près de 45 %, les décès d’enfants de moins de 5 ans pourraient augmenter de 44,7 % et les décès maternels, de 38,6 % tous les mois. Ces interventions englobent les services de planification familiale, les soins prénatals et postnatals, ainsi que les soins obstétriques, les vaccins et les soins préventifs et curatifs. Les estimations montrent qu’une perturbation des soins de santé courants et une diminution de l’accès à la nourriture, pour quelque raison que ce soit, provoqueraient une augmentation catastrophique des décès infantiles et maternels. La plupart des décès supplémentaires seraient alors dus à une augmentation de la prévalence de l’émaciation chez les enfants (ce qui implique d’autres effets potentiels que ceux du recul de la couverture des systèmes de santé) et à une diminution du traitement de la pneumonie et du sepsis néonatals.

    D’après la modélisation, si la baisse de la couverture des interventions envisagée dans le scénario le plus défavorable venait à se réaliser, le Bangladesh, le Brésil, l’Éthiopie, l’Inde, l’Indonésie, le Nigéria, l’Ouganda, le Pakistan, la République démocratique du Congo et la République-Unie de Tanzanie seraient les dix pays qui enregistreraient le plus grand nombre de décès d’enfants supplémentaires. D’après le scénario le plus pessimiste, Djibouti, l’Eswatini, le Lesotho, le Libéria, le Malawi, le Mali, le Nigéria, le Pakistan, la Sierra Leone et la Somalie sont, quant à eux, les dix pays les plus susceptibles d’enregistrer les taux de surmortalité infantile les plus élevés. Il est donc essentiel d’assurer la continuité des services qui sauvent des vies dans ces pays.

    #femmes

  • 1 Million Refugee Workers Laid-off Amidst COVID-19 Crisis - Bianet English

    Working people of Turkey celebrate the international workers day in a perplexing atmosphere as 31 major cities and towns, including capital Ankara, and major industrial and touristic cities and towns, İstanbul, Kocaeli, Sakarya, Adana, Mersin, Antalya, Eskişehir, Zonguldak and Diyarbakır, will remain under curfew for three days starting 1st of May. While outdoor rallies and marches are banned under public health concerns as well as security precauitons labor unions and left-wing parties had to carry traditional 1st of May celebrations on digital platforms and the social media.

    #Covid-19#Turquie#Fête_du_travail#Manifestation#Contestation#Confinement#Couvre-feu#Pandémie#migrant#migration

    http://bianet.org/english/minorities/223646-1-million-refugee-workers-laid-off-amidst-covid-19-crisis

  • Greece to lift restrictions in May and June

    Greece’s Civil Protection Deputy Minister for Crisis Management, Nikos Hardalias in his televised briefing on Thursday announced the gradual lifting of restrictions from May.

    Hardalias clarified that although the restriction measures to contain the Covid-19 pandemic are extended from April 27 to May 4, “the next phase will be the gradual return to normalcy,” adding that relaxing the measures would then proceed in two phases in May and June, in two-week increments.

    He noted that every day remains difficult, referring indirectly to earlier events, when coronavirus cases were identified at private clinics in the south and western suburbs of Athens in the last 20 hours.

    Among other updates, the Minister noted that a section of the Roma community in Nea Smyrni, central Greece, and other areas in the region where coronavirus infections were located will continue to remain in lockdown until April 30.

    In Thessaly, all open-air markets that were shut down will be able to operate as of Saturday (April 25), as the quarantine period will be completed. In addition, Mesopotamia community in northern Greece will complete its quarantine on Friday.

    In Kranidi, the Argolid area, the second batch of tests taken (177) were all negative for coronavirus, but the area will keep its curfew. A coronavirus outbreak in a hotel hosting refugees in the area is on lockdown as of April 16.

    The pandemic has been subsiding in Greece, he said, “but the war is not yet won.”

    https://greekcitytimes.com/2020/04/24/greece-to-lift-restrictions-in-may-and-june

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Péloponnèse #Hotel #Quarantaine #Ville #Kranidi #Couvre-feu #Quarantaine #Confinement

  • Coronavirus : une ville accueillant des migrants mise en quarantaine en Grèce

    Les autorités grecques ont mis en quarantaine mardi une ville proche d’un hôtel du Péloponnèse (sud) qui héberge des migrants dont 148 ont été testés positifs au nouveau coronavirus.

    148 des 470 migrants qui étaient hébergés dans cet hôtel de bord de mer, ainsi que deux membres du personnel, ont été testés positifs, mais sont asymptomatiques, a fait savoir Nikos Hardalias, ministre adjoint à la protection civile.

    A cinq kilomètres de l’hôtel, la ville de Kranidi, à 166 kilomètres au sud-ouest d’Athènes, est placée en quarantaine pendant deux semaines et soumise à un couvre-feu la nuit, a annoncé mardi M. Hardalias après une réunion convoquée en urgence avec des responsables locaux.

    « Beaucoup d’enfants » figurent parmi les demandeurs d’asile qui sont hébergés dans l’hôtel, a-t-il dit.

    Ils sont pour la plupart originaires d’Afrique sub-saharienne, selon le ministère des migrations. Une migrante somalienne de 28 ans, enceinte, a été la première testée positive au Covid-19.

    Les autorités avaient déjà confiné l’hôtel la semaine dernière, mais les résidents s’étaient tout de même rendus dans les magasins et banques locales, a indiqué le maire Yannis Georgopoulos à la chaîne de télévision publique ERT.

    « Tous ceux qui ont été en contact (avec les demandeurs d’asile) seront testés », a-t-il dit.

    L’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) en charge de la résidence a affirmé que « des interprètes, des psychologues, des travailleurs sociaux et des conseillers juridiques sont en contact constant avec les bénéficiaires pour les aider dans cette situation difficile ».

    Un employé de l’hôtel avait aussi été testé positif mais n’est pas venu travailler depuis 12 jours dans l’établissement, précise également le ministère.

    Environ 100.000 migrants sont actuellement bloqués en Grèce depuis que les autres pays européens leur ont fermé leurs frontières en 2016.

    Le gouvernement a annoncé la semaine dernière son intention de transférer vers le continent des demandeurs d’asile vulnérables vivant dans les camps surpeuplés des îles.

    Deux camps sur le continent, dans la région de l’Attique, ont enregistré plusieurs cas de coronavirus.

    Le ministère de l’immigration a décidé de prolonger jusqu’au 10 mai le confinement imposé à tous les camps en Grèce.

    La Grèce compte 116 morts du coronavirus alors que 61 personnes se trouvent actuellement en soins intensifs.

    https://www.lepoint.fr/monde/coronavirus-un-hotel-accueillant-des-migrants-mis-en-quarantaine-en-grece-21

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Péloponnèse #Hotel #Quarantaine #Ville #Kranidi #Couvre-feu #Quarantaine #Confinement

  • The Coronavirus Meets Authoritarianism in Turkey- The New-Yorker
    Turkey, where more than two hundred people have died from the new coronavirus, has one of the world’s fastest-growing outbreaks, but Erdoğan has resisted urgent action, calling only for a “voluntary quarantine” for most of the country.
    #Covid-19#Turquie#Erdogan#couvre-feu#Surveillance#Politique#Liberté#Tracage#migrant#migration

    https://www.newyorker.com/news/q-and-a/the-coronavirus-meets-authoritarianism-in-turkey

  • Turkish pandemic plan raises concerns over citizens’ digital rights- Al Monitor

    In effort to limit the spread of the novel coronavirus, Ankara launched a mobile app that tracks patients, raising concern among digital privacy advocates.
    #Covid-19#Turquie#Erdogan#couvre-feu#Surveillance#Politique#Liberté#Tracage#migrant#migration

    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/04/turkey-coronavirus-response-concerns-digital-rights.html

  • Turkish Health Minister ‘was not notified of curfew beforehand’ - DuvaR
    Turkish Health Minister Fahrettin Koca was reportedly not aware of the decision to impose a two-day curfew on 31 provinces. Members of the Health Ministry’s Science Commission were also reportedly not notified of the curfew beforehand, prompting them to hand their resignations to Koca. “If you quit, you would be leaving Turkey alone in its struggle against the coronavirus,” daily Yeniçağ cited Koca as telling Science Commission members
    #Covid-19#Turquie#Erdogan#couvre-feu#Surveillance#Politique#Liberté#migrant#migration

    https://www.duvarenglish.com/health-2/coronavirus/2020/04/12/turkish-health-minister-was-not-notified-of-curfew-beforehand

  • Opposition says gov’t failing in managing coronavirus crisis after sudden 2-day curfew sparks shopping rush -DuvaR.english
    Several members of opposition parties have criticized the government for announcing the decision of a 48-hour curfew only two hours left to lockdown. The sudden announcement led to panic, with crowds rushing to markets and bakeries and flouting social distancing advice.
    #Covid-19#Turquie#Erdogan#couvre-feu#Surveillance#Politique#Liberté#migrant#migration

    https://www.duvarenglish.com/health-2/coronavirus/2020/04/11/opposition-says-govt-failing-in-managing-coronavirus-crisis-after-sudd

  • Turkey imposes 2-day curfew in 31 provinces to curb coronavirus spread - Daily Sabbah
    Turkey’s Interior Ministry imposed Friday a two-day curfew in 30 metropolitan provinces and northern Zonguldak province starting as of midnight to curb the spread of coronavirus

    #Covid-19#Turquie#Erdogan#couvre-feu#Surveillance#Traçage#Liberté#migrant#migration

    https://www.dailysabah.com/turkey/turkey-imposes-2-day-curfew-in-31-provinces-to-curb-coronavirus-spread/news

  • Géographie des confinés

    « J’suis cloué dans un appartement d’deux pièces n’ayant rien d’autre à faire que de regarder par la fenêtre c’qui s’passe chez les voisins »

    Fenêtre sur Cours, A. Hitchcock, à écouter dans Fenêtre sur rue- #Hugo_Tsr (https://www.youtube.com/watch?v=QsNft5ftYSs&feature=youtu.be

    )

    « Voilà à quoi sont réduits nos #espaces_quotidiens, nos géographies urbaines aujourd’hui : #1_kilomètre. Voilà le périmètre auquel nous nous cognons, assortie maintenant d’un #couvre-feu pour beaucoup.

    Rien de nouveau, le confinement ça existait déjà avant. La #prison_à_ciel_ouvert que constitue nos villes, nos quartiers et aussi nos campagnes c’était déjà du confinement pour beaucoup. Les #quartiers_populaires on y vit confiné sous occupation policière permanente, tous les jours.
    C’est ce que nous raconte de nombreux lyricistes dont Hugo Tsr dans ses morceaux (une écoute à renouveler en temps de confinement).
    Des oiseaux de nuit nous interpellent sur les #murs de la ville : Confinement oui mais on n’oublie pas, on pardonne pas…
    Pour moi c’est l’heure d’aller faire mon tour. Merde il faut j’écrive une autorisation. »

    « Il est six heure c’est l’heure légale, moi j’suis allé marché
    Histoire de périmètre, on tourne dans des #carrés_tracés » (Périmètre, Hugo Tsr)
    Corenthin


    https://www.modop.org/se-relier/#1avril

    #périmètre #mobilité #1_km #confinement #géographie #espace_vécu #murs_urbains #musique

  • Rapports quotidiens du commissaire spécial de police en service au #poste_frontière du #Montgenèvre en #1884 - #1885
    Une recherche de #Philippe_Hanus publiée sur FB :
    https://www.facebook.com/philippe.hanus.94/posts/666078854128574

    Ami.e.s des confins,

    Puisque nous sommes désormais compagnes et compagnons d’infortune de nos voisins transalpins, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ces rapports quotidiens du commissaire spécial de police en service au poste frontière du Montgenèvre en 1884-85 (d’après une documentation des Archives départementales des Hautes-Alpes).

    Il est question d’épidémie de #choléra, de mouvements migratoires, de #couvre-feu et de #nationalisme de frontière…

    Concordance des temps comme dirait J. - N. Jeanneney ?

    20/09/1884 : les familles piémontaises qui avaient quitté Marseille en raison de l’épidémie de choléra pour rentrer dans leur pays par le Montgenèvre reviennent en France.

    30/09 : trente italiens par jour retournent à Marseille et trente quittent la France pour l’Italie. Ce sont des individus des deux sexes appartenant à la « classe ouvrière ». Ils sont originaires de la province de #Turin. Il entre en France « beaucoup de jeunes volailles ».

    11/11 : divers officiers italiens « en bourgeois » (en civil) se rendent au #mont_Chaberton.

    24/11 : petit tremblement de terre sans conséquences.

    2/12 : le plus grand calme règne au Montgenèvre.

    22/12 : deux mètres de neige sont tombés au col : Montgenèvre est bloqué.

    5/01/1885 : temps glacial, route verglacée.

    21/01 : fréquentes avalanches, pays bloqué.

    30/01 : circulation enfin rétablie.

    24/04 : premiers mouvements de troupes italiennes à nos frontières.

    21/05 : deux compagnies d’infanterie prennent leurs quartiers au Montgenèvre.

    23/05 : différentes compagnies de chasseurs italiens montent au col.

    2/06 : des soldats français se sont rendus en Italie. Les douaniers italiens sont « surexcités » : rixe dans un bar à Cézanne où des hommes pris pour des sous-officiers français ont été invectivés par des Italiens.

    14/06 : frontière à nouveau calme.

    6/07 : on annonce de grandes manœuvres italiennes à la frontière, environ 10 000 h.

    Le 30/07 : les soldats Italiens prennent possession du Mont Chaberton avec huit pièces de canons « le Chaberton est toujours le point sur lequel se fixe l’attention des militaires… Il est l’objet de fréquentes visites d’officiers, en bourgeois, italiens et français ».

    Le 10/08/1885 : en raison du choléra on établit un #cordon_sanitaire à la frontière : « en arrivant aux Clavières, les voyageurs et les bagages venant de France sont soumis à une sorte de #désinfection en présence du médecin délégué… ».

    12/08 : les voyageurs en provenance de France sont « désinfectés avec de l’#eau_phénique, puis le médecin délivre un billet à ceux dont la santé est bonne.

    27/08 : l’entrée en Italie par les Clavières la nuit est interdite à tout le monde.

    20/10 : le poste de santé des Clavières, composé d’un médecin, un comptable et de deux sergents de ville a été supprimé dans la journée. Tout est tranquille.


    https://www.facebook.com/philippe.hanus.94/posts/666078854128574
    #histoire #épidémie #frontières #France #Italie #militarisation_des_frontières #armée #fermeture_des_frontières

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    • Le #choléra à nos frontières. Petite chronique de l’épidémie de 1884-85 entre la France et l’Italie

      En situation de crise sanitaire, les frontières apparaissent comme des points de vulnérabilité par où l’envahisseur (quand bien même s’agit-il d’un virus) vient remettre en question la souveraineté nationale. Cet article vise à interroger leur fonction de « rempart protecteur » entre la France et l’Italie dans le cadre de la gestion sanitaire de l’épidémie de choléra qui s’est répandue en Europe au cours de l’année 1884-85, à partir du Midi de la France.


      https://lecpa.hypotheses.org/1722

  • « ILS NOUS ONT TANT VOLÉ QU’ILS NOUS ONT MÊME DÉROBÉ NOTRE PEUR » : INSURRECTION POPULAIRE AU CHILI 21 octobre 2019

    Le #Chili vit depuis quelques jours un soulèvement insurrectionnel d’une ampleur inédite. Partie de l’augmentation des prix du ticket de métro, la #révolte s’est rapidement généralisée, prenant pour cible le système dans son ensemble – dans un pays qui, depuis le coup d’État mené par Pinochet en 1973, est un laboratoire du #néo-libéralisme le plus féroce et où les inégalités sont parmi les plus fortes au monde. Alors que le gouvernement de droite à décrété l’#État_d’_urgence et instauré un #couvre-feu, alors que les militaires patrouillent dans les rues pour la première fois depuis la fin de la #dictature en 1990, nous avons mené un entretien avec l’un de nos correspondants au Chili pour faire le point sur la situation. Il nous explique les enjeux de l’explosion sociale en cours, sa composition, ses méthodes de lutte et sa résonance avec les soulèvements parallèles en #Amérique_du_Sud.

    L’élément déclencheur du soulèvement, c’est la lutte contre l’augmentation du prix du métro à Santiago. Un journaliste de l’Agence France Presse, toujours aussi fin limier, vient de découvrir que le métro de Santiago du Chili était le plus étendu de toute l’Amérique latine, et que la capitale était surpolluée par les embouteillages. Il serait plus judicieux de dire que ce mouvement, initié par des étudiants, des précaires et des lycéens, est typique de la situation analysée par l’#opéraïsme italien à travers le concept d’#ouvrier_social. Dans une époque où c’est la ville entière qui est devenue une #usine, et donc où c’est l’ensemble de l’espace social urbain qui participe à la production de valeur, il est tout à fait logique que le prix du métro devienne un enjeu radical des luttes. Si l’on pense aux mouvements de ces derniers années en Amérique du Sud, on peut faire la comparaison avec les luttes de 2013 à São Paulo, revendiquant la gratuité du bus dans cette ville. Un peu comme au Brésil, le mouvement a commencé avec un groupe militant indépendant des partis et syndicats ouvriers, et s’est répandu de la capitale aux autres grandes villes de tout le pays. Le plus surprenant, c’est la rapidité de l’extension du mouvement dans le cas chilien. Vendredi, il a pris Santiago. Samedi, il s’est déployé dans toutes les grandes villes du pays, du Nord jusqu’au Sud. (...) Ces formes de luttes contemporaines, où c’est la métropole elle-même qui devient un enjeu politique, sont de plus en plus présentes au Chili depuis ces dernières années. Ce n’est certes pas la première tentative de politisation du « #droit_à_la_ville » qui se passe au Chili, que ce soit à Santiago ou ailleurs. D’autres luttes antérieures ont déjà eu lieu, avec des résultats relatifs. De même, les pratiques émeutières ne sont pas nouvelles ici. Et il faut rappeler le courage des militantes féministes face à la répression policière, que ce soit lors du mouvement féministe de 2018, ou même lors de la marche du 8 Mars de cette année. S’il y a une explosion sociale d’une telle ampleur cette fois-ci, je crois que l’une des raisons se trouve dans les nouvelles formes de luttes, beaucoup plus offensives, qui ont été développées dès le premier jour à #Santiago.

    https://acta.zone/ils-nous-ont-tant-vole-quils-nous-ont-meme-derobe-notre-peur-insurrection-pop