• Asile : bilan en #France et en Europe pour #2019

    #Eurostat a publié le 3 mars 2020 des données relatives aux demandes d’asile, aux décisions prises et aux demandes en instance pour 2019. Cela complète des données publiées par le ministère de l’intérieur, l’#OFII et la #CNDA en janvier et permet de dresser une #cartographie de la demande d’asile en France et en Europe.
    Demandes d’asile en France : trois chiffres différents

    La particularité de la France est qu’elle ne comptabilise pas les demandes de la même manière que les autres pays européens et qu’il existe trois ou quatre données différentes.

    L’OFPRA comptabilise les demandes introduites auprès de lui, cela comprend les demandes des réinstallés qui sont,en pratique sinon en droit, exemptées d’enregistrement en GUDA, les réexamens et les demandes des « Dublinés » arrivés au terme de la procédure et qui peuvent introduire une demande OFPRA (les « requalifiés »)
    A partir de ces données, le ministère de l’intérieur transmet des donnés à Eurostat en retirant les demandes des réinstallés. Les données sont alors arrondies.
    L’OFII et le ministère de l’intérieur publient le nombre de demandes enregistrées dans les guichets unique des demandes d’asile ( GUDA) ainsi que le nombre de demandes enregistrées les années précédentes comme Dublinées qui à l’issue de la procédure, peuvent saisir l’OFPRA.

    En 2019, selon ces différentes sources, 119 915 (Eurostat), 123 530 (OFPRA), 143 040 (ministère de l’intérieur et OFII) premières demandes (mineurs compris) ont été enregistrées ou introduites soit une hausse de 10 à 11% des demandes par rapport à l’année précédente. S’ajoutent pour le chiffres du ministère de l’intérieur , 16 790 « requalifications » des années précédentes soit 171 420 demandes. Ce nombre est un nouveau record.

    Si on reprend les statistiques précédemment publiées, environ 135 000 personnes adultes ont été l’objet d’une procédure Dublin depuis 2016, environ 75 000 ont finalement accédé à la procédure OFPRA, près de 13 000 ont été transférées, un peu plus de 30 000 sont toujours dans cette procédure et près de 19 000 ont un destin indéterminé (une bonne part d’entre elles sont considérées en fuite)

    Selon le ministère de l’intérieur, un peu plus de 110 000 premières demandes adultes ont été enregistrées par les GUIDA. 39 630 étaient au départ « Dublinées » mais un peu plus de 9 000 ont vu leur demande « requalifiée en cours d’année. A la fin de l’année 51 360 demandes enregistrées en 2019 étaient en procédure normale et 37 770 en procédure accélérée (soit 26%). Si on ajoute à ce nombre, celui des requalifiés des années précédentes et les réexamens adultes, le nombre de demandes adultes est de 134 380 dont 31% sont en procédure accélérée et 25% Dublinées

    Nationalités de demandeurs d’asile

    L’Afghanistan est redevenu le premier pays de provenance des demandeurs d’asile avec selon Eurostat 10 140 demandes, principalement le fait d’adultes. Viennent ensuite deux pays considérés comme sûrs avec l’Albanie ( 9 235) et la Géorgie (8 280 demandes). La Guinée, le Bangladesh et la Côte d’Ivoire complètent le quintet de tête.

    Demandes d’asile des mineurs non accompagnés

    Le nombre de demandes des mineurs non-accompagnés est de 755 en 2019 contre 690 en 2018 soit une « hausse » de 9,4%. La première nationalité est l’Afghanistan avec 207 demandes suivi de la RDC, de la Guinée et du Burundi (vraisemblablement Mayotte).

    Réinstallations

    Le Gouvernement s’était engagé à accueillir 10 000 personnes réinstallées en 2018-2019. il a presque réalisé son objectif puisque 9 684 personnes sont arrivées dont 4 652 en 2019. La première nationalité est la Syrie avec plus de 6 600 personnes (en provenance de Turquie, du Liban et de Jordanie) , suivie de loin par le Soudan (1 372 en provenance principalement du Tchad) , l’Erythrée (474 en provenance du Niger et d’Égypte), la Centrafrique (464 en provenance du Tchad) et du Nigeria (261 en provenance du Niger)

    Décisions prises par l’OFPRA

    Selon le ministère de l’intérieur, l’OFPRA a pris près de 96 000 décisions hors mineurs accompagnants, dont 14 066 reconnaissances du statut de réfugié et 8 466 protections subsidiaires, soit un taux d’accord de 23.6% qui est en baisse par rapport à 2018.

    Les statistiques fournies par Eurostat sont nettement différentes puisque le nombre de décisions adultes est de 87 445 avec 9395 statuts de réfugiés et 8085 PS soit 20% d’accord. Cela s’explique par le fait que l’OFPRA comptabilise les statuts de réfugiés reconnus à des mineurs à titre personnel parmi les décisions « adultes » et par l’inclusion des personnes réinstallées (ce qui fait une différence non négligeable de 5 500 décisions).

    Comme pour les demandes d’asile, l’Afghanistan est la première nationalité à qui est octroyée une protection avec 4 660 décisions dont 4 235 protections subsidiaires (soit 60,3% d’accords). Malgré la baisse de la demande, le Soudan est la deuxième nationalité avec 1 915 protections (soit 59%). La Syrie arrive troisième avec 1 145 protections (sans compter les personnes réinstallées au nombre de 2 435 selon le HCR). A l’inverse, les trois pays comptabilisant le plus grand nombre de rejets sont l’Albanie (7 125, soit 6,1% d’accord), la Géorgie (7 080, soit 3,2% d’accord) et la Guinée ( 5 920, soit 10,1%).

    Quant aux décisions prises pour les mineurs, le taux d’accord est de 67% variant de 100% pour le Yemen, 95% pour le Burundi, 83% pour l’Afghanistan. En comptant les annulations CNDA le taux d’accord est de 82%.

    Une année exceptionnelle pour la CNDA

    La Cour nationale du droit d’asile qui a publié un rapport d’activité a quant à elle enregistré un peu plus de 59 000 recours dont 42% devaient être jugés en cinq semaines.

    La principale nationalité qui a déposé des recours est l’Albanie suivie de la Géorgie de la Guinée,du Bangladesh et de l’ Afghanistan.

    La répartition régionale réserve quelques surprises avec un poids relatif de certaines régions plus important que celui des demandes d’asile (notamment pour la Bourgogne Franche Comté et l’Occitanie). Il s’agit de régions où les ressortissants de pays d’origine sûrs sont assez nombreux.

    Le nombre de demandes et de décisions sur l’aide juridictionnelle est assez logiquement à la hausse avec plus de 51 000 demandes. Le bureau d’aide juridictionnelle a pris un nombre équivalent de décisions, favorables pour 94% des cas (contre 96% en 2018 , ce qui montre l’impact de la disposition de la loi obligeant à formuler cette demande dans un délai de quinze jours).

    La CNDA a pris un nombre record de 66 464 décisions dont 44 171 après une audience collégiale ou de juge unique et plus de 22 000 ordonnances, soit 33.5% des décisions.

    Pour les décisions prises après une audience, le taux d’annulation est de 35% en collégiale, de 23% pour celles à juge unique.

    Le délai moyen constaté pour les premières est de 294 jours, de 120 jours pour les secondes. Le délai moyen constaté est de 218 jours donc on peut déduire que les ordonnances sont prises dans un délai de 169 jours

    Le « stock » de dossiers s’est réduit à 29 245 dossiers (soit environ 35 000 personnes, mineurs compris) contre 36 388 en 2018. En conséquence, le délai moyen prévisible est de 5 mois et 9 jours. Cette baisse contraste avec l’augmentation sensible à l’ofpra (58 000 dossiers adultes en novembre).

    En ce qui concerne les nationalités, le plus grand nombre de décisions ont été prises pour des demandes albanaises, géorgiennes, ivoiriennes, guinéennes et haïtiennes. la Guinée devient la première. nationalité pour le nombre de reconnaissances du statut devant le Soudan et la Syrie (principalement des requalifications) Mais ce sont les Afghans avec 1 729 protections dont 1 208 PS , à qui la CNDA accorde le plus de protections (75% d’annulation) . A l’inverse, le taux d’accord est de 3% pour la Géorgie et de 1% pour la Chine (vraisemblablement massivement par ordonnances)

    On peut estimer le nombre de décisions définitives. Le taux d’accord est alors de 35% contre 41% en 2019.

    A la fin de l’année 2019 environ 110 000 demandes étaient en cours d’instruction à l’OFPRA ou la CNDA avec un nombre très important de dossiers afghans et bangladais.

    Un dispositif d’accueil saturé ?

    En données brutes, selon l’OFII, le dispositif national d’accueil comptait 81 866 places stables fin 2019 . Parmi elles, 78 105 soit 95.4% étaient occupées. 73 468 personnes sont entrées dans un lieu contre 73 396 en 2018 dont 13 372 Afghans et 65 079 en sont sorties (contre 66 006 en 2018)

    Parmi les 71 805 places, 53 319 sont occupées par des demandeurs à l’OFPRA, 7 201 par des Dubliné·e·s (soit à peine 20% de cette catégorie), 12 306 par des réfugié·e·s et 5 279 par des débouté·e·s. Les personnes « en présence indue » représente 12.3% des places.

    Mais à regarder de plus près, ces chiffres semblent erronées. D’abord parce que le parc géré par l’OFII est en diminution (81 866 contre 93 000 en 2018) car il a été décidé d’exclure les places CAES et les hébergement non stables (hôtels). Mais le bât blesse encore plus lorsque l’on compare les données du ministère et celle de l’OFII : il manque ainsi plus de 2 360 places de CADA, 369 places de PRADHA et 600 places d’HUDA stables (les hôtels avoisinant 11 000 places)

    Dès lors, si on rapporte le nombre de personnes présentes à celui des places autorisées fourni par le ministère, le taux d’occupation dans les CADA est de 90% et même en deçà dans trois régions (AURA, Nouvelle Aquitaine, et Occitanie) et de 93% au total (soit 7 000 places vacantes ou non répertoriées à la fin de l’année). En clair, c’est la confirmation qu’il y a un sérieux problème d’attribution des places CADA (et des CPH) . Surtout la moitié des personnes qui demandent asile ne sont pas hébergées avec des grandes variations entre régions (71.5% en Ile-de-France et 12% en Bourgogne-Franche-Comté)

    La France au coude à coude avec l’Allemagne.

    Pour la première fois depuis 2012, la France a enregistré plus de premières demandes que l’Allemagne : 143 030 contre 142 450. C’était déjà le cas pour les premières demandes adultes depuis 2018 mais le nombre de mineurs était nettement plus important outre-Rhin. L’Espagne, qui est devenue le troisième pays d’accueil en Europe, compte plus de premières demandes adultes que l’Allemagne. En revanche, l’Allemagne reste en tête si on comptabilise les réexamens. Le nombre de demandes d’asile en Italie a diminué de moitié tandis que la Grèce connait une forte hausse avec 77 200 demandes.

    Quant aux décisions de première instance, l’Italie a « déstocké » massivement en prenant plus de 88 000 décisions adultes dépassant légèrement la France. L’Espagne a délivré des statuts humanitaires aux nombreux vénézuéliens qui ont demandé asile.

    Enfin la situation est contrastée en ce qui concerne les demandes d’asile en instance. L’Italie a diminué de moitié ce nombre, L’Allemagne l’a réduit de 40 000 tandis que l’Espagne et la Grèce ont dépassé les 100 000 demandes en instance. La France qui frôle les 80 000 dossiers en instance à l’OFPRA (donc sans compter les 50 000 Dublinés en cours d’instruction) a connu une forte hausse.

    https://www.lacimade.org/asile-bilan-de-lasile-en-france-et-en-europe2019
    #asile #statistiques #chiffres #visualisation (mais elle est tellement moche que ça fait mal aux yeux...) #Dublin #recours #demandes_d'asile #nationalité #MNA #mineurs_non_accompagnés #réinstallation #décisions #accueil #hébergement #taux_d'acceptation

    ping @reka @isskein @karine4

    • Dispositif d’#accueil des demandeurs d’asile : état des lieux 2020

      Etat des lieux des dispositifs d’accueil et d’hébergement dédiés aux personnes demanderesses d’asile et réfugiées.

      43 600 PLACES DE CADA
      Au 1er janvier 2020, le dispositif national d’accueil compte environ 43 600 places autorisées de centres d’accueil pour demandeurs d’asile (#CADA). Le parc est principalement situé en Ile- de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est. Cependant, ce sont les régions Pays de la Loire, Bretagne, Nouvelle Aquitaine et Occitanie qui ont connu le plus grand nombre de créations. Le principal opérateur est #ADOMA devant #COALLIA, #FTDA, #Forum_réfugiés-Cosi. A l’occasion des appels à création des dernières années , le groupe #SOS et #France_Horizon ont développé un réseau important.

      Selon le ministère de l’intérieur, le dispositif est destiné à accueillir des personnes dont la demande est en procédure normale et les plus vulnérables des personnes en procédure accélérée

      64 500 PLACES D’AUTRES LIEUX D’HÉBERGEMENT (APPELÉS GÉNÉRIQUEMENT #HUDA)
      Pour pallier le manque de places de CADA, un dispositif d’#hébergement_d’urgence_des_demandeurs_d’asile (HUDA) s’était développé au cours des décennie 2000 et 2010. Ce dispositif est géré régionalement. Il est très développé en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand Est et a intégré en 2019 les 6 000 places d’#ATSA qui naguère était géré par le ministère et l’#OFII central et la majorité des places dites CHUM qui existaient en Ile-de-France. Selon la circulaire du 31 décembre 2018, ce dispositif est destiné à accueillir des personnes en #procédure_accélérée ou Dublinées. 36% des places sont des nuitées d’hôtel notamment à Paris, à Lyon, à Marseille ou à Nice. Une information du ministère de l’intérieur du 27 décembre 2019 veut réduire cette part à 10% en ouvrant des structures stables.

      Mis en place pour orienter des personnes vivant dans le campement de la Lande à Calais et développé pour son démantèlement, le dispositif des centres d’accueil et d’orientation (#CAO) a compté selon le ministère de l’intérieur 10 000 places dont 2 000 ont été dédiés à des mineurs entre novembre 2016 et mars 2017. Ce dispositif a été rattaché budgétairement depuis 2017 aux crédits de la mission asile et immigration (BOP 303) et est géré depuis par l’OFII. Ces places sont intégrés dans le dispositif HUDA

      5 351 places ont été créées dans le cadre d’un programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile (#PRAHDA). Lancé par appel d’offres en septembre 2016 remporté pour tous les lots par ADOMA, il consiste en grande partie en des places situées dans d’anciens #hôtels formule 1, rachetés au groupe #Accor. Ces places, gérées par l’OFII, accueillent pour moitié des personnes isolées, qui ont demandé l’asile ou qui souhaitent le faire et qui n’ont pas été enregistrées. Ce dispositif s’est spécialisé dans beaucoup de lieux dans l’hébergement avec #assignation_à_résidence des personnes Dublinées notamment ceux situés à proximité d’un #pôle_régional_Dublin. Cependant des personnes dont la demande est examinée à l’OFPRA ou à la CNDA y sont également logées.

      Dernier dispositif mis en place en 2017 mais destiné aux personnes qui souhaitent solliciter l’asile, les #centres_d’accueil_et_d’étude_de_situations (#CAES) comptent environ 3000 places. Leur particularité est un séjour très bref (en théorie un mois, deux mois en réalité) et d’avoir un accès direct aux #SPADA.

      L’ensemble des structures sont des lieux d’hébergement asile où l’accueil est conditionné à la poursuite d’une demande d’asile. Des arrêtés du ministre de l’intérieur en fixent le cahier des charges, le règlement intérieur et le contrat de séjour. L’OFII décide des entrées, des sorties et des transferts et les personnes qui y résident sont soumises à ces prescriptions, notamment à ne pas les quitter plus de sept jours sans autorisation ou peuvent y être assignées à résidence.

      Enfin, environ 1000 places de #DPAR sont destinées à l’assignation à résidence des déboutées du droit d’asile sur orientation des préfets et de l’OFII. Ces structures sont financées par une ligne budgétaire distincte des autres lieux.

      PLUS DE 8 700 PLACES DE #CPH POUR LES BÉNÉFICIAIRES DE PROTECTION INTERNATIONALE.
      Historiquement, première forme de lieu d’accueil lié à l’asile, le centre provisoires d’hébergement accueille des réfugié·e·s et des bénéficiaires de la protection subsidiaire. Limité pendant vingt ans à 1 083 places, le dispositif a connu un doublement avec la création de 1 000 places supplémentaires en 2017. 3 000 places supplémentaires ont été créées en 2018 et 2000 autres en 2019 soit 8 710 places.

      Pour accélérer les arrivées de personnes réinstallées, l’État a mis en place des centres de transit d’une capacité de 845 places au total.

      En tout le dispositif d’accueil dédié compte plus de 108 000 places. Selon l’OFII, il est occupé à 97% soit 87 000 personnes hébergées dont 75% ont une demande d’asile en cours d’examen.

      Cependant il reste en-deça des besoins d’hébergement car le nombre de demandeurs d’asile en cours d’instance bénéficiant des conditions d’accueil est de 152 923 en octobre 2019 contre 127 132 en mai 2018. Une partie des places (environ 25%) est occupée par des personnes qui ne sont pas encore ou plus demanderesses d’asile (demandes d’asile non enregistrées dans les CAES, bénéficiaires de la protection internationale ou déboutées). Malgré la création massive de places, le dispositif national d’accueil n’héberge que les deux cinquièmes des personnes. En conséquence, plus de 70 000 personnes perçoivent le montant additionnel de l’allocation pour demandeur d’asile de 7,40€ par jour pour se loger. Environ 20 000 autres sont dépourvues de ces conditions car ayant demandé l’asile plus de 90 jours après leur arrivée, ayant formulé une demande de réexamen ou sont considérés en fuite.

      https://www.lacimade.org/schemas-regionaux-daccueil-des-demandeurs-dasile-quel-etat-des-lieux

      #Dublinés

    • French village opens its chateau as home from home for refugees

      Pessat-Villeneuve is a typical village in the Puy de Dôme region in central France. It has rows of detached houses with gardens, an elegant Romanesque church, a schoolyard where children play and shout, a French flag flying from the town hall, and a park with a chateau which was once a summer camp and is now owned by the town council.

      http://www.unhcr.org/news/stories/2017/4/58e61a3d4/french-village-opens-its-chateau-home-home-refugees.html

    • Gérard Dubois, maire de Pessat-Villeneuve

      Après avoir accueilli des migrants, trois années de suite, dans le cadre d’un Centre d’Accueil et d’Orientation, la petite commune puydômoise de Pessat-Villeneuve candidate pour une structure pérenne. Elle a répondu à un appel à projet pour accueillir un Centre Provisoire d’Hébergement pour des personnes ayant le statut de réfugiés. Les explications du maire de la commune, Gérard Dubois.

      https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-la-redaction/pays-d-auvergne/gerard-dubois-maire-de-pessat-villeneuve

    • Puy-de-Dôme : Pessat-Villeneuve pérennise l’accueil de réfugiés

      Depuis trois ans, la commune de Pessat-Villeneuve accueille des migrants. Une solidarité clairement affichée par son maire, menacé de mort pour s’être engagé pour cette cause. Aujourd’hui il vient d’obtenir l’ouverture d’une centre provisoire d’hébergement pour pérenniser cet accueil.


      https://www.francebleu.fr/infos/societe/un-cph-a-pesqat-1524494780
      #CPH

    • French village sets an example of how to welcome refugees

      For four months, residents and volunteers in Pessat-Villeneuve in central France have been helping 60 evacuees from Africa build new lives.

      It is nearly 5 pm on a cold January evening in Pessat-Villeneuve and the first snow of the year is falling. The atmosphere is quiet as a group of African refugees take a break from French classes.

      It is an important day. In keeping with tradition, the mayor, Gérard Dubois will present his New Year wishes to villagers and their refugee guests at a reception in the evening.

      Besides its 653 inhabitants, the village, in the Puy de Dôme region in central France, hosts 60 refugees resettled from Niger and Chad. They arrived four months ago and are accommodated in the village’s château.

      Sudanese refugee Alfatih, 25, is one. He jokes outside the school, where he has been learning French for nearly four months.

      “The first thing I noticed in Pessat-Villeneuve is that there are many good people here,” Alfatih says. “They help us a lot. Pessat-Villeneuve is nice.”

      “When I arrived there, I was very, very tired of running.”

      Just four months earlier, Alfatih was in Goz Beïda, in eastern Chad. He has never seen snow before and wonders how it feels.

      In 2018, France undertook to resettle 3,000 refugees from Chad and Niger by the end of 2019, including some of those evacuated from Libya.

      The refugees are accommodated in the château under the care of a local non-governmental organization, CeCler.

      The NGO’s social workers and educators help them navigate administrative procedures, and find housing and work, while volunteers guide them through daily life, such as shopping and sports activities.

      Alfatih fled Sudan when he was a child. He was 10 when the Janjawid militia attacked his village and killed his father in front of him.

      “My father was at the mosque on a Friday,” he recalls. “My mother told me to run and to tell my father that the village was being attacked. In the panic, everyone ran in another direction and I couldn’t find anyone. When I returned home, I saw my father killed in front of me.”

      During the attack, Alfatih was separated from his mother, brothers and sisters.

      The group took him to the forest, where the beat him then abandoned him. “I cried a lot. I didn’t know what I could do.”

      For months, he searched for his family from village to village without success. He found an uncle who took him under his wing and together they fled to Chad. There, they were taken to Goz Amer refugee camp by UNHCR, the UN refugee agency.

      “When I arrived there, I was very, very tired of running,” he says. “I was very sad until I found my mother, my sisters and my brothers.”

      Alfatih resumed his education and passed the Sudanese baccalaureate in Chad. He also took a course in agriculture.

      More than once he thought of taking the dangerous road to Libya and discussed it with his friends, but stayed behind in Chad.

      “My mother had an operation in Goz Beïda,” he says. “Her health is not good. Her heart is bad. Sometimes, she could be happy, sometimes, she could be ill. We don’t have a dad who can support us, who could help us, and we need to study.”

      Alfatih was the only member of the family who had any vocational training but his prospects were poor and life was difficult.

      “We could not return to Sudan. We said to each other that our only choice was to go to Libya and after that to try anything. We needed to study. We were in the camp for a long time.

      “A lot of my friends went to Libya. I don’t know where they are now.”

      The French government resettled Alfatih’s mother, his two younger brothers and sister in Dijon. Alfatih, another brother and sister were taken to Pessat-Villeneuve.

      Resettlement is a way to protect the most vulnerable refugees and shield them from dangerous journeys.

      In its latest report, (to be published on Jan 30), on the routes refugees are taking to find safety, UNHCR notes that numbers may be falling in some places but that the perils of such journeys remain undimmed.

      In particular, the report, entitled Desperate Journeys, details how the death rate has increased for people crossing the Mediterranean and stresses how people like Alfatih have had to face increased dangers of kidnapping and torture for ransom, and the threat from traffickers even before facing the deadliest sea crossing in the world.

      “A lot of my friends went to Libya. I don’t know where they are now.”

      However, the report found that patterns of movement changed in 2018. More people crossed the sea to Spain from May onwards, making it the main entry point to Europe for the first time since 2008.

      Smugglers made the journey more accessible at a time when it had become harder to cross via Libya,

      Spain, France, and Germany undertook to relocate the largest numbers of people after their arrival in Europe, it said.

      Among its recommendations, the report called for a coordinated response to rescue at sea, greater support for the countries where most refugees and migrants arrive and further steps to hold perpetrators of crimes against refugees and migrants, including traffickers, accountable.

      Ibrahim, a 30-year-old refugee from Eritrea, also lives in the Pessat-Villeneuve reception centre. He was resettled from Niger to France after being evacuated from Libya by UNHCR.

      Previously, he made five unsuccessful attempts to undertake the dangerous sea voyage from Libya to Europe. During one of the attempts, he was among the few who survived when their boat capsized.

      “Out of 148 people, only 20 people survived,” he says. He and six others clung to a wooden section of the boat and managed to stay afloat.

      Now that they are safe, Alfatih and Ibrahim want to resume their studies.

      Alfatih has ambitions to be become a doctor or a social worker so he can help others. Ibrahim wants to work in the food industry.

      “I believe you can do anything if you really want to”, Alfatih says.

      “In what I learn from life in France, what strikes me too, is that here, I live in a democracy.”

      In his speech at the reception, Mayor Dubois reviews the highlights of the year. With pride he mentions the opening of the refugee reception in the château.

      “I will always be here to defend our village, its interests, its residents, its employees, its officials, its values,” he says. “I will be the shield against hared, xenophobia, populism and mediocrity.

      “Friends, we are on Gallic soil. Before you enjoy the dishes made for you, I will pass on a secret recipe, the one for Pessat-Villeneuve’s magic potion. Although it’s a secret, I give you permission to share it with the whole world.

      “You take one quarter liberty, one quarter equality and one quarter brotherhood. And you need a pinch of secularism. Mix in a good dose of optimism. Don’t forget to water it generously with mutual support.

      “And there, before your eyes, is a commune like Pessat-Villeneuve, a place full of humanity and the qualities that together define us: free, fraternal, supportive and, quite simply, human.”


      https://www.unhcr.org/news/stories/2019/1/5c49c0c24/french-village-sets-example-welcome-refugees.html

    • 24 réfugiés sont arrivés au centre d’accueil de Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme)

      Trois petits minibus ont déposé hier matin 24 réfugiés, hommes et femmes, venus principalement d’Érythrée, au centre d’accueil de Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme). Tout un symbole en ce jour de journée mondiale des migrants.

      Même s’il a pris le pli, Gérard Dubois, maire de Pessat-Villeneuve, ressent toujours cette même « petite pointe au cœur » à chaque arrivée de réfugiés. « C’est toujours une émotion. Je sais à quel point c’est exceptionnel pour eux, et j’imagine le choc qu’ils ressentent. »
      « C’est une goutte d’eau dans la mer… Mais c’est essentiel »

      Pas de routine donc, malgré les 453 migrants et réfugiés que le centre, depuis son ouverture, aura vu passer, en comptant l’arrivée de 48 nouvelles familles prévue le 3 juillet. Bénévole depuis le début de l’aventure, le 3 novembre 2015, Sylvie reste fidèle au poste. « C’est toujours une émotion particulière quand ils arrivent… Et quand ils partent aussi d’ailleurs. On tisse tellement de belles histoires », évoque la professeur de Français multicasquettes. « Je donne des cours, mais je fais aussi du covoiturage et des courses. » Et une motivation intacte, malgré les deux années et demi écoulées.

      « C’est de l’humanité, c’est mon histoire personnelle. Mes parents étaient réfugiés et la République m’a tout offert, ça doit être pareil pour eux. C’est une goutte d’eau dans la mer… Mais c’est essentiel. »

      Encadrés par l’association Cecler, les réfugiés vont pouvoir entamer les procédures de régularisation et d’intégration. À compter d’octobre, le Centre d’accueil des réfugiés réinstallés (CARR) de Pessat deviendra un Centre provisoire d’hébergement (CPH), un statut qui permettra aux réfugiés de résider neuf mois au lieu de quatre actuellement.

      https://www.lamontagne.fr/pessat-villeneuve-63200/actualites/24-refugies-sont-arrives-au-centre-d-accueil-de-pessat-villeneuve-puy-de-

    • "Je suis condamné à mort sur un site d’extrême droite" : un maire bataille depuis cinq ans pour faire accepter des réfugiés installés dans sa commune

      Pessat-Villeneuve, en Auvergne-Rhône-Alpes, a été l’une des premières communes à accueillir des migrants de Calais en 2015. Une décision qui a valu au maire une série de menaces et d’appels malveillants. Gérard Dubois reste pourtant seul candidat à sa succession.

      « J’en tremble encore presque d’émotion ». Gérard Dubois, le maire DVG de Pessat-Villeneuve, une petite commune du Puy-de-Dôme de 670 habitants, se souvient comme si c’était hier de ce soir de novembre 2015 où il s’apprête à recevoir ses premiers réfugiés après le démantèlement de la jungle de Calais. « Et donc ils sont 48 jeunes hommes, fatigués, dénutris, qui arrivent directement de Calais en bus et qui déboulent ici en Auvergne, dans un tout petit village. Moi, je me suis positionné dans une posture d’urgence humanitaire », explique le maire.
      « Ça commence à déraper sérieux ! »

      Dans cette urgence, il n’a pas eu le temps de prévenir ses administrés, ce qui lui vaut dès le lendemain des menaces et des coups de fils anonymes. « On a eu jusqu’à 200 coups de fil, des horreurs, des courriers anonymes… Le premier que je vois arriver je l’ouvre, et le lendemain je me rappelle qu’il y en a un autre qui arrive. Celui-là, je mets des gants pour l’ouvrir. Je suis condamné à mort sur un site d’extrême droite. Et du coup, c’est un peu la trouille de se dire : ’Mais bon sang, ça commence à déraper sérieux !’ », raconte Gérard Dubois. Il organise une réunion publique et s’y rend sous protection policière. La salle est comble.

      Quelques mois plus tard, un autre bus arrive. De nouveau les réseaux sociaux se déchainent mais le maire tient bon. « On m’avait tellement promis des choses terribles, que ça allait cramer, qu’il y aurait des déchets partout, les viols, tout ça… Le moindre incident, je sais que je vais trinquer », se souvient-il.

      Mais tout se passe bien. Et les bénévoles sont de plus en plus nombreux pour aider les réfugiés. Ils sont 70 à être hébergés aujourd’hui sur la commune et pour son hospitalité et sa solidarité, Gérard Dubois a reçu la légion d’honneur. Brigitte est l’une des bénévoles et elle affiche un soutien ému à son maire.

      Brigitte reconnaît cependant que la question de l’accueil de ces réfugiés est « encore compliquée pour certains ». Ce que confirme Gérard Dubois : « J’ai eu encore un courrier d’un habitant de Pessat qui a soi-disant un problème d’eau qui entre chez lui. Et il écrit : ’Arrête de ne t’occuper que des migrants ! Occupe-toi de nous !’ Tant que je serai maire, il y aura toujours des réfugiés à Pessat-Villeneuve. Si le maire n’est pas porteur d’un petit village comme ça, ça ne marche pas. »

      Mais la rancune est tenace chez certains."Je ne suis pas d’accord d’accueillir des gens comme ça", explique un habitant qui n’a jamais accepté les réfugiés. Je suis pour les aider. Il faudrait les aider chez eux", poursuit-il. Et de préciser qu’il ne votera pas pour Gérard Dubois aux municipales, même si ce dernier, seul candidat à sa succession, est assuré d’être réélu.❞

      https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/je-suis-condamne-a-mort-sur-un-site-d-extreme-droite-un-maire-bataille-

    • LETTRE ANONYME. Hier soir, 9 mars 2020, en relevant le courrier de la mairie j’ai eu la désagréable surprise de recevoir une lettre anonyme. Cette lettre vient compléter une « abjecte collection » qui a commencé en novembre 2015. Ma récente médiatisation dans les médias nationaux, RMC, France Info et le journal La Croix, sans oublier la Montagne bien entendu, cette médiatisation a provoqué de nombreuses réactions sur les sites de ces médias, du négatif, beaucoup, mais aussi du positif, beaucoup aussi... L’extrême-droite est à l’affût prête à répandre sa propagande nauséabonde. Ne leur déplaise je suis là et bien là pour protéger et continuer à accueillir. Comme je l’ai dit sur France Info, je ne lâcherai pas, je ne lâcherai jamais.
      Au fond, les agressions, qu’elles que soient leurs formes, me rendent plus fort plus combatif et me confortent dans mon engagement dans l’accueil digne, solidaire de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes qui ont souffert. C’est le plus beau combat que je n’aurais jamais pensé mener.

      https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2721716481260287&set=a.1313915988707017&type=3&theater