• Révoltes dans les centres de rétention : le gouvernement jette de l’huile sur le feu [Actions collectives] ⋅ #GISTI
    https://www.gisti.org/spip.php?article6639

    Le mouvement de révolte qui a éclaté ces derniers jours au #CRA (centre de rétention administrative) du Mesnil Amelot met une nouvelle fois en lumière les conditions désastreuses dans lesquelles des personnes étrangères, à qui on reproche seulement d’être dépourvues de documents de séjour, sont enfermées dans ces lieux de privation de liberté. Des conditions qui ont empiré avec la crise sanitaire, notamment depuis l’automne 2020. La seule réponse à la légitime révolte de ces personnes a été une répression violente par les forces de police.

    Les tensions se sont encore aggravées depuis que l’administration oblige les personnes en instance d’éloignement à subir un test PCR afin de pouvoir les expulser vers les pays qui exigent un test négatif pour entrer sur leur territoire. Celles qui refusent sont placées en garde à vue à la fin de la période de rétention et souvent condamnées à de lourdes peines de prison pour avoir fait obstacle à leur propre expulsion. Après avoir purgé leur peine, elles sont renvoyées en CRA et un cycle infernal CRA/prison/CRA/… s’engage alors pour nombre d’entre elles. Pourtant, ces condamnations sont contraires à la loi.

    En effet, comme l’ont souligné les associations rassemblées dans l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) dès le mois de septembre 2020, « le refus de se faire tester n’entre pas dans la définition du délit décrit et sanctionné par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers (Ceseda) » et le Code civil comme le Code de la santé publique interdisent « qu’un acte médical, a fortiori invasif comme c’est le cas des tests Covid, soit pratiqué sans le consentement de la personne ». [1]

    La contrôleuse des lieux de privation de liberté vient de le rappeler, « il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité médicale. Toute personne, quelle que soit sa situation, peut librement s’opposer à un acte médical. L’exercice d’une liberté fondamentale ne saurait être qualifiée de délit, ni faire l’objet de poursuites et d’emprisonnement ferme. »

    Or, les personnes retenues n’ont pas réellement d’alternative puisqu’elles doivent choisir entre deux risques tout aussi insupportables pour elles : être poursuivies pénalement si elles refusent le test ou être expulsées si elles l’acceptent.

    Bien plus, le gouvernement vient de faire voter à la sauvette, dans le cadre du projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, un amendement tendant à contourner les décisions rendues par plusieurs tribunaux qui, sur la base de ces principes, ont refusé de condamner les personnes poursuivies pour ces refus de tests. Si elle n’est pas censurée par le Conseil constitutionnel, cette disposition complétera l’article 824-9 du Ceseda en permettant de condamner à une peine de trois ans de prison tout étranger refusant « de se soumettre aux obligations sanitaires nécessaires à l’exécution d’office de la mesure dont il fait l’objet ».

    Les associations rassemblées dans l’OEE dénoncent cette manœuvre, dont les conséquences ne pourront qu’accroître la tension qui prévaut dans les CRA. Elles demandent la fermeture de tous les lieux de détention administrative des personnes étrangères.
    Paris, le 3 août 2021

    Organisations membres de l’OEE :

    ACAT-France, ANAFE, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), COMEDE, Droits d’urgence, FASTI, Genepi, GISTI, La Cimade, Le Paria, Ligue des droits de l’homme, MRAP, Observatoire citoyen du CRA de Palaiseau, Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat des avocats de France (SAF)

    https://observatoireenfermement.blogspot.com/p/communiques-de-presse.html

  • La fabrique du #mensonge - #Fake_news sur ordonnance en streaming - Replay France 5 | France tv
    https://www.france.tv/france-5/la-fabrique-du-mensonge/la-fabrique-du-mensonge-saison-2/2293339-fake-news-sur-ordonnance.html

    La première partie de ce documentaire, « Hold-up : les recettes du succès », analyse le succès phénoménal rencontré par le film de Pierre Barnérias dès sa sortie, le 11 novembre 2020. Si le film est présenté comme un documentaire, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un contenu qui compile toutes les fausses informations circulant sur les réseaux sociaux depuis le début de la pandémie de la #Covid-19. Puis, « Le gourou du manger cru » décrypte l’émergence de #Thierry_Casasnovas, l’une des figures les plus puissantes d’un mouvement qui prend de plus en plus d’importance dans l’hexagone. Dans ses vidéos, il recommande des traitements fondés sur une alimentation à base de légumes crus, même pour les maladies les plus graves.

    #santé #complotisme #crudivorisme

  • Sezin Topçu, L’État surveille avec les mêmes craintes les militants et le plutonium, 2021
    https://sniadecki.wordpress.com/2021/08/01/topcu-plutonium

    Pour la sociologue des sciences, le procès des militants de Bure montre que le nucléaire est un enjeu stratégique pour la France, ce qui explique une « criminalisation de l’action antinucléaire ».

    Douze mois ferme requis pour l’un, 10 à 18 mois avec sursis requis pour les six autres prévenus : la lutte antinucléaire pourrait leur coûter cher. Le jugement des sept opposants au projet de stockage de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), baptisé Cigéo, dont le procès s’est tenu entre mardi et jeudi, sera rendu le 21 septembre 2021. Les moyens mis en place par la justice (qui aurait dépensé près d’un million d’euros pour l’enquête, selon Reporterre et Mediapart) n’ont pourtant pas permis de prouver autre chose sur cette « bande organisée » de « malfaiteurs » que l’organisation d’une manifestation non autorisée, avec des « violences volontaires » exercées au cours de cette manifestation et une détention de « substances ou produits incendiaires ».

    #France #nucléaire #anti-nucléaire #criminalisation_des_luttes #Bure

  • Jan Švelch sur Twitter :

    My article about in-game crediting practices is out now in Games and Culture. I have analyzed 100 games published between 2016-20 from 4 sectors of video game production: AAA, AA, indie, freemium games as service. 3 main findings below […]

    https://twitter.com/snewgoblin/status/1421089782910828545

    Developer Credit: Para-Industrial Hierarchies of In-Game Credit Attribution in the Video Game Industry

    Developer credit has been a contested issue in the video game industry since the 1970–80s, when Atari prevented its programmers from publicly claiming authorship for games they had developed. The negotiations over what constitutes a noteworthy contribution to video game development are ongoing and play out in the unregulated space of in-game credits. Here, some creators get top billing akin to film and television credits, while others struggle to be recognized for their work. By analyzing in-game credits of 100 contemporary games published between 2016 and 2020 and representing four major sectors of video game production (AAA, AA, indie, and freemium games as service), I identify recurrent patterns, such as opening credits, order, role descriptions (or lack thereof), and systematic credit omission, that both reinforce and subvert the notion of core development roles and above-the-line/below-the-line divisions.

    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/15554120211034408

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #crédits #générique #attribution #développement #compilation #analyse

  • Jan Švelch sur Twitter :

    My article about in-game crediting practices is out now in Games and Culture. I have analyzed 100 games published between 2016-20 from 4 sectors of video game production: AAA, AA, indie, freemium games as service. 3 main findings below […]

    https://twitter.com/snewgoblin/status/1421089782910828545

    Developer credit has been a contested issue in the video game industry since the 1970–80s, when Atari prevented its programmers from publicly claiming authorship for games they had developed. The negotiations over what constitutes a noteworthy contribution to video game development are ongoing and play out in the unregulated space of in-game credits. Here, some creators get top billing akin to film and television credits, while others struggle to be recognized for their work. By analyzing in-game credits of 100 contemporary games published between 2016 and 2020 and representing four major sectors of video game production (AAA, AA, indie, and freemium games as service), I identify recurrent patterns, such as opening credits, order, role descriptions (or lack thereof), and systematic credit omission, that both reinforce and subvert the notion of core development roles and above-the-line/below-the-line divisions.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #crédits #générique #attribution #développement #compilation #analyse

  • Pandémie, vaccin, pass sanitaire : pour une position révolutionnaire
    https://archive.org/details/pandemie-revolutionaire

    Pandémie, vaccin, pass sanitaire : pour une position révolutionnaire

    Acta. 25 juillet 2021

    Face à l’ampleur des polarisations actuelles – souvent réduites à des conflits entre « pro » et « anti » vax – il est bien difficile d’adopter une position politique claire. D’un côté, une défiance importante contre le pass sanitaire et l’obligation à demi-mot de la vaccination se répand, entraînant des milliers de personnes dans les rues partout en France, comme ce fut le cas hier. De l’autre, une position de méfiance d’une partie de la gauche radicale envers ces mobilisations, qui la pousse au retrait, aux motifs indéniables qu’une partie de l’extrême-droite est à l’avant-garde des mobilisations contre la généralisation vaccinale ou encore que le confusionnisme, à tendance négationniste, traverse certains discours et symboles promus, en particulier les analogies avec la Shoah ou l’apartheid.

    Si dans ces rassemblements, le fond de l’air paraît plus bleu (bien foncé) que rouge, le non-interventionnisme – qui se déploie dans une partie de la gauche radicale – sur les problématiques fondamentales de la surveillance de masse et de toutes les conséquences induites par la nouvelle mesure gouvernementale a de quoi interroger. Tout particulièrement à moins d’un an des élections présidentielles et des promesses de l’ombre qu’elles nous font déjà.
    /.../

    Lire la suite, enrichie de liens et d’un enregistrement de témoignages de manifestant-e-s : https://acta.zone/pandemie-vaccin-pass-sanitaire-pour-une-position-revolutionnaire

    Lecture audio : @karacole
    Photo : @val_k / ValK.
    Cœur de grenadille dégoupillée.
    Nantes, 20 mai 2021.

    ¤ autres photos : vu.fr/valkphotos
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    #audio/opensource_audio #pandemie #covid #covid_19 #gauche #mobilisation #crise_sanitaire #crise_identitaire #confusionnisme #bases_ethiques

  • Covid : Les vaccins créent les variants dangereux !?
    https://www.youtube.com/watch?v=fLnav5tqOho

    Il faudrait surtout ne pas vacciner tout le monde pour éviter l’apparition de variants qui au final accroitraient le nombre des malades et des morts, nous dit Christian Vélot, président du conseil scientifique du CRIIGEN.
    Repris avec gourmandise par les antivax, cet argumentaire antivax vaut-il plus que les autres argumentaires antivax ? On va voir ça.

    Les sources sont dans la version blog : https://menace-theoriste.fr/covid-les-vaccins-creent-les-variants-dangereux

    #ChristianVélot #CRIIGEN #Antivax

    • Bah oui, les variants brésilien, sud-africain et indien sont apparus dans des zones où le taux de vaccination était important, bien sûr. (grosse fatigue...)

  • Sciences. Croyances. Conscience.
    . + .
    #JeudiPhoto - #Nantes, 8 juin 2021.
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/51329250849

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    série en cours [ co-vide ] : https://vu.fr/valk-co-vide
    .
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    .
    #photo #photography #foto #pharmacie #pharmacy #farmacia #cathedrale #ilizveur #cathedral #catedral #eglise #iliz #church #iglesia #croix #kroaz #cross #cruz #covid #covid19 #covid_19 #vaccin #vaksin #vaccine #vacuna #vaccincovid #covidvaccine #vacunacovid19

  • #Pfizer will turn to a plant in Africa to help supply the continent with vaccines next year. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/07/21/business/pfizer-will-turn-to-a-plant-in-africa-to-help-supply-the-continent-with-vac

    Il est hors de question de laisser les Sud-Africains fabriquer eux-mêmes les #vaccins,

    … the South African producer, Biovac, will only be handling distribution and “fill-finish” — the final phase of the manufacturing process, during which the vaccine is placed in vials and packaged for shipping. It will rely on Pfizer facilities in Europe to make the vaccine substance and ship it to its Cape Town facility.

    #Afrique #criminels

  • Contrainte numérique : des sénateurs lâchent le morceau
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article1525

    Il ne s’agit pas d’un complot, mais d’un rapport sénatorial. De ces intenses cogitations à huis-clos qui tôt ou tard se transforment en lois et changent nos vies. Les auteurs : Véronique Guillotin, médecin et sénatrice de Meurthe-et-Moselle (Mouvement radical), Christine Lavarde, ingénieur et sénatrice des Hauts-de-France (Les Républicains), René-Paul Savary, médecin et sénateur de la Marne (Les Républicains). Le titre de ce rapport du 3 juin 2021 : « Sur les crises sanitaires et outils numériques : répondre avec efficacité pour retrouver nos libertés ». Vous n’avez jamais rêvé d’être une petite souris dans les réunions internes des puissants, pour entendre ce qu’ils disent de nous et de leurs projets ? Ou bien d’avoir un logiciel espion Pegasus, puisqu’il paraît que "la technologie est neutre et tout (...)

    #Nécrotechnologies
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/rapport_se_nat_sante_et_contrainte-2.pdf

  • La CRS 8 passe le mur du son pour réprimer les révoltes - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/la-crs-8-passe-le-mur-du-son-pour-15215

    Début juillet, la création d’une nouvelle unité de #CRS, opérationnelle dès le 2 juillet, a été annoncée par Darmanin. Elle est stationnée à Bièvres, à 17km au sud-ouest de Paris. Cette unité spéciale de 200 CRS disponible 24h/24 et 7j/7 pourrait être « déployée en 15 minutes dans un rayon de 300 km en cas de troubles graves à l’ordre public et de violences urbaines » selon le sinistre Darmanin. On ne comprend pas bien ce que signifie : 300 km en 15 minutes, c’est plus rapide que le mur du son, fortiches les condés pour mater les révoltes.

    La création de cette unité fait suite aux demandes de la police. Selon les keufs, elle est nécessaire pour faire face à l’augmentation des manifestations violentes et des violences urbaines, notamment dans des villes moyennes qui n’auraient pas connu auparavant ce type de phénomènes. Cette réthorique et cette la création / l’expérimentation de nouvelles unités toujours plus violentes font partie d’une stratégie de contrôle social et de domination policière, qui vise en priorité les quartiers populaires. Il faut d’ailleurs s’attendre à voir ce genre d’unités être normalisées à l’avenir, car selon le ministère de l’intérieur, « si la CRS 8 démontre son utilité et son efficacité, alors il y aura d’autres CRS 8 ».

    Un article du « Canard enchaîné » 14/7/2021 toujours bien renseigné auprès de la maison Bourmann dit que ces superCRS, avec à sa tête un ancien béret vert des commandos marine, sont payés à se tourner les pouces. Les autres, eux, sont payés pour taper sur les manifestants.

  • ” Le complotisme est d’abord une cosmogonie, une parole mythique sur la naissance du monde”, entretien avec Sylvie Taussig - Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/le-complotisme-est-dabord-une-cosmogonie-une-parole-mythique-sur-l

    Nadia Meziane : L’une des marques du conspirationnisme, héritée d’une sorte de marxisme revisité par le soupçon permanent consiste à toujours supposer une position coupable à celui qui s’exprime contre leurs thèses. Le contradicteur n’est jamais Personne mais toujours Quelqu’un qui se cache. Il n’est jamais là où il dit qu’il est mais dans un quelconque repaire où s’élaborent les complots. Commençons donc par te situer et situer l’endroit du monde où tu as écrit ton essai. Tu es chercheuse , pas spécialement experte en conspirationnisme et, au cœur de la pandémie, tu étais au Pérou, où tu as vécu au quotidien avec le voisinage d’une communauté pratiquant la médecine spirituelle et fortement complotiste.

    Peux-tu nous raconter cette aventure pandémique et comment elle s’est mêlée à tes sujets de recherche pour aboutir à ton essai  ?

    Sylvie Taussig : l’aventure n’en a pas été une. Ne pas avoir le droit de sortir de chez soi sauf strictement pour faire les courses en laissant seuls, car interdits de mettre le nez dehors, deux enfants de 5 et 7 ans pendant plus d’une heure tous les deux jours… donc marcher vite malgré le poids des courses et surtout ne parler à personne et fuir l’aventure en espérant que de leur côté ils n’en tenteraient aucune, surtout pas sur la petite montagne qui finit par un abîme. Le contraire même de l’aventure, puisqu’une aventure a toujours un goût de la matière de Bretagne et la forme d’une initiation. Qu’en reste-t-il quand il n’y a plus temps ni espace ? Il restait à travailler, installée en partie dans ce curieux lieu d’observation – pour moi qui ai été un pilier de bistrot, c’est au bistrot que cela ressemble le plus – qu’est le réseau social. Évidemment cela n’aurait sans doute pas fonctionné si je ne connaissais pas les gens – mes voisins – en chair et en os, précisément comme adeptes de toutes les formes de néo-chamanisme et libertariens. Ils étaient déjà au nombre de mes sujets de recherche1, et au début cela a été un jeu : prévoir leur réactions.

    Mais, comme la prévision devenait dans ce cas une science exacte, ce n’était plus du jeu, mais l’occasion de faire un article, que j’ai terminé quand il a pris les proportions d’un petit livre. Le complotisme m’a paru comme un cas particulier de cette récidive gnostique que j’explore par tous les bouts depuis un paquet d’années, dans l’idée de faire un petit livre, très simple, élémentaire en fait. L’hypothèse de la récidive gnostique, qui constitue le point culminant de l’essai qui, pour moi, a quelque chose du roman policier, m’a aussi forcée à lire des quantités astronomiques de sites internet. Cette fréquentation assidue m’a permis de sentir le radical désir de la peur des adeptes de ces théories et d’entrevoir l’impressionnante cohérence de leur pensée.

    N.M. : Un philosophe est omniprésent dans ta réflexion sur le conspirationnisme contemporain. Descartes et son dévoiement . Le portrait que tu dresses des conspirationnistes est original, car il n’en fait pas des « anti-Lumières  » et des « contre-révolutionnaires  » par essence, pas forcément les héritiers de Barruel ou de Joseph de Maistre, à te lire, on a le sentiment qu’en partie les conspirationnistes seraient les Lumières qui auraient perdu le Nord, en jetant la boussole. En quoi l’ultra-doute conspirationniste se distingue-t-il du doute méthodique de Descartes et de ses héritiers des Lumières ? Et surtout qu’aurait répondu Descartes à un adepte de la pensée conspirationniste qui se serait revendiqué de lui  ?

    J’ai voulu prendre au sérieux leur revendication d’une filiation cartésienne. Comme j’ai consacré ma thèse et un certain nombre de travaux au 17e siècle, à travers ses penseurs moins connus que Descartes, je sais que le début des temps modernes est d’une diabolique complexité. Et c’est dans ce 17e siècle que j’avais déjà repéré des éléments gnostiques subversifs sans pouvoir les nommer. En fait je n’ai commencé à nommer cette interprétation religieuse qu’avec les séminaires de Heinz Wismann sur Heidegger – la matrice m’est apparue en pleine lumière, ou du moins il a nommé une matrice que je voyais bien à l’œuvre, et dont je voyais aussi des traces certaines dans une certaine interprétation catholique. Rien n’est monolithique, et je ne dis pas que l’Église catholique serait monolithique, bien au contraire. Et je m’intéresse aux petites choses, aux miettes. L’idée que le conspirationnisme serait une signature catholique se retrouve dans un article phénoménal d’Alain de Benoist, qui semble ainsi conspuer cette religion qu’il rejette de fond en comble ; elle se trouve aussi dans l’affirmation que Barruel serait le complotiste par excellence, ou bien ce jésuite grandiose que je cite, pour qui tous les pères de l’Église seraient une forgerie. Mais cela, les catholiques orthodoxes ne le disent pas, non plus qu’ils rejettent la bible hébraïque. C’est cette anguille sous roche là qui m’intéresse.

    Quant à Descartes, il ferait la tête que Musil donne à Aristote l’imaginant surgir du profond du sol au milieu d’une rue de Vienne au tournant du siècle. Je ne cite pas Musil par hasard, plus que tout autre il orchestre la rencontre des savoirs modernes et de la matière romanesque. Reste que le complotisme transpose sur la science actuelle la méfiance que les modernes posaient sur la scolastique

    – et cet anachronisme est fort intéressant.

    N.M : Tu places le conspirationnisme dans un univers néo-religieux plus que politique. Ton travail tourne autour de la notion de gnose. Or cette notion peut être perçue de manière extrêmement positive, le gnostique étant un être en quête de libération par la recherche de la vérité et du savoir . Si au départ, cette quête de vérité est réservée à une élite et à des sociétés secrètes, le conspirationnisme au fond propose en apparence, au moins, un dévoilement ultra-démocratique du monde. La proposition conspirationniste, le « informez vous par vous même  » est profondément séduisant et égalitaire. (...)

    #cosmogonie #désinstitutionnalisation #initiation #dualisme #conspirationnisme #complotisme #gnose #catastrophe #nihilisme_radical #croyance #savoir

  • Le système de crédit social chinois : miroir pour l’Occident
    https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02969746/document

    « Vouloir gouverner le peuple d’un siècle frénétique avec douceur et mansuétude, c’est diriger un cheval impétueux sans cravache ni rênes. »

    « Renforcez les lois, alourdissez les supplices, étendez la responsabilité collective afin que toute la lignée soit impliquée par le crime d’un seul de ses membres. Détruisez le pouvoir des dignitaires, enrichissez les pauvres, élevez les humbles, vous éliminerez tous les facteurs de trouble et barrerez la route à la délinquance . Vous pourrez ainsi vous livrer au plaisir, étendu sur un mol oreiller, en toute quiétude, en vous conformant au non-agir. »

    « C’est ainsi que la rectification des noms est inséparable d’un contrôle rigoureux des individus par une administration tentaculaire et omniprésente, veillant au respect et à l’exécution des lois. »

    HAN FEI, Han Fei-Tse ou Le tao du prince , Présenté et traduit par Jean Lévi, Editions du Seuil, 1999, 555 p.

    #crédit_social #Chine #surveillance #réputation #évaluation

    • Et pourtant : China’s top health authority rectify local mandatory vaccination orders, stressing voluntary principle

      https://www.globaltimes.cn/page/202107/1228884.shtml

      China’s top health commission said they have noticed the local regulations issued by some cities that ban residents who haven’t received COVID-19 vaccine shots from entering some key public venues, stressing that the commission has stepped in and made further guidance.

      "Informed, consented and voluntary" are the basic principles for the inoculation program of COVID-19 vaccines , the center for disease control and prevention under the National Health Commission said.

      According to China’s Law on the Prevention and Treatment of Infectious Diseases, people without contraindications who are within the acceptable age to receive the vaccine should be vaccinated as much as possible.

      #passe_sanitaire

  • #Colombie : Le gouvernement s’appuie sur la force brute pour rester au pouvoir
    https://www.les-crises.fr/colombie-le-gouvernement-s-appuie-sur-la-fore-brute-pour-rester-au-pouvoi

    Après plusieurs semaines de manifestations massives contre le #Néolibéralisme et la violence d’État en Colombie, le président de droite Iván Duque s’appuie sur la force brute pour rester au pouvoir. Source : Jacobin Mag, Seth Wulsin Traduit par les lecteurs du site Les-Crises Après plusieurs semaines de grève générale en Colombie, les manifestants ont remporté des victoires significatives tout en encaissant le plus gros d’une répression brutale menée par les forces étatiques et militaires. Cinq membres du cabinet du Président Iván Duque se sont retirés ou ont été remplacés. Duque a retiré son projet de loi fiscale régressive qui avait déclenché les manifestations, ainsi qu’un projet de loi controversé sur la santé et la proposition de dépenser des milliards pour des avions militaires Lockheed Martin, au milieu (...)

    #Géopolitique #crise_sociale #Géopolitique,_Colombie,_crise_sociale,_Néolibéralisme

  • #Croatie : une saison touristique sans assez de travailleurs saisonniers

    Barmen, cuisiniers, serveurs : tous les postes sont à pourvoir et certains #hôtels pourraient bien rester fermés faute de #personnel. Ni les Croates ni les saisonniers des pays voisins ne veulent plus travailler pour des #salaires de misère, et l’importation de #main-d’oeuvre en provenance du Népal, de Thaïlande ou du Bengladesh ne suffit pas.

    « Je donne mille kunas à celui qui me trouvera un serveur ! » Voici le cri de désespoir d’un restaurateur de Pula qui cherche encore à embaucher, alors que la saison a commencé et que les touristes se pressent en Istrie. Un matin, après une nuit orageuse, plusieurs de ses employés ne sont tout simplement jamais revenus. Depuis, le restaurateur a le plus grand mal à leur trouver des remplaçants. Il attend des travailleurs de Serbie, qui seraient toujours en train de régler des « problèmes de papiers ».

    En Croatie, beaucoup pensaient pourtant que les patrons n’auraient pas de mal cette année à trouver des employés, avec le retour de beaucoup de Croates de la diaspora durant la pandémie. Certains pensaient même que les salaires pourraient baisser en raison de cette abondance de main d’oeuvre. Mais c’est tout le contraire qui se produit : comme en 2019, la Croatie manque de bras.

    Entre le 1er janvier et le 16 juin 2021, le ministère de l’Intérieur a ainsi délivré 31 157 permis de séjour et de travail à des ressortissants de pays tiers, soit 13% de plus qu’à la même période l’année dernière et un cinquième de moins qu’en 2019. Dans le secteur du tourisme et de la restauration, le ministère a délivré 4191 permis.

    La Croatie a perdu 10% de sa population

    Krešimir Sever, président des Syndicats indépendants croates, note que la Croatie, comme d’autres États en transition, a bâti sa compétitivité en recourant à des employés privés de droits et sous-rémunérés. « Cette politique a mené à une émigration considérable, surtout depuis l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne, et elle concerne principalement des citoyens jeunes, hautement éduqués et spécialisés. D’après certaines études, 10% de la population aurait déjà quitté la Croatie », explique Krešimir Sever, précisant que le pourcentage réel pourrait être encore plus élevé.

    Ce déficit est compensé par l’importation d’ouvriers étrangers, ajoute-t-il, ce qui d’année en année contribue à faire encore plus baisser le prix du travail et à multiplier les contrats précaires. Cette dangereuse combinaison fait que l’émigration se poursuit toujours plus, affirme-t-il. « Malgré le retour d’une partie des travailleurs croates en raison de la pandémie, la pénurie de main d’œuvre se fait toujours sentir dans certains secteurs, comme le tourisme, la restauration, le bâtiment. On manque aussi d’artisans comme des électriciens et des serruriers », continue le syndicaliste.

    « Entre mars 2020 et mai 2021, les autorités ont versé 1,4 milliard d’euros à plus de 680 000 travailleurs, dans le cadre de mesures de soutien, notamment à 120 000 artisans et employeurs », explique-t-il, en soulignant que les fraudes ont été très nombreuses durant cette période : congés annuels forcés, travail de personnes officiellement en congé, non-paiement de la différence entre le salaire convenu et l’aide d’Etat, baisses de salaire sans accord de l’employé, télétravail sans annexe au contrat de travail, non-respect des horaires de travail, non-paiement d’heures supplémentaires en télétravail, etc.

    “De plus en plus de travailleurs viennent du Népal, des Philippines, du Bangladesh, de Chine, d’Inde, de Russie, de Corée, voire de Thaïlande ou du Mexique.”

    Krešimir Sever explique que les autorités avaient préparé l’adoption d’une loi spéciale pour mettre en suspens, pour la durée de la crise, certaines clauses de la Loi du travail et certaines conventions collectives en vigueur. Mais elles ont dû renoncer à ces mesures en raison de la forte pression des syndicats croates, soutenus par des organisations syndicales européennes et internationales, et grâce à des protestions directement adressées à la Commission européenne. « Les employeurs demandent davantage de flexibilité et les syndicats une meilleure protection. De fait, le droit du travail est l’une des principales causes de la situation qui prévaut aujourd’hui en Croatie, il doit être modifié. Les négociations pour une refonte de la Loi sur la travail ont commencé le 23 juin, mais elles ne seront ni faciles, ni rapides. Les autorités prévoient que la nouvelle loi puisse entrer en vigueur au milieu de l’année 2022 », précise-t-il.

    En attendant, la Croatie continue d’accueillir des travailleurs de Serbie, de Bosnie-Herzégovine, de Macédoine du Nord et du Kosovo, mais eux aussi sont de moins en moins nombreux et ils préfèrent aller travailler en Europe de l’Ouest. « De plus en plus de travailleurs viennent du Népal, des Philippines, du Bangladesh, de Chine, d’Inde, de Russie, de Corée, voire de Thaïlande ou du Mexique, par le biais d’agences de recrutement. La majorité de ces gens se font embaucher dans le secteur de la construction, dans le tourisme et la restauration. On leur propose les mêmes salaires qu’aux locaux pour les mêmes emplois. Mais le problème est que les Croates ne peuvent pas vivre avec ces salaires, alors que les étrangers réussissent tout de même à en envoyer une partie de ces sommes à leurs familles », explique Sever.

    Des hôtels resteront fermés

    Marina Cvitić, présidente des Syndicats d’Istrie, du Kvarner et de Dalmatie (SIKD) signale que, faute de personnel, de nombreux hôtels sur l’Adriatique risquent de rester fermés cette saison. « Les travailleurs sont dans l’incertitude depuis plus d’un an, et rares sont ceux dans le secteur touristique qui ont touché plus de six salaires pleins. Rares sont les saisonniers qui ont eu l’opportunité de travailler pendant plus de trois ou quatre mois. Mais quand les échéances des crédits arrivent, il faut (sur

    )vivre. Les salariés touchaient 60% de leur salaire durant la pandémie, mais il était illusoire de penser que les saisonniers allaient attendre que les agences les recontactent. Ils ont cherché un emploi dans d’autres secteurs », souligne-t-elle.

    Pour trouver des volontaires, certaines entreprises, poursuit-elle, ont commencé à distribuer des primes non imposables d’au moins 130 euros et les syndicats ont négocié avec certaines le versement durant la saison d’un montant non imposable maximal de 5000 kunas (670 euros). Malgré ces initiatives, les travailleurs manquent toujours, poursuit Marina Cvitić. Pour elle, cette pénurie est à imputer aux employeurs et au gouvernement croate. Les Syndicats d’Istrie, du Kvarner et de Dalmatie demandent une réunion d’urgence des syndicats, des employeurs et des ministères du Tourisme et de l’Emploi pour envisager des mesures concrètes à même de résoudre le problème du manque de main-d’œuvre.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Croatie-meme-la-hausse-des-salaires-ne-retient-pas-les-travailleu

    #tourisme #saisonniers #travailleurs_saisonniers #migrations #travail

  • #Terrorisme : au nom de sa #sécurité, la #France expulse toujours plus

    Depuis 2018, l’Hexagone a expulsé plus de la moitié des islamistes radicalisés fichés et en situation de séjour irrégulier en France. Et selon la volonté du ministre de l’Intérieur, le nombre d’expulsions devrait encore augmenter. C’est un des axes du contre-terrorisme français, rapporte la Deutsche Welle.

    Agir plus vite et plus durement avec les immigrés condamnés pour des crimes graves, telle est la consigne donnée aux préfets de France par le ministre de l’Intérieur, Gérald #Darmanin, en juin. Les #titres_de_séjour sont à réexaminer, et des expulsions à prévoir pour les coupables de #crimes graves : homicide, viol, trafic de drogue, violences conjugales ou contre des dépositaires de l’autorité publique. Voilà le dernier cap fixé par la France pour améliorer la sécurité sur le territoire, rapporte la Deutsche Welle, qui fait un point sur la stratégie antiterroriste de la France.

    « En parallèle de cette mesure, le gouvernement a également publié de nouveaux #chiffres sur les expulsions », écrit le site de la radio internationale allemande : sur 23’000 #personnes_fichées, car soupçonnées de radicalisation, dans le #FSPRT - le #Fichier_de_signalements_pour_la_prévention_de_la_radicalisation_à_caractère_terroriste -, 1’115 seraient en situation irrégulière sur le territoire. Parmi elles, environ la moitié - 601 - a été expulsée ces trois dernières années. L’autre moitié serait en passe de l’être ou se trouve actuellement en prison, a précisé le gouvernement.

    Le gouvernement Macron n’est pas le seul à opérer de la sorte. Les exécutifs successifs du pays, où plus de 250 personnes ont été victimes d’attentats terroristes ces dernières années, ont répondu en durcissant les lois d’immigration. Dans ce contexte, le sujet des expulsions « est devenu plus explosif », explique le journaliste allemand, qui s’est entretenu avec un expert en contre-terrorisme français.

    Tensions dans les pays du Maghreb

    « Le profil des #terroristes_actifs en France a changé », a ainsi expliqué #Marc_Hecker, chercheur à l’Institut français des relations internationales, à la radio allemande. Selon lui, ceux qui ont perpétré les dernières attaques étaient souvent des #immigrés, des #demandeurs_d'asile ou des personnes entrées clandestinement dans le pays.

    Le chercheur pointe deux évolutions qui en découlent. Premièrement, la France a modifié sa pratique d’expulsion :

    Même si la France n’expulse pas d’individus vers les zones de guerre, la liste des pays vers lesquels aucune expulsion n’est réalisée s’est réduite au fil des années."

    Les capacités limitées des #services_de_renseignements

    Deuxièmement, dans les pays en question, la situation sécuritaire se trouve sous tension. Cela concerne avant tout les pays du Maghreb, qui ont vu les expulsions de France se multiplier. « Envoyer les personnes radicalisées vers des pays qui ne disposent pas des mêmes capacités de surveillance que la France ne fait qu’accentuer le problème pour ces pays », explique Hecker.

    « Impossible pour le moment de savoir si les expulsions permettront d’améliorer durablement la situation sécuritaire tendue de la France, mais cela devrait au moins décharger temporairement les autorités », estime la Deutsche Welle. Un des problèmes centraux reste qu’un fichier comptant 23’000 noms représente un défi de taille constant pour les services de renseignements. De plus, le #fichage de toutes les personnes qui sont passées sous les radars, comme le meurtrier de Samuel Paty ou l’attaquant de Notre-Dame de l’Assomption, à Nice, demande des moyens supplémentaires.

    Quant au changement de #profil des attaquants, il est impossible d’évaluer s’il est passager ou définitif.

    https://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-terrorisme-au-nom-de-sa-securite-la-france-expu
    #expulsions #renvois #asile #migrations #réfugiés #machine_à_expulser #islamisme #radicalisation #criminels_étrangers #statistiques #sans-papiers

    ping @cede @karine4 @isskein

  • Tunisie : la diaspora se mobilise face à une situation sanitaire « catastrophique »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/14/tunisie-la-diaspora-se-mobilise-face-a-une-situation-sanitaire-catastrophiqu

    Tunisie : la diaspora se mobilise face à une situation sanitaire « catastrophique » ;Des chaînes de solidarité s’organisent entre la société civile et les Tunisiens vivant à l’étranger, permettant de recueillir des fonds face à l’explosion des cas de Covid-19.
    Le réseau social, qui compte 7 millions d’utilisateurs dans un pays de 12 millions d’habitants, est aussi l’un des vecteurs de la chaîne de solidarité en train de s’organiser avec les Tunisiens à l’étranger. Une diaspora qui représente plus d’1,5 million de personnes, dont plus de 700 000 en France.« Nous avons déjà récolté près de 71 000 euros en dix jours et commandé une dizaine de concentrateurs d’oxygène de 10 litres ainsi que des masques FFP2 », déclare Mehdi Bouchair, 34 ans, pharmacien basé à Bizerte (nord) et vice-président de l’association d’entraide Lost and Found Tunisia en Tunisie.
    La collecte a été possible grâce à la participation de cinq associations tunisiennes issues de France, d’Allemagne, des Pays-Bas et des Etats-Unis. Un geste qui a nécessité de vaincre certaines réticences. « Les donateurs voulaient savoir où irait l’argent et exprimaient leur refus de donner aux ambassades ou à l’Etat », explique Mehdi Bouchair.La crise sanitaire s’inscrit dans un climat politique morose au sein du pays et une défiance généralisée à l’égard des institutions. Au printemps 2020, pendant le confinement, l’Etat tunisien avait mis en place un fonds de solidarité ayant permis de récolter près de 62 millions d’euros. Mais sa gestion et la répartition des financements dans la lutte contre la pandémie ont été critiquées pour leur opacité.
    « Nous sommes en train de suivre la même voie que le Liban après l’explosion du port de Beyrouth où tout le monde demandait de donner aux associations et non à l’Etat », confirme Lotfi Hamadi, fondateur de l’association Wallah We Can et membre du collectif Nafassni (« Laissez-nous respirer ») qui prévoit de publier tous les chiffres des aides et dons reçus tant de l’OMS que des pays étrangers.Malgré cette défiance à l’égard de l’Etat, la société civile s’organise pour faire face à une situation sanitaire qualifiée de « catastrophique » par les autorités. Le pays enregistre une moyenne de 100 à 150 décès par jour dus au Covid-19, soit le taux de mortalité le plus élevé du continent.« On ne peut pas parler d’un effondrement du système de santé car celui-ci continue de résister et de fournir des efforts considérables, mais c’est vrai qu’il est en souffrance », précise Yves Souteyrand, représentant de l’OMS en Tunisie.
    Il ajoute que le pays a été dépassé par l’arrivée du variant Delta, très virulent, « qui aujourd’hui représente près de la moitié des contaminations ». Selon lui, les mesures de restrictions sanitaires n’ont peut-être pas été prises assez tôt après que ce variant a été détecté dans certaines régions. « Aujourd’hui, nous avons l’un des taux épidémiques les plus sévères de la région avec 900 morts en une semaine et un taux de positivité de 35 % », explique-t-il.Face à la pénurie de vaccins et aux lenteurs de la campagne de vaccination – seulement 5 % de la population est complètement vaccinée –, de nombreux pays ont réagi en envoyant des vaccins – près de 4 millions de doses devraient ainsi affluer. « Cette solidarité internationale, qui concerne aussi l’équipement médical et l’oxygène, est remarquable », ajoute Yves Souteyrand.« Nous avons aidé et nous allons encore aider et je pense particulièrement à la Tunisie », a insisté Emmanuel Macron lors de son discours sur la situation épidémique lundi 12 juillet. Le gouvernement français a promis mardi que 800 000 doses seraient livrées « dans les prochains jours », tout en plaçant le pays sur liste rouge en raison de la dégradation de la situation sanitaire. La Tunisie enregistre plus de 500 000 cas de contamination et 16 651 décès à la date du 14 juillet.
    L’ambassade de Tunisie en France a appelé ses ressortissants le 10 juillet à participer à l’effort collectif à travers des dons en argent et en équipement médical. Dès le 18 mai, déjà alerté par la recrudescence des cas et des décès, un collectif de binationaux avait publié une tribune dans Le Monde pour appeler à la solidarité internationale, avant la visite officielle du premier ministre Jean Castex en Tunisie.
    La psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve, l’une des signataires, déplore qu’un « marché noir de la santé » s’installe face à l’urgence. Un développement symptomatique, selon elle, des défaillances dans la gestion de la crise sanitaire. « La mobilisation des associations est nécessaire car, parallèlement, vous avez des vendeurs de mort. J’y ai été confrontée lorsque j’ai essayé de chercher à distance un concentrateur d’oxygène pour l’un des membres de ma famille : les prix ont triplé en une semaine », décrit-elle.
    Lire aussi En Tunisie, la crise sur tous les frontsLa société civile et la diaspora misent sur un système d’entraide bien rodé depuis la révolution. « Beaucoup d’entre nous se sont connus via des réseaux de la société civile qui ont aidé pour la supervision des élections législatives et présidentielle depuis 2011. Avec les réseaux sociaux, on peut s’organiser facilement », explique Nesrine Rebai, 37 ans, consultante basée à Tunis pour des associations et agences onusiennes. Elle-même vient de lancer un groupe Facebook privé SOS Tunisie Covid-19 qui diffuse des initiatives et met en contact les donateurs et les organisations.
    D’autres travaillent quand même avec l’Etat, comme l’association Tunisiens des deux rives, qui a passé depuis 2020 une convention avec le ministère de la santé afin que les dons médicaux puissent être exemptés de taxes douanières. L’association, qui a mis en place un système de traçabilité des dons, a pu obtenir 300 concentrateurs d’oxygène de Tunisiens vivant à l’étranger et près de 3 millions de masques offerts par une entreprise française.Certains aimeraient donner la possibilité aux médecins partis à l’étranger de revenir dans leur pays ponctuellement, le temps de la crise. La Tunisie perd actuellement entre 700 et 800 médecins par an. S’ils sont en France, ils ne peuvent plus exercer dans leur pays d’origine, car ils doivent faire une demande de radiation auprès de l’ordre des médecins. Même chose s’ils décident de repartir en Tunisie. Si on prend l’exemple des médecins réanimateurs tunisiens : 160 exercent encore en Tunisie dans le public, 250 dans le privé, contre près de 500 en France.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#france#sante#diaspora#crisesanitaire#solidarité#medecin#retour

  • Bolsonaro in hospital as hiccups persist for more than 10 days | Jair Bolsonaro | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2021/jul/14/bolsonaro-brazil-hospital-hiccups
    https://i.guim.co.uk/img/media/d4916e5001a32d5cbbcc9b8c3a00780a7812ee79/0_117_3500_2100/master/3500.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The Brazilian president Jair Bolsonaro has been admitted to hospital complaining of abdominal pain after being struck down by an unremitting bout of the hiccups which has lasted for more than 10 days.

    10 jours de #hoquet, je n’y avais jamais pensé comme punition divine, mais il a bien mérité ça non ? #justice #estomac #abdominal #cruauté

  • Covid case cuts short Singapore ’cruise to nowhere’ - Asia Times
    https://asiatimes.com/2021/07/covid-case-cuts-short-singapore-cruise-to-nowhere

    Covid case cuts short Singapore ‘cruise to nowhere’
    The ship’s 1,646 passengers and 1,249 crew have been asked to remain in their cabins as the vessel is disinfected. An ocean liner on a “cruise to nowhere” was forced to make an earlier-than-scheduled return to Singapore Wednesday after a coronavirus case was detected on board, authorities said.The Dream Cruises ship’s 1,646 passengers and 1,249 crew members have been asked to remain in their cabins as the vessel is disinfected and contact tracing completed, the Singapore Tourism Board’s director for cruises said. “The passenger was identified as a close contact of a confirmed case on land, and was immediately isolated as part of onboard health protocols,” said Annie Chang.The 40-year-old passenger, who had tested negative before boarding, was taken to hospital for further tests and the health ministry later confirmed the passenger had the virus.
    Chang said that as part of onboard health protocols, the passenger’s three traveling companions were identified and isolated. All have tested negative for the virus.The cruises – starting and ending in Singapore, with no stops – were launched last year as part of the travel industry’s attempt to bounce back from a pandemic-induced crunch.They have proved popular among those seeking an escape from the tiny city-state, which has only had a mild outbreak but largely kept its borders closed.The ship, owned and operated by Malaysian conglomerate Genting Group, left Singapore on Sunday evening for the four-day cruise and returned to port several hours earlier than scheduled.Genting’s Dream Cruises said it canceled a voyage scheduled to depart later Wednesday, and that there had been no virus infections on any of its previous cruises.A Royal Caribbean “cruise to nowhere” was also cut short in December after an elderly man tested positive. However, that case proved to be a false alarm, with subsequent results coming back negative. The cruise industry worldwide is struggling to get back on its feet after voyages were halted at the start of the pandemic and several vessels were hit by outbreaks.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#singapour#croisiere#cascontact#economie#tourisme

  • RAPPORT NATIONAL 2020 SUR LES CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION : LA RÉTENTION EN PÉRIODE DE COVID-19

    Dans le rapport 2020, les associations Forum réfugiés-Cosi, France Terre d’Asile, Groupe SOS Solidarités – Assfam, La Cimade, et Solidarité Mayotte mettent en avant les problématiques habituelles rencontrées en rétention et exacerbées par la crise sanitaire. Publié le 6 juillet 2021, le rapport, qui embrasse la situation dans les CRA et LRA de métropole et d’outre-mer, offre deux angles d’approche : national et local.

    Malgré la crise sanitaire et les confinements, les centres de rétention administrative n’ont pas cessé de fonctionner en 2020, témoignant de la volonté de l’État de poursuivre la politique d’éloignement en privilégiant le recours à la rétention, y compris en contexte épidémique et en l’absence d’éloignement possible.

    Dès le 19 mars 2020, dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur, nos associations, constatant l’absence puis l’insuffisance des protocoles sanitaires, ont demandé la fermeture temporaire des centres et locaux de rétention administrative, la suspension des décisions de placement en rétention et la libération des personnes retenues. Par la suite, les juridictions ont été saisies en ce sens.

    Ces demandes n’ont pas été entendues, si bien que des personnes retenues se sont retrouvées exposées au virus, les foyers de contamination se multipliant dans ces lieux de privation de liberté. De plus, des personnes atteintes de pathologies graves, physiques et psychiques, ont continué d’être enfermées, malgré le risque de développer une forme grave de la Covid-19.

    Des placements sans perspective d’éloignement

    En 2019, avec l’allongement de la durée maximale de rétention à 90 jours, les associations faisaient le constat d’un allongement de la durée moyenne d’enfermement, pourtant peu efficace et disproportionné au regard du but poursuivi. En 2020, cette durée moyenne s’est encore allongée, alors même que la fermeture des frontières limitait fortement, voire rendait impossible pour certaines destinations, l’éloignement des personnes enfermées.

    Sanctionnant ces privations de liberté illégales, uniquement lors du premier confinement, les juges ont massivement libéré les personnes placées en CRA. Ces décisions n’ont néanmoins pas infléchi la politique du gouvernement, qui a enfermé plus de 27 000 personnes en rétention malgré le contexte sanitaire.

    Un quart des placements en rétention en 2020 concernaient des personnes sortant de prison à l’issue de leur peine, ce qui revêt un caractère abusif dès lors que l’éloignement à bref délai n’est pas possible. En plus de l’absence de perspectives d’éloignement et d’une incertitude encore plus prononcée que les années précédentes quant à l’issue de la rétention, le contexte sanitaire a engendré des atteintes et des restrictions de droits de la part de l’administration, telles que la limitation ou l’interdiction des visites aux personnes enfermées, ou le recours systématique au mode dégradé d’accès à la justice que constituent les visioaudiences.

    Les conséquences parfois graves sur la santé physique et mentale des personnes enfermées se sont trouvées amplifiées en 2020 avec des angoisses et un sentiment d’incompréhension provoqués par ce contexte sanitaire et juridique particulier. Par suite, on a constaté davantage de mouvements de contestation tels que les grèves de la faim, ou de gestes désespérés comme les tentatives de suicide ou les actes d’automutilation.

    https://vimeo.com/571526227

    https://www.lacimade.org/rapport-national-2020-sur-les-centres-et-locaux-de-retention-la-retention-

    Pour télécharger le rapport :
    https://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2021/07/RA_CRA_2020_web.pdf
    #France #rétention #asile #migrations #réfugiés #détention_administrative #CRA #2020
    #rapport #La_Cimade