• Charles Stépanoff, anthropologue : « Alors que nous pensions être enfin seuls dans un monde artificiel, la Terre nous répond avec force »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/15/charles-stepanoff-anthropologue-alors-que-nous-pensions-etre-enfin-seuls-dan

    Les sociétés modernes ont délégué à d’autres régions du monde les nuisances de leurs modes de vie. Nous ne visitons jamais les champs pétrolifères qui permettent de chauffer nos maisons ni les fermes-usines qui nous nourrissent. Cette coupure avec le milieu nourricier est exceptionnelle dans l’histoire humaine. Alors que les humains ont longtemps vécu dans des réseaux denses de liens d’interdépendance avec leurs milieux de vie, la modernité les fait passer à des réseaux étalés, dans lesquels ils gagnent une illusion de maîtrise totale et n’entendent plus l’environnement répondre à leurs actions.

    Les canicules, les incendies et, plus généralement, la #crise_climatique ne sont rien d’autre que le surgissement inopiné des réponses de l’écosystème planétaire. Les réponses de la Terre aux actions des sociétés modernes sont désormais à leur mesure : colossales et immaîtrisables.

    #paywall

  • Derrière l’IA et ses #data_centers, une #industrie_minière qui ravage la planète

    Les centres de données indispensables à l’intelligence artificielle nécessitent l’extraction de toujours plus de métaux et terres rares. Une industrie qui détruit, assèche, tue et exploite sur tous les continents, rappelle notre chroniqueuse.

    Le nouveau cliché dans les conférences d’affaires, c’est de présenter les data centers comme « les usines de l’IA », comme le fait par exemple le vice-président du cloud de Microsoft, Scott Guthrie. Il y a quelque chose de rassurant et de banal dans cette description, qui semble renvoyer à une logique élémentaire. Pour avoir des chaussures, il faut des usines de chaussures. Pour avoir des IA génératives, il faudrait investir dans les centres de données.

    Prétendre que le centre de données est l’usine de l’IA revient à nier les réalités hors normes de la chaîne d’approvisionnement du numérique, dont les data centers, avec leurs consommations d’eau et d’électricité aberrantes, ne sont que le dernier maillon. L’IA est, elle aussi, bâtie sur une succession de crimes : les multiples écocides et violations de droits humains qu’accumule de plus en plus vite la production de ces objets extraordinairement voraces.

    Lire aussi : IA : l’une des plus grandes mines de charbon au monde va alimenter d’immenses data centers

    Les centres de données sont d’immenses entrepôts remplis de serveurs informatiques, eux-mêmes composés de cartes électroniques. Elles contiennent une immense diversité de composants associant des dizaines de métaux et minéraux différents, purifiés à plus de 99,9999 % et pouvant avoir nécessité 1 000 produits chimiques différents au cours de leur production.

    Parmi les composants des cartes électroniques figurent les semiconducteurs, des puces qui, avant d’atteindre le stade du produit final, peuvent avoir traversé 80 frontières (voir Anatomie d’une puce, éd. Le Monde à l’envers, 2026).

    Dans le monde des IA, une puce de quelques centimètres carrés comme celles de l’entreprise Nvidia, large leader du marché mondial, peut contenir environ 200 milliards de transistors, de minuscules composants gravés à l’échelle nanométrique. Cet enchâssement d’une densité matérielle inouïe fait des serveurs des centres de données les objets les plus intenses en ressources jamais produits dans l’histoire humaine. Centres de données qui, en plus des serveurs, concentrent des mégawatts de batteries électriques, des systèmes de refroidissement complexes, etc.
    692 000 tonnes de métaux en 2025

    Faire du centre de données l’usine de l’IA, c’est considérer que l’ensemble de ces machines seraient en quelque sorte des matières premières, le produit fini étant par exemple les réponses de ChatGPT. Or les semiconducteurs ne poussent pas dans les prairies, le sous-sol ne contient pas de batteries électriques prêtes à l’emploi.

    Au début de l’été, la revue Resources Policy a publié des estimations de la consommation de métaux pour les centres de données construits pour l’IA générative (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S030142072600142X?via%3Dihub). D’après ces experts miniers étasuniens, ils nécessitaient 692 000 tonnes de métaux en 2025. Et pourraient en consommer 2,6 millions d’ici à 2035.

    Dans son propre rapport publié en 2025, le Forum économique mondial estime la consommation minérale d’un centre de données à environ 70 tonnes de métaux par mégawatt de puissance (https://reports.weforum.org/docs/WEF_From_Minerals_to_Megawatts_2025.pdf). Celle-ci peut être multipliée par 3 ou 4 si l’on prend en compte le raccordement électrique et plus encore si le centre dispose d’une production électrique dédiée (turbine à gaz, parc photovoltaïque ou éolien, pile à combustible), selon une publication récente du cabinet anglais de recherche et de conseil Wood Mackenzie (https://datacentremagazine.com/news/wood-mackenzie-the-hidden-metals-cost-of-data-centres).

    On peut ainsi estimer que les projets de centres de données lancés en région parisienne et dans le Nord, qui nécessitent au total une puissance électrique de 13 GW, nécessiteraient près de 100 000 tonnes de métaux.

    Que signifient ces chiffres ? Quelles réalités recouvrent-ils dans les zones d’extraction minière ?

    Les centres de données ne pourraient exister sans terres rares, ces dix-sept substances minérales utilisées à l’échelle du milligramme ou intégrés à des alliages complexes dans les objets high-tech. Pour n’en citer que deux : le terbium, présent dans les aimants des cartes électroniques et les semiconducteurs ; le dysprosium, qui contribue à la stabilité thermique des disques durs.
    Milices armées, peuples chassés, terres polluées

    La Chine, qui commercialise la majorité des terres rares vendues au monde, importe l’essentiel du minerai depuis la Birmanie. Depuis une dizaine d’années, les régions du Shan et du Kachin ont sombré dans un état de guerre opposant les peuples de ces collines aux entrepreneurs chinois et à leurs milices.

    Ceux-ci ont pris possession de terres ancestrales de chasse et de cueillette, coupé les arbres et installé des camps miniers. Pour extraire le minerai, en pleine forêt tropicale, de l’acide et des produits chimiques sont injectés à l’intérieur même de la roche pour dissoudre les substances recherchées. Elles sont canalisées vers des bassins à ciel ouvert où les solutions métalliques sont extraites au moyen d’autres produits chimiques.

    D’après une enquête menée par l’ONG anglaise Global Witness, les mines de terbium et de dysprosium ont contaminé les cours d’eau sur des centaines de kilomètres, jusqu’au nord de la #Thaïlande (https://globalwitness.org/en/campaigns/transition-minerals/fuelling-the-future-poisoning-the-present-myanmars-rare-earth-boom). En 2025, on dénombrait en Birmanie plus de 500 sites d’extraction, ouverts sur les terres des communautés autochtones grâce à des #milices_armées soutenues par la Chine.

    L’article de Resources Policy estime que la demande en terres rares pour les centres de données pourrait tripler d’ici à 2028 (passant de 13 à 39 tonnes). Comment se présente l’alternative occidentale à cette extraction chinoise ? En juin 2026, le géant de l’électricité français #Schneider s’est associé à l’entreprise #Torngat_Metals pour exploiter des gisements de dysprosium et de terbium sur des terres autochtones, à 1 000 kilomètres au nord de Montréal, menaçant les #lacs de pêche aux eaux cristallines des #Innus, des #Inuits et des #Naskapis.

    Ces gisements de terres rares sont si radioactifs que l’entreprise# Orano (qui s’appelait alors #Areva) les convoitait dans les années 2010 pour en faire des mines d’#uranium, avant qu’un mouvement à l’échelle du Québec ne mette fin au projet (https://mpda.ca/areva-leaves-nunavut-after-uranium-project-rejection). Le projet #Torngat est contesté par plusieurs communautés autochtones, mais les acteurs économiques occidentaux semblent prêts à tout pour contourner les monopoles chinois.

    Le #cuivre, métal de la soif

    Le cuivre, conducteur par excellence, est l’un des principaux métaux utilisés dans les centres de données, dont il permet le raccordement à l’intérieur comme à l’extérieur, au niveau des réseaux. Les entreprises minières de la #Copper_Developement_Association estiment la consommation d’un centre de données à entre 5 000 et 15 000 tonnes (https://copper.org/policy/advocacy-campaigns/copperconversations/copperconversations-thought-leadership/copper-is-the-smart-choice-for-high-efficiency-hvacr).

    Pas besoin de voyager très loin pour comprendre que la surconsommation de cuivre pose des problèmes élémentaires de survie. Au sud de l’#Espagne, en #Andalousie, cinq mines de cuivre ont ouvert ces dernières années avec le soutien de la Commission européenne au nom de la #transition_énergétique. Une seule d’entre elles (#Cobre_la_Cruzes) consomme autant d’eau que 66 000 habitants, alors même que cette région est l’une des plus arides d’Europe.

    Recensant les nombreuses #pollutions des eaux irréversibles causées par les entreprises minières de la région ces dernières années, un groupe de recherche de l’université de Séville a exigé un moratoire sur tous les projets d’extraction de cuivre d’Andalousie afin d’éviter « l’#effondrement_hydrique ».

    Si telle est la situation en Espagne, quelle peut-elle être au sud du #Maroc, où une nouvelle mine a ouvert en 2025, malgré un risque de « pénurie d’eau extrême » sur le pays ? Et au #Chili, où les entreprises minières sont accusées de détruire les #glaciers, des #réserves_d’eau à l’échelle continentale ?

    En 2019 déjà, plus de la moitié du cuivre extrait dans le monde provenait de régions en stress hydrique (https://research.wu.ac.at/en/publications/increasing-water-use-in-global-copper-production-threatens-freshw).

    À la fin des années 2010, on a constaté que pour satisfaire les présumés besoins en métaux des vingt prochaines années, il faudrait en extraire autant qu’au cours de toute l’histoire de l’humanité (https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/on-va-extraire-autant-de-metaux-dans-les-trente-prochaines-annees-que-ce-). En cause, les besoins cumulés de tous les projets industriels, auxquels étaient venus s’ajouter les projets de transition énergétique : véhicules électriques, raccordement des énergies renouvelables.

    La perspective paraissait déjà vertigineuse, criminelle. Et pourtant, c’était avant l’explosion des IA génératives. Elles viennent aujourd’hui démultiplier les projets miniers, tout en accaparant les métaux extraits au nom de la décarbonation. #Amazon est ainsi le premier acheteur mondial d’électricité d’origine renouvelable, qui lui sert à alimenter le cloud.

    Les souffrances, les #violences et les #injustices entraînées par le déploiement de l’IA, sa dimension écocidaire et impériale sont proportionnelles à son intensité matérielle. Dès lors que l’on prend en compte la succession de #crimes sur lesquels repose son #infrastructure, le centre de données s’impose comme une sorte de bombe sanitaire et géostratégique, un mausolée des écocides et des guerres de ce début de XXIe siècle.

    https://reporterre.net/Derriere-l-IA-et-ses-data-centers-une-industrie-miniere-qui-ravage-la-pl
    #mines #extractivisme #IA #AI #intelligence_artificielle #centres_de_données #infrastructure #environnement #terres_rares #métaux #eau #électricité #énergie #crimes #droits_humains #écocide #semiconducteurs #puces #Nvidia #transistors #batteries #terbium #dysprosium #Birmanie #Shan #Kachin #guerre #forêt_tropicale #acide #produits_chimiques #roche #à_lire

  • Aéroport de Roissy : le projet d’extension va produire « l’équivalent d’un tiers des émissions annuelles des voitures thermiques en circulation »
    https://www.liberation.fr/economie/transports/aeroport-de-roissy-le-projet-dextension-va-produire-lequivalent-dun-tiers

    #Aéroports de Paris souhaite faire passer le nombre de passagers à Charles-de-Gaulle de 72 millions par an à 105 millions en 2050. A la clé, selon une étude, une augmentation de 25 millions de tonnes des émissions de CO2.

    L’aéroport de Roissy est déjà responsable à lui seul de plus de la moitié des émissions aériennes dans l’Hexagone.

    https://justpaste.it/h8343

    #tourisme #transport_aérien #économie #changement_climatique #artificialisation_des_sols

    • Tourisme : les ONG qui luttent contre le dérèglement climatique dénoncent la course aux visiteurs étrangers en France
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/09/14/tourisme-les-ong-qui-luttent-contre-le-dereglement-climatique-denoncent-la-c

      Faut-il attirer toujours plus de touristes étrangers en France ? La question est dérangeante dans un pays qui revendique depuis des années son statut de première destination touristique mondiale. Après un été marqué par les canicules et incendies à répétition, le Réseau action climat (RAC), qui fédère plusieurs associations engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique, dénonce les « points aveugles » et les « effets pervers » de la stratégie touristique française. Dans un rapport publié le 8 septembre, la fédération d’ONG estime que la course aux visiteurs lointains a un coût climatique disproportionné par rapport aux retombées économiques. Elle contribuerait aussi à renchérir le coût des séjours touristiques en France et à dégrader le cadre de vie dans certaines régions.
      Après avoir franchi le cap de 100 millions de visiteurs internationaux, en 2024, le gouvernement vise désormais 100 milliards d’euros de recettes internationales d’ici à 2030 (+ 30 % par rapport à 2025). « Aucun objectif aussi ambitieux et prioritaire n’a été proposé pour les touristes français, regrette Alexis Chailloux, l’auteur du rapport. Les communications au plus haut sommet de l’Etat semblent n’avoir d’yeux que pour les touristes internationaux, notamment lointains. »

    • Tourisme : derrière le record des recettes, le décrochage des Français
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/09/15/tourisme-derriere-le-record-des-recettes-le-decrochage-des-francais_6774358_

      La fréquentation et les recettes internationales ont progressé cet été. Mais la clientèle française est moins partie en juillet et août, a raccourci ses séjours et réduit ses dépenses, en raison des tensions sur le pouvoir d’achat et des canicules


      La mer de Glace, glacier situé sur le versant nord du mont Blanc (Haute-Savoie), le 17 juin 2026. JEFF PACHOUD/AFP

      Alors que les vacanciers ont déjà replongé dans leur quotidien, le monde du tourisme se retrouve, lui, pour sa rentrée professionnelle. A partir de mardi 15 septembre, 32 000 acteurs du secteur – agences de voyages, tour-opérateurs, hébergeurs, transporteurs, etc. – se rassemblent à Paris pour le salon IFTM Top Resa (International and French Travel Market), le grand rendez-vous annuel de l’industrie. Pendant trois jours, ils scruteront l’attractivité de la France et de 180 pays, mais aussi d’un secteur en croissance internationale, tout en étant soumis aux bouleversements de la #crise_climatique, des tensions géopolitiques et de l’intelligence artificielle.

      C’est dans cette arène que le ministre du tourisme, Serge Papin, a choisi de dévoiler le bilan français de l’été. Un exercice délicat et éminemment politique, tant chaque indicateur est regardé de près dans une filière qui pèse 3,8 % du produit intérieur brut.

    • https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/09/14/tourisme-les-ong-qui-luttent-contre-le-dereglement-climatique-denoncent-la-c
      La croissance à tout prix quand la course dans le mur se poursuit. Le gouvernement veut favoriser le tourisme étranger. 102 millions en 2025 contre 100 en 2024...
      Ici Toulouse, classée plus belle ville de droite du monde, on les voit hagards et épuisé+es, seuls avec les toxs à errer dans les rues, les touristes veulent rentabiliser leurs vacances même en pleine canicule.

      Uhuh @colporteur ça m’apprendra à trainer pour faire une phrase presque en français ... allez je la laisse :)

  • Inconsapevoli complici? Come la #destra_italiana legittima l’ostruzionismo climatico su #instagram
    https://scomodo.org/inconsapevoli-complici-come-la-destra-italiana-legittima-lostruzionismo-cli

    Una narrazione che critica le misure per affrontare la #crisi_climatica, al fine di rinviarle, indebolirle o smantellarle del tutto L’articolo Inconsapevoli complici? Come la destra italiana legittima l’ostruzionismo climatico su Instagram proviene da Scomodo.

    #Ambiente #italia #Lega #Meloni #negazionismo #politica #Salvini

  • A Ceuta, les milieux d’affaires fulminent contre les appels de Pedro Sanchez à faire preuve d’humanité envers les migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/12/a-ceuta-les-milieux-d-affaires-fulminent-contre-les-appels-de-pedro-sanchez-

    A Ceuta, les milieux d’affaires fulminent contre les appels de Pedro Sanchez à faire preuve d’humanité envers les migrants
    Par Guillaume Delacroix (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    Sur le paseo del Revellin, la longue artère piétonne du centre historique de Ceuta, les commerçants font grise mine. Depuis six semaines, les clients se font rares, surtout l’après-midi. « Après la pause déjeuner, les migrants commencent à traîner devant les vitrines et les gens ont peur. A la tombée de la nuit, tous les habitants rentrent rapidement chez eux », explique une opticienne, qui demande le respect de son anonymat. La tenancière d’une boutique de prêt-à-porter féminin affiche, elle, un visage morose : « La saison estivale a été un désastre pour le chiffre d’affaires. Les habitants n’osent plus sortir le soir et n’achètent plus de nouvelles tenues, comme c’est normalement le cas avant la rentrée. Quand je ferme le magasin, je file récupérer ma voiture au parking et rentre vite à la maison. »
    Depuis qu’un peu plus de 70 000 immigrés illégaux en provenance du Maroc ont pénétré dans la petite langue de terre espagnole, sur la côte sud du détroit de Gibraltar, les 30 et 31 juillet, l’économie tourne au ralenti, même si de 80 % à 90 % des migrants sont repartis d’eux-mêmes. Voilà plus de quarante jours que le loueur de kayaks installé près des vieux remparts regarde la mer les bras croisés. Pas un touriste n’est venu lui demander un tour dans les douves, l’une des attractions de Ceuta. D’après la chambre de commerce locale, l’activité générale est en baisse de 55 %. Sur le seul mois d’août, les 3 900 entreprises de la ville autonome, tous secteurs confondus, auraient essuyé une perte sèche d’au moins 33 millions d’euros. Un million par jour. « Cela équivaut à 20 % du produit intérieur brut mensuel moyen », précise le président de la chambre, Karim Bulaix.
    Celui-ci salue les aides d’urgence distribuées par le gouvernement, une enveloppe de 35 millions d’euros pour soulager la trésorerie des entreprises et des autoentrepreneurs, ainsi qu’une série d’allégements de cotisations sociales et d’impôts. Pourtant, Ceuta vit déjà depuis longtemps sous un régime particulier avantageux, du fait de son éloignement géographique et de sa petitesse, qui lui vaut de n’avoir ni terres agricoles ni industries lourdes. Partie intégrante de l’Union européenne, la cité espagnole d’Afrique du Nord n’applique pas la taxe sur la valeur ajoutée mais un impôt sur la production, les services et les importations, dont les taux sont plus faibles.
    Karim Bulaix s’inquiète de « l’anxiété produite par l’incertitude actuelle ». Personne n’est en effet en mesure de prédire un retour à la normale, en raison de la présence persistante de migrants, sur les trottoirs des quartiers périphériques, sur les plages, chez l’habitant et dans des centres d’accueil. Le gouvernement dit qu’ils sont 7 000, les habitants de Ceuta pensent qu’ils sont plus du double.
    Accusé de ne pas affronter la situation avec assez de fermeté, le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, appelle régulièrement au respect de « la dignité humaine », et dénonce ceux qui transforment les migrants en « simples nombres ». « On peut être ferme dans le respect de l’Etat de droit, tout en étant conscient qu’il s’agit d’êtres humains qui ont des droits », a-t-il fait valoir, le 31 août, dans une interview à la chaîne de télévision Cadena SER. Ces messages, sur place, semblent inaudibles.
    Vice-présidente du gouvernement autonome de Ceuta, chargée des finances, Kissy Chandiramani fait et refait les comptes. « Notre perception, c’est que les migrants encore présents sont au moins 11 000, car les ONG [organisations non gouvernementales] distribuent 9 000 repas par jour et le ramassage municipal des poubelles est en hausse de 25 %, précise-t-elle dans son bureau du bord de mer, avec vue sur la côte marocaine. On ne reconnaît plus notre ville, nos jardins publics, nos plages… Et l’on ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’applique pas immédiatement les règlements européens qui lui permettent d’expulser tous les migrants illégaux. Si les lois étaient respectées, le problème pourrait être résolu en quinze jours », affirme l’élue, encartée au Parti populaire (droite).
    Présidente de l’Association des entreprises de BTP de Ceuta, Karima Omar est très préoccupée par l’argent public que le gouvernement a annoncé pour offrir un toit aux migrants. « Ce sont autant de crédits qui n’iront pas aux infrastructures pérennes, les routes, les réseaux d’eau et d’assainissement, et cela augure d’une paralysie du secteur de la construction, d’autant que le bâtiment est menacé par la perte de confiance des promoteurs immobiliers, si la crise devait perdurer », analyse cette dirigeante au verbe haut. Mais il y a pire, selon elle. Ici, une maison est en rénovation la nuit. Là, des déblais s’accumulent dans des proportions anormales, en l’absence de tout panneau de permis de construire. Dans les magasins de matériaux de construction, des queues hors de l’ordinaire se forment aux rayons peinture et plomberie. « Beaucoup de particuliers semblent recruter de la main-d’œuvre au noir parmi les migrants », soupire-t-elle.
    D’une manière générale, les milieux d’affaires ont des mots très durs à l’égard de ceux qu’ils appellent « les envahisseurs ». « On n’est pas là pour nourrir les demandeurs d’asile ; tous les illégaux doivent être renvoyés chez eux, assène Arantxa Campos, présidente de la Confédération des entrepreneurs de Ceuta. Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi l’Etat fournit de l’aide aux migrants sans avoir de véritable solution pour l’économie locale. Les entreprises attendent des élus de la nation qu’ils prennent leurs responsabilités, tous partis confondus, et modifient les lois, le cas échéant. » Cette figure locale se félicite d’avoir reçu, le 9 septembre, la visite d’Antonio Garamendi, le patron des patrons au niveau national, accompagné d’une délégation de Madrid, « un soutien chaleureux », dit-elle.
    Nombre d’habitants de Ceuta se sentent épaulés par leurs compatriotes. Le 30 août, le rassemblement d’une centaine d’embarcations devant Ceuta, en provenance de la Costa del Sol et de la province de Cadix, avec quantité de drapeaux espagnols, a redonné du moral à la population. De même que les manifestations – près de 900 –, qui se sont déroulées dans tout le pays, le 2 septembre, à l’invitation des élus locaux. Elles ont fait descendre dans la rue des centaines de milliers d’Espagnols désireux de défendre l’hispanité de la ville autonome, et ont été, sur place, d’un grand réconfort.
    Sur le port de commerce, face à Gibraltar, Luis de la Rubia a lui aussi les nerfs à vif. Gérant de Maritima del Estrecho, une compagnie de transport par bateau, il est réveillé presque toutes les nuits par la police ou les gendarmes de la Guardia Civil, pour intrusion dans ses entrepôts. « Je suis victime de vols à répétition, et je me tracasse non seulement pour la sécurité des marchandises que je transporte, mais aussi pour mes chambres froides, mes batteries et mes réserves de combustible », raconte-t-il.
    Président de l’association locale des transporteurs, Luis de la Rubia observe chez les camionneurs du reste de l’Espagne une appréhension grandissante à embarquer pour Ceuta, ce qui commence à poser des problèmes d’approvisionnement en denrées alimentaires et en textile. « Les chauffeurs ne veulent pas prendre le risque de ramener des migrants cachés dans leur remorque. La semaine dernière, un ferry pour Algésiras est parti avec une heure de retard, à cause de deux jeunes qu’on a retrouvés à la dernière minute, agrippés aux amarres. »
    A la chambre de commerce, Karim Bulaix garde espoir. Il pense que l’avenir de Ceuta se trouve du côté des nouvelles technologies, et se félicite qu’avec la mise en service, en juillet, d’un câble sous-marin d’alimentation électrique relié à Cadix, un centre de données entre bientôt en service près du port. Sous réserve que son propriétaire, la société catalane Templus, ne renonce pas au projet, en raison de la crise humanitaire en cours

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#ceuta#ùaroc#crisemigratoire#humanitaire#economie#sante

  • Wohnen im Wahlcheck : So wenig Neubau wie seit zehn Jahren nicht – und trotzdem mehr Sozialwohnungen als versprochen | Tagesspiegel
    https://interaktiv.tagesspiegel.de/lab/berlin-wahl-2026-wahlcheck-in-daten-wohnen-mieten-bauen


    À Berlin les loyers pour appartements disponibles ont ptèsque doublé en dix ans et se rapprochent du niveau parisien.

    Berliner Angebotsmieten stagnierten 2025
    Mietpreisindex für die fünf größten deutschen Städte seit 2015 (nettokalt, 2015 = 100)

    Le prix mioen par mètre carré tourne actuellement autour des € 17,00 sans charges ni chauffage. On doit alors compter avec un loyer « chaud » de plus de € 1000,00 pour un appartement de 50 mètres carrés. À Berlin c’est un petit deux pièces non adapté à une vie de famille avec enfants. Il ext actuelkement coutume de louer des pièces de 15 mètre carrés dans des appartements pour un loyer entre 600 et 800 Euros.

    #Berlin #logement #loyers #crise

  • Sortir du capitalisme - Éléments pour une critique de l’intelligence artificielle
    https://sortirducapitalisme.fr/emissions/elements-pour-une-critique-de-lintelligence-artificielle
    https://spectremedia.org/podcast/elements-pour-une-critique-de-lintelligence-artificielle/?episode=2819

    L’épisode contient :
    – des définitions et exemples des différents types d’intelligence artificielle (à partir de 7min36)
    – une discussion du lien entre IA et automatisation (à partir de 15min11)
    – une brève histoire politique et économique de l’IA (avant les années 2000) (à partir de 17min58)
    – une présentation des acteurs politiques et économiques actuels de l’IA (après les années 2000) et de leurs stratégies (à partir de 25min14)

    Une discussion sur l’impact de l’IA sur le travail avec
    – une description du procès de travail dans le secteur de l’IA et son automatisation (à partir de 34min02)
    – l’impact/l’intérêt de l’IA dans un capitalisme en stagnation (à partir de 44min32)
    – la défense du principe que tout travail est automatisable (à partir de 57min34)
    – des témoignages sur l’impact de l’IA au travail (à partir de 1h5min40)
    – des précisions sur la notion de déqualification et la perspective d’un travail misérable pour nourrir des secteurs très automatisés (à partir de 1h8min24)
    – pêle-mêle, quelques dernières remarques sur l’IA et le travail : la division spatiale du travail ; l’automatisation d’un travail déjà dominé par le capital ; et l’hypothèse d’une prolétarisation des machines (à partir de 1h1min37)

    Enfin,
    – Un survol d’autres critiques de l’IA, notamment sur l’impact écologique et sur les utilisation ou biais discriminatoires de certaines IA (à partir de 1h16min30)
    – Un survol des luttes actuelles contre l’IA et son infrastructure (à partir de 1h20min37)

    https://spectremedia.org/podcast-download/2819/elements-pour-une-critique-de-lintelligence-artificielle.mp3

    #économie #capitalisme #intelligence_artificielle #IA #critique_techno

  • Tag der wohnungslosen Menschen: Enteignung von oben
    https://www.jungewelt.de/artikel/529556.tag-der-wohnungslosen-menschen-enteignung-von-oben.html

    11.9.2026 von Kim Chi Luu - Tag der wohnungslosen Menschen: Hunderttausende ohne Bleibe, die der Staat eher drangsaliert, als ihnen zu helfen

    Am Tag der wohnungslosen Menschen soll dorthin geschaut werden, wohin Menschen sonst eher nicht blicken. Unter dem Motto »Hinschauen. Aktiv werden. Gemeinsam gegen Wohnungsnot« ruft die Bundesarbeitsgemeinschaft Wohnungslosenhilfe (BAG W) seit 2009 dazu auf, ein Zeichen für mehr Aufmerksamkeit und gesellschaftliche Verantwortung für Menschen ohne feste Bleibe zu setzen.

    Auf der Website der BAG W können sich Interessierte darüber informieren, wie sie sich engagieren können. Ob der dort vorgeschlagene Flashmob den mehr als eine Million Wohnungslosen tatsächlich hilft, sei dahingestellt. Die Zahl stammt aus einer Schätzung der BAG W für das Jahr 2024. Anfang 2026 waren 41 Prozent der rund 453.000 untergebrachten Wohnungslosen Kinder und junge Erwachsene unter 25 Jahren. Auch der Anteil wohnungsloser Frauen bleibt hoch: Sie stellen rund 42 Prozent der untergebrachten Wohnungslosen. Wohnungslosigkeit bedeutet dabei nicht automatisch, auf der Straße zu leben. Die meisten Betroffenen haben zumindest vorübergehend eine Bleibe. Ein Teil von ihnen ist in Notunterkünften oder bei Bekannten untergebracht. Ganz ohne Unterkunft und damit obdachlos waren 2024 laut BAG W rund 56.000 Menschen.

    Die Bundesregierung verfolgt das Ziel, bis 2030 die Obdach- und Wohnungslosigkeit zu überwinden. Dafür setzt sie auf mehr sozialen Wohnungsbau, bessere Hilfsangebote und die Zusammenarbeit von Bund, Ländern und Kommunen. Vermutlich nicht im Sinn dieses Vorhabens sind die geplante Wohngeldkürzung und die Räumung von Menschen, die von diesen Hilfsangeboten offenbar nicht erreicht werden, wie zuletzt in Berlin.

    Bundespräsident Frank-Walter Steinmeier hat am Donnerstag den Präsidenten der Vereinigten Arabischen Emirate, Scheich Mohammed bin Sajid Al Nahjan, empfangen. Kurz zuvor war ein Obdachlosencamp vor dem Kanzleramt geräumt worden. Das Bundespräsidialamt verweist auf die »Sicherheit«. Es könne nicht ausgeschlossen werden, dass das Camp als mögliches Versteck für Waffen oder Sprengsätze diene. Doch auch nach dem Staatsbesuch soll die Fläche dauerhaft gesichert, also von Menschen ohne Wohnung freigehalten werden. Steinmeier empfängt nach Angaben des Bezirks jährlich zehn bis 15 hochrangige Staatsgäste. Der Bezirk Mitte prüft deshalb, ob ein Zaun um die sogenannte Sicherheitszone errichtet werden kann, damit sich unter der Brücke kein neues Camp bildet. Für die Betroffenen bleibt vom Kampf gegen die Obdachlosigkeit damit vor allem eines: die Räumung. Das Problem ist schließlich leichter aus dem Blickfeld zu schaffen als zu lösen.

    Doch man sollte sich nicht in Sicherheit wiegen, nur weil man ein Dach über dem Kopf hat. In Duisburg-Marxloh wurden im Rahmen der sogenannten Taskforce Problemimmobilien seit 2015 mehr als 130 Häuser geräumt und damit bis zu 3.300 Menschen wohnungslos. Ein Drittel davon sind Kinder und Jugendliche, berichtet das Onlinemagazin Veto am Dienstag. Offiziell geht es um die Prüfung und Schließung von Immobilien in schlechtem Zustand. Inoffiziell lässt sich darin allerdings auch die Verdrängung von weniger zahlungsbereiten Mietern und die Spekulation mit Wohnraum erkennen.

    Von den zahlreichen geräumten Gebäuden wurden bis Mitte 2024 nur 21 von den Eigentümern saniert und wieder für den Wohnungsmarkt freigegeben, berichtet Shabnam Shariatpanahi von der Initiative »Marxloher Nachbarn«. Was mit den Menschen nach der Räumung geschieht, bleibt damit häufig eine offene Frage.

    Ob also mit Dach überm Kopf oder ohne: Wohnraum kann einem jederzeit entzogen werden, solange er als Ware gehandelt wird. Wer über Wohnraum verfügt, verfügt damit über ein grundlegendes Bedürfnis anderer. Wer sich keine Wohnung leisten kann, verliert im Zweifel nicht nur vier Wände, sondern seinen Platz in der Gesellschaft. Und den bekommt man nicht mit Flashmobs zurück. Wer über Wohnungslosigkeit spricht, muss auch über Eigentumsverhältnisse reden.

    #Allemagne #crise_du_logement #SDF

  • Ceuta : pour la première fois depuis la crise migratoire, le Maroc réagit en refusant de servir de « bouc émissaire »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/10/crise-de-ceuta-le-maroc-refuse-de-servir-de-bouc-emissaire-apres-l-ouverture

    Ceuta : pour la première fois depuis la crise migratoire, le Maroc réagit en refusant de servir de « bouc émissaire »
    Une enquête a été ouverte en Espagne après la publication d’un rapport de police pointant la « permissivité » présumée des forces de sécurité marocaines. Rabat dénonce des « règlements de compte politiciens » en Espagne.
    Le Monde avec AFP
    Pour la première fois depuis l’afflux de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, fin juillet, le Maroc a officiellement réagi, jeudi 10 septembre, aux soupçons sur une éventuelle responsabilité des autorités du royaume dans cette crise, refusant de servir de « bouc émissaire » à des « règlements de compte politiciens » en Espagne.
    « Aucune donne, fait ou rapport n’établit une quelconque implication des autorités marocaines », a déclaré le ministère des affaires étrangères marocain, dans un communiqué diffusé par l’agence officielle MAP, ajoutant que « Le royaume du Maroc refuse d’être un fonds de commerce préélectoral ».Cette déclaration du ministère intervient pourtant après la fuite d’un rapport de la police espagnole, le 2 septembre, pointant un « déploiement sensiblement plus réduit que d’ordinaire » et la « permissivité » des forces de sécurité marocaines lors de cette crise sans précédent.
    La justice espagnole a aussi ouvert, lundi, une enquête sur l’événement, suggérant « une indéniable gestion favorisant » le processus d’entrée des migrants à Ceuta à partir du Maroc.
    Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a pour sa part assuré à plusieurs reprises n’avoir « aucune preuve » de l’implication du Maroc dans l’arrivée des migrants, une position vivement critiquée par plusieurs membres de l’opposition espagnole.Les faits pourraient être constitutifs de plusieurs infractions, dont des délits « portant atteinte à la paix ou à l’indépendance de l’Etat » espagnol, a estimé la juge Maria Tardon, selon un communiqué de l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale du pays.
    « L’utilisation des flux migratoires constitue l’une des méthodes employées dans les opérations de “guerre hybride” », rappelle la magistrate, qui pointe dans son rapport « des vagues de différentes intensités et profils, qui ont provoqué l’effondrement des capacités de réponse du système espagnol de contrôle frontalier et une violation massive de la souveraineté territoriale de l’Espagne ».Les 30 et 31 juillet, plus de 70 000 migrants sont entrés de force, à pied ou à la nage, à Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Europe et l’Afrique, avec l’autre territoire espagnol de Melilla. L’afflux a fait des dizaines de morts et de disparus. La plupart sont repartis dans la foulée, mais plusieurs milliers sont encore présents aujourd’hui à Ceuta, dormant pour beaucoup dans les rues et sur les plages.

    #Covid-19#migrant#migration#maroc#espagne#ceuta#crisemigratoire#sante

  • Après la crise de Ceuta, le Maroc réagit et dit refuser d’être « un bouc émissaire » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73607/apres-la-crise-de-ceuta-le-maroc-reagit-et-dit-refuser-detre-un-bouc-e

    Après la crise de Ceuta, le Maroc réagit et dit refuser d’être « un bouc émissaire »
    Par FRANCE 24 Publié le : 11/09/2026
    Plus d’un mois après l’afflux de migrants des 30 et 31 juillet à Ceuta, Rabat a répondu jeudi pour la première fois aux soupçons d’opération hybride qui pèsent sur le royaume chérifien. Mis en cause par plusieurs témoignages et un rapport de police espagnol, le Maroc a assuré qu’"aucune donnée, fait ou rapport n’établit une quelconque implication des autorités marocaines", rejetant la responsabilité sur des « acteurs espagnols ».Le Maroc a affirmé jeudi 10 septembre qu’aucun élément ne permettait de l’impliquer dans l’afflux de migrants vers l’enclave de Ceuta fin juillet, et a dit refuser de servir de « bouc émissaire » à des « règlements de compte » en Espagne.
    Il s’agit de la première réaction publique officielle de Rabat depuis les événements des 30 et 31 juillet.
    Plus de 70 000 migrants étaient alors entrés de force, à pied ou à la nage, à Ceuta, enclave espagnole dans le nord du Maroc. Avec Melilla, Ceuta constitue l’un des deux seuls territoires de l’Union européenne à disposer d’une frontière terrestre avec l’Afrique.Cet afflux anarchique a fait des dizaines de morts et de disparus."Aucune [donnée], fait ou rapport n’établit une quelconque implication des autorités marocaines", a déclaré le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué, diffusé par l’agence officielle MAP."Le royaume du Maroc refuse d’être un fonds de commerce préélectoral et n’admet pas davantage d’être le bouc émissaire de règlements de compte politiciens", a-t-il ajouté.La plupart des personnes parvenues à franchir la frontière sont reparties dans la foulée, mais plusieurs milliers d’entre elles – 5 000, selon le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, au moins 10 000 d’après les autorités locales de Ceuta – sont toujours présentes dans l’enclave, dormant pour beaucoup dans les rues ou sur les plages.
    Cette déclaration du ministère marocain des Affaires étrangères intervient alors que les soupçons sur une éventuelle responsabilité du royaume chérifien se sont accentués ces derniers jours, après la fuite d’un rapport de police faisant état de la « permissivité » des forces de sécurité marocaines lors de cette crise sans précédent.
    Pedro Sanchez a quant à lui assuré à plusieurs reprises n’avoir « aucune preuve » de l’implication du Maroc dans l’arrivée des migrants, une position vivement critiquée par plusieurs membres de l’opposition espagnole.La question du rôle du Maroc a également été examinée par les services de renseignement espagnols, qui ont déclassifié mercredi plusieurs rapports alertant sur le risque d’"afflux massifs" de migrants à Ceuta, en majorité de jeunes Marocains.L’un de ces documents, publié par le renseignement militaire le 30 juillet à la mi-journée, affirmait qu’il était « fort probable que les autorités marocaines n’encouragent pas activement la vague migratoire, mais qu’elles ont agi jusqu’à présent avec négligence et passivité ».
    Face à ce qu’il qualifie de « réquisitoire contre le Maroc », le ministère a de son côté interpellé les autorités espagnoles sur leur gestion de la crise : « Pourquoi les migrants illégaux ne sont-ils pas refoulés, alors même que le gouvernement marocain s’est officiellement engagé à les réadmettre ? Pourquoi les mineurs non accompagnés sont-ils maintenus loin de leurs familles, alors que le Maroc a demandé instamment leur retour ? »"La réponse à ces questions n’est pas à chercher au Maroc, mais auprès des acteurs espagnols concernés", a-t-il affirmé.Rabat a par ailleurs qualifié la crise de « regrettable », estimant que les faits nécessitaient « certainement un examen approfondi pour définir leurs circonstances, identifier les ingérences, dénoncer les manipulations et, surtout, garantir qu’ils ne se reproduisent plus ».Le ministère a enfin tenu à rappeler l’importance de ses relations avec Madrid, soulignant que le Maroc avait « choisi de s’inscrire », avec l’Espagne, « dans une relation de bon voisinage géographique, d’entente politique, de partenariat économique et de coopération sécuritaire ».Avec AFP

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#maroc#crisemigratoire#sante

  • Après l’afflux de migrants à Ceuta, l’UE accorde 115 millions d’euros à l’Espagne pour renforcer sa frontière
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/09/apres-l-afflux-de-migrants-a-ceuta-l-ue-accorde-115-millions-d-euros-a-l-esp

    Après l’afflux de migrants à Ceuta, l’UE accorde 115 millions d’euros à l’Espagne pour renforcer sa frontière
    L’aide européenne permettra à l’Espagne d’investir dans de nouveaux équipements de surveillance et de renforcer la présence de ses agents à la frontière de Ceuta.
    Le Monde avec AFP
    L’Union européenne a accordé mercredi 9 septembre une aide d’urgence d’environ 115 millions d’euros à l’Espagne pour la soutenir dans la gestion de l’enclave de Ceuta, après l’arrivée massive et illégale de migrants en provenance du Maroc, fin juillet. Ce soutien servira notamment à renforcer la surveillance des frontières, acquérir des équipements tels que des caméras thermiques, et à déployer du personnel supplémentaire, a précisé la Commission européenne.
    Plus de 70 000 migrants sont entrés de force, à pied ou à la nage, les 30 et 31 juillet à Ceuta, une des deux seules frontières terrestres de l’Europe avec l’Afrique, avec l’autre territoire espagnol de Melilla, un afflux qui a fait des dizaines de morts et de disparus.
    La plupart sont repartis dans la foulée, mais plusieurs milliers – 5 000, selon le gouvernement du premier ministre Pedro Sanchez, ou au moins 10 000, d’après les autorités locales de Ceuta – sont encore présents aujourd’hui, dormant pour beaucoup dans les rues et sur les plages.Juan Jesus Vivas, le président de l’enclave espagnole de Ceuta, avait réclamé l’aide de l’Union européenne mardi. Ce dirigeant, membre du Parti populaire (droite), a également accusé le Maroc d’être derrière cet afflux massif de personnes, « par action ou omission ».
    Le socialiste Pedro Sanchez avait, quant à lui, assuré qu’aucun service n’avait « remis au gouvernement espagnol de preuves solides que le Maroc ait planifié ou orchestré » cet afflux de migrants. Mais les doutes sur le rôle du Maroc se sont intensifiés la semaine dernière, après la fuite d’un rapport de police pointant la « permissivité » des forces de sécurité de ce pays pendant la crise. La justice espagnole a ouvert lundi une enquête sur cette crise, en se fondant principalement sur ce rapport de police.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#crisemigratoire#migrationirreguliere#UE#frontiere#maroc

    • Youtube :

      Pour cette rentrée de Fréquence Populaire, Jacques Sapir revient pour une grande analyse de la situation #géopolitique et économique mondiale.

      Six mois après le début du conflit avec l’ #Iran, le détroit d’ #Ormuz reste de facto largement bloqué et ses conséquences commencent désormais à se faire sentir directement sur nos économies : pétrole, diesel, kérosène, gaz, engrais, industrie chimique… Pour Jacques Sapir, nous entrons précisément dans la période où le choc énergétique risque de frapper durement la France et l’ #Europe.

      Nous revenons également sur la guerre en #Ukraine, la stratégie des États-Unis et de l’ #OTAN face à la #Russie, les bouleversements en cours au #Moyen-Orient et la recomposition des alliances internationales.

      Mais surtout : quelles conséquences pour la #France ?

      Croissance en berne, économie allemande en difficulté, prix de l’ #énergie, #inflation, #consommation, #déficit et dette publique… Jacques Sapir dresse une radiographie sans concession de la situation économique française et européenne à l’approche d’un hiver qui pourrait s’avérer particulièrement difficile.

      Au programme :

      ➡️ Le conflit avec l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz
      ➡️ Les conséquences sur le pétrole, le diesel, le #gaz et l’industrie
      ➡️ La guerre en #Ukraine et le rapport de force entre la Russie et l’OTAN
      ➡️ Le recul de l’influence américaine au Moyen-Orient
      ➡️ Les difficultés croissantes de l’économie allemande
      ➡️ Le risque de récession en France et en Europe
      ➡️ La dette française est-elle réellement au bord de la crise ?
      ➡️ Quels choix économiques pour les mois et les années à venir ?

  • La Finlande inaugure une clôture de 200km à la frontière avec la Russie pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73532/la-finlande-inaugure-une-cloture-de-200km-a-la-frontiere-avec-la-russi

    La Finlande inaugure une clôture de 200km à la frontière avec la Russie pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires
    Par La rédaction Publié le : 08/09/2026
    La Finlande a inauguré, lundi, une clôture de 200 kilomètres, érigée par tronçons le long de sa frontière avec la Russie, afin de dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les migrants pour la déstabiliser.
    La Finlande et la Russie partagent une frontière longue de 1 340 kilomètres. Pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires pour la déstabiliser, Helsinki a inauguré un nouveau tronçon de clôture de 200km le long de cette frontière.Ce pays nordique a fermé sa frontière de 1 340 kilomètres avec la Russie en décembre 2023, après l’arrivée de plus de 1 300 migrants dépourvus de visa. En avril 2025, Helsinki a indiqué que cette frontière resterait fermée jusqu’à nouvel ordre. « En prolongeant la validité de la loi sur la sécurité des frontières, nous veillerons à ce que les autorités frontalières disposent de pouvoirs suffisants pour agir de manière préventive et efficace dans les cas les plus graves de migration instrumentalisée », avait détaillé la ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen.La situation à cette frontière est calme depuis lors, avec seulement quelques cas isolés de franchissement illégal.
    Dans son rapport de l’année 2025 coréalisé avec le European Migration Network (EMN) et publié en juin dernier, le service finlandais de l’immigration soulignait que les chiffres de demandes de protection internationales étaient restés bas dans le pays.
    « Le nombre de demandeurs d’asile arrivant en Finlande a continué de baisser en 2025. L’année dernière, 2 549 demandes d’asile au total ont été déposées (contre 2 948 en 2024) », peut-on y lire.
    « Aujourd’hui, la situation est calme mais tendue et nous ne savons vraiment pas ce que demain nous réserve », a déclaré à l’AFP Mari Rantanen. Elle s’exprimait dans le sud-est de la Finlande, près du poste-frontière de Nuijamaa, dont les activités ont cessé il y a près de trois ans. Toutefois, « les choses peuvent changer très rapidement, c’est pourquoi nous devons être parfaitement préparés », a-t-elle ajouté. La ministre était à côté d’un tronçon de la clôture en fil barbelé, haute de 4,5 mètres, installée dans des zones stratégiques et équipée de caméras ainsi que de capteurs.
    En 2023, la Finlande avait accusé la Russie de lui livrer une « guerre hybride » en orchestrant l’arrivée de ressortissants de pays tiers à sa frontière, des allégations que le Kremlin a rejetées. Ces événements étaient survenus quelques mois seulement après que la Finlande avait mis fin à des décennies de non-alignement militaire en rejoignant en avril 2023 l’Otan. « Il s’agit d’un élément de notre dispositif de sécurité frontalière et cela nous aide pour la surveillance mais permet aussi, si nécessaire, d’empêcher les gens de pénétrer sur le territoire finlandais », a expliqué Mari Rantanen.
    Ce « projet d’infrastructures d’une ampleur exceptionnelle » a impliqué environ mille propriétaires terriens et des centaines d’entreprises, selon les gardes-frontières finlandais. Des clôtures similaires ont été érigées en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, le long de leurs frontières avec la Biélorussie, ainsi qu’en Estonie, à sa frontière avec la Russie, afin de freiner le passage des migrants. Ces travaux ont coûté à la Finlande 356 millions d’euros et le montant annuel nécessaire à la maintenance est évalué à entre deux et trois millions d’euros, selon Erkki Matilainen, un responsable des gardes-frontières. Bien que la technologie des drones ait fait des progrès considérables, une clôture frontalière reste « considérée comme la meilleure solution pour la gestion des foules », a-t-il jugé.La semaine dernière, le gouvernement finlandais a proposé de prolonger d’un an, jusqu’au 31 décembre 2028, la loi sur la sécurité aux frontières, une mesure provisoire permettant aux gardes-frontières de refouler les demandeurs d’asile dans certaines circonstances. Cette disposition peut être appliquée par périodes d’un mois dans des zones délimitées si la souveraineté et la sécurité nationale de la Finlande sont considérées comme menacées. Des experts estiment que cette loi contrevient aux engagements internationaux de la Finlande en matière de droits humains ainsi qu’à sa Constitution. Un fait assumé par l’exécutif.

    #Covid-19#migration#migrant#finlande#russie#frontiere#crisemigratoire#lettonie#lituanie#pologne#bielorussie#estonie#sante#droit

  • Crise de Ceuta : la justice espagnole ouvre une enquête sur l’afflux massif de migrants fin juillet
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/07/crise-de-ceuta-la-justice-espagnole-ouvre-une-enquete-sur-l-afflux-massif-de

    Crise de Ceuta : la justice espagnole ouvre une enquête sur l’afflux massif de migrants fin juillet
    « Il a été mis en évidence une indéniable gestion favorisant le processus » d’entrée de plus de 70 000 migrants à Ceuta « à partir du territoire du royaume du Maroc », affirme la juge Maria Tardon.
    Le Monde avec AFP
    La justice espagnole a ouvert lundi 7 septembre une enquête sur l’entrée de dizaines de milliers de migrants fin juillet dans l’enclave espagnole nord-africaine de Ceuta, évoquant notamment des indices suggérant « une indéniable gestion favorisant » ce processus à partir du Maroc.Les faits pourraient être constitutifs de plusieurs infractions, dont des délits « portant atteinte à la paix ou à l’indépendance de l’Etat » espagnol, estime la juge Maria Tardon, selon un communiqué de l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale du pays, située à Madrid et compétente pour des actes survenus à l’étranger.
    « L’utilisation des flux migratoires constitue l’une des méthodes employées dans les opérations de “guerre hybride” », rappelle la magistrate, qui pointe dans son rapport « des vagues de différentes intensités et profils, qui ont provoqué l’effondrement des capacités de réponse du système espagnol de contrôle frontalier et une violation massive de la souveraineté territoriale de l’Espagne ».
    Mme Tardon s’appuie notamment sur un rapport de la police espagnole, divulgué par la presse la semaine dernière et consulté par l’Agence France-Presse, qui conclut que l’entrée de plus de 70 000 personnes sur ce petit territoire espagnol ne résultait pas d’« actions de nature accidentelle, occasionnelle ou spontanée », précise le communiqué.« Il a été mis en évidence (…) une indéniable gestion favorisant le processus » d’entrée de ces migrants à Ceuta « à partir du territoire du royaume du Maroc », affirme la juge en citant ce rapport. Selon la décision judiciaire, « différents membres en uniforme des forces de sécurité marocaines » auraient non seulement adopté une attitude de « permissivité », sans chercher à « disperser ou éloigner » les personnes de la zone frontalière, mais auraient également exercé un « accompagnement actif », en fournissant des indications sur la manière de franchir la frontière vers Ceuta.
    Malgré ce rapport, le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a plusieurs fois répété qu’à ce stade il n’existait pas de « preuves solides » démontrant que le Maroc avait encouragé l’entrée massive de migrants à Ceuta, territoire dont le royaume chérifien revendique la souveraineté. Les autorités marocaines n’ont officiellement pas réagi à ce rapport policier, mais la presse du pays l’a qualifié de « bâclé », « dénué de preuves » et « subjectif ».
    Outre les atteintes potentielles à la paix de l’Etat espagnol, la magistrate estime que des infractions aux droits des ressortissants étrangers pourraient également avoir été commises, constituant des « homicides involontaires ». Au moins 83 personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta à la nage. Dans les heures ayant suivi cette arrivée massive, la majorité des migrants sont retournés au Maroc, mais plusieurs milliers sont restés sur place. La situation dans l’enclave reste difficile et plusieurs manifestations d’habitants réclamant leur expulsion ont déjà eu lieu.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#maroc#crisemigratoire#droit#sante#crisemigratoire

  • Espagne : le gouvernement réquisitionne le port de Ceuta pour y installer un centre d’hébergement d’urgence - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73522/espagne--le-gouvernement-requisitionne-le-port-de-ceuta-pour-y-install

    Espagne : le gouvernement réquisitionne le port de Ceuta pour y installer un centre d’hébergement d’urgence
    Par Leslie Carretero Publié le : 07/09/2026
    Le gouvernement a décidé samedi de prendre le contrôle du port de Ceuta afin d’y installer un centre d’hébergement d’urgence pour 700 migrants. Depuis l’afflux migratoire fin juillet, 3 500 places ont été créées et les autorités espèrent porter à 6 000 le total du nombre de lits disponibles dans les prochaines semaines.
    Les travaux ont débuté au port de Ceuta. Des ouvriers s’affairent pour ériger, en quelques heures, un centre d’hébergement temporaire.Samedi 5 septembre, le ministre espagnol des Transports et de la Mobilité durable, Óscar Puente, a signé un arrêté autorisant l’occupation d’une partie du port de Ceuta - quai du Poniente - afin d’héberger environ 700 migrants arrivés lors de l’afflux fin juillet dans l’enclave espagnole.Le texte prévoit l’installation de tentes : des dortoirs de 14 à 16 places, des sanitaires et des douches mais aussi des espaces dédiés aux repos, aux soins médicaux ou encore à l’accompagnement social. Lundi, 50 tentes avaient déjà été montées, d’après le média RTVE."Ce sont des abris qui vont être démontés, et qui ne sont donc pas destinés à ce que [les migrants] restent à Ceuta", a expliqué dimanche le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, à la télévision publique. « Plus tôt nous les identifierons, plus tôt ils pourront être renvoyés », a-t-il ajouté, cherchant à apaiser les habitants et les autorités de la ville autonome.
    Le gouvernement a décidé de prendre le contrôle du port de Ceuta, après que les autorités locales - dirigées par le Parti populaire, dans l’opposition -, ont refusé l’installation de structures d’hébergement temporaire pour les migrants, y compris au port. Madrid juge « essentiel » la création de ces centres pour identifier les migrants et organiser les retours.En un peu plus d’un mois, 3 500 places ont été créées pour héberger les exilés restés à Ceuta, selon les chiffres du ministre de la Politique territoriale. Des structures d’urgence ont été ouvertes à Loma Colmenar, sur les terrains de La Hípica et dans la zone industrielle du Tarajal. Un autre site devrait bientôt voir le jour dans le quartier de Los Rosales. Au total, les autorités espèrent porter le nombre de lits disponibles à 6 000.
    Depuis l’afflux des 30 et 31 juillet, où des dizaines de milliers de migrants sont arrivés dans l’enclave espagnole, le gouvernement de Pedro Sánchez est sous pression des autorités locales de Ceuta et d’une partie de la population qui dénoncent la lenteur du processus d’expulsion.Quelques heures après les fortes arrivées fin juillet, environ 70 000 personnes ont été renvoyées au Maroc. Entre le 10 et le 31 août, 3 519 migrants sont « retournés volontairement » au Maroc et 214 ont été expulsés, selon le ministre de la Politique territoriale.
    Mais des milliers d’autres sont toujours présents dans l’enclave espagnole, et vivent dans les rues ou dans l’immense camp de fortune érigé sur la plage du Trampolin. « Impossible », affirme Ángel Víctor Torres de connaître leur nombre exact. Le gouvernement estime qu’ils sont environ 4 000, tandis que les autorités locales évaluent leur nombre à 10 000 personnes.
    Face aux critiques, le gouvernement de Pedro Sánchez a pris ces derniers jours des mesures afin d’accélérer le renvoi des migrants encore présents vers le Maroc, « dans le respect de l’ordre juridique et des droits humains ». Un « commandement unique » pour Ceuta, confié au ministre de la Politique territoriale, a été instauré. Et les autorités ont sollicité le soutien de l’agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, de l’agence des polices, Europol, et de l’agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA).
    Le but est que ces agents viennent « renforcer le dispositif mis en place pour gérer le tri et le traitement ultérieur des dossiers individuels des immigrés qui se trouvent toujours à Ceuta en situation irrégulière ». L’EUAA pourra notamment fournir des interprètes et mener des entretiens, en complément des fonctionnaires espagnols. Les milliers de mineurs non accompagnés présents dans la ville doivent quant à eux bénéficier d’une protection particulière et le gouvernement a approuvé fin août le transfert de 25 millions d’euros supplémentaires pour les accueillir. « Les renvois de garçons et de filles (...) doivent se faire dans le respect de la garantie des droits humains (...) et conformément à une procédure juridique très exigeante », a rappelé la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego.

    #Covid-19#migrant#migration#ceuta#espagne#crisemigratoire#MNA#crisemigratoire#sante

  • « Nous assistons à une entreprise inédite de #prédation de notre modèle social »

    https://www.youtube.com/watch?v=4ho89tb6sic&t=375s

    Effacer la #dette comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? Baisser les #cotisations_sociales pour accroître les #salaires ou augmenter le #smic ? À l’approche des discussions sur le budget 2027 et de la campagne présidentielle, débat entre les économistes #Anne-Laure_Delatte, #Xavier_Ragot et la députée LFI #Aurélie_Trouvé.

    Dettes, #déficit, #modèle_social, salaires : ces questions essentielles sont déjà au cœur de la campagne présidentielle. Elles sont posées avec les débats à venir sur le budget 2027, pour lequel le gouvernement est en train de chercher entre 20 et 30 milliards d’économies.

    Mais sur ce sujet, les constats se suivent et se ressemblent, souvent de la part de la droite, mais pas seulement : « le modèle social français coûte trop cher », « l’État dépense trop », il faut « réduire, tailler, couper » et, pour certain·es, privatiser.

    Autrement dit : « There is no alternative » (« Il n’y a pas d’autres solutions »), célèbre phrase de la première ministre britannique ultra-libérale des années 1980, Margaret Thatcher, qui a fracassé le modèle social anglais.

    Malgré tout ce que vous entendez, des solutions #alternatives, il y en a…

    #privatisation #welfare #France #économie #finances_publiques #dette_publique #crise_de_la_dette #banque_centrale_européenne #LFI #politique_monétaire

    • Riches ensemble !

      Non, la France n’est pas au bord de la faillite. Non, les #dépenses_sociales ne dérapent pas. La récit qui oppose le « courage » de l’#austérité au « déni » des réalités budgétaires est mensonger.
      Anne-Laure Delatte démonte, données et travaux de recherche à l’appui, les idées préconçues qui minent le débat public. En confrontant le modèle français aux autres pays européens, cet essai incisif montre que la #gabegie n’est pas toujours là où on la dénonce, que certains #services_publics restent remarquablement efficaces, et que d’autres sont au contraire abandonnés.
      Ce livre propose aussi des solutions. Identifier ce que nous avons intérêt à financer ensemble, faire reculer le privé là où il capte les ressources sans mieux protéger les citoyens, évaluer sérieusement la dépense publique, et aller chercher les recettes là où elles existent.
      L’alternative des années qui viennent est simple : face à la crise écologique et aux risques géopolitiques, mutualiser pour vivre mieux, ou laisser la plupart d’entre nous s’appauvrir seuls.

      https://www.seuil.com/ouvrage/riches-ensemble-anne-laure-delatte/9782021611014

      #livre

    • « Mettre la dette au frigo » : le débat est celui de notre dépendance aux #marchés_financiers

      Pour #Éric_Berr, de l’Institut La Boétie, Benjamin Lemoine (CNRS) et la cinquantaine d’économistes signataires de la tribune, dont certains sont proches des insoumis, la proposition de #Jean-Luc_Mélenchon de « mettre au frigo » les #titres_de_la_dette pose la question de la reprise en main démocratique de notre économie.

      Ces derniers jours, une polémique secoue le bocal médiatico-politique. En cause : une conférence de presse où Jean-Luc Mélenchon suggère de « mettre au frigo » la dette publique française avec l’appui de l’#Eurosystème (Banque centrale européenne et Banque de France). Car cette proposition vient percuter un tabou et une pratique devenue si familière qu’elle en paraît naturelle : l’Etat doit nécessairement passer sous les fourches caudines des marchés financiers pour se financer. La conséquence de cette pratique est une dette publique de 3536 milliards d’euros au premier trimestre 2026, qui représente 117,5 % du PIB.

      Provoquer ainsi les réactions de l’économie mainstream permet de rappeler plusieurs fondamentaux du débat contemporain sur la politique économique, monétaire et financière. Une dette détenue par la banque centrale n’a pas le même statut économique et politique qu’une dette détenue par des investisseurs privés. Tant qu’un titre public figure au bilan de l’Eurosystème, il est soustrait aux arbitrages quotidiens des marchés, où s’expriment les goûts et dégoûts des professionnels de la finance gérant l’épargne mondiale. Il ne peut plus être vendu par des créanciers privés qui décideraient soudain que la politique d’un gouvernement suscite de vives inquiétudes ou est insuffisamment « crédible ». Cet emprunt ne participe plus de la même façon à la mécanique disciplinaire qui traduit des propositions politiques considérées comme insatisfaisantes pour les marchés obligataires en hausse de taux, puis en argument pour réduire la dépense publique de la main gauche de l’Etat. « Congeler » la dette dans le bilan de la banque centrale, c’est donc annuler le pouvoir de nuisance des marchés et désarmer le chantage à la dette.

      Mais il faut aller plus loin, et faire en sorte que les Etats européens et les options démocratiques évoluent à l’abri des aléas et conceptions socialement entendues des marchés financiers. Une première mesure doit consister à empêcher que la dette actuellement détenue par l’Eurosystème revienne progressivement sur les marchés – un retour « à la normale », au nom de la gestion de l’inflation que beaucoup appellent de leurs vœux. Par ailleurs, la BCE a décidé de « réduire son bilan », c’est-à-dire de diminuer le stock de dettes publiques qu’elle détient à la suite des achats effectués entre 2015 et 2024. Cette institution publique européenne pourrait faire le choix opposé en renouvelant ces détentions afin de maintenir durablement hors marché une fraction significative des dettes souveraines. C’est, au fond, ce que signifie l’idée de Jean-Luc Mélenchon de « mettre les titres au frigo » : soustraire une partie du stock de dette souveraine française au marché, afin de la mettre à l’abri des attaques spéculatives. Concrètement, lorsque les titres arrivent à échéance, le Trésor rembourse le principal à la BCE, ou à l’Eurosystème, qui peut alors réinvestir les sommes récupérées, éventuellement en rachetant de nouveaux titres publics. On pourrait même envisager de transformer ces titres en une dette à très longue maturité, voire perpétuelle, assortie d’un taux faible ou nul.

      La BCE pourrait reprendre une politique plus offensive d’achats de titres publics. Elle l’a fait massivement après la crise de la zone euro puis pendant la pandémie. Ces interventions ont montré qu’une banque centrale peut empêcher une crise de dette souveraine lorsqu’elle accepte de jouer son rôle de stabilisateur en dernier ressort. Des achats réguliers et garantis permettraient de contenir les taux d’intérêt, de tuer dans l’œuf les attaques spéculatives, mais sans les assortir des contreparties austéritaires qui ont marqué la crise des dettes souveraines des années 2010. L’organisation de nos sociétés et économies pour faire face à une planète qui brûle le justifie pleinement.

      Ces deux propositions ne demandent pas de créer de nouveau dispositif mais seulement d’utiliser des leviers déjà existants et utilisés. Elles sont portées par d’autres gouvernements européens (Italie, Grèce, Portugal, Espagne) dont les intérêts économiques en matière de politique monétaire et de dette publique sont alignés sur ceux de la France. Des dirigeants de ces pays ont publiquement exprimé leur opposition au relèvement des taux directeurs par la BCE. Enfin, ces deux solutions (« congélation » et reprise des rachats) sont actuellement mises en œuvre par la Federal Reserve (la banque centrale des Etats-Unis), ce qui témoigne de leur faisabilité et de leur actualité : dès l’été 2024, la Fed a ralenti le rythme de réduction de son bilan, puis a décidé fin 2025 de mettre fin à la réduction de son bilan en réinvestissant l’intégralité de l’argent des titres arrivés à maturité ; depuis le début 2026, elle a relancé des rachats de titres de dette souveraine. Pourquoi faudrait-il accepter pour la Banque centrale européenne des instruments volontairement amoindris ?

      Cependant, la stratégie de financement public ne saurait reposer uniquement sur la BCE. La France a longtemps disposé d’un système dans lequel le Trésor dépendait beaucoup moins qu’aujourd’hui des marchés financiers. Il ne s’agit pas de ressusciter à l’identique le circuit du Trésor de l’après-guerre, mais d’en retrouver l’inspiration afin d’organiser politiquement le financement des besoins collectifs.

      Une partie plus importante de l’épargne réglementée pourrait être orientée vers le financement public. Les banques pourraient être tenues de détenir un plancher de titres publics. Un pôle public bancaire pourrait financer à taux réduit les collectivités locales et les investissements nécessaires à la bifurcation écologique. L’épargne nationale cesserait alors d’être seulement une matière première offerte aux marchés financiers et redeviendrait un instrument de politique économique.

      A terme, la question du financement direct des Etats par la banque centrale devra être posée. Les verrous qu’imposent les traités européens ne représentent pas une loi de l’économie mais un choix institutionnel, aujourd’hui daté.

      Rétablir les canaux durables de financement public hors marché ne signifie évidemment pas que les déficits pourraient être financés sans limite. Mais la mise en œuvre de politiques raisonnées n’a rien à voir avec le fait de laisser aux marchés financiers un droit de veto permanent. Il ne s’agit pas d’un petit aménagement technique, mais la première pièce d’une architecture macrofinancière qu’il faut reconstruire en profondeur. La loi de l’offre et de la demande de titres d’emprunts, dirigée en réalité par les désirs d’accumulation de la finance privée, ne saurait présider au destin des populations. C’est d’ailleurs cette richesse privée qui requiert, pour fonctionner, des supports de placement stables et réputés sans risque – au premier rang desquels figure la dette souveraine. Contribuer à mettre la dette souveraine hors marché pave la voie d’une reprise en main démocratique du crédit et de ses circuits d’allocation. Ce qui prendrait tout son sens dans le cadre d’une planification écologique et d’un gouvernement par les besoins. La proposition de Jean-Luc Mélenchon a le mérite de rouvrir le débat : voulons-nous continuer à placer notre avenir dans les mains des marchés financiers ?

      https://www.nouvelobs.com/opinions/20260822.OBS117569/mettre-la-dette-au-frigo-le-debat-est-celui-de-notre-dependance-aux-march
      #Eric_Berr

  • Ceuta : un rapport de la police espagnole sème le doute sur le rôle des forces de l’ordre marocaines
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/02/ceuta-un-rapport-de-la-police-espagnole-seme-le-doute-sur-le-role-des-forces

    Ceuta : un rapport de la police espagnole sème le doute sur le rôle des forces de l’ordre marocaines
    Selon les enquêteurs du Centre national de l’immigration et des frontières, la réponse policière au Maroc a été « d’une totale permissivité, sans qu’aucune tentative sérieuse pour tenter de réduire, disperser ou éloigner la masse de personnes du périmètre frontalier ».
    Le Monde avec AFP
    Un rapport de la police espagnole évoquant un « déploiement sensiblement plus réduit que d’ordinaire » et la « permissivité » des policiers marocains, sème le doute sur le rôle de Rabat dans la crise migratoire de Ceuta, à la fin du mois de juillet.Ce rapport consulté, mercredi 2 septembre, par l’Agence France-Presse (AFP) pourrait mettre dans l’embarras l’exécutif espagnol, qui a toujours exonéré le Maroc de toute responsabilité dans l’afflux soudain de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le petit territoire espagnol d’Afrique du Nord les 30 et 31 juillet, une position critiquée par de nombreux membres de l’opposition.
    Tout au long de la journée, après la divulgation d’éléments de ce rapport par le média en ligne El Español, le ministère de l’intérieur a, du reste, plusieurs fois communiqué des réponses de hauts responsables policiers assurant qu’« aucun rapport n’avait été émis attribuant la responsabilité de l’assaut à un gouvernement, un service ou une personne, étant donné qu’à ce jour, l’auteur intellectuel dudit assaut demeure inconnu ».
    « Au-delà de la tenue des actes officiels de la Fête du Trône à Rincon/M’Diq [organisée le 30 juillet], il est certain que les déclarations d’un nombre important de migrants entrés à Ceuta le 30 juillet concordent pour affirmer que le déploiement policier autour de la frontière entre le Maroc et Ceuta (…) était sensiblement plus réduit que d’ordinaire », écrivent dans ce rapport les enquêteurs du Centre national de l’immigration et des frontières (Cenif).
    « Les 30 et 31 juillet, la réponse policière au Maroc, face à la mobilisation et à l’entrée massive de migrants à Ceuta, a été, au minimum, d’une totale permissivité, sans qu’aucune tentative sérieuse ne soit enregistrée pour tenter de réduire, disperser ou éloigner la masse de personnes du périmètre frontalier le 30 juillet », poursuivent-ils.
    « La concentration géographiquement proche de moyens de sécurité publique due à la célébration de la Fête du Trône aurait dû faciliter un contrôle beaucoup plus ferme, au moins le 31 juillet ; on observe au contraire une réaction progressive plus lente que ce qu’une situation de ce type exigeait », poursuivent les policiers.« En outre, les déclarations des migrants interrogés et les séquences vidéo elles-mêmes, diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux, montrent, selon les cas, des attitudes compatibles avec un comportement de facilitation de l’immigration irrégulière, jusqu’à des scènes qui laissent penser à une surveillance et un contrôle du processus d’entrée/sortie, etc. », soulignent-ils.« Dans les entretiens réalisés, les migrants racontent de façon pratiquement unanime que les forces de police, non seulement restaient passives face aux tentatives d’entrée, mais leur indiquaient en plus de passer par la mer dans la zone de la jetée d’El Tarajal, et non par d’autres accès. »
    Ces éléments semblent au minimum compliquer la situation de l’exécutif espagnol de Pedro Sanchez, qui a encore exonéré le Maroc de toute responsabilité, lundi, en assurant qu’« aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne faisait apparaître (…) quelque doute que ce soit quant à la participation, d’une manière ou d’une autre, des autorités marocaines ».
    Mercredi matin, le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a demandé au directeur général de la police de l’informer du contenu de ce rapport évoqué par El Español, dans lequel le Cenif « attribuerait aux forces et corps de sécurité du Maroc l’assaut massif contre la frontière de Ceuta les 30 et 31 juillet derniers », selon son ministère.Dans l’après-midi, le directeur de la police espagnole avait démenti une première fois l’existence d’un rapport incriminant les forces de l’ordre marocaines, des dénégations répétées dans la soirée dans des communications du ministère de l’intérieur. Pour certains analystes, la crise aurait pu être un message adressé à l’Espagne par le royaume marocain au sujet du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, contrôlée en majeure partie par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger, après une visite de M. Sanchez en Algérie en juillet

    #Covid-19#migration#migrant#maroc#espagne#ceuta#crisemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • Ceuta : un rapport de la police espagnole contredit la version du gouvernement sur le rôle du Maroc
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/03/ceuta-un-rapport-de-la-police-espagnole-contredit-la-version-du-gouvernement

    Ceuta : un rapport de la police espagnole contredit la version du gouvernement sur le rôle du Maroc
    Un document transmis à la justice décrit la « totale permissivité » des forces de sécurité marocaines lors de l’arrivée massive de migrants, les 30 et 31 juillet, et affirme que certains agents ont même guidé les passages vers l’enclave espagnole.
    Par Isabelle Piquer (Madrid, correspondante)
    Un rapport de la police espagnole est venu fragiliser la version défendue depuis le début de la crise de Ceuta par le gouvernement de Pedro Sanchez, selon laquelle aucun élément ne permet de mettre en cause le Maroc dans l’arrivée massive de plusieurs dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole, les 30 et 31 juillet.
    Le document, publié par la presse espagnole et que Le Monde a pu consulter, a été élaboré par le Centre national de l’immigration et des frontières (Cenif), l’unité de renseignement du commissariat général aux étrangers et aux frontières de la police nationale. Il a été transmis à l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale du pays, qui examine l’éventuelle ouverture d’une enquête sur les circonstances de cet afflux.
    Ses conclusions tranchent avec les déclarations publiques du chef du gouvernement, qui a assuré qu’il n’existait aucun indice permettant de soupçonner Rabat d’avoir organisé le mouvement. Lundi 31 août, M. Sanchez avait, au contraire, salué la « coopération instantanée, immédiate » du pays voisin et souligné l’étroite collaboration entre les deux Etats pour organiser les retours. Il avait, en revanche, mis en cause « la diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite ».
    Le rapport de la police nationale, qui n’aurait pas été transmis au ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, souligne une responsabilité marocaine, sans en préciser le niveau. Selon ses auteurs, pendant les deux journées qui ont bouleversé la petite enclave espagnole d’Afrique du Nord, l’attitude des forces de l’ordre marocaines a été « pour le moins d’une totale permissivité. Aucune tentative sérieuse visant à réduire, disperser ou éloigner la masse de personnes du périmètre frontalier » n’aurait été constatée les 30 et 31 juillet. Plus encore, des membres des forces de sécurité marocaines auraient, dans certains cas, activement facilité les passages. Une grande partie des entrées s’est effectuée en contournant la digue frontalière, depuis la plage de Castillejos, au Maroc, jusqu’à celle d’El Tarajal, à Ceuta, soit par la mer, soit en passant sur les rochers. Des migrants auraient ainsi reçu « des indications de la part des forces de sécurité marocaines qui, dans certains cas, participent en guidant la traversée dans l’eau et les dirigent vers la plage ».
    Pour étayer son analyse, la police espagnole dit avoir étudié des vidéos disponibles en sources ouvertes ainsi que des images fournies par plusieurs personnes interrogées. Le document comporte notamment une section intitulée « Recueil photographique d’agents marocains en uniforme ». Sur le principal itinéraire menant à la digue d’El Tarajal, les enquêteurs affirment avoir identifié des membres en uniforme des forces de sécurité marocaines aidant les migrants à franchir certains obstacles et organisant leur progression vers des points de passage déterminés. Les images montreraient, selon le rapport, des agents « qui donnent des indications aux migrants pour accéder à [l’enclave espagnole] et qui gèrent le flux de personnes vers certaines zones prédéterminées ».
    Les policiers espagnols s’intéressent également à une deuxième catégorie de personnes, non identifiées et sans uniforme, présentes au milieu des migrants ou à proximité des dispositifs de sécurité marocains. Le document les décrit comme des hommes âgés d’environ 30 à 50 ans, de « constitution robuste ou athlétique », « aux cheveux courts et soignés ». Leur tenue les distinguerait également de la majorité des migrants : tee-shirts ou polos de couleurs neutres, pantalons longs et casquettes, « certaines avec des logos de la police ». « Leur comportement témoigne d’une attention constante à ce qui les entoure, d’une certaine assurance et d’une autorité qui les distingue nettement du reste du groupe », relève le document.Ces hommes auraient joué le rôle de « gestionnaires du processus », surveillant les mouvements de foule, mais aussi les encourageant et les dirigeant vers la digue d’El Tarajal. Certaines images montreraient même plusieurs d’entre eux « donnant des instructions aux forces de sécurité marocaines ».
    Sans identifier précisément les responsables d’une éventuelle opération, les auteurs estiment que l’ampleur de la mobilisation et les différents acteurs observés sur le terrain sont incompatibles avec un mouvement entièrement spontané. Une telle opération aurait nécessité « une forte capacité d’influence sur les réseaux sociaux », mais aussi des relais auprès de personnes liées aux forces de sécurité marocaines.
    Derrière cette « opération d’intrusion violente à la frontière » de Ceuta se trouverait, selon la police, « non pas une organisation criminelle et mafieuse classique, hypothèse qui est totalement écartée, mais une macro-organisation parfaitement hiérarchisée, dirigée et dotée des capacités nécessaires pour mener une telle opération », dont les caractéristiques seraient « parfaitement compatibles avec une structure stable et permanente ».
    Le document ne conclut cependant pas que le gouvernement marocain aurait lui-même ordonné ou organisé l’arrivée des migrants. Ses constatations contrastent néanmoins fortement avec la position défendue jusqu’ici par l’exécutif espagnol, selon laquelle aucun élément ne permet de soupçonner une implication des autorités du Maroc. Cette contradiction pourrait placer l’exécutif dans une position délicate. Depuis le début de la crise, l’opposition, notamment le Parti populaire (PP, droite), conteste son refus de mettre en cause Rabat dans un mouvement d’une telle ampleur. Mercredi soir, plusieurs dizaines de milliers d’Espagnols, à l’appel notamment du PP et du parti d’extrême droite Vox, ont manifesté leur soutien à Ceuta dans plusieurs villes du pays

    #Covid-19#migration#migrant#maroc#espagne#ceuta#crisemigratoire#sante

  • #Anarcocrip

    Manifeste anarcocrip.

    L’#antivalidisme_libertaire, (ou #anarco-antivalidisme, ou anarcocrip), professe que l’#antivalidisme est une évidence pour l’anarchie, et inversement, l’anarchisme est une évidence pour l’antivalidisme.
    L’un étant la condition de l’autre.

    L’antivalidisme est une condition structurelle de la pensée anarchiste elle-même, qui doit abolir toutes les #oppressions, toutes les #dominations, toutes les #hiérarchies.
    Inversement, toute critique du validisme qui n’est pas anarchiste reste prisonnière des logiques de #normalisation et d’#adaptation au système capitaliste et au #validarcat.

    L’anarchisme est la seule idéologie qui peut accepter l’antivalidisme sans se contredire.
    Les #handies, exclues de partout, y sont accueillies avec amitié, par l’abolition de toutes les dominations. Même celles auquelles on ne pense pas. Même quand l’anarchisme n’a jamais conceptualisé l’antivalidisme, il était là, quelque part.

    L’antivalidisme force les anarchistes à revoir la définition même de la #force, de la #faiblesse, du #militantisme, de l’#engagement, de la #dépendance, de l’#autonomie, de la #liberté et de l’#égalité.
    En refusant toute #autorité, l’anarchisme pose les bases d’une #émancipation qui ne peut s’arrêter aux portes de la chair.

    L’anarcocrip refuse l’aumône de l’#inclusion. L’inclusion est un piège libéral : elle suppose qu’il y a un centre sain, normal et légitime, d’où inclure la marge. Accepter l’inclusion, c’est valider la légitimité de ceux qui fixent la #norme. C’est mendier une place dans une architecture bâtie sur notre #exclusion.
    Nous ne voulons pas une place à la table, nous voulons la renverser.

    Et si nous sommes pour une transformation de la société et du cadre de vie, nous sommes nécessairement révolutionnaires.
    Ce n’est que dans l’abolition de l’argent et du travail salarié que nous trouverons notre bonheur, notre émancipation et la #liberté_collective.

    La #révolution sera #crip ou ne sera pas. Mais la révolution n’est pas pour après-demain. La rupture avec le validarcat et la #norme_sociale ne commence pas après la chute des institutions, elle se pratique aujourd’hui. Avec une portée radicale, dans l’#entraide et la #solidarité, dans la lutte contre toutes les discriminations, dans le refus de l’#évaluation et de la #compétition, dans l’indépendance de nos existences non conformes, ici et maintenant.

    Anonyme, septembre 2026.

    “Je suis anarchiste individualiste parce que toutes les aspirations de mon moi, tendent vers ce but : le bonheur !
    Je suis anarchiste altruiste parce que j’aime mon prochain comme moi-même, parce que le spectacle de sa souffrance, de sa détresse, de sa misère m’émeut et m’afflige douloureusement !
    Je suis anarchiste révolté parce que, ayant au cœur l’amour profond et sincère de l’amitié, toute iniquité me révolte.”

    #Emile_Rinaldain. Pourquoi je suis anarchiste, 1897.

    https://noblogo.org/anarcocrip
    #anarchie #anarchisme

  • Ceuta : l’Espagne demande l’aide de Frontex pour gérer les quelque 5 000 migrants restés dans l’enclave - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73399/ceuta--lespagne-demande-laide-de-frontex-pour-gerer-les-quelque-5-000-

    Ceuta : l’Espagne demande l’aide de Frontex pour gérer les quelque 5 000 migrants restés dans l’enclave
    Par La rédaction Publié le : 31/08/2026
    L’Espagne a sollicité le soutien de l’agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, de l’agence des polices, Europol, et de l’agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA) pour l’aider à identifier les migrants restés dans l’enclave après l’afflux de fin juillet. Environ 5 000 exilés se trouvent encore à Ceuta, dont environ 1 200 mineurs.
    Selon la presse espagnole, l’Espagne a demandé l’aide de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, d’Europol, l’agence des polices européennes, et de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA) pour prendre en charge les migrants restés à Ceuta.Le but est que ces agents viennent « renforcer le dispositif mis en place pour gérer le tri et le traitement ultérieur des dossiers individuels des immigrés qui se trouvent toujours à Ceuta en situation irrégulière ». L’EUAA pourra notamment fournir des interprètes et mener des entretiens, en complément des fonctionnaires espagnols. Environ 5 000 migrants sont encore aujourd’hui présents dans l’enclave espagnole, dont environ 1 200 mineurs non accompagnés, selon le gouvernement - les autorités locales évoquant quant à elles 10 000 migrants toujours présents.
    Un mois après l’arrivée d’environ 72 000 personnes le 30 et 31 juillet, le Premier ministre Pedro Sánchez est pointé du doigt pour sa gestion de cet afflux. Vendredi 28 août, l’Assemblée de Ceuta a appelé à l’unanimité le gouvernement central à agir « immédiatement et sans plus attendre », arguant que la ville se trouve dans une « situation extrême, au bord de l’effondrement ». « Ceuta a perdu son mode de vie et sa sérénité. Il ne nous reste que peu de temps pour éviter la catastrophe », a averti le président de Ceuta, Juan Vivas.
    Le même jour, le ministre espagnol de l’Intérieur a annoncé que la frontière serait renforcée par un ensemble de mesures « exceptionnelles » : extension des jetées de Tarajal et de Benzú (zones frontalières du Maroc), installation d’un dispositif permanent de bouées en mer pour empêcher les traversées, surveillance aérienne par drones, utilisation d’embarcations d’intervention légère et de véhicules sous-marins.
    Jeudi, le gouvernement avait par ailleurs déjà annoncé la création d’un « commandement unique » à Ceuta, qui doit permettre aux différentes administrations de travailler en coordination pour accélérer l’identification des migrants toujours présents dans l’enclave.Depuis près d’une semaine, des Ceutiens manifestent chaque jour dans la ville pour réclamer le renvoi des migrants arrivés fin juillet. Certaines manifestations ont dégénéré en affrontements avec la police et des affaires d’exilés ont été brûlées par des habitants. D’après le journal espagnol El Pais, des policiers ont aussi empêché plusieurs tentatives de lynchage de la part de résidents envers les migrants.Lundi 31 août, Pedro Sánchez a assuré que les services espagnols continuaient d’enquêter sur les causes du brusque afflux de migrants à Ceuta fin juillet. Le chef du gouvernement espagnol, interrogé sur la radio Cadena Ser, a notamment visé Israël et la Russie.
    « Après les 30 et 31 juillet, il y a eu une diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne, mais aussi pour attaquer l’Europe et la diviser », a déclaré le Premier ministre. « Il est évident que si la Russie se met à désinformer sur cette question, ou si Israël désinforme également sur cette question en critiquant le gouvernement espagnol, ce n’est certainement pas parce que la migration en Espagne ou en Europe les préoccupe, mais précisément en raison des positions politiques que nous avons (...) face au génocide à Gaza ou à l’invasion de Poutine en Ukraine », a aussi assuré Pedro Sánchez. Ces propos ont suscité l’ire du gouvernement israélien, avec lequel les relations sont exécrables depuis plusieurs mois, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar dénonçant sur X un « mensonge éhonté » du Premier ministre espagnol.
    Pedro Sánchez a par ailleurs exclu toute responsabilité « d’une manière ou d’une autre » des autorités marocaines dans la crise : « Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d’une manière ou d’une autre, des autorités marocaines ». « Le CNI (Centre national du renseignement) a partagé des rapports de situation, tout comme l’a fait la police nationale, mais je peux vous assurer qu’aucune information ne permettait de mesurer l’ampleur, la gravité de la crise que nous allions subir les 30 et 31 juillet. »

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#ceuta#maroc#crisemigratoire#fontex#migrationirreguliere#sante#droit